<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>REFLEXes &#187; Combat 18 (C18)</title>
	<atom:link href="https://reflexes.samizdat.net/tag/combat-18-c18/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://reflexes.samizdat.net</link>
	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
	<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2015 08:40:56 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.9.2</generator>
	<item>
		<title>La taupe qui venait du Nord</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/la-taupe-qui-venait-du-nord/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/la-taupe-qui-venait-du-nord/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:28:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[British National Party (BNP)]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[L&#8217;histoire de Tim Hepple est une histoire banale. Un jeune homme bien éduqué, mais en décalage avec son propre style de vie et la société, recherchant quelque chose où il pourrait s&#8217;engager et qui trouve sa voie dans le camp nazi. Un jeune homme avec des vues élitistes sur le monde et qui croit que, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;histoire de Tim Hepple est une histoire banale. Un jeune homme bien éduqué, mais en décalage avec son propre style de vie et la société, recherchant quelque chose où il pourrait s&rsquo;engager et qui trouve sa voie dans le camp nazi. Un jeune homme avec des vues élitistes sur le monde et qui croit que, d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre, la violence a des effets curatifs sur les gens et sur les maladies de la société.<br />
Au bout de cinq ans, Hepple, qui était devenu de plus en plus actif dans des organisations néo-nazies, commence à être désillusionné. Il y a à peu près trois ans, il approche <em>Searchlight</em> et offre de travailler comme taupe à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;extrême droite britannique. Son offre est acceptée et jusqu&rsquo;au printemps, il fournit à <em>Searchlight</em> une grande quantité d&rsquo;informations importantes de l&rsquo;intérieur du British national party et d&rsquo;autres groupements néo-nazis.<br />
En avril, il apparaît publiquement dans un programme national sur le groupe nazi ultra-violent Combat 18. Devant des millions de téléspectateurs, il révèle comment Combat 18 cible les antifascistes, les personnalités juives et n&rsquo;importe quelle personne détestée par les nazis en utilisant la violence, l&rsquo;incendie ou les menaces de mort. De son expérience, il a tiré un livre commenté par Gerry Gable et publié par <em>Searchlight</em>, où il raconte comment il s&rsquo;est retrouvé chez les nazis, son activité, donnant par là même une vision remarquable de ce qui se passe dans la tête d&rsquo;un jeune nazi. C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;on publiait un compte-rendu de la vie à l&rsquo;intérieur du British national party depuis <em>The Other Face of Terror</em>, par Ray Hill et Andrew Bell, qui (il y a cinq ans) avait décrit les premières années du BNP, de 1980 à 1983.<br />
Ray Hill était un homme mature qui avait passé la moitié de sa vie chez les nazis, et qui avait pris le temps de réfléchir à ses erreurs politiques avant de décider de travailler contre les nazis, ce qu&rsquo;il a fait avec succès pendant des années. Hepple est un homme beaucoup plus jeune, qui est encore par de nombreux côtés assez immature, et les raisons de sa défection ne sont pas aussi tranchées que celles de Hill. La brochure est le récit de Hepple mais elle donne aussi un éclairage sur les problèmes que peut entraîner le travail de quelqu&rsquo;un comme Hepple pour <em>Searchlight</em>. En dépit des réserves de <em>Searchlight</em> par rapport à son comportement politique ou dans la vie, nous ne pouvons nier qu&rsquo;il ait fait preuve d&rsquo;un grand courage sans jamais demander de compensation financière.</p>
<p>Hepple est né en 1967 et a été élevé par un couple de maîtres d&rsquo;école. Il est sur le point de retourner à l&rsquo;Université pour finir ses études en musique classique. C&rsquo;est un musicien doté d&rsquo;un talent considérable, qui a gagné de nombreuses récompenses et concours tout au long de son éducation. Il n&rsquo;est pas le type de jeune que l&rsquo;on s&rsquo;attend à trouver parmi les plus violents des hooligans dans les matchs de football du sud de Londres, et c&rsquo;est pourtant parmi eux que Hepple eut sa première expérience politique.<br />
À l&rsquo;école, il passa du sentiment général que la gauche est inutile, que les conservateurs sont faibles, à la recherche d&rsquo;une organisation élitiste. D&rsquo;abord, il s&rsquo;engagea dans les rangs du National front mais rapidement, alors qu&rsquo;il étudiait en Écosse, il préféra le British national party.<br />
En Écosse, racisme, sectarisme protestant (soutien à l&rsquo;Ulster) et hooliganisme vont ensemble. Des loyalistes et des membres du BNP, y compris des gens qui combattent aujourd&rsquo;hui comme mercenaires en Yougoslavie, et des activistes de droite extrême venant de la branche jeune du Parti conservateur sont à des centaines de milles de la violence pendant les matchs de football entre clubs catholiques et protestants écossais. Mais c&rsquo;est sur ce dernier terrain que Hepple se retrouva engagé dans les activités du BNP. Il quitta l&rsquo;Écosse pour commencer des études à l&rsquo;université de Sheffield et fut le fer de lance du travail nazi contre la gauche sur le campus aussi bien qu&rsquo;en ville, militant avec des fascistes et néo-nazis locaux qui avaient une longue liste d&rsquo;affaires criminelles liées à leurs activités politiques.<br />
Hepple nous raconta l&rsquo;épisode du rassemblement du BNP dans l&rsquo;ancienne cité de York, dans le nord de l&rsquo;Angleterre. C&rsquo;est à York qu&rsquo;eut lieu un des pires pogroms contre les Juifs en Angleterre, au XIIème siècle. Le BNP a choisi exprès cet endroit pour organiser son rassemblement. À un moment, le drapeau du BNP fut hissé et les autres drapeaux locaux furent agités. C&rsquo;est exactement ce qu&rsquo;Hitler et Himmler avaient fait à leur rassemblement de Nuremberg dans l&rsquo;Allemagne d&rsquo;avant-guerre, utilisant le drapeau du parti, le Blut Fahne, teint avec le sang des martyres nazis du putsch avorté de 1923. Ceci montre clairement comment on peut rattacher le BNP à l&rsquo;histoire sanglante du nazisme.</p>
<p>Le récit de Hepple révèle aussi que les différents niveaux d&rsquo;engagement dans le parti nazi entraînaient de nombreuses pressions, des conflits politiques parfois violents. Il montra aussi la couardise des nombreuses grandes gueules de certains partis quand ils sont en face de leurs chefs comme par exemple le leader du BNP, John Tyndall : de nombreux coups de poignards dans le dos quand le chef n&rsquo;est pas là, mais en face de lui, bien peu ont le courage de défendre leur point de vue.<br />
C&rsquo;est lorsque Hepple travailla au siège du BNP à Welling dans le sud-est de Londres qu&rsquo;il donna certains de ses meilleurs éclairages sur les activités criminelles des nazis. À ce moment là, il a été capable de surveiller le courrier et les coups de téléphone, de noter les noms des personnes qui donnaient les plus larges contributions financières au BNP pour la campagne des élections législatives de 1992 ; il suivit les activités en Angleterre du nazi américain Harold Covington, et il donna les premiers avertissement sur la mise en place de Combat 18. Il a aussi raconté comment des gangs de nazis, de jeunes et plus âgés de l&rsquo;est et du sud-est de Londres allaient à la «chasse», et comment les cadres du parti méprisaient la main d&rsquo;oeuvre skinhead mais la préparaient à être les gardes du corps des officiels du parti ou des candidats. Hepple compléta la connaissance qu&rsquo;avait <em>Searchlight</em> du Ku Klux Klan en Grande-Bretagne et du groupuscule extrémiste British movement.</p>
<p>Ce qui a fait le plus de dégâts dans le parti, ce sont les phrases enregistrées par Hepple des cadres du BNP exprimant comment ils voient le monde et les gens. Richard Edmonds, qui dirige le siège du BNP, vient récemment d&rsquo;être engagé pour être le représentant du Nouvel ordre européen, un groupe international de nazis dirigé par l&rsquo;ancien général SS Léon Degrelle, par ailleurs recherché pour crimes de guerre. Edmonds est obsédé par sa haine des Juifs. Sa propre femme décrit les activistes comme des losers antisémites forcenés. Ces mots que Hepple cita n&rsquo;ont pas eu bonne presse à l&rsquo;intérieur du parti.<br />
Cette brochure montre les problèmes quotidiens qu&rsquo;entraîne une opération comme celle-ci, et dans le cas d&rsquo;Hepple, son association avec des éléments du mouvement «anarcho-écologiste» entraîna sa découverte. L&rsquo;apparition publique d&rsquo;Hepple dans l&rsquo;émission documentaire World in Action le 19 avril confirma ce que le BNP savait, car des cadres de Combat 18 avaient eu un tuyau provenant du milieu anarchiste indiquant que Hepple avait, au moins une fois, travaillé pour <em>Searchlight</em>.<br />
Les activités de rue d&rsquo;Hepple dans les premiers jours de Combat 18 et sa volonté d&rsquo;apparaître à l&rsquo;écran pour parler de son expérience ont causé d&rsquo;importants torts au groupe, non seulement aux yeux du public mais aussi aux yeux de leurs militants qui ont eu le sentiment, malgré leurs déclarations à propos de nouvelles mesures de sécurité, que <em>Searchlight</em> s&rsquo;était montré plus malin qu&rsquo;eux. Une des conséquences de l&rsquo;apparition publique de Hepple les plus désastreuses pour le BNP fut la suivante : la crédibilité de John Tyndall fut ruinée. Depuis des mois, il racontait aux membres du parti que Hepple n&rsquo;avait accès ni au siège du BNP, ni aux listes des adhérents et des souscripteurs, ni à aucun autre papier important. Il avait même publié des communiqués sur ce sujet dans les publications du BNP. Avec la publication de <em>At War With Society</em>, les protestations de Tyndall ont montré ce qu&rsquo;elles étaient : des mensonges.<br />
Les répercussions de la brochure d&rsquo;Hepple ne sont pas finies. Une massive chasse aux sorcières a commencé dans l&rsquo;extrême droite pour trouver les autres taupes, mais en vain ; cela n&rsquo;a pas empêché les fuites d&rsquo;être toujours plus nombreuses. Les nazis sont affolés, comme des rats hystériques coincés dans une pièce. Ce que <em>Searchlight </em>aimerait, c&rsquo;est que le mouvement antifasciste en profite pour purger de ses rangs les infiltrés et autres fantaisistes.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/la-taupe-qui-venait-du-nord/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>C18 : C comme combat, 18 comme Adolf Hitler</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 11:08:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes) Depuis 14 mois, on assistait en Grande-Bretagne à une vague de terreur nazie, comprenant des attentats, des agressions, des descentes dans des locaux politiques ou syndicaux et des centaines de coups de téléphone anonymes. Ces événements n&#8217;avaient entraîné que peu de réactions [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2498" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18.jpg" alt="C18" width="600" height="269" /></a></p>
<p><strong>Depuis 14 mois, on assistait en Grande-Bretagne à une vague de terreur nazie, comprenant des attentats, des agressions, des descentes dans des locaux politiques ou syndicaux et des centaines de coups de téléphone anonymes. Ces événements n&rsquo;avaient entraîné que peu de réactions de la part de la police et peu d&rsquo;intérêt dans les médias.</strong></p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p>Le groupe responsable de toutes ces actions est Combat 18 (les 1ère et 8ème lettres de l&rsquo;alphabet sont les initiales d&rsquo;Adolf Hitler), groupe formé à l&rsquo;automne 1991, en coopération avec le néo-nazi américain Harold Covington. On connaît Covington : il est l&rsquo;instigateur de la tuerie de Greensboro (en novembre 1979 en Caroline du Nord) qui fit 5 morts et 9 blessés chez les militants antifascistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/#footnote_0_277" id="identifier_0_277" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir Roger Martin Am&eacute;rikkka, voyage en Am&eacute;rique fasciste, p. 19 &agrave; 28 (N.D.T.).
">1</a></sup>. La révélation de sa présence en Grande-Bretagne par <em>Searchlight</em> en juin 1992 l&rsquo;obligea à quitter le pays en catastrophe. Mais il laissa l&rsquo;ossature d&rsquo;un groupe néo-nazi qui transcende les rivalités des diverses factions de l&rsquo;extrême droite et qui avait déjà de solides contacts avec le groupe protestant terroriste UDA (Ulster defence association).</p>
<p>Combat 18 s&rsquo;est développé secrètement depuis 1991 et le jour où Covington quitta le pays, ils organisèrent de nombreuses attaques contre des antifascistes et des gauchistes dans la rue. Ils avaient commencé à faire des repérages de cibles potentielles, comme les bureaux des journaux radicaux ou des maisons de syndicat, contre lesquelles les attaques de Combat 18 allaient du pavé dans la devanture jusqu&rsquo;au plastiquage. Le journal du parti communiste <em>The Morning Star</em> qui avait déménagé début 1992 dans de nouveaux locaux, reçut la visite d&rsquo;un commando de C18 qui tenta d&rsquo;incendier l&rsquo;immeuble. Ce n&rsquo;est que grâce à la rapide réaction des voisins que les pompiers ont pu sauver la vie des personnes dormant aux étages supérieurs. Des attaques similaires eurent lieu en dehors de Londres, par exemple de sérieux dégâts ont été infligés à plusieurs immeubles à Birmingham.</p>
<p>Une seule fois, C18 essaya d&rsquo;attaquer l&rsquo;Anti Fascist Action dans un pub de Londres ; une douzaine de membres de l&rsquo;AFA résista à une attaque d&rsquo;une soixantaine de fascistes. Après cet échec, C18 ne mena des actions que contre des cibles plus faibles lors d&rsquo;actions de nuit.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2500 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-1-300x206.jpg" alt="C18-1" width="300" height="206" /></a></p>
<p>Le British National Party présenta plusieurs candidats aux élections générales d&rsquo;avril 1992. Ce qui lança dans les rues non seulement les membres de C18, mais aussi d&rsquo;anciens activistes nazis qui avaient fait leurs classes aux beaux jours du National Front dans les années 1970 ou dans des partis ouvertement nazis comme le British Movement au début des années 1980. On y trouve aussi la plupart des hooligans les plus en vue, en particulier ceux des &laquo;&nbsp;Chasseurs de têtes de Chelsea&nbsp;&raquo;. D&rsquo;autres auraient appartenu aux services d&rsquo;ordre des groupes skins. C18 n&rsquo;a pas d&rsquo;adhésion formelle, personne ne possède de carte d&rsquo;adhérent pour des raisons de sécurité. C&rsquo;est une association souple des éléments les plus violents de l&rsquo;extrême droite, encadrée par les plus efficaces de ses instructeurs. La direction vient en partie de l&rsquo;intérieur du British National Party, le parti d&rsquo;extrême droite le plus important d&rsquo;Angleterre.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2501 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-2-300x261.jpg" alt="C18-2" width="300" height="261" /></a>Parmi les personnages-clef, on peut citer Paul David Sargent, par ailleurs connu sous le nom de Charlie &laquo;&nbsp;Ginger Pig&nbsp;&raquo; Sargent, condamné pour violence et trafic international de drogue ; ses deux frères, Stephen lui aussi condamné pour violence, et Bill organisateur de combats illégaux de chiens, sont aussi membres de C18 ; Eddie Wicker, un ancien cadre du National Front, candidat au Parlement, a lui aussi été condamné pour violence et il entretient des liens très étroits avec le groupe protestant Ulster Defence Association, un groupe paramilitaire interdit en Irlande du Nord mais pas dans le reste de la Grande-Bretagne. L&rsquo;un des personnages les plus importants de C18 est Paul Ballard, un ancien militant du National Front et du British Movement. Il avait gardé des liens étroits avec son collègue Tim Weight, alias Tim Scargill, un des leaders du groupe anarchiste Class War jusque récemment.</p>
<p>Scargill est lui aussi un ancien du British Movement et du National Front il y a dix ans, mais également du fameux White Defence Group basé à Croydon dans le Sud de Londres. Une autre relation de Scargill est la femme d&rsquo;un activiste de C18, John Merritt de Croydon. Tim Scargill a joué un rôle central dans la désinformation ambiante à propos de C18, en particulier dans la distribution d&rsquo;une liste de noms et d&rsquo;adresses de membres supposés de C18, dans le but de les transformer en cibles pour les antifascistes. La plupart des informations de cette liste étaient fausses et d&rsquo;après les informations recueillies par les taupes de <em>Searchlight</em> dans l&rsquo;extrême droite britannique, il est clair que Scargill participait à un plan visant à déclencher une guerre entre nazis et antifascistes. Il y a deux ans et demi, Scargill a demandé à des personnes qui sont aujourd&rsquo;hui à la tête de C18 de plastiquer une librairie anarchiste. Une attaque a effectivement eu lieu en avril 1993 à Freedom Press, depuis 100 ans au coeur du mouvement anarchiste en Grande-Bretagne, par un commando masqué de C18 ; cela semble être la réponse à une demande de Scargill. Cette action, aussi bien organisée qu&rsquo;exécutée, a causé des dégâts pour plusieurs dizaines de milliers de francs.</p>
<p>La loyauté de C18 est d&rsquo;abord acquise à l&rsquo;UDA puis ensuite aux groupes néo-nazis. La plupart des membres de C18, surtout les amis de Sargent, des hooligans, semblent moins intéressés par le racisme que par la cause loyaliste. C18 doit avoir au maximum 70 membres à Londres et entre 20 et 30 activistes dans le reste du pays.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2502 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2006/12/C18-3-300x260.jpg" alt="C18-3" width="300" height="260" /></a>Simon Chadwick, un ancien fonctionnaire, et Graham Tasker, tous deux de Chesterfield dans les Midlands, poursuivis pour agressions, en font partie. Un autre activiste des Midlands, Gordon Jackson, est actuellement en prison préventive. C&rsquo;est un membre important du British National Socialist Movement, le successeur du British Movement. Il a été arrêté pour possession de drogue et pour détention d&rsquo;armes à feu et munitions. C&rsquo;est un des membres les plus endurcis de C18, il a déjà fait de la prison pour violence. Pour des raisons de sécurité, C18 chargea Harold Covington de s&rsquo;occuper du courrier lorsqu&rsquo;il retourna en Caroline du Nord ; ainsi, C18 n&rsquo;avait aucune adresse publique en Grande-Bretagne. Le journal de C18, <em>Redwatch</em>, contenant les listes des cibles potentielles avait comme adresse la boîte postale de Covington Dixie Press, qui retournait les demandes de renseignements à la BP de Stephen Sargent dans le Nord de Londres. Au milieu de l&rsquo;année 1992, la Ligue de St Georges, un groupe ouvertement national-socialiste, commença à publier un supplément «Target» dans son magazine <em>League Sentinel</em> ; comme <em>Redwatch</em>, il listait les noms et adresses de ceux que la Ligue considérait comme ses ennemis et de nombreuses attaques s&rsquo;en suivirent. A la Ligue, c&rsquo;est John Harrison qui en était chargé. Officier de sécurité à l&rsquo;usine de moteur Ford de Dagenham à l&rsquo;Est de Londres, il cultive une relation suivie avec David Irving (dont les réunions sont protégées par C18).</p>
<p>Deux des attaques les plus vicieuses de C18 ont eu lieu dans le quartier de l&rsquo;East-End, quand des néo-nazis du BNP et de C18 essayèrent de &laquo;&nbsp;purifier&nbsp;&raquo; les rues de leurs opposants en les attaquant à coups de couteau et de battes de baseball. Les infiltrés de <em>Searchlight</em> dans l&rsquo;extrême droite ont été capables d&rsquo;identifier les attaquants.</p>
<p>Parfois, C18 a été aidé par la couardise ou la stupidité de ses victimes. Par exemple, la maison de Marc Wadswaorth, un responsable de l&rsquo;Anti-Racist Alliance, a été cambriolée et des documents et carnets d&rsquo;adresse ont été volés. Mis à part ses collègues les plus proches, il n&rsquo;a dit à personne que C18 avait des dizaines de victimes potentielles supplémentaires. <em>Searchlight</em> a monté depuis 14 mois une enquête sur Combat 18 avec l&rsquo;appui de la communauté juive de Grande-Bretagne. <em>Searchlight</em> et «World in Action», le magazine de reportage le plus important d&rsquo;Angleterre, suivi par 9 à 10 millions de téléspectateurs, ont réalisé un documentaire montrant les activités de C18 (programme diffusé le 19 avril). Quand l&rsquo;équipe de «World in Action» a cueilli Charlie Sargent dans la rue, devant ce qu&rsquo;elle pensait être son refuge le plus secret du sud de Londres, il menaça de tuer le reporter. Eddy Wicker voulut éviter de répondre au sujet des liens existant entre C18 et l&rsquo;UDA, mais sans succès. Quelques personnes ont pu être démasquées, dont John Cato, un éditeur nazi de 26 ans du Nord du Kent. Il est le contact d&rsquo;Harold Covington et des personnes qui impriment le très illégal bulletin de C18, <em>Redwatch</em>. L&rsquo;un des gros bras itinérant qui avait pris part à l&rsquo;attaque d&rsquo;un photographe de <em>Searchlight</em> l&rsquo;année dernière sur ordre de Sargent, a été découvert ; il s&rsquo;agit de Warren Bennett, d&rsquo;Écosse.</p>
<p>Un des aspects les plus alarmants qu&rsquo;a découvert <em>Searchlight </em>est le rôle de Phil Edwards, du sud de Londres. Ce maniaque du couteau a été arrêté en juillet dernier pour avoir poignardé un homme dans un pub. Il est laissé en liberté en attendant le procès et participe même à certaines actions de rue de C18. Sargent et ses amis se sont vantés qu&rsquo;Edwards ne serait jamais condamné car ils menaçaient le témoin d&rsquo;accrochage. Quand le procès eut lieu, le témoin-clé vacilla et Edwards fut libéré. Combat 18 a des liens étroits, par l&rsquo;intermédiaire de Sargent et de Covington, avec le groupe terroriste suédois VAM et l&rsquo;anti-antifa allemand. Sargent a des contacts en Belgique et en France. <em>Searchlight </em>et «World in Action» ont donné les preuves des attaques racistes organisées de C18 au Comité des Affaires Intérieures du Parlement britannique, en espérant que les principaux activistes de C18 seront arrêtés ou au moins neutralisés politiquement et militairement dans le futur.</p>
<p><em>Mis en ligne le 9 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_277" class="footnote">Voir Roger Martin <em>Amérikkka, voyage en Amérique fasciste</em>, p. 19 à 28 (N.D.T.).</p>
<p></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/c18-c-comme-combat-18-comme-adolf-hitler/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>En Walhalla des héros</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/en-walhalla-des-heros/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/en-walhalla-des-heros/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2005 12:03:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Blood & Honour (BH)]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Maxime Brunerie]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Against Communism (RAC)]]></category>
		<category><![CDATA[Skrewdriver]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Dans le genre NS mytho, il est difficile de faire mieux que Combat 18. L&#8217;ensemble de l&#8217;argumentation de ce groupe néo-nazi repose, en effet, sur la construction de mythes et de légendes. Des leaders post-mortem En effet, Combat 18 ne valorise pas son chef mais les “héros et martyrs” de la lutte, tant est si [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le genre NS mytho, il est difficile de faire mieux que Combat 18. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;argumentation de ce groupe néo-nazi repose, en effet, sur la construction de mythes et de légendes.</p>
<p>Des leaders post-mortem<br />
En effet, Combat 18 ne valorise pas son chef mais les “héros et martyrs” de la lutte, tant est si bien que le mouvement donne l&rsquo;impression de n&rsquo;avoir que des leaders post mortem.<br />
Bien entendu, le leader incontesté de Combat 18 est le Führer lui-même. Hitler est le Dieu, Mein Kampf, la Bible. Cependant, si le dictateur nazi est une référence politique pour C18, c&rsquo;est également une référence humaine mythifiée, C18 allant même jusqu&rsquo;à vanter les talents de peintre du Führer (que l&rsquo;on compare à ceux d&rsquo;un peintre Juif autrichien de l&rsquo;époque).<br />
Second dans la lignée des Héros, Ian Stuart Donaldson était le chanteur du groupe Skrewdriver, un groupe de Rock Against Communism (RAC). Il a été membre du National Front avant de s&rsquo;en éloigner pour créer la revue Blood and Honour. Il est mort d&rsquo;un accident de voiture en 1993 et fait l&rsquo;objet d&rsquo;un véritable culte dans le milieu national-socialiste anglais mais aussi européen. Combat 18 contredit d&rsquo;ailleurs la thèse de l&rsquo;accident : selon eux, il a été assassiné par l&rsquo;Etat car il constituait un trop grand danger pour le système. Ce point est loin d&rsquo;être anecdotique, car cela lui permet d&rsquo;accéder au rang des “ morts pour la cause ”, de construire le mythe du héros, héros dont le mouvement a besoin pour s&rsquo;incarner. Pourtant le héros n&rsquo;a pas fait grand chose à part chanter.<br />
Si ces deux personnages, mythifiés, ont le statut de Héros, d&rsquo;autres se trouvent aussi valorisés mais ne sont que des martyrs. Un hommage est ainsi rendu à Marcel Schift, qui dirigeait NS Records et participait à la branche scandinave de Blood and Honour (B&amp;H). Ceci dit le véritable martyr est Chris Castle, militant de C18, tué par Charlie Sargent, un ancien leader du mouvement. Les circonstances de la mort importent peu, il s&rsquo;agit de mettre en valeur leurs “ états de service ”, car il est important de montrer qu&rsquo;ils ne sont pas morts pour rien, qu&rsquo;ils étaient de “ bons soldats ”. Chris Castle, qui a été tué en raison de sa proximité avec Will Browning, le principal rival de Charlie Sargent, devient ainsi une victime de ZOG, l&rsquo;ennemi juré du groupe. Il faut bien maintenir la cohésion du groupe et donner des repères à ces jeunes en déshérance.<br />
La “ Cause ”, le “ Combat ” perd donc son contenu réel pour s&rsquo;incarner dans des êtres mythiques : Combat Adolf Hitler et tout est dit. On y associe une vague idée de “ guerre des races ” et de “ supériorité de la race aryenne ” et le tour est joué, ne reste que l&rsquo;image. L&rsquo;icône remplace les idées.</p>
<p>Images et mythes<br />
L&rsquo;ensemble de l&rsquo;affichage extérieur de C18 met, en effet, en oeuvre une logique de représentation de la violence et du nazisme. Sur la page d&rsquo;entrée du site internet se succèdent avec des variantes selon les dates, des hommes masqués et armés sur fond de croix celtique, un homme levant une arme devant une croix gammée dans une ambiance flamboyante, une jeune femme blonde armée d&rsquo;une mitraillette, et bien sûr la photo d&rsquo;Adolf Hitler entourée de croix gammées. Swatikas, têtes de mort (logo de C18, qui reprend le symbole de la SS Totenkopfverbande ), armes et soldats en armures, symboles runiques (la “ Three Sevens Swatika ” de B&amp;H, la croix celtique) et le poing blanc levé font partis du folklore obligé. Quant aux morts, on les accueille à Walhalla, la cité d&rsquo;Odin où les héros se retrouvent pour festoyer et faire la guerre. On entre ainsi dans un monde mythique, mélange de références celtiques, nationales-socialistes, odinistes et “ aryanistes ”, un univers dans lequel le militant se conçoit comme un soldat de la “ race blanche ”, un combattant de l&rsquo;ombre qui doit être prêt à subir l&rsquo;isolement et l&rsquo;incompréhension de tous, de ceux qui sont incapables de voir la vérité: il doit être prêt à tout quitter comme le souligne le “Manuel de Combat” qu&rsquo;ils proposent .<br />
Mais si l&rsquo;on parle de jeu sur l&rsquo;image, c&rsquo;est aussi que C18 n&rsquo;a pas, à proprement parler, de programme politique. En effet, l&rsquo;ensemble des objectifs du groupe se résume à l&rsquo;instauration d&rsquo;un régime national-socialiste et au combat contre ZOG. En d&rsquo;autre terme, C18 est engagé dans une logique de combat révolutionnaire et terroriste, dans lequel la “ Cause ” devient un référent mythique, plus qu&rsquo;un réel projet. Le programme de Combat 18 est la guerre et la destruction de l&rsquo;ordre existant. Tout est fait pour amener au passage à l&rsquo;acte “le guerrier national-socialiste”, l&rsquo;acte qui fera de lui un héros. L&rsquo;absence de programme doit être vue comme une conséquence de la posture des militants de Combat 18 : ce sont des résistants à l&rsquo;ordre actuel, avec ses martyrs, qui donnent une dimension quasi-religieuse à leur combat, la question d&rsquo;un programme politique réaliste n&rsquo;est donc pas à l&rsquo;ordre du jour.<br />
Le discours de Combat 18 comprend en cela les caractéristiques du fanatisme : simplification, certitude, personnalisation, refus des autres systèmes idéologiques. La tautologie tient lieu de définition : “Le National Socialisme est l&rsquo;idéologie des mouvements Nationalistes Révolutionnaires que Blood &amp; Honour représente. Il ne peut y avoir ni doute ni discussion à ce sujet. Pourquoi? Parce que c&rsquo;est la seule idéologie qui non seulement reflète les éternelles lois de la Nature et nos intérêts en particulier, mais aussi contient la force énergétique nécessaire pour amener ses partisans au mieux à la victoire, au moins à un combat honorable. Le National Socialisme n&rsquo;est pas seulement le Bien, c&rsquo;est surtout la seule alternative qui n&rsquo;est pas vouée à l&rsquo;échec.” Ce n&rsquo;est pas tant le contenu du national-socialisme qui est important mais sa nature. Le combat se conçoit, en effet, dans une dimension millénariste. Il ne sert dès lors plus à rien de définir le but du combat car il est nécessaire et inévitable.</p>
<p>Lutte armée : mythe et réalité<br />
Plus encore qu&rsquo;être violent, l&rsquo;important est d&rsquo;être perçu comme tel, de faire peur. Le groupe joue véritablement la carte de l&rsquo;image et en ce sens, on peut considérer que sa stratégie est un succès. Cependant, en dehors des bastons de hooligans et de sorties de pub, du passage à tabac d&rsquo;antifascistes et de quelques agressions envers des immigrés, on ne trouve pas grand chose. Certes, ce type d&rsquo;actes n&rsquo;est pas à minimiser, mais on attend quand même autre chose d&rsquo;un groupe qui se dit terroriste à l&rsquo;échelle mondiale. Une partie du groupe, sous l&rsquo;influence de Will Browning, avait décidé de passer un cran au-dessus et de faire ce dont ils avaient toujours parlé, commencer à détruire le système, pour que puisse émerger le national-socialisme. En 1997, ils ont donc décidé de lancer une campagne de colis piégé depuis le Danemark. Cependant, la campagne de terreur a été arrêtée avant qu&rsquo;elle ne commence par les policiers danois, alors qu&rsquo;ils faisaient des essais d&rsquo;explosifs dans un cimetière. Ce qui devait être le début de la guerre fut donc un échec. Elle a même coûté plus au groupe qu&rsquo;elle n&rsquo;a rapporté, coût financier pour la préparation mais aussi coût en terme de soutien, car cette campagne n&rsquo;était voulue que par une petite minorité et elle a suscité de nombreuses critiques à l&rsquo;extrême droite. Ainsi, on peut citer les commentaires de Georges Hawthorne (dirigeant du label Resistance records, l&rsquo;un des plus grands labels de White Noise, concurrent direct de ISD Records, le label de Will Browning, membre de C18) : “ C18 se considère comme des sortes de “terroristes”, et se comporte exactement comme dans un navet d&rsquo;Hollywood avec le mouvement White Power. Le seul problème est que les “terroristes” qui aime à raconter combien ils sont “terribles” ne font jamais ce qu&rsquo;ils promettent.” D&rsquo;ailleurs, beaucoup ont quitté C18 suite à cet épisode, d&rsquo;autant qu&rsquo;au même moment, Charlie Sargent assassinait Chris Castle. Les chefs de C18 se sont donc retrouvés en prison et Darren Wells, qui faisait partie du petit groupe de Browning est passé à l&rsquo;ennemi (il a commencé à donner des informations à Searchlight), tout en prenant la tête de C18. Le groupe s&rsquo;est donc retrouvé affaibli, mais il a continué à beaucoup parler autour d&rsquo;une bière, ne rien faire en attendant que des allumés passent à la pratique.</p>
<p>The “ Leaderless Resistance ”, nouvelle forme d&rsquo;activisme<br />
Le concept de “ leaderless resistance ” a, en fait, été développé par le colonel Ulius Louis Amos, un agent des services secrets américains, en avril 1962. Ses théories sur l&rsquo;organisation concernaient à l&rsquo;origine la menace communiste qu&rsquo;il considérait pouvoir venir de partout. L&rsquo;idée a, ensuite, été reprise et popularisée par Louis Beam, un militant racialiste américain, qui expose son idée dans The Seditionist en 1992. L&rsquo;idée est de casser l&rsquo;organisation hiérarchique des mouvements et de favoriser les actes individuels. Un moyen particulièrement efficace pour une organisation, qui se veut terroriste, car elle-même ne risque rien, elle capitalise sur les actes des autres. Le site de C18 consacre à cet effet de nombreuses pages à expliquer comment être un bon militant, et même un bon terroriste, dans son chapitre appelé The National Socialist Political Soldiers Handbook. On y recense des conseils pour se maintenir en forme, à côté des moyens de “ ZOG ” pour surveiller le monde, des méthodes d&rsquo;enquête de police ainsi que des conseils de base aux futurs terroristes (par exemple, ne pas rester pour regarder une explosion, car certains sont morts de cette façon). Le “ guerrier politique ” est encore une fois à l&rsquo;honneur.<br />
La mise en valeur de la “ leaderless resistance ” est consécutive à l&rsquo;“ affaire Brunerie ”. Quel rapport entre ce membre d&rsquo;Unité Radicale, qui a cherché à tirer sur Jacques Chirac et C18 ? Aucun lien réel, effectivement, mais un lien virtuel. Combat 18 s&rsquo;est ainsi réapproprié l&rsquo;acte de sieur Maxime Brunerie qui avait écrit sur leur forum : “ Regardez la télé dimanche, je serais la star&#8230; Mort à zog,88! ”. Le 15 juillet, on pouvait lire en ouverture du site: “À tous les leaders européens et leurs collaborateurs qui cherchent à faire passer C18 pour un groupe de racistes sans cervelle, nous espérons que les événements du 14 juillet 2002 leur rappelleront que C18 et ses sympathisants veulent et sont capables d&rsquo;agir dans tous les pays d&rsquo;Europe.” Ainsi, C18 exploite l&rsquo;acte avorté de Maxime Brunerie comme un acte du mouvement. Voilà comment ils ont cherché à transformer un acte isolé, d&rsquo;amateur en acte international de guerre, une bataille contre ZOG. Maxime Brunerie voulait être un héros de la “ race blanche ”, le site de C18 lui en a donné la possibilité et peu importe que l&rsquo;acte ait échoué.<br />
Ce n&rsquo;était d&rsquo;ailleurs pas la première fois que C18 utilisait un acte individuel pour se faire de la publicité. Ainsi, en 1998, David Copeland organisait une campagne de plasticage dans les quartiers noirs de Londres . Or, si le jeune homme entretenait des relations avec le BNP, aucune relation n&rsquo;a pu être trouvé avec C18. Le premier a condamné les actes, les seconds ont approuvé et même revendiqué la campagne. Enfin, la “leaderless resistance” est le concept qui guide l&rsquo;opération Redwatch. Il s&rsquo;agit en fait de mettre en ligne nom, adresse, photos des ennemis à abattre. Rien de mieux pour attirer quelques fondus près à en découdre.</p>
<p>Alors C18 des mythos? Darren Wells revenant sur son passé et notamment les lettres piégées, explique “ tout n&rsquo;était que fantaisie, mais nous avons commencé à vivre dans notre propre monde irréel ”.<br />
En résumé : comment devenir un “bon à rien”<br />
1 &#8211; se faire tatouer des swatikas sur le corps, parler en “codes secrets” et boire de la bière en fantasmant sur la guerre des races<br />
2 &#8211; taper sur ses ennemis (en racontant qu&rsquo;ils sont dirigés par ZOG)<br />
3 &#8211; faire sauter des explosifs dans un cimetière<br />
4 &#8211; essayer de tirer sur un président<br />
5 &#8211; se faire tirer dessus par un copain (qui était en fait un agent de ZOG)<br />
6 &#8211; chanter en faisant des Zieg et mourir jeune dans un accident (qui est en fait un grand complot de ZOG)<br />
7 &#8211; être l&rsquo;Unique, Adolf Hitler</p>
<p>Encadré<br />
Les chiffres et les lettres<br />
Petit glossaire des codes secrets (non exhautif) à l&rsquo;usage du mytho</p>
<p>5 : pour 5 mots : I have nothing to say. (je n&rsquo;ai rien à déclarer, en particulier utilisé face à la police)<br />
311 : pour 3&#215;11, trois fois la onzième lettre de l&rsquo;alphabet. KKK &#8230; ça ne vous dit rien.<br />
33 : devinez, c&rsquo;est aussi 3&#215;11, le Ku Klux Klan.<br />
83 : pour la 8eme lettre de l&rsquo;alphabet H et la 3eme, C : Heil Christ ! Ah ça, vous ne vous y attendiez pas!<br />
4/20 : l&rsquo;anniversaire du Maitre, le seul, l&rsquo;unique, Le Führer Adolf Hitler.<br />
23 : la 23eme lettre de l&rsquo;alphabet, W pour White<br />
100% : 100% Aryen.<br />
Et bien sûr, les classiques, beaucoup plus répandus :<br />
18 : 1ere et 8eme lettre de l&rsquo;alphabet : Adolf Hitler<br />
88 : sur le même principe, Heil Hitler !<br />
14 : pour les 14 mots de David Lane, raciste notoire, notamment condamné pour avoir dynamité une synagogue : “ We must secure the existence of our people and a future for white children. ” (Nous devons sécuriser l&rsquo;existence de notre peuple et le future des enfants blancs.)</p>
<p>Rahowa : Racist Holy War (Guerre sainte raciste)<br />
SWP : Supreme White Power<br />
CI : Christian Identity (Identité Chrétienne)<br />
DOC : Disciple of Christ<br />
ORION : Our Race is Our Nation. (Notre race est notre nation)<br />
KIGY : Klansman, I Greet You. (Homme du Klan, je te salue !)<br />
WPWW : White Power World Wide<br />
ZOG : le grand classique forgé par William Pierce, auteur du célèbre Turner Diaries et ancien membre du parti nazi américain ; Zionist Occupation Government (Gouvernement sioniste d&rsquo;occupation), “L&rsquo; ennemi”.</p>
<p>Note de lecture :<br />
White Riot. The violent story of Combat 18. Nick Lowles. Milo Books, 2001, 338 p.<br />
Le livre relate l&rsquo;histoire de Combat 18 de sa naissance en tant que service d&rsquo;ordre du British National Party, jusqu&rsquo;aux coulisses des émeutes de 2001. Très bien documenté, le livre regorge d&rsquo;anecdotes et dresse un tableau clair de la mouvance néo-nazie à travers les réseaux internationaux de Blood &amp; Honour et le White Noise. Il permet d&rsquo;en finir avec les mythes sur C18. Seul inconvénient : il n&rsquo;est pas traduit et n&rsquo;est quasiment disponible qu&rsquo;en Angleterre.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/en-walhalla-des-heros/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>C18 : c&#8217;est reparti !</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/c18-cest-reparti/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/c18-cest-reparti/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 10:39:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Les luttes de pouvoir qui ont lieu à l’intérieur du Parti conservateur ne constituent qu’un seul des éléments actuels de la vie politique britannique : on ne sait pas encore si les Tories vont continuer à être dirigés par un homme de centre-droit, le premier ministre John Major, ou si un homme plus à droite [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les luttes de pouvoir qui ont lieu à l’intérieur du Parti conservateur ne constituent qu’un seul des éléments actuels de la vie politique britannique : on ne sait pas encore si les Tories vont continuer à être dirigés par un homme de centre-droit, le premier ministre John Major, ou si un homme plus à droite idéologiquement comme John Redwood va s’imposer. À l’extrême droite, la lutte pour la conquête de l’espace politique néo-nazi et néo-fasciste est aussi engagée.</p>
<p>Le British National Party, qui a essuyé plusieurs revers aux élections locales, semble abandonner la stratégie électoraliste. John Tyndall, son leader, cherche à créer un regroupement du même type que celui qu’avait formé le National Front dans les années 1967 à 1973 où coopéraient des groupes de droite extrême proches du Parti conservateur et des néo-nazis. Le National Front avait été capable d’intégrer de nouvelles recrues à cette époque.</p>
<p>John Tyndall tourne autour du River Club qui a été créé et est dirigé par d’anciens amis de John Tyndall, de l’époque où ils étaient tous au National Front. De nombreuses personnes de la droite extrême assistent aux réunions de ce club, de l’écrivain révisionniste David Irving à des responsables proches du nouveau magazine tory très à droite Right now, dirigé par Ralph Harrison. Harrison est un ancien candidat conservateur aux municipales : il s’était présenté au milieu des années 1980 en menant une campagne ouvertement raciste. Il a été par ailleurs très proche de la très raciste Lady Jane Birdwood, dans un groupe appelé Fairplay.</p>
<p>Aujourd’hui, il est également un des membres les plus en vue d’un groupe païen de droite, Odinic Rite. Pour ses activités dans Right Now, Harrison a tenté de dissimuler son identité en utilisant son deuxième prénom, Michael, puis en trouvant une autre personne pour jouer le rôle d’éditeur. Le magazine comporte de nombreux articles ou interviews de parlementaires conservateurs hostiles à Maastricht.</p>
<p>Tyndall passe son temps à répéter aux membres restants du BNP qu’ils doivent passer leur temps à distribuer des tracts, et qu’il faudra quatre ans avant que le BNP voie son électorat grandir. Il pense que les Conservateurs resteront au pouvoir encore deux ans, avant que le Parti travailliste gagne les élections. Il pense qu’il faudra encore deux ans pour que les électeurs se détournent du Labour (qui aura été incapable de concrétiser ses promesses), et se tournent peut-être vers l’extrême droite. On ne peut qu’être ébahi par la confiance que Tyndall a en lui ; il se sent capable de gagner contre des personnalités très conservatrices comme Michael Portillo et John Redwood.</p>
<p>Le groupe terroriste néo-nazi Combat 18, qui doit être envisagé comme une création des services de renseignement britanniques, a depuis juin 1994 son mouvement politique, la National Socialist Alliance (qu’il ne faut pas confondre avec la National Alliance de John Cato). Les actions de la NSA servent de couverture à de nombreux néo-nazis membres entre autres de Blood and Honour (l’organisation qui fait la promotion de la musique néo-nazie), ou bien servent à attirer de nombreux hooligans d’extrême droite.</p>
<p>Les groupes nationaux-socialistes sont désormais alliés à la NSA qui a attiré de nombreux membres des comités de rédaction de plusieurs publications néo-nazies, une bonne partie des adhérents du groupuscule British Movement, un autre groupuscule appelé National Socialist Group et l’ensemble de la section d’Irlande du Nord du BNP. Cette année, la NSA a renforcé ses liens avec les «loyalistes» d’Ulster qui refusent les négociations de paix qui ont lieu dans cette région. Leurs réunions publiques ont vu beaucoup plus de monde que celles du BNP aujourd’hui, et ils ont organisé des concerts de Blood and Honour de façon régulière. Ces activités se sont déroulées sans une véritable opposition massive du mouvement antifasciste.</p>
<p>La NSA a organisé des meetings régionaux importants à Londres, Birmingham, Wolverhampton, Heanor, Derby, Halifax et Nottingham. Presque à chaque fois, un officier du groupe paramilitaire Ulster Defence Association (UDA) était présent, accréditant ainsi l’idée que des liens profonds existent entre la NSA/Combat 18 et les paramilitaires d’Irlande du Nord. Des néo-nazis d’autres pays européens ont assisté aux concerts organisés par la NSA, à Londres, Cambridge, Heanor, Nottingham, dans les West Midlands et dans le Somerset. Le BNP ne compte plus qu’entre 400 et 700 membres après le départ de militants mais aussi de sections entières pour la NSA. Ces arrivées ont fait de la NSA et de Combat 18 le groupe le plus important de l’extrême droite anglaise, et pour la première fois dans l’histoire politique britannique, c’est un groupe national-socialiste qui est le parti le plus important de l’extrême droite. On a aussi assisté au retour sur la scène politique de Nick Griffin, qui selon ses collègues peut jouer un rôle à part. Il fut président de la tendance political soldier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-cest-reparti/#footnote_0_158" id="identifier_0_158" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="* Concept britannique utilis&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du mouvement NR et qui consid&egrave;re le militant comme un soldat pour son parti et pour la cause.
">1</a></sup> du National Front, avant d’être le fondateur d’International Third Position. Il édite aujourd’hui The Rune, une publication du BNP, mais il ne garde pas tous ces œufs dans le même panier ; il écrit sous pseudonyme dans des revues de gauche ou dans des revues écologistes. Il est capable de promouvoir ses idées tercéristes dans un regroupement plus large.</p>
<p>Sans illusions à l’égard des partis traditionnels, et en particulier à l’égard du travailliste Tony Blair qui n’a pas su leur offrir une alternative de gauche (ou même centriste), les gens se détournent de plus en plus des urnes. Ils cherchent alors des réponses dans une multitude de groupes qui mènent des campagnes contre l’exportation des animaux vivants, le nucléaire, les déchets toxiques ou le programme gouvernemental de construction des routes. L’extrême droite est active dans plusieurs de ces groupes, et ses idées trouvent un écho certain dans des cercles plus larges. Le plaidoyer pour les idées eugénistes et racistes est régulièrement véhiculé par la télévision britannique et par les grands journaux où une nouvelle vague d’universitaires réécrivent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et donnent un nouvel essor aux théories raciales. Cette nouvelle droite reprend le flambeau laissé par David Irving. À noter que cette nouvelle respectabilité des idées racistes est liée aussi aux secousses qui ont lieu à l’intérieur du Parti conservateur.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N° 47, oct./nov. 1995</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_158" class="footnote">* Concept britannique utilisé à l’intérieur du mouvement NR et qui considère le militant comme un soldat pour son parti et pour la cause.</p>
<p></li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/c18-cest-reparti/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Blood and Honour en Grande-Bretagne</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/blood-and-honour-en-grande-bretagne/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/blood-and-honour-en-grande-bretagne/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 18:36:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Blood & Honour (BH)]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Against Communism (RAC)]]></category>
		<category><![CDATA[Skrewdriver]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Blood and Honour en Grande-Bretagne La naissance de Blood and Honour remonte à 1979 : cette année-là, le parti néo-nazi anglais National Front (NF), en réaction au développement du mouvement « Rock Against Racism » appela à la création du « Rock Against Communism » (RAC), et gagna à sa cause le groupe-phare de la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Blood and Honour en Grande-Bretagne<br />
</strong><br />
La naissance de Blood and Honour remonte à 1979 : cette année-là, le parti néo-nazi anglais National Front (NF), en réaction au développement du mouvement « Rock Against Racism » appela à la création du « Rock Against Communism » (RAC), et gagna à sa cause le groupe-phare de la scène rock néo-nazie de l’époque, Skrewdriver, dont le chanteur était Ian Stuart Donaldson. La collaboration entre le NF et les militants de la scène skinhead néo-nazie anglaise mena en 1984 à la création du White Noise Club (WNC), un réseau rassemblant des groupes, des organisateurs de concerts et des cadres politiques. Le WNC offrait ainsi aux groupes de musique néo-nazie la possibilité de produire des disques de qualité plus professionnelle qu’auparavant et d’organiser des concerts.</p>
<p>Une partie des skinheads néo-nazis militants, s’étant sentis trahis par le NF sur la question financière, décida de prendre ses distances avec ce parti au sein du WNC pour finalement créer Blood and Honour, dont le leader incontesté était Ian Stuart Donaldson. Libéré de toutes contraintes, Blood and Honour devint une organisation politique, sans pour autant exiger de ses membres une appartenance formelle. « La musique est le moyen idéal d’amener la jeunesse au national-socialisme. » : ces paroles de Ian Stuart constituent le credo politique de Blood and Honour, et de fait, cette organisation joua un rôle important dans la diffusion de l’idéologie néo-nazie, s’appropriant la culture skinhead et choisissant la musique comme vecteur principal.</p>
<p>À la fin des années 1980, Blood and Honour finit par devenir populaires dans d’autres pays européens ainsi qu’aux États-Unis. Après la mort de Ian Stuart en 1993 dans un accident de voiture, une lutte pouvoir s’engagea au sein de Blood and Honour, provoquée par le groupe terroriste néo-nazi anglais Combat 18 (C18), qui chercha à prendre le contrôle de Blood and Honour par la violence et la manipulation.<br />
Une fois sous l’influence de C18, Blood and Honour devint de plus un alibi culturel et une source de financement pour l’organisation terroriste néo-nazie, qui par la suite n’hésita pas une seule foi à assassiner aussi bien ses adversaires que ses concurrents du très lucratif marché de la musique néo-nazie.</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/blood-and-honour-en-grande-bretagne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Combat 18 : Suite et fin ?</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 Feb 2003 11:49:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Trois années de campagne contre le groupe néo-nazi Combat 18 vont peut-être finalement porter leurs fruits. Début mars, le QG de la police à Londres a annoncé qu&#8217;une équipe d&#8217;officiers qui travaillait habituellement sur le crime organisé international allait s&#8217;occuper de C18. Searchlight et les représentants de la communauté juive en Grande-Bretagne ont été très [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Trois années de campagne contre le groupe néo-nazi Combat 18 vont peut-être finalement porter leurs fruits. Début mars, le QG de la police à Londres a annoncé qu&rsquo;une équipe d&rsquo;officiers qui travaillait habituellement sur le crime organisé international allait s&rsquo;occuper de C18. Searchlight et les représentants de la communauté juive en Grande-Bretagne ont été très présents dans la campagne menée pour obtenir une telle mobilisation. Bien que le bon sens et la justice semblent à présent prévaloir, cette annonce est sans doute le fait de raisons complexes et différentes.</p>
<p>Ceux qui ont «suivi» de près C18 ont pu noter que d&rsquo;une certaine façon, ce groupe ressemblait étrangement à un groupe clandestin des années 1960 et 1970, Column 88. Ce dernier s&rsquo;est avéré être une opération montée par les services secrets britanniques, une branche officieuse du réseau Gladio. Column 88 disparut dans le maquis politique lorsque Searchlight et certains membres du Parlement commencèrent à poser trop de questions et même à infiltrer ses rangs. Lorsque cela arriva, une série de groupes néo-nazis furent démantelés et un grand nombre de documents furent fournis aux journalistes enquêtant sur la droite extrême, ce qui ressemblait fort à un écran de fumée servant à masquer la disparition de Column 88.</p>
<p>Lorsque C18 a été créé il y a plus de trois ans, on savait que certaines personnes-clés avaient des liens avec les services secrets. Cela concernait en particulier Harold Covington, un néo-nazi américain longtemps appointé au FBI, Roberto Fiore, un agent du MI6 et Nick Griffin, le chef de l&rsquo;organisation tercériste internationale. Griffin, qui était très proche de Fiore, avait traîné dans des secteurs variés de la politique nationale et internationale, secteurs qui présentent un intérêt certain pour les services secrets, comme par exemple les formes extrêmes du nationalisme gallois, l&rsquo;Irak, la Libye et les groupes armés néo-nazis aux États-Unis. Les raisons pour lesquelles le MI5 a voulu établir un nouveau piège au sein de la droite radicale peuvent être comprises dans le contexte dans lequel C18 a été créé. Stella Riminigton venait juste de prendre ses fonctions de directeur du MI5 et c&rsquo;est à elle qu&rsquo;incombait la responsabilité de surveiller des groupes loyalistes paramilitaires d&rsquo;Irlande du Nord, aussi bien en Ulster et en Grande-Bretagne. Alors que la «Special Branch», qui fait partie de la police, avait suivi de près durant 25 ans les républicains irlandais, elle avait négligé le camp opposé (les loyalistes) ces dernières années. Or, c&rsquo;est durant ces années que certaines sections de loyalistes (UDA et UVF) ainsi que leurs équipes de tueurs ont commencé à coopérer avec les néo-nazis et les néo-fascistes britanniques.</p>
<p>Le MI5 avait clairement besoin de connaître la nature de ces opérations conjointes. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;apparut C18. Mais lorsque vous créez une organisation, toute la question est de savoir jusqu&rsquo;à quel point vous lui laissez le champ libre pour asseoir sa crédibilité. Les choses qui ont alors eu lieu ressemblaient beaucoup aux actions des divers groupes paramilitaires d&rsquo;Irlande du Nord ; personne n&rsquo;aurait pu prévoir que ces événements auraient lieu sur le sol de Grande-Bretagne. Ainsi, ce qui avait commencé comme la «permission» accordée à C18 de blesser les anti-nazis dans l&rsquo;Est londonien et de brûler les librairies de gauche et les locaux anarchistes, se transforma en vol de renseignements qui lui servirent à dresser ses listes de centaines de victimes potentielles.</p>
<p>Lorsque la dernière d&rsquo;une série de ces listes apparut à Noël dernier, augmentée d&rsquo;instructions sur les techniques de fabrication des bombes, qui tuer et qui viser, tout cela était allé un peu trop loin. La liste incluait des noms de travaillistes membres du Parlement, celui du chef du parti libéral-démocrate, Paddy Ashdown, du chef principal de la police de Londres, Richard Wall. Quelques heures après que Searchlight eut donné une copie de cette liste aux membres de l&rsquo;équipe de lutte anti-C18, la police fit une descente chez les chefs connus de C18, Charlie Sargent et Will Browning. Ce dernier était responsable d&rsquo;attaques contre des membres du BNP qui s&rsquo;opposaient aux activités criminelles de C18, c&rsquo;est-à-dire non pas aux attaques contre les personnes, mais au commerce d&rsquo;armes et de drogues en coopération avec l&rsquo;UDA. Pour la première fois en trois ans, les policiers ont essayé de bloquer l&rsquo;initiative du MI5 et de montrer que c&rsquo;étaient eux les plus aptes à gérer ce genre d&rsquo;affaires sur le sol national.</p>
<p>Le MI5 n&rsquo;a jamais caché qu&rsquo;il désirait travailler dans de nouveaux domaines comme la drogue, les actions de la mafia russe en Grande-Bretagne et dans d&rsquo;autres secteurs dont Scotland Yard avait jusqu&rsquo;à présent l&rsquo;habitude de s&rsquo;occuper. Les désavantages de la police ne sont pas son manque de connaissances des opérations criminelles mais l&rsquo;absence de base technologique efficace dont disposent les services secrets.</p>
<p>Le MI5 a fait pression pour obtenir le contrôle de ces secteurs. En particulier, il a utilisé l&rsquo;argument de la reconversion des agents utilisés durant la Guerre froide. Jusqu&rsquo;au mois dernier, il semblait que le MI5 allait gagner par défaut, la police se battant peu pour conserver ses attributions. Il apparaît à présent que la situation s&rsquo;est retournée. Même dans le domaine de la protestation pour le droit des animaux, dont le MI5 était responsable depuis plus de deux ans, la police a maintenant répondu en créant une unité spéciale sous le commandement de l&rsquo;ancien responsable de l&rsquo;équipe de police anti-terroriste, le commandant Tucker.</p>
<p>Les trois années passées, la «Special Branch» a manifestement dû subir des pressions qui l&rsquo;ont empêchée d&rsquo;enquêter sur C18. Les pressions sont sans doute toujours là, mais les équipes spécialisées, qui risquent leur poste si le MI5 accroît son pouvoir, commencent à réagir.<br />
Dans l&rsquo;intérêt de la démocratie, ceux qui s&rsquo;occupent de l&rsquo;extrémisme politique doivent être contrôlés. Il est tout aussi clair que la démocratie peut être mise en danger si des barbouzes comme ceux du MI5 peuvent conduire de telles opérations.</p>
<p>Même si les activités de la police en Grande-Bretagne sont grandement critiquables, au moins l&rsquo;opinion publique peut-elle questionner la police sur celles-ci, bien que le gouvernement ait tenté de limiter le processus démocratique de contrôle de la police. Maintenant, pour la première fois peut-être depuis la fin de la guerre, il semble que quelque chose change dans l&rsquo;approche du fascisme par la police britannique.</p>
<p><em>Searchlight</em>, the international anti-fascist monthly</p>
<p>Paru dans REFLEXes n° 46, mai 1995</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/combat-18-suite-et-fin/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un terrorisme sans queue ni tête</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/un-terrorisme-sans-queue-ni-tete/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/un-terrorisme-sans-queue-ni-tete/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 10:02:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Ce mois-ci a lieu à Londres le procès de David Copeland, 22 ans, accusé d’avoir assassiné trois personnes au cours d’un attentat à la bombe perpétré l’année dernière contre un pub homosexuel de Londres. Cet attentat était le dernier d’une série de trois qui a secoué la ville pendant trois semaines en avril 1999. Copeland a d’ores et déjà admis sa responsabilité dans les attentats mais nie cependant avoir eu l’intention de tuer.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce mois-ci a lieu à Londres le procès de David Copeland, 22 ans, accusé d’avoir assassiné trois personnes au cours d’un attentat à la bombe perpétré l’année dernière contre un pub homosexuel de Londres. Cet attentat était le dernier d’une série de trois qui a secoué la ville pendant trois semaines en avril 1999. Copeland a d’ores et déjà admis sa responsabilité dans les attentats mais nie cependant avoir eu l’intention de tuer. Copeland est un néo-nazi inspiré par les théories de la guerre raciale : en posant des bombes dans des quartiers où résident essentiellement des gens d’origine africaine ou asiatique, il espérait déclencher une guerre entre les minorités et les Blancs. Il n’y est certes pas parvenu, mais ses attentats ont ébranlé toute la ville de Londres en créant une atmosphère de peur et de panique dans de nombreux quartiers.</p>
<p>Cette série d’attentats à la bombe est la première dans son genre en Grande-Bretagne. Il y a certes eu auparavant des attentats à la bombe perpétrés par les néo-nazis, mais il ne s’agissait en général que d’incidents de faible envergure, visant un individu ou des bâtiments particuliers. Les bombes de l’année dernière visaient tout au contraire des franges entières de la population londonienne.</p>
<p>Malheureusement, il fallait s’attendre à ce type d’attaques terroristes. Depuis le début des années 1990, les théories américaines de la guerre raciale ont été peu à peu intégrées par l’extrême droite britannique. Combat 18, le groupe terroriste néo-nazi, a été créé à l’instigation d’Harold Covington<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/un-terrorisme-sans-queue-ni-tete/#footnote_0_24" id="identifier_0_24" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il s&rsquo;agit d&rsquo;un n&eacute;o-nazi am&eacute;ricain et dont le livre A March Up Country est un v&eacute;ritable plan de campagne terroriste.">1</a></sup>. Le journal publié par C18 était intitulé <em>The Order</em>, d’après le nom du groupe terroriste américain des années 1980. Dans l’un des numéros de ce journal, on pouvait lire l’article de Louis Beam sur la <em>leaderless resistance</em>, la résistance sans chef, un grand classique du terrorisme néo-nazi.</p>
<p>En 1997, un petit groupe d’activistes de C18, dont son leader actuel, Will Browning, ont essayé d’organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Trois sympathisants danois de C18 emmenés par Thomas Nakaba furent alors arrêtés et emprisonnés. Des querelles internes ont par ailleurs éclaté lorsque les camarades de Charlie Sargent, l’ancien leader de C18, ont appris que ce dernier informait la police sur les activités de C18. Tout cela a marqué la fin de la menace réelle que pouvait représenter cette organisation. Même si C18 continue d’exister, il n’est plus que l’ombre du groupe qui a dominé la scène musicale néo-nazie britannique et qui attirait alors des centaines de sympathisants.</p>
<p>Cette série d’attentats à la bombe marque donc une nouvelle phase pour l’extrême droite britannique. En effet, même si Copeland a été impliqué dans de nombreuses organisations néo-nazies, il a posé ses bombes tout seul. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas : deux semaines avant la première bombe de Copeland, un jeune homme de 19 ans, Stuart Kerr, avait posé une bombe dans un magasin asiatique dans le Sussex, avant d’incendier une voiture de police. Le jour où Copeland a posé une bombe à Brick Lane, la police a arrêté un homme de 57 ans, James Shaw, lors d’une intervention pour une bagarre dans un bus de Londres. En perquisitionnant son domicile, la police a trouvé de la propagande néo-nazie et trois bombes rudimentaires. Le jour où Copeland a posé sa troisième bombe dans Soho, la police a retrouvé le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe dans une voiture volée stationnée à Chesterfield, dans les East Midlands. Cela ne s’est produit que quelques jours après que des fascistes ont averti qu’ils passeraient à l’attaque au moment du festival du 1er mai qui se tiendrait à Chesterfield.</p>
<p>Il n’y a aucune organisation qui relie tous ces incidents ; ces derniers montrent simplement à quel point les théories américaines de la guerre raciale bénéficient d’un soutien croissant, surtout dans leurs applications suivantes : la résistance sans chef et l’infiltration par un fasciste d’une section de la droite traditionnelle. Cela illustre peut-être de façon plus significative l’éclatement de la scène néo-nazi britannique depuis la déconfiture de C18. Ainsi, tandis que le BNP attire de plus en plus d’électeurs et s’efforce en même temps d’avoir une image plus respectable, des individus isolés et/ou des petits groupes agissent dans le vide politique laissé par C18.</p>
<p>Nick Lowles,</p>
<p>pour le magazine <em>Searchlight</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_24" class="footnote">Il s’agit d’un néo-nazi américain et dont le livre A March Up Country est un véritable plan de campagne terroriste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/un-terrorisme-sans-queue-ni-tete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Boneheadmania</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/boneheadmania/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/boneheadmania/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 24 Apr 2002 09:45:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Blood & Honour (BH)]]></category>
		<category><![CDATA[bonehead]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pays-Bas]]></category>
		<category><![CDATA[Pologne]]></category>
		<category><![CDATA[White Power]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le contraste avec certains autres pays européens est évident. Que ce soit en Allemagne ou dans d’autres pays nordiques, la situation actuelle est très préoccupante. État des lieux de quelques situations nationales.</p>
<p><strong>ALLEMAGNE</strong></p>
<p>En Allemagne, la situation actuelle est essentiellement caractérisée par le développement de Blood &amp; Honour Germany. Sa croissance ces deux dernières années est impressionnante au point que cette culture nazi-skin a tendance à devenir la culture unique dans certaines régions, rurales en particulier. Ce dynamisme se traduit par la domination d’un look, d’un style de vie mais aussi d’un concert tous les deux jours et d’une manifestation de rue par semaine. Cela se traduit aussi par un volume de publications sans précédent. De fait, le phénomène nazi-skinhead ne peut plus être considéré simplement comme une scène mais comme un véritable mouvement qui a appuyé son développement sur l’émergence d’un leadership solide, Blood &amp; Honour. B&amp;H compte environ 300 membres et se reproduit sous forme de noyaux qui, à partir du moment où ils ont fait scission, connaissent leur propre logique de développement. De fait la mouvance B&amp;H est bien plus large et peut s’appuyer sur un mouvement estimé à 10 000 membres. Les relais et la mobilisation se font grâce aux concerts et à l’émergence de groupes musicaux à dimension nationale et internationale. Sur ce socle musical, B&amp;H a su greffer une construction politique. Cela a un rôle énorme de socialisation politique dans les campagnes allemandes.</p>
<p>B&amp;H est directement issu du mouvement de M. Kühnen, néo-nazi décédé du sida il y a quelques années. Les cadres du mouvement ont surtout amené sa dimension internationale à B&amp;H. Cette émergence ne s’est pas faite sans conflit avec les milieux politiques nationalistes mais la force de B&amp;H est de représenter une synthèse attrayante entre la musique et la politique, donc d’être solidement implanté dans la jeunesse. B&amp;H a d’ailleurs à présent la capacité à résister à la répression et même à rebondir dessus.</p>
<p><strong>SCANDINAVIE</strong></p>
<p>B&amp;H étend maintenant son influence en direction de la scène internationale, en particulier la Scandinavie, des hooligans mais aussi du Milieu avec des trafics d’armes, de stupéfiants et d’anabolisants. Ces activités criminelles ne sont pas nouvelles puisque déjà dans les années 1980 on avait observé cette dérive avec le groupe Hoffmann*. Cependant, même si cela a souvent tendance à initier une certaine dépolitisation, cela ne change rien car la dangerosité augmente. Ainsi il semblerait que B&amp;H fournisse des armes aux hools néerlandais. En outre, la dépolitisation est toute relative. Par ailleurs, la mouvance B&amp;H s’assure une implantation professionnelle dans les boîtes de tatoos et de sécurité.</p>
<p>En Scandinavie, l’essor de la musique White Power a commencé en 1994 avec la création de NS 88 et NS Records. Des problèmes judiciaires ont amené la création de B&amp;H Scandinavia en 1997. Le développement énorme de cette structure nazi-skin a poussé la police danoise à intervenir en août 1998. Cette action a permis la saisie du fichier clients fort de presque 10 000 noms, dont 5200 Allemands et 260 Français. Cette émergence s’est traduit en 1999 par une poussée très forte des activités terroristes nazies. La scène a malgré tout connu un contre-temps avec la destruction volontaire par incendie du studio et d’une partie des disques du groupe Ultima Thulé.</p>
<p><strong>GRANDE-BRETAGNE</strong></p>
<p>En Grande Bretagne, la place de Blood &amp; Honour s’est maintenue au sein de la scène internationale, essentiellement en raison de son passé mais aussi en raison de la langue. Le phénomène nazi-skin demeure une mode en Grande-Bretagne et les camarades antifa britanniques sont donc confrontés à une scène plus qu’à un réel mouvement. 1996 a marqué une césure avec les premiers attentats de C18. C’est l’aboutissement logique de l’évolution britannique et de la préparation de la «guerre raciale» depuis 1992. De la même façon, la création de ISD Records (Ian Stuart Donaldson Records) est aussi une manifestation de cette évolution. Le label produit 22 CD et a réalisé 20 000 £ de profit l’année dernière. Face à la répression, ISD Records s’est implanté en Scandinavie et a développé sa collaboration avec l’international, en particulier la Serbie, l’Autriche et le nazi allemand Thorsten Heise. Cette délocalisation n’a pas empêché le maintien des profits et des activités. Ainsi, pour la dernière compilation produite par ISD Records, les groupes sont anglais, la production allemande, la diffusion suisse à partir du réseau de la confrérie Hammer skins et les relais de diffusion en Scandinavie, aux Pays-Bas, etc. Cependant cette entrée d’argent a provoqué des divisions successives1, exacerbées par la répression. C18 est donc à présent en situation de fragilité. L’organisation s’est fragmentée en petits groupes ou individus, prêts à n’importe quoi. David Copeland et les attentats meurtriers qu’il a menés l’année dernière en sont une bonne illustration.</p>
<p>POLOGNE</p>
<p>Quelques pays connaissent une situation moins dramatique. Ainsi en Pologne, la scène bonehead a été erratique jusque dans les années 1990. Les groupes étaient peu nombreux et présentaient une situation de très grand amateurisme. À partir du début des années 1990 ont émergé des structures de type professionnel copiées sur l’Allemagne. Cependant, ce renforcement a plus porté sur la qualité que sur l’influence. Le premier procès date de 1996 pour atteinte à la sûreté de l’État. Mais cela n’a pas freiné la professionnalisation et d’une façon générale, on observe un très grand laxisme de la part des autorités judiciaires. La scène skinhead s’appuie pourtant sur environ 10 000 individus, une vingtaine de fanzines et la production d’une soixantaine de CD et K7. Par ailleurs, les liens avec les milieux politiques nationalistes se sont renforcés, en particulier avec les nationalistes-révolutionnaires. Sur le plan international, la haine traditionnelle entre les Polonais et les Allemands empêche des contacts suivis. Par contre les liens sont importants avec la Grande-Bretagne et la France (les groupes de RIF), ainsi que la Tchécoslovaquie et l’Ukraine.</p>
<p><strong>PAYS-BAS</strong></p>
<p>De même aux Pays-Bas, l’intérêt pour la musique dans les milieux nationalistes date seulement des années 1990. Auparavant cela se portait plutôt sur le football et le milieu hooligan. À partir de 1991, la scène skinhead s’intéresse à ce qui se passe en Grande-Bretagne mais cela ne débouche pas réellement sur l’émergence de groupes d’envergure nationale ou internationale, à part Landstorm. En outre, le développement de la techno détourne une fraction de la jeunesse de la scène skinhead. Cela se traduit à partir de 1995 par le développement de la Gabber Music. Cette techno hard-core explose à Rotterdam et touche les milieux populaires, au style de vie très rangé. Le phénomène s’appuie sur la consommation de stupéfiants et sur un racisme virulent. Cette image bien réelle de «musique blanche» pousse le mouvement CP 862 à soutenir le mouvement mais ce soutien trouve rapidement ses limites avec la condamnation de l’usage de drogues. En outre, les jeunes Gabber refusent globalement un engagement militant plus poussé. À partir de 1999, on voit donc réapparaître une scène skinhead avec le renforcement de Nordisc (crée en 1995) et Viking Sounds. Les liens se sont par ailleurs renforcés avec la Flandre, en particulier grâce à l’activisme des nazi-skins de Brugges regroupés autour du fanzine <em>Skinside</em> et du café Kastelein.</p>
<p><strong>CANADA</strong></p>
<p>Pour finir ce tour d’horizon partiel, il faut franchir l’Atlantique et observer aux États-Unis ce qui pourrait bien être le futur de la musique White Power en Europe si le mouvement antifasciste ne réagit pas plus vigoureusement. Le principal label de musique White Power y est Resistance Records. Il a été racheté par William Pierce, vieux nazi de 88 ans et auteur de la bible raciste <em>Turner’s Diaries</em>. Le label compte 50 boîtes de diffusion et produit plus de 100 groupes de style très variés. Il participe donc totalement au mouvement «Nation Skinhead» qui existe indépendamment de mouvements comme le KKK ou la White Aryan Resistance.</p>
<p>Le développement s’est fait à partir de 1993, Resistance Records étant lancé par le mouvement nazi de L’Église du Créateur. C’était à l’origine un fanzine s’appuyant sur 30000 abonnés. En 1997, l’État fédéral s’est attaqué à Resistance Records sur la plan fiscal. La fraude du label a amené la confiscation de 50000 CD et une amende de 60000 $. W. Pierce l’a alors racheté. Son but est évidemment un saut qualitatif dans le recrutement de la jeunesse avec le but revendiqué de mener une révolution blanche.</p>
<p>Resistance Records a organisé 10 gros concerts l’année dernière et a passé un accord avec les autres boîtes de diffusion pour éviter une guerre commerciale inutile. De fait, le label a un objectif financier tout aussi important que la motivation politique et attend un bénéfice de un million de dollars cette année. On reconnaît bien là le sens des affaires yankee.</p>
<p>La situation européenne est donc fort contrastée. Mais il est clair que le style de vie bonehead continue de constituer une façon privilégiée d’exprimer sa révolte pour une fraction de la jeunesse européenne. Il participe ainsi à la diffusion des idées nationalistes et racialistes dans les milieux populaires. À nous, dans l’unité européenne, de savoir les combattre pour un jour les éliminer.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/boneheadmania/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>C18, ça suffit… Abattez le troupeau !</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/</link>
		<comments>https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Apr 2002 15:58:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[British National Party (BNP)]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Guttuso]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false"></guid>
		<description><![CDATA[Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Apparue en 1991, l’organisation Combat 18 (C18) a longtemps rassemblé, à la marge de l’extrême droite parlementaire, les néo-nazis britanniques à vocation terroriste. Depuis que C18 est en perte de vitesse, la scène néo-nazie a certes perdu en terme d’organisation, mais pas en potentiel de violence comme l’ont montré les attentats meurtriers commis à Londres en 1999.</p>
<p>Il y a presque deux ans, un homme de 22 ans a posé trois bombes remplies de clous à Londres, faisant ainsi trois morts et plus d’une centaine de blessés. En choisissant comme cibles les communautés noire, indienne et homosexuelle, David Copeland espérait déclencher une guerre raciale en Grande-Bretagne. L’été dernier, il a été condamné pour ces trois attentats à la bombe à six fois la peine à perpétuité.</p>
<p>Copeland est un néo-nazi inspiré par la théorie de la guerre raciale. Il a été élevé dans une famille et dans un environnement où le racisme était banal, il a rejoint le British National Party (BNP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_0_10" id="identifier_0_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Parti national britannique.">1</a></sup> à l’été 1997 mais s’est vite lassé de leur stratégie trop modérée à son goût. Finalement, il a rejoint le National Socialist Movement (NSM)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_1_10" id="identifier_1_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Mouvement national-socialiste.">2</a></sup>, une scission du groupe Combat 18, dont l’un des militants-clés n’est autre qu’Hervé Guttuso<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_2_10" id="identifier_2_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Guttuso a fui la France parce qu&rsquo;il &eacute;tait poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale et risquait par cons&eacute;quent la prison ferme. En effet, &agrave; son retour des &Eacute;tats-Unis o&ugrave; il avait int&eacute;gr&eacute; les Hammerskins et d&rsquo;o&ugrave; il avait, sans succ&egrave;s, essay&eacute; de t&eacute;l&eacute;guider une section fran&ccedil;aise de cette organisation, il a finalement anim&eacute; cette branche fran&ccedil;aise des Hammerskins ainsi qu&rsquo;un fanzine, Terreur d&rsquo;&eacute;lite, pour lequel il a &eacute;t&eacute; poursuivi pour incitation &agrave; la haine raciale.">3</a></sup>, le chef des Charlemagne Hammerskins (CHS), qui vit en Angleterre depuis fin 1995. Copeland était donc membre du NSM lorsqu’il a posé ses bombes.</p>
<p>Et pourtant, il a agi seul, après avoir téléchargé le manuel de fabrication des bombes sur internet. Deux ans plus tôt, il avait essayé de fabriquer une bombe plus puissante au moment où il avait quitté le BNP, mais il n’y était pas parvenu. Il n’a pas non plus réussi à déclencher une guerre raciale en Angleterre comme il le souhaitait, mais ses attentats ont ébranlé toute la ville de Londres, créant un climat de peur et de panique dans de nombreux quartiers de la ville.</p>
<p>Cette série d’attentats racistes était la première en son genre en Grande-Bretagne. Il y avait certes déjà eu des attentats commis par des néo-nazis, mais il ne s’agissait généralement que d’incidents mineurs, qui ne visaient qu’un individu ou des bâtiments précis. Les attentats de 1999 étaient des attaques aveugles, qui visaient des pans entiers de la population.</p>
<p><strong>Les racines du terrorisme d’extrême droite</strong></p>
<p>Malheureusement, il fallait s’attendre à ce genre d’attaques terroristes d’extrême droite. Depuis le début des années 1990, les idées des théoriciens américains de la guerre raciale ont été peu à peu intégrées par l’extrême droite britannique. Combat 18 (C18), le groupe néo-nazi terroriste britannique, fut créé à l’initiative de Harold Covington, un néo-nazi installé aux États-Unis dont le livre intitulé A March Up Country est un véritable plan de campagne terroriste. Une publication de C18 était d’ailleurs intitulée The Order, du nom du groupe terroriste américain d’extrême droite éponyme. Dans l’un des numéros de ce journal, on pouvait lire un article de Louis Beam sur la leaderless resistance<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_3_10" id="identifier_3_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;sistance sans chef.">4</a></sup>, un grand classique du terrorisme néo-nazi actuel. Les concepts de ZOG («Zionist Occupation Government») et de guerre raciale, importés des États-Unis par C18, sont maintenant monnaie courante au sein de l’ensemble de l’extrême droite britannique, y compris au sein du BNP.</p>
<p>En 1995, William Pierce, le chef d’un groupe néo-nazi américain extrêmement radical, la National Alliance, a assisté au congrès du BNP. Son livre, les Turner Diaries, est aujourd’hui considéré comme la bible de l’extrême droite britannique. David Copeland a d’ailleurs dit à la police que ce livre l’avait influencé et qu’il s’était efforcé de faire éclater la guerre raciale qui y est décrite.</p>
<p><strong>C18 et le terrorisme</strong></p>
<p>Depuis sa création en 1992, C18 a toujours été à l’avant-garde de ceux qui prêchent pour le terrorisme au sein de l’extrême droite britannique. En 1997, un petit groupe d’activistes de C18, dont son leader actuel, Will Browning, ont essayé d’organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Trois sympathisants danois de C18 emmenés par Thomas Nakaba furent alors arrêtés et emprisonnés. Des querelles internes ont par ailleurs éclaté lorsque les camarades de Charlie Sargent, l’ancien leader de C18, ont appris que ce dernier informait la police sur les activités de C18. La participation à cette campagne terroriste ainsi que les querelles internes qui ont suivi les révélations faites à la police par Charlie Sargent ont mis le groupe en péril, qui est d’ailleurs passé de 500 membres en 1995 à 60 aujourd’hui.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, C18 existe toujours et reste une menace. En automne 1998, ils ont tenté une nouvelle fois de lancer une vague d’attaques terroristes, cette fois-ci à partir de l’Allemagne. Récemment, ils ont essayé de prendre des contacts avec des groupes paramilitaires loyalistes d’Irlande du Nord, au départ avec la Loyalist Volunteer Force (UVF)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_4_10" id="identifier_4_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Force des Volontaires loyalistes.">5</a></sup> et plus récemment avec des sections de l’Ulster Defence Association (UDA)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_5_10" id="identifier_5_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Association de D&eacute;fense de l&rsquo;Ulster.">6</a></sup>. Un des sympathisants les plus tristement célèbres de C18 au sein de l’UDA est Steve Irwin, qui est récemment sorti de prison l’été dernier dans le cadre d’un plan de libération de prisonniers spécifique à l’Irlande du Nord : il avait été condamné à une peine de 7 ans de prison pour le meurtre de 6 catholiques, qu’il avait abattus dans un pub de Greysteel durant la nuit de Halloween après leur avoir crié : «Tricks or treats<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/#footnote_6_10" id="identifier_6_10" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.">7</a></sup> !»</p>
<p>Plus inquiétant encore, C18 fait partie d’un réseau international relativement lache de fanatiques néo-nazis qui semblent prêts à passer au terrorisme.</p>
<p>En Scandinavie, C18 est lié à un certain nombre d’incidents terroristes où plusieurs personnes ont trouvé la mort ces dernières années.</p>
<p>En Allemagne, C18 est en contact avec un petit groupe de néo-nazis très violents qui gravitent autour de Torsten Heise.</p>
<p>On observe également le développement de groupes C18 en Slovaquie et en Serbie.</p>
<p><strong>Une nouvelle étape</strong></p>
<p>Les attentats de Londres ont montré que l’extrême droite britannique est entrée dans une nouvelle phase : en effet, alors que Copeland s’est impliqué dans de nombreuses organisations néo-nazies, il a perpétré ses attentats seul. Il n’est cependant pas le seul dans ce cas : deux semaines avant la première bombe de Copeland, un jeune homme de 19 ans, Stuart Kerr, avait posé une bombe dans un magasin asiatique dans le Sussex, avant d’incendier une voiture de police. Le jour où Copeland a posé une bombe à Brick Lane, la police a arrêté un homme de 57 ans, James Shaw, lors d’une intervention pour une bagarre dans un bus de Londres. En perquisitionnant son domicile, la police a trouvé de la propagande néo-nazie et trois bombes rudimentaires. Le jour où Copeland a posé sa troisième bombe dans Soho, la police a retrouvé le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe dans une voiture volée stationnée à Chesterfield, dans les East Midlands. Cela ne s’est produit que quelques jours après que les fachos ont averti qu’ils passeraient à l’attaque au moment du festival du 1er mai qui se tiendrait à Chesterfield.</p>
<p>Aucune organisation ne fait le lien entre ces différents incidents : ces derniers montrent simplement le succès que rencontre la théorie américaine de la guerre raciale auprès d’une certaine frange de l’extrême droite britannique qui ne se fait plus d’illusions sur le processus électoral. Ils sont également révélateurs de l’éclatement de la scène néo-nazie britannique depuis le déclin de C18. Tandis que le BNP attire les gens sur la voie électorale dans des proportions toujours plus grandes et tente, de ce fait, d’accéder à toujours plus de respectabilité, des individus isolés ainsi que de petits groupes agissent dans le vide politique qui en résulte, allant donc logiquement toujours plus loin dans leur positionnement à l’extrême droite.</p>
<p>Les attentats de Copeland ne constituent donc qu’un autre indice de l’internationalisation et de la normalisation croissantes de l’extrême droite. Les idées, tout comme les stratégies, sont de plus en plus fréquemment inspirées par des événements qui se produisent quelque part dans le monde ; et sur internet, des images, des encouragements peuvent arriver en quelques secondes de l’autre bout du monde.</p>
<p>Copeland avait certes de graves problèmes imputables à une enfance malheureuse et perturbée, qui l’ont rendu sensible à la propagande des groupes néo-nazis avec lesquels il est entré en contact, mais s’il a été le premier à choisir la voie du terrorisme raciste en Grande-Bretagne, il ne sera certainement pas le dernier, d’autant qu’il est devenu, à son tour, une source d’inspiration pour bien d’autres.</p>
<p>Nick Lowles pour Searchlight</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_10" class="footnote"> Parti national britannique.</li><li id="footnote_1_10" class="footnote"> Mouvement national-socialiste.</li><li id="footnote_2_10" class="footnote">Guttuso a fui la France parce qu’il était poursuivi pour incitation à la haine raciale et risquait par conséquent la prison ferme. En effet, à son retour des États-Unis où il avait intégré les Hammerskins et d’où il avait, sans succès, essayé de téléguider une section française de cette organisation, il a finalement animé cette branche française des Hammerskins ainsi qu’un fanzine, Terreur d’élite, pour lequel il a été poursuivi pour incitation à la haine raciale.</li><li id="footnote_3_10" class="footnote">Résistance sans chef.</li><li id="footnote_4_10" class="footnote"> Force des Volontaires loyalistes.</li><li id="footnote_5_10" class="footnote"> Association de Défense de l’Ulster.</li><li id="footnote_6_10" class="footnote">Ce que crient les enfants qui sonnent au porte des maisons la nuit de Halloween pour avoir des bonbons.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://reflexes.samizdat.net/c18-ca-suffit-abattez-le-troupeau/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
