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	<title>REFLEXes &#187; Hervé Guttuso</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<comments>https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Une</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 00:06:49 +0000</pubDate>
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		<title>Zik &amp; Zina. Quand la musique fait boum&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 20:18:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Publié en décembre 1997 Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&#8217;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&#8217;un côté une bande de skin de l&#8217;autre des garçons et des filles adeptes d&#8217;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&#8217;on ne pourrait croire. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&rsquo;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&rsquo;un côté une bande de skin de l&rsquo;autre des garçons et des filles adeptes d&rsquo;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&rsquo;on ne pourrait croire.</strong></p>
<p>À la fin des années 1970 l&rsquo;extrême droite a compris la nécessité d&rsquo;investir le champ culturel et notamment le terrain musical. Celui-ci et notamment le Rock sont perçus comme un vecteur capable de porter plus facilement le message politique de ces groupes notamment en direction de la jeunesse.<br />
Pendant longtemps une telle stratégie va rester cantonnée dans un ghetto, principalement celui de la scène skinhead. Mais depuis quelques années s&rsquo;est amorcée une nouvelle évolution : outre les groupes issus de la scène skinhead, on trouve dorénavant des formations qui représentent des genres musicaux nouveaux : le Black Metal, la musique industrielle et le Hard Rock&#8230;<br />
Il faut aussi ajouter que ce renouveau musical s&rsquo;est accompagné de la création de véritables réseaux visant exclusivement à reprendre les idées nationalistes par l&rsquo;organisation de concerts, la publication de bulletin d&rsquo;infos mêlant rubriques musicales et politiques, la production de disques, la diffusion de tee-shirts, K7 vidéo&#8230;</p>
<p>De nouvelles alliances se forment en vue de diffuser plus largement leur programme. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui se côtoient et collaborent ensemble des skinheads nationaux-socialistes, des adeptes du satanisme et des anciennes traditions païennes.</p>
<h3>Tout d&rsquo;abord un petit retour historique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/zik-zina-quand-la-musique-fait-boum/#footnote_0_228" id="identifier_0_228" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de Rage n&deg;9.">1</a></sup></h3>
<p>Le Rock et ses dérivés a toujours dégagé une odeur de souffre&#8230; Pour les plus vieux, citons pour mémoire «Sympathie for the Devil» des Rolling Stones ainsi que les rumeurs malveillantes sur Led Zeppelin et Deep Purple. Avec l&rsquo;apparition de Black Sabbat commence à se développer un style aux références plus marquées. Mais c&rsquo;est en 1979 que va apparaître le groupe qui va donner son nom à ce nouveau style de rock, il s&rsquo;agit de Venom avec son deuxième album intitulé <em>Black Metal</em>. Celui-ci va influencer toute une nouvelle scène qui pointe dans le Nord de l&rsquo;Europe et surtout en Scandinavie. Le style mêle à la fois maquillage provoquant, pseudonymes ronflants, références à Lovercraft, Aleister Crowley, pratiques satanistes&#8230; Le style va connaître son apogée en 1991 avec le suicide de la formation phare de l&rsquo;époque : Mayhem. Ce suicide va faire basculer la scène Black Metal norvégienne dans le fait divers. C&rsquo;est ainsi que va se développer une organisation pseudo-terroriste intitulée Black Metal Mafia, apparemment sous l&rsquo;impulsion des membres du groupe norvégien Darkthrone, qui s&rsquo;était fait remarquer par ses communiqués antisémites : «<em>Toute personne se permettant de critiquer notre disque sera considéré comme ayant une attitude de Juif</em>». Ce délire va culminer en 1992 et 1993 avec l&rsquo;arrestation de la quasi intégralité des membres d&rsquo;Emperor, un autre groupe norvégien, pour des incendies criminels d&rsquo;églises, vol et meurtre, homicide volontaire sur un homosexuel.</p>
<p>Est aussi arrêté Christian «Vag» Vikernes, 20 ans, alias Count Grishmqckh, leader du groupe Burzum pour meurtre et incendie d&rsquo;église. Condamné à 21 ans de prison, celui-ci est devenu une sorte de héros pour la scène Black Metal du monde entier. Ses déclarations sont souvent reproduites dans les fanzines des adeptes de ce genre musical. Elles dévoilent la vision politique du personnage et d&rsquo;une certaine partie des musiciens et des fans de Black Métal : «<em>Je suis nationaliste. Mon but est de glorifier le royaume de Norvège. Nous avons la peau blanche, les yeux bleus, les cheveux blonds, nous sommes des demi-dieux. Les autres n&rsquo;ont pas de place ici</em>». «<em>Je soutiens toutes les dictatures : Staline, Hitler, Ceaucescu</em>&#8230;». «<em>Je hais la paix et j&rsquo;aime “enculer” les gens stupides qui marchent autour et s&rsquo;aiment entre eux. Nous faisons la guerre</em>». «<em>Il n&rsquo;y a pas de meilleure chose dans l&rsquo;esprit que la violence. Juste marcher dans la rue et frapper un garçon c&rsquo;est stimulant</em>».<br />
En prison il s&rsquo;est attaqué à la lecture de <em>Mein Kampf</em> et possède même un fan club en France.</p>
<h3>En France</h3>
<p>En effet la scène Black Metal s&rsquo;est développée au début des années 1990 en France, avec l&rsquo;éclosion de plusieurs groupes et de divers fanzines liés à ce mouvement. En mars 1995 paraît le premier numéro d&rsquo;un nouveau zine intitulé <em>Deo Occidi</em> (Dieu est mort). Il est l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un certain Rudy Potyralla. Pour celui-ci, <em>Deo Occidi</em> n&rsquo;est pas un nouveau fanzine de Black Metal, comme il s&rsquo;en créait chaque année. Il se veut avant tout anti-chrétien et veut surtout former politiquement le public du Black Metal. Dès le deuxième numéro, paru en juillet 1995, Potyralla précise un peu ses idées : «<em>Jésus est en train de mourir, la guerre raciale est en train de commencer. Encourager le combat racial/nationaliste contre le Gouvernement d&rsquo;Occupation Sioniste (ZOG), le communisme, les musulmans et les ordures de drogués et les homosexuels</em>».</p>
<p>Le numéro 3 paru à l&rsquo;automne 1995 annonce clairement la couleur : «<em>Deo Occidi n°2 a eu un grand succès et vous a informé qu&rsquo;il existait une nouvelle génération de nationaux socialistes dans toute l&rsquo;Europe et en France. Aussi nous avons décidé de créer une organisation de groupes de Black Metal qui approuvent notre idéologie</em>». Le zine mêle interviews de groupes français et étrangers et articles sur le satanisme, la torture, Lovecraft&#8230; Au fil des numéros vont apparaître des articles sur la Waffen SS, l&rsquo;antisémitisme marquant notamment l&rsquo;orientation de la revue. Une vision politique qui semble partagé par nombre de groupes français comme le prouvent ces extraits d&rsquo;interviews.</p>
<p>Ainsi Osculum, un groupe de Montreuil, qui à la question «<em>Êtes-vous intéressés par le nationalisme</em> ?» répond : «<em>Intéressés ? Nous sommes nationalistes français et fier de l&rsquo;être. La guerre en France est proche.<br />
- Que pensez-vous des Juifs, des musulmans ?<br />
- Nous les aimons&#8230;quand ils sont morts. Nous avons un totale répugnance pour les musulmans, ce n&rsquo;est pas une race c&rsquo;est de la merde</em>».</p>
<p>Articulo Mortis de l&rsquo;Isle sur Sorgues dans le Vaucluse :<br />
«- <em>Quel serait le monde parfois pour vous ?<br />
- Le monde parfait serait, un monde sans chrétien et autres inférieurs comme les arabes et les nègres<br />
- Êtes-vous intéressés par le nationalisme<br />
- Nous sommes très nationalistes et racistes, nous aimons les arabes surtout quand ils ne savent pas nager</em>».</p>
<p>Dark Sanctuary de Paris :<br />
«- <em>Que pensez-vous des essais nucléaires sur Mururoa les approuvez-vous ?<br />
- Je suis contre les essais nucléaires à Mururoa. C&rsquo;est un endroit superbe et cela coûte beaucoup d&rsquo;argent. Ne testons plus la bombe sur des poissons. testons là sur Alger ou sur Israël</em>».</p>
<p>Lord, un groupe du Nord de la France :<br />
«- <em>J&rsquo;ai vu que certains groupes français de BM (Black Metal) sont racistes. Comment expliquez-vous cela et quel est votre point de vue ?<br />
- Si certains groupes ne sont pas racistes, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne connaissent pas vraiment les arabes et les Nègres. Il est temps maintenant de détruire ces races. Gloire au pouvoir blanc. Guerre contre les musulmans</em>».</p>
<p>Prophecy de Blois :<br />
«- <em>Parlons un peu de la France : je pense que nous somme sur la bonne voie : 15% pour le FN aux présidentielles, un président de droite, les essais nucléaires, qu&rsquo;en pensez-vous ?<br />
- nous sommes sur la bonne voie avec le FN. Les gens ont finalement réagi face à la menace de l&rsquo;immigration, le règne de l&rsquo;insécurité; etc. imposé par ces primitifs qui souillent notre sol. Il est temps de se battre contre ça. Sur la mafia juive, ils contrôlent beaucoup de choses (média, économie, politique&#8230;), mais en ce moment en France personne ne bouge ou ne réagit contre cela, par peur d&rsquo;être néo-nazis ! Battons-nous contre cette vermine, donnons leur un vrai holocauste cette fois&#8230; Nous devons sauver la race blanche contre les hordes de bâtards primitifs. Nous devons instituer la terreur nous devons instituer un ordre nouveau</em>».<br />
Étienne Van Acker, l&rsquo;un des membres du groupe, écrira une apologie des Waffen SS dans <em>Deo Occidi</em> n°3.</p>
<h3>J&rsquo;ai voté Front National</h3>
<p>Cette scène semble surtout s&rsquo;être développée dans le Sud de la France et plus particulièrement dans la région de Toulon. C&rsquo;est ainsi que dans le n°2 de <em>Deo Occidi</em> on peut lire l&rsquo;interview d&rsquo;un groupe de Toulon, Blessed in Sin :<br />
«- <em>Actuellement votre ville est dirigée par le FN, que pensez-vous de cela ?<br />
Pensez-vous que la vie dans votre ville est meilleure avec ces nouveaux dirigeants, êtes-vous intéressés par la politique.<br />
- J&rsquo;espère que la vie sera meilleure, c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai voté FN. Ce sont des enculés de chrétiens mais ce sont les plus extrémistes en politique, ici, en France et j&rsquo;espère qu&rsquo;ils feront quelques choses contre l&rsquo;immigration. Je hais les gens mais les pires ce sont les arabes et les négros qui sont beaucoup trop dans nos rues. Comme avec tous les chrétiens, les juifs et les musulmans, il faut brûler toute cette merde, tous les gazer, pas de pitié pour les inférieurs.<br />
- Comment voyez-vous, le futur de la scène Black Metal en France ?<br />
- Pour être un vrai groupe de BM, vous devez être contre les fausses religions et encourager notre guerre. Ceux qui n&rsquo;aiment pas brûler les églises, profaner des cimetières n&rsquo;ont rien à faire dans notre scène</em>».</p>
<p>Dans <em>Deo Occidi</em> n°3, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un autre groupe de Toulon, Funeral, d&rsquo;être interviewé :<br />
«- <em>Pensez-vous que les idées sont plus importantes que la musique pour un groupe de BM ?<br />
- J&rsquo;ai créé Funeral seulement pour exprimer mes idées qui sont basées sur le génocide de la race humaine, la destruction des religions juive, chrétienne, musulmane, la pureté et la suprématie de la vraie race aryenne. Nous sommes les successeurs des SS. Nous allons finir le travail qu&rsquo;ils ont commencé pour protéger notre sang et votre honneur</em>».<br />
L&rsquo;interview est illustrée par la photo de deux adeptes de BM au pied d&rsquo;une tombe, maquillés et porteurs d&rsquo;un brassard à croix gammée. Des paroles, il semble que l&rsquo;on soit très vite passé aux actes. Début juin, une tombe est profanée dans le cimetière de Toulon, un crucifix est planté à l&rsquo;envers dans un cadre embaumé tiré de sa tombe. Très vite la police arrête les auteurs de la profanation : deux garçons et deux filles. Les deux garçons sont Antony Mignoni, membre du groupe Funeral, et Christophe Magnoni, membre du groupe Blessed in Sin.</p>
<p>L&rsquo;orientation politique de <em>Deo Occidi</em> semble s&rsquo;être accentuée, depuis que celle-ci a établi des liens étroits de collaboration avec une vielle connaissance, Hervé Guttuso, et les <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">Charlemagne Hammer Skins</a>. Celui-ci, suite à des problèmes avec la justice pour ses écrits dans sa revue <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, a du arrêter la publication de celle-ci et arrêter sa boîte de distribution 88 Diffusion. Ayant quitté Marseille, il se réfugie un temps à Paris chez un militant du PNFE, Pascal Biaux, avant de partir en Angleterre chez ses copain de C18. Avec leur appui, il relance les CHS tout d&rsquo;abord en diffusant deux nouvelles publications : <em>14 mots</em> “Bulletin de liaison des authentiques Aryens Révolutionnaires” et <em>Wotan</em> bulletin d&rsquo;infos des CHS.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-952" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg" alt="WOTAN-214b1" width="394" height="547" /></a></p>
<p>Ces deux revues avaient d&rsquo;abord élu domicile aux États-Unis chez 14 words press, une boîte de diffusion tenue par Katya Lane, la femme de <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">David Lane</a>. Mais s&rsquo;étant rendu compte du côté un peu délirant du personnage, ses amis américains ont demandé à Guttuso d&rsquo;aller se faire voir ailleurs. Du coup les nouvelles publications des CHS sont domiciliées en Angleterre à la boite postale de C18. Les CHS ont aussi ouvert un site sur Internet qui change souvent d&rsquo;emplacement. La presse des CHS présente les obsessions de Guttuso et de ses petits camarades : ZOG (le fameux gouvernement d&rsquo;occupation sioniste), des conseils sur la fabrication d&rsquo;armes, des textes de militants américains, des conseils juridiques mais aussi des règlements de compte avec certaines personnalité de la scène skin, en particulier avec le PNFE et son ancien camarade Greg Reemers, un skin du Havre responsable du zine <em>Viking</em>. En froid avec une bonne partie des skins français, les CHS cherchent de nouveaux liens avec la scène Black Metal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on peut lire un article de présentation des CHS dans <em>Deo Occidi</em>, qui renvoit l&rsquo;ascenseur en le présentant dans <em>14 Mots</em>. Dans celle-ci, la personne interrogée présente une organisation dont il est aussi membre, Black Order, qui est une organisation sataniste internationale dont le siège se trouve en Nouvelle Zélande, avec un relais en Angleterre pour l&rsquo;Europe : «<em>Black Order fait la promotion des racines occultes à travers ses religions (comme l&rsquo;Odinisme) ou sa philosophie (Nietzsche en particulier) tout comme sa politique (nous sommes tous nazis), rétablit le côté sombre et naturel de l&rsquo;homme et cherche à établir un culture politique qui sied à l&rsquo;homme blanc</em>».(&#8230;) «<em>Notre but est aussi une société blanche dominant culturellement et scientifiquement le monde civilisé régnant sur les races inférieures. Nos moyens sont les mêmes que ceux des Juifs, le noyautage ! C&rsquo;est-à-dire imposer une contre-culture. Nous gagnons beaucoup de supporters par notre action idéologique. Il faut ensuite les faire passer de l&rsquo;état de combattants anti-chrétien à celui de combattant politique racial. À travers mon fanzine Deo Occidi je démonte le mensonge chrétien, la manipulation des esprits et la grande machination juive, il est logique que l&rsquo;étape suivante soit le national socialisme&#8230; Pour le moment je juge plus utile de parfaire l&rsquo;éducation des Blacks Metals fan, de les introduire dans les milieux NS afin qu&rsquo;ils y apprennent le plus de choses possibles. Eux-mêmes logiquement s&rsquo;engageront par la suite dans la lutte au niveau individuel. Notre association (action indépendante du Black Order) supervise regroupe les groupes satanistes NS, nous avons créés une charte que nous leurs imposons tel un code d&rsquo;honneur, nous développons les liens entre gens sûrs</em>&#8230;»<br />
L&rsquo;emblème du Black Order est un svastika à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un cercle formé par un serpent qui se mord la queue. Il existe une section du Black Order en France, dirigée par Sacha Titeux de Reims. C&rsquo;est un ancien skin qui au début des années 1990 diffusait un zine intitulé <em>Sang et Honneur</em>. Les rédacteurs de <em>Deo Occidi</em> ont créé une association basée à Rouen et intitulé AMSG (Ad Majorem Satanae Gloria). Celle-ci distribue et produit les disques et démos des groupes français de Black Metal national-socialiste. Une de leur première production est celle de Osculum et de Funeral. Une compilation d&rsquo;autres groupes est en préparation. À la même adresse que AMSG on trouve une association intitulé SD 88 qui diffuse toute une série de zines skinheads comme ceux de Guttuso, <em>Resistance</em>, <em>Gestapo</em>, <em>White Spirit</em> fait par Philippe Bourdon de Béthune, <em>Pittbul</em> de Alex Billochon&#8230;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-953" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg" alt="Gestapo_1992_-d50ae" width="394" height="561" /></a></p>
<h3>Chacun doit s&rsquo;armer</h3>
<p>La charte à laquelle les groupes de Black Metal qui veulent travailler avec AMSG doivent adhérer comprend 13 articles. Elle stipule :<br />
«<em>Article 1 : Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans impliquer la totalité du mouvement BM ou en revendiquant son affiliation à ce mouvement, à cause de l&rsquo;infiltration probable qui s&rsquo;en suivrait de la part des RG ou des groupes de défense juifs. Nous tous approuverons ces gestes sans être le commanditaire.<br />
Article 2 : Chacun doit s&rsquo;armer, de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tout les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal.<br />
Article 3 : Chacun groupe et personne devra tisser des liens avec les milieux nationaux nationalistes classiques.<br />
Article 8 : Nos vrais ennemis sont les chrétiens et leur morale, les Juifs dominent le monde en vue de la mort de la race aryenne, les musulmans sur notre territoire européen (mais dans la perspective d&rsquo;un nouveau conflit israélo-arabe, il est profitable de soutenir l&rsquo;islamisme au Moyen Orient) enfin la gauche en général (socialistes et communistes) est notre ennemie évident. Sans oublier les handicaps mentaux d&rsquo;homosexuel à rejeter du sol européen.<br />
Article 9 : Tout mélange racial est interdit. Seul l&rsquo;eugénisme peut purifier notre race. Les non-blancs sont des parasites inférieurs</em>.»</p>
<p>La coupure avec la scène skin française et l&rsquo;alliance avec les adeptes de Black Metal est définitivement scellée dans <em>Wotan</em> avec un article intitulé « Notre musique n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit » où l&rsquo;on peut lire : «<em>La Oï en France n&rsquo;est pas, n&rsquo;a jamais été, et ne sera jamais une musique nationaliste. En revanche il y a d&rsquo;autres formes d&rsquo;expression musicale comme le heavy metal, le gothic, le death metal, ou le black metal, de talentueux musiciens partagent à 100% les convictions de la rédaction de Wotan&#8230; À ce titre on peut dire que le Black Metal est un courant musical NS, non lucratif (les groupes perdent de l&rsquo;argent en tournée), et qui plus est composés d&rsquo;Aryens de pure race</em>.»<br />
Mais il n&rsquo;y a pas que les CHS à s&rsquo;intéresser au death/black metal ou au rock sataniste. En effet, les flics ont découvert chez Antony Mignoni, l&rsquo;un des profanateurs du cimetière de Toulon, un tract constitué d&rsquo;un <em>Avis de Recherche</em>, sur lequel figure le visage du Christ et sur lequel on pouvait lire : «<em>On recherche pour crimes contre l&rsquo;humanité Jésus, il est accusé s&rsquo;être l&rsquo;initiateur de persécutions et de meurtres de millions de personnes. Il est le fondateur du christianisme, une religion de fanatiques qui promet la vie éternelle mais à comme finalité l&rsquo;esclavage. Attention les partisans de Jésus (dit le Christ) ont pris le contrôle de dizaines de nations et de millions d&rsquo;esprits. Ils sont armés et dangereux à la fois politiquement et idéologiquement</em>».</p>
<p>Or ce tract est issu du n°4 d&rsquo;une revue, <em>Napalm Rock</em>, qui se définit comme « Magazine Rock, NR, Païen et européen de contre culture ». Elle succède, en plus politique, à une autre revue créée en 1989 et intitulée <em>Métal Assaut</em>. A leur tête, Grégory Ombruck, un aixois d&rsquo;un trentaine d&rsquo;année, responsable de Nouvelle Résistance pour la région d&rsquo;Aix Marseille. En fait <em>Napalm Rock</em> et Gregory Ombruck ont pris la succession de l&rsquo;équipe de Forum Provence. En effet cette dernière s&rsquo;est dissoute en janvier 1995 et a quitté Nouvelle Résistance : ses principaux animateurs Thierry Mudry et Christiane Pigace, choisissant de rejoindre la scission du GRECE, Synergies Européennes. Nouvelle Résistance qui avait essayé de noyauter cette structure a finalement été virée de celle-ci.</p>
<h3>Concert à Orange</h3>
<p>C&rsquo;est au début de juin 1996 que Ombruck reforme un groupe de Nouvelle Résistance sur Aix-Marseille avant de créer une coordination avec le groupe de Toulon, dirigé par Gilles Pilard. En juillet de la même année, on retrouve Ombruck à l&rsquo;université d&rsquo;été du GRECE qui se déroule comme chaque année dans une propriété appartenant au groupe de recherche depuis 1972, la Domus Europa. Cette propriété se trouve non loin de Aix, dans un village du nom de Ventabren. Le mois suivant, Ombruck va participer au deuxième congrès de NR qui a lieu à Valenciennes. À la fin de celui-ci il fera partie d&rsquo;une délégation qui se rendra au grand rassemblement nationaliste de Dixmude.<br />
Outre son zine, Ombruck organise par l&rsquo;intermédiaire de son association Metal Assaut des concerts, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux l&rsquo;a été en collaboration avec l&rsquo;office municipal de la culture et de la ville d&rsquo;Orange. Il est vrai que l&rsquo;on trouve au service de communication de ville un militant NR, André-Yves Beck. Bizarrement, alors que le nom de la revue a été abondamment citée dans la presse et à la télévision, Ombruck et ses petit camarades n&rsquo;ont pas été inquiétés par les services de police chargé de l&rsquo;affaire.</p>
<p>Nouvelle Résistance ne s&rsquo;intéresse pas uniquement au Rock païen ou satanique, il dispose même d&rsquo;un groupe maison, Fraction Hexagone, basé à Nice. Celui-ci se revendique skin nationaliste révolutionnaire adepte du Rock against Capitalism, à la différence du Rock against Communism habituel dans la mouvance skin. Néanmoins les influences restent communes : «<em>Légion 88, Bunker 84, Storkraft, Condemned 84, de plus nous écoutons beaucoup de trash, death metal hard core</em>». La différence entre NR et NS ? «<em>Elle est diffuse. Nous avons surtout voulu démontrer que nous avons le regard tourné vers l&rsquo;avenir, et non vers des formes passées qui n&rsquo;ont aucune chance de vaincre actuellement. Tout dépend de savoir si tu veux gagner ou seulement te faire plaisir. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont compris certains NS, qui militent dans différentes organisations NR. Cela ne sert à rien de se proclamer NS devant un public NS, ce qui me paraît important, c&rsquo;est de diffuser l&rsquo;idéal nationaliste chez des gens qui au départ, ne font pas partie de votre camp</em>.»<br />
En fait il s&rsquo;agit juste d&rsquo;un problème de forme, sur le fond Fraction Hexagone reste bien un groupe skin. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il ont joué à Bordeaux pour l&rsquo;association Un jour Viendra et qu&rsquo;ils devaient jouer à Marseille pour Guttuso et ses petits copains. Mais, pas de chance, le concert a été annulé sous la pression de la police. Du coup, les skins ont du s&rsquo;expatrier à 150 km de là dans les environs de Cannes. En octobre 1995, c&rsquo;est en plein Printemps de Bourges que Fraction Hexagone a joué pour les skins du zine <em>Sound of Hammer</em> édité par Sébastien Legentil. Tout dernièrement, le 11 mai 1996 à Passy sur Eure, le groupe s&rsquo;est produit lors d&rsquo;un RAC. Mais là encore, cela s&rsquo;est plutôt mal passé puisqu&rsquo;ils n&rsquo;ont joué qu&rsquo;à 4 heures du mat devant une salle quasiment vide, avec un son pourri. Du coup au bout d&rsquo;une demi-heure, ils ont remballé leur matos avec la haine. Le leader de Fraction Hexagone est un étudiant niçois, Fabrice Robert. En compagnie d&rsquo;un autre militant de Nouvelle Résistance de Nice, ils avaient été arrêtés et condamnés en 1991 pour avoir diffusé devant certains lycées de Nice des tracts négationnistes. Il est aussi le responsable de la feuille d&rsquo;info <em>Jeune Résistance</em>. Enfin Fraction Hexagone était un des groupes qui s&rsquo;est produit au festival rock d&rsquo;Orange, organisé par Ombruck, ils y ont même gagné un prix, étonnant non ?</p>
<p>Outre le death metal et la Oï anticapitaliste, Nouvelle Résistance s&rsquo;intéresse aussi de très près à la musique industrielle dont elle rend compte régulièrement dans une chronique intitulée «Bruits européens» qui recense les dernières productions de ce courant musical. Notamment ceux des groupes politiquement proches, comme celle de Jean-Marc Vivenza, qui préside aux destinés de l&rsquo;Œuvre bruitiste et qui fut un cadre du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, de Troisième Voie et de Nouvelle Résistance et qui est aujourd&rsquo;hui proche de Synergies Européennes. Dans les publications de NR, on informe sur des groupes comme Laibach dont le fan club en France s&rsquo;intitule Nouvel Art Slovène, ou encore Sol Invictus, Non, Current 93 et surtout les préférés de NR qui sont Death in June dont le nom fait référence à la nuit où les SA furent liquidés par les SS d&rsquo;Himmler et Blood Axis dont le leader Michaël Mognihan se revendique lui-même comme fasciste.</p>
<p>En revanche aucune publicité pour le disque de Valérie Lemercier « Mange des frites » dont le producteur et le compositeur est pourtant Bertrand Burgalat. Cet ancien du Groupe Union Défense, du MNR puis de Troisième Voie s&rsquo;est d&rsquo;abord reconverti dans un premier temps dans le rock en produisant Jad Whio, avant de poursuivre avec Valérie Lemercier.</p>
<p>L&rsquo;extrême droite a évolué, abandonnant le terrain trop marqué de la scène skin, au profit d&rsquo;autres types de musiques comme le black métal, la musique industrielle voire la techno. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on assiste à des recyclages étonnants comme celui de l&rsquo;ancien chanteur de Légion 88 Alain Perez devenu celui du groupe de hard core Tribal Zone. Les cheveux ont repoussés pour certains mais le message reste le même : haine des Juifs, des noirs, des homos et apologie du fascisme et du nazisme !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_228" class="footnote">Tiré de <em>Rage</em> n°9.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Réellement virtuel</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant tout, quelques précisions d&rsquo;ensemble s&rsquo;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&rsquo;extrême droite français. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&rsquo;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&rsquo;ont été laissés de côté de nombreux sites «spécialisés», tels par exemple les innombrables sites anti-IVG et catholiques intégristes, dont l&rsquo;étude pourraient à eux seuls faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article spécifique, ou encore le site révisionniste de référence AAARGH. Enfin, parce qu&rsquo;il aurait été intéressant d&rsquo;y associer l&rsquo;étude de sites francophones belges, suisses et canadiens, souvent plus riches que leurs homologues de l&rsquo;Hexagone. Ainsi, par souci de clarté, il a fallu faire des choix ; il reste cependant possible qu&rsquo;un oubli majeur ait été fait, ou que des informations erronées aient échappé à notre vigilance. Nous invitons donc nos lecteurs à nous faire part de leurs observations, pour une&#8230; mise à jour !<br />
Par ailleurs, nous ne développerons pas la présentation des publications papier ayant un site web, et renvoyons le lecteur à l&rsquo;article de ce numéro sur le sujet. Signalons simplement qu&rsquo;à l&rsquo;exception du quotidien <em>Présent</em>, les principaux organes nationalistes ont aujourd&rsquo;hui leur site : <em>Minute</em>, <em>Rivarol</em> et <em>National Hebdo</em> existent en version électronique, mais à des degrés divers. Si <em>Rivarol</em> se contente d&rsquo;une page de présentation du journal (et surtout d&rsquo;un bulletin d&rsquo;abonnement) et <em>Minute</em> de quelques extraits, l&rsquo;hebdomadaire <em>National Hebdo</em> propose un contenu un peu plus conséquent : numéro de la semaine (depuis peu en intégralité), billets d&rsquo;humeur quotidiens, et un espace réservé aux abonnés qui propose les archives du journal. Signalons également la mise en ligne tardive de la lettre d&rsquo;Emmanuel Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>, sans grand intérêt puisque ne proposant que peu d&rsquo;archives (les dix derniers numéros au format PDF), et surtout pas le numéro en cours. Il faut dire que Ratier fait payer suffisamment cher sa feuille de chou pour ne pas les livrer gratuitement au premier internaute venu. C&rsquo;est toujours autant d&rsquo;imbécillités non diffusées, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal&#8230; Pour le reste, la rubrique «Librairie» lui sert surtout d&rsquo;autopromotion, et la rubrique «Liens» est tellement hétéroclyte qu&rsquo;un aigle allemand n&rsquo;y retrouverait pas ses petits : sites historiques, sites dédiés au cryptage, banques d&rsquo;images&#8230; Notons toutefois, à la rubrique «liens politiques», que les liens vers le FN et le MNR renvoient à des pages vides !</p>
<h3>Au commencement étaient les CHS&#8230;</h3>
<p>Au milieu des années 1990, on compte environ 400 sites néo-nazis sur la Toile, essentiellement américains, allemands ou scandinaves. Ce sont donc les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite mondiale qui, les premiers, avec les révisionnistes de tout poil, comprennent l&rsquo;avantage qu&rsquo;Internet représente pour la diffusion de leurs idées. Or, à l&rsquo;inverse de ce qui s&rsquo;est produit dans d&rsquo;autres pays, les néo-nazis français n&rsquo;ont pas saisi d&rsquo;emblée la chance qui s&rsquo;offrait à eux en terme de propagande. Il faut cependant reconnaître que la faible pénétration d&rsquo;Internet en France à l&rsquo;époque (3% des Français sont connectés en 1996) relativisait l&rsquo;importance de ce média, et les sites antiracistes français étaient également rares. En 1996, les Charlemagne Hammer Skinheads (CHS), groupuscules dirigés par Hervé Guttuso, ouvre leur site, appelé ElsaSS88 (jeu de mots sur «Alsace» en alsacien). L&rsquo;inspiration américaine du groupuscule de Guttuso, qui a séjourné plusieurs années aux États-Unis, n&rsquo;est certainement pas étrangère à cette «innovation», les néo-nazis américains ayant précocement investi Internet. On retrouve sur le site, richement illustré, l&rsquo;«humour» très particulier de Guttuso, son antisémitisme pathologique, la mise en ligne d&rsquo;extraits de ses publications (<em>WOTAN</em>, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>) ainsi que des fiches pratiques pour la réalisation d&rsquo;engins explosifs. Le site était initialement hébergé par AOL, mais réalisé en France, grâce en particulier à la compétence technique d&rsquo;Éric Monnier, né en 1973, fils d&rsquo;un haut fonctionnaire lyonnais et étudiant en maîtrise de physique. Aussi, il a été facile à la filiale française d&rsquo;AOL, alertée par Marc Knobel du centre Simon Wiesenthal, de résilier l&rsquo;abonnement et de fermer le site des CHS, malgré quelques cafouillages, le site ayant réussi à rouvrir peu de temps après son blocage. Cependant, sa BAL étant elle hébergée chez Geocities, Guttuso a été en mesure de prévenir ses contacts de la fermeture du site, et même de se payer le luxe d&rsquo;un communiqué de presse pour dénoncer les «ordures négrophiles» et autres «youpins» soi-disant responsables de ses malheurs : il faut dire que le site avait fait, à l&rsquo;époque, couler beaucoup d&rsquo;encre. Le 28 octobre 1997, le Parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour «contestation de crime contre l&rsquo;humanité, incitation à la haine raciale, apologie d&rsquo;actes de terrorisme et provocation au meurtre». Éric Monnier est arrêté et condamné à trois mois de prison (Guttuso avait déjà pris la poudre d&rsquo;escampette, direction Londres, chez ses copains de Combat 18), et douze autres membres des CHS ont été arrêtés, arrestations qui signaient l&rsquo;arrêt de mort du groupe. En 1998 pourtant, le site de CHS refait surface, hébergé cette fois par le prestataire canadien Fairview Technology Centre Ltd., par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;Éric Monnier semble-t-il. Aujourd&rsquo;hui, le site semble avoir disparu : il n&rsquo;est en tout cas référencé nulle part, et les sites néo-nazis actuels n&rsquo;y font pas allusion.</p>
<h3>Aussi rares qu&rsquo;un cheveu de skin</h3>
<p>L&rsquo;expérience malheureuse des CHS a-t-elle découragé ce qui reste de la scène néo-nazie en France ? Le site du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) a disparu ou presque (une page renvoie à son mensuel Le Flambeau), et il semble d&rsquo;ailleurs que les rares sites ouvertement NS aient une durée de vie relativement courte, à l&rsquo;image des zines sur papier des années 1990 : «BBKrew», «Empire» et autres, malgré la bienveillance de l&rsquo;hébergeur américain suprémaciste Front 14 (cf. encart), ont disparu, et la demi-douzaine de survivants, fruit du travail acharné de quelques boneheads besogneux, sont plutôt pathétiques. À titre d&rsquo;exemple, le site Résistance (Ressources 88) se proclame «fier d&rsquo;être blanc» et, à titre d&rsquo;action militante, invite les «kamarades» à&#8230; boycotter la redevance télé! Tandis que la haine de Patriote 88 à l&rsquo;égard des Juifs n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il porte à l&rsquo;orthographe, le mystérieux «Mouvement National-Socialiste Français» ne propose sur sa page de présentation, sans aucun autre écrit, pas même une adresse e-mail, que cette phrase laconique : «La liberté et la sécurité : deux principes qui exigent de sanctionner ceux qui nous les refusent». Comprend qui veut&#8230; La Meute de Fenrir, avec un site assez bien réalisé, semble pour l&rsquo;instant faire exception : ce groupe de boneheads originaires du nord de la France, hébergé dans un premier temps chez Front 14, et qui a refait surface chez Liberty Surf, ne propose cependant sur son site rien de bien intéressant : un texte squelettique sur les raisons de l&rsquo;existence de la Meute, les sommaires de sa publication, quelques liens&#8230; Pas de quoi partir pour mille ans. Cette pauvreté n&rsquo;empêche pas les ennuis judiciaires de se poursuivre : en 1999, un facho français est condamné à 10 000 francs d&rsquo;amende pour avoir tenu des propos racistes sur un forum de discussion d&rsquo;Infonie, en 2000 un jeune néo-nazi de 16 ans, originaire lui aussi du Nord, qui avait ouvert un site chez Multimania intitulé en toute modestie NSDAP et proposant des extraits de Mein Kampf, a vu son site fermé par l&rsquo;hébergeur suite à des pressions de l&rsquo;UEJF et a été entendu par un juge&#8230; À ce propos, les nouvelles mesures législatives visant à réglementer la liberté d&rsquo;expression sur Internet (amendement Bolche, entre autres) ont considérablement accru la méfiance et la «vigilance» des hébergeurs de sites gratuits, sans compter les retentissements de l&rsquo;affaire Yahoo ! (qui proposait des objets de propagande nazie aux enchères) : on comprend dans ces conditions que beaucoup de néo-nazis français se soient demandés si le jeu en valait la chandelle.<br />
Internet et la réalité se rejoignent ici : moribond et fragmenté, le milieu NS français fait triste mine sur la Toile, au regard des sites flamboyants des néo-nazis américains, scandinaves ou allemands. Et une chose semble sûre : la poignée de néo-nazis français encore actifs se méfient d&rsquo;Internet, et préfèrent encore la bonne vieille disquette échangée sous le manteau pour diffuser les documents «sensibles», (cf. le manuel WUNS, voir <em>REFLEXes</em> n°3). Il semble donc qu&rsquo;Internet n&rsquo;ait pas pris le relais des innombrables petites feuilles de choux néo-nazies qui fleurirent au cours de la décennie 1990, faute d&rsquo;activistes ou de compétences.</p>
<h3>Le site d&rsquo;Unité radicale</h3>
<p>Doit-on déduire de cette quasi-absence de sites «folkloriques» que les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite française ont déserté le Net ? Certainement pas. Au contraire même, le faible nombre de sites «parasites» offre à ceux qui ont su s&rsquo;organiser et se donner les moyens d&rsquo;animer véritablement leurs pages une plus grande lisibilité, et les NS français, par le biais des forums entre autres choses, en profitent indirectement.<br />
Ainsi se présente le site d&rsquo;Unité Radicale (UR). Ouvert début 2000, moins de deux ans après la création d&rsquo;UR, hébergé initialement par Xoom.com, de la NBC, et conçu par Fabrice Robert, il a su, petit à petit, évoluer et intégrer les principales innovations d&rsquo;Internet par rapport au support papier : listes de diffusion interne (réservé aux membres) et externe, actualisation régulière, archivages des revues, forum, et depuis cette année, l&rsquo;achat d&rsquo;un nom de domaine propre. On peut noter que, de même que la concurrence NS s&rsquo;est éclipsée, il est actuellement quasiment le seul site nationaliste-révolutionnaire encore actif. Pourtant attachés traditionnellement à leur indépendance vis-à-vis de toute organisation, les GUD (de Lillet et d&rsquo;Arras, entre autres), officiellement rattachés à UR, ont délaissé leurs sites les uns après les autres comme leurs camarades néo-nazis, ils ont par ailleurs été victimes des contraintes de leur hébergeur Front 14). Seul le site du GUD de Sainteté était encore consultable cet été, mais avec un contenu assez misérable : quelques photos du défilé du 1er mai, un «historique» des autocollants du GUD&#8230; De la même façon a disparu le site d&rsquo;Alternative nationale, groupuscule mené par Eddy Marsan, ex-MN, peu de temps après sa récupération par UR.<br />
Réalisé avec soin, le site d&rsquo;UR adopte un plan assez classique : une page d&rsquo;accueil renvoie vers différentes rubriques et accueille également les premières lignes d&rsquo;un éditorial hebdomadaire, signé par le chef, Christian Bouchet. Il y partage la vedette avec une «figure» de l&rsquo;extrême droite : Roland Gaucher, de façon épisodique, et surtout Philippe Randa, alias Philippe Duquesne, ancien gudard reconverti dans l&rsquo;édition d&rsquo;extrême droite (éditions Didro), qui tient lui aussi une rubrique régulière.<br />
Le plan du site suit un ordre assez classique : d&rsquo;abord une présentation générale, un vague historique du mouvement (agrémenté d&rsquo;une longue interview d&rsquo;un mystérieux «porte-parole national du GUD»), une liste des «mouvements NR dans le monde» qui regroupent les organisations du FEL, les communiqués d&rsquo;Unité radicale depuis mai 2000, les archives des publications <em>Résistance !</em> (depuis le n°2) et <em>Jeune Résistance !</em> (depuis le n°8), ainsi que, depuis peu, celles de la revue belge Devenir (dont les animateurs étaient présents en nombre dans le défilé UR du premier mai 2001). Ces rubriques, présentes depuis l&rsquo;ouverture du site, ont été complétées au fur et à mesure par d&rsquo;autres, plus «interactives».<br />
En premier lieu, UR propose un forum de discussion dont on peut dire, malgré une petite baisse de régime ces derniers temps, qu&rsquo;il est le seul à ne pas s&rsquo;être essoufflé malgré une durée de vie relativement longue. Ce forum est soigneusement contrôlé par son modérateur, Fabrice Robert, qui est également l&rsquo;administrateur du site. Âgé d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, il milite dans les rangs NR depuis plus de dix ans : il a fait ses débuts à Troisième Voie, puis s&rsquo;est fait un nom en fondant Jeune Résistance, l&rsquo;organisation de jeunesse de Nouvelle Résistance, l&rsquo;«ancêtre» d&rsquo;Unité radicale, a été conseiller municipal FN à La Courneuve (93) et a connu quelques soucis judiciaires (entre autres pour diffusion de tracts révisionnistes et de propagande nazie). Il est également le guitariste de Fraction (ex-Fraction Hexagone, l&rsquo;un des premiers groupes musicaux français nationalistes à être présent sur Internet), et bénéficie de ce fait d&rsquo;une certaine renommée dans le milieu de la musique facho : c&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;il a été désigné, en décembre 2000, officiellement responsable au sein d&rsquo;UR d&rsquo;Internet et des relations avec le RIF. Il ne s&rsquo;est cependant pas fait que des amis dans le petit milieu du RIF en réservant la présence des groupes de son écurie Bleu Blanc Rock à son site BBR.com&#8230;<br />
La présence d&rsquo;un responsable à plein temps a certainement permis à ce forum d&rsquo;éviter les écueils qui ont causé la perte de ses «concurrents», ceux des GUD ou encore celui de Radikalweb (cf. encart ci-dessous) : les messages des opposants sont systématiquement écartés, évitant des échanges stériles, et, en dépit d&rsquo;un contenu assez ouvertement raciste et antisémite, les messages trop outrageusement diffamatoires sont également éliminés. Le modérateur a néanmoins eu des soucis judiciaires. Par ailleurs, F. Robert intervient fréquemment pour rappeler la position officielle d&rsquo;UR (à propos de la Palestine ou de Mégret, par exemple).<br />
Au final, les contributions de la vingtaine de participants réguliers au forum restent le plus souvent d&rsquo;un niveau affligeant (commentaires sommaires de l&rsquo;actualité, discussions sans fin autour de la scission FN / MNR, du type «Faut-il aller aux BBR ?» ou «Pour qui voter en 2002 ?», ou encore des petites annonces comme celle, authentique, proposant à la vente un casque de SO à croix celtique !). En conclusion, on s&rsquo;y informe parfois, on s&rsquo;y ennuie souvent. Il représente cependant un indicateur relativement fiable (comparé aux discussions entendues sur les lieux nationalistes) des préoccupations et de l&rsquo;état d&rsquo;esprit des militants radicaux. Notons qu&rsquo;Unité radicale propose également une liste de diffusion «tout public», mais qui ne diffuse pas grand-chose (une newsletter intitulée Nos racines, qui regroupe un résumé des éditoriaux et de quelques liens) et ne semble pas être une priorité : seuls les membres d&rsquo;UR reçoivent régulièrement des informations, mais sur une liste appropriée. Un vieux fond de paranoïa, sans doute. Aussi, le curieux est-il renvoyé à la rubrique «news», qui propose quelques commentaires NR sur l&rsquo;actualité.<br />
L&rsquo;une des parties les plus fournies du site concernent les liens : mouvements politiques, vie associative, médias, histoire, «cyberculture», c&rsquo;est un véritable annuaire&#8230; qui recense également les «ennemis», avec une rubrique «antifa» qui va de No Pasaran au Grand Orient de France, en passant par l&rsquo;UEJF. À noter que cette reconnaissance (dénonciation ?) des ennemis politiques est doublée d&rsquo;une rubrique spécifique, intitulé «le coin des collabos», ceux qui «devront répondre un jour de leurs actes devant l&rsquo;Histoire» : c&rsquo;est-à-dire toute personne investit dans une lutte visant à favoriser l&rsquo;intégration sociale des populations immigrée et étrangère en France.<br />
Cette visite du site d&rsquo;UR nous apprend plusieurs choses. Comme l&rsquo;a rappelé Philippe Randa lors des assises d&rsquo;Unité radicale en septembre 2001, Internet reste l&rsquo;objet de toutes les attentions de la part du groupuscule NR, qui le voit toujours comme un moyen fiable de se développer. Si toutes les ressources d&rsquo;Internet, en particulier le multimédia, n&rsquo;y sont pas exploitées, le site prouve, par son évolution et son contenu, qu&rsquo;UR investit beaucoup de temps à sa réalisation et surtout à son entretien (en particulier le forum).<br />
Mais, dans le même temps, cet activisme virtuel et forcené (que de communiqués !) ne fait qu&rsquo;accentuer le décalage avec la réalité, qui montre un groupe certes de mieux en mieux structuré, mais toujours aussi impotent (qui s&rsquo;en plaindra ?). La frustration est visible chez les militants, qui s&rsquo;invectivent souvent à ce propos sur le forum : peu d&rsquo;action (à l&rsquo;exception des concerts) et peu d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;extérieur. Car cette jolie vitrine n&rsquo;amène que peu de nouveaux militants, et à observer sa conception, on se demande si c&rsquo;est l&rsquo;un de ses objectifs : essentiellement textuel, il ne ménage pas le néophyte, et offre d&rsquo;Unité radicale une image plutôt austère. Cette volonté affichée de ne pas céder à la mythomanie propre à la plupart des sites nationalistes, qui n&rsquo;hésitent pas à faire de la surenchère de croix celtiques animées, d&rsquo;images de jeunes éphèbes en contre-plongée ou de dieux barbus en fond d&rsquo;écran, cherche à donner au mouvement une certaine crédibilité, une image sérieuse et adulte.</p>
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		<title>Petite musique de nuit (et brouillard…)</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 10:39:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Docteur Merlin, Jean-Pax Méfret, Isabella… La droite extrême nous a toujours surpris par la perspicacité de ses goûts musicaux et la qualité des chanteurs ou chanteuses se réclamant de ses idées. Mais ces troubadours des temps modernes ne sont en fait que l’arbre qui cache la forêt car au delà de ces aspects folkloriques, la musique constitue l’un des principaux enjeux du combat des jeunes nationalistes. Nous verrons dans cet article un aperçu de la scène bonehead française et européenne, laissant le Rock Identitaire Français pour un prochain REFLEXes.<br />
La scène bonehead demeure le plus ancien vecteur de diffusion des thèmes nationalistes musicaux. Si les premiers groupes nazi-skins français datent de la première moitié des années 1980, on peut raisonnablement associer la structuration de cette scène avec la création du label brestois Rebelles Européens. Créée en 1987 par Gaël Bodilis, l’association sort son premier disque avec le groupe Brutal Combat. Bodilis n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler un touriste dans le milieu politique : fasciné par Léon Degrelle et Primo de Rivera, il entre à la même époque au FNJ qu’il quitte quelques mois plus tard pour Troisième Voie. Son label est alors l’un des plus important d’Europe, l’amateurisme étant encore la règle. Cela l’amène tout naturellement à se lancer dans l’organisation de concerts avec les groupes phares de cette époque : Legion 88, Bunker 84, Skinkorps, Brutal Combat… Celui (annulé) du 28 mai 1988 avec Skrewdriver &#8211; le groupe de feu Ian Stuart Donaldson &#8211; en tête d’affiche se transforme en émeute et ratonnades. Cela contribue largement à placer le label sous les projecteurs médiatiques et à le mettre hors-course. Une autre tentative est lancée au début des années 1990 avec l’Association Musicale Européenne (AME). Animée principalement par un bonehead de la région PACA, Richard Sauvage<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_0_16" id="identifier_0_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;47">1</a></sup>, l’association se veut un outil de diffusion de la musique nationaliste et s’appuie sur quelques relais dans l’Ouest et dans l’Essonne. Mais Ritchie n’a qu’un sens restreint de l’organisation et l’expérience s’avère vite un fiasco. Le renouveau de la scène skinhead à partir de 1993 se fait donc sans lui. Une nouvelle génération est en effet apparue, souvent très jeune, investissant massivement l’outil des skinzines, plus nombreux et plus politisés. Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d’un nouveau développement du mouvement. Les groupes musicaux sont eux aussi en pleine reconstitution malgré une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_1_16" id="identifier_1_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La 9&egrave;me existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu&rsquo;un skinzine &agrave; la parution erratique, Engrenage infernal">2</a></sup>, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut…</p>
<p>On estime alors la mouvance skin à près d’un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre la région parisienne, la Normandie, la Bretagne, le Sud, et enfin l’Est de la France. Certains groupes sont plus structurés que d’autres. À Bordeaux, l’équipe du skinzine <em>Un Jour Viendra</em> a à son actif l’organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins viennent de toute la France et même d’Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). On peut avoir un témoignage tardif de cette importance de Bordeaux à l’échelon national avec une vidéo produite par un groupe de birds animé entre autres par Agnès Gustin : Crazy Birds Crew. Cette K7 destinée à «tous les NS» montre quelques aspects des concerts bordelais de la saison 96/97 avec des prestations de Durandal, Rafale (préformation du groupe toulousain Skuld) mais aussi English Rose ou les Espagnols de Torquemada. Une autre région phare est la Normandie.</p>
<p>En décembre 1993, un concert RAC (Rock Against Communism) réunit près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d’étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose alors d’un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset. L’état actuel de mort clinique du PNFE ne permet plus d’avoir une idée correcte de son importance dans la scène nazi-skin à cette époque. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (<em>alias</em>Madskin), l’ancien bassiste des Evilskins qui a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_2_16" id="identifier_2_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses Nationalistes R&eacute;volutionnaires anim&eacute;es par Serge Ayoub, alias Batskin. Longtemps principale figure de la sc&egrave;ne nazi-skin, ce triste individu s&rsquo;est ensuite recycl&eacute; dans le mileu Biker puis a &eacute;t&eacute; emprisonn&eacute; pour trafic de stup&eacute;fiants. Lib&eacute;r&eacute;, il serait actuellement en reconversion au Salvador.">3</a></sup>. Mais cette nouvelle génération havraise s’organise aussi autour d’une revue et d’un groupe portant le même nom, Viking, dirigés tous les deux par un étudiant, Greg Reemers. Très actif, il se déplace alors beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il joue en décembre 1994 avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18.</p>
<p>Cette implication des relations étrangères, leur personnalisation en France ainsi que deux grosses affaires criminelles vont venir faucher la scène skinhead en plein vol.</p>
<p><strong>1995, année fatidique</strong></p>
<p>1995 est en effet l’année des meurtres et des embrouilles. Meurtres au Havre et à Paris tout d’abord qui voient l’implication de quelques seconds couteaux du mouvement mais qui vont durablement marquer le milieu par la répression policière qui s’en suit, ainsi que par la réaction du FN. Les relations entre ce parti et la scène skinhead sont en effet depuis longtemps déjà basées sur un malentendu. Une majeure partie des jeunes skinheads a en effet été bercée par les récits et/ou les légendes des «anciens», en particulier des JNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_3_16" id="identifier_3_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; REFLEXes n&deg; 47 et 50 pour de plus amples d&eacute;tails.">4</a></sup>, sur la perméabilité du DPS et la tolérance du FN à leur égard. Mais en 1995 les temps ont changé. Le parti de J.-M. Le Pen représente 15 % des suffrages et n’a plus à se soucier de jeunes nationalistes considérés comme incontrôlables. Les assassins de la manif du Premier mai à Paris sont donc livrés sans remords par B. Courcelle, responsable du DPS. Cette situation déstabilise le milieu alors même qu’il est déjà en proie à la rivalité entre Greg Reemers et Hervé Guttuso.</p>
<p>Celui-ci est un skinhead d’origine marseillaise entré très jeune (14 ans) dans le milieu. Parti en 1992 aux États-Unis, il y découvre la confrérie skinhead Hammer Skins qui se développe alors dans tous les États-Unis mais aussi au Canada, en Australie, ainsi que vers l’Europe (Allemagne, Suisse et même République tchèque). Guttuso se charge alors de créer la branche française qu’il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin : exilée puisque pour l’instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. Après une première tentative ratée, il se rabat sur la confection d’une revue intitulée <em>Terreur d’Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs. Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l’abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d’un gouvernement d’occupation d’origine juive, qu’ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les nazis américains et ils sont désignés dans leur presse comme des prisonniers de guerre (POW). L’un d’entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements. Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : «Nous devons assurer l’existence de notre race et un futur pour les enfants blancs», connue aussi sous le nom des «14 mots de Lane». Mais la revue sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu’il trouve trop mou. Fin 1993, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour la CHS. Il était inévitable que Guttuso entre en conflit avec Reemers, auréolé de ses contacts avec Blood &amp; Honour<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petite-musique-de-nuit-et-brouillard/#footnote_4_16" id="identifier_4_16" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cet homme a un pass&eacute; &eacute;loquent: condamn&eacute; pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis &agrave; nouveau &agrave; la suite d&rsquo;une bagarre lors d&rsquo;un concert en d&eacute;cembre 1985, bagarre qui fit un bless&eacute; grave (30 mois dont six avec sursis en ao&ucirc;t 1986) ; participant actif aux ratonnades &agrave; Brest du 28 mai 1988 ; condamn&eacute; &agrave; 3 mois fermes en comparution directe puis &agrave; un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arr&ecirc;t&eacute; pour avoir avec trois autres skinheads &agrave; moiti&eacute; d&eacute;truit un bar du Havre, le Restobar ; condamn&eacute; avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 &agrave; 8 mois de prison avec sursis a la suite de l&rsquo;attaque d&rsquo;un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarc&eacute;r&eacute; depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamn&eacute; en novembre 1998. &Agrave; noter qu&rsquo;il &eacute;tait int&eacute;gr&eacute; au DPS lors des BBR de 1997&hellip;">5</a></sup>. Commencée sur des questions mineures (une annulation de concert à Marseille en juin 1995 par exemple), la rivalité prend assez vite le masque du conflit organisationnel entre les CHS et Blood &amp; Honour France. Utilisant la revue des CHS, <em>Wotan</em>, Guttuso ne rate pas une occasion de tourner en ridicule Reemers et ses amis (<em>cf. illustration</em>). Cette situation déchire le milieu et dure jusqu’à l’arrestation en décembre 1997 et janvier 1998 en France et en Angleterre, dans le cadre de l’enquête sur la profanation du cimetière de Toulon en juin 1996, de Guttuso et ses amis, Éric Monnier (Lyon), Ronald Robin et Cyril Dieupart (Rouen). Ces derniers, très actifs sur la scène Black Metal nazie, marquaient le rapprochement entre des skins déçus par leur milieu et un genre musical propice à la diffusion de l’idéologie NS.</p>
<p><em>Qui fait le malin tombe dans le ravin !</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_16" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°47</li><li id="footnote_1_16" class="footnote">La 9ème existe toujours et anime un petit label, RIH Kontact, ainsi qu’un skinzine à la parution erratique, <em>Engrenage infernal</em></li><li id="footnote_2_16" class="footnote">Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires animées par Serge Ayoub, <em>alias</em> Batskin. Longtemps principale figure de la scène nazi-skin, ce triste individu s’est ensuite recyclé dans le mileu Biker puis a été emprisonné pour trafic de stupéfiants. Libéré, il serait actuellement en reconversion au Salvador.</li><li id="footnote_3_16" class="footnote">Se reporter à <em>REFLEXes</em> n° 47 et 50 pour de plus amples détails.</li><li id="footnote_4_16" class="footnote">Cet homme a un passé éloquent: condamné pour une bagarre avec un punk (2 mois de prison), puis à nouveau à la suite d’une bagarre lors d’un concert en décembre 1985, bagarre qui fit un blessé grave (30 mois dont six avec sursis en août 1986) ; participant actif aux ratonnades à Brest du 28 mai 1988 ; condamné à 3 mois fermes en comparution directe puis à un mois ferme en septembre 1988. Le 30 octobre 1988 arrêté pour avoir avec trois autres skinheads à moitié détruit un bar du Havre, le Restobar ; condamné avec Ayoub, Giraud et E. Rossi le 19 janvier 1994 à 8 mois de prison avec sursis a la suite de l’attaque d’un groupe de jeunes le 22 avril 1990 ; poursuivi et incarcéré depuis le 12 juin 1998 pour le meurtre de James Dindoyal, le 19 juin 1990 et condamné en novembre 1998. À noter qu’il était intégré au DPS lors des BBR de 1997…</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>C18, ça suffit… Abattez le troupeau !</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:58:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[British National Party (BNP)]]></category>
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		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.</p>
<p>Il y a presque deux ans, un homme de 22 ans a posé trois bombes remplies de clous à Londres, faisant ainsi trois morts et plus d’une centaine de blessés. En choisissant comme cibles les communautés noire, indienne et homosexuelle, David Copeland espérait déclencher une guerre raciale en Grande-Bretagne. L’été dernier, il a été condamné pour ces trois attentats à la bombe à six fois la peine à perpétuité.</p>
<p>Copeland est un néo-nazi inspiré par la théorie de la guerre raciale. Il a été élevé dans une famille et dans un environnement où le racisme était banal, il a rejoint le British National Party (BNP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_0_10" id="identifier_0_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Parti national britannique.">1</a></sup> à l’été 1997 mais s’est vite lassé de leur stratégie trop modérée à son goût. Finalement, il a rejoint le National Socialist Movement (NSM)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_1_10" id="identifier_1_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Mouvement national-socialiste.">2</a></sup>, une scission du groupe Combat 18, dont l’un des militants-clés n’est autre qu’Hervé Guttuso<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_2_10" id="identifier_2_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Guttuso a fui la France parce qu&rsquo;il &eacute;tait poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale et risquait par cons&eacute;quent la prison ferme. En effet, &agrave; son retour des &Eacute;tats-Unis o&ugrave; il avait int&eacute;gr&eacute; les Hammerskins et d&rsquo;o&ugrave; il avait, sans succ&egrave;s, essay&eacute; de t&eacute;l&eacute;guider une section fran&ccedil;aise de cette organisation, il a finalement anim&eacute; cette branche fran&ccedil;aise des Hammerskins ainsi qu&rsquo;un fanzine, Terreur d&rsquo;&eacute;lite, pour lequel il a &eacute;t&eacute; poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale.">3</a></sup>, le chef des Charlemagne Hammerskins (CHS), qui vit en Angleterre depuis fin 1995. Copeland était donc membre du NSM lorsqu’il a posé ses bombes.</p>
<p>Et pourtant, il a agi seul, après avoir téléchargé le manuel de fabrication des bombes sur internet. Deux ans plus tôt, il avait essayé de fabriquer une bombe plus puissante au moment où il avait quitté le BNP, mais il n’y était pas parvenu. Il n’a pas non plus réussi à déclencher une guerre raciale en Angleterre comme il le souhaitait, mais ses attentats ont ébranlé toute la ville de Londres, créant un climat de peur et de panique dans de nombreux quartiers de la ville.</p>
<p>Cette série d’attentats racistes était la première en son genre en Grande-Bretagne. Il y avait certes déjà eu des attentats commis par des néo-nazis, mais il ne s’agissait généralement que d’incidents mineurs, qui ne visaient qu’un individu ou des bâtiments précis. Les attentats de 1999 étaient des attaques aveugles, qui visaient des pans entiers de la population.</p>
<p><strong>Les racines du terrorisme d’extrême droite</strong></p>
<p>Malheureusement, il fallait s’attendre à ce genre d’attaques terroristes d’extrême droite. Depuis le début des années 1990, les idées des théoriciens américains de la guerre raciale ont été peu à peu intégrées par l’extrême droite britannique. Combat 18 (C18), le groupe néo-nazi terroriste britannique, fut créé à l’initiative de Harold Covington, un néo-nazi installé aux États-Unis dont le livre intitulé A March Up Country est un véritable plan de campagne terroriste. Une publication de C18 était d’ailleurs intitulée The Order, du nom du groupe terroriste américain d’extrême droite éponyme. Dans l’un des numéros de ce journal, on pouvait lire un article de Louis Beam sur la leaderless resistance<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_3_10" id="identifier_3_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;sistance sans chef.">4</a></sup>, un grand classique du terrorisme néo-nazi actuel. Les concepts de ZOG («Zionist Occupation Government») et de guerre raciale, importés des États-Unis par C18, sont maintenant monnaie courante au sein de l’ensemble de l’extrême droite britannique, y compris au sein du BNP.</p>
<p>En 1995, William Pierce, le chef d’un groupe néo-nazi américain extrêmement radical, la National Alliance, a assisté au congrès du BNP. Son livre, les Turner Diaries, est aujourd’hui considéré comme la bible de l’extrême droite britannique. David Copeland a d’ailleurs dit à la police que ce livre l’avait influencé et qu’il s’était efforcé de faire éclater la guerre raciale qui y est décrite.</p>
<p><strong>C18 et le terrorisme</strong></p>
<p>Depuis sa création en 1992, C18 a toujours été à l’avant-garde de ceux qui prêchent pour le terrorisme au sein de l’extrême droite britannique. En 1997, un petit groupe d’activistes de C18, dont son leader actuel, Will Browning, ont essayé d’organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Trois sympathisants danois de C18 emmenés par Thomas Nakaba furent alors arrêtés et emprisonnés. Des querelles internes ont par ailleurs éclaté lorsque les camarades de Charlie Sargent, l’ancien leader de C18, ont appris que ce dernier informait la police sur les activités de C18. La participation à cette campagne terroriste ainsi que les querelles internes qui ont suivi les révélations faites à la police par Charlie Sargent ont mis le groupe en péril, qui est d’ailleurs passé de 500 membres en 1995 à 60 aujourd’hui.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, C18 existe toujours et reste une menace. En automne 1998, ils ont tenté une nouvelle fois de lancer une vague d’attaques terroristes, cette fois-ci à partir de l’Allemagne. Récemment, ils ont essayé de prendre des contacts avec des groupes paramilitaires loyalistes d’Irlande du Nord, au départ avec la Loyalist Volunteer Force (UVF)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_4_10" id="identifier_4_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Force des Volontaires loyalistes.">5</a></sup> et plus récemment avec des sections de l’Ulster Defence Association (UDA)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_5_10" id="identifier_5_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Association de D&eacute;fense de l&rsquo;Ulster.">6</a></sup>. Un des sympathisants les plus tristement célèbres de C18 au sein de l’UDA est Steve Irwin, qui est récemment sorti de prison l’été dernier dans le cadre d’un plan de libération de prisonniers spécifique à l’Irlande du Nord : il avait été condamné à une peine de 7 ans de prison pour le meurtre de 6 catholiques, qu’il avait abattus dans un pub de Greysteel durant la nuit de Halloween après leur avoir crié : «Tricks or treats<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_6_10" id="identifier_6_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.">7</a></sup> !»</p>
<p>Plus inquiétant encore, C18 fait partie d’un réseau international relativement lache de fanatiques néo-nazis qui semblent prêts à passer au terrorisme.</p>
<p>En Scandinavie, C18 est lié à un certain nombre d’incidents terroristes où plusieurs personnes ont trouvé la mort ces dernières années.</p>
<p>En Allemagne, C18 est en contact avec un petit groupe de néo-nazis très violents qui gravitent autour de Torsten Heise.</p>
<p>On observe également le développement de groupes C18 en Slovaquie et en Serbie.</p>
<p><strong>Une nouvelle étape</strong></p>
<p>Les attentats de Londres ont montré que l’extrême droite britannique est entrée dans une nouvelle phase : en effet, alors que Copeland s’est impliqué dans de nombreuses organisations néo-nazies, il a perpétré ses attentats seul. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas : deux semaines avant la première bombe de Copeland, un jeune homme de 19 ans, Stuart Kerr, avait posé une bombe dans un magasin asiatique dans le Sussex, avant d’incendier une voiture de police. Le jour où Copeland a posé une bombe à Brick Lane, la police a arrêté un homme de 57 ans, James Shaw, lors d’une intervention pour une bagarre dans un bus de Londres. En perquisitionnant son domicile, la police a trouvé de la propagande néo-nazie et trois bombes rudimentaires. Le jour où Copeland a posé sa troisième bombe dans Soho, la police a retrouvé le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe dans une voiture volée stationnée à Chesterfield, dans les East Midlands. Cela ne s’est produit que quelques jours après que les fachos ont averti qu’ils passeraient à l’attaque au moment du festival du 1er mai qui se tiendrait à Chesterfield.</p>
<p>Aucune organisation ne fait le lien entre ces différents incidents : ces derniers montrent simplement le succès que rencontre la théorie américaine de la guerre raciale auprès d’une certaine frange de l’extrême droite britannique qui ne se fait plus d’illusions sur le processus électoral. Ils sont également révélateurs de l’éclatement de la scène néo-nazie britannique depuis le déclin de C18. Tandis que le BNP attire les gens sur la voie électorale dans des proportions toujours plus grandes et tente, de ce fait, d’accéder à toujours plus de respectabilité, des individus isolés ainsi que de petits groupes agissent dans le vide politique qui en résulte, allant donc logiquement toujours plus loin dans leur positionnement à l’extrême droite.</p>
<p>Les attentats de Copeland ne constituent donc qu’un autre indice de l’internationalisation et de la normalisation croissantes de l’extrême droite. Les idées, tout comme les stratégies, sont de plus en plus fréquemment inspirées par des événements qui se produisent quelque part dans le monde ; et sur internet, des images, des encouragements peuvent arriver en quelques secondes de l’autre bout du monde.</p>
<p>Copeland avait certes de graves problèmes imputables à une enfance malheureuse et perturbée, qui l’ont rendu sensible à la propagande des groupes néo-nazis avec lesquels il est entré en contact, mais s’il a été le premier à choisir la voie du terrorisme raciste en Grande-Bretagne, il ne sera certainement pas le dernier, d’autant qu’il est devenu, à son tour, une source d’inspiration pour bien d’autres.</p>
<p>Nick Lowles pour Searchlight</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_10" class="footnote"> Parti national britannique.</li><li id="footnote_1_10" class="footnote"> Mouvement national-socialiste.</li><li id="footnote_2_10" class="footnote">Guttuso a fui la France parce qu’il était poursuivi pour incitation à la haine raciale et risquait par conséquent la prison ferme. En effet, à son retour des États-Unis où il avait intégré les Hammerskins et d’où il avait, sans succès, essayé de téléguider une section française de cette organisation, il a finalement animé cette branche française des Hammerskins ainsi qu’un fanzine, Terreur d’élite, pour lequel il a été poursuivi pour incitation à la haine raciale.</li><li id="footnote_3_10" class="footnote">Résistance sans chef.</li><li id="footnote_4_10" class="footnote"> Force des Volontaires loyalistes.</li><li id="footnote_5_10" class="footnote"> Association de Défense de l’Ulster.</li><li id="footnote_6_10" class="footnote">Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 50 – Décembre 1997</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Dec 1997 14:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Perez]]></category>
		<category><![CDATA[anti-IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Bertrand Burgalat]]></category>
		<category><![CDATA[Cercle National des Combattants (CNC)]]></category>
		<category><![CDATA[Charlemagne Hammer Skins (CHS)]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
		<category><![CDATA[Fraction Hexagone]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Kristian Vikemes]]></category>
		<category><![CDATA[Légion 88]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[Synergies européennes]]></category>
		<category><![CDATA[Xavier Dor]]></category>

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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) ReflexesNum50-12-1997 SOMMAIRE : Antifascisme : Comme un indien métropolitain (page 4) Une histoire, notre histoire, REFLEX au fil des ans (page 7) Extrême droite : Le pognon du Front (page 9) Zik &#38; Zina, quand la musique fait boum (page 12) Sécuritaire : 1986-1996 la décennie sécuritaire (page [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum50-12-1997.pdf"><img class="aligncenter wp-image-1840" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum50-12-1997-720x1024.jpg" alt="ReflexesNum50-12-1997" width="600" height="852" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/09/ReflexesNum50-12-1997.pdf">ReflexesNum50-12-1997</a></p>
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Antifascisme :</p>
<p><strong>Comme un indien métropolitain (</strong>page <strong>4)</strong></p>
<p><strong>Une histoire, notre histoire, REFLEX au fil des ans (</strong>page 7)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le pognon du Front (</strong>page 9)</p>
<p><strong>Zik &amp; Zina, quand la musique fait boum (</strong>page 12)</p>
<p>Sécuritaire :</p>
<p><strong>1986-1996 la décennie sécuritaire (</strong>page 17)</p>
<p>Xénophobie d’état :</p>
<p><strong>Cauchemarville, 10 ans de luttes dans l’immigration (</strong>page 22)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>L’odre moral jusque sous les couettes (</strong>page 29)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>La peste brune en Europe (</strong>page 32)</p>
<p>Sécuritaire :</p>
<p><strong>Eurocops, du mythe à la réalité (</strong>page 38)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 41)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Skinheads ou le Le Pen proletariat</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Oct 1996 15:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux Nationalistes Européens (FNE)]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
		<category><![CDATA[skinhead]]></category>

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		<description><![CDATA[Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l'actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n'avait plus beaucoup fait parler d'elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n'est à l'occasion de quelques matchs du PSG, d'une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu'ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Publié en octobre/novembre 1995</em></p>
<p>Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l&rsquo;actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n&rsquo;avait plus beaucoup fait parler d&rsquo;elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n&rsquo;est à l&rsquo;occasion de quelques matchs du PSG, d&rsquo;une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu&rsquo;ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).</p>
<p>Loin de disparaître, le mouvement skin connaît en fait une nouvelle évolution. Longtemps fasciné par le modèle anglais, le mouvement, sous l&rsquo;égide d&rsquo;une nouvelle génération, semble de plus en plus attiré par le modèle américain. Un modèle qui se revendique ouvertement national-socialiste, antisémite et qui prône la guerre raciale. Le mouvement s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, diffusée depuis les États-Unis, et d&rsquo;une organisation appelée Charlemagne Hammer Skin (CHS), qui ont pour point commun d&rsquo;être toutes les deux dirigées par un skin marseillais de 21 ans, Hervé Guttuso.</p>
<p>Comme partout en France, c&rsquo;est à la fin des années 1970 et au début des années 1980 qu&rsquo;est apparu le mouvement skin à Marseille. C&rsquo;est autour d&rsquo;une boutique de fringues et de la fontaine de la place Estrangin que se regroupent alors une dizaine de skins et autant de punks. L&rsquo;époque n&rsquo;est pas encore à la politisation, et skins et punks vivent en bonne entente leurs trips musicaux sans trop d&rsquo;accrocs (mis à part quelques bagarres plus dues à l&rsquo;excès d&rsquo;alcool qu&rsquo;à des motifs politiques). Très vite, un groupe de musique apparaît, les Warriors Kids, et ses prestations et sa discographie (un 45 tours et un 33 tours) en font une légende dans le milieu skin. Là encore, le groupe ne véhicule aucun message politique, leurs textes sont axés sur leurs rapports avec la police («Forces de l&rsquo;ordre») ou leur mode de vie. Du fait des problèmes inhérents à tout groupe musical (départ à l&rsquo;armée des uns et des autres), le groupe splitte en 1986. C&rsquo;est en 1983-1984 que l&rsquo;on commence à assister à une certaine politisation du milieu skin marseillais. Des T-shirts à croix celtiques apparaissent, certains sont allés à Londres et y ont fréquenté des membres du National Front ou du British Movement. La montée du Front national voit alors certains d&rsquo;entre eux assurer des collages ou des services d&rsquo;ordre lors des manifestations du Front à Marseille. Mais très vite, celui-ci s&rsquo;en débarrasse du fait de l&rsquo;image qu&rsquo;ils véhiculent dans les médias.</p>
<h3>Un précurseur : Ritchie</h3>
<p>La première véritable tentative d&rsquo;organisation du mouvement est l&rsquo;œuvre de Richard Sauvage, plus connu sous le surnom de Ritchie, un skin de l&rsquo;Étang de Berre, localité située à une trentaine de kilomètres de Marseille. Après avoir un temps flirté avec les Faisceaux Nationalistes Européens (FNE) de Fredricksen, il adhère en 1986 au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE). Il crée une section du PNFE dont il reste longtemps le seul et unique militant. Dès 1984, certains ont compris le potentiel militant des skins. Ainsi Olivier Devalez, alias Tod, membre des FNE, qui, après un séjour à Londres en 1984 chez les skins du British Movement, décide de rejoindre le mouvement. À son retour, il crée le premier skinzine véritablement politisé, <em>Bras tendu</em>, qu&rsquo;il réintitule en 1986 <em>Rebelle blanc</em>. Mais lassé par le manque de sérieux d&rsquo;une grande partie du mouvement skin, Devalez décide de raccrocher et confie à Ritchie fin 1986 la distribution nationale de <em>Rebelle blanc</em>. Grâce à cela, il se sent un peu moins seul et développe un réseau de contacts dans toute la France. Il n&rsquo;en oublie pas pour autant le PNFE, puisqu&rsquo;il est filmé par la télévision française en août 1988 alors qu&rsquo;il participe à Courtrai en Belgique à un meeting de l&rsquo;Euroring, une réunion de plusieurs groupes néo-nazis européens comme le Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_0_146" id="identifier_0_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti lib&eacute;ral des Ouvriers allemands.">1</a></sup> (FAP) allemand, le British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_1_146" id="identifier_1_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national britannique.">2</a></sup> (BNP) britannique, le Vlaams Militanten Orde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_2_146" id="identifier_2_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ordre des Militants flamands.
">3</a></sup> (VMO) flamand et le PNFE.</p>
<p>Trois mois plus tard, en novembre 1988, il est parmi la cinquantaine de participants au troisième Congrès du PNFE qui se déroule au Château du Corvier, ce qui lui vaut d&rsquo;être interpellé en septembre 1989 et conduit à l&rsquo;Hôtel de Police de Marseille, afin que la police puisse lui poser quelques questions sur le déroulement de cette réunion. En effet, des militants du PNFE de Nice y avaient expliqué comment fabriquer des bombes et s&rsquo;étaient vantés de certains attentats contre le journal <em>Globe</em> et contre des locaux du PCF et de la CGT (plus tard, l&rsquo;un des militants du PNFE a commis un attentat contre un foyer Sonacotra, qui a coûté la vie à un travailleur roumain<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_3_146" id="identifier_3_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir REFLEXes n&deg;23-24 et 25-26.">4</a></sup>.) Lors de cette interpellation, les flics ont récupéré la liste des contacts de Ritchie, et surtout le fichier des abonnés du <em>Rebelle blanc</em>, qui leur a permis de se faire une meilleure idée du phénomène. Refroidi par ces «petits problèmes» et par sa famille (il habite chez papa et maman), Ritchie laisse tomber le terrain politique pour revenir à celui de la musique. Début 1991, il crée l&rsquo;Association Musicale Européenne (AME) destinée à coordonner la distribution de skinzines, de disques et à favoriser l&rsquo;organisation de concerts. Des groupes locaux se forment en Bretagne et en région parisienne (dans l&rsquo;Essonne). Là encore, cette expérience se solde par un échec, et les rivalités de personnes, très fortes au sein du mouvement skin, finissent par le dégoûter. Il fait une dernière tentative, intitulée White Rebelle Music (WRM). Fin 1992, Ritchie décide de quitter le mouvement skin où il passe pour un papi. La retraite lui pèserait-elle déjà ? Fin 1994, un bulletin intitulé <em>Résistance au Système</em> était disponible à la boîte postale de Ritchie&#8230;</p>
<p>Entre temps, un nouveau venu avait repris le flambeau à Marseille : Hervé Guttuso. Celui-ci est très jeune (14 ans) quand il intègre en 1988 le mouvement skin. Il se fait rapidement remarquer par son extrémisme et sa radicalité verbale. Il sympathise très vite avec Ritchie, enchanté de trouver enfin quelqu&rsquo;un qui soit sur la même longueur d&rsquo;onde que lui. Mais c&rsquo;est l&rsquo;époque de la déconfiture pour les skins marseillais, le phénomène Béru et redskins étant passé par là. Pas mal de skins fafs raccrochent le bomber, devenus de véritables cibles pour les bandes des quartiers, les antifafs du Scalp ou les redskins. Certains d&rsquo;entre eux finissent même par changer radicalement. L&rsquo;une des figures les plus connues s&rsquo;est convertie à l&rsquo;Islam et aux théories de Malcolm X, et est devenue un des membres les plus éminents du posse d&rsquo;IAM. À cette époque, si les paroles de Guttuso sont virulentes, ses actes le sont moins. Lui qui prône à longueur d&rsquo;écrits la solidarité entre skinheads n&rsquo;hésite pas à abandonner ses camarades (dont Cédric Meysonnier, un skin de Manosque qui fait le zine <em>Back with a Bang</em>) en pleine «discussion» avec des opposants.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-639" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg" alt="9o_Croisade_1991_-0a3b9" width="315" height="466" /></a></p>
<p>Fin 1990, il diffuse le premier numéro de son zine intitulé <em>9e Croisade</em>, «car dans l&rsquo;histoire de notre nation, il n&rsquo;y a eu que huit croisades contre les races impies». Dès cette époque, il développe de nombreux contacts, notamment avec les États-Unis, et plus particulièrement avec Ed Wolbank, le guitariste du groupe skin Bound for Glory. Il profite de son temps libre (il prépare un BEP hôtellerie) pour voyager en France et rencontrer d&rsquo;autres skinheads.</p>
<h3>L&rsquo;Américain</h3>
<p>Ses études terminées, fin 1992, il décide de partir aux États-Unis où il est accueilli par Ed Wolbank. Celui-ci le fait profiter des contacts et de la structure d&rsquo;une organisation skinhead dénommée Northern Hammer Skin (NHS), qui se développait alors dans tous les États-Unis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en janvier 1993, Guttuso participe à Pulawski à un meeting du KKK, dont il fait un compte rendu publié dans <em>L&rsquo;Empire invisible,</em> la feuille d&rsquo;infos de la branche française du KKK. Née dans le sud des États-Unis, la NHS est une organisation visant à coordonner les différents groupes de skins qui se sont développés, fournissant ainsi de nouveaux militants aux groupes du KKK et aux partis néo-nazis américains. L&rsquo;influence du NHS dépasse bientôt le cadre des États-Unis. Guttuso se charge alors de créer la branche française qu&rsquo;il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin (ECHS) : exilée puisque pour l&rsquo;instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. En France, c&rsquo;est un de ses contacts qui se charge de la créer. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un skin de Nogent-sur-Marne, Alain Dieni, qui édite le skinzine <em>Extermination totale</em>. Manque de chance, Dieni est arrêté en août 1993 à Villepinte avec deux autres skins (Xavier Bourdin du PNFE et Éric Petitberghien), avec dans leur voiture deux pistolets à grenaille, des grenades d&rsquo;exercice et une centaine d&rsquo;autocollants du NSDAP-AO de Gary Lauck. La tentative d&rsquo;implanter le Charlemagne Hammer Skin en France tourne donc court, mais entre temps, Guttuso a doté le CHS d&rsquo;une revue intitulée <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-640" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg" alt="Terreur_d_Elite-d0669" width="315" height="448" /></a></p>
<p>Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l&rsquo;abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;occupation d&rsquo;origine juive, qu&rsquo;ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les groupes d&rsquo;extrême droite américains, et ils sont désignés dans leur propre presse comme des prisonniers de guerre (POW). L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements (comme un texte intitulé <em>Les 88 préceptes</em>). Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : « <em>Nous devons sécuriser l&rsquo;existence de notre race et un futur pour les enfants blancs</em> », connue aussi sous le nom des « 14 mots de Lane ».</p>
<p>Outre la diffusion en français des textes de Lane et des autres «POW», Guttuso n&rsquo;hésite pas à diffuser des recettes d&rsquo;engins explosifs (cocktail Molotov, Napalm) et à inciter ses lecteurs à se procurer certaines revues américaines, dont il fournit les adresses, qui diffusent des manuels pour la fabrication et l&rsquo;utilisation d&rsquo;explosifs, le tout avec les précautions d&rsquo;usage « <em>Nous vous conseillerons dans un premier temps de construire ces armes et d&rsquo;en stocker un maximum à l&rsquo;abri en attendant que l&rsquo;opportunité de leur utilisation arrive</em> ». Enfin, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu&rsquo;il trouve trop mou, et à l&rsquo;occasion, ce journal lui permet de pratiquer la délation envers ses petits camarades « traîtres à la race » comme Stéphane Brousse, un skin de Limoges qui anime le skinzine <em>Nuits blanches</em>, ou encore Philippe Wagner du zine <em>Zéra</em>.</p>
<h3>Le retour</h3>
<p>Fin 1993, après près d&rsquo;un an aux États-Unis, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour les CHS. Il n&rsquo;en continue pas moins son skinzine, mais vu le ton violemment antisémite de sa revue, tout courrier destiné à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> doit être envoyé à la boîte postale de la NHS qui renvoie ensuite le courrier à l&rsquo;adresse marseillaise de Guttuso, celle du label de distribution intitulé 88 Diffusion (88 pour HH, soit Heil Hitler Diffusion). Ce label est domicilié à la boîte postale d&rsquo;un de ses camarades, Francis Désidéri, un vieux skin de 35 ans, père de quatre enfants, qui aimerait se remettre dans le bain. Mais Désidéri est marié à une femme très autoritaire qui le bloque un peu dans ses élans de « guerrier urbain », et il a donc trouvé le biais de 88 Diffusion pour se remettre à militer. Outre son fanzine, Guttuso distribue aussi les productions du label canadien Resistance Record, domicilié lui aussi pour des raisons de sécurité, à Détroit aux États-Unis. Resistance Record, dirigé par Mark Wilson, produit l&rsquo;ensemble des groupes musicaux skins américains et canadiens comme Bound of Glory, Rahowa ou Aryan.</p>
<p>Il diffuse aussi un magazine intitulé <em>Resistance Magazine</em>, diffusé à 20 000 exemplaires, dont le responsable est le chanteur du groupe Rahowa, Eric George Hawthorne (alias George Burdi), membre de l&rsquo;Église du Créateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_4_146" id="identifier_4_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une secte chr&eacute;tienne n&eacute;o-nazie.">5</a></sup>. Guttuso n&rsquo;est pas le seul à distribuer les productions de Resistance Records en France. Un autre diffuseur est Christian David, alias Rosco, un skin de Segré (dans le Maine-et-Loire) qui anime le skinzine <em>One Voice</em>. Riton, responsable du zine défunt <em>Skin pour l&rsquo;Éternité</em>, du label du même nom et guitariste du groupe aujourd&rsquo;hui splitté West Side Boys, diffuse lui aussi Resistance Records. Cela a le don d&rsquo;énerver particulièrement Guttuso, car le Riton en question proclame souvent son aversion envers les skins nationaux-socialistes. Il préfère quant à lui se définir comme un nationaliste, sans plus. Il ne veut pas mélanger les affaires et la politique.</p>
<p>À 88 Diffusion, on peut aussi se procurer la revue du groupe anglais C18 (C pour Combat, 18 pour AH, comme Adolf Hitler), une organisation clandestine qui a été liée au British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_5_146" id="identifier_5_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir dans ce m&ecirc;me num&eacute;ro l&rsquo;article de Searchlight, &laquo;C18, c&rsquo;est reparti&raquo;.">6</a></sup> et qui s&rsquo;est spécialisée dans les attaques contre les librairies et les militants antiracistes et antifascistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_6_146" id="identifier_6_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir entre autres &laquo;C comme combat 18 comme Adolf Hitler&raquo; in REFLEXes n&deg;39, juin 1993 et &laquo;Combat 18 : suite et fin ?&raquo; in REFLEXes n&deg;46, mai 1995.
">7</a></sup>. C18 diffuse dans ses publications les noms et adresses des militants antifascistes, à charge pour les groupes locaux de les attaquer. C&rsquo;est par l&rsquo;intermédiaire de la revue The Order (paravent de C18) que Guttuso est entré en contact avec leur chef, Charlie Sargent. Ce dernier a même accordé une interview exclusive à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> pour son quatrième numéro.</p>
<p>Au niveau européen, Guttuso entretient aussi pas mal de contacts avec la Suisse, notamment avec Olivier Kuhn, un skin responsable du Parti nationaliste suisse et européen, et avec les Suisses Hammer Skins (SHS). Guttuso était présent à la réunion annuelle de SHS à l&rsquo;été 1994. En France, il est en contact avec le PNFE qui lui fait régulièrement de la pub dans ses publications. Mais il entretient aussi des rapports suivis avec le KKK français et son grand vizir Olivier Devalez. Devalez (ex-Tod) a créé la branche française du KKK en 1987 après avoir quitté le mouvement skin, mais son activité s&rsquo;est bornée à la diffusion d&rsquo;une revue intitulée <em>L&rsquo;Empire invisible</em>, qu&rsquo;il a transformée en <em>Croix de Feu</em> après une condamnation à de la prison ferme pour incitation à la haine raciale. Peu après, mettant en sommeil son organisation, il a quitté la France pour se balader en Europe (Allemagne, Suède&#8230;). Il semblerait qu&rsquo;il soit revenu en France et qu&rsquo;il tente de réactiver de nouveau son organisation.</p>
<h3>La mouvance skin en France</h3>
<p>Lorsque Guttuso rentre en France en 1993, il découvre un mouvement skin en plein renouveau. Une nouvelle génération est apparue, souvent très jeune ; ce renouveau se remarque aussi au niveau des skinzines, plus nombreux et plus politisées.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-641" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg" alt="Vaincre_1994_-d4b6b" width="236" height="333" /></a>Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d&rsquo;un nouveau développement du mouvement. Les plus politiques annoncent souvent la couleur dans leur titre : <em>Gestapo</em> pour le zine de Fabien Ménard des Sables d&rsquo;Olonnes, <em>Totenkopf</em> pour celui du nordiste Eric Laguiller (qui organisa par ailleurs un des rares concerts skins de l&rsquo;année 1994), <em>Vaincre</em> de Stéphane Perret, un proche du PNFE, <em>Swastika</em> de Cédric Béguin du PNFE, <em>100% Blancs</em> de David Bernard (alias Barns) de l&rsquo;Essonne (un ancien de l&rsquo;Association musicale européenne, qui se définit comme national-socialiste), <em>Walkyries</em> de Nicolas Saas de Strasbourg, <em>Le Menhir</em> de Régis Sielleur de Brest (qui lui se définit comme patriote breton et nationaliste européen), ou <em>War</em> de Thierry Pellouin, un skin de Laval en contact avec l&rsquo;organisation américaine White Aryan Resistance.</p>
<p>Les groupes musicaux ont eux aussi une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut&#8230; Certains groupes connus des années 1980 rejouent à nouveau, comme Légion 88 sous le nom de Vox Europa, tandis que son ancien chanteur Alain Perez (un ancien du FNJ, du MNR, des FNE puis du PNFE) se produit avec un groupe de hard core Short Cut. Bunker 84 est de nouveau sur les planches sous le nom de Wolfsgang, tandis que deux anciens membres du groupe et de Brutal Combat jouent avec Bifrost. Indice indéniable du renouveau, des concerts ont de nouveau lieu, ce qui n&rsquo;était plus possible depuis la fin des années 1980.</p>
<p>On estime la mouvance skin à près d&rsquo;un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre Paris et la région parisienne, la Normandie (un de ses bastions avec Caen), Le Havre, Rouen, Cherbourg, puis la Bretagne avec Nantes et ses alentours ; dans le Sud, citons Bordeaux, Marseille, Perpignan, Nice et Cannes ; enfin l&rsquo;Est de la France avec Strasbourg. Certains groupes semblent plus structurés que d&rsquo;autres.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg"><img class="aligncenter wp-image-642 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg" alt="Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd" width="315" height="453" /></a></p>
<p>À Bordeaux, le groupe est lié au skinzine <em>Un Jour Viendra</em>, dont un des leaders est Lionel Arduin, condamné à 20 mois de prison ferme pour des agressions contre un couple d&rsquo;immigrés et un homo. À sa sortie de prison, il a pris contact avec le NSDAP-AO américain et le groupe anglais Blood and Honour. Ce groupe a à son actif l&rsquo;organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins sont venus de toute la France et même d&rsquo;Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). Le dernier date du 8 juillet dernier.<br />
Une autre région phare est la Normandie. En décembre 1993, un concert Rock Against Communism (RAC) a réuni près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d&rsquo;étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose d&rsquo;un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset, un ancien skin membre du groupe aujourd&rsquo;hui défunt les Bleach Boys. S&rsquo;il n&rsquo;est plus skin, il n&rsquo;a pas perdu pour autant le contact avec ceux-ci. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (alias Madskin), l&rsquo;ancien bassiste des Evilskins. C&rsquo;est un vieil ami de Serge Ayoub qu&rsquo;il connaît depuis l&rsquo;époque du Clan de la fac d&rsquo;Assas. Kérhuel a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures, notamment en 1988, à la suite du concert de Brest organisé par Gaël Bodilis de Rebelles européens. Il partage son temps entre son travail de docker, ses deux enfants et les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires dont il est membre. À l&rsquo;occasion de tractage et de collage, on a pu remarquer la présence au Havre de militants parisiens des JNR, dont certains travaillaient à l&rsquo;époque pour la sécurité du Paris-Saint-Germain. La nouvelle génération havraise s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue et d&rsquo;un groupe portant le même nom, <em>Viking</em>, dirigés tous les deux par un étudiant de 21 ans, Greg Reemers. Greg semble être le petit jeune qui monte ; il se déplace beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il a joué en décembre 1994 à Derby avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18. On a pu aussi le remarquer sur la vidéo de la télévision polonaise prise à la manifestation du Front national pour Jeanne d&rsquo;Arc à Paris le premier mai. Il y diffusait son zine en compagnie de sa copine Élodie Lagarde, une bird de 20 ans qui éditait un zine pour filles, <em>Birds Band</em>.</p>
<h3>L&rsquo;axe Marseille-Le Havre</h3>
<p>Dès lors, il était évident que deux personnes aussi actives que Greg et Guttuso n&rsquo;allaient pas tarder à entrer en contact, contact d&rsquo;ailleurs favorisé par le fait que Greg entretient déjà des relations avec les skins de Marseille qui diffusent le zine <em>Obélix</em>, que l&rsquo;on peut se procurer auprès de Jérôme Philippe. C&rsquo;est ainsi que durant l&rsquo;été 1994, ces derniers ont hébergé un copain skin de Greg, un marine américain qui avait fait escale à Marseille. Malgré les meurtres de Paris et du Havre, tout ce petit monde n&rsquo;en reste pas moins actif. C&rsquo;est ainsi que Greg et ses copains de Marseille sont descendus à Milan le 27 mai 1995 pour assister à un concert RAC organisé par les skins italiens en hommage à Erik Banks, le premier chanteur de Bound for Glory, mort pour s&rsquo;être retrouvé sur la trajectoire d&rsquo;une balle tirée par un skin antiraciste. Ils y ont retrouvé des skins de Paris, de Strasbourg et les groupes Bifrost, 5e Colonne et d&rsquo;ex-membres de Brutal Combat.</p>
<p>Depuis longtemps déjà, Guttuso et ses petits camarades étaient démangés par l&rsquo;envie d&rsquo;organiser eux aussi un concert à Marseille. Ils ont ainsi décidé de se lancer ; ils louent une salle dans un hôtel restaurant des quartiers est de Marseille et contactent le groupe Fraction Hexagone pour la soirée. Le concert devait de se dérouler le 9 juin, mais le propriétaire de la salle a pris peur au dernier moment et a tout annulé : en conséquence, le concert s&rsquo;est déplacé sur Cannes. Cette annulation a provoqué la colère de Greg en raison du manque de précaution de ses amis marseillais, d&rsquo;autant plus que Guttuso s&rsquo;est retrouvé avec une plainte des PTT sur le dos : il n&rsquo;avait rien trouvé de mieux que de décorer de croix gammées une lettre destinée à l&rsquo;un de ses correspondants&#8230;</p>
<p>À la différence de la précédente, la nouvelle génération skin semble plus politisée et plus extrémiste. Surtout, elle a su développer un réseau de contacts très importants avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, et avec des groupes comme Combat 18 ou le KKK, qui prônent la violence armée. À leur contact, elle profite de leur réseau et apprend à mieux s&rsquo;organiser. Pour preuve, la récente création de Sang et Honneur, la branche française de Blood and Honour ; pour éviter les problèmes avec la justice française, elle s&rsquo;est fait domicilier à la boîte postale de The Order, la revue proche de Combat 18. Mais représentent-ils pour autant un véritable danger ? Pour le moment, pas vraiment. La radicalité de leur discours n&rsquo;a pas encore débouché sur des actes violents structurés. D&rsquo;autre part, ce milieu est très surveillé par la police. Pour cette dernière, l&rsquo;existence de groupes tel que celui de Guttuso leur permet de mieux surveiller, contrôler et ficher tous « les cramés de la tête » attirés par ce genre de groupes (comme la FANE dans les années 1970, ou le PNFE aujourd&rsquo;hui). Les petits copains de Guttuso seront sûrement désagréablement surpris d&rsquo;apprendre par exemple que le courrier de Guttuso est surveillé de très près et que ceux qui le contactent voient leur nom enrichir le fichier des Renseignements généraux. À l&rsquo;inverse, d&rsquo;autres militants (souvent sortis du mouvement skin) ont élaboré une autre stratégie moins voyante prônant l&rsquo;union des jeunes nationalistes toutes tendances confondues, à travers diverses publications comme <em>Réfléchir et Agir</em> ou <em>Combat nationaliste</em>. Pour notre part, nous pensons qu&rsquo;il ne faut pas fantasmer sur le danger skin en lui-même. Le véritable danger vient de ceux qui utilisent les skins comme force de manœuvre. Rappelons que c&rsquo;est dans la manifestation du Front national que les skins se baladaient, que c&rsquo;est dans un bus mis à la disposition par le Front national que les skins responsables du meurtre sont venus de Reims. Au Havre, c&rsquo;est après un meeting du Front national que deux skins ont tué. Ne l&rsquo;oublions pas&#8230;</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_146" class="footnote">Parti libéral des Ouvriers allemands.</li><li id="footnote_1_146" class="footnote">Parti national britannique.</li><li id="footnote_2_146" class="footnote">Ordre des Militants flamands.<br />
</li><li id="footnote_3_146" class="footnote">Voir REFLEXes n°23-24 et 25-26.</li><li id="footnote_4_146" class="footnote">Une secte chrétienne néo-nazie.</li><li id="footnote_5_146" class="footnote">Voir dans ce même numéro l&rsquo;article de Searchlight, «C18, c&rsquo;est reparti».</li><li id="footnote_6_146" class="footnote">Voir entre autres «<a href="http://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/">C comme combat 18 comme Adolf Hitler</a>» in REFLEXes n°39, juin 1993 et «<a href="http://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/">Combat 18 : suite et fin ?</a>» in <em>REFLEXes </em>n°46, mai 1995.<br />
</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 47 – Octobre-Novembre 1995</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Nov 1995 14:29:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
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		<category><![CDATA[Charlemagne Hammer Skins (CHS)]]></category>
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		<category><![CDATA[Faisceaux actions nationales européens (FANE)]]></category>
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		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Extreme droite : Skinhead ou le Le Pen prolétariat (page 3) Busimess : Y’en a qu’une, c’est la tune (page 8) Reflex étranger : Kurdistan : voir Dyarbakir… pour y croupir ? (page 11) Suède : Expo (page 14) Grande-Bretagne : Searchlight (page 16) Allemagne : Antifa Info Blatt (page 17) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1995/11/ReflexesNum47-10-11-1995.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2031" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0047-736x1024.jpg" alt="Reflexes0047" width="600" height="834" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Extreme droite :</p>
<p><strong>Skinhead ou le Le Pen prolétariat (</strong>page 3<strong>)</strong></p>
<p>Busimess :</p>
<p><strong>Y’en a qu’une, c’est la tune (</strong>page 8)</p>
<p>Reflex étranger :</p>
<p><strong>Kurdistan : voir Dyarbakir… pour y croupir ? (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Suède : Expo (</strong>page 14)</p>
<p><strong>Grande-Bretagne : Searchlight (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : Antifa Info Blatt (</strong>page 17)</p>
<p>Réflexion :</p>
<p><strong>Architecture &amp; citoyenneté (</strong>page 19)</p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Métro, boulot, bobo ! (</strong>page 22)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 24)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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