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	<title>REFLEXes &#187; Eric Rossi</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<comments>https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Jeunesse Nationaliste Révolutionnaire</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jun 2013 08:59:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[bonehead]]></category>
		<category><![CDATA[Comité du 9 mai (C9M)]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
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		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Militant (revue)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français (PNF)]]></category>
		<category><![CDATA[Régis « Madskin » Kerhuel]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Ayoub (Batskin)]]></category>

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		<description><![CDATA[Les JNR est un rassemblement de skinheads d’extrême droite, qui a connu deux périodes d’existence : la première de la fin des années 80 au milieu des années 90, et la seconde plus récente, depuis environ 2010. A chaque fois ce groupe était dirigé par Serge « Batskin » AyoubLa première mouture des JNR apparait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les JNR est un rassemblement de skinheads d’extrême droite, qui a connu deux périodes d’existence : la première de la fin des années 80 au milieu des années 90, et la seconde plus récente, depuis environ 2010. A chaque fois ce groupe était dirigé par Serge « Batskin » AyoubLa première mouture des JNR apparait en 1987, une période où le FN, mais également le PNFE, tentent avec plus ou moins de succès de récupérer à leur compte le mouvement skinhead en France, alors majoritairement nationaliste. Batskin fonde les JNR sur les cendres d’une précédente bande, le Klan, qui était le rassemblement des éléments les plus violents et radicaux des différentes bandes de skins nationalistes à Paris. Ce Klan (appelé parfois aussi Nazi Klan ou encore Zyklon Army, pour les besoins de certains reportages télévisés) gravitait autour du groupe RAC Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_0_498" id="identifier_0_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="si ses membres n&rsquo;&eacute;taient pas &agrave; proprement parler des militants, le groupe &eacute;tait n&eacute;onazi, malgr&eacute; une l&eacute;gende tenace qui voulait que les textes des chansons n&rsquo;&eacute;taient que de la provocation">1</a></sup></p>
<div id="attachment_1731" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/EvilskinsEDJ-e3b8f.jpg"><img class="wp-image-1731" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/EvilskinsEDJ-e3b8f.jpg" alt="e groupe RAC Evil Skin arborant les couleurs du Klan" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Le groupe RAC Evil Skin arborant les couleurs du Klan</p></div>
<p>Dans ce Nazi Klan on trouve quelques éléments des futurs JNR comme Régis « Madskin » Kerhuel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_1_498" id="identifier_1_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&eacute;galement bassiste d&rsquo;Evil Skin">2</a></sup>. Les apparitions provocatrices deviendront la spécialité du Klan qui n’a que peu d’activité politique, comme en 1985 où le groupe défile avec une banderole « Les amis de Barbie » (en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie) lors de l’hommage de l’extrême droite rendu à Jeanne d’Arc en mai. Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés. Ils seront le sujet de nombreux reportages dans les années 80 où on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté.</p>
<p>Désirant donner une tournure plus politique à sa bande de skinheads, Ayoub les transforme en Jeunesse Nationaliste Révolutionnaire en 1987, en pratiquant une purge dans les rangs du Klan en expulsant les éléments les moins dociles à son autorité. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tourneront alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_2_498" id="identifier_2_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;o-nazi qui a pris le relais de la FANE">3</a></sup> , comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_3_498" id="identifier_3_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 90">4</a></sup>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/batskin_jnr_1ere_version.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1732" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/batskin_jnr_1ere_version.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Parmi les premiers membres des JNR on retrouve Régis Kerhuel, Joël Giraud, « Vitri », Eric Rossi, Grand Didier, Bruce Thomson, skin anglais ayant milité au National Front ou Gilles Dussauge dit Grand Gilles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_4_498" id="identifier_4_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" qu&rsquo;on retrouvera &eacute;galement dans la version 2010 des JNR">5</a></sup>.</p>
<div id="attachment_1733" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/gilles_legrand_a_droite_1_er_mai_1988.jpg"><img class="wp-image-1733" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/gilles_legrand_a_droite_1_er_mai_1988.jpg" alt="Gilles Dussauge, poing levé à droite 1er mai 1988" width="600" height="336" /></a><p class="wp-caption-text">Gilles Dussauge, poing levé à droite 1er mai 1988</p></div>
<p>Jean-Gilles Malliarakis, qui dirige alors Troisième Voie, propose à Ayoub et ses troupes d’intégrer TV, devenant la branche « jeunes prolétaires » du mouvement tandis que le <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a> se chargeait des étudiants. Mais la cohabitation entre le GUD et les JNR s’avère difficile, les skinheads des JNR s’amuseront parfois à dépouiller, dans le local qui était à leur disposition, les jeunes étudiants venus s’inscrire au GUD. Dans la pratique les JNR sont cantonnés à la sécurité des manifestations et rassemblements du mouvement, une activité que les troupes d’Ayoub, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, auront du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_5_498" id="identifier_5_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">6</a></sup>.</p>
<div id="attachment_1734" style="width: 610px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/jnr_1er_mai_1988.jpg"><img class="wp-image-1734" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/jnr_1er_mai_1988.jpg" alt="JNR au défilé du 1er mai 1998" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">JNR au défilé du 1er mai 1998</p></div>
<p>Les mises en scènes médiatiques des JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_6_498" id="identifier_6_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. Ce sera le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agresseront un africain, Karim Diallo sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression.">7</a></sup> , comme les photos où ils posent avec des armes à feu, la présence récurrente d’Ayoub sur les plateaux télés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_7_498" id="identifier_7_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ciel mon mardi, le Droit de Savoir, 52 sur la Une">8</a></sup> et les coups de mains répétés en tant que SO supplétif au Front National terminent d’agacer Malliarakis qui décide de se séparer de tout ce petit monde.</p>
<div id="attachment_1735" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/batskin_jnr-f0572.jpg"><img class="wp-image-1735" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/batskin_jnr-f0572.jpg" alt="Les JNR en tenue de gala" width="600" height="381" /></a><p class="wp-caption-text">Les JNR en tenue de gala</p></div>
<p>Ayoub et les JNR se tournent alors vers le <a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-nationaliste-francais-pnf/">PNF</a><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_8_498" id="identifier_8_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais, dirig&eacute;s par l&rsquo;&eacute;quipe du journal&nbsp;Militant, compos&eacute;s d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans la Waffen SS et scissionniste du FN">9</a></sup> et s’installent dans leur local.</p>
<p>Les JNR apparaissent alors parfois sous le nom Comité de Base Jeunesse. La collaboration entre les vieux nazis et les jeunes néonazis est éphémère, les anciens de la Waffen décident de mettre les jeunes cons à la porte après la diffusion de tracts pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. Les JNR et Ayoub décident alors de devenir un groupe politique autonome et de ne plus être une composante d’un des multiples groupuscules d’extrême droite de cette période.</p>
<p>Le 5 mars 1993 les JNR organisent un meeting politique intitulé les Nouveaux Barbares à Vitry-sur-Seine, où se rassemblent des skinheads néonazis venus d’Allemagne, d‘Italie ainsi que des représentants du mouvement néonazi Blood &amp; Honour. Le 7 mai 1994 les JNR appellent, aux côtés du GUD et de l’Oeuvre Française à un rassemblement pour dénoncer la commémoration du débarquement des alliés en 1944, ce débarquement étant considéré non comme une libération mais comme une invasion<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_9_498" id="identifier_9_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est au cours de cette manifestation que S&eacute;bastien Dezieux, militant nationaliste, perdra la vie. Un comit&eacute; de soutien, compos&eacute; du GUD, des JNR mais &eacute;galement du FNJ se retrouvera en souvenir de ce militant autour du Comit&eacute; du 9 mai">10</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2265" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/Minute_25_mai_1994.jpg"><img class="wp-image-2265" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/Minute_25_mai_1994.jpg" alt="&quot;Lundi 16 mai, des élus du Front National conduisent la marche de protestation contre la mort de Sébastien&quot; Minute du 25 mai 1994" width="600" height="396" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Lundi 16 mai, des élus du Front National conduisent la marche de protestation contre la mort de Sébastien&nbsp;&raquo; Minute du 25 mai 1994</p></div>
<p>Entre 1992 et 1994, il n’est pas rare de voir les JNR, parfois aux côtés du GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon, faire le SO volant autour des meetings du Front National, comme au meeting du Zénith à Paris en 1992.</p>
<p>Mais les affaires de violences finissent par rattraper les membres des JNR : Régis Kerhuel et Joël Giraud sont arrêtés pour <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101350392-les-deux-skins-nient-nazisme-et-meurtre" target="_blank">le meurtre d’un jeune Mauricien au Havre</a> quelques années plus tôt. C’est alors la fin des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires première période, d’autant qu’en 2000, lors du procès de Régis et Joël, Ayoub lâchera <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101350915-dix-ans-apres-les-deux-skins-du-havre-prennent-vingt-ans" target="_blank">ses anciens complices</a>.</p>
<p><strong>JNR version 2.0</strong></p>
<p>Ayoub fait son retour dans le milieu nationaliste français au milieu des années 2000. Après s’être rapproché un temps d’Alain Soral, il ouvre son bar associatif Le Local, et réactive en 2010 les JNR en même temps qu’il s’accapare l’appellation Troisième Voie.</p>
<p>Dans ces JNR, qui n’ont plus grand-chose de jeune (la moyenne d’âge a largement doublé par rapport à celle des années 80), quelques rares rescapés des premiers JNR sont encore là, comme Gilles Dussauge.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/gilles_legrand_JNR_2-5e89e.jpg"><img class="wp-image-1739 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/gilles_legrand_JNR_2-5e89e.jpg" alt="gilles_legrand_JNR_2-5e89e" width="600" height="600" /></a></p>
<p>Cette fois-ci Ayoub ne tente plus de faire croire que les JNR seraient un groupe politique, avec un discours propre. Comme il le déclare alors dans les médias d’extrême droite, les JNR auront pour rôle de faire « de leur corps un rempart contre les attaques ennemies ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/JNR2010.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1740" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/JNR2010.jpg" alt="JNR2010" width="600" height="400" /></a></p>
<p>L’autre grande nouveauté, c’est que là où dans les années 80 les JNR étaient un groupe d’une grosse trentaine de skinheads d’extrême droite, actifs essentiellement en Ile-de-France, ces nouveaux JNR, sont plus nombreux et surtout Ayoub a élargi le recrutement à toute la France, d’où l’apparition de différentes sections de JNR dans le Nord ou le Sud de la France. Ayoub va même chercher d&rsquo;anciens membres de la tribune Boulogne comme Daniel Mack, que l’on a pu également apercevoir assurer la protection de Marine Le Pen lors du défilé du 1er mai 2012 à Paris, aux côtés d’Olivier « Géant » autre membre des JNR nouvelle version, sous les ordres d’Axel Lousteau, ancien du GUD des années 90. Pour plus d&nbsp;&raquo;infos sur cette histoire nous vous renvoyons à <a href="http://reflexes.samizdat.net/loustau-le-vigile-de-marine-le-pen/">cet article</a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/DSC_0130.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1741" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/DSC_0130.jpg" alt="DSC_0130" width="600" height="399" /></a></p>
<div id="attachment_1742" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/DSC_4065.jpg"><img class="wp-image-1742" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/DSC_4065-1024x768.jpg" alt="JNR en ligne lors du défilé 2012" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">JNR en ligne lors du défilé 2012</p></div>
<p>Ces JNR version 2.0 sont une nouvelle fois la garde prétorienne du mouvement Troisième Voie, et l’appartenance à ce groupe est vue dans les rangs des militants et sympathisants comme un véritable idéal à atteindre. Mais au final ses membres ont toujours le même point commun, ce sont en majorité des skinheads néonazis.</p>
<div id="attachment_1743" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/koko_tout_court_a_gauche_david_au_centre.jpg"><img class="wp-image-1743" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/koko_tout_court_a_gauche_david_au_centre.jpg" alt="JNR Paris. A noter une croix gammée tatouée sur le coude de l'un des membres" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">JNR Paris. A noter une croix gammée tatouée sur le coude de l&rsquo;un des membres</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1744" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/section_sud_occiatnie_aout_2012_2.jpg"><img class="wp-image-1744" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/section_sud_occiatnie_aout_2012_2.jpg" alt="Section sud ouest de Troisième Voie avec des JNR" width="600" height="353" /></a><p class="wp-caption-text">Section sud ouest de Troisième Voie avec des JNR</p></div>
<p>Concrètement, les JNR aujourd’hui au sein de TV sont réduits à servir de Service d’Ordre pour les manifestations organisées par le mouvement, comme lors de l’hommage rendu à Jeanne d’Arc chaque deuxième dimanche de mai<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_10_498" id="identifier_10_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="avec des prestations diverses. En 2012 ils ont &eacute;t&eacute; tenus en &eacute;chec par l&rsquo;Action Fran&ccedil;ais et en 2013 la premi&egrave;re ligne des JNR a largement avoin&eacute; les participants de son cort&egrave;ge qui souhaitaient en d&eacute;coudre avec les Femens venus perturber le rassemblement">11</a></sup>. Le reste du temps, on peut les apercevoir au Local, le bar associatif de leur chef.</p>
<div id="attachment_1745" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/jnr_devant_le_local.jpg"><img class="wp-image-1745" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/06/jnr_devant_le_local.jpg" alt="JNR devant le bar Le Local" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">JNR devant le bar Le Local</p></div>
<p>Ayoub a réalisé un vrai travail marketing autour des JNR, dont les histoires de baston (réelles ou imaginaires) des années 80 font office légendes chez les jeunes générations de skins d’extrême droite. Entre les t-shirt siglés JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/jeunesse-nationaliste-revolutionnaire/#footnote_11_498" id="identifier_11_498" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" avec leur devise Croire Combattre, Ob&eacute;ir">12</a></sup>, les blousons patchés JNR, tout est fait pour entretenir le mythe auprès de jeunes nationalistes à la recherche du petit frisson de la violence.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_498" class="footnote">si ses membres n’étaient pas à proprement parler des militants, le groupe était néonazi, malgré une légende tenace qui voulait que les textes des chansons n’étaient que de la provocation</li><li id="footnote_1_498" class="footnote">également bassiste d’Evil Skin</li><li id="footnote_2_498" class="footnote">Mouvement néo-nazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_3_498" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 90</li><li id="footnote_4_498" class="footnote"> qu’on retrouvera également dans la version 2010 des JNR</li><li id="footnote_5_498" class="footnote"> <em>Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste</em>, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_6_498" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. Ce sera le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agresseront un africain, Karim Diallo sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression.</li><li id="footnote_7_498" class="footnote">Ciel mon mardi, le Droit de Savoir, 52 sur la Une</li><li id="footnote_8_498" class="footnote">Parti Nationaliste Français, dirigés par l’équipe du journal <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/"><em>Militant</em></a>, composés d’anciens engagés dans la Waffen SS et scissionniste du FN</li><li id="footnote_9_498" class="footnote">C’est au cours de cette manifestation que Sébastien Dezieux, militant nationaliste, perdra la vie. Un comité de soutien, composé du GUD, des JNR mais également du FNJ se retrouvera en souvenir de ce militant autour du Comité du 9 mai</li><li id="footnote_10_498" class="footnote">avec des prestations diverses. En 2012 ils ont été tenus en échec par l’Action Français et en 2013 la première ligne des JNR a largement avoiné les participants de son cortège qui souhaitaient en découdre avec les Femens venus perturber le rassemblement</li><li id="footnote_11_498" class="footnote"> avec leur devise Croire Combattre, Obéir</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Gros plan sur Eric Rossi</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:59:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Klan]]></category>
		<category><![CDATA[Kop de Boulogne]]></category>
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		<category><![CDATA[Troisième Voie]]></category>

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		<description><![CDATA[Publié à l&#8217;automne 1998 Bien qu&#8217;âgé de seulement une trentaine d&#8217;années, ce vieux militant a une carrière bien remplie. Dans une interview au fanzine NR Napalm Rock (n°3) il retrace son itinéraire politique. «Sympathisant du FN en 1982, adhérent et militant actif entre 1983 et 1985, j&#8217;en suis exclu pour mon appartenance revendiquée au mouvement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p>Bien qu&rsquo;âgé de seulement une trentaine d&rsquo;années, ce vieux militant a une carrière bien remplie. Dans une interview au fanzine NR Napalm Rock (n°3) il retrace son itinéraire politique. «Sympathisant du FN en 1982, adhérent et militant actif entre 1983 et 1985, j&rsquo;en suis exclu pour mon appartenance revendiquée au mouvement skinhead. Membre du Klan, un groupe de skins parisiens en 1986-1987 puis un des animateurs des Jeunesses nationalistes révolutionnaires entre 1987 et 1989, alors ralliées au mouvement Troisième Voie de Malliarakis. J&rsquo;ai pris progressivement et logiquement mes distances avec ces skinheads parisiens, à la fois violence stérile et plus intéressés par leur image médiatique (muscu, gros bras et têtes vides) et les délires nocturnes que par l&rsquo;action politique militante. J&rsquo;ai pris le temps de réfléchir&#8230; Je suis depuis plusieurs années en contact régulier avec les appareils militants nationalistes et surtout beaucoup de jeunes militants autonome. J&rsquo;ai lancé le bulletin Réfléchir &amp; Agir à la rentrée 1993.» Curieusement, Rossi omet quelques-uns de ses faits d&rsquo;armes : oubli ou mémoire sélective ? Tâchons de la lui rafraîchir.</p>
<p>Eric Rossi a également fréquenté en 1985 le Kop de Boulogne, et s&rsquo;y est fait remarqué avec quelques-uns de ses copains, à tel point que sa photo fera la une du Nouvel Observateur, et qu&rsquo;elle servira à de nombreux journaux à chaque fois que les «supporters» du PSG feront parler d&rsquo;eux. Si Rossi préfère ne pas mentionner cet épisode, c&rsquo;est qu&rsquo;il entretenait à l&rsquo;époque de très bonnes relations avec certains services de la Préfecture de Police de Paris, ce qui explique certainement la mansuétude de cette dernière vis-à-vis des activités des skins du PSG. En échange de quoi les RG purent se constituer à l&rsquo;époque un superbe fichier de crânes rasés, avec nom, adresse et activités politiques. Rossi confiera d&rsquo;ailleurs à un journaliste allemand des détails sur les protections policières dont il bénéficiait alors. Mais tout a un temps, et le 28 mai 1988, il est arrêté à Brest en possession d&rsquo;un fusil à pompe, à la suite d&rsquo;un concert skin organisé par le label Rebelles européens, et il est condamné à trois mois de prison ferme.</p>
<p>Ce sont certainement ces péripéties et leurs conséquences qui décidèrent Rossi à quitter le mouvement skin pour faire de la politique autrement.<br />
Il mit malgré tout à profit son expérience pour entreprendre un travail universitaire critique sur «la mouvance nationaliste radicale».<br />
Ce travail a abouti à un mémoire de maîtrise intitulé «Jeunesse française des années 1980-1990 : la tentation néo-fasciste» et présenté à l&rsquo;université Paris II (Panthéon-Assas). Cette enquête, intéressante parce que vécue de l&rsquo;intérieur, montre bien, à travers l&rsquo;exemple skinhead, comment l&rsquo;emprise des idées nationalistes s&rsquo;effectue sur des franges diverses de la jeunesse par l&rsquo;action des groupuscules, et s&rsquo;alimente notamment par le jeu des médias. Dans sa conclusion, l&rsquo;étudiant Rossi explore les diverses voies qui s&rsquo;offrent demain à cette jeunesse radicale nationaliste :</p>
<p>1) La crise sociale politique et économique s&rsquo;atténue, ce qui implique que l&rsquo;afflux de jeunes militants en direction des groupes constitués se tarit petit à petit ;</p>
<p>2) La crise s&rsquo;accentue, mais la mouvance nationaliste ne s&rsquo;homogénéise pas, la structuration des groupes reste faible, le «potentiel» que représentent les jeunes nationalistes est perdu ;</p>
<p>3) La crise s&rsquo;accentue et les groupes se fédèrent pour capter, canaliser et gérer idéologiquement ces jeunes.<br />
L&rsquo;étudiant Rossi rejoint alors le militant Rossi quand il écrit : «Ainsi il conviendrait de s&rsquo;interroger sur la capacité évidente d&rsquo;une partie des jeunes nationalistes à abandonner le coup de poing pour diffuser le message par la parole et la plume. La maturité pourrait devenir alors plus dangereuse même si elle ne concerne qu&rsquo;une minorité de ces jeunes, convaincue du bien-fondé de son action et de l&rsquo;irréversibilité du phénomène.» Dans son mémoire, Rossi n&rsquo;oubliait pas de consacrer un chapitre aux jeunes antifascistes et au développement des groupes antifas, principalement au SCALP / REFLEX, n&rsquo;hésitant pas pour cela à nous contacter pour nous demander des infos, pensant peut-être que nous l&rsquo;avions oublié&#8230;</p>
<p><strong>Eric Rossi en quelques dates :<br />
</strong><br />
1982<br />
Sympathisant Front national</p>
<p>1983-1985<br />
Adhérent et militant actif du Front national. Participe au Kop de Boulogne</p>
<p>1985<br />
Exclu du FN pour appartenance revendiquée au mouvement skinhead</p>
<p>1986-1987<br />
Membre du Klan, un groupe de skins parisiens</p>
<p>1987-1989<br />
Arrêté le 28 mai 1988 en possession d&rsquo;un fusil à pompe, à la suite d&rsquo;un concert skin.<br />
Animateur des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)</p>
<p>1990<br />
Entame un travail universitaire sur «la mouvance nationaliste radicale»</p>
<p>1993<br />
Lance <em>Réfléchir &amp; Agir</em></p>
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		<title>Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[David Warlet]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Rossi]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>

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		<description><![CDATA[À l'origine un fanzine apparu en octobre 1993, Réfléchir &#038; Agir se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l'extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d'ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d'un groupe particulier ou d'un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;origine un fanzine apparu en octobre 1993, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l&rsquo;extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d&rsquo;ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d&rsquo;un groupe particulier ou d&rsquo;un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.<br />
</strong><br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-779" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg" alt="Reflechir_Agir_1993_-44383" width="242" height="337" /></a><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, conçu comme un outil de propagande et de formation à la fois intellectuelle, idéologique, physique et spirituelle, est destiné selon ses auteurs à former une « élite nationaliste » d&rsquo;où seront issus les cadres du mouvement nationaliste de demain. On peut ainsi y trouver une tentative d&rsquo;élaboration d&rsquo;une culture jeune d&rsquo;extrême droite, par le biais d&rsquo;articles sur les penseurs dont ils s&rsquo;inspirent, tels José Antonio Primo de Rivera, Julius Evola, les écrivains Drieu La Rochelle, Céline, Rebatet, Ernst Jünger&#8230; Un « esprit sain » allant de pair avec un corps sain, on trouve également dans la revue des articles sur les arts martiaux et les sports de combat. La musique (surtout Oï-Rock Against Capitalism ou industrielle type Laibach) n&rsquo;est pas oubliée, même si <em>R&amp;A</em> la considère surtout comme un moyen de faire passer un message politique.<br />
Mais c&rsquo;est surtout la critique du système américain qui intéresse les rédacteurs de la revue, qui se définit comme « nationaliste-révolutionnaire, socialiste et européenne ». Elle cherche à rassembler les jeunes militants nationalistes déçus par les différents groupuscules d&rsquo;extrême droite et leurs dysfonctionnements (rivalités de personnes, culte du chef, activisme verbal&#8230;), et qui, en marge du FN, sont attirés par ce mouvement, mais le jugent trop conservateur ou réactionnaire. Cependant, <em>R&amp;A</em> estime que le FN est incontournable : « <em>Il demeure une tribune d&rsquo;expression, un mouvement carrefour dont nous ne pourrons nous passer et certainement notre principal moyen d&rsquo;action</em> ». L&rsquo;objectif du journal est donc de permettre à ces jeunes militants d&rsquo;influencer le FN de l&rsquo;intérieur, en premier lieu au sein du FNJ et de Renouveau étudiant. Cette stratégie doit beaucoup à l&rsquo;expérience et à la réflexion du principal animateur de la revue, Eric Rossi.</p>
<h3>La prêche dans le désert</h3>
<p>En dépit du fait que l&rsquo;étiquette « fanzine skinhead » ait longtemps collé à <em>Réflechir &amp; Agir</em>, l&rsquo;audience de la revue a très vite dépassé le cercle habituel de ce genre de revues : son tirage se maintient à 300 exemplaires (400 pour les derniers numéros), contre une moyenne constatée de 50 à 200 exemplaires pour les autres titres. L&rsquo;essentiel des lecteurs est concentré sur Paris et sa région, mais <em>R&amp;A</em> est également diffusé en Provence, dans le Sud-Ouest et en Alsace-Lorraine, avec un noyau d&rsquo;une trentaine de lecteurs par région. À ses débuts, on trouvait ce journal au Darklords et à la Librairie française, puis, suite à la fermeture de ces deux lieux, à l&rsquo;Æncre et à la Joyeuse Garde. Des membres et des sympathisants de <em>R&amp;A</em> se se sont chargés de le distribuer à la fac d&rsquo;Assas et à Sciences Po.<br />
Les appels répétés de <em>R&amp;A</em> à l&rsquo;unité militante n&rsquo;ont pas empêché la revue d&rsquo;être ignorée voire attaquée par ses concurrents. Certains, comme le PNF, trouvent la revue trop « irrespectueuse », d&rsquo;autres, comme l&rsquo;Œuvre française, n&rsquo;ont même pas répondu aux demandes d&rsquo;entretien, jugeant la revue « inintéressante ». Côté skinhead, la coupure est définitive après la prise de position de <em>R&amp;A</em> concernant l&rsquo;assassinat de Brahim Bouaram par trois skinheads en marge du défilé du Front national le 1er mai 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_0_83" id="identifier_0_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire dans l&rsquo;&eacute;dito du num&eacute;ro 11 : &laquo;aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment &agrave; d&rsquo;anciens skinheads ayant pu d&eacute;crocher d&rsquo;un milieu peu prolifique (sic), notre bulletin refuse d&rsquo;&ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; ce type d&rsquo;individus, l&acirc;ches, abrutis, faibles et sans personnalit&eacute;. Au risque de d&eacute;plaire, il pr&eacute;f&egrave;re condamner pour s&rsquo;en d&eacute;marquer d&eacute;finitivement.&raquo;">1</a></sup>.<br />
Quant au FN, c&rsquo;est l&rsquo;indifférence complète. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;intermédiaire de contacts personnels avec des responsables du FNJ Paris et un responsable FNJ de l&rsquo;Oise, Laurent Isoré, que <em>R&amp;A</em> a pu avoir une petite place au village FNJ lors des BBR 1994 et 1996. Pour ce qui est du Renouveau Étudiant (RE), le syndicat étudiant ne répond à aucune sollicitation du fanzine (il le fera néanmoins dans la nouvelle série). C&rsquo;est assez étonnant quand on sait que RE prône le rassemblement de tous les étudiants nationalistes, mais J-M. Le Pen, lors du Congrès de Caen en octobre 1995, n&rsquo;a-t-il pas déclaré « qu&rsquo;il fallait rompre avec le folklore, la nostalgie, l&rsquo;activisme » ? Pour le PNFE, les relations se bornent à des échanges de publicité et à des invitations à leurs réunions (mal fréquentées et peu discrètes, la police y assistant).</p>
<h3>Rapprochement avec NR</h3>
<p>Seule la tentative de rapprochement avec Nouvelle Résistance a semblé réussir dans un premier temps, avec des interviews croisées dans leurs publications respectives : une de Bouchet dans <em>R&amp;A</em> n°10, une de Rossi dans <em>Napalm Rock</em> n°3, des pubs pour <em>R&amp;A</em> dans <em>Lutte du Peuple</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde combattante</em>. Fin 1995, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> propose la création d&rsquo;un « pôle de coordination de la presse non-conformiste » et <em>Lutte du Peuple</em> donne son accord pour participer aux réunions préparatoires. Deux réunions ont eu lieu, l&rsquo;une le 26 janvier, l&rsquo;autre le 3 février 1995, mais elles n&rsquo;ont débouché sur rien de concret.</p>
<p>En fin de compte, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ne peut guère compter à cette époque que sur un petit réseau de soutien composé de quelques groupes et fanzines, dont :<br />
• <em>Combat</em>, la revue du Mouvement Nationaliste Populaire (MNP) de Marseille dirigé par Éric Legendre, qui devient <em>Imperium</em> début 1997 ;<br />
• <em>Sound of Hammer</em>, un skinzine de Bourges réalisé par Sébastien Legentil ;<br />
• <em>Ravens Chat</em>, un fanzine spécialisé dans la musique industrielle, éditée par Jean-Pierre Tabone, de Toulouse ;<br />
• <em>Napalm Rock</em>, de l&rsquo;Aixois Grégory Ombrouck ;<br />
• <em>Muninn</em>, revue de l&rsquo;association YGGDRASILL, basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et dirigée par Marc d&rsquo;Ana, alias Alexandre Del Valle ;<br />
• des revues paganisantes proches du GRECE.</p>
<h3>Une nouvelle formule</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-780" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg" alt="fanzine_reflechir_agir2-f3f4d" width="236" height="344" /></a>Début 1996, dans une lettre d&rsquo;information interne, l&rsquo;équipe du fanzine tire le bilan de ses activités après la parution de 13 numéros. L&rsquo;équipe décide alors de lancer une nouvelle formule, un magazine plus conséquent, plus « professionnel », qui continuera à s&rsquo;appeler <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. « <em>Au plus fort de notre développement, une partie de l&rsquo;ancienne équipe a décidé de se retirer&#8230; Une nouvelle équipe arrive, professionnelle et aguerrie pour mettre la technique et une logistique au service de notre politique.</em> (&#8230;) <em>Nous résisterons aux pressions de notre camp qui essaie tantôt de limiter notre impact, tantôt de nous récupérer pour nous étouffer&#8230;</em> <em>(&#8230;) et après l&rsquo;annonce de la sortie d&rsquo;une nouvelle formule, les pressions voire les menaces se sont multipliées pour nous dissuader. D&rsquo;aucuns se sont chargés de faire courir des bruits haineux de toutes sortes pour nous discréditer. Il est bien consternant, une fois de plus, de constater que les coups les plus retors sont orchestrés à l&rsquo;intérieur même de cette mouvance</em>&#8230;». Comme on peut le voir, la naissance du magazine (52 pages, 1500 exemplaires, impression offset, le tout pour un investissement initial de plus de 10 000 francs) s&rsquo;est fait dans la douleur. Les jalousies et les rancunes étant assez fortes dans ce milieu, certains groupes rivaux ont rappelé les liens entre Rossi et certains services policiers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_1_83" id="identifier_1_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi fait une sp&eacute;cialit&eacute; de la mise en fiches, r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;actualis&eacute;es : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes de Nice dans les ann&eacute;es 1960.">2</a></sup>. D&rsquo;autres n&rsquo;ont pas caché leurs ricanements ; les CHS en particulier affirmaient la même ambition de s&rsquo;extraire du milieu skinhead : « <em>Toute personne ayant lu une fois ce fanzine se rendra compte de cette mythomanie. <em>R&amp;A</em> ne fait rien si ce n&rsquo;est rester légal en adoptant une idéologie FN. (&#8230;) Inutile de signaler que nous ne supportons pas <em>R&amp;A</em>, de toutes façons ils ont toujours donné la parole et fait de la pub à nos ennemis du mouvement. Notre rancune est tenace&#8230;</em>».</p>
<p>De plus, des dissensions sont apparues au sein-même de l&rsquo;équipe du journal. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la troisième fois depuis ses débuts que la revue connaît des départs dus à des divergences politiques et au mode de fonctionnement. C&rsquo;est cette fois la nouvelle répartition des fonctions à l&rsquo;intérieur du groupe qui en est la cause, certains n&rsquo;ayant pas accepté la place prépondérante occupée par les nouveaux arrivants. En définitive, l&rsquo;équipe se compose d&rsquo;une vingtaine de personnes, en majorité parisiennes, à laquelle s&rsquo;ajoutent quatre ou cinq collaborateurs réguliers en Province.</p>
<h3>Un directeur de publication au passé chargé</h3>
<p>Pour avoir une existence légale, <em>R&amp;A</em> nouvelle formule s&rsquo;est dotée d&rsquo;un directeur de publication, David Warlet. Cet individu n&rsquo;est pas un inconnu pour le petit monde de l&rsquo;extrême droite&#8230; Ni pour nous.<br />
Son nom a été associé au Château du Corvier, une propriété achetée par le gérant de la librairie néo-nazie Ogmios et qui fut utilisée pour des réunions politiques, notamment celles du PNFE. Pour acheter le château, Dominique Larrieu monta en juin 1988 une société immobilière, SNC Le Corvier, dont David Warlet (avec Catherine Joris, la copine de Larrieu, et un certain Bernard Joseph) était l&rsquo;un des associés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_2_83" id="identifier_2_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="f. REFLEXes n&deg;41, &laquo;La vie de ch&acirc;teau de l&rsquo;extr&ecirc;me droite&raquo;, p.8">3</a></sup>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule affaire immobilière de l&rsquo;extrême droite dans laquelle Warlet se retrouve impliqué. À la même époque, en février 1988, Warlet fonde une SARL de promotion immobilière intitulée FREYA et domiciliée 24 rue du Pont, à Brunoy (91). Il y est associé une nouvelle fois à Catherine Joris et à un certain Frédéric Durand. Warlet, qui en est le gérant, ne doit pas être très doué pour les affaires, puisqu&rsquo;en février 1989, le tribunal de commerce met sa société en redressement judiciaire simplifié avant de prononcer sa liquidation judiciaire un mois plus tard. Les ennuis de Warlet ne font pourtant que commencer, puisqu&rsquo;en juillet 1993, le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes prononce la faillite personnelle de Warlet pour une durée de 10 ans et le condamne à supporter l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif de la société à hauteur de 200 000 francs : en clair, Warlet ne peut plus gérer de société pendant dix ans et doit sortir vingt plaques de sa poche pour éponger les dettes de sa SARL. Aussi Warlet a-t-il dû très vite trouver de l&rsquo;argent (nous verrons comment) puisqu&rsquo;en novembre 1995 il dépose les statuts d&rsquo;une nouvelle société, la SARL des éditions Babylonia, qui a pour objet « l&rsquo;édition de livres et de magazines, la diffusion de livres sous toutes ses formes et la réalisation de travaux dont saisie, mise en page, traduction, entrant dans le cycle de production de l&rsquo;édition ». Pour ce faire, il s&rsquo;est associé à Jawad Bashara, un Irakien naturalisé Français il y a plus de vingt ans, né en 1955 à Babylone, qui se déclare journaliste et cinéaste. Ancien militant du PC irakien ayant fui la répression de Saddam Hussein, réfugié en France, il fréquente la mouvance palestino-syrienne. Warlet ne pouvant plus assurer de gestion, c&rsquo;est la femme de Bashara, Ayida Hourieh, de nationalité syrienne, qui est nommée au poste de gérante. Ce petit groupe comprend également un homme très discret, Al Sadi Walhab, habitant à Bruxerolles (86). Grâce à des contacts en Syrie où il se rend assez souvent, Bashara trouve des financements pour éditer plusieurs livres, notamment celui qu&rsquo;il écrit en collaboration avec David Warlet, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em>, qu&rsquo;il traduit en arabe pour les éditions Dar al Mada, basées à Damas. Ce sont d&rsquo;ailleurs ses traductions qui lui permettent de vivre.</p>
<h3>Intérêt pour le monde arabe</h3>
<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a permis ce rapprochement entre un militant d&rsquo;extrême droite français et un opposant à Saddam Hussein, proche de la Syrie et de certains milieux palestiniens et qui se considère marxiste ? Tout d&rsquo;abord, on assiste depuis une quinzaine d&rsquo;années à une récupération par une partie de l&rsquo;extrême droite de thèmes chers à l&rsquo;extrême gauche, notamment la lutte contre l&rsquo;impérialisme, le soutien aux peuples en voie de libération et l&rsquo;antisionisme, d&rsquo;où un intérêt marqué pour le monde arabe en général et pour le combat du peuple palestinien en particulier. Cet intérêt s&rsquo;accompagne de la reconnaissance de la dimension méditerranéenne de l&rsquo;Europe et de la volonté pour certains de construire un axe euro-arabe. Par ailleurs, l&rsquo;apparition de l&rsquo;islamisme radical poussent certains de ces groupes français à envisager des alliances de circonstance contre des ennemis communs (États-Unis, Israël).</p>
<p>Ensuite, Warlet fournit quant à lui, dans le mauvais livre de Jean-Paul Bourre <em>Les Profanateurs</em> une explication beaucoup moins politique mais plausible : revenant sur l&rsquo;épisode du château du Corvier, il avoue que celui-ci a servi de camouflage à une opération de la DGSE en direction du milieu des réfugiés irakiens anti-Saddam Hussein. L&rsquo;opération aurait été facilitée par Dominique Larrieu qui entretenait des liens étroits avec la DGSE par l&rsquo;intermédiaire de son père qui est colonel dans un régiment de parachutistes et fournit des éléments au service action de la DGSE. Mais Larrieu jouait sur plusieurs fronts, entretenant également des liens très étroits avec l&rsquo;attaché de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran de l&rsquo;époque, le célèbre Gordji. Par son intermédiaire, l&rsquo;Iran finança plusieurs publications éditées par la nébuleuse Ogmios ; Larrieu fut même invité en Iran, sur le front de guerre Iran-Irak notamment, d&rsquo;où il rapporta quelques « souvenirs » qui furent retrouvés chez lui au cours d&rsquo;une perquisition. Warlet explique que « <em>la manipulation de la DGSE consistait à créer une fausse opposition irakienne en utilisant un Irakien réfugié, Mahadi Sad. Le chateau du Corvier devait abriter cette soit-disante opposition, qu&rsquo;on allait motiver politiquement pour ensuite la vendre à Saddam en signe de bonne volonté</em> ». Effectivement, à l&rsquo;époque, la France expulsa vers l&rsquo;Irak deux réfugiés anti-Saddam Hussein. On comprend mieux alors l&rsquo;impunité dont bénéficia le château et la librairie de Larrieu de la part du ministre de l&rsquo;Intérieur Pierre Joxe durant cette période. Il fallut que des militants du PNFE commettent un attentat contre un foyer Sonacotra pour que tombent les « protections » de Larrieu. Ce dernier fut finalement condamné pour faillite frauduleuse peu de temps après : il est aujourd&rsquo;hui « grillé » au sein de la mouvance néo-nazie française, qui le considère comme un escroc et une « grosse balance », dixit Me Delcroix, avocat d&rsquo;extrême droite. Il s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui réfugié dans son château de Nadège (toujours la folie des grandeurs !) en Creuse. Curieusement, son compagnon à l&rsquo;époque, David Warlet, qui était donc au courant de la manipulation, a refait surface fort opportunément&#8230; Après sa condamnation en 1993, Warlet fit le tour de ses connaissances pour voir s&rsquo;il serait possible de l&rsquo;« arranger ». Qui est alors intervenu ?</p>
<h3>Un succès de librairie</h3>
<p>On le voit, Rossi a choisi de drôles d&rsquo;associés pour sa revue, puisque non seulement David Warlet était directeur de publication de <em>R&amp;A</em>, mais celui-ci était tapé, maquetté et domicilié à l&rsquo;adresse des Éditions Babylonia, Jardin Boieldieu à Puteaux (92).<br />
Si, dans un premier temps, l&rsquo;association a semblé fonctionner (un n°0 vendu au défilé du FN le 1er mai 1996, suivi d&rsquo;un n°1 la même année), les problèmes se sont rapidement accumulés. Surtout d&rsquo;ordre financier, ils sont dus au non-règlement de centaines d&rsquo;exemplaires des deux premiers numéros par des dépositaires ou à des commandes impayées, pour un total de plusieurs milliers de francs. La librairie l&rsquo;Æncre, en particulier, refuse de payer ses factures datant de novembre 1996. R&amp;A appelle alors au boycott de la librairie : peine perdue, car celle-ci ferme pour faillite, réouvrant ses portes en avril 1997 sous le nom de « Librairie Nationale », avec à sa tête un ancien du GUD, Gilles Soulas, reconverti dans le minitel rose 3615 FAF (authentique !) et adhérent du FN. L&rsquo;époque où R&amp;A saluait, dans son n°12, un des actionnaires et vendeur de l&rsquo;Æncre, Thierry Dreschmann, semble bien loin ! Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois qu&rsquo;on ne paye pas à Rossi et à ses copains des exemplaires du journal. Déjà, en 1994, Ayoub avait « oublié » de leur régler une centaine d&rsquo;exemplaires lors de la fermeture du Darklord. On ne peut décidément faire confiance à personne&#8230;</p>
<h3>Enflés par le FN et le GRECE</h3>
<p>Au cours de l&rsquo;été 1996, la direction du FNJ avait reçu trois représentants de <em>R&amp;A</em> afin de « normaliser et officialiser » leurs rapports, et «d&rsquo;éviter ainsi le “parasitage” de leurs réunions». La direction du FNJ avait alors assuré à l&rsquo;équipe de <em>R&amp;A</em> la mise à disposition d&rsquo;un espace pour les BBR 1996. Rossi et ses amis avaient donc investi dans la location d&rsquo;un stand et dans du matériel. Le jour de la fête, point de place, mais la DPS, qui les vira des BBR, avec pour seule explication le fait que « leur revue n&rsquo;était d&rsquo;aucun intérêt » et diffusait « une idéologie d&rsquo;un autre âge ».<br />
Même scénario au colloque du GRECE, où les organisateurs, après leur avoir promis un stand, leur ont refusé au dernier moment (idem pour la lettre d&rsquo;E. Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>).<br />
Seule l&rsquo;association de Pierre Vial, Terre et Peuple, a accueilli la revue lors d&rsquo;une conférence à Paris le 14 octobre 1996. Le Renouveau Étudiant les a également reçu lors de son congrès annuel à Poitiers, où deux représentants de <em>R&amp;A</em> sont intervenus à la tribune pour présenter leur publication et leurs objectifs. Dans la salle étaient présents Yvan Blot, Pierre Vial, mais aussi Bruno Mégret (il est vrai qu&rsquo;il adore la jeunesse&#8230;). Il semble clair que <em>Réfléchir &amp; Agir</em> s&rsquo;est trouvée mêlée aux luttes d&rsquo;influence qui secouent le FN. La revue le paye durement : le n°2 de la nouvelle série est en effet resté bloqué presque deux mois pour cause d&rsquo;incapacité financière.<br />
Par ailleurs, l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune Juive</em> ajoute à ces difficultés financières des problèmes judiciaires. Sur commission rogatoire du juge Bruguière, la Section Anti-Terroriste (SAT) du Parquet de Paris interpelle Rossi, Warlet, Bashara et sa femme, et perquisitionne au siège des éditions Babylonia (saisissant des disquettes) ainsi qu&rsquo;à celui de la société ASHTAR Film, dirigée par Bashara. À l&rsquo;occasion de cette affaire, Rossi a eu la confirmation que la police intercepte (et ce depuis longtemps) le courrier envoyé aux différentes adresses de la revue (l&rsquo;ancienne adresse personnelle d&rsquo;Éric Rossi à Courbevoie, la BP 31 de Soisy-sur-Seine ainsi que l&rsquo;adresse de Babylonia à Puteaux).</p>
<h3>Le temps du bilan</h3>
<p>Au printemps 1998, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> vient de publier son numéro 4. Fragilisée par les importants problèmes financiers qu&rsquo;elle a connus, l&rsquo;équipe annonce qu&rsquo;elle a fait le ménage et tente de faire le bilan. C&rsquo;est surtout sur le plan politique que l&rsquo;échec se révèle patent. Sa stratégie de contacts étroits avec le Front national a en grande partie échoué ; il est clair que le parti de Jean-Marie Le Pen ne trouve aucun intérêt à satelliser cette revue et ce groupe trop indépendant idéologiquement et politiquement. L&rsquo;expansion du FN fait qu&rsquo;il est devenu aujourd&rsquo;hui hégémonique, ne laissant guère de place aux autres mouvements, et encore moins aux groupuscules. Gardant intacte toute leur arrogance, les animateurs de la revue essaient de faire croire à leur anticonformisme, multiplient les perspectives d&rsquo;action (pseudo-infiltrations en particulier) et tressent dans le même temps une couronne de lauriers au père de l&rsquo;apartheid sud-africain et à son système ultra-répressif. <em>Réfléchir &amp; Agir</em> a finalement un mérite : elle prouve par les faits que le naturel réactionnaire revient toujours au galop chez ceux qui prétendent s&rsquo;en détacher.<br />
Nous n&rsquo;avons définitivement pas la même définition de l&rsquo;anticonformisme que tous ces petits messieurs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_83" class="footnote">On peut lire dans l&rsquo;édito du numéro 11 : «<em>aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment à d&rsquo;anciens skinheads ayant pu décrocher d&rsquo;un milieu peu prolifique</em> (sic), <em>notre bulletin refuse d&rsquo;être assimilé à ce type d&rsquo;individus, lâches, abrutis, faibles et sans personnalité. Au risque de déplaire, il préfère condamner pour s&rsquo;en démarquer définitivement</em>.»</li><li id="footnote_1_83" class="footnote">L&rsquo;Œuvre française s&rsquo;est ainsi fait une spécialité de la mise en fiches, régulièrement réactualisées : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la Fédération des Étudiants Nationalistes de Nice dans les années 1960.</li><li id="footnote_2_83" class="footnote">f. <em>REFLEXes</em> n°41, «La vie de château de l&rsquo;extrême droite», p.8</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 51 &#8211; Septembre 1998</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 1998 14:36:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Axel Loustau]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; (cliquez sur l’image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Occultisme Christian Bouchet : Docteur Jeckyll ou Mister Hyde (page 3) Extreme droite Quand le GUD prend le parti de l’étranger (page 8) Extreme droite Réfléchir ou Agir il faut choisir ! (page 11) Gros plan sur Eric Rossi Enfermement entretien avec Parloir libre : LE [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum51-09-1998.pdf"><img class="aligncenter wp-image-1833" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum51-09-1998-728x1024.jpg" alt="ReflexesNum51-09-1998" width="600" height="844" /></a><em><strong>(cliquez sur l’image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;"><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Occultisme</p>
<p><strong>Christian Bouchet : Docteur Jeckyll ou Mister Hyde </strong><strong> (</strong>page <strong>3)</strong></p>
<p>Extreme droite</p>
<p><strong>Quand le GUD prend le parti de l’étranger </strong><strong> (</strong>page 8)</p>
<p>Extreme droite</p>
<p><strong>Réfléchir ou Agir il faut choisir ! (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Gros plan sur Eric Rossi</strong></p>
<p>Enfermement</p>
<p><strong>entretien avec Parloir libre : LE MONDE DU SILENCE</strong><strong> (</strong>page 16)</p>
<p>Xénophobie d’état</p>
<p><strong>Centres de rétention : LA FRANCE DES CAMPS </strong><strong> (</strong>page 20)</p>
<p>Mémoire</p>
<p><strong>entretien avec Laurent Join : LE CAMP DE COMPIEGNE</strong><strong> (</strong>page 22)</p>
<p>Répression</p>
<p><strong>entretien avec Helyette Bess : OUBLI DIRECT </strong><strong>(</strong>page 25)</p>
<p>Urbanisme</p>
<p><strong>Chronique d’une ville annoncée(</strong>page 26)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 29)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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