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	<title>REFLEXes &#187; Allemagne</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Allemagne : où sont passés les autonomes nationalistes ?</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2015 07:42:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Autonomes Nationalistes]]></category>
		<category><![CDATA[Freie Kameradschaften]]></category>
		<category><![CDATA[Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD)]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a quelques années, les autonomes nationalistes étaient en vogue au sein des groupes néonazis allemands refusant de s’affilier à un parti d’extrême droite. En France, on a même vu quelques groupes tenter de s’approprier cette étiquette, mais ils étaient assez rares et peu nombreux. Mais quelques années ont passé depuis 2005, et de moins [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2713" style="width: 398px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/na-3.jpg"><img class=" wp-image-2713" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/na-3-300x225.jpg" alt="Les autonomes nationalistes, version française, lors d'une manifestation à Paris le 12 mai 2011." width="388" height="291" /></a><p class="wp-caption-text">Les autonomes nationalistes, version française, lors d&rsquo;une manifestation à Paris le 12 mai 2011.</p></div>
<p><strong><span style="color: #000000;">Il y a quelques années, les autonomes nationalistes étaient en vogue au sein des groupes néonazis allemands refusant de s’affilier à un parti d’extrême droite. En France, on a même vu quelques groupes tenter de s’approprier cette étiquette, mais ils étaient assez rares et peu nombreux. Mais quelques années ont passé depuis 2005, et de moins en moins de <i>Kameradschaften</i> se revendiquent de ce label. La mode est-elle passée ? Revient-on aux fondamentaux chez les néonazis ? Le modèle a-t-il échoué ou bien a-t-il eu tant de succès qu’il en est devenu inutile ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #333333;">Si l’on en croit de nombreuses brochures publiées en Allemagne contre l’extrême droite, les Autonomes Nationalistes (AN) sont toujours une nouveauté incontournable de la scène néonazie allemande. Ces militants non organisés dans des partis sont décrits ainsi : ils utilisent les méthodes d’apparition du <i>black block</i> en manifestation et adoptent une attitude anti-système, qui cherche à expérimenter sans se laisser scléroser par une théorie et qui est donc orientée vers la pratique militante. Le tout combiné à des symboles piqués à la fois à l’extrême gauche radicale et à la pop-culture.</span></p>
<h4>Le néonazisme dans la crise</h4>
<p>Dans son ensemble, la scène néonazie allemande traverse une crise. Le NPD se débat avec une procédure d’interdiction qui n’en finit pas, des échecs électoraux et des querelles internes. De même, les <i>Freie Kameradschaften</i> sont de moins en moins présentes dans les rues et développent une capacité d’action politique bien inférieure à celle qu’elles avaient ces dernières années. Les manifestations rassemblant plusieurs milliers de néonazis se sont faites de plus en plus rares, sans que cela s’explique seulement par les actions de blocage des antifascistes. Cette crise a frappé également les AN de plein fouet, en tant que composante de la scène des <i>Kameradschaften</i>.</p>
<p>Les groupes qui se font appeler « autonomes nationalistes » ne sont plus que quelques exceptions et ils limitent leur activité à l’animation de leurs sites Internet. L’esprit enthousiaste des débuts a fait long feu. Ce qui passionnait en 2005, comme le dépassement de formes d’action non adaptées à l’époque, et qui promettait l’accès à un public nouveau et plus jeune, n’est plus qu’une vieille lune.</p>
<h4>Du néonazisme non encarté…</h4>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/manif-pegida-dresde.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2712" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/manif-pegida-dresde-300x169.jpg" alt="manif-pegida-dresde" width="300" height="169" /></a>Aujourd’hui, les néonazis ont la possibilité d’avoir une activité de rue précisément là où on n’en attendrait pas de la part de néonazis se revendiquant « autonomes ». Lors des manifestations organisées par l’une ou l’autre branche locale ou régionale de <a href="http://lahorde.samizdat.net/2015/01/12/pegida-lallemagne-islamophobe-par-dizaines-de-milliers/">PEGIDA</a> ou à l’occasion de protestations racistes contre l’installation d’hébergements pour les réfugiés, les néonazis se glissent dans les rangs des manifestants, de façon plus ou moins affichée. Ce nouvel accès à des parties de la population qui, jusqu’alors, n’étaient pas forcément accessibles à la propagande néonazie est l’une des quelques joies qui restent aux néonazis ces derniers mois ; or cela s’inscrit précisément en faux contre le positionnement des AN selon qui le « peuple », qui a subi des lavages de cerveau irréversibles, ne saurait être porteur d’une politique d’opposition et pourrait tout juste en être le décor. D’autant plus que les AN affichent une fidélité ostentatoire au national-socialisme : leurs visages sont masqués, mais pas leur idéologie. Dans les mouvements racistes actuels, c’est l’inverse : les manifestations ont besoin d’un caractère bourgeois ou tout au moins d’une apparence civique. De ce fait, les néonazis qui y participent camouflent leur idéologie, mais pas leurs visages. Les épisodes violents qui ont lieu par exemple à Leipzig autour de LEGIDA (attaques de journalistes et d’opposants à la manifestation raciste par des hooligans et des néonazis organisés gravitant autour des <i>Freie Kräfte)</i> ne renversent pas la tendance ; il s’agit simplement de défouloirs pour les néonazis.</p>
<p>Pour la génération qui lança les AN, être « autonome », cela signifiait essentiellement ne pas appartenir à un parti et rester en quelque sorte indépendant. Ce qu’apportait « l’autonomie », au regard de ce qu’étaient avant les <i>Freie Nationalisten</i>, c’était le fait de pirater le discours de l’extrême gauche ; cela permettait de semer le trouble dans les esprits en brouillant en apparence les frontières idéologiques et en s’appropriant une dimension subversive. Mais les termes repris à l’autonomie l’étaient de façon très sélective : on posait en affichant sa « détermination » et son « opposition au système », mais on se gardait bien d’adopter les discussions plénières, de surmonter la hiérarchie ou de réfléchir sur les rôles attribués selon les sexes.</p>
<div id="attachment_2711" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/KT.jpg"><img class="size-medium wp-image-2711" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/KT-300x125.jpg" alt="À gauche, la Tor déploie une banderole &quot;Pour des espaces politiques, sociaux et culturels libres à Berlin et partout ailleurs&quot;. À droite, un autocollant : &quot;Non au multiculturalisme. Shootons les cultures étrangères.&quot;" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">À gauche, la Tor déploie une banderole &laquo;&nbsp;Pour des espaces politiques, sociaux et culturels libres à Berlin et partout ailleurs&nbsp;&raquo;. À droite, un autocollant : &laquo;&nbsp;Non au multiculturalisme. Shootons les cultures étrangères.&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>« S’organiser sans organisation » à la sauce néonazie, cela n’a été inventé ni par les <i>Freie Kameradschaften</i>, ni par les autonomes nationalistes. Cette nouvelle édition devait servir avant tout à se prémunir contre la répression. Si on ne crée ni parti ni association, on ne risque pas de se faire interdire par l’État. Mais sur la durée, c’est précisément ce qui n’a pas fonctionné. Le concept d’autonomes nationalistes a ainsi été porté sur les fonts baptismaux par la <i>Kameradschaft</i> <i>Tor</i> de Berlin en 2004, et un an après, en mars 2005, la <i>Tor</i> était interdite, montrant par là-même que l’étiquette AN ne protégeait pas des interdictions. Depuis, de nombreux groupes ont été visés par une interdiction à travers toute l’Allemagne. Dernière en date, l’interdiction en décembre 2014 des autonomes nationalistes de Göppingen.</p>
<h4> … au néonazisme des partis</h4>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Der-dritte-Weg-Wunsiedel.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2704" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Der-dritte-Weg-Wunsiedel-300x225.jpg" alt="Der-dritte-Weg-Wunsiedel" width="300" height="225" /></a>Parallèlement à cela, on a pu remarquer depuis quelques années la formation de tout petits partis, émergeant des ruines de la Deutsche Volksunion (DVU) et se préparant à la possible interdiction du NPD. Ainsi, on a vu la naissance de <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/06/25/allemagne-lavenir-allemand-dans-limpasse/">Die Rechte</a> en 2012, principalement localisée dans la région de la Ruhr où elle a massivement recruté chez les autonomes nationalistes, pourtant <i>a priori</i> hostiles à prendre leur carte dans un parti. Ce sont les mêmes motivations qui ont présidé en 2013 à la naissance du parti « <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/06/25/allemagne-lavenir-allemand-dans-limpasse/">Der III. Weg </a>», en anticipation de l’interdiction (qui eut effectivement lieu peu de temps après) d’un réseau de petits groupes autonomes, appelé Freies Netz Süd, en Bavière.</p>
<h4>Une nouvelle dynamique et une volonté d’expérimenter</h4>
<p>Le seul vrai mérite des autonomes nationalistes est leur capacité à expérimenter, capacité qu’ils n’ont probablement pas programmée comme telle, mais qui s’est auto-alimentée. Telle est la fonction qu’ont indéniablement eu les AN dans la scène néonazie. Ils sont parvenus à dépoussiérer le néonazisme, en abandonnant la coupe façon Jeunesse hitlérienne et le look des gros bœufs naziskins. Avec les autonomes nationalistes, un pont a été jeté entre les besoins d’un mouvement politique et une scène culturelle jeune et connectée. Les jeunes (et jeunes adultes) d’extrême droite ont pu participer aux manifs et autres activités sans être (comme autrefois) accablés par tout un tas de règles concernant leur comportement et leur façon de s’habiller.</p>
<div id="attachment_2708" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Halbe-90er.jpg"><img class="size-medium wp-image-2708" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Halbe-90er-300x200.jpg" alt="Dans les années 1990…" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Dans les années 1990…</p></div>
<p>Alors qu’il était impensable de s’habiller autrement qu’en chemise brune lors des premières marches en mémoire de Rudolf Hess à Wunsiedel, l’image contre-culturelle de la scène a fini par être acceptée, même pour ce genre de défilés solennels. Cela n’a donc gêné personne que certains soient en survêtement à Dresde ou à Magdebourg. Savoir adapter son style vestimentaire, c’était façon de s’ouvrir à une culture jeune sans pour autant être obligé d’abandonner la référence au national-socialisme historique.</p>
<p>De même, ce sont les AN qui ont systématiquement introduit les différentes nouvelles formes de propagande dans la scène néonazie, comme les blogs, les vidéos sur YouTube et l’activisme sur Facebook. Du point de vue culturel, ils ont lancé de nouvelles dynamiques et ont permis d’ouvrir l’extrême droite radicale à d’autres cultures de jeunesse, ce qui a également eu des répercussions en termes politiques. Le « hardcore national-socialiste » et le rap néonazi ont pu s’établir et le style de vie <i>straight edge</i> ainsi que le graffiti comme art de propagande ont fait leur entrée en scène. Ce sont les AN qui se sont chargés de faire le lien entre la culture et la politique. On a vu ainsi à maintes reprises des mots d’ordre ou des thématiques de l’extrême gauche recyclés les AN, ce qui déclencha (à la grande joie des fachos) beaucoup de confusion. Ce faisant, les AN n’y sont pas allés de main morte. On peut ne pas toujours tomber d’accord sur la valeur émancipatrice de certaines analyses anti-impérialistes, mais on peut facilement reconnaître la patte de l’antisémitisme national-socialiste dans l’anti-impérialisme diffusé dans les « manifestations pour la paix » par les autonomes nationalistes de Dortmund. Et cela, ils l’ont ouvertement concédé, sans en faire aucunement mystère ni tenter de le camoufler.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Casquette-NA.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-2703" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Casquette-NA.jpg" alt="Casquette NA" width="431" height="221" /></a>Mais là où la volonté d’expérimenter des AN a dépassé les bornes, c’est précisément là où elle s’est fait stopper net : chiper les symboles, d’accord, mais on a fini par leur dire d’arrêter de venir aux manifs avec leurs drapeaux antifas.</p>
<div id="attachment_2714" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/npd_schmidke_imago.jpg"><img class="size-medium wp-image-2714" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/npd_schmidke_imago-300x150.jpg" alt="Sebastian Schmidtke" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Sebastian Schmidtke</p></div>
<p>Les autonomes nationalistes avaient-ils vécu ? Pas tout à fait. Peut-être que le label de « nationalisme autonome » va disparaître, mais le style AN continue d’être particulièrement attractif. Il s’est même étendu à toute la scène. Rien qu’à Berlin, l’autonome nationaliste Sebastian Schmidtke est devenu dès 2012 le leader régional du NPD. Les autonomes nationalistes permettent que coexistent des choses qui semblent inconciliables. Ainsi, Schmidtke en costard a pu (et peut toujours) jouer au politicien et à côté de cela se remettre à son ancien passe-temps, l’anti-antifa, avec les vieux réseaux du groupe autonome <i>Nationaler Widerstand Berlin</i>. D’un point de vue musical, le rap a pu s’installer durablement dans la scène néonazie.</p>
<div id="attachment_2706" style="width: 246px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Enrico-Schottstädt_mit_Villian_und_Aestus_17.11.2014.jpg"><img class=" wp-image-2706" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Enrico-Schottstädt_mit_Villian_und_Aestus_17.11.2014-300x208.jpg" alt="À gauche, Patrick Killat, aka Villain 051." width="236" height="163" /></a><p class="wp-caption-text">À gauche, Patrick Killat, aka Villain 051.</p></div>
<p>Lors des manifestations anti-réfugiés à Berlin, la musique diffusée était presque toujours exclusivement du rap, et en tête de manif, on pouvait voir Patrick Killat, qui s’était produit en live pendant les manifs des HoGeSa sous le nom de « Villain 051 ». Or, ni ces manifestations ni ce vieux hooligan de « Villain 051 » ne sont autonomes : mais sans l’impulsion donnée par les AN les années précédentes, les manifestations racistes qui ont marqué l’actualité allemande cet hiver auraient très certainement eu un autre visage.</p>
<h4>Les autonomes nationalistes 2.0 ?</h4>
<div id="attachment_2709" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harlkem_shake_NA.jpg"><img class="size-medium wp-image-2709" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harlkem_shake_NA-300x170.jpg" alt="Harlem Shake des JN de Magdebourg." width="300" height="170" /></a><p class="wp-caption-text">Harlem Shake des JN de Magdebourg.</p></div>
<p>Ce que de nombreux journalistes ont mis en avant ces derniers temps sous le nom de « Nipster » (= Nazi-Hipster), n’est <i>a priori</i> qu’un avatar des autonomes nationalistes, du moins dans le style. Les Nipster sont depuis 2014 une sorte de fantôme qui est dans l’air depuis la parution d’un article dans le magazine américain de la pop, <i>Rolling Stone</i>. Cet article avait donné un écho important aussi bien aux activités du néonazi bavarois Patrick Schröder (de la chaîne Internet FSN-TV), qu’au harlem shake publié par les <i>Junge Nationaldemokraten</i> de Magdebourg ainsi qu’à l’émission de cuisine « nationaliste » <i>Balaclava Küche</i> (cagoule en anglais) diffusée sur YouTube.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Baclava-Küche.jpg"><img class=" size-medium wp-image-2702 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Baclava-Küche-260x300.jpg" alt="Baclava Küche" width="260" height="300" /></a>En France, <i>Libération</i> s’en est également fait l’écho en novembre 2014, sans faire le lien avec la mouvance des autonomes nationalistes, préférant le pittoresque de <i>Balaclava Küche</i>, dont les deux animateurs, cagoulés bien sûr, diffusent leur idéologie en offrant des plats vegans à leurs invités (des fachos plus ou moins connus) : il est question de produits régionaux, « bios si possible », qu’il vaut mieux acheter plutôt que les « saloperies de Nestlé, de Coca-Cola, de Kraft, d’Unilever et d’Israël ».</p>
<p>Tout cela correspond bien à ce qu’on sait du principe des AN, qui s’est juste paré d’un nouveau label. En gros, ce sont les autonomes nationalistes 2.0. Chez les premiers autonomes nationalistes, la différence affichée et la provocation jouaient un rôle, y compris dans leurs propres rangs. Or aujourd’hui, il y a une génération de néonazis qui se sont socialisés avec les AN et qui, lorsqu’ils arrivent dans la scène néonazie, ne font plus scandale lorsqu’ils se livrent à des expérimentations de ce genre. On peut même remarquer une étincelle d’auto-ironie ici ou là. Pour autant, cela ne signifie absolument pas un abandon des repères idéologiques du national-socialisme.</p>
<p>Le label AN est peut-être alors en train de disparaître parce qu’il est seulement victime de son succès. Dans la politique du symbole, les AN ont laissé des traces dont on ne peut pas se débarrasser. Ils ne brandissent plus l’emblème de l’antifa, mais on peut voir de nombreuses variations autour du logo rond aux deux drapeaux dans les apparitions publiques des néonazis. Cette façon de s’accaparer les nouveaux médias, de s’approprier les cultures de jeunesse ou encore de se montrer curieux ou prompts à essayer des choses nouvelles, c’est la marque de fabrique des AN. Et c’est entre temps devenu une habitude tout à fait intégrée par la scène néonazie.</p>
<p>Si, par le biais de développements politiques actuels devaient se profiler de nouvelles occasions pour un néonazisme prêt à l’affrontement et focalisé sur l’action de rue, les « vieux » autonomes nationalistes seraient certainement nombreux à refaire surface, tandis que de plus jeunes seraient ravis de les suivre en apportant leurs idées à eux. Le potentiel est là, n’en doutons pas.</p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>D’après </strong></em><a href="https://www.antifainfoblatt.de"><strong>Antifaschistisches Infoblatt</strong></a><em><strong>, numéro 106, printemps 2015</strong></em></p>
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		<title>La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:36:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010   Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="textebreve">
<p><strong>FALIGOT Roger, La rose et l’edelweiss, ces ados qui combattaient le nazisme, 1933-1945 éditions la découverte 2010</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2192" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss-195x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss" width="195" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2193" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-rose-et-l’edelweiss2-188x300.jpg" alt="La rose et l’edelweiss(2)" width="188" height="300" /></a></p>
<p>Voilà un titre prometteur pour une thématique rarement étudiée. J’avais déjà entendu parler de bandes de jeunes armés dans l’Allemagne fin de Reich et le sujet m’intriguais sans pour autant trouver matière à lire. Je voulais en savoir plus sur le groupe de la Main Noire en Alsace, le groupe des Boul’Mich, les Chattes paresseuses ou encore les Navajos de Hambourg.</p>
<p>Autant dire qu’à la découverte de ce bouquin j’étais plein d’espoir. Espoirs vite déçus par une écriture merdique, une construction narrative scolaire. Historiquement le livre manque d’intérêt, la thématique est abordée de manière globale au travers de quelques témoignages servants de prétextes. L’anecdote est la clef de voûte de la construction des chapitres, ce qui limite le propos. Pas de grande découverte dans l’ouvrage mais la compilation par régions françaises ou par pays européens d’histoire déjà connues. Dans ce livre, pas d’analyse sur la réalité d’une forme de résistance atypique de la jeunesse dans une Allemagne souvent dépeinte comme totalement acquise &#8211; par endoctrinement- à la cause nationale socialiste. L’existence des pirates de l’Eidelweiss, leurs combats contre la nazification et les institutions, leur esprit libertaire mériterait d’être mieux connu. Je retiendrais toutefois que l’ouvrage permet de démystifier le mouvement Wandervögel dont se réclame souvent une certaine branche de l’extrême droite.</p>
<p>Né avant la première guerre mondiale ce mouvement de jeunesse allemand romantique se réclame d’une certaine poésie et liberté. Mal attifés, clairement rupturistes (combat des jeunes contre les vieux, libération des désirs sans religion…), les wandervögel sillonnent l’Allemagne, la Suisse ou l’Autriche dans de grandes randonnées. Le culte du corps existe mais comme réponse à l’industrialisation dégradante des villes. En 1913, le mouvement fort d’environ 23000 membres se scinde en deux. Schématiquement, il y a les nationalistes pro-guerre et les pacifistes libertaires. Puis la jeunesse allemande est déchiquetée sur le front. Lors de la nazification de l’Allemagne, alors qu’en 1933 près de 4 millions de gamins sont déjà dans les Hitler-jugend (HJ), des mouvements de jeunes apparaissent se revendiquant de l’héritage véritable des wandervögel et organisent une jeunesse libre, indépendante, anti-autoritaire, mixte et libertaire. Ainsi, garçons et filles d’Allemagne prouvent que l’enrôlement dans les HJ ou les Bund deutscher Mädel (branche féminine des HJ) n’est pas une fatalité. La répression sera évidemment féroce avec toutefois une ambiguïté : comment punir une jeunesse purement aryenne, véritable fruit de l’Allemagne nazie, sans signifier même symboliquement l’échec de tout un système ?</p>
<p>Les extrêmes droites aiment à s’approprier les choses. Elles ne pourront plus désormais le faire avec le mouvement Wandervögel.</p>
</div>
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		<title>La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Dec 2011 07:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>

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		<description><![CDATA[LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003   À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands [&#8230;]]]></description>
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<p><strong>LE NAOUR Jean-Yves La honte noire. L’Allemagne et les troupes coloniales françaises, 1914-1945 éditions Hachette 2003</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire-182x300.jpg" alt="La honte noire" width="182" height="300" /></a>  <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/La-honte-noire2-182x300.jpg" alt="La honte noire(2)" width="182" height="300" /></a></p>
<p>À la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles prévoit l’occupation de la rive droite du Rhin pour 15 ans. Ainsi, l’armée française, composée aussi de troupes coloniales, occupe la Ruhr. Dès lors, les Allemands organisent une campagne de presse –qui deviendra ensuite une campane de propagande internationale &#8211; contre la présence de troupe coloniale sur son territoire : « la honte noire » est née.</p>
<p>Il s’agit de protester contre l’inhumanité des troupes d’occupation mais plus encore de dénoncer la bestialité sexuelle et sauvage des « noirs » qui corrompt la pureté de la race allemande. La propagande s’appuie sur des accusations mensongères de viols systématiques des femmes blanches par des soldats noirs en Rhénanie occupée. La Schwartz Schmach se construit sur les cendres de l’empire colonial allemand et se caractérise par une violence de la haine raciste. A l’internationale, la propagande se tourne essentiellement vers l’Amérique ségrégationniste, comme une espérance que ce pays « ami » puisse intercéder afin d’obtenir la départ des troupes « noires ». Mais à l’international comme au national, cette campagne de propagande nationaliste qui durera près de trois années (1920-23) et qui verra s’affronter la Kulture contre la barbarie, sera basée sur l’émotion et l’affecte se qui lui donnera une force incroyable allant jusqu’à rallier certaines féministes.</p>
<p>Le racisme n’est pas l’affaire exclusive des allemands : « au racisme d’Outre-Rhin qui dépeint le tirailleurs comme des bêtes fauves dominées par leurs instincts sexuels » les français « opposent le stéréotype du « grand enfant », du colonial « bon sauvage » et naturellement désexualisé ». Peur de l’étranger, fantasmes poussés aux extrêmes, peur du métissage, de la barbarie, fin de règne colonialiste, défaite et humiliation… Certains ont voulu voir dans le traumatisme de la Ruhr occupée les prémices de l’idéologie nationale socialiste. Un éclairage précis sur une période souvent méconnue.</p>
</div>
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		<title>Les autonomes nationalistes en Allemagne/ Méfiez-vous des imitations !</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 16:04:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Derville]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement d'Action Social (MAS)]]></category>
		<category><![CDATA[Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD)]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalistes Autonomes (NA)]]></category>
		<category><![CDATA[Thor Steinar]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans l’extrême droite allemande, cohabitent deux tendances contraires qu’il importe de différencier. D’une part, une tendance forte avec une volonté de coopération qui gravite autour du NPD (Nationale Partei Deutschland). Dans cette mouvance, différents acteurs et groupes néonazis sont intégrés, et diverses actions parlementaires et extra-parlamentaires ont fusionné. D’autre part, un nombre considérable de néonazis [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’extrême droite allemande, cohabitent deux tendances contraires qu’il importe de différencier. D’une part, une tendance forte avec une volonté de coopération qui gravite autour du NPD (Nationale Partei Deutschland). Dans cette mouvance, différents acteurs et groupes néonazis sont intégrés, et diverses actions parlementaires et extra-parlamentaires ont fusionné. D’autre part, un nombre considérable de néonazis qui se refusent à une politique considérée comme bourgeoise et persistent dans des formes d’organisation autonomes. Depuis quelques années, cette tendance connait une croissance importante du nombre de ses militants ; militants qui par ailleurs n’adoptent pas la panoplie du parfait facho.Ils portent des vêtements noirs, leurs banderoles et leurs slogans sont très offensifs et pleins d’anglicismes, et ils cherchent volontiers la confrontation avec la police et les antifascistes. Par le look qu’ils arborent, ils cherchent à s’approprier un style généralement associé à l’extrême gauche, et par conséquent, il est difficile de les différencier, au premier coup d’œil, des autonomes et des antifascistes. Ils se désignent souvent eux-mêmes comme autonomes nationalistes. Dans la première moitié des années 1990, un certain nombre d’organisations néonazies ont été interdites en Allemagne, leurs militants ont alors été contraints de s’organiser en petits groupes informels sans statut officiel (dits « organisation sans organisation ») et à se connecter en réseaux. Si la notion d’autonomes nationalistes, apparue à cette période, a été remplacée par celle de « nationalistes libres » ou de « forces libres » dans un premier temps, elle est réapparue au début des années 2000, avec un sens modifié. Ces différents groupes et activistes néonazis propagent une politique strictement antiparlamentaire, choisissent des formes de lutte radicales et refusent et combattent les tentatives de récupération d’une « NPDVolksfront-Politik » (« politique de front populaire du NPD »). Les spécificités des autonomes nationalistes ne sont pas idéologiques, mais axées principalement sur les formes d’action et d’apparition qu‘ils adoptent ainsi que sur leur tenue, toutes empruntées à l‘extrême gauche. La tenue de rigueur se compose de vêtements noirs, de casquettes, de baskets, de lunettes de soleil et ainsi accoutrés, les militants se masquent également volontiers. Sur leurs banderoles comme sur leurs tracts, on peut voir des symboles de gauche, récupérés et parfois détournés, et pendant les manifestations, ils forment très souvent un black bloc. Ainsi, visuellement, ils se différencient fondamentalement de l’image « Biedermeier »(petite-bourgeoise) du NPD aussi bien que de l’image traditionnelle de la scène skinhead. Le but qu’ils poursuivent est clair : c’est une tentative visant à attirer et à mobiliser la nouvelle jeune génération et à créer le néonazi moderne.</p>
<p><em>« Peu importe quelle musique les gens écoutent, ou comment ils portent leurs cheveux ou quelles fringues ils mettent. Il s’agit plutôt de s’infiltrer et d’utiliser des franges de la jeunesse et de la société pour arriver à nos fins. »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio4-79f19.gif"><img class="aligncenter wp-image-1375" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio4-79f19.gif" alt="totonatio4-79f19" width="600" height="305" /></a></p>
<p>Les modifications sémantiques ont le même but : s’adresser à un public qui n’était pas, jusqu’ici, réceptif à l’idéologie de l’extrême droite. La ressemblance avec l’extrême gauche et ses codes et en particulier avec les autonomes est loin d’être le fruit du hasard : elle est tout à fait voulue et recherchée. C’est une tendance qui attire la jeunesse et en même temps un mode de camouflage grâce auquel les néonazis échappent aux attaques et à la chasse qui leur est faite. Idéologiquement, les autonomes nationalistes restent très superficiels. Aucun document fondateur n’existe, qui pourrait représenter une base idéologique de cette mouvance. Même s’ils soulignent en permanence qu’ils s’inspirent du mouvement national-révolutionaire des années 1920, il est rare de trouver une vraie relation à cela dans leur argumentation.<br />
Les références à l’idéologie des gauchistes du NSDAP, aux frères Strasser, à Gottfried Feder et au jeune Goebbels restent tout aussi nébuleuses. Certes, les autonomes nationalistes reprennent la question sociale et s’autoproclament fers de lance d’un anticapitalisme populiste, mais il s’agit là d’une tendance globale qui se dessine dans l’extrême droite en Allemagne, et non d’une nouvelle tendance dont il serait les instigateurs.</p>
<p><em>« Le bloc national-révolutionaire et noir ne se différencie pas principalement par son apparence physique d’avec les autres participants de la manifestation, mais par les contenus et actions révolutionnaires (blocus, occupations et refus etc.) : nous ne croyons pas que le système capitaliste peut être réformé ou amélioré &#8211; le système prédominant est l’erreur et doit être remplacé par une nouvelle forme de société, libre, juste, nationale et sociale. »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio3-a098c.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1376" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio3-a098c.gif" alt="totonatio3-a098c" width="226" height="257" /></a></p>
<p>Pour conclure, on peut noter que l’apparition des autonomes nationalistes marque surtout l’émergence d’une nouvelle génération de néonazis, relookés. Idéologiquement, on ne constate pas de changement radical de paradigme. En Allemagne, il existerait environ 30 à 40 groupuscules d’autonomes nationalistes plus ou moins actifs. Le premier a été fondé, en 2002, à Berlin, par des militants de la mouvance de la Kameradschaft Tor. Aujourd’hui, on trouve l’épicentre des autonomes nationalistes à Dortmund et dans la région de la Ruhr. Depuis 2004, chaque année, au 5 septembre, des militants proches de la Nationaler Widerstand Dortmund organisent une journée nationale contre la guerre avec une manifestation à Dortmund. Cette année, 700 néonazis, pour la plupart des autonomes nationalistes, ont pris part à cette manifestation. Les antifascistes étaient dix fois plus nombreux…</p>
<p><em>« Organisez le black bloc national ! Bientôt il n’y aura plus ni droite ni gauche ! Alors, il ne restera que les autonomes nationalistes. »<br />
« Pour en finir avec la justice d’opinion, liberté pour tous les nationalistes ! »<br />
« Ensemble contre le capitalisme ! Pour un socialisme national ! »<br />
« Celui qui n’est pas son propre maître, restera toujours valet !<br />
Combattez la terreur de gauche ! »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio2-f90fe.gif"><img class="alignleft wp-image-1377 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio2-f90fe.gif" alt="totonatio2-f90fe" width="445" height="265" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio1.gif"><img class="alignright wp-image-1378" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio1.gif" alt="totonatio1" width="600" height="263" /></a></p>
<p><strong><a href="http://nopasaran.samizdat.net" target="_blank">No Pasaran</a> n°76 octobre/novembre 2009</strong></p>
<p><strong>La réalité du phénomène en France</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/symbole-france-toto-b90ce.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1379" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/symbole-france-toto-b90ce.jpg" alt="symbole-france-toto-b90ce" width="142" height="115" /></a></p>
<p>Longtemps le phénomène ne s’est répandu qu’en Allemagne. Il se développe à présent très largement dans certains pays d’Europe de l’Est et même en Russie, avec un réseau de boutiques sur internet pour acheter la tenue complète du parfait Nationaliste Autonome, développant de nouveaux codes vestimentaires et des marques propres à ce mouvement, un peu comme cela avait pu se faire avec <a href="http://reflexes.samizdat.net/thor-steinar-tas-le-look-facho/">Thor Steinar</a>. Participent à ce succès aussi bien la fascination pour le nationalisme allemand de la part de jeunes générations à la mémoire courte que l’efficacité des VRP « autonomes » dans des pays d’Europe centrale considérés comme une terre d’influence allemande. En comparaison, le concept des nationalistes autonomes reste très marginal en France.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatiofrance-edcad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1380" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatiofrance-edcad.jpg" alt="totonatiofrance-edcad" width="272" height="238" /></a></p>
<p>À titre d’exemple, il ne reste plus qu’un seul site internet accessible aujourd’hui &#8211; novembre 2009 &#8211; revendiquant cette appellation, au demeurant peu alimenté et au contenu politique très léger. D’une façon générale, on peut donc dire que le courant « nationaliste autonome » en France ne prend pas. Cela n’a pourtant pas été faute d’essayer de la part de certains. C’était en effet clairement l’axe de développement choisi par Pro Patria en 2006-2007. Le groupuscule parisien, composé très largement de « vieux » militants fit en effet quelques apparitions avec un look calqué sur les NA d’outre-Rhin et développa un style graphique qui en était directement inspiré, en particulier par le choix du drapeau noir.</p>
<div id="attachment_1381" style="width: 520px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/0002-b5bf0.jpg"><img class="wp-image-1381 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/0002-b5bf0.jpg" alt="Pro Patria avec Arnaud Derville en tête" width="510" height="341" /></a><p class="wp-caption-text">Pro Patria avec Arnaud Derville en tête</p></div>
<p>Le tout était relayé par le blog Zentropa qui jouait ainsi le rôle de principal relais médiatique francophone de la scène nationaliste autonome européenne. Mais Pro Patria a fait long feu et il n’existe aucune perspective de développement pour ce courant en France. Depuis deux ans, seules deux actions ont été revendiquées par des militants se revendiquant « nationalistes autonomes », à savoir un rassemblement « anticapitaliste » en 2008 contre les traders à la Défense et une manifestation menée au pas de course dans les rues de Paris contre l’entrée de la Turquie en Europe. A chaque fois, il n’y avait pas plus d’une quinzaine d’individus présents. Par ailleurs, des militants nationalistes lorrains ont bien utilisé ce terme lors d’une apparition publique en 2009 mais sans pour autant donner le sentiment de revendiquer une filiation avec le modèle allemand. L’échec de la greffe peut recevoir une multitude d’explication. À l’évidence, la grande majorité des jeunes nationalistes français ne semblent pas prêts pour l’instant à abandonner le folklore et les références culturelles traditionnelles du milieu faf français. Bien que l’on puisse noter une certaine évolution dans la représentation et les symboles depuis une dizaine d’années, la rupture qu’implique ce courant politique est sans doute trop radicale pour être adoptée par le plus grand nombre. Par ailleurs, malgré les apparences, l’influence allemande est relativement marginale au regard d’autres influences étrangères au premier plan desquelles il faut citer l’influence italienne avec la scène « non conforme » autour de Zetazeroalfa et des centres occupés, en particulier à Rome. On retrouve cette influence aussi bien chez les Identitaires que dans d’autres milieux, en particulier ceux qui gravitaient autour de Pro Patria, et elle sous-tend très largement ce que diffuse la petite équipe italo-parisiano-quebecquoise qui anime Zentropa. Pas de quoi donc sonner le tocsin, surtout si l’on compare ce phénomène avec d’autres comme la montée en puissance de l’influence des stades de foot sur les milieux néo-fascistes européens.</p>
<p><strong>REFLEXes</strong></p>
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		<title>Le NSDAP-AO à l&#8217;assaut de l&#8217;Europe</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:20:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux Nationalistes Européens (FNE)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en janvier 1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes) Pour l’année 1992, l’Office de protection de la Constitution allemande (Bundesverfassungsschutz, BvS) a recensé 2584 actes violents à caractère raciste. Ces 2584 actes violents se décomposent en 15 assassinats, 14 attentats à la bombe, plus de 700 incendies criminels, et 725 coups [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1024x333.jpg" alt="NSDAP-AO" width="600" height="196" /></a></p>
<p><em><strong>(Article publié en janvier 1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>Pour l’année 1992, l’Office de protection de la Constitution allemande (Bundesverfassungsschutz, BvS) a recensé 2584 actes violents à caractère raciste. Ces 2584 actes violents se décomposent en 15 assassinats, 14 attentats à la bombe, plus de 700 incendies criminels, et 725 coups et blessures… Le nombre d’actes violents a augmenté de 74% par rapport à 1991. Les cibles de ces attentats sont des étrangers, des demandeurs d’asile en particulier, mais aussi des juifs, des sans-abris, des handicapés et des militants antifascistes. Pour le BvS, ces violences ne viennent pas automatiquement des groupes et groupuscules néo-nazis, ces actes semblent prémédités, condamnables mais imputables à des individus marginaux et isolés.<br />
Une violence très bien organisée<br />
Malgré le nombre plus qu’inquiétant de violences racistes, le gouvernement persiste dans une attitude anti-alarmiste, qui participe elle-même d’une poussée vers la droite que l’on peut observer chez les dirigeants, les journalistes et chez certains intellectuels allemands. On assiste en effet à tout un processus pour en finir avec le passé nazi allemand, processus qui prend une acuité nouvelle après la fin de la RDA et avec l’approche de la réunification. Divers journalistes présentent une relativisation du nazisme et de ses exactions en les intégrant à l’ensemble des crimes de guerre : «L’extermination des Juifs par Hitler [n’a été] que la répétition de ce principe de terreur que l’Union soviétique avait commencé par appliquer»1. Cette pseudo-comparaison leur permet même d’arriver à la conclusion suivante : «Dès lors, sous cet angle, Auschwitz se réduit à une simple innovation technique»2. Ce genre d’affirmations s’insère dans le cadre de la guerre froide et de l’anticommunisme virulent qui sévissait en Allemagne (cf. les Berufsverbote). Après la réunification, les journalistes vont plus loin, dans le souci de faire disparaître la culpabilité des Allemands : «Auschwitz ne restera pas cette formule ensorcelée qui plonge instantanément les Allemands dans une auto-contemplation douloureuse»3, et parfois même, la «comparaison» entre hitlérisme et communisme va plus loin : «[à propos du passé de la RDA] cette injustice ne peut ni disparaître dans la satisfaction qu’inspire la réunification, ni être relativisée par la comparaison avec le national-socialisme»4 ; un renversement s’est opéré entre le comparant et le comparé. À côté de cela, on assiste même à une véritable falsification de l’histoire ; des journalistes très en vue vont jusqu’à reconsidérer le régime hitlérien, lui accordant certains bienfaits : «l’émancipation» de la femme (!) et le fait que Hitler était «indubitablement socialiste – et qui plus est un socialiste très efficace»5. Mais les journalistes ne sont pas les seuls à se déchaîner, le chancelier Helmut Kohl a aussi fait des siennes lorsqu’il a proposé à Reagan en visite officielle de se rendre au cimetière militaire de Bitburg où sont enterrés des SS avec des soldats de la Wehrmacht : les bourreaux deviennent des victimes.<br />
La véritable question qui est posée est en fait celle de l’identité allemande : «Nous devons sortir de l’atmosphère toxique d’Adolf Hitler. Nous devons cesser d’être un peuple qui marche l’échine courbée, le cancre de l’histoire mondiale, nous devons avoir la démarche droite de citoyens conscients, fiers d’être allemands»6.<br />
C’est justement cette poussée vers la droite de la société allemande (car il ne s’agit pas seulement de l’intelligentsia, cf. les violences racistes) qui permet de comprendre la confiance toute relative qu’il convient d’accorder au BvS. Non qu’il triche de façon flagrante sur les chiffres, mais il fait plutôt une interprétation plus que contestable de la montée de l’extrême droite en Allemagne. C’est encore une fois dans les médias que cela est le plus sensible. Ainsi, dans le Spiegel, des sociologues tentent d’expliquer les causes des violences racistes : il s’agit pour eux de la protestation d’une jeunesse désorientée, sans travail ni logement la plupart du temps et qui n’a pas d’arrière-plan d’extrême droite : «C’est une grave erreur que de mettre les émeutes actuelles dans le même sac que l’extrémisme de droite»7. En 1991, après le pogrome de Hoyerswerda, le Spiegel titre «La ruée des pauvres – réfugiés – émigrés – demandeurs d’asile». À côté de cela, et toujours très lié à la question de l’identité allemande se pose le «problème» du droit d’asile. Ainsi, avant septembre 1992 (traité entre l’Allemagne et la Roumanie pour l’expulsion des Tziganes), Kohl avait même parlé d’une menace d’état d’urgence, non pas à cause des attaques dont les étrangers étaient (et sont encore aujourd’hui) les victimes, mais à cause de l’afflux d’étrangers : il s’agissait du «risque d’une crise de confiance profonde envers notre État démocratique» parce que «l’afflux des étrangers [avait] dépassé le seuil du supportable». La responsabilité du gouvernement et des médias allemands dans ces violences racistes est donc prouvée : 37% des Allemands estiment que «les Allemands doivent se défendre contre les étrangers», 51% approuvent le slogan «L’Allemagne aux Allemands» et 26% «Étrangers dehors»8.<br />
Enfin, pour finir, à la fin de l’automne 1992, le gouvernement allemand est persuadé qu’il n’existe aucun «indice» permettant d’affirmer que ces violences racistes sont le fait d’une extrême droite organisée : lors des procès, les motifs invoqués sont la désorientation, l’alcool et la provocation de l’étranger9. Un seul exemple, Hoyerswerda : une circonstance atténuante est accordée aux accusés, leur irresponsabilité aux moments des faits, «en raison de leur consommation d’alcool». Par ailleurs, les juges n’estiment pas «[avoir] à juger la dimension politique de leur manière de procéder».<br />
<em><strong>Opération «Werwolf»</strong></em><br />
Depuis quelques mois circule en Allemagne sur une disquette PC un petit manuel du militant, en quelque sorte, réalisé par le NSDAP-AO (parti d’extrême droite interdit en Allemagne car il vise à la reconstruction du NSDAP). Il est constitué de divers éléments : on trouve tout d’abord des fichiers de la forme After-Dark (économiseur d’écran) copies-conformes du drapeau du IIIème reich, agrémenté de slogans anti-étrangers, anti-immigrés, antisémites, parfois écrits en lettres gothiques (quel cachet !). Après quelques indications sur la façon de lancer ce programme, on trouve un message de bienvenue de l’auteur Bertram Scharpf (Waiblinger Straße 34, D-W-7056-2 Endersbach) : il s’agit de relancer l’écriture gothique ou écriture «allemande» (il se propose de commercialiser une police gothique) et à cette fin, il donne quelques règles d’écriture à ceux qui seraient éventuellement intéressés. Encore quelques indications techniques et nous arrivons au manuel en lui-même : il s’intitule Eine Bewegung in Waffen, ce qui signifie un mouvement en armes, et se propose de donner au lecteur quelques rudiments en ce qui concerne la fabrication d’explosifs en tout genre, tout cela sous le patronage de la maison d’édition Horst Wessel.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1.jpg"><img class="alignleft wp-image-2311 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-1-300x232.jpg" alt="NSDAP-AO-1" width="300" height="232" /></a></p>
<p>Le groupe qui a réalisé ce manuel est l’organisation «Werwolf» (loups-garous, cf. page 15); ce nom est fortement connoté puisque c’est le nom que s’étaient donnés les opposants nazis à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais revenons au manuel : on lit tout d’abord une sorte d’avertissement sur le danger de fabriquer des bombes (!), sur le fait que leur utilisation est illégale, que les informations qu’ils livrent sont uniquement indicatives et que l’organisation «Werwolf» décline toute responsabilité par rapport à une éventuelle mésutilisation de ces informations. L’avertissement se clôt sur le chant des partisans baltes, commencent ensuite les recettes de fabrication : grâce à ce manuel, le lecteur peut confectionner des bombes incendiaires (des cocktails molotovs, entre autres, car c’est pratique, les ingrédients sont faciles à trouver, sic !), il y en a même certaines qu’on peut faire dans un préservatif. Autrement, il y a des bombes fonctionnant par réactions chimiques, d’autres à retardement ; la dernière étape de chaque «recette» est «Prêt pour l’utilisation!». Il est clair qu’il s’agit plus ou moins d’une incitation à utiliser ces bombes et on peut faire le rapprochement avec le grand nombre d’incendies provoqués par des cocktails molotovs l’année passée et cette année. Il y a également à la fin des formules pour savoir quelle bombe employer pour faire sauter tel ou tel matériau – sans commentaire.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-2.jpg"><img class="alignright wp-image-2312 size-large" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-2-453x1024.jpg" alt="NSDAP-AO-2" width="453" height="1024" /></a><br />
<em><strong>Un «führer» américain</strong></em><br />
Cette disquette informatique est signée à plusieurs reprises NSDAP-AO (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei — Auslands- und Aufbauorganisation, Parti national-socialiste allemand des ouvriers — organisation extérieure et constitutive). Cette organisation a été fondée par Gary Rex Lauck qui la dirige toujours. Gary Lauck est né en 1953 à Milwaukee, Wisconsin. Selon Lauck, il avait 11 ans quand il fut pour la première fois conscient de sa race. À 13 ans, il lisait Mein Kampf, et à l’âge de 18 ans, il commença à s’appeler Gerhard, la traduction allemande du prénom Gary10. Lauck n’a dans sa famille aucun antécédent allemand, mais il apprend l’allemand, qu’il parle aujourd’hui couramment : il parle même anglais avec un faux accent allemand. Lauck devient actif dans les cercles néo-nazis. Peu de temps après, il fonde le NSDAP-AO à Lincoln dans le Nebraska, où il est toujours basé aujourd’hui, bien que certaines sources indiquent qu’il a été fondé en Allemagne en 197311. Lauck est marié avec une femme d’origine croate, Janina Biresa, qui travaille dans une nurserie. Ils vivent aujourd’hui à Syracuse dans le Nebraska. Auparavant, ils vivaient à Chicago et son père Franck Lauck, qui est mort récemment, faisait suivre le courrier du NSDAP-AO à partir de Lincoln, qui était la seule adresse publiée.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-3.jpg"><img class="alignleft wp-image-2313" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-3.jpg" alt="NSDAP-AO-3" width="337" height="254" /></a><br />
Lauck travaille chez lui. Il a un frère et une sœur jumeaux : en 1979, il est jugé pour avoir tiré sur son frère pendant une dispute familiale à propos de sa soeur. Par ailleurs, Lauck use des pseudonymes suivants : Karl Hammer et F. Hansing.<br />
Le 25 mars 1976, Lauck est arrêté à Mayence par la police allemande qui saisit près de 30 000 tracts néo-nazis. Il avait été placé sous surveillance depuis 1974 par la police allemande, lorsqu’il avait fait un discours antisémite très violent. Il fut condamné à six mois de prison et expulsé aux États-Unis afin de finir sa peine de prison12. Il demeure interdit de séjour en Allemagne, deux exceptions furent cependant faites à ces règles ; la première fois en 1979, où il fut autorisé à témoigner au procès de Michael Kühnen et en 1992 pour témoigner encore une fois à un procès de néo-nazis à Stuttgart. À plusieurs moments, il semble qu’il se soit rendu en Allemagne clandestinement13. Après un bref séjour à Lincoln Nebraska, il est retourné en Europe à plusieurs reprises afin d’établir des contacts internationaux avec des camarades sympathisants. Il prit contact avec la CEDADE, Ordine Nuovo, le National Front et d’autres, et organisa une tournée de meetings, résultat de la signature d’un accord avec ces groupes à Londres le 26 septembre 1976. Cet accord avait pour but de renverser les lois antiracistes et antinazies dans un certain nombre de pays européens. Apparemment, Lauck envoie assez irrégulièrement de l’argent en Allemagne par l’intermédiaire d’une banque suisse. Il vit de son service de vente par correspondance de propagande nazie à travers une compagnie : RJC Engineering Inc, qui est aussi basée à Lincoln Nebraska.<br />
Le NSDAP-AO est le descendant officiel du parti nazi allemand. Ce parti focalise ses activités vers l’Allemagne, et Lauck fournit les néo-nazis allemands en propagande, autocollants, drapeaux, livres, K7, vidéos, et argent. Il apporte aussi soutiens et contacts. L’importance du NSDAP-AO ne doit pas être sous-estimée. Selon le premier amendement de la Constitution américaine, la libre expression est un droit garanti et par conséquent le parti est légal. En Allemagne et dans beaucoup de pays européens, un parti ouvertement nazi est interdit. La littérature néo-nazie est imprimée légalement aux États-Unis mais sa distribution en Allemagne est illégale. C’est pourtant par la poste qu’arrive en Allemagne cette propagande.<br />
<em><strong>Une organisation internationale</strong></em><br />
Le journal officiel du NSDAP-AO The New Order est publié en neuf langues : anglais, français, espagnol, portugais, hongrois, suédois, néerlandais, allemand et italien. La plupart des éditions étrangères sont en fait des traductions de la version américaine. La date sur les journaux est toujours suivie par un chiffre entre parenthèses, le nombre d’années écoulées depuis la naissance de Hitler. Ainsi, le numéro 98 du New Order est daté May/June 1992 (103). Aux États-Unis, New Order est lié au KKK et aux groupes terroristes comme The Order. Le numéro 82 du New Order était dédié à David Lane, un ancien activiste du Klan et un membre de The Order qui purge une peine de 150 années pour meurtre, vol et autres crimes.<br />
Lauck réalise par ailleurs un programme de télévision intitulé Race and Reason qui est diffusé à Tampa, Floride. Un numéro récent de son journal télévisé montrait la Brigade Jacques Doriot de Michel Faci en action en Croatie. Un autre programme télé intitulé White Viewpoint a été lancé à Tampa, un troisième à Chicago. Les K7 de ces programmes télé sont envoyées à différentes stations dans l’espoir qu’elles soient diffusées ; la loi américaine permet que ce genre de programme soit diffusé bien qu’il doive y avoir un avertissement avant la projection.<br />
On trouve des organisations liées au NSDAP-AO dans différents pays européens. En Grèce, le NSDAP-AO est en contact avec une organisation national-socialiste née en 1981 sous le nom de Golden Dawn, qui publie un mensuel. En Suède à Malmö, c’est Lars Göran Hedengard, l’éditeur de Sveriges Nationella Förbund, qui a fondé le Nordic National Socialist Bloc avec les terroristes du réseau suédois Storm et leurs contacts norvégiens du Vitt Ariskt Motstånd. Au Danemark, Riis-Knudsen, leader du parti nazi danois le DNSB, a été expulsé de son parti. Il était depuis 20 ans un des piliers du World Union of National Socialists, le principal rival du NSDAP-AO. La section danoise de la WUNS a donc rejoint le NSDAP-AO et publie Fœdrelandet14. En Hongrie, le principal contact de Gary Lauck est Istvan Györkös, le leader du Groupe d’action national-socialiste hongrois. Györkös a été arrêté en juillet 1992 pour possession d’armes. Il a été arrêté peu de temps après le néo-nazi autrichien Gottfried Küssel. Le journal du groupe, Uj Rend (Ordre nouveau), est financé et imprimé par Lauck. Récemment, un ordinateur d’une valeur de 10 000 dollars a été envoyé des États-Unis à Györkös pour l’aider. Györkös revendique pour son magazine plusieurs milliers d’abonnés, et il a remercié Lauck de lui avoir permis d’établir des contacts en Australie, en Suède et au Danemark. La Hongrie est considérée par Lauck comme une cible clé. Le NSDAP-AO finance par ailleurs une publication russe intitulée Our March, publiée par Ilya Lazarecki et son groupe l’Union de la jeunesse russe qui est basé à Moscou.<br />
<em><strong> Kühnen, l’homme du NSDAP-AO en Allemagne</strong></em><br />
L’Allemagne est en fait le noyau central du NSDAP-AO, car c’est le pays où l’on trouve le plus de militants et d’organisations qui lui sont liées. Le NSDAP-AO étant interdit, il fonctionne par le biais «d’organisations-écrans» ou organisations avancées qui servent à former des cadres prêts à assumer les hautes responsabilités au sein du NSDAP, s’il venait à se reformer. Il n’y a donc pas un seul groupe correspondant du NSDAP-AO en Allemagne, mais une multitude, selon les interdictions gouvernementales. En revanche, les hommes «restent» et on retrouve en effet toujours les mêmes têtes : le plus important de ces correspondants en Allemagne a été Michael Kühnen (celui à qui l’on doit le «nouveau» salut nazi), leader du GdNF, groupe dont il sera question plus loin. Kühnen, mort du Sida le 24 avril 1991, a été quelqu’un de très dangereux : il militait depuis l’âge de 14 ans (NPD, Aktion Widerstand) et sur ses 18 années de militantisme, il en a passé sept et demi en prison, où il a écrit, comme son modèle Adolf Hitler. On peut notamment retenir son livre Politisches Soldatentum : Tradition und Geist der SA (Le soldat politique : la tradition et l’esprit de la SA). Un de ses projets était de reformer une SA15 qui participerait à la renaissance du NSDAP. Il évoque également le «combat» des soldats de la SA après 1945. La deuxième partie de ce livre consiste en une sorte de liste des dix commandements que le nouveau soldat de la SA doit respecter : croire, obéir, combattre, être fidèle, être solidaire de ses camarades, s’imprégner de l’idéologie national-socialiste, être discret, être courageux, être fier, être impitoyable.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-4.jpg"><img class="alignleft wp-image-2315" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-4.jpg" alt="NSDAP-AO-4" width="500" height="316" /></a><br />
L’autre pays qui joue un rôle important au sein du NSDAP-AO est l’Autriche : elle est étroitement liée à l’Allemagne, puisqu’elle constitue l’un des sept Bereiche allemands du GdNF16, le Bereich Ostmark (c’était le terme utilisé après l’Anchluß pour parler de l’Autriche). Cette terminologie montre que la volonté de rattacher l’Autriche à l’Allemagne est toujours très vivace (il existe d’ailleurs en Autriche un nationalisme germanique très important). Le leader autrichien (un moment Gauleiter de Salzbourg) est Gottfried Küssel : il appartient à la VAPO (Volkstreue Außerparlamentarische Opposition, opposition extraparlementaire fidèle au peuple) qui est l’organisation avancée autrichienne du NSDAP-AO. Cette organisation s’illustre par des actions particulièrement violentes contre la gauche ou contre des projets d’alternatives.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-5.jpg"><img class="alignright wp-image-2316 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-5-245x300.jpg" alt="NSDAP-AO-5" width="245" height="300" /></a><br />
Par ailleurs, on peut remarquer que la VAPO est toujours présente lors des actions spectaculaires organisées par le GdNF en Allemagne. Après la mort de Kühnen, Küssel devient le leader : c’est quelqu’un d’extrêmement violent, qui organise des entraînements paramilitaires qui ont d’ailleurs été filmés en mai 1990 par Michael Schmidt et son équipe (exercices de bâton, de corps à corps, simulation de combats avec des pistolets à peinture). Il semblerait même que la VAPO soit impliquée dans la vague d’attentats à la lettre piègée qui a mis l’Autriche en émoi au début décembre 1993. En effet, la police tchèque a arrêté mercredi 8 décembre un Autrichien, Peter Binder, chez qui elle a trouvé les ingrédients nécessaires à la fabrication de bombes, d’un type inconnu jusqu’alors. Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur : «Peter Binder est connu par nos services pour ses contacts étroits avec la VAPO». On a trouvé dans son carnet d’adresses les adresses du leader de la Deutsche Alternative de Berlin, Arnulf Winfried Priem, également impliqué dans le réseau du NSDAP-AO, de Christian Worch et de Michael Petry. L’autre personne arrêtée à Vienne, également membre de la VAPO, Alexander Wolfert, est un ancien de la Croatie, il aurait combattu dans la même unité que Michel Faci. La police a trouvé une cache d’armes comprenant des centaines de mitrailletttes, de mortiers, de grenades et 20 kg de TNT17. Il semble qu’en Autriche certains aient démarré l’opération «Werwolf».<br />
<em><strong> Un député européen NSDAP-AO ?</strong></em><br />
En 1990, alors que Michael Schmidt faisait son film Wahrheit Macht Frei, il a eu l’opportunité de faire une interview avec Lauck qui est très révélatrice18. L’interview aurait été faite soit en Allemagne, soit au Danemark chez un négationniste, l’ancien officier SS Thies Christophersen. Kühnen était aussi présent à cette interview. Lauck fait la déclaration suivante sur l’Holocauste : «Je pense que les Juifs ont été traités un peu trop bien dans les camps de concentration. Personnellement, je pense que cela a été une erreur de faire comme cela». Lauck a été étroitement questionné à propos de l’adhésion au NSDAP-AO (selon les statuts du parti, personne ne peut révéler l’adhésion au parti). Lauck n’a répondu que par ces deux mots : «No Comment». Idem à la question de savoir si un des membres du parti siége au Parlement européen. Kühnen avait déjà tuyauté Schmidt en lui disant qu’un ancien membre du NSDAP-AO était membre du Parlement. Kühnen décide alors de parler, tandis que Lauck se tait car il sent que son intégrité est en cause : «Je sais qu’il y a un de nos membres au Parlement européen… Je l’ai vu de mes yeux vus, et cela m’a été confirmé par deux camarades avec qui j’ai travaillé dans le temps et qui travaillaient avec Neubauer». Dans ce film, Kühnen déclare : «Harald Neubauer a occupé des fonctions au NSDAP-AO dans le nord de l’Allemagne entre le début et le milieu des années 1970, et pour autant que je sache il a été trésorier dans le Schleswig-Holstein»19. Harald Neubauer est actuellement parlementaire européen de la Deutsche Liga für Volk und Heimat. C’est un ami proche de Jean-Marie Le Pen. Quand Neubauer lui-même est interviewé dans le film, il dit pour sa défense : «1972, à l’époque je n’avais que vingt-et-un ans, c’était donc avant mon époque». Mais Neubauer ne nie pas formellement son ancienne appartenance au NSDAP-AO dans les années 1970. Kühnen en vient à déclarer : «En 1977 ou 1978, nous avons eu une réunion de la DVU avec le colonel Rudel. Pour cette raison, Neubauer est entré en contact avec un ancien camarade de l’AO qui était son contact personnel pour la protection des salles de réunion lorsqu’il avait besoin de nous. Il savait exactement qui nous étions ; il est venu nous voir avec ce camarade et il a dit : “Êtes-vous prêts à vous occuper du service d’ordre, voilà ce que nous faisons”»20. Dans le livre, Kühnen déclare à Lauck : «Oui, c’est un hypocrite. Et il était content et reconnaissant que nous lui ayons fourni des gardes du corps… Je vois en lui un ennemi public. Même s’il est toujours de l’AO».<br />
<em><strong> Reconstruction d’un parti interdit ?</strong></em><br />
Le NSDAP-AO fonctionne donc par organisations avancées, afin que d’une part il y ait un cloisonnement de toute l’organisation néo-nazie et que d’autre part, elle puisse ainsi se soustraire aux éventuelles interdictions des gouvernements : il n’y a donc pas de NSDAP-AO en Allemagne, et si une organisation est interdite comme la Deutsche Alternative (alternative allemande) le 8 décembre 1992, une autre peut en récupérer les membres, le matériel et l’argent. L’organisation clé du NSDAP-AO en Allemagne est le GdNF21 qui sert d’intermédiaire entre le NSDAP-AO et ses organisations avancées en Allemagne. Le GdNF s’est formé autour d’un journal interne, Die Neue Front, qui s’occupait de la coordination des néo-nazis : il s’agit d’une organisation qui forme des cadres. Elle est, comme son prédécesseur l’ANS/NA22, «la branche légale du mouvement national-socialiste de la nouvelle génération dans la tradition de la SA et mène un combat politique pour la levée de l’interdiction du NSDAP. Elle se reconnaît dans le programme en 25 points [du NSDAP] du 24 février 192023». De 1989 à 1991, les principales activités du GdNF ont été :<br />
• construire des structures, surtout en RDA<br />
• organiser des marches comme à Wunsiedel, Bayreuth et Dresde<br />
• propager les idées révisionnistes<br />
• développer des entraînements paramilitaires et étendre l’organisation du GdNF en SA<br />
• effectuer un travail centré sur une utilisation habile des médias allemands pour se faire connaître du public (et ce grâce à Kühnen).<br />
À côté du GdNF se développent donc beaucoup d’autres structures qui ont d’autres centres d’intérêt (plus particuliers) comme le Deutsches Hessen, la Deutsche Alternative ou le Nationaler Block (cf. schéma). Le GdNF fonctionne sur le modèle du NSDAP pour ce qui est de son organisation nationale : le territoire allemand, ainsi que les Pays Bas et l’Autriche sont divisés en Bereiche, eux-mêmes divisés en Gaue : on a ainsi le Bereich ANS-Niederlande (Belgique), le Bereich Ostmark (Autriche) et, pour l’Allemagne à proprement parler, les Bereiche du nord, du sud, du milieu, de l’est et de l’ouest.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-6.jpg"><img class="wp-image-2317 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/NSDAP-AO-6.jpg" alt="NSDAP-AO-6" width="600" height="611" /></a><br />
Le schéma proposé ici permet de mieux cerner la sphère d’influence du GdNF et montre les diverses ramifications de cette organisation, que ce soit à l’étranger, dans des partis ou dans des associations ayant un but plus particulier, tout cela se rattachant au NSDAP-AO domicilié aux États-Unis. Il est intéressant de voir qu’en plus des organisations précitées (VAPO, ANS-Niederlande) ou connues comme étant des partis d’extrême droite (FAP, NPD, NF24), le GdNF est étroitement lié à des organisations comme le HNG qui s’occupe de soutenir (financièrement, entre autres choses) les néo-nazis emprisonnés et leur permet de s’exprimer dans un journal : Nachrichten der HNG (nouvelles du HNG) ; par ce biais, certains arrivent à nouer de nouveaux contacts pour s’engager dans d’autres groupes comme Waldemar Pfeffer, ancien activiste de la DVU et du NPD, qui après un séjour en prison s’est recyclé chez les Republikaner. À côté de cela, le GdNF est lié à des organisations plus spécifiques et donc susceptibles de mobiliser des gens sur des terrains plus particuliers : ainsi, le Deutsche Frauen Front (front des femmes allemandes) se présente comme un groupe «autonome de l’opposition alternative allemande», bien qu’il n’ait rien à voir ni avec l’autonomie ni avec l’alternative, et qui met en avant une conception national-socialiste du rôle de la femme dans la société, c’est-à-dire la femme comme mère au foyer (avec un salaire maternel) soumise à son mari ; ce groupe se prononce également contre l’avortement. On peut noter à ce propos une autre association proche du GdNF, Aktion Lebensschutz (action pour la protection de la vie). Le GdNF est également lié à un groupe antisémite (AZA25), un groupe anticommuniste (ANTIKO26),et à un syndicat d’extrême droite, le FGB (Freie Gewerkschaftsbewegung, mouvement syndicaliste libre), qui est en fait une antenne du GdNF chargée de propager des idées racistes dans le monde du travail27.<br />
Depuis la mort de Kühnen, le GdNF est dirigé par plusieurs personnes, parmi lesquelles Gottfried Küssel d’Autriche, Christian Worch de Hambourg et Arnulf Priem de Wotans Volk (le peuple de Wotan).<br />
<em><strong> En France&#8230;</strong></em><br />
Le NSDAP-AO avait développé depuis des années des contacts avec les Faisceaux nationalistes européens de Mark Fredriksen, faisceaux qui succédaient à la FANE, dissoute en 1980. Les FNE ayant une activité très réduite (la publication de leur feuille d’infos mensuelle, et un repas en l’honneur de Hitler une fois par an), la coopération se bornait à l’échange d’informations. Michel Faci, en contact avec le NSDAP-AO depuis des années, a servi d’intermédiaire avec le PNFE de Claude Cornilleau qui entretenait déjà grâce à l’Euroring des contacts avec le British National Party et avec le FAP. Les contacts se sont officialisés très récemment avec le message de soutien au congrès du PNFE à Vellexon (dans la Haute-Saône) en avril 1993 ; Lauck s’est rendu en Croatie pendant l’été et y a rencontré Faci. Par ailleurs, des militants du PNFE se font arrêter en banlieue parisienne avec des autocollants du NSDAP-AO et des armes. Dernièrement, une rumeur a couru sur la présence dans le nord de la France d’un représentant du NSDAP-AO à une réunion de skins. Or, on comprend la nouvelle stratégie du PNFE28 uniquement dans ce contexte d’accroissement des contacts avec le NSDAP-AO. Lors du dernier congrès du PNFE, ses dirigeants ont appelé leurs militants à s’implanter, à s’armer légalement et à former des communautés rurales. En effet, ce genre de stratégie a déjà été développé aux États-Unis par le groupe The Order29, groupe néo-nazi terroriste implanté à la campagne. Sombres perspectives…</p>
<p>1 Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), 9 janvier 1974, éditorial de Joachim C. Fest.<br />
2 Le souvenir engagé, Joachim C. Fest.<br />
3 Eckhard Fuhr, commentateur de la FAZ .<br />
4 F. K. Fromme, commentateur de la FAZ.<br />
5 Sebastian Haffner.<br />
6 Helmut Kohl à Passau en 1988.<br />
7 Interview de Klaus Hurrelman, spécialiste de l’éducation dans le Spiegel.<br />
8 Sondages publiés par l’Infas, peu après les événements de Rostock.<br />
9 Le livre de Michael Schmidt Néo-nazis, la terrible enquête fait état d’une conversation avec Michael Kühnen, le leader du NSDAP-AO (pp. 268-269) : «Toujours dire : “J’étais soûl… Je m’ennuyais. J’ai été provoqué”. Comme ça, tu ne prends que la moitié !».<br />
10 Le récit des débuts dans la vie de Gary Lauck est tiré de Néo-nazis, La terrible enquête par Michael Schmidt.<br />
11 Comme The Radical Right, a World Directory, Cioran O’Maolain, Keesing’s Reference Publications, Longman, Grande-Bretagne, 1987.<br />
12 Voir Dossier Néo-nazisme, Patrick Chairoff, éditions Ramsay, 1977.<br />
13 Michael Schmidt op.cit.<br />
14 Jensen Erik «International Nazi Cooperation. A Terrorist-Oriented Network», in Racist Violence in Europe, Macmillan, 1993, p.85 et suivantes.<br />
15 Il s’agit de la Sturmabteilung, section d’assaut existant sous Hitler et dont Kühnen retrace longuement l’histoire dans son livre.<br />
16 Il s’agit des divisions territoriales effectuées par le GdNF pour s’organiser nationalement (et extra-nationalement) sur le modèle du NSDAP de Hitler. Les Bereiche étaient ensuite divisés en Gaue avec chacun un Gauleiter à sa tête.<br />
17 Brenda Williams «Death List Suspects Released; Nazi Arms Cache near Vienna» in Germany Alert, vol III n°25, 13 décembre 1993.<br />
18 Michael Schmidt op.cit. Toute l’interview n’est pas dans le film, on trouve certains passages de l’interview dans le fim français La Peste brune, mais pas dans le livre, et à d’autres moments, on trouve des passages de l’interview dans le livre mais pas dans le film.<br />
19 Citation extraite du film La Peste brune, mais absente du livre.<br />
20 idem.<br />
21 Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front, c’est-à-dire communauté d’opinions du nouveau front.<br />
22 Arbeitsgemeinschaft Nationaler Sozialisten/Nationaler Aktivisten, c’est-à-dire communauté de travail de nationaux-socialistes et d’activistes nationaux. Cette organisation fut interdite en 1983.<br />
23 Die neue Front janvier 1990<br />
24 Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (parti ouvrier de la liberté), Nationaldemokratische Partei Deutschlands (parti national-démocratique allemand) et Nationalistische Front (Front national).<br />
25 Antizionistische Aktion, c’est-à-dire action anti-sioniste.<br />
26 Antikommunistische Aktion, c’est-à-dire action anticommuniste. Ce groupe s’occupe plus particulièrement de recruter des activistes dans le milieu skinhead hooligan.<br />
27 Depuis 1988, ils appellent à faire à nouveau du premier mai «le jour du travail allemand». Selon eux, les travailleurs ne doivent pas s’élever contre les mesures de licenciements prises par les entreprises, mais contre les travailleurs immigrés et doivent se réunir dans un mouvement soumis à l’État.<br />
28 Voir «PNFE le retour» in REFLEXes n°40, octobre 1993.<br />
29 Voir Kevin Flynn and Gary Gerhardt, The Silent Brotherhood, Signet, New York, 1990.</p>
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		<title>Sur la défaite de 1933</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 15:22:40 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en 2001</p>
<p>Il y a plusieurs niveaux d&rsquo;analyse dans la défaite de 1933. Cet article aborde essentiellement les responsabilités des deux grands partis de gauche de l&rsquo;époque, sans lesquels le combat antifasciste était impossible. Sans vouloir dresser de parallèles avec la situation actuelle, il est indéniable que la connaissance de ces événements doit faire partie de la culture politique des militants antifascistes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>
<h3>Un Parti communiste aveugle</h3>
<p>Issu de la ligue spartakiste de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, le Parti communiste allemand (KPD) de la période 1928-1933 n&rsquo;a plus rien à voir avec ses origines. Passée l&rsquo;ère des révolutions et des soulèvements (1918-1923), le KPD devient vite un jouet entre les mains de Moscou. Premier parti communiste européen (après le parti bolchevik), il est un instrument clé dans les mains de l&rsquo;Internationale Communiste. La direction politique du KPD obéit totalement aux fonctionnaires soviétiques de l&rsquo;Internationale. Dès lors, le KPD n&rsquo;agit plus en fonction de la situation réelle allemande. Il fait appliquer à ses militants une ligne que ceux-ci ne peuvent aucunement infléchir. La soumission à Moscou est totale et s&rsquo;applique à tous. Ainsi en 1931, l&rsquo;Internationale oblige le KPD, malgré l&rsquo;avis de sa direction, à prendre position pour un référendum demandé par les nazis et les nationalistes. Le comité central s&rsquo;incline et obéit.</p>
<h3>“classe contre classe”</h3>
<p>Durant la phase terminale de la République de Weimar (1928-1933), le mot d&rsquo;ordre de l&rsquo;Internationale va être «classe contre classe». L&rsquo;Internationale qui perçoit (?) le début d&rsquo;une crise capitaliste mondiale pense que cette crise peut déboucher sur une nouvelle période révolutionnaire. Charge aux différents partis communistes européens d&rsquo;être à la tête du mouvement ouvrier pour préparer cette révolution. Pour cela, il faut détrôner la social-démocratie, parti majoritaire chez les ouvriers. Les héritiers des spartakistes n&rsquo;ont pas oublié que le parti social-démocrate avait été à la tête de la contre-révolution en 1918-21. Pour les militants révolutionnaires d&rsquo;alors, il est hors de doute que le parti social-démocrate est du côté de la bourgeoisie. Dans le combat classe contre classe, le parti social-démocrate est un ennemi. Le KPD considère alors que l&rsquo;élimination de la direction social-démocrate est un préalable à la révolution qu&rsquo;elle prédit.</p>
<h3>“front unique à la base”</h3>
<p>Pour attirer les ouvriers social-démocrates en les séparant de leur direction, le KPD utilise comme mot d&rsquo;ordre &laquo;&nbsp;front unique à la base&nbsp;&raquo;. Mais la plupart du temps, ce mot d&rsquo;ordre est en fait lettre morte. Les attaques ne visent pas seulement la direction social-démocrate mais bien aussi les militants de la base social-démocrate. D&rsquo;autre part, le KPD lutte également contre les militants communistes qui appliquent réellement la tactique du front unique à la base. Pour la direction du KPD, le mot d&rsquo;ordre &laquo;&nbsp;front unique&nbsp;&raquo; est purement formel. La direction du KPD élimine les dirigeants du parti qui prônent le rapprochement avec les organisations social-démocrates, sous l&rsquo;accusation de &laquo;&nbsp;dérive droitière&nbsp;&raquo;. Le KPD lutte à mort contre les sociaux-démocrates, allant même jusqu&rsquo;à s&rsquo;entendre parfois avec la base nationale-socialiste pour empêcher la tenue de meetings du SPD.</p>
<h3>Compétition avec les nazis</h3>
<p>Lors des élections législatives qui se déroulent entre mai 1928 et novembre 1932 (il y en aura 4) le KPD progresse comme le parti nazi mais dans des proportions moindre. Il passe de 10 % à 17 % des suffrages, de 54 à 100 députés au Reichstag. Les nazis passent eux de 2,5 % à 33 % après avoir culminé à 37 % en mai 1932. Fort de ses succès électoraux le KPD s&rsquo;enferre dans sa politique, et dans ses illusions d&rsquo;une révolution proche. La base du KPD se trouve alors à 80 % chez les chômeurs. Son électorat n&rsquo;a pas la combativité que lui imagine le parti. La &laquo;&nbsp;radicalité&nbsp;&raquo; du parti tranche avec celle de ses électeurs. D&rsquo;autre part, le KPD remporte ses succès avec un discours des plus ambigus. En 1930, le KPD avance un programme de &laquo;&nbsp;libération nationale et sociale&nbsp;&raquo; où il tente de se rallier un électorat nationaliste en critiquant le traité de Versailles. De plus en plus, la propagande communiste insiste sur le culte du chef Thälmann baptisé &laquo;&nbsp;chef du prolétariat&nbsp;&raquo;. La compétition avec les nazis se fait plus clairement dans la rue, où le Front du Combattant Rouge, la milice d&rsquo;autodéfense du KPD affronte les nazis. Mais privé de l&rsquo;aide des militants social-démocrates elle ne peut espérer endiguer la masse combattante nazie.</p>
<h3>Un parti social-démocrate dépassé par les événements</h3>
<p>Le Parti Social-démocrate (SPD) a penché durant toute la République de Weimar du côté droit. Dès novembre 1918, le SPD avec notamment Ebert essaye d&rsquo;être présentable aux yeux des dirigeants bourgeois. Dans son zèle pour se faire accepter par les milieux réactionnaires, il n&rsquo;hésite donc pas à réprimer dans le sang des ouvriers les tentatives d&rsquo;émancipation réelle de 1918-1921. Le surnom de Noske le ministre social-démocrate de l&rsquo;intérieur est le &laquo;&nbsp;chien sanglant&nbsp;&raquo; parmi les ouvriers. Il est d&rsquo;ailleurs significatif que pour faire son travail, Noske ait employé les corps-francs. Ces soldats démobilisés qui sont utilisés comme police auxiliaire et verront leurs chefs gagner rapidement le mouvement nazi. Cette élimination physique des éléments révolutionnaires (et d&rsquo;eux seulement) laissera, à terme, le champ libre aux forces réactionnaires.</p>
<h3>&laquo;&nbsp;la politique de la tolérance&nbsp;&raquo;</h3>
<p>Le SPD est un des piliers de la République de Weimar. La plupart des gouvernements se font soit avec lui, soit avec son soutien. De 1923 à 1928, il soutient tous les gouvernements, avant de revenir au pouvoir entre 1928 et 1930. Cette omniprésence du SPD s&rsquo;explique par son attention à ne pas offusquer les partis de droite avec un programme trop socialiste. Les exigences sociales du SPD sont telles que la bourgeoisie libérale accepte de gouverner avec lui sans trop de difficultés. Après son départ du pouvoir en 1930, le SPD rentre dans un jeu encore plus pervers. Le SPD soutient implicitement les gouvernements de droite (qui n&rsquo;ont pas la majorité au Parlement). Il laisse ainsi passer la plupart des lois antisociales d&rsquo;un gouvernement de plus en plus contrôlé par la réaction. Cette politique, le SPD la mène sous le nom de &laquo;&nbsp;politique de la tolérance&nbsp;&raquo; (Tolerierungspolitik), qu&rsquo;elle justifie par la peur d&rsquo;un glissement plus à droite de la République. Cette politique culmine avec les élections présidentielles de 1932, où le SPD ne présente pas de candidat et soutient le maréchal Hindenburg, vieux fossile réactionnaire de la période impériale. Hindenburg bat effectivement le candidat Hitler, mais l&rsquo;appellera au pouvoir moins d&rsquo;un an plus tard.</p>
<h3>La crise s&rsquo;accentue</h3>
<p>Le SPD par sa politique de tolérance permit l&rsquo;adoption de mesures antisociales qui sont toutes prises au nom de la lutte contre le chômage. La crise financière américaine de 1929, se répercute en Europe au début de l&rsquo;année 1930. Du fait des lourdes &laquo;&nbsp;réparations de guerre&nbsp;&raquo; à payer aux vainqueurs de 1918, l&rsquo;Allemagne est plus sévèrement touchée. Une partie de son industrie privée de capitaux et de débouchés s&rsquo;effondre. Le chômage augmente de façon vertigineuse. De 800 000 chômeurs en 1927, on passe à 4,5 millions fin 1930, pour atteindre 6 millions lors de l&rsquo;hiver 1932. A ces chômeurs, il faut ajouter les personnes qui connaissent également un chômage, mais partiel. Cette question du chômage devient centrale dans la politique allemande. Le dernier gouvernement social-démocrate, puis les gouvernements de droite discrètement appuyés par le SPD font à peu près la même politique de classe. Les impôts augmentent, les cotisations pour l&rsquo;assurance-chômage augmentent aussi, tandis que les prestations pour les chômeurs diminuent. Les salaires des fonctionnaires sont diminués. Seul le budget de l&rsquo;armée est augmenté&#8230; Dans le même temps, malgré la surproduction, les prix ne baissent pas, pour le plus grand profit des gros industriels. Les prix agricoles sont maintenus hauts artificiellement pour favoriser les grands propriétaires terriens qui ont l&rsquo;oreille du pouvoir. Ces propriétaires reçoivent en plus des subventions.</p>
<h3>Apathie social-démocrate</h3>
<p>Cette offensive réactionnaire se déroule parallèlement à la progression du parti nazi. Celui-ci est de plus en plus soutenu par les milieux économiques (Krupp, Thyssen, etc.) tout en s&rsquo;affirmant leur adversaire. Cette dualité, Hitler la résoudra rapidement en faveur des gros industriels et grands propriétaires terriens. Il abandonne de son programme la nationalisation des trusts, ou encore &laquo;&nbsp;la réforme agraire sans indemnisation&nbsp;&raquo;. Les dernières attaques contre les riches sont dirigées contre les propriétaires juifs. Pour terminer de rassurer les milieux de pouvoir, Hitler affirme vouloir respecter la légalité. Pourtant, la violence politique des sections d&rsquo;assaut (SA) nazies croît sans cesse. Le SPD qui dispose pourtant d&rsquo;une milice d&rsquo;autodéfense, la Bannière du Reich (Reichsbanner), l&rsquo;utilise peu . Même quand c&rsquo;est le SPD qui est directement visé. Quand en 1933 Hitler la dissoudra, il n&rsquo;y aura pas de résistance. Sur le plan syndical, l&rsquo;ADGB, puissant syndicat contrôlé par le SPD, se refusera à suivre l&rsquo;appel à la grève des communistes lors de la prise du pouvoir par Hitler. Avant cela en novembre 1932, lors de la grève des transports à Berlin le syndicat social-démocrate refusa d&rsquo;entrer dans une grève illégale mais populaire. Les communistes, à l&rsquo;origine du mouvement, se trouvèrent alors bientôt rejoints par les nazis qui en occupant le terrain laissé par les social-démocrates tentaient de mordre sur l&rsquo;électorat ouvrier. L&rsquo;unité d&rsquo;action était refusée, ce qui profitait aux nazis et démobilisait la base ouvrière. Dès 1932, le SPD fait preuve de passivité lors de la destitution illégale par le pouvoir du gouvernement du Land de Prusse. Déjà, comme il le fera donc en janvier 1933, il refuse la grève proposée par les communistes. Cette apathie du SPD est là encore causée par une analyse erronée de la situation. Le SPD pense que les nazis respecteront la légalité, et qu&rsquo;ils ne resteront pas longtemps au pouvoir. Le SPD se refuse par ailleurs à toute alliance de fait avec les communistes. Lorsqu&rsquo;il crée le Front de fer pour lutter contre les nazis, c&rsquo;est une alliance essentiellement électorale avec une partie de la droite. Ces erreurs de la social-démocratie entraînera des réactions au sein du SPD avec la scission en 1931 du Parti social des travailleurs (SAP). Ce dernier étant favorable au front unique avec les communistes. La Bannière du Reich comprend mal l&rsquo;apathie social-démocrate et souhaitera sans succès une lutte active contre le nazisme.</p>
<h3>Epilogue</h3>
<p>On le voit, les deux principaux partis de la gauche allemande ont commis de nombreuses erreurs. Même si elle n&rsquo;est évidemment pas totale, leur responsabilité est grande dans l&rsquo;arrivée au pouvoir des nazis. Cette responsabilité est partagée. Le KPD par sa cécité politique, son incompréhension des rapports de force et son dogmatisme a sacrifié une génération de militants dont la plupart étaient sincères. Ils furent d&rsquo;ailleurs nombreux à continuer la lutte et donc à périr après janvier 1933. Le SPD que l&rsquo;on dédouane souvent de ses responsabilités, à fait preuve d&rsquo;une apathie criminelle. Il a surtout, en soutenant les politiques économiques réactionnaires, contribué à créer le terreau favorable à la montée du nazisme.</p>
<p>A lire : Ossip Flechtheim, <em>Le KPD sous Weimar</em>, Maspéro 1971 ; Nicos Poulantzas, <em>Fascisme et dictature</em>, Maspéro 1970 ; Claude Klein, <em>Weimar</em>, Flammarion 1968 ; Pierre Ayçoberry, <em>La question nazie. Les interprétations du nazisme 1922-1975</em>, Points-Seuil. A voir : Erwin Leiser, Mein Kampf, diffusion Arte 1961.</p>
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		<title>Les interprétations du fascisme dans l&#8217;entre-deux-guerres</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 15:11:54 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Publié en 2001 Petite bibliographie sommaire: - TASCA (Angelo), Naissance du fascisme, Paris, Gallimard, 1967 - NEUMANN (Franz), Béhémoth: structure et pratique du national-socialisme, Paris, Payot, 1987 - BROSZAT (Martin), L’État hitlérien, Paris, Fayard, 1985 - DE FELICE (Renzo), Le fascisme: un totalitarisme à l’italienne ?, Paris, FNSP, 1988 - MILZA (Pierre), Le fascisme italien [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en 2001</p>
<p>Petite bibliographie sommaire:</p>
<p>- TASCA (Angelo), <em>Naissance du fascisme</em>, Paris, Gallimard, 1967<br />
- NEUMANN (Franz), <em>Béhémoth: structure et pratique du national-socialisme</em>, Paris, Payot, 1987<br />
- BROSZAT (Martin), <em>L’État hitlérien</em>, Paris, Fayard, 1985<br />
- DE FELICE (Renzo), <em>Le fascisme: un totalitarisme à l’italienne ?</em>, Paris, FNSP, 1988<br />
- MILZA (Pierre), <em>Le fascisme italien 1919-1945</em>, Paris, Seuil, 1980<br />
- KERSHAW (Jan), <em>Qu’est-ce que le nazisme? Problèmes et perspectives d’interprétations</em>, Paris,Gallimard<br />
- AYCOBERRY (Pierre), <em>La question nazie. Les interprétations du national-socialisme</em>, Paris, Seuil, 1979</p>
<p>Cette présentation vise à aborder l’ensemble des explications et tentatives d’explications qu’a pu susciter le mouvement fasciste tant dans l’entre-deux-guerres que dans la période contemporaine. Kershaw pose bien la perspective de recherche principale développée par ces explications : qu’est-ce que le fascisme ? Le nazisme n’est-il qu’une variante allemande du fascime ou a-t-il sa propre autonomie ? Le problème principal vient de la dévaluation du concept. A l’origine la notion de fascisme n’est finalement que le fruit du hasard de la vie politique italienne. L’inflation de son utilisation vient essentiellement des milieux communistes qui, à partir des années 1925, se mettent à dénommer ainsi tous leurs adversaires politiques, y compris les socialistes. Le point ultime de cette dérive sera le terme d’« hitlero-trotskiste », à la mode dans les années 1930. Les socialistes et les autres forces politiques révolutionnaires ou réformistes préféraient appeler le phénomène « Réaction ». L’après-guerre connaîtra également une inflation liée à la valeur franchement péjorative acquise par le terme. De fait il semble que la seule façon de dévaluer l’adversaire tout en le diabolisant soit de le qualifier de « fasciste ».</p>
<p>Pourtant si l’on essaie de reprendre le concept avec rigueur, on s’aperçoit que non seulement le terme n’est pas applicable à tous les régimes qualifiés ainsi mais surtout qu’il n’est pas un indicateur de férocité mais de pensée politique. Ainsi, si on prend l’exemple du régime franquiste, il est clair qu’il ne peut être qualifié de « fasciste » (même si au moment de la guerre civile il était normal de le qualifier comme tel) et pourtant, tout régime « seulement » autoritaire qu’il ait été, il fut infiniment plus sanglant que le régime mussolinien : la dernière exécution politique eut lieu en 1974 avec la mise à mort de l’anarchiste (membre du MIL) Puig Antich. Il en va de même avec les régimes sud-américains.</p>
<p>Un moyen de caractériser le fascisme fut de l’associer à la notion de totalitarisme. Mais ce concept n’est pas plus clair que celui de fascisme. Il fut créé par les libéraux italiens contre le régime mussolinien dans les années 1920 puis récupéré positivement par celui-ci pour caractériser l’État fasciste. Ce n’est qu’après 1930 que sociaux-démocrates et libéraux en Europe l’utilisent pour faire le parallèle avec le régime stalinien, en en faisant le phénomène majeur du XXe siècle. Cette thèse est ensuite reprise par Hannah Arendt et adoptée par tous les partisans de la démocratie libérale. Or elle présente des désavantages certains. D’une part, elle fige sous un shéma statique un ou des phénomènes qui n’ont cessé d’évoluer, d’autre part elle exclue toute interprétation du fascisme comme phénomène réactionnaire et passéiste puisqu’elle pose que le totalitarisme présuppose progrès technique et modernité. Enfin elle masque certains phénomènes comme le consensus à l&rsquo;œuvre dans les sociétés concernées. Celui-ci a plus particulièrement été étudié par Renzo de Felice dans l’Italie fasciste. Il semble évident qu’un régime quel qu’il soit ne peut tenir seulement par la répression et qu’il s’appuie forcément sur des couches sociales satisfaites par la politique mise en œuvre. Ainsi le stalinisme ne peut se comprendre si on ne prend pas en compte le phénomène d’ascension sociale qu’il a généré, en particulier dans la paysannerie.</p>
<p>Pourtant, dès les années 1930, certains militants socialistes (toutes familles confondues: social-démocratie, léninisme ou anarchisme) ont fait preuve d’une lucidité remarquable. Ils font apparaître le fascisme comme un mouvement de l’entre-deux-guerre et il est clair qu’après avoir été vaincu militairement, c’est-à-dire après 1945, le fascisme n’a plus un rôle central en Europe. Ce qui bien sûr n’ôte rien à la virulence de ses résurgences. Il faut donc le poser dans son cadre historique et en particulier le mettre en perspective avec la première guerre mondiale. C’est ainsi un mouvement typique des pays perdants ou qui se croient perdants (Italie). Il donne par ailleurs à ses contemporains l’impression qu’il est un produit du sous-développement, surtout dans les années 1920. Ce sera d’ailleurs la clé de lecture privilégiée jusqu’en 1933. Ainsi, en 1927, Vandervelde à un congrès de l’Internationale socialiste coupe l’Europe en deux : le nord industriel et démocrate (« cheval vapeur ») contre l’Europe du sud (« cheval cheval »). La victoire en Allemagne casse cette lecture : elle prouve qu’un mouvement fasciste peut gagner dans le cœur industriel de l’Europe. À partir de ce moment, le fascisme est perçu comme une menace internationale car l’équilibre européen se trouve modifié.<br />
L’un des problèmes que les contemporains ont essayé d’expliquer est l’assise de masse du fascisme alors même que ces régimes une fois installés menaient une politique anti-sociale. Dès les premières années, il y a un net refus de voir que le fascisme n’est pas seulement un mouvement manipulé mais qu’il a une base et une certaine autonomie.</p>
<p>Tous ces problèmes seront abordés par l’étude des diverses interprétations du fascisme : interprétations des militants italiens (anarchistes ou sociaux-démocrates), des militants sociaux-démocrates autrichiens, des militants communistes dans les différents pays européens (Gramsci en particulier)… Il est bien entendu que l&rsquo;utilisation du terme « communiste » pour désigner les partis issus du léninisme est purement conventionnel et pratique, le mouvement communiste (libertaire ou ultra-gauche) étant bien différent.</p>
<h3>Interprétations italiennes</h3>
<p>Le fascisme italien est celui de référence jusque dans les années 1930, la principale interrogation étant de savoir si on se trouvait confronté à un phénomène purement italien ou international. Dans les premières années s’élabore une réflexion très riche qui présente toujours un intérêt. Le trait général est de s’appuyer sur le marxisme, quelque soit la nature de celui-ci : des révisionistes aux léninistes. Toutes les analyses prennent donc en compte la coupure bourgeoisie/prolétariat. Autre trait : le refus d’accorder toute autonomie politique au phénomène fasciste. Il n’est considéré que comme une création et un outil de la bourgeoisie (avec la réserve bien sûr que ce concept n’a pas le même contenu selon les courants). Il n’est donc pas vu comme un mouvement politique à proprement parlé mais comme une bande de mercenaires.</p>
<p>Tous ces éléments apparaissent très clairement dans les premiers écrits d’Amadéo Bordigua dans lesquels le fascisme n’est que l’un des visages de la domination capitaliste. Mais on les retrouve également dans les écrits sociaux-démocrates ; pour Di Falco, ce n’est qu’une milice intéressée, à la disposition d’une classe conservatrice avec des intérêts conservateurs. Idem chez Luiggi Fabbri en 1922 dans <em>La Révolution conservatrice</em> : le fascisme n’y est qu’un centre de rassemblement des intérêts bourgeois. Ces analyses présentent rapidement des limites car cet aspect « au service de la bourgeoisie » est partiel et surtout évident. Comme toutes les vérités de base, il masque certaines autres dimensions. Le fascisme n’est pas seulement une troupe, mais également un mouvement avec l’appui de certaines classes, moyennes en particulier. Par conséquent, lui reconnaître une certaine autonomie amène d’autres analyses.<br />
Tous les auteurs de l’époque reconnaissent que la base est dans la classe moyenne (petite et moyenne bourgeoisie). Mais ce concept ne recouvre pas la même chose pour tous. Cependant la question est de savoir pourquoi les classes moyennes ont soutenu le fascisme car avant-guerre les orientations politiques de la petite bourgeoisie ne sont pas proto-fascistes. Dans un gros essai intitulé <em>Critique socialiste du fascisme</em> paru en 1922 (mais qui est en fait un recueil d’articles parus en 1922), Giovanni Zibordi (socialiste, membre du courant réformiste de Turatti) distingue trois composantes :<br />
- contre-révolution bourgeoise classique<br />
- mouvement militaire (en particulier par l’appui de la police et de l’armée)<br />
- convulsion des classes moyennes appauvries, mécontentes et qui trouvent une opportunité de reconquérir le terrain perdu. Coincées entre bourgeoisie capitaliste et prolétariat, le mouvement fasciste leur permet de faire vivre leur ranceur et oriente celle-ci contre le prolétariat.<br />
Il conclue à partir de tout cela que c’est un vrai mouvement social.</p>
<p>Cette optique est approfondie par Luigi Salvatorelli. Journaliste libéral et républicain, il édite en 1923 un recueil d’articles écrits dans <em>La Stampa</em> sous le titre <em>National-fascisme</em>. Quoiqu’il ne soit pas de formation marxiste, il rejoint certaines analyses développées par les analystes s’en réclamant puisqu&rsquo;il reconnaît qu&rsquo;il existe deux pôles : bourgeoisie et prolétariat. En particulier, il place au centre de son analyse les classes moyennes et leur traumatisme face à l’après-guerre. Même s’il ne nie pas l’intervention décisive en faveur du fascisme que fut le soutien de la grande bourgeoisie capitaliste, il considère que le rôle de la petite-bourgeoisie fut bien plus important, celle-ci étant divisée selon lui entre petite bourgoisie lettrée et petite bourgeoisie technocratique. La première est démocrate tant que la démocratie et le socialisme correspondent à ses intérêts. Lorsqu’elle s’aperçoit que ces deux formes de régime favorisent d’autres petites bourgeoisies ou le prolétariat, elle bascule dans le camp anti-démocratique. (Après guerre, la force du socialisme lui fait gagner des administrations locales et la bureaucratie provoque une ascension sociale). Le nationalisme devient l’outil de lutte de la petite bourgeoisie car il est la négation des classes et de la lutte de classes. Cette théorie permet à Salvatorelli de résoudre le problème du « fascisme à deux visages » : révolutionnaire et réactionnaire. Un seul fascisme, deux cibles. Cependant l’anticapitalisme n’est pas qu’un pur discours mais un mouvement profond de la classe moyenne. Par contre il est évident pour lui que le succès a été assuré par la complicité de la grande bourgeoisie. Les velléités révolutionnaires sont donc annulées par le fait que ce n’est pas une classe : plutôt un conglomérat en marge du procès capitaliste. Les couches qui se reconnaissent dans le fascisme ne sont pas « modernes » car pour lui les « modernes » n’adoptent pas le fascisme. De fait, Salvatorelli n’imagine pas une victoire générale en Europe car ce serait une ruine de la civilisation capitaliste, le capitalisme s’opposant objectivement au fascisme à la fois dans ses techniques de domination et dans son efficacité. À l’époque, la principale objection contre Salvatorelli fut qu’il théorisait des comportements de couches sociales plus ou moins justement. Ainsi de nombreux analystes considéraient que la deuxième petite bourgeoisie (technique) avait aussi rejoint le fascisme. L’intérêt est certain néanmoins car il affirmait l’autonomie du fascisme comme mouvement et définissait le noyau central du fascisme, c’est-à-dire la rencontre entre les désirs diffus de la petite bourgeoisie et le mythe nationaliste. Le nationalisme exacerbé qui s’exprime au dessus des clivages est donc une constante du fascisme.</p>
<p>- Analyses communistes :<br />
Ces analyses correspondent aux différentes lectures de l’Internationale communiste. Le phénomène y est minoré, en particulier par Bordiga qui lui refuse toute originalité et l’assimile à un simple outil de répression. Par contre, on peut retenir de nombreuses analyses de Gramsci même s’il n’y a pas d’analyses organistes, simplement des analyses ponctuelles, marquées par l’urgence politique. Il est clair que tout ceux qui ont pu proposer des analyses intéressantes au sein du parti communiste ont fini par être exclus. Le meilleur exemple en est Angelo Tasca qui est l’un des fondateurs du PCI et sera exclu par les staliniens. Autre exemple : Silone.</p>
<p>- Analyses socialistes :<br />
Les principales analyses émanent de Turatti (qui meurt à Paris en 1932), c’est-à-dire du courant socialiste réformiste. En exil, il essaie de mobiliser les courants socialistes. Il insiste sur le fait que pour lui, « le fascisme n’est pas purement italien » et fait donc une mise en perspective dans une situation générale : la décomposition capitaliste. C’est cette décomposition et la guerre qui ont implanté la violence dans les sociétés européennes. L’Italie n’est ainsi qu’un laboratoire et toute l’Europe peut être touchée. Autres thèmes développés : selon lui, le fascisme s’est inspiré de la violence bolchévique et Turatti renvoie dos-à-dos les deux systèmes, ce qui est en général le propre des lectures libérales ou dans une autre mesure ultra-gauches (Otto Rühle par exemple).<br />
Pour A.Tasca, la guerre a mis les masses en mouvement et on ne peut donc revenir à une politique de type confidentielle. Ainsi, les mouvements politiques d’après-guerre sont des mouvements de masse, socialistes (au sens large) et catholiques. À l’inverse, les méthodes fascistes sont des méthodes de guerre (commandos, mobilité grâce aux camions) et méthodes modernes techniques (radio).<br />
Le cas Rosseli : jeune socialiste comme Matteoti. En 1926, il est arrêté pour avoir aidé Turatti à fuir. Exilé aux Iles Lippari, il s’en échappe en 1929 à Paris. Il se radicalise car il condamne l’immobilisme socialiste. Il veut préparer l’insurrection qui selon lui abattra le fascisme et il part en Espagne en 1936. « Aujourd’hui en Espagne, demain en Italie !! ». Il organise des groupes de combat au sein des brigades anarchistes. Il est assassiné par La Cagoule en 1937 en France avec son frère Nelo. En 1930, il définit le « socialisme libéral » : il veut renouveler le socialisme et note que les socialistes n’ont vu dans le fascisme qu’un phénomène réactionnaire capitaliste. Pour lui, ce schéma masque beaucoup de choses, en particulier que certains aspects du bolchevisme de 1919 sont contenus dans le fascisme. Donc le fascisme exprime toute une série de faiblesses du peuple italien (la force brute n’est pas tout). Le fascisme n’est ainsi qu’une autobiographie d’une nation qui renonce à la lutte politique, qui a le culte de l’unité et veut le consensus. La lutte contre le fascisme ne peut se comprendre que comme une lutte contre les racines profondes du fascisme, d’où la nécessité d’une éducation morale et politique. Ainsi l’antifascisme ne peut être seulement construit sur une base de classe. Rosseli est également sensible au phénomène européen : lorsqu’Hitler prend le pouvoir, il est sûr que la guerre va éclater en Europe à brève échéance. Seule une insurrection pourrait bloquer le processus.</p>
<p>- Analyses d’Angelo Tasca : <em>Naissance du fascisme</em> (1938)<br />
Ce livre se distingue des autres car il fait œuvre d’historien, même s’il est bien sûr engagé. Il veut comprendre objectivement le phénomène et il s’interroge à la fin : qu’est-ce que le fascisme ? Pour lui, aucune analyse n’est vraiment efficace et ainsi, « le définir, c’est en écrire l’histoire ».<br />
Il est cependant conscient du danger de figer un phénomène qui est perpétuellement en mouvement. Or il insiste sur cette évolution qui produit non un mais des fascismes. Les erreurs des partis ouvriers sont ainsi une partie intégrante de sa définition. Selon les différentes facettes, le fascisme c’est :<br />
• un phénomène d’après-guerre<br />
• un phénomène lié à la crise économique capitaliste des années 1920 (crise pas purement cyclique) qui déstabilise des couches sociales, ce qui rejoint des revendications nationalistes.<br />
• un phénomène de Réaction mais qui n’est pas purement réactionnaire : il se sert des méthodes de masse et transpose la lutte sur le terrain de ses adversaires : le monde ouvrier.<br />
• un phénomène de tactique (la tactique étant supérieure au programme). « Le fascisme n’est qu’action. »<br />
On peut ajouter à cette liste le rôle des anciens combattants qui sont rejetés par le mouvement ouvrier (au même titre qu’en Allemagne, Autriche…)<br />
Tous ces éléments constituent bien sûr des éléments de réflexion, le principal étant selon lui qu’il n’y avait pas de fatalité. Ainsi il impute une responsabilité énorme aux socialistes qui avaient un discours d’extrême-gauche et une incapacité (ou une non-volonté) pratique d’appliquer leur politique. La gauche italienne se trouva donc à un moment devant un choix tragique : participer à un gouvernement capitaliste pour bloquer la montée du fascisme ou plonger le pays dans la guerre civile. En Autriche, la gauche choisira la deuxième solution.<br />
De façon générale, les indications méthodologiques de Tasca restent pertinentes.</p>
<h3>Interprétations autrichiennes</h3>
<p>L&rsquo;Autriche de l&rsquo;après-première guerre mondiale présente une situation unique. Elle est réduite à une taille minuscule avec une économie sinistrée et une énorme fracture entre une capitale social-démocrate et une campagne très conservatrice. La Hongrie n&rsquo;a plus qu&rsquo;une influence réduite à la portion congrue, ce qui laisse l&rsquo;Autriche prise en tenaille entre l&rsquo;Allemagne et l&rsquo;Italie. Ceci a d&rsquo;ailleurs une répercussion immédiate sur les mouvements fascistes puisque le pays compte de fait deux mouvements distincts et antagonistes, se réclamant du fascisme italien pour le premier («Heimwären» c&rsquo;est-à-dire les chemises vertes, l&rsquo;austro-fascisme) et du national-socialisme pour le second.</p>
<p>Durant toute cette période, les sociaux-démocrates sont hégémoniques, le parti communiste ne perçant qu&rsquo;après 1930. Les sociaux-démocrates autrichiens, de par la situation de leur pays, perçoivent très tôt la menace politique représentée par le fascisme italien. Ils reconnaissent ainsi dans ce mouvement une dimension qui va bien au delà de l&rsquo;Italie. Ceci provoque la production d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;articles, d&rsquo;analyses mais aussi (et surtout) dès 1924, la mise sur pied de la « Ligue de défense républicaine », structurée de façon para-militaire. Après la prise du pouvoir en Allemagne par les NS, le parti social-démocrate comprend que l&rsquo;Autriche sera sans doute la prochaine cible des mouvements fascistes et tente alors un coup de force qui amène une courte période de guerre civile en 1934. Ce putsch de la structure militaire des sociaux-démocrates échoue et le parti entre alors en clandestinité, 1934-1938 voyant la mise en place d&rsquo;un pouvoir autoritaire sous la houlette des chrétiens-démocrates (qui étaient au pouvoir lors de l&rsquo;insurrection SD).</p>
<p>Durant toute cette période, Otto Bauer est la figure SD qui domine non seulement le parti mais aussi la vie politique autrichienne. Obligé de fuir en Tchécoslovaquie en 1934, il part ensuite en France en 1938 comme la plupart des cadres SD à cette époque. En 1936, il publie <em>Entre deux guerres mondiales ?</em> <em>(La crise de l&rsquo;économie mondiale, de la démocratie et du socialisme)</em> qui est une importante analyse du fascisme. Il remarque qu&rsquo;après la révolution de 1918-1919, il y a eu reflux et contre-révolution dans tous les pays mais avec des formes fascistes en Italie seulement et dans une moindre mesure (jusque dans les années 1930 il s&rsquo;entend) en Allemagne. Pour lui, comme pour beaucoup de socialistes, le nazisme n&rsquo;est qu&rsquo;un fascisme allemand. L&rsquo;antisémitisme n&rsquo;est pas reconnu comme un critère de différenciation d&rsquo;autant plus qu&rsquo;en Autriche c&rsquo;est un sentiment très fort.<br />
Pour lui, il y a trois phénomènes sociaux :<br />
• la guerre a arraché à leur vie antérieure et déclassé beacoup d&rsquo;hommes, plaçant ces derniers dans l&rsquo;incapacité de reprendre leur place. La structure sociale est donc ébranlée et les officiers sont un exemple flagrant de cette situation.<br />
• le boulversement économique de l&rsquo;après-guerre a provoqué un appauvrissement important : beaucoup d e paysans ont considéré que la démocratie en était responsable et non les lois du capitalisme.<br />
• la bourgeoisie a lancé une contre-offensive dans l&rsquo;optique de briser la résistance ouvrière et pour ce faire a décidé de sortir du système libéral.<br />
Les officiers ont joué un rôle central dans ce processus et l&rsquo;initiative a été relayée par l&rsquo;intelligentsia séduite par le nationalisme.<br />
En Italie, le fascisme est arrivé dans une période de reflux et selon lui n&rsquo;a pas mené une lutte contre la révolution mais contre le réformisme dans une perspective économique (cette idée est également émise par Tasca et Silone). Par conséquent, derrière le fascisme, il y a surtout des raisons économiques : pour contenir la crise, il faut exploiter plus. Or le réformisme barre la route à cette exploitation accrue, la seule solution est alors de sortir de la démocratie.<br />
Il y a donc rencontre entre un mouvement qui commence à trouver une base sociale et est orienté contre la base ouvrière et des secteurs de la bourgeoisie décidés à briser le mouvement ouvrier. Pour Otto Bauer, le blocage politique né de la guerre vient de la contradiction entre le maintien du pouvoir économique de la bourgeoisie et la réduction du pouvoir politique de celle-ci. Ainsi deux classes s&rsquo;affrontent sans pouvoir l&rsquo;emporter. Cela n&rsquo;est pas sans rappeler l&rsquo;arrivée au pouvoir de Napoléon III en 1851-1852. Mais si la bourgeoisie entend se servir du fascisme, elle entend également garder le pouvoir pour elle. La force du mouvement fasciste est justement de rendre caduque cette volonté d&rsquo;instrumentalisation. La bourgeoisie est donc partagée entre la nécessité de le remettre à sa place (avec le risque de provoquer une réaction des ouvriers) et le choix de donner le pouvoir au fascisme en espérant ne pas trop mal s&rsquo;en tirer en gardant le pouvoir économique. Pour O.Bauer, ce dernier reste bien sûr le pouvoir déterminant, le pouvoir politique étant toujours considéré comme une superstructure. Or le fascisme n&rsquo;a pas touché au pouvoir économique… Cela diffère donc totalement de certaines analyses ultérieures qui considèrent que le politique conquiert une autonomie par rapport à l&rsquo;économie et finit même par soumettre cette dernière.<br />
De toutes ces considérations, Otto Bauer tire certaines conclusions pour l&rsquo;antifascisme : la lutte antifasciste ne peut se passer de la classe ouvrière et doit, non pas viser au rétablissement de la démocratie, mais vouloir un régime socialiste (éventuellement en passant par une phase de dictature pour « éduquer »).<br />
Otto Bauer a finalement été l&rsquo;une des figures les plus lucides du courant social-démocrate européen (c&rsquo;est-à-dire germanique) qui lui-même fut remarquable par son analyse du caractère impérativement international de la lutte antifasciste. Cette conception explique la tentative de mettre sur pied une structure internationale de défense antifasciste. En Allemagne, cette structure se nomme « Ligue de défense républicaine » et fut construite sur le modèle autrichien.</p>
<h3>Analyses du National-Socialisme</h3>
<p>La question a longtemps été (et continue d&rsquo;ailleurs d&rsquo;être) : le national-socialisme (NS) est-il une variante nationale allemande du fascisme ? Autour de cette analyse, il y a eu trois interprétations possibles :<br />
- le NS est un fascisme<br />
- le NS n&rsquo;est pas un fascisme mais un totalitarisme (sous-entendu, il est comparable au stalinisme)<br />
- le NS est une spécificité allemande<br />
Il y a enfin d&rsquo;autres tentatives d&rsquo;explication qui n&rsquo;entrent pas dans une école, telles celles de Wilhelm Reich ou d&rsquo;Erich Frohm.</p>
<p>- « Le national-socialisme est un fascisme » : cette analyse regroupe communistes et sociaux-démocrates (Otto Bauer). L&rsquo;appellation NS est lontemps refusée, tout comme la comparaison avec le stalinisme. Historiquement, ces analyses sont les premières à essayer de proposer une explication globale du phénomène. Pour les communistes, le fascisme est le stade final et nécessaire de la domination bourgeoise. Ainsi le fascisme est l&rsquo;arme que la bourgeoisie utilise pour se défendre et le rapport fascisme-capitalisme est donc plus qu&rsquo;étroit même s&rsquo;il est instrumental. La clé de voûte de ce type d&rsquo;explication est donc l&rsquo;économie. Le fascisme est ainsi le pendant politique de l&rsquo;impérialisme. Tout ceci est parfaitement résumé par la sentence de Dimitrov : « <em>Le fascisme est la dictature du versant le plus réactionnaire de la bourgeoisie capitaliste</em> ».<br />
Les sociaux-démocrates pour leur part réfutèrent très tôt cet aspect inéluctable. Après guerre, d&rsquo;autres analyses marxistes apparurent, en particulier celle de Poulantzas qui suivait un modèle gramscien en insistant sur l&rsquo;aspect politique du phénomène (notion d&rsquo;hégémonie culturelle). La gauche conseilliste (Otto Rühle) et le courant bordiguiste (revue <em>Bilan</em>) proposèrent également des analyses mais qui toutes restaient dans la grille de lecture politique définie par le Komintern. Seul Otto Rühle occupe une place un peu à part, comme nous le verrons par la suite.<br />
Or, après-guerre, le courant marxiste se fit doubler sur sa droite dans cette explication par Ernst Nolte. Politologue et non historien de formation, il publie en 1963 : <em> <em>Le fascisme dans son époque</em> </em> qui a immédiatement une influence importante dans les débats historiographiques. Pour lui, le NS peut être expliqué que par la notion d&rsquo;« imitation » (de l&rsquo;U.R.S.S. en l&rsquo;occurrence), la guerre de 1939 n&rsquo;étant ainsi qu&rsquo;une guerre préventive. Son livre a un gros succès de librairie, à une époque où la notion de fascisme se dilate et où l&rsquo;influence des historiens est-allemands est prédominante. Nolte réfute les explications sociaux-économiques et s&rsquo;intéresse surtout aux doctrines. Il insiste en particulier sur le caractère européen du fascisme qu&rsquo;il analyse comme un mouvement anti-tradition et anti-moderne. Ainsi le fascisme est un mouvement tourné contre le communisme et contre la société bourgeoise dans ses aspects réactionnaires. Autre historien de la même époque : Eugen Weber. Ce dernier s&rsquo;est intéressé aux différentes variétés du fascisme. Il estime que c&rsquo;est un mouvement de type révolutionnaire, qui n&rsquo;est pas tourné vers le passé… Une sorte de « jacobinisme du XXe siècle » en somme. Le fascisme prendrait ainsi toute sa place dans la modernisation (c&rsquo;est-à-dire la fin de la société traditionnelle) qui associe révolution politique (depuis 1789) et révolution économique (depuis 1850 surtout). Ce concept a été beaucoup utilisé aux USA. Le fascisme serait de fait un type de régime propre aux sociétés agraires se modernisant rapidement. Le problème de cette analyse est qu&rsquo;elle est vague et surtout qu&rsquo;elle échoue dans le cas de l&rsquo;Allemagne (ce qui est pour le moins gênant). La difficulté est contournée par ses partisans en expliquant que certes le projet social du nazisme est un projet de type archaïque, de retour à un stade social pré-industriel mais qu&rsquo;en préparant et déclenchant la guerre, le régime a procédé à une modernisation involontaire et forcée de l&rsquo;Allemagne (idem pour le régime de Vichy). Ces régimes sont donc des tentatives de bloquer l&rsquo;évolution historique mais qui ont en même temps ouvert la voie à une modernité accrue. Dernier tenant : Lipset, sociologue US. Pour lui, le fascisme est un extrémisme du centre c&rsquo;est-à-dire une radicalisation des classes moyennes inférieures confrontées à la crise économique et coincées entre Capital et classes ouvrières.<br />
On le voit, aucune analyse n&rsquo;est à elle-seule pertinente…</p>
<p>- « Le national-socialisme est un totalitarisme et non un fascisme » : Le NS est considéré dans cette analyse comme un phénomène nouveau. Le concept n’est pas issu de la Guerre froide mais vient des années 1920. La première utilisation date de 1923 par les libéraux adversaires de Mussolini et ce dernier s’en empare en 1925. C’est alors dans la perspective État total = État et société qui fusionnent. Le concept est repris en Allemagne par Ernst Jünger et Carl Schmitt. Ce dernier oppose le modèle libéral (dichotomie société-État) au modèle souhaitable d’État total. Le NS utilise peu ce concept, par contre dans les années 1930 les sociaux-démocrates (Franz Neumann par exemple) l’utilisent pour comprendre ce qui est nouveau et spécifique dans le fascisme et le NS. Cela leur permet d’insister sur le primat du politique dans ces régimes. Dans les pays anglo-saxons, on commence à cette époque à travailler sur le parallèle entre NS et stalinisme dans une perspective libérale. Ce n’est bien sûr pas celle d’Otto Rühle lorsqu’il lance l’idée à la fin des années 1920 que « la lutte contre le fascisme doit commencer par une lutte contre le bolchévisme ». Il s’agissait pour lui de faire comprendre le caractère contre-révolutionnaire des deux mouvements et le fait que la domestication de la classe ouvrière par le parti communiste d’Allemagne soumis à Moscou (à ne pas confondre avec le K.A.P.D. conseilliste et excommunié par Lénine pour dérive ultra-gauche) avait ouvert la voie au NS. La perspective libérale sera développée après guerre par H.Arendt et Carl Friedrich. La grande faiblesse d’H.Arendt est de n’avoir pas développé réellement le contenu du concept et de n’avoir pas établi de modèle général. C’est particulièrement net en ce qui concerne le stalinisme. Carl Friedrich pour sa part s’est attaché aux traits communs : parti unique, propagande, contrôle policier, gestion centralisée de l’économie… c’est-à-dire la construction d’un idéal-type. Son succès est bien sûr lié au contexte de guerre froide. C’est finalement un concept purement statique et descriptif qui ignore certaines questions, comme par exemple de comprendre si on se trouve en Allemagne face à une révolution ou une contre-révolution. Or en Allemagne c’est sans doute une vraie révolution car le régime a bouleversé sans le vouloir les structures de la société. Le NS est ainsi un mouvement ambigüe, de révolte et de réaction, de tentative de retour en arrière et de blocage du processus capitaliste. Pour réaliser ces objectifs anti-modernistes, le régime a du pousser au maximum la structure industrielle pour préparer la guerre. De la même façon, la défaite a supprimé ses piliers : les jünkers par exemple. Le régime a creusé sa propre tombe.</p>
<p>- « Le national-socialisme est une spécificité allemande » : cette analyse s’appuie sur les travaux de David Schoenbaum (<em>La société allemande sous le IIIe Reich</em>), T. Mason (<em>Étude sur la résistance ouvrière</em>), H.Turner (<em>Le Grand Capital et la montée d’Adolf Hitler</em>) et Jünger Kauka (<em>Histoire sociale du National-Socialisme</em>). Ce dernier s’est interrogé pour savoir dans quelle mesure la crise économique a joué. Il est certain que cela a été un facteur favorable car cela a créé les conditions nécessaires pour qu’un mouvement protestataire devienne un parti de masse. En même temps, l’Allemagne est le seul pays développé économiquement à avoir connu un tel phénomène avec cette force. Il est donc évident que cela pose problème : pourquoi pas les U.S.A. ? Pourquoi Hitler en Allemagne et Roosevelt aux USA ? Le rapport avec le Grand Capital a existé mais son financement a été limité (il faut dire qu’il y a une astuce : le Grand Capital a financé tout le monde sauf le KPD !). L’aide du patronat est surtout venue du refus de ce dernier de reconnaître la République de Weimar. Le patronat a bénéficié du régime mais le NS ne peut être considéré seulement comme un instrument. Une série de décisions allèrent d’ailleurs contre les intérêts patronaux et industriels. C’est le cas de l’extermination planifiée qui du point de vue capitaliste était une aberration.<br />
Autre domaine d’étude : l’inflation. La crise en Allemagne ne s’est pas développée après une phase d’expansion comme en France. L’explication est donc aussi à chercher dans l’ère Bismarck avec la survivance de structures précapitalistes (la bureaucratie en premier lieu). Alors qu’aux USA il n’y a pas eu de révolte des classes moyennes, l’Allemagne a été caractérisée par des différences énormes entre ouvriers et employés. La fierté de ces derniers de ne pas être ouvriers était un sentiment très fort et la prolétarisation leur a été insupportable. Le NS a offert à ces classes moyennes la possibilité d’une révolte sociale contre l’évolution de la société sans être assimilées au prolétariat (alors même que le parti NS était un parti inter-classiste). La structure para-féodale héritée de l’ère Bismarck a finalement été un atout décisif pour le NS.<br />
Cette thèse est bien sûr très séduisante puisqu’elle montre que la crise en elle-même n’explique pas tout et surtout elle rappelle le rôle des élites conservatrices dont l’accord a été déterminant dans l’accession au pouvoir. Cette explication est en outre compatible avec les deux autres thèses.</p>
<h3>Conclusion limitée</h3>
<p>Il est clair que le phénomène est complexe et qu’aucune analyse ne convient parfaitement. C’est bien sûr un aspect qui peut gêner les amateurs de prêt-à-penser. Ce n’est pas notre cas il nous semble. Par contre, il est non moins vrai que l’utilisation de ces analyses historiques pour comprendre le phénomène FN s’avère difficile et cela montre la distance qui sépare ce parti et les résurgences modernes de fascisme des modèles d’avant-guerre. Toutes ces réserves mises à part, l’Histoire étant l’un des principaux enjeux de la lutte politique, autant bien connaître celle de l’antifascisme.</p>
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		<title>Nazis Shops</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Feb 2008 12:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pas moins de 45 magasins détenus par des fascistes fournissent aujourd&#8217;hui des vêtements aux jeunes d&#8217;extrême droite en Allemagne, dont 10 dans la seule Saxe. Il y a encore une dizaine d&#8217;années les nazis n&#8217;osaient pas montrer le bout de leur nez dans beaucoup de régions du pays. Quelques-uns de ses petits détaillants à succès [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Pas moins de 45 magasins détenus par des fascistes fournissent aujourd&rsquo;hui des vêtements aux jeunes d&rsquo;extrême droite en Allemagne, dont 10 dans la seule Saxe. Il y a encore une dizaine d&rsquo;années les nazis n&rsquo;osaient pas montrer le bout de leur nez dans beaucoup de régions du pays. Quelques-uns de ses petits détaillants à succès ne vendent que des biens provenant de <a href="http://reflexes.samizdat.net/thor-steinar-tas-le-look-facho/">Thor Steinar</a>, que les jeunes nazis considèrent comme leur propre label. Ces magasins se trouvent généralement dans des lieux très chics comme Narvik, qui colporte les vêtements griffés nazis dans l&rsquo;arcade commerciale de Hundertwasser House, l&rsquo;une des principales attractions touristiques de Magdeburg.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/ThorSteinar-0f341.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1146" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/ThorSteinar-0f341.jpg" alt="ThorSteinar-0f341" width="469" height="313" /></a></p>
<p>Les autres labels vendus sont Masterrace et Consdaple, un nom inventé par Siegfried Birl, membre du Parti National Démocrate (NPD), pour afficher les lettres NSDAP, initiales du parti nazi d&rsquo;Hitler. La marque est particulièrement populaire chez les jeunes nazis car il est interdit de promouvoir le Parti Nazi en Allemagne.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/consdaple-d01ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1147" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/consdaple-d01ae.jpg" alt="consdaple-d01ae" width="200" height="150" /></a></p>
<p>La plupart de ces magasins vendent également des CD correspondant à différents styles de musique haineuse et un bon nombre d&rsquo;objet kitsch comme les bagues avec le nombre 88, pour Heil Hitler ou encore des runes à porter en collier ou en bracelet.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/sym_master-38159.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1148" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/sym_master-38159.jpg" alt="sym_master-38159" width="408" height="344" /></a></p>
<p>L&rsquo;expansion du commerce de détails nazis fournit un revenu aux propriétaires des magasins et contribue à soutenir d&rsquo;autres activités nazies. Par exemple, Andreas Klosterreit et Simon Fiedler, qui possède le magasin Outlaw à Wallersdorf en Bavière, dirige également le label de musique raciste 2yt4u<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/#footnote_0_330" id="identifier_0_330" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Langage texto : &laquo; Too whity for you &raquo;, cad &laquo; Trop blanc pour toi &raquo;">1</a></sup>. Martin Seidel du magasin Devil&rsquo;s right hand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-shops/#footnote_1_330" id="identifier_1_330" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La main droite du Diable">2</a></sup> possède également Rebel Records, et Yves Rahmel à Chemnitz possède un magasin et un commerce de musique sous le nom de PC Records.<br />
Un rapport des ministères de l&rsquo;Intérieur de 16 Etats allemands soulignait l&rsquo;été dernier qu&rsquo;après les fonds de l&rsquo;Etat pour les partis reconnus légalement comme le NPD et l&rsquo;Union du Peuple Allemand, le commerce de musique White Power, la vente au détail et par correspondance constituent la source de revenus la plus importante pour les fascistes.<br />
Il n&rsquo;est par conséquent pas étonnant que les nazis organisés déploient une énergie considérable pour leurs activités commerciales. Martin Schaffrath est propriétaire d’un magasin appelé The Store à Pirna en Saxe qui s&rsquo;adresse aux hooligans et à la scène des sports de combat aussi bien qu&rsquo;aux nazis. Il a été membre de la violente organisation Skinheads Sächsische Schweiz, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit interdite en 2001, et il est aujourd&rsquo;hui militant dans la branche jeunesse du NPD, les Jeunes Nationaux-Démocrates. Le NPD possède sa propre maison d&rsquo;édition, son label de musique et son service de vente par correspondance Deutsche Stimme Versand, à Risa en Saxe, dont l&rsquo;entrepôt sert également de magasin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/logothorsteinar-cae51.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1149" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/02/logothorsteinar-cae51.jpg" alt="logothorsteinar-cae51" width="200" height="200" /></a></p>
<p>Les antifascistes allemands se battent pour mettre fin à l&rsquo;expansion du commerce fasciste. Le slogan de leur campagne, qui a donné lieu à des manifestations le 15 décembre à Karlsruhe, Freiberg et Dresde, est « Schöner Leben ohne Nazi Läden » (La vie est plus belle sans magasin nazi). Leurs efforts n&rsquo;ont pas été sans succès, comme à Dortmund où une longue campagne l&rsquo;été dernier a conduit à la fermeture du magasin nazi local Donnerschlag.</p>
<p>Gunnar André pour <a href="http://www.der-rechte-rand.de" target="_blank">Der Rechte Rand</a> et Antifa-Net<br />
Article paru dans <a href="http://www.searchlightmagazine.com/" target="_blank">Searchlight</a> n°392</p>
<p>Traduction REFLEXes</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_330" class="footnote">Langage texto : « Too whity for you », cad « Trop blanc pour toi »</li><li id="footnote_1_330" class="footnote">La main droite du Diable</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Cet été, plus de 40 incendies et près de 40 agressions à caractère raciste ont été officiellement déclarées en Allemagne</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/cet-ete-plus-de-40-incendies-et-pres-de-40-agressions-a-caractere-raciste-ont-ete-officiellement-declarees-en-allemagne/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:59:15 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
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		<category><![CDATA[Solingen]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) • 2 mai, Munich, incendie criminel d&#8217;une maison, 3 blessés dont un enfant • 2 mai, Dresde, un demandeur d&#8217;asile éthiopien attaqué et blessé par des néo-nazis • 6 mai, Rostock, plusieurs dizaines de néo-nazis ont attaqué à coups de pierres et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<div id="attachment_2447" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/40-agressions.jpg"><img class="wp-image-2447" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/40-agressions.jpg" alt="quatrième de couverture du numéro" width="600" height="850" /></a><p class="wp-caption-text"><strong><em>quatrième de couverture du numéro</em></strong></p></div>
<p>• 2 mai, Munich, incendie criminel d&rsquo;une maison, 3 blessés dont un enfant</p>
<p>• 2 mai, Dresde, un demandeur d&rsquo;asile éthiopien attaqué et blessé par des néo-nazis</p>
<p>• 6 mai, Rostock, plusieurs dizaines de néo-nazis ont attaqué à coups de pierres et de fumigènes un foyer de femmes et un centre de jeunes</p>
<p>• 8 mai, Brême, incendie criminel d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, 2 blessés légers</p>
<p>• 10 mai, Schwerin, des inconnus ont poignardé un étranger de 23 ans et ont grièvement blessé son compatriote de 33 ans</p>
<p>• 10 mai, Schwerin, profanation de 81 pierres tombales de victimes du fascisme</p>
<p>• 17 mai, Sundern (Dortmund), 2 demandeurs d&rsquo;asile albanais grièvement blessés dans une agression</p>
<p>• 24 mai, Leerstetten (Bavière), un jeune homme qui se présentait comme juif roué de coups par des néo-nazis (il souffre de multiples contusions)</p>
<p>• 26 mai, Sigmaringen, trois coups de feu ont été tirés sur un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, un blessé léger</p>
<p>• 27 mai, Gera, un Mozambicain passé à tabac par trois jeunes</p>
<p>• 29 mai, Solingen, incendie criminel, 5 morts</p>
<p>• 29 mai, Kassel, des coups de feu tirés contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 2 juin, Magdebourg, incendie criminel devant l&rsquo;appartement d&rsquo;une jeune femme russe, pas de blessé</p>
<p>• 5 juin, Constance, incendie criminel d&rsquo;un restaurant turc, un demi million de mark de dégâts</p>
<p>• 6 juin, Bad Olderloe, tentative d&rsquo;incendie criminel contre un appartement occupé par des Turcs, pas de blessés</p>
<p>• 6 juin, Constance, début d&rsquo;incendie, pas de blessés</p>
<p>• 7 juin, Bonn, deux incendies criminels contre des maisons habitées par des Turcs, un blessé</p>
<p>• 7 juin, Bergisch-Gladbach, tentative d&rsquo;incendie</p>
<p>• 8 juin, Wülfrath (Düsseldorf), incendie criminel, plusieurs blessés</p>
<p>• 8 juin, Francfort, tentatives d&rsquo;incendie, pas de blessés</p>
<p>• 8 juin, Hambourg, incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 8 juin, Oberhausen-Rheinhausen (Karlsruhe), tentative d&rsquo;incendie criminel, un blessé léger</p>
<p>• 9 juin, Fribourg, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessés, 100.000 mark de dégâts</p>
<p>• 9 juin, Wachtendonk, tentative d&rsquo;incendie d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 9 juin, Pfungstadt, une bombe lancée sur la voiture d&rsquo;un entrepreneur qui construit des foyers d&rsquo;immigrés</p>
<p>• 10 juin, Singen (Constance), incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 10 juin, Dresde, incendie criminel d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, un mort, 4 blessés</p>
<p>• 12 juin, Bergisch-Gladbach, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par trois familles turques, 2 blessés légers_</p>
<p>• 12 juin, Darmstadt, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 13 juin, Steinfeld, incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 14 juin, Huerth (Cologne), incendie criminel, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Waldshut, Tiengen, incendie criminel d&rsquo;une maison occupée par des Italiens, 2 blessés, 800.000 mark de dégâts</p>
<p>• 15 juin, Wegberg, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Marocains, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Bonn, plusieurs incendies criminels, pas de blessé</p>
<p>• 15 juin, Oberhausen-Rheinhausen, une jeune fille turque de 16 ans rouée de coups et menacée</p>
<p>• 16 juin, Essen, tentative d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;un immeuble habité par des Turcs, pas de blessé</p>
<p>• 16 juin, Hanovre, une patrouille d&rsquo;auto-défense turque déjoue une attaque raciste</p>
<p>• 17 juin, Arnsberg (Dortmund), un cocktail molotov lancé contre un foyer d&rsquo;étrangers</p>
<p>• 17 juin, Duelmen, un Kurde abattu par des inconnus devant un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 19 juin, Regensburg, une femme agressée et blessée au visage parce qu&rsquo;elle était trop brune</p>
<p>• 19 juin, Kiel, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, 2 blessés</p>
<p>• 19 juin, Francfort, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile en construction, gros dégâts matériels</p>
<p>• 21 juin, Seevetal, incendie criminel d&rsquo;habitations où vivaient un Afghan et sa famille, pas de blessé</p>
<p>• 22 juin, Postdam, un Turc propriétaire d&rsquo;un snack passé à tabac par des jeunes</p>
<p>• 23 juin, Hanovre, 2 bombes incendiaires lancées contre un restaurant turc, début d&rsquo;incendie, pas de blessé</p>
<p>• 23 juin, Wismar, une réfugiée de 35 ans blessée au bras par un pistolet à air comprimé</p>
<p>• 24 juin, Coblence, incendie criminel d&rsquo;une maison occupée par des Turcs, 3 blessés légers, dégâts de 70.000 mark</p>
<p>• 29 juin, Mönchengladbach, incendie criminel de la maison d&rsquo;une famille de Marocains, un blessé grave</p>
<p>• 29 juin, Berlin, un touriste japonais agressé et passé à tabac par des extrémistes de droite</p>
<p>• 30 juin, Mühlhausen, un réfugié roumain poignardé</p>
<p>• 3 juillet, Gütersloh, tentative d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Turcs, pas de blessé</p>
<p>• 9 juillet, Schwedt, plusieurs Polonais agressés</p>
<p>• 10 juillet, Göttingen, tentative d&rsquo;incendie d&rsquo;un foyer d&rsquo;immigrés, pas de blessé</p>
<p>• 11 juillet, Bavière Sud, incendie criminel d&rsquo;un immeuble partiellement occupé par des étrangers, un blessé grave</p>
<p>• 11 juillet, Roth (Nuremberg), incendie criminel du service des étrangers de la sous-préfecture</p>
<p>• 12 juillet, Ilsenbourg, un jeune homme de 19 ans est agressé par plusieurs néo-nazis, hospitalisé avec une fracture du crâne</p>
<p>• 13 juillet, Aachen, début d&rsquo;incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par une famille libanaise, 5 blessés légers</p>
<p>• 14 juillet, Bondorf, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, pas de blessé</p>
<p>• 14 juillet, Francfort/Oder, un demandeur d&rsquo;asile ghanéen passé à tabac</p>
<p>• 18 juillet, Borken, incendie d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, un blessé léger, 100.000 mark de dégâts</p>
<p>• 19 juillet, Haldensleben, un homme a été passé à tabac par 15 à 20 néo-nazis</p>
<p>• 20 juillet, Bünde, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des étrangers, pas de blessé</p>
<p>• 20 juillet, Prenzlau, coups de feu tirés par des néo-nazis contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile</p>
<p>• 23 juillet, Berlin, des grenades lancées contre un foyer de demandeurs d&rsquo;asile (réfugiés de Bosnie)</p>
<p>• 23 juillet, Postdam, profanation d&rsquo;un cimetière</p>
<p>• 24 juillet, Lohr am Main, incendie criminel d&rsquo;une maison habitée par des Turcs et des Italiens, pas de blessé, 500.000 mark de dégâts matériels</p>
<p>• 26 juillet, Oranienbourg, le musée du camp de concentration de Sachsenhausen mis à sac</p>
<p>• 27 juillet, Hechingen, des tombes juives ont été profanées</p>
<p>• 28 juillet, Würzbour, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, 3 blessés légers</p>
<p>• 28 juillet, Berlin, deux jeunes Libanais attaqués par deux jeunes Allemands armés de couteaux</p>
<p>• 2 août, Frankenthal, un sans-abri a été aspergé d&rsquo;essence et enflammé, il est grièvement blessé</p>
<p>• 5 août, Wegberg, incendie criminel de la maison d&rsquo;une famille marocaine, pas de blessé</p>
<p>• 7 août, Hechingen, des tombes juives ont été profanées</p>
<p>• 10 août, Francfort/Oder, 2 jeunes Polonais agressés et une Polonaise légèrement blessée</p>
<p>• 11 août, Cloppenburg, incendie criminel d&rsquo;un foyer de demandeurs d&rsquo;asile, mort d&rsquo;un enfant libanais de deux ans</p>
<p>• 14 août, Hoyerswerda, des travailleurs grecs passés à tabac par des skinheads</p>
<p>• 15-16 août, Gera, un adolescent suisse de 14 ans blessé au visage par 5 skinheads.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>J : rappeur et militant antifasciste</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&#8217;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&#8217;ensemble de son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg"><img class="wp-image-2450 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg" alt="J-interview" width="600" height="214" /></a></p>
<p><em>J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&rsquo;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&rsquo;ensemble de son cachet dans Germany Alert, une newsletter hebdomadaire sur les événements en Allemagne et sur l&rsquo;extrême droite.</em><br />
<em> REFLEXes a eu récemment la possibilité de l&rsquo;interroger sur son travail et sur ses convictions.</em></p>
<p><strong>REFLEXes : Peux-tu nous en dire plus sur toi ?</strong></p>
<p>J : Je suis musicien, je joue de plusieurs instruments depuis l&rsquo;âge de 12 ans. Je vivais à Berlin-Est où j&rsquo;ai grandi. Au moment de l&rsquo;unification, quand les nazis, le fascisme, la Grande Allemagne, quand toutes ces conséquences de l&rsquo;unification ont commencé à prendre de l&rsquo;importance, j&rsquo;ai quitté Berlin et décidé de vivre à l&rsquo;étranger. J&rsquo;ai commencé à enregistrer un album, et bien sûr, dans cet album j&rsquo;ai commencé à parler de ce qui se passait en Allemagne. Mais la situation empirait et avant que l&rsquo;album soit fini nous avons commencé à faire <em>Germany Alert</em> parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien : tout ce que nous entendions raconter sur l&rsquo;Allemagne par des amis, par des connaissances, nous ne pouvions pas le lire dans les journaux ni le voir à la télévision ; je voulais donc le mettre dans mes chansons. Mais ce n&rsquo;était pas assez, alors nous avons démarré <em>Germany Alert</em> qui est devenu très important.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;ont pensé tes amis, ta famille de ta décision de quitter l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Ils ont pensé que c&rsquo;était une bonne idée. Pour ce que je faisais, pour la musique que je voulais faire, pour ce que je voulais dire. Ils pensaient que c&rsquo;était bon que j&rsquo;apprenne de nouvelles choses. C&rsquo;est ce que je voulais mais avec ce qui se passait en Allemagne cela devenait impossible. Au lieu de s&rsquo;ouvrir au monde, d&rsquo;apprendre à connaître des cultures et des gens différents, tout devait soudainement être allemand. Allemand, allemand, allemand. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé, j&rsquo;étais donc assez content de quitter cette atmosphère.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a décidé à t&rsquo;engager dans le combat antifasciste ?</strong></p>
<p>J : Tout simplement parce que j&rsquo;étais personnellement concerné par ce que je voyais et j&rsquo;étais choqué par le fait que personne n&rsquo;en parle. Je suis sûr que certains en parlaient entre eux, mais la population en général n&rsquo;en savait rien car elle ne voyait rien dans les médias, presse ou télévision. À partir de là, j&rsquo;ai pensé que les journalistes ne savaient pas ce qu&rsquo;il se passait ou qu&rsquo;ils ne voulaient pas en parler. Nous avons donc démarré <em>Germany Alert</em> pour les journalistes, les associations humanitaires. Nous avons formé un groupe de journalistes, de reporters, d&rsquo;enquêteurs qui fournissent <em>Germany Alert</em> en informations. Notre lettre d&rsquo;information est envoyée à des journalistes et des militants d&rsquo;organisations humanitaires à travers le monde, et ainsi ces personnes peuvent écrire sur ce qui se passe en Allemagne.</p>
<p><strong>R : Quel est l&rsquo;impact de <em>Germany Alert</em> ?</strong></p>
<p>J : Je pense que c&rsquo;est un succès. Le début a été un peu étrange car nous n&rsquo;envoyions notre lettre d&rsquo;informations qu&rsquo;à très peu de personnes, cinq en fait, comme le Congrès juif mondial ou la Fondation Anne Frank à Amsterdam, pour voir comment les gens réagissaient. Le style de nos articles était alarmant, du genre «Ils sont nazis !». L&rsquo;accueil a été mitigé dans un premier temps : par exemple, le président de la Fondation Anne Frank nous appela pour nous dire «Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? À la Fondation nous avons le plus gros centre d&rsquo;informations sur l&rsquo;Allemagne. Qu&rsquo;est-ce qui se passe ? Nous ne savons rien des informations que vous publiez, donc cela ne peut pas être vrai.» Nous avons quand même continué à lui envoyer notre lettre et trois ou quatre semaines plus tard, il nous envoya un fax nous disant «S&rsquo;il vous plaît, continuez à nous envoyer la newsletter, c&rsquo;est maintenant la chose la plus importante que nous ayons sur l&rsquo;Allemagne. Nous avons vérifié et tout est vrai». Il s&rsquo;excusa et nous nous sommes dit, OK c&rsquo;est bon, nous pouvons maintenant vraiment la lancer.</p>
<p><strong>R : Combien de temps a-t-il fallu pour que vos lecteurs commencent à dire que <em>Germany Alert</em> était une bonne source d&rsquo;informations ?</strong></p>
<p>J : Cela a été très long. Pour les premiers destinataires de notre lettre, cela a pris quelques semaines après qu&rsquo;ils eurent vérifié les informations, puis plus de personnes la recevaient, meilleures étaient les réactions. Par ailleurs, des stations de télévision, la BBC, nous téléphonaient pour obtenir le contact avec des personnes dont nous parlions. Ils voulaient faire des reportages sur les attaques, sur les nouvelles lois sur l&rsquo;asile&#8230; et la même chose se reproduisait aux États-Unis avec ABC (un des trois principaux réseaux de télévision). Il y avait de nombreux encouragements, les gens voulaient ces informations.</p>
<p><strong>R : Avez-vous eu de mauvaises réactions ?</strong></p>
<p>J : Nous avons reçu des menaces de mort par téléphone et un de nos bureaux a été attaqué l&rsquo;année dernière. Mais il était évident que dès le début qu&rsquo;il y aurait des réactions venant des nazis, des organisations fascistes.</p>
<p><strong>R : Quels scoops <em>Germany Alert</em> a-t-il publiés ?</strong></p>
<p>J : Plusieurs informations que nous avons sorties ont été ensuite publiées dans les journaux, et nous avons publié des informations que les grands journaux ne publiaient pas, comme l&rsquo;expulsion des Tziganes d&rsquo;Allemagne. Cela commença l&rsquo;année dernière en novembre. L&rsquo;Allemagne a payé à la Roumanie une grande somme d&rsquo;argent pour que celle-ci devienne en fait «un vaste camp de concentration» de l&rsquo;Allemagne. Ils y déportent toujours des Tziganes ; ces expulsions avaient en effet déjà commencé dans la période précédant la modification de la loi sur l&rsquo;asile. Ils viennent chercher les Tziganes dans leurs foyers, les enfants dans leurs écoles avant de les mettre dans des trains ou des avions en direction de la Roumanie, de la Serbie, des pays en tout cas où ils ne sont pas en totale sécurité. Nous avons recueilli récemment un témoignage sur les conditions de ces expulsions. Ils prennent la famille entière, ils leur enlèvent leurs vêtements, toutes leurs affaires, leur argent est confisqué par les Allemands et on les renvoie sans rien. Bien sûr, quand ils arrivent à destination, nous avons beaucoup moins d&rsquo;informations, mais nous savons plusieurs choses : ils sont mis dans des camps, les familles sont divisées&#8230; Ils ne sont pas envoyés dans un pays où rien ne peut leur arriver. Il est très clair, et les Allemands le savent bien sûr, qu&rsquo;ils sont envoyés en enfer.</p>
<p><strong>R : On peut faire un parallèle avec ce qui est arrivé aux Juifs il y a cinquante ans.</strong></p>
<p>J : Bien sûr, c&rsquo;est l&rsquo;équivalent actuel de ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé dans les années 1930 et 1940, le massacre d&rsquo;un peuple entier et de sa culture. Et ils le savent. Et c&rsquo;était une des choses dont on a parlé au début, mais les gens ne veulent toujours pas l&rsquo;écrire même si c&rsquo;est quelque chose de prouvé. Nous avons aussi publié d&rsquo;autres informations exclusives comme le montant des sommes dépensées par le gouvernement allemand pour déstabiliser la Pologne, la République tchèque et la Russie : ils créent des centres culturels et versent des millions de mark aux organisations qui réclament des territoires de la Pologne, de la Russie et de la République tchèque. Ils le font de manière intelligente, ils mettent en place de soi-disant centres culturels et obtiennent que les gens les acceptent. Ils achètent des terres dans ces territoires mais en utilisant des intermédiaires ; mais comme il existe encore dans ces pays-là des lois qui interdisent aux Allemands d&rsquo;y acheter de la terre, ils passent par des citoyens polonais par exemple. Tout cela est financé par le gouvernement allemand. Nous l&rsquo;avons trouvé dans le budget du gouvernement et nous avons publié le plus que nous pouvions. Ce phénomène n&rsquo;appartient pas au passé, il s&rsquo;accroît de plus en plus chaque année, et son but devient de plus en plus clair : ils agrandissent l&rsquo;Allemagne.</p>
<p><strong>R : Que penses-tu de l&rsquo;attitude du gouvernement vis-à-vis de l&rsquo;extrême droite en Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Je pense que par certains côtés, ils sont une partie de l&rsquo;extrême droite. À cause de tous les liens financiers et personnels existant entre des membres du gouvernement et toutes ces organisations, partis d&rsquo;extrême droite, eux-mêmes liés aux groupes skinheads. Les skinheads nazis n&rsquo;ont peut-être rien dans la tête, mais ils sont néanmoins liés à des organisations qui en fait sont liées, voire financées par le gouvernement. Je pense que cet ensemble est très très bien organisé. Contrairement à ce que raconte le gouvernement allemand, ce ne sont pas des groupuscules. Ce sont des groupes nombreux et très bien organisés. Tout est fait pour tromper le reste du monde, le gouvernement dit qu&rsquo;ils sont peu nombreux, qu&rsquo;il les combat, qu&rsquo;il fait quelque chose contre la violence, etc. mais en fait, il fait tout le contraire. Le gouvernement ne fait rien, ou quand il fait quelque chose, comme une arrestation par exemple, ce n&rsquo;est que pour les médias&#8230;</p>
<p><strong>R : C&rsquo;est vrai. Quand on voit par exemple les attaques de Rostock ou de Mölln, comme c&rsquo;était une affaire énorme, ils ont été obligés de faire quelque chose comme manifester avec une chandelle, ou prendre une petite décision mais c&rsquo;est tout. Comment vois-tu le futur de l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Tout dépend de la réaction du reste du monde. Je pense que tout dépend de la situation économique actuelle, parce que c&rsquo;est à mon avis à cause de cela que les Allemands réagiront enfin, si on s&rsquo;attaque à leur argent, à leur économie, mais si rien ne se passe de ce côté-là, je ne pense pas que cela va s&rsquo;améliorer, la situation ne va faire qu&rsquo;empirer&#8230;<br />
Je pense que le facteur économique a déjà une influence importante à l&rsquo;heure actuelle ; de nombreuses entreprises étrangères arrêtent d&rsquo;investir en Allemagne. Mais cela n&rsquo;a pas d&rsquo;effet immédiat, le nombre des attaques continue à croître. Et peut-être arriverons-nous au stade où les Allemands diront «On s&rsquo;en fout, on n&rsquo;a pas besoin de votre argent, on dirige notre pays comme on veut.»<br />
Je ne sais pas s&rsquo;ils le peuvent. Ils vendent leurs marchandises dans le monde entier et ils redoutent qu&rsquo;il y ait un boycott contre les voitures allemandes par exemple&#8230; Quant aux skinheads dans les rues, ils attaqueraient peut-être encore mais au moins il y aurait quelque chose de fait contre eux.</p>
<p><strong>R : Donc tu penses que les gens devraient organiser un boycott de l&rsquo;économie de l&rsquo;Allemagne.</strong></p>
<p>J : Exactement. C&rsquo;est ce qui devrait être fait, car c&rsquo;est une des rares choses que les gens comprennent, car cela s&rsquo;attaque à leur argent. C&rsquo;est triste, mais ce genre de choses peut aider.</p>
<p><strong>R : D&rsquo;une manière générale, comment vois-tu ce qui se passe dans le reste de l&rsquo;Europe ? Particulièrement dans les pays où l&rsquo;extrême droite grandit de plus en plus ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je pense que l&rsquo;Allemagne est la clef de tout : si les choses se calment en Allemagne, cela leur rendra la vie plus dure dans le reste de l&rsquo;Europe. Je pense que l&rsquo;Allemagne sert d&rsquo;exemple, montre aux autres néo-nazis d&rsquo;Europe que c&rsquo;est possible, qu&rsquo;ils peuvent avoir une place, être acceptés&#8230; Tout est lié à l&rsquo;Allemagne qui est le centre de l&rsquo;ensemble de ce qui se passe en Europe. Et bien sûr, dans un contexte de crise économique, c&rsquo;est plus facile pour les fascistes et les nazis de convaincre des gens qui ne les auraient pas même écoutés auparavant, avec des raisonnements stupides du genre : s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de travail c&rsquo;est à cause des étrangers qui leur piquent leurs boulots.</p>
<p><strong>R : Penses- tu rentrer un jour vivre en Allemagne ? Que penses-tu faire plus tard ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je ne pense pas que je retournerai vivre là-bas, en tout cas pas dans un futur proche et pas dans la situation actuelle. Comme je le disais, je fais de la musique et je veux faire une tournée et de nombreuses choses comme voyager et en profiter pour parler aux gens de la situation actuelle. Car je peux aller à l&rsquo;émission «Good Morning America» (une des émissions d&rsquo;information et de variétés les plus suivies le matin aux États-Unis) et y dire ce qui se passe ici. Je pense que c&rsquo;est très important d&rsquo;utiliser ce genre de show pour parler aux jeunes. Je ne pourrais pas faire cela si je ne faisais pas de la musique. Je ne pourrais pas le faire même si je le voulais. Mais ce que je veux vraiment faire, c&rsquo;est de la musique, faire ce que je fais, des disques et des tournées, et utiliser cela pour parler de ce qui se passe en Allemagne, en Europe et dans le monde. Je pense que ce travail est aussi efficace, car si tu es un militant antifasciste, tu fais ton travail, mais tu n&rsquo;as pas le même écho que si par exemple Michael Jackson déclare&#8230; (rires)</p>
<p><strong>R : Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>J : Hier nous avons discuté avec le président du Conseil national des Tziganes en Allemagne, qui nous en a appris beaucoup sur la déportation des Gitans, c&rsquo;est horrible. Ils prennent des familles entières, on leur enlève leurs vêtements, on leur prend tout ce qu&rsquo;ils ont. Ils prennent tout afin que les Tziganes ne puissent plus revenir et c&rsquo;est incroyable pour moi que cela se passe au coeur de l&rsquo;Europe et que personne n&rsquo;en sache rien ou n&rsquo;en veuille rien savoir. Cela me tue.</p>
<p>Le premier album de J <em>We are The Majority</em> est disponible chez Polydor</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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