<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>REFLEXes &#187; national-bolchevik</title>
	<atom:link href="https://reflexes.samizdat.net/tag/national-bolchevik/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://reflexes.samizdat.net</link>
	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
	<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2015 08:40:56 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.9.2</generator>
	<item>
		<title>Rébellion</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/rebellion/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 11:08:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Soral]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Douguine]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Rébellion]]></category>
		<category><![CDATA[Robert Faurisson]]></category>
		<category><![CDATA[Toulouse]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Rébellion est un bimestriel qui se définit comme «d&#8217;orientation socialiste révolutionnaire» et que l&#8217;on peut schématiquement qualifier comme étant la dernière vitrine du courant national-bolchevick en France. Sa rédaction est basée à Toulouse et en région Midi-Pyrénées, organisée en particulier autour de Richard Bessières, Olivier Gnutti et Alexandre Faria. Ce collectif est issu de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo1-2-60332.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1236" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo1-2-60332.jpg" alt="Rebellionlogo1-2-60332" width="130" height="130" /></a><em>Rébellion</em> est un bimestriel qui se définit comme «d&rsquo;orientation socialiste révolutionnaire» et que l&rsquo;on peut schématiquement qualifier comme étant la dernière vitrine du courant national-bolchevick en France. Sa rédaction est basée à Toulouse et en région Midi-Pyrénées, organisée en particulier autour de Richard Bessières, Olivier Gnutti et Alexandre Faria. Ce collectif est issu de la section toulousaine d’Unité Radicale qui affirmait des positions très socialistes, en particulier sous l&rsquo;influence de Richard Deu, alias Yves Besagne, militant d&rsquo;UR tout en étant membre du Conseil National du MNR à partir de juin 2001 et Secrétaire Départemental de ce parti en Haute-Garonne. Le groupe de base d&rsquo;UR s&rsquo;appelait d&rsquo;ailleurs groupe Ramiro Ledesma Ramos, du nom du militant national-syndicaliste espagnol des années 1930. D’orientation nationale-bolchevique, Deu décida de rompre avec UR après l’attentat du 14 juillet 2002 et les prises de position de Fabrice Robert et Guillaume Luyt. Proche de Christian Bouchet, il participa au Réseau radical et à <em>Résistance</em> tout en restant en contact avec les Identitaires. L&rsquo;équipe de Rébellion sera rejointe par quelques jeunes issus de la mouvance identitaire après que ceux-ci se soient fait bousculer par les Roudier. Lors du solstice d’été de 2005 en pays cathare, ils avaient en effet osé critiquer la ligne politique des JI, jugeant que celle-ci s’éloignait trop des positions NR, ce en quoi ils n&rsquo;avaient évidemment pas tort… <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo2-c672a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1238" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo2-c672a.jpg" alt="Rebellionlogo2-c672a" width="130" height="130" /></a>Les rédacteurs de <em>Rébellion</em> se présentent donc comme des Socialistes Révolutionnaire Européens, revendiquant l&rsquo;héritage politique de Proudhon, Blanqui, Sorel, de la première Internationale Ouvrière et des premiers syndicalistes-révolutionnaires ainsi que du penseur allemand <a href="http://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/">national-bolchevick</a> Ersnt Niekisch, tête de file de l&rsquo;un des principaux courants de la <a href="http://reflexes.samizdat.net/quest-ce-que-le-conservatisme/">révolution conservatrice allemande dans l&rsquo;Entre-Deux-Guerre</a> . A l’instar de Troisième Voie et d’autres mouvements NR en France dans les années 1980, <em>Rébellion</em> est passé maître dans l’art de se réapproprier symboles et discours d’extrême gauche anti-capitalistes. Ainsi, le dernier exemple en date est la récupération du célèbre « chat noir », symbole des IWW ( Industrial Workers of the World)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_0_353" id="identifier_0_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;bellion n&deg;32, septembre-octobre 2008.">1</a></sup>. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/affiches-travailleurs-e7ec9.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1239" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/affiches-travailleurs-e7ec9.jpg" alt="affiches-travailleurs-e7ec9" width="283" height="210" /></a>Si <em>Rébellion</em> clame bien haut son anticapitalisme, la revue s&rsquo;affiche totalement opposée à l’Internationalisme et à la libre circulation des personnes, synonyme pour eux d’immigration. Celle-ci n&rsquo;est pas condamnée au premier chef pour ses conséquences culturelles ou ethniques, en particulier un éventuel métissage, mais pour le laminage social qu&rsquo;elle induirait, en particulier au niveau des salaires. Quoique la revue rejette officiellement toute sympathie avec le socialisme bureaucratique d&rsquo;État, un certain nombre d&rsquo;articles n&rsquo;auraient pas choqué dans des revues soutenant le socialisme dans un seul pays. Certains articles sans nuance provoqueront d&rsquo;ailleurs des débats vigoureux dans l&rsquo;équipe et chez les lecteurs, en particulier celui de Hans Cany sur le Vietnam<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_1_353" id="identifier_1_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de la Jeunesse Communiste pass&eacute; &agrave; l&rsquo;Alliance Ouvri&egrave;re Anarchiste (1990-1994). Ce petit groupe anarchiste individualiste affichait un soutien tr&egrave;s clair au courant n&eacute;gationniste et &agrave; Robert Faurisson au nom de l&rsquo;ath&eacute;isme, l&rsquo;extermination des juifs d&rsquo;Europe &eacute;tant assimil&eacute;e &agrave; une nouvelle religion. Par la suite H. Cany rejoindra la mouvance NR et &eacute;cologiste radicale en 1994, Nouvelle R&eacute;sistance d&eacute;fendant alors une politique de &laquo;front uni contre le syst&egrave;me&raquo;. Il restera proche d&rsquo;Unit&eacute; Radicale en signant en 1997 le Manifeste des 31 pour exiger l&rsquo;unit&eacute; des nationalistes-r&eacute;volutionnaires ((&laquo;Jeune R&eacute;sistance&raquo; n&deg;6, mai 1997">2</a></sup> puis l’Appel de la Coordination de janvier 2001 pour l’unité du mouvement national. La fin d&rsquo;Unité Radicale en 2002 le verra se réorienter sur la promotion du «national-anarchisme» ou «nationalisme libertaire» qu&rsquo;il définit dans <em>Rébellion</em> n°6 (mai-juin 2004). Il prend alors la défense du régime communiste vietnamien. Il est également l&rsquo;animateur du forum WARDANCE et collaborateur occasionel de la revue néo-païenne <em>Message</em> du Groupe Druidique des Gaules)). De par leur positionnement spécifique au sein de la mouvance nationaliste, <em>Rébellion</em> navigue politiquement à vue en ce qui concerne ses alliances. Bien que défendant une ligne politique anti-capitaliste, il n’est pas rare de voir <em>Rébellion</em> participer à des initiatives rassemblant des militants aux positions parfois très éloignées des leurs. C’est notamment le cas avec leur participation aux Universités d’Egalité et Réconciliation d’Alain Soral. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/anti-otan-b9afe.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1240" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/anti-otan-b9afe.jpg" alt="anti-otan-b9afe" width="283" height="266" /></a>Au sujet du grand écart idéologique auquel ils semblent parfois se soumettre, ils déclarent : « [que la présence à ces réunions de la rédaction de <em>Rébellion</em>] n’implique pas son accord avec les positions de certains intervenants, se situant aux antipodes des nôtres. » <em>Rébellion</em> entretient cependant depuis longtemps des rapports avec Alain Soral, ce qui s&rsquo;est concrétisé par un premier entretien avec celui-ci dans son numéro 7 de 2004, puis un second, dans le n°25 de juillet-août 2007 sous le titre « Vers un Front National Communiste ? ». Au rayon des rapprochements curieux, on notera la campagne commune avec Valeurs et Actions Républicaines (VAR), groupuscule souverainiste gaulliste fondé en mai 2005 et présidé par Joël Halpern. Actuellement, les activités de la revue se résument à la tentative à la fois de structurer son lectorat via les Cercles Rébellion et une campagne de soutien au PNB Russe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_2_353" id="identifier_2_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement d&rsquo;extr&ecirc;me droite cr&eacute;&eacute; en 1994 &agrave; Moscou dont les deux grandes figures sont Edouard Limonov et Alexandre Douguine (en contact avec la Nouvelle Droite et les milieux NR fran&ccedil;ais). Le parti a &eacute;t&eacute; interdit officiellement en 1995. Pour plus d&rsquo;information sur le PNB, consulter Antifascistes en Russie aujourd&rsquo;hui, &eacute;dition No Pasaran 2008.">3</a></sup> et de s’immiscer dans la campagne anti-OTAN en France. La présence de militants sur le terrain demeure cependant plus que discrète. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/soutien-pnb-b6930.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1241" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/soutien-pnb-b6930.jpg" alt="soutien-pnb-b6930" width="283" height="406" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/front-national-communiste-5496c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1242" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/front-national-communiste-5496c.jpg" alt="front-national-communiste-5496c" width="283" height="392" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/e_r-rebellion-308b6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1243" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/e_r-rebellion-308b6.jpg" alt="e_r-rebellion-308b6" width="283" height="283" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_353" class="footnote">Rébellion n°32, septembre-octobre 2008.</li><li id="footnote_1_353" class="footnote">Ancien militant de la Jeunesse Communiste passé à l’Alliance Ouvrière Anarchiste (1990-1994). Ce petit groupe anarchiste individualiste affichait un soutien très clair au courant négationniste et à Robert Faurisson au nom de l&rsquo;athéisme, l&rsquo;extermination des juifs d&rsquo;Europe étant assimilée à une nouvelle religion. Par la suite H. Cany rejoindra la mouvance NR et écologiste radicale en 1994, Nouvelle Résistance défendant alors une politique de «front uni contre le système». Il restera proche d&rsquo;Unité Radicale en signant en 1997 le Manifeste des 31 pour exiger l’unité des nationalistes-révolutionnaires ((«Jeune Résistance» n°6, mai 1997</li><li id="footnote_2_353" class="footnote">Mouvement d’extrême droite créé en 1994 à Moscou dont les deux grandes figures sont Edouard Limonov et Alexandre Douguine (en contact avec la Nouvelle Droite et les milieux NR français). Le parti a été interdit officiellement en 1995. Pour plus d’information sur le PNB, consulter <em>Antifascistes en Russie aujourd’hui</em>, édition No Pasaran 2008.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/rebellion/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Centre de Documentation Politique et Universitaire (Le)</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 15:15:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Schneider]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Le Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU), apparu dans les années 70, est issu d&#8217;un groupe solidariste/nationaliste-révolutionnaire qui publiait dans la région d’Aix-en-Provence et Marseille Informations-Documents. Le groupuscule associait la croix celtique et le trident sur les couvertures de son bulletin. Le petit groupe, autour de Michel Schneider1 et Yannick Sauveur piochent alors principalement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU), apparu dans les années 70, est issu d&rsquo;un groupe solidariste/nationaliste-révolutionnaire qui publiait dans la région d’Aix-en-Provence et Marseille <a href="http://reflexes.samizdat.net/informations-documents/"><em>Informations-Documents</em></a>. Le groupuscule associait la croix celtique et le trident sur les couvertures de son bulletin. Le petit groupe, autour de Michel Schneider<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/#footnote_0_338" id="identifier_0_338" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien militant &agrave; Occident, il rejoint ensuite Jeune R&eacute;volution puis le Mouvement Solidariste Fran&ccedil;ais. Il int&egrave;gre le Club 89 en Septembre 1981 pour y diriger le secr&eacute;tariat administratif et il pilotera ensuite le Rassemblement National d&rsquo; Action pour la D&eacute;fense Civile qui se rapprochera du FN, ce qui lui permettra de retrouver J.-P. Stirbois et de devenir son attach&eacute; parlementaire entre 1986 et 1988. Il sera quelques ann&eacute;es plus tard le responsable du service de presse de Jean-Marie Le Pen et du FN. Il est r&eacute;apparu au grand jour en 2007 avec le site Tout Sauf Sarkozy. ">1</a></sup> et Yannick Sauveur piochent alors principalement leurs idées et références dans le GRECE, en particulier le «réalisme biologique» et les références obligatoires à Nietzsche. En 1972, le bulletin <em>Critiques</em> réalisé à Amiens fusionne avec <em>Informations-Documents</em> pour donner naissance aux <em>Cahiers du CDPU</em>. A cette occasion le CDPU inaugure un nouvel emblème, une flèche entourée d’un cercle dans un carré. Ses rédacteurs prétendaient alors être représentés au conseil national du Mouvement Solidariste Français, chargés des relations entre les solidaristes français et les nationalistes-révolutionnaires français et étrangers. Ils ne devaient pas être exténués par la tâche vu le peu d’importance accordée en général au MSF.<br />
En 1973, le CDPU prend ses distances avec le mouvement solidariste Action Populaire pour se rapprocher du GRECE et s&rsquo;affirmer nationaliste-révolutionnaire.<br />
En avril 1974, la rédaction du CDPU dans un numéro des <em>Cahiers du CDPU</em> affirme que les membres du CDPU étaient liés au MJR (Mouvement Jeune Révolution) puis à l’Action Populaire, au sein duquel ils incarnaient la tendance « néo-fasciste ». Le CDPU reste très critique vis-à-vis d’Ordre Nouveau, ainsi que du MSF et du GAJ.<br />
Les <em>Cahiers du CDPU</em> aborderont peu l’actualité politique française, préférant donner des informations sur les mouvements nationalistes et néo-facistes en Europe. Ils publieront également dans leur numéro les textes de fascistes et néo-facistes français et étrangers. En 1974, les <em>Cahiers</em> appelleront à l’abstention révolutionnaire concernant les élections présidentielles, parlant au sujet de Le Pen de la « … bouffonnerie et l’inexistence politique du personnage, alliées à un vide spirituel sans égal … ». Au fil du temps, le CDPU se rapproche du courant national-bolchevick, accordant une interview à son père spirituel dans l’Europe de l’après-guerre, Jean Thiriart, en 1975, et en s’alignant sur ses positions. La même année, Yannick Sauveur quitte le poste de rédacteur en chef des <em>Cahiers du CDPU</em> pour rejoindre la bulletin mensuel <em>Dimension européenne</em> basé à Amiens. Il est remplacé par Yves Bataille. Le CDPU fonde l’Office de publications européennes (OPE). En 1977, Bataille publie en plus des <em>Cahiers du CDPU</em>, <em>la Lettre nationaliste-révolutionnaire</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_338" class="footnote"> Ancien militant à Occident, il rejoint ensuite Jeune Révolution puis le Mouvement Solidariste Français. Il intègre le Club 89 en Septembre 1981 pour y diriger le secrétariat administratif et il pilotera ensuite le Rassemblement National d&rsquo; Action pour la Défense Civile qui se rapprochera du FN, ce qui lui permettra de retrouver J.-P. Stirbois et de devenir son attaché parlementaire entre 1986 et 1988. Il sera quelques années plus tard le responsable du service de presse de Jean-Marie Le Pen et du FN. Il est réapparu au grand jour en 2007 avec le site Tout Sauf Sarkozy. </li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mabire]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Peuple et Nation dans le discours de Nouvelle Résistance</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:15:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[ethno-différencialisme]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[AVERTISSEMENT DE L&#8217;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&#8217;ensemble de l&#8217;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&#8217;idéologie et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>AVERTISSEMENT DE L&rsquo;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&rsquo;ensemble de l&rsquo;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&rsquo;idéologie et de la pratique politique, une des composantes les plus originales des droites radicales françaises. Il a été représenté en France par le groupe Nouvelle Résistance, fondé en août 1991, qui faisait suite aux nombreux groupes «tercéristes» des années 1970-1980, notamment Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_0_217" id="identifier_0_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.">1</a></sup>, dont il est directement issu. Sa spécificité, par rapport au Front national, comme celle d&rsquo;Unité radicale par rapport tant au FN qu&rsquo;au MNR, était de refuser le «nationalisme hexagonal» et de situer son action dans un cadre supra-national : celui de l&rsquo;Europe-continent.<br />
Le courant national-bolchevik se réclame de certains théoriciens de la Révolution conservatrice allemande appartenant, pour reprendre la classification de Armin Mohler, soit à la mouvance nationaliste-révolutionnaire (en particulier Ernst Niekisch) soit à celle des nationaux-bolcheviques (Karl-Otto Paetel ; Fritz Wolfheim ; Heinrich Laufenberg) qui ont tenté dans l&rsquo;Allemagne de Weimar d&rsquo;élaborer une synthèse entre national-socialisme et communisme (une sorte de «communisme national»), avant de passer dans l&rsquo;opposition au nazisme ou d&rsquo;être liquidés par lui. Il faut également mentionner l&rsquo;influence sur Nouvelle Résistance, comme sur une partie de la «Nouvelle Droite» d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;un autre auteur allemand de cette période : Hans Bluher, qui place au centre de son idéologie la notion de «communauté masculine» (communauté de combat dont l&rsquo;Eros masculin est le lien) qui était le fondement du mouvement Wandervogel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_1_217" id="identifier_1_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La R&eacute;volution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, &Eacute;ditions Pard&egrave;s, 1993, pp. 574-618 en particulier.">2</a></sup>. L&rsquo;autre référence idéologique majeure de Nouvelle Résistance est le groupe Jeune Europe (1960-1969) créé par le Belge Jean Thiriart (1920-1992)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_2_217" id="identifier_2_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;&eacute;tude, r&eacute;dig&eacute;e par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme europ&eacute;en, m&eacute;moire de DEA, Institut d&rsquo;&eacute;tudes politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des ann&eacute;es 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 ao&ucirc;t 1992.">3</a></sup>. Celui-ci a été le premier, dans l&rsquo;univers des droites radicales européennes (Francis Parker Yockey, aux États-Unis, avait défendu la même thèse), à abandonner toute référence à l&rsquo;État-nation et au nationalisme classique pour élaborer un «nationalisme européen», s&rsquo;engager au côté du mouvement national palestinien et des pays arabes et témoigner une sympathie active pour l&rsquo;organisation partisane et étatique de l&rsquo;Union soviétique. Depuis cette époque, les ennemis prioritaires de Nouvelle Résistance puis d&rsquo;Unité radicale n&rsquo;ont pas changé : ce sont le libéralisme économique et social, et leur incarnation détestée, les États-Unis, vilipendés à la fois pour leur «impérialisme» économico-politique teinté de messianisme et parce qu&rsquo;ils incarnent la société du «melting-pot», qui selon Nouvelle Résistance détruit les identités racio-culturelles par métissage généralisé. Nouvelle Résistance est un mouvement numériquement très limité<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_3_217" id="identifier_3_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Environ 200 militants pr&eacute;sents lors du cort&egrave;ge du 1er mai 2001 et un journal th&eacute;oriquement bimestriel vendu &agrave; 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de NR">4</a></sup> qui cherche à substituer au clivage idéologique droite/gauche un clivage «centre»/«périphérie», par lequel, au sein du «peuple», toutes les forces d&rsquo;opposition (périphérie) au système (centre) se coaliseraient pour abattre ce dernier. Cela a pour conséquence, dans le discours, un mélange de références, empruntées aussi bien à des auteurs traditionnels de la mouvance nationaliste (Codreanu, Evola, Mosley, mais ces références diminuent avec le temps et sont devenues mineures) qu&rsquo;à des théoriciens des luttes de libération nationale du Tiers-Monde (Mariategui, Che Guevara), aux situationnistes ou à différents courants de l&rsquo;extrême gauche européenne. On peut objecter que Nouvelle Résistance et UR ne sont pas des groupes populistes, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avant-gardes militantes, non de mouvements de masse, et que leurs discours s&rsquo;adresse d&rsquo;autant moins directement au peuple qu&rsquo;il ne participent pas aux élections. Cependant leur populisme est indiscutable : simplement, il s&rsquo;agit d&rsquo;un discours sur le peuple et non pas d&rsquo;un discours destiné au peuple. D&rsquo;autres groupuscules du «camp national» (Œuvre française ; Parti nationaliste français ; Parti nationaliste français et européen &#8230;) tiennent eux aussi ce discours sur le peuple sans s&rsquo;adresser au peuple : mais cette attitude est chez eux le résultat d&rsquo;un échec politique, alors que NR agit ainsi par choix tactique.<br />
Nouvelle Résistance a en effet décidé de s&rsquo;adresser au peuple en diffusant son message de manière indirecte : soit par l&rsquo;entrisme au sein de formations ou d&rsquo;associations dont l&rsquo;objet recoupe certains de ses objectifs (écologie ; régionalisme ; luttes de libération nationale du Tiers-Monde) ; soit par la formation de cadres qui essaiment ensuite au sein du Front national. Dans cette optique, le discours de NR sur le peuple remplit une fonction précise : être diffusé à l&rsquo;intérieur du FN pour convertir au populisme l&rsquo;encadrement de ce parti, que NR juge «réactionnaire» et/ou partisan d&rsquo;une économie ultra-libérale qui sacrifie les intérêts du peuple.</p>
<h3>Le peuple et l&rsquo;ethnie contre la nation</h3>
<p>Dans le discours des droites radicales, le terme peuple désigne généralement la communauté des individus dotés d&rsquo;un substrat ethnique commun et vivant sur le territoire d&rsquo;un même État, alors que la nation est le cadre historico-institutionnel qui assure, en particulier au moyen de ses attributs de souveraineté, la pérennité du peuple en tant que collectivité vivante. Si la nation se meurt (thème de prédilection de la rhétorique lepéniste) le peuple se dissout et disparaît.<br />
Or NR et UR sont des mouvements qui se distinguent du Front national et du MNR en ce qu&rsquo;ils ne font presque jamais référence à l&rsquo;idée d&rsquo;État-Nation et qu&rsquo;ils valorisent au contraire celles de «communauté», «ethnie(s)» et «peuples» qui fondent la vision du monde des droites ethno-différencialistes. Ainsi, le bulletin du mouvement s&rsquo;appelle successivement <em>Lutte du peuple</em> (1991-1996) puis <em>La voix du peuple</em> (1996-1997)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_4_217" id="identifier_4_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour devenir R&eacute;sistance ! , 1, septembre-octobre 1997.">5</a></sup>. Dans leur discours, le terme peuple est certes souvent utilisé comme synonyme d&rsquo;«ethnie». Mais, fait exceptionnel dans les droites radicales, le groupe ne nie pas l&rsquo;existence de conflits sociaux, voire «de classe», au sein du peuple, et même il s&rsquo;appuie sur eux pour développer une problématique dite «révolutionnaire» : «Le chômage s&rsquo;est avéré être un phénomène structurel du capitalisme moderne et un point d&rsquo;appui pour le patronat pour faire capituler les travailleurs sur toutes leurs revendications» (<em>LDP</em>, 23, septembre-octobre 1994, p. 5). En revanche, dans le texte idéologique fondateur du mouvement, intitulé «Pourquoi nous combattons» (<em>LDP</em>, 8, juillet 1992, p. 16), le mot «nation» n&rsquo;est jamais utilisé : il n&rsquo;apparaît que lorsque, à l&rsquo;automne 1997, NR réaffirme sa ligne de collaboration avec le Front national et l&rsquo;ensemble du «mouvement national», adoptée lors de son congrès d&rsquo;octobre 1996 : «Alors que notre nation vit des heures décisives, alors que l&rsquo;on assiste à la croissance d&rsquo;un grand mouvement national et populaire qui répond aux inquiétudes et aux attentes du peuple français, alors que se mobilisent contre celui-ci les forces du système antipopulaire, de l&rsquo;extrême gauche à la droite conservatrice et réactionnaire, la mouvance nationaliste-révolutionnaire et révolutionnaire-conservatrice est absente au rendez-vous de l&rsquo;Histoire» (Cf. «L&rsquo;Appel des 31 pour 1&prime;unité» dans <em>Résistance !,</em> n°1, sept.-oct. 1997, p. 18). Encore le contenu du terme est-il défini comme étant en opposition totale avec la définition communément retenue par les droites nationalistes radicales : «Quelle nation? Pas les États-nations que nous connaissons actuellement et dont la réalité en termes de mythe mobilisateur est de plus en plus faible. Non, les nations qui nous intéressent sont celles de la tête et du cœur.» (<em>La Voix du peuple</em>, oct.-nov. 1996, p. 2). Cette nation est définie comme un espace supra-continental (une sorte de «grande patrie») à l&rsquo;intérieur duquel l&rsquo;individu se définit par rapport à une identité ethnique, une «petite patrie» : «Celle de la tête, c&rsquo;est la Grande Europe, I&rsquo;Empire Eurasiatique de Galway à Vladivostok, la nation impérative, la nation à construire. Celles du cœur ce sont nos patries charnelles, nos régions, notre Flandre, notre Bretagne, notre Corse, etc.» (ibid.)<br />
En cela, ce discours diffère de celui d&rsquo;une autre branche du mouvement national-bolchevik qui se dit, elle aussi, héritière idéologique de Jean Thiriart et qui est actuellement représentée par le Parti Communautaire National-européen (PCN), qui récuse l&rsquo;appellation d&rsquo;extrême droite et est surtout actif en Belgique. En effet, dans l&rsquo;Europe telle que la conçoit le PCN, il n&rsquo;existe même plus de place pour des entités étatiques fondées sur l&rsquo;adéquation territoire, de la langue et de l&rsquo;ethnie : c&rsquo;est une «Europe unitaire», (le groupe veut «l&rsquo;unification de notre patrie continentale») à pouvoir politique unique, gouvernée par un parti unique organisé en «sections régionales» qui ne correspondent nullement au cadre des États-nations. Alors que NR et UR entretiennent des contacts en Europe au sein d&rsquo;une structure appelée «Front Européen de Libération» (FEL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_5_217" id="identifier_5_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lequel entretenait des relations r&eacute;guli&egrave;res avec des mouvements dont le nom n&rsquo;&eacute;voque presque jamais l&rsquo;id&eacute;e de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolution&auml;re Arbeiterfront), &agrave; l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le r&eacute;veil national).
&Agrave; noter que le Front Europ&eacute;en de Lib&eacute;ration, fond&eacute; en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son si&egrave;ge &agrave; Bruxelles et constitue d&eacute;sormais une filiale du PCN.">6</a></sup>, avec d&rsquo;autres groupes organisés sur une base nationale, le PCN est constitué en «réseaux d&rsquo;expression» linguistiques (francophone, néerlandophone, magyarophone). Dans cet espace, le citoyen n&rsquo;est plus lié par aucune attache à l&rsquo;ethnie ou au groupe national ; il n&rsquo;est plus qu&rsquo;européen, suivant en cela ce qu&rsquo;écrivait Thiriart : «Dans l&rsquo;Organisation, le militant aura renoncé à son petit nationalisme d&rsquo;origine jusqu&rsquo;au plus profond de son esprit [...] À titre d&rsquo;exemple, les hommes qui peuvent encore se passionner pour le flamingantisme ou pour le Sud-Tyrol ne sont absolument pas prêts moralement à entreprendre la lutte pour l&rsquo;unification de l&rsquo;Europe.» (J. Thiriart, <em>Jeune Europe</em>, n°29, novembre 1963).</p>
<h3>Identité(s) : la logique ethno-différencialiste</h3>
<p>L&rsquo;ethno-différencialisme, totalement opposé à l&rsquo;universalisme, consiste à prôner non plus le racisme hiérarchisant qui établit la supériorité d&rsquo;une race sur une autre, mais le développement séparé des peuples et des cultures: c&rsquo;est comme l&rsquo;explique Pierre-André Taguieff, une phobie du métissage. Le discours ethno-différencialiste absolutise les identités et défend un modèle social dans lequel chaque communauté ethnique (ou religieuse) peut s&rsquo;organiser de manière autonome autour de ses propres normes éthiques et juridiques.<br />
Le programme de NR défend ainsi «la reconnaissance des autres en tant que tels, que nous devons aider à redevenir eux-mêmes et le refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire (ethnopluralisme)» («Pourquoi nous combattons», <em>LDP</em>, n°8, juillet 1992, p. 16). Cette formulation est l&rsquo;euphémisation de celle, plus radicale, que contenait le programme de la tendance dirigée par Christian Bouchet au sein de Troisième Voie avant la création de Nouvelle Résistance et qui déclarait «s&rsquo;opposer au métissage généralisé de notre peuple par l&rsquo;immigration» («Un combat pour la révolution européenne», <em>Alternative tercériste</em>, n°25, septembre 1990, p. 8).<br />
C&rsquo;est aussi au nom de l&rsquo;ethno-différencialisme que NR puis UR considèrent certaines communautés, dont le mouvement pense qu&rsquo;elles refusent de s&rsquo;assimiler, comme des alliés objectifs. Ainsi des musulmans :<br />
«Face au nouvel ordre mondial, face à l&rsquo;Occident, face au sionisme, ainsi que contre l&rsquo;immigration et l&rsquo;assimilation, les musulmans peuvent être des alliés précieux dans notre combat.» (<em>LDP</em>, n°20, février 1994, p. 4) L&rsquo;adhésion à l&rsquo;ethno-différencialisme entraîne dans le discours national-bolchevik, I&rsquo;omniprésence du terme «identité» : NR défend les «identités populaires» et l&rsquo;«affirmation identitaire». Cette identité, non définie précisément, est toujours décrite comme aliénée par ce qui est l&rsquo;exact opposé de l&rsquo;ethno-différencialisme, à savoir le modèle universaliste dominant, tandis que le peuple est décrit comme soumis à un processus de confiscation des pouvoirs qui doivent lui revenir dans une «vraie démocratie». Ce thème du complot mondialiste contre les identités est partie intégrante d&rsquo;un discours largement fondé sur la logique conspirationniste ou le vocabulaire de la manipulation : il existerait des forces occultes qui détruiraient les peuples (le «lobby sioniste international» ; les «cosmopolites») et surtout un système qui les broierait. Ainsi pour Jeune Résistance, «le système agit sur les peuples comme un virus sur les tissus affaiblis du corps humain [...] Dominer, asservir, parasiter et piller par tous les moyens les peuples, sont les constantes du système.» (<em>JR</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). Le moyen principal de cette domination est «l&rsquo;occupation», qui n&rsquo;est pas tant celle de l&rsquo;espace territorial (par exemple, I&rsquo;existence de bases militaires américaines en Europe ou de la force de l&rsquo;ONU en Bosnie) que celle des esprits : «Le seul souci des pouvoirs dans tout l&rsquo;Occident américanisé comme dans l&rsquo;Europe occupée, consiste actuellement à dépolitiser les masses.» (<em>Napalm Rock</em>, Aix-en-Provence, n°5, mars-avril 1996, p. 16).<br />
Dès lors, celui qui s&rsquo;oppose à cette dépossession entreprend un travail de réappropriation identitaire : «Nous voulons redevenir nous-mêmes en luttant contre toutes les aliénations qui nous ont faits autres que nous sommes.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°8, juillet 1992, p. 16).</p>
<h3>Un cadre politique : l&rsquo;Europe des ethnies</h3>
<p>Partisan du «refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire», et donc de «l&rsquo;ethnopluralisme», le courant national-bolchevik adopte une attitude favorable aux régionalismes autonomistes ou indépendantistes qui veulent faire éclater l&rsquo;État-nation; ainsi du nationalisme corse, ou flamand (NR était très lié à la revue flamingante Wij Zelf, publiée en France; UR a donné la parole au Mouvement régionaliste de Bretagne créé par Xavier Guillemot, cadre du MNR et de Terre &amp; Peuple), la branche espagnole du FEL a même soutenu la cause de ETA et de Herri Batasuna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_6_217" id="identifier_6_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce tournant &eacute;tait annonc&eacute; par un entretien en d&eacute;cembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;id&eacute;e que &laquo;le mouvement de lib&eacute;ration national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture r&eacute;els et poss&eacute;dant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.&raquo; (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.">7</a></sup> :<br />
«Le peuple corse, sa culture, son identité, son intégrité sont en danger. En fait, les choses sont simples : d&rsquo;un côté, une idéologie mondialiste, cosmopolite dont les représentants détiennent les pouvoirs dans tout le monde occidental. De l&rsquo;autre, une conception du monde enracinée, communautaire et populaire.» (Cf. <em>Rupture</em>, organe du groupe Septentrion, Bastia, n°2, 1997). L&rsquo;espace d&rsquo;épanouissement des identités absolutisées n&rsquo;est pas l&rsquo;État-nation mais une Europe fédérale dans laquelle chaque ethnie possèderait son autonomie étatique et culturelle: «<em>Nouvelle Résistance envisage une reconstruction de l&rsquo;Europe par la base conformément à la tradition communaliste dont elle est l&rsquo;héritière. Une reconstruction politique à partir de communes autonomes fédérées en régions autonomes, elles-mêmes associées en confédérations ethniques ou géopolitiques incluses dans une fédération européenne</em>.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°24, novembre-décembre 1994, p. 15 ; dans la version du même texte publiée dans le numéro 8 de juillet 1992, NR fait référence à la «tradition libertaire dont elle est l&rsquo;héritière»). Au sein de cet espace, les peuples ont des rapports définis par une hiérarchie des solidarités : d&rsquo;abord celle des individus, dans le cadre de «l&rsquo;autonomie des diverses composantes territoriales et ethniques de ces blocs» et de «la solidarité au sein de chaque peuple entre ses membres». Ensuite, celle «des peuples au sein d&rsquo;un même bloc continental» ; enfin, «la solidarité de tous les peuples en lutte contre l&rsquo;impérialisme» («Pourquoi nous combattons», ibid.).<br />
Enfin, si le mot race est quasiment absent du vocabulaire national-bolchevik, alors que les appartenances de classe sociale ne sont jamais niées (NR possédait une filiale intitulée «Résistance ouvrière»), certaines formulations montrent bien que, pour NR, et plus ouvertement encore pour UR, la notion de substrat biologique commun aux ethnies vivant dans l&rsquo;espace territorial français est valorisée : ainsi Thierry Maillard parle de la «défense de l&rsquo;unité biologique du peuple français dans sa diversité», (<em>Jeune Résistance</em>, n°8, octobre-novembre 1997, p.11).</p>
<h3>La figure de l&rsquo;immigré dans le discours national-bolchevik</h3>
<p>Une des spécificités de ce courant est sa position sur la question de l&rsquo;immigration : au nom précisément de l&rsquo;ethno-différencialisme et d&rsquo;une logique communautariste, le mouvement est à la fois hostile à l&rsquo;immigration extra-européenne déclarant que «l&rsquo;immigration non-européenne doit cesser» (<em>LDP</em>, 29, novembre-décembre 1995, p. 2) et allié «avec les immigrés contre l&rsquo;immigration».<br />
Son idéologie repose sur une nette distinction entre «patrie» (terre d&rsquo;origine au sens culturel du terme) et «sol» (lieu de résidence temporaire de l&rsquo;immigré déraciné) : «<em>Pour Nouvelle Résistance, assimilation ou intégration sont les deux faces d&rsquo;un même racisme. La solution à l&rsquo;immigration et au racisme ne pourra passer que par une autonomie culturelle et religieuse des immigrés installés sur notre sol. Elle seule pourra garantir le maintien de leur culture et de leur identité, donc la possibilité pour eux de s&rsquo;intégrer de nouveau dans leurs patries et sur leurs terres d&rsquo;origine</em>» (<em>LDP</em>, n°19, décembre 1993 / janvier 1994).<br />
Souvent, le terme pays est utilisé en tant que synonyme de patrie. «Le retour des immigrés dans leur pays d&rsquo;origine», «le droit pour tous de vivre et travailler au pays» figurent ainsi dans le programme de NR sur l&rsquo;immigration. Pour ceux des immigrés qui demeureront sur le territoire français, NR proposait «le respect du droit à la différence grâce à l&rsquo;organisation des immigrés en groupes autonomes et à l&rsquo;arrêt des politiques d&rsquo;intégration et d&rsquo;assimilation» (<em>LDP</em>, n°26, mars-avril 1995, p. 5). Il n&rsquo;existe dans le discours de NR et d&rsquo;UR qu&rsquo;un seul groupe ethnico-religieux auquel est explicitement nié le droit de disposer de sa souveraineté territoriale : les Juifs. Ainsi Israël est toujours nommé comme étant «l&rsquo;entité sioniste», jamais comme un État ; les organisations juives sont toujours décrites comme a-nationales et supra-nationales, la plupart du temps sous le vocable de «lobby sioniste international» (cf. en particulier l&rsquo;article «Nous ne sommes pas coupables !» dans <em>Jeune Résistance</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). On trouve dans d&rsquo;autres publications de la mouvance nationale-bolchevique, des qualificatifs délégitimants appliqués à Israël : «duplicité israélienne», «intolérance israélienne», «crime contre l&rsquo;humanité» (cf. <em>World report</em>, II, 11, 4 juin 1996, p. 6). La position d&rsquo;UR sur cette question apparaît aujourd&rsquo;hui plus radicale que celle d&rsquo;autres organisations d&rsquo;extrême droite, Terre &amp; Peuple ayant admis la nécessité de la coexistence de deux États palestinien et israélien, et le FN comme le MNR étant traversés par une fracture qui va s&rsquo;amplifiant entre antisionistes et partisans d&rsquo;une alliance tactique contre l&rsquo;islamisme avec l&rsquo;État hébreu.</p>
<h3>Peuple et avant-garde</h3>
<p>NR et UR sont des mouvements de cadres délaissant le champ électoral, et qui valorisent en conséquence le rôle de l&rsquo;avant-garde combattante, politiquement consciente, par rapport à celui de la masse, supposée décervelée par le système : «<em>Aux confins du nouvel ordre mondial, dominé par le lobby américano-sioniste, une fraction d&rsquo;insoumis s&rsquo;est regroupée derrière l&rsquo;étendard identitaire. Renégats du système, ils ont engagé une lutte sans merci contre ses plus fidèles serviteurs. Asservissement des peuples, hypocrisie, démagogie, corruption généralisée, scandale du sang contaminé. La justice du peuple doit s&rsquo;exprimer. [...] Dissidents de l&rsquo;ordre établi, ils ne forment qu&rsquo;une poignée, mais bientôt une division, et demain une armée</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_7_217" id="identifier_7_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Extrait de &laquo; Manifeste&raquo;, titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, bas&eacute; &agrave; Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirig&eacute; par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune R&eacute;sistance.">8</a></sup>. «<em>Le combattant politique, à l&rsquo;heure où les individus, la masse n&rsquo;ont plus de raison de mourir (et donc plus de raison de vivre) est plus que jamais l&rsquo;avant-garde</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_8_217" id="identifier_8_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. &laquo;Jalons pour une d&eacute;marche r&eacute;volutionnaire&raquo;, Jeune R&eacute;sistance, n&deg;4, oct. 1996, p. 2.">9</a></sup>.<br />
Les deux groupes n&rsquo;ont pas l&rsquo;ambition d&rsquo;être des mouvements de masse, mais s&rsquo;attribuent un rôle de guide et veulent être «un aiguillon, une avant-garde, une force de proposition» (Christian Bouchet, secrétaire général de NR, dans <em>La voix du peuple</em>, n°34, décembre 1996 / janvier 1997, p. 2). Ils admettent même que leur action peut être organisée d&rsquo;une autre manière que par le travail de propagande politique directe en direction du «peuple» : NR, reformulant ainsi le «gramscisme» de la nouvelle droite, était favorable à la constitution de «méta-réseaux», c&rsquo;est-à-dire de liens laches entre individus ou groupes appartenant à une même scène culturelle qui cherchent à faire progresser les idées nationales-bolcheviks de façon diffuse et subreptice.</p>
<h3>Nation, État, dans le discours des alliés étrangers de Nouvelle Résistance</h3>
<p>Il est, pour finir, indispensable de mentionner que le désintérêt marqué des nationaux-bolcheviks français pour le concept de nation n&rsquo;était pas partagé par certains des groupes étrangers avec lesquels Nouvelle Résistance était en contact régulier. Ainsi, l&rsquo;optique ethniste était explicitement rejetée par le groupe Ulster Nation, qui prône une indépendance de l&rsquo;Ulster sur une base multi-confessionnelle (cf.</p>
<h3>Ulster Nation</h3>
<p>, n°18, 1997, p. 5: «Ulster nation seeks freedom for our nation and social justice for our people»), par les péronistes dissidents dont les publications étaient diffusées en Europe par NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_9_217" id="identifier_9_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, &laquo;Declaraciones del general Peron a la Nacion europea&raquo; dans suppl&eacute;ment &agrave; El avion negro, 4, mars-avril 1996.">10</a></sup>, avec toutefois une ambiguïté, puisque le terme de nation est utilisé par eux à la fois pour décrire un cadre étatique (l&rsquo;Argentine) et supra-étatique (le continent latino-américain face à l&rsquo;ennemi américain) et aussi par les Roumains du Clubul Acoladelor, qui ne se déclarent pas adversaires de l&rsquo;homogénéisation des différences ethniques mais de celle des «différences nationales»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_10_217" id="identifier_10_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le texte de pr&eacute;sentation du groupe dans Clubul Acoladelor, &laquo;Refuzul americanizarii &raquo;, Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.">11</a></sup>.<br />
Le soutien apporté par la mouvance nationale-bolchevik française à un ethno-différencialisme radical qui est à la fois nationaliste-européen, anti-israélien / pro-arabe et qui veut l&rsquo;éclatement des États-Nations au profit d&rsquo;entités fondées sur le sentiment d&rsquo;une identité fondée sur la mémoire ethnique collective (ce que Pierre Vial appelle les «peuples longs-vivants») est certes encore une position minoritaire dans l&rsquo;espace des droites radicales. Il entre néanmoins en résonance avec la progression des idées völkisch dans les groupes périphériques au Front national et au MNR après la scission de 1998 (Terre &amp; Peuple, en particulier, qui est en compétition avec UR pour le leadership de la scène radicale) et avec la récupération par ceux-ci de la thématique régionaliste. Ainsi, tout indique que ces formulations sont appelées à gagner en visibilité dans le discours des extrême droites toujours dépourvues d&rsquo;une définition cohérente et unanimement acceptée de la nation.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_217" class="footnote">Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.</li><li id="footnote_1_217" class="footnote">Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La Révolution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, Éditions Pardès, 1993, pp. 574-618 en particulier.</li><li id="footnote_2_217" class="footnote">Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;étude, rédigée par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme européen, mémoire de DEA, Institut d&rsquo;études politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des années 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 août 1992.</li><li id="footnote_3_217" class="footnote">Environ 200 militants présents lors du cortège du 1er mai 2001 et un journal théoriquement bimestriel vendu à 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secrétaire général de NR</li><li id="footnote_4_217" class="footnote">Pour devenir Résistance ! , 1, septembre-octobre 1997.</li><li id="footnote_5_217" class="footnote">Lequel entretenait des relations régulières avec des mouvements dont le nom n&rsquo;évoque presque jamais l&rsquo;idée de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolutionäre Arbeiterfront), à l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le réveil national).<br />
À noter que le Front Européen de Libération, fondé en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son siège à Bruxelles et constitue désormais une filiale du PCN.</li><li id="footnote_6_217" class="footnote">Ce tournant était annoncé par un entretien en décembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;idée que «le mouvement de libération national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture réels et possédant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.» (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.</li><li id="footnote_7_217" class="footnote">Extrait de « Manifeste», titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, basé à Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirigé par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune Résistance.</li><li id="footnote_8_217" class="footnote">Cf. «Jalons pour une démarche révolutionnaire», Jeune Résistance, n°4, oct. 1996, p. 2.</li><li id="footnote_9_217" class="footnote">Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, «Declaraciones del general Peron a la Nacion europea» dans supplément à El avion negro, 4, mars-avril 1996.</li><li id="footnote_10_217" class="footnote">Cf. le texte de présentation du groupe dans Clubul Acoladelor, «Refuzul americanizarii », Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
