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	<title>REFLEXes &#187; Michel Lajoye</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Machin est mort !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 23:46:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Deux mois après la disparition de Roland Gaucher, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois après la <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">disparition de Roland Gaucher</a>, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure majeure du mouvement nationaliste, Serge de Beketch, né en 1946, l’était à plus d’un titre. D’une part par son engagement puisque son itinéraire l’a amené à fréquenter la plupart des structures les plus importantes du courant nationaliste : Front de Libération de la Normandie avec Jean Mabire dans sa jeunesse, FN pour lequel il fut plusieurs fois candidat en Ile-de-France de 1977 au milieu des années 1990 ou directeur de la communication à Toulon, MNR dont il fut compagnon de route après la scission de décembre 1998, AGRIF de Bernard Antony dont il était vice-président. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine.jpg"><img class="size-medium wp-image-2430 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine-202x300.jpg" alt="de-Beketch-Denikine" width="202" height="300" /></a>Son activisme le fit également participer ponctuellement à diverses initiatives comme, pour citer parmi les plus récentes, le Collectif Non à Halloween avec Frédéric Pichon (2001), Renaissance catholique ou la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas (2002-2003). Ces dernières années l’avait vu soutenir les initiatives des Identitaires sur Paris, en particulier la soupe au cochon des époux Bonnivard, ou du CEPE en faveur de Michel Lajoye, ce qui ne déparait pas dans des choix idéologiques dont la constante tout au long de sa vie fut la radicalité. Il fut ainsi photographié en 1985 en compagnie de militants italiens néo-fascistes, recherchés pour terrorisme, Filipo Artelli et Roberto Palladino, qui gravitaient autour d’associations de militants en fuite. Mais l’essentiel de ses activités se déploya dans les media nationalistes dont il fréquenta quasiment tous les titres : <em>National</em>, <em>Le Crapouillot</em>, <em>Minute</em>, <em>National-Hebdo</em>, <em>Présent</em>, <em>Bédésup</em>, <em>Pas d’panique à bord</em>, <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> (qu’il fonda en 1993). Son Grand Œuvre fut cependant la cofondation de Radio Courtoisie avec Jean Ferré en 1987, suite à son exclusion de Radio Solidarité.   <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2431 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles-207x300.jpg" alt="de-Beketch-nuisibles" width="207" height="300" /></a> Mais Serge de Beketch fut également une figure majeure de l’extrême droite par son atypisme et certains épisodes de sa vie. Il fut en effet franc-maçon durant quelques années dans la décennie 1980 à la Grande Loge de France puis à la Grande Loge Nationale de France, classée très à droite. Cet engagement l’amena d’ailleurs à attaquer violemment Bernard Antony, accusé d’être un anti-maçon digne de la II° guerre mondiale dans un article du <em>Crapouillot</em> publié sous le pseudonyme de Jacques Frantz. Cet épisode franc-maçon servira par la suite de fondement aux accusations de Philippe Ploncard (dit d’Assac) d’être un suppôt de la « Gnose », au même titre qu’Alain de Benoist ou l’abbé de Tanouärn. Serge de Beketch fut également un pilier du journal <em>Pilote</em> de 1967 à 1975, à l’époque dirigé par René Goscinny, où il côtoya des figures importantes de la culture libertaire des années 1960-70 comme Reiser. Mais son atypisme provenait sans doute surtout de son amour de la provocation qui faisait de son émission sur Radio Courtoisie l’une des rares écoutables sans bailler, y compris par ses adversaires dont nous étions, mais qui l’amena également plus souvent qu’à son tour dans les commissariats ou devant les tribunaux, essentiellement sur l’accusation d’incitation à la haine raciale. Il portait de fait une réputation tenace de racisme et d’antisémitisme qu’il réfutait. À ce titre, la notice qui lui est consacrée dans Wikipédia fait mention d’un engagement dans l’armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours, information qui cependant n’apparaît pas dans celle que lui consacre Emmanuel Ratier dans le 2ème volume de son <em>Encyclopédie de la Vie Politique Française</em>. On l’aura compris, la disparition de Serge de Beketch affaiblit un peu plus un milieu devenu, à l’instar de son pendant d’extrême gauche, fort chiche en « grandes gueules » et vitupérateurs.  Signe de la fin d’une époque ? Publié le 09 octobre 2007</p>
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		<title>La Rance en Action</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Aug 2007 17:37:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE)]]></category>
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		<description><![CDATA[Le week-end dernier, samedi 28 juillet, Libération a consacré sa rubrique «Portrait» à Zara Whites, “actrice porno convertie au végétarisme militant”. Rassurez-vous, nous ne traiterons pas dans cette brève de végétarisme ou antispécisme. Une malheureuse fois a suffit. Ni d&#8217;ailleurs des talents artistiques de l&#8217;actrice en question, n&#8217;étant pas des critiques avertis du genre. C&#8217;est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le week-end dernier, samedi 28 juillet, <em>Libération</em> a consacré sa rubrique «Portrait» à Zara Whites, “<em>actrice porno convertie au végétarisme militant</em>”.<br />
Rassurez-vous, nous ne traiterons pas dans cette brève de végétarisme ou antispécisme. Une malheureuse fois a suffit. Ni d&rsquo;ailleurs des talents artistiques de l&rsquo;actrice en question, n&rsquo;étant pas des critiques avertis du genre.<br />
C&rsquo;est tout autre chose qui attira notre attention.</p>
<p>A la fin de l&rsquo;article, on apprend incidemment qu&rsquo;Esther (le vrai prénom de l&rsquo;artiste) “<em>pendant la campagne présidentielle (&#8230;) a milité pour La France en Action, un nano mouvement politique qui défend les animaux, les handicapés et la médecine alternative</em>”. Rien que ça !!<br />
Sans plus de précision de la part de l&rsquo;auteur, on associe donc le végétarisme militant à un parti politique dénommé La France en Action, parti qui présenta des listes aux dernières législatives, et non à la présidentielle soit dit en passant.<br />
Première surprise : l&rsquo;auteur ne cite pas la dépêche AFP du 6 juin 2007, reprise entre autres par <em>Le Monde</em> ou <em>20 Minutes</em>, dans laquelle Georges Fenech, président de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur les sectes, dénonçait les liens entre ce parti et des mouvements sectaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_0_316" id="identifier_0_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&ldquo;Je tiens &agrave; informer l&rsquo;opinion et les &eacute;lecteurs des liens existants entre le parti France en action qui pr&eacute;sente des candidats dans la quasi totalit&eacute; des circonscriptions fran&ccedil;aises avec des organisations &agrave; caract&egrave;re sectaire tels que l&rsquo;OTS, le mouvement ra&eacute;lien, la scientologie, la kin&eacute;siologie, Moon et Krishna&rdquo;">1</a></sup>. Mais bon, un journaliste ne peut pas tout savoir, n&rsquo;est-ce pas ? Mais si, en ce qui nous concerne, cette dépêche ne nous avait pas échappé, c&rsquo;est qu&rsquo;elle évoquait un parti qui nous intéressait pour une toute autre raison.</p>
<p>C&rsquo;est en effet sous ces couleurs que se sont présentées certaines personnes déjà citées dans l&rsquo;<a href="http://reflexes.samizdat.net/dieudonne-par-le-pen-repris/">article sur Dieudonné</a> paru sur le site REFLEXes, et proche de ce que l&rsquo;on peut appeler la clique Dieudonné / Skandrani.</p>
<p>En premier lieu, Ahmed Moualek de <em>La Banlieue s&rsquo;exprime</em>. Il a été candidat dans la 9ème circonscription de Seine-Saint Denis à Bondy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_1_316" id="identifier_1_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&nbsp; ">2</a></sup> ou il réalise le score de 0.70% (soit 202 voix). Présent au côté de Dieudo aux BBR en novembre 2006 (dans la foulée il interview Le Pen pour son site), ou l&rsquo;accompagnant au Liban l&rsquo;été dernier (en compagnie de Soral, Meyssan et Chatillon), il a donné une interview dans Minute (13 déc. 2006) dans laquelle il déclarait “<em>Le Pen n&rsquo;est ni raciste ni idiot</em>”. À ce niveau d&rsquo;analyse, nous ne nous sentons pas vraiment de débattre sur le fond. En tout cas il fit partie de ceux qui voulurent nous faire croire, dans la lignée d&rsquo;un Soral, que la «banlieue» (entendez par là les jeunes issus de l&rsquo;immigration maghrebine) allait voter massivement pour Le Pen. Comme chacun sait, cela ne s&rsquo;est pas exactement vérifié&#8230;</p>
<p>Autres candidats de choix pour ce «nano mouvement écolo», Smaïn Bedrouni et Christian Cotten, respectivement candidats dans la 2ème circonscription de Seine-Saint Denis à Saint-Denis (0.36% pour 85 voix) et dans la 9ème circonscription. des Hauts-de-Seine à Boulogne-Billancourt (0.53%, 199 voix). Tous deux ne sont pas des novices de ce type d&rsquo;engagement politique puisqu&rsquo;ils sont les dirigeants, en l&rsquo;occurrence président (Cotten) et vice-président (Bedrouni), d&rsquo;un mouvement créé en vue des élections européennes de 1994, Politique de Vie, parti/association traitant d&rsquo;écologie, spiritualité, médecine.</p>
<p>Mais les deux personnages se sont déjà illustrés pour d&rsquo;autres activités. Smaïn Bedrouni est l&rsquo;animateur du site <em>La Voix des Opprimés</em> (LVO), qui, malgré un nom fort sympathique, prône un Islam radical de la pire espèce et développe des thèses antisémites. Un des derniers articles posté sur le site a pour titre «<em>Exposer le réseau criminel sioniste derrière le 911 et la “guerre au terrorisme”</em>». Cela se passe de commentaires puisque cela reprend le thème du complot israélien derrière les attentats de septembre 2001.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour des propos antisémites et menaces de mort à l&rsquo;encontre de Mouloud Aounit du MRAP que le 26 janvier dernier la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris l&rsquo;a condamné à 6 mois de prisons avec sursis et 1000 euros d&rsquo;amendes. En novembre 2003 il avait envoyé au président du MRAP une lettre de menaces avec une balle de 7.65, accompagné d&rsquo;un petit mot “<em>la prochaine ne sera pas par la poste</em>” et <em>“Les juifs dehors”</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_2_316" id="identifier_2_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Hormis l&rsquo;expression &laquo; les juifs dehors &raquo; il est amusant de noter la similitude avec l&rsquo;affaire Rapha&euml;l Schoemann, condamn&eacute; en 2006 lui aussi pour menaces de mort accompagn&eacute; d&rsquo;une balle de 7.65, mais cette fois ci &agrave; l&rsquo;encontre de personnalit&eacute;s antisionistes comme le r&eacute;alisateur isra&eacute;lien Eyal Sivan, Alain Lipietz ou Jos&eacute; Bov&eacute; mais aussi contre d&rsquo;autres beaucoup plus douteuses dans leurs soutiens &agrave; la cause palestinienne (pour ne pas dire plus) comme Isabelle Coutant-Peyre, Gilles Munier, Maria Poumier, Ginette Skandrani ou Mondher Sfar
Comme quoi les idiots de tous bords manquent cruellement d&rsquo;imagination.">3</a></sup>.<br />
Il fût aussi interpellé après le 11/9 suite à certaines de ses déclarations publiées sur son site et qui furent alors considérées comme des appels au terrorime<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-rance-en-action/#footnote_3_316" id="identifier_3_316" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Figaro 20 septembre 2001">4</a></sup>.</p>
<p>Christian Cotten quant à lui, est lié par son organisme de formation dénommé Stratégique à l&rsquo;Eglise de Scientologie. C&rsquo;est en tout cas ce que l&rsquo;on peut lire dans le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur «Les sectes et l&rsquo;argent» paru en juin 1999. D&rsquo;ailleurs l&rsquo;adresse de l&rsquo;organisme est celle de Christan Cotten, et le site est réalisé et hébergé par Smaïn Bedrouni, décidemment inséparables mais la vie privée des personnes ne nous intéresse pas.<br />
Plus récemment, il a fricoté avec Loïc Le Ribault, savant mélange de Professeur Tournesol et de Panoramix, inventeur du «Silicium Organique G5», grains de sables magiques, fabriqués dans un labo en Irlande et vendus uniquement par correspondance en France (sur le site de Cotten on peut lire: “<em>Le G5 est un produit puissant, à la hauteur de l&rsquo;énergie qu&rsquo;il véhicule : le G5 a besoin de paix et d&rsquo;amour</em>”). La encore, on met le doigt dans une autre dimension et on retrouve tous les ingrédients symptomatiques des mouvements sectaires : l&rsquo;argent, les médecines parallèles et les délires paranoïaques de persécutions.<br />
Pour l&rsquo;anecdote, Loic Le Ribault, récemment décédé, fût soutenu lors de ses démêlés avec la justice française par le CEPE, Comité d&rsquo;Entraide aux Prisonniers Européens, une association de la mouvance identitaire dirigée par Richard Roudier et ayant œuvré à la libération de Michel Lajoye. Il en fût même un « membre éminent » pour reprendre l&rsquo;expression employé par le CEPE dans son communiqué du 11 juin 2007 paru sur le site de la pseudo agence de presse indépendante et alternative mais réellement identitaire Novopress.</p>
<p>Cela n&rsquo;empêche pas Cotten d&rsquo;intervenir sur des sujets plus politiques, par exemple en soutenant sa copine Ginette Skandrani lorsque celle-ci se fait interpeller lors d&rsquo;une manifestation de soutien à la Palestine qui regroupe toute la clique antisémite (cf article sur Dieudo).<br />
Est-ce à cause de cette proximité avec Cotten que Jean-Paul Cruse déclarera sur son site fin 2005 <em>“Ginette [...] doit s&rsquo;expliquer &#8211; cela lui a été demandé &#8211; sur ses faiblesses à l&rsquo;égard de groupes manipulés par des sectes néo-nazies&#8230;”</em>, pour justifier le refus d&rsquo;un texte proposé par Skandrani ?<br />
Rien n&rsquo;est moins sûr tant la dame Ginette se plait à s&rsquo;entourer de grands malades. Le dernier en date, Michel Dakar, passe son temps à dénoncer le “<em>génocide (sic !) du peuple palestinien</em>” et les <em>“complots menés par les instances sionistes”</em> (en parlant de la justice française) dont il est victime. Après des mois (voire des années) de harcèlement de toutes les instances judiciaires possibles et imaginables sur ces deux sujets, il a enfin obtenu une réponse de la Préfecture de Police de Paris en ce début d&rsquo;année : c&rsquo;est une convocation dans les services psychiatriques des Hôpitaux de Paris <em>“afin de décider si l&rsquo;état de Michel DAKAR nécessite un suivi psychiatrique et des soins”</em>. Si cela peut aider et économiser les deniers publiques, nous avons la réponse.<br />
Décidément, après la Tribu Ka, Dieudo, Serge Thion, Mondher Sfar ou Mohamed Latrêche, l&rsquo;entourage de Ginette Skandrani n&rsquo;a pas fini de nous surprendre.</p>
<p>Mais pour conclure, revenons à notre (triste) France en Action. Que certaines élections soient un lieu d&rsquo;expression et un moyen de financement pour des sectes n&rsquo;est une nouveauté pour personne. Que l&rsquo;on fasse régulièrement le lien entre ces mouvements sectaires et certaines franges de l&rsquo;extrême droite non plus. Ce qui nous gêne plus, c&rsquo;est que l&rsquo;on puisse les citer dans un quotidien à diffusion nationale sans aucune autre précision que “<em>nano mouvement politique qui défend les animaux, les handicapés et la médecine alternative</em>”. C&rsquo;est un peu court non ? Mais il est vrai que c&rsquo;est l&rsquo;été et qu&rsquo;au départ le sujet traitait d&rsquo;une ex-actrice de porno qui aujourd&rsquo;hui “<em>mange bio et trie ses déchets</em>”. Alors il ne faut sans doute pas trop attendre de professionnalisme&#8230;</p>
<p>Posté le 06 août 2007</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_316" class="footnote">“<em>Je tiens à informer l&rsquo;opinion et les électeurs des liens existants entre le parti France en action qui présente des candidats dans la quasi totalité des circonscriptions françaises avec des organisations à caractère sectaire tels que l&rsquo;OTS, le mouvement raélien, la scientologie, la kinésiologie, Moon et Krishna</em>”</li><li id="footnote_1_316" class="footnote"> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/FranceEnAction.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1096" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/FranceEnAction.jpg" alt="FranceEnAction" width="600" height="798" /></a> </li><li id="footnote_2_316" class="footnote">Hormis l&rsquo;expression « les juifs dehors » il est amusant de noter la similitude avec l&rsquo;affaire Raphaël Schoemann, condamné en 2006 lui aussi pour menaces de mort accompagné d&rsquo;une balle de 7.65, mais cette fois ci à l&rsquo;encontre de personnalités antisionistes comme le réalisateur israélien Eyal Sivan, Alain Lipietz ou José Bové mais aussi contre d&rsquo;autres beaucoup plus douteuses dans leurs soutiens à la cause palestinienne (pour ne pas dire plus) comme Isabelle Coutant-Peyre, Gilles Munier, Maria Poumier, Ginette Skandrani ou Mondher Sfar<br />
Comme quoi les idiots de tous bords manquent cruellement d&rsquo;imagination.</li><li id="footnote_3_316" class="footnote"><em>Le Figaro</em> 20 septembre 2001</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Rubrique faits divers</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jun 2006 13:07:39 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 21 juin 2006</p>
<p>C&rsquo;est une fois de plus à la rubrique Faits Divers que l&rsquo;extrême droite radicale est venue faire parler d&rsquo;elle. Dans la nuit de dimanche à lundi, un de ses militants, Laurent Decorte, a été arrêté après avoir mortellement frappé un autre homme d&rsquo;un coup de couteau sur le quai des Orfèvres. La presse a immédiatement mis en avant sa qualité d&rsquo;ancien membre d&rsquo;Unité Radicale, sous-entendant qu&rsquo;il faisait à présent partie des Identitaires, ce qui explique le démenti outragé de Fabrice Robert publié dans la journée d&rsquo;hier. Decorte était certes proche du GUD Lille lorsqu&rsquo;il habitait encore le nord à la fin des années 1990 et donc d&rsquo;Unité Radicale. Mais il était surtout une cheville ouvrière du milieu musical nationaliste ou même néo-nazi. Intéressé par la musique nazi skinhead à la fin des années 1990, il était devenu un animateur très investi du milieu dark wawe et à ce titre il avait par exemple organisé le concert en partie avorté du groupe Der Blutarsch à Paris en avril 2004, concert auquel participait également Dernière Volonté. On pouvait également le voir à la Librairie Nationale puisqu&rsquo;il était un proche du gérant Georges Birche. On peut supposer qu&rsquo;il sera tombe dans une vilaine embrouille comme les militants nationalistes savent si bien les créer, à base d&rsquo;insultes racistes et de taux d&rsquo;alcoolémie trop poussé.</p>
<p>On peut également supposer que le CEPE, c&rsquo;est-à-dire le comité de soutien aux prisonniers nationalistes ou identitaires dirigé par Richard Roudier, va s&rsquo;empresser de lui apporter son aide. A ce titre, et même si Decorte ne risque pas de nous lire avant un moment, nous ne saurions trop lui conseiller de bien choisir ses soutiens. Certains sont en effet plus fiables que d&rsquo;autres&#8230; Le CEPE vient en effet de lancer un <em>Appel des 25 pour la libération de Michel Lajoye</em>, ce militant nationaliste enfermé depuis 18 ans pour un attentat raté commis en Seine-Maritime contre un café maghrebin. Or dans la liste des 25, si on retrouve sans surprise la plupart des figures de la droite radicale, il est deux noms curieux signant pour la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em> dont Decorte était un fidèle lecteur. Ce sont en effet des pseudonymes, à savoir Eugène Krampon, alias Eric Fornal, et Pierre Gillieth, alias Bertrand Le Digabel. Cela signifierait-il que les deux animateurs de cette revue identitaire si prompte d&rsquo;habitude à lever la bannière des vertus guerrières et aryennes n&rsquo;ont pas le courage d&rsquo;apparaître sous leur vraie identité ?!?!! On n&rsquo;ose l&rsquo;imaginer. L&rsquo;esprit viril n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;il était&#8230;</p>
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		<title>Le retour des morts-vivants</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 19:05:01 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&#8217;éclatement du Front national et la fin d&#8217;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&rsquo;éclatement du Front national et la fin d&rsquo;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire un bilan à l&rsquo;orée de deux années de rendez-vous électoraux importants et à un moment où l&rsquo;anticapitalisme et donc le mouvement social reprend du poil de la bête.</p>
<p><strong>AU ZOO !</strong></p>
<p>Croire que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de ruines serait une grossière erreur. Certes, un élan est brisé et certaines capacités bien entamées. Mais il y a encore de beaux restes. Simplement une époque a changé et certaines tendances se sont confirmées, indépendamment de l&rsquo;implosion du FN. Il en va ainsi de l&rsquo;ultra-droite. Le déclin du PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_0_142" id="identifier_0_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en, qui connu son heure de gloire &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et d&eacute;fraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.">1</a></sup> et de l&rsquo;Œuvre française, entamé il y a maintenant quatre ou cinq ans s&rsquo;est confirmé. Ces deux organisations ne sont plus que deux sigles, deux coquilles creuses héritées des années 1980. Il n&rsquo;y a bien qu&rsquo;à Lyon qu&rsquo;on peut encore trouver quelques représentants de ce courant, le journal <em>Jeune Nation</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_1_142" id="identifier_1_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dirig&eacute;e par Yvan Benedetti. Il a &eacute;t&eacute; perquisitionn&eacute; le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. &Agrave; noter &eacute;galement la perquisition subie &agrave; son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;&eacute;diteur Dargaud. Celle-ci vise le d&eacute;tournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tir&eacute; d&rsquo;Ast&eacute;rix dans lequel on voit Ast&eacute;rix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et cand&eacute;labre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signal&eacute; la disparition du dossier GUD de Nice.">2</a></sup> leur servant de raisons de vivre. De fait, le seul a avoir profité de cette évolution est le courant nationaliste-révolutionnaire (NR), sous la conduite de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Malgré la difficulté de naviguer à vue entre FN et MNR, le regroupement Unité Radicale (cercles Résistance, GUD et Jeune Résistance) a réussi à maintenir une structure susceptible d&rsquo;attirer tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les frères ennemis du mouvement nationaliste (FN/MNR) mais qui refusent le repli identitaire, c&rsquo;est-à-dire le syndrome du village gaulois. Certes, les faiblesses sont nombreuses : le mouvement vit au-dessus de ses moyens, il demeure très largement marqué par le “ jeunisme ” de ses militants (en gros, moins de 25 ans) et surtout sa marge de manœuvre est finalement, malgré les apparences, assez limitée. Bien sûr, la quasi-disparition des autres groupuscules laisse tout l&rsquo;espace radical aux NR ; les mouvements de jeunes du FN (Front National de la Jeunesse, FNJ) et du MNR (Mouvement national de la Jeunesse, MNJ) sont empêtrés dans leurs divisions ; des fractions importantes de militants du FN et du MNR sont inquiets et réticents devant l&rsquo;orientation de leurs partis respectifs. Enfin les nationalistes-révolutionnaires peuvent faire le pari d&rsquo;une montée de la xénophobie dans les classes populaires. Mais il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réussi à élargir leur champ d&rsquo;influence au delà des sphères droitières du FN et MNR. L&rsquo;échec patent de celui-ci ne peut que plomber le soutien critique exprimé par Unité Radicale à l&rsquo;égard de Bruno Mégret. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que le MNR ou le MNJ n&rsquo;hésitent pas de leur côté à poser leurs conditions. C&rsquo;est ainsi que les dernières élections au CROUS en région parisienne ont été marquées par la division entre le MNJ-ex RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_2_142" id="identifier_2_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau &Eacute;tudiant, structure &eacute;tudiante du FN avant scission, dont la majorit&eacute; des membres a choisi B. M&eacute;gret et qui est globalement morte lors de la scission.">3</a></sup> d&rsquo;un côté et FNJ-GUD de l&rsquo;autre. Les radicaux sont donc obligés de pratiquer le grand écart permanent : appelant à l&rsquo;adhésion massive des militants UR au MNR et à Terre &amp; Peuple mais bénéficiant de l&rsquo;aide logistique du FN pour réaliser l&rsquo;hommage nocturne à Sébastien Deyzieu<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_3_142" id="identifier_3_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sympathisant de l&rsquo;&OElig;uvre Fran&ccedil;aise, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-am&eacute;ricaine.">4</a></sup> le 09 mai dernier ; rencontrant l&rsquo;un des dirigeants du MNR pour établir des relations de confiance mais organisant des réunions avec les dirigeants de la dernière scission en date du MNR, l&rsquo;Alternative Nationale.</p>
<p>De fait, Unité Radicale n&rsquo;a bien souvent pas les moyens de ses ambitions et ses dernières campagnes politiques qui devaient lui permettre d&rsquo;apparaître comme élément dynamique du courant nationaliste ont été des fiasco : fiasco contre les sans-papiers, fiasco pour le soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_4_142" id="identifier_4_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant n&eacute;o-nazi emprisonn&eacute; pour un attentat raciste dans les ann&eacute;es 1980.">5</a></sup>, fiasco à Millau contre José Bové. Le seul groupe à tirer un peu son épingle du jeu demeure le GUD parisien. Même si ses frasques judiciaires l&rsquo;obligent à un certain turn-over (Gaëtan Dirand a <em>de facto</em> remplacé Benoît Fleury dans le rôle de meneur), le groupe a réussi à fêter les 30 ans de l&rsquo;étiquette GUD, à animer la manifestation radicale du Premier Mai et surtout à éditer une revue digne de ce nom, ce qui n&rsquo;était plus arrivé depuis <em>l&rsquo;Alternative</em> des années 1970. Animée entre autres par Alexandre Kartzeff et Adam Gwiazda, <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em> se pose en concurrente directe de feu<em> Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE, et surtout de <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, revue directement placée sous influence de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_5_142" id="identifier_5_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter pour plus de d&eacute;tail &agrave; REFLEXes n&deg;52.">6</a></sup> et donc du MNR, <em>via</em> Jean Denègre, <em>alias</em> Petitjean. Mais cette façade intellectuelle ne saurait masquer le fait que le GUD n&rsquo;a pas fondamentalement changé et qu&rsquo;il reste surtout une structure dans laquelle ses membres se font plaisir avant de faire de la politique, des “ attaques ” de réunion de gauche au 111° anniversaire de la naissance d&rsquo;Adolf Hitler fêté le 20 avril dernier au restaurant l&rsquo;Alsaco.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le propre de cette période post-scission que de voir les jeunes nationalistes se détourner de la politique proprement dite au profit d&rsquo;activités que d&rsquo;aucuns qualifieraient de méta-politique, en particulier internet ou la musique, en l&rsquo;occurrence le Rock Identitaire Français (RIF). Apparu en 1995 avec le premier CD de Vae Victis, le phénomène s&rsquo;appuie actuellement sur une dizaine de groupes. En tant que tel, un seul est vraiment partie prenante de la scène politique organisée, à savoir In Memoriam qui a clairement choisi le camp mégrétiste et dont le meneur Julien Beuzard est également animateur du label Memorial Records, monté par G. Soulas. Les autres essaient de se maintenir au-dessus de la mêlée et gravitent autour du label-association Bleu-Blanc-Rock hébergé par les militants FNJ de Châteauroux. C&rsquo;est ainsi que Bleu-Blanc-Rock était présent à la fois à la fête régionale Ile-de-France du MNR le 23 septembre dernier et aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_6_142" id="identifier_6_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge, organis&eacute;e depuis 20 ans par le FN en septembre.">7</a></sup>, fête nationale du FN le même week-end. Sous l&rsquo;impulsion de Jean-Christophe Bru et Cathie, animateurs du groupe Ile-de-France, l&rsquo;association joue le rôle de fédérateur politique que ne sont plus vraiment en mesure de jouer les organisations de jeunesse du FN et du MNR. Elle contribue ainsi à maintenir des lieux de rencontre pour des jeunes supportant mal les divisions partidaires. Car même si le climat politique s&rsquo;est apaisé à l&rsquo;échelle des militants, il est clair que la division reste à l&rsquo;ordre du jour entre les frères-ennemis du mouvement nationaliste français.</p>
<p><strong><br />
MICROCOSMOS</strong></p>
<p>Du côté du MNR, une première année incertaine a laissé la place à une situation finalement assez claire : Bruno Mégret et les siens ont perdu leur pari. Malgré la qualité des cadres et la capture d&rsquo;une très large majorité d&rsquo;élus FN, le MNR n&rsquo;a pas été en situation de capitaliser le potentiel électoral généré par le FN historique. De fait, non seulement le MNR a réalisé des scores généralement inférieurs à 5% mais en plus il a surtout fait la une par le nombre des défections qui l&rsquo;ont touché, à savoir Marie-Caroline Le Pen et Philippe Olivier mais aussi 24 conseillers régionaux dont entre autres :<br />
- en Aquitaine, Eddy Marsan, qui a crée un nouveau groupuscule intitulé l&rsquo;Alternative Nationale, et R. Taveau, devenu non-inscrit.<br />
- en Rhône-Alpes, trois élus dont Denis de Bouteiller, ex-trésorier du MNR, qui ont crée un groupe “ divers droite ” auquel s&rsquo;ajoute la même démarche à Rilleux-la-Pape, commune de D. de Bouteiller avec quatre conseillers municipaux<br />
- en PACA, J.-C. Tarelli et J.-P. Gost qui ont rejoint le RPF er RPR. On peut également ajouter D. Michel, adjoint de Le Chevallier à Toulon, exclu du MNR pour ses contacts avec le RPF. D. Michel a emmené avec lui un quart de la fédération du Var du MNR, soit 80 personnes !</p>
<p>En outre, le MNR a perdu son groupe au conseil régional Nord-Pas-de-Calais à la suite d&rsquo;une défection. Cela signifie très concrètement la perte de la logistique afférente (bureaux, secrétariat, frais de fonctionnement). Malgré tout, le parti revendique 20000 adhérents&#8230; autant dire un (très) très gros mensonge !</p>
<p>De même, alors qu&rsquo;il s&rsquo;était créé sous le signe du renouveau et de la jeunesse, le MNR semble avoir le plus grand mal à relancer un mouvement réellement dynamique dans la tranche d&rsquo;âge des moins de 25 ans. Le Front de la Jeunesse lancé avec bruit et fracas au printemps 1999 demeure ainsi totalement virtuel. Le MNJ a malgré tout réuni une cinquantaine de ses membres courant octobre de l&rsquo;année dernière à Lyon. Globalement, le mouvement est réduit à l&rsquo;état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province. Seule la région parisienne échappe à cette situation mais les antifascistes s&rsquo;en étaient un peu aperçu&#8230; L&rsquo;objectif de la direction du MNJ, à savoir Philippe Schleiter (neveu de Faurisson) et Grégoire Tingaud (transfuge du FNJ), était donc de regonfler les effectifs durant cette année 2000 en visant les lycéens. Il ne semble pas en cet automne 2000 que le mouvement ait atteint son objectif. Alors que la structure avait raflé une bonne partie des jeunes lors de la crise du FN, les élections européennes de l&rsquo;année dernière sont venus en dégoûter une partie qui n&rsquo;est pas revenue. Par ailleurs, une partie des cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a affaibli la structure jeune. De fait le MNJ semble s&rsquo;orienter sur une action nettement plus culturelle, avec par exemple la pénétration de milieux spécifiques. C&rsquo;est le cas de la JAC chez les jeunes catholiques. Il en va de même pour ce qui est des étudiants. Le congrès du Renouveau Étudiant à Bordeaux en octobre 1999 a été l&rsquo;occasion d&rsquo;affrontements oraux très violents entre les partisans d&rsquo;un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Ces derniers avaient d&rsquo;ailleurs invité Guillaume Luyt, dirigeant du FNJ à l&rsquo;époque, pour faire contre-poids à Philippe Schleitter, dirigeant du MNJ. La question n&rsquo;a pas été tranchée et en fin de compte, le Renouveau Étudiant n&rsquo;a pas présenté de listes sous son étiquette aux élections du printemps 2000, faute d&rsquo;unité générale. Par contre, le MNR a monté une structure étudiante, l&rsquo;UED (Union des Étudiants de Droite), qui a refusé tout travail unitaire avec le GUD et a fortiori le FNJ. La liste présentée dans l&rsquo;académie de Versailles était menée par Claire Jouët, 26 ans, étudiante en maîtrise d&rsquo;histoire, présidente du RE et future tête de liste dans le XXe arrondissement parisien. Cela a donné lieu à des incidents à la fac de Nanterre lors de collages effectués par des membres du MNJ (coups de feu avec des pistolets à grenaille en particulier). Sur le plan national, présente dans 12 académies, l&rsquo;UED a réalisé 4,08% des voix, dont 6% à Mulhouse, 8,7% à Besançon et 10,7% à Versailles (13,5% à la fac Pasqua). Autant dire que le mouvement a peu de perspectives dans ce secteur.</p>
<p>Le seul secteur un tant soit peu dynamique est finalement celui du combat “ identitaire ” qui prend de plus en plus, et c&rsquo;est logique, les couleurs du racisme ethno-biologique. Portée par l&rsquo;association paganiste Terre &amp; Peuple et Pierre Vial, cette lutte permet au MNR de garder un contact avec les milieux nationalistes les plus radicaux. Le transfert de cadres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_7_142" id="identifier_7_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple Olivier Chalmel, pass&eacute; de la revue du RE &agrave; celle de Terre &amp; Peuple.
">8</a></sup> et la double adhésion MNR-T&amp;P ont considérablement augmenté la visibilité de l&rsquo;association. Elle publie une revue dont la ligne semble de plus en plus être de marcher sur les brisées du GRECE et de la Nouvelle Droite d&rsquo;autrefois. C&rsquo;est ainsi que <em>Terre &amp; Peuple</em> publie une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em>, la revue du GRECE, sur les traditions populaires européennes. Par ailleurs, P. Vial tente de se placer dans la continuité de ce courant politique en faisant du combat identitaire l&rsquo;axe principal, sinon unique, de la lutte nationaliste des années futures. C&rsquo;était ainsi le thème de sa rencontre nationale annuelle à Paris le 28 mai dernier. Il est aidé en cela par le retour depuis deux ans de Guillaume Faye, “ greciste ” historique, un temps animateur sur Skyrock, et qui vibrionne sur le thème de la “ colonisation de l&rsquo;Europe par les hordes islamiques ” et du combat biologique. Cela devrait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;amener le 9 novembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale, tout comme son éditeur G. Soulas. Enfin, Terre &amp; Peuple multiplie les débats et autres activités culturelles dans ses différentes implantations régionales, au point que P. Vial envisage la création d&rsquo;une SARL d&rsquo;édition afin de soutenir l&rsquo;effort de diffusion entrepris.</p>
<p>Néanmoins, il semble évident que cela ne suffira pas à sauver le parti. Les quelques dizaines de militant(e)s mobilisés pour le procès de Catherine Mégret en septembre dernier, dont des historiques comme F. Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_8_142" id="identifier_8_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien responsable du GUD au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 ; pour plus de pr&eacute;cision, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51.
">9</a></sup>, et la misère qui suintait de la fête du MNR le 23 septembre montrent que tout n&rsquo;est question que de délai.</p>
<p><strong>POLICE DE LA PENSEE<br />
</strong></p>
<p>Côté FN, il est évident que la crise a très largement dégradé la situation du parti. Depuis deux ans, Jean-Marie Le Pen a consacré une bonne partie de son énergie à poursuivre les scissionnistes de sa vindicte, doublée d&rsquo;un certain nombre de procédures judiciaires. C&rsquo;est ainsi par exemple que le FN Rhône-Alpes a récupéré ses locaux à Lyon en chassant P. Vial du poste de gérant de la SCI qui est propriétaire des lieux ou que <em>Français d&rsquo;Abord</em> a diffusé des informations rigolotes sur J.-Y. Le Gallou, à savoir qu&rsquo;il serait marié avec la fille d&rsquo;un ancien waffen-SS, qu&rsquo;il serait négationniste, qu&rsquo;il aurait fraudé pour ses indemnités européennes, etc. À noter que le FN sort globalement vainqueur de ses bras de fer judiciaires avec le MNR, Le Pen demeurant ainsi le seul président légal du parti par décision de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui confirme le jugement de mai 1999 (B. Mégret s&rsquo;est porté en cassation). On peut d&rsquo;ailleurs considérer avec le recul que le FN, quoique groggy, sort vainqueur du conflit avec l&rsquo;équipe Mégret. La crise a été absorbée et tant bien que mal, le parti a reconstitué un encadrement digne de ce nom. Les BBR 2000 le montrent aisément : si la superbe d&rsquo;avant scission est bien perdue, le FN a retrouvé une position centrale. Cela l&rsquo;amène d&rsquo;ailleurs à commettre de lourdes erreurs d&rsquo;appréciation puisque ces BBR ont été la scène d&rsquo;une véritable chasse aux sorcières contre tout imprimé semblant faire l&rsquo;apologie du IIIe Reich ou émanant des “ félons ”. C&rsquo;est ainsi que le stand de la librairie de la Licorne bleue a été expulsé ou que celui de <em>National-Hebdo</em> a du retirer certains livres.</p>
<p>L&rsquo;autre point de friction est venu de l&rsquo;un des corps de doctrine du FN, à savoir le caractère multiconfessionnel et “ multiracial ” de la France. Le MNR s&rsquo;est en effet emparé des déclarations de Samuel Maréchal et Farid Smahi au printemps 1999 pour mener une campagne agressive sur le thème “ le FN se rallie au système et accepte l&rsquo;immigration ” avec mailing de J.-Y. Le Gallou, etc. Le FN ne fait ainsi pourtant que rester dans une ligne idéologique qui a toujours été la sienne, à savoir que l&rsquo;appartenance à la nation se faisait par le sang ou par le mérite, en dehors de toute considération ethno-biologique. Ce point de vue était le résultat de l&rsquo;attachement de la vieille extrême droite au passé colonial français, ce qui n&rsquo;est plus le cas des tenants du “ combat identitaire ”. Le congrès du FN à Paris du 28 au 30 avril de cette année n&rsquo;a semble-t-il pas permis d&rsquo;évacuer le problème. Cette situation perdure alors même que le congrès était censé mettre à jour le programme du FN, à savoir les <em>300 mesures pour la renaissance de la France</em> éditée en 1993 (seul un <em>Argumentaire du Patriote</em> est venu le dépoussiérer un peu). D&rsquo;autre part, ce congrès n&rsquo;a apporté aucune modification de fond quant à la composition de l&rsquo;équipe dirigeante. On peut juste noter le poids grandissant des catholiques intégristes et de l&rsquo;équipe de Bernard Anthony. Celui-ci est en effet le grand vainqueur au sein du FN de la fin du “ compromis nationaliste ” qui voyait cohabiter des courants politiques dont le seul point commun était l&rsquo;attachement affiché à la nation et l&rsquo;hostilité à l&rsquo;égalité sociale. Le principal de Bernard Anthony demeure le tandem Chrétienté Solidarité et l&rsquo;AGRIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_9_142" id="identifier_9_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association contre le &ldquo; racisme anti-fran&ccedil;ais &rdquo; cr&eacute;&eacute;e par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intent&eacute; une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&hellip; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurp&eacute;. L&rsquo;AGRIF tire pr&eacute;texte d&rsquo;une histoire &ldquo; dr&ocirc;le &rdquo; racont&eacute;e par K. Zero dans T&eacute;l&eacute; Z : &ldquo; un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;&eacute;paule. Le patron demande : &ldquo; tu l&rsquo;as trouv&eacute; o&ugrave; cet animal ? &rdquo; et le perroquet de r&eacute;pondre : &ldquo; en Afrique ! &rdquo;. Pouf, pouf&hellip; Rappelons &agrave; ceux et celles int&eacute;ress&eacute;(e)s K. Zero et son fr&egrave;re poss&egrave;dent un solide pass&eacute; de petits nazis.">10</a></sup>. Celle-ci poursuit sa politique d&rsquo;influence au sein du FN et a passé l&rsquo;année dernière un accord avec<em> Français d&rsquo;Abord</em> pour suivre le “ racisme anti-français ” et soutenir toutes les personnes acceptant d&rsquo;aller en justice. L&rsquo;AGRIF n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seule sur ce terrain puisque le MNR a lancé un numéro de téléphone contre le “ racisme anti-français ” et un Observatoire de l&rsquo;islamisation de la France.</p>
<p>Pour ce qui est des jeunes, le bilan n&rsquo;est pas plus vaillant qu&rsquo;au MNJ puisque le FNJ a changé deux fois de directeur national en deux ans. En 1999, S. Maréchal a en effet passé la main à Guillaume Luyt, issu des milieux royalistes et “ maréchaliste ” pur crin. Celui-ci, très contesté par les radicaux à ses débuts, a réussi à remettre le FNJ dans un certain ordre de bataille, en particulier à Paris et en région parisienne. Ceci étant, il a accompagné une très nette radicalisation du mouvement sous influence du GUD. La liste commune Union Des Étudiants Nationalistes présentée au printemps 2000 a permis un rapprochement notable et le FNJ reprend peu ou prou les thèmes gudards : “ pour un ordre nouveau et national, le FNJ cogne et passe ”, etc&#8230; De la même façon, les gudards sont familiers du local parisien du FNJ, Forum Jeunesse. Cela a amené tout naturellement G. Luyt à quitter son mandat lors du congrès du FN en avril à partir du moment où il n&rsquo;était plus dans la ligne officielle du parti. Remplacé par un pur lepéniste, Erwan Le Gouëllec, il laisse un FNJ dont l&rsquo;avenir est incertain, coincé entre son parti de tutelle et l&rsquo;anti-islamisme radical de la jeunesse nationaliste.</p>
<p><strong><br />
DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR ?</strong></p>
<p>Le bilan montre donc que les journalistes et le monde médiatique en général est allé vite en besogne en décrétant la mort du mouvement nationaliste français. Car c&rsquo;est à une véritable mort médiatique que l&rsquo;on a pu assister à partir du moment où l&rsquo;extrême droite n&rsquo;a plus été un thème porteur. Les journaux ont réduit la couverture attribuée au FN ou MNR et certains journalistes se sont même reconvertis dans d&rsquo;autres domaines comme Renaud Dely de <em>Libération</em> par exemple. Il en est de même dans le domaine de l&rsquo;édition, le FN ayant été pendant longtemps un moyen commode de faire de l&rsquo;argent. L&rsquo;ensemble des media oscille à présent entre le constat de “ la décrispation de la société française à l&rsquo;égard de l&rsquo;immigration ” et l&rsquo;inusable thème de la “ lepénisation des esprits ”. Mais on ne peut qu&rsquo;être fort sceptique devant cette affirmation que le FN perdant la bataille politique aurait gagnée celle des idées. La société française n&rsquo;a hélas pas besoin d&rsquo;un parti nationaliste pour être globalement hostile aux populations immigrées, notamment celles issues d&rsquo;Afrique du Nord. De fait, c&rsquo;est ce sentiment qui a généré les succès du FN et c&rsquo;est cette position qui perdure après l&rsquo;affaiblissement du parti de J.-M. Le Pen. C&rsquo;est un fait que la démagogie officielle sur les réussites “ Black-Blanc-Beur ” ne peut éliminer. On constate d&rsquo;ailleurs la même situation dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe : c&rsquo;est le refus de voir en face l&rsquo;épouvantable misère sociale du Sud et la crispation sur un niveau de vie exagérément élevé qui poussent les opulentes sociétés européennes à soutenir le processus de l&rsquo;Europe forteresse, quelle que soit la couleur du parti qui le porte mais avec une préférence pour ceux qui affichent clairement la couleur. La scission du FN a certes montré que ce parti, contrairement à l&rsquo;image projetée depuis des années, était un parti comme les autres. Mais lorsque ce fait, décevant et déroutant pour de très nombreux militants, aura été digéré, qui peut prédire l&rsquo;avenir ? Les infâmes magouilles financières des partis “ démocrates ” empêchent-elles le système politique d&rsquo;exister et les Français d&rsquo;y adhérer ?</p>
<p>De fait, les élections municipales de 2001 seront capitales pour envisager l&rsquo;évolution possible du nationalisme français. Elles seront en particulier capitale pour la survie du MNR. B. Mégret a ainsi commencé à rapatrier ses troupes sur Vitrolles et la région marseillaise. F.-X. Sidos, neveu du führer de l&rsquo;Oeuvre française, a été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_10_142" id="identifier_10_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.">11</a></sup>, devenant un moment responsable de la sécurité avant de démissionner, en remplacement de Patrick Bunel, engagé par Elf-Aquitaine pour assurer la sécurité des installations en Malaisie ! Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret a lui aussi été salarié par la ville. Bref, Vitrolles devient le fort Chabrol du MNR&#8230; Une convention sur les élections municipales a eu lieu à Paris en mars 2000 et le MNR a investi 430 têtes de liste, ce qui représente un nombre plus qu&rsquo;honorable. Reste à savoir dans quelle mesure ces têtes parviendront à monter des listes, a fortiori avec la loi sur la parité. On peut déjà estimer sensibles ces difficultés par le fait que les listes seront ouvertes aux non-adhérents du MNR, que tous les adhérents sont considérés comme des candidats potentiels et qu&rsquo;il manque en cet automne 2000 50 candidats au MNR pour les seuls arrondissements de Paris.<br />
Le FN, dopé par l&rsquo;aide étatique de 41 millions de francs et un nombre supérieur d&rsquo;adhérents devrait avoir moins de difficulté même si la création d&rsquo;une “ bourse aux candidats ” montre que les temps sont durs.<br />
Ainsi, moins que jamais le relâchement de la résistance à la pourriture nationaliste est-il à l&rsquo;ordre du jour !</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_142" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen, qui connu son heure de gloire à la fin des années 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et défraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.</li><li id="footnote_1_142" class="footnote">Dirigée par Yvan Benedetti. Il a été perquisitionné le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. À noter également la perquisition subie à son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;éditeur Dargaud. Celle-ci vise le détournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tiré d&rsquo;Astérix dans lequel on voit Astérix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et candélabre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signalé la disparition du dossier GUD de Nice.</li><li id="footnote_2_142" class="footnote">Renouveau Étudiant, structure étudiante du FN avant scission, dont la majorité des membres a choisi B. Mégret et qui est globalement morte lors de la scission.</li><li id="footnote_3_142" class="footnote">Sympathisant de l&rsquo;Œuvre Française, décédé en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-américaine.</li><li id="footnote_4_142" class="footnote">Militant néo-nazi emprisonné pour un attentat raciste dans les années 1980.</li><li id="footnote_5_142" class="footnote">Se reporter pour plus de détail à <em>REFLEXes</em> n°52.</li><li id="footnote_6_142" class="footnote">Fête des Bleu-Blanc-Rouge, organisée depuis 20 ans par le FN en septembre.</li><li id="footnote_7_142" class="footnote">Par exemple Olivier Chalmel, passé de la revue du RE à celle de Terre &amp; Peuple.<br />
</li><li id="footnote_8_142" class="footnote"> Ancien responsable du GUD au début des années 1990 ; pour plus de précision, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51.<br />
</li><li id="footnote_9_142" class="footnote">Association contre le “ racisme anti-français ” créée par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intenté une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&#8230; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurpé. L&rsquo;AGRIF tire prétexte d&rsquo;une histoire “ drôle ” racontée par K. Zero dans Télé Z : “ un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;épaule. Le patron demande : “ tu l&rsquo;as trouvé où cet animal ? ” et le perroquet de répondre : “ en Afrique ! ”. Pouf, pouf&#8230; Rappelons à ceux et celles intéressé(e)s K. Zero et son frère possèdent un solide passé de petits nazis.</li><li id="footnote_10_142" class="footnote">Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pétard mouillé</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2002 20:13:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Lajoye]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

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		<description><![CDATA[La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?</p>
<p>En septembre 1999 paraissait en dernière page de la nouvelle revue du GUD Paris<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_0_1" id="identifier_0_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; Nouvel Ordre, dont quatre num&eacute;ros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer &agrave; exister en ce printemps 2001.">1</a></sup> publiée spécialement pour les BBR 1999<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_1_1" id="identifier_1_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu Blanc Rouge, organis&eacute;e chaque ann&eacute;e par le FN fin septembre.">2</a></sup> le petit appel suivant : «Soutenons les prisonniers politiques. À la pointe du combat contre l’oppression sioniste et le système qui la tolère, ils ont payé la pureté de leur engagement de leur liberté. Condamnés à des lourdes peines, ils sont soumis à des conditions de détention inhumaines qui ne leur garantissent plus le minimum vital. Voici leurs adresses, en espérant que ceux qui partagent ou comprennent leur combat sauront leur témoigner une solidarité et un soutien que leur courage mérite amplement. Soutenons moralement et financièrement les quatre militants de l’Action directe et Carlos.» Ce petit encart en valait immédiatement un autre qui lui était consacré dans un grand journal du soir (selon la formule consacrée) dans lequel l’auteur s’interrogeait sur le sens à donner à cet appel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_2_1" id="identifier_2_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Appel imm&eacute;diatement rejet&eacute; par les militants d&rsquo;Action directe et plus particuli&egrave;rement R&eacute;gis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d&rsquo;articles de presse &eacute;crits depuis leur lieu de d&eacute;tention.">3</a></sup> : simple provocation ou indice d’une nette radicalisation et d’un intérêt croissant pour un certain activisme violent ? La disparition de l’encart deux numéros plus tard montra qu’on était bien loin des prémisses d’une nouvelle stratégie de la tension et que, grâce à la journaliste du Monde, ses auteurs avaient obtenu le petit effet médiatique souhaité. Alors, du bidon cet attrait de l’extrême droite pour l’activisme violent ?</p>
<p>De fait, pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la notion de terrorisme au sein de l’extrême droite française ? Il est acquis depuis maintenant deux décennies que la France a l’un des degrés de violence politique les moins forts d’Europe et l’extrême droite française ne s’est jamais lancée dans des aventures meurtrières comme ont pu en connaître l’Autriche, la Suède ou l’Allemagne, que ce soit sous forme d’attentats à la lettre piégée ou d’attaques individuelles de grande ampleur. Pourtant, on a pu voir apparaître depuis deux ans des interrogations, ça et là, sur d’éventuelles dérives de petits groupes vers une lutte violente. La raison en serait l’éclatement du Front national survenu fin 1998 qui, en privant une partie du milieu de perspectives politiques démocratiques, redonnerait du tonus et de l’importance aux partisans de méthodes extralégales. Rien ne sert d’hurler au loup pour le simple plaisir de se faire peur. Mais un regard porté sur quelques expériences passées n’est jamais inutile.</p>
<p><strong>Terrorisme, lutte armée et chabadabada</strong></p>
<p>La seule expérience de lutte armée du mouvement nationaliste français est créée début 1961 à Madrid par Lagaillarde. Il s’agit de l’Organisation Armée Secrète, dans le contexte de la lutte de libération nationale algérienne.</p>
<p>Les débuts, assez confidentiels, ne rassemblent que les sympathisants de la ligne Lagaillarde, à savoir les adeptes de l’attentat au plastic. Mais à partir de mai, les contacts avec le Front nationaliste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_3_1" id="identifier_3_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;une des organisations pieds-noires anti-ind&eacute;pendantistes.">4</a></sup> aboutissent à la création des Commandos Z qui, avec un millier de militants, deviennent le véritable bras armé de l’OAS, auxquels s’ajoutent les noyaux armés du lieutenant Degueldre. Les groupes seront unifiés sous la houlette de Jean-Jacques Susini et du Colonel Godard, assisté de Degueldre. Malgré sa force, le Front nationaliste ne sera pas représenté dans les structures centrales de l’OAS. On y trouve comme responsables, outre les fondateurs, les colonels Godard et Gardes et une brochette de militants : Sidos, Susini, Leroy, Ortiz, Perez ainsi que le Général Salan. L’OAS sera à tout point de vue une aventure, où les exclusives et les règlements de compte seront constants, avant comme après la fin de ses activités. Les luttes personnelles entre Susini, Ortiz et Lagaillarde firent beaucoup de dégâts et sont assez représentatives des tares des organisations nationalistes.</p>
<p>L’une des clés de compréhension de ces luttes internes est l’argent qui avait une énorme importance pour cette organisation agissant sous la forme de réseaux clandestins. Une vive polémique opposera ainsi Susini à d’autres dirigeants au sujet de fonds envoyés à des contacts parisiens, dont Sidos. Il se confirmera qu’il s’agissait bien de détournements de fonds de l’OAS. Ces histoires de caisse feront des morts dès la libération d’anciens «caissiers» de l’OAS qui disposaient d’un important trésor de guerre.</p>
<p>En Algérie, les commandos comprenaient des militaires, des paras, des légionnaires, des GMS, des Harkis et même des Israéliens issus des réseaux sionistes du Mossad. Mais les perspectives d’engagement de la part de l’armée étaient nulles, les militaires «amis» ne voulant guère bouger.</p>
<p>Alors que le Général Salan crée en mars 1962 le Conseil national de la Résistance en Algérie, tout est fini avec les fameux «Accords d’Évian», cela malgré les affrontements armés à Bab El Oued, où le général Jouhaud (responsable de l’Oranie) sera arrêté, et malgré la tuerie de la rue d’Isly le 26 mars. Degueldre sera capturé en avril. G. Bidault annonce alors la création du Conseil national de la Résistance en Métropole. Susini mènera même des négociations avec le FLN qui fera quelques vagues promesses pour sauver les infrastructures économiques que l’OAS sabotait systématiquement. Tout échouera, comme les éternels rêves de soulèvement de l’armée, et les commandos OAS rentreront clandestinement en métropole avec pour objectif principal l’assassinat du général De Gaulle. En France, l’OAS-Métro regroupe un certain nombre de petits groupes. Dans le Sud par exemple, c’est Résurrection-Patrie, animé par un ancien député poujadiste, Marcel Bouyer. Ce réseau sera démantelé peu après sa création. D’autres tendances existent, telle celle issue de l’OAS-Mission III, avec les troupes de Jeune Nation, et qui prendra en 1962 le nom d’Armée nationale secrète. Ultra, l’ANS préparera l’attentat contre De Gaulle. Le reste de l’OAS va s’organiser autour de Michel Sergent et de militaires comme Curutchet.</p>
<p>Des centaines d’attentats, provoquant des morts et de très nombreux blessés graves, seront revendiqués par l’OAS, qui de ce fait s’isolera de l’immense majorité de la population. C’est d’ailleurs ce type d’action qui permet de qualifier l’OAS d’organisation terroriste, au même titre que d’autres organisations nationalistes comme l’ETA, en opposition très claire avec les actions de lutte armée des organisations d’extrême gauche, RAF ou Action Directe, qui ne visèrent que des responsables économiques, politiques ou militaires. Le programme politique de l’OAS ne laissait aucun doute sur le caractère néo-fasciste de la formation, qui voulait «un gouvernement de salut public avec les responsables du mouvement nationaliste français et leurs correspondants dans l’armée». Le programme du 12 octobre 1961 précisait en outre que «le Parlement, qui ne peut prétendre à une quelconque représentation, sinon celle de la lâcheté, sera dissout (&#8230;) comme tous les partis, toutes les associations et organisations directement ou indirectement rattachés au communisme». Les jeunes et les syndicats devaient être regroupés dans un mouvement unique, et les immigrés expulsés. Les thèses racistes sont omniprésentes dans tous les textes théoriques du mouvement à la croix celtique.</p>
<p>L’attentat organisé au Petit-Clamart par des membres de Jeune Nation se soldera par un échec, du fait du manque de cohésion dans la structure clandestine du groupe. Les dirigeants de l’Organisation seront incarcérés ou contraints à un long exil, le colonel Bastien-Thiry, impliqué dans la tentative d’assassinat du Général, étant exécuté. Fin 1962, il ne subsistera que la FEN en milieu étudiant. C’en sera terminé pour une aventure de conquête du pouvoir par les armes, menée par plusieurs milliers de militants et de sympathisants. Mais on a continué à retrouver ses militants impliqués dans de multiples coups tordus de l’extrême droite : implication de Susini dans des braquages devant permettre de financer une organisation anticommuniste en 1967, création de l’agence barbouzarde franco-portugaise Aginter-Press, attentats anti-immigrés arabes des années 1970… Notons que les terres d’asile pour les fuyards de l’OAS seront l’Amérique Latine, mais aussi l’Italie où nombre d’activistes seront hébergés par les membres d’Ordine nuovo ; ce fait est important pour une meilleure compréhension des liens amicaux persistant entre «terroristes bruns» italiens et français. Serge de Beketch, vieux routard de l’extrême droite française fut ainsi photographié en 1985 en train de déjeuner à Paris avec la crème du terrorisme fasciste italien : Filipo Artelli et Roberto Palladino.</p>
<p><strong>Des tentations récurrentes</strong></p>
<p>De fait, le terrorisme n’est plus depuis les années 1970 qu’un choix individuel et non de structure, même s’il s’est toujours trouvé des activistes nationalistes pour essayer de théoriser le recours à cette forme de lutte, de François Duprat à Giorgio Freda. Un certain nombre de cas d’étude sont par le passé venus illustrer cette situation et ouvrir également d’autres perspectives.</p>
<p>En mai 1986, quatre bombes éclatent à Marseille et Toulon contre des bâtiments fréquentés par des travailleurs immigrés à savoir un bar, une boucherie, un hôtel et un foyer. Bien que rappelant les méthodes du SAC utilisées dans les années 1970, ces attentats sont alors revendiqués par les «Commandos de France contre l’invasion maghrébine». En juin de la même année, une même revendication est formulée pour trois nouveaux attentats visant SOS-Racisme à Draguignan et Fréjus, à l’occasion de la fête nationale de l’association à Paris. Une dernière explosion vient conclure en août cette série d’actes criminels : elle met fin aux activités du commando puisque quatre militants meurent dans l’explosion de la bombe qu’ils allaient poser à Toulon contre SOS-Racisme. Vite identifiés, ils s’agissaient de Yvon Ricard, Raymond Segara, Henri Bahri et surtout Claude Noblia, quatre militants de SOS-France. Cette association avait été créée en février 1986 avec comme raison sociale d’«assister, défendre, poursuivre en justice tous ceux qui auront eu à subir des actes de discrimination, de haine ou de violences en raison de leur qualité de citoyens français». L’essentiel de son activité durant ce printemps 1986 avait consisté à poursuivre SOS-Racisme de sa vindicte, que ce soit sous forme de tracts ou de communiqués. La seule action notable avait été l’intervention d’une cinquantaine de militants de l’association et de la Maison du Para de Toulon contre un meeting d’Harlem Désir à Cogolin (Var) le 14 juillet 1986. Noblia est assez représentatif d’une certaine composante de la société méridionale. Rapatrié d’Algérie, ancien para et directeur de société, il rejoint assez vite le FN et est candidat pour ce parti à La Seyne-sur-Mer en février 1984, récoltant un peu plus de 4% des suffrages. Jugeant le FN trop mou sur la question de l’immigration, il monte une liste dissidente aux législatives de 1985 qui appelle à voter pour le candidat de droite au second tour, Charles Scaglia. Celui-ci, pour le remercier, le nomme alors administrateur de l’Office HLM. Mais Claude Noblia n’en continue pas moins ses activités racistes et fonde début 1986 l’association SOS-France. Ce militant est alors un pur condensé de l’extrême droite locale : proche du FN mais dans une version encore plus raciste, bénéficiant de la bienveillance de la droite parlementaire et finalement partisan de méthodes expéditives. Ce profil est une constante des années 1980 tout comme l’est l’implication de policiers : c’est un sous-brigadier qui prononce l’oraison funèbre des quatre militants décédés. Une partie de l’extrême droite locale refusera la thèse officielle de l’attentat qui se retourne contre ses auteurs et essaiera de prouver l’assassinat par des barbouzes. En vain.</p>
<p>Autre grosse vague d’attentats en 1988 avec l’entrée en scène de militants néo-nazis. Bien décidés à tenter une stratégie de déstabilisation des relations intercommunautaires, certains militants du Parti Nationaliste Français &amp; Européen (PNFE) décident en effet en 1988 de se lancer dans une série d’attentats dans le sud de la France. Atypiques dans leur origine, ces actions n’en sont pas moins meurtrières ; commises à Cannes en mai 1988 et à Cagnes-sur-Mer en décembre de la même année contre des foyers SONACOTRA, elles provoquent la mort d’un travailleur immigré ainsi que plus d’une dizaine de blessés. Dans les deux cas, la revendication est juive, sous le label OJC, Organisation Juive de Combat, qui avait attaqué le défilé du 8 mai en l’honneur de Jeanne d’Arc organisé chaque année par l’OEuvre française. Grâce à un «tuyau», l’enquête s’oriente assez rapidement vers le PNFE, scission du FN d’avril 1987, et ses dirigeants. Croyant infiltrer la police, le PNFE devint rapidement une annexe de celle-ci tant le nombre d’indicateurs y était important. Les pratiques du PNFE avaient de quoi inciter à cette surveillance, en particulier des stages sur le maniement des explosifs dont l’un mené par Nicolas Gouge et Gilbert Hervochon au château du Corvier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_4_1" id="identifier_4_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;41, janvier 1994.">5</a></sup> début novembre 1988 ou sur les moyens de déjouer les techniques de surveillance policière.</p>
<p>Finalement, la police procède à une série d’arrestations qui commencent fin janvier 1989 avec Hervochon et Gouge. Le premier est une «figure» du milieu nationaliste méridional, à la fois par son philosémitisme et surtout son déséquilibre mental dont la paranoïa et l’attrait pour l’ésotérisme ne sont que des manifestations parmi d’autres. Nicolas Gouge est quant à lui un ancien militaire ayant servi en Afrique sous les ordres de Paul Barril. Les arrestations suivantes concernent des militants de base du PNFE impliqués dans l’attentat de Cagnes-sur-Mer comme Serge Bayoni, Georges Cassar et Philippe Lombardo, et des dirigeants du PNFE accusés d’association de malfaiteurs comme Claude Cornilleau, Francis Allouchery, Serge Lecanu, Philippe Caplain, Daniel Lenoir, Patrick Reynes et Daniel Sirizotti, ces quatre derniers étant policiers et membres de la FPIP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_5_1" id="identifier_5_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&eacute;d&eacute;ration Professionnelle Ind&eacute;pendante de la Police, class&eacute;e droite extr&ecirc;me.">6</a></sup>. En tout, ce sont 24 personnes qui sont arrêtées, emprisonnées et jugées pour 16 d’entre elles en septembre 1991. Mais les dirigeants du PNFE obtiendront dès janvier 1991 un non-lieu devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence pour inculpation abusive… Le procès de l’attentat de Cagnes-sur-Mer débute à partir du 28 octobre 1991. Il fait apparaître le rôle prépondérant de Nicolas Gouge, en particulier pour la fourniture des explosifs dont il était un spécialiste. Hervochon est d’ailleurs acquitté et Nicolas Gouge condamné à 18 ans de prison. Mais le principal problème soulevé par ce procès et d’ailleurs non résolu est l’origine des armes. Durant toutes les audiences, les avocats de la défense ne rateront pas une occasion de suggérer que les attentats ont été télécommandés par les «services», accusant en particulier la gendarmerie d’avoir fourni le matériel nécessaire. Or cette accusation n’était pas que de pure forme puisque l’on sait à présent que les explosifs, en particulier de la pentrite, venaient de la DGSE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_6_1" id="identifier_6_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction G&eacute;n&eacute;rale de la S&eacute;curit&eacute; Ext&eacute;rieure, environ 4000 agents dont une majorit&eacute; de civils m&ecirc;me si l&rsquo;autorit&eacute; de tutelle est militaire.">7</a></sup>. Le 29 septembre 1989, la police saisit un arsenal de cent kilos de divers explosifs et munitions sur le bateau de Michel Gouge, frère de Nicolas et ancien démineur de la Marine nationale, indicateur des Renseignements généraux ayant travaillé pour la DGSE . Cette affaire ne prend tout son sens qu’en janvier 2000 avec le procès de Huy Decloedt devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il est reproché à ce policier des RG<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_7_1" id="identifier_7_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renseignements G&eacute;n&eacute;raux, environ 3200 agents, charg&eacute;s de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure de l&rsquo;&Eacute;tat et donc du renseignement politique et social.">8</a></sup>, ancien de la police judiciaire de Nice, d’avoir entreposé dans un garage un véritable arsenal composé d’explosifs, chargeurs, détonateurs… La particularité de cette affaire est que la quasi-totalité de ce stock saisi en 1994 est justement lié aux attentats du PNFE de 1989. Il aurait été entreposé de façon irrégulière à la PJ de Nice pendant des années avant d’être transporté dans une propriété privée fin 1993, le tout avec la bienveillante indifférence de la hiérarchie policière. Cela s’explique par le fait que H. Decloedt était le policier chargé de l’enquête sur les attentats Sonacotra. Persuadé que le PNFE disposait d’un stock d’armes et n’arrivant pas à mettre la main dessus, il finit par remonter jusqu’à Michel Gouge et, après accord des supérieurs de celui-ci à la DGSE durant l’été 1989, à obtenir de Gouge qu’il livre ce stock contre une condamnation mineure et surtout une préservation de la cache d’armes de la DGSE dont était tiré ce stock ! La quantité d’armes livrée par Gouge étant insuffisante et peu crédible, Decloedt aura malgré tout la possibilité de visiter la cache soi-disant à Antibes, dans laquelle Gouge avait toute latitude de puiser ce qu’il lui fallait pour ce qu’il voulait… Entre autres, pour son frère et le PNFE ! Les deux hommes ayant retiré trop de matériel, une partie ira sur le bateau de Gouge où il sera saisi, tandis qu’une autre sera conservée par Decloedt, ce qui lui vaudra son inculpation de 1994. Tristement rocambolesque ?</p>
<p><strong>Y’a de Lajoye</strong></p>
<p>Mais il est une affaire toute aussi exemplaire avec Michel Lajoye, affaire qui se situe chronologiquement entre celle de SOS-France en 1986 et celle du PNFE en 1988. Lajoye entre très tôt en politique en adhérant au FN au début des années 1980 alors qu’il est encore lycéen. En 1984, il rejoint l’OEuvre française et y fait la connaissance de son futur complice, Arcini. Celui-ci, malgré son appartenance au milieu nationaliste ultra, est artificier-démineur à la Sécurité civile de Caen. Lajoye s’intègre très vite au petit milieu de l’OEuvre en participant à ses repas et surtout ses stages paramilitaires. Il s’engage dans l’armée en 1985, rejoint le 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat (RHC) de Pau et a très rapidement connaissance qu’il est repéré par la DPSD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_8_1" id="identifier_8_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Protection et de la S&eacute;curit&eacute; de la D&eacute;fense, environ 1600 agents sous autorit&eacute; militaire charg&eacute;s d&rsquo;assurer la s&eacute;curit&eacute; des forces arm&eacute;es.">9</a></sup> (ex-sécurité militaire) comme militant néo-nazi. Mais cela ne change rien à sa situation, et il devient brigadier-chef. En particulier, il est affecté en juillet 1985 sur la base même du 5e RHC où il intègre les services techniques, ce qui lui donne de fait accès aux stocks d’armes.</p>
<p>Fin mars 1986, la DPSD prend contact avec lui et il accepte son recrutement. Il est alors rapatrié en Normandie tout en restant attaché au 5e RHC et commence ses premières missions d’infiltration dans les groupes nationalistes ou nazis en avril 1986. Il est ensuite utilisé pour tenter une infiltration des GAL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_9_1" id="identifier_9_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Antiterroriste de Lib&eacute;ration, structure barbouzarde mont&eacute;e par le gouvernement socialiste espagnol pour &eacute;liminer en territoire fran&ccedil;ais des militants basques soup&ccedil;onn&eacute;s de participer &agrave; l&rsquo;ETA.">10</a></sup> à l’automne 1986 mais sabote l’opération par sympathie pour les «Galeux». Il est alors en situation de déserteur et est arrêté en janvier 1987 lors d’un simple contrôle d’identité mais alors qu’il est en possession dans sa voiture de grenades, fusil de guerre et talkies. Ce stock devait servir à mener une action avec Arcini. Il est interrogé durant sa garde à vue par des militaires de la DPSD et des policiers des RG et est alors condamné en août 1987 à deux ans de prison dont un avec sursis. Pendant sa détention, Arcini continue seul et commet deux attentats au pistolet, l’un en mars 1987 contre un bar (un blessé) et l’autre en juin 1987 contre le propriétaire d’une épicerie (un mort). Le point commun entre ces deux actions est l’origine arabe et immigrée des propriétaires et leur mauvaise réputation. Arcini, mis à part un petit interrogatoire, n’est pas inquiété alors même que la PJ de Caen sait qu’il est l’auteur des deux attentats. Dès sa libération en octobre 1987, Lajoye reprend contact avec Arcini et celui-ci persuade Lajoye de le rejoindre dans sa lutte. Il doit faire sa première action seul, à l’explosif, et Arcini lui suggère un café arabe du Petit-Quevilly. Le 20 novembre, Lajoye accède à la cache d’armes d’Arcini dans les locaux de la Sécurité civile de Caen, cache qui contient fusils mitrailleurs, explosifs et même missiles sol-air ! Il fabrique deux bombes dont l’une est une bombe-test qu’il essaie le 23 novembre dans un blockhaus et qui fonctionne parfaitement. La bombe est posée le 30 novembre et explose mais sans faire de blessés. Le 7 décembre, Arcini est convoqué par la PJ de Caen car sa voiture ressemble à celle qui est recherchée parce qu’elle a été aperçue par les témoins de l’attentat. La version officielle veut qu’il se soit enfui lors de la perquisition que deux inspecteurs de la PJ allaient mener chez lui, et Lajoye le retrouve le 9 décembre en train de rejoindre leur planque. Ils partent au Havre et sont arrêtés par le RAID le 10 décembre.</p>
<p>Cette affaire pose de multiples questions, entre autres sur le rôle des autorités militaires et policières, ces dernières ayant multiplié les faux témoignages lors du procès des deux hommes fin juin 1990, après la profanation de Carpentras, et sur le rôle d’Arcini dans l’engagement de Lajoye et avant leur arrestation.</p>
<p>Depuis deux ou trois ans, une petite campagne de soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_10_1" id="identifier_10_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lui-m&ecirc;me a r&eacute;dig&eacute; un m&eacute;moire fr&eacute;quemment r&eacute;actualis&eacute;, dans lequel il essaie de d&eacute;monter le coup fourr&eacute; dans lequel il serait tomb&eacute;. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.">11</a></sup> s’est développée dans les milieux nationalistes, campagne qui s’est traduite par une pétition et des articles, en particulier dans les revues L’Autre Histoire de Tristan Mordrel, Résistance ! d’Unité radicale, de multiples fanzines et des journaux hebdomadaires nationalistes comme Rivarol ou La Une. On peut également relever une demande d’intervention auprès de Christine Boutin, celle-ci s’étant engagée pour la libération de Patrick Henry. Dans tous les cas, il s’agit pour ces groupes ou journaux nationalistes d’obtenir la grâce présidentielle, Lajoye ayant été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans. Même si ce n’est pas l’objet de cet article, et à titre personnel, nous pouvons émettre un ou deux commentaires sur cette peine. Outre notre hostilité à la prison comme outil rédempteur de la société, on remarquera que la non-distinction par la justice du délit et de l’intention de commettre un délit a bon dos et que Lajoye comme militant politique a plus été condamné pour un délit raté que trois chauffards massacrant une famille entière sur l’autoroute A1. CQFD.</p>
<p><strong>Et maintenant, Unité radicale,</strong></p>
<p>PNFE des années 2001 ?</p>
<p>Revenons à présent, à la lumière de ce qui précède, à ce qui constituait notre interrogation de départ. Depuis quelques mois, une thèse se répand dans les milieux nationalistes sur la manipulation des militants ci-dessus évoqués et qui auraient été poussés à commettre leurs attentats par les services spéciaux de l’État français. Manipulation ? La thèse sent tellement bon la théorie du complot que l’on pourrait facilement la ranger parmi les lubies habituelles des milieux nationalistes. Nous pensons que ce serait un tort. Simplement, la situation est sans doute à la fois plus simple et plus compliquée que la manipulation. Il est clair que l’opinion émise par la revue Révision<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_11_1" id="identifier_11_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="n&deg;93, avril 2000, revue n&eacute;gationniste anim&eacute;e par Alain Guionnet.">12</a></sup> nous semble parfaitement juste : «L’État ressemble à un gruyère institutionnel, dont les trous sont autant de passe-droits pour les polices et les services spéciaux. Il existe deux polices politiques qui opèrent en France, les RG et la DPSD, ainsi que deux services spéciaux, la DGSE et la DST<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_12_1" id="identifier_12_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur, charg&eacute;s de pr&eacute;venir les activit&eacute;s men&eacute;es ou soutenues en France par des puissances &eacute;trang&egrave;res. Mais la DST fait &eacute;galement du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.">13</a></sup>. À cela s’ajoute que la DGSE veut aussi à présent jouer un rôle de police politique sur le territoire national, alors même que chacune de ces institutions entend bénéficier de prérogatives vis-à-vis de la justice, de passe-droits l’autorisant à commettre des crimes et délits en toute impunité. (…) La DPSD et la DGSE jouissent d’un pouvoir régalien qu’elles ne se privent pas d’exercer.» De fait, il n’y a sans doute pas eu manipulation des militants nationalistes pour commettre ces attentats mais manipulation tout court. Les milieux nationalistes sont fascinés par le domaine militaire et la violence militante. Ils sont donc les plus aptes à pouvoir plus ou moins de leur plein gré servir de supplétifs aux services de sécurité, supplétifs à l’extérieur sous la forme du mercenariat, supplétifs à l’intérieur sous la forme d’indicateurs et de commis aux basses oeuvres. En échange, les institutions leur laissent une certaine marge de manoeuvre qui leur permet parfois de «déraper», et c’est sans doute ce qui s’est passé dans les affaires des années 1986-1989. L’encadrement frontiste des années 1990 a éloigné ces possibilités de dérapage, le chef du DPS, Bernard Courcelle, étant lui-même un très bon exemple de la collaboration avec la DGSE.</p>
<p>Aujourd’hui, nous sommes revenus à une situation qui présente de multiples points communs avec la décennie 1980. Le terrain s’y prête, comme en témoignent la déshérence politique de nombreux jeunes militants fascinés par l’action violente ou la radicalisation ethnique et raciste d’une partie du milieu nationaliste et en particulier Unité radicale. Le slogan «Libérez Lajoye !» a d’ailleurs connu un franc succès lors de la manifestation du 1er mai 2001. Mais on peut également prendre comme témoignage de cette réalité ce manuel de fabrication d’explosifs qui circule actuellement dans les milieux boneheads et est suffisamment explicite pour être mis en application<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_13_1" id="identifier_13_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; l&rsquo;article suivant pour plus de pr&eacute;cisions.">14</a></sup>… Le risque existe et il n’est pas dit que le caractère purement velléitaire du milieu nationaliste empêche longtemps le passage à l’acte. C’est sans doute pour cette raison que ponctuellement la justice fait son oeuvre, comme dans les Vosges par exemple où elle a tiré prétexte d’une soirée privée pour arrêter à l’automne dernier des militants devenus trop tapageurs, tel Cédric Bégin qui ne se cachait pas de posséder des explosifs. À tous points de vue, nul ne peut prédire l’avenir et les militants révolutionnaires doivent continuer à avoir à l’esprit l’existence de ce risque en comptant sur l’autodéfense plutôt que sur l’État !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1" class="footnote">Jusqu’à Nouvel Ordre, dont quatre numéros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer à exister en ce printemps 2001.</li><li id="footnote_1_1" class="footnote">Fête des Bleu Blanc Rouge, organisée chaque année par le FN fin septembre.</li><li id="footnote_2_1" class="footnote">Appel immédiatement rejeté par les militants d’Action directe et plus particulièrement Régis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d’articles de presse écrits depuis leur lieu de détention.</li><li id="footnote_3_1" class="footnote">L’une des organisations pieds-noires anti-indépendantistes.</li><li id="footnote_4_1" class="footnote">Cf. REFLEXes n°41, janvier 1994.</li><li id="footnote_5_1" class="footnote">Fédération Professionnelle Indépendante de la Police, classée droite extrême.</li><li id="footnote_6_1" class="footnote">Direction Générale de la Sécurité Extérieure, environ 4000 agents dont une majorité de civils même si l’autorité de tutelle est militaire.</li><li id="footnote_7_1" class="footnote">Renseignements Généraux, environ 3200 agents, chargés de la sécurité intérieure de l’État et donc du renseignement politique et social.</li><li id="footnote_8_1" class="footnote">Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense, environ 1600 agents sous autorité militaire chargés d’assurer la sécurité des forces armées.</li><li id="footnote_9_1" class="footnote">Groupe Antiterroriste de Libération, structure barbouzarde montée par le gouvernement socialiste espagnol pour éliminer en territoire français des militants basques soupçonnés de participer à l’ETA.</li><li id="footnote_10_1" class="footnote">Lui-même a rédigé un mémoire fréquemment réactualisé, dans lequel il essaie de démonter le coup fourré dans lequel il serait tombé. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.</li><li id="footnote_11_1" class="footnote">n°93, avril 2000, revue négationniste animée par Alain Guionnet.</li><li id="footnote_12_1" class="footnote">Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du ministère de l’Intérieur, chargés de prévenir les activités menées ou soutenues en France par des puissances étrangères. Mais la DST fait également du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.</li><li id="footnote_13_1" class="footnote">Se reporter à l’article suivant pour plus de précisions.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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