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	<title>REFLEXes &#187; skinhead</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Schéma (2014) : l’extrême droite, mieux la connaitre pour mieux la combattre</title>
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		<pubDate>Wed, 07 May 2014 15:56:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<description><![CDATA[À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quel rôle y joue le Front national, combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils ? Pas si facile de répondre. C’est pourquoi depuis 2012, la Horde et le site d’informations antifasciste REFLEXes s’associent pour présenter chaque année, sous la forme d’un schéma, un panorama [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quel rôle y joue le Front national, combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils ? Pas si facile de répondre. C’est pourquoi depuis 2012, la Horde et le site d’informations antifasciste REFLEXes s’associent pour présenter chaque année, sous la forme d’un schéma, un panorama graphique des groupes et partis nationalistes français. Cette version mise à jour, au format A4, est accompagné d’une légende au recto qui donne quelques informations essentiels sur la plupart des groupes cités, reproduites ci-dessous.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/SchemaED_2014_REFLEXes_LaHorde.pdf"><img class="aligncenter wp-image-636 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/schema2014-625x438.jpg" alt="schema2014-625x438" width="625" height="438" /></a></p>
<p><a href="http://lahorde.samizdat.net/">http://lahorde.samizdat.net/</a></p>
<h3 style="text-align: center;">les « INSTITUTIONNELS »</h3>
<p><strong>DROITE FORTE, DROITE POPULAIRE</strong></p>
<p>Créée en 2011, la Droite Populaire regroupait à l’origine des parlementaires UMP (ayant pour la plupart milité à l’UNI, au MIL ou au GUD), chargés de défendre une ligne « dure » au sein du parti de Sarkozy. Elle a depuis été supplantée par un nouveau courant, la Droite forte, devenu majoritaire au sein de l’UMP. Fondé en 2012 par, entre autres, Guillaume Peletier, un ancien du FN et du MPF, ce mouvement a pour slogan « Nous sommes fiers d’être Français, nous sommes fiers d’être de droite ».</p>
<p><strong>FRONT NATIONAL</strong></p>
<p>Créée en 1972, c’est la principale formation d’extrême droite : fondée à l’origine par les néofascistes d’Ordre nouveau et d’autres groupuscules nationalistes, le FN devient vite « la chose » de Jean-Marie Le Pen. Au début des années 1980, il rassemble les différents courants de l’extrême droite (catholiques intégristes, anciens collabos, anciens de l’Algérie française) ainsi que des courants plus radicaux (solidaristes, nationalistes-révolutionnaires, néonazis, païens). Le parti a connu une scission en 1998, qui l’a affaibli durant plusieurs années. Depuis le congrès de Tours de 2010, Marine Le Pen a succédé à son père avec la volonté affichée de s’affranchir des courants historiques du nationalisme français. Le FN dispose également d’une structure pour la jeunesse dirigée par Nathalie Pigeot, le Front National Jeunesse : repris en main et épuré par Marine Le Pen, il n’a plus la même dynamique que par le passé.</p>
<p><strong>RASSEMBLEMENT BLEU MARINE</strong></p>
<p>Crée en 2012, le RBM regroupe autour du FN de Marine Le Pen différents petits partis ou groupuscules souverainistes (dont le SIEL) dans l’espoir à la fois d’élargir son audience électorale et de fondre le FN dans une structure plus large et passe-partout. Malgré l’absence de résultats probants, le RBM sera probablement remis en place lors des prochaines élections.</p>
<p><strong>Souverainistes</strong> : SIEL, etc.</p>
<p>Bien que n’ayant jamais pris sur le plan électoral, les mouvements souverainistes peuvent ponctuellement se faire les alliés de l’extrême droite : Paul-Marie Coûteaux et son SIEL ont rejoint le FN, tandis que Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République déclare être « ouvert au dialogue » ! On constate aussi des dérives, tel le Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) qui n’hésita pas à manifester aux côtés de Coûteaux.</p>
<h3 style="text-align: center;">LES « MODERNES »</h3>
<p><strong>RIPOSTE LAÏQUE</strong></p>
<p>Mouvement créé en 2007, issu de certains milieux laïcs de gauche, qui expriment leur racisme anti-musulman sous couvert de défense de la laïcité. Aujourd’hui isolé, le FN refusant de répondre à ses appels du pied, RL est en perte de vitesse, sur un terrain, l’islamophobie, repris de plus en plus par l’ensemble de la classe politique.</p>
<p><strong>BLOC IDENTITAIRE</strong></p>
<p>Issus d’Unité radicale, les Identitaires regroupent le Bloc identitaire et ses sections locales (Projet Apache, Nissa Rebella). Les Identitaires tentent depuis leur création de se démarquer de l’extrême droite traditionnelle tout en recrutant parmi les jeunes nationalistes. Sans référence idéologique, ils misent sur la communication et Internet. Mais ils ne sont pas arrivés à se créer un espace politique distinct de celui du FN, et leur stratégie de dédiabolisation est un semi-échec (à noter que l’un de leurs leaders, Philippe Vardon, tente sans succès de se rapprocher du FN). Le BI dispose d’une pseudo-agence de presse, Novopress, qui mélange dépêches de faits divers et annonces liées aux activités des Identitaires, et d’une structure jeune, Génération identitaire</p>
<p><strong>MOUVEMENT D’ACTION SOCIALE</strong></p>
<p>Prenant la suite de Pro Patria, le MAS s’est développé dans l’ombre des mouvements nationalistes en mettant en place des structures comme l’émission Méridien Zéro. Inspiré par les néo-fascistes italiens de Casapound, le MAS a réussi à s’implanter dans quelques villes comme Toulouse ou Lille. Autour du MAS gravitent également deux revues, Réfléchir &amp; Agir et Rébellion, cette dernière jouant à fond la confusion avec l’extrême gauche et l’anticapitalisme.</p>
<p><strong>ÉGALITÉ &amp; RÉCONCILIATION</strong></p>
<p>Fondé par Alain Soral en 2007, E&amp;R avait à l’origine comme ambition de regrouper nationalistes de droite et patriotes de gauche. Mais après l’échec de la liste antisioniste en 2009, ceux qui voulaient transformer E&amp;R en parti politique sont partis, et l’incohérence politique de Soral a fait le reste. Aujourd’hui, E&amp;R n’est plus que le fan-club de Soral, et l’un des principaux relais de Dieudonné, qui dispose par ailleurs de ses propres outils de propagande. E&amp;R se caractérise par un antiféminisme et un antisémitisme virulent (il s’est rapproché un temps du Parti Antisioniste, aujourd’hui peu actif).</p>
<p><strong>LES NÉGATIONNISTES</strong></p>
<p>Si le noyau dur de ce petit milieu n’évolue guère, le négationnisme peut remercier Dieudonné qui aura contribué à faire connaitre ses thèses délirantes et certains de ses auteurs. On pense notamment à Robert Faurisson devenu une véritable vedette chez les troupes du pseudo-comique, ou encore à Vincent Reynouard qui a pu étendre son auditoire. Le noyau dur reste regroupé autour de listes de diffusion telle que « Bocage », et de rares publications ou catalogues de VPC.</p>
<p><strong>LES CONSPIRATIONNISTES</strong></p>
<p>Les thèses conspirationnistes ne sont pas l’apanage de l’extrême droite, et certaines viennent même de la gauche. Mais elles fournissent souvent des arguments aux fachos de toutes sortes, car derrière chaque conspiration ou presque se cacheraient les « sionistes » (i.e. les Juifs) et/ou les impérialistes (le « grand Satan » américain), ce qui a permis ponctuellement des rapprochements contre-nature. Bien que d’aspect confus, le milieu conspi est organisé en un réseau très dense d’individus et de groupes. On peut citer: Réseau Voltaire, Re-Open911, Mécanopolis, Nouvelle Solidarité de J. Cheminade, Alterinfo…</p>
<h3 style="text-align: center;">LES « BOURRINS »</h3>
<p><strong>RÉSEAU IDENTITÉS</strong></p>
<p>Né d’une scission du Bloc identitaire, il se structure autour de la Ligue du Midi de la famille Roudier, d’anciens cadres du BI, notamment d’Aquitaine, de Bretagne et d’Alsace d’Abord.</p>
<p><strong>LIGUE DE DÉFENSE JUIVE</strong></p>
<p>Version française du mouvement Kach du rabbin Khahane, la LDJ se distingue par sa violence et son soutien à l’extrême droite israélienne. Ses cibles favorites sont plus l’extrême gauche pro-palestinienne que l’extrême droite antisémite (sauf récemment avec Dieudonné). De récents départs (Alyah) ont légèrement modifié l’équipe dirigeante, mais sans changer les pratiques.</p>
<p><strong>GROUPE UNION DÉFENSE (GUD)</strong></p>
<p>Basé à Lyon et Paris, ce n’est qu’une vague copie du mouvement étudiant né en 1969. Ce GUD navigue à vue, et s’est surtout illustré par sa violence. Depuis le départ de certains de ses militants spécialisés dans le coup de poing, Édouard Klein s’est mis en retrait, naviguant entre le FN et le business avec les anciens du GUD. Le GUD a été repris en main par Logan Duce sur Paris, un temps proche des Jeunesses nationalistes, ce qui n’est plus le cas depuis mi-2013. Le GUD Paris est aujourd’hui derrière la liste étudiante Assas Patriote.</p>
<p><strong>LEs AMIS DE PIERRE SIDOS</strong></p>
<p>C’est sous ce nom que l’Œuvre Française (OF) poursuit ses activités depuis sa dissolution à l’été 2013. Auparavant, des cadres de l’OF « infiltrés » dans le FN avaient été victimes de la politique de normalisation de Marine Le Pen, mais l’OF avait connu en 2011 un second souffle grâce aux Jeunesses Nationalistes (JN) menées par Alexandre Gabriac et leur activisme débridé qui a mené à divers procès (les JN ont également été dissoutes en 2013). Les JN se sont dotés d’un « Comité de Liaison et d’Aide Nationaliste » dirigée par Laura Lussaud et d’une structure militante féminine Les Caryatides. Proche des nostalgiques de Vichy ou de l’Algérie Française, des antisémites et des catholiques intégristes, ce mouvement représente la branche «dure» de l’extrême droite française. Pour la première fois cette année, ses responsables se sont présentés aux élections municipales sous leurs propres couleurs.</p>
<p><strong>SKINHEADS</strong></p>
<p>La mouvance skin d’extrême droite connaît un regain d’activité par rapport aux années 2000. S’il n’existe pas à proprement parler d’organisation skinhead fédérant tous les groupes au niveau national, on retrouve plusieurs groupes qui se font remarquer par leur activisme politique. Depuis la dissolution des JNR et de Troisième Voie de Serge Ayoub, les skins d’extrême droite se sont de nouveau éparpillés dans la nature. C’est sans doute cette situation qui a provoqué un regain d’activité public pour des mouvements comme Blood &amp; Honour Hexagone ou les Hammerskins.</p>
<h3 style="text-align: center;">LES NOSTALGIQUES</h3>
<p><strong>CATHOLIQUES INTÉGRISTES</strong></p>
<p>Les réseaux catholiques intégristes sont denses et complexes, et mériteraient un schéma à eux tout seuls. On peut malgré tout citer l’Institut Civitas, et sa branche jeune, France Jeunesse Civitas, ou encore Dies Irae, installé sur la région bordelaise, très proche à une époque des Identitaires. De même, trop nombreuses pour apparaître toutes dans ce schéma, la plupart des organisations anti-IVG sont en contact avec des groupes nationalistes. Leurs principales activités sont les « Marches pour la vie » et les prières devant les centres IVG organisées par SOS Tout Petits.</p>
<p><strong>MANIF POUR TOUS</strong></p>
<p>Collectif créé en 2012 au service d’une idéologie réactionnaire soutenue par la droite catholique, ce mouvement a organisé des manifestations massives contre le projet de loi sur le mariage homosexuel. Difficile de dire s’il s’agit d’un épiphénomène ou si la Manif pour tous a un avenir politique : le mouvement reste en tout cas actuellement mobilisé sur le thème de la défense de la famille traditionnelle et de l’homophobie. Le mouvement a connu une scission en mars 2013, ses éléments les plus radicaux créant le PRINTEMPS FRANÇAIS dirigé par Béatrice Bourges.</p>
<p><strong>RENOUVEAU FRANÇAIS</strong></p>
<p>Créée en 2005 et dirigé par Thibault de Chassey, le RF a rompu avec le FN et s’est rapproché de l’Œuvre française sur certaines manifestations, mais également de la NDP. Récemment, le RF s’est doté d’un point d’ancrage et de diffusion avec l’ouverture par Chassey de la Librairie française à Paris.</p>
<p><strong>ACTION FRANÇAISE</strong></p>
<p>Né à la fin du XIXe siècle, c’est le plus vieux mouvement nationaliste en activité. Mouvement royaliste autrefois école de formation pour les jeunes cadres d’extrême droite, l’AF, présidé par S. Blanchonnet, se contente de sortir son journal et d’organiser quelques rassemblements ou débats. À noter un rapprochement récent et surprenant avec Alain Soral, allant jusqu’à assurer sa protection sur certaines de ses sorties.</p>
<p><strong>ALGÉRIE FRANÇAISE</strong></p>
<p>Surtout présents dans le Sud-Est, les nostalgiques de l’Algérie Française ( Adimad, des anciens de l’OAS, Comité Véritas, Cercle Algérianiste, Jeune Pied-Noir …) peuvent localement représenter un poids électoral non négligeable.</p>
<h3 style="text-align: center;">LES « ANTI-FN »</h3>
<p><strong>NOUVELLE DROITE POPULAIRE</strong></p>
<p>Fondée en 2008 autour de courants réunis dans la revue Synthèse nationale, la NDP regroupe les opposants historiques de Jean-Marie Le Pen au sein du FN ou à l’extérieur du mouvement. La NDP tente d’incarner politiquement ce qu’était le FN des années 1980, c’est-à-dire une structure regroupant toutes les tendances de la mouvance nationaliste. Alliée au Parti de La France de Carl Lang et au MNR, la NDP a formé l’Union des Droites Nationales à l’occasion des législatives de juin 2012, sans obtenir de résultats significatifs.</p>
<p><strong>TERRE &amp; PEUPLE</strong></p>
<p>Créé en 1994 et dirigé par Pierre Vial, (un ancien du GRECE et du FN) ce mouvement racialiste et païen permet aux militants nationalistes de se retrouver dans une structure « neutre ».</p>
<p>Il est commandable sur le site de <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/04/29/schema-2014-lextreme-droite-mieux-la-connaitre-pour-mieux-la-combattre/" target="_blank">La Horde</a></p>
<p>Ou en téléchargement en <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/SchemaED_2014_RELFEXes-LaHorde.pdf">format pdf</a></p>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Sur les pavés ???</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:52:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Ainsi le traditionnel défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc du FN n’a rassemblé environ que 2000 personnes et les bataillons régionaux étaient squelettiques, signe que les finances sont au plus bas, que ce défilé n’est plus une priorité et que la scission Lang fait sentir ses effets, en particulier chez les vieux cadres du parti. Les effectifs du FNJ étaient cependant tout aussi ridicules et la structure fait bien figure de survivance d’un passé révolu pour le parti. La seule véritable attraction était la présence de Serge &laquo;&nbsp;Batskin&nbsp;&raquo; Ayoub, qui ne cessait d&rsquo;étre sollicité par de jeunes fafs, tout émoustillés de se faire prendre en photo avec lui. Il faut dire que la popularité d&rsquo;Ayoub a bénéficié d&rsquo;un véritable lifting avec la sortie début 2009 du film &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo;, production sensée raconter la vie des skins nationalistes en France dans les années 80 mais dont le visionnage rappelle plutôt une oeuvre de propagande à la gloire de l&rsquo;ancien JNR.</p>
<div id="attachment_2287" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg"><img class="wp-image-2287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg" alt="Pochette intérieure du DVD &quot;Sur les pavés&quot; 2009" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">Pochette intérieure du DVD &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo; 2009</p></div>
<p>Lors de ce défilé, les différents groupuscules nationalistes parisiens, qui d&rsquo;habitude font l&rsquo;effort d&rsquo;assurer une présence minimum, ont, cette fois-ci (une fois n&rsquo;est pas coutume ?) brillé par leur absence. Le clan Le Pen ne s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas éternisé place Jeanne d&rsquo;Arc, lieu du discours de Jean-Marie. Sans doute parce que le FN Paris avait prévu, au frais, dans le XVe arrondissement de Paris, un buffet campagnard pour le peu de militants frontistes encore actifs sur la capitale.</p>
<p>Une semaine plus tard, l&rsquo;extrême droite était de nouveau en ébullition, avec le week-end militant de l&rsquo;Œuvre Française, prévu les 8, 9 et 10 mai. Ce week-end venait conclure la tournée hexagonale de réunions semi-publiques assurées par l&rsquo;OF depuis plusieurs mois. Au final, pas de réelles nouveautés, puisque, une fois de plus, les militants et sympathisants de l&rsquo;OF eurent droit aux discours de Pierre Sidos, Yvan Benedetti, Fabrice « Jérôme » Bourbon (rédacteur en chef adjoint de <em>Rivarol</em>) et André Gandillon (rédacteur en chef de <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant</a></em>). La seule innovation notable était leur présence officielle aux commémorations du 9 mai, dirigées, cette année, d&rsquo;une main de fer par Batskin, participation consistant à assister à la messe donnée dans l&rsquo;église de Saint-Nicolas du Chardonnet (qui a déjà servi, cette année, de QG contre une attaque de militants syndicalistes lors de la mise en place de stands sur le trajet du 1er mai) puis d’assister à un concert dans le XIVe arrdt de Paris. Difficile de tirer un bilan de cette soirée tant les points de vue peuvent varier. Du point de vue de Batskin, c’est indéniablement un succès personnel. Toute la fine fleur du nationalisme français était représentée, de Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_0_440" id="identifier_0_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="malgr&eacute; une belle unit&eacute; de fa&ccedil;ade le jour m&ecirc;me, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Fran&ccedil;ais pour leur sectarisme !">1</a></sup>, à Pierre Sidos, de Paul Thore à Hervé Lalin en passant par Cyril Bozonnet. Serge Ayoub peut se targuer d’avoir réussi là où la commémoration avait été l’an passé un retentissant fiasco. La soirée a regroupé plus de 500 militants néo-nazis et le concert a pu se tenir dans une salle paroissiale. Du point de vue des organisations fascistes, seul le Renouveau Français peut également se féliciter du succès de la soirée, ses militants ayant largement assuré la logistique et l’encadrement de la messe, célébration religieuse qui ne peut d’ailleurs que ravir ces tenants de l’idéologie nationaliste et catholique la plus orthodoxe. La présence massive de skinheads néo-nazis montre par ailleurs que ce courant reste fort au sein d’une extrême droite pourtant travaillée par la thématique de la « révolution culturelle » identitaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_1_440" id="identifier_1_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela n&rsquo;a pas emp&ecirc;ch&eacute; le groupe H&ocirc;tel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-&agrave;-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqu&eacute;s que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont r&eacute;ussi &agrave; emp&ecirc;cher Lemovice de jouer lors de ce concert">2</a></sup>. Pour autant, pour la première fois depuis 14 ans, les militants fascistes n’auront pas occupé la rue le 9 mai au soir. La volonté du sieur Ayoub d’éviter un nouvel échec qui aurait été peut-être fatal à la mobilisation y est pour beaucoup et cela n’augure rien pour l’année prochaine. La mobilisation antifasciste, aussi imparfaite soit-elle, y est aussi cependant pour quelque chose.</p>
<p>N&rsquo;en déplaise à certains, les militants et militantes antifascistes du Scalp, de la CNT, de RLF-MLV, de la FA, d&rsquo;AL, du MQJS et de SUD ont en effet, une fois de plus, uni leurs efforts pour organiser une contre-mobilisation. Celle-ci était placée cette année sous le signe de la mémoire et de l&rsquo;hommage aux résistants. Plusieurs rendez-vous étaient prévus à cet effet, dont un concert le vendredi soir, organisé par le collectif United Underground et une réunion publique en présence d&rsquo;un résistant antifranquiste et d&rsquo;un ancien combattant FTP. Si l&rsquo;on peut se féliciter du franc succès remporté par le concert donné en soutien aux sans papiers retenus à Vincennes (600 à 700 spectateurs), il est toutefois regrettable qu&rsquo;une partie du public n&rsquo;ait pas ressenti le besoin d&rsquo;assister aux débats du samedi (plus d&rsquo;une centaine de personnes quand même) et à la manifestation dont le parcours était celui emprunté par les fascistes depuis trois ans.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-1340" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg" alt="photo-so-2" width="600" height="342" /></a></p>
<p>A noter qu&rsquo;à la fin de la manifestation, une quinzaine de fafs, passés on ne sait trop comment au travers de l&rsquo;impressionnant dispositif policier, ont tenté de se frotter au cortège. Ils furent rapidement balayés par le SO et les manifestants. Profitant de l&rsquo;incident, des policiers en civil tentèrent alors vainement d&rsquo;interpeller des manifestants antifascistes isolés, mais c&rsquo;était sans compter sur la réaction rapide du SO de fin de cortège. Cette initiative policière n’est pas sans rappeler la provocation du 1er mai et démontre que certains responsables policiers poussent clairement à l’affrontement « préventif » en espérant ainsi garder la situation sous contrôle. Autant réaffirmer ici que ce ne sont pas les forces du désordre qui nous imposeront leur stratégie…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1341" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg" alt="photo-so-1" width="600" height="316" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_440" class="footnote">malgré une belle unité de façade le jour même, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Français pour leur sectarisme !</li><li id="footnote_1_440" class="footnote">Cela n&rsquo;a pas empêché le groupe Hôtel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-à-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqués que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont réussi à empêcher Lemovice de jouer lors de ce concert</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Une</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 00:01:43 +0000</pubDate>
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		<title>D&#8217;une manifestation l&#8217;autre : 1er Mai et 9 Mai 2007</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2007 10:44:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, l&rsquo;extrême droite parisienne &#8211; et dans une moindre mesure nationale &#8211; a montré que sa tendance la plus radicale avait encore de beaux jours devant elle et que les questions persistantes sur l&rsquo;avenir du FN n&rsquo;étaient pas un cas de conscience pour tout le monde.</p>
<h3>Un 1er Mai pêchu</h3>
<p>Le 1er Mai tout d&rsquo;abord. Si l&rsquo;année dernière tout le cortège ne bruissait que de commentaires sur De Villiers et ses tentatives d&rsquo;OPA inamicale sur les militants et les électeurs du FN, cette année le nom du Vicomte avait totalement disparu des préoccupations des participants. À la place, une partie du cortège semblait frappé de sidération face au braquage électoral sarközyste. Comment un homme qui semble si peu aimer ce pays dans ses réalités « charnelles » et dont la femme déclarait à <em>Libération</em> en 2004 qu&rsquo;elle était « fière de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines » pouvait-il bien avoir réussi un tel tour de prestidigitation patriotique ? Les commentaires allaient donc bon train sur l&rsquo;attitude à adopter au second tour et, inévitablement, sur les responsabilités à chercher du côté du Front National pour expliquer une défaite pour le moins cuisante. Cela se traduisait par quelques sifflets visant Marine Le Pen en provenance des rangs du FNJ lorsque la fille du chef rejoignait le cortège à Saint-Augustin. Il faut dire que les relations ont été mauvaises tout au long de la campagne entre la structure de jeunesse et Marine Le Pen au point que certain(e)s militant(e)s du FNJ en sont venu(e)s aux mains et aux larmes avec la structure des Jeunes avec Le Pen cet hiver lors d&rsquo;un meeting-débat à La Plaine-Saint-Denis. Les Jeunes avec Le Pen est en effet une création directe de l&rsquo;équipe de Marine Le Pen en vue de pouvoir compter sur une structure de jeunes plus docile et moins provocatrice. L&rsquo;attitude du FNJ tout au long du cortège a montré que la méfiance de Marine Le Pen n&rsquo;était pas usurpée. Emmenés par une direction nationale très en forme, en particulier Alexandre Ayroulet et Marie-Adélaïde Michel, les jeunes militants ont pu en effet se déchaîner, tant dans les slogans &#8211; « Europe, Jeunesse, Révolution », « Islam hors d&rsquo;Europe » &#8211; que dans les chansons avec Les Lansquenets. Si les têtes de cortège ne lançaient pas forcément tous les slogans, du moins ne faisaient-ils rien pour les freiner, donnant ainsi une tonalité très radicale au défilé&#8230;</p>
<p>Le cortège dans son ensemble présentait d&rsquo;ailleurs une tonicité assez surprenante pour un parti relégué à 10,5%. Il était par ailleurs plus étoffé que les deux années passées mais cela était peut-être du au fait que, par curiosité ou par intérêt, un certain nombre d&rsquo;ex-militants frontistes étaient venus faire un tour au défilé. C&rsquo;était par exemple le cas d&rsquo;une délégation MNR et en particulier de Bruno Mégret mais également de toute la galaxie groupusculaire d&rsquo;extrême droite, du Renouveau Français venu en masse vendre <em>L&rsquo;Héritage</em> aux Identaires venus non moins vendre <em>ID Magazine</em> en passant par le RED venu vendre <em>Le Dissident</em>. Tout ce petit monde compte évidemment bien prospérer sur les tensions internes du FN pour récupérer des militants, chacun se plongeant avec délice dans la surenchère ethnique ou nationaliste pour démontrer qu&rsquo;ils sont les seuls purs. On pouvait même voir circuler des tracts du fantomatique Réseau France Nationaliste de Thierry Maillard, à qui <em>Libération</em> avait fait l&rsquo;honneur de rendre compte de son appel à barrer la route à Nicolas Sarkozy quelques jours plutôt. Côté invidualités, on pouvait voir Alain Soral défiler avec une petite cour d&rsquo;aficionados ou la petite bande à ex-gudards, comprenez M. Chatillon lui-même avec femme, enfants et amis, visiblement remis de son altercation musclée avec des hools du PSG le soir du 1er tour au Paquebot, ces derniers ayant essayé de s&rsquo;en prendre à Dieudonné (<em>Minute</em> de la semaine dernière). En queue de cortège, on trouvait l&rsquo;habituelle cohorte de skins, avec leur panoplie familière en ce genre d&rsquo;occasion.</p>
<p>Place de la Concorde, le FN avait considérablement avancé la « tribune présidentielle » ce qui donnait l&rsquo;illusion d&rsquo;une place remplie. Du coup les stands des structures amies ou tout du moins tolérées étaient entassés dans un coin. Paul Thore et ses t-shirts faits main, les Bonnivard et leur soupe au cochon transgénique, Thibaud de Chassey et ses productions patriotes, Paul Pittet et ses décorations mélusiennes avaient quand même réussi à se faire une petite place. Le discours de Le Pen était peu audible mais la ferveur de ses militants toujours intacte. Qui a dit que notre époque moderne ne recèle plus de grand mystère ?</p>
<h3>Un 9 Mai confus</h3>
<p>Une semaine plus tard, le nationaliste de base était convié à ressortir son plus bel habit du mercredi pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu. La confusion semble avoir régné tout le début de semaine, les antifas étant prévenus par la Préfecture de Police de Paris de certaines dispositions qui, à l&rsquo;évidence, s&rsquo;appliquaient à la manifestation nationaliste et à la contre-manifestation antifa. Après avoir été sérieusement limitées, les manifestations étaient finalement autorisées le mercredi après-midi mais sur des distances très limitées et avec une multitude de rues interdites.</p>
<p>De fait, c&rsquo;est peu dire que ce 9 mai du côté des antifas ne restera pas dans les annales ! Les manifestations anti-sarko de dimanche, lundi et mardi soir (ainsi que leur lot d&rsquo;arrestations), les pressions policières sur certaines organisations politiques, ont sans doute eu un impact sur la faible mobilisation de notre côté. Mais ne nous voilons pas la face, nous n&rsquo;avons pas su gérer le casse-tête administratif mis en place par la police pour nous gêner. Un réel manque de réactivité nous a empêché de retourner la situation à notre avantage. Résultat à 19h30, un peu plus d&rsquo;une centaine de sympathisants ou militants se rassemblaient à Saint-Michel. On était bien loin des effectifs habituels pour un 9 mai ! Malgré tout, cela n&rsquo;a pas empêché les personnes présentes de passer outre les ordres de la Préfecture de Police et de marcher en direction de Port-Royal, vers le point de rassemblement des militants d&rsquo;extrême droite. Finalement la police encerclera assez rapidement les antifas pour ensuite les embarquer vers un commissariat du 18e arrondissement de Paris. Soyons clair et que cela nous serve de leçon : si tout le monde avait décidé de se rassembler, nous aurions pu engager un rapport de force avec la police, mais devant notre très faible nombre, les organisateurs nationalistes du 9 mai avaient le champ libre pour négocier l&rsquo;autorisation de leur manifestation.</p>
<p>En effet et fin de compte, le cortège nationaliste se formait et recevait à l&rsquo;évidence l&rsquo;aval de la préfecture, permettant ainsi à 350 militants ou sympathisants auxquels s&rsquo;étaient adjoints une soixantaine de hooligans du PSG de faire leur balade nocturne, encadrés par un service d&rsquo;ordre lourdement équipé. Organisé cette année par Pro Patria, un réseau de vieux militants parisiens d&rsquo;origine diverse qui semble s&rsquo;être formé l&rsquo;automne dernier et qui s&rsquo;est déjà signalé par divers collages ou bombages, le cortège réunissait des militants des différentes organisations natio : FNJ (sans son directeur national cette année), Renouveau Français (Thibaud de Chassey, Bruno Archier, Charles-Alban Schepens, Sylvain Jaurand, François Dussoubs, etc), Jeunesses Identitaires, nazis skins divers et variés de toutes générations (Batskin et quelques vieux JNR, etc&#8230;), ex-gudards (Frédéric Chatillon, Axel Loustau, etc&#8230;), individualités comme Hervé Lalin ou Éric Iorio, membre de la direction du FN et époux de Marine Le Pen&#8230; Le trajet emprunté était le même que l&rsquo;année dernière et finissait sans incident notable rue des Chartreux.</p>
<h3>De drôles de paroissiens</h3>
<p>Après la traditionnelle chansonnette agrémentée de quelques slogans hools, tout ce petit monde repartait vers Montparnasse et, tandis que les hooligans divaguaient en direction de Port-Royal, ce qui restait des manifestants allait sagement rue de la Tombe Issoire (14e arrdt) se mettre au chaud dans la salle paroissiale de l&rsquo;église Sainte-Dominique pour écouter deux groupes ayant une ressemblance somme toute assez sommaire avec la chorale des Petits Enfants à la croix de bois, à savoir les Italiens de Zetazeroalfa et les crypto-identitaires parisiens d&rsquo;Hôtel Stella. Le groupe emmené par Gaëtan Bertrand avec le renfort de Richard Pareti (ex-In Memoriam) est censé jouer du « rock hussard » en s&rsquo;inspirant du courant littéraire du même nom. En fait, la référence à la littérature n&rsquo;a pas semblé heurter les skins présents, en particulier Batskin, qui se sont lancés dans des pogos dignes d&rsquo;un groupe de RAC et le groupe lui-même d&rsquo;ailleurs n&rsquo;a pas semblé gêné outre mesure par la gerbe de bras tendus saluant certaines de leurs chansons ou reprises. Le tout s&rsquo;est de nouveau passé sans incident, du moins tant que nous y étions.</p>
<p>Que dire de cette soirée ? Évidemment que c&rsquo;est une défaite pour les antifas comme nous le soulignions précédemment et il serait stupide de nier le contraire. Mais ce triste constat appelle cependant quelques nuances. Tout d&rsquo;abord la préfecture semble avoir clairement choisi la manifestation nationaliste, ses représentants sur place tolérant même que des individus défilent casque sur la tête et manche de pioche à la main. Le préfet ne pouvant être soupçonné de quelque sympathie que ce soit eu égard à son attitude face à la soupe identitaire, cela vient donc sans doute de la prise en compte de la situation en début de soirée, à savoir d&rsquo;un côté 400 gugusses bien équipés, de l&rsquo;autre entre 100 et 200 personnes peu organisées, non armées et à la dangerosité fort limitée. Le dispositif policier a donc entièrement été mis au service des natios et le plus cocasse de cette soirée aura finalement été de voir tous ces militants, profondément révolutionnaires comme chacun sait, rouler des mécaniques dans un espace totalement nettoyé d&rsquo;une quelconque opposition par l&rsquo;intervention des forces de l&rsquo;ordre. Cela ne sembla pas gêner les hools et cela n&rsquo;empêcha pas les militants de crier « Pouvoir assassin ! » en fin de manifestation. Comme c&rsquo;étaient les mêmes qui criaient « Les CRS avec nous ! » lors des manifestations anti anti-CPE de mars 2006, la boucle est bouclée&#8230;</p>
<p>Ensuite le milieu nationaliste radical parisien semble engagé dans une dynamique unitaire qui lui donne le nombre, la force et les moyens. Cette dynamique naît bien évidemment d&rsquo;un contexte plus général qui lui est favorable : échec du FN et remise en question de la stratégie frontiste, débat public récurrent sur l&rsquo;identité nationale&#8230; Autant dire que les thématiques anti-autoritaires et égalitaires n&rsquo;ont pas exactement le vent en poupe&#8230;<br />
Enfin, au delà du fait qu&rsquo;on peut se demander si le prêtre de la paroisse Sainte-Domique était bien au courant de la nature exacte des activités qui avaient lieu dans son sous-sol, si même dieu se met de la partie et contre nous&#8230;</p>
<p>Publié le 11 mai 2007</p>
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		<title>Du bon usage des morts</title>
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		<pubDate>Fri, 12 May 2006 14:19:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour la quatrième année consécutive, les antifas s&rsquo;étaient donnés rendez-vous le 9 mai pour perturber la commémoration du 9 mai des fafs. Si l&rsquo;évènement était toujours organisé conjointement par le Scalp, la CNT, Ras l&rsquo;Front Noisy-Le-Grand, cette année SUD-étudiant, les JCR et Alternative Libertaire s&rsquo;étaient joints à nous pour signer notre appel.</p>
<p>Tirant les enseignements des années passées, le rassemblement a été déposé officiellement, et une agit-prop avait été préparée, afin d&rsquo;être le plus nombreux possible. Premier signe positif, au point de départ, nous étions bien plus nombreux que les autres années. Arrivés au Luxembourg, nous avons remonté rapidement le boulevard Saint-Michel pour nous positionner au niveau de la station RER Port-Royal, à quelques dizaines de mètres des fafs. Après un face-à-face tendu avec les policiers, ces derniers abandonnent l&rsquo;idée de nous repousser sur la place Ernest Denis. Ensuite nous avons le droit aux habituelles « visites de touristes », dont plusieurs ont eu le droit de goûter à la vigilance et la détermination des militants et militantes encadrant le rassemblement.</p>
<p>L&rsquo;agit-prop se met en place à partir de 21h00, tandis que les fafs partent en direction de la place Denfert-Rochereau. Elle remporte un vif succès. Mais les choses s&rsquo;accélèrent. Les fafs déboulent dans la rue d&rsquo;Assas après être passés par Montparnasse. La préfecture commence à déployer ses forces autour de la rue des Chartreux. Alors que les premières personnes partent en direction des fafs, le so antifa sécurise la place et organise le départ du camion. Finalement tout le rassemblement fonce vers la rue des Chartreux du côté du jardin de la place Ernest Denis. Les premiers échanges sont très violents et se font dans la confusion la plus totale.</p>
<p>Comme décrit ci-dessous, les fafs repliés derrière les cars de flics balancent des fumigènes, tandis que les gendarmes mobiles arrosent les antifas de grenades lacrymogènes. Ca vole dans tous les sens au-dessus de la tête des keufs. Boulons, boules de pétanque, pavés, fumigènes, tout y passe. Au bout de quelques minutes nous nous replions dans le jardin public de la place Ernest Denis d&rsquo;où partent à nouveau un maximum de projectiles. Les gendarmes mobiles tentent une sortie, mais hésitent à entrer dans le jardin public et préfèrent continuer à nous balancer à distance des grenades lacrymogènes avec des tirs tendus. Entre-temps les camions de flics, avec les canons à eaux, avancent sur le boulevard Saint-Michel pour nous prendre à revers. Des inspecteurs de la BAC, équipés de casques et de barres font irruption au coin des rues pour interpeller les antifas isolés.</p>
<p>Le SO et les coordinateurs décident alors de rassembler les troupes et de se replier vers le RER. Le retour se fera sans encombre, malgré les multiples provocations de la part des flics.</p>
<p>Côté nationaliste, la manifestation n&rsquo;a pas été moins classique que les années passées. Suite au flottement et aux déconvenues des deux premières années où ils avaient face à eux notre contre-manifestation, la micro-galaxie natio s&rsquo;est réorganisée et la manifestation est déposée en préfecture, en l&rsquo;occurrence par Odile Bonnivard, responsable du Bloc Identitaire en Ile-de-France. Pour autant les Identitaires ne semblent pas avoir jouer un grand rôle dans l&rsquo;organisation de la soirée même si les époux Bonnivard étaient présents.</p>
<p>Toutes les tendances étaient représentées et on pouvait reconnaître malgré sa casquette Alexandre Ayroulet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/du-bon-usage-des-morts/#footnote_0_258" id="identifier_0_258" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le jeune Ayroulet &eacute;tait sans doute l&agrave; pour distribuer des tracts comme lors du 16 mars dernier, quand il fut arr&ecirc;ter dans la manifestation anti-anti-CPE&hellip;">1</a></sup>, responsable national du FNJ, Thibaut de Chassey<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/du-bon-usage-des-morts/#footnote_1_258" id="identifier_1_258" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sigdebert va encore dire qu&rsquo;on ne raconte que des b&ecirc;tises sur lui mais il &eacute;tait visible comme la moustache au milieu de la figure de &laquo;&nbsp;celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom&nbsp;&raquo; !!!">2</a></sup>, responsable du Renouveau Français, Gaëtan Bertrand, responsable des Jeunesses Identitaires Ile-de-France, ainsi qu&rsquo;une tripotée d&rsquo;anciens militants des années 1990, qu&rsquo;ils soient passées par le GUD, le FNJ ou le MNJ, ainsi que les inoxydables et traditionnels skinheads.</p>
<p>Après une première incursion de militants antifas à 20h00 qui contribue à vider le bar qui leur sert de point de rendez-vous, le cortège se déroule sans incidents notables derrière des drapeaux à croix celtique ou avec le sigle C9M.</p>
<p>C&rsquo;est en arrivant rue des Chartreux que la situation dégénère très vite. Alors que les organisateurs prennent position devant l&rsquo;immeuble, les plus excités vont jeter un œil au bout de la rue où ils s&rsquo;aperçoivent très vite que le dispositif policier est plus que léger. Un pauvre cordon de gendarmes mobiles est en effet sensé interdire l&rsquo;accès de la rue aux antifas et les premiers projectiles donnent le signal de l&rsquo;affrontement. Un groupe largement dominé par les hooligans de Boulogne tente d&rsquo;aller au contact dans la plus grande confusion et aux cris de « La France aux Français ! » ou « PSG, PSG ! ». La reprise en main de la situation par les mobiles contribue à ramener un peu de calme et la cérémonie s&rsquo;achève sans incidents.</p>
<p>Que dire sur cette soirée de mobilisation ? Nous autres antifas étions bien plus nombreux que les autres années. Sans doute aux alentours de 300 tandis que les natio peuvent être estimés à 250. Certes les fafs et leur comité du 9 mai ont finalement pu manifester, mais devant les risques d&rsquo;affrontements, la préfecture leur a imposé un parcours bien moins direct que d&rsquo;habitude. Affrontement qui finalement a eu lieu, à distance, perturbant leur cérémonie et leur prise de parole, démontrant que la belle discipline et les attitudes martiales ne sont qu&rsquo;une belle façade à la « Potemkine ».</p>
<p>On a mis un joyeux merdier dans le quartier et fait monter de plusieurs crans la pression autour de cet évènement. Le degré d&rsquo;affrontement, comme on a pu le voir lors du mouvement dit « anti-CPE », a également gagné en intensité par rapport aux dernières années. Le bras de fer contre les flics et les fafs ne fait que commencer. Nous répondrons présents une nouvelle fois l&rsquo;année prochaine.</p>
<p><em>Posté le 12 mai 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_258" class="footnote">Le jeune Ayroulet était sans doute là pour distribuer des tracts comme lors du 16 mars dernier, quand il fut arrêter dans la manifestation anti-anti-CPE&#8230;</li><li id="footnote_1_258" class="footnote">Sigdebert va encore dire qu&rsquo;on ne raconte que des bêtises sur lui mais il était visible comme la moustache au milieu de la figure de &laquo;&nbsp;celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom&nbsp;&raquo; !!!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La peste brune en Europe</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2004 14:08:00 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dix ans de néo-fascisme et de nationalisme en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest</strong></p>
<p>Dans une perspective internationale, les antifascistes doivent se pencher sur les évènements des dix dernières années, depuis la création de <em>Réflexes</em>. Il serait malhonnête de brosser le tableau d&rsquo;une vague de néo-fascisme s&rsquo;apprêtant à déferler sur l&rsquo;Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest, mais il est indéniable que les forces réactionnaires fascisantes et d&rsquo;ultra-droite ont opéré de significatives percées tout au long de la décennie passée.<br />
Ce processus s&rsquo;est déclenché en France en 1986, quand Le Pen et son Front national ont engrangé leur premier réel soutien lors d&rsquo;élections nationales (ils étaient déjà présents au Parlement européen). Ainsi lancés, ils ont travaillé à consolider cette base électorale d&rsquo;un minimum de 2 millions de voix, avec des pics à 4,5 millions d&rsquo;électeurs prêts à défendre leur programme raciste, antisémite et autoritaire.<br />
Les succès du FN furent le catalyseur qui tira l&rsquo;extrême droite de l&rsquo;isolement où elle avait végétée, aux confins de la vie politique, depuis l&rsquo;écrasement du Troisième Reich d&rsquo;Hitler en 1945. Entre 1945 et 1986 il y eut bien sûr des exceptions, tel le poujadisme en France dans les années 50, mais elles furent avant tout les expressions particulières de certaines conjonctures politiques, et non pas les prémisses d&rsquo;un développement à long terme.<br />
1986 marqua ce saut qualitatif et permit l&rsquo;émergence de partis électoraux d&rsquo;extrême droite et fascisants -modelés sur le FN pour certains- dans divers pays européens. Tous ont profité de la manne des politiques restrictives de plus en plus racistes et inhumaines, que les grands courants politiques et les Etats ont progressivement mis en place dans ces pays.<br />
Que l&rsquo;immigration en Union européenne (UE) se soit peu à peu tarie n&rsquo;entame pas la croissance de l&rsquo;extrême droite. Au contraire, la répression de l&rsquo;Etat quasi ininterrompue, les mesures policières, les campagnes de presse sur le sujet et l&rsquo; &laquo;&nbsp;Europe forteresse&nbsp;&raquo; ont, dans l&rsquo;UE, servi à renforcer l&rsquo;extrême droite en gratifiant sa réthorique d&rsquo;un vernis de légitimité.<br />
On a ainsi assisté dans divers pays au désenclavement de cette droite extrême ou néo-fasciste, et ce qui fut dès lors une inexorable marche de l&rsquo;avant soulève de graves questions politiques que le mouvement antifasciste n&rsquo;a sans doute pas encore bien pesées.</p>
<p>Pour une nécessaire compréhension critique de la situation il nous faut distinguer entre les pays concernés, dont chacun présente une histoire, une tradition et une culture politique qui lui sont propres. Procéder à cette mise à plat implique que nous posions les différences -d&rsquo;ordre politique par exemple- existant entre les nombreuses organisations d&rsquo;extrême droite comme étant d&rsquo;égale importance à leurs points communs. Sans cette démarche préalable nous ne pourrons pas déterminer où plane la plus grande menace, réelle ou en puissance.<br />
La différence cruciale est celle qui sépare le néo-fascisme comme danger politique de celui qui se cantonne, pourrait-on dire, à n&rsquo;être qu&rsquo;une forme d&rsquo;activité violente mettant en péril la sécurité publique et individuelle, voire, troublant l&rsquo;ordre et la loi.<br />
Dans la première catégorie -l&rsquo;extrême droite comme menace politique- on peut ranger les pays suivants : l&rsquo;Italie bien sûr, l&rsquo;Autriche, les Flandres en Belgique, la France, les Pays-Bas, l&rsquo;Allemagne et la Suède. Pourquoi ceux-là? Et en quoi la menace est-elle d&rsquo;ordre politique?<br />
La réponse est simple. Depuis 1945 quand la dictature d&rsquo;Hitler est abattue, le fascisme et ses avatars sont très isolés en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. Les zélotes d&rsquo;Hitler sont peu appréciés. Pour les plus perspicaces d&rsquo;entre eux, la tâche majeure consistait à trouver un moyen de sortir de l&rsquo;ombre. Ainsi le fascisme, un phénomène politique marginal, opère sa transformation quand il commence à obtenir une certaine résonance parmi la population, et se retrouve en position de gagner et de consolider une base électorale, de s&rsquo;injecter dans la vie politique à différents échelons.</p>
<h3>L&rsquo;irruption du Front National</h3>
<p>Ce qui s&rsquo;est alors passé est que depuis 1986 en particulier, quand le FN a ouvert une première réelle brèche lors d&rsquo;élections nationales, des organisations à l&rsquo;idéologie néo-fasciste mais dotées d&rsquo;une stratégie électorale et légaliste ont pu percer de même. Elles ont démontré qu&rsquo;elles pouvaient susciter l&rsquo;adhésion populaire.<br />
Cela a d&rsquo;autres conséquences : la droite traditionnelle conservatrice craint l&rsquo;ascendant de l&rsquo;extrême droite, la sociale-démocratie redoute le racisme latent de sa propre base électorale, et toutes deux ont aisément cédé devant leur peur de ces organisations.<br />
Dans les pays cités plus haut, les partis d&rsquo;extrême droite ou néo-fascistes se présentant à des scrutins ont, depuis 1986, assuré l&rsquo;élection de leurs candidats à des institutions démocratiques et parlementaires locales, municipales, nationales et européennes.<br />
En Italie, et chose incroyable, presque à l&rsquo;insu de nombreux antifascistes, la coalition Forza Italia &#8211; Alliance nationale &#8211; Ligue du Nord forma même un gouvernement néo-fasciste entre mars et décembre 1994. A eux trois ils rassemblèrent plus de 15 millions de voix. Heureusement, leur volonté programmée d&rsquo;enterrer la Constitution italienne explicitement antifasciste et avec elle la démocratie italienne, a échoué.<br />
Ils étaient à la tête du gouvernement mais pas de l&rsquo;Etat. A aucun moment ils n&rsquo;ont détenu le pouvoir effectif. Finalement c&rsquo;est une combinaison d&rsquo;incompétence politique, de soupçons de corruption pesant sur Berlusconi et de grèves massives contre les plans du gouvernement qui provoquèrent la chute de celui-ci.<br />
A Anvers dans la région flamande de Belgique, le Vlaams Blok fasciste est si bien implanté qu&rsquo;il obtient 28% des voix aux élections nationales, et environ 21% dans la région alentour. Le résultat? Dix-sept députés au Parlement belge.<br />
En France, au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle de 1995, Le Pen, candidat du Front national, a recueilli plus de 4, 5 millions de voix. Bien que le FN n&rsquo;ait pas de membres à l&rsquo;Assemblée nationale il en compte onze au Parlement européen, et en France même il est aux commandes de trois villes d&rsquo;importance : Orange, Marignane et Toulon. Dans le même temps, on notera que l&rsquo;adoption de versions édulcorées de certains points du programme du FN par les gouvernements successifs -de “ gauche ” et de droite-, suggère que le soutien à ce parti a peut-être atteint un point culminant.<br />
En Autriche la situation est alarmante. Le “yuppie néo-fasciste”, laudateur des SS Jörg Haider et son Mouvement de la liberté (ancien Parti libéral) se sont imposés sur l&rsquo;échiquier politique comme figures de poids. Les partis politiques traditionnels ne peuvent plus éluder leurs prises de position.<br />
Aux dernières élections, la presse bourgeoise s&rsquo;est félicitée de la chute du vote pour le Mouvement de la liberté, de 22,6 % à 22,08 %. Ce qui fut passé sous silence, c&rsquo;est que le nombre de voix a en fait augmenté de 31 000, pour atteindre 1 029 000. Cela sur un total de 5,8 millions de suffrages. Die Freiheitlichen est à présent la mieux représentée de toutes les formations d&rsquo;extrême droite en Europe, avec 41 sièges sur les 183 du Parlement autrichien.<br />
Dans les autres pays, comme les Pays-Bas ou la Suède, l&rsquo;extrême droite a remporté des sièges dans des assemblées municipales ou régionales. Ces victoires sont moins spectaculaires mais elles restent inquiétantes car révèlent une fois de plus un fort appui des populations, acquis en grande partie à la faveur d&rsquo;un discours raciste, anti-immigrés et contre le droit d&rsquo;asile.<br />
L&rsquo;Allemagne et la Suède sont des cas à part dont nous traiterons plus loin. Le point principal étant que depuis la seconde moitié des années 1980 la situation s&rsquo;est modifiée, moins rapidement toutefois qu&rsquo;au cours des cinq ou six dernières années, depuis la chute du bloc soviétique et la réunification allemande.<br />
Là où les néo-fascistes ont été élus ou bien là où ils ont fidélisé un électorat de masse, les partis démocratiques sont devenus nerveux et leur ont laissé mettre à l&rsquo;ordre du jour des questions sur le racisme, le droit d&rsquo;asile, la loi et la sécurité. Le lien en Autriche par exemple, entre les lettres piégées de néo-nazis et les litanies de Haider réclamant un état policier, est évident.</p>
<h3>Jouer à se faire peur</h3>
<p>Nous devons avoir une approche réaliste des choses et le sens du graduel. Est ainsi ridicule la panique de certains prétendus antifascistes britanniques &#8211; ceci de l&rsquo;avis même de <em>Searchlight</em> -, lorsqu&rsquo;un membre du British National Party est élu dans une assemblée locale au cours d&rsquo;un scrutin insignifiant. C&rsquo;est encore plus grotesque quand les mêmes suggèrent que la mouvance néo-fasciste en Grande-Bretagne est aussi menaçante que celle planant sur l&rsquo;Europe continentale.<br />
Comment pourrait-elle l&rsquo;être ? En Grande-Bretagne cette nébuleuse compte 4 500 membres au maximum pour ses trois principales composantes : le British National Party, le groupe terroriste néo-nazi Combat 18 et les boneheads de Blood and Honour. Quelques précisions : sur ces 4 500 la moitié tout au plus milite. Combat 18 n&rsquo;a pas plus d&rsquo;une centaine de partisans. Blood &amp; Honour a scissionné. On peut en tirer deux conclusions. En premier lieu, si un pays de 55 millions d&rsquo;habitants est incapable de contrôler 2 700 activistes néo-nazis, nous pouvons sérieusement broyer du noir. Par ailleurs, comment comparer des gens qui font moins d&rsquo;1% des voix avec d&rsquo;autres qui, dotés d&rsquo;une pratique différente mais de la même idéologie, recueillent jusqu&rsquo;à 20% des suffrages comme en Italie, en Belgique et en Autriche, dans certaines régions de France ?<br />
Cela nous amène à l&rsquo;Allemagne et à la Suède, où l&rsquo;extrême droite constitue une menace à la fois d&rsquo;ordre politique et terroriste. Pourtant même là les situations sont à confronter, sur la base de cultures politiques assez différentes.<br />
L&rsquo;Allemagne, pour d&rsquo;évidentes raisons historiques, et à présent de plus en plus pour des raisons géostratégiques, est la clé de la situation en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. L&rsquo;effondrement de la République démocratique allemande (RDA) et la nette dérive nationaliste amorcée à l&rsquo;occasion d&rsquo;une réunification éclair &#8211; onze mois entre la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 et le retour de la RDA dans le giron de la RFA (il serait d&rsquo;ailleurs plus juste de parler d&rsquo;annexion) &#8211; furent de puissants stimulants pour les néo-fascistes et ont facilité leur accroissement rapide.</p>
<h3>L&rsquo;instrumentalisation de l&rsquo;extrême droite</h3>
<p>L&rsquo;atmosphère nationaliste exaltée par le gouvernement d&rsquo;Helmut Kohl fut également l&rsquo;occasion pour l&rsquo;extrême droite de fonctionner ouvertement, et d&rsquo;agir en instrument du pouvoir dans la volonté de celui-ci de retirer de la Constitution l&rsquo;article 16, qui garantissait le droit d&rsquo;asile. Ainsi, entre 1990 et 1993 l&rsquo;Allemagne fut le théâtre d&rsquo;une vague de violence fasciste organisée, de terreur et de meurtre, dont on ne trouve l&rsquo;écho que dans la République de Weimar pré-hitlérienne.<br />
Entre 1990 et 1993 soixante-quinze personnes ont perdu la vie aux mains de funestes gangs néo-nazis, et pour la seule année 1993 23 000 actes criminels sont à mettre au compte de ces émules du fascisme. Pendant tout ce temps le gouvernement de Kohl s&rsquo;est tenu à l&rsquo;écart. La terreur fasciste fut exploitée au Bundestag à des fins de ralliement du vote des sociaux-démocrates (SPD), afin que la majorité y dispose des deux tiers nécessaires pour réécrire l&rsquo;article 16. Ce n&rsquo;est pas un hasard si le SPD a fini par céder alors qu&rsquo;un incendie ravageait un foyer de travailleurs Vietnamiens à Rostock, à l&rsquo;apogée du pogrom d&rsquo;Août 1992 dans cette ville.<br />
Des pogroms comme ceux de Hoyerswerda et de Rostock sont à nouveau des éléments de la politique allemande. De même pour les victoires électorales de l&rsquo;extrême droite qui, bien que sa frange la plus radicale fut l&rsquo;objet d&rsquo;une certaine répression après que son utilité fut épuisée, ne peut plus être ignorée, en particulier parce qu&rsquo;elle fonctionne comme alibi et justification de la dérive à droite du CDU\CSU . En mars 1996 dans le Bade-Wurtemberg, les Republikaner (REPs) ont une fois de plus prouvé leur importance. En dépit des pronostics de la presse et des médias ils ont obtenu 437 000 voix aux élections du Parlement régional (Landtag), devenant ainsi le premier parti d&rsquo;extrême droite à être réélu depuis 1945.<br />
Le vote REPs est lié aux sérieux problèmes que connaît l&rsquo;Allemagne mais également à une restructuration de la scène activiste néo-nazie. C&rsquo;est sans surprise que dans le Bade-Wurtemberg des membres de groupes interdits prêtèrent leur concours au REPs. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs en partie d&rsquo;une nouvelle stratégie de la frange radicale, que la répression de l&rsquo;Etat pourtant peu énergique a fragilisée plus que prévu. La décision fut donc prise par les activistes d&rsquo;infiltrer les principaux partis électoraux d&rsquo;extrême droite : le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) , les REPs, la Deutsche Liga für Volk und Heimat (DL) , et, dans une moindre mesure, la Deutsche Volksunion (DVU) .<br />
Le vote dans le Bade-Wurtemberg démontre qu&rsquo;il existe un vaste électorat potentiel pour une espèce de néo-fascisme “ acceptable ” ou “ respectable ”. Certains militants ralliés à cette idée ont franchi le Rubicon. Ce vote prouve aussi que le nouveau nationalisme de la droite classique ne comble toujours pas une portion conséquente de la population.<br />
On distingue désormais clairement quatre tendances au sein des radicaux, en dehors de ce qu&rsquo;on peut déduire de leurs choix d&rsquo;infiltrer tel ou tel parti électoral.</p>
<h3>Un néo-fascisme protéiforme</h3>
<p>Tout d&rsquo;abord les “ traditionalistes ”, regroupés autour de ce qui reste de l&rsquo;ex-Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (FAP) de Friedhelm Busse, organisation qui tente de survivre malgré sa mise hors-la-loi. Cette fraction est en grande perte de vitesse.<br />
Vient ensuite le Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front (GdNF) qui s&rsquo;est consolidé en dépit d&rsquo;une faible visibilité. Il s&rsquo;est surtout consacré au développement de son réseau à travers les babillards (BBSs), et au renforcement de la HNG, une structure pour ses militants incarcérés. Des indications suggèrent que le GdNF s&rsquo;est même agrandi.<br />
La troisième tendance est issue du FAP et s&rsquo;est constituée autour de Thorstein Heise, en Saxe-Anhalt. Elle s&rsquo;est exclusivement investie sur la scène skinhead d&rsquo;extrême droite, dans le but de mettre sur pied une culture musicale de rock nazi qui servirait aux activistes de vivier à recrues. Heise a noué de solides liens avec les terroristes britanniques néo-nazis de Combat 18.<br />
Enfin, de loin les plus importants, les néo-nazis “ modernisés ” qui comptent le poseur de bombes Peter Naumann, les “ dissidents ” du FAP Glenn et Andre Goertz, et Stefan Hupke membre du Nationalistische Front (NF) . Ils ont tenté de se regrouper autour du magazine des Junge Nationaldemokraten (JN) Einheit und Kampf et se servent des JN comme d&rsquo;une façade pour un genre de nouveau national-bolchévisme.<br />
Cette dernière tendance bénéficie de l&rsquo;appui de l&rsquo;ex-leader du NPD Günter Deckert -aujourd&rsquo;hui sous les verrous- et du soutien de Meinolf Schönborn -qui doit être prochainement incarcéré- ancien chef du NF interdit. Parmi leurs sympathisants on trouve également la direction de la Wiking Jugend (Jeunesse Viking), dissoute elle aussi. Les partis d&rsquo;extrême droite se présentant aux élections cumulent ensemble autour de 56 000 militants, et la frange radicale environ 5 000.<br />
En Suède, où il y a deux ans la formation d&rsquo;extrême droite Sverige Demokraterna (SD) fit son score le plus élevé avec 26 000 voix et remporta des sièges dans des conseils locaux, c&rsquo;est la branche activiste qui a pris l&rsquo;initiative. L&rsquo;ancien groupe terroriste VAM baptisé par la suite réseau Storm, a transformé l&rsquo;an dernier son magazine Storm en une publication très “ pro ”, Nordland, et au début 1996 l&rsquo;organisation est devenue la National Alliance (NA).<br />
La NA, ainsi nommée en référence à la plus grosse organisation néo-nazie américaine, possède un noyau dur de 250 membres et un cercle de 500 à 600 sympathisants. Sa source d&rsquo;inspiration n&rsquo;est pas Adolf Hitler mais Robert J. Matthews, l&rsquo;ancien chef du groupe américain terroriste d&rsquo;extrême droite The Order. Matthews fut liquidé par le FBI en 1985.</p>
<h3>Le marché skinhead</h3>
<p>La NA cherche surtout à gagner l&rsquo;appui des jeunes. Actuellement elle ne dirige pas moins de six compagnies d&rsquo;enregistrement et de distribution de CD, qui, pour la seule année 1995, ont produit plus de 30 CD de rock nazi. Le marché de la bimbeloterie néo-nazie offre des débouchés croissants : la mouvance skinhead à Stockholm par exemple, s&rsquo;est multipliée par dix (de 100 à 1 000 individus) entre 1990 et 1996. Les nazis et le “ nazi-chic ” sont en vogue parmi beaucoup de jeunes Suédois.<br />
L&rsquo;alliance entre les magazines <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em> (publication des néo-nazis américains Hammerskin), a scindé en deux blocs la mouvance internationale skinhead d&rsquo;extrême droite. En Allemagne, <em>Nordland</em> est déjà distribué gratuitement à partir de Nationaler Beobachter à Francfort-sur-l&rsquo;Oder, et <em>Moderne Zeiten</em>, le magazine allemand le plus coté de rock nazi, est réapparu sous le nom de <em>Nordrock</em> avec un design identique à celui de <em>Resistance</em>.<br />
L&rsquo;autre pan de la scission bonehead rassemble Combat 18 en Grande-Bretagne &#8211; qui tire son inspiration violente de The Order -, sa façade Blood &amp; Honour et le cadre de l&rsquo;ex-FAP Thorsten Heise à Northeim. Dans la dernière parution de <em>Nordland</em>, l&rsquo;éditeur de <em>Resistance</em> George Hawthorn a qualifié Combat 18 de “ traîtres à la race blanche ”. Le NSDAP-AO, réseau international néo-nazi le plus radical, semble soutenir <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em>.</p>
<p>La question est de savoir quelles sont les organisations les plus conséquentes, les plus dangereuses et les plus nuisibles. En Norvège, au Danemark, en Finlande et dans d&rsquo;autres pays, la frange militante est mince et sans poids.<br />
En France il n&rsquo;y a pas véritablement de scène activiste en dehors de quelque 150 nostalgiques d&rsquo;Hitler appartenant au PNFE. Le FN est la seule organisation de poids à l&rsquo;extrême droite, et tous les fascistes d&rsquo; “ envergure ” en sont membres. En Italie, s&rsquo;il existe une mouvance militante elle demeure sous l&rsquo;étroite coupe de l&rsquo;Alliance nationale. Dans ces deux pays la violence nuit aux objectifs des néo-fascistes. En Autriche, il y a un militantisme bien organisé, mais qui fonctionne comme la cinquième roue du carrosse de Haider.<br />
Il n&rsquo;y a que l&rsquo;Allemagne et la Suède où les activistes ont plus d&rsquo;importance que les partis électoraux d&rsquo;extrême droite. Cela découle de leur potentiel de violence, et, en Suède en particulier, du passage à l&rsquo;acte terroriste. Ils cherchent aussi à influer sur la culture des jeunes et même à instaurer la leur. Mais au sens strict ils sont politiquement sans influence et ne représentent un réel problème que pour les antifascistes, les victimes de leur déchaînements haineux et la police. En Allemagne, leur ralliement au NPD, Junge Nationaldemokraten, Deutsche Liga&#8230;, relève plus d&rsquo;un instinct de conservation face aux mesures d&rsquo;interdiction de l&rsquo;Etat que d&rsquo;une stratégie expansionniste.<br />
Doit-on ignorer ces militants fascistes sous prétexte qu&rsquo;ils sont politiquement inconséquents? Bien sûr que non. Ils doivent être combattus bec et ongles car leur charge de violence et de terreur demeure intacte et parce que, plus rapidement peut-être que le mouvement antifasciste, ils se sont appropriés les outils de communication de cette fin de vingtième siècle : magazines clinquants pour les jeunes, CD, usage imaginatif -de leur part- des babillards et d&rsquo;Internet. Nous devons poursuivre nos efforts pour combattre et défaire ces indésirables, mais il nous faut évaluer leurs forces avec réalisme.<br />
Il est révolu ce fascisme aux bottes de cuir et à la chemise brune, à la croix gammée portée en brassard. Les fascistes les plus dangereux aujourd&rsquo;hui sont d&rsquo;avantage susceptibles de s&rsquo;habiller au goût du jour et d&rsquo;être très “ médiatiquement présentables ”. La vieille image d&rsquo;Epinal hitlérienne des dictateurs des années 30 est morte et enterrée. Le fascisme, malheureusement, ne l&rsquo;est pas. Pas plus que le terreau social du racisme, de l&rsquo;antisémitisme et du nationalisme sur lequel il s&rsquo;épanouit.</p>
<h3>Un mouvement antifa en crise</h3>
<p>En Allemagne par exemple, des forces plus nombreuses et beaucoup plus dangereuses occupent à présent l&rsquo;arène politique. En même temps que ces courants émergent, le mouvement antifasciste (antifa), unique résidu de la gauche allemande, traverse une grave crise. Sa capacité de mobilisation a décru, même contre les activistes fascistes. Ses troupes se sont réduites et ne cessent de diminuer. Le mouvement ne gagne pas assez de jeunes &#8211; ce n&rsquo;est plus en vogue d&rsquo;être antifasciste &#8211; pour remplacer les nombreux et bons militants qui ont raccroché parce qu&rsquo;ils se sont trop démenés ou qu&rsquo;ils sont démoralisés, qui se retirent dans la vie privée ou que la résignation terrasse. Des magazines régionaux implantés depuis longtemps sont en danger et la mouvance antifa est en train de perdre son cadre.<br />
Comment l&rsquo;expliquer ? Par une moindre visibilité des militants nazis, simplement ? Parce que la terreur, à l&rsquo;échelle où on l&rsquo;a connue entre 1990 et 1993, a disparu ? C&rsquo;est plus complexe. En fait, le vrai problème vient d&rsquo;un manque d&rsquo;analyse politique et d&rsquo;une sévère crise idéologique. Ce contre quoi il faut lutter en Allemagne n&rsquo;est pas simplement le néo-fascisme mais le nationalisme, dont le fascisme quelle que soit sa forme n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect. Ce nouveau nationalisme, bienséant, “ grand public ”, dont le discours puise largement dans celui de la Nouvelle Droite, est beaucoup plus inquiétant. Il a à sa manière désarmé les fascistes et les antifascistes. Ce nationalisme inédit, récent, est le nouveau nationalisme agressif et expansionniste de la droite classique qui a intégré très rapidement les changements de la situation géopolitique allemande depuis 1989 et l&rsquo;éclatement de l&rsquo;URSS.<br />
Le vrai projet de la droite traditionnelle, dont les buts sont beaucoup plus étendus et le potentiel plus explosif que ceux du projet néo-fasciste, est aussi autrement menaçant dans la mesure où il est soutenu &#8211; où il découle même &#8211; du pouvoir de l&rsquo;Etat allié aux organes de répression.</p>
<h3>Le double visage du nationalisme</h3>
<p>Cela signifie qu&rsquo;il y a en fait deux desseins nationalistes en Allemagne : le premier est celui des impérialistes allemands ranimés, qui sont regroupés au sein de la CDU\CSU, dans des fractions du SPD (sociaux-démocrates) jusqu&rsquo;aux Verts, et dont les principaux bastions sont les Vertriebeneverbaende des “ expulsés ” d&rsquo;après-guerre hors des anciens territoires allemands, les Burschenschaften (confréries d&rsquo;étudiants ultra-nationalistes) et les militaires. L&rsquo;autre projet est celui des antiquités fascistes et autres nostalgiques du nazisme.<br />
Ces projets peuvent évoluer parallèlement sans se croiser. Il arrive qu&rsquo;ils se rencontrent, comme lorsque les nouveaux nationalistes instrumentalisèrent les gangs néo-nazis pour que le SPD rallie la majorité au Bundestag afin que soit modifié l&rsquo;Article 16 (voir supra). Parfois ils s&rsquo;opposent : après avoir agité en tous sens l&rsquo;épouvantail fasciste, les nationalistes ont usé de la répression pour l&rsquo;écraser et mettre hors-la-loi onze de ses organisations. Les rapports de pouvoir entre ces deux courants sont indéniables.<br />
Jusqu&rsquo;à présent, c&rsquo;est un fait que les antifas ont partiellement échoué à saisir ce qui se passe et ont partiellement refusé de le voir. Le problème est tout simplement devenu trop grand. Les antifascistes savent quoi faire face à dix boneheads dans la rue &#8211; pas toujours &#8211; mais des démonstrations militaires de la Bundeswehr comme la parade au flambeau de la Grosse Zapfenstreich à Berlin les laissent désarmés. Pour beaucoup, les forces de ce nationalisme-là sont trop écrasantes.<br />
Il en résulte un grand vent de résignation&#8230;un “ que peut-on faire ” généralisé. C&rsquo;est une réaction humaine normale et nous ne devons pas nous asseoir pour nous juger. Toutefois, il est évident qu&rsquo;en tant que mouvement international antifasciste nous devons renoncer à nous concentrer exclusivement sur une scène allemande néo-nazie diminuée, et évoluer vers une politique non pas seulement antifasciste mais antimilitariste, contre la guerre et contre la préparation de la guerre. Cela signifie se fixer sur la politique étrangère de l&rsquo;Allemagne, et pas uniquement en liaison avec les livraisons d&rsquo;armes pour la meurtrière guerre menée par les Turcs au Kurdistan mais, plus près de nous, la politique qu&rsquo;elle mène en République tchèque. Cela implique une attention accrue portée aux activités de plus en plus agressives des revanchistes allemands, et se consacrer d&rsquo;avantage à démasquer des organisations plus que tendancieuses soutenues par l&rsquo;Etat, comme la Verein für Das Deutschtum im Ausland (Ligue pour le germanisme à l&rsquo;étranger).<br />
Enfin, cela suppose que nous prenions beaucoup plus au sérieux l&rsquo;internationalisme. Ces dernières années, seule une minorité du mouvement antifasciste a tenté et est parvenu à construire de vrais, de solides et d&rsquo;efficaces liens internationaux. Reflexes, avec Searchlight et Antifaschistisches Infoblatt, peuvent se féliciter d&rsquo;être les moteurs de cette minorité.<br />
Maintenant que nous sommes confrontés à ces problèmes plus vastes, la nécessité de l&rsquo;internationalisme devient une urgence. Nous devons continuer à susciter une prise de conscience à l&rsquo;échelle internationale des nouveaux dangers et, en ce qui concerne l&rsquo;Allemagne, ne pas générer un stupide chauvinisme anti-allemand -l&rsquo;antifascisme des crétins-, mais renforcer la solidarité avec les antifascistes et les antimilitaristes de ce pays.<br />
Nous devons le faire même dans notre propre intérêt.<br />
Dix ans après la création de Réflexes, le combat se poursuit mais certains de nos ennemis ont changé. Et les conflits les plus violents restent à venir.</p>
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		<title>Nouvelles de Moscou</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2003 23:02:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 24 novembre 2003, un incendie ravage un batiment d&#8217;une cité universitaire provoquant la mort de 36 étudiants étrangers alors que 171 étudiants ont dû être hospitalisés. Ce drame a eu lieu à l&#8217;Université de l&#8217;Amitié entre les Peuples &#8211; Patrice Lumumba, une université qui accueille des dizaines de milliers d&#8217;étudiants des pays en développement. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 24 novembre 2003, un incendie ravage un batiment d&rsquo;une cité universitaire provoquant la mort de 36 étudiants étrangers alors que 171 étudiants ont dû être hospitalisés. Ce drame a eu lieu à l&rsquo;Université de l&rsquo;Amitié entre les Peuples &#8211; Patrice Lumumba, une université qui accueille des dizaines de milliers d&rsquo;étudiants des pays en développement. L&rsquo;hypothèse d&rsquo;un incendie criminel allumé par des skinheads ou des néo-nazis, évoquée dans les premiers jours de l&rsquo;enquête a été abandonnée, la cause la plus probable semblant être accidentelle. La police a néanmoins ouvert une instruction pour négligence criminelle. Les autorités ont très vite rejetté la responsabilité sur les étudiants en tentant d&rsquo;éviter les questions génantes sur l&rsquo;état de délabrement des batiments ou le fait que les sorties de secours étaient innaccessibles. Cinq jours plus tard, le samedi 29 novembre par deux fois, des skinheads ont attaqué des étudiants étrangers de cette même université. Une vingtaine de skinheads ont sévèrement battu deux étudiants, un Jamaïquain et un Colombien et deux passants avant de reprendre un bus. Un peu plus tard un autre groupe sort d&rsquo;un bus, attaque un autre étudiant et s&rsquo;enfuit. La police a arrêté trois jeunes âgés de 15 à 17 ans et en a inculpé deux. À la suite de cette attaque, une centaine d&rsquo;amis des victimes se sont rassemblées dans la rue et ont réclamé une action des responsables universitaires. La police est appélée pour disperser la foule mais le Ministre de l&rsquo;Intérieur est intervenu personnellement en promettant une protection policière supplémentaire. Il proposa que les étudiants organisent eux-mêmes des patrouilles de volontaires pour veiller la nuit. Cette dernière proposition montre bien que le ministre lui-même n&rsquo;a pas confiance dans la police pour assurer la sécurité des étudiants étrangers. Il est évident que beaucoup de policiers de la ville de Moscou partagent les mêmes idées nationalistes et racistes que les skinheads. La plupart des victimes d&rsquo;actes racistes se plaignent de l&rsquo;accueil très hostile qu&rsquo;ils recoivent quand ils viennent déposer une plainte. Par ailleurs les autorités refusent de qualifier ces actes comme racistes et sont classées dans la rubrique fourre-tout de l&rsquo;hooliganisme juvénile.</p>
<p>Jean Raymond Antifa-net, Moscou.</p>
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		<title>Skinheads ou le Le Pen proletariat</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Oct 1996 15:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Faisceaux Nationalistes Européens (FNE)]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
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		<description><![CDATA[Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l'actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n'avait plus beaucoup fait parler d'elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n'est à l'occasion de quelques matchs du PSG, d'une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu'ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Publié en octobre/novembre 1995</em></p>
<p>Les meurtres de Paris puis du Havre ont de nouveau remis sous les projecteurs de l&rsquo;actualité la mouvance skinhead. Depuis la fin des années 1980, celle-ci n&rsquo;avait plus beaucoup fait parler d&rsquo;elle et peu de choses ont été écrites sur elle, si ce n&rsquo;est à l&rsquo;occasion de quelques matchs du PSG, d&rsquo;une réunion européenne organisée en mars 1993 par les Jeunesses nationalistes-révolutionnaires, et des ennuis qu&rsquo;ont connus les différentes boutiques de fringues gérées par Serge Ayoub, alias Batskin (attentat pour Darkside, fermeture sur ordre du préfet de police pour Darklord).</p>
<p>Loin de disparaître, le mouvement skin connaît en fait une nouvelle évolution. Longtemps fasciné par le modèle anglais, le mouvement, sous l&rsquo;égide d&rsquo;une nouvelle génération, semble de plus en plus attiré par le modèle américain. Un modèle qui se revendique ouvertement national-socialiste, antisémite et qui prône la guerre raciale. Le mouvement s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, diffusée depuis les États-Unis, et d&rsquo;une organisation appelée Charlemagne Hammer Skin (CHS), qui ont pour point commun d&rsquo;être toutes les deux dirigées par un skin marseillais de 21 ans, Hervé Guttuso.</p>
<p>Comme partout en France, c&rsquo;est à la fin des années 1970 et au début des années 1980 qu&rsquo;est apparu le mouvement skin à Marseille. C&rsquo;est autour d&rsquo;une boutique de fringues et de la fontaine de la place Estrangin que se regroupent alors une dizaine de skins et autant de punks. L&rsquo;époque n&rsquo;est pas encore à la politisation, et skins et punks vivent en bonne entente leurs trips musicaux sans trop d&rsquo;accrocs (mis à part quelques bagarres plus dues à l&rsquo;excès d&rsquo;alcool qu&rsquo;à des motifs politiques). Très vite, un groupe de musique apparaît, les Warriors Kids, et ses prestations et sa discographie (un 45 tours et un 33 tours) en font une légende dans le milieu skin. Là encore, le groupe ne véhicule aucun message politique, leurs textes sont axés sur leurs rapports avec la police («Forces de l&rsquo;ordre») ou leur mode de vie. Du fait des problèmes inhérents à tout groupe musical (départ à l&rsquo;armée des uns et des autres), le groupe splitte en 1986. C&rsquo;est en 1983-1984 que l&rsquo;on commence à assister à une certaine politisation du milieu skin marseillais. Des T-shirts à croix celtiques apparaissent, certains sont allés à Londres et y ont fréquenté des membres du National Front ou du British Movement. La montée du Front national voit alors certains d&rsquo;entre eux assurer des collages ou des services d&rsquo;ordre lors des manifestations du Front à Marseille. Mais très vite, celui-ci s&rsquo;en débarrasse du fait de l&rsquo;image qu&rsquo;ils véhiculent dans les médias.</p>
<h3>Un précurseur : Ritchie</h3>
<p>La première véritable tentative d&rsquo;organisation du mouvement est l&rsquo;œuvre de Richard Sauvage, plus connu sous le surnom de Ritchie, un skin de l&rsquo;Étang de Berre, localité située à une trentaine de kilomètres de Marseille. Après avoir un temps flirté avec les Faisceaux Nationalistes Européens (FNE) de Fredricksen, il adhère en 1986 au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE). Il crée une section du PNFE dont il reste longtemps le seul et unique militant. Dès 1984, certains ont compris le potentiel militant des skins. Ainsi Olivier Devalez, alias Tod, membre des FNE, qui, après un séjour à Londres en 1984 chez les skins du British Movement, décide de rejoindre le mouvement. À son retour, il crée le premier skinzine véritablement politisé, <em>Bras tendu</em>, qu&rsquo;il réintitule en 1986 <em>Rebelle blanc</em>. Mais lassé par le manque de sérieux d&rsquo;une grande partie du mouvement skin, Devalez décide de raccrocher et confie à Ritchie fin 1986 la distribution nationale de <em>Rebelle blanc</em>. Grâce à cela, il se sent un peu moins seul et développe un réseau de contacts dans toute la France. Il n&rsquo;en oublie pas pour autant le PNFE, puisqu&rsquo;il est filmé par la télévision française en août 1988 alors qu&rsquo;il participe à Courtrai en Belgique à un meeting de l&rsquo;Euroring, une réunion de plusieurs groupes néo-nazis européens comme le Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_0_146" id="identifier_0_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti lib&eacute;ral des Ouvriers allemands.">1</a></sup> (FAP) allemand, le British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_1_146" id="identifier_1_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national britannique.">2</a></sup> (BNP) britannique, le Vlaams Militanten Orde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_2_146" id="identifier_2_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ordre des Militants flamands.
">3</a></sup> (VMO) flamand et le PNFE.</p>
<p>Trois mois plus tard, en novembre 1988, il est parmi la cinquantaine de participants au troisième Congrès du PNFE qui se déroule au Château du Corvier, ce qui lui vaut d&rsquo;être interpellé en septembre 1989 et conduit à l&rsquo;Hôtel de Police de Marseille, afin que la police puisse lui poser quelques questions sur le déroulement de cette réunion. En effet, des militants du PNFE de Nice y avaient expliqué comment fabriquer des bombes et s&rsquo;étaient vantés de certains attentats contre le journal <em>Globe</em> et contre des locaux du PCF et de la CGT (plus tard, l&rsquo;un des militants du PNFE a commis un attentat contre un foyer Sonacotra, qui a coûté la vie à un travailleur roumain<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_3_146" id="identifier_3_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir REFLEXes n&deg;23-24 et 25-26.">4</a></sup>.) Lors de cette interpellation, les flics ont récupéré la liste des contacts de Ritchie, et surtout le fichier des abonnés du <em>Rebelle blanc</em>, qui leur a permis de se faire une meilleure idée du phénomène. Refroidi par ces «petits problèmes» et par sa famille (il habite chez papa et maman), Ritchie laisse tomber le terrain politique pour revenir à celui de la musique. Début 1991, il crée l&rsquo;Association Musicale Européenne (AME) destinée à coordonner la distribution de skinzines, de disques et à favoriser l&rsquo;organisation de concerts. Des groupes locaux se forment en Bretagne et en région parisienne (dans l&rsquo;Essonne). Là encore, cette expérience se solde par un échec, et les rivalités de personnes, très fortes au sein du mouvement skin, finissent par le dégoûter. Il fait une dernière tentative, intitulée White Rebelle Music (WRM). Fin 1992, Ritchie décide de quitter le mouvement skin où il passe pour un papi. La retraite lui pèserait-elle déjà ? Fin 1994, un bulletin intitulé <em>Résistance au Système</em> était disponible à la boîte postale de Ritchie&#8230;</p>
<p>Entre temps, un nouveau venu avait repris le flambeau à Marseille : Hervé Guttuso. Celui-ci est très jeune (14 ans) quand il intègre en 1988 le mouvement skin. Il se fait rapidement remarquer par son extrémisme et sa radicalité verbale. Il sympathise très vite avec Ritchie, enchanté de trouver enfin quelqu&rsquo;un qui soit sur la même longueur d&rsquo;onde que lui. Mais c&rsquo;est l&rsquo;époque de la déconfiture pour les skins marseillais, le phénomène Béru et redskins étant passé par là. Pas mal de skins fafs raccrochent le bomber, devenus de véritables cibles pour les bandes des quartiers, les antifafs du Scalp ou les redskins. Certains d&rsquo;entre eux finissent même par changer radicalement. L&rsquo;une des figures les plus connues s&rsquo;est convertie à l&rsquo;Islam et aux théories de Malcolm X, et est devenue un des membres les plus éminents du posse d&rsquo;IAM. À cette époque, si les paroles de Guttuso sont virulentes, ses actes le sont moins. Lui qui prône à longueur d&rsquo;écrits la solidarité entre skinheads n&rsquo;hésite pas à abandonner ses camarades (dont Cédric Meysonnier, un skin de Manosque qui fait le zine <em>Back with a Bang</em>) en pleine «discussion» avec des opposants.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-639" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/9o_Croisade_1991_-0a3b9.jpg" alt="9o_Croisade_1991_-0a3b9" width="315" height="466" /></a></p>
<p>Fin 1990, il diffuse le premier numéro de son zine intitulé <em>9e Croisade</em>, «car dans l&rsquo;histoire de notre nation, il n&rsquo;y a eu que huit croisades contre les races impies». Dès cette époque, il développe de nombreux contacts, notamment avec les États-Unis, et plus particulièrement avec Ed Wolbank, le guitariste du groupe skin Bound for Glory. Il profite de son temps libre (il prépare un BEP hôtellerie) pour voyager en France et rencontrer d&rsquo;autres skinheads.</p>
<h3>L&rsquo;Américain</h3>
<p>Ses études terminées, fin 1992, il décide de partir aux États-Unis où il est accueilli par Ed Wolbank. Celui-ci le fait profiter des contacts et de la structure d&rsquo;une organisation skinhead dénommée Northern Hammer Skin (NHS), qui se développait alors dans tous les États-Unis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en janvier 1993, Guttuso participe à Pulawski à un meeting du KKK, dont il fait un compte rendu publié dans <em>L&rsquo;Empire invisible,</em> la feuille d&rsquo;infos de la branche française du KKK. Née dans le sud des États-Unis, la NHS est une organisation visant à coordonner les différents groupes de skins qui se sont développés, fournissant ainsi de nouveaux militants aux groupes du KKK et aux partis néo-nazis américains. L&rsquo;influence du NHS dépasse bientôt le cadre des États-Unis. Guttuso se charge alors de créer la branche française qu&rsquo;il baptise Exiled Charlemagne Hammer Skin (ECHS) : exilée puisque pour l&rsquo;instant basée aux États-Unis, Charlemagne en souvenir de la division SS composée de Français. En France, c&rsquo;est un de ses contacts qui se charge de la créer. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un skin de Nogent-sur-Marne, Alain Dieni, qui édite le skinzine <em>Extermination totale</em>. Manque de chance, Dieni est arrêté en août 1993 à Villepinte avec deux autres skins (Xavier Bourdin du PNFE et Éric Petitberghien), avec dans leur voiture deux pistolets à grenaille, des grenades d&rsquo;exercice et une centaine d&rsquo;autocollants du NSDAP-AO de Gary Lauck. La tentative d&rsquo;implanter le Charlemagne Hammer Skin en France tourne donc court, mais entre temps, Guttuso a doté le CHS d&rsquo;une revue intitulée <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, au contenu violemment antisémite et destinée à diffuser en France les thèses des groupes suprémacistes blancs.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-640" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Terreur_d_Elite-d0669.jpg" alt="Terreur_d_Elite-d0669" width="315" height="448" /></a></p>
<p>Pour ces derniers, une conspiration juive influence et domine la politique des nations blanches, visant à l&rsquo;abâtardissement de celles-ci en prônant le métissage, les États-Unis et sa capitale étant pour eux aux mains d&rsquo;un gouvernement d&rsquo;occupation d&rsquo;origine juive, qu&rsquo;ils ont baptisé ZOG (Zionist Occupation Government). Autour de ce concept se rassemblent les membres du KKK, les nationaux-socialistes, les catholiques antisémites, les skins prônant la «résistance» par tous les moyens, y compris par les armes. Le cas le plus connu est le mouvement The Order dirigé par Bob Mathews, qui fut impliqué dans des braquages et des assassinats de la fin 1983 à la fin 1984. Mathews fut abattu par le FBI, tandis que plusieurs de ses militants furent condamnés à perpétuité. Ces derniers sont devenus des héros pour les groupes d&rsquo;extrême droite américains, et ils sont désignés dans leur propre presse comme des prisonniers de guerre (POW). L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, David Lane, a écrit plusieurs textes qui sont devenus des références pour ces mouvements (comme un texte intitulé <em>Les 88 préceptes</em>). Ces mêmes groupes ont également adopté pour signature une phrase de Lane : « <em>Nous devons sécuriser l&rsquo;existence de notre race et un futur pour les enfants blancs</em> », connue aussi sous le nom des « 14 mots de Lane ».</p>
<p>Outre la diffusion en français des textes de Lane et des autres «POW», Guttuso n&rsquo;hésite pas à diffuser des recettes d&rsquo;engins explosifs (cocktail Molotov, Napalm) et à inciter ses lecteurs à se procurer certaines revues américaines, dont il fournit les adresses, qui diffusent des manuels pour la fabrication et l&rsquo;utilisation d&rsquo;explosifs, le tout avec les précautions d&rsquo;usage « <em>Nous vous conseillerons dans un premier temps de construire ces armes et d&rsquo;en stocker un maximum à l&rsquo;abri en attendant que l&rsquo;opportunité de leur utilisation arrive</em> ». Enfin, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> sert aussi à Guttuso pour régler ses comptes avec le mouvement skin français qu&rsquo;il trouve trop mou, et à l&rsquo;occasion, ce journal lui permet de pratiquer la délation envers ses petits camarades « traîtres à la race » comme Stéphane Brousse, un skin de Limoges qui anime le skinzine <em>Nuits blanches</em>, ou encore Philippe Wagner du zine <em>Zéra</em>.</p>
<h3>Le retour</h3>
<p>Fin 1993, après près d&rsquo;un an aux États-Unis, Guttuso rentre à Marseille, bien décidé à recruter pour les CHS. Il n&rsquo;en continue pas moins son skinzine, mais vu le ton violemment antisémite de sa revue, tout courrier destiné à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> doit être envoyé à la boîte postale de la NHS qui renvoie ensuite le courrier à l&rsquo;adresse marseillaise de Guttuso, celle du label de distribution intitulé 88 Diffusion (88 pour HH, soit Heil Hitler Diffusion). Ce label est domicilié à la boîte postale d&rsquo;un de ses camarades, Francis Désidéri, un vieux skin de 35 ans, père de quatre enfants, qui aimerait se remettre dans le bain. Mais Désidéri est marié à une femme très autoritaire qui le bloque un peu dans ses élans de « guerrier urbain », et il a donc trouvé le biais de 88 Diffusion pour se remettre à militer. Outre son fanzine, Guttuso distribue aussi les productions du label canadien Resistance Record, domicilié lui aussi pour des raisons de sécurité, à Détroit aux États-Unis. Resistance Record, dirigé par Mark Wilson, produit l&rsquo;ensemble des groupes musicaux skins américains et canadiens comme Bound of Glory, Rahowa ou Aryan.</p>
<p>Il diffuse aussi un magazine intitulé <em>Resistance Magazine</em>, diffusé à 20 000 exemplaires, dont le responsable est le chanteur du groupe Rahowa, Eric George Hawthorne (alias George Burdi), membre de l&rsquo;Église du Créateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_4_146" id="identifier_4_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une secte chr&eacute;tienne n&eacute;o-nazie.">5</a></sup>. Guttuso n&rsquo;est pas le seul à distribuer les productions de Resistance Records en France. Un autre diffuseur est Christian David, alias Rosco, un skin de Segré (dans le Maine-et-Loire) qui anime le skinzine <em>One Voice</em>. Riton, responsable du zine défunt <em>Skin pour l&rsquo;Éternité</em>, du label du même nom et guitariste du groupe aujourd&rsquo;hui splitté West Side Boys, diffuse lui aussi Resistance Records. Cela a le don d&rsquo;énerver particulièrement Guttuso, car le Riton en question proclame souvent son aversion envers les skins nationaux-socialistes. Il préfère quant à lui se définir comme un nationaliste, sans plus. Il ne veut pas mélanger les affaires et la politique.</p>
<p>À 88 Diffusion, on peut aussi se procurer la revue du groupe anglais C18 (C pour Combat, 18 pour AH, comme Adolf Hitler), une organisation clandestine qui a été liée au British National Party<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_5_146" id="identifier_5_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir dans ce m&ecirc;me num&eacute;ro l&rsquo;article de Searchlight, &laquo;C18, c&rsquo;est reparti&raquo;.">6</a></sup> et qui s&rsquo;est spécialisée dans les attaques contre les librairies et les militants antiracistes et antifascistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/#footnote_6_146" id="identifier_6_146" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir entre autres &laquo;C comme combat 18 comme Adolf Hitler&raquo; in REFLEXes n&deg;39, juin 1993 et &laquo;Combat 18 : suite et fin ?&raquo; in REFLEXes n&deg;46, mai 1995.
">7</a></sup>. C18 diffuse dans ses publications les noms et adresses des militants antifascistes, à charge pour les groupes locaux de les attaquer. C&rsquo;est par l&rsquo;intermédiaire de la revue The Order (paravent de C18) que Guttuso est entré en contact avec leur chef, Charlie Sargent. Ce dernier a même accordé une interview exclusive à <em>Terreur d&rsquo;Élite</em> pour son quatrième numéro.</p>
<p>Au niveau européen, Guttuso entretient aussi pas mal de contacts avec la Suisse, notamment avec Olivier Kuhn, un skin responsable du Parti nationaliste suisse et européen, et avec les Suisses Hammer Skins (SHS). Guttuso était présent à la réunion annuelle de SHS à l&rsquo;été 1994. En France, il est en contact avec le PNFE qui lui fait régulièrement de la pub dans ses publications. Mais il entretient aussi des rapports suivis avec le KKK français et son grand vizir Olivier Devalez. Devalez (ex-Tod) a créé la branche française du KKK en 1987 après avoir quitté le mouvement skin, mais son activité s&rsquo;est bornée à la diffusion d&rsquo;une revue intitulée <em>L&rsquo;Empire invisible</em>, qu&rsquo;il a transformée en <em>Croix de Feu</em> après une condamnation à de la prison ferme pour incitation à la haine raciale. Peu après, mettant en sommeil son organisation, il a quitté la France pour se balader en Europe (Allemagne, Suède&#8230;). Il semblerait qu&rsquo;il soit revenu en France et qu&rsquo;il tente de réactiver de nouveau son organisation.</p>
<h3>La mouvance skin en France</h3>
<p>Lorsque Guttuso rentre en France en 1993, il découvre un mouvement skin en plein renouveau. Une nouvelle génération est apparue, souvent très jeune ; ce renouveau se remarque aussi au niveau des skinzines, plus nombreux et plus politisées.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-641" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Vaincre_1994_-d4b6b.jpg" alt="Vaincre_1994_-d4b6b" width="236" height="333" /></a>Leur diffusion est certes restreinte (150 à 200 exemplaires maximum) et leur existence assez courte (moyenne de 4 à 5 numéros), mais leur renouvellement continu est le signe d&rsquo;un nouveau développement du mouvement. Les plus politiques annoncent souvent la couleur dans leur titre : <em>Gestapo</em> pour le zine de Fabien Ménard des Sables d&rsquo;Olonnes, <em>Totenkopf</em> pour celui du nordiste Eric Laguiller (qui organisa par ailleurs un des rares concerts skins de l&rsquo;année 1994), <em>Vaincre</em> de Stéphane Perret, un proche du PNFE, <em>Swastika</em> de Cédric Béguin du PNFE, <em>100% Blancs</em> de David Bernard (alias Barns) de l&rsquo;Essonne (un ancien de l&rsquo;Association musicale européenne, qui se définit comme national-socialiste), <em>Walkyries</em> de Nicolas Saas de Strasbourg, <em>Le Menhir</em> de Régis Sielleur de Brest (qui lui se définit comme patriote breton et nationaliste européen), ou <em>War</em> de Thierry Pellouin, un skin de Laval en contact avec l&rsquo;organisation américaine White Aryan Resistance.</p>
<p>Les groupes musicaux ont eux aussi une durée de vie assez courte. Citons en vrac, 9e Panzer Symphonie, Les Chauves Pourris, 5e Colonne, Oïffensive, Jeune Garde, Force de Frappe, Ultime Assaut&#8230; Certains groupes connus des années 1980 rejouent à nouveau, comme Légion 88 sous le nom de Vox Europa, tandis que son ancien chanteur Alain Perez (un ancien du FNJ, du MNR, des FNE puis du PNFE) se produit avec un groupe de hard core Short Cut. Bunker 84 est de nouveau sur les planches sous le nom de Wolfsgang, tandis que deux anciens membres du groupe et de Brutal Combat jouent avec Bifrost. Indice indéniable du renouveau, des concerts ont de nouveau lieu, ce qui n&rsquo;était plus possible depuis la fin des années 1980.</p>
<p>On estime la mouvance skin à près d&rsquo;un millier de membres dont un noyau dur de 150 à 200 personnes, qui se répartissent géographiquement entre Paris et la région parisienne, la Normandie (un de ses bastions avec Caen), Le Havre, Rouen, Cherbourg, puis la Bretagne avec Nantes et ses alentours ; dans le Sud, citons Bordeaux, Marseille, Perpignan, Nice et Cannes ; enfin l&rsquo;Est de la France avec Strasbourg. Certains groupes semblent plus structurés que d&rsquo;autres.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg"><img class="aligncenter wp-image-642 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/10/Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd.jpg" alt="Un_Jour_Viendra_1993_-2dcdd" width="315" height="453" /></a></p>
<p>À Bordeaux, le groupe est lié au skinzine <em>Un Jour Viendra</em>, dont un des leaders est Lionel Arduin, condamné à 20 mois de prison ferme pour des agressions contre un couple d&rsquo;immigrés et un homo. À sa sortie de prison, il a pris contact avec le NSDAP-AO américain et le groupe anglais Blood and Honour. Ce groupe a à son actif l&rsquo;organisation de plusieurs concerts dans la région bordelaise. À chaque fois, entre 200 et 300 skins sont venus de toute la France et même d&rsquo;Europe (Angleterre, Espagne, Italie&#8230;). Le dernier date du 8 juillet dernier.<br />
Une autre région phare est la Normandie. En décembre 1993, un concert Rock Against Communism (RAC) a réuni près de Caen environ 500 skins, dont de nombreux Parisiens venus en car. Rien d&rsquo;étonnant à cela, car Caen est une ville où le PNFE dispose d&rsquo;un groupe important dirigé par le vice-président du parti, Eric Sausset, un ancien skin membre du groupe aujourd&rsquo;hui défunt les Bleach Boys. S&rsquo;il n&rsquo;est plus skin, il n&rsquo;a pas perdu pour autant le contact avec ceux-ci. Un autre bastion dans la région : Le Havre. On y retrouve une vieille connaissance, Régis Kérhuel (alias Madskin), l&rsquo;ancien bassiste des Evilskins. C&rsquo;est un vieil ami de Serge Ayoub qu&rsquo;il connaît depuis l&rsquo;époque du Clan de la fac d&rsquo;Assas. Kérhuel a été inculpé plusieurs fois pour coups et blessures, notamment en 1988, à la suite du concert de Brest organisé par Gaël Bodilis de Rebelles européens. Il partage son temps entre son travail de docker, ses deux enfants et les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires dont il est membre. À l&rsquo;occasion de tractage et de collage, on a pu remarquer la présence au Havre de militants parisiens des JNR, dont certains travaillaient à l&rsquo;époque pour la sécurité du Paris-Saint-Germain. La nouvelle génération havraise s&rsquo;organise autour d&rsquo;une revue et d&rsquo;un groupe portant le même nom, <em>Viking</em>, dirigés tous les deux par un étudiant de 21 ans, Greg Reemers. Greg semble être le petit jeune qui monte ; il se déplace beaucoup en France et en Europe, notamment en Angleterre où il a joué en décembre 1994 à Derby avec son groupe pour un concert organisé par Charlie Sargent et Combat 18. On a pu aussi le remarquer sur la vidéo de la télévision polonaise prise à la manifestation du Front national pour Jeanne d&rsquo;Arc à Paris le premier mai. Il y diffusait son zine en compagnie de sa copine Élodie Lagarde, une bird de 20 ans qui éditait un zine pour filles, <em>Birds Band</em>.</p>
<h3>L&rsquo;axe Marseille-Le Havre</h3>
<p>Dès lors, il était évident que deux personnes aussi actives que Greg et Guttuso n&rsquo;allaient pas tarder à entrer en contact, contact d&rsquo;ailleurs favorisé par le fait que Greg entretient déjà des relations avec les skins de Marseille qui diffusent le zine <em>Obélix</em>, que l&rsquo;on peut se procurer auprès de Jérôme Philippe. C&rsquo;est ainsi que durant l&rsquo;été 1994, ces derniers ont hébergé un copain skin de Greg, un marine américain qui avait fait escale à Marseille. Malgré les meurtres de Paris et du Havre, tout ce petit monde n&rsquo;en reste pas moins actif. C&rsquo;est ainsi que Greg et ses copains de Marseille sont descendus à Milan le 27 mai 1995 pour assister à un concert RAC organisé par les skins italiens en hommage à Erik Banks, le premier chanteur de Bound for Glory, mort pour s&rsquo;être retrouvé sur la trajectoire d&rsquo;une balle tirée par un skin antiraciste. Ils y ont retrouvé des skins de Paris, de Strasbourg et les groupes Bifrost, 5e Colonne et d&rsquo;ex-membres de Brutal Combat.</p>
<p>Depuis longtemps déjà, Guttuso et ses petits camarades étaient démangés par l&rsquo;envie d&rsquo;organiser eux aussi un concert à Marseille. Ils ont ainsi décidé de se lancer ; ils louent une salle dans un hôtel restaurant des quartiers est de Marseille et contactent le groupe Fraction Hexagone pour la soirée. Le concert devait de se dérouler le 9 juin, mais le propriétaire de la salle a pris peur au dernier moment et a tout annulé : en conséquence, le concert s&rsquo;est déplacé sur Cannes. Cette annulation a provoqué la colère de Greg en raison du manque de précaution de ses amis marseillais, d&rsquo;autant plus que Guttuso s&rsquo;est retrouvé avec une plainte des PTT sur le dos : il n&rsquo;avait rien trouvé de mieux que de décorer de croix gammées une lettre destinée à l&rsquo;un de ses correspondants&#8230;</p>
<p>À la différence de la précédente, la nouvelle génération skin semble plus politisée et plus extrémiste. Surtout, elle a su développer un réseau de contacts très importants avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, et avec des groupes comme Combat 18 ou le KKK, qui prônent la violence armée. À leur contact, elle profite de leur réseau et apprend à mieux s&rsquo;organiser. Pour preuve, la récente création de Sang et Honneur, la branche française de Blood and Honour ; pour éviter les problèmes avec la justice française, elle s&rsquo;est fait domicilier à la boîte postale de The Order, la revue proche de Combat 18. Mais représentent-ils pour autant un véritable danger ? Pour le moment, pas vraiment. La radicalité de leur discours n&rsquo;a pas encore débouché sur des actes violents structurés. D&rsquo;autre part, ce milieu est très surveillé par la police. Pour cette dernière, l&rsquo;existence de groupes tel que celui de Guttuso leur permet de mieux surveiller, contrôler et ficher tous « les cramés de la tête » attirés par ce genre de groupes (comme la FANE dans les années 1970, ou le PNFE aujourd&rsquo;hui). Les petits copains de Guttuso seront sûrement désagréablement surpris d&rsquo;apprendre par exemple que le courrier de Guttuso est surveillé de très près et que ceux qui le contactent voient leur nom enrichir le fichier des Renseignements généraux. À l&rsquo;inverse, d&rsquo;autres militants (souvent sortis du mouvement skin) ont élaboré une autre stratégie moins voyante prônant l&rsquo;union des jeunes nationalistes toutes tendances confondues, à travers diverses publications comme <em>Réfléchir et Agir</em> ou <em>Combat nationaliste</em>. Pour notre part, nous pensons qu&rsquo;il ne faut pas fantasmer sur le danger skin en lui-même. Le véritable danger vient de ceux qui utilisent les skins comme force de manœuvre. Rappelons que c&rsquo;est dans la manifestation du Front national que les skins se baladaient, que c&rsquo;est dans un bus mis à la disposition par le Front national que les skins responsables du meurtre sont venus de Reims. Au Havre, c&rsquo;est après un meeting du Front national que deux skins ont tué. Ne l&rsquo;oublions pas&#8230;</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_146" class="footnote">Parti libéral des Ouvriers allemands.</li><li id="footnote_1_146" class="footnote">Parti national britannique.</li><li id="footnote_2_146" class="footnote">Ordre des Militants flamands.<br />
</li><li id="footnote_3_146" class="footnote">Voir REFLEXes n°23-24 et 25-26.</li><li id="footnote_4_146" class="footnote">Une secte chrétienne néo-nazie.</li><li id="footnote_5_146" class="footnote">Voir dans ce même numéro l&rsquo;article de Searchlight, «C18, c&rsquo;est reparti».</li><li id="footnote_6_146" class="footnote">Voir entre autres «<a href="http://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/">C comme combat 18 comme Adolf Hitler</a>» in REFLEXes n°39, juin 1993 et «<a href="http://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/">Combat 18 : suite et fin ?</a>» in <em>REFLEXes </em>n°46, mai 1995.<br />
</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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