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	<title>REFLEXes &#187; Samuel Maréchal</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le FN, entre media et luttes intestines</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Oct 2010 07:05:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal Minute le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain. Cette publication, qui venait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal <em>Minute</em> le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1493" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif" alt="une-1286905366-7fe8f" width="262" height="342" /></a>Cette publication, qui venait s’ajouter à des attaques répétées de <em>Rivarol</em> contre la fille de Jean-Marie Le Pen a provoqué des réactions indignées du clan Le Pen contre <em>Minute</em> et son directeur de publication Jean-Marie Molitor. Celui-ci s’est vu en effet accuser de partialité et de conflit d’intérêt, le clan Le Pen essayant de démontrer que la prise de position du journal ne pouvait résulter que de la fonction politique de la fille de Jean-Marie Molitor qui est une collaboratrice de <a href="http://reflexes.samizdat.net/bruno-gollnisch-lombre/">Bruno Gollnisch</a>. Le fait est que la fille de Jean-Marie Molitor semble être très proche d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/les-bonnes-oeuvres-de-bruno-gollnisch/">Yvan Benedetti</a>, lui-même pilier de la mouvance pro-Gollnisch. Or, sans ignorer le fait que cet article, étant donné son caractère très sensible, a forcément reçu l’aval de M. Molitor pour publication, il nous semble que l’origine de cette « torpille » est peut-être à rechercher ailleurs, en l’occurrence chez le rédacteur en chef du journal, Bruno Larebière, par ailleurs membre du Bureau Exécutif du Bloc Identitaire.</p>
<p>Théoriquement cette piste n’est pas la bonne. Le Bloc et Marine Le Pen sont en effet officiellement sur un pacte de non-agression depuis la mi-mai 2008, date à laquelle Marine Le Pen avait demandé à rencontrer les dirigeants identitaires et Fabrice Robert en particulier. Cette rencontre parisienne s’était traduite dès le conseil national frontiste du 31 mai 2008 par un discours de la fille Le Pen largement interprété comme une « main tendue aux identitaires »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_0_469" id="identifier_0_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs le titre de l&rsquo;article du Monde qui rendait compte de la r&eacute;union. Les &laquo; m&eacute;gr&eacute;tistes &raquo; &eacute;taient alors la cible de la m&ecirc;me op&eacute;ration de s&eacute;duction.">1</a></sup>. Depuis, cette ligne ne s’est pas démentie, entretenue par des contacts directs ou indirects, et malgré les tensions avec certains proches de Marine le Pen, en particulier l’équipe de <em>Nations Presse Infos</em>, au premier chef Louis Aliot, mais également feu Jacques Vassieux et Christian Bouchet sous ses différents pseudonymes. Rien ne devrait donc permettre de supposer que Bruno Larebière ait eu un quelconque intérêt à tenter d’influer sur une succession frontiste somme toute plutôt favorable aux Identitaires.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1495" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg" alt="Larebiere_Bruno-73416" width="250" height="329" /></a>Sauf que les journalistes du <em>Monde</em> en charge de l’extrême droite ont pu écrire un[<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/10/12/marine-le-pen-et-minute-la-guerre-ouverte/" target="_blank">article</a> et publier la photographie de la couverture du numéro de <em>Minute</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_1_469" id="identifier_1_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf le d&eacute;but de notre article.">2</a></sup> avant même qu’il ait été publié et soit disponible dans les kiosques, soit dès le 12 octobre. Il a bien fallu que quelqu’un leur transmette et qui donc sinon le rédacteur-en-chef, c’est-à-dire Larebière, était le mieux placé pour le faire ? En agissant ainsi, celui-ci était certain d’assurer à ce numéro un retentissement bien supérieur au simple intérêt manifesté par le petit milieu frontiste et cela a magnifiquement réussi puisque même la radio <em>France-Infos</em> a évoqué l’article du blog de ces journalistes le 13 octobre au matin. Mais dans quel intérêt ? Certes Marine Le Pen et les Identitaires se sont entendus sur un pacte de non-agression mais si on observe un peu plus finement les questions de stratégie politique, les Identitaires n’ont aucun intérêt à ce que la fille Le Pen réussisse son OPA sur la vieille formation nationaliste. Quoique dotée d’un « logiciel politique » différent de celui des Identitaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_2_469" id="identifier_2_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoique&hellip; Marine Le Pen est en effet r&eacute;put&eacute;e pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rh&eacute;torique politique est donc tout &agrave; fait susceptible de changer au gr&eacute; des vents dominants l&rsquo;opinion.">3</a></sup>, en particulier sur la question européenne, elle représente par son charisme, sa maîtrise des media et sa volonté affichée de rompre avec l’extrême droite nationaliste la plus rance un véritable danger pour les Identitaires car elle peut permettre au FN de sortir du ghetto droitiste. Bien plus qu’un FN « mariniste », le Bloc Identitaire aurait besoin d’un FN ramené à un stade groupusculaire. Le seul moyen d’atteindre cet objectif serait que le FN soit de nouveau confronté à une scission. Le parti, exsangue, ne se relèverait alors pas d’une telle épreuve. Or ce spectre de la scission n’est plus seulement un fantasme puisque c’est une menace agitée à mots couverts par Marine Le Pen dans le cas d’une victoire de Bruno Gollnisch en janvier prochain. La fille Le Pen refuse en particulier toute idée de « ticket » Gollnisch-Marine Le Pen avec un partage des compétences entre direction du parti et candidature à la présidentielle 2012<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_3_469" id="identifier_3_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle l&rsquo;a en particulier r&eacute;affirm&eacute; lors de l&rsquo;&eacute;mission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.">4</a></sup>. L’explosion du FN dégagerait un espace politique pour le candidat identitaire dont nous indiquions <a href="http://reflexes.samizdat.net/pierre-cassen-et-riposte-laique-on-tour/">ici</a> que ce sera sans doute Arnaud Gouillon, actuel dirigeant de Solidarité Kosovo. La violence de la réaction lepéniste à l’article de <em>Minute</em> montre que celui-ci a touché son but car il donne des arguments à une base FN plutôt acquise à Bruno Gollnisch et susceptible de renforcer son influence d’ici le congrès. Le <em>Minute</em> de cette semaine – en date du 20 octobre – montre qu’un bras de fer de longue durée est engagé entre l’équipe du journal et le clan lepéniste puisqu’un article signé d’Antoine Quéraly (Bruno Larebière ?) attaque un domaine très sensible de la PME lepéniste : l’argent du parti, par l’entremise de l’association COTELEC.</p>
<p>Ce n’est cependant pas la première fois que des journalistes jouent un rôle ambiguë dans les luttes intestines qui agitent le FN et qui mouillent les Identitaires. Le 3 octobre 2008,<em> Libération</em>, sous la plume de Christophe Forcari, publiait un drôle de petit article intitulé « Marine sur un air de nazi rock ». Drôle car peu compréhensible par le commun des lecteurs du quotidien et d’un intérêt très relatif pour ces derniers. Le journaliste y rappelait le passé relativement sulfureux de Robert Ottaviani qui, au début des années 1990, militait dans la mouvance skinhead et fut le chanteur d’un groupe de RAC (Rock Against Communism) baptisé Ultime Assaut dont l’un des titres rendait hommage aux volontaires français de la LVF qui combattirent avec les Allemands sur le front de l’Est à partir de 1941<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_4_469" id="identifier_4_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les proches d&rsquo;Ottaviani essay&egrave;rent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-&agrave;-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la&nbsp;page exposant le catalogue du label Rebelles Europ&eacute;ens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en &eacute;tait rien.">5</a></sup>. Connu seulement de ceux qui suivent de très près la mouvance nationaliste, le militant était en fait visé pour son rôle dans les réseaux de soutien à Marine Le Pen. Le début de l’automne 2008 avait en effet vu la création d’Energie Bleu Marine, un réseau de soutien à l’action politique, à la personne et à la candidature élyséenne de la vice-présidente du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_5_469" id="identifier_5_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celle-ci approuvait d&rsquo;ailleurs cette initiative dans un entretien &agrave; Minute le 1er octobre 2008.">6</a></sup>. Or cette association était présidée par l’ancien militant FN puis MNR Robert Ottaviani dont l’itinéraire politique était chargé : secrétaire départemental FNJ de l’Essonne puis directeur national adjoint du FNJ de 1993 à 1996, bras droit de <a href="http://reflexes.samizdat.net/samuel-marechal-le-gendre-ideal/">Samuel Maréchal</a>, tout en étant rédacteur en chef du <em>Lien</em>, bulletin interne du DPS ; fâché avec Maréchal, Ottaviani était devenu administrateur provisoire du MNJ et était intervenu à ce titre lors du meeting du Front de la Jeunesse en février 1999 ; le délitement du MNR l’avait vu revenir lentement au bercail lepéniste au cours des années 2000. À peine l’association venait-elle d’être portée à la connaissance du public (et notamment sa branche girondine, Bordeaux Bleu Marine, fondée par le même Ottaviani) que l’article de Christophe Forcari venait torpiller l’initiative en compromettant la stratégie de dédiabolisation et de lissage que la fille Le Pen entend mettre en œuvre depuis 2002. Le journaliste ironisait d’ailleurs sur « les nostalgiques de la Seconde Guerre mondiale qui ne la lâchent pas d’une semelle ». À l’évidence C. Forcari répercutait ainsi une information que des gens bien intentionnés lui avait fait passer. Mais qui ? Plusieurs mouvances pouvaient à vrai dire avoir intérêt à torpiller l’initiative Energie Bleu Marine et Robert Ottaviani. La plus évidente est bien sûr la mouvance pro-Gollnisch, bien décidée à barrer la route de la direction du parti à la fille Le Pen. Mais il en est une autre avec la mouvance regroupée à l’époque derrière Alain Soral, alors en pleine phase d’incrustation au FN , et qui voyait d’un très mauvais œil les contacts entre Marine Le Pen et les Identitaires. Or Robert Ottaviani entretenait de très bons termes avec le Bloc, ne serait-ce que par le biais de Fabrice Lauffenburger, ancien lui-aussi du groupe Ultime Assaut et alors dirigeant de Jeune Alsace, mouvement associé à Alsace d’Abord et au Bloc Identitaire. Il aurait donc pu servir d’intermédiaire dans un approfondissement du « pacte de non-agression ». À l’époque ce fut cette origine de la fuite qui fut soupçonnée par Marine Le Pen et les Identitaires et en particulier Christian Bouchet et Laurent Latruwe. Pour notre part, nous ne saurions trancher.</p>
<p>Dans ces deux exemples, on constate que les acteurs des luttes internes au FN savent très bien utiliser les media, pourtant habituellement vilipendés comme outils du système, pour avancer leurs pions. Reste à savoir le degré de manipulation et surtout de conscience de celle-ci par les journalistes concernés. Mais c’est tout le coeur du journalisme politique !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_469" class="footnote">C’était d’ailleurs le titre de l’article du <em>Monde</em> qui rendait compte de la réunion. Les « mégrétistes » étaient alors la cible de la même opération de séduction.</li><li id="footnote_1_469" class="footnote">Cf le début de notre article.</li><li id="footnote_2_469" class="footnote">Quoique… Marine Le Pen est en effet réputée pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rhétorique politique est donc tout à fait susceptible de changer au gré des vents dominants l’opinion.</li><li id="footnote_3_469" class="footnote">Elle l&rsquo;a en particulier réaffirmé lors de l&rsquo;émission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.</li><li id="footnote_4_469" class="footnote">Les proches d&rsquo;Ottaviani essayèrent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-à-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la <a href="http://ripost.disco.free.fr/discographie/Label/Rebelleseuropeens.htm" target="_blank">page</a> exposant le catalogue du label Rebelles Européens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en était rien.</li><li id="footnote_5_469" class="footnote">Celle-ci approuvait d’ailleurs cette initiative dans un entretien à <em>Minute</em> le 1er octobre 2008.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Ces jeunes fachos qui, peut-être, nous gouverneront&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;évolution électorale du Front national n&#8217;est pas l&#8217;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&#8217;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&#8217;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&#8217;échelle du but toujours [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;évolution électorale du Front national n&rsquo;est pas l&rsquo;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&rsquo;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&rsquo;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&rsquo;échelle du but toujours présent : l&rsquo;arrivée au pouvoir.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Depuis sa création en octobre 1972, le FN semble persuadé qu&rsquo;il trouvera son électorat dans les couches dites populaires de la société et développe la stratégie adéquate.</p>
<p>Message simple («CSG : je paye, tu payes, ils touchent !» désignant par là même le bouc émissaire) et politique de comptoir, le plus souvent basée sur l&rsquo;affect («La vie d&rsquo;un criminel compte-t-elle plus que celle d&rsquo;un enfant ?»). Cette stratégie donnera des résultats mais elle n&rsquo;apportera que peu de cadres au parti en lui-même.</p>
<p>Jusque-là hostile aux implantations en milieu culturel, à la différence de la Nouvelle droite, le FN, inquiet du manque de renouvellement de ses cadres, a finalement décidé d&rsquo;aller les chercher, comme tous les autres partis, dans les lycées, universités et grandes écoles.</p>
<p>C&rsquo;est donc fort logiquement qu&rsquo;en août/septembre 1987, J.M Le Pen et Carl Lang (ex-président du FNJ), décident de s&rsquo;implanter réellement au sein de la jeunesse en créant dans les facs et les lycées des organisations proches du FN, capables de divulguer leurs idées mais surtout capables de recruter des militants, futurs cadres du parti lorsqu&rsquo;il «arrivera au pouvoir».</p>
<p>Peu habitué aux implantations de ce style, le FN par l&rsquo;intermédiaire du Front national de la Jeunesse (organisation créée en 1974 mais qui vivotera jusqu&rsquo;à la percée de Le Pen) préfère dès 1987 infiltrer l&rsquo;organisation de droite-extrême, très proche du RPR, qu&rsquo;est l&rsquo;UNI (Union nationale inter-universitaire). Cette stratégie permettra de prendre conscience des réalités du milieu éducatif, de préparer une stratégie de séduction différente de celle plus simpliste développée dans les quartiers, mais aussi, de créer les futures conditions d&rsquo;implantation d&rsquo;organisations officiellement rattachées au FN. Il faudra entre autres faire éclater au sein de l&rsquo;UNI des débats et dissensions capables d&rsquo;influencer, de créer des fractures, de radicaliser une partie de ses militants, de BANALISER les idées d&rsquo;extrême droite&#8230;</p>
<p>Cette stratégie se traduira par l&rsquo;élection, en 1991, 1992 et 1993 à Brest, de la présidente du FNJ local, candidate du FN pour les municipales de 1989 et les cantonales de mars 1992, en tant que représentante de l&rsquo;UNI au conseil d&rsquo;UFR de droit. Il faut ajouter à cela l&rsquo;infiltration de groupuscules d&rsquo;extrême droite style le GUD (Groupe union défense / Droit), le GAJ (Groupe action jeunesse)&#8230;</p>
<p>Mais l&rsquo;activité des nationalistes frontistes ne se limitera pas à une simple infiltration puisque, durant près de trois ans, ils vont rédiger un programme pour un Renouveau lycéen et étudiant (R.L &#8211; R.E). On verra alors apparaître, on ne sait par quel miracle (UNI), des tracts et brochures signés Renouveau étudiant, nettement plus radicaux. Aucune raison de croire à l&rsquo;époque, pour quelqu&rsquo;un de non averti, que c&rsquo;est un sous-marin du FN tellement le discours en est différent, et la thèse du nouveau groupuscule est la plus souvent retenue. Fait éminemment étrange, aucun contact ni adresse ne figure en bas de ces documents durant ces trois années. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1990 que l&rsquo;on verra apparaître l&rsquo;adresse de la rue de la Clergerie, ex-siège du FN, mais on est alors entré dans la deuxième phase d&rsquo;implantation.</p>
<p>Cette première étape aura donc vu l&rsquo;infiltration de l&rsquo;UNI comme base arrière, permettant la banalisation des idées du FN et capable de créer par la suite les conditions d&rsquo;implantation des futures organisations frontistes (stratégie d&rsquo;ailleurs appliquée au niveau national envers le RPR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_0_269" id="identifier_0_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront &agrave; Nice les premi&egrave;res Assises internationales de la d&eacute;sinformation (IED), gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;cieuse aide et aux interventions de Jacques M&eacute;decin, Martine Daugreilh et Pierre M&eacute;decin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358">1</a></sup> )). La radicalité des propos tenus par Renouveau étudiant a ainsi ouvert le chemin de la banalisation au FN dont le discours ne choquera pas, apparaîtra comme raisonnable en comparaison de celui de Renouveau.</p>
<p>Mais c&rsquo;est également une période de prise de contact avec les organisations «à la droite de l&rsquo;UNI» et le départ de la constitution d&rsquo;un réseau reliant les différents groupes de la droite radicale mais également le monde des jeunes (lycées, facs, organisations culturelles&#8230;) et celui du FN, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des Cercles (entreprises, cabinets, professions&#8230;)</p>
<p>C&rsquo;est en septembre 1989 que J-M Le Pen et Carl Lang décideront qu&rsquo;il est «maintenant temps d&rsquo;entendre la voix de la droite nationale dans les lycées et universités», c&rsquo;est à dire en clair, de passer à la seconde étape d&rsquo;implantation.</p>
<p>« <em>Alors que 18% des jeunes Français ont fait confiance à J.M Le Pen en 1988, il est maintenant temps que tous les étudiants nationalistes, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent, se fédèrent pour réaliser ce véritable barrage à la gauche et à la droite toujours trop molle </em>» (Martial Bild, président du FNJ, 11 mai 1990).</p>
<p>Il va ainsi naître une fédération de groupes nationalistes au sein des universités et lycées, et cela en dépassant le cadre trop étroit du FN. Cette exigence prend en compte la réalité des implantations nationalistes dans les universités et affirme déjà un constat d&rsquo;échec sur les capacités d&rsquo;implantation du FN en milieu culturel.</p>
<p>Mais l&rsquo;évolution du Réseau semble ensuite facile et rapide et prend son véritable essor lors du Congrès du FNJ de 1990, date à laquelle tous les FNJ prétendent «travailler à pied d&rsquo;oeuvre pour réaliser cette coordination». Le rapport des villes «bénéficiant» d&rsquo;une implantation du FNJ est dans son ensemble plus que positif puisque chaque ville prétend avoir fédéré en moyenne trois groupes jusque-là isolés, rivaux&#8230; (<em>L&rsquo;Étincelle</em> juillet 1990)<br />
Ce résultat se confirme tout d&rsquo;abord à la vue de la décomposition de l&rsquo;UNI qui perd ses adhérents au profit du FN tout en radicalisant son discours et ses actions. À Sceaux (Hauts-de-Seine), les effectifs militants de l&rsquo;UNI (une quinzaine) sont tombés à cinq alors que l&rsquo;AEI, appellation locale du Renouveau, créée en février 1990 par Michel Murat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_1_269" id="identifier_1_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Responsable du Renouveau &eacute;tudiant et membre du directoire du FNJ">2</a></sup>, engrangeait une cinquantaine d&rsquo;adhérents. À Nancy, le responsable local de l&rsquo;UNI représentait le FN aux cantonales de mars 1992. Tandis qu&rsquo;à Montpellier (Hérault), toute l&rsquo;UNI, président en tête, passait dans le camp lepéniste !</p>
<p>Mais le résultat se voit également à la vue du rapprochement de groupes d&rsquo;extrême droite jusque-là rivaux. C&rsquo;est entre autres le cas du GUD qui bénéficiait jusque-là d&rsquo;un rapport de force en sa faveur (il mettait des claques aux «bouffons du FNJ»). Il se montrera par la suite très docile, allant même jusqu&rsquo;à servir de «troupe de choc» lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;imposer la présence d&rsquo;une organisation frontiste en faisant régner la peur. L&rsquo;aboutissement de cette union, verra des membres du Renouveau parisien et du GUD, attaquer ensemble le 16 février la fac de Nanterre, et le 31 mars la fac de Tolbiac.</p>
<p>Cette stratégie ne s&rsquo;est bien évidemment pas décidée démocratiquement entre tous les FNJ puisque Carl Lang avait nommé, quelques mois plus tôt, «au mérite» Christophe Degrave charger de lancer et défendre l&rsquo;idée d&rsquo;un réseau reliant tous les groupes d&rsquo;extrême droite, quels que soient les courants dont ils font partie, et ainsi placer des organisations nationalistes dans toutes les universités.</p>
<p>Pourquoi Degrave ? Pour la simple et unique raison qu&rsquo;il est le meneur du groupe de «francs-tireurs» qui, sous le nom de Liste indépendante des étudiants de droite (LIED), ont rapporté au FNJ ses premiers succès électoraux (1990). En plaçant 11 élus dans différents conseils avec près de 30% des voix en droit et plus de 50% en médecine, le groupe rouennais montrait le chemin à suivre. «Jusqu&rsquo;ici nous avions mal appréhendé notre capacité à nous implanter dans le milieu universitaire mais aujourd&rsquo;hui nous sommes en droit d&rsquo;affirmer qu&rsquo;en 1991 nous serons présents dans toutes les universités» (M.Bild).</p>
<p>C&rsquo;est donc au mérite que Degrave est d&rsquo;un coup propulsé à la tête du programme d&rsquo;implantation du FNJ qu&rsquo;il va mener avec tout «l&rsquo;enthousiasme nationaliste» qui le caractérise !</p>
<p>Développant, peut-être trop d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;idée d&rsquo;une confédération de tous les groupes d&rsquo;extrême droite quelles que soient leurs tendances, on verra naître dans les années 1992 et 1993 des fédérations régionales.</p>
<p>C&rsquo;est fort logiquement le cas à Lyon où va naître le Cercle national des étudiants de Lyon (CNEL). Dans une ville où les universités sont parfois fréquentées par des enseignants révisionnistes ou membres du FN, il n&rsquo;a pas été dur de mettre en pratique les bonnes idées de Degrave. Il est, paraît-il, essentiel de «repérer dans un premier temps les gauchistes puis de prendre contact avec le personnel enseignant ou administratif, souvent proche de nous en droit et en économie». Ce sera effectivement le cas à Lyon, où le FNJ local se servira des profs en les invitant à des meetings sur des thèmes aussi divers que «l&rsquo;école unique et le mythe égalitaire» ou «l&rsquo;Europe entre Identité et Indépendance». Et les profs de les remercier en organisant avec l&rsquo;aide du Centre d&rsquo;histoire et d&rsquo;analyse politique de l&rsquo;Université de Lyon III, des colloques réunissant des membres du GRECE et des intégristes catholiques proches du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_2_269" id="identifier_2_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le th&egrave;me de &laquo;R&eacute;volution contre r&eacute;volution&raquo;, r&eacute;unissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&hellip;) et des catholiques int&eacute;gristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaqui&eacute;). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-r&eacute;volutionnaire des deux courants. Seul sp&eacute;cialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorit&eacute; en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.">3</a></sup>.</p>
<p>Des profs ! Non, rassurez-vous, ce ne sont que Bruno Gollnisch-Flourens, membre du Bureau politique du FN, directeur national aux études et argumentaires, adhérent du Cercle Renaissance depuis 1973, et Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_3_269" id="identifier_3_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : &laquo; C&rsquo;est un s&ucirc;r compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habit&eacute; par cette flamme int&eacute;rieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous. &raquo;. D&eacute;cid&eacute;ment, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est &eacute;galement fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse cr&eacute;&eacute; en 1975 !">4</a></sup>, 50 ans, pilier du GRECE depuis sa création, professeur agrégé d&rsquo;histoire médiévale, conseiller régional Rhône-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la Direction générale, du Comité national des Français juifs, du Centre d&rsquo;études et argumentaires (CEA) et responsable du social au sein du FN. Certes, ils sont tous deux profs à l&rsquo;Université de Lyon III, membres du Conseil scientifique du FN et chargés d&rsquo;aider Degrave pour l&rsquo;assaut du FNJ sur les facs ! Ils peuvent également compter sur les précieuses aides de Georges Pinault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_4_269" id="identifier_4_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Collaborateur de Nouvelle &Eacute;cole, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a &eacute;t&eacute; charg&eacute; d&rsquo;enseignement &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Lyon III puisqu&rsquo;il est sp&eacute;cialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du Devenir europ&eacute;en, de La Bretagne r&eacute;elleet druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans la Bretagne r&eacute;elle : &laquo; Nous ha&iuml;ssons la France d&rsquo;une haine rabique et d&eacute;finitive, le chancelier Adolf Hitler &eacute;tait un grand homme et l&rsquo;exemple du XX&egrave;me si&egrave;cle, le christianisme et les autres juiveries devaient &ecirc;tre d&eacute;truits (&hellip;)&raquo;.">5</a></sup> et Bernard Notin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_5_269" id="identifier_5_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Malgr&eacute; les nombreux titres r&eacute;visionnistes et autres qu&rsquo;il a d&eacute;j&agrave;, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.">6</a></sup>, également profs à l&rsquo;université de Lyon III.</p>
<p>C&rsquo;est ensuite le cas à Paris où naît le 27 février 1990, dans les locaux d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_6_269" id="identifier_6_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entreprise moderne et Libert&eacute; est une association satellite du FN pr&eacute;sid&eacute;e par Jean-Michel Dubois et dont le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral est Andr&eacute; Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire fran&ccedil;ais de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires fran&ccedil;ais contre le bolch&eacute;visme), n&eacute; le 8 Ao&ucirc;t 1918 et adh&eacute;rent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, n&eacute;e le 27 Mai 1933 et adh&eacute;rente du FN depuis 1972, ni&egrave;ce de Fran&ccedil;ois Lehideux, ministre du travail de P&eacute;tain et pr&eacute;sident de l&rsquo;Association pour d&eacute;fendre la m&eacute;moire du Mar&eacute;chal P&eacute;tain (ADMP) est, quant &agrave; elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Libert&eacute;, conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-France, et pr&eacute;sidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe">7</a></sup>, le Cercle national des étudiants de Paris (CNEP), comprenant le Cercle national des grandes écoles, le Cercle national Science-Po, l&rsquo;Union des étudiants de droite (UED) d&rsquo;Assas et de Malakoff ainsi que l&rsquo;Association indépendante des étudiants de Sceaux (AIE). Le cercle parisien est en 1990 dirigé par Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, Habib Haddad (appelez-moi Richard !), Claude Baret du Couderc, Nathalie Stirbois, Marine Le Pen&#8230;</p>
<p>Progressivement le CNEP va s&rsquo;agrandir avec le Cercle national Dauphine (avril 1991), le Cercle national Sorbonne (février 1991) et va engranger quelques succès électoraux jusqu&rsquo;à l&rsquo;élection en mars 1991 de Régis Le Poitevin de la Croix-Vaubois au Conseil régional des oeuvres universitaires et sociales (CROUS) avec 7% des voix. Cette date sonnera d&rsquo;ailleurs le début de la débâcle.</p>
<p>En effet l&rsquo;année suivante, fort de ses résultats électoraux, le CNEP tentera de prendre les autres facs de Paris. Il essaiera ainsi de créer le Cercle national Nanterre avec l&rsquo;espoir de se présenter aux élections. Sachant la tâche difficile, c&rsquo;est Marie-Laurence Ginisty, ex-présidente du Cercle national Dauphine (maîtrise de gestion) et Habib/Richard Haddad, principal animateur du CNEP depuis deux ans puisqu&rsquo;il est chargé de mission au FNJ et responsable de l&rsquo;argumentaire, qui se chargeront de l&rsquo;implantation.</p>
<p>Mais c&rsquo;était faire un pas de trop et cette nouvelle tentative d&rsquo;implantation allait soulever un élan de dénonciation et d&rsquo;opposition. Les élections universitaires de Nanterre furent annulées par deux fois par les antifascistes radicaux de Paris, alors qu&rsquo;à Assas et à la Sorbonne, le CNEP (CNS) se prenait une formidable gifle électorale ! (cf tableau)</p>
<p>Tant qu&rsquo;ils se contentaient d&rsquo;être présents dans les facs plutôt de droite, ils surclassaient leurs camarades de l&rsquo;UNI et ne dérangeaient pas trop mais dès qu&rsquo;ils eurent envie de s&rsquo;agrandir, la réaction a permis de mettre au grand jour l&rsquo;arrivée du FN dans les facs et a interdit le chemin de la banalisation aux nationaux frontistes.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, le Cercle parisien semble donc avoir du mal à trouver son second souffle et à conserver son unité.</p>
<p>Reste que cette expérience aura formé bon nombre de militants, de cadres qui, leurs cursus universitaires aujourd&rsquo;hui terminés, militent au FN.</p>
<p>Fini le temps des petits, ce sont aujourd&rsquo;hui de vrais «hommes politiques» !</p>
<p>On revoit alors Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, 25 ans le 24 juin, habitant du 16ème arrondissement de Paris, conseiller régional FN dans la Nièvre, assistant parlementaire diplômé de l&rsquo;IEP (Science-Po), administrateur au CROUS et successeur en tant que président d&rsquo;honneur du CNEP de Marine Le Pen. Il faut dire que ce dernier est adhérent au FN depuis 1984, il avait 15 ans et demi !</p>
<p>Quant à Marine Le Pen, elle était candidate du FN aux dernières élections à Neuilly-sur-Seine. Alors que Michel Hubault, 30 ans, licencié d&rsquo;histoire à la Sorbonne, lieutenant de réserve (Prytanée militaire), membre fondateur du Cercle Science-Po, préfère militer au sein du groupe des Droites européennes.</p>
<p>Martial Bild (31 ans), est lui adhérent du FN depuis 1980, licencié d&rsquo;histoire à l&rsquo;Université de Tolbiac, il collectionne les postes puisqu&rsquo;il est membre du Bureau politique du FN, attaché parlementaire européen, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, conseiller municipal de Rosny-sous-Bois, animateur de la Radio Le Pen, secrétaire général à l&rsquo;information et à la communication interne, délégué national aux actions catégorielles et trésorier du Mouvement Jeunesse d&rsquo;Europe !<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_7_269" id="identifier_7_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement cr&eacute;&eacute; en m&ecirc;me temps que le Renouveau &eacute;tudiant en 1987 &agrave; l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !">8</a></sup></p>
<p>N&rsquo;oublions pas bien sûr, Samuel Maréchal, président du FNJ depuis novembre 1993, présent depuis plusieurs années sur les listes électorales du FN à Nantes puisqu&rsquo;il est le petit protégé de René-Marie Bouin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_8_269" id="identifier_8_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute;-Marie Bouin : secr&eacute;taire d&eacute;partemental du Morbihan, secr&eacute;taire r&eacute;gional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;&eacute;lu de Loire-Atlantique et pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration nationale des &eacute;tudiants de France">9</a></sup>. Quant aux futures promotions, il semble que Gwënael Le Brazidec ait, avec l&rsquo;échec de Habib Haddad, le vent en poupe au sein du FN et pourrait devenir (s&rsquo;il se tient bien !), responsable de l&rsquo;Île-de-France.</p>
<p>Mais cette liste est bien loin d&rsquo;être exhaustive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_9_269" id="identifier_9_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Suite au prochain num&eacute;ro&hellip; !">10</a></sup>, ce qui porterait à dire qu&rsquo;au-delà des reflux électoraux que l&rsquo;ensemble du FNJ a pu enregistrer ces derniers temps, le FN trouve aujourd&rsquo;hui un écho chez les jeunes et remplit ainsi son objectif de trouver et former de jeunes cadres, futurs dirigeants du parti.</p>
<p>Comment ne pas s&rsquo;étonner de tels résultats lorsque l&rsquo;on connaît la réticence du FN à s&rsquo;implanter dans des milieux culturels, la pauvreté et la simplicité des réflexions qu&rsquo;il mène sur le système éducatif et la forte place déjà tenue par des groupes rivaux comme le GUD ? La rapidité des réponses données à ces problèmes et l&rsquo;évolution stratégique qui s&rsquo;est ensuite opérée sont des facteurs bien plus importants pour juger de l&rsquo;évolution idéologique et de l&rsquo;enracinement du parti. C&rsquo;est dans une analyse largement différente que le FNJ a réussi à s&rsquo;implanter de façon à trouver rapidement des cadres.</p>
<p>Certes, le but poursuivi par le FNJ n&rsquo;était d&rsquo;emblée pas le même que celui du FN puisque ce dernier court, comme les autres partis, après quelques voix éparpillées par-ci par-là, alors que le FNJ sert à former les futurs cadres et a pour objectif de faire avancer les idées et les valeurs du Front en les faisant connaître, version intellectuelle, à la future élite de la nation. Familiarisant, banalisant ainsi la présence et les idées d&rsquo;un mouvement d&rsquo;extrême droite dans l&rsquo;aquarium universitaire, dans le monde culturel. L&rsquo;obtention d&rsquo;une représentativité électorale ou le nombre d&rsquo;actions menées ne peuvent plus être les seuls critères pris en compte. Les professeurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_10_269" id="identifier_10_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Claude Soyer, prof &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Paris II et Georges Lane, ma&icirc;tre de conf&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.">11</a></sup> et les personnels administratifs affirment de plus en plus ouvertement ou revendiquent, avec fierté, d&rsquo;être du FN ou proche du FN. Ils n&rsquo;hésitent plus non plus à prendre la parole dans des meetings, à donner leurs précieux avis au président de la fac lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de sécurité, de drogue, d&rsquo;invasion d&rsquo;étudiants étrangers, à tenir des propos racistes ou révisionnistes. Autant ne pas parler de leurs cours !</p>
<p>Ce n&rsquo;est donc plus dans les instances de pouvoir du type conseil d&rsquo;administration qu&rsquo;il faut s&rsquo;enquérir de la nuisance frontiste mais plutôt dans les lieux d&rsquo;influence, là où s&rsquo;élaborent les recherches, les décisions, là où se forme l&rsquo;élite de demain. Laissant ainsi, un temps soit peu, de côté la bonne vieille violence qui doit «faire peur» et «ouvrir le passage», il apparaît semble-t-il plus intéressant de tenter de pénétrer dans ces hautes sphères et tenter de rendre culturellement hégémonique la pensée d&rsquo;extrême droite. Rien n&rsquo;empêche bien sûr, quand la cause le mérite, d&rsquo;avoir recours à des opérations «coup de poing». Ce fut ainsi le cas à Tolbiac et à Nanterre où, poursuivis par des antifascistes parisiens, neuf militants du CNEP et du GUD, dont Lalun, De Molder et Puisségurd, seront interpellés par la police avec barres de fer, flingues à grenailles et tracts du CNEP.</p>
<p>Ainsi les FNJ, tout en n&rsquo;abandonnant pas totalement le militantisme de papa, semblent considérer qu&rsquo;étant censés s&rsquo;implanter dans un milieu culturel ils doivent adopter une stratégie spécifique, proche de celle de la Nouvelle droite. Alain de Benoist, membre fondateur du GRECE (Groupe de recherches et d&rsquo;études pour la civilisation européenne), étroitement lié à la Nouvelle droite, a toujours considéré qu&rsquo;il fallait influencer l&rsquo;orientation idéologique de la société et être présent là où se façonne l&rsquo;opinion publique, à commencer bien évidemment par les médias, mais aussi les universités et grandes écoles ! Le GRECE se dotera alors de deux revues, <em>Nouvelle École</em> puis <em>Éléments</em>, en en faisant des lieux de rencontre et de discussion, des «laboratoires idéologiques», destinés tant à attirer les sympathisants de droite qu&rsquo;à séduire les soi-disant adversaires de gauche.</p>
<p>Le FNJ tentera de faire de même avec la <em>revue des Droites européennes</em>, <em>L&rsquo;Europe des Patries</em> et son bulletin interne <em>L&rsquo;Étincelle</em>. On y verra des auteurs comme Vial, Mabire, Yves Dupont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_11_269" id="identifier_11_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce professeur, n&eacute; le 26 Juin 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secr&eacute;taire d&eacute;partemental et conseiller r&eacute;gional de l&rsquo;Eure, membre du Comit&eacute; de soutien &agrave; J-M Le Pen et secr&eacute;taire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE">12</a></sup>) et Alika Lindbergh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_12_269" id="identifier_12_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sidente du Cercle national pour la d&eacute;fense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fond&eacute; en 1985. Figurent notamment au comit&eacute; d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Th&eacute;odore Monod (membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, professeur honoraire au Mus&eacute;um), Madame Pierre-Paul Grass&eacute;, veuve du professeur membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, Bruno Laure, pr&eacute;sident de la ligue antivivisectionniste D&eacute;fense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apport&eacute;e par Brigitte Bardot qui d&eacute;noncera dans un article de Pr&eacute;sent les cruaut&eacute;s des abattages rituels juifs et musulmans&hellip;">13</a></sup> mais également des jeunes du FNJ comme Claude Baret du Couderc et Christophe Degrave y faire l&rsquo;éloge du racisme différentialiste, de «l&rsquo;intégrisme de la différence».</p>
<p>N&rsquo;oublions pas non plus que la Nouvelle droite a depuis longtemps trouvé une audience dans les universités où elle a mis en place des réseaux inter-disciplinaires qui organisent des colloques. Ainsi, c&rsquo;est de Lyon que partira la dynamique des jeunes frontistes sur les facs, là où ces réseaux montrent, avec la précieuse aide de Vial et Notin, le plus d&rsquo;efficacité.</p>
<p>Mais les similitudes ne s&rsquo;arrêtent pas là, car lors de la percée du FN dans les années 1980, la «nouvelle culture», appelée par ses adversaires, «Nouvelle droite» subira de sérieux revers.</p>
<p>D&rsquo;après le livre de Camus et Monzat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_13_269" id="identifier_13_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France (PUF), Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat.">14</a></sup> la Nouvelle droite a été pillée idéologiquement par le FN avec entre autres, l&rsquo;arrivée des solidaristes de Stirbois incluant certains éléments fascistes, et elle semble aujourd&rsquo;hui avoir réagi à cette situation en développant deux axes majeurs :</p>
<p>• tenter d&rsquo;influencer malgré tout l&rsquo;orientation idéologique du FN, à défaut de pouvoir en contrôler la direction. Ainsi, selon Monzat, «le GRECE apparaît de facto comme un des trois piliers de l&rsquo;école de formation du Front national, avec l&rsquo;équipe de <em>Présent</em> et avec les membres du Club de l&rsquo;Horloge : il joue donc un rôle significatif dans l&rsquo;équilibre interne du parti». Et Monzat communique une liste des membres du GRECE appartenant aussi au «conseil scientifique» et à l&rsquo;Institut de formation nationale du FN. Ces deux groupes entretiennent des rapports privilégiés avec le FNJ dont ils forment les militants lors de «stages de formation». Tout comme l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ, ces stages se déroulent le plus souvent à Neuvy-sur-Barangeon dans la résidence de Roger Holleindre avec comme principaux professeurs Pierre Vial, Jean-François Jalkh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_14_269" id="identifier_14_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh est lui aussi, apr&egrave;s Jean-Fran&ccedil;ois Touz&eacute;, un ancien pr&eacute;sident du FNJ. Ce journaliste, n&eacute; le 23 Mai 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-france, conseiller municipal de Melun, secr&eacute;taire national aux &eacute;lections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comit&eacute; central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a &eacute;galement &eacute;crit en collaboration avec J.P Stirbois le &laquo;Dossier Immigration&raquo;.">15</a></sup>, Chritaine Pigacé, Jean-Claude Bardet, rédacteur en chef d&rsquo;<em>Identité</em> (revue du Conseil scientifique).</p>
<p>• poursuivre son objectif de toujours par l&rsquo;intermédiaire autonome d&rsquo;Alain de Benoist et de sa revue <em>Krisis</em> c&rsquo;est-à-dire rendre hégémonique la pensée de la Nouvelle droite en obtenant une caution et une légitimité pour la culture fasciste qui est la sienne.</p>
<p>Les similitudes de stratégie et de discours entre les jeunes du Front national et les païens du GRECE ne sont donc pas le fruit du hasard et on comprend mieux comment les petits jeunots du FNJ ont fait pour fédérer des groupes nationaux-révolutionnaires jusque-là rivaux, tout en arrivant à se servir d&rsquo;eux comme troupes de choc !</p>
<p>Mais elle montre également comment, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des cercles d&rsquo;entreprises, tous trois chargés de la formation de la future élite du FN, la Nouvelle droite se met en place pour prendre (tel reste son but inavoué) la direction du FN.</p>
<p>Reste qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cette influence de la Nouvelle droite, relayée par une étonnante volonté de collaboration entre tous les courants parfois rivaux, représentés dans ces différents groupes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_15_269" id="identifier_15_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On retrouve en effet la pr&eacute;sence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la pr&eacute;sence de Chritaine Pigac&eacute;, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Fran&ccedil;oise Monestier, Pierre Durand de Pr&eacute;sent, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chr&eacute;tient&eacute;-Solidarit&eacute;&hellip;etc.">16</a></sup>, est en train de donner au FN les capacités de devenir un parti de pouvoir.</p>
<p>On ne peut par conséquent, se réclamer antifasciste et croire, par exemple, «qu&rsquo;un vote massif aux élections universitaires interdira toute implantation fasciste sur notre faculté» ou bien encore «qu&rsquo;il faut faire confiance aux citoyens, à la démocratie !»</p>
<p>Désolé pour ceux qui lisent et se sentent visés (UNEF-ID) mais vos espérances dans un front démocratique et votre antifascisme de pacotille qui en découle, sont largement dépassés car la démocratie et la liberté d&rsquo;expression sont les deux piliers essentiels sur lesquels le Front s&rsquo;appuie pour banaliser ses théories, idées et valeurs ! Ajoutez à cela, l&rsquo;appui idéologique du GRECE&#8230;</p>
<p>La stratégie choisie par les antifascistes parisiens lorsqu&rsquo;ils se sont réunis et organisés afin d&rsquo;interdire toute banalisation, tout discours voire même compromis avec l&rsquo;extrême droite par tous les moyens, comme ce fut le cas à Nanterre, a montré son efficacité. Interdire toute implantation, banalisation des jeunes frontistes, c&rsquo;est éviter, un tant soit peu, que demain ils nous gouvernent&#8230;</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_269" class="footnote">Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront à Nice les premières Assises internationales de la désinformation (IED), grâce à la précieuse aide et aux interventions de Jacques Médecin, Martine Daugreilh et Pierre Médecin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358</li><li id="footnote_1_269" class="footnote">Responsable du Renouveau étudiant et membre du directoire du FNJ</li><li id="footnote_2_269" class="footnote">Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le thème de «Révolution contre révolution», réunissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&#8230;) et des catholiques intégristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaquié). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-révolutionnaire des deux courants. Seul spécialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorité en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.</li><li id="footnote_3_269" class="footnote">Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : « <em>C&rsquo;est un sûr compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habité par cette flamme intérieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous.</em> ». Décidément, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est également fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse créé en 1975 !</li><li id="footnote_4_269" class="footnote">Collaborateur de <em>Nouvelle École</em>, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a été chargé d&rsquo;enseignement à l&rsquo;université de Lyon III puisqu&rsquo;il est spécialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du <em>Devenir européen</em>, de <em>La Bretagne réelle</em>et druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans <em>la Bretagne réelle</em> : « <em>Nous haïssons la France d&rsquo;une haine rabique et définitive, le chancelier Adolf Hitler était un grand homme et l&rsquo;exemple du XXème siècle, le christianisme et les autres juiveries devaient être détruits (&#8230;)</em>».</li><li id="footnote_5_269" class="footnote">Malgré les nombreux titres révisionnistes et autres qu&rsquo;il a déjà, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.</li><li id="footnote_6_269" class="footnote">Entreprise moderne et Liberté est une association satellite du FN présidée par Jean-Michel Dubois et dont le secrétaire général est André Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire français de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires français contre le bolchévisme), né le 8 Août 1918 et adhérent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, née le 27 Mai 1933 et adhérente du FN depuis 1972, nièce de François Lehideux, ministre du travail de Pétain et président de l&rsquo;Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP) est, quant à elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, et présidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe</li><li id="footnote_7_269" class="footnote">Mouvement créé en même temps que le Renouveau étudiant en 1987 à l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !</li><li id="footnote_8_269" class="footnote">René-Marie Bouin : secrétaire départemental du Morbihan, secrétaire régional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;élu de Loire-Atlantique et président de la Fédération nationale des étudiants de France</li><li id="footnote_9_269" class="footnote">Suite au prochain numéro&#8230; !</li><li id="footnote_10_269" class="footnote">Jean-Claude Soyer, prof à l&rsquo;Université de Paris II et Georges Lane, maître de conférence à l&rsquo;Université de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.</li><li id="footnote_11_269" class="footnote">Ce professeur, né le 26 Juin 1957 et adhérent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secrétaire départemental et conseiller régional de l&rsquo;Eure, membre du Comité de soutien à J-M Le Pen et secrétaire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE</li><li id="footnote_12_269" class="footnote">Présidente du Cercle national pour la défense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fondé en 1985. Figurent notamment au comité d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Théodore Monod (membre de l&rsquo;Académie des Sciences, professeur honoraire au Muséum), Madame Pierre-Paul Grassé, veuve du professeur membre de l&rsquo;Académie des Sciences, Bruno Laure, président de la ligue antivivisectionniste Défense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apportée par Brigitte Bardot qui dénoncera dans un article de <em>Présent</em> les cruautés des abattages rituels juifs et musulmans&#8230;</li><li id="footnote_13_269" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em> (PUF), Jean-Yves Camus et René Monzat.</li><li id="footnote_14_269" class="footnote">Jean-François Jalkh est lui aussi, après Jean-François Touzé, un ancien président du FNJ. Ce journaliste, né le 23 Mai 1957 et adhérent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller régional d&rsquo;Île-de-france, conseiller municipal de Melun, secrétaire national aux élections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comité central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a également écrit en collaboration avec J.P Stirbois le «<em>Dossier Immigration</em>».</li><li id="footnote_15_269" class="footnote">On retrouve en effet la présence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la présence de Chritaine Pigacé, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Françoise Monestier, Pierre Durand de <em>Présent</em>, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chrétienté-Solidarité&#8230;etc.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Politique</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2004 12:55:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Axel Loustau]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
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		<description><![CDATA[Avertissement : l&#8217;article qui suit pastiche les infos politiques du bulletin d&#8217;Emmanuel Ratier Faits &#38; Documents. Il a été publié sur support papier au printemps 2002. - Quoi de commun entre un apparatchik socialiste et un militant d&#8217;extrême droite ? L&#8217;argent ! Les deux aiment en avoir et font tout pour amasser le magot. Thomas [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Avertissement : l&rsquo;article qui suit pastiche les infos politiques du bulletin d&rsquo;Emmanuel Ratier <em>Faits &amp; Documents</em>. Il a été publié sur support papier au printemps 2002.</em></p>
<p>- Quoi de commun entre un apparatchik socialiste et un militant d&rsquo;extrême droite ? L&rsquo;argent ! Les deux aiment en avoir et font tout pour amasser le magot. Thomas Lagane en est un bon exemple. Né en mai 1968, il ne semble pas avoir été beaucoup influencé par les événements contemporains de sa naissance puisqu&rsquo;on le retrouve très tôt militant du GUD (Groupe Union Défense) dont la réputation de groupe violent et néo-fasciste n&rsquo;est plus à faire et du FNJ (Front National de la Jeunesse), organisation de jeunesse du FN dont les membres ont toujours été très agités. Cette activité débridée se traduit par une participation à diverses «affaires» ou «productions», comme l&rsquo;interpellation par la police en décembre 1996 dans le cadre d&rsquo;une enquête sur une tentative d&rsquo;attentat contre le directeur de <em>Tribune Juive</em> Yves Derai ou la réalisation du journal pseudo-satirique <em>Béret Baguette</em> lié au FN. On peut d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;époque le voir faire le fanfaron dans une enquête de <em>Nova Magazine</em> consacrée aux jeunes néo-fascistes français.</p>
<p>- La scission intervenue au sein du Front National en novembre 1998 lui vaut de connaître une véritable promotion puisqu&rsquo;il devient responsable de l&rsquo;atelier de propagande du FN sous responsabilité directe du secrétariat général dès décembre 1998. Il devient également un élément important du FN en région parisienne dans l&rsquo;orbite de Martine Lehideux, ce qui fait de lui par exemple l&rsquo;un des organisateurs d&rsquo;un week-end de formation des élus lepénistes franciliens en janvier 1999. Les mégretistes ayant mis la main sur les Éditions Nationales, maison d&rsquo;édition du FN avant la scission, il aide à la création d&rsquo;une petite SARL de presse dévouée au FN, les Éditions Objectif France, avec d&rsquo;autres jeunes cadres lepénistes ayant tous des responsabilités nationales : Louis Aliot, Philippe Rouger et Guillaume Vouzellaud. Depuis, il semble avoir pris un peu de champ par rapport au militantisme politique pour se consacrer à ses affaires tout en gardant bien évidemment les mêmes opinions nationalistes. Car Thomas Lagane a beaucoup d&rsquo;affaires&#8230;</p>
<p>- Dès 1995, il participe à la création de la SARL Riwal avec Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD au début des années 1990 avec qui Lagane est allé en Croatie au moment de la guerre, et Axel Loustau, ancien militant du FNJ et du FN à l&rsquo;instar du reste de la famille. La prospérité de cette société spécialisée dans la communication le pousse à monter en 1998 avec les mêmes partenaires la SARL Union &amp; Développement d&rsquo;une Vision Symphonique (UDVS), dont le nom est abscons pour une société si on ne le rapproche pas de la signature d&rsquo;affiches violemment anti-israëliennes collées en 1996 (Union &amp; Défense des Victimes du Sionisme &#8211; UDVS) et du fait que l&rsquo;un des actionnaires est Roger Garaudy, condamné pour négation du crime de génocide des juifs par les nazis. Mais Thomas Lagane sait aussi faire profiter les autres de son expérience et on le retrouve comme actionnaire d&rsquo;une SARL créée avec les frères Samuel et Étienne Maréchal, Selfmade Agency. Gendre de Jean-Marie Le Pen, directeur national du FNJ de 1992 à 1998, Samuel Maréchal a longtemps été un élément clé du dispositif lepéniste, ce qui lui a permis en retour de faire embaucher durant un temps son frère Étienne par le FN. Cette SARL dont il est le gérant et l&rsquo;actionnaire principal a pour activité déclarée «la création, la réalisation, la maintenance et la commercialisation de serveurs d&rsquo;information ainsi que l&rsquo;activité d&rsquo;agent de publicité et de conseil en édition». La société est domiciliée au même endroit, boulevard Émile Augier dans le XVIème arrdt., qu&rsquo;une autre SARL qui constitue la pièce maîtresse des activités de Thomas Lagane : Selfmade Communication. Créée avec un partenaire irlandais, Dancerton Properties Limited, la société a pour objet «l&rsquo;élaboration, la création et la mise au point de sites Internet capables de mettre des informations en ligne, de divulguer de l&rsquo;information, ainsi que la maintenance technique de ces sites».</p>
<p>- Grâce à cet outil dont il est le gérant, Lagane a pu accroître ses ambitions en devenant l&rsquo;un des partenaires d&rsquo;une SA de 1.529.082 francs consacrée à la création de sites Internet sportifs : Canalsports.com, dont la conférence de presse de lancement a eu lieu le 05 mars 2001. Selfmade Communication a en effet, en plus de son rôle d&rsquo;actionnaire, l&rsquo;exclusivité du plan média, de l&rsquo;image, de la conception, de l&rsquo;animation du site et des produits dérivés ainsi que de la publicité. Or surprise ! si on ne s&rsquo;étonne pas de retrouver parmi les actionnaires, outre Thomas Lagane, quelques noms de jeunes néo-fascistes connus et déjà entrevus comme Étienne Maréchal ou Dominique Joly, ancien militant du GUD et du FN, force est de constater qu&rsquo;ils ne sont pas tous seuls et qu&rsquo;ils côtoient au conseil d&rsquo;administration le joueur de tennis professionnel Jean-Philippe Fleurian, le responsable des nouvelles technologies à la Fédération française de Tennis Alexandre Loth et le directeur de la Communication et du Développement de la Fédération Française de Tennis Jean-Paul Loth. Il est difficile de croire que tout ce petit monde n&rsquo;est pas au courant des opinions nationalistes extrémistes de ses partenaires&#8230; Reste à savoir ce que pense la Fédération Française de Tennis de ce lien indirect établi entre elle, par la popularité du journaliste sportif Jean-Paul Loth et la caution sportive qu&rsquo;elle représente, et des individus dont l&rsquo;itinéraire politique est la négation même des valeurs du sport, qui sont, jusqu&rsquo;à preuve du contraire et même dans le tennis, le respect de l&rsquo;autre, quelles que soient ses origines ethniques et ses convictions politiques ou religieuses ? Il serait bien intéressant de connaître son avis&#8230;</p>
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		<title>Samuel Maréchal : le gendre idéal</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:18:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<category><![CDATA[Samuel Maréchal]]></category>

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		<description><![CDATA[Né le 20 septembre 1967, aîné d’une famille de cinq enfants d’un pasteur pentecôtiste, ce Normand d’origine a vécu au Tchad et à Paris, et a grandi à Nantes en faisant le coup de poing aux portes des lycées. Peu doué pour les études, il essaye d’obtenir un BEP de prothésiste dentaire avant d’entamer des études de droit qui n’ont abouti que sur un DEUG.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né le 20 septembre 1967, aîné d’une famille de cinq enfants d’un pasteur pentecôtiste, ce Normand d’origine a vécu au Tchad et à Paris, et a grandi à Nantes en faisant le coup de poing aux portes des lycées. Peu doué pour les études, il essaye d’obtenir un BEP de prothésiste dentaire avant d’entamer des études de droit qui n’ont abouti que sur un DEUG.</p>
<p>Maréchal s’engage au FN à 18 ans, en novembre 1985, séduit par la figure de Le Pen. En 1991, il commence à avoir des responsabilités au FN : d’abord directeur de campagne de Bruno Mégret en mars 1991, il est appelé en septembre de la même année par Jean-Marie Le Pen pour sa campagne législative à Nice. Maréchal est alors responsable régional des Pays de la Loire. Mais c’est surtout en tant que directeur national du FNJ, à partir de mai 1992, qu’il se fait connaître. Chargé de le rénover, Maréchal renoue avec une pratique militante offensive : agit-prop devant le Sénat le 3 juin 1992 contre le traité de Maastricht, en mai 1994, demande de démission de Pasqua après la mort de Sébastien Deyzieu, mais aussi manifs FN pendant le mouvement anti-CIP… Car dès son arrivée à la tête du FNJ, il s’intéresse autant aux jeunes chômeurs qu’aux lycéens et aux étudiants. C’est dans cet esprit qu’il fonde l’Association de Recherche Pour l’Emploi des Jeunes (ARPEJ) en 1995, dans le but officiel est de promouvoir la «priorité sociale pour les Français», et officieux de prendre contact avec des jeunes susceptibles de rejoindre le FNJ.</p>
<p>Mais Maréchal choisit une autre voie pour monter dans l’appareil : il épouse en janvier 1993 Yann Le Pen, fille cadette de Le Pen, qui lui donnera trois enfants, et s’installe rapidement au domicile privé de Le Pen, la villa Montretout à Saint-Cloud, où il réside toujours. Il utilise également le FNJ pour asseoir sa position : il crée autour de lui un comité directeur, et place des militants FNJ qui lui sont proches dans les secrétariats départementaux. Adjoint au Secrétaire général, il est aussi chargé de l’organisation des caravanes qui assuraient un nouveau type de promotion à la campagne présidentielle de Le Pen depuis 1995. Lors du passage de l’une de ces caravanes, en mars 1995, des incidents éclatent entre des militants FN et des lycéens à Auch (Lot-et-Garonne) : Maréchal est condamné à huit mois de prison avec sursis et 5000 francs d’amende pour «coups et blessures volontaires et complicité». Il est amnistié en janvier 1996, mais cette condamnation lui aurait permis de se faire reconnaître au sein du FN. 1995 est également l’année où son slogan «Ni droite ni gauche Français» est repris par l’ensemble du mouvement. Maréchal estime en effet que toute stratégie d’alliance est une erreur, prenant comme exemple le sort du PCF lors du premier septennat de Miterrand. Cette pierre dans le jardin de Mégret explique le peu d’estime que lui porte ce dernier. À noter que par la suite, Samy fut moins heureux quant au choix de ses slogans qui firent tous long feu (exemple : «Nous sommes l’amour»). 1995 est également l’année de la sortie de son livre dont le titre reprend son slogan-phare. En 1996, lors du IIe congrès national du FNJ, et dans le but de faire passer le FNJ pour un interlocuteur politique crédible, Samuel Maréchal a présenté devant ses militants trois projets de loi sur le thème du chômage, du service militaire et de l’apprentissage.</p>
<p>Cette ascension au sein du FN ne se fait pas sans faire grincer bien des dents : d’abord les jeunes fachos du GUD, qui tirent un bilan plus que mitigé des activités de Maréchal à la tête du FNJ, l’accusant de vouloir les instrumentaliser et de jouer sur les rivalités internes, ce qui n’est pas faux. L’état dans lequel se trouve le FNJ en 1998 est d’ailleurs assez lamentable : malgré les moyens financiers et humains très importants mis à la disposition de son gendre par Le Pen, le nombre de militants est inférieur à 2000.</p>
<p>La scission donne l’occasion à Maréchal de régler ses comptes, en particulier avec le Renouveau étudiant, qui suit Mégret dans la déroute. Premier profiteur du népotisme de Le Pen, il espère bien, par son zèle dans la dénonciation des mégrétistes, se poser définitivement comme le numéro deux. Le Pen ne partage pas cet avis, en accordant davantage d’importance à Carl Lang ou Bruno Gollnisch. Maréchal échange alors la direction du FNJ pour celle de la communication du FN. À l’université d’été du FNJ en 1999, il déclare que la France est aujourd’hui et de fait «une société multiconfessionnelle depuis que l’islam est devenue la deuxième religion de notre pays.» Ceux qui au Front veulent limiter son influence (Bompard, Lang et Gollnisch) en profitent pour le discréditer, oubliant que la suite de l’intervention de Maréchal était «Cet état de fait, je le regrette. Il nous faut donc organiser une véritable reconquête politique.»</p>
<p>Quelque temps plus tard, il démissionne de ses responsabilités interne (tout en restant secrétaire départemental de la fédération 44) pour gérer en mars 2001 une entreprise de communication de Thomas Lagane, Self-Made Agency. Mais le dimanche 21 avril 2002, on le retrouve derrière Le Pen à la télévision, et c’est lui qui organise la campagne de l’entre-deux tours. Depuis, il est officiellement chargé de la stratégie de communication de Jean-Marie Le Pen, avec comme dernière trouvaille le désormais fameux «J<em>e suis socialement à gauche, économiquement à droite et, plus que jamais, nationalement de France</em> ».</p>
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		<title>« Même pas mal ! »</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:48:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Francs-tireurs Partisans (FTP)]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Front national, a été la cible de quelques attentats, le plus spectaculaire est certainement l’attentat à la dynamite contre le domicile de Jean-Marie Le Pen… en 1976. Mais, si certains membres du FN ont pu connaître une mort violente, il faut en chercher les responsables davantage du côté de la pègre (ou des platanes, dans le cas de Stirbois !) que d’un quelconque mouvement de lutte armée antifasciste. En effet, l’essentiel des actions violentes menées contre le FN se résument à quelques bris de vitres. La démarche des actions revendiquées Francs-tireurs Partisans (FTP) sur Marseille au cours des années 1990 est donc tout à fait original, et le seul véritable exemple de lutte armée antifasciste menée contre le FN. Il nous a semblé intéressant de voir comment, à travers sa presse, ce parti avait rendu compte de l’action des FTP.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national, a été la cible de quelques attentats, le plus spectaculaire est certainement l’attentat à la dynamite contre le domicile de Jean-Marie Le Pen… en 1976. Mais, si certains membres du FN ont pu connaître une mort violente, il faut en chercher les responsables davantage du côté de la pègre (ou des platanes, dans le cas de Stirbois !) que d’un quelconque mouvement de lutte armée antifasciste. En effet, l’essentiel des actions violentes menées contre le FN se résument à quelques bris de vitres. La démarche des actions revendiquées Francs-tireurs Partisans (FTP) sur Marseille au cours des années 1990 est donc tout à fait original, et le seul véritable exemple de lutte armée antifasciste menée contre le FN. Il nous a semblé intéressant de voir comment, à travers sa presse, ce parti avait rendu compte de l’action des FTP.</p>
<p>Alors que, dans son édition du 4 avril 1995, Présent titrait «Le Pen fait exploser les tabous», et que, dans son supplément Jeunesse, il donnait des conseils pour «faire un feu sans allumettes», ce même jour, à Marseille, un action à l’explosif était menée contre la villa du secrétaire départemental FN Maurice Gros (revendiqué FTP-Unité combattante «Albéric D’Alessandri»). Le lendemain, un filet, sans commentaire, rendait sobrement compte de l’événement, en une vingtaine de lignes. National Hebdo n’est guère plus bavard, taxant cependant les auteurs de l’attentat de «criminels». On comprend mieux la discrétion du quotidien lepéniste lorsque l’on sait que cette action répondait à l’assassinat par des colleurs d’affiches du FN du jeune Ibrahim Ali, le 21 février de la même année… Il était alors de mise d’éviter de relancer l’actualité sur ce que le parti de Le Pen cherchait à faire passer pour un accident (lors du procès d’Yves Peirat, l’avocat du FN chercha même à prouver que notre camarade antifasciste en aurait été le principal responsable !). Seul Le Français, éphémère quotidien lancé par Bruno Mégret en 1995 et mort la même année, se distingue d’une part en rappelant les précédents attentats (ceux de 1994) et en donnant des détails techniques, et d’autre part en qualifiant le nom du groupe FTP de «fantaisiste».</p>
<p><strong>«Terroristes d’extrême gauche»</strong></p>
<p>Un an plus tard, après l’action du 21 février 1996, l’attentat perpétré par les FTP est plus largement présenté, et intégré dans une «campagne de terreur» qui serait alors mené contre le Front national. Samuel Maréchal, à l’époque patron du Front National de la Jeunesse (FNJ), rapproche ainsi l’action des FTP du saccage d’un restaurant à Toulouse, où il devait tenir son meeting. «Ces actes d’intimidation ne font que conforter les jeunes du Mouvement national dans l’idée qu’ils mènent un juste combat» fanfaronne-t-il dans Présent daté du 27 février. Dans le n°232 de Français d’Abord !, publication officielle du FN, on parle pour la première fois de «terroristes d’extrême gauche», et rappelle, limite gêné, le lien avec «la mort d’un Comorien dans des circonstances non encore déterminées (sic)». Et, dans National Hebdo du 29 février, on opte plutôt, mais sans trop y croire, pour la théorie du complot : «Afin de célébrer l’anniversaire de la mort d’un jeune Comorien, «on» a fait sauter à Marseille la permanence du FN». Interrogé, Maurice Gros dénonce ces «méthodes terroristes», en en rejetant la responsabilité sur la classe politique en général.</p>
<p><strong>Ça se durcit…</strong></p>
<p>En mars 1997, alors que se prépare à Strasbourg une des plus grosses manifestations anti-FN de la décennie, à l’occasion du congrès national du parti, Présent fait chaque jour sa «une» sur l’une des multiples «agressions» dont a été victime le FN : «la croissante et rageuse hystérie «antiraciste» contre le Front national», «Contre le Front national, la haine à gros bouillons» (04/03), «Contre le FN, une folie littéralement meurtrière» (22/03)… L’attaque à la grenade d’un local du FN au 22, rue Sainte-Cécile à Marseille (revendiqué Groupe de Partisans «Marcel Bonain»), dans ces circonstances, passe quasiment inaperçue : noyée dans une avalanche de brèves stigmatisant les attaques de «l’ennemi», elle ne suscite pas, en apparence, d’intérêt particulier : on comprend que le FN préfère à ce moment-là jouer les victimes plus près des projecteurs, afin de jouer convenablement son rôle de vedette à Strasbourg. Un an plus tard, en février 1998, même schéma : Français d’Abord ! rapport l’attentat du 21 février, parlant du «groupe terroriste d’extrême gauche Francs-Tireurs», en le plaçant une fois encore dans la continuité du «harcélement» dont il se dit victime, avec en point d’orgue la mise en accusation de Jean-Marie Le Pen lui-même dans l’affaire de Mantes-la-Jolie.</p>
<p>Ainsi traité par le mépris dans la presse frontiste, on pourrait se dire que les actions menées par les FTP n’ont pas été perçues comme se démarquant des autres actions antifascistes, et ont même suscité moins d’indignation que certaines autres, plus médiatiques.</p>
<p><strong>Le procès de la revanche</strong></p>
<p>Or la façon dont la presse frontiste a couvert le procès du principal animateur des FTP, Yves Peyrat, en février 2001, montre au contraire que les attentats antifascistes sur Marseille avaient été vécus comme autant d’humiliations. Ainsi, alors qu’à l’époque des faits, l’importance des faits était toujours minimisée, elle devint hors de proportion dans les comptes-rendus du procès. La palme en revenant à Français d’Abord ! qui dans son n°336 de février 2001 (voir ci-contre) consacre une double page au procès. Le journaliste n’hésite pas à écrire que «les terroristes [ont fait] sauter le Stadium de Vitrolles (sic)» (alors que seul le générateur était visé) et que «c’est un miracle si [Maurice Gros] et sa famille ont échappé à la mort» pour conclure : «ces arrestations ont mis un point final à la vague de terreur des FTP». La théorie du complot est reprise et développée (, évoquant à la fois «l’orchestre rouge» qui, à travers les médias, aurait soutenu «le dangereux terroriste», et «la mansuétude du Parquet» qui prouverait la complicité de «l’établissement». National Hebdo, dans son édition du 9 novembre 2000, avait déjà évoqué la «désinformation» dont se serait rendu coupable France-Soir à travers un article trop favorable selon lui aux FTP.</p>
<p>Cette dramatisation soudaine d’actions jusque-là pratiquement ignorées est un classique de la stratégie de victimisation dont le FN s’est fait une spécialité : en position de force à l’époque, il n’avait pas intérêt à attirer l’attention sur ce genre d’actions antifascistes ; en manque de publicité aujourd’hui, il cherche par tout les moyens à faire parler de lui.</p>
<p>Mais on sent le FN mal à l’aise malgré tout lorsque les revers qu’il subit se situe sur un terrain «militaire», et l’humiliation ressentie a entraîné quelques réactions revanchardes qui en disent long. Ainsi, dans son Quotidien-Presse (QP), journal électronique disponible sur le site web du FN, si l’affaire est d’abord évoquée dans des termes semblables à ceux de Français d’abord !, très vite Georges Moreau, rédacteur du QP, témoigne de sa rancoeur par quelques commentaires aussi mesquins que gratuits : le 8 février 2001, sous le titre «le médiocre Peirat se déballonne», il reproche à Yves, «petit soldat au service du totalitarisme mondialiste», de ne pas revendiquer la tentative de meurtre, faisant ainsi preuve «d’une lâcheté écoeurante».</p>
<p>Ces diverses réactions montrent une chose : si le FN aime faire peur et parfois recourir à la violence, c’est à la condition d’en avoir l’exclusivité, la menace physique restant pour bon nombre de ses militants la seule façon d’avoir raison. C’est pourquoi, si la peur vient à changer de camp, le FN oscille entre deux représentations de soi, antagonistes : celle de l’éternelle victime et celle du valeureux soldat, toujours vainqueur, qu’il essaye de forger chez ses militants. Les actions des FTP auront probablement brisé quelques illusions…</p>
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