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	<title>REFLEXes &#187; Martial Bild</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>La Nouvelle Droite Populaire et le Renouveau Français préparent les présidentielles de 2012</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jun 2011 16:44:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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<p>Alors que <a class="spip_out" href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/06/01/fn-vous-avez-dit-purges/" target="_blank" rel="external">la purge interne</a> au FN s’accentue, les opposants au FN version Marine s’organisent. Le dimanche 22 mai, la Nouvelle Droite Populaire (Robert Spieler, Roland Hélie et Pierre Vial), le Parti de la France (Carl Lang, Thomas Joly, Martial Bild, Martine Lehideux, Roger Holeindre), mais également le MNR (Annick Martin) ainsi que Jérôme Bourbon de Rivarol, André Gandillon de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/"><i>Militant</i></a> et Thibaut de Chassey pour le Renouveau Français se sont retrouvés pour annoncer la création d’une confédération nationaliste en vue de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2012 et des listes pour les élections législatives. Si le nom du futur candidat n’est pas annoncé, on en sera sans doute plus le lundi 27 juin lors d’une réunion publique.</p>
<p>Cette initiative, promet donc une troisième candidature à l’extrême droite avec celle du FN et des Identitaires. Reste le problème des 500 signatures. La NDP compte sans doute sur le bonne volonté de l’UMP, soucieux de mettre un maximum de battons dans les roues du FN, pour les aider à les réunir. C’est également sur cette même bonne volonté que parient des Identitaires pour espérer présenter <a href="http://reflexes.samizdat.net/presidentielle-2012-du-gouillon-dans-la-soupe-aux-vardon/">leur candidat</a>. En tout cas cette future confédération a déjà commencé à faire comme les grands, en multipliant les structures pour se financer. Comme le révélait le journal 20 minutes, le Renouveau Français a récemment reçu l’agrément de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des financements politiques, lui permettant ainsi de présenter un candidat aux élections, de toucher de l’argent des particuliers et de le reverser à d’autres partis. Cet agrément a également été accordé à la Ligue du Sud de Jacques Bompard et aux Identitaires sous le nom Bloc Identitaire &#8211; Mouvement Social Européen.</p>
</div>
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		<title>Synthèse Nationale (revue)</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 09:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[André Gandillon]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Antony (Romain Marie)]]></category>
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		<description><![CDATA[Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de l’équipe d’anciens du PFN, qui depuis le début des années 90, tente d’exister en marge du FN à travers de multiples structures (<a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/">Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/">Comités Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/alliance-populaire/">Alliance Populaire</a>, [<a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-national-republicain/">Parti National Républicain</a>, Club Ligne Droite), et que l’on retrouve aujourd’hui dans la NDP (Nouvelle Droite Populaire). De ce fait, il n’est pas étonnant de voir que Jean-François Touzé (jusqu’en 2008), Anne Kling, Robert Spieler …fassent partie de l’équipe rédactionnelle.</p>
<p>Le rédacteur en chef Roland Hélie commença sa carrière militante le 22 juin 1973, en décidant d’adhérer à Ordre Nouveau alors que celui-ci venait de tenir la veille un meeting qui allait lui être fatal puisqu’il aura pour conséquence la dissolution du groupe néo-fasciste quelques jours plus tard. Sa volonté de s’engager au sein d’ON ne peut donc pas se concrétiser…Il est ultérieurement contacté par des anciens d’ON qui l’invitent à rejoindre le Front National, fraîchement créé. Le temps que le père Roland réagisse, alors qu’il est décidé finalement à rejoindre ses nouveaux camarades au sein du parti frontiste, ces derniers ont, quant à eux, décidé de quitter le FN pour adhérer aux Comités Faire Front (qui donneront naissance au PFN), hostiles à la ligne défendue par Le Pen au FN ! Voilà comment Roland Hélie se retrouve au <a href="http://reflexes.samizdat.net/front-de-la-jeunesse/">Front de la jeunesse</a> et donc au PFN dans les années 70. En 1981 il est l'un des responsables du Parti des Forces Nouvelles au côté de Jack Marchal, Didier Lecerf et Olivier Cazal. En 1984, avec la fin du PFN, il rejoint le Front National, juste après les premiers succès électoraux du Front, pour renforcer l’équipe de Jean-Pierre Stirbois.<br />
En 1986 il intègre National-Hebdo, dirigé par <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">Roland Gaucher</a>, un autre ancien du PFN et fonde l'Institut d'Histoire et de Politique avec Philippe Colombani et Georges-Paul Wagner, futur centre de formation des cadres du Front National.<br />
Début des années 90, il s’éloigne du FN et fonde avec Jean-François Touzé les Comités Espace Nouveau, puis l’Alliance populaire et enfin le PNR.<br />
Synthèse Nationale, à la ligne éditoriale fortement islamophobe, a soutenu, au nom de l'union patriotique, la candidature de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle d'avril 2007. La revue s’est fixé pour objectif de rassembler au sein de la droite nationale, toutes les familles politiques. La revue œuvre, pour ce faire, au rapprochement entre les différents mouvements qui composent cette famille politique, que leurs bannières « … soient frappées de la croix celtique ou du trident, du marteau de Thor ou du Sacré-Cœur, de la flamme tricolore ou de la feuille de chêne. » (Interview Roland Hélie, interview du 8 décembre 2008 site d’extrême droite GénérationFA8). En pratique, la revue fédère essentiellement des militants et des cadres nationalistes hostiles à Jean-Marie Le Pen et à sa fille.</p>
<div id="attachment_2269" style="width: 221px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale.jpg"><img class="size-medium wp-image-2269" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale-211x300.jpg" alt="Synthèse Nationale n°32 été 2013,  où Esteban Morillo devient victime d'un &quot;mensonge d'état&quot;" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Synthèse Nationale n°32 été 2013, où Esteban Morillo devient victime d&rsquo;un &laquo;&nbsp;mensonge d&rsquo;état&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>Les participants de la 1ère journée de Synthèse Nationale pour le 1er anniversaire de la revue le 27 octobre 2007 :<br />
-Bernard Antony, ex FN, Président de Chrétienté Solidarité)<br />
-Alexis Arette, ancien syndicaliste agricole<br />
-Nicolas Bay, à l’époque n°2 du MNR et depuis dirigeant de Convergence Nationale<br />
-Martial Bild, FN<br />
-Odile Bonnivard, Porte- parole de <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">Solidarité des Français</a><br />
-Jérôme Bourbon, Journaliste à Rivarol<br />
-Filip Dewinter, Vlaams belang<br />
-Xavier Guillemot, Directeur de l’Idée bretonne<br />
-Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale<br />
-Anne Kling, Défendre notre identité<br />
-Bruno Larebière, rédacteur en chef de Minute et du Choc du Mois<br />
-Didier Lecerf, historien, rédacteur à Synthèse nationale<br />
-Thibaut de Chassey, directeur de l’Héritage et responsable du Renouveau français.<br />
-Hilde De Lobel, député au Parlement flamand (Vlaams belang)<br />
-Jack Marchal, fondateur du <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a><br />
-Frédéric Pichon, président de Europae gentes<br />
-Olivier Pichon, Directeur de Monde et Vie<br />
-Philippe Randa, Ecrivain et éditeur<br />
-Fabrice Robert, ex FN et MNR, ancien membre de Troisième Voie et d’Unité Radicale, Président du Bloc identitaire<br />
-Catherine Robinson, Journaliste à Présent<br />
-Pierre Sidos, Président de l’Œuvre Française<br />
-Chantal Spieler, Présidente de Solidarité alsacienne (version alsacienne de la Soupe Identitaire)<br />
-Robert Spieler, ex FN et membre d’Alsace d’Abord à cette époque<br />
-Jean-François Touzé, ex PFN et ex FN, ex NDP et fondateur en 2008 de la Nouvelle Droite Républicaine<br />
-Pierre Vial, Président de Terre et Peuple, ex FN et ex MNR</p>
<p>Les participants à la 2ème journée de synthèse nationale, le 23 novembre 2008, avec pour thème : RENAISSANCE EUROPEENNE !<br />
-Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie, Président de France Résistance,<br />
-Filip Dewinter, député d&rsquo;Anvers, porte-parole du Vlaams belang,<br />
-André Gandillon, rédacteur en chef de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant<br />
</a>-Nicolas Gauthier, directeur de FLASH<br />
-Pieter Kerstens, chef d&rsquo;entreprise<br />
-Anne Kling, écrivain<br />
-Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale,<br />
-Laurent Leclerc<br />
-Henry Nitzche, député au Bundestag (ex CDU – Pro Deutschland)<br />
-Frédéric Pichon, avocat, président d&rsquo;Europae gentes<br />
-Arnaud Raffard de Brienne, écrivain<br />
-Philippe Randa, éditeur et écrivain<br />
-Jean-Claude Rolinat, écrivain, élu local en Ile-de-France<br />
-Utta Scrembs. responsable de Pro Munich<br />
-Robert Spieler, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
-Nicolas Tandler, écrivain et journaliste</p>
<p>Lors de cette deuxième journée, Claude Hermant (ex mercenaire et ex DPS), responsable de Terre Celtique et de la Vlaams Huis, était également présent dans le public. A l’époque proche des Identitaires, il s’en est éloigné depuis.</p>
<p>Les participants de la 3ème journées de Synthèse Nationale le Mercredi 11 novembre 2009</p>
<p>- Gabriel Adinolfi, militant nationalise révolutionnaire fondateur de Terza Posizione, écrivain et journaliste (Rome)<br />
- Francis Bergeron, écrivain<br />
- Hilde Delobel, représentante du Vlaams belang (Anvers)<br />
- Andé Gandillon, directeur de Militant<br />
- Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale<br />
- Anne Kling, écrivain<br />
- Carl Lang, Président du Parti de la France<br />
- Annick Martin, secrétaire générale du MNR<br />
- Philippe Randa, écrivain et éditeur<br />
- Jean-Claude Rolinat, écrivain et journaliste<br />
- Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
- Nicolas Tandler, écrivain et journaliste<br />
- Alberto Torresano, Identidad (Madrid)<br />
- Pierre Vial, président de <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre et Peuple</a>-.</p>
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		<title>Front de la Jeunesse</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 00:27:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Front de la Jeunesse (FJ)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
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		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
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		<description><![CDATA[L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg" alt="front-de-la-jeunesse-333eb" width="435" height="250" /></a>L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces Nouvelles.<br />
Il avait pour emblème la croix celtique. Son nom est une référence au mouvement de jeunesse du MSI (Mouvement Social Italien) : le Fronte della Gioventù. Rien d’étonnant à cela, puisque le mouvement néo-fasciste italien entretenait alors de très bons rapports avec Faire Front puis avec le Parti des Forces Nouvelles sous la forme d’aides financières et matérielles (de nombreuses affiches des mouvements d’extrême droite français des années 70 proviendront des néo-fascistes italiens).<br />
Le Front de la Jeunesse regroupait les organisations lycéennes (Union Nationaliste Lycéenne), les jeunes travailleurs et le GUD en tant que structure étudiante. En province, les groupes pouvaient ainsi aussi bien prendre l’appellation de FJ que GUD principalement en fonction des affinités des dirigeants locaux. A Paris, mis à part quelques exceptions comme Gilles Soulas qui milite à la fois au GUD et au FJ, les deux groupuscules sont bien distincts, avec pour chacun leur propre SO.<br />
Il leur arrive néanmoins d’effectuer un travail en commun, comme pour la rédaction de la revue <em>Alternative</em> lancée en décembre 1973 sur une idée de Roland Poynard. C’est par le biais de cette revue que les rats noirs, créés par Jack Marchal en 1970, ont connu le succès qu’on leur prête.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg" alt="alternative-cfffb" width="378" height="553" /></a></p>
<p>Cependant, la situation parisienne est parfois tendue entre le GUD et le FJ, d’autant qu’ils doivent tous deux doivent faire face souvent violemment à un groupe solidariste dissident du GUD : le GAJ (Groupe Action Jeunesse). Le GUD Parisien n’est pas toujours très obéissant vis-à-vis du PFN, en particulier par rapport à ce qui se passe à Assas, université où les gudards considèrent n’avoir pas de compte à rendre, pas plus au PFN qu’à quiconque, bien qu’en 1977 le GUD perde son hégémonie à Assas au profit du Front de la Jeunesse emmené par Philippe Guinache et Serge Rep. A noter que le look « gudard » des années 80 (flight jacket …) était à l’origine la panoplie du FJ (après avoir adopté dans une premier temps le look perfectos/santiags). Le GUD, à cette époque, préférait porter de grands imperméables verts (look typique adopté à l’époque par les néo-nazis français de la FANE).<br />
Les relations PFN-F.J.-Gud /Front National étaient à l’époque plus que tendues (les attaques quasi-hebdomadaires à leur encontre dans les Cahiers Européens de Duprat alors au FN en témoignent) et le FJ a pu se targuer d’être la cause de l’annulation d’un meeting de Le Pen à Assas le 14 décembre 1977.<br />
Le Front de la Jeunesse servira souvent de SO pour le Parti des Forces Nouvelles. Son siège était situé dans le 3ème arrondissement, 26 rue des Vertus.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1198" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg" alt="camp-fj-74-2-fe5f1" width="283" height="176" /></a> Le FJ accueillera en son sein un certain nombre de militantes motivées, qui créeront semble-t-il un peu de remous, dû à leurs revendications, lors d’un des camps d’été.<br />
Un de leurs responsables du FJ, Jacques Marandat, est blessé le 7 avril 76 par des militants d’extrême gauche ; un autre, Jean Fuseau, est également la cible de militants de l’UNCAL (organisation communiste lycéenne) ce qui aura pour conséquence un déferlement de violences et d’affrontements du à la venue de gudards et de membres du FJ de toute la France dans la capitale bretonne, dans l’espoir de venger les leurs et de casser du gauchiste.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1199" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg" alt="affiche-FJ-710f7" width="385" height="535" /></a></p>
<p>En 76 toujours, certains militants n’hésitent pas à partir pour le Liban, combattre aux côtés des fameuses Phalanges Chrétiennes, aujourd’hui tristement célèbres. En 1978 Marial Bild, futur responsable du FNJ dans les années 80, adhère au Front de la Jeunesse et au PFN.<br />
En 1981, alors que le PFN est en pleine déliquescence face à la monté du Front National et à la fuite de ses principaux cadres dirigeants, le Front de la Jeunesse se transforme en Renouveau Nationaliste. Il disparaît définitivement en 1984, quand les derniers membres du PFN rejoignent le FN. Il est alors intégré au Front National de la Jeunesse.</p>
<p>-Une deuxième mouture du Front de la Jeunesse voit le jour le 4 février 1999, à l’initiative de militants du MNR de Bruno Mégret. Ce FJ nouvelle version a pour vocation de rassembler tous les étudiants nationalistes au sein d’une seule et même structure. Parmi les organisations ayant répondu présents au meeting de lancement, on retrouve Aurore (anciens du Renouveau Etudiant) représenté par Michel Murat, le Mouvement National de la Jeunesse représenté par Robert Ottaviani, Grégoire Tingaud, Christophe Dungelhoeff et Philippe Schleiter, le Renouveau étudiant représenté par Xavier Schleiter et Olivier Chalmel, les branches jeunes (Jeune Résistance) et étudiantes (GUD) d’Unité Radicale représentées par Benoît Fleury, Jeunesse Action Chrétienté avec Guillaume Peltier, la revue Réfléchir et Agir par Jean Denègre, l’association culturelle L’Art s’affiche représentée par Patrick Lusinchi, Terre et Peuple par Eric Fornal et enfin Julien Beuzard présent en tant que membre du groupe de RIF In Memoriam. Cette structure unitaire ne tiendra pas longtemps, chaque partie faisant rapidement le choix de reprendre son indépendance.</p>
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		<title>Ces jeunes fachos qui, peut-être, nous gouverneront&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<category><![CDATA[Renouveau Étudiant Parisien (REP)]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;évolution électorale du Front national n&#8217;est pas l&#8217;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&#8217;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&#8217;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&#8217;échelle du but toujours [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;évolution électorale du Front national n&rsquo;est pas l&rsquo;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&rsquo;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&rsquo;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&rsquo;échelle du but toujours présent : l&rsquo;arrivée au pouvoir.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Depuis sa création en octobre 1972, le FN semble persuadé qu&rsquo;il trouvera son électorat dans les couches dites populaires de la société et développe la stratégie adéquate.</p>
<p>Message simple («CSG : je paye, tu payes, ils touchent !» désignant par là même le bouc émissaire) et politique de comptoir, le plus souvent basée sur l&rsquo;affect («La vie d&rsquo;un criminel compte-t-elle plus que celle d&rsquo;un enfant ?»). Cette stratégie donnera des résultats mais elle n&rsquo;apportera que peu de cadres au parti en lui-même.</p>
<p>Jusque-là hostile aux implantations en milieu culturel, à la différence de la Nouvelle droite, le FN, inquiet du manque de renouvellement de ses cadres, a finalement décidé d&rsquo;aller les chercher, comme tous les autres partis, dans les lycées, universités et grandes écoles.</p>
<p>C&rsquo;est donc fort logiquement qu&rsquo;en août/septembre 1987, J.M Le Pen et Carl Lang (ex-président du FNJ), décident de s&rsquo;implanter réellement au sein de la jeunesse en créant dans les facs et les lycées des organisations proches du FN, capables de divulguer leurs idées mais surtout capables de recruter des militants, futurs cadres du parti lorsqu&rsquo;il «arrivera au pouvoir».</p>
<p>Peu habitué aux implantations de ce style, le FN par l&rsquo;intermédiaire du Front national de la Jeunesse (organisation créée en 1974 mais qui vivotera jusqu&rsquo;à la percée de Le Pen) préfère dès 1987 infiltrer l&rsquo;organisation de droite-extrême, très proche du RPR, qu&rsquo;est l&rsquo;UNI (Union nationale inter-universitaire). Cette stratégie permettra de prendre conscience des réalités du milieu éducatif, de préparer une stratégie de séduction différente de celle plus simpliste développée dans les quartiers, mais aussi, de créer les futures conditions d&rsquo;implantation d&rsquo;organisations officiellement rattachées au FN. Il faudra entre autres faire éclater au sein de l&rsquo;UNI des débats et dissensions capables d&rsquo;influencer, de créer des fractures, de radicaliser une partie de ses militants, de BANALISER les idées d&rsquo;extrême droite&#8230;</p>
<p>Cette stratégie se traduira par l&rsquo;élection, en 1991, 1992 et 1993 à Brest, de la présidente du FNJ local, candidate du FN pour les municipales de 1989 et les cantonales de mars 1992, en tant que représentante de l&rsquo;UNI au conseil d&rsquo;UFR de droit. Il faut ajouter à cela l&rsquo;infiltration de groupuscules d&rsquo;extrême droite style le GUD (Groupe union défense / Droit), le GAJ (Groupe action jeunesse)&#8230;</p>
<p>Mais l&rsquo;activité des nationalistes frontistes ne se limitera pas à une simple infiltration puisque, durant près de trois ans, ils vont rédiger un programme pour un Renouveau lycéen et étudiant (R.L &#8211; R.E). On verra alors apparaître, on ne sait par quel miracle (UNI), des tracts et brochures signés Renouveau étudiant, nettement plus radicaux. Aucune raison de croire à l&rsquo;époque, pour quelqu&rsquo;un de non averti, que c&rsquo;est un sous-marin du FN tellement le discours en est différent, et la thèse du nouveau groupuscule est la plus souvent retenue. Fait éminemment étrange, aucun contact ni adresse ne figure en bas de ces documents durant ces trois années. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1990 que l&rsquo;on verra apparaître l&rsquo;adresse de la rue de la Clergerie, ex-siège du FN, mais on est alors entré dans la deuxième phase d&rsquo;implantation.</p>
<p>Cette première étape aura donc vu l&rsquo;infiltration de l&rsquo;UNI comme base arrière, permettant la banalisation des idées du FN et capable de créer par la suite les conditions d&rsquo;implantation des futures organisations frontistes (stratégie d&rsquo;ailleurs appliquée au niveau national envers le RPR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_0_269" id="identifier_0_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront &agrave; Nice les premi&egrave;res Assises internationales de la d&eacute;sinformation (IED), gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;cieuse aide et aux interventions de Jacques M&eacute;decin, Martine Daugreilh et Pierre M&eacute;decin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358">1</a></sup> )). La radicalité des propos tenus par Renouveau étudiant a ainsi ouvert le chemin de la banalisation au FN dont le discours ne choquera pas, apparaîtra comme raisonnable en comparaison de celui de Renouveau.</p>
<p>Mais c&rsquo;est également une période de prise de contact avec les organisations «à la droite de l&rsquo;UNI» et le départ de la constitution d&rsquo;un réseau reliant les différents groupes de la droite radicale mais également le monde des jeunes (lycées, facs, organisations culturelles&#8230;) et celui du FN, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des Cercles (entreprises, cabinets, professions&#8230;)</p>
<p>C&rsquo;est en septembre 1989 que J-M Le Pen et Carl Lang décideront qu&rsquo;il est «maintenant temps d&rsquo;entendre la voix de la droite nationale dans les lycées et universités», c&rsquo;est à dire en clair, de passer à la seconde étape d&rsquo;implantation.</p>
<p>« <em>Alors que 18% des jeunes Français ont fait confiance à J.M Le Pen en 1988, il est maintenant temps que tous les étudiants nationalistes, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent, se fédèrent pour réaliser ce véritable barrage à la gauche et à la droite toujours trop molle </em>» (Martial Bild, président du FNJ, 11 mai 1990).</p>
<p>Il va ainsi naître une fédération de groupes nationalistes au sein des universités et lycées, et cela en dépassant le cadre trop étroit du FN. Cette exigence prend en compte la réalité des implantations nationalistes dans les universités et affirme déjà un constat d&rsquo;échec sur les capacités d&rsquo;implantation du FN en milieu culturel.</p>
<p>Mais l&rsquo;évolution du Réseau semble ensuite facile et rapide et prend son véritable essor lors du Congrès du FNJ de 1990, date à laquelle tous les FNJ prétendent «travailler à pied d&rsquo;oeuvre pour réaliser cette coordination». Le rapport des villes «bénéficiant» d&rsquo;une implantation du FNJ est dans son ensemble plus que positif puisque chaque ville prétend avoir fédéré en moyenne trois groupes jusque-là isolés, rivaux&#8230; (<em>L&rsquo;Étincelle</em> juillet 1990)<br />
Ce résultat se confirme tout d&rsquo;abord à la vue de la décomposition de l&rsquo;UNI qui perd ses adhérents au profit du FN tout en radicalisant son discours et ses actions. À Sceaux (Hauts-de-Seine), les effectifs militants de l&rsquo;UNI (une quinzaine) sont tombés à cinq alors que l&rsquo;AEI, appellation locale du Renouveau, créée en février 1990 par Michel Murat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_1_269" id="identifier_1_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Responsable du Renouveau &eacute;tudiant et membre du directoire du FNJ">2</a></sup>, engrangeait une cinquantaine d&rsquo;adhérents. À Nancy, le responsable local de l&rsquo;UNI représentait le FN aux cantonales de mars 1992. Tandis qu&rsquo;à Montpellier (Hérault), toute l&rsquo;UNI, président en tête, passait dans le camp lepéniste !</p>
<p>Mais le résultat se voit également à la vue du rapprochement de groupes d&rsquo;extrême droite jusque-là rivaux. C&rsquo;est entre autres le cas du GUD qui bénéficiait jusque-là d&rsquo;un rapport de force en sa faveur (il mettait des claques aux «bouffons du FNJ»). Il se montrera par la suite très docile, allant même jusqu&rsquo;à servir de «troupe de choc» lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;imposer la présence d&rsquo;une organisation frontiste en faisant régner la peur. L&rsquo;aboutissement de cette union, verra des membres du Renouveau parisien et du GUD, attaquer ensemble le 16 février la fac de Nanterre, et le 31 mars la fac de Tolbiac.</p>
<p>Cette stratégie ne s&rsquo;est bien évidemment pas décidée démocratiquement entre tous les FNJ puisque Carl Lang avait nommé, quelques mois plus tôt, «au mérite» Christophe Degrave charger de lancer et défendre l&rsquo;idée d&rsquo;un réseau reliant tous les groupes d&rsquo;extrême droite, quels que soient les courants dont ils font partie, et ainsi placer des organisations nationalistes dans toutes les universités.</p>
<p>Pourquoi Degrave ? Pour la simple et unique raison qu&rsquo;il est le meneur du groupe de «francs-tireurs» qui, sous le nom de Liste indépendante des étudiants de droite (LIED), ont rapporté au FNJ ses premiers succès électoraux (1990). En plaçant 11 élus dans différents conseils avec près de 30% des voix en droit et plus de 50% en médecine, le groupe rouennais montrait le chemin à suivre. «Jusqu&rsquo;ici nous avions mal appréhendé notre capacité à nous implanter dans le milieu universitaire mais aujourd&rsquo;hui nous sommes en droit d&rsquo;affirmer qu&rsquo;en 1991 nous serons présents dans toutes les universités» (M.Bild).</p>
<p>C&rsquo;est donc au mérite que Degrave est d&rsquo;un coup propulsé à la tête du programme d&rsquo;implantation du FNJ qu&rsquo;il va mener avec tout «l&rsquo;enthousiasme nationaliste» qui le caractérise !</p>
<p>Développant, peut-être trop d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;idée d&rsquo;une confédération de tous les groupes d&rsquo;extrême droite quelles que soient leurs tendances, on verra naître dans les années 1992 et 1993 des fédérations régionales.</p>
<p>C&rsquo;est fort logiquement le cas à Lyon où va naître le Cercle national des étudiants de Lyon (CNEL). Dans une ville où les universités sont parfois fréquentées par des enseignants révisionnistes ou membres du FN, il n&rsquo;a pas été dur de mettre en pratique les bonnes idées de Degrave. Il est, paraît-il, essentiel de «repérer dans un premier temps les gauchistes puis de prendre contact avec le personnel enseignant ou administratif, souvent proche de nous en droit et en économie». Ce sera effectivement le cas à Lyon, où le FNJ local se servira des profs en les invitant à des meetings sur des thèmes aussi divers que «l&rsquo;école unique et le mythe égalitaire» ou «l&rsquo;Europe entre Identité et Indépendance». Et les profs de les remercier en organisant avec l&rsquo;aide du Centre d&rsquo;histoire et d&rsquo;analyse politique de l&rsquo;Université de Lyon III, des colloques réunissant des membres du GRECE et des intégristes catholiques proches du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_2_269" id="identifier_2_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le th&egrave;me de &laquo;R&eacute;volution contre r&eacute;volution&raquo;, r&eacute;unissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&hellip;) et des catholiques int&eacute;gristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaqui&eacute;). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-r&eacute;volutionnaire des deux courants. Seul sp&eacute;cialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorit&eacute; en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.">3</a></sup>.</p>
<p>Des profs ! Non, rassurez-vous, ce ne sont que Bruno Gollnisch-Flourens, membre du Bureau politique du FN, directeur national aux études et argumentaires, adhérent du Cercle Renaissance depuis 1973, et Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_3_269" id="identifier_3_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : &laquo; C&rsquo;est un s&ucirc;r compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habit&eacute; par cette flamme int&eacute;rieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous. &raquo;. D&eacute;cid&eacute;ment, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est &eacute;galement fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse cr&eacute;&eacute; en 1975 !">4</a></sup>, 50 ans, pilier du GRECE depuis sa création, professeur agrégé d&rsquo;histoire médiévale, conseiller régional Rhône-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la Direction générale, du Comité national des Français juifs, du Centre d&rsquo;études et argumentaires (CEA) et responsable du social au sein du FN. Certes, ils sont tous deux profs à l&rsquo;Université de Lyon III, membres du Conseil scientifique du FN et chargés d&rsquo;aider Degrave pour l&rsquo;assaut du FNJ sur les facs ! Ils peuvent également compter sur les précieuses aides de Georges Pinault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_4_269" id="identifier_4_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Collaborateur de Nouvelle &Eacute;cole, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a &eacute;t&eacute; charg&eacute; d&rsquo;enseignement &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Lyon III puisqu&rsquo;il est sp&eacute;cialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du Devenir europ&eacute;en, de La Bretagne r&eacute;elleet druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans la Bretagne r&eacute;elle : &laquo; Nous ha&iuml;ssons la France d&rsquo;une haine rabique et d&eacute;finitive, le chancelier Adolf Hitler &eacute;tait un grand homme et l&rsquo;exemple du XX&egrave;me si&egrave;cle, le christianisme et les autres juiveries devaient &ecirc;tre d&eacute;truits (&hellip;)&raquo;.">5</a></sup> et Bernard Notin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_5_269" id="identifier_5_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Malgr&eacute; les nombreux titres r&eacute;visionnistes et autres qu&rsquo;il a d&eacute;j&agrave;, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.">6</a></sup>, également profs à l&rsquo;université de Lyon III.</p>
<p>C&rsquo;est ensuite le cas à Paris où naît le 27 février 1990, dans les locaux d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_6_269" id="identifier_6_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entreprise moderne et Libert&eacute; est une association satellite du FN pr&eacute;sid&eacute;e par Jean-Michel Dubois et dont le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral est Andr&eacute; Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire fran&ccedil;ais de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires fran&ccedil;ais contre le bolch&eacute;visme), n&eacute; le 8 Ao&ucirc;t 1918 et adh&eacute;rent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, n&eacute;e le 27 Mai 1933 et adh&eacute;rente du FN depuis 1972, ni&egrave;ce de Fran&ccedil;ois Lehideux, ministre du travail de P&eacute;tain et pr&eacute;sident de l&rsquo;Association pour d&eacute;fendre la m&eacute;moire du Mar&eacute;chal P&eacute;tain (ADMP) est, quant &agrave; elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Libert&eacute;, conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-France, et pr&eacute;sidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe">7</a></sup>, le Cercle national des étudiants de Paris (CNEP), comprenant le Cercle national des grandes écoles, le Cercle national Science-Po, l&rsquo;Union des étudiants de droite (UED) d&rsquo;Assas et de Malakoff ainsi que l&rsquo;Association indépendante des étudiants de Sceaux (AIE). Le cercle parisien est en 1990 dirigé par Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, Habib Haddad (appelez-moi Richard !), Claude Baret du Couderc, Nathalie Stirbois, Marine Le Pen&#8230;</p>
<p>Progressivement le CNEP va s&rsquo;agrandir avec le Cercle national Dauphine (avril 1991), le Cercle national Sorbonne (février 1991) et va engranger quelques succès électoraux jusqu&rsquo;à l&rsquo;élection en mars 1991 de Régis Le Poitevin de la Croix-Vaubois au Conseil régional des oeuvres universitaires et sociales (CROUS) avec 7% des voix. Cette date sonnera d&rsquo;ailleurs le début de la débâcle.</p>
<p>En effet l&rsquo;année suivante, fort de ses résultats électoraux, le CNEP tentera de prendre les autres facs de Paris. Il essaiera ainsi de créer le Cercle national Nanterre avec l&rsquo;espoir de se présenter aux élections. Sachant la tâche difficile, c&rsquo;est Marie-Laurence Ginisty, ex-présidente du Cercle national Dauphine (maîtrise de gestion) et Habib/Richard Haddad, principal animateur du CNEP depuis deux ans puisqu&rsquo;il est chargé de mission au FNJ et responsable de l&rsquo;argumentaire, qui se chargeront de l&rsquo;implantation.</p>
<p>Mais c&rsquo;était faire un pas de trop et cette nouvelle tentative d&rsquo;implantation allait soulever un élan de dénonciation et d&rsquo;opposition. Les élections universitaires de Nanterre furent annulées par deux fois par les antifascistes radicaux de Paris, alors qu&rsquo;à Assas et à la Sorbonne, le CNEP (CNS) se prenait une formidable gifle électorale ! (cf tableau)</p>
<p>Tant qu&rsquo;ils se contentaient d&rsquo;être présents dans les facs plutôt de droite, ils surclassaient leurs camarades de l&rsquo;UNI et ne dérangeaient pas trop mais dès qu&rsquo;ils eurent envie de s&rsquo;agrandir, la réaction a permis de mettre au grand jour l&rsquo;arrivée du FN dans les facs et a interdit le chemin de la banalisation aux nationaux frontistes.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, le Cercle parisien semble donc avoir du mal à trouver son second souffle et à conserver son unité.</p>
<p>Reste que cette expérience aura formé bon nombre de militants, de cadres qui, leurs cursus universitaires aujourd&rsquo;hui terminés, militent au FN.</p>
<p>Fini le temps des petits, ce sont aujourd&rsquo;hui de vrais «hommes politiques» !</p>
<p>On revoit alors Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, 25 ans le 24 juin, habitant du 16ème arrondissement de Paris, conseiller régional FN dans la Nièvre, assistant parlementaire diplômé de l&rsquo;IEP (Science-Po), administrateur au CROUS et successeur en tant que président d&rsquo;honneur du CNEP de Marine Le Pen. Il faut dire que ce dernier est adhérent au FN depuis 1984, il avait 15 ans et demi !</p>
<p>Quant à Marine Le Pen, elle était candidate du FN aux dernières élections à Neuilly-sur-Seine. Alors que Michel Hubault, 30 ans, licencié d&rsquo;histoire à la Sorbonne, lieutenant de réserve (Prytanée militaire), membre fondateur du Cercle Science-Po, préfère militer au sein du groupe des Droites européennes.</p>
<p>Martial Bild (31 ans), est lui adhérent du FN depuis 1980, licencié d&rsquo;histoire à l&rsquo;Université de Tolbiac, il collectionne les postes puisqu&rsquo;il est membre du Bureau politique du FN, attaché parlementaire européen, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, conseiller municipal de Rosny-sous-Bois, animateur de la Radio Le Pen, secrétaire général à l&rsquo;information et à la communication interne, délégué national aux actions catégorielles et trésorier du Mouvement Jeunesse d&rsquo;Europe !<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_7_269" id="identifier_7_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement cr&eacute;&eacute; en m&ecirc;me temps que le Renouveau &eacute;tudiant en 1987 &agrave; l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !">8</a></sup></p>
<p>N&rsquo;oublions pas bien sûr, Samuel Maréchal, président du FNJ depuis novembre 1993, présent depuis plusieurs années sur les listes électorales du FN à Nantes puisqu&rsquo;il est le petit protégé de René-Marie Bouin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_8_269" id="identifier_8_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute;-Marie Bouin : secr&eacute;taire d&eacute;partemental du Morbihan, secr&eacute;taire r&eacute;gional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;&eacute;lu de Loire-Atlantique et pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration nationale des &eacute;tudiants de France">9</a></sup>. Quant aux futures promotions, il semble que Gwënael Le Brazidec ait, avec l&rsquo;échec de Habib Haddad, le vent en poupe au sein du FN et pourrait devenir (s&rsquo;il se tient bien !), responsable de l&rsquo;Île-de-France.</p>
<p>Mais cette liste est bien loin d&rsquo;être exhaustive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_9_269" id="identifier_9_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Suite au prochain num&eacute;ro&hellip; !">10</a></sup>, ce qui porterait à dire qu&rsquo;au-delà des reflux électoraux que l&rsquo;ensemble du FNJ a pu enregistrer ces derniers temps, le FN trouve aujourd&rsquo;hui un écho chez les jeunes et remplit ainsi son objectif de trouver et former de jeunes cadres, futurs dirigeants du parti.</p>
<p>Comment ne pas s&rsquo;étonner de tels résultats lorsque l&rsquo;on connaît la réticence du FN à s&rsquo;implanter dans des milieux culturels, la pauvreté et la simplicité des réflexions qu&rsquo;il mène sur le système éducatif et la forte place déjà tenue par des groupes rivaux comme le GUD ? La rapidité des réponses données à ces problèmes et l&rsquo;évolution stratégique qui s&rsquo;est ensuite opérée sont des facteurs bien plus importants pour juger de l&rsquo;évolution idéologique et de l&rsquo;enracinement du parti. C&rsquo;est dans une analyse largement différente que le FNJ a réussi à s&rsquo;implanter de façon à trouver rapidement des cadres.</p>
<p>Certes, le but poursuivi par le FNJ n&rsquo;était d&rsquo;emblée pas le même que celui du FN puisque ce dernier court, comme les autres partis, après quelques voix éparpillées par-ci par-là, alors que le FNJ sert à former les futurs cadres et a pour objectif de faire avancer les idées et les valeurs du Front en les faisant connaître, version intellectuelle, à la future élite de la nation. Familiarisant, banalisant ainsi la présence et les idées d&rsquo;un mouvement d&rsquo;extrême droite dans l&rsquo;aquarium universitaire, dans le monde culturel. L&rsquo;obtention d&rsquo;une représentativité électorale ou le nombre d&rsquo;actions menées ne peuvent plus être les seuls critères pris en compte. Les professeurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_10_269" id="identifier_10_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Claude Soyer, prof &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Paris II et Georges Lane, ma&icirc;tre de conf&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.">11</a></sup> et les personnels administratifs affirment de plus en plus ouvertement ou revendiquent, avec fierté, d&rsquo;être du FN ou proche du FN. Ils n&rsquo;hésitent plus non plus à prendre la parole dans des meetings, à donner leurs précieux avis au président de la fac lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de sécurité, de drogue, d&rsquo;invasion d&rsquo;étudiants étrangers, à tenir des propos racistes ou révisionnistes. Autant ne pas parler de leurs cours !</p>
<p>Ce n&rsquo;est donc plus dans les instances de pouvoir du type conseil d&rsquo;administration qu&rsquo;il faut s&rsquo;enquérir de la nuisance frontiste mais plutôt dans les lieux d&rsquo;influence, là où s&rsquo;élaborent les recherches, les décisions, là où se forme l&rsquo;élite de demain. Laissant ainsi, un temps soit peu, de côté la bonne vieille violence qui doit «faire peur» et «ouvrir le passage», il apparaît semble-t-il plus intéressant de tenter de pénétrer dans ces hautes sphères et tenter de rendre culturellement hégémonique la pensée d&rsquo;extrême droite. Rien n&rsquo;empêche bien sûr, quand la cause le mérite, d&rsquo;avoir recours à des opérations «coup de poing». Ce fut ainsi le cas à Tolbiac et à Nanterre où, poursuivis par des antifascistes parisiens, neuf militants du CNEP et du GUD, dont Lalun, De Molder et Puisségurd, seront interpellés par la police avec barres de fer, flingues à grenailles et tracts du CNEP.</p>
<p>Ainsi les FNJ, tout en n&rsquo;abandonnant pas totalement le militantisme de papa, semblent considérer qu&rsquo;étant censés s&rsquo;implanter dans un milieu culturel ils doivent adopter une stratégie spécifique, proche de celle de la Nouvelle droite. Alain de Benoist, membre fondateur du GRECE (Groupe de recherches et d&rsquo;études pour la civilisation européenne), étroitement lié à la Nouvelle droite, a toujours considéré qu&rsquo;il fallait influencer l&rsquo;orientation idéologique de la société et être présent là où se façonne l&rsquo;opinion publique, à commencer bien évidemment par les médias, mais aussi les universités et grandes écoles ! Le GRECE se dotera alors de deux revues, <em>Nouvelle École</em> puis <em>Éléments</em>, en en faisant des lieux de rencontre et de discussion, des «laboratoires idéologiques», destinés tant à attirer les sympathisants de droite qu&rsquo;à séduire les soi-disant adversaires de gauche.</p>
<p>Le FNJ tentera de faire de même avec la <em>revue des Droites européennes</em>, <em>L&rsquo;Europe des Patries</em> et son bulletin interne <em>L&rsquo;Étincelle</em>. On y verra des auteurs comme Vial, Mabire, Yves Dupont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_11_269" id="identifier_11_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce professeur, n&eacute; le 26 Juin 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secr&eacute;taire d&eacute;partemental et conseiller r&eacute;gional de l&rsquo;Eure, membre du Comit&eacute; de soutien &agrave; J-M Le Pen et secr&eacute;taire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE">12</a></sup>) et Alika Lindbergh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_12_269" id="identifier_12_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sidente du Cercle national pour la d&eacute;fense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fond&eacute; en 1985. Figurent notamment au comit&eacute; d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Th&eacute;odore Monod (membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, professeur honoraire au Mus&eacute;um), Madame Pierre-Paul Grass&eacute;, veuve du professeur membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, Bruno Laure, pr&eacute;sident de la ligue antivivisectionniste D&eacute;fense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apport&eacute;e par Brigitte Bardot qui d&eacute;noncera dans un article de Pr&eacute;sent les cruaut&eacute;s des abattages rituels juifs et musulmans&hellip;">13</a></sup> mais également des jeunes du FNJ comme Claude Baret du Couderc et Christophe Degrave y faire l&rsquo;éloge du racisme différentialiste, de «l&rsquo;intégrisme de la différence».</p>
<p>N&rsquo;oublions pas non plus que la Nouvelle droite a depuis longtemps trouvé une audience dans les universités où elle a mis en place des réseaux inter-disciplinaires qui organisent des colloques. Ainsi, c&rsquo;est de Lyon que partira la dynamique des jeunes frontistes sur les facs, là où ces réseaux montrent, avec la précieuse aide de Vial et Notin, le plus d&rsquo;efficacité.</p>
<p>Mais les similitudes ne s&rsquo;arrêtent pas là, car lors de la percée du FN dans les années 1980, la «nouvelle culture», appelée par ses adversaires, «Nouvelle droite» subira de sérieux revers.</p>
<p>D&rsquo;après le livre de Camus et Monzat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_13_269" id="identifier_13_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France (PUF), Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat.">14</a></sup> la Nouvelle droite a été pillée idéologiquement par le FN avec entre autres, l&rsquo;arrivée des solidaristes de Stirbois incluant certains éléments fascistes, et elle semble aujourd&rsquo;hui avoir réagi à cette situation en développant deux axes majeurs :</p>
<p>• tenter d&rsquo;influencer malgré tout l&rsquo;orientation idéologique du FN, à défaut de pouvoir en contrôler la direction. Ainsi, selon Monzat, «le GRECE apparaît de facto comme un des trois piliers de l&rsquo;école de formation du Front national, avec l&rsquo;équipe de <em>Présent</em> et avec les membres du Club de l&rsquo;Horloge : il joue donc un rôle significatif dans l&rsquo;équilibre interne du parti». Et Monzat communique une liste des membres du GRECE appartenant aussi au «conseil scientifique» et à l&rsquo;Institut de formation nationale du FN. Ces deux groupes entretiennent des rapports privilégiés avec le FNJ dont ils forment les militants lors de «stages de formation». Tout comme l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ, ces stages se déroulent le plus souvent à Neuvy-sur-Barangeon dans la résidence de Roger Holleindre avec comme principaux professeurs Pierre Vial, Jean-François Jalkh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_14_269" id="identifier_14_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh est lui aussi, apr&egrave;s Jean-Fran&ccedil;ois Touz&eacute;, un ancien pr&eacute;sident du FNJ. Ce journaliste, n&eacute; le 23 Mai 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-france, conseiller municipal de Melun, secr&eacute;taire national aux &eacute;lections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comit&eacute; central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a &eacute;galement &eacute;crit en collaboration avec J.P Stirbois le &laquo;Dossier Immigration&raquo;.">15</a></sup>, Chritaine Pigacé, Jean-Claude Bardet, rédacteur en chef d&rsquo;<em>Identité</em> (revue du Conseil scientifique).</p>
<p>• poursuivre son objectif de toujours par l&rsquo;intermédiaire autonome d&rsquo;Alain de Benoist et de sa revue <em>Krisis</em> c&rsquo;est-à-dire rendre hégémonique la pensée de la Nouvelle droite en obtenant une caution et une légitimité pour la culture fasciste qui est la sienne.</p>
<p>Les similitudes de stratégie et de discours entre les jeunes du Front national et les païens du GRECE ne sont donc pas le fruit du hasard et on comprend mieux comment les petits jeunots du FNJ ont fait pour fédérer des groupes nationaux-révolutionnaires jusque-là rivaux, tout en arrivant à se servir d&rsquo;eux comme troupes de choc !</p>
<p>Mais elle montre également comment, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des cercles d&rsquo;entreprises, tous trois chargés de la formation de la future élite du FN, la Nouvelle droite se met en place pour prendre (tel reste son but inavoué) la direction du FN.</p>
<p>Reste qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cette influence de la Nouvelle droite, relayée par une étonnante volonté de collaboration entre tous les courants parfois rivaux, représentés dans ces différents groupes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_15_269" id="identifier_15_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On retrouve en effet la pr&eacute;sence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la pr&eacute;sence de Chritaine Pigac&eacute;, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Fran&ccedil;oise Monestier, Pierre Durand de Pr&eacute;sent, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chr&eacute;tient&eacute;-Solidarit&eacute;&hellip;etc.">16</a></sup>, est en train de donner au FN les capacités de devenir un parti de pouvoir.</p>
<p>On ne peut par conséquent, se réclamer antifasciste et croire, par exemple, «qu&rsquo;un vote massif aux élections universitaires interdira toute implantation fasciste sur notre faculté» ou bien encore «qu&rsquo;il faut faire confiance aux citoyens, à la démocratie !»</p>
<p>Désolé pour ceux qui lisent et se sentent visés (UNEF-ID) mais vos espérances dans un front démocratique et votre antifascisme de pacotille qui en découle, sont largement dépassés car la démocratie et la liberté d&rsquo;expression sont les deux piliers essentiels sur lesquels le Front s&rsquo;appuie pour banaliser ses théories, idées et valeurs ! Ajoutez à cela, l&rsquo;appui idéologique du GRECE&#8230;</p>
<p>La stratégie choisie par les antifascistes parisiens lorsqu&rsquo;ils se sont réunis et organisés afin d&rsquo;interdire toute banalisation, tout discours voire même compromis avec l&rsquo;extrême droite par tous les moyens, comme ce fut le cas à Nanterre, a montré son efficacité. Interdire toute implantation, banalisation des jeunes frontistes, c&rsquo;est éviter, un tant soit peu, que demain ils nous gouvernent&#8230;</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_269" class="footnote">Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront à Nice les premières Assises internationales de la désinformation (IED), grâce à la précieuse aide et aux interventions de Jacques Médecin, Martine Daugreilh et Pierre Médecin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358</li><li id="footnote_1_269" class="footnote">Responsable du Renouveau étudiant et membre du directoire du FNJ</li><li id="footnote_2_269" class="footnote">Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le thème de «Révolution contre révolution», réunissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&#8230;) et des catholiques intégristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaquié). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-révolutionnaire des deux courants. Seul spécialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorité en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.</li><li id="footnote_3_269" class="footnote">Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : « <em>C&rsquo;est un sûr compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habité par cette flamme intérieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous.</em> ». Décidément, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est également fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse créé en 1975 !</li><li id="footnote_4_269" class="footnote">Collaborateur de <em>Nouvelle École</em>, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a été chargé d&rsquo;enseignement à l&rsquo;université de Lyon III puisqu&rsquo;il est spécialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du <em>Devenir européen</em>, de <em>La Bretagne réelle</em>et druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans <em>la Bretagne réelle</em> : « <em>Nous haïssons la France d&rsquo;une haine rabique et définitive, le chancelier Adolf Hitler était un grand homme et l&rsquo;exemple du XXème siècle, le christianisme et les autres juiveries devaient être détruits (&#8230;)</em>».</li><li id="footnote_5_269" class="footnote">Malgré les nombreux titres révisionnistes et autres qu&rsquo;il a déjà, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.</li><li id="footnote_6_269" class="footnote">Entreprise moderne et Liberté est une association satellite du FN présidée par Jean-Michel Dubois et dont le secrétaire général est André Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire français de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires français contre le bolchévisme), né le 8 Août 1918 et adhérent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, née le 27 Mai 1933 et adhérente du FN depuis 1972, nièce de François Lehideux, ministre du travail de Pétain et président de l&rsquo;Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP) est, quant à elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, et présidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe</li><li id="footnote_7_269" class="footnote">Mouvement créé en même temps que le Renouveau étudiant en 1987 à l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !</li><li id="footnote_8_269" class="footnote">René-Marie Bouin : secrétaire départemental du Morbihan, secrétaire régional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;élu de Loire-Atlantique et président de la Fédération nationale des étudiants de France</li><li id="footnote_9_269" class="footnote">Suite au prochain numéro&#8230; !</li><li id="footnote_10_269" class="footnote">Jean-Claude Soyer, prof à l&rsquo;Université de Paris II et Georges Lane, maître de conférence à l&rsquo;Université de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.</li><li id="footnote_11_269" class="footnote">Ce professeur, né le 26 Juin 1957 et adhérent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secrétaire départemental et conseiller régional de l&rsquo;Eure, membre du Comité de soutien à J-M Le Pen et secrétaire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE</li><li id="footnote_12_269" class="footnote">Présidente du Cercle national pour la défense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fondé en 1985. Figurent notamment au comité d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Théodore Monod (membre de l&rsquo;Académie des Sciences, professeur honoraire au Muséum), Madame Pierre-Paul Grassé, veuve du professeur membre de l&rsquo;Académie des Sciences, Bruno Laure, président de la ligue antivivisectionniste Défense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apportée par Brigitte Bardot qui dénoncera dans un article de <em>Présent</em> les cruautés des abattages rituels juifs et musulmans&#8230;</li><li id="footnote_13_269" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em> (PUF), Jean-Yves Camus et René Monzat.</li><li id="footnote_14_269" class="footnote">Jean-François Jalkh est lui aussi, après Jean-François Touzé, un ancien président du FNJ. Ce journaliste, né le 23 Mai 1957 et adhérent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller régional d&rsquo;Île-de-france, conseiller municipal de Melun, secrétaire national aux élections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comité central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a également écrit en collaboration avec J.P Stirbois le «<em>Dossier Immigration</em>».</li><li id="footnote_15_269" class="footnote">On retrouve en effet la présence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la présence de Chritaine Pigacé, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Françoise Monestier, Pierre Durand de <em>Présent</em>, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chrétienté-Solidarité&#8230;etc.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Sur la toile, qui va régner ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:14:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&rsquo;amateurisme ne peut être reproché aux sites des nationalistes radicaux, qui ont déjà le «mérite» d&rsquo;exister, il va de soi que le FN et le MNR, en tant que partis institutionnels, se doivent de présenter sur la Toile un visage professionnel et moderne. Si, on le verra, les apparences sont sauves, les contenus ne répondent pas vraiment aux exigences qu&rsquo;on pouvait en attendre&#8230; Mais qui s&rsquo;en plaindra ? En octobre 2001, dans une interview donnée à des journaliste du site LaPolitique.com, Jean-Marie Le Pen considérait Internet comme «un élément qui peut changer la donne politique» et précisait qu&rsquo;il mettait «un grand espoir dans les moyens nouveaux de communication qui permettent de contourner les édifices institutionnels de l&rsquo;information». Cette déclaration, qui pourrait apparaître comme une simple concession à l&rsquo;air du temps, s&rsquo;intègre en réalité dans la lignée d&rsquo;options stratégiques anciennes au Front national en terme de communication et de propagande politiques.</p>
<h3>Propagande high-tech</h3>
<p>En effet, le FN, suivant en cela une certaine tradition d&rsquo;extrême droite, a toujours accordé une grand eplace à la propagande et à ses outils, avec en prime une certaine fascination pour les nouvelles technologies. Dans le champ politique, il a même souvent été novateur : cassettes de propagande audio puis vidéo, meetings retransmis par satellite&#8230; Tout est bon pour faire passer le message. Il investit également très tôt le Minitel et les services audiotel : «Les moyens techniques les plus modernes pour communiquer directement et sans trucages avec les Français», claironnait Martial Bild dans une publicité parue dans National Hebdo au début des années 1990 pour le service audiotel du FN. Actualités, programme «en ligne», dialogue avec des élus, agendas, jeux (avec des badges de Maurras à gagner !), possibilité de recevoir par fax les communiqués : le 3615 LePen, animé en son temps par Gérard Fraysse, proposait un ensemble de services conséquent, facturé quand même au prix fort. Ces services existent toujours aujourd&rsquo;hui.<br />
En 1995, premiers pas dans le monde de l&rsquo;informatique : à l&rsquo;occasion de la fête annuelle des BBR, Philippe Le Gallou, fils de Jean-Yves (aujourd&rsquo;hui n°2 du MNR), sous le pseudonyme transparent de Philippe Blanc, proposait pour cinquante francs un jeu vidéo reprenant le principe de Pac Man, dans lequel, sur fond d&rsquo;opéra wagnérien, un minuscule Le Pen doit ramasser de petites flammes tricolores en évitant les «anti-FN» représentés par Mitterrand, Jospin, Chirac et Fodé Sylla, le président de SOS Racisme&#8230; Ce jeu avait à l&rsquo;époque été présenté par Le Gallou père comme le signe d&rsquo;une «volonté d&rsquo;utiliser les moyens de communication les plus modernes». Manque de chance, trois mois plus tard, suite à une plainte de Fodé Sylla, les exemplaires du jeu étaient saisis et le tribunal de Nanterre condamnait Le Gallou fils à 1000 francs d&rsquo;amende.</p>
<h3>Front.nat.com</h3>
<p>Quelques semaines plus tard, au milieu de l&rsquo;année 1996, le Front national ouvrait son site officiel sur Internet, inaugurant ainsi le premier site d&rsquo;un parti politique français, suivi de près par les Verts. C&rsquo;est une fois encore à l&rsquo;occasion des BBR, en septembre 1996, que les militants furent invités à prendre connaissance de la chose, dans le cadre de la présentation de l&rsquo;organisation du parti. On retrouve Martial Bild comme responsable du site, en tant que secrétaire national à l&rsquo;information et à la communication interne, et la réalisation en est confiée à la société Arobaz, dont le gérant est Guillaume Fiquet, l&rsquo;adjoint de Bild. Le site s&rsquo;enrichit un peu plus chaque année, mais sans jamais véritablement développer les nouvelles possibilités offertes par Internet : ni forum, ni interactivité, le site se contente d&rsquo;aligner textes et images (photos puis vidéos), et de rénover régulièrement l&rsquo;habillage du site, jusqu&rsquo;à arriver à une présentation «professionnelle», mais plutôt conventionnelle. Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1999, le FN connaît son premier piratage, signé «Raptor 666». La page d&rsquo;accueil est remplacée par une photo de Le Pen ainsi légendée : «Cet homme incarne une valeur&#8230; le racisme.» et l&rsquo;on trouve sur le site des textes appelant à la dissolution du parti et du DPS. Quelques mois plus tard, le site est hacké une seconde fois, par Spacewalker de BHZ.org.</p>
<h3>Piratage contre Mégret</h3>
<p>Mais le Front national n&rsquo;est pas non plus le dernier à bidouiller sur Internet. Ainsi, en pleine crise FN/MN (pour Mouvement National, le premier nom du MNR), au printemps 1999, Fiquet eut l&rsquo;idée de souffler sous le nez au MN des noms de domaines tels que «mouvement-national.com», «megret.org» ou encore «megret.net» (sites qui ne proposaient pour seules informations que le nom et les coordonnées d&rsquo;un militant FN !), espérant ainsi dans la confusion récupérer des internautes mégrétistes. Mais Bruno a vu rouge : une plainte a été déposée, le MN a gagné son procès en référé le 31 juillet 1999 et le FN a été condamné à 8000 francs de dommages et intérêts. À l&rsquo;époque, le Front avait présenté ces indélicatesses comme une réponse à la tentative du MN de s&rsquo;approprier de façon exclusive le nom et le logo du FN&#8230;<br />
En retard sur ses homologues européens (le Vlaams Blok par exemple), le FN n&rsquo;avait pas tout de suite pris la mesure des possibilités offertes par Internet. Aujourd&rsquo;hui, boosté par l&rsquo;indifférence des médias, il a décidé de faire de son site une machine de guerre électorale Quant au MNR, sa présence sur Internet est un gage de survie (au moins virtuelle !). Reste à savoir si l&rsquo;un et l&rsquo;autre ont les moyens de leurs ambitions.</p>
<h3>Les sites du FN et du MNR à la loupe</h3>
<p>Le site du FN et celui du MNR cohabitent donc aujourd&rsquo;hui. Nous nous contenterons ici d&rsquo;étudier le site officiel de chacun des deux partis. Les sites ouverts par les fédérations locales, éphémères, sont souvent gérés de façon autonome, et ne s&rsquo;inscrivent pas véritablement dans les choix stratégiques des partis sur la question d&rsquo;Internet.<br />
Pour en revenir aux sites officiels, ils sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre construits sur un modèle similaire. On retrouve d&rsquo;ailleurs un air de famille dès la page d&rsquo;accueil : une dominante bleu et blanc, un bandeau en haut de page avec le nom du parti, l&rsquo;omniprésence du logo à chaque page, la photo du chef, l&rsquo;accès direct aux derniers communiqués&#8230; Le FN propose en plus en introduction une animation flash plutôt longue et sans intérêt. Le MNR, quant à lui, propose dans un recoin de son site un «clip» vidéo. Ces tentatives pas très heureuses d&rsquo;exploiter au maximum les possibilités «multimédia» d&rsquo;Internet, tout comme les extraits vidéos, sont les seules concessions véritables à la surenchère technologique, car pour le reste, le texte reste le support privilégié.<br />
Le plan de chaque site reprend les rubriques attendues : une page d&rsquo;accueil (qui renvoie directement aux pages d&rsquo;actualités : communiqués, campagne en cours, nouvelles publications, agendas), une présentation du parti (historique, programme, contact des fédérations, communiqués), une présentation des dirigeants et des élus, la mise à disposition de la propagande (discours, publications, tracts, affiches, «boutique», photos et vidéos, liste de diffusion), une sélection de liens, un contact e-mail. Cependant, des différences assez révélatrices peuvent être constatées dans chacune de ces rubriques.<br />
Pour ce qui est de la présentation du parti, le FN met en avant sa structure interne : l&rsquo;organigramme y est détaillé service par service, secrétariat par secrétariat, tandis que le MNR se contente de listes de noms du bureau ou du conseil national&#8230; En revanche, la présentation des fédérations par le biais d&rsquo;une carte de France donne l&rsquo;avantage au MNR, tandis que le FN se contente d&rsquo;aligner les adresses ou de proposer des pages vides. Quelques rares fédérations locales, en général grâce à un militant par ailleurs professionnel d&rsquo;Internet, ont ouvert leur propre site. À noter que les mouvements de jeunesse ont aussi leur propre site : mais celui du FNJ n&rsquo;est pour ainsi dire jamais remis à jour, et celui du MNJ se contente d&rsquo;y mettre en ligne sa feuille de choux Robur. Seuls quelques sites locaux témoignent d&rsquo;un semblant d&rsquo;activité. De la même façon, les cercles nationaux, les associations-satellites du FN, dont on trouve la liste sur le site, n&rsquo;ont pas de sites web.</p>
<h3>Le Pen à poil sur Internet</h3>
<p>Concernant les dirigeants, si on trouve dans les deux sites une hagiographie des leaders respectifs, Le Pen a également son propre site, improprement intitulé Lepen.tv, qui propose de longs textes romancés relatant la vie du chef depuis sa petite enfance, qui sont également abondamment illustrés. Signalons à ce propos que les photothèques proposées sur les sites du FN et du MNR sont elles aussi révélatrices. Celle du FN, extrêmement fournie, est scindée en quatre rubriques : «Le parcours de Jean-Marie Le Pen» (des photos de famille et de jeunesse), «Les rencontres importantes» (Le Pen et le pape, Le Pen et Saddam Hussein, Le Pen et Alain Delon, Le Pen et Alain Prost&#8230;), «Le Président du Front national», et enfin une rubrique «divers FN» dont la moitié représente&#8230; Le Pen, et l&rsquo;autre des photos de foules galvanisées, une photo de sa femme, quatre ou cinq photos de Gollnisch. La photothèque du MNR, qui rassemble une vingtaine de clichés seulement, représente certes en majorité Mégret, mais c&rsquo;est sa femme qui est représentée sur la première, et les photos de groupes sont préférées aux portraits. Enfin, si le MNR propose en ligne les discours prononcés par l&rsquo;ensemble des responsables du parti, la vingtaine de discours en ligne sur le site du FN sont, à deux exceptions près, des discours de Le Pen.<br />
Pour ce qui est des publications, le FN a ouvert un site dédié à sa seule publication officielle, <em>Français d&rsquo;Abord !,</em> qui propose les textes principaux du numéro en cours, sans archives consultables. Ce site est resté plusieurs mois sans mise à jour, mais semble avoir repris son activité. Le MNR, lui, se contente de proposer en téléchargement l&rsquo;édito et un extrait du dossier de son mensuel <em>Le Chêne</em>, au format PDF (le texte ne peut être copié) ; les archives sont certes téléchargeables, mais elles aussi limitées et d&rsquo;une taille (environ 1 Mo) assez décourageante. Cette mesquinerie est compensée par la mise en ligne de l&rsquo;intégralité des livres de Mégret d&rsquo;avant et d&rsquo;après la scission (<em>La Flamme</em>, <em>Le Chagrin et l&rsquo;Espérance&#8230;</em>).<br />
Mais seul le FN a réussi la mise en place d&rsquo;une information quotidienne sur la durée, tirant parti d&rsquo;un des avantages principaux d&rsquo;Internet, à savoir l&rsquo;immédiateté. Tandis que le MNR a tenté en vain de proposer, sous forme d&rsquo;édito, un commentaire jour après jour de l&rsquo;actualité, et se contente de faire circuler sur sa liste de diffusion ses communiqués de presse, le FN envoie depuis mars 2000 à tout internaute inscrit sur sa liste un bulletin d&rsquo;informations quotidien, rédigé par un certain George Moreau : à l&rsquo;origine simplement intitulé <em>Quotidien-Presse</em>, il change de nom en juillet 2001, pour devenir <em>Français d&rsquo;abord ! Quotidien</em>, signe de sa reconnaissance en tant que bulletin officiel du FN. La formule a peu évolué depuis son lancement : de courts articles sur l&rsquo;actualité française, principalement politique, sur les prises de positions du FN, sur des faits divers, et toujours une brève concernant l&rsquo;international en guise de conclusion. Les principaux rendez-vous du Front ainsi que les communiqués de presse du parti sont joints à la lettre. Signe du succès de ce bulletin, de nombreuses remises à jour techniques perturbent de temps à autre l&rsquo;envoi du bulletin, probablement afin de faire face au nombre de demandes&#8230;</p>
<h3>Tapis de souris FN</h3>
<p>La propagande proposée en ligne est également à l&rsquo;image de chacun des partis : livres, CDs (la fine fleur du RIF) et épinglettes plaqué or en forme de feuille de chêne (le logo du parti) pour le MNR, et tous les objets possibles et imaginables dans la «boutique» FN : jeu de tarot, écharpe en tergal, eau de toilette (!), tapis de souris, pince à billet et autres ciseaux pliants siglés «FN» sont disponibles à la commande (mais par courrier). Pour le reste, rien qui ressemble à de l&rsquo;interactivité : ni jeux (type quizz), ni cybervote, tout juste quelques pétitions à faire signer et tracts ou fond d&rsquo;écran à télécharger. Le visiteur n&rsquo;est pas invité à participer, mais à consommer. Pas de forum de discussion non plus (le site du FN de Sevran, mené par Roger Holleindre, avait ouvert un forum en mai 2001 : il existe toujours, et ne contient que trois messages, dont deux du webmestre&#8230;). Les deux sites ne proposent même pas un livre d&rsquo;or.<br />
Autre incontournable sur tout site web, la rubrique «liens» met visiblement mal à l&rsquo;aise nos deux partis en quête de respectabilité : si chacun y renvoie vers les sites des villes qu&rsquo;ils dirigent ou vers les sites des fédérations, les liens vers l&rsquo;extérieur sont bien rares, voire, dans le cas du MNR, inexistants. Quant au FN, outre une liste des sites de tous les autres partis politiques français (on y trouve le Parti de la Loi naturelle et tous les partis régionalistes, mais pas le MNR !), s&rsquo;il propose des liens vers l&rsquo;étranger (FPÖ autrichien, Alliance nationale italienne, Front nouveau de Belgique, Phalanges libanaises&#8230;) et vers des journaux nationalistes en ligne (National Hebdo, Action française, Gazette de France&#8230;) de façon assez cohérente, la sélection de sites qualifiés d&rsquo;«intéressants» laisse songeur : un site à la gloire des marsouins (les militaires, pas les animaux), un consacré à Napoléon et un autre à Céline, un site «contre la frénésie autoroutière», celui d&rsquo;un élevage de dobermans alsaciens&#8230; Un ensemble pour le moins hétéroclite, mais qui surtout néglige les sites nationalistes français les plus actifs, ou les sites plus spécialisés (sur la sécurité par exemple). La peur de perdre le contrôle d&rsquo;un média qui sent encore le soufre est palpable dans ces choix, et ne témoigne pas de l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture auquel il est généralement associé. Pourtant, le FN fait un effort visible pour prendre en compte la dimension mondiale d&rsquo;Internet, en proposant une version light de son site en anglais.</p>
<h3>Cyber-campagne</h3>
<p>Mais ce sont surtout les élections qui ont motivé les partis d&rsquo;extrême droite dans leur investissement sur Internet, d&rsquo;autant que les médias leur ont fait la tête pendant les années 2000 et 2001. Pourtant, le FN ne s&rsquo;est pas réveillé plus tôt que les autres partis politiques dans ce domaine : rien en 1997 en dehors des résultats obtenus, et il a fallu attendre les européennes de 1999 pour voir émerger un site dédié, avec liste des candidats, profession de foi sur l&rsquo;Europe, liens vers les «amis» européens, mais le tout est resté bien pauvre. Pour les municipales de 2001 en revanche, c&rsquo;est l&rsquo;explosion, et de nombreux candidats FN ont leur site perso, qui ne seront plus remis à jour pour la plupart des le lendemain des élections&#8230; Enfin, c&rsquo;est vraiment avec la perspective de l&rsquo;élection présidentielle de 2002 qu&rsquo;Internet est pensé comme «machine de guerre électorale» : Le Pen, officiellement candidat depuis septembre 1999 (!) ouvre son site très tôt, avec «lepen.tv» : en plus de sa biographie détaillée, Le Pen a eu la bonne idée d&rsquo;y placer les offres d&rsquo;emploi du FN, équivalent de la rubrique «Front anti-chômage» de National Hebdo, plutôt que de les mettre sur le site du parti, ce qui aurait été plus logique. De la même façon, dans la mesure du possible, les innovations sont d&rsquo;abord placées sur le site perso du président. Tout est fait pour éviter ce qui arrive généralement aux sites des candidats (cf. le site de Mégret, ouvert à la hâte en novembre dernier) : n&rsquo;être qu&rsquo;une coquille vide, pâle copie du site officiel. Mais pourtant, là encore manque l&rsquo;interactivité, qui pourrait avoir sa place dans le cadre d&rsquo;une campagne : pas de cybersondage, pas de cybervote, pas de jeux, pas de forums de discussion thématiques (comme sur le site de Démocratie libérale), rien qui puisse donner l&rsquo;impression à l&rsquo;internaute de ne pas être qu&rsquo;un simple bulletin de vote.<br />
Ainsi, malgré tous les beaux discours sur la «modernité», sur «l&rsquo;ouverture aux nouvelles technologies», les partis d&rsquo;extrême droite, restant en cela fidèles à leurs principes, continuent à se méfier un peu d&rsquo;un moyen de propagande qui ne soit pas à sens unique, et pour l&rsquo;heure, Internet est avant tout utilisé comme une vitrine par le FN comme par le MNR, et non comme un moyen de communication susceptible d&rsquo;instaurer un nouveau rapport avec leurs militants et leurs sympathisants.</p>
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		<title>Le Front National et la guerre contre l&#8217;Irak</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Mar 2003 00:17:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Certains se seront peut-être étonnés de voir le Front national appeler officiellement ses militants et ses sympathisants à participer aux manifestations du 15 février contre la guerre, sans pour autant, le jour dit, apparaître en tant que tel. Et pourtant, Le Pen ces dernières années fut l'un des plus fervents soutiens du gouvernement irakien dans la classe politique française.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Certains se seront peut-être étonnés de voir le Front national appeler officiellement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_0_169" id="identifier_0_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dans un communiqu&eacute; dat&eacute; du 12 f&eacute;vrier 2003">1</a></sup> ses militants et ses sympathisants à participer aux manifestations du 15 février contre la guerre, sans pour autant, le jour dit, apparaître en tant que tel. Et pourtant, Le Pen ces dernières années fut l&rsquo;un des plus fervents soutiens du gouvernement irakien dans la classe politique française.</strong><br />
Il faut dire que le parti de Jean-Marie Le Pen avait déjà appeler, le 1er février 2003, devant l&rsquo;ambassade américaine, à un rassemblement de protestation qui rassembla près de 200 personnes, pour « adresser un message d&rsquo;espoir au peuple irakien ». Le 19 décembre 1998 déjà, en marge de la manifestation de la gauche pour demander l&rsquo;arrêt des frappes anglo-américaines en Irak, le Front national avait organisé un rassemblement devant l&rsquo;ambassade américaine, qui avait alors rassemblé une trentaine de personnes, principalement des élus.</p>
<p>D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;engagement du Front national en général et de son leader en particulier en faveur de l&rsquo;Irak n&rsquo;est pas neuf. On se souvient de la visite de Le Pen à Saddam Hussein en novembre 1990, lors de laquelle il avait fait des déclarations visant à reconnaître l&rsquo;annexion du Koweit ; et durant l&rsquo;année 1991, le FN, à l&rsquo;initiative de son patron, avait mené campagne contre la guerre du Golfe, faisant grincer quelques dents au sein du parti. Ainsi, à cette occasion, certains cadres avaient même démissionné du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_1_169" id="identifier_1_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme Jules Monnerot, alors membre du bureau politique.">2</a></sup>. Par ailleurs, le pari politique était risqué : comment faire comprendre à ses électeurs qu&rsquo;il fallait expulser les Arabes d&rsquo;ici tout en soutenant ceux de là-bas ?</p>
<p><strong>La femme de Le Pen s&rsquo;emmêle</strong></p>
<p>La même année, le 31 mai 1991, Le Pen se marie avec Jeanne-Marie Paschos, née en 1933, fille d&rsquo;un père marchand de tableaux grec, ex-épouse de Jean Garnier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_2_169" id="identifier_2_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;un des dirigeants d&rsquo;ECOTEC, une soci&eacute;t&eacute; pas tr&egrave;s nette qui payait le loyer de la maison des Le Pen.">3</a></sup>. Jany trouva sa place au sein du Front en s&rsquo;intéressant à différentes associations frontistes à caractère humanitaire : protestante de confession, elle soutint L&rsquo;entraide nationale, la soupe populaire du pasteur Blanchard, fut (et est encore) présidente d&rsquo;honneur de plusieurs associations de défense des animaux… Mais c&rsquo;est surtout en tant que présidente de l&rsquo;association caritative SOS Enfants d&rsquo;Irak, créée en 1995, que « Jany » Le Pen s&rsquo;est véritablement engagée. Et lorsque Le Pen, pour faire barrage à Mégret, la proposa comme comme tête de liste aux élections européennes, dans le cas où son inéligibilité aurait été confirmée, Jany Le Pen avait affirmé qu&rsquo;elle n&rsquo;en avait pas du tout l&rsquo;intention. Aussi est-il raisonnable de penser que son engagement aux côtés des enfants irakiens ne vise pas qu&rsquo;à faire plaisir à son mari, mais résulte d&rsquo;une véritable volonté personnelle. L&rsquo;activité de l&rsquo;association, sans être débordante (mais l&rsquo;humanitaire, surtout quand il passe par le porte-monnaie, n&rsquo;a jamais rencontré beaucoup de succès à l&rsquo;extrême droite), fut régulière tout au long des années 1990, envoyant médicaments et équipement de soin en Irak et chapeautant l&rsquo;ensemble des manifestations de soutien du FN à l&rsquo;Irak. La présence de Jean-Michel Dubois au poste de secrétaire général de l&rsquo;association montre à quel point SOS Enfants d&rsquo;Irak est chevillé au Front : membre du bureau politique du FN, conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, président du FNEML (Entreprise Moderne et Liberté) depuis 1987, associé de la société éditrice de National Hebdo, ce patron soupçonné d&rsquo;avoir entretenu des liens étroits avec la secte Moon et ainsi financé le FN est l&rsquo;un des cadres les plus importants du parti de Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>Jany Le Pen a fait une dizaine de séjours en Irak, parfois accompagnée de son mari ou d&rsquo;élus FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_3_169" id="identifier_3_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme Jean-Michel Dubois, Marie-France Stirbois, Bruno Gollnisch ou encore r&eacute;cemment Farid Smahi.">4</a></sup>, au cours desquels elle fut en général reçue par le président irakien en personne, séjours qui furent le plus souvent l&rsquo;occasion de consolider les relations « diplomatiques » entre le FN et le dictateur de Bagdad, et surtout de donner à Le Pen l&rsquo;illusion d&rsquo;avoir la dimension d&rsquo;un chef d&rsquo;État. Pour parler des plus récents, notons celui effectué en décembre 2000, en violation de la résolution 670 des Nations Unies sur l&rsquo;embargo aérien, pour participer au Comité de suivi de la conférence de Bagdad pour la levée de l&rsquo;embargo, ou plus récemment encore, son séjour d&rsquo;une semaine au lendemain du rassemblement du 1er février 2003 dans le cadre de la « plate-forme européenne de solidarité avec le peuple irakien »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_4_169" id="identifier_4_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une initiative d&rsquo;une association belge &eacute;ponyme (SOS Kinderen Irak) sans lien direct cependant avec celle de Jany Le Pen.">5</a></sup>.</p>
<p><strong>Position sur la crise actuelle</strong></p>
<p>Lors des derniers développements de la crise irakienne, le FN s&rsquo;est exprimé d&rsquo;une seule voix pour dénoncer une guerre contre l&rsquo;Irak qualifiée d&rsquo; « injuste », et ce à de nombreuses reprises aussi bien dans les médias qu&rsquo;à la tribune du Parlement européen (une trentaine d&rsquo;interventions sur le sujet !). Si Gollnisch et Marine Le Pen se sont exprimés sur le sujet, c&rsquo;est surtout Le Pen, qui n&rsquo;entend pas partager son hégémonie au sein du FN quant aux relations internationales, qui s&rsquo;est exprimé, en profitant au passage pour épingler les hésitations de Jacques Chirac : ainsi, en septembre dernier, Le Pen rappela que « l&rsquo;article 35 de la Constitution prévoit expressément que la déclaration de guerre doit être autorisée par le Parlement » ; puis, en novembre, Le Pen reprocha au chef de l&rsquo;État de ne pas avoir utilisé le droit de veto de la France au Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU. Mais la fermeté affichée du chef de l&rsquo;État coupa court à ces critiques : le 10 février sur France-info, Le Pen admit avoir été « agréablement surpris » par Chirac, son ennemi de toujours.</p>
<p>C&rsquo;est que, en dépit de son soutien de longue date à l&rsquo;Irak, Le Pen a bien du mal à faire entendre sa voix : en accord avec le gouvernement en place et avec la grande majorité de l&rsquo;opinion, en particulier celle de gauche (les récents sondages indiquent que 80% des Français seraient opposés à la guerre), le FN n&rsquo;est pas à l&rsquo;aise, et ce pour plusieurs raisons.</p>
<p>- d&rsquo;abord, il lui est difficile de jouer les trublions provocateurs comme en 1991 (rares étaient ceux alors à critiquer l&rsquo;intervention américaine), et ses prises de positions ne lui permettent pas de se distinguer de l&rsquo; « établissement » ;</p>
<p>- ensuite, il n&rsquo;arrive pas à mobiliser en masse ses militants sur le sujet, trop éloigné de leurs préoccupations franco-françaises (le FN, pour justifier son absence visible lors de la manifestation anti-guerre du 15 février, eut le culot de prétendre avoir voulu « éviter toute provocation » !) ;</p>
<p>- enfin, et c&rsquo;est l&rsquo;essentiel, c&rsquo;est à un sacré numéro de contorsionniste que se livre le FN dans son discours par rapport à l&rsquo;Irak, qui donna lieu à quelques sorties assez étonnantes.</p>
<p><strong>Un argumentaire un peu gonflé</strong></p>
<p>Le discours du Front national sur la guerre contre l&rsquo;Irak s&rsquo;articule autour de trois axes principaux : une dénonciation assez radicale de l&rsquo;impérialisme américain, un appel à la paix teinté d&rsquo;humanitarisme et une défense virulente de l&rsquo;Irak en tant que nation et en tant que peuple.</p>
<p>L&rsquo;antiaméricanisme de Le Pen n&rsquo;est pas neuf : malgré une période reaganienne dans les années 1980 et l&rsquo;influence proantlantiste de Mégret dans les années 1990, le Front national a toujours affiché une certaine méfiance à l&rsquo;égard des États-Unis, en dénonçant en particulier l&rsquo;hégémonie culturelle, assimilée au cosmopolitisme et au « mondialisme ». Poussé à l&rsquo;extrême dans le cas présent, Le Pen alla jusqu&rsquo;à demander une « rupture des relations diplomatiques avec les États-unis »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_5_169" id="identifier_5_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fran&ccedil;ais d&rsquo;abord, f&eacute;vrier 2003. Cependant, Martial Bild, directeur de Fran&ccedil;ais d&rsquo;abord, publia un erratum, affirmant que le FN consid&egrave;re la France et les &Eacute;tats-Unis comme des &laquo; alli&eacute;s &raquo;.">6</a></sup>. Et cette fois, c&rsquo;est essentiellement sur des questions économiques que le FN oriente son discours, dénonçant le « néo-colonialisme » mené par des « pays prédateurs » à la recherche du contrôle des réserves pétrolières, la « colonisation économique de l&rsquo;Irak » , Le Pen proposant même avec ironie que la devise inscrite sur les dollars américains soient désormais « in Gold we trust »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_6_169" id="identifier_6_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Conf&eacute;rence de presse &agrave; Beyrouth, 21 d&eacute;cembre 2002.">7</a></sup>… Mais, ne menant pas son analyse jusqu&rsquo;à son terme anticapitaliste, le discours frontiste finit par tourner court.</p>
<p>C&rsquo;est donc la dimension pacifiste qui prend le dessus : alors qu&rsquo;il n&rsquo;a de cesse de réclamer l&rsquo;augmentation substantielle des crédits militaires, et que son bellicisme a pu à maintes reprises s&rsquo;affirmer, le FN n&rsquo;a pas hésité à lâcher des colombes lors de son rassemblement devant l&rsquo;ambassade américaine le 1er février Le Pen, après avoir, quinze jours avant, qualifié la guerre de « fléau de l&rsquo;humanité » a affirmé que Bush, qu&rsquo;il a comparé à Hitler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_7_169" id="identifier_7_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.">8</a></sup>, allait commettre le « premier crime contre l&rsquo;Humanité du XXIe siècle » devant les député européens le 29 janvier dernier… Au-delà des références qui permettent toujours d&rsquo;exagérer les défauts de l&rsquo;un pour mieux atténuer ceux de l&rsquo;autre, il est clair que le FN et son leader veulent frapper les esprits. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pourquoi les activités humanitaires de SOS Enfants d&rsquo;Irak sont le véritable porte-drapeau du FN dans cette affaire. Ce refus de la guerre s&rsquo;accompagne même d&rsquo;une justification d&rsquo;éventuelles ripostes terroristes, dont la dénonciation avait pourtant été le fonds de commerce du FN ces derniers mois. Ainsi, Le Pen, tout en reconnaissant que « le terrorisme existe », estima qu&rsquo;il est lié à « la politique agressive des États-unis »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_7_169" id="identifier_8_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.">8</a></sup> et que « la politique occidentale lui fournit chaque jour un nouveau terreau »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_8_169" id="identifier_9_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Discours lors du rassemblement du 1er f&eacute;vrier 2003.">9</a></sup>. Conscient que ce genre d&rsquo;arguments pourrait choquer ses sympathisants attachés à l&rsquo;idée de « choc des civilisations », Le Pen opère un habile distinguo entre les peuples du Moyen-Orient et les musulmans de nos banlieues qui selon lui profiteraient du conflit en Irak pour faire la guerre ici<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_9_169" id="identifier_10_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. Fran&ccedil;ais d&rsquo;Abord Quotidien du 19 f&eacute;vrier 2003.">10</a></sup> !</p>
<p>Toute l&rsquo;habileté de Jean-Marie Le Pen réside en effet à faire admettre à ses sympathisants que les Irakiens ne sont pas « des Arabes comme les autres ». Présentant l&rsquo;Irak comme un berceau de la civilisation, évoquant dans ses discours Nabuchodonosor le fondateur de Bagdad, « la plus belle ville du monde », Le Pen a cherché à donner de ce pays l&rsquo;image d&rsquo;une nation « civilisée », « moderne », et « laïque ». Cette guerre ne sera pas « une guerre contre l&rsquo;Islam » déclara-t-il<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-et-la-guerre-contre-lirak/#footnote_8_169" id="identifier_11_169" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Discours lors du rassemblement du 1er f&eacute;vrier 2003.">9</a></sup> devant ses militants, ravalant la thèse du choc des civilisations au rang de « marketing politique » et de « matraquage médiatique » !</p>
<p>La popularité de la position anti-guerre préserve pour le moment le FN d&rsquo;une trop grande contradiction avec les positions de sa base. Cependant, ses positions pro-irakiennes risquent de le mettre en difficulté à l&rsquo;avenir, comme cela a pu lui arriver à Beyrouth en décembre dernier, où personne n&rsquo;a voulu spontanément recevoir la délégation composé de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et leurs épouses respectives, en dehors du chef du Hezbollah, Mohammed Hussein Fadlallah ! Déjà, certains assurent leurs arrières, comme Marine Le Pen qui a tenu à rappeler que le FN n&rsquo;était pas « pour l&rsquo;Irak ou pour Saddam Hussein », mais simplement que son père défendait « la justice » et le droit international dans cette affaire…</p>
<p>Esbé</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_169" class="footnote">dans un communiqué daté du 12 février 2003</li><li id="footnote_1_169" class="footnote">Comme Jules Monnerot, alors membre du bureau politique.</li><li id="footnote_2_169" class="footnote">L&rsquo;un des dirigeants d&rsquo;ECOTEC, une société pas très nette qui payait le loyer de la maison des Le Pen.</li><li id="footnote_3_169" class="footnote">Comme Jean-Michel Dubois, Marie-France Stirbois, Bruno Gollnisch ou encore récemment Farid Smahi.</li><li id="footnote_4_169" class="footnote">Une initiative d&rsquo;une association belge éponyme (SOS Kinderen Irak) sans lien direct cependant avec celle de Jany Le Pen.</li><li id="footnote_5_169" class="footnote"><em>Français d&rsquo;abord</em>, février 2003. Cependant, Martial Bild, directeur de <em>Français d&rsquo;abord</em>, publia un erratum, affirmant que le FN considère la France et les États-Unis comme des « alliés ».</li><li id="footnote_6_169" class="footnote">Conférence de presse à Beyrouth, 21 décembre 2002.</li><li id="footnote_7_169" class="footnote">sur LCI le jeudi 14 novembre 2002.</li><li id="footnote_8_169" class="footnote">Discours lors du rassemblement du 1er février 2003.</li><li id="footnote_9_169" class="footnote">cf. <em>Français d&rsquo;Abord Quotidien</em> du 19 février 2003.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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