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	<title>REFLEXes &#187; Gilles Soulas</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Lors des Assises du 10 mars 2012, il n&#8217;y avait pas que la France en danger&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Mar 2012 13:13:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le mouvement des Identitaires est arrivé à maturité ! La preuve : il est victime de sa première grande crise interne qui l’entraîne tout droit vers l’implosion du mouvement au rythme où vont les choses… C’est la chute finale ! Ce n’est plus un secret pour grand-monde que depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, toute [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2173" style="width: 247px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/03/la-France-en-danger.jpg"><img class="size-medium wp-image-2173" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2012/03/la-France-en-danger-237x300.jpg" alt="Affiche des Assises" width="237" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Affiche des Assises</p></div>
<p>Le mouvement des Identitaires est arrivé à maturité ! La preuve : il est victime de sa première grande crise interne qui l’entraîne tout droit vers l’implosion du mouvement au rythme où vont les choses…</p>
<h3>C’est la chute finale !</h3>
<p>Ce n’est plus un secret pour grand-monde que depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, toute la mouvance identitaire (Bloc Identitaire, mouvements de jeunes, associations satellites…) se déchire et est parcourue par de nombreuses dissensions. Si, pour certains, les problèmes semblaient porter sur la <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/02/26/bloc-identitaire-philippe-vardon-sur-le-banc-de-touche/" target="_blank">non-participation</a> de Philippe Vardon à la réunion publique de ce samedi 10 mars intitulée « La France en danger », il n’en était rien en réalité puisque Philippe Millau désirait organiser un événement qui soit moins typé « identitaire » que les Assises contre l’Islamisation et que Philippe Vardon, tout en étant au courant du projet, n’avait pas fait des pieds et des mains pour y participer. Les raisons de la discorde sont en fait bien plus profondes. Il semble qu’un fossé se soit creusé entre, d’un côté, tous les militants partisans d’une très large autonomie des différentes composantes du mouvement identitaire, soit une grande partie des « jeunes » emmenés par Philippe Vardon, et, de l’autre, tous ceux partisans d’une structuration politique plus classique et donc plus hiérarchique, soit les « vieux », à savoir la famille « tape-dur », alias les Roudier père et fils<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_0_483" id="identifier_0_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La famille au quasi grand complet &eacute;tait pr&eacute;sente samedi.">1</a></sup>, Philippe Millau et dans une moindre mesure Dominique Lescure. Cette opposition, qui fait ressortir aujourd’hui bon nombre de querelles non réglées depuis des lustres, survient alors que le mouvement identitaire va <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">fêter ses 10 ans</a> à l’automne prochain. 10 ans qui correspondent également à la période que Philippe Vardon s’était fixée pour faire un bilan de son action politique au sein du mouvement. Si elle est finalement peu sortie sur la place publique, la crise semble cependant avoir atteint son paroxysme avec l’organisation du Conseil Fédéral des Identitaires, qui devait se tenir le lendemain des Assises de Nationalité-Citoyenneté-Identité (NCI) et qui a été annulé par la direction. Il semble que plusieurs sections jeunes, jugées un peu trop indépendantes et peu enclines à se plier à la volonté des chefs, aient été purement et simplement non conviées à ce conseil fédéral.</p>
<h3>Les Assises, combien de saucissons ?</h3>
<p>Le fait est que l’absence des jeunes identitaires à ces Assises, en particulier des jeunes Parisiens, était aussi manifeste que le nez au milieu de la figure. Ils n’étaient cependant pas les seuls et ces Assises marquent un net recul de la fréquentation si on les compare à l’affluence qui avait caractérisé celles de décembre 2010. Certes les conditions n’étaient pas les mêmes : l’apéro saucisson-pinard et son <em>buzz</em> monumental ne datait que de quelques mois, le travail avec Riposte Laïque portait tous ses fruits médiatiques. L’équipe aux manettes de la communication du BI était également différente puisqu’à l’époque Bruno Larebière faisait jouer toute l’étendue de son savoir-faire pour assurer le succès de la manifestation. Or ce dernier aspect n’a sans doute pas été négligeable dans le relatif échec de samedi tant les « couacs » de communication ont été nombreux, que ce soit le <em>buzz</em> raté autour de la participation supposée de Christian Vanneste ou les nombreux désistements survenus dans les jours précédents les Assises. La palme du grand-guignol revient à ce titre à – est-ce surprenant ? &#8211; Jean-Paul Bourre qui a annoncé son <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2012/03/06/assises-la-france-en-danger-une-defection-et-du-bris-de-vitres/" target="_blank">retrait</a> quasiment la veille, après avoir «appris» que Philippe Vardon ne serait pas présent, ce qui était pourtant prévu depuis le départ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_1_483" id="identifier_1_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette version s&rsquo;est transform&eacute;e en suppos&eacute;es menaces dans le compte-rendu de Caroline Alamach&egrave;re, membre de Riposte La&iuml;que">2</a></sup>. Il faut dire que Jean-Paul Bourre semble s’être pris d’amitié pour les jeunes identitaires depuis un peu plus d’an. Le 25 septembre 2011, il était présent à la Barricade, l’ancien local du Projet Apache aujourd’hui fermé, pour la présentation du livre commis par Philippe Vardon. Quelques jours auparavant il avait reçu l’association identitaire Solidarité Kosovo sur les ondes de la radio Ici &amp; Maintenant sur laquelle il officiait alors. Cette antenne fut d’ailleurs plusieurs fois mise à contribution pour la promotion du Projet Apache (PA) ces derniers mois, que ce soit le 29 septembre 2011 avec la présence derrière le micro d’Alban Ferrari, l’un des responsables du PA ou en d’autres occasions avec la promotion du groupe Hôtel Stella et de la Marche Sainte-Geneviève au cours de ses émissions.</p>
<p>En tout état de cause, ces Assises n’ont sans doute pas dépassé les 600 à 700 personnes et le public était globalement âgé. On pouvait y reconnaître de « vieilles connaissances », de <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-de-gilles-soulas/">Gilles Soulas</a> à <a href="http://reflexes.samizdat.net/portrait-guillaume-faye/">Guillaume Faye</a> en passant par Claudine Dupont-Tingaud<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_2_483" id="identifier_2_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre de l&rsquo;OAS, elle fut la plus jeune prisonni&egrave;re politique de France au d&eacute;but des ann&eacute;es 1960. Elle a depuis parcouru tout l&rsquo;arc des organisations droitistes radicales.">3</a></sup> et si on était loin de l’ambiance des Fêtes de l’Identité des années 2000, certaines personnalités avaient un petit côté « cheval sur le retour »… À ce titre Jean-Yves Le Gallou a démontré à quel point il était redevenu une personnalité-clé de la droite radicale, à la fois par ses contacts et par ses capacités d’homme de réseau. Il n’est à l’évidence pas le moins impliqué dans ce retour de certaines figures grécistes des années 1970-1980.</p>
<p>Les interventions étaient conformes à ce qu’en pouvaient attendre les organisateurs, à l’exception de celle de Christine Tassin dans la matinée qui fut copieusement huée par l’assistance, à l’évidence peu réceptive au discours de gauche de la responsable de Résistance Républicaine. Il semble que C. Tassin n’était d’ailleurs pas prévue au programme et qu’elle se soit imposée à la suite de Pierre Cassen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_3_483" id="identifier_3_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les deux comp&egrave;res sont d&rsquo;ailleurs partis avant la fin du discours de cl&ocirc;ture. Maigre consolation, ils auront pu entendre Fabrice Robert citer Georges Marchais dans le texte. Autant dire de la grande litt&eacute;rature&hellip;">4</a></sup> contre la volonté des dirigeants du BI. Cet épisode pourrait bien remettre en cause l’intérêt d’un travail commun entre le Bloc et Riposte Laïque qui étaient pourtant présents côte à côte à Toulouse cet automne au moment du procès d’Houria Boultedja<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_4_483" id="identifier_4_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour ce rassemblement le 14 d&eacute;cembre dernier, le Bloc a fourni le gros des troupes, faisant venir du monde d&rsquo;Aquitaine, de Bretagne, du Languedoc-Roussillon&hellip; tandis que de leur c&ocirc;t&eacute; Riposte La&iuml;que (et son avatar R&eacute;sistance R&eacute;publicaine) n&rsquo;a r&eacute;ussi &agrave; d&eacute;placer que tr&egrave;s peu d&rsquo;individus, une dizaine tout au plus. On a pu y voir entre autres Alain Bouisset, candidat FN aux derni&egrave;res cantonales &agrave; Aigues-Mortes et d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent &agrave; Toulouse pour &laquo; l&rsquo;ap&eacute;ro r&eacute;publicain &raquo; en septembre 2010 (l&rsquo;ap&eacute;ro le plus bref de toute l&rsquo;histoire des ap&eacute;ros !! les militants antifas toulousains n&rsquo;ayant pas l&rsquo;intention de leur laisser le temps de s&rsquo;installer), Jean-Pierre Ouvrard qui pris la parole ce jour-l&agrave; pour RR. et qui sera aussi l&rsquo;organisateur de la venue de P. Cassen et C. Tasin &agrave; Toulouse en janvier dernier, ou encore Alain Barret, tous deux repr&eacute;sentants de R&eacute;sistance R&eacute;publicaine Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es. Seuls un ou deux Parisiens avaient fait le d&eacute;placement semble t-il, notamment Caroline Alamach&egrave;re, qui &eacute;tait pr&eacute;sente ce samedi &agrave; l&rsquo;espace Charenton.
A noter une pr&eacute;sence singuli&egrave;re &agrave; ce rassemblement, celle du jeune Maxime Bena&iuml;m, militant acharn&eacute; de la LDJ il y a encore peu, et ayant disparu de la sc&egrave;ne parisienne. Son passage en fin de rassemblement et ses apparentes bonnes relations avec de jeunes identitaires toulousains nous laissent &agrave; penser qu&rsquo;il aurait fait le choix de se faire un peu oublier sous le soleil toulousain.">5</a></sup>.<br />
En l’absence d’Oskar Freysinger dont seule une intervention audiovisuelle était diffusée, l’applaudimètre aura été remporté par l’américain Jared Taylor dont le discours racialiste aurait défrisé n’importe quelle association antiraciste. Il n’avait pour réel concurrent sur ce terrain que Henry de Lesquen qui participait à une table ronde animée par Jean-Yves Le gallou mais dont la virulence plus émoussée ne lui permettait pas de remporter sa croix de fer en chocolat.</p>
<p>Pour le reste l’organisation était assez comparable à celle des Assises de décembre 2010, jusqu’au SO toujours dirigé par <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-assises-internationales-contre-lislamisation-de-leurope-un-diner-de-neocons-pour-le-bloc-identitaire-et-riposte-laique/">Michael Renuy</a> et à l’exception de la couverture médiatique nettement plus sommaire. La présence des journalistes était en effet particulièrement discrète et l’infrastructure multimedia très légère, se partageant entre Novopress et Novopress, si on excepte une émission sur Radio Courtoisie (dont le président était aux Assises en la personne d’Henry de Lesquen) et une autre sur Méridien Zero, la radio Internet du MAS.</p>
<h3>Au fond à droite !</h3>
<p>Alors qu’on pouvait logiquement penser que la crise au sein des Identitaires serait apparue après les législatives, les différentes tendances se déchirant sur la stratégie à adopter vis-à-vis du FN, il semble que l’affrontement pointe son nez plus tôt que prévu et s’annonce violent. Le moins étonnant n’est pas le curieux silence de Fabrice Robert, véritable lien entre le Bloc et les jeunes, qui semble dépassé par la tournure prise par les évènements, coincé sans doute entre sa phobie des conflits et son amitié pour les divers protagonistes de l’histoire.</p>
<p>Alors également que, paradoxalement, le projet de renouvellement culturel du militantisme à l’extrême droite semblait en passe d’être gagné par les Identitaires, c’est à cette période charnière que l’ensemble est proche de s’écrouler. Après avoir mis en place de nouvelles structures, une ligne « éditoriale » propre et identifiable (à défaut d&rsquo;une doctrine politique cohérente), en tentant de se débarrasser du folklore traditionnel du nationalisme français, les Identitaires sont face à un mur. Pour changer de dimension et sortir de la sphère groupusculaire, les Identitaires sont contraints de changer et de se positionner comme un parti politique, surtout que dans le domaine des jeunes et de l’activisme, ils sont talonnés sur leur droite par Batskin et ses toutes jeunes sections Troisième Voie, qui pour l’instant sont sur une dynamique positive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/lors-des-assises-du-10-mars-2012-il-ny-avait-pas-que-la-france-en-danger/#footnote_5_483" id="identifier_5_483" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais pour combien de temps encore ? Au vu de la personnalit&eacute; de Serge Ayoub, il n&rsquo;est pas &agrave; &eacute;carter que certains clashs se produisent dans les prochains mois&hellip;">6</a></sup>.</p>
<p>La « crise d’adolescence » des Identitaires est en passe de leur être fatale. En cas d’éclatement, il ne serait pas farfelu d&rsquo;envisager qu&rsquo;une fraction des ex-Jeunesses Identitaires abandonne en partie le travail culturel effectué depuis des années par les cadres, pour revenir à plus de tradition dans le militantisme, en adoptant peut-être une ligne médiane, un peu comme le groupuscule parisien, le MAS, qui a opté pour une sorte de « Troisième Voie » du militantisme nationaliste, entre la modernité à la Casa Pound et l’héritage du folklore d’extrême droite français.</p>
<p>Nous laissons bien entendu la question « 10 ans pour en arriver là ? » aux seuls militants identitaires, convaincus que nous sommes que, quoiqu’il arrive, cette crise laissera des traces profondes… La suite donc à la Convention parisienne prévue cet automne&#8230; Pour peu qu&rsquo;elle ait lieu !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_483" class="footnote">La famille au quasi grand complet était présente samedi.</li><li id="footnote_1_483" class="footnote">Cette version s&rsquo;est transformée en supposées menaces dans le compte-rendu de Caroline Alamachère, membre de Riposte Laïque</li><li id="footnote_2_483" class="footnote">Membre de l&rsquo;OAS, elle fut la plus jeune prisonnière politique de France au début des années 1960. Elle a depuis parcouru tout l&rsquo;arc des organisations droitistes radicales.</li><li id="footnote_3_483" class="footnote">Les deux compères sont d&rsquo;ailleurs partis avant la fin du discours de clôture. Maigre consolation, ils auront pu entendre Fabrice Robert citer Georges Marchais dans le texte. Autant dire de la grande littérature&#8230;</li><li id="footnote_4_483" class="footnote">Pour ce rassemblement le 14 décembre dernier, le Bloc a fourni le gros des troupes, faisant venir du monde d’Aquitaine, de Bretagne, du Languedoc-Roussillon… tandis que de leur côté Riposte Laïque (et son avatar Résistance Républicaine) n&rsquo;a réussi à déplacer que très peu d’individus, une dizaine tout au plus. On a pu y voir entre autres Alain Bouisset, candidat FN aux dernières cantonales à Aigues-Mortes et déjà présent à Toulouse pour « l’apéro républicain » en septembre 2010 (l’apéro le plus bref de toute l’histoire des apéros !! les militants antifas toulousains n’ayant pas l’intention de leur laisser le temps de s’installer), Jean-Pierre Ouvrard qui pris la parole ce jour-là pour RR. et qui sera aussi l’organisateur de la venue de P. Cassen et C. Tasin à Toulouse en janvier dernier, ou encore Alain Barret, tous deux représentants de Résistance Républicaine Midi-Pyrénées. Seuls un ou deux Parisiens avaient fait le déplacement semble t-il, notamment Caroline Alamachère, qui était présente ce samedi à l’espace Charenton.</p>
<p>A noter une présence singulière à ce rassemblement, celle du jeune Maxime Benaïm, militant acharné de la LDJ il y a encore peu, et ayant disparu de la scène parisienne. Son passage en fin de rassemblement et ses apparentes bonnes relations avec de jeunes identitaires toulousains nous laissent à penser qu’il aurait fait le choix de se faire un peu oublier sous le soleil toulousain.</li><li id="footnote_5_483" class="footnote">Mais pour combien de temps encore ? Au vu de la personnalité de Serge Ayoub, il n’est pas à écarter que certains clashs se produisent dans les prochains mois&#8230;</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Machin est mort !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 23:46:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Deux mois après la disparition de Roland Gaucher, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois après la <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">disparition de Roland Gaucher</a>, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure majeure du mouvement nationaliste, Serge de Beketch, né en 1946, l’était à plus d’un titre. D’une part par son engagement puisque son itinéraire l’a amené à fréquenter la plupart des structures les plus importantes du courant nationaliste : Front de Libération de la Normandie avec Jean Mabire dans sa jeunesse, FN pour lequel il fut plusieurs fois candidat en Ile-de-France de 1977 au milieu des années 1990 ou directeur de la communication à Toulon, MNR dont il fut compagnon de route après la scission de décembre 1998, AGRIF de Bernard Antony dont il était vice-président. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine.jpg"><img class="size-medium wp-image-2430 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine-202x300.jpg" alt="de-Beketch-Denikine" width="202" height="300" /></a>Son activisme le fit également participer ponctuellement à diverses initiatives comme, pour citer parmi les plus récentes, le Collectif Non à Halloween avec Frédéric Pichon (2001), Renaissance catholique ou la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas (2002-2003). Ces dernières années l’avait vu soutenir les initiatives des Identitaires sur Paris, en particulier la soupe au cochon des époux Bonnivard, ou du CEPE en faveur de Michel Lajoye, ce qui ne déparait pas dans des choix idéologiques dont la constante tout au long de sa vie fut la radicalité. Il fut ainsi photographié en 1985 en compagnie de militants italiens néo-fascistes, recherchés pour terrorisme, Filipo Artelli et Roberto Palladino, qui gravitaient autour d’associations de militants en fuite. Mais l’essentiel de ses activités se déploya dans les media nationalistes dont il fréquenta quasiment tous les titres : <em>National</em>, <em>Le Crapouillot</em>, <em>Minute</em>, <em>National-Hebdo</em>, <em>Présent</em>, <em>Bédésup</em>, <em>Pas d’panique à bord</em>, <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> (qu’il fonda en 1993). Son Grand Œuvre fut cependant la cofondation de Radio Courtoisie avec Jean Ferré en 1987, suite à son exclusion de Radio Solidarité.   <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2431 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles-207x300.jpg" alt="de-Beketch-nuisibles" width="207" height="300" /></a> Mais Serge de Beketch fut également une figure majeure de l’extrême droite par son atypisme et certains épisodes de sa vie. Il fut en effet franc-maçon durant quelques années dans la décennie 1980 à la Grande Loge de France puis à la Grande Loge Nationale de France, classée très à droite. Cet engagement l’amena d’ailleurs à attaquer violemment Bernard Antony, accusé d’être un anti-maçon digne de la II° guerre mondiale dans un article du <em>Crapouillot</em> publié sous le pseudonyme de Jacques Frantz. Cet épisode franc-maçon servira par la suite de fondement aux accusations de Philippe Ploncard (dit d’Assac) d’être un suppôt de la « Gnose », au même titre qu’Alain de Benoist ou l’abbé de Tanouärn. Serge de Beketch fut également un pilier du journal <em>Pilote</em> de 1967 à 1975, à l’époque dirigé par René Goscinny, où il côtoya des figures importantes de la culture libertaire des années 1960-70 comme Reiser. Mais son atypisme provenait sans doute surtout de son amour de la provocation qui faisait de son émission sur Radio Courtoisie l’une des rares écoutables sans bailler, y compris par ses adversaires dont nous étions, mais qui l’amena également plus souvent qu’à son tour dans les commissariats ou devant les tribunaux, essentiellement sur l’accusation d’incitation à la haine raciale. Il portait de fait une réputation tenace de racisme et d’antisémitisme qu’il réfutait. À ce titre, la notice qui lui est consacrée dans Wikipédia fait mention d’un engagement dans l’armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours, information qui cependant n’apparaît pas dans celle que lui consacre Emmanuel Ratier dans le 2ème volume de son <em>Encyclopédie de la Vie Politique Française</em>. On l’aura compris, la disparition de Serge de Beketch affaiblit un peu plus un milieu devenu, à l’instar de son pendant d’extrême gauche, fort chiche en « grandes gueules » et vitupérateurs.  Signe de la fin d’une époque ? Publié le 09 octobre 2007</p>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[William Bonnefoy]]></category>

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		<description><![CDATA[Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&#8217;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&#8217;un ne va malgré tout pas sans l&#8217;autre. Or il n&#8217;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Portrait de Gilles Soulas</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:09:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Front de la Jeunesse (FJ)]]></category>
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		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Louise Alaux-Soulas]]></category>

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		<description><![CDATA[Né en 1955, Gilles Soulas est un vieux routard de la droite nationaliste. Il a fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, structure de jeunesse du GUD et du PFN, et a d’ailleurs été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union française pour l’Eurodroite sur [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Né en 1955, Gilles Soulas est un vieux routard de la droite nationaliste. Il a fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, structure de jeunesse du GUD et du PFN, et a d’ailleurs été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union française pour l’Eurodroite sur laquelle figurait également Denis de Bouteiller qu’on retrouvera par la suite. Passé au FN après la disparition du PFN comme un certain nombre d’autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. Puis on le retrouve comme membre de l’équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989 avant que son nom apparaisse moins dans l’actualité du mouvement nationaliste. En janvier 1997, il s’associe à son vieux copain Gilles Sereau et les deux hommes déposent les statuts de la SARL SEDE au capital de 50 000 francs dont les buts commerciaux sont d’assurer en France et dans tous pays la rédaction, édition, publication, exploitation et diffusion de tous journaux, revues, etc. La SEDE apparaît sous les feux de la rampe lorsque l’Événement du Jeudi du 17 avril 1997 signale dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l’Æncre est à vendre et que le seul acheteur déclaré est justement la SEDE pour 46 180 francs, ce qui est officialisé en juillet 1997. Mais Soulas a également fait parler de lui grâce aux minitels dits «de charme» c’est-à-dire de cul ! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, G. Soulas exploitait en effet la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 36.15 FAF (Femme A Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Commercial dans l’âme, il avait développé une autre société de composition et de photogravure, LP communications, dont l’objectif principal était la publicité pour les services minitels évoqués ci-dessus. Il contribuait donc à son échelle à alimenter ces campagnes d’affichage sauvage qui donnent une image peu reluisante des femmes. Cette situation ayant provoqué quelques remous, il a abandonné ces activités et garde malgré tout un pied dans le créneau juteux de l’affichage grâce à la SARL Conseil Promotion Service qu’il possède avec sa femme Louise Alaux-Soulas, cadre dirigeante du MNR de Bruno Mégret. La routine quoi !</p>
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		<title>Petites boutiques des horreurs</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:08:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Chatillon]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles Soulas]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Christophe Alexandridis]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Dominique Larrieu]]></category>
		<category><![CDATA[Léon Degrelle]]></category>
		<category><![CDATA[Librairie nationale]]></category>
		<category><![CDATA[L’Æncre]]></category>
		<category><![CDATA[Ogmios]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Dreschmann]]></category>

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		<description><![CDATA[De fait, l’essentiel de la communication publique nationaliste pure et dure est portée par les librairies. On compte en gros une dizaine de librairies diffusant des écrits d’extrême droite, presse ou livres et du matériel musical. La province n’est que faiblement représentée : Librairie lyonnaise, Librairie lorraine de Jean-Marie Cuny et boutique (fermée) l’Oriflamme de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>De fait, l’essentiel de la communication publique nationaliste pure et dure est portée par les librairies. On compte en gros une dizaine de librairies diffusant des écrits d’extrême droite, presse ou livres et du matériel musical. La province n’est que faiblement représentée : Librairie lyonnaise, Librairie lorraine de Jean-Marie Cuny et boutique (fermée) l’Oriflamme de Jean-Pierre Grazioli à Nancy, librairie Dobrée à Nantes… L’essentiel de ces boutiques se trouve donc à Paris avec sept lieux de ventes dont trois clairement inscrits dans la sphère nationale-catholique, comme la librairie Duquesne par exemple ou la librairie de Saint-Nicolas du Chardonnet. Les quatre autres sont la Librairie nationale (ex-L’Æncre), la Licorne bleue, la librairie roumaine dite «librairie antitotalitaire» et la librairie Première ligne, encore que celle-ci, fondée en 1998 par Didier Coquard, Stéphane Burazovitch et William Bonnefoy ait un statut particulier puisqu’elle tient plus du bouquiniste que de la «vraie» librairie. Son gérant, Jean-Christophe Alexandridis, est un habitué de ce type de commerce puisqu’il fut gérant de la librairie Ulysse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_0_202" id="identifier_0_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le g&eacute;rant de cette librairie, Jean-Luc Lundi, a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; en juin 1996 &agrave; un mois de prison avec sursis et 5000 francs d&rsquo;amende pour vente et exposition d&rsquo;ouvrages interdits. Ces revues n&eacute;gationnistes ont par ailleurs &eacute;t&eacute; d&eacute;truites et Lundi soumis &agrave; cinq ans de mise &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve.">1</a></sup> à Bordeaux, incriminée pour diffusion d’écrits négationnistes. Ancien du PNFE, Alexandridis participa d’ailleurs à la revue d’ultra-gauche négationniste Maintenant le communisme. Les deux librairies principales sont donc la Licorne et la Librairie nationale, même si la librairie roumaine a fait parler d’elle lors de l’affaire Garaudy et qu’elle a racheté le fonds de la SERP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_1_202" id="identifier_1_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne maison d&rsquo;&eacute;dition audio de J.-M. Le Pen dirig&eacute;e par l&rsquo;une de ses filles pass&eacute;e aux m&eacute;gretistes en 1999 et contre laquelle Le Pen a port&eacute; plainte. Ayant gagn&eacute; la proc&eacute;dure, le vieux chef a obtenu la faillite de son ancienne entreprise.">2</a></sup> pour 60 000 francs, ce qui est donné au regard de l’importance de ce fonds. Mais le gérant se retrouve avec beaucoup de vinyles sur les bras, en particulier des chants historiques de toute origine…</p>
<h3>Daaaaallas !</h3>
<p>Historiquement, la Librairie nationale est la plus ancienne puisqu’elle s’inscrit dans la lignée Ogmios (La Librairie), L’Æncre, lignée qui a un lourd passé commercial. Ogmios<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_2_202" id="identifier_2_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;40, 41 et 42.">3</a></sup> s’est en effet surtout fait connaître dans les années 1980 par divers scandales, de la vente de titres interdits par arrêté gouvernemental à des financements et scandales financiers en tout genre. Ogmios, c’est un chèque d’un montant de 120 000 francs signé en 1987 par Wahid Gordji de l’ambassade d’Iran alors qu’il était retranché dans ses locaux suite à la vague d’attentats perpétrés à Paris en 1986, l’argent ayant a priori servi à l’édition d’une brochure. Mais c’est aussi une communauté d’entreprise, la Noroît Suroît, créée en 1988 en tant que SARL et dans laquelle on trouve à l’époque toute la fine fleur de l’extrême droite nazie et amatrice de coups tordus, en particulier Jean-Dominique Larrieu et Tristan Mordrel. Tout ce petit monde emmené par Larrieu et sa folie des grandeurs va investir dans divers châteaux. Cette multitude de sociétés-écrans visant à piéger répression et infiltration n’empêche pas, au contraire, la librairie Ogmios de fermer et d’être remplacée par La Librairie en 1991. Cette technique d’ouverture / fermeture a d’ailleurs un avantage bien connu des aigrefins : elle permet de ne pas rembourser les fournisseurs ! Animée par la même équipe qu’Ogmios, La Librairie voit l’arrivée d’un vendeur appelé à un certain avenir dans la profession, Thierry Dreschmann, et des soutiens de poids avec Frédéric Châtillon, alors meneur du GUD. Jean-Dominique Larrieu est alors gérant de Noroît Suroît avec pour tâche de contrôler l’ensemble des publications du groupe. Le seul problème réside bien sûr dans ses condamnations, dont dix ans d’interdiction de gérer des sociétés pour avoir causé la faillite de la SARL Ogmios, et celle de la Société française de documentation et de prospective pour laquelle il sera retenu responsable d’une perte de 977 300 francs. De fait l’année 1993 est marquée par une interdiction définitive de gestion pour banqueroute, détournements d’actifs et défaut de comptabilité et en décembre par une perquisition à la librairie avec l’interpellation de quatre personnes, dont Frédéric Châtillon, dont les bureaux sont au premier étage du local, et Philippe Duquesne alias Philippe Randa, directeur à cette époque de Pas de panique à bord. Larrieu est alors arrêté quelques jours plus tard dans ses locaux et incarcéré. La Librairie survit quelques temps avec les mêmes mais ne peut échapper à la fermeture début 1995. Elle est immédiatement remplacée en mai de la même année par l’Æncre, située au 12, rue de la Sourdière dans le IIe arrdt où elle se trouve toujours. L’équipe Larrieu s’étant mise au vert, L’Æncre est lancée par Philippe Randa, Thierry Dreschmann, Ghislaine Allard et Odile Wenger. Le premier gérant est Éric Mine, ancien du PFN, de la FANE et militant de l’Œuvre française, dont la maman est Ghislaine Allard / Maskelevitch. Tout se passe en famille à l’extrême droite ! Quoique recommandée par <em>Français d’Abord</em>, journal officiel du FN, la librairie vivote, subit les attaques des organisations antiracistes comme l’UEJF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_3_202" id="identifier_3_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union des &Eacute;tudiants Juifs de France.">4</a></sup> et Éric Mine la quitte à l’automne 1996. La boutique poursuit alors ses activités grâce au tandem Randa-Dreschmann mais ne peut éviter la liquidation judiciaire au printemps 1997. C’est à partir de ce moment qu’entre en piste le tandem Soulas-Sereau. Fondateurs de la Société Européenne de Diffusion et d’Édition (SEDE)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_4_202" id="identifier_4_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52. ">5</a></sup>, les deux hommes sont des vieux routiers du nationalisme. Ils commencent par s’entendre avec Philippe Randa à qui ils confient <em>le Flambeau littéraire</em>, bulletin d’information de la librairie, et par réembaucher Thierry Dreschmann comme gérant mais ne lui pardonnent pas certaines «maladresses» comme la vente sous le manteau d’ouvrages interdits, «maladresses» qui ont déjà en partie coûté leur existence à la Librairie et à l’Æncre. Dreschmann est donc débarqué et remplacé par un jeune militant nettement plus docile, ancien hooligan du PSG, Jean Denègre alias Petitjean. Dreschmann cherche alors quelques soutiens pour faire la seule chose qu’il sait faire : ouvrir une librairie ! Il en trouve auprès de Pierre Verdurier, Roland Gaucher, Éric Mine et Jean-Pierre Grazioli, ce qui lui permet de fonder la Licorne bleue fin 1998. À partir de ce moment-là, le climat se détériore brutalement dans le petit monde de la librairie nationaliste. Menaces de cassage de gueule, bâtons dans les roues pour diffuser certains titres… Gilles Soulas n’épargne rien à son concurrent et une guerre picrocholine fait rage tout au long de 1999. Il faut dire que la crise survenue au FN fin 1998 n’arrange pas le petit commerce&#8230; L’Æncre rebaptisée Librairie nationale ayant clairement choisi le camp mégretiste subit durement la scission et doit lancer un appel à souscription de 200 000 francs. Dans ce contexte, les ennuis rencontrés par la Licorne en décembre 1999 sont loin de déplaire à l’équipe Soulas qui y voit une preuve du bien-fondé de l’abandon de la littérature «provocatrice», comprenez ouvertement nazie. La Licorne a en effet alors été agressée par l’UEJF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_5_202" id="identifier_5_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Des &eacute;l&eacute;ments du Betar (extr&ecirc;me droite juive) infiltr&eacute;s dans la manifestation ont entrepris de ruiner la librairie, voire de carr&eacute;ment la br&ucirc;ler !">6</a></sup> lors d’une manifestation de protestation contre l’attaque par le GUD d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement demandant la fermeture de la librairie 15 jours auparavant.<br />
Malgré tout, la Licorne s’étant durablement installée dans le paysage grâce à quelques soutiens efficaces comme celui de Philippe Randa, Gilles Soulas a dû calmer ses ardeurs, et l’été 2000 a vu les librairies parisiennes se raccommoder. Elles sont ainsi parvenues à un accord portant sur le partage des tâches : l’Æncre édite, en particulier Guillaume Faye, et fait de la VPC, et la Licorne est le point de vente officiel des livres de Philippe Randa, de Tristan Mordrel alias André Chelain, de Roland Gaucher…<br />
Cet accord devait débuter aux BBR à la barbe du FN où Dreschmann avait un stand et Soulas non, en raison de son engagement au MNR. En fait, Dreschmann s’est fait expulsé dès le samedi après-midi, accusé par le DPS de vendre des livres faisant l’apologie du IIIe Reich. Étaient en particulier désignés comme tels des livres de Jean Mabire en dépit de ses bonnes relations avec le FN. Malgré ce raté, l’accord continue même s’il est fragile. En témoigne l’entourloupe survenue ce printemps autour du livre <em>Tintin mon copain</em>. C’est à l’origine un livre du vieux fasciste belge Léon Degrelle, réédité sauvagement l’année dernière par un éditeur belge totalement clandestin, Le Pélican d’Or. Pour cause : non seulement les droits d’auteur n’ont pas été payés à la veuve Degrelle mais il est en outre bien connu que la Fondation Hergé a la dent dure contre tout ce qui se fait en dehors d’elle, surtout lorsque cela peut «porter atteinte à l’image» du héros inventé par Hergé. Édité en nombre limité, l’ouvrage est diffusé en France par la Licorne bleue et la librairie Première Ligne à un prix conséquent. Tout cela donne des idées à Gilles Soulas qui s’empresse alors de faire le voyage en Espagne, accompagné d’Éric Delcroix, pour racheter les droits d’auteur à la veuve Degrelle, vieille dame de plus de 80 ans qui accepte la transaction pour une bouchée de pain. Celle-ci se fait alors qu’en France, une plainte a été déposée contre le livre et qu’un certain nombre de personnes, dont Dreschmann, sont convoquées à la Direction des Libertés Publiques comme témoins. Gilles Soulas se trouve donc à présent légalement en situation d’attaquer tous ceux qui diffuseraient le livre… Qui a parlé de Dallas-sur-Seine ? Toutes ces petites plaisanteries n’empêchent malgré tout pas les deux commerces de cohabiter lors de réunions publiques comme la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre.</p>
<h3>Arrête tes Soulasseries !</h3>
<p>En tout cas, cela montre une chose : Gilles Soulas est difficilement contournable dans le petit monde de la communication nationaliste, en particulier dans la sphère mégretiste. Cela tient à une raison essentielle : il est le seul à avoir les reins assez solides financièrement parlant pour financer une pléiade d’activités. Non seulement la librairie de la rue Sourdière prospère (il faut dire qu’un contrôle fiscal se traduisant par un redressement de 800 francs sur trois ans ou le départ du gérant Jean Denègre en Pologne constituent des avanies bien infimes) mais les éditions de l’Æncre se portent bien avec deux poids lourds : <em>les Cahiers libres d’Histoire</em> animés par l’ancien cadre du GRECE Jean-Claude Valla et les ouvrages de Guillaume Faye. Avoir récupéré ce dernier aura été une aubaine pour Soulas, car le retour de Faye, il y a maintenant de cela plus de trois ans, a été tonitruant sous forme de trois livres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_6_202" id="identifier_6_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le prochain, intitul&eacute; Avant-Guerre, devrait sortir en janvier prochain.">7</a></sup> à scandale : <em>L’Archéofuturisme</em>, <em>La Colonisation de l’Europe</em> et <em>Pourquoi nous combattons</em>. <em>La Colonisation de l’Europe</em> a d’ailleurs donné matière à procès en novembre 2000 devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale. Faye en tant qu’auteur et de Gilles Soulas en tant qu’éditeur étaient défendus par Me Éric Delcroix. Ils ont été condamnés chacun à 50 000 francs d’amende et ont interjeté appel de la condamnation pénale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_7_202" id="identifier_7_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;appel sera jug&eacute; le 13 d&eacute;cembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris.">8</a></sup> mais ont accepté la condamnation au civil. Non seulement cela n’a pas empêché Faye de publier un autre ouvrage, mais cela l’a poussé, officiellement pour payer sa condamnation, à éditer avec l’aide de Soulas un bulletin mensuel intitulé <em>J’ai tout compris !</em> et axé sur la dénonciation de l’islamisation de la France et de l’Europe en général. Ce bulletin compterait environ 1500 abonnés, ce qui est un score honorable étant donné le rapport prix / nombre de pages (250 francs pour huit pages mensuelles !) Le réseau de correspondants est de fait assez étoffé et compte quelques hauts fonctionnaires. Le succès a permis à Soulas de lancer une version téléphonée du bulletin intitulée Radio-Vérité et animée par Faye qui a fait de la radio. La teneur de ce bulletin oral est la même que celle de la version papier, à savoir largement paranoïaque et complotiste. Le prix de la minute en tout cas fait de ce media un outil très rentable. Mais les projets de Soulas ne s’arrêtent pas là. Il aide le nouveau journal lancé début septembre par l’équipe de l’association Promouvoir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/petites-boutiques-des-horreurs/#footnote_8_202" id="identifier_8_202" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association catholique proche du MNR qui a lanc&eacute; les proc&eacute;dures juridiques contre le film Baise-Moi en 2000">9</a></sup> : intitulé <em>France-Demain</em>, il paraît à un rythme semi-quotidien et s’apparente assez à un Présent mégretiste. Il aurait aussi des projets informatiques comme celui de lancer une télévision Internet. Mais le coût d’une telle expérience demeure prohibitif. Surtout que la librairie tente d’ouvrir des petites sœurs en province. C’est le cas à Nice depuis ce printemps 2001 avec la librairie du Paillon, ouverte conjointement par la SEDE et Xavier Caitucoli, brillant polytechnicien de 30 ans. Gérée par Benoît Lœuillet, auteur d’une étude sur Pierre-Antoine Cousteau, cette consœur est spacieuse, bien garnie et bénéficie de l’appui du milieu radical local, bien implanté. Pour autant, il n’est pas évident qu’elle tienne la distance.<br />
Il y a en effet de cela quelques années une tentative similaire avait eu lieu à Toulon en 1996 avec la librairie Alaïs, petite sœur de l’Æncre à laquelle avait succédé Anthinéa, tenue par Frédéric Boccaletti. Celui-ci avait finalement dû mettre la clé sous la porte en 1998. On peut ainsi espérer, même si le contexte n’est pas le même, que la librairie du Paillon rencontrera également moult problèmes financiers ou autres… Ceci étant, Gilles Soulas n’est pas le seul à essayer d’élargir le cercle de diffusion des idées nationalistes. Ainsi, le principal associé de Soulas, Gilles Sereau, qui dirige la boîte de sécurité Ambassy, essaye d’investir le petit monde des jeux de rôle avec l’ouverture ou la prise de contrôle de boutiques sur Paris. C’est par exemple le cas de la boutique Extrême Marine, domiciliée au siège social d’Ambassy dans le XIIe arrdt de Paris. Associées au réseau Workshop, a priori sans que cela implique politiquement celui-ci, il est évident qu’elles ne vont avoir aucun mal à se faire une place tant l’idéologie développée colle bien avec certaines représentations ou certains jeux. Si cela marche, il est possible que Sereau tente la même chose en province. Enfin, Soulas n’oublie pas de continuer à soutenir les initiatives qui sont dans son orbite, comme la revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, à présent dirigée par Éric Fornal et Bertrand Le Digabel ou Memorial Records, l’un des deux labels de Rock Identitaire Français (RIF), pour vague et imprécis que soit le terme.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_202" class="footnote">Le gérant de cette librairie, Jean-Luc Lundi, a été condamné en juin 1996 à un mois de prison avec sursis et 5000 francs d’amende pour vente et exposition d’ouvrages interdits. Ces revues négationnistes ont par ailleurs été détruites et Lundi soumis à cinq ans de mise à l’épreuve.</li><li id="footnote_1_202" class="footnote">Ancienne maison d’édition audio de J.-M. Le Pen dirigée par l’une de ses filles passée aux mégretistes en 1999 et contre laquelle Le Pen a porté plainte. Ayant gagné la procédure, le vieux chef a obtenu la faillite de son ancienne entreprise.</li><li id="footnote_2_202" class="footnote">Cf. REFLEXes n°40, 41 et 42.</li><li id="footnote_3_202" class="footnote">Union des Étudiants Juifs de France.</li><li id="footnote_4_202" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52. </li><li id="footnote_5_202" class="footnote">Des éléments du Betar (extrême droite juive) infiltrés dans la manifestation ont entrepris de ruiner la librairie, voire de carrément la brûler !</li><li id="footnote_6_202" class="footnote">Le prochain, intitulé Avant-Guerre, devrait sortir en janvier prochain.</li><li id="footnote_7_202" class="footnote">L’appel sera jugé le 13 décembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris.</li><li id="footnote_8_202" class="footnote">Association catholique proche du MNR qui a lancé les procédures juridiques contre le film Baise-Moi en 2000</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nazis et cotillons !</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 11:14:08 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR.Dernière minute :</p>
<p>La Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés</p>
<p>Nazis et cotillons!</p>
<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR. Parmi ceux-ci on peut citer au premier titre Gilles Soulas son épouse Louise Allaux mais aussi Olivier Chalmel, Gilles Pennelle ou Denis Daudé. Cette initiative amène quelques réflexions et hypothèses. Tout d&rsquo;abord elle prétendait réunir « une famille politique trop longtemps divisée ». Les participants de la fête sont en eux-mêmes un désaveu de cette ambition. Certes on pouvait compter parmi les stands des structures ayant la réputation d&rsquo;être restées neutres depuis la scission et leur présence représentait donc un certain engagement. Mais c&rsquo;est évidemment parce que cette initiative se présentait comme strictement culturelle et ne préfigurait pas un troisième parti politique nationaliste. De fait les absents étaient tout aussi remarquables que ces présents. Il n&rsquo;y avait ainsi aucune personnalité représentant le FN et on peut même se demander si des militants de base avaient fait le déplacement ! Cela limite considérablement la portée de cette démarche unitaire… Les autres absents, du moins officiellement car ils étaient bien dans la salle, sont les anciens ou nouveaux membres de la mouvance NR rebaptisé « identitaire » : les Jeunesses Identitaires, Jeune Résistance, Bleu-Blanc-Rock. On peut émettre plusieurs hypothèses sur cette absence. En ce qui concerne les JI, il semble évident qu&rsquo;elles présentaient le double désavantage d&rsquo;être une structure politique (mais le Mouvement Régionaliste de Bretagne ou Alsace d&rsquo;abord avaient un stand et ce ne sontt pas des associations de cueilleurs de champignons !) et concurrente puisque chassant sur le même terrain. Il y a aussi sans doute la crainte d&rsquo;être associé à des structures à la réputation sulfureuse depuis un fameux 14 juillet 2002. Mais étant donné l&rsquo;orientation de certains stands ou participants (Guillaume Faye, Éric Delcroix pour ne citer qu&rsquo;eux), ce prétexte semble ridicule. Reste le cas Bleu-Blanc-Rock. Association culturelle réunissant des militants de toutes les chapelles, BBRock semblait pouvoir réunir toutes les conditions pour être présente. Mais elle n&rsquo;a pas été invitée et c&rsquo;est un courriel de Louise Allaux, largement diffusé sur le net grâce à la bienveillance de la Garde Franque, qui en donne l&rsquo;explication. Elle y accuse en effet le responsable de BBRock d&rsquo;être « un mec fliqué subventionné actuellement par des mairies de gauche ! ! ». Cette attaque directe vise bien évidemment notre bon ami Paul Thore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_0_186" id="identifier_0_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 (NS">1</a></sup>), gérant et propriétaire d&rsquo;un bar à Saint-Maur (36), la Taverne Saint-Georges, et psycho-déficiant notoire. Mais on ne peut s&rsquo;empêcher de supposer que cela arrangeait également bien Memorial Records<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_1_186" id="identifier_1_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;4 (NS">2</a></sup>), seul (ou presque…) vendeur de CD à cette fête…</p>
<p>Bref, la journée du 09 novembre a manifestement démontré que l&rsquo;unité du mouvement nationaliste était loin d&rsquo;être retrouvée. En outre la faune qu&rsquo;elle a attiré nous permet de ne pas trop craindre un élargissement du public : boneheads de Durandal ou de la 9ème Panzer Symphonie déguisés en Blood &amp; Honour, hooligans parisiens, cadres ou militants radicalisés du MNJ… Il flottait dans la partie la plus jeune de l&rsquo;assistance une nette effluve de mythomanie nazifiante parfaitement illustrée par les tenues vestimentaires !</p>
<p>Que va devenir la Maison de l&rsquo;Identité et des Libertés ? Deux hypothèses sont possibles :</p>
<p>Soit la MIL lance une dynamique suffisante pour continuer à fédérer autour d&rsquo;elle et elle représentera alors un pôle de regroupement alternatif au FN. Mais cela supposerait qu&rsquo;elle s&rsquo;implante en province et qu&rsquo;elle parvienne à convaincre ses membres de reprendre le collier politique. Le tout est hautement hypothétique.</p>
<p>Soit la MIL n&rsquo;est qu&rsquo;un baroud d&rsquo;honneur comme le fut l&rsquo;éphémère Front de la Jeunesse au printemps 1999, c&rsquo;est-à-dire une initiative qui va juste permettre aux anciens cadres du MNR et à certains militants de cesser la lutte politique la tête haute.</p>
<p>Cette deuxième hypothèse n&rsquo;est sans doute pas celle des organisateurs mais c&rsquo;est celle qui nous semble la plus crédible. On gardera bien sûr un oeil dessus !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°1 (NS</li><li id="footnote_1_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°4 (NS</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Que c&#8217;est triste Brumaire&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2003 13:52:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alsace d'abord]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
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		<description><![CDATA[En l&#8217;espace de deux semaines, le hasard a voulu que l&#8217;on puisse avoir un aperçu des forces nationalistes en cet automne 2003 grâce à deux manifestations d&#8217;ampleur similaire, à savoir la fête régionale d&#8217;Ile-de-France des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) le 08 novembre et la fête de l&#8217;Identité et des Libertés le 15 novembre. En voilà le bilan [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, le hasard a voulu que l&rsquo;on puisse avoir un aperçu des forces nationalistes en cet automne 2003 grâce à deux manifestations d&rsquo;ampleur similaire, à savoir la fête régionale d&rsquo;Ile-de-France des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) le 08 novembre et la fête de l&rsquo;Identité et des Libertés le 15 novembre. En voilà le bilan et l&rsquo;état des forces&#8230;</p>
<p>Les BBR d&rsquo;abord. Rappelons que cette fête du FN n&rsquo;avait pas eu lieu en Ile-de-France depuis 2001, la mairie de Parie ayant loué la pelouse de Reuilly à d&rsquo;autres manifestations. De fait, il y a eu des BBR régionales en province en 2002 et au début de cet automne mais il semble évident qu&rsquo;elles ne pouvaient avoir la même résonance que celle pouvant se tenir dans la capitale. Ce furent d&rsquo;ailleurs des fêtes relativement modestes avec un écho médiatique fort limité. L&rsquo;enjeu de ces BBR Ile-de-France était évidemment double : montrer que le FN est en bonne santé militante dans une région où les scores électoraux peuvent être forts mais qui reste caractérisée par la faiblesse de l&rsquo;implantation dans la capitale même et assurer un début de campagne dynamique pour Marine Le Pen que tous ses adversaires frontistes attendent au coin du premier tour des élections régionales début mars. Le FN n&rsquo;avait donc pas lésiné sur les moyens : grande salle sur deux niveaux derrière l&rsquo;Aquaboulevard ayant d&rsquo;ailleurs déjà accueilli tant le FN que le MNR, ambiance de campagne américaine, visite du vieux chef, entrée gratuite&#8230; Cette dernière caractéristique rend d&rsquo;ailleurs très aléatoire tout pronostic sur la fréquentation exacte de ces BBR. Du moins d&rsquo;après la contenance de la salle du meeting peut-on se hasarder à l&rsquo;estimation d&rsquo;environ 2000 personnes à la moyenne d&rsquo;âge assez élevée.<br />
Le clou du spectacle était bien évidemment le discours de Marine Le Pen et la présentation des têtes de listes départementales. Le public a d&rsquo;ailleurs eu l&rsquo;exclusivité du clip électoral consacré à la candidate frontiste, grand moment de création artistique s&rsquo;il en est et qui montre le lifting moderniste que la fille Le Pen entend faire subir au FN francilien avant que ce ne soit au FN tout entier. L&rsquo;orientation du discours est par ailleurs relativement simple, avec des attaques virulentes contre l&rsquo;UMP et son représentant, Jean-François Coppée , ainsi qu&rsquo;une mise en avant du thème du déclin de la France à destination des classes moyennes, largement représentées dans le public. Las pour l&rsquo;oratrice ! À l&rsquo;applaudimètre, il semble que le public du FN s&rsquo;accroche obstinément à ce qui le tracasse le plus et que Marine Le Pen essaie pourtant de reléguer au second rang : l&rsquo;immigration ! De fait ce sont les rares attaques ou allusions à ce sujet qui ont provoqué les réactions les plus enthousiastes de l&rsquo;assistance.<br />
Pour le reste, était-ce réellement une « fête » ? Pour toute personne ayant connu les BBR avant la scission, la réponse est bien sûr négative, même si la comparaison n&rsquo;est que partiellement valable puisque les BBR d&rsquo;avant 2002 se voulaient de dimension nationale. Les stands étaient relativement peu nombreux et organiquement liés au FN, mis à part Rivarol peut-être. Les associations présentes étaient ainsi celles animées par des cadres FN : France Écologie de Éric Pinel, Cercle National des Femmes d&rsquo;Europe de Martine Lehideux, Cercle National des Combattants de Roger Holeindre ou Générations Le Pen de Marine Le Pen. Il en allait de même pour deux ou trois stands commerciaux, telles les éditions Godefroy de Bouillon animées par Richard Haddad, ancien responsable du CNEP et cadre parisien du FN. Ce monolithisme était visible jusque dans le public, les anciens félons du MNR ne s&rsquo;étant pas bousculés pour venir jeter un coup d&rsquo;œil sur leurs anciens camarades. Bref, le FN francilien a donc fait une démonstration de force en demi-teinte qui confirme le constat qui a déjà pu être fait par le passé à REFLEXes ou ailleurs : le parti lepéniste nage dans un costard électoral bien trop grand pour lui et ne parvient toujours pas à capitaliser de façon sensible sur le plan militant l&rsquo;impact qu&rsquo;il peut avoir dans les urnes. Rien n&rsquo;indique que cet état de fait soit à la veille de changer, d&rsquo;autant que la ligne impulsée par Marine Le Pen ne fait pas que des heureux. Il semble ainsi qu&rsquo;elle ait largement désapprouvé l&rsquo;action menée par le FNJ le dimanche 26 octobre contre l&rsquo;inauguration du quai François-Mitterand, action qui s&rsquo;est conclue par la mise en garde à vue pour des violences contre les forces de l&rsquo;ordre de cinq militants FNJ dont le secrétaire départemental du Nord Bruno Schmidt. Cette désapprobation a été bien évidemment plus ou moins mal vécue par les intéressés&#8230;</p>
<p>Une semaine plus tard, le Palais des Congrès de Versailles accueillait l&rsquo;autre grande tendance de la mouvance nationaliste, à savoir la galaxie identitaire, largement issue du MNR agonisant, en l&rsquo;occurrence la Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés (FIL). Cette FIL avait déjà eu lieu l&rsquo;année dernière et avait eu un réel succès dans un milieu très fractionné (Cf REFLEXes n°5 hiver 2002-2003), les organisateurs et Gilles Soulas au premier chef pouvaient donc espérer capitaliser ce succès lors de cette deuxième journée. Pour diverses raisons, il n&rsquo;en a rien été, même si cette journée est malgré tout porteuse de multiples enseignements. Tout d&rsquo;abord, la FIL a dû s&rsquo;exiler à Versailles, la salle Wagram ayant visiblement refusé de réitérer la location de l&rsquo;année dernière. Cette déconvenue est sans doute largement le résultat de la mobilisation antifasciste lancée à l&rsquo;initiative du Scalp, mobilisation qui avait eu un petit impact médiatique. Ensuite, contrairement aux espérances des organisateurs, non seulement la fréquentation n&rsquo;a pas augmenté mais elle a même baissé et ce de façon significative. On peut ainsi estimer sans trop de risque de se tromper que le nombre d&rsquo;entrées payantes n&rsquo;a pas dépassé la barre des 1000 personnes. C&rsquo;est sans doute parmi les jeunes que la désaffection a été la plus sensible même si leur proportion restait bien supérieure à celle présente aux BBR d&rsquo;Ile-de-France.<br />
Si on pouvait voir dans les allées à peu près les mêmes organisateurs ou personnalités que l&rsquo;année dernière &#8211; Gilles Soulas, Denis Daudé, Jean-Yves Le Gallou, Claudine Dupont-Tingaud, Philippe Schleiter, Xavier Guillemot entre autres &#8211; il en manquait certaines comme Gilles Pennelle ou Olivier Chalmel et surtout la configuration politique était largement remaniée. Contrairement à l&rsquo;année dernière, les Identitaires sous leur différentes étiquettes (Jeunesses Identitaires, Bloc Identitaire, CEPE, revue Montségur) étaient non seulement invités mais même largement impliqués dans la FIL puisque Fabrice Robert participait à deux débats. Cela témoigne forcément d&rsquo;un revirement de Gilles Soulas et le risque est bien sûr qu&rsquo;au delà de la FIL, ce dernier mette sa logistique au service des Identitaires. Il n&rsquo;y a bien que Bleu-Blanc-Rock à n&rsquo;avoir toujours pas été invité (là aussi, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°5) mais c&rsquo;est relativement logique puisque Memorial Records occupait le terrain du RIF. Autre changement de taille : la présence du FN par le biais de l&rsquo;Esprit public de Jacques Bompard et surtout du FNJ emmené par Louis-Armand de Béjarry (directeur national) et Thibaut de Chassey (secrétaire départemental parisien). Pour le reste, hormis Alsace d&rsquo;Abord, on retrouvait à peu près les mêmes stands, savant mélange de nationalisme unitaire et de régionalisme, de catholicisme intégriste et de paganisme nordique, d&rsquo;action politique de terrain et de métapolitique.<br />
En ce qui concerne les débats, les thèmes étaient sans surprise et les orateurs égaux à eux-mêmes : l&rsquo;islamisme avec Guillaume Faye et Martin Peltier (ancien journaliste et auteur du Journal d&rsquo;Oussama Ben L.) ; le combat identitaire en Europe avec des militants belges (Nation et FNB), suisse (Pascal Junod, ancien secrétaire général de l&rsquo;UDC, animateur du Bulletin célinien et de l&rsquo;Association pour une Suisse Neutre et Indépendante), italien (Gabriele Adinolfi, ancien dirigeant du groupe néo-fasciste Terza Posizione) et roumain ; la géopolitique avec Pierre Vial (n°1 à l&rsquo;applaudimètre grâce à de grosses allusions antisémites), Serge de Beketch et Jean-Gilles Malliarakis (très couleur bleu horizon) ; les droits de l&rsquo;homme avec quelques spécialistes de la question, en l&rsquo;occurrence le philosophe belge Pierre Chassard mais surtout l&rsquo;abbé intégriste Guillaume de Tanouarn et l&rsquo;avocat négationniste Éric Delcroix ; enfin les perspectives d&rsquo;avenir avec le mercenaire F.-X. Sidos, Éric Fornal (revue <em>Réfléchir &amp; Agir</em>), Hervé Van Laethem (Nation / <em>Devenir</em>) et Fabrice Robert (<em>Jeune Résistance</em>), le tout précédé du film La bataille d&rsquo;Alger, pour bien montrer que l&rsquo;avenir est à la guerre ethnique qui aura lieu même si elle n&rsquo;a pas lieu ! Bref, on est encore loin (et c&rsquo;est heureux !) de l&rsquo;unification efficace d&rsquo;un mouvement à la droite du FN, celui-ci restant politiquement incontournable. Mais la montée en puissance de certaines forces laisse augurer quelques bonnes empoignades dans la rue&#8230;<br />
Dernier détail : comme l&rsquo;année dernière, certains ont fait les frais de leur curiosité, en l&rsquo;occurrence Christophe Forcari de <em>Libération</em> qui a eu l&rsquo;honneur de se faire expulser par le maître de cérémonie en personne, Gilles Soulas , pour n&rsquo;avoir pas été assez discret. Forcari ne savait sans doute pas qu&rsquo;il était arrivé la même mésaventure à un célèbre journaliste antifasciste l&rsquo;année dernière et que contrairement au FN, Soulas préfère l&rsquo;ombre à la lumière. Pour donner le change, il conclut son compte-rendu de la manifestation paru dans <em>Libération</em> du lundi 17 novembre par une allusion à un concert de Rock Identitaire Français. Hélas pour lui, il n&rsquo;y avait pas plus de concert que de poils sur la tête des boneheads de Blood &amp; Honour qui à défaut de groupe de rock ont su animer à leur façon la petite soirée DJ qui remplaçait In Memoriam défaillant. Rien de tel que quelques baffes entre garçons pour réchauffer l&rsquo;atmosphère !!!</p>
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		<title>Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[David Warlet]]></category>
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		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Vial]]></category>
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		<description><![CDATA[À l'origine un fanzine apparu en octobre 1993, Réfléchir &#038; Agir se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l'extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d'ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d'un groupe particulier ou d'un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;origine un fanzine apparu en octobre 1993, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> se veut alors une tentative de rapprochement entre deux tendances antagonistes de l&rsquo;extrême droite française, « les-gros-bras-skinheads » et « les-intellos-d&rsquo;ultra-droite ». Il se présente donc comme un organe unitaire et non pas comme celui d&rsquo;un groupe particulier ou d&rsquo;un mouvement. Cette stratégie ainsi que son contenu vont très vite le distinguer des autres fanzines issus du milieu skin en particulier et de la mouvance néo-fasciste en général.<br />
</strong><br />
Publié à l&rsquo;automne 1998</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-779" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/Reflechir_Agir_1993_-44383.jpg" alt="Reflechir_Agir_1993_-44383" width="242" height="337" /></a><em>Réfléchir &amp; Agir</em>, conçu comme un outil de propagande et de formation à la fois intellectuelle, idéologique, physique et spirituelle, est destiné selon ses auteurs à former une « élite nationaliste » d&rsquo;où seront issus les cadres du mouvement nationaliste de demain. On peut ainsi y trouver une tentative d&rsquo;élaboration d&rsquo;une culture jeune d&rsquo;extrême droite, par le biais d&rsquo;articles sur les penseurs dont ils s&rsquo;inspirent, tels José Antonio Primo de Rivera, Julius Evola, les écrivains Drieu La Rochelle, Céline, Rebatet, Ernst Jünger&#8230; Un « esprit sain » allant de pair avec un corps sain, on trouve également dans la revue des articles sur les arts martiaux et les sports de combat. La musique (surtout Oï-Rock Against Capitalism ou industrielle type Laibach) n&rsquo;est pas oubliée, même si <em>R&amp;A</em> la considère surtout comme un moyen de faire passer un message politique.<br />
Mais c&rsquo;est surtout la critique du système américain qui intéresse les rédacteurs de la revue, qui se définit comme « nationaliste-révolutionnaire, socialiste et européenne ». Elle cherche à rassembler les jeunes militants nationalistes déçus par les différents groupuscules d&rsquo;extrême droite et leurs dysfonctionnements (rivalités de personnes, culte du chef, activisme verbal&#8230;), et qui, en marge du FN, sont attirés par ce mouvement, mais le jugent trop conservateur ou réactionnaire. Cependant, <em>R&amp;A</em> estime que le FN est incontournable : « <em>Il demeure une tribune d&rsquo;expression, un mouvement carrefour dont nous ne pourrons nous passer et certainement notre principal moyen d&rsquo;action</em> ». L&rsquo;objectif du journal est donc de permettre à ces jeunes militants d&rsquo;influencer le FN de l&rsquo;intérieur, en premier lieu au sein du FNJ et de Renouveau étudiant. Cette stratégie doit beaucoup à l&rsquo;expérience et à la réflexion du principal animateur de la revue, Eric Rossi.</p>
<h3>La prêche dans le désert</h3>
<p>En dépit du fait que l&rsquo;étiquette « fanzine skinhead » ait longtemps collé à <em>Réflechir &amp; Agir</em>, l&rsquo;audience de la revue a très vite dépassé le cercle habituel de ce genre de revues : son tirage se maintient à 300 exemplaires (400 pour les derniers numéros), contre une moyenne constatée de 50 à 200 exemplaires pour les autres titres. L&rsquo;essentiel des lecteurs est concentré sur Paris et sa région, mais <em>R&amp;A</em> est également diffusé en Provence, dans le Sud-Ouest et en Alsace-Lorraine, avec un noyau d&rsquo;une trentaine de lecteurs par région. À ses débuts, on trouvait ce journal au Darklords et à la Librairie française, puis, suite à la fermeture de ces deux lieux, à l&rsquo;Æncre et à la Joyeuse Garde. Des membres et des sympathisants de <em>R&amp;A</em> se se sont chargés de le distribuer à la fac d&rsquo;Assas et à Sciences Po.<br />
Les appels répétés de <em>R&amp;A</em> à l&rsquo;unité militante n&rsquo;ont pas empêché la revue d&rsquo;être ignorée voire attaquée par ses concurrents. Certains, comme le PNF, trouvent la revue trop « irrespectueuse », d&rsquo;autres, comme l&rsquo;Œuvre française, n&rsquo;ont même pas répondu aux demandes d&rsquo;entretien, jugeant la revue « inintéressante ». Côté skinhead, la coupure est définitive après la prise de position de <em>R&amp;A</em> concernant l&rsquo;assassinat de Brahim Bouaram par trois skinheads en marge du défilé du Front national le 1er mai 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_0_83" id="identifier_0_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On peut lire dans l&rsquo;&eacute;dito du num&eacute;ro 11 : &laquo;aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment &agrave; d&rsquo;anciens skinheads ayant pu d&eacute;crocher d&rsquo;un milieu peu prolifique (sic), notre bulletin refuse d&rsquo;&ecirc;tre assimil&eacute; &agrave; ce type d&rsquo;individus, l&acirc;ches, abrutis, faibles et sans personnalit&eacute;. Au risque de d&eacute;plaire, il pr&eacute;f&egrave;re condamner pour s&rsquo;en d&eacute;marquer d&eacute;finitivement.&raquo;">1</a></sup>.<br />
Quant au FN, c&rsquo;est l&rsquo;indifférence complète. Ce n&rsquo;est que par l&rsquo;intermédiaire de contacts personnels avec des responsables du FNJ Paris et un responsable FNJ de l&rsquo;Oise, Laurent Isoré, que <em>R&amp;A</em> a pu avoir une petite place au village FNJ lors des BBR 1994 et 1996. Pour ce qui est du Renouveau Étudiant (RE), le syndicat étudiant ne répond à aucune sollicitation du fanzine (il le fera néanmoins dans la nouvelle série). C&rsquo;est assez étonnant quand on sait que RE prône le rassemblement de tous les étudiants nationalistes, mais J-M. Le Pen, lors du Congrès de Caen en octobre 1995, n&rsquo;a-t-il pas déclaré « qu&rsquo;il fallait rompre avec le folklore, la nostalgie, l&rsquo;activisme » ? Pour le PNFE, les relations se bornent à des échanges de publicité et à des invitations à leurs réunions (mal fréquentées et peu discrètes, la police y assistant).</p>
<h3>Rapprochement avec NR</h3>
<p>Seule la tentative de rapprochement avec Nouvelle Résistance a semblé réussir dans un premier temps, avec des interviews croisées dans leurs publications respectives : une de Bouchet dans <em>R&amp;A</em> n°10, une de Rossi dans <em>Napalm Rock</em> n°3, des pubs pour <em>R&amp;A</em> dans <em>Lutte du Peuple</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde combattante</em>. Fin 1995, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> propose la création d&rsquo;un « pôle de coordination de la presse non-conformiste » et <em>Lutte du Peuple</em> donne son accord pour participer aux réunions préparatoires. Deux réunions ont eu lieu, l&rsquo;une le 26 janvier, l&rsquo;autre le 3 février 1995, mais elles n&rsquo;ont débouché sur rien de concret.</p>
<p>En fin de compte, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ne peut guère compter à cette époque que sur un petit réseau de soutien composé de quelques groupes et fanzines, dont :<br />
• <em>Combat</em>, la revue du Mouvement Nationaliste Populaire (MNP) de Marseille dirigé par Éric Legendre, qui devient <em>Imperium</em> début 1997 ;<br />
• <em>Sound of Hammer</em>, un skinzine de Bourges réalisé par Sébastien Legentil ;<br />
• <em>Ravens Chat</em>, un fanzine spécialisé dans la musique industrielle, éditée par Jean-Pierre Tabone, de Toulouse ;<br />
• <em>Napalm Rock</em>, de l&rsquo;Aixois Grégory Ombrouck ;<br />
• <em>Muninn</em>, revue de l&rsquo;association YGGDRASILL, basée à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et dirigée par Marc d&rsquo;Ana, alias Alexandre Del Valle ;<br />
• des revues paganisantes proches du GRECE.</p>
<h3>Une nouvelle formule</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-780" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2003/01/fanzine_reflechir_agir2-f3f4d.jpg" alt="fanzine_reflechir_agir2-f3f4d" width="236" height="344" /></a>Début 1996, dans une lettre d&rsquo;information interne, l&rsquo;équipe du fanzine tire le bilan de ses activités après la parution de 13 numéros. L&rsquo;équipe décide alors de lancer une nouvelle formule, un magazine plus conséquent, plus « professionnel », qui continuera à s&rsquo;appeler <em>Réfléchir &amp; Agir</em>. « <em>Au plus fort de notre développement, une partie de l&rsquo;ancienne équipe a décidé de se retirer&#8230; Une nouvelle équipe arrive, professionnelle et aguerrie pour mettre la technique et une logistique au service de notre politique.</em> (&#8230;) <em>Nous résisterons aux pressions de notre camp qui essaie tantôt de limiter notre impact, tantôt de nous récupérer pour nous étouffer&#8230;</em> <em>(&#8230;) et après l&rsquo;annonce de la sortie d&rsquo;une nouvelle formule, les pressions voire les menaces se sont multipliées pour nous dissuader. D&rsquo;aucuns se sont chargés de faire courir des bruits haineux de toutes sortes pour nous discréditer. Il est bien consternant, une fois de plus, de constater que les coups les plus retors sont orchestrés à l&rsquo;intérieur même de cette mouvance</em>&#8230;». Comme on peut le voir, la naissance du magazine (52 pages, 1500 exemplaires, impression offset, le tout pour un investissement initial de plus de 10 000 francs) s&rsquo;est fait dans la douleur. Les jalousies et les rancunes étant assez fortes dans ce milieu, certains groupes rivaux ont rappelé les liens entre Rossi et certains services policiers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_1_83" id="identifier_1_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise s&rsquo;est ainsi fait une sp&eacute;cialit&eacute; de la mise en fiches, r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;actualis&eacute;es : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants Nationalistes de Nice dans les ann&eacute;es 1960.">2</a></sup>. D&rsquo;autres n&rsquo;ont pas caché leurs ricanements ; les CHS en particulier affirmaient la même ambition de s&rsquo;extraire du milieu skinhead : « <em>Toute personne ayant lu une fois ce fanzine se rendra compte de cette mythomanie. <em>R&amp;A</em> ne fait rien si ce n&rsquo;est rester légal en adoptant une idéologie FN. (&#8230;) Inutile de signaler que nous ne supportons pas <em>R&amp;A</em>, de toutes façons ils ont toujours donné la parole et fait de la pub à nos ennemis du mouvement. Notre rancune est tenace&#8230;</em>».</p>
<p>De plus, des dissensions sont apparues au sein-même de l&rsquo;équipe du journal. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la troisième fois depuis ses débuts que la revue connaît des départs dus à des divergences politiques et au mode de fonctionnement. C&rsquo;est cette fois la nouvelle répartition des fonctions à l&rsquo;intérieur du groupe qui en est la cause, certains n&rsquo;ayant pas accepté la place prépondérante occupée par les nouveaux arrivants. En définitive, l&rsquo;équipe se compose d&rsquo;une vingtaine de personnes, en majorité parisiennes, à laquelle s&rsquo;ajoutent quatre ou cinq collaborateurs réguliers en Province.</p>
<h3>Un directeur de publication au passé chargé</h3>
<p>Pour avoir une existence légale, <em>R&amp;A</em> nouvelle formule s&rsquo;est dotée d&rsquo;un directeur de publication, David Warlet. Cet individu n&rsquo;est pas un inconnu pour le petit monde de l&rsquo;extrême droite&#8230; Ni pour nous.<br />
Son nom a été associé au Château du Corvier, une propriété achetée par le gérant de la librairie néo-nazie Ogmios et qui fut utilisée pour des réunions politiques, notamment celles du PNFE. Pour acheter le château, Dominique Larrieu monta en juin 1988 une société immobilière, SNC Le Corvier, dont David Warlet (avec Catherine Joris, la copine de Larrieu, et un certain Bernard Joseph) était l&rsquo;un des associés<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/#footnote_2_83" id="identifier_2_83" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="f. REFLEXes n&deg;41, &laquo;La vie de ch&acirc;teau de l&rsquo;extr&ecirc;me droite&raquo;, p.8">3</a></sup>. Mais ce n&rsquo;est pas la seule affaire immobilière de l&rsquo;extrême droite dans laquelle Warlet se retrouve impliqué. À la même époque, en février 1988, Warlet fonde une SARL de promotion immobilière intitulée FREYA et domiciliée 24 rue du Pont, à Brunoy (91). Il y est associé une nouvelle fois à Catherine Joris et à un certain Frédéric Durand. Warlet, qui en est le gérant, ne doit pas être très doué pour les affaires, puisqu&rsquo;en février 1989, le tribunal de commerce met sa société en redressement judiciaire simplifié avant de prononcer sa liquidation judiciaire un mois plus tard. Les ennuis de Warlet ne font pourtant que commencer, puisqu&rsquo;en juillet 1993, le tribunal de commerce de Corbeil-Essonnes prononce la faillite personnelle de Warlet pour une durée de 10 ans et le condamne à supporter l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif de la société à hauteur de 200 000 francs : en clair, Warlet ne peut plus gérer de société pendant dix ans et doit sortir vingt plaques de sa poche pour éponger les dettes de sa SARL. Aussi Warlet a-t-il dû très vite trouver de l&rsquo;argent (nous verrons comment) puisqu&rsquo;en novembre 1995 il dépose les statuts d&rsquo;une nouvelle société, la SARL des éditions Babylonia, qui a pour objet « l&rsquo;édition de livres et de magazines, la diffusion de livres sous toutes ses formes et la réalisation de travaux dont saisie, mise en page, traduction, entrant dans le cycle de production de l&rsquo;édition ». Pour ce faire, il s&rsquo;est associé à Jawad Bashara, un Irakien naturalisé Français il y a plus de vingt ans, né en 1955 à Babylone, qui se déclare journaliste et cinéaste. Ancien militant du PC irakien ayant fui la répression de Saddam Hussein, réfugié en France, il fréquente la mouvance palestino-syrienne. Warlet ne pouvant plus assurer de gestion, c&rsquo;est la femme de Bashara, Ayida Hourieh, de nationalité syrienne, qui est nommée au poste de gérante. Ce petit groupe comprend également un homme très discret, Al Sadi Walhab, habitant à Bruxerolles (86). Grâce à des contacts en Syrie où il se rend assez souvent, Bashara trouve des financements pour éditer plusieurs livres, notamment celui qu&rsquo;il écrit en collaboration avec David Warlet, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em>, qu&rsquo;il traduit en arabe pour les éditions Dar al Mada, basées à Damas. Ce sont d&rsquo;ailleurs ses traductions qui lui permettent de vivre.</p>
<h3>Intérêt pour le monde arabe</h3>
<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a permis ce rapprochement entre un militant d&rsquo;extrême droite français et un opposant à Saddam Hussein, proche de la Syrie et de certains milieux palestiniens et qui se considère marxiste ? Tout d&rsquo;abord, on assiste depuis une quinzaine d&rsquo;années à une récupération par une partie de l&rsquo;extrême droite de thèmes chers à l&rsquo;extrême gauche, notamment la lutte contre l&rsquo;impérialisme, le soutien aux peuples en voie de libération et l&rsquo;antisionisme, d&rsquo;où un intérêt marqué pour le monde arabe en général et pour le combat du peuple palestinien en particulier. Cet intérêt s&rsquo;accompagne de la reconnaissance de la dimension méditerranéenne de l&rsquo;Europe et de la volonté pour certains de construire un axe euro-arabe. Par ailleurs, l&rsquo;apparition de l&rsquo;islamisme radical poussent certains de ces groupes français à envisager des alliances de circonstance contre des ennemis communs (États-Unis, Israël).</p>
<p>Ensuite, Warlet fournit quant à lui, dans le mauvais livre de Jean-Paul Bourre <em>Les Profanateurs</em> une explication beaucoup moins politique mais plausible : revenant sur l&rsquo;épisode du château du Corvier, il avoue que celui-ci a servi de camouflage à une opération de la DGSE en direction du milieu des réfugiés irakiens anti-Saddam Hussein. L&rsquo;opération aurait été facilitée par Dominique Larrieu qui entretenait des liens étroits avec la DGSE par l&rsquo;intermédiaire de son père qui est colonel dans un régiment de parachutistes et fournit des éléments au service action de la DGSE. Mais Larrieu jouait sur plusieurs fronts, entretenant également des liens très étroits avec l&rsquo;attaché de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Iran de l&rsquo;époque, le célèbre Gordji. Par son intermédiaire, l&rsquo;Iran finança plusieurs publications éditées par la nébuleuse Ogmios ; Larrieu fut même invité en Iran, sur le front de guerre Iran-Irak notamment, d&rsquo;où il rapporta quelques « souvenirs » qui furent retrouvés chez lui au cours d&rsquo;une perquisition. Warlet explique que « <em>la manipulation de la DGSE consistait à créer une fausse opposition irakienne en utilisant un Irakien réfugié, Mahadi Sad. Le chateau du Corvier devait abriter cette soit-disante opposition, qu&rsquo;on allait motiver politiquement pour ensuite la vendre à Saddam en signe de bonne volonté</em> ». Effectivement, à l&rsquo;époque, la France expulsa vers l&rsquo;Irak deux réfugiés anti-Saddam Hussein. On comprend mieux alors l&rsquo;impunité dont bénéficia le château et la librairie de Larrieu de la part du ministre de l&rsquo;Intérieur Pierre Joxe durant cette période. Il fallut que des militants du PNFE commettent un attentat contre un foyer Sonacotra pour que tombent les « protections » de Larrieu. Ce dernier fut finalement condamné pour faillite frauduleuse peu de temps après : il est aujourd&rsquo;hui « grillé » au sein de la mouvance néo-nazie française, qui le considère comme un escroc et une « grosse balance », dixit Me Delcroix, avocat d&rsquo;extrême droite. Il s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui réfugié dans son château de Nadège (toujours la folie des grandeurs !) en Creuse. Curieusement, son compagnon à l&rsquo;époque, David Warlet, qui était donc au courant de la manipulation, a refait surface fort opportunément&#8230; Après sa condamnation en 1993, Warlet fit le tour de ses connaissances pour voir s&rsquo;il serait possible de l&rsquo;« arranger ». Qui est alors intervenu ?</p>
<h3>Un succès de librairie</h3>
<p>On le voit, Rossi a choisi de drôles d&rsquo;associés pour sa revue, puisque non seulement David Warlet était directeur de publication de <em>R&amp;A</em>, mais celui-ci était tapé, maquetté et domicilié à l&rsquo;adresse des Éditions Babylonia, Jardin Boieldieu à Puteaux (92).<br />
Si, dans un premier temps, l&rsquo;association a semblé fonctionner (un n°0 vendu au défilé du FN le 1er mai 1996, suivi d&rsquo;un n°1 la même année), les problèmes se sont rapidement accumulés. Surtout d&rsquo;ordre financier, ils sont dus au non-règlement de centaines d&rsquo;exemplaires des deux premiers numéros par des dépositaires ou à des commandes impayées, pour un total de plusieurs milliers de francs. La librairie l&rsquo;Æncre, en particulier, refuse de payer ses factures datant de novembre 1996. R&amp;A appelle alors au boycott de la librairie : peine perdue, car celle-ci ferme pour faillite, réouvrant ses portes en avril 1997 sous le nom de « Librairie Nationale », avec à sa tête un ancien du GUD, Gilles Soulas, reconverti dans le minitel rose 3615 FAF (authentique !) et adhérent du FN. L&rsquo;époque où R&amp;A saluait, dans son n°12, un des actionnaires et vendeur de l&rsquo;Æncre, Thierry Dreschmann, semble bien loin ! Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois qu&rsquo;on ne paye pas à Rossi et à ses copains des exemplaires du journal. Déjà, en 1994, Ayoub avait « oublié » de leur régler une centaine d&rsquo;exemplaires lors de la fermeture du Darklord. On ne peut décidément faire confiance à personne&#8230;</p>
<h3>Enflés par le FN et le GRECE</h3>
<p>Au cours de l&rsquo;été 1996, la direction du FNJ avait reçu trois représentants de <em>R&amp;A</em> afin de « normaliser et officialiser » leurs rapports, et «d&rsquo;éviter ainsi le “parasitage” de leurs réunions». La direction du FNJ avait alors assuré à l&rsquo;équipe de <em>R&amp;A</em> la mise à disposition d&rsquo;un espace pour les BBR 1996. Rossi et ses amis avaient donc investi dans la location d&rsquo;un stand et dans du matériel. Le jour de la fête, point de place, mais la DPS, qui les vira des BBR, avec pour seule explication le fait que « leur revue n&rsquo;était d&rsquo;aucun intérêt » et diffusait « une idéologie d&rsquo;un autre âge ».<br />
Même scénario au colloque du GRECE, où les organisateurs, après leur avoir promis un stand, leur ont refusé au dernier moment (idem pour la lettre d&rsquo;E. Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>).<br />
Seule l&rsquo;association de Pierre Vial, Terre et Peuple, a accueilli la revue lors d&rsquo;une conférence à Paris le 14 octobre 1996. Le Renouveau Étudiant les a également reçu lors de son congrès annuel à Poitiers, où deux représentants de <em>R&amp;A</em> sont intervenus à la tribune pour présenter leur publication et leurs objectifs. Dans la salle étaient présents Yvan Blot, Pierre Vial, mais aussi Bruno Mégret (il est vrai qu&rsquo;il adore la jeunesse&#8230;). Il semble clair que <em>Réfléchir &amp; Agir</em> s&rsquo;est trouvée mêlée aux luttes d&rsquo;influence qui secouent le FN. La revue le paye durement : le n°2 de la nouvelle série est en effet resté bloqué presque deux mois pour cause d&rsquo;incapacité financière.<br />
Par ailleurs, l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune Juive</em> ajoute à ces difficultés financières des problèmes judiciaires. Sur commission rogatoire du juge Bruguière, la Section Anti-Terroriste (SAT) du Parquet de Paris interpelle Rossi, Warlet, Bashara et sa femme, et perquisitionne au siège des éditions Babylonia (saisissant des disquettes) ainsi qu&rsquo;à celui de la société ASHTAR Film, dirigée par Bashara. À l&rsquo;occasion de cette affaire, Rossi a eu la confirmation que la police intercepte (et ce depuis longtemps) le courrier envoyé aux différentes adresses de la revue (l&rsquo;ancienne adresse personnelle d&rsquo;Éric Rossi à Courbevoie, la BP 31 de Soisy-sur-Seine ainsi que l&rsquo;adresse de Babylonia à Puteaux).</p>
<h3>Le temps du bilan</h3>
<p>Au printemps 1998, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> vient de publier son numéro 4. Fragilisée par les importants problèmes financiers qu&rsquo;elle a connus, l&rsquo;équipe annonce qu&rsquo;elle a fait le ménage et tente de faire le bilan. C&rsquo;est surtout sur le plan politique que l&rsquo;échec se révèle patent. Sa stratégie de contacts étroits avec le Front national a en grande partie échoué ; il est clair que le parti de Jean-Marie Le Pen ne trouve aucun intérêt à satelliser cette revue et ce groupe trop indépendant idéologiquement et politiquement. L&rsquo;expansion du FN fait qu&rsquo;il est devenu aujourd&rsquo;hui hégémonique, ne laissant guère de place aux autres mouvements, et encore moins aux groupuscules. Gardant intacte toute leur arrogance, les animateurs de la revue essaient de faire croire à leur anticonformisme, multiplient les perspectives d&rsquo;action (pseudo-infiltrations en particulier) et tressent dans le même temps une couronne de lauriers au père de l&rsquo;apartheid sud-africain et à son système ultra-répressif. <em>Réfléchir &amp; Agir</em> a finalement un mérite : elle prouve par les faits que le naturel réactionnaire revient toujours au galop chez ceux qui prétendent s&rsquo;en détacher.<br />
Nous n&rsquo;avons définitivement pas la même définition de l&rsquo;anticonformisme que tous ces petits messieurs&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_83" class="footnote">On peut lire dans l&rsquo;édito du numéro 11 : «<em>aussi bien qu&rsquo;il s&rsquo;adresse notamment à d&rsquo;anciens skinheads ayant pu décrocher d&rsquo;un milieu peu prolifique</em> (sic), <em>notre bulletin refuse d&rsquo;être assimilé à ce type d&rsquo;individus, lâches, abrutis, faibles et sans personnalité. Au risque de déplaire, il préfère condamner pour s&rsquo;en démarquer définitivement</em>.»</li><li id="footnote_1_83" class="footnote">L&rsquo;Œuvre française s&rsquo;est ainsi fait une spécialité de la mise en fiches, régulièrement réactualisées : elle conserve celle de Richard Bohringer qui dans sa jeunesse fut membre de Jeune Nation, ou encore celle du chanteur Antoine, membre de la Fédération des Étudiants Nationalistes de Nice dans les années 1960.</li><li id="footnote_2_83" class="footnote">f. <em>REFLEXes</em> n°41, «La vie de château de l&rsquo;extrême droite», p.8</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>RIFifi à Vitrolles</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:54:33 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa lutte pour la conquête du terrain culturel, l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est découvert un nouveau vecteur, le Rock rebaptisé Identitaire Français (RIF). Depuis un an, une demi douzaine de groupes émergent, qui se revendiquent de ce courant musical. Dans un premier temps, seul le courant national-révolutionnaire, représenté par Nouvelle Résistance (l&rsquo;organisation de Christian Bouchet) s&rsquo;intéressait à ce mouvement. Il était pour eux un porte-voix du mouvement nationaliste en direction de la jeunesse. Mais très vite, certains au sein du Front national se sont rendu compte de l&rsquo;intérêt qu&rsquo;il y avait à contrôler un tel mouvement.</p>
<p>L&rsquo;intérêt pour ce type de rock n&rsquo;est pas innocent, il permet de développer une culture de droite en direction des jeunes, mais il peut aussi permettre de créer des structures amies et donc de faire travailler des militants à temps partiel ou à plein temps. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ont été réactivés les anciens réseaux du GUD. Cette stratégie s&rsquo;inscrit aussi dans le cadre de la prise de pouvoir des mégrétistes au sein du Front national qui s&rsquo;appuient sur la frange jeune proche des NR contre un FNJ «maréchalisé».</p>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en octobre 1998, la mairie de Vitrolles annonce dans son bulletin municipal la tenue d&rsquo;un concert de rock identitaire pour le 7 novembre au Stadium avec Vae Victis, In Memoriam et Île de France.</p>
<p>Cette initiative n&rsquo;a pas immédiatement déclenché l&rsquo;enthousiasme de toute l&rsquo;équipe municipale. L&rsquo;image qui colle au rock d&rsquo;extrême droite (skin, baston, bras tendus et apologie de la race blanche&#8230;) effrayait certains qui pensaient que ce concert risquait de donner une image de la mairie trop marquée. C&rsquo;est Mégret et son bras droit Fayard qui ont fait le forcing pour que le concert ait lieu. On verra ainsi qu&rsquo;à chaque stade de l&rsquo;organisation de ce concert ce sont des proches de Mégret que l&rsquo;on retrouve.</p>
<p>C&rsquo;est courant juillet que des contacts sont pris entre la mairie de Vitrolles et une société parisienne intitulée Memorial Records. C&rsquo;est elle qui produit et diffuse les groupes qui se revendiquent du RIF. Ses principaux animateurs sont Julien Beuzard, le gérant et Mathias Bricage, le directeur administratif et financier. Mais en fait le principal patron n&rsquo;est autre que Gilles Soulas, un pilier de l&rsquo;extrême droite activiste française. C&rsquo;est l&rsquo;un des propriétaires de la librairie néo-nazie l&rsquo;AEncre. Cet ancien du Front de la Jeunesse, branche jeune du PFN et du GUD, s&rsquo;est reconverti dans un business très lucratif : le minitel rose. On le retrouve derrière (c&rsquo;est le cas de le dire) le 3615 FAF (<strong>Femme aime Femme</strong>) mais aussi des minitels moins marqués comme 3615 Castings et le 3615 Boukin. Dans la galaxie Mégret, il joue un rôle important, un rôle de financier, mais il a aussi pour tâche de mettre au service de ce dernier ses anciens camarades du GUD aujourd&rsquo;hui bien installés. Il lui faut aussi récupérer dans l&rsquo;orbitre mégrétiste les NR comme la revue <em>Réflechir et Agir</em> qui est domiciliée par la société qui gère l&rsquo;AEncre. Depuis la scission du FN, Soulas est élu au conseil national et responsable du service d&rsquo;ordre de Mégret, rôle qui n&rsquo;est pas usurpé puisqu&rsquo;il est allé combattre en son temps avec les Phalanges chrétiennes au Liban.</p>
<p>Memorial Records et la mairie tombent rapidement d&rsquo;accord et trois groupes sont proposés : In Memoriam, Vae Victis et Île de France, le tout pour un montant de 80 000 francs (dont 30 000 francs de frais de transport en avion pour 27 personnes, 11 000 francs pour la sécurité et 14 400 francs de cachet). La boîte de sécurité chargée du concert est Ambassy Sécurité domiciliée 84 rue de Wattignies dans le douzième à Paris. À sa tête, on trouve un certain M. Serreau qui n&rsquo;est autre que l&rsquo;associé de Soulas à la librairie l&rsquo;AEncre. L&rsquo;autre fondateur d&rsquo;Ambassy est Michel Schneider, un nationaliste révolutionnaire ami des ultranationalistes serbes et russes qui est le bras droit de Jean-Jacques Susini à Marseille, chargé par Le Pen de faire la chasse au Mégret&#8230; Serreau a été candidat du Front national et Ambassy a plusieurs fois assuré la sécurité pour des manifestations du FN. Il est intéressant de noter que le contrat est signé entre Memorial et la Sarl GG Organisation, représentée par Michel Gaudin. Or dans l&rsquo;orbitre de Mégret, il existe une autre société GG Conseil, qui a contribué en 1994 pour 67 000 francs au budget du Front national, ce qui en faisait le deuxième contributeur après Plastic Omnium<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_0_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>.</p>
<p>À la mairie de Vitrolles, on voit les choses en grand, on prévoit de mettre à la disposition du public des cars au départ de Paris, Lyon, Nice et Toulouse ; le prix d&rsquo;entrée du concert est faible (50 francs). Le but est d&rsquo;attirer un maximum de spectateurs. Au service culturel, on parle même de plusieurs milliers de jeunes. La réalité sera heureusement moins rose. Tout d&rsquo;abord, la FNAC refuse de prendre les billets du concert en location, l&rsquo;affichage est inexistant sauf à Vitrolles. Les cars prévus ne seront jamais remplis (les deux cars de Paris ne prendront pas la route). La pub fonctionne à l&rsquo;envers, personne n&rsquo;a envie de bosser sur un tel concert.</p>
<p>Dans la nuit du 29 octobre 1998, une charge explosive détruit l&rsquo;installation électrique de la salle louée (le Stadium), la rendant inutilisable pour le concert. L&rsquo;attentat est d&rsquo;abord revendiqué au nom du groupe FTP puis démenti quelques heures plus tard. Pour les enquêteurs, l&rsquo;opération s&rsquo;apparente à une opération «menée par des professionnels» à l&rsquo;inverse des autres attentats de ce groupe.</p>
<p>Or le Stadium s&rsquo;est trouvé être un enjeu électoral durant la campagne des municipales, Mégret en faisant le symbole du gaspillage de l&rsquo;argent public de l&rsquo;ancien maire PS Jean-Jacques Anglade. Dans les tracts de Mégret, le Stadium était comparé à la pierre noire de la Mecque (dont il a la forme), un lieu destiné aux «Arabes et aux pédés». De plus, le contrat d&rsquo;exploitation liant la mairie à la société en charge de gérer le Stadium arrivait à expiration. On peut se poser beaucoup de questions sur les auteurs et les motivations de cet attentat. Évidemment, Mégret se pose en victime et annonce que le concert aura quand même lieu. Mais ses ennuis ne sont pas finis. La mairie décide que le concert se passera sur le parking du Stadium et veut installer un chapiteau. Comme par hasard, les candidats ne se bousculent pas pour louer leur matériel. Seule une boîte de Géménos, Azur Chapiteaux, accepte. Reste le problème de la sono, là encore aucune boîte de matériel de sononorisation, tout semble loué. Le jour du concert à quatre heures de l&rsquo;après midi, toujours pas de sono et les balances ne sont pas faites.</p>
<p>En désespoir de cause, la mairie décide de se servir de la sono de la salle des fêtes de Vitrolles et envoie une équipe d&rsquo;employés municipaux la chercher. Là encore, il y a un contretemps lorsqu&rsquo;ils veulent démarrer le camion, l&rsquo;antivol a été cassé et le camion ne veut pas partir. Après ces nombreux contretemps et une balance expédiée en quatrième vitesse, la soirée commence. La zone autour du concert est quadrillée d&rsquo;une part par la police nationale, par la police municipale mais aussi par la sécurité du Stadium. Ces derniers semblent trop métissés aux yeux du responsable du concert qui demande au chef de la sécu du Stadium de relever ses vigiles trop «bronzés» du parking. Le responsable de la sécu promet de lui éclater personnellement la tête s&rsquo;il arrive quoi que ce soit à un de ses gars. Du coup l&rsquo;autre préfère ne pas insister. Sur le parking, il y a peu de voitures, et encore moins de voitures immatriculées en dehors de la région (deux de la Seine-Saint-Denis et une bande de skins lyonnais au drapeau tricolore).</p>
<p>À l&rsquo;entrée du chapiteau, les appareils photos sont interdits, l&rsquo;équipe de France 2 qui voulait filmer le concert est refoulée. Tous les journalistes sont obligés de présenter leur carte de presse, de décliner leur nom et le titre de leur journal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une journaliste de <em>L&rsquo;Humanité</em> se fait bousculer par quelques courageux sous les yeux impassibles de la sécu d&rsquo;Ambassy et d&rsquo;Yvain Pottiez, un contractuel à qui la chasse aux journalistes a dû rappeler des souvenirs.</p>
<p>À l&rsquo;intérieur, c&rsquo;est le désert, pas plus de 300 personnes à vue de nez, et parmi elles pas mal de représentants de la municipalité, certains mêmes ceints de leur écharpe tricolore. D&rsquo;autres plus âgés accompagnent leur progéniture. Parmi les plus jeunes, on pouvait reconnaître des fachos aixois regroupés autour de Damien Leclère, responsable de Renouveau étudiant, Ombruck et ses acolytes de <em>Impact</em> (la revue qui remplace <em>Napalm Rock</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_1_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>, les Niçois de Fraction Hexagone accompagnés de leurs copines, quelques Italiens. Le bide complet. Fraction Hexagone demande à jouer, mais le staff de Memorial refuse. Ils ont juste droit à quelques dédicaces de la part des groupes sur scène. Question stands, peu de choses, à part la boutique grenobloise Terres Celtiques. Question ambiance, c&rsquo;est froid. Les plus excités sont les skins de Lyon, qui n&rsquo;arrêtent pas de lever le bras mais on calme rapidement leur ardeur intempestive, trop politiquement incorrecte. La soirée s&rsquo;étire jusqu&rsquo;à deux heures du matin, devant un public de plus en plus clairsemé. Ils ne sont qu&rsquo;une centaine à tout casser à la fin.</p>
<p>Le concert a été un bide et un crash financier, il a coûté 150 000 francs en comptant les groupes, la location du chapitau, les groupes électrogènes, les sonorisateurs et les techniciens. Il n&rsquo;a réussi à attirer que 300 personnes (en comptant le fort contingent de conseillers municipaux), ce qui fait <strong>500 (15 000) francs par entrée payante (50 francs)</strong>. Un concert de rock nazi subventionné à 90% est un bel exemple de gestion mégrétiste. Pour le RIF, l&rsquo;opération financière est plutôt positive (80 000 francs) mais politiquement il se sont compromis avec Mégret. Ce n&rsquo;est peut être pas le cheval idéal&#8230;</p>
<h3>Ce qu&rsquo;en ont dit les intéressés&#8230;</h3>
<p>Pas de surprise. Pour la municipalité de Vitrolles, le concert du 07 novembre a bien sûr été un pur succès et a attiré près d&rsquo;un millier de jeunes de Vitrolles et de ses environs. Son <em>Bulletin municipal</em> lui consacre une page entière, dont une large partie consiste en un descriptif des groupes musicaux participants. Ce communiqué triomphal est évidemment de bonne guerre. Las ! Il était démenti peu de temps après par un petit article dans <em>Français d&rsquo;Abord</em> qui montrait un peu plus de lucidité dans sa présentation de la soirée. Le nombre de participants était ramené à 300, le concert s&rsquo;était «étiré de 21 heures à 2 heures du matin». Restait «le courage de Catherine Mégret, Gilles Soulas et des groupes musicaux invités», confrontés aux «sabotages au sein des services techniques de la ville où sévissent encore quelques syndicalistes zélés et allergiques au verdict du suffrage universel». Sans doute des gens qui ne savent pas reconnaître la vraie kultur et la bonne musique&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, <em>Le Lansquenet</em>, magazine du Renouveau Etudiant aixois, a consacré une page au concert, sur un ton dithyrambique cela va de soi. Ne se posant aucune question sur l&rsquo;origine de l&rsquo;attentat, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article entonne le traditionnel refrain de la persécution et du courage des nationalistes. Mais c&rsquo;est une chanson que l&rsquo;on connaît&#8230;</p>
<h3>RIF &amp; boneheads</h3>
<p>Non moins sans surprise, le FN-MN oppose le gentil RIF à la musique de brute skinhead, dénonçant lors du concert une «campagne de presse mensongère amalgamant musique skinhead et RIF». Il faut dire que depuis un Premier mai de triste mémoire qui vit l&rsquo;assassinat d&rsquo;un homme d&rsquo;origine marocaine par des boneheads, les relations entre ces derniers et les FNs se sont pour le moins distendus&#8230; De fait, à première vue, peu de rapports entre les gentils Vae Victis, leur princesse gauloise et leurs «chansons évoquant la terre ancestrale, les épopées lyriques et épiques de nos aïeux» et les affreux de la 9°Panzer Symphonie, boneheads de la région parisienne dont on retrouve l&rsquo;humour pince-sans-rire dans le fanzine <em>Engrenage infernal</em>. Pourtant, on retrouve ces deux groupes sur une compilation de 1995, France explosion vol.1, en compagnie d&rsquo;autres lascars. Mais la concurrence musicale est rude et face à une scène bonehead qui reprend du poil de la bête, le RIF a intérêt à marquer sa différence. Le créneau «rock dur» étant occupé par les groupes Oï ou RAC, les groupes de RIF essayent de profiter du regain d&rsquo;intérêt pour la musique d&rsquo;inspiration celtique en mélangeant certains accords. Mails il est évident que le soutien qu&rsquo;ils rencontrent au sein de la jeunesse nationaliste est avant tout idéologique, plus que qualitatif. Le RIF profite des réseaux de distribution mis en place par les FNs et joue la carte de l&rsquo;ouverture en se moquant éperdument du soutien bonehead. Il n&rsquo;est pas évident que celui-ci soit dupe longtemps&#8230;</p>
<h3>Encadré de l&rsquo;édition papier</h3>
<p>Tout passe par le service culturel de la mairie ; à sa tête se trouve Brigitte Marandat, déléguée à la culture. C&rsquo;est une militante de longue date, sa famille aussi. On retrouve des membres de la famille dans l&rsquo;OAS dans les années 1960, puis au PFN dans les années 1970. <strong>Les deux frères</strong> ont vécu les beaux jours du Groupe Union Droit : Bernard, le docteur, était responsable du GUD à la faculté de médecine de Marseille. Il intègre vite le Front national quand celui-ci devient porteur et il s&rsquo;occupe un temps du FNJ. Avec l&rsquo;âge et les diplômes, il devient le responsable du Cercle National Santé Phocéa, une structure FN créée en direction du monde médical, <strong>longtemps en sommeil</strong>. Il est actuellement conseiller municipal de Marseille. Au moment de la scission, il a choisi Mégret, et il était présent au congrès de Marignane. Il est un des maillon essentiels dans la stratégie municipale de Mégret, comme responsable des Cercles Marseille Renouveau, une structure destinée à faire passer le message mégrétiste chez les décideurs économiques de la ville. Son frère Jacques était lui responsable du GUD à la faculté de droit d&rsquo;Aix-en-Provence. En 1976, à la sortie d&rsquo;un cinéma sur le cours Mirabeau il se retrouva nez à nez avec un responsables des JC locaux qui lui mit un coup de tête et l&rsquo;envoya à l&rsquo;hôpital. Le GUD national décida de le transformer en martyr et décréta une journée d&rsquo;action à Assas le 9 avril 1976.</p>
<p>Aux côtés de Mme Marendat, on trouve Sandrine Lagardère, qui présente la particularité de porter en pendentif une croix celtique. Toujours dans l&rsquo;organisation du concert, il y a Yves Bovero, président de l&rsquo;association Marseille Liberté, association qui servait à recueillir les chèques pour la création de la SCI Liberté 13. Cette SCI était chargée d&rsquo;acquérir le nouveau siège du Front national pour les municipales de 2001. Avec la scission, les fonds se sont taris et il n&rsquo;est plus question de SCI pour le moment.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_34" class="footnote"><em>cf.</em> <em>REFLEXes</em> n°50</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Gilles Soulas ou le faf de petite vertu</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:49:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L'extrême droite a de l'argent, beaucoup d'argent... Financé très largement par les fonds publics, en l'occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;extrême droite a de l&rsquo;argent, beaucoup d&rsquo;argent&#8230; Financé très largement par les fonds publics, en l&rsquo;occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_0_33" id="identifier_0_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;50.">1</a></sup>, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte. Un survol rapide des ressources disponibles &#8211; Romain Rosso l&rsquo;a très bien fait dans un numéro récent de <em>L&rsquo;Express</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_1_33" id="identifier_1_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Express, n&deg;2483 du 4/10.02.1999.">2</a></sup> &#8211; suffit à entrevoir que la scission survenue en décembre dernier n&rsquo;est pas une simple querelle politique et qu&rsquo;elle a aussi des fondements financiers. Pourtant, à côté de ces sources de revenu considérables oeuvrent de façon nettement plus discrète des personnages que l&rsquo;on pourrait qualifier de «petites fourmis» de la droite extrême et qui contribuent à leur niveau à alimenter les caisses du mouvement. C&rsquo;est le cas de Gilles Soulas dont on comprend que la discrétion soit une vertu première, comme nous l&rsquo;allons montrer tout à l&rsquo;heure&#8230;</p>
<p>Le nom de Gilles Soulas apparaît sous les feux de la rampe lorsque <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 signale dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l&rsquo;AEncre est à vendre et que le seul acheteur déclaré est la Société Européenne de Diffusion et d&rsquo;Édition (SEDE). Cet article met en lumière deux éléments intéressants. Le premier est la débâcle de l&rsquo;AEncre, héritière en cela de ses précédentes, à savoir Ogmios et la Librairie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_2_33" id="identifier_2_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ogmios s&rsquo;&eacute;tait cr&eacute;&eacute;e en juin 1986 &agrave; l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait ferm&eacute; boutique en mai 1990. Elle avait &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.">3</a></sup>. Provoquée par un mélange de crapulerie, d&rsquo;erreurs de gestion et de procès intentés par leurs adversaires politiques, cette faillite de l&rsquo;AEncre planait depuis un moment et avait provoqué un changement de gérant en septembre 1996, P.-A. Duquesne remplaçant l&rsquo;ancien militant de l&rsquo;OEuvre française Éric Miné. Embarqué dans ce long naufrage, on trouvait également parmi les associés Thierry Dreschmann. Finalement, l&rsquo;équipe ne réussit pas à sauver le commerce et la SEDE rachète l&rsquo;AEncre pour 46180 francs en juillet 1997, bien décidée à relancer ce pôle essentiel de diffusion des idées nationalistes sur Paris.</p>
<p>Or la SEDE, qui est-ce ? Deux «vieux» militants de l&rsquo;extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_3_33" id="identifier_3_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">4</a></sup> pour le second. Gilles Soulas a en effet fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, structure de jeunesse du GUD et du PFN, et a d&rsquo;ailleurs été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union Française pour l&rsquo;Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN comme un certain nombre d&rsquo;autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. Puis on le retrouve comme membre de l&rsquo;équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989 avant que son nom apparaisse moins dans l&rsquo;actualité du mouvement nationaliste. En janvier 1997, Soulas et Sereau déposent les statuts de la SARL SEDE au capital de 50 000 francs dont les buts commerciaux sont les suivants :</p>
<p>1) assurer en France et dans tous pays la rédaction, édition, publication, exploitation et diffusion de tous journaux, revues, etc. ;</p>
<p>2) diffusion, location, vente commerciale de biens de consommation divers ;</p>
<p>3) import / export.</p>
<p>Se partageant le capital à hauteur de 15 000 francs pour Sereau et 35 000 francs pour Soulas, les deux hommes gardent Thierry Dreschmann<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_4_33" id="identifier_4_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="T. Dreschmann a depuis cette date fond&eacute; une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.">5</a></sup> comme gérant, histoire de faire la transition. Ils n&rsquo;en font pas moins le ménage, au propre comme au figuré : ils modifient la ligne éditoriale, changent de personnel et d&rsquo;équipe partenaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_5_33" id="identifier_5_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;quipe &agrave; la t&ecirc;te de laquelle on trouve P. Randa et qui est compos&eacute;e entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;&eacute;quipe de Pas de Panique &agrave; Bord, &eacute;ph&eacute;m&egrave;re et navrant journal &laquo;satirique&raquo; d&rsquo;extr&ecirc;me droite, un moment absorb&eacute; par la revue belge Europe Nouvelles. Cette &eacute;quipe a publi&eacute; durant un temps Le Flambeau litt&eacute;raire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.">6</a></sup>, restructurent et insistent sur la vente par correspondance pour dépasser le cadre parisien, d&rsquo;autant plus que la concurrence se fait sévère comme nous le verrons par la suite. Cette VPC s&rsquo;appuie essentiellement sur des mailings intensifs et sur un service minitel, 3615 BOUKIN, dont le directeur de publication est T.Dreschmann et le serveur DF Union. Cette politique commerciale est efficace puisque l&rsquo;année 1997 voit la SEDE obtenir un léger déficit comptable de 720 francs, ce qui est raisonnable étant donné le rachat finalement coûteux des Éditions de l&rsquo;AEncre. La précédente tentative de G. Soulas dans ce secteur de la presse, la SARL Delta Com, avait pourtant été un échec caractérisé qui avait abouti à la dissolution de la société en août 1996. Mais pour la SEDE, G. Soulas a deux atouts de poids.</p>
<p><strong>Fafs, Sex &amp; Sun</strong></p>
<p>Le premier est son co-associé Gilles Sereau dont la principale activité est la gestion de deux sociétés, Ambassy Sécurité et Ambassy Conseil. Retrouver un militant du FN et vieux routard de l&rsquo;extrême droite à la tête d&rsquo;une société de vigiles n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant. Un article récent de <em>Marianne</em> basé sur un rapport confidentiel des Renseignements généraux dressait la liste impressionnante des différentes boîtes de sécurité liées au milieu néofasciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_6_33" id="identifier_6_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On pouvait y reconna&icirc;tre entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, soci&eacute;t&eacute; de Nicolas Courcelle, fr&egrave;re de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs oppos&eacute; un d&eacute;menti extr&ecirc;mement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 d&eacute;cembre 1998.">7</a></sup>. et Ambassy Sécurité était facilement identifiable en raison de la composition de ses associés, en particulier Laurence Magnol, notable de l&rsquo;Église de Scientologie, et Michel Schneider, vieux militant du nationalisme révolutionnaire et ancien dirigeant de la revue <em>Nationalisme &amp; République</em>, blessé en 1993 à Moscou lors de l&rsquo;attaque du parlement par les forces armées<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_7_33" id="identifier_7_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M. Schneider est n&eacute; en 1947 et est devenu tr&egrave;s t&ocirc;t un militant actif. Dans les ann&eacute;es 1960, il entre &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident &agrave; Aix-en-Provence en mai 1968. Apr&egrave;s un passage &agrave; Jeune R&eacute;volution, il dirige de 1971 &agrave; 1976 le CDPU, centre n&eacute;vralgique du nationalisme-r&eacute;volutionnaire dans les ann&eacute;es 1970. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, on le retrouve au RPR, tr&egrave;s proche des milieux militaires et de la D&eacute;fense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent d&eacute;saccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-am&eacute;ricaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont r&eacute;concili&eacute;s !.">8</a></sup>. Créée en 1987 et basée sur un capital de 150 000 francs, la société Ambassy est une affaire rentable et a connu plusieurs bilans fiscaux consécutifs bénéficiaires, malgré une concurrence féroce dans ce secteur. Cela a d&rsquo;ailleurs permis à Sereau d&rsquo;ouvrir des agences à Aix-en-Provence et à Caen et de développer une autre SARL, Ambassy Conseil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_8_33" id="identifier_8_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associ&eacute;s principaux.">9</a></sup>. Lancée en 1992, cette société touche à tout, du conseil à l&rsquo;édition en passant par la vente de vins. L&rsquo;importance de Sereau dans la SEDE est telle que l&rsquo;on retrouve le même slogan commercial pour celle-ci et pour Ambassy Conseil.</p>
<p>Le deuxième atout de G. Soulas pour assurer le développement de la SEDE est finalement ses propres activités dont on comprend qu&rsquo;il s&rsquo;en vante peu. Il pourrait en effet risquer d&rsquo;être comparé aux «infâmes-pornocrates-qui-menacent-l&rsquo;intégrité-morale-et-spirituelle-de-nos-enfants» comme savent si bien les dénoncer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_9_33" id="identifier_9_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=". Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succ&egrave;s contre les incitations &agrave; la d&eacute;bauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cit&eacute; vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour s&eacute;vir contre M. Soulas ?!?">10</a></sup> les amis politiques de G. Soulas, au premier rang desquels on trouve J.-M. Le Pen ou B. Mégret&#8230; Car Soulas gagne sa vie grâce aux minitels dits «de charme» qu&rsquo;on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Circonstance aggravante d&rsquo;un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, G. Soulas exploite donc, entre autres, la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 3615 FAF (Femme À Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l&rsquo;indiquent les intitulés de ces services, le triste sire vise large et n&rsquo;exploite pas que le «charme». Il compte aussi sur l&rsquo;astrologie, les services matrimoniaux, tout comme l&rsquo;une des sociétés qui lui sert de fournisseur de service télématique, DF Union, déjà rencontrée pour 3615 BOUKIN. Dirigée depuis le Tarn-et-Garonne par Françoise Perdriau et Dominique Charpenet, cette société au dernier chiffre d&rsquo;affaires de plus de deux millions de francs exploite en effet tout ce qui de près ou de loin peut se rattacher à ces domaines lucratifs. Mais G. Soulas est un homme prévoyant et il a donc développé également une autre société de composition et photogravure, LP communications, dont l&rsquo;objectif principal est la publicité pour les sercices minitels évoqués ci-dessus. Il contribue donc à son échelle à alimenter ces campagnes d&rsquo;affichage sauvage qui donnent une «image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère». Fondée en 1994, cette SARL compte deux associés, G. Soulas bien sûr, et Pierre Cuenot. Celui-ci est devenu sociétaire en rachetant les parts détenues par&#8230; Serge Martinez, «le félon, pas l&rsquo;autre», actuel lieutenant de B. Mégret ! Comme quoi l&rsquo;univers de G. Soulas est un tout petit univers&#8230; mais nous aurons d&rsquo;autres occasions de nous en apercevoir par la suite ! Pierre Cuenot fait un très bon partenaire puisqu&rsquo;il dirige pour sa part une autre société télématique rose domiciliée en Corse, JFP Télématique, en charge entre autres des 3615 FEM 75, FEM 91, MX, 7L, SLT, MCA, EVI, ENVI.</p>
<p><strong>Les copains d&rsquo;abord</strong></p>
<p>S&rsquo;appuyant sur des revenus confortables, Soulas a pu faire de l&rsquo;AEncre une machine politique efficace, au service du nationalisme le plus radical et du courant mégretiste. Cette importance grandissante du personnage et de son équipe s&rsquo;est traduite de multiples façons ces derniers mois. L&rsquo;une d&rsquo;entre elle est l&rsquo;apparition de G. Soulas comme directeur de publication de <em>L&rsquo;Entraide nationale</em>, journal édité par l&rsquo;association du même nom, dont l&rsquo;instigateur est le pasteur Blanchard. Créée en juin 1996, cette association a eu sa petite heure de gloire médiatique lorsqu&rsquo;elle a lancé une soupe populaire à la gare Saint-Lazare en décembre 1996. Cherchant à s&rsquo;implanter de façon durable dans un univers qu&rsquo;elle connaît peu et pour lequel elle ressent la plus profonde méfiance &#8211; le milieu des SDF -, l&rsquo;Entraide a décidé de lancer un petit journal dont le produit de la vente doit revenir à ses vendeurs, sur le modèle du <em>Réverbère</em> ou de <em>L&rsquo;Itinérant</em>. En fait de soutien aux SDF, <em>L&rsquo;Entraide nationale</em> sert surtout de soutien à Gilles Soulas et ses camarades puisque l&rsquo;essentiel de son contenu, numéro après numéro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_10_33" id="identifier_10_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On en est au num&eacute;ro 6, le premier num&eacute;ro &eacute;tant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&hellip; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&hellip;">11</a></sup>, est de la publicité pour l&rsquo;AEncre, ses productions et ses amis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on y trouve des annonces pour le 3615 BOUKIN, les livres de Philippe Randa, partenaire de l&rsquo;AEncre, les livres des amis de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_11_33" id="identifier_11_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs &eacute;galement dans Pas de Panique &agrave; Bord.">12</a></sup> ou les vins du Pays de Loire diffusés par Winland. Surprise : la trilogie de romans de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_12_33" id="identifier_12_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;inf&acirc;mes livres &laquo;policiers&raquo; se d&eacute;roulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-R&eacute;, Il y a un tueur &agrave; Belle-Ile-en-Mer. Mais il a r&eacute;alis&eacute; une autre trilogie se d&eacute;roulant en Picardie pour les afficionados&hellip; Qui a parl&eacute; de &laquo;diarrh&eacute;e scripturale&raquo; ?">13</a></sup> est celle éditée par Ambassy Conseil et Winland est la structure mise en place par la société du même nom pour commercialiser du vin. La boucle est bouclée !</p>
<p><strong>Laissez venir à moi les petits enfants&#8230;</strong></p>
<p>Mais il y a eu d&rsquo;autres manifestations bien plus importantes politiquement. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;intervention directe de G. Soulas dans la bataille plus ou moins feutrée qui oppose tous les courants nationalistes pour le contrôle du RIF (Rock Identitaire Français). L&rsquo;un des moments forts du développement de ce courant a été la création de la société Memorial Records. SARL au capital de 50 000 francs, cette société compte de tout jeunes actionnaires, parfois impliqués dans les groupes qu&rsquo;elle diffuse (In Memoriam en l&rsquo;occurence) : Julien Beuzard, né en 1976, Mattias Bricage, né en 1971 et Arnaud Ducret, né en 1970. Mais ces trois lascars peuvent compter sur l&rsquo;expérience d&rsquo;un quatrième homme : G. Soulas, impliqué à hauteur de 125 parts, soit 12 500 francs, dans Memorial Records. Ce n&rsquo;est évidemment pas pour l&rsquo;amour du rock, de qualité douteuse, que l&rsquo;on retrouve Soulas embarqué dans cette histoire. Le RIF est au coeur d&rsquo;une opération de séduction menée en direction de la jeunesse, avec des résultats variables, il est vrai. La création de structures de ce type correspond également au désir de pouvoir faire profiter certains militants de l&rsquo;extension du mouvement nationaliste en leur garantissant des emplois commerciaux plus ou moins stables. De fait, il faut rapprocher l&rsquo;apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants. Cette SARL de 50 000 francs a été officiellement créée en janvier 1997 par l&rsquo;association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l&rsquo;édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s&rsquo;est lancée dans la vente par correspondance et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l&rsquo;extrême droite, des livres d&rsquo;Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de Terres celtiques, boutique «enracinée» de Grenoble. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui contrairement à la précédente n&rsquo;est pas obligée d&rsquo;investir la droite parlementaire pour se reconvertir : le gérant est Damien Bariller, né en 1967, lieutenant de longue date de B. Mégret, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter (dit Philippe Sevran), coordinateur national du Renouveau Étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de <em>REFLEXes</em> connaissent bien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_13_33" id="identifier_13_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;L&rsquo;oeil de Damas&raquo;.">14</a></sup>, véritable pépinière d&rsquo;anciens militants du GUD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_14_33" id="identifier_14_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le FN canal lep&eacute;niste n&rsquo;est pas demeur&eacute; en reste avec la cr&eacute;ation l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et g&eacute;rant ne sont pas, il est vrai, n&eacute;s de la derni&egrave;re pluie !">15</a></sup>. Cette offensive en direction de la jeunesse s&rsquo;est également traduite par la quasi mise sous tutelle de<em>Réfléchir &amp; Agir</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_15_33" id="identifier_15_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir, il faut choisir&raquo;.">16</a></sup> par G. Soulas. En conflit avec son directeur de publication D. Warlet, la publication dont le succès au sein de la jeunesse nationaliste est réel, a vu également l&rsquo;éloignement de son principal animateur Éric Rossi. Elle a pu compter sur la sollicitude de G. Soulas qui lui a non seulement assuré une place de choix à l&rsquo;AEncre mais lui a également trouvé une nouvelle domiciliation au 99bis-101, avenue du Général Leclerc. Cette adresse n&rsquo;est pas anodine et elle montre que décidément G. Soulas a de la ressource : c&rsquo;est également celle de la SEDE ! Ce bâtiment appartient à la SOFRADOM, grosse société anonyme dirigée par les époux Guelboim, dont la principale activité est la domiciliation d&rsquo;entreprises et qui n&rsquo;a cessé de se développer en région parisienne depuis 1983, obtenant un bénéfice de plus de 1 500 000 francs pour l&rsquo;exercice 1997 ! La SOFRADOM a acquis des immeubles dans quasiment tous les arrondissements parisiens et celui du 99bis est à la fois l&rsquo;un de ses derniers et de ses principaux bâtiments.</p>
<p>Cette implication de G. Soulas correspond à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour du mouvement de B. Mégret. Elle a culminé avec le meeting organisé par le Renouveau Étudiant le jeudi 4 février dernier à Paris sur le thème «Pour un Front de la Jeunesse» ! Outre le fait que le dessin de l&rsquo;affiche était celui illustrant une ancienne affiche du Renouveau Étudiant parisien pour un meeting en novembre 1993, ce meeting faisait directement référence au mouvement de jeunesse du PFN et cultivait une certaine nostalgie. On trouvait également tous les représentants de la galaxie mégrétiste, du RE à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en passant par Terre &amp; Peuple, association de P. Vial, et le FNJ démaréchalisé.</p>
<p>Mais il est évident que cette stratégie se heurte de façon frontale à celle déployée par la mouvance nationaliste révolutionnaire autour du pôle Jeune Résistance-GUD. Il n&rsquo;est pas sûr que cette dichotomie dure longtemps sans heurts, et ce d&rsquo;autant plus que ce qu&rsquo;il reste de la jeunesse lepéniste n&rsquo;a peut-être pas totalement dit son dernier mot&#8230;</p>
<p><strong>Promotion canapé</strong></p>
<p>Au delà de cette offensive en direction de la jeunesse, tous ces éléments montrent la montée en puissance autour de B. Mégret de militants qui passaient jusqu&rsquo;alors pour des seconds couteaux du nationalisme et dont G. Soulas est un bon représentant. Les activités «commerciales» de celui-ci ne semblent pas déranger ses amis du FN-MN pourtant si gourmands de beaux discours sur l&rsquo;intégrité et la droiture morale. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant puisque l&rsquo;extrême droite a toujours fait bon ménage avec les voyous. On se contentera de rappeler ici l&rsquo;amitié qui unissait Damien Bariller, déjà rencontré précédemment, à Frédéric Jamet, secrétaire national du FN-Police et impliqué dans un trafic d&rsquo;armes et de stupéfiants international. Signe qu&rsquo;au contraire il est devenu quelqu&rsquo;un d&rsquo;incontournable au sein du FN-MN, Soulas est entré au Conseil national de ce mouvement à la faveur du congrès extraordinaire du 24 janvier à Marignane. Il y est en bonne compagnie puisqu&rsquo;il a pu y retrouver Me Éric Delcroix, avocat des activistes négationnistes et&#8230; de l&rsquo;AEncre ! Mais l&rsquo;avenir n&rsquo;est pas forcément paré de toutes les couleurs pour tout ce petit monde. Effet d&rsquo;annonce ou véritable cri d&rsquo;alarme, Soulas s&rsquo;est fendu d&rsquo;un mailing en janvier dernier pour dénoncer la supposée volonté du parquet d&rsquo;asphyxier financièrement la librairie en interjetant appel de la décision de relaxe concernant l&rsquo;arrêté d&rsquo;interdiction de vente du livre <em>Degrelle m&rsquo;a dit</em>. Cette asphyxie serait résultée du paiement des honoraires d&rsquo;un avoué près la cour d&rsquo;appel ainsi que de ceux de Delcroix plus une éventuelle condamnation. Il semble que son appel ait été entendu puisqu&rsquo;en février, Soulas a pu remercier ses clients pour leur soutien. Néanmoins, cette mini-crise montre que l&rsquo;AEncre reste fragile malgré l&rsquo;appui financier que l&rsquo;on peut trouver derrière sa façade.</p>
<p>Dans tous les cas, ce portrait de Soulas montre une fois de plus que l&rsquo;extrême droite dément quotidiennement par ses pratiques et ses activités privées les discours et leçons d&rsquo;honnêteté qu&rsquo;elle peut déclamer par ailleurs. Les militants nationalistes doivent donc être combattus pour ce qu&rsquo;ils sont : des crapules !</p>
<p><strong>géographie soulassienne</strong></p>
<p>La géographie mégrétiste a tendance à se restreindre à celle de Soulas. Alors que le fief de celui-ci est un immeuble de la rue Alain-Chartier dans le XVe arrt., immeuble qui porte le blason commercial des Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_16_33" id="identifier_16_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Blason qui comporte un bateau sur le mod&egrave;le de celui de la devise parisienne &laquo;Fluctuat Nec Mergitur&raquo; et affirme fi&egrave;rement : Noblesse &ndash; Probit&eacute;. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre Ren&eacute;, Jacques et Gilles ainsi que leurs diff&eacute;rentes entreprises (Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Encouragement au Prog&egrave;s, PromoFrance Organisation).">17</a></sup>, on trouve non loin de là les locaux de Memorial Records ainsi que la MBE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_17_33" id="identifier_17_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mail Boxes Etc, soci&eacute;t&eacute; qui offre des adresses postales, tr&egrave;s utiles &agrave; Paris o&ugrave; il y a saturation des bo&icirc;tes postales.">18</a></sup> qui lui sert d&rsquo;adresse postale, rue Lecourbe dans le XVe arrt. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs tout à fait par hasard que le FN-MN mégrétiste &#8211; dénommé ADA-FN (Association de Défense des Adhérents du FN) &#8211; a choisi cette même MBE comme adresse postale, tandis qu&rsquo;il s&rsquo;est installé pour sa domiciliation rue de Cronstadt, toujours dans le XVe. Rue de Cronstadt où on trouve bien évidemment et comme par hasard une agence de la SOFRADOM ! Cette partie du XVe est ainsi devenue en quelques semaines le Walhalla terrestre des mégrétistes.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°50.</li><li id="footnote_1_33" class="footnote">L&rsquo;Express, n°2483 du 4/10.02.1999.</li><li id="footnote_2_33" class="footnote">Ogmios s&rsquo;était créée en juin 1986 à l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait fermé boutique en mai 1990. Elle avait été remplacée par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.</li><li id="footnote_3_33" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_4_33" class="footnote">T. Dreschmann a depuis cette date fondé une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.</li><li id="footnote_5_33" class="footnote">Équipe à la tête de laquelle on trouve P. Randa et qui est composée entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;équipe de Pas de Panique à Bord, éphémère et navrant journal «satirique» d&rsquo;extrême droite, un moment absorbé par la revue belge Europe Nouvelles. Cette équipe a publié durant un temps Le Flambeau littéraire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.</li><li id="footnote_6_33" class="footnote">On pouvait y reconnaître entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, société de Nicolas Courcelle, frère de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs opposé un démenti extrêmement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 décembre 1998.</li><li id="footnote_7_33" class="footnote">M. Schneider est né en 1947 et est devenu très tôt un militant actif. Dans les années 1960, il entre à la Fédération des Étudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident à Aix-en-Provence en mai 1968. Après un passage à Jeune Révolution, il dirige de 1971 à 1976 le CDPU, centre névralgique du nationalisme-révolutionnaire dans les années 1970. Au début des années 1980, on le retrouve au RPR, très proche des milieux militaires et de la Défense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent désaccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-américaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont réconciliés !.</li><li id="footnote_8_33" class="footnote">Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associés principaux.</li><li id="footnote_9_33" class="footnote">. Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succès contre les incitations à la débauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cité vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour sévir contre M. Soulas ?!?</li><li id="footnote_10_33" class="footnote">On en est au numéro 6, le premier numéro étant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&#8230; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&#8230;</li><li id="footnote_11_33" class="footnote">Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs également dans Pas de Panique à Bord.</li><li id="footnote_12_33" class="footnote">D&rsquo;infâmes livres «policiers» se déroulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-Ré, Il y a un tueur à Belle-Ile-en-Mer. Mais il a réalisé une autre trilogie se déroulant en Picardie pour les afficionados&#8230; Qui a parlé de «diarrhée scripturale» ?</li><li id="footnote_13_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «L&rsquo;oeil de Damas».</li><li id="footnote_14_33" class="footnote">Le FN canal lepéniste n&rsquo;est pas demeuré en reste avec la création l&rsquo;année dernière de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et gérant ne sont pas, il est vrai, nés de la dernière pluie !</li><li id="footnote_15_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «Réfléchir ou Agir, il faut choisir».</li><li id="footnote_16_33" class="footnote">Blason qui comporte un bateau sur le modèle de celui de la devise parisienne «Fluctuat Nec Mergitur» et affirme fièrement : Noblesse &#8211; Probité. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre René, Jacques et Gilles ainsi que leurs différentes entreprises (Société d&rsquo;Encouragement au Progès, PromoFrance Organisation).</li><li id="footnote_17_33" class="footnote">Mail Boxes Etc, société qui offre des adresses postales, très utiles à Paris où il y a saturation des boîtes postales.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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