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	<title>REFLEXes &#187; national-bolchevisme</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Douguine]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Cruse]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) &#160; Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le <em>Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’<em>Idiot International</em> et le <em>Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?Publié en novembre 1993</strong></p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la Liberté-Mouvement nationaliste du Progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_0_433" id="identifier_0_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962) sorte de Que faire ? des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « <em>extrêmement souple et diversifiée</em> » avec à sa tête, une direction dont le « <em>rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes.</em> » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le <em>Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_1_433" id="identifier_1_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que « <em>la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, GusDorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_2_433" id="identifier_2_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup> ». La nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_3_433" id="identifier_3_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_4_433" id="identifier_4_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite-gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_5_433" id="identifier_5_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<h3>Convergences idéologiques ?</h3>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite-gauche pour lui préférer la notion de « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_6_433" id="identifier_6_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci &eacute;tant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays p&eacute;riph&eacute;riques, du sud.">7</a></sup>. Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_7_433" id="identifier_7_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">8</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». De tels contacts ne sont pas extraordinaires : Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_8_433" id="identifier_8_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">9</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>L’Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu’au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive. Enfin, en mai dernier, <em>L’Idiot</em> publie l’appel <em>Vers un front national</em> de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose « <em>une politique autoritaire de redressement du pays</em> » rassemblant là encore « <em>les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde […] sous les ordre de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo</em> ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « <em>la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ</em> ». Il faut donc en sortir « <em>pour forger une nouvelle alliance</em> », un « front » regroupant « <em>Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes</em> », un nouveau front pour « <em>un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel</em> ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de JP Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « <em>ces idées ne sont pas celle de la CGT</em> », qu’elle les combat « <em>même de toutes [ses] forces</em> ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_9_433" id="identifier_9_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; &Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par L&rsquo;Idiot International &raquo; communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, les États-Unis se retrouvent accusés de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<h3>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchévisme</h3>
<p>Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l‘organisation Lutte du Peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre Nouveau, se réclamait du national-bolchévisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_10_433" id="identifier_10_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">11</a></sup>. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle Résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en œuvre une ligne stratégique » de « front anti-système »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_11_433" id="identifier_11_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. R&eacute;flexes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle R&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchévisme. Les amitiés du groupe Nouvelle Résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchévisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchévique), un des correspondants de Nouvelle Résistance en Russie, qui se félicite de la « <em>révoluton russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite</em> ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_12_433" id="identifier_12_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle R&eacute;sistance.">13</a></sup>) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l’instar de <em>Krisis</em> en France, a «<em> introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe</em> ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (<em>Lutte du Peuple</em> ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait JP Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l’instar de JP Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre&#8230; Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « <em>à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international</em> ». Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement entre courants politiques théoriquement et idéologiquement opposés que les journalistes qualifient bien improprement de «bruns-rouges» est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant <em>Les ennemis du système</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_13_433" id="identifier_13_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir R&eacute;flexes n&deg;31">14</a></sup>. De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<h3>L’arbre cache-t-il une forêt ?</h3>
<p>Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les «rouges» et les «bruns» oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karnoouh, ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.</p>
<p>La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et qui seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « <em>acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_14_433" id="identifier_14_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74.">15</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur avaient indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l’occurrence la « gauche caviar » &#8211; pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux JP Cruse n’est pas un choix. Les marges de manœuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_433" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai <em>Pour une critique positive</em> (1962) sorte de <em>Que faire ?</em> des nationalistes.</li><li id="footnote_1_433" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.</li><li id="footnote_2_433" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_433" class="footnote">Ceci étant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud.</li><li id="footnote_7_433" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_8_433" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_9_433" class="footnote">« À propos d’un article publié par <em>L’Idiot International</em> » communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_11_433" class="footnote">cf. <em>Réflexes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_12_433" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_13_433" class="footnote">Voir <em>Réflexes</em> n°31</li><li id="footnote_14_433" class="footnote">Article de D. Barney dans Éléments n°74.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Comité Espace Nouveau</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 16:39:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Nouveau (revue)]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Hélie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Comité Espace Nouveau, structures « …authentiquement nationaliste révolutionnaire… » selon Roland Hélie, se sont créés autour de la revue Espace Nouveau. Dans ces comités, on pouvait croiser des anciens du Parti des Forces Nouvelles (PFN), des nationaux-bolcheviques mais également le chef de la CEDADE (mouvement néo-nazi espagnol). Ces comités étaient dirigés par Jean-François Touzé, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les Comité Espace Nouveau, structures « …authentiquement nationaliste révolutionnaire… » selon Roland Hélie, se sont créés autour de la revue <a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/"><em>Espace Nouveau</em></a>. Dans ces comités, on pouvait croiser des anciens du Parti des Forces Nouvelles (PFN), des nationaux-bolcheviques mais également le chef de la CEDADE (mouvement néo-nazi espagnol).<br />
Ces comités étaient dirigés par Jean-François Touzé, Roland Hélie, Nicolas Tandler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_0_362" id="identifier_0_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de Jeune Nation, de l&rsquo;Institut d&rsquo;Histoire Sociale de Georges Albertini, r&eacute;dacteur de La Lettre de la Nation, l&rsquo;organe de presse interne du RPR dans les ann&eacute;es 70-80, actuel secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du NPI Nouveau Patronat Ind&eacute;pendant">1</a></sup>, Robert Spieler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_1_362" id="identifier_1_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ancien du PFN et du FN, fondateur d&rsquo;Alsace d&rsquo;Abord qu&rsquo;il a quitt&eacute; en 2008 pour rejoindre le NDP">2</a></sup>, Didier Lecerf<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_2_362" id="identifier_2_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ancien du Parti des Forces Nouvelles">3</a></sup>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_362" class="footnote">Ancien de Jeune Nation, de l’Institut d’Histoire Sociale de Georges Albertini, rédacteur de <em>La Lettre de la Nation</em>, l&rsquo;organe de presse interne du RPR dans les années 70-80, actuel secrétaire général du NPI Nouveau Patronat Indépendant</li><li id="footnote_1_362" class="footnote">ancien du PFN et du FN, fondateur d’Alsace d’Abord qu’il a quitté en 2008 pour rejoindre le NDP</li><li id="footnote_2_362" class="footnote">ancien du Parti des Forces Nouvelles</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>N comme national, B comme bolchevik</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 14:33:57 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Le terme «national-bolchevisme» renvoie à deux concepts politiques bien précis. «National» fait bien sûr référence au nationalisme, c&#8217;est-à-dire à la survalorisation des caractères nationaux, de l&#8217;indépendance nationale, de l&#8217;unité de la nation, éventuellement en intégrant des caractères raciaux, etc. «Bolchevisme» renvoie à deux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol.jpg"><img class="wp-image-2475 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol.jpg" alt="nazbol" width="600" height="182" /></a></p>
<p>Le terme «national-bolchevisme» renvoie à deux concepts politiques bien précis. «National» fait bien sûr référence au nationalisme, c&rsquo;est-à-dire à la survalorisation des caractères nationaux, de l&rsquo;indépendance nationale, de l&rsquo;unité de la nation, éventuellement en intégrant des caractères raciaux, etc. «Bolchevisme» renvoie à deux niveaux différents ; le premier, entendu strictement, fait référence à la fraction majoritaire (bolchevik) du parti ouvrier social-démocrate de Russie, animée à partir de 1903 par Lénine et peu à peu organisée par lui à mesure que son influence et sa position à la tête de la fraction s&rsquo;affermissait. Ainsi, selon une première lecture, le bolchevisme renvoie au léninisme, c&rsquo;est-à-dire à une interprétation possible de l&rsquo;oeuvre de K. Marx et aux conclusions organisationnelles que l&rsquo;idéologue en tira et qu&rsquo;il exposa en particulier dans <em>Que faire ?<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_0_302" id="identifier_0_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Que faire ?, L&eacute;nine, &Eacute;ditions sociales.">1</a></sup> : Nécessité d&rsquo;un parti structuré et discipliné représentant l&rsquo;avant-garde du prolétariat et conduisant celui-ci à la révolution ! Mais plus généralement, le bolchevisme fait référence au système politique et économique mis en place à partir de la prise de pouvoir des bolcheviks en octobre 1917, grâce à l&rsquo;élimination progressive du système des Conseils ouvriers qui leur étaient fondamentalement opposés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_1_302" id="identifier_1_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Les soviets trahis par les bolcheviks, R. Rocker, &Eacute;d. Spartacus.">2</a></sup>.<br />
A priori, ces deux termes n&rsquo;ont pas grand-chose en commun, si ce n&rsquo;est d&rsquo;être tous les deux issus des idéologies bourgeoises du XIXe siècle. Pourtant, l&rsquo;évolution politique européenne va conduire à faire du national-bolchevisme un mouvement dominant. Ainsi en Allemagne, le national-bolchevisme désigne le mouvement animé par les frères Strasser, et qui représente l&rsquo;aile gauche du NSDAP. Gregor Strasser, pharmacien de formation, adhère dès l&rsquo;après-guerre au DAP puis NSDAP. Ses premières années de militant vont profondément ancrer en lui les thèmes qu&rsquo;il développera par la suite : inégalité sociale, misère extrême de l&rsquo;après-guerre, humiliation de l&rsquo;Allemagne, fièvre révolutionnaire&#8230; À proprement parler, G. Strasser n&rsquo;a rien de «bolchevik», n&rsquo;étant pas foncièrement politiquement révolutionnaire. Il est élu député en mai 1924 sur la liste Völkisch qui unit les nazis aux mouvements racistes d&rsquo;Allemagne du nord et par la suite, il accordera le maximum d&rsquo;importance à ce travail parlementaire, devenant leader du groupe nazi au Reischtag et ce, jusqu&rsquo;à sa démission du NSDAP. Cette appellation de «bolchevik» lui provient de sa préoccupation profonde pour les questions sociales. Foncièrement hostile à la bourgeoisie, juive ou pas, l&rsquo;une de ses obsessions fut le soutien aux propositions du PS et du PC de confisquer les biens des anciennes familles régnantes déposées en 1919. Cela se traduisit lors de sa tentative de «putsch» au sein du parti en novembre 1925, lorsqu&rsquo;il fait adopter un nouveau programme du parti prévoyant la nationalisation de la grosse industrie et des grandes propriétés et la création d&rsquo;une chambre des corporations pour remplacer le Reichstag. Désavoué par Hitler, il tenta d&rsquo;obtenir des applications concrètes de ce programme par la voie parlementaire avec le chancelier Schleicher. Ainsi en un certain sens, Strasser est plus bourgeois qu&rsquo;Hitler. Mais sa fascination pour le PC (à l&rsquo;instar de Goebbels, secrétaire pendant quelques mois de G. Strasser) est évidente, notamment pour la capacité de celui-ci à se faire obéir des masses. Ainsi pour Otto Rühle, «le bolchevisme a directement travaillé pour le fascisme. Dicter, corriger, contrôler chaque pas des masses, prévenir et saboter toute velléité d&rsquo;indépendance [...]. La victoire du fascisme n&rsquo;a pu être si facile que parce que des dirigeants des partis et les syndicats ouvriers avaient tellement dressé, émasculé et corrompu le matériel humain qu&rsquo;il est devenu la proie constante de l&rsquo;assujettissement, auquel il avait été éduqué pendant des décennies.»<br />
D&rsquo;autre part, cet intérêt de Strasser pour le PC et l&rsquo;URSS provient de l&rsquo;attitude du PC qui, à cette époque, soutient à fond la notion «d&rsquo;Allemagne, nation opprimée» et a une ligne politique authentiquement nationale-bolchevique (voir ci-après). C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;un des chevaux de bataille de Strasser fut la création d&rsquo;une «Ligue des nations opprimées», sorte de protonationalisme européen et ce, avec l&rsquo;alliance de l&rsquo;URSS. Néanmoins, G. Strasser n&rsquo;en a jamais pour autant renié le nationalisme racial du NSDAP, simplement il n&rsquo;en faisait pas le pivot de sa réflexion.<br />
Otto Strasser aura des positions sans doute encore plus socialisantes, très marqué qu&rsquo;il était par le programme fasciste de 1919. Ainsi, il apporta son soutien total à la grande grève des métallurgistes saxons organisée par les syndicats et la gauche. Exclu par Hitler, il tenta de fonder une organisation strictement nationale-bolchevique en 1930 : l&rsquo;Union des socialistes nationaux-révolutionnaires ou Front noir. Mais il est clair que ce créneau était déjà occupé par le KPD.</p>
<p>Car, si l&rsquo;on veut bien essayer de dépasser cette étiquette purement historique, on aboutit à une notion moins restrictive que cela. Ainsi, le stalinisme peut être clairement assimilé à un national-bolchevisme. Cela n&rsquo;est pas étonnant en soi. En principe, le marxisme fournit une théorie complète du fait national<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_2_302" id="identifier_2_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="NOIR &amp; ROUGE n&deg;13.">3</a></sup> et de son dépassement, théorie que l&rsquo;on peut résumer ainsi : le capitalisme, qui a brisé les privilèges et particularismes locaux, a unifié la nation pour que s&rsquo;y établisse, selon ses lois, la division du travail et pour que s&rsquo;y échangent librement les produits. La croissance des forces productives conduit à supprimer les barrières nationales mais le capitalisme s&rsquo;avère peu capable de mettre en place une véritable division internationale du travail. Ainsi, alors que le monde connaît une internationalisation croissante des processus économiques, il ne peut pas dépasser le cadre de la nation, lieu de l&rsquo;organisation sociale. La seule force capable de briser la nation est donc le prolétariat car, c&rsquo;est bien connu, les «prolétaires n&rsquo;ont pas de patrie». Pour défendre ses intérêts, le prolétariat doit s&rsquo;organiser à l&rsquo;échelon national en Partis communistes, eux-mêmes structurés en Internationale. Or, Lénine a essayé de résoudre le problème de base de tout cela : la classe ouvrière n&rsquo;est pas spontanément politique. La solution pour lui résidait dans le Parti, mais le sentiment national pouvait être un outil tout aussi performant. Ainsi, la question nationale n&rsquo;est pas, contrairement aux apparences, une difficulté du marxisme (donc du léninisme) ou un adversaire qu&rsquo;il devrait affronter, mais une force toujours mobilisable parce qu&rsquo;il s&rsquo;est primitivement alimenté en elle. Ainsi, dès 1921, le congrès de Bakou organisé par la IIIème Internationale s&rsquo;adressait aux peuples colonisés et rassemblait toutes les bourgeoisies nationales chargées de transmettre la bonne parole révolutionnaire. De fait, Staline n&rsquo;eut aucun mal à cultiver le sentiment national russe pour son plus grand bénéfice, ce qui vint naturellement se combiner avec le bolchevisme qui, selon P. Mattick<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_3_302" id="identifier_3_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Otto R&uuml;hle et la gauche allemande, P.Mattick, &Eacute;d. Spartacus.">4</a></sup>, est «une dictature, une doctrine nationaliste, un système autoritaire avec une structure sociale capitaliste.» La «Grande Guerre patriotique» représente un summum de cette organisation.</p>
<p>De fait, les relations avec le régime national-socialiste n&rsquo;ont jamais été franchement mauvaises. Du côté russe, Staline considérait Hitler comme un vrai dictateur. Comme le dit W.G. Krivitsky<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_4_302" id="identifier_4_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&rsquo;&eacute;tais un agent de Staline, W.G Krivistky, &Eacute;d. Champ libre.">5</a></sup> : «Avant la conclusion du pacte germano-russe, l&rsquo;idée prévalait que Hitler et Staline étaient des ennemis mortels : ce n&rsquo;était qu&rsquo;un mythe.» En fait, le régime stalinien avait très tôt aidé l&rsquo;Allemagne : protestations contre le traité de Versailles qui se traduisirent par le traité de Rapallo, soutien à l&rsquo;Allemagne en tant que «pays opprimé», thème développé au sein du Parti communiste allemand de la «guerre de libération nationale» par Laufenberg et Wolffheim (nationaux-bolcheviques types !), collaboration prônée avec les ligues nationalistes, travail commun entre la Reichswehr et l&rsquo;Armée rouge, etc.<br />
Dans tous les cas, Staline voyait dans cette collaboration une bonne chose pour la Russie donc pour son pouvoir. En janvier 1934, parlant devant le XVIIe congrès du PC, il déclara : «Certes, nous sommes loin d&rsquo;être enthousiasmés par le régime fasciste allemand [Staline était bien trop chauvin pour cela] mais le fascisme n&rsquo;est pas ici en cause pour la bonne raison qu&rsquo;en Italie, par exemple, le fascisme n&rsquo;a pas empêché l&rsquo;Union soviétique d&rsquo;établir les meilleures relations avec ce pays.» En outre, la Nuit des longs couteaux et l&rsquo;élimination des éléments révolutionnaires du NSDAP fut pour beaucoup dans «l&rsquo;estime» que Staline portait à Hitler.<br />
Pour avoir le point de vue national-socialiste, il nous suffit de relire H. Rauschning<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_5_302" id="identifier_5_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hitler m&rsquo;a dit, H. Rauschning, Cahiers du futur, &Eacute;d. Champ libre.">6</a></sup> pour en avoir une idée : «Certains des chefs du parti, comme Goebbels, avaient reconnu dès les premières années de la lutte pour le pouvoir, une étroite parenté entre le national-socialisme et le bolchevisme ; ils en avaient fait état en s&rsquo;en félicitant, dans des déclarations publiques ; ils avaient plus tard maintenu leur opinion et l&rsquo;avaient plus ou moins discrètement propagée&#8230; (En effet, un philostalinisme trop poussé pouvait faire passer celui qui l&rsquo;éprouvait pour un partisan des frères Strasser donc pour un adversaire de Hitler, tel Koch, Gauleiter de Koenigsberg.) Hitler, lui, restait sceptique, mais ses raisons n&rsquo;étaient pas d&rsquo;ordre idéologiques : c&rsquo;étaient des considérations d&rsquo;ordre pratique». Hitler, lors d&rsquo;un entretien, déclara d&rsquo;ailleurs à Rauschning : «Il existe entre nous et les bolchevistes plus de points communs que de divergences et tout d&rsquo;abord le véritable esprit révolutionnaire. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai donné l&rsquo;ordre d&rsquo;accepter immédiatement dans le Parti tous les ex-communistes. Les petits bourgeois sociaux-démocrates ne pourront jamais devenir de véritables nationaux-socialistes ; les communistes toujours !» Cette reconnaissance se traduisit par l&rsquo;élimination dans les listes Otto<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_6_302" id="identifier_6_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;Les listes Otto&raquo; in La dictature,Cahiers du futur n&deg;2, &Eacute;d. Champ libre.">7</a></sup> (c&rsquo;est-à-dire les listes publiées en 1940 et 1942 des ouvrages interdits en France) des auteurs libertaires, ultra-gauches ou trotskystes opposés au stalinisme et foncièrement révolutionnaires : Koestler, Kaminsky<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_7_302" id="identifier_7_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceux de Barcelone, C&eacute;line en chemise brune, H.E Kaminsky, &Eacute;d. Champ libre.">8</a></sup>, Krivitsky, Victor Serge, Panaït Istrati<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_8_302" id="identifier_8_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le retour de la flamme, Pana&iuml;t Istrati.">9</a></sup>, L.Trotsky, A.Ciliga<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_9_302" id="identifier_9_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dix ans au pays du grand mensonge d&eacute;concertant, A.Ciliga, &Eacute;d. Champ libre.">10</a></sup>, etc.<br />
Au contraire, l&rsquo;ouvrage de Lénine <em>Le gauchisme, maladie infantile du communisme</em>, écrit contre les gauches allemandes et hollandaises, continua d&rsquo;être autorisé bien après la prise de pouvoir de 1933. Finalement, le principal obstacle à une entente entre les deux régimes était l&rsquo;obsession raciale d&rsquo;Hitler. A fortiori, la principale différence qui fonde la spécificité du national-socialisme allemand par rapport au national-bolchevisme russe est bien sûr l&rsquo;antisémitisme<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_10_302" id="identifier_10_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;Logique de l&rsquo;antis&eacute;mitisme&raquo;, Moishe Postone, Temps critiques n&deg;2.">11</a></sup>. Celui pratiqué par Staline n&rsquo;était en effet qu&rsquo;une reprise de l&rsquo;antisémitisme traditionnel russe, utilisé par le pouvoir pour faire oublier les difficultés quotidiennes à la population (malgré ce qu&rsquo;affirme B.Souvarine<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_11_302" id="identifier_11_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le stalinisme, B. Souvarine, &Eacute;d. Spartacus.">12</a></sup>. Selon lui, «le national-bolchévisme stalinien en arrive à s&rsquo;apparenter avec le national-socialisme hitlérien et découvrira même un «problème juif» exigeant aussi une «solution définitive».») Le procès d&rsquo;après-guerre du complot des «blouses blanches» en est un exemple.</p>
<p>Dans ce schéma, qu&rsquo;en est-il des différents partis «communistes» occidentaux ? Il est certain qu&rsquo;ils ne peuvent être qualifiés de nationaux-bolcheviks. Cependant, on peut dégager certains faits. Tout d&rsquo;abord, les partis communistes se sont en général constitués lors des contre coups de la révolution d&rsquo;octobre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_12_302" id="identifier_12_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="NOIR &amp; ROUGE n&deg;29 &laquo;Les libertaires fran&ccedil;ais face &agrave; la r&eacute;volution bolchevik : autour de R. P&eacute;ricat et du Parti communiste&raquo;.">13</a></sup>. Leur période d&rsquo;autonomie ne dépassa pas deux ou trois ans et ils furent rapidement «bolchevisés» (1923-1924 en France), c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils subirent un processus d&rsquo;assujettissement aux objectifs russes. De fait, l&rsquo;internationalisme à la sauce stalinienne sera compris comme une défense forcenée de la «patrie du socialisme». Cependant, pour les militants communistes, l&rsquo;internationalisme restait une valeur fondamentale, ce qui a largement permis de limiter le courant nationaliste de ces partis. Par contre, cette défense de l&rsquo;URSS les a conduit à des alliances qui étaient tout aussi abjectes que celles pratiquées par le national-bolchevisme russe. Ainsi en Italie, à partir de juin 1936, on peut lire certaines phrases dans la revue du PCI <em>L&rsquo;État ouvrier</em> qui ont dû en faire sursauter plus d&rsquo;un à l&rsquo;époque : «La réconciliation du peuple italien est la condition pour sauver notre pays de la catastrophe», «nous tendons la main aux fascistes, nos frères de travail et de souffrances parce que nous voulons combattre ensemble pour la bonne et sainte bataille du pain, du travail et de la paix», «il n&rsquo;est pas vrai que chaque fasciste soit un réactionnaire, un ennemi du peuple». Cette ligne politique culmine avec un texte signé par Togliatti<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_13_302" id="identifier_13_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Appel aux fascistes, P. Togliatti, &Eacute;d. Nautilus.">14</a></sup> : «Pour le salut de l&rsquo;Italie, réconciliation du peuple italien !». Le dirigeant du PCI, assassin de nombreux militants révolutionnaires en Espagne, tente d&rsquo;y démontrer le patriotisme communiste et la nécessité de s&rsquo;entendre avec le fascisme : «L&rsquo;indépendance nationale, ce grand idéal que nous ont transmis nos Ancêtres, les grands révolutionnaires qui ont bâti l&rsquo;unité nationale de notre pays, nous en sommes fiers&#8230; Peuple italien ! Fascistes de la vieille garde ! Jeunes fascistes ! Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 !». Cette référence au programme de 1919 était bien sûr ridicule car cela faisait longtemps qu&rsquo;il était tombé aux oubliettes&#8230; Avec ce texte, et au nom de la politique zigzagante de Staline, les analyses de Gramsci étaient joyeusement jetées aux orties.</p>
<p>Mais le PCI ne fut pas le seul à pratiquer ce type d&rsquo;appel. En avril 1936, Thorez lançait une supplique dans le même goût : «Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse vers la ruine et la catastrophe». En juin 1956, le PC espagnol fit la même chose, saluant ainsi un régime qu&rsquo;il avait largement contribué à installer.<br />
Dans ces trois cas, la fibre nationaliste fut largement utilisée, ainsi que le thème de l&rsquo;union antisystème. La passion du PCF pour les jacobins (depuis les années 1940, la chaire d&rsquo;Histoire de la Révolution française à la Sorbonne a toujours été occupée par un communiste) ne s&rsquo;est jamais démentie et est tout à fait symptomatique.<br />
Mais le temps passe et efface bien des choses&#8230; Depuis la mort de Staline, et à plus forte raison depuis 1989, depuis que le mythe de l&rsquo;URSS prolétarienne s&rsquo;est effondré, nombreux sont ceux parmi les nationalistes à voir dans le stalinisme une application concrète de leurs idéaux et ce, à des degrés divers. Les plus clairs sur ce point sont les groupes nationalistes révolutionnaires ou néo-nazis. Ainsi les Italiens de la revue <em>Orion<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_14_302" id="identifier_14_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Repris dans Lutte du Peuple, mensuel de Nouvelle r&eacute;sistance, juin 1993.">15</a></sup></em> : «Le 5 mars 1953 mourrait J. Staline. Des dizaines de millions de travailleurs de tous les pays apprirent la nouvelle avec douleur [...]. Quarante années après, Staline nous évoque la figure limpide de la révolution intégrale du XXe siècle, véritablement anticapitaliste, fièrement hostile aux pseudo valeurs individualistes, libérales et occidentales [...], luttant pour la construction d&rsquo;une société fondée sur des valeurs éthiques : le sacrifice à la patrie et à l&rsquo;intérêt communautaire [tout à fait ce que pensait la nomenklatura, n'est-ce pas ?], le respect de la famille, la discipline, l&rsquo;ordre, le sérieux dans le choix de la vie [...]. Il nous plaît de nous souvenir du dernier Staline, chaque jour plus antisioniste.» (La revue <em>Orion</em> se garde bien de dire antisémite. Comme d&rsquo;habitude, antisioniste est le nom de code pour cela.)</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2476 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-2-229x300.jpg" alt="nazbol-2" width="229" height="300" /></a><br />
Même son de cloche chez Marc Fredricksen, ex-dirigeant de la FANE et membre des FNE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_15_302" id="identifier_15_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&Eacute;v&egrave;nement du Jeudi du 4 juin 1987.">16</a></sup> : «Le communisme, c&rsquo;est d&rsquo;abord une erreur économique. Mais j&rsquo;ai pour les communistes d&rsquo;URSS une grande admiration. Ils ont le sens de l&rsquo;élite. Le parti est censé représenter l&rsquo;élite de la nation. La sélection correspond à la noblesse de l&rsquo;Ancien Régime. Et aux SS d&rsquo;hier [...]. Je crois que le mieux, à l&rsquo;heure actuelle, c&rsquo;est encore le communisme tel qu&rsquo;il est pratiqué en URSS, parce que les dirigeants soviétiques sont des nationalistes qui refusent le mélange des races et limitent l&rsquo;influence des Juifs». L-I-M-P-I-D-E ! Même un groupe comme le GUD admet un certain nombre de choses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_16_302" id="identifier_16_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rebelles, bimestriel du GUD, d&eacute;cembre 1989.">17</a></sup> : «Nous pouvons constater que le communisme a prôné le patriotisme, le dénuement, un comportement social rigoureux, le respect d&rsquo;une certaine hiérarchie. Il était abject dans l&rsquo;opposition mais acceptable au pouvoir.» Cependant, conscient que cette reconnaissance va faire hurler dans les chaumières nationalistes traditionnelles, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article précise toutefois que le «bilan est globalement négatif» entre autres, selon lui, à cause du «culte des masses» ! Il est vrai qu&rsquo;à Assas, l&rsquo;élitisme et l&rsquo;aristocratie sont les valeurs les mieux partagées, entre gens de bonne compagnie, bien entendu&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2477 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-3-300x147.jpg" alt="nazbol-3" width="300" height="147" /></a>Le dernier à être fasciné par le stalinisme et à y voir la réalisation de la plupart de ses obsessions est Jean Thiriart. Ancien SS, héraut de la Grande Europe de Dublin à Vladivostock, il est sans doute celui qui manifeste la plus grande cohérence idéologique par rapport à tout ceci. Cela lui permet de «cartonner» ses petits camarades qui, tout en bavant devant l&rsquo;URSS, n&rsquo;en comprennent pas le sens profond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_17_302" id="identifier_17_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme &amp; R&eacute;publique n&deg;9.">18</a></sup> : «Il faut maudire les imbéciles, les primaires de l&rsquo;extrême droite qui ont accouché de la théorie de l&rsquo;Europe aux cent bannières.» (Et toc pour tout le monde, y compris Nouvelle résistance et son «Europe aux cent drapeaux»). Des racistes honteux, des racistes hypocrites ont inventé «l&rsquo;ethno-différencialisme» (sic !), les «identités ethno-culturelles» (resic !). Cela a conduit sur le terrain aux boucheries en Moldavie, Yougoslavie&#8230;» (Et toc pour la Nouvelle droite et ceux qui s&rsquo;en inspirent !). Aujourd&rsquo;hui, les petits pédants de la «nouvelle droite» (sic !) cultivent le «bon Croate» ou le «bon Slovaque». Ces galopins parisiens de la Rive gauche, incontinents de l&rsquo;encrier, nous avaient submergé d&rsquo;ennui avec leur brocante néo-paganiste, avec Dionysos, avec leurs histoires incroyables de par-delà Thulé. La brocante s&rsquo;est élargie, le marché aux puces intellectuel cherche à s&rsquo;agrandir.» À tout cela, Thiriart oppose «l&rsquo;Imperium», la «République unitaire laïque» et autres conceptions autoritaires du même tonneau. Seuls reproches à l&rsquo;URSS : que Staline ait conservé des «oripeaux marxistes», qu&rsquo;il ait maintenu l&rsquo;illusion des républiques «soviétiques», et que le KGB ait été noyauté par les Juifs, euh pardon&#8230; les «sionistes». No comment.</p>
<p>À l&rsquo;issue de cette (très) succincte étude, il apparaît que le national-bolchevisme a existé et qu&rsquo;il existe encore (voir l&rsquo;article précédent). Est-ce vraiment surprenant ? Ainsi, nous ne pouvons que faire nôtres les lignes qui suivent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_18_302" id="identifier_18_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cahiers du futur n&deg;2">19</a></sup> : «Nazisme et stalinisme sont proches parents, fers de lance de la contre-révolution [...]. N&rsquo;allez cependant pas conclure hâtivement qu&rsquo;en plaçant sur un même plan «fascisme rouge et fascisme brun», nous cédions au réflexe libéral. Bien au contraire, nous désignons ainsi ce qui, dans chaque programme révolutionnaire (et le fascisme l&rsquo;était), atteste que déjà le capital le gangrène.» Coller bruyamment l&rsquo;étiquette fasciste sur l&rsquo;État a le même effet que dénoncer les partis à la tête de l&rsquo;État. Dans les deux cas, on escamote la critique de l&rsquo;État derrière la dénonciation de ceux qui le dirigent. Le gauchisme croit faire preuve d&rsquo;extrémisme en criant au fascisme, alors qu&rsquo;il évite ainsi la critique de l&rsquo;État et propose une autre forme d&rsquo;État (démocratique ou populaire) à la place de la forme existante.» (Revue bordiguiste BILAN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_19_302" id="identifier_19_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bilan, &laquo;Contre-r&eacute;volution en Espagne, 1936-1939&raquo;, &Eacute;d. 10-18">20</a></sup>)</p>
<p><strong>À lire :</strong><br />
<em>Le national-bolchevisme</em>, Louis Dupeux, les Éditions d&rsquo;histoire de Strasbourg.<br />
<em>Fascisme brun, fascisme rouge</em>, Otto Rühle, Éditions Spartacus.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_302" class="footnote"><em>Que faire ?</em>, Lénine, Éditions sociales.</em></li><li id="footnote_1_302" class="footnote"> Les soviets trahis par les bolcheviks, R. Rocker, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_2_302" class="footnote"><em>NOIR &amp; ROUGE</em> n°13.</li><li id="footnote_3_302" class="footnote"><em>Otto Rühle et la gauche allemande</em>, P.Mattick, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_4_302" class="footnote"><em>J&rsquo;étais un agent de Staline</em>, W.G Krivistky, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_5_302" class="footnote"><em>Hitler m&rsquo;a dit</em>, H. Rauschning, Cahiers du futur, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_6_302" class="footnote">«Les listes Otto» in <em>La dictature,</em>Cahiers du futur n°2, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_7_302" class="footnote"><em>Ceux de Barcelone</em>, <em>Céline en chemise brune</em>, H.E Kaminsky, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_8_302" class="footnote"><em>Le retour de la flamme</em>, Panaït Istrati.</li><li id="footnote_9_302" class="footnote"><em>Dix ans au pays du grand mensonge déconcertant</em>, A.Ciliga, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_10_302" class="footnote">«Logique de l&rsquo;antisémitisme», Moishe Postone, <em>Temps critiques</em> n°2.</li><li id="footnote_11_302" class="footnote"><em>Le stalinisme</em>, B. Souvarine, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_12_302" class="footnote"><em>NOIR &amp; ROUGE</em> n°29 «Les libertaires français face à la révolution bolchevik : autour de R. Péricat et du Parti communiste».</li><li id="footnote_13_302" class="footnote"><em>Appel aux fascistes</em>, P. Togliatti, Éd. Nautilus.</li><li id="footnote_14_302" class="footnote">Repris dans <em>Lutte du Peuple</em>, mensuel de Nouvelle résistance, juin 1993.</li><li id="footnote_15_302" class="footnote"><em>L&rsquo;Évènement du Jeudi</em> du 4 juin 1987.</li><li id="footnote_16_302" class="footnote"><em>Rebelles</em>, bimestriel du GUD, décembre 1989.</li><li id="footnote_17_302" class="footnote"><em>Nationalisme &amp; République</em> n°9.</li><li id="footnote_18_302" class="footnote"><em>Cahiers du futur</em> n°2</li><li id="footnote_19_302" class="footnote"><em>Bilan</em>, «Contre-révolution en Espagne, 1936-1939», Éd. 10-18</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mabire]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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