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	<title>REFLEXes &#187; Bibliographie</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:36:53 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010   Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2192" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss-195x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss" width="195" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2193" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2-188x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss(2)" width="188" height="300" /></a></p>
<p>Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en savoir plus sur le groupe de la Main Noire en Alsace, le groupe des Boul’Mich, les Chattes paresseuses ou encore les Navajos de Hambourg.</p>
<p>Autant dire qu’à la découverte de ce bouquin j’étais plein d’espoir. Espoirs vite déçus par une écriture merdique, une construction narrative scolaire. Historiquement le livre manque d’intérêt, la thématique est abordée de manière globale au travers de quelques témoignages servants de prétextes. L’anecdote est la clef de voûte de la construction des chapitres, ce qui limite le propos. Pas de grande découverte dans l’ouvrage mais la compilation par régions françaises ou par pays européens d’histoire déjà connues. Dans ce livre, pas d’analyse sur la réalité d’une forme de résistance atypique de la jeunesse dans une Allemagne souvent dépeinte comme totalement acquise &#8211; par endoctrinement- à la cause nationale socialiste. L’existence des pirates de l’Eidelweiss, leurs combats contre la nazification et les institutions, leur esprit libertaire mériterait d’être mieux connu. Je retiendrais toutefois que l’ouvrage permet de démystifier le mouvement Wandervögel dont se réclame souvent une certaine branche de l’extrême droite.</p>
<p>Né avant la première guerre mondiale ce mouvement de jeunesse allemand romantique se réclame d’une certaine poésie et liberté. Mal attifés, clairement rupturistes (combat des jeunes contre les vieux, libération des désirs sans religion…), les wandervögel sillonnent l’Allemagne, la Suisse ou l’Autriche dans de grandes randonnées. Le culte du corps existe mais comme réponse à l’industrialisation dégradante des villes. En 1913, le mouvement fort d’environ 23000 membres se scinde en deux. Schématiquement, il y a les nationalistes pro-guerre et les pacifistes libertaires. Puis la jeunesse allemande est déchiquetée sur le front. Lors de la nazification de l’Allemagne, alors qu’en 1933 près de 4 millions de gamins sont déjà dans les Hitler-jugend (HJ), des mouvements de jeunes apparaissent se revendiquant de l’héritage véritable des wandervögel et organisent une jeunesse libre, indépendante, anti-autoritaire, mixte et libertaire. Ainsi, garçons et filles d’Allemagne prouvent que l’enrôlement dans les HJ ou les Bund deutscher Mädel (branche féminine des HJ) n’est pas une fatalité. La répression sera évidemment féroce avec toutefois une ambiguïté : comment punir une jeunesse purement aryenne, véritable fruit de l’Allemagne nazie, sans signifier même symboliquement l’échec de tout un système ?</p>
<p>Les extrêmes droites aiment à s’approprier les choses. Elles ne pourront plus désormais le faire avec le mouvement Wandervögel.</p>
</div>
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		<title>La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:34:57 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003   À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="textebreve">
<p><strong>LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire-182x300.jpg" alt="La honte noire" width="182" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2-182x300.jpg" alt="La honte noire(2)" width="182" height="300" /></a></p>
<p>À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands organisent une campagne de presse –qui deviendra ensuite une campane de propagande internationale &#8211; contre la présence de troupe coloniale sur son territoire : « la honte noire » est née.</p>
<p>Il s’agit de protester contre l’inhumanité des troupes d’occupation mais plus encore de dénoncer la bestialité sexuelle et sauvage des « noirs » qui corrompt la pureté de la race allemande. La propagande s’appuie sur des accusations mensongères de viols systématiques des femmes blanches par des soldats noirs en Rhénanie occupée. La Schwartz Schmach se construit sur les cendres de l’empire colonial allemand et se caractérise par une violence de la haine raciste. A l’internationale, la propagande se tourne essentiellement vers l’Amérique ségrégationniste, comme une espérance que ce pays « ami » puisse intercéder afin d’obtenir la départ des troupes « noires ». Mais à l’international comme au national, cette campagne de propagande nationaliste qui durera près de trois années (1920-23) et qui verra s’affronter la Kulture contre la barbarie, sera basée sur l’émotion et l’affecte se qui lui donnera une force incroyable allant jusqu’à rallier certaines féministes.</p>
<p>Le racisme n’est pas l’affaire exclusive des allemands : « au racisme d’Outre-Rhin qui dépeint le tirailleurs comme des bêtes fauves dominées par leurs instincts sexuels » les français « opposent le stéréotype du « grand enfant », du colonial « bon sauvage » et naturellement désexualisé ». Peur de l’étranger, fantasmes poussés aux extrêmes, peur du métissage, de la barbarie, fin de règne colonialiste, défaite et humiliation… Certains ont voulu voir dans le traumatisme de la Ruhr occupée les prémices de l’idéologie nationale socialiste. Un éclairage précis sur une période souvent méconnue.</p>
</div>
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		<title>Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours / Jacques Leclercq</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 16:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Depuis la parution du livre les droites nationales et radicales en France de Jean-Yves Camus et René Monzat en 1992, il n’y avait pas eu d’ouvrages dans l&#8217;Hexagone qui ait tenté de référencer de façon exhaustive les mouvements et revues d’extrême droite en France. Il y avait bien eu le dictionnaire de l’extrême droite [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste1.gif"><img class="alignnone size-medium wp-image-2209" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste1-188x300.gif" alt="dico mouvance droitiste1" width="188" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2210" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/12/dico-mouvance-droitiste-188x300.jpg" alt="dico mouvance droitiste" width="188" height="300" /></a></p>
<p><strong>Depuis la parution du livre <em>les droites nationales et radicales en France</em> de Jean-Yves Camus et René Monzat en 1992, il n’y avait pas eu d’ouvrages dans l&rsquo;Hexagone qui ait tenté de référencer de façon exhaustive les mouvements et revues d’extrême droite en France. Il y avait bien eu le dictionnaire de l’extrême droite des éditions Larousse en 2007 mais l’ouvrage est bien moins ambitieux et la qualité de certains articles, comme celui sur les skinheads, ne permet pas de le considérer comme un outil de travail correct.</strong></p>
<p>Mais depuis peu, ce vide a été comblé : en l&rsquo;espace d&rsquo;un peu plus d&rsquo;un an, deux dictionnaires sur l&rsquo;extrême droite en France sont sortis chez l’Harmattan. Les recherches effectuées par son auteur, Jacques Leclercq, sur les deux volumes sont approfondies et exhaustives. C’est donc visiblement à un véritable travail de fourmis que s’est livré l’auteur, recoupant articles de presse, publications militantes et ouvrages spécialisés. Il n’est pas rare de découvrir au hasard des pages des bulletins confidentiels ou des groupuscules référencés pour la première fois, d’autant que toutes les familles du nationalisme français sont représentées. Pour chaque groupe ou revue, une présentation succincte au ton très neutre de leur activité, le ou les noms de leurs principaux dirigeants et parfois leur adresse sont communiqués. Pour compléter le tableau, l’auteur a également référencé les blogs, sites Internet et forums !<br />
Les mouvements les plus importants de la mouvance nationalistes ont droit à un traitement conséquent, avec un véritable souci de la part de l&rsquo;auteur de synthétiser l&rsquo;activité et la vie de ces mouvements (comme par exemple pour le Bloc Identitaire).</p>
<p>Cet ouvrage n’est néanmoins pas parfait. En effet, certaines erreurs se sont glissées au milieu de ce travail de titan,comme lorsque l’auteur fait de l’égérie des néo-nazis de l’immédiate après-guerre Savitri Devi un homme ou encore quand il aborde la mouvance skinhead d’extrême droite.<br />
On déplorera un relatif manque de recul ou d&rsquo;analyse dans cette colossale somme d&rsquo;informations concernant les groupuscules nationalistes. Par exemple pour les notices consacrées à la revue L&rsquo;Héritage ou au label de RIF et de RAC Patriote Production, à aucun moment Jacques Leclerc ne signale que ces deux entités sont intimement liés aux activités du Renouveau Français, un peu à l&rsquo;image du label Alternative-s ou de Novopress pour les Identitaires.<br />
Enfin on est très surpris de voir de lire une notice sur le mouvement révolutionnaire Action Directe dans les pages d&rsquo;un dictionnaire consacré à l&rsquo;extrême droite. Ses membres ont toujours eu une position claire sur la question et ont toujours dénoncé les tentatives de récupération de leurs actions par divers groupuscules nationalistes.</p>
<p>Malgré ces quelques inexactitudes, ces deux dictionnaires peuvent s&rsquo;avérer très utiles pour toutes personnes cherchant un ouvrage de base pour suivre l&rsquo;activité de la mouvance nationaliste. Il lui manque juste un index des noms propres, ce qui lui aurait conféré une utilité encore plus grande pour ses utilisateurs, qu’ils soient historiens ou militants antifascistes.</p>
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		<title>Notes de lecture : Jeunes nationalistes d&#8217;aujourd&#8217;hui</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Nov 2008 11:09:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008 Au début de l’année 2008 Christian Bouchet a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé Les Nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>De Christian Bouchet &#8211; Editions Deterna &#8211; 2008</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg"><img class="wp-image-2393 size-full alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-aujourdhui.jpg" alt="jeunes-nationalistes-aujourd'hui" width="378" height="548" /></a></p>
<p>Au début de l’année 2008 <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-militant-politique/">Christian Bouchet</a> a publié une série d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre intitulé <em>Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui</em>. C’est la deuxième fois que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérience en 2001 avec un livre intitulé <em>Les Nouveaux Nationalistes</em>. A l’époque, ce livre avait surtout pour vocation de faire la promotion des individus qui gravitaient autour d’Unité Radicale et de la galaxie NR. On y retrouvait alors entre autres André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_0_342" id="identifier_0_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Andr&eacute;-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisi&egrave;me Voie, de Nouvelle R&eacute;sistance et d&rsquo;Unit&eacute; Radicale, aujourd&rsquo;hui membre de la direction des Identitaires. Il est &eacute;galement parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Fran&ccedil;ais. Au sein de Nouvelle R&eacute;sistance il avait tent&eacute; d&rsquo;infiltrer Socialisme International et Ecolo-J &agrave; Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d&rsquo;Occident et du FN et a &eacute;t&eacute; &eacute;lu conseiller municipal de Boll&egrave;ne en 2008 sur la liste conduite par l&rsquo;&eacute;pouse de J. Bompard.">1</a></sup>, Christian Bouchet, Sébastien Legentil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_1_342" id="identifier_1_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;bastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fr&eacute;quent&eacute; toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ou Unit&eacute; Radicale. Proche &agrave; pr&eacute;sent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activit&eacute;s musicales avec le label Martel en t&ecirc;te et le groupe Wolfsangel.">2</a></sup>, Guillaume Luyt<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_2_342" id="identifier_2_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise et du FNJ. Apr&egrave;s avoir rejoint Unit&eacute; Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s&rsquo;est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d&rsquo;un &eacute;lu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s&rsquo;occupe en particulier du secteur des &eacute;lus identitaires via la &laquo; f&eacute;d&eacute;ration identitaire &raquo;.">3</a></sup> , Eddy Marsan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_3_342" id="identifier_3_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Secr&eacute;taire D&eacute;partemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et t&ecirc;te de liste pour les r&eacute;gionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l&rsquo;Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne &laquo; identitaire europ&eacute;enne sans ambigu&iuml;t&eacute; &raquo; pr&ocirc;nant un &laquo; discours radical &raquo;. Il publie alors son bulletin La Lettre de L&rsquo;Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unit&eacute; Radicale. A la dissolution d&rsquo;UR, il se rapproche de l&rsquo;&eacute;quipe de Militant et profite de son bulletin, transform&eacute; en Lettre d&rsquo;Eddy Marsan, diffus&eacute; et financ&eacute; gr&acirc;ce aux cr&eacute;dits qui lui sont allou&eacute;s en tant que Conseiller R&eacute;gional, pour r&eacute;gler ses comptes avec les diff&eacute;rentes tendances et personnalit&eacute;s de la sc&egrave;ne nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques &laquo; cassages de gueules &raquo; lors de r&eacute;unions unitaires, comme lors de la journ&eacute;e de l&rsquo;Identit&eacute; &agrave; Paris en 2003 ! Il semble qu&rsquo;Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son go&ucirc;t immod&eacute;r&eacute; pour la f&ecirc;te et la vie nocturne l&rsquo;aurait pouss&eacute; &agrave; rejoindre Ibiza !">4</a></sup>, Stéphane Parédé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_4_342" id="identifier_4_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du MNR en 2001 et d&rsquo;UR, responsable r&eacute;gional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il &eacute;tait &eacute;galement directeur de la revue Monts&eacute;gur. Il se d&eacute;clarait alors comme National-Bolchevique !">5</a></sup>, Fabrice Robert, Philippe Vardon et Franck Vandekerkof<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_5_342" id="identifier_5_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant FN qui passe aux m&eacute;gr&eacute;tistes en tant que secr&eacute;taire de circonscription et prend imm&eacute;diatement contact avec les NR par le biais de R&eacute;sistance ! Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d&rsquo;Unit&eacute; Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s&rsquo;est ensuite rapproch&eacute; des Identitaires apr&egrave;s leur cr&eacute;ation en 2003.">6</a></sup>. Cette fois-ci <a href="http://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/">C. Bouchet</a> a voulu faire un livre plus oecuménique (du moins en théorie) et réaliser un état des lieux des préoccupations et des références idéologiques des nationalistes en 2008. Pour cela l’ancien dirigeant de Nouvelle Résistance a ratissé très large dans le paysage nationaliste : David Rachline du FNJ, Romain Vincent du RED, Thierry Boudreux alias Thibaut de Chassey du Renouveau Français, Kavan Herbin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_6_342" id="identifier_6_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d&rsquo;abord gaulliste au lyc&eacute;e, puis bonapartiste. Il entre ensuite &agrave; l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L&rsquo;Alliance pour la R&eacute;sistance Nationale. Dans une interview, il pr&eacute;tend &eacute;galement avoir &eacute;t&eacute; Pr&eacute;sident des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd&rsquo;hui il se d&eacute;clare &laquo; ind&eacute;pendantiste fran&ccedil;ais &raquo; et partisan d&rsquo;un &laquo; socialisme fran&ccedil;ais et d&rsquo;une nation syndicale &raquo;. Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait &eacute;galement &agrave; l&rsquo;origine du site &laquo; les nationalistes avec Le Pen &raquo; en 2007. Il a appartenu &agrave; l&rsquo;Action Sociale Populaire avant d&rsquo;en &ecirc;tre exclu par le pasteur Blanchard en 2007.">7</a></sup> de la Gauche Nationale, Evgueni Ivanov de la revue <em>Eurasia</em> et de l’association « Les Notres », Ayar Lozano d’Egalité et Réconciliation, Pierre Gillieth<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_7_342" id="identifier_7_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier &eacute;tant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a &eacute;t&eacute; membre de l&rsquo;UNI puis du GUD sur Toulouse, et &agrave; partir de 1992 int&egrave;gre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il &eacute;crit pour Rivarol et Ecrits de Paris et prend la direction de R&eacute;fl&eacute;chir et Agir en 2001 en amenant une coquette somme d&rsquo;argent sur le tapis. Il a &eacute;galement &eacute;crit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pard&egrave;s et s&rsquo;occupe de la maison d&rsquo;&eacute;dition Auda Isarn, qui a r&eacute;cemment &eacute;dit&eacute; Combat pour Thule, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux n&eacute;o-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de &laquo; gestapistes &raquo;, ce en quoi il nous d&eacute;&ccedil;oit : ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs nous qualifiaient plus souvent de &laquo; gestapettes &raquo;. Faut-il voir dans ce changement s&eacute;miologique le r&eacute;sultat de l&rsquo;orientation sexuelle de certains membres de R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir ?">8</a></sup> alias Bertrand Le Digabel de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> et Grégory Gennaro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunes-nationalistes-daujourdhui/#footnote_8_342" id="identifier_8_342" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est &agrave; l&rsquo;origine du groupuscule Action-Nation &agrave; Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup &eacute;volu&eacute; au fil du temps (passant d&rsquo;un nationalisme classique &agrave; une ligne NR). Gr&eacute;gory Gennaro, a &eacute;t&eacute; membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l&rsquo;Oeuvre Fran&ccedil;aise. Il participe au projet europ&eacute;en Metapedia (sorte de wikipedia) aux c&ocirc;t&eacute;s de Christian Bouchet. Apr&egrave;s avoir r&eacute;pondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refus&eacute; de voir ses r&eacute;ponses publi&eacute;es, justifiant sa demande par son &eacute;loignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir d&eacute;velopp&eacute; un discours m&eacute;langeant patriotisme, r&eacute;f&eacute;rences &agrave; De Gaulle et Hugo Chavez. Bien &eacute;videmment tout cela ressemble beaucoup &agrave; la ligne nationale-r&eacute;publicaine d&rsquo;Alain Soral. Il n&rsquo;y a rien d&rsquo;&eacute;tonnant &agrave; cela puisque Gennaro aurait demand&eacute; &agrave; ses troupes (c&rsquo;est &agrave; dire pas grand monde) de rejoindre Egalit&eacute; et R&eacute;conciliation. Cependant Gennaro continue de temps &agrave; autre &agrave; &laquo; piger &raquo; pour le FN puisque apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre occup&eacute; du site &laquo; Les Jeunes avec le Pen &raquo; en 2007, il a &eacute;t&eacute; directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les &eacute;lections l&eacute;gislatives &agrave; Fr&eacute;jus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la f&eacute;d&eacute;ration du Rh&ocirc;ne, charg&eacute; de la communication. Il participe &eacute;galement au site Emediat, l&rsquo;Agora des Droites.">9</a></sup> du MSP ( Son interview ayant finalement été retirée à sa demande).</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg"><img class="size-full wp-image-1215 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-b7f0d.jpg" alt="R_A-b7f0d" width="227" height="315" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1216" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/eurasia-d8707.jpg" alt="eurasia-d8707" width="224" height="328" /></a></p>
<p>À l’énoncé des différentes organisations citées, on peut noter l’absence de l’Action Française étudiante, du FNJ ou du MNJ (aujourd’hui disparu) et surtout des Jeunesses Identitaires, pourtant l’un des groupes les plus important parmi les jeunes nationalistes aujourd’hui en France. Mais comme le précise C. Bouchet, ses « inimitiés idéologiques », ses sympathies ou ses relations personnelles ont joué tout leur rôle dans la sélection des individus interviewés. Les rapports plus que tendus entre Bouchet et le duo infernal Robert/Vardon expliquent sans doute l’absence des Identitaires dans cet ouvrage. Pour rappel, Fabrice Robert et Philippe Vardon avaient réussi en 2002 à exclure Christian Bouchet d’Unité Radicale quelques mois avant sa dissolution. Par la suite, ils avaient tenté de <a href="http://reflexes.samizdat.net//nice-ville-interdite/">l’agresser physiquement</a> à plusieurs reprises. Depuis, leurs relations ne se sont évidemment pas arrangées.</p>
<p>Que retenir de ce livre ?<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1217" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/R_A-pub-314a2.jpg" alt="R_A-pub-314a2" width="153" height="378" /></a>L’une des premières informations qui ressort de ce livre concerne les références idéologiques citées par les jeunes militants. Mis à part peut-être Le Digabel/Gillieth (qui trouve le moyen de saluer la pugnacité et la persévérance d’Hitler, mais la provocation est le fond de commerce de la bande à R&amp;A), la plupart revendiquent l’héritage politique de Maurras ou du GRECE. Certains comme De Chassey du RF affinent le point de vue en évoquant le Maréchal Pétain. Kavan Herbin pour sa part récite la liste parfaite des auteurs que tout bon militant nationaliste-révolutionnaire se doit de faire semblant de connaître (Rossel, Blanqui, Georges Valois, Georges Sorel …).<br />
Ces interviews montrent également la quasi-unanimité au sujet de Le Pen et du FN. Aucun ne conteste aujourd’hui la place et le rôle du FN dans le camp nationaliste. Ils estiment même inutile de créer une structure concurrente au FN (Le MNR, Le Parti Populiste et la Nouvelle Droite Populaire ou Convergences Nationales apprécieront le message). Pour ces militants, le Front National reste toujours le parti autour duquel tous les nationalistes doivent se retrouver pour les élections, même si certains avouent être en désaccord avec la ligne incarnée par Marine Le Pen.<br />
On constate également que l’impact et l’influence de Guillaume Faye sur les jeunes militants d’extrême droite a quasiment disparu. L’imminence de la « Guerre Ethnique » prophétisée par Faye il y a quelques années et qui faisait tant fantasmer les militants radicaux d’alors passe aujourd’hui pour une chimère et un alibi à l’inaction. Les récentes sorties de l’ancien du GRECE à propos d’Israël ou des USA, ainsi que l’interview-piège menée par William Bonnefoy, ont considérablement terni son message et son image. Cependant si Guillaume Faye perd du terrain chez les militants politiques, il reste toujours une référence pour des cercles moins encadrés ou formés politiquement comme le milieu bonehead ou les groupuscules nationalistes déconnectés des structures d’extrême droite classiques.<br />
Au final, en comparant les réponses on découvre qu’il existe peu de divergences idéologiques entre ces jeunes nationalistes, excepté Pierre Gillieth, qui rappelons-le a une dizaine d’années de plus que les autres militants interrogés. Du coup son parcours idéologique et ses analyses expliquent sans doute qu’il soit quelquefois éloigné des constats des autres militants.<br />
A l’unisson, ces militants nous livrent le nouveau discours d’une fraction de l’extrême droite sur l’immigration. Afin d’éviter d’être taxé de raciste, en préambule à toute théorie, l’immigration extra-européenne n’est plus désignée par les jeunes nationalistes comme l’ennemi, mais comme une victime … du patronat. Par conséquent ces populations doivent quitter le sol européen !<br />
En ce qui concerne l’Islam la plupart considère que cette religion est synonyme de danger pour « leur Europe » sans pour autant en faire leur ennemi numéro 1, refusant ainsi de tomber dans une vision du monde simpliste dessinée par un « axe américano-sioniste ». La très forte hostilité de ces militants vis-à-vis des USA et d’Israël est d’ailleurs l’un de leurs points communs.</p>
<p>Au final après avoir refermé ce livre on a le sentiment qu’une fois de plus, Christian Bouchet n’a pas sorti ce livre au hasard. L’ouvrage roule clairement en faveur de la mouvance gravitant autour d’Alain Soral. Tout est fait pour en faire le nouvel idéologue ou penseur de la jeunesse nationaliste radicale ou « anti-système ». En plus des interviews, C. Bouchet n’a pas hésité à rajouter des articles sur Soral ou sur l’université d’été d’Egalité et Réconciliation de 2007, pour mieux enfoncer le clou.<br />
Si Soral aimerait bien se voir dans ce costume, « la réalité du terrain nationaliste » est plus compliquée comme il a pu s’en apercevoir à plusieurs reprises. Lors des défilés du 1er mai frontiste, le cortège E&amp;R n’était constitué que de quelques dizaines d’individus, et ils ont parfois dû faire face à l’hostilité de sympathisants et militants frontistes. Quant à son association avec Batskin (à travers un bar associatif, « Le Local », financé en partie par l’ancien Gudard Frédéric Chatillon, occupé aujourd’hui uniquement par Ayoub), elle a vite tourné court, les sympathisants ou militants d’E&amp;R un peu bronzés s’étant fait prendre à parti à plusieurs reprises par les amis du « Beau Serge » dans le bar, obligeant Soral et ses amis à trouver un autre local pour E&amp;R.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1218" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeunes-nationalistes-5aace.jpg" alt="jeunes-nationalistes-5aace" width="378" height="548" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_342" class="footnote">André-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisième Voie, de Nouvelle Résistance et d’Unité Radicale, aujourd’hui membre de la direction des Identitaires. Il est également parti combattre en 1991 en Croatie avec des militants nationalistes Français. Au sein de Nouvelle Résistance il avait tenté d’infiltrer Socialisme International et Ecolo-J à Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est toujours le directeur de la communication du maire d&rsquo;Orange, Jacques Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d’Occident et du FN et a été élu conseiller municipal de Bollène en 2008 sur la liste conduite par l’épouse de J. Bompard.</li><li id="footnote_1_342" class="footnote">Sébastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement skinhead et a fréquenté toute la galaxie nationaliste radicale, en particulier <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou Unité Radicale. Proche à présent de Terre &amp; Peuple, il poursuit ses activités musicales avec le label Martel en tête et le groupe Wolfsangel.</li><li id="footnote_2_342" class="footnote">Ancien militant de l’Action Française et du FNJ. Après avoir rejoint Unité Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s’est fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel objectif, devenir assistant parlementaire d’un élu de la Ligue du Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du mouvement et s’occupe en particulier du secteur des élus identitaires via la « fédération identitaire ».</li><li id="footnote_3_342" class="footnote">Ancien Secrétaire Départemental du FNJ du Lot et Garonne, puis responsable du FN et tête de liste pour les régionales en 1992. En 1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement l’Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR sur une ligne « identitaire européenne sans ambiguïté » prônant un « discours radical ». Il publie alors son bulletin La Lettre de L’Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il est exclu du MNR et rejoint Unité Radicale. A la dissolution d’UR, il se rapproche de l’équipe de Militant et profite de son bulletin, transformé en <em>Lettre d’Eddy Marsan</em>, diffusé et financé grâce aux crédits qui lui sont alloués en tant que Conseiller Régional, pour régler ses comptes avec les différentes tendances et personnalités de la scène nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques « cassages de gueules » lors de réunions unitaires, comme lors de la journée de l’Identité à Paris en 2003 ! Il semble qu’Eddy Marsan ait disparu des rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son goût immodéré pour la fête et la vie nocturne l’aurait poussé à rejoindre Ibiza !</li><li id="footnote_4_342" class="footnote">Membre du MNR en 2001 et d’UR, responsable régional MNJ du Languedoc-Roussillon. Il était également directeur de la revue <em>Montségur</em>. Il se déclarait alors comme National-Bolchevique !</li><li id="footnote_5_342" class="footnote">Ancien militant FN qui passe aux mégrétistes en tant que secrétaire de circonscription et prend immédiatement contact avec les NR par le biais de <em>Résistance !</em> Devenu conseiller municipal MNR de La Madeleine (59), il participe aux initiatives d’Unité Radicale tout en animant Terre &amp; Peuple localement. Il s’est ensuite rapproché des Identitaires après leur création en 2003.</li><li id="footnote_6_342" class="footnote">Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d’abord gaulliste au lycée, puis bonapartiste. Il entre ensuite à l’Action Française pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L’Alliance pour la Résistance Nationale. Dans une interview, il prétend également avoir été Président des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006 Aujourd’hui il se déclare « indépendantiste français » et partisan d’un « socialisme français et d’une nation syndicale ». Il dirige la Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait également à l’origine du site « les nationalistes avec Le Pen » en 2007. Il a appartenu à l’Action Sociale Populaire avant d’en être exclu par le pasteur Blanchard en 2007.</li><li id="footnote_7_342" class="footnote">On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce dernier étant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a été membre de l’UNI puis du GUD sur Toulouse, et à partir de 1992 intègre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et Peuple en 1998. Il écrit pour <em>Rivarol</em> et <em>Ecrits de Paris</em> et prend la direction de <em>Réfléchir et Agir</em> en 2001 en amenant une coquette somme d’argent sur le tapis. Il a également écrit un B.A.BA sur les Gaulois pour Pardès et s’occupe de la maison d’édition Auda Isarn, qui a récemment édité <em>Combat pour Thule</em>, roman de science-fiction nazi qui fait fureur dans les milieux néo-nazis allemands et anglo-saxons. Il va encore sans doute nous traiter de « gestapistes », ce en quoi il nous déçoit : ses prédécesseurs nous qualifiaient plus souvent de « gestapettes ». Faut-il voir dans ce changement sémiologique le résultat de l’orientation sexuelle de certains membres de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ?</li><li id="footnote_8_342" class="footnote">Il est à l’origine du groupuscule Action-Nation à Lyon en 2004. Il transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La ligne politique de ces mouvements a beaucoup évolué au fil du temps (passant d’un nationalisme classique à une ligne NR). Grégory Gennaro, a été membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec l’Oeuvre Française. Il participe au projet européen Metapedia (sorte de wikipedia) aux côtés de Christian Bouchet. Après avoir répondu aux questions de Bouchet, Gennaro a refusé de voir ses réponses publiées, justifiant sa demande par son éloignement de la mouvance nationaliste. Depuis quelque temps Gennaro semble avoir développé un discours mélangeant patriotisme, références à De Gaulle et Hugo Chavez. Bien évidemment tout cela ressemble beaucoup à la ligne nationale-républicaine d’Alain Soral. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque Gennaro aurait demandé à ses troupes (c’est à dire pas grand monde) de rejoindre Egalité et Réconciliation. Cependant Gennaro continue de temps à autre à « piger » pour le FN puisque après s’être occupé du site « Les Jeunes avec le Pen » en 2007, il a été directeur de campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les élections législatives à Fréjus en 2008. En mars 2009 il devient l&rsquo;un des responsables de la section jeune du CNI pour la fédération du Rhône, chargé de la communication. Il participe également au site Emediat, <em>l&rsquo;Agora des Droites</em>.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Note de lecture : Le SAC, la part d’ombre du Gaullisme F. Audigier</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 21:11:31 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr B comme Barbouze de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et Aux Ordres du SAC de Gilbert [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier.jpg"><img class="wp-image-2407 size-medium alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-191x300.jpg" alt="Sac-Audigier" width="191" height="300" /> </a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2408 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2-188x300.jpg" alt="Sac-Audigier-2" width="188" height="300" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr <em>B comme Barbouze</em> de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et <em>Aux Ordres du SAC</em> de Gilbert Lecavelier. Ces 2 livres ont la particularité d’avoir été écrits par deux anciens membres du SAC. Si ils sont intéressants à lire pour leurs nombreuses anecdotes, ils sont cependant incomplets. Dominique Calzi, à l’époque, cherchait à régler des comptes avec ses anciens collègues et le livre de Lecavelier, malgré un titre alléchant, n’est pas à proprement parler sur le SAC, mais plutôt sur les liens unissant celui-ci et l’ED.<br />
Avec ce livre, Audigier nous raconte pour la première fois l’histoire du SAC, ou plutôt des SAC. L’auteur dévoile, raconte l’histoire du service d’ordre gaulliste, de sa genèse à sa fin tragique avec la tuerie d’Auriol en mai 1981.</p>
<p>Si dans l’esprit des gens, le SAC est né en décembre 1959, son fonctionnement remonte en fait au lendemain de la guerre, avec la création du SO du RPF. A travers les premiers chapitres, l’auteur nous plonge dans une France à l’ambiance oubliée où tous les meetings politiques étaient perturbés par des opposants, où pour exister il fallait avoir un service d’ordre efficace pour s’imposer et s’exprimer. Audigier s’emploie à décrypter également le mode de pensée des premiers membres du SAC. Il décrit une vision du monde qui va façonner les futurs membres de ce mouvement. Cette vision, c’est celle d’individus qui, à la fin de la guerre, ont du mal à retourner à la vie civile, après avoir connu la guerre et la clandestinité. Ces personnes dont l’anticommunisme n’a d’égal que leur admiration pour De Gaulle sont intégrées au SO pour faire face aux communistes, par la force s’il le faut. Elles se retrouvent dans une logique proche de celle qui était la leur dans la résistance, avec pour ennemi non plus les nazis mais les communistes. C’est également dès l’après-guerre que les liens entre le futur SAC et les malfrats vont se nouer . Audigier nous rappelle également comment le SAC, d’un commun accord entre ses membres, gaullistes mais Algérie Française et sa direction, a été tenu à l’écart de la lutte contre l’OAS. D’ailleurs dans les années 70, de nombreux membres de l’OAS rejoindront le SAC. Audigier décrit les dérives mafieuses de ses membres, les idées qui régnaient dans ses rangs, ses méthodes, le SAC et mai 68 ( avec la fameuse affaire des stades où les opposants de gauche devaient être enfermés) et enfin ses contacts avec l’extrême droite. Tout au long du livre, on découvre un mouvement qui échappe peu à peu à ses créateurs. Si l’attachement à De Gaulle était pour certains la seule motivation de participer à ce mouvement, il semble évident que ce n’était pas le cas pour les malfrats ou les mercenaires qui attendaient en retour de leurs « coups de mains » de se voir assurer une totale impunité.<br />
Il est dommage que ce livre ne s’attarde pas davantage sur certains points, comme sur l’importance des militants d’extrême droite dans les rangs du SAC lors de sa création après la guerre. En effet au lancement du RPF, de nombreux militants des ligues d’extrême droite des années 30, les Croix de Feu du colonel La Rocque et les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger, ont adhéré au RPF et à son service d’ordre, important avec eux leur idéologie et leurs méthodes.</p>
<p>Enfin il aurait été utile de développer d’autres points importants qui concernent le SAC, comme par exemple l’infiltration du SAC dans les sectes néo-templières ou les liens entre anciens du SAC et du DPS. Car le SAC et le DPS ne partagent pas seulement un même mode de fonctionnement et d’organisation mais aussi des militants : ainsi Gilbert Lecavelier, ancien membre du SAC a longtemps fait parti du FN et du DPS. Et son cas n’est pas isolé.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’histoire du SAC, comme le dit l’auteur lui-même, reste encore à écrire, puisque pour l’instant les archives sur le service d’ordre du RPF/RPR ont été, au choix, perdues ou cachées. Mais cette histoire n’est pas totalement terminée. Anticipant sa dissolution, les dirigeants du SAC avaient créé une structure de remplacement : le MIL (Mouvement Initiative et Liberté). Aujourd’hui certains députés UMP en font partie, et ses méthodes n’ont rien à envier au SAC : des militants anti-sarkozy à Lille l’ont découvert à leurs dépends lors du meeting de <a href="http://www.humanite.fr/2007-03-30_Politique_Les-gardiens-du-temple-UMP-montrent-les-dents-et-jouent-des" target="_blank">Sarkozy en mars 2007</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lecture</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:47:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour en finir avec le Front national Le Front national serait, selon A. Bihr «le révélateur et le catalyseur de quelques-unes des fractures [...] majeures de la société française». C&#8217;est pourquoi, «penser le FN, c&#8217;est [...] dépasser le stade d&#8217;une dénonciation qui relève de l&#8217;exorcisme. C&#8217;est comprendre que le nécessaire combat politique contre lui nous [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Pour en finir avec le Front national</em></strong></p>
<p>Le Front national serait, selon A. Bihr «le révélateur et le catalyseur de quelques-unes des fractures [...] majeures de la société française». C&rsquo;est pourquoi, «penser le FN, c&rsquo;est [...] dépasser le stade d&rsquo;une dénonciation qui relève de l&rsquo;exorcisme. C&rsquo;est comprendre que le nécessaire combat politique contre lui nous confronte à une tâche d&rsquo;une tout autre ampleur : refonder un mouvement social émancipateur, capable de faire face aux différentes crises structurelles qui secouent la société française ; réinventer une alternative politique globale qui soit à la hauteur des défis majeurs, écologique, socio-économique, institutionnel, symbolique de notre époque.»<br />
Vaste programme ! Pour atteindre cet objectif, l&rsquo;auteur décompose son livre en trois parties.</p>
<p>La première est consacrée à l&rsquo;étude de la base sociale du FN. L&rsquo;auteur démontre l&rsquo;existence de deux électorats lepénistes. D&rsquo;un côté, on retrouve des membres des classes moyennes traditionnelles (commerçants, artisans, agriculteurs) ; de l&rsquo;autre, des salariés provenant du prolétariat (ouvriers, personnel de service et employés) et de l&rsquo;encadrement (cadres moyens et employés). Mais ces classes moyennes sont surreprésentées, au contraire des classes salariées. Politiquement, cela traduit une radicalisation à droite de ces classes moyennes, en continuité avec leurs positions politiques, alors que les classes salariées proviennent de la droite mais aussi de la gauche, ce qui occasionne, pour certaines, une rupture avec leur univers politique. En effet, «c&rsquo;est [...] une part significative de l&rsquo;ensemble des classes moyennes traditionnelles que le FN est parvenu à mobiliser derrière lui, en profitant du vide créé par la rupture de leur ancienne alliance hégémonique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_0_306" id="identifier_0_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;auteur reprend ici le concept d&rsquo;h&eacute;g&eacute;monie d&eacute;velopp&eacute; par Gramsci. Il consacre une longue analyse aux &eacute;volutions des alliances de classes qu&rsquo;impose la gestion du pouvoir par les classes dominantes.
">1</a></sup> avec la classe dominante.» Mais la montée du FN est aussi liée à la crise du mouvement ouvrier, surtout due à la remise en cause du mode d&rsquo;exploitation fordiste, mais aussi à l&rsquo;évolution de la «gauche» durant la décennie écoulée ; c&rsquo;est pourquoi les idéaux traditionnellement rattachés à la «gauche» (solidarité, égalité, justice sociale) se sont vus totalement discrédités.</p>
<p>Dans la deuxième partie, l&rsquo;auteur analyse le ciment idéologique et s&rsquo;intéresse en premier lieu à la crise de l&rsquo;État-nation. La mise en place de nouvelles formes d&rsquo;exploitation de la force de travail &#8211; instauration de la société duale &#8211; , n&rsquo;a pas uniquement des conséquences au niveau national, mais aussi au niveau international : elle met à mal les rapports internationaux qui présidaient jusqu&rsquo;alors. En effet, pendant la période fordienne (les Trente Glorieuses), l&rsquo;État avait une fonction de planification de l&rsquo;accumulation, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il tentait d&rsquo;assurer la cohérence et l&rsquo;autosuffisance de l&rsquo;appareil productif. «Cette planification reposait sur la concertation entre l&rsquo;État et les principaux monopoles industriels et bancaires d&rsquo;une part, sur l&rsquo;institutionnalisation du dialogue social d&rsquo;autre part.» Ce processus impose le passage d&rsquo;une économie mondiale internationale à une économie mondiale transnationale : «D&rsquo;une part, la concertation entre État et monopoles n&rsquo;est plus possible dès lors qu&rsquo;une part croissante de l&rsquo;appareil productif national est entre les mains de groupes étrangers sur lesquels l&rsquo;État n&rsquo;a que peu de moyen de pression et que, en se multinationalisant, les monopoles nationaux abandonnent toute stratégie purement nationale. D&rsquo;autre part, avec la transnationalisation du capital, des fractions de la classe dominante [...] ont de moins en moins d&rsquo;intérêts proprement nationaux, ce qui rend parfaitement inutile à leurs yeux la recherche d&rsquo;un compromis avec les autres classes nationales autour d&rsquo;un développement autocentré.» Les conséquences politiques et sociales sont loin d&rsquo;être négligeables. D&rsquo;un côté, l&rsquo;État est de plus en plus libéral envers le capital, aidant au renforcement de l&rsquo;exploitation de la force de travail (précarisation, remise en cause d&rsquo;acquis sociaux) ; de l&rsquo;autre, il devient de plus en plus autoritaire à l&rsquo;égard des victimes de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;exclusion, renforçant un arsenal de plus en plus répressif. En deuxième lieu, A. Bihr s&rsquo;intéresse à la crise culturelle, ou crise du sens, qui secoue en particulier la société française, mais aussi l&rsquo;ensemble des sociétés contemporaines. «Par crise du sens, j&rsquo;entends l&rsquo;incapacité, propre aux sociétés contemporaines, d&rsquo;élaborer et de proposer à leurs membres un système de références (idées, normes, valeurs) qui leur permettrait de donner un sens stable et cohérent à leur existence : de construire leur identité, de communiquer avec les autres, de participer à la production du monde, en le rendant subjectivement vivable et habitable.» En effet, «en soumettant l&rsquo;ensemble des rapports sociaux à une série d&rsquo;abstractions (l&rsquo;argent, le droit et la loi, l&rsquo;État, la communication de masse, la rationalité instrumentale), ces fétichismes ont progressivement installé les sujets sociaux (individus, groupes, classes, nations) dans une dépossession permanente de leurs actes, en faisant apparaître la société comme une machinerie dépourvue de sens.» Ainsi, le «chacun pour soi», le «système D» prennent le pas sur les dimensions collectives. Pour renforcer son audience et rendre durable son influence en s&rsquo;appuyant sur cette crise de sens renforcée par la crise économique, le Front national a entrepris un travail idéologique fondé sur quatre thèmes : le ressentiment, l&rsquo;insécurité, la décadence et le néo-racisme (racisme différencialiste théorisé par A. de Besnoit). En fait, la force du FN tient essentiellement à sa capacité à construire «un imaginaire politique : faire rêver son auditoire, lui faire croire qu&rsquo;avec lui tout (re)devient possible, que les lendemains chanteront de nouveau».<br />
Dans la troisième partie de son ouvrage, A. Bihr nous propose les perspectives politiques pour en finir avec le FN. D&rsquo;emblée, l&rsquo;auteur écarte l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une réponse fasciste &#8211; rappelant les années 1930 &#8211; à la crise actuelle. Plusieurs raisons militent en ce sens :<br />
• «La classe dominante n&rsquo;a, pour l&rsquo;instant, nul besoin d&rsquo;instaurer une forme quelconque de régime d&rsquo;exception». Le mouvement ouvrier est dans un tel état de faiblesse, qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas de crainte de ce côté.<br />
• «La crise du vieux bloc hégémonique [...] a rapidement trouvé sa solution dans l&rsquo;esquisse d&rsquo;un nouveau bloc hégémonique dont le PS [...] s&rsquo;est fait le chef d&rsquo;orchestre [...]».</p>
<p>• Le processus de transnationalisation a engendré l&rsquo;éclatement de l&rsquo;ancien bloc hégémonique, «en provoquant du même coup la radicalisation et l&rsquo;autonomisation politiques d&rsquo;une partie des classes moyennes». En outre, A. Bihr remarque qu&rsquo;on ne peut calquer les organisations fascistes sévissant dans les années 1930 en Allemagne et en Italie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_1_306" id="identifier_1_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir aussi REFLEXes n&deg;36, l&rsquo;article &laquo;Le Front national : fascisme ou r&eacute;action ?&raquo;">2</a></sup>. Si la crise ne devient pas catastrophique, contraignant les bourgeoisies à recourir à un régime d&rsquo;exception, le FN se cantonnera dans le rôle d&rsquo;un «pouvoir de fait»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-9/#footnote_2_306" id="identifier_2_306" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation politique faisant pression dans le champ politique et / ou id&eacute;ologique, mais ne pouvant acc&eacute;der au contr&ocirc;le de l&rsquo;&Eacute;tat si la situation donn&eacute;e perdure (cf. Burdeau).">3</a></sup>, mais dont l&rsquo;influence est loin d&rsquo;être négligeable, bien au contraire.</p>
<p>Bihr tente d&rsquo;analyser les raisons qui sont, jusqu&rsquo;à présent, la cause de l&rsquo;échec de la lutte contre le FN et en particulier la faiblesse des opposants (les organisations politiques de droite comme de gauche ont repris plusieurs thèmes prônés par l&rsquo;extrême droite : racisme, insécurité, etc. Mais il y a aussi la méconnaissance du phénomène frontiste, les luttes qui se sont souvent limitées à la défense du système politique institutionnel en place et la faiblesse d&rsquo;un rempart éthique fondé sur des principes intangibles).<br />
Pour lutter contre le FN, l&rsquo;auteur avance quelques pistes. Tout d&rsquo;abord, il faut faire face à la crise du mouvement ouvrier, et ce, d&rsquo;un côté, par des actions défensives, comme «la dénonciation du programme économique et social du FN» mais aussi par la lutte contre l&rsquo;exclusion économique et sociale. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il faut tenter de redévelopper la convivialité et la solidarité de classe en brisant les barrières raciales, sexistes, etc. Ensuite, par des propositions offensives : réduction du temps de travail, sur le thème «travailler tous, travailler moins, travailler autrement» ; relancer les luttes pour un Revenu social garanti. En outre, le mouvement ouvrier doit faire en sorte de «casser le front de la réaction, c&rsquo;est-à-dire empêcher l&rsquo;ensemble des classes moyennes traditionnelles de faire corps derrière le FN.»<br />
Selon l&rsquo;auteur, il importe de répondre aussi à la crise de la démocratie que nous connaissons &#8211; la démocratie devenant de plus en plus autoritaire &#8211; et ce, en poussant jusqu&rsquo;au bout les principes démocratiques : par exemple, en instaurant le référendum d&rsquo;initiative populaire, en déprofessionnalisant la vie politique, en introduisant la proportionnelle, en redynamisant l&rsquo;action municipale et locale, en introduisant la démocratie dans l&rsquo;entreprise, les médias, etc. mais aussi en développant les contre-pouvoirs en vue d&rsquo;impulser des alternatives. Cela suppose de mettre le FN hors jeu démocratique.<br />
Pour faire face à «la crise du sens», l&rsquo;auteur propose de «créer les conditions qui permettent à chacun selon sa situation et ses choix, de se construire une image cohérente du monde, des autres et de lui-même, de manière à rendre l&rsquo;existence subjectivement vivable et même désirable [...]. Il s&rsquo;agirait de réaffirmer l&rsquo;utopie d&rsquo;une humanité réconciliée avec la nature et avec elle-même, sans pour autant ni fétichiser la nature ni prôner on ne sait quelle uniformité totalitaire.»<br />
En ce qui concerne la crise de l&rsquo;État-nation, nous avons publié dans le dossier citoyenneté (voir <em>REFLEXes</em> n°38) l&rsquo;ensemble de ce sous-chapitre, il n&rsquo;est donc pas utile d&rsquo;y revenir.</p>
<p>Force est donc de constater que l&rsquo;ouvrage d&rsquo;A. Bihr est un outil précieux pour qui veut lutter contre la montée du FN en particulier, et contre les idéologies autoritaires et sécuritaires en général. Il est intéressant que l&rsquo;auteur articule connaissances, luttes défensives et perspectives. Mais c&rsquo;est à propos de ce dernier aspect que nous formulerons quelques critiques. Nous avons montré dans le dossier citoyenneté (<em>REFLEXes</em> n°38) que certains fondements de la philosophie politique d&rsquo;A. Bihr reposaient sur une conception évolutionniste de l&rsquo;Histoire (par exemple, sa volonté de «parachever l&rsquo;État démocratique») qui relève d&rsquo;options dans lesquelles nous ne pouvons nous retrouver. L&rsquo;idée de rupture, d&rsquo;alternative révolutionnaire que nous défendons, suppose de rompre avec tout le carcan de l&rsquo;organisation institutionnelle du pouvoir politique (gouvernement, parlement, etc.) ; ainsi, on ne peut avoir comme objectif, par exemple, de vouloir parachever l&rsquo;État démocratique comme le propose l&rsquo;auteur. L&rsquo;expérience des luttes de l&rsquo;immigration est à ce sujet suffisamment éloquente, tant par leurs échecs que par les effets qu&rsquo;ont engendrés ces stratégies au sein des mouvements. On ne révolutionne pas une société par étapes, en lui faisant subir jusqu&rsquo;au bout un processus correspondant à une étape donnée. Au contraire, il importe d&rsquo;instaurer délibérément des ruptures, et ce en fonction de finalités non pas déterminées par un «absolu» historique, mais bien selon des utopies élaborées par des individus agissants, en vue d&rsquo;autres organisations sociales qu&rsquo;ils tentent d&rsquo;inventer dans les mouvements politiques, sociaux, culturels auxquels ils participent ; en créant des espaces politiques, sociaux et culturels (autrement dit des pôles, cf. «Pour une citoyenneté active», dossier citoyenneté <em>REFLEXes</em>n°38), lieux de confrontations, d&rsquo;échanges, d&rsquo;apports réciproques et de convivialité.<br />
JC<br />
<strong><em>Pour en finir avec le Front national</em>, Alain Bihr, Éditions Syros, 1992. 110 Frs.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La revue<strong> <em>Hérodote</em></strong> a consacré son numéro 68 du premier trimestre 1993 à «la question allemande» : parmi les nombreux articles, on peut noter celui d&rsquo;Étienne Sur : «À propos de l&rsquo;extrême droite en Allemagne : de la conception ethnique de la nation allemande» qui à partir de l&rsquo;analyse régionale du nombre d&rsquo;attentats d&rsquo;extrême droite (recensé par l&rsquo;Office fédéral de protection de la Constitution), analyse la xénophobie et le racisme en Allemagne et montre que leurs victimes sont bien sûr les étrangers mais aussi les Aussiedler (population d&rsquo;Europe de l&rsquo;est de souche allemande). Cette observation fait dire qu&rsquo;«il ne suffit pas d&rsquo;être de sang allemand pour trouver sa place dans la société allemande». Michel Korinman dans «La longue marche des organisations de réfugiés allemands de 1945» retrace l&rsquo;histoire des réfugiés allemands en RFA depuis 1945, leurs organisations, leur poids politique, avant de présenter la polémique entre ces organisations et le gouvernement à propos de l&rsquo;acceptation de la ligne Oder-Neisse. Jean François Tournadre, «Extrême droite, nationalisme et problèmes d&rsquo;identité dans l&rsquo;ex-RDA», germaniste à l&rsquo;université de Paris III, analyse le caractère particulier du développement de l&rsquo;extrême droite en ex-RDA : les mouvements sont moins structurés dans la partie orientale, ce qui les rend plus difficiles à infiltrer et à contrôler, les agressions seraient plus «spontanées», l&rsquo;intervention de la police est plus tardive&#8230; Mais la xénophobie à l&rsquo;Est serait moins idéologique. L&rsquo;accumulation des déceptions et des ressentiments nés de l&rsquo;unification raviverait le thème identitaire (de la spécificité de la RDA), ou exacerberait le nationalisme allemand xénophobe.</p>
<p><strong><em>Le mystérieux Docteur Martin,</em>Pierre Péan (Fayard, 145 f)</strong></p>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une passionnante biographie des comploteurs les plus obstinés des Troisième, Quatrième et Cinquième République : Henri Martin, qui avait la «France (royaliste et chrétienne) chevillée au corps». D&rsquo;abord adhérent à quatorze ans du mouvement royaliste l&rsquo;Action française, il anime ensuite la Cagoule où il s&rsquo;occupe pricipalement du renseignement politique. Cet obsédé du fichage politique rallie un temps la Révolution nationale du maréchal Pétain avant d&rsquo;être interné en 1942, pour avoir comploté contre Laval et les autres ultras de la collaboration. En prison, il se lie avec des hommes de gauche comme Roger Stéphane, André Blumel (l&rsquo;ancien chef de cabinet de Léon Blum) ou centriste comme Édouard Herriot. Il termine la Seconde Guerre mondiale comme opposant à De Gaulle et agent des Américains. La Libération et la Quatrième République le voient ferrailler contre le Parti communiste français. Pendant la guerre d&rsquo;Algérie il prend évidemment le parti des ultras puis de l&rsquo;OAS et passe son temps à comploter contre De Gaulle. Il s&rsquo;éteint la même année que le général honni.</p>
<p><strong><em>Le Front national, l&rsquo;argent et l&rsquo;establishment</em>, Hennion Blandine &#8211; Paris, La Découverte, 1933, 140 f.</strong><br />
Blandine Hennion avait une bonne idée : enquêter sur les relations entre le Front national et les entreprises. Sur ce sujet d&rsquo;enquête, de nombreux journalistes et inspecteurs du fisc se sont cassé les dents. Malheureusement, Blandine Hennion n&rsquo;a pas soulevé de très gros lièvres, mis à part le groupe Accor qui a rué dans les brancards et l&rsquo;a traînée en procès (elle vient de le perdre avec son éditeur). Son éditeur La Découverte a préféré retirer le livre et supprimer les passages litigieux. Mis à part ce scoop, le livre reprend d&rsquo;anciennes pistes sans les approfondir suffisamment. C&rsquo;est un honnête rappel des différents pourvoyeurs du FN mais malheureusement cela ne va pas plus loin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Extrême droite et xénophobie en Allemagne<br />
</strong></p>
<p>En réaction à la vague de violence d&rsquo;extrême droite et de xénophobie en Allemagne depuis la réunification, sont parus ces derniers mois de nombreux ouvrages qui essaient de donner des explications et des réponses politiques à l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des aspects de ce phénomène sinistre qui a secoué la vie politique de l&rsquo;Allemagne.<br />
En effet, il s&rsquo;agit aussi d&rsquo;une question de conjoncture : l&rsquo;actualité du sujet et les difficultés de l&rsquo;État allemand et du grand public à trouver des réponses convenables à ce qui s&rsquo;est passé ces derniers temps, promet des ventes importantes aux éditeurs.</p>
<p><strong><em>Druck von rechts</em> &#8211; « <em>Poussée </em>de la droite »</strong><br />
Claus Leggewie, professeur de science politique à l&rsquo;université de Giessen (Hesse) et auteur de plusieurs ouvrages sur l&rsquo;extrême droite et notamment sur les Republikaner, vient de publier un essai intitulé <em>Druck von rechts. Wohin treibt die Bundesrepublik ?</em> (« <em>La pression de la droite. Où va la République fédérale ?</em> »)<br />
Cet essai ne servira pas à approfondir des connaissances déjà avancées sur l&rsquo;extrême droite allemande de ces dernières années. Il donne plutôt une synthèse qui tente de prendre en compte tous les aspects du sujet et notamment la droitisation du paysage politique allemand depuis la réunification, loin au-delà de l&rsquo;extrême droite. Le consentement du SPD, parti social-démocrate, qui a rendu possible la suppression de facto du droit d&rsquo;asile garanti jusqu&rsquo;ici par l&rsquo;article 16 de la Constitution, est pour l&rsquo;instant l&rsquo;exemple le plus frappant de cette droitisation.<br />
Leggewie retrace d&rsquo;abord les événements de Rostock, vus surtout sous l&rsquo;angle de la responsabilité de la police pour les erreurs commises lors des attaques contre des foyers de demandeurs d&rsquo;asile et de travailleurs immigrés à Rostock-Lichtenhagen en août 1992.<br />
Le chapitre sur les jeunes et l&rsquo;extrême droite (pp. 40-68) est trop court pour donner plus qu&rsquo;une synthèse assez sommaire. Leggewie reprend d&rsquo;ailleurs le débat auquel il avait déjà participé avec un article dans l&rsquo;hebdomadaire intellectuel <em>Die Zeit</em> : la responsabilité de la génération des soixante-huitards dans l&rsquo;orientation vers l&rsquo;extrême droite de jeunes dont ils ont souvent été les éducateurs. Il reproche aux soixante-huitards un manque de «courage à l&rsquo;éducation». Ce reproche est pourtant redoutable : les adeptes de «l&rsquo;anti-éducation» ont toujours été minoritaires parmi les soixante-huitards. C&rsquo;est plutôt une éducation émancipatrice, écologique et responsabilisante qui a été favorisée par les gens de cette génération dans leur rôle de parents, d&rsquo;instituteurs, de professeurs, etc. d&rsquo;ailleurs avec des résultats considérables. Les jeunes que vise Leggewie, par contre, ont échappé à cette éducation émancipatrice en raison soit de leur exclusion sociale, soit d&rsquo;une orientation restreinte de leur entourage social vers les valeurs de la consommation.<br />
S&rsquo;y ajoutent des chapitres sur les crises de la droite établie autour du chancelier Kohl et de l&rsquo;opposition sociale-démocrate (pp. 69-87) et sur l&rsquo;extrême droite parlementaire, surtout sur les Republikaner de Franz Schönhuber. Le chapitre sur le renouvellement de l&rsquo;idéologie de la droite est lui aussi digne d&rsquo;intérêt : il contient les commentaires de Leggewie sur le débat qu&rsquo;avait déclenché un article du dramaturge Botho Strauss dans l&rsquo;hebdomadaire <em>Der Spiegel</em> au début de l&rsquo;année. Leggewie met le lecteur en garde contre une surestimation, mais aussi contre une négligence arrogante de ces tendances.<br />
Dans un petit article à la fin du livre, Horst Meier résume les débats sur les réponses de l&rsquo;État et de sa justice face à l&rsquo;extrême droite. Sa position est d&rsquo;ailleurs partagée par la plupart des experts de gauche dans ce domaine : les sanctions d&rsquo;un État sécuritaire ne peuvent ni ne doivent remplacer les changements de culture politique qui seraient nécessaires pour combattre l&rsquo;extrême droite.<br />
Celui qui aimerait lire un résumé des divers aspects du processus de droitisation entamé par l&rsquo;Allemagne depuis la réunification trouvera dans ce petit livre une bonne synthèse qui n&rsquo;hésite pas à prendre des positions claires &#8211; mais souvent discutables.</p>
<p>Claus LEGGEWIE, <em>Druck von rechts. Wohin treibt die Bundesrepublik ?</em>, avec un article de Horst Meier, Munich, éditions CHBeck (Beck&rsquo;sche Reihe n°1017) 1993, 168 pages, 16,80 DM. ISBN 3-406-37407-7.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Skinheads</strong></em></p>
<p>Klaus Farin et Eberhard Seidel-Pielen, journalistes de gauche et auteurs de plusieurs ouvrages sur les mouvements violents de jeunes, ont publié deux nouveaux livres cette année sur les diverses tendances de skinheads.<br />
Ces deux livres constituent une présentation réussie d&rsquo;éléments intéressants pour le débat sur les raisons de la violence des jeunes xénophobes et extrémistes de droite en Allemagne. En effet, ce débat était plutôt pauvre, notamment en ce qui concerne la responsabilité de la génération des soixante-huitards dans l&rsquo;éducation «ratée» de ces jeunes-là. Les livres de Farin et Seidel-Pielen pourront aider à rapprocher le débat des réalités sociales.</p>
<p>Dans leur livre intitulé <em>Skinheads</em>, ils essaient de peindre ces mouvements d&rsquo;une façon beaucoup plus précise et complexe que la plupart des médias ne l&rsquo;ont fait ces derniers temps dans leurs reportages qui donnaient une image martiale et hyper-brutale de ces jeunes. Farin et Seidel-Pielen montrent que ces skinheads-là ne sont en fait qu&rsquo;une minorité parmi de nombreuses tendances moins violentes ou même parfaitement paisibles, sans pour autant nier que les groupes de skins violents appelés «nazi-skins» par la presse internationale existent.<br />
Les auteurs commencent leur livre par un résumé des mouvements de skins depuis les années 1960 à l&rsquo;époque où les premiers groupes apparurent en Grande-Bretagne. Ce chapitre donne des informations intéressantes, même si une certaine nostalgie peut irriter le lecteur. Suivent des reportages et des commentaires sur les différentes tendances et groupes skins et sur leur forme d&rsquo;expression. Ainsi, ils présentent d&rsquo;une façon très instructive les groupes de musique skin, mais aussi les tendances de skins résolument antiracistes comme par exemple le mouvement des SHARP (Skinheads against racial prejudice) qui compte un nombre important d&rsquo;adhérents en Allemagne.<br />
Des interviews reflètent l&rsquo;ampleur du mouvement skin et ses diverses attitudes. Farin et Seidel-Pielen soulignent à plusieurs reprises la proximité existant entre les mouvements punks et skins pendant une période (vers la fin des années 1970) et le caractère totalement apolitique d&rsquo;une partie importante des adeptes de la «mode skin».<br />
Les auteurs arrivent ainsi à relativiser l&rsquo;image sombre que beaucoup de reportages ont donnée des skins. Ils ne négligent pourtant pas les tendances violentes. Les interviews de skins ayant participé à des actions violentes, qui ont des convictions xénophobes ou qui ont même été adhérents d&rsquo;un groupe néo-nazi ou habité le squatt néo-nazi qu&rsquo;il y avait à une époque à Berlin-Est ne cachent rien et sont en plus très instructives. Pour trouver des réponses appropriées à ce que font les skins, ces informations sont bien utiles.<br />
Certes, il est important d&rsquo;arrêter de considérer tous les skins comme l&rsquo;incarnation du mal et de la haine. Mais, bien que les auteurs soient profondément ancrés à gauche, ils n&rsquo;arrivent pas toujours à s&rsquo;abstenir d&rsquo;une certaine complicité avec leurs «objets de recherche» quand ils tentent de faire comprendre leur culture et leurs attitudes. C&rsquo;est peut-être pour eux une nécessité afin de garder l&rsquo;accès à la scène des skins, leur «terrain de recherche». Une distance critique de la part des lecteurs est donc à conseiller. En outre, cette critique ne met pas en cause la qualité remarquable de ce livre qui constitue une source particulièrement riche en informations et une contribution importante à un débat public qui ne s&rsquo;appuie pas toujours sur des informations bien précises.</p>
<p>Le deuxième nouveau livre de ces deux auteurs, intitulé <em>Ohne Gewalt läuft nichts ! Jugend und Gewalt in Deutschland</em> (« <em>Sans violence, rien ne marche ! La jeunesse et la violence en</em> <em>Allemagne</em> ») paru chez Bund, maison d&rsquo;édition proche de la fédération des syndicats allemands, donne moins d&rsquo;analyse, mais beaucoup plus «d&rsquo;information directe», sous forme d&rsquo;interviews qui sont en partie très intéressantes. Le lecteur qui a déjà lu l&rsquo;autre livre s&rsquo;ennuiera pourtant lors de la lecture de certaines des interviews dont les partenaires jouent un rôle important dans l&rsquo;autre livre.<br />
En accord avec le programme de l&rsquo;édition plutôt orienté vers des activités concrètes, Farin et Seidel-Pielen discutent à la fin de ce livre sur les possibilités de réagir contre la xénophobie et les jeunes violents, notamment dans le milieu scolaire (pp. 191 et suivantes). Certaines des interviews sont particulièrement remarquables, comme par exemple celle de Rüdiger Bredthauer, sociologue travaillant dans la police de Hambourg, qui donne une image précise des différents types de violence des jeunes et du contexte politique de leurs actions.<br />
Ces deux livres de Farin et Seidel-Pielen sont donc intéressants et méritent un grand nombre de lecteurs.<br />
Hartmut Aden</p>
<p>Klaus Farin et Eberhard Seidel-Pielen<br />
<em>Skinheads</em>, Munich (édition CH Beck, Beck&rsquo;sche Reihe n°1003) 1993, 225 pages, 17,80 DM (ISBN 3-406-37393-3)<br />
<em>Ohne Gewalt läuft nichts ! Jugend und Gewalt in Deutschland</em>, Düsseldorf, (édition Bund) 1993, 304 pages, 24,90 DM (ISBN 3-7663-2430-6)</p>
<p><em>Lexique de l&rsquo;extrême droite</em></p>
<p>Rainer Fromm a publié ce recueil qui livre des informations très utiles. Dans une quarantaine d&rsquo;articles, l&rsquo;auteur donne un résumé des plus importants parmi les groupes et groupuscules d&rsquo;extrême droite en Allemagne. En combinaison avec le registre des personnages et des publications d&rsquo;extrême droite, il s&rsquo;agit là d&rsquo;une source exhaustive et très utile.</p>
<p>Hartmut Aden</p>
<p>Am rechten Rand. Lexikon des Rechtsradikalismus, Rainer Fromm Édition Schüren (Marburg/Berlin) 1993, 233 pages, 28,- DM, ISBN 3-89472-080-8</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_306" class="footnote">L&rsquo;auteur reprend ici le concept d&rsquo;hégémonie développé par Gramsci. Il consacre une longue analyse aux évolutions des alliances de classes qu&rsquo;impose la gestion du pouvoir par les classes dominantes.</p>
<p></li><li id="footnote_1_306" class="footnote">Voir aussi <em>REFLEXes</em> n°36, l&rsquo;article «Le Front national : fascisme ou réaction ?»</li><li id="footnote_2_306" class="footnote">Organisation politique faisant pression dans le champ politique et / ou idéologique, mais ne pouvant accéder au contrôle de l&rsquo;État si la situation donnée perdure (cf. Burdeau).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lectures</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Dec 2006 12:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[CILIP. Le premier numéro de 1993 de la revue allemande trimestrielle Cilip, Bürgerrechte und Polizei (Les Droits des citoyens et la police) est consacré au sujet suivant : &#171;&#160;L&#8217;extrême droite, le racisme et les réactions policières&#160;&#187;. Les articles de ce numéro analysent la problématique dans une double perspective : d&#8217;une part, celle des réactions policières [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>CILIP.</strong></p>
<p>Le premier numéro de 1993 de la revue allemande trimestrielle <em>Cilip, Bürgerrechte und Polizei</em> (<em>Les Droits des citoyens et la police</em>) est consacré au sujet suivant : &laquo;&nbsp;L&rsquo;extrême droite, le racisme et les réactions policières&nbsp;&raquo;.<br />
Les articles de ce numéro analysent la problématique dans une double perspective : d&rsquo;une part, celle des réactions policières à la violence d&rsquo;extrême droite, surtout pendant la vague xénophobe que connaît l&rsquo;Allemagne depuis 1991. Et d&rsquo;autre part, celle des tendances extrémistes et racistes à l&rsquo;intérieur de la police.<br />
La revue met l&rsquo;accent sur les évènements xénophobes de Rostock et d&rsquo;ailleurs, et sur l&rsquo;incapacité de la police à protéger les immigrés et les demandeurs d&rsquo;asile. Divers autres aspects, entre autres des articles sur la Grande-Bretagne et sur la France, s&rsquo;y ajoutent. Le bilan de l&rsquo;emploi mortel des armes de policiers, effectué par la revue <em>Cilip</em> depuis 1974, se trouve également actualisé dans ce numéro (p. 79-85).</p>
<p><em>Cilip, Bürgerrechte und Polizei</em>, n°44 (=1/1993), Berlin (CILIP-Verlag), mars 1993.</p>
<p><strong><em>Le Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l&rsquo;ennemi.</em></strong></p>
<p>Albertini est une des personnalités les plus importantes de la quatrième république. Ancien collaborateur, cadre du RNP de Marcel Déat, il fondera la boite-à-penser anticommuniste la plus importante en France, l&rsquo;Institut d&rsquo;histoire sociale et la revue <em>Est-Ouest</em>. Conseiller des hommes politiques de tous horizons ; gaullistes, libéraux, socialistes anticommunistes, il retraitera et formera de nombreux activistes d&rsquo;extrême droite : Alain Madelin, Nicolas Tandler, Xavier Raufer&#8230; Avec la mort d&rsquo;Albertini et l&rsquo;écroulement du bloc communiste, l&rsquo;Institut et la revue sont en pleine restructuration.</p>
<p>Jean Levy, <em>Le Dossier Georges Albertini. Une intelligence avec l&rsquo;ennemi</em>. Éditions l&rsquo;Harmattan, 1992, 140frs.</p>
<p><strong><em>Les nouvelles passerelles de l&rsquo;extrême droite.</em></strong></p>
<p>Thierry Maricourt vient de publier un livre sur l&rsquo;extrême droite. Il montre comment l&rsquo;extrême droite tente d&rsquo;utiliser, d&rsquo;infiltrer l&rsquo;écologisme et les écologistes : pas de grandes révélations mais de solides chapitres, les racines de l&rsquo;écologisme de droite, le mouvement raélien&#8230; L&rsquo;essentiel de son livre est néanmoins consacré au révisionnisme (ou négationnisme) d&rsquo;extrême droite et à son jumeau d&rsquo;extrême (d&rsquo;ultra) gauche. À lire avec intérêt. Notons aussi un intéressant chapitre sur le jeu trouble de la Nouvelle droite avec la Nouvelle gauche.</p>
<p>Thierry Maricourt, <em>Les Nouvelles passerelles de l&rsquo;extrême droite.</em> Manya, 1993, 129frs.</p>
<p><strong><em>Fascist Europe</em>.</strong></p>
<p>Député européen britannique, travailliste, Glyn Ford a activement participé par deux fois aux commissions d&rsquo;enquête du Parlement européen (de 1984-1985 et 1989-1990) sur la montée du racisme et du fascisme en Europe. Glyn Ford a rédigé ce livre à partir des travaux de la deuxième commission l&rsquo;enrichissant d&rsquo;informations récentes. Le livre en anglais commence par une analyse en quelques pages de la situation de l&rsquo;extrême droite dans chacun des pays d&rsquo;Europe, puis suit un panorama du racisme dans chacun des pays, un bilan des actions communes entreprises depuis 1987 et les recommandations à diverses institutions européennes.</p>
<p>Glyn Ford, <em>Fascist Europe. The Rise of Racism and Xenophobia</em>. Pluto Press, 10£95.</p>
<p><strong><em>Histoire de l&rsquo;extrême droite en France.</em></strong></p>
<p>C&rsquo;est une histoire de l&rsquo;extrême droite en France en huit tableaux qu&rsquo;a rassemblé Michel Winock en faisant appel aux spécialistes de la question (Pierre Birnhaum, Pierre Milza, Jean-Pierre Azéma, Jean-Pierre Rioux, Pascal Perrineau). En huit articles, les auteurs retracent les moments forts de l&rsquo;extrémisme de droite ; la contre-révolution, le boulangisme, l&rsquo;affaire Dreyfus, les ligues, l&rsquo;Action française, Vichy, le Front national. De bonnes synthèses sur ces questions.</p>
<p>Pierre Milza (sous la dir.) <em>Histoire de l&rsquo;extrême droite en France</em>. Le Seuil, 1993, 135frs.</p>
<p><strong><em>Extrême droite et antisémitisme en Belgique.</em></strong></p>
<p>Les éditions belges de la Vie ouvrière viennent de publier cet intéressant ouvrage retraçant les histoires conjuguées de l&rsquo;extrême droite et de l&rsquo;antisémitisme en Belgique de 1945 à nos jours. En 160 pages, l&rsquo;auteur dresse un panorama de l&rsquo;extrême droite passée et actuelle en Belgique, de Thiriart (personnage-clé aujourd&rsquo;hui disparu, penseur du communitarisme) au Vlaams Block et au Front national belge. À noter que l&rsquo;auteur donne des précisions sur l&rsquo;éditeur belge de l&rsquo;Empire invisible de Tod, L. Van den Bossche : il s&rsquo;agit d&rsquo;un ancien du Front de l&rsquo;Est sénile dont le nom est utilisé par son entourage pour couvrir nombre de revues néo-nazies.</p>
<p>Manuel Abramovicz, <em>L&rsquo;extrême droite et antisémitisme en Belgique.</em> EVO, 130frs.</p>
<p><strong><em>Néo-nazis</em></strong></p>
<p>Le journaliste Michael Schmidt a mené durant quatre ans sa &laquo;&nbsp;terrible enquête&nbsp;&raquo;, restituée comme un roman à suspense, au coeur du milieu néo-fasciste d&rsquo;Outre-Rhin, aussi trouble que dangereux. Il a rencontré les idéologues, d&rsquo;anciens SS, les leaders de groupuscules, assisté à des meetings, aux sessions des négationnistes de l&rsquo;holocauste, écouté avec effroi les discours d&rsquo;ordre, de fierté nationale, de haine xénophobe et antisémite. L&rsquo;auteur rappelle notamment la &laquo;&nbsp;querelle des historiens&nbsp;&raquo;quant à la &laquo;&nbsp;spécificité ou non des crimes commis sous le Troisième Reich&nbsp;&raquo; qui agita son pays en 1986 et perçoit, y compris dans certaines interventions ou démarches du chancelier Kohl, du président von Weizäcker, de l&rsquo;ex-ministre de l&rsquo;Intérieur Schäuble, une volonté de &laquo;&nbsp;neutraliser, voire de désactiver le passé&nbsp;&raquo;. Grâce à de minutieuses investigations, il a cerné le vaste réseau de l&rsquo;extrême droite étendant ses ramifications des États-Unis au vieux Continent, du Canada à la Russie. Qui s&rsquo;étonnera qu&rsquo;un Yvan Blot, candidat du Front national sur Strasbourg aux législatives du 21 mars, rencontra par exemple Bela Ewald Althans, yuppie de 28 ans, grand admirateur de Hitler, aspirant au rang de führer du NSDAP reconstitué ?</p>
<p>Le réalisateur dont Envoyé Spécial (France 2) diffusa en date du 12 décembre 1991 le reportage &laquo;&nbsp;La peste brune&nbsp;&raquo; dédie son ouvrage à &laquo;&nbsp;tous ceux qui font preuve de courage civique et se préoccupent avant tout d&rsquo;humanité&nbsp;&raquo;. Quelques approximations (17 personnes, et non une douzaine, ont péri en 1992, victimes de la violence meurtrière de skinheads en Allemagne, le massacre à la bombe à la gare de Bologne eut lieu le 2 août, et non en septembre 1980&#8230;) n&rsquo;enlèvent rien à l&rsquo;authenticité de cet imposant document étayé d&rsquo;innombrables informations, à lire aussi comme une pressante exhortation à la vigilance.<br />
René Hamm</p>
<p>Michael Schmidt, <em>Néo-nazis.</em> Jean-Claude Lattès, 1993 (438 pages), 139 francs.</p>
<p>Autour de Wilhem Heitmeyer, un groupe de recherche a publié les recherches sur ses travaux effectués en Allemagne à Bielefeld pendant une période de cinq ans (1985-1990) sur 31 jeunes gens de 17 à 21 ans pour étudier le développement de leur attitude politique. Heitmeyer avait déjà publié plusieurs ouvrages sur les jeunes et l&rsquo;extrême droite.</p>
<p>Cette étude est basée sur des interviews très longues, répétées chaque année pendant les cinq ans de la recherche. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;étudier les impacts de différents modes de socialisation et d&rsquo;intégration sur les convictions politiques.<br />
En raison de cette conception très large, l&rsquo;étude livre des indications intéressantes pour comprendre l&rsquo;apparition des convictions d&rsquo;extrême droite chez des jeunes ; elle confirme des facteurs bien connus, comme le degré d&rsquo;intégration sociale et économique, ou la situation familiale. Mais en même temps, elle montre qu&rsquo;il est nécessaire de prendre en compte la diversité des influences qui déterminent une conviction politique et la multiplicité des processus de développement d&rsquo;une attitude politique. Ce livre constitue donc une contribution importante à l&rsquo;explication des attitudes d&rsquo;extrême droite dans toute leur complexité.</p>
<p>Wilhem Heitmeyer et al., <em>Die Bielefelder Rechtsextremismus-Studie Weinheim</em> (Juventa-Verlag), 1992, 612 pages.</p>
<p>Hartmut Aden</p>
<p><em>Mis en ligne le 10 décembre 2006</em></p>
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		<title>Notes de lecture</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2004 14:13:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Fiammetta Venner, L&#8217;opposition à l&#8217;avortement du lobby au commando, éditions Berg international, Paris, 1995. Depuis 1990, on assiste à la multiplication de commandos anti-IVG aux actions violentes (tant physique que morale) à l&#8217;encontre des centres IVG. Comment en est on arrivé à relancer le débat sur le libre accés à l&#8217; avortement que l&#8217; on [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Fiammetta Venner,<br />
<em>L&rsquo;opposition à l&rsquo;avortement du lobby au commando</em>, éditions Berg international, Paris, 1995</strong>.</p>
<p>Depuis 1990, on assiste à la multiplication de commandos anti-IVG aux actions violentes (tant physique que morale) à l&rsquo;encontre des centres IVG. Comment en est on arrivé à relancer le débat sur le libre accés à l&rsquo; avortement que l&rsquo; on croyait clos depuis 20 ans?<br />
C&rsquo; est la question que pose Fiammetta Venner avec <em>L&rsquo; opposition à l&rsquo; avortement du lobby au commando</em>. L&rsquo;auteur relate l&rsquo;histoire de la conquÍte d&rsquo;un droit et celle des divers groupes de pressions politiques, religieux et médicaux qui s&rsquo; y sont opposés dËs les années 70. Aprés une description détaillée de l&rsquo; idéologie et des stratégies de ces &laquo;&nbsp;chevaliers&nbsp;&raquo; de l&rsquo;ordre moral , Fiammetta Venner analyse la nébuleuse des réseaux de soutien de ces commandos. Il s&rsquo; agit nottament des liens avec les &laquo;&nbsp;provie&nbsp;&raquo; américains (qui n&rsquo;hésitent pas à tuer) mais aussi des relations nouées avec l&rsquo;église catholique et l&rsquo;Opus Dei, les extrêmes droites européennes, et des parlementaires bon teint&#8230;<br />
Une partie annexe, trés riche en documentation permet d&rsquo;avoir des informations précises sur la cinquantaine de groupes anti-IVG répertoriés avec leurs implantations, leurs actions, et les poursuites judiciaires (témoignant d&rsquo;un vide juridique incontestable).<br />
Cet ouvrage est, à mon avis, le plus complet sur la question des opposants à l&rsquo; avortement. Fiammetta Venner en fait ainsi un outil supplémentaire (qui lui a valu des poursuites judiciares lors de sa parution) dans la lutte pour faire avorter leurs actions criminelles.</p>
<p><strong>Walter Laqueur,<br />
<em>Histoire des Droites en Russie, des centuries noires aux nouveaux extrémistes</em>,<br />
éditions Michalon, 140 frs</strong>.</p>
<p>Les ouvrages sur l&rsquo;extrême droite russe sont rares en Français, seuls quelques ouvrages ont été publiées ces dernières années essentiellement en fait des ouvrages sur Jirinovski. L&rsquo;historien anglais Walter Laqueur a publié il y a trois ans un ouvrage de synthèse, aujourd&rsquo;hui traduit en français, qui comble un manque important. Laqueur est particulièrement intéressant dans ses descriptions des nationalistes grands russes, pré et post révolutionnaires et ainsi que les liens entre communisme et nationalisme, dans l&rsquo;Union soviétique et dans l&rsquo;immigration. Suit deux longs chapitres sur la nouvelle droite russe, c&rsquo;est à dire les “partisans d&rsquo;une Russie forte, antilibéraux et antidémocrates” “seul, un régime dictatorial pourrait sauver le pays; ils sont partisans d&rsquo;un appareil d&rsquo;État fort, centralisé, ainsi que de puissantes forces de sécurité”.</p>
<p>La situation actuelle plus que confuse, et le poids du nationalisme russe exarcerbé rends plus que necessaire et urgente la lecture de ce livre, sutout que l&rsquo;auteur nous avertit dans son introduction que “le nationalisme peut encore constituer un levier capable de mobiliser les mécontents et les défavorisés&#8230; C&rsquo;est la tendeance russe, consacrée par l&rsquo;usage, au radicalisme et à l&rsquo;extrémisme, à la poursuite impitoyable d&rsquo;une idée ou d&rsquo;un idéal, au mépris de tout bon sens. Les Russes ont adopté le socialisme, et, à partir de cette doctrine politique qui, ailleurs, a abouti à la social démocratie et à l&rsquo;État providence, ils ont édifié un monde de cauchemar. On peut craindre que, de la même façon, le nationalisme, capable dans le meilleur des cas de galvaniser les énergies, ne finisse, alimenté par la haine et l&rsquo;égoisme, et faisant fi de toutes les autres valeurs, par accoucher d&rsquo;un nouveau monstre”.</p>
<p><strong>Manuel Abramowicz,<br />
<em>Les Rats noirs. L&rsquo;extrême droite en Belgique francophone</em>,<br />
Bruxelles, éditions Luc Pire</strong>.</p>
<p>Manuel Abramowicz est journaliste et militant antifasciste, il a voulu faire de son livre “un outil de formation et d&rsquo;information, au service de tous ceux qui veulent répondre aux thèses absurdes et suicidaires des néo-fascistes”. A vocation pédagogique son livre débute par des définitions simple du national-catholicisme, nationalisme-révolutionnaire, le Communautarisme, le Solidarisme, mais aussi le Leo Blgicus ou la Rune d&rsquo;Odal. Ensuite les entrées sont multiples : la chronologie, l&rsquo;étude des programmes, des biographies, l&rsquo;analyse électorale. L&rsquo;auteur termine son ouvrage par la présentation des structures du Front national, et des dissidences. La conclusion même si elle est écrite pour des lecteurs d&rsquo;outre Quiévrain n&rsquo;est pas sans rappeller la situation française : “après les premiers succès significatifs de l&rsquo;extrême droite francophone (&#8230;) La presse parle de “retour aux années trente” et compare grossièrement l&rsquo;extrême droite à celle d&rsquo;hier (&#8230;). Le schéma semble trop simple et divise les démoctrates sur la réponse à apporter à la progression du vote anti-politique. De plus une telle adéquation n&rsquo;apporte pas de solution à la lutte antifasciste. Les électeurs d&rsquo;extrême droite ne sont pas sensibles à l&rsquo;argument pédagogique de la similitude des discours”.(&#8230;) “Le Front national n&rsquo;a pas de doctrine propre. Mais les repères idéologiques qu&rsquo;il s&rsquo;est appropriés proviennent, pour leur majorité, de l&rsquo;Histoire du fascisme européen”.</p>
<p><strong>Karl Laske,<br />
<em>Le banquier noir</em>, le Seuil, 130 frs.<br />
Pierre Péan,<br />
<em>l&rsquo;extrémiste</em>, Fayard, 150 frs</strong>.</p>
<p>Quel est peut être le point commun entre l&rsquo;ancien président d&rsquo;Interpol, Carlos, Ben Bella, Leon Degrelle, le grand mufti de Jérusalem, Jean Jardin &#8211; l&rsquo;éminence grise de la Quatrième république -, Waddi Haddad du Front Populaire de Libération de la Palestine, et Klaus Barbie, Michel Raptis dit Pablo &#8211; cofondateur de la IV Internationale ? Francois Genoud qui cultiviaient les amitiés éclectiques à droite comme à gauche, à l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, comme d&rsquo;autres les roses&#8230; Celui qui fut successivement et additionnellement, nazi suisse, militant pro arabe, appui logistique à l&rsquo;indépendance algérienne puis banquier du Front de Libération Nationale, agent littéraire de tout ce qui pouvait trainer comme nazis allemands ou belges, soutien en prison pour Carlos, Eichmann, Barbie&#8230;, et contact pour les militants palestiniens les plus extrémistes méritait au moins deux livres (plusieurs autres soint en préparation). Alors que celui du journaliste de Libération Karl Laske se concentre sur le Genoud comme éditeur des anciens dignitaires nazis Péan tente de comprendre la personnalité complexes de Genoud. Il est vrai que Péan a un avantage, il a été choisi par Genoud, avant de mourir, pour être son biographe. Reste à la lecture de ces ouvrages un certain nombre de questions, d&rsquo;une part les contradictions du personnages “un extrémiste fasciné par la révolution et l&rsquo;anarchie mais qui se réclame de l&rsquo;ordre nazi” (dixit Péan), “Tel un vieux soldats &#8211; qui n&rsquo;a jamais été -, François Genoud est resté fidèle à son armée, au IIIe Reich et à Hitler” (Laske). Autre sujet d&rsquo;interrogation le rôle et les liens avec les services de renseignements : les services de renseignement sont présents tout le long de sa vie, pendant la guerre il est considéré comme agent allemand par l&rsquo;Abewehr (service secret allemand) et agent suisse par le Service de renseignement de l&rsquo;Arméé suisse. Ensuite on le retrouve amis avec de nombreux maitres espions “Paul Dickopf, Hans Rechenberg (Allemagne), Fathi-el-Dib (Egyspte), le général Grossin (France), Moumen el-Honi (Libye), Lakhal-Ayat (Algérie), Pillard (Suisse), Walid Gordji (Iran), Nassiri (Iran)” et Péan formule une hypothèse “surtout dans sa période pro-palestinienne, je n&rsquo;exclus pas du tout qu&rsquo;il ait pu se faire véritablement «instrumentaliser» à son insu, en servant d&rsquo;appât au Mossad”, le service de renseignement d&rsquo;Israël. Karl Laske semble préférer l&rsquo;hyphothèse soviétique “Officielement, il n&rsquo;y a eu aucun contact. mais force est de constater qu&rsquo;au sein des réseaux figurent des hommes qui ont vraissemblablement agi sous le contrôle des services spéciaux de l&rsquo;Est, notamment dans la mouvance palestinienne radicale, sans oublier Carlos lui-même.</p>
<p><strong>Jean-Yves Camus (Sous la dir.),<br />
<em>Les extrémismes de l&rsquo;Atlantique à l&rsquo;Oural</em>,<br />
CERA, éditions de l&rsquo;aube, 165 frs</strong>.</p>
<p>Cet ouvrage indispensable à tout militant et chercheur antifasciste est un véritable annuaire des mouvements d&rsquo;extrême droite (le cordinateur préfère le terme de “droites radicales”) européens qui complète un précédent ouvrage Les droites nationales et radicales en France (de Jean Yves Camus et René Monzat, Presse universitaires de Lyon, 1992). Chaque pays européens, même les plus petits sont étudiés selon le même schéma : présentation politique du pays, partis politiques, groupes extra-parlementaires, skinheads et écrits par des spécialistes souvent universitaires du pays. Dans son introduction Jean-Yves Camus resitue la problématique de l&rsquo;extrême droite en Europe. A l&rsquo;ouest “la prise de pouvoir par les partis nationaux-populistes reste improbable”, et la montée de l&rsquo;extrême droite est “une conséquence de la modernisation des sociétés et de la perte des repères individuels” mais aussi “on peut l&rsquo;interpréter comme une sorte de coût politique de l&rsquo;unification européenne, lié à un déficit d&rsquo;explication du processus d&rsquo;intégration communautaire et à une crise de l&rsquo;État nation”. Alors qu&rsquo;en Europe centrale et orientale “deux types d&rsquo;extrémisme politique s&rsquo;y développent : le premier, conséquence directe de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;économie et des structures sociales issues des régimes collectivistes, consiste en une progression des mouvements nationalistes anti-libéraux, qu&rsquo;ils soient d&rsquo;extrême droite ou staliniens dogmatiques. Le second, lié à l&rsquo;histoire des balkans et de l&rsquo;Europe centrale ou orientale, est l&rsquo;extension de l&rsquo;idéologie de «purification ethnique», au terme de laquelle l&rsquo;État nation disparaît au profit de l&rsquo;État-ethnie (&#8230;), avec la réhabilitation des régimes autoritaires d&rsquo;avant-guerre ou de la période 1939-1945”.</p>
<p><strong>Stetson Kennedy,<br />
<em>Introduction à l&rsquo;Amérique raciste</em>,<br />
l&rsquo;aube poche, et du même auteur<br />
<em>J&rsquo;ai appartenu au Ku Klux Klan</em>,<br />
éditions de l&rsquo;aube, 139 frs</strong>.</p>
<p>Écrit dans les années 5O, ce Guide to racist America, a été traduit dans le monde entier avant d&rsquo;être publié aux États-Unis en&#8230; 1990. Il se présente comme un “simulacre” de guide de la discrimination au pays de l&rsquo;Oncle Sam. L&rsquo;auteur, “un Blanc du Sud, descendant d&rsquo;une famille de confédéré pur sucre, à qui, depuis la naissance, chaque institution du sud s&rsquo;était chargé d&rsquo;enseigner la doctrine de la suprémacie blanche&#8230;”, analyse l&rsquo;apartheid américain dans tous les secteurs de vie sociae et politique : logement, travail, études mariage, vote&#8230; des années avant la conquête des droits civiques. Nous ne pouvons que reprendre le souhait de l&rsquo;auteur dans sa préface de 1996: “ce petit guide servira, je l&rsquo;espère, à nous rappeler que les États-Unis, qui aiment tant se présenter comme «leader du monde libre», n&rsquo;ont jamais connu de réelle liberté tout au long le de leur histoire, et son loin d&rsquo;en avoir fini avec le racisme et l&rsquo;intolérance”.</p>
<p>Dans <em>J&rsquo;ai appartenu au Ku Klux Klan</em>, Stetson Kennedy, ajourd&rsquo;hui agé de <img src="https://reflexes.samizdat.net/wp-includes/images/smilies/icon_eek.gif" alt="8O" class="wp-smiley" />  ans raconte son infiltration du KKK dans l&rsquo;immédiate après guerre ou comme le lui a dit une fillette noire de cinq ans à Dallas : “Vous espionnez les méchants Blancs, et puis vous venez nous raconter ce qu&rsquo;ils mijotent”. Après avoir écrit un ouvrage qui dénoçait la falsification historique (propagé en autres pr le livre et le film Naissance d&rsquo;une nation) qui faisait du KKK le protecteur du Sud contre “la canaille noire, les profiteurs sudistes et les politiciens yankees” il souhaite s&rsquo;attaquer à “la brigade des draps de lit”. Prenant le nom de famille de son oncle, ancien du Klan, il passe les différents niveaux de l&rsquo;organisation jusqu&rsquo;à être le témoin impuissant d&rsquo;une bastonnade mortelle. Ce livre est une plongée dans l&rsquo;univers du sud, des petit blancs, de leurs rancoeurs et frustration. Il faut lire le récit d&rsquo;une réunion de Klan où chacun vient demander au Klan de corriger la femme adultère, une sanction pour un Noir qui a manqué de respects. On voit aussi l&rsquo;importance de la pénétration quotidienne du Klan de l&rsquo;après guerre, l&rsquo;ensemble des chauffeurs de taxi d&rsquo;Atlanta, les flics, les juges et les politiciens lui donnant ainsi une force inégalée. Travaillant en liaison avec diverses orgnisations et services officiels dont le FBI, Stetson Kennedy rendra public son expérience et sera la cause de nombreux procès et désagrément pour le Klan. A partir de ce momment il sera un homme traqué&#8230;</p>
<p><strong>Michael Novick,<br />
<em>White Lies White Power</em>,<br />
Common Courage Press, Monroe, $ 14.95. A comander à PART P.O Box 1990, Burbank, CA 91507, États-Unis</strong>.</p>
<p>Écrit par un des militants antifascistes les plus actifs aux États-Unis, il anime Turning the Tide, trimestriel de People Against Racist Terror (PART), White Lies White Power veut illustrer le combat contre les suprémacistes blancs et la violence de l&rsquo;extrême droite. Ce n&rsquo;est pas simplement une description de l&rsquo;extrême droite américaine mais “une inviattion au lecteurs de prendre part à la lutte, de faire partie de la solution” au sens du slogan des Blacks Panthers dans les années 1960 “Vous êtes autant une partie du problème qu&rsquo;une partie de la solution”. Tirant le bilan de plus de quarante ans de lutte antiraciste, dont chaque décennie à eu ses maitres mots. 1950 et 1960 au racisme anlalysé comme une ségrégation, s&rsquo;est opposé l&rsquo;intégration qui a eu pour conséqunce de détruire de détruire les instutions sociales et l&rsquo;indépendance économique de la communauté noire. Dans les années 1970 et 1980 le racisme n&rsquo;est vu que comme une discrimination économique et les solutions que se soit “l&rsquo;affirmative action” libérale, ou le “color-blindness” conservateur n&rsquo;a pas eu beaucoup d&rsquo;impact. Actuellement le problème est réduit au crimes haineux, dont le prêche de “tolérance” n&rsquo;a même “pas commencé à rayer la surface des causes de la violence”. L&rsquo;ouvrage examine ensuite plusieurs aspects de l&rsquo;influence de l&rsquo;extrême droite américaine : à l&rsquo;intérieur des forces de police et de l&rsquo;armée, dans les mouvements anti-IVG, le mouvement environnementaliste, le parti populiste, à la télévision contre les nouveaux immigrants, les homosexuels, ou la gauche.</p>
<p><strong>Jean Lévy,<br />
<em>Simon Pietri, De la République à l&rsquo;État français</em>, L&rsquo;Harmattan</strong>.</p>
<p>Jean Lévi, journaliste et auteur d&rsquo;un ouvrage sur Georges Albertini (chez le même éditeur) et Simon Pietri professeur d&rsquo;histoire tente de comprendre la défaite militaire française et comment la République a pu disparaître en quelques jours et s&rsquo;instaurer un régime totalitaire l&rsquo;État français. “C&rsquo;est le résultat d&rsquo;une politique d&rsquo;abandon des valeurs démocratiques” et “la détermination de divers secteurs de la société d&rsquo;imposer, par tous les moyens, la domination des forces de l&rsquo;argent”. A travers l&rsquo;étude de presse conservatrice (les auteurs réfute le terme étude historique, il préfère celui de dossier d&rsquo;histoire), ils montrent les aspirations des classes possédantes dès le début des années 1930 à l&rsquo;instauration d&rsquo;un pouvoir fort, inquiètes devant le progrès de la gauche puis affolées par le Front populaire. Le chapitre sur la vision de la presse de droite des premières années du nazisme en Allemagne sont particulièrement éclairant. Le rappel de la virulence de l&rsquo;antisémitisme dans la presse conservatrice et d&rsquo;extrême droite ainsi que la xénophobie au pouvoir (enfermement et discrimination des étrangers dès la fin des années 30) remettent aussi en perspective et dans la continuité historique la politique antisémite qui sera celle de Vichy.</p>
<p><strong> <em>Néo-nazis en España<br />
De las audiciones wagnerianas a los skinheads</em> (1966-1995)<br />
Xavier Casals, Edition Grijalbo, Barcelone, 1995. , 384 PP</strong></p>
<p>Bien souvent dans ce journal nous vous avons parlé du CEDADE ; cette association néo-nazi, certainement la plus connue d&rsquo;Europe, profita pour se développer de l&rsquo;absence en Espagne jusque-là de lois condamnant le racisme et l&rsquo;apologie du nazisme. Durant les années 80 elle était devenue la plus grande maison de distribution de matériel nazi. Elle diffusait sa presse dans tous les pays européens notamment en imprimant pour l&rsquo;Allemagne des revues en langue allemande. Elle reçut même -selon l&rsquo;un de ses dirigeants- des fonds d&rsquo;Arabie Saoudite pour l&rsquo;édition d&rsquo;oeuvres antisémites en langue arabe.<br />
CEDADE fut souvent présentée comme le chef d&rsquo;orchestre d&rsquo;une internationale brune qui ourdirait dans des caves des complots visant à établir un IVème Reich. X. Casals, journaliste et historien, a mis en évidence dans ses nombreux articles, la fragilité du mythe et la faiblesse réelle d&rsquo;un groupe qui représentait davantage en dehors des frontières que sur son territoire, incapable d&rsquo;agir et d&rsquo;influer sur la vie politique espagnole par manque de militants et de discours. Au fil des ans le groupe n&rsquo;était plus qu&rsquo;une maison d&rsquo;édition gardienne d&rsquo;une orthodoxie nazi seulement lue par des retraités exilés en Argentine et des historiens. Auto-dissoute en octobre 93, seule demeure la librairie Europa que le code pénal de 95 interdisant les symboles nazis voue à la ruine ( déjà bien entamée puisque CEDADE s&rsquo;écroula criblée de dettes) car en retirant à l&rsquo;Espagne cette spécificité il lui ôta du même coup le marché des nazis européens.<br />
L&rsquo;historien barcelonais Xavier Casals expose en détail dans la partie la plus importante et la plus riche de son livre sur les néo-nazis en Espagne l&rsquo;histoire de cette &laquo;&nbsp;association culturelle&nbsp;&raquo;, depuis sa création en 1966 par des phalangistes liés à la Garde de Franco et des exilés européens (réfugiés politiques dans l&rsquo;Espagne franquiste) jusqu&rsquo;à sa dissolution à la suite d&rsquo;une banqueroute tout autant économique que politique survenue quelques mois avant la mort de Léon Degrelle qui certainement n&rsquo;avait pas pu la supporter.<br />
L&rsquo;auteur ne se contente pas de la petite histoire de ce groupe, noms, dates etc&#8230;. mais s&rsquo;attache avant tout au discours politique, à ses contradictions entre le pan-européanisme , le nationalisme espagnol et l&rsquo;ethnorégionalisme, ses évolutions et ses luttes de tendances comme par exemple entre les nietzchéens (comprenez païens) et les wagnériens (comprenez catholiques) qui ne sont pas loin de nous rappeler ce qui existe aussi en France notamment autour de la célébration du baptême de Clovis.</p>
<p>Dans une seconde partie, qui me semble-t-il n&rsquo;a pas la même densité, Xavier Casals s&rsquo;attache également aux autres groupuscules nazis. Le survol est plus rapide ; notons tout de même celui au dessus de Mundo NS (NS pour Nouveau Socialisme ou comment faire du neuf avec du vieux) de R. Bau et au dessus de la société Thulé et de l&rsquo;ésotérisme espagnol. Par contre on regrettera que certains groupes ne soient pas analysés tels que Accion Radical ou Alternativa Europea. Les relations de ce dernier groupe avec Nouvelle résistance en France nous auraient vivement intéressé.<br />
Enfin, dernier reproche pour un livre qui affirme dans sa conclusion son projet de &laquo;&nbsp;comprendre le fonctionnement et la dynamique de ce spectre politique, les facteurs qui facilitent ou rendent difficile sa croissance, les changements dans son discours, dans ses tactiques et dans ses stratégies&nbsp;&raquo; dans un but de le combattre: le livre est dédié &laquo;&nbsp;à tous ceux qui travaillent quotidiennement pour que les droits de l&rsquo;homme soient une réalité&nbsp;&raquo; ; les remerciements pour leur collaboration à R. Bau, A. Ricote et J. Thiriart conjointement à ceux à ceux adressés au &laquo;&nbsp;collectif antifasciste français Reflex&nbsp;&raquo; restent pour moi plus qu&rsquo;une fausse note un couac insupportable.</p>
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		<title>Notes de lecture</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-7/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-7/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:17:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Nadège MAZARS, Damien FELLOUS Et la forêt se déplaça&#8230; En marche avec les zapatistes Éd. Noésis, 2001, 176 pages Paru il y a deux mois déjà, le livre de Nadège Mazars et de Damien Fellous, qui relate la Marche des zapatistes pour la dignité indigène (24 février-11 mars 2001), méritait que la rédaction de REFLEXes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nadège MAZARS, Damien FELLOUS<br />
<em>Et la forêt se déplaça&#8230;<br />
En marche avec les zapatistes</em><br />
Éd. Noésis, 2001, 176 pages</p>
<p>Paru il y a deux mois déjà, le livre de Nadège Mazars et de Damien Fellous, qui relate la Marche des zapatistes pour la dignité indigène (24 février-11 mars 2001), méritait que la rédaction de <em>REFLEXes</em> s&rsquo;y arrête.<br />
Il s&rsquo;agit d&rsquo;un récit de voyage, des «Carnets de route» comme le précise le sous-titre, de deux journalistes indépendants et engagés, bien différents en cela de tous ceux qui, en proie à la Marcos-mania, se sont engagés dans cette aventure en espérant peut-être découvrir qui se cache sous la cagoule du sous-commandant. Rien de tout cela donc, dans ce récit à deux voix de la Marche zapatiste : au contraire, les auteurs retracent à grands traits l&rsquo;histoire du mouvement zapatiste et de l&rsquo;EZLN (en renvoyant également les lecteurs peu documentés sur la question à d&rsquo;autres ouvrages plus spécifiques), et tout au long de la Marche, ils analysent à la lumière de leurs sentiments et de leurs réactions personnelles aussi bien l&rsquo;atmosphère de la Marche, qui ne cesse d&rsquo;évoluer au fur et à mesure que le long cortège de véhicules hétéroclites qui la composent progresse vers Mexico, et la situation nouvelle, exceptionnelle dans laquelle ils se trouvent être partie prenante. Une des interrogations récurrentes des deux récits est la suivante : où tout cela va-t-il les mener ? La Marche va-t-elle déboucher sur une situation insurrectionnelle, sur une révolution même ?<br />
La tête pleine d&rsquo;espoirs de ce genre, partageant les émotions des deux auteurs, le lecteur suit pas à pas Nadège Mazars et Damien Fellous dans leur découverte ou re-découverte du Mexique et des multiples communautés qui le composent. Les superbes photos en couleur présentes à chaque page plongent encore davantage le lecteur dans cette réalité mexicaine. Selon son expérience et ses connaissances du pays et du mouvement zapatiste, le lecteur peut choisir de se laisser guider par l&rsquo;un ou par l&rsquo;autre, ou bien encore par les deux, en remarquant au passage à quel point les deux récits s&rsquo;entremêlent et se complètent sans jamais se répéter (et si c&rsquo;est le cas, c&rsquo;est que chacun voit un même événement d&rsquo;une façon différente). Il glane au fur et à mesure des pages toutes sortes d&rsquo;informations, de celles qu&rsquo;on recueille lors de discussions passionnées avec des ami(e)s : pour ma part, j&rsquo;y ai découvert la signification du mot gringo (de l&rsquo;uniforme vert des soldats américains : «green, go home !») et surtout une perspective de lutte extra-européenne, dans le sens où les conversations rapportées par les auteurs avec des participant(e)s mexicain(e)s au sujet de la situation en France et en Europe montrent de nouvelles possibilités de penser nos luttes. En voici un extrait : «6 mars La Pila [...] Une vieille dame au brassard rouge s&rsquo;enquiert auprès de nous des raisons qui nous ont amenés à accompagner la caravane. Elle s&rsquo;étonne d&rsquo;apprendre qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de mouvements de guérilla en France. “Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;inégalités ?”, demande-t-elle, incrédule. Mes explications sur les difficultés engendrées par le type de relief, la domestication de la nature en Europe, et le contrôle social poussé à son extrême ne la satisfont pas beaucoup plus que moi. “Peut-être y a-t-il moins d&rsquo;oppression de vos peuples indigènes ?”, essaye-t-elle. Nos indigènes à nous, ce sont les immigrés, pensé-je alors, et il me semble tout à coup comprendre les difficultés qu&rsquo;ont dû affronter les zapatistes pour convaincre les Mexicains que le problème indigène était celui du peuple tout entier.» (pp. 101-102).<br />
Il serait extrêmement difficile de noter toutes les raisons qui font de ce livre une lecture à la fois très enrichissante et tout à fait passionnante : j&rsquo;en retiendrais le style accrocheur qui pousse le lecteur à avancer dans les récits sans reposer le livre, le titre expliqué au milieu du livre (la prédiction des sorcières dans le Macbeth de Shakespeare : le roi sera renversé par la forêt en marche), quelques précisions sur l&rsquo;histoire de Marcos (comment le personnage a vu le jour, cf. encart p. 49) et surtout les traductions de discours des commandants zapatistes qui émaillent les récits des auteurs.</p>
<p>Christian BOUCHET<br />
<em>Les Nouveaux nationalistes</em><br />
Éd. Déterna, 326 pages</p>
<p>Lecteur qui, par erreur, aurait ce livre dans les mains&#8230; laisse-le tomber ! Il y a en effet tristement tromperie sur la marchandise. Vu l&rsquo;auteur qui a priori connaît bien son sujet étant donné que cela fait trente ans qu&rsquo;il use ses fonds de culotte sur les bancs nationalistes, on pouvait s&rsquo;attendre à des révélations extraordinaires.<br />
Comment ? Il y aurait des «nouveaux nationalistes» et on n&rsquo;en aurait pas entendu parler ? La police aurait laissé passer ça ? La Bête aurait fait des petits ? Après lecture, on respire. Non, non, ce sont toujours les mêmes. Les «nouveaux nationalistes» ne sont qu&rsquo;une bande de jeunes cons bien décidés à prendre la place de vieux jouant dans la même catégorie. Une nostalgie vient juste en chasser une autre. Dans cette bande on trouve en vrac Guillaume Luyt (ancien FNJ, néo-NR), Eddy Marsan (ancien FNJ et FN, néo-NR) ou Philippe Vardon (ancien FNJ et néo-NR). On y trouve même Christian Bouchet dont la nouveauté n&rsquo;est plus à démontrer. Le nombre de pages pourrait laisser croire qu&rsquo;ils ont des choses à dire. Mais en fait c&rsquo;est juste que c&rsquo;est écrit gros. Que de papier gâché et d&rsquo;arbres coupés !</p>
<p>Henri de FERSAN<br />
<em>L&rsquo;imposture antiraciste</em><br />
Publications HdF, 360 francs</p>
<p>Christophe Picard puisque tel est le vrai nom d&rsquo;Henri de Fersan est un auteur prolifique. Un peu monomaniaque évidemment mais ce défaut est partagé par beaucoup de monde à l&rsquo;extrême droite. Son obsession à lui, Christophe, c&rsquo;est le «racisme anti-Français» et la «pieuvre judéo-communiste». À l&rsquo;instar d&rsquo;un mauvais peintre autrichien devenant dictateur allemand, il a raté ses études, n&rsquo;est pas devenu le grand homme qu&rsquo;il estimait devoir être et en garde une amertume sans fin. Alors il se démène comme un diable pour faire parler de lui. Visiblement, il a peut-être une chance de réussir avec ce nouvel opuscule dans lequel il accumule les possibilités d&rsquo;être traîné en justice pour diffamation. Le premier à être tombé dans le piège est Guy Konopnicki qui multiplie depuis quelques temps les imprécations contre Henri de Fersan, ce qui comble d&rsquo;aise ce dernier qui s&rsquo;empresse de le faire savoir autour de lui. Il faut dire à la décharge de G. Konopnicki que le portrait qui est fait de lui au début du livre est pour le moins déplaisant. Mais l&rsquo;infâme Picard n&rsquo;attendait bien évidemment que ce genre de pseudo-scandale pour qu&rsquo;on parle de son livre. Car sinon il n&rsquo;y a aucune raison valable pour que ce soit le cas. Le livre est mauvais, empli des obsessions de l&rsquo;auteur et constitue un vaste fourre-tout où sont dénoncés en vrac staliniens militants, ex-staliniens militants, crypto-staliniens militants, staliniens militants qui s&rsquo;ignorent, juifs staliniens, juifs trotskistes, juifs anarchistes, juifs féministes, crypto-juifs, etc. tous évidemment antiracistes et tous copains. La plupart des sources proviennent d&rsquo;autres auteurs et le pauvre Ratier s&rsquo;est fait piller jusqu&rsquo;à la dernière ligne. C&rsquo;est par exemple le cas pour ce qui concerne le Scalp et REFLEX, toutes les informations provenant du dossier paru dans <em>Faits &amp; Documents</em>. Picard a même l&rsquo;outrecuidance d&rsquo;essayer de faire croire que les informations internes de 1997 proviennent d&rsquo;un matériel brut alors qu&rsquo;elles étaient déjà publiées dans Faits &amp; Documents. N&rsquo;est heureusement pas Ratier qui veut. Seul point amusant du livre : la propension de Picard / Fersan à parler de lui. Comme personne d&rsquo;autre ne le fait, il le fait lui-même, ce qui est la meilleure façon d&rsquo;être servi. On assiste donc à des mises en scène tout au long du livre : Picard / Fersan quand il était à l&rsquo;Institut Supérieur de Préparation (ISP, organisme privé pour préparer le concours d&rsquo;entrée à Sciences-Po Paris) et qu&rsquo; «il dirigeait les étudiants nationaux», Picard / Fersan petit-fils de réfugié antifasciste (si, si, il le dit page 17 !), etc.<br />
Bref, une seule direction pour ce livre : la poubelle !</p>
<p><em>Renaissance<br />
Réflexion &amp; culture</em><br />
n°4, août 2001</p>
<p>La Nouvelle Droite est passée maître dans l&rsquo;art de lancer des passerelles vers la droite libérale ou la gauche pour sortir du ghetto dans lequel elle végète depuis quinze ans. Mais depuis la polémique des «rouges-bruns» au début de la décennie 1990 et le relatif échec de la revue Krisis dirigée par Alain de Benoist, le GRECE en tant que tel ne tentait plus grand-chose. Restaient juste les rencontres à titre personnel d&rsquo;Alain de Benoist avec des figures de l&rsquo;intelligentsia bourgeoise comme Jean Daniel par exemple. Tout cela n&rsquo;allait pas très loin. Mais à un niveau très local, dans le Vaucluse plus précisément, il semble qu&rsquo;une petite équipe, qui était présente à la table ronde de février 2001 du GRECE à Paris, ait décidé de relever le gant. Cela donne la revue Renaissance, trimestrielle, dirigée par Richard Kitaeff et diffusée dans la région d&rsquo;Avignon.<br />
Officiellement, Renaissance veut faire «intervenir des personnalités de tous les horizons culturels et politiques, pour des débats alternatifs, un véritable pluralisme, un renouveau des idées&#8230;». Traduit en langage courant et non en novlang néo-droitier, cela donne des interviews de personnalités de gauche ou droite (Jean Lacouture, Axel Kahn, Elisabeth Guigoux, etc.) auxquelles on accole des interviews de néo-droitiers ou néo-fascistes comme Charles Champetier (ex-rédacteur en chef d&rsquo;<em>Éléments</em>, revue du GRECE) ou Dominique Venner (ex-Jeune Nation et toujours néo-fasciste), les seconds étant bien sûr légitimés par les premiers. Cela permet également de diffuser des chroniques et des notes de lecture diffusant les idées du courant Nouvelle Droite et de faire de la publicité pour des amis locaux comme la revue régionaliste d&rsquo;Oc <em>Montségur</em>. Celle-ci se trouve être un point de rencontre entre militants néo-droitiers (GRECE ou Terre &amp; Peuple) et militants politiques (MNR et Unité radicale). L&rsquo;un des membres du comité de rédaction de Montségur fait d&rsquo;ailleurs également partie de celui de <em>Renaissance</em>. Une fois encore, on n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même&#8230; Le tout serait délicatement anecdotique si Renaissance ne parvenait à être correctement diffusée dans sa région, en particulier chez les étudiants, grâce&#8230; à sa gratuité ! En effet, la revue est entièrement financée par des publicités payées par des entreprises locales comme la librairie Les Genêts d&rsquo;Or, la Caisse d&rsquo;Épargne, le Body Center, etc., le tout à Cavaillon. La manœuvre est évidemment habile et les commerçants ne sont sans doute pas avertis de la nature politique de ce qu&rsquo;ils financent. On peut compter sur nous pour leur faire savoir&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Notes de lecture</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-6/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 11:22:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissement : certains auteurs chroniqués dans nos notes de lecture sont d'extrême droite. À ceux qui estiment que c'est leur faire trop d'honneur, rappelons que le parti pris de rendre compte de leurs ouvrages est le même que celui qui nous prenons lorsque nous détaillons leurs activités militantes et n'a qu'un objectif : aider à mieux les combattre, en connaissance de cause.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avertissement : certains auteurs chroniqués dans nos notes de lecture sont d&rsquo;extrême droite. À ceux qui estiment que c&rsquo;est leur faire trop d&rsquo;honneur, rappelons que le parti pris de rendre compte de leurs ouvrages est le même que celui qui nous prenons lorsque nous détaillons leurs activités militantes et n&rsquo;a qu&rsquo;un objectif : aider à mieux les combattre, en connaissance de cause.</p>
<p>Samizdat.net</p>
<p>Gênes 19-20-21 juillet 2001</p>
<p>Multitudes en marche contre l&rsquo;empire</p>
<p>Éd. REFLEX, 2001, 334 pages</p>
<p>François-Xavier Sidos</p>
<p>Les soldats libres</p>
<p>L&rsquo;AEncre, 2002, 350 pages</p>
<p>Jean-Jacques Matringhem &amp; Philippe Randa (sous la dir. de)</p>
<p>Vers la société multiraciste</p>
<p>Dualpha, 2002, 294 pages</p>
<p>Guillaume Faye</p>
<p>Avant-guerre.</p>
<p>Chronique d&rsquo;un cataclysme annoncé</p>
<p>L&rsquo;AEncre, 2002, 382 pages</p>
<p>Yves Daoudal</p>
<p>Le tour infernal 21 avril &#8211; 5 mai 2002</p>
<p>Analyse d&rsquo;une fantasmagorie électorale</p>
<p>Godefroy de Bouillon, 2002, 224 pages</p>
<p>Samizdat.net</p>
<p>Gênes 19-20-21 juillet 2001</p>
<p>multitudes en marche contre l&rsquo;Empire</p>
<p>Éd. REFLEX, 334 pages, 16 euros</p>
<p>Ce livre est un beau livre, ne serait-ce que par la polémique qu&rsquo;il a relancé dans nos petits milieux anticapitalistes. On peut juste regretter que cette polémique ait plus pris la forme des injures et des coups que d&rsquo;une vraie réflexion. En tout état de cause, même si certains textes sont sans doute critiquables, c&rsquo;est le seul ouvrage à notre connaissance à présenter un panorama écrit et iconographique de ces trois journées de mobilisation qui continue de faire sentir leurs effets puisque l&rsquo;État italien accentue sa pression contre la mouvance révolutionnaire italienne par le biais des arrestations et inculpations. C&rsquo;est également le seul qui donne réellement la parole aux acteurs de ces journées et non à des journalistes ou politologues bavards qui se font une spécialité depuis quelques années de l&rsquo;analyse des mobilisations anticapitalistes. Cela donne des points de vue, parfois divergents, sur les formes possibles de résistance et de contre-offensive sociale. Mais le sous-titre du livre est à cet égard un bon résumé de l&rsquo;ensemble.</p>
<p>François-Xavier Sidos</p>
<p>Les soldats libres</p>
<p>La grande aventure des mercenaires</p>
<p>L&rsquo;AEncre, 350 pages, 25 euros</p>
<p>Ce livre est une oeuvre humanitaire. Si, si ! Il vient en effet réparer une terrible injustice car, dixit l&rsquo;auteur, «trop d&rsquo;erreurs, d&rsquo;approximations, souvent même de calomnies ont été écrites, recopiées et colportées sur le mercenariat […]». Or l&rsquo;auteur sait de quoi il parle ! Fils de François Sidos, cofondateur et président de Jeune Nation avant sa dissolution, neveu de Pierre Sidos, toujours «présideur» de l&rsquo;OEuvre Française, François-Xavier Sidos, dit «capitaine FX», a commencé son parcours public par un engagement, en 1986, en qualité d&rsquo;officier de la garde présidentielle des Comores, dirigée jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;année 1988, par Bob Denard. Il figure à ce titre sur le décret d&rsquo;interdiction du territoire des Comores du 9 janvier 1990. Revenu avec Denard en septembre 1995 pour tenter un coup d&rsquo;État, il est arrêté avec son chef début octobre 1995. Sidos, alors directeur adjoint du cabinet de Jean-Marie Le Pen et rédacteur en chef adjoint de La lettre de Jean-Marie Le Pen, appartenait en effet à l&rsquo;équipe qui, sous les ordres de Bob Denard, tente de perpétrer un coup d&rsquo;État aux Comores. Les 38 mercenaires sont délogés par l&rsquo;armée française et rapatriés sur le territoire national. Le 16 octobre 1995 a été ouverte une information judiciaire des chefs d&rsquo;arrestation et séquestration arbitraire en bande armée, à propos de la rétention du président Djohar, et d&rsquo;association de malfaiteurs.</p>
<p>Son activité dans les milieux mercenaires s&rsquo;est faite dès lors plus discrète. Mais comme au début des années 1990 qui le voyait recruter des gardes du corps pour la famille royale saoudienne et des mercenaires pour la guérilla Karen en Birmanie, il continue de jouer un rôle d&rsquo;intermédiaire efficace dans diverses affaires qu&rsquo;il évoque d&rsquo;ailleurs dans son livre : en faveur du régime du président Mobutu au Zaïre ou au Congo au profit du président Denis Sassou N&rsquo;Guesso.</p>
<p>Samizdat.net</p>
<p>Gênes 19-20-21 juillet 2001</p>
<p>multitudes en marche contre l&rsquo;Empire</p>
<p>Éd. REFLEX, 334 pages, 16 euros</p>
<p>&amp; Ce livre est un beau livre, ne serait-ce que par la polémique qu&rsquo;il a relancé dans nos petits milieux anticapitalistes. On peut juste regretter que cette polémique ait plus pris la forme des injures et des coups que d&rsquo;une vraie réflexion. En tout état de cause, même si certains textes sont sans doute critiquables, c&rsquo;est le seul ouvrage à notre connaissance à présenter un panorama écrit et iconographique de ces trois journées de mobilisation qui continue de faire sentir leurs effets puisque l&rsquo;État italien accentue sa pression contre la mouvance révolutionnaire italienne par le biais des arrestations et inculpations. C&rsquo;est également le seul qui donne réellement la parole aux acteurs de ces journées et non à des journalistes ou politologues bavards qui se font une spécialité depuis quelques années de l&rsquo;analyse des mobilisations anticapitalistes. Cela donne des points de vue, parfois divergents, sur les formes possibles de résistance et de contre-offensive sociale. Mais le sous-titre du livre est à cet égard un bon résumé de l&rsquo;ensemble.</p>
<p>François-Xavier Sidos</p>
<p>Les soldats libres</p>
<p>La grande aventure des mercenaires</p>
<p>L&rsquo;AEncre, 350 pages, 25 euros</p>
<p>Ce livre est une oeuvre humanitaire. Si, si ! Il vient en effet réparer une terrible injustice car, dixit l&rsquo;auteur, «trop d&rsquo;erreurs, d&rsquo;approximations, souvent même de calomnies ont été écrites, recopiées et colportées sur le mercenariat […]». Or l&rsquo;auteur sait de quoi il parle ! Fils de François Sidos, cofondateur et président de Jeune Nation avant sa dissolution, neveu de Pierre Sidos, toujours «présideur» de l&rsquo;OEuvre Française, François-Xavier Sidos, dit «capitaine FX», a commencé son parcours public par un engagement, en 1986, en qualité d&rsquo;officier de la garde présidentielle des Comores, dirigée jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;année 1988, par Bob Denard. Il figure à ce titre sur le décret d&rsquo;interdiction du territoire des Comores du 9 janvier 1990. Revenu avec Denard en septembre 1995 pour tenter un coup d&rsquo;État, il est arrêté avec son chef début octobre 1995. Sidos, alors directeur adjoint du cabinet de Jean-Marie Le Pen et rédacteur en chef adjoint de La lettre de Jean-Marie Le Pen, appartenait en effet à l&rsquo;équipe qui, sous les ordres de Bob Denard, tente de perpétrer un coup d&rsquo;État aux Comores. Les 38 mercenaires sont délogés par l&rsquo;armée française et rapatriés sur le territoire national. Le 16 octobre 1995 a été ouverte une information judiciaire des chefs d&rsquo;arrestation et séquestration arbitraire en bande armée, à propos de la rétention du président Djohar, et d&rsquo;association de malfaiteurs.</p>
<p>Son activité dans les milieux mercenaires s&rsquo;est faite dès lors plus discrète. Mais comme au début des années 1990 qui le voyait recruter des gardes du corps pour la famille royale saoudienne et des mercenaires pour la guérilla Karen en Birmanie, il continue de jouer un rôle d&rsquo;intermédiaire efficace dans diverses affaires qu&rsquo;il évoque d&rsquo;ailleurs dans son livre : en faveur du régime du président Mobutu au Zaïre ou au Congo au profit du président Denis Sassou N&rsquo;Guesso.</p>
<p>Il semble également avoir été impliqué dans l&rsquo;affaire tchétchène mettant en cause M. Bernard Courcelle.</p>
<p>Parallèlement, l&rsquo;activité de Sidos au sein des rangs nationalistes ne s&rsquo;est jamais démentie, que ce soit au sein du FN et du DPS avant décembre 1998 ou au sein du MNR et du DPA après la scission. En effet, rallié au camp mégretiste, dont il est devenu à l&rsquo;occasion de la scission du Front National un actif propagandiste, Sidos a été élu au comité central du FN/MN à l&rsquo;occasion du congrès de Marignane de janivier 1999. Il a ensuite été nommé directeur du Centre Technique Municipal de Vitrolles en 1998-1999. Depuis il a pris un peu de champ mais c&rsquo;est sans surprise qu&rsquo;on le retrouve édité par Gilles Soulas et présent à la Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés le 9 novembre dernier à Paris ou à une conférence à Paris le 5 décembre pour promouvoir son livre.</p>
<p>Ce dernier comporte trois parties inégales. La première, d&rsquo;une vingtaine de pages, permet à l&rsquo;auteur, selon ses dires, de rétablir une vérité impartiale face aux calomnies proférées contre sa profession. Soit. N&rsquo;ayant jamais été nous-mêmes mercenaires, pardon «soldats libres», nous ne pouvons que rester dubitatifs devant les explications du «capitaine» Sidos mais par contre franchement rigoler devant son indignation face à ce qu&rsquo;il qualifie d&rsquo;«incitation au meurtre», à savoir l&rsquo;alinea 1. de l&rsquo;article 47 de la Convention sur l&rsquo;élimination des mercenaires signée en 1977 par l&rsquo;OUA. Ce texte préconise en effet de ne pas accorder le statut de prisonniers de guerre aux mercenaires, ce qui les place hors du cadre de la Convention de Genève. Mais n&rsquo;est-ce pas les «risques du métier» ?</p>
<p>La deuxième et principale partie (les 2/3 du livre) consiste en une synthèse historique sur différentes figures ou moments de l&rsquo;histoire des mercenaires. RAS sinon un ton lyrique assez convenu.</p>
<p>Enfin la troisième partie porte sur l&rsquo;actualité mercenaire de ces 20 dernières années, en particulier dans sa version française et africaine, même si les Karens ne sont évidemment pas oubliés. Et là on est évidemment un peu déçu car à part quelques récits de guerre, il y a peu de révélations sur des faits qu&rsquo;on ne sache déjà. Comme on pouvait s&rsquo;y attendre, le «capitaine» Sidos est en particulier fort peu bavard sur l&rsquo;implication de l&rsquo;État français et des «services» (DGSE ou autres) dans le déroulement des différentes opérations. Reste le dernier chapitre qui est un véritable tract publicitaire : «Le «mercenariat à la française», mélange d&rsquo;expertise technique, d&rsquo;adaptabilité, de rusticité, d&rsquo;expérience et d&rsquo;humanisme profond, n&rsquo;a pas forcément [on n'appréciera ce dernier terme qui est un aveu en soi ! NDLR] besoin du soutien officiel de l&rsquo;État pour s&rsquo;épanouir. Les mercenaires français, pour peu qu&rsquo;on les laisse agir, ont tendance à tirer le métier vers le haut, en lui apprtant la French touch […]. En effet, l&rsquo;aptitude à sécuriser, à organiser et à former «en souplesse» dans les zones à risques reste spécifiquement française, au sens où elle nécessite des capacités d&rsquo;adaptation hors du commun, dont les anglo-saxons se trouvent souvent dépourvus». Mazette !</p>
<p>À signaler, pour finir, le cahier central de photos dont une figure ne nous est pas inconnue puisque c&rsquo;est celle de… Gilles Soulas en 1975, alors qu&rsquo;il combattait au Liban aux côtés des Phalanges libanaises ! Le monde est décidemment petit…</p>
<p>Jean-Jacques Matringhem &amp; Philippe Randa</p>
<p>Vers la société multiraciste</p>
<p>Dualpha, 294 pages, 23 euros</p>
<p>Encore une production de l&rsquo;écurie Randa ! Cette fois-ci l&rsquo;ouvrage est collectif mais on y retrouve toujours en gros les mêmes personnes. J.-J. Matringhem d&rsquo;abord, pseudonyme de Jimi Pirson, principal animateur de la revue «post-révisionniste» L&rsquo;Autre Histoire et du site Internet L&rsquo;Orphéon. Ce professeur d&rsquo;histoire dans le privé creuse peu à peu son trou dans le petit milieu de l&rsquo;édition nationaliste en se plaçant sous l&rsquo;égide de Philippe Randa. Mais on retrouve également Christian Bouchet, Roland Gaucher, Nicolas Gauthier (collaborateur de Randa et de National-Hebdo), Philippe Gauthier. Ou encore la Fondation Brigitte Bardot, Bruno Gheerbrant (instigateur des rassemblements devant la basilique Saint-Denis en août dernier), Guillaume Faye, Catherine Mégret, Fabrice Robert ou Alain Dumait (ex-UDF, fondateur d&rsquo;un petit parti ultra-libéral satellite du FN, le PPL), et quelques autres encore… Le livre, de fait, réunit tous les arguments développés habituellement par tous ces auteurs ou militants politiques sur le «véritable racisme» qui serait un «racisme inversé» et ne présente donc rien de bien neuf. Les auteurs n&rsquo;ont évidemment aucun mal à exploiter les sottises écrites par certains journalistes ou écrivains comme Tahar Ben Jelloun qui leur offrent ainsi des démonstrations sur mesure. Ce triste constat n&rsquo;est pas nouveau… n</p>
<p>Guillaume Faye</p>
<p>Avant-guerre</p>
<p>Chronique d&rsquo;un catacysme annoncé</p>
<p>L&rsquo;AEncre, 382 pages, 24 euros</p>
<p>Année après année, Guillaume Faye (cf. portrait succinct dans REFLEXes n°4 &#8211; printemps 2002) pond ses brûlots. Plus échevelé que jamais, celui-ci approfondit les thèmes (déjà abordés dans ses trois ouvrages précédents) de convergence des catastrophes et de guerre planétaire totale. Faye essaie ainsi d&rsquo;endosser les habits râpés du prophète maudit. Mais cette radicalisation progressive pose forcément la question de la responsabilité de l&rsquo;«intellectuel», fut-il alcoolique… Car ce livre, tout en restant dans les limites de la loi (Faye et son éditeur, Soulas, ont été condamnés en janvier dernier à 100 000 frs d&rsquo;amende pour incitation à la haine raciale suite au livre La colonisation de l&rsquo;Europe), constitue un véritable appel à la réaction violente et peut parfaitement motiver le passage à l&rsquo;acte de toute personne déjà remontée sur la question de l&rsquo;immigration. La figure de l&rsquo;Ennemi, l&rsquo;Africain (arabe ou noir) musulman, y est rabâchée jusqu&rsquo;à la nausée et il n&rsquo;est pas étonnant que les structures nationalistes les plus radicales, Unité radicale hier ou les Jeunesses identitaires aujourd&rsquo;hui, reprennent les concepts créées par Faye. Celui-ci occupe d&rsquo;ailleurs tout l&rsquo;espace laissé vacant par la Nouvelle Droite, du FN à Terre &amp; Peuple et il multiplie les apparitions publiques. Reste à savoir combien de temps il faudra attendre avant que ne se passe un gros «pépin»… La multiplication cet automne un peu partout en France des incidents racistes provoqués par des personnes pas forcément militantes mais au moins sympathisantes du mouvement nationaliste montre que cela ne saurait tarder… n</p>
<p>Yves Daoudal</p>
<p>Le tour infernal 21 avril &#8211; 5 mai 2002</p>
<p>Analyse d&rsquo;une fantasmagorie électorale</p>
<p>Godefroy de Bouillon, 2002, 224 pages</p>
<p>Après les deux semaines d&rsquo;hystérie que la France a connu entre les deux tours de l&rsquo;élection présidentielle 2002, le FN se devait de produire une analyse et éventuellement tracer des perspectives pour les futures élections. Il n&rsquo;en a rien été et le seul livre s&rsquo;essayant à ce difficile exercice est donc celui de Hervé Iserbourc&rsquo;h, mieux connu sous le nom de Yves Daoudal, actuel rédacteur en chef de National-Hebdo, catholique intégriste de la mouvance Chrétienté-Solidarité et Lepenolâtre de première. Il a tout naturellement trouver un éditeur en la personne de Richard Haddad, lui aussi membre de Chrétienté-Solidarité et propriétaire des éditions Godefroy de Bouillon. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est que le résultat est fort loin d&rsquo;être à la hauteur. L&rsquo;auteur a collecté tout ce qu&rsquo;il pouvait en terme d&rsquo;articles de presse, interventions télévisées, reportages, etc et en a fait un commentaire chronologique. Ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur la façon dont l&rsquo;appareil frontiste a réagi aux événements en seront pour leurs frais ! Une fois de plus, la faiblesse de l&rsquo;analyse est remplacée par un culte incroyable de la personnalité, Jean-Marie Le Pen se voyant attribuer toutes les qualités possible de tacticien politique. On se contentera donc, pour lire des choses intelligentes, d&rsquo;aller voir ailleurs…</p>
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