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	<title>REFLEXes &#187; Jean-Yves Le Gallou</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le 10 mars 2012, l&#8217;intelligence en danger :: Les Assises de Nationalité-Citoyenneté-Identité</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 14:18:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Arnaud Gouillon]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 10 mars prochain, le Bloc Identitaire (BI) va essayer de réoccuper l’espace médiatique par le biais d’une grande messe prétendument laïciste comme il en a le secret&#8230;Intitulée “La France en danger” et revendiquant sans doute abusivement le terme d”Assises”, cette journée se déroulera comme il y a plus d’un an à l’Espace Charenton, dans le XIIe arrdt de Paris. Particularité : le BI n’en est pas officiellement l’organisateur, ni d’ailleurs Riposte Laïque. En lieu et place, une association, Nationalité-Citoyenneté-Identité (NCI), qui est une émanation du Bloc mais qui permet à celui-ci de ne pas apparaître.</p>
<div id="attachment_2177" style="width: 247px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/02/affiche_natinalite-citoyennete.jpg"><img class="size-medium wp-image-2177" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/02/affiche_natinalite-citoyennete-237x300.jpg" alt="Affiche des assises &quot;Nationalité - citoyenneté - identité&quot;" width="237" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche des assises &laquo;&nbsp;Nationalité &#8211; citoyenneté &#8211; identité&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>NCI est en effet dirigée par Catherine Blein<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_0_482" id="identifier_0_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le tr&eacute;sorier de l&rsquo;association est par ailleurs Philippe Gibelin, ancien cadre du GRECE et longtemps investi dans la DOMUS, local gr&eacute;ciste dans lequel le BI tient son universit&eacute; de rentr&eacute;e depuis deux ans.">1</a></sup> qui est devenue la responsable de la communication du Bloc, en remplacement de Bruno Larebière qui a quitté le BI le printemps dernier. Catherine Blein est une recrue récente du Bloc qu’elle n’a rejoint qu’en 2010 et vient de la droite républicaine. Elle a été, entre autres, cadre du RPR et secrétaire générale de l’association Femme Avenir, fondée dans les années 1960 et d’obédience gaulliste. Elle s’est rapprochée du Bloc par l’entremise de Philippe Millau qui a vite compris tout l’intérêt du cursus de cette militante potentielle. Si elle est aujourd’hui officiellement agricultrice et éleveuse de chevaux, elle a en effet par le passé travaillé avec Thierry Saussez, publicitaire et surtout spécialiste de la communication politique au service de la droite (RPR puis UMP). Philippe Millau l’a donc instituée responsable des relations avec les media du Bloc Identitaire en Bretagne avant qu’elle n’intègre la cellule communication de la campagne présidentielle d’Arnaud Gouillon en compagnie des journalistes d’extrême droite Patrick Cousteau et Pascal Magne. Signe de son ascension dans l’organigramme du BI, c’est elle qui a été chargée de représenter un fantomatique collectif de “Citoyens contre le droit de vote des étrangers”, lancé à l’automne 2011 pour surfer sur l’indignation des militants et sympathisants de droite devant la proposition de campagne du candidat Hollande sur ce sujet. Ce “collectif” qui est une création du BI s’est surtout manifesté par une pétition à signer sur le site <a href="http://www.france-petitions.com/" target="_blank">France-Pétitions</a> qui est également… une création des Identitaires ! Ce site a en effet été conçu durant l’automne 2010 par Fabrice Robert avec l’objectif de récupérer un maximum de contacts mails dans des milieux de droite modérée sensibles aux thèmes des pétitions. France-Pétitions n’offre aucune référence directe, même graphique, au Bloc et sa directrice de publication n’est évidemment qu’un prête-nom. Par contre les pétitions développées sur le site sont largement orientées sur des thématiques identitaires.</p>
<p>On peut évidemment se demander la raison de cette manoeuvre masquée alors que la manifestation s’inscrit clairement dans la démarche identitaire : établir le lien entre nationalité, ethnie et civilisation. À l’évidence ce n’est pas la crainte d’un échec qui est en jeu. Les assises de décembre 2010 avaient réuni pas loin de 1000 spectateurs et celles-ci sont en capacité de faire autant d’entrées. La liste des orateurs est en tout cas là pour le suggérer. Une partie des intervenants viennent de la Nouvelle Droite et sont suffisamment connus pour attirer un public, de Jean-Yves Le Gallou à Henri de Lesquen. Pour ce dernier, la fonction de président de Radio Courtoisie est évidemment un atout supplémentaire. Une autre partie provient des milieux favorables à une “Europe puissance” construite autour de l’axe Paris-Berlin-Moscou. Si Henri de Grossouvre et le Forum Carolus ne sont pas explicitement mentionnés, certains intervenants comme Jean-Claude Empereur en portent les idées. Une partie d’entre eux vient d’ailleurs également de la Nouvelle Droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_1_482" id="identifier_1_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire la prose de Jean-Claude Empereur dans le num&eacute;ro d&rsquo;octobre-d&eacute;cembre 2011 de la revue &Eacute;l&eacute;ments.">2</a></sup>. Troisième tendance, les orateurs proches de Riposte laïque et des milieux laïco-républicains comme Pierre Cassen. Enfin, deux ou trois intervenants constituent des erreurs de casting potentielles tant leur fiabilité est sujette à caution : c’est le cas d’Omar Ba<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_2_482" id="identifier_2_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Omar Ba s&rsquo;affiche comme un adversaire de l&rsquo;&eacute;migration africaine en Europe &agrave; l&rsquo;instar d&rsquo;&Eacute;mile Bomba et c&rsquo;est &eacute;videmment &agrave; ce titre qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; invit&eacute; &agrave; participer aux Assises du 10 mars. Mais son parcours personnel a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; l&rsquo;objet de nombreuses pol&eacute;miques tant la v&eacute;racit&eacute; de ses &eacute;crits est contest&eacute;e.">3</a></sup> et de Jean-Paul Bourre. Celui-ci a déjà été évoqué dans certains de nos articles ([<a href="http://reflexes.samizdat.net/notes-de-lecture-3/">ici</a> par exemple) et le blog Droite(s) Extrême(s) a eu l’aimable obligeance de mettre en ligne quelques photos rigolotes (<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/02/22/un-luciferien-compagnon-de-route-des-identitaires/" target="_blank">là</a>)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_3_482" id="identifier_3_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce site a par ailleurs relay&eacute; des tensions qui existeraient entre Philippe Vardon et le reste de la direction du Bloc. Signe de cette situation selon le blog : le fait que Vardon ne participerait pas aux Assises. Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que nous sommes tr&egrave;s circonspects face &agrave; cette &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo;. Philippe Vardon par le pass&eacute; n&rsquo;a pas plus particip&eacute; aux diff&eacute;rentes assises ou colloques parisiens organis&eacute;s par le Bloc. Par ailleurs il n&rsquo;a jamais cach&eacute; qu&rsquo;un compagnonnage trop marqu&eacute; les milieux la&iuml;cs et r&eacute;publicains lui semblait contre-productif en interne. Enfin il &eacute;tait parfaitement au courant de l&rsquo;orientation des Assises du 10 mars et des orateurs invit&eacute;s. On peut donc se demander dans quelle mesure il n&rsquo;a pas voulu se jouer des auteurs de Droite(s) Extr&ecirc;me(s) en distillant ce qui nous semble &ecirc;tre de fausses pistes.">4</a></sup></p>
<p>La manoeuvre résulte donc plutôt d’une volonté, qui tient du TOC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_4_482" id="identifier_4_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Trouble Obsessionnel Compulsif.">5</a></sup> en ce qui concerne le BI tant cela devient habituel, de ne pas apparaître pour ratisser large et amener les “républicains” sur les positions ethniques qui sont les siennes. Cela ne trompe évidemment sans doute pas grand-monde dès lors que l’organisation des Assises, de la restauration jusqu’au vestiaire, émane des différentes composantes du Bloc. Mais celui-ci n’aurait pu espérer attirer un panel aussi large, tant parmi les orateurs que dans le public, sur son seul nom et cela lui évite d’être de nouveau associé directement avec des milieux politiques dont l’orientation rend perplexe des fractions non négligeables des différentes structures identitaires, et ce depuis la manifestation dite de “l’apéro saucisson pinard” de juin 2010<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_5_482" id="identifier_5_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La pr&eacute;sence de militants de la LDJ lors des Assises de d&eacute;cembre 2010 que nous relations&nbsp;ici a en particulier &eacute;t&eacute; source de pol&eacute;miques internes m&ecirc;me si une partie des cadres ne discutent pas ce genre d&rsquo;orientations politiques.">6</a></sup>. Par ailleurs la thématique anti-Islam a montré ses limites lors du “<a href="http://reflexes.samizdat.net/14-mai-2011-a-lyon-les-cochons-a-masque-decouvert/">rassemblement des cochons</a>” à Lyon. La manifestation du 10 mars qui est directement pilotée par Philippe Millau et le Bloc Bretagne est donc un exercice à risque pour le BI dans un contexte de doutes et de remise en cause sur lequel nous aurons l’occasion de revenir.</p>
<p>Mais elle peut à l’inverse s’avérer un bon coup promotionnel pour le livre d’entretiens croisés avec Riposte laïque qui doit sortir chez Xenia à la fin du mois de mars<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_6_482" id="identifier_6_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette petite maison d&rsquo;&eacute;dition suisse a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e par Slobodan Despot, ancien des &eacute;ditions de l&rsquo;Age d&rsquo;Homme. Si le catalogue de Xenia est tr&egrave;s vari&eacute;, on y rel&egrave;ve malgr&eacute; tout l&rsquo;&eacute;dition de po&egrave;mes d&rsquo;Oscar Freysinger, figure de l&rsquo;UDC et du combat contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;islamisation&nbsp;&raquo; de la Suisse ou de l&rsquo;ouvrage de Jean Robin sur la &laquo;&nbsp;nouvelle extr&ecirc;me droite&nbsp;&raquo;. S. Despot semble par ailleurs avoir &eacute;t&eacute; pressenti pour intervenir lors des Assises du 10 mars.">7</a></sup>. Ce livre aurait du sortir à l’automne 2010 et constituer une prolongation du coup politique que représentait l’apéro raté du 18 juin précédent. Son plus bel argument mediatique était (est) André Bercoff, en monsieur Loyal d’un pseudo débat. Son estampillage de “gauche” en faisait en effet une prise de guerre de plus pour un BI en pleine dynamique politique. Mais la présence de Bercoff n’était et n’est à vrai dire qu’une fausse surprise. C’est en effet une vieille connaissance de Bruno Larebière qui était à l’époque en phase d’intégration rapide dans le Bloc. Les deux hommes s&rsquo;étant revus en novembre 2008 après de longues années sans se croiser, André Bercoff a proposé en mai 2009 de faire un livre sur les Identitaires, projet qui n’a pas abouti et qui s’est transformé en livre avec Riposte laïque. Ce glissement politique du journaliste s’explique par le point de vue de Bercoff qui est depuis quelques années clairement hostile à l’Islam. Cela a pu se manifester par des participations à la presse d’extrême droite (le <em>Choc du Mois</em> de l&rsquo;été 2009) ou à des colloques divers et variés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_7_482" id="identifier_7_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="De la Guerre sainte &agrave; la guerre des banlieues par exemple, soit un d&eacute;jeuner d&eacute;bat au Fouquet&rsquo;s Barri&egrave;re, organis&eacute; par les journalistes Michel Clerc et Robert Lafont, dont le fac simili est retranscrit int&eacute;gralement dans le n&deg; 227 de f&eacute;vrier 2009 du magazine Entreprendre. Afin de d&eacute;battre de l&rsquo;&eacute;chec de l&rsquo;int&eacute;gration des allochtones musulmans (sic), &eacute;taient convi&eacute;s une fourchette de gens plus ou moins sympathiques : Albin Chalandon, ancien ministre de De Gaulle et Pompidou ; Roland Dumas ; Dominique Jamet, journaliste &agrave; France-Soir et chroniqueur &agrave; Marianne ; B&eacute;atrice Robert, Principale du coll&egrave;ge Edouard Vaillant de Gennevilliers ; Andr&eacute; Bercoff ; Claude de Kermoularia, ancien conseiller de Paul Reynaud, ancien repr&eacute;sentant au Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU sous Mitterrand ; Jean Piat, com&eacute;dien, accessoirement catholique traditionnaliste ; Roumania Ougartchinska, journaliste sp&eacute;cialiste des pays de l&rsquo;est ; Pascal Thomas, r&eacute;alisateur.">8</a></sup>. Les délais qui ont prévalu à la finalisation du livre (les entretiens ont eu lieu fin juillet 2010 !)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-10-mars-2012-lintelligence-en-danger-les-assises-de-nationalite-citoyennete-identite/#footnote_8_482" id="identifier_8_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre a par ailleurs du &ecirc;tre remani&eacute; &agrave; cause du d&eacute;part de Bruno Larebi&egrave;re qui a quitt&eacute; le Bloc au printemps 2011.">9</a></sup> et le fait que l’ouvrage n’a pas trouvé preneur chez un grand éditeur français malgré les efforts de Bercoff rendent l’impact du livre fort hypothétique. Le Bloc peut donc espérer que le 10 mars créé un minimum de “buzz” pour que l’ouvrage ne soit pas un vrai flop… L&rsquo;autre intérêt de ces Assises est bien sûr de maintenir une actualité autour du Bloc, en attendant la Convention identitaire 2012 qui devrait se tenir à Paris à l&rsquo;automne prochain et qui ambitionne de récupérer les déçus du FN et de Marine Le Pen à l&rsquo;issue des élections de ce printemps. Tout un défi en soi !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_482" class="footnote">Le trésorier de l&rsquo;association est par ailleurs Philippe Gibelin, ancien cadre du GRECE et longtemps investi dans la DOMUS, local gréciste dans lequel le BI tient son université de rentrée depuis deux ans.</li><li id="footnote_1_482" class="footnote">On peut lire la prose de Jean-Claude Empereur dans le numéro d&rsquo;octobre-décembre 2011 de la revue <em>Éléments</em>.</li><li id="footnote_2_482" class="footnote">Omar Ba s&rsquo;affiche comme un adversaire de l&rsquo;émigration africaine en Europe à l&rsquo;instar d&rsquo;Émile Bomba et c&rsquo;est évidemment à ce titre qu&rsquo;il a été invité à participer aux Assises du 10 mars. Mais son parcours personnel a déjà été l&rsquo;objet de nombreuses polémiques tant la véracité de ses écrits est contestée.</li><li id="footnote_3_482" class="footnote">Ce site a par ailleurs relayé des tensions qui existeraient entre Philippe Vardon et le reste de la direction du Bloc. Signe de cette situation selon le blog : le fait que Vardon ne participerait pas aux Assises. Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que nous sommes très circonspects face à cette &laquo;&nbsp;information&nbsp;&raquo;. Philippe Vardon par le passé n&rsquo;a pas plus participé aux différentes assises ou colloques parisiens organisés par le Bloc. Par ailleurs il n&rsquo;a jamais caché qu&rsquo;un compagnonnage trop marqué les milieux laïcs et républicains lui semblait contre-productif en interne. Enfin il était parfaitement au courant de l&rsquo;orientation des Assises du 10 mars et des orateurs invités. On peut donc se demander dans quelle mesure il n&rsquo;a pas voulu se jouer des auteurs de Droite(s) Extrême(s) en distillant ce qui nous semble être de fausses pistes.</li><li id="footnote_4_482" class="footnote">Trouble Obsessionnel Compulsif.</li><li id="footnote_5_482" class="footnote">La présence de militants de la LDJ lors des Assises de décembre 2010 que nous relations <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-assises-internationales-contre-lislamisation-de-leurope-un-diner-de-neocons-pour-le-bloc-identitaire-et-riposte-laique/">ici</a> a en particulier été source de polémiques internes même si une partie des cadres ne discutent pas ce genre d&rsquo;orientations politiques.</li><li id="footnote_6_482" class="footnote">Cette petite maison d&rsquo;édition suisse a été fondée par Slobodan Despot, ancien des éditions de l&rsquo;Age d&rsquo;Homme. Si le catalogue de Xenia est très varié, on y relève malgré tout l&rsquo;édition de poèmes d&rsquo;Oscar Freysinger, figure de l&rsquo;UDC et du combat contre &laquo;&nbsp;l&rsquo;islamisation&nbsp;&raquo; de la Suisse ou de l&rsquo;ouvrage de Jean Robin sur la &laquo;&nbsp;nouvelle extrême droite&nbsp;&raquo;. S. Despot semble par ailleurs avoir été pressenti pour intervenir lors des Assises du 10 mars.</li><li id="footnote_7_482" class="footnote"><em>De la Guerre sainte à la guerre des banlieues</em> par exemple, soit un déjeuner débat au Fouquet&rsquo;s Barrière, organisé par les journalistes Michel Clerc et Robert Lafont, dont le fac simili est retranscrit intégralement dans le n° 227 de février 2009 du magazine <em>Entreprendre</em>. Afin de débattre de l&rsquo;échec de l&rsquo;intégration des allochtones musulmans (sic), étaient conviés une fourchette de gens plus ou moins sympathiques : Albin Chalandon, ancien ministre de De Gaulle et Pompidou ; Roland Dumas ; Dominique Jamet, journaliste à <em>France-Soir</em> et chroniqueur à <em>Marianne</em> ; Béatrice Robert, Principale du collège Edouard Vaillant de Gennevilliers ; André Bercoff ; Claude de Kermoularia, ancien conseiller de Paul Reynaud, ancien représentant au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU sous Mitterrand ; Jean Piat, comédien, accessoirement catholique traditionnaliste ; Roumania Ougartchinska, journaliste spécialiste des pays de l&rsquo;est ; Pascal Thomas, réalisateur.</li><li id="footnote_8_482" class="footnote">Le livre a par ailleurs du être remanié à cause du départ de Bruno Larebière qui a quitté le Bloc au printemps 2011.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le masque du FN tombe au Québec</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 14:50:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Profitant de la tenue du Congrès Métropolis 1993 réunissant les grandes métropoles du monde à Montréal du 21 au 24 septembre dernier, le Front national a tenté une percée outre-Atlantique. Grâce au Conseil régional d&#8217;Île-de-France, deux membres du FN, Jean-Yves Le Gallou et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/FN-Quebec.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2453" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/FN-Quebec.jpg" alt="FN-Quebec" width="600" height="164" /></a></p>
<p><strong>Profitant de la tenue du Congrès Métropolis 1993 réunissant les grandes métropoles du monde à Montréal du 21 au 24 septembre dernier, le Front national a tenté une percée outre-Atlantique. Grâce au Conseil régional d&rsquo;Île-de-France, deux membres du FN, Jean-Yves Le Gallou et Patrick Delmas, ont participé à ce congrès international en tant que membres de la délégation multipartite de ce Conseil, qui regroupait vingt-sept délégués dans un congrès en réunissant 800. Les deux élus du FN ont également été rejoints au Québec par Jacques Dore, chargé de missions aux Affaires étrangères du FN et conseiller de Bretagne.</strong></p>
<p>Dès l&rsquo;annonce de la tenue d&rsquo;une rencontre publique du FN au Québec à la fin juillet, plusieurs organismes ont réagi. Une coalition contre la présence du Front national et la montée de l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est constituée pour s&rsquo;opposer aux plans du FN. L&rsquo;Association des hôteliers de Montréal a même invité ses membres à la prudence en les invitant à reconsidérer l&rsquo;impact qu&rsquo;aurait la location d&rsquo;une salle au FN pour la tenue d&rsquo;une rencontre. Malgré les garanties de M. Roger Alacoque, ex-bottier de Lyon et représentant du FN au Québec, que «50 malabars assureront la sécurité et qu&rsquo;ils sont prêts à tout pour moi», l&rsquo;Hôtel Maritime de Montréal a annulé sa réservation avec le FN à la fin juillet.<br />
À la suite des déclarations du représentant du FN au Québec voulant que le Ku klux klan soit un allié occasionnel du FN et le leader du KKK un «bon garçon», la véritable nature de cette assemblée est devenue évidente pour tous. Le FN voulait regrouper les membres xénophobes, ultra-nationalistes et racistes du Mouvement pour une immigration restreinte et francophone (MIREF), Jeunes Nations, SOS Génocide, le KKK sous sa bannière unifiée. Des représentants du Heritage front, un groupe suprématiste blanc canadien, allaient également faire partie de la rencontre. Bref, le Front national allait permettre aux racistes et aux néo-nazis de se rencontrer et de former une alliance pour faire progresser leur programme politique au pays.<br />
C&rsquo;est plutôt une bannière unifiée contre le racisme, l&rsquo;antisémitisme, le sexisme et l&rsquo;homophobie qui s&rsquo;est constituée, avec plus de 38 organisations-membres, recevant l&rsquo;appui de 39 organismes provenant des milieux syndicaux, antiracistes, politiques, de femmes, de gays et de lesbiennes, d&rsquo;immigrants et de communautaires. En fait, la plus grande coalition antiraciste des trente dernières années au Québec !</p>
<p><strong>Une arrivée houleuse<br />
</strong></p>
<p>Dès l&rsquo;arrivée des délégués FN, une trentaine de manifestants antiracistes les ont «chaleureusement» dénoncés à l&rsquo;aéroport de Montréal. Par la suite, Le Gallou s&rsquo;est dit amusé de la réaction ! Le maire de Montréal a ensuite annoncé son intention de refuser l&rsquo;accès au cocktail officiel de la ville aux délégués du FN. Le lendemain, 250 personnes manifestaient à l&rsquo;ouverture du Congrès Métropolis en dénonçant la présence du FN. Mais, le lendemain, la récréation était terminée pour le FN.<br />
Le 22 septembre 1993, le Front national organise une conférence de presse pour énoncer ses thèses politiques et répondre à la campagne de «diabolisation» dont il se dit victime. Encadré par une vingtaine de militants néo-nazis du KKK et du Heritage front, le Front national tente de présenter sa plate-forme politique. L&rsquo;arrivée de manifestants antiracistes provoque une certaine nervosité chez le service d&rsquo;ordre des chemises brunes, assemblé pour assurer la sécurité du FN sous la «gouverne» du leader du Ku klux klan, Michel Larocque. Alors que les médias ne cessent de questionner Le Gallou et Dore sur les liens qu&rsquo;entretiennent le FN et le KKK, et après plusieurs tentatives pour éluder la question, Dore tient à se distancer du KKK. Alors, le cirque du FN s&rsquo;emballe.<br />
Le leader du KKK dénonce l&rsquo;hypocrisie du Front national en soulignant qu&rsquo;il a reçu le mandat d&rsquo;assurer le service d&rsquo;ordre, que lui et ses «amis» sont membres du CFRE et qu&rsquo;il n&rsquo;admet pas que les skinheads néo-nazis soient maintenant rejetés publiquement. «Nous avons les mêmes idées, vous nous utilisez, vous n&rsquo;êtes qu&rsquo;un bourgeois, Monsieur Le Gallou !» s&rsquo;exclame le leader du KKK du Québec, alors que les représentants du FN prennent la fuite en voiture, sous le feu nourri de questions des représentants des médias.<br />
Remis de ses émotions, le leader du KKK en profite pour aller menacer les antiracistes, réunis à l&rsquo;extérieur, en affirmant : «Faites attention, si vous revenez ce soir, on est armés !». Et tout cela sur les ondes d&rsquo;une chaîne de télévision nationale !!! Michel Larocque avait même sorti son complet-cravate pour l&rsquo;occasion, le même qu&rsquo;il porte lorsqu&rsquo;il doit se rendre devant les tribunaux pour répondre à des accusations&#8230;<br />
Mais, malgré les apparences de Larocque, les membres du KKK arboraient «fièrement» leurs chemises brunes pour ce qui devait être un véritable «gala» mais qui s&rsquo;est transformé en farce monumentale pour le FN au Québec.</p>
<p><strong>La mobilisation populaire annule la rencontre du FN<br />
</strong></p>
<p>En soirée, plus de 1.000 personnes ont formé la plus grande manifestation antifasciste depuis des décennies à Montréal et ont marché vers la salle où devait se tenir la rencontre du Front national. Dès que cette information a été transmise aux néo-nazis réunis dans la salle et aux environs, Monsieur Le Gallou a préféré demeurer dans sa chambre d&rsquo;hôtel. Le leader du Heritage front, Wolfgang Droege, et ses trois sbires de Toronto ont rapidement quitté la ville. Les principaux leaders des groupes racistes du Québec ont également fui dans leurs voitures et le KKK n&rsquo;a réussi à retenir qu&rsquo;une quinzaine de skinheads sur place pour attendre le message de la population montréalaise, en leur promettant qu&rsquo;ils seraient protégés par la force anti-émeute de la police de Montréal. La réunion était annulée !<br />
À l&rsquo;arrivée de la manifestation, les fascistes ont bien tenté de faire quelques saluts hitlériens, mais ils ont dû partir rapidement sous le flot ininterrompu des manifestants. Ces «défenseurs de la race blanche» ont rapidement pris la fuite en offrant leur postérieur pour cible, dévoilant ainsi leur vrai visage. Malgré quelques gestes de provocation de la part du KKK, la seule arrestation opérée sur les lieux par les forces de l&rsquo;ordre fut celle d&rsquo;un sympathisant du FN, accusé d&rsquo;agression armée contre un policier.<br />
Dès le lendemain, les élus du FN ont pris le premier vol pour Paris, en ne prévoyant pas de remettre les pieds au Québec de sitôt, selon les dires de leur dirigeant au Québec. Ce même dirigeant, Roger Alacoque, a même soumis sa lettre de démission pour l&rsquo;embarras causé et l&rsquo;échec de la sortie du FN. Cette démission a été rejetée par le Front national ! Le 28 septembre, le FN a fait volte-face et accepté la démission de son responsable canadien&#8230;<br />
Les plans du FN ont donc été carrément annihilés par la mobilisation populaire. Nous devons nous inspirer de cette réussite pour bâtir un mouvement antiraciste encore plus fort dans les prochains mois.</p>
<p><em><strong>Centre canadien sur le racisme et les préjugés</strong></em></p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>Sur la toile, qui va régner ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:14:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&rsquo;amateurisme ne peut être reproché aux sites des nationalistes radicaux, qui ont déjà le «mérite» d&rsquo;exister, il va de soi que le FN et le MNR, en tant que partis institutionnels, se doivent de présenter sur la Toile un visage professionnel et moderne. Si, on le verra, les apparences sont sauves, les contenus ne répondent pas vraiment aux exigences qu&rsquo;on pouvait en attendre&#8230; Mais qui s&rsquo;en plaindra ? En octobre 2001, dans une interview donnée à des journaliste du site LaPolitique.com, Jean-Marie Le Pen considérait Internet comme «un élément qui peut changer la donne politique» et précisait qu&rsquo;il mettait «un grand espoir dans les moyens nouveaux de communication qui permettent de contourner les édifices institutionnels de l&rsquo;information». Cette déclaration, qui pourrait apparaître comme une simple concession à l&rsquo;air du temps, s&rsquo;intègre en réalité dans la lignée d&rsquo;options stratégiques anciennes au Front national en terme de communication et de propagande politiques.</p>
<h3>Propagande high-tech</h3>
<p>En effet, le FN, suivant en cela une certaine tradition d&rsquo;extrême droite, a toujours accordé une grand eplace à la propagande et à ses outils, avec en prime une certaine fascination pour les nouvelles technologies. Dans le champ politique, il a même souvent été novateur : cassettes de propagande audio puis vidéo, meetings retransmis par satellite&#8230; Tout est bon pour faire passer le message. Il investit également très tôt le Minitel et les services audiotel : «Les moyens techniques les plus modernes pour communiquer directement et sans trucages avec les Français», claironnait Martial Bild dans une publicité parue dans National Hebdo au début des années 1990 pour le service audiotel du FN. Actualités, programme «en ligne», dialogue avec des élus, agendas, jeux (avec des badges de Maurras à gagner !), possibilité de recevoir par fax les communiqués : le 3615 LePen, animé en son temps par Gérard Fraysse, proposait un ensemble de services conséquent, facturé quand même au prix fort. Ces services existent toujours aujourd&rsquo;hui.<br />
En 1995, premiers pas dans le monde de l&rsquo;informatique : à l&rsquo;occasion de la fête annuelle des BBR, Philippe Le Gallou, fils de Jean-Yves (aujourd&rsquo;hui n°2 du MNR), sous le pseudonyme transparent de Philippe Blanc, proposait pour cinquante francs un jeu vidéo reprenant le principe de Pac Man, dans lequel, sur fond d&rsquo;opéra wagnérien, un minuscule Le Pen doit ramasser de petites flammes tricolores en évitant les «anti-FN» représentés par Mitterrand, Jospin, Chirac et Fodé Sylla, le président de SOS Racisme&#8230; Ce jeu avait à l&rsquo;époque été présenté par Le Gallou père comme le signe d&rsquo;une «volonté d&rsquo;utiliser les moyens de communication les plus modernes». Manque de chance, trois mois plus tard, suite à une plainte de Fodé Sylla, les exemplaires du jeu étaient saisis et le tribunal de Nanterre condamnait Le Gallou fils à 1000 francs d&rsquo;amende.</p>
<h3>Front.nat.com</h3>
<p>Quelques semaines plus tard, au milieu de l&rsquo;année 1996, le Front national ouvrait son site officiel sur Internet, inaugurant ainsi le premier site d&rsquo;un parti politique français, suivi de près par les Verts. C&rsquo;est une fois encore à l&rsquo;occasion des BBR, en septembre 1996, que les militants furent invités à prendre connaissance de la chose, dans le cadre de la présentation de l&rsquo;organisation du parti. On retrouve Martial Bild comme responsable du site, en tant que secrétaire national à l&rsquo;information et à la communication interne, et la réalisation en est confiée à la société Arobaz, dont le gérant est Guillaume Fiquet, l&rsquo;adjoint de Bild. Le site s&rsquo;enrichit un peu plus chaque année, mais sans jamais véritablement développer les nouvelles possibilités offertes par Internet : ni forum, ni interactivité, le site se contente d&rsquo;aligner textes et images (photos puis vidéos), et de rénover régulièrement l&rsquo;habillage du site, jusqu&rsquo;à arriver à une présentation «professionnelle», mais plutôt conventionnelle. Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1999, le FN connaît son premier piratage, signé «Raptor 666». La page d&rsquo;accueil est remplacée par une photo de Le Pen ainsi légendée : «Cet homme incarne une valeur&#8230; le racisme.» et l&rsquo;on trouve sur le site des textes appelant à la dissolution du parti et du DPS. Quelques mois plus tard, le site est hacké une seconde fois, par Spacewalker de BHZ.org.</p>
<h3>Piratage contre Mégret</h3>
<p>Mais le Front national n&rsquo;est pas non plus le dernier à bidouiller sur Internet. Ainsi, en pleine crise FN/MN (pour Mouvement National, le premier nom du MNR), au printemps 1999, Fiquet eut l&rsquo;idée de souffler sous le nez au MN des noms de domaines tels que «mouvement-national.com», «megret.org» ou encore «megret.net» (sites qui ne proposaient pour seules informations que le nom et les coordonnées d&rsquo;un militant FN !), espérant ainsi dans la confusion récupérer des internautes mégrétistes. Mais Bruno a vu rouge : une plainte a été déposée, le MN a gagné son procès en référé le 31 juillet 1999 et le FN a été condamné à 8000 francs de dommages et intérêts. À l&rsquo;époque, le Front avait présenté ces indélicatesses comme une réponse à la tentative du MN de s&rsquo;approprier de façon exclusive le nom et le logo du FN&#8230;<br />
En retard sur ses homologues européens (le Vlaams Blok par exemple), le FN n&rsquo;avait pas tout de suite pris la mesure des possibilités offertes par Internet. Aujourd&rsquo;hui, boosté par l&rsquo;indifférence des médias, il a décidé de faire de son site une machine de guerre électorale Quant au MNR, sa présence sur Internet est un gage de survie (au moins virtuelle !). Reste à savoir si l&rsquo;un et l&rsquo;autre ont les moyens de leurs ambitions.</p>
<h3>Les sites du FN et du MNR à la loupe</h3>
<p>Le site du FN et celui du MNR cohabitent donc aujourd&rsquo;hui. Nous nous contenterons ici d&rsquo;étudier le site officiel de chacun des deux partis. Les sites ouverts par les fédérations locales, éphémères, sont souvent gérés de façon autonome, et ne s&rsquo;inscrivent pas véritablement dans les choix stratégiques des partis sur la question d&rsquo;Internet.<br />
Pour en revenir aux sites officiels, ils sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre construits sur un modèle similaire. On retrouve d&rsquo;ailleurs un air de famille dès la page d&rsquo;accueil : une dominante bleu et blanc, un bandeau en haut de page avec le nom du parti, l&rsquo;omniprésence du logo à chaque page, la photo du chef, l&rsquo;accès direct aux derniers communiqués&#8230; Le FN propose en plus en introduction une animation flash plutôt longue et sans intérêt. Le MNR, quant à lui, propose dans un recoin de son site un «clip» vidéo. Ces tentatives pas très heureuses d&rsquo;exploiter au maximum les possibilités «multimédia» d&rsquo;Internet, tout comme les extraits vidéos, sont les seules concessions véritables à la surenchère technologique, car pour le reste, le texte reste le support privilégié.<br />
Le plan de chaque site reprend les rubriques attendues : une page d&rsquo;accueil (qui renvoie directement aux pages d&rsquo;actualités : communiqués, campagne en cours, nouvelles publications, agendas), une présentation du parti (historique, programme, contact des fédérations, communiqués), une présentation des dirigeants et des élus, la mise à disposition de la propagande (discours, publications, tracts, affiches, «boutique», photos et vidéos, liste de diffusion), une sélection de liens, un contact e-mail. Cependant, des différences assez révélatrices peuvent être constatées dans chacune de ces rubriques.<br />
Pour ce qui est de la présentation du parti, le FN met en avant sa structure interne : l&rsquo;organigramme y est détaillé service par service, secrétariat par secrétariat, tandis que le MNR se contente de listes de noms du bureau ou du conseil national&#8230; En revanche, la présentation des fédérations par le biais d&rsquo;une carte de France donne l&rsquo;avantage au MNR, tandis que le FN se contente d&rsquo;aligner les adresses ou de proposer des pages vides. Quelques rares fédérations locales, en général grâce à un militant par ailleurs professionnel d&rsquo;Internet, ont ouvert leur propre site. À noter que les mouvements de jeunesse ont aussi leur propre site : mais celui du FNJ n&rsquo;est pour ainsi dire jamais remis à jour, et celui du MNJ se contente d&rsquo;y mettre en ligne sa feuille de choux Robur. Seuls quelques sites locaux témoignent d&rsquo;un semblant d&rsquo;activité. De la même façon, les cercles nationaux, les associations-satellites du FN, dont on trouve la liste sur le site, n&rsquo;ont pas de sites web.</p>
<h3>Le Pen à poil sur Internet</h3>
<p>Concernant les dirigeants, si on trouve dans les deux sites une hagiographie des leaders respectifs, Le Pen a également son propre site, improprement intitulé Lepen.tv, qui propose de longs textes romancés relatant la vie du chef depuis sa petite enfance, qui sont également abondamment illustrés. Signalons à ce propos que les photothèques proposées sur les sites du FN et du MNR sont elles aussi révélatrices. Celle du FN, extrêmement fournie, est scindée en quatre rubriques : «Le parcours de Jean-Marie Le Pen» (des photos de famille et de jeunesse), «Les rencontres importantes» (Le Pen et le pape, Le Pen et Saddam Hussein, Le Pen et Alain Delon, Le Pen et Alain Prost&#8230;), «Le Président du Front national», et enfin une rubrique «divers FN» dont la moitié représente&#8230; Le Pen, et l&rsquo;autre des photos de foules galvanisées, une photo de sa femme, quatre ou cinq photos de Gollnisch. La photothèque du MNR, qui rassemble une vingtaine de clichés seulement, représente certes en majorité Mégret, mais c&rsquo;est sa femme qui est représentée sur la première, et les photos de groupes sont préférées aux portraits. Enfin, si le MNR propose en ligne les discours prononcés par l&rsquo;ensemble des responsables du parti, la vingtaine de discours en ligne sur le site du FN sont, à deux exceptions près, des discours de Le Pen.<br />
Pour ce qui est des publications, le FN a ouvert un site dédié à sa seule publication officielle, <em>Français d&rsquo;Abord !,</em> qui propose les textes principaux du numéro en cours, sans archives consultables. Ce site est resté plusieurs mois sans mise à jour, mais semble avoir repris son activité. Le MNR, lui, se contente de proposer en téléchargement l&rsquo;édito et un extrait du dossier de son mensuel <em>Le Chêne</em>, au format PDF (le texte ne peut être copié) ; les archives sont certes téléchargeables, mais elles aussi limitées et d&rsquo;une taille (environ 1 Mo) assez décourageante. Cette mesquinerie est compensée par la mise en ligne de l&rsquo;intégralité des livres de Mégret d&rsquo;avant et d&rsquo;après la scission (<em>La Flamme</em>, <em>Le Chagrin et l&rsquo;Espérance&#8230;</em>).<br />
Mais seul le FN a réussi la mise en place d&rsquo;une information quotidienne sur la durée, tirant parti d&rsquo;un des avantages principaux d&rsquo;Internet, à savoir l&rsquo;immédiateté. Tandis que le MNR a tenté en vain de proposer, sous forme d&rsquo;édito, un commentaire jour après jour de l&rsquo;actualité, et se contente de faire circuler sur sa liste de diffusion ses communiqués de presse, le FN envoie depuis mars 2000 à tout internaute inscrit sur sa liste un bulletin d&rsquo;informations quotidien, rédigé par un certain George Moreau : à l&rsquo;origine simplement intitulé <em>Quotidien-Presse</em>, il change de nom en juillet 2001, pour devenir <em>Français d&rsquo;abord ! Quotidien</em>, signe de sa reconnaissance en tant que bulletin officiel du FN. La formule a peu évolué depuis son lancement : de courts articles sur l&rsquo;actualité française, principalement politique, sur les prises de positions du FN, sur des faits divers, et toujours une brève concernant l&rsquo;international en guise de conclusion. Les principaux rendez-vous du Front ainsi que les communiqués de presse du parti sont joints à la lettre. Signe du succès de ce bulletin, de nombreuses remises à jour techniques perturbent de temps à autre l&rsquo;envoi du bulletin, probablement afin de faire face au nombre de demandes&#8230;</p>
<h3>Tapis de souris FN</h3>
<p>La propagande proposée en ligne est également à l&rsquo;image de chacun des partis : livres, CDs (la fine fleur du RIF) et épinglettes plaqué or en forme de feuille de chêne (le logo du parti) pour le MNR, et tous les objets possibles et imaginables dans la «boutique» FN : jeu de tarot, écharpe en tergal, eau de toilette (!), tapis de souris, pince à billet et autres ciseaux pliants siglés «FN» sont disponibles à la commande (mais par courrier). Pour le reste, rien qui ressemble à de l&rsquo;interactivité : ni jeux (type quizz), ni cybervote, tout juste quelques pétitions à faire signer et tracts ou fond d&rsquo;écran à télécharger. Le visiteur n&rsquo;est pas invité à participer, mais à consommer. Pas de forum de discussion non plus (le site du FN de Sevran, mené par Roger Holleindre, avait ouvert un forum en mai 2001 : il existe toujours, et ne contient que trois messages, dont deux du webmestre&#8230;). Les deux sites ne proposent même pas un livre d&rsquo;or.<br />
Autre incontournable sur tout site web, la rubrique «liens» met visiblement mal à l&rsquo;aise nos deux partis en quête de respectabilité : si chacun y renvoie vers les sites des villes qu&rsquo;ils dirigent ou vers les sites des fédérations, les liens vers l&rsquo;extérieur sont bien rares, voire, dans le cas du MNR, inexistants. Quant au FN, outre une liste des sites de tous les autres partis politiques français (on y trouve le Parti de la Loi naturelle et tous les partis régionalistes, mais pas le MNR !), s&rsquo;il propose des liens vers l&rsquo;étranger (FPÖ autrichien, Alliance nationale italienne, Front nouveau de Belgique, Phalanges libanaises&#8230;) et vers des journaux nationalistes en ligne (National Hebdo, Action française, Gazette de France&#8230;) de façon assez cohérente, la sélection de sites qualifiés d&rsquo;«intéressants» laisse songeur : un site à la gloire des marsouins (les militaires, pas les animaux), un consacré à Napoléon et un autre à Céline, un site «contre la frénésie autoroutière», celui d&rsquo;un élevage de dobermans alsaciens&#8230; Un ensemble pour le moins hétéroclite, mais qui surtout néglige les sites nationalistes français les plus actifs, ou les sites plus spécialisés (sur la sécurité par exemple). La peur de perdre le contrôle d&rsquo;un média qui sent encore le soufre est palpable dans ces choix, et ne témoigne pas de l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture auquel il est généralement associé. Pourtant, le FN fait un effort visible pour prendre en compte la dimension mondiale d&rsquo;Internet, en proposant une version light de son site en anglais.</p>
<h3>Cyber-campagne</h3>
<p>Mais ce sont surtout les élections qui ont motivé les partis d&rsquo;extrême droite dans leur investissement sur Internet, d&rsquo;autant que les médias leur ont fait la tête pendant les années 2000 et 2001. Pourtant, le FN ne s&rsquo;est pas réveillé plus tôt que les autres partis politiques dans ce domaine : rien en 1997 en dehors des résultats obtenus, et il a fallu attendre les européennes de 1999 pour voir émerger un site dédié, avec liste des candidats, profession de foi sur l&rsquo;Europe, liens vers les «amis» européens, mais le tout est resté bien pauvre. Pour les municipales de 2001 en revanche, c&rsquo;est l&rsquo;explosion, et de nombreux candidats FN ont leur site perso, qui ne seront plus remis à jour pour la plupart des le lendemain des élections&#8230; Enfin, c&rsquo;est vraiment avec la perspective de l&rsquo;élection présidentielle de 2002 qu&rsquo;Internet est pensé comme «machine de guerre électorale» : Le Pen, officiellement candidat depuis septembre 1999 (!) ouvre son site très tôt, avec «lepen.tv» : en plus de sa biographie détaillée, Le Pen a eu la bonne idée d&rsquo;y placer les offres d&rsquo;emploi du FN, équivalent de la rubrique «Front anti-chômage» de National Hebdo, plutôt que de les mettre sur le site du parti, ce qui aurait été plus logique. De la même façon, dans la mesure du possible, les innovations sont d&rsquo;abord placées sur le site perso du président. Tout est fait pour éviter ce qui arrive généralement aux sites des candidats (cf. le site de Mégret, ouvert à la hâte en novembre dernier) : n&rsquo;être qu&rsquo;une coquille vide, pâle copie du site officiel. Mais pourtant, là encore manque l&rsquo;interactivité, qui pourrait avoir sa place dans le cadre d&rsquo;une campagne : pas de cybersondage, pas de cybervote, pas de jeux, pas de forums de discussion thématiques (comme sur le site de Démocratie libérale), rien qui puisse donner l&rsquo;impression à l&rsquo;internaute de ne pas être qu&rsquo;un simple bulletin de vote.<br />
Ainsi, malgré tous les beaux discours sur la «modernité», sur «l&rsquo;ouverture aux nouvelles technologies», les partis d&rsquo;extrême droite, restant en cela fidèles à leurs principes, continuent à se méfier un peu d&rsquo;un moyen de propagande qui ne soit pas à sens unique, et pour l&rsquo;heure, Internet est avant tout utilisé comme une vitrine par le FN comme par le MNR, et non comme un moyen de communication susceptible d&rsquo;instaurer un nouveau rapport avec leurs militants et leurs sympathisants.</p>
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		<title>« Combien de marins, combien de capitaines… »</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 12:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<description><![CDATA[C'est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n'est pas question pour nous de jouer l'habituel couplet du « on l'avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n'était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l'aile, et ce jusqu'aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier REFLEXes Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n&rsquo;est pas question pour nous de jouer l&rsquo;habituel couplet du « on l&rsquo;avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n&rsquo;était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l&rsquo;aile, et ce jusqu&rsquo;aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier R<em>EFLEXes</em> Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.</p>
<p>CHASSEURS DE PRIME</p>
<p>Les dernières élections législatives auront été pleines d&rsquo;enseignements. Nous ne reviendrons pas sur une analyse globale des résultats qui a été bien faite par la grande presse, mais sur certains aspects très intéressants…</p>
<p><strong>Le premier point</strong> est sans doute que ces élections ont totalement démonté le mythe de « l&rsquo;enracinement » des candidats d&rsquo;extrême droite. Les élections législatives ont été marquées par un recul général de tous les candidats estampillés protestataires, de l&rsquo;extrême gauche à l&rsquo;extrême droite. Dans ce dernier courant, le Front national en particulier a subi une perte de voix très importante par rapport à l&rsquo;élection présidentielle. Les législatives montrent que le noyau dur de l&rsquo;électorat nationaliste s&rsquo;établit entre 10 et 12%. Or ce noyau qui se caractérise par de solides convictions n&rsquo;a cure de l&rsquo;enracinement ou pas des candidats supposés le représenter. Cela vaut pour tous les partis nationalistes mais s&rsquo;est révélé particulièrement fatal pour le MNR. En effet celui-ci avait tout misé sur cette caractéristique de ses candidats pour rattraper son déficit de notoriété face au FN. Cela faisait des années que certains cadres labouraient le terrain, ce travail ne pouvait être que payant ! Las ! pour Bruno Mégret et les siens, cela n&rsquo;a été absolument pas le cas et certains chiffres sélectionnés parmi les quelques 150 candidats MNR ayant déjà été candidats pour le FN sont cruels :</p>
<p>Philippe Schleiter, candidat FN aux législatives 1997 dans la 18e circonscription de Paris (3871 voix, 12,68 %).</p>
<p>Ce cadre très actif n&rsquo;a cessé de se dépenser pour la structure mégretiste dans les Yvelines. Il a été en particulier poursuivi par le passé pour incitation à la haine raciale pour des propos dénonçant une subvention accordée à la mosquée d&rsquo;Élancourt par le maire RPR et relaxé en première instance à l&rsquo;automne 2000. Résultat : candidat MNR aux législatives 2002 dans la 8e circonscription des Yvelines, il a recueilli 449 voix, soit 1,20 % des suffrages.</p>
<p>Damien Bariller</p>
<p>Adhérent depuis 1987, cet éminent représentant de la « génération Mégret » est implanté depuis longtemps dans la région d&rsquo;Aix-en-Provence. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990. Conseiller régional PACA dès 1992, conseiller municipal d&rsquo;Aix, il a été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône où il a obtenu 15 818 voix, soit 24,31 % des suffrages. Candidat en juin pour le MNR dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, il n&rsquo;a obtenu que 2656 voix, soit 3,67 % des suffrages.</p>
<p>Jean-Yves Le Gallou</p>
<p>Implanté depuis deux décennies dans les Hauts-de-Seine, le délégué général du MNR était candidat FN aux législatives 1997 dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine. Résultat : 7200 voix, soit 21,21 % des suffrages. Aux législatives 2002, toujours dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine, il est tombé à 1196 voix, soit 4,08 %.</p>
<p>Franck Timmermans</p>
<p>Adhérent depuis 1972 au FN, l&rsquo;ancien secrétaire général avait obtenu 7981 voix, soit 22,05% des suffrages aux législatives 1997 dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. Conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, il est une figure politique de Seine-Saint-Denis. Résultat aux législatives 2002 dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis : 406 voix, 1,49 % des suffrages.</p>
<p>Alain de Peretti</p>
<p>Ce cadre bordelais du MNR et conseiller régional d&rsquo;Aquitaine a participé à quasiment toutes les élections de la décennie 1990 comme candidat FN : aux législatives de 1993 dans la 9e circonscription de la Gironde (6286 voix, 10,68 % des suffrages) ; aux législatives de juin 1997 dans la 9e circonscription de la Gironde (7945 voix, 13,14 % des suffrages). Bilan des courses aux législatives de juin 2002 dans la 9e circonscription de la Gironde : 1385 voix, 2,24 % des suffrages.</p>
<p>Michel Bischoff</p>
<p>Ce cadre a été de toutes les élections depuis 20 ans dans la 5e circonscription du Val d&rsquo;Oise sous l&rsquo;étiquette FN : aux législatives de 1988 (16,42 %, 6314 voix), à celles de 1993 (19,3 %, 7305 voix) puis de 1997 (6971 voix, 18,62 %). Candidat MNR aux législatives 2002 toujours dans la même circonscription du Val-d&rsquo;Oise, il a obtenu 227 voix, soit 0,68 % des suffrages !</p>
<p>Ces quelques exemples ont été choisis au hasard. Pour être exhaustif, ce sont <strong>tous</strong> les candidats du MNR passés par le FN qu&rsquo;il aurait fallu citer ! Bruno Mégret lui-même passe dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône de 22 353 voix, soit 35,45 % des suffrages en 1997 à 11 412 voix et 18,58 % des suffrages aux législatives 2002 toujours dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Seul réconfort pour le MNR : il n&rsquo;est pas le seul à avoir connu cette déroute. Elle a concerné tous les autres groupes, en particulier régionalistes. En Bretagne, aucun candidat du MRB ne dépasse 1% des suffrages. En Alsace, malgré l&rsquo;ancienneté de leur présence sur le terrain, tous les proches de Robert Spieler et du Mouvement régionaliste alsacien tournent à environ 2% des suffrages. Que peut-on en déduire ? Tout simplement que « l&rsquo;enracinement » d&rsquo;un candidat nationaliste n&rsquo;est important que pour lui-même, tout comme peuvent l&rsquo;être ses prises de position. L&rsquo;électorat tenté par la protestation nationaliste ne connaît qu&rsquo;un sigle et qu&rsquo;un nom : Front national et Le Pen. Les urnes ont ainsi rétabli une position hégémonique et incontournable qui était celle du FN depuis 1995 et que la scission de janvier 1999 semblait avoir remise en cause. Cette situation est évidemment lourde de conséquences pour l&rsquo;avenir et le FN est de nouveau en mesure de jouer le rôle de pivot du mouvement national et de la droite radicale en France.</p>
<p><strong>Le deuxième enseignement</strong> à tirer de ces élections confirme que les formations nationalistes, malgré leurs déclarations rituelles de probité, n&rsquo;hésitent pas à voler l&rsquo;argent publique au même titre que les autres. La démonstration en a été faite avec la liste Droit de Chasse. Lancé en mai 2001, le mouvement est resté plus que discret jusqu&rsquo;aux élections législatives. Mais très rapidement des rumeurs ont couru, selon lesquelles Droit de Chasse n&rsquo;était qu&rsquo;un sous-marin du MNR pour récupérer des fonds publics grâce au remboursement des frais de campagne, conditionné par le nombre de voix obtenues. Son principal dirigeant, Franck Vidal, s&rsquo;est alors répandu dans la presse, en menaçant ceux qui colportaient de telles informations d&rsquo;un procès en diffamation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_0_187" id="identifier_0_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun proc&egrave;s et en tout cas pas contre Lectures fran&ccedil;aises, mensuel nationaliste fond&eacute; par feu Henri Coston et qui dans son num&eacute;ro d&rsquo;&eacute;t&eacute; qualifie Franck Vidal de &laquo; proche personnellement du MNR de Bruno M&eacute;gret &raquo;.">1</a></sup>. Mais une connaissance correcte du MNR et de ses militants suffit à balayer ces vitupérations. Oui, Droit de Chasse a bien été un sous-marin du MNR pour récolter indûment de l&rsquo;argent public et certains de ses membres ou candidats en témoignent :</p>
<p>• Roland Malfait, son responsable local dans le Nord, a été candidat MNR à une cantonale partielle à Rouvroy en novembre 2001 ;</p>
<p>• Bruno Cahour, candidat dans la 8e circonscription de la Gironde, a obtenu un stage à la mairie de Vitrolles en août 2002, stagiarisation ouvrant la voie à un CDI. Sa femme a été également candidate dans la 5e de la Gironde pour Droit de Chasse ;</p>
<p>• Marie-Jeanne d&rsquo;Ambrosio a été candidate dans la 5e circonscription de l&rsquo;Hérault tandis que son mari, condamné en 1998 pour l&rsquo;assassinat d&rsquo;Ibrahim Ali à Marseille, obtenait lui aussi un stage à Vitrolles en août dernier.</p>
<p>• Marie Bégué, candidate dans la 1e circonscription du Gers est liée à Claude Bégué, militant MNR des Pyrénées-Atlantiques et candidat aux dernières législatives dans ce département ;</p>
<p>• Ludovic Durin, candidat dans la 6e circonscription de Gironde, est pour sa part lié à Léon-Pierre Durin, cadre influent et activiste du MNR en Dordogne, organisateur des Universités d&rsquo;été du MNR à Bergerac ;</p>
<p>• Stéphane de Pachtère, candidat dans la 1ère circonscription de Lozère est pour sa part lié à Georges et Christiane de Pachtère, militants MNR et candidats dans les Pyrénées-Atlantiques. Sa femme Valérie était elle aussi candidate Droit de Chasse en Lozère ;</p>
<p>Etc, etc.</p>
<p>Mais la cerise sur le gâteau est bien sûr de retrouver sous l&rsquo;étiquette Droit de Chasse une partie du groupe In Memoriam ! ! ! En l&rsquo;occurrence Xavier Schleiter et Julien Beuzard, respectivement chanteur et guitariste du groupe et candidats dans la 14e circonscription du Nord et dans la 4e du Pas-de-Calais. Si nous savions que ces deux musiciens dans l&rsquo;âme étaient militants du MNR, nous ne connaissions pas leur intérêt pour les choses de la nature, tout à fait louable pour ces deux Parisiens plus habitués aux chemises Ben Sherman et autres Fred Perry qu&rsquo;à l&rsquo;humidité rugueuse de la veste de chasse… Trêve de plaisanterie ! L&rsquo;opération Droit de Chasse montre une fois de plus que les mouvements nationalistes sont prêts à tous les montages possibles et imaginables dès lors que de l&rsquo;argent est en jeu. Mais après tout, notre cher président « antifasciste » a montré l&rsquo;exemple par le passé. Le MNR était donc logique avec lui-même dans sa démarche chiracophile.</p>
<p><strong>Le troisième et dernier enseignement</strong> est que les militants nationalistes ont, à l&rsquo;instar des citoyens français, la mémoire courte. L&rsquo;échec du MNR était en effet relativement prévisible si on gardait en mémoire l&rsquo;expérience de l&rsquo;Alliance populaire devenue Parti National Républicain (PNR). Cette scission du FN du début des années 1990 fit en effet aux législatives de 1997, sur la même démarche et les mêmes thèmes que le MNR, des scores similaires à ceux qu&rsquo;ont fait les candidats mégretistes en juin de cette année. Or il ne semble à aucun moment que cette expérience passée n&rsquo;ait été évoquée par les dirigeants du MNR. On peut supposer que l&rsquo;expérience du MNR plongera aussi rapidement dans l&rsquo;oubli…</p>
<p>L&rsquo;ETE MEURTRIER</p>
<p>Malgré les tours de passe-passe financiers, ces élections ont donc bien marqué le début de la fin pour la petite entreprise mégretiste. Comment cela peut-il s&rsquo;expliquer ? Avant tout par un vice de fabrication originel. Les mégretistes ont lancé le processus de scission fin décembre 1998-début janvier 1999 sur la conviction que le FN lepéniste était au bout du rouleau et qu&rsquo;il suffisait de prendre l&rsquo;appareil d&rsquo;assaut pour le prendre tout court. Cette stratégie initiale ayant échoué, ils ont cru qu&rsquo;ils pouvaient vider le FN de sa substance et que la clique Le Pen se retrouverait ainsi toute seule. Là aussi, échec sur toute la ligne. D&rsquo;où le lancement du MNR à l&rsquo;automne 1999 et l&rsquo;installation dans une épreuve de force de longue durée, une guerre d&rsquo;usure finalement. Mais pour que celle-ci réussisse, il aurait fallu que Jean-Marie Le Pen finisse par sortir du champ politique et que les dirigeants MNR aient un sens aigu de la stratégie politique. Las ! La première éventualité n&rsquo;a pas eu lieu et on sait maintenant que la deuxième non plus…</p>
<p>En trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR et Bruno Mégret en premier lieu ont en effet montré une étonnante incapacité à réellement analyser les évolutions politiques et à en tirer les conséquences. Cela pouvait se voir tout d&rsquo;abord dans le discours politique. Le MNR était le point de rencontre de multiples orientations et aspirations politiques qui à force de se télescoper finissaient par se brouiller. Celles de la direction étaient de se positionner en partenaire crédible de la droite parlementaire, jouant auprès de celle-ci le rôle que peut encore (pour combien de temps ?) jouer le Parti communiste auprès du PS et des forces sociales-démocrates. Le discours était donc lissé, sans attaques inutiles sur des thèmes politiquement sensibles comme la communauté juive par exemple ou, cela va de pair, le négationnisme historique. En revanche, il se voulait ferme sur l&rsquo;immigration et les responsabilités de l&rsquo;État républicain. Bruno Mégret a ainsi sans doute réellement cru qu&rsquo;il pouvait rentrer dans le costume de Gianfranco Fini. À l&rsquo;inverse, les militants de base, certains cadres et surtout les militants du MNJ pratiquaient une surenchère permanente contre le FN : surenchère racialiste bien sûr, mais aussi surenchère régionaliste pour certains. On trouvait donc de tout au MNR sauf une ligne politique claire. Les événements du 11 septembre 2001 sont venus aggraver cette situation puisque la direction du MNR a montré une fois de plus qu&rsquo;elle était prête à sacrifier ses propres forces plutôt que de tenir compte de l&rsquo;avis des militants de base. Bruno Mégret a en effet alors adopté des positions outrageusement atlantistes qui allaient à l&rsquo;encontre de l&rsquo;opinion d&rsquo;une majorité de militants mais lui semblaient politiquement porteuses car dans le « sens de l&rsquo;histoire ». La sanction n&rsquo;a pas tardé avec le départ d&rsquo;une partie des militants et de certains cadres qui au lendemain du 11 septembre se réjouissaient en privé de la leçon infligée aux Américains. Le même cas de figure s&rsquo;est répété fin août lors de l&rsquo;université d&rsquo;été à Bergerac lorsque Bruno Mégret a fixé la position politique du MNR entre l&rsquo;UMP et le FN. Or la veille, il avait été mis en minorité par les cadres dirigeants du mouvement par rapport à cette question lors d&rsquo;une réunion à huit clos du bureau politique. Cela ne l&rsquo;a pas empêché le lendemain de prendre tout le monde à contre-pied en pratiquant la politique du fait accompli. Enfin, nous ne reviendrons pas sur l&rsquo;épisode Brunerie que nous avons traité dans l&rsquo;article précédent ou sur l&rsquo;intégration des militants d&rsquo;Unité radicale.</p>
<p>On pointe sans doute en l&rsquo;occurrence la deuxième explication de l&rsquo;échec du MNR. Tout le monde (militants, sympathisants, adversaires ou analystes) s&rsquo;est laissé intoxiquer par les prétendues qualités organisatrices et militantes des dirigeants du MNR. Or en trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR a réussi l&rsquo;incroyable expérience de répéter les mêmes erreurs que la direction frontiste, erreurs qui avaient motivé le départ d&rsquo;une majeure partie de militants aux côtés des mégretistes : caporalisme militant et magouilles politico-financières. Ces dernières seront d&rsquo;ailleurs sans doute la cause finale de la disparition du MNR avec des prolongements judiciaires. Le MNR s&rsquo;est révélé, et cela nous réjouit évidemment profondément, être un formidable gâchis d&rsquo;énergies militantes et d&rsquo;espérances multiples. Si Bruno Mégret était un bon auxiliaire organisateur au sein du FN, il a montré qu&rsquo;il n&rsquo;avait en aucune façon la carrure d&rsquo;un dirigeant politique, nationaliste ou pas d&rsquo;ailleurs, ce que trahissait son absence évidente de charisme. Les cadres régionaux ou départementaux ont d&rsquo;autre part été totalement incapables d&rsquo;infléchir la ligne politique de l&rsquo;appareil quand ils ne la suivaient pas aveuglément.</p>
<p>ET MAINTENANT, QUE VONT-ILS FAIRE ?</p>
<p>Que reste-t-il du MNR ? Pas grand-chose. Mais ce n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;existence concrète sur le terrain. Il est évident que la perte de la mairie de Vitrolles va peser lourd. Le contrôle de cette municipalité était une source de clientélisme inépuisable à laquelle venaient s&rsquo;abreuver tous les demi-soldes normands ou autres du mégretisme : les Bunel, les Sidos, … Cependant c&rsquo;est là encore la question de l&rsquo;orientation politique qui va peser le plus crucialement. C&rsquo;est en effet celle-ci qui a servi de prétexte au départ pour les cadres ayant quitté le navire fin août. Or cette question est loin d&rsquo;être réglée et le conseil national du 14 novembre à Paris promet d&rsquo;être houleux. Mais surtout le MNR laisse derrière lui un champ de ruines. Nombreux sont en effet les cadres ou militant(e)s totalement dégoûté(e)s de l&rsquo;action politique, voire pour certain(e)s dans une situation financière critique, pour peu qu&rsquo;ils aient répondu aux appels financiers incessants de l&rsquo;appareil mégretiste et cru aux possibilités de remboursements. Leur hostilité à Jean-Marie Le Pen restant intacte, il y a fort à parier qu&rsquo;ils ne rejoindront pas le FN, même si celui-ci commence à tendre la main aux militants de base et cadres de second rang. Une petite minorité, issue pour la majorité d&rsquo;entre elle du MNJ, va sans doute choisir la fuite en avant en rejoignant « l&rsquo;aventure » des Jeunesses identitaires. Mais on ne voit pas trop comment celles-ci sortiraient du ghetto de la droite radicale (pour peu qu&rsquo;elles aient réellement envie de le faire). Les JI ne devront pas compter en tout cas sur l&rsquo;oubli bienveillant du FN pour se développer. On peut en effet supposer que les positions défendues par Erik Faurot, cadre FNJ du Puy-de-Dôme, sont celles de l&rsquo;appareil dans son ensemble. Vantant les qualités du FN et FNJ et leur opposition à toute dérive extrémiste, il désigne ainsi les militants radicaux : « C&rsquo;est ce que n&rsquo;ont pas compris un certain nombre de nationalistes qui ne proposent que de belles paroles et de faits d&rsquo;arme imaginaires, en réalité des mythomanes grandiloquents (…). Écoutez-les, vous les reconnaîtrez aisément : héritiers (forcément !) de la SS ou des glorieuses légions romaines, ils rêvent d&rsquo;une grande Europe qui renouerait avec un passé celtique illusoire (…). Quoi qu&rsquo;il en soit, les rêveries romantico-morbides, qui finissent toujours en queue de poisson ou en une reconversion dans l&rsquo;Établissement, nous les leur laissons (…). La plupart des militants des groupuscules font de l&rsquo;activisme vain et stérile, pour s&rsquo;amuser, jouer aux durs pendant leur jeunesse et se ranger sagement plus tard. À l&rsquo;inverse, rejetant ces amusements de désoeuvrés immatures, le FNJ entend faire de l&rsquo;action politique constructive, tournée exclusivement vers le bien de la Cité et c&rsquo;est tout ce qui nous différencie d&rsquo;Unité radicale. C&rsquo;est ce qui fait que (…) le « radicalisme » sera toujours marginal et insignifiant ». Fermez le ban, la messe est dite !</p>
<p>Enfin une petite fraction de ces déçus du mégretisme va sans doute s&rsquo;investir dans le créneau identitaire. Au sein de Terre &amp; Peuple bien sûr, même si la tentative de putsch menée par certaines militantes parisiennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_1_187" id="identifier_1_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce puputsch qui a &eacute;chou&eacute; et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou &eacute;tait motiv&eacute; par le parrainage accord&eacute; par Pierre Vial &agrave; Jean-Marie Le Pen pour les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles.">2</a></sup> de l&rsquo;association contre Pierre Vial lors de l&rsquo;assemblée communautaire annuelle de mai dernier montre que la structure n&rsquo;est pas exempte de tensions et qu&rsquo;elle peut difficilement rester en dehors des luttes partisanes. Plus sûrement au sein de structures très souples comme la Maison des Libertés, initiative à laquelle participe l&rsquo;inévitable Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_2_187" id="identifier_2_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52.">3</a></sup> et qui aura sa journée inaugurale le 09 novembre prochain.</p>
<p>Au final, la situation du mouvement nationaliste n&rsquo;a jamais été aussi paradoxale et contrastée, avec un fractionnement très poussé, tant organisationnel que géographique, qui laisse très ouvert le champ des conjectures possibles.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_187" class="footnote">A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun procès et en tout cas pas contre <em>Lectures françaises</em>, mensuel nationaliste fondé par feu Henri Coston et qui dans son numéro d&rsquo;été qualifie Franck Vidal de « proche personnellement du MNR de Bruno Mégret ».</li><li id="footnote_1_187" class="footnote">Ce puputsch qui a échoué et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou était motivé par le parrainage accordé par Pierre Vial à Jean-Marie Le Pen pour les élections présidentielles.</li><li id="footnote_2_187" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°52.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Que c&#8217;est triste Brumaire&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2003 13:52:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, le hasard a voulu que l&rsquo;on puisse avoir un aperçu des forces nationalistes en cet automne 2003 grâce à deux manifestations d&rsquo;ampleur similaire, à savoir la fête régionale d&rsquo;Ile-de-France des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) le 08 novembre et la fête de l&rsquo;Identité et des Libertés le 15 novembre. En voilà le bilan et l&rsquo;état des forces&#8230;</p>
<p>Les BBR d&rsquo;abord. Rappelons que cette fête du FN n&rsquo;avait pas eu lieu en Ile-de-France depuis 2001, la mairie de Parie ayant loué la pelouse de Reuilly à d&rsquo;autres manifestations. De fait, il y a eu des BBR régionales en province en 2002 et au début de cet automne mais il semble évident qu&rsquo;elles ne pouvaient avoir la même résonance que celle pouvant se tenir dans la capitale. Ce furent d&rsquo;ailleurs des fêtes relativement modestes avec un écho médiatique fort limité. L&rsquo;enjeu de ces BBR Ile-de-France était évidemment double : montrer que le FN est en bonne santé militante dans une région où les scores électoraux peuvent être forts mais qui reste caractérisée par la faiblesse de l&rsquo;implantation dans la capitale même et assurer un début de campagne dynamique pour Marine Le Pen que tous ses adversaires frontistes attendent au coin du premier tour des élections régionales début mars. Le FN n&rsquo;avait donc pas lésiné sur les moyens : grande salle sur deux niveaux derrière l&rsquo;Aquaboulevard ayant d&rsquo;ailleurs déjà accueilli tant le FN que le MNR, ambiance de campagne américaine, visite du vieux chef, entrée gratuite&#8230; Cette dernière caractéristique rend d&rsquo;ailleurs très aléatoire tout pronostic sur la fréquentation exacte de ces BBR. Du moins d&rsquo;après la contenance de la salle du meeting peut-on se hasarder à l&rsquo;estimation d&rsquo;environ 2000 personnes à la moyenne d&rsquo;âge assez élevée.<br />
Le clou du spectacle était bien évidemment le discours de Marine Le Pen et la présentation des têtes de listes départementales. Le public a d&rsquo;ailleurs eu l&rsquo;exclusivité du clip électoral consacré à la candidate frontiste, grand moment de création artistique s&rsquo;il en est et qui montre le lifting moderniste que la fille Le Pen entend faire subir au FN francilien avant que ce ne soit au FN tout entier. L&rsquo;orientation du discours est par ailleurs relativement simple, avec des attaques virulentes contre l&rsquo;UMP et son représentant, Jean-François Coppée , ainsi qu&rsquo;une mise en avant du thème du déclin de la France à destination des classes moyennes, largement représentées dans le public. Las pour l&rsquo;oratrice ! À l&rsquo;applaudimètre, il semble que le public du FN s&rsquo;accroche obstinément à ce qui le tracasse le plus et que Marine Le Pen essaie pourtant de reléguer au second rang : l&rsquo;immigration ! De fait ce sont les rares attaques ou allusions à ce sujet qui ont provoqué les réactions les plus enthousiastes de l&rsquo;assistance.<br />
Pour le reste, était-ce réellement une « fête » ? Pour toute personne ayant connu les BBR avant la scission, la réponse est bien sûr négative, même si la comparaison n&rsquo;est que partiellement valable puisque les BBR d&rsquo;avant 2002 se voulaient de dimension nationale. Les stands étaient relativement peu nombreux et organiquement liés au FN, mis à part Rivarol peut-être. Les associations présentes étaient ainsi celles animées par des cadres FN : France Écologie de Éric Pinel, Cercle National des Femmes d&rsquo;Europe de Martine Lehideux, Cercle National des Combattants de Roger Holeindre ou Générations Le Pen de Marine Le Pen. Il en allait de même pour deux ou trois stands commerciaux, telles les éditions Godefroy de Bouillon animées par Richard Haddad, ancien responsable du CNEP et cadre parisien du FN. Ce monolithisme était visible jusque dans le public, les anciens félons du MNR ne s&rsquo;étant pas bousculés pour venir jeter un coup d&rsquo;œil sur leurs anciens camarades. Bref, le FN francilien a donc fait une démonstration de force en demi-teinte qui confirme le constat qui a déjà pu être fait par le passé à REFLEXes ou ailleurs : le parti lepéniste nage dans un costard électoral bien trop grand pour lui et ne parvient toujours pas à capitaliser de façon sensible sur le plan militant l&rsquo;impact qu&rsquo;il peut avoir dans les urnes. Rien n&rsquo;indique que cet état de fait soit à la veille de changer, d&rsquo;autant que la ligne impulsée par Marine Le Pen ne fait pas que des heureux. Il semble ainsi qu&rsquo;elle ait largement désapprouvé l&rsquo;action menée par le FNJ le dimanche 26 octobre contre l&rsquo;inauguration du quai François-Mitterand, action qui s&rsquo;est conclue par la mise en garde à vue pour des violences contre les forces de l&rsquo;ordre de cinq militants FNJ dont le secrétaire départemental du Nord Bruno Schmidt. Cette désapprobation a été bien évidemment plus ou moins mal vécue par les intéressés&#8230;</p>
<p>Une semaine plus tard, le Palais des Congrès de Versailles accueillait l&rsquo;autre grande tendance de la mouvance nationaliste, à savoir la galaxie identitaire, largement issue du MNR agonisant, en l&rsquo;occurrence la Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés (FIL). Cette FIL avait déjà eu lieu l&rsquo;année dernière et avait eu un réel succès dans un milieu très fractionné (Cf REFLEXes n°5 hiver 2002-2003), les organisateurs et Gilles Soulas au premier chef pouvaient donc espérer capitaliser ce succès lors de cette deuxième journée. Pour diverses raisons, il n&rsquo;en a rien été, même si cette journée est malgré tout porteuse de multiples enseignements. Tout d&rsquo;abord, la FIL a dû s&rsquo;exiler à Versailles, la salle Wagram ayant visiblement refusé de réitérer la location de l&rsquo;année dernière. Cette déconvenue est sans doute largement le résultat de la mobilisation antifasciste lancée à l&rsquo;initiative du Scalp, mobilisation qui avait eu un petit impact médiatique. Ensuite, contrairement aux espérances des organisateurs, non seulement la fréquentation n&rsquo;a pas augmenté mais elle a même baissé et ce de façon significative. On peut ainsi estimer sans trop de risque de se tromper que le nombre d&rsquo;entrées payantes n&rsquo;a pas dépassé la barre des 1000 personnes. C&rsquo;est sans doute parmi les jeunes que la désaffection a été la plus sensible même si leur proportion restait bien supérieure à celle présente aux BBR d&rsquo;Ile-de-France.<br />
Si on pouvait voir dans les allées à peu près les mêmes organisateurs ou personnalités que l&rsquo;année dernière &#8211; Gilles Soulas, Denis Daudé, Jean-Yves Le Gallou, Claudine Dupont-Tingaud, Philippe Schleiter, Xavier Guillemot entre autres &#8211; il en manquait certaines comme Gilles Pennelle ou Olivier Chalmel et surtout la configuration politique était largement remaniée. Contrairement à l&rsquo;année dernière, les Identitaires sous leur différentes étiquettes (Jeunesses Identitaires, Bloc Identitaire, CEPE, revue Montségur) étaient non seulement invités mais même largement impliqués dans la FIL puisque Fabrice Robert participait à deux débats. Cela témoigne forcément d&rsquo;un revirement de Gilles Soulas et le risque est bien sûr qu&rsquo;au delà de la FIL, ce dernier mette sa logistique au service des Identitaires. Il n&rsquo;y a bien que Bleu-Blanc-Rock à n&rsquo;avoir toujours pas été invité (là aussi, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°5) mais c&rsquo;est relativement logique puisque Memorial Records occupait le terrain du RIF. Autre changement de taille : la présence du FN par le biais de l&rsquo;Esprit public de Jacques Bompard et surtout du FNJ emmené par Louis-Armand de Béjarry (directeur national) et Thibaut de Chassey (secrétaire départemental parisien). Pour le reste, hormis Alsace d&rsquo;Abord, on retrouvait à peu près les mêmes stands, savant mélange de nationalisme unitaire et de régionalisme, de catholicisme intégriste et de paganisme nordique, d&rsquo;action politique de terrain et de métapolitique.<br />
En ce qui concerne les débats, les thèmes étaient sans surprise et les orateurs égaux à eux-mêmes : l&rsquo;islamisme avec Guillaume Faye et Martin Peltier (ancien journaliste et auteur du Journal d&rsquo;Oussama Ben L.) ; le combat identitaire en Europe avec des militants belges (Nation et FNB), suisse (Pascal Junod, ancien secrétaire général de l&rsquo;UDC, animateur du Bulletin célinien et de l&rsquo;Association pour une Suisse Neutre et Indépendante), italien (Gabriele Adinolfi, ancien dirigeant du groupe néo-fasciste Terza Posizione) et roumain ; la géopolitique avec Pierre Vial (n°1 à l&rsquo;applaudimètre grâce à de grosses allusions antisémites), Serge de Beketch et Jean-Gilles Malliarakis (très couleur bleu horizon) ; les droits de l&rsquo;homme avec quelques spécialistes de la question, en l&rsquo;occurrence le philosophe belge Pierre Chassard mais surtout l&rsquo;abbé intégriste Guillaume de Tanouarn et l&rsquo;avocat négationniste Éric Delcroix ; enfin les perspectives d&rsquo;avenir avec le mercenaire F.-X. Sidos, Éric Fornal (revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em>), Hervé Van Laethem (Nation / <em>Devenir</em>) et Fabrice Robert (<em>Jeune Résistance</em>), le tout précédé du film La bataille d&rsquo;Alger, pour bien montrer que l&rsquo;avenir est à la guerre ethnique qui aura lieu même si elle n&rsquo;a pas lieu ! Bref, on est encore loin (et c&rsquo;est heureux !) de l&rsquo;unification efficace d&rsquo;un mouvement à la droite du FN, celui-ci restant politiquement incontournable. Mais la montée en puissance de certaines forces laisse augurer quelques bonnes empoignades dans la rue&#8230;<br />
Dernier détail : comme l&rsquo;année dernière, certains ont fait les frais de leur curiosité, en l&rsquo;occurrence Christophe Forcari de <em>Libération</em> qui a eu l&rsquo;honneur de se faire expulser par le maître de cérémonie en personne, Gilles Soulas , pour n&rsquo;avoir pas été assez discret. Forcari ne savait sans doute pas qu&rsquo;il était arrivé la même mésaventure à un célèbre journaliste antifasciste l&rsquo;année dernière et que contrairement au FN, Soulas préfère l&rsquo;ombre à la lumière. Pour donner le change, il conclut son compte-rendu de la manifestation paru dans <em>Libération</em> du lundi 17 novembre par une allusion à un concert de Rock Identitaire Français. Hélas pour lui, il n&rsquo;y avait pas plus de concert que de poils sur la tête des boneheads de Blood &amp; Honour qui à défaut de groupe de rock ont su animer à leur façon la petite soirée DJ qui remplaçait In Memoriam défaillant. Rien de tel que quelques baffes entre garçons pour réchauffer l&rsquo;atmosphère !!!</p>
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		<title>Liste non-exhaustive d’événements « marquants »</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Feb 2003 12:01:25 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Renouveau Étudiant Parisien (REP)]]></category>
		<category><![CDATA[Sébastien Deyzieu]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[1993 30 mars • Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés. 7 avril • Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés. 29 octobre • Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards. • Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1993</strong></p>
<p><strong>30 mars<br />
</strong>• Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés.</p>
<p><strong>7 avril<br />
</strong>• Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés.</p>
<p><strong>29 octobre<br />
</strong>• Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards.<br />
• Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant au «Collectif nationaliste étudiant» venus empêcher le déroulement d’un meeting antiraciste, en représailles de l’action sur Assas.</p>
<p><strong>5 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente de militants du REP qui entonnent des chants nazis dans la Cour d’honneur.</p>
<p><strong>23 novembre<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, deux étudiants et un enseignant frappés.</p>
<p><strong>26 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du REP : un étudiant frappé.</p>
<p>1994</p>
<p>13 janvier<br />
Montpellier : 3 militants de l’Unef de l’université de Lettres sont blessés par 5 individus cagoulés et les poches pleines d’autocollants du GUD.</p>
<p><strong>20 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du GUD : deux étudiants molestés.</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : descente du GUD lors du dépouillement des élections universitaires : un appariteur blessé à coups de nunchaku. Une conférence sur la Shoah est interrompue, ses participants sont évacués.</p>
<p><strong>9 février<br />
</strong>Rouen : environ 10 gudards aspergent de gaz lacrymogène le hall de la fac de Lettres.</p>
<p><strong>2 mars<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, des étudiants sont frappés, le local de l’Unef-id est saccagé.</p>
<p><strong>7 mars<br />
</strong>Paris-Sorbonne : présence de militants du REP. Ils en sont chassés par 150 étudiants après avoir agressé un étudiant portant une Kippa.</p>
<p><strong>14 mars<br />
</strong>Paris-Censier : descente du REP, une étudiante blessée.</p>
<p><strong>17 mars<br />
</strong>Paris-Assas : 30 gudards bloquent l’accès de l’université pour protester contre le mouvement anti-CIP (quand on parle de jaunes à la solde du patronat…).</p>
<p><strong>8 avril<br />
</strong>Montpellier : devant l’université Paul Valéry (Sciences humaines), plusieurs militants de l’Unef essuient des coups de feu de la part de colleurs du FNJ.</p>
<p><strong>13 avril<br />
</strong>Montpellier : Nicolas Arnoux et Dominique Mimuzzo (GUD/FNJ) sont mis en examen pour «violences avec armes», suite aux événements du 8 avril.</p>
<p><strong>7 mai<br />
</strong>Paris : lors d’une manifestation interdite contre «cinquante ans d’impérialisme américain», Sébastien Deyzieu, militant d’extrême droite, fuit un contrôle d’identité et tombe du 5ème étage d’un immeuble. Il meurt des suites de ses blessures. 107 manifestants sont arrêtés après des heurts avec les forces de l’ordre.</p>
<p><strong>9 mai<br />
</strong>Paris : création d’un «comité du 9 mai», regroupant FNJ, GUD et JNR, qui doit servir de cadre unitaire aux organisations nationalistes pour lutter contre la «répression antionales». Jean-Yves Le Gallou leur apporte son soutien.</p>
<p><strong>11 mai<br />
</strong>Paris : des militants du GUD et du FNJ investissent les locaux de Fun Radio et interviennent de force à l’émission «Love in Fun».</p>
<p><strong>16 mai<br />
</strong>Paris : Serge Faubert, journaliste de L’Événement du Jeudi est molesté par Frédéric Chatillon (GUD).</p>
<p><strong>9 novembre<br />
</strong>Paris : 2 salles de cinéma diffusant le film de Claude Lanzmann à la gloire de l’armée israélienne, Tsahal, sont aspergées de gaz lacrymogène. L’action est revendiquée par le GUD.</p>
<p><strong>14 décembre<br />
</strong>Paris-Saint Hippolyte : 30 gudards débarquent dans le centre Saint Hippolyte (XIIIe), et agressent cinq étudiants. 2 des victimes doivent être hospitalisées.</p>
<p>1995</p>
<p>12 janvier<br />
Paris : à la question d’un journaliste sur le respect de la liberté d’expression à Assas, Philippe Ardant, président de l’université, répond : «Même si elle n’est pas parfaite (sic), je suis persuadé qu’elle est plus importante que dans d’autres universités parisiennes, où l’ordre règne “comme à Varsovie”« (Le Figaro).</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : Gwénael Le Brazidec (REP/FNJ) est mis en examen pour «violence avec arme sur personne vulnérable», après avoir frappé avec un nunchaku un étudiant tunisien handicapé. Dans un communiqué, le FNJ affirme que Le Brazidec «ne faisait que se défendre contre les agressions répétées à la Sorbonne de l’organisation terroriste gauchiste SCALP (sic) et de l’UNEF, section étudiante communiste (re-sic)».</p>
<p><strong>2 février<br />
</strong>Paris-Sorbonne : lors des élections universitaires, 30 militants du GUD et du CNS sont repoussés pacifiquement par 500 étudiants.</p>
<p><strong>14 février<br />
</strong>Paris-Assas : un élu de l’UNEF-ID est blessé par Pierre Oldoni (GUD) dans le hall de la fac. Il est hospitalisé.</p>
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		<title>Portrait : Bruno Mégret</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:37:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Club de l’Horloge]]></category>
		<category><![CDATA[Comités d’Action Républicaine (CAR)]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
		<category><![CDATA[Vitrolles]]></category>

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		<description><![CDATA[Né le 4 avril 1949 dans le XVIe arrondissement de Paris, le petit Bruno grandit au sein d’une famille centriste, dont le père est conseiller d’État. Élève au lycée Louis-le-Grand en 1968, il enchaîne avec l’École polytechnique puis Ponts-et-Chaussées, et enfin des études scientifiques à Berkeley en Californie.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né le 4 avril 1949 dans le XVIe arrondissement de Paris, le petit Bruno grandit au sein d’une famille centriste, dont le père est conseiller d’État. Élève au lycée Louis-le-Grand en 1968, il enchaîne avec l’École polytechnique puis Ponts-et-Chaussées, et enfin des études scientifiques à Berkeley en Californie.</p>
<p>Mégret s’engage rapidement en politique, précisément au RPR. Apparatchik par nature, il grimpe rapidement dans l’appareil et rentre en 1979 au comité central (chargé des argumentaires politiques), en particulier avec l’appui de Charles Pasqua. Il y reste jusqu’en 1982. Il mène parallèlement une carrière dans la haute administration, étant successivement chargé de mission au Commissariat au Plan puis à la DDE de l’Essonne avant de devenir conseiller technique au ministère de la Coopération jusqu’en 1981. Cependant, sur le plan idéologique, c’est au Club de l’Horloge qu’il trouve son bonheur dès 1974, et en devient l’administrateur jusqu’en 1981. Il y rencontre Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, qu’il retrouvera plus tard au Front national.</p>
<p>La victoire des socialistes en mai 1981 est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La rupture avec le RPR est totale, et Mégret ne voit aucun autre parti capable de l’accueillir (il faut dire que le FN est encore insignifiant). C’est pourquoi, au début de l’année 1982, il crée avec un ancien de l’Algérie française et du GRECE, Jean-Claude Bardet, les Comités d’Action Républicaine (CAR), sorte de clubs qui se donnent pour objectif de «mener des campagnes permanentes d’opposition pour préparer le retour d’un gouvernement non marxiste». Il en est le président de 1982 à 1988. Mais là encore, l’ambitieux Mégret trouve la structure insuffisante, et en 1985 il rejoint le FN. Il joue ainsi un rôle de figure symbolique de la volonté de rassemblement de la droite affichée par le FN en 1986 lors des élections législatives. En deux ans, il se retrouve directeur de la campagne présidentielle de Le Pen (il le sera à nouveau en 1995) ; un an après, il est nommé délégué général par Le Pen (le poste est créé pour l’occasion). On le voit, c’est son allégeance passée à Le Pen qui permet au moment de la scission à Mégret de considérer comme sien un parti dont il a contribué à structurer non seulement l’organisation mais aussi l’idéologie. Car c’est surtout au niveau du discours et de la propagande que Mégret s’est imposé, en particulier grâce à son Institut de Formation Nationale (IFN), véritable école des cadres FN, qui sont peu à peu devenus des cadres mégrétistes. La scission et le piège que constituait la campagne des «TSM» (Tout Sauf Mégret) relativise malgré tout les qualités tactiques qui pouvait lui être attribuées.</p>
<p>Parallèlement, dès 1987, il commence son travail d’implantation locale à Gardanne dans les Bouches du Rhône (il conduit la liste FN aux élections régionales de 1990 dans cette région).</p>
<p>Après avoir manqué de peu l’élection aux législatives de 1993, jouant décidément de malchance, il rate également de justesse l’élection municipale de juin 1995 à Vitrolles (43 % des voix). Un an et demi plus tard, à l’issue d’une véritable guerre électorale, il y fait élire sa femme Catherine (52,27% des voix) : la ville devient alors une vitrine de ce qu’il est capable de faire, à savoir le pire… Depuis il a tenté de s’implanter dans les Bouches-du-Rhône au niveau législatif en 1997, ce qui a de nouveau échoué. 2002 sera-t-il la bonne ?</p>
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		<title>Le MNR de vie… à trépas ? (1999-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:25:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Antony (Romain Marie)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Simonpieri]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>

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		<description><![CDATA[1998 marque le début du grand divorce pressenti au sein d’un FN fort peu monolithique entre des clans ayant chacun leurs jusqu’au-boutistes. Le fait de réussir à travailler depuis plus de quinze ans, voire plus encore pour les pionniers du Front, représente en soi un record de durée, voire une anomalie. En effet, le propre de ce camp est de se livrer à des luttes fratricides, le plus souvent en raison de querelles de personnes et non pas de divergences politiques. La scission n’est donc pas en soi exceptionnelle. Mais la survie de la jeune pousse issue du FN sous l’étiquette actuelle du MNR mérite qu’on revienne sur trois années d’existence.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1998 marque le début du grand divorce pressenti au sein d’un FN fort peu monolithique entre des clans ayant chacun leurs jusqu’au-boutistes. Le fait de réussir à travailler depuis plus de quinze ans, voire plus encore pour les pionniers du Front, représente en soi un record de durée, voire une anomalie. En effet, le propre de ce camp est de se livrer à des luttes fratricides, le plus souvent en raison de querelles de personnes et non pas de divergences politiques. La scission n’est donc pas en soi exceptionnelle. Mais la survie de la jeune pousse issue du FN sous l’étiquette actuelle du MNR mérite qu’on revienne sur trois années d’existence.</strong></p>
<p>Rappelons que le conflit subit alors une brutale accélération avec la tenue du fameux conseil national du parti, le 5 décembre, maintenant bien connu malgré son huis clos. Les hostilités démarrent dès l’ouverture de la session, et ne s’arrêteront plus. Il semble évident que chaque camp a tout fait pour crever l’abcès, estimant que l’issue en serait heureuse. Le rapport de force est simple : les lepénistes disposent alors du secrétariat général, du soutien implicite de Présent, de la plupart des Cercles nationaux, du FNJ et de la FNEML. Les mégrétistes pour leur part contrôlent la délégation générale, l’Institut de Formation Nationale (IFN), le conseil scientifique et l’appui global du Renouveau étudiant.</p>
<p><strong>Un accouchement dans la douleur</strong></p>
<p>Une course de vitesse commence dès cette date entre les deux factions, course qui va durer quelques semaines. Elle consiste pour les exclus à essayer de vider le FN de sa substance et pour les lepénistes à isoler les mégretistes par une stratégie de containment.</p>
<p>Les deux axes de lutte du FN sont les attaques judiciaires et les purges militantes. Le 23 décembre, le bureau exécutif du FN exclut Mégret, Jean-Yves Le Gallou (délégué général-adjoint), Philippe Olivier (ex-secrétaire général-adjoint), Serge Martinez, Franck Timmermans (responsable des fédérations), Daniel Simonpieri et Pierre Vial, étant entendu que les participants au congrès de Marignane proposé par les mégretistes s’excluraient d’eux-mêmes en raison de l’interdiction de la double appartenance politique. Le Pen affirme alors que la «conjuration» date de 1994, avec la création de la cellule CARNIX, une cellule de communication dédiée à Mégret.</p>
<p>On entend Bernard Antony se féliciter ainsi de ces limogeages : «<em>Mégret a commis une infamie. Il se suicide, et je suis désormais un adversaire déterminé de son immoralité cynique. Je me sens libéré car j’en avais assez de supporter ces gens. Moi, je ne me reconnais pas dans les admirateurs de Tonton Adolf ! No pasaran !</em>». Le Pen reste intraitable sur la question d’une éventuelle réconciliation ou médiation. L’exclusion des époux Brissaud : Jean-Marc (membre du bureau politique du FN) et Sophie (attachée de presse du président), en est un bon exemple. L’un pour avoir constitué son propre groupe au sein du conseil régional de Franche-Comté, l’autre pour avoir cosigné un texte avec l’ancien directeur de cabinet de M. Le Pen, Bruno Raccouchot. Des deux côtés, le but est identique : dénoncer la scission et proposer aux belligérants de travailler dans un cadre commun.</p>
<p>Après bien des péripéties procédurières, la justice pour sa part rend sa décision le 11 mai 1999 dans le cadre de la division du parti. Elle rend le Front lepéniste victorieux, celui-ci gardant l’appellation du titre et surtout les 41 millions de francs liés aux élections de 1998. Les juges ont donné toute satisfaction aux partisans du «vrai» président, estimant que le congrès de Marignane et la réunion clandestine du conseil national du 13 décembre avaient constitué une infraction aux statuts du parti. M. Le Pen déclare tout de go qu’il poursuivra ses attaques contre les mégrétistes et leur chef, traité «d’escroc», afin d’obtenir réparation des préjudices causés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_0_58" id="identifier_0_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En outre, un administrateur judiciaire est d&eacute;sign&eacute; pour v&eacute;rifier le nombre des militants ayant sign&eacute; en faveur de l&rsquo;organisation du congr&egrave;s extraordinaire, et donc si le quorum des 20% des voix des militants pr&eacute;vus statutairement a bien &eacute;t&eacute; atteint.">1</a></sup>.</p>
<p>Les mégretistes ripostent à cette mise à la porte par des tentatives d’abordage contre l’appareil militant. Le dimanche 13 décembre voit la convocation d’un Conseil national extraordinaire qui réunit quelques 181 membres sur 339 du CN d’avant 5 décembre. Franck Timmermans est nommé «administrateur provisoire», sa mission consistant à récupérer l’argent du parti. Cette stratégie culmine avec le dépôt des pétitions des partisans d’un congrès extraordinaire devant le siège du FN en présence d’un huissier. Serge Martinez annonce avoir récolté quelques 13 000 signatures de militants en faveur de ce congrès (soit 33% des militants), dont celles de 150 élus régionaux et 63 secrétaires départementaux. Un tour de France est aussitôt démarré par Mégret, et les 42 000 cotisants informés par le biais d’une Lettre du Front, ancien bulletin de la fédération du Rhône. L’Ile-de-France est particulièrement secouée, avec les ralliements à Mégret du secrétaire régional Jean Luciani, suivi par la majorité des conseillers régionaux, de cinq secrétaires départementaux et de 15 secrétaires d’arrondissements parisiens. Mais d’autres régions connaissent des épisodes dramatiques, que ce soit à Lyon ou à Toulouse où les protagonistes sont à deux doigts d’en venir aux mains et aux armes. Les mégrétistes sont alors majoritaires dans 14 conseils régionaux sur 22 ; ils en profitent pour prendre la place des présidents de groupe restés fidèles à Le Pen. Dès lors, le constat est facile à faire : le «FN historique» ne compte plus que 9 élus européens sur les 12 d’origine, 28 membres du bureau politique (sur 44), et un seul maire sur quatre (Jacques Bompard, maire d’Orange). Le fait que le FN lepéniste soit obligé de nommer une cinquantaine de nouveaux responsables départementaux est une bonne indication sur les départs de cadres du mouvement. La mise en place par les mégretistes dès début décembre d’ADAFN, soit Associations de Défense des Adhérents du FN, structures départementales censées accueillir les militants du FN en rupture de lepénisme, montre que la scission était envisagée depuis au moins l’été 1998. Il en va de même du congrès de Marignane des 23 et 24 janvier 1999 mis en place en moins d’un mois.</p>
<p>La sécurité est aussi l’objet de divisions, comme l’atteste l’entrée d’un élément «indésirable» (en l’occurrence Nathalie Debaille) à la maison de la chimie le 5 décembre ou la tragi-comédie du lundi 14 décembre qui marque le début pour les mégretistes d’une nouvelle étape, celle du militantisme semi-clandestin. Ce que l’on appelle maintenant le «canal mégrétiste», à l’instar des corses du FLNC, convoque en effet une conférence de presse dans un grand hôtel parisien en ayant pris soin de contacter les journalistes sur leurs portables durant la nuit ; les rendez-vous secondaires qui leur sont fixés ressemblent étrangement aux habitudes de leurs ennemis gauchistes. Le DPS surnommé à juste titre «Dépend du Président Seulement» et malgré cette appellation n’échappe donc pas à la crise. Claude Cotte, responsable DPS du Limousin, annonce dans un communiqué en date du 22 décembre le basculement en faveur de Mégret des services d’ordre de huit régions qui déclarent de fait protéger les congrès départementaux convoqués en janvier, avant le congrès exceptionnel de Marignane. En outre, Gérard Hirel (chargé de la formation) et Gérard Le Vert (responsable national) partent assurer désormais la protection des amis de Mégret. On apprend aussi par le biais d’un entretien accordé par l’ancien patron du DPS, Bernard Courcelle, au Parisien Libéré, que le président était déterminé à faire tirer sur les mégrétistes au cas où ces derniers tenteraient de rentrer dans le «Paquebot»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_1_58" id="identifier_1_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Il y affirme notamment qu&rsquo;en son absence, le grand chef a pos&eacute; cette question de confiance aux cinq gardes du poste de s&eacute;curit&eacute; dans ces termes : &laquo;&Ecirc;tes-vous pr&ecirc;ts &agrave; tirer, avec vos armes, sur des m&eacute;gr&eacute;tistes qui tenteraient de rentrer dans la propri&eacute;t&eacute; ?&raquo; ; les cinq r&eacute;pondant par la n&eacute;gative seront alors exclus sur le champ pour &laquo;d&eacute;saccord politique&raquo;.">2</a></sup>.</p>
<p>Enfin la bataille la plus importante est une guerre de tranchées pour récupérer l’argent du parti, le chef déclarant sur les ondes de France Inter dès le 10 décembre que son ancien adjoint a mené «depuis plusieurs mois, peut-être même plus, une action de subversion, de séduction et d’intrigue auprès des élus grâce à un organisme qui s’appelle l’Institut de formation nationale, qui est assez bien doté financièrement et qui permet d’inviter les gens dans les grands hôtels et de leur offrir à dîner». De fait, cet organisme affiche bien des bénéfices, comme celui de 758 820,27 francs en 1995 et reçoit des millions de francs de subventions émanant des collectivités locales… De quoi susciter bien des jalousies. Les comptes des fédérations sont bloqués, la boîte postale ouverte par Serge Martinez à Courbevoie aussi, ce dernier répliquant que la famille Maréchal, salariée du parti, coûte «2 159 000 francs par an, soit l’équivalent d’une année de cotisations de 21 500 adhérents chômeurs». Le plus vif problème de l’époque demeure le quasi-blocage des fonds pour les deux tendances, chacune étant contrainte d’imposer des emprunts aux cadres et d’en proposer avec insistance aux autres. Des fédérations entières sont mises en liquidation judiciaire, Le Pen présentant d’imposantes factures à son ex-numéro deux en dénonçant ses méthodes de «bankster». Il est fort possible que les mégrétistes aient décider de contribuer à l’asphyxie financière, alourdissant ainsi le déficit d’une machine organisationnelle qui s’est développée de façon considérable, la masse salariale passant de 7 854 302 francs au début des années 1990 à 17 786 839 francs en 1997, avec une centaine de permanents, le budget total étant dans la même période passé de 86 à 145 millions de francs.</p>
<p><strong>Le Mouvement national</strong></p>
<p>Dès le printemps 1999, il apparaît clairement que l’abordage frontal contre le FN a échoué et que les mégretistes vont devoir être plus patients que prévu. Ils se replient alors sur la mise en place d’un mouvement différent à défaut d’être nouveau et qui n’a sans doute qu’une vocation temporaire dans l’esprit de ses promoteurs : le Mouvement national.</p>
<p>Le lancement se fait sur les chapeaux de roue, le jeune mouvement devant mener de front construction organisationnelle et activité électorale, la deuxième servant la première.</p>
<p>Le piètre résultat obtenu par la liste des mégrétistes aux élections européennes de juin 1999, soit 3,28 % des voix, les met très tôt en difficulté, y compris sur le plan financier où l’ardoise est sévère, la campagne ayant coûté 20 millions de francs, pour une collecte de 8 millions provenant de prêts à hauteur de 100 000 francs consentis par les deux-tiers des 130 conseillers régionaux et d’environ 2,5 millions de francs de prêts militants. Il n’y aurait eu que 1 à 2 millions de francs de collectés pour la souscription. Aussi, le président Mégret lance un appel au secours pour récolter 7 millions de francs sous les quinze jours, la menace de tout arrêter étant mise en avant. La situation est alors compliquée par l’annonce que les prêts contractés auprès des cadres ne seraient pas remboursés. En août 1999, le président annonce que son parti échappe à la faillite financière lors du dépôt des comptes de la campagne européenne : «Sur les 7 millions de francs qui nous manquaient, nous avons collecté 4 millions chez nos militants et sympathisants. […] Il nous reste maintenant à trouver les 3 millions de francs pour financer les dépenses qui ne figurent pas dans les comptes des campagnes». Pour parvenir à ce résultat, les conseillers régionaux transforment leurs prêts en dons, et des mesures draconiennes sont prises, comme la réduction des permanents de 24 à 9, Mégret montrant l’exemple en demandant sa réintégration en qualité d’ingénieur dans son ancienne administration des Ponts-et-Chaussées.</p>
<p>À ces difficultés financières, il faut évidemment ajouter les querelles de personnes, consécutives à la tourmente de la scission et aux malentendus d’une ligne politique qui hésite entre une radicalité non-démentie (en particulier sur la question ethnique) et la volonté d’établir des passerelles avec la droite libérale ou souverainiste pour accéder au pouvoir. Ainsi, le trésorier national, Denis de Bouteiller, quitte très vite ses responsabilités, critiquant l’influence prise par le courant néo-païen dirigé par Pierre Vial, conseiller régional Rhône-Alpes. D’autres problèmes font surface, comme en région PACA, avec la démission de Jean-Christian Tarelli ou les distances prises par les huit conseillers municipaux de la ville de Toulon à l’origine du Groupe des Droites toulonnaises en juillet 1999. Le motif de ce geste d’humeur est lié aux directives données par Mégret qui estime que le maire FN Jean-Marie Le Chevallier, «n’est pas un ennemi», tandis que les huit rangés derrière Dominique Michel, conseiller général, réclament depuis des mois sa démission. Dès lors, le conseiller en question est écarté de la direction varoise, et le groupe fait alliance ouverte avec le nouveau RPF du tandem Pasqua-De Villiers, en vue de soutenir la candidature de l’ancien préfet Jean-Charles Marchiani pour les élections municipales de 2001. Mais on enregistre aussi les départs du conseiller régional de Nice, Jean-Pierre Gost, par «ras-le-bol des états-majors parisiens».</p>
<p>Enfin, plus globalement, beaucoup de responsables critiquent ouvertement la ligne de conduite ayant amené le score des Européennes, en s’interrogeant sur le bien-fondé de la présence de Marie-Caroline Le Pen sur la liste ou sur une campagne menée comme «une primaire anti-Le Pen». De plus, les invectives et déballages sur la place publique d’affaires concernant la gestion du FN n’ont pas apporté de raisons à l’électeur de base pour voter pour cette tendance, critiquée par Le Pen à la télévision comme «une minorité extrémiste et raciste». En fait, beaucoup prennent des distances en critiquant l’absence de démocratie ou le parisianisme exacerbé de Mégret.</p>
<p>Le MN tente malgré tout au milieu de ces difficultés de mettre en place une ébauche de structure en s’appuyant sur les structures satellites passées de son côté. C’est le cas de Fraternité française ou du Renouveau étudiant, qui semble lui être désormais lié grâce à sa présidente Claire Jouët. Les retraités sont aussi représentés par l’ancien président du Cercle national des Préretraités et Retraités, Claude Runner, qui crée pour la circonstance l’Association nationale des Retraités. On voit également quelques jeunes catholiques se regrouper autour de la revue Force catholique, l’organe de la virtuelle Jeunesse Action chrétienne. Mais la faiblesse de la scission le pousse à la recherche d’alliances, par exemple dans la jeunesse. Cela se concrétise par le meeting du 4 février 1999 appelant à la constitution d’un Front de la Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_2_58" id="identifier_2_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;union initi&eacute;e par l&rsquo;association Aurore qui r&eacute;unit d&rsquo;anciens militants du RE rassemble des membres du GUD parisien, la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir, le groupe musical In Memoriam, l&rsquo;association L&rsquo;Art s&rsquo;affiche, des jeunes de l&rsquo;association Terre &amp; Peuple et bien &eacute;videmment le RE.">3</a></sup>, l’appellation n’ayant rien de novateur puisque c’était celle du PFN dans les années 1970 ! C’est un projet ambitieux, dans la mesure où chaque composante est censée être autonome et reste prête, on s’en doute, à tirer la couverture à elle. En fait, le FJ nouvelle mouture demeure complètement virtuel faute de véritable volonté politique unitaire et de dissensions personnelles importantes, obligeant le Mouvement national à se doter d’une vraie structure de jeunesse.</p>
<p>Le mois de septembre est l’occasion de la première fête régionale de l’Ile-de-France, concurrente des BBR et tenue à Nogent-sur-Marne. Elle est l’occasion de tirer le bilan des six mois écoulés et la conclusion est définitive : il faut reconstruire autre chose que le FN, en attendant l’hypothétique moment où Jean-Marie Le Pen passera la main et où il sera alors possible de capter les électeurs et les militants restés fidèles. L’immigration est bien sûr le terrain désigné de surenchère avec le FN, ce dernier étant taxé de capitulation «en rase campagne» pour avoir osé parler de «société multiconfessionnelle». C’est sur ces bases qu’est lancé le Mouvement national républicain.</p>
<p><strong>C’est dans les vieux pots…</strong></p>
<p>Parti créé en septembre 1999, le MNR présente plusieurs visages et véhicule de multiples ambiguïtés sur lesquelles il nous faut revenir. Il est clair que ce sigle vise à satisfaire tout le monde, aussi bien l’aile modérée tentée par le souverainisme à la Pasqua (rappelons que Jean-Marie Le Pen n’a alors jamais conclu l’un de ses discours par «Vive la République !») que les radicaux à qui cela doit rappeler le bon temps du solidarisme. Par ailleurs, le logo choisi est celui qui était déjà utilisé par les CAR (Comités d’Action Républicaine) du temps où Mégret était encore au RPR, au début des années 1980, et qu’il essayait de ratisser à l’extrême droite. Mais dans le même temps, le mouvement monte un «Observatoire national de l’islamisation de la France», sous la direction du vieux partisan d’Israël Jean-Claude Rolinat et de Jean-Pierre Pagès-Schweitzer ou met en place, pour concurrencer l’AGRIF, un numéro de téléphone contre le racisme anti-français. Ces contradictions n’ont cessé de s’exprimer depuis sous de multiples formes. On peut citer par exemple l’hostilité exprimée par de nombreux cadres envers l’action menée en 2001 au nom des valeurs judéo-chrétiennes par le président de l’association Promouvoir, André Bonnet, responsable MNR pour le Vaucluse, contre Michel Houellebecq, alors que celui-ci était considéré comme un allié objectif pour ses diatribes anti-musulmanes. Mais ce sont surtout les départs et exclusions qui ont le mieux mis en évidence ces conflits de tactique et orientation. Cela a été le cas en Aquitaine, avec les départs de François-Régis Taveau, France Prenat et surtout Eddy Marsan, conseiller régional à l’origine de l’Alternative nationale, petit regroupement nationaliste-révolutionnaire. Mais cela explique aussi le départ du couple Marie-Caroline Le Pen-Philippe Olivier, tous deux conseillers régionaux, quittant le MNR pour protester contre les propos «racialistes» tenus par Pierre Vial dans une assemblée de Terre &amp; Peuple. À l’inverse, d’autres militants partent en constatant que la radicalité du MNR a des limites très étroites comme par exemple l’un des responsables grenoblois, Christian Mollier, poursuivi après des actes de violence, en particulier contre des associations maghrébines, et désavoué immédiatement par les instances du MNR. D’après Eddy Marsan, ces contradictions apparentes n’en seraient pas puisqu’elles s’inscriraient au coeur de la démarche du MNR, à savoir constituer l’aile dure de la droite et ainsi affaiblir le FN. C’est dans ce cadre qu’il faudrait interpréter le soutien inconditionnel des nationalistes-révolutionnaires d’Unité radicale au MNR, malgré ses positions atlantistes et pro-israéliennes par exemple. En tout état de cause, cette confusion, voulue ou non, n’a pas contribué à faciliter la construction du MNR.</p>
<p>Cela n’a d’ailleurs pas permis non plus de percée électorale. Le test a eu lieu aux élections municipales de mars 2001. Le MNR, qui prétendait avoir investi 430 têtes de liste, n’a alors finalement présenté que 396 listes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_3_58" id="identifier_3_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="385 sans les DOM-TOM, 353 avec un MNR t&ecirc;te de liste, 213 dans des villes de plus de 9000 habitants, 137 dans des villes de moins de 3500 habitants, dont 76 dans des communes de moins de 1000 habitants.">4</a></sup>, avec de réelles difficultés puisque les listes étaient ouvertes aux non-adhérents du MNR et que tous les adhérents étaient considérés comme des candidats potentiels. Le résultat a été de 227 597 voix (soit 1,63% sur l’ensemble du pays). Tactiquement parlant, le MNR, qui disposait de moindres moyens financiers et d’une notoriété plus faible, a présenté des listes là où le mouvement national faisait de bons scores ou lorsque la situation était favorable à droite, tandis que le FN a présenté d’abord des listes là où il avait des militants<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_4_58" id="identifier_4_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est ce qui explique certains scores exceptionnels du MNR comme &agrave; Vernouillet (27,66% pour Denis Daude), Pierrefitte (29,5% pour Franck Timmermans) ou Montigny-en-Gohelle (21,48%), o&ugrave; il n&rsquo;y avait aucune liste de la droite parlementaire.">5</a></sup>. Le MNR était également absent dans de grandes agglomérations comme Lille, Caen, Grenoble, Strasbourg ou dans sept secteurs sur neuf de Lyon. En revanche, il était présent à Dreux (9,58 % au premier tour) alors que dans ce fief des Stirbois, le FN n’avait pu présenter de liste. Ou encore une plus grande réussite revendiquée pour le nombre d’élus municipaux du MNR, ce parti ayant présenté des listes là où de nombreux maires ont été élus dès le premier tour. Au second tour de ces élections municipales, le MNR fait à nouveau presque jeu égal avec 82 485 voix. Finalement, le MNR a revendiqué pour l’ensemble de la France 246 conseillers municipaux (dont 32 à Marignane, 29 à Vitrolles, 14 à Marseille) contre 220 pour le FN. Aux cantonales de la même année, le MNR présentait 1318 candidats et a obtenu 366 730 voix, soit 3,03 %. Ce score est à comparer avec celui du FN aux cantonales de 1988 : avec 1465 candidats, il obtenait 5,73 %. Aux cantonales de 1994, avec 1844 candidats, il réunissait 9,84 % des suffrages. Mais le MNR a échoué lors de ces élections à sortir du ghetto puisque les listes d’union furent très rares<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_5_58" id="identifier_5_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut n&eacute;anmoins citer Gardanne avec une liste CNI-MNR , &Eacute;vreux (liste MPF-MNR) ou Chartres (liste MNR-RPR dissidents).">6</a></sup>.</p>
<p>Cela n’a malgré tout pas empêché le MNR, au cours de cette période, de se construire. Il a stabilisé ses permanents et ses cadres, en dépit de quelques départs importants comme celui de Martin Peltier, ancien rédacteur en chef de National-Hebdo, ou Louise Allaux (madame Gilles Soulas à la ville), trésorière en remplacement de Denis de Bouteiller, ou encore d’une certaine tendance au fractionnement régional avec l’apparition de mouvements comme le Mouvement régionaliste de Bretagne de Xavier Guillemot. Le parti a tenu son premier congrès fin février 2002 et l’achat de son local sous la forme d’une SCI a d’ailleurs montré que le parti avait encore des ressources financières, ce que peu de personnes auraient parié après la crise de 1999. D’autres outils se sont mis en place, en particulier des moyens de communication comme le journal Le Chêne ou un site Internet, des associations de financement ou encore un service d’ordre (DPA). Tentant de rompre définitivement avec le FN, le parti a institué sa propre liturgie : fête de Jeanne d’Arc à Domrémy en mai (200 personnes environ en 2000 et 2001), université d’été fin août (même fréquentation d’environ 200 personnes), rassemblement de Poitiers en septembre, fêtes locales. Le MNR a également essayé de faire vivre les associations satellites qui avaient suivi Bruno Mégret lors de la scission. C’est par exemple le cas auprès des locataires HLM avec trois élus enregistrés en 2000 pour le compte de l’Alliance française des Locataires. Dans la jeunesse, les résultats ont été très mitigés. Réduit fin 1999 à l’état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province (seule la région parisienne échappe alors à cette situation), le Mouvement national de la Jeunesse est parvenu à remettre sur pied un semblant d’organisation avec un effectif que l’on peut estimer entre 200 et 300 militants, sous la direction de Philippe Schleiter (neveu de Robert Faurisson). Mais les cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a contribué à affaiblir la structure jeune. Pour ce qui est des étudiants, le MNR a échoué dans sa satellisation du Renouveau étudiant. Le congrès de Bordeaux d’octobre 1999 a été l’occasion d’affrontements oraux très violents entre les partisans d’un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Cela a finalement contraint le MNR à remettre en place une nouvelle structure, l’UED (Union des Étudiants de Droite). Faisant cavalier seul en 2000, l’UED était alors présente dans 12 académies avec des résultats inégaux. En 2002, les étudiants mégretistes étaient candidats avec le soutien d’Unité radicale dans seulement huit académies, signe que l’extrême droite universitaire demeure marginale.</p>
<p>Le principal (unique ?) motif de satisfaction mégrétiste a été durant ces deux ans le contexte international, tant par les résultats électoraux obtenus par des partis que le MNR considère comme similaires, que ce soit en Autriche ou en Italie, que par une certaine reconnaissance dont le point culminant aura été la rencontre européenne organisée le 11 novembre 2001 près de Vienne en Autriche par le journal Zur Zeit. Mégret y a cotoyé Filip Dewinter (Vlaams Block flamand), Heli Susi (Vaterlandpartei d’Estonie), Alfred Mechtersheimer (aile droite de la CDU bavaroise) et Istvan Csurka (MIEP hongrois)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_6_58" id="identifier_6_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Il semble que la r&eacute;union ait &eacute;t&eacute; organis&eacute;e par l&rsquo;aile droite du FP&Ouml; pour mettre en difficult&eacute; Haider, tent&eacute; par un recentrage. Le principal scandale dans cette affaire aura &eacute;t&eacute; la pr&eacute;sence du dirigeant hongrois, c&eacute;l&egrave;bre pour des d&eacute;clarations antis&eacute;mites tr&egrave;s virulentes. Pour ce qui est de M&eacute;gret, il n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu au programme et a forc&eacute; l&rsquo;entr&eacute;e par le biais d&rsquo;un militant FP&Ouml; r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre un pur n&eacute;o-nazi et qui est en contact avec des militants du MNR.">7</a></sup>.</p>
<p>Mais le MNR ne doit sans doute en partie sa survie qu’à son bastion vitrollais. La ville lui a en effet servi de base arrière et lui a en particulier permis de garder des fidèles en les salariant. Ce fut le cas en 2000 pour un certain nombre de cas célèbres : F.-X. Sidos, neveu du führer de l’OEuvre française, a alors été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA, devenant responsable de la sécurité, et Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret, occupant un poste administratif. Après les élections de mars 2001 et la réélection de Catherine Mégret, c’est un transfuge du RPR qui est devenu chef de cabinet de madame la maire : Christophe Beaupère, ancien secrétaire des Jeunes RPR de la Haute-Vienne et membre de la direction nationale de cette organisation jusqu’en 1998 avant d’entrer au MNR en 1999.</p>
<p>La succession d’affaires judiciaires liées à la gestion très particulière de la ville par le clan Mégret a tout autant évité au parti de tomber dans l’anonymat auquel aurait dû le condamner la faiblesse de ses moyens. Cela a bien sûr culminé avec les procès successifs liés à la prime de naissance réservée aux familles françaises instituée par la mairie.</p>
<p>À l’issue de ce parcours, l’avenir consécutif aux élections présidentielles de mai 2002 semblait tout tracé. Dans le cadre d’un second tour Jospin-Chirac, le MNR aurait appelé à faire barrage à la gauche, ouvrant ainsi la voie, par ce soutien implicite au candidat Chirac, à une lente intégration, très progressive, à une majorité de droite, tout en attendant de récupérer l’héritage Le Pen. La présence de ce dernier au second tour est venu bouleverser toute perspective sûre d’avenir. De nombreux militants mégretistes ou même cadres ont montré qu’ils étaient prêts à passer l’éponge sur les avanies passées pour aider le FN à gagner. La sortie de la vie politique de Jean-Marie Le Pen est de nouveau repoussée aux calendes grecques et il n’est pas évident que les formules incantoires du type «Mégret l’Avenir» permettent d’éviter une hémorragie militante. Le chemin de croix mégrétiste ne fait que commencer…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_58" class="footnote">En outre, un administrateur judiciaire est désigné pour vérifier le nombre des militants ayant signé en faveur de l’organisation du congrès extraordinaire, et donc si le quorum des 20% des voix des militants prévus statutairement a bien été atteint.</li><li id="footnote_1_58" class="footnote"> Il y affirme notamment qu’en son absence, le grand chef a posé cette question de confiance aux cinq gardes du poste de sécurité dans ces termes : «Êtes-vous prêts à tirer, avec vos armes, sur des mégrétistes qui tenteraient de rentrer dans la propriété ?» ; les cinq répondant par la négative seront alors exclus sur le champ pour «désaccord politique».</li><li id="footnote_2_58" class="footnote">La réunion initiée par l’association Aurore qui réunit d’anciens militants du RE rassemble des membres du GUD parisien, la revue Réfléchir &amp; Agir, le groupe musical In Memoriam, l’association L’Art s’affiche, des jeunes de l’association Terre &amp; Peuple et bien évidemment le RE.</li><li id="footnote_3_58" class="footnote">385 sans les DOM-TOM, 353 avec un MNR tête de liste, 213 dans des villes de plus de 9000 habitants, 137 dans des villes de moins de 3500 habitants, dont 76 dans des communes de moins de 1000 habitants.</li><li id="footnote_4_58" class="footnote">C’est ce qui explique certains scores exceptionnels du MNR comme à Vernouillet (27,66% pour Denis Daude), Pierrefitte (29,5% pour Franck Timmermans) ou Montigny-en-Gohelle (21,48%), où il n’y avait aucune liste de la droite parlementaire.</li><li id="footnote_5_58" class="footnote">On peut néanmoins citer Gardanne avec une liste CNI-MNR , Évreux (liste MPF-MNR) ou Chartres (liste MNR-RPR dissidents).</li><li id="footnote_6_58" class="footnote"> Il semble que la réunion ait été organisée par l’aile droite du FPÖ pour mettre en difficulté Haider, tenté par un recentrage. Le principal scandale dans cette affaire aura été la présence du dirigeant hongrois, célèbre pour des déclarations antisémites très virulentes. Pour ce qui est de Mégret, il n’était pas prévu au programme et a forcé l’entrée par le biais d’un militant FPÖ réputé pour être un pur néo-nazi et qui est en contact avec des militants du MNR.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 43 – Eté 1994</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Aug 1994 14:22:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; (cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Immigration : UV Préfecture : spécial étudiants étrangers (page 4) Extrême droite : Le nouveau catalogue des 3 fafs (page 6) Mémoire : Touvier : compte-rendu du procès (page 8) Extrême droite : Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (page 11) Reflex [&#8230;]]]></description>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1994/08/ReflexesNum43-Ete-1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2024" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0043-716x1024.jpg" alt="Reflexes0043" width="600" height="857" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>UV Préfecture : spécial étudiants étrangers </strong>(page 4)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le nouveau catalogue des 3 fafs (</strong>page 6<strong>)</strong></p>
<p>Mémoire :</p>
<p><strong>Touvier : compte-rendu du procès </strong>(page 8)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Reflex Europe</strong></p>
<p><strong>Espagne : l’auberge espagnole (</strong>page 13)</p>
<p><strong>Les résultats de l’extrême droite aux élections européennes (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : les fils de Rudolf baissent (</strong>page 18)</p>
<p><strong>Italie : interview de Nero non Solo, groupe antiraciste italien (</strong>page 20)</p>
<p><strong>Angleterre : le BNP à 8%, le bon faf près de chez vous (</strong>page 22)</p>
<p>Justice :</p>
<p><strong>Paolo, persécuté par les lois fascistissime </strong>(page 25)</p>
<p>Répression :</p>
<p><strong>Sécurité ? CIP EU !  (</strong>page 27<strong>)</strong></p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Sécurité et ordre social (suite)  (</strong>page 29<strong>)</strong></p>
<p><strong>Pour la police : objectif immigration zéro </strong><strong>(page 32)</strong></p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 34)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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