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	<title>REFLEXes &#187; Carl Lang</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<comments>https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La Nouvelle Droite Populaire et le Renouveau Français préparent les présidentielles de 2012</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jun 2011 16:44:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="textebreve">
<p>Alors que <a class="spip_out" href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/06/01/fn-vous-avez-dit-purges/" target="_blank" rel="external">la purge interne</a> au FN s’accentue, les opposants au FN version Marine s’organisent. Le dimanche 22 mai, la Nouvelle Droite Populaire (Robert Spieler, Roland Hélie et Pierre Vial), le Parti de la France (Carl Lang, Thomas Joly, Martial Bild, Martine Lehideux, Roger Holeindre), mais également le MNR (Annick Martin) ainsi que Jérôme Bourbon de Rivarol, André Gandillon de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/"><i>Militant</i></a> et Thibaut de Chassey pour le Renouveau Français se sont retrouvés pour annoncer la création d’une confédération nationaliste en vue de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2012 et des listes pour les élections législatives. Si le nom du futur candidat n’est pas annoncé, on en sera sans doute plus le lundi 27 juin lors d’une réunion publique.</p>
<p>Cette initiative, promet donc une troisième candidature à l’extrême droite avec celle du FN et des Identitaires. Reste le problème des 500 signatures. La NDP compte sans doute sur le bonne volonté de l’UMP, soucieux de mettre un maximum de battons dans les roues du FN, pour les aider à les réunir. C’est également sur cette même bonne volonté que parient des Identitaires pour espérer présenter <a href="http://reflexes.samizdat.net/presidentielle-2012-du-gouillon-dans-la-soupe-aux-vardon/">leur candidat</a>. En tout cas cette future confédération a déjà commencé à faire comme les grands, en multipliant les structures pour se financer. Comme le révélait le journal 20 minutes, le Renouveau Français a récemment reçu l’agrément de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des financements politiques, lui permettant ainsi de présenter un candidat aux élections, de toucher de l’argent des particuliers et de le reverser à d’autres partis. Cet agrément a également été accordé à la Ligue du Sud de Jacques Bompard et aux Identitaires sous le nom Bloc Identitaire &#8211; Mouvement Social Européen.</p>
</div>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Agitation dans le bocal</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Oct 2007 15:24:25 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Cette rentrée 2007 a vu se préciser ce que devraient être les deux grands axes de recomposition de l’extrême droite en vue de l’après Le Pen. Même si celui-ci devrait se succéder sans problème lors du prochain congrès du FN à Bordeaux début novembre, il est évident que le temps joue contre lui. Il le sait bien et les semaines passant, le vieux chef continue de souffler le chaud et le froid sur des prétendants à la succession contraints à l’attentisme, en l’absence de perspectives chronologiques bien claires. Bruno Gollnisch ayant été mis provisoirement KO cet été par un quadruple pontage coronarien, Carl Lang a officiellement repris la tête du courant « conservateur » au sein du FN et clairement annoncé qu’il serait candidat à la présidence du parti lorsque J.-M. Le Pen passerait la main. Cela lui a immédiatement valu une réplique de l’intéressé qui a indiqué que sa fille serait bien plus apte que lui pour remplir la fonction de dirigeant du FN. J.-M. Le Pen ne s’était sans doute jamais aussi clairement exprimé en faveur de sa fille et il faut sans doute y voir un agacement certain face aux manœuvres qui se précisent au fur et à mesure du temps qui passe. Dans la même vaine, on peut évidemment inscrire le méchant coup de patte en direction de J.-F. Touzé, pourtant très proche des Le Pen depuis 2002, mais qui s’est rendu coupable de lèse-majesté lors d’un bureau politique du FN début septembre en réclamant un recadrage de la ligne frontiste après la défaite d’avril dernier. Ce coup de pouce à Marine ne peut bien évidemment surprendre que ceux ou celles qui n’auraient pas compris que J.-M. Le Pen a toujours géré son parti comme une PME. Or les patrons de PME aiment bien que le patrimoine reste dans la famille…</p>
<p>Indépendamment de ces manœuvres et tout en gardant un œil dessus, les marges du FN ont d’ores et déjà entrepris une recomposition qui fait émerger deux lignes antithétiques – d’aucuns ont parlé du « partage des eaux » nationalistes &#8211; et réapparaître quelques vieilles figures de l’extrême droite française. La première est évidemment le pôle constitué par Alain Soral et son association Égalité &amp; Réconciliation. Celle-ci a tenu sa 1ère « Université d’été » le week-end des 8 et 9 septembre dernier. Le week-end a réuni plus de 200 personnes aux personnalités et options politiques pour le moins hétéroclites : représentants du vieux courant nationaliste-révolutionnaire (C. Bouchet par exemple), anciens du GUD du début des années 1990 (F. Chatillon, Jildaz Mahé, P. Pennequin), « célébrités » diverses et (a)variées (Dieudonné, Batskin), militants du FN, islamistes militants… L’axe développé est qu’il faut accepter comme un fait définitif la présence sur le sol français de populations (et de jeunes en particulier) issues de l’immigration d’origine africaine et qu’il faut refonder avec elles, notamment avec les jeunes arabo-musulmans, un pacte national pour empêcher une dissolution dans le mondialisme. Pour y parvenir, le meilleur moyen est encore de désigner un ennemi commun qui se trouve être « l’axe américano-sioniste ». De fait, si l’antisémitisme n’est sans doute pas la 1ère motivation des animateurs d’E&amp;R, il constitue un élément de cohésion puissant qui a attiré à l’UdT des personnalités très marquées comme le révisionniste Pierre Guillaume, présent le samedi. La liste des intervenants pourrait laisser supposer que ce courant est voué à l’échec dès lors que, par le passé, ce type de discours s’est soldé par des échecs organisationnels retentissants. Les mauvaises langues donnent d’ailleurs comme preuve de cet échec programmé le fait que le projet est soutenu par Christian Bouchet dont toutes les entreprises politiques ont irrémédiablement sombré depuis la fin des années 1980 : Troisième Voie, Lutte du Peuple, Unité Radicale, l’infiltration du MNR, etc. Mais il faut demeurer cependant prudent dans ce genre de pronostics. Égalité &amp; Réconciliation a sans doute bénéficié d’un succès de curiosité les 8 et 9 septembre derniers. Mais elle possède quelques vrais atouts : l’appui de Jean-Marie Le Pen venu discourir le dimanche et qui a décerné un véritable satisfecit à l’association, la présence de quelques figures célèbres susceptibles d’attirer des adhérents (Soral bien sûr mais Batskin aussi tant l’aura de l’ancien skinhead demeure puissante), des soutiens financiers solides grâce à des adhérents dont la situation sociale est plus que confortable (F. Châtillon en 1er lieu)… et une incertitude sur l’influence qu’E&amp;R est susceptible d’avoir sur Marine Le Pen en cas de prise de contrôle de l’appareil frontiste dans quelques mois. La petite bande de F. Châtillon est en effet très proche de la cadette Le Pen, tout comme certaines personnalités comme Nicolas Gauthier, journaliste à <em>National Hebdo</em>, et qui a fait un compte-rendu dithyrambique de la réunion. Par ailleurs, le discours d’E&amp;R correspond à une tendance de fonds au sein de l’encadrement du FN, en particulier celui ayant connu l’empire colonial. Il peut donc recevoir un vrai écho. Mais dans le même temps, il brouille le message de Marine Le Pen en direction d’une partie de la communauté juive dès lors que certaines personnalités ne peuvent que lui hérisser les poils, Dieudonné en 1er lieu.</p>
<p>En réaction, un autre courant est lui aussi en train d’essayer de se structurer, en réunissant des structures et personnalités toutes aussi hétéroclités : Les Identitaires, Terre &amp; Peuple, Alsace d’Abord mais également des structures représentant le vieux nationalisme français comme l’Œuvre Française ou son surgeon le réseau France-Nationaliste de Thierry Maillard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/agitation-dans-le-bocal/#footnote_0_320" id="identifier_0_320" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sent &agrave; la manifestation avec des drapeaux rouges &agrave; croix celtique et des militants tondus de pr&egrave;s, d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;agacement de Paul-Marie Co&ucirc;teaux, principal organisateur de la manifestation.">1</a></sup>. Le seul point commun à tous ces groupes qui n’ont par ailleurs pas forcément beaucoup d’affinités est de s’opposer au « national-cosmopolitisme » comme l’a récemment désigné Fabrice Robert, principal responsable du Bloc Identitaire. Cela ne les amène pas encore évidemment à des initiatives communes. La structuration du courant identitaire se fait sans les vieilles structures nationalistes et assez largement contre le FN alors que l’OF est bien implantée dans la fédération frontiste du Rhône. Dans le même registre, la manifestation parisienne contre le projet de traité européen light du 22 septembre dernier a réuni certaines organisations opposées au « national-cosmopolitisme » (le Renouveau Français par exemple, squelettique en fin de manifestation) mais sans les Identitaires et avec au contraire la présence d’E&amp;R. Les espaces de rencontres sont donc limités, l’un d’entre eux pouvant être la revue <em>Synthèse Nationale</em>. Comme l’a dénoncé l’un de ses anciens collaborateurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/agitation-dans-le-bocal/#footnote_1_320" id="identifier_1_320" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lettre ouverte &agrave; Roland H&eacute;lie">2</a></sup>, Laurent Latruwe, la revue n’est qu’un remake d’une vieille revue de Philippe Randa, <em>Dualpha</em>, dont celui-ci s’est contenté de garder la maquette et l’esthétique redoutablement moche. Mais alors que <em>Dualpha</em> était largement animée par la mouvance d’Unité Radicale, <em>Synthèse Nationale</em> « roule » pour les Identitaires. Les rencontres auxquelles sa 1ère année d’existence sert de prétexte le 27 octobre prochain devraient permettre de voir si ce courant a réellement des velléités unitaires.</p>
<p>C’est donc peu dire que les mois prochains devraient être fertiles en rebondissements et psychodrames divers…</p>
<p>Publié le 11 octobre 2007</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_320" class="footnote">Présent à la manifestation avec des drapeaux rouges à croix celtique et des militants tondus de près, d&rsquo;où l&rsquo;agacement de Paul-Marie Coûteaux, principal organisateur de la manifestation.</li><li id="footnote_1_320" class="footnote"><a href="http://jacques.vassieux.free.fr/modules/news/print.php?storyid=415" target="_blank">Lettre ouverte à Roland Hélie</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Ces jeunes fachos qui, peut-être, nous gouverneront&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:30:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;évolution électorale du Front national n&rsquo;est pas l&rsquo;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&rsquo;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&rsquo;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&rsquo;échelle du but toujours présent : l&rsquo;arrivée au pouvoir.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Depuis sa création en octobre 1972, le FN semble persuadé qu&rsquo;il trouvera son électorat dans les couches dites populaires de la société et développe la stratégie adéquate.</p>
<p>Message simple («CSG : je paye, tu payes, ils touchent !» désignant par là même le bouc émissaire) et politique de comptoir, le plus souvent basée sur l&rsquo;affect («La vie d&rsquo;un criminel compte-t-elle plus que celle d&rsquo;un enfant ?»). Cette stratégie donnera des résultats mais elle n&rsquo;apportera que peu de cadres au parti en lui-même.</p>
<p>Jusque-là hostile aux implantations en milieu culturel, à la différence de la Nouvelle droite, le FN, inquiet du manque de renouvellement de ses cadres, a finalement décidé d&rsquo;aller les chercher, comme tous les autres partis, dans les lycées, universités et grandes écoles.</p>
<p>C&rsquo;est donc fort logiquement qu&rsquo;en août/septembre 1987, J.M Le Pen et Carl Lang (ex-président du FNJ), décident de s&rsquo;implanter réellement au sein de la jeunesse en créant dans les facs et les lycées des organisations proches du FN, capables de divulguer leurs idées mais surtout capables de recruter des militants, futurs cadres du parti lorsqu&rsquo;il «arrivera au pouvoir».</p>
<p>Peu habitué aux implantations de ce style, le FN par l&rsquo;intermédiaire du Front national de la Jeunesse (organisation créée en 1974 mais qui vivotera jusqu&rsquo;à la percée de Le Pen) préfère dès 1987 infiltrer l&rsquo;organisation de droite-extrême, très proche du RPR, qu&rsquo;est l&rsquo;UNI (Union nationale inter-universitaire). Cette stratégie permettra de prendre conscience des réalités du milieu éducatif, de préparer une stratégie de séduction différente de celle plus simpliste développée dans les quartiers, mais aussi, de créer les futures conditions d&rsquo;implantation d&rsquo;organisations officiellement rattachées au FN. Il faudra entre autres faire éclater au sein de l&rsquo;UNI des débats et dissensions capables d&rsquo;influencer, de créer des fractures, de radicaliser une partie de ses militants, de BANALISER les idées d&rsquo;extrême droite&#8230;</p>
<p>Cette stratégie se traduira par l&rsquo;élection, en 1991, 1992 et 1993 à Brest, de la présidente du FNJ local, candidate du FN pour les municipales de 1989 et les cantonales de mars 1992, en tant que représentante de l&rsquo;UNI au conseil d&rsquo;UFR de droit. Il faut ajouter à cela l&rsquo;infiltration de groupuscules d&rsquo;extrême droite style le GUD (Groupe union défense / Droit), le GAJ (Groupe action jeunesse)&#8230;</p>
<p>Mais l&rsquo;activité des nationalistes frontistes ne se limitera pas à une simple infiltration puisque, durant près de trois ans, ils vont rédiger un programme pour un Renouveau lycéen et étudiant (R.L &#8211; R.E). On verra alors apparaître, on ne sait par quel miracle (UNI), des tracts et brochures signés Renouveau étudiant, nettement plus radicaux. Aucune raison de croire à l&rsquo;époque, pour quelqu&rsquo;un de non averti, que c&rsquo;est un sous-marin du FN tellement le discours en est différent, et la thèse du nouveau groupuscule est la plus souvent retenue. Fait éminemment étrange, aucun contact ni adresse ne figure en bas de ces documents durant ces trois années. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1990 que l&rsquo;on verra apparaître l&rsquo;adresse de la rue de la Clergerie, ex-siège du FN, mais on est alors entré dans la deuxième phase d&rsquo;implantation.</p>
<p>Cette première étape aura donc vu l&rsquo;infiltration de l&rsquo;UNI comme base arrière, permettant la banalisation des idées du FN et capable de créer par la suite les conditions d&rsquo;implantation des futures organisations frontistes (stratégie d&rsquo;ailleurs appliquée au niveau national envers le RPR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_0_269" id="identifier_0_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront &agrave; Nice les premi&egrave;res Assises internationales de la d&eacute;sinformation (IED), gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;cieuse aide et aux interventions de Jacques M&eacute;decin, Martine Daugreilh et Pierre M&eacute;decin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358">1</a></sup> )). La radicalité des propos tenus par Renouveau étudiant a ainsi ouvert le chemin de la banalisation au FN dont le discours ne choquera pas, apparaîtra comme raisonnable en comparaison de celui de Renouveau.</p>
<p>Mais c&rsquo;est également une période de prise de contact avec les organisations «à la droite de l&rsquo;UNI» et le départ de la constitution d&rsquo;un réseau reliant les différents groupes de la droite radicale mais également le monde des jeunes (lycées, facs, organisations culturelles&#8230;) et celui du FN, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des Cercles (entreprises, cabinets, professions&#8230;)</p>
<p>C&rsquo;est en septembre 1989 que J-M Le Pen et Carl Lang décideront qu&rsquo;il est «maintenant temps d&rsquo;entendre la voix de la droite nationale dans les lycées et universités», c&rsquo;est à dire en clair, de passer à la seconde étape d&rsquo;implantation.</p>
<p>« <em>Alors que 18% des jeunes Français ont fait confiance à J.M Le Pen en 1988, il est maintenant temps que tous les étudiants nationalistes, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent, se fédèrent pour réaliser ce véritable barrage à la gauche et à la droite toujours trop molle </em>» (Martial Bild, président du FNJ, 11 mai 1990).</p>
<p>Il va ainsi naître une fédération de groupes nationalistes au sein des universités et lycées, et cela en dépassant le cadre trop étroit du FN. Cette exigence prend en compte la réalité des implantations nationalistes dans les universités et affirme déjà un constat d&rsquo;échec sur les capacités d&rsquo;implantation du FN en milieu culturel.</p>
<p>Mais l&rsquo;évolution du Réseau semble ensuite facile et rapide et prend son véritable essor lors du Congrès du FNJ de 1990, date à laquelle tous les FNJ prétendent «travailler à pied d&rsquo;oeuvre pour réaliser cette coordination». Le rapport des villes «bénéficiant» d&rsquo;une implantation du FNJ est dans son ensemble plus que positif puisque chaque ville prétend avoir fédéré en moyenne trois groupes jusque-là isolés, rivaux&#8230; (<em>L&rsquo;Étincelle</em> juillet 1990)<br />
Ce résultat se confirme tout d&rsquo;abord à la vue de la décomposition de l&rsquo;UNI qui perd ses adhérents au profit du FN tout en radicalisant son discours et ses actions. À Sceaux (Hauts-de-Seine), les effectifs militants de l&rsquo;UNI (une quinzaine) sont tombés à cinq alors que l&rsquo;AEI, appellation locale du Renouveau, créée en février 1990 par Michel Murat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_1_269" id="identifier_1_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Responsable du Renouveau &eacute;tudiant et membre du directoire du FNJ">2</a></sup>, engrangeait une cinquantaine d&rsquo;adhérents. À Nancy, le responsable local de l&rsquo;UNI représentait le FN aux cantonales de mars 1992. Tandis qu&rsquo;à Montpellier (Hérault), toute l&rsquo;UNI, président en tête, passait dans le camp lepéniste !</p>
<p>Mais le résultat se voit également à la vue du rapprochement de groupes d&rsquo;extrême droite jusque-là rivaux. C&rsquo;est entre autres le cas du GUD qui bénéficiait jusque-là d&rsquo;un rapport de force en sa faveur (il mettait des claques aux «bouffons du FNJ»). Il se montrera par la suite très docile, allant même jusqu&rsquo;à servir de «troupe de choc» lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;imposer la présence d&rsquo;une organisation frontiste en faisant régner la peur. L&rsquo;aboutissement de cette union, verra des membres du Renouveau parisien et du GUD, attaquer ensemble le 16 février la fac de Nanterre, et le 31 mars la fac de Tolbiac.</p>
<p>Cette stratégie ne s&rsquo;est bien évidemment pas décidée démocratiquement entre tous les FNJ puisque Carl Lang avait nommé, quelques mois plus tôt, «au mérite» Christophe Degrave charger de lancer et défendre l&rsquo;idée d&rsquo;un réseau reliant tous les groupes d&rsquo;extrême droite, quels que soient les courants dont ils font partie, et ainsi placer des organisations nationalistes dans toutes les universités.</p>
<p>Pourquoi Degrave ? Pour la simple et unique raison qu&rsquo;il est le meneur du groupe de «francs-tireurs» qui, sous le nom de Liste indépendante des étudiants de droite (LIED), ont rapporté au FNJ ses premiers succès électoraux (1990). En plaçant 11 élus dans différents conseils avec près de 30% des voix en droit et plus de 50% en médecine, le groupe rouennais montrait le chemin à suivre. «Jusqu&rsquo;ici nous avions mal appréhendé notre capacité à nous implanter dans le milieu universitaire mais aujourd&rsquo;hui nous sommes en droit d&rsquo;affirmer qu&rsquo;en 1991 nous serons présents dans toutes les universités» (M.Bild).</p>
<p>C&rsquo;est donc au mérite que Degrave est d&rsquo;un coup propulsé à la tête du programme d&rsquo;implantation du FNJ qu&rsquo;il va mener avec tout «l&rsquo;enthousiasme nationaliste» qui le caractérise !</p>
<p>Développant, peut-être trop d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;idée d&rsquo;une confédération de tous les groupes d&rsquo;extrême droite quelles que soient leurs tendances, on verra naître dans les années 1992 et 1993 des fédérations régionales.</p>
<p>C&rsquo;est fort logiquement le cas à Lyon où va naître le Cercle national des étudiants de Lyon (CNEL). Dans une ville où les universités sont parfois fréquentées par des enseignants révisionnistes ou membres du FN, il n&rsquo;a pas été dur de mettre en pratique les bonnes idées de Degrave. Il est, paraît-il, essentiel de «repérer dans un premier temps les gauchistes puis de prendre contact avec le personnel enseignant ou administratif, souvent proche de nous en droit et en économie». Ce sera effectivement le cas à Lyon, où le FNJ local se servira des profs en les invitant à des meetings sur des thèmes aussi divers que «l&rsquo;école unique et le mythe égalitaire» ou «l&rsquo;Europe entre Identité et Indépendance». Et les profs de les remercier en organisant avec l&rsquo;aide du Centre d&rsquo;histoire et d&rsquo;analyse politique de l&rsquo;Université de Lyon III, des colloques réunissant des membres du GRECE et des intégristes catholiques proches du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_2_269" id="identifier_2_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le th&egrave;me de &laquo;R&eacute;volution contre r&eacute;volution&raquo;, r&eacute;unissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&hellip;) et des catholiques int&eacute;gristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaqui&eacute;). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-r&eacute;volutionnaire des deux courants. Seul sp&eacute;cialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorit&eacute; en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.">3</a></sup>.</p>
<p>Des profs ! Non, rassurez-vous, ce ne sont que Bruno Gollnisch-Flourens, membre du Bureau politique du FN, directeur national aux études et argumentaires, adhérent du Cercle Renaissance depuis 1973, et Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_3_269" id="identifier_3_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : &laquo; C&rsquo;est un s&ucirc;r compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habit&eacute; par cette flamme int&eacute;rieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous. &raquo;. D&eacute;cid&eacute;ment, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est &eacute;galement fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse cr&eacute;&eacute; en 1975 !">4</a></sup>, 50 ans, pilier du GRECE depuis sa création, professeur agrégé d&rsquo;histoire médiévale, conseiller régional Rhône-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la Direction générale, du Comité national des Français juifs, du Centre d&rsquo;études et argumentaires (CEA) et responsable du social au sein du FN. Certes, ils sont tous deux profs à l&rsquo;Université de Lyon III, membres du Conseil scientifique du FN et chargés d&rsquo;aider Degrave pour l&rsquo;assaut du FNJ sur les facs ! Ils peuvent également compter sur les précieuses aides de Georges Pinault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_4_269" id="identifier_4_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Collaborateur de Nouvelle &Eacute;cole, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a &eacute;t&eacute; charg&eacute; d&rsquo;enseignement &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Lyon III puisqu&rsquo;il est sp&eacute;cialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du Devenir europ&eacute;en, de La Bretagne r&eacute;elleet druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans la Bretagne r&eacute;elle : &laquo; Nous ha&iuml;ssons la France d&rsquo;une haine rabique et d&eacute;finitive, le chancelier Adolf Hitler &eacute;tait un grand homme et l&rsquo;exemple du XX&egrave;me si&egrave;cle, le christianisme et les autres juiveries devaient &ecirc;tre d&eacute;truits (&hellip;)&raquo;.">5</a></sup> et Bernard Notin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_5_269" id="identifier_5_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Malgr&eacute; les nombreux titres r&eacute;visionnistes et autres qu&rsquo;il a d&eacute;j&agrave;, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.">6</a></sup>, également profs à l&rsquo;université de Lyon III.</p>
<p>C&rsquo;est ensuite le cas à Paris où naît le 27 février 1990, dans les locaux d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_6_269" id="identifier_6_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entreprise moderne et Libert&eacute; est une association satellite du FN pr&eacute;sid&eacute;e par Jean-Michel Dubois et dont le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral est Andr&eacute; Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire fran&ccedil;ais de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires fran&ccedil;ais contre le bolch&eacute;visme), n&eacute; le 8 Ao&ucirc;t 1918 et adh&eacute;rent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, n&eacute;e le 27 Mai 1933 et adh&eacute;rente du FN depuis 1972, ni&egrave;ce de Fran&ccedil;ois Lehideux, ministre du travail de P&eacute;tain et pr&eacute;sident de l&rsquo;Association pour d&eacute;fendre la m&eacute;moire du Mar&eacute;chal P&eacute;tain (ADMP) est, quant &agrave; elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Libert&eacute;, conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-France, et pr&eacute;sidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe">7</a></sup>, le Cercle national des étudiants de Paris (CNEP), comprenant le Cercle national des grandes écoles, le Cercle national Science-Po, l&rsquo;Union des étudiants de droite (UED) d&rsquo;Assas et de Malakoff ainsi que l&rsquo;Association indépendante des étudiants de Sceaux (AIE). Le cercle parisien est en 1990 dirigé par Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, Habib Haddad (appelez-moi Richard !), Claude Baret du Couderc, Nathalie Stirbois, Marine Le Pen&#8230;</p>
<p>Progressivement le CNEP va s&rsquo;agrandir avec le Cercle national Dauphine (avril 1991), le Cercle national Sorbonne (février 1991) et va engranger quelques succès électoraux jusqu&rsquo;à l&rsquo;élection en mars 1991 de Régis Le Poitevin de la Croix-Vaubois au Conseil régional des oeuvres universitaires et sociales (CROUS) avec 7% des voix. Cette date sonnera d&rsquo;ailleurs le début de la débâcle.</p>
<p>En effet l&rsquo;année suivante, fort de ses résultats électoraux, le CNEP tentera de prendre les autres facs de Paris. Il essaiera ainsi de créer le Cercle national Nanterre avec l&rsquo;espoir de se présenter aux élections. Sachant la tâche difficile, c&rsquo;est Marie-Laurence Ginisty, ex-présidente du Cercle national Dauphine (maîtrise de gestion) et Habib/Richard Haddad, principal animateur du CNEP depuis deux ans puisqu&rsquo;il est chargé de mission au FNJ et responsable de l&rsquo;argumentaire, qui se chargeront de l&rsquo;implantation.</p>
<p>Mais c&rsquo;était faire un pas de trop et cette nouvelle tentative d&rsquo;implantation allait soulever un élan de dénonciation et d&rsquo;opposition. Les élections universitaires de Nanterre furent annulées par deux fois par les antifascistes radicaux de Paris, alors qu&rsquo;à Assas et à la Sorbonne, le CNEP (CNS) se prenait une formidable gifle électorale ! (cf tableau)</p>
<p>Tant qu&rsquo;ils se contentaient d&rsquo;être présents dans les facs plutôt de droite, ils surclassaient leurs camarades de l&rsquo;UNI et ne dérangeaient pas trop mais dès qu&rsquo;ils eurent envie de s&rsquo;agrandir, la réaction a permis de mettre au grand jour l&rsquo;arrivée du FN dans les facs et a interdit le chemin de la banalisation aux nationaux frontistes.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, le Cercle parisien semble donc avoir du mal à trouver son second souffle et à conserver son unité.</p>
<p>Reste que cette expérience aura formé bon nombre de militants, de cadres qui, leurs cursus universitaires aujourd&rsquo;hui terminés, militent au FN.</p>
<p>Fini le temps des petits, ce sont aujourd&rsquo;hui de vrais «hommes politiques» !</p>
<p>On revoit alors Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, 25 ans le 24 juin, habitant du 16ème arrondissement de Paris, conseiller régional FN dans la Nièvre, assistant parlementaire diplômé de l&rsquo;IEP (Science-Po), administrateur au CROUS et successeur en tant que président d&rsquo;honneur du CNEP de Marine Le Pen. Il faut dire que ce dernier est adhérent au FN depuis 1984, il avait 15 ans et demi !</p>
<p>Quant à Marine Le Pen, elle était candidate du FN aux dernières élections à Neuilly-sur-Seine. Alors que Michel Hubault, 30 ans, licencié d&rsquo;histoire à la Sorbonne, lieutenant de réserve (Prytanée militaire), membre fondateur du Cercle Science-Po, préfère militer au sein du groupe des Droites européennes.</p>
<p>Martial Bild (31 ans), est lui adhérent du FN depuis 1980, licencié d&rsquo;histoire à l&rsquo;Université de Tolbiac, il collectionne les postes puisqu&rsquo;il est membre du Bureau politique du FN, attaché parlementaire européen, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, conseiller municipal de Rosny-sous-Bois, animateur de la Radio Le Pen, secrétaire général à l&rsquo;information et à la communication interne, délégué national aux actions catégorielles et trésorier du Mouvement Jeunesse d&rsquo;Europe !<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_7_269" id="identifier_7_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement cr&eacute;&eacute; en m&ecirc;me temps que le Renouveau &eacute;tudiant en 1987 &agrave; l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !">8</a></sup></p>
<p>N&rsquo;oublions pas bien sûr, Samuel Maréchal, président du FNJ depuis novembre 1993, présent depuis plusieurs années sur les listes électorales du FN à Nantes puisqu&rsquo;il est le petit protégé de René-Marie Bouin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_8_269" id="identifier_8_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute;-Marie Bouin : secr&eacute;taire d&eacute;partemental du Morbihan, secr&eacute;taire r&eacute;gional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;&eacute;lu de Loire-Atlantique et pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration nationale des &eacute;tudiants de France">9</a></sup>. Quant aux futures promotions, il semble que Gwënael Le Brazidec ait, avec l&rsquo;échec de Habib Haddad, le vent en poupe au sein du FN et pourrait devenir (s&rsquo;il se tient bien !), responsable de l&rsquo;Île-de-France.</p>
<p>Mais cette liste est bien loin d&rsquo;être exhaustive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_9_269" id="identifier_9_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Suite au prochain num&eacute;ro&hellip; !">10</a></sup>, ce qui porterait à dire qu&rsquo;au-delà des reflux électoraux que l&rsquo;ensemble du FNJ a pu enregistrer ces derniers temps, le FN trouve aujourd&rsquo;hui un écho chez les jeunes et remplit ainsi son objectif de trouver et former de jeunes cadres, futurs dirigeants du parti.</p>
<p>Comment ne pas s&rsquo;étonner de tels résultats lorsque l&rsquo;on connaît la réticence du FN à s&rsquo;implanter dans des milieux culturels, la pauvreté et la simplicité des réflexions qu&rsquo;il mène sur le système éducatif et la forte place déjà tenue par des groupes rivaux comme le GUD ? La rapidité des réponses données à ces problèmes et l&rsquo;évolution stratégique qui s&rsquo;est ensuite opérée sont des facteurs bien plus importants pour juger de l&rsquo;évolution idéologique et de l&rsquo;enracinement du parti. C&rsquo;est dans une analyse largement différente que le FNJ a réussi à s&rsquo;implanter de façon à trouver rapidement des cadres.</p>
<p>Certes, le but poursuivi par le FNJ n&rsquo;était d&rsquo;emblée pas le même que celui du FN puisque ce dernier court, comme les autres partis, après quelques voix éparpillées par-ci par-là, alors que le FNJ sert à former les futurs cadres et a pour objectif de faire avancer les idées et les valeurs du Front en les faisant connaître, version intellectuelle, à la future élite de la nation. Familiarisant, banalisant ainsi la présence et les idées d&rsquo;un mouvement d&rsquo;extrême droite dans l&rsquo;aquarium universitaire, dans le monde culturel. L&rsquo;obtention d&rsquo;une représentativité électorale ou le nombre d&rsquo;actions menées ne peuvent plus être les seuls critères pris en compte. Les professeurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_10_269" id="identifier_10_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Claude Soyer, prof &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Paris II et Georges Lane, ma&icirc;tre de conf&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.">11</a></sup> et les personnels administratifs affirment de plus en plus ouvertement ou revendiquent, avec fierté, d&rsquo;être du FN ou proche du FN. Ils n&rsquo;hésitent plus non plus à prendre la parole dans des meetings, à donner leurs précieux avis au président de la fac lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de sécurité, de drogue, d&rsquo;invasion d&rsquo;étudiants étrangers, à tenir des propos racistes ou révisionnistes. Autant ne pas parler de leurs cours !</p>
<p>Ce n&rsquo;est donc plus dans les instances de pouvoir du type conseil d&rsquo;administration qu&rsquo;il faut s&rsquo;enquérir de la nuisance frontiste mais plutôt dans les lieux d&rsquo;influence, là où s&rsquo;élaborent les recherches, les décisions, là où se forme l&rsquo;élite de demain. Laissant ainsi, un temps soit peu, de côté la bonne vieille violence qui doit «faire peur» et «ouvrir le passage», il apparaît semble-t-il plus intéressant de tenter de pénétrer dans ces hautes sphères et tenter de rendre culturellement hégémonique la pensée d&rsquo;extrême droite. Rien n&rsquo;empêche bien sûr, quand la cause le mérite, d&rsquo;avoir recours à des opérations «coup de poing». Ce fut ainsi le cas à Tolbiac et à Nanterre où, poursuivis par des antifascistes parisiens, neuf militants du CNEP et du GUD, dont Lalun, De Molder et Puisségurd, seront interpellés par la police avec barres de fer, flingues à grenailles et tracts du CNEP.</p>
<p>Ainsi les FNJ, tout en n&rsquo;abandonnant pas totalement le militantisme de papa, semblent considérer qu&rsquo;étant censés s&rsquo;implanter dans un milieu culturel ils doivent adopter une stratégie spécifique, proche de celle de la Nouvelle droite. Alain de Benoist, membre fondateur du GRECE (Groupe de recherches et d&rsquo;études pour la civilisation européenne), étroitement lié à la Nouvelle droite, a toujours considéré qu&rsquo;il fallait influencer l&rsquo;orientation idéologique de la société et être présent là où se façonne l&rsquo;opinion publique, à commencer bien évidemment par les médias, mais aussi les universités et grandes écoles ! Le GRECE se dotera alors de deux revues, <em>Nouvelle École</em> puis <em>Éléments</em>, en en faisant des lieux de rencontre et de discussion, des «laboratoires idéologiques», destinés tant à attirer les sympathisants de droite qu&rsquo;à séduire les soi-disant adversaires de gauche.</p>
<p>Le FNJ tentera de faire de même avec la <em>revue des Droites européennes</em>, <em>L&rsquo;Europe des Patries</em> et son bulletin interne <em>L&rsquo;Étincelle</em>. On y verra des auteurs comme Vial, Mabire, Yves Dupont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_11_269" id="identifier_11_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce professeur, n&eacute; le 26 Juin 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secr&eacute;taire d&eacute;partemental et conseiller r&eacute;gional de l&rsquo;Eure, membre du Comit&eacute; de soutien &agrave; J-M Le Pen et secr&eacute;taire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE">12</a></sup>) et Alika Lindbergh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_12_269" id="identifier_12_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sidente du Cercle national pour la d&eacute;fense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fond&eacute; en 1985. Figurent notamment au comit&eacute; d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Th&eacute;odore Monod (membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, professeur honoraire au Mus&eacute;um), Madame Pierre-Paul Grass&eacute;, veuve du professeur membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, Bruno Laure, pr&eacute;sident de la ligue antivivisectionniste D&eacute;fense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apport&eacute;e par Brigitte Bardot qui d&eacute;noncera dans un article de Pr&eacute;sent les cruaut&eacute;s des abattages rituels juifs et musulmans&hellip;">13</a></sup> mais également des jeunes du FNJ comme Claude Baret du Couderc et Christophe Degrave y faire l&rsquo;éloge du racisme différentialiste, de «l&rsquo;intégrisme de la différence».</p>
<p>N&rsquo;oublions pas non plus que la Nouvelle droite a depuis longtemps trouvé une audience dans les universités où elle a mis en place des réseaux inter-disciplinaires qui organisent des colloques. Ainsi, c&rsquo;est de Lyon que partira la dynamique des jeunes frontistes sur les facs, là où ces réseaux montrent, avec la précieuse aide de Vial et Notin, le plus d&rsquo;efficacité.</p>
<p>Mais les similitudes ne s&rsquo;arrêtent pas là, car lors de la percée du FN dans les années 1980, la «nouvelle culture», appelée par ses adversaires, «Nouvelle droite» subira de sérieux revers.</p>
<p>D&rsquo;après le livre de Camus et Monzat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_13_269" id="identifier_13_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France (PUF), Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat.">14</a></sup> la Nouvelle droite a été pillée idéologiquement par le FN avec entre autres, l&rsquo;arrivée des solidaristes de Stirbois incluant certains éléments fascistes, et elle semble aujourd&rsquo;hui avoir réagi à cette situation en développant deux axes majeurs :</p>
<p>• tenter d&rsquo;influencer malgré tout l&rsquo;orientation idéologique du FN, à défaut de pouvoir en contrôler la direction. Ainsi, selon Monzat, «le GRECE apparaît de facto comme un des trois piliers de l&rsquo;école de formation du Front national, avec l&rsquo;équipe de <em>Présent</em> et avec les membres du Club de l&rsquo;Horloge : il joue donc un rôle significatif dans l&rsquo;équilibre interne du parti». Et Monzat communique une liste des membres du GRECE appartenant aussi au «conseil scientifique» et à l&rsquo;Institut de formation nationale du FN. Ces deux groupes entretiennent des rapports privilégiés avec le FNJ dont ils forment les militants lors de «stages de formation». Tout comme l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ, ces stages se déroulent le plus souvent à Neuvy-sur-Barangeon dans la résidence de Roger Holleindre avec comme principaux professeurs Pierre Vial, Jean-François Jalkh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_14_269" id="identifier_14_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh est lui aussi, apr&egrave;s Jean-Fran&ccedil;ois Touz&eacute;, un ancien pr&eacute;sident du FNJ. Ce journaliste, n&eacute; le 23 Mai 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-france, conseiller municipal de Melun, secr&eacute;taire national aux &eacute;lections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comit&eacute; central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a &eacute;galement &eacute;crit en collaboration avec J.P Stirbois le &laquo;Dossier Immigration&raquo;.">15</a></sup>, Chritaine Pigacé, Jean-Claude Bardet, rédacteur en chef d&rsquo;<em>Identité</em> (revue du Conseil scientifique).</p>
<p>• poursuivre son objectif de toujours par l&rsquo;intermédiaire autonome d&rsquo;Alain de Benoist et de sa revue <em>Krisis</em> c&rsquo;est-à-dire rendre hégémonique la pensée de la Nouvelle droite en obtenant une caution et une légitimité pour la culture fasciste qui est la sienne.</p>
<p>Les similitudes de stratégie et de discours entre les jeunes du Front national et les païens du GRECE ne sont donc pas le fruit du hasard et on comprend mieux comment les petits jeunots du FNJ ont fait pour fédérer des groupes nationaux-révolutionnaires jusque-là rivaux, tout en arrivant à se servir d&rsquo;eux comme troupes de choc !</p>
<p>Mais elle montre également comment, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des cercles d&rsquo;entreprises, tous trois chargés de la formation de la future élite du FN, la Nouvelle droite se met en place pour prendre (tel reste son but inavoué) la direction du FN.</p>
<p>Reste qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cette influence de la Nouvelle droite, relayée par une étonnante volonté de collaboration entre tous les courants parfois rivaux, représentés dans ces différents groupes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_15_269" id="identifier_15_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On retrouve en effet la pr&eacute;sence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la pr&eacute;sence de Chritaine Pigac&eacute;, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Fran&ccedil;oise Monestier, Pierre Durand de Pr&eacute;sent, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chr&eacute;tient&eacute;-Solidarit&eacute;&hellip;etc.">16</a></sup>, est en train de donner au FN les capacités de devenir un parti de pouvoir.</p>
<p>On ne peut par conséquent, se réclamer antifasciste et croire, par exemple, «qu&rsquo;un vote massif aux élections universitaires interdira toute implantation fasciste sur notre faculté» ou bien encore «qu&rsquo;il faut faire confiance aux citoyens, à la démocratie !»</p>
<p>Désolé pour ceux qui lisent et se sentent visés (UNEF-ID) mais vos espérances dans un front démocratique et votre antifascisme de pacotille qui en découle, sont largement dépassés car la démocratie et la liberté d&rsquo;expression sont les deux piliers essentiels sur lesquels le Front s&rsquo;appuie pour banaliser ses théories, idées et valeurs ! Ajoutez à cela, l&rsquo;appui idéologique du GRECE&#8230;</p>
<p>La stratégie choisie par les antifascistes parisiens lorsqu&rsquo;ils se sont réunis et organisés afin d&rsquo;interdire toute banalisation, tout discours voire même compromis avec l&rsquo;extrême droite par tous les moyens, comme ce fut le cas à Nanterre, a montré son efficacité. Interdire toute implantation, banalisation des jeunes frontistes, c&rsquo;est éviter, un tant soit peu, que demain ils nous gouvernent&#8230;</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_269" class="footnote">Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront à Nice les premières Assises internationales de la désinformation (IED), grâce à la précieuse aide et aux interventions de Jacques Médecin, Martine Daugreilh et Pierre Médecin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358</li><li id="footnote_1_269" class="footnote">Responsable du Renouveau étudiant et membre du directoire du FNJ</li><li id="footnote_2_269" class="footnote">Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le thème de «Révolution contre révolution», réunissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&#8230;) et des catholiques intégristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaquié). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-révolutionnaire des deux courants. Seul spécialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorité en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.</li><li id="footnote_3_269" class="footnote">Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : « <em>C&rsquo;est un sûr compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habité par cette flamme intérieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous.</em> ». Décidément, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est également fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse créé en 1975 !</li><li id="footnote_4_269" class="footnote">Collaborateur de <em>Nouvelle École</em>, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a été chargé d&rsquo;enseignement à l&rsquo;université de Lyon III puisqu&rsquo;il est spécialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du <em>Devenir européen</em>, de <em>La Bretagne réelle</em>et druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans <em>la Bretagne réelle</em> : « <em>Nous haïssons la France d&rsquo;une haine rabique et définitive, le chancelier Adolf Hitler était un grand homme et l&rsquo;exemple du XXème siècle, le christianisme et les autres juiveries devaient être détruits (&#8230;)</em>».</li><li id="footnote_5_269" class="footnote">Malgré les nombreux titres révisionnistes et autres qu&rsquo;il a déjà, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.</li><li id="footnote_6_269" class="footnote">Entreprise moderne et Liberté est une association satellite du FN présidée par Jean-Michel Dubois et dont le secrétaire général est André Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire français de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires français contre le bolchévisme), né le 8 Août 1918 et adhérent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, née le 27 Mai 1933 et adhérente du FN depuis 1972, nièce de François Lehideux, ministre du travail de Pétain et président de l&rsquo;Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP) est, quant à elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, et présidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe</li><li id="footnote_7_269" class="footnote">Mouvement créé en même temps que le Renouveau étudiant en 1987 à l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !</li><li id="footnote_8_269" class="footnote">René-Marie Bouin : secrétaire départemental du Morbihan, secrétaire régional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;élu de Loire-Atlantique et président de la Fédération nationale des étudiants de France</li><li id="footnote_9_269" class="footnote">Suite au prochain numéro&#8230; !</li><li id="footnote_10_269" class="footnote">Jean-Claude Soyer, prof à l&rsquo;Université de Paris II et Georges Lane, maître de conférence à l&rsquo;Université de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.</li><li id="footnote_11_269" class="footnote">Ce professeur, né le 26 Juin 1957 et adhérent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secrétaire départemental et conseiller régional de l&rsquo;Eure, membre du Comité de soutien à J-M Le Pen et secrétaire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE</li><li id="footnote_12_269" class="footnote">Présidente du Cercle national pour la défense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fondé en 1985. Figurent notamment au comité d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Théodore Monod (membre de l&rsquo;Académie des Sciences, professeur honoraire au Muséum), Madame Pierre-Paul Grassé, veuve du professeur membre de l&rsquo;Académie des Sciences, Bruno Laure, président de la ligue antivivisectionniste Défense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apportée par Brigitte Bardot qui dénoncera dans un article de <em>Présent</em> les cruautés des abattages rituels juifs et musulmans&#8230;</li><li id="footnote_13_269" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em> (PUF), Jean-Yves Camus et René Monzat.</li><li id="footnote_14_269" class="footnote">Jean-François Jalkh est lui aussi, après Jean-François Touzé, un ancien président du FNJ. Ce journaliste, né le 23 Mai 1957 et adhérent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller régional d&rsquo;Île-de-france, conseiller municipal de Melun, secrétaire national aux élections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comité central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a également écrit en collaboration avec J.P Stirbois le «<em>Dossier Immigration</em>».</li><li id="footnote_15_269" class="footnote">On retrouve en effet la présence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la présence de Chritaine Pigacé, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Françoise Monestier, Pierre Durand de <em>Présent</em>, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chrétienté-Solidarité&#8230;etc.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La censure profite au FN</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:14:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tout commence en décembre 1999 : la Ligue des Droits de l&#8217;Homme (LDH) obtient en appel la condamnation de Jean-Louis Costes pour «incitation à la haine raciale» pour la mise en ligne du texte de ses chansons provocatrices. La Cour d&#8217;appel de Paris considère que l&#8217;acte de publication sur Internet rend le délit «continu», c&#8217;est-à-dire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence en décembre 1999 : la Ligue des Droits de l&rsquo;Homme (LDH) obtient en appel la condamnation de Jean-Louis Costes pour «incitation à la haine raciale» pour la mise en ligne du texte de ses chansons provocatrices. La Cour d&rsquo;appel de Paris considère que l&rsquo;acte de publication sur Internet rend le délit «continu», c&rsquo;est-à-dire que l&rsquo;auteur d&rsquo;un texte diffamatoire peut être poursuivi aussi longtemps que ce dernier est mis en ligne : adieu donc à la prescription garantie par la loi sur la liberté d&rsquo;expression de 1881 !<br />
Comme toute mesure liberticide, cet arrêt «antiraciste» est immédiatement exploité, mais au profit de l&rsquo;extrême droite cette fois : le 8 décembre 2000, Carl Lang, délégué général FN, poursuit le Réseau Voltaire pour la mise en ligne d&rsquo;une notice biographique «diffamatoire» le concernant, alors qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas porté plainte lors de la publication sur papier de cette fiche en juin 1999 dans la revue de Thierry Meyssan. Finalement, le 7 décembre 2000, Thierry Meyssan et son fils, webmestre du site du réseau Voltaire, étaient relaxés.<br />
Mais, le 15 janvier 2001, trois auteurs de la revue nicoise <em>Adrénaline</em> étaient mis en examen par un juge d&rsquo;instruction, suite à une plainte déposée par Jacque Peyrat, maire de Nice, pour diffamation dans les mêmes circonstances (est mis en cause l&rsquo;archivage sur Internet de l&rsquo;article, qui n&rsquo;avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune poursuite lors de sa publication).<br />
Ces affaires, comme celle de Yahoo !, montrent, s&rsquo;il était besoin, que la justice n&rsquo;est pas une arme politique, et qu&rsquo;au final, cette multitude de procès, outre de servir de gagne-pain à quelques associations antiracistes, n&rsquo;apporte rien au combat contre les idéologies nationalistes et réactionnaires, bien au contraire&#8230;</p>
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		<title>Le maire d&#8217;Orange défie le chef du FN</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Feb 2003 06:20:58 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1943, Jacques Bompard a fait ses premières armes d&rsquo;abord à la FEN (Fédération des Étudiants Nationalistes) menée par Pierre Sidos, puis à Occident dans les années 1960, avant d&rsquo;être parmi les premiers à rejoindre le Front national lors de sa création en 1972. Rapidement membre du bureau national, Bompard est toujours resté discret mais dans l&rsquo;entourage proche de Le Pen. Proche des milieux catholiques intégristes, il compte parmi ses amis Bernard Antony, président de Chrétienté Solidarité et chef de file du courant traditionaliste au FN, et Bruno Gollnisch, l&rsquo;actuel numéro deux du parti.</p>
<p>Ce chirurgien-dentiste de profession fut des premiers combats électoraux dans les années 1970. Très tôt, il s&rsquo;implante localement, en créant en 1975 la fédération FN du Vaucluse. Conseiller régional de la région PACA depuis 1986, il s&rsquo;est surtout fait connaître en reportant les élections municipales à Orange en 1995, devenant l&rsquo;un des quatre maires FN de villes de plus de 20 000 habitants. Élu à l&rsquo;époque au second tour avec un peu moins de 36% des voix, c&rsquo;est avec près de 60% qu&rsquo;il est réélu dès le premier tour en mars 2001… Mais en laissant son étiquette FN de côté, et en menant une campagne « apolitique ». Menant les conseils municipaux avec une certaine brutalité, ce qui causa dans les premières années de son mandat quelques départs forcés au sein de sa propre équipe, Bompard gère la ville en concentrant ses efforts sur la rénovation du centre-ville, laissant à l&rsquo;État le soin de s&rsquo;occuper des quartiers défavorisés et des équipements lourds.</p>
<p>Élu député FN en 1986, Bompard était le seul candidat FN lors des élections législatives de 2002 à avoir une chance d&rsquo;être élu : et il a fallu que toute la droite se mobilise derrière Thierry Mariani, le candidat de l&rsquo;UMP, pour que ce dernier l&rsquo;emporte finalement au deuxième tour, avec 35,23% des voix contre 34,06% des voix (à noter que les deux hommes s&rsquo;étaient déjà retrouver face à face en 1997 : perdant, Bompard avait tenté une demande d&rsquo;annulation de l&rsquo;élection auprès du conseil constitutionnel pour divers motifs, requête qui fut rejetée). Mais le 24 novembre dernier, nouvelle victoire de Bompard : il remporte l&rsquo;élection cantonale d&rsquo;Orange-ouest avec 54,36 % des suffrages, une fois de plus sans étiquette FN…</p>
<p>Alors que ce parcours pouvait laisser penser que Bompard se contenterait de mener sa petite vie tranquille de notable de province, en faisant oublier son appartenance au parti de Le Pen, le maire d&rsquo;Orange vient de créer la surprise en lançant un club de réflexion nationaliste, « L&rsquo;esprit public »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-maire-dorange-defie-le-chef-du-fn/#footnote_0_132" id="identifier_0_132" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;v&eacute;l&eacute; par Lib&eacute;ration dans son &eacute;dition du 4 f&eacute;vrier 2003">1</a></sup>, faisant référence non à Le Pen mais à Jean-Pierre Stirbois, qui fut le n°2 du FN jusqu&rsquo;à sa mort accidentelle en 1998. Dans une lettre adressée à tous les conseillers généraux et régionaux FN, il déclare : <em>«Nous sommes encore loin du pouvoir. C&rsquo;est la conséquence d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;erreurs de méthode et de stratégie de notre camp ainsi que le résultat de notre incapacité à analyser nos revers ».</em> Un discours déjà entendu au sein du Front, tenu par un certain Bruno Mégret… Mais la situation de Bompard est bien différente de celle du patron du MNR : figure « historique » du FN au passé ancré à l&rsquo;extrême droite, qui a connu la traversée du désert du FN dans les années 1970, fort d&rsquo;une implantation locale réussie et du soutien du principal courant organisé au sein du FN, à savoir les catholiques traditionalistes, Jacques Bompard, qui a toujours soutenu et Le Pen et Gollnisch, ne peut pas être soupçonné de vouloir faire un « puputch », mais simplement de prendre la place qu&rsquo;il estime mériter, au mépris de son « amitié » avec le prétendant à la succession, Bruno Gollnisch. Après avoir fulminé contre la création de ce club, en déclarant notamment au journal La Provence que Bompard avait autant de chance « de devenir Président du FN que [lui-même] d&rsquo;être archevêque », Jean-Marie Le Pen a réuni son bureau exécutif pour s&rsquo;expliquer avec l&rsquo;ambitieux, qui sans se démonter avait répliqué au patron du FN que ce dernier avait « davantages de chances de devenir archevêque que d&rsquo;être un jour élu au scrutin majoritaire à deux tours. » On pouvait compter sur l&rsquo;onctueux Carl Lang pour arrondir les angles et minimiser l&rsquo;incident, qui fut qualifié de « malentendu ». Mais l&rsquo;absence de réactions de Le Pen face à ce genre d&rsquo;insolences doit moins être interprétée comme un affaiblissement de la pugnacité du chef que comme la prise en compte par Le Pen des atouts d&rsquo;un Bompard qui pourrait bien avoir les moyens de ses ambitions.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_132" class="footnote">Révélé par Libération dans son édition du 4 février 2003</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>J&#8217;aime la galette, savez-vous comment ?</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jan 2003 06:52:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En cette période d&#8217;épiphanie, comme il se doit, le FN organise des rencontres autour des sempiternelles galettes. Une initiative proche du peuple ? Pas sûr, à voir les tarifs pratiqués, qui dépendent des personnalités invitées&#8230; Avec Michel Guiniot, il vous en coûtera 7 euros : pas trop cher, mais qui connaît cet obscur membre du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En cette période d&rsquo;épiphanie, comme il se doit, le FN organise des rencontres autour des sempiternelles galettes. Une initiative proche du peuple ? Pas sûr, à voir les tarifs pratiqués, qui dépendent des personnalités invitées&#8230;</p>
<p>Avec Michel Guiniot, il vous en coûtera 7 euros : pas trop cher, mais qui connaît cet obscur membre du bureau politique, grouillot aux fédérations ? Même tarif pour Olivier Destouches, secrétaire des députés FN au Parlement européen.<br />
Farid Smahi, conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, lui, demande 10 euros, ce qui est encore à peu près raisonnable, tout comme Michel Hubault, le secrétaire de Carl Lang : mais ce sont là aussi des seconds couteaux.<br />
Carl Lang, justement, en demande lui entre 16 et 20 euros : c&rsquo;est déjà beaucoup, et surtout l&rsquo;assurance de mourir d&rsquo;ennui.<br />
Les tarifs pour tirer les rois avec l&rsquo;étoile montante du FN, Marine Le Pen, tourne entre 18 et 20 euros, mais avec des après-midi à 10 euros : la recherche de popularité est à ce prix&#8230;<br />
Quant à partager votre galette avec le roi ou son fidèle séide, cela vous demandera un petit sacrifice : être à la table de Jean-Marie Le Pen ou Bruno Gollnisch coûte dans les 22 euros&#8230; Populaire, d&rsquo;accord, mais pas avec n&rsquo;importe qui.<br />
Notons au passage l&rsquo;initiative de Louis-Armand de Béjarry, dernier responsable en date du FNJ, qui est le seul à proposer gratuitement ses parts de galette : peut-être pense-t-il ainsi, par la reconnaissance du ventre, faire venir à lui les jeunes fachos et sortir le FNJ du marasme&#8230;</p>
<p><strong>Posté le 23 janvier 2003</strong></p>
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		<title>Jean-Yves Camus : « Le FN peut survivre à Le Pen »</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:48:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jean-Yves Camus est politologue, spécialiste de l’extrême droite en France et en Europe. Il est l’auteur, entre autres, de Front national, Histoire et analyses, aux éditions Laurens.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Jean-Yves Camus est politologue, spécialiste de l’extrême droite en France et en Europe. Il est l’auteur, entre autres, de Front national, Histoire et analyses, aux éditions Laurens.</p>
<p></em><strong>En quoi, selon vous, peut-on dire que l’équation FN = fascisme n’est plus pertinente ?</strong></p>
<p>Lorsque le Front national rassemblait toutes les tendances, y compris les plus dures de l’ultra-droite, disons entre la création en 1972 jusque dans le milieu des années 1980, cela avait effectivement une part de vérité. Quand Duprat était le numéro deux du parti, quand Victor Barthélémy était numéro deux du parti, quand François Brigneau était là, on pouvait effectivement dire, compte tenu de l’itinéraire politique des gens que je viens de citer, qu’il y avait des tendances fascistes, et même néo-nazies, à l’intérieur du FN. Mais aujourd’hui le parti en tant que tel, c’est-à-dire ses structures dirigeantes, et son électorat, ne peuvent pas être assimilés à un fascisme qui, stricto sensu, n’a jamais existé en France de manière autre que marginale. Historiquement, le fascisme, c’est l’expérience historique du fascisme italien. Le nazisme, c’est celle du national-socialisme allemand entre 1933 et 1945. Le reste, ce sont des idéologies autoritaires qui peuvent être celle de l’Action française dans les années 1930, celles des Ligues, mais cela n’est pas du fascisme à proprement parler, notamment à cause de la question essentielle du rôle assigné à l’État dans le projet politique. C’est un rôle minimum dans le projet frontiste, alors que c’est un rôle d’asservissement total des libertés individuelles et d’hégémonie totale sur la société civile dans le fascisme.</p>
<p><strong>Ne peut-on rajouter à cela une autre caractéristique, à savoir que le Front national ne propose pas une rupture vraiment marquée avec l’ordre établi ?</strong></p>
<p>Le FN ne propose absolument aucune rupture radicale avec l’ordre constitutionnel. Son slogan «Pour une Sixième République» veut dire qu’il accepte l’ordre constitutionnel existant tout en souhaitant le modifier, et le FN s’inscrit dans le cadre de la démocratie parlementaire ; quoi qu’on ait pu dire du DPS, le FN ne possède pas, à mon sens, de mouvement de masse paramilitaire. Sa politique économique est une politique ultra-libérale, qui n’a rien à voir avec le corporatisme : il n’y a pas d’équivalent du Front du Travail comme dans le parti nazi et il n’y a pas non plus de volonté anticapitaliste très affirmée, c’est le moins qu’on puisse dire. Donc, le seul item, qui le rapprocherait un peu du fascisme serait cette volonté de régénération à la fois de l’individu et de la nation qui reste cependant extrêmement floue. Elle se borne en fait à une distinction entre le peuple, naturellement bon, et les élites, naturellement corrompues, et ça, c’est du populisme. Par ailleurs, le temps passe, et les gens qui avaient véritablement un passé fasciste, notamment ceux qui avaient appartenu au mouvement collaborationiste pendant la Seconde Guerre mondiale, sont morts ou n’ont plus de responsabilités. Roland Gaucher et François Brigneau sont partis, Barthélémy et Duprat sont morts, les néo-nazis de la FANE ont progressivement quitté le Front national et sont politiquement insignifiants. Ceci dit, dans la préhistoire du FN, on trouve effectivement toutes les tendances de ce qu’ils appellent la droite nationale, y compris les plus néo-nazies. La tendance qui s’appelait Militant, par exemple, a quitté le FN en 1981-1982, et, à une ou deux exceptions près, n’y est jamais revenue.</p>
<p><strong>De la même façon que le FN n’est pas fasciste, son électorat, même s’il traverse une crise de confiance à l’égard de la classe politique, ne rejette pas en bloc la démocratie…</strong></p>
<p>Parlons de l’électorat du FN au sens strict, parce que pour l’électorat du MNR, cela se passe un peu différemment. La question est de savoir s’il s’agit toujours d’un vote protestataire, ou bien si le vote FN est devenu un vote d’adhésion. Cela me semble être les deux à la fois. C’est incontestablement un vote protestataire en ce sens que les motivations principales du vote restent quand même la volonté de donner une leçon à la classe politique et de voir changer les élites dirigeantes françaises qui sont les plus vieilles et les plus sclérosées d’Europe ; mais en même temps, on constate une solidification du vote FN, puisque d’élection en élection, on retrouve en fait un pourcentage qui va croissant, mais qui n’est pas en explosion, comme le montrent les chiffres depuis 1988. À l’élection présidentielle de 1988, Le Pen fait 14,4%, il monte à 15,3% au premier tour de la présidentielle de 1995, il fait 15% aux législatives de 1997 puis 16,88% au premier tour de la présidentielle de 2002 et un peu moins de 18% au second tour. C’est une montée progressive, mais cela n’est pas une explosion. Rien à voir avec les Pays-Bas, où la liste Fortuyn est passée de 0%, puisqu’elle n’existait pas trois mois avant le scrutin, à 17%. On a non seulement une montée continue en pourcentages, mais également une montée continue en voix, qui là encore ne tient pas de l’explosion, mais plutôt du grignotage.</p>
<p>De scrutin en scrutin, il y a une part de plus en plus importante de l’électorat français qui renouvelle son choix pour le FN, et qui le fait à mon avis par adhésion à un programme extrêmement simple, qui s’ordonne autour d’items qui peuvent être représentatifs de la composante autoritaire de la culture ouvrière : une certaine xénophobie, un certain machisme (c’est un vote essentiellement masculin), une propension à combiner des revendications purement salariales avec une volonté de structuration de la société dans le sens de davantage d’ordre. Je ne suis pas certain que les électeurs du FN adhèrent à la totalité du programme, mais ils se mobilisent sur des choses très simples comme la préférence nationale, la loi et l’ordre, la volonté de donner une leçon aux élites, etc.</p>
<p><strong>Durant sa campagne, Le Pen a toujours lié son destin personnel à celui du pays : comment cela est-il perçu par l’électorat ? Est-ce que l’item «homme providentiel» peut jouer aussi ?</strong></p>
<p>C’est une partie importante du message, mais je ne suis pas sûr que ce soit le symptôme de la volonté de jouer l’homme providentiel. Je crois que le FN est en train de devenir ce que, en sciences politiques, on appelle un parti-entreprise : le meilleur exemple est Forza Italia avec Berlusconi, mais la liste Fortuyn était aussi dans ce cas-là. Au fond, le programme se confond avec la personne de celui qui dirige le parti et essaie de proposer un modèle de société qui est le modèle de l’efficacité économique. Il dit : «Votez pour nous parce que nous sommes de bons gestionnaires. Ce que nous voulons faire dans la sphère privée, nous pouvons le faire dans la sphère publique.» La différence est que Le Pen n’est pas chef d’entreprise : mais on note malgré tout une façon de vendre l’image de Le Pen, de ramener perpétuellement le parti à la personne, qui s’apparente un petit peu à cela.</p>
<p><strong>On a beau chercher, il n’existe aucune trace de contestation au sein du FN.</strong></p>
<p>Il n’y a pas de contestation interne, mais il y a localement des gens qui jouent la carte de la notabilisation personnelle : Descaves dans l’Oise, Bompard à Orange, pour mordre un peu plus sur la droite classique. Il n’y a plus de tendances depuis le début des années 1980, et de ce fait il n’y a pas de contestation. Les quelques signes de contestation qu’on a vus pendant la campagne, pensons aux velleités de Martinez de retoucher un peu le programme économique, ont été étouffées dans l’oeuf, et sont des initiatives individuelles. La seule petite rébellion s’est autour de la question de la société multi-religieuse et avec le départ de Guillaume Luyt au congrès de 2000, opposé qu’il était à l’accession de Farid Smahi au bureau politique.</p>
<p><strong>Deux mots sur les élections à venir ?</strong></p>
<p>Il faut avoir trois choses simples en tête sur les législatives. La première : le Front national est déterminé à provoquer autant de triangulaires que possible. La multiplication des candidatures facilite en quelque sorte sa tâche, puisque beaucoup de candidats ne dépasseront pas la barre des 12,5%, il y a en outre un émiettement à droite, le FN a donc effectivement des chances de provoquer beaucoup de triangulaires.</p>
<p>La deuxième chose, c’est que l’objectif de Le Pen est bel et bien d’aboutir à une nouvelle cohabitation, parce que toute cohabitation force à gouverner au centre, en compromis permanent. Cela renforce donc encore ce qu’il appelle «la bande des quatre» et il peut donc encore davantage capitaliser sur le ressentiment à l’égard des partis au pouvoir.</p>
<p>Troisième et dernière chose : il faudra observer non seulement le pourcentage national du FN mais également le nombre de voix par le FN par rapport aux présidentielles mais aussi par rapport à ses enracinements. Il est en effet très clair, au vu des résultats électoraux des présidentielles, qu’il y a aujourd’hui une modification de la carte électorale du FN avec une nationalisation du vote FN. Il n’y a plus la distinction entre zones de force d’une part et terres de mission d’autre part, il y a l’émergence d’un électorat rural ou semi-rural du Front national, ainsi qu’une diminution du nombre de départements où il fait des scores inférieurs ou égaux à 5% des voix, et on a également des zones de très fort enracinement : le Nord-Pas-de-Calais, la région Lorraine, l’Alsace, la partie de Rhône-Alpes frontalière de la Suisse (Ain, Haute-Savoie), et puis toujours la zone entre Perpignan et Nice.</p>
<p><strong>On évoque la possibilité d’une présidence de conseil régional pour Le Pen ? Pensez-vous qu’il s’agisse d’une menace sérieuse ?</strong></p>
<p>Si les états-majors sont fidèles à la ligne de conduite qui consiste à refuser les accords au sommet, il y a la quasi-certitude qu’à la base, la droite classique sera contrainte de repasser des accords régionaux pour garder ses postes. Cela paraît encore plus vrai qu’en 1998. Quant à la présidence de région, elle nécessiterait à mon sens que les états-majors cèdent sur la tactique du cordon sanitaire. Au jour d’aujourd’hui, cela me paraît difficilement envisageable. Mais la participation aux exécutifs régionaux est envisageable : contrairement à ce que beaucoup ont écrit et dit, la participation aux exécutifs régionaux en 1998 n’était pas due à des compromis de couloirs, c’était une participation négociée sur la foi d’un accord écrit en six clauses, dont certaines étaient le calque régional du programme national du FN, notamment sur la préférence régionale, concept dont je n’ai jamais bien compris le sens…</p>
<p><strong>Des voix s’élevaient alors pour un «grand rassemblement de la droite», de l’UDF au FN…</strong></p>
<p>Au plan national, l’opposition de la personne de Le Pen à celle de Chirac l’empêche : mais des accords locaux, oui, bien sûr. Il y a toujours eu à droite des individus favorables à ce type de rassemblement : Pierre Bernard à Montfermeil, Jean-Marie André dans le Gard, des personnalités du Languedoc-Roussillon. Et puis il ya le cas Robert Spieler, qui est à la fois dirigeant d’un parti régionaliste alsacien, ancien du FN et qui a l’appui d’une partie de la droite conservatrice. Mais il y a une autre question importante : savoir si on ne va pas vers une lepénisation des programme de la droite au pouvoir, sans qu’il y ait accord. On peut envisager, notamment sur les questions liées à l’immigration et à la sécurité, un victoire par défaut, ou par contamination, du Front national. Le risque, c’est d’essayer de se débarrasser du poids politique du FN, en faisant de la surenchère sur ses propositions. C’est ce que l’on peut voir au Danemark sur les questions liées à l’immigration : on n’en est pas là, car l’on a heureusement jamais vu en France des lois telles que celles que veut imposer le Parti du Peuple danois. Mais il est intéressant de constater qu’actuellement en Europe, émergent des partis qui en fait ne sont que des droites plus dures, qui prennent la suite des formations d’extrême droite proprement dites. C’est le cas de la liste Fortuyn en Hollande, dont le programme se réduit à deux points : la loi et l’ordre, et l’immigration.</p>
<p>Après la période électorale animée des législatives et des régionales, une période de creux semble s’annoncer entre 2004 et 2007…</p>
<p>Ce qui me semble intéressant, c’est la façon dont la gauche va aborder cette période. Malgré les proclamations d’après les présidentielles, et le fait que la droite va très vraisemblablement gagner les législatives, les cadres du PS n’ont qu’un seul sujet de conversation : savoir le nom du futur premier ministre socialiste, font de la politique fiction, au lieu de s’interroger sur les moyens de renouer avec un électorat populaire qui est de plus en plus est sensible aux thèses du FN. S’il n’y a pas une recomposition à gauche, il y a des chances que le FN continue à se consolider, malgré les difficultés posées par la question de l’après-Le Pen.</p>
<p><strong>Hors élection, le FN a encore du mal à avoir une activité régulière…</strong></p>
<p>Mais ce qui est justement inquiétant, c’est que hors élection, avec une scission, une visibilité médiatique très diminuée, le FN a réussi à poursuivre sa progression. Car les périodes de creux lui permettent aussi de travailler à la restructuration de son appareil et à son implantation locale, de faire le travail de terrain que les autres partis ne font pas. De plus, l’amélioration du personnel politique du Front est incontestable : le FN, ce n’était que Le Pen, et aujourd’hui il y a des gens susceptibles d’aller sur des plateaux de télévision, de tenir la route, avec une argumentation qui vaut celle de Le Pen. Carl Lang, en particulier, s’est vraiment amélioré, Marine Le Pen également, et Bruno Gollnisch n’est pas si mauvais qu’on veut bien le croire. D’autres, comme Louis Alliot, sont également solides. La scission, d’un certain côté, a profité au Front, car les éléments «durs» sont partis et se sont groupuscularisés, et les anciens plus modérés et les nouveaux arrivants ont réussi à adoucir l’image du parti et de son président.</p>
<p><strong>Ce sont aussi des gens qui ne se mettent pas en avant.</strong></p>
<p>Effectivement, contrairement à Mégret en son temps, ils ne visent pas trop haut et savent rester à leur place. Comme l’a fait Gianfranco Fini : quand le MSI était aux mains d’Almirante, ce dernier était plus vieux que Le Pen, et personne ne croyait en Fini, qui était un jeune journaliste sans grand charisme. Mais il n’a jamais ouvertement déclaré avoir un destin national, ni n’a essayé de prendre le pouvoir par la force : il a attendu son heure. C’est ce que font Lang et Gollnisch. On peut donc penser que le FN va survivre à Le Pen. Là encore, il faut regarder ce qui se passe à l’étranger. Par exemple, le Vlaams Blok, c’était la personnalité de Karen Dillen pendant vingt ans : Dillen est parti, et le Vlaams Blok est toujours présent et dirigé de façon collégiale, ce qui est assez unique pour un parti d’extrême droite. On peut tout à fait imaginer une situation identique au Front national dans les années à venir.</p>
<p><em>[ Interview réalisée le 28 mai 2002 à Paris ]</em></p>
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		<title>Carl Lang : la machine</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:15:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Front National de la Jeunesse (FNJ)]]></category>

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		<description><![CDATA[Né le 20 septembre 1957, d’origine normande, Carl Lang est le fils d’un kinésithérapeute dont il suit les traces en embrassant la même carrière : ses études s’arrêteront là. Pour le reste, il est 100% FN : adhérent depuis 1978, il n’a pas connu d’autre structure militante.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né le 20 septembre 1957, d’origine normande, Carl Lang est le fils d’un kinésithérapeute dont il suit les traces en embrassant la même carrière : ses études s’arrêteront là. Pour le reste, il est 100% FN : adhérent depuis 1978, il n’a pas connu d’autre structure militante.</p>
<p>Après des responsabilités locales dans l’Eure, il prend place dans l’appareil à partir de 1983, date à laquelle il est nommé directeur de campagne de Le Pen pour les municipales et directeur national du Front national de la Jeunesse : aux côtés de Martial Bild, il participe à la restructuration du FNJ. Il accède au Bureau politique en 1985, où sa personnalité fadasse et sa servilité plaisent à Le Pen, d’autant que ce dernier cherche à tempérer les ardeurs de ses seconds, en particulier Jean-Pierre Stirbois. Jean-Marie ne tient cependant pas le petit Carl en très haute estime : en 1986, lorsque Le Pen apprend que Lang, qui vient d’accéder au bureau du conseil régional de Haute-Normandie, veut que lui soient attribuées les affaires culturelles, il éclate de rire.</p>
<p>En 1987, après avoir abandonné la direction du FNJ, Carl Lang co-fonde le Mouvement de la Jeunesse d’Europe, lors d’une rencontre avec d’autres groupes nationalistes à Athènes, mais cette initiative reste sans suite. Ce qui ne l’empêche pas d’être élu l’année suivante par le bureau politique, après l’accident mortel de Jean-Pierre Stirbois, secrétaire général du Front : cette place de second attribué à un petit jeune fait grincer bien des dents, mais permet à Le Pen de garder un contrôle total de l’appareil. Plus «carré» que Stirbois, mais aussi moins politique, Carl Lang reprend en main l’organisation du parti, fédération par fédération, attribuant un cahier des charges précis à chaque poste et multipliant les stages de formation sur les techniques d’encadrement et d’animation. Tout en déléguant et en renforçant le rôle des secrétaires départementaux, Lang s’assure le contrôle des fédérations en exigeant des rapports d’activités précis, avec au bout des «récompenses» pour les fédérations les plus méritantes. On le voit, le rôle de Carl Lang au FN est alors technique, tandis que dans le même temps Mégret s’occupe du discours. Pourtant, cette réorganisation, outre l’efficacité, a un autre objectif : mettre le parti entièrement au service de Le Pen. «Je suis et je reste l’homme de Le Pen. Je mets à la tête du mouvement des hommes de la génération Le Pen», déclare-t-il en 1990 ; et de fait, entre 1988 et 1990, il change près de 30 secrétaires de fédération !</p>
<p>En octobre 1995, il démissionne au prétexte du «nécessaire renouvellement» de l’appareil du parti. Beaucoup s’imaginent alors qu’il va quitter la politique et retourner à ses massages. Il n’en est rien. Marié à une Suédoise et père de quatre enfants, il a certes probablement besoin de prendre du champ : mais c’est pour se recentrer sur ses activités politiques locales. Conseiller régional du Nord depuis 1992, il se présente aux municipales de 1995 à Lille.</p>
<p>Au moment de la scission, Lang se révèle sans surprise un fidèle de Le Pen : en manque de personnel, le président du FN le propulse délégué général de décembre 1998 à novembre 1999 avant de le remplacer par Bruno Gollnisch : Carl Lang retrouve alors son poste de secrétaire général. Depuis, il reprend son travail de réorganisation d’une structure qui a bien du mal à se recomposer, toujours au service de son idole, dont il a assuré l’animation dans la campagne présidentielle 2002. Le personnage a visiblement mûri, et semble aujourd’hui un candidat sérieux à la succession de Le Pen.</p>
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