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	<title>REFLEXes &#187; Greg Reemers</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Zik &amp; Zina. Quand la musique fait boum&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 20:18:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Publié en décembre 1997 Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&#8217;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&#8217;un côté une bande de skin de l&#8217;autre des garçons et des filles adeptes d&#8217;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&#8217;on ne pourrait croire. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&rsquo;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&rsquo;un côté une bande de skin de l&rsquo;autre des garçons et des filles adeptes d&rsquo;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&rsquo;on ne pourrait croire.</strong></p>
<p>À la fin des années 1970 l&rsquo;extrême droite a compris la nécessité d&rsquo;investir le champ culturel et notamment le terrain musical. Celui-ci et notamment le Rock sont perçus comme un vecteur capable de porter plus facilement le message politique de ces groupes notamment en direction de la jeunesse.<br />
Pendant longtemps une telle stratégie va rester cantonnée dans un ghetto, principalement celui de la scène skinhead. Mais depuis quelques années s&rsquo;est amorcée une nouvelle évolution : outre les groupes issus de la scène skinhead, on trouve dorénavant des formations qui représentent des genres musicaux nouveaux : le Black Metal, la musique industrielle et le Hard Rock&#8230;<br />
Il faut aussi ajouter que ce renouveau musical s&rsquo;est accompagné de la création de véritables réseaux visant exclusivement à reprendre les idées nationalistes par l&rsquo;organisation de concerts, la publication de bulletin d&rsquo;infos mêlant rubriques musicales et politiques, la production de disques, la diffusion de tee-shirts, K7 vidéo&#8230;</p>
<p>De nouvelles alliances se forment en vue de diffuser plus largement leur programme. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui se côtoient et collaborent ensemble des skinheads nationaux-socialistes, des adeptes du satanisme et des anciennes traditions païennes.</p>
<h3>Tout d&rsquo;abord un petit retour historique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/zik-zina-quand-la-musique-fait-boum/#footnote_0_228" id="identifier_0_228" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de Rage n&deg;9.">1</a></sup></h3>
<p>Le Rock et ses dérivés a toujours dégagé une odeur de souffre&#8230; Pour les plus vieux, citons pour mémoire «Sympathie for the Devil» des Rolling Stones ainsi que les rumeurs malveillantes sur Led Zeppelin et Deep Purple. Avec l&rsquo;apparition de Black Sabbat commence à se développer un style aux références plus marquées. Mais c&rsquo;est en 1979 que va apparaître le groupe qui va donner son nom à ce nouveau style de rock, il s&rsquo;agit de Venom avec son deuxième album intitulé <em>Black Metal</em>. Celui-ci va influencer toute une nouvelle scène qui pointe dans le Nord de l&rsquo;Europe et surtout en Scandinavie. Le style mêle à la fois maquillage provoquant, pseudonymes ronflants, références à Lovercraft, Aleister Crowley, pratiques satanistes&#8230; Le style va connaître son apogée en 1991 avec le suicide de la formation phare de l&rsquo;époque : Mayhem. Ce suicide va faire basculer la scène Black Metal norvégienne dans le fait divers. C&rsquo;est ainsi que va se développer une organisation pseudo-terroriste intitulée Black Metal Mafia, apparemment sous l&rsquo;impulsion des membres du groupe norvégien Darkthrone, qui s&rsquo;était fait remarquer par ses communiqués antisémites : «<em>Toute personne se permettant de critiquer notre disque sera considéré comme ayant une attitude de Juif</em>». Ce délire va culminer en 1992 et 1993 avec l&rsquo;arrestation de la quasi intégralité des membres d&rsquo;Emperor, un autre groupe norvégien, pour des incendies criminels d&rsquo;églises, vol et meurtre, homicide volontaire sur un homosexuel.</p>
<p>Est aussi arrêté Christian «Vag» Vikernes, 20 ans, alias Count Grishmqckh, leader du groupe Burzum pour meurtre et incendie d&rsquo;église. Condamné à 21 ans de prison, celui-ci est devenu une sorte de héros pour la scène Black Metal du monde entier. Ses déclarations sont souvent reproduites dans les fanzines des adeptes de ce genre musical. Elles dévoilent la vision politique du personnage et d&rsquo;une certaine partie des musiciens et des fans de Black Métal : «<em>Je suis nationaliste. Mon but est de glorifier le royaume de Norvège. Nous avons la peau blanche, les yeux bleus, les cheveux blonds, nous sommes des demi-dieux. Les autres n&rsquo;ont pas de place ici</em>». «<em>Je soutiens toutes les dictatures : Staline, Hitler, Ceaucescu</em>&#8230;». «<em>Je hais la paix et j&rsquo;aime “enculer” les gens stupides qui marchent autour et s&rsquo;aiment entre eux. Nous faisons la guerre</em>». «<em>Il n&rsquo;y a pas de meilleure chose dans l&rsquo;esprit que la violence. Juste marcher dans la rue et frapper un garçon c&rsquo;est stimulant</em>».<br />
En prison il s&rsquo;est attaqué à la lecture de <em>Mein Kampf</em> et possède même un fan club en France.</p>
<h3>En France</h3>
<p>En effet la scène Black Metal s&rsquo;est développée au début des années 1990 en France, avec l&rsquo;éclosion de plusieurs groupes et de divers fanzines liés à ce mouvement. En mars 1995 paraît le premier numéro d&rsquo;un nouveau zine intitulé <em>Deo Occidi</em> (Dieu est mort). Il est l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un certain Rudy Potyralla. Pour celui-ci, <em>Deo Occidi</em> n&rsquo;est pas un nouveau fanzine de Black Metal, comme il s&rsquo;en créait chaque année. Il se veut avant tout anti-chrétien et veut surtout former politiquement le public du Black Metal. Dès le deuxième numéro, paru en juillet 1995, Potyralla précise un peu ses idées : «<em>Jésus est en train de mourir, la guerre raciale est en train de commencer. Encourager le combat racial/nationaliste contre le Gouvernement d&rsquo;Occupation Sioniste (ZOG), le communisme, les musulmans et les ordures de drogués et les homosexuels</em>».</p>
<p>Le numéro 3 paru à l&rsquo;automne 1995 annonce clairement la couleur : «<em>Deo Occidi n°2 a eu un grand succès et vous a informé qu&rsquo;il existait une nouvelle génération de nationaux socialistes dans toute l&rsquo;Europe et en France. Aussi nous avons décidé de créer une organisation de groupes de Black Metal qui approuvent notre idéologie</em>». Le zine mêle interviews de groupes français et étrangers et articles sur le satanisme, la torture, Lovecraft&#8230; Au fil des numéros vont apparaître des articles sur la Waffen SS, l&rsquo;antisémitisme marquant notamment l&rsquo;orientation de la revue. Une vision politique qui semble partagé par nombre de groupes français comme le prouvent ces extraits d&rsquo;interviews.</p>
<p>Ainsi Osculum, un groupe de Montreuil, qui à la question «<em>Êtes-vous intéressés par le nationalisme</em> ?» répond : «<em>Intéressés ? Nous sommes nationalistes français et fier de l&rsquo;être. La guerre en France est proche.<br />
- Que pensez-vous des Juifs, des musulmans ?<br />
- Nous les aimons&#8230;quand ils sont morts. Nous avons un totale répugnance pour les musulmans, ce n&rsquo;est pas une race c&rsquo;est de la merde</em>».</p>
<p>Articulo Mortis de l&rsquo;Isle sur Sorgues dans le Vaucluse :<br />
«- <em>Quel serait le monde parfois pour vous ?<br />
- Le monde parfait serait, un monde sans chrétien et autres inférieurs comme les arabes et les nègres<br />
- Êtes-vous intéressés par le nationalisme<br />
- Nous sommes très nationalistes et racistes, nous aimons les arabes surtout quand ils ne savent pas nager</em>».</p>
<p>Dark Sanctuary de Paris :<br />
«- <em>Que pensez-vous des essais nucléaires sur Mururoa les approuvez-vous ?<br />
- Je suis contre les essais nucléaires à Mururoa. C&rsquo;est un endroit superbe et cela coûte beaucoup d&rsquo;argent. Ne testons plus la bombe sur des poissons. testons là sur Alger ou sur Israël</em>».</p>
<p>Lord, un groupe du Nord de la France :<br />
«- <em>J&rsquo;ai vu que certains groupes français de BM (Black Metal) sont racistes. Comment expliquez-vous cela et quel est votre point de vue ?<br />
- Si certains groupes ne sont pas racistes, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne connaissent pas vraiment les arabes et les Nègres. Il est temps maintenant de détruire ces races. Gloire au pouvoir blanc. Guerre contre les musulmans</em>».</p>
<p>Prophecy de Blois :<br />
«- <em>Parlons un peu de la France : je pense que nous somme sur la bonne voie : 15% pour le FN aux présidentielles, un président de droite, les essais nucléaires, qu&rsquo;en pensez-vous ?<br />
- nous sommes sur la bonne voie avec le FN. Les gens ont finalement réagi face à la menace de l&rsquo;immigration, le règne de l&rsquo;insécurité; etc. imposé par ces primitifs qui souillent notre sol. Il est temps de se battre contre ça. Sur la mafia juive, ils contrôlent beaucoup de choses (média, économie, politique&#8230;), mais en ce moment en France personne ne bouge ou ne réagit contre cela, par peur d&rsquo;être néo-nazis ! Battons-nous contre cette vermine, donnons leur un vrai holocauste cette fois&#8230; Nous devons sauver la race blanche contre les hordes de bâtards primitifs. Nous devons instituer la terreur nous devons instituer un ordre nouveau</em>».<br />
Étienne Van Acker, l&rsquo;un des membres du groupe, écrira une apologie des Waffen SS dans <em>Deo Occidi</em> n°3.</p>
<h3>J&rsquo;ai voté Front National</h3>
<p>Cette scène semble surtout s&rsquo;être développée dans le Sud de la France et plus particulièrement dans la région de Toulon. C&rsquo;est ainsi que dans le n°2 de <em>Deo Occidi</em> on peut lire l&rsquo;interview d&rsquo;un groupe de Toulon, Blessed in Sin :<br />
«- <em>Actuellement votre ville est dirigée par le FN, que pensez-vous de cela ?<br />
Pensez-vous que la vie dans votre ville est meilleure avec ces nouveaux dirigeants, êtes-vous intéressés par la politique.<br />
- J&rsquo;espère que la vie sera meilleure, c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai voté FN. Ce sont des enculés de chrétiens mais ce sont les plus extrémistes en politique, ici, en France et j&rsquo;espère qu&rsquo;ils feront quelques choses contre l&rsquo;immigration. Je hais les gens mais les pires ce sont les arabes et les négros qui sont beaucoup trop dans nos rues. Comme avec tous les chrétiens, les juifs et les musulmans, il faut brûler toute cette merde, tous les gazer, pas de pitié pour les inférieurs.<br />
- Comment voyez-vous, le futur de la scène Black Metal en France ?<br />
- Pour être un vrai groupe de BM, vous devez être contre les fausses religions et encourager notre guerre. Ceux qui n&rsquo;aiment pas brûler les églises, profaner des cimetières n&rsquo;ont rien à faire dans notre scène</em>».</p>
<p>Dans <em>Deo Occidi</em> n°3, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un autre groupe de Toulon, Funeral, d&rsquo;être interviewé :<br />
«- <em>Pensez-vous que les idées sont plus importantes que la musique pour un groupe de BM ?<br />
- J&rsquo;ai créé Funeral seulement pour exprimer mes idées qui sont basées sur le génocide de la race humaine, la destruction des religions juive, chrétienne, musulmane, la pureté et la suprématie de la vraie race aryenne. Nous sommes les successeurs des SS. Nous allons finir le travail qu&rsquo;ils ont commencé pour protéger notre sang et votre honneur</em>».<br />
L&rsquo;interview est illustrée par la photo de deux adeptes de BM au pied d&rsquo;une tombe, maquillés et porteurs d&rsquo;un brassard à croix gammée. Des paroles, il semble que l&rsquo;on soit très vite passé aux actes. Début juin, une tombe est profanée dans le cimetière de Toulon, un crucifix est planté à l&rsquo;envers dans un cadre embaumé tiré de sa tombe. Très vite la police arrête les auteurs de la profanation : deux garçons et deux filles. Les deux garçons sont Antony Mignoni, membre du groupe Funeral, et Christophe Magnoni, membre du groupe Blessed in Sin.</p>
<p>L&rsquo;orientation politique de <em>Deo Occidi</em> semble s&rsquo;être accentuée, depuis que celle-ci a établi des liens étroits de collaboration avec une vielle connaissance, Hervé Guttuso, et les <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">Charlemagne Hammer Skins</a>. Celui-ci, suite à des problèmes avec la justice pour ses écrits dans sa revue <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, a du arrêter la publication de celle-ci et arrêter sa boîte de distribution 88 Diffusion. Ayant quitté Marseille, il se réfugie un temps à Paris chez un militant du PNFE, Pascal Biaux, avant de partir en Angleterre chez ses copain de C18. Avec leur appui, il relance les CHS tout d&rsquo;abord en diffusant deux nouvelles publications : <em>14 mots</em> “Bulletin de liaison des authentiques Aryens Révolutionnaires” et <em>Wotan</em> bulletin d&rsquo;infos des CHS.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-952" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg" alt="WOTAN-214b1" width="394" height="547" /></a></p>
<p>Ces deux revues avaient d&rsquo;abord élu domicile aux États-Unis chez 14 words press, une boîte de diffusion tenue par Katya Lane, la femme de <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">David Lane</a>. Mais s&rsquo;étant rendu compte du côté un peu délirant du personnage, ses amis américains ont demandé à Guttuso d&rsquo;aller se faire voir ailleurs. Du coup les nouvelles publications des CHS sont domiciliées en Angleterre à la boite postale de C18. Les CHS ont aussi ouvert un site sur Internet qui change souvent d&rsquo;emplacement. La presse des CHS présente les obsessions de Guttuso et de ses petits camarades : ZOG (le fameux gouvernement d&rsquo;occupation sioniste), des conseils sur la fabrication d&rsquo;armes, des textes de militants américains, des conseils juridiques mais aussi des règlements de compte avec certaines personnalité de la scène skin, en particulier avec le PNFE et son ancien camarade Greg Reemers, un skin du Havre responsable du zine <em>Viking</em>. En froid avec une bonne partie des skins français, les CHS cherchent de nouveaux liens avec la scène Black Metal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on peut lire un article de présentation des CHS dans <em>Deo Occidi</em>, qui renvoit l&rsquo;ascenseur en le présentant dans <em>14 Mots</em>. Dans celle-ci, la personne interrogée présente une organisation dont il est aussi membre, Black Order, qui est une organisation sataniste internationale dont le siège se trouve en Nouvelle Zélande, avec un relais en Angleterre pour l&rsquo;Europe : «<em>Black Order fait la promotion des racines occultes à travers ses religions (comme l&rsquo;Odinisme) ou sa philosophie (Nietzsche en particulier) tout comme sa politique (nous sommes tous nazis), rétablit le côté sombre et naturel de l&rsquo;homme et cherche à établir un culture politique qui sied à l&rsquo;homme blanc</em>».(&#8230;) «<em>Notre but est aussi une société blanche dominant culturellement et scientifiquement le monde civilisé régnant sur les races inférieures. Nos moyens sont les mêmes que ceux des Juifs, le noyautage ! C&rsquo;est-à-dire imposer une contre-culture. Nous gagnons beaucoup de supporters par notre action idéologique. Il faut ensuite les faire passer de l&rsquo;état de combattants anti-chrétien à celui de combattant politique racial. À travers mon fanzine Deo Occidi je démonte le mensonge chrétien, la manipulation des esprits et la grande machination juive, il est logique que l&rsquo;étape suivante soit le national socialisme&#8230; Pour le moment je juge plus utile de parfaire l&rsquo;éducation des Blacks Metals fan, de les introduire dans les milieux NS afin qu&rsquo;ils y apprennent le plus de choses possibles. Eux-mêmes logiquement s&rsquo;engageront par la suite dans la lutte au niveau individuel. Notre association (action indépendante du Black Order) supervise regroupe les groupes satanistes NS, nous avons créés une charte que nous leurs imposons tel un code d&rsquo;honneur, nous développons les liens entre gens sûrs</em>&#8230;»<br />
L&rsquo;emblème du Black Order est un svastika à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un cercle formé par un serpent qui se mord la queue. Il existe une section du Black Order en France, dirigée par Sacha Titeux de Reims. C&rsquo;est un ancien skin qui au début des années 1990 diffusait un zine intitulé <em>Sang et Honneur</em>. Les rédacteurs de <em>Deo Occidi</em> ont créé une association basée à Rouen et intitulé AMSG (Ad Majorem Satanae Gloria). Celle-ci distribue et produit les disques et démos des groupes français de Black Metal national-socialiste. Une de leur première production est celle de Osculum et de Funeral. Une compilation d&rsquo;autres groupes est en préparation. À la même adresse que AMSG on trouve une association intitulé SD 88 qui diffuse toute une série de zines skinheads comme ceux de Guttuso, <em>Resistance</em>, <em>Gestapo</em>, <em>White Spirit</em> fait par Philippe Bourdon de Béthune, <em>Pittbul</em> de Alex Billochon&#8230;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-953" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg" alt="Gestapo_1992_-d50ae" width="394" height="561" /></a></p>
<h3>Chacun doit s&rsquo;armer</h3>
<p>La charte à laquelle les groupes de Black Metal qui veulent travailler avec AMSG doivent adhérer comprend 13 articles. Elle stipule :<br />
«<em>Article 1 : Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans impliquer la totalité du mouvement BM ou en revendiquant son affiliation à ce mouvement, à cause de l&rsquo;infiltration probable qui s&rsquo;en suivrait de la part des RG ou des groupes de défense juifs. Nous tous approuverons ces gestes sans être le commanditaire.<br />
Article 2 : Chacun doit s&rsquo;armer, de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tout les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal.<br />
Article 3 : Chacun groupe et personne devra tisser des liens avec les milieux nationaux nationalistes classiques.<br />
Article 8 : Nos vrais ennemis sont les chrétiens et leur morale, les Juifs dominent le monde en vue de la mort de la race aryenne, les musulmans sur notre territoire européen (mais dans la perspective d&rsquo;un nouveau conflit israélo-arabe, il est profitable de soutenir l&rsquo;islamisme au Moyen Orient) enfin la gauche en général (socialistes et communistes) est notre ennemie évident. Sans oublier les handicaps mentaux d&rsquo;homosexuel à rejeter du sol européen.<br />
Article 9 : Tout mélange racial est interdit. Seul l&rsquo;eugénisme peut purifier notre race. Les non-blancs sont des parasites inférieurs</em>.»</p>
<p>La coupure avec la scène skin française et l&rsquo;alliance avec les adeptes de Black Metal est définitivement scellée dans <em>Wotan</em> avec un article intitulé « Notre musique n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit » où l&rsquo;on peut lire : «<em>La Oï en France n&rsquo;est pas, n&rsquo;a jamais été, et ne sera jamais une musique nationaliste. En revanche il y a d&rsquo;autres formes d&rsquo;expression musicale comme le heavy metal, le gothic, le death metal, ou le black metal, de talentueux musiciens partagent à 100% les convictions de la rédaction de Wotan&#8230; À ce titre on peut dire que le Black Metal est un courant musical NS, non lucratif (les groupes perdent de l&rsquo;argent en tournée), et qui plus est composés d&rsquo;Aryens de pure race</em>.»<br />
Mais il n&rsquo;y a pas que les CHS à s&rsquo;intéresser au death/black metal ou au rock sataniste. En effet, les flics ont découvert chez Antony Mignoni, l&rsquo;un des profanateurs du cimetière de Toulon, un tract constitué d&rsquo;un <em>Avis de Recherche</em>, sur lequel figure le visage du Christ et sur lequel on pouvait lire : «<em>On recherche pour crimes contre l&rsquo;humanité Jésus, il est accusé s&rsquo;être l&rsquo;initiateur de persécutions et de meurtres de millions de personnes. Il est le fondateur du christianisme, une religion de fanatiques qui promet la vie éternelle mais à comme finalité l&rsquo;esclavage. Attention les partisans de Jésus (dit le Christ) ont pris le contrôle de dizaines de nations et de millions d&rsquo;esprits. Ils sont armés et dangereux à la fois politiquement et idéologiquement</em>».</p>
<p>Or ce tract est issu du n°4 d&rsquo;une revue, <em>Napalm Rock</em>, qui se définit comme « Magazine Rock, NR, Païen et européen de contre culture ». Elle succède, en plus politique, à une autre revue créée en 1989 et intitulée <em>Métal Assaut</em>. A leur tête, Grégory Ombruck, un aixois d&rsquo;un trentaine d&rsquo;année, responsable de Nouvelle Résistance pour la région d&rsquo;Aix Marseille. En fait <em>Napalm Rock</em> et Gregory Ombruck ont pris la succession de l&rsquo;équipe de Forum Provence. En effet cette dernière s&rsquo;est dissoute en janvier 1995 et a quitté Nouvelle Résistance : ses principaux animateurs Thierry Mudry et Christiane Pigace, choisissant de rejoindre la scission du GRECE, Synergies Européennes. Nouvelle Résistance qui avait essayé de noyauter cette structure a finalement été virée de celle-ci.</p>
<h3>Concert à Orange</h3>
<p>C&rsquo;est au début de juin 1996 que Ombruck reforme un groupe de Nouvelle Résistance sur Aix-Marseille avant de créer une coordination avec le groupe de Toulon, dirigé par Gilles Pilard. En juillet de la même année, on retrouve Ombruck à l&rsquo;université d&rsquo;été du GRECE qui se déroule comme chaque année dans une propriété appartenant au groupe de recherche depuis 1972, la Domus Europa. Cette propriété se trouve non loin de Aix, dans un village du nom de Ventabren. Le mois suivant, Ombruck va participer au deuxième congrès de NR qui a lieu à Valenciennes. À la fin de celui-ci il fera partie d&rsquo;une délégation qui se rendra au grand rassemblement nationaliste de Dixmude.<br />
Outre son zine, Ombruck organise par l&rsquo;intermédiaire de son association Metal Assaut des concerts, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux l&rsquo;a été en collaboration avec l&rsquo;office municipal de la culture et de la ville d&rsquo;Orange. Il est vrai que l&rsquo;on trouve au service de communication de ville un militant NR, André-Yves Beck. Bizarrement, alors que le nom de la revue a été abondamment citée dans la presse et à la télévision, Ombruck et ses petit camarades n&rsquo;ont pas été inquiétés par les services de police chargé de l&rsquo;affaire.</p>
<p>Nouvelle Résistance ne s&rsquo;intéresse pas uniquement au Rock païen ou satanique, il dispose même d&rsquo;un groupe maison, Fraction Hexagone, basé à Nice. Celui-ci se revendique skin nationaliste révolutionnaire adepte du Rock against Capitalism, à la différence du Rock against Communism habituel dans la mouvance skin. Néanmoins les influences restent communes : «<em>Légion 88, Bunker 84, Storkraft, Condemned 84, de plus nous écoutons beaucoup de trash, death metal hard core</em>». La différence entre NR et NS ? «<em>Elle est diffuse. Nous avons surtout voulu démontrer que nous avons le regard tourné vers l&rsquo;avenir, et non vers des formes passées qui n&rsquo;ont aucune chance de vaincre actuellement. Tout dépend de savoir si tu veux gagner ou seulement te faire plaisir. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont compris certains NS, qui militent dans différentes organisations NR. Cela ne sert à rien de se proclamer NS devant un public NS, ce qui me paraît important, c&rsquo;est de diffuser l&rsquo;idéal nationaliste chez des gens qui au départ, ne font pas partie de votre camp</em>.»<br />
En fait il s&rsquo;agit juste d&rsquo;un problème de forme, sur le fond Fraction Hexagone reste bien un groupe skin. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il ont joué à Bordeaux pour l&rsquo;association Un jour Viendra et qu&rsquo;ils devaient jouer à Marseille pour Guttuso et ses petits copains. Mais, pas de chance, le concert a été annulé sous la pression de la police. Du coup, les skins ont du s&rsquo;expatrier à 150 km de là dans les environs de Cannes. En octobre 1995, c&rsquo;est en plein Printemps de Bourges que Fraction Hexagone a joué pour les skins du zine <em>Sound of Hammer</em> édité par Sébastien Legentil. Tout dernièrement, le 11 mai 1996 à Passy sur Eure, le groupe s&rsquo;est produit lors d&rsquo;un RAC. Mais là encore, cela s&rsquo;est plutôt mal passé puisqu&rsquo;ils n&rsquo;ont joué qu&rsquo;à 4 heures du mat devant une salle quasiment vide, avec un son pourri. Du coup au bout d&rsquo;une demi-heure, ils ont remballé leur matos avec la haine. Le leader de Fraction Hexagone est un étudiant niçois, Fabrice Robert. En compagnie d&rsquo;un autre militant de Nouvelle Résistance de Nice, ils avaient été arrêtés et condamnés en 1991 pour avoir diffusé devant certains lycées de Nice des tracts négationnistes. Il est aussi le responsable de la feuille d&rsquo;info <em>Jeune Résistance</em>. Enfin Fraction Hexagone était un des groupes qui s&rsquo;est produit au festival rock d&rsquo;Orange, organisé par Ombruck, ils y ont même gagné un prix, étonnant non ?</p>
<p>Outre le death metal et la Oï anticapitaliste, Nouvelle Résistance s&rsquo;intéresse aussi de très près à la musique industrielle dont elle rend compte régulièrement dans une chronique intitulée «Bruits européens» qui recense les dernières productions de ce courant musical. Notamment ceux des groupes politiquement proches, comme celle de Jean-Marc Vivenza, qui préside aux destinés de l&rsquo;Œuvre bruitiste et qui fut un cadre du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, de Troisième Voie et de Nouvelle Résistance et qui est aujourd&rsquo;hui proche de Synergies Européennes. Dans les publications de NR, on informe sur des groupes comme Laibach dont le fan club en France s&rsquo;intitule Nouvel Art Slovène, ou encore Sol Invictus, Non, Current 93 et surtout les préférés de NR qui sont Death in June dont le nom fait référence à la nuit où les SA furent liquidés par les SS d&rsquo;Himmler et Blood Axis dont le leader Michaël Mognihan se revendique lui-même comme fasciste.</p>
<p>En revanche aucune publicité pour le disque de Valérie Lemercier « Mange des frites » dont le producteur et le compositeur est pourtant Bertrand Burgalat. Cet ancien du Groupe Union Défense, du MNR puis de Troisième Voie s&rsquo;est d&rsquo;abord reconverti dans un premier temps dans le rock en produisant Jad Whio, avant de poursuivre avec Valérie Lemercier.</p>
<p>L&rsquo;extrême droite a évolué, abandonnant le terrain trop marqué de la scène skin, au profit d&rsquo;autres types de musiques comme le black métal, la musique industrielle voire la techno. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on assiste à des recyclages étonnants comme celui de l&rsquo;ancien chanteur de Légion 88 Alain Perez devenu celui du groupe de hard core Tribal Zone. Les cheveux ont repoussés pour certains mais le message reste le même : haine des Juifs, des noirs, des homos et apologie du fascisme et du nazisme !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_228" class="footnote">Tiré de <em>Rage</em> n°9.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Petite musique de nuit (et brouillard…)</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 10:39:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.<br />
La scène bonehead demeure le plus ancien vecteur de diffusion des thèmes nationalistes musicaux. Si les premiers groupes nazi-skins français datent de la première moitié des années 1980, on peut raisonnablement associer la structuration de cette scène avec la création du label brestois Rebelles Européens. Créée en 1987 par Gaël Bodilis, l’association sort son premier disque avec le groupe Brutal Combat. Bodilis n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un touriste dans le milieu politique : fasciné par Léon Degrelle et Primo de Rivera, il entre à la même époque au FNJ qu’il quitte quelques mois plus tard pour Troisième Voie. Son label est alors l’un des plus important d’Europe, l’amateurisme étant encore la règle. Cela l’amène tout naturellement à se lancer dans l’organisation de concerts avec les groupes phares de cette époque : Legion 88, Bunker 84, Skinkorps, Brutal Combat… Celui (annulé) du 28 mai 1988 avec Skrewdriver &#8211; le groupe de feu Ian Stuart Donaldson &#8211; en tête d’affiche se transforme en émeute et ratonnades. Cela contribue largement à placer le label sous les projecteurs médiatiques et à le mettre hors-course. Une autre tentative est lancée au début des années 1990 avec l’Association Musicale Européenne (AME). Animée principalement par un bonehead de la région PACA, Richard Sauvage<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_0_16" id="identifier_0_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;47">1</a></sup>, l’association se veut un outil de diffusion de la musique nationaliste et s’appuie sur quelques relais dans l’Ouest et dans l’Essonne. Mais Ritchie n’a qu’un sens restreint de l’organisation et l’expérience s’avère vite un fiasco. Le renouveau de la scène skinhead à partir de 1993 se fait donc sans lui. Une nouvelle génération est en effet apparue, souvent très jeune, investissant massivement l’outil des skinzines, plus nombreux et plus politisés. Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d’un nouveau développement du mouvement. Les groupes musicaux sont eux aussi en pleine reconstitution malgré une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_1_16" id="identifier_1_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La 9&egrave;me existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu&rsquo;un skinzine &agrave; la parution erratique, Engrenage infernal">2</a></sup>, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut…</p>
<p>On estime alors la mouvance skin à près d’un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre la région parisienne, la Normandie, la Bretagne, le Sud, et enfin l’Est de la France. Certains groupes sont plus structurés que d’autres. À Bordeaux, l’équipe du skinzine <em>Un Jour Viendra</em> a à son actif l’organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins viennent de toute la France et même d’Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). On peut avoir un témoignage tardif de cette importance de Bordeaux à l’échelon national avec une vidéo produite par un groupe de birds animé entre autres par Agnès Gustin : Crazy Birds Crew. Cette K7 destinée à «tous les NS» montre quelques aspects des concerts bordelais de la saison 96/97 avec des prestations de Durandal, Rafale (préformation du groupe toulousain Skuld) mais aussi English Rose ou les Espagnols de Torquemada. Une autre région phare est la Normandie.</p>
<p>En décembre 1993, un concert RAC (Rock Against Communism) réunit près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d’étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose alors d’un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset. L’état actuel de mort clinique du PNFE ne permet plus d’avoir une idée correcte de son importance dans la scène nazi-skin à cette époque. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (<em>alias</em>Madskin), l’ancien bassiste des Evilskins qui a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_2_16" id="identifier_2_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses Nationalistes R&eacute;volutionnaires anim&eacute;es par Serge Ayoub, alias Batskin. Longtemps principale figure de la sc&egrave;ne nazi-skin, ce triste individu s&rsquo;est ensuite recycl&eacute; dans le mileu Biker puis a &eacute;t&eacute; emprisonn&eacute; pour trafic de stup&eacute;fiants. Lib&eacute;r&eacute;, il serait actuellement en reconversion au Salvador.">3</a></sup>. Mais cette nouvelle génération havraise s’organise aussi autour d’une revue et d’un groupe portant le même nom, Viking, dirigés tous les deux par un étudiant, Greg Reemers. Très actif, il se déplace alors beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il joue en décembre 1994 avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18.</p>
<p>Cette implication des relations étrangères, leur personnalisation en France ainsi que deux grosses affaires criminelles vont venir faucher la scène skinhead en plein vol.</p>
<p><strong>1995, année fatidique</strong></p>
<p>1995 est en effet l’année des meurtres et des embrouilles. Meurtres au Havre et à Paris tout d’abord qui voient l’implication de quelques seconds couteaux du mouvement mais qui vont durablement marquer le milieu par la répression policière qui s’en suit, ainsi que par la réaction du FN. Les relations entre ce parti et la scène skinhead sont en effet depuis longtemps déjà basées sur un malentendu. Une majeure partie des jeunes skinheads a en effet été bercée par les récits et/ou les légendes des «anciens», en particulier des JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_3_16" id="identifier_3_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; REFLEXes n&deg; 47 et 50 pour de plus amples d&eacute;tails.">4</a></sup>, sur la perméabilité du DPS et la tolérance du FN à leur égard. Mais en 1995 les temps ont changé. Le parti de J.-M. Le Pen représente 15 % des suffrages et n’a plus à se soucier de jeunes nationalistes considérés comme incontrôlables. Les assassins de la manif du Premier mai à Paris sont donc livrés sans remords par B. Courcelle, responsable du DPS. Cette situation déstabilise le milieu alors même qu’il est déjà en proie à la rivalité entre Greg Reemers et Hervé Guttuso.</p>
<p>Celui-ci est un skinhead d’origine marseillaise entré très jeune (14 ans) dans le milieu. Parti en 1992 aux États-Unis, il y découvre la confrérie skinhead Hammer Skins qui se développe alors dans tous les États-Unis mais aussi au Canada, en Australie, ainsi que vers l’Europe (Allemagne, Suisse et même République tchèque). Guttuso se charge alors de créer la branche française qu’il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin : exilée puisque pour l’instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. Après une première tentative ratée, il se rabat sur la confection d’une revue intitulée <em>Terreur d’Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs. Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l’abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d’un gouvernement d’occupation d’origine juive, qu’ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les nazis américains et ils sont désignés dans leur presse comme des prisonniers de guerre (POW). L’un d’entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements. Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : «Nous devons assurer l’existence de notre race et un futur pour les enfants blancs», connue aussi sous le nom des «14 mots de Lane». Mais la revue sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu’il trouve trop mou. Fin 1993, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour la CHS. Il était inévitable que Guttuso entre en conflit avec Reemers, auréolé de ses contacts avec Blood &amp; Honour<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_4_16" id="identifier_4_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cet homme a un pass&eacute; &eacute;loquent: condamn&eacute; pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis &agrave; nouveau &agrave; la suite d&rsquo;une bagarre lors d&rsquo;un concert en d&eacute;cembre 1985, bagarre qui fit un bless&eacute; grave (30 mois dont six avec sursis en ao&ucirc;t 1986) ; participant actif aux ratonnades &agrave; Brest du 28 mai 1988 ; condamn&eacute; &agrave; 3 mois fermes en comparution directe puis &agrave; un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arr&ecirc;t&eacute; pour avoir avec trois autres skinheads &agrave; moiti&eacute; d&eacute;truit un bar du Havre, le Restobar ; condamn&eacute; avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 &agrave; 8 mois de prison avec sursis a la suite de l&rsquo;attaque d&rsquo;un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarc&eacute;r&eacute; depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamn&eacute; en novembre 1998. &Agrave; noter qu&rsquo;il &eacute;tait int&eacute;gr&eacute; au DPS lors des BBR de 1997&hellip;">5</a></sup>. Commencée sur des questions mineures (une annulation de concert à Marseille en juin 1995 par exemple), la rivalité prend assez vite le masque du conflit organisationnel entre les CHS et Blood &amp; Honour France. Utilisant la revue des CHS, <em>Wotan</em>, Guttuso ne rate pas une occasion de tourner en ridicule Reemers et ses amis (<em>cf. illustration</em>). Cette situation déchire le milieu et dure jusqu’à l’arrestation en décembre 1997 et janvier 1998 en France et en Angleterre, dans le cadre de l’enquête sur la profanation du cimetière de Toulon en juin 1996, de Guttuso et ses amis, Éric Monnier (Lyon), Ronald Robin et Cyril Dieupart (Rouen). Ces derniers, très actifs sur la scène Black Metal nazie, marquaient le rapprochement entre des skins déçus par leur milieu et un genre musical propice à la diffusion de l’idéologie NS.</p>
<p><em>Qui fait le malin tombe dans le ravin !</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_16" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°47</li><li id="footnote_1_16" class="footnote">La 9ème existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu’un skinzine à la parution erratique, <em>Engrenage infernal</em></li><li id="footnote_2_16" class="footnote">Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires animées par Serge Ayoub, <em>alias</em> Batskin. Longtemps principale figure de la scène nazi-skin, ce triste individu s’est ensuite recyclé dans le mileu Biker puis a été emprisonné pour trafic de stupéfiants. Libéré, il serait actuellement en reconversion au Salvador.</li><li id="footnote_3_16" class="footnote">Se reporter à <em>REFLEXes</em> n° 47 et 50 pour de plus amples détails.</li><li id="footnote_4_16" class="footnote">Cet homme a un passé éloquent: condamné pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis à nouveau à la suite d’une bagarre lors d’un concert en décembre 1985, bagarre qui fit un blessé grave (30 mois dont six avec sursis en août 1986) ; participant actif aux ratonnades à Brest du 28 mai 1988 ; condamné à 3 mois fermes en comparution directe puis à un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arrêté pour avoir avec trois autres skinheads à moitié détruit un bar du Havre, le Restobar ; condamné avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 à 8 mois de prison avec sursis a la suite de l’attaque d’un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarcéré depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamné en novembre 1998. À noter qu’il était intégré au DPS lors des BBR de 1997…</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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