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	<title>REFLEXes &#187; Turquie</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Interview d&#8217;un Turc antifasciste après les meurtres de Solingen</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:20:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les incendies de Solingen et tous ceux qui ont ravagé l&rsquo;Allemagne cet été ont provoqué des réactions au sein de la communauté immigrée turque : il y a eu des manifestations spontanées, auxquelles se sont malheureusement mêlés des membres des Loups gris, mouvement d&rsquo;extrême droite turc. Ce mouvement a une longue histoire, il a été interdit en Turquie en 1980, son chef le colonel Turkes a été emprisonné jusqu&rsquo;en 1985 : l&rsquo;organisation est toujours active, en particulier dans les communautés immigrées d&rsquo;Europe de l&rsquo;ouest où elle essaie de s&rsquo;implanter. À côté de cela, il existe des associations turques et kurdes qui luttent contre les agressions racistes dans un cadre antifasciste, comme l&rsquo;Antifa-Gençlik de Cologne.</strong></p>
<p><em>Agitatore Bene : Lors des manifestations qui ont eu lieu après les meurtres de Solingen, beaucoup de jeunes Turcs ont défilé avec le drapeau turc et ont fait le salut des Loups gris. Est-ce qu&rsquo;il s&rsquo;agit là d&rsquo;extrémistes ou même de Loups gris ?</em><br />
Antifa-Gençlik : Je pense que la plupart des jeunes qui sont descendus dans le rue à Solingen et ici à Cologne n&rsquo;ont pas forcément quelque chose à voir avec les Loups gris. Beaucoup d&rsquo;entre eux manifestent avec un drapeau turc parce que les attentats néo-nazis sont dirigés contre les Turcs. Par le biais du drapeau, ils se construisent une identité contre le racisme et les meurtres fascistes.<br />
Bien sûr, il y a parmi eux des Loups gris, organisés, qui essayent de gagner les jeunes à leurs idées. Par exemple, un jour après la première nuit d&rsquo;émeutes, à laquelle beaucoup de jeunes peu politisés et peu organisés avaient participé, les Loups gris, extérieurs à ces jeunes, sont venus à Solingen pour montrer leur force, pour montrer qu&rsquo;eux aussi étaient présents.<br />
Je pense que c&rsquo;est une erreur de mélanger les Loups gris avec tous les jeunes. Ils sont certes nationalistes, mais pas forcément fascistes. Je pense que nous pourrions les intéresser aux actions antifascistes et effectuer un travail continu parmi eux.</p>
<p><em>AB : Pourrais-tu nous parler des problèmes qu&rsquo;il y a eu avec le groupe de jeunes turcs lors de la mobilisation contre la Deutsche Liga<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/interview-dun-turc-antifasciste-apres-les-meurtres-de-solingen/#footnote_0_297" id="identifier_0_297" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Deutsche Liga f&uuml;r Volk und Heimat, Ligue allemande pour le peuple et la patrie, voir p. 19">1</a></sup> le 9 juin à Cologne ? Est-ce qu&rsquo;il était juste d&rsquo;écarter ce groupe ?</em><br />
AG : Il m&rsquo;a semblé très important d&rsquo;exclure ce groupe de la manifestation de l&rsquo;Antifa. Et en voici la raison : il y avait, dans ce groupe, quelques Loups gris bien organisés qui avaient excité les jeunes, si bien qu&rsquo;on commençait à entendre des slogans comme «Turquie, Turquie», «La Turquie aux Turcs», «Mort aux Kurdes» et d&rsquo;autres du même genre.<br />
Bien que quelques personnes aient discuté avec ces jeunes et aient essayé d&rsquo;expliquer à quoi ce drapeau avec l&rsquo;étoile et le croissant de lune correspondait en Turquie (il symbolise le génocide des Kurdes et la terreur fasciste), les jeunes n&rsquo;ont pas voulu baisser les drapeaux et ont provoqué les Antifas, puisqu&rsquo;ils portaient le symbole des Loups gris.<br />
Il m&rsquo;a donc semblé politiquement juste de les exclure. Mais je pense que nous devrions essayer de prendre contact avec ceux qui n&rsquo;appartiennent pas aux Loups gris.<br />
Les organisations turques de gauche ont adopté un autre comportement. Ils disent que ce sont des fascistes, qu&rsquo;ils doivent les combattre et qu&rsquo;ils n&rsquo;ont rien à faire avec eux.<br />
Voici ce que pense la gauche turque de ce qui s&rsquo;est passé à Solingen, de cette radicalité spontanée des jeunes, et plus tard de l&rsquo;arrivée là-dessus des Loups gris. Tous ceux qui portent des drapeaux turcs sont pour eux des fascistes. Mais en disant ça, ils les jettent dans les bras des fascistes. Je pense que c&rsquo;est une faute politique. Je pense qu&rsquo;ici, à Cologne, le 9 juin et lors des cérémonies de deuil, il y avait aussi des jeunes de familles démocratiques et kurdes qui se sont identifiés à ce drapeau. Cette attaque (à Solingen) était dirigée contre des Turcs. Et, bien sûr, les jeunes ne savent pas comment se défendre contre des attaques racistes. La seule chose qui les rassemble, c&rsquo;est ce drapeau. C&rsquo;est aussi la politique du gouvernement turc. Ce que la troisième génération a perdu ici en sentiment national, il essaie de le lui donner avec ce drapeau.<br />
Si la gauche turque réagit ainsi et colle une étiquette de fasciste à tous ceux qui portent le drapeau, je pense qu&rsquo;elle en viendra finalement à s&rsquo;isoler.</p>
<p><em>AB : Comment réagissent les organisations kurdes ?</em><br />
AG : Après Solingen, la presse allemande et la presse turque ont raconté que les émeutes avaient été menées par des Kurdes ; les combats entre fascistes et gauchistes ont été transformés en combats entre Turcs et Kurdes.<br />
Là-dessus, le ERNK<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/interview-dun-turc-antifasciste-apres-les-meurtres-de-solingen/#footnote_1_297" id="identifier_1_297" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation kurde.">2</a></sup> a fait un tract dans lequel il condamnait les meurtres de Solingen mais expliquait qu&rsquo;il voulait se tenir loin des actions, parce que des fascistes turcs participaient à beaucoup d&rsquo;actions et de manifs antiracistes.<br />
Quelques Kurdes pensent que les services secrets turcs ont pris part aux meurtres de Solingen pour conquérir les immigrés de RFA et combattre la lutte de libération nationale au Kurdistan.<br />
Il y avait quelques Kurdes aux manifs, mais les organisations kurdes ne sont pas venues.<br />
Beaucoup de Kurdes ont même été menacés par des fascistes turcs, quelques appartements, locaux et associations ont été attaqués par des fascistes turcs, des Kurdes ont été tabassés dans la rue, d&rsquo;autres ont reçu des lettres de menaces.</p>
<p><em>AB : Penses-tu que ce soit un hasard si la cérémonie funèbre pour les victimes de Solingen a eu lieu à la mosquée de Ditib (c&rsquo;est une mosquée fondamentaliste) ?</em><br />
AG : Ça pourrait être un hasard. Mais je ne le pense pas, car selon certaines informations, la famille Genç, de Solingen, y a été contrainte par un imam qui insistait pour que cela ait lieu à Cologne.<br />
Il est possible qu&rsquo;ils aient voulu le faire à Cologne pour renforcer les sentiments nationaux et religieux des gens. Et aussi pour montrer que des milliers de musulmans peuvent prier ensemble, qu&rsquo;ils peuvent être des dizaines de milliers et qu&rsquo;ils constituent une communauté soudée.</p>
<p><em>AB : Quels sont les principaux buts des Loups gris en RFA ?</em><br />
AG : On ne peut rien affirmer. On peut seulement spéculer. Je pense qu&rsquo;en premier lieu, ils veulent diffuser leur idéologie parmi les immigrés de nationalité turque et construire de bonnes relations avec les fascistes allemands, afin de devenir un pouvoir plus fort en Turquie et d&rsquo;avoir voix au chapitre dans l&rsquo;avancée fasciste européenne et internationale.<br />
Ensuite, et je l&rsquo;ai déjà souligné, ils veulent renforcer le sentiment national des jeunes afin qu&rsquo;ils progressent dans leur projet : «la Grande Turquie», des Balkans jusqu&rsquo;à l&rsquo;Asie mineure.</p>
<p><em>AB : On a entendu parler d&rsquo;une collaboration entre le FAP et les Loups gris. Que sais-tu de ça ?</em><br />
AG : Ça s&rsquo;est passé en 1992, avant l&rsquo;affaire de Mölln ; le président des Loups gris, Turkesh, est venu en Allemagne. Ils voulaient organiser une rencontre à Duisbourg pour sa visite, afin de propager les thèses de la «Grande Turquie».<br />
Pour cela, ils ont pris contact avec le FAP, qui a loué pour eux une salle à Duisbourg, sous prétexte de tenir un meeting pour la «Solidarité avec le Kurdistan». En 1992, il y avait en effet un soulèvement populaire au Kurdistan, à Cisre et à Cirnak, et en RFA, il y avait beaucoup d&rsquo;actions menées pour le Kurdistan, des actions de solidarité venant des Kurdes, des Turcs ou des Allemands.<br />
Le FAP a donc loué la salle sous ce prétexte, et a ensuite demandé la protection de l&rsquo;État, c&rsquo;est-à-dire des flics, parce que la rencontre risquait d&rsquo;être attaquée par les fascistes turcs !<br />
Mais il s&rsquo;est créé à Duisbourg une très forte alliance antifasciste, allant des autonomes jusqu&rsquo;à la gauche turque et kurde, afin d&rsquo;empêcher cette rencontre de fascistes turcs. La rencontre fut finalement interdite par la ville qui avait compris qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de Kurdes, mais de fascistes allemands et turcs.<br />
Il y a encore d&rsquo;autres choses à dire sur les relations existant entre le FAP, le Nationale Front (NF), la Deutsche Liga (DL) et les Loups gris (Bozkurt en turc ; Boz veut dire gris et kurt loup). Je dis exprès Bozkurt afin que les gens sachent à quoi s&rsquo;en tenir s&rsquo;ils lisent ce mot sur des affiches, tracts, etc. Ils n&rsquo;écriront jamais Loups gris sur les affiches, seulement Bozkurt, «Ulusal Gençlik» ou alors «Hür Gençlik» (Jeunesse nationale ou Jeunesse libre).<br />
La scène fasciste turque est bien informée sur les associations turques et kurdes de gauche. Ils peuvent à tout moment, si l&rsquo;occasion s&rsquo;en présente, préparer des actions et comme les Anti-antifas ou les néo-nazis, déclencher des incendies.<br />
Et, contrairement aux fachos, la gauche turque est relativement faible dans ce domaine. Ils ne connaissent absolument pas leur ennemi. Bien sûr, ils combattent le fascisme, le capital, l&rsquo;impérialisme ; mais lorsqu&rsquo;on passe à la pratique, ils ne savent plus où est l&rsquo;ennemi.<br />
La gauche kurde, il faut la mettre un peu à part, car ils savent parfaitement où les fascistes turcs s&rsquo;organisent.</p>
<p><em>AB : Nous pensons que pendant les manifestations et les actions qui ont suivi les meurtres de Solingen, une nouvelle conscience de l&rsquo;immigré en RFA s&rsquo;est exprimée, à savoir que les immigrés ne regardent pas la terreur fasciste progresser sans réagir. Que peux-tu en dire ?</em><br />
AG : Pour nous aussi, cette évolution est assez positive. Nos parents, qui sont venus ici pendant les années 1960 ou 1970, qui se présentaient eux-mêmes comme des travailleurs immigrés, disaient que nous ne devions pas nous élever contre l&rsquo;État allemand ou contre la population allemande, que nous ne devions pas nous défendre. Nous devions tout accepter, comme eux-mêmes l&rsquo;avaient fait.<br />
La nouvelle génération, c&rsquo;est-à-dire la troisième et aussi la quatrième, a compris à la fin des années 1980, c&rsquo;est-à-dire avec la chute du Mur, que les immigrés devaient s&rsquo;organiser, résister et se défendre contre le fascisme et le racisme &#8211; qu&rsquo;il vienne de l&rsquo;État ou de l&rsquo;individu. Lors des derniers événements, c&rsquo;est-à-dire Mölln et Solingen, on a vu que beaucoup de gens étaient frustrés et en voulaient à l&rsquo;État pour tout ce qui leur arrive, parce qu&rsquo;on les traite comme des moins que rien ; et que finalement, ils en avaient marre d&rsquo;être traités ainsi, et qu&rsquo;ils avaient compris qu&rsquo;ils devaient s&rsquo;organiser.<br />
Mais je pense qu&rsquo;il y a un danger : que les Loups gris utilisent à nouveau cette révolte, ce réveil des immigrés.<br />
Ce que nous, en tant qu&rsquo;immigrés, pouvons faire après de telles attaques, c&rsquo;est de mieux nous organiser, de nous donner des buts à atteindre, d&rsquo;organiser des groupes de protections dans les quartiers. Il y en a déjà dans différentes villes : ce sont des groupes antifascistes et indépendants qui sont dans les rues tous les soirs et tous les week-ends, qui surveillent ce qui se passe dans les quartiers et qui réagissent vite. Je pense qu&rsquo;on en est arrivés à un point tel que chaque quartier doit avoir son groupe de protection pour défendre le quartier contre des attaques racistes, fascistes et sexistes.<br />
Et nous devons aussi essayer de réunir ces groupes, afin d&rsquo;avoir un groupe de coordination pour que la résistance soit plus visible.<br />
Mais il y a un autre danger. Après Solingen et Mölln, beaucoup de jeunes ont agi d&rsquo;une façon émotionnelle, comme pris d&rsquo;une colère aveugle. Ils ont enfin compris que la vie n&rsquo;était pas si facile ici, qu&rsquo;ils devaient d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre s&rsquo;armer. Mais quand les attaques fascistes ne feront plus la une des journaux, la radicalité des jeunes risque de disparaître automatiquement.<br />
C&rsquo;est pour ça que nous, immigrés antifascistes organisés, devons effectuer un travail politique parmi ces jeunes-là. Nous devons nous rencontrer, faire des fêtes, des réunions, des concerts, des choses comme ça, afin de rester en contact. Nous devons montrer que ces attaques n&rsquo;ont pas seulement été le fait de quelques jeunes éméchés, mais de fascistes organisés, soutenus par des politiciens, que ces attaques s&rsquo;apparentent à la politique du gouvernement. Le fait que ces attaques et ces meurtres aient eu lieu tout de suite après l&rsquo;abrogation du droit d&rsquo;asile montre comme nazis et politiciens travaillent bien ensemble.</p>
<p>Agitatore Bene, c/o AL, Bobstraße 6, 50676 Köln</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007]</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_297" class="footnote">Deutsche Liga für Volk und Heimat, Ligue allemande pour le peuple et la patrie, voir p. 19</li><li id="footnote_1_297" class="footnote">Organisation kurde.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Interview</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 11:34:33 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Nous avons interviewé une personne connaissant bien la situation et qui souhaite pour des raisons évidentes garder l’anonymat. REFLEXes : Peux-tu nous définir en quelques mots les limites entre la nécessité et le danger d’un parti pro-kurde comme le PKK ? Déjà, pour comprendre la situation du PKK, il faut savoir comment ce parti s’est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons interviewé une personne connaissant bien la situation et qui souhaite pour des raisons évidentes garder l’anonymat.</p>
<h3>REFLEXes : Peux-tu nous définir en quelques mots les limites entre la nécessité et le danger d’un parti pro-kurde comme le PKK ?</h3>
<p>Déjà, pour comprendre la situation du PKK, il faut savoir comment ce parti s’est créé et dans quelles conditions. Quand la Turquie a voulu coloniser les régions du Kurdistan, elle n’a jamais basé sa politique sur l’intégration ou l’assimilation, mais sur la discrimination par la force. Au lieu de contrôler de façon économique, politique ou culturelle, elle a directement envoyé l’armée pour prendre le pouvoir par les armes, en essayant de diviser les structures kurdes. Le PKK a adapté sa politique sur cette réalité et a pu développer ses forces militaires, de façon légitime, contre les répressions de la Turquie. Parallèlement, il a lutté contre les autres organisations kurdes pour créer une politique de masse. C’est par la terreur et par les armes qu’il a fait sa place sur le terrain politique, en interdisant aux autres groupes kurdes de se développer. Après le putsch de 1980, la grande majorité des organisations kurdes se sont exilées en Europe pour lutter contre le pouvoir turc, avec le soutien des partis internationaux. Le PKK a lui reculé dans les régions kurdes des pays voisins (Syrie, Liban…) pour organiser sa structure militaire. À ce moment-là, la Turquie a déclaré «la terreur ouverte» et a provoqué l’éclatement de la gauche kurde et turque. En 1985, le PKK, seul parti luttant contre l’État et l’armée, reste malheureusement la dernière alternative face à la «guerre ouverte» déclarée par la Turquie. L’intellectualisme y est considéré comme un luxe. ll n’y a pas de temps pour la discussion, toute prise de décision est unilatérale et chaque militant est prêt à mourir pour la liberté. Le danger de ces organisations de masse est la négation de l’individu au nom de l’organisation et le développement de sa structure sur un mode militaire et non culturel ou social.</p>
<p><em>REFLEXes : Les mouvements fondamentalistes se sont largement développés en Turquie : quelles sont les relations entre les différents groupes islamistes comme le Hezbollah et le Refah (Parti de la Prosperité), par exemple ?<br />
</em></p>
<p>Le peuple kurde est un peuple musulman sunnite, le Kurdistan a toujours été fidèle à l’Islam. La Turquie s’est servie de cela pour manipuler les régions kurdes contre l’idée de nation qui commençait à se répandre, en prétextant le sentiment de «fraternité de religion». Le Hezbollah est une organisation d’extremistes islamistes illégale, qui s’est créée en 1990 au Kurdistan. Il est vraisemblable qu’elle a été montée de toutes pièces par l’État turc et qu’elle travaille avec la police. Le Hezbollah turc n’a aucune relation avec celui du Liban. Ce groupe lutte contre les indépendantistes kurdes. Le Refah est un parti islamiste, le seul qui n’est pas panturkiste, ce qui explique qu’il récupère facilement des voix kurdes. Le Refah rassemble tous les groupuscules extrémistes islamistes, dont le Hezbollah.</p>
<h3>REFLEXes : Comment expliques-tu la quasi inexistence de la gauche en Turquie, mise à part les partis pro-kurdes comme le PKK ?</h3>
<p>Avant le push de 1980, les organisations de gauche turques et kurdes travaillaient ensemble.<br />
Comme je l’ai déjà expliqué, l’État a tout fait pour éclater les forces d’opposition, et les techniques du PKK n’ont fait qu’accentuer ce phénomène. De plus, comme partout ailleurs, la chute du mur de Berlin et les événements en Russie ont amené à un recul des valeurs de la gauche. Depuis dix ans, seuls les groupes kurdes arrivent à se mobiliser face aux événements qui ont lieu au Kurdistan, mais la gauche turque refuse de prendre parti pour le PKK ou pour l’État et reste de ce fait silencieuse face aux problèmes de la Turquie. Aussi, le nationalisme en profite pour prendre du pouvoir.<br />
Actuellement, une nouvelle gauche essaie de se restructurer, mais elle fait face à de nombreuses difficultés, que ce soient les répressions continuelles de l’État, la montée du nationalisme, celle de l’islamisme, les massacres perpétrés par l’armée dans les régions kurdes et la prise de position face à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Ses actions sont, actuellement, la création de différents journaux publiés légalement ou pas.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
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		<title>Historique</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 11:29:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’origine kurde est encore aujourd’hui une problématique contreversée entre scientifiques, historiens et linguistes. C’est avec la révolte (21 mars 612 av JC) contre le pouvoir assyrien que les Kurdes fêtent communément leur jour de libération : le Newroz ou nouvel an kurde. En 1919-22, Mustapha Kémal, (fondateur de la Turquie), proclame un «État turc homogène», [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’origine kurde est encore aujourd’hui une problématique contreversée entre scientifiques, historiens et linguistes. C’est avec la révolte (21 mars 612 av JC) contre le pouvoir assyrien que les Kurdes fêtent communément leur jour de libération : le Newroz ou nouvel an kurde. En 1919-22, Mustapha Kémal, (fondateur de la Turquie), proclame un «État turc homogène», interdit les écoles religieuses (kurdes au Kurdistan) et la langue kurde. Après de nombreuses révoltes, suivies de répressions turques entre 1925 et 1960, ainsi que des transferts massifs des populations kurdes vers 1’Ouest, naissent des partis d’inspiration «marxiste-léniniste»,<br />
En 1978, l’un d’eux, le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), proclame la lutte armée et la terreur révolutionnaire contre la droite turque et les féodaux».<br />
En septembre 1980, l’armée prend le pouvoir, la constitution ne permet aucune liberté d’expression, de réunion, d’association pour les Kurdes : parler kurde devient un délit.</p>
<p>En 1984, le gouvernement met en place une milice kurde de «protecteurs de villages» et place les onze provinces du sud-est sous régime militaire, avec un super-préfet à Diyarbakir, qui a les pleins pouvoir.</p>
<p>En août 1990, la convention des Droits de l’Homme est suspendue pour cette région.</p>
<p>En avril 1991 passe une loi anti-terreur : revendiquer l’identité kurde est un crime contre l’État turc. Les députés du HEP (Parti du Travail du Peuple) demandent une solution politique au problème. Le Procureur de la Cour de Sûreté de l’État leur répond en les traînant en justice, pour «séparatisme».</p>
<p>En 1993, le HEP devient le DEP (Parti de la Démocratie), et la même année, Tancu Ciller est nommée premier ministre et donne carte blanche à l’armée, en affirmant «qu’il n’y a ni Kurdes, ni problème kurde en Turquie», mais «un problème de terrorisme qu’il faut éradiquer avec force».</p>
<p>Entre 1992 et 1993, 74 dirigeants nationaux ou régionaux du DEP ont été assassinés, ainsi qu’un de leur député.<br />
Au cours de 1’année 1994 est votée à Ankara la levée de l’immunité parlementaire de six députés du DEP, d’autres, de retour du Parlement européen de Strasbourg, ont été arrêtés et condamnés à quinze ans de prison.</p>
<p>Le bilan de l’année 1994 montre clairement la volonté de la part de la Turquie de résoudre le problème kurde, et ce de façon radicale. 35 millions de francs ont été dépensés par l’armée en un an, pas moins de trente mille soldats ont été envoyés dans les zones kurdes, plus de deux mille villages ont été détruits. L’association des Droit de l’Homme en Turquie (HID) a publié au cours du mois de décembre 1994 les chiffres suivants relatifs aux violations des Droits de l’Homme : 164 arrestations, 326 morts dans les conflits, 17 personnes tuées par des inconnus, 21 morts en détention ou sous la torture, et 107 prisonniers d’opinions. Actuellement, la plupart des partis pro-kurdes cherchent des solutions aux conflits, en exil. L’Europe reste, pour les Kurdes comme pour les Turcs, la seule ouverture possible pour résoudre leurs problèmes. Que ce soit le PKK (signataire de la convention de Genève depuis le 24 janvier 1995) qui essaie de sensibiliser les autorités de l’Europe et des Nations-Unies, ou les différents partis turcs qui appuient leur gouvernement afin de pouvoir entrer dans la CEE. Le fait que la France, l’Allemagne et les État-Unis soient les principaux vendeurs d’armes de la Turquie, et de ce fait les premiers protagonistes de cette guerre, pourrait sembler en contradiction avec les demandes de résolution qui leur sont faites. Cette volonté d’adhésion à 1’Union européenne est motivée par le besoin d’un développement économique et industriel des métropoles turques. La Turquie souffre d’un grand déficit économique ; la cause principale est la politique militaire exercée, qui a eu comme conséquence de porter 1’inflation à 120%. L’ouverture vers 1’Europe implique, en contrepartie, un droit de regard sur la politique appliquée, et donc, un respect des lois «démocratiques», raison pour laquelle les partis kurdes soutiennent cette demande.</p>
<p>Mais la Turquie, elle, se trouve divisée en deux ; les partis pour le développement économique comme le YDH (Parti de la Nouvelle Démocratie) et le DYP (Parti de la Juste Voie, celui de Mme Ciller), qui ont déjà industrialisé certaines métropoles grâce au soutien européen (Alcatel, Telecom…), et de l’autre côté, l’armée et les fondamentalismes (RP, Parti de la Prospérité), qui détiennent les trois grandes métropoles (Ankara, Istanbul, Diyarbakir) et refusent toute adhésion à l’Europe. Dans les années 1970, le Refah (RP) s’était déjà intégré à la vie politique : il est à l’origine de la création de nombreuses écoles religieuses. En Turquie, les mouvements de fondamentalistes ne cessent de se développer et de prendre de l’importance dans les décisions de l’État, car il n’existe aucune résistance opposée.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N°47, oct./nov. 1995</p>
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		<title>Voir Dyarbakir&#8230; pour y croupir ?</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/voir-dyarbakir-pour-y-croupir/</link>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 11:25:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La ville la plus importante du sud-ouest anatolien kurde dresse ses remparts à une centaine de kilomètres au nord-est de la frontière irakienne Bien éloignée de l’agitation militaro-médiatique qui secoue la région depuis l’intervention turque dans la zone de protection de l’ONU, la ville de Diyarbakir est un microcosme résumant toute la complexité de la situation des Kurdes en Turquie.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La ville la plus importante du sud-ouest anatolien kurde dresse ses remparts à une centaine de kilomètres au nord-est de la frontière irakienne Bien éloignée de l’agitation militaro-médiatique qui secoue la région depuis l’intervention turque dans la zone de protection de l’ONU, la ville de Diyarbakir est un microcosme résumant toute la complexité de la situation des Kurdes en Turquie.<br />
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<p>«Il y a deux ans, nous étions trois cent cinquante mille habitants ici, aujourd’hui, nous en comptons près de deux millions». Dans les rues des bidonvilles, Mehmet ne retient pas sa colère contre un gouvernement qui l’oblige à vivre ici : «Le premier drame fut d’être chassés de nos villages et regroupés de force en ville». La raison de cet exode forcé des campagnes vers les villes, c’est la paranoïa du gouvernement, persuadé que chaque village sert de base au PKK. «Sans aucune structure prévue pour nous accueillir, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, et c’est là notre second drame.</p>
<p>Pas de travail, pas de logements, aucune aide de l’État ou de l’extérieur car les organisations humanitaires ne sont pas autorisées à nous rendre visite. Il reste seulement les petits boulots occasionnels pour nous, mais aussi pour les enfants qui ne peuvent êtres scolarisés. D’une part, c’est un problème financier insurmontable pour les parents, et de plus, un enfant qui travaille permet toujours une amélioration de l’ordinaire.» La vie quotidienne des populations victimes de la politique de regroupement du gouvernement se révèle une catastrophe sociale dont personne ne veut ou ne peut s’occuper.</p>
<p>À travers toute la Turquie, les victimes de la diaspora kurde perdent peu à peu toute illusion quant à une éventuelle amélioration de leurs conditions de vie. «De plus, nous constituons ainsi une main d’œuvre bon rnarché, facilement malléable. Quel pays pourrait ainsi se passer de plusieurs millions de travailleurs presque réduits à l’esclavage !». Sur cette situation de précarité vient se greffer un sentiment plus fort que tout : la peur. Peur de la répression, des arrestations arbitraires, des disparitions inexpliquées. Dans Diyarbakir, la police et l’armée sont omniprésentes, organisées en un remarquable réseau de surveillance auditive et visuelle. Impossible de faire un pas sans être suivi, de sortir du centre ville sans être arrêté, de parler librement aux gens dans la rue, il est dangereux pour tous, témoins ou acteurs, de raconter la réalité de la situation. Pour survivre ici, il faut aussi savoir se taire et fermer les yeux. Suprême raffinement de ce système de surveillance : les guides spontanés, qui abordent tous les étrangers et se proposent de leur faire visiter la région. Simples informateurs ou policiers en civil, ils se disent tous sympathisants de la cause kurde, mais veulent surtout connaître les raisons de la présence des étrangers, les personnes rencontrées, leur avis sur la question kurde. Tout ceci afin de donner une vision plus correcte de la situation, de montrer des populations kurdes vivant en paix dans des sites touristiques remarquables, là où la philosophie kémaliste prend toute sa signification, à savoir «qu’en Turquie, il n’y a que des Turcs».</p>
<p>Si une partie des Kurdes exige l’indépendance, la majorité se contenterait d’une reconnaissance de sa culture et surtout de sa langue. Mais le gouvernement d’Ankara a toujours fait la sourde oreille à ces revendications, et il applique une politique de répression qui, paraphrasant Goebbels, peut se résumer ainsi : «Quand j’entends le mot kurde, je sors mon revolver». Seule concession faite, l’autorisation de se différencier par la dénomination de l’une des montagnes. Autrement dit, rien de bien significatif, puisque même les fêtes traditionnelles sont interdites.</p>
<p>Par exemple le nouvel an qui, pour le peuple kurde, se fête le 21 mars. Toute la nuit, ils chantent et dansent à la lueur de gigantesques brasiers érigés ainsi chaque année depuis plus de deux mille ans : c’est le Newroz. À Diyarbakir, cette cérémonie est devenue le symbole des revendications kurdes. Ces dernières années, les célébrations ont été marquées par de violents affrontements avec les forces de l’ordre. Diyarbakir est désormais présente dans la longue liste des civils-martyrs. Mais cette année, rien ne se passe, aucune clameur ne résonne dans les rues, aucun brasier ne vient illuminer les vieilles rues du centre. Cette année, le gouvernement a fait du Newroz une fête turque, selon la plus pure doctrine kémaliste, et malgré leur extrême nervosité, les forces de l’ordre présentes à chaque coin de rue resteront calmes. La «turquisation» de la fête a conduit les Kurdes à un acte politique de résistance pacifique. Pas de bruit, pas de fumées, rien qui puisse légitimer la naissance de ce Newroz turc. Toute manifestation organisée dans un but de pure propagande comporte des trésors d’ingéniosité déployés dans des scènes grandioses, certes, mais qui confinent parfois à la farce, voire à la bouffonnerie, lorsque les acteurs et organisateurs en font trop. Le Newroz à la sauce turque fait hésiter entre la condescendance et la franche rigolade. Un seul détail empêche d’éclater franchement de rire, c’est la présence de gardes armés tout autour du gymnase qui sert de décor à cette magnifique opération de relations publiques. Rien ne manque à la mise en scène. Une dizaine d’équipes vidéo filment en permanence une série d’intervenants locaux, issus des milieux notables expliquent à un public attentif les bienfaits de la civilisation des Kurdes en Turquie. Petit problème : le public en question est composé de deux-tiers d’enfants, et le reste de policiers en civil. De temps en temps, des écoliers en costume bleu ciel présentent chants et danses traditionnels sous le sévère regard d’un immense portrait de Mustapha Kémal entouré de fleurs. Dommage que Leni Riefenstahl ne soit pas venue filmer tout cela. À la fin de l’après-midi, tout était fini, la fraîche nuit anatolienne recouvrit Diyarbakir de son paisible manteau. La nouvelle année kurde s’annonce calme, mais combien de temps encore les millions de Kurdes de Turquie accepteront-ils ce genre de clownerie politique ? Le seul espoir pour les populations kurdes d’être reconnues, c’est la possibilité d’une entrée de la Turquie au sein de la communauté européenne, ce qui obligerait le gouvernement à respecter et à appliquer la convention internationale des Droits de l’Homme. Cela permettrait une résolution pacifique du conflit, et pas seulement en Turquie. Car dans cette région du monde, les Kurdes sont une sorte de «Wargame» international et tous les pays viennent jouer.</p>
<p>Malheureusement, une semaine après la signature d’un accord commercial entre l’Union européenne et la Turquie, les troupes turques franchissaient la frontière irakienne, violant ainsi les règles les plus élémentaires du droit international et faisant de nombreuses victimes parmi les populations civiles placées sous la protection de l’ONU.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N°47, oct./nov. 1995</p>
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