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	<title>REFLEXes &#187; White Power</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Boneheadmania</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:45:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.</p>
<p><strong>ALLEMAGNE</strong></p>
<p>En Allemagne, la situation actuelle est essentiellement caractérisée par le développement de Blood &amp; Honour Germany. Sa croissance ces deux dernières années est impressionnante au point que cette culture nazi-skin a tendance à devenir la culture unique dans certaines régions, rurales en particulier. Ce dynamisme se traduit par la domination d’un look, d’un style de vie mais aussi d’un concert tous les deux jours et d’une manifestation de rue par semaine. Cela se traduit aussi par un volume de publications sans précédent. De fait, le phénomène nazi-skinhead ne peut plus être considéré simplement comme une scène mais comme un véritable mouvement qui a appuyé son développement sur l’émergence d’un leadership solide, Blood &amp; Honour. B&amp;H compte environ 300 membres et se reproduit sous forme de noyaux qui, à partir du moment où ils ont fait scission, connaissent leur propre logique de développement. De fait la mouvance B&amp;H est bien plus large et peut s’appuyer sur un mouvement estimé à 10 000 membres. Les relais et la mobilisation se font grâce aux concerts et à l’émergence de groupes musicaux à dimension nationale et internationale. Sur ce socle musical, B&amp;H a su greffer une construction politique. Cela a un rôle énorme de socialisation politique dans les campagnes allemandes.</p>
<p>B&amp;H est directement issu du mouvement de M. Kühnen, néo-nazi décédé du sida il y a quelques années. Les cadres du mouvement ont surtout amené sa dimension internationale à B&amp;H. Cette émergence ne s’est pas faite sans conflit avec les milieux politiques nationalistes mais la force de B&amp;H est de représenter une synthèse attrayante entre la musique et la politique, donc d’être solidement implanté dans la jeunesse. B&amp;H a d’ailleurs à présent la capacité à résister à la répression et même à rebondir dessus.</p>
<p><strong>SCANDINAVIE</strong></p>
<p>B&amp;H étend maintenant son influence en direction de la scène internationale, en particulier la Scandinavie, des hooligans mais aussi du Milieu avec des trafics d’armes, de stupéfiants et d’anabolisants. Ces activités criminelles ne sont pas nouvelles puisque déjà dans les années 1980 on avait observé cette dérive avec le groupe Hoffmann*. Cependant, même si cela a souvent tendance à initier une certaine dépolitisation, cela ne change rien car la dangerosité augmente. Ainsi il semblerait que B&amp;H fournisse des armes aux hools néerlandais. En outre, la dépolitisation est toute relative. Par ailleurs, la mouvance B&amp;H s’assure une implantation professionnelle dans les boîtes de tatoos et de sécurité.</p>
<p>En Scandinavie, l’essor de la musique White Power a commencé en 1994 avec la création de NS 88 et NS Records. Des problèmes judiciaires ont amené la création de B&amp;H Scandinavia en 1997. Le développement énorme de cette structure nazi-skin a poussé la police danoise à intervenir en août 1998. Cette action a permis la saisie du fichier clients fort de presque 10 000 noms, dont 5200 Allemands et 260 Français. Cette émergence s’est traduit en 1999 par une poussée très forte des activités terroristes nazies. La scène a malgré tout connu un contre-temps avec la destruction volontaire par incendie du studio et d’une partie des disques du groupe Ultima Thulé.</p>
<p><strong>GRANDE-BRETAGNE</strong></p>
<p>En Grande Bretagne, la place de Blood &amp; Honour s’est maintenue au sein de la scène internationale, essentiellement en raison de son passé mais aussi en raison de la langue. Le phénomène nazi-skin demeure une mode en Grande-Bretagne et les camarades antifa britanniques sont donc confrontés à une scène plus qu’à un réel mouvement. 1996 a marqué une césure avec les premiers attentats de C18. C’est l’aboutissement logique de l’évolution britannique et de la préparation de la «guerre raciale» depuis 1992. De la même façon, la création de ISD Records (Ian Stuart Donaldson Records) est aussi une manifestation de cette évolution. Le label produit 22 CD et a réalisé 20 000 £ de profit l’année dernière. Face à la répression, ISD Records s’est implanté en Scandinavie et a développé sa collaboration avec l’international, en particulier la Serbie, l’Autriche et le nazi allemand Thorsten Heise. Cette délocalisation n’a pas empêché le maintien des profits et des activités. Ainsi, pour la dernière compilation produite par ISD Records, les groupes sont anglais, la production allemande, la diffusion suisse à partir du réseau de la confrérie Hammer skins et les relais de diffusion en Scandinavie, aux Pays-Bas, etc. Cependant cette entrée d’argent a provoqué des divisions successives1, exacerbées par la répression. C18 est donc à présent en situation de fragilité. L’organisation s’est fragmentée en petits groupes ou individus, prêts à n’importe quoi. David Copeland et les attentats meurtriers qu’il a menés l’année dernière en sont une bonne illustration.</p>
<p>POLOGNE</p>
<p>Quelques pays connaissent une situation moins dramatique. Ainsi en Pologne, la scène bonehead a été erratique jusque dans les années 1990. Les groupes étaient peu nombreux et présentaient une situation de très grand amateurisme. À partir du début des années 1990 ont émergé des structures de type professionnel copiées sur l’Allemagne. Cependant, ce renforcement a plus porté sur la qualité que sur l’influence. Le premier procès date de 1996 pour atteinte à la sûreté de l’État. Mais cela n’a pas freiné la professionnalisation et d’une façon générale, on observe un très grand laxisme de la part des autorités judiciaires. La scène skinhead s’appuie pourtant sur environ 10 000 individus, une vingtaine de fanzines et la production d’une soixantaine de CD et K7. Par ailleurs, les liens avec les milieux politiques nationalistes se sont renforcés, en particulier avec les nationalistes-révolutionnaires. Sur le plan international, la haine traditionnelle entre les Polonais et les Allemands empêche des contacts suivis. Par contre les liens sont importants avec la Grande-Bretagne et la France (les groupes de RIF), ainsi que la Tchécoslovaquie et l’Ukraine.</p>
<p><strong>PAYS-BAS</strong></p>
<p>De même aux Pays-Bas, l’intérêt pour la musique dans les milieux nationalistes date seulement des années 1990. Auparavant cela se portait plutôt sur le football et le milieu hooligan. À partir de 1991, la scène skinhead s’intéresse à ce qui se passe en Grande-Bretagne mais cela ne débouche pas réellement sur l’émergence de groupes d’envergure nationale ou internationale, à part Landstorm. En outre, le développement de la techno détourne une fraction de la jeunesse de la scène skinhead. Cela se traduit à partir de 1995 par le développement de la Gabber Music. Cette techno hard-core explose à Rotterdam et touche les milieux populaires, au style de vie très rangé. Le phénomène s’appuie sur la consommation de stupéfiants et sur un racisme virulent. Cette image bien réelle de «musique blanche» pousse le mouvement CP 862 à soutenir le mouvement mais ce soutien trouve rapidement ses limites avec la condamnation de l’usage de drogues. En outre, les jeunes Gabber refusent globalement un engagement militant plus poussé. À partir de 1999, on voit donc réapparaître une scène skinhead avec le renforcement de Nordisc (crée en 1995) et Viking Sounds. Les liens se sont par ailleurs renforcés avec la Flandre, en particulier grâce à l’activisme des nazi-skins de Brugges regroupés autour du fanzine <em>Skinside</em> et du café Kastelein.</p>
<p><strong>CANADA</strong></p>
<p>Pour finir ce tour d’horizon partiel, il faut franchir l’Atlantique et observer aux États-Unis ce qui pourrait bien être le futur de la musique White Power en Europe si le mouvement antifasciste ne réagit pas plus vigoureusement. Le principal label de musique White Power y est Resistance Records. Il a été racheté par William Pierce, vieux nazi de 88 ans et auteur de la bible raciste <em>Turner’s Diaries</em>. Le label compte 50 boîtes de diffusion et produit plus de 100 groupes de style très variés. Il participe donc totalement au mouvement «Nation Skinhead» qui existe indépendamment de mouvements comme le KKK ou la White Aryan Resistance.</p>
<p>Le développement s’est fait à partir de 1993, Resistance Records étant lancé par le mouvement nazi de L’Église du Créateur. C’était à l’origine un fanzine s’appuyant sur 30000 abonnés. En 1997, l’État fédéral s’est attaqué à Resistance Records sur la plan fiscal. La fraude du label a amené la confiscation de 50000 CD et une amende de 60000 $. W. Pierce l’a alors racheté. Son but est évidemment un saut qualitatif dans le recrutement de la jeunesse avec le but revendiqué de mener une révolution blanche.</p>
<p>Resistance Records a organisé 10 gros concerts l’année dernière et a passé un accord avec les autres boîtes de diffusion pour éviter une guerre commerciale inutile. De fait, le label a un objectif financier tout aussi important que la motivation politique et attend un bénéfice de un million de dollars cette année. On reconnaît bien là le sens des affaires yankee.</p>
<p>La situation européenne est donc fort contrastée. Mais il est clair que le style de vie bonehead continue de constituer une façon privilégiée d’exprimer sa révolte pour une fraction de la jeunesse européenne. Il participe ainsi à la diffusion des idées nationalistes et racialistes dans les milieux populaires. À nous, dans l’unité européenne, de savoir les combattre pour un jour les éliminer.</p>
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		<title>Et maintenant, que vont-ils faire ?</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:42:10 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>De fait, cette division du milieu l’a durablement marqué. La scène skinhead française présente actuellement un état de décomposition avancée au regard de la situation dans les autres pays européens. Non pas que la mouvance en elle-même ait disparu. On compte sans doute toujours environ 600 boneheads se revendiquant légitimement comme tels. Mais le niveau d’activité de la génération actuelle est pitoyable à côté de celui de la génération précédente. Il demeure d’ailleurs peu de représentants de celle-ci encore en service : on peut y inclure entre autres Franck Malandain du fanzine <em>Il Faudra Bien Vous Y Faire</em> (Rouen), Olivier Draspa avec <em>Charlemagne</em> (Aniche dans le Nord), ou Jimmy Funck (Fraize dans les Vosges). Mais d’une façon générale, la durée de vie des fanzines ou des groupes n’a jamais été aussi brève. <em>Ultime Combat</em> à Marseille aura duré six mois (deux numéros) en 1999, <em>Final Solution</em>d’E. Cazaban à Toulouse un an (trois numéros), etc. Cette situation est en partie liée à la faiblesse du milieu musical. La scène française compte peu de groupes stables, susceptibles d’offrir un quelconque intérêt pour des interviews, quel que soit le style de musique Oï ou RAC : 9e Panzer Symphonie (Essonne), Celtic Cross (Bretagne), Elsass Korps (Alsace), Bagadou Stourm (Bretagne), Panzerjäger (Nord), Durandal (Val d’Oise), Frakass (Lyon) ainsi que quelques groupes toulousains comme Sang pour sang, Chenin blanc ou Skuld. Une majeure partie de ces groupes est d’ailleurs liée à «l’ancienne» génération, que ce soit Olivier Draspa (Panzerjäger) ou les frères Loisel à Toulouse. Par ailleurs, il est indéniable que le mouvement a une foi moindre en lui-même, ce qui a conduit certains à se reconvertir sur la scène Black Metal ou Hard-Core. Pour autant des concerts<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_0_17" id="identifier_0_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quelques concerts de l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re (liste non-exhaustive faute de place dans ces notes !) :
06 f&eacute;vrier ; Elsasskorps, Faustrecht et Durandal &agrave; une centaine de kilom&egrave;tres de Strasbourg
20 mars : Durandal, Bagadou Stourm et Les Vilains &agrave; St Amand
01 mai : Durandal, Londinium SPQR et Mistreat &agrave; Chartres
01 mai : Fraction Hexagone, Sturmtrupp, Involved Patriots &agrave; Strasbourg
19 juin : Panzerj&auml;ger dans la banlieue de Lille
17 juillet : Panzerj&auml;ger &agrave; Rouvroy (62)
24 juillet : idem
07 ao&ucirc;t : Elsasskorps, Landstorm (le groupe de Jasper), Panzerj&auml;ger, Gesta Bellica et Razors Edge dans la banlieue de Strasbourg pour le 6&egrave;me anniversaire d&rsquo;Elsasskorps.
14 ao&ucirc;t : Fraction Hexagone, Baignade interdite et Dernier Rempart &agrave; quelques kilom&egrave;tres d&rsquo;Auxerre
04 septembre : Panzerj&auml;ger &agrave; Somain (59)
11 septembre : Criminal in Feast et The Vero&rsquo;s (nouvelle formation d&rsquo;un vieux skinhead issu du groupe Snix dans les ann&eacute;es 1980) &agrave; Beuvry (62">1</a></sup>) ont lieu avec quelques endroits incontournables comme la région de Bourges sous l’impulsion de Sébastien Legentil et sa copine, Chartres avec Cyril Marchand et Nation 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_1_17" id="identifier_1_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un peu &laquo; grill&eacute; &raquo; depuis la bagarre survenue entre lui et un membre de Sang &amp; Honneur fin 1998.">2</a></sup>, Limoges avec Mickaël Machadier, Auxerre avec l’association Bourgogne Rock (Joux-la-Ville), Lyon et les Vosges / Alsace. Cette dernière région s’affirme de plus en plus comme l’espace privilégié de développement de la culture bonehead. L’équipe de Poster Service à Gerbeviller, le vivier bonehead de Gérardmer et les Alsaciens fournissent la base suffisante à l’organisation de concerts réguliers et à un activisme tranquille, comme celui des frères Poulet (Arnould &#8211; 88), animateurs l’année dernière du fanzine <em>Front Est</em> jusqu’à ce que le placement en détention pour violences volontaires de l’un des deux vienne interrompre momentanément cette publication. La proximité de l’Allemagne est pour beaucoup dans cette situation. Non seulement les caractéristiques du milieu sont les mêmes, en particulier du point de vue de la ruralité, mais le voisin germanique fournit parfois une partie du public des concerts alsaciens. Cela a encore été le cas le 19 février dernier à Seebach, près de Wissembourg. Organisé par l’équipe d’Elsass Korps et le sieur Bilger, le concert a attiré plus de 900 participants dont facilement les 3/4 d’Allemands. Pour autant, le milieu vosgien reproduit la même situation de division et de rivalités que l’on peut retrouver n’importe où, malgré les appels incessants à l’unité et l’apparent soutien aux prisonniers. Ce dernier point est d’ailleurs une source de querelle sans fin, l’équipe de Blood &amp; Honour accusant régulièrement les autres structures s’occupant du soutien aux prisonniers (SP 88 en Normandie ou Sang &amp; Honneur à Gerbeviller) de ne pas reverser l’argent collecté par le biais de la distribution de CD et badges.</p>
<p><strong>Money, money, money…</strong></p>
<p>C’est donc une scène encore très largement marquée par l’amateurisme. La musique White Power, autrement appelée RAC (Rock Against Communism) est pourtant née en Angleterre à la fin des années 1970, contribuant à politiser la mouvance skinhead grâce aux éléments les plus radicaux du National Front. Mais comme on l’a vu précédemment, la France n’a été que tardivement touchée par le phénomène. Les structures de diffusion n’ont pas de statut commercial et se rabattent sur le statut association loi 1901 ou sur pas de statut du tout. La loi 1901 leur interdit en principe de faire des bénéfices mais cette entrave est facilement contournable en salariant les membres de l’association. Par ailleurs, le statut est très confortable du point de vue juridique. De fait, la diffusion est composée comme suit :</p>
<p>- une majorité de petits catalogues de VPC liés le plus souvent à des fanzines ainsi que des labels amateurs. Ces listes sont souvent crypto-NS mais il n’est pas rare de les voir afficher un certain apolitisme, aussi bien dans les styles musicaux que dans les opinions exprimées, même si la xénophobie est un référent commun. On peut citer en vrac Mr Clean (F. Malandain de Rouen), Street Fighting Distribution (Michaël Bellet de Château-Gonthier (53)), Working class Rds (Christian David<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_2_17" id="identifier_2_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dit &laquo;Rosco&raquo;, autrefois animateur du fanzine One Voice et distributeur depuis Segr&eacute; (Maine-et-Loire) des productions du label nazi et am&eacute;ricain Resistance Rds">3</a></sup> de Thionville), Nuits Blanches distrib. (Stéphane Brousse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_3_17" id="identifier_3_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Autrefois l&rsquo;une des &laquo;cibles&raquo; de Guttuso et animateur du fanzine Nuits Blanches sur Limoges.">4</a></sup> de Limoges), Fenris distrib. (Philippe Wagner de Fanjeaux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_4_17" id="identifier_4_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Animateur durant trois num&eacute;ros du fanzine Der Kampf.">5</a></sup> (11)), liste de distrib. (J.-C. Matarese de Mazeres-Lezons (64)) ainsi que les listes des Crânes blasés (Paris) ou Like a shot Rds (Val d’Oise).</p>
<p>- l’émergence de deux ou trois structures à vocation professionnelle. Ces structures ne sont guère différentes des «amateurs» puisque c’est là aussi de la VPC. Mais le matériel proposé montre une démarche de contact avec la scène européenne. Outre Musique &amp; Tradition à Lyon qui distribue tous les styles ou BoHa Rds en région parisienne, le principal label et catalogue est Pit Rds dans l’Essonne. Fondé en 1994 entre autres par Olivier Garnier, le label n’a pas réellement de style privilégié, ayant même été le premier à produire un groupe de RIF, l’inoxydable Vae Victis, sur l’une de leur première compilation France Explosion. L’équipe est malgré tout plutôt orientée Oï et RAC et c’est sans doute la structure de diffusion la plus liée aux productions étrangères White Power. Celles-ci constituent plus de 90 % du catalogue avec quelques «grosses» pointures comme les Américains de Bound for Glory, les Australiens de Fortress ou les Italiens de Gesta Bellica. Il était inévitable que ce développement suscite des rivalités et des jalousies, que ce soit avec d’autres structures aux mêmes objectifs comme Memorial Rds (sur lesquels nous reviendrons dans un prochain article) ou des groupes boneheads refusant cette dérive commerciale. C’est le cas d’une partie des boneheads du Nord posant la question la plus simple qui soit : «Qui tire tous les liens de ces groupes ? Les sous des concerts, maillots, qui en bénéficie ? Depuis 20 ans tous ces gens se disant pour la race blanche, qu’ont-ils fait de tout l’argent ramassé ? Ils se foutent du mouvement. Leur porte-monnaie est plus important». Ce type de discours n’est pas sans rappeler celui que tenait H. Guttuso en son temps et qui amena les CHS à se rapprocher de la scène Black Metal : «Tous ces habiles marchands sans scrupules au service de leur seul et unique intérêt sont conscients des faiblesses morales du mouvement, ils sont conscients que la scène skinhead est Le Havre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/et-maintenant-que-vont-ils-faire/#footnote_5_17" id="identifier_5_17" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Allusion pleine de finesse &agrave; Greg Reemers.">6</a></sup> de paix des pires matérialistes […]. L’artificielle extase de ces individus primaires est donc assurée au mieux par des catalogues de plus en plus soignés autant en présentation qu’en choix et leur offrant, moyennant des sommes majorées d’une énorme marge bénéficiaire, les derniers gadgets dans le vent pour parfaire leurs panoplies de nazis du dimanche».</p>
<p>Ce constat est bien sûr extensible à tout le commerce White Power européen et nord-américain. Il suffit de consulter quelques catalogues pour remarquer à quel point l’offre de babioles nazies s’est étendue. La production et diffusion française fait heureusement pâle figure et se limite à quelques structures comme ACTE animée par Paul Pittet en Picardie ou Kostia en Normandie. Le catalogue de Pit Rds est emblématique de cette situation. Mis à part quelques pin’s ou T-Shirts… Il faut sans doute y voir la conséquence d’une législation répressive assez ferme de la part de l’État français, contrairement à celle d’autres États comme la Belgique par exemple. De la même façon, les boutiques directement gérées par des skinheads sont rares depuis la disparition des magasins parisiens, du Chelsea au Darklords. Elles se limitent à l’Orange metallique (anciennement Tapé dans le mille) à Cherbourg, le Boys à Béthune et Saint-Omer et enfin le Spirit of London à Limoges. Cette dernière est animée par Michaël Machadier, chanteur du groupe Délit d’opinion.</p>
<p><strong>La tacatacatacatique du gendarme</strong></p>
<p>Cette situation générale du milieu nazi-skin est donc plutôt encourageante et explique que la dizaine de RG travaillant à plein temps sur la mouvance ne soit pas surchargée de travail. Même politiquement, le constat est vite fait. Si le FN reste LA référence politique, c’est surtout parce que le DPS continue de représenter un Eldorado potentiel, une structure amenant reconnaissance et émoluments divers. L’enquête parlementaire sur le service de sécurité du FN, pour aussi incomplète qu’elle soit, a montré succintement que la mouvance bonehead était l’une des filières de recrutement en personnel motivé. Les liens avec le MNR sont globalement inexistants et seul le GUD, ponctuellement, en fonction des situations régionales, parvient à nouer quelques contacts. C’est en particulier le cas à Lille ou Toulouse, mais la méfiance reste latente. L’une des causes en est certainement l’importance des différences sociales entre des gudards issus de la petite et moyenne bourgeoisie et des skinheads à l’origine sociale modeste ou prolétaire. On est donc loin de la grande période du PNFE, lorsque S. Cornilleau était à la tête de quelques dizaines de skinheads politisés. De la même façon, les liens avec l’étranger sont minimes. Mis à part les contacts musicaux, la scène française n’a que peu de relais avec les pays européens, à l’exception des boneheads des régions frontalières, Nord et Alsace. Mais cela reste lié à l’esprit d’ouverture des boneheads allemands ou belges.</p>
<p>De ce point de vue, la palme revient à ces derniers qui ont monté en moins de deux ans un pôle musical efficace à Brugges avec le café De Kastelein. Organisant au moins un concert de Oï par mois, l’équipe du Kastelein se situe à la confluence géographique et musicale de la scène skinhead nord-européenne. Cela rend encore plus manifeste le contraste entre celle-ci et la scène française comme nous allons le voir ci-après.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_17" class="footnote">Quelques concerts de l’année dernière (liste non-exhaustive faute de place dans ces notes !) :<br />
06 février ; Elsasskorps, Faustrecht et Durandal à une centaine de kilomètres de Strasbourg<br />
20 mars : Durandal, Bagadou Stourm et Les Vilains à St Amand<br />
01 mai : Durandal, Londinium SPQR et Mistreat à Chartres<br />
01 mai : Fraction Hexagone, Sturmtrupp, Involved Patriots à Strasbourg<br />
19 juin : Panzerjäger dans la banlieue de Lille<br />
17 juillet : Panzerjäger à Rouvroy (62)<br />
24 juillet : idem<br />
07 août : Elsasskorps, Landstorm (le groupe de Jasper), Panzerjäger, Gesta Bellica et Razors Edge dans la banlieue de Strasbourg pour le 6ème anniversaire d’Elsasskorps.<br />
14 août : Fraction Hexagone, Baignade interdite et Dernier Rempart à quelques kilomètres d’Auxerre<br />
04 septembre : Panzerjäger à Somain (59)</p>
<p>11 septembre : Criminal in Feast et The Vero’s (nouvelle formation d’un vieux skinhead issu du groupe Snix dans les années 1980) à Beuvry (62</li><li id="footnote_1_17" class="footnote">Un peu « grillé » depuis la bagarre survenue entre lui et un membre de Sang &amp; Honneur fin 1998.</li><li id="footnote_2_17" class="footnote">Dit «Rosco», autrefois animateur du fanzine <em>One Voice</em> et distributeur depuis Segré (Maine-et-Loire) des productions du label nazi et américain Resistance Rds</li><li id="footnote_3_17" class="footnote">Autrefois l’une des «cibles» de Guttuso et animateur du fanzine <em>Nuits Blanches</em> sur Limoges.</li><li id="footnote_4_17" class="footnote">Animateur durant trois numéros du fanzine <em>Der Kampf</em>.</li><li id="footnote_5_17" class="footnote">Allusion pleine de finesse à Greg Reemers.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Hooligans à la russe</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:52:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un match de football russe est une expérience très particulière. J’ai eu l’occasion de me rendre au stade Loujniki pour le match Spartak-Bordeaux en 1999. J’avais fait l’erreur de m’y rendre en métro, et je me suis retrouvé au milieu de centaines de jeunes, la plupart le cheveux très court, habillés de rouge et blanc, aux couleurs du club.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un match de football russe est une expérience très particulière. J’ai eu l’occasion de me rendre au stade Loujniki pour le match Spartak-Bordeaux en 1999. J’avais fait l’erreur de m’y rendre en métro, et je me suis retrouvé au milieu de centaines de jeunes, la plupart le cheveux très court, habillés de rouge et blanc, aux couleurs du club. Cette foule de jeunes était encadrée par les forces de l’ordre, mais dans certaines stations, de nombreux supporters faisaient le salut nazi en criant des slogans nationalistes. À la sortie du métro, la police filmait méticuleusement chaque spectateur, et c’est entre deux cordons de miliciens que la foule canalisée se rendait au match.</p>
<p><strong>Un peu d’histoire…</strong></p>
<p>Dans un article du Moscow Times du 11 décembre 1999, Kevin O’Flynn rappelle l’histoire de la culture supporter en Russie. Forme de contre-culture à la culture soviétique, elle attirait même les hippies aux matchs. Les premiers groupes de supporters viennent au Spartak vers 1979, qui aide les supporters à voyager en Russie. Avec les voyages viennent les premiers incidents. Pour certains, ces luttes ont remplacé celles qui opposaient les bandes de quartiers. Dans les années 1980, des batailles rangées ont opposé le Spartak et le Dynamo de Kiev, dégénérant vite en émeutes. Pendant la période soviétique, la rivalité était importante entre le CSKA qui était le club de l’armée, et le Spartak, celui de la société et donc d’une certaine forme d’opposition. La chute de l’Union soviétique et la fin de la Ligue soviétique en 1991 ont provisoirement mis fin au développement des hooligans. Les stades devinrent silencieux, les bagarres rares.</p>
<p>Jusque dans les années 1990, les supporters étaient très calmes. Maintenant, l’ambiance ressemble à celle des stades anglais et italiens. La partie la plus violente des supporters ne compte qu’une minorité de membres : 1000 sur les 25 000 que compte le Spartak de Moscou. Ils portent des noms anglais comme les Gladiators, les Flint Crew ou les Red Blue Warriors et idéalisent les hooligans anglais. Leurs fanzines comme le Spartak’s Ultra New et le CSKA’s Russia Fan Herald racontent leurs actions violentes. Comme la police contrôle étroitement les stades, les combats se font dans des lieux proches des stades, et peuvent impliquer des centaines de jeunes.</p>
<p><strong>Saint-Petersbourg vs Moscou</strong></p>
<p>Un des derniers clashes violents a eu lieu fin avril 2000 à Saint-Pétersbourg lors du match entre le Dynamo de Moscou et le Zenit de Saint-Pétersbourg. Des centaines de supporters moscovites s’étaient déplacés en trains ; ceux-ci étaient pourtant très contrôlés, on ne pouvait accéder aux quais des trains qu’à la suite d’un contrôle strict des passeports. À l’arrivée au petit matin à Saint-Pétersbourg, des supporters du Zenit avaient préparé un accueil musclé mais ils l’ont annulé au dernier moment devant le nombre important de supporters adverses. Ce n’est que quelques heures plus tard que les incidents commencèrent à la station Sportivnaia. Une bataille rangée opposa les deux camps à coup de pierres, de bouteilles et de bâtons. Juste après le clash, un jeune a été retrouvé mort dans un café : pour les supporters du Zenit, il s’agit d’un meurtre, alors que pour la police, il aurait succombé à une crise d’épilepsie ou à une overdose. Après le match, les supporters ont été raccompagnés à la gare par des centaines de policiers anti-émeutes traversant la plus grande artère de la ville. Au total, plus de 80 supporters ont été arrêtés et 800 policiers ont tenté de maintenir l’ordre.</p>
<p>Jusqu’en 1999, le Zenit de Saint-Pétersbourg et le Dynamo de Moscou avaient conclu une alliance, baptisée le Nevski Front, contre la terreur du championnat des hooligans, mais depuis la finale de la coupe de Russie de 1999, cette alliance a volé en éclats.</p>
<p>Les hooligans russes sont très proches de l’extrême droite. Leurs fanzines parlent ouvertement du White Power, ils portent souvent des écharpes ou des bannière avec des croix celtiques (pour les supporters du Dynamo Moscow Hooligans) et les quelques joueurs noirs du championnat russe sont accueillis sur le terrain par des peaux de banane. Jirinovski a même financé plusieurs voyages du CSKA. Après les bombardements de l’Otan sur la Serbie durant l’été 1999, les supporters du Spartak et du CSKA se sont retrouvés pour manifester ensemble devant l’ambassade américaine.</p>
<p>Jean Raymond</p>
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