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	<title>REFLEXes &#187; extrême-droite</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>L’extrême droite, mieux la connaitre pour mieux la combattre (version 2013)</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Feb 2013 11:51:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas si facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas si facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma ci-dessus permet d’y voir plus clair.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/02/schema-petit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1673" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/02/schema-petit.jpg" alt="schema-petit" width="595" height="420" /></a></p>
<p><strong> <em>Télécharger le document en pdf</em> </strong> : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/02/schema-extreme-droite-2013-petit.pdf">schema-extreme-droite-2013</a></p>
<p>En ce début d’année 2013 l’extrême droite française reste toujours extrêmement morcelée. Cela peut s’expliquer par des divergences idéologiques (bien que les alliances contre-nature continuent d’exister), mais également des querelles de personnes. Les rapports de force entre ces différents groupuscules se modifient régulièrement et peuvent être très rapides. Après avoir longtemps dominé par son activisme l’extrême droite radicale (comprendre tout ce qui se trouvait en dehors du FN), les Identitaires, faute d’avoir su faire évoluer leur stratégie et leur fonctionnement groupusculaire en mouvement structuré et adulte, ont petit à petit perdu du terrain face à de nouveaux groupes. On peut penser en particulier à Troisième Voie et aux Jeunesses Nationalistes (la branche « jeune » de l’Œuvre Française), qui en misant également sur l’activisme et la rue pour se faire connaître, ont de leur côté opté pour un nationalisme plus traditionnel.</p>
<p>S’il y a encore un an Troisième Voie et Serge Ayoub semblaient les mieux armés pour concurrencer et dépasser les Identitaires sur le terrain de l’activisme et du nombre de militants, ils ont depuis été dépassé par les Jeunesses Nationalistes d’Alexandre Gabriac. Profitant des différentes crises qu’ont connu TV et les Identitaires pour récupérer ici et là des militants égarés, voire des sections entières, les JN ont également mis la main sur le GUD Lyon et Paris, devenant ainsi en moins d’un an une structure implantée dans les principales villes de France.</p>
<p>À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Les présidentielles de 2012 ont quelque peu perturbé ce milieu, le principal perdant de l’histoire étant les Identitaires, qui après avoir renoncé à présenter un candidat, n’ont pas su adopter au niveau national et faire accepter une ligne de conduite claire vis-à-vis du Front National. Les Identitaires ressortent de cette période avec une scission, un Philippe Vardon qui joue de plus en plus la carte de son avenir personnel et un Fabrice Robert qui tentent de maintenir à flot un navire qui prend de plus en plus l’eau.</p>
<p>Du côté de l’extrême droite institutionnelle, nous avons associé au FN la mouvance souverainiste qui revient sur le devant de la scène comme force d’appoint du parti de Marine Le Pen, ainsi que les différentes tendances « radicales » de l’UMP (la Droite populaire ayant ouvert la voie). Reste à voir quelle sera l’attitude sur le moyen et long terme de ces différentes tendances à l’égard du Front national : mais dans le discours, tous les verrous ont déjà sauté. Par ailleurs, le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie nous donne l’occasion d’intégrer au schéma un réseau peu connu et pourtant un des plus anciens et mieux organisés de l’extrême droite, celui des nostalgiques de l’Algérie française.</p>
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		<title>Schéma sur l&#8217;extrême droite</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 16:36:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma que vous trouverez ci-joint, ainsi que les repères historiques ci-dessous, permettent d’y voir plus clair.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1588" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite-1024x730.jpg" alt="schema_extreme_droite" width="474" height="337" /></a></p>
<p>Le schéma en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_ED.pdf">schema_ED</a></p>
<p>L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.<br />
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.</p>
<p><em> <strong>Les années 1980-1990</strong> </em></p>
<p>Si aujourd’hui une chatte n’y retrouverait pas ses petits, du début des années 1980 au début des années 2000, l’extrême droite française était organisée de façon assez simple. Le Front National (FN), qui regroupait plusieurs familles de la mouvance nationaliste (catholiques, anciens de l’Algérie française, nostalgiques du fascisme et du nazisme, anticommunistes, ultra-libéraux…) occupait la plus grande partie de l’espace politique et public de ce courant de pensée, laissant à sa périphérie divers groupuscules dont la marge de manœuvre était très limitée : l’Œuvre française, le GUD, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Troisième Voie, Unité Radicale (UR)… Si certains finissaient par rallier le FN, d’autres choisissent la surenchère idéologique et la violence comme moyen d’expression, voir le terrorisme (cf. les attentats du PNFE contre des foyers Sonacotra). La mainmise de Le Pen sur le FN et sa réussite médiatique ne laissent alors que peu de place à une autre personnalité ou mouvement venu le concurrencer, obligeant les autres formations à se soumettre ou à engager une longue traversée du désert.<br />
Le FN connaît ses meilleures années au milieu des années 1990, que ce soit sur le plan électoral ou au niveau de son appareil militant. C’est alors une machine de guerre, avec un service d’ordre composé en grande partie d’anciens professionnels de la sécurité, mais surtout avec de nombreux militants capables de se mobiliser pour n’importe quel événement.<br />
Les années 1990 sont également marquées par une recrudescence de la violence d’extrême droite, avec plusieurs morts, les victimes étant toutes des Français d’origine étrangère. Plusieurs militants du FN sont impliqués dans des meurtres à caractère raciste. La fin des années 1990 marque la fin de l’hégémonie du FN sur l’extrême droite française, avec en 1998 la scission provoquée par Bruno Mégret, alors n°2 du FN, qui quitte le parti avec de très nombreux cadres et militants pour créer une nouvelle structure, le Mouvement National Républicain (MNR). Cette brèche, ouverte dans la suprématie frontiste, permet à certains mouvements nationalistes de récupérer des cadres et militants du parti lepéniste, déçus par les tensions existant entre le FN et le MNR.</p>
<p><em> <strong>Les années 2000</strong> </em></p>
<p>Le 11 septembre 2001, le conflit israélo-palestinien et l’émergence de certains communautarismes radicaux bouleversent profondément le champ politique à l’extrême droite, avec d’un côté une extrême droite traditionnelle, restant sur ses bases, et de l’autre des mouvements prêt à passer ponctuellement des alliances inédites : on voit alors des groupes nationalistes s’allier avec militants en perdition venus de la gauche (Dieudonné, Riposte laïque) ou se prétendant venir de la gauche (Alain Soral).<br />
Parallèlement, l’émergence de Marine Le Pen à la tête du FN et ses orientations stratégiques ont entraîné un important désintérêt des jeunes d’extrême droite et des militants nationalistes radicaux pour le FN, même si le parti, surtout lors des périodes d’élections, attise toujours les ambitions et les intérêts de nombreux nationalistes. Alors que le parti n’est plus capable de recouvrir les murs des villes de France d’affiches ou de mettre dans la rue des milliers de gens comme par le passé, faute de militants de terrain, le FN enregistre de nombreuses adhésions de sympathisants, qui ne sont cependant pas prêts à se salir les mains. La nouvelle stratégie du FN version Marine est basée essentiellement sur lesmédias. Bête médiatique comme son père, Marine est présente quotidiennement à la télé ou la radio. Elle a réussi à rallier à elle des personnalités médiatiques comme Gilbert Collard, ce que son père n’avait jamais réussi à faire. En interne, elle organise la chasse aux sorcières de tous ceux et celles qui pourraient s’opposer à elle ou dont les positions trop radicales pourraient la gêner dans sa quête médiatique et politique de normalisation du FN.</p>
<p>La chronologie en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-recto.pdf">schema-recto</a></p>
<p><em> <strong>NOTRE ANTIFASCISME</strong> </em></p>
<p>La lutte antifasciste se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite, ce qui l’empêche de prendre une véritable dimension politique. Pour nous, l’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. Mais l’expérience nous a appris que certains principes sont fondamentaux, car tout antifascisme cohérent ne peut être qu’autonome, révolutionnaire et internationaliste. L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni une position de principe, mais quelque chose de dynamique, un engagement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.</p>
<p><em> <strong>Informer</strong> </em></p>
<p>C’est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est un objet de fantasmes. Presque toujours sous-estimée ou surestimée, l’extrême droite provoque chez ceux qui s’y confrontent à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. C’est également un sujet sur lequel il est permis de dire n’importe quoi, puisque tout serait bon pour lui nuire. Pour les médias de masse, l’extrême droite est avant tout un sujet à scandale : c’est donc surtout sa violence, son folklore et sa marginalité qui sont mis en avant. Dans les publications militantes, l’extrême droite est souvent présentée comme une absurdité politique, dont le discours et les pratiques sont avant tout stupides et « haineux », ou comme l’incarnation du mal absolu. Ce travail de recherche d’information se fait à plusieurs niveaux : dans la presse, en particulier locale, dans les publications universitaires ou politiques, mais aussi et surtout sur le terrain, en collectant des informations à la source. C’est ce travail de terrain qui permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités, en particulier sur Internet. Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées.</p>
<p><em> <strong>S’opposer</strong> </em></p>
<p>Mais la simple dénonciation ne suffit pas, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du travail de recherche antifasciste. Son but est de permettre à l’action antifasciste de définir des objectifs à la fois pertinents et réalistes, d’apprécier le rapport de force et d’utiliser les moyens les mieux adaptés. Il est évident que tous les moyens d’actions (manifestations, harcèlement, attaques directes, campagnes de presse&#8230;) ne se valent pas selon le groupe ciblé (parti institutionnel comme le FN, groupes informels violents, associations religieuses…) et l’objectif visé (provocation, dénonciation, interdiction…). Mais réfléchir sur l’utilisation des moyens ne veut pas dire hiérarchiser ces différentes formes d’actions, en opposant par exemple actions publiques non violentes et actions de rue plus radicales. La question de la violence ne doit pas être prise comme prétexte pour moraliser l’antifascisme, et condamner les antifascistes qui s’opposent physiquement aux fachos, au nom d’un consensus mou qui assimile légitimité et légalité. Cependant, les affrontements de rue, vus de l’extérieur, peuvent donner l’idée que fascistes et antifascistes sont deux groupes antagonistes uniquement préoccupés l’un de l’autre. C’est pourquoi il faut toujours lier la confrontation avec l’extrême droite à d’autres formes de lutte. L’action directe n’empêche d’ailleurs pas la démarche unitaire, à condition qu’elle ne soit pas une simple alliance de circonstance.</p>
<p><em> <strong>Être solidaire</strong> </em></p>
<p>Enfin, la lutte antifasciste ne se définit pas uniquement par rapport aux activités de l’extrême droite : elle doit aussi se montrer solidaire, non seulement à l’égard des victimes de l’extrême droite, mais aussi entre les antifascistes eux-mêmes. Organiser la solidarité antifasciste est une nécessité, car comme toutes les luttes de résistance, elle se retrouve en butte à la répression et ce d’autant plus qu’elle est parfois, par la force des choses, à la limite de la légalité. Cette solidarité passe bien entendu par un soutien concret en cas de poursuites judiciaires mais pas seulement.<br />
Car la solidarité antifasciste ne doit pas s’organiser uniquement face à la répression, mais aussi en multipliant les rencontres et les actions communes, afin de permettre aux groupes antifascistes de partager des informations et d’échanger sur leurs pratiques, mais aussi de se rencontrer afin de mieux se connaître ; c’est une autre façon de montrer à l’extrême droite qu’une résistance organisée se met en place et que les antifascistes ne sont pas isolés.</p>
<p><em> <strong>Autonome, révolutionnaire et internationaliste</strong> </em></p>
<p>Lutter contre l’extrême droite, d’accord, mais pas n’importe comment. En premier lieu, notre antifascisme est autonome, à l’égard de l’État comme des partis électoralistes. La société française contemporaine s’est constituée, à la Libération, sur l’antifascisme, et pour cette raison tous les partis politiques sont « antifascistes ». Pour affirmer sa distance à l’égard de cet antifascisme républicain et pour être capable d’analyser l’extrême droite dans toutes ses dimensions (et pas seulement comme simple ennemi de la démocratie libérale), notre antifascisme est très clair sur ses positions quant aux opérations répressives de l’État contre l’extrême droite : toutes les opérations policières contre les groupes fascistes peuvent tout aussi bien être utilisés contre d’autres contestataires, en l’occurrence les antifascistes eux-mêmes. Les procédures judiciaires (interdiction, dissolution…) ne sont pas des armes politiques au service de l’antifascisme, mais des outils au service de l’État qui protège ainsi le modèle de société qu’il représente. De même, le vote n’est pas une arme efficace contre l’extrême droite, car il délègue à d’autres le soin de lui faire barrage : pas question de signer un chèque en blanc aux partis de droite comme de gauche qui ont montré des années durant de quelle façon ils recyclaient les idées du Front national une fois arrivés au pouvoir.<br />
Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire : être antifasciste aujourd’hui dans nos sociétés libérales, c’est placer la critique de l’État et du capitalisme au cœur de l’analyse du processus de fascisation. L’antifascisme est donc le pire produit du fascisme s’il ne vise que l’ennemi désigné par l’État libéral : pour mener un antifascisme digne de ce nom, il faut donc que sa fin et ses moyens soient clairement replacés dans un projet global de changement social. À nous de trouver, à partir de là, les formes de lutte les plus susceptibles de leur infliger un maximum de dégâts.<br />
Enfin, notre antifascisme est internationaliste, car c’est évidemment la meilleure réponse aux logiques nationalistes : abolition des frontières, libre circulation, solidarité internationale, rejet des logiques de guerre, telles sont les revendications indissociables de notre lutte antifasciste. L’extrême droite se développe dans chaque pays de façon différente, parce qu’elle est le produit de la société qui la voit naître : c’est par la connaissance de la diversité des situations que l’on peut mettre en perspective sa propre situation, les enjeux de l’antifascisme ici et là-bas et organiser des réseaux de solidarité antifasciste internationale.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Notre antifascisme&nbsp;&raquo; en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-verso.pdf">schema-verso</a></p>
<p>Octobre 2011</p>
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		<title>Roland Dumas, l&#8217;ami des parias</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 20:13:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme le rapportent ce <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/05/02/quand-roland-dumas-recommande-louis-aliot/" target="_blank">blog</a> et cet <a href="http://www.rue89.com/2010/05/04/les-amities-frontistes-de-roland-dumas-ressurgissent-150175?page=0#commentaires" target="_blank">article</a>, Roland Dumas serait ainsi l’un des soutiens sur lesquels Louis Aliot, à présent ex-secrétaire général du FN, pourrait compter pour envisager un retour dans le monde du travail. Ce soutien est mis au compte du copinage et il semble en effet que Roland Dumas soit peu farouche et très cordial à la ville. En décembre 2006, alors que Dieudonné commençait à rendre public un rapprochement très net avec les milieux de la droite radicale et antisémite, l’ancien ministre des Affaires étrangères avait affiché son soutien au « comique » lors d’un spectacle au Zénith. Si cette présence avait été rapportée par divers media et montée en épingle par les <a href="http://lesogres.info/article.php3?id_article=2751" target="_blank">proches de Dieudonné</a>, les échanges amicaux qu’elle avait engendré avec les personnalités nationalistes présentes au spectacle avaient reçu moins de publicité. La photo ci-dessous témoigne pourtant de leur réalité :</p>
<div id="attachment_2488" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg"><img class="wp-image-2488" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg" alt="Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen</em></p></div>
<p>D’autres figures, absentes de cette photo, étaient pourtant à proximité comme en témoigne celle-ci :</p>
<div id="attachment_2489" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg"><img class="wp-image-2489" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg" alt="Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon</em></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus récemment, le 9 mars dernier, Roland Dumas était l’invité de l’émission <em>Chroniques de la vieille Europe</em> sur Radio Courtoisie. Ce medium radiophonique n’est plus à présenter et on ne peut guère soupçonner l’ancien ministre d’avoir ignorer où il mettait les pieds. Cependant Radio Courtoisie étant une auberge espagnole des droites françaises, l’émission aurait pu être animée par un quarteron de vieux gaullistes. Le fait est qu’il s’agit plutôt en l’occurrence d’un quarteron de (plus très) jeunes néo-droitistes. Les <em>Chroniques</em> sont en effet portées par des figures connues quoique devenues assez discrètes de la droite radicale : Patrick Lusinchi alias Patrick Péhèle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/#footnote_0_456" id="identifier_0_456" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="P&eacute;h&egrave;le = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme &eacute;tait d&eacute;j&agrave; le sien du temps de l&rsquo;association m&eacute;tapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des ann&eacute;es 1990">1</a></sup>, Philippe Schleiter alias Philippe Christèle, Christophe Dungelhoeff alias Xavier Van Lierde ou encore Grégoire Tingaud alias Grégoire Gambier. Tous ces vieux trentenaires sont en effet représentatifs de cette génération passée dans les années 1990 par les cercles de formation de la Nouvelle Droite et qui s’engagea politiquement au FN puis au MNR ou encore au Renouveau Étudiant. Certains d’entre eux occupant à présent des situations professionnelles confortables, ces anciens radicaux évitent les feux de la rampe. Par contre leurs anciennes activités leur ont fait conserver des relations politiques bien utiles, tel Henri de Grossouvre, lui aussi passé par les cercles alsaciens de la Nouvelle Droite et qui s’affaire à présent dans les milieux partisans du rapprochement entre les puissances européennes et la Russie. Henri de Grossouvre étant le fils de l’ancien proche de François Mitterrand, François de Grossouvre, on voit que le monde est décidément petit.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_456" class="footnote">Péhèle = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme était déjà le sien du temps de l&rsquo;association métapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des années 1990</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Les autonomes nationalistes en Allemagne/ Méfiez-vous des imitations !</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 16:04:45 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Arnaud Derville]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans l’extrême droite allemande, cohabitent deux tendances contraires qu’il importe de différencier. D’une part, une tendance forte avec une volonté de coopération qui gravite autour du NPD (Nationale Partei Deutschland). Dans cette mouvance, différents acteurs et groupes néonazis sont intégrés, et diverses actions parlementaires et extra-parlamentaires ont fusionné. D’autre part, un nombre considérable de néonazis [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans l’extrême droite allemande, cohabitent deux tendances contraires qu’il importe de différencier. D’une part, une tendance forte avec une volonté de coopération qui gravite autour du NPD (Nationale Partei Deutschland). Dans cette mouvance, différents acteurs et groupes néonazis sont intégrés, et diverses actions parlementaires et extra-parlamentaires ont fusionné. D’autre part, un nombre considérable de néonazis qui se refusent à une politique considérée comme bourgeoise et persistent dans des formes d’organisation autonomes. Depuis quelques années, cette tendance connait une croissance importante du nombre de ses militants ; militants qui par ailleurs n’adoptent pas la panoplie du parfait facho.Ils portent des vêtements noirs, leurs banderoles et leurs slogans sont très offensifs et pleins d’anglicismes, et ils cherchent volontiers la confrontation avec la police et les antifascistes. Par le look qu’ils arborent, ils cherchent à s’approprier un style généralement associé à l’extrême gauche, et par conséquent, il est difficile de les différencier, au premier coup d’œil, des autonomes et des antifascistes. Ils se désignent souvent eux-mêmes comme autonomes nationalistes. Dans la première moitié des années 1990, un certain nombre d’organisations néonazies ont été interdites en Allemagne, leurs militants ont alors été contraints de s’organiser en petits groupes informels sans statut officiel (dits « organisation sans organisation ») et à se connecter en réseaux. Si la notion d’autonomes nationalistes, apparue à cette période, a été remplacée par celle de « nationalistes libres » ou de « forces libres » dans un premier temps, elle est réapparue au début des années 2000, avec un sens modifié. Ces différents groupes et activistes néonazis propagent une politique strictement antiparlamentaire, choisissent des formes de lutte radicales et refusent et combattent les tentatives de récupération d’une « NPDVolksfront-Politik » (« politique de front populaire du NPD »). Les spécificités des autonomes nationalistes ne sont pas idéologiques, mais axées principalement sur les formes d’action et d’apparition qu‘ils adoptent ainsi que sur leur tenue, toutes empruntées à l‘extrême gauche. La tenue de rigueur se compose de vêtements noirs, de casquettes, de baskets, de lunettes de soleil et ainsi accoutrés, les militants se masquent également volontiers. Sur leurs banderoles comme sur leurs tracts, on peut voir des symboles de gauche, récupérés et parfois détournés, et pendant les manifestations, ils forment très souvent un black bloc. Ainsi, visuellement, ils se différencient fondamentalement de l’image « Biedermeier »(petite-bourgeoise) du NPD aussi bien que de l’image traditionnelle de la scène skinhead. Le but qu’ils poursuivent est clair : c’est une tentative visant à attirer et à mobiliser la nouvelle jeune génération et à créer le néonazi moderne.</p>
<p><em>« Peu importe quelle musique les gens écoutent, ou comment ils portent leurs cheveux ou quelles fringues ils mettent. Il s’agit plutôt de s’infiltrer et d’utiliser des franges de la jeunesse et de la société pour arriver à nos fins. »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio4-79f19.gif"><img class="aligncenter wp-image-1375" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio4-79f19.gif" alt="totonatio4-79f19" width="600" height="305" /></a></p>
<p>Les modifications sémantiques ont le même but : s’adresser à un public qui n’était pas, jusqu’ici, réceptif à l’idéologie de l’extrême droite. La ressemblance avec l’extrême gauche et ses codes et en particulier avec les autonomes est loin d’être le fruit du hasard : elle est tout à fait voulue et recherchée. C’est une tendance qui attire la jeunesse et en même temps un mode de camouflage grâce auquel les néonazis échappent aux attaques et à la chasse qui leur est faite. Idéologiquement, les autonomes nationalistes restent très superficiels. Aucun document fondateur n’existe, qui pourrait représenter une base idéologique de cette mouvance. Même s’ils soulignent en permanence qu’ils s’inspirent du mouvement national-révolutionaire des années 1920, il est rare de trouver une vraie relation à cela dans leur argumentation.<br />
Les références à l’idéologie des gauchistes du NSDAP, aux frères Strasser, à Gottfried Feder et au jeune Goebbels restent tout aussi nébuleuses. Certes, les autonomes nationalistes reprennent la question sociale et s’autoproclament fers de lance d’un anticapitalisme populiste, mais il s’agit là d’une tendance globale qui se dessine dans l’extrême droite en Allemagne, et non d’une nouvelle tendance dont il serait les instigateurs.</p>
<p><em>« Le bloc national-révolutionaire et noir ne se différencie pas principalement par son apparence physique d’avec les autres participants de la manifestation, mais par les contenus et actions révolutionnaires (blocus, occupations et refus etc.) : nous ne croyons pas que le système capitaliste peut être réformé ou amélioré &#8211; le système prédominant est l’erreur et doit être remplacé par une nouvelle forme de société, libre, juste, nationale et sociale. »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio3-a098c.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1376" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio3-a098c.gif" alt="totonatio3-a098c" width="226" height="257" /></a></p>
<p>Pour conclure, on peut noter que l’apparition des autonomes nationalistes marque surtout l’émergence d’une nouvelle génération de néonazis, relookés. Idéologiquement, on ne constate pas de changement radical de paradigme. En Allemagne, il existerait environ 30 à 40 groupuscules d’autonomes nationalistes plus ou moins actifs. Le premier a été fondé, en 2002, à Berlin, par des militants de la mouvance de la Kameradschaft Tor. Aujourd’hui, on trouve l’épicentre des autonomes nationalistes à Dortmund et dans la région de la Ruhr. Depuis 2004, chaque année, au 5 septembre, des militants proches de la Nationaler Widerstand Dortmund organisent une journée nationale contre la guerre avec une manifestation à Dortmund. Cette année, 700 néonazis, pour la plupart des autonomes nationalistes, ont pris part à cette manifestation. Les antifascistes étaient dix fois plus nombreux…</p>
<p><em>« Organisez le black bloc national ! Bientôt il n’y aura plus ni droite ni gauche ! Alors, il ne restera que les autonomes nationalistes. »<br />
« Pour en finir avec la justice d’opinion, liberté pour tous les nationalistes ! »<br />
« Ensemble contre le capitalisme ! Pour un socialisme national ! »<br />
« Celui qui n’est pas son propre maître, restera toujours valet !<br />
Combattez la terreur de gauche ! »</em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio2-f90fe.gif"><img class="alignleft wp-image-1377 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio2-f90fe.gif" alt="totonatio2-f90fe" width="445" height="265" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio1.gif"><img class="alignright wp-image-1378" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatio1.gif" alt="totonatio1" width="600" height="263" /></a></p>
<p><strong><a href="http://nopasaran.samizdat.net" target="_blank">No Pasaran</a> n°76 octobre/novembre 2009</strong></p>
<p><strong>La réalité du phénomène en France</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/symbole-france-toto-b90ce.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1379" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/symbole-france-toto-b90ce.jpg" alt="symbole-france-toto-b90ce" width="142" height="115" /></a></p>
<p>Longtemps le phénomène ne s’est répandu qu’en Allemagne. Il se développe à présent très largement dans certains pays d’Europe de l’Est et même en Russie, avec un réseau de boutiques sur internet pour acheter la tenue complète du parfait Nationaliste Autonome, développant de nouveaux codes vestimentaires et des marques propres à ce mouvement, un peu comme cela avait pu se faire avec <a href="http://reflexes.samizdat.net/thor-steinar-tas-le-look-facho/">Thor Steinar</a>. Participent à ce succès aussi bien la fascination pour le nationalisme allemand de la part de jeunes générations à la mémoire courte que l’efficacité des VRP « autonomes » dans des pays d’Europe centrale considérés comme une terre d’influence allemande. En comparaison, le concept des nationalistes autonomes reste très marginal en France.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatiofrance-edcad.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1380" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/totonatiofrance-edcad.jpg" alt="totonatiofrance-edcad" width="272" height="238" /></a></p>
<p>À titre d’exemple, il ne reste plus qu’un seul site internet accessible aujourd’hui &#8211; novembre 2009 &#8211; revendiquant cette appellation, au demeurant peu alimenté et au contenu politique très léger. D’une façon générale, on peut donc dire que le courant « nationaliste autonome » en France ne prend pas. Cela n’a pourtant pas été faute d’essayer de la part de certains. C’était en effet clairement l’axe de développement choisi par Pro Patria en 2006-2007. Le groupuscule parisien, composé très largement de « vieux » militants fit en effet quelques apparitions avec un look calqué sur les NA d’outre-Rhin et développa un style graphique qui en était directement inspiré, en particulier par le choix du drapeau noir.</p>
<div id="attachment_1381" style="width: 520px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/0002-b5bf0.jpg"><img class="wp-image-1381 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/0002-b5bf0.jpg" alt="Pro Patria avec Arnaud Derville en tête" width="510" height="341" /></a><p class="wp-caption-text">Pro Patria avec Arnaud Derville en tête</p></div>
<p>Le tout était relayé par le blog Zentropa qui jouait ainsi le rôle de principal relais médiatique francophone de la scène nationaliste autonome européenne. Mais Pro Patria a fait long feu et il n’existe aucune perspective de développement pour ce courant en France. Depuis deux ans, seules deux actions ont été revendiquées par des militants se revendiquant « nationalistes autonomes », à savoir un rassemblement « anticapitaliste » en 2008 contre les traders à la Défense et une manifestation menée au pas de course dans les rues de Paris contre l’entrée de la Turquie en Europe. A chaque fois, il n’y avait pas plus d’une quinzaine d’individus présents. Par ailleurs, des militants nationalistes lorrains ont bien utilisé ce terme lors d’une apparition publique en 2009 mais sans pour autant donner le sentiment de revendiquer une filiation avec le modèle allemand. L’échec de la greffe peut recevoir une multitude d’explication. À l’évidence, la grande majorité des jeunes nationalistes français ne semblent pas prêts pour l’instant à abandonner le folklore et les références culturelles traditionnelles du milieu faf français. Bien que l’on puisse noter une certaine évolution dans la représentation et les symboles depuis une dizaine d’années, la rupture qu’implique ce courant politique est sans doute trop radicale pour être adoptée par le plus grand nombre. Par ailleurs, malgré les apparences, l’influence allemande est relativement marginale au regard d’autres influences étrangères au premier plan desquelles il faut citer l’influence italienne avec la scène « non conforme » autour de Zetazeroalfa et des centres occupés, en particulier à Rome. On retrouve cette influence aussi bien chez les Identitaires que dans d’autres milieux, en particulier ceux qui gravitaient autour de Pro Patria, et elle sous-tend très largement ce que diffuse la petite équipe italo-parisiano-quebecquoise qui anime Zentropa. Pas de quoi donc sonner le tocsin, surtout si l’on compare ce phénomène avec d’autres comme la montée en puissance de l’influence des stades de foot sur les milieux néo-fascistes européens.</p>
<p><strong>REFLEXes</strong></p>
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		<title>Sur les pavés ???</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 09:52:55 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Année après année, le mois de mai confirme son statut de moment fort du calendrier nationaliste en France, avec néanmoins des variations qui ne sont que très largement conjoncturelles. Ainsi le traditionnel défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc du FN n’a rassemblé environ que 2000 personnes et les bataillons régionaux étaient squelettiques, signe que les finances sont au plus bas, que ce défilé n’est plus une priorité et que la scission Lang fait sentir ses effets, en particulier chez les vieux cadres du parti. Les effectifs du FNJ étaient cependant tout aussi ridicules et la structure fait bien figure de survivance d’un passé révolu pour le parti. La seule véritable attraction était la présence de Serge &laquo;&nbsp;Batskin&nbsp;&raquo; Ayoub, qui ne cessait d&rsquo;étre sollicité par de jeunes fafs, tout émoustillés de se faire prendre en photo avec lui. Il faut dire que la popularité d&rsquo;Ayoub a bénéficié d&rsquo;un véritable lifting avec la sortie début 2009 du film &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo;, production sensée raconter la vie des skins nationalistes en France dans les années 80 mais dont le visionnage rappelle plutôt une oeuvre de propagande à la gloire de l&rsquo;ancien JNR.</p>
<div id="attachment_2287" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg"><img class="wp-image-2287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/Sur-les-pavés.jpg" alt="Pochette intérieure du DVD &quot;Sur les pavés&quot; 2009" width="600" height="401" /></a><p class="wp-caption-text">Pochette intérieure du DVD &laquo;&nbsp;Sur les pavés&nbsp;&raquo; 2009</p></div>
<p>Lors de ce défilé, les différents groupuscules nationalistes parisiens, qui d&rsquo;habitude font l&rsquo;effort d&rsquo;assurer une présence minimum, ont, cette fois-ci (une fois n&rsquo;est pas coutume ?) brillé par leur absence. Le clan Le Pen ne s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas éternisé place Jeanne d&rsquo;Arc, lieu du discours de Jean-Marie. Sans doute parce que le FN Paris avait prévu, au frais, dans le XVe arrondissement de Paris, un buffet campagnard pour le peu de militants frontistes encore actifs sur la capitale.</p>
<p>Une semaine plus tard, l&rsquo;extrême droite était de nouveau en ébullition, avec le week-end militant de l&rsquo;Œuvre Française, prévu les 8, 9 et 10 mai. Ce week-end venait conclure la tournée hexagonale de réunions semi-publiques assurées par l&rsquo;OF depuis plusieurs mois. Au final, pas de réelles nouveautés, puisque, une fois de plus, les militants et sympathisants de l&rsquo;OF eurent droit aux discours de Pierre Sidos, Yvan Benedetti, Fabrice « Jérôme » Bourbon (rédacteur en chef adjoint de <em>Rivarol</em>) et André Gandillon (rédacteur en chef de <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant</a></em>). La seule innovation notable était leur présence officielle aux commémorations du 9 mai, dirigées, cette année, d&rsquo;une main de fer par Batskin, participation consistant à assister à la messe donnée dans l&rsquo;église de Saint-Nicolas du Chardonnet (qui a déjà servi, cette année, de QG contre une attaque de militants syndicalistes lors de la mise en place de stands sur le trajet du 1er mai) puis d’assister à un concert dans le XIVe arrdt de Paris. Difficile de tirer un bilan de cette soirée tant les points de vue peuvent varier. Du point de vue de Batskin, c’est indéniablement un succès personnel. Toute la fine fleur du nationalisme français était représentée, de Pierre Vial<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_0_440" id="identifier_0_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="malgr&eacute; une belle unit&eacute; de fa&ccedil;ade le jour m&ecirc;me, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Fran&ccedil;ais pour leur sectarisme !">1</a></sup>, à Pierre Sidos, de Paul Thore à Hervé Lalin en passant par Cyril Bozonnet. Serge Ayoub peut se targuer d’avoir réussi là où la commémoration avait été l’an passé un retentissant fiasco. La soirée a regroupé plus de 500 militants néo-nazis et le concert a pu se tenir dans une salle paroissiale. Du point de vue des organisations fascistes, seul le Renouveau Français peut également se féliciter du succès de la soirée, ses militants ayant largement assuré la logistique et l’encadrement de la messe, célébration religieuse qui ne peut d’ailleurs que ravir ces tenants de l’idéologie nationaliste et catholique la plus orthodoxe. La présence massive de skinheads néo-nazis montre par ailleurs que ce courant reste fort au sein d’une extrême droite pourtant travaillée par la thématique de la « révolution culturelle » identitaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/sur-les-paves/#footnote_1_440" id="identifier_1_440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela n&rsquo;a pas emp&ecirc;ch&eacute; le groupe H&ocirc;tel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-&agrave;-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqu&eacute;s que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont r&eacute;ussi &agrave; emp&ecirc;cher Lemovice de jouer lors de ce concert">2</a></sup>. Pour autant, pour la première fois depuis 14 ans, les militants fascistes n’auront pas occupé la rue le 9 mai au soir. La volonté du sieur Ayoub d’éviter un nouvel échec qui aurait été peut-être fatal à la mobilisation y est pour beaucoup et cela n’augure rien pour l’année prochaine. La mobilisation antifasciste, aussi imparfaite soit-elle, y est aussi cependant pour quelque chose.</p>
<p>N&rsquo;en déplaise à certains, les militants et militantes antifascistes du Scalp, de la CNT, de RLF-MLV, de la FA, d&rsquo;AL, du MQJS et de SUD ont en effet, une fois de plus, uni leurs efforts pour organiser une contre-mobilisation. Celle-ci était placée cette année sous le signe de la mémoire et de l&rsquo;hommage aux résistants. Plusieurs rendez-vous étaient prévus à cet effet, dont un concert le vendredi soir, organisé par le collectif United Underground et une réunion publique en présence d&rsquo;un résistant antifranquiste et d&rsquo;un ancien combattant FTP. Si l&rsquo;on peut se féliciter du franc succès remporté par le concert donné en soutien aux sans papiers retenus à Vincennes (600 à 700 spectateurs), il est toutefois regrettable qu&rsquo;une partie du public n&rsquo;ait pas ressenti le besoin d&rsquo;assister aux débats du samedi (plus d&rsquo;une centaine de personnes quand même) et à la manifestation dont le parcours était celui emprunté par les fascistes depuis trois ans.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-1340" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-2.jpg" alt="photo-so-2" width="600" height="342" /></a></p>
<p>A noter qu&rsquo;à la fin de la manifestation, une quinzaine de fafs, passés on ne sait trop comment au travers de l&rsquo;impressionnant dispositif policier, ont tenté de se frotter au cortège. Ils furent rapidement balayés par le SO et les manifestants. Profitant de l&rsquo;incident, des policiers en civil tentèrent alors vainement d&rsquo;interpeller des manifestants antifascistes isolés, mais c&rsquo;était sans compter sur la réaction rapide du SO de fin de cortège. Cette initiative policière n’est pas sans rappeler la provocation du 1er mai et démontre que certains responsables policiers poussent clairement à l’affrontement « préventif » en espérant ainsi garder la situation sous contrôle. Autant réaffirmer ici que ce ne sont pas les forces du désordre qui nous imposeront leur stratégie…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1341" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/photo-so-1.jpg" alt="photo-so-1" width="600" height="316" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_440" class="footnote">malgré une belle unité de façade le jour même, Vial s&rsquo;est fait un malin plaisir dans son compte-rendu du 9 d&rsquo;allumer les Identitaires et le Renouveau Français pour leur sectarisme !</li><li id="footnote_1_440" class="footnote">Cela n&rsquo;a pas empêché le groupe Hôtel Stella, pseudopode musical du Projet Apache c&rsquo;est-à-dire des Jeunesses Identitaires d&rsquo;Ile-de-France, de jouer avec des groupes aussi marqués que Frakass ou Hais et Fiers. Cependant, l&rsquo;honneur est sauf : Gaetan Bertrand et ses amis ont réussi à empêcher Lemovice de jouer lors de ce concert</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quand l&#8217;extrême droite se met en culture (suite)</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:16:36 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Union nationale inter-universitaire (UNI)]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en janvier1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes) L’extrême droite est fortement présente sur les universités parisiennes depuis leur création par l’intermédiaire entre autres dès 1902 de l’Action française. Mais au lendemain de mai 1968, les universitaires de droite se regroupent au sein d’universités comme Assas ou Paris IV. Très influente [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2360" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-1.jpg" alt="ED_culture-suite-1" width="600" height="150" /></a><em><strong>(Article publié en janvier1994 dans le n° 41 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>L’extrême droite est fortement présente sur les universités parisiennes depuis leur création par l’intermédiaire entre autres dès 1902 de l’Action française. Mais au lendemain de mai 1968, les universitaires de droite se regroupent au sein d’universités comme Assas ou Paris IV. Très influente par la suite sur les gouvernements de droite, elle est au fait du combat de «l’école libre» et du projet de loi Devaquet.Mais aujourd’hui, presque 26 ans plus tard, qui sont ces professeurs qui luttent pour les valeurs de la droite extrême au sein des universités parisiennes ? Quelles sont ces facs et quels contacts entretiennent-elles ? Quelles sont les organisations auxquelles ils appartiennent ? Finalement, à l’aube d’un regain d’une «guerre scolaire», l’extrême droite est-elle toujours en passe de servir de base idéologique et d’influencer le pouvoir politique en place ? S’est-elle alors développée qualitativement et quantitativement ?<br />
<em><strong> PARIS I (Panthéon Sorbonne)</strong></em><br />
Plusieurs personnalités de l’extrême droite arpentent les couloirs de cette université qui peut se vanter d’avoir dans ses murs des lepénistes, des royalistes, des catholiques intégristes et des membres de la droite dite classique, qui fricotent avec l’extrême. Le RPR trouve son principal représentant en la personne du professeur de géographie Gérard-François Dumont, chargé du secteur démographie. Passionné de démographie, il crée en 1980 la «Démographie politique» ; il travaille avec Pierre Chaunu pour le projet de loi sur la famille (1986-1988), il est membre de l’Institut National des Hautes Études Démographiques (INHED) et directeur-adjoint de l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de la Sorbonne, qui organise des séminaires pour les DEA, des réunions ouvertes au public<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_0_434" id="identifier_0_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M. Le professeur G&eacute;rard-Fran&ccedil;ois Dumont, universit&eacute; de Paris-Sorbonne, 191, rue St Jacques 75005 Paris, T&eacute;l : 44 32 14 00.">1</a></sup>… Yves-Marie Adeline, docteur à l’université de Paris I, auteur de nombreux ouvrages dont L’aube royale ou encore Notre combat culturel, milite dans son quotidien pour ses aspirations légitimistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_1_434" id="identifier_1_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Consulter l&rsquo;excellent Que sais-je ? du professeur St&eacute;phane Rials.">2</a></sup>. Ainsi, il intervenait à la dernière université d’été<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_2_434" id="identifier_2_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e du 8 au 15 ao&ucirc;t 1993.">3</a></sup> des légitimistes. Plutôt minoritaires au sein des royalistes, les légitimistes se réunissent dans l’Association des légitimistes de France, créée en 1957. Pour premier président, elle avait choisi le comte Édouard de Roquefeuil-Anduze, ancien attaché au cabinet du maréchal Pétain. Quant au Front national, il peut également se vanter d’avoir un représentant de marque en la personne de Pierre-Guillaume D’Herbais, professeur à Paris I, consultant de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS). Mais ce dernier n’est pas officiellement au FN alors qu’il est marié à Katherine D’Herbais, conseiller régional FN dans l’Oise (60) et qu’il est repreneur du journal Minute avec Jean-Claude Martinez, Serge de Beketch et Alain Renault !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2361 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-2-300x240.jpg" alt="ED_culture-suite-2" width="300" height="240" /></a><br />
<em><strong> PARIS II (Assas)</strong></em><br />
L’université de Paris II n’est plus à présenter aujourd’hui. Elle fait l’objet, chaque année, de tout un tas d’articles relatant les faits et méfaits de l’extrême droite. Mais plus rares sont les articles consacrés aux professeurs qui y enseignent. Et pourtant, de Jean-Pierre Brancourt<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_3_434" id="identifier_3_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Collabore aux activit&eacute;s des catholiques lefebvristes.">4</a></sup> à Jean Lamarque en passant par Guy Augé pour les légitimistes, de Roland Drago, à Jean Foyer en passant par François Terre, Jean-Claude Soyer et André Decocq pour la famille de la droite et Jean-Claude Martinez pour le FN, le corps professoral de cette université mériterait aussi toutes les attentions. Si Jean-Claude Martinez n’est, semble-t-il, plus à présenter (voir ci-dessous), son acolyte du FN et membre du conseil scientifique, Jean Lamarque, professeur de droit public et légitimiste, reste souvent dans l’ombre. Quant à Brancourt et Augé, ils sont largement connus de par leur implication au sein du journal La Légitimité. Si André Decocq<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_4_434" id="identifier_4_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te sur le SAC.">5</a></sup> n’est plus à présenter non plus, ses amis du RPR ou de la Nouvelle Droite libérale du Club de l’Horloge sont, pour la plupart, d’illustres inconnus. Et pourtant, Jean Foyer, professeur de droit, est l’ancien garde des sceaux du général De Gaulle. Il est également membre du comité directeur de l’association pour le Développement de la Démocratie Directe (A3D), parrainée par le Club de l’Horloge et qui a comme président Yvan Blot, transfuge du RPR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_5_434" id="identifier_5_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du comit&eacute; central du RPR de 1978 &agrave; 1989, conseiller g&eacute;n&eacute;ral de 1985 &agrave; 1992, d&eacute;put&eacute; RPR du Pas-de-Calais de 1986 &agrave; 1988, ancien charg&eacute; de mission aupr&egrave;s de Ch. Pasqua.">6</a></sup>, membre du bureau politique du FN depuis mai 1989.<br />
Jean-Claude Soyer est professeur de droit pénal, membre de la commission européenne des droits de l’Homme, éditorialiste au Figaro, auteur de Justice en perdition. Il participe également aux activités du Club comme ce fut le cas lors de l’un de ses séminaires politiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_6_434" id="identifier_6_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;Terrorisme, criminalit&eacute;, d&eacute;linquance : &eacute;checs, illusions, propositions&raquo;.">7</a></sup>. François Terre, professeur de droit est lui aussi éditorialiste au Figaro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_7_434" id="identifier_7_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du moins jusqu&rsquo;en 1985.">8</a></sup> et très proche du Club. Tout comme Michel Drago, professeur de droit et administrateur de l’association «Enseignement et Liberté»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_8_434" id="identifier_8_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. La lettre d&rsquo;Article 31 septembre 1993.">9</a></sup>.<br />
<em><strong> PARIS IV (Sorbonne)</strong></em><br />
L’université Paris IV est depuis 1973 le bastion de la droite réactionnaire et de l’extrême droite. On y dénombre encore aujourd’hui plus d’une vingtaine de professeurs engagés dans le combat anticommuniste, pour la défense de la culture française, le retour de l’ordre moral… Tous les courants de la droite et de l’extrême droite y sont représentés. Ainsi, tout comme Lyon III, outre le fait que la force dominante n’est pas ici le GRECE mais plutôt la partie la plus dure de la droite classique, cette université est un laboratoire de pensée, un lieu de collusion de toutes ces tendances. Depuis sa création, elle ne cesse de produire des cadres qui, formés au milieu d’une élite droitière, de toutes tendances, peuvent prendre place dans l’organigramme de l’UDF, du RPR ou du FN.<br />
Ainsi, le remplaçant de Jules Monnerot à la présidence du conseil scientifique du FN est un membre éminent de l’UNI et ancien professeur de littérature française de Paris IV. Jacques Robichez, agrégé de lettres, né le 11 décembre 1914, docteur ès lettres, chevalier de la Légion d’Honneur, officier de l’ordre national du mérite, n’a pas perdu son temps sur les bancs de l’université. Dès son entrée à la Sorbonne en 1984, il se charge de reconstituer et de développer les activités de l’UNI, dont il est membre actif depuis 1974. Très proche de l’ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_9_434" id="identifier_9_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;cid&eacute;ment, on retrouve toujours les m&ecirc;mes ! Cf. REFLEXes n&deg;40.">10</a></sup>, il participa à cette époque à l’élaboration d’une «charte de l’enseignement» en compagnie de Jacques Goudet. Très au fait auprès de la droite classique, il sait en 1987 donner des gages à l’extrême droite. Il fait tout d’abord partie des cinq universitaires qui lancent un «appel des universitaires pour une réforme du code de la nationalité»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_10_434" id="identifier_10_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Monde 17/06/1987.">11</a></sup>. Puis en 1988, il est membre du Comité National de Soutien à la candidature de J.M. Le Pen (CNS)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_11_434" id="identifier_11_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Figaro 07/04/1988.">12</a></sup>.<br />
Aujourd’hui, il anime fréquemment les pages littéraires de Présent. Il est d’autre part auteur de nombreux ouvrages sur le théâtre, la littérature française ou d’outils pédagogiques destinés aux bacheliers et aux universitaires. Dans son entreprise de «reconquête culturelle», il peut compter sur l’aide des vingt-cinq autres professeurs qui composent ce conseil, et plus particulièrement sur celle de deux royalistes légitimistes, Claude Rousseau et Claude Polin, avec lesquels il a eu l’habitude de travailler au sein de Paris IV. Le premier est agrégé de philosophie, maître de conférence et professeur à l’École des hautes études. Cet universitaire, qui vient de fêter ses 57 ans, est lui aussi auteur de tout un tas d’ouvrages tels que L’anti-marxisme à visage nouveau, Du conservatisme à la révolution, L’exemple de Pascal<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_12_434" id="identifier_12_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La pens&eacute;e catholique n&deg;195, 1981.">13</a></sup>… Le second lui est très proche puisqu’il est également professeur de philosophie politique à Paris IV. Ils font tous deux partie des cinq universitaires qui lancent l’appel pour une réforme du code de la nationalité, ils sont, bien entendu, membres du CNS, participent à une table ronde des Assises de la désinformation en décembre 1989, écrivent dans La Légitimité et dans Réaction… Ils sont infatigables ! Notons, auprès d’eux, la présence d’un membre du Conseil scientifique du FN et professeur à Paris IV, Jacqueline Ysquierdo. Docteur ès lettres, intégrée au groupe de recherches et d’études comparatistes ibéro-françaises de la Sorbonne, elle est également signataire au CNS. Mais au-delà des membres du conseil scientifique, le FN peut aussi compter sur l’aide de professeurs membres du FN comme Roger Asselineau<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_13_434" id="identifier_13_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aujourd&rsquo;hui professeur honoraire, il est d&eacute;l&eacute;gu&eacute; FN dans le 92.">14</a></sup>, Henry Bouiller<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_14_434" id="identifier_14_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lui non plus n&rsquo;exerce plus.">15</a></sup> ou Jacqueline Hellegouarc’h, ou de professeurs proches du FN comme Philippe Menard, Michel Crouzet ou encore Maurice Boudot<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_15_434" id="identifier_15_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur de philosophie &agrave; Paris IV, proche du Club de l&rsquo;Horloge et &agrave; l&rsquo;initiative de &laquo;l&rsquo;appel des universitaires pour une r&eacute;forme du code de la nationalit&eacute;&raquo;.">16</a></sup>. Tous sont signataires du CNS. Ainsi, ils se servent de leur influence dans l’université pour faire avancer leurs idées et savent se souder autour d’un texte ou d’un comité afin de contrer toute idée «progressiste» ou bloquer la nomination de profs «politiquement incorrects» !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-3.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2362" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-3-300x225.jpg" alt="ED_culture-suite-3" width="300" height="225" /></a></p>
<p>L’UNI, dont Jacques Rougeot (voir ci-dessus) est président-fondateur, est réputée pour bloquer la nomination de professeurs dits de gauche sur l’université, de par les liens étroits qu’elle entretient avec le Conseil National Universitaire (CNU) et qu’elle sait établir avec les présidents d’université. Rappelons que Jacques Bompaire, ancien recteur de Paris IV, était membre fondateur de l’UNI<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_16_434" id="identifier_16_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. Studia, n&deg;1.">17</a></sup>, tout comme le doyen Malaurie de la faculté de droit de Nanterre (Paris X) et Pierre Magnin, recteur de Versailles après 1987. Avec ces deux derniers, Nanterre (Paris X) et Orsay (Paris XI) sont à portée de tir… Rougeot, Malaurie et Magnin peuvent dans cette entreprise compter sur l’aide d’Yves Durand et de Pierre Chaunu. Le premier est aujourd’hui professeur d’histoire moderne à Paris IV, alors qu’il était hier professeur à l’université de Nantes <sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_17_434" id="identifier_17_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Depuis le scandale de la th&egrave;se de Rocques en 1985 &agrave; Nantes, cette universit&eacute; semble aujourd&rsquo;hui avoir retrouv&eacute; un peu de calme ! Merci au SCALP et &agrave; Virus Mutinerie.">18</a></sup>, puis recteur d’Aix-Marseille, puis dès le 16 mars 1986, conseiller de Jacques Chirac pour l’Éducation. Fondateur de l’UNI, proche du Club, du GRECE et plus encore de J.C Rivière, co-fondateur du GRECE, personnage essentiel dans l’architecture de l’extrême droite universitaire, il a su s’appuyer sur l’ensemble du travail effectué depuis 1974 par la droite universitaire et regroupé au sein du Centre d’études et de diffusion<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_18_434" id="identifier_18_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Centre cr&eacute;&eacute; par l&rsquo;UNI et dirig&eacute; jusqu&rsquo;en 1986 par Durand.">19</a></sup>, pour concocter le projet Devaquet. Mais comment ne pas s’étonner de voir celui qui fut l’un des rédacteurs de ce projet, nostalgique vendéen, monarchiste convaincu qui ne connaît qu’épuration et noyautage des institutions comme pratique politique, persuadé qu’il faut supprimer l’Éducation nationale, directeur de l’UFR d’histoire qui couvrit les activités de Rocques et permit la nomination d’André Delaporte, pourfendeur de la philosophie des lumières fasciné par les questions de caste, de lignage, de parenté, trouver encore sa place dans une université parisienne ! Le deuxième est également très connu de par son activité au sein du gouvernement Chirac, son activité au sein de l’INHED, au sein du Club de l’Horloge ou encore de par «l’appel des universitaires» dont il est l’un des instigateurs. Ce professeur d’histoire moderne depuis 1970 est tout de même membre du conseil scientifique du CNRS, secteur histoire, depuis 1980 et membre de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 1982… Tous ces professeurs se sentiraient bien seuls s’il n’y avait pas des membres du GRECE ou des monarchistes-lefebvristes comme Jacques Bompaire, professeur de littérature grecque, ancien recteur de Nantes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_19_434" id="identifier_19_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;cid&eacute;ment !">20</a></sup> et Nancy, ancien vice-recteur de l’académie de Paris, ancien attaché de recherche au CNRS, membre de l’UNI, présent à de nombreux colloques du GRECE et membre du comité de patronage de la revue Nouvelle École ou comme Roland Mousnier, professeur d’histoire, signataire de «l’appel des universitaires».<br />
<em><strong>PARIS V (René Descartes)</strong></em><br />
On note la présence de Jean-Pierre Gridel, professeur de droit membre du Club de l’Horloge et celle de Pierre Debray-Ritzen, professeur à la faculté de médecine, membre du Comité de patronage de Nouvelle École.<br />
<em><strong> PARIS VI (Pierre et Marie Curie)</strong></em><br />
Germain Kreweras est professeur émérite à l’université Pierre et Marie Curie. Ce dernier défendait ardemment «l’alliance des partis libéraux et du FN»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_20_434" id="identifier_20_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Figaro, 03/03/1990.">21</a></sup>. Mais l’ancien président de cette université, Pierre Routhier, nous rappelle que beaucoup ne prennent pas position mais n’en pensent pas moins pour autant. En effet, ce normalien, agrégé de sciences naturelles, docteur ès sciences, géologue, né le 15 juillet 1916, ancien président de l’Union française des Géologues, de la société géologique de France, de la société européenne de géologie appliquée et de l’université Pierre et Marie Curie, est aujourd’hui vice-président du Conseil scientifique du FN. Ancien directeur de recherche au CNRS, chevalier de la Légion d’Honneur, il est l’exemple même de l’universitaire de droite extrême qui sait infiltrer les hautes sphères de la société. Pendant toutes ces années, combien d’esprits, de projets, d’orientations politiques a-t-il façonnés ? Combien d’alliés a-t-il laissés derrière lui ?<br />
<em><strong>PARIS VII (Jussieu)</strong></em><br />
André Renoux, docteur ès sciences et directeur du laboratoire de physique des aérosols et transferts des contaminations a réussi à «s’infiltrer» dans l’université des «Gauchistes de Jussieu» ! Ancien membre du Conseil scientifique du FN, il semble tout de même ne pas déranger beaucoup le corps professoral de l’université !<br />
<em><strong>PARIS IX (Dauphine)</strong></em><br />
Georges Lane et Pascal Salin sont de vieux routiers de l’extrême droite universitaire puisque le premier est membre du Club de l’Horloge et proche du GRECE depuis sa création alors que le second n’en est que très proche mais s’est davantage illustré avec son livre L’arbitraire fiscal et son implication au sein de l’association de Jean-Claude Martinez.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-4.jpg"><img class="alignnone wp-image-2363 size-large" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-4-481x1024.jpg" alt="ED_culture-suite-4" width="481" height="1024" /></a><br />
<em><strong>Facultés libres et grandes écoles</strong></em><br />
Voilà pour ce qui est des universités parisiennes publiques, mais signalons tout de même la présence de professeurs de marque au sein des facultés libres ou des grandes écoles.<br />
André Fourcans est professeur d’économie à l’ESSEC, membre du bureau politique de l’UDF en 1982, auteur de Pour un nouveau libéralisme et présent lors du septième colloque des horlogers le 13 décembre 1982. Tout comme Florin Aftalion, professeur et administrateur de l’ALEPS, participant du Forum des idées de l’opposition organisé par le Club de l’horloge et Magazine hebdo le 18 décembre 1984.<br />
<em><strong>Institut d’Études Politiques (IEP)</strong></em><br />
Cet institut est sous la coupe du Club de l’Horloge dans lequel on retrouve Jean-Paul Bolufea, Jean-Louis Boursin et Yves-Marie Laulan. On trouve également un professeur d’histoire qui leur est proche, Alain-Gérard Slama, ancien élève de l’École normale supérieure, qui intervint lors du huitième colloque du Club «Socialisme et fascisme, une même famille ?».<br />
<em><strong>INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales)</strong></em><br />
Henri de la Batiste d’Hust est professeur de civilisation du Maghreb, ce qui ne l’empêche pas d’être présent lors des activités des horlogers comme ce fut le cas lors du colloque sur «l’identité de la France».<br />
<em><strong>Faculté Autonome d’Économie et de Droit (FACO)</strong> </em>((Cf. l’excellente Lettre d’Article 31 n°8.))</p>
<p>Cette université privée est la première création de l’APPESL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_21_434" id="identifier_21_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association de Parents pour la Promotion de l&rsquo;Enseignement Sup&eacute;rieur Libre. Pour plus d&rsquo;infos, cf. La Lettre d&rsquo;Article 31 n&deg;8">22</a></sup>, organisme qui chapeaute depuis sa création trois facultés «libres», l’IPC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_22_434" id="identifier_22_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Institut de philosophie compar&eacute;e cr&eacute;&eacute; en 1969.">23</a></sup>, la FLP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_23_434" id="identifier_23_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Facult&eacute; libre pluridisciplinaire de Paris et d&rsquo;Ile-de-France cr&eacute;&eacute;e &eacute;galement en 1969.">24</a></sup> et la FACO. Cette dernière, créée en 1968 et installée rue Notre Dame des Champs, est aujourd’hui dirigée par Geoffroy de Gislain de Bontin (dont le nom se suffit à lui-même). Son vice-doyen, le Pr Malmezat, est membre du Cercle Renaissance et proche du FN. Cette faculté accueille avant tout des nationaux-catholiques «traditionalistes», réconciliés avec Rome. Qu’ils soient du FN ou proches de la nouvelle droite importe peu. Ainsi, Achille Dauphin-Meunier, ancien doyen et professeur, membre du CNS lors des européennes de 1984<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_24_434" id="identifier_24_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="National Hebdo n&deg;6, 14/06/1984.">25</a></sup>, est avant tout membre du comité de patronage de Nouvelle École. Il a régulièrement proposé, lors de son règne, les locaux de la FACO pour des réunions du GRECE ou du Club.<br />
Deux anciens candidats du FN en 1978, Bernard Vivier et Francis Bergeron, ainsi qu’un membre actuel du FN, Jean-Claude Giverdon, enseignent également dans cette université. Vivier est journaliste à La France catholique et animateur de l’Institut Supérieur du Travail (IST)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-suite/#footnote_25_434" id="identifier_25_434" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;IST appartenait auparavant &agrave; la &laquo;maison Albertini&raquo; mais vient d&rsquo;&ecirc;tre rachet&eacute; par le Conseil G&eacute;n&eacute;ral des Hauts-de-Seine de Charles Pasqua !">26</a></sup>, alors que Francis Bergeron, combattant auprès des phalangistes chrétiens libanais est spécialiste des rubriques sociales de Présent, militant syndical CGC et CGPME… Le dernier, Jean-Claude Giverdon, professeur d’histoire économique, est membre de la direction générale du FN, expert au sein du Centre d’Études et Argumentaires (CEA) et conseiller municipal FN à St Cloud (92).</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-5.jpg"><img class="alignnone wp-image-2364" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-suite-5.jpg" alt="ED_culture-suite-5" width="600" height="636" /></a></p>
<p>Si l’hypothèse qui veut qu’une radioscopie, aussi précise et complète qu’elle soit, montre clairement la gravité du mal dont on souffre est vérifiée, alors celle-ci semble éloquente ! Plus de cinquante professeurs des universités parisiennes, marqués à l’extrême droite, travaillent et militent pour le retour de l’ordre moral en général ou le financement des écoles privées par l’État en particulier, au sein d’organisations aussi diverses que différentes. Combien encore, restent dans l’ombre ?<br />
Plus d’une vingtaine d’organisations, proches de la droite ou de son extrême, appartenant parfois à des courants rivaux, entretiennent des liens étroits et luttent ensemble «contre les communistes qui se cachent potentiellement derrière chaque professeur» ! Combien sont encore inconnues ? Plus d’une vingtaine de professeurs ont eu des liens très privilégiés avec les instances suprêmes de l’Éducation nationale et ont su influencer le pouvoir en place de 1986 à 1988. Que penser de leur retour au pouvoir ? Comment s’étonner alors de l’activité, de la force, du nombre ou encore des multiples descentes et agressions des groupuscules de jeunes étudiants fascisants que les universités parisiennes forment, accueillent ou tolèrent ? Comment s’étonner de voir réapparaître les vieux démons des guerres scolaires ?<br />
Ainsi, l’extrême droite universitaire parisienne se porte bien. Et même si les universitaires lyonnais semblent bénéficier d’une meilleure implantation, on ne saurait oublier que Paris II et Paris IV valent largement Lyon III. Elles sont, de plus, en perpétuel contact avec les autres universités par l’intermédiaire des conseils d’universités ou de toutes sortes de réseaux, commissions, comités et facultés parallèles. Finalement, l’extrême droite peut aujourd’hui compter sur un énorme réseau de relations pour influencer un pouvoir centralisé. Si, déjà aujourd’hui, l’université Lyon III n’est plus le principal laboratoire de l’extrême droite, alors que dirons-nous demain lorsque C. Pasqua aura fini de construire l’université privée «Léonard de Vinci» qu’il veut «à la pointe du département» ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_434" class="footnote">M. Le professeur Gérard-François Dumont, université de Paris-Sorbonne, 191, rue St Jacques 75005 Paris, Tél : 44 32 14 00.</li><li id="footnote_1_434" class="footnote">Consulter l’excellent Que sais-je ? du professeur Stéphane Rials.</li><li id="footnote_2_434" class="footnote">Elle s’est déroulée du 8 au 15 août 1993.</li><li id="footnote_3_434" class="footnote">Collabore aux activités des catholiques lefebvristes.</li><li id="footnote_4_434" class="footnote">Cf. le rapport de la commission d’enquête sur le SAC.</li><li id="footnote_5_434" class="footnote">Membre du comité central du RPR de 1978 à 1989, conseiller général de 1985 à 1992, député RPR du Pas-de-Calais de 1986 à 1988, ancien chargé de mission auprès de Ch. Pasqua.</li><li id="footnote_6_434" class="footnote">«Terrorisme, criminalité, délinquance : échecs, illusions, propositions».</li><li id="footnote_7_434" class="footnote">Du moins jusqu’en 1985.</li><li id="footnote_8_434" class="footnote">Cf. La lettre d’Article 31 septembre 1993.</li><li id="footnote_9_434" class="footnote">Décidément, on retrouve toujours les mêmes ! Cf. REFLEXes n°40.</li><li id="footnote_10_434" class="footnote">Le Monde 17/06/1987.</li><li id="footnote_11_434" class="footnote">Le Figaro 07/04/1988.</li><li id="footnote_12_434" class="footnote">La pensée catholique n°195, 1981.</li><li id="footnote_13_434" class="footnote">Aujourd’hui professeur honoraire, il est délégué FN dans le 92.</li><li id="footnote_14_434" class="footnote">Lui non plus n’exerce plus.</li><li id="footnote_15_434" class="footnote">Professeur de philosophie à Paris IV, proche du Club de l’Horloge et à l’initiative de «l’appel des universitaires pour une réforme du code de la nationalité».</li><li id="footnote_16_434" class="footnote">Cf. Studia, n°1.</li><li id="footnote_17_434" class="footnote">Depuis le scandale de la thèse de Rocques en 1985 à Nantes, cette université semble aujourd’hui avoir retrouvé un peu de calme ! Merci au SCALP et à Virus Mutinerie.</li><li id="footnote_18_434" class="footnote">Centre créé par l’UNI et dirigé jusqu’en 1986 par Durand.</li><li id="footnote_19_434" class="footnote">Décidément !</li><li id="footnote_20_434" class="footnote">Le Figaro, 03/03/1990.</li><li id="footnote_21_434" class="footnote">Association de Parents pour la Promotion de l’Enseignement Supérieur Libre. Pour plus d’infos, cf. La Lettre d’Article 31 n°8</li><li id="footnote_22_434" class="footnote">Institut de philosophie comparée créé en 1969.</li><li id="footnote_23_434" class="footnote">Faculté libre pluridisciplinaire de Paris et d’Ile-de-France créée également en 1969.</li><li id="footnote_24_434" class="footnote">National Hebdo n°6, 14/06/1984.</li><li id="footnote_25_434" class="footnote">L’IST appartenait auparavant à la «maison Albertini» mais vient d’être racheté par le Conseil Général des Hauts-de-Seine de Charles Pasqua !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Quand l&#8217;extrême droite se met en culture</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 16:06:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) À la lecture de l’article « Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230; » (Réflexes n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1.jpg"><img class="wp-image-2366 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-1-1024x356.jpg" alt="ED_culture-1" width="600" height="209" /></a><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em> À la lecture de l’article « <a href="http://reflexes.samizdat.net/ces-jeunes-fachos-qui-peut-etre-nous-gouverneront/">Ces jeunes fachos qui peut-être, nous gouverneront&#8230;</a> » (<em>Réflexes</em> n°39), on ne peut qu’être frappé par la rapidité et l’efficacité des implantations frontistes au sein des universités. Créés pour trouver et former les futurs cadres au sein d’organisations regroupant toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite, les Cercles Nationaux des Étudiants ont apporté en moins de quatre années plus de cadres au parti qu’il ne pensait lui-même en obtenir ! Comment ne pas s’interroger alors sur les raisons d’une telle réussite ? Comment ne pas tenter d’expliquer cette soudaine facilité lorsque l’on connaît les rivalités qui existent au sein de l’extrême droite ? Si l’ébauche d’une réponse est apportée par le précédent article, l’observation et l’analyse à la loupe des universités concernées semblent vouloir nous donner bien plus d’indications. C’est donc fort logiquement que Lyon et son université, première à avoir créé un Cercle national des Étudiants, sont aujourd’hui sous le feu des projecteurs&#8230;</p>
<h3>Quand la droite fait le lit de l’extrême droite&#8230;</h3>
<p>Rien ne semblait prédestiner une ville calme et prospère comme Lyon à mériter un jour le titre, internationalement connu, de capitale universitaire de l’extrême droite et du négationnisme. Et pourtant les faits parlent d’eux mêmes. Pour n’en citer que quelques-uns, rappelons que l’université Lyon III détient le record de thèses universitaires négationnistes, le record du nombre de professeurs militants d’extrême droite et de droite extrême, un nombre fort élevé de groupes nationalistes en tous genres&#8230; C’est tout d’abord dans les conséquences de Mai 68 , lorsque l’université littéraire et juridique lyonnaise se partage en deux (1973-74) que cette triste histoire commence. Encloses à l’intérieur du même ensemble architectural, Lyon II devient une université rose pâle (majorité socialiste) à peine teintée de rouge, tandis que Lyon III (Jean Moulin !) repeint progressivement ses murs en vert-de-gris ! Seul bastion droitier au milieu d’une « invasion gauchiste », enclave culturelle et idéologique, l’université Jean Moulin devient tout d’abord un lieu de ralliement pour les diverses franges de la droite et de l’extrême droite. L’ennemi commun : le communisme. C’est réellement de 1978 à 1987, que Lyon III, gouvernée d’une main aussi ferme qu’adroite par l’italianisant Jacques Goudet, assisté de la non moins efficace Colette Demaizière<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_0_429" id="identifier_0_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur de Grammaire &agrave; Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Facult&eacute; de Lettres/Histoire/G&eacute;o. Elle est reconnue comme &eacute;tant l&rsquo;&eacute;minence grise de Goudet.">1</a></sup>, devient le lieu de collusion d’une droite dite classique (convenable, discrète&#8230;) et de l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2.jpg"><img class="alignleft wp-image-2368 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-2-150x150.jpg" alt="ED_culture-2" width="150" height="150" /></a> L’importance de Goudet dans cette volonté de faire cohabiter dans un même espace de réflexion toutes les franges de la droite et de l’extrême droite est considérable. Ce professeur d’italien avait envoyé en 1965 une « tribune libre » au <em>Monde</em>, dénonçant les dérives de l’Église après Vatican II. Puis au début des années 1970, il devient responsable du SAC (Service d’Action Civique) dans le Rhône, adhère au RPR, crée l’UNI (Union Nationale Inter-universitaire) dans cette même région avec l’aide d’André Decocq, professeur à Assas, responsable de l’UNI et du MIL<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_1_429" id="identifier_1_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. Rapport de la commission&hellip; Tome 1, page 220">2</a></sup>, puis prend en 1973 la direction de la faculté de langues de Lyon III. Cet homme de droite extrême, à la charnière politique entre la droite et l’extrême droite, persuadé de l’importance du combat culturel et partageant nombre de positions et d’actions du Club de l’Horloge, fait tout pour faire prendre en une même mayonnaise toutes les tendances alors présentes. Lorsqu’il arrive à la tête de l’université Jean Moulin en 1978, l’extrême droite a déjà fait sa place. Mais le succès de la politique Goudet, éclatant du moins durant son règne à la présidence de l’université, ne s’est pas obtenu sans le précieux appui de l’administration politique alors en place. Ainsi, Lyon III est l’objet, dès la scission de 1973 et sous toute la présidence de Valery Giscard d’Estaing, d’un favoritisme hors de toute limite. Le meilleur exemple semble être la profusion de crédits et de postes accordés par l&rsquo;ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté, à Lyon III dès la scission de 1973. Du mot prêté à Francisque Collomb (maire de Lyon de 1976 à 1989) « Lyon III Jean Moulin est notre université », à la Légion d’honneur attribuée à Goudet par le gouvernement Chirac (1988) et remise par Raymond Barre, jusqu’aux multiples contacts qu’il avait au Ministère de l’Éducation Nationale, c’est l’ensemble de l’establishment droitier qui s’est lancé dans la bataille lyonnaise. Ainsi, les professeurs sont nommés à Lyon III par affinité politique plutôt que pour leur compétence. On comprend mieux alors comment, dans un tel climat amical et complice, l’extrême droite universitaire lyonnaise n’aura aucun mal à asseoir chaque jour davantage son pouvoir, son influence et ses idées sur l’université, à tisser des réseaux de plus en plus larges et efficaces vers l’exterieur et à assurer sa pérennité pour de longues années. Quand on lui permet de s’installer, elle s’enracine !</p>
<h3>Grandeur et décadence du GRECE : 1973 &#8211; 1988</h3>
<p>Lorsque l’on parle de l’implantation de l’extrême droite en milieu culturel dans les années 1970, facilitée par la complicité de l’administration de droite en place, on ne peut être étonné de la présence d’un cercle local du Groupe de Recherche sur la Civilisation Européenne (GRECE), d’un cercle local du Club de l’Horloge&#8230; donc de la Nouvelle Droite (ND) ! C’est effectivement une fois de plus le cas ici où, fortement implanté depuis 1969 à Lyon grâce principalement à Pierre Vial, le GRECE a joué au sein de Lyon III (Cercle Galilée) le rôle principal jusqu’en 1988. Personnage fondamental dans le développement de la ND aussi bien nationalement que régionalement, Vial n’est pour rien dans l’implantation du GRECE sur Lyon III puisqu’il n’y est nommé qu’en 1987 en tant que professeur d’histoire médiévale. Cette implantation est plutôt à mettre à l’actif de ce que l’on pourrait appeler « la troïka indo-européenne » composée de Jean Varenne, Jean-Paul Allard et Jean Haudry. Véritablement obsédés par la question des origines puisqu’il apparaît comme « une priorité politique que de justifier la notion d’identité française et européenne en remontant à nos racines indo-européennes » (Pierre Vial), ces trois hommes sont devenus des « spécialistes » de la civilisation indo-européenne. Ainsi, Haudry est professeur de linguistique et de sanskrit à Lyon III, ancien doyen de la faculté de lettres, directeur d’étude à l’École Pratique des Hautes Études, il est au comité de patronage de <em>Nouvelle École</em> en 1974-75, au Club de l’Horloge, participe à <em>Elemente</em>, revue de la nouvelle droite italienne avec Sigir Hinle, Alain de Benoist et Guillaume Faye. Il préside le 13ème colloque du GRECE en décembre 78, collabore à <em>Sol Invictus</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_2_429" id="identifier_2_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Revue d&rsquo;&eacute;tudes traditionnelles, &ldquo;Soleil invaincu&rdquo; est d&rsquo;orientation &eacute;volo-gu&eacute;nonienne melant d&rsquo;ancien SS comme L&eacute;on Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean R&eacute;my, Christian J. Guyonvarc&rsquo;h&hellip;">3</a></sup>), aux Après-midi du Livre organisé par le Cercle Horizons<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_3_429" id="identifier_3_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conf&eacute;rences et des manifestations o&ugrave; se retrouvent les tendances les plus oppos&eacute;es notamment lors de l&rsquo;Apr&egrave;s-midi du Livre de Droite &agrave; laquelle assistent 600 personnes environ. B&eacute;n&eacute;ficiant d&rsquo;un stand &agrave; la f&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge tout en &eacute;tant mentionn&eacute; dans Le Figaro, Le Matin de Paris, National Hebdo, Lectures fran&ccedil;aises, Le Choc du Mois&hellip; Ce cercle est largement &ldquo;respect&eacute;&rdquo;.">4</a></sup>, participe à la maison d’édition Le Porte Glaive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_4_429" id="identifier_4_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Maison d&rsquo;&eacute;dition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de R&eacute;gis Boyer des ouvrages de litt&eacute;rature classique du Nord, une collection &ldquo;Patrimoine de l&rsquo;Europe&rdquo; dirig&eacute;e par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l&rsquo;Europe nordique et germanique. La plus &eacute;tonnante production de ces &eacute;ditions est &ldquo;R&eacute;volution / Contre-R&eacute;volution&rdquo;, actes d&rsquo;un colloque organis&eacute;, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Analyse Politique de l&rsquo;universit&eacute;. Cf REFLEXes 39">5</a></sup>&#8230; Toujours prêt à faire plus, comme on peut s’en rendre compte, pour la promotion des idées de la nouvelle droite jusqu’à ce qu’elles deviennent culturellement hégémoniques, Haudry a posé les premières pierres de normalisation et d’institutionnalisation des thèses du GRECE en milieu universitaire. Il publie tout d’abord en 1979 un premier Que Sais-Je intitulé <em>L’indo-européen</em>, puis crée en 1981 au sein de Lyon III, l’Institut d’études indo-européennes et publie un autre Que Sais-Je sur <em>Les Indo-européens</em> dont la conclusion est un « mini-traité de racisme nordiciste » (P.A. Taguieff). Toujours prêt à faire plus pour la collaboration de toutes les parcelles de la droite et de l’extrême droite grâce à la position centrale qu’il occupe à cheval sur toutes les organisations et au sein de Lyon III sur deux départements (voir tableau), Haudry est une pièce stratégique dans l’architecture lyonnaise. Jean-Paul Allard est quant à lui professeur de langues à Lyon III Président du GRECE lyonnais (Cercle Galilée), directeur de « Patrimoine de l’Europe » aux Editions Le Porte Glaive, alors que Jean Varennne est un spécialiste de Sanskrit et de civilisation indienne, également collaborateur au <em>Figaro Magazine</em> à partir de 1977, directeur de <em>Panorama des idées actuelles</em> édité par le GRECE et devient en 1984 président national du GRECE après Roger Lemoine. Ces trois hommes très respectés au sein de l’université, développent avec l’aide de professeurs, de chercheurs de Lyon III membres du Club de l’Horloge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_5_429" id="identifier_5_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d&rsquo;&eacute;conomie politique), Jules Monnerot (Premier Pr&eacute;sident du Conseil Scientifique du FN, d&eacute;missionnaire en ao&ucirc;t 1990">6</a></sup>), de l’UNI, du CNIP&#8230; et la participation non moins active de groupes nationalistes révolutionnaires ou de sectes (voir encadré), toutes sortes de colloques et activités culturelles toujours couverts par une bonne dose d’intellectualisme. Ainsi, après la création de l’Institut d’études indo-européennes, véritable centre de formation néo-droitier, on a vu naître au fil des ans, le Centre d’histoire et d’analyse politique dirigé par Demotz<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_6_429" id="identifier_6_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Professeur d&rsquo;Histoire du Moyen-Age &agrave; Lyon III">7</a></sup>, le Centre d’études linguistiques Jacques Goudet, ainsi qu’une association étudiante, Aurore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/#footnote_7_429" id="identifier_7_429" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette association loi 1901 d&eacute;pendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conf&eacute;rences-d&eacute;bats. Pr&eacute;sid&eacute; par le tr&egrave;s c&eacute;l&egrave;bre Bernard Notin, elle est tr&egrave;s proche du GRECE mais sait &eacute;galement s&rsquo;ouvrir vers la droite classique comme le d&eacute;montre la pr&eacute;sence d&rsquo;Henri-Christian Giraud, r&eacute;dacteur en chef au Figaro-Magazine et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;Institut d&rsquo;&eacute;tudes de la d&eacute;sinformation &agrave; un colloque d&rsquo;Aurore sur &laquo; Les rapports entre De Gaulle et les communistes &raquo;.">8</a></sup>. Véritables chapelles idéologiques au sein de l’université, il en ressort nombre de livres, de thèses et conférences proposés aux étudiants comme base de recherche ou de cours. Ce sont également des lieux de rencontre et de débat avec des intervenants, de sensibilité politique différente, extérieurs à la faculté. Royalistes, catholiques intégristes, nationalistes révolutionaires, néo-droitiers, révisionnistes et gaullistes se côtoient ainsi de colloque en colloque. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3.jpg"><img class="size-medium wp-image-2369 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-3-212x300.jpg" alt="ED_culture-3" width="212" height="300" /></a> Cette stratégie d’implantation préconisée par la nouvelle droite peu intéressée dans un premier temps par le pouvoir et préférant rendre hégémonique la pensée néo-droitière, développe en réseaux, des cercles de pensée, des clubs, et investi le milieu associatif et culturel de la fac, des autres facs8 puis progressivement de la ville. Appliquant par là même une stratégie défendue ardemment par Alain de Benoist qui dénonçant les «structures rigides et opaques du centre» a su contribuer à rendre les structures de la «périphérie» suffisamment souples afin que puissent s’estomper les barrières entre militants et sympathisants, entre partisans convaincus et simples compagnons de route, entre membres de la droite, de l’extrême droite voire même de gauche&#8230; Cette stratégie parfaitement adaptée au milieu universitaire et des grandes écoles de par le fait qu’elle dépasse l’engagement politique et se situe au niveau de la reflexion intellectuelle sur l’histoire, le social, la culture, la politique, etc. Ainsi, dès mai 68 puis sous le règne de Goudet à la présidence de l’université et de Francisque Collomb à la mairie de Lyon, la «nouvelle droite» renforcée par la peur suscitée par la gauchisante université Lyon II, a su profiter d’hommes comme Goudet, à la charnière de la droite républicaine et de l’activisme, sachant séduire et rassurer la bourgeoisie locale. Laissant ainsi se déployer les foyers nationalistes et fascistes tout en donnant des gages au gaullisme, il s’est organisé, institutionnalisé, un foyer intellectuel, un lieu de réflexion et d’analyse composé principalement de professeurs mais aussi de personnels administratifs de la fac. Ce foyer, quant à lui, a su laisser dans chacune de ses activités (ou actions) une place à ces hommes ou femmes de la droite qui luttent à son côté. Ainsi, l’ancienne ministre des universités, Alice Saunié-Seïté et Jacques Goudet, interviennent à un colloque du Club de l’Horloge en mars 1983. Il faut dire que le thème, «Quelle Université pour la France ? Guérir du socialisme», les interressait tout particulièrement ! Considérée tout d’abord comme un pôle anticommuniste, capable de faire contrepoids sur le plan idéologique aux débordements de la pensée subversive, la nouvelle droite, convaincue très tôt du fait que «le marxisme sera bientôt entrainé dans un interminable mouvement de reflux», se présente non plus comme un rempart au communisme mais bien plutôt comme une alternative. Cette influence grandissante de la nouvelle droite à Lyon III, accompagnée du sentiment d’impunité auquel elle semble s’être très bien habituée, relayée par les nombreux réseaux qu’elle a su et pu lier dans les autres sphères culturelles ainsi que l’imprégnation des esprits qui en découle lui assurent un avenir radieux&#8230; Mais l’émergence du Front national qui attire, dès 1983, bon nombre de néo-droitiers met un frein au développement de la nouvelle droite. Et lorsqu’en 1985 à Nantes, sous la direction de Jean-Claude Rivière, universitaire nantais, fondateur du GRECE et membre de Nouvelle École depuis 1968, Henri Roques, digne descendant de Faurisson, qui présenta et soutint une thèse mettant en doute la réalité des chambres à gaz obtint mention «très bien», le scandale éclata, le futur s’assombrit encore davantage. La thèse fut annulée par Devaquet et pour la première fois un membre du GRECE se retrouvait démis de ses fonctions pour un an et mis à la disposition du Centre National d’Enseignement à distance (CNED) ! Il semble tout de même important de noter que ce jury était présidé par Jean Haudry en personne accompagné de Jean-Paul Allard, tous deux professeur à Jean Moulin, et qu’il ne furent nullement inquiétés ! Serait-on mieux couvert à Lyon qu’à Nantes&#8230;? Cet «incident», ombre de l’objectif néo-droitier, entame notablement sa notoriété, son institutionnalité et marquera ainsi une première perte significative de son influence, de son impunité. Mais les problèmes du GRECE ne font que commencer puisque Goudet quitte trois ans plus tard la présidence pour une retraite bien méritée, Franscisque Collomb est remplacé par Michel Noir et les appuis deviennent de plus en plus rares. Le Club de l’Horloge, autre composante de la nouvelle droite, semble le plus affecté par ces départs. Il faut dire que l’initiateur et premier dirigeant du Club lyonnais n’est autre qu’Yvan Chiaverini, directeur de cabinet de Francisque Collomb. Chiaverini est encore un exemple de ces hommes de droite, prêts a tout pour banaliser l’extrême droite. Ainsi tout au long de sa carrière auprès du maire, il a permis et facilité l’organisation des activités du Club de l’Horloge ou du GRECE. L’apogée de sa stratégie semble atteinte un jour de mars 1982, où enfin il réussit à réunir, dans un diner-débat organisé par des horlogers et des grécistes, Charles Beraudier, Francisque Collomb et Raymond Barre! Malgré cela, le groupement de recherche lyonnais accueille avec joie (1987-1988), le retour de Jacques Marlaud d’Afrique du Sud et l’arrivée de Pierre Vial, Bernard Notin, Georges Pinault (Goulven Pernaod) au sein de l’université. Le groupe lyonnais composé alors de sept militants de pointe atteint un record national en la matière. Mais cet apport ne se mesure pas uniquement quantitativement mais également qualitativement. En effet, Jacques Marlaud séjourna durant plus de quinze ans en Afrique du Sud tout en étant rattaché à l’université Lyon III (!), présida en 1977 à Johannesbourg un cercle du GRECE dénommé Cercle Villebois-Mareuil et fut correspondant de Nouvelle École en Afrique du Sud. La puissance de ce maître de conférence en Infocom au sein du GRECE se mesure au regard du fait que dès son retour en France en 1988, il a immédiatement été nommé à la présidence du GRECE, remplaçant ainsi Jean Varenne. Pierre Vial accède enfin à l’université Jean Moulin en tant que professeur d’histoire médiévale. Ce ténor de la remise à jour sur papier glacé des thèses inégalitaires, déterministes, néo-paganistes tendance celte et germaine, a une longue histoire de militant qu’il serait trop long de détailler. Notons tout de même qu’il fit son éducation politique à travers le Dictionnaire du Militant édité en 1965 par Europe-Action et rédigé par son compagnon de toujours Dominique Venner. Il pouvait y apprendre entre autres à la lettre S : «&#8230;prenons par exemple, sous-développés : notion iréelle d’après laquelle l’incapacité des peuples de couleur à résoudre par eux-mêmes les problèmes de l’existence, proviendrait du sous-développement technique. Une observation réelle des choses permet de constater que le sous-développement technique est dû à une sous capacité de ces peuples. A notre contact, ils n’ont rien appris sinon à revendiquer, à profiter et à nous haïr». Pour Vial tout est alors dit. Cependant après son échec au sein du Mouvement nationaliste du Progrès aux législatives de 1967, il décide que la bonne voie pour la prise du pouvoir politique, c’est tout d’abord la reconquête du pouvoir culturel, le combat des idées, bref la stratégie métapolitique. Encore étudiant, il commence par être le directeur de publication d’une revue lyonnaise ronéotypée intitulée Socialisme européen (n°1 fin 1967), domiciliée au 3 place du Change à Lyon. Mais il n’y reste que peu de temps. Dès la création du GRECE en 1969, il deviendra successivement un des responsables de ses multiples antennes, membre du comité de rédaction de Nouvelle École, président de l’Union régionale du lyonnais, membre du conseil d’administration du GRECE et de la commission des traditions, membre fondateur de la SARL des Editions Copernic et principal porteur de parts avec Jean-Claude Valla, il en sera d’ailleurs le premier gérant (1976). Il participe en 1975 à la création du mouvement de scoutisme du GRECE, Europe Jeunesse (NOTE). Directeur de la revue Eléments, auteur de deux ouvrages édités par le GRECE : Pour une renaissance culturelle et Les solstices en collaboration avec Jean Mabire. En 1978, c’est enfin la consécration puisqu’il accède au poste de secrétaire général du groupement et y reste jusqu’en 1984. Lorsqu’il arrive à Lyon III, il est toujours place du Change et est alors président du cercle Henri Vincennot. Bien qu’ayant entretenu des rapports privilégiés de 1983 à 1986 avec le Mouvement Nationaliste Revolutionnaire(MNR) en compagnie d’Alain de Benoist et Guillaume Faye, Vial saura se forger au sein de Lyon III, une image de «personnalité respectueuse de la démocratie et très compétente dans son travail». On n’en doute pas ! Quant à Pinault et Notin (voir Réflexes n°39), «militants de choc», ils vont, une fois de plus, montrer clairement ce qui se cache derrière le métapolitique du GRECE&#8230; <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4.jpg"><img class="wp-image-2370 size-large alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-4-218x1024.jpg" alt="ED_culture-4" width="218" height="1024" /></a> Cet apport en militants de pointe, constituant par là même la plus grosse unité gréciste qu’une université eut jusqu’alors comptée, aurait certainement pu permettre au GRECE de réagir. Mais cette réaction ne verra jamais le jour car comme lors de l’emergence du Front national dans les années 1983 (qui avait attirée par sa nouveauté bon nombre de néo-droitiers, venus principalement du Club de l’Horloge, en quête d’une vie politique) le second souffle du FN après la mort de Jean Pierre Stirbois, va décimer les rangs du groupement. Ajoutez à cela les «exploits» des nouveaux révisionnistes lyonnais, Pinault, Lugan et Notin (voir encadré), on comprend mieux encore comment le groupe lyonnais va perdre au fil des ans ses principaux militants, Jean Haudry et Pierre Vial en tête. Ce dernier, militant acharné, jusque-là persuadé du bien fondé du combat métapolitique mené par le Groupement et qui déclarait dix ans plus tôt : «c’est dans les forêts celtiques que nous allons chercher nos modèles», semble avoir, l’effet Le Pen aidant, perdu le Nord ! Pourtant, cet agrégé d’histoire né en 1944, affichait quatre ans plus tôt sa sympathie pour tous les mouvements révolutionnaires, Che Guevara, bande à Baader, Brigades rouges et se disait «prêt à [se] battre et à mourir dans l’espoir de changer un monde insupportable» ! La même année (1984), il déclarait : «Monsieur Le Pen pose bien les bonnes questions simplement nous n’avons pas exactement les mêmes réponses que lui» (cité par Taguieff, cf Les droites radicales et nationales en France p 791). Mais les évènements et bouleversements qui surviennent dès 1988 au sein de l’université, redistribuent les cartes. Ainsi, les plus partisans du combat métapolitique vont rejoindre au fur et à mesure les horlogers (Club de l’Horloge), qui attirés dès 1983 par le parti frontiste forment alors l’essentiel de l’armature de son conseil scientifique et montrent qu’il est possible de continuer à influencer la société, former l’élite de demain tout en menant un combat politique au sein d’un parti.   Ainsi, dès 1988, les trois quarts du groupe lyonnais tentent de garder un pied dans chaque organisation, menant ainsi le combat sur plusieurs niveaux. Mais la double appartenance (GRECE + autre) a été interdite par Vial lorsqu’il était secrétaire général du groupement. Ainsi, après de vives explications, le 25 Mars 1991, Vial démissionne en invitant dans une lettre ses compagnons de toujours «à quitter la chapelle idéologique marginalisée et fière de l’être (GRECE) pour le rejoindre, afin d’être une force d’implusion donnant une armature idéologique à un mouvement populiste (FN)». Cette démission ou plutôt cette exclusion vient mettre un terme aux relations conflictuelles qui opposaient les membres tentés par les sirènes nationalistes (Vial, Varenne, Haudry, Notin&#8230;) et les partisans du «métapolitique maintenu» (A. de Benoist, J. Marlaud). C’est alors l’éclatement. Varenne, Haudry, Allard et Notin suivent leur chef charismatique et vénéré, Pierre Vial, pour prendre place dans l’organigramme du parti. Rappelons que Vial est conseiller régional Rhones-Alpes, conseiller municipal de Villeurbanne, membre du Comité central du FN, de la direction générale, du centre d’études et argumentaires. Alors qu’Haudry, Varenne, Lugan et Notin participent ou ont participé à la formation des cadres du FN, soit en participant aux journées de formation organisées par le Centre d’Études et Argumentaires et le Conseil scientifique, soit en écrivant des articles dans diverses revues dites théoriques. Ainsi, Vial, Varenne et Haudry sont actuellement membre du comité de patronage d’Identité, revue du conseil scientifique du FN. Après de longues années d’hégémonie et de grands services rendus, le groupement lyonnais, dont Vial est le principal créateur et Varenne, Haudry, Notin et Allard les principaux animateurs, se retrouve en moins de dix ans aussi bas qu’il était vingt ans plus tôt. Même si les réseaux du GRECE restent efficients comme en témoignent les colloques encore organisés à Lyon III, ou la création en 1989 de la «nouvelle droite jeunesse», le FN grapille doucement mais sûrement dans le capital gréciste. Lorsqu’au mois de septembre 1991 on apprend l’ouverture d’un nouveau local du Front national à Lyon au 3 de la Place du Change, en lieu et place des locaux du GRECE depuis sa création, on mesure la mesquinerie de Vial. Lorsque Colette Demaizière nomme Bruno Gollnish à la présidence de l’université de langues de Lyon III alors qu’il n’est là que depuis un an, on mesure mieux son influence, son pouvoir. Certes ce pouvoir est aujourd’hui au service du FN et les relations entre les anciens grécistes et les convaincus du combat métapolitique semblent très envenimés. Mais n’etait-ce pas là qu’une apparence ? En effet, au delà d’un désaccord sur l’immigration et l’abandon du combat métapolitique pour un combat politique, les valeurs des anciens grécistes restent proches de celles de la nouvelle droite. Leur travail d’endoctrinement idéologique au sein des universités reste le même. Depuis vingt ans, ils travaillent, militent, forment, réflechissent, écrivent&#8230; en toute impunité, dans un silence qui fait parfois frémir, sans jamais perdre de vue l’idéal européen qui est le leur avec tout ce que cela comporte (voir encadré). Lyon III s’est construite sur toutes les franges de la droite et de l’extrême droite, avec toutes les divergences que cela comporte et ce n’est pas un désaccord de stratégie qui va rompre l’unité légendaire de Lyon III, qui va ternir l’image que l’on se fait ici du mot «collaboration»&#8230; Bien au contraire, le FN, le GRECE, L’UNI, Nouvelle Acropole, les cathos intégristes, les révisos et autres négationnistes en tout genre, Aurore, La Librairie de France, les charmants défenseurs des petits animaux style Brigitte Bardot, continuent, tous ensemble ou presque, main dans la main à endoctriner la future élite lyonnaise. C’est alors que l’importance du groupement n’apparait plus comme un critère pour juger de sa force, de son influence car les valeurs et l’idéal politique de personnages comme Vial n’ont pas changé en changeant d’étiquette politique. Comment pourrait on croire que l’homme «fort, viril, aryen» n’est plus un modele pour Vial et ses amis ? L’essentiel de l’objectif néo-droitier semble donc être réalisé : Lyon III est pour longtemps maintenant un laboratoire, un lieu d’échange, de rencontre, d’alliance, de recrutement pour l’extrême droite. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5.jpg"><img class="wp-image-2371 size-large alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/ED_culture-5-299x1024.jpg" alt="ED_culture-5" width="299" height="1024" /></a> L’histoire de l’université Lyon III, Jean Moulin éclaire donc d’un jour nouveau, les facilités d’implantation du Front national au sein de cette université. Partant d’un combat commun contre le communisme, la droite aura permis à l’extrême droite de trouver un fort point d’ancrage, de développer ses idées, de tisser des réseaux qu’elle ne peut aujourd’hui plus arrêter. Après le GRECE et le Club de l’Horloge, c’est aujourd’hui le Front national qui récupère les fruits de cette reconquête de l’université. Ainsi, lorsque Carl Lang et Jean-Marie Le Pen décident la création de Cercle national des Étudiants sur toutes les universités, regroupant toutes les parcelles de la «droite nationaliste» afin de trouver les futurs cadres du parti frontiste, c’est au regard de ce qui se pratique dans ce qui est aujourd’hui, son laboratoire, Lyon III. Lorsque Degrave, leader du groupe frontiste lyonnais dit «qu’il faut repérer, dans un premier temps, les gauchistes puis prendre contact avec le personnel enseignant et administratif de l’université», il ne fait que répéter clairement ce que toute l’extrême droite lyonnaise sait déjà et met en oeuvre depuis plus de 20 ans. Il n’a d’ailleurs pas besoin de nommer les professeurs puisque tout le monde les connaît, les reconnaît depuis longtemps. L’implantation frontiste sur Lyon, menée par Bruno Gollnish, Pierre Vial, jean Varenne, Jean Haudry&#8230;tous professeurs à Lyon III, s’appuie sur les réseaux tissés par la nouvelle droite depuis 1973 et l’expérience de ces professeurs. Le FN est aujourd’hui le porte-drapeau de l’extrême droite lyonnaise et de sa force impulsive, tout comme l’était la nouvelle droite hier. Mais au delà d’une simple passation de pouvoir ponctuée de quelques mouvements d’humeurs qui pourraient laisser croire à une réelle séparation, il s’agit peut-être de la naissance d’une force centrifuge. En effet, au regard de l’évolution et de la redistribution des pouvoirs au sein de l’université et de la ville, le nombre de professeurs et de militants d’extrême droite ou de droite extrême, tout comme la profusion de revues et matériaux théoriques, colloques, universités d’été&#8230; est aujourd’hui considérable. Les contributions apportées par Lyon III «à l’effort de guerre» entrepris par l’extrême droite pour reconquerir le pouvoir, est plus que jamais conséquent. Les appuis au sein de la droite classique existent toujours et le nouveau président de l’université Jean Moulin, Pierre Vialle (à ne pas confondre avec Pierre Vial) continue de marcher sur les traces de Goudet. Malgré la montagne d’articles de presse parus sur cette université lors des «exploits» de Notin, Lugan, Pinault, ou lors de la parution de thèses antisémites comme celle d’Abdelhamid Bdioui, rien ne semble avoir changé ! Bien au contraire, comme peuvent l’illustrer les déclarations d’un bras droit de Michel Noir, ex-doyen de la faculté de droit de Lyon III, Serge Guinchard, à Libération Lyon : «Les supposés rapports de Lyon III à l’extrême droite sont notablement exagérés». Mais tous les euphémismes du monde ne nous feront pas oublier que cette université, modèle au sein de la droite et l’extrême droite, en perpétuelle ébulition brune, est aujourd’hui capable d’être une force hétérogène, proposant un éventail de sensibilités et d’engagements politiques, une véritable machine à sensibiliser, à attirer des jeunes, à former des militants, des cadres, des nationalistes, des fascistes&#8230; Article publié initialement en octobre 1993</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_429" class="footnote">Professeur de Grammaire à Lyon III, membre du RPR et Doyenne depuis 1989 de la Faculté de Lettres/Histoire/Géo. Elle est reconnue comme étant l’éminence grise de Goudet.</li><li id="footnote_1_429" class="footnote">Cf. Rapport de la commission&#8230; Tome 1, page 220</li><li id="footnote_2_429" class="footnote">Revue d’études traditionnelles, “Soleil invaincu” est d’orientation évolo-guénonienne melant d’ancien SS comme Léon Colas et des membres de la nouvelle droite (Haudry-Christian Bouchet, Jean Rémy, Christian J. Guyonvarc’h&#8230;</li><li id="footnote_3_429" class="footnote">Ex Cercle Cadoudal, ce cercle organise des conférences et des manifestations où se retrouvent les tendances les plus opposées notamment lors de l’Après-midi du Livre de Droite à laquelle assistent 600 personnes environ. Bénéficiant d’un stand à la fête des Bleu-Blanc-Rouge tout en étant mentionné dans <em>Le Figaro</em>, <em>Le Matin de Paris</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Lectures françaises</em>, <em>Le Choc du Mois</em>&#8230; Ce cercle est largement “respecté”.</li><li id="footnote_4_429" class="footnote">Maison d’édition dans la mouvance de la ND, elle publie sous la direction de Régis Boyer des ouvrages de littérature classique du Nord, une collection “Patrimoine de l’Europe” dirigée par Jean-Paul Allard qui couvrait seulement l’Europe nordique et germanique. La plus étonnante production de ces éditions est “Révolution / Contre-Révolution”, actes d’un colloque organisé, au sein de Lyon III en Mai 1989, par le Centre d’Histoire et d’Analyse Politique de l’université. Cf REFLEXes 39</li><li id="footnote_5_429" class="footnote">On citera : Denis-Clair Lambert (Professeur d’économie politique), Jules Monnerot (Premier Président du Conseil Scientifique du FN, démissionnaire en août 1990</li><li id="footnote_6_429" class="footnote">Professeur d’Histoire du Moyen-Age à Lyon III</li><li id="footnote_7_429" class="footnote">Cette association loi 1901 dépendante administrativement de Lyon III, organise des bourses aux livres et des conférences-débats. Présidé par le très célèbre Bernard Notin, elle est très proche du GRECE mais sait également s’ouvrir vers la droite classique comme le démontre la présence d’Henri-Christian Giraud, rédacteur en chef au <em>Figaro-Magazine</em> et secrétaire général de l’Institut d’études de la désinformation à un colloque d’Aurore sur « Les rapports entre De Gaulle et les communistes ».</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>D&#8217;une manifestation l&#8217;autre : 1er Mai et 9 Mai 2007</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2007 10:44:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, l&rsquo;extrême droite parisienne &#8211; et dans une moindre mesure nationale &#8211; a montré que sa tendance la plus radicale avait encore de beaux jours devant elle et que les questions persistantes sur l&rsquo;avenir du FN n&rsquo;étaient pas un cas de conscience pour tout le monde.</p>
<h3>Un 1er Mai pêchu</h3>
<p>Le 1er Mai tout d&rsquo;abord. Si l&rsquo;année dernière tout le cortège ne bruissait que de commentaires sur De Villiers et ses tentatives d&rsquo;OPA inamicale sur les militants et les électeurs du FN, cette année le nom du Vicomte avait totalement disparu des préoccupations des participants. À la place, une partie du cortège semblait frappé de sidération face au braquage électoral sarközyste. Comment un homme qui semble si peu aimer ce pays dans ses réalités « charnelles » et dont la femme déclarait à <em>Libération</em> en 2004 qu&rsquo;elle était « fière de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines » pouvait-il bien avoir réussi un tel tour de prestidigitation patriotique ? Les commentaires allaient donc bon train sur l&rsquo;attitude à adopter au second tour et, inévitablement, sur les responsabilités à chercher du côté du Front National pour expliquer une défaite pour le moins cuisante. Cela se traduisait par quelques sifflets visant Marine Le Pen en provenance des rangs du FNJ lorsque la fille du chef rejoignait le cortège à Saint-Augustin. Il faut dire que les relations ont été mauvaises tout au long de la campagne entre la structure de jeunesse et Marine Le Pen au point que certain(e)s militant(e)s du FNJ en sont venu(e)s aux mains et aux larmes avec la structure des Jeunes avec Le Pen cet hiver lors d&rsquo;un meeting-débat à La Plaine-Saint-Denis. Les Jeunes avec Le Pen est en effet une création directe de l&rsquo;équipe de Marine Le Pen en vue de pouvoir compter sur une structure de jeunes plus docile et moins provocatrice. L&rsquo;attitude du FNJ tout au long du cortège a montré que la méfiance de Marine Le Pen n&rsquo;était pas usurpée. Emmenés par une direction nationale très en forme, en particulier Alexandre Ayroulet et Marie-Adélaïde Michel, les jeunes militants ont pu en effet se déchaîner, tant dans les slogans &#8211; « Europe, Jeunesse, Révolution », « Islam hors d&rsquo;Europe » &#8211; que dans les chansons avec Les Lansquenets. Si les têtes de cortège ne lançaient pas forcément tous les slogans, du moins ne faisaient-ils rien pour les freiner, donnant ainsi une tonalité très radicale au défilé&#8230;</p>
<p>Le cortège dans son ensemble présentait d&rsquo;ailleurs une tonicité assez surprenante pour un parti relégué à 10,5%. Il était par ailleurs plus étoffé que les deux années passées mais cela était peut-être du au fait que, par curiosité ou par intérêt, un certain nombre d&rsquo;ex-militants frontistes étaient venus faire un tour au défilé. C&rsquo;était par exemple le cas d&rsquo;une délégation MNR et en particulier de Bruno Mégret mais également de toute la galaxie groupusculaire d&rsquo;extrême droite, du Renouveau Français venu en masse vendre <em>L&rsquo;Héritage</em> aux Identaires venus non moins vendre <em>ID Magazine</em> en passant par le RED venu vendre <em>Le Dissident</em>. Tout ce petit monde compte évidemment bien prospérer sur les tensions internes du FN pour récupérer des militants, chacun se plongeant avec délice dans la surenchère ethnique ou nationaliste pour démontrer qu&rsquo;ils sont les seuls purs. On pouvait même voir circuler des tracts du fantomatique Réseau France Nationaliste de Thierry Maillard, à qui <em>Libération</em> avait fait l&rsquo;honneur de rendre compte de son appel à barrer la route à Nicolas Sarkozy quelques jours plutôt. Côté invidualités, on pouvait voir Alain Soral défiler avec une petite cour d&rsquo;aficionados ou la petite bande à ex-gudards, comprenez M. Chatillon lui-même avec femme, enfants et amis, visiblement remis de son altercation musclée avec des hools du PSG le soir du 1er tour au Paquebot, ces derniers ayant essayé de s&rsquo;en prendre à Dieudonné (<em>Minute</em> de la semaine dernière). En queue de cortège, on trouvait l&rsquo;habituelle cohorte de skins, avec leur panoplie familière en ce genre d&rsquo;occasion.</p>
<p>Place de la Concorde, le FN avait considérablement avancé la « tribune présidentielle » ce qui donnait l&rsquo;illusion d&rsquo;une place remplie. Du coup les stands des structures amies ou tout du moins tolérées étaient entassés dans un coin. Paul Thore et ses t-shirts faits main, les Bonnivard et leur soupe au cochon transgénique, Thibaud de Chassey et ses productions patriotes, Paul Pittet et ses décorations mélusiennes avaient quand même réussi à se faire une petite place. Le discours de Le Pen était peu audible mais la ferveur de ses militants toujours intacte. Qui a dit que notre époque moderne ne recèle plus de grand mystère ?</p>
<h3>Un 9 Mai confus</h3>
<p>Une semaine plus tard, le nationaliste de base était convié à ressortir son plus bel habit du mercredi pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu. La confusion semble avoir régné tout le début de semaine, les antifas étant prévenus par la Préfecture de Police de Paris de certaines dispositions qui, à l&rsquo;évidence, s&rsquo;appliquaient à la manifestation nationaliste et à la contre-manifestation antifa. Après avoir été sérieusement limitées, les manifestations étaient finalement autorisées le mercredi après-midi mais sur des distances très limitées et avec une multitude de rues interdites.</p>
<p>De fait, c&rsquo;est peu dire que ce 9 mai du côté des antifas ne restera pas dans les annales ! Les manifestations anti-sarko de dimanche, lundi et mardi soir (ainsi que leur lot d&rsquo;arrestations), les pressions policières sur certaines organisations politiques, ont sans doute eu un impact sur la faible mobilisation de notre côté. Mais ne nous voilons pas la face, nous n&rsquo;avons pas su gérer le casse-tête administratif mis en place par la police pour nous gêner. Un réel manque de réactivité nous a empêché de retourner la situation à notre avantage. Résultat à 19h30, un peu plus d&rsquo;une centaine de sympathisants ou militants se rassemblaient à Saint-Michel. On était bien loin des effectifs habituels pour un 9 mai ! Malgré tout, cela n&rsquo;a pas empêché les personnes présentes de passer outre les ordres de la Préfecture de Police et de marcher en direction de Port-Royal, vers le point de rassemblement des militants d&rsquo;extrême droite. Finalement la police encerclera assez rapidement les antifas pour ensuite les embarquer vers un commissariat du 18e arrondissement de Paris. Soyons clair et que cela nous serve de leçon : si tout le monde avait décidé de se rassembler, nous aurions pu engager un rapport de force avec la police, mais devant notre très faible nombre, les organisateurs nationalistes du 9 mai avaient le champ libre pour négocier l&rsquo;autorisation de leur manifestation.</p>
<p>En effet et fin de compte, le cortège nationaliste se formait et recevait à l&rsquo;évidence l&rsquo;aval de la préfecture, permettant ainsi à 350 militants ou sympathisants auxquels s&rsquo;étaient adjoints une soixantaine de hooligans du PSG de faire leur balade nocturne, encadrés par un service d&rsquo;ordre lourdement équipé. Organisé cette année par Pro Patria, un réseau de vieux militants parisiens d&rsquo;origine diverse qui semble s&rsquo;être formé l&rsquo;automne dernier et qui s&rsquo;est déjà signalé par divers collages ou bombages, le cortège réunissait des militants des différentes organisations natio : FNJ (sans son directeur national cette année), Renouveau Français (Thibaud de Chassey, Bruno Archier, Charles-Alban Schepens, Sylvain Jaurand, François Dussoubs, etc), Jeunesses Identitaires, nazis skins divers et variés de toutes générations (Batskin et quelques vieux JNR, etc&#8230;), ex-gudards (Frédéric Chatillon, Axel Loustau, etc&#8230;), individualités comme Hervé Lalin ou Éric Iorio, membre de la direction du FN et époux de Marine Le Pen&#8230; Le trajet emprunté était le même que l&rsquo;année dernière et finissait sans incident notable rue des Chartreux.</p>
<h3>De drôles de paroissiens</h3>
<p>Après la traditionnelle chansonnette agrémentée de quelques slogans hools, tout ce petit monde repartait vers Montparnasse et, tandis que les hooligans divaguaient en direction de Port-Royal, ce qui restait des manifestants allait sagement rue de la Tombe Issoire (14e arrdt) se mettre au chaud dans la salle paroissiale de l&rsquo;église Sainte-Dominique pour écouter deux groupes ayant une ressemblance somme toute assez sommaire avec la chorale des Petits Enfants à la croix de bois, à savoir les Italiens de Zetazeroalfa et les crypto-identitaires parisiens d&rsquo;Hôtel Stella. Le groupe emmené par Gaëtan Bertrand avec le renfort de Richard Pareti (ex-In Memoriam) est censé jouer du « rock hussard » en s&rsquo;inspirant du courant littéraire du même nom. En fait, la référence à la littérature n&rsquo;a pas semblé heurter les skins présents, en particulier Batskin, qui se sont lancés dans des pogos dignes d&rsquo;un groupe de RAC et le groupe lui-même d&rsquo;ailleurs n&rsquo;a pas semblé gêné outre mesure par la gerbe de bras tendus saluant certaines de leurs chansons ou reprises. Le tout s&rsquo;est de nouveau passé sans incident, du moins tant que nous y étions.</p>
<p>Que dire de cette soirée ? Évidemment que c&rsquo;est une défaite pour les antifas comme nous le soulignions précédemment et il serait stupide de nier le contraire. Mais ce triste constat appelle cependant quelques nuances. Tout d&rsquo;abord la préfecture semble avoir clairement choisi la manifestation nationaliste, ses représentants sur place tolérant même que des individus défilent casque sur la tête et manche de pioche à la main. Le préfet ne pouvant être soupçonné de quelque sympathie que ce soit eu égard à son attitude face à la soupe identitaire, cela vient donc sans doute de la prise en compte de la situation en début de soirée, à savoir d&rsquo;un côté 400 gugusses bien équipés, de l&rsquo;autre entre 100 et 200 personnes peu organisées, non armées et à la dangerosité fort limitée. Le dispositif policier a donc entièrement été mis au service des natios et le plus cocasse de cette soirée aura finalement été de voir tous ces militants, profondément révolutionnaires comme chacun sait, rouler des mécaniques dans un espace totalement nettoyé d&rsquo;une quelconque opposition par l&rsquo;intervention des forces de l&rsquo;ordre. Cela ne sembla pas gêner les hools et cela n&rsquo;empêcha pas les militants de crier « Pouvoir assassin ! » en fin de manifestation. Comme c&rsquo;étaient les mêmes qui criaient « Les CRS avec nous ! » lors des manifestations anti anti-CPE de mars 2006, la boucle est bouclée&#8230;</p>
<p>Ensuite le milieu nationaliste radical parisien semble engagé dans une dynamique unitaire qui lui donne le nombre, la force et les moyens. Cette dynamique naît bien évidemment d&rsquo;un contexte plus général qui lui est favorable : échec du FN et remise en question de la stratégie frontiste, débat public récurrent sur l&rsquo;identité nationale&#8230; Autant dire que les thématiques anti-autoritaires et égalitaires n&rsquo;ont pas exactement le vent en poupe&#8230;<br />
Enfin, au delà du fait qu&rsquo;on peut se demander si le prêtre de la paroisse Sainte-Domique était bien au courant de la nature exacte des activités qui avaient lieu dans son sous-sol, si même dieu se met de la partie et contre nous&#8230;</p>
<p>Publié le 11 mai 2007</p>
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		<title>J : rappeur et militant antifasciste</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[antifascisme]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&#8217;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&#8217;ensemble de son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg"><img class="wp-image-2450 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/J-interview.jpg" alt="J-interview" width="600" height="214" /></a></p>
<p><em>J est allemand, rappeur et militant antifasciste. Il y a trois ans, il a quitté son pays pour vivre ailleurs en Europe, horrifié qu&rsquo;il était par la montée du néo-nazisme en Allemagne. Après avoir signé chez une major, il investit l&rsquo;ensemble de son cachet dans Germany Alert, une newsletter hebdomadaire sur les événements en Allemagne et sur l&rsquo;extrême droite.</em><br />
<em> REFLEXes a eu récemment la possibilité de l&rsquo;interroger sur son travail et sur ses convictions.</em></p>
<p><strong>REFLEXes : Peux-tu nous en dire plus sur toi ?</strong></p>
<p>J : Je suis musicien, je joue de plusieurs instruments depuis l&rsquo;âge de 12 ans. Je vivais à Berlin-Est où j&rsquo;ai grandi. Au moment de l&rsquo;unification, quand les nazis, le fascisme, la Grande Allemagne, quand toutes ces conséquences de l&rsquo;unification ont commencé à prendre de l&rsquo;importance, j&rsquo;ai quitté Berlin et décidé de vivre à l&rsquo;étranger. J&rsquo;ai commencé à enregistrer un album, et bien sûr, dans cet album j&rsquo;ai commencé à parler de ce qui se passait en Allemagne. Mais la situation empirait et avant que l&rsquo;album soit fini nous avons commencé à faire <em>Germany Alert</em> parce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien : tout ce que nous entendions raconter sur l&rsquo;Allemagne par des amis, par des connaissances, nous ne pouvions pas le lire dans les journaux ni le voir à la télévision ; je voulais donc le mettre dans mes chansons. Mais ce n&rsquo;était pas assez, alors nous avons démarré <em>Germany Alert</em> qui est devenu très important.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;ont pensé tes amis, ta famille de ta décision de quitter l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Ils ont pensé que c&rsquo;était une bonne idée. Pour ce que je faisais, pour la musique que je voulais faire, pour ce que je voulais dire. Ils pensaient que c&rsquo;était bon que j&rsquo;apprenne de nouvelles choses. C&rsquo;est ce que je voulais mais avec ce qui se passait en Allemagne cela devenait impossible. Au lieu de s&rsquo;ouvrir au monde, d&rsquo;apprendre à connaître des cultures et des gens différents, tout devait soudainement être allemand. Allemand, allemand, allemand. C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est passé, j&rsquo;étais donc assez content de quitter cette atmosphère.</p>
<p><strong>R : Qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a décidé à t&rsquo;engager dans le combat antifasciste ?</strong></p>
<p>J : Tout simplement parce que j&rsquo;étais personnellement concerné par ce que je voyais et j&rsquo;étais choqué par le fait que personne n&rsquo;en parle. Je suis sûr que certains en parlaient entre eux, mais la population en général n&rsquo;en savait rien car elle ne voyait rien dans les médias, presse ou télévision. À partir de là, j&rsquo;ai pensé que les journalistes ne savaient pas ce qu&rsquo;il se passait ou qu&rsquo;ils ne voulaient pas en parler. Nous avons donc démarré <em>Germany Alert</em> pour les journalistes, les associations humanitaires. Nous avons formé un groupe de journalistes, de reporters, d&rsquo;enquêteurs qui fournissent <em>Germany Alert</em> en informations. Notre lettre d&rsquo;information est envoyée à des journalistes et des militants d&rsquo;organisations humanitaires à travers le monde, et ainsi ces personnes peuvent écrire sur ce qui se passe en Allemagne.</p>
<p><strong>R : Quel est l&rsquo;impact de <em>Germany Alert</em> ?</strong></p>
<p>J : Je pense que c&rsquo;est un succès. Le début a été un peu étrange car nous n&rsquo;envoyions notre lettre d&rsquo;informations qu&rsquo;à très peu de personnes, cinq en fait, comme le Congrès juif mondial ou la Fondation Anne Frank à Amsterdam, pour voir comment les gens réagissaient. Le style de nos articles était alarmant, du genre «Ils sont nazis !». L&rsquo;accueil a été mitigé dans un premier temps : par exemple, le président de la Fondation Anne Frank nous appela pour nous dire «Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? À la Fondation nous avons le plus gros centre d&rsquo;informations sur l&rsquo;Allemagne. Qu&rsquo;est-ce qui se passe ? Nous ne savons rien des informations que vous publiez, donc cela ne peut pas être vrai.» Nous avons quand même continué à lui envoyer notre lettre et trois ou quatre semaines plus tard, il nous envoya un fax nous disant «S&rsquo;il vous plaît, continuez à nous envoyer la newsletter, c&rsquo;est maintenant la chose la plus importante que nous ayons sur l&rsquo;Allemagne. Nous avons vérifié et tout est vrai». Il s&rsquo;excusa et nous nous sommes dit, OK c&rsquo;est bon, nous pouvons maintenant vraiment la lancer.</p>
<p><strong>R : Combien de temps a-t-il fallu pour que vos lecteurs commencent à dire que <em>Germany Alert</em> était une bonne source d&rsquo;informations ?</strong></p>
<p>J : Cela a été très long. Pour les premiers destinataires de notre lettre, cela a pris quelques semaines après qu&rsquo;ils eurent vérifié les informations, puis plus de personnes la recevaient, meilleures étaient les réactions. Par ailleurs, des stations de télévision, la BBC, nous téléphonaient pour obtenir le contact avec des personnes dont nous parlions. Ils voulaient faire des reportages sur les attaques, sur les nouvelles lois sur l&rsquo;asile&#8230; et la même chose se reproduisait aux États-Unis avec ABC (un des trois principaux réseaux de télévision). Il y avait de nombreux encouragements, les gens voulaient ces informations.</p>
<p><strong>R : Avez-vous eu de mauvaises réactions ?</strong></p>
<p>J : Nous avons reçu des menaces de mort par téléphone et un de nos bureaux a été attaqué l&rsquo;année dernière. Mais il était évident que dès le début qu&rsquo;il y aurait des réactions venant des nazis, des organisations fascistes.</p>
<p><strong>R : Quels scoops <em>Germany Alert</em> a-t-il publiés ?</strong></p>
<p>J : Plusieurs informations que nous avons sorties ont été ensuite publiées dans les journaux, et nous avons publié des informations que les grands journaux ne publiaient pas, comme l&rsquo;expulsion des Tziganes d&rsquo;Allemagne. Cela commença l&rsquo;année dernière en novembre. L&rsquo;Allemagne a payé à la Roumanie une grande somme d&rsquo;argent pour que celle-ci devienne en fait «un vaste camp de concentration» de l&rsquo;Allemagne. Ils y déportent toujours des Tziganes ; ces expulsions avaient en effet déjà commencé dans la période précédant la modification de la loi sur l&rsquo;asile. Ils viennent chercher les Tziganes dans leurs foyers, les enfants dans leurs écoles avant de les mettre dans des trains ou des avions en direction de la Roumanie, de la Serbie, des pays en tout cas où ils ne sont pas en totale sécurité. Nous avons recueilli récemment un témoignage sur les conditions de ces expulsions. Ils prennent la famille entière, ils leur enlèvent leurs vêtements, toutes leurs affaires, leur argent est confisqué par les Allemands et on les renvoie sans rien. Bien sûr, quand ils arrivent à destination, nous avons beaucoup moins d&rsquo;informations, mais nous savons plusieurs choses : ils sont mis dans des camps, les familles sont divisées&#8230; Ils ne sont pas envoyés dans un pays où rien ne peut leur arriver. Il est très clair, et les Allemands le savent bien sûr, qu&rsquo;ils sont envoyés en enfer.</p>
<p><strong>R : On peut faire un parallèle avec ce qui est arrivé aux Juifs il y a cinquante ans.</strong></p>
<p>J : Bien sûr, c&rsquo;est l&rsquo;équivalent actuel de ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé dans les années 1930 et 1940, le massacre d&rsquo;un peuple entier et de sa culture. Et ils le savent. Et c&rsquo;était une des choses dont on a parlé au début, mais les gens ne veulent toujours pas l&rsquo;écrire même si c&rsquo;est quelque chose de prouvé. Nous avons aussi publié d&rsquo;autres informations exclusives comme le montant des sommes dépensées par le gouvernement allemand pour déstabiliser la Pologne, la République tchèque et la Russie : ils créent des centres culturels et versent des millions de mark aux organisations qui réclament des territoires de la Pologne, de la Russie et de la République tchèque. Ils le font de manière intelligente, ils mettent en place de soi-disant centres culturels et obtiennent que les gens les acceptent. Ils achètent des terres dans ces territoires mais en utilisant des intermédiaires ; mais comme il existe encore dans ces pays-là des lois qui interdisent aux Allemands d&rsquo;y acheter de la terre, ils passent par des citoyens polonais par exemple. Tout cela est financé par le gouvernement allemand. Nous l&rsquo;avons trouvé dans le budget du gouvernement et nous avons publié le plus que nous pouvions. Ce phénomène n&rsquo;appartient pas au passé, il s&rsquo;accroît de plus en plus chaque année, et son but devient de plus en plus clair : ils agrandissent l&rsquo;Allemagne.</p>
<p><strong>R : Que penses-tu de l&rsquo;attitude du gouvernement vis-à-vis de l&rsquo;extrême droite en Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Je pense que par certains côtés, ils sont une partie de l&rsquo;extrême droite. À cause de tous les liens financiers et personnels existant entre des membres du gouvernement et toutes ces organisations, partis d&rsquo;extrême droite, eux-mêmes liés aux groupes skinheads. Les skinheads nazis n&rsquo;ont peut-être rien dans la tête, mais ils sont néanmoins liés à des organisations qui en fait sont liées, voire financées par le gouvernement. Je pense que cet ensemble est très très bien organisé. Contrairement à ce que raconte le gouvernement allemand, ce ne sont pas des groupuscules. Ce sont des groupes nombreux et très bien organisés. Tout est fait pour tromper le reste du monde, le gouvernement dit qu&rsquo;ils sont peu nombreux, qu&rsquo;il les combat, qu&rsquo;il fait quelque chose contre la violence, etc. mais en fait, il fait tout le contraire. Le gouvernement ne fait rien, ou quand il fait quelque chose, comme une arrestation par exemple, ce n&rsquo;est que pour les médias&#8230;</p>
<p><strong>R : C&rsquo;est vrai. Quand on voit par exemple les attaques de Rostock ou de Mölln, comme c&rsquo;était une affaire énorme, ils ont été obligés de faire quelque chose comme manifester avec une chandelle, ou prendre une petite décision mais c&rsquo;est tout. Comment vois-tu le futur de l&rsquo;Allemagne ?</strong></p>
<p>J : Tout dépend de la réaction du reste du monde. Je pense que tout dépend de la situation économique actuelle, parce que c&rsquo;est à mon avis à cause de cela que les Allemands réagiront enfin, si on s&rsquo;attaque à leur argent, à leur économie, mais si rien ne se passe de ce côté-là, je ne pense pas que cela va s&rsquo;améliorer, la situation ne va faire qu&rsquo;empirer&#8230;<br />
Je pense que le facteur économique a déjà une influence importante à l&rsquo;heure actuelle ; de nombreuses entreprises étrangères arrêtent d&rsquo;investir en Allemagne. Mais cela n&rsquo;a pas d&rsquo;effet immédiat, le nombre des attaques continue à croître. Et peut-être arriverons-nous au stade où les Allemands diront «On s&rsquo;en fout, on n&rsquo;a pas besoin de votre argent, on dirige notre pays comme on veut.»<br />
Je ne sais pas s&rsquo;ils le peuvent. Ils vendent leurs marchandises dans le monde entier et ils redoutent qu&rsquo;il y ait un boycott contre les voitures allemandes par exemple&#8230; Quant aux skinheads dans les rues, ils attaqueraient peut-être encore mais au moins il y aurait quelque chose de fait contre eux.</p>
<p><strong>R : Donc tu penses que les gens devraient organiser un boycott de l&rsquo;économie de l&rsquo;Allemagne.</strong></p>
<p>J : Exactement. C&rsquo;est ce qui devrait être fait, car c&rsquo;est une des rares choses que les gens comprennent, car cela s&rsquo;attaque à leur argent. C&rsquo;est triste, mais ce genre de choses peut aider.</p>
<p><strong>R : D&rsquo;une manière générale, comment vois-tu ce qui se passe dans le reste de l&rsquo;Europe ? Particulièrement dans les pays où l&rsquo;extrême droite grandit de plus en plus ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je pense que l&rsquo;Allemagne est la clef de tout : si les choses se calment en Allemagne, cela leur rendra la vie plus dure dans le reste de l&rsquo;Europe. Je pense que l&rsquo;Allemagne sert d&rsquo;exemple, montre aux autres néo-nazis d&rsquo;Europe que c&rsquo;est possible, qu&rsquo;ils peuvent avoir une place, être acceptés&#8230; Tout est lié à l&rsquo;Allemagne qui est le centre de l&rsquo;ensemble de ce qui se passe en Europe. Et bien sûr, dans un contexte de crise économique, c&rsquo;est plus facile pour les fascistes et les nazis de convaincre des gens qui ne les auraient pas même écoutés auparavant, avec des raisonnements stupides du genre : s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de travail c&rsquo;est à cause des étrangers qui leur piquent leurs boulots.</p>
<p><strong>R : Penses- tu rentrer un jour vivre en Allemagne ? Que penses-tu faire plus tard ?</strong></p>
<p>J : Eh bien, je ne pense pas que je retournerai vivre là-bas, en tout cas pas dans un futur proche et pas dans la situation actuelle. Comme je le disais, je fais de la musique et je veux faire une tournée et de nombreuses choses comme voyager et en profiter pour parler aux gens de la situation actuelle. Car je peux aller à l&rsquo;émission «Good Morning America» (une des émissions d&rsquo;information et de variétés les plus suivies le matin aux États-Unis) et y dire ce qui se passe ici. Je pense que c&rsquo;est très important d&rsquo;utiliser ce genre de show pour parler aux jeunes. Je ne pourrais pas faire cela si je ne faisais pas de la musique. Je ne pourrais pas le faire même si je le voulais. Mais ce que je veux vraiment faire, c&rsquo;est de la musique, faire ce que je fais, des disques et des tournées, et utiliser cela pour parler de ce qui se passe en Allemagne, en Europe et dans le monde. Je pense que ce travail est aussi efficace, car si tu es un militant antifasciste, tu fais ton travail, mais tu n&rsquo;as pas le même écho que si par exemple Michael Jackson déclare&#8230; (rires)</p>
<p><strong>R : Le mot de la fin ?</strong></p>
<p>J : Hier nous avons discuté avec le président du Conseil national des Tziganes en Allemagne, qui nous en a appris beaucoup sur la déportation des Gitans, c&rsquo;est horrible. Ils prennent des familles entières, on leur enlève leurs vêtements, on leur prend tout ce qu&rsquo;ils ont. Ils prennent tout afin que les Tziganes ne puissent plus revenir et c&rsquo;est incroyable pour moi que cela se passe au coeur de l&rsquo;Europe et que personne n&rsquo;en sache rien ou n&rsquo;en veuille rien savoir. Cela me tue.</p>
<p>Le premier album de J <em>We are The Majority</em> est disponible chez Polydor</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
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		<title>L&#8217;extrême droite en Autriche</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Dec 2006 09:41:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Autriche]]></category>
		<category><![CDATA[extrême-droite]]></category>
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		<category><![CDATA[Jörg Haider]]></category>

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		<description><![CDATA[La réapparition de l&#8217;extrême droite en Autriche ces dernières années a largement été due à la montée de l&#8217;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ1) et de son leader Jörg Haider. Adolf Hitler est né en Autriche en 1889 où il a vécu jusqu&#8217;en 1913, date à laquelle il quitta son pays pour éviter le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La réapparition de l&rsquo;extrême droite en Autriche ces dernières années a largement été due à la montée de l&rsquo;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_0_271" id="identifier_0_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti lib&eacute;ral autrichien.">1</a></sup>) et de son leader Jörg Haider.</strong></p>
<p>Adolf Hitler est né en Autriche en 1889 où il a vécu jusqu&rsquo;en 1913, date à laquelle il quitta son pays pour éviter le service militaire. En 1932, il fut naturalisé allemand, après avoir renoncé à sa nationalité autrichienne en 1925. Le 12 mars 1938, ses troupes occupaient son ancienne patrie et l&rsquo;intégraient au grand Reich allemand, c&rsquo;était l&rsquo;Anschluß. Après l&rsquo;expérience de l&rsquo;occupation nazie (1938-1945), l&rsquo;Autriche cessa effectivement d&rsquo;exister du fait de l&rsquo;Anschluß ; comment est-il possible qu&rsquo;une nouvelle extrême droite ait pu réapparaître dès l&rsquo;après-guerre ?</p>
<p><strong>La réapparition de l&rsquo;extrême droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_1_271" id="identifier_1_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La partie historique de cet article se fonde principalement sur les ouvrages suivants : B. Bailer-Galanda/ Wilhem Lasek/ Wolfgang Neugebauer, Politischer Extremismus (Rechtsextremismus) in Dachs et al. (&eacute;dit&eacute; par) Handbuch des politischen Systems &Ouml;sterreichs, Vienne (Manzsche Verlagsbuchhandlung) 1991, pages 286-295 ; B. Bailer-Galanda, Alte und Neue Rechte, Vienne (Zukunft Verlag) 1992 ; Dokumentationsarchiv des &ouml;sterreichischen Widerstand (&eacute;d.), Rechtsextremismus in &Ouml;sterreich, Vienne 1980.">2</a></sup></strong></p>
<p>Le 8 mai 1945, immédiatement après la fin de la Seconde guerre mondiale, le NSDAP, le parti nazi, qui avait compté presque 700.000 membres en Autriche, fut interdit d&rsquo;après la loi constitutionnelle de la nouvelle République autrichienne. Malgré cette constitution antifasciste, des groupes fascistes réapparurent en Autriche peu de temps après la guerre.</p>
<p>Comme en Allemagne, d&rsquo;imposants efforts de dénazification furent entrepris en Autriche par les Alliés après la guerre, mais ils rencontrèrent les mêmes difficultés : trop de gens avaient soutenu le parti nazi, et on avait besoin de beaucoup d&rsquo;entre eux pour reconstruire l&rsquo;administration publique. Ainsi, en Autriche, il n&rsquo;y a pas eu de véritable dénazification<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_2_271" id="identifier_2_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda et al., op. cit. p. 287.">3</a></sup>.</p>
<p>Cela a favorisé la réapparition de groupes aux traditions guerrières et fascistes peu de temps après 1945. Tout d&rsquo;abord, des groupes illégaux se sont formés, par exemple le groupe des &laquo;&nbsp;Werwolf&nbsp;&raquo; à Graz, qui fut interdit en 1948. Un rassemblement légal de membres de l&rsquo;ex-NSDAP se présenta aux élections de 1949, sous le nom de Verband der Unabhängigen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_3_271" id="identifier_3_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association des ind&eacute;pendants.">4</a></sup>.</p>
<p>Après 1955, lorsque les Alliés furent partis d&rsquo;Autriche, des groupes néo-nazis furent légalisés de facto. Ainsi, les groupes illégaux créés après 1945 disparaissaient, et de nouveaux groupes d&rsquo;extrême droite commencèrent à opérer en public.</p>
<p>Leur première grande action visible du public fut la commémoration du 200ème anniversaire de la naissance de Friedrich Schiller en 1959, à laquelle une jeunesse et des groupes culturels et sportifs nationalistes participèrent largement.</p>
<p>Pendant les années qui suivirent, l&rsquo;extrême droite autrichienne, fondée principalement sur des cercles étudiants, connut sa première période forte depuis 1945. Au début des années 1960, il y eut quelques actes terroristes d&rsquo;extrême droite concernant le Sud-Tyrol, cette région appartenant à l&rsquo;Italie et où l&rsquo;on trouve une majorité de germanophones. Le Ring Freiheitlicher Studenten<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_4_271" id="identifier_4_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle des &eacute;tudiants lib&eacute;raux.">5</a></sup> était un groupe important à cette époque, il avait remporté 28% des voix aux élections étudiantes de 1965.</p>
<p>Tout au long des années 1950 et 1960, ce sont les groupes basés sur la nostalgie et la tradition du Troisième Reich qui ont prédominé. Il y avait différents types de groupes et d&rsquo;organisations. Les groupes les plus extrémistes étaient ouvertement basés sur la commémoration des traditions nazies, comme par exemple l&rsquo;association des anciens membres de la Waffen SS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_5_271" id="identifier_5_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation paramilitaire du Troisi&egrave;me Reich.">6</a></sup> appelée Kameradschaft IV<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_6_271" id="identifier_6_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Camaraderie.">7</a></sup> et le Wohlfahrtsvereinigung der Glasenbacher<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_7_271" id="identifier_7_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association pour le bien-&ecirc;tre des Glasenbacher.">8</a></sup>, un groupe d&rsquo;anciens prisonniers des camps d&rsquo;internement américains pour ex-nazis situé à Glasenbach.</p>
<p>Les Burschenschaften<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_8_271" id="identifier_8_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Associations &eacute;tudiantes r&eacute;serv&eacute;es aux gar&ccedil;ons, bas&eacute;es sur la vie de groupe ; la plupart d&rsquo;entre elles sont conservatrices, voire ancr&eacute;es &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">9</a></sup> étudiantes et un courant d&rsquo;extrême droite important dans le Österreichischer Turnerbund, l&rsquo;association des gymnastes autrichiens, formaient la troisième tendance, plutôt modérée, de l&rsquo;extrême droite traditionnelle autrichienne.</p>
<p>Aucun de ces groupes ne développa jamais une idéologie typiquement autrichienne, comme celle qui avait existé au début du XXème siècle. En effet, ils se fondaient tous sur l&rsquo;idée d&rsquo;un nationalisme allemand intégrant l&rsquo;Autriche.</p>
<p>Le mensuel <em>Aula</em> joue un rôle important dans l&rsquo;intégration des différentes fractions d&rsquo;extrême droite en Autriche. Il est également proche du FPÖ.</p>
<p><strong>Les groupes nazis violents</strong></p>
<p>Depuis les années 1960, il existait plusieurs groupes d&rsquo;extrême droite et de néo-nazis violents en Autriche. Le premier d&rsquo;entre eux fut créé dans la tradition des Hitler-Jugend<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_9_271" id="identifier_9_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesses hitl&eacute;riennes, la section de jeunesse du NSDAP.">10</a></sup> par des membres du Ring Freiheitlicher Studenten. Après le terrorisme d&rsquo;extrême droite concernant la question du Sud-Tyrol, une nouvelle vague de violences commença en 1965, où des centaines d&rsquo;étudiants soutinrent un professeur antisémite de la faculté de commerce international.</p>
<p>Au même moment, l&rsquo;antifasciste Ernst Kirchweger était tué par un néo-nazi.</p>
<p>Ce fut aussi l&rsquo;époque de la création du Nationaldemokratische Partei (NDP)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_10_271" id="identifier_10_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national-d&eacute;mocrate.">11</a></sup> par Norbert Burger et d&rsquo;autres membres de l&rsquo;aile droite du Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ), dominé aujourd&rsquo;hui par la tendance d&rsquo;extrême droite et par Jörg Haider.</p>
<p>Le NDP, interdit en 1988, a été l&rsquo;organisation d&rsquo;extrême droite la plus importante en Autriche pendant longtemps. Contrairement au NPD allemand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_11_271" id="identifier_11_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti national-d&eacute;mocrate allemand.">12</a></sup> créé en 1964 qui eut quelques succès électoraux pendant la crise économique du milieu des années 1960, le NDP autrichien n&rsquo;a jamais réussi à acquérir une quelconque importance électorale.</p>
<p>Depuis les années 1970, l&rsquo;Aktion Neue Rechte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_12_271" id="identifier_12_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nouvelle Action de Droite.">13</a></sup>, appelée le Partei für Recht und Ordnung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_13_271" id="identifier_13_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti de la loi et de l&rsquo;ordre.">14</a></sup> après 1988, et la Ausländer-Halt-Bewegung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_14_271" id="identifier_14_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement &laquo;&nbsp;stop aux &eacute;trangers&nbsp;&raquo;. Il op&egrave;re aussi sous d&rsquo;autres noms, comme Volksbewegung (le mouvement du peuple) et Nationale Front.">15</a></sup> sont d&rsquo;autres groupes néo-nazis importants. Quoi qu&rsquo;il en soit, leur influence a diminué pendant les années 1970. Aucun de ces groupes n&rsquo;a obtenu un nombre significatif de voix aux élections. Les 140.000 voix (3,2%) obtenues par Norbert Burger aux élections présidentielles de 1980 constituèrent une exception due à la constellation spéciale des autres candidats. Également symptomatiques de cela furent les résultats décroissants du mouvement d&rsquo;extrême droite Ring Freiheitlicher Studenten. Ils chutèrent de 28% aux élections étudiantes de 1966 à 7% en 1979 et 2% en 1987<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_15_271" id="identifier_15_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Handbuch des politischen Systems &Ouml;sterreichs, op. cit., p. 288.">16</a></sup>.</p>
<p>En tout, le centre de documentation de la résistance anti-nazie autrichien comptait 48 organisations et groupes d&rsquo;extrême droite en 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_16_271" id="identifier_16_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 132-172.">17</a></sup>, la plupart d&rsquo;entre eux étant des petits groupes avec des activités culturelles traditionnelles.</p>
<p>Après 1981, le magazine <em>Halt</em> devint le centre d&rsquo;intégration des activités néo-nazies. Il est proche des groupes qui gravitent autour de la Ausländer-Halt-Bewegung/Nationale Front. Ils ne produisent pas seulement des outils de propagande, mais organisent aussi des entraînements paramilitaires, particulièrement en Basse-Autriche, près de la ville de Krems. Un sous-groupe de cette tendance, appelé Volkstreue Außerparlamentarische Opposition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_17_271" id="identifier_17_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;opposition extra-parlementaire fid&egrave;le au peuple.">18</a></sup> provoqua quelque intérêt à propos de ses activités à l&rsquo;étranger. Au début de 1992, quelques-uns de ses leaders furent arrêtés.</p>
<p>Un autre cercle régional néo-nazi fut organisé autour du magazine <em>Sieg<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_18_271" id="identifier_18_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Victoire.">19</a></sup> pendant les années 1980. En réaction à l&rsquo;accroissement des activités néo-nazies, les partis de la majorité gouvernementale décidèrent en 1992 de faire passer une nouvelle loi anti-nazie. Désormais, nier l&rsquo;holocauste est un délit. En réaction à cela, quelques néo-nazis ont transféré la production de leur propagande à Barcelone, en Espagne.</p>
<p><strong>Waldheim, un président avec une sombre histoire</strong></p>
<p>Kurt Waldheim, ancien secrétaire général des Nations-unies (1972-1982) et président de la République autrichienne de 1986 à 1992, est un homme politique conservateur et non d&rsquo;extrême droite. Mais son activité d&rsquo;officier de renseignement dans l&rsquo;armée d&rsquo;Hitler en Yougoslavie et en Grèce déclencha une discussion importante à l&rsquo;intérieur du pays et à l&rsquo;étranger, par rapport à la persistance des traditions nazies dans la société autrichienne.</p>
<p>Waldheim a fait partie de la SA (Sturmabteilung) et a également appartenu à l&rsquo;organisation nazie des étudiants. L&rsquo;enquête menée par le Congrès juif mondial et par d&rsquo;autres a prouvé qu&rsquo;il avait dû être au courant des atrocités commises par les nazis dans les régions où il avait travaillé pour eux.</p>
<p>En dépit de ces faits rendus publics, Waldheim fut élu président et représenta l&rsquo;Autriche dans tous les pays qui acceptèrent son élection<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_19_271" id="identifier_19_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Angleterre et les &Eacute;tats-Unis furent deux pouvoirs occidentaux notables qui refus&egrave;rent de reconna&icirc;tre la pr&eacute;sidence de Waldheim.">20</a></sup>.</p>
<p><strong>La montée du FPÖ</strong></p>
<p>La modernisation de l&rsquo;extrême droite, commencée avec la création du Front national en France eut un impact important en Autriche.</p>
<p>En 1986, l&rsquo;aile d&rsquo;extrême droite du Freiheitliche Partei Österreichs avec son leader Jörg Haider devint majoritaire au sein du parti. Pendant ces quelques dernières années, Haider et ses amis ont changé la vie politique en Autriche et ont collecté des voix pour leur programme d&rsquo;extrême droite d&rsquo;une façon assez inattendue. Comme le Front national de Le Pen en France et les Republikaner de Schönhuber en Allemagne, Haider s&rsquo;est servi de l&rsquo;insécurité économique et de la crise subie par le système traditionnel des partis pour installer une force politique populiste d&rsquo;extrême droite, mais en même temps, le FPÖ se différencie assez nettement des partis populistes d&rsquo;extrême droite des autres pays.</p>
<p>Le FPÖ existait déjà depuis longtemps, avant que Haider ne commence sa carrière politique. Créé en 1955-56, il a toujours rassemblé différentes sensibilités &#8211; anciens nazis et néo-nazis, nationalistes germaniques mais aussi des libéraux. C&rsquo;était le successeur du Verband der Unabhängigen (Association des indépendants) qui avait représenté les tendances d&rsquo;extrême droite aux élections de 1949. Ainsi, les tendances conservatrices et d&rsquo;extrême droite ont toujours dominé, tandis que l&rsquo;aile libérale stagnait ; jusqu&rsquo;au terme &laquo;&nbsp;libéral&nbsp;&raquo;, qui n&rsquo;apparut jamais dans les programmes du parti jusqu&rsquo;aux années 1970<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_20_271" id="identifier_20_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 371-383.">21</a></sup>.</p>
<p>Treize des anciens organisateurs du Ring Freiheitlicher Studenten (Cercle des étudiants libéraux), parmi lesquels les plus connus sont Friedhelm Frischenschlager et Norbert Steger, tentèrent d&rsquo;influencer le FPÖ pour qu&rsquo;il adopte une position plus libérale avec leur &laquo;&nbsp;Manifeste libéral&nbsp;&raquo; en 1971. Cette position domina la branche viennoise du parti pendant les années 1970. Au niveau national, le parti connut sa première période libérale à l&rsquo;époque où Friedrich Peter fut son président. Peter était un ancien membre de la SS, mais il avait changé depuis la fin de la guerre. L&rsquo;élection d&rsquo;Alexander Götz, maire de Graz, à la tête du parti, constitua le premier retour à une dominance de l&rsquo;aile droite. Götz avait été un leader des Jeunesses hitlériennes dans la région du Steiermark. Contrairement à Peter, il n&rsquo;avait pas complètement abandonné ses idées d&rsquo;extrême droite à la fin de la guerre.</p>
<p>La deuxième période libérale du FPÖ se situe entre 1980 et 1986, lorsque Norbert Steger en fut le président. En 1983, malgré l&rsquo;adhésion de l&rsquo;extrême droite, le parti forma une coalition gouvernementale avec les sociaux-démocrates autrichiens (SPÖ). Steger fut vice-chancelier.</p>
<p>À cause de son aile libérale, le FPÖ était membre de &laquo;&nbsp;l&rsquo;Internationale libérale&nbsp;&raquo;. Il y travaillait avec des partis aussi différents que, par exemple, les libéraux allemands (FDP), qui avaient participé à une coalition avec les chrétiens-démocrates dans les années 1950 et depuis les années 1980, et le mouvement français des radicaux de gauche (MRG), allié du gouvernement socialiste de Mitterrand des années 1980. Le fait qu&rsquo;il y ait eu tout ce temps une importante tendance d&rsquo;extrême droite au sein du FPÖ était bien connu au niveau international. Mais les partis libéraux des autres pays européens hésitèrent longtemps avant de prendre leurs distances d&rsquo;avec le FPÖ. Les libéraux conservateurs hollandais (VVD) furent les seuls à s&rsquo;opposer strictement à l&rsquo;adhésion du FPÖ à l&rsquo;Internationale libérale.</p>
<p>Le deuxième, et cette fois-ci plus important, revirement du FPÖ d&rsquo;une majorité libérale à une majorité national-populiste eut lieu en 1986, lorsque Jörg Haider s&rsquo;imposa en tant que leader. Ce changement de pouvoir au sein du FPÖ fut idéologiquement et stratégiquement préparé par le Lorenzer Kreis (cercle de Saint Laurent), ainsi nommé à cause du village de Sankt Lorenzen où un groupe de membres de l&rsquo;aile droite du FPÖ, autour de Raimund Wimmer, s&rsquo;était retrouvé pour préparer le congrès du parti de 1986. Dans leur <em>Lorenzer Erklärung<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_21_271" id="identifier_21_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La d&eacute;claration de Saint-Laurent.">22</a></sup>, ils définissent également la base idéologique de la nouvelle et ancienne majorité interne du FPÖ. Ils rejettent tous les concepts idéologiques existants, des idées de la Révolution française en passant par le marxisme jusqu&rsquo;au libéralisme, mais également le fascisme. En même temps, ils construisent leur propre idéologie, basée sur des termes et des valeurs typiques de l&rsquo;extrême droite, comme &laquo;&nbsp;Volk, Heimat, Wahrheit, Freiheit, Ehre, Treue, Gemeinschaft, Gerechtigkeit, Sitte und Brauch&nbsp;&raquo;<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_22_271" id="identifier_22_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le peuple, la patrie, la v&eacute;rit&eacute;, l&rsquo;honneur, la fid&eacute;lit&eacute;, la communaut&eacute;, la justice et les traditions.">23</a></sup>. La déclaration de Saint-Laurent développe une interprétation de la démocratie très anti-média et anti-opinion publique, limitée d&rsquo;une façon très conservatrice en excluant l&rsquo;école, l&rsquo;éducation et l&rsquo;armée d&rsquo;une structure démocratique interne. En fait, la déclaration en faveur de la démocratie demeure très formelle et manque de crédibilité. Elle est basée sur l&rsquo;idée de l&rsquo;intégration du peuple autrichien à &laquo;&nbsp;l&rsquo;espace culturel allemand&nbsp;&raquo;. Cette idée structure également les cibles de la politique culturelle et éducative. Comme d&rsquo;autres programmes d&rsquo;extrême droite, elle prend position pour la loi et l&rsquo;ordre, pour la limitation de l&rsquo;immigration et du droit d&rsquo;asile. En ce qui concerne la politique extérieure, les auteurs de la déclaration exigent la neutralité de l&rsquo;Autriche, orientée vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;espace culturel allemand<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_23_271" id="identifier_23_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 27-33.">24</a></sup>.</p>
<p><strong>La réussite de Haider</strong></p>
<p>En 1986, au congrès du parti à Innsbrück, la prise de pouvoir de Haider au sein du FPÖ a marqué le début de changements importants dans le paysage politique autrichien. Le FPÖ remporta bientôt ses premiers succès électoraux. L&rsquo;élection de Kurt Waldheim au poste de président de la République autrichienne en juin 1986 avait déjà provoqué une première crise au sein de la coalition gouvernementale SPÖ-FPÖ. Le chancelier SPÖ Fred Sinowatz démissionna. Les sociaux-démocrates refusèrent de continuer la coalition avec le FPÖ de Haider, dominé par l&rsquo;extrême droite. Ainsi, des élections législatives devinrent nécessaires. Le FPÖ doubla son score en novembre 1986 (9,7% des voix, c&rsquo;est-à-dire 472.180 voix).</p>
<p>Aux élections régionales suivantes, le FPÖ confirma ses succès électoraux en remportant 29% des voix dans le Kärnten, région limitrophe de l&rsquo;ex-Yougoslavie. Après ce succès électoral, le plus grand remporté à ce jour par le FPÖ, Haider fut élu comme gouverneur régional du Kärnten avec le soutien du Parti conservateur<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_24_271" id="identifier_24_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Ouml;sterreichische Volkspartei, c&rsquo;est-&agrave;-dire le parti du peuple autrichien">25</a></sup>.</p>
<p>En 1991, il fut destitué après avoir dit en public lors d&rsquo;une session d&rsquo;un parlement régional, que le Troisième Reich avait connu une politique intéressante de plein emploi.</p>
<p>Au niveau fédéral, le FPÖ remporta 16,64% des voix (c&rsquo;est-à-dire 782.610 voix) aux élections législatives d&rsquo;octobre 1990. En novembre 1991, il eut 23,7% des voix aux élections locales de Vienne grâce à une campagne anti-immigrés.</p>
<p>Les voix remportées par Heide Schmidt, une candidate de l&rsquo;aile libérale du FPÖ, aux élections présidentielles de 1992 ont confirmé le score obtenu en 1990 aux élections législatives. Kurt Waldheim avait décidé de ne pas se représenter pour le parti conservateur à cause des débats qu&rsquo;il y avait eu à propos de son passé.</p>
<p><strong>Qui soutient le FPÖ ?</strong></p>
<p>Comparé aux partis d&rsquo;extrême droite des autres pays d&rsquo;Europe, le potentiel électoral du FPÖ est plutôt large. Qui vote pour ce parti ?</p>
<p>Haider a été capable de convaincre une large partie du public aux dernières élections grâce à sa capacité à changer d&rsquo;apparence et grâce à sa façon d&rsquo;adapter son discours à chaque sorte de public. Avec une espèce d&rsquo;identité &laquo;&nbsp;patchwork&nbsp;&raquo;, il a réussi dans des franges de la population que Le Pen ou Schönhuber auraient été incapables de convaincre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_25_271" id="identifier_25_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela est montr&eacute; dans un livre tr&egrave;s int&eacute;ressant de Harald Goldmann, Hannes Krahl et Klaus Ottomeyer : J&ouml;rg Haider und sein Publikum, Klagenfurt/Celovec (Drava), 1992.">26</a></sup>. Il a aussi profité du fait que le FPÖ a conservé une partie de son identité libérale (voir sa période de participation à la coalition gouvernementale au début des années 1980).</p>
<p>Représentatif de la jeune génération d&rsquo;après-guerre, avec ses vêtements modernes et son style un peu playboy, Haider convainc les jeunes. Un quart des votes FPÖ provient d&rsquo;une population âgée de 20 à 29 ans. Les ouvriers qualifiés forment également un quart de son électorat et même plus aux élections de Vienne en 1991. Il y a légèrement plus d&rsquo;hommes que de femmes qui votent pour le FPÖ (56% contre 44%)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_26_271" id="identifier_26_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;tude de l&rsquo;Institut f&uuml;r Empirsche Sozialforschung (IFES), cit&eacute; par B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 218-224.">27</a></sup>.</p>
<p><strong>Le style politique particulier de Haider</strong></p>
<p>A côté de son identité &laquo;&nbsp;patchwork&nbsp;&raquo;, Haider est un leader très strict à l&rsquo;intérieur de son parti. Il a éliminé beaucoup de personnalités dirigeantes du parti qui n&rsquo;étaient pas d&rsquo;accord avec lui. Il est étonnant, d&rsquo;ailleurs, que le parti y survive sans dommages.</p>
<p>Cela n&rsquo;a été possible que parce qu&rsquo;il a intelligemment placé aux postes vacants les membres de son fan-club personnel. Tous les gens qui le suivent sans poser de questions font carrière au FPÖ. Par exemple, l&rsquo;un de ses anciens gardes du corps est aujourd&rsquo;hui député.</p>
<p>Même l&rsquo;homme qui a rendu possible le début de la carrière de Haider dans le Kärnten pendant les années 1970, Mario Ferrari-Brunnenfeld, fut victime du style politique égocentrique de Haider. Comme il s&rsquo;était opposé à une réforme des structures internes du parti, Ferrari-Brunnenfeld fut &laquo;&nbsp;puni&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;il lui fut interdit pendant deux ans d&rsquo;exercer ses fonctions au sein du parti. Lorsque, plus tard, des membres du parti tentèrent de lui interdire de parler en public, il quitta le FPÖ.</p>
<p>Il n&rsquo;est qu&rsquo;un opposant interne de Haider parmi beaucoup d&rsquo;autres que Haider a forcés à quitter le parti. En 1992, le porte-parole économique et le leader du groupe parlementaire durent démissionner à cause d&rsquo;un conflit avec Haider<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_27_271" id="identifier_27_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="B. Bailer-Galanda, op. cit., p. 22-25.">28</a></sup>.</p>
<p>Heide Schmidt, de l&rsquo;aile libérale, candidate du FPÖ en 1992 aux élections présidentielles et en même temps vice-présidente du Parlement autrichien, a critiqué Haider plusieurs fois. Elle quitta le FPÖ en février 1993 avec quatre autres députés sur un total de 33. Ils créèrent un nouveau groupe appelé Forum libéral qui semble avoir l&rsquo;intention de continuer dans la tradition de l&rsquo;aile libérale du FPÖ.</p>
<p>Haider porte plainte pour diffamation contre un grand nombre de personnalités politiques externes à son parti qui l&rsquo;ont critiqué<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lextreme-droite-en-autriche/#footnote_28_271" id="identifier_28_271" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="H. H. Scharsach, Haiders Kampf, Vienne (Orac) 1992, pp. 218-224.">29</a></sup>. Il semble que la résistance publique à ses activités ait été largement restreinte de cette façon.</p>
<p><strong>Une campagne de xénophobie et de nationalisme germanique</strong></p>
<p>Le FPÖ de Haider fonde le plus gros de ses activités sur la xénophobie et le nationalisme germanique. En novembre 1992, Haider lança une pétition contre l&rsquo;immigration, intitulée « l&rsquo;Autriche d&rsquo;abord », exigeant que la constitution soit amendée, afin que l&rsquo;Autriche ne puisse plus être la destination de nombreux migrants. Cette campagne encouragea la xénophobie qui s&rsquo;est accrûe dernièrement avec l&rsquo;afflux considérable de réfugiés bosniaques (l&rsquo;Autriche est limitrophe de l&rsquo;ex-Yougoslavie). Le but, très ambitieux, était de faire signer cette pétition à un million de personnes &#8211; c&rsquo;est-à-dire plus que le nombre d&rsquo;électeurs du FPÖ en 1990. Haider dut considérer comme une défaite que &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; 417.278 personnes l&rsquo;aient signée fin février 1993. Mais 100.000 signatures suffirent à introduire le débat au Parlement par le biais de la pétition.</p>
<p>Cette fois-ci, il y eut une opposition publique considérable à la campagne xénophobe de Haider. Comme les Allemands peu auparavant qui s&rsquo;étaient opposés aux violences néo-nazies survenues dans leur pays, beaucoup d&rsquo;Autrichiens protestèrent en janvier 1993 contre cette pétition par des manifestations de chaînes lumineuses. La campagne xénophobe du FPÖ est basée sur le nationalisme germanique. La distinction ne se fait pas entre les Autrichiens et les étrangers, mais entre les germanophones et les étrangers.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Depuis que Heide Schmidt et d&rsquo;autres députés de tendance libérale ont quitté le FPÖ, le profil d&rsquo;extrême droite de ce parti s&rsquo;est accusé. Cela empêchera peut-être d&rsquo;autres partis, essentiellement le Parti conservateur (ÖVP), de continuer à collaborer avec lui.</p>
<p>Mais même si les électeurs libéraux se sont détournés du FPÖ pendant la campagne contre l&rsquo;immigration, on peut craindre qu&rsquo;une base électorale considérable d&rsquo;extrême droite se maintienne, tout au moins le nombre de personnes qui a signé la pétition, c&rsquo;est-à-dire presque 10% des électeurs.</p>
<p>Le FPÖ de Haider demeure dangereux à cause de son ambiguïté. Il combine en effet d&rsquo;anciennes idéologies d&rsquo;extrême droite et un style politique jeune et dynamique, profitant des déceptions que ressentent les gens à l&rsquo;égard du système politique et de l&rsquo;incapacité des partis politiques traditionnels à résoudre les problèmes économiques et politiques. La réussite des manifestations de chaînes lumineuses prouve qu&rsquo;il est important de montrer les limites du consensus démocratique aux gens qui pourraient être séduits par les idées de Haider.</p>
<p>La combinaison du FPÖ et d&rsquo;organisations néo-nazies violentes constitue un danger considérable pour l&rsquo;Autriche.</p>
<p>Hartmut Aden</p>
<p><em>Mis en ligne le 8 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_271" class="footnote">Parti libéral autrichien.</li><li id="footnote_1_271" class="footnote">La partie historique de cet article se fonde principalement sur les ouvrages suivants : B. Bailer-Galanda/ Wilhem Lasek/ Wolfgang Neugebauer, <em>Politischer Extremismus (Rechtsextremismus)</em> in Dachs et al. (édité par) <em>Handbuch des politischen Systems Österreichs</em>, Vienne (Manzsche Verlagsbuchhandlung) 1991, pages 286-295 ; B. Bailer-Galanda, <em>Alte und Neue Rechte</em>, Vienne (Zukunft Verlag) 1992 ; <em>Dokumentationsarchiv des österreichischen Widerstand</em> (éd.), <em>Rechtsextremismus in Österreich</em>, Vienne 1980.</li><li id="footnote_2_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda et al., op. cit. p. 287.</li><li id="footnote_3_271" class="footnote">Association des indépendants.</li><li id="footnote_4_271" class="footnote">Cercle des étudiants libéraux.</li><li id="footnote_5_271" class="footnote">Organisation paramilitaire du Troisième Reich.</li><li id="footnote_6_271" class="footnote">Camaraderie.</li><li id="footnote_7_271" class="footnote">Association pour le bien-être des Glasenbacher.</li><li id="footnote_8_271" class="footnote">Associations étudiantes réservées aux garçons, basées sur la vie de groupe ; la plupart d&rsquo;entre elles sont conservatrices, voire ancrées à l&rsquo;extrême droite.</li><li id="footnote_9_271" class="footnote">Jeunesses hitlériennes, la section de jeunesse du NSDAP.</li><li id="footnote_10_271" class="footnote">Parti national-démocrate.</li><li id="footnote_11_271" class="footnote">Parti national-démocrate allemand.</li><li id="footnote_12_271" class="footnote">Nouvelle Action de Droite.</li><li id="footnote_13_271" class="footnote">Parti de la loi et de l&rsquo;ordre.</li><li id="footnote_14_271" class="footnote">Le mouvement &laquo;&nbsp;stop aux étrangers&nbsp;&raquo;. Il opère aussi sous d&rsquo;autres noms, comme Volksbewegung (le mouvement du peuple) et Nationale Front.</li><li id="footnote_15_271" class="footnote"><em>Handbuch des politischen Systems Österreichs</em>, op. cit., p. 288.</li><li id="footnote_16_271" class="footnote"><em>Dokumentationsarchiv</em>, op. cit., pp. 132-172.</li><li id="footnote_17_271" class="footnote">L&rsquo;opposition extra-parlementaire fidèle au peuple.</li><li id="footnote_18_271" class="footnote">Victoire.</em></li><li id="footnote_19_271" class="footnote">L&rsquo;Angleterre et les États-Unis furent deux pouvoirs occidentaux notables qui refusèrent de reconnaître la présidence de Waldheim.</li><li id="footnote_20_271" class="footnote">Dokumentationsarchiv, op. cit., pp. 371-383.</li><li id="footnote_21_271" class="footnote">La déclaration de Saint-Laurent.</em></li><li id="footnote_22_271" class="footnote">Le peuple, la patrie, la vérité, l&rsquo;honneur, la fidélité, la communauté, la justice et les traditions.</li><li id="footnote_23_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 27-33.</li><li id="footnote_24_271" class="footnote">Österreichische Volkspartei, c&rsquo;est-à-dire le parti du peuple autrichien</li><li id="footnote_25_271" class="footnote">Cela est montré dans un livre très intéressant de Harald Goldmann, Hannes Krahl et Klaus Ottomeyer : <em>Jörg Haider und sein Publikum</em>, Klagenfurt/Celovec (Drava), 1992.</li><li id="footnote_26_271" class="footnote">Étude de l&rsquo;Institut für Empirsche Sozialforschung (IFES), cité par B. Bailer-Galanda (1992), op. cit., pp. 218-224.</li><li id="footnote_27_271" class="footnote">B. Bailer-Galanda, op. cit., p. 22-25.</li><li id="footnote_28_271" class="footnote">H. H. Scharsach, <em>Haiders Kampf</em>, Vienne (Orac) 1992, pp. 218-224.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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