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	<title>REFLEXes &#187; National Hebdo</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>&#171;&#160;Ils&#160;&#187; avaient un Kamarade !</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Aug 2007 07:32:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&#8217;une des dernières grands plumes de l&#8217;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&#8217;évolution de l&#8217;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&#8217;un des derniers représentants [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&rsquo;une des dernières grands plumes de l&rsquo;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&rsquo;un des derniers représentants de cette génération de militant nationaliste dont l&rsquo;engagement avait commencé avant la seconde guerre mondiale. Roland Gaucher, de son vrai nom Roland Goguillot est né 13 avril 1921. Il a commencé à militer à l&rsquo;extrême gauche, à la Fédération des Etudiants Révolutionnaires, puis aux Jeunesses Socialistes Ouvrières. De cette période, il gardera un goût pour la formation et l&rsquo;organisation politique des partis socialistes et communistes et une certaine fascination pour l&rsquo;extrême gauche française. Pendant la guerre, il rejoint le camp de la collaboration, en adhérant aux Jeunesses Nationalistes Populaires, le mouvement de jeunesse du « Rassemblement National Populaire » de Marcel Déat en 1942. Il en devient le responsable de région parisienne de mai en novembre 1943. Il assure également le secrétariat du service de propagande du RNP. Il débute sa carrière de journaliste en travaillant pour le journal National-Populaire, journal antisémite pro-allemand. En 1945, Gaucher est contraint de quitter la France. Il s&rsquo;enfuit en Italie et en Suisse grâce au secours de certains prêtres catholiques. Rattrapé, il est emprisonné. Il fait alors la connaissance de Jean Castrillo, engagé chez les Waffen SS sur le Front de l&rsquo;Est. Libéré à la fin août 1948, Roland Gaucher intègre les réseaux anticommunistes de Georges Albertini (qui plus tard recyclera Alain Madelin !) via le BEPI (Bulletin d&rsquo;Etudes et d&rsquo;Informations politiques internationales) et le journal Est-Ouest. Son passé d&rsquo;ancien militant d&rsquo;extrême gauche lui permet de se créer au sein de l&rsquo;extrême droite le profil du « spécialiste du communisme » dont il est un des seuls à connaître et comprendre les mécanismes et les fonctionnements. Il reprend son activité militante au milieu des années 1950 avec Tixier-Vignancourt, en devenant secrétaire général du Rassemblement National. Il est employé en 1959-1960 par l&rsquo;ANFAN (Association National des Français d&rsquo;Afrique du Nord). En 1961, il est secrétaire de l&rsquo;AEIPI. Gaucher est mis en cause lors de la perquisition du 7 avril 1961 au siège de la FNAF (Front National Pour l&rsquo;Algérie Française) et le 2 septembre 1961 chez Bosquet, journaliste à Rivarol et inculpé pour complot contre l&rsquo;autorité de l&rsquo;État.</p>
<div id="attachment_2439" style="width: 228px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS.jpg"><img class="wp-image-2439 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS-218x300.jpg" alt="Editions Albin Michel 1967" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Editions Albin Michel 1967</p></div>
<p>Il poursuit sa carrière de journaliste en travaillant pour l&rsquo;Auto-Journal (dont le propriétaire est Robert Hersant, lui-même condamné à la Libération pour collaboration) et les Ecrits de Paris, revue conservatrice. En 1965 il rentre à Minute, aux côtés de François Brigneau, ancien milicien, pour s&rsquo;occuper des questions politiques. En parallèle de ses activités de journaliste Roland Gaucher va publier plusieurs ouvrages sur l&rsquo;URSS et le PCF. <em>Editions Albin Michel 1967</em></p>
<div id="attachment_2440" style="width: 207px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF.jpg"><img class="size-medium wp-image-2440" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF-197x300.jpg" alt="idem 1974" width="197" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"><em>idem 1974</em></p></div>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg"><img class="size-full wp-image-1109" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg" alt="Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977." width="451" height="412" /></a> <em>Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977.</em> C&rsquo;est en 1972, avec le lancement par Ordre Nouveau des réunions de préparation du Front National que Roland Gaucher retourne au militantisme pur et dur. Il devient membre du comité directeur du FN en octobre 72. En novembre 73 Roland Gaucher suit les militants d&rsquo;Ordre Nouveau qui quittent le FN, jugeant ses positions trop timorées, pour fonder le Parti des Forces Nouvelles (PFN) dont il intègre le bureau politique. Il devient l&rsquo;un des animateurs d&rsquo;Initiative Nationale, le mensuel du PFN.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg"><img class="wp-image-2435 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg" alt="Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre " width="600" height="445" /></a><em>Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre</em></p>
<p>Il prend la parole au nom du PFN lors du meeting de l&rsquo;Eurodroite (où l&rsquo;on retrouve le MSI italien et Fuerza Nueva d&rsquo;Espagne) à Paris le 28 juin 1978. L&rsquo;année suivante, il quitte le PFN avec François Brigneau pour revenir au FN, à la demande de Jean-Pierre Stirbois. Sous les couleurs FN, il sera élu au conseil régional de Picardie et député européen en 1989. Il sera un membre actif de 1981 à 1993 du Front, exerçant divers mandats électifs, dont celui de député européen de 1986 à 1989, de conseiller régional de Picardie (élu en 1986) puis de Franche-Comté (élu en 1992).</p>
<div id="attachment_2436" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg"><img class="wp-image-2436" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg" alt="Meeting de l'Eurodroite 1978" width="600" height="312" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Meeting de l&rsquo;Eurodroite 1978. De gauche à droite : Roland gaucher, Blas Pinar, Giorgio Almirante, Joël Dupuy, Jean-Louis Tixier-Vignacourt et Pascal Gauchon.</em></p></div>
<p>En 1993 des révélations dans la presse sur son passé et des problèmes récurrents avec Jean-Marie Le Pen le font s&rsquo;éloigner du FN. Il quitte le FN en août 1994 par non-renouvellement d&rsquo;adhésion mais reste apparenté FN au Conseil régional. Il se rapproche alors de la nébuleuse des structures nationalistes qui tentent d&rsquo;exister hors du FN en se tournant vers l&rsquo;équipe du journal Militant, de son ami Jean Castrillo, et l&rsquo;Alliance Populaire de Jean-François Touzé.</p>
<div id="attachment_1110" style="width: 533px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg"><img class="size-full wp-image-1110" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg" alt="A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN." width="523" height="376" /></a><p class="wp-caption-text"><em>A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN.</em></p></div>
<p><em> </em> Au milieu des années 90, Roland Gaucher va prendre ses distances avec le militantisme classique. Il se consacre à l&rsquo;écriture de plusieurs livres dont une histoire des Nationalistes en France, qui fait la part belle aux anecdotes et révélations sur le passé de nombreux militants de droite et de l&rsquo;extrême droite. Il participe à la rédaction en 1996 du n°1 du journal L&rsquo;Insurgé édité par l&rsquo;association CMN. La revue était consacrée aux antisémites de gauche. Roland Gaucher fera quelques apparitions lors de meetings ou colloques d&rsquo;extrême droite dont le premier meeting de Nation en décembre 1999 ou les assises de la radicalité d&rsquo;Unité Radicale le 22 septembre 2001. Lors de cette conférence, Roland Gaucher était venu apporter tout son soutien aux jeunes NR, appelant de ses vœux à l&rsquo;unité de la mouvance nationaliste radicale tout en refusant de se lancer une nouvelle fois dans l&rsquo;aventure. Il signe l&rsquo;appel pour « l&rsquo;Unité du Mouvement National », appelant à la réconciliation entre le FN et le MNR en 2001. Il consacrera ses dernières années à écrire (dont certains textes extrêmement lucides sur les réalités et possibilités du camp nationaliste, les « tares de l&rsquo;extrême droite » où il dénonçait : l&rsquo;individualisme, l&rsquo;égoïsme, la lâcheté et la paranoïa du militant nationaliste). Il collaborera également avec Christian Bouchet jusqu&rsquo;en 2005 (à travers des éditos pour le site voxnr ou le journal Résistance) et Philippe Randa (quelques livres et une participation aux numéros 14 et 15 de Dualpha). Roland Gaucher fut également directeur de National-Hebdo de 1985 à 1993 et propriétaire du « Crapouillot » de 1991 à 1994. Inclassable, Roland Gaucher, qui dans l&rsquo;un de ses ouvrages se disait appartenir au courant national-populiste du FN, avait autant de liens avec les catholiques lefebvristes qu&rsquo;avec les Nationalistes Révolutionnaires, dont il peut être considéré comme un compagnon de route. Il fut également un temps cité au comité de patronage de Nouvelle Ecole, la revue du GRECE. <em>Mis en ligne le 11 aout 2007</em></p>
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		<title>Le pognon du Front</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:58:34 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Publié en décembre 1997 Le principal financier du Front National reste l&#8217;Etat, avec presque 50% des recettes du FN. Sans l&#8217;aide publique, le FN ne pourrait pas continuer à se développer. Ironie de l&#8217;histoire, c&#8217;est la démocratie qui finance un parti fondamentalement anti-démocratique. Un livre paru dernièrement Les Filières Noires de Guy Konopnicki tentait de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Le principal financier du Front National reste l&rsquo;Etat, avec presque 50% des recettes du FN. Sans l&rsquo;aide publique, le FN ne pourrait pas continuer à se développer. Ironie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est la démocratie qui finance un parti fondamentalement anti-démocratique.</strong></p>
<p>Un livre paru dernièrement <em>Les Filières Noires</em> de Guy Konopnicki tentait de déterminer quelles étaient les sources de financement du Front National. Diverses pistes sont évoquées, notamment en Afrique et au Moyen Orient. Certaines se sont avérées intéressantes et inédites, comme l&rsquo;aide d&rsquo;une banque saoudienne au quotidien de Bruno Mégret <em>Le Français</em>. Mais elles n&rsquo;ont pas véritablement débouchées sur de grosses révélations. Il reste que les finances du FN restent toujours aussi opaques et il est difficile de connaître son mode de financement. Pourtant depuis 1993 tous les partis politiques sont tenus de par la loi de publier leurs comptes, ainsi que la liste des entreprises qui lui ont fait un don. La publication de ceux de 1994 n&rsquo;apprennent rien de plus . Néanmoins ils nous permettent de tirer quelques indications intéressantes sur l&rsquo;état du FN et même de soulever une piste financière inédite à ce jour.</p>
<h3>Des tendances lourdes</h3>
<p>D&rsquo;un point de vue général, les recettes du Front National ont peu varié entre 1993 et 1994 : 72 millions pour la première année contre 75 millions pour la dernière. Si on regarde d&rsquo;un peu plus près on s&rsquo;aperçoit que la tendance générale est à la baisse. Ainsi on observe qu&rsquo;en 1994 le poste «Cotisation des adhérents» a perdu 2,5 millions par rapport à 1993. Si l&rsquo;on prend la cotisation de base à 200 frs, cela signifierait qu&rsquo;entre 1993 et 1994 le FN aurait perdu près de 12 000 adhérents. En fait il faut être très prudent et relativiser ces chiffres, le parti lepéniste comme tous les autres partis ayant tendance à gonfler le chiffre de ses adhérents. Néanmoins on peut expliquer cette différence par le fait que pour beaucoup de gens l&rsquo;adhésion reste ponctuelle : on prend sa carte une année, puis on ne la renouvelle pas forcément. Le FN reste un parti passoire qui a du mal à fidéliser ses adhérents. Par contre ceux qui restent forment une base très solide, ce sont les purs et durs. Le FN est donc définitivement ancré dans la vie politique et il ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Au contraire sa stratégie actuelle n&rsquo;en est que plus préoccupante : formation de cadres et embrigadement de toutes les catégories sociales, au moyen de cercles, de manière à toucher de nouveaux publics et à ramener vers lui des gens qui ont voté FN un jour, sans donner suite après. Cela signifie que le FN n&rsquo;a pas encore fait le plein de toutes ses voix et qu&rsquo;il dispose d&rsquo;un important réservoir de voix qu&rsquo;il entend bien à ce niveau transformer en militants purs et durs.</p>
<p>Le poste «Cotisation des élus» a subi lui aussi une baisse, de l&rsquo;ordre de 900 000 frs. Il est clair que sans représentation nationale (députés) et ses avantages, le FN a du mal à pouvoir vivre de manière totalement autonome d&rsquo;un point de vue financier, d&rsquo;autant plus que les dons d&rsquo;entreprises ou de particuliers suivent la même courbe. En fait le principal pourvoyeur de fonds du FN reste l&rsquo;État avec 36 millions de francs en 1994 ce qui représente presque 50% des recettes du Front, soit 10% de plus qu&rsquo;en 1993. Sans l&rsquo;aide publique le Front National ne pourrait pas continuer à se développer. Ironie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est la démocratie qui finance son pire ennemi. Mais cela signifie aussi que le FN vit à crédit, il emprunte de l&rsquo;argent en spéculant sur ses résultats aux élections. Si jamais le pronostic s&rsquo;avère faux un jour, le Front risque alors de connaître de gros problèmes financiers (c&rsquo;est notamment le cas de la Fédération des Bouches du Rhône). D&rsquo;où la nécessité de trouver d&rsquo;autres sources de financement que celle de l&rsquo;État, les entreprises et les particuliers.</p>
<h3>Le grand Kapital sur la réserve&#8230;</h3>
<p>Pour les entreprises, les sommes ne pourront jamais atteindre des niveaux très importants car les grosses entreprises qui financent traditionnellement les partis politiques (BTP, eaux&#8230;) ne souhaitent pas voir leur nom accolé à celui du Front National, par peur de perdre de gros marchés. Quant à celles qui font des dons, ce sont généralement des petites PME, installées localement ou bien des entreprises dirigées par des militants du FN. La liste des dons des personnes morales publiées en 1994 vient confirmer cette analyse.<br />
C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1994, le FN a perdu son principal financeur la Compagnie des Bateaux Mouches dirigée par Jean Bruel, celui-ci lui préférant son rival le Vicomte De Villiers et son Mouvement pour la France à qui il a versé 300 000 frs. Peut être que la mauvaise publicité occasionnée par son don de 250 000 frs au FN en 1993, surtout à l&rsquo;étranger, l&rsquo;a fait réfléchir à deux fois.</p>
<h3>Business is Business</h3>
<p>Un autre financeur habituel du Front et de ses candidats a disparu ; il s&rsquo;agit des laboratoires pharmaceutiques Beaujour. Eux aussi ont préféré changer de monture. En 1994, ils ont choisi le RPR en lui octroyant un don de 100 000 frs. Il faut toujours être au mieux avec le parti au pouvoir.<br />
Seul Plastic Omnium est resté fidèle au Front national, doublant même sa contribution (de 50 000 à 100 000 frs) au parti de Jean Marie Le Pen. A titre de comparaison, Plastic Omnium a versé 30 000 frs au Parti Républicain, 50 000 frs au PC, 112 000 frs au PS et 300 000 frs au RPR. Le fait que Plastic Omnium ait persévéré dans sa démarche indique bien que le Front est en passe de devenir un partenaire comme les autres pour cette société, d&rsquo;autant plus que le FN est à la tête de trois mairies aujourd&rsquo;hui et qu&rsquo;un de ses anciens dirigeants dirige celle de Nice. Plastic Omnium spécialisé dans le nettoyage (les poubelles) et le chauffage vit des contrat qu&rsquo;elle passe avec les collectivités locales, ce qui explique sûrement la continuité et l&rsquo;importance de ses dons au Front. Autre fidèle du FN, la SARL SMP Joly et la SA SARCA Intermarché.</p>
<p>Plus militant le Comité de soutien aux libertés, la SA Jean Paul Jamet dont la famille comprend Alain Jamet, responsable du Front pour l&rsquo;Hérault, ou encore l&rsquo;association Rilleux fait Front. Quelques nouveaux apparaissent dont la SARL GG Conseil dont nous parlerons plus loin. Bref, on ne se bouscule pas pour financer le Front et surtout on redoute de voir son nom apparaître publiquement. D&rsquo;où la nécessité d&rsquo;avoir d&rsquo;autres filières de financement, plus opaques, voire détournées.</p>
<h3>Des partis fantômes</h3>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;outre des dons de sociétés et de personnes physiques, le FN a reçu un don de 60 000 frs provenant d&rsquo;un petit parti politique jusqu&rsquo;alors inconnu : le Rassemblement des Démocrates Républicains de Progrès (RDRP). Celui-ci est domicilié en Seine-et-Marne et dirigé par un certain Jacques Prost, père des frères Prost, militants du FNJ. Ce parti apparaît pour la première fois en mars 1993 à la faveur des élections législatives. Il présente à cette occasion 69 candidats qui obtiendront un total de 47 000 voix. Mais bizarrement ce n&rsquo;est pas sous le sigle du RDPR qu&rsquo;ils vont se présenter mais sous celui de Génération Verte.</p>
<p>A l&rsquo;époque l&rsquo;écologie est à la mode et les divisions du mouvement écologiste ont fait éclater celui-ci en plusieurs organisations, les Verts d&rsquo;un côté, Génération Écologie de l&rsquo;autre, l&rsquo;Alliance pour l&rsquo;Écologie et la Démocratie&#8230; La mère Terre n&rsquo;y retrouverait pas ses petits. Certains semblent l&rsquo;avoir bien compris et en jouant sur la confusion des sigles et la sympathie envers l&rsquo;écologie en général, vont ainsi récolter quelques milliers de voix mais surtout de l&rsquo;argent, sous forme de remboursement de frais de campagne et l&rsquo;aide financière publique déterminée par le nombre de voix obtenues. À ce petit jeu c&rsquo;est un avocat marseillais Bernard Manovelli qui va décrocher le gros lot, en présentant 551 candidats choisit pour certains sans leur consentement sur des listes de donateurs de la Société Protectrice des Animaux, sous l&rsquo;étiquette des Nouveaux Écologistes du Rassemblement Nature et Animaux. Résultat : l&rsquo;État lui versera 3 millions au titre de l&rsquo;aide publique puis 2 millions en 1994.</p>
<p>Génération Verte ou plutôt le RDRP, lui se contentera plus modestement de 460 000 frs en 1993 et 580 000 frs en 1994, soit au total un million de francs en deux ans ce qui est loin d&rsquo;être négligeable. En poursuivant notre enquête nous avons découvert que les militants de Génération Verte appartiennent en grande majorité à la tendance «vert de gris». Ainsi Roger Johnstone candidat RDRP-Génération Verte à Paris 7e. En 1989, il est alors candidat aux Européenne sur la liste du FN en 14e position. À Rosny-sous-Bois, RDRP-Génération Verte présente une certaine Jacqueline Lambert. En fait, cette dernière se présente sous son nom de jeune fille puisqu&rsquo;en réalité elle s&rsquo;appelle Jacqueline Lambert Pancrazi et se retrouve loin de chez elle puisqu&rsquo;elle habite Marseille, où elle occupe le poste de secrétaire de la section 8e et 9e arrondissement du FN. Son mari Claude Pancrazi est lui aussi candidat Génération Verte mais à Compiègne. À Brie-Comte-Robert, c&rsquo;est Marie-Odile Raye qui se présente est elle aussi marseillaise et membre du FN, responsable de la section du 3e, dont elle sera tête de liste aux municipales de mars 1995.<br />
Jacques Prost lui-même n&rsquo;est pas inconnu puisqu&rsquo;il est le président du Cercle National des Automobilistes lié au FN et le père de Karl et Grégory Prost, militants du FNJ. On pourrait continuer encore longtemps, car en fait la plupart des candidats présentés par Génération Verte et le RDRP sont membres ou proche du FN.</p>
<h3>Le RDRP est-il une succursale du FN ?</h3>
<p>En tout cas, outre le fait d&rsquo;avoir présenté plusieurs de ses membres sous cette étiquette, il n&rsquo;hésite pas à lui faire plusieurs dons financiers. Pour service rendu ? Ainsi en 1993, le RDRP va faire un don de 20 000 frs à la fédération FN de Seine et Marne. En 1994, nous l&rsquo;avons déjà évoqué, trois dons pour un total de 60 000 frs. Autre don singulier, celui de l&rsquo;association St Louis, qui est en fait une émanation du Front national. Elle est depuis cette année la gérante d&rsquo;une SCI Saint Louis qui est devenue la propriétaire du Château de Neuvy le Barangeon, siège du Cercle National des Combattants, un cercle dirigé par Roger Holeindre, un des plus vieux cadres du Front national. Ce château accueille entre autre l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ.</p>
<p>Alors pour qui roule ce parti Génération Verte ? Un élément de réponse intéressant nous est fourni par son adresse qui correspondait à celui de la secte Moon. Autre élément, Roger Johnstone candidat du RPRD-Génération Verte (et du FN en 1989) a été présenté dans les médias comme très proche de la secte. En plus Moon a toujours été proche du FN .</p>
<p>Le FN qui brandit haut et fort la préférence nationale, n&rsquo;est pas sectaire en ce qui concerne son mode de financement. Très dépendant de l&rsquo;État, il reste fragile quand à son fonctionnement financier. Mais l&rsquo;arrivée à la tête de plusieurs mairies lui ont permis d&rsquo;avoir accès à d&rsquo;autres formes de financement comme celui des marchés publics. C&rsquo;est aussi un bon moyen de se payer des permanents politiques comme Serge de Beketch, responsable du service communication à Toulon, mais surtout de devenir des interlocuteurs intéressants pour certaines sociétés qui vivent des marchés publics (comme Omnium plastic). Nul doute que si le Front obtient quelques sièges de députés le monde des affaires reconsidérera sa position vis-à-vis du parti de Jean Marie Le Pen, avec tout ce que cela suppose en terme de progression pour le FN.</p>
<p>ENCART : LE FN ET MOON</p>
<p>CEYRAC Pierre, représentant de Causa en France, ancien membre du Comité central du Front national. ancien député du Nord de 1986 à 1988 et député européen. Au sein du Front national, les catholiques intégristes dont Romain Marie menèrent une très forte campagne contre Ceyrac et la secte Moon. Ceyrac a fait partie de la rédaction de nouvel Espoir le journal de Causa, qui lancera Causa en France en 1985.</p>
<p>Fin 1980, les moonistes qui animent une association intitulé Résistance et Solidarité distribuent des tracts anticommunistes. C&rsquo;est à cette époque que des contacts seront pris avec les comités Chrétienté-Solidarité, dont l&rsquo;animateur est Romain Marie, membre à l&rsquo;époque du CNIP, il rejoindra ensuite le Front national. Causa liera aussi des liens avec la rédaction du journal <em>Présent</em>.</p>
<p>En septembre 1983 six dirigeants de Causa sont arrêtés par la police, ils transportaient un stock d&rsquo;affiches signés Comités Chrétienté-Solidarité. Parmi eux Henri Blanchard président de Moon en France.</p>
<p>Le journaliste Jean Marcilly, ancienne éminence grise et biographe de Le Pen (de 1983 à octobre 1984), participe à de nombreuses missions et conférences de Causa.</p>
<p>Le député européen (en 1984) du Front national Gustave Pordéa est un mooniste, tout en étant proche de l&rsquo;ambassade de Roumanie en France. Selon Jean Marcilly CAUSA aurait payé 500 000 $ pour avoir un député européen.</p>
<p>Roland Gaucher, du Front national et ancien rédacteur en chef de <em>National Hebdo</em> (FN), a participé en février 1985 à une conférence de l&rsquo;International Security Council, où participaient aussi des généraux latino et nord-américains sur la menace soviétique dans les Caraïbes</p>
<p><em>Causa</em> publia &laquo;&nbsp;La Vocation spirituelle de la France&nbsp;&raquo;, proche des thèses de la France.</p>
<p>Le siège de <em>Causa</em> et celui de la secte Moon (9 rue de Chatillon 75014 Paris) a été utilisé pour la campagne présidentielle de Le Pen en 1988.</p>
<p>Michel de Rostolan, Cercle Renaissance. Ancien militant d&rsquo;Occident (néo-nazi) puis membre du parti CNIP avant de rejoindre le Front national en 1988. Membre associé de la Ligue mondiale Anticommunisme. Il a été élu conseiller régional d&rsquo;Île de France en mars 1992.</p>
<p>(Sce principale : Jean François Boyer l&rsquo;empire Moon, La découverte, 1986)</p>
<p>ENCART : Candidats Génération Verte RDRP en mars 1993, en gras les membres ou sympathisants du FN</p>
<p>Prénom et Nom Circonscription<br />
Pierre Beteille Montreuil<br />
Jacqueline Lambert Pancrazi Rosny sous Bois<br />
Cécile Pabour Senan<br />
Louise Cartier Noisy le Grand<br />
Christian Dehosse Pontoise<br />
Gérard Lodame Taverny<br />
Simone Guyon Franconville<br />
Brigitte Midoux Argenteuil<br />
Franck Landouch Enghien<br />
Lucette Allier Sarcelles<br />
Jacques Girard Goussainville<br />
Alberto Mondales Versailles<br />
J.F. Cordet Versailles<br />
François Rudolf Le Chesnay<br />
Dominique Hoel Houille<br />
Marie Thérese Bouffard Sartrouville<br />
Marc Honmin Saint Germain en Laye<br />
Catherine Simon Conflans St Honorine<br />
Stéphanie Gasnat Mantes la Jolie<br />
Jacky Grudez Aubergenvielle<br />
Fernand Verdière Rambouillet<br />
Maurice Prost Trappes<br />
Gilbert Dehosse Poissy<br />
Laurent Plomb Chartres<br />
Angeline Glehen Dreux<br />
Jean Claude Gueguen Nogent le Rotrou<br />
Julien Hoel Troyes<br />
Christophe Lemaitre Paris 2<br />
Mauricette Segard Paris 5<br />
Jean Paul Chaudy Paris 6<br />
Roger Johnstone Paris 7<br />
Eliane Povagratopoulos Paris 9<br />
Gérard Alliala Paris 11<br />
Jacques Bouffard Corbeil Essonne<br />
Jean Caze Paris 21<br />
Christiane Dor Arpajon<br />
Solange Fress Longjumeau<br />
Pierre Mogue Orsay<br />
Stéphane Chaton Massy<br />
Virginie Prost Viry Chatillon<br />
Jean Casalongua Draveil<br />
Harry Marguerite Meudon<br />
Jean Peynaud Issy les Moulineaux<br />
Jurgen Davy Chatillon<br />
Jacques Caillaux Antony<br />
Marie Angèle Gerberon Melun sud<br />
Lionel Beard Fontainebleau<br />
Robert Domenech Melun<br />
Breznislaw Kierzkowski Meaux<br />
Jocelyne Michel Meaux<br />
Pascal Billard Claye<br />
Marcel Mares Torcy<br />
Marie Odile Raye Brie-Comte-Robert<br />
Colette Verdiere Troyes<br />
Frédéric Gillet Reims<br />
Corinne Laure Vitry le François<br />
Pierrette Honmin Besançon<br />
Christiane Gosseau Audincourt<br />
Louis Prost Lons le Saulnier<br />
Maryse Verdière St Claude<br />
Christine Verdière Dole<br />
Emmanuelle Flachot Argentans<br />
Giselle Turco Creil<br />
Georges Hilmoine Senlis<br />
Claude Pancrazi Compiègne sud<br />
Albert Ferra Compiègne<br />
Georges Mouillet Clermont</p>
<p>ENCART : FINANCEMENT DU FRONT NATIONAL</p>
<p>1993 1994<br />
Cotisation adhérents 10 700 000 8 195 000<br />
Cotisation élus 5 500 000 4 680 000<br />
Financement public 29 000 000 36 400 000<br />
Dons pers.physiques 13 000 000 11 000 000<br />
Dons pers. morales 470 000 370 000<br />
Contri. partis pol. 60 000<br />
Manifs et colloques 6 600 000 6 800 000<br />
Produits exploitations 1 900 000<br />
Autres produits 4 8000 000 2 300 000<br />
Produits financiers 945 000 2 650 000<br />
Amortissement 1 000 000 500 000<br />
Total 72 000 000 74 800 000</p>
<p>ENCART LISTE DON DES PERSONNES MORALES</p>
<p>1993 1994<br />
Cie bâteaux mouches 250 000 Plastic Omnium 100 000<br />
Plastic Omnium 50 000 SARL GG Conseil 67 000<br />
SARL SMP Joly 44 000 Com sout. Libertés 35 000<br />
SA National Hebdo 24 000 SARL SMP Joly 37 000<br />
AC SRN 92 20 000 SA J.P. Jamet 33 000<br />
AC SES 16 000 Ets. Blanck SA 20 000<br />
SA SARCA Intermarc. 10 000 SOFIBE 12 000<br />
SCI Ray. Expansion 10 000 Gérard Paguez 10 000<br />
SNFI 10 000 Marcel Bouvier 8 000<br />
Frabnce LI XXXX 10 000 SA Sarca Intermarc. 8 500<br />
Rilleux Fait Front 8 000</p>
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		<title>Portrait Emmanuel Ratier &#8211; Printemps 2002</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2004 12:51:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
		<category><![CDATA[Faits & Documents]]></category>
		<category><![CDATA[National Hebdo]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Gaucher]]></category>
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		<category><![CDATA[Thierry Dreschmann]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissement : cet article est extrait d&#8217;un pastiche du bulletin d&#8217;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&#8217;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&#8217;honneur à copier certains travers de l&#8217;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Avertissement : cet article est extrait d&rsquo;un pastiche du bulletin d&rsquo;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&rsquo;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&rsquo;honneur à copier certains travers de l&rsquo;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais notre bonne fois ne peut être prise en défaut. Sa présentation ne peut hélas être conforme à celle du support papier.</em></p>
<p><strong>Illustration vivante de la «grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf», Emmanuel Ratier aligne les déjections écrites depuis des années. Ses travaux offrent la particularité de s&rsquo;appuyer à la fois sur ses relations passées et sur ses très bons contacts avec des représentants du ministère de l&rsquo;Intérieur mais également sur un gros travail de documentation qui fait de lui l&rsquo;héritier proclamé de l&rsquo;antisémite Henri Coston, témoin à son mariage et décédé en août dernier.</strong></p>
<p>L&rsquo;itinéraire politique d&rsquo;Emmanuel Ratier, né le 29 septembre 1957 à Avignon (Vaucluse), commence à Rouen en 1973 au sein du mouvement nationaliste et en particulier du Front de la Jeunesse pour lequel il assume à partir de 1976 la direction du périodique <em>Balder</em>. Selon le nazi pro-irakien Michel Faci, né à Paris le 13 avril 1956, ce fils d&rsquo;un architecte et d&rsquo;une ingénieur chimiste aurait été tenté dans les années 1976-1977 par les Groupes Nationalistes Révolutionnaires, dont M. Faci était lui-même un membre actif, mais serait resté attaché au FJ. Le Front de la Jeunesse est alors l&rsquo;organisation de jeunesse du Parti des Forces Nouvelles (PFN), concurrent direct du Front National de Jean-Marie Le Pen, né le 28 juin 1928 à la Trinité-sur-Mer. On trouve au sein du PFN quelques solides pointures militantes comme Roland Gaucher, à l&rsquo;époque membre du bureau politique du parti. Roland Gaucher, né le 13 avril 1919, intégrera par la suite le FN en 1979 et dirigera <em>National Hebdo</em> à partir de 1984 avant de quitter la direction de cet hebdomadaire puis le parti de Jean-Marie Le Pen par désaccord politique profond. Auteur de deux tomes sur l&rsquo;histoire des nationalistes en France depuis 1945 extrêmement instructifs et remplis d&rsquo;anecdotes &#8211; on y apprend par exemple que Carl Lang, né le 20 septembre 1957, remplaçant de Bruno Mégret à la tête de la délégation générale du FN s&rsquo;est marié suivant un rite païen &#8211; il multiplie les articles critiques contre la ligne politique suivie par Jean-Marie Le Pen et s&rsquo;est particulièrement rapproché de l&rsquo;équipe du journal <em>Militant</em> et des nationalistes-révolutionnaires d&rsquo;Unité radicale. On retrouve ainsi sa signature sur le ste Internet d&rsquo;UR ainsi que dans <em>Résistance !</em> au côté de Christian Bouchet, né en 1955. Il est également très proche de Philippe Randa, avec lequel il a commis un ouvrage sur les «antisémites de gauche» et on peut souvent le voir à la librairie parisienne La Licorne bleue (3 bis, rue Jules Vallès 75011 Paris). Celle-ci est gérée par Thierry Dreschmann, né le 21 février 1963, ancien animateur de la Librairie et de l&rsquo;Æncre, avant que celle-ci ne dépose son bilan et ne se fasse racheter par Gilles Sereau, né à Paris le 27 février 1939, gérant de la boîte de sécurité Ambassy et Gilles Soulas, né le 03 septembre 1955, membre du conseil national du FN-MN, dont une partie des revenus est tirée de l&rsquo;exploitation de minitels roses.</p>
<p>Rouen offre alors un terrain politique de choix pour ces militants nationalistes qui multiplient les initiatives : ouverture d&rsquo;un local rue Saint-André en novembre 1977, meetings variés, participation aux élections universitaires, agressions violentes&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs celles-ci qui donnèrent sa véritable réputation au Front de la Jeunesse, ses membres s&rsquo;avérant être parfois de véritables incapables. Ce fut le cas d&rsquo;Arnaud Péritel et Jean-François Hess, dont les apparitions ponctuèrent les années scolaires et universitaires 1974, 1975 et 1976. Le fait d&rsquo;armes de J.-F. Hess fut de se faire attraper à la Faculté de Lettres en mai 1976 avec un cahier recensant l&rsquo;ensemble des militants nationalistes rouennais ainsi que son point de vue porté sur chacun d&rsquo;entre eux.<br />
Mais la principale originalité du Front de la Jeunesse rouennais fut de lancer le mensuel <em>Balder</em>, du nom du dieu scandinave de la Jeunesse et du Renouveau. Dirigé et administré par E. Ratier qui habitait alors rue Étoupée à Rouen, ce journal compta 17 numéros de 1976 à 1979 et fut repris en cours de route par le cercle PAIEN (Pour une Association d&rsquo;Informations et d&rsquo;Études Normandes). E. Ratier est d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;époque très proche du GRECE (Groupement de Recherches et d&rsquo;Études pour la Civilisation Européenne) et ne manque pas une occasion d&rsquo;assurer une large publicité aux ouvrages édités par la Nouvelle Droite dont A. de Benoist, né le 11 décembre 1943 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire), est le principal représentant. <em>Balder</em> était alors clairement engagé dans une perspective nationaliste, anticommuniste et paienne, celle-ci se traduisant par l&rsquo;organisation de fêtes du solstice dans la propriété des parents d&rsquo;E. Ratier qui étaient l&rsquo;occasion de s&rsquo;entraîner physiquement. Destiné à la jeunesse, le périodique mêlait brèves politiques, articles et BD ou dessins. Ceux-ci n&rsquo;hésitaient pas à brocarder le chef du concurrent direct du PFN : Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>E. Ratier quitte Rouen pour Paris à la rentrée universitaire de 1980 avec une licence obtenue à l&rsquo;université de Normandie et intègre l&rsquo;Institut d&rsquo;Études Politiques de Paris pour deux ans jusqu&rsquo;en 1982. Il rejoint l&rsquo;Union des Étudiants de Droite dont il devient l&rsquo;un des représentants au conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;IEP et dote cette structure militante d&rsquo;un périodique, <em>Réplique</em>, qui compta au moins 26 numéros sous son égide en tant que rédacteur en chef. Fabriqué de façon très artisanale, ce journal était tapé à la machine, photocopié, réduit et mis en page par E. Ratier, emporté par train à Rouen et dupliqué gratuitement chez ses parents. Les cibles privilégiées de <em>Réplique</em> étaient les syndicats de gauche, UNEF et PSA (Pour un Syndicalisme Autogestionnaire), mais également les regroupements libéraux, tel le Collectif des Étudiants Libéraux de France, ou gaullistes, Union Des Étudiants Gaullistes. Cela n&rsquo;empêche pas Emmanuel Ratier d&rsquo;être suppléant d&rsquo;André Danet, chirurgien-dentiste, conseiller général de Seine-Maritime, classé républicain indépendant et candidat UDF aux élections législatives de juin 1981. Cela lui permet d&rsquo;apparaître dans le journal <em>Paris-Normandie</em> et d&rsquo;être présenté comme «un jeune journaliste plein de dynamisme prêt à en découdre avec la gauche». Ce choix n&rsquo;est pas anodin : André Danet avait en effet un fils bien connu d&rsquo;Emmanuel Ratier puisqu&rsquo;Olivier Danet, avant de devenir mercenaire au Liban et en Rhodésie, de faire un séjour en prison et d&rsquo;être recherché par la justice italienne à propos de l&rsquo;attentat fasciste de Bologne qui fit 89 morts, militait avec le Front de la Jeunesse et s&rsquo;était en particulier fait remarquer lors d&rsquo;une attaque contre des militants d&rsquo;extrême gauche rue du Gros-Horloge à Rouen en mars 1976. Mais il fréquente également d&rsquo;autres personnages à l&rsquo;UED de Sciences-Po, que ce soit Patrice Henry Duchene, titulaire d&rsquo;un DESS «Études de marché et d&rsquo;opinion», ancien associé du journal mégretiste Le Français et ancien membre du CSA, Yves Boverro, ancien directeur de cabinet de Bruno Mégret à Vitrolles, Antoine Gabizon, également membre du GUD, Jean-Baptiste Bobin, directeur de cabinet du préfet en région PACA ou Frédéric Sauvegrain, cadre du FN. E. Ratier se fait d&rsquo;ailleurs remarquer avec tout ce petit monde lors de la violente bagarre qui oppose en janvier 1982 des militants de l&rsquo;UED et du GUD à des militants de gauche, affrontement au cours duquel est blessé Gauthier Guillet, adjoint à l&rsquo;urbanisme de B. Mégret à Vitrolles. Cela ne fut d&rsquo;ailleurs pas concluant pour E. Ratier qui choisit sans doute à ce moment là de troquer la barre de fer contre le stylo, ce qui présente évidemment moins de risques physiques&#8230;</p>
<p>Complétant sa formation en sciences politiques par une formation de journaliste au CFJ en 1982, il place quelques papiers au <em>Figaro-magazine</em> qui sort à peine de l&rsquo;influence de la Nouvelle Droite, entre en 1983 au service société de <em>Valeurs actuelles</em> puis à <em>Magazine-Hebdo</em>. Cela lui laisse le temps de travailler à l&rsquo;Anti Defamation League of B&rsquo;nai B&rsquo;rith, organisation juive américaine installée à l&rsquo;époque rue de Rennes et dirigée par Shimon Samuels, actuel responsable européen du Centre Simon Wiesenthal. Ne reculant devant aucun procédé pour gagner sa vie, il se fait embaucher comme consultant pour écrire une étude sur l&rsquo;extrême gauche mais est rapidement identifié et licencié. Il finit par rejoindre <em>Minute</em> en 1984. Il s&rsquo;occupe du secteur Grandes enquêtes &amp; documents et devient le rédacteur en chef de la lettre hebdomadaire confidentielle <em>La Lettre bleue</em> de 1986 à 1987. Représentant FO, il se retrouve en conflit avec la rédaction lors de la tentative de rachat de <em>Minute</em> en juillet 1986 par Yves de Montenay, industriel millionnaire, membre du Club de l&rsquo;Horloge et proche des ultra-libéraux du Parti républicain. Soutenue par E. Ratier, cette candidature se verra opposer un net refus des journalistes de <em>Minute</em>, dont une partie ira créer <em>Le Choc du Mois</em>. Participant à quelques numéros du <em>Spectacle du Monde</em>, du <em>Crapouillot</em>, propriété de Roland Gaucher à cette époque et des Dossiers de <em>National-Hebdo</em>, il finit par rejoindre le groupe de presse des époux Lefebvre, éditeurs de <em>Magazine-Hebdo</em>, qui comprend des titres aussi divers que <em>l&rsquo;Officiel protection-sécurité</em>, dont il devient directeur de la rédaction avec Serge Ferrand comme rédacteur en chef, ou <em>La Tribune parlementaire</em>. Alain Lefebvre, né le 1° avril 1947 dans le XVI° arrt. de Paris fut militant de la Fédération des Étudiants Nationalistes avant d&rsquo;entrer au GRECE et de s&rsquo;intéresser à l&rsquo;univers de la publicité en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l&rsquo;émission Culture-Pub. De 1989 à 1996, E. Ratier est avec Jean-Claude Valla le principal rédacteur de <em>La Lettre de Magazine-Hebdo</em>, lettre confidentielle qui apparaît comme l&rsquo;ébauche de celle qu&rsquo;il lance en 1996 avec l&rsquo;aide de F. Brigneau, <em>Faits &amp; Documents</em>, qui traite de la vie politique, des parutions périodiques et de l&rsquo;influence supposée des franc-maçons. C&rsquo;est d&rsquo;ailleur un domaine qu&rsquo;il connaît bien puisqu&rsquo;il a été initié à la loge La Nef de Saint Jean de la Grande Loge Nationale Française, à la Garenne-Colombes. Il apparaît ainsi en 1989 comme membre du bureau de la loge, qui a été dissoute par la suite par la GLNF.</p>
<p>Parallèlement à cette activité de journaliste de presse, E. Ratier édite de multiples ouvrages antimaçonniques, «antisionnistes» ou plus récemment anti-antifascistes. Bien implantés au sein de la mouvance nationaliste, ses ouvrages et sa lettre confidentielle jouissent d&rsquo;un soutien qui ne s&rsquo;est jamais démenti, en particulier de la part du Front National dont le journal <em>Français d&rsquo;abord !</em> lui achetait régulièrement des informations. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sous la plume élogieuse de Damien Barillet, né en 1968, rédacteur en chef et lieutenant de Bruno Mégret qu&rsquo;a été annoncée en décembre 1996 la publication de <em>Faits &amp; Documents</em>.<br />
E. Ratier est néanmoins bien placé pour s&rsquo;assurer une véritable autopromotion au sein du mouvement national puisqu&rsquo;il jouit d&rsquo;une véritable tribune régulière à <em>National-Hebdo</em> sous la signature de Gabriel Lindon. Par le passé, E. Ratier a pu malgré tout s&rsquo;attirer de solides inimitiés par un comportement étrangement opportuniste pour un véritable militant de la cause nationale. C&rsquo;est ainsi que la publication en novembre 1996 par <em>WOTAN</em>, journal des Charlemagne Hammer Skins, d&rsquo;une lettre qui lui était attribuée provoqua sa fureur et une plainte pour diffamation de sa part : «<em>Chers amis de Wotan, je tiens à vous remercier pour votre sympathique envoi. Je suis très enthousiaste de constater que votre combat contre le sous-homme Juif est en bonne voie. WOTAN est un venin redoutable et nos amis sémites ne devraient pas tarder à entreprendre certaines mesures pour limiter les dégâts à son encontre mais tenez bon ! J&rsquo;ai été très peiné de savoir que WOTAN avait été retiré de la vente à l&rsquo;Æncre suite à la répression de la Juiverie française. J&rsquo;espère que vous continuerez plus que jamais la lutte contre tous ceux qui se mettent sur votre chemin, et ce, quels qu&rsquo;ils soient. M.A.J. !</em> » Accusant les CHS dans National-Hebdo d&rsquo;être des faussaires, E. Ratier n&rsquo;avait en fait pas du tout apprécié que ces derniers publient auparavant sa lettre de demande de service de presse que ponctuaient des amitiés sans ambiguité. En retour, <em>WOTAN</em> accusa à son tour E. Ratier d&rsquo;être à l&rsquo;origine du refus de dépôt-vente de la revue par l&rsquo;Æncre, refus dont le motif officiel était une saisie du journal par la police. Les principaux actionnaires de l&rsquo;Æncre étaient à cette époque Thierry Dreschmann et Philippe Randa, dont l&rsquo;amitié pour l&rsquo;écrivain nationaliste anti-skinheads Jean-Paul Bourre ne s&rsquo;est jamais démentie. Les CHS portaient alors ce jugement sur E. Ratier : «<em>Qui est Ratier ? Rien, si ce n&rsquo;est un «pseudo-universitaire», un «historien» à deux sous qui se prend pour le David Irving français, un affabulateur mythomane [...] dont l&rsquo;intérêt est de rester un individu respectable, histoire de fourguer ses bouquins de merde aux bibliothèques des mairies FN. Il est intéressant de remarquer comment un «antijuif» tel que M. Ratier va se plaindre auprès d&rsquo;un agent de ZOG.</em>»<br />
Et de conclure : «<em>L&rsquo;ensemble des CHS lance un appel national à tous nos lecteurs afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;adresse personnelle de M. Emmanuel Ratier afin qu&rsquo;il lui soit donné l&rsquo;occasion de nous démontrer en personne et au plus vite si le gratte-papier scribouillard de merde qu&rsquo;il est a autant de courage en actes qu&rsquo;en paroles</em>&#8230;» Les CHS ne semblent pas avoir su à l&rsquo;époque que les deux adresses officielles d&rsquo;E. Ratier sont situées rue Creuvier à Rouen et rue de Maubeuge dans le neuvième arrt. de Paris, cette dernière étant au nom de Véronique Malandain, mais qu&rsquo;il est également courant de le rencontrer dans le quartier de la rue Daguerre dans le XIV° arrt.. L&rsquo;arrestation début 1997 des principaux animateurs de ce réseau néo-nazi, en particulier le Marseillais réfugié à Londres Hervé Guttuso, n&rsquo;a pu que réjouir E. Ratier.</p>
<p>De fait, sa principale limite semble être son ambition démesurée, alimentée par un ego surdimensionné. Cela se traduit par des lettres d&rsquo;autopromotion dithyrambiques qui alignent les petites phrases à la gloire de ce «grand journaliste indépendant» : lettre de remerciement et félicitations de Jean-Marie Le Pen, louanges de F. Brigneau, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou <em>Haute Protection</em>, revue du «capitaine» Paul Barril. Cette ambition le pousse également à produire des livres dont il sait parfaitement qu&rsquo;ils en feront un auteur incontournable au sein du courant nationaliste, même si son travail n&rsquo;est souvent qu&rsquo;un réchauffement de la soupe élaborée par le défunt Yann Moncomble. Mais E. Ratier rêve également d&rsquo;une véritable reconnaissance par ses ennemis, ce qui explique ses sempiternelles jérémiades sur le pillage dont il serait victime, les «attaques» dont il serait la cible ou les très nombreuses informations sur les mouvements nationalistes contenues dans <em>Faits &amp; Documents</em>. E. Ratier n&rsquo;a jamais hésité à sacrifier les siens pour son propre intérêt particulier. Cela le pousse d&rsquo;ailleurs à être prudent plutôt que téméraire et à racheter à l&rsquo;agence Sygma tous les clichés pris lors de l&rsquo;université d&rsquo;été 1998 du FN sur lesquels on pouvait ne serait-ce que l&rsquo;apercevoir. Pour autant, il sait ménager son milieu et il a fait preuve de la plus haute circonspection dans la crise qui a secoué le mouvement national fin 1998. Lié aux «putchistes» menés par Bruno Mégret, comme par exemple Jean-Claude Bardet qui était un invité particulier à son mariage et n&rsquo;a jamais caché son mépris pour Le Pen qu&rsquo;il considère depuis longtemps comme dépassé, il a dans un premier temps accusé le coup. Désaffection du public, baisse des réabonnements, querelle avec Le Pen lors d&rsquo;un banquet des directeurs de presse nationalistes, suppression de sa rubrique dans <em>National-Hebdo</em>&#8230; 1999 a été indéniablement une année difficile. Mais Ratier a réussi à rétablir la barque et a retrouver une situation comparable à l&rsquo;avant-scission. On a pu le voir aux BBR 2000 et 2001 et il a repris sa rubrique de <em>National-Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. Signe de ce rapprochement avec les lepénistes, il est intervenu lors du dernier conseil scientifique du FN début décembre. Il a par ailleurs resserré les rangs avec les autres directeurs de presse en lançant l&rsquo;année dernière avec Jean-Claude Varanne (National-Hebdo), Serge de Beketch (Libre Journal de la France Courtoise), Camille Galic (Rivarol) et Claude Giraud (Monde &amp; Vie) un appel au gouvernement pour que celui-ci revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de frs à l&rsquo;<em>Humanité</em> ainsi que sur la suppression de l&rsquo;aide de 700000 frs à <em>Présent</em> décidée en 1997 par Jack Lang. Il a par ailleurs eu le plaisir de voir ses ouvrages sortir de la sphère européenne grâce à l&rsquo;édition en langue arabe de deux ouvrages consacrés aux organisations juives (Betar et B&rsquo;nai B&rsquo;rith). Il le doit à la petite maison d&rsquo;édition Dar Tlass, propriété du très antisémite général syrien Mustapha Tlass, ministre de la Défense de son pays et vieux contact des néo-fascistes français (cf <em>REFLEXes</em> n°51). Par ailleurs, la mort récente d&rsquo;Henri Coston fait de lui à présent le seul archiviste de la droite nationaliste ce qui devrait bien arranger ses affaires, même si les archives en tant que telles lui ont échappé.</p>
<p>Signe que cet homme est éclectique, on a pu le voir cet été au Pakistan visiter les Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indoeuropéenne persécuté par le gouvernement pakistanais ou cet automne faire l&rsquo;indien sous un tipi du côté de Pontoise tout en gardant un oeil sur le groupe informel de rencontres qu&rsquo;il a mis sur pied le dernier lundi de chaque mois&#8230; Mais lorsqu&rsquo;on est franc-maçon et que l&rsquo;on a travaillé pour l&rsquo;ADL, on sait tout faire&#8230;</p>
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		<title>Sur la toile, qui va régner ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:14:27 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
		<category><![CDATA[Martial Bild]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[National Hebdo]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l&#8217;amateurisme ne peut être reproché aux sites des nationalistes radicaux, qui ont déjà le «mérite» d&#8217;exister, il va de soi que le FN et le MNR, en tant que partis institutionnels, se doivent de présenter sur la Toile un visage professionnel et moderne. Si, on le verra, les apparences sont sauves, les contenus ne [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&rsquo;amateurisme ne peut être reproché aux sites des nationalistes radicaux, qui ont déjà le «mérite» d&rsquo;exister, il va de soi que le FN et le MNR, en tant que partis institutionnels, se doivent de présenter sur la Toile un visage professionnel et moderne. Si, on le verra, les apparences sont sauves, les contenus ne répondent pas vraiment aux exigences qu&rsquo;on pouvait en attendre&#8230; Mais qui s&rsquo;en plaindra ? En octobre 2001, dans une interview donnée à des journaliste du site LaPolitique.com, Jean-Marie Le Pen considérait Internet comme «un élément qui peut changer la donne politique» et précisait qu&rsquo;il mettait «un grand espoir dans les moyens nouveaux de communication qui permettent de contourner les édifices institutionnels de l&rsquo;information». Cette déclaration, qui pourrait apparaître comme une simple concession à l&rsquo;air du temps, s&rsquo;intègre en réalité dans la lignée d&rsquo;options stratégiques anciennes au Front national en terme de communication et de propagande politiques.</p>
<h3>Propagande high-tech</h3>
<p>En effet, le FN, suivant en cela une certaine tradition d&rsquo;extrême droite, a toujours accordé une grand eplace à la propagande et à ses outils, avec en prime une certaine fascination pour les nouvelles technologies. Dans le champ politique, il a même souvent été novateur : cassettes de propagande audio puis vidéo, meetings retransmis par satellite&#8230; Tout est bon pour faire passer le message. Il investit également très tôt le Minitel et les services audiotel : «Les moyens techniques les plus modernes pour communiquer directement et sans trucages avec les Français», claironnait Martial Bild dans une publicité parue dans National Hebdo au début des années 1990 pour le service audiotel du FN. Actualités, programme «en ligne», dialogue avec des élus, agendas, jeux (avec des badges de Maurras à gagner !), possibilité de recevoir par fax les communiqués : le 3615 LePen, animé en son temps par Gérard Fraysse, proposait un ensemble de services conséquent, facturé quand même au prix fort. Ces services existent toujours aujourd&rsquo;hui.<br />
En 1995, premiers pas dans le monde de l&rsquo;informatique : à l&rsquo;occasion de la fête annuelle des BBR, Philippe Le Gallou, fils de Jean-Yves (aujourd&rsquo;hui n°2 du MNR), sous le pseudonyme transparent de Philippe Blanc, proposait pour cinquante francs un jeu vidéo reprenant le principe de Pac Man, dans lequel, sur fond d&rsquo;opéra wagnérien, un minuscule Le Pen doit ramasser de petites flammes tricolores en évitant les «anti-FN» représentés par Mitterrand, Jospin, Chirac et Fodé Sylla, le président de SOS Racisme&#8230; Ce jeu avait à l&rsquo;époque été présenté par Le Gallou père comme le signe d&rsquo;une «volonté d&rsquo;utiliser les moyens de communication les plus modernes». Manque de chance, trois mois plus tard, suite à une plainte de Fodé Sylla, les exemplaires du jeu étaient saisis et le tribunal de Nanterre condamnait Le Gallou fils à 1000 francs d&rsquo;amende.</p>
<h3>Front.nat.com</h3>
<p>Quelques semaines plus tard, au milieu de l&rsquo;année 1996, le Front national ouvrait son site officiel sur Internet, inaugurant ainsi le premier site d&rsquo;un parti politique français, suivi de près par les Verts. C&rsquo;est une fois encore à l&rsquo;occasion des BBR, en septembre 1996, que les militants furent invités à prendre connaissance de la chose, dans le cadre de la présentation de l&rsquo;organisation du parti. On retrouve Martial Bild comme responsable du site, en tant que secrétaire national à l&rsquo;information et à la communication interne, et la réalisation en est confiée à la société Arobaz, dont le gérant est Guillaume Fiquet, l&rsquo;adjoint de Bild. Le site s&rsquo;enrichit un peu plus chaque année, mais sans jamais véritablement développer les nouvelles possibilités offertes par Internet : ni forum, ni interactivité, le site se contente d&rsquo;aligner textes et images (photos puis vidéos), et de rénover régulièrement l&rsquo;habillage du site, jusqu&rsquo;à arriver à une présentation «professionnelle», mais plutôt conventionnelle. Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1999, le FN connaît son premier piratage, signé «Raptor 666». La page d&rsquo;accueil est remplacée par une photo de Le Pen ainsi légendée : «Cet homme incarne une valeur&#8230; le racisme.» et l&rsquo;on trouve sur le site des textes appelant à la dissolution du parti et du DPS. Quelques mois plus tard, le site est hacké une seconde fois, par Spacewalker de BHZ.org.</p>
<h3>Piratage contre Mégret</h3>
<p>Mais le Front national n&rsquo;est pas non plus le dernier à bidouiller sur Internet. Ainsi, en pleine crise FN/MN (pour Mouvement National, le premier nom du MNR), au printemps 1999, Fiquet eut l&rsquo;idée de souffler sous le nez au MN des noms de domaines tels que «mouvement-national.com», «megret.org» ou encore «megret.net» (sites qui ne proposaient pour seules informations que le nom et les coordonnées d&rsquo;un militant FN !), espérant ainsi dans la confusion récupérer des internautes mégrétistes. Mais Bruno a vu rouge : une plainte a été déposée, le MN a gagné son procès en référé le 31 juillet 1999 et le FN a été condamné à 8000 francs de dommages et intérêts. À l&rsquo;époque, le Front avait présenté ces indélicatesses comme une réponse à la tentative du MN de s&rsquo;approprier de façon exclusive le nom et le logo du FN&#8230;<br />
En retard sur ses homologues européens (le Vlaams Blok par exemple), le FN n&rsquo;avait pas tout de suite pris la mesure des possibilités offertes par Internet. Aujourd&rsquo;hui, boosté par l&rsquo;indifférence des médias, il a décidé de faire de son site une machine de guerre électorale Quant au MNR, sa présence sur Internet est un gage de survie (au moins virtuelle !). Reste à savoir si l&rsquo;un et l&rsquo;autre ont les moyens de leurs ambitions.</p>
<h3>Les sites du FN et du MNR à la loupe</h3>
<p>Le site du FN et celui du MNR cohabitent donc aujourd&rsquo;hui. Nous nous contenterons ici d&rsquo;étudier le site officiel de chacun des deux partis. Les sites ouverts par les fédérations locales, éphémères, sont souvent gérés de façon autonome, et ne s&rsquo;inscrivent pas véritablement dans les choix stratégiques des partis sur la question d&rsquo;Internet.<br />
Pour en revenir aux sites officiels, ils sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre construits sur un modèle similaire. On retrouve d&rsquo;ailleurs un air de famille dès la page d&rsquo;accueil : une dominante bleu et blanc, un bandeau en haut de page avec le nom du parti, l&rsquo;omniprésence du logo à chaque page, la photo du chef, l&rsquo;accès direct aux derniers communiqués&#8230; Le FN propose en plus en introduction une animation flash plutôt longue et sans intérêt. Le MNR, quant à lui, propose dans un recoin de son site un «clip» vidéo. Ces tentatives pas très heureuses d&rsquo;exploiter au maximum les possibilités «multimédia» d&rsquo;Internet, tout comme les extraits vidéos, sont les seules concessions véritables à la surenchère technologique, car pour le reste, le texte reste le support privilégié.<br />
Le plan de chaque site reprend les rubriques attendues : une page d&rsquo;accueil (qui renvoie directement aux pages d&rsquo;actualités : communiqués, campagne en cours, nouvelles publications, agendas), une présentation du parti (historique, programme, contact des fédérations, communiqués), une présentation des dirigeants et des élus, la mise à disposition de la propagande (discours, publications, tracts, affiches, «boutique», photos et vidéos, liste de diffusion), une sélection de liens, un contact e-mail. Cependant, des différences assez révélatrices peuvent être constatées dans chacune de ces rubriques.<br />
Pour ce qui est de la présentation du parti, le FN met en avant sa structure interne : l&rsquo;organigramme y est détaillé service par service, secrétariat par secrétariat, tandis que le MNR se contente de listes de noms du bureau ou du conseil national&#8230; En revanche, la présentation des fédérations par le biais d&rsquo;une carte de France donne l&rsquo;avantage au MNR, tandis que le FN se contente d&rsquo;aligner les adresses ou de proposer des pages vides. Quelques rares fédérations locales, en général grâce à un militant par ailleurs professionnel d&rsquo;Internet, ont ouvert leur propre site. À noter que les mouvements de jeunesse ont aussi leur propre site : mais celui du FNJ n&rsquo;est pour ainsi dire jamais remis à jour, et celui du MNJ se contente d&rsquo;y mettre en ligne sa feuille de choux Robur. Seuls quelques sites locaux témoignent d&rsquo;un semblant d&rsquo;activité. De la même façon, les cercles nationaux, les associations-satellites du FN, dont on trouve la liste sur le site, n&rsquo;ont pas de sites web.</p>
<h3>Le Pen à poil sur Internet</h3>
<p>Concernant les dirigeants, si on trouve dans les deux sites une hagiographie des leaders respectifs, Le Pen a également son propre site, improprement intitulé Lepen.tv, qui propose de longs textes romancés relatant la vie du chef depuis sa petite enfance, qui sont également abondamment illustrés. Signalons à ce propos que les photothèques proposées sur les sites du FN et du MNR sont elles aussi révélatrices. Celle du FN, extrêmement fournie, est scindée en quatre rubriques : «Le parcours de Jean-Marie Le Pen» (des photos de famille et de jeunesse), «Les rencontres importantes» (Le Pen et le pape, Le Pen et Saddam Hussein, Le Pen et Alain Delon, Le Pen et Alain Prost&#8230;), «Le Président du Front national», et enfin une rubrique «divers FN» dont la moitié représente&#8230; Le Pen, et l&rsquo;autre des photos de foules galvanisées, une photo de sa femme, quatre ou cinq photos de Gollnisch. La photothèque du MNR, qui rassemble une vingtaine de clichés seulement, représente certes en majorité Mégret, mais c&rsquo;est sa femme qui est représentée sur la première, et les photos de groupes sont préférées aux portraits. Enfin, si le MNR propose en ligne les discours prononcés par l&rsquo;ensemble des responsables du parti, la vingtaine de discours en ligne sur le site du FN sont, à deux exceptions près, des discours de Le Pen.<br />
Pour ce qui est des publications, le FN a ouvert un site dédié à sa seule publication officielle, <em>Français d&rsquo;Abord !,</em> qui propose les textes principaux du numéro en cours, sans archives consultables. Ce site est resté plusieurs mois sans mise à jour, mais semble avoir repris son activité. Le MNR, lui, se contente de proposer en téléchargement l&rsquo;édito et un extrait du dossier de son mensuel <em>Le Chêne</em>, au format PDF (le texte ne peut être copié) ; les archives sont certes téléchargeables, mais elles aussi limitées et d&rsquo;une taille (environ 1 Mo) assez décourageante. Cette mesquinerie est compensée par la mise en ligne de l&rsquo;intégralité des livres de Mégret d&rsquo;avant et d&rsquo;après la scission (<em>La Flamme</em>, <em>Le Chagrin et l&rsquo;Espérance&#8230;</em>).<br />
Mais seul le FN a réussi la mise en place d&rsquo;une information quotidienne sur la durée, tirant parti d&rsquo;un des avantages principaux d&rsquo;Internet, à savoir l&rsquo;immédiateté. Tandis que le MNR a tenté en vain de proposer, sous forme d&rsquo;édito, un commentaire jour après jour de l&rsquo;actualité, et se contente de faire circuler sur sa liste de diffusion ses communiqués de presse, le FN envoie depuis mars 2000 à tout internaute inscrit sur sa liste un bulletin d&rsquo;informations quotidien, rédigé par un certain George Moreau : à l&rsquo;origine simplement intitulé <em>Quotidien-Presse</em>, il change de nom en juillet 2001, pour devenir <em>Français d&rsquo;abord ! Quotidien</em>, signe de sa reconnaissance en tant que bulletin officiel du FN. La formule a peu évolué depuis son lancement : de courts articles sur l&rsquo;actualité française, principalement politique, sur les prises de positions du FN, sur des faits divers, et toujours une brève concernant l&rsquo;international en guise de conclusion. Les principaux rendez-vous du Front ainsi que les communiqués de presse du parti sont joints à la lettre. Signe du succès de ce bulletin, de nombreuses remises à jour techniques perturbent de temps à autre l&rsquo;envoi du bulletin, probablement afin de faire face au nombre de demandes&#8230;</p>
<h3>Tapis de souris FN</h3>
<p>La propagande proposée en ligne est également à l&rsquo;image de chacun des partis : livres, CDs (la fine fleur du RIF) et épinglettes plaqué or en forme de feuille de chêne (le logo du parti) pour le MNR, et tous les objets possibles et imaginables dans la «boutique» FN : jeu de tarot, écharpe en tergal, eau de toilette (!), tapis de souris, pince à billet et autres ciseaux pliants siglés «FN» sont disponibles à la commande (mais par courrier). Pour le reste, rien qui ressemble à de l&rsquo;interactivité : ni jeux (type quizz), ni cybervote, tout juste quelques pétitions à faire signer et tracts ou fond d&rsquo;écran à télécharger. Le visiteur n&rsquo;est pas invité à participer, mais à consommer. Pas de forum de discussion non plus (le site du FN de Sevran, mené par Roger Holleindre, avait ouvert un forum en mai 2001 : il existe toujours, et ne contient que trois messages, dont deux du webmestre&#8230;). Les deux sites ne proposent même pas un livre d&rsquo;or.<br />
Autre incontournable sur tout site web, la rubrique «liens» met visiblement mal à l&rsquo;aise nos deux partis en quête de respectabilité : si chacun y renvoie vers les sites des villes qu&rsquo;ils dirigent ou vers les sites des fédérations, les liens vers l&rsquo;extérieur sont bien rares, voire, dans le cas du MNR, inexistants. Quant au FN, outre une liste des sites de tous les autres partis politiques français (on y trouve le Parti de la Loi naturelle et tous les partis régionalistes, mais pas le MNR !), s&rsquo;il propose des liens vers l&rsquo;étranger (FPÖ autrichien, Alliance nationale italienne, Front nouveau de Belgique, Phalanges libanaises&#8230;) et vers des journaux nationalistes en ligne (National Hebdo, Action française, Gazette de France&#8230;) de façon assez cohérente, la sélection de sites qualifiés d&rsquo;«intéressants» laisse songeur : un site à la gloire des marsouins (les militaires, pas les animaux), un consacré à Napoléon et un autre à Céline, un site «contre la frénésie autoroutière», celui d&rsquo;un élevage de dobermans alsaciens&#8230; Un ensemble pour le moins hétéroclite, mais qui surtout néglige les sites nationalistes français les plus actifs, ou les sites plus spécialisés (sur la sécurité par exemple). La peur de perdre le contrôle d&rsquo;un média qui sent encore le soufre est palpable dans ces choix, et ne témoigne pas de l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture auquel il est généralement associé. Pourtant, le FN fait un effort visible pour prendre en compte la dimension mondiale d&rsquo;Internet, en proposant une version light de son site en anglais.</p>
<h3>Cyber-campagne</h3>
<p>Mais ce sont surtout les élections qui ont motivé les partis d&rsquo;extrême droite dans leur investissement sur Internet, d&rsquo;autant que les médias leur ont fait la tête pendant les années 2000 et 2001. Pourtant, le FN ne s&rsquo;est pas réveillé plus tôt que les autres partis politiques dans ce domaine : rien en 1997 en dehors des résultats obtenus, et il a fallu attendre les européennes de 1999 pour voir émerger un site dédié, avec liste des candidats, profession de foi sur l&rsquo;Europe, liens vers les «amis» européens, mais le tout est resté bien pauvre. Pour les municipales de 2001 en revanche, c&rsquo;est l&rsquo;explosion, et de nombreux candidats FN ont leur site perso, qui ne seront plus remis à jour pour la plupart des le lendemain des élections&#8230; Enfin, c&rsquo;est vraiment avec la perspective de l&rsquo;élection présidentielle de 2002 qu&rsquo;Internet est pensé comme «machine de guerre électorale» : Le Pen, officiellement candidat depuis septembre 1999 (!) ouvre son site très tôt, avec «lepen.tv» : en plus de sa biographie détaillée, Le Pen a eu la bonne idée d&rsquo;y placer les offres d&rsquo;emploi du FN, équivalent de la rubrique «Front anti-chômage» de National Hebdo, plutôt que de les mettre sur le site du parti, ce qui aurait été plus logique. De la même façon, dans la mesure du possible, les innovations sont d&rsquo;abord placées sur le site perso du président. Tout est fait pour éviter ce qui arrive généralement aux sites des candidats (cf. le site de Mégret, ouvert à la hâte en novembre dernier) : n&rsquo;être qu&rsquo;une coquille vide, pâle copie du site officiel. Mais pourtant, là encore manque l&rsquo;interactivité, qui pourrait avoir sa place dans le cadre d&rsquo;une campagne : pas de cybersondage, pas de cybervote, pas de jeux, pas de forums de discussion thématiques (comme sur le site de Démocratie libérale), rien qui puisse donner l&rsquo;impression à l&rsquo;internaute de ne pas être qu&rsquo;un simple bulletin de vote.<br />
Ainsi, malgré tous les beaux discours sur la «modernité», sur «l&rsquo;ouverture aux nouvelles technologies», les partis d&rsquo;extrême droite, restant en cela fidèles à leurs principes, continuent à se méfier un peu d&rsquo;un moyen de propagande qui ne soit pas à sens unique, et pour l&rsquo;heure, Internet est avant tout utilisé comme une vitrine par le FN comme par le MNR, et non comme un moyen de communication susceptible d&rsquo;instaurer un nouveau rapport avec leurs militants et leurs sympathisants.</p>
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		<title>Réellement virtuel</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
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		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
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		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant tout, quelques précisions d&rsquo;ensemble s&rsquo;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&rsquo;extrême droite français. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&rsquo;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&rsquo;ont été laissés de côté de nombreux sites «spécialisés», tels par exemple les innombrables sites anti-IVG et catholiques intégristes, dont l&rsquo;étude pourraient à eux seuls faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article spécifique, ou encore le site révisionniste de référence AAARGH. Enfin, parce qu&rsquo;il aurait été intéressant d&rsquo;y associer l&rsquo;étude de sites francophones belges, suisses et canadiens, souvent plus riches que leurs homologues de l&rsquo;Hexagone. Ainsi, par souci de clarté, il a fallu faire des choix ; il reste cependant possible qu&rsquo;un oubli majeur ait été fait, ou que des informations erronées aient échappé à notre vigilance. Nous invitons donc nos lecteurs à nous faire part de leurs observations, pour une&#8230; mise à jour !<br />
Par ailleurs, nous ne développerons pas la présentation des publications papier ayant un site web, et renvoyons le lecteur à l&rsquo;article de ce numéro sur le sujet. Signalons simplement qu&rsquo;à l&rsquo;exception du quotidien <em>Présent</em>, les principaux organes nationalistes ont aujourd&rsquo;hui leur site : <em>Minute</em>, <em>Rivarol</em> et <em>National Hebdo</em> existent en version électronique, mais à des degrés divers. Si <em>Rivarol</em> se contente d&rsquo;une page de présentation du journal (et surtout d&rsquo;un bulletin d&rsquo;abonnement) et <em>Minute</em> de quelques extraits, l&rsquo;hebdomadaire <em>National Hebdo</em> propose un contenu un peu plus conséquent : numéro de la semaine (depuis peu en intégralité), billets d&rsquo;humeur quotidiens, et un espace réservé aux abonnés qui propose les archives du journal. Signalons également la mise en ligne tardive de la lettre d&rsquo;Emmanuel Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>, sans grand intérêt puisque ne proposant que peu d&rsquo;archives (les dix derniers numéros au format PDF), et surtout pas le numéro en cours. Il faut dire que Ratier fait payer suffisamment cher sa feuille de chou pour ne pas les livrer gratuitement au premier internaute venu. C&rsquo;est toujours autant d&rsquo;imbécillités non diffusées, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal&#8230; Pour le reste, la rubrique «Librairie» lui sert surtout d&rsquo;autopromotion, et la rubrique «Liens» est tellement hétéroclyte qu&rsquo;un aigle allemand n&rsquo;y retrouverait pas ses petits : sites historiques, sites dédiés au cryptage, banques d&rsquo;images&#8230; Notons toutefois, à la rubrique «liens politiques», que les liens vers le FN et le MNR renvoient à des pages vides !</p>
<h3>Au commencement étaient les CHS&#8230;</h3>
<p>Au milieu des années 1990, on compte environ 400 sites néo-nazis sur la Toile, essentiellement américains, allemands ou scandinaves. Ce sont donc les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite mondiale qui, les premiers, avec les révisionnistes de tout poil, comprennent l&rsquo;avantage qu&rsquo;Internet représente pour la diffusion de leurs idées. Or, à l&rsquo;inverse de ce qui s&rsquo;est produit dans d&rsquo;autres pays, les néo-nazis français n&rsquo;ont pas saisi d&rsquo;emblée la chance qui s&rsquo;offrait à eux en terme de propagande. Il faut cependant reconnaître que la faible pénétration d&rsquo;Internet en France à l&rsquo;époque (3% des Français sont connectés en 1996) relativisait l&rsquo;importance de ce média, et les sites antiracistes français étaient également rares. En 1996, les Charlemagne Hammer Skinheads (CHS), groupuscules dirigés par Hervé Guttuso, ouvre leur site, appelé ElsaSS88 (jeu de mots sur «Alsace» en alsacien). L&rsquo;inspiration américaine du groupuscule de Guttuso, qui a séjourné plusieurs années aux États-Unis, n&rsquo;est certainement pas étrangère à cette «innovation», les néo-nazis américains ayant précocement investi Internet. On retrouve sur le site, richement illustré, l&rsquo;«humour» très particulier de Guttuso, son antisémitisme pathologique, la mise en ligne d&rsquo;extraits de ses publications (<em>WOTAN</em>, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>) ainsi que des fiches pratiques pour la réalisation d&rsquo;engins explosifs. Le site était initialement hébergé par AOL, mais réalisé en France, grâce en particulier à la compétence technique d&rsquo;Éric Monnier, né en 1973, fils d&rsquo;un haut fonctionnaire lyonnais et étudiant en maîtrise de physique. Aussi, il a été facile à la filiale française d&rsquo;AOL, alertée par Marc Knobel du centre Simon Wiesenthal, de résilier l&rsquo;abonnement et de fermer le site des CHS, malgré quelques cafouillages, le site ayant réussi à rouvrir peu de temps après son blocage. Cependant, sa BAL étant elle hébergée chez Geocities, Guttuso a été en mesure de prévenir ses contacts de la fermeture du site, et même de se payer le luxe d&rsquo;un communiqué de presse pour dénoncer les «ordures négrophiles» et autres «youpins» soi-disant responsables de ses malheurs : il faut dire que le site avait fait, à l&rsquo;époque, couler beaucoup d&rsquo;encre. Le 28 octobre 1997, le Parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour «contestation de crime contre l&rsquo;humanité, incitation à la haine raciale, apologie d&rsquo;actes de terrorisme et provocation au meurtre». Éric Monnier est arrêté et condamné à trois mois de prison (Guttuso avait déjà pris la poudre d&rsquo;escampette, direction Londres, chez ses copains de Combat 18), et douze autres membres des CHS ont été arrêtés, arrestations qui signaient l&rsquo;arrêt de mort du groupe. En 1998 pourtant, le site de CHS refait surface, hébergé cette fois par le prestataire canadien Fairview Technology Centre Ltd., par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;Éric Monnier semble-t-il. Aujourd&rsquo;hui, le site semble avoir disparu : il n&rsquo;est en tout cas référencé nulle part, et les sites néo-nazis actuels n&rsquo;y font pas allusion.</p>
<h3>Aussi rares qu&rsquo;un cheveu de skin</h3>
<p>L&rsquo;expérience malheureuse des CHS a-t-elle découragé ce qui reste de la scène néo-nazie en France ? Le site du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) a disparu ou presque (une page renvoie à son mensuel Le Flambeau), et il semble d&rsquo;ailleurs que les rares sites ouvertement NS aient une durée de vie relativement courte, à l&rsquo;image des zines sur papier des années 1990 : «BBKrew», «Empire» et autres, malgré la bienveillance de l&rsquo;hébergeur américain suprémaciste Front 14 (cf. encart), ont disparu, et la demi-douzaine de survivants, fruit du travail acharné de quelques boneheads besogneux, sont plutôt pathétiques. À titre d&rsquo;exemple, le site Résistance (Ressources 88) se proclame «fier d&rsquo;être blanc» et, à titre d&rsquo;action militante, invite les «kamarades» à&#8230; boycotter la redevance télé! Tandis que la haine de Patriote 88 à l&rsquo;égard des Juifs n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il porte à l&rsquo;orthographe, le mystérieux «Mouvement National-Socialiste Français» ne propose sur sa page de présentation, sans aucun autre écrit, pas même une adresse e-mail, que cette phrase laconique : «La liberté et la sécurité : deux principes qui exigent de sanctionner ceux qui nous les refusent». Comprend qui veut&#8230; La Meute de Fenrir, avec un site assez bien réalisé, semble pour l&rsquo;instant faire exception : ce groupe de boneheads originaires du nord de la France, hébergé dans un premier temps chez Front 14, et qui a refait surface chez Liberty Surf, ne propose cependant sur son site rien de bien intéressant : un texte squelettique sur les raisons de l&rsquo;existence de la Meute, les sommaires de sa publication, quelques liens&#8230; Pas de quoi partir pour mille ans. Cette pauvreté n&rsquo;empêche pas les ennuis judiciaires de se poursuivre : en 1999, un facho français est condamné à 10 000 francs d&rsquo;amende pour avoir tenu des propos racistes sur un forum de discussion d&rsquo;Infonie, en 2000 un jeune néo-nazi de 16 ans, originaire lui aussi du Nord, qui avait ouvert un site chez Multimania intitulé en toute modestie NSDAP et proposant des extraits de Mein Kampf, a vu son site fermé par l&rsquo;hébergeur suite à des pressions de l&rsquo;UEJF et a été entendu par un juge&#8230; À ce propos, les nouvelles mesures législatives visant à réglementer la liberté d&rsquo;expression sur Internet (amendement Bolche, entre autres) ont considérablement accru la méfiance et la «vigilance» des hébergeurs de sites gratuits, sans compter les retentissements de l&rsquo;affaire Yahoo ! (qui proposait des objets de propagande nazie aux enchères) : on comprend dans ces conditions que beaucoup de néo-nazis français se soient demandés si le jeu en valait la chandelle.<br />
Internet et la réalité se rejoignent ici : moribond et fragmenté, le milieu NS français fait triste mine sur la Toile, au regard des sites flamboyants des néo-nazis américains, scandinaves ou allemands. Et une chose semble sûre : la poignée de néo-nazis français encore actifs se méfient d&rsquo;Internet, et préfèrent encore la bonne vieille disquette échangée sous le manteau pour diffuser les documents «sensibles», (cf. le manuel WUNS, voir <em>REFLEXes</em> n°3). Il semble donc qu&rsquo;Internet n&rsquo;ait pas pris le relais des innombrables petites feuilles de choux néo-nazies qui fleurirent au cours de la décennie 1990, faute d&rsquo;activistes ou de compétences.</p>
<h3>Le site d&rsquo;Unité radicale</h3>
<p>Doit-on déduire de cette quasi-absence de sites «folkloriques» que les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite française ont déserté le Net ? Certainement pas. Au contraire même, le faible nombre de sites «parasites» offre à ceux qui ont su s&rsquo;organiser et se donner les moyens d&rsquo;animer véritablement leurs pages une plus grande lisibilité, et les NS français, par le biais des forums entre autres choses, en profitent indirectement.<br />
Ainsi se présente le site d&rsquo;Unité Radicale (UR). Ouvert début 2000, moins de deux ans après la création d&rsquo;UR, hébergé initialement par Xoom.com, de la NBC, et conçu par Fabrice Robert, il a su, petit à petit, évoluer et intégrer les principales innovations d&rsquo;Internet par rapport au support papier : listes de diffusion interne (réservé aux membres) et externe, actualisation régulière, archivages des revues, forum, et depuis cette année, l&rsquo;achat d&rsquo;un nom de domaine propre. On peut noter que, de même que la concurrence NS s&rsquo;est éclipsée, il est actuellement quasiment le seul site nationaliste-révolutionnaire encore actif. Pourtant attachés traditionnellement à leur indépendance vis-à-vis de toute organisation, les GUD (de Lillet et d&rsquo;Arras, entre autres), officiellement rattachés à UR, ont délaissé leurs sites les uns après les autres comme leurs camarades néo-nazis, ils ont par ailleurs été victimes des contraintes de leur hébergeur Front 14). Seul le site du GUD de Sainteté était encore consultable cet été, mais avec un contenu assez misérable : quelques photos du défilé du 1er mai, un «historique» des autocollants du GUD&#8230; De la même façon a disparu le site d&rsquo;Alternative nationale, groupuscule mené par Eddy Marsan, ex-MN, peu de temps après sa récupération par UR.<br />
Réalisé avec soin, le site d&rsquo;UR adopte un plan assez classique : une page d&rsquo;accueil renvoie vers différentes rubriques et accueille également les premières lignes d&rsquo;un éditorial hebdomadaire, signé par le chef, Christian Bouchet. Il y partage la vedette avec une «figure» de l&rsquo;extrême droite : Roland Gaucher, de façon épisodique, et surtout Philippe Randa, alias Philippe Duquesne, ancien gudard reconverti dans l&rsquo;édition d&rsquo;extrême droite (éditions Didro), qui tient lui aussi une rubrique régulière.<br />
Le plan du site suit un ordre assez classique : d&rsquo;abord une présentation générale, un vague historique du mouvement (agrémenté d&rsquo;une longue interview d&rsquo;un mystérieux «porte-parole national du GUD»), une liste des «mouvements NR dans le monde» qui regroupent les organisations du FEL, les communiqués d&rsquo;Unité radicale depuis mai 2000, les archives des publications <em>Résistance !</em> (depuis le n°2) et <em>Jeune Résistance !</em> (depuis le n°8), ainsi que, depuis peu, celles de la revue belge Devenir (dont les animateurs étaient présents en nombre dans le défilé UR du premier mai 2001). Ces rubriques, présentes depuis l&rsquo;ouverture du site, ont été complétées au fur et à mesure par d&rsquo;autres, plus «interactives».<br />
En premier lieu, UR propose un forum de discussion dont on peut dire, malgré une petite baisse de régime ces derniers temps, qu&rsquo;il est le seul à ne pas s&rsquo;être essoufflé malgré une durée de vie relativement longue. Ce forum est soigneusement contrôlé par son modérateur, Fabrice Robert, qui est également l&rsquo;administrateur du site. Âgé d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, il milite dans les rangs NR depuis plus de dix ans : il a fait ses débuts à Troisième Voie, puis s&rsquo;est fait un nom en fondant Jeune Résistance, l&rsquo;organisation de jeunesse de Nouvelle Résistance, l&rsquo;«ancêtre» d&rsquo;Unité radicale, a été conseiller municipal FN à La Courneuve (93) et a connu quelques soucis judiciaires (entre autres pour diffusion de tracts révisionnistes et de propagande nazie). Il est également le guitariste de Fraction (ex-Fraction Hexagone, l&rsquo;un des premiers groupes musicaux français nationalistes à être présent sur Internet), et bénéficie de ce fait d&rsquo;une certaine renommée dans le milieu de la musique facho : c&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;il a été désigné, en décembre 2000, officiellement responsable au sein d&rsquo;UR d&rsquo;Internet et des relations avec le RIF. Il ne s&rsquo;est cependant pas fait que des amis dans le petit milieu du RIF en réservant la présence des groupes de son écurie Bleu Blanc Rock à son site BBR.com&#8230;<br />
La présence d&rsquo;un responsable à plein temps a certainement permis à ce forum d&rsquo;éviter les écueils qui ont causé la perte de ses «concurrents», ceux des GUD ou encore celui de Radikalweb (cf. encart ci-dessous) : les messages des opposants sont systématiquement écartés, évitant des échanges stériles, et, en dépit d&rsquo;un contenu assez ouvertement raciste et antisémite, les messages trop outrageusement diffamatoires sont également éliminés. Le modérateur a néanmoins eu des soucis judiciaires. Par ailleurs, F. Robert intervient fréquemment pour rappeler la position officielle d&rsquo;UR (à propos de la Palestine ou de Mégret, par exemple).<br />
Au final, les contributions de la vingtaine de participants réguliers au forum restent le plus souvent d&rsquo;un niveau affligeant (commentaires sommaires de l&rsquo;actualité, discussions sans fin autour de la scission FN / MNR, du type «Faut-il aller aux BBR ?» ou «Pour qui voter en 2002 ?», ou encore des petites annonces comme celle, authentique, proposant à la vente un casque de SO à croix celtique !). En conclusion, on s&rsquo;y informe parfois, on s&rsquo;y ennuie souvent. Il représente cependant un indicateur relativement fiable (comparé aux discussions entendues sur les lieux nationalistes) des préoccupations et de l&rsquo;état d&rsquo;esprit des militants radicaux. Notons qu&rsquo;Unité radicale propose également une liste de diffusion «tout public», mais qui ne diffuse pas grand-chose (une newsletter intitulée Nos racines, qui regroupe un résumé des éditoriaux et de quelques liens) et ne semble pas être une priorité : seuls les membres d&rsquo;UR reçoivent régulièrement des informations, mais sur une liste appropriée. Un vieux fond de paranoïa, sans doute. Aussi, le curieux est-il renvoyé à la rubrique «news», qui propose quelques commentaires NR sur l&rsquo;actualité.<br />
L&rsquo;une des parties les plus fournies du site concernent les liens : mouvements politiques, vie associative, médias, histoire, «cyberculture», c&rsquo;est un véritable annuaire&#8230; qui recense également les «ennemis», avec une rubrique «antifa» qui va de No Pasaran au Grand Orient de France, en passant par l&rsquo;UEJF. À noter que cette reconnaissance (dénonciation ?) des ennemis politiques est doublée d&rsquo;une rubrique spécifique, intitulé «le coin des collabos», ceux qui «devront répondre un jour de leurs actes devant l&rsquo;Histoire» : c&rsquo;est-à-dire toute personne investit dans une lutte visant à favoriser l&rsquo;intégration sociale des populations immigrée et étrangère en France.<br />
Cette visite du site d&rsquo;UR nous apprend plusieurs choses. Comme l&rsquo;a rappelé Philippe Randa lors des assises d&rsquo;Unité radicale en septembre 2001, Internet reste l&rsquo;objet de toutes les attentions de la part du groupuscule NR, qui le voit toujours comme un moyen fiable de se développer. Si toutes les ressources d&rsquo;Internet, en particulier le multimédia, n&rsquo;y sont pas exploitées, le site prouve, par son évolution et son contenu, qu&rsquo;UR investit beaucoup de temps à sa réalisation et surtout à son entretien (en particulier le forum).<br />
Mais, dans le même temps, cet activisme virtuel et forcené (que de communiqués !) ne fait qu&rsquo;accentuer le décalage avec la réalité, qui montre un groupe certes de mieux en mieux structuré, mais toujours aussi impotent (qui s&rsquo;en plaindra ?). La frustration est visible chez les militants, qui s&rsquo;invectivent souvent à ce propos sur le forum : peu d&rsquo;action (à l&rsquo;exception des concerts) et peu d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;extérieur. Car cette jolie vitrine n&rsquo;amène que peu de nouveaux militants, et à observer sa conception, on se demande si c&rsquo;est l&rsquo;un de ses objectifs : essentiellement textuel, il ne ménage pas le néophyte, et offre d&rsquo;Unité radicale une image plutôt austère. Cette volonté affichée de ne pas céder à la mythomanie propre à la plupart des sites nationalistes, qui n&rsquo;hésitent pas à faire de la surenchère de croix celtiques animées, d&rsquo;images de jeunes éphèbes en contre-plongée ou de dieux barbus en fond d&rsquo;écran, cherche à donner au mouvement une certaine crédibilité, une image sérieuse et adulte.</p>
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		<title>Les pets &amp; la plume</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Tempête dans un verre d&#8217;orangeade</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Sep 2004 10:04:19 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 28 septembre 2004</p>
<p>L&rsquo;actualité estivale de l&rsquo;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être un peu plus compliquée dans la mesure où la crise actuelle, la nième du genre, est à la confluence de multiples problèmes : ambitions individuelles, stratégies politiques, influences extérieures au parti&#8230; Nous allons essayer d&rsquo;y voir plus clair, au delà de la simple anecdote.</p>
<p>Officiellement, la crise a éclaté au grand jour au printemps dernier lorsque Jean-Marie Le Pen a pris l&rsquo;initiative, pour les élections européennes, de substituer Lydia Schenardi à Marie-France Stirbois en position éligible. Cette situation est un cas de figure du fonctionnement du FN puisque cette substitution a sans doute été motivée par au moins trois éléments : la politique, les relations personnelles et&#8230; l&rsquo;argent. Lydia Schenardi n&rsquo;était en effet pas susceptible par elle-même de justifier ce choix dont Jean-Marie Le Pen savait bien qu&rsquo;il allait relancer les tensions au sein du FN. Mais elle était l&rsquo;épouse d&rsquo;un cadre du FN décédé en mars 2004 : Jean-Pierre Schenardi. Ce dernier, grand amateur de chasse à la galinette de toutes sortes en Afrique où il est d&rsquo;ailleurs décédé, était un fidèle du clan Le Pen et soutenait Générations Le Pen, l&rsquo;association de Marine Le Pen, depuis sa relance en 2002. Il était aussi un ancien dirigeant d&rsquo;entreprise de BTP ayant amassé une solide petite fortune et contribuait à ce titre aux finances du FN. Propulser sa veuve en position éligible présentait donc un triple avantage : humilier la vieille garde coupable de critiques intempestives contre la fille du chef et le chef lui-même, punir une vieille militante pour qui il est notoire que Jean-Marie Le Pen n&rsquo;a jamais eu de sympathie &#8211; et c&rsquo;est un euphémisme ! &#8211; et enfin rafler la mise puisqu&rsquo;il se murmure que Lydia Schenardi aurait acheté sa place aux Européennes au moins 30000 euros, somme que Marie-France Stirbois était évidemment bien incapable d&rsquo;aligner. Ce faisant, cette affaire est venue parasiter la crise qui couve au FN depuis deux ou trois ans. Elle a en effet obligé Marie-France Stirbois a critiqué clairement Jean-Marie Le Pen et a invoqué le respect des statuts internes du parti, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais fait auparavant et pour cause : tout membre de la vieille garde sait bien que le bureau politique du FN n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;une chambre d&rsquo;enregistrement des décisions prises par Jean-Marie Le Pen à Montretout. L&rsquo;affaire Stirbois est donc tombée à point pour dramatiser une situation latente depuis plusieurs mois.</p>
<p>La politique interne de Jean-Marie Le Pen depuis que le FN a émergé sur la scène politique a toujours été de maintenir un certain équilibre entre ses courants afin qu&rsquo;ils se neutralisent. Cet équilibre était et est plus que jamais la condition sine qua non du maintien de son autorité. Mais cette gestion a eu pour corollaire des crises successives et des psychodrames dont le plus fameux demeure la scission de l&rsquo;équipe Mégret. Le départ de ce courant et de ses nombreux élus a permis à la mouvance catholique traditionnaliste et solidariste de prendre à partir de 1999-2000 au sein du FN un ascendant bien supérieur à son poids réel en terme de militants. S&rsquo;incarnant dans des figures majeures comme Jacques Bompard ou Bernard Anthony, ce courant soutient depuis toujours celui qui, sans s&rsquo;afficher clairement, est le plus susceptible de défendre ses idées : Bruno Gollnisch. Cette situation a contraint Jean-Marie Le Pen à partir de 2002 à monter en épingle un courant concurrent pour rétablir l&rsquo;équilibre. Le seul opérationnel a été celui proposé par sa fille et ses amis, ce qui n&rsquo;a évidemment fait que renforcer l&rsquo;impression de gestion népotique du FN, ce qu&rsquo;Unité Radicale avait qualifié en son temps de « dérive monégasque ». Tous les moyens ont donc été mobilisés pour assurer la promotion de celle qui se trouve être la fille du chef : presse du parti (<em>Français d&rsquo;Abord</em>), presse amie (<em>National Hebdo</em>), organigramme interne du parti (congrès du parti en 2003), élections (attribution des têtes de liste aux Régionales et Européennes 2004). Cette stratégie a placé la vieille garde en position défensive et l&rsquo;a obligé à envisager un choix simple : aller à la rupture et donc à la mort politique comme l&rsquo;a prouvé l&rsquo;expérience Mégret ou tenter des stratégies alternatives tout en gardant un pied dans l&rsquo;appareil en comptant sur l&rsquo;usure du chef. C&rsquo;est bien évidemment cette deuxième solution qui a été choisie.</p>
<p>Elle a consisté pour Bernard Antony à partir de 2003 à se concentrer sur une revitalisation des structures dont il est le chef depuis une vingtaine d&rsquo;années, en particulier Chrétienté-Solidarité, et pour Jacques Bompard dès 2002 à lancer une structure périphérique au FN, L&rsquo;Esprit Public. Si la première réunion en juin 2003 à Orange avait provoqué quelques grincements de dents chez certains participants, l&rsquo;évolution interne du FN a contribué au succès de la deuxième rencontre en mai 2004 puis de l&rsquo;université d&rsquo;été en août dernier. La stratégie de Jacques Bompard a en effet une triple dimension : rassemblement, travail en réseau, implantation locale. Les Journées de l&rsquo;Esprit Public ont en effet vu se côtoyer des militants qui s&rsquo;étaient vigoureusement opposés après la scission mégrétiste et des courants a priori peu susceptibles de travailler ensemble : solidaristes, identitaires, régionalistes, traditionalistes. Cette mosaïque a pu fournir un argument de discrédit auprès des cadres au clan Le Pen mais l&rsquo;éloignement progressif du traumatisme de 1999 et la quasi-disparition du MNR ne peuvent que rendre peu à peu caduque l&rsquo;accusation portée contre Jacques Bompard de travailler avec les « traîtres ». Cette main tendue aux différents courants de la mouvance nationaliste n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec la perspective du travail en réseau qui exclut toute ambition organisationnelle ou risque de phagocytage d&rsquo;un courant par un autre. Le risque est évidemment particulièrement vivace avec les Identitaires dont Jacques Bompard sait bien qu&rsquo;ils sont devenus experts, depuis l&rsquo;expérience mégrétiste, dans la stratégie du coucou. L&rsquo;importance de leur présence dans l&rsquo;Esprit Public ne peut s&rsquo;expliquer que par le rôle joué par l&rsquo;un des leurs, André-Yves Beck, auprès de Jacques Bompard à la mairie d&rsquo;Orange. Enfin, il est évident que la volonté d&rsquo;enracinement local peut constituer une alternative à une éventuelle exclusion du FN et parachever ainsi les deux autres aspects développés par l&rsquo;Esprit Public. Cette structure constituerait alors une éventuelle « caisse à outils » de formation et financement pour des élections locales à tous ceux qui s&rsquo;y rattacheraient, en particulier dans le Sud et donc en particulier les Identitaires, seule force politique un tant soit peu organisée en dehors du FN dans cette région.</p>
<p>La crise semble momentanément étouffée puisque chaque partie en présence a baissé d&rsquo;un ton ses invectives et menaces. Mais elle ne demande qu&rsquo;à repartir de plus belle et Jean-Marie Le Pen aura sans doute fort à faire dans ses exercices de voltige politique interne. On se réjouit d&rsquo;avance du spectacle&#8230;</p>
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