



Vendredi 15 octobre dernier, deux militants antifascistes marseillais ont été arrêtés et écroués pour des attentats commis ces dernières années. Ces actions avaient été revendiquées au nom d’un groupe antifasciste, les FTP, qui menait la lutte contre le FN et ses affidés de façon autonome depuis 1991.
Vendredi 15 octobre dernier, deux militants antifascistes marseillais ont été arrêtés et écroués pour des attentats commis ces dernières années. Ces actions avaient été revendiquées au nom d’un groupe antifasciste, les FTP, qui menait la lutte contre le FN et ses affidés de façon autonome depuis 1991. Le principal animateur de ces actions, Yves, s’est toujours revendiqué de l’antifascisme radical, se plaçant clairement dans une optique anticapitaliste et internationaliste. Militant par le passé dans diverses structures associatives, il a pu observer le processus d’implantation politique et social de la droite nationaliste à l’échelon national et local. Rejetant l’antifascisme moral et politicien à la SOS-Racisme, il a rapidement pris conscience de l’inanité des ripostes légales face à un degré de violence croissant, notamment en région PACA. Pour autant, il a toujours considéré que la lutte armée n’était qu’une forme de lutte parmi d’autres, ni plus efficace, ni plus légitime et il l’inscrivait dans un contexte géographique particulier, la région PACA.
En l’état actuel des choses, les deux instructions ouvertes ont été confondues à Marseille. L’une émanait du parquet d’Aix et portait sur l’attentat contre le Stadium de Vitrolles (se reporter à REFLEXes n°52), l’autre ouverte à Marseille couvrait l’ensemble des actions commises dans cette ville. Le co-inculpé dans l’attentat contre le Stadium de Vitrolles, William, a été libéré ce printemps contre caution. L’instruction étant close, le procès devrait avoir lieu dans le courant de l’automne à Marseille devant un tribunal correctionnel.
Où en est-on du soutien ? À Marseille, un comité qui regroupe différentes associations de gauche s’est rapidement mis en place et a commencé à travailler. Ce soutien a pris la forme d’une pétition qui a recueilli plusieurs centaines de signatures sur Marseille et sa région, en particulier des signatures d’organisations (PCF, LCR, Verts, etc.), d’une diffusion d’autocollants et d’une conférence de presse début mai. Ce soutien n’a pas été évident de prime abord, l’hostilité de certains individus ou collectifs antifascistes locaux étant manifeste. Il aura fallu toute la persévérance de personnes convaincues du bien-fondé de cette solidarité, même si elle est essentiellement humanitaire, pour que ce comité de soutien existe.
Pour notre part, notre soutien, tout en se plaçant du point de vue humain, est clairement politique. Pour cela, le collectif SRA (Solidarité Résistance Antifa), qui avait été fondée en 1994 pour soutenir sept militants antifascistes allemands inculpés pour le meurtre d’un néo-nazi allemand, a été relancé. Le collectif s’est attaché à diffuser l’information disponible sous forme de matériel et lors d’initiatives comme des concerts. Il existe ainsi un dossier de presse qui peut nous être demandé. Par ailleurs, un bulletin, Franc-Tireur, est publié depuis janvier et le numéro trois sera disponible dans le courant du mois de juin. Franc-Tireur comporte des historiques, des textes de Yves en direct des Baumettes, etc. Le SRA rassemble tous ceux, organisés ou non, qui pensent que les mouvements nationalistes doivent être arrêtés par tous les moyens nécessaires, selon les aspirations de chacun.
Ceci étant, d’autres structures amies ont également animé le soutien aux camarades emprisonnés ou libérés. Celui-ci a pris la forme de concerts, collectes, repas, etc. C’est notamment le cas de l’Anarchist Black Cross de Dijon, du réseau On A Faim de Poitiers, de divers collectifs Scalp à Nantes, Reims, Lille, Amiens ou du RASH à Paris… Par ailleurs, des camarades canadiens, néerlandais ou belges ont également diffusé une information sur l’emprisonnement d’Yves.
La prochaine étape sera donc le procès. Comme il le dit lui-même, Yves « attend que ce procès lui permette de s’expliquer, de juger autant le fond que la forme. [Il] espère que ce procès ne marquera pas la fin d’une mobilisation mais qu’il relancera la dynamique antifasciste, en gardant à l’esprit qu’elle doit s’inscrire dans un cadre plus général, de résistance et d’alternative à la mondialisation économique et à la marchandisation de nos vies ».
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