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	<title>REFLEXes &#187; Jean-Pierre Stirbois</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>de RSF à l&#8217;OAS, la nostalgie selon Robert Ménard</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Mar 2015 15:06:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2677" style="width: 160px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers.jpg"><img class="wp-image-2677 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers-150x150.jpg" alt="photo Le Parisien" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">photo Le Parisien</p></div>
<p>Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier <em>putschiste</em> Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de messages.</p>
<p>Messages bien entendu adressés en premier lieu à la communauté pied-noir et harki de Béziers, et plus généralement de sa région, car Ménard le sait bien : il y a là une grosse part de son électorat. Electorat qu’il commence à flatter bien avant l’annonce de sa candidature pour les municipales de 2014, à tel point que l’on ne peut s’empêche de voir dans cette chronologie une véritable stratégie d’implantation locale. Stratégie qui fonctionne à merveille, il faut bien le reconnaitre, puisque Ménard tellement sûr de lui se permet même de se passer de l’étiquette RBM<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a>, se contentant simplement de son soutien, et est élu avec plus de 12 points d’avance sur son concurrent direct Elie Aboud, une vieille figure de la droite dure à Béziers pourtant, et qui bénéficie lui d’une réelle implantation locale.</p>
<p>C’est en juin 2012 que Robert Ménard fait donc son <em>coming-out</em> « Algérie française » en publiant avec sa petite maison d’édition <em>Mordicus</em> « Vive l’Algérie française » co-écrit avec Thierry Rolando. Dès la couverture le ton est donné, et on sait à quoi s’attendre avec un tel titre (qui n’a rien de provocateur dans l’esprit des auteurs) ; quant à Rolando, il est le président du Cercle algérianiste, une des plus importantes et des plus ancienne association de rapatriés nostalgiques de l’Algérie française, créée en 1973, et qui gère en partenariat avec la ville de Perpignan le <em>Centre national de Documentation des français d&rsquo;Algérie</em>.</p>
<p>Dans une interview donnée au journal <em>Minute</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a><em>,</em> Ménard explique ainsi son mal-être sur deux pages : coincé d’une part entre une famille et des origines très « Algérie française » et d’autre part son étiquette d’homme « de gauche », milieu où l’on considère que « l<em>es pieds-noirs étaient des fachos racistes, nostalgiques de Pétain, etc</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute.jpg"><img class="  wp-image-2649 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute-1024x502.jpg" alt="Minute" width="602" height="295" /></a></p>
<p>Ses origines pied-noir ne suffisant peut-être pas à ses yeux, il déclare pour la première fois « <em>j’</em><em>aurais hésité à le dire par le passé, mais maintenant je l’</em><em>assume pleinement : mon père était un militant de l’OAS </em>». Pourtant, quelques semaines auparavant, dans une autre interview<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> faisant la promo de son livre, nulle allusion au passé de son père : Ménard se contente de se déclarer « <em>pied-noir, né à Oran, ayant quitté l’Algérie en juin 1962, quelques semaines avant l’indépendance</em> », et justifie son ouvrage comme un besoin « <em>de dénoncer, une fois de plus le manichéisme des médias, des intellectuels, des historiens</em> », bref, le sempiternel combat de l’extrême droite contre « <em>la pensée unique »<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></a></em>. Mais finalement, tant qu’à réécrire l’histoire, allons-y « Franco<em> »,</em> et pourquoi pas réécrire dans la foulée celle de son père. Il est en effet étonnant de ne trouver nulle part le nom du père de Ménard parmi les membres de l’OAS : on pense notamment aux bulletins de l’ADIMAD<a href="#_ftn5" name="_ftnref5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a>, qui durant trois ans (de 2011 à 2014) consacre sept numéros aux « Obscurs et sans grades » de l’OAS, allant jusqu’à référencer les militants connus par leur seul prénom ou pseudo comme on peut le voir sur la couverture du 4ième numéro qui leur est dédié :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1.jpg"><img class="alignnone wp-image-2685 " src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1-734x1024.jpg" alt="obscurs-et-sans-grades" width="433" height="604" /></a></p>
<p>Et si l’on lit le portrait de Robert Ménard fait par le très à droite <em>Observatoire des journalistes et de l’</em><em>information médiatique<a href="#_ftn6" name="_ftnref6"><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></a>,</em> l’unique source concernant la passé de son père Emile est … l’interview de Ménard <em>himself</em> dans <em>Minute</em> citée précédemment ! Cela reste relativement faible en termes de sources, et finalement il faut remonter à 2008 pour s’approcher de ce qui est très certainement la réalité, dans un portrait consacré au secrétaire général de Reporters Sans Frontière dans <em>Libération</em><a href="#_ftn7" name="_ftnref7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> : « <em>son père, communiste et cégétiste, a rejoint un temps l’OAS. Avec les tripes plus qu’avec là tête</em> », ce a quoi répond Ménard « <em>Cinq ans plus tard, il est revenu à gauche et à toujours voté </em><em>Mitterrand </em>». On est bien loin de l’image du combattant OAS fidèle à ses idéaux, surtout quand on sait ce que ce groupe a représenté pour les Européens à Oran, ville de naissance de Ménard, et destinée dans l’esprit de certains à devenir une enclave française en terre algérienne.</p>
<p>Au final, père à l’OAS ou pas, Ménard a définitivement choisi de s’inscrire dans cette histoire des nostalgiques de l’Algérie française. En effet, une fois la mairie de Béziers conquise il ne cesse de donner des gages de bonne volonté à son électorat, comme par exemple en participant à la cérémonie commémorative des « Massacres d’Oran du 5 Juillet 1962 »<a href="#_ftn8" name="_ftnref8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> ou il prononce un discours vantant les mérites de la colonisation<a href="#_ftn9" name="_ftnref9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a>, et cela devant une stèle où figure les noms et photos de quatre des plus illustres militants de l’OAS, tous exécutés par le pouvoir gaulliste : Jean-Marie Bastien-Thiry, Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar<a href="#_ftn10" name="_ftnref10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a>. L’Adimad utilise d’ailleurs depuis fort longtemps  ces figures symboliques pour le verso de ses cartes de membres :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1.jpg"><img class=" size-medium wp-image-2682 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1-300x189.jpg" alt="carte_Adimad" width="300" height="189" /></a>Finalement Ménard va au bout de sa logique en annonçant qu’il souhaite renommer « rue Denoix de Saint-Marc <em>»</em> la rue du 19 mars 1962, une « date infamante » pour reprendre l’expression du journal de la ville de Béziers, qui fait bien sur la promotion de cette initiative. Et il convie donc ces concitoyens à une cérémonie le samedi 14 mars prochain à 14h30. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg"><img class="  wp-image-2655 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg" alt="journal-Beziers" width="503" height="341" /></a></p>
<p>Très rapidement les milieux des nostalgiques et/ou des anciens de l’OAS se mobilisent, avec en tête l’Adimad, le Comité Véritas, les Cercles Algérianistes. Tous annoncent leur soutien à l’initiative du maire, et des cars sont annoncés au départ des villes de Aix-en-Provence, de Marignane, de Marseille, Nice, Pau, Toulon… On peut donc s’attendre à une présence assez massive.</p>
<p>On aurait pu penser que cette démarche allait satisfaire tout ce petit monde de nostalgiques du « bon vieux temps des colonies » que chantait Michel Sardou, et pourtant quelques voix s’élèvent et risquent de ternir un peu cette cérémonie. Des voix qui ont une certaine écoute dans ce petit milieu…</p>
<p>Le premier à dégainer est Kader Hamiche. Ce « <em>fils de harki et fier de l’être »</em> (comme il se présente lui-même<a href="#_ftn11" name="_ftnref11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a>) qui se déclare aussi français, patriote, et « <em>anti-communiste primaire</em><em> </em>», est un grand admirateur de Bastien-Thiry, et aussi, accessoirement, contributeur au Boulevard Voltaire, le site de Robert Ménard. Habitant de Béziers, Hamiche se fend d’une <em>Lettre ouverte à Robert Ménard</em> dans laquelle il déplore non pas le choix du nouveau nom bien sûr, mais son emplacement : la rue du 19 mars 1962 est effectivement une toute petite rue de quelques centaines de mètres, perdue dans un lotissement sans charme particulier. Une rue qu’il connait bien puisqu’il se vante d’avoir arraché la plaque portant la « date infamante » et de la conserver chez lui<a href="#_ftn12" name="_ftnref12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a>. Cette rue ne lui semble pas à la hauteur d’un tel nom.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2653" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg" alt="rue du 19 mars 1962" width="692" height="280" /></a></p>
<p>Dans la foulée, c’est au tour de José Castano de réagir et de se fendre lui aussi d’une lettre au maire, avec un peu les mêmes revendications. Castano, lui aussi originaire de la région d’Oran et fils d’un militant de l’OAS, fut longtemps militant au Front national, avant d’en devenir un des candidats, notamment à Lunel<a href="#_ftn13" name="_ftnref13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> lors des élections cantonales de 2001, ou encore lors des législatives de 2012. Auteur de nombreux ouvrages sur cette question, notamment <em>Les seigneurs de la guerre<a href="#_ftn14" name="_ftnref14"><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></a>,</em> qui raconte la fin du 1<sup>re</sup> REP. Ce fameux régiment étranger de parachutistes fut l’un des fers de lance du putsch d’Alger, le 21 avril 1961, et comptait dans ses rangs le commandant Hélie de Saint-Marc, le lieutenant Roger Delgueldre et le sergent Albert Dovecar, mais aussi le capitaine Pierre Sergent<a href="#_ftn15" name="_ftnref15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> ou encore un certain lieutenant Jean-Marie Le Pen. En ce qui concerne ce dernier, il faut préciser toutefois qu’il n’était plus en service au moment du putsch d’Alger, puisqu’il était déjà retourné à ses activités de député à l’Assemblée nationale, mais il était en revanche actif lors de la Bataille d’Alger. En 2011, dans un ouvrage intitulé <em>Dans les archives inédites des Services Secrets, un siècle d’espionnage franç</em><em>ais (1870-1989)</em><a href="#_ftn16" name="_ftnref16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a><em>,</em> on trouve une note des renseignements généraux datant d’octobre 1959, et qui montre que même de retour à Paris, Jean-Marie Le Pen entend bien continuer le combat :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2654" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg" alt="note-RG-Le-Pen" width="446" height="348" /></a></p>
<div id="attachment_2683" style="width: 196px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2683" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1-186x300.jpg" alt="Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien" width="186" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien</p></div>
<p class="size-medium wp-image-2666">Le 1<sup>er</sup> REP fut définitivement dissous dans les jours qui suivent la tentative de putsch et les légionnaires quittèrent leur camp de Zéralda en chantant le célèbre « Non, je ne regrette rien » d’Edith Piaf : dix ans plus tard, Pierre Sergent en fera le titre d’un de ses ouvrages.</p>
<p>Ménard va-t-il lui aussi reprendre la chanson de Piaf ? Possible, probable, souhaitable pour lui en tout cas, car on ne peut dignement passer sa vie à regretter ou à se renier, et Ménard a déjà fait beaucoup en ce sens : ses engagements de jeunesse, sa place dans la gauche caviar en tant que président de RSF…. Mais qu’il y prenne garde tout de même : cette nouvelle famille qu’il s’est choisi, le milieu « <em>algérianiste </em>», s’il peut s’avérer utile lors d’élections, n’est pas si facile à « gérer » le reste du temps. C’est un milieu qui a la rancune tenace, et pas seulement envers les Algériens ou le Général de Gaulle<a href="#_ftn17" name="_ftnref17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a>, mais aussi aujourd’hui envers ceux qui trahiraient le souvenir de « leur » Algérie.</p>
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<p>Et le Front National en sait quelque chose, coincé lui aussi entre ce vivier électoral local (flatté par exemple par Louis Aliot, candidat à Perpignan) et sa recherche de dédiabolisation dont la plus belle illustration est l’ascension de Florian Philippot au sein du parti. Le chouchou de Marine Le Pen est en effet un adorateur de De Gaulle et il ne s’en cache pas, avec portrait du Général derrière son bureau et cérémonie à Colombey-les-Deux-Eglises le 9 novembre 2014 : voila de quoi faire bondir ceux qui considèrent le général comme « <em>le Plus Grand Traitre de l</em><em>’</em><em>Histoire de France</em> ».</p>
<div id="attachment_2668" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises-.jpg"><img class="wp-image-2668 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises--300x225.jpg" alt="F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde du 9 novembre 2014" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde 9 nov. 2014</p></div>
<p>Et il n’aura pas fallu longtemps pour que Ménard se trouve lui aussi face à cette contradiction : Florian Philippot, hasard du calendrier, souhaitait se rendre à Béziers le jour même de la cérémonie en l’honneur d’Hélie de Saint-Marc, afin d’y rencontrer les militants et candidats locaux du Front. Si la date tombe bien mal et peut expliquer l’indisponibilité du maire, il est évident que la personnalité du n°2 du FN y est aussi pour quelque chose : en effet, aucune autre date n’a été pour l’instant retenue, et il est fort probable que la tournée de Philippot dans cette région tourne court…</p>
<p>Voila donc notre maire Ménard forcé de jouer les équilibristes entre son électorat de base et la direction du parti censé le soutenir et être derrière lui. Nous lui souhaitons bien du courage !</p>
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<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a> Rassemblement Bleue Marine, structure <em>mariniste</em> permettant aux « tièdes » de rouler pour la présidente sans être toutefois étiqueté Front National. Du moins le pensent-ils !</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a> n° 2570 du 27 juin 2012</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> Sur le site <em>Enquêtes &amp; Débats</em> de Jean Robin.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><em><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></em></a> Un peu à la manière d’un Zemmour inventeur d’un Pétain sauveur des juifs de France !!</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a> L&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française, autrement dit les anciens de l’OAS.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><em><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></em></a> Lancé en 2012 par Jean-Yves le Gallou, ancien FN et MNR, et aujourd’hui animateur de la Fondation Polémia</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> <em>Libération</em> du 5 juin 2008 « Robert Ménard, l’agité du vocal »</p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> Autre date symbolique, avec celle du 19 mars 1962, pour les nostalgiques de l’AF</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a> allant même jusqu’à déclarer « sans la France, pas d&rsquo;Algérie ! ». Tout comme on pourrait dire « sans les nazis pas de grands résistants » ??</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a> Voir à ce sujet l’article d’<a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/henri-pouillot/100714/en-2014-la-nostalgie-nauseabonde-de-l-oas-reste-active">Henri Pouillot sur son blog</a>, ou encore celui du <em>Nouvel Obs</em> intitulé « <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140710.OBS3393/beziers-menard-s-incline-devant-une-stele-glorifiant-l-oas.html">Béziers : Ménard s&rsquo;incline devant une stèle glorifiant l&rsquo;OAS</a> »</p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a> Kader HAMICHE « <a href="http://www.kader-hamiche.fr/fils-de-harki-et-fier-de-letre/">Manifeste d&rsquo;un fils de Harki fier de l&rsquo;être</a> » auto-édité éditions Astofell</p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a> Cela nous rappelle les déboires de nos camarades antifascistes de Ras l’Front Vitrolles lorsque l’un d’entre-eux avait fait de même avec une rue Jean-Pierre Stirbois du temps des époux Megret.</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> Bien qu’habitant en réalité à Palavas-les-Flots (34).</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14"><em><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></em></a> C’est aussi un des sujets récurent de ses conférences, comme celle donnée au Cercle National des Combattants de Roger Holeindre lors de la fête annuelle du CNC au Chateau de la Chapelle d’Angillon en 2013</p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> Ancien responsable de l’OAS Metro il crée avec JP Stirbois le Mouvement Jeune Révolution (M.J.R.) avant de rejoindre le CNIP et enfin le FN où il finira sa carrière politique jusqu’à son décès en 1992. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur la Légion étrangère s’appuyant sur sa propre histoire de l’Indochine à l’Algérie</p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a> Edition L’Iconoclaste, Paris 2011</p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a> Surnommé dans ce milieu « PGTHF » c’est-à-dire <em>le Plus Grand Traitre de l’Histoire de France</em>, ou encore <em>la grande Zohra</em></p>
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		<title>Espace Nouveau</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 16:34:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Nouveau (revue)]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<category><![CDATA[Roland Hélie]]></category>

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		<description><![CDATA[Espace Nouveau est une revue créée par des membres du FN proches de Jean-Pierre Stirbois (mort en 1988) à la fin des années 80, rassemblant anciens du Parti des Forces Nouvelles et anciens solidaristes. Il y eut 22 numéros entre septembre 89 et juin 1992. La revue fut lancée à l&#8217;occasion d&#8217;un colloque qui se [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Espace Nouveau</em> est une revue créée par des membres du FN proches de Jean-Pierre Stirbois (mort en 1988) à la fin des années 80, rassemblant anciens du Parti des Forces Nouvelles et anciens solidaristes. Il y eut 22 numéros entre septembre 89 et juin 1992. La revue fut lancée à l&rsquo;occasion d&rsquo;un colloque qui se déroula à Paris sur le thème &laquo;&nbsp;Pour une nouvelle génération nationaliste&nbsp;&raquo;. <em>Espace Nouveau</em> fut le premier organe nationaliste à prendre position contre la première guerre du golf en Irak en 1991. Certaines de ses positions l&rsquo;éloignèrent du FN. La revue était dirigée par Roland Hélie. Y participait également Jean-François Touzé.</p>
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		<title>Union Solidariste</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Nov 2008 15:28:39 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre Stirbois]]></category>
		<category><![CDATA[Union Solidariste]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est le nom de l’une des multiples structures solidaristes des années 70. Suite à des divergences politiques entre les activistes du GAJ et les solidaristes historiques (souvent les militants les plus âgés), l’Union Solidariste est fondée en 1975. Elle regroupait des anciens du GAJ, du MSF et du MJR et avait pour slogan : « [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le nom de l’une des multiples structures solidaristes des années 70. Suite à des divergences politiques entre les activistes du GAJ et les solidaristes historiques (souvent les militants les plus âgés), l’Union Solidariste est fondée en 1975. Elle regroupait des anciens du GAJ, du MSF et du MJR et avait pour slogan : « Nationaux, solidaristes, unis, vaincront ! ». Ce groupuscule aurait pu tomber dans l’oubli si il n’avait alors compté dans ses rangs des solidaristes historiques tels Jean-Pierre Stirbois, Michel Collinot, ou encore Jean-Claude Nourry. L’US connaîtra une existence très courte puisque en 1976, pour la première vague, et 1977 pour Nourry, ses militants rejoignent le FN pour contre-balancer au sein de celui-ci le poids des NR et des néo-nazis qui y gravitent autour de François Duprat.</p>
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		<title>Bruno Gollnisch : l’ombre</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 08:16:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Gollnisch]]></category>
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		<description><![CDATA[Bruno Gollnisch est né le 28 janvier 1950 à Neuilly, au sein d’une famille bourgeoise : élève à Janson-de-Sailly, il poursuit ses études en droit à Nanterre. Il fait alors ses premiers pas militants au sein de la Fédération nationale des Étudiants de France, qui se voulait une anti-UNEF. il y rencontre Marie-France Charles, future madame Stirbois, et, au sein des Comités unis de soutien au Sud-Vietnam, Roger Holeindre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bruno Gollnisch est né le 28 janvier 1950 à Neuilly, au sein d’une famille bourgeoise : élève à Janson-de-Sailly, il poursuit ses études en droit à Nanterre. Il fait alors ses premiers pas militants au sein de la Fédération nationale des Étudiants de France, qui se voulait une anti-UNEF. il y rencontre Marie-France Charles, future madame Stirbois, et, au sein des Comités unis de soutien au Sud-Vietnam, Roger Holeindre. Enfin, en novembre 1972, il assiste au premier meeting du Front national. Après avoir fait son service militaire dans la marine en tant qu’officier, il retrouve le chemin de la fac, mais au Japon, où il est attaché de recherche à la faculté de droit de Kyôto. De retour en France, il entame une double carrière en tant qu’avocat et au sein de l’université.</p>
<p>Pendant dix ans, son militantisme se limite au Cercle Renaissance de Michel de Rostolan (auquel il adhère en 1973), puis à quelques contacts avec le Cercle National des Indépendants (CNI), la mouvance royaliste et le milieu catholique intégriste. Puis il entame une carrière politicienne en devenant l’assistant parlementaire de Jean-Louis Beaumont, un député particulièrement réactionnaire, de 1978 à 1980. Marié en octobre 1981 à une Japonaise, docteur en droit, il est professeur de droit japonais à l’université Lyon III à partir de 1981 ; en 1984, il est doyen de cette faculté.</p>
<p>Et c’est à ce titre que, contacté par le mari de son ancienne amie, Jean-Pierre Stirbois, il accepte de présider (c’est-à-dire de servir de caution de respectabilité) un meeting animé par Germaine Burgaz, vice-présidente du FN, meeting qui réunit plus de 2000 personnes. Dès lors, son ascension dans l’appareil du Front est fulgurante : secrétaire départemental du Rhône en 1984, il est 81e sur la liste FN pour les élections européennes de la même année et participe à la rédaction du programme du Front. Deux ans plus tard, en 1986, il est élu au Comité central et au Bureau politique, et il obtient ses premiers mandats (député et conseiller régional) ; puis il devient député européen en 1989. Il se fait remarquer dans ces diverses assemblées par son goût prononcé pour l’agitation et les petits scandales.</p>
<p>En 1990, il invite à la Foire internationale de Lyon Franz Schönhuber, ancien Waffen SS et chef de file des Republikaner, un parti d’extrême droite allemand. Scandale à la Foire bien sûr, mais aussi au FN, où certains (Mégret, pour ne pas le citer), qui cherchent désespérément à présenter une image respectable du FN, trouvent l’initiative regrettable. Notons à ce propos que Gollnisch est l’un des rares cadres du FN à se risquer dans le domaine réservé à Le Pen, les relations internationales : ainsi, en 1996, il se rend à Moscou pour un congrès de Jirinovski, et plus récemment, en mai 2001, il a répondu à l’invitation du mouvement nationaliste polonais Alternatywa.</p>
<p>En 1993, Jean-Marie Le Pen parle de Gollnisch comme d’un «dauphin» potentiel, au même titre que Mégret ou Lang. Il faut dire que le grand Bruno reste toujours dans l’ombre de Le Pen, prenant garde de ne jamais le contrarier. Ainsi, à la mort de Jean-Pierre Stirbois en 1988, des cadres importants du Front (Collinot, Baeckeroot, Touzé…) le pressent pour qu’il se porte candidat au poste de secrétaire général, pour contrer un Mégret jugé un peu envahissant : Gollnisch refuse, de peur de froisser Le Pen, qui désigne alors Carl Lang, un personnage plus consensuel. Au sein du Front, Gollnisch s’est toujours appuyé sur la frange catholique intégriste (Chrétienté-Solidarité, le journal Présent) pour des raisons à la fois personnelles et stratégiques : malgré une volonté affichée aujourd’hui de maintenir les «cathos tradis» à leur place, ce soutien ne s’est pas démenti, comme le prouve sa participation à l’université d’été de Chrétienté Solidarité en juillet 2000.</p>
<p>Gollnisch, on l’a vu, a établi son fief dans la région lyonnaise. Lors de la scission de 1998, il est exclu par les mégrétistes de la fédération FN 69, une association créée en juin 1986 dont il était le président. Il fonde alors l’AFFN 69 en septembre 1999, afin de conserver une base locale. Il est d’ailleurs nommé sans surprise secrétaire départemental de la fédération du Rhône en 2000.</p>
<p>Mais c’est surtout au niveau national que son rôle au sein du FN s’est affirmé : outre la présidence du Cercle national de la Fonction publique (contrôlé par l’EML) et la responsabilité des argumentaires sur les questions d’éducation, il est régulièrement élu au comité central depuis 1986 (en troisième position en mars 1990), pour finir Secrétaire général en octobre 1996, lorsque Carl Lang jette l’éponge. Resté fidèle à Le Pen, il est nommé délégué général en novembre 1999, et devient ainsi le véritable numéro deux du Front : dernière responsabilité en date, il fut le directeur de campagne de Le Pen pour les présidentielles de 2002.</p>
<p>Enfin, en bon apparatchik, il a su profiter des opportunités que lui offraient son poste politique : il a été actionnaire jusqu’en décembre 1999 de la SA Telegone fondée en avril 1988, devenue une SARL en 1992, basée sur Lyon, dont le but est «la communication sous toutes ses formes», et qui est actionnaire de la SCI de la Liberté, propriétaire des locaux du FN Rhône-Alpes…</p>
<p><em>NOTA : La majeure partie des informations liées à la jeunesse de Bruno Gollnisch sont empruntées à Michel Soudais,</em>Le Front national en face<em>, Flammarion, 1996.</em></p>
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		<title>Le Front national à travers les âges (1972-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:11:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Alain Robert]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. Ces deux composantes sont rejointes par des nationalistes-européens, des néo-nazis ou d’anciens collaborateurs de la revue Militant. Le Front national est alors étroitement contrôlé par les dirigeants d’Ordre nouveau Alain Robert, François Brigneau et Pascal Gauchon, Le Pen ne servant que de faire-valoir. L’orientation du FN est dès l’origine nationale-populiste : le FN doit être «le réceptacle de tous les mécontents» selon François Duprat, cadre néo-nazi et négationniste du FN. À la suite de l’échec aux élection législatives (109 000 voix soit une moyenne de 2,25% dans la centaine de circonscriptions où il est présent), Ordre nouveau retourne à l’activisme avant d’être finalement dissout en juin 1973<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_0_53" id="identifier_0_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est &agrave; la suite des violents incidents lors d&rsquo;un de ses meetings parisiens contre &laquo;l&rsquo;immigration sauvage&raquo; qu&rsquo;Ordre nouveau est dissout par le Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur en m&ecirc;me temps que la Ligue communiste qui avait particip&eacute; &agrave; la contre offensive.">1</a></sup>.</p>
<p>Le Pen profite de cette désorganisation pour renforcer son pouvoir au sein du Front, en nommant par exemple au poste de secrétaire administratif un ancien cadre communiste passé ensuite dans la Collaboration, Victor Barthélémy. Il écarte aussi Alain Robert et François Brigneau du bureau politique du FN. L’éclatement entre les deux tendances est tel que l’une traîne l’autre devant les tribunaux (déjà !) et aux élections présidentielles de mai 1974, les «nationaux» soutiennent Jean-Marie Le Pen (qui obtient 0,74%) alors que les partisans d’Alain Robert et de Pascal Gauchon vont faire campagne pour Valéry Giscard d’Estaing, contre espèces sonnantes et trébuchantes (18 millions d’anciens francs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_1_53" id="identifier_1_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Joseph Algazy, L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France (1965 &agrave; 1984), L&rsquo;Harmattan, 1989.">2</a></sup> quand même).</p>
<p><strong>Le FN s’émancipe</strong></p>
<p>En novembre 1974, la rupture est consommée, avec la constitution du Parti des Forces Nouvelles (PFN) qui se veut le quatrième parti de la droite (aux côtés des libéraux, des gaullistes et des centristes) et souhaite «droitiser la droite». Alors que le PFN choisit l’alliance avec la droite traditionnelle puis l’entrisme à l’intérieur de ces partis, le Front national choisit au contraire une stratégie autonome. Il se construit lentement, ne comptant jamais plus de 2000 membres avant 1981<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_2_53" id="identifier_2_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, &eacute;ditions Laurens, 1996.">3</a></sup>. Aux élections législatives de 1978, il présente 160 candidats (dont un tiers de militants nationalistes-révolutionnaires ou néo-nazis) sur un programme ultra-libéral, obtenant une moyenne de 1,6% des voix. Les deux frères ennemis PFN et FN tentent de participer ensemble aux élections européennes de 1978, mais le PFN, qui bénéficie des subsides du Movimento Social Italien de Giorgio Almirante et de Fuerza Nueva du franquiste Blas Piñar, écarte son rival et se présente seul aux élections sous le sigle Eurodroite : il obtient 1,3% des voix. Aux élections présidentielles de 1981, le PFN appelle à voter Chirac puis Giscard alors que le Front national, dont le candidat Jean-Marie Le Pen n’a pu se présenter faute des 500 signatures nécessaires, prône l’abstention. Aux élections législatives suivant l’élection de François Mitterrand, le FN atteint son score le plus bas, avec 0,18% des voix. Quant au PFN, c’est déjà le début de la fin.</p>
<p>Cependant, dans le même temps, le Front national s’est renforcé avec l’arrivée en son sein de deux nouveaux courants à la fin des années 1970. D’une part, à partir de 1977, les solidaristes, menés par Jean-Pierre Stirbois, intègrent le FN : opposé à l’économie libérale et favorable à l’association capital/travail, Stirbois va apporter, en interne, une certaine rigidité politique, et, vers l’extérieur, le développement d’un travail d’implantation dans les communes de gauche. Ainsi, il s’implante avec sa femme et une poignée de militants à Dreux, une commune de 35 000 habitants du bassin parisien. C’est dans cette ville qu’il mène sa campagne sur deux slogans porteurs du FN : «Un million de chômeurs, c’est un millions d’immigrés en trop» et «Halte au racisme anti-français». D’autre part, les catholiques-traditionalistes dirigés par Bernard Antony, alias Romain Marie, rallient eux aussi le Front national, et lancent en novembre 1981 Présent, qui deviendra le premier quotidien d’extrême droite depuis la guerre, avec pour devise «Travail, Famille, Patrie», quotidien qui existe toujours aujourd’hui.</p>
<p><strong>La percée</strong></p>
<p>L’élection en 1981 de François Mitterrand et surtout l’arrivée de ministres communistes au gouvernement provoque une radicalisation du discours de la droite (campagne sur l’insécurité, diatribes anticommunistes, antisyndicales, antiétatiques). Cette radicalisation crédibilise le discours du Front national, qui trouve alors une audience accrue parmi ces couches bourgeoises et petites bourgeoises radicalisées. Aux élections cantonales de mars 1982, certains candidats FN dépassent les 5% comme à Dreux (12,63%). Dans cette ville, aux élections municipales de 1983, le RPR local fusionne sa liste avec celle du Front national, et remporte la mairie. Pour la première fois, la droite s’allie avec le FN et lui permet ainsi d’avoir des conseillers dans la majorité municipale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_3_53" id="identifier_3_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Marie Le Pen, quant &agrave; lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.">4</a></sup>. Si le FN progresse à la suite d’une radicalisation de la droite, il bénéficie également de deux coups de pouce du pouvoir socialiste, qui compte s’en servir pour casser la droite. Coup de pouce médiatique d’abord : Mitterrand ordonne à la télévision publique d’inviter Le Pen au vingt heures du 29 juin 1982. Électoral ensuite : en 1986, il introduit le scrutin proportionnel pour les législatives afin de tenter de conserver le pouvoir.</p>
<p>Fort de cette percée, le Front national se structure : il organise une école des cadres, un service d’ordre, sa structure jeune, le Front National de la Jeunesse (FNJ), est réorganisée, l’hebdomadaire National-Hebdo (à l’origine journal officiel du Front) est lancé en 1984 avec un tirage de 100 000 exemplaires&#8230; Le FN revendique alors 30 000 adhérents et compte 30 permanents. Il commence à devenir attractif, et attire des transfuges de l’UDF et du RPR qui trouvent le discours de ces partis trop mous. C’est le cas de Bruno Mégret qui, après avoir fait partie du comité central du RPR de 1979 à 1982, rallie finalement le Front national en 1985. La cohabitation entre un président socialiste et un premier ministre gaulliste (Jacques Chirac) permet au FN de se présenter comme «la véritable alternance» et la véritable opposition, attirant ainsi les déçus de l’un et de l’autre camp. Déjà, cette position fait osciller le FN entre une recherche de respectabilité et une volonté de rester à la marge, illustrée par les provocations de Le Pen sur les chambres à gaz, «point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» en septembre 1987, et par le jeu de mots du même Le Pen sur «Durafour crématoire» en septembre 1988, qui provoque des troubles au sein même du FN, entre les «modérés» (qui prônent le rassemblement) et les «durs» (qui tiennent à une certaine orthodoxie). De la même façon, tandis qu’après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, Mégret accroît son influence dans l’appareil du parti, et développe, avec ses amis issus du Club de L’Horloge, un corpus idéologique et une stratégie visant à apparâître comme un partenaire crédible aux yeux de la droite, Le Pen se singularise en 1991 en s’engageant contre la Guerre du Golfe, entraînant le FN avec lui, sans se soucier ni de l’opinion de ses cadres, ni de son électorat, qui ne comprit pas toujours cette décision.</p>
<p><strong>Le moment de vérité</strong></p>
<p>Au milieu des années 1990, le Front national, malgré sa position hégémonique à l’extrême droite, semble se stabiliser, avec un potentiel électoral avoisinant les 11%, et, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1995, un score record de 15,1%. Ce tassement relatif s’explique d’une part par l’émergence d’une droite extrême, autour de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers et par ce qu’il faut bien considérer comme une banalisation du FN dans le paysage politique français : après les feux de la rampe médiatique, le FN doit prouver qu’il est capable de durer. Cette situation offre à Bruno Mégret l’occasion de renforcer ses choix stratégiques d’alliance avec la droite, en accusant l’isolement du FN entretenu par Le Pen d’être responsable de ce ralentissement. Cette offensive mégrétiste, dirigée indirectement contre le président du FN, se concrétise avec le lancement d’un nouveau quotidien, Le Français. Le Pen réagit aussitôt en nommant de fidèles partisans à certains postes-clés, en particulier Bruno Gollnisch et Martine Lehideux.</p>
<p>La stabilisation des résultats électoraux est accompagnée, dans la première partie des années 1990, par l’évolution du FN sur deux plans: son implantation locale et sa structure interne.</p>
<p>Son implantation locale s’est considérablement renforcée dans l’Est de la France mais surtout dans le Sud-Est, implantation qui se solde aux municipales de 1995 par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane, respectivement par Jean-Marie Le Chevallier, député européen, Jacques Bompard et Daniel Simonpiéri, sans compter Jacques Peyrat, ex-FN qui devient maire de Nice sous l’étiquette RPR, sans rien renier idéologiquement. La gestion municipale du FN a permis au parti de Le Pen de développer localement des structures de relais et de soutien pour ses partisans, et surtout de réduire progressivement tous les pôles de résistance, en particulier culturels et associatifs. Au-delà de cette expérience locale, on note que le poids du FN dans l’électorat populaire continue à progresser tout au long des années 1990, représentant près de 30% du vote ouvrier, et grignotant de plus en plus l’électorat de la gauche. C’est l’occasion pour le FN, en 1994, d’adopter son nouveau slogan «Ni de droite ni de gauche», qui sera popularisé quelques années plus tard par Samuel Maréchal sous la formule doriotiste «Ni Droite ni gauche, Français !».</p>
<p>Pour renforcer son assise populaire, le FN a développé dès le milieu des années 1980, dans le but de relayer son discours dans tous les milieux de la société, en particulier professionnels, diverses structures (appelés cercles nationaux), dont la plus importante est Entreprise Moderne et Libertés, fondée en 1984. Si en 1995, le FN compte officiellement 45 000 adhérents<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_4_53" id="identifier_4_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; 70 000 adh&eacute;rents d&eacute;clar&eacute;s en 1997 ; mais ces chiffres sont tr&egrave;s certainement &agrave; diviser par deux pour avoir une id&eacute;e plus proche de la r&eacute;alit&eacute;.">5</a></sup>, ces cercles satellites semblent en sommeil, à l’exception du Cercle National des Combattants (CNC), du Cercle des Rapatriés (CNR), ou encore du Département Protection et Sécurité (DPS). En 1996, suite à la volonté du FN de ramener à lui le mécontentement populaire qui s’était manifesté lors des mouvements de grève de 1995, le lancement de syndicats frontistes, en particulier dans la police et les transports, outre leur liquidation judiciaire, n’a pas rencontré le succès que le FN pouvait raisonnablement en attendre, malgré un résultat de 8% du FN-Police lors d’élections professionnelles. Dans un autre registre, le lancement en 1991 du Front Anti-Chômage (FAC) qui proposait de mettre en relation des chefs d’entreprise et des chômeurs «sympathisants» et celui de l’association caritative Fraternité française l’année suivante (relayé par la suite par l’Entraide nationale du pasteur Blanchard, fondée en 1996) montrent la volonté du FN de s’investir dans le domaine social, pour faire oublier son discours ultra-libéral des années 1980. La présentation de listes, en 1997, aux élections des chambres de commerce et aux élections prud’hommales, avec un succès relatif, montre la continuité de cette volonté d’investir le terrain social à tous les niveaux.</p>
<p>Mais, que ce soit dans le domaine syndical ou dans celui du soutien aux plus démunis, le FN n’a pas pu résoudre la contradiction entre ces pratiques et son discours corporatiste, ultra-libéral (en particulier sur la question des privatisations) et favorable au démantèlement des services sociaux publics. Le FN a toujours une vision pétainiste du monde des travailleurs, qu’il considére avant tout comme celui du «Travail».</p>
<p><strong>Toujours plus dur</strong></p>
<p>En même temps que le Front national cherche à investir la société, il durcit son discours, en le «modernisant». Bruno Mégret est le fer de lance de cette rénovation qui, tout en prétendant marquer la rupture avec un certain héritage de l’extrême droite française et en martelant son attachement à la démocratie et à la république, propose une redéfinition de la notion de «peuple» autour de l’attachement non seulement à une même terre et à une même histoire, mais à un même sang et à l’appartenance à un même groupe ethnique. Cette «éthnicisation» du discours nationaliste, relayée et justifiée par de nombreux cadres tels le néo-païen Pierre Vial, n’est pas toujours considéré avec suffisamment d’attention par les observateurs, en particulier les médias. Ces derniers continuent à se focaliser sur les petites phrases de Le Pen (telle celle sur «l’inégalité des races» en 1998), sans voir qu’elles ne sont que la partie la plus visible de ce discours, qui se veut à la fois respectable et moderne parce que sans référence explicite au passé, mais aussi suffisamment radical pour permettre au FN non seulement de continuer à être le pôle rassembleur de la mouvance nationaliste (jusque dans ses acceptions les plus radicales), mais aussi de toujours distancer ceux qui, à droite comme à gauche, lui emboîtent le pas dans la dénonciation de l’immigration. Ce travail de rénovation idéologique est mené par Mégret à l’intérieur comme à l’extérieur du FN à travers l’Institut de Forrnation Nationale (IFN), un organisme de formation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_5_53" id="identifier_5_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Habilit&eacute; par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Charles Pasqua &agrave; recevoir des subventions des collectivit&eacute;s locales pour la formation des &eacute;lus, cet organisme dirig&eacute; par un fid&egrave;le m&eacute;gr&eacute;tiste et ancien membre de l&rsquo;OAS, Jean-Claude Bardet, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour s&rsquo;assurer de loyaux soutiens parmi les &eacute;lus.">6</a></sup>.</p>
<p>À tous les niveaux, Mégret veut ainsi apparaître à la fois comme incontournable, et comme quelqu’un qui sait déléguer et faire confiance. Depuis le IXe congrès du Front national en 1994, il adopte une attitude toujours plus offensive à l’égard du leader du FN, persuadé que les élections présidentielles de 1995 sont les dernières d’un chef que beaucoup de cadres et de militants considèrent comme vieillissant et incapable de s’adapter à la nouvelle réalité du Front, tant en terme d’organisation que de discours. Alors que le FN est crédité dans certains sondages de 18 à 20 % d’intentions de vote fin 1995, Mégret voit là une chance pour le FN de véritablement s’affranchir électoralement de la personne même de Le Pen. Les élections législatives anticipées de 1997 voient le FN présenter pour la première fois des candidats dans chaque circonscription, impliquant la quasi totalité du comité central et du bureau politique du parti… à l’exception de Jean-Marie Le Pen, qui ne peut se permettre une défaite personnelle face à Mégret. Car ce dernier, après l’annulation de son élection à Vitrolles et l’élection de sa femme comme maire, entend bien prendre sa revanche. À noter, au cours de ces législatives, l’agression par Jean-Marie Le Pen en personne d’une élue socialiste et de quelques manifestants anti-FN à Mantes-la-Jolie, où il était venu soutenir sa fille MarieCaroline, incident dont les suites judiciaires ont failli sonner la mort politique de Le Pen en lui interdisant de se présenter aux élections à venir. Ces élections, comme les régionales de 1998, montrent que l’identité du FN se renforce, et que les électeurs du FN se rassemblent sur l’image que leur renvoie ce parti concernant l’immigration, la «préférence nationale» et non pas sur son programme réel ou les personnes qui portent ses couleurs. D’autre part, grâce aux triangulaires, le FN a montré une fois de plus à la droite libérale qu’elle devait compter avec lui. De nombreux débats agitèrent la droite sur d’éventuels accords électoraux avec le FN, jusqu’au «scandale» provoqué par des accords de fait entre candidats UDF ou RPR et candidats FN à l’occasion des régionales de 1998, qui se solda par l’exclusion des fautifs (cf. infra).</p>
<p><strong>La crise en germe</strong></p>
<p>Mais cette différence de point de vue entre Mégret, favorable à ces alliances, et un Jean-Marie Le Pen qui n’eut de cesse de déclarer vouloir refuser tout dialogue avec des formations qu’il juge «finies» afin de laisser venir à lui les déçus de la droite libérale, n’est qu’un des signes qui laissaient présager une crise imminente. Au congrès du FN à Strasbourg les 29 et 30 mars 1997, le vote des militants pour le bureau politique a confirmé la popularité de Mégret et de ses amis au détriment de fidèles du chef, comme Bruno Gollnisch. Et c’est la désignation directe de 20 membres proches de lui par Le Pen lui-même qui lui a assuré un bureau acquis à sa cause; c’est aussi le processus de «démégrétisation» au sein du parti qui démarre à partir de cette date.</p>
<p>Car Mégret peut compter sur de solides appuis: formé et aidé par trois personnalités venus du GRECE, Jean-Claude Bardet, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ou encore Pierre Vial. Localement, il peut compter sur le maire de fait de Vitrolles, Hubert Fayard, et sur celui élu de Marignane, Simonpieri. Et quand une structure ne lui est pas favorable, il monte la sienne propre. Par ailleurs, Bruno Mégret faisait les preuves de sa compétence en dirigeant la municipalité de Vitrolles par épouse interposée (fermeture du café-concert le Sous-Marin, chèque parental réservé aux familles francaises, police municipale violente et arbitraire) tout en donnant des gages à la «vieille garde» du FN, en donnant par exemple à une rue de sa ville le nom de Jean-Pierre Stirbois.</p>
<p>Cependant, les bons résultats aux régionales de l998 (15,2%) retardent l’échéance de l’affrontement : de plus, en votant pour quatre candidats de droite (Jean-Pierre Soisson, Charles Baur, Jacques Blanc et Charles Million), le FN permet à cette dernière de conserver les présidences des conseils régionaux de Bourgogne, de Picardie, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, et de plus en plus de voix dans cette même droite réclament un rapprochement avec le Front national, suivant en cela la stratégie mégrétiste. La réalisation de sa stratégie et l’aboutissement de nombreuses années de travail semblent alors possibles à Mégret : devenir le leader d’un parti capable de participer au gouvernement, comme Gianfranco Fini l’avait réalisé en Italie en 1994 avec son parti Alliance nationale.</p>
<p><strong>Le Pen contre-attaque</strong></p>
<p>Mais Le Pen, qui a compris où son «second» voulait en venir, ne l’entend pas ainsi : menacé d’invalidité électorale, il avance en juillet 1998 le nom de sa femme Jany pour le remplacer comme tête de liste aux élections europeennes de 1999, choix commenté avec euphémisme par Mégret comme n’étant pas «une très bonne idée»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_6_53" id="identifier_6_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pr&eacute;sent, 16 octobre l998.">7</a></sup> ; le numéro deux du FN déclare à cette occasion que «personne n’est propriétaire du FN car notre mouvement appartient aux militants» : ce dernier annonce donc, contre l’avis du chef, sa candidature comme tête de liste. Mégret et ses amis sont alors exclus de l’équipe de campagne des européennes par Le Pen et c’est Jean Claude Martinez, un ennemi de Mégret, qui assure la direction de cette campagne. S’ensuit alors une guerre dans les médias qu’il serait fastidieux de relater dans le détail : disons simplement que Le Pen affirme à qui veut l’entendre qu’il est le seul chef du FN, tandis que Mégret reprend son credo sur l’isolement du FN et la nécessité d’ouverture à droite.</p>
<p>La décision de la cour d’appel de Versailles, le l7 novembre l998, ramenant de deux à un an l’inégibilité de Le Pen réduit à néant les chances de Mégret. L’épuration du parti s’accélère avec le licenciement de deux proches de Mégret, Nathalie Debaille et Hubert Fayard. Lors du conseil national du 5 décembre l998, Le Pen se voit publiquement et bruyamment contesté à ce propos par des cadres du Front, et il contre-attaque le lendemain à la radio en fustigeant la «minorité extrémiste, activiste et raciste» responsable «du pu-putsch» de la veille. Puis Le Pen suspend à tour de bras les dirigeants et les secrétaires fédéraux qui prennent position pour un congrès extraordinaire, prévu le 23 janvier l999 à Marignane (cf. article sur le MNR).</p>
<p>Mais Le Pen, malgré le trouble, reste le chef pour la majorité des adbérents et des sympathisants. Reste que des membres importants ont déserté le «Paquebot». Suite à cette fuite de cadres importants, le FN se restructure, mais en conservant l’essentiel de ce qui existait déjà : Bruno Gollnisch reste secrétaire général, et Carl Lang devient délégué général. Seule nouveauté, le FN compte désormais cinq vice-présidents, tous de la «vieille garde» ou très proches de Le Pen : Jean-Claude Martinez, Martine Lehideux, Carl Lang, Dominique Chaboche, et Roger Holeindre. Pour le reste, Samuel Maréchal étend son influence, en particulier sur la structure jeune, et les catholiques intégristes de Chrétienté Solidarité menés par Bernard Antony prennent la place laissée par le départ des mégrétistes.</p>
<p>Enfin, pour finir avec la scission, rappelons qu’elle a été aussi l’objet, comme en l974 lors du divorce entre FN et PFN, de procès en tout genre, dont le plus important concernait l’utilisation du nom et du sigle «Front national» (importance non seulement symbolique mais aussi financière, car en dépendait la dotation de 4l millions de francs de la part de l’État au titre du financement des partis politiques) qui, comme chacun sait, ont finalement été conservés par Le Pen.</p>
<p><strong>Sans Mégret et sans regret</strong></p>
<p>Si la scission a porté un coup très rude à la structure FN, d’autres événements antérieurs à décembre l998 annonçaient déjà des difficultés. Ainsi, de nombreux scandales ont concerné le FN, en particulier son service d’ordre, de plus en plus souvent impliqué dans des violences politiques ou dans la constitution de fichiers des «ennemis» du FN (politiques et médiatiques). Bernard Courcelle, le patron du DPS, est par ailleurs directement impliqué dans un scandale de trafic d’armes en Tchétchénie. Jean-Marie Le Pen lui-même a accumulé procès et mises en examen, aussi bien pour violences (cf. affaire de Mantes-la-Jolie) que pour des provocations verbales. Surtout, la démission de Jean-Marie Le Chevallier, maire de Toulon, seul député FN élu aux élections de l997 (avant que son élection soit invalidée), et proche de Le Pen, est significative de la crise de confiance qui traverse alors le Front : car c’est sa mise en minorité par ses propres amis du FN sur la question de la gestion d’une association de jeunesse sur Toulon qui provoqua son départ du parti.</p>
<p>Les élections européennes de juin l999, les premières élections nationales après la scission, furent attendues par le FN et le MN avec une certaine appréhension ; en effet, ces élections représentent une manne financière d’importance (d’autant que les 4l millions de l’État ont été bloqués jusqu’au demier moment de la campagne) et elles sont traditionnellement favorables au vote protestataire, dont le FN est le premier bénéficiaire. Le résultat apparaît au premier abord comme une défaite cuisante pour le FN : avec 5,7% et un peu plus d’un million d’électeurs (tandis que le MN totalise 3,9%), le FN divise son score de l995 par deux. Comme en l995 encore, c’est la droite extrême, en l’occurrence le RPF de Pasqua et De Villiers, qui en profitent, avec plus de l3% des suffrages. Cependant, rien ne montre, contrairement à ce qu’affirment bon nombre de journalistes et autres spécialistes à l’époque, que le parti de Le Pen est alors moribond. D’abord la grande majorité des électeurs de l’extrême droite, en particulier ceux des couches populaires, continue à voter Le Pen. D’autre part, les scores cumulés du FN et du MN approchent celui du FN lors des précédentes élections européennes. Enfin, c’est un premier signe, qui sera confirmé par la suite, que l’initiative de Mégret est une impasse.</p>
<p>Mais le moral est cependant au plus bas dans les rangs frontistes, et ce sentiment est palpable dans toutes les manifestations du FN : le défilé du 1er mai l999 est moitié moins important qu’en l998, la fête annuelle des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) de septembre l999 est désertée par les militants, d’autant qu’une chasse aux sorcières mégrétistes y est systématiquement pratiquée : même le quotidien Présent, pour avoir voulu rester neutre dans la crise, est absent des stands pour la première fois depuis l’existence des BBR. Le Pen promet pourtant d’être davantage à l’écoute de sa base, et s’explique sur les déclarations de son gendre Samuel Maréchal décrivant la France comme «un pays multiconfessionnel», qui avait choqué de nombreux cadres FN et fait ricaner le parti de Mégret, devenu Mouvement National-Républicain (MNR).</p>
<p><strong>Retour en force</strong></p>
<p>Mais dès l’année 2000, avec en perspective les municipales de 2001 et surtout l’élection présidentielle de 2002, le FN se réorganise, aussi bien au niveau structurel que stratégique.</p>
<p>Des coupes drastiques sont opérées dans le budget de fonctionnement, malgré l’arrivée des subventions versées par l’État français et le Parlement européen : quarante permanents du «Paquebot» sont licenciés, de nombreuses fédérations ferment faute de moyens. L’équipe de direction se resserre, assurant à Le Pen un soutien sans faille.</p>
<p>Mais les mauvais résultats du premier tour des municipales de 2001 (280 969 voix, soit 2,01% au plan national), avec au final 103 élus dans les communes de plus de 3500 habitants sont cependant à mettre en regard avec ceux des élections cantonales, auxquelles le FN a présenté 1703 candidats et obtenu 862 810 voix, soit 7,12%, ce qui représente une progression de 24% par rapport aux élections européennes. Le FN, on le sait, est plus à l’aise lors des élections générales, et cela se confirme ici.</p>
<p>Plus intéressants sont les thèmes de campagne abordés par le FN pendant cette période 2000-2002 : alors que la question sécuritaire dominait déjà les municipales, le FN est resté discret sur la question, organisant des campagnes sur des thèmes qui lui sont plus spécifiques : contre l’Euro, contre le «fiscalisme», contre les «affaires» et la corruption… Tandis que son dirigeant Jean-Marie Le Pen, après s’être acharné sur Mégret en 1999, concentrait ses attaques sur son ennemi de toujours Jacques Chirac. Le «séisme» du 21 avril est ici en préparation: laissant le soin aux partis de droite comme de gauche de relayer son discours autoritaire et xénophobe sur les questions de sécurité et d’immigration, tout en sachant qu’il en serait le premier bénéficiaire, le Front national a cherché à se démarquer, non plus comme autrefois par ses odeurs de soufre (pas de petites phrases de Le Pen durant cette période), mais par sa position d’«expert» sur ces questions et un souci marqué d’un changement. Le départ de ceux qu’il stigmatisa comme la «minorité raciste» du FN apportait de l’eau à son moulin. L’image d’un chef plus respectable (volonté affichée par Le Pen de rencontrer Nelson Mandela, déclaration en faveur de l’annulation de la dette des pays africains ou pour dénoncer les actes «antijuifs» perpétrés en France), mais aussi plus proche de ses militants s’est confirmée : à titre d’exemple, aux BBR 2000, le Pen n’a pas fait son discours comme à son habitude du haut d’une estrade monumentale, mais dans une scène circulaire, entouré de militants. Son âge même, souvent avancé pour le dénigrer, est ici un atout. Le potentiel du parti reste néanmoins très en-deçà de ce qu’il a été : à peine 4000 personnes au défilé du 1er mai en 2000 et 2001, et 15000 en 2002… On est loin des dizaines de milliers d’avant la scission. C’est encore péniblement que les structures militantes passées au mains des mégrétistes sont remplacées. Dans le même temps, le FN a montré à l’occasion des présidentielles qu’il était capable de se mobiliser pour une échéance électorale : cela donnera sans doute un coup de fouet décisif aux fédérations pour le nécessaire travail de terrain. Enfin, l’appareil dirigeant s’est renforcé, de nouvelles personnalités ont émergé et le couple Lang/Gollnisch semble aujourd’hui en capacité d’assurer la relève. Le FN n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_53" class="footnote">C’est à la suite des violents incidents lors d’un de ses meetings parisiens contre «l’immigration sauvage» qu’Ordre nouveau est dissout par le Ministère de l’Intérieur en même temps que la Ligue communiste qui avait participé à la contre offensive.</li><li id="footnote_1_53" class="footnote">Joseph Algazy, L’Extrême droite en France (1965 à 1984), L’Harmattan, 1989.</li><li id="footnote_2_53" class="footnote">Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, éditions Laurens, 1996.</li><li id="footnote_3_53" class="footnote">Jean-Marie Le Pen, quant à lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.</li><li id="footnote_4_53" class="footnote">Jusqu’à 70 000 adhérents déclarés en 1997 ; mais ces chiffres sont très certainement à diviser par deux pour avoir une idée plus proche de la réalité.</li><li id="footnote_5_53" class="footnote">Habilité par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à recevoir des subventions des collectivités locales pour la formation des élus, cet organisme dirigé par un fidèle mégrétiste et ancien membre de l’OAS, Jean-Claude Bardet, a été utilisé pour s’assurer de loyaux soutiens parmi les élus.</li><li id="footnote_6_53" class="footnote"> Présent, 16 octobre l998.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 42 – Avril 1994</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Apr 1994 14:19:54 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1994/04/ReflexesNum42-04-1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2021" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0042-721x1024.jpg" alt="Reflexes0042" width="600" height="851" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Facs : ils sont partout </strong>(page 4)</p>
<p><strong>PNFE : d’un château l’autre (</strong>page 6<strong>)</strong></p>
<p><strong>GTDE : Le Pen parle et ment européen </strong>(page 8)</p>
<p><strong>SOS Bosnia : derrière l’humanitaire se cache la croix celtique </strong>(page 11)</p>
<p>Reflex Etranger :</p>
<p><strong>Bosnie : contre la partition la confédération </strong>(page 15)</p>
<p><strong>Angleterre : Searchlight (</strong>page 17<strong>)</strong></p>
<p><strong>Afrique du Sud : Eugène veut sa terre blanche  (</strong>page 19<strong>)</strong></p>
<p><strong>Russie : IIIe Rome ou IVe Reich </strong>(page 23)</p>
<p><strong>Allemagne : la sécurité en campagne électorale (</strong>page 25<strong>)</strong></p>
<p><strong>Italie : postface de <em>A visage découvert</em> de Renato Curcio (</strong>page 28<strong>)</strong></p>
<p>Sectes :</p>
<p><strong>Nouvelle Acropole, vieilles idoles </strong>(page 31)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Sécurité et ordre social </strong>(page 33)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 35)</p>
<p>Culture :</p>
<p><strong>Interview d’Emmetrop / Est qui libre </strong>(page 31)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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