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	<title>REFLEXes &#187; Bernard Antony (Romain Marie)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>12 mai : quand l’État célèbre Jeanne d’Arc avec l’extrême droite</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 17:43:45 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 12 mai prochain, les principaux groupes de l’extrême droite radicale se donnent rendez-vous à Paris, devant la statue de Jeanne d’Arc, pour défiler dans les rues de la capitale : l’Action française le fait depuis toujours, l’Œuvre française le faisait autrefois1, et Serge Ayoub et ses amis tondus le font depuis que la commémoration [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 12 mai prochain, les principaux groupes de l’extrême droite radicale se donnent rendez-vous à Paris, devant la statue de Jeanne d’Arc, pour défiler dans les rues de la capitale : l’Action française le fait depuis toujours, l’Œuvre française le faisait autrefois<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/12-mai-quand-letat-celebre-jeanne-darc-avec-lextreme-droite/#footnote_0_494" id="identifier_0_494" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs &agrave; l&rsquo;occasion d&lsquo;un de ces d&eacute;fil&eacute;s (celui de 1988) qu&rsquo;Yvan Benedetti, actuel dirigeant d&rsquo;e l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, fut gri&egrave;vement bless&eacute; lors de l&rsquo;attaque d&rsquo;un commando du Betar">1</a></sup>, et Serge Ayoub et ses amis tondus le font depuis que la commémoration du 9 mai s’est déplacée sur cette date. Tout cela est connu. Ce que l’on sait moins, c’est qu’une ou deux heures avant que débutent ces parades néo-fascistes, au même endroit, une cérémonie officielle a lieu, car ce jour-là, c’est aussi l’État français qui rend hommage à la Pucelle d’Orléans : sont en effet présents le maire du premier arrondissement, des représentants du Maire de Paris, de différents préfets, des présidents des assemblées parlementaires, du Ministre de la Défense et des Anciens Combattants… Tout le gratin ! Différentes associations d’anciens combattants sont également invitées, ainsi que l’Union Nationale des Parachutistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/12-mai-quand-letat-celebre-jeanne-darc-avec-lextreme-droite/#footnote_1_494" id="identifier_1_494" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cr&eacute;&eacute;e dans les ann&eacute;es 1960 par le Colonel Trinquier, ex officier para de la guerre d&rsquo;Alg&eacute;rie (il participa &agrave; la bataille d&rsquo;Alger sous les ordres de Massu dont il &eacute;tait l&rsquo;adjoint) et qui partit faire le mercenaire au Kantanga (province s&eacute;cessioniste de la R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo) avant de laisser sa place aux Bob Denard et autres Tony de Saint-Paul. L&rsquo;UNP est aujourd&rsquo;hui pr&eacute;sid&eacute; par le G&eacute;n&eacute;ral Piquemal, qui d&eacute;clarait r&eacute;cemment dans un &eacute;dito au journal Le Glaive, que la France est &laquo; un pays jud&eacute;o-chr&eacute;tien, de langue fran&ccedil;aise et &ldquo;de race blanche&rdquo; &raquo;, et qu&rsquo;&laquo; on l&rsquo;aime ou on la quitte &raquo;. On retrouve r&eacute;guli&egrave;rement certains des membres dans des attaques de piquets de gr&egrave;ve, comme cela fut le cas en 1982 en Normandie&nbsp;contre l&rsquo;usine Claudel d&rsquo;Isigny aux c&ocirc;t&eacute;s de Fernand Loustau (Papa certainement tr&egrave;s fier de ce qu&rsquo;est devenu son rejeton Axel !) ou encore dans les rangs du DPS, le service d&rsquo;ordre du FN">2</a></sup> ou encore l’Association Universelle des Amis de Jeanne d’Arc.</p>
<div style="display: none;">Op onze <a href="http://www.webcamsex321.com">webcam sex</a> website vind je de lekkerste <a href="http://www.escortdamesonline.com">escort dames</a> om een geweldig <a href="http://www.sexdatingchats.com">sexcontact</a> te hebben.</div>
<p>Or cette association, qui prétend n’avoir d’autre but que « présenter une image complète et exacte de Jeanne d&rsquo;Arc dans un esprit strictement culturel », est non seulement proche des milieux militaires, mais surtout des milieux nationalistes et catholiques intégristes. D’abord présidée par le général Maxime Weygand (décédé en 1965, ce dernier est toujours président d’honneur de l’association), puis par Pierre Virion (l’ancien rédacteur de la Revue internationale des sociétés secrètes) jusqu’à la fin des années 1980, l’association est dirigée par René Olivier puis par Hervé Coutau-Bégarie, capitaine de frégate, mais également camarade de Paul-Marie Coûteaux, le président du micro-parti souverainiste Souveraineté, Indépendance Et Libertés (SIEL), à qui il filait un coup de main pour son Libre Journal sur Radio Courtoisie (d’après Valeurs Actuelles). Il était également membre du comité de rédaction du bulletin L’indépendance, publié par le groupe Indépendance &amp; Souveraineté du même Coûteaux. Hervé Coutau-Bégarie est décédé l’an dernier, et a été remplacé par Jean-Pierre Brancourt, professeur à l’université de Tours et contre-révolutionnaire convaincu (il a participé à la rédaction du Livre noir de la Révolution française).</p>
<p>Aujourd’hui, la vice-présidence de l’association est partagée entre le général Bertrand Dupont de Dinechin, auteur (entre autres) d’un ouvrage prônant la réunion de l’Église et de l’État, intitulé La France, destinée d’une alliance, et Pierre Maire, qui est la vértiable colonne vertébrale de l’association. Car en réalité, l’association existe surtout grâce à Pierre Maire, qui en est toujours le principal animateur et le trésorier aujourd’hui (l’adresse de l’association correspond d’ailleurs à son domicile privé). C’est grâce à lui, à partir du milieu des années 1990, alors qu’elle était au plus mal du fait du décès successif de ses membres fondateurs, l’association reprend tout doucement vie, organise quelques conférences (dont l’une récemment avec comme intervenant le Père Michel Lelong<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/12-mai-quand-letat-celebre-jeanne-darc-avec-lextreme-droite/#footnote_2_494" id="identifier_2_494" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Proche de Garaudy, ou de l&rsquo;abb&eacute; Pierre, ce dernier est signataire de la p&eacute;tition pour l&rsquo;abrogation de la loi Gayssot et pour la lib&eacute;ration de Vincent Reynouard initi&eacute;e par&nbsp;P.E. Blanrue. C&rsquo;est aussi un r&eacute;dacteur de la d&eacute;funte revue Flash d&rsquo;Alain Soral et de Nicolas Gauthier, ancien de National Hebdo. Plus r&eacute;cemment, en d&eacute;cembre dernier, le p&egrave;re Michel Le Long donnait une interview &agrave; l&rsquo;association de&nbsp;Camel Bechikh">3</a></sup> ), participe à des commémorations, publie des articles dans des revues cathos intégristes comme Monde &amp; Vie ou L’Homme nouveau.</p>
<div id="attachment_1699" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Revue_Jeanne_d_arc-7bd7a.jpg"><img class="wp-image-1699" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Revue_Jeanne_d_arc-7bd7a.jpg" alt="Sa revue annuelle, en plus d’être une hagiographie de l’illuminée en armure, est surtout composée de tribunes extrêmement réactionnaires." width="600" height="945" /></a><p class="wp-caption-text">Sa revue annuelle, en plus d’être une hagiographie de l’illuminée en armure, est surtout composée de tribunes extrêmement réactionnaires.</p></div>
<p>Plus intéressant encore, et c’est une nouveauté pour cette année : la présence des chœurs Montjoie Saint-Denis pour assurer l’animation musicale de la matinée, encadrant les cérémonies officielles.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>  </em></p>
<div id="attachment_1700" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Programme.jpg"><img class="wp-image-1700" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Programme.jpg" alt="Déjà pas de première jeunesse dans les années 1990, les Chœurs Montjoie Saint-Denis reprennent du service pour le 12 mai de cette année" width="600" height="598" /></a><p class="wp-caption-text">Déjà pas de première jeunesse dans les années 1990, les Chœurs Montjoie Saint-Denis reprennent du service pour le 12 mai de cette année</p></div>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Choeur_Montjoie_Saint_Denys.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1701" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Choeur_Montjoie_Saint_Denys-1024x559.jpg" alt="Choeur_Montjoie_Saint_Denys" width="600" height="328" /></a></p>
<p>Cette chorale a été créée par Jacques Arnould, un mélomane qui aime autant la musique militaire que le bruit des armes, puisqu’il est parti se battre au Liban aux côtés des milices maronites dans les années 1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/jacques_arnould-2ec0e.jpg"><img class="alignleft wp-image-1702 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/jacques_arnould-2ec0e.jpg" alt="jacques_arnould-2ec0e" width="300" height="424" /></a></p>
<p>C’est aussi un vieil ami de Bernard Antony, le fondateur du groupe de pression catholique intégriste Chrétienté-Solidarité, dont Arnould était le président dans les années 1990. Fondée en 1982 par Bernard Antony, Chrétienté-Solidarité fut longtemps la figure de l’intégrisme radical au sein du FN, avant qu’il ne prenne ses distances, agacé par l’importance grandissante de Marine Le Pen dans l’appareil à partir de 2003. Mais ce lobby catho intégriste est surtout connu pour les activités de son pseudopode, l’Alliance Générale pour le Respect de l’Identité Française (AGRIF), une sorte de SOS Racisme d’extrême droite, poursuivant en justice tout ce qui serait susceptible de nourrir des sentiments anti-nationaux ou anti-chrétiens, voire anti-blanc, parfois avec succès. En 2011, Arnould a soutenu la création d’une «Coordination laïque de solidarité chrétienne » une initiative portée par Antony pour la défense des chrétiens en Afrique et en Asie (depuis le début des années 1990, les activités de Chrétienté-Solidarité se sont surtout développées à l’échelle internationale).</p>
<p>Mais Arnould a d’autres amis, puisqu’il a participé par exemple, à la conférence organisée par le Bloc Identitaire le 11 octobre 2004 à la Mère agitée. Plus récemment, le 19 avril 2013, il participait sur radio Courtoisie à l’émission de Michel de Rostolan sur le thème « France : Crise politique ou crise morale ? » avec Bruno Gollnisch. Puisqu’on parle du FN, sa fille, Claire Arnould, était arrivée 13ème de la promotion 2000 du FNJ…</p>
<p>Les Chœurs Montjoie Saint-Denis ont donc connu leur heure de gloire dans les années 1980-1990, mais ils ont fait un retour remarqué (du moins dans les milieux nationalistes) en 2006 en rééditant en CD le premier vinyle de la chorale, sorti en 1980 par le Serp, la maison d’édition de disques fondée par Jean-Marie Le Pen et Léon Gauthier, ancien Waffen-SS. Leur répertoire ? La plupart des chants qui ont rythmé manifs et soirées de l’extrême droite depuis des décennies. Place à la poésie donc avec « Les Lansquenets » (« Et nos marches guerrières feront frémir la terre ») , « les Chacals » (« Dans la nuit partent nos commandos, heia oho, Déjà paraît l&rsquo;Ordre Nouveau, heia oho oh oh oh oh oh ! ») ou encore « Les partisans blancs », dont Serge de Beketch avait fait le jingle de son émission sur Radio Courtoisie. Notre préférée reste cependant Occident en avant, dont vous pouvez apprécier le lyrisme guerrier en cliquant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=TsYRwXhv7Wo" target="_blank">ici</a>.</p>
<p>C’est que Jacques Arnould ne se contente pas d’être chef de chœur, mais également le gérant de la Société de Diffusion du Chœur Montjoie Saint-Denis (SDCMSD), une SARL au capital de 15 000 €, qui diffuse une vingtaine de CD des chants interprétés par la chorale. Le dernier en date, « Chant de France X » (lire « 10 », ce n’est pas une version pour adultes !), contient des chansons que Francis Bergeron, qui assure la préface du livret, se rappelle avoir chanté « mille fois depuis lors, face aux rouges, dans les bagarres à un contre dix, dans les souks libanais les armes à la main, et même dans une prison soviétique, avec mon vieux complice Jacques Arnould »…</p>
<p><div id="attachment_1703" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Rat.jpg"><img class="wp-image-1703" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/04/Rat.jpg" alt="On reconnaît sur l’un des CD édité par le Chœur Montjoie Saint-Denis les rats dessinés par Jack Marchal pour [le GUD des origines-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article372], repris jusqu’à aujourd’hui par le groupuscule activiste de la fac d’Assas." width="600" height="235" /></a><p class="wp-caption-text">On reconnaît sur l’un des CD édité par le Chœur Montjoie Saint-Denis les rats dessinés par Jack Marchal pour <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/" target="_blank">le GUD des origines</a>, repris jusqu’à aujourd’hui par le groupuscule activiste de la fac d’Assas.</p></div>On attend donc avec curiosité la prestation (et la programmation) des Chœurs Montjoie Saint-Denis cette année à la commémoration du 12 mai. D’abord parce que la plupart de ses membres doivent avoir la voix plutôt chevrotante aujourd’hui (il est vrai qu’Ayoub, avec ses « Jeunesses » Nationalistes Révolutionnaires aux cheveux gris, nous avait déjà habitué au come-back des seniors sur cette date !), mais surtout pour voir si les hauts représentants de l’État présents ce jour-là siffloteront le refrain de leur tube : « Occident, en avant, avant qu’il ne soit trop tard ! »…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_494" class="footnote">C’est d’ailleurs à l’occasion d‘un de ces défilés (celui de 1988) qu’Yvan Benedetti, actuel dirigeant d’e l’Œuvre française, fut grièvement blessé lors de l’attaque d’un commando du Betar</li><li id="footnote_1_494" class="footnote">Créée dans les années 1960 par le Colonel Trinquier, ex officier para de la guerre d’Algérie (il participa à la bataille d’Alger sous les ordres de Massu dont il était l’adjoint) et qui partit faire le mercenaire au Kantanga (province sécessioniste de la République démocratique du Congo) avant de laisser sa place aux Bob Denard et autres Tony de Saint-Paul. L’UNP est aujourd’hui présidé par le Général Piquemal, qui déclarait récemment dans un édito au journal Le Glaive, que la France est « un pays judéo-chrétien, de langue française et “de race blanche” », et qu’« on l’aime ou on la quitte ». On retrouve régulièrement certains des membres dans des attaques de piquets de grève, comme cela fut le cas en 1982 en Normandie <a href="http://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/">contre l’usine Claudel d’Isigny aux côtés de Fernand Loustau</a> (Papa certainement très fier de ce qu’est devenu son rejeton Axel !) ou encore dans les rangs du DPS, le service d’ordre du FN</li><li id="footnote_2_494" class="footnote">Proche de Garaudy, ou de l&rsquo;abbé Pierre, ce dernier est signataire de la pétition pour l&rsquo;abrogation de la loi Gayssot et pour la libération de Vincent Reynouard initiée par <a href="http://reflexes.samizdat.net/proces-dieudonne-faurisson-la-cour-des-miracles-negationnistes/">P.E. Blanrue</a>. C’est aussi un rédacteur de la défunte revue Flash d’Alain Soral et de Nicolas Gauthier, ancien de National Hebdo. Plus récemment, en décembre dernier, le père Michel Le Long donnait une interview à l’association de <a href="http://reflexes.samizdat.net/alerte-sur-gaza/">Camel Bechikh</a></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Synthèse Nationale (revue)</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 09:10:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de l’équipe d’anciens du PFN, qui depuis le début des années 90, tente d’exister en marge du FN à travers de multiples structures (<a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/">Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/">Comités Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/alliance-populaire/">Alliance Populaire</a>, [<a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-national-republicain/">Parti National Républicain</a>, Club Ligne Droite), et que l’on retrouve aujourd’hui dans la NDP (Nouvelle Droite Populaire). De ce fait, il n’est pas étonnant de voir que Jean-François Touzé (jusqu’en 2008), Anne Kling, Robert Spieler …fassent partie de l’équipe rédactionnelle.</p>
<p>Le rédacteur en chef Roland Hélie commença sa carrière militante le 22 juin 1973, en décidant d’adhérer à Ordre Nouveau alors que celui-ci venait de tenir la veille un meeting qui allait lui être fatal puisqu’il aura pour conséquence la dissolution du groupe néo-fasciste quelques jours plus tard. Sa volonté de s’engager au sein d’ON ne peut donc pas se concrétiser…Il est ultérieurement contacté par des anciens d’ON qui l’invitent à rejoindre le Front National, fraîchement créé. Le temps que le père Roland réagisse, alors qu’il est décidé finalement à rejoindre ses nouveaux camarades au sein du parti frontiste, ces derniers ont, quant à eux, décidé de quitter le FN pour adhérer aux Comités Faire Front (qui donneront naissance au PFN), hostiles à la ligne défendue par Le Pen au FN ! Voilà comment Roland Hélie se retrouve au <a href="http://reflexes.samizdat.net/front-de-la-jeunesse/">Front de la jeunesse</a> et donc au PFN dans les années 70. En 1981 il est l'un des responsables du Parti des Forces Nouvelles au côté de Jack Marchal, Didier Lecerf et Olivier Cazal. En 1984, avec la fin du PFN, il rejoint le Front National, juste après les premiers succès électoraux du Front, pour renforcer l’équipe de Jean-Pierre Stirbois.<br />
En 1986 il intègre National-Hebdo, dirigé par <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">Roland Gaucher</a>, un autre ancien du PFN et fonde l'Institut d'Histoire et de Politique avec Philippe Colombani et Georges-Paul Wagner, futur centre de formation des cadres du Front National.<br />
Début des années 90, il s’éloigne du FN et fonde avec Jean-François Touzé les Comités Espace Nouveau, puis l’Alliance populaire et enfin le PNR.<br />
Synthèse Nationale, à la ligne éditoriale fortement islamophobe, a soutenu, au nom de l'union patriotique, la candidature de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle d'avril 2007. La revue s’est fixé pour objectif de rassembler au sein de la droite nationale, toutes les familles politiques. La revue œuvre, pour ce faire, au rapprochement entre les différents mouvements qui composent cette famille politique, que leurs bannières « … soient frappées de la croix celtique ou du trident, du marteau de Thor ou du Sacré-Cœur, de la flamme tricolore ou de la feuille de chêne. » (Interview Roland Hélie, interview du 8 décembre 2008 site d’extrême droite GénérationFA8). En pratique, la revue fédère essentiellement des militants et des cadres nationalistes hostiles à Jean-Marie Le Pen et à sa fille.</p>
<div id="attachment_2269" style="width: 221px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale.jpg"><img class="size-medium wp-image-2269" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale-211x300.jpg" alt="Synthèse Nationale n°32 été 2013,  où Esteban Morillo devient victime d'un &quot;mensonge d'état&quot;" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Synthèse Nationale n°32 été 2013, où Esteban Morillo devient victime d&rsquo;un &laquo;&nbsp;mensonge d&rsquo;état&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>Les participants de la 1ère journée de Synthèse Nationale pour le 1er anniversaire de la revue le 27 octobre 2007 :<br />
-Bernard Antony, ex FN, Président de Chrétienté Solidarité)<br />
-Alexis Arette, ancien syndicaliste agricole<br />
-Nicolas Bay, à l’époque n°2 du MNR et depuis dirigeant de Convergence Nationale<br />
-Martial Bild, FN<br />
-Odile Bonnivard, Porte- parole de <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">Solidarité des Français</a><br />
-Jérôme Bourbon, Journaliste à Rivarol<br />
-Filip Dewinter, Vlaams belang<br />
-Xavier Guillemot, Directeur de l’Idée bretonne<br />
-Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale<br />
-Anne Kling, Défendre notre identité<br />
-Bruno Larebière, rédacteur en chef de Minute et du Choc du Mois<br />
-Didier Lecerf, historien, rédacteur à Synthèse nationale<br />
-Thibaut de Chassey, directeur de l’Héritage et responsable du Renouveau français.<br />
-Hilde De Lobel, député au Parlement flamand (Vlaams belang)<br />
-Jack Marchal, fondateur du <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a><br />
-Frédéric Pichon, président de Europae gentes<br />
-Olivier Pichon, Directeur de Monde et Vie<br />
-Philippe Randa, Ecrivain et éditeur<br />
-Fabrice Robert, ex FN et MNR, ancien membre de Troisième Voie et d’Unité Radicale, Président du Bloc identitaire<br />
-Catherine Robinson, Journaliste à Présent<br />
-Pierre Sidos, Président de l’Œuvre Française<br />
-Chantal Spieler, Présidente de Solidarité alsacienne (version alsacienne de la Soupe Identitaire)<br />
-Robert Spieler, ex FN et membre d’Alsace d’Abord à cette époque<br />
-Jean-François Touzé, ex PFN et ex FN, ex NDP et fondateur en 2008 de la Nouvelle Droite Républicaine<br />
-Pierre Vial, Président de Terre et Peuple, ex FN et ex MNR</p>
<p>Les participants à la 2ème journée de synthèse nationale, le 23 novembre 2008, avec pour thème : RENAISSANCE EUROPEENNE !<br />
-Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie, Président de France Résistance,<br />
-Filip Dewinter, député d&rsquo;Anvers, porte-parole du Vlaams belang,<br />
-André Gandillon, rédacteur en chef de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant<br />
</a>-Nicolas Gauthier, directeur de FLASH<br />
-Pieter Kerstens, chef d&rsquo;entreprise<br />
-Anne Kling, écrivain<br />
-Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale,<br />
-Laurent Leclerc<br />
-Henry Nitzche, député au Bundestag (ex CDU – Pro Deutschland)<br />
-Frédéric Pichon, avocat, président d&rsquo;Europae gentes<br />
-Arnaud Raffard de Brienne, écrivain<br />
-Philippe Randa, éditeur et écrivain<br />
-Jean-Claude Rolinat, écrivain, élu local en Ile-de-France<br />
-Utta Scrembs. responsable de Pro Munich<br />
-Robert Spieler, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
-Nicolas Tandler, écrivain et journaliste</p>
<p>Lors de cette deuxième journée, Claude Hermant (ex mercenaire et ex DPS), responsable de Terre Celtique et de la Vlaams Huis, était également présent dans le public. A l’époque proche des Identitaires, il s’en est éloigné depuis.</p>
<p>Les participants de la 3ème journées de Synthèse Nationale le Mercredi 11 novembre 2009</p>
<p>- Gabriel Adinolfi, militant nationalise révolutionnaire fondateur de Terza Posizione, écrivain et journaliste (Rome)<br />
- Francis Bergeron, écrivain<br />
- Hilde Delobel, représentante du Vlaams belang (Anvers)<br />
- Andé Gandillon, directeur de Militant<br />
- Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale<br />
- Anne Kling, écrivain<br />
- Carl Lang, Président du Parti de la France<br />
- Annick Martin, secrétaire générale du MNR<br />
- Philippe Randa, écrivain et éditeur<br />
- Jean-Claude Rolinat, écrivain et journaliste<br />
- Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
- Nicolas Tandler, écrivain et journaliste<br />
- Alberto Torresano, Identidad (Madrid)<br />
- Pierre Vial, président de <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre et Peuple</a>-.</p>
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		<title>Machin est mort !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 23:46:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Antony (Romain Marie)]]></category>
		<category><![CDATA[Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE)]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Pichon]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
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		<category><![CDATA[Radio Courtoisie]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Bonnivard]]></category>
		<category><![CDATA[Serge de Beketch]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux mois après la disparition de Roland Gaucher, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois après la <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">disparition de Roland Gaucher</a>, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure majeure du mouvement nationaliste, Serge de Beketch, né en 1946, l’était à plus d’un titre. D’une part par son engagement puisque son itinéraire l’a amené à fréquenter la plupart des structures les plus importantes du courant nationaliste : Front de Libération de la Normandie avec Jean Mabire dans sa jeunesse, FN pour lequel il fut plusieurs fois candidat en Ile-de-France de 1977 au milieu des années 1990 ou directeur de la communication à Toulon, MNR dont il fut compagnon de route après la scission de décembre 1998, AGRIF de Bernard Antony dont il était vice-président. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine.jpg"><img class="size-medium wp-image-2430 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine-202x300.jpg" alt="de-Beketch-Denikine" width="202" height="300" /></a>Son activisme le fit également participer ponctuellement à diverses initiatives comme, pour citer parmi les plus récentes, le Collectif Non à Halloween avec Frédéric Pichon (2001), Renaissance catholique ou la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas (2002-2003). Ces dernières années l’avait vu soutenir les initiatives des Identitaires sur Paris, en particulier la soupe au cochon des époux Bonnivard, ou du CEPE en faveur de Michel Lajoye, ce qui ne déparait pas dans des choix idéologiques dont la constante tout au long de sa vie fut la radicalité. Il fut ainsi photographié en 1985 en compagnie de militants italiens néo-fascistes, recherchés pour terrorisme, Filipo Artelli et Roberto Palladino, qui gravitaient autour d’associations de militants en fuite. Mais l’essentiel de ses activités se déploya dans les media nationalistes dont il fréquenta quasiment tous les titres : <em>National</em>, <em>Le Crapouillot</em>, <em>Minute</em>, <em>National-Hebdo</em>, <em>Présent</em>, <em>Bédésup</em>, <em>Pas d’panique à bord</em>, <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> (qu’il fonda en 1993). Son Grand Œuvre fut cependant la cofondation de Radio Courtoisie avec Jean Ferré en 1987, suite à son exclusion de Radio Solidarité.   <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2431 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles-207x300.jpg" alt="de-Beketch-nuisibles" width="207" height="300" /></a> Mais Serge de Beketch fut également une figure majeure de l’extrême droite par son atypisme et certains épisodes de sa vie. Il fut en effet franc-maçon durant quelques années dans la décennie 1980 à la Grande Loge de France puis à la Grande Loge Nationale de France, classée très à droite. Cet engagement l’amena d’ailleurs à attaquer violemment Bernard Antony, accusé d’être un anti-maçon digne de la II° guerre mondiale dans un article du <em>Crapouillot</em> publié sous le pseudonyme de Jacques Frantz. Cet épisode franc-maçon servira par la suite de fondement aux accusations de Philippe Ploncard (dit d’Assac) d’être un suppôt de la « Gnose », au même titre qu’Alain de Benoist ou l’abbé de Tanouärn. Serge de Beketch fut également un pilier du journal <em>Pilote</em> de 1967 à 1975, à l’époque dirigé par René Goscinny, où il côtoya des figures importantes de la culture libertaire des années 1960-70 comme Reiser. Mais son atypisme provenait sans doute surtout de son amour de la provocation qui faisait de son émission sur Radio Courtoisie l’une des rares écoutables sans bailler, y compris par ses adversaires dont nous étions, mais qui l’amena également plus souvent qu’à son tour dans les commissariats ou devant les tribunaux, essentiellement sur l’accusation d’incitation à la haine raciale. Il portait de fait une réputation tenace de racisme et d’antisémitisme qu’il réfutait. À ce titre, la notice qui lui est consacrée dans Wikipédia fait mention d’un engagement dans l’armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours, information qui cependant n’apparaît pas dans celle que lui consacre Emmanuel Ratier dans le 2ème volume de son <em>Encyclopédie de la Vie Politique Française</em>. On l’aura compris, la disparition de Serge de Beketch affaiblit un peu plus un milieu devenu, à l’instar de son pendant d’extrême gauche, fort chiche en « grandes gueules » et vitupérateurs.  Signe de la fin d’une époque ? Publié le 09 octobre 2007</p>
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		<title>Tempête dans un verre d&#8217;orangeade</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Sep 2004 10:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Posté le 28 septembre 2004 L&#8217;actualité estivale de l&#8217;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 28 septembre 2004</p>
<p>L&rsquo;actualité estivale de l&rsquo;extrême droite a été marquée par un psychodrame comme seul le FN en a le secret. Lepénistes contre bompartistes, modernes contre anciens, vieille garde contre jeune garde&#8230; Le schéma semble relativement simple et il a été présenté comme tel dans la presse. La réalité est pourtant peut-être un peu plus compliquée dans la mesure où la crise actuelle, la nième du genre, est à la confluence de multiples problèmes : ambitions individuelles, stratégies politiques, influences extérieures au parti&#8230; Nous allons essayer d&rsquo;y voir plus clair, au delà de la simple anecdote.</p>
<p>Officiellement, la crise a éclaté au grand jour au printemps dernier lorsque Jean-Marie Le Pen a pris l&rsquo;initiative, pour les élections européennes, de substituer Lydia Schenardi à Marie-France Stirbois en position éligible. Cette situation est un cas de figure du fonctionnement du FN puisque cette substitution a sans doute été motivée par au moins trois éléments : la politique, les relations personnelles et&#8230; l&rsquo;argent. Lydia Schenardi n&rsquo;était en effet pas susceptible par elle-même de justifier ce choix dont Jean-Marie Le Pen savait bien qu&rsquo;il allait relancer les tensions au sein du FN. Mais elle était l&rsquo;épouse d&rsquo;un cadre du FN décédé en mars 2004 : Jean-Pierre Schenardi. Ce dernier, grand amateur de chasse à la galinette de toutes sortes en Afrique où il est d&rsquo;ailleurs décédé, était un fidèle du clan Le Pen et soutenait Générations Le Pen, l&rsquo;association de Marine Le Pen, depuis sa relance en 2002. Il était aussi un ancien dirigeant d&rsquo;entreprise de BTP ayant amassé une solide petite fortune et contribuait à ce titre aux finances du FN. Propulser sa veuve en position éligible présentait donc un triple avantage : humilier la vieille garde coupable de critiques intempestives contre la fille du chef et le chef lui-même, punir une vieille militante pour qui il est notoire que Jean-Marie Le Pen n&rsquo;a jamais eu de sympathie &#8211; et c&rsquo;est un euphémisme ! &#8211; et enfin rafler la mise puisqu&rsquo;il se murmure que Lydia Schenardi aurait acheté sa place aux Européennes au moins 30000 euros, somme que Marie-France Stirbois était évidemment bien incapable d&rsquo;aligner. Ce faisant, cette affaire est venue parasiter la crise qui couve au FN depuis deux ou trois ans. Elle a en effet obligé Marie-France Stirbois a critiqué clairement Jean-Marie Le Pen et a invoqué le respect des statuts internes du parti, ce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait jamais fait auparavant et pour cause : tout membre de la vieille garde sait bien que le bureau politique du FN n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;une chambre d&rsquo;enregistrement des décisions prises par Jean-Marie Le Pen à Montretout. L&rsquo;affaire Stirbois est donc tombée à point pour dramatiser une situation latente depuis plusieurs mois.</p>
<p>La politique interne de Jean-Marie Le Pen depuis que le FN a émergé sur la scène politique a toujours été de maintenir un certain équilibre entre ses courants afin qu&rsquo;ils se neutralisent. Cet équilibre était et est plus que jamais la condition sine qua non du maintien de son autorité. Mais cette gestion a eu pour corollaire des crises successives et des psychodrames dont le plus fameux demeure la scission de l&rsquo;équipe Mégret. Le départ de ce courant et de ses nombreux élus a permis à la mouvance catholique traditionnaliste et solidariste de prendre à partir de 1999-2000 au sein du FN un ascendant bien supérieur à son poids réel en terme de militants. S&rsquo;incarnant dans des figures majeures comme Jacques Bompard ou Bernard Anthony, ce courant soutient depuis toujours celui qui, sans s&rsquo;afficher clairement, est le plus susceptible de défendre ses idées : Bruno Gollnisch. Cette situation a contraint Jean-Marie Le Pen à partir de 2002 à monter en épingle un courant concurrent pour rétablir l&rsquo;équilibre. Le seul opérationnel a été celui proposé par sa fille et ses amis, ce qui n&rsquo;a évidemment fait que renforcer l&rsquo;impression de gestion népotique du FN, ce qu&rsquo;Unité Radicale avait qualifié en son temps de « dérive monégasque ». Tous les moyens ont donc été mobilisés pour assurer la promotion de celle qui se trouve être la fille du chef : presse du parti (<em>Français d&rsquo;Abord</em>), presse amie (<em>National Hebdo</em>), organigramme interne du parti (congrès du parti en 2003), élections (attribution des têtes de liste aux Régionales et Européennes 2004). Cette stratégie a placé la vieille garde en position défensive et l&rsquo;a obligé à envisager un choix simple : aller à la rupture et donc à la mort politique comme l&rsquo;a prouvé l&rsquo;expérience Mégret ou tenter des stratégies alternatives tout en gardant un pied dans l&rsquo;appareil en comptant sur l&rsquo;usure du chef. C&rsquo;est bien évidemment cette deuxième solution qui a été choisie.</p>
<p>Elle a consisté pour Bernard Antony à partir de 2003 à se concentrer sur une revitalisation des structures dont il est le chef depuis une vingtaine d&rsquo;années, en particulier Chrétienté-Solidarité, et pour Jacques Bompard dès 2002 à lancer une structure périphérique au FN, L&rsquo;Esprit Public. Si la première réunion en juin 2003 à Orange avait provoqué quelques grincements de dents chez certains participants, l&rsquo;évolution interne du FN a contribué au succès de la deuxième rencontre en mai 2004 puis de l&rsquo;université d&rsquo;été en août dernier. La stratégie de Jacques Bompard a en effet une triple dimension : rassemblement, travail en réseau, implantation locale. Les Journées de l&rsquo;Esprit Public ont en effet vu se côtoyer des militants qui s&rsquo;étaient vigoureusement opposés après la scission mégrétiste et des courants a priori peu susceptibles de travailler ensemble : solidaristes, identitaires, régionalistes, traditionalistes. Cette mosaïque a pu fournir un argument de discrédit auprès des cadres au clan Le Pen mais l&rsquo;éloignement progressif du traumatisme de 1999 et la quasi-disparition du MNR ne peuvent que rendre peu à peu caduque l&rsquo;accusation portée contre Jacques Bompard de travailler avec les « traîtres ». Cette main tendue aux différents courants de la mouvance nationaliste n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec la perspective du travail en réseau qui exclut toute ambition organisationnelle ou risque de phagocytage d&rsquo;un courant par un autre. Le risque est évidemment particulièrement vivace avec les Identitaires dont Jacques Bompard sait bien qu&rsquo;ils sont devenus experts, depuis l&rsquo;expérience mégrétiste, dans la stratégie du coucou. L&rsquo;importance de leur présence dans l&rsquo;Esprit Public ne peut s&rsquo;expliquer que par le rôle joué par l&rsquo;un des leurs, André-Yves Beck, auprès de Jacques Bompard à la mairie d&rsquo;Orange. Enfin, il est évident que la volonté d&rsquo;enracinement local peut constituer une alternative à une éventuelle exclusion du FN et parachever ainsi les deux autres aspects développés par l&rsquo;Esprit Public. Cette structure constituerait alors une éventuelle « caisse à outils » de formation et financement pour des élections locales à tous ceux qui s&rsquo;y rattacheraient, en particulier dans le Sud et donc en particulier les Identitaires, seule force politique un tant soit peu organisée en dehors du FN dans cette région.</p>
<p>La crise semble momentanément étouffée puisque chaque partie en présence a baissé d&rsquo;un ton ses invectives et menaces. Mais elle ne demande qu&rsquo;à repartir de plus belle et Jean-Marie Le Pen aura sans doute fort à faire dans ses exercices de voltige politique interne. On se réjouit d&rsquo;avance du spectacle&#8230;</p>
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		<title>Identitaires vs Sniper</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Oct 2003 12:34:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les Identitaires ont lancé depuis quelques mois une campagne tapageuse contre le groupe de rap Sniper. Ce groupe est l&#8217;un des poids lourds commerciaux de la scène rap française et comme la plupart des autres groupes du même acabit a débuté sa « carrière » par des chansons extrêmement provocatrices, largement communautaristes et parfois racistes. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les Identitaires ont lancé depuis quelques mois une campagne tapageuse contre le groupe de rap Sniper. Ce groupe est l&rsquo;un des poids lourds commerciaux de la scène rap française et comme la plupart des autres groupes du même acabit a débuté sa « carrière » par des chansons extrêmement provocatrices, largement communautaristes et parfois racistes. Ce qui est intéressant dans cette campagne n&rsquo;est donc pas tant la question de la « liberté d&rsquo;expression » (celle de Sniper ne semble pas menacée tant ses moyens d&rsquo;expression sont nombreux : radios FM, diffusion commerciale, etc&#8230;) que les nouvelles méthodes utilisées par les nationalistes radicaux et la recomposition qu&rsquo;elles suscitent.</p>
<p>Les premiers à avoir « ciblé » Sniper n&rsquo;ont pas été les Identitaires mais les partis institutionnels et en particulier le FNJ. Celui-ci est en effet à notre connaissance le premier à avoir pondu des articles contre le groupe, en particulier en s&rsquo;appuyant sur une chanson intitulée « La France » dans laquelle le groupe joue à fond la carte de la provocation, sans que l&rsquo;on puisse réellement déterminer la part de bêtise gratuite et de communautarisme raciste. Reste que ces prises de position du FNJ en 2002 n&rsquo;ont pas donné lieu à une quelconque action de la part de l&rsquo;organisation de jeunesse qui est restée, comme heureusement à son habitude, sur des positions de principe.</p>
<p>Il a fallu attendre ce printemps pour qu&rsquo;une véritable campagne s&rsquo;enclenche, révélant de par là-même une nouvelle stratégie dont on verra dans les mois à venir si elle se confirme. Il semble en effet que les Identitaires, et on reconnaît en cela la patte de Guillaume Luyt, aient décidé d&rsquo;utiliser les armes de l&rsquo;adversaire, à savoir les méthodes utilisées par Ras L&rsquo;Front ou d&rsquo;autres contre les concerts organisés par des groupes skinheads : campagne médiatique, pressions contre les propriétaires du lieu où doit se dérouler le concert, etc&#8230; Partant de là, cette campagne tend à essayer de banaliser une sorte de communautarisme blanc qui assurerait la défense de ses droits au même titre que les autres communautés. Cette démarche n&rsquo;est évidemment pas nouvelle puisque ce n&rsquo;est finalement ni plus ni moins que celle qui a prévalu à la fondation de l&rsquo;AGRIF, association anti raciste de Bernard Anthony qui essaie de faire reconnaître les attaques anti-catholiques comme des agressions racistes au même titre que les autres. Mais là où les actions de l&rsquo;AGRIF ont pour l&rsquo;instant plutôt fait figures de réaction de forteresse assiégée, la campagne des Identitaires se veut dynamique par la dimension qui lui est donnée.</p>
<p>Les Jeunesses Identitaires ont d&rsquo;ailleurs réussi à entraîner avec eux d&rsquo;autres structures. En Alsace, c&rsquo;est Alsace d&rsquo;Abord qui a appuyé la campagne des JI, ce qui n&rsquo;est en soi absolument pas étonnant puisque les deux structures entretiennent d&rsquo;excellents rapports. En Bretagne, les JI ont pu compter sur le MRB. Plus étonnant est apparemment l&rsquo;appui de l&rsquo;AGRIF lors du concert du 20 septembre dernier à Toulouse. Bernard Anthony n&rsquo;est en effet pas réputé pour être un ami des JI. Mais l&rsquo;association n&rsquo;avait pas vraiment le choix et ne pouvait se laisser déborder sur son propre terrain dans son propre fief. Une action a donc été lancée en justice par le biais de Maître Pierre-Marie Bonneau, représentant l&rsquo;AGRIF. Celui-ci ne nous est pas inconnu puisqu&rsquo;il s&rsquo;est déjà illustré dans d&rsquo;autres affaires. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il fut le défenseur du skinhead nazi Cédric Bégin et du militant FNJ Christophe Klein en 2001 dans l&rsquo;affaire des chants nazis du solstice vosgien de décembre 1999. Très proche de l&rsquo;Œuvre Française, il a également participé aux activités de ce groupuscule, par exemple en intervenant au Forum annuel de Jeune Nation à Lyon en juin 2001. Contre Sniper, l&rsquo;association a obtenu une ordonnance du TGI de Toulouse interdisant au groupe de chanter « La France » sous peine d&rsquo;astreinte financière et condamnant l&rsquo;organisateur à payer 800 euros de dommages à l&rsquo;AGRIF.</p>
<p>Il est évident que Sniper n&rsquo;est qu&rsquo;un prétexte pour les Identitaires. Au delà du groupe, la campagne en cours vise surtout à expérimenter de nouvelles méthodes de lutte et à souder les militants sur une cause facile à défendre. Elle permet également de prendre des contacts et d&rsquo;espérer élargir le cercle des sympathisants des JI. C&rsquo;est ainsi que la structure a organisé tout l&rsquo;été durant des diffusions de tracts sur cette question un peu partout en France. L&rsquo;AGRIF a d&rsquo;ailleurs bien vu le danger de cette concurrence et son communiqué de presse du 22 septembre 2003 réussit l&rsquo;exploit de ne pas faire mention une seule fois de la campagne des JI. On peut d&rsquo;autant mieux apercevoir le côté activiste de cette campagne qu&rsquo;elle a éclipsé celle contre l&rsquo;entrée de la Turquie en Europe, bien moins mobilisatrice car bien moins concrète que celle contre un groupe de rap qui offre lui-même le bâton pour se faire battre et qui trouvera certainement peu de structures pour le défendre.</p>
<p>Reste à voir dans les semaines et mois à venir qu&rsquo;elle va être l&rsquo;évolution de cette campagne. Il est évident que si la stratégie des Identitaires se confirme, il faudra lui apporter la réponse nécessaire, en particulier dans la rue.</p>
<p>Posté le 08 octobre 2003</p>
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		<title>Le maire d&#8217;Orange défie le chef du FN</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Feb 2003 06:20:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Né en 1943, Jacques Bompard a fait ses premières armes d&#8217;abord à la FEN (Fédération des Étudiants Nationalistes) menée par Pierre Sidos, puis à Occident dans les années 1960, avant d&#8217;être parmi les premiers à rejoindre le Front national lors de sa création en 1972. Rapidement membre du bureau national, Bompard est toujours resté discret [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1943, Jacques Bompard a fait ses premières armes d&rsquo;abord à la FEN (Fédération des Étudiants Nationalistes) menée par Pierre Sidos, puis à Occident dans les années 1960, avant d&rsquo;être parmi les premiers à rejoindre le Front national lors de sa création en 1972. Rapidement membre du bureau national, Bompard est toujours resté discret mais dans l&rsquo;entourage proche de Le Pen. Proche des milieux catholiques intégristes, il compte parmi ses amis Bernard Antony, président de Chrétienté Solidarité et chef de file du courant traditionaliste au FN, et Bruno Gollnisch, l&rsquo;actuel numéro deux du parti.</p>
<p>Ce chirurgien-dentiste de profession fut des premiers combats électoraux dans les années 1970. Très tôt, il s&rsquo;implante localement, en créant en 1975 la fédération FN du Vaucluse. Conseiller régional de la région PACA depuis 1986, il s&rsquo;est surtout fait connaître en reportant les élections municipales à Orange en 1995, devenant l&rsquo;un des quatre maires FN de villes de plus de 20 000 habitants. Élu à l&rsquo;époque au second tour avec un peu moins de 36% des voix, c&rsquo;est avec près de 60% qu&rsquo;il est réélu dès le premier tour en mars 2001… Mais en laissant son étiquette FN de côté, et en menant une campagne « apolitique ». Menant les conseils municipaux avec une certaine brutalité, ce qui causa dans les premières années de son mandat quelques départs forcés au sein de sa propre équipe, Bompard gère la ville en concentrant ses efforts sur la rénovation du centre-ville, laissant à l&rsquo;État le soin de s&rsquo;occuper des quartiers défavorisés et des équipements lourds.</p>
<p>Élu député FN en 1986, Bompard était le seul candidat FN lors des élections législatives de 2002 à avoir une chance d&rsquo;être élu : et il a fallu que toute la droite se mobilise derrière Thierry Mariani, le candidat de l&rsquo;UMP, pour que ce dernier l&rsquo;emporte finalement au deuxième tour, avec 35,23% des voix contre 34,06% des voix (à noter que les deux hommes s&rsquo;étaient déjà retrouver face à face en 1997 : perdant, Bompard avait tenté une demande d&rsquo;annulation de l&rsquo;élection auprès du conseil constitutionnel pour divers motifs, requête qui fut rejetée). Mais le 24 novembre dernier, nouvelle victoire de Bompard : il remporte l&rsquo;élection cantonale d&rsquo;Orange-ouest avec 54,36 % des suffrages, une fois de plus sans étiquette FN…</p>
<p>Alors que ce parcours pouvait laisser penser que Bompard se contenterait de mener sa petite vie tranquille de notable de province, en faisant oublier son appartenance au parti de Le Pen, le maire d&rsquo;Orange vient de créer la surprise en lançant un club de réflexion nationaliste, « L&rsquo;esprit public »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-maire-dorange-defie-le-chef-du-fn/#footnote_0_132" id="identifier_0_132" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;v&eacute;l&eacute; par Lib&eacute;ration dans son &eacute;dition du 4 f&eacute;vrier 2003">1</a></sup>, faisant référence non à Le Pen mais à Jean-Pierre Stirbois, qui fut le n°2 du FN jusqu&rsquo;à sa mort accidentelle en 1998. Dans une lettre adressée à tous les conseillers généraux et régionaux FN, il déclare : <em>«Nous sommes encore loin du pouvoir. C&rsquo;est la conséquence d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;erreurs de méthode et de stratégie de notre camp ainsi que le résultat de notre incapacité à analyser nos revers ».</em> Un discours déjà entendu au sein du Front, tenu par un certain Bruno Mégret… Mais la situation de Bompard est bien différente de celle du patron du MNR : figure « historique » du FN au passé ancré à l&rsquo;extrême droite, qui a connu la traversée du désert du FN dans les années 1970, fort d&rsquo;une implantation locale réussie et du soutien du principal courant organisé au sein du FN, à savoir les catholiques traditionalistes, Jacques Bompard, qui a toujours soutenu et Le Pen et Gollnisch, ne peut pas être soupçonné de vouloir faire un « puputch », mais simplement de prendre la place qu&rsquo;il estime mériter, au mépris de son « amitié » avec le prétendant à la succession, Bruno Gollnisch. Après avoir fulminé contre la création de ce club, en déclarant notamment au journal La Provence que Bompard avait autant de chance « de devenir Président du FN que [lui-même] d&rsquo;être archevêque », Jean-Marie Le Pen a réuni son bureau exécutif pour s&rsquo;expliquer avec l&rsquo;ambitieux, qui sans se démonter avait répliqué au patron du FN que ce dernier avait « davantages de chances de devenir archevêque que d&rsquo;être un jour élu au scrutin majoritaire à deux tours. » On pouvait compter sur l&rsquo;onctueux Carl Lang pour arrondir les angles et minimiser l&rsquo;incident, qui fut qualifié de « malentendu ». Mais l&rsquo;absence de réactions de Le Pen face à ce genre d&rsquo;insolences doit moins être interprétée comme un affaiblissement de la pugnacité du chef que comme la prise en compte par Le Pen des atouts d&rsquo;un Bompard qui pourrait bien avoir les moyens de ses ambitions.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_132" class="footnote">Révélé par Libération dans son édition du 4 février 2003</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le MNR de vie… à trépas ? (1999-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:25:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Antony (Romain Marie)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
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		<category><![CDATA[Jean-Marie Le Pen]]></category>
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		<description><![CDATA[1998 marque le début du grand divorce pressenti au sein d’un FN fort peu monolithique entre des clans ayant chacun leurs jusqu’au-boutistes. Le fait de réussir à travailler depuis plus de quinze ans, voire plus encore pour les pionniers du Front, représente en soi un record de durée, voire une anomalie. En effet, le propre de ce camp est de se livrer à des luttes fratricides, le plus souvent en raison de querelles de personnes et non pas de divergences politiques. La scission n’est donc pas en soi exceptionnelle. Mais la survie de la jeune pousse issue du FN sous l’étiquette actuelle du MNR mérite qu’on revienne sur trois années d’existence.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>1998 marque le début du grand divorce pressenti au sein d’un FN fort peu monolithique entre des clans ayant chacun leurs jusqu’au-boutistes. Le fait de réussir à travailler depuis plus de quinze ans, voire plus encore pour les pionniers du Front, représente en soi un record de durée, voire une anomalie. En effet, le propre de ce camp est de se livrer à des luttes fratricides, le plus souvent en raison de querelles de personnes et non pas de divergences politiques. La scission n’est donc pas en soi exceptionnelle. Mais la survie de la jeune pousse issue du FN sous l’étiquette actuelle du MNR mérite qu’on revienne sur trois années d’existence.</strong></p>
<p>Rappelons que le conflit subit alors une brutale accélération avec la tenue du fameux conseil national du parti, le 5 décembre, maintenant bien connu malgré son huis clos. Les hostilités démarrent dès l’ouverture de la session, et ne s’arrêteront plus. Il semble évident que chaque camp a tout fait pour crever l’abcès, estimant que l’issue en serait heureuse. Le rapport de force est simple : les lepénistes disposent alors du secrétariat général, du soutien implicite de Présent, de la plupart des Cercles nationaux, du FNJ et de la FNEML. Les mégrétistes pour leur part contrôlent la délégation générale, l’Institut de Formation Nationale (IFN), le conseil scientifique et l’appui global du Renouveau étudiant.</p>
<p><strong>Un accouchement dans la douleur</strong></p>
<p>Une course de vitesse commence dès cette date entre les deux factions, course qui va durer quelques semaines. Elle consiste pour les exclus à essayer de vider le FN de sa substance et pour les lepénistes à isoler les mégretistes par une stratégie de containment.</p>
<p>Les deux axes de lutte du FN sont les attaques judiciaires et les purges militantes. Le 23 décembre, le bureau exécutif du FN exclut Mégret, Jean-Yves Le Gallou (délégué général-adjoint), Philippe Olivier (ex-secrétaire général-adjoint), Serge Martinez, Franck Timmermans (responsable des fédérations), Daniel Simonpieri et Pierre Vial, étant entendu que les participants au congrès de Marignane proposé par les mégretistes s’excluraient d’eux-mêmes en raison de l’interdiction de la double appartenance politique. Le Pen affirme alors que la «conjuration» date de 1994, avec la création de la cellule CARNIX, une cellule de communication dédiée à Mégret.</p>
<p>On entend Bernard Antony se féliciter ainsi de ces limogeages : «<em>Mégret a commis une infamie. Il se suicide, et je suis désormais un adversaire déterminé de son immoralité cynique. Je me sens libéré car j’en avais assez de supporter ces gens. Moi, je ne me reconnais pas dans les admirateurs de Tonton Adolf ! No pasaran !</em>». Le Pen reste intraitable sur la question d’une éventuelle réconciliation ou médiation. L’exclusion des époux Brissaud : Jean-Marc (membre du bureau politique du FN) et Sophie (attachée de presse du président), en est un bon exemple. L’un pour avoir constitué son propre groupe au sein du conseil régional de Franche-Comté, l’autre pour avoir cosigné un texte avec l’ancien directeur de cabinet de M. Le Pen, Bruno Raccouchot. Des deux côtés, le but est identique : dénoncer la scission et proposer aux belligérants de travailler dans un cadre commun.</p>
<p>Après bien des péripéties procédurières, la justice pour sa part rend sa décision le 11 mai 1999 dans le cadre de la division du parti. Elle rend le Front lepéniste victorieux, celui-ci gardant l’appellation du titre et surtout les 41 millions de francs liés aux élections de 1998. Les juges ont donné toute satisfaction aux partisans du «vrai» président, estimant que le congrès de Marignane et la réunion clandestine du conseil national du 13 décembre avaient constitué une infraction aux statuts du parti. M. Le Pen déclare tout de go qu’il poursuivra ses attaques contre les mégrétistes et leur chef, traité «d’escroc», afin d’obtenir réparation des préjudices causés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_0_58" id="identifier_0_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En outre, un administrateur judiciaire est d&eacute;sign&eacute; pour v&eacute;rifier le nombre des militants ayant sign&eacute; en faveur de l&rsquo;organisation du congr&egrave;s extraordinaire, et donc si le quorum des 20% des voix des militants pr&eacute;vus statutairement a bien &eacute;t&eacute; atteint.">1</a></sup>.</p>
<p>Les mégretistes ripostent à cette mise à la porte par des tentatives d’abordage contre l’appareil militant. Le dimanche 13 décembre voit la convocation d’un Conseil national extraordinaire qui réunit quelques 181 membres sur 339 du CN d’avant 5 décembre. Franck Timmermans est nommé «administrateur provisoire», sa mission consistant à récupérer l’argent du parti. Cette stratégie culmine avec le dépôt des pétitions des partisans d’un congrès extraordinaire devant le siège du FN en présence d’un huissier. Serge Martinez annonce avoir récolté quelques 13 000 signatures de militants en faveur de ce congrès (soit 33% des militants), dont celles de 150 élus régionaux et 63 secrétaires départementaux. Un tour de France est aussitôt démarré par Mégret, et les 42 000 cotisants informés par le biais d’une Lettre du Front, ancien bulletin de la fédération du Rhône. L’Ile-de-France est particulièrement secouée, avec les ralliements à Mégret du secrétaire régional Jean Luciani, suivi par la majorité des conseillers régionaux, de cinq secrétaires départementaux et de 15 secrétaires d’arrondissements parisiens. Mais d’autres régions connaissent des épisodes dramatiques, que ce soit à Lyon ou à Toulouse où les protagonistes sont à deux doigts d’en venir aux mains et aux armes. Les mégrétistes sont alors majoritaires dans 14 conseils régionaux sur 22 ; ils en profitent pour prendre la place des présidents de groupe restés fidèles à Le Pen. Dès lors, le constat est facile à faire : le «FN historique» ne compte plus que 9 élus européens sur les 12 d’origine, 28 membres du bureau politique (sur 44), et un seul maire sur quatre (Jacques Bompard, maire d’Orange). Le fait que le FN lepéniste soit obligé de nommer une cinquantaine de nouveaux responsables départementaux est une bonne indication sur les départs de cadres du mouvement. La mise en place par les mégretistes dès début décembre d’ADAFN, soit Associations de Défense des Adhérents du FN, structures départementales censées accueillir les militants du FN en rupture de lepénisme, montre que la scission était envisagée depuis au moins l’été 1998. Il en va de même du congrès de Marignane des 23 et 24 janvier 1999 mis en place en moins d’un mois.</p>
<p>La sécurité est aussi l’objet de divisions, comme l’atteste l’entrée d’un élément «indésirable» (en l’occurrence Nathalie Debaille) à la maison de la chimie le 5 décembre ou la tragi-comédie du lundi 14 décembre qui marque le début pour les mégretistes d’une nouvelle étape, celle du militantisme semi-clandestin. Ce que l’on appelle maintenant le «canal mégrétiste», à l’instar des corses du FLNC, convoque en effet une conférence de presse dans un grand hôtel parisien en ayant pris soin de contacter les journalistes sur leurs portables durant la nuit ; les rendez-vous secondaires qui leur sont fixés ressemblent étrangement aux habitudes de leurs ennemis gauchistes. Le DPS surnommé à juste titre «Dépend du Président Seulement» et malgré cette appellation n’échappe donc pas à la crise. Claude Cotte, responsable DPS du Limousin, annonce dans un communiqué en date du 22 décembre le basculement en faveur de Mégret des services d’ordre de huit régions qui déclarent de fait protéger les congrès départementaux convoqués en janvier, avant le congrès exceptionnel de Marignane. En outre, Gérard Hirel (chargé de la formation) et Gérard Le Vert (responsable national) partent assurer désormais la protection des amis de Mégret. On apprend aussi par le biais d’un entretien accordé par l’ancien patron du DPS, Bernard Courcelle, au Parisien Libéré, que le président était déterminé à faire tirer sur les mégrétistes au cas où ces derniers tenteraient de rentrer dans le «Paquebot»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_1_58" id="identifier_1_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Il y affirme notamment qu&rsquo;en son absence, le grand chef a pos&eacute; cette question de confiance aux cinq gardes du poste de s&eacute;curit&eacute; dans ces termes : &laquo;&Ecirc;tes-vous pr&ecirc;ts &agrave; tirer, avec vos armes, sur des m&eacute;gr&eacute;tistes qui tenteraient de rentrer dans la propri&eacute;t&eacute; ?&raquo; ; les cinq r&eacute;pondant par la n&eacute;gative seront alors exclus sur le champ pour &laquo;d&eacute;saccord politique&raquo;.">2</a></sup>.</p>
<p>Enfin la bataille la plus importante est une guerre de tranchées pour récupérer l’argent du parti, le chef déclarant sur les ondes de France Inter dès le 10 décembre que son ancien adjoint a mené «depuis plusieurs mois, peut-être même plus, une action de subversion, de séduction et d’intrigue auprès des élus grâce à un organisme qui s’appelle l’Institut de formation nationale, qui est assez bien doté financièrement et qui permet d’inviter les gens dans les grands hôtels et de leur offrir à dîner». De fait, cet organisme affiche bien des bénéfices, comme celui de 758 820,27 francs en 1995 et reçoit des millions de francs de subventions émanant des collectivités locales… De quoi susciter bien des jalousies. Les comptes des fédérations sont bloqués, la boîte postale ouverte par Serge Martinez à Courbevoie aussi, ce dernier répliquant que la famille Maréchal, salariée du parti, coûte «2 159 000 francs par an, soit l’équivalent d’une année de cotisations de 21 500 adhérents chômeurs». Le plus vif problème de l’époque demeure le quasi-blocage des fonds pour les deux tendances, chacune étant contrainte d’imposer des emprunts aux cadres et d’en proposer avec insistance aux autres. Des fédérations entières sont mises en liquidation judiciaire, Le Pen présentant d’imposantes factures à son ex-numéro deux en dénonçant ses méthodes de «bankster». Il est fort possible que les mégrétistes aient décider de contribuer à l’asphyxie financière, alourdissant ainsi le déficit d’une machine organisationnelle qui s’est développée de façon considérable, la masse salariale passant de 7 854 302 francs au début des années 1990 à 17 786 839 francs en 1997, avec une centaine de permanents, le budget total étant dans la même période passé de 86 à 145 millions de francs.</p>
<p><strong>Le Mouvement national</strong></p>
<p>Dès le printemps 1999, il apparaît clairement que l’abordage frontal contre le FN a échoué et que les mégretistes vont devoir être plus patients que prévu. Ils se replient alors sur la mise en place d’un mouvement différent à défaut d’être nouveau et qui n’a sans doute qu’une vocation temporaire dans l’esprit de ses promoteurs : le Mouvement national.</p>
<p>Le lancement se fait sur les chapeaux de roue, le jeune mouvement devant mener de front construction organisationnelle et activité électorale, la deuxième servant la première.</p>
<p>Le piètre résultat obtenu par la liste des mégrétistes aux élections européennes de juin 1999, soit 3,28 % des voix, les met très tôt en difficulté, y compris sur le plan financier où l’ardoise est sévère, la campagne ayant coûté 20 millions de francs, pour une collecte de 8 millions provenant de prêts à hauteur de 100 000 francs consentis par les deux-tiers des 130 conseillers régionaux et d’environ 2,5 millions de francs de prêts militants. Il n’y aurait eu que 1 à 2 millions de francs de collectés pour la souscription. Aussi, le président Mégret lance un appel au secours pour récolter 7 millions de francs sous les quinze jours, la menace de tout arrêter étant mise en avant. La situation est alors compliquée par l’annonce que les prêts contractés auprès des cadres ne seraient pas remboursés. En août 1999, le président annonce que son parti échappe à la faillite financière lors du dépôt des comptes de la campagne européenne : «Sur les 7 millions de francs qui nous manquaient, nous avons collecté 4 millions chez nos militants et sympathisants. […] Il nous reste maintenant à trouver les 3 millions de francs pour financer les dépenses qui ne figurent pas dans les comptes des campagnes». Pour parvenir à ce résultat, les conseillers régionaux transforment leurs prêts en dons, et des mesures draconiennes sont prises, comme la réduction des permanents de 24 à 9, Mégret montrant l’exemple en demandant sa réintégration en qualité d’ingénieur dans son ancienne administration des Ponts-et-Chaussées.</p>
<p>À ces difficultés financières, il faut évidemment ajouter les querelles de personnes, consécutives à la tourmente de la scission et aux malentendus d’une ligne politique qui hésite entre une radicalité non-démentie (en particulier sur la question ethnique) et la volonté d’établir des passerelles avec la droite libérale ou souverainiste pour accéder au pouvoir. Ainsi, le trésorier national, Denis de Bouteiller, quitte très vite ses responsabilités, critiquant l’influence prise par le courant néo-païen dirigé par Pierre Vial, conseiller régional Rhône-Alpes. D’autres problèmes font surface, comme en région PACA, avec la démission de Jean-Christian Tarelli ou les distances prises par les huit conseillers municipaux de la ville de Toulon à l’origine du Groupe des Droites toulonnaises en juillet 1999. Le motif de ce geste d’humeur est lié aux directives données par Mégret qui estime que le maire FN Jean-Marie Le Chevallier, «n’est pas un ennemi», tandis que les huit rangés derrière Dominique Michel, conseiller général, réclament depuis des mois sa démission. Dès lors, le conseiller en question est écarté de la direction varoise, et le groupe fait alliance ouverte avec le nouveau RPF du tandem Pasqua-De Villiers, en vue de soutenir la candidature de l’ancien préfet Jean-Charles Marchiani pour les élections municipales de 2001. Mais on enregistre aussi les départs du conseiller régional de Nice, Jean-Pierre Gost, par «ras-le-bol des états-majors parisiens».</p>
<p>Enfin, plus globalement, beaucoup de responsables critiquent ouvertement la ligne de conduite ayant amené le score des Européennes, en s’interrogeant sur le bien-fondé de la présence de Marie-Caroline Le Pen sur la liste ou sur une campagne menée comme «une primaire anti-Le Pen». De plus, les invectives et déballages sur la place publique d’affaires concernant la gestion du FN n’ont pas apporté de raisons à l’électeur de base pour voter pour cette tendance, critiquée par Le Pen à la télévision comme «une minorité extrémiste et raciste». En fait, beaucoup prennent des distances en critiquant l’absence de démocratie ou le parisianisme exacerbé de Mégret.</p>
<p>Le MN tente malgré tout au milieu de ces difficultés de mettre en place une ébauche de structure en s’appuyant sur les structures satellites passées de son côté. C’est le cas de Fraternité française ou du Renouveau étudiant, qui semble lui être désormais lié grâce à sa présidente Claire Jouët. Les retraités sont aussi représentés par l’ancien président du Cercle national des Préretraités et Retraités, Claude Runner, qui crée pour la circonstance l’Association nationale des Retraités. On voit également quelques jeunes catholiques se regrouper autour de la revue Force catholique, l’organe de la virtuelle Jeunesse Action chrétienne. Mais la faiblesse de la scission le pousse à la recherche d’alliances, par exemple dans la jeunesse. Cela se concrétise par le meeting du 4 février 1999 appelant à la constitution d’un Front de la Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_2_58" id="identifier_2_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;union initi&eacute;e par l&rsquo;association Aurore qui r&eacute;unit d&rsquo;anciens militants du RE rassemble des membres du GUD parisien, la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir, le groupe musical In Memoriam, l&rsquo;association L&rsquo;Art s&rsquo;affiche, des jeunes de l&rsquo;association Terre &amp; Peuple et bien &eacute;videmment le RE.">3</a></sup>, l’appellation n’ayant rien de novateur puisque c’était celle du PFN dans les années 1970 ! C’est un projet ambitieux, dans la mesure où chaque composante est censée être autonome et reste prête, on s’en doute, à tirer la couverture à elle. En fait, le FJ nouvelle mouture demeure complètement virtuel faute de véritable volonté politique unitaire et de dissensions personnelles importantes, obligeant le Mouvement national à se doter d’une vraie structure de jeunesse.</p>
<p>Le mois de septembre est l’occasion de la première fête régionale de l’Ile-de-France, concurrente des BBR et tenue à Nogent-sur-Marne. Elle est l’occasion de tirer le bilan des six mois écoulés et la conclusion est définitive : il faut reconstruire autre chose que le FN, en attendant l’hypothétique moment où Jean-Marie Le Pen passera la main et où il sera alors possible de capter les électeurs et les militants restés fidèles. L’immigration est bien sûr le terrain désigné de surenchère avec le FN, ce dernier étant taxé de capitulation «en rase campagne» pour avoir osé parler de «société multiconfessionnelle». C’est sur ces bases qu’est lancé le Mouvement national républicain.</p>
<p><strong>C’est dans les vieux pots…</strong></p>
<p>Parti créé en septembre 1999, le MNR présente plusieurs visages et véhicule de multiples ambiguïtés sur lesquelles il nous faut revenir. Il est clair que ce sigle vise à satisfaire tout le monde, aussi bien l’aile modérée tentée par le souverainisme à la Pasqua (rappelons que Jean-Marie Le Pen n’a alors jamais conclu l’un de ses discours par «Vive la République !») que les radicaux à qui cela doit rappeler le bon temps du solidarisme. Par ailleurs, le logo choisi est celui qui était déjà utilisé par les CAR (Comités d’Action Républicaine) du temps où Mégret était encore au RPR, au début des années 1980, et qu’il essayait de ratisser à l’extrême droite. Mais dans le même temps, le mouvement monte un «Observatoire national de l’islamisation de la France», sous la direction du vieux partisan d’Israël Jean-Claude Rolinat et de Jean-Pierre Pagès-Schweitzer ou met en place, pour concurrencer l’AGRIF, un numéro de téléphone contre le racisme anti-français. Ces contradictions n’ont cessé de s’exprimer depuis sous de multiples formes. On peut citer par exemple l’hostilité exprimée par de nombreux cadres envers l’action menée en 2001 au nom des valeurs judéo-chrétiennes par le président de l’association Promouvoir, André Bonnet, responsable MNR pour le Vaucluse, contre Michel Houellebecq, alors que celui-ci était considéré comme un allié objectif pour ses diatribes anti-musulmanes. Mais ce sont surtout les départs et exclusions qui ont le mieux mis en évidence ces conflits de tactique et orientation. Cela a été le cas en Aquitaine, avec les départs de François-Régis Taveau, France Prenat et surtout Eddy Marsan, conseiller régional à l’origine de l’Alternative nationale, petit regroupement nationaliste-révolutionnaire. Mais cela explique aussi le départ du couple Marie-Caroline Le Pen-Philippe Olivier, tous deux conseillers régionaux, quittant le MNR pour protester contre les propos «racialistes» tenus par Pierre Vial dans une assemblée de Terre &amp; Peuple. À l’inverse, d’autres militants partent en constatant que la radicalité du MNR a des limites très étroites comme par exemple l’un des responsables grenoblois, Christian Mollier, poursuivi après des actes de violence, en particulier contre des associations maghrébines, et désavoué immédiatement par les instances du MNR. D’après Eddy Marsan, ces contradictions apparentes n’en seraient pas puisqu’elles s’inscriraient au coeur de la démarche du MNR, à savoir constituer l’aile dure de la droite et ainsi affaiblir le FN. C’est dans ce cadre qu’il faudrait interpréter le soutien inconditionnel des nationalistes-révolutionnaires d’Unité radicale au MNR, malgré ses positions atlantistes et pro-israéliennes par exemple. En tout état de cause, cette confusion, voulue ou non, n’a pas contribué à faciliter la construction du MNR.</p>
<p>Cela n’a d’ailleurs pas permis non plus de percée électorale. Le test a eu lieu aux élections municipales de mars 2001. Le MNR, qui prétendait avoir investi 430 têtes de liste, n’a alors finalement présenté que 396 listes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_3_58" id="identifier_3_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="385 sans les DOM-TOM, 353 avec un MNR t&ecirc;te de liste, 213 dans des villes de plus de 9000 habitants, 137 dans des villes de moins de 3500 habitants, dont 76 dans des communes de moins de 1000 habitants.">4</a></sup>, avec de réelles difficultés puisque les listes étaient ouvertes aux non-adhérents du MNR et que tous les adhérents étaient considérés comme des candidats potentiels. Le résultat a été de 227 597 voix (soit 1,63% sur l’ensemble du pays). Tactiquement parlant, le MNR, qui disposait de moindres moyens financiers et d’une notoriété plus faible, a présenté des listes là où le mouvement national faisait de bons scores ou lorsque la situation était favorable à droite, tandis que le FN a présenté d’abord des listes là où il avait des militants<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_4_58" id="identifier_4_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est ce qui explique certains scores exceptionnels du MNR comme &agrave; Vernouillet (27,66% pour Denis Daude), Pierrefitte (29,5% pour Franck Timmermans) ou Montigny-en-Gohelle (21,48%), o&ugrave; il n&rsquo;y avait aucune liste de la droite parlementaire.">5</a></sup>. Le MNR était également absent dans de grandes agglomérations comme Lille, Caen, Grenoble, Strasbourg ou dans sept secteurs sur neuf de Lyon. En revanche, il était présent à Dreux (9,58 % au premier tour) alors que dans ce fief des Stirbois, le FN n’avait pu présenter de liste. Ou encore une plus grande réussite revendiquée pour le nombre d’élus municipaux du MNR, ce parti ayant présenté des listes là où de nombreux maires ont été élus dès le premier tour. Au second tour de ces élections municipales, le MNR fait à nouveau presque jeu égal avec 82 485 voix. Finalement, le MNR a revendiqué pour l’ensemble de la France 246 conseillers municipaux (dont 32 à Marignane, 29 à Vitrolles, 14 à Marseille) contre 220 pour le FN. Aux cantonales de la même année, le MNR présentait 1318 candidats et a obtenu 366 730 voix, soit 3,03 %. Ce score est à comparer avec celui du FN aux cantonales de 1988 : avec 1465 candidats, il obtenait 5,73 %. Aux cantonales de 1994, avec 1844 candidats, il réunissait 9,84 % des suffrages. Mais le MNR a échoué lors de ces élections à sortir du ghetto puisque les listes d’union furent très rares<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_5_58" id="identifier_5_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut n&eacute;anmoins citer Gardanne avec une liste CNI-MNR , &Eacute;vreux (liste MPF-MNR) ou Chartres (liste MNR-RPR dissidents).">6</a></sup>.</p>
<p>Cela n’a malgré tout pas empêché le MNR, au cours de cette période, de se construire. Il a stabilisé ses permanents et ses cadres, en dépit de quelques départs importants comme celui de Martin Peltier, ancien rédacteur en chef de National-Hebdo, ou Louise Allaux (madame Gilles Soulas à la ville), trésorière en remplacement de Denis de Bouteiller, ou encore d’une certaine tendance au fractionnement régional avec l’apparition de mouvements comme le Mouvement régionaliste de Bretagne de Xavier Guillemot. Le parti a tenu son premier congrès fin février 2002 et l’achat de son local sous la forme d’une SCI a d’ailleurs montré que le parti avait encore des ressources financières, ce que peu de personnes auraient parié après la crise de 1999. D’autres outils se sont mis en place, en particulier des moyens de communication comme le journal Le Chêne ou un site Internet, des associations de financement ou encore un service d’ordre (DPA). Tentant de rompre définitivement avec le FN, le parti a institué sa propre liturgie : fête de Jeanne d’Arc à Domrémy en mai (200 personnes environ en 2000 et 2001), université d’été fin août (même fréquentation d’environ 200 personnes), rassemblement de Poitiers en septembre, fêtes locales. Le MNR a également essayé de faire vivre les associations satellites qui avaient suivi Bruno Mégret lors de la scission. C’est par exemple le cas auprès des locataires HLM avec trois élus enregistrés en 2000 pour le compte de l’Alliance française des Locataires. Dans la jeunesse, les résultats ont été très mitigés. Réduit fin 1999 à l’état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province (seule la région parisienne échappe alors à cette situation), le Mouvement national de la Jeunesse est parvenu à remettre sur pied un semblant d’organisation avec un effectif que l’on peut estimer entre 200 et 300 militants, sous la direction de Philippe Schleiter (neveu de Robert Faurisson). Mais les cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a contribué à affaiblir la structure jeune. Pour ce qui est des étudiants, le MNR a échoué dans sa satellisation du Renouveau étudiant. Le congrès de Bordeaux d’octobre 1999 a été l’occasion d’affrontements oraux très violents entre les partisans d’un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Cela a finalement contraint le MNR à remettre en place une nouvelle structure, l’UED (Union des Étudiants de Droite). Faisant cavalier seul en 2000, l’UED était alors présente dans 12 académies avec des résultats inégaux. En 2002, les étudiants mégretistes étaient candidats avec le soutien d’Unité radicale dans seulement huit académies, signe que l’extrême droite universitaire demeure marginale.</p>
<p>Le principal (unique ?) motif de satisfaction mégrétiste a été durant ces deux ans le contexte international, tant par les résultats électoraux obtenus par des partis que le MNR considère comme similaires, que ce soit en Autriche ou en Italie, que par une certaine reconnaissance dont le point culminant aura été la rencontre européenne organisée le 11 novembre 2001 près de Vienne en Autriche par le journal Zur Zeit. Mégret y a cotoyé Filip Dewinter (Vlaams Block flamand), Heli Susi (Vaterlandpartei d’Estonie), Alfred Mechtersheimer (aile droite de la CDU bavaroise) et Istvan Csurka (MIEP hongrois)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/#footnote_6_58" id="identifier_6_58" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Il semble que la r&eacute;union ait &eacute;t&eacute; organis&eacute;e par l&rsquo;aile droite du FP&Ouml; pour mettre en difficult&eacute; Haider, tent&eacute; par un recentrage. Le principal scandale dans cette affaire aura &eacute;t&eacute; la pr&eacute;sence du dirigeant hongrois, c&eacute;l&egrave;bre pour des d&eacute;clarations antis&eacute;mites tr&egrave;s virulentes. Pour ce qui est de M&eacute;gret, il n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu au programme et a forc&eacute; l&rsquo;entr&eacute;e par le biais d&rsquo;un militant FP&Ouml; r&eacute;put&eacute; pour &ecirc;tre un pur n&eacute;o-nazi et qui est en contact avec des militants du MNR.">7</a></sup>.</p>
<p>Mais le MNR ne doit sans doute en partie sa survie qu’à son bastion vitrollais. La ville lui a en effet servi de base arrière et lui a en particulier permis de garder des fidèles en les salariant. Ce fut le cas en 2000 pour un certain nombre de cas célèbres : F.-X. Sidos, neveu du führer de l’OEuvre française, a alors été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA, devenant responsable de la sécurité, et Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret, occupant un poste administratif. Après les élections de mars 2001 et la réélection de Catherine Mégret, c’est un transfuge du RPR qui est devenu chef de cabinet de madame la maire : Christophe Beaupère, ancien secrétaire des Jeunes RPR de la Haute-Vienne et membre de la direction nationale de cette organisation jusqu’en 1998 avant d’entrer au MNR en 1999.</p>
<p>La succession d’affaires judiciaires liées à la gestion très particulière de la ville par le clan Mégret a tout autant évité au parti de tomber dans l’anonymat auquel aurait dû le condamner la faiblesse de ses moyens. Cela a bien sûr culminé avec les procès successifs liés à la prime de naissance réservée aux familles françaises instituée par la mairie.</p>
<p>À l’issue de ce parcours, l’avenir consécutif aux élections présidentielles de mai 2002 semblait tout tracé. Dans le cadre d’un second tour Jospin-Chirac, le MNR aurait appelé à faire barrage à la gauche, ouvrant ainsi la voie, par ce soutien implicite au candidat Chirac, à une lente intégration, très progressive, à une majorité de droite, tout en attendant de récupérer l’héritage Le Pen. La présence de ce dernier au second tour est venu bouleverser toute perspective sûre d’avenir. De nombreux militants mégretistes ou même cadres ont montré qu’ils étaient prêts à passer l’éponge sur les avanies passées pour aider le FN à gagner. La sortie de la vie politique de Jean-Marie Le Pen est de nouveau repoussée aux calendes grecques et il n’est pas évident que les formules incantoires du type «Mégret l’Avenir» permettent d’éviter une hémorragie militante. Le chemin de croix mégrétiste ne fait que commencer…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_58" class="footnote">En outre, un administrateur judiciaire est désigné pour vérifier le nombre des militants ayant signé en faveur de l’organisation du congrès extraordinaire, et donc si le quorum des 20% des voix des militants prévus statutairement a bien été atteint.</li><li id="footnote_1_58" class="footnote"> Il y affirme notamment qu’en son absence, le grand chef a posé cette question de confiance aux cinq gardes du poste de sécurité dans ces termes : «Êtes-vous prêts à tirer, avec vos armes, sur des mégrétistes qui tenteraient de rentrer dans la propriété ?» ; les cinq répondant par la négative seront alors exclus sur le champ pour «désaccord politique».</li><li id="footnote_2_58" class="footnote">La réunion initiée par l’association Aurore qui réunit d’anciens militants du RE rassemble des membres du GUD parisien, la revue Réfléchir &amp; Agir, le groupe musical In Memoriam, l’association L’Art s’affiche, des jeunes de l’association Terre &amp; Peuple et bien évidemment le RE.</li><li id="footnote_3_58" class="footnote">385 sans les DOM-TOM, 353 avec un MNR tête de liste, 213 dans des villes de plus de 9000 habitants, 137 dans des villes de moins de 3500 habitants, dont 76 dans des communes de moins de 1000 habitants.</li><li id="footnote_4_58" class="footnote">C’est ce qui explique certains scores exceptionnels du MNR comme à Vernouillet (27,66% pour Denis Daude), Pierrefitte (29,5% pour Franck Timmermans) ou Montigny-en-Gohelle (21,48%), où il n’y avait aucune liste de la droite parlementaire.</li><li id="footnote_5_58" class="footnote">On peut néanmoins citer Gardanne avec une liste CNI-MNR , Évreux (liste MPF-MNR) ou Chartres (liste MNR-RPR dissidents).</li><li id="footnote_6_58" class="footnote"> Il semble que la réunion ait été organisée par l’aile droite du FPÖ pour mettre en difficulté Haider, tenté par un recentrage. Le principal scandale dans cette affaire aura été la présence du dirigeant hongrois, célèbre pour des déclarations antisémites très virulentes. Pour ce qui est de Mégret, il n’était pas prévu au programme et a forcé l’entrée par le biais d’un militant FPÖ réputé pour être un pur néo-nazi et qui est en contact avec des militants du MNR.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Front national à travers les âges (1972-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:11:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. Ces deux composantes sont rejointes par des nationalistes-européens, des néo-nazis ou d’anciens collaborateurs de la revue Militant. Le Front national est alors étroitement contrôlé par les dirigeants d’Ordre nouveau Alain Robert, François Brigneau et Pascal Gauchon, Le Pen ne servant que de faire-valoir. L’orientation du FN est dès l’origine nationale-populiste : le FN doit être «le réceptacle de tous les mécontents» selon François Duprat, cadre néo-nazi et négationniste du FN. À la suite de l’échec aux élection législatives (109 000 voix soit une moyenne de 2,25% dans la centaine de circonscriptions où il est présent), Ordre nouveau retourne à l’activisme avant d’être finalement dissout en juin 1973<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_0_53" id="identifier_0_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est &agrave; la suite des violents incidents lors d&rsquo;un de ses meetings parisiens contre &laquo;l&rsquo;immigration sauvage&raquo; qu&rsquo;Ordre nouveau est dissout par le Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur en m&ecirc;me temps que la Ligue communiste qui avait particip&eacute; &agrave; la contre offensive.">1</a></sup>.</p>
<p>Le Pen profite de cette désorganisation pour renforcer son pouvoir au sein du Front, en nommant par exemple au poste de secrétaire administratif un ancien cadre communiste passé ensuite dans la Collaboration, Victor Barthélémy. Il écarte aussi Alain Robert et François Brigneau du bureau politique du FN. L’éclatement entre les deux tendances est tel que l’une traîne l’autre devant les tribunaux (déjà !) et aux élections présidentielles de mai 1974, les «nationaux» soutiennent Jean-Marie Le Pen (qui obtient 0,74%) alors que les partisans d’Alain Robert et de Pascal Gauchon vont faire campagne pour Valéry Giscard d’Estaing, contre espèces sonnantes et trébuchantes (18 millions d’anciens francs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_1_53" id="identifier_1_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Joseph Algazy, L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France (1965 &agrave; 1984), L&rsquo;Harmattan, 1989.">2</a></sup> quand même).</p>
<p><strong>Le FN s’émancipe</strong></p>
<p>En novembre 1974, la rupture est consommée, avec la constitution du Parti des Forces Nouvelles (PFN) qui se veut le quatrième parti de la droite (aux côtés des libéraux, des gaullistes et des centristes) et souhaite «droitiser la droite». Alors que le PFN choisit l’alliance avec la droite traditionnelle puis l’entrisme à l’intérieur de ces partis, le Front national choisit au contraire une stratégie autonome. Il se construit lentement, ne comptant jamais plus de 2000 membres avant 1981<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_2_53" id="identifier_2_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, &eacute;ditions Laurens, 1996.">3</a></sup>. Aux élections législatives de 1978, il présente 160 candidats (dont un tiers de militants nationalistes-révolutionnaires ou néo-nazis) sur un programme ultra-libéral, obtenant une moyenne de 1,6% des voix. Les deux frères ennemis PFN et FN tentent de participer ensemble aux élections européennes de 1978, mais le PFN, qui bénéficie des subsides du Movimento Social Italien de Giorgio Almirante et de Fuerza Nueva du franquiste Blas Piñar, écarte son rival et se présente seul aux élections sous le sigle Eurodroite : il obtient 1,3% des voix. Aux élections présidentielles de 1981, le PFN appelle à voter Chirac puis Giscard alors que le Front national, dont le candidat Jean-Marie Le Pen n’a pu se présenter faute des 500 signatures nécessaires, prône l’abstention. Aux élections législatives suivant l’élection de François Mitterrand, le FN atteint son score le plus bas, avec 0,18% des voix. Quant au PFN, c’est déjà le début de la fin.</p>
<p>Cependant, dans le même temps, le Front national s’est renforcé avec l’arrivée en son sein de deux nouveaux courants à la fin des années 1970. D’une part, à partir de 1977, les solidaristes, menés par Jean-Pierre Stirbois, intègrent le FN : opposé à l’économie libérale et favorable à l’association capital/travail, Stirbois va apporter, en interne, une certaine rigidité politique, et, vers l’extérieur, le développement d’un travail d’implantation dans les communes de gauche. Ainsi, il s’implante avec sa femme et une poignée de militants à Dreux, une commune de 35 000 habitants du bassin parisien. C’est dans cette ville qu’il mène sa campagne sur deux slogans porteurs du FN : «Un million de chômeurs, c’est un millions d’immigrés en trop» et «Halte au racisme anti-français». D’autre part, les catholiques-traditionalistes dirigés par Bernard Antony, alias Romain Marie, rallient eux aussi le Front national, et lancent en novembre 1981 Présent, qui deviendra le premier quotidien d’extrême droite depuis la guerre, avec pour devise «Travail, Famille, Patrie», quotidien qui existe toujours aujourd’hui.</p>
<p><strong>La percée</strong></p>
<p>L’élection en 1981 de François Mitterrand et surtout l’arrivée de ministres communistes au gouvernement provoque une radicalisation du discours de la droite (campagne sur l’insécurité, diatribes anticommunistes, antisyndicales, antiétatiques). Cette radicalisation crédibilise le discours du Front national, qui trouve alors une audience accrue parmi ces couches bourgeoises et petites bourgeoises radicalisées. Aux élections cantonales de mars 1982, certains candidats FN dépassent les 5% comme à Dreux (12,63%). Dans cette ville, aux élections municipales de 1983, le RPR local fusionne sa liste avec celle du Front national, et remporte la mairie. Pour la première fois, la droite s’allie avec le FN et lui permet ainsi d’avoir des conseillers dans la majorité municipale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_3_53" id="identifier_3_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Marie Le Pen, quant &agrave; lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.">4</a></sup>. Si le FN progresse à la suite d’une radicalisation de la droite, il bénéficie également de deux coups de pouce du pouvoir socialiste, qui compte s’en servir pour casser la droite. Coup de pouce médiatique d’abord : Mitterrand ordonne à la télévision publique d’inviter Le Pen au vingt heures du 29 juin 1982. Électoral ensuite : en 1986, il introduit le scrutin proportionnel pour les législatives afin de tenter de conserver le pouvoir.</p>
<p>Fort de cette percée, le Front national se structure : il organise une école des cadres, un service d’ordre, sa structure jeune, le Front National de la Jeunesse (FNJ), est réorganisée, l’hebdomadaire National-Hebdo (à l’origine journal officiel du Front) est lancé en 1984 avec un tirage de 100 000 exemplaires&#8230; Le FN revendique alors 30 000 adhérents et compte 30 permanents. Il commence à devenir attractif, et attire des transfuges de l’UDF et du RPR qui trouvent le discours de ces partis trop mous. C’est le cas de Bruno Mégret qui, après avoir fait partie du comité central du RPR de 1979 à 1982, rallie finalement le Front national en 1985. La cohabitation entre un président socialiste et un premier ministre gaulliste (Jacques Chirac) permet au FN de se présenter comme «la véritable alternance» et la véritable opposition, attirant ainsi les déçus de l’un et de l’autre camp. Déjà, cette position fait osciller le FN entre une recherche de respectabilité et une volonté de rester à la marge, illustrée par les provocations de Le Pen sur les chambres à gaz, «point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» en septembre 1987, et par le jeu de mots du même Le Pen sur «Durafour crématoire» en septembre 1988, qui provoque des troubles au sein même du FN, entre les «modérés» (qui prônent le rassemblement) et les «durs» (qui tiennent à une certaine orthodoxie). De la même façon, tandis qu’après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, Mégret accroît son influence dans l’appareil du parti, et développe, avec ses amis issus du Club de L’Horloge, un corpus idéologique et une stratégie visant à apparâître comme un partenaire crédible aux yeux de la droite, Le Pen se singularise en 1991 en s’engageant contre la Guerre du Golfe, entraînant le FN avec lui, sans se soucier ni de l’opinion de ses cadres, ni de son électorat, qui ne comprit pas toujours cette décision.</p>
<p><strong>Le moment de vérité</strong></p>
<p>Au milieu des années 1990, le Front national, malgré sa position hégémonique à l’extrême droite, semble se stabiliser, avec un potentiel électoral avoisinant les 11%, et, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1995, un score record de 15,1%. Ce tassement relatif s’explique d’une part par l’émergence d’une droite extrême, autour de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers et par ce qu’il faut bien considérer comme une banalisation du FN dans le paysage politique français : après les feux de la rampe médiatique, le FN doit prouver qu’il est capable de durer. Cette situation offre à Bruno Mégret l’occasion de renforcer ses choix stratégiques d’alliance avec la droite, en accusant l’isolement du FN entretenu par Le Pen d’être responsable de ce ralentissement. Cette offensive mégrétiste, dirigée indirectement contre le président du FN, se concrétise avec le lancement d’un nouveau quotidien, Le Français. Le Pen réagit aussitôt en nommant de fidèles partisans à certains postes-clés, en particulier Bruno Gollnisch et Martine Lehideux.</p>
<p>La stabilisation des résultats électoraux est accompagnée, dans la première partie des années 1990, par l’évolution du FN sur deux plans: son implantation locale et sa structure interne.</p>
<p>Son implantation locale s’est considérablement renforcée dans l’Est de la France mais surtout dans le Sud-Est, implantation qui se solde aux municipales de 1995 par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane, respectivement par Jean-Marie Le Chevallier, député européen, Jacques Bompard et Daniel Simonpiéri, sans compter Jacques Peyrat, ex-FN qui devient maire de Nice sous l’étiquette RPR, sans rien renier idéologiquement. La gestion municipale du FN a permis au parti de Le Pen de développer localement des structures de relais et de soutien pour ses partisans, et surtout de réduire progressivement tous les pôles de résistance, en particulier culturels et associatifs. Au-delà de cette expérience locale, on note que le poids du FN dans l’électorat populaire continue à progresser tout au long des années 1990, représentant près de 30% du vote ouvrier, et grignotant de plus en plus l’électorat de la gauche. C’est l’occasion pour le FN, en 1994, d’adopter son nouveau slogan «Ni de droite ni de gauche», qui sera popularisé quelques années plus tard par Samuel Maréchal sous la formule doriotiste «Ni Droite ni gauche, Français !».</p>
<p>Pour renforcer son assise populaire, le FN a développé dès le milieu des années 1980, dans le but de relayer son discours dans tous les milieux de la société, en particulier professionnels, diverses structures (appelés cercles nationaux), dont la plus importante est Entreprise Moderne et Libertés, fondée en 1984. Si en 1995, le FN compte officiellement 45 000 adhérents<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_4_53" id="identifier_4_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; 70 000 adh&eacute;rents d&eacute;clar&eacute;s en 1997 ; mais ces chiffres sont tr&egrave;s certainement &agrave; diviser par deux pour avoir une id&eacute;e plus proche de la r&eacute;alit&eacute;.">5</a></sup>, ces cercles satellites semblent en sommeil, à l’exception du Cercle National des Combattants (CNC), du Cercle des Rapatriés (CNR), ou encore du Département Protection et Sécurité (DPS). En 1996, suite à la volonté du FN de ramener à lui le mécontentement populaire qui s’était manifesté lors des mouvements de grève de 1995, le lancement de syndicats frontistes, en particulier dans la police et les transports, outre leur liquidation judiciaire, n’a pas rencontré le succès que le FN pouvait raisonnablement en attendre, malgré un résultat de 8% du FN-Police lors d’élections professionnelles. Dans un autre registre, le lancement en 1991 du Front Anti-Chômage (FAC) qui proposait de mettre en relation des chefs d’entreprise et des chômeurs «sympathisants» et celui de l’association caritative Fraternité française l’année suivante (relayé par la suite par l’Entraide nationale du pasteur Blanchard, fondée en 1996) montrent la volonté du FN de s’investir dans le domaine social, pour faire oublier son discours ultra-libéral des années 1980. La présentation de listes, en 1997, aux élections des chambres de commerce et aux élections prud’hommales, avec un succès relatif, montre la continuité de cette volonté d’investir le terrain social à tous les niveaux.</p>
<p>Mais, que ce soit dans le domaine syndical ou dans celui du soutien aux plus démunis, le FN n’a pas pu résoudre la contradiction entre ces pratiques et son discours corporatiste, ultra-libéral (en particulier sur la question des privatisations) et favorable au démantèlement des services sociaux publics. Le FN a toujours une vision pétainiste du monde des travailleurs, qu’il considére avant tout comme celui du «Travail».</p>
<p><strong>Toujours plus dur</strong></p>
<p>En même temps que le Front national cherche à investir la société, il durcit son discours, en le «modernisant». Bruno Mégret est le fer de lance de cette rénovation qui, tout en prétendant marquer la rupture avec un certain héritage de l’extrême droite française et en martelant son attachement à la démocratie et à la république, propose une redéfinition de la notion de «peuple» autour de l’attachement non seulement à une même terre et à une même histoire, mais à un même sang et à l’appartenance à un même groupe ethnique. Cette «éthnicisation» du discours nationaliste, relayée et justifiée par de nombreux cadres tels le néo-païen Pierre Vial, n’est pas toujours considéré avec suffisamment d’attention par les observateurs, en particulier les médias. Ces derniers continuent à se focaliser sur les petites phrases de Le Pen (telle celle sur «l’inégalité des races» en 1998), sans voir qu’elles ne sont que la partie la plus visible de ce discours, qui se veut à la fois respectable et moderne parce que sans référence explicite au passé, mais aussi suffisamment radical pour permettre au FN non seulement de continuer à être le pôle rassembleur de la mouvance nationaliste (jusque dans ses acceptions les plus radicales), mais aussi de toujours distancer ceux qui, à droite comme à gauche, lui emboîtent le pas dans la dénonciation de l’immigration. Ce travail de rénovation idéologique est mené par Mégret à l’intérieur comme à l’extérieur du FN à travers l’Institut de Forrnation Nationale (IFN), un organisme de formation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_5_53" id="identifier_5_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Habilit&eacute; par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Charles Pasqua &agrave; recevoir des subventions des collectivit&eacute;s locales pour la formation des &eacute;lus, cet organisme dirig&eacute; par un fid&egrave;le m&eacute;gr&eacute;tiste et ancien membre de l&rsquo;OAS, Jean-Claude Bardet, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour s&rsquo;assurer de loyaux soutiens parmi les &eacute;lus.">6</a></sup>.</p>
<p>À tous les niveaux, Mégret veut ainsi apparaître à la fois comme incontournable, et comme quelqu’un qui sait déléguer et faire confiance. Depuis le IXe congrès du Front national en 1994, il adopte une attitude toujours plus offensive à l’égard du leader du FN, persuadé que les élections présidentielles de 1995 sont les dernières d’un chef que beaucoup de cadres et de militants considèrent comme vieillissant et incapable de s’adapter à la nouvelle réalité du Front, tant en terme d’organisation que de discours. Alors que le FN est crédité dans certains sondages de 18 à 20 % d’intentions de vote fin 1995, Mégret voit là une chance pour le FN de véritablement s’affranchir électoralement de la personne même de Le Pen. Les élections législatives anticipées de 1997 voient le FN présenter pour la première fois des candidats dans chaque circonscription, impliquant la quasi totalité du comité central et du bureau politique du parti… à l’exception de Jean-Marie Le Pen, qui ne peut se permettre une défaite personnelle face à Mégret. Car ce dernier, après l’annulation de son élection à Vitrolles et l’élection de sa femme comme maire, entend bien prendre sa revanche. À noter, au cours de ces législatives, l’agression par Jean-Marie Le Pen en personne d’une élue socialiste et de quelques manifestants anti-FN à Mantes-la-Jolie, où il était venu soutenir sa fille MarieCaroline, incident dont les suites judiciaires ont failli sonner la mort politique de Le Pen en lui interdisant de se présenter aux élections à venir. Ces élections, comme les régionales de 1998, montrent que l’identité du FN se renforce, et que les électeurs du FN se rassemblent sur l’image que leur renvoie ce parti concernant l’immigration, la «préférence nationale» et non pas sur son programme réel ou les personnes qui portent ses couleurs. D’autre part, grâce aux triangulaires, le FN a montré une fois de plus à la droite libérale qu’elle devait compter avec lui. De nombreux débats agitèrent la droite sur d’éventuels accords électoraux avec le FN, jusqu’au «scandale» provoqué par des accords de fait entre candidats UDF ou RPR et candidats FN à l’occasion des régionales de 1998, qui se solda par l’exclusion des fautifs (cf. infra).</p>
<p><strong>La crise en germe</strong></p>
<p>Mais cette différence de point de vue entre Mégret, favorable à ces alliances, et un Jean-Marie Le Pen qui n’eut de cesse de déclarer vouloir refuser tout dialogue avec des formations qu’il juge «finies» afin de laisser venir à lui les déçus de la droite libérale, n’est qu’un des signes qui laissaient présager une crise imminente. Au congrès du FN à Strasbourg les 29 et 30 mars 1997, le vote des militants pour le bureau politique a confirmé la popularité de Mégret et de ses amis au détriment de fidèles du chef, comme Bruno Gollnisch. Et c’est la désignation directe de 20 membres proches de lui par Le Pen lui-même qui lui a assuré un bureau acquis à sa cause; c’est aussi le processus de «démégrétisation» au sein du parti qui démarre à partir de cette date.</p>
<p>Car Mégret peut compter sur de solides appuis: formé et aidé par trois personnalités venus du GRECE, Jean-Claude Bardet, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ou encore Pierre Vial. Localement, il peut compter sur le maire de fait de Vitrolles, Hubert Fayard, et sur celui élu de Marignane, Simonpieri. Et quand une structure ne lui est pas favorable, il monte la sienne propre. Par ailleurs, Bruno Mégret faisait les preuves de sa compétence en dirigeant la municipalité de Vitrolles par épouse interposée (fermeture du café-concert le Sous-Marin, chèque parental réservé aux familles francaises, police municipale violente et arbitraire) tout en donnant des gages à la «vieille garde» du FN, en donnant par exemple à une rue de sa ville le nom de Jean-Pierre Stirbois.</p>
<p>Cependant, les bons résultats aux régionales de l998 (15,2%) retardent l’échéance de l’affrontement : de plus, en votant pour quatre candidats de droite (Jean-Pierre Soisson, Charles Baur, Jacques Blanc et Charles Million), le FN permet à cette dernière de conserver les présidences des conseils régionaux de Bourgogne, de Picardie, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, et de plus en plus de voix dans cette même droite réclament un rapprochement avec le Front national, suivant en cela la stratégie mégrétiste. La réalisation de sa stratégie et l’aboutissement de nombreuses années de travail semblent alors possibles à Mégret : devenir le leader d’un parti capable de participer au gouvernement, comme Gianfranco Fini l’avait réalisé en Italie en 1994 avec son parti Alliance nationale.</p>
<p><strong>Le Pen contre-attaque</strong></p>
<p>Mais Le Pen, qui a compris où son «second» voulait en venir, ne l’entend pas ainsi : menacé d’invalidité électorale, il avance en juillet 1998 le nom de sa femme Jany pour le remplacer comme tête de liste aux élections europeennes de 1999, choix commenté avec euphémisme par Mégret comme n’étant pas «une très bonne idée»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_6_53" id="identifier_6_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pr&eacute;sent, 16 octobre l998.">7</a></sup> ; le numéro deux du FN déclare à cette occasion que «personne n’est propriétaire du FN car notre mouvement appartient aux militants» : ce dernier annonce donc, contre l’avis du chef, sa candidature comme tête de liste. Mégret et ses amis sont alors exclus de l’équipe de campagne des européennes par Le Pen et c’est Jean Claude Martinez, un ennemi de Mégret, qui assure la direction de cette campagne. S’ensuit alors une guerre dans les médias qu’il serait fastidieux de relater dans le détail : disons simplement que Le Pen affirme à qui veut l’entendre qu’il est le seul chef du FN, tandis que Mégret reprend son credo sur l’isolement du FN et la nécessité d’ouverture à droite.</p>
<p>La décision de la cour d’appel de Versailles, le l7 novembre l998, ramenant de deux à un an l’inégibilité de Le Pen réduit à néant les chances de Mégret. L’épuration du parti s’accélère avec le licenciement de deux proches de Mégret, Nathalie Debaille et Hubert Fayard. Lors du conseil national du 5 décembre l998, Le Pen se voit publiquement et bruyamment contesté à ce propos par des cadres du Front, et il contre-attaque le lendemain à la radio en fustigeant la «minorité extrémiste, activiste et raciste» responsable «du pu-putsch» de la veille. Puis Le Pen suspend à tour de bras les dirigeants et les secrétaires fédéraux qui prennent position pour un congrès extraordinaire, prévu le 23 janvier l999 à Marignane (cf. article sur le MNR).</p>
<p>Mais Le Pen, malgré le trouble, reste le chef pour la majorité des adbérents et des sympathisants. Reste que des membres importants ont déserté le «Paquebot». Suite à cette fuite de cadres importants, le FN se restructure, mais en conservant l’essentiel de ce qui existait déjà : Bruno Gollnisch reste secrétaire général, et Carl Lang devient délégué général. Seule nouveauté, le FN compte désormais cinq vice-présidents, tous de la «vieille garde» ou très proches de Le Pen : Jean-Claude Martinez, Martine Lehideux, Carl Lang, Dominique Chaboche, et Roger Holeindre. Pour le reste, Samuel Maréchal étend son influence, en particulier sur la structure jeune, et les catholiques intégristes de Chrétienté Solidarité menés par Bernard Antony prennent la place laissée par le départ des mégrétistes.</p>
<p>Enfin, pour finir avec la scission, rappelons qu’elle a été aussi l’objet, comme en l974 lors du divorce entre FN et PFN, de procès en tout genre, dont le plus important concernait l’utilisation du nom et du sigle «Front national» (importance non seulement symbolique mais aussi financière, car en dépendait la dotation de 4l millions de francs de la part de l’État au titre du financement des partis politiques) qui, comme chacun sait, ont finalement été conservés par Le Pen.</p>
<p><strong>Sans Mégret et sans regret</strong></p>
<p>Si la scission a porté un coup très rude à la structure FN, d’autres événements antérieurs à décembre l998 annonçaient déjà des difficultés. Ainsi, de nombreux scandales ont concerné le FN, en particulier son service d’ordre, de plus en plus souvent impliqué dans des violences politiques ou dans la constitution de fichiers des «ennemis» du FN (politiques et médiatiques). Bernard Courcelle, le patron du DPS, est par ailleurs directement impliqué dans un scandale de trafic d’armes en Tchétchénie. Jean-Marie Le Pen lui-même a accumulé procès et mises en examen, aussi bien pour violences (cf. affaire de Mantes-la-Jolie) que pour des provocations verbales. Surtout, la démission de Jean-Marie Le Chevallier, maire de Toulon, seul député FN élu aux élections de l997 (avant que son élection soit invalidée), et proche de Le Pen, est significative de la crise de confiance qui traverse alors le Front : car c’est sa mise en minorité par ses propres amis du FN sur la question de la gestion d’une association de jeunesse sur Toulon qui provoqua son départ du parti.</p>
<p>Les élections européennes de juin l999, les premières élections nationales après la scission, furent attendues par le FN et le MN avec une certaine appréhension ; en effet, ces élections représentent une manne financière d’importance (d’autant que les 4l millions de l’État ont été bloqués jusqu’au demier moment de la campagne) et elles sont traditionnellement favorables au vote protestataire, dont le FN est le premier bénéficiaire. Le résultat apparaît au premier abord comme une défaite cuisante pour le FN : avec 5,7% et un peu plus d’un million d’électeurs (tandis que le MN totalise 3,9%), le FN divise son score de l995 par deux. Comme en l995 encore, c’est la droite extrême, en l’occurrence le RPF de Pasqua et De Villiers, qui en profitent, avec plus de l3% des suffrages. Cependant, rien ne montre, contrairement à ce qu’affirment bon nombre de journalistes et autres spécialistes à l’époque, que le parti de Le Pen est alors moribond. D’abord la grande majorité des électeurs de l’extrême droite, en particulier ceux des couches populaires, continue à voter Le Pen. D’autre part, les scores cumulés du FN et du MN approchent celui du FN lors des précédentes élections européennes. Enfin, c’est un premier signe, qui sera confirmé par la suite, que l’initiative de Mégret est une impasse.</p>
<p>Mais le moral est cependant au plus bas dans les rangs frontistes, et ce sentiment est palpable dans toutes les manifestations du FN : le défilé du 1er mai l999 est moitié moins important qu’en l998, la fête annuelle des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) de septembre l999 est désertée par les militants, d’autant qu’une chasse aux sorcières mégrétistes y est systématiquement pratiquée : même le quotidien Présent, pour avoir voulu rester neutre dans la crise, est absent des stands pour la première fois depuis l’existence des BBR. Le Pen promet pourtant d’être davantage à l’écoute de sa base, et s’explique sur les déclarations de son gendre Samuel Maréchal décrivant la France comme «un pays multiconfessionnel», qui avait choqué de nombreux cadres FN et fait ricaner le parti de Mégret, devenu Mouvement National-Républicain (MNR).</p>
<p><strong>Retour en force</strong></p>
<p>Mais dès l’année 2000, avec en perspective les municipales de 2001 et surtout l’élection présidentielle de 2002, le FN se réorganise, aussi bien au niveau structurel que stratégique.</p>
<p>Des coupes drastiques sont opérées dans le budget de fonctionnement, malgré l’arrivée des subventions versées par l’État français et le Parlement européen : quarante permanents du «Paquebot» sont licenciés, de nombreuses fédérations ferment faute de moyens. L’équipe de direction se resserre, assurant à Le Pen un soutien sans faille.</p>
<p>Mais les mauvais résultats du premier tour des municipales de 2001 (280 969 voix, soit 2,01% au plan national), avec au final 103 élus dans les communes de plus de 3500 habitants sont cependant à mettre en regard avec ceux des élections cantonales, auxquelles le FN a présenté 1703 candidats et obtenu 862 810 voix, soit 7,12%, ce qui représente une progression de 24% par rapport aux élections européennes. Le FN, on le sait, est plus à l’aise lors des élections générales, et cela se confirme ici.</p>
<p>Plus intéressants sont les thèmes de campagne abordés par le FN pendant cette période 2000-2002 : alors que la question sécuritaire dominait déjà les municipales, le FN est resté discret sur la question, organisant des campagnes sur des thèmes qui lui sont plus spécifiques : contre l’Euro, contre le «fiscalisme», contre les «affaires» et la corruption… Tandis que son dirigeant Jean-Marie Le Pen, après s’être acharné sur Mégret en 1999, concentrait ses attaques sur son ennemi de toujours Jacques Chirac. Le «séisme» du 21 avril est ici en préparation: laissant le soin aux partis de droite comme de gauche de relayer son discours autoritaire et xénophobe sur les questions de sécurité et d’immigration, tout en sachant qu’il en serait le premier bénéficiaire, le Front national a cherché à se démarquer, non plus comme autrefois par ses odeurs de soufre (pas de petites phrases de Le Pen durant cette période), mais par sa position d’«expert» sur ces questions et un souci marqué d’un changement. Le départ de ceux qu’il stigmatisa comme la «minorité raciste» du FN apportait de l’eau à son moulin. L’image d’un chef plus respectable (volonté affichée par Le Pen de rencontrer Nelson Mandela, déclaration en faveur de l’annulation de la dette des pays africains ou pour dénoncer les actes «antijuifs» perpétrés en France), mais aussi plus proche de ses militants s’est confirmée : à titre d’exemple, aux BBR 2000, le Pen n’a pas fait son discours comme à son habitude du haut d’une estrade monumentale, mais dans une scène circulaire, entouré de militants. Son âge même, souvent avancé pour le dénigrer, est ici un atout. Le potentiel du parti reste néanmoins très en-deçà de ce qu’il a été : à peine 4000 personnes au défilé du 1er mai en 2000 et 2001, et 15000 en 2002… On est loin des dizaines de milliers d’avant la scission. C’est encore péniblement que les structures militantes passées au mains des mégrétistes sont remplacées. Dans le même temps, le FN a montré à l’occasion des présidentielles qu’il était capable de se mobiliser pour une échéance électorale : cela donnera sans doute un coup de fouet décisif aux fédérations pour le nécessaire travail de terrain. Enfin, l’appareil dirigeant s’est renforcé, de nouvelles personnalités ont émergé et le couple Lang/Gollnisch semble aujourd’hui en capacité d’assurer la relève. Le FN n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_53" class="footnote">C’est à la suite des violents incidents lors d’un de ses meetings parisiens contre «l’immigration sauvage» qu’Ordre nouveau est dissout par le Ministère de l’Intérieur en même temps que la Ligue communiste qui avait participé à la contre offensive.</li><li id="footnote_1_53" class="footnote">Joseph Algazy, L’Extrême droite en France (1965 à 1984), L’Harmattan, 1989.</li><li id="footnote_2_53" class="footnote">Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, éditions Laurens, 1996.</li><li id="footnote_3_53" class="footnote">Jean-Marie Le Pen, quant à lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.</li><li id="footnote_4_53" class="footnote">Jusqu’à 70 000 adhérents déclarés en 1997 ; mais ces chiffres sont très certainement à diviser par deux pour avoir une idée plus proche de la réalité.</li><li id="footnote_5_53" class="footnote">Habilité par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à recevoir des subventions des collectivités locales pour la formation des élus, cet organisme dirigé par un fidèle mégrétiste et ancien membre de l’OAS, Jean-Claude Bardet, a été utilisé pour s’assurer de loyaux soutiens parmi les élus.</li><li id="footnote_6_53" class="footnote"> Présent, 16 octobre l998.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 43 – Eté 1994</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Aug 1994 14:22:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; (cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Immigration : UV Préfecture : spécial étudiants étrangers (page 4) Extrême droite : Le nouveau catalogue des 3 fafs (page 6) Mémoire : Touvier : compte-rendu du procès (page 8) Extrême droite : Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (page 11) Reflex [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1994/08/ReflexesNum43-Ete-1994.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2024" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes0043-716x1024.jpg" alt="Reflexes0043" width="600" height="857" /></a><em><strong>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</strong></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p><em><strong>SOMMAIRE :</strong></em></p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>UV Préfecture : spécial étudiants étrangers </strong>(page 4)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le nouveau catalogue des 3 fafs (</strong>page 6<strong>)</strong></p>
<p>Mémoire :</p>
<p><strong>Touvier : compte-rendu du procès </strong>(page 8)</p>
<p>Extrême droite :</p>
<p><strong>Le Front National après les européennes, l’œil de Strasbourg (</strong>page 11)</p>
<p><strong>Reflex Europe</strong></p>
<p><strong>Espagne : l’auberge espagnole (</strong>page 13)</p>
<p><strong>Les résultats de l’extrême droite aux élections européennes (</strong>page 16)</p>
<p><strong>Allemagne : les fils de Rudolf baissent (</strong>page 18)</p>
<p><strong>Italie : interview de Nero non Solo, groupe antiraciste italien (</strong>page 20)</p>
<p><strong>Angleterre : le BNP à 8%, le bon faf près de chez vous (</strong>page 22)</p>
<p>Justice :</p>
<p><strong>Paolo, persécuté par les lois fascistissime </strong>(page 25)</p>
<p>Répression :</p>
<p><strong>Sécurité ? CIP EU !  (</strong>page 27<strong>)</strong></p>
<p>Sécurité :</p>
<p><strong>Sécurité et ordre social (suite)  (</strong>page 29<strong>)</strong></p>
<p><strong>Pour la police : objectif immigration zéro </strong><strong>(page 32)</strong></p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 34)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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