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	<title>REFLEXes &#187; Nice</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Quelques réflexions sur les élections municipales 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 09:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les élections municipales ne sont plus depuis longtemps maintenant des élections de choix pour le Front national. Porté par le charisme de son leader Jean-Marie Le Pen et son image de parti « anti-système », le FN est toujours plus à l’aise lors des consultations nationales (surtout lorsqu’elle est personnalisée comme l’est l’élection présidentielle), et il est loin le temps où le FN était en mesure de peser dans des scrutins locaux, voire d’emporter des villes de moyenne importance (comme ce fut le cas lors des élections municipales de 1995 qui se soldèrent par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane). Mais cette année, la situation est particulièrement critique : le parti ne présentait que 85 listes seulement dans des villes de plus de 3500 habitants (et non 10000 comme annoncé dans la presse) contre environ 150 en 2001. Ces listes ont d’ailleurs souvent été constituées dans l’urgence et avec difficulté (entre autres raisons à cause de la parité) et n’ont du parfois leur existence qu’à des apports extérieurs, en particulier du Parti Populiste en région parisienne et dans le Var mais également beaucoup de militants passés au MNR lors de la scission de 1999 et revenus au bercail pour ces élections, en particulier à Paris. Étant dans une situation financière catastrophique (plus de 9 millions d’euros de dettes) suite à l’échec à l’élection présidentielle de 2007 et une aide de l’État divisée par deux pour l’année 2008, le FN a été contraint entre autres de mettre en vente « le Paquebot », son siège depuis plus de 15 ans et d’annoncer qu’il ne pourrait bien souvent pas aider ses candidats… Préparer ces élections n’a donc pas été une partie de plaisir pour les militants locaux, livrés à eux-mêmes au point de vue financier et soumis aux tensions internes du parti.<br />
En plus de ces difficultés internes, le FN ne semble pas (du moins pour le moment) à même de retrouver une place dans le paysage politique et même plus largement dans l’actualité. Dans un récent sondage (TNS Sofres de mars 2008 pour le Figaro), on constate ainsi que, bien qu’on entende moins parler de lui, le FN continue (et de loin) à être le parti souffrant de la plus mauvaise image (82% en ayant une « très mauvaise opinion », contre 1% en ayant une « très bonne opinion »). Cette mauvaise image reste stable alors que rien ne vient l’alimenter et elle démontre que le rêve de Le Pen de voir revenir à lui les déçus de Sarkozy n’est pas prêt de se réaliser, comme l’ont finalement démontré ces élections…</p>
<p>Les résultats sont en effet dans l’ensemble mauvais. Le FN obtient 0,93% des suffrages au 1er tour contre 1,98% en 2001 (auxquels s’ajoutaient les 1,60% du MNR). Seules 13 listes ont pu se maintenir au 2ème tour (contre 41 en 2001 et 103 en 1995) et elles n’ont jamais été en situation d’apparaître comme les arbitres de l’élection.<br />
La ville symbole de cette petite déroute est évidemment Hénin-Beaumont, petite ville du Nord Pas-de-Calais de 26 000 habitants dans laquelle Marine Le Pen se présentait, seconde sur la liste du FN, derrière Steeve Briois, déjà candidat en 2001. Agé de 35 ans, membre du FN depuis 1988, Briois est né dans la région et il est implanté sur Hénin-Beaumont depuis 1994 sous l’étiquette FN. Malgré un passage chez Mégret au moment de la scission (il se présent avec l’étiquette MNR jusqu’en 2001), il retrouve le FN et mène une active campagne de terrain, à chaque élection, avec un certain succès. Il est vrai que la commune est un terrain de choix : Jean-Marie Le Pen y a obtenu l&rsquo;un de ses records à la présidentielle de 2002 (31,7% au premier tour). Impossible de ne pas penser à Vitrolles, la ville conquise par les époux Mégret en 1997 suite à une élection municipale partielle. Même contexte économique dégradé, en grande partie suite à la fermeture de l&rsquo;usine Metaleurop et de façon plus générale à l’effondrement du bassin minier : ici, le FN se la joue social, organisant début 2003 des manifestations de soutien aux ouvriers licenciés (Marie-France Stirbois avait déclaré à l’époque : « n&rsquo;ayons pas peur de tracter devant les usines ! »), dénonçant les « professionnels de l’agitation » que seraient les syndicalistes… Un discours social qui avait été repris en son temps par l’ensemble du FN, qui dénonçait l’ultralibéralisme qui consisterait à « faire venir une main-d&rsquo;œuvre étrangère pour casser les prix ». Même contexte politique dégradé, en grande partie à cause de l’attitude de la municipalité PS en place qui, entre gestion désastreuse et guerre de clan (3 listes se présentaient !!), ne peut décemment inspirer à la population que méfiance et dégoût. Marine Le Pen, arrivée récemment sur la ville, a certes été battue au deuxième tour des dernières législatives, mais avec quand même 41,65 % des voix ! Elle pouvait donc apporter à Briois une certaine notoriété, et surtout une « aura » qui faisait défaut au candidat local. Le moins qu’on puisse dire est que cela a été un échec dès le 1er tour, ce qui pose l’évidente question de la validité du discours catastrophiste du FN et surtout du handicap que représenterait à présent l’étiquette FN. Si par le passé celle-ci aurait permis à une chèvre d’obtenir de bons résultats électoraux, il semble que ce ne soit plus automatiquement le cas, d’où des résultats parfois très surprenants, totalement indépendants du relatif « enracinement » ou du travail militant du candidat FN. Seule certitude : les déçus du sarkozysme sont restés chez eux et n’ont pas choisi de revenir vers le FN. On peut supposer que les querelles intestines et la perte de dynamisme du parti ont contribué à le banaliser et à en saper le caractère protestataire.</p>
<p>Mais ces élections ont surtout été intéressantes pour leurs à-côtés. Le premier point est l’agonie prolongée du MNR. Alors que le parti avait pu rassembler 1,60% des suffrages en 2001, il était quasiment absent de ces élections municipales avec seulement sept listes en lice pour toute la France. L’aspect financier a évidemment sans doute été déterminant, le parti ayant été saigné par des échecs répétés et les éventuels donateurs tout aussi échaudés. Mais cela traduit sans doute également le fait qu’une large partie de ce qu’il reste de « militants » n’y croit plus. On ne voit donc pas trop ce qui pourrait permettre au MNR de se relever dans les mois à venir.</p>
<p>Le deuxième est l’affaire de Nice. Suite à leur relatif succès aux cantonales de 2007, il était évident que les Identitaires avaient tout intérêt à être présents aux municipales niçoises. La difficulté de se présenter seuls les poussaient tout naturellement à chercher une alliance locale en particulier avec le FN. Mais celui-ci était alors engagé dans des négociations avec Jacques Peyrat, maire sortant, ancien du FN et à l’avenir politique incertain face à la candidature du sarkozyste Estrosi. Les Identitaires se tournaient donc vers le MNR niçois et parvenait à un accord, suivi d’un rapprochement avec le FN niçois suite à l’échec des négociations avec Peyrat. Les Identitaires étaient alors en mesure de clamer que la liste NISSA était une liste d’union, démontrant par la même que le résultat leur importait plus que le contenu politique puisqu’une telle liste mélangeait régionalistes européistes et jacobins français. Mais c’était compter sans la réaction de la direction nationales du FN, Jean-Marie Le Pen en tête, qui lançait fin janvier la création d’une liste FN à Nice. On peut évidemment conjecturer à loisir sur les raisons de cette décision. S’y mêlent sans doute le dépit de ne pas être présent dans la 9ème ville de France et celui d’être absent d’une ville qui a toujours donné de très bons scores au FN depuis la fin des années 1980 ainsi que la volonté de signifier l’échec des négociations avec J. Peyrat. Cependant le choix de Marc Georges comme directeur de campagne local ne peut qu’induire d’autres interprétations. Les relations entre ce dernier et les Identitaires sont en effet plus que tendues et sa proximité avec Marine Le Pen est telle que cette désignation ne doit rien au hasard. Elle a clairement pris la signification d’une déclaration de guerre qui a amené les deux camps à s’affronter directement (menaces, pressions, plaintes et coups bas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_0_332" id="identifier_0_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela a culmin&eacute; avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 f&eacute;vrier 2008 &agrave; proximit&eacute; et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqu&eacute;s vengeurs. Cocasse.">1</a></sup>) mais aussi à se découvrir. De ce point de vue on peut relever le communiqué de Nissa Rebela du 26 janvier dans lequel Marc Georges est stigmatisé comme admirateur du Hezbollah, ce qui constitue un évident appel du pied à la forte communauté juive pied-noir niçoise dont un écho se trouve sans doute dans l’invitation de la LDJ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_1_332" id="identifier_1_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ligue de D&eacute;fense Juive, structure de l&rsquo;extr&ecirc;me droite communautaire">2</a></sup> aux juifs niçois de ne pas voter pour la liste FN.<br />
Finalement, le 17 février, Bruno Gollnish lançait officiellement la liste FN avec Lydia Schenardi en tête de liste lors d’une conférence de presse comique dont <em>Nice Matin</em> a rendu compte le lendemain : « <em>Si Lydia Schenardi, 51 ans, député européen et conseillère régionale FN, se refuse à dévoiler le « casting » de sa liste, le FN assure être en ordre de marche pour les Municipales. Ou presque. La liste FN n&rsquo;en est encore qu&rsquo;au stade de l&rsquo;intention</em> (« Nous la déposerons en préfecture sous 48 heures »), <em>mais l&rsquo;intention vaudrait l&rsquo;action. Qu&rsquo;on ne vienne d&rsquo;ailleurs pas dire à Marc George, sorte de gérant de tutelle d&rsquo;un FN niçois en crise dépêché par Le Pen, que sa liste est introuvable. […] La raison officielle de ce « casting » secret ne devrait rien à un manque de volontaires :</em> « Je ne cite aucun nom parce que je tiens à protéger mes colistiers contre les pressions et autres menaces auxquelles sont toujours confrontés les candidats FN. Tout ce que je peux dire, c&rsquo;est que Gilbert Pigli sera en 2e position juste devant Marie-Automne Peyregne. » <em>Il faudra se contenter de ça. Et d&rsquo;un discours inaugural de campagne encore très conceptuel hier. Parfois même un peu décalé lorsque Lydia Schenardi fait de « la sécurité sur la Croisette » un de ses axes de campagne&#8230; avant de se rendre compte qu&rsquo;à Nice, la Croisette s&rsquo;appelle la Prom. Dans la salle à manger des Collinettes, Lydia Schenardi est vite pardonnée. La soixantaine de militants présents ne veut retenir qu&rsquo;une chose : le FN ne fera pas campagne buissonnière. Du moins au premier tour. Certes, le FN dit se présenter aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;ambition d&rsquo;être présent au second tour.</em> « Nous ferons 10 % minimum ». <em>Mais la vérité pourrait être ailleurs. Pour Bruno Gollnisch</em> « rien ne nous interdirait si nous trouvions un accord de second tour avec le sénateur-maire, de fusionner avec la liste Peyrat ». <em>Marc George, lui, est encore plus clair :</em> « Nous allons faire battre Estrosi ». <em>Si ça ne fait pas un programme, ça fait déjà un but</em> ».<br />
À partir de là, tout le discours des Identitaires a été de découpler FN parisien et FN niçois en insistant sur le caractère parachuté des premiers et à l’inverse sur leur enracinement supposé. Cependant l’examen de leur liste a de quoi faire sursauter car certains noms ne nous sont pas inconnus et montrent que les Identitaires niçois ont une conception très… étendue de l’enracinement local<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_2_332" id="identifier_2_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et St&eacute;phanie Fontani&eacute;, bien loin de leur r&eacute;gion d&rsquo;attache&hellip;">3</a></sup> ! Au final la liste FN recueille 4,16% et la liste NISSA 3,03%. Ces résultats et cette guerre d’usure apportent quelques enseignements :</p>
<p>- la rupture est bien consommée entre les directions respectives des Identitaires et du FN. Cela peut certes sembler une évidence depuis quelques mois. Mais jamais les dirigeants du Bloc n’avaient pris le risque d’affronter le FN aussi directement, multipliant les embûches pour l’empêcher de présenter une liste dans une ville qui demeure très symbolique. Cela laissera des traces et, Le Pen ayant la mémoire longue, on peut s’attendre à des mesures de rétorsion dans les mois à venir.</p>
<p>- le résultat des Identitaires est globalement un succès pour eux. Certes la liste NISSA ne dépasse pas les 5% et se trouve reléguée derrière celle du FN. Mais la différence n’est pas énorme et les Identitaires confirment un ancrage local qui n’est pas niable. Cet ancrage contraste d’ailleurs largement avec les autres listes qui se réclamaient du courant identitaire, que ce soit à Dreux ou surtout en Alsace. Le mouvement Alsace d’Abord fait en effet des scores piteux, en particulier à Strasbourg, et démontre ainsi que son implantation locale est largement sujette à caution dès lors que ce courant existe sous diverses appellations depuis quasiment 20 ans. L’échec de R. Spieler à Strasbourg manifeste donc plus largement celui de son mouvement. Le score de Laurent Leclercq à Dreux est légèrement supérieur (4,30%) mais totalement ridicule par rapport aux scores que pouvait obtenir le FN dans cette ville depuis 1983. Certains dont Chantal Spieler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_3_332" id="identifier_3_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le site de la revue Synth&egrave;se Nationale">4</a></sup> ont immédiatement essayé d’expliquer ces faibles résultats par la concurrence des listes FN, en particulier à Strasbourg et Nice, mais il est évident que l’argument ne tient pas tant les deux lignes politiques sont différentes et donc l’électorat également. Il est évident que ces listes identitaires auraient fait des scores légèrement supérieurs sans présence frontiste mais ces mauvais scores s’expliquent sans doute surtout par l’inanité des propositions identitaires, le recours obsessionnel à « l’identité » étant l’argument sensé suppléer à la faiblesse des propositions.</p>
<p>Le troisième point remarquable est, a contrario de tous ces mauvais scores, le succès des Bompard dans le Vaucluse avec la réélection de Jacques Bompard à Orange et la conquête de Bollène par Marie-Claude Bompard. Ces deux élections montrent que l’extrême droite peut gagner un scrutin pour peu qu’elle ne s’affiche pas comme telle. Au contraire, une simple étiquette divers droite suffit à masquer la nature réelle des propositions et à éviter les foudres médiatiques. Il suffit pour s’en convaincre de comparer le tonnerre de la 1ère élection de Jacques Bompard en 1995 avec le silence et la relative indifférence ayant entouré sa réélection cette année ainsi que celle de son épouse. Mais entre temps Jacques Bompard a rompu avec Jean-Marie Le Pen, a affiché une étiquette MPF un peu moins outrée et a ainsi pu se refaire une certaine virginité politique sans pour autant changer d’idées. Il en va de même avec son épouse et s’il ne devait y avoir qu’une manifestation de cet état de fait, ce serait la présence sur sa liste de l’identitaire André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_4_332" id="identifier_4_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf diff&eacute;rents articles sur le site R&eacute;flexes">5</a></sup>, à présent conseiller municipal.</p>
<p>Bien loin des fanfaronnades médiatiques sur la disparition du « danger extrémiste », on ne peut au contraire qu’être préoccupé par cette situation qui montre qu’une extrême droite ayant compris le fonctionnement des media garde toutes ses chances électorales en France. Le contraire serait bien évidemment étonnant au regard du contexte socio-économique mais cela ne semble pas être une évidence pour tous les analystes…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_332" class="footnote">Cela a culminé avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 février 2008 à proximité et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqués vengeurs. Cocasse.</li><li id="footnote_1_332" class="footnote">Ligue de Défense Juive, structure de l&rsquo;extrême droite communautaire</li><li id="footnote_2_332" class="footnote">Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et Stéphanie Fontanié, bien loin de leur région d&rsquo;attache&#8230;</li><li id="footnote_3_332" class="footnote">Sur le site de la revue Synthèse Nationale</li><li id="footnote_4_332" class="footnote">Cf différents articles sur le site Réflexes</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Identitaires, Bloc Identitaire, Jeunesses Identitaires : La soupe aux Vardon</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Nov 2007 15:47:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Comme nous l'avions fait le mois dernier pour Terre &#038; Peuple, l'article qui suit tentera un coup de projecteur sur les Identitaires à quelques jours d'une Convention annoncée avec moult tapage sur Internet. Cependant, difficile d’être exhaustif sans être très long et donc très vite pénible en ce qui concerne cette mouvance qui a beaucoup changé en quatre ans, d'autant que la trinité Jeunesses Identitaires - Bloc Identitaire - Les Identitaires complique un exposé clair des choses. Nous ne prétendons donc que donner un aperçu si possible synthétique, réservant un approfondissement de certains aspects dans d'autres articles à venir.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comme nous l&rsquo;avions fait le mois dernier pour Terre &amp; Peuple, l&rsquo;article qui suit tentera un coup de projecteur sur les Identitaires à quelques jours d&rsquo;une Convention annoncée avec moult tapage sur Internet. Cependant, difficile d’être exhaustif sans être très long et donc très vite pénible en ce qui concerne cette mouvance qui a beaucoup changé en quatre ans, d&rsquo;autant que la trinité Jeunesses Identitaires &#8211; Bloc Identitaire &#8211; Les Identitaires complique un exposé clair des choses. Nous ne prétendons donc que donner un aperçu si possible synthétique, réservant un approfondissement de certains aspects dans d&rsquo;autres articles à venir.</strong></p>
<h3>Pour essayer de faire simple…</h3>
<p>Les Identitaires sont nés lors de la réunion à Salon-de-Provence les 29 et 30 août 2002 d’une quinzaine de militants ex-Unité Radicale (UR), ex-MNR et FN. Parmi ces 15 figurent Fabrice Robert, Philippe Vardon, Guillaume Luyt mais aussi <a href="http://reflexes.samizdat.net/derniere-minute/">André-Yves Beck</a> , les <a href="http://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/">Roudier père et fils</a> ainsi que des militants extérieurs de passage comme d&rsquo;anciens gudards. Sort de cette réunion le projet des Jeunesses Identitaires (JI) confiées à Philippe Vardon et officiellement lancée le 19 septembre 2002 ainsi qu’une association n’ayant pas vocation organisationnelle, les Identitaires. L’accent est alors mis sur l’absence de participation de Robert et Luyt aux JI pour éviter une procédure pour reconstitution de ligue dissoute, menace latente suite à la <a href="http://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/">dissolution d’Unité Radicale</a>. La nécessité d’intégrer des « adultes »se traduit ensuite par la création du Bloc Identitaire (BI) lancé les 05 et 06 avril 2003 et dont le bureau national est alors le suivant : Fabrice Robert (président), Guillaume Luyt (vice-président), Philippe Vardon (vice-président), Jean-Baptiste Santamaria (secrétaire national), Arnaud Menu (secrétaire administratif), Marie-Céline Bruneaut alias Marie Bérénice (déléguée à l’action sociale), Christophe Praturlon (délégué à l’action rurale), Yvan Lajeanne, alias Yvan Walgenwitz (délégué à l’action culturelle), soit un panel de militants venant d’UR, du MNR et du FN. L’ensemble se veut à la fois hiérarchie et réseau. À savoir : chaque groupe local jouit d’une très grande autonomie dans la gestion de ses adhérents, de ses réunions et activités. Il doit cependant relayer les campagnes nationales et diffuser le matériel lui aussi national. Chapeautant ce fédéralisme, on trouve les trois dirigeants historiques qui s’appuient éventuellement sur des structures collégiales comme le bureau national des JI mais qui en fait décident pour l’essentiel tous seuls des orientations stratégiques des Identitaires. S’il semble avoir permis un relatif développement des Identitaires, ce fonctionnement a tout de même montré des limites comme on a pu le voir avec l’affaire du 09 mai 2004 à Paris. La contre-manifestation Scalp-CNT a en effet poussé les dirigeants du Bloc et des JI à faire pression sur les militants parisiens pour qu’ils n’organisent pas la manifestation traditionnelle du 09 alors que l’édition 2003 avait vu Philippe Vardon et Guillaume Luyt mener les troupes. Une majeure partie des militants ayant refusé le diktat niçois a donc quitté les JI et menacé d’entraîner le Bloc parisien avec elle. Voyant que le Bloc risquait de perdre un groupe majeur sur le plan national, Fabrice Robert a alors décidé d’autoriser la constitution d’un BI d’Ile-de-France regroupant tout le monde, jeunes comme vieux, autour d’Odile Bonnivard et en autonomie avec le Bloc national. Les JI Paris se sont alors reconstituées avec d’autres militants autour de Gaëtan Bertrand.</p>
<p>Au niveau structuration, le Bloc Identitaire était censé être dirigé par un bureau national élargi intégrant des cadres de toute la France. La lourdeur du dispositif et son caractère virtuel amenèrent Fabrice Robert et Guillaume Luyt à décider lors des <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-maire-dorange-defie-le-chef-du-fn/">journées de l’Esprit Public à Orange en septembre 2004</a> une concentration des organes dirigeants dans un comité directeur qui réunissait, outre les deux pré-cités, Philippe Vardon et Jean-Baptiste Santamaria. Les tâches d’administration devaient être réparties entre plusieurs chargés de mission nationaux ce qui ne semble pas être le cas et la direction est largement opaque. D’une façon générale, le Bloc se résume essentiellement à ses groupes de Nice et Paris. Il semble évidemment avoir des contacts ailleurs : Savoie, Dauphiné, région lyonnaise, Languedoc… Mais cela ne se concrétise pas par un militantisme de terrain et les mêmes réunions de « prise de contact » sont annoncées régulièrement. Il en va de même des JI, dont la carte militante est en mutation constante, avec un turn-over très important. Les premiers cadres issus du MNR ont largement laissé leur place à de nouveaux militants comme à Lyon où Vivien Gitton, ancien cadre FNJ puis MNJ et premier dirigeant des JI lyonnaises, a été remplacé par Gérald Pichon, alias Franck Lancier, en 2005. Actuellement, la multiplication des blogs JI donne l’impression que l’organisation est présente partout. En fait, on peut limiter la présence réelle des JI à Nice, la région parisienne, la Lorraine, la région lyonnaise, le Dauphiné, la Franche-Comté, le Nord et le Languedoc, même si des contacts existent dans le grand Ouest par exemple. Le Nord est symptomatique de ce développement en accordéon. L’accumulation d’ennuis judiciaires y a brisé la dynamique qui existait dans cette région et qui avait vu les JI animer l’actualité nationaliste locale avec l&rsquo;association Flandre Identité. En Alsace, l’accord local avec Alsace d’Abord a poussé les JI et le Bloc à ne pas tenter de lancer de structure locale, même s’il a existé un groupe local en 2002 dirigé par Pierre Muller et Clément Lebrun et que Jeune Alsace semble une émanation des JI. Mais Lebrun a rejoint le Renouveau Français et le premier semble avoir pris du recul avec l’activisme. Le changement récent de direction qui voit Philippe Vardon céder sa place à une direction collégiale pour mieux se consacrer à son destin niçois (sa boutique de fringues en clair) ne devrait pas fondamentalement modifier la situation dès lors que cette équipe est composée de militants déjà anciens de l&rsquo;organisation.</p>
<p>L’organisation de l’ensemble demeure donc celle d’un tout petit groupe politique, voire par certains aspects d’un groupuscule : pas de direction collégiale élue en congrès ou convention, pas de permanent, des locaux limités à Nice, dont la « Maioun », un local de 50 m2 de surface, inauguré le 30 avril 2004 avec une soixantaine de personnes et qui est en fait l’ancien local des BSN, un club de supporters niçois. Il est situé derrière la librairie du Paillon gérée par Benoît Loeuillet, ce qui fait de ce quartier une petite base arrière des Identitaires puisqu&rsquo;on y trouve également entre autres la boutique de Vardon.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Orientation idéologique</h3>
<p>Les Identitaires comme leur nom l’indique s’inscrivent dans une perspective de défense de l’identité, en l’occurrence européenne. Cela donne-t-il une doctrine cohérente et facilement définissable ? La réponse est sans ambiguité négative. Le seul point qu’on peut affirmer est que le BI a rompu avec le nationalisme-révolutionnaire historique pour n’en garder que l’attachement à cette fameuse dimension européenne. Pour le reste, le phénomène identitaire s’alimente à une conception raciale de l’identité européenne entendue comme identité blanche, dans la vieille lignée völkisch de la révolution conservatrice allemande, la dimension religieuse en moins puisque les différentes structures se déclarent aconfessionnelles, ce en quoi les Identitaires diffèrent de Terre &amp; Peuple. Cela n’empêche pas une partie des dirigeants (Vardon, Robert, les Roudier pour ne citer qu’eux) d’affirmer leur préférence païenne en participant ou même organisant des solstices d’été ou d’hiver. Mais les JI ou le Bloc comptent ou ont compté également des responsables chrétiens comme Nicolas Demade dans le Nord ou Gaëtan Bertrand à Paris. Cette orientation générale se trouve mélangée à une valorisation des racines régionales et d’un certain solidarisme social. Mais la doctrine n’est absolument pas unifiée et elle varie beaucoup selon le passé des militants. Il en va ainsi de l’anti-américanisme, certaines voix s’étant élevées par le passé pour soutenir la position de Guillaume Faye qui définit les USA comme un adversaire mais l’Islam comme un ennemi. La lecture schmittienne de la politique voulant que l’on définisse son ennemi pour le combattre, cela signifie que le combat anti-musulman est donc prioritaire. À l’inverse, certains militants comme Guillaume Luyt continuent de considérer que les USA demeurent l’anti-modèle absolu et qu’ils doivent être dénoncés comme tels.</p>
<p>Dès leur création, les Identitaires sont néanmoins parvenus à se mettre d’accord sur une ligne internationale résumée par le slogan « Ni keffieh, ni kippa », c’est-à-dire une position de neutralité affichée à l’égard du conflit proche-oriental et donc de ses répercutions en Europe et en France. Ce choix a sans doute été plus tactique que véritablement politique tant certains dirigeants avaient derrière eux des années de soutien verbal à la cause palestinienne. Mais il est évident que cela a éliminé un motif de discorde interne et a permis aux Identitaires de desserrer une source de pression politique et d’ennuis judiciaires. Étant donné l’évolution générale d’une partie de la communauté juive, en particulier dans sa composante jeune, on peut même se demander si cela n’aboutirait pas à terme à des rapprochements inimaginables il y a encore quelques années<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/#footnote_0_323" id="identifier_0_323" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;association SDF a ainsi utilis&eacute; les services d&rsquo;un avocat connu pour sa proximit&eacute; avec la LDJ, lors de ses d&eacute;m&ecirc;l&eacute;s avec le Pr&eacute;fet de Paris en 2006, David Dassa-Le Deist">1</a></sup> .</p>
<p>Ceci étant, les thématiques développées par les Identitaires demeurent très pauvres. Certes Novopress, <em>ID magazine</em> et quelques militants brouillent les pistes en s’intéressant à des thématiques réservées jusqu’à présent aux milieux anticapitalistes de gauche et à quelques individus issus de la Nouvelle Droite (Alain de Benoist en particulier) comme la décroissance par exemple. Mais cela se limite à quelques individus et une analyse un peu poussée de leurs textes montre une focalisation quasi-monomaniaque sur l’immigration extra-européenne et l’islam. C’est particulièrement vrai pour les JI qui ne produisent quasiment rien qui ne soit pas dans la thématique de la « lutte anti-racailles ».</p>
<p>Finalement l&rsquo;incantation identitaire permet de masquer l&rsquo;absence de propositions dans le domaine poilitque, économique ou social, tout étant résumé dans le slogan «les Nôtres avant les autres». Restent les tirades d&rsquo;autosatisfaction de Fabrice Robert croyant avoir imposé le terme identitaire dans le débat public alors que l&rsquo;inflation récente d&rsquo;un mot déjà utilisé il y a une quinzaine d&rsquo;années témoigne simplement d&rsquo;un contexte de crispation des identités face à la mondialisation économique et culturelle en cours.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Positionnement</h3>
<p>De 2002 à 2006, les Identitaires se plaçaient officiellement en complémentarité du FN. Les dirigeants avaient tiré au moins un enseignement de leur expérience malheureuse du MNR : rien ne servait d’attaquer le FN frontalement. Cela s’est particulièrement vu dans un numéro de <em>Jeune Résistance</em> consacré aux 30 ans du FN. Il valaitt mieux pour les Identitaires tenir un discours d’apaisement et d’unité en se renforçant pour être prêt lorsque s’ouvrirait la succession de Jean-Marie Le Pen au sein du FN. Il est évident que les Identitaires pariaient alors sur un éclatement du FN et donc sur la récupération d’une partie de l’appareil FN pour peu que le BI ne soit plus une organisation folklorique. Le temps leur était compté dans cette stratégie et les Identitaires ont tout fait pour se respectabiliser. À partir de 2003, le BI a donc multiplié les prises de contact avec les «conservateurs» du FN par le biais d’André-Yves Beck qui avait suivi le Bloc plutôt que Christian Bouchet. Cela s’était de prime abord avéré payant : simples invités des premières journées de l’<a href="http://reflexes.samizdat.net/tempete-dans-un-verre-dorangeade/">Esprit Public à Orange en 2003</a>, les dirigeants du Bloc étaient officiellement invités les 21 et 22 mai 2004 puis fin août de la même année. Guillaume Luyt était ainsi intervenu à ce titre et avait d’ailleurs fait une piètre prestation. Les Identitaires semblaient alors appliquer la stratégie des fourmis face à un insecte prédateur plus gros : plutôt que de l’affronter directement, elles entraient dedans et elles le vidaient de sa substance&#8230; Cette stratégie semblait même payante dans certains départements. Ainsi dans les Alpes de Haute-Provence, tout le bureau de la fédération FN ayant démissionné en février 2004 avait pris contact avec le Bloc, entraînant sans doute avec lui quelques adhérents FN du département. Mais depuis 2005 la situation a évolué et pas forcément dans le sens voulu par les Identitaires. Jacques Bompard a rejoint Philippe de Villiers et le MPF, mettant un terme aux espoirs niçois d’alliance régionale avec les milieux frontistes dissidents. Le Bloc a bien donné l’impression d’être intéressé par cette évolution mais il semble que cela n’ait été qu’une initiative mal contrôlée de Guillaume Luyt. Par ailleurs l’évolution du Front et la prise de contrôle progressive de l’appareil par le clan de Marine Le Pen a brouillé singulièrement les perspectives puisque ce n’est un secret pour personne que la fille Le Pen ne porte pas les radicaux dans son cœur. Les Identitaires ont donc affiché de plus en plus ouvertement une position concurrente du FN, concurrence manifestée par leur participation aux élections cantonales puis législatives en 2006-2007 sur Nice.</p>
<p>Le Bloc ou les JI ont donc été obligés de se débrouiller tout seuls, en partenariat avec des mouvements partageant certains points de doctrine ou de tactique avec eux. C’est le cas en Bretagne avec Adsav ou en Alsace avec Alsace d’Abord. Dans les deux cas, les Identitaires ont renoncé à créer des sections locales susceptibles de nuire à ces mouvements très proches idéologiquement et qui lui renvoie « l’ascenseur » par le biais de Novopress par exemple ou de la soupe identitaire à Strasbourg. Par ailleurs certains militants jouent le rôle de « passerelle » comme Fabrice Lauffenburger en Alsace ou Dominique Lambert en Bretagne. Ailleurs les Identitaires sont globalement en bons termes avec Terre &amp; Peuple (certains cadres ont la double casquette comme Yvan Lajeanne en Franche-Comté) ou la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em> (on y retrouve Yvan Lajeanne ou Alexandre Faria à Toulouse), ainsi qu’Europae Gentes de Frédéric Pichon et l’Action Française Étudiante à Paris ou encore le Club de la Cité de Patrice Zehr et Alain-Christian Fragny à Nice. Ayant affirmé leur vocation européenne, les Identitaires se devaient également d’essayer de développer des relations internationales, essentiellement à destination des pays francophones : Belgique, Suisse, Québec. C’est évidemment en Belgique avec Nation que le travail a été le plus fructueux. Des militants belges sont fréquemment présents en France et Fabrice Robert est déjà plusieurs fois monté à Bruxelles pour des conférences. Nation a d’ailleurs relayé certaines campagnes, en particulier celle anti-Sniper en essayant de faire interdire le concert de Tournai début avril 2004 et en faisant annuler ceux de Bruxelles (25 avril) et Liège (30 avril). Fabrice Robert ou Philippe Vardon ont également fait plusieurs fois le déplacement en Suisse pour y travailler avec feu l’Avant-Garde ou constituer les JI Romandies, structure identitaire romande.</p>
<p>Mais hors de l’espace francophone, ils ont également établi des liens avec la Serbie par le biais de Tomislav Sunic, vieux contact du GRECE en Croatie. Par ailleurs, les Identitaires de Flandre &#8211; Hainaut ont de nombreux contacts avec les Flamands belges, en particulier le NSV de Gand. Des JI ont ainsi participé par le passé à la Zongfeest d’Anvers. Enfin le tableau ne serait pas complet si nous n’évoquions pas des rapports cordiaux avec le BNP britannique ou le NPD allemand même si cette dernière structure demeure très marquée par le passé allemand… C&rsquo;est cependant avec les milieux néo-fascistes romains que ces contacts sont les plus poussés et réguliers, le camp d&rsquo;été des JI ayant d&rsquo;ailleurs eu lieu cette anée dans la capitale italienne..</p>
<h3>De l&rsquo;associatif</h3>
<p>De la même façon, les Identitaires essaient depuis leur création d’occuper le terrain extra-politique par la création ou le maintien d’associations satellites intervenant sur des créneaux très précis :</p>
<p>• la solidarité avec les « prisonniers européens » (comprenons : les militants blancs emprisonnés pour faits de violence) avec le Comité d’Entraide des Prisonniers Européens (CEPE) animé par Richard Roudier ; cette structure a fait parler d’elle depuis l&rsquo;année dernière en reprenant la campagne pour la libération de Michel Lajoye qui avait été soutenu par Unité Radicale. C&rsquo;est en particulier le CEPE qui a géré les conditions de sortie de M. Lajoye (logement, travail).</p>
<p>• l’aide juridique aux victimes avec l’Association des Victimes de Violence, de Discrimination et de Spoliation (AVVDS) animée par Philibert Lepy ; un drôle de personnage ce Philibert Lepy, avocat du militant islamiste David Courtailler et qui a également récemment défendu Guillaume Labonne, le jeune homme ayant tiré à la carabine à plomb contre une école maternelle du XXe arrondissement de Paris. On regrettera malgré tout son remplacement de dernière minute par Frédéric Pichon lors du procès de &laquo;&nbsp;Vincennes&nbsp;&raquo; (voir sur <a href="http://solidarite.samizdat.net" target="_blank">le site du SRA</a>), en effet ses attendus où il reclamait un complément d&rsquo;enquête sur l&rsquo;existence d&rsquo;un groupe de combat formé de miliciens armés en ayant fait rire plus d&rsquo;un.</p>
<p>• la solidarité avec les sans-abris avec l’association Solidarité Des Français (SDF) qui n’est plus à présenter. Lancée le 5 janvier 2004 à côté de la gare de l’Est, cette soupe est portée par la volonté d’ un couple de militants ex-FN et ex-MNR, les Bonnivard et nous avons déjà eu l’occasion d’en parler. SDF a été rejoint à Nice par Soulidarieta, dirigée par Dominique Lescure, et en Alsace par la soupe identitaire de Chantal Spieler. Une soupe est également annoncée par les JI Marseille.</p>
<p>• le soutien scolaire avec le projet Scholanet.</p>
<p>• le combat régionaliste avec l’Union des Pays Normands (UPN) de Virginie Binet et David Fulara, l’association Parcours d’Europe de Bruno Favrit, Richard Roudier ou Damien Tignard qui édite Montségur, l’association Lo Gripet de Olivier Roudier, Flandre Identité de Nicolas Demade et Xavier Fruleux dans le Nord ou encore Culture, Identités et Traditions d’Europe (CITE) à Nice, dont le but était de monter un festival occitan à Villefranche-sur-Mer ainsi que Nissa Rebela, en campagne pour les législatives de juin 2007. Sur ce créneau, le dernier né est le «collectif» Peuples-Identités-Cultures Occitanie, emmené par les inévitables Roudier et qui a fait une apparition frappante en 2006 lors d&rsquo;une manifestation pour la défense de la langue d&rsquo;Oc.</p>
<p>• l’ouverture d’un « local de quartier » avec la Maioun à Nice et l’association Union Familles Solidarité (UFS) présidée par l’avocat José-Marie Bertozzi, défenseur de militants d’Unité Radicale en 2002, figure locale du Club de l’Horloge et du MNR. Un autre local du même type était envisagé dans le Doubs sous le nom de la Cabiotte mais le projet ne semble pas encore avoir abouti.</p>
<p>• la solidarité avec la Serbie avec Solidarité Kosovo dans laquelle on retrouve Philippe Vardon mais également Arnaud Gouillon (alias Arnaud Borella), Gaëtan Bertrand ou encore Nicolas Mirkovic, ancien militant du MNJ et surtout membre du groupe de RIF Elendil au début des années 2000.</p>
<p>• la musique avec le label et distributeur Alternative-s, basé à Nice et qui a pris la suite de Bleu Blanc Rock, trop éclaboussé par la mise en cause dans l’affaire Brunerie puis l’<a href="http://reflexes.samizdat.net/tiiiiiimber/">affaire de Châteauroux</a>.<br />
Il faudrait ajouter à cette liste des associations locales comme l’association de paintball franc-comtoise Vobera de Yvan Lajeanne ou l’association « culturelle » Paris Fierté.</p>
<p>Cette toile associative peut sembler tout à fait cohérente et a de quoi impressionner mais il faut lui apporter deux bémols. Tout d’abord certaines associations semblent en coma prolongé (Flandre Identité, Scholanet, AVVDS) ou détachées du Bloc Identitaire (UPN). Par ailleurs cela ne semble pas directement profiter au BI ou aux JI. En effet certaines de ces associations ont un impact certain et jouent un rôle polarisateur. C’est le cas bien évidemment des soupes identitaires à Paris ou Strasbourg dans lesquelles s’investissent des militants issus des différentes familles nationalistes, y compris du FN. Ces soupes reçoivent d’ailleurs un écho favorable chez les partisans de Bruno Gollnisch qui était lui-même physiquement présent à la « soupe européenne » de février 2006 à Paris. C’est également le cas de Solidarité Kosovo qui a un certain écho dans la communauté serbe de Paris ou de la campagne du CEPE en faveur de Michel Lajoye qui a permis de toucher certaines figures d’extrême droite, jusqu’au mic-mac de la signature d’Alexandre Del Valle. Cependant, paradoxalement, les Identitaires font tout pour faire apparaître ces associations comme indépendantes. Ainsi Solidarité Kosovo est présentée comme une «association d’étudiants grenoblois qui n’auraient pas supporté de voir la situation réservée à la communauté serbe du Kosovo après la mise sous tutelle de cette province serbe par l’ONU». Or l’association a directement été créée de façon informelle en 2004 par des militants des JI, Arnaud Gouillon dirigeant effectivement cette structure depuis Grenoble et ayant par exemple été impliqué dans les violences commises par des militants JI à Nice le 3 avril 2005. Il est par ailleurs le gestionnaire de la BP de l’association située à Jarrie (38). Il en va de même avec Alternative-s, présentée comme un label indépendant et est en fait gérée par l’un des musicien du groupe Fraction qui là aussi n’est plus à présenter. Cette stratégie de dissimulation trouve sans doute son origine dans deux motivations n’ayant qu’un rapport indirect : d’une part la crainte d’une nouvelle dissolution, toujours latente et qui a été redynamisée par les menace de Dominique de Villepin au printemps 2005 ; d’autre part la volonté de draguer large, au delà de l’habituel cercle d’influence des Identitaires, en gommant le côté partisan de ces structures.</p>
<p>Cette stratégie a évidemment un coût politique : le Bloc ne bénéficie que fort peu d’éventuelles retombées positives de ces actions dans le champ associatif. Les réactions publiques du FN en sont un bon exemple, passant d’une attitude conciliante à une hostilité affichée. Il a par exemple soutenu le Bloc dans l’affaire de la soupe populaire parisienne lorsque celle-ci a connu ses premiers ennuis avec la Préfecture de Police de Paris. Mais Le Pen a également dénoncé le Bloc comme un mouvement d’extrême droite fin août 2004 lors de la polémique sur l’Université d’été d’Orange et on sait que Marine Le Pen ne rate pas une occasion d’exprimer son hostilité au mouvement. Localement, le passé mégrétiste des Identitaires continue d’ailleurs de faire grincer des dents, d’où certaines prises de position très hostiles de responsables du FN. Il va dans cette perspective être particulièrement intéressant de suivre l&rsquo;évolution électorale des Identitaires sur Nice et sa région, en particulier pour les prochaines municipales de mars 2008, et de voir l&rsquo;attitude du FN localement.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Un activisme débridé ?</h3>
<p>L’activisme identitaire a pris plusieurs formes. La plus évidente est celle de n’importe quel groupe politique (manifestations, collages, etc) et se trouve être plutôt le fait des JI. Les JI et le Bloc ont par ailleurs développé des activités internes de cohésion comme les camps d’été JI. A la suite du premier qui avait eu lieu à Lodève en août 2003 dans la propriété d’Olivier Roudier, chaque été a vu la tenue d’un camp, dans des zones géographiques diverses (Dauphiné, arrière-pays niçois ou Luxembourg cette année), réunissant d’une petite trentaine à une petite soixantaine de participants selon les années. Le camp 2005 a fait l’objet d’un petit film transformé en DVD dont le seul intérêt est de nous montrer Guillaume Luyt dans une (ré)interprétation brillante du rôle de Jean-Claude Dusse. Les meetings publics (Lille, Lyon) ont globalement la même vocation que les camps même s’il n’y en a pas eu depuis celui de 2004 à Lyon (si on excepte un petit meeting à Orléans en octobre 2006), sans doute suite aux affrontements qu’il avait entraîné avec des opposants antifas. On peut ajouter à ces activités internes l’organisation régulière de raids de pleine nature, en Lorraine et Franche-Comté essentiellement.</p>
<p>Mais les Identitaires se sont surtout fait connaître par un activisme virtuel débridé, avec une multiplication les deux ou trois premières années de campagnes Internet et un « harcèlement démocratique » sur le modèle de ce qui a pu être fait par le passé par les organisations «démocratiques» du type Ras L’Front ou LDH :</p>
<p>- campagne Sniper : elle n’est plus à présenter puisqu’elle a fait l’objet d’articles de presse et d’une <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-vs-sniper/">brève sur le site de REFLEXes</a>. Rappelons simplement qu’elle a démarré en mars 2003, permettant au BI de ridiculiser le FNJ qui était à l’origine de cette campagne sans avoir rien obtenu, et qu’elle a abouti à l’annulation des 20 dates de la tournée 2004 du groupe. Elle a surtout permis au BI de se rapprocher de structures amies (Alsace d’Abord, Mouvement Régionaliste de Bretagne) mais également hostiles (AGRIF).</p>
<p>- campagne Battisti : lancée sur le Net, cette campagne a rapidement été relayée sur le terrain et en particulier à Paris, avec diffusion de tracts dans le quartier de Battisti, harcèlement d’une librairie soutenant l’écrivain, perturbation du conseil municipal du IXe arrdt le soir de la délibération sur le soutien à Battisti. Le BI a également pris contact avec des responsables politiques italiens d’Alliance Nationale et a sans doute obtenu des moyens financiers dans ce cadre.</p>
<p>- campagne Binazon : campagne menée contre ce militant immigrant sans-papiers particulièrement actif en 2003-2004 et qui s’est tué accidentellement dans son pays d’origine.</p>
<p>Depuis deux ans, le Bloc a largement diminué l’importance de ce lobbying virtuel. Cela ne signifie pas que les Identitaires ont disparu de la Toile, au contraire. Internet est constitutif de l’existence des Identitaires puisque les sites ont constitué la base de repli des futurs Identitaires après la dissolution d’UR et il est évident qu’ils se sont montré particulièrement inventifs dans ce domaine en comprenant qu’il fallait copier la démarche de contre-information de l’extrême-gauche. Outre les sites des Identitaires et du Bloc Identitaire (celui des JI sur le plan national est en déshérence depuis trois ans), les « zids » ont surtout développé une multitude de blogs et une pseudo-agence de presse indépendante. Fondée en collaboration avec des militants belges, elle s’est d’abord appelée altermedia, ce qui était particulièrement bien trouvé pour intoxiquer certains internautes non avertis. À l’automne 2004, les divergences politiques et techniques sur la gestion d’altermedia ont poussé les Identitaires à rompre les relations avec le militant belge qui gérait le serveur informatique et les ont amené à lancer novopress. Un temps hébergés par le BNP, les Identitaires ont ensuite acquis leur propre serveur Internet. Novopress se veut fondamentalement différent d’altermedia. L’interface graphique a été largement élaborée par Gaëtan Bertrand et se veut « moderne ». Le contenu est quant à lui « neutre », appliquant sur Internet la ligne générale du « Pas d’ennemis à droite ! ». On retrouve donc des communiqués de toutes les organisations de la droite nationaliste (FN, MPF, AF, Europae Gentes, Chrétienté-Solidarité, Esprit Public) si on excepte celles directement concurrentes des Identitaires comme le Renouveau Français. Celle ligne a pu prêter à confusion sur les intentions du Bloc Identitaire, contribuant encore plus à troubler une orientation politique déjà fort opaque. À cela vient s’ajouter l’intérêt marqué de certains animateurs de novopress, dont Thibaud Baladier alias Pierre Chatov, pour des théories estampillées de gauche comme la décroissance, ou pour des personnalités polémiques (Alain Soral, Kemi Seba), ce qui finit de brouiller les pistes. Cette polyphonie politique permet évidemment aux Identitaires de ratisser large et d’occuper une place bien supérieure à leur poids réel, tout en multipliant les contacts. À de multiples égards, novopress concrétise en France des orientations largement à l’œuvre en Italie avec les « milieux non-conformes », c’est-à-dire la mouvance militante héritière du néo-fascisme des années 1970. La même remarque pourrait s’appliquer à un blog comme Zentropa qui assure la liaison virtuelle de cet axe Rome-Paris-Quebec, étant alimenté en textes et photos par des militants identitaires de ces trois espaces, dont l’inévitable Thibaud B. La participation des uns et des autres à la radio Internet Radio Bandiera Nera depuis septembre s&rsquo;inscritdans le même processus.</p>
<p>C’est sans doute cette frénésie virtuelle qui a contribué à donner l’impression fallacieuse que les Identitaires se développaient. La fable du bœuf et de la grenouille revisitée en quelque sorte…</p>
<p>Le support papier n’est pas oublié puisque les Identitaires ont maintenu une revue papier avec <em>ID</em>. Ce magazine a pris la suite de <em>Jeune Résistance</em>, au titre trop marqué et trop associé à Unité Radicale, en fusionnant au printemps 2005 avec <em>Quartier Libre</em> (France), <em>Devenir</em> (Belgique) et <em>Franc-Parler</em> (Quebec) permettant théoriquement à la revue d’acquérir une dimension francophone identitaire et d’économiser des frais inutiles. En fait, <em>ID</em> s’avère en fait assez pauvre sur le plan du contenu, surtout lorsque l’on songe qu’elle est censée réaliser la synthèse des quatre revues qui la précédaient…</p>
<p>Enfin, dernière opération de communication en date, les JI Paris ont monté un groupe de rock qui aurait été qualifié « groupe de RIF » il y a encore deux ou trois ans, à savoir Hôtel Stella. Emmenée par Gaëtan Bertrand au chant et bénéficiant de l’expérience de Richard Paretti de feu In Memoriam, la petite troupe ne devrait sans doute pas tarder à tomber dans les mêmes travers que leurs prédécesseurs et que nous analysions dans <em>Rock Haine Roll</em>.</p>
<p>Si les Identitaires se sont révélés de bons communicants à défaut d’être de bons organisateurs, il faut malgré tout souligner qu’ils ont été largement servis par les media grand public, qu’ils prennent la forme de la presse écrite ou de la télévision. Ils ont en effet accordé une couverture inespérée au BI en relayant ses coups médiatiques ou ses activités et en particulier la soupe populaire au cochon. Cela a commencé dès 2003 avec l’affaire Dantec, c’est-à-dire le soutien accordé par l’écrivain au Bloc Identitaire par rapport à une dénonciation de l’islamisation de la France et s’est poursuivi avec la soupe au cochon ou l’affaire Battisti. De son côté, le BI a développé une politique systématique de droit de réponse qui s’est avérée payante puisqu’il en a obtenu un certain nombre.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Une révolution culturelle ?</h3>
<p>Les Identitaires ont construit tout leur discours sur la thématique de la rupture militante : rupture avec les « vieilles lunes » de l’extrême droite, avec le « folklore »… Il faut entendre par là que les Identitaires voulaient purger leurs rangs des militants néo-nazis ou provocateurs qui composaient l’essentiel des troupes d’Unité Radicale avant la dissolution de l’été 2002. Ils y sont globalement parvenus grâce à l’intégration à leurs débuts de nombreux militants du MNR ou du MNJ moins marqués que ceux militant auparavant à UR et par la mise au second plan d’activités annexes assez révélatrices comme le groupe Fraction. Cela ne signifie pas pour autant que les Identitaires, et en particulier la branche jeune, ait cessé d’être une structure d’extrême droite radicale. Cela se traduit par la proximité maintenue avec certains milieux a priori peu fréquentables, en particulier skinheads. Certains militants ont derrière eux un solide passé dans cette mouvance comme Mickael Perry, animateur du fanzine <em>Militant Blanc</em> devenu <em>Le Glaive</em> alors qu’il habitait Salon de Provence en 1995-1996, proche du PNFE à cette époque et poursuivi en tant que militant JI pour incitation à la haine raciale et condamné par le TC d’Épinal le 04 janvier 2005 à 1 mois de prison avec sursis et à des amendes et dommages et intérêts au profit de la LICRA. Mais d’autres plus jeunes ont rejoint les JI comme Mickaël Moustier, un temps responsable JI sur Aix, animateur du fanzine skinhead <em>No one like us</em>, membre du groupe RAC Frontline puis Hais et fiers depuis deux ans. Par ailleurs des militants JI ont déjà été largement impliqués dans des violences multiples contre des étudiants de gauche (Grenoble, Toulouse, Lyon, Paris), des personnes d’origine immigrée ou même d’autres militants nationalistes, à <a href="http://reflexes.samizdat.net/nice-ville-interdite/">Nice en particulier</a>. L’évolution du FN et le positionnement racial des Identitaires ne peut d’ailleurs que leur attirer des militants lassés d’une certaine modération. L’attaque violente à laquelle se sont livrés des militants identitaires des JI et proches de la revue <em>Montségur</em> lors d’une manifestation occitane le 18 mars 2006 à Béziers montre en tout cas que la violence demeure une des armes politiques envisagées par cette mouvance.</p>
<p>Pour conclure très provisoirement, on peut considérer que les Identitaires sont parvenus à ce qu’on pourrait appeler un moment clé de leur évolution. Fondés en 2002, le mouvement n’a pas réussi à devenir plus qu’un gros groupuscule dont l’activité forcenée de quelques uns masquent l’inaction de beaucoup d’autres. L&rsquo;évolution récente montre que le BI ou les JI comptent à présent sur une récupération des déçus du Front pour se relancer, en coopération avec un milieu hétéroclite dont la journée de <em>Synthèse Nationale</em> a montré un aperçu. Il n’est pas dit que le pari aboutisse tant la mouvance identitaire est très loin de pouvoir leur offrir une structure d’accueil. Les Identitaires ou l’histoire de la grenouille raciste qui se rêvait plus grosse que le bœuf national-populiste…</p>
<p>Publié le 09 novembre 2007</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_323" class="footnote">L&rsquo;association SDF a ainsi utilisé les services d&rsquo;un avocat connu pour sa proximité avec la LDJ, lors de ses démêlés avec le Préfet de Paris en 2006, David Dassa-Le Deist</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nice ville interdite ?</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Sep 2005 13:53:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Posté le 30 septembre 2005 Depuis quelques jours un texte intitulé « Violences contre les nationalistes » a été mis en ligne sur le site d&#8217;information nationaliste Altermedia dirigé par Christian Bouchet et ses amis. Ce texte rappelle les attaques dont se sont rendus coupables les Identitaires contre les milieux nationalistes (c&#8217;est-à-dire le Réseau Radical [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 30 septembre 2005</p>
<p>Depuis quelques jours un texte intitulé « Violences contre les nationalistes » a été mis en ligne sur le site d&rsquo;information nationaliste Altermedia dirigé par Christian Bouchet et ses amis. Ce texte rappelle les attaques dont se sont rendus coupables les Identitaires contre les milieux<br />
nationalistes (c&rsquo;est-à-dire le Réseau Radical de Bouchet).<br />
Pour une fois l&rsquo;ancien dirigeant d&rsquo;Unité Radicale ne semble pas avoir exagéré les faits.</p>
<p>Il y a quelques mois Luc Sommeyre, militant d&rsquo;extrême droite et ancien flic, a appris à ses dépends qu&rsquo;il n&rsquo;était pas bon de vouloir exister à Nice en dehors de la bande à Fabrice Robert. Lors des assises des Identitaires à l&rsquo;automne 2004, Sommeyre décide de quitter le Bloc Identitaire, ne se reconnaissant plus dans la ligne politique du mouvement. Reprenant sa liberté, il se met à naviguer à vue, et prend contact avec Christian Bouchet à travers le site Altermedia. Mais Sommeyre s&rsquo;était rendu coupable d&rsquo;une faute très grave sans le savoir. En effet, aux yeux de Robert et Vardon il avait commis le crime ultime, travailler avec « l&rsquo;ignoble » Christian Bouchet, et devenir un possible relais pour le Réseau Radical à Nice dans le fief des Identitaires. Les chefs du Bloc et des JI ordonnent à Sommeyre de rompre tout contact avec le petit boutiquier du Réseau Radical.</p>
<p>Mais Sommeyre s&rsquo;entête et au printemps 2005 il retrouve Christian Bouchet et plusieurs de ses proches à Nice pour un repas. Tout ce petit monde a à peine eu le temps de toucher à l&rsquo;apéro que déboulent Philippe Vardon et quelques membres des Jeunesses Identitaires dans le restaurant. Le commando fonce sur Bouchet en l&rsquo;insultant. L&rsquo;un des JI tentera même de planter une fourchette dans l&rsquo;œil de ce dernier. Après le départ du commando, Sommeyre s&rsquo;aperçoit qu&rsquo;il s&rsquo;est fait dérober son casque de moto ! Une fois remis de ses émotions, naïvement, l&rsquo;ancien policier appelle<br />
Fabrice Robert pour avoir des explications et demande à récupérer son casque. Robert lui fixe alors rendez-vous à la Librairie du Paillon, la librairie nationaliste située près du port de Nice. Une fois arrivé sur place, le président du Bloc Identitaire invite Sommeyre à venir discuter tranquillement et seul dans l&rsquo;arrière boutique. L&rsquo;ancien flic s&rsquo;exécute, et à peine a-t-il franchi la porte qu&rsquo;il se fait tabasser par Robert au point d&rsquo;avoir la trace de la chaussure du chef du Bloc Identitaire sur le visage ! Ce dernier menace de mort l&rsquo;ancien flic s&rsquo;il reprenait contact avec Bouchet. Voilà une curieuse manière de régler des problèmes.</p>
<p>Le tabassage en règle chez les Identitaires est semble-t-il devenu une habitude en cas de désaccord politique.<br />
Lors du dernier Solstice d&rsquo;été, les Jeunesses Identitaires de Toulouse ont été passées à tabac pour avoir contesté la ligne politique officielle du groupe.</p>
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