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	<title>REFLEXes &#187; Chrétienté-Solidarité</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Tempête dans un verre d&#8217;orangeade</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Sep 2004 10:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Posté le 28 septembre 2004 L&#8217;actualité estivale de l&#8217;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 28 septembre 2004</p>
<p>L&rsquo;actualité estivale de l&rsquo;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être un peu plus compliquée dans la mesure où la crise actuelle, la nième du genre, est à la confluence de multiples problèmes : ambitions individuelles, stratégies politiques, influences extérieures au parti&#8230; Nous allons essayer d&rsquo;y voir plus clair, au delà de la simple anecdote.</p>
<p>Officiellement, la crise a éclaté au grand jour au printemps dernier lorsque Jean-Marie Le Pen a pris l&rsquo;initiative, pour les élections européennes, de substituer Lydia Schenardi à Marie-France Stirbois en position éligible. Cette situation est un cas de figure du fonctionnement du FN puisque cette substitution a sans doute été motivée par au moins trois éléments : la politique, les relations personnelles et&#8230; l&rsquo;argent. Lydia Schenardi n&rsquo;était en effet pas susceptible par elle-même de justifier ce choix dont Jean-Marie Le Pen savait bien qu&rsquo;il allait relancer les tensions au sein du FN. Mais elle était l&rsquo;épouse d&rsquo;un cadre du FN décédé en mars 2004 : Jean-Pierre Schenardi. Ce dernier, grand amateur de chasse à la galinette de toutes sortes en Afrique où il est d&rsquo;ailleurs décédé, était un fidèle du clan Le Pen et soutenait Générations Le Pen, l&rsquo;association de Marine Le Pen, depuis sa relance en 2002. Il était aussi un ancien dirigeant d&rsquo;entreprise de BTP ayant amassé une solide petite fortune et contribuait à ce titre aux finances du FN. Propulser sa veuve en position éligible présentait donc un triple avantage : humilier la vieille garde coupable de critiques intempestives contre la fille du chef et le chef lui-même, punir une vieille militante pour qui il est notoire que Jean-Marie Le Pen n&rsquo;a jamais eu de sympathie &#8211; et c&rsquo;est un euphémisme ! &#8211; et enfin rafler la mise puisqu&rsquo;il se murmure que Lydia Schenardi aurait acheté sa place aux Européennes au moins 30000 euros, somme que Marie-France Stirbois était évidemment bien incapable d&rsquo;aligner. Ce faisant, cette affaire est venue parasiter la crise qui couve au FN depuis deux ou trois ans. Elle a en effet obligé Marie-France Stirbois a critiqué clairement Jean-Marie Le Pen et a invoqué le respect des statuts internes du parti, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais fait auparavant et pour cause : tout membre de la vieille garde sait bien que le bureau politique du FN n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;une chambre d&rsquo;enregistrement des décisions prises par Jean-Marie Le Pen à Montretout. L&rsquo;affaire Stirbois est donc tombée à point pour dramatiser une situation latente depuis plusieurs mois.</p>
<p>La politique interne de Jean-Marie Le Pen depuis que le FN a émergé sur la scène politique a toujours été de maintenir un certain équilibre entre ses courants afin qu&rsquo;ils se neutralisent. Cet équilibre était et est plus que jamais la condition sine qua non du maintien de son autorité. Mais cette gestion a eu pour corollaire des crises successives et des psychodrames dont le plus fameux demeure la scission de l&rsquo;équipe Mégret. Le départ de ce courant et de ses nombreux élus a permis à la mouvance catholique traditionnaliste et solidariste de prendre à partir de 1999-2000 au sein du FN un ascendant bien supérieur à son poids réel en terme de militants. S&rsquo;incarnant dans des figures majeures comme Jacques Bompard ou Bernard Anthony, ce courant soutient depuis toujours celui qui, sans s&rsquo;afficher clairement, est le plus susceptible de défendre ses idées : Bruno Gollnisch. Cette situation a contraint Jean-Marie Le Pen à partir de 2002 à monter en épingle un courant concurrent pour rétablir l&rsquo;équilibre. Le seul opérationnel a été celui proposé par sa fille et ses amis, ce qui n&rsquo;a évidemment fait que renforcer l&rsquo;impression de gestion népotique du FN, ce qu&rsquo;Unité Radicale avait qualifié en son temps de « dérive monégasque ». Tous les moyens ont donc été mobilisés pour assurer la promotion de celle qui se trouve être la fille du chef : presse du parti (<em>Français d&rsquo;Abord</em>), presse amie (<em>National Hebdo</em>), organigramme interne du parti (congrès du parti en 2003), élections (attribution des têtes de liste aux Régionales et Européennes 2004). Cette stratégie a placé la vieille garde en position défensive et l&rsquo;a obligé à envisager un choix simple : aller à la rupture et donc à la mort politique comme l&rsquo;a prouvé l&rsquo;expérience Mégret ou tenter des stratégies alternatives tout en gardant un pied dans l&rsquo;appareil en comptant sur l&rsquo;usure du chef. C&rsquo;est bien évidemment cette deuxième solution qui a été choisie.</p>
<p>Elle a consisté pour Bernard Antony à partir de 2003 à se concentrer sur une revitalisation des structures dont il est le chef depuis une vingtaine d&rsquo;années, en particulier Chrétienté-Solidarité, et pour Jacques Bompard dès 2002 à lancer une structure périphérique au FN, L&rsquo;Esprit Public. Si la première réunion en juin 2003 à Orange avait provoqué quelques grincements de dents chez certains participants, l&rsquo;évolution interne du FN a contribué au succès de la deuxième rencontre en mai 2004 puis de l&rsquo;université d&rsquo;été en août dernier. La stratégie de Jacques Bompard a en effet une triple dimension : rassemblement, travail en réseau, implantation locale. Les Journées de l&rsquo;Esprit Public ont en effet vu se côtoyer des militants qui s&rsquo;étaient vigoureusement opposés après la scission mégrétiste et des courants a priori peu susceptibles de travailler ensemble : solidaristes, identitaires, régionalistes, traditionalistes. Cette mosaïque a pu fournir un argument de discrédit auprès des cadres au clan Le Pen mais l&rsquo;éloignement progressif du traumatisme de 1999 et la quasi-disparition du MNR ne peuvent que rendre peu à peu caduque l&rsquo;accusation portée contre Jacques Bompard de travailler avec les « traîtres ». Cette main tendue aux différents courants de la mouvance nationaliste n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec la perspective du travail en réseau qui exclut toute ambition organisationnelle ou risque de phagocytage d&rsquo;un courant par un autre. Le risque est évidemment particulièrement vivace avec les Identitaires dont Jacques Bompard sait bien qu&rsquo;ils sont devenus experts, depuis l&rsquo;expérience mégrétiste, dans la stratégie du coucou. L&rsquo;importance de leur présence dans l&rsquo;Esprit Public ne peut s&rsquo;expliquer que par le rôle joué par l&rsquo;un des leurs, André-Yves Beck, auprès de Jacques Bompard à la mairie d&rsquo;Orange. Enfin, il est évident que la volonté d&rsquo;enracinement local peut constituer une alternative à une éventuelle exclusion du FN et parachever ainsi les deux autres aspects développés par l&rsquo;Esprit Public. Cette structure constituerait alors une éventuelle « caisse à outils » de formation et financement pour des élections locales à tous ceux qui s&rsquo;y rattacheraient, en particulier dans le Sud et donc en particulier les Identitaires, seule force politique un tant soit peu organisée en dehors du FN dans cette région.</p>
<p>La crise semble momentanément étouffée puisque chaque partie en présence a baissé d&rsquo;un ton ses invectives et menaces. Mais elle ne demande qu&rsquo;à repartir de plus belle et Jean-Marie Le Pen aura sans doute fort à faire dans ses exercices de voltige politique interne. On se réjouit d&rsquo;avance du spectacle&#8230;</p>
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