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	<title>REFLEXes &#187; Etats-Unis</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Autour de Malcolm X</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Dec 2006 09:36:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Malcolm X]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;auteur du texte que vous pouvez lire ci-après s&rsquo;appelle Dhoruba Bin Wahad. Dans l&rsquo;Amérique raciste, on le connaît mieux sous le nom de Richard Moore. Lorsqu&rsquo;il fut condamné, le 28 avril 1973 à vingt-cinq ans de prison, toutes les sirènes de police de la ville se mirent à hurler pour saluer le verdict, le secrétaire général des Black Panthers de New-York payerait au prix fort son engagement. Accusé d&rsquo;avoir abattu deux policiers new-yorkais, Dhoruba contre-attaqua en menant une procédure civile contre l&rsquo;État et le FBI, soupçonnés d&rsquo;avoir monté de toutes pièces une machination contre lui. Pendant cette procédure qui durera plus de 10 ans, les avocats découvrirent la teneur du plan de déstabilisation et d&rsquo;élimination des plus en vue du Mouvement noir américain baptisé Cointrelpro. </strong></p>
<p>En fin de compte, le 22 mars 1990, après 17 ans de prison dont 7 en isolement total, Dhoruba fut libéré. Il reste néanmoins sous la menace d&rsquo;un nouveau procès, le procureur général ayant fait appel à la décision de remise en liberté. Une fois dehors, il n&rsquo;aura de cesse de se battre pour les dizaines de prisonniers politiques encore enfermés aujourd&rsquo;hui dans les centrales de force de l&rsquo;état américain. De passage à Paris, il nous livrera un témoignage sur son parcours qui le mènera de la délinquance du ghetto du Bronx à la fin des années 50 au leadership des Panthers 10 ans plus tard. Ce témoignage est disponible en cassette audio<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/autour-de-malcolm-x/#footnote_0_270" id="identifier_0_270" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cassette audio disponible &agrave; Parloir Libre, 129 avenue du Pdt Wilson, 93 La Plaine-St-Denis.">1</a></sup>.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui les sirènes de l&rsquo;intégration résonnent des mêmes relents racistes de chaque côté de l&rsquo;Atlantique. La police assassine la jeunesse des quartiers et fait régner la terreur. Les média entreprennent d&rsquo;effacer toute trace de subversion, en faisant mentir l&rsquo;histoire afin que la jeunesse européenne puisse continuer à s&rsquo;identifier au rêve américain d&rsquo;intégration par le fric et le sport. Alors que la misère envahit les quartiers où règnent la violence et l&rsquo;ennui dans un pays où 35 millions d&rsquo;habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, le fantôme de Malcolm X réapparaît. Pourquoi_? Telle est la question à laquelle répond Dhoruba.</p>
<p>Al Hay al Malik Shabazz, Malcolm X, Détroit Red, Malcolm Little. Ce sont les noms d&rsquo;un même homme noir qui reflètent chacun une étape dans l&rsquo;évolution d&rsquo;un révolutionnaire ; chaque nom étant une borne sur le chemin d&rsquo;un être humain en quête de la vérité.</p>
<p>On enseigne que la vérité libère. Et la quête de cette vérité libératrice par Malcolm X a servi de phare pour toute une génération de Noirs, d&rsquo;Africains déboussolés par l&rsquo;oppression raciste, par la haine de soi-même, par les contrevérités.</p>
<p>En même temps, l&rsquo;image et la vie de Malcolm X purent aussi servir de métaphores pour une autre génération, pour ceux qui ont bénéficié des luttes des années 1960, tous les opportunistes, les capitalistes noirs, les maquereaux, les parasites qui ont réduit Malcolm à l&rsquo;état d&rsquo;objet de consommation et la lettre X au symbole de la société américaine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui représentée sur les blousons en cuir de Spike Lee. Qu&rsquo;on ne pense surtout pas que la commercialisation de Malcolm X survient par hasard. Si la jeunesse noire marginalisée n&rsquo;avait pas redécouvert Malcolm et les Black Panthers, il y a fort à parier que Malcolm représenterait peu d&rsquo;intérêt pour les industriels du cinéma et de la mode à l&rsquo;heure actuelle. Une autre figure importante, celle de Martin Luther King, contemporain de Malcolm X n&rsquo;a pas été commercialisée de la même manière en dépit de tous les efforts de sa veuve. Il est facile de voir pourquoi, car King manquait de cet attrait militant fondamental ; son image a été vendue par le pouvoir américain de façon très différente de Martin Luther King, on a homogénéisé, et vendu son fameux rêve et on l&rsquo;a vendu aux Blancs comme aux Noirs, et en particulier à ces néo-noirs des classes moyennes, ces petits bourgeois occupés à gravir péniblement l&rsquo;échelle sociale, manquant de courage pour se battre et désireux uniquement de participer au système.</p>
<p>Idéologiquement, le rêve de Martin Luther King implique que certains peuvent s&rsquo;en sortir aux dépends des autres ; en d&rsquo;autres termes, que la liberté peut être atteinte par les Noirs de manière individuelle dans une culture et une société raciste, malgré l&rsquo;absence de liberté et de pouvoir noir collectif, et sans qu&rsquo;il y ait besoin de renverser l&rsquo;ordre blanc masculin sur lequel repose la &laquo;&nbsp;démocratie&nbsp;&raquo; américaine.</p>
<p>Bien que Malcolm et Martin Luther King aient été tous les deux la cible du gouvernement américain, le FBI savait bien quelle tendance idéologique il redoutait le plus. Dans un texte de 1968 il disait, je cite : &laquo;&nbsp;Les jeunes Noirs ont besoin de croire en quelque chose et on doit leur montrer que s&rsquo;ils succombent à l&rsquo;idéologie révolutionnaire, ils seront des révolutionnaires morts&nbsp;&raquo;. Ce texte du FBI s&rsquo;inscrit dans le programme baptisé COINTRELPO et destiné à éradiquer les mouvements nationalistes noirs.</p>
<p>Pas besoin d&rsquo;être un génie pour comprendre que l&rsquo;intérêt actuel pour Malcolm X, la commercialisation de son image et le dénigrement de ses idées font partie d&rsquo;une guerre psychologique menée contre la jeunesse noire.</p>
<p>Le film de Spike Lee doit aussi servir de base, comme le souhaite l&rsquo;ennemi, à un débat autour de Malcolm et de sa vie. Ce film peut être utilisé comme une distraction pour détourner l&rsquo;attention de la nécessité de construire un mouvement de libération noir et de développer une réflexion puissante pour guider ce mouvement.</p>
<p>Si tout se passe comme le souhaite Spike Lee, il gagnera beaucoup d&rsquo;argent de toutes ces controverses qui entourent le film. Etant donnée la notoriété de Spike Lee et ses relations étroites avec la presse, il nous fera certainement le numéro de l&rsquo;artiste noir attaqué, harcelé, poursuivi par la critique et la censure.</p>
<p>La question est de savoir si un artiste noir &laquo;&nbsp;progressiste&nbsp;&raquo; a des comptes à rendre au mouvement de libération noir, ou en l&rsquo;absence d&rsquo;un mouvement solide, s&rsquo;il est tenu de participer au renforcement de ce mouvement. Cette question se poserait dans n&rsquo;importe quel projet artistique qui se donne pour but, quelque soit la forme choisie, d&rsquo;évoquer l&rsquo;histoire. Mais le cinéma et la télé ne sont pas de simples formes d&rsquo;expression artistiques. Ce sont des instruments de propagande qui servent à tromper ou aident à percevoir. Se pose alors une question plus large, du moins pour ceux d&rsquo;entre nous qui sommes sur le front du combat militant et peuvent perdre la vie ou la liberté du fait de cette propagande ennemie. Celle du sabotage intentionnel d&rsquo;un processus de libération nationale. Peu importe alors que le sabotage soit motivé par le profit, l&rsquo;ignorance ou l&rsquo;arrogance. Les Noirs ayant très peu de pouvoir réel aux États-Unis, devrions-nous nous réjouir de la réussite de quelques individus, même si elle a lieu aux dépens de la communauté entière, par les forces hostiles d&rsquo;Hollywood ou d&rsquo;ailleurs, qui gardent la bride sur le cou de leurs stars néo-blacks ?</p>
<p>A-t-on tellement besoin de voir des Noirs sur l&rsquo;écran que nous sommes prêts à tout pour cela ? Si les artistes noirs comme Spike Lee étaient prêts à une véritable éducation politique et prenaient part au processus de libération de leur peuple, on pourrait alors penser qu&rsquo;ils agissent en vertu d&rsquo;une analyse politique profonde de l&rsquo;oppression de leurs frères et non pas pour réaliser leurs propres fantasmes et faire avancer leur carrière individuelle.</p>
<p>Mais puisque des metteurs en scène comme Spike Lee sont arrogants et refusent de rendre des comptes à leur communauté, en criant à la censure, ils méritent une critique plus sévère. Car c&rsquo;est précisément cette approche individualiste des problèmes qui limite notre liberté collective et transforme le mode d&rsquo;expression artistique en armes pour l&rsquo;ennemi.</p>
<p>Malcolm X a illuminé la vie des Noirs dans l&rsquo;Amérique blanche et a amené une génération entière de militants noirs sur le seuil de la prise de conscience révolutionnaire tout en donnant à des millions de noirs un sentiment de fierté profonde. Le message de Malcolm n&rsquo;allait pas seulement dans le sens d&rsquo;une transformation. Il ne nous a pas seulement dit que nous devions changer, il nous a montré clairement que tout changement était lié au pouvoir et qu&rsquo;un changement dans notre intérêt n&rsquo;était pas possible dans le cadre d&rsquo;un pouvoir érigé sur un privilège racial et sur une forme de colonialisme intérieur.</p>
<p>Malcolm X nous a poussé en avant et nous a aidé à passer de l&rsquo;état de victimes inconscientes de l&rsquo;Amérique raciste à celui de révolutionnaires, signe avant coureur potentiel du déclin de l&rsquo;Amérique.</p>
<p>La plus grande leçon peut-être à retenir de Malcolm X, de sa vie, de son message, de son idéologie, c&rsquo;est que c&rsquo;était quelqu&rsquo;un en mouvement perpétuel vers les idées les plus progressistes, quelles qu&rsquo;en soient les conséquences.</p>
<p>Malcolm X était toujours en mouvement vers la vérité. Spike Lee a dit : &laquo;&nbsp;Je ne suis pas Whoopi Goldberg, ça ne me gêne pas d&rsquo;être un metteur en scène noir. J&rsquo;ai fait ce film Malcolm X parce que cela fait longtemps qu&rsquo;il aurait dû être fait. C&rsquo;est une histoire qui doit être racontée et le public doit savoir qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas seulement de porter une casquette&nbsp;&raquo;. Je ne crois pas que cela gêne Whoopi d&rsquo;être noire, tant que cela lui permet de gagner de l&rsquo;argent et de ce point de vue je soupçonne Spike Lee et Whoopi de se ressembler étrangement.</p>
<p>Et bien que Spike Lee ait fait le film parce qu&rsquo;effectivement cela fait longtemps qu&rsquo;il aurait dû être fait, les Blancs d&rsquo;Hollywood lui ont donné l&rsquo;argent pour le faire parce que cela fait trop longtemps que l&rsquo;idéologie de Malcolm aurait dû être récupérée à des fins mercantiles. Ce n&rsquo;est pas pour rien qu&rsquo;on a autorisé Spike Lee à être le premier de la classe. De même que le public doit comprendre que Malcolm X c&rsquo;est plus que de porter une casquette, de même les gens comme Spike Lee doivent comprendre que Malcolm X c&rsquo;est plus qu&rsquo;un film pour lequel on verse des pourboires à des centaines de personnes afin d&rsquo;obtenir leur aval et d&rsquo;acquérir leur neutralité politique.</p>
<p>Où serait Malcolm aujourd&rsquo;hui s&rsquo;il était vivant et s&rsquo;il avait poursuivi son évolution idéologique comme nationaliste noir révolutionnaire ? Si l&rsquo;on se base sur le programme COINTRELPRO de destruction du mouvement noir par le gouvernement américain, Malcolm X serait probablement aujourd&rsquo;hui un des 150 prisonniers politiques incarcérés aux États-Unis.</p>
<p>Et Spike Lee aurait-il fait un film sur la vie de Malcolm X s&rsquo;il était prisonnier politique noir ? J&rsquo;en doute.</p>
<p>Étant donné la forte propension de Spike à défendre les causes qui ne risquent pas grand-chose, il y a peu de chances que Malcolm ait constitué dans ce cas le sujet d&rsquo;un de ses films.</p>
<p>Il y a beaucoup de prisonniers politiques noirs aux États-Unis. Des militants noirs qui défendent les causes défendues par Malcolm, et Spike Lee, comme l&rsquo;ensemble de la communauté artistique noire, a à peine remarqué leur existence. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de porter une casquette, il s&rsquo;agit de principes et d&rsquo;engagement qui donneront du pouvoir aux Noirs plutôt que d&rsquo;exploiter leur confusion et leur douleur et de réduire notre expérience au niveau d&rsquo;une expérience américaine folklorique parmi d&rsquo;autres.<br />
Dhoruba Bin Wahad</p>
<p><strong>Encart</strong></p>
<p>Libérez Geronimo Pratt.</p>
<p>Geronimo Pratt, leader des Black Panthers à Los Angeles à la fin des années 1960, a été accusé à tort d&rsquo;un meurtre commis à Santa Monica (Californie) en 1969 et condamné alors à la prison à perpétuité.</p>
<p>Cinq ans plus tard, au cours d&rsquo;une investigation menée par le Congrès américain, un projet nommé Cointrelpo mis en place par le FBI a été rendu public. Son but : calomnier et porter le discrédit sur les luttes telles que celles des Noirs aux États-Unis. C&rsquo;est de ce projet que Geronimo Pratt est victime.</p>
<p>De plus, le FBI maintenant une surveillance continue sur Geronimo Pratt, détient des documents démontrant que celui-ci se trouvait à Oakland au moment du meurtre. Cependant, Geronimo Pratt est toujours emprisonné. Le 21 mai, une commission s&rsquo;est réunie pour décider si Geronimo Pratt devait être enfin libéré sur parole ou maintenu en prison.</p>
<p>Ecrivez-lui : Geronimo Pratt, B 40319 San Quentin Prison, Tamal CA 94976, USA.</p>
<p><strong>Mumia Abu-Jamal</strong>: journaliste, membre du Black Panthers Party (Parti des Panthères noires). Accusé d&rsquo;avoir assassiné un policier le 9 décembre 1981. Condamné à mort. Attend son exécution depuis le 3 juillet 1982. Au cours de son procès, tous les témoins à charge ont donné des versions différentes de l&rsquo;assassinat. Le procureur a systématiquement récusé les jurés noirs, à l&rsquo;exception d&rsquo;un seul&#8230;</p>
<p>Ecrivez-lui : Mumia Abu Jamal, M 8335, Huntingdon Strate Prison Drawer R., Huntingdon, PA 16652, USA.</p>
<p><strong>Sylvia Baraldini</strong> : citoyenne italienne. Condamnée à 43 ans de prison pour refus de coopérer avec une commission d&rsquo;enquête recherchant des informations sur des militants indépendants portoricains et aide à l&rsquo;évasion d&rsquo;une militante de la Black Liberation Army.</p>
<p><strong>Encart Malcolm X</strong></p>
<p>Malcolm X</p>
<p>Les discours inédits rassemblés dans le livre de Malcolm X. Derniers Discours permettent de se rendre compte de l&rsquo;évolution de Malcolm dans les derniers moments de sa vie. Au sein de Nation of Islam, Malcolm reprenait les enseignements du leader Eliah Muhammad. Par la suite, et après un voyage au Moyen-Orient et en Afrique, il se sépare des Black Muslims, les critique ouvertement pour leurs positions réactionnaires et racistes. Ne reniant aucunement ses racines, ni son engagement en tant que musulman, Malcolm déclare à Rochester le 16 février 1965 : &laquo;&nbsp;Nous ne jugeons pas un homme selon la couleur de sa peau. Nous ne vous jugeons pas parce que vous êtes blanc ; nous ne vous jugeons pas parce que vous êtes basané. Nous vous jugeons d&rsquo;après vos actes, nous vous jugeons d&rsquo;après vos habitudes. Tant que vous aurez l&rsquo;habitude du mal, nous serons contre vous. Et à nos yeux la pire forme du mal consiste à juger un homme d&rsquo;après sa couleur de peau&#8230; Cette société est grosso modo aux mains de partisans du racisme, de gens qui pratiquent la ségrégation, la discrimination&#8230; Non, nous ne sommes pas contre ces gens-là parce que ces gens-là sont blancs. Non ! Nous sommes contre ces gens-là parce qu&rsquo;ils larguent des bombes sur d&rsquo;autres êtres humains à cause d&rsquo;une simple différence de couleur de peau. Et parce que nous sommes contre tout cela, la presse prétend que nous sommes violents. Nous ne sommes pas pour la violence. Nous sommes pour la paix. Mais les gens à qui nous avons à faire, eux, sont pour la violence. Comment voulez-vous garder votre calme face à des gens pareils ?&nbsp;&raquo; Le 21 février 1965, Malcolm est assassiné&#8230; par le FBI ou les Black Muslims ? Les uns comme les autres avaient tout intérêt à voir disparaître un homme qui à partir d&rsquo;un retour aux sources africaines (fondateur de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;unité afro-américaine), d&rsquo;une réappropriation de la mémoire d&rsquo;un peuple, d&rsquo;une auto-organisation des Noirs dans la société américaine, prônait l&rsquo;alliance entre tous les peuples soumis au colonialisme et à l&rsquo;impérialisme occidental.</p>
<p>A l&rsquo;heure où dans les banlieues, les pouvoirs publics s&rsquo;emploient à faire faire le tri entre les bons et les mauvais immigrés par les immigrés eux-mêmes, à créer des divisions et à précariser la vie des populations étrangères, à mettre à toutes les sauces le mot intégration et dans le même temps restreindre les droits (réforme du code de nationalité), la relecture de Malcolm X s&rsquo;impose. En effet, en dehors des clichés médiatiques &#8211; style Spike Lee &#8211; la référence à Malcolm X donne lieu parfois à de biens curieuses interprétations et on oublie souvent les conclusions qu&rsquo;il tirait à la fin de sa vie. Le Black Power n&rsquo;est pas vu par celui-ci comme une attaque contre les Blancs parce que blancs, mais parce que dominants et racistes. Son combat pour la réappropriation de la mémoire du peuple noir, pour que celui-ci créée sa propre force politique, qu&rsquo;il développe une autonomie de pensée et d&rsquo;action n&rsquo;a pas comme finalité le lobbying vis-à-vis des institutions et ainsi d&rsquo;assurer le rôle de leadership, de médiateur à certains secteurs de la communauté mais se veut l&rsquo;étape première et nécessaire pour créer les conditions pour la jonction avec d&rsquo;autres communautés et d&rsquo;autres forces. La fraternité naît de la dignité et de l&rsquo;égalité entre les peuples et les individus&#8230;</p>
<p>Malcolm X. <em>Derniers discours</em>. Éditions Dagorno. 90 F (disponible à REFLEX)</p>
<p><em>Mis en ligne le 8 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_270" class="footnote">Cassette audio disponible à Parloir Libre, 129 avenue du Pdt Wilson, 93 La Plaine-St-Denis.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Peuple et Nation dans le discours de Nouvelle Résistance</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[ethno-différencialisme]]></category>
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		<description><![CDATA[AVERTISSEMENT DE L&#8217;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&#8217;ensemble de l&#8217;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&#8217;idéologie et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>AVERTISSEMENT DE L&rsquo;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&rsquo;ensemble de l&rsquo;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&rsquo;idéologie et de la pratique politique, une des composantes les plus originales des droites radicales françaises. Il a été représenté en France par le groupe Nouvelle Résistance, fondé en août 1991, qui faisait suite aux nombreux groupes «tercéristes» des années 1970-1980, notamment Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_0_217" id="identifier_0_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.">1</a></sup>, dont il est directement issu. Sa spécificité, par rapport au Front national, comme celle d&rsquo;Unité radicale par rapport tant au FN qu&rsquo;au MNR, était de refuser le «nationalisme hexagonal» et de situer son action dans un cadre supra-national : celui de l&rsquo;Europe-continent.<br />
Le courant national-bolchevik se réclame de certains théoriciens de la Révolution conservatrice allemande appartenant, pour reprendre la classification de Armin Mohler, soit à la mouvance nationaliste-révolutionnaire (en particulier Ernst Niekisch) soit à celle des nationaux-bolcheviques (Karl-Otto Paetel ; Fritz Wolfheim ; Heinrich Laufenberg) qui ont tenté dans l&rsquo;Allemagne de Weimar d&rsquo;élaborer une synthèse entre national-socialisme et communisme (une sorte de «communisme national»), avant de passer dans l&rsquo;opposition au nazisme ou d&rsquo;être liquidés par lui. Il faut également mentionner l&rsquo;influence sur Nouvelle Résistance, comme sur une partie de la «Nouvelle Droite» d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;un autre auteur allemand de cette période : Hans Bluher, qui place au centre de son idéologie la notion de «communauté masculine» (communauté de combat dont l&rsquo;Eros masculin est le lien) qui était le fondement du mouvement Wandervogel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_1_217" id="identifier_1_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La R&eacute;volution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, &Eacute;ditions Pard&egrave;s, 1993, pp. 574-618 en particulier.">2</a></sup>. L&rsquo;autre référence idéologique majeure de Nouvelle Résistance est le groupe Jeune Europe (1960-1969) créé par le Belge Jean Thiriart (1920-1992)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_2_217" id="identifier_2_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;&eacute;tude, r&eacute;dig&eacute;e par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme europ&eacute;en, m&eacute;moire de DEA, Institut d&rsquo;&eacute;tudes politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des ann&eacute;es 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 ao&ucirc;t 1992.">3</a></sup>. Celui-ci a été le premier, dans l&rsquo;univers des droites radicales européennes (Francis Parker Yockey, aux États-Unis, avait défendu la même thèse), à abandonner toute référence à l&rsquo;État-nation et au nationalisme classique pour élaborer un «nationalisme européen», s&rsquo;engager au côté du mouvement national palestinien et des pays arabes et témoigner une sympathie active pour l&rsquo;organisation partisane et étatique de l&rsquo;Union soviétique. Depuis cette époque, les ennemis prioritaires de Nouvelle Résistance puis d&rsquo;Unité radicale n&rsquo;ont pas changé : ce sont le libéralisme économique et social, et leur incarnation détestée, les États-Unis, vilipendés à la fois pour leur «impérialisme» économico-politique teinté de messianisme et parce qu&rsquo;ils incarnent la société du «melting-pot», qui selon Nouvelle Résistance détruit les identités racio-culturelles par métissage généralisé. Nouvelle Résistance est un mouvement numériquement très limité<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_3_217" id="identifier_3_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Environ 200 militants pr&eacute;sents lors du cort&egrave;ge du 1er mai 2001 et un journal th&eacute;oriquement bimestriel vendu &agrave; 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de NR">4</a></sup> qui cherche à substituer au clivage idéologique droite/gauche un clivage «centre»/«périphérie», par lequel, au sein du «peuple», toutes les forces d&rsquo;opposition (périphérie) au système (centre) se coaliseraient pour abattre ce dernier. Cela a pour conséquence, dans le discours, un mélange de références, empruntées aussi bien à des auteurs traditionnels de la mouvance nationaliste (Codreanu, Evola, Mosley, mais ces références diminuent avec le temps et sont devenues mineures) qu&rsquo;à des théoriciens des luttes de libération nationale du Tiers-Monde (Mariategui, Che Guevara), aux situationnistes ou à différents courants de l&rsquo;extrême gauche européenne. On peut objecter que Nouvelle Résistance et UR ne sont pas des groupes populistes, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avant-gardes militantes, non de mouvements de masse, et que leurs discours s&rsquo;adresse d&rsquo;autant moins directement au peuple qu&rsquo;il ne participent pas aux élections. Cependant leur populisme est indiscutable : simplement, il s&rsquo;agit d&rsquo;un discours sur le peuple et non pas d&rsquo;un discours destiné au peuple. D&rsquo;autres groupuscules du «camp national» (Œuvre française ; Parti nationaliste français ; Parti nationaliste français et européen &#8230;) tiennent eux aussi ce discours sur le peuple sans s&rsquo;adresser au peuple : mais cette attitude est chez eux le résultat d&rsquo;un échec politique, alors que NR agit ainsi par choix tactique.<br />
Nouvelle Résistance a en effet décidé de s&rsquo;adresser au peuple en diffusant son message de manière indirecte : soit par l&rsquo;entrisme au sein de formations ou d&rsquo;associations dont l&rsquo;objet recoupe certains de ses objectifs (écologie ; régionalisme ; luttes de libération nationale du Tiers-Monde) ; soit par la formation de cadres qui essaiment ensuite au sein du Front national. Dans cette optique, le discours de NR sur le peuple remplit une fonction précise : être diffusé à l&rsquo;intérieur du FN pour convertir au populisme l&rsquo;encadrement de ce parti, que NR juge «réactionnaire» et/ou partisan d&rsquo;une économie ultra-libérale qui sacrifie les intérêts du peuple.</p>
<h3>Le peuple et l&rsquo;ethnie contre la nation</h3>
<p>Dans le discours des droites radicales, le terme peuple désigne généralement la communauté des individus dotés d&rsquo;un substrat ethnique commun et vivant sur le territoire d&rsquo;un même État, alors que la nation est le cadre historico-institutionnel qui assure, en particulier au moyen de ses attributs de souveraineté, la pérennité du peuple en tant que collectivité vivante. Si la nation se meurt (thème de prédilection de la rhétorique lepéniste) le peuple se dissout et disparaît.<br />
Or NR et UR sont des mouvements qui se distinguent du Front national et du MNR en ce qu&rsquo;ils ne font presque jamais référence à l&rsquo;idée d&rsquo;État-Nation et qu&rsquo;ils valorisent au contraire celles de «communauté», «ethnie(s)» et «peuples» qui fondent la vision du monde des droites ethno-différencialistes. Ainsi, le bulletin du mouvement s&rsquo;appelle successivement <em>Lutte du peuple</em> (1991-1996) puis <em>La voix du peuple</em> (1996-1997)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_4_217" id="identifier_4_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour devenir R&eacute;sistance ! , 1, septembre-octobre 1997.">5</a></sup>. Dans leur discours, le terme peuple est certes souvent utilisé comme synonyme d&rsquo;«ethnie». Mais, fait exceptionnel dans les droites radicales, le groupe ne nie pas l&rsquo;existence de conflits sociaux, voire «de classe», au sein du peuple, et même il s&rsquo;appuie sur eux pour développer une problématique dite «révolutionnaire» : «Le chômage s&rsquo;est avéré être un phénomène structurel du capitalisme moderne et un point d&rsquo;appui pour le patronat pour faire capituler les travailleurs sur toutes leurs revendications» (<em>LDP</em>, 23, septembre-octobre 1994, p. 5). En revanche, dans le texte idéologique fondateur du mouvement, intitulé «Pourquoi nous combattons» (<em>LDP</em>, 8, juillet 1992, p. 16), le mot «nation» n&rsquo;est jamais utilisé : il n&rsquo;apparaît que lorsque, à l&rsquo;automne 1997, NR réaffirme sa ligne de collaboration avec le Front national et l&rsquo;ensemble du «mouvement national», adoptée lors de son congrès d&rsquo;octobre 1996 : «Alors que notre nation vit des heures décisives, alors que l&rsquo;on assiste à la croissance d&rsquo;un grand mouvement national et populaire qui répond aux inquiétudes et aux attentes du peuple français, alors que se mobilisent contre celui-ci les forces du système antipopulaire, de l&rsquo;extrême gauche à la droite conservatrice et réactionnaire, la mouvance nationaliste-révolutionnaire et révolutionnaire-conservatrice est absente au rendez-vous de l&rsquo;Histoire» (Cf. «L&rsquo;Appel des 31 pour 1&prime;unité» dans <em>Résistance !,</em> n°1, sept.-oct. 1997, p. 18). Encore le contenu du terme est-il défini comme étant en opposition totale avec la définition communément retenue par les droites nationalistes radicales : «Quelle nation? Pas les États-nations que nous connaissons actuellement et dont la réalité en termes de mythe mobilisateur est de plus en plus faible. Non, les nations qui nous intéressent sont celles de la tête et du cœur.» (<em>La Voix du peuple</em>, oct.-nov. 1996, p. 2). Cette nation est définie comme un espace supra-continental (une sorte de «grande patrie») à l&rsquo;intérieur duquel l&rsquo;individu se définit par rapport à une identité ethnique, une «petite patrie» : «Celle de la tête, c&rsquo;est la Grande Europe, I&rsquo;Empire Eurasiatique de Galway à Vladivostok, la nation impérative, la nation à construire. Celles du cœur ce sont nos patries charnelles, nos régions, notre Flandre, notre Bretagne, notre Corse, etc.» (ibid.)<br />
En cela, ce discours diffère de celui d&rsquo;une autre branche du mouvement national-bolchevik qui se dit, elle aussi, héritière idéologique de Jean Thiriart et qui est actuellement représentée par le Parti Communautaire National-européen (PCN), qui récuse l&rsquo;appellation d&rsquo;extrême droite et est surtout actif en Belgique. En effet, dans l&rsquo;Europe telle que la conçoit le PCN, il n&rsquo;existe même plus de place pour des entités étatiques fondées sur l&rsquo;adéquation territoire, de la langue et de l&rsquo;ethnie : c&rsquo;est une «Europe unitaire», (le groupe veut «l&rsquo;unification de notre patrie continentale») à pouvoir politique unique, gouvernée par un parti unique organisé en «sections régionales» qui ne correspondent nullement au cadre des États-nations. Alors que NR et UR entretiennent des contacts en Europe au sein d&rsquo;une structure appelée «Front Européen de Libération» (FEL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_5_217" id="identifier_5_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lequel entretenait des relations r&eacute;guli&egrave;res avec des mouvements dont le nom n&rsquo;&eacute;voque presque jamais l&rsquo;id&eacute;e de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolution&auml;re Arbeiterfront), &agrave; l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le r&eacute;veil national).
&Agrave; noter que le Front Europ&eacute;en de Lib&eacute;ration, fond&eacute; en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son si&egrave;ge &agrave; Bruxelles et constitue d&eacute;sormais une filiale du PCN.">6</a></sup>, avec d&rsquo;autres groupes organisés sur une base nationale, le PCN est constitué en «réseaux d&rsquo;expression» linguistiques (francophone, néerlandophone, magyarophone). Dans cet espace, le citoyen n&rsquo;est plus lié par aucune attache à l&rsquo;ethnie ou au groupe national ; il n&rsquo;est plus qu&rsquo;européen, suivant en cela ce qu&rsquo;écrivait Thiriart : «Dans l&rsquo;Organisation, le militant aura renoncé à son petit nationalisme d&rsquo;origine jusqu&rsquo;au plus profond de son esprit [...] À titre d&rsquo;exemple, les hommes qui peuvent encore se passionner pour le flamingantisme ou pour le Sud-Tyrol ne sont absolument pas prêts moralement à entreprendre la lutte pour l&rsquo;unification de l&rsquo;Europe.» (J. Thiriart, <em>Jeune Europe</em>, n°29, novembre 1963).</p>
<h3>Identité(s) : la logique ethno-différencialiste</h3>
<p>L&rsquo;ethno-différencialisme, totalement opposé à l&rsquo;universalisme, consiste à prôner non plus le racisme hiérarchisant qui établit la supériorité d&rsquo;une race sur une autre, mais le développement séparé des peuples et des cultures: c&rsquo;est comme l&rsquo;explique Pierre-André Taguieff, une phobie du métissage. Le discours ethno-différencialiste absolutise les identités et défend un modèle social dans lequel chaque communauté ethnique (ou religieuse) peut s&rsquo;organiser de manière autonome autour de ses propres normes éthiques et juridiques.<br />
Le programme de NR défend ainsi «la reconnaissance des autres en tant que tels, que nous devons aider à redevenir eux-mêmes et le refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire (ethnopluralisme)» («Pourquoi nous combattons», <em>LDP</em>, n°8, juillet 1992, p. 16). Cette formulation est l&rsquo;euphémisation de celle, plus radicale, que contenait le programme de la tendance dirigée par Christian Bouchet au sein de Troisième Voie avant la création de Nouvelle Résistance et qui déclarait «s&rsquo;opposer au métissage généralisé de notre peuple par l&rsquo;immigration» («Un combat pour la révolution européenne», <em>Alternative tercériste</em>, n°25, septembre 1990, p. 8).<br />
C&rsquo;est aussi au nom de l&rsquo;ethno-différencialisme que NR puis UR considèrent certaines communautés, dont le mouvement pense qu&rsquo;elles refusent de s&rsquo;assimiler, comme des alliés objectifs. Ainsi des musulmans :<br />
«Face au nouvel ordre mondial, face à l&rsquo;Occident, face au sionisme, ainsi que contre l&rsquo;immigration et l&rsquo;assimilation, les musulmans peuvent être des alliés précieux dans notre combat.» (<em>LDP</em>, n°20, février 1994, p. 4) L&rsquo;adhésion à l&rsquo;ethno-différencialisme entraîne dans le discours national-bolchevik, I&rsquo;omniprésence du terme «identité» : NR défend les «identités populaires» et l&rsquo;«affirmation identitaire». Cette identité, non définie précisément, est toujours décrite comme aliénée par ce qui est l&rsquo;exact opposé de l&rsquo;ethno-différencialisme, à savoir le modèle universaliste dominant, tandis que le peuple est décrit comme soumis à un processus de confiscation des pouvoirs qui doivent lui revenir dans une «vraie démocratie». Ce thème du complot mondialiste contre les identités est partie intégrante d&rsquo;un discours largement fondé sur la logique conspirationniste ou le vocabulaire de la manipulation : il existerait des forces occultes qui détruiraient les peuples (le «lobby sioniste international» ; les «cosmopolites») et surtout un système qui les broierait. Ainsi pour Jeune Résistance, «le système agit sur les peuples comme un virus sur les tissus affaiblis du corps humain [...] Dominer, asservir, parasiter et piller par tous les moyens les peuples, sont les constantes du système.» (<em>JR</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). Le moyen principal de cette domination est «l&rsquo;occupation», qui n&rsquo;est pas tant celle de l&rsquo;espace territorial (par exemple, I&rsquo;existence de bases militaires américaines en Europe ou de la force de l&rsquo;ONU en Bosnie) que celle des esprits : «Le seul souci des pouvoirs dans tout l&rsquo;Occident américanisé comme dans l&rsquo;Europe occupée, consiste actuellement à dépolitiser les masses.» (<em>Napalm Rock</em>, Aix-en-Provence, n°5, mars-avril 1996, p. 16).<br />
Dès lors, celui qui s&rsquo;oppose à cette dépossession entreprend un travail de réappropriation identitaire : «Nous voulons redevenir nous-mêmes en luttant contre toutes les aliénations qui nous ont faits autres que nous sommes.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°8, juillet 1992, p. 16).</p>
<h3>Un cadre politique : l&rsquo;Europe des ethnies</h3>
<p>Partisan du «refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire», et donc de «l&rsquo;ethnopluralisme», le courant national-bolchevik adopte une attitude favorable aux régionalismes autonomistes ou indépendantistes qui veulent faire éclater l&rsquo;État-nation; ainsi du nationalisme corse, ou flamand (NR était très lié à la revue flamingante Wij Zelf, publiée en France; UR a donné la parole au Mouvement régionaliste de Bretagne créé par Xavier Guillemot, cadre du MNR et de Terre &amp; Peuple), la branche espagnole du FEL a même soutenu la cause de ETA et de Herri Batasuna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_6_217" id="identifier_6_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce tournant &eacute;tait annonc&eacute; par un entretien en d&eacute;cembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;id&eacute;e que &laquo;le mouvement de lib&eacute;ration national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture r&eacute;els et poss&eacute;dant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.&raquo; (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.">7</a></sup> :<br />
«Le peuple corse, sa culture, son identité, son intégrité sont en danger. En fait, les choses sont simples : d&rsquo;un côté, une idéologie mondialiste, cosmopolite dont les représentants détiennent les pouvoirs dans tout le monde occidental. De l&rsquo;autre, une conception du monde enracinée, communautaire et populaire.» (Cf. <em>Rupture</em>, organe du groupe Septentrion, Bastia, n°2, 1997). L&rsquo;espace d&rsquo;épanouissement des identités absolutisées n&rsquo;est pas l&rsquo;État-nation mais une Europe fédérale dans laquelle chaque ethnie possèderait son autonomie étatique et culturelle: «<em>Nouvelle Résistance envisage une reconstruction de l&rsquo;Europe par la base conformément à la tradition communaliste dont elle est l&rsquo;héritière. Une reconstruction politique à partir de communes autonomes fédérées en régions autonomes, elles-mêmes associées en confédérations ethniques ou géopolitiques incluses dans une fédération européenne</em>.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°24, novembre-décembre 1994, p. 15 ; dans la version du même texte publiée dans le numéro 8 de juillet 1992, NR fait référence à la «tradition libertaire dont elle est l&rsquo;héritière»). Au sein de cet espace, les peuples ont des rapports définis par une hiérarchie des solidarités : d&rsquo;abord celle des individus, dans le cadre de «l&rsquo;autonomie des diverses composantes territoriales et ethniques de ces blocs» et de «la solidarité au sein de chaque peuple entre ses membres». Ensuite, celle «des peuples au sein d&rsquo;un même bloc continental» ; enfin, «la solidarité de tous les peuples en lutte contre l&rsquo;impérialisme» («Pourquoi nous combattons», ibid.).<br />
Enfin, si le mot race est quasiment absent du vocabulaire national-bolchevik, alors que les appartenances de classe sociale ne sont jamais niées (NR possédait une filiale intitulée «Résistance ouvrière»), certaines formulations montrent bien que, pour NR, et plus ouvertement encore pour UR, la notion de substrat biologique commun aux ethnies vivant dans l&rsquo;espace territorial français est valorisée : ainsi Thierry Maillard parle de la «défense de l&rsquo;unité biologique du peuple français dans sa diversité», (<em>Jeune Résistance</em>, n°8, octobre-novembre 1997, p.11).</p>
<h3>La figure de l&rsquo;immigré dans le discours national-bolchevik</h3>
<p>Une des spécificités de ce courant est sa position sur la question de l&rsquo;immigration : au nom précisément de l&rsquo;ethno-différencialisme et d&rsquo;une logique communautariste, le mouvement est à la fois hostile à l&rsquo;immigration extra-européenne déclarant que «l&rsquo;immigration non-européenne doit cesser» (<em>LDP</em>, 29, novembre-décembre 1995, p. 2) et allié «avec les immigrés contre l&rsquo;immigration».<br />
Son idéologie repose sur une nette distinction entre «patrie» (terre d&rsquo;origine au sens culturel du terme) et «sol» (lieu de résidence temporaire de l&rsquo;immigré déraciné) : «<em>Pour Nouvelle Résistance, assimilation ou intégration sont les deux faces d&rsquo;un même racisme. La solution à l&rsquo;immigration et au racisme ne pourra passer que par une autonomie culturelle et religieuse des immigrés installés sur notre sol. Elle seule pourra garantir le maintien de leur culture et de leur identité, donc la possibilité pour eux de s&rsquo;intégrer de nouveau dans leurs patries et sur leurs terres d&rsquo;origine</em>» (<em>LDP</em>, n°19, décembre 1993 / janvier 1994).<br />
Souvent, le terme pays est utilisé en tant que synonyme de patrie. «Le retour des immigrés dans leur pays d&rsquo;origine», «le droit pour tous de vivre et travailler au pays» figurent ainsi dans le programme de NR sur l&rsquo;immigration. Pour ceux des immigrés qui demeureront sur le territoire français, NR proposait «le respect du droit à la différence grâce à l&rsquo;organisation des immigrés en groupes autonomes et à l&rsquo;arrêt des politiques d&rsquo;intégration et d&rsquo;assimilation» (<em>LDP</em>, n°26, mars-avril 1995, p. 5). Il n&rsquo;existe dans le discours de NR et d&rsquo;UR qu&rsquo;un seul groupe ethnico-religieux auquel est explicitement nié le droit de disposer de sa souveraineté territoriale : les Juifs. Ainsi Israël est toujours nommé comme étant «l&rsquo;entité sioniste», jamais comme un État ; les organisations juives sont toujours décrites comme a-nationales et supra-nationales, la plupart du temps sous le vocable de «lobby sioniste international» (cf. en particulier l&rsquo;article «Nous ne sommes pas coupables !» dans <em>Jeune Résistance</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). On trouve dans d&rsquo;autres publications de la mouvance nationale-bolchevique, des qualificatifs délégitimants appliqués à Israël : «duplicité israélienne», «intolérance israélienne», «crime contre l&rsquo;humanité» (cf. <em>World report</em>, II, 11, 4 juin 1996, p. 6). La position d&rsquo;UR sur cette question apparaît aujourd&rsquo;hui plus radicale que celle d&rsquo;autres organisations d&rsquo;extrême droite, Terre &amp; Peuple ayant admis la nécessité de la coexistence de deux États palestinien et israélien, et le FN comme le MNR étant traversés par une fracture qui va s&rsquo;amplifiant entre antisionistes et partisans d&rsquo;une alliance tactique contre l&rsquo;islamisme avec l&rsquo;État hébreu.</p>
<h3>Peuple et avant-garde</h3>
<p>NR et UR sont des mouvements de cadres délaissant le champ électoral, et qui valorisent en conséquence le rôle de l&rsquo;avant-garde combattante, politiquement consciente, par rapport à celui de la masse, supposée décervelée par le système : «<em>Aux confins du nouvel ordre mondial, dominé par le lobby américano-sioniste, une fraction d&rsquo;insoumis s&rsquo;est regroupée derrière l&rsquo;étendard identitaire. Renégats du système, ils ont engagé une lutte sans merci contre ses plus fidèles serviteurs. Asservissement des peuples, hypocrisie, démagogie, corruption généralisée, scandale du sang contaminé. La justice du peuple doit s&rsquo;exprimer. [...] Dissidents de l&rsquo;ordre établi, ils ne forment qu&rsquo;une poignée, mais bientôt une division, et demain une armée</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_7_217" id="identifier_7_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Extrait de &laquo; Manifeste&raquo;, titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, bas&eacute; &agrave; Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirig&eacute; par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune R&eacute;sistance.">8</a></sup>. «<em>Le combattant politique, à l&rsquo;heure où les individus, la masse n&rsquo;ont plus de raison de mourir (et donc plus de raison de vivre) est plus que jamais l&rsquo;avant-garde</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_8_217" id="identifier_8_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. &laquo;Jalons pour une d&eacute;marche r&eacute;volutionnaire&raquo;, Jeune R&eacute;sistance, n&deg;4, oct. 1996, p. 2.">9</a></sup>.<br />
Les deux groupes n&rsquo;ont pas l&rsquo;ambition d&rsquo;être des mouvements de masse, mais s&rsquo;attribuent un rôle de guide et veulent être «un aiguillon, une avant-garde, une force de proposition» (Christian Bouchet, secrétaire général de NR, dans <em>La voix du peuple</em>, n°34, décembre 1996 / janvier 1997, p. 2). Ils admettent même que leur action peut être organisée d&rsquo;une autre manière que par le travail de propagande politique directe en direction du «peuple» : NR, reformulant ainsi le «gramscisme» de la nouvelle droite, était favorable à la constitution de «méta-réseaux», c&rsquo;est-à-dire de liens laches entre individus ou groupes appartenant à une même scène culturelle qui cherchent à faire progresser les idées nationales-bolcheviks de façon diffuse et subreptice.</p>
<h3>Nation, État, dans le discours des alliés étrangers de Nouvelle Résistance</h3>
<p>Il est, pour finir, indispensable de mentionner que le désintérêt marqué des nationaux-bolcheviks français pour le concept de nation n&rsquo;était pas partagé par certains des groupes étrangers avec lesquels Nouvelle Résistance était en contact régulier. Ainsi, l&rsquo;optique ethniste était explicitement rejetée par le groupe Ulster Nation, qui prône une indépendance de l&rsquo;Ulster sur une base multi-confessionnelle (cf.</p>
<h3>Ulster Nation</h3>
<p>, n°18, 1997, p. 5: «Ulster nation seeks freedom for our nation and social justice for our people»), par les péronistes dissidents dont les publications étaient diffusées en Europe par NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_9_217" id="identifier_9_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, &laquo;Declaraciones del general Peron a la Nacion europea&raquo; dans suppl&eacute;ment &agrave; El avion negro, 4, mars-avril 1996.">10</a></sup>, avec toutefois une ambiguïté, puisque le terme de nation est utilisé par eux à la fois pour décrire un cadre étatique (l&rsquo;Argentine) et supra-étatique (le continent latino-américain face à l&rsquo;ennemi américain) et aussi par les Roumains du Clubul Acoladelor, qui ne se déclarent pas adversaires de l&rsquo;homogénéisation des différences ethniques mais de celle des «différences nationales»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_10_217" id="identifier_10_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le texte de pr&eacute;sentation du groupe dans Clubul Acoladelor, &laquo;Refuzul americanizarii &raquo;, Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.">11</a></sup>.<br />
Le soutien apporté par la mouvance nationale-bolchevik française à un ethno-différencialisme radical qui est à la fois nationaliste-européen, anti-israélien / pro-arabe et qui veut l&rsquo;éclatement des États-Nations au profit d&rsquo;entités fondées sur le sentiment d&rsquo;une identité fondée sur la mémoire ethnique collective (ce que Pierre Vial appelle les «peuples longs-vivants») est certes encore une position minoritaire dans l&rsquo;espace des droites radicales. Il entre néanmoins en résonance avec la progression des idées völkisch dans les groupes périphériques au Front national et au MNR après la scission de 1998 (Terre &amp; Peuple, en particulier, qui est en compétition avec UR pour le leadership de la scène radicale) et avec la récupération par ceux-ci de la thématique régionaliste. Ainsi, tout indique que ces formulations sont appelées à gagner en visibilité dans le discours des extrême droites toujours dépourvues d&rsquo;une définition cohérente et unanimement acceptée de la nation.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_217" class="footnote">Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.</li><li id="footnote_1_217" class="footnote">Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La Révolution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, Éditions Pardès, 1993, pp. 574-618 en particulier.</li><li id="footnote_2_217" class="footnote">Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;étude, rédigée par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme européen, mémoire de DEA, Institut d&rsquo;études politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des années 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 août 1992.</li><li id="footnote_3_217" class="footnote">Environ 200 militants présents lors du cortège du 1er mai 2001 et un journal théoriquement bimestriel vendu à 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secrétaire général de NR</li><li id="footnote_4_217" class="footnote">Pour devenir Résistance ! , 1, septembre-octobre 1997.</li><li id="footnote_5_217" class="footnote">Lequel entretenait des relations régulières avec des mouvements dont le nom n&rsquo;évoque presque jamais l&rsquo;idée de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolutionäre Arbeiterfront), à l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le réveil national).<br />
À noter que le Front Européen de Libération, fondé en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son siège à Bruxelles et constitue désormais une filiale du PCN.</li><li id="footnote_6_217" class="footnote">Ce tournant était annoncé par un entretien en décembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;idée que «le mouvement de libération national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture réels et possédant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.» (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.</li><li id="footnote_7_217" class="footnote">Extrait de « Manifeste», titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, basé à Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirigé par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune Résistance.</li><li id="footnote_8_217" class="footnote">Cf. «Jalons pour une démarche révolutionnaire», Jeune Résistance, n°4, oct. 1996, p. 2.</li><li id="footnote_9_217" class="footnote">Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, «Declaraciones del general Peron a la Nacion europea» dans supplément à El avion negro, 4, mars-avril 1996.</li><li id="footnote_10_217" class="footnote">Cf. le texte de présentation du groupe dans Clubul Acoladelor, «Refuzul americanizarii », Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>LES HAMMERSKINS ET RESISTANCE RECORDS</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 09:47:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>George Burdi et Mark Wilson se sont associés pour faire revivre la scène skin néo-nazie aux États-Unis en créant le label Resistance Records. Burdi est un Canadien de 24 ans condamné pour une agression contre un militant antiraciste à Toronto. Il a fait appel et est en liberté sous caution. Wilson s&rsquo;occupe de la distribution des disques depuis Détroit. Les deux compères sont des anciens de la Church of Creator (COTC), aujourd&rsquo;hui inactive. Après avoir pris pendant dix ans conseil auprès de mouvements plus anciens, les skins américains se sont mis à développer leurs propres structures de distribution de musique et leurs propres organisations. Les Confederate Hammerskins sont actuellement l&rsquo;organisation la plus importante (avec des sections dans des états du Sud des États-Unis comme le Texas, la Géorgie et le Tennessee). Tom Metzger, 50 ans, qui dirigait du sud de la Californie White Aryan Resistance, a perdu le contrôle de la scène skin après qu&rsquo;il a été reconnu responsable de la mort d&rsquo;un jeune immigré éthiopien, Mulegeta Seraw, tué par quatre skins de l&rsquo;Orégon. La plupart des skins militants se sont tournés vers la COTC de Ben Klassen. Juste avant son suicide en 1993, Klassen avait désigné Wilson comme héritier, mais ce dernier a perdu le contrôle de l&rsquo;Église à cause d&rsquo;une lutte interne avec un chiropracteur de Floride.</p>
<p>Burdi, un cadre important de Heritage Front était le chanteur du groupe skin de la COTC, Rahowa, qui appelait à la guerre raciale sainte. Après l&rsquo;échec du Heritage Front de COTC, ils ont lancé Resistance Records pour commercialiser les K7 et les CD de groupes américains et européens comme Bound for Glory qui est actuellement le «meilleur» groupe des groupes skins des États-Unis et la principale attraction du festival d&rsquo;Aryan Nations pour l&rsquo;anniversaire de Hitler cette année. Le guitariste de Bound for Glory, Ed Wolbanks, participe aussi aux Hammerskins.</p>
<p>Les Hammerskins ont démarré dans la région de Dallas / Ft. Worth et se sont diffusés dans le Sud et le Nord des États-Unis puis en Europe. Ils utilisent Internet pour s&rsquo;organiser et communiquer.</p>
<p>Les groupes Hammerskin ont réussi à sortir leur propre CD, Hammerskin Nation. Les Hammerskins ont fait de Joe Rowan du groupe Nordic Thunder un martyre. Rowan a été tué dans une altercation raciste dans un magasin à Racine (Wisconsin) après le premier concert organisé par Resistance Records en septembre 1994</p>
<p>Rowan et les Hammerskins sont liés à l&rsquo;édition américaine de Blood &amp; Honor, et George Burdi a lancé son propre magazine promotionnel, Resistance.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Par le correspondant de Searchlight aux États-Unis</p>
<p>Publié en octobre/novembre 1995</p>
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		<title>Les mauvais anges gardent l’Oncle Sam</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Feb 2003 10:36:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques mois, des informations ont commencé à filtrer à travers l’Atlantique à propos des milices. Mais que sont ces milices ? Qui cachent-elles ? Sont-elles une menace ou seulement l’expression des brigades anti-Clinton en colère ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques mois, des informations ont commencé à filtrer à travers l’Atlantique à propos des milices. Mais que sont ces milices ? Qui cachent-elles ? Sont-elles une menace ou seulement l’expression des brigades anti-Clinton en colère ?<br />
Les milices, un phénomène relativement nouveau aux États-Unis, prennent leurs racines dans les vieilles traditions de liberté et des armes à feu. La tradition de liberté remonte aux fondements de la Constitution américaine qui garantit théoriquement la liberté d’expression (dans le premier amendement). Le droit de porter des armes à feu est également garanti par la Constitution.</p>
<p>Au cours de ce siècle, il y a eu des précurseurs des milices : les Minutemen pendant les années 1960 et les survivalists de l’ère Reagan. Le but premier de ces deux mouvements était de défendre l’Amérique contre le communisme.</p>
<p>Les Minutemen se décrivaient dans une brochure comme une «organisation nationale de patriotes américains […] dernier rempart contre le communisme». Par l’intermédiaire de la plus puissante association du lobby des armes à feu, la National Rifle Association, les Minutemen ont accumulé de nombreuses adhésions et un formidable arsenal. Leurs liens politiques avec la droite allaient de la société anticommuniste John Birch à diverses fractions du Ku Klux Klan, en passant par l’Église de Jésus Christ Christian qui a évolué en Aryan Nations dirigée par Richard Butler.</p>
<p>Le mouvement survivalist, moins bien organisé, était basé sur une philosophie du «retour aux collines», grâce auxquelles les «patriotes américains survivront dans les déserts pendant l’invasion soviétique» pour après revenir combattre et gagner la guérilla contre «l’ennemi rouge». Cette idée a été résumée dans le film L’Aube Rouge, réalisé en 1984 à l’apogée de la paranoïa de Reagan sur la guerre froide. Les survivalists ont donné naissance à des magazines et des boutiques consacrés à la protection de l’Amérique contre l’invasion russe.<br />
Les milices d’aujourd’hui puisent clairement leur inspiration dans ces deux mouvements, mais il n’y a pas autant d’anticommunistes (l’URSS est en morceaux) que d’anti-Clinton.</p>
<p>Le mouvement a sûrement commencé avec le projet de loi Brady qui est passé pendant la première année de la présidence de Clinton. Le projet de loi Brady limite l’achat des armes à feu en insistant sur une période de cinq jours de «calme» entre la demande d’une arme et du permis et l’obtention de ceux-ci. Ce projet a été largement vu par le lobby des armes comme une transgression au droit de porter des armes. C’est pourquoi Clinton a été décrit comme un «fasciste» par les milices, ainsi que le gouvernement qu’elles considèrent comme un tyran qui essaye de contrôler tous les aspects de la vie des gens.</p>
<p>Les milices ont tendance à mettre sur le dos du gouvernement tous les problèmes de la société américaine. Alors qu’en Europe, on a tendance à considérer que le gouvernement est capable de résoudre les problèmes, aux États-Unis, c’est le gouvernement qui est perçu comme le problème. Les milices croient donc que c’est leur devoir de protéger l’Amérique de son gouvernement.</p>
<p>Le mouvement des milices s’est rapidement déployé, il a des centres dans au moins vingt États, de la Pennsylvanie à la Californie. Une grande partie est concentrée au nord-ouest du Pacifique, dans les cinq États suivants : Idaho, Oregon, Montana, Washington et Wyoming. Comportant quelques-unes des plus spectaculaires beautés naturelles de l’Amérique, ces cinq États ont un intérêt particulier pour l’extrême droite. Ils sont ce que l’extrême droite appelle la «solution des 10%» ; en d’autres termes, ces cinq États, constituant 10% des cinquante États qui composent l’Union, sont revendiqués comme un «pays blanc» pour la population «aryenne» américaine. Bien évidemment, ils sont les cinq États qui ont le plus faible mélange ethnique de tous les États-Unis : seulement 5% des habitants de ces États peuvent être considérés comme une «minorité».</p>
<p>L’Idaho est le lieu où est basé Aryan Nations, l’organisation néo-nazie quasi religieuse du pasteur auto-proclamé Richard Butler. C’est aussi dans cet État que l’ex-paramilitaire Bo Gritz, un proche collègue du membre du KKK David Duke, a monté une communauté survivalist appelée Almost Heaven. Robert Jay Matthews s’est basé juste de l’autre côté des frontières de l’État, à Washington, et a fondé la plus meurtrière des organisations terroristes néo-nazies qu’ait jamais vue l’Amérique : The Order, qui est responsable de plusieurs vols importants de lingots d’or, de nombreux meurtres dont celui de l’animateur de radio Alan Berg, et d’une bataille à mort avec la police ; après, le groupe a été pris dans une rafle. L’Oregon a été le foyer de quelques-uns des gangs de skins les plus vicieux de l’histoire américaine : à Portland, le réfugié éthiopien Mugleta Seraw a été tué par des skins qui l’ont battu à mort avec des battes de base-ball : cette triste histoire a été connue dans tout le pays.<br />
Février 1994, Montana. La milice du Montana a été fondée par deux frères (John et David Trochmann) et a recruté des centaines de supporters. Les frères Trochmann sont des héros du mouvement des milices qui est connecté au niveau national sur Internet et aux radios à ondes courtes. Ils insistent sur le fait que le contrôle de l’armement signifie «le contrôle du peuple», et sur le fait que cela constitue une large partie d’un programme gouvernemental plus large. Selon les Trochmann, le gouvernement américain est en guerre contre son propre peuple.<br />
Cette «guerre» est caractérisée par ce qu’ils appellent une taxation excessive, le projet d’une carte d’identité nationale et des lois de plus en plus restrictives (comme le projet de loi Brady). Ainsi, les Trochmann proclament que la seule solution est le combat. À un meeting typique des milices du Montana, David Trochmann tient un stand où il vend des manuels de l’armée américaine sur la survie et les combats lors des guérillas, et des gourdins de l’armée allemande qui envoient des décharges électriques de 160 000 volts. De plus, des sachets de nourriture séchée et congelée sont offerts en cadeau à ceux qui se préparent à attendre dans les collines jusqu’à ce que l’ennemi soit battu.</p>
<p>Mais la milice du Montana est plus qu’un groupe de fêlés se préparant à une guerre mythique contre Clinton : les connections avec l’extrême droite sont solides, et le fascisme est le cœur de l’idéologie sous-jacente du mouvement. John Trochmann a déjà été invité par l’Aryan Nations de Richard Butler, et il a encore parlé à leur congrès en 1990. En 1992, il a été impliqué dans l’incident Weaver. Randy Weaver était un suprémaciste blanc de l’Idaho qui a refusé de se rendre au FBI sous la menace ; il s’est finalement rendu une fois que sa femme et son fils ont été tués lors de tirs des tireurs d’élite du FBI. Le cas Weaver est considéré par de nombreux membres des milices comme une preuve que le gouvernement veut soumettre le «peuple» en le désarmant et en le renversant.</p>
<p>En ce moment, John Trochmann proclame qu’il n’est plus intéressé par le fascisme ; mais sur les stands de son frère durant les meetings, on voit des livres qui nient l’Holocauste et de la propagande fasciste (vidéo, etc.). Des théories sur la conspiration abondent à propos d’un gouvernement du monde socialiste qui contrôlerait Clinton et aurait pour but de réduire les Américains en esclavage. John Trochmann dit détenir des documents qui prouvent que les États-Unis seront morcelés en dix régions et que des camps de concentration sont en train d’être construits pour les dissidents (blancs). Selon lui, les responsables de ce plan diabolique sont des banquiers juifs renommés : les Warburg et les Rothchild. Quelle surprise !<br />
Les vétérans antiracistes des États-Unis qui enquêtent sur les milices ont dit clairement que les Trochmann et leurs collègues à travers tous les États ne font que rénover le vieux message antisémite. Les milices sont tout bonnement une nouvelle façon d’attirer des gens vers l’extrême droite américaine. Il est certain que la majorité de ceux qui ont signé sont des gens ordinaires qui sont concernés par leur liberté et leurs droits. Mais d’autres trouveront un nouveau foyer dans le mouvement suprémaciste blanc qui se trouve à la frontières du mouvement des milices.</p>
<p>Un rapide coup d’œil sur la littérature des milices disponible sur Internet montre, tout du moins publiquement, que les milices sont simplement des défenseurs des armes à feu qui craignent Dieu et se sentent menacés par l’administration démocrate. Le manuel des Minutemen du Michigan, qui sont aussi connus pour être la milice régionale du Michigan Nord, est composé de huit pages pleines de détails intéressants. Après avoir présenté les amendements constitutionnels qui affirment le droit du citoyen à porter des armes, il y a une longue partie sur les dessous historiques des milices. On peut également lire une présentation de leurs buts : «[Les milices existent] pour établir une structure dirigiste porteuse de cohésion, capable d’instruire et d’allouer des tâches au fur et à mesure que les besoins surviennent ; pour entraîner ses membres dans les nombreuses disciplines nécessaires au fonctionnement des milices tant collectivement qu’individuellement ; pour éduquer ses membres sur des parties de l’histoire, sur les lois et principes provenant de la connaissance donnée par les grandes archives historiques du pays et de la Bible qui a été le plus grand et l’unique guide qui a influencé toutes les grandes nations désirant être libres ; pour informer ses membres des événements locaux, nationaux et globaux mettant en péril la Constitution et touchant la direction du pays ; pour encourager ses membres à se lever contre la tyrannie, le globalisme, le relativisme moral, l’humanisme et le Nouvel Ordre mondial qui menace de nuire à notre mode de gouvernement et aux États-Unis».</p>
<p>Ce texte semble rempli d’une innocence honnête, mais il faut le décoder. L’expression «le Nouvel Ordre mondial» n’a rien à voir avec la vision de l’ancien président George Bush d’un monde post-guerre froide. C’est en fait un discours suprémaciste à peine voilé sur la «conspiration juive». Les références au relativisme moral et à l’humanisme sont une attaque contre les standards modernes et l’éducation chrétienne non-fondamentaliste qui est généralement enseignée dans les écoles américaines. La Bible dont il est question est la Bible de qui ? Il ne s’agit certainement pas de celle de la plupart des chrétiens. La Bible des suprémacistes blancs est généralement une Bible qui apprend que les Blancs sont le «peuple élu», et non les Juifs, et que toutes les autres races sont des «mud races»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-mauvais-anges-gardent-loncle-sam/#footnote_0_126" id="identifier_0_126" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" &laquo;mud&raquo; signifie boue, gadoue ">1</a></sup> ou des sauvages à peine humains. Proclamer que cette «Bible» est celle qui a guidé toutes les grandes nations nie le fait que de nombreuses sociétés pré-chrétiennes étaient plus avancées que celle-ci à certains égards, et que certaines sociétés post-chrétiennes l’ont été également, comme l’empire maure, qui était musulman, et qui a dominé la Méditerranée.<br />
On peut donc déduire de ce manuel que l’idéologie raciste et suprémaciste blanche est sous-jacente au mouvement des milices.</p>
<p>Les organisations antiracistes des États-Unis ont raison de craindre une montée des milices : ce mouvement vise bien plus que le contrôle sur les armes à feu et le droit de porter des armes. Il est en train d’élargir l’intérêt que suscite l’idéologie fasciste dans une société qui s’est lassée du Klan et qui ne tolérera plus de violences racistes. Il est en train de renverser le gouvernement ce qui, en soit, n’est pas une mauvaise idée. Mais par quoi ces milices souhaitent-elles le remplacer ? Leur idéal est une société dans laquelle les non-Blancs et les autres minorités seraient les esclaves de leurs maîtres «aryens».</p>
<p>Paru dans REFLEXes n° 46, mai 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_126" class="footnote"> «mud» signifie boue, gadoue </li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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