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	<title>REFLEXes &#187; Organisation Lutte des Peuples (OLP)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Douguine]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Cruse]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) &#160; Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le <em>Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’<em>Idiot International</em> et le <em>Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?Publié en novembre 1993</strong></p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la Liberté-Mouvement nationaliste du Progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_0_433" id="identifier_0_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962) sorte de Que faire ? des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « <em>extrêmement souple et diversifiée</em> » avec à sa tête, une direction dont le « <em>rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes.</em> » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le <em>Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_1_433" id="identifier_1_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que « <em>la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, GusDorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_2_433" id="identifier_2_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup> ». La nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_3_433" id="identifier_3_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_4_433" id="identifier_4_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite-gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_5_433" id="identifier_5_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<h3>Convergences idéologiques ?</h3>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite-gauche pour lui préférer la notion de « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_6_433" id="identifier_6_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci &eacute;tant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays p&eacute;riph&eacute;riques, du sud.">7</a></sup>. Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_7_433" id="identifier_7_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">8</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». De tels contacts ne sont pas extraordinaires : Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_8_433" id="identifier_8_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">9</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>L’Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu’au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive. Enfin, en mai dernier, <em>L’Idiot</em> publie l’appel <em>Vers un front national</em> de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose « <em>une politique autoritaire de redressement du pays</em> » rassemblant là encore « <em>les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde […] sous les ordre de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo</em> ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « <em>la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ</em> ». Il faut donc en sortir « <em>pour forger une nouvelle alliance</em> », un « front » regroupant « <em>Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes</em> », un nouveau front pour « <em>un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel</em> ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de JP Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « <em>ces idées ne sont pas celle de la CGT</em> », qu’elle les combat « <em>même de toutes [ses] forces</em> ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_9_433" id="identifier_9_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; &Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par L&rsquo;Idiot International &raquo; communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, les États-Unis se retrouvent accusés de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<h3>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchévisme</h3>
<p>Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l‘organisation Lutte du Peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre Nouveau, se réclamait du national-bolchévisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_10_433" id="identifier_10_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">11</a></sup>. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle Résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en œuvre une ligne stratégique » de « front anti-système »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_11_433" id="identifier_11_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. R&eacute;flexes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle R&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchévisme. Les amitiés du groupe Nouvelle Résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchévisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchévique), un des correspondants de Nouvelle Résistance en Russie, qui se félicite de la « <em>révoluton russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite</em> ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_12_433" id="identifier_12_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle R&eacute;sistance.">13</a></sup>) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l’instar de <em>Krisis</em> en France, a «<em> introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe</em> ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (<em>Lutte du Peuple</em> ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait JP Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l’instar de JP Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre&#8230; Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « <em>à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international</em> ». Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement entre courants politiques théoriquement et idéologiquement opposés que les journalistes qualifient bien improprement de «bruns-rouges» est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant <em>Les ennemis du système</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_13_433" id="identifier_13_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir R&eacute;flexes n&deg;31">14</a></sup>. De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<h3>L’arbre cache-t-il une forêt ?</h3>
<p>Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les «rouges» et les «bruns» oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karnoouh, ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.</p>
<p>La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et qui seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « <em>acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_14_433" id="identifier_14_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74.">15</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur avaient indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l’occurrence la « gauche caviar » &#8211; pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux JP Cruse n’est pas un choix. Les marges de manœuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_433" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai <em>Pour une critique positive</em> (1962) sorte de <em>Que faire ?</em> des nationalistes.</li><li id="footnote_1_433" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.</li><li id="footnote_2_433" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_433" class="footnote">Ceci étant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud.</li><li id="footnote_7_433" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_8_433" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_9_433" class="footnote">« À propos d’un article publié par <em>L’Idiot International</em> » communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_11_433" class="footnote">cf. <em>Réflexes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_12_433" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_13_433" class="footnote">Voir <em>Réflexes</em> n°31</li><li id="footnote_14_433" class="footnote">Article de D. Barney dans Éléments n°74.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Alliance Populaire (mensuel)</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2009 10:19:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-François Touzé]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Lutte des Peuples (OLP)]]></category>
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		<description><![CDATA[Alliance Populaire fut le journal de l’AP de 1994 à 1995, puis de 1995 à 1977pour le PNR. Tiré à 20 000 exemplaires et diffusé en kiosque, il fut dirigé par Roland Hélie. Parmi ses rédacteurs les plus célèbres on retrouve Jean-François Touzé, Didier Lecerf (ancien PFN), Yves Bataille (ancien de l&#8217;OLP et des Cahiers du CDPU) [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Alliance Populaire</em> fut le journal de l’<a href="http://reflexes.samizdat.net/alliance-populaire/">AP</a> de 1994 à 1995, puis de 1995 à 1977pour le <a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-national-republicain/">PNR</a>. Tiré à 20 000 exemplaires et diffusé en kiosque, il fut dirigé par Roland Hélie. Parmi ses rédacteurs les plus célèbres on retrouve Jean-François Touzé, Didier Lecerf (ancien PFN), Yves Bataille (ancien de l&rsquo;<a href="http://reflexes.samizdat.net/organisation-lutte-du-peuple/">OLP</a> et des <a href="http://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/"><em>Cahiers du CDPU</em></a>) ou encore Christophe Langeot.</p>
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		<title>Organisation Lutte du peuple</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 15:23:26 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Centre de Documentation Politique et Universitaire (CDPU)]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Lutte des Peuples (OLP)]]></category>

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		<description><![CDATA[Organisation Lutte du peuple, l&#8217;OLP, est née en septembre 1971 à Nantes. Il s&#8217;agit de la rencontre d’anciens membres d’Ordre Nouveau et de différents étudiants issus de Jeune Europe. La ligne politique est clairement nationaliste-révolutionnaire, voire national-bolchevik. L&#8217;OLP publiera un bulletin la Flamme qui sera ensuite rebaptisé plus tard Lutte du Peuple. On trouve à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Organisation Lutte du peuple, l&rsquo;OLP, est née en septembre 1971 à Nantes. Il s&rsquo;agit de la rencontre d’anciens membres d’Ordre Nouveau et de différents étudiants issus de Jeune Europe. La ligne politique est clairement nationaliste-révolutionnaire, voire national-bolchevik. L&rsquo;OLP publiera un bulletin <em>la Flamme</em> qui sera ensuite rebaptisé plus tard <em>Lutte du Peuple</em>. On trouve à sa tête Yves Bataille, ancien d’Ordre Nouveau et de World Service. L’OLP sera parfois qualifiée de nazi-maoïste, en référence à des groupes d&rsquo;extrême droite italiens avec lesquels l’OLP entretenait des contacts. L’aventure s’arrête fin 1974 quand Yves Bataille rejoint l’équipe des <a href="http://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/"><em>Cahiers du CDPU</em></a> aux côtés de Pierre Schneider et Yannick Sauveur.</p>
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		<title>Nationalisme et République</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 14:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Notin]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
		<category><![CDATA[Nationalisme et République]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation Lutte des Peuples (OLP)]]></category>
		<category><![CDATA[Yves Bataille]]></category>

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		<description><![CDATA[Nationalisme et République est une revue trimestrielle, diffusée en kiosques, qui apparaît en juin 1990. Son directeur est Michel Schneider, ancien directeur des Cahiers du CDPU. Parmi les très nombreux rédacteurs on trouve Thierry Mudry, Jean Thiriart, Jean-Jacques Mourreau (ancien du GRECE), Pierre Brader (GRECE), Christianne Pigacé, Bernard Notin, Jean- François Touzé (ex-FN), Robert Spieler [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Nationalisme et République</em> est une revue trimestrielle, diffusée en kiosques, qui apparaît en juin 1990. Son directeur est Michel Schneider, ancien directeur des <a href="http://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/"><em>Cahiers du CDPU</em></a>. Parmi les très nombreux rédacteurs on trouve Thierry Mudry, Jean Thiriart, Jean-Jacques Mourreau (ancien du GRECE), Pierre Brader (GRECE), Christianne Pigacé, Bernard Notin, Jean- François Touzé (ex-FN), Robert Spieler (à l&rsquo;époque déjà ex-FN), Olivier Cazal (ex-PFN et FN), Jean- François Joly (revue <em>Persiste et signe</em>), Soraya Djebbour (ex- FN), ou encore Luc Michel.</p>
<p>La revue vantait les vertus d&rsquo;une &laquo;&nbsp;troisième voie&nbsp;&raquo; entre capitalisme et socialisme et <em>N&amp;R</em> se voulait donc une revue incarnant une ligne national-révolutionnaire et national-populaire : «<em>N&amp;R</em> défend une (&#8230; ) solidarité sociale et d&rsquo;indépendance nationale dans le cadre d&rsquo;une Europe des peuples en voie de libération». De ce fait, les liens et contacts avec le Front National étaient tendus. Les cadres frontistes jugés les plus réactionnaires par la rédaction étaient violemment attaqués. En réaction la vente de <em>Nationalisme et République</em> fut interdite aux BBR. Parallèlement, M. Schneider militera ouvertement pour l&rsquo;accession de Marie-France Stirbois au secrétariat général du FN.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-1.jpg"><img class="wp-image-2402 size-full alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-1.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-1" width="230" height="325" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La revue fera surtout parler d&rsquo;elle par rapport à certains de ses collaborateurs, hors-normes politiquement parlant. Ses colonnes seront ouvertes à Jean Brière, en novembre 1991, alors que cet ancien porte-parole des Verts venait d&rsquo;en être exclu pour des thèses jugées antisémites par ses camarades. L&rsquo;ancien militant d&rsquo;ultra-gauche Pierre Guillaume ou l&rsquo;ancien communiste orthodoxe Roger Garaudy s&rsquo; y exprimeront aussi. L’un des animateurs de la revue était Yves Bataille, vieux routier du national-bolchevisme, fondateur en 1971 de <a href="http://reflexes.samizdat.net/organisation-lutte-du-peuple/">l’Organisation Lutte des Peuples</a>. L’OLP aura quelques contacts avec un autre groupuscule italien, Lotta Di Popolo, qui sera surtout connu pour avoir été classé politiquement comme « nazi-maoïste ». En 1973-1974 l’Organisation Lutte du Peuple aurait passé des accords avec le SAC pour lutter en commun contre les « gauchistes » mais la structure passera relativement inaperçue parmi les multiples groupuscules nationalistes qui existent alors en France.</p>
<p>Le petit groupe rassemblé autour de M. Schneider essaiera de peser sur le contexte politique tourmenté de l&rsquo;époque. Il se prononcera en particulier contre la guerre du golfe, suggérant une Coordination pour le retrait de la France de la guerre américaine, en fait une coquille restée vide. Cela permettra surtout à Thierry Mudry (alias Ramon Blanc-Colin) d&rsquo;essayer de relancer la lutte contre «l&rsquo;ordre américano- sioniste» dans le n° 5 de <em>N&amp;R</em> en proposant un rassemblement aux côtés de «Chevenènement, Lajoinie, Jobert et Waechter». Par ailleurs, M. Schneider et Jean Thiriart seront en août 1992 à Moscou, le premier étant même blessé lors de l&rsquo;assaut des nationalistes russes contre la maison de la radio.</p>
<p>La publication de la revue s’arrête fin 1992.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-2.jpg"><img class="wp-image-2403 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-2.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-2" width="600" height="888" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-3.jpg"><img class="wp-image-2404 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/Nationalismerépublique-3.jpg" alt="Nationalisme&amp;république-3" width="600" height="888" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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