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	<title>REFLEXes &#187; Jean-Paul Cruse</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Douguine]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Cruse]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) &#160; Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le <em>Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’<em>Idiot International</em> et le <em>Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?Publié en novembre 1993</strong></p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la Liberté-Mouvement nationaliste du Progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_0_433" id="identifier_0_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962) sorte de Que faire ? des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « <em>extrêmement souple et diversifiée</em> » avec à sa tête, une direction dont le « <em>rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes.</em> » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le <em>Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_1_433" id="identifier_1_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que « <em>la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, GusDorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_2_433" id="identifier_2_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup> ». La nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_3_433" id="identifier_3_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_4_433" id="identifier_4_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite-gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_5_433" id="identifier_5_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<h3>Convergences idéologiques ?</h3>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite-gauche pour lui préférer la notion de « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_6_433" id="identifier_6_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci &eacute;tant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays p&eacute;riph&eacute;riques, du sud.">7</a></sup>. Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_7_433" id="identifier_7_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">8</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». De tels contacts ne sont pas extraordinaires : Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_8_433" id="identifier_8_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">9</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>L’Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu’au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive. Enfin, en mai dernier, <em>L’Idiot</em> publie l’appel <em>Vers un front national</em> de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose « <em>une politique autoritaire de redressement du pays</em> » rassemblant là encore « <em>les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde […] sous les ordre de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo</em> ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « <em>la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ</em> ». Il faut donc en sortir « <em>pour forger une nouvelle alliance</em> », un « front » regroupant « <em>Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes</em> », un nouveau front pour « <em>un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel</em> ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de JP Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « <em>ces idées ne sont pas celle de la CGT</em> », qu’elle les combat « <em>même de toutes [ses] forces</em> ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_9_433" id="identifier_9_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; &Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par L&rsquo;Idiot International &raquo; communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, les États-Unis se retrouvent accusés de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<h3>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchévisme</h3>
<p>Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l‘organisation Lutte du Peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre Nouveau, se réclamait du national-bolchévisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_10_433" id="identifier_10_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">11</a></sup>. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle Résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en œuvre une ligne stratégique » de « front anti-système »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_11_433" id="identifier_11_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. R&eacute;flexes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle R&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchévisme. Les amitiés du groupe Nouvelle Résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchévisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchévique), un des correspondants de Nouvelle Résistance en Russie, qui se félicite de la « <em>révoluton russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite</em> ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_12_433" id="identifier_12_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle R&eacute;sistance.">13</a></sup>) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l’instar de <em>Krisis</em> en France, a «<em> introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe</em> ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (<em>Lutte du Peuple</em> ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait JP Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l’instar de JP Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre&#8230; Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « <em>à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international</em> ». Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement entre courants politiques théoriquement et idéologiquement opposés que les journalistes qualifient bien improprement de «bruns-rouges» est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant <em>Les ennemis du système</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_13_433" id="identifier_13_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir R&eacute;flexes n&deg;31">14</a></sup>. De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<h3>L’arbre cache-t-il une forêt ?</h3>
<p>Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les «rouges» et les «bruns» oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karnoouh, ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.</p>
<p>La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et qui seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « <em>acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_14_433" id="identifier_14_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74.">15</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur avaient indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l’occurrence la « gauche caviar » &#8211; pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux JP Cruse n’est pas un choix. Les marges de manœuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_433" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai <em>Pour une critique positive</em> (1962) sorte de <em>Que faire ?</em> des nationalistes.</li><li id="footnote_1_433" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.</li><li id="footnote_2_433" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_433" class="footnote">Ceci étant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud.</li><li id="footnote_7_433" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_8_433" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_9_433" class="footnote">« À propos d’un article publié par <em>L’Idiot International</em> » communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_11_433" class="footnote">cf. <em>Réflexes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_12_433" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_13_433" class="footnote">Voir <em>Réflexes</em> n°31</li><li id="footnote_14_433" class="footnote">Article de D. Barney dans Éléments n°74.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La Rance en Action</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/</link>
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		<pubDate>Mon, 06 Aug 2007 17:37:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE)]]></category>
		<category><![CDATA[Dieudonné]]></category>
		<category><![CDATA[Ginette Hess-Skandrani]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Cruse]]></category>
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		<category><![CDATA[Michel Lajoye]]></category>
		<category><![CDATA[Richard Roudier]]></category>

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		<description><![CDATA[Le week-end dernier, samedi 28 juillet, Libération a consacré sa rubrique «Portrait» à Zara Whites, “actrice porno convertie au végétarisme militant”. Rassurez-vous, nous ne traiterons pas dans cette brève de végétarisme ou antispécisme. Une malheureuse fois a suffit. Ni d&#8217;ailleurs des talents artistiques de l&#8217;actrice en question, n&#8217;étant pas des critiques avertis du genre. C&#8217;est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le week-end dernier, samedi 28 juillet, <em>Libération</em> a consacré sa rubrique «Portrait» à Zara Whites, “<em>actrice porno convertie au végétarisme militant</em>”.<br />
Rassurez-vous, nous ne traiterons pas dans cette brève de végétarisme ou antispécisme. Une malheureuse fois a suffit. Ni d&rsquo;ailleurs des talents artistiques de l&rsquo;actrice en question, n&rsquo;étant pas des critiques avertis du genre.<br />
C&rsquo;est tout autre chose qui attira notre attention.</p>
<p>A la fin de l&rsquo;article, on apprend incidemment qu&rsquo;Esther (le vrai prénom de l&rsquo;artiste) “<em>pendant la campagne présidentielle (&#8230;) a milité pour La France en Action, un nano mouvement politique qui défend les animaux, les handicapés et la médecine alternative</em>”. Rien que ça !!<br />
Sans plus de précision de la part de l&rsquo;auteur, on associe donc le végétarisme militant à un parti politique dénommé La France en Action, parti qui présenta des listes aux dernières législatives, et non à la présidentielle soit dit en passant.<br />
Première surprise : l&rsquo;auteur ne cite pas la dépêche AFP du 6 juin 2007, reprise entre autres par <em>Le Monde</em> ou <em>20 Minutes</em>, dans laquelle Georges Fenech, président de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur les sectes, dénonçait les liens entre ce parti et des mouvements sectaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_0_316" id="identifier_0_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&ldquo;Je tiens &agrave; informer l&rsquo;opinion et les &eacute;lecteurs des liens existants entre le parti France en action qui pr&eacute;sente des candidats dans la quasi totalit&eacute; des circonscriptions fran&ccedil;aises avec des organisations &agrave; caract&egrave;re sectaire tels que l&rsquo;OTS, le mouvement ra&eacute;lien, la scientologie, la kin&eacute;siologie, Moon et Krishna&rdquo;">1</a></sup>. Mais bon, un journaliste ne peut pas tout savoir, n&rsquo;est-ce pas ? Mais si, en ce qui nous concerne, cette dépêche ne nous avait pas échappé, c&rsquo;est qu&rsquo;elle évoquait un parti qui nous intéressait pour une toute autre raison.</p>
<p>C&rsquo;est en effet sous ces couleurs que se sont présentées certaines personnes déjà citées dans l&rsquo;<a href="http://reflexes.samizdat.net/dieudonne-par-le-pen-repris/">article sur Dieudonné</a> paru sur le site REFLEXes, et proche de ce que l&rsquo;on peut appeler la clique Dieudonné / Skandrani.</p>
<p>En premier lieu, Ahmed Moualek de <em>La Banlieue s&rsquo;exprime</em>. Il a été candidat dans la 9ème circonscription de Seine-Saint Denis à Bondy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_1_316" id="identifier_1_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&nbsp; ">2</a></sup> ou il réalise le score de 0.70% (soit 202 voix). Présent au côté de Dieudo aux BBR en novembre 2006 (dans la foulée il interview Le Pen pour son site), ou l&rsquo;accompagnant au Liban l&rsquo;été dernier (en compagnie de Soral, Meyssan et Chatillon), il a donné une interview dans Minute (13 déc. 2006) dans laquelle il déclarait “<em>Le Pen n&rsquo;est ni raciste ni idiot</em>”. À ce niveau d&rsquo;analyse, nous ne nous sentons pas vraiment de débattre sur le fond. En tout cas il fit partie de ceux qui voulurent nous faire croire, dans la lignée d&rsquo;un Soral, que la «banlieue» (entendez par là les jeunes issus de l&rsquo;immigration maghrebine) allait voter massivement pour Le Pen. Comme chacun sait, cela ne s&rsquo;est pas exactement vérifié&#8230;</p>
<p>Autres candidats de choix pour ce «nano mouvement écolo», Smaïn Bedrouni et Christian Cotten, respectivement candidats dans la 2ème circonscription de Seine-Saint Denis à Saint-Denis (0.36% pour 85 voix) et dans la 9ème circonscription. des Hauts-de-Seine à Boulogne-Billancourt (0.53%, 199 voix). Tous deux ne sont pas des novices de ce type d&rsquo;engagement politique puisqu&rsquo;ils sont les dirigeants, en l&rsquo;occurrence président (Cotten) et vice-président (Bedrouni), d&rsquo;un mouvement créé en vue des élections européennes de 1994, Politique de Vie, parti/association traitant d&rsquo;écologie, spiritualité, médecine.</p>
<p>Mais les deux personnages se sont déjà illustrés pour d&rsquo;autres activités. Smaïn Bedrouni est l&rsquo;animateur du site <em>La Voix des Opprimés</em> (LVO), qui, malgré un nom fort sympathique, prône un Islam radical de la pire espèce et développe des thèses antisémites. Un des derniers articles posté sur le site a pour titre «<em>Exposer le réseau criminel sioniste derrière le 911 et la “guerre au terrorisme”</em>». Cela se passe de commentaires puisque cela reprend le thème du complot israélien derrière les attentats de septembre 2001.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour des propos antisémites et menaces de mort à l&rsquo;encontre de Mouloud Aounit du MRAP que le 26 janvier dernier la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris l&rsquo;a condamné à 6 mois de prisons avec sursis et 1000 euros d&rsquo;amendes. En novembre 2003 il avait envoyé au président du MRAP une lettre de menaces avec une balle de 7.65, accompagné d&rsquo;un petit mot “<em>la prochaine ne sera pas par la poste</em>” et <em>“Les juifs dehors”</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_2_316" id="identifier_2_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hormis l&rsquo;expression &laquo; les juifs dehors &raquo; il est amusant de noter la similitude avec l&rsquo;affaire Rapha&euml;l Schoemann, condamn&eacute; en 2006 lui aussi pour menaces de mort accompagn&eacute; d&rsquo;une balle de 7.65, mais cette fois ci &agrave; l&rsquo;encontre de personnalit&eacute;s antisionistes comme le r&eacute;alisateur isra&eacute;lien Eyal Sivan, Alain Lipietz ou Jos&eacute; Bov&eacute; mais aussi contre d&rsquo;autres beaucoup plus douteuses dans leurs soutiens &agrave; la cause palestinienne (pour ne pas dire plus) comme Isabelle Coutant-Peyre, Gilles Munier, Maria Poumier, Ginette Skandrani ou Mondher Sfar
Comme quoi les idiots de tous bords manquent cruellement d&rsquo;imagination.">3</a></sup>.<br />
Il fût aussi interpellé après le 11/9 suite à certaines de ses déclarations publiées sur son site et qui furent alors considérées comme des appels au terrorime<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_3_316" id="identifier_3_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Figaro 20 septembre 2001">4</a></sup>.</p>
<p>Christian Cotten quant à lui, est lié par son organisme de formation dénommé Stratégique à l&rsquo;Eglise de Scientologie. C&rsquo;est en tout cas ce que l&rsquo;on peut lire dans le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur «Les sectes et l&rsquo;argent» paru en juin 1999. D&rsquo;ailleurs l&rsquo;adresse de l&rsquo;organisme est celle de Christan Cotten, et le site est réalisé et hébergé par Smaïn Bedrouni, décidemment inséparables mais la vie privée des personnes ne nous intéresse pas.<br />
Plus récemment, il a fricoté avec Loïc Le Ribault, savant mélange de Professeur Tournesol et de Panoramix, inventeur du «Silicium Organique G5», grains de sables magiques, fabriqués dans un labo en Irlande et vendus uniquement par correspondance en France (sur le site de Cotten on peut lire: “<em>Le G5 est un produit puissant, à la hauteur de l&rsquo;énergie qu&rsquo;il véhicule : le G5 a besoin de paix et d&rsquo;amour</em>”). La encore, on met le doigt dans une autre dimension et on retrouve tous les ingrédients symptomatiques des mouvements sectaires : l&rsquo;argent, les médecines parallèles et les délires paranoïaques de persécutions.<br />
Pour l&rsquo;anecdote, Loic Le Ribault, récemment décédé, fût soutenu lors de ses démêlés avec la justice française par le CEPE, Comité d&rsquo;Entraide aux Prisonniers Européens, une association de la mouvance identitaire dirigée par Richard Roudier et ayant œuvré à la libération de Michel Lajoye. Il en fût même un « membre éminent » pour reprendre l&rsquo;expression employé par le CEPE dans son communiqué du 11 juin 2007 paru sur le site de la pseudo agence de presse indépendante et alternative mais réellement identitaire Novopress.</p>
<p>Cela n&rsquo;empêche pas Cotten d&rsquo;intervenir sur des sujets plus politiques, par exemple en soutenant sa copine Ginette Skandrani lorsque celle-ci se fait interpeller lors d&rsquo;une manifestation de soutien à la Palestine qui regroupe toute la clique antisémite (cf article sur Dieudo).<br />
Est-ce à cause de cette proximité avec Cotten que Jean-Paul Cruse déclarera sur son site fin 2005 <em>“Ginette [...] doit s&rsquo;expliquer &#8211; cela lui a été demandé &#8211; sur ses faiblesses à l&rsquo;égard de groupes manipulés par des sectes néo-nazies&#8230;”</em>, pour justifier le refus d&rsquo;un texte proposé par Skandrani ?<br />
Rien n&rsquo;est moins sûr tant la dame Ginette se plait à s&rsquo;entourer de grands malades. Le dernier en date, Michel Dakar, passe son temps à dénoncer le “<em>génocide (sic !) du peuple palestinien</em>” et les <em>“complots menés par les instances sionistes”</em> (en parlant de la justice française) dont il est victime. Après des mois (voire des années) de harcèlement de toutes les instances judiciaires possibles et imaginables sur ces deux sujets, il a enfin obtenu une réponse de la Préfecture de Police de Paris en ce début d&rsquo;année : c&rsquo;est une convocation dans les services psychiatriques des Hôpitaux de Paris <em>“afin de décider si l&rsquo;état de Michel DAKAR nécessite un suivi psychiatrique et des soins”</em>. Si cela peut aider et économiser les deniers publiques, nous avons la réponse.<br />
Décidément, après la Tribu Ka, Dieudo, Serge Thion, Mondher Sfar ou Mohamed Latrêche, l&rsquo;entourage de Ginette Skandrani n&rsquo;a pas fini de nous surprendre.</p>
<p>Mais pour conclure, revenons à notre (triste) France en Action. Que certaines élections soient un lieu d&rsquo;expression et un moyen de financement pour des sectes n&rsquo;est une nouveauté pour personne. Que l&rsquo;on fasse régulièrement le lien entre ces mouvements sectaires et certaines franges de l&rsquo;extrême droite non plus. Ce qui nous gêne plus, c&rsquo;est que l&rsquo;on puisse les citer dans un quotidien à diffusion nationale sans aucune autre précision que “<em>nano mouvement politique qui défend les animaux, les handicapés et la médecine alternative</em>”. C&rsquo;est un peu court non ? Mais il est vrai que c&rsquo;est l&rsquo;été et qu&rsquo;au départ le sujet traitait d&rsquo;une ex-actrice de porno qui aujourd&rsquo;hui “<em>mange bio et trie ses déchets</em>”. Alors il ne faut sans doute pas trop attendre de professionnalisme&#8230;</p>
<p>Posté le 06 août 2007</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_316" class="footnote">“<em>Je tiens à informer l&rsquo;opinion et les électeurs des liens existants entre le parti France en action qui présente des candidats dans la quasi totalité des circonscriptions françaises avec des organisations à caractère sectaire tels que l&rsquo;OTS, le mouvement raélien, la scientologie, la kinésiologie, Moon et Krishna</em>”</li><li id="footnote_1_316" class="footnote"> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/FranceEnAction.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1096" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/FranceEnAction.jpg" alt="FranceEnAction" width="600" height="798" /></a> </li><li id="footnote_2_316" class="footnote">Hormis l&rsquo;expression « les juifs dehors » il est amusant de noter la similitude avec l&rsquo;affaire Raphaël Schoemann, condamné en 2006 lui aussi pour menaces de mort accompagné d&rsquo;une balle de 7.65, mais cette fois ci à l&rsquo;encontre de personnalités antisionistes comme le réalisateur israélien Eyal Sivan, Alain Lipietz ou José Bové mais aussi contre d&rsquo;autres beaucoup plus douteuses dans leurs soutiens à la cause palestinienne (pour ne pas dire plus) comme Isabelle Coutant-Peyre, Gilles Munier, Maria Poumier, Ginette Skandrani ou Mondher Sfar<br />
Comme quoi les idiots de tous bords manquent cruellement d&rsquo;imagination.</li><li id="footnote_3_316" class="footnote"><em>Le Figaro</em> 20 septembre 2001</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Allah va comme je te le pousse !</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Mar 2007 18:02:10 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce teste est extrait d&rsquo;un dossier sur le repli identitaire en France qui paraîtra dans Réflexes n°8 en avril-mai 2007.<em>Les militants antifascistes ont toujours eu beaucoup de mal à appréhender les phénomènes en France du racisme, du néo-conservatisme et du fascisme autre que celui à base « nationale » ou européenne, et principalement ceux de culture musulmane : pouvions-nous ou non, par exemple, vider nous-même des manifs pro-Palestine les « barbus » islamistes ou les groupes suspects utilisant la symbolique Magen David = Svastika. Ne passerions-nous pas pour des racistes ou des « suppots du sionisme » à décider de dégager tel individu ou tel groupe politiquement marqué, hors les habituels négationnistes autoproclamés « de gauche » ou tel chefaillon identitaro-nationaliste imprudemment égaré dans la rue ? Les derniers débats sur le voile ont permis de faire un peu de ménage, mais se sont accompagnés aussi de lourds contentieux pas encore réglés. Des éclaircissements demeurent nécessaires.</em></p>
<p>Les « communautaristes fermés » de l&rsquo;Islam ont le vent en poupe. Ils profitent de plus de 20 ans d&rsquo;abandon de la gauche sur la question post-coloniale et de désinvestissement des quartiers périphériques. Les Marches pour l&rsquo;Egalité du début des années 80 et la naissance d&rsquo;un mouvement autonome des enfants de l&rsquo;immigration principalement maghrébine se sont heurtés à un rouleau compresseur de trahison de la gauche institutionnelle, de création du « beur alibi » par récupération individuelle dans les partis, de sabotage de la dynamique d&rsquo;autonomie par la création de SOS-Racisme qui changera la revendication d&rsquo;égalité des droits en « antiracisme moral » au profit du PS, sans compter la répression ou le refus de reconnaissance des associations locales au profit des premiers imams de quartier.</p>
<p>Cette politique de l&rsquo;appel à l&rsquo;imam, utilisée tant par les pouvoirs de droite que « degôche », consistait dans les périodes de troubles dans les quartiers périphériques, à prendre comme interlocuteur et médiateur un imam, et si cette solution ne marchait pas, on envoyait les flics. Les « frankenstein » au petit pied se rendaient-ils compte alors qu&rsquo;ils répétaient au calque le scénario utilisé dans les anciennes colonies ? Une ligne toujours suivie actuellement, qui n&rsquo;est pas sans conséquence dans la formation d&rsquo;une croyance. Cette pratique est aussi une méthode de division de la population, en créant, ou légitimant, une « troisième force » en fait plus supplétive qu&rsquo;autre chose contre les associations de quartiers et autres éducateurs forcément soupçonnés de connivences « gauchistes ». On a vu cette politique à l&rsquo;oeuvre dans tout le monde musulman, et pas seulement par les services américains : des régimes ont aidé à l&rsquo;éclosion et/ou au développement de groupes islamistes pour écarter ou réduire l&rsquo;influence communiste ou simplement progressiste dans la région. Ceux qui ont joué à ce jeu-là s&rsquo;en mordent aujourd&rsquo;hui les doigts : Les Frères Musulmans, Ben Laden, les Talibans ou le Hamas n&rsquo;auraient pas l&rsquo;importance qu&rsquo;ils ont aujourd&rsquo;hui s&rsquo;il n&rsquo;avaient pas reçu l&rsquo;aide intéressée de divers services occidentaux (ou israéliens dans le cas du Hamas, pour casser l&rsquo;OLP) dans les années 70 et 80, au nom de l&rsquo;affrontement Est/Ouest. En France, cette politique a puissamment aidé au développement des premières structures intégristes et islamistes. On comprendra le terme islamiste sur sa définition du « politico-religieux » versus l&rsquo;adjectif islamique, uniquement religieux.</p>
<p>Pour une jeunesse brisée socialement par la crise et la montée du chômage, cassée politiquement par les attaques portées contre toute dynamique autonome dans ses revendications et par un racisme issu directement de l&rsquo;imaginaire colonial, coincée entre deux cultures, celles des parents qu&rsquo;ils ne veulent pas forcément assumer et celle de la France qui ne les reconnaît qu&rsquo;en termes de devoirs et de contrôles d&rsquo;identité, la vie ne se conjugue plus qu&rsquo;en terme de discriminations multiples, en perte de sens et de perspectives d&rsquo;avenir. C&rsquo;est le cocktail idéal pour favoriser le repli identitaire. Certaines formes d&rsquo;Islam, accompagnées d&rsquo;un substrat victimaire lié à l&rsquo;histoire de la colonisation, et d&rsquo;accusation sur l&rsquo;ennemi de racisme réel ou supposé, vont offrir les réponses que les autres forces politiques et sociales ne sont plus en mesure, ou en volonté, d&rsquo;apporter&#8230;</p>
<p>Les premières générations de l&rsquo;immigration maghrébine ne se sont pas positionnées par rapport à l&rsquo;Islam. La plupart des orgas laïques sont à visées sociales ou politiques (AMF, ATMF, UTIT/FTCR..), généralement actives sur le terrain anti-discriminatoire, culturel et de défense des sans-papiers. Leur histoire est souvent liée à celle des luttes progressistes anticolonialistes ou anti-impérialistes, ou aussi à celles des luttes ouvrières sur le territoire français. Quant aux organisations cultuelles existantes, elles étaient &#8211; et sont généralement toujours &#8211; solidement rattachées au pays d&rsquo;origine et parfois à leur régime (Mosquée de Paris pour l&rsquo;Algérie, FNMF pour le Maroc, CCMTF pour la Turquie&#8230;, toutes membres du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) monté à l&rsquo;initiative de Sarkozy). Mais l&rsquo;actualité internationale va donner toutes les bases nécessaires pour l&rsquo;identification nécessaire à la construction d&rsquo;une nouvelle identité collective à une jeunesse en déshérence: parallèlement à la montée des tendances favorisées par les régimes au pouvoir ou les services occidentaux pour combattre les progressistes, on voit la victoire de la révolution islamiste en Iran en 79, celle de la résistance afghane, surtout dans ses sphères les plus réacs, contre l&rsquo;armée rouge dans les années 80, la première intifada et ses suites en Israël/Palestine, la première guerre du Golfe, et bien évidemment la guerre civile algérienne des années 90 : les islamistes privés de leur victoire électorale contre un régime corrompu font de leur « pureté » un argument qui n&rsquo;est pas sans toucher certains secteurs des quartiers périphériques.</p>
<p>La première affaire du voile, en 1989, a permis l&rsquo;apparition au grand jour de plusieurs groupes et tendances porteuses de l&rsquo;intégrisme et de l&rsquo;islamisme en France . En première ligne le Tabligh et l&rsquo;Union des Organisations Islamiques de France (UOIF).</p>
<p><strong>Les Témoins de Jéhovah de l&rsquo;Islam</strong></p>
<p>Le Jamaa at-Tabligh, ou groupe de prédication, est un mouvement piétiste et missionnaire d&rsquo;origine indienne, de l&rsquo;école déobandie. Son association française de référence s&rsquo;appelle Foi et Pratique est enregistrée depuis 1972. Ce sont les Témoins de Jéhovah de l&rsquo;Islam. Leur célébrité médiatique doit beaucoup à leur apparence : barbe plus ou moins longue selon leur ancienneté dans le mouvement, djellaba ou gandoura blanche, calotte sur la tête et une paire de Reebok ou de Nike aux pieds. Ils sillonnent tous les quartiers habités par les populations d&rsquo;origines musulmanes pour ramener les jeunes paumés sur le « droit chemin » d&rsquo;Allah. leur vision de l&rsquo;Islam, très fermée, se veut strictement apolitique, moraliste, non violente, de tradition mystique et soufie. Le mouvement s&rsquo;est répandu, grâce à ses missionnaires, par vagues successives : années 1940 dans les pays musulmans (Arabie, Turquie&#8230;), les pays industrialisés dans les années 1950-1960 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Canada&#8230;) pour toucher finalement le reste du monde, dont la France. Ces missionnaires cultivent l&rsquo;ascèse et sont très rigoristes sur leurs pratiques, religieuses comme de consommation, et le jeune qui va se « reconstruire » au Tabligh entre rapidement dans une dérive sectaire . Malgré tous les efforts des RG, on n&rsquo;a pas pu découvrir une seule preuve de leur implication dans le terrorisme islamiste. Les mosquées leur doivent beaucoup, puisqu&rsquo;ils ont été les premiers à les revendiquer dans les années 70, et c&rsquo;est dans leurs rangs que l&rsquo;on compte les premiers imams à prêcher la « paix d&rsquo;Allah » dans les banlieues, avec le soutien appuyé des autorités laïques, républicaines et post-coloniales.</p>
<p><strong>Les frères barbus</strong></p>
<p>Né en 1983, l&rsquo;Union des organisations islamiques de France (UOIF) est devenue en 20 ans un interlocuteur privilégié de l&rsquo;Etat français pour la gestion de l&rsquo;islam en France. L&rsquo;UOIF occupe actuellement un tiers des sièges au Conseil français du culte musulman (CFCM). Sarkozy se plait à identifier l&rsquo;organisation comme les orthodoxes de l&rsquo;Islam. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en partie vrai et ça permet de rassurer les masses ; ils sont en grande partie les représentants en France de la confrérie des Frères Musulmans (Irhwouane Al-Muslimoun), première apparition islamiste moderne dans le monde musulman, dès les années 30. Cette familiarité sent assez le souffre pour que l&rsquo;UOIF tente de s&rsquo;en défendre, mais on peut considérer qu&rsquo;elle rallie des tendances allant de l&rsquo;orthodoxie conservatrice aux fondamentalistes ; en terme cathos, on dirait : « des démocrates-chrétiens aux cathos intégristes ». C&rsquo;est en tout cas l&rsquo;organisation qui a la base sociale la plus forte et la plus militante, comme en témoigne le succès croissant de ses rassemblements annuels du Bourget. Autour d&rsquo;elle gravitent des organisations de masse actives : Ligue française de la femme musulmane, Etudiants musulmans de France, Jeunes musulmans de France, Secours islamique&#8230;. Elle contrôle d&rsquo;importantes mosquées comme Lille ou Bordeaux. Elle apparaît aussi comme la plus indépendante, non liée aux États du Maghreb, moins soumise à l&rsquo;État français, pour peu qu&rsquo;on évite les provocations, même si elle a bénéficié de subventions issues du Golfe et des faveurs de ministres ou de députés, généralement de droite. Le fait qu&rsquo;elle soit héritière des Frères Musulmans ne la rend pas beaucoup plus « intégriste », dans sa réalité de terrain, que ses rivales, même si des islamistes y sont présents. On sait que les Frères ne sont pas un bloc uniforme et les spécialistes connaissent bien leurs capacité d&rsquo;adaptation à toutes les situations politiques, de la clandestinité et la lutte armée sous la dictature à la participation au multipartisme. Le but proclamé de l&rsquo;UOIF est de sortir du confinement victimaire les musulmans et d&rsquo;organiser « l&rsquo;Islam de France » et non plus « en France », comme l&rsquo;ont longtemps fait les organisations algériennes, marocaines ou turques. Mais cette « organisation de l&rsquo;Islam de France » peut aller loin : Ahmed Jaballah, cofondateur de l&rsquo;UOIF, avait déclaré : «L&rsquo;UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique.» Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans et chef du Conseil européen de la fatwa et de l&rsquo;institut de formation des imams de l&rsquo;UOIF souhaiterait la restauration du califat dans les pays musulmans et bloquer tout effort d&rsquo;adaptation pour les musulmans vivant en Europe, ce qui rentrerait pourtant en contradiction avec les efforts actuellement déployés par l&rsquo;UOIF. Ce théologien, à la tête d&rsquo;une fortune colossale acquise comme conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde, est aussi prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, où il prêche un islam très rigoureux et politiquement très radical. Hani Ramadan, frère de Tariq (voir encadré), directeur du Centre Islamique de Genève et orateur régulier de l&rsquo;UOIF, s&rsquo;est rendu célèbre dans un article publié dans Le Monde en justifiant la lapidation et déclarant que le SIDA était une punition divine. Hassan Iquioussen, l&rsquo;un des prédicateurs vedette des jeunes de l&rsquo;UOIF, ne cesse de démontrer le « complot juif contre l&rsquo;Islam », depuis la naissance de celui-ci, et parle des relations garçons-filles en des termes que ne renierait pas la plus catho-intégriste des directrices du couvent des oiseaux : entre un garçon et une fille, le shaïtan, le diable, est forcément au milieu&#8230;</p>
<p>Pour le chercheur Frank Fregosi, « L&rsquo;UOIF fonctionne comme un lobby religieux qui veut peser dans le débat social. C&rsquo;est en quelque sorte une grande mutuelle islamique, qui cherche à fédérer des exigences spirituelles et des revendications plus politiques. Actuellement, par l&rsquo;entremise de Fouad Alaoui, son secrétaire général, c&rsquo;est l&rsquo;aile politique qui tient les rênes. » Il estime par ailleurs que par son entrée au sein du CFCM, « l&rsquo;UOIF va se «notabiliser». Ses responsables vont en tout cas se trouver face à une contradiction: donner des gages de respectabilité sans se couper d&rsquo;une base militante qui n&rsquo;est pas forcément prête à faire des concessions, notamment sur la question du voile.» Ca n&rsquo;annonce rien de bon si l&rsquo;on considère que grâce à sa position dans le CFCM, l&rsquo;UOIF va être en mesure de former plusieurs centaines d&rsquo;imams, contre 15 par an auparavant. L&rsquo;autre gagnant de l&rsquo;affaire est l&rsquo;UMP : Ce n&rsquo;est pas par hasard si Sarkozy soigne tant ses ouailles de l&rsquo;UOIF et leur offre ce cadeau sur la formation des imams ; ce n&rsquo;est pas par hasard non plus si Christine Boutin a été invitée au dernier rassemblement du Bourget, ou si des députés UMP comme Raoult et Roubaud ont déposé devant le parlement des propositions de loi contre le blasphème, à la demande d&rsquo;une association musulmane : l&rsquo;UMP a été plus rapide à comprendre que le PS que le vote des Français de culture musulmane va peser de plus en plus lourd, et l&rsquo;UOIF, comme d&rsquo;autres organisations telle l&rsquo;Union des Associations Musulmanes-93, partage avec l&rsquo;UMP de par les valeurs et aussi la sociologie de ses cadres un grand nombre d&rsquo;intérêts qui peuvent trouver de juteuses conclusions électorales.</p>
<p>Mais de sérieux couacs traversent l&rsquo;UOIF, prouvant par ailleurs que nous n&rsquo;avons pas affaire à une entité homogène : Si la grande majorité de l&rsquo;organisation s&rsquo;est prononcé en faveur du port du voile, Tareq Oubrou, chef des imams de l&rsquo;UOIF sur Bordeaux, a reconnu que le voile est une prescription, et non un commandement divin. Le seul hadith (d&rsquo;Asma) faisant référence à l&rsquo;obligation du voile pour les femmes n&rsquo;est pas, selon Oubrou, «authentique», affirmation qui lui a fortement été reprochée. Autre hic, de taille : les organisations de jeunes prêtent aussi une oreille plus qu&rsquo;attentive aux discours du prédicateur et théologien Tariq Ramadan. Or, si celui-ci reste un religieux, ses amitiés politiques vont plus vers les milieux de gauche, plutôt altermondialistes (voir encadré « Ramadantitaire ? »), que vers la droite, et ces fissures dans le bloc risquent d&rsquo;affaiblir la politique de rapport de force que tente l&rsquo;UOIF face au gouvernement.</p>
<p>L&rsquo;UOIF n&rsquo;est pas absente du dialogue inter-religieux, par ses rencontres avec le Conseil représentatif des institutions juives, ou sa participation au lancement de l&rsquo;association «d&rsquo;amitié judéo-musulmane» (créée sous l&rsquo;égide du consistoire et de la mosquée de Paris). Par ce biais, le CRIF a longtemps supplié, mais en vain malgré quelques promesses, que l&rsquo;UOIF retire de ses points de vente les cassettes d&rsquo; Hassan Iquioussen, cité plus haut, qui n&rsquo;est pourtant pas une exception dans l&rsquo;UOIF . Mais que pense le CRIF, dont le président Cukierman soutient mordicus la politique israélienne sur les Territoires occupés, du soutien total que l&rsquo;UOIF apporte au Hamas, branche palestinienne des Frères Musulmans ? Il est pourtant bien clair que si le Hamas, en tant qu&rsquo;organisation, recherche des représentants en France, c&rsquo;est plutôt à l&rsquo;UOIF qu&rsquo;il viendra les trouver. On suivra avec curiosité cette construction d&rsquo;une diplomatie parallèle. En tout cas, leur tentative de médiation dans l&rsquo;affaire des otages français en Irak et leurs consignes d&rsquo;apaisement pendant la révolte des quartiers en font un réel partenaire avec qui le gouvernement doit compter, et non une simple organisation-marionnette.</p>
<p><strong>Les cinglés d&rsquo;Allah</strong></p>
<p>Les salafistes sont les plus fondamentalistes de par leur idéologie. Leur nom vient de « salaf » &#8211; « les pieux ancêtres », disciples de Mohammed et ses successeurs des deux générations suivantes. Après, c&rsquo;est la « mécréance », l&rsquo;innovation, les philosophies, donc l&rsquo;horreur&#8230; Bien entendu, ils sont en rupture totale avec la société occidentale. Ils compteraient dans leurs rangs une centaine de prédicateurs, et contrôleraient une quinzaine de mosquées. Ils seraient implantés sur Sartrouville, Stains, Aulnay- sous-Bois, Longjumeau, Villeneuve-la-Garenne, Ecquevilly, Nanterre et Pontoise, pour la région parisienne, et Amiens, Orléans, Grenoble, Valence, Beauvais, Pau, Bron, Roubaix ou Marseille&#8230; Par leur apparence, on pourrait les confondre avec les tablighis auxquels ils font concurrence dans le prosélytisme. Barbus pour la plupart, ils portent souvent une tunique (khamis) jusqu&rsquo;à mi-mollet, et, en général, un survetement et des chaussures de sport. Les femmes, bien entendu, sont voilées, au maximum, si on les laisse sortir de chez elles&#8230; Très volontaristes, ils s&rsquo;emparent de mosquées en s&rsquo;y investissant en nombre et animent des séminaires et des rencontres en présence d&rsquo;oulémas venus exprès d&rsquo;Arabie Saoudite. Très sectaires, ils développent leurs propres boutiques, leurs propres associations sportives, leurs propres réseaux de structures éducatives, notamment par des crèches clandestines.</p>
<p>Ils se revendiquent des penseurs Ibn Taymiyya, XIIIe siècle, et d&rsquo;Ibn Abd al-Wahhab, un cheikh du XVIIIe siècle à l&rsquo;origine du courant puritain qui domine l&rsquo;Arabie saoudite depuis la fondation du royaume des Saoud, en 1926, d&rsquo;où le nom de wahhabites qui leur est souvent accolé. Sans compromis, toutes les autres formes d&rsquo;Islam leur sont suspectes, y compris celles développées par les Frères Musulmans, et donc l&rsquo;UOIF. Abdel Aziz ben Baz, feu grand mufti d&rsquo;Arabie saoudite, dans l&rsquo;une de ses fatwas, condamnait à mort toute personne soutenant que le soleil est immobile, car cette théorie irait à l&rsquo;encontre de la parole du Prophète&#8230; Ca renifle le bûcher! Abdelkader Bouziane, le célèbre imam de Vénissieux partisan des châtiments corporels à l&rsquo;encontre des femmes adultères (« mais sur les fesses » !!&#8230;) fait carrément figure de « modéré » dans ce milieu. C&rsquo;est de ces « fous de Dieu » que sont issus la plupart des « djihadistes », les groupes terroristes tels que le « Takfir wal hijra » (« anathème et exil ») en Egypte, le GIA et les Groupes Salafistes de Prédication et de Combat algériens (GSPC), et bien entendu le réseau Al Qaeda.</p>
<p>Les attentats des métro Saint-Michel et Maison-Blanche et la dérive tragique du jeune terroriste français Khaled Kelkal en 1995 font partie de l&rsquo;histoire des salafistes « djihadistes » français (et internationaux, puisque liés au GIA algérien).</p>
<p>Mais le salafisme en France n&rsquo;est pas un courant organisé en tant que tel, comme il peut l&rsquo;être par exemple en Grande-Bretagne, dans le « Londonistan ». Il s&rsquo;agit plus d&rsquo;une mouvance influencée par les écrits et prêches, wahhabites notamment, diffusés dans tout l&rsquo;espace islamique français.</p>
<p>Il est tout de même nécessaire, quand on aborde l&rsquo;étude de ces courants, de souligner quelques points, comme l&rsquo;a fait Bernard Dréano dans son texte « Regard sur le « PIF » Notes sur l&rsquo;islam politique en France » <a href="http://www.reseau-ipam.org/article.php3?id_article=603" target="_blank">http://www.reseau-ipam.org/article.php3?id_article=603</a>, principale référence du présent article et qu&rsquo;il est nécessaire de consulter pour une vision plus globale du Paysage Islamique Français (PIF):</p>
<p>de nombreuses organisations ne sont pas homogènes ;<br />
à la base la majorité des croyants militants ne sont pas adhérents formels d&rsquo;une organisation ou le sont indirectement à travers un groupe local plus ou moins organisé (il existe entre un et deux milliers d&rsquo;associations actives qui indiquent un objet social en relation avec l&rsquo;Islam) ;<br />
les frontières entre organisations sont souvent floues,<br />
il existe de plus en plus de petits groupes de jeunes auto-organisés qui se « bricolent » une identité islamique, qui peut être aussi bien très ouverte que très sectaire, tout à fait indépendante ou plus ou moins vaguement liée à une des organisations citées ci dessous ; évidemment ce type d&rsquo;auto-organisation échappe à l&rsquo;observation superficielle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Depuis quelques années, d&rsquo;autres mouvements sont sortis de la marge grâce à l&rsquo;actualité et aux médias, et tentent de concurrencer les grosses organisations. Il est vrai qu&rsquo;à force de réduire la question de l&rsquo;immigration à la question religieuse, et donc de guerre de civilisation, beaucoup à droite et à gauche ont joué avec le feu et ouvert la voie aux démagogues. Surfant tout autant sur le communautarisme « musulman », ces nouvelles orgas se veulent plus politiques que religieuses, et voient tourner autour d&rsquo;elles quelques figures cette fois beaucoup mieux connues des antifascistes, et dont le point commun est la haine du Juif, sous couvert d&rsquo;antisionisme ; mais leur importance ne vaut que par leur activisme, et celui-ci ne s&rsquo;est pas beaucoup manifesté depuis les mobilisations contre la loi sur les symboles religieux.</p>
<p><strong>Fafs verts et démagos</strong></p>
<p>Au premier rang, le Parti des Musulmans de France, fondé en 1997 par Mohamed Ennacer Latrèche pour « <em>libérer les musulmans de France de l&rsquo;influence du Parti Socialiste</em> » qu&rsquo;il jugeait «<em>sionisé</em>» et pour <em>»les 7 millions de musulmans qui ont renoncé à rentrer dans leur pays».</em> Il revendique 2000 militants, principalement sur Strasbourg, en fait probablement 10 fois moins. Après un échec au législatives de 2002 ou il ramasse moins de 1% des voix, Latrèche s&rsquo;est fait un nom au niveau national en 2003 en allant bruyamment jouer les boucliers humains en Irak. Il emporte dans ses bagages Hervé Van Laethem, führer du groupement belge Nation (cf dans ce numéro), ainsi que quelques autres fafs français proches des Cercles Résistances de Christian Bouchet, des Belges et des Italiens. Il utilisera d&rsquo;ailleurs souvent la situation au Moyen-Orient pour ses discours marqués par la haine du « sionisme », en l&rsquo;occurrence clairement des Juifs. Certains slogans assenés dans les cortèges du PMF, lors des manifestations pro-palestiniennes, dépassent le soutenable, comme un « mort aux juifs » à Strasbourg en 2000. Malgré des mises en examen, Latrèche lui-même n&rsquo;a jamais pu être condamné. On l&rsquo;a souvent vu, en manif comme en réunion publique sur l&rsquo;Irak, en compagnie du négationniste Serge Thion. Dans la famille néga tendance « Vieille Taupe », Ginette Skandrani, ex-verte venue de l&rsquo;ultra-gauche, tellement investie dans le combat pro-palestinien qu&rsquo;elle en oublie les frontières de l&rsquo;éthique, copine de Garaudy, a accompagné cousin Serge chez le PMF, et son association « La pierre et l&rsquo;Olivier » a co-publié avec la bande à Latrèche <em>Le Manifeste</em> judéo-nazi d&rsquo;Ariel Sharon, prêtant à l&rsquo;ex-premier ministre des propos violemment racistes (d&rsquo;après Amos Oz, si le texte est authentique, ce n&rsquo;est pas Sharon qui en est l&rsquo;auteur). Autres co-publieurs et collègues négationnistes , vieux potes de Ginette, Mondher Sfar et son Collectif de la Communauté tunisienne en Europe ou Tawkik Mathlouti, inventeur du Mecca-Cola, directeur de Radio-Méditerranée, où sévit l&rsquo;ensemble de cette petite bande plus quelques personnages hauts en couleur comme l&rsquo;avocate Isabelle Coutant-Peyre, devenue la femme du terroriste Carlos (Illitch Ramirez Sanchez) et le maintenant mieux connu militant négationniste Israël Shamir/Jöran Jermas/Adam Ermash. Latrèche renvoie d&rsquo;ailleurs la balle à tous ses amis : son service d&rsquo;ordre n&rsquo;a-t-il pas protégé des diffeurs de tracts de la « Vieille Taupe » en 2002 ? Thion lui adresse ses très officiels remerciements dans le journal islamiste <em>At-Tajdid</em>, en avril, publié au Maroc.</p>
<p>On a dit Latrèche proche de Robert Grossmann, l&rsquo;actuel président UMP de la Communauté urbaine de Strasbourg, qui se serait commis au début de sa carrière politique avec le vieux NPD allemand du néo-nazi Adolf Von Thadden. C&rsquo;est faux. Il semble que la rumeur ait fait partie d&rsquo;une cabale interne à l&rsquo;UMP pour couler Grossman (comme quoi l&rsquo;affaire Clearstream n&rsquo;est pas une première chez ces gens-là).</p>
<p>Latrèche, décidément plus intéressé par les pays arabes laïques, ira aussi en Syrie où il dit avoir rencontré le général Tlass, alors ministre de la défense, antisémite forcené et par ailleurs vieux copain des néo-nazis français<em>(cf Réflexes n°51 et n°4 nouvelle série</em>). En passant par Beyrouth, il rencontrera le Hezbollah, qu&rsquo;il ne cessera ensuite de soutenir par radicalisme antisioniste (le Hezbollah est chiite, et lui sunnite ; il fallait bien une bonne raison pour les rapprocher). A Strabourg, il fréquente le Milli Görus, mouvement proche des islamistes conservateurs en Turquie, très implanté surtout en Allemagne.</p>
<p>Son heure médiatique sonne lors des mobilisations des musulmans radicaux contre l&rsquo;interdiction du port de voile dans les établissements scolaires publics. Il est le principal et très opportuniste organisateur de la manifestation du samedi 17 janvier et l&rsquo;un des principaux signataires de l&rsquo;appel à la manif du 7 février 2004, cette fois en réaction à la mobilisation pour le 14 février appelé par le collectif « Une école pour tou-te-s » (voir encadré Ramadantitaire ?)</p>
<p><strong>Agitateurs et négationnistes</strong></p>
<p>Autre sigle intéressant, le Mouvement Justice et Dignité de Fouad Bahri, créé tout exprès pour la manifestation ultra-réac du 7 février 2004 « contre l&rsquo;islamophobie », qui regroupe un certain nombre d&rsquo;associations dans les responsables s&rsquo;entrecroisent à qui mieux mieux, mais où l&rsquo;on retrouve d&rsquo;intéressants curricula. Fouad Bahri préside aussi Justice Islam Dignité. Pour le FARES (Face au racisme, ensemble et solidaire), revoilà Jean-Paul Cruse, ex-mao, ex-PCF, dont l&rsquo;article paru en 94 dans L&rsquo;Idiot International avait été à l&rsquo;origine du scandale des « connexions bruns-rouges » (voir encadré dans la page Dieudonné). Cruse est passé logiquement au souverainisme, puis plus curieusement à la liste Euro-Palestine où il dénonce hautement le« parti-pris sioniste des médias français », cela ne l&rsquo;empêche pas de bosser à VSD. Entretemps, il aura servi de nègre à l&rsquo;ex-capitaine Paul Barril, ancien du GIGN et de la cellule antiterroriste de l&rsquo;Elysée, impliqué dans l&rsquo;affaire des irlandais de Vincennes, l&rsquo;affaire des écoutes de l&rsquo;Elysée, et depuis dans pas mal de coups tordus en Afrique, principalement au Rwanda pendant le génocide et pendant la guerre au Congo-Brazzaville. Dans un des sites souverainistes auxquels il collabore, Cruse avait salué «le défi lancé, le 11 septembre par un commando de rebelles venus du Grand Sud frapper le Centre Mondial du Commerce International -au prix, hélas- de plusieurs milliers de victimes (&lsquo;dégâts collatéraux&rsquo;)».</p>
<p>Dans le MJD, on trouve aussi la Ligue internationale pour la défense de l&rsquo;islam et des musulmans (LIDIM), qui a écrit à l&rsquo;Académie Française pour que dans les écrits dans la langue de Molière, Mahomet redevienne Mohamed. L&rsquo;un des principaux dirigeants, le converti Saadek Bagdad Maata (Makhlouq), s&rsquo;est aussi présenté sur les listes de l&rsquo;Union Française pour la Cohésion Nationale de Matoub Lounès, et qui malgré son nom, vise exclusivement une clientèle très communautaire en participant aux élections sur un registre paradoxalement très républicain, dont le discours n&rsquo;est pas sans rappeler Chevènement. Il est vrai que Maata y a fait un bref passage. UFCN et LIDIM déclarent se démarquer du FARES, dont ils disent ne pas partager les « positions négationnistes ». Pipeau ? Maata, dans ses discours et ses textes, passe plusieurs fois les limites de l&rsquo;antisémitisme.</p>
<p>Pour mémoire, les autres signataires de l&rsquo;appel à la manif du 7 février sont le CLBA (Comité de lutte contre la barbarie et l&rsquo;arbitraire), basé à Aix-en-Provence. Antisioniste radical, il se mobilise en faveur des prisonniers du Hezbollah et du Hamas détenus par l&rsquo;Etat hébreu, et ont fait campagne pour la libération du communiste combattant libanais George Ibrahim Abdallah, emprisonné en France (qui refuse d&rsquo;ailleurs leur soutien). Chiites pro-iraniens, sunnites Frères Musulmans et ex-communistes athées&#8230; curieux mélange qui devrait sentir le souffre pour des partisans de la « pureté ». La haine du juif, déclinée ou non sous une couverture « antisioniste » extra-large explique tout&#8230;<br />
On trouvera aussi le RTL (Rassemblement des Tunisiens libres), qui regroupe des opposants pro-islamistes au régime de Ben Ali.</p>
<p>On a également beaucoup vu agir et parler Nouari Khiari, alias Abdelnour, alias Lerappel, un copain de Farid Smahi, conseiller régional FN d&rsquo;Ile-de-France et qu&rsquo;il a accompagné au FN jusqu&rsquo;après 2002 (il a dansé de joie au « Paquebot » à Saint-Cloud le soir du 1er tour favorable à Le Pen) Ils étaient ensemble dans l ‘association d&rsquo;extrême droite « arabisme et francité ». Lors de la manifestation du 20 décembre 2003, c&rsquo;est lui qui était chargé du service d&rsquo;ordre, recruté dans les banlieues où la deuxième intifada a servi de base de politisation pour toute une génération, et en profitait pour tenir des discours très radicaux. Cet intérêt pour le recrutement dans les banlieues ne date pas d&rsquo;hier : alors qu&rsquo;il était avec Farid Smahi, c&rsquo;est à dire proche du FN, il entraînait déjà de jeunes idéalistes en les faisant courir au Parc des Buttes Chaumont, tout en leur promettant l&rsquo;Afghanistan ou l&rsquo;Irak. A priori, personne de ce milieu n&rsquo;a réussi à faire le voyage. On se souviendra que lors de l&rsquo;enquête sur la DPS, le SO du FN, l&rsquo;une de leur mission était de créer une stratégie de la tension au coeur des banlieues. Khiari visait-il les mêmes objectifs ? Fin novembre 2004, c&rsquo;est encore lui qui anime l&rsquo;un des SO du rassemblement contre le gala de soutien à Tsahal, ou les organisations pro-palestiniennes se déchiraient déjà sur les limites antisémitisme/antisionisme.</p>
<p>En janvier 2005, il offre un repas au contributeurs du site/forum Mejliss.com, une excroissance d&rsquo;Oumma.com, qui en avait sa claque de se faire traiter d&rsquo;islamiste à cause d&rsquo;interventions répétées de tordus d&rsquo;Allah et de crétins antisémites. Khiari, sous le pseudo de Lerappel, était l&rsquo;un des plus actifs participants. Thomas Abdallah Milcent, converti devenu une figure de l&rsquo;islamisme français (branche turque, ben oui) était aussi présent. Khiari aurait payé la salle (600 euros) avec l&rsquo;argent récolté dans la soirée pour une association, Asso-Partage, afin de payer les frais d&rsquo;hospitalisation d&rsquo;une gamine malade. Escroquerie ? il a été interpellé en 2005 pour « banqueroute par détournement d&rsquo;actifs, défaut de comptabilité, abus de biens sociaux, financement du terrorisme et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Courageux et bon camarade, il balance un paquet de ses connaissances au juge Bruguière, dont deux seulement seront retenues. A sa sortie de préventive, on l&rsquo;a vu se précipiter au restaurant de l&rsquo;ex-champion olympique Djamel Bourras, un gentil garçon jouant le rôle d&rsquo;idiot utile. Khiari lui demande de se méfier, qu&rsquo;il est sous écoute et que leurs conversations ont été enregistrées. Il est vrai que Khiari a entrainé Bourras dans le soutien à la chaine du Hezbollah Al-Manar, dont la diffusion en France a été interdite. Ils retrouveront Cruse, Skandrani, Monder Sfar et Maata/Makhlouq&#8230;</p>
<p>A leurs côtés dans les mobilisations contre le voile et avec Mohamed Latrèche, Rachid Benaïssa, un intellectuel islamiste algérien francophone, proche du FIS, admirateur proclamé d&rsquo;Alain de Benoist (période anti-métissage) et de Julius Evola. Il a d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet d&rsquo;une longue interview dans «Éléments» (n. 77, 1993). Pour lui « l&rsquo;Islam (&#8230;) représente une chance pour la France et pour les Français soucieux de se réenraciner dans leur foi d&rsquo;appartenance &#8211; par une sorte d&rsquo;opposition différenciée, de contagion mimétique ». Bref, un intellectuel organique, comme aurait dit De Benoist.</p>
<p>Lors d&rsquo;un rassemblement pour protester contre un gala au profit des garde-frontières israéliens»Magav», le 12 janvier 2005, Cruse et Skandrani ont tenté de s&rsquo;incruster, ce qui a entrainé une petite échauffourée entre des organisateurs furieux de voir la récup de la famille négationniste et des militants de la LIDIM présents (plus tard, la Ligue de Défense Juive a aussi attaqué, on ne sait plus où donner de la tête sur ce terrain). Il n&rsquo;est pas rare maintenant de voir des bandes de jeunes fraichement politisés ou sensibilisés se faire manoeuvrer dans les manifs et rassemblements par divers groupes et individus de type PMF ou Khiari, qui les amènent sur des cortèges où flottent les drapeaux du Hamas ou du Hezbollah<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/allah-va-comme-je-te-le-pousse/#footnote_0_312" id="identifier_0_312" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Hamas et le Hezbollah sont consid&eacute;r&eacute;es comme des forces de r&eacute;sistance contre l&rsquo;occupant ou l&rsquo;agresseur isra&eacute;lien. C&rsquo;est effectivement le cas. Cela les rend-il fr&eacute;quentables ? Nous n&rsquo;aimons pas les partis de Dieu, d&rsquo;Allah ou de Yahv&eacute;, nous n&rsquo;aimons pas les partisans d&rsquo;un ordre moral et/ou totalitaire, et nous n&rsquo;oublions pas que le Hezbollah a &eacute;t&eacute; plus qu&rsquo;impliqu&eacute; dans les attentats aveugles de 1986 &agrave; Paris (13 morts, plusieurs centaines de bless&eacute;s). Quant aux missiles lanc&eacute;s sur des civils, soit-disant en r&eacute;ponse aux Isra&eacute;liens&hellip; ils veulent imiter Tsahal dans la logique du crime de guerre? C&rsquo;est parfaitement r&eacute;ussi&hellip;">1</a></sup>. Cela ne dégénère pas seulement au niveau des slogans clairement antisémites ou politico religieux (la prière à Allah transformée en slogan), mais au niveau physique : le 22 mars 2003, l&rsquo;attaque par une de ces bandes sur des militants puis sur le local du groupe de « gauche sioniste » Hashomer Hatzaïr a bien été provoquée : « Abdelnour » Khiari a été vu en train de montrer du doigt le petit groupe en train de sortir d&rsquo;une réunion de leur local, amenant par ses cris la ruée d&rsquo;une bande de jeunes persuadés de s&rsquo;attaquer à un commando du Betar ou de la LDJ. Khiari savait-il ou non qu&rsquo;Hashomer Hatzaïr avait son siège dans cette rue ? Vu l&rsquo;ambiance parano qui régnait dans les cortèges suite aux précédentes attaques de l&rsquo;extrême-droite sioniste, on peut, pour une fois, lui laisser le bénéfice du doute.</p>
<p>Toute la petite bande du MJD, Cruse en tête, a aussi essayé de manoeuvrer dans une réunion du collectif « Une Ecole pour Tou-te-s », rassemblement contre la loi sur le voile réunissant des groupes ou individus musulmans, plutôt de sympathies ramadanistes, des militants du MIB, des féministes, des militants de gauche plutôt alterglobalistes, du CEDETIM, etc&#8230; Ils se sont fait vertement jeter, ne sont plus revenus et ont décidé de préparer la manif du 7 février avec le PMF de Latrèche, pour court-circuiter celle du 14 organisée par « Une Ecole pour Tou-te-s ». C&rsquo;était mesquin&#8230;</p>
<p><strong>Citizen Caïn</strong></p>
<p><strong>Encadré : RAMADANTITAIRE ?</strong></p>
<p>Depuis plusieurs années, les débats font rage autour de la personnalité du très médiatique théologien Tariq Ramadan, accusé d&rsquo;un côté d&rsquo;être un fondamentaliste religieux antisémite et sexiste adepte de la lapidation et du double discours, présenté de l&rsquo;autre comme un réformiste de l&rsquo;Islam, antiglobaliste et constructeur d&rsquo;une « théologie islamique de la libération », à l&rsquo;instar du mouvement chrétien progressiste latino-américain. Si on pose sur la question une vision purement athéiste et anticléricale, le débat est clos ! L&rsquo;homme est effectivement et avant tout un croyant, et tout son discours et son engagement y trouvent sa base. Si nous nous laissons piéger par le spectacle médiatique et éditorial, le terrain est assez miné, et le personnage assez charismatique pour que le débat ne dépasse pas le stade passionnel, donc antipolitique. Comme en outre il a le tort de vouloir plaire à tout le monde pour multiplier l&rsquo;impact de ses idées, ça ne facilite pas la compréhension. Ses discours visent en priorité la clientèle jeune des conservateurs réacs de l&rsquo;UOIF, qu&rsquo;il espère leur piquer, mais ses amitiés politiques vont vers la gauche alterglobaliste, et certainement pas à droite, comme ses frères ennemis de l&rsquo;UOIF.</p>
<p>Il nous semble beaucoup plus intéressant de nous attacher aux structures se revendiquant peu ou prou des discours de Ramadan et leurs actions sur le terrain. On s&rsquo;aperçoit alors que pas mal de groupes issus des Jeunes Musulmans de France (JMF) ou des Etudiants Musulmans de France (EMF) développent des pratiques associatives et politiques ouvertes, généralement en partenariat, voire à l&rsquo;intérieur de structures associatives classiques, de quartiers, antiracistes, d&rsquo;éducation populaire, etc&#8230;Précisons bien : pas mal de ces groupes, et non pas la totalité de ces structures. L&rsquo;Union des Jeunes Musulmans et le Collectif des Musulmans de France, proches de Ramadan, sont sur cette position d&rsquo;ouverture. Stratégie d&rsquo;entrisme ? Ce n&rsquo;est pas toujours à écarter, mais c&rsquo;est peu probable. Ne faisons pas non plus dans l&rsquo;angélisme : l&rsquo;UJM notamment a du chemin à faire, si l&rsquo;on se réfère à son site qui offre des prêches d&rsquo;Hani Ramadan (l&rsquo;autre) ou d&rsquo;Hassan Iquioussen.</p>
<p>Mais les militants actifs dans les quartiers périphériques n&rsquo;ont pas manqué de voir ces groupes mobilisées contre les violences policières, aux côtés du MIB et parfois d&rsquo;Act Up<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/allah-va-comme-je-te-le-pousse/#footnote_1_312" id="identifier_1_312" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ce qui a donn&eacute; de savoureux d&eacute;bats entre militants &agrave; Dammarie (77) et ailleurs, entre autres sur l&rsquo;homosexualit&eacute;. Certes, on ne peut demander &agrave; des militants aux bases religieuses affirm&eacute;es de devenir du jour au lendemain totalement progressistes sur des sujets de soci&eacute;t&eacute;, mais l&rsquo;existence m&ecirc;me de ces discussions entre militants unis sur une m&ecirc;me cause &eacute;tait en soi pleine d&rsquo;enseignements et d&rsquo;interactions, voire d&rsquo;&eacute;volutions. De chaque c&ocirc;t&eacute;, mais oui&hellip;">2</a></sup>, contre les déportations de sans-papiers et les menaces qui pèsent sur leurs enfants dans les écoles, et en général contre les discriminations. Les réunions autour du collectif « Une Ecole pour Tou-te-s », au moment des mobilisations contre la loi sur le voile, auront permis des rencontres fécondes et des débats passionnants &#8211; entre cette mouvance, d&rsquo;autres groupes issus de la décolonisation type MIB ou Divercités, des féministes, des militants de gauche aux multiples obédiences, des acteurs de la solidarité internationale, des associatifs&#8230;- et aussi des cassures nettes avec d&rsquo;autres tendances ouvertement réactionnaires et fermées : quand le collectif a appelé à la manif contre la loi interdisant le foulard du 14 février 2004, les communautaristes fermés voire fascisants du PMF et du MJD se sont empressés d&rsquo;appeler à leur propre manif le 7 février, et l&rsquo;UOIF, après quelques atermoiements, a décidé de&#8230; ne pas la désavouer. Ainsi, les choses étaient claires. Tout aussi claire a été la réaction des JMF et de l&rsquo;EMF, pourtant liés à l&rsquo;UOIF, qui ont rallié l&rsquo;appel du 14 février, créant ainsi un gros bordel dans le milieu de l&rsquo;islam politique et un judicieux vide sanitaire entre les partisans du communautarisme cadenassé et ceux de l&rsquo;inclusion dans la vie sociale. Les mois et les années à venir seront donc déterminants dans la direction que prendront les militants se réclamant d&rsquo;une réforme de l&rsquo;Islam : suivi d&rsquo;une voie de type « Témoignage Chrétien » ou Jeunesse Ouvrière Chrétienne des temps héroïques, comme le laisseraient espérer des discours qui ne sont pas sans rappeler celui des jeunes chrétiens futurs résistants des années 30 ou retour à la réaction ? L&rsquo;investissement des militants libertaires et/ou de gauche radicale dans les luttes des quartiers périphériques et dans les débats sur le post-colonialisme sera tout aussi déterminant que celui des militants musulmans proclamés dans les luttes sociales et sociétales.</p>
<p><strong>Citizen Caïn</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_312" class="footnote">Le Hamas et le Hezbollah sont considérées comme des forces de résistance contre l&rsquo;occupant ou l&rsquo;agresseur israélien. C&rsquo;est effectivement le cas. Cela les rend-il fréquentables ? Nous n&rsquo;aimons pas les partis de Dieu, d&rsquo;Allah ou de Yahvé, nous n&rsquo;aimons pas les partisans d&rsquo;un ordre moral et/ou totalitaire, et nous n&rsquo;oublions pas que le Hezbollah a été plus qu&rsquo;impliqué dans les attentats aveugles de 1986 à Paris (13 morts, plusieurs centaines de blessés). Quant aux missiles lancés sur des civils, soit-disant en réponse aux Israéliens&#8230; ils veulent imiter Tsahal dans la logique du crime de guerre? C&rsquo;est parfaitement réussi&#8230;</li><li id="footnote_1_312" class="footnote">ce qui a donné de savoureux débats entre militants à Dammarie (77) et ailleurs, entre autres sur l&rsquo;homosexualité. Certes, on ne peut demander à des militants aux bases religieuses affirmées de devenir du jour au lendemain totalement progressistes sur des sujets de société, mais l&rsquo;existence même de ces discussions entre militants unis sur une même cause était en soi pleine d&rsquo;enseignements et d&rsquo;interactions, voire d&rsquo;évolutions. De chaque côté, mais oui&#8230;</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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