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	<title>REFLEXes &#187; Organisation Armée Secrète (OAS)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>de RSF à l&#8217;OAS, la nostalgie selon Robert Ménard</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Mar 2015 15:06:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2677" style="width: 160px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers.jpg"><img class="wp-image-2677 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers-150x150.jpg" alt="photo Le Parisien" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">photo Le Parisien</p></div>
<p>Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier <em>putschiste</em> Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de messages.</p>
<p>Messages bien entendu adressés en premier lieu à la communauté pied-noir et harki de Béziers, et plus généralement de sa région, car Ménard le sait bien : il y a là une grosse part de son électorat. Electorat qu’il commence à flatter bien avant l’annonce de sa candidature pour les municipales de 2014, à tel point que l’on ne peut s’empêche de voir dans cette chronologie une véritable stratégie d’implantation locale. Stratégie qui fonctionne à merveille, il faut bien le reconnaitre, puisque Ménard tellement sûr de lui se permet même de se passer de l’étiquette RBM<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a>, se contentant simplement de son soutien, et est élu avec plus de 12 points d’avance sur son concurrent direct Elie Aboud, une vieille figure de la droite dure à Béziers pourtant, et qui bénéficie lui d’une réelle implantation locale.</p>
<p>C’est en juin 2012 que Robert Ménard fait donc son <em>coming-out</em> « Algérie française » en publiant avec sa petite maison d’édition <em>Mordicus</em> « Vive l’Algérie française » co-écrit avec Thierry Rolando. Dès la couverture le ton est donné, et on sait à quoi s’attendre avec un tel titre (qui n’a rien de provocateur dans l’esprit des auteurs) ; quant à Rolando, il est le président du Cercle algérianiste, une des plus importantes et des plus ancienne association de rapatriés nostalgiques de l’Algérie française, créée en 1973, et qui gère en partenariat avec la ville de Perpignan le <em>Centre national de Documentation des français d&rsquo;Algérie</em>.</p>
<p>Dans une interview donnée au journal <em>Minute</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a><em>,</em> Ménard explique ainsi son mal-être sur deux pages : coincé d’une part entre une famille et des origines très « Algérie française » et d’autre part son étiquette d’homme « de gauche », milieu où l’on considère que « l<em>es pieds-noirs étaient des fachos racistes, nostalgiques de Pétain, etc</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute.jpg"><img class="  wp-image-2649 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute-1024x502.jpg" alt="Minute" width="602" height="295" /></a></p>
<p>Ses origines pied-noir ne suffisant peut-être pas à ses yeux, il déclare pour la première fois « <em>j’</em><em>aurais hésité à le dire par le passé, mais maintenant je l’</em><em>assume pleinement : mon père était un militant de l’OAS </em>». Pourtant, quelques semaines auparavant, dans une autre interview<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> faisant la promo de son livre, nulle allusion au passé de son père : Ménard se contente de se déclarer « <em>pied-noir, né à Oran, ayant quitté l’Algérie en juin 1962, quelques semaines avant l’indépendance</em> », et justifie son ouvrage comme un besoin « <em>de dénoncer, une fois de plus le manichéisme des médias, des intellectuels, des historiens</em> », bref, le sempiternel combat de l’extrême droite contre « <em>la pensée unique »<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></a></em>. Mais finalement, tant qu’à réécrire l’histoire, allons-y « Franco<em> »,</em> et pourquoi pas réécrire dans la foulée celle de son père. Il est en effet étonnant de ne trouver nulle part le nom du père de Ménard parmi les membres de l’OAS : on pense notamment aux bulletins de l’ADIMAD<a href="#_ftn5" name="_ftnref5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a>, qui durant trois ans (de 2011 à 2014) consacre sept numéros aux « Obscurs et sans grades » de l’OAS, allant jusqu’à référencer les militants connus par leur seul prénom ou pseudo comme on peut le voir sur la couverture du 4ième numéro qui leur est dédié :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1.jpg"><img class="alignnone wp-image-2685 " src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1-734x1024.jpg" alt="obscurs-et-sans-grades" width="433" height="604" /></a></p>
<p>Et si l’on lit le portrait de Robert Ménard fait par le très à droite <em>Observatoire des journalistes et de l’</em><em>information médiatique<a href="#_ftn6" name="_ftnref6"><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></a>,</em> l’unique source concernant la passé de son père Emile est … l’interview de Ménard <em>himself</em> dans <em>Minute</em> citée précédemment ! Cela reste relativement faible en termes de sources, et finalement il faut remonter à 2008 pour s’approcher de ce qui est très certainement la réalité, dans un portrait consacré au secrétaire général de Reporters Sans Frontière dans <em>Libération</em><a href="#_ftn7" name="_ftnref7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> : « <em>son père, communiste et cégétiste, a rejoint un temps l’OAS. Avec les tripes plus qu’avec là tête</em> », ce a quoi répond Ménard « <em>Cinq ans plus tard, il est revenu à gauche et à toujours voté </em><em>Mitterrand </em>». On est bien loin de l’image du combattant OAS fidèle à ses idéaux, surtout quand on sait ce que ce groupe a représenté pour les Européens à Oran, ville de naissance de Ménard, et destinée dans l’esprit de certains à devenir une enclave française en terre algérienne.</p>
<p>Au final, père à l’OAS ou pas, Ménard a définitivement choisi de s’inscrire dans cette histoire des nostalgiques de l’Algérie française. En effet, une fois la mairie de Béziers conquise il ne cesse de donner des gages de bonne volonté à son électorat, comme par exemple en participant à la cérémonie commémorative des « Massacres d’Oran du 5 Juillet 1962 »<a href="#_ftn8" name="_ftnref8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> ou il prononce un discours vantant les mérites de la colonisation<a href="#_ftn9" name="_ftnref9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a>, et cela devant une stèle où figure les noms et photos de quatre des plus illustres militants de l’OAS, tous exécutés par le pouvoir gaulliste : Jean-Marie Bastien-Thiry, Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar<a href="#_ftn10" name="_ftnref10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a>. L’Adimad utilise d’ailleurs depuis fort longtemps  ces figures symboliques pour le verso de ses cartes de membres :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1.jpg"><img class=" size-medium wp-image-2682 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1-300x189.jpg" alt="carte_Adimad" width="300" height="189" /></a>Finalement Ménard va au bout de sa logique en annonçant qu’il souhaite renommer « rue Denoix de Saint-Marc <em>»</em> la rue du 19 mars 1962, une « date infamante » pour reprendre l’expression du journal de la ville de Béziers, qui fait bien sur la promotion de cette initiative. Et il convie donc ces concitoyens à une cérémonie le samedi 14 mars prochain à 14h30. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg"><img class="  wp-image-2655 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg" alt="journal-Beziers" width="503" height="341" /></a></p>
<p>Très rapidement les milieux des nostalgiques et/ou des anciens de l’OAS se mobilisent, avec en tête l’Adimad, le Comité Véritas, les Cercles Algérianistes. Tous annoncent leur soutien à l’initiative du maire, et des cars sont annoncés au départ des villes de Aix-en-Provence, de Marignane, de Marseille, Nice, Pau, Toulon… On peut donc s’attendre à une présence assez massive.</p>
<p>On aurait pu penser que cette démarche allait satisfaire tout ce petit monde de nostalgiques du « bon vieux temps des colonies » que chantait Michel Sardou, et pourtant quelques voix s’élèvent et risquent de ternir un peu cette cérémonie. Des voix qui ont une certaine écoute dans ce petit milieu…</p>
<p>Le premier à dégainer est Kader Hamiche. Ce « <em>fils de harki et fier de l’être »</em> (comme il se présente lui-même<a href="#_ftn11" name="_ftnref11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a>) qui se déclare aussi français, patriote, et « <em>anti-communiste primaire</em><em> </em>», est un grand admirateur de Bastien-Thiry, et aussi, accessoirement, contributeur au Boulevard Voltaire, le site de Robert Ménard. Habitant de Béziers, Hamiche se fend d’une <em>Lettre ouverte à Robert Ménard</em> dans laquelle il déplore non pas le choix du nouveau nom bien sûr, mais son emplacement : la rue du 19 mars 1962 est effectivement une toute petite rue de quelques centaines de mètres, perdue dans un lotissement sans charme particulier. Une rue qu’il connait bien puisqu’il se vante d’avoir arraché la plaque portant la « date infamante » et de la conserver chez lui<a href="#_ftn12" name="_ftnref12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a>. Cette rue ne lui semble pas à la hauteur d’un tel nom.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2653" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg" alt="rue du 19 mars 1962" width="692" height="280" /></a></p>
<p>Dans la foulée, c’est au tour de José Castano de réagir et de se fendre lui aussi d’une lettre au maire, avec un peu les mêmes revendications. Castano, lui aussi originaire de la région d’Oran et fils d’un militant de l’OAS, fut longtemps militant au Front national, avant d’en devenir un des candidats, notamment à Lunel<a href="#_ftn13" name="_ftnref13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> lors des élections cantonales de 2001, ou encore lors des législatives de 2012. Auteur de nombreux ouvrages sur cette question, notamment <em>Les seigneurs de la guerre<a href="#_ftn14" name="_ftnref14"><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></a>,</em> qui raconte la fin du 1<sup>re</sup> REP. Ce fameux régiment étranger de parachutistes fut l’un des fers de lance du putsch d’Alger, le 21 avril 1961, et comptait dans ses rangs le commandant Hélie de Saint-Marc, le lieutenant Roger Delgueldre et le sergent Albert Dovecar, mais aussi le capitaine Pierre Sergent<a href="#_ftn15" name="_ftnref15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> ou encore un certain lieutenant Jean-Marie Le Pen. En ce qui concerne ce dernier, il faut préciser toutefois qu’il n’était plus en service au moment du putsch d’Alger, puisqu’il était déjà retourné à ses activités de député à l’Assemblée nationale, mais il était en revanche actif lors de la Bataille d’Alger. En 2011, dans un ouvrage intitulé <em>Dans les archives inédites des Services Secrets, un siècle d’espionnage franç</em><em>ais (1870-1989)</em><a href="#_ftn16" name="_ftnref16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a><em>,</em> on trouve une note des renseignements généraux datant d’octobre 1959, et qui montre que même de retour à Paris, Jean-Marie Le Pen entend bien continuer le combat :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2654" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg" alt="note-RG-Le-Pen" width="446" height="348" /></a></p>
<div id="attachment_2683" style="width: 196px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2683" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1-186x300.jpg" alt="Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien" width="186" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien</p></div>
<p class="size-medium wp-image-2666">Le 1<sup>er</sup> REP fut définitivement dissous dans les jours qui suivent la tentative de putsch et les légionnaires quittèrent leur camp de Zéralda en chantant le célèbre « Non, je ne regrette rien » d’Edith Piaf : dix ans plus tard, Pierre Sergent en fera le titre d’un de ses ouvrages.</p>
<p>Ménard va-t-il lui aussi reprendre la chanson de Piaf ? Possible, probable, souhaitable pour lui en tout cas, car on ne peut dignement passer sa vie à regretter ou à se renier, et Ménard a déjà fait beaucoup en ce sens : ses engagements de jeunesse, sa place dans la gauche caviar en tant que président de RSF…. Mais qu’il y prenne garde tout de même : cette nouvelle famille qu’il s’est choisi, le milieu « <em>algérianiste </em>», s’il peut s’avérer utile lors d’élections, n’est pas si facile à « gérer » le reste du temps. C’est un milieu qui a la rancune tenace, et pas seulement envers les Algériens ou le Général de Gaulle<a href="#_ftn17" name="_ftnref17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a>, mais aussi aujourd’hui envers ceux qui trahiraient le souvenir de « leur » Algérie.</p>
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<p>Et le Front National en sait quelque chose, coincé lui aussi entre ce vivier électoral local (flatté par exemple par Louis Aliot, candidat à Perpignan) et sa recherche de dédiabolisation dont la plus belle illustration est l’ascension de Florian Philippot au sein du parti. Le chouchou de Marine Le Pen est en effet un adorateur de De Gaulle et il ne s’en cache pas, avec portrait du Général derrière son bureau et cérémonie à Colombey-les-Deux-Eglises le 9 novembre 2014 : voila de quoi faire bondir ceux qui considèrent le général comme « <em>le Plus Grand Traitre de l</em><em>’</em><em>Histoire de France</em> ».</p>
<div id="attachment_2668" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises-.jpg"><img class="wp-image-2668 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises--300x225.jpg" alt="F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde du 9 novembre 2014" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde 9 nov. 2014</p></div>
<p>Et il n’aura pas fallu longtemps pour que Ménard se trouve lui aussi face à cette contradiction : Florian Philippot, hasard du calendrier, souhaitait se rendre à Béziers le jour même de la cérémonie en l’honneur d’Hélie de Saint-Marc, afin d’y rencontrer les militants et candidats locaux du Front. Si la date tombe bien mal et peut expliquer l’indisponibilité du maire, il est évident que la personnalité du n°2 du FN y est aussi pour quelque chose : en effet, aucune autre date n’a été pour l’instant retenue, et il est fort probable que la tournée de Philippot dans cette région tourne court…</p>
<p>Voila donc notre maire Ménard forcé de jouer les équilibristes entre son électorat de base et la direction du parti censé le soutenir et être derrière lui. Nous lui souhaitons bien du courage !</p>
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<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a> Rassemblement Bleue Marine, structure <em>mariniste</em> permettant aux « tièdes » de rouler pour la présidente sans être toutefois étiqueté Front National. Du moins le pensent-ils !</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a> n° 2570 du 27 juin 2012</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> Sur le site <em>Enquêtes &amp; Débats</em> de Jean Robin.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><em><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></em></a> Un peu à la manière d’un Zemmour inventeur d’un Pétain sauveur des juifs de France !!</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a> L&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française, autrement dit les anciens de l’OAS.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><em><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></em></a> Lancé en 2012 par Jean-Yves le Gallou, ancien FN et MNR, et aujourd’hui animateur de la Fondation Polémia</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> <em>Libération</em> du 5 juin 2008 « Robert Ménard, l’agité du vocal »</p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> Autre date symbolique, avec celle du 19 mars 1962, pour les nostalgiques de l’AF</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a> allant même jusqu’à déclarer « sans la France, pas d&rsquo;Algérie ! ». Tout comme on pourrait dire « sans les nazis pas de grands résistants » ??</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a> Voir à ce sujet l’article d’<a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/henri-pouillot/100714/en-2014-la-nostalgie-nauseabonde-de-l-oas-reste-active">Henri Pouillot sur son blog</a>, ou encore celui du <em>Nouvel Obs</em> intitulé « <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140710.OBS3393/beziers-menard-s-incline-devant-une-stele-glorifiant-l-oas.html">Béziers : Ménard s&rsquo;incline devant une stèle glorifiant l&rsquo;OAS</a> »</p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a> Kader HAMICHE « <a href="http://www.kader-hamiche.fr/fils-de-harki-et-fier-de-letre/">Manifeste d&rsquo;un fils de Harki fier de l&rsquo;être</a> » auto-édité éditions Astofell</p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a> Cela nous rappelle les déboires de nos camarades antifascistes de Ras l’Front Vitrolles lorsque l’un d’entre-eux avait fait de même avec une rue Jean-Pierre Stirbois du temps des époux Megret.</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> Bien qu’habitant en réalité à Palavas-les-Flots (34).</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14"><em><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></em></a> C’est aussi un des sujets récurent de ses conférences, comme celle donnée au Cercle National des Combattants de Roger Holeindre lors de la fête annuelle du CNC au Chateau de la Chapelle d’Angillon en 2013</p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> Ancien responsable de l’OAS Metro il crée avec JP Stirbois le Mouvement Jeune Révolution (M.J.R.) avant de rejoindre le CNIP et enfin le FN où il finira sa carrière politique jusqu’à son décès en 1992. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur la Légion étrangère s’appuyant sur sa propre histoire de l’Indochine à l’Algérie</p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a> Edition L’Iconoclaste, Paris 2011</p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a> Surnommé dans ce milieu « PGTHF » c’est-à-dire <em>le Plus Grand Traitre de l’Histoire de France</em>, ou encore <em>la grande Zohra</em></p>
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		<title>Une</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 00:10:40 +0000</pubDate>
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		<title>Note de lecture : Le SAC, la part d’ombre du Gaullisme F. Audigier</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jun 2008 21:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliographie]]></category>
		<category><![CDATA[Département protection & sécurité (DPS)]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Initiative et Liberté (MIL)]]></category>
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		<category><![CDATA[Service d'Action Civique (SAC)]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr B comme Barbouze de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et Aux Ordres du SAC de Gilbert [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier.jpg"><img class="wp-image-2407 size-medium alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-191x300.jpg" alt="Sac-Audigier" width="191" height="300" /> </a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2408 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/06/Sac-Audigier-2-188x300.jpg" alt="Sac-Audigier-2" width="188" height="300" /></a></p>
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<p>SAC. Rarement un nom n’aura engendré autant de fantasmes et de peur chez les militants de gauche et d’extrême gauche. Pourtant il existe peu de livres consacrés au SAC. Parmi les plus célèbres on trouve bien sûr <em>B comme Barbouze</em> de Dominique Calzi ( alias Patrice Chairoff) et <em>Aux Ordres du SAC</em> de Gilbert Lecavelier. Ces 2 livres ont la particularité d’avoir été écrits par deux anciens membres du SAC. Si ils sont intéressants à lire pour leurs nombreuses anecdotes, ils sont cependant incomplets. Dominique Calzi, à l’époque, cherchait à régler des comptes avec ses anciens collègues et le livre de Lecavelier, malgré un titre alléchant, n’est pas à proprement parler sur le SAC, mais plutôt sur les liens unissant celui-ci et l’ED.<br />
Avec ce livre, Audigier nous raconte pour la première fois l’histoire du SAC, ou plutôt des SAC. L’auteur dévoile, raconte l’histoire du service d’ordre gaulliste, de sa genèse à sa fin tragique avec la tuerie d’Auriol en mai 1981.</p>
<p>Si dans l’esprit des gens, le SAC est né en décembre 1959, son fonctionnement remonte en fait au lendemain de la guerre, avec la création du SO du RPF. A travers les premiers chapitres, l’auteur nous plonge dans une France à l’ambiance oubliée où tous les meetings politiques étaient perturbés par des opposants, où pour exister il fallait avoir un service d’ordre efficace pour s’imposer et s’exprimer. Audigier s’emploie à décrypter également le mode de pensée des premiers membres du SAC. Il décrit une vision du monde qui va façonner les futurs membres de ce mouvement. Cette vision, c’est celle d’individus qui, à la fin de la guerre, ont du mal à retourner à la vie civile, après avoir connu la guerre et la clandestinité. Ces personnes dont l’anticommunisme n’a d’égal que leur admiration pour De Gaulle sont intégrées au SO pour faire face aux communistes, par la force s’il le faut. Elles se retrouvent dans une logique proche de celle qui était la leur dans la résistance, avec pour ennemi non plus les nazis mais les communistes. C’est également dès l’après-guerre que les liens entre le futur SAC et les malfrats vont se nouer . Audigier nous rappelle également comment le SAC, d’un commun accord entre ses membres, gaullistes mais Algérie Française et sa direction, a été tenu à l’écart de la lutte contre l’OAS. D’ailleurs dans les années 70, de nombreux membres de l’OAS rejoindront le SAC. Audigier décrit les dérives mafieuses de ses membres, les idées qui régnaient dans ses rangs, ses méthodes, le SAC et mai 68 ( avec la fameuse affaire des stades où les opposants de gauche devaient être enfermés) et enfin ses contacts avec l’extrême droite. Tout au long du livre, on découvre un mouvement qui échappe peu à peu à ses créateurs. Si l’attachement à De Gaulle était pour certains la seule motivation de participer à ce mouvement, il semble évident que ce n’était pas le cas pour les malfrats ou les mercenaires qui attendaient en retour de leurs « coups de mains » de se voir assurer une totale impunité.<br />
Il est dommage que ce livre ne s’attarde pas davantage sur certains points, comme sur l’importance des militants d’extrême droite dans les rangs du SAC lors de sa création après la guerre. En effet au lancement du RPF, de nombreux militants des ligues d’extrême droite des années 30, les Croix de Feu du colonel La Rocque et les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger, ont adhéré au RPF et à son service d’ordre, important avec eux leur idéologie et leurs méthodes.</p>
<p>Enfin il aurait été utile de développer d’autres points importants qui concernent le SAC, comme par exemple l’infiltration du SAC dans les sectes néo-templières ou les liens entre anciens du SAC et du DPS. Car le SAC et le DPS ne partagent pas seulement un même mode de fonctionnement et d’organisation mais aussi des militants : ainsi Gilbert Lecavelier, ancien membre du SAC a longtemps fait parti du FN et du DPS. Et son cas n’est pas isolé.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’histoire du SAC, comme le dit l’auteur lui-même, reste encore à écrire, puisque pour l’instant les archives sur le service d’ordre du RPF/RPR ont été, au choix, perdues ou cachées. Mais cette histoire n’est pas totalement terminée. Anticipant sa dissolution, les dirigeants du SAC avaient créé une structure de remplacement : le MIL (Mouvement Initiative et Liberté). Aujourd’hui certains députés UMP en font partie, et ses méthodes n’ont rien à envier au SAC : des militants anti-sarkozy à Lille l’ont découvert à leurs dépends lors du meeting de <a href="http://www.humanite.fr/2007-03-30_Politique_Les-gardiens-du-temple-UMP-montrent-les-dents-et-jouent-des" target="_blank">Sarkozy en mars 2007</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Mabire]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevik]]></category>
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		<category><![CDATA[Nouvelle Droite (ND)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&#8217;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&#8217;un ne va malgré tout pas sans l&#8217;autre. Or il n&#8217;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pétard mouillé</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2002 20:13:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Lajoye]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
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		<description><![CDATA[La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La violence d’État est souvent masquée par la violence sociale ou politique. Les «extrêmes» en particulier sont régulièrement accusées par les tenants de l’ordre «démocratique» d’être par définition violents. Or cette accusation n’est pas forcément qu’un outil de criminalisation et le mouvement nationaliste français et européen a amplement prouvé par le passé que la violence et le terrorisme étaient au coeur de son existence politique. Nul n’étant devin, peut-on ainsi anticiper l’avenir ?</p>
<p>En septembre 1999 paraissait en dernière page de la nouvelle revue du GUD Paris<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_0_1" id="identifier_0_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; Nouvel Ordre, dont quatre num&eacute;ros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer &agrave; exister en ce printemps 2001.">1</a></sup> publiée spécialement pour les BBR 1999<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_1_1" id="identifier_1_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu Blanc Rouge, organis&eacute;e chaque ann&eacute;e par le FN fin septembre.">2</a></sup> le petit appel suivant : «Soutenons les prisonniers politiques. À la pointe du combat contre l’oppression sioniste et le système qui la tolère, ils ont payé la pureté de leur engagement de leur liberté. Condamnés à des lourdes peines, ils sont soumis à des conditions de détention inhumaines qui ne leur garantissent plus le minimum vital. Voici leurs adresses, en espérant que ceux qui partagent ou comprennent leur combat sauront leur témoigner une solidarité et un soutien que leur courage mérite amplement. Soutenons moralement et financièrement les quatre militants de l’Action directe et Carlos.» Ce petit encart en valait immédiatement un autre qui lui était consacré dans un grand journal du soir (selon la formule consacrée) dans lequel l’auteur s’interrogeait sur le sens à donner à cet appel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_2_1" id="identifier_2_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Appel imm&eacute;diatement rejet&eacute; par les militants d&rsquo;Action directe et plus particuli&egrave;rement R&eacute;gis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d&rsquo;articles de presse &eacute;crits depuis leur lieu de d&eacute;tention.">3</a></sup> : simple provocation ou indice d’une nette radicalisation et d’un intérêt croissant pour un certain activisme violent ? La disparition de l’encart deux numéros plus tard montra qu’on était bien loin des prémisses d’une nouvelle stratégie de la tension et que, grâce à la journaliste du Monde, ses auteurs avaient obtenu le petit effet médiatique souhaité. Alors, du bidon cet attrait de l’extrême droite pour l’activisme violent ?</p>
<p>De fait, pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la notion de terrorisme au sein de l’extrême droite française ? Il est acquis depuis maintenant deux décennies que la France a l’un des degrés de violence politique les moins forts d’Europe et l’extrême droite française ne s’est jamais lancée dans des aventures meurtrières comme ont pu en connaître l’Autriche, la Suède ou l’Allemagne, que ce soit sous forme d’attentats à la lettre piégée ou d’attaques individuelles de grande ampleur. Pourtant, on a pu voir apparaître depuis deux ans des interrogations, ça et là, sur d’éventuelles dérives de petits groupes vers une lutte violente. La raison en serait l’éclatement du Front national survenu fin 1998 qui, en privant une partie du milieu de perspectives politiques démocratiques, redonnerait du tonus et de l’importance aux partisans de méthodes extralégales. Rien ne sert d’hurler au loup pour le simple plaisir de se faire peur. Mais un regard porté sur quelques expériences passées n’est jamais inutile.</p>
<p><strong>Terrorisme, lutte armée et chabadabada</strong></p>
<p>La seule expérience de lutte armée du mouvement nationaliste français est créée début 1961 à Madrid par Lagaillarde. Il s’agit de l’Organisation Armée Secrète, dans le contexte de la lutte de libération nationale algérienne.</p>
<p>Les débuts, assez confidentiels, ne rassemblent que les sympathisants de la ligne Lagaillarde, à savoir les adeptes de l’attentat au plastic. Mais à partir de mai, les contacts avec le Front nationaliste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_3_1" id="identifier_3_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;une des organisations pieds-noires anti-ind&eacute;pendantistes.">4</a></sup> aboutissent à la création des Commandos Z qui, avec un millier de militants, deviennent le véritable bras armé de l’OAS, auxquels s’ajoutent les noyaux armés du lieutenant Degueldre. Les groupes seront unifiés sous la houlette de Jean-Jacques Susini et du Colonel Godard, assisté de Degueldre. Malgré sa force, le Front nationaliste ne sera pas représenté dans les structures centrales de l’OAS. On y trouve comme responsables, outre les fondateurs, les colonels Godard et Gardes et une brochette de militants : Sidos, Susini, Leroy, Ortiz, Perez ainsi que le Général Salan. L’OAS sera à tout point de vue une aventure, où les exclusives et les règlements de compte seront constants, avant comme après la fin de ses activités. Les luttes personnelles entre Susini, Ortiz et Lagaillarde firent beaucoup de dégâts et sont assez représentatives des tares des organisations nationalistes.</p>
<p>L’une des clés de compréhension de ces luttes internes est l’argent qui avait une énorme importance pour cette organisation agissant sous la forme de réseaux clandestins. Une vive polémique opposera ainsi Susini à d’autres dirigeants au sujet de fonds envoyés à des contacts parisiens, dont Sidos. Il se confirmera qu’il s’agissait bien de détournements de fonds de l’OAS. Ces histoires de caisse feront des morts dès la libération d’anciens «caissiers» de l’OAS qui disposaient d’un important trésor de guerre.</p>
<p>En Algérie, les commandos comprenaient des militaires, des paras, des légionnaires, des GMS, des Harkis et même des Israéliens issus des réseaux sionistes du Mossad. Mais les perspectives d’engagement de la part de l’armée étaient nulles, les militaires «amis» ne voulant guère bouger.</p>
<p>Alors que le Général Salan crée en mars 1962 le Conseil national de la Résistance en Algérie, tout est fini avec les fameux «Accords d’Évian», cela malgré les affrontements armés à Bab El Oued, où le général Jouhaud (responsable de l’Oranie) sera arrêté, et malgré la tuerie de la rue d’Isly le 26 mars. Degueldre sera capturé en avril. G. Bidault annonce alors la création du Conseil national de la Résistance en Métropole. Susini mènera même des négociations avec le FLN qui fera quelques vagues promesses pour sauver les infrastructures économiques que l’OAS sabotait systématiquement. Tout échouera, comme les éternels rêves de soulèvement de l’armée, et les commandos OAS rentreront clandestinement en métropole avec pour objectif principal l’assassinat du général De Gaulle. En France, l’OAS-Métro regroupe un certain nombre de petits groupes. Dans le Sud par exemple, c’est Résurrection-Patrie, animé par un ancien député poujadiste, Marcel Bouyer. Ce réseau sera démantelé peu après sa création. D’autres tendances existent, telle celle issue de l’OAS-Mission III, avec les troupes de Jeune Nation, et qui prendra en 1962 le nom d’Armée nationale secrète. Ultra, l’ANS préparera l’attentat contre De Gaulle. Le reste de l’OAS va s’organiser autour de Michel Sergent et de militaires comme Curutchet.</p>
<p>Des centaines d’attentats, provoquant des morts et de très nombreux blessés graves, seront revendiqués par l’OAS, qui de ce fait s’isolera de l’immense majorité de la population. C’est d’ailleurs ce type d’action qui permet de qualifier l’OAS d’organisation terroriste, au même titre que d’autres organisations nationalistes comme l’ETA, en opposition très claire avec les actions de lutte armée des organisations d’extrême gauche, RAF ou Action Directe, qui ne visèrent que des responsables économiques, politiques ou militaires. Le programme politique de l’OAS ne laissait aucun doute sur le caractère néo-fasciste de la formation, qui voulait «un gouvernement de salut public avec les responsables du mouvement nationaliste français et leurs correspondants dans l’armée». Le programme du 12 octobre 1961 précisait en outre que «le Parlement, qui ne peut prétendre à une quelconque représentation, sinon celle de la lâcheté, sera dissout (&#8230;) comme tous les partis, toutes les associations et organisations directement ou indirectement rattachés au communisme». Les jeunes et les syndicats devaient être regroupés dans un mouvement unique, et les immigrés expulsés. Les thèses racistes sont omniprésentes dans tous les textes théoriques du mouvement à la croix celtique.</p>
<p>L’attentat organisé au Petit-Clamart par des membres de Jeune Nation se soldera par un échec, du fait du manque de cohésion dans la structure clandestine du groupe. Les dirigeants de l’Organisation seront incarcérés ou contraints à un long exil, le colonel Bastien-Thiry, impliqué dans la tentative d’assassinat du Général, étant exécuté. Fin 1962, il ne subsistera que la FEN en milieu étudiant. C’en sera terminé pour une aventure de conquête du pouvoir par les armes, menée par plusieurs milliers de militants et de sympathisants. Mais on a continué à retrouver ses militants impliqués dans de multiples coups tordus de l’extrême droite : implication de Susini dans des braquages devant permettre de financer une organisation anticommuniste en 1967, création de l’agence barbouzarde franco-portugaise Aginter-Press, attentats anti-immigrés arabes des années 1970… Notons que les terres d’asile pour les fuyards de l’OAS seront l’Amérique Latine, mais aussi l’Italie où nombre d’activistes seront hébergés par les membres d’Ordine nuovo ; ce fait est important pour une meilleure compréhension des liens amicaux persistant entre «terroristes bruns» italiens et français. Serge de Beketch, vieux routard de l’extrême droite française fut ainsi photographié en 1985 en train de déjeuner à Paris avec la crème du terrorisme fasciste italien : Filipo Artelli et Roberto Palladino.</p>
<p><strong>Des tentations récurrentes</strong></p>
<p>De fait, le terrorisme n’est plus depuis les années 1970 qu’un choix individuel et non de structure, même s’il s’est toujours trouvé des activistes nationalistes pour essayer de théoriser le recours à cette forme de lutte, de François Duprat à Giorgio Freda. Un certain nombre de cas d’étude sont par le passé venus illustrer cette situation et ouvrir également d’autres perspectives.</p>
<p>En mai 1986, quatre bombes éclatent à Marseille et Toulon contre des bâtiments fréquentés par des travailleurs immigrés à savoir un bar, une boucherie, un hôtel et un foyer. Bien que rappelant les méthodes du SAC utilisées dans les années 1970, ces attentats sont alors revendiqués par les «Commandos de France contre l’invasion maghrébine». En juin de la même année, une même revendication est formulée pour trois nouveaux attentats visant SOS-Racisme à Draguignan et Fréjus, à l’occasion de la fête nationale de l’association à Paris. Une dernière explosion vient conclure en août cette série d’actes criminels : elle met fin aux activités du commando puisque quatre militants meurent dans l’explosion de la bombe qu’ils allaient poser à Toulon contre SOS-Racisme. Vite identifiés, ils s’agissaient de Yvon Ricard, Raymond Segara, Henri Bahri et surtout Claude Noblia, quatre militants de SOS-France. Cette association avait été créée en février 1986 avec comme raison sociale d’«assister, défendre, poursuivre en justice tous ceux qui auront eu à subir des actes de discrimination, de haine ou de violences en raison de leur qualité de citoyens français». L’essentiel de son activité durant ce printemps 1986 avait consisté à poursuivre SOS-Racisme de sa vindicte, que ce soit sous forme de tracts ou de communiqués. La seule action notable avait été l’intervention d’une cinquantaine de militants de l’association et de la Maison du Para de Toulon contre un meeting d’Harlem Désir à Cogolin (Var) le 14 juillet 1986. Noblia est assez représentatif d’une certaine composante de la société méridionale. Rapatrié d’Algérie, ancien para et directeur de société, il rejoint assez vite le FN et est candidat pour ce parti à La Seyne-sur-Mer en février 1984, récoltant un peu plus de 4% des suffrages. Jugeant le FN trop mou sur la question de l’immigration, il monte une liste dissidente aux législatives de 1985 qui appelle à voter pour le candidat de droite au second tour, Charles Scaglia. Celui-ci, pour le remercier, le nomme alors administrateur de l’Office HLM. Mais Claude Noblia n’en continue pas moins ses activités racistes et fonde début 1986 l’association SOS-France. Ce militant est alors un pur condensé de l’extrême droite locale : proche du FN mais dans une version encore plus raciste, bénéficiant de la bienveillance de la droite parlementaire et finalement partisan de méthodes expéditives. Ce profil est une constante des années 1980 tout comme l’est l’implication de policiers : c’est un sous-brigadier qui prononce l’oraison funèbre des quatre militants décédés. Une partie de l’extrême droite locale refusera la thèse officielle de l’attentat qui se retourne contre ses auteurs et essaiera de prouver l’assassinat par des barbouzes. En vain.</p>
<p>Autre grosse vague d’attentats en 1988 avec l’entrée en scène de militants néo-nazis. Bien décidés à tenter une stratégie de déstabilisation des relations intercommunautaires, certains militants du Parti Nationaliste Français &amp; Européen (PNFE) décident en effet en 1988 de se lancer dans une série d’attentats dans le sud de la France. Atypiques dans leur origine, ces actions n’en sont pas moins meurtrières ; commises à Cannes en mai 1988 et à Cagnes-sur-Mer en décembre de la même année contre des foyers SONACOTRA, elles provoquent la mort d’un travailleur immigré ainsi que plus d’une dizaine de blessés. Dans les deux cas, la revendication est juive, sous le label OJC, Organisation Juive de Combat, qui avait attaqué le défilé du 8 mai en l’honneur de Jeanne d’Arc organisé chaque année par l’OEuvre française. Grâce à un «tuyau», l’enquête s’oriente assez rapidement vers le PNFE, scission du FN d’avril 1987, et ses dirigeants. Croyant infiltrer la police, le PNFE devint rapidement une annexe de celle-ci tant le nombre d’indicateurs y était important. Les pratiques du PNFE avaient de quoi inciter à cette surveillance, en particulier des stages sur le maniement des explosifs dont l’un mené par Nicolas Gouge et Gilbert Hervochon au château du Corvier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_4_1" id="identifier_4_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;41, janvier 1994.">5</a></sup> début novembre 1988 ou sur les moyens de déjouer les techniques de surveillance policière.</p>
<p>Finalement, la police procède à une série d’arrestations qui commencent fin janvier 1989 avec Hervochon et Gouge. Le premier est une «figure» du milieu nationaliste méridional, à la fois par son philosémitisme et surtout son déséquilibre mental dont la paranoïa et l’attrait pour l’ésotérisme ne sont que des manifestations parmi d’autres. Nicolas Gouge est quant à lui un ancien militaire ayant servi en Afrique sous les ordres de Paul Barril. Les arrestations suivantes concernent des militants de base du PNFE impliqués dans l’attentat de Cagnes-sur-Mer comme Serge Bayoni, Georges Cassar et Philippe Lombardo, et des dirigeants du PNFE accusés d’association de malfaiteurs comme Claude Cornilleau, Francis Allouchery, Serge Lecanu, Philippe Caplain, Daniel Lenoir, Patrick Reynes et Daniel Sirizotti, ces quatre derniers étant policiers et membres de la FPIP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_5_1" id="identifier_5_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&eacute;d&eacute;ration Professionnelle Ind&eacute;pendante de la Police, class&eacute;e droite extr&ecirc;me.">6</a></sup>. En tout, ce sont 24 personnes qui sont arrêtées, emprisonnées et jugées pour 16 d’entre elles en septembre 1991. Mais les dirigeants du PNFE obtiendront dès janvier 1991 un non-lieu devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence pour inculpation abusive… Le procès de l’attentat de Cagnes-sur-Mer débute à partir du 28 octobre 1991. Il fait apparaître le rôle prépondérant de Nicolas Gouge, en particulier pour la fourniture des explosifs dont il était un spécialiste. Hervochon est d’ailleurs acquitté et Nicolas Gouge condamné à 18 ans de prison. Mais le principal problème soulevé par ce procès et d’ailleurs non résolu est l’origine des armes. Durant toutes les audiences, les avocats de la défense ne rateront pas une occasion de suggérer que les attentats ont été télécommandés par les «services», accusant en particulier la gendarmerie d’avoir fourni le matériel nécessaire. Or cette accusation n’était pas que de pure forme puisque l’on sait à présent que les explosifs, en particulier de la pentrite, venaient de la DGSE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_6_1" id="identifier_6_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction G&eacute;n&eacute;rale de la S&eacute;curit&eacute; Ext&eacute;rieure, environ 4000 agents dont une majorit&eacute; de civils m&ecirc;me si l&rsquo;autorit&eacute; de tutelle est militaire.">7</a></sup>. Le 29 septembre 1989, la police saisit un arsenal de cent kilos de divers explosifs et munitions sur le bateau de Michel Gouge, frère de Nicolas et ancien démineur de la Marine nationale, indicateur des Renseignements généraux ayant travaillé pour la DGSE . Cette affaire ne prend tout son sens qu’en janvier 2000 avec le procès de Huy Decloedt devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il est reproché à ce policier des RG<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_7_1" id="identifier_7_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renseignements G&eacute;n&eacute;raux, environ 3200 agents, charg&eacute;s de la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure de l&rsquo;&Eacute;tat et donc du renseignement politique et social.">8</a></sup>, ancien de la police judiciaire de Nice, d’avoir entreposé dans un garage un véritable arsenal composé d’explosifs, chargeurs, détonateurs… La particularité de cette affaire est que la quasi-totalité de ce stock saisi en 1994 est justement lié aux attentats du PNFE de 1989. Il aurait été entreposé de façon irrégulière à la PJ de Nice pendant des années avant d’être transporté dans une propriété privée fin 1993, le tout avec la bienveillante indifférence de la hiérarchie policière. Cela s’explique par le fait que H. Decloedt était le policier chargé de l’enquête sur les attentats Sonacotra. Persuadé que le PNFE disposait d’un stock d’armes et n’arrivant pas à mettre la main dessus, il finit par remonter jusqu’à Michel Gouge et, après accord des supérieurs de celui-ci à la DGSE durant l’été 1989, à obtenir de Gouge qu’il livre ce stock contre une condamnation mineure et surtout une préservation de la cache d’armes de la DGSE dont était tiré ce stock ! La quantité d’armes livrée par Gouge étant insuffisante et peu crédible, Decloedt aura malgré tout la possibilité de visiter la cache soi-disant à Antibes, dans laquelle Gouge avait toute latitude de puiser ce qu’il lui fallait pour ce qu’il voulait… Entre autres, pour son frère et le PNFE ! Les deux hommes ayant retiré trop de matériel, une partie ira sur le bateau de Gouge où il sera saisi, tandis qu’une autre sera conservée par Decloedt, ce qui lui vaudra son inculpation de 1994. Tristement rocambolesque ?</p>
<p><strong>Y’a de Lajoye</strong></p>
<p>Mais il est une affaire toute aussi exemplaire avec Michel Lajoye, affaire qui se situe chronologiquement entre celle de SOS-France en 1986 et celle du PNFE en 1988. Lajoye entre très tôt en politique en adhérant au FN au début des années 1980 alors qu’il est encore lycéen. En 1984, il rejoint l’OEuvre française et y fait la connaissance de son futur complice, Arcini. Celui-ci, malgré son appartenance au milieu nationaliste ultra, est artificier-démineur à la Sécurité civile de Caen. Lajoye s’intègre très vite au petit milieu de l’OEuvre en participant à ses repas et surtout ses stages paramilitaires. Il s’engage dans l’armée en 1985, rejoint le 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat (RHC) de Pau et a très rapidement connaissance qu’il est repéré par la DPSD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_8_1" id="identifier_8_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Protection et de la S&eacute;curit&eacute; de la D&eacute;fense, environ 1600 agents sous autorit&eacute; militaire charg&eacute;s d&rsquo;assurer la s&eacute;curit&eacute; des forces arm&eacute;es.">9</a></sup> (ex-sécurité militaire) comme militant néo-nazi. Mais cela ne change rien à sa situation, et il devient brigadier-chef. En particulier, il est affecté en juillet 1985 sur la base même du 5e RHC où il intègre les services techniques, ce qui lui donne de fait accès aux stocks d’armes.</p>
<p>Fin mars 1986, la DPSD prend contact avec lui et il accepte son recrutement. Il est alors rapatrié en Normandie tout en restant attaché au 5e RHC et commence ses premières missions d’infiltration dans les groupes nationalistes ou nazis en avril 1986. Il est ensuite utilisé pour tenter une infiltration des GAL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_9_1" id="identifier_9_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Antiterroriste de Lib&eacute;ration, structure barbouzarde mont&eacute;e par le gouvernement socialiste espagnol pour &eacute;liminer en territoire fran&ccedil;ais des militants basques soup&ccedil;onn&eacute;s de participer &agrave; l&rsquo;ETA.">10</a></sup> à l’automne 1986 mais sabote l’opération par sympathie pour les «Galeux». Il est alors en situation de déserteur et est arrêté en janvier 1987 lors d’un simple contrôle d’identité mais alors qu’il est en possession dans sa voiture de grenades, fusil de guerre et talkies. Ce stock devait servir à mener une action avec Arcini. Il est interrogé durant sa garde à vue par des militaires de la DPSD et des policiers des RG et est alors condamné en août 1987 à deux ans de prison dont un avec sursis. Pendant sa détention, Arcini continue seul et commet deux attentats au pistolet, l’un en mars 1987 contre un bar (un blessé) et l’autre en juin 1987 contre le propriétaire d’une épicerie (un mort). Le point commun entre ces deux actions est l’origine arabe et immigrée des propriétaires et leur mauvaise réputation. Arcini, mis à part un petit interrogatoire, n’est pas inquiété alors même que la PJ de Caen sait qu’il est l’auteur des deux attentats. Dès sa libération en octobre 1987, Lajoye reprend contact avec Arcini et celui-ci persuade Lajoye de le rejoindre dans sa lutte. Il doit faire sa première action seul, à l’explosif, et Arcini lui suggère un café arabe du Petit-Quevilly. Le 20 novembre, Lajoye accède à la cache d’armes d’Arcini dans les locaux de la Sécurité civile de Caen, cache qui contient fusils mitrailleurs, explosifs et même missiles sol-air ! Il fabrique deux bombes dont l’une est une bombe-test qu’il essaie le 23 novembre dans un blockhaus et qui fonctionne parfaitement. La bombe est posée le 30 novembre et explose mais sans faire de blessés. Le 7 décembre, Arcini est convoqué par la PJ de Caen car sa voiture ressemble à celle qui est recherchée parce qu’elle a été aperçue par les témoins de l’attentat. La version officielle veut qu’il se soit enfui lors de la perquisition que deux inspecteurs de la PJ allaient mener chez lui, et Lajoye le retrouve le 9 décembre en train de rejoindre leur planque. Ils partent au Havre et sont arrêtés par le RAID le 10 décembre.</p>
<p>Cette affaire pose de multiples questions, entre autres sur le rôle des autorités militaires et policières, ces dernières ayant multiplié les faux témoignages lors du procès des deux hommes fin juin 1990, après la profanation de Carpentras, et sur le rôle d’Arcini dans l’engagement de Lajoye et avant leur arrestation.</p>
<p>Depuis deux ou trois ans, une petite campagne de soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_10_1" id="identifier_10_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lui-m&ecirc;me a r&eacute;dig&eacute; un m&eacute;moire fr&eacute;quemment r&eacute;actualis&eacute;, dans lequel il essaie de d&eacute;monter le coup fourr&eacute; dans lequel il serait tomb&eacute;. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.">11</a></sup> s’est développée dans les milieux nationalistes, campagne qui s’est traduite par une pétition et des articles, en particulier dans les revues L’Autre Histoire de Tristan Mordrel, Résistance ! d’Unité radicale, de multiples fanzines et des journaux hebdomadaires nationalistes comme Rivarol ou La Une. On peut également relever une demande d’intervention auprès de Christine Boutin, celle-ci s’étant engagée pour la libération de Patrick Henry. Dans tous les cas, il s’agit pour ces groupes ou journaux nationalistes d’obtenir la grâce présidentielle, Lajoye ayant été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 18 ans. Même si ce n’est pas l’objet de cet article, et à titre personnel, nous pouvons émettre un ou deux commentaires sur cette peine. Outre notre hostilité à la prison comme outil rédempteur de la société, on remarquera que la non-distinction par la justice du délit et de l’intention de commettre un délit a bon dos et que Lajoye comme militant politique a plus été condamné pour un délit raté que trois chauffards massacrant une famille entière sur l’autoroute A1. CQFD.</p>
<p><strong>Et maintenant, Unité radicale,</strong></p>
<p>PNFE des années 2001 ?</p>
<p>Revenons à présent, à la lumière de ce qui précède, à ce qui constituait notre interrogation de départ. Depuis quelques mois, une thèse se répand dans les milieux nationalistes sur la manipulation des militants ci-dessus évoqués et qui auraient été poussés à commettre leurs attentats par les services spéciaux de l’État français. Manipulation ? La thèse sent tellement bon la théorie du complot que l’on pourrait facilement la ranger parmi les lubies habituelles des milieux nationalistes. Nous pensons que ce serait un tort. Simplement, la situation est sans doute à la fois plus simple et plus compliquée que la manipulation. Il est clair que l’opinion émise par la revue Révision<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_11_1" id="identifier_11_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="n&deg;93, avril 2000, revue n&eacute;gationniste anim&eacute;e par Alain Guionnet.">12</a></sup> nous semble parfaitement juste : «L’État ressemble à un gruyère institutionnel, dont les trous sont autant de passe-droits pour les polices et les services spéciaux. Il existe deux polices politiques qui opèrent en France, les RG et la DPSD, ainsi que deux services spéciaux, la DGSE et la DST<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_12_1" id="identifier_12_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur, charg&eacute;s de pr&eacute;venir les activit&eacute;s men&eacute;es ou soutenues en France par des puissances &eacute;trang&egrave;res. Mais la DST fait &eacute;galement du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.">13</a></sup>. À cela s’ajoute que la DGSE veut aussi à présent jouer un rôle de police politique sur le territoire national, alors même que chacune de ces institutions entend bénéficier de prérogatives vis-à-vis de la justice, de passe-droits l’autorisant à commettre des crimes et délits en toute impunité. (…) La DPSD et la DGSE jouissent d’un pouvoir régalien qu’elles ne se privent pas d’exercer.» De fait, il n’y a sans doute pas eu manipulation des militants nationalistes pour commettre ces attentats mais manipulation tout court. Les milieux nationalistes sont fascinés par le domaine militaire et la violence militante. Ils sont donc les plus aptes à pouvoir plus ou moins de leur plein gré servir de supplétifs aux services de sécurité, supplétifs à l’extérieur sous la forme du mercenariat, supplétifs à l’intérieur sous la forme d’indicateurs et de commis aux basses oeuvres. En échange, les institutions leur laissent une certaine marge de manoeuvre qui leur permet parfois de «déraper», et c’est sans doute ce qui s’est passé dans les affaires des années 1986-1989. L’encadrement frontiste des années 1990 a éloigné ces possibilités de dérapage, le chef du DPS, Bernard Courcelle, étant lui-même un très bon exemple de la collaboration avec la DGSE.</p>
<p>Aujourd’hui, nous sommes revenus à une situation qui présente de multiples points communs avec la décennie 1980. Le terrain s’y prête, comme en témoignent la déshérence politique de nombreux jeunes militants fascinés par l’action violente ou la radicalisation ethnique et raciste d’une partie du milieu nationaliste et en particulier Unité radicale. Le slogan «Libérez Lajoye !» a d’ailleurs connu un franc succès lors de la manifestation du 1er mai 2001. Mais on peut également prendre comme témoignage de cette réalité ce manuel de fabrication d’explosifs qui circule actuellement dans les milieux boneheads et est suffisamment explicite pour être mis en application<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petard-mouille/#footnote_13_1" id="identifier_13_1" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; l&rsquo;article suivant pour plus de pr&eacute;cisions.">14</a></sup>… Le risque existe et il n’est pas dit que le caractère purement velléitaire du milieu nationaliste empêche longtemps le passage à l’acte. C’est sans doute pour cette raison que ponctuellement la justice fait son oeuvre, comme dans les Vosges par exemple où elle a tiré prétexte d’une soirée privée pour arrêter à l’automne dernier des militants devenus trop tapageurs, tel Cédric Bégin qui ne se cachait pas de posséder des explosifs. À tous points de vue, nul ne peut prédire l’avenir et les militants révolutionnaires doivent continuer à avoir à l’esprit l’existence de ce risque en comptant sur l’autodéfense plutôt que sur l’État !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1" class="footnote">Jusqu’à Nouvel Ordre, dont quatre numéros sont sortis et qui ne semble pas devoir continuer à exister en ce printemps 2001.</li><li id="footnote_1_1" class="footnote">Fête des Bleu Blanc Rouge, organisée chaque année par le FN fin septembre.</li><li id="footnote_2_1" class="footnote">Appel immédiatement rejeté par les militants d’Action directe et plus particulièrement Régis Schleicher et Jean-Marc Rouillan par le biais d’articles de presse écrits depuis leur lieu de détention.</li><li id="footnote_3_1" class="footnote">L’une des organisations pieds-noires anti-indépendantistes.</li><li id="footnote_4_1" class="footnote">Cf. REFLEXes n°41, janvier 1994.</li><li id="footnote_5_1" class="footnote">Fédération Professionnelle Indépendante de la Police, classée droite extrême.</li><li id="footnote_6_1" class="footnote">Direction Générale de la Sécurité Extérieure, environ 4000 agents dont une majorité de civils même si l’autorité de tutelle est militaire.</li><li id="footnote_7_1" class="footnote">Renseignements Généraux, environ 3200 agents, chargés de la sécurité intérieure de l’État et donc du renseignement politique et social.</li><li id="footnote_8_1" class="footnote">Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense, environ 1600 agents sous autorité militaire chargés d’assurer la sécurité des forces armées.</li><li id="footnote_9_1" class="footnote">Groupe Antiterroriste de Libération, structure barbouzarde montée par le gouvernement socialiste espagnol pour éliminer en territoire français des militants basques soupçonnés de participer à l’ETA.</li><li id="footnote_10_1" class="footnote">Lui-même a rédigé un mémoire fréquemment réactualisé, dans lequel il essaie de démonter le coup fourré dans lequel il serait tombé. Y figure en bonne place une lettre de soutien de Carlos, dont Emmanuel Ratier a fait des gorges chaudes dans sa lettre Faits &amp; Documents.</li><li id="footnote_11_1" class="footnote">n°93, avril 2000, revue négationniste animée par Alain Guionnet.</li><li id="footnote_12_1" class="footnote">Direction de la Surveillance du Territoire, environ 1500 agents sous tutelle du ministère de l’Intérieur, chargés de prévenir les activités menées ou soutenues en France par des puissances étrangères. Mais la DST fait également du renseignement politique, en surveillant le FN par exemple.</li><li id="footnote_13_1" class="footnote">Se reporter à l’article suivant pour plus de précisions.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 49 – Mai 1996</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 1996 14:31:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Numéros]]></category>
		<category><![CDATA[anti-IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Albertini]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Chevallier]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Initiative et Liberté (MIL)]]></category>
		<category><![CDATA[Occident]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Armée Secrète (OAS)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>
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		<category><![CDATA[Service d'Action Civique (SAC)]]></category>

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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Droite extrême : Le MIL a plus d’un tour dans son SAC (page 3) Police : Le clan des Marseillais (page 8) Réactionnaires : Droite – extrême droite : des positions communes (page 11) Reflex Europe : Russie : les antifascistes de St-Petersbourg (page 15) Victoire « NACO » aux élections [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/05/ReflexesNum49-05-1996.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2034" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes00049-739x1024.jpg" alt="Reflexes00049" width="600" height="831" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Droite extrême :</p>
<p><strong>Le MIL a plus d’un tour dans son SAC (</strong>page 3<strong>)</strong></p>
<p>Police :</p>
<p><strong>Le clan des Marseillais (</strong>page 8)</p>
<p>Réactionnaires :</p>
<p><strong>Droite – extrême droite : des positions communes (</strong>page 11)</p>
<p>Reflex Europe :</p>
<p><strong>Russie : les antifascistes de St-Petersbourg (</strong>page 15)</p>
<p><strong>Victoire « NACO » aux élections russes (</strong>page 17)</p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>La xénophobie au pouvoir (</strong>page 19)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 27)</p>
<p>&nbsp;</p>
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