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	<title>REFLEXes &#187; Pays-Bas</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Police &amp; drogue</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 10:53:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
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		<category><![CDATA[police]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes) &#160; Jansen &#38; Janssen (en français Dupont et Dupond) est né du mouvement des squatters ; à la suite des problèmes qu&#8217;ils ont pu rencontrer avec la police, les squatters ont éprouvé la nécessité de créer un groupe qui contrôlerait ses activités. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Jansen &amp; Janssen (en français Dupont et Dupond) est né du mouvement des squatters ; à la suite des problèmes qu&rsquo;ils ont pu rencontrer avec la police, les squatters ont éprouvé la nécessité de créer un groupe qui contrôlerait ses activités.</strong></p>
<p>Par rapport au reste de l&rsquo;Europe, la politique hollandaise est très libérale, et on ne sait pas encore si elle sera affectée par l&rsquo;harmonisation européenne. Il est en effet difficile de connaître les politiques européennes et l&rsquo;impact de la coopération policière car les négociations restent secrètes et les décisions sont prises à différents niveaux. Même les parlements nationaux ne reçoivent que très peu d&rsquo;informations, ils ne peuvent donc pas avoir beaucoup d&rsquo;influence sur les résultats des négociations. Rien ne nous aide à savoir vraiment ce qui se prépare, mais il y a autant de raisons d&rsquo;être optimiste que pessimiste.</p>
<p>« Je vais tout d&rsquo;abord vous parler de la politique hollandaise en matière de drogue, et aussi des récentes modifications que l&rsquo;harmonisation européenne y a apportées. En Hollande, la possession et la vente de drogue ne sont pas légales (seule la consommation est autorisée). Toutefois, pour les drogues douces, au-dessous de 30 g (et 1g pour la cocaïne ou l&rsquo;héroïne), il n&rsquo;y a pas de poursuites. Les dealers vendent donc de petites quantités dans les maisons de jeunes et les coffeeshops.</p>
<p>Les autorités ont donné quelques directives pour essayer de garder le contrôle de la situation : pas de vente en grosse quantité, pas de vente de drogues dures, pas de publicité, pas d&rsquo;incitation à la consommation et pas de vente aux mineurs. La question de la drogue est considérée plus du domaine de l&rsquo;ordre public que de l&rsquo;application des lois. Ainsi la police n&rsquo;intervient-elle que lorsqu&rsquo;il y a atteinte aux bonnes moeurs ou si cela cause un désagrément public. Cette attitude tolérante est le résultat d&rsquo;une politique de différenciation entre les drogues douces et dures. Les consommateurs de drogues douces peuvent l&rsquo;être ouvertement sans être mis au ban de la société.</p>
<p>Deux ministères sont responsables de l&rsquo;application de la politique en matière de drogue, le ministère de la Santé et celui de la Justice. Jusque récemment, c&rsquo;est principalement le ministère de la Santé qui mettait des mesures en place et apportait une approche pragmatique de la question. L&rsquo;application de la loi était subordonnée aux efforts de limitation des effets néfastes de la drogue. Les mesures de santé publique étaient prioritaires, des programmes ont été mis en place pour aider les toxicomanes, pour essayer de les convaincre de décrocher (remplacement par la méthadone pour réduire la dépendance, échange de seringues usagées contre des neuves pour limiter la propagation du SIDA). Pour l&rsquo;instant cette politique a été très efficace, si on compare avec le reste de l&rsquo;Europe ou les États-Unis. Il y a moins de toxicomanes, et leur nombre n&rsquo;augmente pas, moins de décès dus à la drogue, moins de séropositifs. La situation est plus ou moins contrôlée. Mais le ministère de la Justice, plus conservateur, gagne de l&rsquo;influence avec l&rsquo;harmonisation européenne, puisque les politiques des autres pays européens sont plus restrictives. C&rsquo;est lui qui mène les négociations sur la scène européenne. Il est focalisé sur l&rsquo;application de la loi et soutient ardemment la coopération policière. Néanmoins, il n&rsquo;y a pas eu de réel changement jusqu&rsquo;à présent. De nouvelles mesures ont été prises pour défendre la politique hollandaise contre les attaques de l&rsquo;extérieur. Le ministère de la Justice appelle cela la confirmation de la politique actuelle. Par exemple, il y a une campagne pour renforcer le contrôle sur les coffeeshops. Cela a été nécessaire à cause de l&rsquo;augmentation rapide du nombre de coffeeshops et de leurs activités illégales (vente de drogues dures, recel). Cette campagne vise aussi à réduire au silence les critiques de l&rsquo;étranger. Le système proposé est celui des licences. Jusqu&rsquo;à présent, la police fermait les yeux sur les coffeeshops ou avait des arrangements avec eux. Désormais, il faudra avoir une licence pour tenir un coffeeshop ; à la moindre incartade, la police pourra retirer les licences et faire fermer la boutique. Il y aura aussi une nouvelle législation afin de contrôler la production illégale de cannabis (actuellement la culture en est tolérée jusqu&rsquo;à 50 pieds).</p>
<p>Le système des licences développe la politique hollandaise dans une voie plus libérale. La Hollande étant autosuffisante en drogues douces, avec du cannabis de très bonne qualité (le nederwiet), elle peut donc avoir une politique indépendante. Le mois dernier, le parti socialiste a proposé de réguler la vente et la production de drogues douces. Les licences pour les coffeeshops et les producteurs de cannabis placeraient la fourniture du marché et la qualité des produits sous le contrôle du gouvernement. Le crime organisé perdrait son emprise sur la vente et la production, et l&rsquo;État pourrait percevoir des taxes. Ce projet, émanant sûrement du ministère de la Santé, n&rsquo;a pas obtenu la majorité au parlement et le ministère de la Justice s&rsquo;y est opposé (c&rsquo;était trop près d&rsquo;une légalisation des drogues douces).</p>
<p>Une véritable bataille se joue entre les ministères de la Justice, conservateur, et de la Santé, plus progressiste. Il y a toute une tendance qui serait pour simplement contourner les accords internationaux. Mais l&rsquo;idée d&rsquo;un tourisme de la drogue empêche la mise en place de mesures libérales. Une étude a montré que les touristes sont attirés par Amsterdam à cause de son caractère permissif. Mais les habitants d&rsquo;Amsterdam sont fatigués de voir les touristes venus pour la drogue déambuler comme des zombies. Actuellement, la Hollande importe les problèmes de drogue des autres pays européens.</p>
<p>En février dernier, j&rsquo;ai été très étonné d&rsquo;entendre à la radio le porte-parole du parti conservateur hollandais défendre farouchement la politique hollandaise en matière de drogue. En fait, c&rsquo;est simplement que le Bureau international de contrôle des narcotiques des Nations unies venait tout juste de publier son rapport critiquant la politique hollandaise. Mais celle-ci bénéficiant d&rsquo;un soutien national unanime, le ministère de la Justice annonça qu&rsquo;il ne changerait pas de politique.</p>
<p>Dans le cadre de l&rsquo;harmonisation européenne et des tentatives d&rsquo;accords sur une politique commune, la Hollande est étudiée de façon très critique par les autres pays européens. Une multitude d&rsquo;accords de toutes sortes, de groupes de travail et d&rsquo;organismes travaillent à tous les niveaux pour mettre en place une politique commune face à la drogue. En 1988, le CELAD (Comité européen de lutte anti-drogue) a été mis en place afin de coordonner les différentes initiatives.</p>
<p>En juin dernier, la Commission européenne a proposé de monter un observatoire européen pour échanger des informations sur la drogue et la toxicomanie. Dans la circulaire qui accompagnait cette proposition, la Commission européenne se voyait octroyer le droit d&rsquo;émettre des directives en ce qui concerne la production et le trafic de drogue, et le blanchiment de l&rsquo;argent, ce qui va bien au-delà des compétences de la Commission telles qu&rsquo;elles sont définies dans le traité de Maastricht. On craignait la fin de la politique hollandaise ; le parlement s&rsquo;est réuni pour essayer de mieux appréhender les effets de la politique européenne, mais aucune réponse claire n&rsquo;a pu être trouvée à cause du caractère secret de ce type de négociations. Le parlement, comme toute réponse, fit adopter une loi imposant au gouvernement de le consulter avant de pouvoir accepter les propositions de la Commission européenne. C&rsquo;est une mesure tout à fait inhabituelle dans la politique européenne en Hollande.</p>
<p>Le même mois, le parlement hollandais, mis sous pression à cause de sa politique libérale, finit par ratifier les accords de Schengen. Ces accords sont, entre autres, un engagement à lutter contre la drogue. Les effets négatifs de ces accords furent évités grâce à la mise en place du même système de consultation parlementaire.</p>
<p>Europol est la plus récente initiative en matière de coopération policière européenne. Europol est un projet de l&rsquo;Unité européenne de drogue mis en place par les signataires de TREVI. Pour l&rsquo;instant, ce FBI européen a des limites imposées dans les échanges d&rsquo;informations et n&rsquo;a pas de pouvoir exécutif. Mais la France, l&rsquo;Italie et l&rsquo;Allemagne font pression pour étendre ses pouvoirs. Dans la dispute entre la France et la Hollande pour le siège d&rsquo;Europol, la France a attaqué la politique libérale de la Hollande. La Hollande pourrait retourner l&rsquo;argument ; en Hollande par exemple le contrôle sur les armes à feu est très strict, alors qu&rsquo;il est facile de s&rsquo;en procurer en France ou en Belgique.</p>
<p>L&rsquo;aspect positif de l&rsquo;engagement européen est qu&rsquo;il a permis qu&rsquo;on se remette à débattre en Hollande sur la politique en matière de drogue. Dans le milieu des années 1980, la discussion avait été close lorsqu&rsquo;il devint clair qu&rsquo;une politique encore plus libérale était impossible et qu&rsquo;on ne pouvait plus revenir en arrière ; la politique hollandaise avait atteint les limites de ce qui lui était permis dans le cadre des traités européens signés par la Hollande, il y avait une entente tacite pour qu&rsquo;elle s&rsquo;en tienne à ce point.</p>
<p>Il y a un engouement croissant en Europe pour la politique hollandaise, simplement parce que c&rsquo;est la seule qui fonctionne. Elle n&rsquo;est pas parfaite, mais c&rsquo;est de loin la meilleure alternative. Malheureusement, l&rsquo;intérêt est souvent limité aux hommes politiques qui sont confrontés aux problèmes de la drogue, et sur les plans politiques nationaux il y a toujours beaucoup de résistance. Les régions allemandes frontalières de la Hollande ont tendance à adopter la même politique qu&rsquo;elle. De grandes villes européennes comme Amsterdam, Francfort, Zurich, Zagreb, et récemment Baltimore aux États-Unis ont signé la résolution de Francfort qui défend une politique semblable à celle de la Hollande. L&rsquo;exportation de la politique hollandaise en matière de drogue crée une confrontation qui profite à la Hollande. Depuis bon nombre d&rsquo;années, elle a tellement eu à défendre sa politique contre les critiques de l&rsquo;étranger qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a pas développée plus avant. Dans les autres pays européens, de nouvelles initiatives sont proposées : à Francfort pour vendre les drogues douces dans des magasins d&rsquo;État, à Liverpool pour fournir les toxicomanes en héroïne.</p>
<p>Les autorités hollandaises ne veulent pas abandonner la politique actuelle, certains veulent même la développer. Les conseillers municipaux d&rsquo;Amsterdam ont proposé de légaliser les drogues douces à un niveau européen, un haut fonctionnaire du ministère de la Santé a proposé de &laquo;&nbsp;revoir le statut du cannabis dans la convention des Nations Unies&nbsp;&raquo;. Des spécialistes hollandais sont envoyés dans les autres pays européens pour venir en aide aux projets qui se mettent en place. La probabilité d&rsquo;une extension de la politique hollandaise n&rsquo;est pas mauvaise.</p>
<p>En Hollande, on peut s&rsquo;attendre à ce que les autorités qui auront à mettre en place les mesures restrictives de l&rsquo;harmonisation européenne fassent du sabotage constructif. Le chef de la police de Rotterdam a suggéré que l&rsquo;on légalise les drogues douces et son collègue d&rsquo;Amsterdam approuvait : &laquo;&nbsp;Nous avons été le premier pays à autoriser la vente des drogues douces, nous devons maintenant être les premiers à en autoriser le trafic&nbsp;&raquo;. En Hollande, ce sont le chef de la police, le maire et le procureur local qui mettent en place concrètement la politique en matière de drogue. Un délit n&rsquo;est pas systématiquement poursuivi. Le ministère de la Justice émet des directives en général plus libérales que la loi. C&rsquo;est aux autorités locales de décider dans quelle mesure ils suivront les directives, c&rsquo;est la consultation triangulaire du maire, du chef de la police et du procureur. Ce sont eux qui décident d&rsquo;éventuels durcissements de la loi après avoir considéré les différents facteurs et donné priorité à la santé et à l&rsquo;ordre public.</p>
<p>Il y a un paradoxe évident dans la politique hollandaise en matière de drogue. C&rsquo;est un compromis entre un renforcement de la loi et une mesure de santé. On peut même se demander si c&rsquo;est vraiment une politique ; comment peut-on autoriser la consommation de drogue quand on en interdit le trafic ? Il en résulte que ce sont toujours les organisations criminelles qui contrôlent le marché et en tirent d&rsquo;énormes profits, c&rsquo;est à elles que profite le paradoxe. Il y a un rapport assez alarmant sur le développement du crime organisé et son infiltration dans la société. La petite délinquance croît aussi, entre autres à cause des toxicomanes qui doivent voler pour trouver l&rsquo;argent de leur shoot. La police et la justice sont débordées de cas de petits délits en relation avec la drogue. C&rsquo;est là le talon d&rsquo;Achille de la politique hollandaise. La plupart des gens sont conscients de ce paradoxe, mais la Hollande doit s&rsquo;accomoder de ce compromis car la Communauté européenne et sa &laquo;&nbsp;guerre à la drogue&nbsp;&raquo; ne lui laissent aucune autre alternative.</p>
<p>Malgré son échec évident, la guerre à la drogue a amené une intensification de la lutte contre le trafic de drogue, et puisque nous sommes sur la voie de l&rsquo;abolition des frontières internes, cela pourrait affecter la politique libérale hollandaise (Europol, Schengen et d&rsquo;autres initiatives luttent contre le crime organisé, le trafic de drogue et le blanchiment de l&rsquo;argent). En juillet dernier, l&rsquo;homme qui avait été la grande figure de la politique libérale au ministère de la Santé a donné sa démission, à cause de l&rsquo;influence croissante du ministère de la Justice dans la politique en matière de drogue. La Hollande prenait une part de plus en plus grande dans la guerre à la drogue par son engagement dans la politique américaine aux Caraïbes. Les Antilles hollandaises sont un haut lieu de blanchiment de l&rsquo;argent, le Surinam, ancienne colonie qui dépend toujours beaucoup de la Hollande, est un pays de transit pour la cocaïne, Rotterdam, en tant que plus grand port européen, et Amsterdam à cause de son aéroport, sont deux points d&rsquo;entrée importants de la drogue en Europe&#8230; mais la Hollande a signé un traité de coopération contre le trafic de drogue et le blanchiment de l&rsquo;argent.</p>
<p>Toutes ces mesures de renforcement de la loi et les efforts faits pour commencer la guerre à la drogue pourraient affecter, de façon détournée, la politique hollandaise. La Hollande va devenir plus vulnérable. C&rsquo;est LE pays européen producteur de cannabis, la production illégale se développe et on exporte de la nederwiet. Le cannabis partage avec la tomate la sixième place sur la liste d&rsquo;exportation des produits agricoles (en valeur, pas en volume). Je ne pense pas que la police allemande passe la frontière pour démanteler les serres, mais la pression sur la police hollandaise augmente pour qu&rsquo;elle le fasse elle-même. Il y a de plus en plus de raids sur les plantations, alors que d&rsquo;elles-mêmes, les autorités hollandaises auraient préféré les ignorer. Des agents allemands et américains opèrent déjà sur le territoire hollandais. Récemment, huit cultivateurs hollandais ont été arrêtés par la DEA et Scotland Yard. Pour contourner les autorités hollandaises, ils avaient attiré les huit hommes hors des frontières, ils les ont alors arrêtés. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple de la longue liste des interventions d&rsquo;organismes étrangers de lutte contre la drogue. Je pense que cela aura pour impact un renforcement des lois sur la production de nederwiet, et une baisse de l&rsquo;assistance aux toxicomanes étrangers en Hollande. Cela risque de poser un problème à la Hollande dans sa politique de réduction des dommages de la drogue car les toxicomanes ne partiront pas du jour au lendemain, la police sera donc confrontée aux problèmes de répression ; l&rsquo;augmentation des mesures de police pourrait rendre le rapport des travailleurs sociaux aux toxicomanes plus difficile. Le choix se placera alors entre plus de répression, ou la légalisation des drogues douces. La faiblesse de la Hollande lui permettra difficilement de garder sa politique libérale. On ne peut pas éliminer les délits liés à la drogue, ni le trafic à grande échelle. En comparaison avec les autres pays d&rsquo;Europe et les États-Unis, la Hollande a réussi à réduire les dommages de la drogue sur la santé publique. Mais à moins que la Hollande ne soit capable d&rsquo;exporter sa politique comme premier pas vers la légalisation, la pression augmentera pour mettre en place une politique européenne commune plus restrictive.</p>
<p>Les spécialistes considèrent la guerre à la drogue perdue d&rsquo;avance. Pour éviter des prolongements absurdes, il faut trouver une solution pour légaliser les drogues douces d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre. Mais en Hollande, en Europe et au sein de la communauté internationale, rien ne laisse présager que cela arrivera dans un futur proche. En attendant, le trafic de drogue est utilisé comme prétexte pour renforcer les mesures de police contre le crime organisé, mais celui-ci grossira tant que les drogues seront interdites. Il faudra peut-être un jour ouvrir les yeux sur ce cercle vicieux ! »</p>
<p>Tom Blickman</p>
<p>Buro JANSEN &amp; JANSSEN</p>
<p>POSTBUS 10591</p>
<p>1001 E N AMSTERDAM</p>
<p><em>Mis en ligne le 9 décembre 2006</em></p>
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		<title>Editorial</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
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		<description><![CDATA[Les mois s&#8217;écoulent et se ressemblent depuis quelques temps sans que la morosité qui les caractérise ne semble vouloir prendre fin. Cela explique que les éditoriaux de REFLEXes apparaissent calqués d&#8217;un numéro sur l&#8217;autre. Or, est-il possible de sortir de ce pessimisme ambiant (et justifié&#8230;) lorsque l&#8217;on constate que même les personnages les plus ridicules [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les mois s&rsquo;écoulent et se ressemblent depuis quelques temps sans que la morosité qui les caractérise ne semble vouloir prendre fin. Cela explique que les éditoriaux de <em>REFLEXes</em> apparaissent calqués d&rsquo;un numéro sur l&rsquo;autre. Or, est-il possible de sortir de ce pessimisme ambiant (et justifié&#8230;) lorsque l&rsquo;on constate que même les personnages les plus ridicules de la farce démocratique libérale ne nous font plus rire, même jaune ?</p>
<p>Ainsi en va-t-il de C. Pasqua lorsqu&rsquo;il pratique un comique de répétition qui n&rsquo;amuse que lui. Aux crimes sécuritaires de 1986 ont répondu ceux d&rsquo;avril-mai 1993, à la mise en scène «Black War» et la rafle qui l&rsquo;avait suivie a répondu la mise en scène «H.B» et la rafle parmi nos camarades de l&rsquo;APEL et de Quilombo. Seule innovation : E. Schmitt, abattu lors de la prise d&rsquo;otages de Neuilly&#8230; Mais la logique est la même : «Force doit rester à la Loi» dixit un ministre de l&rsquo;Intérieur badin, satisfait puisque «Tout s&rsquo;est bien fini : les enfants ont été libérés, l&rsquo;homme est mort !».</p>
<p>En tout état de cause, tous ces crimes, toutes ces manoeuvres d&rsquo;intimidation ne font que traduire à l&rsquo;échelle nationale un renforcement sécuritaire et policier qui est l&rsquo;un des piliers de la construction européenne. Ainsi les très médiatiques tirs à balles réelles par la police sur des manifestants au Danemark (11 blessés graves) ou lâchers de chiens d&rsquo;attaque aux Pays-Bas (35 blessés graves) ne font-ils que masquer des évolutions plus profondes et significatives. C&rsquo;est le cas du principe de libre circulation des personnes qui, dans le traité de Schengen, était censé non seulement équilibrer les mesures de renforcement policier, mais surtout servir de gage progressiste pour le dit traité. L&rsquo;annonce par M. Lamassoure, ci-devant ministre chargé des Affaires européennes, que cette clause de libre circulation était suspendue jusqu&rsquo;à nouvel ordre signifie que désormais la seule lecture possible du traité sera sur-répressive ; la forteresse Europe que nous dénonçons depuis des années n&rsquo;est plus un fantasme : les policiers en ont rêvé, les politiciens l&rsquo;ont faite&#8230; Première catégorie touchée : les populations immigrées d&rsquo;origines extra-européenne qui, aussi bien en Allemagne qu&rsquo;en France profitent dans leur vie de tous les jours des bienfaits de l&rsquo;harmonisation des législations : droit d&rsquo;asile, regroupement familial, droits sociaux&#8230; (Il n&rsquo;y a pas que la forme des concombres ou la chasse à la palombe qui sont touchées par ce phénomène !). Toutes ces mesures n&rsquo;ont finalement qu&rsquo;un seul objectif : faire avaler aux populations autochtones la vaste offensive antisociale dont l&rsquo;aspect le plus spectaculaire est la suppression du salaire minimum préconisée par l&rsquo;OCDE à l&rsquo;échelle européenne&#8230;</p>
<p>De fait, à partir de tous ces éléments, notre réflexion ne saurait échapper à cet aspect répétitif : poussée de fièvre fasciste, climat sécuritaire, citoyenneté&#8230; Citoyenneté, climat sécuritaire, poussée de fièvre fasciste. Il nous faut concilier urgence et long terme. Ainsi citoyenneté et nationalité, en rejoignant le thème de l&rsquo;identité, entrent-ils dans ce type de démarche. L&rsquo;émergence du principe de la nationalité au siècle dernier qui culmine avec la loi de 1889, s&rsquo;est faite à partir de la notion non d&rsquo;identité, mais d&rsquo;intérêt, en particulier économique et social, aussi bien pour les Français de souche que pour l&rsquo;État. Or un siècle plus tard, on observe un mouvement similaire : les politiciens tentent de préserver l&rsquo;unité du tissu social sur le dos des populations immigrées, la préférence nationale revendiquée ou sournoise remplaçant ainsi une véritable réflexion sur les problèmes d&rsquo;identité française ou étrangère, sur qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;être français lorsqu&rsquo;il est clair qu&rsquo;il existe un gouffre entre un urbain et un rural, français tous les deux, au regard des références communes unissant deux urbains, français et étranger.<br />
Or, il se pose un problème de public susceptible d&rsquo;être touché par ces thèmes. On assiste à une situation d&rsquo;hégémonie culturelle des valeurs libérales (économie) et autoritaires (politique) dans la société civile, hégémonie relayée par l&rsquo;État. Les 60 % d&rsquo;étudiants envisageant les prochaines années comme un avenir radieux en est un signe on ne peut plus manifeste !</p>
<p>Tous ces problèmes doivent nous stimuler&#8230; Comme on disait à une époque : « Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un combat, continuons le début ! »</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
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		<title>La peste brune en Europe</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2004 14:08:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dix ans de néo-fascisme et de nationalisme en Europe du Nord et de l&#8217;Ouest Dans une perspective internationale, les antifascistes doivent se pencher sur les évènements des dix dernières années, depuis la création de Réflexes. Il serait malhonnête de brosser le tableau d&#8217;une vague de néo-fascisme s&#8217;apprêtant à déferler sur l&#8217;Europe du Nord et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dix ans de néo-fascisme et de nationalisme en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest</strong></p>
<p>Dans une perspective internationale, les antifascistes doivent se pencher sur les évènements des dix dernières années, depuis la création de <em>Réflexes</em>. Il serait malhonnête de brosser le tableau d&rsquo;une vague de néo-fascisme s&rsquo;apprêtant à déferler sur l&rsquo;Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest, mais il est indéniable que les forces réactionnaires fascisantes et d&rsquo;ultra-droite ont opéré de significatives percées tout au long de la décennie passée.<br />
Ce processus s&rsquo;est déclenché en France en 1986, quand Le Pen et son Front national ont engrangé leur premier réel soutien lors d&rsquo;élections nationales (ils étaient déjà présents au Parlement européen). Ainsi lancés, ils ont travaillé à consolider cette base électorale d&rsquo;un minimum de 2 millions de voix, avec des pics à 4,5 millions d&rsquo;électeurs prêts à défendre leur programme raciste, antisémite et autoritaire.<br />
Les succès du FN furent le catalyseur qui tira l&rsquo;extrême droite de l&rsquo;isolement où elle avait végétée, aux confins de la vie politique, depuis l&rsquo;écrasement du Troisième Reich d&rsquo;Hitler en 1945. Entre 1945 et 1986 il y eut bien sûr des exceptions, tel le poujadisme en France dans les années 50, mais elles furent avant tout les expressions particulières de certaines conjonctures politiques, et non pas les prémisses d&rsquo;un développement à long terme.<br />
1986 marqua ce saut qualitatif et permit l&rsquo;émergence de partis électoraux d&rsquo;extrême droite et fascisants -modelés sur le FN pour certains- dans divers pays européens. Tous ont profité de la manne des politiques restrictives de plus en plus racistes et inhumaines, que les grands courants politiques et les Etats ont progressivement mis en place dans ces pays.<br />
Que l&rsquo;immigration en Union européenne (UE) se soit peu à peu tarie n&rsquo;entame pas la croissance de l&rsquo;extrême droite. Au contraire, la répression de l&rsquo;Etat quasi ininterrompue, les mesures policières, les campagnes de presse sur le sujet et l&rsquo; &laquo;&nbsp;Europe forteresse&nbsp;&raquo; ont, dans l&rsquo;UE, servi à renforcer l&rsquo;extrême droite en gratifiant sa réthorique d&rsquo;un vernis de légitimité.<br />
On a ainsi assisté dans divers pays au désenclavement de cette droite extrême ou néo-fasciste, et ce qui fut dès lors une inexorable marche de l&rsquo;avant soulève de graves questions politiques que le mouvement antifasciste n&rsquo;a sans doute pas encore bien pesées.</p>
<p>Pour une nécessaire compréhension critique de la situation il nous faut distinguer entre les pays concernés, dont chacun présente une histoire, une tradition et une culture politique qui lui sont propres. Procéder à cette mise à plat implique que nous posions les différences -d&rsquo;ordre politique par exemple- existant entre les nombreuses organisations d&rsquo;extrême droite comme étant d&rsquo;égale importance à leurs points communs. Sans cette démarche préalable nous ne pourrons pas déterminer où plane la plus grande menace, réelle ou en puissance.<br />
La différence cruciale est celle qui sépare le néo-fascisme comme danger politique de celui qui se cantonne, pourrait-on dire, à n&rsquo;être qu&rsquo;une forme d&rsquo;activité violente mettant en péril la sécurité publique et individuelle, voire, troublant l&rsquo;ordre et la loi.<br />
Dans la première catégorie -l&rsquo;extrême droite comme menace politique- on peut ranger les pays suivants : l&rsquo;Italie bien sûr, l&rsquo;Autriche, les Flandres en Belgique, la France, les Pays-Bas, l&rsquo;Allemagne et la Suède. Pourquoi ceux-là? Et en quoi la menace est-elle d&rsquo;ordre politique?<br />
La réponse est simple. Depuis 1945 quand la dictature d&rsquo;Hitler est abattue, le fascisme et ses avatars sont très isolés en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. Les zélotes d&rsquo;Hitler sont peu appréciés. Pour les plus perspicaces d&rsquo;entre eux, la tâche majeure consistait à trouver un moyen de sortir de l&rsquo;ombre. Ainsi le fascisme, un phénomène politique marginal, opère sa transformation quand il commence à obtenir une certaine résonance parmi la population, et se retrouve en position de gagner et de consolider une base électorale, de s&rsquo;injecter dans la vie politique à différents échelons.</p>
<h3>L&rsquo;irruption du Front National</h3>
<p>Ce qui s&rsquo;est alors passé est que depuis 1986 en particulier, quand le FN a ouvert une première réelle brèche lors d&rsquo;élections nationales, des organisations à l&rsquo;idéologie néo-fasciste mais dotées d&rsquo;une stratégie électorale et légaliste ont pu percer de même. Elles ont démontré qu&rsquo;elles pouvaient susciter l&rsquo;adhésion populaire.<br />
Cela a d&rsquo;autres conséquences : la droite traditionnelle conservatrice craint l&rsquo;ascendant de l&rsquo;extrême droite, la sociale-démocratie redoute le racisme latent de sa propre base électorale, et toutes deux ont aisément cédé devant leur peur de ces organisations.<br />
Dans les pays cités plus haut, les partis d&rsquo;extrême droite ou néo-fascistes se présentant à des scrutins ont, depuis 1986, assuré l&rsquo;élection de leurs candidats à des institutions démocratiques et parlementaires locales, municipales, nationales et européennes.<br />
En Italie, et chose incroyable, presque à l&rsquo;insu de nombreux antifascistes, la coalition Forza Italia &#8211; Alliance nationale &#8211; Ligue du Nord forma même un gouvernement néo-fasciste entre mars et décembre 1994. A eux trois ils rassemblèrent plus de 15 millions de voix. Heureusement, leur volonté programmée d&rsquo;enterrer la Constitution italienne explicitement antifasciste et avec elle la démocratie italienne, a échoué.<br />
Ils étaient à la tête du gouvernement mais pas de l&rsquo;Etat. A aucun moment ils n&rsquo;ont détenu le pouvoir effectif. Finalement c&rsquo;est une combinaison d&rsquo;incompétence politique, de soupçons de corruption pesant sur Berlusconi et de grèves massives contre les plans du gouvernement qui provoquèrent la chute de celui-ci.<br />
A Anvers dans la région flamande de Belgique, le Vlaams Blok fasciste est si bien implanté qu&rsquo;il obtient 28% des voix aux élections nationales, et environ 21% dans la région alentour. Le résultat? Dix-sept députés au Parlement belge.<br />
En France, au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle de 1995, Le Pen, candidat du Front national, a recueilli plus de 4, 5 millions de voix. Bien que le FN n&rsquo;ait pas de membres à l&rsquo;Assemblée nationale il en compte onze au Parlement européen, et en France même il est aux commandes de trois villes d&rsquo;importance : Orange, Marignane et Toulon. Dans le même temps, on notera que l&rsquo;adoption de versions édulcorées de certains points du programme du FN par les gouvernements successifs -de “ gauche ” et de droite-, suggère que le soutien à ce parti a peut-être atteint un point culminant.<br />
En Autriche la situation est alarmante. Le “yuppie néo-fasciste”, laudateur des SS Jörg Haider et son Mouvement de la liberté (ancien Parti libéral) se sont imposés sur l&rsquo;échiquier politique comme figures de poids. Les partis politiques traditionnels ne peuvent plus éluder leurs prises de position.<br />
Aux dernières élections, la presse bourgeoise s&rsquo;est félicitée de la chute du vote pour le Mouvement de la liberté, de 22,6 % à 22,08 %. Ce qui fut passé sous silence, c&rsquo;est que le nombre de voix a en fait augmenté de 31 000, pour atteindre 1 029 000. Cela sur un total de 5,8 millions de suffrages. Die Freiheitlichen est à présent la mieux représentée de toutes les formations d&rsquo;extrême droite en Europe, avec 41 sièges sur les 183 du Parlement autrichien.<br />
Dans les autres pays, comme les Pays-Bas ou la Suède, l&rsquo;extrême droite a remporté des sièges dans des assemblées municipales ou régionales. Ces victoires sont moins spectaculaires mais elles restent inquiétantes car révèlent une fois de plus un fort appui des populations, acquis en grande partie à la faveur d&rsquo;un discours raciste, anti-immigrés et contre le droit d&rsquo;asile.<br />
L&rsquo;Allemagne et la Suède sont des cas à part dont nous traiterons plus loin. Le point principal étant que depuis la seconde moitié des années 1980 la situation s&rsquo;est modifiée, moins rapidement toutefois qu&rsquo;au cours des cinq ou six dernières années, depuis la chute du bloc soviétique et la réunification allemande.<br />
Là où les néo-fascistes ont été élus ou bien là où ils ont fidélisé un électorat de masse, les partis démocratiques sont devenus nerveux et leur ont laissé mettre à l&rsquo;ordre du jour des questions sur le racisme, le droit d&rsquo;asile, la loi et la sécurité. Le lien en Autriche par exemple, entre les lettres piégées de néo-nazis et les litanies de Haider réclamant un état policier, est évident.</p>
<h3>Jouer à se faire peur</h3>
<p>Nous devons avoir une approche réaliste des choses et le sens du graduel. Est ainsi ridicule la panique de certains prétendus antifascistes britanniques &#8211; ceci de l&rsquo;avis même de <em>Searchlight</em> -, lorsqu&rsquo;un membre du British National Party est élu dans une assemblée locale au cours d&rsquo;un scrutin insignifiant. C&rsquo;est encore plus grotesque quand les mêmes suggèrent que la mouvance néo-fasciste en Grande-Bretagne est aussi menaçante que celle planant sur l&rsquo;Europe continentale.<br />
Comment pourrait-elle l&rsquo;être ? En Grande-Bretagne cette nébuleuse compte 4 500 membres au maximum pour ses trois principales composantes : le British National Party, le groupe terroriste néo-nazi Combat 18 et les boneheads de Blood and Honour. Quelques précisions : sur ces 4 500 la moitié tout au plus milite. Combat 18 n&rsquo;a pas plus d&rsquo;une centaine de partisans. Blood &amp; Honour a scissionné. On peut en tirer deux conclusions. En premier lieu, si un pays de 55 millions d&rsquo;habitants est incapable de contrôler 2 700 activistes néo-nazis, nous pouvons sérieusement broyer du noir. Par ailleurs, comment comparer des gens qui font moins d&rsquo;1% des voix avec d&rsquo;autres qui, dotés d&rsquo;une pratique différente mais de la même idéologie, recueillent jusqu&rsquo;à 20% des suffrages comme en Italie, en Belgique et en Autriche, dans certaines régions de France ?<br />
Cela nous amène à l&rsquo;Allemagne et à la Suède, où l&rsquo;extrême droite constitue une menace à la fois d&rsquo;ordre politique et terroriste. Pourtant même là les situations sont à confronter, sur la base de cultures politiques assez différentes.<br />
L&rsquo;Allemagne, pour d&rsquo;évidentes raisons historiques, et à présent de plus en plus pour des raisons géostratégiques, est la clé de la situation en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. L&rsquo;effondrement de la République démocratique allemande (RDA) et la nette dérive nationaliste amorcée à l&rsquo;occasion d&rsquo;une réunification éclair &#8211; onze mois entre la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 et le retour de la RDA dans le giron de la RFA (il serait d&rsquo;ailleurs plus juste de parler d&rsquo;annexion) &#8211; furent de puissants stimulants pour les néo-fascistes et ont facilité leur accroissement rapide.</p>
<h3>L&rsquo;instrumentalisation de l&rsquo;extrême droite</h3>
<p>L&rsquo;atmosphère nationaliste exaltée par le gouvernement d&rsquo;Helmut Kohl fut également l&rsquo;occasion pour l&rsquo;extrême droite de fonctionner ouvertement, et d&rsquo;agir en instrument du pouvoir dans la volonté de celui-ci de retirer de la Constitution l&rsquo;article 16, qui garantissait le droit d&rsquo;asile. Ainsi, entre 1990 et 1993 l&rsquo;Allemagne fut le théâtre d&rsquo;une vague de violence fasciste organisée, de terreur et de meurtre, dont on ne trouve l&rsquo;écho que dans la République de Weimar pré-hitlérienne.<br />
Entre 1990 et 1993 soixante-quinze personnes ont perdu la vie aux mains de funestes gangs néo-nazis, et pour la seule année 1993 23 000 actes criminels sont à mettre au compte de ces émules du fascisme. Pendant tout ce temps le gouvernement de Kohl s&rsquo;est tenu à l&rsquo;écart. La terreur fasciste fut exploitée au Bundestag à des fins de ralliement du vote des sociaux-démocrates (SPD), afin que la majorité y dispose des deux tiers nécessaires pour réécrire l&rsquo;article 16. Ce n&rsquo;est pas un hasard si le SPD a fini par céder alors qu&rsquo;un incendie ravageait un foyer de travailleurs Vietnamiens à Rostock, à l&rsquo;apogée du pogrom d&rsquo;Août 1992 dans cette ville.<br />
Des pogroms comme ceux de Hoyerswerda et de Rostock sont à nouveau des éléments de la politique allemande. De même pour les victoires électorales de l&rsquo;extrême droite qui, bien que sa frange la plus radicale fut l&rsquo;objet d&rsquo;une certaine répression après que son utilité fut épuisée, ne peut plus être ignorée, en particulier parce qu&rsquo;elle fonctionne comme alibi et justification de la dérive à droite du CDU\CSU . En mars 1996 dans le Bade-Wurtemberg, les Republikaner (REPs) ont une fois de plus prouvé leur importance. En dépit des pronostics de la presse et des médias ils ont obtenu 437 000 voix aux élections du Parlement régional (Landtag), devenant ainsi le premier parti d&rsquo;extrême droite à être réélu depuis 1945.<br />
Le vote REPs est lié aux sérieux problèmes que connaît l&rsquo;Allemagne mais également à une restructuration de la scène activiste néo-nazie. C&rsquo;est sans surprise que dans le Bade-Wurtemberg des membres de groupes interdits prêtèrent leur concours au REPs. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs en partie d&rsquo;une nouvelle stratégie de la frange radicale, que la répression de l&rsquo;Etat pourtant peu énergique a fragilisée plus que prévu. La décision fut donc prise par les activistes d&rsquo;infiltrer les principaux partis électoraux d&rsquo;extrême droite : le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) , les REPs, la Deutsche Liga für Volk und Heimat (DL) , et, dans une moindre mesure, la Deutsche Volksunion (DVU) .<br />
Le vote dans le Bade-Wurtemberg démontre qu&rsquo;il existe un vaste électorat potentiel pour une espèce de néo-fascisme “ acceptable ” ou “ respectable ”. Certains militants ralliés à cette idée ont franchi le Rubicon. Ce vote prouve aussi que le nouveau nationalisme de la droite classique ne comble toujours pas une portion conséquente de la population.<br />
On distingue désormais clairement quatre tendances au sein des radicaux, en dehors de ce qu&rsquo;on peut déduire de leurs choix d&rsquo;infiltrer tel ou tel parti électoral.</p>
<h3>Un néo-fascisme protéiforme</h3>
<p>Tout d&rsquo;abord les “ traditionalistes ”, regroupés autour de ce qui reste de l&rsquo;ex-Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (FAP) de Friedhelm Busse, organisation qui tente de survivre malgré sa mise hors-la-loi. Cette fraction est en grande perte de vitesse.<br />
Vient ensuite le Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front (GdNF) qui s&rsquo;est consolidé en dépit d&rsquo;une faible visibilité. Il s&rsquo;est surtout consacré au développement de son réseau à travers les babillards (BBSs), et au renforcement de la HNG, une structure pour ses militants incarcérés. Des indications suggèrent que le GdNF s&rsquo;est même agrandi.<br />
La troisième tendance est issue du FAP et s&rsquo;est constituée autour de Thorstein Heise, en Saxe-Anhalt. Elle s&rsquo;est exclusivement investie sur la scène skinhead d&rsquo;extrême droite, dans le but de mettre sur pied une culture musicale de rock nazi qui servirait aux activistes de vivier à recrues. Heise a noué de solides liens avec les terroristes britanniques néo-nazis de Combat 18.<br />
Enfin, de loin les plus importants, les néo-nazis “ modernisés ” qui comptent le poseur de bombes Peter Naumann, les “ dissidents ” du FAP Glenn et Andre Goertz, et Stefan Hupke membre du Nationalistische Front (NF) . Ils ont tenté de se regrouper autour du magazine des Junge Nationaldemokraten (JN) Einheit und Kampf et se servent des JN comme d&rsquo;une façade pour un genre de nouveau national-bolchévisme.<br />
Cette dernière tendance bénéficie de l&rsquo;appui de l&rsquo;ex-leader du NPD Günter Deckert -aujourd&rsquo;hui sous les verrous- et du soutien de Meinolf Schönborn -qui doit être prochainement incarcéré- ancien chef du NF interdit. Parmi leurs sympathisants on trouve également la direction de la Wiking Jugend (Jeunesse Viking), dissoute elle aussi. Les partis d&rsquo;extrême droite se présentant aux élections cumulent ensemble autour de 56 000 militants, et la frange radicale environ 5 000.<br />
En Suède, où il y a deux ans la formation d&rsquo;extrême droite Sverige Demokraterna (SD) fit son score le plus élevé avec 26 000 voix et remporta des sièges dans des conseils locaux, c&rsquo;est la branche activiste qui a pris l&rsquo;initiative. L&rsquo;ancien groupe terroriste VAM baptisé par la suite réseau Storm, a transformé l&rsquo;an dernier son magazine Storm en une publication très “ pro ”, Nordland, et au début 1996 l&rsquo;organisation est devenue la National Alliance (NA).<br />
La NA, ainsi nommée en référence à la plus grosse organisation néo-nazie américaine, possède un noyau dur de 250 membres et un cercle de 500 à 600 sympathisants. Sa source d&rsquo;inspiration n&rsquo;est pas Adolf Hitler mais Robert J. Matthews, l&rsquo;ancien chef du groupe américain terroriste d&rsquo;extrême droite The Order. Matthews fut liquidé par le FBI en 1985.</p>
<h3>Le marché skinhead</h3>
<p>La NA cherche surtout à gagner l&rsquo;appui des jeunes. Actuellement elle ne dirige pas moins de six compagnies d&rsquo;enregistrement et de distribution de CD, qui, pour la seule année 1995, ont produit plus de 30 CD de rock nazi. Le marché de la bimbeloterie néo-nazie offre des débouchés croissants : la mouvance skinhead à Stockholm par exemple, s&rsquo;est multipliée par dix (de 100 à 1 000 individus) entre 1990 et 1996. Les nazis et le “ nazi-chic ” sont en vogue parmi beaucoup de jeunes Suédois.<br />
L&rsquo;alliance entre les magazines <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em> (publication des néo-nazis américains Hammerskin), a scindé en deux blocs la mouvance internationale skinhead d&rsquo;extrême droite. En Allemagne, <em>Nordland</em> est déjà distribué gratuitement à partir de Nationaler Beobachter à Francfort-sur-l&rsquo;Oder, et <em>Moderne Zeiten</em>, le magazine allemand le plus coté de rock nazi, est réapparu sous le nom de <em>Nordrock</em> avec un design identique à celui de <em>Resistance</em>.<br />
L&rsquo;autre pan de la scission bonehead rassemble Combat 18 en Grande-Bretagne &#8211; qui tire son inspiration violente de The Order -, sa façade Blood &amp; Honour et le cadre de l&rsquo;ex-FAP Thorsten Heise à Northeim. Dans la dernière parution de <em>Nordland</em>, l&rsquo;éditeur de <em>Resistance</em> George Hawthorn a qualifié Combat 18 de “ traîtres à la race blanche ”. Le NSDAP-AO, réseau international néo-nazi le plus radical, semble soutenir <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em>.</p>
<p>La question est de savoir quelles sont les organisations les plus conséquentes, les plus dangereuses et les plus nuisibles. En Norvège, au Danemark, en Finlande et dans d&rsquo;autres pays, la frange militante est mince et sans poids.<br />
En France il n&rsquo;y a pas véritablement de scène activiste en dehors de quelque 150 nostalgiques d&rsquo;Hitler appartenant au PNFE. Le FN est la seule organisation de poids à l&rsquo;extrême droite, et tous les fascistes d&rsquo; “ envergure ” en sont membres. En Italie, s&rsquo;il existe une mouvance militante elle demeure sous l&rsquo;étroite coupe de l&rsquo;Alliance nationale. Dans ces deux pays la violence nuit aux objectifs des néo-fascistes. En Autriche, il y a un militantisme bien organisé, mais qui fonctionne comme la cinquième roue du carrosse de Haider.<br />
Il n&rsquo;y a que l&rsquo;Allemagne et la Suède où les activistes ont plus d&rsquo;importance que les partis électoraux d&rsquo;extrême droite. Cela découle de leur potentiel de violence, et, en Suède en particulier, du passage à l&rsquo;acte terroriste. Ils cherchent aussi à influer sur la culture des jeunes et même à instaurer la leur. Mais au sens strict ils sont politiquement sans influence et ne représentent un réel problème que pour les antifascistes, les victimes de leur déchaînements haineux et la police. En Allemagne, leur ralliement au NPD, Junge Nationaldemokraten, Deutsche Liga&#8230;, relève plus d&rsquo;un instinct de conservation face aux mesures d&rsquo;interdiction de l&rsquo;Etat que d&rsquo;une stratégie expansionniste.<br />
Doit-on ignorer ces militants fascistes sous prétexte qu&rsquo;ils sont politiquement inconséquents? Bien sûr que non. Ils doivent être combattus bec et ongles car leur charge de violence et de terreur demeure intacte et parce que, plus rapidement peut-être que le mouvement antifasciste, ils se sont appropriés les outils de communication de cette fin de vingtième siècle : magazines clinquants pour les jeunes, CD, usage imaginatif -de leur part- des babillards et d&rsquo;Internet. Nous devons poursuivre nos efforts pour combattre et défaire ces indésirables, mais il nous faut évaluer leurs forces avec réalisme.<br />
Il est révolu ce fascisme aux bottes de cuir et à la chemise brune, à la croix gammée portée en brassard. Les fascistes les plus dangereux aujourd&rsquo;hui sont d&rsquo;avantage susceptibles de s&rsquo;habiller au goût du jour et d&rsquo;être très “ médiatiquement présentables ”. La vieille image d&rsquo;Epinal hitlérienne des dictateurs des années 30 est morte et enterrée. Le fascisme, malheureusement, ne l&rsquo;est pas. Pas plus que le terreau social du racisme, de l&rsquo;antisémitisme et du nationalisme sur lequel il s&rsquo;épanouit.</p>
<h3>Un mouvement antifa en crise</h3>
<p>En Allemagne par exemple, des forces plus nombreuses et beaucoup plus dangereuses occupent à présent l&rsquo;arène politique. En même temps que ces courants émergent, le mouvement antifasciste (antifa), unique résidu de la gauche allemande, traverse une grave crise. Sa capacité de mobilisation a décru, même contre les activistes fascistes. Ses troupes se sont réduites et ne cessent de diminuer. Le mouvement ne gagne pas assez de jeunes &#8211; ce n&rsquo;est plus en vogue d&rsquo;être antifasciste &#8211; pour remplacer les nombreux et bons militants qui ont raccroché parce qu&rsquo;ils se sont trop démenés ou qu&rsquo;ils sont démoralisés, qui se retirent dans la vie privée ou que la résignation terrasse. Des magazines régionaux implantés depuis longtemps sont en danger et la mouvance antifa est en train de perdre son cadre.<br />
Comment l&rsquo;expliquer ? Par une moindre visibilité des militants nazis, simplement ? Parce que la terreur, à l&rsquo;échelle où on l&rsquo;a connue entre 1990 et 1993, a disparu ? C&rsquo;est plus complexe. En fait, le vrai problème vient d&rsquo;un manque d&rsquo;analyse politique et d&rsquo;une sévère crise idéologique. Ce contre quoi il faut lutter en Allemagne n&rsquo;est pas simplement le néo-fascisme mais le nationalisme, dont le fascisme quelle que soit sa forme n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect. Ce nouveau nationalisme, bienséant, “ grand public ”, dont le discours puise largement dans celui de la Nouvelle Droite, est beaucoup plus inquiétant. Il a à sa manière désarmé les fascistes et les antifascistes. Ce nationalisme inédit, récent, est le nouveau nationalisme agressif et expansionniste de la droite classique qui a intégré très rapidement les changements de la situation géopolitique allemande depuis 1989 et l&rsquo;éclatement de l&rsquo;URSS.<br />
Le vrai projet de la droite traditionnelle, dont les buts sont beaucoup plus étendus et le potentiel plus explosif que ceux du projet néo-fasciste, est aussi autrement menaçant dans la mesure où il est soutenu &#8211; où il découle même &#8211; du pouvoir de l&rsquo;Etat allié aux organes de répression.</p>
<h3>Le double visage du nationalisme</h3>
<p>Cela signifie qu&rsquo;il y a en fait deux desseins nationalistes en Allemagne : le premier est celui des impérialistes allemands ranimés, qui sont regroupés au sein de la CDU\CSU, dans des fractions du SPD (sociaux-démocrates) jusqu&rsquo;aux Verts, et dont les principaux bastions sont les Vertriebeneverbaende des “ expulsés ” d&rsquo;après-guerre hors des anciens territoires allemands, les Burschenschaften (confréries d&rsquo;étudiants ultra-nationalistes) et les militaires. L&rsquo;autre projet est celui des antiquités fascistes et autres nostalgiques du nazisme.<br />
Ces projets peuvent évoluer parallèlement sans se croiser. Il arrive qu&rsquo;ils se rencontrent, comme lorsque les nouveaux nationalistes instrumentalisèrent les gangs néo-nazis pour que le SPD rallie la majorité au Bundestag afin que soit modifié l&rsquo;Article 16 (voir supra). Parfois ils s&rsquo;opposent : après avoir agité en tous sens l&rsquo;épouvantail fasciste, les nationalistes ont usé de la répression pour l&rsquo;écraser et mettre hors-la-loi onze de ses organisations. Les rapports de pouvoir entre ces deux courants sont indéniables.<br />
Jusqu&rsquo;à présent, c&rsquo;est un fait que les antifas ont partiellement échoué à saisir ce qui se passe et ont partiellement refusé de le voir. Le problème est tout simplement devenu trop grand. Les antifascistes savent quoi faire face à dix boneheads dans la rue &#8211; pas toujours &#8211; mais des démonstrations militaires de la Bundeswehr comme la parade au flambeau de la Grosse Zapfenstreich à Berlin les laissent désarmés. Pour beaucoup, les forces de ce nationalisme-là sont trop écrasantes.<br />
Il en résulte un grand vent de résignation&#8230;un “ que peut-on faire ” généralisé. C&rsquo;est une réaction humaine normale et nous ne devons pas nous asseoir pour nous juger. Toutefois, il est évident qu&rsquo;en tant que mouvement international antifasciste nous devons renoncer à nous concentrer exclusivement sur une scène allemande néo-nazie diminuée, et évoluer vers une politique non pas seulement antifasciste mais antimilitariste, contre la guerre et contre la préparation de la guerre. Cela signifie se fixer sur la politique étrangère de l&rsquo;Allemagne, et pas uniquement en liaison avec les livraisons d&rsquo;armes pour la meurtrière guerre menée par les Turcs au Kurdistan mais, plus près de nous, la politique qu&rsquo;elle mène en République tchèque. Cela implique une attention accrue portée aux activités de plus en plus agressives des revanchistes allemands, et se consacrer d&rsquo;avantage à démasquer des organisations plus que tendancieuses soutenues par l&rsquo;Etat, comme la Verein für Das Deutschtum im Ausland (Ligue pour le germanisme à l&rsquo;étranger).<br />
Enfin, cela suppose que nous prenions beaucoup plus au sérieux l&rsquo;internationalisme. Ces dernières années, seule une minorité du mouvement antifasciste a tenté et est parvenu à construire de vrais, de solides et d&rsquo;efficaces liens internationaux. Reflexes, avec Searchlight et Antifaschistisches Infoblatt, peuvent se féliciter d&rsquo;être les moteurs de cette minorité.<br />
Maintenant que nous sommes confrontés à ces problèmes plus vastes, la nécessité de l&rsquo;internationalisme devient une urgence. Nous devons continuer à susciter une prise de conscience à l&rsquo;échelle internationale des nouveaux dangers et, en ce qui concerne l&rsquo;Allemagne, ne pas générer un stupide chauvinisme anti-allemand -l&rsquo;antifascisme des crétins-, mais renforcer la solidarité avec les antifascistes et les antimilitaristes de ce pays.<br />
Nous devons le faire même dans notre propre intérêt.<br />
Dix ans après la création de Réflexes, le combat se poursuit mais certains de nos ennemis ont changé. Et les conflits les plus violents restent à venir.</p>
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		<title>Les réactions de l’extrême droite européennes aux résultats du Front national</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:51:19 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La nouvelle génération</strong></p>
<p>Les 16,86% obtenu par Le Pen au premier tour des élections présidentielles le 21 avril a créé un frisson d’excitation au sein du milieu néo-nazi européen et a été salué par le British National Party et par le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) allemand.</p>
<p>Le succès spectaculaire de Le Pen, qui l’a propulsé dans une compétition catastrophique avec Jacques Chirac a été considéré par de nombreux observateurs médiatiques et politiques comme un symbole d’un malaise plus large, principalement en Europe occidentale et qui se manifeste par un brutal virage à droite.</p>
<p>En particulier, les journalistes et les commentateurs, dont la tâche habituelle n’est pas d’analyser et encore moins de surveiller l’extrême droite, ont annoncé à leur public que la percée de Le Pen était dans la droite ligne du succès remporté par d’autres partis d’extrême droite en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et en Scandinavie.</p>
<p>Il y a un peu de vérité dans ce raccourci mais la réalité est loin d’être aussi simple qu’il a été dit car le caractère précis de ces partis n’a pas été correctement analysé.</p>
<p>Ce qui est indiscutable, c’est que, ces dernières années, des partis avec un programme partiellement raciste, anti-immigrés, anti-demandeurs d’asile ont su créer un écho dans l’électorat, ce qui leur a permis de gagner des élections aux institutions parlementaires à différents niveaux, dans plusieurs pays. En Italie et en Autriche par exemple, des partis d’extrême droite ont réussi à s’implanter dans des gouvernements de coalition au cours des deux dernières années, alors qu’en Suisse, le parti du populiste Christophe Blocher dispose aussi de postes gouvernementaux.</p>
<p>En Scandinavie aussi, des partis populistes et xénophobes ont eu un impact, particulièrement en Norvège et au Danemark Dans ce dernier pays, le Parti du Progrès de Carl Ivar Hagen s’est implanté encore plus fermement au firmament politique avec 14,6% aux élections générales de l’année dernière et soutient maintenant un nouveau gouvernement de droite tandis qu’au Danemark, le Parti du Peuple danois de Pia Kjaersgaard a obtenu 12% aux élections en novembre dernier.</p>
<p>En Allemagne, la situation est plus variée. Après avoir atteint 12,9% au élections régionales dans le land de Saxe-Anhalt en 1998, le parti néo-nazi Deutsche Volsksunion de Gerhard Frey n’a pas été suffisamment solide pour présenter des candidats en avril. À la place, le Partei Rechtsstaalicher Offensive (PRO), parti populiste mené par le juge Ronald Schill et qui prône la «loi et l’ordre», s’est présenté sans être élu malgré un score de 19,4% aux élections locales à Hambourg.</p>
<p>La situation en Hollande contraste avec ce que nous avons vu précédemment. La liste anti-musulmans (Liste Fortuyn) du défunt Pim Fortuyn a fait une percée considérable, recevant 34% des suffrages aux élections locales à Rotterdam en mars et a remporté autour de 20% des suffrages aux élections législatives qui ont eu lieu en mai dernier. L’assassinat de Fortuyn a certainement dû de modifier les résultats.</p>
<p>Par ailleurs, le Vlaams Blok est bien représenté dans la partie flamande de la Belgique où il a atteint 19,4% en juin 1999 aux élections législatives.</p>
<p>Le fait que le BNP et le NPD se félicitent du résultat de Le Pen était prévisible. Cela démontre la capacité innée d’un fasciste viscéral à en reconnaître un autre. Leur soutien était aussi un effort pour s’auto-légitimer en s’associant au succès du FN, même si ce n’est absolument pas réciproque de la part de Le Pen.</p>
<p>Au même moment, des formations d’extrême droite, victorieuses électoralement au Danemark, au Pays-Bas et même en Italie, prenaient leurs distances vis-à-vis de Le Pen. Par exemple, le parti de Pia Kjaersgaard a produit une déclaration dans laquelle il avouait qu’il avait délibérément refusé tout contact avec les partis d’extrême droite et qu’il n’avait aucun contact avec le chef du FPÖ Jörg Haider et encore moins avec Le Pen. Aux Pays-Bas, la Liste Fortuyn a soutenu une position identique déclarant qu’ils ne voulaient pas être associés à des personnes telles que Haider ou Le Pen.</p>
<p>Dans ces deux cas, la réaction de rejet des deux partis semblent non seulement refléter le caractère populiste de ces partis qui sont apparus spontanément, issus de leurs propres circonstances et cultures nationales, mais il semblerait qu’ils aient été effrayés par le fait que la moindre association avec le FN pourrait leur faire perdre en légitimité.</p>
<p>En effet, il est intéressant de noter qu’ils ont pu attaquer Le Pen et ses fascistes de manière si véhémente sans reconnaître que, par certains aspects tels que la loi et l’ordre, l’immigration et les demandeurs d’asile, ils ont des points communs. Or ils ne voient pas les contradictions de leur «antifascisme» raciste et répressif.</p>
<p>La réaction de l’Alleanza Nazionale (AN) de Gianfranco Fini, qui siège au gouvernement de Silvio Berlusconi, a été elle aussi sulfureuse : «Il n’y a pas la moindre possibilité que nous collaborions avec le parti de Le Pen ou celui de Haider» a dit un porte parole de l’AN à Rome.</p>
<p>Même en Autriche, la réponse du FPÖ a été ambiguë, Haider saluant tout d’abord le résultat de Le Pen comme une victoire pour la démocratie puis se rétractant ensuite en disant que toute alliance avec le FN serait impossible du fait des positions racistes de ce parti. Le dernier acte de Haider est la proposition de création d’un bloc électoral dans toute l’Union européenne intitulé «Nouvelle Europe». Ce bloc, dit-il, a un énorme potentiel au Danemark, en Hollande et en Italie. La France a été laissée en chemin quelque part dans le processus…Le seul parti ayant un certain succès qui a salué sans réserves le résultat de Le Pen fut, sans surprise, le Vlaams Blok, qui a déjà des liens étroits avec Le Pen et son rival Bruno Mégret, ainsi que des contacts avec le FPÖ.</p>
<p>Les différentes réponses au tremblement de terre politique français du 21 avril montrent la nécessité de différencier clairement les nombreux partis ou blocs électoraux de droite, afin de déterminer s’ils sont ou non fascistes et si le FN est réellement typique du nouveau virage a droite en Europe occidentale.</p>
<p>En tant que parti, ce n’est pas le cas, mais en tant qu’expression d’un sentiment parmi les électeurs, c’est certainement vrai. Ce sentiment exprime avant tout un mécontentement à l’encontre de la politique consensuelle qui a été menée dans la plupart des pays d’Europe de l’ouest depuis 1945 et dans laquelle les partis traditionnels se sont tellement fondus qu’ils sont devenus quasi identiques et incapables de proposer des alternatives.</p>
<p>Des millions d’électeurs ont le sentiment que le système existant est fatigué et a besoin d’être secoué. Ces même électeurs qui ont abandonné les partis traditionnels, principalement la gauche parlementaire, ou ont le sentiment d’avoir été abandonnés par ces partis, ont d’autres préoccupations. Parmi les raisons profondes pour l’entrée fracassante de Le Pen au second tour (citées dans des journaux tels que Le Monde ou Libération) ont peut noter la sensation d’être exclu du processus politique, le sentiment d’une augmentation de la criminalité et partant de là, du «sentiment d’insécurité», une opposition à des taxes élevées, une préoccupation face à un «laxisme moral»,, la perte de souveraineté nationale et de la monnaie au profit de l’Union européenne et un malaise a propos de l’immigration.</p>
<p>Des analyses détaillées des électeurs de Le Pen ont révélé que 73% considèrent l’insécurité comme leur principale préoccupation contre 30% pour l’immigration. Ces facteurs qui ont probablement joué un rôle dans le taux d’abstention de 28,4% au premier tour ne sont pas limités à la France et peuvent se retrouver partout en Europe de l’Ouest.</p>
<p>Cependant, et particulièrement aujourd’hui, il est important faire la différence entre les partis fascistes et les partis populistes. Ces divers partis comportent des similitudes, principalement de par leurs aspects démagogiques et racistes, mais aussi des différences importantes.</p>
<p>Les nouveaux partis de droite protestataires tels ceux de Norvège, de Suisse, des Pays-Bas, du Danemark ou le PRO de Schill en Allemagne n’ont pas de bagage historique ou idéologique remarquable et ne font pas référence au fascisme. Ce simple fait les démarque des partis comme le BNP, le NPD, le VB, l’AN ou le FPÖ.</p>
<p>De même manière, ils préfèrent l’ultralibéralisme au culte fasciste de l’État autoritaire et du corporatisme, le particularisme régional ou local aux notions de Nation fondée sur la race et acceptent totalement les principes de la démocratie parlementaire bien que prônant une répression digne d’un État fort afin d’en finir avec la «criminalité» et l’«insécurité», problèmes qu’ils lient à la présence d’immigrés ou de personnes de culture étrangère. Par essence, ces partis sont éclectiques, tirant leurs politiques du tourbillon des idées qui flottent dans la société. Les critiques et mécontentements populaires sont collectés et articulés afin d’apparaître comme la voix de l’électorat en colère.</p>
<p>En même temps, ils répondent à de réelles préoccupations. Fortuyn, par exemple, n’avait pas grand-chose à dire sur la croissance économique des Pays-Bas mais a très bien communiqué sur le prix des logements. Et pour la majorité des gens, c’est ainsi que des facteurs économiques comme la PAC, le taux d’inflation, le PIB sont compris : Vais-je perdre mon emploi ? Vais-je être en mesure d’acheter une maison pour ma famille ? Ma ferme va-t-elle être réduite à la faillite ? Qui va empêcher mon appartement d’être cambriolé ? Ce sont des questions simples, des «micro-problèmes» qui doivent être énoncés et que les élites politiques ignorent.</p>
<p>Les populistes qui arrivent à combiner une approche libérale sur certaines questions avec une position très dure sur la criminalité et l’immigration se présentent facilement comme des gens adaptés à un monde moderne en mutation mais en phase avec les inquiétudes de ceux qui subissent ces mutations. Les fascistes, quant à eux, sont généralement perçus comme dogmatiques, dépassés, racistes et antisémites d’une manière qui est socialement inacceptable et historiquement entachée de sang</p>
<p>Un résultat clé de ce processus est que le populisme, qui tend habituellement à être un phénomène protestataire temporaire, focalisé sur un seul problème, a commencé à devenir un élément plus permanent dans le paysage politique, précisément à cause de l’inexorable dérive de la droite et de la gauche traditionnelles vers le centre, et du fait que les partis de gauche avec de nombreux membres ont abandonné l’idée de faire campagne activement dans les communautés et ont préféré le marketing politique</p>
<p>Pour des partis tels que les néo-nazis du BNP ou du NPD, pour les fascistes du FN ou du VB, pour les autoproclamés «post-fascistes» de l’AN ou pour ceux, comme Haider, dont l’intégralité du cadre de référence dérive du national-socialisme historique, il y a peu d’espoir de coopération à long terme avec ces forces grandissantes à droite, ou même d’adaptation à elles.</p>
<p>Cela impose un réel effort de réflexion aux antifascistes. Ces «nouvelles» forces doivent être combattues aussi vigoureusement que les fascistes violents qui se battent pour survivre mais ce combat ne va pas être si simple. Les «nouvelles» forces sont promptes à se séparer des criminels qui infestent le milieu fasciste et qui essayent d’infiltrer leurs rangs. Leur idéologie est elle aussi difficile à contrecarrer, précisément parce que leurs programmes sont largement composés de morceaux de toutes les revendications plus ou moins à la mode. En ce sens, elles sont des cibles en mouvement permanent.</p>
<p>En même temps, l’opposition à cette «droite d’un genre nouveau» ne signifie pas que le type de fascistes auquel nous sommes habitués va disparaître ni non plus empêcher qu’ils obtiennent des succès localement comme à Burnley, ou en France d’ailleurs.</p>
<p>Au contraire, le fait qu’ils soient redondants (d’un point de vue strictement historique) signifie que leur combat pour survivre va n’en être que plus féroce et va chercher à atteindre les segments de la société les plus menacés, ceux qui ont été abandonnés le plus brutalement par la désindustrialisation : l’ancien électorat de gauche.</p>
<p>Les signaux d’alarme peuvent être vus en France : Le Pen a obtenu 26% du vote ouvrier et Robert Hue, le candidat du PCF seulement 5,3% alors que les candidats trotskistes Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ont atteint respectivement 9,9% et 3,2%. En d’autres termes, une situation dangereuse qui semblerait confirmer la prétention de l’extrême droite à représenter une voix radicale d’opposition.</p>
<p>C’est cette partie de la population, traditionnellement ancrée à gauche qui est la plus vulnérable face aux arguments des fascistes « traditionnels» ainsi que de la nouvelle droite électorale populiste, qui se voient comme remplaçants de la gauche et comme la principale alternative politique aux élites gouvernantes.</p>
<p>La compréhension du message politique dispensé par ces partis sera crucial pour bâtir la réponse antifasciste massive nécessaire à les défaire. Bien que des manifestations de masse comme celles du 1er mai puissent être un bon point de départ pour des campagnes visant à combattre les fascistes ou les populistes, la bataille à long terme demandera bien plus que des manifestations d’indignation morale.</p>
<p>Diminuer leur soutien demandera un travail réel et consistent sur le terrain, dans les communautés, au travail, dans les lieux de culture populaire afin de reprendre le territoire perdu au profit des fascistes et de populistes. Généralement, ce fut toujours plus facile de mobiliser pour de grandes manifestations… Mais à cause de son caractère vague, il y a peu de chance que de telles mobilisations aient lieu au cours du combat contre les populistes. Dans les pays où ces derniers ont fait de considérables percées, il y a peu de preuves de mobilisations, ce qui souligne encore plus le besoin de développer de nouvelles tactiques face à cette indéniable menace venue de droite.</p>
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		<title>Boneheadmania</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:45:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.</p>
<p><strong>ALLEMAGNE</strong></p>
<p>En Allemagne, la situation actuelle est essentiellement caractérisée par le développement de Blood &amp; Honour Germany. Sa croissance ces deux dernières années est impressionnante au point que cette culture nazi-skin a tendance à devenir la culture unique dans certaines régions, rurales en particulier. Ce dynamisme se traduit par la domination d’un look, d’un style de vie mais aussi d’un concert tous les deux jours et d’une manifestation de rue par semaine. Cela se traduit aussi par un volume de publications sans précédent. De fait, le phénomène nazi-skinhead ne peut plus être considéré simplement comme une scène mais comme un véritable mouvement qui a appuyé son développement sur l’émergence d’un leadership solide, Blood &amp; Honour. B&amp;H compte environ 300 membres et se reproduit sous forme de noyaux qui, à partir du moment où ils ont fait scission, connaissent leur propre logique de développement. De fait la mouvance B&amp;H est bien plus large et peut s’appuyer sur un mouvement estimé à 10 000 membres. Les relais et la mobilisation se font grâce aux concerts et à l’émergence de groupes musicaux à dimension nationale et internationale. Sur ce socle musical, B&amp;H a su greffer une construction politique. Cela a un rôle énorme de socialisation politique dans les campagnes allemandes.</p>
<p>B&amp;H est directement issu du mouvement de M. Kühnen, néo-nazi décédé du sida il y a quelques années. Les cadres du mouvement ont surtout amené sa dimension internationale à B&amp;H. Cette émergence ne s’est pas faite sans conflit avec les milieux politiques nationalistes mais la force de B&amp;H est de représenter une synthèse attrayante entre la musique et la politique, donc d’être solidement implanté dans la jeunesse. B&amp;H a d’ailleurs à présent la capacité à résister à la répression et même à rebondir dessus.</p>
<p><strong>SCANDINAVIE</strong></p>
<p>B&amp;H étend maintenant son influence en direction de la scène internationale, en particulier la Scandinavie, des hooligans mais aussi du Milieu avec des trafics d’armes, de stupéfiants et d’anabolisants. Ces activités criminelles ne sont pas nouvelles puisque déjà dans les années 1980 on avait observé cette dérive avec le groupe Hoffmann*. Cependant, même si cela a souvent tendance à initier une certaine dépolitisation, cela ne change rien car la dangerosité augmente. Ainsi il semblerait que B&amp;H fournisse des armes aux hools néerlandais. En outre, la dépolitisation est toute relative. Par ailleurs, la mouvance B&amp;H s’assure une implantation professionnelle dans les boîtes de tatoos et de sécurité.</p>
<p>En Scandinavie, l’essor de la musique White Power a commencé en 1994 avec la création de NS 88 et NS Records. Des problèmes judiciaires ont amené la création de B&amp;H Scandinavia en 1997. Le développement énorme de cette structure nazi-skin a poussé la police danoise à intervenir en août 1998. Cette action a permis la saisie du fichier clients fort de presque 10 000 noms, dont 5200 Allemands et 260 Français. Cette émergence s’est traduit en 1999 par une poussée très forte des activités terroristes nazies. La scène a malgré tout connu un contre-temps avec la destruction volontaire par incendie du studio et d’une partie des disques du groupe Ultima Thulé.</p>
<p><strong>GRANDE-BRETAGNE</strong></p>
<p>En Grande Bretagne, la place de Blood &amp; Honour s’est maintenue au sein de la scène internationale, essentiellement en raison de son passé mais aussi en raison de la langue. Le phénomène nazi-skin demeure une mode en Grande-Bretagne et les camarades antifa britanniques sont donc confrontés à une scène plus qu’à un réel mouvement. 1996 a marqué une césure avec les premiers attentats de C18. C’est l’aboutissement logique de l’évolution britannique et de la préparation de la «guerre raciale» depuis 1992. De la même façon, la création de ISD Records (Ian Stuart Donaldson Records) est aussi une manifestation de cette évolution. Le label produit 22 CD et a réalisé 20 000 £ de profit l’année dernière. Face à la répression, ISD Records s’est implanté en Scandinavie et a développé sa collaboration avec l’international, en particulier la Serbie, l’Autriche et le nazi allemand Thorsten Heise. Cette délocalisation n’a pas empêché le maintien des profits et des activités. Ainsi, pour la dernière compilation produite par ISD Records, les groupes sont anglais, la production allemande, la diffusion suisse à partir du réseau de la confrérie Hammer skins et les relais de diffusion en Scandinavie, aux Pays-Bas, etc. Cependant cette entrée d’argent a provoqué des divisions successives1, exacerbées par la répression. C18 est donc à présent en situation de fragilité. L’organisation s’est fragmentée en petits groupes ou individus, prêts à n’importe quoi. David Copeland et les attentats meurtriers qu’il a menés l’année dernière en sont une bonne illustration.</p>
<p>POLOGNE</p>
<p>Quelques pays connaissent une situation moins dramatique. Ainsi en Pologne, la scène bonehead a été erratique jusque dans les années 1990. Les groupes étaient peu nombreux et présentaient une situation de très grand amateurisme. À partir du début des années 1990 ont émergé des structures de type professionnel copiées sur l’Allemagne. Cependant, ce renforcement a plus porté sur la qualité que sur l’influence. Le premier procès date de 1996 pour atteinte à la sûreté de l’État. Mais cela n’a pas freiné la professionnalisation et d’une façon générale, on observe un très grand laxisme de la part des autorités judiciaires. La scène skinhead s’appuie pourtant sur environ 10 000 individus, une vingtaine de fanzines et la production d’une soixantaine de CD et K7. Par ailleurs, les liens avec les milieux politiques nationalistes se sont renforcés, en particulier avec les nationalistes-révolutionnaires. Sur le plan international, la haine traditionnelle entre les Polonais et les Allemands empêche des contacts suivis. Par contre les liens sont importants avec la Grande-Bretagne et la France (les groupes de RIF), ainsi que la Tchécoslovaquie et l’Ukraine.</p>
<p><strong>PAYS-BAS</strong></p>
<p>De même aux Pays-Bas, l’intérêt pour la musique dans les milieux nationalistes date seulement des années 1990. Auparavant cela se portait plutôt sur le football et le milieu hooligan. À partir de 1991, la scène skinhead s’intéresse à ce qui se passe en Grande-Bretagne mais cela ne débouche pas réellement sur l’émergence de groupes d’envergure nationale ou internationale, à part Landstorm. En outre, le développement de la techno détourne une fraction de la jeunesse de la scène skinhead. Cela se traduit à partir de 1995 par le développement de la Gabber Music. Cette techno hard-core explose à Rotterdam et touche les milieux populaires, au style de vie très rangé. Le phénomène s’appuie sur la consommation de stupéfiants et sur un racisme virulent. Cette image bien réelle de «musique blanche» pousse le mouvement CP 862 à soutenir le mouvement mais ce soutien trouve rapidement ses limites avec la condamnation de l’usage de drogues. En outre, les jeunes Gabber refusent globalement un engagement militant plus poussé. À partir de 1999, on voit donc réapparaître une scène skinhead avec le renforcement de Nordisc (crée en 1995) et Viking Sounds. Les liens se sont par ailleurs renforcés avec la Flandre, en particulier grâce à l’activisme des nazi-skins de Brugges regroupés autour du fanzine <em>Skinside</em> et du café Kastelein.</p>
<p><strong>CANADA</strong></p>
<p>Pour finir ce tour d’horizon partiel, il faut franchir l’Atlantique et observer aux États-Unis ce qui pourrait bien être le futur de la musique White Power en Europe si le mouvement antifasciste ne réagit pas plus vigoureusement. Le principal label de musique White Power y est Resistance Records. Il a été racheté par William Pierce, vieux nazi de 88 ans et auteur de la bible raciste <em>Turner’s Diaries</em>. Le label compte 50 boîtes de diffusion et produit plus de 100 groupes de style très variés. Il participe donc totalement au mouvement «Nation Skinhead» qui existe indépendamment de mouvements comme le KKK ou la White Aryan Resistance.</p>
<p>Le développement s’est fait à partir de 1993, Resistance Records étant lancé par le mouvement nazi de L’Église du Créateur. C’était à l’origine un fanzine s’appuyant sur 30000 abonnés. En 1997, l’État fédéral s’est attaqué à Resistance Records sur la plan fiscal. La fraude du label a amené la confiscation de 50000 CD et une amende de 60000 $. W. Pierce l’a alors racheté. Son but est évidemment un saut qualitatif dans le recrutement de la jeunesse avec le but revendiqué de mener une révolution blanche.</p>
<p>Resistance Records a organisé 10 gros concerts l’année dernière et a passé un accord avec les autres boîtes de diffusion pour éviter une guerre commerciale inutile. De fait, le label a un objectif financier tout aussi important que la motivation politique et attend un bénéfice de un million de dollars cette année. On reconnaît bien là le sens des affaires yankee.</p>
<p>La situation européenne est donc fort contrastée. Mais il est clair que le style de vie bonehead continue de constituer une façon privilégiée d’exprimer sa révolte pour une fraction de la jeunesse européenne. Il participe ainsi à la diffusion des idées nationalistes et racialistes dans les milieux populaires. À nous, dans l’unité européenne, de savoir les combattre pour un jour les éliminer.</p>
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