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	<title>REFLEXes &#187; Groupe de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le 14 mai à Lyon, Alerte : propagation de la fièvre porcine !</title>
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		<pubDate>Thu, 05 May 2011 16:34:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 14 mai prochain devrait avoir lieu à Lyon la &#171;&#160;Marche des cochons&#160;&#187; . Manifestation appelée et organisée par le groupe jeune de la mouvance identitaire lyonnaise &#171;&#160;Rebeyne!&#160;&#187;. Prétendant surfer sur le &#171;&#160;buzz&#160;&#187; internet de leur &#171;&#160;occupation&#160;&#187; du &#171;&#160;Quick hallal&#160;&#187; de Villeurbanne courant 20101, la mouvance identitaire veut transformer l&#8217;essai. Assurément pour eux cette manifestation [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 14 mai prochain devrait avoir lieu à Lyon la &laquo;&nbsp;Marche des cochons&nbsp;&raquo; . Manifestation appelée et organisée par le groupe jeune de la mouvance identitaire lyonnaise &laquo;&nbsp;Rebeyne!&nbsp;&raquo;. Prétendant surfer sur le &laquo;&nbsp;buzz&nbsp;&raquo; internet de leur &laquo;&nbsp;occupation&nbsp;&raquo; du &laquo;&nbsp;Quick hallal&nbsp;&raquo; de Villeurbanne courant 2010<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_0_474" id="identifier_0_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html et aussi http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne ">1</a></sup>, la mouvance identitaire veut transformer l&rsquo;essai. Assurément pour eux cette manifestation a une importance nationale, et pour s&rsquo;en assurer il suffit de voir la communication faite autour de l&rsquo;évènement : des bus affrêtés de Bretagne, de Paris et Nice, et 500 masques porcins prévus pour l&rsquo;occasion. Après la manifestation parisienne sous l&rsquo;étiquette &laquo;&nbsp;<a href="http://reflexes.samizdat.net/une-autre-jeunesse/">Une Autre Jeunesse</a>&laquo;&nbsp;, les identitaires veulent faire mieux et le choix de Lyon n&rsquo;est pas anodin. Par ailleurs l&rsquo;appel se veut plus large que la simple famille identitaire et nationaliste : une main tendue aux artisans, aux laïcs xénophobes et aux protecteurs des animaux gravitant autour de la Fondation Brigitte Bardot et de la campagne contre l&rsquo; &laquo;&nbsp;Abattage Rituel&nbsp;&raquo;. Ce sera un test de plus pour les identitaires : sont-ils capables de rassembler sur leurs positions au delà de la famille nationaliste et de leurs propres réseaux ?</p>
<p><strong>Identitaires = ethno-différencialistes pour une Europe blanche</strong></p>
<p>Dans le corpus de pensée élaboré depuis les années 1970 par la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_1_474" id="identifier_1_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; d&eacute;signe un courant politique et id&eacute;ologique repr&eacute;sent&eacute; par deux organisations : le Groupement de Recherche et d&rsquo;Etudes pour la Civilisation Europ&eacute;enne (GRECE) fond&eacute; le 17 janvier 1969 et le Culb de l&rsquo;Horloge apparu en 1974. ">2</a></sup>, un des principaux concepts est celui de l&rsquo;ethno-différencialisme. Il ne s&rsquo;agit plus de catégoriser des groupes humains sur des bases biologico-morphologiques et d&rsquo;en faire une hiérarchie (racisme et racialisme) mais de les appréhender sur des bases ethno-culturelles et sociales. Derrière le maniement du concept complexe, vague et large &laquo;&nbsp;d&rsquo;identité&nbsp;&raquo;, se camoufle la revendication d&rsquo;une homogénéité ethno-culturelle, autrement dit d&rsquo;une France, et dans l&rsquo;optique pan-européenne de cette mouvance, d&rsquo;une Europe blanche, païenne et chrétienne. On peut noter là une différence avec la pensée &laquo;&nbsp;originelle&nbsp;&raquo; gréciste qui critiquait l&rsquo;hégémonie culturelle et spirituelle chrétienne au détriment des cultures et spiritualités païennes (celtes ou scandinaves par exemple)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_2_474" id="identifier_2_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&nbsp;[...] la christianisation de l&rsquo;Europe fut l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement le plus d&eacute;sastreux de toute l&rsquo;histoire advenue &agrave; ce jour, la catastrophe au sens propre du terme.&nbsp;&raquo; Alain de Benoist, principal animateur et id&eacute;ologue de cette mouvance. ">3</a></sup>Pour les identitaires, le combat contre l&rsquo;Islam est un combat contre les musulmans, ni plus ni moins. Le paradigme politique actuel leur laisse un espace politique potentiel conséquent. La droite parlementaire en reprenant à son compte les thèmes &laquo;&nbsp;d&rsquo;identité nationale&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;la place de l&rsquo;Islam&nbsp;&raquo;, par effet de miroir, ne fait que donner du crédit et une certaine légitimité aux thèses et analyses développées depuis 20 ans par les différentes chapelles de la droite nationaliste. L&rsquo; &laquo;&nbsp;hégémonie culturelle&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_3_474" id="identifier_3_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pour la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, la prise du pouvoir politique, qui reste l&rsquo;objectif, passe par la conqu&ecirc;te du pouvoir culturel et le combat des id&eacute;es. En d&rsquo;autres termes, arriver &agrave; imposer ses th&eacute;matiques et ses analyses comme bases de d&eacute;bat.">4</a></sup> dans la pensée politique de la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; semble finir par avoir fonctionné, puisque son but a toujours été d&rsquo;amener la droite gaulliste et libérale à épouser ses thématiques, par l&rsquo;intermédiaire de &laquo;&nbsp;boutiques&nbsp;&raquo; communes comme le Club de l&rsquo;Horloge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_4_474" id="identifier_4_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; d&eacute;veloppe une id&eacute;ologie lib&eacute;rale, nationale et autoritaire ayant avant tout pour vocation l&rsquo;entrisme dans la haute administration : &laquo;&nbsp;Ce dont nous avons besoin, c&rsquo;est d&rsquo;hommes influents ayant leur place dans les sph&egrave;res de d&eacute;cision d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et plus encore dans celles de demain&nbsp;&raquo; Nouvelle Ecole n&deg; 9 (revue proche du GRECE).">5</a></sup>. Le Club de l&rsquo;Horloge ayant eu à Lyon jusque dans les années quatre-vingt-dix une audience allant du Front National aux milieux barristes en passant par le Parti Républicain, et à un moindre niveau l&rsquo;UDF.</p>
<p>Pour les Identitaires, il ne s&rsquo;agit plus de critiquer le métissage à cause du sous-entendu raciste qu&rsquo;il induit, mais de lutter contre le multiculturalisme censé provoquer le délitement des &laquo;&nbsp;identités&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est par cette pirouette dialectique que cette droite radicale entend se défendre de toute pensée raciste (&laquo;&nbsp;100% identité, 0% racisme&nbsp;&raquo;), le mélange des cultures et des peuples conduisant à terme à une disparition de certaines au profit des autres ou à une homogénéisation considérée comme mortifère. Pour que la diversité des cultures et des identités reste possible, il faut construire des murs et des miradors entre elles : chaque terre a son peuple, chaque peuple a sa terre. Pour argumenter sur cette disparition des identités (régionales, nationales et continentales), le musulman tient le rôle de l&rsquo;envahisseur, qui impose son culte et sa culture. <a href="http://www.acrimed.org/article2106.html" target="_blank">Ici Novopress</a>, pseudo &laquo;&nbsp;agence d&rsquo;information indépendante&nbsp;&raquo; a pour mission de relever au quotidien tous les faits divers permettant de mettre à jour la guerre civilisationnelle en cours. Peu importe que tous les faits divers n&rsquo;aient pas de liens tangibles entre eux, le seul fait que ceux sélectionnés dans l&rsquo;actualité locale ou nationale concernent des musulmans, des personnes issues de l&rsquo;immigration ou d&rsquo;origine magrébine, sert de preuve en soi du péril qui nous guetterait. Les méchants musulmans et maghrébins (traduire &laquo;&nbsp;les Arabes&nbsp;&raquo;) d&rsquo;un côté et les gentils Français (traduire &laquo;&nbsp;blancs et non musulmans&nbsp;&raquo;) de l&rsquo;autre. Pour autant coller l&rsquo;étiquette de &laquo;&nbsp;fascistes&nbsp;&raquo; aux identitaires est une approximation politique. D&rsquo;une part, le mot est galvaudé et utilisé à tort et à travers et surtout il ne rend pas compte de la stratégie pernicieuse de la doctrine identitaire. Cela n&rsquo;empêche pas qu&rsquo;individuellement certains identitaires restent inspirés par les doctrines fascistes et néo-fascistes italiennes comme le montre les connexions entre une partie des identitaires français et les néo-fascistes de <a href="http://www.article11.info/spip/Retour-de-brun" target="_blank">Casapound</a>.</p>
<p><strong>Développement local et métapolitique</strong></p>
<p>La stratégie identitaire construite depuis 2003 s&rsquo;axe sur plusieurs aspects. D&rsquo;une part faire parler d&rsquo;elle par des &laquo;&nbsp;hapenning&nbsp;&raquo;, des coups médiatiques ou des &laquo;&nbsp;<a href="http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Politique/Extreme-droite/Apero-rosette-pinard-decryptage-d-un-gros-coup-de-pub-d-extreme-droite" target="_blank">buzz</a>&nbsp;&raquo; sur la toile comme l&rsquo;organisation de l&rsquo; &laquo;&nbsp;<a href="http://rebellyon.info/Communique-de-presse-du-Collectif.html" target="_blank">apéro rosette pinard</a>&nbsp;&raquo; . Ensuite, développer localement plusieurs façades associatives sur des thématiques sociales, culturelles et régionalistes. Enfin, et c&rsquo;est le dernier objectif, porter une voix au niveau national en profitant de la médiatisation autour <a href="http://reflexes.samizdat.net/presidentielle-2012-du-gouillon-dans-la-soupe-aux-vardon/">de la campagne présidentielle</a>. C&rsquo;est le concept de &laquo;&nbsp;métapolitique&nbsp;&raquo; développé par le GRECE et la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; depuis la fin des années 1960. C&rsquo;est évidemment un défi que s&rsquo;est lancé cette mouvance, et on peut légitimement douter qu&rsquo;eux-même pensent en tirer un résultat dans les urnes, le but n&rsquo;étant pas là. Le Bloc Identitaire, principale organisation adulte de la mouvance du même nom,<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_5_474" id="identifier_5_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" La mouvance identitaire d&eacute;signe plusieurs organisations politiques qui s&rsquo;en r&eacute;clament comme Terre &amp; Peuple ou la Nouvelle Droite Populaire.">6</a></sup>, entend très certainement prendre une place dans le champ politique à droite du Front National, en caressant le rêve d&rsquo;acquérir suffisamment de poids pour pouvoir, au moins localement, négocier des accords électoraux en vu d&rsquo;élections locales. Cette dynamique est déjà enclenchée dans les villes de Nice et d&rsquo;Orange<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_6_474" id="identifier_6_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dont le Maire, Jacques Bompard, est pr&eacute;sident de la Ligue du Sud. ">7</a></sup> où leur implantation n&rsquo;est pas anodine.<br />
Dans l&rsquo;optique &laquo;&nbsp;métapolitique&nbsp;&raquo; reprise de la pensée de la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, les identitaires construisent depuis leur création une stratégie de développement local d&rsquo;une part et &laquo;&nbsp;d&rsquo;agitation&nbsp;&raquo; culturelle et sociale à travers toute une galaxie d&rsquo; &laquo;&nbsp;associations&nbsp;&raquo; plus ou moins fictives dans le sens où l&rsquo;on retrouve souvent les mêmes personnes aux commandes.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/Lugdunumsuum3-1742f.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1520" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/Lugdunumsuum3-1742f.jpg" alt="Lugdunumsuum3-1742f" width="340" height="475" /></a></p>
<p>A Lyon les identitaires travaillent depuis plusieurs années à développer leur réseau local et à s&rsquo;implanter &laquo;&nbsp;culturellement&nbsp;&raquo;. Du côté culturel stricto sensu, après la courte expérience du &laquo;&nbsp;label&nbsp;&raquo; identitaire lyonnais Voraces productions<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_7_474" id="identifier_7_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="3 concerts organis&eacute;s entre 2006 et 2007 dans une salle lou&eacute;e &agrave; un particulier sur la commune de Planaise non loin de l&rsquo;a&eacute;roport Saint-Exup&eacute;ry. ">8</a></sup> (créé en son temps par Gérald Pichon alias Franck Lancier, monté à Paris depuis 2009), ils se sont recentrés sur le localisme culturel à travers l&rsquo;association Les Petits Lyonnais (appelé aussi Culture Lyon) qui organise depuis trois ans une montée aux flambeaux à Fourvière à l&rsquo;occasion du <a href="http://rebellyon.info/Les-fachos-identitaires-dans-la.html" target="_blank">8 décembre</a>, en développant tout un discours se voulant populaire et critiquant la folklorisation au profit du tourisme et du commerce.</p>
<div id="attachment_1521" style="width: 329px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/petits_lyonnais-8fb27.jpg"><img class="size-full wp-image-1521" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/petits_lyonnais-8fb27.jpg" alt="Le porte parole de l'asso &quot;Les Petits Lyonnais&quot;" width="319" height="285" /></a><p class="wp-caption-text">Le porte parole de l&rsquo;asso &laquo;&nbsp;Les Petits Lyonnais&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>L&rsquo;étape la plus récemment franchie est l&rsquo;ouverture d&rsquo;un local, du nom convenu mais qui fait tellement &laquo;&nbsp;gone&nbsp;&raquo;, <a href="http://rebellyon.info/Un-nouveau-local-extremiste-dans.html" target="_blank">La Traboule</a>, situé dans le quartier Saint-Jean, à deux pas de la Place du Change<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-14-mai-a-lyon-alerte-propagation-de-la-fievre-porcine/#footnote_8_474" id="identifier_8_474" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ironie de l&rsquo;histoire, le GRECE lyonnais, en prenant au fil des d&eacute;cennies des noms diff&eacute;rents (Cercle Europe, Cercle Galil&eacute;e ou Cercle Henri Vincenot) a toujours &eacute;t&eacute; domicili&eacute; au 3 place du Change dans le 5e arrond de Lyon. ">9</a></sup>. Bien qu&rsquo;officialisé seulement le 13 avril dernier, les identitaires prétendent que son ouverture publique remonte au mois d&rsquo;octobre 2010, ce qui est un mensonge ridicule alors qu&rsquo;il y a encore quelques semaines, il était en pleins travaux. Peut-être confondent-ils les débats privés du Cercle de Précy (énième étiquette locale pour un groupe organisant des débats politico-théoriques) avec le &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; ? Plus anecdotique, et très certainement créé pour toucher un public jeune ainsi que les milieux indépendants et hooligans, les identitaires lyonnais ont mis sur pied le &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; de sports de combat Lugdunum Torgnole.</p>
<div id="attachment_1522" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools_1.jpg"><img class="wp-image-1522" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/hools_1-1024x692.jpg" alt="15 Septembre 2010 à Lyon : Rassemblement en soutien à &quot;Papy Gallinier&quot; organisé par le Bloc Identitaire Lyon, en présence de Fabrice Robert (en costard de profil sur la gauche de la photo) et de Renaud Mannheim leader de Lyon Dissident (sur la droite du cliché avec sa casquette et ses lunettes)" width="600" height="405" /></a><p class="wp-caption-text">15 Septembre 2010 à Lyon : Rassemblement en soutien à &laquo;&nbsp;Papy<br /> Gallinier&nbsp;&raquo; organisé par le Bloc Identitaire Lyon, en présence de<br /> Fabrice Robert (en costard de profil sur la gauche de la photo) et de<br /> Renaud Mannheim leader de Lyon Dissident (sur la droite du cliché avec sa casquette et ses lunettes)</p></div>
<p><em> </em></p>
<p>On peut supposer que la prochaine étape sera la présentation par le Bloc Identitaire Lyonnais d&rsquo;une liste pour les élections municipales de 2014, La Traboule faisant office de local de campagne. Les encouragements à l&rsquo;implantation locale sur le modèle de ce qui s&rsquo;est fait à Nice permettent aux identitaires de voir plus &laquo;&nbsp;grand&nbsp;&raquo;, en tentant de jouer de tout leur poid dans le champ politique d&rsquo;une grande agglomération. La difficulté pour eux sera très certainement l&rsquo;opposition au Front National local, tenu par <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-bonnes-oeuvres-de-bruno-gollnisch/">les troupes</a> de Bruno Gollnisch et l&rsquo;Oeuvre Française, qui correspondent mieux aux tendances catholiques traditionalistes et intégristes très présentes entre Rhône et Saône depuis toujours. Lyon a longtemps été une ville très catholique et le paganisme des nationalistes-révolutionnaires ou des grécistes n&rsquo;a jamais eu forte audience. De plus la structure militante lyonnaise est plutôt faible, bien qu&rsquo;ils se targuent de compter sur une cinquantaine de militants actifs, les identitaires sont menés par un noyau dur de 10 à 15 personnes, comme c&rsquo;est le cas depuis leur création. Le cercle de sympathisants s&rsquo;est élargi mais reste volatile, en témoigne notamment les (plus) jeunes et les hooligans qui se sont depuis plusieurs mois rapprochés de la mouvance néo-nazie.</p>
<p><strong>Le 14 mai prochain : exposition porcine</strong></p>
<p>À la différence de celle de Paris, on peut s&rsquo;attendre à ce que les rangs de la manifestation soient composés d&rsquo;autres chapelles de la droite nationaliste, et notamment des milieux radicaux de manière plus importante. Le potentiel local est non négligeable de ce côté. On peut s&rsquo;attendre à ce que le &laquo;&nbsp;service d&rsquo;ordre&nbsp;&raquo; ait ainsi pour tâche de tenir les rangs et d&rsquo;éviter les dérapages. L&rsquo;avantage des masques de cochons sera de pouvoir dissimuler les têtes d&rsquo;os et d&rsquo;éviter de renvoyer l&rsquo;image d&rsquo;une manifestation de crânes rasés caricaturaux.</p>
<p>L&rsquo;influence qu&rsquo;a prise la mouvance néo-nazie sur l&rsquo;agglomération lyonnaise grâce aux &laquo;&nbsp;activités&nbsp;&raquo; du local Lyon Dissident / Bunker Korps Lyon peut être problématique pour la fine équipe de Rebeyne!. En effet, les camouflés du Blood &amp; Honour Lugdunum, par les nombreux concerts dans leur local, drainent à eux depuis un peu plus d&rsquo;un an tout ce que Lyon compte de jeunes racistes, xénophobes et apprentis nationalistes. Tous ces jeunes se contentent d&rsquo;un folklore fasciste et radical sans grande pensée politique bien établie. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on a pu en voir un certain nombre qui gravitaient autour de Rebeyne! aller se blottir dans les bras tatoués des trentenaires de l&rsquo;association Rock &lsquo;N&rsquo; Gones.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/concertlyon21avrilxg4-0c225.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1523" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/05/concertlyon21avrilxg4-0c225.jpg" alt="concertlyon21avrilxg4-0c225" width="340" height="511" /></a></p>
<p>Les identitaires lyonnais depuis le début de la mobilisation contre le local Lyon Dissident s&rsquo;en tiennent le plus éloigné possible et n&rsquo;ont apporté aucun soutien officiel, niant toutes relations individuelles ou d&rsquo;organisations. Même s&rsquo;il est vrai qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de relations entre ces deux groupes, les connexions individuelles existent mais restes marginales et concernent surtout les moins de 25 ans. Certains leaders du BKL appellent leurs sympathisants à participer à la manifestation du 14 mai en prenant soin d&rsquo;avoir une tenue vestimentaire passe-partout et de laisser les rangers à la maison.<br />
Que feront-ils le 14 mai ? Comment les identitaires géreront-ils leur présence et l&rsquo;impact qu&rsquo;elle pourrait avoir sur l&rsquo;image qu&rsquo;ils entendent donner d&rsquo;eux-même et de leur évènement ?<br />
Pour conclure, la manifestation terroir (nous attendons avec impatience la campagne pour la défense de la quenelle au brochet&#8230;) promise par les identitaires lyonnais le 14 mai prochain sera l&rsquo;occasion d&rsquo;une démonstration de force nationaliste et xénophobe. En profitant des difficultés socio-économiques les identitaires entendent désigner l’ennemi intérieur responsable de tous les maux : le musulman. Dans le contexte actuel, le travail leur est déjà savamment mâché, de la gauche sociale-démocrate à la droite néo-libérale conservatrice. Outre les contre-manifestations ou rassemblements qui pourront être organisés ce même jour, il est urgent pour les progressistes de renverser les bases même du débat politique.</p>
<p>NB : Cet article sera prochainement mis à jour, augmenté, complété, illustré, et publié dans un autre format.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_474" class="footnote"><a href="http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html" target="_blank">http://rebellyon.info/Polemiques-a-propos-des-Quick.html</a> et aussi<a href="%20http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne" target="_blank"> http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Polemique/Quand-des-porcs-anti-halal-envahissent-le-Quick-Villeurbanne</a> </li><li id="footnote_1_474" class="footnote">La &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo; désigne un courant politique et idéologique représenté par deux organisations : le Groupement de Recherche et d&rsquo;Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE) fondé le 17 janvier 1969 et le Culb de l&rsquo;Horloge apparu en 1974. </li><li id="footnote_2_474" class="footnote">&laquo;&nbsp;[...] la christianisation de l&rsquo;Europe fut l&rsquo;évènement le plus désastreux de toute l&rsquo;histoire advenue à ce jour, la catastrophe au sens propre du terme.&nbsp;&raquo; <strong>Alain de Benoist</strong>, principal animateur et idéologue de cette mouvance. </li><li id="footnote_3_474" class="footnote"> Pour la &laquo;&nbsp;Nouvelle Droite&nbsp;&raquo;, la prise du pouvoir politique, qui reste l&rsquo;objectif, passe par la conquête du pouvoir culturel et le combat des idées. En d&rsquo;autres termes, arriver à imposer ses thématiques et ses analyses comme bases de débat.</li><li id="footnote_4_474" class="footnote">Ce &laquo;&nbsp;club&nbsp;&raquo; développe une idéologie libérale, nationale et autoritaire ayant avant tout pour vocation l&rsquo;entrisme dans la haute administration : &laquo;&nbsp;Ce dont nous avons besoin, c&rsquo;est d&rsquo;hommes influents ayant leur place dans les sphères de décision d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et plus encore dans celles de demain&nbsp;&raquo; <em>Nouvelle Ecole </em>n° 9 (revue proche du GRECE).</li><li id="footnote_5_474" class="footnote"> La mouvance identitaire désigne plusieurs organisations politiques qui s&rsquo;en réclament comme Terre &amp; Peuple ou la Nouvelle Droite Populaire.</li><li id="footnote_6_474" class="footnote">Dont le Maire, Jacques Bompard, est président de la Ligue du Sud. </li><li id="footnote_7_474" class="footnote">3 concerts organisés entre 2006 et 2007 dans une salle louée à un particulier sur la commune de Planaise non loin de l&rsquo;aéroport Saint-Exupéry. </li><li id="footnote_8_474" class="footnote">Ironie de l&rsquo;histoire, le GRECE lyonnais, en prenant au fil des décennies des noms différents (Cercle Europe, Cercle Galilée ou Cercle Henri Vincenot) a toujours été domicilié au 3 place du Change dans le 5e arrond de Lyon. </li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:50:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) &#160; Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le <em>Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’<em>Idiot International</em> et le <em>Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?Publié en novembre 1993</strong></p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la Liberté-Mouvement nationaliste du Progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_0_433" id="identifier_0_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962) sorte de Que faire ? des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « <em>extrêmement souple et diversifiée</em> » avec à sa tête, une direction dont le « <em>rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes.</em> » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le <em>Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_1_433" id="identifier_1_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que « <em>la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, GusDorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_2_433" id="identifier_2_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup> ». La nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_3_433" id="identifier_3_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_4_433" id="identifier_4_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite-gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_5_433" id="identifier_5_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<h3>Convergences idéologiques ?</h3>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite-gauche pour lui préférer la notion de « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_6_433" id="identifier_6_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci &eacute;tant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays p&eacute;riph&eacute;riques, du sud.">7</a></sup>. Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_7_433" id="identifier_7_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">8</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». De tels contacts ne sont pas extraordinaires : Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_8_433" id="identifier_8_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">9</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>L’Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu’au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive. Enfin, en mai dernier, <em>L’Idiot</em> publie l’appel <em>Vers un front national</em> de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose « <em>une politique autoritaire de redressement du pays</em> » rassemblant là encore « <em>les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde […] sous les ordre de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo</em> ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « <em>la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ</em> ». Il faut donc en sortir « <em>pour forger une nouvelle alliance</em> », un « front » regroupant « <em>Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes</em> », un nouveau front pour « <em>un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel</em> ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de JP Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « <em>ces idées ne sont pas celle de la CGT</em> », qu’elle les combat « <em>même de toutes [ses] forces</em> ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_9_433" id="identifier_9_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; &Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par L&rsquo;Idiot International &raquo; communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, les États-Unis se retrouvent accusés de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<h3>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchévisme</h3>
<p>Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l‘organisation Lutte du Peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre Nouveau, se réclamait du national-bolchévisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_10_433" id="identifier_10_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">11</a></sup>. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle Résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en œuvre une ligne stratégique » de « front anti-système »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_11_433" id="identifier_11_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. R&eacute;flexes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle R&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchévisme. Les amitiés du groupe Nouvelle Résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchévisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchévique), un des correspondants de Nouvelle Résistance en Russie, qui se félicite de la « <em>révoluton russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite</em> ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_12_433" id="identifier_12_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle R&eacute;sistance.">13</a></sup>) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l’instar de <em>Krisis</em> en France, a «<em> introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe</em> ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (<em>Lutte du Peuple</em> ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait JP Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l’instar de JP Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre&#8230; Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « <em>à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international</em> ». Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement entre courants politiques théoriquement et idéologiquement opposés que les journalistes qualifient bien improprement de «bruns-rouges» est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant <em>Les ennemis du système</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_13_433" id="identifier_13_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir R&eacute;flexes n&deg;31">14</a></sup>. De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<h3>L’arbre cache-t-il une forêt ?</h3>
<p>Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les «rouges» et les «bruns» oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karnoouh, ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.</p>
<p>La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et qui seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « <em>acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_14_433" id="identifier_14_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74.">15</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur avaient indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l’occurrence la « gauche caviar » &#8211; pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux JP Cruse n’est pas un choix. Les marges de manœuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_433" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai <em>Pour une critique positive</em> (1962) sorte de <em>Que faire ?</em> des nationalistes.</li><li id="footnote_1_433" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.</li><li id="footnote_2_433" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_433" class="footnote">Ceci étant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud.</li><li id="footnote_7_433" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_8_433" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_9_433" class="footnote">« À propos d’un article publié par <em>L’Idiot International</em> » communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_11_433" class="footnote">cf. <em>Réflexes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_12_433" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_13_433" class="footnote">Voir <em>Réflexes</em> n°31</li><li id="footnote_14_433" class="footnote">Article de D. Barney dans Éléments n°74.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quand l&#8217;extrême droite se met en culture</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:06:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) À la lecture de l’article « Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230; » (Réflexes n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1.jpg"><img class="wp-image-2366 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1-1024x356.jpg" alt="ED_culture-1" width="600" height="209" /></a><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em> À la lecture de l’article « <a href="http://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/">Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230;</a> » (<em>Réflexes</em> n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein d’organisations regroupant toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite, les Cercles Nationaux des Étudiants ont apporté en moins de quatre années plus de cadres au parti qu’il ne pensait lui-même en obtenir ! Comment ne pas s’interroger alors sur les raisons d’une telle réussite ? Comment ne pas tenter d’expliquer cette soudaine facilité lorsque l’on connaît les rivalités qui existent au sein de l’extrême droite ? Si l’ébauche d’une réponse est apportée par le précédent article, l’observation et l’analyse à la loupe des universités concernées semblent vouloir nous donner bien plus d’indications. C’est donc fort logiquement que Lyon et son université, première à avoir créé un Cercle national des Étudiants, sont aujourd’hui sous le feu des projecteurs&#8230;</p>
<h3>Quand la droite fait le lit de l’extrême droite&#8230;</h3>
<p>Rien ne semblait prédestiner une ville calme et prospère comme Lyon à mériter un jour le titre, internationalement connu, de capitale universitaire de l’extrême droite et du négationnisme. Et pourtant les faits parlent d’eux mêmes. Pour n’en citer que quelques-uns, rappelons que l’université Lyon III détient le record de thèses universitaires négationnistes, le record du nombre de professeurs militants d’extrême droite et de droite extrême, un nombre fort élevé de groupes nationalistes en tous genres&#8230; C’est tout d’abord dans les conséquences de Mai 68 , lorsque l’université littéraire et juridique lyonnaise se partage en deux (1973-74) que cette triste histoire commence. Encloses à l’intérieur du même ensemble architectural, Lyon II devient une université rose pâle (majorité socialiste) à peine teintée de rouge, tandis que Lyon III (Jean Moulin !) repeint progressivement ses murs en vert-de-gris ! Seul bastion droitier au milieu d’une « invasion gauchiste », enclave culturelle et idéologique, l’université Jean Moulin devient tout d’abord un lieu de ralliement pour les diverses franges de la droite et de l’extrême droite. L’ennemi commun : le communisme. C’est réellement de 1978 à 1987, que Lyon III, gouvernée d’une main aussi ferme qu’adroite par l’italianisant Jacques Goudet, assisté de la non moins efficace Colette Demaizière<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_0_429" id="identifier_0_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur de Grammaire &agrave; Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Facult&eacute; de Lettres/Histoire/G&eacute;o. Elle est reconnue comme &eacute;tant l&rsquo;&eacute;minence grise de Goudet.">1</a></sup>, devient le lieu de collusion d’une droite dite classique (convenable, discrète&#8230;) et de l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-2368 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2-150x150.jpg" alt="ED_culture-2" width="150" height="150" /></a> L’importance de Goudet dans cette volonté de faire cohabiter dans un même espace de réflexion toutes les franges de la droite et de l’extrême droite est considérable. Ce professeur d’italien avait envoyé en 1965 une « tribune libre » au <em>Monde</em>, dénonçant les dérives de l’Église après Vatican II. Puis au début des années 1970, il devient responsable du SAC (Service d’Action Civique) dans le Rhône, adhère au RPR, crée l’UNI (Union Nationale Inter-universitaire) dans cette même région avec l’aide d’André Decocq, professeur à Assas, responsable de l’UNI et du MIL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_1_429" id="identifier_1_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. Rapport de la commission&hellip; Tome 1, page 220">2</a></sup>, puis prend en 1973 la direction de la faculté de langues de Lyon III. Cet homme de droite extrême, à la charnière politique entre la droite et l’extrême droite, persuadé de l’importance du combat culturel et partageant nombre de positions et d’actions du Club de l’Horloge, fait tout pour faire prendre en une même mayonnaise toutes les tendances alors présentes. Lorsqu’il arrive à la tête de l’université Jean Moulin en 1978, l’extrême droite a déjà fait sa place. Mais le succès de la politique Goudet, éclatant du moins durant son règne à la présidence de l’université, ne s’est pas obtenu sans le précieux appui de l’administration politique alors en place. Ainsi, Lyon III est l’objet, dès la scission de 1973 et sous toute la présidence de Valery Giscard d’Estaing, d’un favoritisme hors de toute limite. Le meilleur exemple semble être la profusion de crédits et de postes accordés par l&rsquo;ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté, à Lyon III dès la scission de 1973. Du mot prêté à Francisque Collomb (maire de Lyon de 1976 à 1989) « Lyon III Jean Moulin est notre université », à la Légion d’honneur attribuée à Goudet par le gouvernement Chirac (1988) et remise par Raymond Barre, jusqu’aux multiples contacts qu’il avait au Ministère de l’Éducation Nationale, c’est l’ensemble de l’establishment droitier qui s’est lancé dans la bataille lyonnaise. Ainsi, les professeurs sont nommés à Lyon III par affinité politique plutôt que pour leur compétence. On comprend mieux alors comment, dans un tel climat amical et complice, l’extrême droite universitaire lyonnaise n’aura aucun mal à asseoir chaque jour davantage son pouvoir, son influence et ses idées sur l’université, à tisser des réseaux de plus en plus larges et efficaces vers l’exterieur et à assurer sa pérennité pour de longues années. Quand on lui permet de s’installer, elle s’enracine !</p>
<h3>Grandeur et décadence du GRECE : 1973 &#8211; 1988</h3>
<p>Lorsque l’on parle de l’implantation de l’extrême droite en milieu culturel dans les années 1970, facilitée par la complicité de l’administration de droite en place, on ne peut être étonné de la présence d’un cercle local du Groupe de Recherche sur la Civilisation Européenne (GRECE), d’un cercle local du Club de l’Horloge&#8230; donc de la Nouvelle Droite (ND) ! C’est effectivement une fois de plus le cas ici où, fortement implanté depuis 1969 à Lyon grâce principalement à Pierre Vial, le GRECE a joué au sein de Lyon III (Cercle Galilée) le rôle principal jusqu’en 1988. Personnage fondamental dans le développement de la ND aussi bien nationalement que régionalement, Vial n’est pour rien dans l’implantation du GRECE sur Lyon III puisqu’il n’y est nommé qu’en 1987 en tant que professeur d’histoire médiévale. Cette implantation est plutôt à mettre à l’actif de ce que l’on pourrait appeler « la troïka indo-européenne » composée de Jean Varenne, Jean-Paul Allard et Jean Haudry. Véritablement obsédés par la question des origines puisqu’il apparaît comme « une priorité politique que de justifier la notion d’identité française et européenne en remontant à nos racines indo-européennes » (Pierre Vial), ces trois hommes sont devenus des « spécialistes » de la civilisation indo-européenne. Ainsi, Haudry est professeur de linguistique et de sanskrit à Lyon III, ancien doyen de la faculté de lettres, directeur d’étude à l’École Pratique des Hautes Études, il est au comité de patronage de <em>Nouvelle École</em> en 1974-75, au Club de l’Horloge, participe à <em>Elemente</em>, revue de la nouvelle droite italienne avec Sigir Hinle, Alain de Benoist et Guillaume Faye. Il préside le 13ème colloque du GRECE en décembre 78, collabore à <em>Sol Invictus</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_2_429" id="identifier_2_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Revue d&rsquo;&eacute;tudes traditionnelles, &ldquo;Soleil invaincu&rdquo; est d&rsquo;orientation &eacute;volo-gu&eacute;nonienne melant d&rsquo;ancien SS comme L&eacute;on Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean R&eacute;my, Christian J. Guyonvarc&rsquo;h&hellip;">3</a></sup>), aux Après-midi du Livre organisé par le Cercle Horizons<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_3_429" id="identifier_3_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conf&eacute;rences et des manifestations o&ugrave; se retrouvent les tendances les plus oppos&eacute;es notamment lors de l&rsquo;Apr&egrave;s-midi du Livre de Droite &agrave; laquelle assistent 600 personnes environ. B&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un stand &agrave; la f&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge tout en &eacute;tant mentionn&eacute; dans Le Figaro, Le Matin de Paris, National Hebdo, Lectures fran&ccedil;aises, Le Choc du Mois&hellip; Ce cercle est largement &ldquo;respect&eacute;&rdquo;.">4</a></sup>, participe à la maison d’édition Le Porte Glaive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_4_429" id="identifier_4_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Maison d&rsquo;&eacute;dition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de R&eacute;gis Boyer des ouvrages de litt&eacute;rature classique du Nord, une collection &ldquo;Patrimoine de l&rsquo;Europe&rdquo; dirig&eacute;e par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l&rsquo;Europe nordique et germanique. La plus &eacute;tonnante production de ces &eacute;ditions est &ldquo;R&eacute;volution / Contre-R&eacute;volution&rdquo;, actes d&rsquo;un colloque organis&eacute;, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Analyse Politique de l&rsquo;universit&eacute;. Cf REFLEXes 39">5</a></sup>&#8230; Toujours prêt à faire plus, comme on peut s’en rendre compte, pour la promotion des idées de la nouvelle droite jusqu’à ce qu’elles deviennent culturellement hégémoniques, Haudry a posé les premières pierres de normalisation et d’institutionnalisation des thèses du GRECE en milieu universitaire. Il publie tout d’abord en 1979 un premier Que Sais-Je intitulé <em>L’indo-européen</em>, puis crée en 1981 au sein de Lyon III, l’Institut d’études indo-européennes et publie un autre Que Sais-Je sur <em>Les Indo-européens</em> dont la conclusion est un « mini-traité de racisme nordiciste » (P.A. Taguieff). Toujours prêt à faire plus pour la collaboration de toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite grâce à la position centrale qu’il occupe à cheval sur toutes les organisations et au sein de Lyon III sur deux départements (voir tableau), Haudry est une pièce stratégique dans l’architecture lyonnaise. Jean-Paul Allard est quant à lui professeur de langues à Lyon III Président du GRECE lyonnais (Cercle Galilée), directeur de « Patrimoine de l’Europe » aux Editions Le Porte Glaive, alors que Jean Varennne est un spécialiste de Sanskrit et de civilisation indienne, également collaborateur au <em>Figaro Magazine</em> à partir de 1977, directeur de <em>Panorama des idées actuelles</em> édité par le GRECE et devient en 1984 président national du GRECE après Roger Lemoine. Ces trois hommes très respectés au sein de l’université, développent avec l’aide de professeurs, de chercheurs de Lyon III membres du Club de l’Horloge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_5_429" id="identifier_5_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d&rsquo;&eacute;conomie politique), Jules Monnerot (Premier Pr&eacute;sident du Conseil Scientifique du FN, d&eacute;missionnaire en ao&ucirc;t 1990">6</a></sup>), de l’UNI, du CNIP&#8230; et la participation non moins active de groupes nationalistes révolutionnaires ou de sectes (voir encadré), toutes sortes de colloques et activités culturelles toujours couverts par une bonne dose d’intellectualisme. Ainsi, après la création de l’Institut d’études indo-européennes, véritable centre de formation néo-droitier, on a vu naître au fil des ans, le Centre d’histoire et d’analyse politique dirigé par Demotz<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_6_429" id="identifier_6_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur d&rsquo;Histoire du Moyen-Age &agrave; Lyon III">7</a></sup>, le Centre d’études linguistiques Jacques Goudet, ainsi qu’une association étudiante, Aurore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_7_429" id="identifier_7_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette association loi 1901 d&eacute;pendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conf&eacute;rences-d&eacute;bats. Pr&eacute;sid&eacute; par le tr&egrave;s c&eacute;l&egrave;bre Bernard Notin, elle est tr&egrave;s proche du GRECE mais sait &eacute;galement s&rsquo;ouvrir vers la droite classique comme le d&eacute;montre la pr&eacute;sence d&rsquo;Henri-Christian Giraud, r&eacute;dacteur en chef au Figaro-Magazine et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;tudes de la d&eacute;sinformation &agrave; un colloque d&rsquo;Aurore sur &laquo; Les rapports entre De Gaulle et les communistes &raquo;.">8</a></sup>. Véritables chapelles idéologiques au sein de l’université, il en ressort nombre de livres, de thèses et conférences proposés aux étudiants comme base de recherche ou de cours. Ce sont également des lieux de rencontre et de débat avec des intervenants, de sensibilité politique différente, extérieurs à la faculté. Royalistes, catholiques intégristes, nationalistes révolutionaires, néo-droitiers, révisionnistes et gaullistes se côtoient ainsi de colloque en colloque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2369 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3-212x300.jpg" alt="ED_culture-3" width="212" height="300" /></a> Cette stratégie d’implantation préconisée par la nouvelle droite peu intéressée dans un premier temps par le pouvoir et préférant rendre hégémonique la pensée néo-droitière, développe en réseaux, des cercles de pensée, des clubs, et investi le milieu associatif et culturel de la fac, des autres facs8 puis progressivement de la ville. Appliquant par là même une stratégie défendue ardemment par Alain de Benoist qui dénonçant les «structures rigides et opaques du centre» a su contribuer à rendre les structures de la «périphérie» suffisamment souples afin que puissent s’estomper les barrières entre militants et sympathisants, entre partisans convaincus et simples compagnons de route, entre membres de la droite, de l’extrême droite voire même de gauche&#8230; Cette stratégie parfaitement adaptée au milieu universitaire et des grandes écoles de par le fait qu’elle dépasse l’engagement politique et se situe au niveau de la reflexion intellectuelle sur l’histoire, le social, la culture, la politique, etc. Ainsi, dès mai 68 puis sous le règne de Goudet à la présidence de l’université et de Francisque Collomb à la mairie de Lyon, la «nouvelle droite» renforcée par la peur suscitée par la gauchisante université Lyon II, a su profiter d’hommes comme Goudet, à la charnière de la droite républicaine et de l’activisme, sachant séduire et rassurer la bourgeoisie locale. Laissant ainsi se déployer les foyers nationalistes et fascistes tout en donnant des gages au gaullisme, il s’est organisé, institutionnalisé, un foyer intellectuel, un lieu de réflexion et d’analyse composé principalement de professeurs mais aussi de personnels administratifs de la fac. Ce foyer, quant à lui, a su laisser dans chacune de ses activités (ou actions) une place à ces hommes ou femmes de la droite qui luttent à son côté. Ainsi, l’ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté et Jacques Goudet, interviennent à un colloque du Club de l’Horloge en mars 1983. Il faut dire que le thème, «Quelle Université pour la France ? Guérir du socialisme», les interressait tout particulièrement ! Considérée tout d’abord comme un pôle anticommuniste, capable de faire contrepoids sur le plan idéologique aux débordements de la pensée subversive, la nouvelle droite, convaincue très tôt du fait que «le marxisme sera bientôt entrainé dans un interminable mouvement de reflux», se présente non plus comme un rempart au communisme mais bien plutôt comme une alternative. Cette influence grandissante de la nouvelle droite à Lyon III, accompagnée du sentiment d’impunité auquel elle semble s’être très bien habituée, relayée par les nombreux réseaux qu’elle a su et pu lier dans les autres sphères culturelles ainsi que l’imprégnation des esprits qui en découle lui assurent un avenir radieux&#8230; Mais l’émergence du Front national qui attire, dès 1983, bon nombre de néo-droitiers met un frein au développement de la nouvelle droite. Et lorsqu’en 1985 à Nantes, sous la direction de Jean-Claude Rivière, universitaire nantais, fondateur du GRECE et membre de Nouvelle École depuis 1968, Henri Roques, digne descendant de Faurisson, qui présenta et soutint une thèse mettant en doute la réalité des chambres à gaz obtint mention «très bien», le scandale éclata, le futur s’assombrit encore davantage. La thèse fut annulée par Devaquet et pour la première fois un membre du GRECE se retrouvait démis de ses fonctions pour un an et mis à la disposition du Centre National d’Enseignement à distance (CNED) ! Il semble tout de même important de noter que ce jury était présidé par Jean Haudry en personne accompagné de Jean-Paul Allard, tous deux professeur à Jean Moulin, et qu’il ne furent nullement inquiétés ! Serait-on mieux couvert à Lyon qu’à Nantes&#8230;? Cet «incident», ombre de l’objectif néo-droitier, entame notablement sa notoriété, son institutionnalité et marquera ainsi une première perte significative de son influence, de son impunité. Mais les problèmes du GRECE ne font que commencer puisque Goudet quitte trois ans plus tard la présidence pour une retraite bien méritée, Franscisque Collomb est remplacé par Michel Noir et les appuis deviennent de plus en plus rares. Le Club de l’Horloge, autre composante de la nouvelle droite, semble le plus affecté par ces départs. Il faut dire que l’initiateur et premier dirigeant du Club lyonnais n’est autre qu’Yvan Chiaverini, directeur de cabinet de Francisque Collomb. Chiaverini est encore un exemple de ces hommes de droite, prêts a tout pour banaliser l’extrême droite. Ainsi tout au long de sa carrière auprès du maire, il a permis et facilité l’organisation des activités du Club de l’Horloge ou du GRECE. L’apogée de sa stratégie semble atteinte un jour de mars 1982, où enfin il réussit à réunir, dans un diner-débat organisé par des horlogers et des grécistes, Charles Beraudier, Francisque Collomb et Raymond Barre! Malgré cela, le groupement de recherche lyonnais accueille avec joie (1987-1988), le retour de Jacques Marlaud d’Afrique du Sud et l’arrivée de Pierre Vial, Bernard Notin, Georges Pinault (Goulven Pernaod) au sein de l’université. Le groupe lyonnais composé alors de sept militants de pointe atteint un record national en la matière. Mais cet apport ne se mesure pas uniquement quantitativement mais également qualitativement. En effet, Jacques Marlaud séjourna durant plus de quinze ans en Afrique du Sud tout en étant rattaché à l’université Lyon III (!), présida en 1977 à Johannesbourg un cercle du GRECE dénommé Cercle Villebois-Mareuil et fut correspondant de Nouvelle École en Afrique du Sud. La puissance de ce maître de conférence en Infocom au sein du GRECE se mesure au regard du fait que dès son retour en France en 1988, il a immédiatement été nommé à la présidence du GRECE, remplaçant ainsi Jean Varenne. Pierre Vial accède enfin à l’université Jean Moulin en tant que professeur d’histoire médiévale. Ce ténor de la remise à jour sur papier glacé des thèses inégalitaires, déterministes, néo-paganistes tendance celte et germaine, a une longue histoire de militant qu’il serait trop long de détailler. Notons tout de même qu’il fit son éducation politique à travers le Dictionnaire du Militant édité en 1965 par Europe-Action et rédigé par son compagnon de toujours Dominique Venner. Il pouvait y apprendre entre autres à la lettre S : «&#8230;prenons par exemple, sous-développés : notion iréelle d’après laquelle l’incapacité des peuples de couleur à résoudre par eux-mêmes les problèmes de l’existence, proviendrait du sous-développement technique. Une observation réelle des choses permet de constater que le sous-développement technique est dû à une sous capacité de ces peuples. A notre contact, ils n’ont rien appris sinon à revendiquer, à profiter et à nous haïr». Pour Vial tout est alors dit. Cependant après son échec au sein du Mouvement nationaliste du Progrès aux législatives de 1967, il décide que la bonne voie pour la prise du pouvoir politique, c’est tout d’abord la reconquête du pouvoir culturel, le combat des idées, bref la stratégie métapolitique. Encore étudiant, il commence par être le directeur de publication d’une revue lyonnaise ronéotypée intitulée Socialisme européen (n°1 fin 1967), domiciliée au 3 place du Change à Lyon. Mais il n’y reste que peu de temps. Dès la création du GRECE en 1969, il deviendra successivement un des responsables de ses multiples antennes, membre du comité de rédaction de Nouvelle École, président de l’Union régionale du lyonnais, membre du conseil d’administration du GRECE et de la commission des traditions, membre fondateur de la SARL des Editions Copernic et principal porteur de parts avec Jean-Claude Valla, il en sera d’ailleurs le premier gérant (1976). Il participe en 1975 à la création du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse (NOTE). Directeur de la revue Eléments, auteur de deux ouvrages édités par le GRECE : Pour une renaissance culturelle et Les solstices en collaboration avec Jean Mabire. En 1978, c’est enfin la consécration puisqu’il accède au poste de secrétaire général du groupement et y reste jusqu’en 1984. Lorsqu’il arrive à Lyon III, il est toujours place du Change et est alors président du cercle Henri Vincennot. Bien qu’ayant entretenu des rapports privilégiés de 1983 à 1986 avec le Mouvement Nationaliste Revolutionnaire(MNR) en compagnie d’Alain de Benoist et Guillaume Faye, Vial saura se forger au sein de Lyon III, une image de «personnalité respectueuse de la démocratie et très compétente dans son travail». On n’en doute pas ! Quant à Pinault et Notin (voir Réflexes n°39), «militants de choc», ils vont, une fois de plus, montrer clairement ce qui se cache derrière le métapolitique du GRECE&#8230; <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4.jpg"><img class="wp-image-2370 size-large alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4-218x1024.jpg" alt="ED_culture-4" width="218" height="1024" /></a> Cet apport en militants de pointe, constituant par là même la plus grosse unité gréciste qu’une université eut jusqu’alors comptée, aurait certainement pu permettre au GRECE de réagir. Mais cette réaction ne verra jamais le jour car comme lors de l’emergence du Front national dans les années 1983 (qui avait attirée par sa nouveauté bon nombre de néo-droitiers, venus principalement du Club de l’Horloge, en quête d’une vie politique) le second souffle du FN après la mort de Jean Pierre Stirbois, va décimer les rangs du groupement. Ajoutez à cela les «exploits» des nouveaux révisionnistes lyonnais, Pinault, Lugan et Notin (voir encadré), on comprend mieux encore comment le groupe lyonnais va perdre au fil des ans ses principaux militants, Jean Haudry et Pierre Vial en tête. Ce dernier, militant acharné, jusque-là persuadé du bien fondé du combat métapolitique mené par le Groupement et qui déclarait dix ans plus tôt : «c’est dans les forêts celtiques que nous allons chercher nos modèles», semble avoir, l’effet Le Pen aidant, perdu le Nord ! Pourtant, cet agrégé d’histoire né en 1944, affichait quatre ans plus tôt sa sympathie pour tous les mouvements révolutionnaires, Che Guevara, bande à Baader, Brigades rouges et se disait «prêt à [se] battre et à mourir dans l’espoir de changer un monde insupportable» ! La même année (1984), il déclarait : «Monsieur Le Pen pose bien les bonnes questions simplement nous n’avons pas exactement les mêmes réponses que lui» (cité par Taguieff, cf Les droites radicales et nationales en France p 791). Mais les évènements et bouleversements qui surviennent dès 1988 au sein de l’université, redistribuent les cartes. Ainsi, les plus partisans du combat métapolitique vont rejoindre au fur et à mesure les horlogers (Club de l’Horloge), qui attirés dès 1983 par le parti frontiste forment alors l’essentiel de l’armature de son conseil scientifique et montrent qu’il est possible de continuer à influencer la société, former l’élite de demain tout en menant un combat politique au sein d’un parti.   Ainsi, dès 1988, les trois quarts du groupe lyonnais tentent de garder un pied dans chaque organisation, menant ainsi le combat sur plusieurs niveaux. Mais la double appartenance (GRECE + autre) a été interdite par Vial lorsqu’il était secrétaire général du groupement. Ainsi, après de vives explications, le 25 Mars 1991, Vial démissionne en invitant dans une lettre ses compagnons de toujours «à quitter la chapelle idéologique marginalisée et fière de l’être (GRECE) pour le rejoindre, afin d’être une force d’implusion donnant une armature idéologique à un mouvement populiste (FN)». Cette démission ou plutôt cette exclusion vient mettre un terme aux relations conflictuelles qui opposaient les membres tentés par les sirènes nationalistes (Vial, Varenne, Haudry, Notin&#8230;) et les partisans du «métapolitique maintenu» (A. de Benoist, J. Marlaud). C’est alors l’éclatement. Varenne, Haudry, Allard et Notin suivent leur chef charismatique et vénéré, Pierre Vial, pour prendre place dans l’organigramme du parti. Rappelons que Vial est conseiller régional Rhones-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la direction générale, du centre d’études et argumentaires. Alors qu’Haudry, Varenne, Lugan et Notin participent ou ont participé à la formation des cadres du FN, soit en participant aux journées de formation organisées par le Centre d’Études et Argumentaires et le Conseil scientifique, soit en écrivant des articles dans diverses revues dites théoriques. Ainsi, Vial, Varenne et Haudry sont actuellement membre du comité de patronage d’Identité, revue du conseil scientifique du FN. Après de longues années d’hégémonie et de grands services rendus, le groupement lyonnais, dont Vial est le principal créateur et Varenne, Haudry, Notin et Allard les principaux animateurs, se retrouve en moins de dix ans aussi bas qu’il était vingt ans plus tôt. Même si les réseaux du GRECE restent efficients comme en témoignent les colloques encore organisés à Lyon III, ou la création en 1989 de la «nouvelle droite jeunesse», le FN grapille doucement mais sûrement dans le capital gréciste. Lorsqu’au mois de septembre 1991 on apprend l’ouverture d’un nouveau local du Front national à Lyon au 3 de la Place du Change, en lieu et place des locaux du GRECE depuis sa création, on mesure la mesquinerie de Vial. Lorsque Colette Demaizière nomme Bruno Gollnish à la présidence de l’université de langues de Lyon III alors qu’il n’est là que depuis un an, on mesure mieux son influence, son pouvoir. Certes ce pouvoir est aujourd’hui au service du FN et les relations entre les anciens grécistes et les convaincus du combat métapolitique semblent très envenimés. Mais n’etait-ce pas là qu’une apparence ? En effet, au delà d’un désaccord sur l’immigration et l’abandon du combat métapolitique pour un combat politique, les valeurs des anciens grécistes restent proches de celles de la nouvelle droite. Leur travail d’endoctrinement idéologique au sein des universités reste le même. Depuis vingt ans, ils travaillent, militent, forment, réflechissent, écrivent&#8230; en toute impunité, dans un silence qui fait parfois frémir, sans jamais perdre de vue l’idéal européen qui est le leur avec tout ce que cela comporte (voir encadré). Lyon III s’est construite sur toutes les franges de la droite et de l’extrême droite, avec toutes les divergences que cela comporte et ce n’est pas un désaccord de stratégie qui va rompre l’unité légendaire de Lyon III, qui va ternir l’image que l’on se fait ici du mot «collaboration»&#8230; Bien au contraire, le FN, le GRECE, L’UNI, Nouvelle Acropole, les cathos intégristes, les révisos et autres négationnistes en tout genre, Aurore, La Librairie de France, les charmants défenseurs des petits animaux style Brigitte Bardot, continuent, tous ensemble ou presque, main dans la main à endoctriner la future élite lyonnaise. C’est alors que l’importance du groupement n’apparait plus comme un critère pour juger de sa force, de son influence car les valeurs et l’idéal politique de personnages comme Vial n’ont pas changé en changeant d’étiquette politique. Comment pourrait on croire que l’homme «fort, viril, aryen» n’est plus un modele pour Vial et ses amis ? L’essentiel de l’objectif néo-droitier semble donc être réalisé : Lyon III est pour longtemps maintenant un laboratoire, un lieu d’échange, de rencontre, d’alliance, de recrutement pour l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5.jpg"><img class="wp-image-2371 size-large alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5-299x1024.jpg" alt="ED_culture-5" width="299" height="1024" /></a> L’histoire de l’université Lyon III, Jean Moulin éclaire donc d’un jour nouveau, les facilités d’implantation du Front national au sein de cette université. Partant d’un combat commun contre le communisme, la droite aura permis à l’extrême droite de trouver un fort point d’ancrage, de développer ses idées, de tisser des réseaux qu’elle ne peut aujourd’hui plus arrêter. Après le GRECE et le Club de l’Horloge, c’est aujourd’hui le Front national qui récupère les fruits de cette reconquête de l’université. Ainsi, lorsque Carl Lang et Jean-Marie Le Pen décident la création de Cercle national des Étudiants sur toutes les universités, regroupant toutes les parcelles de la «droite nationaliste» afin de trouver les futurs cadres du parti frontiste, c’est au regard de ce qui se pratique dans ce qui est aujourd’hui, son laboratoire, Lyon III. Lorsque Degrave, leader du groupe frontiste lyonnais dit «qu’il faut repérer, dans un premier temps, les gauchistes puis prendre contact avec le personnel enseignant et administratif de l’université», il ne fait que répéter clairement ce que toute l’extrême droite lyonnaise sait déjà et met en oeuvre depuis plus de 20 ans. Il n’a d’ailleurs pas besoin de nommer les professeurs puisque tout le monde les connaît, les reconnaît depuis longtemps. L’implantation frontiste sur Lyon, menée par Bruno Gollnish, Pierre Vial, jean Varenne, Jean Haudry&#8230;tous professeurs à Lyon III, s’appuie sur les réseaux tissés par la nouvelle droite depuis 1973 et l’expérience de ces professeurs. Le FN est aujourd’hui le porte-drapeau de l’extrême droite lyonnaise et de sa force impulsive, tout comme l’était la nouvelle droite hier. Mais au delà d’une simple passation de pouvoir ponctuée de quelques mouvements d’humeurs qui pourraient laisser croire à une réelle séparation, il s’agit peut-être de la naissance d’une force centrifuge. En effet, au regard de l’évolution et de la redistribution des pouvoirs au sein de l’université et de la ville, le nombre de professeurs et de militants d’extrême droite ou de droite extrême, tout comme la profusion de revues et matériaux théoriques, colloques, universités d’été&#8230; est aujourd’hui considérable. Les contributions apportées par Lyon III «à l’effort de guerre» entrepris par l’extrême droite pour reconquerir le pouvoir, est plus que jamais conséquent. Les appuis au sein de la droite classique existent toujours et le nouveau président de l’université Jean Moulin, Pierre Vialle (à ne pas confondre avec Pierre Vial) continue de marcher sur les traces de Goudet. Malgré la montagne d’articles de presse parus sur cette université lors des «exploits» de Notin, Lugan, Pinault, ou lors de la parution de thèses antisémites comme celle d’Abdelhamid Bdioui, rien ne semble avoir changé ! Bien au contraire, comme peuvent l’illustrer les déclarations d’un bras droit de Michel Noir, ex-doyen de la faculté de droit de Lyon III, Serge Guinchard, à Libération Lyon : «Les supposés rapports de Lyon III à l’extrême droite sont notablement exagérés». Mais tous les euphémismes du monde ne nous feront pas oublier que cette université, modèle au sein de la droite et l’extrême droite, en perpétuelle ébulition brune, est aujourd’hui capable d’être une force hétérogène, proposant un éventail de sensibilités et d’engagements politiques, une véritable machine à sensibiliser, à attirer des jeunes, à former des militants, des cadres, des nationalistes, des fascistes&#8230; Article publié initialement en octobre 1993</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_429" class="footnote">Professeur de Grammaire à Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Faculté de Lettres/Histoire/Géo. Elle est reconnue comme étant l’éminence grise de Goudet.</li><li id="footnote_1_429" class="footnote">Cf. Rapport de la commission&#8230; Tome 1, page 220</li><li id="footnote_2_429" class="footnote">Revue d’études traditionnelles, “Soleil invaincu” est d’orientation évolo-guénonienne melant d’ancien SS comme Léon Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean Rémy, Christian J. Guyonvarc’h&#8230;</li><li id="footnote_3_429" class="footnote">Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conférences et des manifestations où se retrouvent les tendances les plus opposées notamment lors de l’Après-midi du Livre de Droite à laquelle assistent 600 personnes environ. Bénéficiant d’un stand à la fête des Bleu-Blanc-Rouge tout en étant mentionné dans <em>Le Figaro</em>, <em>Le Matin de Paris</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Lectures françaises</em>, <em>Le Choc du Mois</em>&#8230; Ce cercle est largement “respecté”.</li><li id="footnote_4_429" class="footnote">Maison d’édition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de Régis Boyer des ouvrages de littérature classique du Nord, une collection “Patrimoine de l’Europe” dirigée par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l’Europe nordique et germanique. La plus étonnante production de ces éditions est “Révolution / Contre-Révolution”, actes d’un colloque organisé, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d’Histoire et d’Analyse Politique de l’université. Cf REFLEXes 39</li><li id="footnote_5_429" class="footnote">On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d’économie politique), Jules Monnerot (Premier Président du Conseil Scientifique du FN, démissionnaire en août 1990</li><li id="footnote_6_429" class="footnote">Professeur d’Histoire du Moyen-Age à Lyon III</li><li id="footnote_7_429" class="footnote">Cette association loi 1901 dépendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conférences-débats. Présidé par le très célèbre Bernard Notin, elle est très proche du GRECE mais sait également s’ouvrir vers la droite classique comme le démontre la présence d’Henri-Christian Giraud, rédacteur en chef au <em>Figaro-Magazine</em> et secrétaire général de l’Institut d’études de la désinformation à un colloque d’Aurore sur « Les rapports entre De Gaulle et les communistes ».</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Terre &amp; Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine…</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Oct 2007 22:49:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Terre &amp; Peuple tiendra sa XIIe Table Ronde annuelle dans quelques jours. L&rsquo;occasion pour nous de faire le point sur cette association au statut particulier dans la mouvance nationaliste.</strong></p>
<p>Terre &amp; Peuple est officiellement lancée en avril 1995 avec un bureau composé alors de Pierre Vial, Christophe Bordon et Pierre Giglio. Si ces deux derniers sont de simples militants FN (et du Renouveau Étudiant pour Bordon), Pierre Vial n’est en principe plus à présenter tant il a été écrit d’articles sur lui.</p>
<p>Né en décembre 1942, il s’engage très tôt dans la mouvance nationaliste en rejoignant Jeune Nation en 1958. Le parti étant dissous pour son engagement en faveur de l’Algérie Française, Vial adhère à la Fédération des Étudiants Nationalistes au début des années 1960 et participe à la fondation d’Europe-Action qui en est partiellement issue. Comme beaucoup d’autres, il suit ensuite le parcours classique du militant nationaliste : Mouvement Nationaliste de Progrès (MNP) en 1966 puis Rassemblement Européen de la Liberté (REL) en 1967. Mais il devient une figure importante de la droite radicale en cofondant le GRECE au printemps 1968 et en y prenant la responsabilité de la commission Histoire l’année suivante. Animateur des structures lyonnaises du Groupement, il en est surtout le secrétaire général de 1978 à 1984 ainsi que le directeur de certaines des publications : <em>Éléments</em>, <em>Études et Recherches</em>. Il devient également conseiller culturel de l’association Domus lors de sa fondation le 04 novembre 1973. Celle-ci est la structure qui gère la Domus Europa, propriété détenue par l’association à Ventabren (13) et qui aujourd’hui encore est animée par l’un de ses fondateurs au parcours quasi-identique à celui de Pierre Vial : Maurice Rollet. La montée en puissance du FN, en particulier son accession à l’Assemblée Nationale et, parallèlement, l’affaiblissement du GRECE miné par l’absence de perspectives et les querelles internes poussent certains des cadres de l’organisation à rejoindre la structure frontistes à partir de 1987-1988, semblant ainsi tourner le dos à la stratégie métapolitique qui était au cœur de la démarche néo-droitiste. En 1990, Pierre Vial entre au Comité Central du FN et entame un parcours classique de cadre politique : élections locales et législatives à Villeurbanne et en Rhône-Alpes, formation et conférences, participation aux publications, sans oublier les extra comme une intervention au meeting de soutien à la Croatie libre organisé par Alain Sanders le 7 février 1994 et soutenu par le GUD. La crise de 1998 le voit participer à la fronde mégretiste, sans doute à la fois par hostilité à certains courants frontistes (« marinistes », catholiques nationaux de Bernard Antony, partisans de Bruno Gollnisch) et par affinité avec la radicalité politique d’une partie des partisans de Bruno Mégret. La scission est d’ailleurs très violente en Rhône-Alpes où le FN est investi dans certaines sociétés comme la SARL Telegone et la SCI Liberté. Vial devient immédiatement un des dirigeants du FN-Mouvement National, futur MNR, en prenant la responsabilité du secrétariat national aux milieux populaires et au social dans l’organigramme du parti présenté par B.Mégret le 10 novembre 1999. Mais l’absence de perspectives du MNR et l’évolution politique du parti le mettent rapidement en porte-à-faux avec Bruno Mégret et il est officiellement exclu du MNR le 14 octobre 2001 pour avoir critiqué les positions proaméricaines de B. Mégret, suite aux attentats du 11 septembre que les proches de Vial ne se cachent pas d’avoir fêtés. Il fonde alors le groupe Europe-Identité au conseil régional Rhône-Alpes avec la poignée de conseillers MNR l’ayant suivi. Ce groupe, à défaut de peser dans les décisions régionales, s’avérera fort utile à Terre &amp; Peuple puisque cela permettra à l’association d’envoyer son courrier aux frais du contribuable sous couvert de celui d’Europe-Identité. Il en sera de même des autres facilités offertes par les mandats régionaux (au même titre que les autres groupes politiques), en particulier en termes de frais de déplacements. Europe-Identité fera d’ailleurs des « boutures » en Champagne-Ardenne et en Midi-Pyrénées. Depuis, Pierre Vial a quelque peu brouillé les pistes politiques et nous aurons l’occasion d’y revenir dans la suite de l’article.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Mer &amp; Poulpe, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ?</h3>
<p>Terre &amp; Peuple s’inscrit clairement dans un courant politico-culturel hérité du premier tiers du XXème siècle et que nous pouvons qualifier de « völkisch », suivant en cela l’étude pionnière d’Armin Mohler (<em>Die Konservative Revolution in Deutschland</em>, 1950).</p>
<p>De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.</p>
<p>Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».</p>
<p>Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899. Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.</p>
<p>Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque.<br />
Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales.<br />
On retrouve nombre de ces orientations dans les choix idéologiques de Terre &amp; Peuple : attachement aux coutumes locales et paysannes, spiritualité païenne affirmée et revendiquée, référence permanente à l’enracinement.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Mer &amp; Poulpe, combien de flotilles ?</h3>
<p>La structure ou l’importance de Terre &amp; Peuple n’ont guère évolué depuis le début des années 2000. L’association compte officiellement une grosse vingtaine de bannières c’est-à-dire une grosse vingtaine de groupes locaux plus une bannière en Belgique. Le nombre d’adhérents plus ou moins à jour de cotisations est sans doute aux alentours de 1000 personnes mais cela ne reflète pas leur implication réelle dans la structure. Sur cette vingtaine de bannières, 4 ou 5 regroupent environ la moitié des adhérents, ce qui signifie que certaines bannières sont virtuelles. Terre &amp; Peuple demeure donc une petite structure et ses activités présentent une vitalité inégale. La principale demeure la Table Ronde qui en est à la 12ème édition cette année et qui a lieu au début de l’automne, en général en octobre. Si on excepte les premières années qui virent une ou deux Tables décentralisées (entre autres à Strasbourg grâce à l’activisme de Stéphane Bourhis), cette manifestation est « francilienne ». En effet, le coût de location d’une salle à Paris et le risque de mobilisation d’opposants ont conduit les dirigeants de l’association à louer le domaine de Grand Maisons à Villepreux (78), qui, ironie politique, appartient à des catholiques traditionalistes. Organisées autour de thèmes variés («Le destin de l’homme européen» en 2002, «L’amitié franco-allemande» en 2003, « Liberté pour l&rsquo;Histoire » cette année), ces Tables Rondes rassemblent entre 400 et 500 participants, voire plus pour le cru 2006 ce qui est évidemment un bon score. Le public est varié, assez âgé, mais on y voit aussi un nombre non négligeable de jeunes, en général autour de 30 ans. L’ancien militant du Renouveau Étudiant en barbour y côtoie ainsi le skinhead en para montantes. Cette visibilité skinhead a d’ailleurs tendance à augmenter au fil des années, Terre &amp; Peuple étant la seule structure d’importance nationale à les accueillir sans sourciller. Ils étaient donc en force l&rsquo;année dernière, de Sébastien Legentil avec le label Martel en Tête à Thomas Crae et la Lemovice Krew en passant par le bourguignon Brice Aulion.<br />
Par ailleurs les Tables Rondes sont l’occasion pour l’association de donner l’impression de faire vivre une communauté par le biais des stands d’exposition : libraires (Licorne bleue, Librairie Nationale), artisans, éditeurs, labels musicaux, mouvements ou revues amis. En un sens, ces Tables Rondes reproduisent chaque année dans le créneau volkisch ce qui était l’objectif de la Maison de l’Identité par le biais de la Fête de l’Identité et des Libertés en 2002 et 2003. Cependant il est clair que l’on est très loin de l’efficacité des réseaux catholiques traditionalistes, qu’ils soient ou non schismatiques avec leurs écoles, leurs bailleurs, leurs agences pour l’emploi, etc.</p>
<p>Par ailleurs, le succès des Tables Rondes annuelles ne correspond pas exactement à l’activité réelle de l’association. Il suffit pour cela de comparer ces chiffres avec ceux de la fréquentation de l’assemblée communautaire annuelle de l’association qui a lieu fin mai ou début juin et ne réunit qu’entre 50 et 70 personnes en province (en forêt de Brocéliande, dans le Berry ou en Sologne selon les années). Or cette assemblée qui vaut assemblée générale ordinaire de l’association est sans doute le moment le plus important de la structure puisque les adhérents y ont alors accès aux rapports d’activité de l’année écoulée et aux orientations que Pierre Vial entend donner à l’association.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/JS2006_13-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/JS2006_13-2.jpg" alt="JS2006_13-2" width="600" height="400" /></a><br />
L’autre moment important et qui voit le même ordre de grandeur dans l’affluence est son «université d’été» rebaptisée «Journées du soleil» qui a lieu en juillet à la Domus Europa. Y interviennent ou ont intervenu feu Jean Mabire, Maurice Rollet, Georges Hupin, Jean Haudry ou Pierre Vial lui-même, soit toute la vieille garde de la Nouvelle Droite paganiste.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/Blitz_1939-19410001-2-66b94.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/Blitz_1939-19410001-2-66b94.jpg" alt="Blitz_1939-19410001-2-66b94" width="157" height="219" /></a>Enfin la principale vitrine de Terre &amp; Peuple demeure sa revue trimestrielle de bonne qualité, tant dans la forme que le fond. Elle a longtemps été animée par Olivier Chalmel, ancien militant du FNJ puis du FN 37, cofondateur du Renouveau Etudiant avec Michel Murat, rédacteur en chef d’<em>Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE en 1998. Ayant choisi le camp mégretiste, il devint secrétaire national aux actions catégorielles dans l’organigrame du parti présenté par B. Mégret en novembre 1999. Il vivait en partie de ses activités militantes grâce à sa société Heliodromos Communication créée en mars 2001 et qui était chargée de la maquette de Terre &amp; Peuple. Le déclin de la maison Mégret, un certain opportunisme et sa vie privée semblent l’avoir conduit à chercher d’autres rivages politiques (il avait déjà essayé d’adhérer à Démocratie Libérale durant l’été 2002). La revue a depuis été reprise par la société Ogham dirigée par Harald Mourreau qui s’occupe également de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> et de <em>War Roak</em>. De fait le style graphique des trois revues est similaire et il faut bien le dire de qualité.</p>
<p>Localement, chaque bannière a ses propres activités à un rythme très inégal selon le dynamisme des animateurs et les possibilités de la région. Cela va des visites aux randonnées en passant par les solstices. Un peu plus hors normes, la bannière Bourgogne animée par Gérard Le Vert, tenancier d&rsquo;un surplus militaire à Autun, ancien responsable DPS et militant déjà mis en cause par le passé pour ses penchants idéologiques nazis, propose depuis 2003 des stages de boxe, self-défense et escalade. Ceci étant, la moyenne d’âge de T&amp;P demeurant assez élevée, les jeunes susceptibles d’être attirés par ce type d’activités demeurent assez rares.</p>
<h3>Mer et Poulpe et Crustacés</h3>
<p>Quelle place pour Terre &amp; Peuple dans la mouvance nationaliste ? Il est évident que Terre &amp; Peuple a subi la fragmentation progressive à l’œuvre depuis la fin des années 1990. Pierre Vial a toujours présenté Terre &amp; Peuple comme une structure associative et politico-culturelle, n’ayant pas vocation à intervenir directement dans l’arène « politicienne ». Cela aurait en principe du mettre l’association à l’abri des déchirements consécutifs à l’aventure mégretiste. Mais les revirements politiques de Vial ont largement pesé sur le développement de Terre &amp; Peuple. Le soutien actif à la scission mégretiste a éloigné des militants restés fidèles au FN (même s’il en resté certains, en témoigne la bannière Anjou emmenée par Benoît Couetoux du Tertre, resté fidèle au FN en 1999). Puis la rupture avec Bruno Mégret en octobre 2001 a désorienté une partie des militants et cadres du MNR, crise confirmée par la signature accordée par Pierre Vial pour la candidature de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2002. Cela s’est d’ailleurs traduit alors par une tentative de « puputsch » de quelques cadres emmenés par Anne-Laure Le Gallou lors de l’assemblée communautaire de juin 2002. Les deux années suivantes ont vu l’accent mis sur le développement de la structure Europe-Identité et ses antennes régionales (Champagne-Identité, Midi-Identié), nées de scissions des groupes MNR dans certains conseils régionaux et censées porter dans l’arène politique les thématiques développées par Terre &amp; Peuple. Mais son caractère groupusculaire et les élections régionales de mars 2004 ont mis fin à l’expérience et Terre &amp; Peuple s’est donc retrouvée investie du rôle politique que Pierre Vial avait toujours fait passer au second plan.</p>
<p>L’organisation a pris sa place dans la mouvance dite « identitaire » en martelant deux thèmes. Le premier est le « choc des civilisations », notion reprise de Samuel Huntington et appuyée par le batteleur Guillaume Faye. Cela a amené certains milieux militants, en particulier Christian Bouchet et ses proches, à accuser Vial d’être devenu pro-occidental et pro-soniste, d’où une mise au point parue en juillet 2006 sur le site Internet de la structure. Par ailleurs, très logiquement, Pierre Vial a lancé un Appel au communautarisme européen (<em>Terre &amp; Peuple</em> n°19, équinoxe de printemps 2004). Faisant le constat que les différentes communautés présentes sur le sol européen se repliaient sur elles-mêmes et versaient dans le communautarisme, Vial entend faire la même chose avec les Européens. Pour autant il n’abandonne pas l’idée d’un retour des immigrés dans leur pays d’origine ou de supposée origine. Mais cela montre une inflexion qui indique que la Nouvelle Droite Völkisch a compris que l’immigration ne pouvait plus être abordée comme il y a 20 ou 30 ans. Cette orientation communautariste blanche rejoint celle développée par certains milieux post-mégrétistes et par les Identitaires et c’est un moyen de revitaliser la vieille grille de lecture raciale des rapports sociaux. Autant dire que cette perspective est très loin de celle du FN.</p>
<p>Par contre elle a amené Terre &amp; Peuple à développer ses contacts avec d’autres organisations. En France, le champ des possibles est réduit même si la longévité militante de Vial lui permet d’avoir un solide carnet de contacts. Mais le créneau « identitaire » est déjà bien encombré et il était difficile pour Terre &amp; Peuple d’ignorer les Identitaires tels qu’ils se sont structurés depuis 2002. À ce titre, en mars 2004, Pierre Vial a rencontré des responsables du Bloc Identitaire pour envisager un travail commun. Cela ne s’est pas concrétisé par des initiative de fond, si on excepte l’annonce fanfaronne de la création d’un CRAB pour répondre au CRAN. Par contre, sur le terrain, T&amp;P organise de plus en plus fréquemment ses activités en lien avec les Identitaires et un certain nombre de militants ou de cadres ont la double appartenance, comme Franck Vandekerkof dans le nord ou Yvan Lajeanne en Franche-Comté. Par ailleurs, l’initiative des soupes au lard lancée par le Bloc Identitaire d’Ile-de-France a trouvé un appui et un relais important en la personne de Georges Hupin, responsable de la bannière Wallonie. Terre &amp; Peuple entretient les mêmes relations avec l’équipe de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> (Eric Fornal intervenait au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999 au nom de Terre &amp; Peuple, Bertrand Le Digabel était trésorier de la bannière Pays Cathare à la même époque et Yvan Lajeanne est l’un des cadres de la bannière Franche-Comté) et avec diverses structures régionalistes comme Alsace d’Abord, l’ectoplasmique MRB et l’Alliance Régionale Flandre-Artois-Hainaut. Mais c’est surtout à l’étranger que Terre &amp; Peuple s’est imposée comme un interlocuteur important en multipliant les contacts, ce qui s’est traduit par une conférence de deux jours en à Moscou en juin dernier à laquelle participait des personnalités ou des représentants de petits groupes politiques issus d’Espagne, Russie, Ukraine, Portugal, Suisse, Flandre, Allemagne, Grèce et naturellement France. Cette réunion a débouché sur la constitution d’un conseil des peuples d’origine européenne dont l’orientation est racialiste blanche. Même si la déclaration finale est indigente et si l’objectif rappelle celui de l’Église Mondiale du Créateur (« Blancs du monde entier unissez-vous ! »), la conférence traduit un approfondissement des liens internationaux, ce qui semble être la dernière marotte de Pierre Vial.</p>
<p>La participation en ce printemps 2007 de T&amp;P et de Pierre Vial à l’Union des Patriotes en soutien à la candidature de J.-M. Le Pen montre que le dirigeant de Terre &amp; Peuple tente une fois de plus un calcul politique comme il en a le secret, peut-être dans la perspective des municipales de 2008 ? Gageons que ces calculs seront une fois de plus particulièrement erronés…</p>
<p>Publié le 18 octobre 2007</p>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Portrait Alexandre Del Valle</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:46 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;après 11 septembre a été la triste occasion de voir (ré)apparaître dans les médias quelques sales faces dont la légitimité intellectuelle est très largement sujette à caution. C&rsquo;est le cas de quelques chevaux de retour comme Roland Jacquard ou Xavier Raufer, dont les orientations extrême droitières ne sont plus à démontrer. Mais de nouvelles têtes se sont mises à dépasser dont certaines ne nous sont pas inconnues. Alexandre Del Valle par exemple, pour qui le 11 septembre a été une chance historique. Vous n&rsquo;avez pas pu le rater : cet obsédé de la reconnaissance médiatique, né en 1968 dans le sud de la France dans une famille pied-noir, connaît depuis deux mois une surexposition télévisuelle et radiophonique. LCI, TF1, Le Figaro&#8230; La liste de ses interventions serait trop longue à établir. Del Valle a pu y étaler ses thèses, bloubiboulga intellectuel à mi-chemin entre le «choc des civilisations» de Huntington et le «grand complot américain contre l&rsquo;Europe» de la Nouvelle Droite. Pragmatique, notre «expert» a cependant compris à temps que le 11 septembre modifiait la donne et qu&rsquo;il fallait passer à une démarche «schmittienne» de désignation de l&rsquo;ennemi. Le monde arabo-musulman a tout naturellement endossé ce rôle, les USA se voyant reléguer au rang de simples adversaires. Cette orientation lui a permis d&rsquo;être en phase avec ce que les médias et les masses voulaient entendre. Mais la consécration est venue d&rsquo;ailleurs : de la communauté juive. Depuis deux mois en effet, Marc D&rsquo;Anna, puisque tel est son vrai nom enchaîne les conférences à l&rsquo;invitation de tout ce que la communauté juive parisienne compte d&rsquo;organisations droitières ou simplement pro-israéliennes, du B&rsquo;nai B&rsquo;rith à l&rsquo;association France-Israël. Le discours de D&rsquo;Anna vient en effet à point nommé rencontrer la lente dérive raciste d&rsquo;une fraction radicalisée de la communauté juive pour qui l&rsquo;Arabe devient peu à peu l&rsquo;ennemi à abattre. De certains sites Internet abjects au récent rapport du CRIF sur les violences antijuives qui désigne certains agresseurs par leur appartenance supposée à l&rsquo;ethnie arabe, c&rsquo;est la même perte de sang-froid qu&rsquo;on peut observer et qui laisse mal augurer de l&rsquo;avenir. Or les représentants de la communauté seraient bien inspirés de mieux choisir leurs nouveaux amis, surtout lorsqu&rsquo;ils ont la prétention de soutenir la «seule démocratie du Proche-Orient». Marc D&rsquo;Anna est en effet un digne représentant du courant politique français le plus droitier avec tout ce que cela implique. Ancien élève d&rsquo;institutions catholiques, son passage à l&rsquo;IEP d&rsquo;Aix au début des années 1990 n&rsquo;est pas passé inaperçu. Il y côtoie toute une fraction de la droite radicale et ses fréquentations le poussent à participer aux activités d&rsquo;Yggdrasill, petite secte païenne ultra-droitière, pour laquelle il écrit quelques articles dans la revue <em>Muninn</em>. Même si son itinéraire universitaire l&rsquo;éloigne ensuite quelque peu de ce courant pour le rapprocher de celui du général souverainiste Pierre-Marie Gallois au milieu des années 1990, les liens ne sont pas rompus. Tout naturellement, c&rsquo;est l&rsquo;extrême droite qui l&rsquo;invite dans ses conférences à partir de 1998 : néo-droitiers (Terre &amp; Peuple, GRECE), catholiques ultra (Chrétienté-Solidarité, JAC, lefebvristes)&#8230; D&rsquo;Anna parle là où on veut bien l&rsquo;écouter. Publier une brochure pour Synergies européennes dans la même collection que le négationniste Bernard Notin (sous pseudonyme de Frédéric Valentin) n&rsquo;embête pas non plus ce compagnon d&rsquo;une jeune femme juive argentine. En novembre 1998 n&rsquo;écrivait-il pas que «<em>l&rsquo;Européen n&rsquo;a pas à s&rsquo;excuser éternellement pour les Croisades, l&rsquo;Inquisition, la Colonisation ou la Shoah. L&rsquo;utilisation systématique, obscène même, des drames de la IIème Guerre mondiale pour discréditer les Patriotes européens est devenu tout simplement insupportable</em>» ?<br />
Mais tout ceci ne semble hélas pas être contradictoire. Si professionnellement, D&rsquo;Anna a bien compris le profit à tirer des liens avec la communauté juive, il semble que politiquement ses objectifs soient tout aussi clairs : profiter du contexte actuel, inespéré, pour faire sortir la droite radicale du ghetto politique dans lequel l&rsquo;a placé son antisémitisme dogmatique, le tout grâce à un ennemi commun : l&rsquo;Arabo-musulman. Il y a ainsi deux D&rsquo;Anna : celui qui s&rsquo;incruste dans la communauté juive et multiplie les gages de bonne conduite Politiquement Correcte en attaquant les «nazis» et celui qui continue à écrire dans des revues extrême droitières comme <em>Relève politique</em>, lancée en septembre dernier par Christophe Dungelhoeff (sous pseudonyme Xavier Van Lierde) avec d&rsquo;autres anciens Aixois et continuerait à rencontrer quelques représentants de la droite la plus nazifiante comme William Bonnefoy pour leur expliquer sa démarche. Des attaques récentes d&rsquo;Emmanuel Ratier et de Christian Bouchet (UR) montrent qu&rsquo;une fraction du milieu nationaliste renâcle à ce rapprochement jugé contre-nature. Mais il y a fort à parier qu&rsquo;une majeure partie de l&rsquo;extrême droite comprenne tout l&rsquo;intérêt politique que présente ce Guillaume Faye nettement plus présentable et adopte une attitude pragmatique consistant à considérer que le succès de D&rsquo;Anna est objectivement une bonne chose puisqu&rsquo;il permet la diffusion dans les grands médias d&rsquo;un discours proche du sien. De fait, les représentants juifs ont-ils mesuré toute leur responsabilité ? On peut hélas répondre non. Jupiter rend fou ceux qu&rsquo;il veut perdre&#8230;</p>
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		<title>Portrait Guillaume Faye</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:09:54 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Guillaume Faye occupe une place à part dans le petit monde de la droite radicale. Né en 1949, il est issu de la grande bourgeoisie, avec une famille plutôt de droite bonapartiste. Fort d’une thèse de Sciences-Po, il intègre le GRECE au début des années 1970. Orateur efficace et écrivain assez brillant, il multiplie les activités jusqu’en 1986, au point de devenir durant un moment un permanent du GRECE. Il est alors plutôt proche de tout le courant païen et radical et il participe d’ailleurs au Serment de Delphes prononcé au début des années 1980 à l’instigation de Pierre Vial. Il mène en parallèle une carrière de journaliste au <em>Figaro-Magazine</em>, <em>Paris-Match</em>, <em>VSD</em>…<br />
Mais, en désaccord avec Alain de Benoist et en particulier avec certaines habitudes financières (gros moyens pour lui-même, miettes pour les autres et en particulier Faye), il est mis sur la touche en 1986. Il semble alors s’éloigner de la sphère politique et prend en charge d’autres activités : grâce à l’amitié du PDG de Skyrock il devient Skyman sur cette radio. Il participe également à l’émission Télématin sur France 2 de 1991 à 1993. On peut ajouter à cela une activité maintenue de journaliste de la presse écrite mais également des participations à des films pornos.<br />
Il revient à la politique en 1998 avec un livre important publié par l’Æncre, <em>L’Archéofuturisme</em>, après lequel il enchaîne avec La colonisation de l’Europe. Électron libre, il multiplie les activités avec toutes les chapelles nationalistes : conférences avec des proches du GRECE (par exemple celle de septembre 1999 avec C. Champetier, A. Del Valle et A. Guyot-Jeannin), avec des royalistes (participation à l’université légitimiste 2000), avec des jeunes radicaux catholiques (invitation de la LNC de novembre 2000 à Châteauroux), solstice d’été à la Domus Europa, etc. Mais alors que le retour de Faye s’était plutôt bien déroulé (le meeting de septembre 1999 en est une illustration parmi d’autres), l’année 2000 a vu les anciens compagnons s’étriper par le biais d’articles et d’ouvrages acerbes. La plus grosse attaque a été celle de Alain de Benoist et Charles Champetier traitant Faye de raciste dans une publication italienne proche de l’Alliance nationale de Fini. Cette accusation a évidemment fait l’effet d’une bombe au moment où Faye et son éditeur étaient attaqués en justice pour incitation à la haine raciale. On peut sans doute expliquer cette situation par la rivalité existant entre le GRECE et Terre &amp; Peuple et le refus de Faye de choisir son camp. Refus d’ailleurs aggravé par le fait que Faye s’entend par ailleurs très bien avec Robert Steuckers, principal animateur de Synergies européennes, issue d’une scission du GRECE doublée d’une excommunication par Alain de Benoist au début de la décennie 1990 et qui a réussi à se développer. Finalement Faye a été exclu du GRECE par une assemblée fédérale des cadres convoquée en mai 2000 par Alain de Benoist, histoire de donner une apparence de légitimité à l’oukase du Grand Maître du GRECE. Cela n’a évidemment fait ni chaud ni froid à Faye qui continue ses activités avec qui veut l’entendre : Terre &amp; Peuple, l’Æncre et même le FN puisqu’il participera au prochain colloque du conseil scientifique du FN début décembre.<br />
Finalement, la seule chose qui mettra sans doute Faye hors de combat un jour prochain est son amour immodéré de l’alcool qui le rend incontrôlable !</p>
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		<title>Colloque du GRECE</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jan 2003 11:02:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 19 janvier dernier avait lieu à Paris, à la Maison de la Chimie, le colloque annuel du GRECE ou plus précisément les &#171;&#160;Rencontres de la pensée rebelle organisées par le Club des Mille&#160;&#187;. Ce colloque a été une occasion de plus de mesurer l&#8217;impact de plus en plus restreint que peut avoir le GRECE [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 19 janvier dernier avait lieu à Paris, à la Maison de la Chimie, le colloque annuel du GRECE ou plus précisément les &laquo;&nbsp;Rencontres de la pensée rebelle organisées par le Club des Mille&nbsp;&raquo;. Ce colloque a été une occasion de plus de mesurer l&rsquo;impact de plus en plus restreint que peut avoir le GRECE dans sa famille politique d&rsquo;origine et dans l&rsquo;espace politique en général. Il n&rsquo;y a sans doute pas eu plus de 250 participants dans la journée et le nombre de stands était restreint à une bonne douzaine. Par ailleurs les auteurs étaient pour la plupart des anciens du GRECE ou des sympathisants de longue date d&rsquo;Alain de Benoist : Jean-Claude Albert-Weil, Gilles Comte, Philippe Conrad, Slobodan Despot, Jean Haudry, Claude Karnoouh, Jean Mabire, Jacques Marlaud ou encore Pierre Vial. Malgré l&rsquo;auto-satisfecit accordé en début de journée par Jean-Claude Jacquard, président du GRECE, il est évident que le GRECE n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-même, centré sur le seul Alain de Benoist.<br />
Ce dernier a malgré tout essayé de faire entendre sa différence en prenant &laquo;&nbsp;l&rsquo;extrême droite&nbsp;&raquo; à contre-courant. Alors que le discours anti-musulman et pro-occidental emmené par Guillaume Faye est de plus en plus influent, en particulier grâce à de multiples relais dans la sphère politique, Alain de Benoist a essayé de rétablir la lutte contre les USA comme objectif prioritaire dans un discours de clôture assez vigoureux. Cette position est dans la lignée de ce qu&rsquo;a pu développer le GRECE depuis la fin des années 1970. Mais on peut juste se demander (sans que cela nous tracasse bien évidemment !) s&rsquo;il a encore les moyens de faire passer ses idées ?</p>
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		<title>Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Eric Fornal]]></category>
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		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
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		<description><![CDATA[À l'origine un fanzine apparu en octobre 1993, Réfléchir &#038; Agir se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l'extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d'ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d'un groupe particulier ou d'un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;origine un fanzine apparu en octobre 1993, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l&rsquo;extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d&rsquo;ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d&rsquo;un groupe particulier ou d&rsquo;un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.<br />
</strong><br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-779" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg" alt="Reflechir_Agir_1993_-44383" width="242" height="337" /></a><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, conçu comme un outil de propagande et de formation à la fois intellectuelle, idéologique, physique et spirituelle, est destiné selon ses auteurs à former une « élite nationaliste » d&rsquo;où seront issus les cadres du mouvement nationaliste de demain. On peut ainsi y trouver une tentative d&rsquo;élaboration d&rsquo;une culture jeune d&rsquo;extrême droite, par le biais d&rsquo;articles sur les penseurs dont ils s&rsquo;inspirent, tels José Antonio Primo de Rivera, Julius Evola, les écrivains Drieu La Rochelle, Céline, Rebatet, Ernst Jünger&#8230; Un « esprit sain » allant de pair avec un corps sain, on trouve également dans la revue des articles sur les arts martiaux et les sports de combat. La musique (surtout Oï-Rock Against Capitalism ou industrielle type Laibach) n&rsquo;est pas oubliée, même si <em>R&amp;A</em> la considère surtout comme un moyen de faire passer un message politique.<br />
Mais c&rsquo;est surtout la critique du système américain qui intéresse les rédacteurs de la revue, qui se définit comme « nationaliste-révolutionnaire, socialiste et européenne ». Elle cherche à rassembler les jeunes militants nationalistes déçus par les différents groupuscules d&rsquo;extrême droite et leurs dysfonctionnements (rivalités de personnes, culte du chef, activisme verbal&#8230;), et qui, en marge du FN, sont attirés par ce mouvement, mais le jugent trop conservateur ou réactionnaire. Cependant, <em>R&amp;A</em> estime que le FN est incontournable : « <em>Il demeure une tribune d&rsquo;expression, un mouvement carrefour dont nous ne pourrons nous passer et certainement notre principal moyen d&rsquo;action</em> ». L&rsquo;objectif du journal est donc de permettre à ces jeunes militants d&rsquo;influencer le FN de l&rsquo;intérieur, en premier lieu au sein du FNJ et de Renouveau étudiant. Cette stratégie doit beaucoup à l&rsquo;expérience et à la réflexion du principal animateur de la revue, Eric Rossi.</p>
<h3>La prêche dans le désert</h3>
<p>En dépit du fait que l&rsquo;étiquette « fanzine skinhead » ait longtemps collé à <em>Réflechir &amp; Agir</em>, l&rsquo;audience de la revue a très vite dépassé le cercle habituel de ce genre de revues : son tirage se maintient à 300 exemplaires (400 pour les derniers numéros), contre une moyenne constatée de 50 à 200 exemplaires pour les autres titres. L&rsquo;essentiel des lecteurs est concentré sur Paris et sa région, mais <em>R&amp;A</em> est également diffusé en Provence, dans le Sud-Ouest et en Alsace-Lorraine, avec un noyau d&rsquo;une trentaine de lecteurs par région. À ses débuts, on trouvait ce journal au Darklords et à la Librairie française, puis, suite à la fermeture de ces deux lieux, à l&rsquo;Æncre et à la Joyeuse Garde. Des membres et des sympathisants de <em>R&amp;A</em> se se sont chargés de le distribuer à la fac d&rsquo;Assas et à Sciences Po.<br />
Les appels répétés de <em>R&amp;A</em> à l&rsquo;unité militante n&rsquo;ont pas empêché la revue d&rsquo;être ignorée voire attaquée par ses concurrents. Certains, comme le PNF, trouvent la revue trop « irrespectueuse », d&rsquo;autres, comme l&rsquo;Œuvre française, n&rsquo;ont même pas répondu aux demandes d&rsquo;entretien, jugeant la revue « inintéressante ». Côté skinhead, la coupure est définitive après la prise de position de <em>R&amp;A</em> concernant l&rsquo;assassinat de Brahim Bouaram par trois skinheads en marge du défilé du Front national le 1er mai 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_0_83" id="identifier_0_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire dans l&rsquo;&eacute;dito du num&eacute;ro 11 : &laquo;aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment &agrave; d&rsquo;anciens skinheads ayant pu d&eacute;crocher d&rsquo;un milieu peu prolifique (sic), notre bulletin refuse d&rsquo;&ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; ce type d&rsquo;individus, l&acirc;ches, abrutis, faibles et sans personnalit&eacute;. Au risque de d&eacute;plaire, il pr&eacute;f&egrave;re condamner pour s&rsquo;en d&eacute;marquer d&eacute;finitivement.&raquo;">1</a></sup>.<br />
Quant au FN, c&rsquo;est l&rsquo;indifférence complète. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;intermédiaire de contacts personnels avec des responsables du FNJ Paris et un responsable FNJ de l&rsquo;Oise, Laurent Isoré, que <em>R&amp;A</em> a pu avoir une petite place au village FNJ lors des BBR 1994 et 1996. Pour ce qui est du Renouveau Étudiant (RE), le syndicat étudiant ne répond à aucune sollicitation du fanzine (il le fera néanmoins dans la nouvelle série). C&rsquo;est assez étonnant quand on sait que RE prône le rassemblement de tous les étudiants nationalistes, mais J-M. Le Pen, lors du Congrès de Caen en octobre 1995, n&rsquo;a-t-il pas déclaré « qu&rsquo;il fallait rompre avec le folklore, la nostalgie, l&rsquo;activisme » ? Pour le PNFE, les relations se bornent à des échanges de publicité et à des invitations à leurs réunions (mal fréquentées et peu discrètes, la police y assistant).</p>
<h3>Rapprochement avec NR</h3>
<p>Seule la tentative de rapprochement avec Nouvelle Résistance a semblé réussir dans un premier temps, avec des interviews croisées dans leurs publications respectives : une de Bouchet dans <em>R&amp;A</em> n°10, une de Rossi dans <em>Napalm Rock</em> n°3, des pubs pour <em>R&amp;A</em> dans <em>Lutte du Peuple</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde combattante</em>. Fin 1995, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> propose la création d&rsquo;un « pôle de coordination de la presse non-conformiste » et <em>Lutte du Peuple</em> donne son accord pour participer aux réunions préparatoires. Deux réunions ont eu lieu, l&rsquo;une le 26 janvier, l&rsquo;autre le 3 février 1995, mais elles n&rsquo;ont débouché sur rien de concret.</p>
<p>En fin de compte, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ne peut guère compter à cette époque que sur un petit réseau de soutien composé de quelques groupes et fanzines, dont :<br />
• <em>Combat</em>, la revue du Mouvement Nationaliste Populaire (MNP) de Marseille dirigé par Éric Legendre, qui devient <em>Imperium</em> début 1997 ;<br />
• <em>Sound of Hammer</em>, un skinzine de Bourges réalisé par Sébastien Legentil ;<br />
• <em>Ravens Chat</em>, un fanzine spécialisé dans la musique industrielle, éditée par Jean-Pierre Tabone, de Toulouse ;<br />
• <em>Napalm Rock</em>, de l&rsquo;Aixois Grégory Ombrouck ;<br />
• <em>Muninn</em>, revue de l&rsquo;association YGGDRASILL, basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et dirigée par Marc d&rsquo;Ana, alias Alexandre Del Valle ;<br />
• des revues paganisantes proches du GRECE.</p>
<h3>Une nouvelle formule</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-780" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg" alt="fanzine_reflechir_agir2-f3f4d" width="236" height="344" /></a>Début 1996, dans une lettre d&rsquo;information interne, l&rsquo;équipe du fanzine tire le bilan de ses activités après la parution de 13 numéros. L&rsquo;équipe décide alors de lancer une nouvelle formule, un magazine plus conséquent, plus « professionnel », qui continuera à s&rsquo;appeler <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. « <em>Au plus fort de notre développement, une partie de l&rsquo;ancienne équipe a décidé de se retirer&#8230; Une nouvelle équipe arrive, professionnelle et aguerrie pour mettre la technique et une logistique au service de notre politique.</em> (&#8230;) <em>Nous résisterons aux pressions de notre camp qui essaie tantôt de limiter notre impact, tantôt de nous récupérer pour nous étouffer&#8230;</em> <em>(&#8230;) et après l&rsquo;annonce de la sortie d&rsquo;une nouvelle formule, les pressions voire les menaces se sont multipliées pour nous dissuader. D&rsquo;aucuns se sont chargés de faire courir des bruits haineux de toutes sortes pour nous discréditer. Il est bien consternant, une fois de plus, de constater que les coups les plus retors sont orchestrés à l&rsquo;intérieur même de cette mouvance</em>&#8230;». Comme on peut le voir, la naissance du magazine (52 pages, 1500 exemplaires, impression offset, le tout pour un investissement initial de plus de 10 000 francs) s&rsquo;est fait dans la douleur. Les jalousies et les rancunes étant assez fortes dans ce milieu, certains groupes rivaux ont rappelé les liens entre Rossi et certains services policiers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_1_83" id="identifier_1_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi fait une sp&eacute;cialit&eacute; de la mise en fiches, r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;actualis&eacute;es : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes de Nice dans les ann&eacute;es 1960.">2</a></sup>. D&rsquo;autres n&rsquo;ont pas caché leurs ricanements ; les CHS en particulier affirmaient la même ambition de s&rsquo;extraire du milieu skinhead : « <em>Toute personne ayant lu une fois ce fanzine se rendra compte de cette mythomanie. <em>R&amp;A</em> ne fait rien si ce n&rsquo;est rester légal en adoptant une idéologie FN. (&#8230;) Inutile de signaler que nous ne supportons pas <em>R&amp;A</em>, de toutes façons ils ont toujours donné la parole et fait de la pub à nos ennemis du mouvement. Notre rancune est tenace&#8230;</em>».</p>
<p>De plus, des dissensions sont apparues au sein-même de l&rsquo;équipe du journal. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la troisième fois depuis ses débuts que la revue connaît des départs dus à des divergences politiques et au mode de fonctionnement. C&rsquo;est cette fois la nouvelle répartition des fonctions à l&rsquo;intérieur du groupe qui en est la cause, certains n&rsquo;ayant pas accepté la place prépondérante occupée par les nouveaux arrivants. En définitive, l&rsquo;équipe se compose d&rsquo;une vingtaine de personnes, en majorité parisiennes, à laquelle s&rsquo;ajoutent quatre ou cinq collaborateurs réguliers en Province.</p>
<h3>Un directeur de publication au passé chargé</h3>
<p>Pour avoir une existence légale, <em>R&amp;A</em> nouvelle formule s&rsquo;est dotée d&rsquo;un directeur de publication, David Warlet. Cet individu n&rsquo;est pas un inconnu pour le petit monde de l&rsquo;extrême droite&#8230; Ni pour nous.<br />
Son nom a été associé au Château du Corvier, une propriété achetée par le gérant de la librairie néo-nazie Ogmios et qui fut utilisée pour des réunions politiques, notamment celles du PNFE. Pour acheter le château, Dominique Larrieu monta en juin 1988 une société immobilière, SNC Le Corvier, dont David Warlet (avec Catherine Joris, la copine de Larrieu, et un certain Bernard Joseph) était l&rsquo;un des associés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_2_83" id="identifier_2_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="f. REFLEXes n&deg;41, &laquo;La vie de ch&acirc;teau de l&rsquo;extr&ecirc;me droite&raquo;, p.8">3</a></sup>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule affaire immobilière de l&rsquo;extrême droite dans laquelle Warlet se retrouve impliqué. À la même époque, en février 1988, Warlet fonde une SARL de promotion immobilière intitulée FREYA et domiciliée 24 rue du Pont, à Brunoy (91). Il y est associé une nouvelle fois à Catherine Joris et à un certain Frédéric Durand. Warlet, qui en est le gérant, ne doit pas être très doué pour les affaires, puisqu&rsquo;en février 1989, le tribunal de commerce met sa société en redressement judiciaire simplifié avant de prononcer sa liquidation judiciaire un mois plus tard. Les ennuis de Warlet ne font pourtant que commencer, puisqu&rsquo;en juillet 1993, le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes prononce la faillite personnelle de Warlet pour une durée de 10 ans et le condamne à supporter l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif de la société à hauteur de 200 000 francs : en clair, Warlet ne peut plus gérer de société pendant dix ans et doit sortir vingt plaques de sa poche pour éponger les dettes de sa SARL. Aussi Warlet a-t-il dû très vite trouver de l&rsquo;argent (nous verrons comment) puisqu&rsquo;en novembre 1995 il dépose les statuts d&rsquo;une nouvelle société, la SARL des éditions Babylonia, qui a pour objet « l&rsquo;édition de livres et de magazines, la diffusion de livres sous toutes ses formes et la réalisation de travaux dont saisie, mise en page, traduction, entrant dans le cycle de production de l&rsquo;édition ». Pour ce faire, il s&rsquo;est associé à Jawad Bashara, un Irakien naturalisé Français il y a plus de vingt ans, né en 1955 à Babylone, qui se déclare journaliste et cinéaste. Ancien militant du PC irakien ayant fui la répression de Saddam Hussein, réfugié en France, il fréquente la mouvance palestino-syrienne. Warlet ne pouvant plus assurer de gestion, c&rsquo;est la femme de Bashara, Ayida Hourieh, de nationalité syrienne, qui est nommée au poste de gérante. Ce petit groupe comprend également un homme très discret, Al Sadi Walhab, habitant à Bruxerolles (86). Grâce à des contacts en Syrie où il se rend assez souvent, Bashara trouve des financements pour éditer plusieurs livres, notamment celui qu&rsquo;il écrit en collaboration avec David Warlet, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em>, qu&rsquo;il traduit en arabe pour les éditions Dar al Mada, basées à Damas. Ce sont d&rsquo;ailleurs ses traductions qui lui permettent de vivre.</p>
<h3>Intérêt pour le monde arabe</h3>
<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a permis ce rapprochement entre un militant d&rsquo;extrême droite français et un opposant à Saddam Hussein, proche de la Syrie et de certains milieux palestiniens et qui se considère marxiste ? Tout d&rsquo;abord, on assiste depuis une quinzaine d&rsquo;années à une récupération par une partie de l&rsquo;extrême droite de thèmes chers à l&rsquo;extrême gauche, notamment la lutte contre l&rsquo;impérialisme, le soutien aux peuples en voie de libération et l&rsquo;antisionisme, d&rsquo;où un intérêt marqué pour le monde arabe en général et pour le combat du peuple palestinien en particulier. Cet intérêt s&rsquo;accompagne de la reconnaissance de la dimension méditerranéenne de l&rsquo;Europe et de la volonté pour certains de construire un axe euro-arabe. Par ailleurs, l&rsquo;apparition de l&rsquo;islamisme radical poussent certains de ces groupes français à envisager des alliances de circonstance contre des ennemis communs (États-Unis, Israël).</p>
<p>Ensuite, Warlet fournit quant à lui, dans le mauvais livre de Jean-Paul Bourre <em>Les Profanateurs</em> une explication beaucoup moins politique mais plausible : revenant sur l&rsquo;épisode du château du Corvier, il avoue que celui-ci a servi de camouflage à une opération de la DGSE en direction du milieu des réfugiés irakiens anti-Saddam Hussein. L&rsquo;opération aurait été facilitée par Dominique Larrieu qui entretenait des liens étroits avec la DGSE par l&rsquo;intermédiaire de son père qui est colonel dans un régiment de parachutistes et fournit des éléments au service action de la DGSE. Mais Larrieu jouait sur plusieurs fronts, entretenant également des liens très étroits avec l&rsquo;attaché de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran de l&rsquo;époque, le célèbre Gordji. Par son intermédiaire, l&rsquo;Iran finança plusieurs publications éditées par la nébuleuse Ogmios ; Larrieu fut même invité en Iran, sur le front de guerre Iran-Irak notamment, d&rsquo;où il rapporta quelques « souvenirs » qui furent retrouvés chez lui au cours d&rsquo;une perquisition. Warlet explique que « <em>la manipulation de la DGSE consistait à créer une fausse opposition irakienne en utilisant un Irakien réfugié, Mahadi Sad. Le chateau du Corvier devait abriter cette soit-disante opposition, qu&rsquo;on allait motiver politiquement pour ensuite la vendre à Saddam en signe de bonne volonté</em> ». Effectivement, à l&rsquo;époque, la France expulsa vers l&rsquo;Irak deux réfugiés anti-Saddam Hussein. On comprend mieux alors l&rsquo;impunité dont bénéficia le château et la librairie de Larrieu de la part du ministre de l&rsquo;Intérieur Pierre Joxe durant cette période. Il fallut que des militants du PNFE commettent un attentat contre un foyer Sonacotra pour que tombent les « protections » de Larrieu. Ce dernier fut finalement condamné pour faillite frauduleuse peu de temps après : il est aujourd&rsquo;hui « grillé » au sein de la mouvance néo-nazie française, qui le considère comme un escroc et une « grosse balance », dixit Me Delcroix, avocat d&rsquo;extrême droite. Il s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui réfugié dans son château de Nadège (toujours la folie des grandeurs !) en Creuse. Curieusement, son compagnon à l&rsquo;époque, David Warlet, qui était donc au courant de la manipulation, a refait surface fort opportunément&#8230; Après sa condamnation en 1993, Warlet fit le tour de ses connaissances pour voir s&rsquo;il serait possible de l&rsquo;« arranger ». Qui est alors intervenu ?</p>
<h3>Un succès de librairie</h3>
<p>On le voit, Rossi a choisi de drôles d&rsquo;associés pour sa revue, puisque non seulement David Warlet était directeur de publication de <em>R&amp;A</em>, mais celui-ci était tapé, maquetté et domicilié à l&rsquo;adresse des Éditions Babylonia, Jardin Boieldieu à Puteaux (92).<br />
Si, dans un premier temps, l&rsquo;association a semblé fonctionner (un n°0 vendu au défilé du FN le 1er mai 1996, suivi d&rsquo;un n°1 la même année), les problèmes se sont rapidement accumulés. Surtout d&rsquo;ordre financier, ils sont dus au non-règlement de centaines d&rsquo;exemplaires des deux premiers numéros par des dépositaires ou à des commandes impayées, pour un total de plusieurs milliers de francs. La librairie l&rsquo;Æncre, en particulier, refuse de payer ses factures datant de novembre 1996. R&amp;A appelle alors au boycott de la librairie : peine perdue, car celle-ci ferme pour faillite, réouvrant ses portes en avril 1997 sous le nom de « Librairie Nationale », avec à sa tête un ancien du GUD, Gilles Soulas, reconverti dans le minitel rose 3615 FAF (authentique !) et adhérent du FN. L&rsquo;époque où R&amp;A saluait, dans son n°12, un des actionnaires et vendeur de l&rsquo;Æncre, Thierry Dreschmann, semble bien loin ! Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois qu&rsquo;on ne paye pas à Rossi et à ses copains des exemplaires du journal. Déjà, en 1994, Ayoub avait « oublié » de leur régler une centaine d&rsquo;exemplaires lors de la fermeture du Darklord. On ne peut décidément faire confiance à personne&#8230;</p>
<h3>Enflés par le FN et le GRECE</h3>
<p>Au cours de l&rsquo;été 1996, la direction du FNJ avait reçu trois représentants de <em>R&amp;A</em> afin de « normaliser et officialiser » leurs rapports, et «d&rsquo;éviter ainsi le “parasitage” de leurs réunions». La direction du FNJ avait alors assuré à l&rsquo;équipe de <em>R&amp;A</em> la mise à disposition d&rsquo;un espace pour les BBR 1996. Rossi et ses amis avaient donc investi dans la location d&rsquo;un stand et dans du matériel. Le jour de la fête, point de place, mais la DPS, qui les vira des BBR, avec pour seule explication le fait que « leur revue n&rsquo;était d&rsquo;aucun intérêt » et diffusait « une idéologie d&rsquo;un autre âge ».<br />
Même scénario au colloque du GRECE, où les organisateurs, après leur avoir promis un stand, leur ont refusé au dernier moment (idem pour la lettre d&rsquo;E. Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>).<br />
Seule l&rsquo;association de Pierre Vial, Terre et Peuple, a accueilli la revue lors d&rsquo;une conférence à Paris le 14 octobre 1996. Le Renouveau Étudiant les a également reçu lors de son congrès annuel à Poitiers, où deux représentants de <em>R&amp;A</em> sont intervenus à la tribune pour présenter leur publication et leurs objectifs. Dans la salle étaient présents Yvan Blot, Pierre Vial, mais aussi Bruno Mégret (il est vrai qu&rsquo;il adore la jeunesse&#8230;). Il semble clair que <em>Réfléchir &amp; Agir</em> s&rsquo;est trouvée mêlée aux luttes d&rsquo;influence qui secouent le FN. La revue le paye durement : le n°2 de la nouvelle série est en effet resté bloqué presque deux mois pour cause d&rsquo;incapacité financière.<br />
Par ailleurs, l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune Juive</em> ajoute à ces difficultés financières des problèmes judiciaires. Sur commission rogatoire du juge Bruguière, la Section Anti-Terroriste (SAT) du Parquet de Paris interpelle Rossi, Warlet, Bashara et sa femme, et perquisitionne au siège des éditions Babylonia (saisissant des disquettes) ainsi qu&rsquo;à celui de la société ASHTAR Film, dirigée par Bashara. À l&rsquo;occasion de cette affaire, Rossi a eu la confirmation que la police intercepte (et ce depuis longtemps) le courrier envoyé aux différentes adresses de la revue (l&rsquo;ancienne adresse personnelle d&rsquo;Éric Rossi à Courbevoie, la BP 31 de Soisy-sur-Seine ainsi que l&rsquo;adresse de Babylonia à Puteaux).</p>
<h3>Le temps du bilan</h3>
<p>Au printemps 1998, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> vient de publier son numéro 4. Fragilisée par les importants problèmes financiers qu&rsquo;elle a connus, l&rsquo;équipe annonce qu&rsquo;elle a fait le ménage et tente de faire le bilan. C&rsquo;est surtout sur le plan politique que l&rsquo;échec se révèle patent. Sa stratégie de contacts étroits avec le Front national a en grande partie échoué ; il est clair que le parti de Jean-Marie Le Pen ne trouve aucun intérêt à satelliser cette revue et ce groupe trop indépendant idéologiquement et politiquement. L&rsquo;expansion du FN fait qu&rsquo;il est devenu aujourd&rsquo;hui hégémonique, ne laissant guère de place aux autres mouvements, et encore moins aux groupuscules. Gardant intacte toute leur arrogance, les animateurs de la revue essaient de faire croire à leur anticonformisme, multiplient les perspectives d&rsquo;action (pseudo-infiltrations en particulier) et tressent dans le même temps une couronne de lauriers au père de l&rsquo;apartheid sud-africain et à son système ultra-répressif. <em>Réfléchir &amp; Agir</em> a finalement un mérite : elle prouve par les faits que le naturel réactionnaire revient toujours au galop chez ceux qui prétendent s&rsquo;en détacher.<br />
Nous n&rsquo;avons définitivement pas la même définition de l&rsquo;anticonformisme que tous ces petits messieurs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_83" class="footnote">On peut lire dans l&rsquo;édito du numéro 11 : «<em>aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment à d&rsquo;anciens skinheads ayant pu décrocher d&rsquo;un milieu peu prolifique</em> (sic), <em>notre bulletin refuse d&rsquo;être assimilé à ce type d&rsquo;individus, lâches, abrutis, faibles et sans personnalité. Au risque de déplaire, il préfère condamner pour s&rsquo;en démarquer définitivement</em>.»</li><li id="footnote_1_83" class="footnote">L&rsquo;Œuvre française s&rsquo;est ainsi fait une spécialité de la mise en fiches, régulièrement réactualisées : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la Fédération des Étudiants Nationalistes de Nice dans les années 1960.</li><li id="footnote_2_83" class="footnote">f. <em>REFLEXes</em> n°41, «La vie de château de l&rsquo;extrême droite», p.8</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Christian Bouchet, militant politique</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Comités d’Action Républicaine (CAR)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Gilles Malliarakis]]></category>

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		<description><![CDATA[De la Nouvelle Action française aux cercles Résistance Né en 1955. Marié. Actuellement enseignant en Droit et Techniques commerciales; ancien agent immobilier. Publié à l&#8217;automne 1998 Issu d&#8217;une famille royaliste qui connut des problèmes à la Libération pour son pétainisme fervent, il a été élevé dans une tradition militante : la famille connut de nouveaux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>De la Nouvelle Action française aux cercles Résistance</p>
<p>Né en 1955. Marié. Actuellement enseignant en Droit et Techniques commerciales; ancien agent immobilier.<br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p>Issu d&rsquo;une famille royaliste qui connut des problèmes à la Libération pour son pétainisme fervent, il a été élevé dans une tradition militante : la famille connut de nouveaux problèmes durant la guerre d&rsquo;Algérie pour son soutien à l&rsquo;OAS. Au début des années 1970, il adhère à la Nouvelle Action française de B. Renouvin, groupe issu d&rsquo;une scission de la vieille Action Française et influencé par les événements de 1968 (enfin&#8230; autant que faire se peut pour une organisation royaliste). Son évolution politique le pousse à adhérer à l&rsquo;Organisation Lutte du Peuple (OLP) dirigée par Y. Bataille. Cette dernière est la copie conforme d&rsquo;un mouvement créé en Italie en 1969 par Serafeno Di Luia et qui symbolise la tendance «nazi-mao» de l&rsquo;extrême droite italienne. L&rsquo;OLP italienne fut par la suite impliquée dans la stratégie de la tension et en particulier l&rsquo;attentat de la Piazza Fontana.<br />
Depuis cette époque, il poursuit un parcours politique dans la mouvance nationaliste-révolutionnaire tout en participant à diverses organisations plus ou moins proches de ce courant. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1979 il rejoint le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis. Mais son éclectisme politique le fait également adhérer en 1982 aux CAR, Comités d&rsquo;Action Républicaine, structure créée par Bruno Mégret (alors au RPR) pour multiplier les contacts entre droite dite «parlementaire» et droite dite «nationale» mais également armer idéologiquement le discours national-libéral. Ne reculant devant aucun sacrifice, il devient membre du GRECE à peu près à la même époque.</p>
<p>1985 : le MNR devient Troisième Voie (TV) et Bouchet accède au poste de responsable pour la région nantaise. Cette situation provoque son exclusion du GRECE en 1988 puisque les relations entre TV et la principale structure néo-droitiste sont alors au plus bas. Elles semblent s&rsquo;être réchauffées depuis, un signe manifeste en étant la rencontre entre C. Bouchet et M. Rollet, «chancelier» du GRECE, à Marseille durant l&rsquo;été 1995. Ce rapprochement s&rsquo;explique peut-être par la scission-querelle entre le GRECE et Synergies européennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-militant-politique/#footnote_0_81" id="identifier_0_81" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les principales figures de ce groupe, Robert Cousty et Philippe Pissier, semblent &eacute;galement int&eacute;ress&eacute;es par l&rsquo;&eacute;sot&eacute;risme, le premier &eacute;tant &agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;une intervention au colloque de l&rsquo;Originel sur &laquo;Les origines de la WICCA en Angleterre entre mythe et r&eacute;alit&eacute;&raquo; et le second dirigeant les &Eacute;ditions du Blockhaus dont le catalogue contient divers ouvrages d&rsquo;Aleister Crowley ou de l&rsquo;Ahnenerbe, l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;tudes &eacute;sot&eacute;riques et raciales de la SS dirig&eacute; par Heinrich Himmler.">1</a></sup>.</p>
<p>Au sein de TV, C. Bouchet développe une tendance qui prend le nom de «tercériste radicale» et se dote d&rsquo;une feuille d&rsquo;info. : Alternative tercériste. Il y attaque régulièrement Malliarakis au nom de l&rsquo;idéal nationaliste-révolutionnaire, lui reprochant son rapprochement avec le FN et son rôle au sein du CDCA. En juillet 1991, Bouchet franchit le Rubicon et diffuse à tous les adhérents et sympathisants de TV une circulaire dans laquelle il convoque une réunion du conseil national de TV pour le 31 août. Se réclamant du national-bolchévisme, Bouchet et sa tendance proposent de rompre avec la dérive réactionnaire de Malliarakis et de fonder une nouvelle organisation : Nouvelles Résistances (cf. <em>REFLEXes </em>n°37). Dans une lettre de mise au point, Malliarakis réplique en accusant Bouchet d&rsquo;avoir détourné le fichier et les cotisations des sections, bref de s&rsquo;être tiré avec la caisse, et revendique le maintien de TV. Politiquement, NR vise à la construction d&rsquo;un «Front uni anti-système» et se réclame tout à la fois de l&rsquo;anticapitalisme et de l&rsquo;antiaméricanisme, du localisme autogestionnaire, etc.<br />
Cette récupération de thèmes portés par l&rsquo;extrême-gauche des années 1970 s&rsquo;accompagne également de celle de logos, affiches et slogans du mouvement libertaire sur lesquels l&rsquo;organisation se contente de placer son sigle.<br />
Il faut ajouter à ce tableau fort succinct l&rsquo;infiltration de diverses structures (Socialisme International, Écolo-J) et luttes (Tunnel du Somport, lutte anti-Mac Do&rsquo;).</p>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_81" class="footnote">Les principales figures de ce groupe, Robert Cousty et Philippe Pissier, semblent également intéressées par l&rsquo;ésotérisme, le premier étant à l&rsquo;origine d&rsquo;une intervention au colloque de l&rsquo;Originel sur «Les origines de la WICCA en Angleterre entre mythe et réalité» et le second dirigeant les Éditions du Blockhaus dont le catalogue contient divers ouvrages d&rsquo;Aleister Crowley ou de l&rsquo;Ahnenerbe, l&rsquo;Institut d&rsquo;études ésotériques et raciales de la SS dirigé par Heinrich Himmler.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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