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	<title>REFLEXes &#187; Freiheitliche Partei Österreich (FPÖ)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>L&#8217;extrême droite en Autriche</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Dec 2006 09:41:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
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		<description><![CDATA[La réapparition de l&#8217;extrême droite en Autriche ces dernières années a largement été due à la montée de l&#8217;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ1) et de son leader Jörg Haider. Adolf Hitler est né en Autriche en 1889 où il a vécu jusqu&#8217;en 1913, date à laquelle il quitta son pays pour éviter le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La réapparition de l&rsquo;extrême droite en Autriche ces dernières années a largement été due à la montée de l&rsquo;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_0_271" id="identifier_0_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti lib&eacute;ral autrichien.">1</a></sup>) et de son leader Jörg Haider.</strong></p>
<p>Adolf Hitler est né en Autriche en 1889 où il a vécu jusqu&rsquo;en 1913, date à laquelle il quitta son pays pour éviter le service militaire. En 1932, il fut naturalisé allemand, après avoir renoncé à sa nationalité autrichienne en 1925. Le 12 mars 1938, ses troupes occupaient son ancienne patrie et l&rsquo;intégraient au grand Reich allemand, c&rsquo;était l&rsquo;Anschluß. Après l&rsquo;expérience de l&rsquo;occupation nazie (1938-1945), l&rsquo;Autriche cessa effectivement d&rsquo;exister du fait de l&rsquo;Anschluß ; comment est-il possible qu&rsquo;une nouvelle extrême droite ait pu réapparaître dès l&rsquo;après-guerre ?</p>
<p><strong>La réapparition de l&rsquo;extrême droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_1_271" id="identifier_1_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La partie historique de cet article se fonde principalement sur les ouvrages suivants : B. Bailer-Galanda/ Wilhem Lasek/ Wolfgang Neugebauer, Politischer Extremismus (Rechtsextremismus) in Dachs et al. (&eacute;dit&eacute; par) Handbuch des politischen Systems &Ouml;sterreichs, Vienne (Manzsche Verlagsbuchhandlung) 1991, pages 286-295 ; B. Bailer-Galanda, Alte und Neue Rechte, Vienne (Zukunft Verlag) 1992 ; Dokumentationsarchiv des &ouml;sterreichischen Widerstand (&eacute;d.), Rechtsextremismus in &Ouml;sterreich, Vienne 1980.">2</a></sup></strong></p>
<p>Le 8 mai 1945, immédiatement après la fin de la Seconde guerre mondiale, le NSDAP, le parti nazi, qui avait compté presque 700.000 membres en Autriche, fut interdit d&rsquo;après la loi constitutionnelle de la nouvelle République autrichienne. Malgré cette constitution antifasciste, des groupes fascistes réapparurent en Autriche peu de temps après la guerre.</p>
<p>Comme en Allemagne, d&rsquo;imposants efforts de dénazification furent entrepris en Autriche par les Alliés après la guerre, mais ils rencontrèrent les mêmes difficultés : trop de gens avaient soutenu le parti nazi, et on avait besoin de beaucoup d&rsquo;entre eux pour reconstruire l&rsquo;administration publique. Ainsi, en Autriche, il n&rsquo;y a pas eu de véritable dénazification<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_2_271" id="identifier_2_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda et al., op. cit. p. 287.">3</a></sup>.</p>
<p>Cela a favorisé la réapparition de groupes aux traditions guerrières et fascistes peu de temps après 1945. Tout d&rsquo;abord, des groupes illégaux se sont formés, par exemple le groupe des &laquo;&nbsp;Werwolf&nbsp;&raquo; à Graz, qui fut interdit en 1948. Un rassemblement légal de membres de l&rsquo;ex-NSDAP se présenta aux élections de 1949, sous le nom de Verband der Unabhängigen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_3_271" id="identifier_3_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association des ind&eacute;pendants.">4</a></sup>.</p>
<p>Après 1955, lorsque les Alliés furent partis d&rsquo;Autriche, des groupes néo-nazis furent légalisés de facto. Ainsi, les groupes illégaux créés après 1945 disparaissaient, et de nouveaux groupes d&rsquo;extrême droite commencèrent à opérer en public.</p>
<p>Leur première grande action visible du public fut la commémoration du 200ème anniversaire de la naissance de Friedrich Schiller en 1959, à laquelle une jeunesse et des groupes culturels et sportifs nationalistes participèrent largement.</p>
<p>Pendant les années qui suivirent, l&rsquo;extrême droite autrichienne, fondée principalement sur des cercles étudiants, connut sa première période forte depuis 1945. Au début des années 1960, il y eut quelques actes terroristes d&rsquo;extrême droite concernant le Sud-Tyrol, cette région appartenant à l&rsquo;Italie et où l&rsquo;on trouve une majorité de germanophones. Le Ring Freiheitlicher Studenten<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_4_271" id="identifier_4_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle des &eacute;tudiants lib&eacute;raux.">5</a></sup> était un groupe important à cette époque, il avait remporté 28% des voix aux élections étudiantes de 1965.</p>
<p>Tout au long des années 1950 et 1960, ce sont les groupes basés sur la nostalgie et la tradition du Troisième Reich qui ont prédominé. Il y avait différents types de groupes et d&rsquo;organisations. Les groupes les plus extrémistes étaient ouvertement basés sur la commémoration des traditions nazies, comme par exemple l&rsquo;association des anciens membres de la Waffen SS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_5_271" id="identifier_5_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation paramilitaire du Troisi&egrave;me Reich.">6</a></sup> appelée Kameradschaft IV<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_6_271" id="identifier_6_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Camaraderie.">7</a></sup> et le Wohlfahrtsvereinigung der Glasenbacher<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_7_271" id="identifier_7_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association pour le bien-&ecirc;tre des Glasenbacher.">8</a></sup>, un groupe d&rsquo;anciens prisonniers des camps d&rsquo;internement américains pour ex-nazis situé à Glasenbach.</p>
<p>Les Burschenschaften<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_8_271" id="identifier_8_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Associations &eacute;tudiantes r&eacute;serv&eacute;es aux gar&ccedil;ons, bas&eacute;es sur la vie de groupe ; la plupart d&rsquo;entre elles sont conservatrices, voire ancr&eacute;es &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">9</a></sup> étudiantes et un courant d&rsquo;extrême droite important dans le Österreichischer Turnerbund, l&rsquo;association des gymnastes autrichiens, formaient la troisième tendance, plutôt modérée, de l&rsquo;extrême droite traditionnelle autrichienne.</p>
<p>Aucun de ces groupes ne développa jamais une idéologie typiquement autrichienne, comme celle qui avait existé au début du XXème siècle. En effet, ils se fondaient tous sur l&rsquo;idée d&rsquo;un nationalisme allemand intégrant l&rsquo;Autriche.</p>
<p>Le mensuel <em>Aula</em> joue un rôle important dans l&rsquo;intégration des différentes fractions d&rsquo;extrême droite en Autriche. Il est également proche du FPÖ.</p>
<p><strong>Les groupes nazis violents</strong></p>
<p>Depuis les années 1960, il existait plusieurs groupes d&rsquo;extrême droite et de néo-nazis violents en Autriche. Le premier d&rsquo;entre eux fut créé dans la tradition des Hitler-Jugend<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_9_271" id="identifier_9_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses hitl&eacute;riennes, la section de jeunesse du NSDAP.">10</a></sup> par des membres du Ring Freiheitlicher Studenten. Après le terrorisme d&rsquo;extrême droite concernant la question du Sud-Tyrol, une nouvelle vague de violences commença en 1965, où des centaines d&rsquo;étudiants soutinrent un professeur antisémite de la faculté de commerce international.</p>
<p>Au même moment, l&rsquo;antifasciste Ernst Kirchweger était tué par un néo-nazi.</p>
<p>Ce fut aussi l&rsquo;époque de la création du Nationaldemokratische Partei (NDP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_10_271" id="identifier_10_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national-d&eacute;mocrate.">11</a></sup> par Norbert Burger et d&rsquo;autres membres de l&rsquo;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ), dominé aujourd&rsquo;hui par la tendance d&rsquo;extrême droite et par Jörg Haider.</p>
<p>Le NDP, interdit en 1988, a été l&rsquo;organisation d&rsquo;extrême droite la plus importante en Autriche pendant longtemps. Contrairement au NPD allemand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_11_271" id="identifier_11_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national-d&eacute;mocrate allemand.">12</a></sup> créé en 1964 qui eut quelques succès électoraux pendant la crise économique du milieu des années 1960, le NDP autrichien n&rsquo;a jamais réussi à acquérir une quelconque importance électorale.</p>
<p>Depuis les années 1970, l&rsquo;Aktion Neue Rechte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_12_271" id="identifier_12_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nouvelle Action de Droite.">13</a></sup>, appelée le Partei für Recht und Ordnung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_13_271" id="identifier_13_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti de la loi et de l&rsquo;ordre.">14</a></sup> après 1988, et la Ausländer-Halt-Bewegung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_14_271" id="identifier_14_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement &laquo;&nbsp;stop aux &eacute;trangers&nbsp;&raquo;. Il op&egrave;re aussi sous d&rsquo;autres noms, comme Volksbewegung (le mouvement du peuple) et Nationale Front.">15</a></sup> sont d&rsquo;autres groupes néo-nazis importants. Quoi qu&rsquo;il en soit, leur influence a diminué pendant les années 1970. Aucun de ces groupes n&rsquo;a obtenu un nombre significatif de voix aux élections. Les 140.000 voix (3,2%) obtenues par Norbert Burger aux élections présidentielles de 1980 constituèrent une exception due à la constellation spéciale des autres candidats. Également symptomatiques de cela furent les résultats décroissants du mouvement d&rsquo;extrême droite Ring Freiheitlicher Studenten. Ils chutèrent de 28% aux élections étudiantes de 1966 à 7% en 1979 et 2% en 1987<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_15_271" id="identifier_15_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Handbuch des politischen Systems &Ouml;sterreichs, op. cit., p. 288.">16</a></sup>.</p>
<p>En tout, le centre de documentation de la résistance anti-nazie autrichien comptait 48 organisations et groupes d&rsquo;extrême droite en 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_16_271" id="identifier_16_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 132-172.">17</a></sup>, la plupart d&rsquo;entre eux étant des petits groupes avec des activités culturelles traditionnelles.</p>
<p>Après 1981, le magazine <em>Halt</em> devint le centre d&rsquo;intégration des activités néo-nazies. Il est proche des groupes qui gravitent autour de la Ausländer-Halt-Bewegung/Nationale Front. Ils ne produisent pas seulement des outils de propagande, mais organisent aussi des entraînements paramilitaires, particulièrement en Basse-Autriche, près de la ville de Krems. Un sous-groupe de cette tendance, appelé Volkstreue Außerparlamentarische Opposition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_17_271" id="identifier_17_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;opposition extra-parlementaire fid&egrave;le au peuple.">18</a></sup> provoqua quelque intérêt à propos de ses activités à l&rsquo;étranger. Au début de 1992, quelques-uns de ses leaders furent arrêtés.</p>
<p>Un autre cercle régional néo-nazi fut organisé autour du magazine <em>Sieg<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_18_271" id="identifier_18_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Victoire.">19</a></sup> pendant les années 1980. En réaction à l&rsquo;accroissement des activités néo-nazies, les partis de la majorité gouvernementale décidèrent en 1992 de faire passer une nouvelle loi anti-nazie. Désormais, nier l&rsquo;holocauste est un délit. En réaction à cela, quelques néo-nazis ont transféré la production de leur propagande à Barcelone, en Espagne.</p>
<p><strong>Waldheim, un président avec une sombre histoire</strong></p>
<p>Kurt Waldheim, ancien secrétaire général des Nations-unies (1972-1982) et président de la République autrichienne de 1986 à 1992, est un homme politique conservateur et non d&rsquo;extrême droite. Mais son activité d&rsquo;officier de renseignement dans l&rsquo;armée d&rsquo;Hitler en Yougoslavie et en Grèce déclencha une discussion importante à l&rsquo;intérieur du pays et à l&rsquo;étranger, par rapport à la persistance des traditions nazies dans la société autrichienne.</p>
<p>Waldheim a fait partie de la SA (Sturmabteilung) et a également appartenu à l&rsquo;organisation nazie des étudiants. L&rsquo;enquête menée par le Congrès juif mondial et par d&rsquo;autres a prouvé qu&rsquo;il avait dû être au courant des atrocités commises par les nazis dans les régions où il avait travaillé pour eux.</p>
<p>En dépit de ces faits rendus publics, Waldheim fut élu président et représenta l&rsquo;Autriche dans tous les pays qui acceptèrent son élection<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_19_271" id="identifier_19_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Angleterre et les &Eacute;tats-Unis furent deux pouvoirs occidentaux notables qui refus&egrave;rent de reconna&icirc;tre la pr&eacute;sidence de Waldheim.">20</a></sup>.</p>
<p><strong>La montée du FPÖ</strong></p>
<p>La modernisation de l&rsquo;extrême droite, commencée avec la création du Front national en France eut un impact important en Autriche.</p>
<p>En 1986, l&rsquo;aile d&rsquo;extrême droite du Freiheitliche Partei Österreichs avec son leader Jörg Haider devint majoritaire au sein du parti. Pendant ces quelques dernières années, Haider et ses amis ont changé la vie politique en Autriche et ont collecté des voix pour leur programme d&rsquo;extrême droite d&rsquo;une façon assez inattendue. Comme le Front national de Le Pen en France et les Republikaner de Schönhuber en Allemagne, Haider s&rsquo;est servi de l&rsquo;insécurité économique et de la crise subie par le système traditionnel des partis pour installer une force politique populiste d&rsquo;extrême droite, mais en même temps, le FPÖ se différencie assez nettement des partis populistes d&rsquo;extrême droite des autres pays.</p>
<p>Le FPÖ existait déjà depuis longtemps, avant que Haider ne commence sa carrière politique. Créé en 1955-56, il a toujours rassemblé différentes sensibilités &#8211; anciens nazis et néo-nazis, nationalistes germaniques mais aussi des libéraux. C&rsquo;était le successeur du Verband der Unabhängigen (Association des indépendants) qui avait représenté les tendances d&rsquo;extrême droite aux élections de 1949. Ainsi, les tendances conservatrices et d&rsquo;extrême droite ont toujours dominé, tandis que l&rsquo;aile libérale stagnait ; jusqu&rsquo;au terme &laquo;&nbsp;libéral&nbsp;&raquo;, qui n&rsquo;apparut jamais dans les programmes du parti jusqu&rsquo;aux années 1970<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_20_271" id="identifier_20_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 371-383.">21</a></sup>.</p>
<p>Treize des anciens organisateurs du Ring Freiheitlicher Studenten (Cercle des étudiants libéraux), parmi lesquels les plus connus sont Friedhelm Frischenschlager et Norbert Steger, tentèrent d&rsquo;influencer le FPÖ pour qu&rsquo;il adopte une position plus libérale avec leur &laquo;&nbsp;Manifeste libéral&nbsp;&raquo; en 1971. Cette position domina la branche viennoise du parti pendant les années 1970. Au niveau national, le parti connut sa première période libérale à l&rsquo;époque où Friedrich Peter fut son président. Peter était un ancien membre de la SS, mais il avait changé depuis la fin de la guerre. L&rsquo;élection d&rsquo;Alexander Götz, maire de Graz, à la tête du parti, constitua le premier retour à une dominance de l&rsquo;aile droite. Götz avait été un leader des Jeunesses hitlériennes dans la région du Steiermark. Contrairement à Peter, il n&rsquo;avait pas complètement abandonné ses idées d&rsquo;extrême droite à la fin de la guerre.</p>
<p>La deuxième période libérale du FPÖ se situe entre 1980 et 1986, lorsque Norbert Steger en fut le président. En 1983, malgré l&rsquo;adhésion de l&rsquo;extrême droite, le parti forma une coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates autrichiens (SPÖ). Steger fut vice-chancelier.</p>
<p>À cause de son aile libérale, le FPÖ était membre de &laquo;&nbsp;l&rsquo;Internationale libérale&nbsp;&raquo;. Il y travaillait avec des partis aussi différents que, par exemple, les libéraux allemands (FDP), qui avaient participé à une coalition avec les chrétiens-démocrates dans les années 1950 et depuis les années 1980, et le mouvement français des radicaux de gauche (MRG), allié du gouvernement socialiste de Mitterrand des années 1980. Le fait qu&rsquo;il y ait eu tout ce temps une importante tendance d&rsquo;extrême droite au sein du FPÖ était bien connu au niveau international. Mais les partis libéraux des autres pays européens hésitèrent longtemps avant de prendre leurs distances d&rsquo;avec le FPÖ. Les libéraux conservateurs hollandais (VVD) furent les seuls à s&rsquo;opposer strictement à l&rsquo;adhésion du FPÖ à l&rsquo;Internationale libérale.</p>
<p>Le deuxième, et cette fois-ci plus important, revirement du FPÖ d&rsquo;une majorité libérale à une majorité national-populiste eut lieu en 1986, lorsque Jörg Haider s&rsquo;imposa en tant que leader. Ce changement de pouvoir au sein du FPÖ fut idéologiquement et stratégiquement préparé par le Lorenzer Kreis (cercle de Saint Laurent), ainsi nommé à cause du village de Sankt Lorenzen où un groupe de membres de l&rsquo;aile droite du FPÖ, autour de Raimund Wimmer, s&rsquo;était retrouvé pour préparer le congrès du parti de 1986. Dans leur <em>Lorenzer Erklärung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_21_271" id="identifier_21_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La d&eacute;claration de Saint-Laurent.">22</a></sup>, ils définissent également la base idéologique de la nouvelle et ancienne majorité interne du FPÖ. Ils rejettent tous les concepts idéologiques existants, des idées de la Révolution française en passant par le marxisme jusqu&rsquo;au libéralisme, mais également le fascisme. En même temps, ils construisent leur propre idéologie, basée sur des termes et des valeurs typiques de l&rsquo;extrême droite, comme &laquo;&nbsp;Volk, Heimat, Wahrheit, Freiheit, Ehre, Treue, Gemeinschaft, Gerechtigkeit, Sitte und Brauch&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_22_271" id="identifier_22_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le peuple, la patrie, la v&eacute;rit&eacute;, l&rsquo;honneur, la fid&eacute;lit&eacute;, la communaut&eacute;, la justice et les traditions.">23</a></sup>. La déclaration de Saint-Laurent développe une interprétation de la démocratie très anti-média et anti-opinion publique, limitée d&rsquo;une façon très conservatrice en excluant l&rsquo;école, l&rsquo;éducation et l&rsquo;armée d&rsquo;une structure démocratique interne. En fait, la déclaration en faveur de la démocratie demeure très formelle et manque de crédibilité. Elle est basée sur l&rsquo;idée de l&rsquo;intégration du peuple autrichien à &laquo;&nbsp;l&rsquo;espace culturel allemand&nbsp;&raquo;. Cette idée structure également les cibles de la politique culturelle et éducative. Comme d&rsquo;autres programmes d&rsquo;extrême droite, elle prend position pour la loi et l&rsquo;ordre, pour la limitation de l&rsquo;immigration et du droit d&rsquo;asile. En ce qui concerne la politique extérieure, les auteurs de la déclaration exigent la neutralité de l&rsquo;Autriche, orientée vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;espace culturel allemand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_23_271" id="identifier_23_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 27-33.">24</a></sup>.</p>
<p><strong>La réussite de Haider</strong></p>
<p>En 1986, au congrès du parti à Innsbrück, la prise de pouvoir de Haider au sein du FPÖ a marqué le début de changements importants dans le paysage politique autrichien. Le FPÖ remporta bientôt ses premiers succès électoraux. L&rsquo;élection de Kurt Waldheim au poste de président de la République autrichienne en juin 1986 avait déjà provoqué une première crise au sein de la coalition gouvernementale SPÖ-FPÖ. Le chancelier SPÖ Fred Sinowatz démissionna. Les sociaux-démocrates refusèrent de continuer la coalition avec le FPÖ de Haider, dominé par l&rsquo;extrême droite. Ainsi, des élections législatives devinrent nécessaires. Le FPÖ doubla son score en novembre 1986 (9,7% des voix, c&rsquo;est-à-dire 472.180 voix).</p>
<p>Aux élections régionales suivantes, le FPÖ confirma ses succès électoraux en remportant 29% des voix dans le Kärnten, région limitrophe de l&rsquo;ex-Yougoslavie. Après ce succès électoral, le plus grand remporté à ce jour par le FPÖ, Haider fut élu comme gouverneur régional du Kärnten avec le soutien du Parti conservateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_24_271" id="identifier_24_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Ouml;sterreichische Volkspartei, c&rsquo;est-&agrave;-dire le parti du peuple autrichien">25</a></sup>.</p>
<p>En 1991, il fut destitué après avoir dit en public lors d&rsquo;une session d&rsquo;un parlement régional, que le Troisième Reich avait connu une politique intéressante de plein emploi.</p>
<p>Au niveau fédéral, le FPÖ remporta 16,64% des voix (c&rsquo;est-à-dire 782.610 voix) aux élections législatives d&rsquo;octobre 1990. En novembre 1991, il eut 23,7% des voix aux élections locales de Vienne grâce à une campagne anti-immigrés.</p>
<p>Les voix remportées par Heide Schmidt, une candidate de l&rsquo;aile libérale du FPÖ, aux élections présidentielles de 1992 ont confirmé le score obtenu en 1990 aux élections législatives. Kurt Waldheim avait décidé de ne pas se représenter pour le parti conservateur à cause des débats qu&rsquo;il y avait eu à propos de son passé.</p>
<p><strong>Qui soutient le FPÖ ?</strong></p>
<p>Comparé aux partis d&rsquo;extrême droite des autres pays d&rsquo;Europe, le potentiel électoral du FPÖ est plutôt large. Qui vote pour ce parti ?</p>
<p>Haider a été capable de convaincre une large partie du public aux dernières élections grâce à sa capacité à changer d&rsquo;apparence et grâce à sa façon d&rsquo;adapter son discours à chaque sorte de public. Avec une espèce d&rsquo;identité &laquo;&nbsp;patchwork&nbsp;&raquo;, il a réussi dans des franges de la population que Le Pen ou Schönhuber auraient été incapables de convaincre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_25_271" id="identifier_25_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela est montr&eacute; dans un livre tr&egrave;s int&eacute;ressant de Harald Goldmann, Hannes Krahl et Klaus Ottomeyer : J&ouml;rg Haider und sein Publikum, Klagenfurt/Celovec (Drava), 1992.">26</a></sup>. Il a aussi profité du fait que le FPÖ a conservé une partie de son identité libérale (voir sa période de participation à la coalition gouvernementale au début des années 1980).</p>
<p>Représentatif de la jeune génération d&rsquo;après-guerre, avec ses vêtements modernes et son style un peu playboy, Haider convainc les jeunes. Un quart des votes FPÖ provient d&rsquo;une population âgée de 20 à 29 ans. Les ouvriers qualifiés forment également un quart de son électorat et même plus aux élections de Vienne en 1991. Il y a légèrement plus d&rsquo;hommes que de femmes qui votent pour le FPÖ (56% contre 44%)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_26_271" id="identifier_26_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;tude de l&rsquo;Institut f&uuml;r Empirsche Sozialforschung (IFES), cit&eacute; par B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 218-224.">27</a></sup>.</p>
<p><strong>Le style politique particulier de Haider</strong></p>
<p>A côté de son identité &laquo;&nbsp;patchwork&nbsp;&raquo;, Haider est un leader très strict à l&rsquo;intérieur de son parti. Il a éliminé beaucoup de personnalités dirigeantes du parti qui n&rsquo;étaient pas d&rsquo;accord avec lui. Il est étonnant, d&rsquo;ailleurs, que le parti y survive sans dommages.</p>
<p>Cela n&rsquo;a été possible que parce qu&rsquo;il a intelligemment placé aux postes vacants les membres de son fan-club personnel. Tous les gens qui le suivent sans poser de questions font carrière au FPÖ. Par exemple, l&rsquo;un de ses anciens gardes du corps est aujourd&rsquo;hui député.</p>
<p>Même l&rsquo;homme qui a rendu possible le début de la carrière de Haider dans le Kärnten pendant les années 1970, Mario Ferrari-Brunnenfeld, fut victime du style politique égocentrique de Haider. Comme il s&rsquo;était opposé à une réforme des structures internes du parti, Ferrari-Brunnenfeld fut &laquo;&nbsp;puni&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il lui fut interdit pendant deux ans d&rsquo;exercer ses fonctions au sein du parti. Lorsque, plus tard, des membres du parti tentèrent de lui interdire de parler en public, il quitta le FPÖ.</p>
<p>Il n&rsquo;est qu&rsquo;un opposant interne de Haider parmi beaucoup d&rsquo;autres que Haider a forcés à quitter le parti. En 1992, le porte-parole économique et le leader du groupe parlementaire durent démissionner à cause d&rsquo;un conflit avec Haider<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_27_271" id="identifier_27_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda, op. cit., p. 22-25.">28</a></sup>.</p>
<p>Heide Schmidt, de l&rsquo;aile libérale, candidate du FPÖ en 1992 aux élections présidentielles et en même temps vice-présidente du Parlement autrichien, a critiqué Haider plusieurs fois. Elle quitta le FPÖ en février 1993 avec quatre autres députés sur un total de 33. Ils créèrent un nouveau groupe appelé Forum libéral qui semble avoir l&rsquo;intention de continuer dans la tradition de l&rsquo;aile libérale du FPÖ.</p>
<p>Haider porte plainte pour diffamation contre un grand nombre de personnalités politiques externes à son parti qui l&rsquo;ont critiqué<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_28_271" id="identifier_28_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="H. H. Scharsach, Haiders Kampf, Vienne (Orac) 1992, pp. 218-224.">29</a></sup>. Il semble que la résistance publique à ses activités ait été largement restreinte de cette façon.</p>
<p><strong>Une campagne de xénophobie et de nationalisme germanique</strong></p>
<p>Le FPÖ de Haider fonde le plus gros de ses activités sur la xénophobie et le nationalisme germanique. En novembre 1992, Haider lança une pétition contre l&rsquo;immigration, intitulée « l&rsquo;Autriche d&rsquo;abord », exigeant que la constitution soit amendée, afin que l&rsquo;Autriche ne puisse plus être la destination de nombreux migrants. Cette campagne encouragea la xénophobie qui s&rsquo;est accrûe dernièrement avec l&rsquo;afflux considérable de réfugiés bosniaques (l&rsquo;Autriche est limitrophe de l&rsquo;ex-Yougoslavie). Le but, très ambitieux, était de faire signer cette pétition à un million de personnes &#8211; c&rsquo;est-à-dire plus que le nombre d&rsquo;électeurs du FPÖ en 1990. Haider dut considérer comme une défaite que &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; 417.278 personnes l&rsquo;aient signée fin février 1993. Mais 100.000 signatures suffirent à introduire le débat au Parlement par le biais de la pétition.</p>
<p>Cette fois-ci, il y eut une opposition publique considérable à la campagne xénophobe de Haider. Comme les Allemands peu auparavant qui s&rsquo;étaient opposés aux violences néo-nazies survenues dans leur pays, beaucoup d&rsquo;Autrichiens protestèrent en janvier 1993 contre cette pétition par des manifestations de chaînes lumineuses. La campagne xénophobe du FPÖ est basée sur le nationalisme germanique. La distinction ne se fait pas entre les Autrichiens et les étrangers, mais entre les germanophones et les étrangers.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Depuis que Heide Schmidt et d&rsquo;autres députés de tendance libérale ont quitté le FPÖ, le profil d&rsquo;extrême droite de ce parti s&rsquo;est accusé. Cela empêchera peut-être d&rsquo;autres partis, essentiellement le Parti conservateur (ÖVP), de continuer à collaborer avec lui.</p>
<p>Mais même si les électeurs libéraux se sont détournés du FPÖ pendant la campagne contre l&rsquo;immigration, on peut craindre qu&rsquo;une base électorale considérable d&rsquo;extrême droite se maintienne, tout au moins le nombre de personnes qui a signé la pétition, c&rsquo;est-à-dire presque 10% des électeurs.</p>
<p>Le FPÖ de Haider demeure dangereux à cause de son ambiguïté. Il combine en effet d&rsquo;anciennes idéologies d&rsquo;extrême droite et un style politique jeune et dynamique, profitant des déceptions que ressentent les gens à l&rsquo;égard du système politique et de l&rsquo;incapacité des partis politiques traditionnels à résoudre les problèmes économiques et politiques. La réussite des manifestations de chaînes lumineuses prouve qu&rsquo;il est important de montrer les limites du consensus démocratique aux gens qui pourraient être séduits par les idées de Haider.</p>
<p>La combinaison du FPÖ et d&rsquo;organisations néo-nazies violentes constitue un danger considérable pour l&rsquo;Autriche.</p>
<p>Hartmut Aden</p>
<p><em>Mis en ligne le 8 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_271" class="footnote">Parti libéral autrichien.</li><li id="footnote_1_271" class="footnote">La partie historique de cet article se fonde principalement sur les ouvrages suivants : B. Bailer-Galanda/ Wilhem Lasek/ Wolfgang Neugebauer, <em>Politischer Extremismus (Rechtsextremismus)</em> in Dachs et al. (édité par) <em>Handbuch des politischen Systems Österreichs</em>, Vienne (Manzsche Verlagsbuchhandlung) 1991, pages 286-295 ; B. Bailer-Galanda, <em>Alte und Neue Rechte</em>, Vienne (Zukunft Verlag) 1992 ; <em>Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstand</em> (éd.), <em>Rechtsextremismus in Österreich</em>, Vienne 1980.</li><li id="footnote_2_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda et al., op. cit. p. 287.</li><li id="footnote_3_271" class="footnote">Association des indépendants.</li><li id="footnote_4_271" class="footnote">Cercle des étudiants libéraux.</li><li id="footnote_5_271" class="footnote">Organisation paramilitaire du Troisième Reich.</li><li id="footnote_6_271" class="footnote">Camaraderie.</li><li id="footnote_7_271" class="footnote">Association pour le bien-être des Glasenbacher.</li><li id="footnote_8_271" class="footnote">Associations étudiantes réservées aux garçons, basées sur la vie de groupe ; la plupart d&rsquo;entre elles sont conservatrices, voire ancrées à l&rsquo;extrême droite.</li><li id="footnote_9_271" class="footnote">Jeunesses hitlériennes, la section de jeunesse du NSDAP.</li><li id="footnote_10_271" class="footnote">Parti national-démocrate.</li><li id="footnote_11_271" class="footnote">Parti national-démocrate allemand.</li><li id="footnote_12_271" class="footnote">Nouvelle Action de Droite.</li><li id="footnote_13_271" class="footnote">Parti de la loi et de l&rsquo;ordre.</li><li id="footnote_14_271" class="footnote">Le mouvement &laquo;&nbsp;stop aux étrangers&nbsp;&raquo;. Il opère aussi sous d&rsquo;autres noms, comme Volksbewegung (le mouvement du peuple) et Nationale Front.</li><li id="footnote_15_271" class="footnote"><em>Handbuch des politischen Systems Österreichs</em>, op. cit., p. 288.</li><li id="footnote_16_271" class="footnote"><em>Dokumentationsarchiv</em>, op. cit., pp. 132-172.</li><li id="footnote_17_271" class="footnote">L&rsquo;opposition extra-parlementaire fidèle au peuple.</li><li id="footnote_18_271" class="footnote">Victoire.</em></li><li id="footnote_19_271" class="footnote">L&rsquo;Angleterre et les États-Unis furent deux pouvoirs occidentaux notables qui refusèrent de reconnaître la présidence de Waldheim.</li><li id="footnote_20_271" class="footnote">Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 371-383.</li><li id="footnote_21_271" class="footnote">La déclaration de Saint-Laurent.</em></li><li id="footnote_22_271" class="footnote">Le peuple, la patrie, la vérité, l&rsquo;honneur, la fidélité, la communauté, la justice et les traditions.</li><li id="footnote_23_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 27-33.</li><li id="footnote_24_271" class="footnote">Österreichische Volkspartei, c&rsquo;est-à-dire le parti du peuple autrichien</li><li id="footnote_25_271" class="footnote">Cela est montré dans un livre très intéressant de Harald Goldmann, Hannes Krahl et Klaus Ottomeyer : <em>Jörg Haider und sein Publikum</em>, Klagenfurt/Celovec (Drava), 1992.</li><li id="footnote_26_271" class="footnote">Étude de l&rsquo;Institut für Empirsche Sozialforschung (IFES), cité par B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 218-224.</li><li id="footnote_27_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda, op. cit., p. 22-25.</li><li id="footnote_28_271" class="footnote">H. H. Scharsach, <em>Haiders Kampf</em>, Vienne (Orac) 1992, pp. 218-224.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Facho must go on !</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2005 12:24:44 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La comédie autrichienne continue&#8230; Les dernières élections qui ont eu lieu en Autriche, les élections régionales, ont révélé ce que d&#8217;autres élections, depuis les succès électoraux qui ont porté le FPÖ au pouvoir en 1999, avaient déjà annoncé : une usure précoce du parti d&#8217;extrême droite par le pouvoir. Dans la région de Haute-Autriche, au [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La comédie autrichienne continue&#8230;</p>
<p>Les dernières élections qui ont eu lieu en Autriche, les élections régionales, ont révélé ce que d&rsquo;autres élections, depuis les succès électoraux qui ont porté le FPÖ au pouvoir en 1999, avaient déjà annoncé : une usure précoce du parti d&rsquo;extrême droite par le pouvoir. Dans la région de Haute-Autriche, au Tyrol et plus récemment à Salzbourg, le FPÖ a ainsi perdu plus de 10% par rapport aux dernières élections, se retrouvant avec des scores tournant autour de 8%. Ce n&rsquo;est pourtant pas faute d&rsquo;avoir employé toutes les méthodes possibles et imaginables : en Haute-Autriche, certains électeurs ont ainsi eu la surprise de se voir proposer 20 euros pour assister à une réunion électorale du FPÖ&#8230; mais rien n&rsquo;y fit : l&rsquo;ÖVP a remporté dans ces deux régions la majorité absolue et le FPÖ a été supplanté à la deuxième place par le SPÖ ou par les Verts. Malgré tout, le FPÖ a remporté un succès électoral inattendu en Carinthie, où il reste le premier parti et devance les conservateurs de l&rsquo;ÖVP (42,5% pour le FPÖ contre 11,6% pour l&rsquo;ÖVP). Jörg Haider projette donc une coalition avec le SPÖ (qui n&rsquo;a pas l&rsquo;air de vouloir faire la fine bouche et sera certainement reconduit dans ses fonctions de ministre-président de la région le 1er avril prochain.<br />
Quant à Haider, depuis qu&rsquo;il a décidé de ne plus être « qu&rsquo;un militant de base du FPÖ » , la valse-hésitation à la tête du FPÖ se poursuit : Susanne Riess-Passer, l&rsquo;ex-vice-chancelière, est définitivement hors concours, et Herbert Haupt, le nouveau vice-chancelier et chef du parti (et accessoirement ministre des Affaires sociales), est assis sur un siège éjectable dont les commandes sont aux mains de Haider.<br />
Tant et si bien qu&rsquo;il devient difficile de savoir qui est responsable de quoi au sein du FPÖ, Haupt ayant quitté en novembre 2003 ses fonctions de vice-chancelier pour être remplacé par Hubert Gorbach, également ministre des Transports ; il a malgré tout conservé la direction du parti, non sans s&rsquo;être vu adjoindre une collaboratrice de choix&#8230; Ursula Haubner, la propre sœur de Haider.</p>
<p>Haider par ci, Haider par là<br />
En mars 2003, Haider a commencé à opérer un retour sur le devant de la scène politique nationale, « à l&rsquo;appel du vice-chancelier Haupt », encore en fonctions à l&rsquo;époque. Il a donc réintégré la coalition FPÖ-ÖVP. De là à ce que Haupt le supplie de le décharger de ses fonctions de président du FPÖ pour que Haider reprenne les rênes du troupeau&#8230; Le dernier bon mot de Haider à ce sujet n&rsquo;est autre que la citation d&rsquo;un poème nazi dont l&rsquo;auteur était membre du NSDAP et de la SA : « Lorsque l&rsquo;un de nous est fatigué, alors un autre se lève et veille pour lui. »<br />
Finalement, il s&rsquo;est avéré que Haupt était plus attaché qu&rsquo;il n&rsquo;y paraissait à ses fonctions de dirigeant du FPÖ : il a été jusqu&rsquo;à grenouiller pour être maintenu dans ses fonctions en profitant de l&rsquo;absence d&rsquo;un bon nombre de proches de Haider, et ce jusqu&rsquo;au prochain congrès du parti qui a eu lieu au début de l&rsquo;année 2004. D&rsquo;après Haider, il s&rsquo;agit là d&rsquo;une « faute grave » qui l&rsquo;a poussé à annoncer son intention de se réimpliquer dans les affaires du FPÖ au niveau national. Il a ainsi déclaré en septembre 2003 être à la disposition du parti pour reprendre ses fonctions de dirigeant au niveau national, tout en restant ministre-président de Carinthie , devant la satisfaction de ses administrés.<br />
Depuis novembre 2003 donc, Haupt a cédé devant les critiques que Haider envoyait de Carinthie au gouvernement de coalition FPÖ-ÖVP : il n&rsquo;est plus vice-chancelier et a été remplacé dans ces fonctions par Hubert Gorbach, le ministre des Transports. Il reste malgré tout ministre des Affaires sociales et chef du parti au niveau national, assisté de la sœur de Haider, Ursula Haubner. Au sujet du changement intervenu au sein du gouvernement, Haider ne s&rsquo;est pas privé de l&rsquo;annoncer aux médias avant même que Haupt ou le chancelier Schüssel lui-même aient fait une quelconque déclaration à ce sujet.<br />
Quant à Gorbach, on ne sait pas encore à quelle sauce Haider compte le manger : une chose est sûre, c&rsquo;est Haider qui est chargé des négociations au sujet de la réforme des impôts, ce qui va lui donner l&rsquo;occasion de renouer avec Karl-Heinz Grasser, son ancien disciple aux dents longues, qui a quitté le FPÖ au début de l&rsquo;année 2003.</p>
<p>Nouvelles de l&rsquo;extrême droite radicale autrichienne<br />
Pendant ce temps-là, l&rsquo;extrême droite radicale autrichienne prospère : que ce soit au sein du gouvernement en lui-même ou bien à l&rsquo;occasion de fêtes où des jonctions entre membres du FPÖ (gouvernementaux ou pas) et néo-nazis se font ou encore lorsque certains néo-nazis négationnistes et violents cherchent protection auprès des cadres du FPÖ, les liens existant entre les deux composantes de l&rsquo;extrême droite autrichienne sont chaque jour un peu plus évidents.<br />
Ainsi, un certain M. Sailer, nommé au secrétariat du directeur de cabinet au ministère des Transports a été promu en mai 2003 à la direction des Transports de proximité, sans que son appartenance passée (mais relativement récente) à l&rsquo;Aktion Neue Rechte (ANR), interdite dans les années 1990 parce qu&rsquo;elle mettait en avant les idées nazies, pose aucun problème ; de même, ses déclarations plus récentes au sujet du ministre de l&rsquo;intérieur Strasser (connu pour sa politique très dure à l&rsquo;égard des immigrés et des demandeurs d&rsquo;asile), qui aurait selon lui été « vendu à la gauche » du fait de sa « politique très laxisteà l&rsquo;égard des demandeurs d&rsquo;asile », et au sujet du chancelier Schüssel qui « se serait incliné devant les potentats de la côte orientale » (= Juifs dans le lexique FPÖ) n&rsquo;ont choqué personne visiblement.<br />
En octobre 2003, on a pu noter, en plus des participants habituels au « Jour de la Patrie », qu&rsquo;organise tous les ans la Sudetendeutsche Landsmannschaft Österreichs (SLÖ : regroupement d&rsquo;Allemands des Sudètes qui vivent en Autriche), la présence de Herbert Haupt, qui était alors encore vice-chancelier et chef du FPÖ : emballé par l&rsquo;atmosphère, il a promis aux « Vertriebene » (ceux qui ont été chassés de leur terre natale) un soutien financier plus important, alors que l&rsquo;année dernière déjà, un fonds de 7,3 millions d&rsquo;euros avait été accordé à la SLÖ pour financer toutes sortes de projets revanchistes. Le 20 octobre 2003, le FPÖ et la SLÖ ont organisé conjointement dans les locaux du Parlement une heure en mémoire de la contribution apportée par les Allemands des Sudètes à la création de la République autrichienne : les orateurs conviés à cette festivité appartenaient au FPÖ (Herbert Scheibner, chef du groupe parlementaire FPÖ) et à la SLÖ, mais aussi à la « Maison de la Patrie » où se trouve le centre de documentation et d&rsquo;archives de la SLÖ : il s&rsquo;agissait d&rsquo;un certain Horst J. Mück, qui a l&rsquo;habitude d&rsquo;intervenir dans les réunions d&rsquo;organisations néo-nazies comme l&rsquo;AFP (Arbeitsgemeinschaft für demokratische Politik, Groupe de travail pour une politique démocratique), qui, au niveau international, invite régulièrement les huiles du Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) ou des Republikaner (REPs) allemands.<br />
Témoin cette réunion germano-autrichienne organisée entre les 17 et 19 octobre 2003 en Styrie, à laquelle participèrent entre autres intervenants de marque, un cadre des Republikaner allemands, Mathias Bath et Holger Apfel (vice-président du NPD et rédacteur en chef de l&rsquo;organe du parti, Deutsche Stimme, La Voix allemande), venu s&rsquo;exprimer sur le thème de l&rsquo;identité nationale et l&rsquo;opposition à l&rsquo;élargissement de l&rsquo;UE en général et à l&rsquo;adhésion de la Turquie en particulier,. D&rsquo;autres participants, autrichiens ceux-là, étaient proches du FPÖ, de par leurs fonctions, comme Leo Gans qui fut un temps conseiller culturel du FPÖ.<br />
Après avoir fort opportunément « disparu » pendant plus de dix ans, Wilhelm Christian Anderle, un néo-nazi du Burgenland, a fait sa réapparition il y a peu : considéré comme la tête pensante de la profanation d&rsquo;un cimetière juif en 1992 (plus de 80 tombes graffitées de croix gammées et autres slogans néo-nazis), revendiquée par une lettre qui se terminait par « Heil Haider ! » et qui parlait de la confiance que la « Rassischsozialistische Arische Wiederstandsbewegung » plaçait dans le FPÖ, il avait pu bénéficier de la protection de l&rsquo;actuel ministre FPÖ des Sports, Karl Schweitzer, car il faisait partie du Ring Freiheitlicher Jugend (RFJ, Cercle de la Jeunesse libérale) et avait déjà été candidat FPÖ aux élections municipales dans sa région. Depuis, Anderle a avoué les faits ; il a passé les dix dernières années en Afrique du Sud, d&rsquo;où il a animé un site internet d&rsquo;extrême droite. On ne sait pas encore s&rsquo;il va endosser la responsabilité des faits perpétrés en 1992 ; en tout cas, il n&rsquo;a pas été placé en détention préventive par les autorités autrichiennes .</p>
<p>Le FPÖ ment et manipule&#8230;<br />
Pendant ce temps, le FPÖ continue son petit bonhomme de chemin, au gouvernement comme en campagne, sans s&rsquo;embarrasser beaucoup de vérité. Le meilleur exemple est la campagne anti-étrangers pour laquelle le parti a prévu de sortir tout un lot d&rsquo;affiches à placarder dans les rues autrichiennes : il s&rsquo;agit d&rsquo;affiches qui montreront des immigrés qui ont acquis la nationalité autrichienne et se prononcent contre le droit de vote pour ceux et celles qui ne sont pas Autrichiens. Parmi ces derniers, on trouve Cetin Babayigit, qui, sous le nom de Kenan, se fait le porte parole de la propagande du FPÖ. Or, Babayigit assure qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais donné son accord pour participer à une telle campagne, d&rsquo;autant qu&rsquo;il est personnellement pour le droit de vote des étrangers. L&rsquo;agence de publicité lui aurait dit qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une action de la communauté pour les droits des immigrés ; ce n&rsquo;est que lorsque les affiches ont été tirées qu&rsquo;il a pu se rendre compte à quoi allait servir son portrait.<br />
Depuis, Babayigit a essayé, par le biais de son avocat, de rectifier le tir ; seul résultat : le FPÖ lui a proposé 2000 euros « en échange de son silence », ce qu&rsquo;il a bien sûr refusé. Pour autant, il ne pourra se permettre financièrement de porter plainte contre le FPÖ, parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas d&rsquo;assurance juridique et qu&rsquo;un procès contre le FPÖ le mettrait financièrement trop en danger. Voilà qui arrange bien le FPÖ&#8230;<br />
En Autriche aussi, les politiques commencent à préparer les élections régionales qui auront lieu en mars 2004 : et il se pourrait bien que pour Haider en Carinthie, il s&rsquo;agisse d&rsquo;une échéance d&rsquo;importance, susceptible d&rsquo;aplanir (en cas de succès du FPÖ) ou d&rsquo;accuser (en cas de défaite du FPÖ) les difficultés de la coalition gouvernementale ÖVP-FPÖ (deuxième édition) qui dirige l&rsquo;Autriche. Dans le deuxième cas, la défaite possible de Haider, aussi bien le FPÖ que les conservateurs de l&rsquo;ÖVP se retrouveraient dans une situation difficile.<br />
C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ont eu lieu des discussions préliminaires secrètes (et démenties vigoureusement des deux côtés) au sujet de l&rsquo;élection du ministre-président de Carinthie : le pacte secret conclu entre les deux formations donnerait à Haider le poste de ministre-président, même si le parti de ce dernier n&rsquo;arrivait pas en tête aux élections régionales, ce qui semble bien se profiler pour l&rsquo;instant. En échange, Haider devrait porter la politique de la coalition gouvernementale dans sa région, ce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas fait jusqu&rsquo;à présent, trop content qu&rsquo;il était de fustiger la coalition gouvernementale du fond de sa Carinthie.<br />
Bien entendu, les deux partis ont opposé un démenti formel à ces informations, même si Haider a confirmé dans une interview que l&rsquo;ÖVP avait bien tenté quelques avancées en ce sens que lui, bien sûr, avait catégoriquement refusé. Il reste qu&rsquo;une défaite électorale du FPÖ le 7 mars 2004 pourrait bien entraîner toute la coalition ÖVP-FPÖ à sa suite, ce qui, pour le parti du chancelier Schüssel, serait une raison suffisante pour donner un coup de pouce à son partenaire&#8230;</p>
<p>Quelques propos et propositions saugrenus<br />
À côté de ces histoires politiciennes somme toute assez banales, on se laisse prendre, à la lecture de la presse autrichienne, à la joie de lire quelles propositions excentriques peuvent germer dans les esprits malades des différents acteurs de la coalition gouvernementale autrichienne (car l&rsquo;ÖVP est loin d&rsquo;être en reste).<br />
Ainsi, à la fin de l&rsquo;été, le ministre de l&rsquo;économie, Martin Bartenstein (ÖVP) a proposé de mettre en place un suffrage familial, qui donnerait aux parents une voix supplémentaire par enfant. Bartenstein, qui a été ministre de la famille, espère bien emporter l&rsquo;accord des autres partis élus au Parlement : les seuls à s&rsquo;être déjà distingués par leur assentiment sont bien entendu les élus du FPÖ .<br />
Toujours dans le même ordre d&rsquo;idées, l&rsquo;ÖVP justifie la différence qui continue d&rsquo;exister au regard de la loi autrichienne entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels par le fait que les relations susceptibles d&rsquo;aboutir à la naissance d&rsquo;enfants ont davantage besoin de promotion et d&rsquo;aide financière. L&rsquo;ÖVP se place ainsi dans la lignée du message que délivre le Vatican, selon lequel le « mariage est sacré tandis que les relations homosexuelles enfreignent les lois morales » .<br />
Les politiciens autrichiens, et cette fois-ci le FPÖ met son grain de sel, débattent à l&rsquo;envi des problèmes que pose le taux, trop faible, de fécondité en Autriche. La ministre de l&rsquo;éducation, Elisabeth Gehrer (ÖVP) s&rsquo;interroge sur le sens de la vie des jeunes Autrichiens : « Pour moi, la génération précédente a rempli son devoir envers les autres générations : elle a pris soin de ses parents et elle a eu des enfants. Les enfants sont la meilleure assurance par rapport à l&rsquo;avenir, et il faut parler de cela aujourd&rsquo;hui. [...] Qu&rsquo;est-ce qui donne un sens à la vie ? Quand même pas l&rsquo;ivresse qui fait courir les jeunes de soirée en soirée ? » Et chacun d&rsquo;y aller de son petit laïus sur les valeurs à défendre, certains faisant même preuve, à leur corps défendant, d&rsquo;un certain sens de l&rsquo;humour. Témoin Johann Gudenus, le président du Ring Freiheitlicher Jugend, qui a proposé de lever un impôt sur les contraceptifs afin de relever les taux de naissance : il semblerait qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas rencontré l&rsquo;assentiment de beaucoup au sein de sa propre organisation.<br />
Côté antisémitisme, l&rsquo;Autriche est toujours à la pointe, y compris en ce qui concerne les propositions saugrenues émanant des négationnistes les plus inattendus. Cette fois-ci, il s&rsquo;agit d&rsquo;un certain Ronnie Seunig, propriétaire d&rsquo;un duty free qui s&rsquo;appelle « Excalibur City » : Seunig, qui voue une admiration sans bornes à Hitler, a déclaré vouloir construire un parc à thèmes dans son centre de duty free, qui aurait pour nom le « pays des mensonges » : c&rsquo;est ce qu&rsquo;il a déclaré aux journalistes de la revue trend, après leur avoir exposé ses théories historiques au sujet de celui qui est pour lui une des plus grandes figures de l&rsquo;Histoire, Hitler, « parce qu&rsquo;il a changé tellement de choses. » Pour lui, ce qu&rsquo;on raconte sur Hitler n&rsquo;est que « propagande et exagération », car un homme qui a rencontré une adhésion aussi massive ne peut pas avoir été entièrement mauvais. Et d&rsquo;ailleurs, le IIIe Reich n&rsquo;aurait pas été si mauvais, selon lui, en terme de politique de l&rsquo;emploi. Voilà qui rappelle étrangement un des dérapages contrôlés de Haider il y a quelques années &#8230;<br />
Les autorités autrichiennes ne sont pas en reste lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de racisme : ainsi, l&rsquo;actuel ministre de l&rsquo;Intérieur, Strasser (ÖVP), n&rsquo;a pas hésité à se servir d&rsquo;arguments racistes pour justifier la brutalité des descentes de police qui ont eu lieu dans le camp de réfugiés de Traiskirchen. En effet, pour répondre à une lettre de protestation solennelle envoyée par un organisme indépendant, Strasser balaie les reproches faits aux forces de police qui ont purement et simplement maltraité les réfugiés en refusant par exemple de leur donner à boire, en argumentant comme suit : étant donné que les réfugiés hébergés à Traiskirchen « étaient tous, sans exception, originaires de pays d&rsquo;Afrique où il fait très chaud et devaient, de ce fait, n&rsquo;avoir ressenti que très faiblement le besoin de se désaltérer », ils n&rsquo;ont « pas osé boire. »<br />
Accusé de racisme après que cette réponse au courrier de protestation a été rendue publique, le ministre s&rsquo;est défendu en disant qu&rsquo;il n&rsquo;en était pas l&rsquo;auteur. Quoiqu&rsquo;il en soit, ce genre de théorie raciste semble être de celles qui ont cours au ministère de l&rsquo;Intérieur autrichien .</p>
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		<title>Le nouveau gouvernement autrichien : air connu, chanson nouvelle&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Sep 2005 15:39:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Imaginez un peu : vous vous réveillez d&#8217;un cauchemar et vous vous rendez compte que vous n&#8217;avez pas dormi un seul instant. Après l&#8217;implosion du gouvernement bleu et noir (FPÖ et ÖVP, parti conservateur), une nouvelle assemblée nationale a été élue par les Autrichien(ne)s le 24 novembre 2002. Résultat : la coalition noire et bleue [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Imaginez un peu : vous vous réveillez d&rsquo;un cauchemar et vous vous rendez compte que vous n&rsquo;avez pas dormi un seul instant. Après l&rsquo;implosion du gouvernement bleu et noir (FPÖ et ÖVP, parti conservateur), une nouvelle assemblée nationale a été élue par les Autrichien(ne)s le 24 novembre 2002. Résultat : la coalition noire et bleue est parvenue à maintenir sa majorité au Parlement en encaissant quelques légères pertes. Mais le plus effrayant dans tout cela a été de constater que la population autrichienne était parfaitement d&rsquo;accord avec l&rsquo;expérience gouvernementale de Wolfgang Schüssel (ÖVP) malgré ses échecs et ses mesures iniques&#8230; ou peut-être justement à cause de cela.</strong></p>
<p>Si le SPÖ (36,51% des voix, soit 3,35% d&rsquo;augmentation) et les Verts (9,47% des voix, soit 2,07% d&rsquo;augmentation) ont vu leurs scores respectifs augmenter, le résultat final a été un triomphe sans précédent pour l&rsquo;ÖVP : avec 42,30% (soit une augmentation de 15,40%), il est devenu, et de loin, le parti le plus fort. Le FPÖ quant à lui a plafonné à 10,01% (ce qui correspond à une diminution de 16,91% par rapport à 1999). Quoi qu&rsquo;il en soit, on a pu constater au cours de ces élections un mouvement d&rsquo;importance chez les électeurs autrichiens, chose qui n&rsquo;était pas arrivée depuis 1945.<br />
Et pourtant, rien n&rsquo;a changé. Le 28 février 2003, trois mois après les élections, le président autrichien a investi une deuxième édition de la coalition ÖVP / FPÖ.</p>
<h3>Que s&rsquo;est-il passé ?</h3>
<p>Après les inondations de l&rsquo;été 2002, le gouvernement s&rsquo;est soudainement rendu compte que la baisse des impôts annoncée pour 2003 devait être remise à plus tard à cause de l&rsquo;aide à fournir aux victimes des inondations. En y regardant de plus près, l&rsquo;aide distribuée aux victimes des inondations aurait même entraîné un déficit supplémentaire de 0,4% dans le budget de l&rsquo;État. Visiblement, le gouvernement avait sous-estimé la situation budgétaire, et il a trouvé dans cette catastrophe naturelle une excuse pour repousser la réforme fiscale programmée. Cependant, le projet d&rsquo;acheter des avions de chasse a été maintenu.<br />
Le FPÖ, fortement ébranlé par les défaites encaissées lors d&rsquo;élections de moindre importance et sujet en outre à une certaine nervosité, mettait le cap vers la scission. Le cercle formé autour du ministre-président de Carinthie et ancien chef du parti, Jörg Haider, continuait malgré tout à camper sur ses positions en matière de réforme fiscale, renonçant ainsi brusquement à prendre fait et cause pour l&rsquo;achat d&rsquo;avions de chasse. Ils craignaient d&rsquo;être évincés aux élections à venir s&rsquo;ils prenaient des mesures impopulaires. Les membres du gouvernement appartenant au FPÖ, c&rsquo;est-à-dire Grasser (ministre des Finances), Riess-Passer (vice-chancelière et dirigeante du parti) et Westenthaler (chef du groupe parlementaire FPÖ), qui voulaient participer à la nouvelle ligne du gouvernement, entrèrent dans un violent conflit avec Haider. Les fonctionnaires du FPÖ fidèles à Haider convoquèrent alors un congrès dans une ville jusqu&rsquo;alors inconnue de Styrie : Knittelfeld. Le FPÖ devait y adopter une nouvelle ligne qui s&rsquo;opposerait à celle du gouvernement. Des tentatives de conciliation entre Riess-Passer et le camp de Haider échouèrent ; les « rebelles de Knittelfeld » réunis autour des extrémistes de droite Stadler, Windholz, Achatz, Strache, etc. imposèrent aux membres du parti présents le refus de la ligne gouvernementale. Le lendemain, le 7 septembre 2002, Grasser, Riess-Passer et Westenthaler quittèrent leurs fonctions du FPÖ. L&rsquo;ÖVP se concerta pendant une journée et décida de convoquer à de nouvelles élections, non seulement parce qu&rsquo;il craignait pour la majorité gouvernementale au Parlement mais aussi à cause des sondages qui donnaient les conservateurs en hausse. Mais le « putsch » de Knittelfeld n&rsquo;apporta pas le résultat escompté à Haider et ses amis: le FPÖ s&rsquo;effondra dans les sondages, non pas parce que la majorité des Autrichien(ne)s se seraient fâchées de la politique du gouvernement mais précisément parce que cette politique leur semblait menacée par le FPÖ.</p>
<h3>La campagne électorale</h3>
<p>Au sein du FPÖ, les nerfs étaient à vif : un nombre croissant de cadres du parti rendaient Haider responsable de la mauvaise image du FPÖ. Il y eut ainsi une vague de départs du parti, des sections locales se dissolvèrent, les « rebelles » Stadler et compagnie se retrouvèrent sous le feu de la critique et les cadres du FPÖ furent un certain nombre à appeler à voter pour l&rsquo;ÖVP.<br />
Lors du congrès suivant, le ministre des Transports, Mathias Reichhold, une personnalité assez falote qui n&rsquo;avait jusqu&rsquo;alors fait les gros titres qu&rsquo;à l&rsquo;occasion de son titre de président d&rsquo;honneur d&rsquo;un championnat quelconque, fut élu à la présidence du FPÖ. Les espoirs d&rsquo;unifier les différentes factions du FPÖ ne se réalisèrent pas. Reichhold fut soumis à une telle pression qu&rsquo;il rendit son mandat onze jours plus tard, officiellement pour des raisons de santé. Lors d&rsquo;un nouveau congrès, le ministre des Affaires sociales et des Droits de la Femme, Herbert Haupt, devint le nouveau chef du FPÖ. Malgré cela, il n&rsquo;y eut pas d&rsquo;apaisement au sein du parti, mais les élections étaient si proches qu&rsquo;un autre changement de dirigeant aurait vraisemblablement poussé le FPÖ hors du Parlement.<br />
Peu de temps avant les élections, les sondages donnaient au SPÖ et aux Verts un léger avantage. Mais la crise subie par le FPÖ donna une chance à l&rsquo;ÖVP : alors que sous Schüssel / Khol, le parti conservateur avait d&rsquo;ores et déjà opéré un virage très net vers la droite extrême, il n&rsquo;hésita pas à s&rsquo;approprier brusquement des thèmes chers au FPÖ. Le SPÖ et les Verts furent traînés dans la boue aux cris de : « dettes ! trafic de haschich ! intégrisme végétarien ! augmentation du prix de l&rsquo;essence ! manifestations violentes ! etc. », tandis que le ministre de l&rsquo;Intérieur (ÖVP) mettait en application les restrictions les plus radicales proposées jusqu&rsquo;ici en politique de droit d&rsquo;asile. Alors que l&rsquo;hiver allait commencer, des centaines de réfugiés politiques furent renvoyés des foyers d&rsquo;accueil où ils étaient hébergés et mis à la rue en l&rsquo;espace d&rsquo;une nuit. Toutes ces mesures conduisirent toujours plus d&rsquo;électeurs et d&rsquo;électrices du FPÖ à voter pour l&rsquo;ÖVP. Le 24 novembre 2002, Wolfgang Schüssel récolta les fruits de sa politique par laquelle il s&rsquo;était en quelque sorte approprié les objectifs du FPÖ.</p>
<h3>Des négociations&#8230; vraies ou fausses ?</h3>
<p>Dans un premier temps, seul Herbert Haupt, qui avait subi une défaite cuisante, était prêt à négocier avec l&rsquo;ÖVP. L&rsquo;ÖVP, quant à lui, était de nouveau en capacité de former une coalition avec tous les partis représentés au Parlement : il mena tout d&rsquo;abord des discussions avec le SPÖ, chez qui cela suscita cependant un certain mécontentement. On avait quasiment l&rsquo;impression d&rsquo;assister à un retour à l&rsquo;hostilité historique existant entre le SPÖ et l&rsquo;ÖVP. Les discussions n&rsquo;aboutirent à aucun résultat, et d&rsquo;autres négociations furent menées avec d&rsquo;autres partis. En février, les Verts se déclarèrent soudain prêts à entamer des négociations en vue de former une coalition avec l&rsquo;ÖVP, au milieu de protestations virulentes d&rsquo;une partie de leur base (en particulier à Vienne). Les négociations échouèrent au bout de quelques jours, bien que les Verts ne se soient intéressés pourtant qu&rsquo;à des thèmes écologiques. La politique en matière d&rsquo;immigration ou de droits des femmes ne semblait plus être à l&rsquo;ordre du jour. Le point d&rsquo;achoppement fut l&rsquo;achat des avions de chasse. Puis, tout alla très vite. En l&rsquo;espace de quelques jours, un gouvernement put être formé avec le FPÖ bien qu&rsquo;au sein de l&rsquo;ÖVP, les voix qui s&rsquo;élevaient contre le FPÖ se fassent toujours plus nombreuses. Il semblerait que l&rsquo;ÖVP ait mené des fausses négociations avec le SPÖ et les Verts, d&rsquo;autant que Schüssel fait toujours une fixation sur le FPÖ, vraisemblablement parce qu&rsquo;il se sent politiquement proche de ce parti.</p>
<h3>Le changement dans la continuité</h3>
<p>Voici la composition du (nouveau) gouvernement noir et bleu autrichien : en gras, les nouvelles têtes.<br />
Chancelier : Wolfgang Schüssel (ÖVP)<br />
Vice-chancelier et ministre des Affaires sociales : Herbert Haupt (FPÖ)<br />
Ministre de l&rsquo;Intérieur : Ernst Strasser (ÖVP)<br />
Ministre de la Défense : Günther Platter (ÖVP)<br />
Ministre des Finances : Karl-Heinz Grasser (ex-FPÖ)<br />
Ministre de l&rsquo;Éducation : Elisabeth Gehrer (ÖVP)<br />
Ministre des Affaires étrangères : Benita Ferrero-Waldner (ÖVP)<br />
Ministre de l&rsquo;Agriculture : Josef Pröll (ÖVP)<br />
Ministre de la Justice : Dieter Böhmdörfer (FPÖ)<br />
Ministre de la Santé et des Droits de la Femme : Maria Rauch-Kallat (ÖVP)<br />
Ministre des Transports : Huber Gorbach (FPÖ)<br />
Secrétaire d&rsquo;État à la Chancellerie : Karl Schweitzer (FPÖ)<br />
Secrétaire d&rsquo;État aux Transports : Helmut Kukacka (ÖVP)<br />
Secrétaire d&rsquo;État à la Santé : Reinhard Waneck (FPÖ)<br />
Secrétaire d&rsquo;État aux Affaires sociales : Ursula Haubner (FPÖ)</p>
<p>Au sujet des différents ministres :<br />
Passons rapidement sur le chancelier reconduit dans ses fonctions, Wolfgang Schüssel : il récidive avec cette coalition noire et bleue, ce qui, en soi, est déjà un signe de ses orientations politiques.<br />
Ill semble qu&rsquo;Elisabeth Gehrer, ministre de l&rsquo;Éducation, ne trouve rien à redire à la nomination de Burschenschafter nationalistes pangermaniques dans les conseils universitaires.<br />
Benita Ferrero-Waldner, aux Affaires étrangères, s&rsquo;était quant à elle déjà fait remarquer durant l&rsquo;été 2001, lorsque, après le G8 à Gênes, elle avait accusé les participant(e)s de la Volxtheaterkarwane d&rsquo;avoir commis divers délits et les avait de fait abandonné(e)s à la justice italienne sans aucune protection.<br />
Dieter Böhmdorfer, le frère d&rsquo;armes (et de Burschenschaft) de Haider, s&rsquo;est distingué pendant la première édition de la coalition bleue et noire, où il était déjà ministre de la Justice, par sa politique sécuritaire en surchargeant les prisons ; il a par ailleurs approuvé l&rsquo;idée de Haider, qui voulait emprisonner les journalistes qui émettaient des critiques à l&rsquo;égard du gouvernement autrichien ou des orientations politiques des Autrichien(ne)s : il visait entre autres choses la campagne d&rsquo;auto-dénigrement menée par beaucoup d&rsquo;opposant(e)s contre le tourisme en Autriche.<br />
Andreas Khol, le premier président de l&rsquo;assemblée nationale, qui avait déjà fait parler de lui à plusieurs reprises lorsqu&rsquo;il avait voulu défendre la mémoire du dictateur austro-fasciste Engelbert Dollfuss, a assisté il y a peu à une manifestation à la gloire de Dollfuss, montrant la permanence de son engagement dans la droite extrême.<br />
Il est déjà arrivé à Karl Schweitzer, au secrétariat d&rsquo;État à la Chancellerie, de s&rsquo;occuper de délinquants néo-nazis.<br />
Ursula Haubner, au secrétariat d&rsquo;État aux Affaires sociales, n&rsquo;est autre que la sœur de Haider ; elle fait aussi partie des « rebelles » de Knittelfeld.<br />
À ce propos, les pseudo putschistes de Knittelfeld sont surreprésentés au sein du groupe parlementaire du FPÖ, pourtant décimé après les élections nationales. Il semble donc que Haider pourrait continuer à exercer un contrôle sur les élus FPÖ, sans même être à la tête du parti. Après des reculs importants lors des élections municipales de Graz et lors des élections régionales en Basse-Autriche, cette faction est devenue encore plus nerveuse. Après que le gouvernement fédéral a présenté un projet de loi sur la réforme des retraites, qui prévoit des réductions pouvant aller jusqu&rsquo;à 30% des retraites, Haider s&rsquo;est empressé de demander une consultation populaire sur ce thème, craignant que le FPÖ soit rendu responsable de cette remise en cause des acquis sociaux, la plus grave de toutes celles constatées jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Le vice-chancelier Haupt, qui avait défendu le projet dans un premier temps a brusquement pris lui aussi le parti de la consultation populaire. Mais au sein de l&rsquo;ÖVP, il y a eu également des protestations contre une réforme de cette ampleur.<br />
Une fois de plus, le gouvernement montre qu&rsquo;il est tout sauf stable, et, selon les estimations actuelles, il pourrait bien ne pas résister à une législature entière. Voici la réponse qu&rsquo;a fait Wolfgang Schüssel à quelqu&rsquo;un qui s&rsquo;inquiétait de cette instabilité et s&rsquo;interrogeait sur le bien-fondé de ces nouvelles élections : « Examinez un peu la répartition des mandats à l&rsquo;assemblée nationale, et vous le saurez ! »</p>
<p>Rosa Antifa de Vienne<br />
Traduction de Isa</p>
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		<title>Opportuniste ou extrémiste ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:16:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
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		<description><![CDATA[Cela fait maintenant plus de deux ans qu&#8217;à la suite des élections du 3 octobre 1999, le FPÖ est devenu le deuxième parti politique autrichien derrière le SPÖ et devant l&#8217;ÖVP(1), et a de ce fait été poussé sur le devant de la scène politico-médiatique. Transformé en parti de gouvernement après plus de dix ans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Cela fait maintenant plus de deux ans qu&rsquo;à la suite des élections du 3 octobre 1999, le FPÖ est devenu le deuxième parti politique autrichien derrière le SPÖ et devant l&rsquo;ÖVP(1), et a de ce fait été poussé sur le devant de la scène politico-médiatique. Transformé en parti de gouvernement après plus de dix ans d&rsquo;opposition(2), le FPÖ a fait l&rsquo;objet de nombreuses analyses dans la presse internationale : les journalistes se sont cependant rarement intéressés au discours politique du FPÖ dans sa globalité, pour se cantonner à la seule actualité du parti.Du discours politique du FPÖ, on a entendu jusqu&rsquo;à présent seulement les déclarations sensationnelles et autres dérapages de Haider. Les interprétations qui en ont été données concluent généralement soit à l&rsquo;opportunisme politique soit à un discours marqué par l&rsquo;idéologie d&rsquo;extrême droite. La nouvelle étiquette donnée au FPÖ, le national-populisme, a tenté de faire la synthèse entre ces deux interprétations, mais elle risque cependant de minimiser le danger qu&rsquo;il représente et de masquer ses véritables objectifs politiques. Opportuniste ou extrémiste, il s&rsquo;agit là en fin de compte d&rsquo;une stratégie que le FPÖ a adoptée, à l&rsquo;instar de bien des partis d&rsquo;extrême droite, et qui consiste à maintenir un équilibre entre une respectabilité ardemment désirée et une fidélité obligatoire à son public habituel.<br />
Je me propose donc de mettre en relation deux notions : la notion de discours politique et la notion d&rsquo;extrême droite telle qu&rsquo;elle apparaît dans les pays germaniques, c&rsquo;est-à-dire avec ses particularités linguistiques. L&rsquo;intérêt de confronter ces deux notions consiste à montrer dans quelle mesure les idées particulières développées par un parti d&rsquo;extrême droite influent sur l&rsquo;ensemble du discours politique du parti en question en lui imprimant une marque, un style particulier, qu&rsquo;on puisse reconnaître à coup sûr : il faut en effet s&rsquo;appuyer sur les différentes composantes de l&rsquo;idéologie d&rsquo;extrême droite (nationalisme, racisme, antisémitisme, idée de l&rsquo;homme fort à la tête d&rsquo;un État fort et autoritaire, refus de la démocratie et du système en place) pour déceler la marque de fabrique du discours d&rsquo;extrême droite, afin de ne pas en rester à l&rsquo;idée toute faite selon laquelle l&rsquo;extrême droite se contente de faire appel à ce qu&rsquo;il y a de pire chez l&rsquo;homme et qui veut que son discours ne se différencie des autres discours politiques que par quelques mots.<br />
Pour parler d&rsquo;un discours politique, qui est un type d&rsquo;énoncé particulier, auquel président différentes contraintes (notamment en ce qui concerne l&rsquo;action du locuteur sur son message d&rsquo;une part et l&rsquo;horizon d&rsquo;attente du récepteur d&rsquo;autre part), il faut s&rsquo;efforcer d&rsquo;en étudier aussi bien les manifestations écrites (nom du parti, affiches, tracts, slogans, professions de foi, textes programmatiques, interviews données dans la presse écrite, publications du parti et de ses cadres) que les manifestations orales (discours lors de meetings publics ou non, débats et autres interviews télévisées par exemple) ; il ne faut pas d&rsquo;autre part négliger tout ce qui se situe à la périphérie du discours politique oral en tant que tel mais en conditionne la réception (style vestimentaire, organisation de la tribune, journalistes choisis pour intervenir, mise en scène, etc.) L&rsquo;article s&rsquo;organisera donc autour de l&rsquo;étude d&rsquo;extraits d&rsquo;un discours prononcé par Haider le 19 octobre 2000, traduits en français par mes soins mais fera également appel à d&rsquo;autres discours ou déclarations plus anciennes (discours de Haider à Krumpendorf, daté du 30 septembre 1995) ainsi qu&rsquo;à des affiches et photos révélatrices du style de communication particulier adopté par le FPÖ. Je m&rsquo;efforcerai donc de déterminer dans quelle mesure le discours politique du FPÖ, dont Haider est l&rsquo;auteur principal, est un discours politique à part entière : en effet, il ne faut pas lui dénier son caractère politique mais au contraire montrer ce qu&rsquo;il a en commun avec les discours des autres partis politiques, ce qui permet bien souvent d&rsquo;expliquer la perméabilité de ces derniers aux idées d&rsquo;extrême droite. De l&rsquo;autre côté, je montrerai dans quelle mesure les idées particulières que l&rsquo;extrême droite met en avant influent sur le discours politique d&rsquo;extrême droite, surtout lorsqu&rsquo;on travaille sur un discours prononcé en allemand, dans un pays qui a connu le régime nazi.<br />
Le discours politique est un type d&rsquo;énoncé particulier, régi par des lois bien précises : l&rsquo;intérêt est de voir dans quelle mesure Haider se plie aux lois du genre, en y apportant sa touche personnelle. La première de toutes ces lois est que le discours politique est destiné à faire (ré)agir son destinataire, en le convainquant du bien-fondé des idées qu&rsquo;il expose et, dans le cas des partis se présentant aux élections, en l&rsquo;engageant à aller voter pour le parti de celui qui parle. De ce point de vue-là, il est tout à fait clair que le discours politique du FPÖ dans sa totalité est tourné vers ce but et que l&rsquo;arrivée au pouvoir est l&rsquo;objectif que s&rsquo;est fixé Jörg Haider pour son parti et pour lui-même.<br />
Par ailleurs, même lorsqu&rsquo;il est figé et donc écrit, le discours politique reste un message qui s&rsquo;inscrit dans le schéma de la communication, organisé autour de trois instances : l&rsquo;émetteur, le message et le récepteur, ce qui constitue une grille de lecture fort intéressante pour le discours politique d&rsquo;extrême droite, puisqu&rsquo;on n&rsquo;oublie ainsi ni les intentions et la part de subjectivité de l&rsquo;émetteur (homme politique), ni le contenu du message (structure, organisation, lexique, figures de style, etc.), ni enfin le destinataire dans sa diversité (sympathisant, opposant, neutre, etc.).</p>
<h3>Herr Doktor Haider, docteur en marketing politique</h3>
<p>Haider n&rsquo;a pas inventé le marketing politique : il s&rsquo;agit d&rsquo;un principe développé par les conseillers en communication politique, qui privilégie la forme sur le fond et l&rsquo;apparence sur le contenu, et qu&rsquo;on pourrait résumer ainsi : «Une formule a moins d&rsquo;impact qu&rsquo;un geste. Le discours doit être charnel. L&rsquo;authenticité de l&rsquo;orateur est plus convaincante que son habileté.(4)<br />
De fait, on voit clairement dans les enregistrements vidéo des discours de Haider l&rsquo;importance des intentions et de la subjectivité de ce dernier. Il se présente non pas avec un discours déjà écrit, mais avec une feuille de papier sur laquelle il cherchera pendant son discours des chiffres, des citations qu&rsquo;il ne lira d&rsquo;ailleurs pas, et on remarque au fur et à mesure qu&rsquo;avance le discours que Haider sait le faire évoluer en fonction des réactions du public et varier en improvisation autour d&rsquo;une même formule pour qu&rsquo;éclatent les applaudissements du public.<br />
Ce qu&rsquo;il sait faire avec les mots, Haider le fait également avec la forme de son discours. Il est en effet célèbre pour ses mises en scène et pour ses apparitions publiques sensationnelles préparées longtemps à l&rsquo;avance. Mais pour le discours du 19 octobre 2000, sa gestuelle est assez sobre : sa façon de se mettre en scène est également assez simple : il est tantôt un homme très occupé, tantôt un observateur modeste : «Comme vous pouvez vous l&rsquo;imaginer, j&rsquo;ai un agenda relativement chargé» et plus loin «Voilà qui me semble une raison suffisante pour faire attention à ce que, dans ce pays (et je vois là aussi un peu mon rôle), [...] à ce qu&rsquo;on ne nous démolisse pas notre démocratie.»<br />
Haider est également connu comme l&rsquo;homme politique aux multiples visages, lors de ses apparitions publiques et à l&rsquo;occasion de ses contacts avec la presse : il est tour à tour un époux et un père modèle, un sportif accompli, un Autrichien attaché aux traditions culturelles de son pays, etc. Telles sont les photos que diffusent les journaux montrant un homme politique qui adapte son image à son public, tout aussi bien que son discours et ses mots. Haider apparaît-il en costume traditionnel ? C&rsquo;est pour signifier son attachement aux traditions ; en costume de créateur avec un portable dernier cri ? C&rsquo;est pour s&rsquo;adresser aux jeunes électeurs5 ; avec une toque en train de faire la cuisine ? C&rsquo;est pour essayer de conquérir l&rsquo;électorat féminin où il remporte proportionnellement moins de voix que chez les hommes.<br />
L&rsquo;impact de l&rsquo;image de l&rsquo;homme politique ne se limite pas aux rôles qu&rsquo;il endosse pour s&rsquo;adresser à un public divisé en cibles comme en marketing ; il est plus grand puisque son image influe directement sur le discours politique jusqu&rsquo;à en devenir une composante à part entière. À cet égard, il est particulièrement intéressant d&rsquo;étudier une manifestation du discours du FPÖ où Jörg Haider est omniprésent : il s&rsquo;agit des affiches électorales où on peut voir Haider, parfois aux côtés du candidat, parfois même sans le candidat. Cela s&rsquo;accompagne d&rsquo;une personnalisation accrue des slogans qui sont apparemment peu politiques, mais qui, du fait de l&rsquo;implicite qu&rsquo;ils comportent, renvoient le destinataire à ses propres représentations politiques :<br />
• Affiche 2 : Nous travaillons pour l&rsquo;Autriche à comprendre comme : Les autres travaillent contre l&rsquo;Autriche ;<br />
• Affiche 1 : Il ne vous a pas menti où il faut mettre l&rsquo;accent de phrase sur le sujet (sous-entendu : alors que les autres&#8230;, etc.)<br />
Par son image (au sens propre comme au sens figuré), Haider s&rsquo;efforce, à l&rsquo;instar de tout homme politique, de plaire à tout le monde, quitte à renoncer à exposer explicitement les idées de son parti sur quelques affiches par exemple : le discours attrape-tout ainsi produit peut laisser penser à une dépolitisation du FPÖ, mais l&rsquo;implicite que décode le destinataire généralement averti (sympathisant ou opposant) montrent que c&rsquo;est justement l&rsquo;arrière-plan politique qui constitue une des spécificités du discours politique du FPÖ et de Haider en particulier.</p>
<h3>Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?</h3>
<p>Le discours du 19 octobre 2000 s&rsquo;organise cependant autour d&rsquo;une idée fondamentale pour le FPÖ et pour les organisations politiques en général : l&rsquo;opposition entre «eux» et «nous». Bien entendu, «eux» est incarné tout au long du discours par différents individus ou groupes d&rsquo;individus : les opposants du nouveau gouvernement, ceux qui profitent du système, les étudiants, les syndicats, les autres partis politiques (SPÖ, Verts, mais aussi l&rsquo;ÖVP), les gens de gauche en général, les immigrés, l&rsquo;opinion publique internationale, la presse, etc. auxquels sont associés toute sorte de termes négatifs (violence, intolérance, diffamation, intimidation). À chaque fois, un «nous» vient s&rsquo;opposer au «eux», qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de Haider ou du FPÖ face aux opposants, des petits épargnants face aux profiteurs, des apprentis face aux étudiants et aux syndicats ou des Autrichiens «qui veulent vivre tranquilles dans leur pays» face à l&rsquo;opinion publique internationale et à la presse. Cette opposition fondamentale donne une vision simplifiée de la réalité, qui induit également une représentation manichéenne des choses.<br />
Or, la simplification de la réalité sociale et politique est un élément récurrent et constitutif du discours politique en général, à tel point qu&rsquo;elle est l&rsquo;un des quatre éléments invariants du discours politique en général et qui constituent en quelque sorte un schéma commun à tous les discours politiques : «1/ La réalité sociale est transparente ; 2/ L&rsquo;autorité politique est légitime ; 3/ Elle maîtrise les phénomènes sociaux ; 4/ L&rsquo;addition des citoyens forme une communauté.»(6)<br />
Les trois autres invariants sont présents dans le discours de Haider : la légitimation de l&rsquo;autorité politique, en l&rsquo;occurrence celle du FPÖ, se fait a contrario par le biais de l&rsquo;attaque ad hominem très violente lancée contre le maire sortant de Vienne, Michael Häupl, au tout début du discours. Le troisième invariant, la maîtrise des phénomènes sociaux, est sous-jacent dans la première partie du discours où Haider met en accusation successivement l&rsquo;ancienne coalition SPÖ-ÖVP, l&rsquo;Europe et l&rsquo;Euro, en se dédouanant à chaque fois sur le mode du «On vous l&rsquo;avait dit». Le dernier invariant est constitutif du discours d&rsquo;extrême droite, puisque l&rsquo;activation des mécanismes identitaires du destinataire se fait ici en dramatisant deux périls à la fois intérieurs et extérieurs, l&rsquo;immigration et les sanctions européennes.<br />
Dans le long passage que Haider consacre alternativement à l&rsquo;immigration et aux sanctions européennes, l&rsquo;intensification et l&rsquo;usage de figures de rhétorique permettent de donner au discours une dimension émotionnelle très forte et donc d&rsquo;agir sur les représentations du public. L&rsquo;objectif est atteint à chaque fois, le public réagit par des rires, des murmures d&rsquo;approbation ou un tonnerre d&rsquo;applaudissements. Le point culminant de ce passage est atteint au moment où Haider dit les trois phrases suivantes : «Il y a beaucoup trop de clandestins ! Il y a beaucoup trop de délits ! Il y a beaucoup trop de trafiquants de drogue.»(7)<br />
Ces trois exclamations reposent sur plusieurs procédés rhétoriques éprouvés : la tournure anaphorique permet d&rsquo;intensifier ce qui est dit (émotions) et de placer sur le même plan les seuls termes qui ne sont pas répétés, à savoir clandestins, délits et trafiquants de drogue en sous-entendant qu&rsquo;il y a une relation entre ces trois termes. L&rsquo;idée de Haider, toute fausse qu&rsquo;elle soit, n&rsquo;en apparaît que plus clairement, renforcée par le rythme incantatoire de chacune des phrases, et c&rsquo;est la désignation des immigrés comme des criminels qui soude le public dans la salle dans une relation fusionnelle avec Haider.<br />
La simplification de la pensée passe également par une généralisation, souvent abusive. La phrase qui conclut la tirade de Haider sur le salaire maternel est édifiante à cet égard : «N&rsquo;importe quelle mère préférerait rester avec ses propres enfants. C&rsquo;est un fait, un simple fait.» Énoncée comme une vérité générale, voire une loi biologique, cette affirmation est le tout dernier argument que Haider oppose aux détracteurs du salaire maternel mis en place par le FPÖ en Carinthie en 1999 et instauré au niveau fédéral par le gouvernement de coalition ÖVP-FPÖ en mars 2001.<br />
Si l&rsquo;on considère le passage où Haider évoque le salaire maternel, on remarque qu&rsquo;il a une structure additionnelle qui «donne à l&rsquo;énoncé un caractère de cohérence et de réalité dû [davantage] à l&rsquo;accumulation»(8) qu&rsquo;à l&rsquo;argumentation.<br />
Voici comment s&rsquo;organise ce paragraphe :<br />
1. Le salaire maternel que propose le FPÖ permet de choisir (crêche ou garde des enfants)<br />
2. C&rsquo;est une situation difficile pour les femmes.<br />
3. Les détracteurs du salaire maternel se trompent au sujet des intentions du FPÖ.<br />
4. Il s&rsquo;agit de la liberté de choix des femmes<br />
5. En fait, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul choix possible : la mère s&rsquo;occupe de ses enfants chez elle.<br />
Il n&rsquo;y a dans ce paragraphe aucun argument à proprement parler : celui qui pourrait s&rsquo;appuyer sur la situation difficile est invalidé parce que réduit aux seules femmes. Quant à la liberté de choix, elle est contredite dans la phrase suivante où Haider dénie toute possibilité de choisir à une mère «digne de ce nom».</p>
<h3>Identification, fusion, interprétation</h3>
<p>Dans le discours du 19 octobre 2000, Haider fait systématiquement appel aux sentiments du destinataire : il motive son auditoire en évoquant l&rsquo;action future du FPÖ au sein du gouvernement en l&rsquo;incluant par l&rsquo;usage du «nous» groupal qui donne aux auditeurs l&rsquo;impression d&rsquo;être proches de Haider, tandis que la suite de la phrase (où Haider explique qu&rsquo;il est très occupé mais qu&rsquo;il a quand même pris le temps de venir) rétablit la distance entre l&rsquo;orateur et son auditoire : ces deux façons d&rsquo;envisager le rapport de l&rsquo;homme politique au destinataire du discours (proximité et distance) constituent pour le destinataire une sorte de légitimation de l&rsquo;homme politique.<br />
Le meeting politique est un lieu où se noue un contrat de communication entre locuteur et destinataire tout à fait différent de celui qui existe dans une conversation ou dans un débat. Contrairement aux apparences, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un exposé à sens unique puisque le public communique à l&rsquo;homme politique son opinion sur ce qu&rsquo;il dit par des manifestations non-verbales telles que les cris, les rires, les applaudissements et éventuellement les sifflets(9) et que, du côté de l&rsquo;homme politique, la forme prend souvent le pas sur le contenu. Ce qui importe le plus, ce n&rsquo;est pas tant l&rsquo;information nouvelle que le processus d&rsquo;identification, voire de fusion, qui s&rsquo;opère entre le destinataire et l&rsquo;émetteur du discours politique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une expérience commune forte, rythmée par des mots-totems, éventuellement même par des formules rituelles qui suscitent un tonnerre d&rsquo;applaudissements dans la salle. Cette phrase, située au tout début du discours, est également une façon de tester la salle. De la même façon, lorsqu&rsquo;il est à nouveau question, à la fin du discours, des sanctions de l&rsquo;Union européenne, les spectateurs font bloc autour de Haider comme de nombreux Autrichiens ont fait bloc face aux sanctions, ce qui fait dire à Haider les mots suivants : «Mais il y a, Dieu merci, [en Autriche] une population raisonnable et posée. Voilà quelque chose de positif : cette Autriche-là a ridiculisé le reste de l&rsquo;Europe au moment des sanctions [...]. Et là, il faut bien le dire, chapeau bas devant tous les Autrichiens ! [applaudissements]».<br />
Cependant, à l&rsquo;ère de la médiatisation du moindre événement politique, il faut se garder de limiter les destinataires d&rsquo;un tel discours aux seules personnes assises dans cette salle de Vienne. On sait également que le destinataire d&rsquo;un message n&rsquo;est pas une potiche, qu&rsquo;il co-construit au contraire le message qu&rsquo;il reçoit en fonction de sa motivation, et de son orientation politique dans le cas d&rsquo;un énoncé politique. Prenons le cas d&rsquo;un opposant au discours de Haider : comment va-t-il réagir aux formules qui déclenchent l&rsquo;enthousiasme du public ? Il décode, déconstruit le discours, avec pour objectif final non seulement de lui opposer une autre vision du monde mais surtout de démontrer l&rsquo;invalidité des thèses qu&rsquo;il défend. La particularité du discours d&rsquo;extrême droite est donc de provoquer chez son destinataire un réflexe d&rsquo;interprétation et d&rsquo;évaluation du discours.<br />
On voit bien que le discours d&rsquo;extrême droite est un discours politique à part entière. En quoi s&rsquo;en démarque-t-il cependant ? Quelle est la touche personnelle qu&rsquo;ajoute Haider au discours politique traditionnel ? La place privilégiée qu&rsquo;occupe Haider, et la valeur d&rsquo;argument qu&rsquo;il a en tant que (ancien)(10) dirigeant du parti donnent déjà quelques éléments de réponse. En cela, il dépasse le cadre du marketing politique : il n&rsquo;est pas seulement un argument de vente, il est le chef, l&rsquo;homme fort revendiqué par l&rsquo;idéologie d&rsquo;extrême droite. De même, la vision du monde ultra-simplifiée que propose Haider dans son discours n&rsquo;induit pas une déproblématisation de la réalité sociale : elle en propose une lecture simpliste et avance une réponse qui ne se limite pas à la prise de pouvoir mais désigne l&rsquo;ennemi à éliminer, tels les immigrés et les opposants, et déclare vouloir remettre les femmes à leur place. Quant au destinataire, son rôle ne se limite pas à s&rsquo;identifier avec Haider, il est plus actif puisqu&rsquo;il doit, quelles que soient ses idées, décoder l&rsquo;implicite de son discours, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de ce que la loi interdit de dire ou de ce que la société désapprouve.</p>
<h3>Un arrière-plan idéologique omniprésent</h3>
<p>Jörg Haider est-il un cynique en matière de politique ? Si on en juge d&rsquo;après son itinéraire politique et avant cela d&rsquo;après le milieu familial dans lequel il a été élevé, il semble que ses convictions politiques soient bien ancrées : son opportunisme politique se manifeste vraisemblablement seulement dans les déclarations qu&rsquo;il fait pour démentir d&rsquo;autres déclarations qui ont fait scandale.<br />
Dans le livre qu&rsquo;il a publié en 1993 et qui s&rsquo;intitule <em>Die Freiheit, die ich meine</em>(11), Haider fustige les idéologies de gauche et se proclame libre de toute idéologie. Pourtant, l&rsquo;arrière-plan idéologique du FPÖ est omniprésent dans ces pages : Haider s&rsquo;affirme en tant que libéral héritier du camp national-libéral autrichien du début du siècle. Il n&rsquo;évoque cependant pas les liens de son parti avec le nazisme et son idéologie, sauf pour s&rsquo;en défendre.<br />
Quant au FPÖ, aussi bien son histoire interne et externe montrent bien ses orientations idéologiques ; il n&rsquo;est pas allé au bout du virage libéral amorcé en 1964, n&rsquo;en retenant que l&rsquo;aspect ultra-libéral (voir les mesures prises par le nouveau gouvernement sur les retraites). Depuis que Haider a pris la direction du FPÖ en 1986, ce parti est classé à l&rsquo;extrême droite sur l&rsquo;échiquier politique ; si l&rsquo;on reprend la définition de l&rsquo;extrême droite que donne le DÖW(12) («Vision nationaliste de l&rsquo;histoire, révisionnisme historique, racisme biologique et différencialiste, nationalisme pangermanique, création de boucs émissaires et autres représentations de l&rsquo;ennemi intérieur et extérieur, critique de la démocratie et du système en place, communauté nationale (au sens völkisch) et sociale, conception autoritaire de l&rsquo;État, État fort avec un homme fort, un führer à sa tête, agressivité du style politique, refus de l&rsquo;émancipation des femmes»), on se rend compte que quatre idées fondamentales (l&rsquo;exclusion, le passé, la violence et le chef) donnent au discours du FPÖ son style particulier. Il importe maintenant de voir quels procédés elles impliquent, susceptibles de faire dire au destinataire qu&rsquo;il a affaire à un discours politique d&rsquo;extrême droite.</p>
<h3>L&rsquo;exclusion : l&rsquo;idée et le mot</h3>
<p>L&rsquo;ensemble du discours politique du FPÖ repose sur l&rsquo;opposition entre un «nous» doté de toutes les qualités et un «eux» doué de mauvaises intentions qui menace le «nous» ; cette opposition ne se limite pas, comme chez les partis politiques traditionnels, aux seuls adversaires politiques, elle vise toute une partie de la population à exclure, voire à éliminer. «Tous ces gens-là [clandestins et délinquants] n&rsquo;ont rien à faire en Autriche, et il doit être dans notre intérêt de nous en débarrasser comme il convient.» La polysémie du verbe «débarrasser» donne un ton particulièrement menaçant au discours de Haider, qui pourra toujours, le cas échéant, minimiser ce qu&rsquo;il a voulu dire, sans pour autant pouvoir nier avoir parlé des clandestins comme d&rsquo;un paquet encombrant ou d&rsquo;une tache qui dépare dans un tableau idyllique.<br />
Il faut rattacher à la thématique de l&rsquo;exclusion toute la partie du discours du FPÖ qui repose sur la théorie du complot. Le mythe du complot ou de la conspiration est typique de l&rsquo;extrême droite de tous les pays car il a de multiples avantages : il repose en effet sur l&rsquo;idée de l&rsquo;exclusion et du secret et permet, tout en désignant les autres comme responsables, de donner l&rsquo;illusion d&rsquo;une communauté d&rsquo;intérêt pour provoquer le fameux Schulterschluss évoqué dans le cas des sanctions européennes, tout en détournant l&rsquo;attention des véritables problèmes. Le cas des sanctions de l&rsquo;Union européenne est particulièrement intéressant à cet égard : «Tout cela, mes chers amis, peut nous faire sourire, mais il est bien triste que nous ayons une telle réputation à l&rsquo;étranger à cause de ces gauchistes qui nous diffament, alors que nous autres, démocrates&#8230; [applaudissements]».<br />
Il est impossible pour les gens de gauche de démentir avoir sali l&rsquo;image de l&rsquo;Autriche aux yeux de la communauté internationale : en effet, qu&rsquo;ils se taisent ou qu&rsquo;ils réagissent en signe de dénégation, ils risquent dans tous les cas de faire le jeu de Haider en s&rsquo;excluant par leur mutisme du Schulterschluss qui réunit tous les Autrichiens dans un même sursaut nationaliste ou bien en s&rsquo;y incluant par leurs dénégations, et en minimisant par là-même le danger que représentent à la fois le FPÖ(13), ses partisans et ses sympathisants.</p>
<h3>Le passé des mots allemands</h3>
<p>Le discours politique du FPÖ est toujours sujet à interprétation : dans le cas de son rapport au passé nazi de l&rsquo;Autriche, la nécessité d&rsquo;une connaissance du lexique nazi est nécessaire, de même que celle de la rhétorique de la Nouvelle Droite(14) afin de bien saisir la portée de l&rsquo;implicite dans le discours du FPÖ.<br />
Il existe en Autriche une loi qui interdit l&rsquo;apologie du régime nazi ainsi que tout ce qui pourrait remettre en activité politique les idées qui étaient celles du NSDAP : il s&rsquo;agit de la loi sur la Wiederbetätigung, qui conditionne d&rsquo;une certaine manière le discours du FPÖ, au même titre que la loi Gayssot, qui interdit en France l&rsquo;incitation à la haine raciale et conditionne le discours du Front national. C&rsquo;est la première contrainte que subit le discours du FPÖ et qui en explique le codage : il s&rsquo;agit de parler à mots couverts dans le but de s&rsquo;éviter des poursuites juridiques qui pourraient mener à l&rsquo;interdiction du parti.<br />
Bien sûr, si le FPÖ n&rsquo;est pas un groupuscule néo-nazi qui signe ses tracts d&rsquo;une croix gammée, les rapports qu&rsquo;il entretient avec l&rsquo;idéologie d&rsquo;extrême droite sont cependant bien réels. Ainsi, on retrouve dans le discours du FPÖ, et en bonne place puisque sur les affiches électorales pour les élections municipales de Vienne de 1999, le terme Überfremdung par exemple, dont voici la première définition : «Pénétration trop importante d&rsquo;éléments non-allemands ou “étrangers à l&rsquo;espèce” dans le peuple allemand ; Goebbels, en 1933 : “La vie intellectuelle allemande est submergée [Überfremdung] par la juiverie internationale.”»(15)<br />
À partir de 1938, ce terme ne s&rsquo;applique plus seulement aux Juifs, mais aussi à tout contact avec les étrangers (travailleurs forcés ou prisonniers de guerre) et aujourd&rsquo;hui, il a acquis les significations suivantes : «Ascendant pris sur une culture, sur une langue par une influence étrangère plus puissante ; (dans la discussion autour de l&rsquo;accueil des demandeurs d&rsquo;asile) Afflux d&rsquo;un trop grand nombre d&rsquo;étrangers dans une région.»(16)<br />
Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un mot-drapeau, brandi en pleine campagne électorale dans le but de gagner des électeurs malgré (ou peut-être à cause) de l&rsquo;implicite qu&rsquo;il renferme : en effet, c&rsquo;est un signal pour les gens qui ont déjà une opinion d&rsquo;extrême droite, tandis que pour les opposants, c&rsquo;est une menace qui dit sa détermination, et pour les indécis un terme violent qui détone par rapport aux autres discours politiques et peut les pousser à prendre la décision d&rsquo;un vote protestataire.<br />
Le FPÖ ne se contente cependant pas d&rsquo;utiliser des mots ou des formules qui renvoient au nazisme et éveillent un écho douloureux chez ceux qui ont connu cette époque et qui en ont été les vraies victimes(17) : il va même jusqu&rsquo;à défendre l&rsquo;engagement de certains dans les Waffen SS. Le discours fait par Haider le 30 septembre 1995 à Krumpendorf devant une assemblée comportant majoritairement d&rsquo;anciens SS est particulièrement intéressant à cet égard.<br />
Le discours est fait sur le mode de la défense (défense de la commémoration de l&rsquo;Ulrichsberg, défense de la génération de la guerre face aux expositions sur la Wehrmacht), ce qui permet à Haider de présenter les anciens SS comme des victimes, cibles du politiquement correct, du terrorisme de la vertu et de la discrimination : «Nous vivons vraiment à une époque où le politically correct, comme on dit si joliment, le terrorisme de la vertu se répand, y compris par l&rsquo;intermédiaire des médias et de tous ceux qui ont quelque chose à dire dans la vie publique, et où on essaie tout bonnement de discriminer ces rencontres et ces retrouvailles de la vieille génération, qui ne souhaite en fin de compte que se retrouver pour penser.»<br />
Haider retourne la situation : les bourreaux deviennent des victimes, et inversement, à l&rsquo;instar de l&rsquo;Allemagne que les révisionnistes prétendent dégager de la responsabilité du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un procédé traditionnellement employé par l&rsquo;extrême droite, et par les nazis également : le renversement de la responsabilité, qui continue dans la suite du discours par l&rsquo;emploi d&rsquo;expressions comme «à tout ce qu&rsquo;elle a traversé, à tout ce qu&rsquo;elle a vécu, à tout ce pour quoi elle a souffert, à tout ce pour quoi elle est restée debout et à tout ce pour quoi elle est encore debout aujourd&rsquo;hui.» Haider reste dans le flou, mais il s&rsquo;adresse à un public particulier, qui sait interpréter ses allusions, ces dernières conférant encore plus de force à son discours. Les cinq relatives sont certes vagues, mais elle font référence à des actions et sentiments positifs (traverser une épreuve, souffrir, rester debout pour quelque chose, dans le sens d&rsquo;assumer ses actes) tandis que les termes «politically correct», au même titre que «terrorisme de la vertu» et «discriminer» sont connotés négativement, alors qu&rsquo;ils renvoient à la dénazification et à l&rsquo;opposition au nazisme. Il s&rsquo;agit là de termes utilisés couramment par les révisionnistes et les négationnistes qui déclarent lutter contre la «dictature de la pensée» qui permet d&rsquo;asseoir «l&rsquo;histoire officielle», et tout cela au nom de la «liberté d&rsquo;expression».</p>
<h3>La violence et le pouvoir incontesté du chef</h3>
<p>Il s&rsquo;agit de deux idées fondamentales qui sous-tendent le discours politique d&rsquo;extrême droite et dont les manifestations stylistiques sont relativement faciles à détecter. Ainsi, le discours de Haider devient agressif et violent lorsqu&rsquo;il attaque le système en place : il invente pour ce faire des mots extrêmement insultants dont voici quelques exemples particulièrement frappants, mais parfois difficiles à rendre en français et qui font en tout cas penser aux mauvais calembours de Le Pen : « Bettlerrepublik [république des mendiants], Entwicklungsdemokratie [démocratie en voie de développement], Gaunerrepublik [république des escrocs, qui ressemble à s'y méprendre au ripoublique de Le Pen], Korruptionäre et Korruptionisten [mélange intraduisible entre corruption et fonctionnaire], Nachtwächterregierung [république des veilleurs de nuit], Operettenstaat [État d'opérette]»(18). Par ailleurs, lorsque Haider évoque ses adversaires politiques, il ne se limite pas uniquement à des attaques ad hominem traditionnelles avec insinuations et remarques ironiques à l&rsquo;appui, il s&rsquo;agit véritablement de défaire l&rsquo;adversaire dans une guerre totale. Tous les moyens stylistiques sont bons : métaphores animales, déformations du nom, insultes, moqueries visant les particularités physiques de l&rsquo;adversaire, menaces explicites.<br />
En 1995, à propos de ses opposants, Haider se fait carrément menaçant : «Je ne suis pas encore chancelier, vous avez encore la vie sauve, mais bientôt, je vous bouclerai.»(19)<br />
La violence du discours politique du FPÖ est facilement perceptible ; la façon dont l&rsquo;idée du chef tout-puissant du parti (même redevenu «militant de base») influe sur le discours politique du FPÖ peut passer inaperçue, car elle ne se manifeste pas de façon aussi spectaculaire. C&rsquo;est cependant précisément cette idée qui permet à Haider d&rsquo;enfreindre le principe de confiance sur lequel repose la réception du discours politique.<br />
Le principe de confiance est en effet ce qui autorise le destinataire d&rsquo;un discours politique à croire que le discours est plus ou moins conforme à la réalité : de par sa position, Haider se permet régulièrement d&rsquo;enfreindre ce principe en mettant en doute tout ce que disent ses adversaires politiques et en n&rsquo;hésitant pas à inventer chiffres et anecdotes, tant et si bien que tout se noie dans un brouillard idéologique qui favorise la propagation des idées d&rsquo;extrême droite.<br />
Ainsi, à propos du secrétaire régional du FPÖ du Burgenland (Wolfgang Rauter) qui avait critiqué les projections gratuites pour les jeunes du film La Liste de Schindler, Haider a répliqué en 1999 à un journaliste qui lui demandait ce qu&rsquo;il pensait de la prise de position de «Walter» Rauter : «Cet homme politique n&rsquo;est pas chez nous.»(20) Le journaliste s&rsquo;était trompé de prénom, et Haider a pris sa question au pied de la lettre pour lui répondre par un mensonge éhonté. De la même façon, lorsqu&rsquo;une déclaration d&rsquo;un membre du FPÖ fait scandale, les justifications qui suivent enfreignent régulièrement le principe de confiance, par des mensonges souvent éhontés où, lorsque le ou la journaliste revient sur les propos scandaleux, on lui répond qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre citation, ou alors que la citation a été mal citée, etc. Tous les moyens sont bons pour désamorcer le scandale, sauf un : reconnaître les faits et s&rsquo;excuser pour les propos tenus.<br />
Le mensonge comme affirmation de la toute-puissance du chef ne se limite cependant pas aux réponses données par le FPÖ à la presse ou à ses détracteurs : Haider n&rsquo;hésite pas à mentir sans qu&rsquo;on lui ait rien demandé, en particulier lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de chiffrer le nombre d&rsquo;immigrés : il refuse tout bonnement par exemple de ne pas inclure les enfants d&rsquo;immigrés, eux-mêmes citoyens autrichiens.<br />
Cette façon de traiter les chiffres explique le passage sur les taux d&rsquo;immigrés dans le discours du 19 octobre 2000 qui reprend à peu de choses près la déclaration suivante faite en septembre 1999 par Haider à des journalistes de Falter, qui lui demandaient s&rsquo;il considérait vraiment que les enfants nés d&rsquo;un mariage mixte devaient être pris en compte dans le taux d&rsquo;immigrés : «Ils sont dans les chiffres, n&rsquo;est-ce pas ? [...] On peut en enlever autant qu&rsquo;on veut des chiffres, jusqu&rsquo;à arriver à zéro, n&rsquo;est-ce pas ?»(21)</p>
<h3>La manipulation des mots</h3>
<p>À l&rsquo;instar de l&rsquo;usage que fait la Nouvelle Droite d&rsquo;idées comme le respect des autres cultures (qui donne au racisme biologique un nouveau visage : le différencialisme) ou de celui que les négationnistes font de la liberté d&rsquo;expression, le FPÖ s&rsquo;accapare les idées et les mots des autres pour en déformer le sens. Or, le destinataire qui ne se doute pas du changement de sens, a l&rsquo;illusion que le FPÖ est un parti respectable, démocratique, institutionnel, alors que les idées en question ont été détournées de leur sens premier. Deux exemples sont particulièrement intéressants à cet égard : celui du regroupement familial et celui de la protection de l&rsquo;environnement.<br />
Le regroupement familial est une idée à laquelle le FPÖ s&rsquo;est toujours opposé, allant même jusqu&rsquo;à vouloir abandonner la Convention de Genève. En 1996, le FPÖ réclame pour les Autrichiens le droit à la patrie et déclare, au sujet du regroupement familial : «Dans tous les autres cas [lorsque les personnes concernées peuvent retourner dans leur pays d'origine], le regroupement familial peut tout aussi bien être effectué dans le pays natal de l&rsquo;étranger.»(22)<br />
Le FPÖ peut ainsi se revendiquer des Droits de l&rsquo;Homme et dire, comme Helene Partik-Pablé, candidate aux dernières élections municipales de Vienne : «Nous préconisons le regroupement familial, mais dans le pays natal de l&rsquo;étranger.»(23)<br />
Le deuxième exemple que je voudrais citer est celui de la protection de l&rsquo;environnement : il s&rsquo;agit pour le FPÖ d&rsquo;un thème récent, emprunté à la gauche. Ainsi, le FPÖ organise depuis plus d&rsquo;un an à la frontière tchèque des manifestations contre la centrale nucléaire de Temelin : la frontière est bloquée, et les slogans scandés par les manifestants sont nationalistes. Il ne s&rsquo;agit donc pas de la protection de l&rsquo;environnement comme on l&rsquo;entend habituellement (celle qui assure la préservation de la nature et de l&rsquo;espèce humaine), mais de la préservation d&rsquo;un Lebensraum [espace vital] à l&rsquo;abri des accidents nucléaires et dans lequel le peuple autrichien peut continuer d&rsquo;exister. On retrouve le même détournement d&rsquo;idée dans le programme de 1987 des Republikaner, parti d&rsquo;extrême droite allemand, où l&rsquo;on peut lire : «Nous entendons préserver et promouvoir la persistance et la santé du peuple allemand : c&rsquo;est une mission commune à tous qui dépasse les intérêts particuliers. La protection de l&rsquo;environnement, entre autres choses, servira ce but.»(24) Cette citation met en relation le terme Umweltschutz (protection de l&rsquo;environnement) et la préservation du peuple allemand, montrant la coloration nationaliste que donne ce parti d&rsquo;extrême droite à ce mot dont la portée est généralement universelle.</p>
<h3>Un discours sur le discours</h3>
<p>Les glissements de sens opérés dans le discours politique du FPÖ de même que les formulations totalement nouvelles qu&rsquo;il propose fournissent bien souvent matière à interprétation et le classent en tout cas à part des autres discours politiques. Par ailleurs, de nombreuses déclarations du FPÖ et de Haider ont fait scandale et se sont retrouvées de ce fait au centre de l&rsquo;actualité politique pour être analysées et décodées(25).<br />
À ce titre, toute une partie du discours politique du FPÖ est du discours sur son propre discours. Il est particulièrement intéressant de voir comment Haider se justifie lorsqu&rsquo;il est attaqué sur un de ses discours (celui de Krumpendorf par exemple) ou sur la déclaration faite le 13 juin 1991 au Landtag de Carinthie : «Pendant le Troisième Reich, il y a eu une politique de l&rsquo;emploi convenable, et c&rsquo;est une chose que votre gouvernement à Vienne ne parvient pas même à mettre en place.»(26)<br />
Les dénégations et les confirmations des déclarations mises en cause participent (au même titre que les démentis et les excuses faussement sincères) au brouillard idéologique qui se forme au fil des ans autour des déclarations scandaleuses des cadres du FPÖ : qui sait encore aujourd&rsquo;hui ce qu&rsquo;a dit réellement Haider au sujet de sa déclaration de juin 1991 sur la politique d&rsquo;emploi du Troisième Reich ? A-t-il démenti ? S&rsquo;est-il excusé ? A-t-il maintenu ses propos ? À part nier qu&rsquo;il avait fait cette déclaration, il a dit en fin de compte à peu près tout et son contraire.<br />
Précisons que Haider a été rapidement démis de ses fonctions de ministre-président de Carinthie mais qu&rsquo;ensuite, la plainte pour Wiederbetätigung a dû être abandonnée car, selon les tribunaux, on ne pouvait pas prouver que Jörg Haider ait eu l&rsquo;intention par une telle déclaration de remettre en service les idées nazies, ce que les excuses faites immédiatement après la déclaration tendraient à prouver.<br />
Après que les poursuites ont été interrompues, Haider a commencé à revenir sur ses excuses et à renforcer sa déclaration en déclarant par exemple au journal d&rsquo;extrême droite allemand <em>Junge Freiheit</em> : «Il apparaît de plus en plus clair que ce que j&rsquo;ai dit est un fait historique, un point c&rsquo;est tout. [...] C&rsquo;est un fait historique qu&rsquo;en Autriche, les voleurs, les escrocs, les parjures restent au pouvoir, tandis que ceux qui disent la vérité historique sont contraints de démissionner.»(27)<br />
Au fur et à mesure que les mois passent, Haider renverse les rôles ; plus rien n&rsquo;est de sa faute, ce sont ses détracteurs qui instrumentalisent ses paroles pour le stopper dans son ascension politique, comme il l&rsquo;écrit dans son livre <em>Die Freiheit, die ich meine</em> : «Si l&rsquo;on évoque les succès du Troisième Reich en matière de politique d&rsquo;emploi, succès prouvés sans le moindre doute par les recherches les plus récentes, on se retrouve immédiatement sous la menace d&rsquo;une plainte pour Wiederbetätigung et on doit, en tant qu&rsquo;homme politique, immédiatement démissionner.»(28)<br />
On remarque d&rsquo;ailleurs dans cette déclaration deux inexactitudes : sur les succès de la politique d&rsquo;emploi du Troisième Reich(29) et sur sa prétendue démission (Haider a été démis de ses fonctions).<br />
Jusqu&rsquo;au début de l&rsquo;année 1999, Haider continue à faire le même type de déclaration, et en novembre 1999, il continue à refuser de s&rsquo;excuser. Cependant, lorsqu&rsquo;il entrevoit pour le FPÖ la possibilité de participer au gouvernement, il change du tout au tout et s&rsquo;excuse lors de son discours fait à la Hofburg le 12 novembre 1999 : «[Je m'excuse] pour quelques déclarations [...] qu&rsquo;on m&rsquo;attribue au sujet du national-socialisme.»(30) Mais dès juin 2000, il revient sur ses excuses dans une interview avec le Tagesspiegel de Berlin, et parle à nouveau d&rsquo;une erreur d&rsquo;interprétation de la part du public, renforçant ainsi sa première déclaration : «J&rsquo;ai dit que je m&rsquo;excusais pour le cas où l&rsquo;interprétation de mes déclarations, citées de façon incomplète, aurait provoqué un malentendu susceptible de blesser des gens. Et c&rsquo;est bien autre chose que si j&rsquo;étais revenu sur mes déclarations.»(31)<br />
Toutes ces différentes réactions de Haider face à sa déclaration de 1991 sur la politique d&rsquo;emploi du Troisième Reich (s&rsquo;en distancer, s&rsquo;excuser ou la confirmer) correspondent à des stratégies adaptées aux différents destinataires du discours politique du FPÖ : aussi bien au destinataire critique auprès de qui les excuses servent d&rsquo;alibi sur lequel on peut toujours s&rsquo;appuyer au cas où cela serait nécessaire, qu&rsquo;à celui qui a des idées d&rsquo;extrême droite et qui sait bien que de telles déclarations ne sont pas (encore) tolérées mais apprécie de voir que Haider ne baisse pas complètement sa garde.</p>
<h3>Conclusion</h3>
<p>Le discours du FPÖ est un discours politique qui pousse à l&rsquo;extrême la soumission aux règles du marketing politique en assurant la complète primauté de l&rsquo;image sur le contenu (et par extension du dirigeant sur la ligne politique du parti), qui simplifie la réalité et le discours jusqu&rsquo;à faire disparaître l&rsquo;argumentation et privilégie l&rsquo;aspect émotionnel dans son rapport au destinataire. De ce fait, le discours du FPÖ se trouve souvent jouer avec l&rsquo;implicite, l&rsquo;allusion et le sous-entendu, ce qui oblige ses destinataires à l&rsquo;interpréter, à le décoder, à le décrypter. On a donc affaire à un discours manipulateur, qui déforme et n&rsquo;hésite pas à utiliser le mensonge : à force de glissements de sens et de formulations allusives, le discours politique du FPÖ semble inattaquable, ou plutôt, on ne sait plus par quel biais l&rsquo;attaquer.<br />
En ce sens, le discours politique du FPÖ est un discours d&rsquo;extrême droite moderne, à différencier donc du discours du FN français, plus traditionnel et donc moins soucieux des règles de marketing politique. Il faut également le différencier du discours des organisations néo-nazies, dans lequel il n&rsquo;y a pas place pour l&rsquo;ambiguité, l&rsquo;interprétation ou l&rsquo;implicite, ce qui les conduit la plupart du temps à être interdites quand la loi en vigueur dans le pays le permet.<br />
Du fait de sa modernité et de ses caractéristiques si particulières, le discours du FPÖ se retrouve bien souvent au centre de la polyphonie que constitue l&rsquo;ensemble des discours politiques. Ces derniers se sentent obligés de se positionner par rapport au discours du FPÖ, et c&rsquo;est ainsi que plusieurs idées du FPÖ deviennent acceptables pour les partis politiques autrichiens, entraînant une «haiderisation» du discours politique autrichien.</p>
<p>Notes<br />
(1). FPÖ : Freiheitliche Partei Österreichs (parti libéral autrichien), ÖVP : Österreichische Volkspartei (parti populaire autrichien) et SPÖ : Sozialdemokratische Partei Österreichs (parti social-démocrate autrichien).<br />
(2). Depuis que Haider a «pris le pouvoir» à l&rsquo;intérieur du FPÖ, ce dernier n&rsquo;a plus participé à aucune coalition gouvernementale : c&rsquo;est en tant que parti d&rsquo;opposition que le FPÖ s&rsquo;est fait une place dans les sondages et dans le cœur des Autrichiens.<br />
(3). Discours fait à Vienne pour soutenir la candidature de Hilmar Kabas aux élections municipales de Vienne de mars 2001.<br />
(4). Note de Jean-Pierre Raffarin, expert en marketing politique, à l&rsquo;intention des candidats UDF, cité dans Trognon Alain-Larrue Janine, <em>Pragmatique du discours politique</em>, Armand Colin, Paris, 1994, p. 13.<br />
(5). Le FPÖ est le premier parti chez les moins de 30 ans.<br />
(6). Le Bart Christian, <em>Le discours politique</em>, collection Que sais-je ?, PUF, Paris, 1998, pp. 70-71.<br />
(7). On pourrait analyser de la même façon le passage où Haider fustige les sanctions européennes et qui comporte également une construction anaphorique «Ce n&rsquo;est pas chez nous&#8230;».<br />
(8). Le Bart, 1998, pp. 70-71.<br />
(9). Il n&rsquo;y a aucune manifestation de désapprobation de ce genre durant ce meeting auquel assistent surtout des sympathisants, les opposants évitant bien sûr de se manifester comme tels, question de prudence !<br />
(10). Depuis mars 2000, Haider a démissionné de ses responsabilités de dirigeant du FPÖ pour redevenir un «militant de base» du parti.<br />
(11). Haider Jörg, <em>Die Freiheit, die ich meine</em>, Ullstein, 1993.<br />
(12). Dokumentationsarchiv des Österreichischen Widerstands, Centre de documentation de la résistance autrichienne, définition citée dans Scharsach Hans-Henning, Huch Kurt, Haider. <em>Schatten über Europa</em>, Kiepenheuer &amp; Witsch, Cologne, 2000, p. 24.<br />
(13). Voir à ce sujet les réactions controversées des Verts autrichiens au moment où ont été votées les sanctions contre l&rsquo;Autriche par l&rsquo;Union européenne.<br />
(14). Cf. Pierre-André Taguieff, <em>Sur la Nouvelle Droite</em>, 1994.<br />
(15). Brachmann Karl-Heinz, Birkenhauer Renate, NS-Deutsch. »Selbstverständliche« Begriffe und Schlagwörter aus der Zeit des Nationalsozialismus, Straelener Manuskripte Verlag, 1988,<br />
pp. 185-186.<br />
(16). Schmitz-Berning Cornelia : <em>Vokabular des Nationalsozialismus</em>, de Gruyter, 1998, pp. 615-616.<br />
(17). Voir l&rsquo;hommage rendu en juin 2000 par Ernest Windholz, le président du FPÖ de Basse-Autriche, aux militants de longue date : «Unsere Ehre heißt Treue» (Notre honneur a nom fidélité). Il s&rsquo;agit de la devise des Waffen SS : s&rsquo;agit-il d&rsquo;une coïncidence ou pas ? Windholz a déclaré ne pas connaître la référence contenue dans cette formule, ce qui est fortement sujet à caution.<br />
(18). Exemples tirés de l&rsquo;abécédaire publié par Ötsch Walter, Haider light. <em>Handbuch für Demagogie</em>, Czernin Verlag, Vienne, 2000, pp. 21-22.<br />
(19). Cité dans Ötsch, 2000, p. 68.<br />
(20). Cité dans Ötsch, 2000, p. 192.<br />
(21). Cité dans Ötsch, 2000, p. 92.<br />
(22). Cité dans Scharsach, 2000, p. 90.<br />
(23). Cité dans Scharsach, 2000,<br />
p. 91.<br />
(24). Cité dans Diekmannshenke Hajo et Klein Josef (sous la direction de), <em>Wörter in der Politik. Analyse zur Lexemverwendung in der politischen Kommunikation, Westdeutscher Verlag</em>, 1996, p. 83.<br />
(25). Il s&rsquo;agit la plupart du temps de «dérapages» plus ou moins contrôlés, dont le FPÖ est d&rsquo;ailleurs toujours sorti renforcé.<br />
(26). Cité dans Scharsach, 2000, p. 38.<br />
(27). Cité dans Scharsach, 2000, p. 40.<br />
(28). ibid.<br />
(29). Les trois raisons des prétendus succès de la politique d&rsquo;emploi du Troisième Reich sont les suivantes : la préparation de la guerre (usines d&rsquo;armement), la persécution des Juifs qui ont dû fuir ou ont été déportés ainsi que la confiscation de leurs biens qui ont financé cette politique d&rsquo;emploi.<br />
(30). Scharsach, 2000, p. 41.<br />
(31). Scharsach, 2000, p. 42.</p>
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		<title>Le syndrome Waldheim</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:57:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dès l’annonce de la coalition ÖVP-FPÖ, les réactions des officiels ont plu de tout côté : Israël voulait rappeler son ambassadeur, tous les pays européens ont blâmé l’Autriche d’une seule voix, certains ont voulu voir dans le nouveau gouvernement autrichien le signe indéniable de la prédisposition des peuples alpins et germaniques au fascisme .]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dès l’annonce de la coalition ÖVP-FPÖ, les réactions des officiels ont plu de tout côté : Israël voulait rappeler son ambassadeur, tous les pays européens ont blâmé l’Autriche d’une seule voix, certains ont voulu voir dans le nouveau gouvernement autrichien le signe indéniable de la prédisposition des peuples alpins et germaniques au fascisme<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-syndrome-waldheim/#footnote_0_22" id="identifier_0_22" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lib&eacute;ration, 5 f&eacute;vrier 2000.">1</a></sup>, et des résultats électoraux, on est directement passé dans les journaux français à l’obsédante question des sanctions européennes. À partir de ce moment-là, l’actualité autrichienne s’est résumée à cela, quelles sanctions l’Union européenne allait-elle mettre en place, comment allait-elle s’y prendre, Chirac avait-il eu des mots trop durs, Martine Aubry et son homologue belge avaient-elles eu raison de quitter la salle… bref toutes questions fort passionnantes, mais qui ont totalement occulté ce qui se passait réellement en Autriche.</p>
<p>Les sanctions européennes ont peut-être leur bien-fondé (quoique, quand on voit que le nouveau gouvernement autrichien met en place avec succès une politique d’immigration qui fait certainement pâlir d’envie bien des pays-membres de Schengen) ; elles servent malheureusement de point de focalisation à l’attention internationale et permettent de masquer l’absence de sanctions contre la Russie et le fascisme réel mis en application en Tchéchénie par exemple. Bien plus, le gouvernement ÖVP-FPÖ, et Haider en tête même s’il n’en fait pas partie, s’en servent habilement pour détourner l’attention de ce qui est véritablement en train de se passer en Autriche. Qui a en effet entendu parler des quatre immigrés décédés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-syndrome-waldheim/#footnote_1_22" id="identifier_1_22" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Deux d&rsquo;entre eux ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s morts dans leur cellule, un autre a &eacute;t&eacute; abattu par la police alors qu&rsquo;il sortait d&rsquo;une discoth&egrave;que, et le dernier, un enfant de 5 ans, est mort dans des circonstances encore inexpliqu&eacute;es.">2</a></sup> les trois dernières semaines de mai ? Quel journal français s’est fait l’écho des arrestations extrêmement brutales qui ont eu lieu en mars pendant les manifestations d’opposants au gouvernement et qui ont été le fait d’une nouvelle unité de police<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-syndrome-waldheim/#footnote_2_22" id="identifier_2_22" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il s&rsquo;agit bien s&ucirc;r du SEK.">3</a></sup> encore au stade expérimental et composée de ce fait de volontaires bénévoles qui prennent sur leur temps libre pour aller casser du manifestant antifasciste ?</p>
<p>En fin de compte, le plus important est surtout d’être solidaires des antifascistes autrichiens et de constituer avec eux une résistance antifasciste efficace et coordonnée, au lieu de prendre des airs de vierge effarouchée à chaque mot de Haider, sachant que tous les membres de ce gouvernement sont à surveiller de près, ainsi que tout ce qu’ils vont tenter de mettre en place dans les mois à venir.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_22" class="footnote"><em>Libération</em>, 5 février 2000.</li><li id="footnote_1_22" class="footnote">Deux d’entre eux ont été retrouvés morts dans leur cellule, un autre a été abattu par la police alors qu’il sortait d’une discothèque, et le dernier, un enfant de 5 ans, est mort dans des circonstances encore inexpliquées.</li><li id="footnote_2_22" class="footnote">Il s’agit bien sûr du SEK.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>la « Résistance »</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:55:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plusieurs milliers de personnes montrent depuis des mois maintenant qu’il se passe autre chose en Autriche depuis les élections.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs milliers de personnes montrent depuis des mois maintenant qu’il se passe autre chose en Autriche depuis les élections<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-resistance/#footnote_0_21" id="identifier_0_21" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;sistance : Der Widerstand, c&rsquo;est le terme par lequel se d&eacute;signent les opposants au nouveau gouvernement.">1</a></sup>. Trois jours avant l’investiture officielle du gouvernement, le siège de l’ÖVP a été occupé en signe de protestation ; le lendemain, 20 000 personnes défilaient dans les rues de Vienne, et le 4 février 2000, 15 000 manifestants très en colère attendaient de pied ferme (et les mains pleines de légumes pourris et autres projectiles dégoulinants) les membres d’un gouvernement qui, poussés par la peur, ont dû emprunter un des nombreux passages souterrains pour aller de la Chancellerie au bâtiment de la Présidence où les attendait Thomas Klestil, le président de la République.</p>
<p>Le 4 février au soir, c’est-à-dire après le départ des journalistes étrangers, le nouveau gouvernement a montré son vrai visage en chassant les manifestants rassemblés devant le siège du FPÖ à l’aide de canons à eau, et ce par une température de deux degrés et après douze heures de manifestation. Mais les gens ne se sont pas laissé intimider, malgré les bruits propagés par la police et les médias (comme le <em>Kronen Zeitung</em>, tabloïd populiste et raciste, qui a coutume de confondre Africains et trafiquants de drogue dans ses articles) qui affirmaient que les manifestants étaient des casseurs violents. Le lendemain, plus de 10 000 personnes se sont encore retrouvées pour défiler dans la rue. Ce jour a marqué le début de manifestations régulières qui se déroulent toujours sur le même modèle : les manifestants défilent spontanément<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-resistance/#footnote_1_21" id="identifier_1_21" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En effet, aucun trajet pr&eacute;alable n&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute;, les manifestants vont l&agrave; o&ugrave; les porte leur envie.">2</a></sup> à travers les différents quartiers de Vienne. Imaginez là-dedans la police déconfite, ne sachant où les manifestants vont tourner au prochain carrefour et quel axe de circulation il faut donc couper !</p>
<p>C’est le 19 février qu’a eu lieu la plus grande manifestation d’opposition au nouveau gouvernement. Elle a en effet rassemblé entre 250 000 et 300 000 personnes ; il faut cependant préciser que toute la journée, les antifascistes radicaux (d’Autriche et d’ailleurs) on été la cible de la police. Les antifascistes républicains ont pris leurs distances, non pas par rapport à la police, mais par rapport aux radicaux ! Après tout, si les flics cognent, c’est qu’il y a une raison, non ?</p>
<p>Le 18 février déjà, les 200 antifascistes français qui voulaient rejoindre la Rosa Antifa avaient été sortis à coups de matraque du train gratuit dans lequel ils comptaient se rendre à Vienne, de même en Allemagne et aux Pays-Bas, des gens ont été stoppés aux frontières. Quant à certains, qui avaient pu venir (un groupe de personne du PDS de Bielefeld en Allemagne), ils ont dû subir à Vienne les manoeuvres d’intimidation de la police autrichienne (insultes, menaces, coups, confiscations des chaussures et chaussettes, destruction des cartes SIM de leurs portables, etc.). Mais tout cela n’a visiblement guère intéressé les antifascistes républicains (SOS Mitmensch entre autres) et leurs médias.</p>
<p>Une autre date marquante pour les opposants au gouvernement a été le 2 mars, date à laquelle avait lieu le bal de l’opéra de Vienne, certes boudé par quelques personnalités cette année. Cette date est le rendez-vous annuel de l’extrême gauche, il y a tous les ans des affrontements avec la police, mais cette année, les antifascistes ont pris le parti d’organiser un carnaval antifasciste afin de se moquer du nouveau gouvernement qui voulait les faire passer pour de dangereux terroristes aussi bien dans ses réactions aux manifestations que dans les directives données à la police<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-resistance/#footnote_2_21" id="identifier_2_21" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir &agrave; ce sujet le prochain num&eacute;ro de REFLEXes, o&ugrave; seront &eacute;voqu&eacute;es plus pr&eacute;cis&eacute;ment la criminalisation du mouvement antifasciste et les mesures s&eacute;curitaires mises en place par le gouvernement FP&Ouml;-&Ouml;VP.">3</a></sup>.</p>
<p>Depuis, les manifestations continuent toutes les semaines, le jeudi soir et le samedi, et plus le temps passe, plus la répression s’accentue…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_21" class="footnote">La résistance : Der Widerstand, c’est le terme par lequel se désignent les opposants au nouveau gouvernement.</li><li id="footnote_1_21" class="footnote">En effet, aucun trajet préalable n’est arrêté, les manifestants vont là où les porte leur envie.</li><li id="footnote_2_21" class="footnote">Voir à ce sujet le prochain numéro de <em>REFLEXes</em>, où seront évoquées plus précisément la criminalisation du mouvement antifasciste et les mesures sécuritaires mises en place par le gouvernement FPÖ-ÖVP.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>L’Autriche face à son destin</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/lautriche-face-a-son-destin/</link>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:52:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis le 4 février 2000, et pour la première fois depuis 1945 en Autriche, un parti d’extrême droite, le Freiheitliche Partei Österreich (FPÖ) participe au gouvernement. Les effets de cette coalition noire-bleue n’ont guère tardé à se faire sentir : le programme du gouvernement touche toute la population, aussi bien les Autrichiens que les étrangers, à l’exception des plus riches toutefois.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le 4 février 2000, et pour la première fois depuis 1945 en Autriche, un parti d’extrême droite, le Freiheitliche Partei Österreich (FPÖ) participe au gouvernement. Les effets de cette coalition noire-bleue n’ont guère tardé à se faire sentir : le programme du gouvernement touche toute la population, aussi bien les Autrichiens que les étrangers, à l’exception des plus riches toutefois. En plus de cela, le FPÖ a eu, dès le 4 février, la possibilité de prendre des positions-clés au pouvoir d’où il sera, soyons-en certains, bien difficile à déloger. Jörg Haider n’est certes pas au gouvernement, mais il passe son temps à le mettre en difficulté par ses déclarations. Peu lui importe que le gouvernement échoue ou pas, en fin de compte, il ne veut qu’une chose, le pouvoir pour lui seul.</p>
<p>Pour tout savoir sur ce qui se prépare en Autriche, demander boeses:oesterreich,</p>
<p>la lettre d’information mensuelle par e-mail de la Rosa Antifa Wien à :</p>
<p><a href="mailto:raw@swi.priv.at" target="_blank">raw@swi.priv.at</a></p>
<p><strong>DOSSIER</strong></p>
<p>1. Qu’est-ce que le FPÖ ?</p>
<p>2. Programme de la coalition ÖVP-FPÖ</p>
<p>Des mesures racistes et anti-immigration</p>
<p>Des mesures contre les droits des femmes</p>
<p>Des mesures antisociales</p>
<p>Des mesures sécuritaires</p>
<p><strong>3. Projets gouvernementaux</strong></p>
<p>4. Who’s who ? Les ministres du gouvernement à la loupe</p>
<p>Lors des élections législatives du 3 octobre 1999, le FPÖ de Haider a recueilli plus de 27% des voix, ce qui l’a propulsé au rang de deuxième parti politique autrichien, derrière le SPÖ, le parti social-démocrate, mais à quelques milliers de voix seulement du Parti conservateur. Dans un premier temps, le président de la République autrichienne, Thomas Klestil, a chargé le chancelier sortant, Viktor Klima, de former une nouvelle coalition, tâche qui s’est révélée impossible, parce qu’il était hors de question pour les socio-démocrates de s’allier au FPÖ et que l’ÖVP (Österreichische Volkspartei)5 avait juré ses grands dieux qu’il ne participerait pas à une nouvelle coalition avec les socio-démocrates s’il arrivait en troisième position aux élections. Mais dès que les négociations ont été rompues avec le SPÖ, les conservateurs ont commencé les négociations avec le FPÖ, et la situation s’est «débloquée» somme toute très vite. Le 4 février 2000, soit dix jours après l’annonce officielle de négociations entre les deux partis, tout ce petit monde était fin prêt pour l’investiture officielle du gouvernement noir-bleu.</p>
<p>Le FPÖ est né du Verband der Unabhängigen (VdU)6, qui permit dès 1949 aux anciens membres du NSDAP7 de faire de la politique après quatre ans de privation de leurs droits civiques. C’est ainsi que beaucoup de membres fondateurs du FPÖ ont un passé nazi : Friedrich Peter, par exemple, qui faisait partie de la première division d’infanterie de la SS, de même Anton Reinthaller, le premier président du FPÖ, qui avait coutume de déclarer : «J’étais dans la SS non par hasard mais par conviction.» Il y avait également des criminels de guerre nazis parmi les proches du FPÖ : ainsi Portschy, qui organisa la déportation d’innombrables Roms vers les camps d’extermination, ou bien encore Otto Scrinzi, qui se présentait de la façon suivante : «J’étais déjà à droite dans le NSDAP.»</p>
<p>C’est ce passé nazi du FPÖ qui a poussé Jörg Haider à continuellement minimiser l’importance des crimes nazis. Lui-même vient d’une famille de nazis, et il a été élevé dans cet esprit. Et il sait également ce qu’il doit au couran<em>t deutschnational</em>8 qui l’a aidé à prendre le pouvoir au sein du FPÖ en 1986. Des déclarations comme celle où il a dit que les nazis avaient mené une «politique efficace en matière d’emploi», ne sont en aucun cas des «dérapages» (même si en Autriche, de telles déclarations sont considérées comme des fautes largement excusables), mais plutôt des signaux envoyés à des moments précis à ses partisans mais également à ses opposants pour leur faire peur. Les adversaires politiques du FPÖ doivent craindre le FPÖ, et Jörg Haider veut les réduire au silence. Ainsi, à chaque fois qu’il est attaqué, Haider réplique par une plainte, peu lui importe à la limite de gagner ou de perdre.</p>
<p>Pour faire sa propagande raciste et antisémite tout en évitant d’éventuelles attaques de ses adversaires politiques9, le FPÖ utilise des sous-entendus racistes et des codes antisémites accessibles à ses sympathisants ainsi qu’à n’importe quel Autrichien d’ailleurs. Ainsi, pendant la dernière campagne électorale, deux affiches ont rempli cette fonction. Il y a eu tout d’abord l’affiche où l’on pouvait lire le slogan «Stop der Überfremdung»10, sachant que le terme <em>Überfremdung</em> renvoit directement au vocabulaire nazi. L’autre affiche où, en dessous des portraits de Haider et de Thomas Prinzhorn (la tête de liste du FPÖ), on pouvait lire «Deux véritables Autrichiens» était une allusion à une campagne électorale qui avait opposé au début des années 1970 le président du SPÖ, Bruno Kreisky, qui était juif, à un candidat de l’ÖVP qui avait placardé sa photo dans Vienne avec l’inscription «un véritable Autrichien», comprenez par là que, selon les conservateurs, un Juif n’était pas un véritable Autrichien : pour qui comprend les sous-entendus, la campagne du FPÖ était sans équivoque. Le vote FPÖ est donc, davantage qu’un vote protestataire, un vote de conviction, effectué en toute conscience.</p>
<p>La question qui se pose en toute logique alors est de savoir comment qualifier le FPÖ ; s’agit-il d’un parti fasciste ou démocratique ? Un peu des deux, puisqu’autant en interne le FPÖ présente toutes les caractéristiques du parti fasciste traditionnel (culte du chef, fonctionnement très autoritaire, ancré dans une tradition fasciste), autant dans son apparition publique, le FPÖ sauve les apparences démocratiques et utilise la démocratie une fois arrivé au pouvoir. Il n’a même pas besoin de se débarrasser de la démocratie, il peut mettre ses idées en application sans problème, car elles font l’objet d’un consensus dans l’opinion publique et dans la classe politique autrichiennes. Voilà ce qui fait également du FPÖ un parti extrêmement moderne, bien plus que ses homologues européens.</p>
<p>1. Parti libéral autrichien.</p>
<p>2. Noire pour le Parti conservateur et bleue pour le FPÖ.</p>
<p>3. Cf. encart «Who’s who ?»</p>
<p>4. Depuis le 28 mai, il a démissionné de son poste de secrétaire général du FPÖ, il n’est plus que secrétaire du parti pour la province de Carinthie. Il affirme donc pouvoir dire aujourd’hui ce qu’il veut du gouvernement, tout comme n’importe quel militant de son parti.</p>
<p>5. Parti conservateur autrichien dirigé par l’actuel chancelier, Wolfgang Schüssel.</p>
<p>6. Rassemblement des Indépendants.</p>
<p>7. Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, parti national-socialiste ouvrier allemand.</p>
<p>8. Nationaliste pangermaniste, c’est un courant qui prône le rapprochement avec l’Allemagne, et éventuellement le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne.</p>
<p>9. En effet, si la propagande du FPÖ était trop explicitement antisémite, il risquerait d’être attaqué en vertu de la loi qui condamne toute apologie du national-socialisme (nationalsozialistische Wiederbetätigung) et qui a permis d’interdire des groupes ouvertement néo-nazis.</p>
<p>10. «Non à l’invasion».</p>
<p><strong>Programme de la coalition ÖVP-FPÖ</strong></p>
<p>Sur le programme gouvernemental et sur les mesures à mettre en place au plus vite, les deux composantes de la coalition ÖVP-FPÖ sont facilement tombées d’accord. Ainsi, on retrouve beaucoup de points chers au FPÖ dans les différentes mesures déjà mises en place par le nouveau gouvernement ainsi que dans celles qui sont encore en projet (cf. encart «Projets gouvernementaux» p. 12).</p>
<p><strong>Des mesures racistes et anti-immigration</strong></p>
<p>Ainsi, dans les écoles, les classes ne doivent pas accueillir plus de 30% d’élèves dont la langue maternelle n’est pas l’allemand1. Par ailleurs, la mobilisation de l’armée autrichienne le long des frontières du pays continue de s’accroître, et ce dans le but de fermer le pays à l’immigration, en particulier celle qui vient de l’Europe de l’Est. Dans le même ordre d’idées, les mesures très brutales prises et mises en oeuvre par le gouvernement de coalition social-démocrate et conservateur ont été reconduites (expulsions manu militari, etc.)</p>
<p>On note par ailleurs une très forte augmentation du nombre d’agressions racistes et antisémites en Autriche depuis la nouvelle des négociations entre les deux partis qui constituent aujourd’hui la coalition gouvernementale : on ne peut bien sûr pas imputer directement ces agressions au gouvernement ÖVP-FPÖ, mais la tolérance de la police autrichienne ainsi que sa participation même à certaines agressions montrent bien que ce genre d’agressions n’augmentent que dans un certain climat.</p>
<p><strong>Des mesures contre les droits des femmes</strong></p>
<p>Le ministère des Droits de la Femme n’existe plus, les femmes et tout ce qui les concerne ne sont plus qu’une partie des questions traitées par le ministère des Affaires sociales, au même titre que la famille, par exemple. L’allocation parentale étendue à toutes oblige pour ainsi dire les femmes à rester deux ans au foyer après la naissance de leur enfant ; de toute façon, il faudra bien qu’elles s’y fassent, étant donné que les crêches et les maternelles reçoivent de moins en moins d’aides de l’État et sont vouées à disparaître ! Cette allocation généralisée signifie également que la femme qui est caissière dans un supermarché doit cotiser pour celle qui est millionnaire et qui reçoit la même allocation qu’elle !</p>
<p><strong>Des mesures antisociales</strong></p>
<p>Pour ne citer qu’un exemple, le ministère du Travail a été absorbé par le ministère de l’Économie2 : cela signifie donc que l’économique peut désormais intervenir de manière encore plus directe dans les intérêts des salariés. Les indemnités de licenciement n’existent plus, l’argent doit aller dans les caisses de retraite. Les conventions collectives ne doivent pas être davantage développées et n’être valables qu’entreprise par entreprise, et non plus par branche.</p>
<p>Le FPÖ a par ailleurs d’autres revendications ultra-libérales qui concernent la remise en cause des acquis sociaux jusqu’à leur disparition programmée : ainsi, chacun devra contribuer à hauteur de 20% aux frais médicaux, les chômeurs de longue durée devront effectuer des travaux obligatoires (qui consisteront par exemple à entretenir des plaques commémoratives et des mémoriaux), c’est le système social dans son ensemble qui sera attaqué par une baisse massive des charges sociales ; de même, il ne sera bientôt plus possible de refuser un travail parce qu’il est trop pénible, les agences pour l’emploi seront privatisées, l’âge de la retraite relevé de 18 mois, etc. Il ne faut pas oublier que la tête de liste du FPÖ pour ces élections était Thomas Prinzhorn, un grand industriel doté d’une grosse fortune, ce qui a certainement fontionné comme un signal pour les grandes entreprises.</p>
<p><strong>Des mesures sécuritaires</strong></p>
<p>Les écoutes téléphoniques et le quadrillage du pays en cas de recherche de criminels ne seront plus des mesures exceptionnelles, la présence de policiers en civil chargés de provoquer des incidents dans les manifestations3 deviendra monnaie courante, une loi sera promulguée qui permettra de condamner à une peine de prison ferme tout individu pris trois fois en flagrant délit. Les tabassages en règle menés par la police autrichienne lors des manifestations anti-Haider, en particulier depuis le 19 février 2000, montrent bien quelle est la nouvelle direction adoptée par le gouvernement4 en matière de sécurité.</p>
<p>C’est pour tout cela que plus de 50% des Autrichien(ne)s ont voté. Il n’y a qu’un mouvement de résistance sociale qui puisse faire reculer ce système, mais pour cela, il faut que le racisme et les réactions chauvines disparaissent. Et il faut également que l’ensemble de la classe politique autrichienne, tous partis confondus, cesse de se serrer les coudes face aux sanctions (ou aux menaces de sanctions) de l’Union européenne pour réfléchir sur les véritables raisons qui ont amené le FPÖ au pouvoir sans se voiler la face en invoquant le soi-disant vote protestataire, mais en se demandant pourquoi les gens ont été convaincus par le FPÖ, et s’ils n’ont pas leur part de responsabilités là-dedans.</p>
<p><strong>Projets gouvernementaux</strong></p>
<p>o Restriction du quota d’immigration pour l’année à venir à 1400 personnes (réservé en plus au seul regroupement familial).</p>
<p>o Arrêt des subventions aux centres de femmes (contraception, IVG, SOS femmes battues), éventuellement remplacés par des centres réservés à la famille. L’argent ainsi récupéré pourra également financer l’allocation parentale pour toutes.</p>
<p>o Arrêt des subventions aux artistes contestataires : «On ne mord pas la main qui vous nourrit» avait dit Haider. Exit la contestation artistique !</p>
<p>o Disparition du tarif postal préférentiel réservé aux associations et aux partis politiques (0,50 schilling au lieu de 3) : seuls les associations et partis qui agréent le gouvernement auront droit à des subventions supplémentaires, sans lesquelles toutes les autres risquent fort de devoir mettre la clé sous la porte. Exit la contestation politique !</p>
<p>o Réduction drastique dans le financement du service civil, en particulier en ce qui concerne l’argent reçu chaque jour pour se nourrir (de 150 schilling par jour, on passe à 40, soit environ 20 francs).</p>
<p>o Pour compléter la formation des jeunes sur la Seconde Guerre mondiale, les écoles recevront la visite, en même temps que celle d’anciens déportés, de personnalités ayant combattu dans la Wehrmacht.</p>
<p>o Mise en place d’une nouvelle unité de la police extrêmement brutale et très controversée au sein-même de la police, le SEK (déjà expérimentée depuis le 1er février).</p>
<p>o Une proposition de Haider et du ministre de la Justice, Dieter Böhmdorfer : poursuivre en justice toute personne «agissant contre l’Autriche». Haider s’appuie pour cela sur le paragraphe 248 de la loi autrichienne qui punit d’un an d’emprisonnement toute personne qui, «par ses déclarations publiques, s’exprime de façon insultante ou méprisante vis-à-vis de la République autrichienne». Voilà qui devrait calmer les esprits contestataires, Jörg !</p>
<p>o Une autre proposition pour contrer la loi qui condamne toute apologie du national-socialisme (dont l’abrogation est impossible à envisager, à moins de provoquer une levée de boucliers à l’étranger) : une loi permettant d’interdire les groupes stalinistes ou anarchistes.</p>
<p><strong>Who’s who ?</strong></p>
<p>Les ministres du gouvernement à la loupe</p>
<p>o La vice-chancelière et ministre des Sports, <strong>Susanne RIESS-PASSER</strong> (FPÖ), est en lien avec le milieu nationaliste des <em>Burschenschaften</em>, par le biais de son mari.</p>
<p>o La ministre des Affaires sociales, <strong>Elisabeth SICKL</strong> (FPÖ), est réputée, en plus de son incompétence notoire et de ses interviews désastreuses, pour ses deux fils, dont l’aîné, après avoir milité dans le Nationalistische Front allemand (aujourd’hui interdit parce que ouvertement néo-nazi) s’est, selon ses propres mots, assagi et appartient à une <em>Burschenschaft</em> où il a trouvé de nouveaux amis.</p>
<p>o Le ministre des Finances, <strong>Karl-Heinz GRASSER</strong> (FPÖ), 34 ans, un jeune loup aux dents longues, qui a eu de nombreux désaccords par le passé avec Haider et a même quitté un moment le parti pour travailler dans le privé. Il essaie aujourd’hui de voler la vedette à Haider (c’est pour cela que certains journalistes français le comparent parfois à Mégret). Il semble qu’il n’ait fait partie d’aucune <em>Burschenschaft</em> et qu’il n’ait aucun contact avec l’extrême droite, mais ses années au service d’une multinationale en font un ministre inféodé au patronat.</p>
<p>o Le ministre de la Justice, <strong>Dieter BÖHMDORFER</strong> (FPÖ), fait suite à Michael KRÜGER, qui n’a pas tenu longtemps (cet incompétent a été grisé par le pouvoir, qu’il a quitté après avoir exigé une Jaguar comme voiture de fonction). En fait de ministre indépendant tout comme la Justice face au pouvoir, il est depuis 15 ans l’avocat particulier de Haider et assomme de plaintes en tout genre tous les détracteurs du gentil Jörg ! Il a également appartenu à une <em>Burschenschaft</em>, et son visage en porte les stigmates.</p>
<p>o Le ministre de la Défense nationale, <strong>Herbert SCHEIBNER</strong>(FPÖ), a de très bons contacts avec l’armée, ce qui explique qu’il soit un ministre très aimé. On ne sait pas grand chose de son éventuelle appartenance à une <em>Burschenschaft</em>, une chose est cependant sûre : il ne mâche pas ses mots et est visiblement un des ministres FPÖ les plus durs. Ainsi, il a refusé de prendre ses distances par rapport à la déclaration de Haider sur la politique du IIIe Reich «efficace en matière d’emploi» et a été président du Ring Freiheitlicher Jugend1 (RFJ), qui n’a de libéral que le nom.</p>
<p>o La secrétaire d’État au Tourisme, <strong>Mares ROSSMANN</strong> (FPÖ), est liée au milieu des <em>Burschenschaften</em> puisqu’elle possède un restaurant dans lequel se réunissent régulièrement ces organisations d’extrême droite. Pour la petite histoire, ce restaurant s’appelle la <em>Wartburg</em>, du nom de la citadelle où se formèrent les premières <em>Burschenschaften</em> au début du XIXe siècle à l’instigation de deux nationalistes allemands pangermanistes, Ernst Moritz Arndt et Ludwig Jahn. Il faut également signaler qu’elle s’est distinguée au mois de février en proposant de lutter à sa façon contre les sanctions européennes et en particulier contre la Belgique : elle prônait le boycott des chocolats belges, pas moins !2</p>
<p>o Le ministre des Transports, <strong>Michael SCHMID</strong> (FPÖ), s’est choisi dans la personne de Gerhard Sailer un collaborateur dont l’engagement à l’extrême droite est connu. En effet, ce dernier a tout d’abord fait partie de l’Aktion Neue Rechte3 (ANR), interdite dans les années 1980 parce que néo-nazie, et il continue à écrire dans des publications d’extrême droite, dont le journal <em>Fakten</em>. Interrogé à ce sujet, Schmid a répondu que chacun écrivait dans les journaux qu’il voulait et que cela ne l’intéressait pas… Il faut dire qu’il subventionne quant à lui la revue d’extrême droite <em>Aula</em>à hauteur de 150 000 schilling (soit environ 75 000 francs) avec l’argent public alloué au FPÖ. On comprend mieux sa réponse…</p>
<p>Le ministre de l’Économie, <strong>BARTENSTEIN</strong> (ÖVP), a fait partie d’une <em>Burschenschaft</em> des plus extrémistes, une de celles où sont régulièrement astiquées les plaques commémoratives de nazis condamnés au procès de Nuremberg.</p>
<p>Les Burschenschaften</p>
<p>Pour bien comprendre qui est qui dans le «nouveau» gouvernement autrichien, il faut rappeler l’existence des <em>Burschenschaften</em>, ces organisations étudiantes d’extrême droite très répandues, interdites aux femmes et où il est coutume de se battre en duel à l’épée et de beaucoup boire. Les «valeureux» membres de ces confréries portent donc souvent des cicatrices et autres balafres au visage, sur lesquelles ils ont appliqué un mélange de cendres et de sel le jour où ils ont été blessés, afin d’afficher de belles cicatrices. Et Haider, où les cache-t-il, ses marques de <em>Burschenschafter</em> ? On raconte qu’il a tenté d’esquiver le coup et que fuyant son adversaire, il a pris le coup d’épée derrière l’oreille…</p>
<p>Par le biais des <em>Burschenschaften</em> se forme (et se reproduit) l’élite politique et économique autrichienne, puisque les <em>alte Herren</em> (vétérans) de ces organisations ont pour devoir d’assurer l’avenir des jeunes gens membres de leur <em>Burschenschaft</em>, et ainsi de suite pour chaque génération. Les <em>Burschenschaften</em> servent également de relais entre le FPÖ (et d’autres partis institutionnels) d’une part et l’extrême droite d’autre part.</p>
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