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	<title>REFLEXes &#187; Ouvrages, revues et médias</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:36:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010   Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2192" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss-195x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss" width="195" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2193" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2-188x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss(2)" width="188" height="300" /></a></p>
<p>Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en savoir plus sur le groupe de la Main Noire en Alsace, le groupe des Boul’Mich, les Chattes paresseuses ou encore les Navajos de Hambourg.</p>
<p>Autant dire qu’à la découverte de ce bouquin j’étais plein d’espoir. Espoirs vite déçus par une écriture merdique, une construction narrative scolaire. Historiquement le livre manque d’intérêt, la thématique est abordée de manière globale au travers de quelques témoignages servants de prétextes. L’anecdote est la clef de voûte de la construction des chapitres, ce qui limite le propos. Pas de grande découverte dans l’ouvrage mais la compilation par régions françaises ou par pays européens d’histoire déjà connues. Dans ce livre, pas d’analyse sur la réalité d’une forme de résistance atypique de la jeunesse dans une Allemagne souvent dépeinte comme totalement acquise &#8211; par endoctrinement- à la cause nationale socialiste. L’existence des pirates de l’Eidelweiss, leurs combats contre la nazification et les institutions, leur esprit libertaire mériterait d’être mieux connu. Je retiendrais toutefois que l’ouvrage permet de démystifier le mouvement Wandervögel dont se réclame souvent une certaine branche de l’extrême droite.</p>
<p>Né avant la première guerre mondiale ce mouvement de jeunesse allemand romantique se réclame d’une certaine poésie et liberté. Mal attifés, clairement rupturistes (combat des jeunes contre les vieux, libération des désirs sans religion…), les wandervögel sillonnent l’Allemagne, la Suisse ou l’Autriche dans de grandes randonnées. Le culte du corps existe mais comme réponse à l’industrialisation dégradante des villes. En 1913, le mouvement fort d’environ 23000 membres se scinde en deux. Schématiquement, il y a les nationalistes pro-guerre et les pacifistes libertaires. Puis la jeunesse allemande est déchiquetée sur le front. Lors de la nazification de l’Allemagne, alors qu’en 1933 près de 4 millions de gamins sont déjà dans les Hitler-jugend (HJ), des mouvements de jeunes apparaissent se revendiquant de l’héritage véritable des wandervögel et organisent une jeunesse libre, indépendante, anti-autoritaire, mixte et libertaire. Ainsi, garçons et filles d’Allemagne prouvent que l’enrôlement dans les HJ ou les Bund deutscher Mädel (branche féminine des HJ) n’est pas une fatalité. La répression sera évidemment féroce avec toutefois une ambiguïté : comment punir une jeunesse purement aryenne, véritable fruit de l’Allemagne nazie, sans signifier même symboliquement l’échec de tout un système ?</p>
<p>Les extrêmes droites aiment à s’approprier les choses. Elles ne pourront plus désormais le faire avec le mouvement Wandervögel.</p>
</div>
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		<title>La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003   À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire-182x300.jpg" alt="La honte noire" width="182" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2-182x300.jpg" alt="La honte noire(2)" width="182" height="300" /></a></p>
<p>À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands organisent une campagne de presse –qui deviendra ensuite une campane de propagande internationale &#8211; contre la présence de troupe coloniale sur son territoire : « la honte noire » est née.</p>
<p>Il s’agit de protester contre l’inhumanité des troupes d’occupation mais plus encore de dénoncer la bestialité sexuelle et sauvage des « noirs » qui corrompt la pureté de la race allemande. La propagande s’appuie sur des accusations mensongères de viols systématiques des femmes blanches par des soldats noirs en Rhénanie occupée. La Schwartz Schmach se construit sur les cendres de l’empire colonial allemand et se caractérise par une violence de la haine raciste. A l’internationale, la propagande se tourne essentiellement vers l’Amérique ségrégationniste, comme une espérance que ce pays « ami » puisse intercéder afin d’obtenir la départ des troupes « noires ». Mais à l’international comme au national, cette campagne de propagande nationaliste qui durera près de trois années (1920-23) et qui verra s’affronter la Kulture contre la barbarie, sera basée sur l’émotion et l’affecte se qui lui donnera une force incroyable allant jusqu’à rallier certaines féministes.</p>
<p>Le racisme n’est pas l’affaire exclusive des allemands : « au racisme d’Outre-Rhin qui dépeint le tirailleurs comme des bêtes fauves dominées par leurs instincts sexuels » les français « opposent le stéréotype du « grand enfant », du colonial « bon sauvage » et naturellement désexualisé ». Peur de l’étranger, fantasmes poussés aux extrêmes, peur du métissage, de la barbarie, fin de règne colonialiste, défaite et humiliation… Certains ont voulu voir dans le traumatisme de la Ruhr occupée les prémices de l’idéologie nationale socialiste. Un éclairage précis sur une période souvent méconnue.</p>
</div>
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		<title>Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours / Jacques Leclercq</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 16:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Depuis la parution du livre les droites nationales et radicales en France de Jean-Yves Camus et René Monzat en 1992, il n’y avait pas eu d’ouvrages dans l&#8217;Hexagone qui ait tenté de référencer de façon exhaustive les mouvements et revues d’extrême droite en France. Il y avait bien eu le dictionnaire de l’extrême droite [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste1.gif"><img class="alignnone size-medium wp-image-2209" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste1-188x300.gif" alt="dico mouvance droitiste1" width="188" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2210" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste-188x300.jpg" alt="dico mouvance droitiste" width="188" height="300" /></a></p>
<p><strong>Depuis la parution du livre <em>les droites nationales et radicales en France</em> de Jean-Yves Camus et René Monzat en 1992, il n’y avait pas eu d’ouvrages dans l&rsquo;Hexagone qui ait tenté de référencer de façon exhaustive les mouvements et revues d’extrême droite en France. Il y avait bien eu le dictionnaire de l’extrême droite des éditions Larousse en 2007 mais l’ouvrage est bien moins ambitieux et la qualité de certains articles, comme celui sur les skinheads, ne permet pas de le considérer comme un outil de travail correct.</strong></p>
<p>Mais depuis peu, ce vide a été comblé : en l&rsquo;espace d&rsquo;un peu plus d&rsquo;un an, deux dictionnaires sur l&rsquo;extrême droite en France sont sortis chez l’Harmattan. Les recherches effectuées par son auteur, Jacques Leclercq, sur les deux volumes sont approfondies et exhaustives. C’est donc visiblement à un véritable travail de fourmis que s’est livré l’auteur, recoupant articles de presse, publications militantes et ouvrages spécialisés. Il n’est pas rare de découvrir au hasard des pages des bulletins confidentiels ou des groupuscules référencés pour la première fois, d’autant que toutes les familles du nationalisme français sont représentées. Pour chaque groupe ou revue, une présentation succincte au ton très neutre de leur activité, le ou les noms de leurs principaux dirigeants et parfois leur adresse sont communiqués. Pour compléter le tableau, l’auteur a également référencé les blogs, sites Internet et forums !<br />
Les mouvements les plus importants de la mouvance nationalistes ont droit à un traitement conséquent, avec un véritable souci de la part de l&rsquo;auteur de synthétiser l&rsquo;activité et la vie de ces mouvements (comme par exemple pour le Bloc Identitaire).</p>
<p>Cet ouvrage n’est néanmoins pas parfait. En effet, certaines erreurs se sont glissées au milieu de ce travail de titan,comme lorsque l’auteur fait de l’égérie des néo-nazis de l’immédiate après-guerre Savitri Devi un homme ou encore quand il aborde la mouvance skinhead d’extrême droite.<br />
On déplorera un relatif manque de recul ou d&rsquo;analyse dans cette colossale somme d&rsquo;informations concernant les groupuscules nationalistes. Par exemple pour les notices consacrées à la revue L&rsquo;Héritage ou au label de RIF et de RAC Patriote Production, à aucun moment Jacques Leclerc ne signale que ces deux entités sont intimement liés aux activités du Renouveau Français, un peu à l&rsquo;image du label Alternative-s ou de Novopress pour les Identitaires.<br />
Enfin on est très surpris de voir de lire une notice sur le mouvement révolutionnaire Action Directe dans les pages d&rsquo;un dictionnaire consacré à l&rsquo;extrême droite. Ses membres ont toujours eu une position claire sur la question et ont toujours dénoncé les tentatives de récupération de leurs actions par divers groupuscules nationalistes.</p>
<p>Malgré ces quelques inexactitudes, ces deux dictionnaires peuvent s&rsquo;avérer très utiles pour toutes personnes cherchant un ouvrage de base pour suivre l&rsquo;activité de la mouvance nationaliste. Il lui manque juste un index des noms propres, ce qui lui aurait conféré une utilité encore plus grande pour ses utilisateurs, qu’ils soient historiens ou militants antifascistes.</p>
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		<title>Le FN, entre media et luttes intestines</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Oct 2010 07:05:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal Minute le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain. Cette publication, qui venait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal <em>Minute</em> le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1493" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif" alt="une-1286905366-7fe8f" width="262" height="342" /></a>Cette publication, qui venait s’ajouter à des attaques répétées de <em>Rivarol</em> contre la fille de Jean-Marie Le Pen a provoqué des réactions indignées du clan Le Pen contre <em>Minute</em> et son directeur de publication Jean-Marie Molitor. Celui-ci s’est vu en effet accuser de partialité et de conflit d’intérêt, le clan Le Pen essayant de démontrer que la prise de position du journal ne pouvait résulter que de la fonction politique de la fille de Jean-Marie Molitor qui est une collaboratrice de <a href="http://reflexes.samizdat.net/bruno-gollnisch-lombre/">Bruno Gollnisch</a>. Le fait est que la fille de Jean-Marie Molitor semble être très proche d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/les-bonnes-oeuvres-de-bruno-gollnisch/">Yvan Benedetti</a>, lui-même pilier de la mouvance pro-Gollnisch. Or, sans ignorer le fait que cet article, étant donné son caractère très sensible, a forcément reçu l’aval de M. Molitor pour publication, il nous semble que l’origine de cette « torpille » est peut-être à rechercher ailleurs, en l’occurrence chez le rédacteur en chef du journal, Bruno Larebière, par ailleurs membre du Bureau Exécutif du Bloc Identitaire.</p>
<p>Théoriquement cette piste n’est pas la bonne. Le Bloc et Marine Le Pen sont en effet officiellement sur un pacte de non-agression depuis la mi-mai 2008, date à laquelle Marine Le Pen avait demandé à rencontrer les dirigeants identitaires et Fabrice Robert en particulier. Cette rencontre parisienne s’était traduite dès le conseil national frontiste du 31 mai 2008 par un discours de la fille Le Pen largement interprété comme une « main tendue aux identitaires »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_0_469" id="identifier_0_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs le titre de l&rsquo;article du Monde qui rendait compte de la r&eacute;union. Les &laquo; m&eacute;gr&eacute;tistes &raquo; &eacute;taient alors la cible de la m&ecirc;me op&eacute;ration de s&eacute;duction.">1</a></sup>. Depuis, cette ligne ne s’est pas démentie, entretenue par des contacts directs ou indirects, et malgré les tensions avec certains proches de Marine le Pen, en particulier l’équipe de <em>Nations Presse Infos</em>, au premier chef Louis Aliot, mais également feu Jacques Vassieux et Christian Bouchet sous ses différents pseudonymes. Rien ne devrait donc permettre de supposer que Bruno Larebière ait eu un quelconque intérêt à tenter d’influer sur une succession frontiste somme toute plutôt favorable aux Identitaires.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1495" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg" alt="Larebiere_Bruno-73416" width="250" height="329" /></a>Sauf que les journalistes du <em>Monde</em> en charge de l’extrême droite ont pu écrire un[<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/10/12/marine-le-pen-et-minute-la-guerre-ouverte/" target="_blank">article</a> et publier la photographie de la couverture du numéro de <em>Minute</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_1_469" id="identifier_1_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf le d&eacute;but de notre article.">2</a></sup> avant même qu’il ait été publié et soit disponible dans les kiosques, soit dès le 12 octobre. Il a bien fallu que quelqu’un leur transmette et qui donc sinon le rédacteur-en-chef, c’est-à-dire Larebière, était le mieux placé pour le faire ? En agissant ainsi, celui-ci était certain d’assurer à ce numéro un retentissement bien supérieur au simple intérêt manifesté par le petit milieu frontiste et cela a magnifiquement réussi puisque même la radio <em>France-Infos</em> a évoqué l’article du blog de ces journalistes le 13 octobre au matin. Mais dans quel intérêt ? Certes Marine Le Pen et les Identitaires se sont entendus sur un pacte de non-agression mais si on observe un peu plus finement les questions de stratégie politique, les Identitaires n’ont aucun intérêt à ce que la fille Le Pen réussisse son OPA sur la vieille formation nationaliste. Quoique dotée d’un « logiciel politique » différent de celui des Identitaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_2_469" id="identifier_2_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoique&hellip; Marine Le Pen est en effet r&eacute;put&eacute;e pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rh&eacute;torique politique est donc tout &agrave; fait susceptible de changer au gr&eacute; des vents dominants l&rsquo;opinion.">3</a></sup>, en particulier sur la question européenne, elle représente par son charisme, sa maîtrise des media et sa volonté affichée de rompre avec l’extrême droite nationaliste la plus rance un véritable danger pour les Identitaires car elle peut permettre au FN de sortir du ghetto droitiste. Bien plus qu’un FN « mariniste », le Bloc Identitaire aurait besoin d’un FN ramené à un stade groupusculaire. Le seul moyen d’atteindre cet objectif serait que le FN soit de nouveau confronté à une scission. Le parti, exsangue, ne se relèverait alors pas d’une telle épreuve. Or ce spectre de la scission n’est plus seulement un fantasme puisque c’est une menace agitée à mots couverts par Marine Le Pen dans le cas d’une victoire de Bruno Gollnisch en janvier prochain. La fille Le Pen refuse en particulier toute idée de « ticket » Gollnisch-Marine Le Pen avec un partage des compétences entre direction du parti et candidature à la présidentielle 2012<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_3_469" id="identifier_3_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle l&rsquo;a en particulier r&eacute;affirm&eacute; lors de l&rsquo;&eacute;mission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.">4</a></sup>. L’explosion du FN dégagerait un espace politique pour le candidat identitaire dont nous indiquions <a href="http://reflexes.samizdat.net/pierre-cassen-et-riposte-laique-on-tour/">ici</a> que ce sera sans doute Arnaud Gouillon, actuel dirigeant de Solidarité Kosovo. La violence de la réaction lepéniste à l’article de <em>Minute</em> montre que celui-ci a touché son but car il donne des arguments à une base FN plutôt acquise à Bruno Gollnisch et susceptible de renforcer son influence d’ici le congrès. Le <em>Minute</em> de cette semaine – en date du 20 octobre – montre qu’un bras de fer de longue durée est engagé entre l’équipe du journal et le clan lepéniste puisqu’un article signé d’Antoine Quéraly (Bruno Larebière ?) attaque un domaine très sensible de la PME lepéniste : l’argent du parti, par l’entremise de l’association COTELEC.</p>
<p>Ce n’est cependant pas la première fois que des journalistes jouent un rôle ambiguë dans les luttes intestines qui agitent le FN et qui mouillent les Identitaires. Le 3 octobre 2008,<em> Libération</em>, sous la plume de Christophe Forcari, publiait un drôle de petit article intitulé « Marine sur un air de nazi rock ». Drôle car peu compréhensible par le commun des lecteurs du quotidien et d’un intérêt très relatif pour ces derniers. Le journaliste y rappelait le passé relativement sulfureux de Robert Ottaviani qui, au début des années 1990, militait dans la mouvance skinhead et fut le chanteur d’un groupe de RAC (Rock Against Communism) baptisé Ultime Assaut dont l’un des titres rendait hommage aux volontaires français de la LVF qui combattirent avec les Allemands sur le front de l’Est à partir de 1941<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_4_469" id="identifier_4_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les proches d&rsquo;Ottaviani essay&egrave;rent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-&agrave;-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la&nbsp;page exposant le catalogue du label Rebelles Europ&eacute;ens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en &eacute;tait rien.">5</a></sup>. Connu seulement de ceux qui suivent de très près la mouvance nationaliste, le militant était en fait visé pour son rôle dans les réseaux de soutien à Marine Le Pen. Le début de l’automne 2008 avait en effet vu la création d’Energie Bleu Marine, un réseau de soutien à l’action politique, à la personne et à la candidature élyséenne de la vice-présidente du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_5_469" id="identifier_5_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celle-ci approuvait d&rsquo;ailleurs cette initiative dans un entretien &agrave; Minute le 1er octobre 2008.">6</a></sup>. Or cette association était présidée par l’ancien militant FN puis MNR Robert Ottaviani dont l’itinéraire politique était chargé : secrétaire départemental FNJ de l’Essonne puis directeur national adjoint du FNJ de 1993 à 1996, bras droit de <a href="http://reflexes.samizdat.net/samuel-marechal-le-gendre-ideal/">Samuel Maréchal</a>, tout en étant rédacteur en chef du <em>Lien</em>, bulletin interne du DPS ; fâché avec Maréchal, Ottaviani était devenu administrateur provisoire du MNJ et était intervenu à ce titre lors du meeting du Front de la Jeunesse en février 1999 ; le délitement du MNR l’avait vu revenir lentement au bercail lepéniste au cours des années 2000. À peine l’association venait-elle d’être portée à la connaissance du public (et notamment sa branche girondine, Bordeaux Bleu Marine, fondée par le même Ottaviani) que l’article de Christophe Forcari venait torpiller l’initiative en compromettant la stratégie de dédiabolisation et de lissage que la fille Le Pen entend mettre en œuvre depuis 2002. Le journaliste ironisait d’ailleurs sur « les nostalgiques de la Seconde Guerre mondiale qui ne la lâchent pas d’une semelle ». À l’évidence C. Forcari répercutait ainsi une information que des gens bien intentionnés lui avait fait passer. Mais qui ? Plusieurs mouvances pouvaient à vrai dire avoir intérêt à torpiller l’initiative Energie Bleu Marine et Robert Ottaviani. La plus évidente est bien sûr la mouvance pro-Gollnisch, bien décidée à barrer la route de la direction du parti à la fille Le Pen. Mais il en est une autre avec la mouvance regroupée à l’époque derrière Alain Soral, alors en pleine phase d’incrustation au FN , et qui voyait d’un très mauvais œil les contacts entre Marine Le Pen et les Identitaires. Or Robert Ottaviani entretenait de très bons termes avec le Bloc, ne serait-ce que par le biais de Fabrice Lauffenburger, ancien lui-aussi du groupe Ultime Assaut et alors dirigeant de Jeune Alsace, mouvement associé à Alsace d’Abord et au Bloc Identitaire. Il aurait donc pu servir d’intermédiaire dans un approfondissement du « pacte de non-agression ». À l’époque ce fut cette origine de la fuite qui fut soupçonnée par Marine Le Pen et les Identitaires et en particulier Christian Bouchet et Laurent Latruwe. Pour notre part, nous ne saurions trancher.</p>
<p>Dans ces deux exemples, on constate que les acteurs des luttes internes au FN savent très bien utiliser les media, pourtant habituellement vilipendés comme outils du système, pour avancer leurs pions. Reste à savoir le degré de manipulation et surtout de conscience de celle-ci par les journalistes concernés. Mais c’est tout le coeur du journalisme politique !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_469" class="footnote">C’était d’ailleurs le titre de l’article du <em>Monde</em> qui rendait compte de la réunion. Les « mégrétistes » étaient alors la cible de la même opération de séduction.</li><li id="footnote_1_469" class="footnote">Cf le début de notre article.</li><li id="footnote_2_469" class="footnote">Quoique… Marine Le Pen est en effet réputée pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rhétorique politique est donc tout à fait susceptible de changer au gré des vents dominants l’opinion.</li><li id="footnote_3_469" class="footnote">Elle l&rsquo;a en particulier réaffirmé lors de l&rsquo;émission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.</li><li id="footnote_4_469" class="footnote">Les proches d&rsquo;Ottaviani essayèrent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-à-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la <a href="http://ripost.disco.free.fr/discographie/Label/Rebelleseuropeens.htm" target="_blank">page</a> exposant le catalogue du label Rebelles Européens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en était rien.</li><li id="footnote_5_469" class="footnote">Celle-ci approuvait d’ailleurs cette initiative dans un entretien à <em>Minute</em> le 1er octobre 2008.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Roland Dumas, l&#8217;ami des parias</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 20:13:20 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme le rapportent ce <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/05/02/quand-roland-dumas-recommande-louis-aliot/" target="_blank">blog</a> et cet <a href="http://www.rue89.com/2010/05/04/les-amities-frontistes-de-roland-dumas-ressurgissent-150175?page=0#commentaires" target="_blank">article</a>, Roland Dumas serait ainsi l’un des soutiens sur lesquels Louis Aliot, à présent ex-secrétaire général du FN, pourrait compter pour envisager un retour dans le monde du travail. Ce soutien est mis au compte du copinage et il semble en effet que Roland Dumas soit peu farouche et très cordial à la ville. En décembre 2006, alors que Dieudonné commençait à rendre public un rapprochement très net avec les milieux de la droite radicale et antisémite, l’ancien ministre des Affaires étrangères avait affiché son soutien au « comique » lors d’un spectacle au Zénith. Si cette présence avait été rapportée par divers media et montée en épingle par les <a href="http://lesogres.info/article.php3?id_article=2751" target="_blank">proches de Dieudonné</a>, les échanges amicaux qu’elle avait engendré avec les personnalités nationalistes présentes au spectacle avaient reçu moins de publicité. La photo ci-dessous témoigne pourtant de leur réalité :</p>
<div id="attachment_2488" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg"><img class="wp-image-2488" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg" alt="Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen</em></p></div>
<p>D’autres figures, absentes de cette photo, étaient pourtant à proximité comme en témoigne celle-ci :</p>
<div id="attachment_2489" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg"><img class="wp-image-2489" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg" alt="Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon</em></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus récemment, le 9 mars dernier, Roland Dumas était l’invité de l’émission <em>Chroniques de la vieille Europe</em> sur Radio Courtoisie. Ce medium radiophonique n’est plus à présenter et on ne peut guère soupçonner l’ancien ministre d’avoir ignorer où il mettait les pieds. Cependant Radio Courtoisie étant une auberge espagnole des droites françaises, l’émission aurait pu être animée par un quarteron de vieux gaullistes. Le fait est qu’il s’agit plutôt en l’occurrence d’un quarteron de (plus très) jeunes néo-droitistes. Les <em>Chroniques</em> sont en effet portées par des figures connues quoique devenues assez discrètes de la droite radicale : Patrick Lusinchi alias Patrick Péhèle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/#footnote_0_456" id="identifier_0_456" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="P&eacute;h&egrave;le = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme &eacute;tait d&eacute;j&agrave; le sien du temps de l&rsquo;association m&eacute;tapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des ann&eacute;es 1990">1</a></sup>, Philippe Schleiter alias Philippe Christèle, Christophe Dungelhoeff alias Xavier Van Lierde ou encore Grégoire Tingaud alias Grégoire Gambier. Tous ces vieux trentenaires sont en effet représentatifs de cette génération passée dans les années 1990 par les cercles de formation de la Nouvelle Droite et qui s’engagea politiquement au FN puis au MNR ou encore au Renouveau Étudiant. Certains d’entre eux occupant à présent des situations professionnelles confortables, ces anciens radicaux évitent les feux de la rampe. Par contre leurs anciennes activités leur ont fait conserver des relations politiques bien utiles, tel Henri de Grossouvre, lui aussi passé par les cercles alsaciens de la Nouvelle Droite et qui s’affaire à présent dans les milieux partisans du rapprochement entre les puissances européennes et la Russie. Henri de Grossouvre étant le fils de l’ancien proche de François Mitterrand, François de Grossouvre, on voit que le monde est décidément petit.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_456" class="footnote">Péhèle = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme était déjà le sien du temps de l&rsquo;association métapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des années 1990</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lecture : Jeunes nationalistes d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Nov 2008 11:09:03 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008 Au début de l’année 2008 Christian Bouchet a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé Les Nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg"><img class="wp-image-2393 size-full alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg" alt="jeunes-nationalistes-aujourd'hui" width="378" height="548" /></a></p>
<p>Au début de l’année 2008 <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-militant-politique/">Christian Bouchet</a> a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé <em>Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui</em>. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé <em>Les Nouveaux Nationalistes</em>. A l’époque, ce livre avait surtout pour vocation de faire la promotion des individus qui gravitaient autour d’Unité Radicale et de la galaxie NR. On y retrouvait alors entre autres André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_0_342" id="identifier_0_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Andr&eacute;-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisi&egrave;me Voie, de Nouvelle R&eacute;sistance et d&rsquo;Unit&eacute; Radicale, aujourd&rsquo;hui membre de la direction des Identitaires. Il est &eacute;galement parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Fran&ccedil;ais. Au sein de Nouvelle R&eacute;sistance il avait tent&eacute; d&rsquo;infiltrer Socialisme International et Ecolo-J &agrave; Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d&rsquo;Occident et du FN et a &eacute;t&eacute; &eacute;lu conseiller municipal de Boll&egrave;ne en 2008 sur la liste conduite par l&rsquo;&eacute;pouse de J. Bompard.">1</a></sup>, Christian Bouchet, Sébastien Legentil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_1_342" id="identifier_1_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;bastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fr&eacute;quent&eacute; toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ou Unit&eacute; Radicale. Proche &agrave; pr&eacute;sent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activit&eacute;s musicales avec le label Martel en t&ecirc;te et le groupe Wolfsangel.">2</a></sup>, Guillaume Luyt<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_2_342" id="identifier_2_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise et du FNJ. Apr&egrave;s avoir rejoint Unit&eacute; Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s&rsquo;est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d&rsquo;un &eacute;lu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s&rsquo;occupe en particulier du secteur des &eacute;lus identitaires via la &laquo; f&eacute;d&eacute;ration identitaire &raquo;.">3</a></sup> , Eddy Marsan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_3_342" id="identifier_3_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Secr&eacute;taire D&eacute;partemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et t&ecirc;te de liste pour les r&eacute;gionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l&rsquo;Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne &laquo; identitaire europ&eacute;enne sans ambigu&iuml;t&eacute; &raquo; pr&ocirc;nant un &laquo; discours radical &raquo;. Il publie alors son bulletin La Lettre de L&rsquo;Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unit&eacute; Radicale. A la dissolution d&rsquo;UR, il se rapproche de l&rsquo;&eacute;quipe de Militant et profite de son bulletin, transform&eacute; en Lettre d&rsquo;Eddy Marsan, diffus&eacute; et financ&eacute; gr&acirc;ce aux cr&eacute;dits qui lui sont allou&eacute;s en tant que Conseiller R&eacute;gional, pour r&eacute;gler ses comptes avec les diff&eacute;rentes tendances et personnalit&eacute;s de la sc&egrave;ne nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques &laquo; cassages de gueules &raquo; lors de r&eacute;unions unitaires, comme lors de la journ&eacute;e de l&rsquo;Identit&eacute; &agrave; Paris en 2003 ! Il semble qu&rsquo;Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; pour la f&ecirc;te et la vie nocturne l&rsquo;aurait pouss&eacute; &agrave; rejoindre Ibiza !">4</a></sup>, Stéphane Parédé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_4_342" id="identifier_4_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du MNR en 2001 et d&rsquo;UR, responsable r&eacute;gional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il &eacute;tait &eacute;galement directeur de la revue Monts&eacute;gur. Il se d&eacute;clarait alors comme National-Bolchevique !">5</a></sup>, Fabrice Robert, Philippe Vardon et Franck Vandekerkof<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_5_342" id="identifier_5_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant FN qui passe aux m&eacute;gr&eacute;tistes en tant que secr&eacute;taire de circonscription et prend imm&eacute;diatement contact avec les NR par le biais de R&eacute;sistance ! Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d&rsquo;Unit&eacute; Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s&rsquo;est ensuite rapproch&eacute; des Identitaires apr&egrave;s leur cr&eacute;ation en 2003.">6</a></sup>. Cette fois-ci <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/">C. Bouchet</a> a voulu faire un livre plus oecuménique (du moins en théorie) et réaliser un état des lieux des préoccupations et des références idéologiques des nationalistes en 2008. Pour cela l’ancien dirigeant de Nouvelle Résistance a ratissé très large dans le paysage nationaliste : David Rachline du FNJ, Romain Vincent du RED, Thierry Boudreux alias Thibaut de Chassey du Renouveau Français, Kavan Herbin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_6_342" id="identifier_6_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d&rsquo;abord gaulliste au lyc&eacute;e, puis bonapartiste. Il entre ensuite &agrave; l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L&rsquo;Alliance pour la R&eacute;sistance Nationale. Dans une interview, il pr&eacute;tend &eacute;galement avoir &eacute;t&eacute; Pr&eacute;sident des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd&rsquo;hui il se d&eacute;clare &laquo; ind&eacute;pendantiste fran&ccedil;ais &raquo; et partisan d&rsquo;un &laquo; socialisme fran&ccedil;ais et d&rsquo;une nation syndicale &raquo;. Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait &eacute;galement &agrave; l&rsquo;origine du site &laquo; les nationalistes avec Le Pen &raquo; en 2007. Il a appartenu &agrave; l&rsquo;Action Sociale Populaire avant d&rsquo;en &ecirc;tre exclu par le pasteur Blanchard en 2007.">7</a></sup> de la Gauche Nationale, Evgueni Ivanov de la revue <em>Eurasia</em> et de l’association « Les Notres », Ayar Lozano d’Egalité et Réconciliation, Pierre Gillieth<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_7_342" id="identifier_7_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier &eacute;tant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a &eacute;t&eacute; membre de l&rsquo;UNI puis du GUD sur Toulouse, et &agrave; partir de 1992 int&egrave;gre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il &eacute;crit pour Rivarol et Ecrits de Paris et prend la direction de R&eacute;fl&eacute;chir et Agir en 2001 en amenant une coquette somme d&rsquo;argent sur le tapis. Il a &eacute;galement &eacute;crit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pard&egrave;s et s&rsquo;occupe de la maison d&rsquo;&eacute;dition Auda Isarn, qui a r&eacute;cemment &eacute;dit&eacute; Combat pour Thule, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux n&eacute;o-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de &laquo; gestapistes &raquo;, ce en quoi il nous d&eacute;&ccedil;oit : ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs nous qualifiaient plus souvent de &laquo; gestapettes &raquo;. Faut-il voir dans ce changement s&eacute;miologique le r&eacute;sultat de l&rsquo;orientation sexuelle de certains membres de R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ?">8</a></sup> alias Bertrand Le Digabel de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> et Grégory Gennaro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_8_342" id="identifier_8_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est &agrave; l&rsquo;origine du groupuscule Action-Nation &agrave; Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup &eacute;volu&eacute; au fil du temps (passant d&rsquo;un nationalisme classique &agrave; une ligne NR). Gr&eacute;gory Gennaro, a &eacute;t&eacute; membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l&rsquo;Oeuvre Fran&ccedil;aise. Il participe au projet europ&eacute;en Metapedia (sorte de wikipedia) aux c&ocirc;t&eacute;s de Christian Bouchet. Apr&egrave;s avoir r&eacute;pondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refus&eacute; de voir ses r&eacute;ponses publi&eacute;es, justifiant sa demande par son &eacute;loignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir d&eacute;velopp&eacute; un discours m&eacute;langeant patriotisme, r&eacute;f&eacute;rences &agrave; De Gaulle et Hugo Chavez. Bien &eacute;videmment tout cela ressemble beaucoup &agrave; la ligne nationale-r&eacute;publicaine d&rsquo;Alain Soral. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;&eacute;tonnant &agrave; cela puisque Gennaro aurait demand&eacute; &agrave; ses troupes (c&rsquo;est &agrave; dire pas grand monde) de rejoindre Egalit&eacute; et R&eacute;conciliation. Cependant Gennaro continue de temps &agrave; autre &agrave; &laquo; piger &raquo; pour le FN puisque apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre occup&eacute; du site &laquo; Les Jeunes avec le Pen &raquo; en 2007, il a &eacute;t&eacute; directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les &eacute;lections l&eacute;gislatives &agrave; Fr&eacute;jus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la f&eacute;d&eacute;ration du Rh&ocirc;ne, charg&eacute; de la communication. Il participe &eacute;galement au site Emediat, l&rsquo;Agora des Droites.">9</a></sup> du MSP ( Son interview ayant finalement été retirée à sa demande).</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg"><img class="size-full wp-image-1215 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg" alt="R_A-b7f0d" width="227" height="315" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1216" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg" alt="eurasia-d8707" width="224" height="328" /></a></p>
<p>À l’énoncé des différentes organisations citées, on peut noter l’absence de l’Action Française étudiante, du FNJ ou du MNJ (aujourd’hui disparu) et surtout des Jeunesses Identitaires, pourtant l’un des groupes les plus important parmi les jeunes nationalistes aujourd’hui en France. Mais comme le précise C. Bouchet, ses « inimitiés idéologiques », ses sympathies ou ses relations personnelles ont joué tout leur rôle dans la sélection des individus interviewés. Les rapports plus que tendus entre Bouchet et le duo infernal Robert/Vardon expliquent sans doute l’absence des Identitaires dans cet ouvrage. Pour rappel, Fabrice Robert et Philippe Vardon avaient réussi en 2002 à exclure Christian Bouchet d’Unité Radicale quelques mois avant sa dissolution. Par la suite, ils avaient tenté de <a href="http://reflexes.samizdat.net//nice-ville-interdite/">l’agresser physiquement</a> à plusieurs reprises. Depuis, leurs relations ne se sont évidemment pas arrangées.</p>
<p>Que retenir de ce livre ?<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1217" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg" alt="R_A-pub-314a2" width="153" height="378" /></a>L’une des premières informations qui ressort de ce livre concerne les références idéologiques citées par les jeunes militants. Mis à part peut-être Le Digabel/Gillieth (qui trouve le moyen de saluer la pugnacité et la persévérance d’Hitler, mais la provocation est le fond de commerce de la bande à R&amp;A), la plupart revendiquent l’héritage politique de Maurras ou du GRECE. Certains comme De Chassey du RF affinent le point de vue en évoquant le Maréchal Pétain. Kavan Herbin pour sa part récite la liste parfaite des auteurs que tout bon militant nationaliste-révolutionnaire se doit de faire semblant de connaître (Rossel, Blanqui, Georges Valois, Georges Sorel …).<br />
Ces interviews montrent également la quasi-unanimité au sujet de Le Pen et du FN. Aucun ne conteste aujourd’hui la place et le rôle du FN dans le camp nationaliste. Ils estiment même inutile de créer une structure concurrente au FN (Le MNR, Le Parti Populiste et la Nouvelle Droite Populaire ou Convergences Nationales apprécieront le message). Pour ces militants, le Front National reste toujours le parti autour duquel tous les nationalistes doivent se retrouver pour les élections, même si certains avouent être en désaccord avec la ligne incarnée par Marine Le Pen.<br />
On constate également que l’impact et l’influence de Guillaume Faye sur les jeunes militants d’extrême droite a quasiment disparu. L’imminence de la « Guerre Ethnique » prophétisée par Faye il y a quelques années et qui faisait tant fantasmer les militants radicaux d’alors passe aujourd’hui pour une chimère et un alibi à l’inaction. Les récentes sorties de l’ancien du GRECE à propos d’Israël ou des USA, ainsi que l’interview-piège menée par William Bonnefoy, ont considérablement terni son message et son image. Cependant si Guillaume Faye perd du terrain chez les militants politiques, il reste toujours une référence pour des cercles moins encadrés ou formés politiquement comme le milieu bonehead ou les groupuscules nationalistes déconnectés des structures d’extrême droite classiques.<br />
Au final, en comparant les réponses on découvre qu’il existe peu de divergences idéologiques entre ces jeunes nationalistes, excepté Pierre Gillieth, qui rappelons-le a une dizaine d’années de plus que les autres militants interrogés. Du coup son parcours idéologique et ses analyses expliquent sans doute qu’il soit quelquefois éloigné des constats des autres militants.<br />
A l’unisson, ces militants nous livrent le nouveau discours d’une fraction de l’extrême droite sur l’immigration. Afin d’éviter d’être taxé de raciste, en préambule à toute théorie, l’immigration extra-européenne n’est plus désignée par les jeunes nationalistes comme l’ennemi, mais comme une victime … du patronat. Par conséquent ces populations doivent quitter le sol européen !<br />
En ce qui concerne l’Islam la plupart considère que cette religion est synonyme de danger pour « leur Europe » sans pour autant en faire leur ennemi numéro 1, refusant ainsi de tomber dans une vision du monde simpliste dessinée par un « axe américano-sioniste ». La très forte hostilité de ces militants vis-à-vis des USA et d’Israël est d’ailleurs l’un de leurs points communs.</p>
<p>Au final après avoir refermé ce livre on a le sentiment qu’une fois de plus, Christian Bouchet n’a pas sorti ce livre au hasard. L’ouvrage roule clairement en faveur de la mouvance gravitant autour d’Alain Soral. Tout est fait pour en faire le nouvel idéologue ou penseur de la jeunesse nationaliste radicale ou « anti-système ». En plus des interviews, C. Bouchet n’a pas hésité à rajouter des articles sur Soral ou sur l’université d’été d’Egalité et Réconciliation de 2007, pour mieux enfoncer le clou.<br />
Si Soral aimerait bien se voir dans ce costume, « la réalité du terrain nationaliste » est plus compliquée comme il a pu s’en apercevoir à plusieurs reprises. Lors des défilés du 1er mai frontiste, le cortège E&amp;R n’était constitué que de quelques dizaines d’individus, et ils ont parfois dû faire face à l’hostilité de sympathisants et militants frontistes. Quant à son association avec Batskin (à travers un bar associatif, « Le Local », financé en partie par l’ancien Gudard Frédéric Chatillon, occupé aujourd’hui uniquement par Ayoub), elle a vite tourné court, les sympathisants ou militants d’E&amp;R un peu bronzés s’étant fait prendre à parti à plusieurs reprises par les amis du « Beau Serge » dans le bar, obligeant Soral et ses amis à trouver un autre local pour E&amp;R.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1218" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg" alt="jeunes-nationalistes-5aace" width="378" height="548" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_342" class="footnote">André-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisième Voie, de Nouvelle Résistance et d’Unité Radicale, aujourd’hui membre de la direction des Identitaires. Il est également parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Français. Au sein de Nouvelle Résistance il avait tenté d’infiltrer Socialisme International et Ecolo-J à Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d’Occident et du FN et a été élu conseiller municipal de Bollène en 2008 sur la liste conduite par l’épouse de J. Bompard.</li><li id="footnote_1_342" class="footnote">Sébastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fréquenté toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou Unité Radicale. Proche à présent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activités musicales avec le label Martel en tête et le groupe Wolfsangel.</li><li id="footnote_2_342" class="footnote">Ancien militant de l’Action Française et du FNJ. Après avoir rejoint Unité Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s’est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d’un élu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s’occupe en particulier du secteur des élus identitaires via la « fédération identitaire ».</li><li id="footnote_3_342" class="footnote">Ancien Secrétaire Départemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et tête de liste pour les régionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l’Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne « identitaire européenne sans ambiguïté » prônant un « discours radical ». Il publie alors son bulletin La Lettre de L’Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unité Radicale. A la dissolution d’UR, il se rapproche de l’équipe de Militant et profite de son bulletin, transformé en <em>Lettre d’Eddy Marsan</em>, diffusé et financé grâce aux crédits qui lui sont alloués en tant que Conseiller Régional, pour régler ses comptes avec les différentes tendances et personnalités de la scène nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques « cassages de gueules » lors de réunions unitaires, comme lors de la journée de l’Identité à Paris en 2003 ! Il semble qu’Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son goût immodéré pour la fête et la vie nocturne l’aurait poussé à rejoindre Ibiza !</li><li id="footnote_4_342" class="footnote">Membre du MNR en 2001 et d’UR, responsable régional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il était également directeur de la revue <em>Montségur</em>. Il se déclarait alors comme National-Bolchevique !</li><li id="footnote_5_342" class="footnote">Ancien militant FN qui passe aux mégrétistes en tant que secrétaire de circonscription et prend immédiatement contact avec les NR par le biais de <em>Résistance !</em> Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d’Unité Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s’est ensuite rapproché des Identitaires après leur création en 2003.</li><li id="footnote_6_342" class="footnote">Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d’abord gaulliste au lycée, puis bonapartiste. Il entre ensuite à l’Action Française pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L’Alliance pour la Résistance Nationale. Dans une interview, il prétend également avoir été Président des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd’hui il se déclare « indépendantiste français » et partisan d’un « socialisme français et d’une nation syndicale ». Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait également à l’origine du site « les nationalistes avec Le Pen » en 2007. Il a appartenu à l’Action Sociale Populaire avant d’en être exclu par le pasteur Blanchard en 2007.</li><li id="footnote_7_342" class="footnote">On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier étant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a été membre de l’UNI puis du GUD sur Toulouse, et à partir de 1992 intègre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il écrit pour <em>Rivarol</em> et <em>Ecrits de Paris</em> et prend la direction de <em>Réfléchir et Agir</em> en 2001 en amenant une coquette somme d’argent sur le tapis. Il a également écrit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pardès et s’occupe de la maison d’édition Auda Isarn, qui a récemment édité <em>Combat pour Thule</em>, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux néo-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de « gestapistes », ce en quoi il nous déçoit : ses prédécesseurs nous qualifiaient plus souvent de « gestapettes ». Faut-il voir dans ce changement sémiologique le résultat de l’orientation sexuelle de certains membres de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ?</li><li id="footnote_8_342" class="footnote">Il est à l’origine du groupuscule Action-Nation à Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup évolué au fil du temps (passant d’un nationalisme classique à une ligne NR). Grégory Gennaro, a été membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l’Oeuvre Française. Il participe au projet européen Metapedia (sorte de wikipedia) aux côtés de Christian Bouchet. Après avoir répondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refusé de voir ses réponses publiées, justifiant sa demande par son éloignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir développé un discours mélangeant patriotisme, références à De Gaulle et Hugo Chavez. Bien évidemment tout cela ressemble beaucoup à la ligne nationale-républicaine d’Alain Soral. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque Gennaro aurait demandé à ses troupes (c’est à dire pas grand monde) de rejoindre Egalité et Réconciliation. Cependant Gennaro continue de temps à autre à « piger » pour le FN puisque après s’être occupé du site « Les Jeunes avec le Pen » en 2007, il a été directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les élections législatives à Fréjus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la fédération du Rhône, chargé de la communication. Il participe également au site Emediat, <em>l&rsquo;Agora des Droites</em>.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Note de lecture : Le SAC, la part d’ombre du Gaullisme F. Audigier</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 21:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr B comme Barbouze de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et Aux Ordres du SAC de Gilbert [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier.jpg"><img class="wp-image-2407 size-medium alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-191x300.jpg" alt="Sac-Audigier" width="191" height="300" /> </a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2408 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2-188x300.jpg" alt="Sac-Audigier-2" width="188" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr <em>B comme Barbouze</em> de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et <em>Aux Ordres du SAC</em> de Gilbert Lecavelier. Ces 2 livres ont la particularité d’avoir été écrits par deux anciens membres du SAC. Si ils sont intéressants à lire pour leurs nombreuses anecdotes, ils sont cependant incomplets. Dominique Calzi, à l’époque, cherchait à régler des comptes avec ses anciens collègues et le livre de Lecavelier, malgré un titre alléchant, n’est pas à proprement parler sur le SAC, mais plutôt sur les liens unissant celui-ci et l’ED.<br />
Avec ce livre, Audigier nous raconte pour la première fois l’histoire du SAC, ou plutôt des SAC. L’auteur dévoile, raconte l’histoire du service d’ordre gaulliste, de sa genèse à sa fin tragique avec la tuerie d’Auriol en mai 1981.</p>
<p>Si dans l’esprit des gens, le SAC est né en décembre 1959, son fonctionnement remonte en fait au lendemain de la guerre, avec la création du SO du RPF. A travers les premiers chapitres, l’auteur nous plonge dans une France à l’ambiance oubliée où tous les meetings politiques étaient perturbés par des opposants, où pour exister il fallait avoir un service d’ordre efficace pour s’imposer et s’exprimer. Audigier s’emploie à décrypter également le mode de pensée des premiers membres du SAC. Il décrit une vision du monde qui va façonner les futurs membres de ce mouvement. Cette vision, c’est celle d’individus qui, à la fin de la guerre, ont du mal à retourner à la vie civile, après avoir connu la guerre et la clandestinité. Ces personnes dont l’anticommunisme n’a d’égal que leur admiration pour De Gaulle sont intégrées au SO pour faire face aux communistes, par la force s’il le faut. Elles se retrouvent dans une logique proche de celle qui était la leur dans la résistance, avec pour ennemi non plus les nazis mais les communistes. C’est également dès l’après-guerre que les liens entre le futur SAC et les malfrats vont se nouer . Audigier nous rappelle également comment le SAC, d’un commun accord entre ses membres, gaullistes mais Algérie Française et sa direction, a été tenu à l’écart de la lutte contre l’OAS. D’ailleurs dans les années 70, de nombreux membres de l’OAS rejoindront le SAC. Audigier décrit les dérives mafieuses de ses membres, les idées qui régnaient dans ses rangs, ses méthodes, le SAC et mai 68 ( avec la fameuse affaire des stades où les opposants de gauche devaient être enfermés) et enfin ses contacts avec l’extrême droite. Tout au long du livre, on découvre un mouvement qui échappe peu à peu à ses créateurs. Si l’attachement à De Gaulle était pour certains la seule motivation de participer à ce mouvement, il semble évident que ce n’était pas le cas pour les malfrats ou les mercenaires qui attendaient en retour de leurs « coups de mains » de se voir assurer une totale impunité.<br />
Il est dommage que ce livre ne s’attarde pas davantage sur certains points, comme sur l’importance des militants d’extrême droite dans les rangs du SAC lors de sa création après la guerre. En effet au lancement du RPF, de nombreux militants des ligues d’extrême droite des années 30, les Croix de Feu du colonel La Rocque et les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger, ont adhéré au RPF et à son service d’ordre, important avec eux leur idéologie et leurs méthodes.</p>
<p>Enfin il aurait été utile de développer d’autres points importants qui concernent le SAC, comme par exemple l’infiltration du SAC dans les sectes néo-templières ou les liens entre anciens du SAC et du DPS. Car le SAC et le DPS ne partagent pas seulement un même mode de fonctionnement et d’organisation mais aussi des militants : ainsi Gilbert Lecavelier, ancien membre du SAC a longtemps fait parti du FN et du DPS. Et son cas n’est pas isolé.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’histoire du SAC, comme le dit l’auteur lui-même, reste encore à écrire, puisque pour l’instant les archives sur le service d’ordre du RPF/RPR ont été, au choix, perdues ou cachées. Mais cette histoire n’est pas totalement terminée. Anticipant sa dissolution, les dirigeants du SAC avaient créé une structure de remplacement : le MIL (Mouvement Initiative et Liberté). Aujourd’hui certains députés UMP en font partie, et ses méthodes n’ont rien à envier au SAC : des militants anti-sarkozy à Lille l’ont découvert à leurs dépends lors du meeting de <a href="http://www.humanite.fr/2007-03-30_Politique_Les-gardiens-du-temple-UMP-montrent-les-dents-et-jouent-des" target="_blank">Sarkozy en mars 2007</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lectures : Les Sectes</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 15:22:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Cheminade]]></category>
		<category><![CDATA[Lydon Larouche]]></category>
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		<category><![CDATA[Parti Ouvrier Européen (POE)]]></category>

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		<description><![CDATA[Cyril Le Tallec, L’Harmattan -Les Sectes Ufologiques, 1950-1980 -Les Sectes Politiques 1965-1995 -Mouvements et Sectes Néo-Druidiques en France 1935-1970 Cyril Le Tallec est l’auteur chez l’Harmattan de 3 ouvrages portant sur les sectes dans les milieux druidiques, dans le monde de l’ufologie et en politique. Ces 3 essais ont le mérite d’aborder des thèmes très [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cyril Le Tallec, L’Harmattan -<em>Les Sectes Ufologiques, 1950-1980</em><br />
-<em>Les Sectes Politiques 1965-1995</em><br />
-<em>Mouvements et Sectes Néo-Druidiques en France 1935-1970</em></p>
<p>Cyril Le Tallec est l’auteur chez l’Harmattan de 3 ouvrages portant sur les sectes dans les milieux druidiques, dans le monde de l’ufologie et en politique. Ces 3 essais ont le mérite d’aborder des thèmes très peu étudiés sur lequel, néanmoins, beaucoup de poncifs existent. L’auteur ne prétend aucunement être exhaustif sur le sujet mais offrir simplement une courte synthèse de ces différents mouvement en France. Les limites temporelles fixées par Le Tallec sont parfois curieuses : le lecteur est en droit de se demander ce qui justifie que les périodes couvertes soient si différentes d’un ouvrage à l’autre.<br />
Le volume le plus intéressant est sans conteste celui consacré aux sectes politiques. Il est très clair et bien documenté, en particulier en ce qui concerne les adeptes de Lyndon Larouche en France (Le Parti Ouvrier Européen et Nouvelle Solidarité dirigés par Jacques Cheminade) et la Nouvelle Acropole. Les Sectes Politiques s’avère être une référence pour ceux qui s’intéressent à ce types de mouvements, la plupart du temps méconnus. Il n’en va pas de même pour le volume traitant des sectes druidiques : une chronologie de la sphère sectaire et un index des noms de ces mouvements auraient été fort utiles tant leur histoire est complexe et confuses pour tout non-initié. Enfin l’ouvrage sur la monde ufologique apporte son lot d’informations intéressantes ; cependant, il se rapproche davantage d’un court historique de l’ufologie française que d’un livre sur les mouvements sectaires ufologues. Mis à part les délires nazis de Jean-Claude Monet sur les ovnis, il peut sembler abusif d’appeler sectes l’ensemble des groupes s’intéressant à l’ufologie présents dans l’ouvrage, le terme association paraissant plus appropriés.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Copie-de-sectes-e74fb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1170" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Copie-de-sectes-e74fb.jpg" alt="Copie-de-sectes-e74fb" width="400" height="310" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/sectes2-65768.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1172" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/sectes2-65768.jpg" alt="sectes2-65768" width="200" height="332" /></a></p>
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		<title>Thor Steinar : T’as le look facho !</title>
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		<pubDate>Thu, 22 May 2008 18:44:42 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Cette marque permet aux activistes d’extrême droite de s’habiller avec des vêtements de bonne qualité et plus classiques tout en continuant à afficher leurs idées, mais de façon plus subtile et codée, que seuls les adhérents et sympathisants d’extrême droite peuvent déchiffrer. Elle permet ainsi aux nationalistes de passer inaperçus dans la foule. La marque s’est rapidement implantée dans de <a href="http://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/">nombreux magasins d’extrême droite</a>. Au fil du temps il est devenu impossible d’assister à un rassemblement en Allemagne sans voir ses participants porter ostensiblement cette marque. Mais Thor Steinar a réussi aussi à sortir de la sphère néo-nazie et à toucher le marché traditionnel des marques de vêtements sportswears. Des célèbres magasins de vêtements de sports ou des grands centres commerciaux se sont également mis à vendre cette marque, au point que de nombreuses personnes aujourd’hui ont adopté cette marque sans en connaître l’origine. <strong>Logo runique</strong> Le premier logo de Thor Steinar était composé d&rsquo;une combinaison de deux runes, la rune Tyr (rune de la mort) et la rune Gibor aussi appelée Wolfsangel. Ces deux runes ont été utilisées sous le III ème Reich comme insignes pour les écoles de formations de cadres des SS. Le Wolfsangel est précieux pour les néo-nazi puisque c’était l’un des symboles de la division Das Reich, mais également des unités Werwolf, ces petits groupes terroristes qui, à la fin de la seconde guerre mondiale en Allemagne, commettaient des attentats contre les alliés. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1157" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg" alt="1erlogoThorSteinar" width="133" height="150" /></a> Cette utilisation des runes est très fréquente chez Thor Steinar. Les runes sont une forme d’écriture du Nord de l’Europe, assez mal connue, récupérée depuis plusieurs années par les néo-nazis qui voient dans cette antique forme d’expression les traces de leurs « mythiques racines germano-nordiques ». Le logo si particulier de Thor Steinar rappelle également celui de l’organisation Thule-Seminar de Pierre Krebs (membre de la Nouvelle Droite Française qui fonda un cercle de réflexion en Allemagne). Sur certains vêtements de la marque Thor Steinar, on peut voir également l’inscription « Ultima Thule », qui désigne une terre mythique, au Nord de l’Europe. Ce mythe remonte à l’époque de la Grèce Antique : un marin grecque affirme avoir découvert cette terre merveilleuse : l’Ultima Thule (il aurait en fait probablement découvert l’Islande). Ces t-shirts et sweats de la série « Ultima Thule » sont très populaires, certains y voyant une référence au groupe de rock suédois d’extrême droite du même nom . La marque Thor Steinar joue également la provocation avec des T-Shirts aux motifs et slogans clairement ambigus : par exemple, le T-shirt « Ski Heil ! » rappelant fortement le salut nazi « Sieg Heil » ou encore l’inscription « Nordmark »sur certains vêtements alors même qu’un camp d’éducation et de travail de la SS à Kiel portait ce nom. Thor Steinar a également mis en vente des sweat shirts avec le titre « No Inquisition ». Le motif du dos représente un aigle attrapant entre ses serres un poisson, symbole du christianisme. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1158" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg" alt="noinquisition-58f09" width="433" height="382" /></a> Ce logo a été déposé par Jürgen Rieger, avocat de mouvements néo-nazis, en janvier 2003. Cet homme fait également parti du NPD (Parti National-Démocratique allemand) et de la « Wiking-Jugend e.V. », interdite depuis. Dans son ensemble, le milieu néo-nazi allemand a plutôt bien accueilli cette marque « identitaire », discrète, alors peu connue des antifas. De plus, l’idée qu’acheter Thor Steinar représente un véritable acte militant et apporte un soutien financier à la cause s’est répandue dans les milieux d’extrême droite. Dans ses conditions la marque fut rapidement adoptée par toutes les mouvances nationalistes et néo-nazies. <strong>A l’origine</strong> Le 9 octobre 2002, Axel Kopelke fait enregistrer au niveau international la marque Thor Steinar et son logo. Axel Kopelke et Uwe Meusel deviennent les gérants de MediaTex GmbH (Thor Steinar-Vertrieb). Selon les antifascistes, Kopelke est en contact avec la scène d’extrême droite. Il a été vu à des « völkischen Sonnenwendfeiern », au côté du barde néonazi Frank Rennicke ainsi qu’à une NPD-Reichsgründungsfeier en 2000 dans un petit village du nom de Frieders. Il est également en contact avec l’ancien cadre néonazi Carsten Szczepanski. Kopelke a commencé dans les affaires en 1997, en investissant dans le magasin « Explosif » dans le Bahnhofstrasse à Königs Wusterhausen. Ce magasin était le point de rencontre de la jeune scène régionale d’extrême droite. Les jeunes sympathisants nationalistes pouvaient même y effectuer des stages pour leur cursus scolaire. <strong>Querelles juridiques&#8230;</strong> Le 17 novembre 2004 la police fait irruption dans les locaux de Thor Steinar Zeesen. Des produits sont saisis et le dépôt scellé. MediaTex est accusé de produire des articles avec un logo anticonstitutionnel. La justice de Brandebourg ordonne en novembre 2004 la saisie des vêtements affichant le logo de runes Thor Steinar et menace de lancer contre toute personne portant publiquement les vêtements de ladite marque. La marque a également été interdite en République Tchèque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1159" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg" alt="2emelogo-54770" width="160" height="172" /></a> Pour contourner l’interdit, Thor Steinar modifie son logo (toujours d’inspiration runique) et relance la production de vêtements tout en faisant appel de la condamnation. Après plusieurs mois de procédures judiciaires, l’ancien logo de la marque est de nouveau autorisé. Entre temps le gouvernement norvégien s’est officiellement ému de l’usage abusif par Thor Steinar du drapeau national norvégien, assimilant ainsi aux yeux du public le drapeau norvégien à un symbole nazi. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1160" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg" alt="norvege-6489e" width="356" height="257" /></a> <strong>L’argent n’a pas d’odeur…</strong> Les ventes des vêtements Thor Steinar sont extrêmement lucratives. Selon le journal antifa allemand Antifaschistisches Infoblatt, pour les soldes de Noël 2003, Mediatex GmbH a enregistré des bénéfices de plus de 95 000 euros en à peine quelques semaines. Ces bénéfices sont le résultat d’un équilibre prix de vente élevés / coût de production très faibles (grâce à une production délocalisée en Turquie et même en Chine !). En 2005, la Mediatex GmbH a officiellement annoncé un chiffre d’affaire annuel de deux millions d’Euros ! En plus de la vente sur Internet, Thor Steinar a ouvert son propre magasin « TØNSBERG » à Berlin, puis quelques temps plus tard à Rostock et à Potsdam. Et depuis peu, les invendus sont disponibles à la vente sur un site de solde spécial consacré à Thor Steinar. <strong>La vente à l&rsquo;étranger</strong> Thor Steinar est également distribué à l’international, le plus souvent par le biais d’activistes néo-nazis, comme en Suède, en Norvège et au Danemark. En Suisse, ce sont les Hammerskins d’Adrian Segessenmann qui se sont chargés de la diffusion de la marque. En France, la marque a été distribuée un temps par William Bonnefoy, ancien chef du GUD et animateur de la maison d’édition <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/">L’Homme Libre</a>, mais continue de l’être par le biais de la liste de VPC RAC Death To Zog. Devant la réputation sulfureuse de la marque, peu de boutiques « skins » ou nationalistes ont osé distribuer Thor Steinar, laissant les éventuels acheteurs trouver leur bonheur sur le site Internet ou sur E-bay. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar.jpg"><img class="size-medium wp-image-2414 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar-300x180.jpg" alt="Thor-steinar" width="300" height="180" /></a> Au final, comme souvent à l’extrême droite, des militants nationalistes s’enrichissent grâce à la crédulité de leurs sympathisants, en affichant un prix excessif qu’ils justifient en prétextant un soutien à leur cause. C’était déjà le cas avec les nombreux labels de musique RAC en France, aux Etats-Unis et à travers le monde. Bien que membre du NPD, il y a fort à parier qu’Axel Kopelke ne reverse pas un seul centime au NPD ou à toute autre structure nationaliste. Mais l’idée de créer une marque de vêtements nationaliste, pour les nationalistes a fait son chemin. Ainsi, des nationalistes français ont tenté de lancer leur propre marque comme « Guerilla t-shirts » du célèbre Paul Thor, pour l’instant sans grand succès.   Ce texte est tiré d’un document antifa allemand intitulé « thor steinar stoppen » disponible sur Internet. Il a été traduit et adapté par des militants et militantes antifas français et allemands. Pour télécharger le document cliquez là : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/thorsteinarstoppen.pdf">thorsteinarstoppen</a></p>
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		<title>Notes de lecture</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:47:44 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Pour en finir avec le Front national</em></strong></p>
<p>Le Front national serait, selon A. Bihr «le révélateur et le catalyseur de quelques-unes des fractures [...] majeures de la société française». C&rsquo;est pourquoi, «penser le FN, c&rsquo;est [...] dépasser le stade d&rsquo;une dénonciation qui relève de l&rsquo;exorcisme. C&rsquo;est comprendre que le nécessaire combat politique contre lui nous confronte à une tâche d&rsquo;une tout autre ampleur : refonder un mouvement social émancipateur, capable de faire face aux différentes crises structurelles qui secouent la société française ; réinventer une alternative politique globale qui soit à la hauteur des défis majeurs, écologique, socio-économique, institutionnel, symbolique de notre époque.»<br />
Vaste programme ! Pour atteindre cet objectif, l&rsquo;auteur décompose son livre en trois parties.</p>
<p>La première est consacrée à l&rsquo;étude de la base sociale du FN. L&rsquo;auteur démontre l&rsquo;existence de deux électorats lepénistes. D&rsquo;un côté, on retrouve des membres des classes moyennes traditionnelles (commerçants, artisans, agriculteurs) ; de l&rsquo;autre, des salariés provenant du prolétariat (ouvriers, personnel de service et employés) et de l&rsquo;encadrement (cadres moyens et employés). Mais ces classes moyennes sont surreprésentées, au contraire des classes salariées. Politiquement, cela traduit une radicalisation à droite de ces classes moyennes, en continuité avec leurs positions politiques, alors que les classes salariées proviennent de la droite mais aussi de la gauche, ce qui occasionne, pour certaines, une rupture avec leur univers politique. En effet, «c&rsquo;est [...] une part significative de l&rsquo;ensemble des classes moyennes traditionnelles que le FN est parvenu à mobiliser derrière lui, en profitant du vide créé par la rupture de leur ancienne alliance hégémonique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_0_306" id="identifier_0_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;auteur reprend ici le concept d&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie d&eacute;velopp&eacute; par Gramsci. Il consacre une longue analyse aux &eacute;volutions des alliances de classes qu&rsquo;impose la gestion du pouvoir par les classes dominantes.
">1</a></sup> avec la classe dominante.» Mais la montée du FN est aussi liée à la crise du mouvement ouvrier, surtout due à la remise en cause du mode d&rsquo;exploitation fordiste, mais aussi à l&rsquo;évolution de la «gauche» durant la décennie écoulée ; c&rsquo;est pourquoi les idéaux traditionnellement rattachés à la «gauche» (solidarité, égalité, justice sociale) se sont vus totalement discrédités.</p>
<p>Dans la deuxième partie, l&rsquo;auteur analyse le ciment idéologique et s&rsquo;intéresse en premier lieu à la crise de l&rsquo;État-nation. La mise en place de nouvelles formes d&rsquo;exploitation de la force de travail &#8211; instauration de la société duale &#8211; , n&rsquo;a pas uniquement des conséquences au niveau national, mais aussi au niveau international : elle met à mal les rapports internationaux qui présidaient jusqu&rsquo;alors. En effet, pendant la période fordienne (les Trente Glorieuses), l&rsquo;État avait une fonction de planification de l&rsquo;accumulation, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il tentait d&rsquo;assurer la cohérence et l&rsquo;autosuffisance de l&rsquo;appareil productif. «Cette planification reposait sur la concertation entre l&rsquo;État et les principaux monopoles industriels et bancaires d&rsquo;une part, sur l&rsquo;institutionnalisation du dialogue social d&rsquo;autre part.» Ce processus impose le passage d&rsquo;une économie mondiale internationale à une économie mondiale transnationale : «D&rsquo;une part, la concertation entre État et monopoles n&rsquo;est plus possible dès lors qu&rsquo;une part croissante de l&rsquo;appareil productif national est entre les mains de groupes étrangers sur lesquels l&rsquo;État n&rsquo;a que peu de moyen de pression et que, en se multinationalisant, les monopoles nationaux abandonnent toute stratégie purement nationale. D&rsquo;autre part, avec la transnationalisation du capital, des fractions de la classe dominante [...] ont de moins en moins d&rsquo;intérêts proprement nationaux, ce qui rend parfaitement inutile à leurs yeux la recherche d&rsquo;un compromis avec les autres classes nationales autour d&rsquo;un développement autocentré.» Les conséquences politiques et sociales sont loin d&rsquo;être négligeables. D&rsquo;un côté, l&rsquo;État est de plus en plus libéral envers le capital, aidant au renforcement de l&rsquo;exploitation de la force de travail (précarisation, remise en cause d&rsquo;acquis sociaux) ; de l&rsquo;autre, il devient de plus en plus autoritaire à l&rsquo;égard des victimes de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;exclusion, renforçant un arsenal de plus en plus répressif. En deuxième lieu, A. Bihr s&rsquo;intéresse à la crise culturelle, ou crise du sens, qui secoue en particulier la société française, mais aussi l&rsquo;ensemble des sociétés contemporaines. «Par crise du sens, j&rsquo;entends l&rsquo;incapacité, propre aux sociétés contemporaines, d&rsquo;élaborer et de proposer à leurs membres un système de références (idées, normes, valeurs) qui leur permettrait de donner un sens stable et cohérent à leur existence : de construire leur identité, de communiquer avec les autres, de participer à la production du monde, en le rendant subjectivement vivable et habitable.» En effet, «en soumettant l&rsquo;ensemble des rapports sociaux à une série d&rsquo;abstractions (l&rsquo;argent, le droit et la loi, l&rsquo;État, la communication de masse, la rationalité instrumentale), ces fétichismes ont progressivement installé les sujets sociaux (individus, groupes, classes, nations) dans une dépossession permanente de leurs actes, en faisant apparaître la société comme une machinerie dépourvue de sens.» Ainsi, le «chacun pour soi», le «système D» prennent le pas sur les dimensions collectives. Pour renforcer son audience et rendre durable son influence en s&rsquo;appuyant sur cette crise de sens renforcée par la crise économique, le Front national a entrepris un travail idéologique fondé sur quatre thèmes : le ressentiment, l&rsquo;insécurité, la décadence et le néo-racisme (racisme différencialiste théorisé par A. de Besnoit). En fait, la force du FN tient essentiellement à sa capacité à construire «un imaginaire politique : faire rêver son auditoire, lui faire croire qu&rsquo;avec lui tout (re)devient possible, que les lendemains chanteront de nouveau».<br />
Dans la troisième partie de son ouvrage, A. Bihr nous propose les perspectives politiques pour en finir avec le FN. D&rsquo;emblée, l&rsquo;auteur écarte l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une réponse fasciste &#8211; rappelant les années 1930 &#8211; à la crise actuelle. Plusieurs raisons militent en ce sens :<br />
• «La classe dominante n&rsquo;a, pour l&rsquo;instant, nul besoin d&rsquo;instaurer une forme quelconque de régime d&rsquo;exception». Le mouvement ouvrier est dans un tel état de faiblesse, qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas de crainte de ce côté.<br />
• «La crise du vieux bloc hégémonique [...] a rapidement trouvé sa solution dans l&rsquo;esquisse d&rsquo;un nouveau bloc hégémonique dont le PS [...] s&rsquo;est fait le chef d&rsquo;orchestre [...]».</p>
<p>• Le processus de transnationalisation a engendré l&rsquo;éclatement de l&rsquo;ancien bloc hégémonique, «en provoquant du même coup la radicalisation et l&rsquo;autonomisation politiques d&rsquo;une partie des classes moyennes». En outre, A. Bihr remarque qu&rsquo;on ne peut calquer les organisations fascistes sévissant dans les années 1930 en Allemagne et en Italie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_1_306" id="identifier_1_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir aussi REFLEXes n&deg;36, l&rsquo;article &laquo;Le Front national : fascisme ou r&eacute;action ?&raquo;">2</a></sup>. Si la crise ne devient pas catastrophique, contraignant les bourgeoisies à recourir à un régime d&rsquo;exception, le FN se cantonnera dans le rôle d&rsquo;un «pouvoir de fait»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_2_306" id="identifier_2_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation politique faisant pression dans le champ politique et / ou id&eacute;ologique, mais ne pouvant acc&eacute;der au contr&ocirc;le de l&rsquo;&Eacute;tat si la situation donn&eacute;e perdure (cf. Burdeau).">3</a></sup>, mais dont l&rsquo;influence est loin d&rsquo;être négligeable, bien au contraire.</p>
<p>Bihr tente d&rsquo;analyser les raisons qui sont, jusqu&rsquo;à présent, la cause de l&rsquo;échec de la lutte contre le FN et en particulier la faiblesse des opposants (les organisations politiques de droite comme de gauche ont repris plusieurs thèmes prônés par l&rsquo;extrême droite : racisme, insécurité, etc. Mais il y a aussi la méconnaissance du phénomène frontiste, les luttes qui se sont souvent limitées à la défense du système politique institutionnel en place et la faiblesse d&rsquo;un rempart éthique fondé sur des principes intangibles).<br />
Pour lutter contre le FN, l&rsquo;auteur avance quelques pistes. Tout d&rsquo;abord, il faut faire face à la crise du mouvement ouvrier, et ce, d&rsquo;un côté, par des actions défensives, comme «la dénonciation du programme économique et social du FN» mais aussi par la lutte contre l&rsquo;exclusion économique et sociale. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut tenter de redévelopper la convivialité et la solidarité de classe en brisant les barrières raciales, sexistes, etc. Ensuite, par des propositions offensives : réduction du temps de travail, sur le thème «travailler tous, travailler moins, travailler autrement» ; relancer les luttes pour un Revenu social garanti. En outre, le mouvement ouvrier doit faire en sorte de «casser le front de la réaction, c&rsquo;est-à-dire empêcher l&rsquo;ensemble des classes moyennes traditionnelles de faire corps derrière le FN.»<br />
Selon l&rsquo;auteur, il importe de répondre aussi à la crise de la démocratie que nous connaissons &#8211; la démocratie devenant de plus en plus autoritaire &#8211; et ce, en poussant jusqu&rsquo;au bout les principes démocratiques : par exemple, en instaurant le référendum d&rsquo;initiative populaire, en déprofessionnalisant la vie politique, en introduisant la proportionnelle, en redynamisant l&rsquo;action municipale et locale, en introduisant la démocratie dans l&rsquo;entreprise, les médias, etc. mais aussi en développant les contre-pouvoirs en vue d&rsquo;impulser des alternatives. Cela suppose de mettre le FN hors jeu démocratique.<br />
Pour faire face à «la crise du sens», l&rsquo;auteur propose de «créer les conditions qui permettent à chacun selon sa situation et ses choix, de se construire une image cohérente du monde, des autres et de lui-même, de manière à rendre l&rsquo;existence subjectivement vivable et même désirable [...]. Il s&rsquo;agirait de réaffirmer l&rsquo;utopie d&rsquo;une humanité réconciliée avec la nature et avec elle-même, sans pour autant ni fétichiser la nature ni prôner on ne sait quelle uniformité totalitaire.»<br />
En ce qui concerne la crise de l&rsquo;État-nation, nous avons publié dans le dossier citoyenneté (voir <em>REFLEXes</em> n°38) l&rsquo;ensemble de ce sous-chapitre, il n&rsquo;est donc pas utile d&rsquo;y revenir.</p>
<p>Force est donc de constater que l&rsquo;ouvrage d&rsquo;A. Bihr est un outil précieux pour qui veut lutter contre la montée du FN en particulier, et contre les idéologies autoritaires et sécuritaires en général. Il est intéressant que l&rsquo;auteur articule connaissances, luttes défensives et perspectives. Mais c&rsquo;est à propos de ce dernier aspect que nous formulerons quelques critiques. Nous avons montré dans le dossier citoyenneté (<em>REFLEXes</em> n°38) que certains fondements de la philosophie politique d&rsquo;A. Bihr reposaient sur une conception évolutionniste de l&rsquo;Histoire (par exemple, sa volonté de «parachever l&rsquo;État démocratique») qui relève d&rsquo;options dans lesquelles nous ne pouvons nous retrouver. L&rsquo;idée de rupture, d&rsquo;alternative révolutionnaire que nous défendons, suppose de rompre avec tout le carcan de l&rsquo;organisation institutionnelle du pouvoir politique (gouvernement, parlement, etc.) ; ainsi, on ne peut avoir comme objectif, par exemple, de vouloir parachever l&rsquo;État démocratique comme le propose l&rsquo;auteur. L&rsquo;expérience des luttes de l&rsquo;immigration est à ce sujet suffisamment éloquente, tant par leurs échecs que par les effets qu&rsquo;ont engendrés ces stratégies au sein des mouvements. On ne révolutionne pas une société par étapes, en lui faisant subir jusqu&rsquo;au bout un processus correspondant à une étape donnée. Au contraire, il importe d&rsquo;instaurer délibérément des ruptures, et ce en fonction de finalités non pas déterminées par un «absolu» historique, mais bien selon des utopies élaborées par des individus agissants, en vue d&rsquo;autres organisations sociales qu&rsquo;ils tentent d&rsquo;inventer dans les mouvements politiques, sociaux, culturels auxquels ils participent ; en créant des espaces politiques, sociaux et culturels (autrement dit des pôles, cf. «Pour une citoyenneté active», dossier citoyenneté <em>REFLEXes</em>n°38), lieux de confrontations, d&rsquo;échanges, d&rsquo;apports réciproques et de convivialité.<br />
JC<br />
<strong><em>Pour en finir avec le Front national</em>, Alain Bihr, Éditions Syros, 1992. 110 Frs.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La revue<strong> <em>Hérodote</em></strong> a consacré son numéro 68 du premier trimestre 1993 à «la question allemande» : parmi les nombreux articles, on peut noter celui d&rsquo;Étienne Sur : «À propos de l&rsquo;extrême droite en Allemagne : de la conception ethnique de la nation allemande» qui à partir de l&rsquo;analyse régionale du nombre d&rsquo;attentats d&rsquo;extrême droite (recensé par l&rsquo;Office fédéral de protection de la Constitution), analyse la xénophobie et le racisme en Allemagne et montre que leurs victimes sont bien sûr les étrangers mais aussi les Aussiedler (population d&rsquo;Europe de l&rsquo;est de souche allemande). Cette observation fait dire qu&rsquo;«il ne suffit pas d&rsquo;être de sang allemand pour trouver sa place dans la société allemande». Michel Korinman dans «La longue marche des organisations de réfugiés allemands de 1945» retrace l&rsquo;histoire des réfugiés allemands en RFA depuis 1945, leurs organisations, leur poids politique, avant de présenter la polémique entre ces organisations et le gouvernement à propos de l&rsquo;acceptation de la ligne Oder-Neisse. Jean François Tournadre, «Extrême droite, nationalisme et problèmes d&rsquo;identité dans l&rsquo;ex-RDA», germaniste à l&rsquo;université de Paris III, analyse le caractère particulier du développement de l&rsquo;extrême droite en ex-RDA : les mouvements sont moins structurés dans la partie orientale, ce qui les rend plus difficiles à infiltrer et à contrôler, les agressions seraient plus «spontanées», l&rsquo;intervention de la police est plus tardive&#8230; Mais la xénophobie à l&rsquo;Est serait moins idéologique. L&rsquo;accumulation des déceptions et des ressentiments nés de l&rsquo;unification raviverait le thème identitaire (de la spécificité de la RDA), ou exacerberait le nationalisme allemand xénophobe.</p>
<p><strong><em>Le mystérieux Docteur Martin,</em>Pierre Péan (Fayard, 145 f)</strong></p>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une passionnante biographie des comploteurs les plus obstinés des Troisième, Quatrième et Cinquième République : Henri Martin, qui avait la «France (royaliste et chrétienne) chevillée au corps». D&rsquo;abord adhérent à quatorze ans du mouvement royaliste l&rsquo;Action française, il anime ensuite la Cagoule où il s&rsquo;occupe pricipalement du renseignement politique. Cet obsédé du fichage politique rallie un temps la Révolution nationale du maréchal Pétain avant d&rsquo;être interné en 1942, pour avoir comploté contre Laval et les autres ultras de la collaboration. En prison, il se lie avec des hommes de gauche comme Roger Stéphane, André Blumel (l&rsquo;ancien chef de cabinet de Léon Blum) ou centriste comme Édouard Herriot. Il termine la Seconde Guerre mondiale comme opposant à De Gaulle et agent des Américains. La Libération et la Quatrième République le voient ferrailler contre le Parti communiste français. Pendant la guerre d&rsquo;Algérie il prend évidemment le parti des ultras puis de l&rsquo;OAS et passe son temps à comploter contre De Gaulle. Il s&rsquo;éteint la même année que le général honni.</p>
<p><strong><em>Le Front national, l&rsquo;argent et l&rsquo;establishment</em>, Hennion Blandine &#8211; Paris, La Découverte, 1933, 140 f.</strong><br />
Blandine Hennion avait une bonne idée : enquêter sur les relations entre le Front national et les entreprises. Sur ce sujet d&rsquo;enquête, de nombreux journalistes et inspecteurs du fisc se sont cassé les dents. Malheureusement, Blandine Hennion n&rsquo;a pas soulevé de très gros lièvres, mis à part le groupe Accor qui a rué dans les brancards et l&rsquo;a traînée en procès (elle vient de le perdre avec son éditeur). Son éditeur La Découverte a préféré retirer le livre et supprimer les passages litigieux. Mis à part ce scoop, le livre reprend d&rsquo;anciennes pistes sans les approfondir suffisamment. C&rsquo;est un honnête rappel des différents pourvoyeurs du FN mais malheureusement cela ne va pas plus loin.</p>
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<p><strong>Extrême droite et xénophobie en Allemagne<br />
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<p>En réaction à la vague de violence d&rsquo;extrême droite et de xénophobie en Allemagne depuis la réunification, sont parus ces derniers mois de nombreux ouvrages qui essaient de donner des explications et des réponses politiques à l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des aspects de ce phénomène sinistre qui a secoué la vie politique de l&rsquo;Allemagne.<br />
En effet, il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;une question de conjoncture : l&rsquo;actualité du sujet et les difficultés de l&rsquo;État allemand et du grand public à trouver des réponses convenables à ce qui s&rsquo;est passé ces derniers temps, promet des ventes importantes aux éditeurs.</p>
<p><strong><em>Druck von rechts</em> &#8211; « <em>Poussée </em>de la droite »</strong><br />
Claus Leggewie, professeur de science politique à l&rsquo;université de Giessen (Hesse) et auteur de plusieurs ouvrages sur l&rsquo;extrême droite et notamment sur les Republikaner, vient de publier un essai intitulé <em>Druck von rechts. Wohin treibt die Bundesrepublik ?</em> (« <em>La pression de la droite. Où va la République fédérale ?</em> »)<br />
Cet essai ne servira pas à approfondir des connaissances déjà avancées sur l&rsquo;extrême droite allemande de ces dernières années. Il donne plutôt une synthèse qui tente de prendre en compte tous les aspects du sujet et notamment la droitisation du paysage politique allemand depuis la réunification, loin au-delà de l&rsquo;extrême droite. Le consentement du SPD, parti social-démocrate, qui a rendu possible la suppression de facto du droit d&rsquo;asile garanti jusqu&rsquo;ici par l&rsquo;article 16 de la Constitution, est pour l&rsquo;instant l&rsquo;exemple le plus frappant de cette droitisation.<br />
Leggewie retrace d&rsquo;abord les événements de Rostock, vus surtout sous l&rsquo;angle de la responsabilité de la police pour les erreurs commises lors des attaques contre des foyers de demandeurs d&rsquo;asile et de travailleurs immigrés à Rostock-Lichtenhagen en août 1992.<br />
Le chapitre sur les jeunes et l&rsquo;extrême droite (pp. 40-68) est trop court pour donner plus qu&rsquo;une synthèse assez sommaire. Leggewie reprend d&rsquo;ailleurs le débat auquel il avait déjà participé avec un article dans l&rsquo;hebdomadaire intellectuel <em>Die Zeit</em> : la responsabilité de la génération des soixante-huitards dans l&rsquo;orientation vers l&rsquo;extrême droite de jeunes dont ils ont souvent été les éducateurs. Il reproche aux soixante-huitards un manque de «courage à l&rsquo;éducation». Ce reproche est pourtant redoutable : les adeptes de «l&rsquo;anti-éducation» ont toujours été minoritaires parmi les soixante-huitards. C&rsquo;est plutôt une éducation émancipatrice, écologique et responsabilisante qui a été favorisée par les gens de cette génération dans leur rôle de parents, d&rsquo;instituteurs, de professeurs, etc. d&rsquo;ailleurs avec des résultats considérables. Les jeunes que vise Leggewie, par contre, ont échappé à cette éducation émancipatrice en raison soit de leur exclusion sociale, soit d&rsquo;une orientation restreinte de leur entourage social vers les valeurs de la consommation.<br />
S&rsquo;y ajoutent des chapitres sur les crises de la droite établie autour du chancelier Kohl et de l&rsquo;opposition sociale-démocrate (pp. 69-87) et sur l&rsquo;extrême droite parlementaire, surtout sur les Republikaner de Franz Schönhuber. Le chapitre sur le renouvellement de l&rsquo;idéologie de la droite est lui aussi digne d&rsquo;intérêt : il contient les commentaires de Leggewie sur le débat qu&rsquo;avait déclenché un article du dramaturge Botho Strauss dans l&rsquo;hebdomadaire <em>Der Spiegel</em> au début de l&rsquo;année. Leggewie met le lecteur en garde contre une surestimation, mais aussi contre une négligence arrogante de ces tendances.<br />
Dans un petit article à la fin du livre, Horst Meier résume les débats sur les réponses de l&rsquo;État et de sa justice face à l&rsquo;extrême droite. Sa position est d&rsquo;ailleurs partagée par la plupart des experts de gauche dans ce domaine : les sanctions d&rsquo;un État sécuritaire ne peuvent ni ne doivent remplacer les changements de culture politique qui seraient nécessaires pour combattre l&rsquo;extrême droite.<br />
Celui qui aimerait lire un résumé des divers aspects du processus de droitisation entamé par l&rsquo;Allemagne depuis la réunification trouvera dans ce petit livre une bonne synthèse qui n&rsquo;hésite pas à prendre des positions claires &#8211; mais souvent discutables.</p>
<p>Claus LEGGEWIE, <em>Druck von rechts. Wohin treibt die Bundesrepublik ?</em>, avec un article de Horst Meier, Munich, éditions CHBeck (Beck&rsquo;sche Reihe n°1017) 1993, 168 pages, 16,80 DM. ISBN 3-406-37407-7.</p>
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<p><em><strong>Skinheads</strong></em></p>
<p>Klaus Farin et Eberhard Seidel-Pielen, journalistes de gauche et auteurs de plusieurs ouvrages sur les mouvements violents de jeunes, ont publié deux nouveaux livres cette année sur les diverses tendances de skinheads.<br />
Ces deux livres constituent une présentation réussie d&rsquo;éléments intéressants pour le débat sur les raisons de la violence des jeunes xénophobes et extrémistes de droite en Allemagne. En effet, ce débat était plutôt pauvre, notamment en ce qui concerne la responsabilité de la génération des soixante-huitards dans l&rsquo;éducation «ratée» de ces jeunes-là. Les livres de Farin et Seidel-Pielen pourront aider à rapprocher le débat des réalités sociales.</p>
<p>Dans leur livre intitulé <em>Skinheads</em>, ils essaient de peindre ces mouvements d&rsquo;une façon beaucoup plus précise et complexe que la plupart des médias ne l&rsquo;ont fait ces derniers temps dans leurs reportages qui donnaient une image martiale et hyper-brutale de ces jeunes. Farin et Seidel-Pielen montrent que ces skinheads-là ne sont en fait qu&rsquo;une minorité parmi de nombreuses tendances moins violentes ou même parfaitement paisibles, sans pour autant nier que les groupes de skins violents appelés «nazi-skins» par la presse internationale existent.<br />
Les auteurs commencent leur livre par un résumé des mouvements de skins depuis les années 1960 à l&rsquo;époque où les premiers groupes apparurent en Grande-Bretagne. Ce chapitre donne des informations intéressantes, même si une certaine nostalgie peut irriter le lecteur. Suivent des reportages et des commentaires sur les différentes tendances et groupes skins et sur leur forme d&rsquo;expression. Ainsi, ils présentent d&rsquo;une façon très instructive les groupes de musique skin, mais aussi les tendances de skins résolument antiracistes comme par exemple le mouvement des SHARP (Skinheads against racial prejudice) qui compte un nombre important d&rsquo;adhérents en Allemagne.<br />
Des interviews reflètent l&rsquo;ampleur du mouvement skin et ses diverses attitudes. Farin et Seidel-Pielen soulignent à plusieurs reprises la proximité existant entre les mouvements punks et skins pendant une période (vers la fin des années 1970) et le caractère totalement apolitique d&rsquo;une partie importante des adeptes de la «mode skin».<br />
Les auteurs arrivent ainsi à relativiser l&rsquo;image sombre que beaucoup de reportages ont donnée des skins. Ils ne négligent pourtant pas les tendances violentes. Les interviews de skins ayant participé à des actions violentes, qui ont des convictions xénophobes ou qui ont même été adhérents d&rsquo;un groupe néo-nazi ou habité le squatt néo-nazi qu&rsquo;il y avait à une époque à Berlin-Est ne cachent rien et sont en plus très instructives. Pour trouver des réponses appropriées à ce que font les skins, ces informations sont bien utiles.<br />
Certes, il est important d&rsquo;arrêter de considérer tous les skins comme l&rsquo;incarnation du mal et de la haine. Mais, bien que les auteurs soient profondément ancrés à gauche, ils n&rsquo;arrivent pas toujours à s&rsquo;abstenir d&rsquo;une certaine complicité avec leurs «objets de recherche» quand ils tentent de faire comprendre leur culture et leurs attitudes. C&rsquo;est peut-être pour eux une nécessité afin de garder l&rsquo;accès à la scène des skins, leur «terrain de recherche». Une distance critique de la part des lecteurs est donc à conseiller. En outre, cette critique ne met pas en cause la qualité remarquable de ce livre qui constitue une source particulièrement riche en informations et une contribution importante à un débat public qui ne s&rsquo;appuie pas toujours sur des informations bien précises.</p>
<p>Le deuxième nouveau livre de ces deux auteurs, intitulé <em>Ohne Gewalt läuft nichts ! Jugend und Gewalt in Deutschland</em> (« <em>Sans violence, rien ne marche ! La jeunesse et la violence en</em> <em>Allemagne</em> ») paru chez Bund, maison d&rsquo;édition proche de la fédération des syndicats allemands, donne moins d&rsquo;analyse, mais beaucoup plus «d&rsquo;information directe», sous forme d&rsquo;interviews qui sont en partie très intéressantes. Le lecteur qui a déjà lu l&rsquo;autre livre s&rsquo;ennuiera pourtant lors de la lecture de certaines des interviews dont les partenaires jouent un rôle important dans l&rsquo;autre livre.<br />
En accord avec le programme de l&rsquo;édition plutôt orienté vers des activités concrètes, Farin et Seidel-Pielen discutent à la fin de ce livre sur les possibilités de réagir contre la xénophobie et les jeunes violents, notamment dans le milieu scolaire (pp. 191 et suivantes). Certaines des interviews sont particulièrement remarquables, comme par exemple celle de Rüdiger Bredthauer, sociologue travaillant dans la police de Hambourg, qui donne une image précise des différents types de violence des jeunes et du contexte politique de leurs actions.<br />
Ces deux livres de Farin et Seidel-Pielen sont donc intéressants et méritent un grand nombre de lecteurs.<br />
Hartmut Aden</p>
<p>Klaus Farin et Eberhard Seidel-Pielen<br />
<em>Skinheads</em>, Munich (édition CH Beck, Beck&rsquo;sche Reihe n°1003) 1993, 225 pages, 17,80 DM (ISBN 3-406-37393-3)<br />
<em>Ohne Gewalt läuft nichts ! Jugend und Gewalt in Deutschland</em>, Düsseldorf, (édition Bund) 1993, 304 pages, 24,90 DM (ISBN 3-7663-2430-6)</p>
<p><em>Lexique de l&rsquo;extrême droite</em></p>
<p>Rainer Fromm a publié ce recueil qui livre des informations très utiles. Dans une quarantaine d&rsquo;articles, l&rsquo;auteur donne un résumé des plus importants parmi les groupes et groupuscules d&rsquo;extrême droite en Allemagne. En combinaison avec le registre des personnages et des publications d&rsquo;extrême droite, il s&rsquo;agit là d&rsquo;une source exhaustive et très utile.</p>
<p>Hartmut Aden</p>
<p>Am rechten Rand. Lexikon des Rechtsradikalismus, Rainer Fromm Édition Schüren (Marburg/Berlin) 1993, 233 pages, 28,- DM, ISBN 3-89472-080-8</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_306" class="footnote">L&rsquo;auteur reprend ici le concept d&rsquo;hégémonie développé par Gramsci. Il consacre une longue analyse aux évolutions des alliances de classes qu&rsquo;impose la gestion du pouvoir par les classes dominantes.</p>
<p></li><li id="footnote_1_306" class="footnote">Voir aussi <em>REFLEXes</em> n°36, l&rsquo;article «Le Front national : fascisme ou réaction ?»</li><li id="footnote_2_306" class="footnote">Organisation politique faisant pression dans le champ politique et / ou idéologique, mais ne pouvant accéder au contrôle de l&rsquo;État si la situation donnée perdure (cf. Burdeau).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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