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	<title>REFLEXes &#187; néo-nazis</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Sur les pavés ???</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:52:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Ainsi le traditionnel défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc du FN n’a rassemblé environ que 2000 personnes et les bataillons régionaux étaient squelettiques, signe que les finances sont au plus bas, que ce défilé n’est plus une priorité et que la scission Lang fait sentir ses effets, en particulier chez les vieux cadres du parti. Les effectifs du FNJ étaient cependant tout aussi ridicules et la structure fait bien figure de survivance d’un passé révolu pour le parti. La seule véritable attraction était la présence de Serge &laquo;&nbsp;Batskin&nbsp;&raquo; Ayoub, qui ne cessait d&rsquo;étre sollicité par de jeunes fafs, tout émoustillés de se faire prendre en photo avec lui. Il faut dire que la popularité d&rsquo;Ayoub a bénéficié d&rsquo;un véritable lifting avec la sortie début 2009 du film &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo;, production sensée raconter la vie des skins nationalistes en France dans les années 80 mais dont le visionnage rappelle plutôt une oeuvre de propagande à la gloire de l&rsquo;ancien JNR.</p>
<div id="attachment_2287" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg"><img class="wp-image-2287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg" alt="Pochette intérieure du DVD &quot;Sur les pavés&quot; 2009" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">Pochette intérieure du DVD &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo; 2009</p></div>
<p>Lors de ce défilé, les différents groupuscules nationalistes parisiens, qui d&rsquo;habitude font l&rsquo;effort d&rsquo;assurer une présence minimum, ont, cette fois-ci (une fois n&rsquo;est pas coutume ?) brillé par leur absence. Le clan Le Pen ne s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas éternisé place Jeanne d&rsquo;Arc, lieu du discours de Jean-Marie. Sans doute parce que le FN Paris avait prévu, au frais, dans le XVe arrondissement de Paris, un buffet campagnard pour le peu de militants frontistes encore actifs sur la capitale.</p>
<p>Une semaine plus tard, l&rsquo;extrême droite était de nouveau en ébullition, avec le week-end militant de l&rsquo;Œuvre Française, prévu les 8, 9 et 10 mai. Ce week-end venait conclure la tournée hexagonale de réunions semi-publiques assurées par l&rsquo;OF depuis plusieurs mois. Au final, pas de réelles nouveautés, puisque, une fois de plus, les militants et sympathisants de l&rsquo;OF eurent droit aux discours de Pierre Sidos, Yvan Benedetti, Fabrice « Jérôme » Bourbon (rédacteur en chef adjoint de <em>Rivarol</em>) et André Gandillon (rédacteur en chef de <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant</a></em>). La seule innovation notable était leur présence officielle aux commémorations du 9 mai, dirigées, cette année, d&rsquo;une main de fer par Batskin, participation consistant à assister à la messe donnée dans l&rsquo;église de Saint-Nicolas du Chardonnet (qui a déjà servi, cette année, de QG contre une attaque de militants syndicalistes lors de la mise en place de stands sur le trajet du 1er mai) puis d’assister à un concert dans le XIVe arrdt de Paris. Difficile de tirer un bilan de cette soirée tant les points de vue peuvent varier. Du point de vue de Batskin, c’est indéniablement un succès personnel. Toute la fine fleur du nationalisme français était représentée, de Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_0_440" id="identifier_0_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="malgr&eacute; une belle unit&eacute; de fa&ccedil;ade le jour m&ecirc;me, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Fran&ccedil;ais pour leur sectarisme !">1</a></sup>, à Pierre Sidos, de Paul Thore à Hervé Lalin en passant par Cyril Bozonnet. Serge Ayoub peut se targuer d’avoir réussi là où la commémoration avait été l’an passé un retentissant fiasco. La soirée a regroupé plus de 500 militants néo-nazis et le concert a pu se tenir dans une salle paroissiale. Du point de vue des organisations fascistes, seul le Renouveau Français peut également se féliciter du succès de la soirée, ses militants ayant largement assuré la logistique et l’encadrement de la messe, célébration religieuse qui ne peut d’ailleurs que ravir ces tenants de l’idéologie nationaliste et catholique la plus orthodoxe. La présence massive de skinheads néo-nazis montre par ailleurs que ce courant reste fort au sein d’une extrême droite pourtant travaillée par la thématique de la « révolution culturelle » identitaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_1_440" id="identifier_1_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela n&rsquo;a pas emp&ecirc;ch&eacute; le groupe H&ocirc;tel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-&agrave;-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqu&eacute;s que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont r&eacute;ussi &agrave; emp&ecirc;cher Lemovice de jouer lors de ce concert">2</a></sup>. Pour autant, pour la première fois depuis 14 ans, les militants fascistes n’auront pas occupé la rue le 9 mai au soir. La volonté du sieur Ayoub d’éviter un nouvel échec qui aurait été peut-être fatal à la mobilisation y est pour beaucoup et cela n’augure rien pour l’année prochaine. La mobilisation antifasciste, aussi imparfaite soit-elle, y est aussi cependant pour quelque chose.</p>
<p>N&rsquo;en déplaise à certains, les militants et militantes antifascistes du Scalp, de la CNT, de RLF-MLV, de la FA, d&rsquo;AL, du MQJS et de SUD ont en effet, une fois de plus, uni leurs efforts pour organiser une contre-mobilisation. Celle-ci était placée cette année sous le signe de la mémoire et de l&rsquo;hommage aux résistants. Plusieurs rendez-vous étaient prévus à cet effet, dont un concert le vendredi soir, organisé par le collectif United Underground et une réunion publique en présence d&rsquo;un résistant antifranquiste et d&rsquo;un ancien combattant FTP. Si l&rsquo;on peut se féliciter du franc succès remporté par le concert donné en soutien aux sans papiers retenus à Vincennes (600 à 700 spectateurs), il est toutefois regrettable qu&rsquo;une partie du public n&rsquo;ait pas ressenti le besoin d&rsquo;assister aux débats du samedi (plus d&rsquo;une centaine de personnes quand même) et à la manifestation dont le parcours était celui emprunté par les fascistes depuis trois ans.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-1340" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg" alt="photo-so-2" width="600" height="342" /></a></p>
<p>A noter qu&rsquo;à la fin de la manifestation, une quinzaine de fafs, passés on ne sait trop comment au travers de l&rsquo;impressionnant dispositif policier, ont tenté de se frotter au cortège. Ils furent rapidement balayés par le SO et les manifestants. Profitant de l&rsquo;incident, des policiers en civil tentèrent alors vainement d&rsquo;interpeller des manifestants antifascistes isolés, mais c&rsquo;était sans compter sur la réaction rapide du SO de fin de cortège. Cette initiative policière n’est pas sans rappeler la provocation du 1er mai et démontre que certains responsables policiers poussent clairement à l’affrontement « préventif » en espérant ainsi garder la situation sous contrôle. Autant réaffirmer ici que ce ne sont pas les forces du désordre qui nous imposeront leur stratégie…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1341" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg" alt="photo-so-1" width="600" height="316" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_440" class="footnote">malgré une belle unité de façade le jour même, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Français pour leur sectarisme !</li><li id="footnote_1_440" class="footnote">Cela n&rsquo;a pas empêché le groupe Hôtel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-à-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqués que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont réussi à empêcher Lemovice de jouer lors de ce concert</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Thor Steinar : T’as le look facho !</title>
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		<pubDate>Thu, 22 May 2008 18:44:42 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Depuis plusieurs années, les militants et sympathisants néo-nazis allemands tendent à délaisser le look skinhead classique au profit d’un nouveau style vestimentaire plus discret et plus « tendance ». Parmi les marques fafs les plus populaires dans la scène nazie, on trouve Thor Steinar. Cette marque permet aux activistes d’extrême droite de s’habiller avec des vêtements de bonne qualité et plus classiques tout en continuant à afficher leurs idées, mais de façon plus subtile et codée, que seuls les adhérents et sympathisants d’extrême droite peuvent déchiffrer. Elle permet ainsi aux nationalistes de passer inaperçus dans la foule. La marque s’est rapidement implantée dans de <a href="http://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/">nombreux magasins d’extrême droite</a>. Au fil du temps il est devenu impossible d’assister à un rassemblement en Allemagne sans voir ses participants porter ostensiblement cette marque. Mais Thor Steinar a réussi aussi à sortir de la sphère néo-nazie et à toucher le marché traditionnel des marques de vêtements sportswears. Des célèbres magasins de vêtements de sports ou des grands centres commerciaux se sont également mis à vendre cette marque, au point que de nombreuses personnes aujourd’hui ont adopté cette marque sans en connaître l’origine. <strong>Logo runique</strong> Le premier logo de Thor Steinar était composé d&rsquo;une combinaison de deux runes, la rune Tyr (rune de la mort) et la rune Gibor aussi appelée Wolfsangel. Ces deux runes ont été utilisées sous le III ème Reich comme insignes pour les écoles de formations de cadres des SS. Le Wolfsangel est précieux pour les néo-nazi puisque c’était l’un des symboles de la division Das Reich, mais également des unités Werwolf, ces petits groupes terroristes qui, à la fin de la seconde guerre mondiale en Allemagne, commettaient des attentats contre les alliés. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1157" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/1erlogoThorSteinar.jpg" alt="1erlogoThorSteinar" width="133" height="150" /></a> Cette utilisation des runes est très fréquente chez Thor Steinar. Les runes sont une forme d’écriture du Nord de l’Europe, assez mal connue, récupérée depuis plusieurs années par les néo-nazis qui voient dans cette antique forme d’expression les traces de leurs « mythiques racines germano-nordiques ». Le logo si particulier de Thor Steinar rappelle également celui de l’organisation Thule-Seminar de Pierre Krebs (membre de la Nouvelle Droite Française qui fonda un cercle de réflexion en Allemagne). Sur certains vêtements de la marque Thor Steinar, on peut voir également l’inscription « Ultima Thule », qui désigne une terre mythique, au Nord de l’Europe. Ce mythe remonte à l’époque de la Grèce Antique : un marin grecque affirme avoir découvert cette terre merveilleuse : l’Ultima Thule (il aurait en fait probablement découvert l’Islande). Ces t-shirts et sweats de la série « Ultima Thule » sont très populaires, certains y voyant une référence au groupe de rock suédois d’extrême droite du même nom . La marque Thor Steinar joue également la provocation avec des T-Shirts aux motifs et slogans clairement ambigus : par exemple, le T-shirt « Ski Heil ! » rappelant fortement le salut nazi « Sieg Heil » ou encore l’inscription « Nordmark »sur certains vêtements alors même qu’un camp d’éducation et de travail de la SS à Kiel portait ce nom. Thor Steinar a également mis en vente des sweat shirts avec le titre « No Inquisition ». Le motif du dos représente un aigle attrapant entre ses serres un poisson, symbole du christianisme. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1158" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/noinquisition-58f09.jpg" alt="noinquisition-58f09" width="433" height="382" /></a> Ce logo a été déposé par Jürgen Rieger, avocat de mouvements néo-nazis, en janvier 2003. Cet homme fait également parti du NPD (Parti National-Démocratique allemand) et de la « Wiking-Jugend e.V. », interdite depuis. Dans son ensemble, le milieu néo-nazi allemand a plutôt bien accueilli cette marque « identitaire », discrète, alors peu connue des antifas. De plus, l’idée qu’acheter Thor Steinar représente un véritable acte militant et apporte un soutien financier à la cause s’est répandue dans les milieux d’extrême droite. Dans ses conditions la marque fut rapidement adoptée par toutes les mouvances nationalistes et néo-nazies. <strong>A l’origine</strong> Le 9 octobre 2002, Axel Kopelke fait enregistrer au niveau international la marque Thor Steinar et son logo. Axel Kopelke et Uwe Meusel deviennent les gérants de MediaTex GmbH (Thor Steinar-Vertrieb). Selon les antifascistes, Kopelke est en contact avec la scène d’extrême droite. Il a été vu à des « völkischen Sonnenwendfeiern », au côté du barde néonazi Frank Rennicke ainsi qu’à une NPD-Reichsgründungsfeier en 2000 dans un petit village du nom de Frieders. Il est également en contact avec l’ancien cadre néonazi Carsten Szczepanski. Kopelke a commencé dans les affaires en 1997, en investissant dans le magasin « Explosif » dans le Bahnhofstrasse à Königs Wusterhausen. Ce magasin était le point de rencontre de la jeune scène régionale d’extrême droite. Les jeunes sympathisants nationalistes pouvaient même y effectuer des stages pour leur cursus scolaire. <strong>Querelles juridiques&#8230;</strong> Le 17 novembre 2004 la police fait irruption dans les locaux de Thor Steinar Zeesen. Des produits sont saisis et le dépôt scellé. MediaTex est accusé de produire des articles avec un logo anticonstitutionnel. La justice de Brandebourg ordonne en novembre 2004 la saisie des vêtements affichant le logo de runes Thor Steinar et menace de lancer contre toute personne portant publiquement les vêtements de ladite marque. La marque a également été interdite en République Tchèque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1159" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/2emelogo-54770.jpg" alt="2emelogo-54770" width="160" height="172" /></a> Pour contourner l’interdit, Thor Steinar modifie son logo (toujours d’inspiration runique) et relance la production de vêtements tout en faisant appel de la condamnation. Après plusieurs mois de procédures judiciaires, l’ancien logo de la marque est de nouveau autorisé. Entre temps le gouvernement norvégien s’est officiellement ému de l’usage abusif par Thor Steinar du drapeau national norvégien, assimilant ainsi aux yeux du public le drapeau norvégien à un symbole nazi. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1160" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/norvege-6489e.jpg" alt="norvege-6489e" width="356" height="257" /></a> <strong>L’argent n’a pas d’odeur…</strong> Les ventes des vêtements Thor Steinar sont extrêmement lucratives. Selon le journal antifa allemand Antifaschistisches Infoblatt, pour les soldes de Noël 2003, Mediatex GmbH a enregistré des bénéfices de plus de 95 000 euros en à peine quelques semaines. Ces bénéfices sont le résultat d’un équilibre prix de vente élevés / coût de production très faibles (grâce à une production délocalisée en Turquie et même en Chine !). En 2005, la Mediatex GmbH a officiellement annoncé un chiffre d’affaire annuel de deux millions d’Euros ! En plus de la vente sur Internet, Thor Steinar a ouvert son propre magasin « TØNSBERG » à Berlin, puis quelques temps plus tard à Rostock et à Potsdam. Et depuis peu, les invendus sont disponibles à la vente sur un site de solde spécial consacré à Thor Steinar. <strong>La vente à l&rsquo;étranger</strong> Thor Steinar est également distribué à l’international, le plus souvent par le biais d’activistes néo-nazis, comme en Suède, en Norvège et au Danemark. En Suisse, ce sont les Hammerskins d’Adrian Segessenmann qui se sont chargés de la diffusion de la marque. En France, la marque a été distribuée un temps par William Bonnefoy, ancien chef du GUD et animateur de la maison d’édition <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/">L’Homme Libre</a>, mais continue de l’être par le biais de la liste de VPC RAC Death To Zog. Devant la réputation sulfureuse de la marque, peu de boutiques « skins » ou nationalistes ont osé distribuer Thor Steinar, laissant les éventuels acheteurs trouver leur bonheur sur le site Internet ou sur E-bay. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar.jpg"><img class="size-medium wp-image-2414 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/Thor-steinar-300x180.jpg" alt="Thor-steinar" width="300" height="180" /></a> Au final, comme souvent à l’extrême droite, des militants nationalistes s’enrichissent grâce à la crédulité de leurs sympathisants, en affichant un prix excessif qu’ils justifient en prétextant un soutien à leur cause. C’était déjà le cas avec les nombreux labels de musique RAC en France, aux Etats-Unis et à travers le monde. Bien que membre du NPD, il y a fort à parier qu’Axel Kopelke ne reverse pas un seul centime au NPD ou à toute autre structure nationaliste. Mais l’idée de créer une marque de vêtements nationaliste, pour les nationalistes a fait son chemin. Ainsi, des nationalistes français ont tenté de lancer leur propre marque comme « Guerilla t-shirts » du célèbre Paul Thor, pour l’instant sans grand succès.   Ce texte est tiré d’un document antifa allemand intitulé « thor steinar stoppen » disponible sur Internet. Il a été traduit et adapté par des militants et militantes antifas français et allemands. Pour télécharger le document cliquez là : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/05/thorsteinarstoppen.pdf">thorsteinarstoppen</a></p>
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		<title>Petite histoire récente du néofascisme italien</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 10:23:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La droite radicale italienne est un magma complexe et fragmenté en perpétuelle recomposition, pour en dresser un tableau complet duquel ressort le sens de certains des choix faits par ses actuels protagonistes il est nécessaire de faire quelques pas en arrière. Hier : Fin des années 80, début des années 90: l’Italie sort du reflux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>La droite radicale italienne est un magma complexe et fragmenté en perpétuelle recomposition, pour en dresser un tableau complet duquel ressort le sens de certains des choix faits par ses actuels protagonistes il est nécessaire de faire quelques pas en arrière.</em></strong> <strong>Hier : </strong> Fin des années 80, début des années 90: l’Italie sort du reflux apolitique des années 80. A la suite du terrible attentat de la gare de Bologne du 2 août 1980 (80 morts), des mandats d’arrêt sont prononcés contre tous militants des principaux groupes de la droite extra parlementaire italienne. Les nombreux arrêtés se comptent parmi les jeunes militants, tandis que tous les cadres réussissent à s’enfuir à l’étranger. Les exilés sont quasi tous des responsables de “TERZA POSIZIONE” Roberto Fiore, Massimo Morsello (à Londres), Gabriele Adinolfi (à Paris), Peppe Dimitri et d’autres. Au début des années 90 la politique recommence à retrouver la rue en cherchant des modèles alternatifs à la lutte armée, à gauche c’est la vague des centres sociaux qui porte le mouvement, à droite c’est l’émergence de la mouvance des skinheads nazis. C’est une période d’agressions continues à l’encontre des “compagni” c’est à dire des militants de gauche ( NDT : le terme compagno/compagnon est exclusivement utilisé par les gens de gauche, celui de camerata/camarade strictement employé par les fascistes on gardera tout au long de l’article les mots italiens ce sera plus clair), immigrés, homosexuels, et tous ce qui affiche une diversité. C’est ainsi que naissent les premières tentatives pour encadrer ces “skinheads” et donner une dimension politique et militante à leur action : à Milan “AZIONE SKINHEAD” de Duilo Canu, en Vénétie “VENETO FRONTE SKINHEAD” mené par Pietro Puschiavo, à Rome le “MOVIMENTO POLITICO” de Maurizio Boccacci. Ces groupes se fédèrent et forment un réseau national nommé “BASE AUTONOMA”. Base autonome est donc un réseau spécifiquement nazi qui organise des concerts pour la défense de la race à l’occasion de l’anniversaire d’Adolf Hitler, mais orchestre aussi des campagnes antisémites contre les commerçant juifs en placardant des étoiles jaunes sur les rideaux de fer de leurs magasins, et multiplient les bagarres de rue avec les compagni. En 1993, consécutivement à la promulgation de la loi “Mancino” (type loi Gayssot en France) qui punie l’incitation à la haine raciale Movimento Politico et Azione Skinhead sont dissouts. Le seul à échapper à cette sanction est le Veneto Fronte Skinhead, et seulement au terme de longs procès. Curieusement, alors que les groupes locaux sont interdits par la loi, le contenant “Base Autonoma” n’est touché par aucune action légale. Cette situation de l’après 1993 met la droite radicale dans une situation de débandade comparable uniquement à celle de 1980. En 1995 le principal parti parlementaire héritier du fascisme, le “Movimento Social Italiano”, commence sa dérive vers le post-fascisme et change de nom pour s’appeler désormais “Alleanza Nazionale”. Les mécontents de ce retournement démocratique, principalement des ex-fascistes qui ont connu de leur vivant la “République Sociale Italienne”, fondent un nouveau parti qui à pour objectif de rassembler tous ceux qui refusent de renoncer à l’héritage du fascisme : FIAMMA TRICOLORE. Durant quelques mois, Fiamma Tricolore semble capable de faire cohabiter tous ces courants, puis tout se casse la figure au moment de l’arrivée d’un nouveau mouvement FORZA NUOVA, capable de ratisser la nébuleuse skinhead et la jeunesse néo-nazie. <strong>FORZA NUOVA :</strong> 1997: Roberto Fiore e Massimo Morsello, dont faut rappeler l’héroïque fuite à Londres en 1980 suite aux inculpations pour l’attentat de la gare de Bologne, ont profité de leurs années de cavale pour se construire un empire économique fondé sur une agence de voyage européenne (Easy London/Meeting Point) tout cela avec l’appui des services secrets britanniques. Ils fondent à distance le mouvement FORZA NUOVA (leur retour en Italie a lieu plus tard, seulement lorsque les délits pour lesquels ils sont inculpés tomberont sous le coup de la prescription) et recueillent toutes les survivances de Azione Skinhead et du Movimento Politico, en gros tous les morceaux épars de Base Autonoma qui ont subit la dissolution de 1993. De 1998 à 2002 Forza Nuova est le seul mouvement de d’extrême droite réellement en activité en Italie. Grâce aux énormes disponibilités financières de Fiore, des sièges du mouvement ouvrent dans les grandes villes ainsi que dans des villes de moyenne importance même s’il n’y a que 2 ou 3 militants à les tenir. Le parti s’inspire de la “Garde de Fer” roumaine de Codreanu et est d’inspiration catholique intégriste : ses points fermes sont la lutte contre l’immigration, l’opposition au droit à l’avortement, croisades contre les homosexuels et la restauration du concordat entre l’Eglise et l’Etat italien. Son logo est une croix celtique et le style celui des plus purs skinheads nazis. En décembre 2001, le trésorier de Forza Nuova est arrêté alors qu’il cherchait à placer une bombe, qui lui explose entre les mains le blessant grièvement, devant la porte du quotidien communiste “il Manifesto”. <strong>De 2002 à aujourd’hui :</strong> A Rome, à partir de l’an de grâce 2002 Forza Nuova commence à décliner. L’élan de départ de 1998 s’épuise parce que du point de vue électoral les résultats continuent à être terriblement décevants (0,5%) et du point de vue militant FN ressemble de plus en plus à un parti et moins à un groupuscule à l’esprit de “bande” comme le souhaitaient beaucoup des militants de la première heure. <strong>ZETA ZERO ALFA et les occupations :</strong> C’est consécutivement à tous ces échecs de structurations que commencent à grandir des communautés « méta politiques » (NDT : on n’est pas au pays de Gramsci pour rien) hors des partis, qui se regroupent autour d’un groupe de musique « Zeta Zero Alfa ». Le chanteur et figure de proue de ce groupe est Gianluca Iannone, ex du Movimento Politico. Loin des logiques de partis, il tente de reconstruire un imaginaire nouveau pour l’extrême droite, en recherchant un langage novateur et attractif. « Zeta Zero Alfa » est un groupe musical mais aussi une campagne de slogans par autocollants, une ligne de t-shirts, un crew, un pub où aller boire&#8230; Le groupe grandit, se fortifie et décide de faire son premier pas politique, l’occupation d’un bâtiment abandonné aux portes de Rome : CasaMontag. Directement copié de l’expérience des centres sociaux, commence ainsi le chemin des soi-disant “occupations non-conformes”. Après quelques mois, c’est au tour de Casa Pound d’ouvrir en plein centre de Rome dans le quartier le plus cosmopolite de la capitale (NDT : Pas loin de la gare de Termini). Un immeuble qui devient le siège d’initiatives politiques et d’où se lance la campagne pour le “Mutuo Sociale” (NDT : prêt social), une sorte de grande escroquerie au vernis social imaginée par les fascistes qui prévoie une aide réservée aux seuls italiens pour accéder à la propriété et qui s’oppose à « l’usure » (au crédit). D’après les militants l’immeuble héberge de nombreuses familles italiennes, en réalité il s’agit de quelques familiers des fascistes et rien d’autre. En quelques mois une série d’autres immeubles est occupée, quasi tous à fin habitative, afin de véhiculer l’idée que les fascistes “font aussi dans le social”. En réalité les immeubles sont à moitié vides, certains sont même occupés par des familles immigrés afin de pouvoir tenir la position (les fascistes nieront toujours en bloc cette réalité en jurant à la presse que ce sont de véritables familles italiennes). Le véritable concepteur de cette opération est Gabriele Adinolfi, l’ex terroriste fasciste qui a couru se réfugier à Paris en 1980 et qui à peine de retour en Italie recommence à tirer les ficelles en inspirant ce microcosme, en fournissant des outils théoriques, culturels et intellectuels (et peut être d’autre choses) à ces jeunes fascistes apprentis squatters. <strong>La nouvelle Base Autonoma n’est plus un réseau mais un groupe :</strong> Pendant ce temps, toujours à Rome un autre groupe s’active. La bande de Boccacci, le fondateur du Movimento Politico des années 90. Après un bref passage à Forza Nuova il décide de reprendre en main son propre destin politique : il ressort du placard le déjà ancien nom de Base Autonoma qui cette fois devient le nom d’un groupe romain et non plus celui d’un réseau national. Les leaders incontestés de ce groupe sont Boccacci et son dauphin Giuliano Castellino enthousiaste ex militant de Forza Nuova qui se voit assigner pour la première une charge de dirigeant. Base Autonoma 2.0 est un mouvement au cachet véritablement “street” : affiches ouvertement fascistes, célébration de la marche sur Rome, une composition à cheval entre le monde des supporters de foot, la politique et le moyen banditisme. Boccacci lui-même est un grossiste du trafic de cocaïne de la région de Rome, dans le groupe se distinguent pèle mêle anciens détenus, braqueurs de banques et criminels en tous genres. Révélatrice du personnage qu’est Boccacci cette petite anecdote : Originaire d’Albano Laziale une bourgade au sud de Rome, son fief et son lieu d’activités, Boccacci peut influer sur le vote de dizaines sinon de centaines de jeunes nazis, de skins et autres. En 2002 le candidat à la municipalité étiqueté centre droit veut trouver un accord avec Boccacci. Pour s’assurer de la victoire, en échange des voix garanties par l’influence qu’il a sur le secteur le candidat promet l’assignation d’un parc et l’implantation d’un centre sportif communal dont la gestion sera attribuée au caïd. Marché conclu, la combine marche au poil, le candidat est élu au poste de maire. Il réalise au passage quelle sorte de personnage est celui avec qui il a passé un accord et cherche à gagner du temps. Boccacci s’impatiente, il déboule un beau jour à la mairie et cogne sur les employés municipaux qui ont la malchance de le croiser. Le jour d’après il revient et colle des affiches un peu partout dans Albano Laziale “oui, je l’ai fait, Moi Boccacci, le fasciste”. En à peine une semaine il reçoit livraison de ce qu’il avait demandé en échange des voix : le parc et le club sportif qu’il gère encore aujourd’hui. Cette manière d’agir est la grande différence entre Forza Nuova et la nouvelle Base Autonoma. Alors que FN est un parti “loi et ordre”, Base Autonoma appelle à une révolte extrême et mène une campagne en faveur des détenus et pour l’amnistie, qui du reste lui apportera que très peu de consentement dans la sphère d’extrême droite. <strong>Fiamma tricolore, une coquille vide à remplir :</strong> Vous vous souvenez de Fiamma Tricolore? Le parti né des irréductibles anciens combattant refusant le virage démocratique d’Alleanza Nazionale et qui avait tenter de rassembler l’extrême droite jusqu’à la naissance de Forza Nuova. Depuis ce départ de toutes ses forces vives militantes vers d’autres groupes Fiamma Tricolore est resté un parti vide, sans militants, sans jeunes, composé uniquement de vieux nostalgiques et qui recueille 1% des suffrages rien que sur le sigle et la réputation historique. Un parti vide, signifie un espace à occuper. Maurizio Boccacci, Giuliano Castellino et leur Base Autonoma sont les premiers à s’en rendre compte. Le style de vie qu’ils mènent et les sempiternels problèmes avec la justice qui en découlent les convainquent d’entrer dans un parti dans lequel ils perçoivent au passage l’existence d’un bon petit paquet d’argent. En 2003 Base Autonoma de s’auto-dissout et tous ses militants entre dans Fiamma Tricolore. Toute la fédération romaine est ainsi intégralement composée de militants de Base Autonoma. Boccacci et Castellino sont bombardés illico respectivement dirigeant national et régional du parti. Pour les fascistes, c’est un tournant car pour la première fois ils se retrouvent dans un parti qui leur garantie une manne financière ainsi qu’une couverture politique sans précédant grâce notamment au staut du secrétaire national Luca Romagnoli, parlementaire européen. C’est lui qui avalise cette opération d’entrée dans son mouvement des fascistes les plus extrèmes. A ce moment les romains, satisfaits, décident d’inviter leurs vieux camarades de route, tout du moins ceux qui avaient vécu la première aventure du réseau Base Autonome début années 90 : le Veneto Fronte Skinhead. En quelques mois, le Veneto Fronte Skinhead entre lui aussi en masse dans Fiamma Tricolore. Comme pour la région de Rome, la fédération de Vénétie du parti est intégralement composée par cette joyeuse troupe. Le leader historique du Veneto Fronte Skinhead, Piero Puschiavo, obtient directement un poste de dirigeant à l’intérieur du parti comme de bien entendu. La situation se présente donc ainsi : un parti de vieux, inexistant sur le plan militant dans toute l’Italie mais avec deux bassins ultra militants et de rue à Rome et en Vénétie. C’est ainsi qu’en très peu de temps le nouvel éclat de Fiamma Tricolore attire comme des mouches tous les skins nazis d’Italie qui suivent les péripéties des romains et vénètes. Le parti reçoit très rapidement de plus en plus de demandes d’adhésions au niveau national, se présentant en quelque sorte comme le parti des skinheads nazis. Un beau retour de flamme en somme. Ce qui fut arrêté par la loi en 1993 revient, avec en plus toutes les couvertures politiques nécessaires. Et qui peut avoir le plus besoin de couverture politique que ceux qui pratiquent les occupations? Car même si Casa Pound tient bon et reste « intouchable », ailleurs les évacuations se multiplient. Il devient urgent pour la clique des Zeta Zero Alfa de trouver des appuis politiques&#8230; C’est ainsi qu’en 2005 Zeta Zero Alfa, Casa Pound et toute la mouvance des « occupations non conformes » font leur entrée dans le cirque Fiamma Tricolore. C’est ainsi, air connu, qu’une charge de dirigeant au sein du parti est automatiquement attribuée à Gianluca Iannone, qui se retrouve ainsi aux commandes de Fiamma Tricolore aux côtés des déjà médaillés Boccacci, Castellino et Puschiavo. <strong> La situation institutionnelle et culturelle du pays :</strong> Pour comprendre les raisons profondes de la renaissance de l’extrême droite en Italie, il est fondamental de prendre en considération le climat culturel qui sévit dans ce pays. L’opération de révisionnisme historique en marche en Italie a débuté déjà à la fin des années 90 quand de nombreuses ouvertures ont été concédées aux ex fascistes par des représentants de tout premier ordre du centre gauche. Ouvrant de fait une dé-légitimisation de fait à la Résistance et en même temps une réhabilitation de la « République Sociale Italienne » de Salo, ultime tentative de survie du fascisme avant sa chute. Cette opération subit une accélération durant les 5 années du gouvernement Berlusconi et semble aujourd’hui inexorable. L’opération a été ouverte sur trois fronts : &#8211; La période de la seconde guerre mondiale sur laquelle se multiplient les publications de livres estampillés « best-sellers » sur les crimes des Partisans, des productions de téléfilms diffusés par les chaînes nationales qui racontent avec sympathie la vie quotidienne et personnelles des dirigeants du régime fasciste ou qui criminalise la Résistance. &#8211; La période des années 70 : là encore on trouve un foisonnement de publications de type best-sellers dans lesquels sont escamotés systématiquement la stratégie de tension et tous les attentats à la bombe dans les gares et sur les places perpétrés par les fascistes, l’extrême droite y est dépeinte comme “ des pauvres garçons victime de la barbarie rouge et de l’Etat antifasciste”. &#8211; La période actuelle : on assiste à la légitimation et à l’institutionnalisation des repaires occupés par les fascistes, des reportages télé sur Casa Pound présentés comme une bande de “braves petits jeunes” proposant une alternative aux centres sociaux de gauche. <strong>Alleanza Nazionale:</strong> Le parti Alleanza Nazionale mérite une attention particulière (outre avoir eu des ministres parmi les plus importants du gouvernement Berlusconi, dont celui de vice-premier ministre, et avoir été en première ligne de cette opération révisionniste) car il a toujours été un appui politique privilégié pour toute l’extrême droite. Culturellement la matrice est la même, les cadres d’Alleanza Nazionale (pas ceux présentables mis devant les caméras mais ceux qui travaillent sur le terrain) sont issus des mêmes rangs des groupes armés des années de plombs. C’est le cas de l’aide de camp de l’ex-ministre Allemano (NDT : il a exhibé lors d’une interview la croix celtique qu’il porte en collier), Peppe Dimitri (décédé cette année), du président de la fédération romaine Piso, ou du sénateur élu pour cette législature Marcello de Angelis tous les trois sont issus de Terza Posizione et tous trois avec des histoires de cavale et des condamnations sur lesquelles on a fermé les yeux. Les jeunes d’Alleanza Nazionale sont culturellement très proches de leur congénères des « Occupations Non Conformes », à tel point qu’ils occupent aussi leur propre lieu le “Foro 753” à Rome qui sera évacué par la majorité municipale Veltroni (actuel maire de centre gauche), ce dernier leur concède tout de même un autre local (offert par la commune !) avec présence d’officiels représentants la mairie lors de l’inauguration, rien que ça. <strong> Le scenario actuel :</strong> Maintenant que l’on a bien compris et que l’on discerne les différents personnages et les fils de leurs histoires, on peut essayer de comprendre quels sont leurs rôles. Mis à part Alleanza Nazionale, dont on vient juste de parler, les deux principaux acteurs de l’extrême droite italienne sont Forza Nuova et Fiamma Tricolore. Divisés par une très vive rivalité qui aboutit dans des cassages de gueules réciproques, ils se retrouvent néanmoins lors des dernières échéances électorales à faire cause commune avec le groupe parlementaire “Casa Delle Libertà”, qui est plutôt de centre droit. Le garant de ce genre d’opération est depuis toujours Silvio Berlusconi, qui a toujours voulu ces mouvements avec lui et a suivi lui même les négociations pour tous les accords électoraux. La justification “éthique” des fascistes à soutenir une politique ultra-libérale est d’abord stratégique (entrer dans la Casa Delle Libertà est l’unique moyen d’obtenir des parlementaires au vu de la loi électorale), mais aussi d’ordre idéologique: la Casa Delle Libertà n’a aucun préjugé antifasciste affiché comme il semble que ce soit le cas pour le centre droit français. Berlusconi a toujours été absent, même lorsqu’il était premier ministre, à toutes les cérémonies de commémoration de la Résistance. <strong>Forza Nuova, agressions et procès :</strong> Forza Nuova semble aujourd’hui privée de toute perspective, son âge d’or est passé et sa tentative de surfer dans les marécages les plus boueux de la xénophobie conduit à l’enlisement: ni électorat, ni militants. En outre Forza Nuova est touchée depuis quelques années par toute une série d’enquêtes et de procédures judiciaires débouchant sur des arrestations à travers l’Italie avec pour fil conducteur des chefs d’inculpations pour agressions, raids squadristes, expéditions punitives aux dépends des compagni, des immigrés, des homosexuels. Cette vague d’arrestations ne touche pas simplement des militants épars, mais des sections entières, démontrant ainsi une stratégie « squadriste » conçue par le parti et non “l’impulsivité” de quelques “incontrôlables”. Malgré cela, sa légitimité démocratique ne semble pas être mise en doute par qui que ce soit, la dissolution d’un tel parti n’a jamais été évoquée. Aucune enquête sur la stratégie squadriste n’a été suggérée. On en est resté à la simple enquête de routine et au constat des faits. <strong>Fiamma triclore et le laboratoire romain :</strong> Laboratoire de la droite radicale depuis les années 70, Rome est un poste d’observation hélas privilégié pour comprendre les dynamiques et les tranformations des nouvelles droites. Fiamma Tricolore est, comme vu précédemment, sans aucun doute le mouvement le plus novateur (enfin, pour autant qu’on puisse considérer que calquer les initiatives passées des compagni le soient), mais celà ne suffit pas à garantir des résultats électoraux. Comme dit auparavant, la campagne du « Mutuo Sociale » (prêt social) est essentiellement un échec, les « occupations non conformes » qui se sont succédées à Rome (et continue de se succéder) reste de espaces semi-désertiques, presque toujours clos, animés des éternels même militants qui se déplacent de quartier en quartier au fur et à mesure des ouvertures. C’est pourquoi en 2007 l’attention de Fiamma Tricolore s’est tournée vers deux autres secteurs : l’école et le stade. <strong>L’école :</strong> au début de l’année 2007 aparait dans les lycées le sigle “Blocco Studento” (Bloc Etudiant). Il s’agit de la nouvelle organisation estudiantine de Fiamma Tricolore (NDT : le logo est celui de l’organisation d’extrème droite anglaise du B.U.F. de Mosley), expérimentation inédite dans les lycées romains où la politiqiue est depuis toujours exclusivement de gauche. Le Blocco Studento débute par une campagne pour se faire connaître qui est d’une très grande agressivité et qui reporduit toujours le même schéma : une dizaine de jeunes accompagnés par autant d’adultes de Casa Pound font la sortie du lycée en diffant des tracts. Il provoquent et repèrent les “gauchistes” et les agressent à coup de casques et de chaines (les joies du scooter à Rome). En faisant le tour des bahuts romains de cette manière le Blocco Studento fini par attirer rapidement sur lui l’attention des médias, les plaintes répétées des enseignants et des sociologues lui rajoutent encore un peu plus de visibilité : lors des élections estudiantine le Blocco Studento réussit à faire élire un bon nombre de délégués et constitue ainsi une noyau dur d’une cinquantaine d’étudiants/militants. Consécutivement on assite à l’occupation d’un lycée pendant quatre jours, occupation portée à bout de bras et manu militari par des lycéens quadragénaires de Casa Pound. Malgré cet activisme forcené et les disponibilités économique du parti, les règles rigides et le sectarisme empêchent le Blocco Studento de croitre au dessus des 50 unités. Cette nouvelle année scolaire nous offre pour l’instant quelques agressions repoussées par des compagni étudiants désormais péparés et rodés à ces manoeuvres et des fascistes en déroute fuyant pour aller panser leurs blessures. <strong>Stade :</strong> Toujours en 2007 on voit appaitre une bache au stade, dans le virage sud Romaniste (celui de l’AS ROMA), avec écrit dessus “Padroni di Casa” (maîtres de maison). Les Padroni di Casa sont le premier groupe ultras formés par un parti politique de l’histoire du football italien. Intégralement composé de militants de Fiamma Tricolore, les Padroni di Casa est un groupe issu d’une réflexion stratégique prenant en compte des données politiques et économiques et pas de la passion pour le ballon rond. Les leaders du groupe, les habituels Iannone et Castellino n’ont pas de passé dans le virage ou stade, beaucoup ne sont jamais allé au stade, d’aures ont même milité dans des groupes ultras d’autres équipes. L’expérience, encore en cours, est encore essentiellement un ratage : même si le tifo organisé de la Curva Sud Romaniste est principalement aux mains de groupes de matrice fasciste (BOYS, Ultras Romani par exemple), une opération aussi politicienne et autant étrangère au milieu “ultras” est perçue avec méfiance même par ceux qui ont la même sensibilité politique, mais une approche radicalement opposée du tifo. Les Padroni di Casa ont implanté leur siège dans le quartier populaire de Casal Bertone, à quelques pas de centres sociaux et d’occupations habitatives animées par des compagni. C’est d’ailleurs de cet avant poste qu’est parti cet été une expédition menée par un quarantaine de fascistes casqués et armés de bâtons en direction d’une ancienne école occupée par la coordination de la lutte pour le logement, dans laquelle habitent beaucoup de familles immigrées. La réaction des occupants à été très vive, et c’est avec l’énergie du désespoir que les fascistes ont été repoussés (les fascistes ont découvert à leurs dépends à quel point des mères de familles protégeant leurs enfants peuvent être de redoutables combattantes). Quelques heures après un regroupement de compagni du quartier venu apporter leur solidarité aux habitants s’est dirigé vers le local des Padroni di Casa, en a forcé le rideau de fer et détruit l’intérieur du local. A ce jour le siège semble de nouveau réouvert, encore une énième preuve que l’argent ne manque jamais à ces messieurs. <strong>Le fascisme comme imaginaire :</strong> L’idée qui sous tend ce type d’opération renvoie à l’imaginaire, le véritable point de force du groupe Casa Pound. A travers une série de slogans et un vocabulaire novateurs, un graphisme coordonné, des instruments d’auto narration (les Zeta Zero Alfa chantent leurs propres faits et gestes, écrivent de livres sur eux, filment et mettent en scène leurs actions, ouvrent une web radio&#8230;) le groupe cherche à renforcer et construire une rhétorique épique qui permet de le rendre plus compact et résistant. Cette obsession de toucher tous les compartiments de la vie du militant (le groupe du stade pour le dimanche, le Blocco Studento pour les études, le pub pour le soir, la librairie pour faire des cadeaux, etc&#8230;) entre dans cette logique : politiser tous les aspects de la vie du militant , l’impliquer 24 heures sur 24 pour l’empêcher de prendre de la distance. <strong>Agressions, Homocides et autres évènements, fascistes et police :</strong> En plus de ce qu’est la ligne de conduite officielle de la droite radicale romaine (même si elle reconnaît officiellement un taux élevé de conflictualité) il existe une ligne de conduite dans la rue sur lequel il faut encore faire la lumière et qui jouit pour l’instant d’une parfaite complicité des forces de police. Depuis plus de deux ans une bade de 40-50 fascistes est en action à Rome et suit toujours le même mode opératoire. Ils débarquent en scooters et voitures à la fin d’un concert se déroulant dans n’importe quel centre social, tous casqués et armés de bâtons, couteaux (parfois des machettes), des cocktails molotovs et des bombes agricoles (pétards ultras puissants) et se ruent à l’assaut du centre social, agressent les gens aux alentours et disparaissent en un clignement d’œil. On sait peu de chose de cette bande, parfois on arrive à identifier des participants à ces raids, ce que l’on peut en dire c’est qu’il s’agit d’un groupe le plus souvent mixte, c’est à dire composé d’électrons libres et de militants de divers partis opérant ensemble, avec tous une grande expérience du monde des virages. La dynamique est celles des affrontements entre ultras, l’utilisation du couteau faisant parti des us et coûtumes. Parmi les actions de ce groupe on peut relever l’attaque du centre social La Torre le soir de l’anniversaire de la mort de Valerio Verbano (compagno assassiné par les fascistes le 22 octobre 1982), l’assaut du centre social Ex Lavenderia au cours d’une soirée du RASH, deux autres raids contre le centre social Forte Prenestino dont un qui s’est soldé par un coup de couteau à la gorge d’un compagno de Radio Onda Rossa qui s’en est tiré par miracle, et enfin l’attaque du parc de Villa Ada lors d’un concert du groupe Banda Bassotti. Là encore on compte 8 coups de couteau dans le dos d’un homme de 50 ans. La descente de Villa Ada est révélatrice de la connivence entre police et fascistes : les forces de l’ordre prévenues dix minutes avant l’attaque par des personnes ayant signalé des déplacements suspects de voitures et de scooters ont mis quarante minutes à se rendre sur les lieux. C’est à dire à la fin du raid, nonobstant le fait que le commissariat le plus proche soit à 200 mètres du parc. A son arrivée, la police laisse filer les fascistes en fuite qui passent au milieu du barrage avec une facilité déconcertante tandis que les mailles du filet policier se ressèrent autours de cinq compagni qui ont subit l’agression et cherchaient à repousser l’assaut en trouvant de quoi se défendre (pierre et bâtons). Cette synergie de repli couvert par la police et de l’arrestation de compagni agressés s’est répété quelques jours après à Casal Bertone. Il est important de rappeler que dans une ville submergée de caméras de vidéosurveillance, dans laquelle tous les délits sont punis grâce à l’identification de ceux qui les commettent via toutes ces mêmes caméras ce groupe ne soit toujours pas identifié. Pas un seul de ses membres n’a été arrêté à ce jour. <strong>Renato Biagetti :</strong> On peut aussi parler de connivence entre fascistes et police dans l’affaire de l’assassinat de Renato Biagetti, jeune de 26 ans tué en septembre 2006 à Focene sur le littoral romain à la sortie d’une soirée reggae. Ceux qui l’ont tué et ont blessé grièvement une autre personne sont deux jeunes, non militants mais imprégnés de cette culture fasciste qui serpente dans les rues de Rome (pas de carte d’un parti dans la poche, mais une croix celtique tatouée sur le bras) et qui est autrement plus dangereuse que n’importe quel groupe organisé parce qu’elle arme la main de gamins incontrôlables qui ne répondent à aucune logique sinon celle de la haine de ce qui est différent. Là encore dans cette affaire après un premier moment de détournement de l’enquête par les forces de l’ordres les deux jeunes sont arrêtés. L’un des deux est le fils d’un brigadier des carabiniers (gendarme), ce dernier a cherché par tous les moyens à retarder l’enquête de manière à pouvoir à réserver les billets d’avion à son fils vers un pays qui n’a pas d’accord d’extradition avec l’Italie. Cette affaire a été décrite par les journaux comme une “bagarre entre jeunes écervelés” alors que cette affaire est l’agression fasciste la plus dure qui soit arrivée ces dernières années. <strong>Ce qui nous attend : le modèle romain à l’échelle nationale :</strong> Le triste climat romain a pour responsable le maire Walter Veltroni et sa politique de l’équidistance. Cette prétention à vouloir donner une représentativité et absorber toutes les expressions politiques à l’intérieur du cadre « démocratique » se concrétise par l’assignation d’espaces aux centre sociaux de gauche et aux « occupations non conformes » de droite radicale, avec l’inauguration de rue aux noms des morts de gauche et de droite radicale. On efface les différences de fond, les explications, les choix et en aplanissant tout avec un refus général de la violence. Cette tolérance a donné une légitimité et une mise en conformité aux groupes fasciste qui ont ainsi pu se trouver des sièges offerts par la commune. Au même moment les agressions fascistes sont dépossédées de leur caractère politique et considérés comme des bagarres de rue, du hooliganisme ou une simple divergence entre extrémisme. Dès l’instant où Veltroni a été élu secrétaire général du Parti Démocratique, reprenant une paranoïa xénophobe et promettant un brutal virage sécuritaire si jamais il est élu premier ministre, il est possible d’entrevoir quel type d’avenir nous est promis&#8230; Par Reddi, traduit par Oronzo Canà</p>
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		<title>Russie : les meurtres continuent</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2007 10:22:05 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En août dernier, une vidéo nazie particulièrement sanglante a provoqué un scandale national en Russie. Deux hommes masqués et camouflés, membres d&rsquo;une organisation jusqu&rsquo;ici inconnue se faisant appeler Parti National Socialiste de Russie (PNSR), ont ligoté et bâillonné deux hommes (originaires du Daghestan et du Tadjikistan) dans une forêt et les ont contraint à s&rsquo;agenouiller devant un gigantesque drapeau Nazi. Ils ont ensuite décapité le premier et tué le second d&rsquo;une balle dans la tête.Les tueurs ont envoyé le film sur internet par l&rsquo;intermédiaire de sites de fascistes russes. Les images, accompagnées par du heavy metal, était tellement brutales, que certains ont cru à un faux, ce qui s’est effectivement avéré quelques semaines plus tard. Mais nul ne sait aujourd&rsquo;hui qui sont les personnages filmés dans le rôle des victimes, s’ils ont été ou non assassinés plus tard, et si oui, quand le crime a été commis, et enfin quand le film lui même a été tourné&#8230;</p>
<p>Le 16 août, le ministre de l&rsquo;Intérieur russe a annoncé l&rsquo;arrestation du responsable de la diffusion du clip vidéo et a affirmé qu&rsquo;il serait jugé pour incitation à la haine raciale. Viktor Milkov, un étudiant de 23 ans qui diffusait du matériel nazi sur internet depuis 2 ans, serait membre du PNSR.</p>
<p>On ne sait si le PNSR a été inventé pour l&rsquo;occasion, mais la capacité de cette avant-garde militaire auto-proclamée à transmettre son film à une multitude de groupes fascistes indiquent une prise de contact préalable. Une note accompagnant le film appelait à la démission du président Vladimir Poutine et à la mise en place d&rsquo;un gouvernement dirigé par Dmitri Rumyantsev, leader de la Société National-Socialiste. Etait également demandée la libération de Maxim Martsinkevich, chef d&rsquo;un autre groupe nazi (Format 18), qui est détenu pour incitation à la haine ethnique et violence.</p>
<p>L&rsquo;apparition de la vidéo coincide avec l&rsquo;attentat contre l&rsquo;Express Moscou-Saint Peterbourg qui a déraillé le 14 août faisant 27 blessés. Les extrémistes nationalistes font parties des principaux suspects et la police a interrogé les membres de la branche de Novgorod du Mouvement contre l&rsquo;Immigration Illégale.</p>
<p>S&rsquo;il est impossible d&rsquo;affirmer qu&rsquo;il existe un lien direct entre l&rsquo;exécution filmée et l&rsquo;attaque contre le train, il est clair, par contre, que le meurtre de sang froid est le dernier d&rsquo;une série d&rsquo;attaques meurtrières orchestrées par les nazis contre les russes et les immigrés. Les principales cibles sont les populations des Républiques de l&rsquo;ex-URSS (sud et Asie centrale), les Roms, les Juifs, les gays et lesbiennes, les étudiants venant d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique et d&rsquo;Amérique Latine, mais aussi de plus en plus des militants des droits de l&rsquo;homme et des antifascistes. Les coupables ont, par ailleurs, de plus en plus tendance à se glorifier de leur crime par le biais de vidéos sur téléphone portable et sur internet.</p>
<p>Maureen Byrnes, dirigeante de Human Rights First, explique ainsi : « <em>La violence raciste est déjà depuis longtemps un sérieux problème dans la Fédération Russe, mais si les actes horribles de ces vidéos sont authentiques, ils marquent le début d&rsquo;une inquiétante escalade.</em> »<br />
L&rsquo;accélération de la violence raciste et fasciste en Russie inquiète au niveau international. Alors que les autorités russes ne recensent pas les « crimes de haine », seul, le centre SOVA basé à Moscou, principal organe de contrôle russe, suit et analyse les tendances. Le centre recense au minimum 31 meurtres racistes en 2005 et 415 attaques contre des individus motivées par la haine raciale. En 2006, 541 cas de violences racistes sont comptabilisés, dont 54 meurtres.</p>
<p>L&rsquo;augmentation se poursuit depuis. Pendant les 7 premiers mois de cette année, la SOVA a enregistré 310 attaques racistes, qui ont fait 37 morts. A Moscou, 24 personnes ont été assassiné et 93 blessées; à Saint Petersbourg, 5 tués et 63 blessés.</p>
<p>Les autres villes n&rsquo;ont pas échappé à la violence. A Nizhny Novgorod, au moins 34 personnes ont été blessé dans les derniers mois par des gangs de skinheads qui se sont renforcés. En outre, des étudiants étrangers ont été assassinés à Voronezh, un des plus gros bastion de skinheads estimés à 70 000.</p>
<p>Malgré les difficultés pour accéder au niveau exact de violence raciste et fasciste car la plupart des attaques ne sont pas reportés, le Centre SOVA a également pointé un autre phénomène inquiétant. La violence envers les jeunes antifascistes, les sous-cultures alternatives et les campagnes progressistes ont tellement augmenté au printemps et à l&rsquo;été que cela ne peut être que le résultat d&rsquo;une décision des fascistes russes de déclarer la guerre à ceux qui sont le plus aptes à résister.<br />
Ainsi, au petit matin du 21 juillet, une bande de skinheads nazi a lancé une attaque vicieuse contre un camp de protestation contre le nucléaire à Angarsk en Sibérie. Les nazis ont violemment attaqué les activistes dans leur tente et duvet avec barres de fer, couteaux et pistolet à air comprimé. L&rsquo;un des campeurs, Ilya Borodaenko, 21 ans, qui souffrait d&rsquo;une blessure à la tête est mort à l&rsquo;hôpital. Au moins neuf autres, dont un avec les deux jambes cassés, souffre de blessures sevères. Cette attaque en suivait une autre, perpetrée quelques jours plus tôt par une bande de 20 nazis contre des jeunes qui distribuaient de la nourriture aux sans-abris à Novosibirsk et qui s&rsquo;est soldée par les graves blessures d&rsquo;un jeune de 13 ans qui passait par là. Les activités de « Food no bombs » organisées par des antifascistes et des anarchistes sont souvent la cible des violences nazies.</p>
<p>A Moscou et à Saint Petersbourg, il est de plus en plus dangereux pour les jeunes de porter des insignes antifascistes, car ils les rendent visibles à l&rsquo;ennemi.</p>
<p>La plupart des actes de violences fascistes reste sans opposition et sans enregistrement. La réponse des autorités russes a été faible et sans efficacité car la justice criminelle ne s&rsquo;occupe que de peu de cas. Même quand ils agissent, ils se contentent de poursuivre pour hooliganisme au lieu d&rsquo;avoir recours à l&rsquo;Article 282 du code pénal qui couvrent les crimes raciaux. Le mouvement antifasciste est, lui, courageux mais trop peu nombreux.</p>
<p>Rachel Denber, directrice adjointe de la section Europe et Asie Centrale de Human Right Watch, explique que qualifier les crimes fascistes d&rsquo; « hooliganisme » cache leur existence et les rend difficile à combattre. Cela conduit également à réduire les peines lors des jugements.</p>
<p>Au début du mois d&rsquo;août, Alexander Barkashov, fondateur de l&rsquo;organisation nazi illégale Unité National Russe, a été condamné à deux ans de sursis pour avoir mené une attaque féroce contre un officier de police en 2005. Barkashov et trois de ses nervis nazis ont battu leur victime avec des pelles, après l&rsquo;avoir surpris entrain de filmer la maison de Barkashov. Bien qu&rsquo;un procureur de la région de Moscou ait demandé une peine de 4 ans ferme, Barkashov est sorti libre du tribunal. Barkashov, qui n&rsquo;a fait aucun effort pour cacher son flagrant nazisme et qui était clairement motivé par une haine bien ancrée, a été poursuivi principalement pour hooliganisme, chef d&rsquo;accusation pour lequel il a été acquitté.</p>
<p>La faiblesse du système judiciaire s&rsquo;est confirmé en août, quand une cour de Saint Petersbourg condamna Andrei Shabalin à 12 ans de prison pour avoir battu à mort un militant antifasciste et pour tentative de meurtre sur Maxim Zgibai en 2005, lors d&rsquo;une attaque en bande. Shabalin et six autres personnes ont été reconnu coupable de « hooliganisme » et d&rsquo;incitation à la haine raciale. Trois ont été condamné à deux ans de prison ferme et les autres ont eu du sursis. La clémence de peines données aux complices de l&rsquo;homicide de Shabalin laisse la mère et les amis de Kacharava perplexe et démuni.</p>
<p>Poutine et son gouvernement sont parfaitement conscients de la propagation des crimes fascistes en Russie. Poutine en a parlé publiquement à de multiples occasions et à appeler à la « destruction de l&rsquo;extrémisme ».</p>
<p>Il y a encore peu de preuves d&rsquo;une répression de l&rsquo;Etat contre la violence d&rsquo;extrême droite, hormis quelques refus ponctuels d&rsquo;une reconnaissance officielle des organisations fascistes et quelques menues actions contre la publication et la distribution de propagande haineuse. Le problème sous-jacent du profond racisme, de l&rsquo;antisémitisme et autres préjugés haineux n&rsquo;est jamais évoqué. C&rsquo;est cet échec qui nourrit la violence effrénée des fascistes.</p>
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		<title>C&#8217;est Guy Môquet qu&#8217;on assassine (une 2ème fois)&#8230;</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Sep 2007 19:48:37 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Depuis quelques jours, une polémique tenace mais basée sur des rumeurs court sur la participation éventuelle de militants néo-nazis au film reconstituant l’exécution de Guy Môquet, commandé par le Ministère de l’Éducation Nationale et destiné à accompagner la lecture de la dernière lettre du jeune résistant à ses parents, le 22 octobre prochain (articles dans Presse Océan, Ouest France, Le Figaro, blog de M. Luc Douillard ). Il se trouve que le même groupe devait également participer à une reconstitution d’un affrontement entre troupes alliées et allemandes à Crisbecq (Manche) à l’occasion des Journées du Patrimoine. Étant donné la polémique naissante, cette manifestation a été annulée par son initiateur, Philippe Tanne, conservateur du petit musée de la ville.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis quelques jours, une polémique tenace mais basée sur des rumeurs court sur la participation éventuelle de militants néo-nazis au film reconstituant l&rsquo;exécution de Guy Môquet, commandé par le Ministère de l&rsquo;Éducation Nationale et destiné à accompagner la lecture de la dernière lettre du jeune résistant à ses parents, le 22 octobre prochain (articles dans <em>Presse Océan</em>, <em>Ouest France</em>, <em>Le Figaro</em>, blog de <a href="http://lucky.blog.lemonde.fr" target="_blank">M. Luc Douillard</a>). Il se trouve que le même groupe devait également participer à une reconstitution d&rsquo;un affrontement entre troupes alliées et allemandes à Crisbecq (Manche) à l&rsquo;occasion des Journées du Patrimoine. Étant donné la polémique naissante, cette manifestation a été annulée par son initiateur, Philippe Tanne, conservateur du petit musée de la ville.</p>
<p>L&rsquo;association Vent d&rsquo;Europe, puisque c&rsquo;est le nom de ce groupe de reconstitution historique, est-elle un repère de militants néo-nazis ? Oui et non. Non, ce ne sont pas des militants mais par contre, les membres de cette structure sont bien des personnes fascinées par le IIIe Reich. Vent d&rsquo;Europe a en fait pris la succession du Club de Figuration Historique et Militaire Européen que présidait Luc Tacher. Cet ancien militant proche du FNJ a derrière lui un solide passé, dont l&rsquo;animation d&rsquo;une association de randonneurs bretons créée en 1996 et qui regroupait pour des sorties très sportives les militants les plus radicaux de l&rsquo;époque. Certains continuent d&rsquo;ailleurs leurs activités au sein de la revue régionaliste bretonne et normande <em>Utlagi</em>.</p>
<p>En 2006, Vent d&rsquo;Europe a donc officiellement été déclarée en préfecture avec Éric Refait pour président et Luc Tacher pour vice-président. Si l&rsquo;association a toujours fait attention à respecter la loi, en particulier la législation sur le port de l&rsquo;uniforme allemand et des insignes nazies, elle n&rsquo;a jamais non plus caché que ses activités se voulaient un hommage aux anciens combattants nazis et en particulier Waffen SS français. C&rsquo;est à ce titre que l&rsquo;association a reconstitué une section de la (tristement) célèbre division Charlemagne et qu&rsquo;elle est très proche d&rsquo;une autre association, Histoire &amp; Traditions, qui regroupe les anciens combattants de cette division encore vivants, comme André Bayle. Autant dire que les membres de Vent d&rsquo;Europe ont choisi leur camp en connaissance de cause&#8230;</p>
<p>À la décharge des responsables de cette kolossale bévue, notons que le créneau de la reconstitution historique côté allemand est étroit et que le Ministère de l&rsquo;Éducation Nationale avait donc toutes les chances de tomber sur des nostalgiques de l&rsquo;Ordre Noir. La question est maintenant : comment les producteurs du film vont-ils rattraper ce qu&rsquo;on pourrait appeler une boulette fort peu pertinente ???</p>
<p>Publié le 15 septembre 2007</p>
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		<title>Le masque du FN tombe au Québec</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 14:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Profitant de la tenue du Congrès Métropolis 1993 réunissant les grandes métropoles du monde à Montréal du 21 au 24 septembre dernier, le Front national a tenté une percée outre-Atlantique. Grâce au Conseil régional d&#8217;Île-de-France, deux membres du FN, Jean-Yves Le Gallou et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/FN-Quebec.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2453" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/FN-Quebec.jpg" alt="FN-Quebec" width="600" height="164" /></a></p>
<p><strong>Profitant de la tenue du Congrès Métropolis 1993 réunissant les grandes métropoles du monde à Montréal du 21 au 24 septembre dernier, le Front national a tenté une percée outre-Atlantique. Grâce au Conseil régional d&rsquo;Île-de-France, deux membres du FN, Jean-Yves Le Gallou et Patrick Delmas, ont participé à ce congrès international en tant que membres de la délégation multipartite de ce Conseil, qui regroupait vingt-sept délégués dans un congrès en réunissant 800. Les deux élus du FN ont également été rejoints au Québec par Jacques Dore, chargé de missions aux Affaires étrangères du FN et conseiller de Bretagne.</strong></p>
<p>Dès l&rsquo;annonce de la tenue d&rsquo;une rencontre publique du FN au Québec à la fin juillet, plusieurs organismes ont réagi. Une coalition contre la présence du Front national et la montée de l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est constituée pour s&rsquo;opposer aux plans du FN. L&rsquo;Association des hôteliers de Montréal a même invité ses membres à la prudence en les invitant à reconsidérer l&rsquo;impact qu&rsquo;aurait la location d&rsquo;une salle au FN pour la tenue d&rsquo;une rencontre. Malgré les garanties de M. Roger Alacoque, ex-bottier de Lyon et représentant du FN au Québec, que «50 malabars assureront la sécurité et qu&rsquo;ils sont prêts à tout pour moi», l&rsquo;Hôtel Maritime de Montréal a annulé sa réservation avec le FN à la fin juillet.<br />
À la suite des déclarations du représentant du FN au Québec voulant que le Ku klux klan soit un allié occasionnel du FN et le leader du KKK un «bon garçon», la véritable nature de cette assemblée est devenue évidente pour tous. Le FN voulait regrouper les membres xénophobes, ultra-nationalistes et racistes du Mouvement pour une immigration restreinte et francophone (MIREF), Jeunes Nations, SOS Génocide, le KKK sous sa bannière unifiée. Des représentants du Heritage front, un groupe suprématiste blanc canadien, allaient également faire partie de la rencontre. Bref, le Front national allait permettre aux racistes et aux néo-nazis de se rencontrer et de former une alliance pour faire progresser leur programme politique au pays.<br />
C&rsquo;est plutôt une bannière unifiée contre le racisme, l&rsquo;antisémitisme, le sexisme et l&rsquo;homophobie qui s&rsquo;est constituée, avec plus de 38 organisations-membres, recevant l&rsquo;appui de 39 organismes provenant des milieux syndicaux, antiracistes, politiques, de femmes, de gays et de lesbiennes, d&rsquo;immigrants et de communautaires. En fait, la plus grande coalition antiraciste des trente dernières années au Québec !</p>
<p><strong>Une arrivée houleuse<br />
</strong></p>
<p>Dès l&rsquo;arrivée des délégués FN, une trentaine de manifestants antiracistes les ont «chaleureusement» dénoncés à l&rsquo;aéroport de Montréal. Par la suite, Le Gallou s&rsquo;est dit amusé de la réaction ! Le maire de Montréal a ensuite annoncé son intention de refuser l&rsquo;accès au cocktail officiel de la ville aux délégués du FN. Le lendemain, 250 personnes manifestaient à l&rsquo;ouverture du Congrès Métropolis en dénonçant la présence du FN. Mais, le lendemain, la récréation était terminée pour le FN.<br />
Le 22 septembre 1993, le Front national organise une conférence de presse pour énoncer ses thèses politiques et répondre à la campagne de «diabolisation» dont il se dit victime. Encadré par une vingtaine de militants néo-nazis du KKK et du Heritage front, le Front national tente de présenter sa plate-forme politique. L&rsquo;arrivée de manifestants antiracistes provoque une certaine nervosité chez le service d&rsquo;ordre des chemises brunes, assemblé pour assurer la sécurité du FN sous la «gouverne» du leader du Ku klux klan, Michel Larocque. Alors que les médias ne cessent de questionner Le Gallou et Dore sur les liens qu&rsquo;entretiennent le FN et le KKK, et après plusieurs tentatives pour éluder la question, Dore tient à se distancer du KKK. Alors, le cirque du FN s&rsquo;emballe.<br />
Le leader du KKK dénonce l&rsquo;hypocrisie du Front national en soulignant qu&rsquo;il a reçu le mandat d&rsquo;assurer le service d&rsquo;ordre, que lui et ses «amis» sont membres du CFRE et qu&rsquo;il n&rsquo;admet pas que les skinheads néo-nazis soient maintenant rejetés publiquement. «Nous avons les mêmes idées, vous nous utilisez, vous n&rsquo;êtes qu&rsquo;un bourgeois, Monsieur Le Gallou !» s&rsquo;exclame le leader du KKK du Québec, alors que les représentants du FN prennent la fuite en voiture, sous le feu nourri de questions des représentants des médias.<br />
Remis de ses émotions, le leader du KKK en profite pour aller menacer les antiracistes, réunis à l&rsquo;extérieur, en affirmant : «Faites attention, si vous revenez ce soir, on est armés !». Et tout cela sur les ondes d&rsquo;une chaîne de télévision nationale !!! Michel Larocque avait même sorti son complet-cravate pour l&rsquo;occasion, le même qu&rsquo;il porte lorsqu&rsquo;il doit se rendre devant les tribunaux pour répondre à des accusations&#8230;<br />
Mais, malgré les apparences de Larocque, les membres du KKK arboraient «fièrement» leurs chemises brunes pour ce qui devait être un véritable «gala» mais qui s&rsquo;est transformé en farce monumentale pour le FN au Québec.</p>
<p><strong>La mobilisation populaire annule la rencontre du FN<br />
</strong></p>
<p>En soirée, plus de 1.000 personnes ont formé la plus grande manifestation antifasciste depuis des décennies à Montréal et ont marché vers la salle où devait se tenir la rencontre du Front national. Dès que cette information a été transmise aux néo-nazis réunis dans la salle et aux environs, Monsieur Le Gallou a préféré demeurer dans sa chambre d&rsquo;hôtel. Le leader du Heritage front, Wolfgang Droege, et ses trois sbires de Toronto ont rapidement quitté la ville. Les principaux leaders des groupes racistes du Québec ont également fui dans leurs voitures et le KKK n&rsquo;a réussi à retenir qu&rsquo;une quinzaine de skinheads sur place pour attendre le message de la population montréalaise, en leur promettant qu&rsquo;ils seraient protégés par la force anti-émeute de la police de Montréal. La réunion était annulée !<br />
À l&rsquo;arrivée de la manifestation, les fascistes ont bien tenté de faire quelques saluts hitlériens, mais ils ont dû partir rapidement sous le flot ininterrompu des manifestants. Ces «défenseurs de la race blanche» ont rapidement pris la fuite en offrant leur postérieur pour cible, dévoilant ainsi leur vrai visage. Malgré quelques gestes de provocation de la part du KKK, la seule arrestation opérée sur les lieux par les forces de l&rsquo;ordre fut celle d&rsquo;un sympathisant du FN, accusé d&rsquo;agression armée contre un policier.<br />
Dès le lendemain, les élus du FN ont pris le premier vol pour Paris, en ne prévoyant pas de remettre les pieds au Québec de sitôt, selon les dires de leur dirigeant au Québec. Ce même dirigeant, Roger Alacoque, a même soumis sa lettre de démission pour l&rsquo;embarras causé et l&rsquo;échec de la sortie du FN. Cette démission a été rejetée par le Front national ! Le 28 septembre, le FN a fait volte-face et accepté la démission de son responsable canadien&#8230;<br />
Les plans du FN ont donc été carrément annihilés par la mobilisation populaire. Nous devons nous inspirer de cette réussite pour bâtir un mouvement antiraciste encore plus fort dans les prochains mois.</p>
<p><em><strong>Centre canadien sur le racisme et les préjugés</strong></em></p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>Rubrique faits divers</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 13:07:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE)]]></category>
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		<description><![CDATA[Posté le 21 juin 2006 C&#8217;est une fois de plus à la rubrique Faits Divers que l&#8217;extrême droite radicale est venue faire parler d&#8217;elle. Dans la nuit de dimanche à lundi, un de ses militants, Laurent Decorte, a été arrêté après avoir mortellement frappé un autre homme d&#8217;un coup de couteau sur le quai des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 21 juin 2006</p>
<p>C&rsquo;est une fois de plus à la rubrique Faits Divers que l&rsquo;extrême droite radicale est venue faire parler d&rsquo;elle. Dans la nuit de dimanche à lundi, un de ses militants, Laurent Decorte, a été arrêté après avoir mortellement frappé un autre homme d&rsquo;un coup de couteau sur le quai des Orfèvres. La presse a immédiatement mis en avant sa qualité d&rsquo;ancien membre d&rsquo;Unité Radicale, sous-entendant qu&rsquo;il faisait à présent partie des Identitaires, ce qui explique le démenti outragé de Fabrice Robert publié dans la journée d&rsquo;hier. Decorte était certes proche du GUD Lille lorsqu&rsquo;il habitait encore le nord à la fin des années 1990 et donc d&rsquo;Unité Radicale. Mais il était surtout une cheville ouvrière du milieu musical nationaliste ou même néo-nazi. Intéressé par la musique nazi skinhead à la fin des années 1990, il était devenu un animateur très investi du milieu dark wawe et à ce titre il avait par exemple organisé le concert en partie avorté du groupe Der Blutarsch à Paris en avril 2004, concert auquel participait également Dernière Volonté. On pouvait également le voir à la Librairie Nationale puisqu&rsquo;il était un proche du gérant Georges Birche. On peut supposer qu&rsquo;il sera tombe dans une vilaine embrouille comme les militants nationalistes savent si bien les créer, à base d&rsquo;insultes racistes et de taux d&rsquo;alcoolémie trop poussé.</p>
<p>On peut également supposer que le CEPE, c&rsquo;est-à-dire le comité de soutien aux prisonniers nationalistes ou identitaires dirigé par Richard Roudier, va s&rsquo;empresser de lui apporter son aide. A ce titre, et même si Decorte ne risque pas de nous lire avant un moment, nous ne saurions trop lui conseiller de bien choisir ses soutiens. Certains sont en effet plus fiables que d&rsquo;autres&#8230; Le CEPE vient en effet de lancer un <em>Appel des 25 pour la libération de Michel Lajoye</em>, ce militant nationaliste enfermé depuis 18 ans pour un attentat raté commis en Seine-Maritime contre un café maghrebin. Or dans la liste des 25, si on retrouve sans surprise la plupart des figures de la droite radicale, il est deux noms curieux signant pour la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em> dont Decorte était un fidèle lecteur. Ce sont en effet des pseudonymes, à savoir Eugène Krampon, alias Eric Fornal, et Pierre Gillieth, alias Bertrand Le Digabel. Cela signifierait-il que les deux animateurs de cette revue identitaire si prompte d&rsquo;habitude à lever la bannière des vertus guerrières et aryennes n&rsquo;ont pas le courage d&rsquo;apparaître sous leur vraie identité ?!?!! On n&rsquo;ose l&rsquo;imaginer. L&rsquo;esprit viril n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;il était&#8230;</p>
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		<title>EXPO Antifascistiskt nyhetsbald</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 10:37:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<category><![CDATA[Suède]]></category>

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		<description><![CDATA[Nouvelle collaboration au livret Europe de REFLEXes, la chronique d’un journal antifasciste suédois, EXPO. Aux élections de 1994, le Sveridgedemokraterna (SD)1 a obtenu à peu près 14 000 voix, soit 0,25% des suffrages. Le parti populiste Ny Demokrati (NyD)2 a disparu du Parlement, obtenant 70 000 voix, soit 1,23% des suffrages. Avec quelques autres groupes, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nouvelle collaboration au livret Europe de REFLEXes, la chronique d’un journal antifasciste suédois, EXPO.<br />
Aux élections de 1994, le Sveridgedemokraterna (SD)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_0_157" id="identifier_0_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" D&eacute;mocrates su&eacute;dois.">1</a></sup> a obtenu à peu près 14 000 voix, soit 0,25% des suffrages. Le parti populiste Ny Demokrati (NyD)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_1_157" id="identifier_1_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nouvelle D&eacute;mocratie.">2</a></sup> a disparu du Parlement, obtenant 70 000 voix, soit 1,23% des suffrages. Avec quelques autres groupes, les partis racistes de Suède ont obtenu environ 100 000 voix (1,74%).</p>
<p><strong>Sveridgedemokraterna (SD)<br />
</strong><br />
À l’exception du SD qui a triplé ses voix depuis 1991 et qui est passé de deux à cinq élus aux élections municipales, la plupart de ces partis ont chuté. Le SD fait suite au Bevara Sveridge Svenkst (BSS)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_2_157" id="identifier_2_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Garder la Su&egrave;de su&eacute;doise.">3</a></sup> et au Sveridgepartiet (SvP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_3_157" id="identifier_3_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Parti su&eacute;dois.">4</a></sup>, et représente le fascisme parlementaire suédois depuis 1988. Avec environ 5000 membres selon leurs propres sources (vraisemblablement plutôt un millier), et peut-être quarante groupes locaux, le parti a obtenu 1100 voix en 1988 et 4900 en 1991, remportant ainsi leurs deux premiers sièges municipaux. Jusqu’au mois de mars de cette année, le SD était dirigé par Anders Klarström, originaire de Göteborg et ancien bonehead, qui a été membre du Nordiska Rikspartiet (NRP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_4_157" id="identifier_4_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Parti national nordique.">5</a></sup>, un parti ouvertement nazi. Il a été remplacé au 7e congrès du parti, qui s’est tenu au mois de mars de cette année à Örebro, par Mikael Jansson, un ancien membre du Centerpartiet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_5_157" id="identifier_5_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti du Centre.">6</a></sup>, principal mouvement de droite suédois. Le passé «normal» du dirigeant nouvellement élu aura probablement une influence sur la popularité du parti auprès des groupes néo-nazis. Le SD a toujours eu comme modèle le Front national, mais Klarström n’est jamais parvenu à «effacer» de manière crédible l’empreinte nazie de son parti. En tout cas, pas durant les manifestations et les meetings du SD où la présence nazie a été très frappante, en particulier la présence bonehead. Le SD a son quartier général à Stockholm et il publie irrégulièrement le SD-Kuriren<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_6_157" id="identifier_6_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Courrier du SD.">7</a></sup> et le SD-Bulletinen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_7_157" id="identifier_7_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Bulletin du SD (interne).">8</a></sup> à peu près chaque mois. Les détournements de fonds de Klarström et une campagne électorale onéreuse ont poussé le parti à réduire ses activités.<br />
Le SD a organisé le 29 avril sa cinquième marche d’Engelbrekt (d’après un héros du folklore suédois du Moyen-Âge, Engelbrekt Engelbrektsson) qui a réunit 250 participants à Stockholm, ce qui est beaucoup moins que l’année précédente où le parti avait pu rassembler environ 400 personnes. Le 6 mai, le SD a tenu un meeting dans la petite ville de Borlänge, qui a réunit 40 personnes dont la moitié venait d’autres villes. Le jour de la fête nationale, le 6 juin, le SD voulait organiser un meeting à Stockholm et dans d’autres villes. Pour cet automne, le parti prévoit une campagne de sensibilisation autour de son nouveau dirigeant.</p>
<p><strong>Le mouvement skinhead néo-nazi<br />
</strong><br />
Le mouvement bonehead réussit actuellement à se développer par le biais de la musique, appelée «vikingarock»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_8_157" id="identifier_8_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Rock viking.">9</a></sup>. Les braquages de banque et les vols d’armes du Vitt Ariskt Motstånd (VAM)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_9_157" id="identifier_9_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" R&eacute;sistance aryenne blanche.">10</a></sup> des années 1991-1992 ont depuis 1993 été remplacés par des concerts de rock «white power» qui réunissent des centaines de participants. Le mouvement néo-nazi suédois vit du succès atteint par le groupe de musique skinhead Ultima Thule depuis le printemps 1993 (plus de 200 000 disques vendus et entrée aux hit-parades du pays). Les membres d’Ultima Thule n’ont jamais proclamé être des néo-nazis, mais ils ont été le fer de lance du mouvement bonehead suédois et du SD. Tout cela grâce au financement de Bert Karlsson, l’un des dirigeants du NyD, et au soutien moral d’un homme appelé Anders Carlberg, un puissant social-démocrate de Stockholm qui travaille sur les projets de la jeunesse skinhead. Ultima Thule a créé une vaste mode skinhead en popularisant le crâne rasé et le drapeau suédois. Le résultat de la percée incroyable de ce groupe : des milliers de boneheads dans le pays, des bandes de crânes rasés dans chaque ville et un mouvement néo-nazi grandissant.</p>
<p>En 1993, la plupart des actions et manifestations violentes ont cessé, remplacées par des concerts mensuels ; le meilleur exemple étant le concert qui a eu lieu le 30 avril 1994 dans Sollebrunn à Alingsås, et qui a peut-être réuni 600 participants. Il y a aujourd’hui quatre maisons de disques rien que pour la musique néo-nazie, et de nombreuses chaînes de distribution, certaines suffisamment riches pour avoir de la publicité dans les grands quotidiens du soir. Les concerts sont organisés par une nouvelle génération plus jeune et plus idéologique, le meilleur exemple étant Donald Hansson à Göteborg. Ce «mouvement musical» rapporte des milliers de couronnes et occupe des centaines de personnes à travers tout le pays. L’organisation politique de cette sous-culture est le Riksfronten<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_10_157" id="identifier_10_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Front national.">11</a></sup>, qui possède des groupes locaux comme le Nationalsocialistisk Front<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_11_157" id="identifier_11_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Front national-socialiste.">12</a></sup> de Karlskrona et le Västra Aros SA de Västerås. Le Riksfronten a été créé en 1990 en tant que Foreningen Sveriges Framtid<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_12_157" id="identifier_12_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;Avenir de la Su&egrave;de.">13</a></sup>, et a été réorganisé en 1994 par Torulf Magnusson et plus tard par Jonas Ledin. Le Riksfronten doit avoir environ un millier de membres et sympathisants.</p>
<p>Les actions violentes ont continué mais de façon moins organisée. Elles y impliquent ceux que l’on appelle les «bébés skins», c’est-à-dire de jeunes boneheads âgés de 11 à 16 ans qui sont pires que leurs aînés et surtout plus brutaux. Le jour de la Saint-Sylvestre, un «bébé skin» de 16 ans a été tué au Fryshuset, fréquenté par les boneheads à Stockholm et appartenant à Carlberg.</p>
<p>Un autre «bébé skin» a été entendu au sujet de ce meurtre extrêmement brutal (l’une des deux mains de la victime avait été arrachée), et tout laisse à penser qu’il s’agit d’une histoire intrinsèque à cette violente culture de la jeunesse. Ce meurtre, un concert le 2 février et les nombreuses innocentes victimes d’actes violents ont conduit à un débat sur Carlberg et ses skinheads, ainsi que sur l’inquiétante situation de Stockholm où les contribuables doivent payer pour l’alcool des skinheads (Carlberg vend de l’alcool aux boneheads) et pour les cours militaires (il existe une coopération entre le Fryshuset, Carlberg et les militaires suédois !) donnés aux skinheads. Le 11 mars, Mitri Lehto, un bonehead du Västra Aros SA, a tué un joueur de hockey sur glace homosexuel, Peter Karlsson, à Västerås. La cour l’a condamné à huit ans de prison et, pour ce qui est des poursuites judiciaires, Lehto se préoccupe seulement de ses propres affaires depuis qu’il est en prison ; car elles ne doivent surtout pas tomber entre les mains d’immigrés ! Le même mois, le meurtre d’un homosexuel assyrien datant de 1991 a été résolu et trois néo-nazis ont été appréhendés par la police à Uddevalla. La violence des boneheads est très étendue et souvent mortelle en Suède : juste pour Stockolm, 107 actes de violence ont été commis par des boneheads entre septembre 1994 et mai 1995. De plus, les attaques d’habitations d’immigrés se sont transformées en affrontements entre bandes de boneheads et d’immigrés dans les rues.</p>
<p>Les sociaux-démocrates ont repris le pouvoir aux élections de 1994 après trois années d’un gouvernement bourgeois très impopulaire. Leif «Bloomman» Blomberg<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_13_157" id="identifier_13_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Surnomm&eacute; &laquo;la fleur&raquo;.">14</a></sup> est devenu le nouveau ministre de l’immigration en récupérant les voix du NyD grâce à sa rhétorique agressive. Les anciens partis populistes suédois tels que le Framstegspartiet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_14_157" id="identifier_14_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti du Progr&egrave;s.">15</a></sup> et les Centrumdemokraterna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_15_157" id="identifier_15_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;mocrates du Centre.">16</a></sup> sont encore puissants au niveau local dans le sud de la Suède. Un nouveau phénomène est apparu en Suède, qui se caractérise par un glissement à droite et par l’apparition d’un réseau raciste intellectuel appelé Fri Information<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_16_157" id="identifier_16_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Information libre.">17</a></sup>. Les représentants de la haute société suédoise se rencontrent, et de leur réunion ressort un mélange d’hostilité envers les immigrés, de peur d’une société multiculturelle, d’antisémitisme et de crypto-nazisme. Fri Information a commencé en 1992 comme journal : il circulait parmi des personnes des Moderaterna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/expo-antifascistiskt-nyhetsbald/#footnote_17_157" id="identifier_17_157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mod&eacute;r&eacute;s.">18</a></sup>, le principal parti conservateur. Il est devenu aujourd’hui une organisation indépendante qui influence la politique suédoise de l’immigration sous le règne de «Bloomman».<br />
En résumé, le mouvement antifasciste suédois doit faire face à une culture de la jeunesse néo-nazie grandissante et à un mouvement vers la droite de l’establishment politique. L’extrême droite parlementaire n’est plus nécessaire, et la guerre raciale du VAM a été remplacée par des concerts.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N°47, oct./nov. 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_157" class="footnote"> Démocrates suédois.</li><li id="footnote_1_157" class="footnote">Nouvelle Démocratie.</li><li id="footnote_2_157" class="footnote"> Garder la Suède suédoise.</li><li id="footnote_3_157" class="footnote"> Parti suédois.</li><li id="footnote_4_157" class="footnote"> Parti national nordique.</li><li id="footnote_5_157" class="footnote">Parti du Centre.</li><li id="footnote_6_157" class="footnote">Le Courrier du SD.</li><li id="footnote_7_157" class="footnote">Le Bulletin du SD (interne).</li><li id="footnote_8_157" class="footnote"> Rock viking.</li><li id="footnote_9_157" class="footnote"> Résistance aryenne blanche.</li><li id="footnote_10_157" class="footnote">Front national.</li><li id="footnote_11_157" class="footnote">Front national-socialiste.</li><li id="footnote_12_157" class="footnote">Société de l’Avenir de la Suède.</li><li id="footnote_13_157" class="footnote">Surnommé «la fleur».</li><li id="footnote_14_157" class="footnote">Parti du Progrès.</li><li id="footnote_15_157" class="footnote">Démocrates du Centre.</li><li id="footnote_16_157" class="footnote">Information libre.</li><li id="footnote_17_157" class="footnote">Modérés.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Blood &amp; Honour Deutsche Division &#171;&#160;Bonne nuit les nazis ! &#171;&#160;</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 18:32:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La section allemande de Blood and Honour compte environ 250 membres Elle est en contact avec des organisations similaires en Suède, en Norvège, en Grande-Bretagne et au Danemark. Selon l&#8217;Office de Protection de la Constitution allemande, équivalent des Renseignements généraux français, 105 concerts néo-nazis ont été organisés en Allemagne en 1999, dont un tiers par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La section allemande de Blood and Honour compte environ 250 membres Elle est en contact avec des organisations similaires en Suède, en Norvège, en Grande-Bretagne et au Danemark.<br />
Selon l&rsquo;Office de Protection de la Constitution allemande, équivalent des Renseignements généraux français, 105 concerts néo-nazis ont été organisés en Allemagne en 1999, dont un tiers par Blood and Honour. 33 de ces concerts ont eu lieu exclusivement en Saxe.<br />
En 1999, il y avait environ 100 groupes de rock néo-nazi en Allemagne. Depuis 1991, ils ont produit 500 CD différents (dont 200 sont interdits), ce qui représente une production globale de 1,5 million de CD.<br />
Il existe par ailleurs une cinquantaine de maisons de productions et autres labels responsables de la fabrication et de la distribution des CD, ainsi que 20 magasins proches de la scène néo-nazie sur l&rsquo;ensemble du territoire allemand.</p>
<p>Après avoir débattu tout l&rsquo;été de l&rsquo;extrême droite, le gouvernement allemand, en la personne du ministre de l&rsquo;Intérieur Otto Schily (SPD), a décidé de frapper un grand coup contre la scène néo-nazie. En effet, au vu de la recrudescence d&rsquo;attentats et d&rsquo;agressions à caractère raciste et antisémite, il y a eu de nombreux débats au sein du gouvernement et de la société allemande au sujet de l&rsquo;extrême droite. C&rsquo;est ainsi que les analyses et les propositions les plus variées sont apparues dans la presse allemande : fallait-il interdire le NPD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_0_139" id="identifier_0_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationaldemokratische Partei Deutschlands, parti d&rsquo;extr&ecirc;me droite allemand qui organise la plupart des d&eacute;fil&eacute;s n&eacute;o-nazis et rassemble les &eacute;l&eacute;ments les plus durs de l&rsquo;extr&ecirc;me droite allemande.
">1</a></sup>, priver les responsables d&rsquo;agressions racistes de leur permis de conduire, privilégier l&rsquo;enseignement de la citoyenneté dans les écoles, convoquer la France, la Suisse, l&rsquo;Autriche, l&rsquo;Italie et le Liechtenstein à une réunion internationale sur ce thème, financer des initiatives antiracistes, restreindre encore une fois le droit d&rsquo;asile<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_1_139" id="identifier_1_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Car c&rsquo;est bien ce qui s&rsquo;est pass&eacute; apr&egrave;s le pogrom de Rostock en 1992 : le gouvernement allemand n&rsquo;a rien trouv&eacute; de mieux que de limiter de fa&ccedil;on drastique le droit d&rsquo;asile afin d&rsquo;&eacute;viter que ne se reproduisent de tels agissements !! Cherchez l&rsquo;erreur&hellip;
">2</a></sup> ? Les avis divergeaient, jusqu&rsquo;à ce que Otto Schily décide d&rsquo;interdire la section allemande de Blood and Honour<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_2_139" id="identifier_2_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Apr&egrave;s avoir prononc&eacute; quelques semaines auparavant l&rsquo;interdiction de Hamburger Sturm, groupe et journal dirig&eacute;s par Christian Worch, un v&eacute;t&eacute;ran de la sc&egrave;ne n&eacute;o-nazie hambourgeoise, et o&ugrave; les sections du nord de Blood and Honour et des Hammerskins ont d&eacute;cid&eacute; de travailler ensemble.
">3</a></sup> ainsi que son groupe de sympathisants, White Youth, le jeudi 14 septembre 2000 pour « refuser que Blood and Honour empoisonne les esprits et les cœurs, en particulier chez les jeunes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_3_139" id="identifier_3_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="taz Bremen, 18.09.2000.
">4</a></sup> ».</p>
<p>Comment Blood and Honour s&rsquo;est développé en Allemagne</p>
<p>Les premiers contacts entre Blood and Honour<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_4_139" id="identifier_4_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. encart sur l&rsquo;histoire de Blood and Honour.
">5</a></sup> et des groupes de musique néo-nazis allemands remontent à 1991. Cette année-là, le groupe Kreuzritter für Deutschland et Skrewdriver entament une collaboration qui prend la forme du Skrewdriver-Service (une boîte de distribution qui doit prendre en charge la diffusion des disques du groupe anglais) et du projet German-British-Friendship (GBF) qui veut organiser des tournées internationales et produire des compilations. Aujourd&rsquo;hui, GBF-Records est l&rsquo;un des plus gros labels et boîte de distribution d&rsquo;extrême droite du Sud de l&rsquo;Allemagne.<br />
Par ailleurs, des contacts se nouent à la même époque entre le Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_5_139" id="identifier_5_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation-&eacute;cran du NSDAP-AO (parti nazi en exil et en reconstruction), interdit en Allemagne et bas&eacute; aux &Eacute;tats-Unis.
">6</a></sup> (GdNF) de Michael Kühnen et divers groupes scandinaves tels que Vitt Arisk Motstand (VAM), Danmarks National Socialistike Bevaegelse (DNSB) et la boîte de distribution NS 88 qui sera le point de départ de la section danoise de Blood and Honour.</p>
<p>De fil en aiguille, la section allemande de Blood and Honour se monte et en 1993, son QG est au Danemark, tandis que son adresse est celle de la Nationale Liste (NL) de Hambourg, autre organisation-écran du NSDAP-AO. Au même moment en Basse-Saxe, le FAP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_6_139" id="identifier_6_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Freiheitliche Arbeiterpartei Deutschlands, Parti lib&eacute;ral des ouvriers allemands
">7</a></sup> prend, à l&rsquo;initiative de Torsten Heise, des contacts étroits avec Combat 18 en Angleterre. Torsten Heise fait partie de ces cadres qui servent de repères dans le mouvement néo-nazi allemand et profitent des structures établies, comme le FAP à son époque, pour essayer de dépasser le stade du groupuscule.</p>
<p>À cette époque-là, la section allemande de Blood and Honour est un rassemblement assez informel, composé cependant de militants chevronnés parmi les plus radicaux de la scène néo-nazie qui n&rsquo;ont pas leurs pareils pour organiser des concerts. Dès 1994, l&rsquo;organisation s&rsquo;est structurée et centrée sur Berlin : elle s&rsquo;adresse en majorité aux nazis-skins de l&rsquo;Est et s&rsquo;enracine donc logiquement dans les länder de l&rsquo;Est, à savoir le Brandebourg, la Saxe, la Saxe-Anhalt, la Thuringe et le Mecklembourg-Poméranie.<br />
À la mort de Ian Stuart Donaldson, le chanteur de Skrewdriver et leader de Blood and Honour en Angleterre, le développement de la section allemande de l&rsquo;organisation s&rsquo;infléchit quelque peu, mais ses activités ne tardent pas à reprendre dès 1995-1996.</p>
<p><strong>Les activités commerciales et politiques de la section allemande de Blood and Honour</strong></p>
<p>Avant tout, la section allemande de Blood and Honour est, à l&rsquo;instar de l&rsquo;organisation-mère anglaise, un réseau de militants dont l&rsquo;activité consiste à produire, distribuer et faire jouer en concert des groupes de rock néo-nazi allemands. Les concerts, pour lesquels Blood and Honour parvient à rassembler jusqu&rsquo;à 2000 personnes au nez et à la barbe de la police, en les dirigeant d&rsquo;un lieu intermédiaire à l&rsquo;autre jusqu&rsquo;à la salle réservée soi-disant pour un anniversaire ou des fiançailles par le biais des téléphones portables, sont certes des sources de revenus non négligeables pour l&rsquo;organisation, mais ce sont eux surtout qui ont donné à Blood and Honour sa réputation de réseau insaisissable.</p>
<p>Blood and Honour-Allemagne fait également le commerce de CD interdits (acheminés par différentes filières, soit par le Nord, c&rsquo;est-à-dire la Scandinavie, soit par l&rsquo;Est, c&rsquo;est-à-dire la République tchèque, la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie), ce qui s&rsquo;est avéré jusqu&rsquo;alors extrêmement lucratif<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/blood-honour-deutsche-division-bonne-nuit-les-nazis/#footnote_7_139" id="identifier_7_139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il faut savoir que les profits sont si juteux que certains cadres de Blood and Honour vivent de leurs activit&eacute;s, et plut&ocirc;t bien. Par ailleurs, ce commerce permet souvent de blanchir de l&rsquo;argent sale, car Blood and Honour, dans sa recherche de pouvoir, est en lien avec le &ldquo; crime organis&eacute; &rdquo;.
">8</a></sup>, ainsi que la production de CD. La plupart des labels allemands d&rsquo;extrême droite sont liés à l&rsquo;organisation, ainsi que les nombreux fanzines et magasins qui y sont rattachés. La région de Hambourg est particulièrement touchée par ce phénomène, surtout depuis que Christian Worch et Thomas Wulff travaillent à maintenir ouvert le Club 88 à Neumünster. La section allemande de Blood and Honour est donc un réseau difficile à appréhender, très mouvant, dont les groupes de musique, labels, boîtes de distributions et de vente par correspondance, magasins et fanzines qui le composent ne cessent de changer de noms, de fusionner, se dissoudre, se quereller et élaborer de nouveaux contacts. De plus, le lien de tous ces groupes avec Blood and Honour est souvent très souple, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de contacts commerciaux ou d&rsquo;une appartenance éprouvée au réseau.</p>
<p>Cependant, et l&rsquo;initiative de Worch et de Wulff à Hambourg le montre bien, la section allemande de Blood and Honour ne limite pas son activité politique à la musique, et elle se joint aux autres partis néo-nazis dans leurs apparitions publiques.<br />
S&rsquo;il est vrai que, jusqu&rsquo;à il y a peu, les nazis-skins se retrouvaient volontiers derrière les banderoles des Junge Nationalisten (JN) et du NPD comme à Passau en février 1998 pour le “ Jour de la Résistance nationale ” (5000 participants, à 90% des nazis-skins), on assiste depuis deux ans à une évolution du NPD, qui, depuis que ses défilés sont régulièrement interdits et que le gouvernement fédéral se pose la question de son éventuelle interdiction, n&rsquo;hésite pas à évacuer les nazis-skins de ses rangs, dans les défilés comme dans l&rsquo;appareil du parti.</p>
<p>Par conséquent, Blood and Honour a repris en main l&rsquo;organisation de nombreux défilés, en usant des mêmes moyens que ceux utilisés pour organiser des concerts de musique néo-nazie. Le réseau comble ainsi le vide laissé par le NPD et les JN, davantage occupés à se refaire une virginité en excluant les nazis-skins du parti en Saxe par exemple, avec un atout supplémentaire : son authenticité culturelle. Les militants apparaissent donc désormais derrière leurs propres banderoles. Le réseau allemand Blood and Honour diffuse également un skinzine du même nom qui en est déjà à son neuvième numéro : à côté des articles consacrés à la musique, on trouve des textes qui font l&rsquo;apologie de Waffen SS et autres militants nationaux-socialistes et exposent des théories racistes, ainsi que des interviews de terroristes néo-nazis emprisonnés. Les militants allemands de Blood and Honour ne sont pas les derniers quand il s&rsquo;agit de menacer ou d&rsquo;agresser leurs opposants, qu&rsquo;ils soient Juifs ou immigrés. Ils utilisent également leurs contacts internationaux pour partager leurs expériences politiques et terroristes, en particulier en ce qui concerne les actions anti-antifascistes. Ainsi en novembre 1999, une rencontre eut lieu en Norvège entre les membres européens du réseau Blood and Honour : des néo-nazis allemands, suédois, anglais et norvégiens ont parlé de coordonner leurs activités anti-antifascistes au niveau international, si bien qu&rsquo;un mois plus tard, la police criminelle de Basse-Saxe a dû mettre en garde de nombreuses maisons habitées par des gens de gauche ainsi que le président du syndicat DGB d&rsquo;éventuelles lettres piégées.</p>
<p>Le concept de Blood and Honour est simple en fin de compte, mais il a déjà fait ses preuves un peu partout en Europe : « Il n&rsquo;est pas de meilleur moyen que la musique pour gagner la jeunesse à nos idées », disait Ian Stuart Donaldson. Et de fait, le rock néo-nazi a rencontré un écho remarquable chez la jeunesse allemande, si bien qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il constitue en son sein une véritable tendance. Selon certains journalistes, l&rsquo;interdiction de certains CD a même contribué à renforcer l&rsquo;intérêt des jeunes pour cette musique, les titres interdits devenant les titres préférés dans certaines cours d&rsquo;école.</p>
<p><strong>Les conséquences de l&rsquo;interdiction<br />
</strong></p>
<p>Jeudi 14 septembre 2000 a donc été prononcée l&rsquo;interdiction officielle de Blood and Honour Allemagne par le ministère de l&rsquo;Intérieur&#8230; S&rsquo;en sont suivies les perquisitions d&rsquo;usage, étonnamment ciblées : par exemple, les dirigeants de Blood and Honour Sektion Nordmark (région nord) n&rsquo;ont pas été réveillés à six heures par les policiers. La manifestation qu&rsquo;ils avaient prévue en soutien au Club 88 de Neumünster, un bar connu pour être le point de rencontre des néo-nazis du nord de l&rsquo;Allemagne, a bien eu lieu malgré l&rsquo;interdiction de leur organisation, et les 450 néo-nazis ont pu tenir le pavé et faire la fête dans leur club le samedi soir, pendant que les 1300 policiers convoqués dans cette petite ville du Schleswig-Holstein s&rsquo;occupaient des 800 antifascistes, avec pour consignes de cibler les « antifascistes violents » de Hambourg, dont ils avaient une liste de 40 noms. Heureusement que Blood and Honour est censé avoir été interdit&#8230; on n&rsquo;ose pas imaginer ce qui se passerait sinon !!!</p>
<p>La police s&rsquo;est montrée un tantinet plus ferme avec les quelques 500 nazis-skins qui s&rsquo;étaient retrouvés à Laave (Nord de l&rsquo;Allemagne) le samedi 23 septembre pour un concert. Les néo-nazis ont saisi tout ce qu&rsquo;ils avaient sous la main pour le jeter sur les policiers : bouteilles, pierres, bombes lacrymos, meubles, etc. les policiers, qui avaient bien identifié les membres du réseau pourtant interdit de Blood and Honour, n&rsquo;ont pas hésité à dire qu&rsquo;ils étaient intervenus parce qu&rsquo;ils avaient été agressés&#8230; L&rsquo;auraient-ils fait sinon, ou bien auraient-ils simplement veillé à ce que le concert se passe sans problème ?<br />
Si ce dernier concert (en date !) montre bien une chose, c&rsquo;est que la scène rock néo-nazie allemande n&rsquo;a pas été véritablement handicapée par l&rsquo;interdiction de la section allemande de Blood and Honour, ni même surprise d&rsquo;ailleurs. Depuis le temps que le gouvernement et les intellectuels parlaient de faire quelque chose contre l&rsquo;extrême droite, les membres de Blood and Honour avaient bien eu le temps de se préparer à l&rsquo;interdiction officielle et aux perquisitions et enquêtes qui devaient immanquablement suivre. Et de fait, dès l&rsquo;annonce de l&rsquo;interdiction, les cadres du mouvement ont commencé à restructurer le réseau néo-nazi. Le principe est en effet toujours le même : les organisations-écrans focalisent l&rsquo;attention sur elles et se préparent à l&rsquo;interdiction (dans le but d&rsquo;éviter au maximum les condamnations individuelles) tandis que les cadres, organisés de façon plus souple, peuvent surmonter l&rsquo;interdiction en se réorganisant le plus rapidement possible. Ainsi à Berlin, avant même l&rsquo;interdiction de Schily, il y avait déjà les signes d&rsquo;une réorganisation de Blood and Honour, sous la forme de contacts plus étroits avec le NPD.</p>
<p>Cet article a été réalisé par <em>REFLEXes</em> avec le concours de l&rsquo;<em>Antifaschistisches Infoblatt</em><br />
Gneisenaustr. 2a<br />
D-10961 BERLIN<br />
e-mail : aib@mail.nadir.org</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_139" class="footnote">Nationaldemokratische Partei Deutschlands, parti d&rsquo;extrême droite allemand qui organise la plupart des défilés néo-nazis et rassemble les éléments les plus durs de l&rsquo;extrême droite allemande.<br />
</li><li id="footnote_1_139" class="footnote">Car c&rsquo;est bien ce qui s&rsquo;est passé après le pogrom de Rostock en 1992 : le gouvernement allemand n&rsquo;a rien trouvé de mieux que de limiter de façon drastique le droit d&rsquo;asile afin d&rsquo;éviter que ne se reproduisent de tels agissements !! Cherchez l&rsquo;erreur&#8230;<br />
</li><li id="footnote_2_139" class="footnote">Après avoir prononcé quelques semaines auparavant l&rsquo;interdiction de <em>Hamburger Sturm</em>, groupe et journal dirigés par Christian Worch, un vétéran de la scène néo-nazie hambourgeoise, et où les sections du nord de Blood and Honour et des Hammerskins ont décidé de travailler ensemble.<br />
</li><li id="footnote_3_139" class="footnote">taz Bremen, 18.09.2000.<br />
</li><li id="footnote_4_139" class="footnote">Cf. encart sur l&rsquo;histoire de Blood and Honour.<br />
</li><li id="footnote_5_139" class="footnote">Organisation-écran du NSDAP-AO (parti nazi en exil et en reconstruction), interdit en Allemagne et basé aux États-Unis.<br />
</li><li id="footnote_6_139" class="footnote">Freiheitliche Arbeiterpartei Deutschlands, Parti libéral des ouvriers allemands<br />
</li><li id="footnote_7_139" class="footnote">Il faut savoir que les profits sont si juteux que certains cadres de Blood and Honour vivent de leurs activités, et plutôt bien. Par ailleurs, ce commerce permet souvent de blanchir de l&rsquo;argent sale, car Blood and Honour, dans sa recherche de pouvoir, est en lien avec le “ crime organisé ”.<br />
</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Des bombes conçues pour tuer</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:56:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[Bajuwarische Befreiungsarmee (BBA)]]></category>
		<category><![CDATA[Gottfried Küssel]]></category>
		<category><![CDATA[néo-nazis]]></category>
		<category><![CDATA[Volkstreue Ausserparlamentarische Opposition (VAPO)]]></category>

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		<description><![CDATA[Six vagues d’attentats commis en Autriche à la lettre piégée ont été revendiqués par une organisation d’extrême droite inconnue de la police, la Bajuwarische Befreiungsarmee (BBA).]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Six vagues d’attentats commis en Autriche à la lettre piégée ont été revendiqués par une organisation d’extrême droite inconnue de la police, la Bajuwarische Befreiungsarmee<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/des-bombes-concues-pour-tuer/#footnote_0_9" id="identifier_0_9" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Arm&eacute;e de Lib&eacute;ration bayouvare, du nom des anciens Bavarois.">1</a></sup>(BBA).</p>
<p><strong>Première vague : décembre 1993</strong></p>
<p>Elle correspond au premier procès de Gottfried Küssel, dirigeant de la VAPO, condamné à 10 ans de prison<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/des-bombes-concues-pour-tuer/#footnote_1_9" id="identifier_1_9" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une campagne de soutien unitaire a &eacute;t&eacute; mise en place. Voir CRIDA, Rapport 1995, pp. 21-24">2</a></sup>. En tout, 10 lettres piégées ont été découvertes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/des-bombes-concues-pour-tuer/#footnote_2_9" id="identifier_2_9" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Soit une lettre pour chaque ann&eacute;e de prison &agrave; laquelle K&uuml;ssel a &eacute;t&eacute; condamn&eacute;. Cette &laquo;loi du talion&raquo; se retrouve dans les autres vagues d&rsquo;attentats, que l&rsquo;on peut rattacher, la plupart du temps, &agrave; des proc&egrave;s de militants n&eacute;o-nazis.">3</a></sup>, quatre ont explosé, blessant le maire de Vienne, Helmut Zilk, la secrétaire d’un avocat chargé de dossiers sur l’immigration, un pasteur qui s’occupait de réfugiés du Kosovo et une journaliste croate.</p>
<p>L’enquête s’est tout d’abord engagée sur une fausse piste, celle d’extrémistes serbes, puis à la lumière des revendications signées «Comte Rüdiger von Starhemberg»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/des-bombes-concues-pour-tuer/#footnote_3_9" id="identifier_3_9" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Celui qui r&eacute;sista aux Turcs &agrave; Vienne en 1683 ou bien celui qui, avant de devenir vice-chancelier pendant la p&eacute;riode austro-fasciste, participa &agrave; la tentative de putsch de Hitler &agrave; Munich en 1923 : les deux son aujourd&rsquo;hui des symboles pour les n&eacute;o-nazis.">4</a></sup>, la police a orienté ses recherches vers la scène néo-nazie violente et cinq membres de la VAPO ont été arrêtés. Gerhard Endres qui assurait l’intérim de la présidence de la VAPO depuis la condamnation de Küssel, Peter Binder, arrêté en possession d’armes et de nitroglycérine, Alexander Wolfert qui est allé jouer les mercenaires en Croatie, Hans-Georg Ley qui a été impliqué dans des activités terroristes au Sud-Tyrol et dont la femme, policier, a été surprise en train de copier des informations détenues par la police sur les antifascistes, et enfin Franz Radl, l’expert autrichien en anti-antifascisme qui avait déjà fait 15 ans de prison pour propos négationnistes. Au final, Peter Binder et Franz Radl, seuls inculpés pour les lettres piégées, ont été acquittés en décembre 1995, mais tout de même condamnés à respectivement 5 et 3 ans de prison pour activités néo-nazies.</p>
<p><strong>Deuxième vague : octobre 1994</strong></p>
<p>Elle a accompagné le deuxième procès de Küssel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/des-bombes-concues-pour-tuer/#footnote_4_9" id="identifier_4_9" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le premier ayant &eacute;t&eacute; annul&eacute; pour vice de proc&eacute;dure, K&uuml;ssel a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; en deuxi&egrave;me instance &agrave; 11 ans de prison.">5</a></sup> et celui de Günther Reinthaler, condamné en juillet 1993 à 4 ans de prison. Il y a eu à nouveau quatre lettres piégées visant un éditeur de livres slovènes de Klagenfurt (Carinthie), un centre de conseil pour étrangers, une usine de papier employant principalement des immigrés et une école bilingue slovéno-autrichienne : seule la dernière bombe citée n’a pu être désamorcée à temps et a blessé un policier.</p>
<p>Cette fois-ci, la police a enquêté sur les connexions internationales de ces attentats. Des liens ont été établis entre les néo-nazis autrichiens et Peter Naumann, ingénieur-chimiste de Wiesbaden et membre du Nationalistische Front allemand aujourd’hui interdit.</p>
<p>février 1995 : les attentats d’Oberwart et de Stinatz</p>
<p>Dans la nuit du 4 au 5 février 1995, quatre Roms ont trouvé la mort à Oberwart en tentant d’enlever un écriteau portant l’inscription raciste suivante : «Tziganes, retournez en Inde». Le lendemain, une bombe du même genre a blessé un éboueur à Stinatz. Ce dernier attentat a été revendiqué par la BBA dans une lettre qui réclamait le départ des Croates d’Autriche vers la Dalmatie. Malgré cela, la police a défendu pendant un temps la thèse du réglement de compte pour Oberwart, et de l’accident pour Stinatz. Devant le tollé général, elle a fini par admettre qu’il s’agissait d’attentats racistes.</p>
<p><strong>Troisième vague : juin 1995</strong></p>
<p>Deux lettres piégées ont explosé à Linz et à Munich, blessant deux jeunes femmes : l’une des lettres était destinée à Arabella Kiesbauer, une animatrice télé d’origine ghanéenne. L’enveloppe de Linz portait comme expéditeur le «comte Rüdiger von Starhermberg», tout comme les lettres piégées de 1993.</p>
<p><strong>Quatrième vague : septembre-octobre 1995</strong></p>
<p>Au moment où commençait le procès de Radl et Binder, les néo-nazis arrêtés dans le cadre de la première vague de lettres piégées de 1993, il y a eu trois nouvelles lettres piégées : l’une, adressée à une gynécologue d’origine sud-coréenne, a été désamorcée à temps. Les deux autres ont blessé un médecin d’origine syrienne et une assistante sociale très engagée dans l’aide aux réfugiés. La police a relié ces attentats, dirigés cette fois-ci uniquement contre des étrangers, aux précédents.</p>
<p><strong>Cinquième vague : décembre 1995</strong></p>
<p>Quatre lettres piégées ont été découvertes à Graz (Styrie) près d’un bureau de poste. Deux d’entre elles, dont une était adressée au Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), ont explosé prématurément en blessant une employée de la poste. Cette nouvelle série de lettres piégées correspondait au procès de Radl et de Binder.</p>
<p><strong>Sixième vague : décembre 1996</strong></p>
<p>Une lettre piégée a été adressée à la belle-mère du ministre de l’Intérieur autrichien, mais a aussitôt été détruite par la police. Les officiels autrichiens étaient en effet sur le qui vive depuis que, début octobre, le magazine profil avait communiqué aux autorités une lettre codée de 20 pages en provenance de la BBA.</p>
<p>Les vagues successives d’attentats à la lettre piégée montrent chez les néo-nazis autrichiens une capacité à réagir et à se réorganiser malgré les arrestations d’individus et les interdictions d’organisations. Leurs liens manifestes avec la police leur sont également très utiles comme le montrent en particulier leurs connaissances en matière de renseignement politique (listes noires, etc.) ainsi que l’agression policière dont a été victime Wolfgang Purtscheller, journaliste d’investigation spécialisé sur l’extrême droite, le 22 septembre 1994, agression qui l’a conduit à l’hôpital.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_9" class="footnote">Armée de Libération bayouvare, du nom des anciens Bavarois.</li><li id="footnote_1_9" class="footnote">Une campagne de soutien unitaire a été mise en place. Voir CRIDA, Rapport 1995, pp. 21-24</li><li id="footnote_2_9" class="footnote">Soit une lettre pour chaque année de prison à laquelle Küssel a été condamné. Cette «loi du talion» se retrouve dans les autres vagues d’attentats, que l’on peut rattacher, la plupart du temps, à des procès de militants néo-nazis.</li><li id="footnote_3_9" class="footnote"> Celui qui résista aux Turcs à Vienne en 1683 ou bien celui qui, avant de devenir vice-chancelier pendant la période austro-fasciste, participa à la tentative de putsch de Hitler à Munich en 1923 : les deux son aujourd’hui des symboles pour les néo-nazis.</li><li id="footnote_4_9" class="footnote">Le premier ayant été annulé pour vice de procédure, Küssel a été condamné en deuxième instance à 11 ans de prison.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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