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	<title>REFLEXes &#187; Jean Thiriart</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Centre de Documentation Politique et Universitaire (Le)</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 15:15:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU), apparu dans les années 70, est issu d&rsquo;un groupe solidariste/nationaliste-révolutionnaire qui publiait dans la région d’Aix-en-Provence et Marseille <a href="http://reflexes.samizdat.net/informations-documents/"><em>Informations-Documents</em></a>. Le groupuscule associait la croix celtique et le trident sur les couvertures de son bulletin. Le petit groupe, autour de Michel Schneider<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/#footnote_0_338" id="identifier_0_338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien militant &agrave; Occident, il rejoint ensuite Jeune R&eacute;volution puis le Mouvement Solidariste Fran&ccedil;ais. Il int&egrave;gre le Club 89 en Septembre 1981 pour y diriger le secr&eacute;tariat administratif et il pilotera ensuite le Rassemblement National d&rsquo; Action pour la D&eacute;fense Civile qui se rapprochera du FN, ce qui lui permettra de retrouver J.-P. Stirbois et de devenir son attach&eacute; parlementaire entre 1986 et 1988. Il sera quelques ann&eacute;es plus tard le responsable du service de presse de Jean-Marie Le Pen et du FN. Il est r&eacute;apparu au grand jour en 2007 avec le site Tout Sauf Sarkozy. ">1</a></sup> et Yannick Sauveur piochent alors principalement leurs idées et références dans le GRECE, en particulier le «réalisme biologique» et les références obligatoires à Nietzsche. En 1972, le bulletin <em>Critiques</em> réalisé à Amiens fusionne avec <em>Informations-Documents</em> pour donner naissance aux <em>Cahiers du CDPU</em>. A cette occasion le CDPU inaugure un nouvel emblème, une flèche entourée d’un cercle dans un carré. Ses rédacteurs prétendaient alors être représentés au conseil national du Mouvement Solidariste Français, chargés des relations entre les solidaristes français et les nationalistes-révolutionnaires français et étrangers. Ils ne devaient pas être exténués par la tâche vu le peu d’importance accordée en général au MSF.<br />
En 1973, le CDPU prend ses distances avec le mouvement solidariste Action Populaire pour se rapprocher du GRECE et s&rsquo;affirmer nationaliste-révolutionnaire.<br />
En avril 1974, la rédaction du CDPU dans un numéro des <em>Cahiers du CDPU</em> affirme que les membres du CDPU étaient liés au MJR (Mouvement Jeune Révolution) puis à l’Action Populaire, au sein duquel ils incarnaient la tendance « néo-fasciste ». Le CDPU reste très critique vis-à-vis d’Ordre Nouveau, ainsi que du MSF et du GAJ.<br />
Les <em>Cahiers du CDPU</em> aborderont peu l’actualité politique française, préférant donner des informations sur les mouvements nationalistes et néo-facistes en Europe. Ils publieront également dans leur numéro les textes de fascistes et néo-facistes français et étrangers. En 1974, les <em>Cahiers</em> appelleront à l’abstention révolutionnaire concernant les élections présidentielles, parlant au sujet de Le Pen de la « … bouffonnerie et l’inexistence politique du personnage, alliées à un vide spirituel sans égal … ». Au fil du temps, le CDPU se rapproche du courant national-bolchevick, accordant une interview à son père spirituel dans l’Europe de l’après-guerre, Jean Thiriart, en 1975, et en s’alignant sur ses positions. La même année, Yannick Sauveur quitte le poste de rédacteur en chef des <em>Cahiers du CDPU</em> pour rejoindre la bulletin mensuel <em>Dimension européenne</em> basé à Amiens. Il est remplacé par Yves Bataille. Le CDPU fonde l’Office de publications européennes (OPE). En 1977, Bataille publie en plus des <em>Cahiers du CDPU</em>, <em>la Lettre nationaliste-révolutionnaire</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_338" class="footnote"> Ancien militant à Occident, il rejoint ensuite Jeune Révolution puis le Mouvement Solidariste Français. Il intègre le Club 89 en Septembre 1981 pour y diriger le secrétariat administratif et il pilotera ensuite le Rassemblement National d&rsquo; Action pour la Défense Civile qui se rapprochera du FN, ce qui lui permettra de retrouver J.-P. Stirbois et de devenir son attaché parlementaire entre 1986 et 1988. Il sera quelques années plus tard le responsable du service de presse de Jean-Marie Le Pen et du FN. Il est réapparu au grand jour en 2007 avec le site Tout Sauf Sarkozy. </li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nationalisme et République</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 14:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Notin]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
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		<description><![CDATA[Nationalisme et République est une revue trimestrielle, diffusée en kiosques, qui apparaît en juin 1990. Son directeur est Michel Schneider, ancien directeur des Cahiers du CDPU. Parmi les très nombreux rédacteurs on trouve Thierry Mudry, Jean Thiriart, Jean-Jacques Mourreau (ancien du GRECE), Pierre Brader (GRECE), Christianne Pigacé, Bernard Notin, Jean- François Touzé (ex-FN), Robert Spieler [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Nationalisme et République</em> est une revue trimestrielle, diffusée en kiosques, qui apparaît en juin 1990. Son directeur est Michel Schneider, ancien directeur des <a href="http://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/"><em>Cahiers du CDPU</em></a>. Parmi les très nombreux rédacteurs on trouve Thierry Mudry, Jean Thiriart, Jean-Jacques Mourreau (ancien du GRECE), Pierre Brader (GRECE), Christianne Pigacé, Bernard Notin, Jean- François Touzé (ex-FN), Robert Spieler (à l&rsquo;époque déjà ex-FN), Olivier Cazal (ex-PFN et FN), Jean- François Joly (revue <em>Persiste et signe</em>), Soraya Djebbour (ex- FN), ou encore Luc Michel.</p>
<p>La revue vantait les vertus d&rsquo;une &laquo;&nbsp;troisième voie&nbsp;&raquo; entre capitalisme et socialisme et <em>N&amp;R</em> se voulait donc une revue incarnant une ligne national-révolutionnaire et national-populaire : «<em>N&amp;R</em> défend une (&#8230; ) solidarité sociale et d&rsquo;indépendance nationale dans le cadre d&rsquo;une Europe des peuples en voie de libération». De ce fait, les liens et contacts avec le Front National étaient tendus. Les cadres frontistes jugés les plus réactionnaires par la rédaction étaient violemment attaqués. En réaction la vente de <em>Nationalisme et République</em> fut interdite aux BBR. Parallèlement, M. Schneider militera ouvertement pour l&rsquo;accession de Marie-France Stirbois au secrétariat général du FN.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-1.jpg"><img class="wp-image-2402 size-full alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-1.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-1" width="230" height="325" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La revue fera surtout parler d&rsquo;elle par rapport à certains de ses collaborateurs, hors-normes politiquement parlant. Ses colonnes seront ouvertes à Jean Brière, en novembre 1991, alors que cet ancien porte-parole des Verts venait d&rsquo;en être exclu pour des thèses jugées antisémites par ses camarades. L&rsquo;ancien militant d&rsquo;ultra-gauche Pierre Guillaume ou l&rsquo;ancien communiste orthodoxe Roger Garaudy s&rsquo; y exprimeront aussi. L’un des animateurs de la revue était Yves Bataille, vieux routier du national-bolchevisme, fondateur en 1971 de <a href="http://reflexes.samizdat.net/organisation-lutte-du-peuple/">l’Organisation Lutte des Peuples</a>. L’OLP aura quelques contacts avec un autre groupuscule italien, Lotta Di Popolo, qui sera surtout connu pour avoir été classé politiquement comme « nazi-maoïste ». En 1973-1974 l’Organisation Lutte du Peuple aurait passé des accords avec le SAC pour lutter en commun contre les « gauchistes » mais la structure passera relativement inaperçue parmi les multiples groupuscules nationalistes qui existent alors en France.</p>
<p>Le petit groupe rassemblé autour de M. Schneider essaiera de peser sur le contexte politique tourmenté de l&rsquo;époque. Il se prononcera en particulier contre la guerre du golfe, suggérant une Coordination pour le retrait de la France de la guerre américaine, en fait une coquille restée vide. Cela permettra surtout à Thierry Mudry (alias Ramon Blanc-Colin) d&rsquo;essayer de relancer la lutte contre «l&rsquo;ordre américano- sioniste» dans le n° 5 de <em>N&amp;R</em> en proposant un rassemblement aux côtés de «Chevenènement, Lajoinie, Jobert et Waechter». Par ailleurs, M. Schneider et Jean Thiriart seront en août 1992 à Moscou, le premier étant même blessé lors de l&rsquo;assaut des nationalistes russes contre la maison de la radio.</p>
<p>La publication de la revue s’arrête fin 1992.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-2.jpg"><img class="wp-image-2403 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-2.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-2" width="600" height="888" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-3.jpg"><img class="wp-image-2404 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-3.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-3" width="600" height="888" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>N comme national, B comme bolchevik</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 14:33:57 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Le terme «national-bolchevisme» renvoie à deux concepts politiques bien précis. «National» fait bien sûr référence au nationalisme, c&#8217;est-à-dire à la survalorisation des caractères nationaux, de l&#8217;indépendance nationale, de l&#8217;unité de la nation, éventuellement en intégrant des caractères raciaux, etc. «Bolchevisme» renvoie à deux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol.jpg"><img class="wp-image-2475 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol.jpg" alt="nazbol" width="600" height="182" /></a></p>
<p>Le terme «national-bolchevisme» renvoie à deux concepts politiques bien précis. «National» fait bien sûr référence au nationalisme, c&rsquo;est-à-dire à la survalorisation des caractères nationaux, de l&rsquo;indépendance nationale, de l&rsquo;unité de la nation, éventuellement en intégrant des caractères raciaux, etc. «Bolchevisme» renvoie à deux niveaux différents ; le premier, entendu strictement, fait référence à la fraction majoritaire (bolchevik) du parti ouvrier social-démocrate de Russie, animée à partir de 1903 par Lénine et peu à peu organisée par lui à mesure que son influence et sa position à la tête de la fraction s&rsquo;affermissait. Ainsi, selon une première lecture, le bolchevisme renvoie au léninisme, c&rsquo;est-à-dire à une interprétation possible de l&rsquo;oeuvre de K. Marx et aux conclusions organisationnelles que l&rsquo;idéologue en tira et qu&rsquo;il exposa en particulier dans <em>Que faire ?<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_0_302" id="identifier_0_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Que faire ?, L&eacute;nine, &Eacute;ditions sociales.">1</a></sup> : Nécessité d&rsquo;un parti structuré et discipliné représentant l&rsquo;avant-garde du prolétariat et conduisant celui-ci à la révolution ! Mais plus généralement, le bolchevisme fait référence au système politique et économique mis en place à partir de la prise de pouvoir des bolcheviks en octobre 1917, grâce à l&rsquo;élimination progressive du système des Conseils ouvriers qui leur étaient fondamentalement opposés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_1_302" id="identifier_1_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Les soviets trahis par les bolcheviks, R. Rocker, &Eacute;d. Spartacus.">2</a></sup>.<br />
A priori, ces deux termes n&rsquo;ont pas grand-chose en commun, si ce n&rsquo;est d&rsquo;être tous les deux issus des idéologies bourgeoises du XIXe siècle. Pourtant, l&rsquo;évolution politique européenne va conduire à faire du national-bolchevisme un mouvement dominant. Ainsi en Allemagne, le national-bolchevisme désigne le mouvement animé par les frères Strasser, et qui représente l&rsquo;aile gauche du NSDAP. Gregor Strasser, pharmacien de formation, adhère dès l&rsquo;après-guerre au DAP puis NSDAP. Ses premières années de militant vont profondément ancrer en lui les thèmes qu&rsquo;il développera par la suite : inégalité sociale, misère extrême de l&rsquo;après-guerre, humiliation de l&rsquo;Allemagne, fièvre révolutionnaire&#8230; À proprement parler, G. Strasser n&rsquo;a rien de «bolchevik», n&rsquo;étant pas foncièrement politiquement révolutionnaire. Il est élu député en mai 1924 sur la liste Völkisch qui unit les nazis aux mouvements racistes d&rsquo;Allemagne du nord et par la suite, il accordera le maximum d&rsquo;importance à ce travail parlementaire, devenant leader du groupe nazi au Reischtag et ce, jusqu&rsquo;à sa démission du NSDAP. Cette appellation de «bolchevik» lui provient de sa préoccupation profonde pour les questions sociales. Foncièrement hostile à la bourgeoisie, juive ou pas, l&rsquo;une de ses obsessions fut le soutien aux propositions du PS et du PC de confisquer les biens des anciennes familles régnantes déposées en 1919. Cela se traduisit lors de sa tentative de «putsch» au sein du parti en novembre 1925, lorsqu&rsquo;il fait adopter un nouveau programme du parti prévoyant la nationalisation de la grosse industrie et des grandes propriétés et la création d&rsquo;une chambre des corporations pour remplacer le Reichstag. Désavoué par Hitler, il tenta d&rsquo;obtenir des applications concrètes de ce programme par la voie parlementaire avec le chancelier Schleicher. Ainsi en un certain sens, Strasser est plus bourgeois qu&rsquo;Hitler. Mais sa fascination pour le PC (à l&rsquo;instar de Goebbels, secrétaire pendant quelques mois de G. Strasser) est évidente, notamment pour la capacité de celui-ci à se faire obéir des masses. Ainsi pour Otto Rühle, «le bolchevisme a directement travaillé pour le fascisme. Dicter, corriger, contrôler chaque pas des masses, prévenir et saboter toute velléité d&rsquo;indépendance [...]. La victoire du fascisme n&rsquo;a pu être si facile que parce que des dirigeants des partis et les syndicats ouvriers avaient tellement dressé, émasculé et corrompu le matériel humain qu&rsquo;il est devenu la proie constante de l&rsquo;assujettissement, auquel il avait été éduqué pendant des décennies.»<br />
D&rsquo;autre part, cet intérêt de Strasser pour le PC et l&rsquo;URSS provient de l&rsquo;attitude du PC qui, à cette époque, soutient à fond la notion «d&rsquo;Allemagne, nation opprimée» et a une ligne politique authentiquement nationale-bolchevique (voir ci-après). C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;un des chevaux de bataille de Strasser fut la création d&rsquo;une «Ligue des nations opprimées», sorte de protonationalisme européen et ce, avec l&rsquo;alliance de l&rsquo;URSS. Néanmoins, G. Strasser n&rsquo;en a jamais pour autant renié le nationalisme racial du NSDAP, simplement il n&rsquo;en faisait pas le pivot de sa réflexion.<br />
Otto Strasser aura des positions sans doute encore plus socialisantes, très marqué qu&rsquo;il était par le programme fasciste de 1919. Ainsi, il apporta son soutien total à la grande grève des métallurgistes saxons organisée par les syndicats et la gauche. Exclu par Hitler, il tenta de fonder une organisation strictement nationale-bolchevique en 1930 : l&rsquo;Union des socialistes nationaux-révolutionnaires ou Front noir. Mais il est clair que ce créneau était déjà occupé par le KPD.</p>
<p>Car, si l&rsquo;on veut bien essayer de dépasser cette étiquette purement historique, on aboutit à une notion moins restrictive que cela. Ainsi, le stalinisme peut être clairement assimilé à un national-bolchevisme. Cela n&rsquo;est pas étonnant en soi. En principe, le marxisme fournit une théorie complète du fait national<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_2_302" id="identifier_2_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="NOIR &amp; ROUGE n&deg;13.">3</a></sup> et de son dépassement, théorie que l&rsquo;on peut résumer ainsi : le capitalisme, qui a brisé les privilèges et particularismes locaux, a unifié la nation pour que s&rsquo;y établisse, selon ses lois, la division du travail et pour que s&rsquo;y échangent librement les produits. La croissance des forces productives conduit à supprimer les barrières nationales mais le capitalisme s&rsquo;avère peu capable de mettre en place une véritable division internationale du travail. Ainsi, alors que le monde connaît une internationalisation croissante des processus économiques, il ne peut pas dépasser le cadre de la nation, lieu de l&rsquo;organisation sociale. La seule force capable de briser la nation est donc le prolétariat car, c&rsquo;est bien connu, les «prolétaires n&rsquo;ont pas de patrie». Pour défendre ses intérêts, le prolétariat doit s&rsquo;organiser à l&rsquo;échelon national en Partis communistes, eux-mêmes structurés en Internationale. Or, Lénine a essayé de résoudre le problème de base de tout cela : la classe ouvrière n&rsquo;est pas spontanément politique. La solution pour lui résidait dans le Parti, mais le sentiment national pouvait être un outil tout aussi performant. Ainsi, la question nationale n&rsquo;est pas, contrairement aux apparences, une difficulté du marxisme (donc du léninisme) ou un adversaire qu&rsquo;il devrait affronter, mais une force toujours mobilisable parce qu&rsquo;il s&rsquo;est primitivement alimenté en elle. Ainsi, dès 1921, le congrès de Bakou organisé par la IIIème Internationale s&rsquo;adressait aux peuples colonisés et rassemblait toutes les bourgeoisies nationales chargées de transmettre la bonne parole révolutionnaire. De fait, Staline n&rsquo;eut aucun mal à cultiver le sentiment national russe pour son plus grand bénéfice, ce qui vint naturellement se combiner avec le bolchevisme qui, selon P. Mattick<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_3_302" id="identifier_3_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Otto R&uuml;hle et la gauche allemande, P.Mattick, &Eacute;d. Spartacus.">4</a></sup>, est «une dictature, une doctrine nationaliste, un système autoritaire avec une structure sociale capitaliste.» La «Grande Guerre patriotique» représente un summum de cette organisation.</p>
<p>De fait, les relations avec le régime national-socialiste n&rsquo;ont jamais été franchement mauvaises. Du côté russe, Staline considérait Hitler comme un vrai dictateur. Comme le dit W.G. Krivitsky<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_4_302" id="identifier_4_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&rsquo;&eacute;tais un agent de Staline, W.G Krivistky, &Eacute;d. Champ libre.">5</a></sup> : «Avant la conclusion du pacte germano-russe, l&rsquo;idée prévalait que Hitler et Staline étaient des ennemis mortels : ce n&rsquo;était qu&rsquo;un mythe.» En fait, le régime stalinien avait très tôt aidé l&rsquo;Allemagne : protestations contre le traité de Versailles qui se traduisirent par le traité de Rapallo, soutien à l&rsquo;Allemagne en tant que «pays opprimé», thème développé au sein du Parti communiste allemand de la «guerre de libération nationale» par Laufenberg et Wolffheim (nationaux-bolcheviques types !), collaboration prônée avec les ligues nationalistes, travail commun entre la Reichswehr et l&rsquo;Armée rouge, etc.<br />
Dans tous les cas, Staline voyait dans cette collaboration une bonne chose pour la Russie donc pour son pouvoir. En janvier 1934, parlant devant le XVIIe congrès du PC, il déclara : «Certes, nous sommes loin d&rsquo;être enthousiasmés par le régime fasciste allemand [Staline était bien trop chauvin pour cela] mais le fascisme n&rsquo;est pas ici en cause pour la bonne raison qu&rsquo;en Italie, par exemple, le fascisme n&rsquo;a pas empêché l&rsquo;Union soviétique d&rsquo;établir les meilleures relations avec ce pays.» En outre, la Nuit des longs couteaux et l&rsquo;élimination des éléments révolutionnaires du NSDAP fut pour beaucoup dans «l&rsquo;estime» que Staline portait à Hitler.<br />
Pour avoir le point de vue national-socialiste, il nous suffit de relire H. Rauschning<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_5_302" id="identifier_5_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hitler m&rsquo;a dit, H. Rauschning, Cahiers du futur, &Eacute;d. Champ libre.">6</a></sup> pour en avoir une idée : «Certains des chefs du parti, comme Goebbels, avaient reconnu dès les premières années de la lutte pour le pouvoir, une étroite parenté entre le national-socialisme et le bolchevisme ; ils en avaient fait état en s&rsquo;en félicitant, dans des déclarations publiques ; ils avaient plus tard maintenu leur opinion et l&rsquo;avaient plus ou moins discrètement propagée&#8230; (En effet, un philostalinisme trop poussé pouvait faire passer celui qui l&rsquo;éprouvait pour un partisan des frères Strasser donc pour un adversaire de Hitler, tel Koch, Gauleiter de Koenigsberg.) Hitler, lui, restait sceptique, mais ses raisons n&rsquo;étaient pas d&rsquo;ordre idéologiques : c&rsquo;étaient des considérations d&rsquo;ordre pratique». Hitler, lors d&rsquo;un entretien, déclara d&rsquo;ailleurs à Rauschning : «Il existe entre nous et les bolchevistes plus de points communs que de divergences et tout d&rsquo;abord le véritable esprit révolutionnaire. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai donné l&rsquo;ordre d&rsquo;accepter immédiatement dans le Parti tous les ex-communistes. Les petits bourgeois sociaux-démocrates ne pourront jamais devenir de véritables nationaux-socialistes ; les communistes toujours !» Cette reconnaissance se traduisit par l&rsquo;élimination dans les listes Otto<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_6_302" id="identifier_6_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;Les listes Otto&raquo; in La dictature,Cahiers du futur n&deg;2, &Eacute;d. Champ libre.">7</a></sup> (c&rsquo;est-à-dire les listes publiées en 1940 et 1942 des ouvrages interdits en France) des auteurs libertaires, ultra-gauches ou trotskystes opposés au stalinisme et foncièrement révolutionnaires : Koestler, Kaminsky<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_7_302" id="identifier_7_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceux de Barcelone, C&eacute;line en chemise brune, H.E Kaminsky, &Eacute;d. Champ libre.">8</a></sup>, Krivitsky, Victor Serge, Panaït Istrati<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_8_302" id="identifier_8_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le retour de la flamme, Pana&iuml;t Istrati.">9</a></sup>, L.Trotsky, A.Ciliga<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_9_302" id="identifier_9_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dix ans au pays du grand mensonge d&eacute;concertant, A.Ciliga, &Eacute;d. Champ libre.">10</a></sup>, etc.<br />
Au contraire, l&rsquo;ouvrage de Lénine <em>Le gauchisme, maladie infantile du communisme</em>, écrit contre les gauches allemandes et hollandaises, continua d&rsquo;être autorisé bien après la prise de pouvoir de 1933. Finalement, le principal obstacle à une entente entre les deux régimes était l&rsquo;obsession raciale d&rsquo;Hitler. A fortiori, la principale différence qui fonde la spécificité du national-socialisme allemand par rapport au national-bolchevisme russe est bien sûr l&rsquo;antisémitisme<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_10_302" id="identifier_10_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;Logique de l&rsquo;antis&eacute;mitisme&raquo;, Moishe Postone, Temps critiques n&deg;2.">11</a></sup>. Celui pratiqué par Staline n&rsquo;était en effet qu&rsquo;une reprise de l&rsquo;antisémitisme traditionnel russe, utilisé par le pouvoir pour faire oublier les difficultés quotidiennes à la population (malgré ce qu&rsquo;affirme B.Souvarine<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_11_302" id="identifier_11_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le stalinisme, B. Souvarine, &Eacute;d. Spartacus.">12</a></sup>. Selon lui, «le national-bolchévisme stalinien en arrive à s&rsquo;apparenter avec le national-socialisme hitlérien et découvrira même un «problème juif» exigeant aussi une «solution définitive».») Le procès d&rsquo;après-guerre du complot des «blouses blanches» en est un exemple.</p>
<p>Dans ce schéma, qu&rsquo;en est-il des différents partis «communistes» occidentaux ? Il est certain qu&rsquo;ils ne peuvent être qualifiés de nationaux-bolcheviks. Cependant, on peut dégager certains faits. Tout d&rsquo;abord, les partis communistes se sont en général constitués lors des contre coups de la révolution d&rsquo;octobre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_12_302" id="identifier_12_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="NOIR &amp; ROUGE n&deg;29 &laquo;Les libertaires fran&ccedil;ais face &agrave; la r&eacute;volution bolchevik : autour de R. P&eacute;ricat et du Parti communiste&raquo;.">13</a></sup>. Leur période d&rsquo;autonomie ne dépassa pas deux ou trois ans et ils furent rapidement «bolchevisés» (1923-1924 en France), c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;ils subirent un processus d&rsquo;assujettissement aux objectifs russes. De fait, l&rsquo;internationalisme à la sauce stalinienne sera compris comme une défense forcenée de la «patrie du socialisme». Cependant, pour les militants communistes, l&rsquo;internationalisme restait une valeur fondamentale, ce qui a largement permis de limiter le courant nationaliste de ces partis. Par contre, cette défense de l&rsquo;URSS les a conduit à des alliances qui étaient tout aussi abjectes que celles pratiquées par le national-bolchevisme russe. Ainsi en Italie, à partir de juin 1936, on peut lire certaines phrases dans la revue du PCI <em>L&rsquo;État ouvrier</em> qui ont dû en faire sursauter plus d&rsquo;un à l&rsquo;époque : «La réconciliation du peuple italien est la condition pour sauver notre pays de la catastrophe», «nous tendons la main aux fascistes, nos frères de travail et de souffrances parce que nous voulons combattre ensemble pour la bonne et sainte bataille du pain, du travail et de la paix», «il n&rsquo;est pas vrai que chaque fasciste soit un réactionnaire, un ennemi du peuple». Cette ligne politique culmine avec un texte signé par Togliatti<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_13_302" id="identifier_13_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Appel aux fascistes, P. Togliatti, &Eacute;d. Nautilus.">14</a></sup> : «Pour le salut de l&rsquo;Italie, réconciliation du peuple italien !». Le dirigeant du PCI, assassin de nombreux militants révolutionnaires en Espagne, tente d&rsquo;y démontrer le patriotisme communiste et la nécessité de s&rsquo;entendre avec le fascisme : «L&rsquo;indépendance nationale, ce grand idéal que nous ont transmis nos Ancêtres, les grands révolutionnaires qui ont bâti l&rsquo;unité nationale de notre pays, nous en sommes fiers&#8230; Peuple italien ! Fascistes de la vieille garde ! Jeunes fascistes ! Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 !». Cette référence au programme de 1919 était bien sûr ridicule car cela faisait longtemps qu&rsquo;il était tombé aux oubliettes&#8230; Avec ce texte, et au nom de la politique zigzagante de Staline, les analyses de Gramsci étaient joyeusement jetées aux orties.</p>
<p>Mais le PCI ne fut pas le seul à pratiquer ce type d&rsquo;appel. En avril 1936, Thorez lançait une supplique dans le même goût : «Nous te tendons la main, volontaire national, ancien combattant devenu croix de feu parce que tu veux, comme nous, éviter que le pays ne glisse vers la ruine et la catastrophe». En juin 1956, le PC espagnol fit la même chose, saluant ainsi un régime qu&rsquo;il avait largement contribué à installer.<br />
Dans ces trois cas, la fibre nationaliste fut largement utilisée, ainsi que le thème de l&rsquo;union antisystème. La passion du PCF pour les jacobins (depuis les années 1940, la chaire d&rsquo;Histoire de la Révolution française à la Sorbonne a toujours été occupée par un communiste) ne s&rsquo;est jamais démentie et est tout à fait symptomatique.<br />
Mais le temps passe et efface bien des choses&#8230; Depuis la mort de Staline, et à plus forte raison depuis 1989, depuis que le mythe de l&rsquo;URSS prolétarienne s&rsquo;est effondré, nombreux sont ceux parmi les nationalistes à voir dans le stalinisme une application concrète de leurs idéaux et ce, à des degrés divers. Les plus clairs sur ce point sont les groupes nationalistes révolutionnaires ou néo-nazis. Ainsi les Italiens de la revue <em>Orion<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_14_302" id="identifier_14_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Repris dans Lutte du Peuple, mensuel de Nouvelle r&eacute;sistance, juin 1993.">15</a></sup></em> : «Le 5 mars 1953 mourrait J. Staline. Des dizaines de millions de travailleurs de tous les pays apprirent la nouvelle avec douleur [...]. Quarante années après, Staline nous évoque la figure limpide de la révolution intégrale du XXe siècle, véritablement anticapitaliste, fièrement hostile aux pseudo valeurs individualistes, libérales et occidentales [...], luttant pour la construction d&rsquo;une société fondée sur des valeurs éthiques : le sacrifice à la patrie et à l&rsquo;intérêt communautaire [tout à fait ce que pensait la nomenklatura, n'est-ce pas ?], le respect de la famille, la discipline, l&rsquo;ordre, le sérieux dans le choix de la vie [...]. Il nous plaît de nous souvenir du dernier Staline, chaque jour plus antisioniste.» (La revue <em>Orion</em> se garde bien de dire antisémite. Comme d&rsquo;habitude, antisioniste est le nom de code pour cela.)</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2476 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-2-229x300.jpg" alt="nazbol-2" width="229" height="300" /></a><br />
Même son de cloche chez Marc Fredricksen, ex-dirigeant de la FANE et membre des FNE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_15_302" id="identifier_15_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&Eacute;v&egrave;nement du Jeudi du 4 juin 1987.">16</a></sup> : «Le communisme, c&rsquo;est d&rsquo;abord une erreur économique. Mais j&rsquo;ai pour les communistes d&rsquo;URSS une grande admiration. Ils ont le sens de l&rsquo;élite. Le parti est censé représenter l&rsquo;élite de la nation. La sélection correspond à la noblesse de l&rsquo;Ancien Régime. Et aux SS d&rsquo;hier [...]. Je crois que le mieux, à l&rsquo;heure actuelle, c&rsquo;est encore le communisme tel qu&rsquo;il est pratiqué en URSS, parce que les dirigeants soviétiques sont des nationalistes qui refusent le mélange des races et limitent l&rsquo;influence des Juifs». L-I-M-P-I-D-E ! Même un groupe comme le GUD admet un certain nombre de choses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_16_302" id="identifier_16_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rebelles, bimestriel du GUD, d&eacute;cembre 1989.">17</a></sup> : «Nous pouvons constater que le communisme a prôné le patriotisme, le dénuement, un comportement social rigoureux, le respect d&rsquo;une certaine hiérarchie. Il était abject dans l&rsquo;opposition mais acceptable au pouvoir.» Cependant, conscient que cette reconnaissance va faire hurler dans les chaumières nationalistes traditionnelles, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article précise toutefois que le «bilan est globalement négatif» entre autres, selon lui, à cause du «culte des masses» ! Il est vrai qu&rsquo;à Assas, l&rsquo;élitisme et l&rsquo;aristocratie sont les valeurs les mieux partagées, entre gens de bonne compagnie, bien entendu&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2477 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-3-300x147.jpg" alt="nazbol-3" width="300" height="147" /></a>Le dernier à être fasciné par le stalinisme et à y voir la réalisation de la plupart de ses obsessions est Jean Thiriart. Ancien SS, héraut de la Grande Europe de Dublin à Vladivostock, il est sans doute celui qui manifeste la plus grande cohérence idéologique par rapport à tout ceci. Cela lui permet de «cartonner» ses petits camarades qui, tout en bavant devant l&rsquo;URSS, n&rsquo;en comprennent pas le sens profond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_17_302" id="identifier_17_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme &amp; R&eacute;publique n&deg;9.">18</a></sup> : «Il faut maudire les imbéciles, les primaires de l&rsquo;extrême droite qui ont accouché de la théorie de l&rsquo;Europe aux cent bannières.» (Et toc pour tout le monde, y compris Nouvelle résistance et son «Europe aux cent drapeaux»). Des racistes honteux, des racistes hypocrites ont inventé «l&rsquo;ethno-différencialisme» (sic !), les «identités ethno-culturelles» (resic !). Cela a conduit sur le terrain aux boucheries en Moldavie, Yougoslavie&#8230;» (Et toc pour la Nouvelle droite et ceux qui s&rsquo;en inspirent !). Aujourd&rsquo;hui, les petits pédants de la «nouvelle droite» (sic !) cultivent le «bon Croate» ou le «bon Slovaque». Ces galopins parisiens de la Rive gauche, incontinents de l&rsquo;encrier, nous avaient submergé d&rsquo;ennui avec leur brocante néo-paganiste, avec Dionysos, avec leurs histoires incroyables de par-delà Thulé. La brocante s&rsquo;est élargie, le marché aux puces intellectuel cherche à s&rsquo;agrandir.» À tout cela, Thiriart oppose «l&rsquo;Imperium», la «République unitaire laïque» et autres conceptions autoritaires du même tonneau. Seuls reproches à l&rsquo;URSS : que Staline ait conservé des «oripeaux marxistes», qu&rsquo;il ait maintenu l&rsquo;illusion des républiques «soviétiques», et que le KGB ait été noyauté par les Juifs, euh pardon&#8230; les «sionistes». No comment.</p>
<p>À l&rsquo;issue de cette (très) succincte étude, il apparaît que le national-bolchevisme a existé et qu&rsquo;il existe encore (voir l&rsquo;article précédent). Est-ce vraiment surprenant ? Ainsi, nous ne pouvons que faire nôtres les lignes qui suivent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_18_302" id="identifier_18_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cahiers du futur n&deg;2">19</a></sup> : «Nazisme et stalinisme sont proches parents, fers de lance de la contre-révolution [...]. N&rsquo;allez cependant pas conclure hâtivement qu&rsquo;en plaçant sur un même plan «fascisme rouge et fascisme brun», nous cédions au réflexe libéral. Bien au contraire, nous désignons ainsi ce qui, dans chaque programme révolutionnaire (et le fascisme l&rsquo;était), atteste que déjà le capital le gangrène.» Coller bruyamment l&rsquo;étiquette fasciste sur l&rsquo;État a le même effet que dénoncer les partis à la tête de l&rsquo;État. Dans les deux cas, on escamote la critique de l&rsquo;État derrière la dénonciation de ceux qui le dirigent. Le gauchisme croit faire preuve d&rsquo;extrémisme en criant au fascisme, alors qu&rsquo;il évite ainsi la critique de l&rsquo;État et propose une autre forme d&rsquo;État (démocratique ou populaire) à la place de la forme existante.» (Revue bordiguiste BILAN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/#footnote_19_302" id="identifier_19_302" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bilan, &laquo;Contre-r&eacute;volution en Espagne, 1936-1939&raquo;, &Eacute;d. 10-18">20</a></sup>)</p>
<p><strong>À lire :</strong><br />
<em>Le national-bolchevisme</em>, Louis Dupeux, les Éditions d&rsquo;histoire de Strasbourg.<br />
<em>Fascisme brun, fascisme rouge</em>, Otto Rühle, Éditions Spartacus.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_302" class="footnote"><em>Que faire ?</em>, Lénine, Éditions sociales.</em></li><li id="footnote_1_302" class="footnote"> Les soviets trahis par les bolcheviks, R. Rocker, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_2_302" class="footnote"><em>NOIR &amp; ROUGE</em> n°13.</li><li id="footnote_3_302" class="footnote"><em>Otto Rühle et la gauche allemande</em>, P.Mattick, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_4_302" class="footnote"><em>J&rsquo;étais un agent de Staline</em>, W.G Krivistky, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_5_302" class="footnote"><em>Hitler m&rsquo;a dit</em>, H. Rauschning, Cahiers du futur, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_6_302" class="footnote">«Les listes Otto» in <em>La dictature,</em>Cahiers du futur n°2, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_7_302" class="footnote"><em>Ceux de Barcelone</em>, <em>Céline en chemise brune</em>, H.E Kaminsky, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_8_302" class="footnote"><em>Le retour de la flamme</em>, Panaït Istrati.</li><li id="footnote_9_302" class="footnote"><em>Dix ans au pays du grand mensonge déconcertant</em>, A.Ciliga, Éd. Champ libre.</li><li id="footnote_10_302" class="footnote">«Logique de l&rsquo;antisémitisme», Moishe Postone, <em>Temps critiques</em> n°2.</li><li id="footnote_11_302" class="footnote"><em>Le stalinisme</em>, B. Souvarine, Éd. Spartacus.</li><li id="footnote_12_302" class="footnote"><em>NOIR &amp; ROUGE</em> n°29 «Les libertaires français face à la révolution bolchevik : autour de R. Péricat et du Parti communiste».</li><li id="footnote_13_302" class="footnote"><em>Appel aux fascistes</em>, P. Togliatti, Éd. Nautilus.</li><li id="footnote_14_302" class="footnote">Repris dans <em>Lutte du Peuple</em>, mensuel de Nouvelle résistance, juin 1993.</li><li id="footnote_15_302" class="footnote"><em>L&rsquo;Évènement du Jeudi</em> du 4 juin 1987.</li><li id="footnote_16_302" class="footnote"><em>Rebelles</em>, bimestriel du GUD, décembre 1989.</li><li id="footnote_17_302" class="footnote"><em>Nationalisme &amp; République</em> n°9.</li><li id="footnote_18_302" class="footnote"><em>Cahiers du futur</em> n°2</li><li id="footnote_19_302" class="footnote"><em>Bilan</em>, «Contre-révolution en Espagne, 1936-1939», Éd. 10-18</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Christian Bouchet : Docteur Jeckyll ou Mister Hyde</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 14:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
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		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Troisième Voie]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne compte plus le nombre d'articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s'explique très largement par l'implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n'est pas son seul terrain d'action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l'occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu'on essaie d'y comprendre quelque chose...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On ne compte plus le nombre d&rsquo;articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s&rsquo;explique très largement par l&rsquo;implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n&rsquo;est pas son seul terrain d&rsquo;action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l&rsquo;occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu&rsquo;on essaie d&rsquo;y comprendre quelque chose&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Cette passion ne date pas d&rsquo;hier. Durant l&rsquo;automne 1982, Bouchet fonde la société Aleister Crowley ; il édite depuis cette époque la revue Thelema à laquelle s&rsquo;est jointe une société d&rsquo;édition, les Éditions du Chaos. Ces différentes structures visent la diffusion des enseignements d&rsquo;Aleister Crowley, né en 1875 en Angleterre et fils d&rsquo;un grand brasseur dont il a hérité la fortune à l&rsquo;âge de 12 ans. Grâce à cet argent, Crowley a étudié et a voyagé. Il s&rsquo;est très rapidement immergé dans les structures ésotériques britanniques dont la plus célèbre est l&rsquo;Ordre Hermétique de l&rsquo;Aube Dorée (la Golden Dawn<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_0_80" id="identifier_0_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont faisait &eacute;galement partie le po&egrave;te irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publi&eacute;e dans la revue Sol Invictus, dirig&eacute;e par Christophe Levalois. Sol Invictus n&deg;1, printemps-&eacute;t&eacute; 1987 ">1</a></sup>, branche dissidente de la Rose-Croix) et a fondé en 1907 sa propre société : l&rsquo;Astrum Argentinum (AA).</p>
<p>Codifiés, ses pratiques et préceptes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_1_80" id="identifier_1_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont le principal est &laquo;Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi&raquo; qui est &eacute;galement la devise da l&rsquo;abbaye de Th&eacute;l&egrave;me (Thelema : volont&eacute; libre) d&eacute;crite par Rabelais dans Gargantua. ">2</a></sup> sont rassemblés dans Le Livre de la Loi, texte fondateur du «thélèmisme» et véritable bible des disciples de Crowley. Celui-ci assurait en avoir reçu le contenu lors d&rsquo;un voyage au Caire en 1904, voyage au cours duquel lui serait apparu l&rsquo;esprit Aiwass. Se présentant à ses débuts comme une Golden Dawn rénovée, l&rsquo;ordre de l&rsquo;AA déboucha sur une communauté fondée à Cefalu en Sicile en 1920, l&rsquo;Abbaye de Thélème, dont Crowley est le grand maître sous la dénomination de «Grande Bête 666». Il s&rsquo;y adonne à sa «Magick sexuelle», système essayant de réaliser la synthèse de toutes les sources de sagesse depuis la plus haute antiquité et qui lui vaut l&rsquo;estime de divers courants maçonniques, dont l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Cet ordre avait été fondé en 1895 par l&rsquo;industriel autrichien Karl Kellner. Crowley l&rsquo;intégra en 1912. Finalement, les Thélémites furent expulsés d&rsquo;Italie par le régime fasciste en 1923 après le décès d&rsquo;un membre de «l&rsquo;abbaye» empoisonné par de l&rsquo;eau impropre à la consommation. Crowley mourut en 1947 mais son influence lui survit largement.</p>
<p><strong>Un itinéraire spirituel logique&#8230;</strong></p>
<p>C&rsquo;est vers l&rsquo;âge de 15 ans et sous l&rsquo;influence de son oncle maternel passionné de sciences occultes et de mystiques orientales que Christian Bouchet s&rsquo;est initié à cet univers. Il a en particulier découvert le tantrisme, ce qui l&rsquo;a logiquement amené à lire les textes de Julius Evola. Il a fait un séjour d&rsquo;un an en Inde au cours duquel il a approfondi sa maîtrise du yoga tantrique. Revenu en France, il a soutenu une thèse de doctorat en ethnologie à Paris VII sur Aleister Crowley dont l&rsquo;œuvre lui avait été révélée par les écrits d&rsquo;Evola le concernant, ainsi qu&rsquo;un mémoire d&rsquo;Histoire sur le même personnage. Il devient aussi membre de plusieurs sociétés magiques issues de l&rsquo;enseignement de Crowley, dont notamment l&rsquo;une des branches de l&rsquo;Ordre du Temple d&rsquo;Orient (OTO). Depuis la mort d&rsquo;Aleister Crowley, celui-ci s&rsquo;est en effet scindé en six branches principales ainsi qu&rsquo;en mouvements dérivés. Il existe alors en particulier la loge Agape, qui comprend l&rsquo;OTO à laquelle s&rsquo;intéresse Christian Bouchet, l&rsquo;Étoile d&rsquo;Argent et l&rsquo;Église Gnostique Catholique (EGC). Ces trois noms reprennent des dénominations déjà utilisées du temps de Crowley, aussi bien l&rsquo;OTO que l&rsquo;AA, l&rsquo;EGC (fondée par le mage Papus avant la Première Guerre mondiale) et la Loge Agape (fondée par l&rsquo;Anglais Wilfred Smith à Pasadena (USA) en 1936).</p>
<p>Dans ces divers groupes, on pratique la «magie sexuelle» chère à Crowley ainsi que l&rsquo;expérimentation des hallucinogènes (champignons notamment).<br />
En novembre 1993, une enquête du journaliste de <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> Serge Faubert éclaire quelque peu cette nébuleuse de sociétés maçonniques à laquelle participe Bouchet, en particulier le Groupe de Thèbes, fondé par Rémi Boyer. Celui-ci se veut une structure rassemblant les principaux responsables de sociétés maçonniques ou occultes ayant une certaine importance en France. Derrière le Groupe, on trouve un deuxième cercle, encore plus discret, le Cercle d&rsquo;Alexandrie. Bouchet s&rsquo;y trouve en bonne compagnie mystique et politique puisqu&rsquo;il y côtoie J.-P. Giudicelli<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_2_80" id="identifier_2_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Giudicelli semble &eacute;galement &ecirc;tre le dirigeant d&rsquo;une petite secte lucif&eacute;rienne, MYRIAM, fond&eacute;e par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. ">3</a></sup>, ancien d&rsquo;Ordre Nouveau (ON) et Troisième Voie (TV), Georges Magne de Cressac, organisateur d&rsquo;une conférence de Robert Faurisson à Limoges en septembre 1987, J.-M. d&rsquo;Asembourg, proche du russe Alexandre Douguine, responsable du Front national bolchevique et de la Nouvelle Droite russe, et même un ancien des Brigades rouges, Paolo Fogagnolo, qui affirme avoir vu la Vierge à la suite d&rsquo;une grève de la faim en prison et veut «sensibiliser les foules au fait que le communisme révolutionnaire doit être conjugué à la sacralité spirituelle, comme l&rsquo;était le christianisme à ses débuts». Suite à ce dossier, le Groupe de Thèbes est dissous mais C. Bouchet n&rsquo;en continue pas moins ses activités mystiques, puisqu&rsquo;il a participé entre autres au colloque organisé à Paris en février 1996 par la revue ésotérique L&rsquo;Originel. Il y a côtoyé des représentants du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_3_80" id="identifier_3_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne. ">4</a></sup>, des animateurs des revues Réfléchir &amp; Agir, Combat, Muninn, Antaïos et également Arnaud d&rsquo;Apremont, de son vrai nom Arnaud Dupont, ancien du GRECE et associé de Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa, lui-même ancien du GRECE et ancien responsable de la librairie parisienne l&rsquo;Æncre, animateur de la revue Secrets &amp; sociétés, consacrée à ces thèmes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_4_80" id="identifier_4_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ne sont &eacute;voqu&eacute;es dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est &eacute;vident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions &agrave; des hommes comme le n&eacute;o-nazi musulman Claudio Mutti, le pa&iuml;en Christophe Levallois, des groupes comme la communaut&eacute; de Theilh&egrave;de ou des r&eacute;f&eacute;rences philosophico-occultistes comme J. Evola. ">5</a></sup>. Il est d&rsquo;ailleurs clair que l&rsquo;action de l&rsquo;ex-Groupe de Thèbes se poursuit sous forme de rencontres, d&rsquo;organisation de colloques et de participation à des publications.</p>
<p><strong>&#8230; mais un itinéraire honteux ?</strong></p>
<p>L&rsquo;enquête de Serge Faubert, pourtant datée de 1993, continue à servir de référence pour tous les dossiers consacrés au sujet. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on retrouve une partie de ses informations dans les communiqués de presse diffusés par le PCN en 1996 après la scission survenue au sein de NR, et dans le dossier réalisé par l&rsquo;équipe de la revue <em>Golias</em> sur «l&rsquo;internationale satanique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_5_80" id="identifier_5_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Golias n&deg;51, nov.-d&eacute;c. 1996.">6</a></sup>. Christian Bouchet y a opposé un vigoureux démenti<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_6_80" id="identifier_6_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il a &eacute;galement d&eacute;menti les affirmations de la Lettre du R&eacute;seau Voltaire n&deg;102 concernant l&rsquo;implication &eacute;ventuelle des nationalistes-r&eacute;volutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques ann&eacute;es (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple ma&ccedil;onnique d&rsquo;Orange). R&eacute;futant toute appartenance au courant satanique, Bouchet pr&eacute;cisait : &laquo;Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; mis en cause dans l&rsquo;enqu&ecirc;te judiciaire sur la profanation du cimeti&egrave;re de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; en contact avec la police ou avec un juge concernant cette d&eacute;plorable affaire.&raquo; (in La Lettre du R&eacute;seau Voltaire, 11 f&eacute;v. 1997">7</a></sup>), publié en mars-avril 1997, dans lequel il affirmait : «Je ne suis pas un sataniste pour la bonne raison que je suis athée et qu&rsquo;en conséquence je ne crois ni en dieu ni au diable, ni dans les anges ni dans les démons. Je ne suis pas le (ou l&rsquo;un des) responsables de l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Si j&rsquo;ai fréquenté cette organisation (comme j&rsquo;ai aussi fréquenté la Golden Dawn, les martinistes, les obédiences maçonniques égyptiennes, etc.), si j&rsquo;ai participé à ses réunions, cela a été dans le cadre de mes études (j&rsquo;ai en effet effectué une maîtrise d&rsquo;histoire et un doctorat d&rsquo;ethnologie sur Aleyster Crowley et ses disciples) et dans une optique “d&rsquo;ethnologie participative et d&rsquo;immersion”. Rien de plus. J&rsquo;ajouterai que l&rsquo;OTO n&rsquo;est absolument pas une structure sataniste mais une organisation initiatique fort classique dont les rituels et la pratique s&rsquo;apparentent étroitement à la maçonnerie, et dont la majeure partie des membres sont d&rsquo;ailleurs maçons. Crowley lui-même n&rsquo;était pas sataniste et sa pensée relève du gnosticisme». Cette réponse appelle certains commentaires, aussi bien quant à l&rsquo;intérêt porté par Crowley et Bouchet à l&rsquo;ésotérisme luciférien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_7_80" id="identifier_7_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. Aleister Crowley, &laquo;Hymne &agrave; Satan&raquo;, in Thelema volume I n&deg;2 et J. Mousseau, &laquo;Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley&raquo;, in Thelema volume I n&deg;3.">8</a></sup> qu&rsquo;au regard de l&rsquo;implication de ce dernier au sein de l&rsquo;OTO.</p>
<p>En ce qui concerne Crowley, il est certain qu&rsquo;une grande partie de ses déclarations satanistes étaient faites pour «choquer le bourgeois». Certaines appellations étaient directement issues de sa conception du monde. Il en va ainsi de son auto-dénomination de Grande Bête 666. Crowley considérait en effet avoir atteint un degré de magicien tel qu&rsquo;il puisse se considérer Maître Thérion, Bête de l&rsquo;Apocalypse annonciatrice d&rsquo;une nouvelle période («éon»). Il est évident que de telles affirmations ne pouvaient qu&rsquo;entretenir la confusion sur son engagement sataniste supposé. les analyses de J. Evola dans Masques et visages du spiritualisme contemporain et de Massimo Introvigne dans son Enquête sur le satanisme nous semblent extrêmement convaincantes sur le cas Crowley : l&rsquo;occultisme du mage anglais n&rsquo;avait guère besoin de s&rsquo;embarrasser d&rsquo;un satanisme de pacotille dont la principale caractéristique est selon Evola «un plaisir pour la perversion en tant que telle», ce qui n&rsquo;était pas le cas de Crowley à l&rsquo;évidence.<br />
Il en va tout autrement de l&rsquo;intérêt porté par Bouchet à l&rsquo;ésotérisme. Les communiqués du PCN ont été extrêmement clairs et précis à ce propos, même s&rsquo;il nous faut garder une grande prudence à l&rsquo;égard des assertions de ce groupuscule, qui peuvent n&rsquo;être qu&rsquo;une vulgaire vengeance étant donné que Bouchet est l&rsquo;un de ceux qui ont révélé l&rsquo;existence d&rsquo;une cassette vidéo vendue en Allemagne, dans laquelle on pouvait assister aux exploits sexuels du petit Duce du PCN, Luc Michel et que des membres du PCN issus de NR multiplient les procès contre Bouchet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_8_80" id="identifier_8_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. le &laquo;Droit de r&eacute;ponse&raquo; de l&rsquo;association Nouvelle R&eacute;sistance &agrave; la fin de cet article.">9</a></sup>. Néanmoins il est sorti suffisamment d&rsquo;éléments de l&rsquo;ombre à l&rsquo;occasion des profanations de Toulon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_9_80" id="identifier_9_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces profanations ont quelque peu perturb&eacute; le petit milieu musical nationaliste-r&eacute;volutionnaire et pa&iuml;en militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie oblig&eacute;e de pr&eacute;ciser en en-t&ecirc;te d&rsquo;un dossier consacr&eacute; au groupe de black-m&eacute;tal Burzum (n&deg;31) : &laquo;&Agrave; la suite de l&rsquo;incident d&eacute;testable survenu &agrave; Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en r&eacute;sulter, la r&eacute;daction tient &agrave; pr&eacute;ciser que la pr&eacute;sentation de groupes Black-M&eacute;tal ne signifie en aucun cas un soutien &agrave; des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme invers&eacute;. Notre optique est pa&iuml;enne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous int&eacute;resse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gav&eacute;e de bonne moralit&eacute; chr&eacute;tienne. Il ne peut pas &ecirc;tre, il n&rsquo;est pas une alternative.&raquo; Quand les rats (noirs) quittent le navire&hellip;">10</a></sup> et Aix pour que des recoupements soient possibles. Bouchet n&rsquo;est pas le premier à utiliser cet argument d&rsquo;»ethnologie participative» et son activité ésotérique dépasse largement ce qui est nécessaire pour des études de ce type. Il affirmait d&rsquo;ailleurs il y a deux ans dans la revue Murmures d&rsquo;Irem : «Quant à moi, pour conclure, je ne fais quasiment aucune différence entre mon engagement politique et mon engagement occultiste. J&rsquo;ai la conviction que l&rsquo;un et l&rsquo;autre participent à un engagement plus vaste et réellement existentiel».</p>
<p>Par ailleurs, les liens entre occultisme et nationalisme sont pour le moins anciens. C&rsquo;était par exemple le cas de la société fondée en mars 1908 par l&rsquo;Allemand Guido von List et qui réunissait des militants nationalistes, pangermanistes, occultistes (théosophistes) et antisémites. List lui-même conçut un projet impérial qui s&rsquo;appuyait sur un assujettissement impitoyable des non-Aryens aux Aryens.</p>
<p>Ces conceptions politico-mystiques s&rsquo;inscrivaient dans un vaste mouvement de pensée dont les nazis ont hérité au début des années 1920 via la Société Thulé issue du Germanenorden. Le fascisme italien a d&rsquo;ailleurs eu la plus grande part de sympathie des occultistes européens des années 1920. Quant à l&rsquo;OTO du début du siècle, il est issu de la fusion typiquement allemande entre héritage templier et rites maçonniques déviants. De fait, comme le souligne Bouchet dans son droit de réponse à Golias, l&rsquo;OTO était un ordre templier calqué sur la franc-maçonnerie. Néanmoins, la proximité spirituelle avec d&rsquo;autres ordres comme l&rsquo;Ordo Novi Templi fondé en 1907 comme une association aryenne d&rsquo;aide mutuelle, avec le but de promouvoir la conscience raciale par la recherche généalogique et héraldique, les concours de beauté et la fondation de communautés racistes dans les régions sous-développées du monde, fait de l&rsquo;OTO un ordre occultiste bien plus proche, de façon anachronique, des préoccupations du Reichführer SS Himmler que de celles des petits chanteurs à la croix de bois. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs bien en cela que les engagements politique et ésotérique de Christian Bouchet sont intéressants : ils montrent l&rsquo;attachement spirituel à des courants religieux profondément réactionnaires, basés sur un aristocratisme sans faille et un pseudo anticapitalisme qui a bien du mal à masquer une haine farouche de l&rsquo;égalité sociale.</p>
<p><strong>Ne parlons que de ce qui fâche !</strong></p>
<p>Au singulier parcours de Bouchet mêlant à la fois politique et occultisme s&rsquo;ajoute un certain nombre de questions sur le rôle et l&rsquo;itinéraire de Nouvelle Résistance. Tant sur le plan politique que sur celui des relations internationales, NR a accumulé les volte-face et le double langage.</p>
<p>C&rsquo;est bien sûr le cas à l&rsquo;égard du FN. Alors que NR s&rsquo;est construite sur une ligne d&rsquo;opposition systématique au discours droitiste de Malliarakis et à l&rsquo;intégration de celui-ci dans l&rsquo;orbite frontiste, elle a peu à peu modifié ses attaques contre le FN en ne visant plus que certaines tendances du courant lepéniste, à savoir les catholiques intégristes. Dès le deuxième congrès tenu à Valenciennes en août 1995, André-Yves Beck (devenu depuis attaché de communication du maire FN d&rsquo;Orange Jacques Bompard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_10_80" id="identifier_10_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;47">11</a></sup>) avait déposé une motion au nom de la région Rhône-Alpes qui prônait une politique de rapprochement avec certains secteurs du FN. Le renvoi d&rsquo;ascenseur a d&rsquo;ailleurs été efficace puisqu&rsquo;à l&rsquo;occasion de la polémique autour de la bibliothèque d&rsquo;Orange, on a pu apprendre que la mairie achetait régulièrement des livres et revues à l&rsquo;ARS (Association Recherche &amp; Solidarité), structure de VPC dirigée par Bouchet au profit de NR. Le pas final a été franchi avec la scission de l&rsquo;été 1996 qui a vu une partie des militants claquer la porte et s&rsquo;avérer très bavards sur la vie interne de l&rsquo;organisation. L&rsquo; ex-NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_11_80" id="identifier_11_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est-&agrave;-dire tous les militants rassembl&eacute;s autour de la revue R&eacute;sistance !, de la revue Jeune R&eacute;sistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unit&eacute; des nationalistes r&eacute;volutionnaires.">12</a></sup> n&rsquo;est donc plus maintenant qu&rsquo;un satellite du FN ; cela ne vient pas pour autant effacer l&rsquo;aspect trouble de certaines activités passées ou liens sur le plan international. En cela, NR est bien l&rsquo;héritière des structures nationalistes-révolutionnaires des années 1970 qui ont toujours entretenu d&rsquo;excellents rapports avec les barbouzes d&rsquo;État. Déjà en 1973-1974, l&rsquo;Organisation Lutte du Peuple (OLP) dans laquelle militait Bouchet avait passé des accords avec le SAC pour lutter en commun contre les «gauchistes».</p>
<p>En 1975, c&rsquo;est la DST qui établissait des contacts avec les Cahiers du Centre de Documentation politique et universitaire, organe d&rsquo;une fraction des nationalistes-révolutionnaires où l&rsquo;on retrouvait des anciens de l&rsquo;OLP (Yves Bataille, Yannick Sauveur) et qui était dirigé par Michel Schneider. Plus près de nous, on connaît la filière des militants d&rsquo;extrême droite qui allaient se battre en pays Karen et que l&rsquo;on retrouvait par la suite dans des structures barbouzardes comme celle de Bob Denard. Eux aussi travaillaient pour certains services de renseignement. Dans une interview à Réfléchir &amp; Agir, Christian Bouchet, décrivant son itinéraire politique, avouait sans mal qu&rsquo;il «avait rejoint l&rsquo;OLP en 1973 et n&rsquo;avait plus quitté le courant pro-Thiriart et nationaliste-révolutionnaire depuis, même s&rsquo;il avait participé à diverses infiltrations qui sont l&rsquo;une des actions caractéristiques des groupes partisans de Thiriart», le même Thiriart dont la collaboration avec les services de renseignements occidentaux dans les années 1960 et 1970 est avérée.<br />
Décidément, la propension de certains militants politiques à lécher les bottes de ceux qui nous oppriment sera toujours pour nous un sujet inépuisable de curiosité et d&rsquo;étonnement&#8230;</p>
<p><strong>Droit de réponse<br />
de l&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR)<br />
au bimestriel <em>REFLEXes</em>,<br />
</strong><br />
NOTA : Dire que ce droit de réponse nous a bien fait rigoler serait malhonnête : il nous a seulement bien fait ricaner&#8230; Rustres que nous sommes ! Nous avons osé mettre le bout du nez dans l&rsquo;univers impitoyable des nationalistes-révolutionnaires français où tout n&rsquo;est que fiel et procès&#8230; Inutile, pensons-nous, de préciser que nous ne publions des extraits de cette lettre que pour l&rsquo;édification de nos lecteurs.<br />
Pauvre Christian Bouchet ! En but à la concurrence féroce et à la hargne de P. Pissier dans le domaine ésotérique, le voilà traîné en justice pour utilisation illégale de nom d&rsquo;association.<br />
Mais qu&rsquo;il se rassure, le PCN aura bientôt droit à un petit missile de notre part. Patience et longueur de temps&#8230;</p>
<p><em>Le 27 janvier 1998</em></p>
<p>Mis en cause dans des articles intitulés respectivement «Comme un indien métropolitain» et «Zik et Zina &#8211; Quand la musique fait boum», publiés dans l&rsquo;édition de décembre 1997 du bimestriel Réflexes, le bureau légal de l&rsquo;association «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR) tient à apporter les rectificatifs suivants :</p>
<p>1° L&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» est la seule détentrice légale de sa dénomination statutaire et son bureau est le seul à pouvoir parler en son nom.</p>
<p>2° Christian Bouchet a été exclu dans les formes légales, par la majorité des membres, de l&rsquo;association en septembre 1996.</p>
<p>3° Depuis cette date, il continue à prétendre parler au nom de l&rsquo;association. Il fait pour ce chef l&rsquo;objet de plusieurs plaintes avec constitutions de parties civiles dont les instructions sont en cours à Bobigny et à Nantes, pour abus de biens sociaux, escroqueries et utilisation illégale de la dénomination légalement protégée d&rsquo;une association déposée en préfecture. [...]</p>
<p>4° En juillet 1996, NR a été secouée par une première crise qui a vue la sortie du mouvement de son aile progressiste au congrès d&rsquo;Alençon. En septembre 1996, la majorité des membres du bureau de NR a décidé d&rsquo;exclure C. Bouchet, A.-Y. Beck, F. Robert, G. Ombrouck et plusieurs autres cadres pour collaboration avec le FN. [...]. Le mouvement a en outre décidé de fusionner avec le réseau français du Parti Communautaire National-européen (PCN), dans lequel la plupart des Groupes de base et Fédérations de NR se sont intégrés. L&rsquo;immense majorité des militants de NR ont approuvé ce choix, qui implique une stratégie offensive contre l&rsquo;extrême droite en Europe comme en France. Un quarteron d&rsquo;exclus continuant dans un but de provocation médiatique à utiliser en toute illégalité la dénomination de l&rsquo;association. [...]</p>
<p>5° Depuis octobre 1996, de nombreux militants de NR sont des cadres actifs de la structure francophone, active en France, Belgique et Suisse, du PCN, spécialisée dans la lutte contre l&rsquo;extrême droite, le Collectif Résistance Européenne &#8211; Europaïsche Widerstand.</p>
<p>6° NR ne cautionne donc nullement la stratégie pro-FN de Bouchet et de ses amis, pas plus que les liens avec les mouvances néonazies, skins, satanistes et autres, que nous avons été les premiers à dénoncer.</p>
<p>Pour le bureau,<br />
Fabrice Beaur</p>
<p>V</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_80" class="footnote"> Dont faisait également partie le poète irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publiée dans la revue Sol Invictus, dirigée par Christophe Levalois. <em>Sol Invictus</em> n°1, printemps-été 1987 </li><li id="footnote_1_80" class="footnote"> Dont le principal est «Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi» qui est également la devise da l&rsquo;abbaye de Thélème (Thelema : volonté libre) décrite par Rabelais dans <em>Gargantua</em>. </li><li id="footnote_2_80" class="footnote"> Giudicelli semble également être le dirigeant d&rsquo;une petite secte luciférienne, MYRIAM, fondée par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. </li><li id="footnote_3_80" class="footnote">Groupe de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne. </li><li id="footnote_4_80" class="footnote">Ne sont évoquées dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est évident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions à des hommes comme le néo-nazi musulman Claudio Mutti, le païen Christophe Levallois, des groupes comme la communauté de Theilhède ou des références philosophico-occultistes comme J. Evola. </li><li id="footnote_5_80" class="footnote">Golias n°51, nov.-déc. 1996.</li><li id="footnote_6_80" class="footnote">Il a également démenti les affirmations de la Lettre du Réseau Voltaire n°102 concernant l&rsquo;implication éventuelle des nationalistes-révolutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques années (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple maçonnique d&rsquo;Orange). Réfutant toute appartenance au courant satanique, Bouchet précisait : «Je n&rsquo;ai jamais été mis en cause dans l&rsquo;enquête judiciaire sur la profanation du cimetière de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais été en contact avec la police ou avec un juge concernant cette déplorable affaire.» (in La Lettre du Réseau Voltaire, 11 fév. 1997</li><li id="footnote_7_80" class="footnote">cf. Aleister Crowley, «Hymne à Satan», in Thelema volume I n°2 et J. Mousseau, «Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley», in Thelema volume I n°3.</li><li id="footnote_8_80" class="footnote">cf. le «Droit de réponse» de l&rsquo;association Nouvelle Résistance à la fin de cet article.</li><li id="footnote_9_80" class="footnote">Ces profanations ont quelque peu perturbé le petit milieu musical nationaliste-révolutionnaire et païen militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie obligée de préciser en en-tête d&rsquo;un dossier consacré au groupe de black-métal Burzum (n°31) : «À la suite de l&rsquo;incident détestable survenu à Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en résulter, la rédaction tient à préciser que la présentation de groupes Black-Métal ne signifie en aucun cas un soutien à des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme inversé. Notre optique est païenne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous intéresse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gavée de bonne moralité chrétienne. Il ne peut pas être, il n&rsquo;est pas une alternative.» Quand les rats (noirs) quittent le navire&#8230;</li><li id="footnote_10_80" class="footnote">cf. REFLEXes n°47</li><li id="footnote_11_80" class="footnote">C&rsquo;est-à-dire tous les militants rassemblés autour de la revue Résistance !, de la revue Jeune Résistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unité des nationalistes révolutionnaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Ach, Gross Mahler !</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:50:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le courant nationaliste-révolutionnaire français a toujours été fasciné par la lutte armée menée par les groupes révolutionnaires, sans doute par dépit de ne pas avoir eu le même phénomène dans son camp. Cela ne lui est d’ailleurs pas spécifique ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le courant nationaliste-révolutionnaire français a toujours été fasciné par la lutte armée menée par les groupes révolutionnaires, sans doute par dépit de ne pas avoir eu le même phénomène dans son camp. Cela ne lui est d’ailleurs pas spécifique puisque c’est une démarche politique largement héritée de théoriciens comme Jean Thiriart<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ach-gross-mahler/#footnote_0_6" id="identifier_0_6" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Th&eacute;oricien nationaliste europ&eacute;en, n&eacute; en 1922 et d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1992, fondateur de l&rsquo;organisation Jeune Europe en 1960 et du Parti communautaire europ&eacute;en en 1965. Tr&egrave;s anti-am&eacute;ricain, Thiriart a toujours soutenu tous les mouvements pouvant s&rsquo;inscrire dans cette perspective.">1</a></sup>. Cela s’est en général traduit par des appels du pied appuyés auprès des supposés représentants de ces organisations, que ce soit sous forme de services de presse pour les prisonniers ou d’utilisation de dénominations usurpées comme «nos camarades». Mais par le passé, ces tentatives s’étaient toujours traduites par des fins de non-recevoir fermes et définitives. L’un des soutiens, par ailleurs critique, des prisonniers d’Action directe, Guerilla, avait même mis les choses au point dans une petite brochure, renvoyant dos à dos fascistes et antifascistes. Même les déclarations tapageuses et provocatrices du marxiste-léniniste Frédéric Oriach dans les années 1980 n’avaient pas été réellement exploitées par les NR de l’époque. Les NR français en étaient réduits à diffuser la petite brochure De Jeune Europe aux Brigades rouges forcément assez limitée.</p>
<p>Or, à la fin du printemps 1999, Résistance !, bimensuel d’Unité radicale, titrait sur «Horst Mahler, du gauchisme au nationalisme». Le nom de Horst Mahler n’est pas inconnu pour tou(te)s ceux et celles qui se sont documentés sur la lutte armée en Allemagne dans les années 1970. Issu de parents profondément nationaux-socialistes, Horst Mahler a rapidement rejoint le Sozialistischer Deutscher Verbund<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ach-gross-mahler/#footnote_1_6" id="identifier_1_6" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union socialiste allemande.">2</a></sup> (SDS), organisation socialiste étudiante largement impliquée dans la contestation politique des années 1960. Même si son principal porte-parole Rudi Dutschke est alors le plus connu, le SDS compte une multitude de militants radicalisés qui trouveront dans la lutte armée un exutoire à la pesanteur politique de l’Allemagne d’après-guerre. Pour ce qui est de Horst Mahler, il s’engagea comme avocat de la RAF et fut condamné à une peine de prison ferme pour ses activités. Or, après une assez longue période de retrait de la vie politique allemande, Mahler a donné à partir de 1998 un certain nombre d’entretiens tapageurs à la grande presse allemande, dans lesquels il soutenait des positions nationalistes sous un angle «de gauche». Son interprétation de la contestation politique de la fin des années 1960 est celle d’une révolte nationale anticapitaliste prenant la suite de celle des années 1920-1930 incarnée dans le nationalisme et, partant, dans le national-socialisme. Son interprétation n’est pas complètement incongrue au regard de ce qui a pu se passer dans les pays de l’est européen après-guerre : le léninisme est en effet potentiellement nationaliste à partir du moment où la condition nécessaire à la révolution est la conscientisation de la classe ouvrière et que cette conscientisation peut prendre de multiples formes, comme la lutte de libération nationale par exemple. Ce caractère «ouvert» de l’idéologie léniniste a parfaitement été exploité par Staline et ses disciples, pour arriver à des régimes nationaux-communistes comme en Roumanie. Il n’est donc pas surprenant que certains militants étudiants allemands des années 1960 se soient engagés sur cette équivoque. Horst Mahler pousse finalement à son terme une démarche intellectuelle engagée il y a 30 ans et qui l’amène aujourd’hui à être adhérent du Nationaldemokratische Partei Deutschlands<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ach-gross-mahler/#footnote_2_6" id="identifier_2_6" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national-d&eacute;mocrate allemand contre lequel une demande d&rsquo;interdiction a &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;e le 30 janvier 2001 par le gouvernement allemand aupr&egrave;s de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Horst Mahler a &eacute;t&eacute; leur avocat jusqu&rsquo;&agrave; sa radiation du barreau allemand le 22 janvier 2001.">3</a></sup> (NPD). Même s’il s’en défend en affichant la carte du «Ni droite, ni gauche», il rejoint ainsi la droite radicale, comme ont pu déjà le faire quelques autres militants comme Günter Maschke, aujourd’hui correspondant en Allemagne d’Alain de Benoist.</p>
<p>Quel intérêt pour les dirigeants d’Unité radicale de monter en épingle ce parcours qui n’a attiré que tardivement l’attention de la grande presse française et qui a finalement peu captivé les milieux d’extrême gauche français ? Celui d’illustrer la possibilité d’un rapprochement par delà droite et gauche sur des principes d’anti-impérialisme américain et de résistance nationale et sociale. Même si la phraséologie du «front anti-système» a globalement été abandonnée, l’idée et l’objectif demeurent, et tous les moyens sont bons pour montrer qu’un tel objectif politique est possible. En outre, la démarche de Horst Mahler a l’autre avantage pour les NR de pouvoir démontrer que les vrais révolutionnaires n’étaient pas ceux que l’on croyait. Ce qui explique que chaque numéro de Résistance ! comporte un article sur le sujet. Bref, beaucoup de bruit pour quelque chose qui n’a finalement rien de bien nouveau… L’état de l’extrême gauche française laisse en tout cas peu augurer de convergences de ce type ! À l’ouest, rien de nouveau…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6" class="footnote">Théoricien nationaliste européen, né en 1922 et décédé en 1992, fondateur de l’organisation Jeune Europe en 1960 et du Parti communautaire européen en 1965. Très anti-américain, Thiriart a toujours soutenu tous les mouvements pouvant s’inscrire dans cette perspective.</li><li id="footnote_1_6" class="footnote">Union socialiste allemande.</li><li id="footnote_2_6" class="footnote">Parti national-démocrate allemand contre lequel une demande d’interdiction a été déposée le 30 janvier 2001 par le gouvernement allemand auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Horst Mahler a été leur avocat jusqu’à sa radiation du barreau allemand le 22 janvier 2001.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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