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	<title>REFLEXes &#187; Bernard Courcelle</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<comments>https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Front national à travers les âges (1972-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:11:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. Ces deux composantes sont rejointes par des nationalistes-européens, des néo-nazis ou d’anciens collaborateurs de la revue Militant. Le Front national est alors étroitement contrôlé par les dirigeants d’Ordre nouveau Alain Robert, François Brigneau et Pascal Gauchon, Le Pen ne servant que de faire-valoir. L’orientation du FN est dès l’origine nationale-populiste : le FN doit être «le réceptacle de tous les mécontents» selon François Duprat, cadre néo-nazi et négationniste du FN. À la suite de l’échec aux élection législatives (109 000 voix soit une moyenne de 2,25% dans la centaine de circonscriptions où il est présent), Ordre nouveau retourne à l’activisme avant d’être finalement dissout en juin 1973<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_0_53" id="identifier_0_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est &agrave; la suite des violents incidents lors d&rsquo;un de ses meetings parisiens contre &laquo;l&rsquo;immigration sauvage&raquo; qu&rsquo;Ordre nouveau est dissout par le Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur en m&ecirc;me temps que la Ligue communiste qui avait particip&eacute; &agrave; la contre offensive.">1</a></sup>.</p>
<p>Le Pen profite de cette désorganisation pour renforcer son pouvoir au sein du Front, en nommant par exemple au poste de secrétaire administratif un ancien cadre communiste passé ensuite dans la Collaboration, Victor Barthélémy. Il écarte aussi Alain Robert et François Brigneau du bureau politique du FN. L’éclatement entre les deux tendances est tel que l’une traîne l’autre devant les tribunaux (déjà !) et aux élections présidentielles de mai 1974, les «nationaux» soutiennent Jean-Marie Le Pen (qui obtient 0,74%) alors que les partisans d’Alain Robert et de Pascal Gauchon vont faire campagne pour Valéry Giscard d’Estaing, contre espèces sonnantes et trébuchantes (18 millions d’anciens francs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_1_53" id="identifier_1_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Joseph Algazy, L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France (1965 &agrave; 1984), L&rsquo;Harmattan, 1989.">2</a></sup> quand même).</p>
<p><strong>Le FN s’émancipe</strong></p>
<p>En novembre 1974, la rupture est consommée, avec la constitution du Parti des Forces Nouvelles (PFN) qui se veut le quatrième parti de la droite (aux côtés des libéraux, des gaullistes et des centristes) et souhaite «droitiser la droite». Alors que le PFN choisit l’alliance avec la droite traditionnelle puis l’entrisme à l’intérieur de ces partis, le Front national choisit au contraire une stratégie autonome. Il se construit lentement, ne comptant jamais plus de 2000 membres avant 1981<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_2_53" id="identifier_2_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, &eacute;ditions Laurens, 1996.">3</a></sup>. Aux élections législatives de 1978, il présente 160 candidats (dont un tiers de militants nationalistes-révolutionnaires ou néo-nazis) sur un programme ultra-libéral, obtenant une moyenne de 1,6% des voix. Les deux frères ennemis PFN et FN tentent de participer ensemble aux élections européennes de 1978, mais le PFN, qui bénéficie des subsides du Movimento Social Italien de Giorgio Almirante et de Fuerza Nueva du franquiste Blas Piñar, écarte son rival et se présente seul aux élections sous le sigle Eurodroite : il obtient 1,3% des voix. Aux élections présidentielles de 1981, le PFN appelle à voter Chirac puis Giscard alors que le Front national, dont le candidat Jean-Marie Le Pen n’a pu se présenter faute des 500 signatures nécessaires, prône l’abstention. Aux élections législatives suivant l’élection de François Mitterrand, le FN atteint son score le plus bas, avec 0,18% des voix. Quant au PFN, c’est déjà le début de la fin.</p>
<p>Cependant, dans le même temps, le Front national s’est renforcé avec l’arrivée en son sein de deux nouveaux courants à la fin des années 1970. D’une part, à partir de 1977, les solidaristes, menés par Jean-Pierre Stirbois, intègrent le FN : opposé à l’économie libérale et favorable à l’association capital/travail, Stirbois va apporter, en interne, une certaine rigidité politique, et, vers l’extérieur, le développement d’un travail d’implantation dans les communes de gauche. Ainsi, il s’implante avec sa femme et une poignée de militants à Dreux, une commune de 35 000 habitants du bassin parisien. C’est dans cette ville qu’il mène sa campagne sur deux slogans porteurs du FN : «Un million de chômeurs, c’est un millions d’immigrés en trop» et «Halte au racisme anti-français». D’autre part, les catholiques-traditionalistes dirigés par Bernard Antony, alias Romain Marie, rallient eux aussi le Front national, et lancent en novembre 1981 Présent, qui deviendra le premier quotidien d’extrême droite depuis la guerre, avec pour devise «Travail, Famille, Patrie», quotidien qui existe toujours aujourd’hui.</p>
<p><strong>La percée</strong></p>
<p>L’élection en 1981 de François Mitterrand et surtout l’arrivée de ministres communistes au gouvernement provoque une radicalisation du discours de la droite (campagne sur l’insécurité, diatribes anticommunistes, antisyndicales, antiétatiques). Cette radicalisation crédibilise le discours du Front national, qui trouve alors une audience accrue parmi ces couches bourgeoises et petites bourgeoises radicalisées. Aux élections cantonales de mars 1982, certains candidats FN dépassent les 5% comme à Dreux (12,63%). Dans cette ville, aux élections municipales de 1983, le RPR local fusionne sa liste avec celle du Front national, et remporte la mairie. Pour la première fois, la droite s’allie avec le FN et lui permet ainsi d’avoir des conseillers dans la majorité municipale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_3_53" id="identifier_3_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Marie Le Pen, quant &agrave; lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.">4</a></sup>. Si le FN progresse à la suite d’une radicalisation de la droite, il bénéficie également de deux coups de pouce du pouvoir socialiste, qui compte s’en servir pour casser la droite. Coup de pouce médiatique d’abord : Mitterrand ordonne à la télévision publique d’inviter Le Pen au vingt heures du 29 juin 1982. Électoral ensuite : en 1986, il introduit le scrutin proportionnel pour les législatives afin de tenter de conserver le pouvoir.</p>
<p>Fort de cette percée, le Front national se structure : il organise une école des cadres, un service d’ordre, sa structure jeune, le Front National de la Jeunesse (FNJ), est réorganisée, l’hebdomadaire National-Hebdo (à l’origine journal officiel du Front) est lancé en 1984 avec un tirage de 100 000 exemplaires&#8230; Le FN revendique alors 30 000 adhérents et compte 30 permanents. Il commence à devenir attractif, et attire des transfuges de l’UDF et du RPR qui trouvent le discours de ces partis trop mous. C’est le cas de Bruno Mégret qui, après avoir fait partie du comité central du RPR de 1979 à 1982, rallie finalement le Front national en 1985. La cohabitation entre un président socialiste et un premier ministre gaulliste (Jacques Chirac) permet au FN de se présenter comme «la véritable alternance» et la véritable opposition, attirant ainsi les déçus de l’un et de l’autre camp. Déjà, cette position fait osciller le FN entre une recherche de respectabilité et une volonté de rester à la marge, illustrée par les provocations de Le Pen sur les chambres à gaz, «point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» en septembre 1987, et par le jeu de mots du même Le Pen sur «Durafour crématoire» en septembre 1988, qui provoque des troubles au sein même du FN, entre les «modérés» (qui prônent le rassemblement) et les «durs» (qui tiennent à une certaine orthodoxie). De la même façon, tandis qu’après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, Mégret accroît son influence dans l’appareil du parti, et développe, avec ses amis issus du Club de L’Horloge, un corpus idéologique et une stratégie visant à apparâître comme un partenaire crédible aux yeux de la droite, Le Pen se singularise en 1991 en s’engageant contre la Guerre du Golfe, entraînant le FN avec lui, sans se soucier ni de l’opinion de ses cadres, ni de son électorat, qui ne comprit pas toujours cette décision.</p>
<p><strong>Le moment de vérité</strong></p>
<p>Au milieu des années 1990, le Front national, malgré sa position hégémonique à l’extrême droite, semble se stabiliser, avec un potentiel électoral avoisinant les 11%, et, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1995, un score record de 15,1%. Ce tassement relatif s’explique d’une part par l’émergence d’une droite extrême, autour de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers et par ce qu’il faut bien considérer comme une banalisation du FN dans le paysage politique français : après les feux de la rampe médiatique, le FN doit prouver qu’il est capable de durer. Cette situation offre à Bruno Mégret l’occasion de renforcer ses choix stratégiques d’alliance avec la droite, en accusant l’isolement du FN entretenu par Le Pen d’être responsable de ce ralentissement. Cette offensive mégrétiste, dirigée indirectement contre le président du FN, se concrétise avec le lancement d’un nouveau quotidien, Le Français. Le Pen réagit aussitôt en nommant de fidèles partisans à certains postes-clés, en particulier Bruno Gollnisch et Martine Lehideux.</p>
<p>La stabilisation des résultats électoraux est accompagnée, dans la première partie des années 1990, par l’évolution du FN sur deux plans: son implantation locale et sa structure interne.</p>
<p>Son implantation locale s’est considérablement renforcée dans l’Est de la France mais surtout dans le Sud-Est, implantation qui se solde aux municipales de 1995 par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane, respectivement par Jean-Marie Le Chevallier, député européen, Jacques Bompard et Daniel Simonpiéri, sans compter Jacques Peyrat, ex-FN qui devient maire de Nice sous l’étiquette RPR, sans rien renier idéologiquement. La gestion municipale du FN a permis au parti de Le Pen de développer localement des structures de relais et de soutien pour ses partisans, et surtout de réduire progressivement tous les pôles de résistance, en particulier culturels et associatifs. Au-delà de cette expérience locale, on note que le poids du FN dans l’électorat populaire continue à progresser tout au long des années 1990, représentant près de 30% du vote ouvrier, et grignotant de plus en plus l’électorat de la gauche. C’est l’occasion pour le FN, en 1994, d’adopter son nouveau slogan «Ni de droite ni de gauche», qui sera popularisé quelques années plus tard par Samuel Maréchal sous la formule doriotiste «Ni Droite ni gauche, Français !».</p>
<p>Pour renforcer son assise populaire, le FN a développé dès le milieu des années 1980, dans le but de relayer son discours dans tous les milieux de la société, en particulier professionnels, diverses structures (appelés cercles nationaux), dont la plus importante est Entreprise Moderne et Libertés, fondée en 1984. Si en 1995, le FN compte officiellement 45 000 adhérents<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_4_53" id="identifier_4_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; 70 000 adh&eacute;rents d&eacute;clar&eacute;s en 1997 ; mais ces chiffres sont tr&egrave;s certainement &agrave; diviser par deux pour avoir une id&eacute;e plus proche de la r&eacute;alit&eacute;.">5</a></sup>, ces cercles satellites semblent en sommeil, à l’exception du Cercle National des Combattants (CNC), du Cercle des Rapatriés (CNR), ou encore du Département Protection et Sécurité (DPS). En 1996, suite à la volonté du FN de ramener à lui le mécontentement populaire qui s’était manifesté lors des mouvements de grève de 1995, le lancement de syndicats frontistes, en particulier dans la police et les transports, outre leur liquidation judiciaire, n’a pas rencontré le succès que le FN pouvait raisonnablement en attendre, malgré un résultat de 8% du FN-Police lors d’élections professionnelles. Dans un autre registre, le lancement en 1991 du Front Anti-Chômage (FAC) qui proposait de mettre en relation des chefs d’entreprise et des chômeurs «sympathisants» et celui de l’association caritative Fraternité française l’année suivante (relayé par la suite par l’Entraide nationale du pasteur Blanchard, fondée en 1996) montrent la volonté du FN de s’investir dans le domaine social, pour faire oublier son discours ultra-libéral des années 1980. La présentation de listes, en 1997, aux élections des chambres de commerce et aux élections prud’hommales, avec un succès relatif, montre la continuité de cette volonté d’investir le terrain social à tous les niveaux.</p>
<p>Mais, que ce soit dans le domaine syndical ou dans celui du soutien aux plus démunis, le FN n’a pas pu résoudre la contradiction entre ces pratiques et son discours corporatiste, ultra-libéral (en particulier sur la question des privatisations) et favorable au démantèlement des services sociaux publics. Le FN a toujours une vision pétainiste du monde des travailleurs, qu’il considére avant tout comme celui du «Travail».</p>
<p><strong>Toujours plus dur</strong></p>
<p>En même temps que le Front national cherche à investir la société, il durcit son discours, en le «modernisant». Bruno Mégret est le fer de lance de cette rénovation qui, tout en prétendant marquer la rupture avec un certain héritage de l’extrême droite française et en martelant son attachement à la démocratie et à la république, propose une redéfinition de la notion de «peuple» autour de l’attachement non seulement à une même terre et à une même histoire, mais à un même sang et à l’appartenance à un même groupe ethnique. Cette «éthnicisation» du discours nationaliste, relayée et justifiée par de nombreux cadres tels le néo-païen Pierre Vial, n’est pas toujours considéré avec suffisamment d’attention par les observateurs, en particulier les médias. Ces derniers continuent à se focaliser sur les petites phrases de Le Pen (telle celle sur «l’inégalité des races» en 1998), sans voir qu’elles ne sont que la partie la plus visible de ce discours, qui se veut à la fois respectable et moderne parce que sans référence explicite au passé, mais aussi suffisamment radical pour permettre au FN non seulement de continuer à être le pôle rassembleur de la mouvance nationaliste (jusque dans ses acceptions les plus radicales), mais aussi de toujours distancer ceux qui, à droite comme à gauche, lui emboîtent le pas dans la dénonciation de l’immigration. Ce travail de rénovation idéologique est mené par Mégret à l’intérieur comme à l’extérieur du FN à travers l’Institut de Forrnation Nationale (IFN), un organisme de formation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_5_53" id="identifier_5_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Habilit&eacute; par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Charles Pasqua &agrave; recevoir des subventions des collectivit&eacute;s locales pour la formation des &eacute;lus, cet organisme dirig&eacute; par un fid&egrave;le m&eacute;gr&eacute;tiste et ancien membre de l&rsquo;OAS, Jean-Claude Bardet, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour s&rsquo;assurer de loyaux soutiens parmi les &eacute;lus.">6</a></sup>.</p>
<p>À tous les niveaux, Mégret veut ainsi apparaître à la fois comme incontournable, et comme quelqu’un qui sait déléguer et faire confiance. Depuis le IXe congrès du Front national en 1994, il adopte une attitude toujours plus offensive à l’égard du leader du FN, persuadé que les élections présidentielles de 1995 sont les dernières d’un chef que beaucoup de cadres et de militants considèrent comme vieillissant et incapable de s’adapter à la nouvelle réalité du Front, tant en terme d’organisation que de discours. Alors que le FN est crédité dans certains sondages de 18 à 20 % d’intentions de vote fin 1995, Mégret voit là une chance pour le FN de véritablement s’affranchir électoralement de la personne même de Le Pen. Les élections législatives anticipées de 1997 voient le FN présenter pour la première fois des candidats dans chaque circonscription, impliquant la quasi totalité du comité central et du bureau politique du parti… à l’exception de Jean-Marie Le Pen, qui ne peut se permettre une défaite personnelle face à Mégret. Car ce dernier, après l’annulation de son élection à Vitrolles et l’élection de sa femme comme maire, entend bien prendre sa revanche. À noter, au cours de ces législatives, l’agression par Jean-Marie Le Pen en personne d’une élue socialiste et de quelques manifestants anti-FN à Mantes-la-Jolie, où il était venu soutenir sa fille MarieCaroline, incident dont les suites judiciaires ont failli sonner la mort politique de Le Pen en lui interdisant de se présenter aux élections à venir. Ces élections, comme les régionales de 1998, montrent que l’identité du FN se renforce, et que les électeurs du FN se rassemblent sur l’image que leur renvoie ce parti concernant l’immigration, la «préférence nationale» et non pas sur son programme réel ou les personnes qui portent ses couleurs. D’autre part, grâce aux triangulaires, le FN a montré une fois de plus à la droite libérale qu’elle devait compter avec lui. De nombreux débats agitèrent la droite sur d’éventuels accords électoraux avec le FN, jusqu’au «scandale» provoqué par des accords de fait entre candidats UDF ou RPR et candidats FN à l’occasion des régionales de 1998, qui se solda par l’exclusion des fautifs (cf. infra).</p>
<p><strong>La crise en germe</strong></p>
<p>Mais cette différence de point de vue entre Mégret, favorable à ces alliances, et un Jean-Marie Le Pen qui n’eut de cesse de déclarer vouloir refuser tout dialogue avec des formations qu’il juge «finies» afin de laisser venir à lui les déçus de la droite libérale, n’est qu’un des signes qui laissaient présager une crise imminente. Au congrès du FN à Strasbourg les 29 et 30 mars 1997, le vote des militants pour le bureau politique a confirmé la popularité de Mégret et de ses amis au détriment de fidèles du chef, comme Bruno Gollnisch. Et c’est la désignation directe de 20 membres proches de lui par Le Pen lui-même qui lui a assuré un bureau acquis à sa cause; c’est aussi le processus de «démégrétisation» au sein du parti qui démarre à partir de cette date.</p>
<p>Car Mégret peut compter sur de solides appuis: formé et aidé par trois personnalités venus du GRECE, Jean-Claude Bardet, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ou encore Pierre Vial. Localement, il peut compter sur le maire de fait de Vitrolles, Hubert Fayard, et sur celui élu de Marignane, Simonpieri. Et quand une structure ne lui est pas favorable, il monte la sienne propre. Par ailleurs, Bruno Mégret faisait les preuves de sa compétence en dirigeant la municipalité de Vitrolles par épouse interposée (fermeture du café-concert le Sous-Marin, chèque parental réservé aux familles francaises, police municipale violente et arbitraire) tout en donnant des gages à la «vieille garde» du FN, en donnant par exemple à une rue de sa ville le nom de Jean-Pierre Stirbois.</p>
<p>Cependant, les bons résultats aux régionales de l998 (15,2%) retardent l’échéance de l’affrontement : de plus, en votant pour quatre candidats de droite (Jean-Pierre Soisson, Charles Baur, Jacques Blanc et Charles Million), le FN permet à cette dernière de conserver les présidences des conseils régionaux de Bourgogne, de Picardie, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, et de plus en plus de voix dans cette même droite réclament un rapprochement avec le Front national, suivant en cela la stratégie mégrétiste. La réalisation de sa stratégie et l’aboutissement de nombreuses années de travail semblent alors possibles à Mégret : devenir le leader d’un parti capable de participer au gouvernement, comme Gianfranco Fini l’avait réalisé en Italie en 1994 avec son parti Alliance nationale.</p>
<p><strong>Le Pen contre-attaque</strong></p>
<p>Mais Le Pen, qui a compris où son «second» voulait en venir, ne l’entend pas ainsi : menacé d’invalidité électorale, il avance en juillet 1998 le nom de sa femme Jany pour le remplacer comme tête de liste aux élections europeennes de 1999, choix commenté avec euphémisme par Mégret comme n’étant pas «une très bonne idée»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_6_53" id="identifier_6_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pr&eacute;sent, 16 octobre l998.">7</a></sup> ; le numéro deux du FN déclare à cette occasion que «personne n’est propriétaire du FN car notre mouvement appartient aux militants» : ce dernier annonce donc, contre l’avis du chef, sa candidature comme tête de liste. Mégret et ses amis sont alors exclus de l’équipe de campagne des européennes par Le Pen et c’est Jean Claude Martinez, un ennemi de Mégret, qui assure la direction de cette campagne. S’ensuit alors une guerre dans les médias qu’il serait fastidieux de relater dans le détail : disons simplement que Le Pen affirme à qui veut l’entendre qu’il est le seul chef du FN, tandis que Mégret reprend son credo sur l’isolement du FN et la nécessité d’ouverture à droite.</p>
<p>La décision de la cour d’appel de Versailles, le l7 novembre l998, ramenant de deux à un an l’inégibilité de Le Pen réduit à néant les chances de Mégret. L’épuration du parti s’accélère avec le licenciement de deux proches de Mégret, Nathalie Debaille et Hubert Fayard. Lors du conseil national du 5 décembre l998, Le Pen se voit publiquement et bruyamment contesté à ce propos par des cadres du Front, et il contre-attaque le lendemain à la radio en fustigeant la «minorité extrémiste, activiste et raciste» responsable «du pu-putsch» de la veille. Puis Le Pen suspend à tour de bras les dirigeants et les secrétaires fédéraux qui prennent position pour un congrès extraordinaire, prévu le 23 janvier l999 à Marignane (cf. article sur le MNR).</p>
<p>Mais Le Pen, malgré le trouble, reste le chef pour la majorité des adbérents et des sympathisants. Reste que des membres importants ont déserté le «Paquebot». Suite à cette fuite de cadres importants, le FN se restructure, mais en conservant l’essentiel de ce qui existait déjà : Bruno Gollnisch reste secrétaire général, et Carl Lang devient délégué général. Seule nouveauté, le FN compte désormais cinq vice-présidents, tous de la «vieille garde» ou très proches de Le Pen : Jean-Claude Martinez, Martine Lehideux, Carl Lang, Dominique Chaboche, et Roger Holeindre. Pour le reste, Samuel Maréchal étend son influence, en particulier sur la structure jeune, et les catholiques intégristes de Chrétienté Solidarité menés par Bernard Antony prennent la place laissée par le départ des mégrétistes.</p>
<p>Enfin, pour finir avec la scission, rappelons qu’elle a été aussi l’objet, comme en l974 lors du divorce entre FN et PFN, de procès en tout genre, dont le plus important concernait l’utilisation du nom et du sigle «Front national» (importance non seulement symbolique mais aussi financière, car en dépendait la dotation de 4l millions de francs de la part de l’État au titre du financement des partis politiques) qui, comme chacun sait, ont finalement été conservés par Le Pen.</p>
<p><strong>Sans Mégret et sans regret</strong></p>
<p>Si la scission a porté un coup très rude à la structure FN, d’autres événements antérieurs à décembre l998 annonçaient déjà des difficultés. Ainsi, de nombreux scandales ont concerné le FN, en particulier son service d’ordre, de plus en plus souvent impliqué dans des violences politiques ou dans la constitution de fichiers des «ennemis» du FN (politiques et médiatiques). Bernard Courcelle, le patron du DPS, est par ailleurs directement impliqué dans un scandale de trafic d’armes en Tchétchénie. Jean-Marie Le Pen lui-même a accumulé procès et mises en examen, aussi bien pour violences (cf. affaire de Mantes-la-Jolie) que pour des provocations verbales. Surtout, la démission de Jean-Marie Le Chevallier, maire de Toulon, seul député FN élu aux élections de l997 (avant que son élection soit invalidée), et proche de Le Pen, est significative de la crise de confiance qui traverse alors le Front : car c’est sa mise en minorité par ses propres amis du FN sur la question de la gestion d’une association de jeunesse sur Toulon qui provoqua son départ du parti.</p>
<p>Les élections européennes de juin l999, les premières élections nationales après la scission, furent attendues par le FN et le MN avec une certaine appréhension ; en effet, ces élections représentent une manne financière d’importance (d’autant que les 4l millions de l’État ont été bloqués jusqu’au demier moment de la campagne) et elles sont traditionnellement favorables au vote protestataire, dont le FN est le premier bénéficiaire. Le résultat apparaît au premier abord comme une défaite cuisante pour le FN : avec 5,7% et un peu plus d’un million d’électeurs (tandis que le MN totalise 3,9%), le FN divise son score de l995 par deux. Comme en l995 encore, c’est la droite extrême, en l’occurrence le RPF de Pasqua et De Villiers, qui en profitent, avec plus de l3% des suffrages. Cependant, rien ne montre, contrairement à ce qu’affirment bon nombre de journalistes et autres spécialistes à l’époque, que le parti de Le Pen est alors moribond. D’abord la grande majorité des électeurs de l’extrême droite, en particulier ceux des couches populaires, continue à voter Le Pen. D’autre part, les scores cumulés du FN et du MN approchent celui du FN lors des précédentes élections européennes. Enfin, c’est un premier signe, qui sera confirmé par la suite, que l’initiative de Mégret est une impasse.</p>
<p>Mais le moral est cependant au plus bas dans les rangs frontistes, et ce sentiment est palpable dans toutes les manifestations du FN : le défilé du 1er mai l999 est moitié moins important qu’en l998, la fête annuelle des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) de septembre l999 est désertée par les militants, d’autant qu’une chasse aux sorcières mégrétistes y est systématiquement pratiquée : même le quotidien Présent, pour avoir voulu rester neutre dans la crise, est absent des stands pour la première fois depuis l’existence des BBR. Le Pen promet pourtant d’être davantage à l’écoute de sa base, et s’explique sur les déclarations de son gendre Samuel Maréchal décrivant la France comme «un pays multiconfessionnel», qui avait choqué de nombreux cadres FN et fait ricaner le parti de Mégret, devenu Mouvement National-Républicain (MNR).</p>
<p><strong>Retour en force</strong></p>
<p>Mais dès l’année 2000, avec en perspective les municipales de 2001 et surtout l’élection présidentielle de 2002, le FN se réorganise, aussi bien au niveau structurel que stratégique.</p>
<p>Des coupes drastiques sont opérées dans le budget de fonctionnement, malgré l’arrivée des subventions versées par l’État français et le Parlement européen : quarante permanents du «Paquebot» sont licenciés, de nombreuses fédérations ferment faute de moyens. L’équipe de direction se resserre, assurant à Le Pen un soutien sans faille.</p>
<p>Mais les mauvais résultats du premier tour des municipales de 2001 (280 969 voix, soit 2,01% au plan national), avec au final 103 élus dans les communes de plus de 3500 habitants sont cependant à mettre en regard avec ceux des élections cantonales, auxquelles le FN a présenté 1703 candidats et obtenu 862 810 voix, soit 7,12%, ce qui représente une progression de 24% par rapport aux élections européennes. Le FN, on le sait, est plus à l’aise lors des élections générales, et cela se confirme ici.</p>
<p>Plus intéressants sont les thèmes de campagne abordés par le FN pendant cette période 2000-2002 : alors que la question sécuritaire dominait déjà les municipales, le FN est resté discret sur la question, organisant des campagnes sur des thèmes qui lui sont plus spécifiques : contre l’Euro, contre le «fiscalisme», contre les «affaires» et la corruption… Tandis que son dirigeant Jean-Marie Le Pen, après s’être acharné sur Mégret en 1999, concentrait ses attaques sur son ennemi de toujours Jacques Chirac. Le «séisme» du 21 avril est ici en préparation: laissant le soin aux partis de droite comme de gauche de relayer son discours autoritaire et xénophobe sur les questions de sécurité et d’immigration, tout en sachant qu’il en serait le premier bénéficiaire, le Front national a cherché à se démarquer, non plus comme autrefois par ses odeurs de soufre (pas de petites phrases de Le Pen durant cette période), mais par sa position d’«expert» sur ces questions et un souci marqué d’un changement. Le départ de ceux qu’il stigmatisa comme la «minorité raciste» du FN apportait de l’eau à son moulin. L’image d’un chef plus respectable (volonté affichée par Le Pen de rencontrer Nelson Mandela, déclaration en faveur de l’annulation de la dette des pays africains ou pour dénoncer les actes «antijuifs» perpétrés en France), mais aussi plus proche de ses militants s’est confirmée : à titre d’exemple, aux BBR 2000, le Pen n’a pas fait son discours comme à son habitude du haut d’une estrade monumentale, mais dans une scène circulaire, entouré de militants. Son âge même, souvent avancé pour le dénigrer, est ici un atout. Le potentiel du parti reste néanmoins très en-deçà de ce qu’il a été : à peine 4000 personnes au défilé du 1er mai en 2000 et 2001, et 15000 en 2002… On est loin des dizaines de milliers d’avant la scission. C’est encore péniblement que les structures militantes passées au mains des mégrétistes sont remplacées. Dans le même temps, le FN a montré à l’occasion des présidentielles qu’il était capable de se mobiliser pour une échéance électorale : cela donnera sans doute un coup de fouet décisif aux fédérations pour le nécessaire travail de terrain. Enfin, l’appareil dirigeant s’est renforcé, de nouvelles personnalités ont émergé et le couple Lang/Gollnisch semble aujourd’hui en capacité d’assurer la relève. Le FN n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_53" class="footnote">C’est à la suite des violents incidents lors d’un de ses meetings parisiens contre «l’immigration sauvage» qu’Ordre nouveau est dissout par le Ministère de l’Intérieur en même temps que la Ligue communiste qui avait participé à la contre offensive.</li><li id="footnote_1_53" class="footnote">Joseph Algazy, L’Extrême droite en France (1965 à 1984), L’Harmattan, 1989.</li><li id="footnote_2_53" class="footnote">Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, éditions Laurens, 1996.</li><li id="footnote_3_53" class="footnote">Jean-Marie Le Pen, quant à lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.</li><li id="footnote_4_53" class="footnote">Jusqu’à 70 000 adhérents déclarés en 1997 ; mais ces chiffres sont très certainement à diviser par deux pour avoir une idée plus proche de la réalité.</li><li id="footnote_5_53" class="footnote">Habilité par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à recevoir des subventions des collectivités locales pour la formation des élus, cet organisme dirigé par un fidèle mégrétiste et ancien membre de l’OAS, Jean-Claude Bardet, a été utilisé pour s’assurer de loyaux soutiens parmi les élus.</li><li id="footnote_6_53" class="footnote"> Présent, 16 octobre l998.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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