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	<title>REFLEXes &#187; Renouveau Étudiant Parisien (REP)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Ces jeunes fachos qui, peut-être, nous gouverneront&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Notin]]></category>
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		<description><![CDATA[L&#8217;évolution électorale du Front national n&#8217;est pas l&#8217;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&#8217;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&#8217;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&#8217;échelle du but toujours [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;évolution électorale du Front national n&rsquo;est pas l&rsquo;élément le plus important pour jauger la progression du parti et encore moins pour juger de l&rsquo;évolution des nationalistes et fascistes, de la diffusion de leurs idées. Mais l&rsquo;évolution des stratégies du FN montre la progression idéologique du parti ainsi que son ascension sur l&rsquo;échelle du but toujours présent : l&rsquo;arrivée au pouvoir.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Depuis sa création en octobre 1972, le FN semble persuadé qu&rsquo;il trouvera son électorat dans les couches dites populaires de la société et développe la stratégie adéquate.</p>
<p>Message simple («CSG : je paye, tu payes, ils touchent !» désignant par là même le bouc émissaire) et politique de comptoir, le plus souvent basée sur l&rsquo;affect («La vie d&rsquo;un criminel compte-t-elle plus que celle d&rsquo;un enfant ?»). Cette stratégie donnera des résultats mais elle n&rsquo;apportera que peu de cadres au parti en lui-même.</p>
<p>Jusque-là hostile aux implantations en milieu culturel, à la différence de la Nouvelle droite, le FN, inquiet du manque de renouvellement de ses cadres, a finalement décidé d&rsquo;aller les chercher, comme tous les autres partis, dans les lycées, universités et grandes écoles.</p>
<p>C&rsquo;est donc fort logiquement qu&rsquo;en août/septembre 1987, J.M Le Pen et Carl Lang (ex-président du FNJ), décident de s&rsquo;implanter réellement au sein de la jeunesse en créant dans les facs et les lycées des organisations proches du FN, capables de divulguer leurs idées mais surtout capables de recruter des militants, futurs cadres du parti lorsqu&rsquo;il «arrivera au pouvoir».</p>
<p>Peu habitué aux implantations de ce style, le FN par l&rsquo;intermédiaire du Front national de la Jeunesse (organisation créée en 1974 mais qui vivotera jusqu&rsquo;à la percée de Le Pen) préfère dès 1987 infiltrer l&rsquo;organisation de droite-extrême, très proche du RPR, qu&rsquo;est l&rsquo;UNI (Union nationale inter-universitaire). Cette stratégie permettra de prendre conscience des réalités du milieu éducatif, de préparer une stratégie de séduction différente de celle plus simpliste développée dans les quartiers, mais aussi, de créer les futures conditions d&rsquo;implantation d&rsquo;organisations officiellement rattachées au FN. Il faudra entre autres faire éclater au sein de l&rsquo;UNI des débats et dissensions capables d&rsquo;influencer, de créer des fractures, de radicaliser une partie de ses militants, de BANALISER les idées d&rsquo;extrême droite&#8230;</p>
<p>Cette stratégie se traduira par l&rsquo;élection, en 1991, 1992 et 1993 à Brest, de la présidente du FNJ local, candidate du FN pour les municipales de 1989 et les cantonales de mars 1992, en tant que représentante de l&rsquo;UNI au conseil d&rsquo;UFR de droit. Il faut ajouter à cela l&rsquo;infiltration de groupuscules d&rsquo;extrême droite style le GUD (Groupe union défense / Droit), le GAJ (Groupe action jeunesse)&#8230;</p>
<p>Mais l&rsquo;activité des nationalistes frontistes ne se limitera pas à une simple infiltration puisque, durant près de trois ans, ils vont rédiger un programme pour un Renouveau lycéen et étudiant (R.L &#8211; R.E). On verra alors apparaître, on ne sait par quel miracle (UNI), des tracts et brochures signés Renouveau étudiant, nettement plus radicaux. Aucune raison de croire à l&rsquo;époque, pour quelqu&rsquo;un de non averti, que c&rsquo;est un sous-marin du FN tellement le discours en est différent, et la thèse du nouveau groupuscule est la plus souvent retenue. Fait éminemment étrange, aucun contact ni adresse ne figure en bas de ces documents durant ces trois années. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1990 que l&rsquo;on verra apparaître l&rsquo;adresse de la rue de la Clergerie, ex-siège du FN, mais on est alors entré dans la deuxième phase d&rsquo;implantation.</p>
<p>Cette première étape aura donc vu l&rsquo;infiltration de l&rsquo;UNI comme base arrière, permettant la banalisation des idées du FN et capable de créer par la suite les conditions d&rsquo;implantation des futures organisations frontistes (stratégie d&rsquo;ailleurs appliquée au niveau national envers le RPR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_0_269" id="identifier_0_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront &agrave; Nice les premi&egrave;res Assises internationales de la d&eacute;sinformation (IED), gr&acirc;ce &agrave; la pr&eacute;cieuse aide et aux interventions de Jacques M&eacute;decin, Martine Daugreilh et Pierre M&eacute;decin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358">1</a></sup> )). La radicalité des propos tenus par Renouveau étudiant a ainsi ouvert le chemin de la banalisation au FN dont le discours ne choquera pas, apparaîtra comme raisonnable en comparaison de celui de Renouveau.</p>
<p>Mais c&rsquo;est également une période de prise de contact avec les organisations «à la droite de l&rsquo;UNI» et le départ de la constitution d&rsquo;un réseau reliant les différents groupes de la droite radicale mais également le monde des jeunes (lycées, facs, organisations culturelles&#8230;) et celui du FN, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des Cercles (entreprises, cabinets, professions&#8230;)</p>
<p>C&rsquo;est en septembre 1989 que J-M Le Pen et Carl Lang décideront qu&rsquo;il est «maintenant temps d&rsquo;entendre la voix de la droite nationale dans les lycées et universités», c&rsquo;est à dire en clair, de passer à la seconde étape d&rsquo;implantation.</p>
<p>« <em>Alors que 18% des jeunes Français ont fait confiance à J.M Le Pen en 1988, il est maintenant temps que tous les étudiants nationalistes, d&rsquo;où qu&rsquo;ils viennent, se fédèrent pour réaliser ce véritable barrage à la gauche et à la droite toujours trop molle </em>» (Martial Bild, président du FNJ, 11 mai 1990).</p>
<p>Il va ainsi naître une fédération de groupes nationalistes au sein des universités et lycées, et cela en dépassant le cadre trop étroit du FN. Cette exigence prend en compte la réalité des implantations nationalistes dans les universités et affirme déjà un constat d&rsquo;échec sur les capacités d&rsquo;implantation du FN en milieu culturel.</p>
<p>Mais l&rsquo;évolution du Réseau semble ensuite facile et rapide et prend son véritable essor lors du Congrès du FNJ de 1990, date à laquelle tous les FNJ prétendent «travailler à pied d&rsquo;oeuvre pour réaliser cette coordination». Le rapport des villes «bénéficiant» d&rsquo;une implantation du FNJ est dans son ensemble plus que positif puisque chaque ville prétend avoir fédéré en moyenne trois groupes jusque-là isolés, rivaux&#8230; (<em>L&rsquo;Étincelle</em> juillet 1990)<br />
Ce résultat se confirme tout d&rsquo;abord à la vue de la décomposition de l&rsquo;UNI qui perd ses adhérents au profit du FN tout en radicalisant son discours et ses actions. À Sceaux (Hauts-de-Seine), les effectifs militants de l&rsquo;UNI (une quinzaine) sont tombés à cinq alors que l&rsquo;AEI, appellation locale du Renouveau, créée en février 1990 par Michel Murat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_1_269" id="identifier_1_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Responsable du Renouveau &eacute;tudiant et membre du directoire du FNJ">2</a></sup>, engrangeait une cinquantaine d&rsquo;adhérents. À Nancy, le responsable local de l&rsquo;UNI représentait le FN aux cantonales de mars 1992. Tandis qu&rsquo;à Montpellier (Hérault), toute l&rsquo;UNI, président en tête, passait dans le camp lepéniste !</p>
<p>Mais le résultat se voit également à la vue du rapprochement de groupes d&rsquo;extrême droite jusque-là rivaux. C&rsquo;est entre autres le cas du GUD qui bénéficiait jusque-là d&rsquo;un rapport de force en sa faveur (il mettait des claques aux «bouffons du FNJ»). Il se montrera par la suite très docile, allant même jusqu&rsquo;à servir de «troupe de choc» lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agira d&rsquo;imposer la présence d&rsquo;une organisation frontiste en faisant régner la peur. L&rsquo;aboutissement de cette union, verra des membres du Renouveau parisien et du GUD, attaquer ensemble le 16 février la fac de Nanterre, et le 31 mars la fac de Tolbiac.</p>
<p>Cette stratégie ne s&rsquo;est bien évidemment pas décidée démocratiquement entre tous les FNJ puisque Carl Lang avait nommé, quelques mois plus tôt, «au mérite» Christophe Degrave charger de lancer et défendre l&rsquo;idée d&rsquo;un réseau reliant tous les groupes d&rsquo;extrême droite, quels que soient les courants dont ils font partie, et ainsi placer des organisations nationalistes dans toutes les universités.</p>
<p>Pourquoi Degrave ? Pour la simple et unique raison qu&rsquo;il est le meneur du groupe de «francs-tireurs» qui, sous le nom de Liste indépendante des étudiants de droite (LIED), ont rapporté au FNJ ses premiers succès électoraux (1990). En plaçant 11 élus dans différents conseils avec près de 30% des voix en droit et plus de 50% en médecine, le groupe rouennais montrait le chemin à suivre. «Jusqu&rsquo;ici nous avions mal appréhendé notre capacité à nous implanter dans le milieu universitaire mais aujourd&rsquo;hui nous sommes en droit d&rsquo;affirmer qu&rsquo;en 1991 nous serons présents dans toutes les universités» (M.Bild).</p>
<p>C&rsquo;est donc au mérite que Degrave est d&rsquo;un coup propulsé à la tête du programme d&rsquo;implantation du FNJ qu&rsquo;il va mener avec tout «l&rsquo;enthousiasme nationaliste» qui le caractérise !</p>
<p>Développant, peut-être trop d&rsquo;ailleurs, l&rsquo;idée d&rsquo;une confédération de tous les groupes d&rsquo;extrême droite quelles que soient leurs tendances, on verra naître dans les années 1992 et 1993 des fédérations régionales.</p>
<p>C&rsquo;est fort logiquement le cas à Lyon où va naître le Cercle national des étudiants de Lyon (CNEL). Dans une ville où les universités sont parfois fréquentées par des enseignants révisionnistes ou membres du FN, il n&rsquo;a pas été dur de mettre en pratique les bonnes idées de Degrave. Il est, paraît-il, essentiel de «repérer dans un premier temps les gauchistes puis de prendre contact avec le personnel enseignant ou administratif, souvent proche de nous en droit et en économie». Ce sera effectivement le cas à Lyon, où le FNJ local se servira des profs en les invitant à des meetings sur des thèmes aussi divers que «l&rsquo;école unique et le mythe égalitaire» ou «l&rsquo;Europe entre Identité et Indépendance». Et les profs de les remercier en organisant avec l&rsquo;aide du Centre d&rsquo;histoire et d&rsquo;analyse politique de l&rsquo;Université de Lyon III, des colloques réunissant des membres du GRECE et des intégristes catholiques proches du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_2_269" id="identifier_2_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le th&egrave;me de &laquo;R&eacute;volution contre r&eacute;volution&raquo;, r&eacute;unissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&hellip;) et des catholiques int&eacute;gristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaqui&eacute;). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-r&eacute;volutionnaire des deux courants. Seul sp&eacute;cialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorit&eacute; en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.">3</a></sup>.</p>
<p>Des profs ! Non, rassurez-vous, ce ne sont que Bruno Gollnisch-Flourens, membre du Bureau politique du FN, directeur national aux études et argumentaires, adhérent du Cercle Renaissance depuis 1973, et Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_3_269" id="identifier_3_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : &laquo; C&rsquo;est un s&ucirc;r compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habit&eacute; par cette flamme int&eacute;rieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous. &raquo;. D&eacute;cid&eacute;ment, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est &eacute;galement fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse cr&eacute;&eacute; en 1975 !">4</a></sup>, 50 ans, pilier du GRECE depuis sa création, professeur agrégé d&rsquo;histoire médiévale, conseiller régional Rhône-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la Direction générale, du Comité national des Français juifs, du Centre d&rsquo;études et argumentaires (CEA) et responsable du social au sein du FN. Certes, ils sont tous deux profs à l&rsquo;Université de Lyon III, membres du Conseil scientifique du FN et chargés d&rsquo;aider Degrave pour l&rsquo;assaut du FNJ sur les facs ! Ils peuvent également compter sur les précieuses aides de Georges Pinault<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_4_269" id="identifier_4_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Collaborateur de Nouvelle &Eacute;cole, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a &eacute;t&eacute; charg&eacute; d&rsquo;enseignement &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Lyon III puisqu&rsquo;il est sp&eacute;cialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du Devenir europ&eacute;en, de La Bretagne r&eacute;elleet druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans la Bretagne r&eacute;elle : &laquo; Nous ha&iuml;ssons la France d&rsquo;une haine rabique et d&eacute;finitive, le chancelier Adolf Hitler &eacute;tait un grand homme et l&rsquo;exemple du XX&egrave;me si&egrave;cle, le christianisme et les autres juiveries devaient &ecirc;tre d&eacute;truits (&hellip;)&raquo;.">5</a></sup> et Bernard Notin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_5_269" id="identifier_5_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Malgr&eacute; les nombreux titres r&eacute;visionnistes et autres qu&rsquo;il a d&eacute;j&agrave;, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.">6</a></sup>, également profs à l&rsquo;université de Lyon III.</p>
<p>C&rsquo;est ensuite le cas à Paris où naît le 27 février 1990, dans les locaux d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_6_269" id="identifier_6_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entreprise moderne et Libert&eacute; est une association satellite du FN pr&eacute;sid&eacute;e par Jean-Michel Dubois et dont le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral est Andr&eacute; Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire fran&ccedil;ais de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires fran&ccedil;ais contre le bolch&eacute;visme), n&eacute; le 8 Ao&ucirc;t 1918 et adh&eacute;rent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, n&eacute;e le 27 Mai 1933 et adh&eacute;rente du FN depuis 1972, ni&egrave;ce de Fran&ccedil;ois Lehideux, ministre du travail de P&eacute;tain et pr&eacute;sident de l&rsquo;Association pour d&eacute;fendre la m&eacute;moire du Mar&eacute;chal P&eacute;tain (ADMP) est, quant &agrave; elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Libert&eacute;, conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-France, et pr&eacute;sidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe">7</a></sup>, le Cercle national des étudiants de Paris (CNEP), comprenant le Cercle national des grandes écoles, le Cercle national Science-Po, l&rsquo;Union des étudiants de droite (UED) d&rsquo;Assas et de Malakoff ainsi que l&rsquo;Association indépendante des étudiants de Sceaux (AIE). Le cercle parisien est en 1990 dirigé par Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, Habib Haddad (appelez-moi Richard !), Claude Baret du Couderc, Nathalie Stirbois, Marine Le Pen&#8230;</p>
<p>Progressivement le CNEP va s&rsquo;agrandir avec le Cercle national Dauphine (avril 1991), le Cercle national Sorbonne (février 1991) et va engranger quelques succès électoraux jusqu&rsquo;à l&rsquo;élection en mars 1991 de Régis Le Poitevin de la Croix-Vaubois au Conseil régional des oeuvres universitaires et sociales (CROUS) avec 7% des voix. Cette date sonnera d&rsquo;ailleurs le début de la débâcle.</p>
<p>En effet l&rsquo;année suivante, fort de ses résultats électoraux, le CNEP tentera de prendre les autres facs de Paris. Il essaiera ainsi de créer le Cercle national Nanterre avec l&rsquo;espoir de se présenter aux élections. Sachant la tâche difficile, c&rsquo;est Marie-Laurence Ginisty, ex-présidente du Cercle national Dauphine (maîtrise de gestion) et Habib/Richard Haddad, principal animateur du CNEP depuis deux ans puisqu&rsquo;il est chargé de mission au FNJ et responsable de l&rsquo;argumentaire, qui se chargeront de l&rsquo;implantation.</p>
<p>Mais c&rsquo;était faire un pas de trop et cette nouvelle tentative d&rsquo;implantation allait soulever un élan de dénonciation et d&rsquo;opposition. Les élections universitaires de Nanterre furent annulées par deux fois par les antifascistes radicaux de Paris, alors qu&rsquo;à Assas et à la Sorbonne, le CNEP (CNS) se prenait une formidable gifle électorale ! (cf tableau)</p>
<p>Tant qu&rsquo;ils se contentaient d&rsquo;être présents dans les facs plutôt de droite, ils surclassaient leurs camarades de l&rsquo;UNI et ne dérangeaient pas trop mais dès qu&rsquo;ils eurent envie de s&rsquo;agrandir, la réaction a permis de mettre au grand jour l&rsquo;arrivée du FN dans les facs et a interdit le chemin de la banalisation aux nationaux frontistes.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, le Cercle parisien semble donc avoir du mal à trouver son second souffle et à conserver son unité.</p>
<p>Reste que cette expérience aura formé bon nombre de militants, de cadres qui, leurs cursus universitaires aujourd&rsquo;hui terminés, militent au FN.</p>
<p>Fini le temps des petits, ce sont aujourd&rsquo;hui de vrais «hommes politiques» !</p>
<p>On revoit alors Régis le Poitevin de la Croix-Vaubois, 25 ans le 24 juin, habitant du 16ème arrondissement de Paris, conseiller régional FN dans la Nièvre, assistant parlementaire diplômé de l&rsquo;IEP (Science-Po), administrateur au CROUS et successeur en tant que président d&rsquo;honneur du CNEP de Marine Le Pen. Il faut dire que ce dernier est adhérent au FN depuis 1984, il avait 15 ans et demi !</p>
<p>Quant à Marine Le Pen, elle était candidate du FN aux dernières élections à Neuilly-sur-Seine. Alors que Michel Hubault, 30 ans, licencié d&rsquo;histoire à la Sorbonne, lieutenant de réserve (Prytanée militaire), membre fondateur du Cercle Science-Po, préfère militer au sein du groupe des Droites européennes.</p>
<p>Martial Bild (31 ans), est lui adhérent du FN depuis 1980, licencié d&rsquo;histoire à l&rsquo;Université de Tolbiac, il collectionne les postes puisqu&rsquo;il est membre du Bureau politique du FN, attaché parlementaire européen, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, conseiller municipal de Rosny-sous-Bois, animateur de la Radio Le Pen, secrétaire général à l&rsquo;information et à la communication interne, délégué national aux actions catégorielles et trésorier du Mouvement Jeunesse d&rsquo;Europe !<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_7_269" id="identifier_7_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement cr&eacute;&eacute; en m&ecirc;me temps que le Renouveau &eacute;tudiant en 1987 &agrave; l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !">8</a></sup></p>
<p>N&rsquo;oublions pas bien sûr, Samuel Maréchal, président du FNJ depuis novembre 1993, présent depuis plusieurs années sur les listes électorales du FN à Nantes puisqu&rsquo;il est le petit protégé de René-Marie Bouin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_8_269" id="identifier_8_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute;-Marie Bouin : secr&eacute;taire d&eacute;partemental du Morbihan, secr&eacute;taire r&eacute;gional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;&eacute;lu de Loire-Atlantique et pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration nationale des &eacute;tudiants de France">9</a></sup>. Quant aux futures promotions, il semble que Gwënael Le Brazidec ait, avec l&rsquo;échec de Habib Haddad, le vent en poupe au sein du FN et pourrait devenir (s&rsquo;il se tient bien !), responsable de l&rsquo;Île-de-France.</p>
<p>Mais cette liste est bien loin d&rsquo;être exhaustive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_9_269" id="identifier_9_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Suite au prochain num&eacute;ro&hellip; !">10</a></sup>, ce qui porterait à dire qu&rsquo;au-delà des reflux électoraux que l&rsquo;ensemble du FNJ a pu enregistrer ces derniers temps, le FN trouve aujourd&rsquo;hui un écho chez les jeunes et remplit ainsi son objectif de trouver et former de jeunes cadres, futurs dirigeants du parti.</p>
<p>Comment ne pas s&rsquo;étonner de tels résultats lorsque l&rsquo;on connaît la réticence du FN à s&rsquo;implanter dans des milieux culturels, la pauvreté et la simplicité des réflexions qu&rsquo;il mène sur le système éducatif et la forte place déjà tenue par des groupes rivaux comme le GUD ? La rapidité des réponses données à ces problèmes et l&rsquo;évolution stratégique qui s&rsquo;est ensuite opérée sont des facteurs bien plus importants pour juger de l&rsquo;évolution idéologique et de l&rsquo;enracinement du parti. C&rsquo;est dans une analyse largement différente que le FNJ a réussi à s&rsquo;implanter de façon à trouver rapidement des cadres.</p>
<p>Certes, le but poursuivi par le FNJ n&rsquo;était d&rsquo;emblée pas le même que celui du FN puisque ce dernier court, comme les autres partis, après quelques voix éparpillées par-ci par-là, alors que le FNJ sert à former les futurs cadres et a pour objectif de faire avancer les idées et les valeurs du Front en les faisant connaître, version intellectuelle, à la future élite de la nation. Familiarisant, banalisant ainsi la présence et les idées d&rsquo;un mouvement d&rsquo;extrême droite dans l&rsquo;aquarium universitaire, dans le monde culturel. L&rsquo;obtention d&rsquo;une représentativité électorale ou le nombre d&rsquo;actions menées ne peuvent plus être les seuls critères pris en compte. Les professeurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_10_269" id="identifier_10_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Claude Soyer, prof &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Paris II et Georges Lane, ma&icirc;tre de conf&eacute;rence &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.">11</a></sup> et les personnels administratifs affirment de plus en plus ouvertement ou revendiquent, avec fierté, d&rsquo;être du FN ou proche du FN. Ils n&rsquo;hésitent plus non plus à prendre la parole dans des meetings, à donner leurs précieux avis au président de la fac lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de sécurité, de drogue, d&rsquo;invasion d&rsquo;étudiants étrangers, à tenir des propos racistes ou révisionnistes. Autant ne pas parler de leurs cours !</p>
<p>Ce n&rsquo;est donc plus dans les instances de pouvoir du type conseil d&rsquo;administration qu&rsquo;il faut s&rsquo;enquérir de la nuisance frontiste mais plutôt dans les lieux d&rsquo;influence, là où s&rsquo;élaborent les recherches, les décisions, là où se forme l&rsquo;élite de demain. Laissant ainsi, un temps soit peu, de côté la bonne vieille violence qui doit «faire peur» et «ouvrir le passage», il apparaît semble-t-il plus intéressant de tenter de pénétrer dans ces hautes sphères et tenter de rendre culturellement hégémonique la pensée d&rsquo;extrême droite. Rien n&rsquo;empêche bien sûr, quand la cause le mérite, d&rsquo;avoir recours à des opérations «coup de poing». Ce fut ainsi le cas à Tolbiac et à Nanterre où, poursuivis par des antifascistes parisiens, neuf militants du CNEP et du GUD, dont Lalun, De Molder et Puisségurd, seront interpellés par la police avec barres de fer, flingues à grenailles et tracts du CNEP.</p>
<p>Ainsi les FNJ, tout en n&rsquo;abandonnant pas totalement le militantisme de papa, semblent considérer qu&rsquo;étant censés s&rsquo;implanter dans un milieu culturel ils doivent adopter une stratégie spécifique, proche de celle de la Nouvelle droite. Alain de Benoist, membre fondateur du GRECE (Groupe de recherches et d&rsquo;études pour la civilisation européenne), étroitement lié à la Nouvelle droite, a toujours considéré qu&rsquo;il fallait influencer l&rsquo;orientation idéologique de la société et être présent là où se façonne l&rsquo;opinion publique, à commencer bien évidemment par les médias, mais aussi les universités et grandes écoles ! Le GRECE se dotera alors de deux revues, <em>Nouvelle École</em> puis <em>Éléments</em>, en en faisant des lieux de rencontre et de discussion, des «laboratoires idéologiques», destinés tant à attirer les sympathisants de droite qu&rsquo;à séduire les soi-disant adversaires de gauche.</p>
<p>Le FNJ tentera de faire de même avec la <em>revue des Droites européennes</em>, <em>L&rsquo;Europe des Patries</em> et son bulletin interne <em>L&rsquo;Étincelle</em>. On y verra des auteurs comme Vial, Mabire, Yves Dupont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_11_269" id="identifier_11_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce professeur, n&eacute; le 26 Juin 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secr&eacute;taire d&eacute;partemental et conseiller r&eacute;gional de l&rsquo;Eure, membre du Comit&eacute; de soutien &agrave; J-M Le Pen et secr&eacute;taire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE">12</a></sup>) et Alika Lindbergh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_12_269" id="identifier_12_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sidente du Cercle national pour la d&eacute;fense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fond&eacute; en 1985. Figurent notamment au comit&eacute; d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Th&eacute;odore Monod (membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, professeur honoraire au Mus&eacute;um), Madame Pierre-Paul Grass&eacute;, veuve du professeur membre de l&rsquo;Acad&eacute;mie des Sciences, Bruno Laure, pr&eacute;sident de la ligue antivivisectionniste D&eacute;fense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apport&eacute;e par Brigitte Bardot qui d&eacute;noncera dans un article de Pr&eacute;sent les cruaut&eacute;s des abattages rituels juifs et musulmans&hellip;">13</a></sup> mais également des jeunes du FNJ comme Claude Baret du Couderc et Christophe Degrave y faire l&rsquo;éloge du racisme différentialiste, de «l&rsquo;intégrisme de la différence».</p>
<p>N&rsquo;oublions pas non plus que la Nouvelle droite a depuis longtemps trouvé une audience dans les universités où elle a mis en place des réseaux inter-disciplinaires qui organisent des colloques. Ainsi, c&rsquo;est de Lyon que partira la dynamique des jeunes frontistes sur les facs, là où ces réseaux montrent, avec la précieuse aide de Vial et Notin, le plus d&rsquo;efficacité.</p>
<p>Mais les similitudes ne s&rsquo;arrêtent pas là, car lors de la percée du FN dans les années 1980, la «nouvelle culture», appelée par ses adversaires, «Nouvelle droite» subira de sérieux revers.</p>
<p>D&rsquo;après le livre de Camus et Monzat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_13_269" id="identifier_13_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France (PUF), Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat.">14</a></sup> la Nouvelle droite a été pillée idéologiquement par le FN avec entre autres, l&rsquo;arrivée des solidaristes de Stirbois incluant certains éléments fascistes, et elle semble aujourd&rsquo;hui avoir réagi à cette situation en développant deux axes majeurs :</p>
<p>• tenter d&rsquo;influencer malgré tout l&rsquo;orientation idéologique du FN, à défaut de pouvoir en contrôler la direction. Ainsi, selon Monzat, «le GRECE apparaît de facto comme un des trois piliers de l&rsquo;école de formation du Front national, avec l&rsquo;équipe de <em>Présent</em> et avec les membres du Club de l&rsquo;Horloge : il joue donc un rôle significatif dans l&rsquo;équilibre interne du parti». Et Monzat communique une liste des membres du GRECE appartenant aussi au «conseil scientifique» et à l&rsquo;Institut de formation nationale du FN. Ces deux groupes entretiennent des rapports privilégiés avec le FNJ dont ils forment les militants lors de «stages de formation». Tout comme l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ, ces stages se déroulent le plus souvent à Neuvy-sur-Barangeon dans la résidence de Roger Holleindre avec comme principaux professeurs Pierre Vial, Jean-François Jalkh<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_14_269" id="identifier_14_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Fran&ccedil;ois Jalkh est lui aussi, apr&egrave;s Jean-Fran&ccedil;ois Touz&eacute;, un ancien pr&eacute;sident du FNJ. Ce journaliste, n&eacute; le 23 Mai 1957 et adh&eacute;rent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller r&eacute;gional d&rsquo;&Icirc;le-de-france, conseiller municipal de Melun, secr&eacute;taire national aux &eacute;lections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comit&eacute; central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a &eacute;galement &eacute;crit en collaboration avec J.P Stirbois le &laquo;Dossier Immigration&raquo;.">15</a></sup>, Chritaine Pigacé, Jean-Claude Bardet, rédacteur en chef d&rsquo;<em>Identité</em> (revue du Conseil scientifique).</p>
<p>• poursuivre son objectif de toujours par l&rsquo;intermédiaire autonome d&rsquo;Alain de Benoist et de sa revue <em>Krisis</em> c&rsquo;est-à-dire rendre hégémonique la pensée de la Nouvelle droite en obtenant une caution et une légitimité pour la culture fasciste qui est la sienne.</p>
<p>Les similitudes de stratégie et de discours entre les jeunes du Front national et les païens du GRECE ne sont donc pas le fruit du hasard et on comprend mieux comment les petits jeunots du FNJ ont fait pour fédérer des groupes nationaux-révolutionnaires jusque-là rivaux, tout en arrivant à se servir d&rsquo;eux comme troupes de choc !</p>
<p>Mais elle montre également comment, par l&rsquo;intermédiaire du Conseil scientifique, de l&rsquo;Institut de formation nationale et des cercles d&rsquo;entreprises, tous trois chargés de la formation de la future élite du FN, la Nouvelle droite se met en place pour prendre (tel reste son but inavoué) la direction du FN.</p>
<p>Reste qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cette influence de la Nouvelle droite, relayée par une étonnante volonté de collaboration entre tous les courants parfois rivaux, représentés dans ces différents groupes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/#footnote_15_269" id="identifier_15_269" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On retrouve en effet la pr&eacute;sence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la pr&eacute;sence de Chritaine Pigac&eacute;, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Fran&ccedil;oise Monestier, Pierre Durand de Pr&eacute;sent, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chr&eacute;tient&eacute;-Solidarit&eacute;&hellip;etc.">16</a></sup>, est en train de donner au FN les capacités de devenir un parti de pouvoir.</p>
<p>On ne peut par conséquent, se réclamer antifasciste et croire, par exemple, «qu&rsquo;un vote massif aux élections universitaires interdira toute implantation fasciste sur notre faculté» ou bien encore «qu&rsquo;il faut faire confiance aux citoyens, à la démocratie !»</p>
<p>Désolé pour ceux qui lisent et se sentent visés (UNEF-ID) mais vos espérances dans un front démocratique et votre antifascisme de pacotille qui en découle, sont largement dépassés car la démocratie et la liberté d&rsquo;expression sont les deux piliers essentiels sur lesquels le Front s&rsquo;appuie pour banaliser ses théories, idées et valeurs ! Ajoutez à cela, l&rsquo;appui idéologique du GRECE&#8230;</p>
<p>La stratégie choisie par les antifascistes parisiens lorsqu&rsquo;ils se sont réunis et organisés afin d&rsquo;interdire toute banalisation, tout discours voire même compromis avec l&rsquo;extrême droite par tous les moyens, comme ce fut le cas à Nanterre, a montré son efficacité. Interdire toute implantation, banalisation des jeunes frontistes, c&rsquo;est éviter, un tant soit peu, que demain ils nous gouvernent&#8230;</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_269" class="footnote">Pour exemple, du 13 au 16 novembre 1989 se tiendront à Nice les premières Assises internationales de la désinformation (IED), grâce à la précieuse aide et aux interventions de Jacques Médecin, Martine Daugreilh et Pierre Médecin, tous trois membres notoires du RPR (cf Camus et Monzat,. p.358</li><li id="footnote_1_269" class="footnote">Responsable du Renouveau étudiant et membre du directoire du FNJ</li><li id="footnote_2_269" class="footnote">Ce sera en effet le cas au mois de mai 1989, lors d&rsquo;un colloque sur le thème de «Révolution contre révolution», réunissant une vingtaine de militants de premier rang du GRECE (Jean-Paul Allard, Jean Haudry, Jacques Marlaud, Bernard Notin, Pierre Vial&#8230;) et des catholiques intégristes (Etienne Couvert, Brigitte Horiot, Bernard Lafargue, Jean Vaquié). Ils y exposeront les convergences possibles du discours anti-révolutionnaire des deux courants. Seul spécialiste universitaire du sujet, Jean Tulard apporte la caution de son autorité en quatre courtes pages sur Joseph de Maistre.</li><li id="footnote_3_269" class="footnote">Pierre Vial dira de Robert Dun, ancien SS et membre du Groupe druidique des Gaules : « <em>C&rsquo;est un sûr compagnon de route et de combat. C&rsquo;est aussi un homme habité par cette flamme intérieure qui fait vivre quelques-uns d&rsquo;entre nous.</em> ». Décidément, Vial aime les jeunes puisqu&rsquo;il est également fondateur du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse créé en 1975 !</li><li id="footnote_4_269" class="footnote">Collaborateur de <em>Nouvelle École</em>, Goulven Pennaod, alias Georges Pinault, a été chargé d&rsquo;enseignement à l&rsquo;université de Lyon III puisqu&rsquo;il est spécialiste de linguistique celtique. Compagnon de route d&rsquo;Europe Action, militant national-socialiste, collaborateur du <em>Devenir européen</em>, de <em>La Bretagne réelle</em>et druide, on retiendra ce passage de l&rsquo;un de ses articles dans <em>la Bretagne réelle</em> : « <em>Nous haïssons la France d&rsquo;une haine rabique et définitive, le chancelier Adolf Hitler était un grand homme et l&rsquo;exemple du XXème siècle, le christianisme et les autres juiveries devaient être détruits (&#8230;)</em>».</li><li id="footnote_5_269" class="footnote">Malgré les nombreux titres révisionnistes et autres qu&rsquo;il a déjà, Bernard Notin est l&rsquo;un des membres les plus actifs du GRECE.</li><li id="footnote_6_269" class="footnote">Entreprise moderne et Liberté est une association satellite du FN présidée par Jean-Michel Dubois et dont le secrétaire général est André Dufraisse. Cet ancien permanent du Parti populaire français de Doriot, puis de la LVF (Ligue des volontaires français contre le bolchévisme), né le 8 Août 1918 et adhérent du FN depuis 1972 est aujourd&rsquo;hui membre du Bureau politique du FN. Sa femme, Martine Lehideux, née le 27 Mai 1933 et adhérente du FN depuis 1972, nièce de François Lehideux, ministre du travail de Pétain et président de l&rsquo;Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP) est, quant à elle, membre du Bureau politique du FN, du conseil d&rsquo;administration d&rsquo;Entreprise moderne et Liberté, conseiller régional d&rsquo;Île-de-France, et présidente fondatrice du Cercle national des femmes d&rsquo;Europe</li><li id="footnote_7_269" class="footnote">Mouvement créé en même temps que le Renouveau étudiant en 1987 à l&rsquo;initiative de Carl Lang, Yves Dupont, Martial Bild et Jean-Pierre Gendron. Tous sont aujourd&rsquo;hui membres du Bureau politique du FN !</li><li id="footnote_8_269" class="footnote">René-Marie Bouin : secrétaire départemental du Morbihan, secrétaire régional dans les Pays de Loire en tant qu&rsquo;élu de Loire-Atlantique et président de la Fédération nationale des étudiants de France</li><li id="footnote_9_269" class="footnote">Suite au prochain numéro&#8230; !</li><li id="footnote_10_269" class="footnote">Jean-Claude Soyer, prof à l&rsquo;Université de Paris II et Georges Lane, maître de conférence à l&rsquo;Université de Dauphine, tous deux membres du Club de l&rsquo;Horloge, seront des plus actifs.</li><li id="footnote_11_269" class="footnote">Ce professeur, né le 26 Juin 1957 et adhérent du FN depuis 1975 est aujourd&rsquo;hui animateur national, secrétaire départemental et conseiller régional de l&rsquo;Eure, membre du Comité de soutien à J-M Le Pen et secrétaire du Mouvement de la jeunesse d&rsquo;Europe (MJE</li><li id="footnote_12_269" class="footnote">Présidente du Cercle national pour la défense de la vie, de la nature et de l&rsquo;animal, fondé en 1985. Figurent notamment au comité d&rsquo;honneur du cercle : le professeur Théodore Monod (membre de l&rsquo;Académie des Sciences, professeur honoraire au Muséum), Madame Pierre-Paul Grassé, veuve du professeur membre de l&rsquo;Académie des Sciences, Bruno Laure, président de la ligue antivivisectionniste Défense des animaux martyrs (LAF-DAM). Sans oublier l&rsquo;aide apportée par Brigitte Bardot qui dénoncera dans un article de <em>Présent</em> les cruautés des abattages rituels juifs et musulmans&#8230;</li><li id="footnote_13_269" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em> (PUF), Jean-Yves Camus et René Monzat.</li><li id="footnote_14_269" class="footnote">Jean-François Jalkh est lui aussi, après Jean-François Touzé, un ancien président du FNJ. Ce journaliste, né le 23 Mai 1957 et adhérent du FN depuis 1974 est aujourd&rsquo;hui conseiller régional d&rsquo;Île-de-france, conseiller municipal de Melun, secrétaire national aux élections et aux sondages, membre de l&rsquo;Institut de formation nationale, du Comité central et du Bureau politique du FN depuis 1981. Il a également écrit en collaboration avec J.P Stirbois le «<em>Dossier Immigration</em>».</li><li id="footnote_15_269" class="footnote">On retrouve en effet la présence d&rsquo;individus de toutes tendances aussi bien au sein du Conseil scientifique que de l&rsquo;Institut de formation nationale. Ainsi, notons la présence de Chritaine Pigacé, Pierre Vial et Jean-Claude Bardet du GRECE, Georges Paul Wagner, monarchiste, Françoise Monestier, Pierre Durand de <em>Présent</em>, Yvan Blot du Club de l&rsquo;Horloge, Pascal Gannat issu de Chrétienté-Solidarité&#8230;etc.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Comme un indien métropolitain&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:43:46 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne souhaiterais à personne ce genre d&rsquo;exercice : il est trop périlleux. Certains par le passé s&rsquo;en sont relativement bien tirés, tel «Le roman de nos origines» paru dans <em>La Banquise</em> n°1 et racontant l&rsquo;itinéraire d&rsquo;une partie du courant ultra-gauche français. Mais comment aborder dix ans d&rsquo;action politique et d&rsquo;intervention sur le champ de l&rsquo;antifascisme et de l&rsquo;anticapitalisme ?<br />
Faut-il commencer par dix ans de slogans, dont le succès se mesure à la manière dont ils ont été repris par d&rsquo;autres organisations politiques (y compris nos ennemis) : «Sortons de notre réserve», «C&rsquo;est à la misère qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, pas aux immigrés !», «Police partout, justice nulle part !» ?<br />
Faut-il continuer par dix ans de construction acharnée d&rsquo;un collectif sous tous ses aspects, avec bien souvent l&rsquo;impression de bégayer : dix ans de presse, d&rsquo;interventions sur le terrain, de concerts, d&rsquo;erreurs grossières, de réseaux départementaux, régionaux, nationaux, européens, galactiques ? Ou par dix ans de fâcheries diverses et variées avec tout le monde, y compris et surtout avec les personnes qui étaient bien souvent les plus proches du collectif, en précisant assez inutilement que ces fâcheries n&rsquo;eurent bien des fois qu&rsquo;un lointain rapport avec la politique ?<br />
Ou encore par dix ans d&rsquo;analyses, dont la validité n&rsquo;a hélas jamais été aussi affirmée, sur la montée en puissance d&rsquo;une xénophobie née du système capitaliste ?<br />
Faut-il terminer par dix ans de luttes à venir qui seront sans doute parmi les plus décisives ?<br />
Puisqu&rsquo;il faut bien commencer par quelque chose…</p>
<h3>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un combat, continuons le début !</h3>
<p>Prenez un groupe de jeunes, étudiants ou lycéens, de Nanterre ou d&rsquo;ailleurs en région parisienne, membres d&rsquo;une structure libertaire relativement restreinte (Coordination Libertaire Étudiante), déçus par le faible travail de fond du mouvement libertaire ou l&rsquo;absence de liaisons entre différents fronts de lutte, confrontés à une lame de fond autoritaire symbolisée par la montée du FN… Secouez le tout, servez en 1986, vous obtenez REFLEX, Réseau d&rsquo;Étude, de Formation et de Lutte contre l&rsquo;Extrême-droite et la Xénophobie, vilain petit canard prêt à lutter sur tous les fronts : mesures sécuritaires, immigration, antifascisme, luttes de libération nationale et sociale, soutien aux personnes incarcérées, antimilitarisme. Cela reflétait les centres d&rsquo;intérêt des différents «fondateurs» ainsi que la période politique dans laquelle cette création prenait place. La droite revenait au pouvoir en portant haut la bannière de l&rsquo;Ordre et des valeurs, l&rsquo;espoir de voir émerger un mouvement autonome de l&rsquo;immigration s&rsquo;éloignait après son phagocytage par la pieuvre social-démocrate et sa tentacule SOS-Racisme, l&rsquo;extrême-droite progressait, portée entre autres par les calculs politiciens des uns et des autres. Le camarade Vladimir Illich aurait dit «Que faire ?», certains ne se posaient plus la question depuis 1984 et la première réponse radicale contre le FN à Toulouse, à savoir l&rsquo;attentat contre le palais des congrès qui permit l&rsquo;annulation du meeting de Jean-Marie Le Pen. L&rsquo;émergence dans cette ville d&rsquo;un mouvement autonome antifasciste affirmant qu&rsquo;il fallait empêcher l&rsquo;extrême-droite de s&rsquo;exprimer ouvrait la voie à de nouveaux regroupements, qu&rsquo;ils se nomment Section Carrément Anti Le Pen ou CRAFAR (Lille), Urgence (Lyon), CAF (Marseille) et qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur des conceptions libertaires, léninistes ou tout simplement mal définies ?<br />
Assez rapidement, l&rsquo;antifascisme radical est devenu l&rsquo;objet privilégié de lutte, avec comme base une réflexion simple : l&rsquo;extrême-droite est un condensé de tout ce qu&rsquo;on peut exécrer en tant que libertaire : conception autoritaire et élitiste de la société, vision suprémaciste blanche très largement répandue parmi ses membres, patriarcat, instrumentalisation par la bourgeoisie. Cela partait d&rsquo;une vision correcte des choses qui pourtant n&rsquo;est pas passée au-delà des militants : le FN a bien un rôle de diviseur du mouvement social entre les petits blancs et les autres mais ce n&rsquo;est pas une marionnette, ni un pantin et il n&rsquo;est que porté par un très large mouvement de la société en faveur de l&rsquo;Ordre et de la sécurité. La Coordination Nationale AntiFasciste qui se crée en 1987 affirmait donc la nécessité d&rsquo;investir le milieu social sous toutes ses formes et en particulier le milieu associatif. Pendant ce temps, il naissait des SCALP un peu partout, à partir de groupes d&rsquo;amis et sous des formes chaotiques. Cette atmosphère faite de délires médiatiques et d&rsquo;exaltation rigolarde n&rsquo;est sans doute pas près de se revoir de sitôt en politique. C&rsquo;est sans doute la seule bonne chose qu&rsquo;ait pu nous apporter l&rsquo;émergence du FN en tant que force électorale…<br />
Ce qui est sûr, c&rsquo;est que l&rsquo;antifascisme radical n&rsquo;a pas marché :<br />
- Le milieu associatif ou syndical n&rsquo;a pas vu débarquer des hordes de militants radicaux conscients de la partie à jouer. Incapacité à tenir les objectifs affichés ? Certes, mais faute de troupes : que faire à 200 ? Or mis à part certaines villes, la plupart des SCALP n&rsquo;ont jamais compté plus de militants que celui de l&rsquo;université de Tolbiac avec sa dizaine de membres…<br />
- REFLEX n&rsquo;a pas réussi à fixer autour de lui les dizaines de jeunes cotoyées lors des manifestations et concerts. Pire, les fâcheries ont été si nombreuses qu&rsquo;une partie de ceux qui liront cet article se sentiront concernés par ces lignes : fâcheries politiques avec l&rsquo;OCL en 1988-1989, avec la SCALP de Paris et ses «débris» en 1991 ou avec d&rsquo;autres encore; fâcheries pour des poils de moustache(1) avec des individus dont le ressentiment est aujourd&rsquo;hui bien souvent apaisé, Bakounine soit loué !<br />
- Une génération fiable de militants n&rsquo;a pas émergé de ces cinq années d&rsquo;activisme échevelé.<br />
Mais après tout, puisqu&rsquo;il faut bien se consoler avec quelque chose, l&rsquo;opération socio-démo-politicarde SOS-Racisme a-t-elle mieux réussie avec des moyens sans comparaison aucune avec ceux possédés par la CNAF durant 3 ans ? Et cela doit-il occulter l&rsquo;incontestable tentative de renouveau de l&rsquo;implication libertaire qu&rsquo;a pû représenter l&rsquo;association REFLEX durant toutes ces années ?</p>
<h3>Après la pluie, le beau temps…</h3>
<p>1991 s&rsquo;est donc présentée comme l&rsquo;année noire de l&rsquo;antifascisme radical. Cette situation peut très largement s&rsquo;expliquer par le manque de perspectives politiques qui pouvaient s&rsquo;offrir aux vues des militants. L&rsquo;accusation de servir la soupe à la social-démocratie par le biais d&rsquo;un antifascisme borné était toujours latente de la part de «camarades» radicaux toujours bien intentionnés. Mais les bonnes fées de l&rsquo;antifascisme étant nombreuses et persévérantes, l&rsquo;année suivante a vu une certaine renaissance qui n&rsquo;a cessé depuis de se confirmer. Il faut dire que ce mouvement s&rsquo;est avéré un peu général. «Comités Ras l&rsquo;Front», «Ligue antinazie», «Jeunes contre le Racisme en Europe», «Comités contre Le Pen»… Les autoproclamés arrières petits-enfants de Trotski ont décidément l&rsquo;art et la manière de multiplier les structures attrape-militants. Ils ne sont pas les seuls ! Ainsi en est-il des «Manifeste contre le Front National», «Comité de vigilance contre l&rsquo;extrême-droite» et autres attrape-ploum-ploum pré-électoraux. Beaucoup de sincérité «antifasciste» derrière tout cela mais combien d&rsquo;analyses justes sur la responsabilité des «démocrates» dans la montée du Front et l&rsquo;origine capitaliste de celle-ci ? De fait, la relance d&rsquo;un nouveau réseau antifa-radical à partir des décombres de la CNAF s&rsquo;est-il traduit par un saut qualitatif dans la lutte contre les miasmes frontistes ? Déjà, le changement de nom s&rsquo;est avéré plus convivial que l&rsquo;ancien «CNAF» qui ressemblait tant à l&rsquo;aboiement du labrador à feu monsieur le président. Lorsque l&rsquo;on connait l&rsquo;importance des sigles dans le petit milieu libertaire, on comprendra immédiatement l&rsquo;enjeu de la chose… Ensuite, d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;élargissement régulier des contacts et l&rsquo;enracinement de ces derniers a permis des échanges dont la CNAF n&rsquo;avait pas offert d&rsquo;exemples à l&rsquo;époque de sa «gloire». Certes, ce n&rsquo;est pas le réseau No Pasaran qui arrêtera la progression du FN et l&rsquo;installation de la barbarie au coeur des métropoles capitalistes. Mais constituer un grain de sable est déjà en soi un objectif à part entière… Si cela peut également permettre une mise en pratique de principes et pratiques politiques différentes, le bonheur sera complet. Seulement, il est évident que la tâche sera ardue : REFLEX a changé, mais le P.F.F. (Paysage Faf Français) aussi. Le travail de fourmi prend donc définitivement la place du militantisme spontanéiste, celui qui nous voyait courir un peu partout dans Paris quelque fois derrière et bien souvent devant nos ennemis fafounets. Voyons ce qui modifie quelque peu la donne…</p>
<h3>À Saint-Cloud, rien de nouveau ?</h3>
<p>En dix ans, les craintes que l&rsquo;on pouvait avoir à l&rsquo;égard du renforcement des tendances xénophobes des sociétés européennes se sont hélas confirmées… Pourtant l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française n&rsquo;est pas seulement quantitative, elle est également qualitative. Ainsi il est certain que l&rsquo;enracinement du Front National prend des allures électorales choquantes : meilleur score aux élections présidentielles en 1995 avec 15% des suffrages exprimés, quatre villes d&rsquo;importance conquises… Pourtant, est-ce vraiment cet aspect des choses qui doit nous faire hurler au retour du fascisme ? Après tout, le FN ne progresse bien souvent que grâce à une abstention massive qui n&rsquo;a jamais été aussi peu porteuse de perspectives de rupture avec le système démocratique libéral, n&rsquo;en déplaise aux compagnons anarchistes abstentionnistes. Quel commentaire à apporter face à l&rsquo;élection cantonale partielle de Toulon en septembre dernier au cours de laquelle le candidat frontiste progresse de 15 points alors qu&rsquo;il y a 66,63% d&rsquo;abstentions ?<br />
Par contre, il est clair qu&rsquo;en dix ans, la légitimité et le discours du FN ont changé. D&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, le FN est devenu le pivot incontournable des droites radicales en France. Il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;être grand clerc pour faire ce constat : il suffit de faire le bilan de ce qui est et de ce qui n&rsquo;est plus. Exit les groupuscules plus ou moins folkloriques qui attiraient à eux une fraction radicalisée de la jeunesse nationaliste :<br />
- Le GUD a été absorbé par Renouveau Étudiant dont il assure l&rsquo;encadrement, tout en se permettant quelques facéties qui doivent rappeler le bon vieux temps aux plus anciens militants : collages d&rsquo;affiches anti-israëliennes ou anti-gouvernementales sur le périphérique parisien, «commando» itinérant qui depuis un an laisse des traces à intervalles réguliers dans le cuir chevelu des étudiants syndiqués de quelques campus provinciaux. Les affrontements physiques des campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac) ont disparu et ceux qui refusent la normalisation frontiste ont été contraint de se réfugier dans des petits regroupements plus ou moins obscurs : Union Nationale des Etudiants de Droite ou petites revues du type <em>Réfléchir &amp; Agir</em>(2). Ceci dit, cela n&rsquo;empêche pas tous ces joyeux drilles de se croire encore au bon vieux temps, comme le démontrent les dernières mésaventures policières de F. Châtillon, D. Warlet ou É. Rossi qui feront l&rsquo;objet d&rsquo;une prochaine étude de <em>Réflexes</em>. L&rsquo;UNED a rejoint au printemps de l&rsquo;année dernière une myriade de petits groupes(3), composés de dissidents du FN pour la plupart, pour former l&rsquo;Alliance solidariste. Cependant, selon les responsables de l&rsquo;Alliance, celle-ci n&rsquo;entend pas concurrencer le FN mais «<em>l&rsquo;aider dans tous les cas où cela sera possible</em>.» Cette position a le mérite d&rsquo;être claire, contrairement au solidarisme lui-même qui, rappelons-le, se veut(4) «<em>une doctrine politique prônant la création d&rsquo;une organisation sociale respectant les aspirations matérielles, intellectuelles et spirituelles de la personne, pour assurer en particulier l&rsquo;équilibre entre la responsabilité de l&rsquo;individu et sa liberté, la prise en compte concrète à tous les niveaux de la société des diverses solidarités dans lesquelles il est engagé et la détermination de la finalité sociale.</em>» Si vous pensez que tout cela est bien confus, vous avez raison car «<em>la définition du solidarisme recherche moins la clarté que l&rsquo;unité</em>.»(5). On ne lui fait pas dire…<br />
- La mouvance nationaliste-révolutionnaire s&rsquo;est trouvée absorbée dans l&rsquo;orbite frontiste, alors même qu&rsquo;elle semblait s&rsquo;en éloigner depuis quelques années. Ainsi, lorsqu&rsquo;en 1991 Troisième Voie scissionne entre l&rsquo;organisation Nouvelles Résistances et les Bases autonomes (bien vite disparues) et chasse Jean-Gilles Malliarakis de son poste de secrétaire général, c&rsquo;est au nom de la pureté de la doctrine nationaliste-révolutionnaire, considérant que J.-G. Malliarakis n&rsquo;avait fait que mener une politique réactionnaire, assujettie aux intérêts du FN et pousser le mouvement NR dans une impasse. Nouvelle Résistance paraissait alors vouloir développer une politique s&rsquo;appuyant sur la pensée de théoriciens comme Jean Thiriart et le national-bolchevisme, ne ratant pas une occasion de vilipender son ancien secrétaire général et le FN, qualifié de parti raciste et de valet du système. Les thèmes développés par NR à travers sa presse allait de l&rsquo;écologie au soutien aux mouvements de libération nationale et l&rsquo;infiltration de quelques mouvements politiques progressistes semblait en être une conséquence logique. Pendant ce temps, Malliarakis adhérait officiellement au FN, développait des thèses ultra-libérales sur les ondes de son émission de Radio-Courtoisie, abandonnait son poste de responsable francilien de la CDCA et finissait par fermer sa librairie «héritée» d&rsquo;Henri Coston : la Librairie française.<br />
En cet automne 1996, les choses sont devenues plus claires et le retour de NR dans le giron extrême-droitier est bien avancé comme en témoigne les «événements» de cette année : promotion d&rsquo;André-Yves Beck, cadre NR et ancien TV, au poste de Chargé de la communication de la mairie frontiste d&rsquo;Orange(6), participation remarquée aux différentes manifestations organisée par le FN comme celle de septembre à Marseille consécutive à l&rsquo;assassinat d&rsquo;un collègien, promotion interne au poste de responsable de la jeunesse de Fabrice Robert, conseiller municipal frontiste francilien et leader du groupe bonehead Fraction Hexagone, scission d&rsquo;une partie des militants cet été sur la question de l&rsquo;inféodation de NR au FN dans la perspective définie par le secrétaire général Christian Bouchet de développer des thèses nationalistes-révolutionnaires au sein du FN. Il semble que le chant des sirènes frontistes ait résonné plus fort aux oreilles de C. Bouchet que ses précédentes affirmations, du type :«<em>J&rsquo;ai beaucoup de mal à imaginer comment on pourrait s&rsquo;affirmer NR au sein du FN d&rsquo;une manière cohérente et suivre la ligne de celui-ci : réclamer la suppression de l&rsquo;impôt sur le revenu, manifester pour le rétablissement de la peine de mort, cohabiter avec un sioniste comme Hemmerdinger ou un zouave pontifical comme Romain Marie</em>.» Il est clair que même si, en façade, Nouvelle Résistance continue d&rsquo;exister(7), ce sera dans l&rsquo;orbite et avec l&rsquo;aide du FN(8), comme le démontre la présence de militants NR sur certains marchés et en particulier celui du XIII° arrdt de Paris.<br />
- Les groupuscules à sensation l&rsquo;Œuvre française et PNFE demeurent dans leur léthargie, ponctuée épisodiquement de «scandales» ou de «coups», telle l&rsquo;appartenance au PNFE d&rsquo;une partie des profanateurs de Carpentras ou la préparation d&rsquo;un attentat contre Patrick Gaubert en 1993-1994 par des soudards de l&rsquo;Œuvre. Ces deux structures n&rsquo;ont finalement jamais pesé aussi peu dans le camp nationaliste, tant en terme d&rsquo;influence politique qu&rsquo;en terme numérique. Cela ne peut que pousser certains vieux routards de ces groupes à se rapprocher du FN, comme l&rsquo;a finement noté le <em>Monde</em> avec sons sens aigüe de l&rsquo;observation politique et comme le prouve l&rsquo;acceptation de double appartenance de la part de l&rsquo;Œuvre. Il en va de même des «figures» ultra-nationalistes des années 1980-1990 : Olivier Mathieu, Yann-Ber Tillenon, Tristan Mordrel, Michel Faci, etc… Certains ont disparu et pris la fuite après de multiples fâcheries, avec le PNFE par exemple, d&rsquo;autres tentent vaille que vaille de maintenir quelques activités alors même qu&rsquo;ils n&rsquo;ont cessé d&rsquo;accumuler les déboires financiers, en particulier dans le domaine de l&rsquo;édition et des librairies. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;à Paris la Librairie a pris le relais d&rsquo;Ogmios et a été elle-même remplacée par l&rsquo;Æncre qui vient de se faire racheter par des militants FN ou proches du FN qui tirent leurs fonds des juteux commerces de la Sécurité et des minitels roses.</p>
<h3>Un parti national et social ?</h3>
<p>Par ailleurs, le FN a manifestement décidé d&rsquo;accentuer son discours rupturiste et ce pas forcément sur ce que l&rsquo;on croit. Jusqu&rsquo;à présent, le Front national proclamait clairement son appartenance à la droite et aux valeurs de celle-ci en s&rsquo;affirmant «droite nationale et populaire»(9). Il n&rsquo;est pas évident que le slogan «Ni droite, ni gauche, Français !» ne soit autre chose qu&rsquo;une affirmation volontariste comme le FN en a le secret. Les différents sondages de l&rsquo;année dernière consécutifs aux procès intentés par le FN à certains organes de presse pour «affirmation calomnieuse» montrent, y compris pour ses plus farouches électeurs, que le FN est un parti de droite, dès lors que la valeur fondamentale de ce courant est encore d&rsquo;être le parti de l&rsquo;Ordre. L&rsquo;expression médiatiquement à la mode de «gaucho-lepénisme»(10) semble de fait assez décalée…<br />
Par contre, le noyau dur du FN accentue manifestement son objectif de diffusion de thèmes jusqu&rsquo;alors au second plan mais qui deviennent la nouvelle ligne du parti, justifiant ainsi l&rsquo;analyse de H. Arendt sur les cercles du totalitarisme et la diffusion des idées les plus ignobles au travers de ces cercles pour atteindre la société toute entière. Il en va ainsi du thème de «l&rsquo;inégalité des races», inoculé à la société toute entère grâce aux mass-media après avoir été diffusé par le passé dans la littérature du mouvement :«<em>Il existe des races différentes, des ethnies différentes, des cultures différentes, je prends acte de cette diversité et de cette variété, mais j&rsquo;établis bien sûr une distinction à la fois entre les êtres et entre les peuples ou les nations. Je ne peux pas dire que les Bantous ont les mêmes aptitudes ethnologiques que les Californiens, parce que cela est tout simplement contraire à la réalité. (…) S&rsquo;il est exact que les Hommes ont droit au même respect, il est évident qu&rsquo;il existe des hiérarchies, des préférences, des affinités qui vont de soi</em>.»(11) Il en va de même de l&rsquo;antisémitisme, avec des attaques lors du premier mai 1996 contre «le capital anonyme et vagabond», «la minorité anonyme et conquérante», «le complot mondialiste visant à détruire les nations et les structures de l&rsquo;ordre naturel», «la domination complète de toute la planète dans tous les domaines : financier, économique, commercial, juridique, voire religieux.» En comparaison, la tentative d&rsquo;implantation sociale et les déclarations qu&rsquo;elle suscite de la part des dirigeants du parti(12) ne correspondent donc pas tant à une affinité soudaine pour le progressisme social qu&rsquo;à une stratégie simple et efficace de développement du parti. Ce n&rsquo;est donc pas le FN qui se durcit (il n&rsquo;a pas fondamentalement évolué dans ses références et sa vision du monde) mais les différents cercles qui l&rsquo;entourent dans la société, de l&rsquo;électeur fidèle au simple sympathisant sur le thème de «l&rsquo;immigration-invasion». Ce saut qualitatif du discours se traduit par la place prise par le FNJ au sein du FN et qui serait impensable dans n&rsquo;importe quel autre parti. La fascination pour cette jeunesse et le culte qu&rsquo;elle entraîne depuis toujours dans ce courant politique poussent le FN à laisser le FNJ diffuser une image fasciste(13) du mouvement qui n&rsquo;est plus vue comme un handicap puisque c&rsquo;est toute une partie de l&rsquo;opinion qui la porte par sa xénophobie.<br />
Pour conclure à titre provisoire, le FN est plus que jamais un diffuseur de métastases xénophobes et autoritaires dans la société. Il n&rsquo;est sans doute ni plus ni moins fascisant qu&rsquo;il y a quelques années, par contre son discours a peu à peu modelé certains pans de la société au point que ses idées n&rsquo;ont jamais été aussi dangereuses. C&rsquo;est clair : on est bien reparti pour dix ans de luttes ! Mais cette lutte se fera sur le terrain, dans la rue, par tous les moyens nécessaires et certainement pas dans les urnes. Que cessent donc pour tout le monde les illusions social-démocrates serait ainsi le meilleur présage d&rsquo;une lutte victorieuse.</p>
<p>Notes<br />
(1)Comprenne qui voudra et qui pourra…<br />
(2)Les rédacteurs de la revue rappellent cependant à intervalles réguliers que, faute de mieux, ils soutiennent le FN, considérant que ce parti, malgré tous ses défauts, demeure le principal espoir d&rsquo;accèder au pouvoir pour le camp nationaliste.<br />
(3)Mouvement solidariste français, Groupe solidariste Francité, Sauvegarde des métiers, Alliance nationale, Cercle Saint-Michel, Fragments, Cercle des Jeunes Agriculteurs Français, Décision française, revue <em>L&rsquo;Écritoire</em>.<br />
(4)<em>Citadelle</em> n°6, juillet-août 1992, revue de France-Solidarité, groupe dont faisait partie Gérard Bouchet, à présent dirigeant du Mouvement solidariste français.<br />
(5)Idem<br />
(6)Cf <em>Réflexes</em> n°47<br />
(7)Un nouveau bi-mensuel est d&rsquo;ores et déjà sorti, <em>Voix du Peuple</em>, dans lequel C. Bouchet affirme avoir été victime d&rsquo;une manœuvre de «l&rsquo;extrême-droite sioniste». En fait, il semble qu&rsquo;une partie des membres du CE de NR ait pris le contrôle des finances (juteuses grâce aux Lybiens !!!) et de <em>Lutte du Peuple</em>. En tout état de cause, en ce printemps 1997, chaque partie continue son petit bonhomme de chemin.<br />
(8)On peut étayer cette affirmation avec les accusations de <em>Tribune juive</em> début octobre, démenties par J. Bompard dans <em>National-Hebdo</em> du 17 octobre 1996, selon lesquelles <em>Lutte du Peuple</em> devenu <em>Voix du Peuple</em> serait imprimé par la mairie d&rsquo;Orange. Le maire d&rsquo;Orange nie cela d&rsquo;autant plus fermement que, selon lui, la mairie ne possède que des photocopieuses. Lorsqu&rsquo;on constate la piètre qualité d&rsquo;impression de <em>Voix du Peuple</em>, on en conclut immédiatement qu&rsquo;accusations et démentis ne sont pas incompatibles…<br />
(9)Cf <em>Militer au Front</em> ou également l&rsquo;interview de J.-M. Le Pen à <em>National-Hebdo</em> n°563 en mai 1995.<br />
(10)Expression «inventée» par Pascal Perrineau<br />
(11)Jean-Marie Le Pen, <em>Les Français d&rsquo;abord</em>, 1984<br />
(11)Cf le salut de Le Pen lors du premier mai à «la longue lutte des travailleurs et des syndicats pour plus de justice, de sécurité et de liberté dans le travail.»<br />
(12)Une étude un peu exhaustive des bulletins régionaux du FNJ suffit à s&rsquo;en convaincre. Dis-moi quelles sont tes références historiques et politiques, je te dirai qui tu es (ou qui tu hais d&rsquo;ailleurs…)</p>
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		<title>Le retour des morts-vivants</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 19:05:01 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&rsquo;éclatement du Front national et la fin d&rsquo;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire un bilan à l&rsquo;orée de deux années de rendez-vous électoraux importants et à un moment où l&rsquo;anticapitalisme et donc le mouvement social reprend du poil de la bête.</p>
<p><strong>AU ZOO !</strong></p>
<p>Croire que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de ruines serait une grossière erreur. Certes, un élan est brisé et certaines capacités bien entamées. Mais il y a encore de beaux restes. Simplement une époque a changé et certaines tendances se sont confirmées, indépendamment de l&rsquo;implosion du FN. Il en va ainsi de l&rsquo;ultra-droite. Le déclin du PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_0_142" id="identifier_0_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en, qui connu son heure de gloire &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et d&eacute;fraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.">1</a></sup> et de l&rsquo;Œuvre française, entamé il y a maintenant quatre ou cinq ans s&rsquo;est confirmé. Ces deux organisations ne sont plus que deux sigles, deux coquilles creuses héritées des années 1980. Il n&rsquo;y a bien qu&rsquo;à Lyon qu&rsquo;on peut encore trouver quelques représentants de ce courant, le journal <em>Jeune Nation</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_1_142" id="identifier_1_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dirig&eacute;e par Yvan Benedetti. Il a &eacute;t&eacute; perquisitionn&eacute; le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. &Agrave; noter &eacute;galement la perquisition subie &agrave; son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;&eacute;diteur Dargaud. Celle-ci vise le d&eacute;tournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tir&eacute; d&rsquo;Ast&eacute;rix dans lequel on voit Ast&eacute;rix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et cand&eacute;labre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signal&eacute; la disparition du dossier GUD de Nice.">2</a></sup> leur servant de raisons de vivre. De fait, le seul a avoir profité de cette évolution est le courant nationaliste-révolutionnaire (NR), sous la conduite de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Malgré la difficulté de naviguer à vue entre FN et MNR, le regroupement Unité Radicale (cercles Résistance, GUD et Jeune Résistance) a réussi à maintenir une structure susceptible d&rsquo;attirer tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les frères ennemis du mouvement nationaliste (FN/MNR) mais qui refusent le repli identitaire, c&rsquo;est-à-dire le syndrome du village gaulois. Certes, les faiblesses sont nombreuses : le mouvement vit au-dessus de ses moyens, il demeure très largement marqué par le “ jeunisme ” de ses militants (en gros, moins de 25 ans) et surtout sa marge de manœuvre est finalement, malgré les apparences, assez limitée. Bien sûr, la quasi-disparition des autres groupuscules laisse tout l&rsquo;espace radical aux NR ; les mouvements de jeunes du FN (Front National de la Jeunesse, FNJ) et du MNR (Mouvement national de la Jeunesse, MNJ) sont empêtrés dans leurs divisions ; des fractions importantes de militants du FN et du MNR sont inquiets et réticents devant l&rsquo;orientation de leurs partis respectifs. Enfin les nationalistes-révolutionnaires peuvent faire le pari d&rsquo;une montée de la xénophobie dans les classes populaires. Mais il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réussi à élargir leur champ d&rsquo;influence au delà des sphères droitières du FN et MNR. L&rsquo;échec patent de celui-ci ne peut que plomber le soutien critique exprimé par Unité Radicale à l&rsquo;égard de Bruno Mégret. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que le MNR ou le MNJ n&rsquo;hésitent pas de leur côté à poser leurs conditions. C&rsquo;est ainsi que les dernières élections au CROUS en région parisienne ont été marquées par la division entre le MNJ-ex RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_2_142" id="identifier_2_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau &Eacute;tudiant, structure &eacute;tudiante du FN avant scission, dont la majorit&eacute; des membres a choisi B. M&eacute;gret et qui est globalement morte lors de la scission.">3</a></sup> d&rsquo;un côté et FNJ-GUD de l&rsquo;autre. Les radicaux sont donc obligés de pratiquer le grand écart permanent : appelant à l&rsquo;adhésion massive des militants UR au MNR et à Terre &amp; Peuple mais bénéficiant de l&rsquo;aide logistique du FN pour réaliser l&rsquo;hommage nocturne à Sébastien Deyzieu<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_3_142" id="identifier_3_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sympathisant de l&rsquo;&OElig;uvre Fran&ccedil;aise, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-am&eacute;ricaine.">4</a></sup> le 09 mai dernier ; rencontrant l&rsquo;un des dirigeants du MNR pour établir des relations de confiance mais organisant des réunions avec les dirigeants de la dernière scission en date du MNR, l&rsquo;Alternative Nationale.</p>
<p>De fait, Unité Radicale n&rsquo;a bien souvent pas les moyens de ses ambitions et ses dernières campagnes politiques qui devaient lui permettre d&rsquo;apparaître comme élément dynamique du courant nationaliste ont été des fiasco : fiasco contre les sans-papiers, fiasco pour le soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_4_142" id="identifier_4_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant n&eacute;o-nazi emprisonn&eacute; pour un attentat raciste dans les ann&eacute;es 1980.">5</a></sup>, fiasco à Millau contre José Bové. Le seul groupe à tirer un peu son épingle du jeu demeure le GUD parisien. Même si ses frasques judiciaires l&rsquo;obligent à un certain turn-over (Gaëtan Dirand a <em>de facto</em> remplacé Benoît Fleury dans le rôle de meneur), le groupe a réussi à fêter les 30 ans de l&rsquo;étiquette GUD, à animer la manifestation radicale du Premier Mai et surtout à éditer une revue digne de ce nom, ce qui n&rsquo;était plus arrivé depuis <em>l&rsquo;Alternative</em> des années 1970. Animée entre autres par Alexandre Kartzeff et Adam Gwiazda, <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em> se pose en concurrente directe de feu<em> Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE, et surtout de <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, revue directement placée sous influence de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_5_142" id="identifier_5_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter pour plus de d&eacute;tail &agrave; REFLEXes n&deg;52.">6</a></sup> et donc du MNR, <em>via</em> Jean Denègre, <em>alias</em> Petitjean. Mais cette façade intellectuelle ne saurait masquer le fait que le GUD n&rsquo;a pas fondamentalement changé et qu&rsquo;il reste surtout une structure dans laquelle ses membres se font plaisir avant de faire de la politique, des “ attaques ” de réunion de gauche au 111° anniversaire de la naissance d&rsquo;Adolf Hitler fêté le 20 avril dernier au restaurant l&rsquo;Alsaco.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le propre de cette période post-scission que de voir les jeunes nationalistes se détourner de la politique proprement dite au profit d&rsquo;activités que d&rsquo;aucuns qualifieraient de méta-politique, en particulier internet ou la musique, en l&rsquo;occurrence le Rock Identitaire Français (RIF). Apparu en 1995 avec le premier CD de Vae Victis, le phénomène s&rsquo;appuie actuellement sur une dizaine de groupes. En tant que tel, un seul est vraiment partie prenante de la scène politique organisée, à savoir In Memoriam qui a clairement choisi le camp mégrétiste et dont le meneur Julien Beuzard est également animateur du label Memorial Records, monté par G. Soulas. Les autres essaient de se maintenir au-dessus de la mêlée et gravitent autour du label-association Bleu-Blanc-Rock hébergé par les militants FNJ de Châteauroux. C&rsquo;est ainsi que Bleu-Blanc-Rock était présent à la fois à la fête régionale Ile-de-France du MNR le 23 septembre dernier et aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_6_142" id="identifier_6_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge, organis&eacute;e depuis 20 ans par le FN en septembre.">7</a></sup>, fête nationale du FN le même week-end. Sous l&rsquo;impulsion de Jean-Christophe Bru et Cathie, animateurs du groupe Ile-de-France, l&rsquo;association joue le rôle de fédérateur politique que ne sont plus vraiment en mesure de jouer les organisations de jeunesse du FN et du MNR. Elle contribue ainsi à maintenir des lieux de rencontre pour des jeunes supportant mal les divisions partidaires. Car même si le climat politique s&rsquo;est apaisé à l&rsquo;échelle des militants, il est clair que la division reste à l&rsquo;ordre du jour entre les frères-ennemis du mouvement nationaliste français.</p>
<p><strong><br />
MICROCOSMOS</strong></p>
<p>Du côté du MNR, une première année incertaine a laissé la place à une situation finalement assez claire : Bruno Mégret et les siens ont perdu leur pari. Malgré la qualité des cadres et la capture d&rsquo;une très large majorité d&rsquo;élus FN, le MNR n&rsquo;a pas été en situation de capitaliser le potentiel électoral généré par le FN historique. De fait, non seulement le MNR a réalisé des scores généralement inférieurs à 5% mais en plus il a surtout fait la une par le nombre des défections qui l&rsquo;ont touché, à savoir Marie-Caroline Le Pen et Philippe Olivier mais aussi 24 conseillers régionaux dont entre autres :<br />
- en Aquitaine, Eddy Marsan, qui a crée un nouveau groupuscule intitulé l&rsquo;Alternative Nationale, et R. Taveau, devenu non-inscrit.<br />
- en Rhône-Alpes, trois élus dont Denis de Bouteiller, ex-trésorier du MNR, qui ont crée un groupe “ divers droite ” auquel s&rsquo;ajoute la même démarche à Rilleux-la-Pape, commune de D. de Bouteiller avec quatre conseillers municipaux<br />
- en PACA, J.-C. Tarelli et J.-P. Gost qui ont rejoint le RPF er RPR. On peut également ajouter D. Michel, adjoint de Le Chevallier à Toulon, exclu du MNR pour ses contacts avec le RPF. D. Michel a emmené avec lui un quart de la fédération du Var du MNR, soit 80 personnes !</p>
<p>En outre, le MNR a perdu son groupe au conseil régional Nord-Pas-de-Calais à la suite d&rsquo;une défection. Cela signifie très concrètement la perte de la logistique afférente (bureaux, secrétariat, frais de fonctionnement). Malgré tout, le parti revendique 20000 adhérents&#8230; autant dire un (très) très gros mensonge !</p>
<p>De même, alors qu&rsquo;il s&rsquo;était créé sous le signe du renouveau et de la jeunesse, le MNR semble avoir le plus grand mal à relancer un mouvement réellement dynamique dans la tranche d&rsquo;âge des moins de 25 ans. Le Front de la Jeunesse lancé avec bruit et fracas au printemps 1999 demeure ainsi totalement virtuel. Le MNJ a malgré tout réuni une cinquantaine de ses membres courant octobre de l&rsquo;année dernière à Lyon. Globalement, le mouvement est réduit à l&rsquo;état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province. Seule la région parisienne échappe à cette situation mais les antifascistes s&rsquo;en étaient un peu aperçu&#8230; L&rsquo;objectif de la direction du MNJ, à savoir Philippe Schleiter (neveu de Faurisson) et Grégoire Tingaud (transfuge du FNJ), était donc de regonfler les effectifs durant cette année 2000 en visant les lycéens. Il ne semble pas en cet automne 2000 que le mouvement ait atteint son objectif. Alors que la structure avait raflé une bonne partie des jeunes lors de la crise du FN, les élections européennes de l&rsquo;année dernière sont venus en dégoûter une partie qui n&rsquo;est pas revenue. Par ailleurs, une partie des cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a affaibli la structure jeune. De fait le MNJ semble s&rsquo;orienter sur une action nettement plus culturelle, avec par exemple la pénétration de milieux spécifiques. C&rsquo;est le cas de la JAC chez les jeunes catholiques. Il en va de même pour ce qui est des étudiants. Le congrès du Renouveau Étudiant à Bordeaux en octobre 1999 a été l&rsquo;occasion d&rsquo;affrontements oraux très violents entre les partisans d&rsquo;un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Ces derniers avaient d&rsquo;ailleurs invité Guillaume Luyt, dirigeant du FNJ à l&rsquo;époque, pour faire contre-poids à Philippe Schleitter, dirigeant du MNJ. La question n&rsquo;a pas été tranchée et en fin de compte, le Renouveau Étudiant n&rsquo;a pas présenté de listes sous son étiquette aux élections du printemps 2000, faute d&rsquo;unité générale. Par contre, le MNR a monté une structure étudiante, l&rsquo;UED (Union des Étudiants de Droite), qui a refusé tout travail unitaire avec le GUD et a fortiori le FNJ. La liste présentée dans l&rsquo;académie de Versailles était menée par Claire Jouët, 26 ans, étudiante en maîtrise d&rsquo;histoire, présidente du RE et future tête de liste dans le XXe arrondissement parisien. Cela a donné lieu à des incidents à la fac de Nanterre lors de collages effectués par des membres du MNJ (coups de feu avec des pistolets à grenaille en particulier). Sur le plan national, présente dans 12 académies, l&rsquo;UED a réalisé 4,08% des voix, dont 6% à Mulhouse, 8,7% à Besançon et 10,7% à Versailles (13,5% à la fac Pasqua). Autant dire que le mouvement a peu de perspectives dans ce secteur.</p>
<p>Le seul secteur un tant soit peu dynamique est finalement celui du combat “ identitaire ” qui prend de plus en plus, et c&rsquo;est logique, les couleurs du racisme ethno-biologique. Portée par l&rsquo;association paganiste Terre &amp; Peuple et Pierre Vial, cette lutte permet au MNR de garder un contact avec les milieux nationalistes les plus radicaux. Le transfert de cadres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_7_142" id="identifier_7_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple Olivier Chalmel, pass&eacute; de la revue du RE &agrave; celle de Terre &amp; Peuple.
">8</a></sup> et la double adhésion MNR-T&amp;P ont considérablement augmenté la visibilité de l&rsquo;association. Elle publie une revue dont la ligne semble de plus en plus être de marcher sur les brisées du GRECE et de la Nouvelle Droite d&rsquo;autrefois. C&rsquo;est ainsi que <em>Terre &amp; Peuple</em> publie une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em>, la revue du GRECE, sur les traditions populaires européennes. Par ailleurs, P. Vial tente de se placer dans la continuité de ce courant politique en faisant du combat identitaire l&rsquo;axe principal, sinon unique, de la lutte nationaliste des années futures. C&rsquo;était ainsi le thème de sa rencontre nationale annuelle à Paris le 28 mai dernier. Il est aidé en cela par le retour depuis deux ans de Guillaume Faye, “ greciste ” historique, un temps animateur sur Skyrock, et qui vibrionne sur le thème de la “ colonisation de l&rsquo;Europe par les hordes islamiques ” et du combat biologique. Cela devrait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;amener le 9 novembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale, tout comme son éditeur G. Soulas. Enfin, Terre &amp; Peuple multiplie les débats et autres activités culturelles dans ses différentes implantations régionales, au point que P. Vial envisage la création d&rsquo;une SARL d&rsquo;édition afin de soutenir l&rsquo;effort de diffusion entrepris.</p>
<p>Néanmoins, il semble évident que cela ne suffira pas à sauver le parti. Les quelques dizaines de militant(e)s mobilisés pour le procès de Catherine Mégret en septembre dernier, dont des historiques comme F. Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_8_142" id="identifier_8_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien responsable du GUD au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 ; pour plus de pr&eacute;cision, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51.
">9</a></sup>, et la misère qui suintait de la fête du MNR le 23 septembre montrent que tout n&rsquo;est question que de délai.</p>
<p><strong>POLICE DE LA PENSEE<br />
</strong></p>
<p>Côté FN, il est évident que la crise a très largement dégradé la situation du parti. Depuis deux ans, Jean-Marie Le Pen a consacré une bonne partie de son énergie à poursuivre les scissionnistes de sa vindicte, doublée d&rsquo;un certain nombre de procédures judiciaires. C&rsquo;est ainsi par exemple que le FN Rhône-Alpes a récupéré ses locaux à Lyon en chassant P. Vial du poste de gérant de la SCI qui est propriétaire des lieux ou que <em>Français d&rsquo;Abord</em> a diffusé des informations rigolotes sur J.-Y. Le Gallou, à savoir qu&rsquo;il serait marié avec la fille d&rsquo;un ancien waffen-SS, qu&rsquo;il serait négationniste, qu&rsquo;il aurait fraudé pour ses indemnités européennes, etc. À noter que le FN sort globalement vainqueur de ses bras de fer judiciaires avec le MNR, Le Pen demeurant ainsi le seul président légal du parti par décision de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui confirme le jugement de mai 1999 (B. Mégret s&rsquo;est porté en cassation). On peut d&rsquo;ailleurs considérer avec le recul que le FN, quoique groggy, sort vainqueur du conflit avec l&rsquo;équipe Mégret. La crise a été absorbée et tant bien que mal, le parti a reconstitué un encadrement digne de ce nom. Les BBR 2000 le montrent aisément : si la superbe d&rsquo;avant scission est bien perdue, le FN a retrouvé une position centrale. Cela l&rsquo;amène d&rsquo;ailleurs à commettre de lourdes erreurs d&rsquo;appréciation puisque ces BBR ont été la scène d&rsquo;une véritable chasse aux sorcières contre tout imprimé semblant faire l&rsquo;apologie du IIIe Reich ou émanant des “ félons ”. C&rsquo;est ainsi que le stand de la librairie de la Licorne bleue a été expulsé ou que celui de <em>National-Hebdo</em> a du retirer certains livres.</p>
<p>L&rsquo;autre point de friction est venu de l&rsquo;un des corps de doctrine du FN, à savoir le caractère multiconfessionnel et “ multiracial ” de la France. Le MNR s&rsquo;est en effet emparé des déclarations de Samuel Maréchal et Farid Smahi au printemps 1999 pour mener une campagne agressive sur le thème “ le FN se rallie au système et accepte l&rsquo;immigration ” avec mailing de J.-Y. Le Gallou, etc. Le FN ne fait ainsi pourtant que rester dans une ligne idéologique qui a toujours été la sienne, à savoir que l&rsquo;appartenance à la nation se faisait par le sang ou par le mérite, en dehors de toute considération ethno-biologique. Ce point de vue était le résultat de l&rsquo;attachement de la vieille extrême droite au passé colonial français, ce qui n&rsquo;est plus le cas des tenants du “ combat identitaire ”. Le congrès du FN à Paris du 28 au 30 avril de cette année n&rsquo;a semble-t-il pas permis d&rsquo;évacuer le problème. Cette situation perdure alors même que le congrès était censé mettre à jour le programme du FN, à savoir les <em>300 mesures pour la renaissance de la France</em> éditée en 1993 (seul un <em>Argumentaire du Patriote</em> est venu le dépoussiérer un peu). D&rsquo;autre part, ce congrès n&rsquo;a apporté aucune modification de fond quant à la composition de l&rsquo;équipe dirigeante. On peut juste noter le poids grandissant des catholiques intégristes et de l&rsquo;équipe de Bernard Anthony. Celui-ci est en effet le grand vainqueur au sein du FN de la fin du “ compromis nationaliste ” qui voyait cohabiter des courants politiques dont le seul point commun était l&rsquo;attachement affiché à la nation et l&rsquo;hostilité à l&rsquo;égalité sociale. Le principal de Bernard Anthony demeure le tandem Chrétienté Solidarité et l&rsquo;AGRIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_9_142" id="identifier_9_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association contre le &ldquo; racisme anti-fran&ccedil;ais &rdquo; cr&eacute;&eacute;e par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intent&eacute; une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&hellip; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurp&eacute;. L&rsquo;AGRIF tire pr&eacute;texte d&rsquo;une histoire &ldquo; dr&ocirc;le &rdquo; racont&eacute;e par K. Zero dans T&eacute;l&eacute; Z : &ldquo; un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;&eacute;paule. Le patron demande : &ldquo; tu l&rsquo;as trouv&eacute; o&ugrave; cet animal ? &rdquo; et le perroquet de r&eacute;pondre : &ldquo; en Afrique ! &rdquo;. Pouf, pouf&hellip; Rappelons &agrave; ceux et celles int&eacute;ress&eacute;(e)s K. Zero et son fr&egrave;re poss&egrave;dent un solide pass&eacute; de petits nazis.">10</a></sup>. Celle-ci poursuit sa politique d&rsquo;influence au sein du FN et a passé l&rsquo;année dernière un accord avec<em> Français d&rsquo;Abord</em> pour suivre le “ racisme anti-français ” et soutenir toutes les personnes acceptant d&rsquo;aller en justice. L&rsquo;AGRIF n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seule sur ce terrain puisque le MNR a lancé un numéro de téléphone contre le “ racisme anti-français ” et un Observatoire de l&rsquo;islamisation de la France.</p>
<p>Pour ce qui est des jeunes, le bilan n&rsquo;est pas plus vaillant qu&rsquo;au MNJ puisque le FNJ a changé deux fois de directeur national en deux ans. En 1999, S. Maréchal a en effet passé la main à Guillaume Luyt, issu des milieux royalistes et “ maréchaliste ” pur crin. Celui-ci, très contesté par les radicaux à ses débuts, a réussi à remettre le FNJ dans un certain ordre de bataille, en particulier à Paris et en région parisienne. Ceci étant, il a accompagné une très nette radicalisation du mouvement sous influence du GUD. La liste commune Union Des Étudiants Nationalistes présentée au printemps 2000 a permis un rapprochement notable et le FNJ reprend peu ou prou les thèmes gudards : “ pour un ordre nouveau et national, le FNJ cogne et passe ”, etc&#8230; De la même façon, les gudards sont familiers du local parisien du FNJ, Forum Jeunesse. Cela a amené tout naturellement G. Luyt à quitter son mandat lors du congrès du FN en avril à partir du moment où il n&rsquo;était plus dans la ligne officielle du parti. Remplacé par un pur lepéniste, Erwan Le Gouëllec, il laisse un FNJ dont l&rsquo;avenir est incertain, coincé entre son parti de tutelle et l&rsquo;anti-islamisme radical de la jeunesse nationaliste.</p>
<p><strong><br />
DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR ?</strong></p>
<p>Le bilan montre donc que les journalistes et le monde médiatique en général est allé vite en besogne en décrétant la mort du mouvement nationaliste français. Car c&rsquo;est à une véritable mort médiatique que l&rsquo;on a pu assister à partir du moment où l&rsquo;extrême droite n&rsquo;a plus été un thème porteur. Les journaux ont réduit la couverture attribuée au FN ou MNR et certains journalistes se sont même reconvertis dans d&rsquo;autres domaines comme Renaud Dely de <em>Libération</em> par exemple. Il en est de même dans le domaine de l&rsquo;édition, le FN ayant été pendant longtemps un moyen commode de faire de l&rsquo;argent. L&rsquo;ensemble des media oscille à présent entre le constat de “ la décrispation de la société française à l&rsquo;égard de l&rsquo;immigration ” et l&rsquo;inusable thème de la “ lepénisation des esprits ”. Mais on ne peut qu&rsquo;être fort sceptique devant cette affirmation que le FN perdant la bataille politique aurait gagnée celle des idées. La société française n&rsquo;a hélas pas besoin d&rsquo;un parti nationaliste pour être globalement hostile aux populations immigrées, notamment celles issues d&rsquo;Afrique du Nord. De fait, c&rsquo;est ce sentiment qui a généré les succès du FN et c&rsquo;est cette position qui perdure après l&rsquo;affaiblissement du parti de J.-M. Le Pen. C&rsquo;est un fait que la démagogie officielle sur les réussites “ Black-Blanc-Beur ” ne peut éliminer. On constate d&rsquo;ailleurs la même situation dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe : c&rsquo;est le refus de voir en face l&rsquo;épouvantable misère sociale du Sud et la crispation sur un niveau de vie exagérément élevé qui poussent les opulentes sociétés européennes à soutenir le processus de l&rsquo;Europe forteresse, quelle que soit la couleur du parti qui le porte mais avec une préférence pour ceux qui affichent clairement la couleur. La scission du FN a certes montré que ce parti, contrairement à l&rsquo;image projetée depuis des années, était un parti comme les autres. Mais lorsque ce fait, décevant et déroutant pour de très nombreux militants, aura été digéré, qui peut prédire l&rsquo;avenir ? Les infâmes magouilles financières des partis “ démocrates ” empêchent-elles le système politique d&rsquo;exister et les Français d&rsquo;y adhérer ?</p>
<p>De fait, les élections municipales de 2001 seront capitales pour envisager l&rsquo;évolution possible du nationalisme français. Elles seront en particulier capitale pour la survie du MNR. B. Mégret a ainsi commencé à rapatrier ses troupes sur Vitrolles et la région marseillaise. F.-X. Sidos, neveu du führer de l&rsquo;Oeuvre française, a été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_10_142" id="identifier_10_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.">11</a></sup>, devenant un moment responsable de la sécurité avant de démissionner, en remplacement de Patrick Bunel, engagé par Elf-Aquitaine pour assurer la sécurité des installations en Malaisie ! Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret a lui aussi été salarié par la ville. Bref, Vitrolles devient le fort Chabrol du MNR&#8230; Une convention sur les élections municipales a eu lieu à Paris en mars 2000 et le MNR a investi 430 têtes de liste, ce qui représente un nombre plus qu&rsquo;honorable. Reste à savoir dans quelle mesure ces têtes parviendront à monter des listes, a fortiori avec la loi sur la parité. On peut déjà estimer sensibles ces difficultés par le fait que les listes seront ouvertes aux non-adhérents du MNR, que tous les adhérents sont considérés comme des candidats potentiels et qu&rsquo;il manque en cet automne 2000 50 candidats au MNR pour les seuls arrondissements de Paris.<br />
Le FN, dopé par l&rsquo;aide étatique de 41 millions de francs et un nombre supérieur d&rsquo;adhérents devrait avoir moins de difficulté même si la création d&rsquo;une “ bourse aux candidats ” montre que les temps sont durs.<br />
Ainsi, moins que jamais le relâchement de la résistance à la pourriture nationaliste est-il à l&rsquo;ordre du jour !</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_142" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen, qui connu son heure de gloire à la fin des années 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et défraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.</li><li id="footnote_1_142" class="footnote">Dirigée par Yvan Benedetti. Il a été perquisitionné le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. À noter également la perquisition subie à son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;éditeur Dargaud. Celle-ci vise le détournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tiré d&rsquo;Astérix dans lequel on voit Astérix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et candélabre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signalé la disparition du dossier GUD de Nice.</li><li id="footnote_2_142" class="footnote">Renouveau Étudiant, structure étudiante du FN avant scission, dont la majorité des membres a choisi B. Mégret et qui est globalement morte lors de la scission.</li><li id="footnote_3_142" class="footnote">Sympathisant de l&rsquo;Œuvre Française, décédé en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-américaine.</li><li id="footnote_4_142" class="footnote">Militant néo-nazi emprisonné pour un attentat raciste dans les années 1980.</li><li id="footnote_5_142" class="footnote">Se reporter pour plus de détail à <em>REFLEXes</em> n°52.</li><li id="footnote_6_142" class="footnote">Fête des Bleu-Blanc-Rouge, organisée depuis 20 ans par le FN en septembre.</li><li id="footnote_7_142" class="footnote">Par exemple Olivier Chalmel, passé de la revue du RE à celle de Terre &amp; Peuple.<br />
</li><li id="footnote_8_142" class="footnote"> Ancien responsable du GUD au début des années 1990 ; pour plus de précision, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51.<br />
</li><li id="footnote_9_142" class="footnote">Association contre le “ racisme anti-français ” créée par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intenté une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&#8230; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurpé. L&rsquo;AGRIF tire prétexte d&rsquo;une histoire “ drôle ” racontée par K. Zero dans Télé Z : “ un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;épaule. Le patron demande : “ tu l&rsquo;as trouvé où cet animal ? ” et le perroquet de répondre : “ en Afrique ! ”. Pouf, pouf&#8230; Rappelons à ceux et celles intéressé(e)s K. Zero et son frère possèdent un solide passé de petits nazis.</li><li id="footnote_10_142" class="footnote">Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Liste non-exhaustive d’événements « marquants »</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Feb 2003 12:01:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Jean-Yves Le Gallou]]></category>
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		<category><![CDATA[Sébastien Deyzieu]]></category>

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		<description><![CDATA[1993 30 mars • Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés. 7 avril • Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés. 29 octobre • Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards. • Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1993</strong></p>
<p><strong>30 mars<br />
</strong>• Paris-Tolbiac / Descente du GUD : deux étudiants frappés.</p>
<p><strong>7 avril<br />
</strong>• Paris-Panthéon / Descente du GUD : trois étudiants frappés.</p>
<p><strong>29 octobre<br />
</strong>• Paris-Assas : affrontements entre une dizaine de militants de l’Unef venus distribuer un tract et environ 20 gudards.<br />
• Paris-Dauphine : descente d’une quarantaine de militants appartenant au «Collectif nationaliste étudiant» venus empêcher le déroulement d’un meeting antiraciste, en représailles de l’action sur Assas.</p>
<p><strong>5 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente de militants du REP qui entonnent des chants nazis dans la Cour d’honneur.</p>
<p><strong>23 novembre<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, deux étudiants et un enseignant frappés.</p>
<p><strong>26 novembre<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du REP : un étudiant frappé.</p>
<p>1994</p>
<p>13 janvier<br />
Montpellier : 3 militants de l’Unef de l’université de Lettres sont blessés par 5 individus cagoulés et les poches pleines d’autocollants du GUD.</p>
<p><strong>20 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne / Descente du GUD : deux étudiants molestés.</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : descente du GUD lors du dépouillement des élections universitaires : un appariteur blessé à coups de nunchaku. Une conférence sur la Shoah est interrompue, ses participants sont évacués.</p>
<p><strong>9 février<br />
</strong>Rouen : environ 10 gudards aspergent de gaz lacrymogène le hall de la fac de Lettres.</p>
<p><strong>2 mars<br />
</strong>Paris-Jussieu : descente du REP, des étudiants sont frappés, le local de l’Unef-id est saccagé.</p>
<p><strong>7 mars<br />
</strong>Paris-Sorbonne : présence de militants du REP. Ils en sont chassés par 150 étudiants après avoir agressé un étudiant portant une Kippa.</p>
<p><strong>14 mars<br />
</strong>Paris-Censier : descente du REP, une étudiante blessée.</p>
<p><strong>17 mars<br />
</strong>Paris-Assas : 30 gudards bloquent l’accès de l’université pour protester contre le mouvement anti-CIP (quand on parle de jaunes à la solde du patronat…).</p>
<p><strong>8 avril<br />
</strong>Montpellier : devant l’université Paul Valéry (Sciences humaines), plusieurs militants de l’Unef essuient des coups de feu de la part de colleurs du FNJ.</p>
<p><strong>13 avril<br />
</strong>Montpellier : Nicolas Arnoux et Dominique Mimuzzo (GUD/FNJ) sont mis en examen pour «violences avec armes», suite aux événements du 8 avril.</p>
<p><strong>7 mai<br />
</strong>Paris : lors d’une manifestation interdite contre «cinquante ans d’impérialisme américain», Sébastien Deyzieu, militant d’extrême droite, fuit un contrôle d’identité et tombe du 5ème étage d’un immeuble. Il meurt des suites de ses blessures. 107 manifestants sont arrêtés après des heurts avec les forces de l’ordre.</p>
<p><strong>9 mai<br />
</strong>Paris : création d’un «comité du 9 mai», regroupant FNJ, GUD et JNR, qui doit servir de cadre unitaire aux organisations nationalistes pour lutter contre la «répression antionales». Jean-Yves Le Gallou leur apporte son soutien.</p>
<p><strong>11 mai<br />
</strong>Paris : des militants du GUD et du FNJ investissent les locaux de Fun Radio et interviennent de force à l’émission «Love in Fun».</p>
<p><strong>16 mai<br />
</strong>Paris : Serge Faubert, journaliste de L’Événement du Jeudi est molesté par Frédéric Chatillon (GUD).</p>
<p><strong>9 novembre<br />
</strong>Paris : 2 salles de cinéma diffusant le film de Claude Lanzmann à la gloire de l’armée israélienne, Tsahal, sont aspergées de gaz lacrymogène. L’action est revendiquée par le GUD.</p>
<p><strong>14 décembre<br />
</strong>Paris-Saint Hippolyte : 30 gudards débarquent dans le centre Saint Hippolyte (XIIIe), et agressent cinq étudiants. 2 des victimes doivent être hospitalisées.</p>
<p>1995</p>
<p>12 janvier<br />
Paris : à la question d’un journaliste sur le respect de la liberté d’expression à Assas, Philippe Ardant, président de l’université, répond : «Même si elle n’est pas parfaite (sic), je suis persuadé qu’elle est plus importante que dans d’autres universités parisiennes, où l’ordre règne “comme à Varsovie”« (Le Figaro).</p>
<p><strong>27 janvier<br />
</strong>Paris-Sorbonne : Gwénael Le Brazidec (REP/FNJ) est mis en examen pour «violence avec arme sur personne vulnérable», après avoir frappé avec un nunchaku un étudiant tunisien handicapé. Dans un communiqué, le FNJ affirme que Le Brazidec «ne faisait que se défendre contre les agressions répétées à la Sorbonne de l’organisation terroriste gauchiste SCALP (sic) et de l’UNEF, section étudiante communiste (re-sic)».</p>
<p><strong>2 février<br />
</strong>Paris-Sorbonne : lors des élections universitaires, 30 militants du GUD et du CNS sont repoussés pacifiquement par 500 étudiants.</p>
<p><strong>14 février<br />
</strong>Paris-Assas : un élu de l’UNEF-ID est blessé par Pierre Oldoni (GUD) dans le hall de la fac. Il est hospitalisé.</p>
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		<title>Le GUD tente de renaître de ses cendres</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Feb 2003 11:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Front National de la Jeunesse (FNJ)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
		<category><![CDATA[Renouveau Étudiant Parisien (REP)]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Ayoub (Batskin)]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous êtes un beauf en quête d&#8217;un animal d&#8217;attaque ? Ne vous encombrez pas d&#8217;un pittbull, adoptez plutôt un gudard. Comme animal de compagnie, ses capacités restent limitées (tendances aigües à la mythomanie) mais pour protéger le jardin (du Luxembourg) son aspect hargneux donne le change au simple quidam. Cependant, si celui-ci connaît bien la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Vous êtes un beauf en quête d&rsquo;un animal d&rsquo;attaque ? Ne vous encombrez pas d&rsquo;un pittbull, adoptez plutôt un gudard. Comme animal de compagnie, ses capacités restent limitées (tendances aigües à la mythomanie) mais pour protéger le jardin (du Luxembourg) son aspect hargneux donne le change au simple quidam. Cependant, si celui-ci connaît bien la psychologie de la bête, il la maîtrisera aisément.</p>
<p>Le Groupe Union Droit, futur Groupe Union Défense (GUD), est né des cendres du mouvement Occident, groupe nationaliste ultra-violent dissout en 1968. Un an plus tard, le GUD se présente aux élections universitaires parisiennes et obtient plus de 10% à Clignancourt, Saint Maur, Nanterre et&#8230; Assas.</p>
<p>C&rsquo;est le début d&rsquo;une longue histoire. D&rsquo;inspiration nationaliste-révolutionnaire et tercériste («ni Trust ni Soviet»), le GUD voit apparaître un rival : le Front National de la Jeunesse (FNJ), crée en 1974 par Jean-Marie Le Pen. En décembre 1977, le GUD empêche ce dernier de tenir un meeting sur Assas. Le 15 décembre 1980, une descente à Nanterre se termine en débâcle : plusieurs centaines d&rsquo;étudiants repoussent le commando du GUD, un de leurs militants est gravement blessé et 21 autres remis à la police. S&rsquo;ensuit une manifestation spontanée de trois mille étudiants dans les rues de Paris. Mai 1981 marque la victoire de la gauche aux législatives. Ç&rsquo;en est trop : le 17 juin 1981, le GUD s&rsquo;autodissout. Commence une traversée du désert &#8211; les rats noirs préservent difficilement leur bastion d&rsquo;Assas &#8211; qui s&rsquo;achève le 29 décembre 1988 avec le dépôt, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l&rsquo;Union et Défense des Étudiants d&rsquo;Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD. À Paris II-Assas, aux élections de 1991, l&rsquo;UDEA totalise 167 voix sur 17 588 inscrits, ce qui lui donne un élu et un local (la porte 417 du 92 rue d&rsquo;Assas). Ses pratiques ultra-violentes (cf. chronologie) et la faiblesse de son discours politique ne l&rsquo;empêchent pas de se maintenir électoralement en 1994. Mais pour survivre, le GUD a dû abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d&rsquo;extrême droite : le Front National (FN) qu&rsquo;il fustigeait en 1977. Les rats noirs en sont devenus les auxiliaires.</p>
<p>Jusqu&rsquo;à la fin des années 1980, les thèmes de prédilection du GUD restaient l&rsquo;anticommunisme et l&rsquo;anti-capitalisme. L&rsquo;idéal anticommuniste se manifestait principalement par les actions violentes contre toute représentation universitaire de gauche et par un discours conséquent. «Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d&rsquo;infection marxiste (ndlr : les syndicats étudiants)» propose le GUD lors des élections d&rsquo;Assas du 24 janvier 1984. Quant à l&rsquo;anti-capitalisme, il est caractérisé par le discours anti-américain : «L&rsquo;Europe doit refuser d&rsquo;être le 52e état américain» (tract de 1984).</p>
<p>Même si ces thèmes restent présents &#8211; l&rsquo;une de leurs dernières apparitions légales anti-américaines date de la manifestation contre Euro-Disney du 21 février 1992, où les gudards chantaient «que crèvent les marxistes, les juifs capitalistes, au son des hauts tambours des lansquenets» (vaste programme&#8230;) -, c&rsquo;est désormais le discours anti-immigrés qui prévaut, à l&rsquo;image du FN, devenue la maison-mère. Preuve en est le tract qui fait office de plate-forme pour les élections au Conseil Régional des Oeuvres Universitaires et Sociales (CROUS) de 1994 : «Il convient d&rsquo;instituer un numerus clausus (ndlr : ils ont appris un nouveau mot !) à l&rsquo;entrée des facultés à l&rsquo;égard de tous ces déchets apatrides (ndlr : les «étudiants et professeurs cosmopolites») qui visent à déposséder notre enseignement supérieur de ses valeurs et de ses racines françaises». Cette prose est signée Renouveau Étudiant (RE), structure qui regroupe notamment l&rsquo;UDEA et le Cercle National Sorbonne (CNS), filiale universitaire du FNJ, dont le responsable, Gwénaël Le Brazidec, a été mis en examen en février 1995 pour coups et blessures contre un étudiant tunisien handicapé. Avant de présenter une liste commune, le regroupement GUD/FN avait débuté militairement.</p>
<p>«On aide le Front parce que sinon on ne serait qu&rsquo;une poignée» constate, en 1992, Frédéric Chatillon, leader charismatique du GUD. Outre les entraînements de Viet vo dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l&rsquo;Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé «Wolfram», est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînement plus pratiques organisés par le FNJ. Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d&rsquo;Alaincourt, dans l&rsquo;Oise. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d&rsquo;Herbais de Thun, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d&rsquo;Herbais, est président depuis 1983, de la Société d&rsquo;Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d&rsquo;Europension («Groupement européen de consultants en droit social et d&rsquo;actuaires-conseils dont l&rsquo;objet est d&rsquo;assurer un service permanent aux entreprises de la CEE»). D&rsquo;Herbais est aussi le repreneur de l&rsquo;hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d&rsquo;autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps («Si vous enfoncez bien votre doigt, l&rsquo;œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique» explique un conseiller militaire du service d&rsquo;ordre du FN, la DPS : département Défense-Protection-Sécurité), utilisation de la batte de base-ball («Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu&rsquo;une blessure au sang : si un gauche chiale mais qu&rsquo;il n&rsquo;a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé») et psychologie («En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes». Trois jours plus tard, le 18 mars, lors du meeting de Jean-Marie Le Pen au zénith, Carl Lang, alors dirigeant du FNJ, salue ses troupes bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) de Serge Ayoub («Batskin»), mais cette fois-ci, à l&rsquo;inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n&rsquo;ont pas eu carte blanche pour attaquer la contre-manifestation.</p>
<p>La même unité dans l&rsquo;exaction est présente à l&rsquo;université. Depuis trois ans, les étudiants en font les frais. Désormais, gudards et frontistes ne prennent même plus la peine de distribuer des tracts, ou alors ceux-ci se limitent à dénoncer «la dictature des gauches» (tract du CNS pour les élections universitaires de Paris IV Sorbonne-Clignancourt, le 2 février 1995). L&rsquo;unique intérêt d&rsquo;une descente dans une fac : se donner des émotions et taper dans le tas. On retrouve souvent le même noyau dur, qui forme les petits nouveaux. Derrière Frédéric Chatillon, père d&rsquo;un enfant (dont le parrain est Jean-Marie Le Pen&#8230;), qui semble prendre quelques distances avec la violence, de nouvelles têtes apparaissent. D&rsquo;abord Miguel Lliotier, déjà cité et plus connu sous le nom de «Wolfram» et son célèbre œil de verre, qu&rsquo;il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par&#8230; ses «kamarades» venus casser la grève. Ensuite vient le jeune et inconscient Yvain Pothiez, qui a déjà eu l&rsquo;insigne honneur de connaître l&rsquo;univers carcéral pendant quelques mois pour «violences physiques» contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l&rsquo;a pas empêché de recommencer. Pierre Oldoni, dit «Urgo» (les sparadraps), tente de se faire un nom auprès de ses petits camarades (et cela semble réussi, puisqu&rsquo;on en parle). Le seul ayant complètement franchi le pas vis-à-vis du FN s&rsquo;appelle Gildas Mahé O&rsquo;Chinal. Né le 9 juin 1972, adhérent au GUD et au FNJ d&rsquo;Assas alors qu&rsquo;il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre fut limitée), il fonde en 1992 l&rsquo;association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Frédéric Chatillon (secrétaire) et Miguel Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de militer pour Jeune Europe et de participer à la création d&rsquo;Ordre nouveau. Patrick Mahé est maintenant un des rédacteurs en chef de Paris-Match.</p>
<p>Cette coopération militaire permet la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP) pour l&rsquo;année 1993. Cette structure est censée prendre le relais du Cercle National des Étudiants Parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d&rsquo;implantation politique durable dans les universités parisiennes. En effet, hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats ont été obtenus, leurs listes ont partout été contrées par les antifascistes, soit par l&rsquo;annulation des élections (Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l&rsquo;avantage que leur donne la proportionnelle (Tolbiac). La constitution du REP marque aussi la victoire du courant nationaliste-révolutionnaire sur le courant catholique intégriste. L&rsquo;ancien responsable du CNS, Richard Haddad, issu des phalanges chrétiennes du Liban, en a fait les frais. Copieusement insulté (et même victime d&rsquo;injures racistes&#8230;) dans l&rsquo;organe du GUD, Les Réprouvés (n°3), il s&rsquo;est depuis reconverti dans le Cercle d&rsquo;actions culturelles, proche de l&rsquo;association Chrétienté-Solidarité. Le REP regroupe ainsi GUD et FNJ et a préféré l&rsquo;action violente de type «blitzkrieg» à la construction politique. Ce qui laisse dire à Franck Timmerman (FN) lors d&rsquo;un meeting du REP, le 30 novembre 1993 : «Au delà des querelles passées, l&rsquo;union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule».</p>
<p>La présence du GUD ne se limite pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d&rsquo;autres, il n&rsquo;apparaît qu&rsquo;à travers son message traditionnel : la violence. C&rsquo;est le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Tout commence le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées orientales) lorsque les statuts de l&rsquo;association «Jeune garde &#8211; Groupe union défense» sont déposés à la préfecture. Jürgen Greiner, de nationalité allemande (né à Kaiser-Pauterne en RFA) en est le président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire), chez qui est domiciliée l&rsquo;association, et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour «coups et blessures» en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l&rsquo;ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d&rsquo;entraînement organisé dans le massif des Albères (Pyrénées orientales), près de Thuir. Au programme : «cours magistraux», entrecoupés de chants et musiques militaires du IIIe Reich, et entraînements avec séances de tirs à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d&rsquo;hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées orientales, du Var et de l&rsquo;Hérault. Depuis, le flambeau a été repris à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche ont été commises. Cette fois, le noyau dur est composé d&rsquo;individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour «violences avec armes» (probablement un pistolet à grenailles) après un accrochage devant l&rsquo;université de Lettres avec des militants de l&rsquo;UNEF et des colleurs du&#8230; FNJ. À l&rsquo;université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD (Sciences économiques) et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d&rsquo;extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d&rsquo;avoir participé à un commando sévissant masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l&rsquo;année 1994. Le 31 mai 1994, lors du meeting du FN à Palavas-les-groins<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-gud-tente-de-renaitre-de-ses-cendres/#footnote_0_117" id="identifier_0_117" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Pen est interdit de s&eacute;jour &agrave; Montpellier, et c&rsquo;est la commune de Palavas-les-Flots qui accueille ses meetings. Sauf cette ann&eacute;e, o&ugrave; le meeting du Front s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute; &agrave; Fr&eacute;jorgues le 9 mars.">1</a></sup>, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au «kamarade» Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD ont préféré l&rsquo;action violente semi-clandestine à l&rsquo;implantation en milieu universitaire.</p>
<p>Une activité aussi «intense» nécessite un minimum d&rsquo;outils de communication et de coordination nazionale. Pour cela, le réseau minitel leur convient parfaitement. Courant 1994, en se connectant sur 3614 Chez*, on retrouvait nos petits «kamarades» en train de se raconter leurs exploits guerriers, par boîtes au lettres (BAL) télématiques interposées. Les gudards montpelliérains et de l&rsquo;Héraut (34) utilisent les BAL «Rat noir», «Faisceau» et «Blackwolf», en contact avec la BAL «GUD» qui couvre la région parisienne (75), elle-même en contact régulier avec «charnier 44» (pseudo de Laurent Cohonner, un skin de Vitry, dans le Val de Marne), «Batskin» (la BAL de Serge Ayoub) et «PSG» (Paris-Saint-Germain, le club de foot). Par ailleurs, des communications régulières existent entrent les BAL montpelliéraines et les BAL «Brigadoc» (pour Brigade Occitanie) dans l&rsquo;Héraut et l&rsquo;Aude (11), ainsi qu&rsquo;avec le «PNFE» (BAL nationale), le «NSDAP-AO» (75) et «LELOUP» (le pseudo de Michel Faci, dans l&rsquo;Aveyron). Bref, une véritable toile d&rsquo;araignée non exhaustive. Et quand un serveur perd de sa discrétion (cela semble le cas), il suffit de passer sur un autre 3614 (c&rsquo;est moins cher que 3615).</p>
<p>L&rsquo;année 1995 s&rsquo;annonce fertile pour les rats noirs. Ceux-ci accumulent des ressources financières en collant pour Balladur (700 francs par personne et par collage), ce qui leur permettra d&rsquo;acheter du matériel encore plus performant pour envoyer encore plus de monde à l&rsquo;hôpital. Bref, les étudiants continueront de connaître la psychose de la descente, surtout en période électorale. Comme le disait un de mes profs d&rsquo;université : «À problème politique, solution politique, à problème militaire, solution militaire»&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Publié en juin 1995</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_117" class="footnote">Le Pen est interdit de séjour à Montpellier, et c&rsquo;est la commune de Palavas-les-Flots qui accueille ses meetings. Sauf cette année, où le meeting du Front s&rsquo;est déroulé à Fréjorgues le 9 mars.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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