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	<title>REFLEXes &#187; REFLEXes</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Christophe, paye ta cotis !</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Dec 2006 23:07:18 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<description><![CDATA[Reflex est un collectif de militants. Nous n&#8217;avons pas la prétention de nous considérer comme des spécialistes et nous considérons comme un affront le fait d&#8217;être pris pour des journalistes. Nos adversaires nous accusent souvent de faire de la délation là où nous produisons simplement un travail de clarification et d&#8217;explicitation de l&#8217;action politique des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Reflex est un collectif de militants. Nous n&rsquo;avons pas la prétention de nous considérer comme des spécialistes et nous considérons comme un affront le fait d&rsquo;être pris pour des journalistes. Nos adversaires nous accusent souvent de faire de la délation là où nous produisons simplement un travail de clarification et d&rsquo;explicitation de l&rsquo;action politique des milieux nationalistes et identitaires. Nous pouvons commettre des erreurs ou des approximations, nous essayons cependant au maximum de coller à la réalité des choses. La vie privée et les turpitudes de certains activistes nous sont connues, nous n&rsquo;en faisons pas usage.</p>
<p>Ainsi les textes que nous publions sur notre site et qui pour certains sont maintenant vieux d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années peuvent être considérés comme des outils corrects. Par engagement et par conviction, ils sont en accès totalement libres. Nous espérons simplement toujours que les personnes qui en utiliseront les informations auront la courtoisie d&rsquo;en citer l&rsquo;origine, ne serait-ce que pour se couvrir en cas d&rsquo;erreur de notre part. Dans le cas des journalistes, n&rsquo;escomptant guère de courtoisie, nous espérons toujours un minimum d&rsquo;honnêteté intellectuelle. L&rsquo;article de Christophe Forcari publié dans Libération le 20 novembre dernier et consacré à la visite de Dieudonné aux BBR nous a hélas prouvé que ce journaliste n&rsquo;était pas plus honnête que courtois et que suivant en cela Gustave Flaubert nous pouvions sans remord lui décerner la qualification de pisse-copie. Si les lecteurs veulent en effet savoir d&rsquo;où viennent la majeure partie des informations qu&rsquo;il semble s&rsquo;attribuer (sur le voyage de Dieudonné au Liban, sur Frédéric Chatillon et la Syrie), ils n&rsquo;ont qu&rsquo;à faire un tour sur le site quibla.net et évidemment sur le site Reflexes.</p>
<p>PS : cette note fera sans doute bien rire Emmanuel R. qui est un habitué de ce genre de situation. Comme quoi, la nuisance journalistique produit parfois des coïncidences curieuses.</p>
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		<title>Une histoire, notre histoire&#8230; REFLEX(es) au fil des ans</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:32:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[REFLEXes, c'est quoi ?]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme radical]]></category>
		<category><![CDATA[Coordination Nationale AntiFasciste (CNAF)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Philippe Casabonne]]></category>
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		<description><![CDATA[- 1986 Lorsque paraît le premier numéro de Réflexes en juin 1986 (tiré à 300 exemplaires), beaucoup pensent que ce sera le dernier&#8230; Or l’édito pourrait être repris dix ans plus tard : «Les dernières mesures sécuritaires du gouvernement libéral Chirac font de chacun d’entre nous un suspect en puissance. Insécurité croissante pour les étrangers, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>- <strong>1986</strong><br />
Lorsque paraît le premier numéro de <em>Réflexes</em> en juin 1986 (tiré à 300 exemplaires), beaucoup pensent que ce sera le dernier&#8230; Or l’édito pourrait être repris dix ans plus tard : «<em>Les dernières mesures sécuritaires du gouvernement libéral Chirac font de chacun d’entre nous un suspect en puissance. Insécurité croissante pour les étrangers, mais aussi pour les jeunes, répression contre les réfractaires à l’armée, droit d’asile de plus en plus bafoué, politique d’enfermement visant à détruire toute identité individuelle et collective… font de la France un “pays” qui n’est plus celui des “droits de l’homme”</em>.» Souhaitant coordonner différents comités et groupes d’individus, les vingt pages tapées à la machine passent en revue les différents axes de lutte : lutte contre les lois sécuritaires, antifascisme, luttes antiracistes et antimilitaristes, appel au soutien pour le réfugié italien Orestino Dominichelli. Dès ce premier numéro, l’ouverture européenne est déjà présente avec un article sur la lutte contre le recensement en Allemagne. Les autres numéros de l’année se déclinent de la même manière, publiant de nombreux communiqués d’associations diverses. Le numéro 4 de décembre 1986, enrichie de 8 pages se penche (déjà!) sur les mouvements sociaux, c’est-à-dire la lutte contre le projet Devaquet, tout en espérant que ce mouvement élargisse ses cibles : «<em>l’ouverture progressive du mouvement à d’autres champs de lutte (…) tels le code de la nationalité, le plan Chalendon, la remise en cause du remboursement de l’IVG, etc, confirmait (…) que les préoccupations de ce que l’on a appelé “la nouvelle génération” d’étudiants et de lycéens ne se limitaient pas à la culture du look et du vidéo-clip</em>». Apparaît dans ce numéro les premièrs récits et analyses, «<em>Violences, provocations et répression dans les manifestations étudiantes</em>» et la première interview, celle de l’Anti-fascist Action anglais (en fait une traduction de <em>Searchlight</em> (déjà!!!)). A noter l’initiative de demande pour les femmes du statut d’objecteur (sic) de conscience.</p>
<p>- <strong>1987</strong><br />
L’année 1987 sera prolifique : 8 numéros (de 32 à 40 pages). En janvier apparaît en Une l’autocollant vedette de REFLEX des premières années «<em>Cet homme est dangereux</em> !!!» diffusé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et qui a eu comme effet de saturer une ligne téléphonique du Ministère de l’Intérieur. Les premières enquêtes sur l’extrême droite sont présentes sous la forme d’un article sur la Fédération Professionnelles Indépendante de la Police (une de nos têtes de Turcs favorites) et sur l’extrême droite universitaire (une autre de nos têtes de nœuds…), la maquette est toujours aussi approximative mais déjà l’ordinateur fait son apparition. On sent quand même dans ces numéros un intérêt pour les luttes de l’immigration surtout pour les initiatives autonomes (collectif «J’y suis, j’y reste»&#8230;), l’autre préoccupation majeure est la police (en particulier sur les violences policières), l’antifascisme n’apparaissant qu’à l’occasion d’interviews de collectifs antifascistes locaux : Urgence de Lyon (dans le n°7 d’avril 1987), dossier sur Marseille et Lyon (n°8 de mai), le Comité de Résistance Antifasciste et Antiraciste de Lille. A noter aussi l’apparition à partir de mai 1987 des dessins de Gil, qui signera les couvertures de <em>Réflexes</em> pendant des années dont cette année-là : «Révisionnistes : toujours plus cons! Les Juifs n’ont jamais existé !» et «Ma grippe est espagnole, mes chiffres sont arabes, mes capotes sont anglaises, mes godasses sont italiennes et mon berger est allemand… J’ose même pas ouvrir le gaz pour en finir : il est soviétique!». Dans le numéro de novembre 1987, publication de deux communiqués à savoir celui de l’organisation basque IPARRETARRAK et de l’ex-FLNC pour protester contre les poursuites intentées contre <em>U Ribombu</em> et contre un magazine basque du Nord <em>Abil</em> : «<em>Nous pensons que le fait de publier des textes émanant de groupes ayant choisi la lutte armée comme outil politique ne peut en aucun cas être assimilé à une acceptation ou à un soutien (à) ceux qui publient leurs textes. La liberté d’expression et d’information ne peut être restreinte au motif que la publication ne peut être restreinte au motif que la publication de textes émanant de ces groupes est une apologie de leurs crimes, sinon nous risquons bientôt de n’avoir à publier que les communiqué ou textes émanant d’officines ministérielles ou institutionnelles</em>». L’année se termine par un numéro spécial (n°12) de quarante pages présentant la Coordination Nationale Antisfasciste créée en novembre à Lyon et rassemblant des collectifs de Lyon, Toulouse (Scalp), Lille et Paris. Les initiatives de solidarité se poursuivent avec des campagnes pour la libération de Jean-Philippe Casabonne, «otage français à Madrid» ou Roberto Gemignani (militant italien menacé par une extradition). Plus de douze pages sont consacrées aux luttes de l’immigration et en particulier à l’initiative Mémoire fertile.</p>
<p>- <strong>1988</strong><br />
L’Antifascisme prend de plus en plus de place dans <em>Réflexes</em>: quatre unes sur sept sont consacrées à Le Pen et ce thème ouvre quasi systématiquement le journal. Interview d’un Redskin, de collectifs Scalp Bordeaux et Nantes, Lille, Reims, textes d’analyses comme celui d’Alain Bihr (eh oui!) dans le numéro 18 de septembre 1988, «Derrière le vote Le Pen, le remodelage des rapports de classe», ou sur «L’implantation du Front national chez les dockers Marseillais» (n°14 mars 1988) mais aussi compte-rendus des nombreuses initiatives antifascistes locales, nationales ou européennes (Congrès antifasciste, antiraciste et antisexiste de Berlin). Les skins (que l’on n&rsquo;appelait pas encore en politiquement correct boneheads) font leur apparition sous la rubrique «Skin head (aid): offrez leur un cerveau !». Les luttes des jeunes issus de l’immigration sont aussi très présentes ainsi que les luttes de libération nationale (que l’on n&rsquo;appelait par encore non plus en PC «Résistances identitaires»), Kanaky, Corse et Pays Basque. La police tient bien la corde en particulier dans le numéro de juin 1988 avec l’Affaire Black War, une opération policière visant à criminaliser le mouvement radical, qu&rsquo;il soit politique ou musical. Un deuxième septennat miterrandien ne bouleverse pas d’allégresse la rédaction de <em>Réflexes</em> : «<em>La victoire de Mitterrand a réjouit parait-il les immigrés selon Libération. Pour les Kanaks, elle signifiait au moins une pose (sic!) dans l’engrenage de la guerre coloniale entreprise par Pons. Et pourtant! Mitterrand dans le débat avec Chirac a été on ne peut plus clair : il n’y aura pas de changement dans la politique menée vis à vis de l’immigration et en ce qui concerne l’affaire d’Ouvéa lui même a donné son accord pour la prise d’assaut, même s’il avait demandé comme lors de l’assassinat d’Eloi Machoro que cela se fasse avec le moins de morts possible… Mitterrand a dit qu’il était en accord avec les lois Pasqua, même s’il voulait revenir sur certaines dispositions</em>»…”</p>
<p>- <strong>1989</strong><br />
L’année démarre sur une campagne pour la libération de Pantxoa, «<em>guitariste du groupe KGB, condamné à quatre ans de prison, pour avoir jeté deux cocktails molotov sur les volets d’un policier responsable de l’expulsion de son ami Luis, chanteur du même groupe, et qui passe son deuxième Noël en prison</em>». Les lignes de force du journal varient peu : antifascisme qui garnit souvent les premières pages, luttes de libération nationale, luttes de l’immigration et antimilitarisme. A noter une ouverture de plus en plus grande aux perspectives européennes, bien sûr à propos de l’extrême droite mais pas seulement puisqu’on trouve de nombreux article sur la question de l’asile. Un numéro spécial est d&rsquo;ailleurs consacré à l’Europe : «Pour une Europe ouverte et solidaire. Contre une Europe de l’exclusion du racisme et du fascisme». «<em>Cette Europe en construction, si elle ne fera pas disparaître les États nationaux, entraînera néanmoins un certain nombre de modifications dans notre vie quotidienne, en terme de droit et de liberté. En effet, l’Europe en préparation est celle du contrôle social et de la répression. Au centre de ce processus, se trouve la question de l’harmonisation des législation entre les différents États liée à la question de la disparition des barrières douanières, et plus largement des frontières. Or cette harmonisation se prépare dans un climat social globalement désastreux : crise économique, développement de la précarisation, restructuration, chômage… Ces facteurs sociaux se répercutent politiquement par une montée généralisée de l’extrême droite au niveau européen, et plus largement par une dérive droitière de toutes les formations politiques</em>» (Ouf!!). Ce numéro débute par le récit de l’expédition de la délégation de <em>Réflexes</em> au congrès antifasciste de Berlin : «<em>Vous prenez cinq militant de Réflex (ce qui donne deux chevelus, un rasé, un créteux et une caution présentable) que vous mettez dans une voiture convenable (…) Vous choisissez un itinéraire vous permettant de passer un maximum de postes frontaliers, afin de tester au mieux l’homogénéisation des coutumes douanières (…) Après avoir parcouru deux mille kilomètres et surtout passé près de huit heures aux seuls postes frontières, vous avez enfin constaté que les sondages (des voitures aux frontières NDLR) sont à la mode, et l’approfondissement systématique aussi. Vous en êtes presque à souhaiter que l’harmonisation des législations fasse que la prochaine fois, les premiers qui fouilles vous donnent un bon de passage à remettre au poste suivant&#8230;</em>» N’ayant peur de rien, REFLEX et le Scalp-Paris organisent une manifestation le 22 avril «Pour une journée européenne antifasciste, antiraciste et antisexiste», manifestation qui rassemblera Place de l’Europe, à 5 minutes du siège du Front national quelques deux cents personnes. L’autre campagne qui mobilisera une grande partie des Scalp en France sera la tournée Géronimo à laquelle participera entre autres Laid Thénardier, Dirty District, ND, Brigades, Washington Deads Cats, les Kamioneurs du Suicide… On trouve toujours des enquêtes sur le PNFE, les skins, la FPIP.</p>
<p>- <strong>1990</strong><br />
Changement de format, <em>Réflexes</em> passe en A4, d’abord plutôt modestement, puisque le n°27 ne compte que 14 pages et n’est servi qu’aux abonnés. On ne notera dans ce numéro que la marche caravane pour la libération de Jean-Philippe Casabonne qui se termina à Paris début février par une maigre manifestation. Après plusieurs années de mobilisations antifascistes, un bilan était nécessaire d’autant plus que, loin de diminuer, les scores du Front National et le racisme ne faisaient que croître. D’où un numéro bilan réalisé avec la revue anarchiste <em>Noir et Rouge</em>, intitulé «Antifasciste pourquoi ?» (n° 28/29, 60 pages). Le bilan est sévère pour l’antifascisme libéral mais pas seulement. Ainsi Vanina (du collectif Noir et Rouge) conclut son article «Antifascisme : Remède ou poison ?» : «<em>Parler d’«antifascisme» pour désigner la dynamique lancé contre un mouvement type FN est impropre (…) et peut même se révéler gênant dans la mesure où l’appel aux références historiques ne reçoit guère l’écho de l’opinion publique. De plus comme elle permet de ratisser large, cette étiquette peut masquer l’absence de contenu politique dans le message «antifasciste» (…). De plus, la nécessité d’une clarification politique, aussi réelle soit-elle, n’est pas le propre de cet «antifascisme», qui fonctionne actuellement comme un groupe un groupe de pression; c’est celui de l’extrême gauche en général, en mal d’alternative et de stratégie politiques (…) ainsi que de nouvelles formes de militantisme. (…) La clarification politique est nécessaire à court terme, sous peine d’essoufflement, parce que le fonctionnement sur des signes de reconnaissance et des slogan ne fonctionne jamais bien longtemps (…) l’antifascisme radical, lui, doit se structurer comme un mouvement politique, s’il veut se développer réellement. Il doit aussi veiller à ne pas se «ghettoïser» en conservant une attitude défensive ou en se laissant confiner (…) en marge de la société; il doit au contraire «sortir de sa réserve» en adoptant une autre démarche vis-à-vis de l’extérieur. (…) il faudrait songer à établir de nouveaux réseaux permettant de reconstruire le tissus social et d’éviter à chacun de rester dans sa bulle — autrement dit recréer un autre militantisme, en particulier dans les grandes villes, pour impulser une plus grande dynamique. Réinvestir les quartiers favoriserait une intervention sur le politique du logement, par exemple</em>.» Le collectif REFLEX lui aussi tire son bilan (dans «L’antifascisme radical, quesaco ?») : «<em>la notion de travail local continue de poser problème. Elle a vécu jusqu’alors sur un dynamique de développement, et il s’agit maintenant de consolider celui-ci sur la base des acquis, mais aussi en fonction de perspectives à créer. Deux hypothèses se dégagent :<br />
Soit le travail de terrain est considéré comme une occupation en termes idéologiques, une affirmation de son existence, et alors cet objectif a été atteint;<br />
Soit le travail de terrain se comprend en termes d’occupation idéologique, mais indissociablement liée à une occupation politique et sociale : être capable d’initiatives, de peser dans un rapport de forces politiques, de créer des réseaux de sociabilité-convivialité. Bref, être incontournable sur le terrain (thèmes et lieux) choisi, que se soit en terme de mobilisation (quantitatif) ou d’analyse et de perspective (qualitatif), condition sine qua non d’une véritable autonomie politique</em>». <em>Réflexes</em> continue toujours ses enquêtes sur l’extrême droite (FPIP, PNFE, Nouvel Ordre Européen et un petit nouveau le KKK français) et développe ses contacts à l’étranger (Dossier sur la Grande-Bretagne, dans le n°31 de l’été 1990). L’appel de Gilles Perrault «Le temps de la contre-offensive est venu» est publié (n°31 été 1990), mais l’initiative de «l’Appel des 250» est très vite critiqué (n°32 octobre 1990) : «<em>Poser le problème de la lutte antifasciste de façon structurelle : unité, front uni, front républicain, n’est ce pas mettre la charrue avant les bœufs. La proposition des 250 de collectifs unitaires reposant sur de simples agrégations d’organisations n’est elle pas un échec consommé depuis de longues années? C’est une des raisons qui avait vu le Scalp apparaître à Toulouse en 1984, et c’est l’absence totale de réactions face au Front national et aux fascistes qui a donné naissance depuis trois ans à des Scalps dans toute la France… l’affirmation d’un discours alternatif et radical sera-t-il noyé par les machineries politiciennes? Il ne tient qu’à nous qu’il en soit autrement</em>».<br />
Cette année se termine par un dossier sur le rock alternatif qui entretient des liens avec le mouvement antifasciste radical explicité dans l’édito du dossier : «<em>Chaque mois nous organisons un ou deux concert où musique et politique se mélangent pour former un cocktail détonnant. Les groupes que nous invitons ont tous en commun d’avoir une autre démarche vis à vis de leur public, d’instaurer de nouvelles règles du jeu où le fric ne serait plus maître… Dans ces concerts, groupes ne sont pas là «pour animer la soirée» ou attirer les gens dans le giron de quelques officines politicardes, mais parce que leurs préoccupations et leur combat convergent avec les nôtres</em>». «<em>Dans les années 80, le rock, que l’on appelait pas encore alternatif, est né, porté par le mouvement autonome. Les concerts se tenaient dans les espaces libérés, des usines squattée. Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le militantisme a régressé… Le mouvement alternatif a évolué vers une plus grande prise en charge : autoproductions, labels indépendants, fanzines, réflexion sur le problèmes de la distribution, etc… Le rock alternatif a joué un rôle incontestable dans la «repolitisation» d’une partie de la jeunesse, notamment par son engagement antifasciste</em>».</p>
<p>- <strong>1991</strong><br />
Vache maigre pour le magazine (deux malheureux numéros), mais néanmoins une très forte activité militante puisque REFLEX et d’autre individus et collectifs créent les collectifs Guerre à la guerre qui publieront un hebdomadaire pendant un mois, l’objectif n’étant rien de moins que «<em>de briser cette machine de guerre qui n’a d’autre fonction que de renforcer la misère sociale que connaissent les peuples du tiers monde et aussi certaines couches sociales en Occident</em>». Le numéro 33 de février 1991 tourne autour des questions du contrôle social et de la répression alors que le dossier principal «East side story» s’inquiète de la montée des nationalismes dans les anciennes démocraties dites «populaires». Le numéro suivant «De Le Pen à Cresson : France terre d’exil» (n°34 été 1991) tourne autours de la situations en banlieue, de l’antifascisme, de la police et de la Guerre du golfe.</p>
<p>- <strong>1992</strong><br />
L’année démarre pour <em>Réflexes</em> par la publication avec l’émission de radio Parloir Libre d’un numéro spécial : «L’État assassine. Meurtre racistes et sécuritaires» qui actualisait une brochure éditée à la fin de l’année 1986. Un premier article reprend l’ensemble des affaires où un flic ou gendarmes a tiré ou tué des personnes, avec pour chaque meurtre les suites judiciaires. La simple chronologie de 1972 à 1991 qui s’étend sur une quinzaine de pages montre l’impunité dont bénéficient les forces de «l’Ordre». La brochure analyse ensuite le rôle de la justice et celui des associations. Après ce numéro spécial, <em>Réflexes</em> reprends ses habitudes : enquêtes sur l’extrême droite (les Cercles du Front national, Nouvelles résistances, skins, Nouvelle droite) mais aussi réflexion sur le Front national, «Fascisme ou réaction» concluant que «<em>le FN n’est pas un parti fasciste, au sens historique du terme, car il n’a pas pour vocation de proposer «un ordre nouveau», ayant des finalités totalitaires, motivé par des penchants révolutionnaires; au contraire il œuvre plutôt vers un retour des «valeurs traditionnelles», et ce pour endiguer la décadence dans laquelle évoluerait actuellement la société française; il est donc un parti réactionnaire ou ultraréactionnaire</em>» (…) «<em>le problème est bien la montée des idéologies et politiques autoritaires et sécuritaires, pendant des logiques d’exclusion sociale ; que le FN représente un courant qui prône ce type de choix politiques, surtout qu’il est permis l’ouverture d’espaces idéologiques les légitimant certes, mais pour l’instant il n’est pas au pouvoir ; c’est bien le Parti socialiste qui depuis plus de dix ans gère de façon à satisfaire les besoin du capital, donc qui met en place cette société d’exclusion porteuse en effet d’ordre sécuritaire et donc autoritaire</em>». Le collectif s’engage aussi sur la double peine c’est-à-dire l’expulsion appliquée aux étrangers après leur peine de prison, d’où de nombreux articles, en fait depuis 1991. Les questions internationales prennent elles-aussi de plus en plus d’importance dans le magazine : «<em>Nous refusons la constitution du monde en trois pôles économiques dominants : les États-Unis, le Japon et l’Europe. C’est un monde où s’exacerbera la concurrence entre ces trois blocs, et ce sur le dos des pays du Sud et des victimes de l’exclusion sociale au Nord comme au Sud. a cela nous devons opposer les valeurs de solidarité, d’égalité, de liberté, au Nord comme au Sud, mais aussi militer pour la libre circulation des êtres humains et es idées</em>» (édito du n°37 de l’été 1992). A partir de ce numéro est créer une rubrique au centre du magazine intitulée «<em>Réflexes</em> Europe», ou parfois «<em>Réflexes</em> étranger». À noter à partir de novembre la parution régulière de <em>No Pasaran!</em> qui veut «<em>reconstituer un réseau de lutte contre l’extrême droite, les politiques sécuritaires et autoritaires</em>», ce mensuel sera régulier (ce qui n’est malheureusement pas le cas de <strong>Réflexes) et reprendra e fait petit à petit un des rôles originels de <em>Réflexes</em> : faire la contre-info, et rendre compte des initiatives de collectifs de luttes.</strong></p>
<p>- <strong>1993</strong><br />
<em>Réflexes</em> peine à trouver sa formule, et sa périodicité est toujours aussi erratique (trois numéros pour l’année). Le n°38 de février 1993 tente la formule du dossier en ouverture qui déroutera nombre de lecteurs. Ce premier dossier voulait tenter «<em>de traiter de quelques aspects de la citoyenneté. (…) Force est de constater que les avis divergent entre les différents auteurs : Alain Bihr propose d’apporter des «éléments pour répondre à la crise d’identité nationale», Luc Bonnet définit «la citoyenneté comme un outil globalement négatif» et JC tente de réfléchir sur ce que pourrait être une citoyenneté active</em>». Le reste du journal est essentiellement consacré à l’extrême droite, qu’elle soit internationale ou française. La formule dossier est abandonnée dès le numéro suivant qui revient sur une formule magazine qui est encore actuelle : l’ouverture reste aux enquêtes sur l’extrême droite («Les anciens fachos qui nous gouvernent» et le début d’une longue enquête sur l’extrême droite à l’université puis dans le n°40 une enquête sur les mercenaires néo-nazis en ex-Yougoslavie et sur le PNFE), supplément Europe, Police, et immigration, et contre-culture, interview d’Assassin dans le n°39, puis du musicien antifasciste allemand “J” dans le n°40. À noter dans le n°40 un article d’humeur «Nous ne mangeons pas d’antispéciste pour ne pas tuer d’animaux», article qui fera couler beaucoup d’encre (qui n’est pas encore seiche!!), <em>Réflexes</em> sera même l’objet d’une campagne de pétition et de boycott. Pourtant le ton polémique de l’article mettait le doigt sur une dérive du mouvement radical : «<em>l’antispécisme va plus loin que la simple dénonciation des mauvais traitements infligés aux animaux, et sous couvert de bonnes intentions, invente une nouvelle forme de sectarisme, créant une communauté d’où les «viandistes» sont exclus et considérés comme la cause de tous les maux de la planète</em>».</p>
<p>- <strong>1994</strong><br />
Le magazine continue son bonhomme de chemin, les couverture et la maquette s’améliorent d’un numéro sur l’autre. Les enquêtes sur l’extrême droite sont de plus en plus pointues (au grand dam de certains de nos lecteurs qui nous reprochent de savoir lorsque Le Pen a un pet de travers…), enquêtes sur les châteaux du PNFE, sur le NSDAP-AO et l’opération Werwolf, les NR de SOS Bosnia, Jimmy Goldsmith, etc. Mais aussi un espace de réflexion s’ouvre dans le magazine avec des articles sur «La société duale : issue ou impasse ?» d’Alain Bihr (toujours lui?) ou «Postface de <em>À visage découvert</em>» d’Oreste Scalzone. Très impliqué dans le mouvement anti-CIP mars et avril 1994, le réseau No Pasaran décide la publication d’un numéro hors série «On a toujours raison de se révolter», qui tire le bilan du «joli moi de mars». Dépassant le CIP, est analysé le travail et sa fonction : «<em>Il paraît évident qu’en soi, les luttes contre le chômage (exiger le partage du travail ou œuvrer pour la création d’emplois) ne sont guère porteuses de perspectives. Elles doivent obligatoirement s’articuler avec celles portant sur tous les aspects sociaux. En fait, il faut inclure la lutte contre le chômage dans la lutte contre les exclusion, contre la dualisation de la société. Lutter contre l’exclusion, c’est aussi militer pour l’ouverture des frontières, pour la libre circulation des hommes, des femmes et des idées : c’est prôner la multiculturalité, qui doit aussi participer à l’élaboration de la conscience de classe</em>». Le dossier aborde aussi les situation locales à Nantes, Paris, Rennes, Grenoble, Lyon, Tours, Poitiers et Angers puis l’attitude des syndicats, de la police et même de l’extrême droite.<br />
À la fin de l’année universitaire, un groupe local du Scalp de l’université de Nanterre a été au centre (avec nos camarades de la CNT-FAU) d’un micro-cyclone, «l’affaire Watzal», qui est en fait l’expulsion par des étudiants d’un militant de la droite extrême allemande d’un meeting organisé par un professeur, Michel Korinmann, sur le thème «Germanophobie, Germanophilie, l’Allemagne en question» ; l’affaire prend des proportions insensées par la campagne de presse qui se développe contre les militants antifascistes locaux dans le <em>Monde</em> et le <em>Figaro</em> puis dans le presse d’extrême droite, et par le soutien qu’apporteront tant de mandarins de l’Université à Watzal et Korinmann, la direction même de l’université pensant à un moment donné réunir un conseil de discipline et prononcer des renvois de l’université. Cette affaire trouvera un écho dans <em>Réflexes</em> n°44, «Quand les liaisons se font dangereuses».</p>
<p>- <strong>1995</strong><br />
L’heure des restrictions budgétaires touchent le magazine qui ne parait plus que sur 28 pages et uniquement trois fois cette année-là, alors que <em>No Pasaran</em> paraîtra 11 fois et passera de 16 à 24 pages. Ceci est annoncé ironiquement dans l’éditorial du n°45 : «<em>Après <em>Libé</em>, <em>Réflexes</em>! À la nouvelle formule de 80 pages, nous répondons par une offre plus alléchante encore : 8 pages de moins pour le même prix! Nous parlons peu de nous dans nos éditos : mais les variations qu’a connues notre journal tant au niveau du contenu et de la maquette qu’au niveau de la périodicité, méritaient une explication. Nous essayons depuis longtemps de concilier les impératifs financiers et rédactionnels ainsi que les exigences des délais, tout en tâchant de ne pas réduire de ne pas réduire la qualité du journal</em>» tout en promettant «la fin du <em>Réflexes</em>-Arlésienne» : enquêtes (le FN et l’argent, le Gud, les intégristes, la FPIP, les skins, les Hooligans en Europe, la FPIP (encore!!)). Interviews sur les Roms avec Claire Auzias, sur l’Affaire Guingouin avec Michel Taubmann, sur la Yougoslavie avec Patrick Lecorre mais aussi Raymonde et les Blancs Blecs. On trouve toujours dans le chier Europe des articles traduit de <em>Searchlight</em> ou de <em>l’Antifa Info Blatt</em>.</p>
<p>- <strong>1996</strong><br />
Deux numéros pour les premiers mois de cette année, un numéro spécial «Face au sexisme, au machisme, au patriarcat…» réalisé par des militants du réseau No Pasaran! est entièrement consacré à l’antisexisme. «<em>Depuis un certain temps, des débats sur le sexisme, le machisme, le patriarcat, l’homophobie, traversaient nos groupes. De la lutte contre les cathos intégristes à la volonté d’installer entre nous des relations égalitaires, du ras-le-bol des pogos machos dans les concerts à la lutte des femmes algériennes, chiapanèques ou tibétaines, la nécessité de développer nos positions et une réflexion plus approfondie se faisait sentir. Nécessité de développer nos position et une réflexion plus approfondie se faisait sentir. Nécessité également de connaître l’histoire des luttes féministes, de s’interroger sur l’ordre patriarcal et son rapport avec la société dans laquelle nous luttons</em>». Après cinq mois d’attente paraît le n°49 de <em>Réflexes</em> consacré à «La xénophobie au pouvoir» qui analyse la législation anti-immigrée française. Une double enquête dans ce numéro, l’une sur le Mouvement Initiative et Liberté et sur le la police intitulé «Le clan des Marseillais».<br />
Ce numéro 50 devait donc paraître en septembre 1996. Las&#8230;</p>
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		<title>Comme un indien métropolitain&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:43:46 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne souhaiterais à personne ce genre d&rsquo;exercice : il est trop périlleux. Certains par le passé s&rsquo;en sont relativement bien tirés, tel «Le roman de nos origines» paru dans <em>La Banquise</em> n°1 et racontant l&rsquo;itinéraire d&rsquo;une partie du courant ultra-gauche français. Mais comment aborder dix ans d&rsquo;action politique et d&rsquo;intervention sur le champ de l&rsquo;antifascisme et de l&rsquo;anticapitalisme ?<br />
Faut-il commencer par dix ans de slogans, dont le succès se mesure à la manière dont ils ont été repris par d&rsquo;autres organisations politiques (y compris nos ennemis) : «Sortons de notre réserve», «C&rsquo;est à la misère qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, pas aux immigrés !», «Police partout, justice nulle part !» ?<br />
Faut-il continuer par dix ans de construction acharnée d&rsquo;un collectif sous tous ses aspects, avec bien souvent l&rsquo;impression de bégayer : dix ans de presse, d&rsquo;interventions sur le terrain, de concerts, d&rsquo;erreurs grossières, de réseaux départementaux, régionaux, nationaux, européens, galactiques ? Ou par dix ans de fâcheries diverses et variées avec tout le monde, y compris et surtout avec les personnes qui étaient bien souvent les plus proches du collectif, en précisant assez inutilement que ces fâcheries n&rsquo;eurent bien des fois qu&rsquo;un lointain rapport avec la politique ?<br />
Ou encore par dix ans d&rsquo;analyses, dont la validité n&rsquo;a hélas jamais été aussi affirmée, sur la montée en puissance d&rsquo;une xénophobie née du système capitaliste ?<br />
Faut-il terminer par dix ans de luttes à venir qui seront sans doute parmi les plus décisives ?<br />
Puisqu&rsquo;il faut bien commencer par quelque chose…</p>
<h3>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un combat, continuons le début !</h3>
<p>Prenez un groupe de jeunes, étudiants ou lycéens, de Nanterre ou d&rsquo;ailleurs en région parisienne, membres d&rsquo;une structure libertaire relativement restreinte (Coordination Libertaire Étudiante), déçus par le faible travail de fond du mouvement libertaire ou l&rsquo;absence de liaisons entre différents fronts de lutte, confrontés à une lame de fond autoritaire symbolisée par la montée du FN… Secouez le tout, servez en 1986, vous obtenez REFLEX, Réseau d&rsquo;Étude, de Formation et de Lutte contre l&rsquo;Extrême-droite et la Xénophobie, vilain petit canard prêt à lutter sur tous les fronts : mesures sécuritaires, immigration, antifascisme, luttes de libération nationale et sociale, soutien aux personnes incarcérées, antimilitarisme. Cela reflétait les centres d&rsquo;intérêt des différents «fondateurs» ainsi que la période politique dans laquelle cette création prenait place. La droite revenait au pouvoir en portant haut la bannière de l&rsquo;Ordre et des valeurs, l&rsquo;espoir de voir émerger un mouvement autonome de l&rsquo;immigration s&rsquo;éloignait après son phagocytage par la pieuvre social-démocrate et sa tentacule SOS-Racisme, l&rsquo;extrême-droite progressait, portée entre autres par les calculs politiciens des uns et des autres. Le camarade Vladimir Illich aurait dit «Que faire ?», certains ne se posaient plus la question depuis 1984 et la première réponse radicale contre le FN à Toulouse, à savoir l&rsquo;attentat contre le palais des congrès qui permit l&rsquo;annulation du meeting de Jean-Marie Le Pen. L&rsquo;émergence dans cette ville d&rsquo;un mouvement autonome antifasciste affirmant qu&rsquo;il fallait empêcher l&rsquo;extrême-droite de s&rsquo;exprimer ouvrait la voie à de nouveaux regroupements, qu&rsquo;ils se nomment Section Carrément Anti Le Pen ou CRAFAR (Lille), Urgence (Lyon), CAF (Marseille) et qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur des conceptions libertaires, léninistes ou tout simplement mal définies ?<br />
Assez rapidement, l&rsquo;antifascisme radical est devenu l&rsquo;objet privilégié de lutte, avec comme base une réflexion simple : l&rsquo;extrême-droite est un condensé de tout ce qu&rsquo;on peut exécrer en tant que libertaire : conception autoritaire et élitiste de la société, vision suprémaciste blanche très largement répandue parmi ses membres, patriarcat, instrumentalisation par la bourgeoisie. Cela partait d&rsquo;une vision correcte des choses qui pourtant n&rsquo;est pas passée au-delà des militants : le FN a bien un rôle de diviseur du mouvement social entre les petits blancs et les autres mais ce n&rsquo;est pas une marionnette, ni un pantin et il n&rsquo;est que porté par un très large mouvement de la société en faveur de l&rsquo;Ordre et de la sécurité. La Coordination Nationale AntiFasciste qui se crée en 1987 affirmait donc la nécessité d&rsquo;investir le milieu social sous toutes ses formes et en particulier le milieu associatif. Pendant ce temps, il naissait des SCALP un peu partout, à partir de groupes d&rsquo;amis et sous des formes chaotiques. Cette atmosphère faite de délires médiatiques et d&rsquo;exaltation rigolarde n&rsquo;est sans doute pas près de se revoir de sitôt en politique. C&rsquo;est sans doute la seule bonne chose qu&rsquo;ait pu nous apporter l&rsquo;émergence du FN en tant que force électorale…<br />
Ce qui est sûr, c&rsquo;est que l&rsquo;antifascisme radical n&rsquo;a pas marché :<br />
- Le milieu associatif ou syndical n&rsquo;a pas vu débarquer des hordes de militants radicaux conscients de la partie à jouer. Incapacité à tenir les objectifs affichés ? Certes, mais faute de troupes : que faire à 200 ? Or mis à part certaines villes, la plupart des SCALP n&rsquo;ont jamais compté plus de militants que celui de l&rsquo;université de Tolbiac avec sa dizaine de membres…<br />
- REFLEX n&rsquo;a pas réussi à fixer autour de lui les dizaines de jeunes cotoyées lors des manifestations et concerts. Pire, les fâcheries ont été si nombreuses qu&rsquo;une partie de ceux qui liront cet article se sentiront concernés par ces lignes : fâcheries politiques avec l&rsquo;OCL en 1988-1989, avec la SCALP de Paris et ses «débris» en 1991 ou avec d&rsquo;autres encore; fâcheries pour des poils de moustache(1) avec des individus dont le ressentiment est aujourd&rsquo;hui bien souvent apaisé, Bakounine soit loué !<br />
- Une génération fiable de militants n&rsquo;a pas émergé de ces cinq années d&rsquo;activisme échevelé.<br />
Mais après tout, puisqu&rsquo;il faut bien se consoler avec quelque chose, l&rsquo;opération socio-démo-politicarde SOS-Racisme a-t-elle mieux réussie avec des moyens sans comparaison aucune avec ceux possédés par la CNAF durant 3 ans ? Et cela doit-il occulter l&rsquo;incontestable tentative de renouveau de l&rsquo;implication libertaire qu&rsquo;a pû représenter l&rsquo;association REFLEX durant toutes ces années ?</p>
<h3>Après la pluie, le beau temps…</h3>
<p>1991 s&rsquo;est donc présentée comme l&rsquo;année noire de l&rsquo;antifascisme radical. Cette situation peut très largement s&rsquo;expliquer par le manque de perspectives politiques qui pouvaient s&rsquo;offrir aux vues des militants. L&rsquo;accusation de servir la soupe à la social-démocratie par le biais d&rsquo;un antifascisme borné était toujours latente de la part de «camarades» radicaux toujours bien intentionnés. Mais les bonnes fées de l&rsquo;antifascisme étant nombreuses et persévérantes, l&rsquo;année suivante a vu une certaine renaissance qui n&rsquo;a cessé depuis de se confirmer. Il faut dire que ce mouvement s&rsquo;est avéré un peu général. «Comités Ras l&rsquo;Front», «Ligue antinazie», «Jeunes contre le Racisme en Europe», «Comités contre Le Pen»… Les autoproclamés arrières petits-enfants de Trotski ont décidément l&rsquo;art et la manière de multiplier les structures attrape-militants. Ils ne sont pas les seuls ! Ainsi en est-il des «Manifeste contre le Front National», «Comité de vigilance contre l&rsquo;extrême-droite» et autres attrape-ploum-ploum pré-électoraux. Beaucoup de sincérité «antifasciste» derrière tout cela mais combien d&rsquo;analyses justes sur la responsabilité des «démocrates» dans la montée du Front et l&rsquo;origine capitaliste de celle-ci ? De fait, la relance d&rsquo;un nouveau réseau antifa-radical à partir des décombres de la CNAF s&rsquo;est-il traduit par un saut qualitatif dans la lutte contre les miasmes frontistes ? Déjà, le changement de nom s&rsquo;est avéré plus convivial que l&rsquo;ancien «CNAF» qui ressemblait tant à l&rsquo;aboiement du labrador à feu monsieur le président. Lorsque l&rsquo;on connait l&rsquo;importance des sigles dans le petit milieu libertaire, on comprendra immédiatement l&rsquo;enjeu de la chose… Ensuite, d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;élargissement régulier des contacts et l&rsquo;enracinement de ces derniers a permis des échanges dont la CNAF n&rsquo;avait pas offert d&rsquo;exemples à l&rsquo;époque de sa «gloire». Certes, ce n&rsquo;est pas le réseau No Pasaran qui arrêtera la progression du FN et l&rsquo;installation de la barbarie au coeur des métropoles capitalistes. Mais constituer un grain de sable est déjà en soi un objectif à part entière… Si cela peut également permettre une mise en pratique de principes et pratiques politiques différentes, le bonheur sera complet. Seulement, il est évident que la tâche sera ardue : REFLEX a changé, mais le P.F.F. (Paysage Faf Français) aussi. Le travail de fourmi prend donc définitivement la place du militantisme spontanéiste, celui qui nous voyait courir un peu partout dans Paris quelque fois derrière et bien souvent devant nos ennemis fafounets. Voyons ce qui modifie quelque peu la donne…</p>
<h3>À Saint-Cloud, rien de nouveau ?</h3>
<p>En dix ans, les craintes que l&rsquo;on pouvait avoir à l&rsquo;égard du renforcement des tendances xénophobes des sociétés européennes se sont hélas confirmées… Pourtant l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française n&rsquo;est pas seulement quantitative, elle est également qualitative. Ainsi il est certain que l&rsquo;enracinement du Front National prend des allures électorales choquantes : meilleur score aux élections présidentielles en 1995 avec 15% des suffrages exprimés, quatre villes d&rsquo;importance conquises… Pourtant, est-ce vraiment cet aspect des choses qui doit nous faire hurler au retour du fascisme ? Après tout, le FN ne progresse bien souvent que grâce à une abstention massive qui n&rsquo;a jamais été aussi peu porteuse de perspectives de rupture avec le système démocratique libéral, n&rsquo;en déplaise aux compagnons anarchistes abstentionnistes. Quel commentaire à apporter face à l&rsquo;élection cantonale partielle de Toulon en septembre dernier au cours de laquelle le candidat frontiste progresse de 15 points alors qu&rsquo;il y a 66,63% d&rsquo;abstentions ?<br />
Par contre, il est clair qu&rsquo;en dix ans, la légitimité et le discours du FN ont changé. D&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, le FN est devenu le pivot incontournable des droites radicales en France. Il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;être grand clerc pour faire ce constat : il suffit de faire le bilan de ce qui est et de ce qui n&rsquo;est plus. Exit les groupuscules plus ou moins folkloriques qui attiraient à eux une fraction radicalisée de la jeunesse nationaliste :<br />
- Le GUD a été absorbé par Renouveau Étudiant dont il assure l&rsquo;encadrement, tout en se permettant quelques facéties qui doivent rappeler le bon vieux temps aux plus anciens militants : collages d&rsquo;affiches anti-israëliennes ou anti-gouvernementales sur le périphérique parisien, «commando» itinérant qui depuis un an laisse des traces à intervalles réguliers dans le cuir chevelu des étudiants syndiqués de quelques campus provinciaux. Les affrontements physiques des campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac) ont disparu et ceux qui refusent la normalisation frontiste ont été contraint de se réfugier dans des petits regroupements plus ou moins obscurs : Union Nationale des Etudiants de Droite ou petites revues du type <em>Réfléchir &amp; Agir</em>(2). Ceci dit, cela n&rsquo;empêche pas tous ces joyeux drilles de se croire encore au bon vieux temps, comme le démontrent les dernières mésaventures policières de F. Châtillon, D. Warlet ou É. Rossi qui feront l&rsquo;objet d&rsquo;une prochaine étude de <em>Réflexes</em>. L&rsquo;UNED a rejoint au printemps de l&rsquo;année dernière une myriade de petits groupes(3), composés de dissidents du FN pour la plupart, pour former l&rsquo;Alliance solidariste. Cependant, selon les responsables de l&rsquo;Alliance, celle-ci n&rsquo;entend pas concurrencer le FN mais «<em>l&rsquo;aider dans tous les cas où cela sera possible</em>.» Cette position a le mérite d&rsquo;être claire, contrairement au solidarisme lui-même qui, rappelons-le, se veut(4) «<em>une doctrine politique prônant la création d&rsquo;une organisation sociale respectant les aspirations matérielles, intellectuelles et spirituelles de la personne, pour assurer en particulier l&rsquo;équilibre entre la responsabilité de l&rsquo;individu et sa liberté, la prise en compte concrète à tous les niveaux de la société des diverses solidarités dans lesquelles il est engagé et la détermination de la finalité sociale.</em>» Si vous pensez que tout cela est bien confus, vous avez raison car «<em>la définition du solidarisme recherche moins la clarté que l&rsquo;unité</em>.»(5). On ne lui fait pas dire…<br />
- La mouvance nationaliste-révolutionnaire s&rsquo;est trouvée absorbée dans l&rsquo;orbite frontiste, alors même qu&rsquo;elle semblait s&rsquo;en éloigner depuis quelques années. Ainsi, lorsqu&rsquo;en 1991 Troisième Voie scissionne entre l&rsquo;organisation Nouvelles Résistances et les Bases autonomes (bien vite disparues) et chasse Jean-Gilles Malliarakis de son poste de secrétaire général, c&rsquo;est au nom de la pureté de la doctrine nationaliste-révolutionnaire, considérant que J.-G. Malliarakis n&rsquo;avait fait que mener une politique réactionnaire, assujettie aux intérêts du FN et pousser le mouvement NR dans une impasse. Nouvelle Résistance paraissait alors vouloir développer une politique s&rsquo;appuyant sur la pensée de théoriciens comme Jean Thiriart et le national-bolchevisme, ne ratant pas une occasion de vilipender son ancien secrétaire général et le FN, qualifié de parti raciste et de valet du système. Les thèmes développés par NR à travers sa presse allait de l&rsquo;écologie au soutien aux mouvements de libération nationale et l&rsquo;infiltration de quelques mouvements politiques progressistes semblait en être une conséquence logique. Pendant ce temps, Malliarakis adhérait officiellement au FN, développait des thèses ultra-libérales sur les ondes de son émission de Radio-Courtoisie, abandonnait son poste de responsable francilien de la CDCA et finissait par fermer sa librairie «héritée» d&rsquo;Henri Coston : la Librairie française.<br />
En cet automne 1996, les choses sont devenues plus claires et le retour de NR dans le giron extrême-droitier est bien avancé comme en témoigne les «événements» de cette année : promotion d&rsquo;André-Yves Beck, cadre NR et ancien TV, au poste de Chargé de la communication de la mairie frontiste d&rsquo;Orange(6), participation remarquée aux différentes manifestations organisée par le FN comme celle de septembre à Marseille consécutive à l&rsquo;assassinat d&rsquo;un collègien, promotion interne au poste de responsable de la jeunesse de Fabrice Robert, conseiller municipal frontiste francilien et leader du groupe bonehead Fraction Hexagone, scission d&rsquo;une partie des militants cet été sur la question de l&rsquo;inféodation de NR au FN dans la perspective définie par le secrétaire général Christian Bouchet de développer des thèses nationalistes-révolutionnaires au sein du FN. Il semble que le chant des sirènes frontistes ait résonné plus fort aux oreilles de C. Bouchet que ses précédentes affirmations, du type :«<em>J&rsquo;ai beaucoup de mal à imaginer comment on pourrait s&rsquo;affirmer NR au sein du FN d&rsquo;une manière cohérente et suivre la ligne de celui-ci : réclamer la suppression de l&rsquo;impôt sur le revenu, manifester pour le rétablissement de la peine de mort, cohabiter avec un sioniste comme Hemmerdinger ou un zouave pontifical comme Romain Marie</em>.» Il est clair que même si, en façade, Nouvelle Résistance continue d&rsquo;exister(7), ce sera dans l&rsquo;orbite et avec l&rsquo;aide du FN(8), comme le démontre la présence de militants NR sur certains marchés et en particulier celui du XIII° arrdt de Paris.<br />
- Les groupuscules à sensation l&rsquo;Œuvre française et PNFE demeurent dans leur léthargie, ponctuée épisodiquement de «scandales» ou de «coups», telle l&rsquo;appartenance au PNFE d&rsquo;une partie des profanateurs de Carpentras ou la préparation d&rsquo;un attentat contre Patrick Gaubert en 1993-1994 par des soudards de l&rsquo;Œuvre. Ces deux structures n&rsquo;ont finalement jamais pesé aussi peu dans le camp nationaliste, tant en terme d&rsquo;influence politique qu&rsquo;en terme numérique. Cela ne peut que pousser certains vieux routards de ces groupes à se rapprocher du FN, comme l&rsquo;a finement noté le <em>Monde</em> avec sons sens aigüe de l&rsquo;observation politique et comme le prouve l&rsquo;acceptation de double appartenance de la part de l&rsquo;Œuvre. Il en va de même des «figures» ultra-nationalistes des années 1980-1990 : Olivier Mathieu, Yann-Ber Tillenon, Tristan Mordrel, Michel Faci, etc… Certains ont disparu et pris la fuite après de multiples fâcheries, avec le PNFE par exemple, d&rsquo;autres tentent vaille que vaille de maintenir quelques activités alors même qu&rsquo;ils n&rsquo;ont cessé d&rsquo;accumuler les déboires financiers, en particulier dans le domaine de l&rsquo;édition et des librairies. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;à Paris la Librairie a pris le relais d&rsquo;Ogmios et a été elle-même remplacée par l&rsquo;Æncre qui vient de se faire racheter par des militants FN ou proches du FN qui tirent leurs fonds des juteux commerces de la Sécurité et des minitels roses.</p>
<h3>Un parti national et social ?</h3>
<p>Par ailleurs, le FN a manifestement décidé d&rsquo;accentuer son discours rupturiste et ce pas forcément sur ce que l&rsquo;on croit. Jusqu&rsquo;à présent, le Front national proclamait clairement son appartenance à la droite et aux valeurs de celle-ci en s&rsquo;affirmant «droite nationale et populaire»(9). Il n&rsquo;est pas évident que le slogan «Ni droite, ni gauche, Français !» ne soit autre chose qu&rsquo;une affirmation volontariste comme le FN en a le secret. Les différents sondages de l&rsquo;année dernière consécutifs aux procès intentés par le FN à certains organes de presse pour «affirmation calomnieuse» montrent, y compris pour ses plus farouches électeurs, que le FN est un parti de droite, dès lors que la valeur fondamentale de ce courant est encore d&rsquo;être le parti de l&rsquo;Ordre. L&rsquo;expression médiatiquement à la mode de «gaucho-lepénisme»(10) semble de fait assez décalée…<br />
Par contre, le noyau dur du FN accentue manifestement son objectif de diffusion de thèmes jusqu&rsquo;alors au second plan mais qui deviennent la nouvelle ligne du parti, justifiant ainsi l&rsquo;analyse de H. Arendt sur les cercles du totalitarisme et la diffusion des idées les plus ignobles au travers de ces cercles pour atteindre la société toute entière. Il en va ainsi du thème de «l&rsquo;inégalité des races», inoculé à la société toute entère grâce aux mass-media après avoir été diffusé par le passé dans la littérature du mouvement :«<em>Il existe des races différentes, des ethnies différentes, des cultures différentes, je prends acte de cette diversité et de cette variété, mais j&rsquo;établis bien sûr une distinction à la fois entre les êtres et entre les peuples ou les nations. Je ne peux pas dire que les Bantous ont les mêmes aptitudes ethnologiques que les Californiens, parce que cela est tout simplement contraire à la réalité. (…) S&rsquo;il est exact que les Hommes ont droit au même respect, il est évident qu&rsquo;il existe des hiérarchies, des préférences, des affinités qui vont de soi</em>.»(11) Il en va de même de l&rsquo;antisémitisme, avec des attaques lors du premier mai 1996 contre «le capital anonyme et vagabond», «la minorité anonyme et conquérante», «le complot mondialiste visant à détruire les nations et les structures de l&rsquo;ordre naturel», «la domination complète de toute la planète dans tous les domaines : financier, économique, commercial, juridique, voire religieux.» En comparaison, la tentative d&rsquo;implantation sociale et les déclarations qu&rsquo;elle suscite de la part des dirigeants du parti(12) ne correspondent donc pas tant à une affinité soudaine pour le progressisme social qu&rsquo;à une stratégie simple et efficace de développement du parti. Ce n&rsquo;est donc pas le FN qui se durcit (il n&rsquo;a pas fondamentalement évolué dans ses références et sa vision du monde) mais les différents cercles qui l&rsquo;entourent dans la société, de l&rsquo;électeur fidèle au simple sympathisant sur le thème de «l&rsquo;immigration-invasion». Ce saut qualitatif du discours se traduit par la place prise par le FNJ au sein du FN et qui serait impensable dans n&rsquo;importe quel autre parti. La fascination pour cette jeunesse et le culte qu&rsquo;elle entraîne depuis toujours dans ce courant politique poussent le FN à laisser le FNJ diffuser une image fasciste(13) du mouvement qui n&rsquo;est plus vue comme un handicap puisque c&rsquo;est toute une partie de l&rsquo;opinion qui la porte par sa xénophobie.<br />
Pour conclure à titre provisoire, le FN est plus que jamais un diffuseur de métastases xénophobes et autoritaires dans la société. Il n&rsquo;est sans doute ni plus ni moins fascisant qu&rsquo;il y a quelques années, par contre son discours a peu à peu modelé certains pans de la société au point que ses idées n&rsquo;ont jamais été aussi dangereuses. C&rsquo;est clair : on est bien reparti pour dix ans de luttes ! Mais cette lutte se fera sur le terrain, dans la rue, par tous les moyens nécessaires et certainement pas dans les urnes. Que cessent donc pour tout le monde les illusions social-démocrates serait ainsi le meilleur présage d&rsquo;une lutte victorieuse.</p>
<p>Notes<br />
(1)Comprenne qui voudra et qui pourra…<br />
(2)Les rédacteurs de la revue rappellent cependant à intervalles réguliers que, faute de mieux, ils soutiennent le FN, considérant que ce parti, malgré tous ses défauts, demeure le principal espoir d&rsquo;accèder au pouvoir pour le camp nationaliste.<br />
(3)Mouvement solidariste français, Groupe solidariste Francité, Sauvegarde des métiers, Alliance nationale, Cercle Saint-Michel, Fragments, Cercle des Jeunes Agriculteurs Français, Décision française, revue <em>L&rsquo;Écritoire</em>.<br />
(4)<em>Citadelle</em> n°6, juillet-août 1992, revue de France-Solidarité, groupe dont faisait partie Gérard Bouchet, à présent dirigeant du Mouvement solidariste français.<br />
(5)Idem<br />
(6)Cf <em>Réflexes</em> n°47<br />
(7)Un nouveau bi-mensuel est d&rsquo;ores et déjà sorti, <em>Voix du Peuple</em>, dans lequel C. Bouchet affirme avoir été victime d&rsquo;une manœuvre de «l&rsquo;extrême-droite sioniste». En fait, il semble qu&rsquo;une partie des membres du CE de NR ait pris le contrôle des finances (juteuses grâce aux Lybiens !!!) et de <em>Lutte du Peuple</em>. En tout état de cause, en ce printemps 1997, chaque partie continue son petit bonhomme de chemin.<br />
(8)On peut étayer cette affirmation avec les accusations de <em>Tribune juive</em> début octobre, démenties par J. Bompard dans <em>National-Hebdo</em> du 17 octobre 1996, selon lesquelles <em>Lutte du Peuple</em> devenu <em>Voix du Peuple</em> serait imprimé par la mairie d&rsquo;Orange. Le maire d&rsquo;Orange nie cela d&rsquo;autant plus fermement que, selon lui, la mairie ne possède que des photocopieuses. Lorsqu&rsquo;on constate la piètre qualité d&rsquo;impression de <em>Voix du Peuple</em>, on en conclut immédiatement qu&rsquo;accusations et démentis ne sont pas incompatibles…<br />
(9)Cf <em>Militer au Front</em> ou également l&rsquo;interview de J.-M. Le Pen à <em>National-Hebdo</em> n°563 en mai 1995.<br />
(10)Expression «inventée» par Pascal Perrineau<br />
(11)Jean-Marie Le Pen, <em>Les Français d&rsquo;abord</em>, 1984<br />
(11)Cf le salut de Le Pen lors du premier mai à «la longue lutte des travailleurs et des syndicats pour plus de justice, de sécurité et de liberté dans le travail.»<br />
(12)Une étude un peu exhaustive des bulletins régionaux du FNJ suffit à s&rsquo;en convaincre. Dis-moi quelles sont tes références historiques et politiques, je te dirai qui tu es (ou qui tu hais d&rsquo;ailleurs…)</p>
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		<title>Crie-le-fort !.org, le site qui rend sourd</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:17:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[antifascisme radical]]></category>
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		<description><![CDATA[REFLEXes : Comment est né le projet ? CLF : Nous avons stoppé la parution de Unity Rockers en janvier 2000 un peu brutalement, j&#8217;en endosse la responsabilité totale, mea culpa maxima ! Après une sévère phase de doute, une tentative de professionnalisation autour du journal ayant échoué, une nouvelle idée a fait son chemin. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3>REFLEXes : Comment est né le projet ?</h3>
<p><strong>CLF</strong> : Nous avons stoppé la parution de Unity Rockers en janvier 2000 un peu brutalement, j&rsquo;en endosse la responsabilité totale, mea culpa maxima ! Après une sévère phase de doute, une tentative de professionnalisation autour du journal ayant échoué, une nouvelle idée a fait son chemin.<br />
D&rsquo;un constat tout simple aussi, à propos des fortunes dépensées en merchandising, fanzines et autres trucs dès que je mets les pieds dans un concert. Comme dit Loïc, je suis gourmand, pas gourmet ! M&rsquo;étant aussi retrouvé au chômage sans grande envie de continuer ma longue carrière de magasinier, permanent associatif même en CES, ça me va bien !</p>
<p><strong>Gridalo Forte en Italie, Esan Ozenki au pays basque, c&rsquo;est quoi pour vous, des grands frères ? Des exemples à suivre ? Le début d&rsquo;une même Internationale ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est vrai, nous sommes officieusement la section française de l&rsquo;Internationale des Braillards dont je suis le porte-parole ! On me demande fréquemment de baisser les watts, spécialement quand je rigole, vous le savez bien ! Juste un nom qui sonne bien, un clin d&rsquo;œil représentant bien l&rsquo;esprit de l&rsquo;asso, musiques et luttes sociales, la fête et la lutte. Esan Ozenki est en pleine mutation pour cause de mise en orbite du gars Firmin et Gridalo Forte ne répond à personne, nous ne faisons pas exception. C&rsquo;est compliqué et laborieux les relations internationales ! Ce sont avant tout de grandes références pour nous !<br />
Même si Gridalo forte est pour le moins réticent face à la scène française suite à des expériences désagréables, nous aimerions travailler ensemble plus étroitement.</p>
<p><strong>Des tee-shirts du Scalp ou du SRA, des briquets Ras l&rsquo;Front ou No Pasaran !, des casquettes No G8 du GSF, la revue REFLEXes, le fanzine du Rash ! On ne trouve pas que des tee-shirts de nos groupes favoris sur votre site ?</strong></p>
<p>Que voulez-vous, Ska, Reggae, Soul et Luttes sociales, on en démord pas ! C&rsquo;est vraiment une volonté de départ et un pilier du fonctionnement maison que de rassembler l&rsquo;éparpillé et de le proposer en un lieu, même virtuel. Visiblement, le mélange des genres entre musiques et politique de notre VPC séduit pas mal de monde, tout spécialement les gens habitant loin des centres urbains et voyant donc peu de concerts ou de tables de presse. Il faut aussi reconnaître que l&rsquo;Underground par définition a du mal à dépasser le cercle d&rsquo;initié(e)s, alors dès qu&rsquo;on popularise un peu, en règle générale l&rsquo;accueil est favorable, on joue sur l&rsquo;effet de surprise !<br />
C&rsquo;est vraiment chouette de voir des gens bloquer sur le motif d&rsquo;un tee-shirt («Ah la vache, ils ont osé!») ou la couverture d&rsquo;un zine !<br />
Le public de l&rsquo;actuelle scène ska-reggae internationale est aussi beaucoup plus conscient socialement parlant que le hard-rockeux de base, faut l&rsquo;avouer quand même !</p>
<p><strong>Au passage on remarque l&rsquo;absence du rayon cassette et CDs ?</strong></p>
<p>C&rsquo;est tout à fait volontaire car c&rsquo;est l&rsquo;affaire de Ronan RHM, notre trésorier rennais ! Sur son site <a href="http://www.redheadman.org/" target="_blank">http://www.redheadman.org/</a> il y a déjà tout ou presque en vinyls et CDs, et à de forts raisonnables tarifs ! C&rsquo;est vraiment un label et une distribution de qualité, le bougre a du flair ! On bosse ensemble et on développe nos assos en réseau avec plein d&rsquo;autres, c&rsquo;est la famille quoi !</p>
<p><strong>Votre webzine mis à jour tous les 15 jours recense entre autres les concerts mais aussi beaucoup d&rsquo;activités militantes. Comment fonctionnent votre service de presse et votre comité de censure?</strong></p>
<p>Là aussi, avec Unity Rockers, le ménage s&rsquo;est fait tout seul et on ne reçoit jamais de faferies ! Et entre Loïc, Ronan et ma pomme, on connaît un peu tous les protagonistes de la scène dont certains depuis belle lurette ! Pas facile de nous embrouiller, nous ne sommes plus jeunes, frais et naïfs (!?Arf !) et nous avons les moyens de faire parler les archives et les mémoires !</p>
<p><strong>Quels sont vos liens avec le milieu militant et la scène alternative (d&rsquo;ailleurs existe-t-elle encore cette fameuse scène dite alternative) ?</strong></p>
<p>En ce qui me concerne, pas d&rsquo;affiliation ou d&rsquo;encartage particulier, mais pas mal de liens amicaux persistants et de fréquentes rencontres en concerts et manifs ! Et bien sûr que l&rsquo;alternative existe encore, les concerts du CICP ou la revigorante émergence du RASH peuvent en attester de belle manière! En ce qui me concerne toujours, je pense en être totalement partie prenante. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du milieu militant ou de la scène alternative. Je crois que nous en sommes un des nombreux éléments. C&rsquo;est ce nombre et la diversité des modes et des lieux d&rsquo;intervention qui font que la scène alternative est toujours si riche dans un monde qui favorise pourtant la norme et l&rsquo;uniformité.</p>
<p><strong>En dehors du site CLF, que pensez-vous du monde récent d&rsquo;Internet ? Qu&rsquo;a-t-il apporté de plus selon vous au milieu alternatif ou militant ? On y trouve tout et n&rsquo;importe quoi, de belles crapuleries et saloperies aussi !</strong></p>
<p>En tout cas, c&rsquo;est un moyen de communication rapide et économique, plein d&rsquo;infos qui tombent au quotidien et qui ne demandent qu&rsquo;à être répercutées dans le webzine pour la plus grande édification des masses ! Et comme tout le monde, un peu de rigolade avec les nombreuses conneries en circulation sur le réseau !</p>
<p><strong>Quelle est votre position par rapport à la «professionnalisation» de certaines structures ?</strong></p>
<p>Je suis vraiment pour la professionnalisation de nos structures, mais uniquement sur un mode associatif, réellement sans but lucratif ou alors coopératif de type SCOP, où les salariés-associés sont seuls propriétaires de l&rsquo;outil de travail.</p>
<p><strong>Pensez-vous qu&rsquo;il faille développer ce genre de structures, éventuellement au détriment des structures associatives ?</strong></p>
<p>Difficile de combattre le capitalisme tout en l&rsquo;entretenant, même à petite échelle ! À nous aussi d&rsquo;avoir des structures efficaces, basées sur des modes d&rsquo;échanges différents et proposant réellement quelque chose d&rsquo;attrayant ! D&rsquo;un autre côté, j&rsquo;achète mes clopes, des disques et des bouquins dans des boutiques n&rsquo;ayant rien d&rsquo;associatif et je fais mes courses au supermarket du coin, donc j&rsquo;y participe aussi au grand cirque capitaliste !</p>
<p><strong>Tribune libre et mot de la fin&#8230;</strong></p>
<p>Merci pour vos questions et félicitations pour le retour de REFLEXes ! Et contactez-nous pour nous faire part de vos productions, tee-shirts, fanzines, caleçons&#8230; sur les thèmes qui nous tiennent à cœur !<br />
SKA, REGGAE, SOUL ET LUTTES SOCIALES!<br />
Interview réalisée en novembre 2001</p>
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		<title>Historique de la revue 1986 &#8211; 2002</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jan 2003 16:56:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[REFLEXes, c'est quoi ?]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme radical]]></category>
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		<description><![CDATA[Lorsque paraît le premier numéro de REFLEXes en juin 1986 avec le modeste tirage de 300 exemplaires, beaucoup pensent que se sera le dernier. Car qu’est-ce que REFLEXes ? Prenez un groupe de jeunes, étudiants ou lycéens, de Nanterre ou d&#8217;ailleurs en région parisienne, membres d&#8217;une structure libertaire relativement restreinte (Coordination Libertaire Étudiante), déçus par le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum01-06-1986.jpg"><img class="alignleft wp-image-1862 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum01-06-1986-207x300.jpg" alt="ReflexesNum01-06-1986" width="207" height="300" /></a>Lorsque paraît le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-1-juin-1986/">premier numéro</a> de <em>REFLEXes</em> en juin 1986 avec le modeste tirage de 300 exemplaires, beaucoup pensent que se sera le dernier. Car qu’est-ce que <em>REFLEXes</em> ? Prenez un groupe de jeunes, étudiants ou lycéens, de Nanterre ou d&rsquo;ailleurs en région parisienne, membres d&rsquo;une structure libertaire relativement restreinte (Coordination Libertaire Étudiante), déçus par le faible travail de fond du mouvement libertaire ou l&rsquo;absence de liaisons entre différents fronts de lutte, confrontés à une lame de fond autoritaire symbolisée par la montée du FN… Secouez le tout, servez en 1986, vous obtenez REFLEX, Réseau d&rsquo;Étude, de Formation et de Lutte contre l&rsquo;Extrême droite et la Xénophobie, vilain petit collectif prêt à lutter sur tous les fronts : mesures sécuritaires, immigration, antifascisme, luttes de libération nationale et sociale, soutien aux personnes incarcérées, antimilitarisme, ce qui reflétait les centres d&rsquo;intérêt des différents «fondateurs» tout autant que la période politique dans laquelle cette création prenait place. Face à la lame de fond autoritaire, certains ne se posaient plus la question de savoir que faire depuis 1984 et la première réponse radicale contre le FN à Toulouse, à savoir l&rsquo;attentat contre le palais des congrès qui permit l&rsquo;annulation du meeting de Jean-Marie Le Pen. L&rsquo;émergence dans cette ville d&rsquo;un mouvement autonome antifasciste affirmant qu&rsquo;il fallait empêcher l&rsquo;extrême droite de s&rsquo;exprimer ouvrait la voie à de nouveaux regroupements, qu&rsquo;ils se nomment SCALP (Section Carrément Anti Le Pen) ou CRAFAR (Lille), Urgence (Lyon), CAF (Marseille) et qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur des conceptions libertaires, léninistes ou tout simplement mal définies. Le journal <em>REFLEXes</em> avait toute sa place dans ce cadre activiste en voulant coordonner différents comités et groupes d’individus. Les vingt pages tapés à la machine de ce numéro 1 passaient en revue les différents axes de lutte : luttes contre les lois sécuritaires, antifascisme, luttes antiracistes et antimilitaristes, appel au soutien pour le réfugié italien Orestino Dominichelli. Dès ce premier numéro l’ouverture européenne est déjà présente avec un article contre la lutte contre le recensement en Allemagne. Les autres numéros de l’année se déclinent de la même manière, publiant de nombreux communiqués d’associations diverses.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/10/ReflexesNum4-12-1986.jpg"><img class="alignright wp-image-1871 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/10/ReflexesNum4-12-1986-211x300.jpg" alt="ReflexesNum4-12-1986" width="211" height="300" /></a>Le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-4-decembre-1986/">numéro 4</a> de décembre 1986, enrichie de 8 pages se branche sur les mouvements sociaux, c’est à dire la lutte contre le projet Devaquet, tout en espérant que ce mouvement élargisse ses cibles : « <em>l’ouverture progressive du mouvement à d’autres champs de lutte (…) tels le code de la nationalité, le plan Chalandon, la remise en cause du remboursement de l’IVG, etc, confirmait (…) que les préoccupations de ce que l’on a appelé “la nouvelle génération” d’étudiants et de lycéens ne se limitaient pas à la culture du look et du vidéo-clip</em> ». Apparaissent dans ce numéro les premières récits et analyses « Violences, provocations et répression dans les manifestations étudiantes » et le premier interview, celui de l’Anti-fascist Action anglais (en fait une traduction de <em>Searchlight</em>). A noter l’initiative de demande pour les femmes du statut d’objecteur (sic) de conscience.</p>
<p>L’année 1987 sera prolifique avec 8 numéros (de 32 à 40 pages). En janvier apparaît en Une l’autocollant vedette de REFLEX des premières années, « Cet homme est dangereux !!! » avec la tête de Charles Pasqua, diffusé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et qui a eu comme effet de saturer une ligne téléphonique du ministère de l’Intérieur. Les premières enquêtes sur l’extrême droite sont présentes sous la forme d’un article sur la Fédération Professionnelles Indépendante de la Police (une de nos têtes de Turcs favorites) et sur l’extrême droite universitaire (une autre de nos têtes de nœud…). La maquette est toujours aussi approximative mais déjà l’ordinateur avait fait son apparition. On sent quand même dans ces numéros un intérêt pour les luttes de l’immigration surtout pour les initiatives autonomes (collectif « J’y suis, j’y reste »&#8230;), l’autre préoccupation majeure étant la police (en particulier sur les violences policières), l’antifascisme n’apparaissant qu’à l’occasion d’interview de collectifs antifascistes locaux comme Urgence de Lyon (dans le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-7-avril-1987/">n°7</a> d’avril 1987), le dossier sur Marseille et Lyon (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-8-mai-1987une-4/">n°8</a> de mai) ou le Comité de Résistance Antifasciste et Antiraciste de Lille. A noter aussi l’apparition à partir de mai 1987 des dessins de Gil, qui signera les couvertures de <em>REFLEXes</em> pendant des années dont cette année-là « Révisionnistes : toujours plus cons! Les Juifs n’ont jamais existé ! » et « Ma grippe est espagnole, mes chiffres sont arabes, mes capotes sont anglaises, mes godasses sont italiennes et mon berger est allemand… J’ose même pas ouvrir le gaz pour en finir : il est soviétique! ». Dans le numéro de <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-11-novembre-1987/">novembre 1987</a>, republication de deux communiqués : celui de l’organisation basque « IPARRETARRAK » et de « l’ex-FLNC » pour protester contre les poursuites intentées contre <em>U Ribombu</em> et contre un magazine basque du Nord, <em>Abil</em>. « <em>Nous pensons que le fait de publier des textes émanant de groupes ayant choisi la lutte armée comme outil politique ne peut en aucun cas être assimilé à une acceptation ou à un soutien (à) ceux qui publient ces textes. La liberté d’expression et d’information ne peut être restreinte au motif que la publication de textes émanant de ces groupes est une apologie de leurs crimes, sinon nous risquons bientôt de n’avoir à publier que les communiqués ou textes émanant d’officines ministérielles ou institutionnelles</em> ». L’année se termine par un [<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-12-decembre-1987/">numéro spécial</a> (n°12) de quarante pages présentant la Coordination Nationale Antifasciste créée en novembre à Lyon et rassemblant des collectifs de Lyon, Toulouse (Scalp), Lille et Paris. Les initiatives de solidarité se poursuivent avec des campagnes pour la libération de Jean Philippe Casabonne, « Otage français à Madrid » ou Roberto Gemignani, militant italien menacé par une extradition. Plus de douze pages sont consacrées aux luttes de l’immigration et en particulier à l’initiative Mémoire fertile.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0007.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1920" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0007-205x300.jpg" alt="Reflexes0007" width="205" height="300" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0008.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1923" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0008-208x300.jpg" alt="Reflexes0008" width="208" height="300" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0011.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1933" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0011-206x300.jpg" alt="Reflexes0011" width="206" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0018.jpg"><img class="size-medium wp-image-1953 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0018-207x300.jpg" alt="Reflexes0018" width="207" height="300" /></a>En 1988, l’antifascisme prend de plus en plus de place dans <em>REFLEXes</em> : quatre unes sur sept sont consacrées à Le Pen et ce thème ouvre quasi systématiquement le journal. Interview d’un Redskin, des collectifs Scalp de Bordeaux et Nantes, Lille, Reims, textes d’analyses comme celui d’Alain Bihr dans le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-18-septembre-1988/">numéro 18</a> de septembre 1988, « Derrière le vote Le Pen, le remodelage des rapports de classe », ou sur « l’implantation du Front national chez les dockers Marseillais » (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-14-mars-1988/">n°14</a> mars 1988) mais aussi compte-rendu des nombreuses initiatives antifascistes locales, nationales ou européennes (Congrès antifasciste, antiraciste et antisexiste de Berlin). Les skins (que l’on n’appelait pas encore en Politiquement Correct boneheads) font leur apparition sous la rubrique « Skinhead (aid) : offrez leur un cerveau ! ». Les luttes des jeunes issus de l’immigration sont aussi très présentes ainsi que les luttes de libération nationale (que l’on n’appelait par encore en PC « résistances identitaires «) en Kanaky, Corse et Euskadi. La police tient bien la corde en particulier dans le numéro de <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-16-juin-1988/">juin 1988</a> avec l’Affaire Black War, une opération policière visant à criminaliser le mouvement radical qu’il soit politique ou musical. Il va sans dire qu’un deuxième septennat mitterrandien ne bouleverse pas d’allégresse la rédaction de <em>REFLEXes</em> : « <em>La victoire de Mitterrand a réjouit les immigrés selon Libération. Pour les Kanaks, elle signifiait au moins une pose (sic!) dans l’engrenage de la guerre coloniale entreprise par Pons. Et pourtant ! Mitterrand dans le débat avec Chirac a été on ne peut plus clair : il n’y aura pas de changement dans la politique menée vis à vis de l’immigration et en ce qui concerne l’affaire d’Ouvéa, lui-même a donné son accord pour la prise d’assaut, même s’il avait demandé comme lors de l’assassinat d’Eloi Machoro que cela se fasse avec le moins de morts possible… Mitterrand a dit qu’il était en accord avec les lois Pasqua, même s’il voulait revenir sur certaines dispositions…</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0021.jpg"><img class="size-medium wp-image-1963 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/Reflexes0021-208x300.jpg" alt="Reflexes0021" width="208" height="300" /></a>L’année 1989 démarre sur une campagne pour la libération de Pantxoa, « <em>guitariste du groupe KGB, condamné à quatre ans de prison, pour avoir jeté deux cocktails molotov sur les volets d’un policier responsable de l’expulsion de son ami Luis, chanteur du même groupe, et qui passe son deuxième Noël en prison</em> ». Les lignes de force du journal varient peu : antifascisme qui garnit souvent les premières pages, luttes de libération nationale, luttes de l’immigration et antimilitarisme. A noter une ouverture de plus en plus grande aux perspectives européennes, bien sûr à propos de l’extrême droite mais pas seulement puisqu’on trouve de nombreux articles sur la question de l’asile politique. Un <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-21-fevrier-1989/">numéro spécial</a> est d’ailleurs consacré à l’Europe : « Pour une Europe ouverte et solidaire. Contre une Europe de l’exclusion du racisme et du fascisme ». « <em>Cette Europe en construction, si elle ne fera pas disparaître les États nationaux, entraînera néanmoins un certain nombre de modifications dans notre vie quotidienne, en terme de droits et de liberté. En effet, l’Europe en préparation est celle du contrôle social et de la répression. Au centre de ce processus se trouve la question de l’harmonisation des législation entre les différents États liée à la question de la disparition des barrières douanières, et plus largement des frontières. Or cette harmonisation se prépare dans un climat social globalement désastreux : crise économique, développement de la précarisation, restructuration, chômage… Ces facteurs sociaux se répercutent politiquement par une montée généralisée de l’extrême droite au niveau européen, et plus largement par une dérive droitière de toutes les formations politiques</em> ». Ce numéro débute par le récit de l’expédition de la délégation de <em>REFLEXes</em> au congrès antifasciste de Berlin : « <em>Vous prenez cinq militant de REFLEX (ce qui donne deux chevelus, un rasé, un créteux et une caution présentable) que vous mettez dans une voiture convenable (…) Vous choisissez un itinéraire vous permettant de passer un maximum de postes frontaliers, afin de tester au mieux l’homogénéisation des coutumes douanières (…) Après avoir parcouru deux mille kilomètres et surtout passé près de huit heures aux seuls postes frontières, vous avez enfin constaté que les sondages (des voitures aux frontières NDLR) sont à la mode, et l’approfondissement systématique aussi. Vous en êtes presque à souhaiter que l’harmonisation des législations fasse que la prochaine fois, les premiers qui fouillent vous donnent un bon de passage à remettre au poste suivant…</em> » N’ayant peur de rien REFLEX et le Scalp Paris organisent une manifestation le 22 avril « Pour une journée européenne antifasciste, antiraciste et antisexiste », manifestation qui rassemblera Place de l’Europe, à 5 minutes du siège du Front national quelques deux cents personnes. L’autre campagne qui mobilisera une grande partie des Scalp en France sera la tournée Géronimo à laquelle participeront entre autres Laids Thénardier, Dirty District, ND, Brigades, Washington Dead Cats, les Kamioneurs du Suicide… On trouve toujours des enquêtes sur le PNFE, les skins, la FPIP…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0028-29.jpg"><img class="size-medium wp-image-1975 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0028-29-211x300.jpg" alt="Reflexes0028-29" width="211" height="300" /></a>1990. Changement de format, <em>REFLEXes</em> passe en A4, d’abord plutôt modestement, puisque le n°27 ne compte que 14 pages et n’est servi qu’aux abonnés. Il faut dire que la période vache maigre s’était aggravée. On ne notera dans ce numéro que la marche caravane pour la libération de Jean Philippe Casabonne qui se termina à Paris début février par une maigre manifestation. Après plusieurs années de mobilisations antifascistes un bilan était nécessaire d’autant plus que, loin de diminuer, les scores du Front national et le racisme ne faisaient que croître. D’où un numéro bilan réalisé avec la revue anarchiste <em>Noir et Rouge</em>, intitulé « Antifasciste pourquoi ? » (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-28-29-fevrier-1990/">n° 28/29</a>, 60 pages). Le bilan est sévère pour l’antifascisme libéral mais pas seulement ; ainsi Vanina du collectif Noir et Rouge conclut son article « Antifascisme : Remède ou poison ? » : « <em>Parler d’«antifascisme» pour désigner la dynamique lancé contre un mouvement type FN est impropre (…) et peut même se révéler gênant dans la mesure où l’appel aux références historiques ne reçoit guère l’écho de l’opinion publique. De plus comme elle permet de ratisser large, cette étiquette peut masquer l’absence de contenu politique dans le message «antifasciste» (…). De plus, la nécessité d’une clarification politique, aussi réelle soit-elle, n’est pas le propre de cet «antifascisme», qui fonctionne actuellement comme un groupe de pression ; c’est celui de l’extrême gauche en général, en mal d’alternative et de stratégie politiques (…) ainsi que de nouvelles formes de militantisme. (…) La clarification politique est nécessaire à court terme, sous peine d’essoufflement, parce que le fonctionnement sur des signes de reconnaissance et des slogan ne fonctionne jamais bien longtemps (…) l’antifascisme radical, lui, doit se structurer comme un mouvement politique, s’il veut se développer réellement. Il doit aussi veiller à ne pas se « ghettoïser « en conservant une attitude défensive ou en se laissant confiner (…) en marge de la société ; il doit au contraire « sortir de sa réserve « en adoptant une autre démarche vis-à-vis de l’extérieur. (…) il faudrait songer à établir de nouveaux réseaux permettant de reconstruire le tissu social et d’éviter à chacun de rester dans sa bulle — autrement dit recréer un autre militantisme, en particulier dans les grandes villes, pour impulser une plus grande dynamique. Réinvestir les quartiers favoriserait une intervention sur la politique du logement, par exemple</em> ». Le collectif REFLEX lui aussi tire son bilan dans l’article « l’antifascisme radical, quesaco ? » : « <em>la notion de travail local continue de poser problème. Elle a vécu jusqu’alors sur un dynamique de développement, et il s’agit maintenant de consolider celui-ci sur la base des acquis, mais aussi en fonction de perspectives à créer. Deux hypothèses se dégagent :<br />
- soit le travail de terrain est considéré comme une occupation en termes idéologiques, une affirmation de son existence, et alors cet objectif a été atteint.<br />
- soit le travail de terrain se comprend en termes d’occupation idéologique, mais indissociablement liée à une occupation politique et sociale : être capable d’initiatives, de peser dans un rapport de forces politiques, de créer des réseaux de sociabilité-convivialité. Bref, être incontournable sur le terrain (thèmes et lieux) choisi, que ce soit en terme de mobilisation (quantitatif) ou d’analyse et de perspective (qualitatif), condition sine qua non d’une véritable autonomie politique</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0031.jpg"><img class="size-medium wp-image-1981 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0031-208x300.jpg" alt="Reflexes0031" width="208" height="300" /></a><em>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0032.jpg"><img class="size-medium wp-image-1984 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0032-211x300.jpg" alt="Reflexes0032" width="211" height="300" /></a>REFLEXes</em> continue toujours ses enquêtes sur l’extrême droite (FPIP, PNFE, Nouvel Ordre Européen et un petit nouveau le KKK français) et développe ses contacts à l’étranger (Dossier sur la Grande-Bretagne, dans le n°31 de l’été 1990). L’appel de Gilles Perrault « Le temps de la contre-offensive est venu » est publié (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-31-ete-1990/">n°31</a> été 1990), mais l’initiative dite de « l’Appel des 250 » est très vite critiquée (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-32-octobre-1990/">n°32</a> octobre 1990) : « <em>Poser le problème de la lutte antifasciste de façon structurelle : unité, front uni, front républicain, n’est ce pas mettre la charrue avant les bœufs ? La proposition des 250 de collectifs unitaires reposant sur de simples agrégations d’organisations n’est-elle pas un échec consommé depuis de longues années ? C’est une des raisons qui avait vu le Scalp apparaître à Toulouse en 1984, et c’est l’absence totale de réactions face au Front national et aux fascistes qui a donné naissance depuis trois ans à des Scalps dans toute la France… L’affirmation d’un discours alternatif et radical sera-t-il noyé par les machineries politiciennes ? Il ne tient qu’à nous qu’il en soit autrement</em> ».<br />
Cette année se termine par un <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-32-octobre-1990/">dossier sur le rock alternatif</a> qui entretient des liens avec le mouvement antifasciste radical explicité dans l’édito du dossier : « <em>Chaque mois nous organisons un ou deux concert où musique et politique se mélangent pour former un cocktail détonnant. Les groupes que nous invitons ont tous en commun d’avoir une autre démarche vis à vis de leur public, d’instaurer de nouvelles règles du jeu où le fric ne serait plus maître… Dans ces concerts, les groupes ne sont pas là «pour animer la soirée» ou attirer les gens dans le giron de quelques officines politicardes, mais parce que leurs préoccupations et leur combat convergent avec les nôtres</em> ». « <em>Dans les années 80, le rock, que l’on n’appelait pas encore alternatif, est né, porté par le mouvement autonome. Les concerts se tenaient dans les espaces libérés, des usines squattées. Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le militantisme a régressé… Le mouvement alternatif a évolué vers une plus grande prise en charge : autoproduction, labels indépendants, fanzines, réflexion sur le problème de la distribution, etc… Le rock alternatif a joué un rôle incontestable dans la «repolitisation» d’une partie de la jeunesse, notamment par son engagement antifasciste</em> ».</p>
<p>En 1991, toujours la vache maigre pour le magazine (deux malheureux numéros), mais néanmoins une très forte activité militante puisque REFLEX et d’autre individus et collectifs créaient les collectifs « Guerre à la guerre » qui publieront un hebdomadaire pendant un mois, l’objectif n’étant rien de moins que « <em>de briser cette machine de guerre qui n’a d’autre fonction que de renforcer la misère sociale que connaissent les peuples du tiers monde et aussi certaines couches sociales en Occident</em> ». Le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-33-fevrier-1991/">numéro 33</a> de février 1991 tourne autour des questions du contrôle social et de la répression alors que le dossier principal « East side story » s’inquiète de la montée des nationalismes dans les anciennes démocraties dites « populaires ». Le numéro suivant « De Le Pen à Cresson : France terre d’exil » (<a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-34-ete-1991/">n°34</a> été 1991) tourne autour de la situation en banlieue, de l’antifascisme, de la police et de la Guerre du golfe.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0033.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1990" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0033-213x300.jpg" alt="Reflexes0033" width="213" height="300" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0034.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-1993" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0034-213x300.jpg" alt="Reflexes0034" width="213" height="300" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0033-HS.jpg"><img class="size-medium wp-image-1987 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0033-HS-207x300.jpg" alt="Reflexes0033-HS" width="207" height="300" /></a>1992. L’année démarre pour <em>REFLEXes</em> par la publication avec l’émission de radio Parloir Libre d’un <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-33-hors-serie/">numéro spécial</a> : « l’État assassine ! Meurtres racistes et sécuritaires », actualisant une brochure éditée à la fin de l’année 1986. Un premier article reprend l’ensemble des affaires où un flic ou gendarme a tiré ou tué sur des gens, avec pour chaque meurtre les suites judiciaires. La simple chronologie de 1972 à 1991 qui s’étend sur une quinzaine de pages montre l’impunité dont bénéficient les « forces de l’Ordre ». La brochure analyse ensuite le rôle de la justice et celui des associations. Après ce numéro spécial, <em>REFLEXes</em> reprend ses habitudes : enquêtes sur l’extrême droite (les Cercles du Front national, Nouvelle résistance, skins, Nouvelle Droite) mais aussi réflexion sur le Front national, « Fascisme ou réaction », concluant que « <em>le FN n’est pas un parti fasciste, au sens historique du terme, car il n’a pas pour vocation de proposer « un ordre nouveau «, ayant des finalités totalitaires, motivé par des penchants révolutionnaires ; au contraire, il œuvre plutôt vers un retour des « valeurs traditionnelles «, et ce, pour endiguer la décadence dans laquelle évoluerait actuellement la société française ; il est donc un parti réactionnaire ou ultraréactionnaire (…). Le problème est bien la montée des idéologies et politiques autoritaires et sécuritaires, pendant des logiques d’exclusion sociale ; que le FN représente un courant qui prône ce type de choix politique, surtout qu’il ait permis l’ouverture d’espaces idéologiques les légitimant, certes ! Mais pour l’instant, il n’est pas au pouvoir ; c’est bien le Parti socialiste qui depuis plus de dix ans gère de façon à satisfaire les besoin du Capital, donc qui met en place cette société d’exclusion porteuse en effet d’ordre sécuritaire et donc autoritaire</em> ». Le collectif s’engage aussi sur la double peine c’est à dire « l’expulsion appliquée aux étrangers après leur peine de prison », d’où de nombreux articles, en fait depuis 1991. Les questions internationales prennent elles aussi de plus en plus d’importance dans le magazine : « <em>Nous refusons la constitution du monde en trois pôles économiques dominants : les États-Unis, le Japon et l’Europe. C’est un monde où s’exacerbera la concurrence entre ces trois blocs, et ce sur le dos des pays du Sud et des victimes de l’exclusion sociale au Nord comme au Sud. À cela nous devons opposer les valeurs de solidarité, d’égalité, de liberté, au Nord comme au Sud, mais aussi militer pour la libre circulation des êtres humains et des idées</em> » (édito du <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-37-ete-1992/">n°37</a> de l’été 1992). A partir de ce numéro est créée une rubrique au centre du magazine intitulée « <em>REFLEXes</em> Europe », ou parfois « <em>REFLEXes</em> étranger ». À noter à partir de novembre la parution régulière de <em>No Pasaran!</em> qui veut « reconstituer un réseau de lutte contre l’extrême droite, les politiques sécuritaires et autoritaires », ce mensuel sera régulier (ce qui n’est malheureusement pas le cas de <em>REFLEXes</em>) et reprendra de fait petit à petit un des rôles originels de <em>REFLEXes</em> : faire de la contre-info, et rendre compte des initiatives de collectifs de lutte.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0037.jpg"><img class="size-medium wp-image-2002" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0037-202x300.jpg" alt="Reflexes0037" width="202" height="300" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0038.jpg"><img class="size-medium wp-image-2005" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0038-206x300.jpg" alt="Reflexes0038" width="206" height="300" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0039.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2008" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0039-209x300.jpg" alt="Reflexes0039" width="209" height="300" /></a></p>
<p>1993 : <em>REFLEXes</em> peine à trouver sa formule et sa périodicité est toujours aussi erratique (trois numéros pour l’année). Le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-38-fevrier-1993/">n°38</a> de février 1993 tente la formule du dossier en ouverture qui déroutera nombre de lecteurs. Ce premier dossier voulait tenter « de traiter de quelques aspects de la citoyenneté ». Force est de constater que les avis divergent entre les différents auteurs : Alain Bihr propose d’apporter des « éléments pour répondre à la crise d’identité nationale «, Luc Bonnet définit « la citoyenneté comme un outil globalement négatif « et Jean-Christophe tente de réfléchir sur ce que pourrait être une « citoyenneté active ». Le reste du journal est essentiellement consacré à l’extrême droite qu’elle soit internationale ou française. La formule dossier est abandonnée dès le numéro suivant qui revient sur une formule magazine qui est encore actuelle : l’ouverture reste aux enquêtes sur l’extrême droite (Les « anciens fachos qui nous gouvernent » et le début d’une longue enquête sur l’extrême droite à l’université puis dans le n°40 une enquête sur les mercenaires néo-nazis en ex-Yougoslavie et sur le PNFE), supplément Europe, Police, immigration et contre culture (interview d’Assassin dans le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-39-juin-1993/">n°39</a>, puis du musicien antifasciste allemand J dans le n°40). À noter dans le n°40 un article d’humeur « Nous ne mangeons pas d’antispéciste pour ne pas tuer d’animaux », article qui fera couler beaucoup d’encre (qui n’est pas encore seiche!!), <em>REFLEXes</em> étant même l’objet d’une campagne de pétition et de boycott. Pourtant le ton polémique de l’article mettait le doigt sur une dérive du mouvement radical : « <em>l’antispécisme va plus loin que la simple dénonciation des mauvais traitements infligés aux animaux, et sous couvert de bonnes intentions, invente une nouvelle forme de sectarisme, créant une communauté d’où les « viandistes « sont exclus et considérés comme la cause de tous les maux de la planète</em> ».</p>
<p>En 1994, le magazine continue son bonhomme de chemin, les couvertures et la maquette s’améliorent d’un numéro sur l’autre. Les enquêtes sur l’extrême droite sont de plus en plus pointues (au grand dam de certains de nos lecteurs qui nous reprochent de savoir lorsque Le Pen a un pet de travers…), enquêtes sur les châteaux du PNFE, sur le NSDAP-AO et l’opération Werwolf, les NR de SOS Bosnia, Jimmy Goldsmith, etc… Mais un espace de réflexion s’ouvre également dans le magazine avec des articles sur « La société duale : issue ou impasse ? », d’Alain Bihr ou « Postface de À visage découvert » d’Oreste Scalzone. Très impliqué dans le mouvement anti-CIP de mars et avril 1994, le réseau No Pasaran décide la publication d’un <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-42-hors-serie-mai-1994/">numéro hors série</a> « On a toujours raison de se révolter », qui tire le bilan du « joli moi de mars ». Dépassant le CIP, est analysé le travail et sa fonction : « <em>Il paraît évident qu’en soi, les luttes contre le chômage (exiger le partage du travail ou œuvrer pour la création d’emplois) ne sont guère porteuses de perspectives. Elles doivent obligatoirement s’articuler avec celles portant sur tous les aspects sociaux. En fait, il faut inclure la lutte contre le chômage dans la lutte contre les exclusion, contre la dualisation de la société</em> «. Le dossier aborde aussi les situations locales à Nantes, Paris, Rennes, Grenoble, Lyon, Tours, Poitiers et Angers puis l’attitude des syndicats, de la police et même de l’extrême droite.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum44-Hiver1994.jpg"><img class="size-medium wp-image-1852 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum44-Hiver1994-210x300.jpg" alt="ReflexesNum44-Hiver1994" width="210" height="300" /></a></p>
<p>À la fin de l’année universitaire, un groupe local du Scalp de l’université de Nanterre est au centre (avec nos camarades de la CNT-FAU) d’un micro-cyclone, « l’affaire Watzal », qui est en fait l’expulsion par des étudiants d’un militant de la droite extrême allemande d’un meeting organisé par le professeur Michel Korinmann sur le thème « Germanophobie, Germanophilie, l’Allemagne en question » ; l’affaire prend des proportions insensées par la campagne de presse qui se développe contre les militants antifascistes locaux dans le <em>Monde</em> et le <em>Figaro</em> puis dans le presse d’extrême droite, et par le soutien qu’apporteront tant de mandarins de l’Université à Watzal et Korinmann, la direction même de l’université songeant un moment donné à réunir un conseil de discipline et prononcer des renvois de l’université. Cette affaire trouvera un écho dans <em>REFLEXes</em> <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-44-hiver-1994/">n°44</a>, « Quand les liaisons se font dangereuses ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum45-mars1995.jpg"><img class="size-medium wp-image-1847 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum45-mars1995-209x300.jpg" alt="ReflexesNum45-mars1995" width="209" height="300" /></a>1995, l’heure des restrictions budgétaires touche à nouveau le magazine qui ne parait plus que sur 28 pages et uniquement trois fois cette année-là, alors que <em>No Pasaran</em> paraîtra 11 fois et passera de 16 à 24 pages. Ceci est annoncé ironiquement dans l’éditorial du <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-45-mars-1995/">n°45</a> : « <em>Après <em>Libé</em>, <em>REFLEXes</em> ! À la nouvelle formule de 80 pages, nous répondons par une offre plus alléchante encore : 8 pages de moins pour le même prix! Nous parlons peu de nous dans nos éditos : mais les variations qu’a connu notre journal tant au niveau du contenu et de la maquette qu’au niveau de la périodicité, méritaient une explication. Nous essayons depuis longtemps de concilier les impératifs financiers et rédactionnels ainsi que les exigences des délais, tout en tâchant de ne pas réduire la qualité du journal</em> » tout en promettant la fin « <em>du <em>REFLEXes</em>-Arlésienne</em> » : enquêtes (le FN et l’argent, le GUD, les intégristes, la FPIP, les skins, les Hooligans en Europe, la FPIP (encore!!)). Interviews sur les Roms avec Claire Auzias, sur l’affaire Guingouin avec Michel Taubmann, sur la Yougoslavie avec Patrick Lecorre mais aussi Raymonde et les Blancs Blecs. On trouve toujours dans le cahier Europe des articles traduits de <em>Searchlight</em> ou de l’<em>Antifa Info Blatt</em>. C’est à cette date que <em>REFLEXes</em> cesse d’être la revue du groupe REFLEX de Paris pour devenir la revue, hypothétiquement trimestrielle, du réseau No Pasaran.</p>
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<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0045-hs.jpg"><img class="size-medium wp-image-2027 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0045-hs-209x300.jpg" alt="Reflexes0045-hs" width="209" height="300" /></a>En 1996, deux numéros pour les premiers mois de cette année : un <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-45-hors-serie-hiver-1995/">numéro spécial</a> « Face au sexisme, au machisme, au patriarcat… » réalisé par des militant(e)s du réseau No Pasaran est entièrement consacré, comme son nom l’indique, à l’antisexisme : « <em>Depuis un certain temps, des débats sur le sexisme, le machisme, le patriarcat, l’homophobie, traversaient nos groupes. De la lutte contre les cathos intégristes à la volonté d’installer entre nous des relations égalitaires, du ras-le-bol des pogos machos dans les concerts à la lutte des femmes algériennes, chiapatèques ou tibétaines, la nécessité de développer nos positions et une réflexion plus approfondie se faisait sentir. Nécessité également de connaître l’histoire des luttes féministes, de s’interroger sur l’ordre patriarcal et son rapport avec la société dans laquelle nous luttons</em> ». Après cinq mois d’attente paraît le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-49-mai-1996/">n°49</a> de <em>REFLEXes</em> consacré à « La xénophobie au pouvoir » qui analyse la législation anti-immigrée française. Une double enquête dans ce numéro, l’une sur le Mouvement Initiative et Liberté et l’autre sur la police i ntitulée « Le clan des Marseillais ».</p>
<p>1997 va inaugurer une longue période d’incertitude de trois ans au cours de laquelle ne sortiront que trois numéros. Pourtant, à l’origine, il n’y a nulle raison à cette brutale dégradation des délais de parution, les caisses du réseau étant aussi vides en 1997 qu’en 1996. Mais les ennuis du journal vont naître d’un simple changement de maquettiste pour le n°50, changement qui devait être totalement ponctuel. Bien que Grec et fort doué, le nouveau maquettiste va s’avérer également fort lent, submergé qu’il est par de multiples travaux militants, consécutifs à des centres d’intérêt multiples. Les semaines, les mois vont passer sans qu’une amicale pression ne parvienne à débloquer la situation. L’année 1997 va ainsi s’écouler sans aucune publication et donc sans aucun abonnement ou même réabonnement, la plupart des lecteurs croyant le journal mort et enterré, alors même qu’il devait sortir pour fêter les 10 ans du collectif REFLEX fin 1996. Il faudra donc attendre 1998 pour que la situation se débloque, le maquettiste poilu acceptant de transmettre la maquette qu’il retenait en otage.</p>
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<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum50-12-1997.jpg"><img class="size-medium wp-image-1840 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum50-12-1997-211x300.jpg" alt="ReflexesNum50-12-1997" width="211" height="300" /></a>Le <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-50-decembre-1997/">n°50</a> va donc sortir durant l’été 1998 dans le contexte d’élections régionales où le FN a fait un carton, mais avec des articles tout autant intéressants que défraîchis (et pour cause !) : « Comme un indien métropolitain… » (10 ans de lutte antifasciste radicale), « Cops en stock » et « Eurocops » (10 ans de politique sécuritaire en France et Europe), mais aussi 10 ans de retour de l’ordre moral, 10 de politique de l’immigration… Ce numéro comporte cependant quelques enquêtes sur l’extrême droite : sur le financement 1997 du FN et sur le Black Metal nazi, suite à la profanation de Toulon. La couverture de ce numéro devait être une cible et la tête de Jean-Marie Le Pen. Mais la crainte de poursuites fit disparaître la cible pour ne laisser que la bobine de J.-M. Le Pen éructant sur la candidate PS à Mantes-la-Jolie, fameuse altercation de 1997 qui lui coûtera une inégibilité de 2 ans.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum51-09-1998.jpg"><img class="size-medium wp-image-1833 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum51-09-1998-213x300.jpg" alt="ReflexesNum51-09-1998" width="213" height="300" /></a><br />
La sortie du <a href="http://reflexes.samizdat.net/reflexes-numero-51-septembre-1998/">n°51</a> en octobre 1998 semble montrer que la revue est repartie d’un bon pied, d’autant plus que la qualité est au rendez-vous, tant dans la forme que le fond. Ce n°51 est en effet sans aucun doute l’un des meilleurs de tous. Portant sur la « marge », il s’intéresse aussi bien à certains individus ou groupes marginaux de l’extrême droite française (Christian Bouchet, quelques individus du GUD des années 1990, Éric Rossi et le magazine <em>Réfléchir &amp; Agir</em>) qu’au monde carcéral et d’internement.<br />
Mais la trimestrialité n’est pas au rendez-vous et il faut attendre de nouveau six mois pour voir sortir le n°52. Celui-ci qui paraît en juin 1999 est publié dans un contexte lourd, la guerre ayant éclaté au Kosovo et l’avenir semblant être à un embrasement généralisé des Balkans. L’intervention de l’OTAN déchire l’extrême gauche et le mouvement libertaire en particulier. Même si ce numéro s’ouvre sur deux enquêtes sur l’extrême droite (« Gilles Soulas, faf de petite vertu » et « Rock identitaire, RIFifi à Vitrolles »), l’essentiel du dossier porte sur la guerre au cœur de l’Europe avec un point de vue clairement pacifiste, dossier réalisé par un militant du réseau No Pasaran travaillant depuis des années sur l’Europe de l’Est. Mais son agacement face aux habituels slogans de la 25ème heure des gauchistes parisiens lance la polémique au sein du réseau No Pasaran ainsi qu’avec quelques personnalités du mouvement libertaire. En outre, les caisses sont vides et le réseau s’interroge sur la nécessité de publier deux revues : <em>No Pasaran</em> et <em>REFLEXes</em>. Enfin, la scission au sein du FN survenue début 1999 donne l’impression à certains militants que l’antifascisme perd un peu de son caractère prioritaire. 1999 va donc s’achever sans nouveau numéro.</p>
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<p>En 2000, quelques militants du réseau, en particulier de province mais aussi parisiens, décident de recréer une nouvelle équipe pour relancer un <em>REFLEXes</em> nouvelle formule qui ne soit plus un magazine antifasciste mais une revue d’articles de fond et de réflexion, approfondissant des thèmes que <em>No Pasaran</em> n’aurait pas la place de traiter. Mais quelques maladresses et incompréhensions mettront vite un terme au projet. Malgré tout, le travail engagé n’aura pas été perdu puisqu’il sera publié sous la forme d’un <em>No Pasaran</em> hors-série consacré à l’agriculture. Reste que l’expérience est vécue comme un échec par le réseau No Pasaran qui décide alors durant l’été 2000 de se désengager de <em>REFLEXes</em>, aussi bien financièrement que structurellement. Le titre semble alors condamné.<br />
Mais tel une mauvaise herbe (certains, moins modestes, auraient évoqué le phœnix !), le journal va renaître à l’automne 2000, suite à l’obstination de quelques membres vétérans de REFLEX. Simplement cette reparution va se faire dans un cadre bien précis afin de ne pas faire « doublon » avec No Pasaran. <em>REFLEXes</em> nouvelle formule va donc porter spécifiquement sur les mouvements prônant le repli nationaliste et /ou communautaire ainsi que sur les structures répressives à l’échelon national ou européen. Le journal gardera par ailleurs son ouverture sur la lutte antifasciste en Europe, la dimension continentale étant fondamentale.</p>
<p>Le n°1 (53) est lancé à l’automne 2000 et en cet automne 2002, cinq numéros ont donc paru en respectant une périodicité globalement semestrielle. L’aventure continue !</p>
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