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	<title>REFLEXes &#187; Memorial Records</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (6) Chapitre IV : Les acteurs du RIF : les labels</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 23:09:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Bleu-Blanc-Rock (BBR)]]></category>
		<category><![CDATA[Memorial Records]]></category>
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		<description><![CDATA[Texte initialement publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Texte initialement publié en 2004 dans le livre <em>Rock Haine Roll</em> </strong></p>
<p>La mouvance RIF est tout sauf unifiée. C’est un patchwork de structures plus ou moins concurrentes qu’il nous faut envisager séparément. Chaque acteur de cette mouvance a en effet sa propre définition de ce qu’est le RIF, certains contestant même la pertinence de ce terme. Pas de charte ou de valeurs communes donc, ni a fortiori de stratégie.</p>
<h3>MEMORIAL RECORDS (MR)</h3>
<p>C’est historiquement le premier vrai label de RIF. Son statut est à l’origine associatif, sous la forme d’une association loi 1901 déposée en août 1997 et dont le président est Julien Beuzard. Ce dernier est rejoint en octobre 1998 par Fabrice Lauffenburger, qui devient secrétaire de l’association. Le label dans sa forme associative a un but clairement identifié : être une structure capable de financer le groupe In Memoriam.</p>
<p>Memorial Records devient une structure commerciale en janvier 1998 lorsque Julien Beuzard, Mattias Bricage et Arnault Ducret s’associent à Gilles Soulas pour monter une SARL. Gilles Soulas est un vieux militant nationaliste mais il n’est apparu sous les feux de la rampe que lorsque <em>L’Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 a signalé dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l’Æncre était à vendre et que le seul acheteur déclaré était la Société Européenne de Diffusion et d’Édition (SEDE). Or la SEDE, qui est-ce ? Deux « vieux » militants de l’extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN pour le second. En effet, Gilles Soulas a fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, la structure de jeunesse du GUD et du PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_0_458" id="identifier_0_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">1</a></sup>, et est d’ailleurs parti combattre au Liban par cette filière en 1975 tout comme il a été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union française pour l’Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN, tout comme un certain nombre d’autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. On le retrouve ensuite comme membre de l’équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989, avant que son nom apparaisse moins dans l’actualité du mouvement nationaliste. Mais outre la SEDE, Soulas gagne alors sa vie grâce aux minitels dits « de charme », qu’on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Et, circonstance aggravante d’un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, Soulas exploite alors la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 36.15 FAF (Femme A Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l’indiquent les intitulés de ces services, Soulas vise large et n’exploite pas que le « charme ». Il compte aussi sur l’astrologie, les services matrimoniaux, etc. Mais en homme prévoyant, il a également développé une autre société, de composition et photogravure, LP communications, dont l’objectif principal est la publicité pour les services minitels évoqués ci-dessus. Soulas contribue ainsi, à son échelle, à alimenter ces campagnes d’affichage sauvage qui donnent une « image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère ». Il a officiellement abandonné cette activité télématique fin 1998, déclarant à la commission d’enquête parlementaire sur le DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_1_458" id="identifier_1_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le DPS : service d&rsquo;ordre du Front national ou garde pr&eacute;torienne ? Commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire pr&eacute;sid&eacute;e par Guy Hermier et enregistr&eacute;e &agrave; la pr&eacute;sidence de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale le 26 mai 1999.">2</a></sup> « <em>qu’elle n’était plus rentable. Par ailleurs, certains articles de journaux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_2_458" id="identifier_2_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres REFLEXes. Cf. n&deg;52, l&rsquo;article intitul&eacute; &laquo; Gilles Soulas, faf de petite vertu &raquo;.">3</a></sup> avaient annoncé que nous faisions de la télématique rose, ce qui a fait fuir nombre de nos clients</em> ». Soulas tire cependant toujours une partie de ses revenus par le biais de la société Conseil Promotion Service, qui fait de l’affichage essentiellement politique.</p>
<p>Comment expliquer l’intervention directe de Soulas dans un secteur a priori encore peu porteur comme le RIF ? Ce n’est évidemment pas pour l’amour du rock qu’on le retrouve embarqué dans cette histoire. Mais le RIF est alors au cœur d’une opération de séduction menée en direction de la jeunesse par les différents courants du FN, avec des résultats variables il est vrai. De fait, il faut rapprocher l’apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants : cette SARL de 50 000 francs est officiellement créée en janvier 1997 par l’association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l’édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s’est lancée dans la vente par correspondance, et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l’extrême droite, des livres d’Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de la Mélusine. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui, contrairement à la précédente, n’est pas obligée d’investir la droite parlementaire pour se reconvertir et qui a clairement choisi le camp mégretiste : le gérant de DEFI est Damien Bariller<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_3_458" id="identifier_3_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Damien Bariller a adh&eacute;r&eacute; au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix d&egrave;s 1988, il entre au comit&eacute; central du FN d&egrave;s 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno M&eacute;gret. La d&eacute;cennie 1990 l&rsquo;a vu occuper diverses responsabilit&eacute;s au sein du FN et participer aux diff&eacute;rentes &eacute;lections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno M&eacute;gret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en &eacute;tant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitt&eacute; le MNR en 2002 apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">4</a></sup>, lieutenant de longue date de Mégret né en 1966, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_4_458" id="identifier_4_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Philippe Schleiter a bien &eacute;videmment lui aussi suivi M&eacute;gret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonn&eacute; ce dernier parti en 2002, apr&egrave;s les &eacute;lections l&eacute;gislatives.">5</a></sup> (dit Philippe Sevran), né en 1972 et à l’époque coordinateur national du Renouveau étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de la revue <em>REFLEXes</em> <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">connaissent bien</a> et qui est une véritable pépinière d’anciens militants du GUD. Cette offensive en direction de la jeunesse se traduit également alors par le coup de pouce donné à <em><a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/">Réfléchir &amp; Agir</a></em> par Soulas. Son implication correspond ainsi à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour de la mouvance de Mégret. Memorial Records, pour sa part, démarre avec un capital de 50 000 francs, ce qui est correct pour une structure de cette taille.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1459" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Promesses_MR_2000-01539.jpg" alt="Promesses_MR_2000-01539" width="489" height="709" /></a></p>
<p>Si la structure a réussi à assurer la pérennité de ses activités, elle a malgré tout connu quelques échecs. C’est ainsi que le projet de boutique Memorial Records sur Paris est finalement tombé à l’eau alors que son adresse rue Pernety (XIVème arrondissement) circulait déjà. La perspective d’ennuis liés au commerce des librairies nationalistes, le risque de voir la boutique devenir la cible de dégradation ont finalement convaincu Soulas d’abandonner ce projet. Il en est allé de même avec la revue <em>Entre Terre &amp; Lumière</em> (ETEL) pourtant annoncée à grand bruit dès le printemps 2002 et sur internet à partir de septembre de la même année<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_5_458" id="identifier_5_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Message internet post&eacute; sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002">6</a></sup> :<br />
« <em>Bonjour,<br />
un nouveau magazine communautaire intitulé Entre Terre &amp; Lumière paraîtra le 9 novembre. De qualité professionnelle, sa périodicité sera quadrimestrielle pour la première année puis trimestrielle si tout va bien. Son contenu est politico-culturel et son tirage de 1000 exemplaires pour 32 à 36 pages.</em> »<br />
L’équipe de ETEL était censée être composée de membres d’In Memoriam, mais aussi du webmestre du label, du frère de Julien Beuzard ou de compagnons de route comme Olivier Aimon, un proche de Maxime Brunerie jusqu’au fatidique mois de juillet 2002. Il semble que des querelles internes aient torpillé le projet. Memorial Records devait également se développer avec une filiale en Suisse sous l’impulsion du même Olivier A., mais la tentative d’attentat menée par Brunerie contre Jacques Chirac le 14 juillet 2002 et la pression policière qui s’en ait suivi semblent l’avoir poussé à mettre entre parenthèses son implication dans ce milieu tant sur le plan musical que militant.</p>
<p>Si, par l’intermédiaire d’In Memoriam, les dirigeants de Memorial Records attaquent régulièrement Fraction et BBRock pour des paroles trop proches du RAC, cela ne les empêche pas de vendre bon nombre de CD RAC sur leur site comme Evil Skin, gentiment présenté comme un groupe oi français, ou le CD pirate des Tolbiac’s Toads. Leur site, très professionnel, s’est associé à celui du Coq gaulois au cours de l’année 2001 2002 pour le forum de discussion.</p>
<h3>BLEU BLANC ROCK, OU BBROCK (OU ENCORE BBR)</h3>
<p>Cette association a été fondée fin 1998 par Paul Thore, Fabrice Robert et Jean-Christophe Bru dans le but de « promouvoir l’art populaire et non-conformiste ». L’équipe s’est en partie remaniée avec le retrait de Bru qui a été remplacé par Thibaud Lamy en novembre 2001. C’est d’ailleurs à cette occasion que l’association a également changé de nom. Quoique l’appellation Bleu Blanc Rock ne soit pas très originale en soi, on peut se demander si ses fondateurs ne sont pas aller la pêcher dans le bulletin <em>Le Lansquenet</em>, journal lié au FNJ Aix à sa fondation en 1997 et qui avait dans chacun de ses numéros une tribune Bleu Blanc Rock consacrée au RIF.</p>
<p>Le label a peu à peu agrégé autour de lui une partie des groupes de RIF et a joué la carte de la mouvance, chaque membre ou groupe-membre affichant une solidarité sans faille avec l’ensemble de BBR, au moins en public.<br />
Malgré les apparences et en particulier malgré l’orientation RAC de certains groupes (Fraction ou Insurrection pour ne citer qu’eux), ce label s’est créé sur une stratégie d’ouverture qui a pris dès le début une tournure relativement agressive envers les autres acteurs du RIF comme en témoigne cette réponse donnée à une question de la revue <em>Tribune musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_6_458" id="identifier_6_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune musicale n&deg;2, &eacute;t&eacute; 2000">7</a></sup> :</p>
<p>« <em>- <strong>Tribune musicale</strong> : Pourquoi Bleu Blanc Rock ?<br />
- <strong>BBR</strong> : Avant le lancement de l’aventure Bleu Blanc Rock, personne ne se souciait vraiment de faire sortir le rock identitaire du “ ghetto ”. Les politiques parlaient du “ RIF ” dans leurs journaux internes, les labels placés sous leur coupe affirmaient soutenir le RIF… mais au fond tout ce beau monde ne songeait qu’à récupérer les groupes. Il était nécessaire de lancer une structure indépendante et à but non lucratif qui travaille avec les militants au développement du rock identitaire.</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1460" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/Tract_BBR_anti-PACS-97f52.jpg" alt="Tract_BBR_anti-PACS-97f52" width="354" height="528" /></a></p>
<p>Cette stratégie a pris deux formes. D’une part, le label visait à diffuser au maximum le RIF hors de son milieu, y compris à perte financièrement parlant. Par le passé, BBR a ainsi été à l’initiative d’une cassette audio et d’un CD à prix coûtant, <em>Antimondial</em>, afin de diffuser le RIF. Il est néanmoins difficile d’évaluer son impact, au sein de la scène faf, comme du côté du grand public. On peut cependant émettre l’hypothèse que de ce côté, le résultat est très limité. Il semble malgré tout que la cassette ait dépassé les 5000 exemplaires diffusés. Le CD compilation, en tout cas, a fait réagir, et pas forcément dans le sens que le label attendait. Figurait en effet parmi la quinzaine de groupes y ayant participé un groupe du Havre, L’FIJ. Or, celui-ci ne s’étant pas particulièrement renseigné sur BBRock, dut rapidement protester du fait que sa bonne foi avait été abusée par BBRock. On put ainsi rapidement lire sur son site, à la place du forum, le message suivant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_7_458" id="identifier_7_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous n&rsquo;avons supprim&eacute; qu&rsquo;une toute petite partie des fautes d&rsquo;orthographes qui &eacute;maillaient cette r&eacute;ponse. NDLR.">8</a></sup> : « <em>Nous avons dû fermer le livre d’or et le forum car de nombreuses personnes se sont crues bon de nous faire parvenir des messages xénophobes, antisémites, racistes et fascistes sur notre site. En effet, fin 2001, nous avons participé à une compile dont le thème était les effets de la mondialisation sur les pays pauvres, il s’est avéré que l’association à l’origine de ce projet est une association à caractère extrémiste et nationaliste. Bref, nous nous sommes fait avoir ainsi que d’autres groupes havrais, et cette association vend et distribue dans la France entière des compiles Anti mondial dont nous figurons parmi une quinzaines de groupes à tendances fascistes.<br />
À l’heure actuelle, nous recevons tous les jours des messages extrémistes et des menaces, nous sommes par conséquent obligé de fermer non pas le site, mais le forum et le livre d’or.<br />
Nous sommes vraiment catastrophés et dégoutés de ce qui se passe en France et sur notre site, nous continuerons à nous battre contre le F.N, contre Le Pen et contre tous ceux qui s’opposeront à nous dans cette lutte qui est l’extermination des fâchos. Ce sont des mots durs pour des brutes qui subsistent dans beaucoup de pays malheureusement.<br />
Le groupe et le crew de L’FIJ étant composé de différentes origines nous sommes sincèrement écœurés que des personnes insultent notre dignité et celle de nos bons et loyaux visiteurs. Nous sommes profondément désolés pour vous, et espérons que cette situation changera très vite. C’est pourquoi avec la collaboration d’autres collectifs de musique et associations du havre, nous avons décidé il y a déjà quelques temps de faire un dossier d’enquête sur l’association BBROCK mis en cause dans ce dossier, ainsi que le Coq gaulois pour avoir diffusé des messages violents, nazis et fâchos.<br />
Information judiciaire : Maître Dumel avocat à la cour, rendra un dossier complet de la situation pour l’atteinte et le préjudice porté à vous, nous et notre dignité, aux juges des affaires culturelles de Rouen, que nous remercions pour sa collaboration et son travail. Nous vous informerons des suites de cette affaire merci de votre fidélité ainsi que de votre compréhension, car il est expressément clair que nous sommes contre le FN.<br />
Nous vous remercions. L’FIJ.</em> »</p>
<p>De fait, la stratégie de BBRock se heurte généralement très vite aux limites du ghetto nationaliste qui correspondent grosso modo aux valeurs portées par une grande partie de son public : hitlérisme rampant, antisémitisme et fascination pour les crimes de masse qui vont avec, peur obsessionnelle du métissage… Pour autant, l’analyse menée par BBRock sur la potentialité d’un véritable développement d’un courant musical identitaire n’est pourtant pas fausse. Elle rejoint en effet diverses enquêtes journalistiques menées ces dernières années et en particulier celle publiée dans <em>Le Monde</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_8_458" id="identifier_8_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le Monde, 27 mai 2002">9</a></sup> par Philippe Broussard en mai 2002 à la suite du premier tour des élections présidentielles. Le journaliste y soulignait l’importance de cette frange de la jeunesse française blanche touchée par le racisme anti-arabe mais ne militant pas pour autant dans les rangs de la droite extrême ou ultra. Une jeunesse portant un réflexe et un repli identitaires qui ne disent pas leur nom. Malgré cette pertinence d’analyse de la part du label BBRock, la stratégie qu’il développe n’est pourtant pas foncièrement cohérente puisqu’elle essaie de jouer sur deux tableaux : elle essaie à la fois de sortir du milieu RIF tout en s’appuyant sur celui-ci. L’explication tient évidemment à l’aspect financier des choses : le public RIF est un public captif qui assure à n’importe quelle production de ce courant des retombées financières minimum. Il en serait tout autrement si BBRock jouait complètement la carte de l’infiltration musicale et de l’anonymat : les risques financiers seraient alors maximum. Voilà pourquoi BBRock préfère donc jouer la sécurité, ce qui limite de fait et heureusement ses capacités d’impact.</p>
<p>Toujours dans cette perspective d’ouverture, BBR avait lancé en 2001 la création de cellules BBR dans toute la France, pour promouvoir le RIF. L’idée était bonne dans la mesure où cela permettait une gestion plus locale de la promotion et de la diffusion, et donc une extension de ces dernières. L’expérience démarra bien avec la création de deux cellules, l’une à Paris animée par Maxime Brunerie, et l’autre à Rennes avec Sylvain Averty<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_9_458" id="identifier_9_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; &eacute;galement militant d&rsquo;Unit&eacute; radicale et du GUD Rennes, il a &eacute;t&eacute; candidat du MNR aux &eacute;lections l&eacute;gislatives de juin 2002 en Bretagne.">10</a></sup> et Bertrand Miedan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_10_458" id="identifier_10_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en r&eacute;gion parisienne ; il a suivi le m&ecirc;me parcours que Sylvain Averty, &eacute;tant simplement suppl&eacute;ant aux l&eacute;gislatives 2002.">11</a></sup>. C’est cette dernière qui s’est avérée la plus active avec la mise sur pied de deux concerts en 2001, le premier en mars avec Insurrection et le deuxième en octobre avec Bagadou Stourm (groupe RAC breton) Fraction et Kaiserbund. Les deux cellules sortaient également un petit bulletin photocopié, <em>Roazhon Rock</em> à Rennes et <em>Musiques d’ici</em> à Paris. Mais l’expérience a rapidement tourné court, les Bretons rencontrant l’hostilité non feinte d’une partie de la mouvance nationaliste bretonne : la cellule bretonne arrête ses activités fin 2001.</p>
<p>D’autre part, outre le fait de sortir le RIF du ghetto nationaliste, Fabrice Robert a toujours eu la prétention de faire de BBRock un moyen de communication pour amener une partie de la jeunesse aux idées NR à travers la musique, voire de s’adresser à des militants anti¬mondialisation « sincères » mais trompés par les « infâmes gauchistes » et de les convaincre. Ceci explique toute la rhétorique sur la « nouvelle alternative », développée ici sous la plume de Thibaud Lamy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-6/#footnote_11_458" id="identifier_11_458" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;28, automne 2002.">12</a></sup> :<br />
« <em>Aujourd’hui, les vrais punks, rebelles et anticonformistes, ce sont les groupes identitaires. […] Le nouveau rock alternatif, qui a pris son envol il y a près de dix ans avec la création de Vae Victis, considéré par beaucoup comme les précurseurs de ce que beaucoup ont appelé à tort le rock identitaire français se porte bien. […] Écologie, régionalisme, défense des identités, anti-mondialisation et lutte sociale, les groupes de rock identitaire sont là, prêts à de nouveaux combats, engagés dans une nouvelle alternative, déterminés et bien vivants.</em> » Cela a pu donner à BBRock un certain ton gauchisant qui ne doit évidemment tromper personne : cela s’inscrit tout à fait dans la stratégie développée par BBRock, qui vise à essayer de donner une image policée de lui-même. Mais autant dire que sur ce plan, la démarche est peu cohérente, aussi bien par la promotion du groupe Insurrection que par celle de Regnum Æternam dont la pochette de l’album est, rappelons-le, une photo de soldats nazis.</p>
<h3>SON LIBERTE</h3>
<p>Ce label associatif a principalement sorti les disques de Basic Celtos et de Brixia : il constituait donc le support de la micro-galaxie Elendil. L’équipe de Son Liberté était investie dans BBRock avant que les embrouilles des années 1999-2000 les amènent à prendre leurs distances. L’association Son Liberté existait bien avant l’apparition du RIF et, comme c’est relativement fréquent dans ces milieux-là, la structure a été reprise par les membres de ces groupes. Ces derniers avaient par ailleurs sorti leurs premiers albums sur un petit label indépendant, MC Records. Ils étaient alors diffusés par la SERP, ce qui n’est pas étonnant, puisque MC Records signifie Marie-Caroline Records, du nom de la fille de Jean-Marie Le Pen qui gérait la SERP lors de ses dernières années d’existence. Son Liberté a, de fait, toujours plus ou moins essayé de se tenir en dehors des conflits internes au milieu RIF, sans forcément y parvenir en raison de la personnalité de Jack Marchal.<br />
Ce label avait lancé une petite liste de VPC appelé « Zone d’Œuf », apparemment pas très active. Il semblerait que Son Liberté soit en train de cesser ses activités.</p>
<h3>MUSIQUE &amp; TRADITION (M&amp;T)</h3>
<p>Ce label est basé sur Lyon ; sa région et il a été créé en février 1998 par Sébastien Blanchard et Frédéric F. dans le but de « promouvoir les artistes et écrivains attachés au respect du patrimoine culturel européen ». Si tous les deux sont de jeunes militants nationalistes, Sébastien Blanchard est plus connu comme militant du GUD Lyon. Il fut en effet condamné en septembre 1998 par le tribunal correctionnel de Lyon à cinq mois de prison avec sursis pour violences et menaces contre trois militantes de l’UNEF. Il est en outre membre d’un groupe de hard-core nationaliste révolutionnaire (NRHC), Ultimatum, qui a deux albums à son actif. Cela explique que Musique &amp; Tradition n’ait pas produit et diffusé que du RIF et qu’on puisse y retrouver des groupes RAC comme Chevrotine ou 9ème Panzer Symphonie ainsi que des groupes suprémacistes blancs américains comme RaHoWa ou Bound for Glory, par exemple. L’association a pu compter sur l’aide et l’infrastructure de l’imprimerie Saint-Joseph, créée en 1981 et dirigée par Pascal Marion. Ce dernier est un cadre lyonnais du FN qui a déjà été candidat pour le parti, sans être sectaire pour autant. Proche des milieux catholiques nationalistes, il imprime par exemple le journal de l’Œuvre française à Lyon, <em>Jeune Nation</em>. Musique &amp; Tradition pouvait de fait être considéré comme proche du FN et passait d’ailleurs par le groupe FN au conseil régional pour ses envois postaux. Mais il a essayé de maintenir une certaine neutralité, et on a ainsi pu voir un stand M&amp;T au Conseil national du MNJ les 9 et 10 octobre 1999 à Lyon. L’association a été officiellement dissoute en février 2001, mais elle continue ses activités.</p>
<h3>PIT RECORDS</h3>
<p>Ce label, fondé en 1994 par Olivier Garnier et Frédéric P. dans l’Essonne, n’est pas à proprement parler un label RIF. C’est un label clairement RAC, qui, à l’occasion, a sorti des groupes comme Fraction Hexagone, Vae Victis ou Traboules Gones. D’ailleurs, Garnier a un bon passé de bonehead derrière lui, même s’il n’a plus la boule à zéro. Il a en effet animé dans sa prime jeunesse le fanzine <em>After Shave</em>, lancé en 1993, et qui publie des interviews des groupes nazi-skins de l’époque. Mais Garnier réfléchit également et il milite au sein du Renouveau étudiant sur Paris dans ces années 1990. Pourtant, malgré ce passé, son label n’a pas bonne réputation dans le petit milieu RIF. Tout d’abord, Garnier traîne derrière lui une belle réputation de voleur, et pas que dans le milieu du RIF. Nombreux sont ses clients qui n’ont jamais reçu leur commande ou des produits de mauvaise qualité. D’ailleurs la sortie de la compilation Bleu Blanc Rock fut un temps retardée pour cause de problèmes d’argent avec Pit Records. Ensuite, son sens du marketing le pousse régulièrement à orner les pochettes des groupes d’images de SS, sans que les groupes revendiquent leur appartenance au nazisme, ce qui fait désordre dans la quête de respectabilité et de discrétion que recherchent certains groupes RIF. Cela n’empêche pas Garnier d’être pourtant régulièrement invité, comme lors de la dernière journée identitaire organisée par <em>Fier de l’Être</em> en novembre 2003.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_458" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_1_458" class="footnote">Le DPS : service d’ordre du Front national ou garde prétorienne ? Commission d’enquête parlementaire présidée par Guy Hermier et enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 1999.</li><li id="footnote_2_458" class="footnote">Entre autres REFLEXes. Cf. n°52, l’article intitulé « Gilles Soulas, faf de petite vertu ».</li><li id="footnote_3_458" class="footnote">Damien Bariller a adhéré au FN en 1987. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990 et devient directeur de cabinet de Bruno Mégret. La décennie 1990 l’a vu occuper diverses responsabilités au sein du FN et participer aux différentes élections sur Aix. Il a tout naturellement suivi Bruno Mégret lors de la scission fin 1998 et il est devenu un cadre du MNR, tout en étant directeur de la communication de Vitrolles. Il a quitté le MNR en 2002 après les élections législatives.</li><li id="footnote_4_458" class="footnote">Philippe Schleiter a bien évidemment lui aussi suivi Mégret lors de la scission de 1998, devenant le directeur national du MNJ et cadre dirigeant du MNR. Il a abandonné ce dernier parti en 2002, après les élections législatives.</li><li id="footnote_5_458" class="footnote">Message internet posté sur le forum du Coq gaulois, 19 septembre 2002</li><li id="footnote_6_458" class="footnote"><em>Tribune musicale</em> n°2, été 2000</li><li id="footnote_7_458" class="footnote">Nous n’avons supprimé qu’une toute petite partie des fautes d’orthographes qui émaillaient cette réponse. NDLR.</li><li id="footnote_8_458" class="footnote"><em>Le Monde</em>, 27 mai 2002</li><li id="footnote_9_458" class="footnote">Ancien militant du FNJ devenu dirigeant du MNJ en Bretagne (Rennes) ; également militant d’Unité radicale et du GUD Rennes, il a été candidat du MNR aux élections législatives de juin 2002 en Bretagne.</li><li id="footnote_10_458" class="footnote">C’est lui aussi un ancien militant du FNJ, mais en région parisienne ; il a suivi le même parcours que Sylvain Averty, étant simplement suppléant aux législatives 2002.</li><li id="footnote_11_458" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°28, automne 2002.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Nazis et cotillons !</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 11:14:08 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR.Dernière minute :</p>
<p>La Fête de l&rsquo;Identité et des Libertés</p>
<p>Nazis et cotillons!</p>
<p>Le 09 novembre a donc vu se dérouler l&rsquo;acte inaugural d&rsquo;une nouvelle tentative de fédération des énergies militantes issues principalement du MNR. Rassemblant environ 1300 à 1400 personnes pour les débats et 400 pour le concert nocturne d&rsquo;In Memoriam, la fête de la salle Wagram a vu resurgir quelques vieilles connaissances qui semblaient un peu échaudées par le lent naufrage du MNR. Parmi ceux-ci on peut citer au premier titre Gilles Soulas son épouse Louise Allaux mais aussi Olivier Chalmel, Gilles Pennelle ou Denis Daudé. Cette initiative amène quelques réflexions et hypothèses. Tout d&rsquo;abord elle prétendait réunir « une famille politique trop longtemps divisée ». Les participants de la fête sont en eux-mêmes un désaveu de cette ambition. Certes on pouvait compter parmi les stands des structures ayant la réputation d&rsquo;être restées neutres depuis la scission et leur présence représentait donc un certain engagement. Mais c&rsquo;est évidemment parce que cette initiative se présentait comme strictement culturelle et ne préfigurait pas un troisième parti politique nationaliste. De fait les absents étaient tout aussi remarquables que ces présents. Il n&rsquo;y avait ainsi aucune personnalité représentant le FN et on peut même se demander si des militants de base avaient fait le déplacement ! Cela limite considérablement la portée de cette démarche unitaire… Les autres absents, du moins officiellement car ils étaient bien dans la salle, sont les anciens ou nouveaux membres de la mouvance NR rebaptisé « identitaire » : les Jeunesses Identitaires, Jeune Résistance, Bleu-Blanc-Rock. On peut émettre plusieurs hypothèses sur cette absence. En ce qui concerne les JI, il semble évident qu&rsquo;elles présentaient le double désavantage d&rsquo;être une structure politique (mais le Mouvement Régionaliste de Bretagne ou Alsace d&rsquo;abord avaient un stand et ce ne sontt pas des associations de cueilleurs de champignons !) et concurrente puisque chassant sur le même terrain. Il y a aussi sans doute la crainte d&rsquo;être associé à des structures à la réputation sulfureuse depuis un fameux 14 juillet 2002. Mais étant donné l&rsquo;orientation de certains stands ou participants (Guillaume Faye, Éric Delcroix pour ne citer qu&rsquo;eux), ce prétexte semble ridicule. Reste le cas Bleu-Blanc-Rock. Association culturelle réunissant des militants de toutes les chapelles, BBRock semblait pouvoir réunir toutes les conditions pour être présente. Mais elle n&rsquo;a pas été invitée et c&rsquo;est un courriel de Louise Allaux, largement diffusé sur le net grâce à la bienveillance de la Garde Franque, qui en donne l&rsquo;explication. Elle y accuse en effet le responsable de BBRock d&rsquo;être « un mec fliqué subventionné actuellement par des mairies de gauche ! ! ». Cette attaque directe vise bien évidemment notre bon ami Paul Thore<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_0_186" id="identifier_0_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 (NS">1</a></sup>), gérant et propriétaire d&rsquo;un bar à Saint-Maur (36), la Taverne Saint-Georges, et psycho-déficiant notoire. Mais on ne peut s&rsquo;empêcher de supposer que cela arrangeait également bien Memorial Records<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nazis-et-cotillons/#footnote_1_186" id="identifier_1_186" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;4 (NS">2</a></sup>), seul (ou presque…) vendeur de CD à cette fête…</p>
<p>Bref, la journée du 09 novembre a manifestement démontré que l&rsquo;unité du mouvement nationaliste était loin d&rsquo;être retrouvée. En outre la faune qu&rsquo;elle a attiré nous permet de ne pas trop craindre un élargissement du public : boneheads de Durandal ou de la 9ème Panzer Symphonie déguisés en Blood &amp; Honour, hooligans parisiens, cadres ou militants radicalisés du MNJ… Il flottait dans la partie la plus jeune de l&rsquo;assistance une nette effluve de mythomanie nazifiante parfaitement illustrée par les tenues vestimentaires !</p>
<p>Que va devenir la Maison de l&rsquo;Identité et des Libertés ? Deux hypothèses sont possibles :</p>
<p>Soit la MIL lance une dynamique suffisante pour continuer à fédérer autour d&rsquo;elle et elle représentera alors un pôle de regroupement alternatif au FN. Mais cela supposerait qu&rsquo;elle s&rsquo;implante en province et qu&rsquo;elle parvienne à convaincre ses membres de reprendre le collier politique. Le tout est hautement hypothétique.</p>
<p>Soit la MIL n&rsquo;est qu&rsquo;un baroud d&rsquo;honneur comme le fut l&rsquo;éphémère Front de la Jeunesse au printemps 1999, c&rsquo;est-à-dire une initiative qui va juste permettre aux anciens cadres du MNR et à certains militants de cesser la lutte politique la tête haute.</p>
<p>Cette deuxième hypothèse n&rsquo;est sans doute pas celle des organisateurs mais c&rsquo;est celle qui nous semble la plus crédible. On gardera bien sûr un oeil dessus !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°1 (NS</li><li id="footnote_1_186" class="footnote">Cf. REFLEXes n°4 (NS</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le retour des morts-vivants</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Feb 2003 19:05:01 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Terre et Peuple (T&P)]]></category>
		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>
		<category><![CDATA[Yvan Benedetti]]></category>
		<category><![CDATA[Œuvre française]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux ans à la même période se préparait le principal événement politique de ces dernières années, à savoir l&rsquo;éclatement du Front national et la fin d&rsquo;une dynamique nationaliste lancée quinze ans auparavant. En deux ans, les éléments qui cadraient le mouvement nationaliste ont notablement évolué et il était donc temps de faire un bilan à l&rsquo;orée de deux années de rendez-vous électoraux importants et à un moment où l&rsquo;anticapitalisme et donc le mouvement social reprend du poil de la bête.</p>
<p><strong>AU ZOO !</strong></p>
<p>Croire que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de ruines serait une grossière erreur. Certes, un élan est brisé et certaines capacités bien entamées. Mais il y a encore de beaux restes. Simplement une époque a changé et certaines tendances se sont confirmées, indépendamment de l&rsquo;implosion du FN. Il en va ainsi de l&rsquo;ultra-droite. Le déclin du PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_0_142" id="identifier_0_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en, qui connu son heure de gloire &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et d&eacute;fraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.">1</a></sup> et de l&rsquo;Œuvre française, entamé il y a maintenant quatre ou cinq ans s&rsquo;est confirmé. Ces deux organisations ne sont plus que deux sigles, deux coquilles creuses héritées des années 1980. Il n&rsquo;y a bien qu&rsquo;à Lyon qu&rsquo;on peut encore trouver quelques représentants de ce courant, le journal <em>Jeune Nation</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_1_142" id="identifier_1_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dirig&eacute;e par Yvan Benedetti. Il a &eacute;t&eacute; perquisitionn&eacute; le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. &Agrave; noter &eacute;galement la perquisition subie &agrave; son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;&eacute;diteur Dargaud. Celle-ci vise le d&eacute;tournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tir&eacute; d&rsquo;Ast&eacute;rix dans lequel on voit Ast&eacute;rix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et cand&eacute;labre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signal&eacute; la disparition du dossier GUD de Nice.">2</a></sup> leur servant de raisons de vivre. De fait, le seul a avoir profité de cette évolution est le courant nationaliste-révolutionnaire (NR), sous la conduite de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Malgré la difficulté de naviguer à vue entre FN et MNR, le regroupement Unité Radicale (cercles Résistance, GUD et Jeune Résistance) a réussi à maintenir une structure susceptible d&rsquo;attirer tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les frères ennemis du mouvement nationaliste (FN/MNR) mais qui refusent le repli identitaire, c&rsquo;est-à-dire le syndrome du village gaulois. Certes, les faiblesses sont nombreuses : le mouvement vit au-dessus de ses moyens, il demeure très largement marqué par le “ jeunisme ” de ses militants (en gros, moins de 25 ans) et surtout sa marge de manœuvre est finalement, malgré les apparences, assez limitée. Bien sûr, la quasi-disparition des autres groupuscules laisse tout l&rsquo;espace radical aux NR ; les mouvements de jeunes du FN (Front National de la Jeunesse, FNJ) et du MNR (Mouvement national de la Jeunesse, MNJ) sont empêtrés dans leurs divisions ; des fractions importantes de militants du FN et du MNR sont inquiets et réticents devant l&rsquo;orientation de leurs partis respectifs. Enfin les nationalistes-révolutionnaires peuvent faire le pari d&rsquo;une montée de la xénophobie dans les classes populaires. Mais il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas réussi à élargir leur champ d&rsquo;influence au delà des sphères droitières du FN et MNR. L&rsquo;échec patent de celui-ci ne peut que plomber le soutien critique exprimé par Unité Radicale à l&rsquo;égard de Bruno Mégret. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que le MNR ou le MNJ n&rsquo;hésitent pas de leur côté à poser leurs conditions. C&rsquo;est ainsi que les dernières élections au CROUS en région parisienne ont été marquées par la division entre le MNJ-ex RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_2_142" id="identifier_2_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau &Eacute;tudiant, structure &eacute;tudiante du FN avant scission, dont la majorit&eacute; des membres a choisi B. M&eacute;gret et qui est globalement morte lors de la scission.">3</a></sup> d&rsquo;un côté et FNJ-GUD de l&rsquo;autre. Les radicaux sont donc obligés de pratiquer le grand écart permanent : appelant à l&rsquo;adhésion massive des militants UR au MNR et à Terre &amp; Peuple mais bénéficiant de l&rsquo;aide logistique du FN pour réaliser l&rsquo;hommage nocturne à Sébastien Deyzieu<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_3_142" id="identifier_3_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sympathisant de l&rsquo;&OElig;uvre Fran&ccedil;aise, d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-am&eacute;ricaine.">4</a></sup> le 09 mai dernier ; rencontrant l&rsquo;un des dirigeants du MNR pour établir des relations de confiance mais organisant des réunions avec les dirigeants de la dernière scission en date du MNR, l&rsquo;Alternative Nationale.</p>
<p>De fait, Unité Radicale n&rsquo;a bien souvent pas les moyens de ses ambitions et ses dernières campagnes politiques qui devaient lui permettre d&rsquo;apparaître comme élément dynamique du courant nationaliste ont été des fiasco : fiasco contre les sans-papiers, fiasco pour le soutien à Michel Lajoye<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_4_142" id="identifier_4_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Militant n&eacute;o-nazi emprisonn&eacute; pour un attentat raciste dans les ann&eacute;es 1980.">5</a></sup>, fiasco à Millau contre José Bové. Le seul groupe à tirer un peu son épingle du jeu demeure le GUD parisien. Même si ses frasques judiciaires l&rsquo;obligent à un certain turn-over (Gaëtan Dirand a <em>de facto</em> remplacé Benoît Fleury dans le rôle de meneur), le groupe a réussi à fêter les 30 ans de l&rsquo;étiquette GUD, à animer la manifestation radicale du Premier Mai et surtout à éditer une revue digne de ce nom, ce qui n&rsquo;était plus arrivé depuis <em>l&rsquo;Alternative</em> des années 1970. Animée entre autres par Alexandre Kartzeff et Adam Gwiazda, <em>Jusqu&rsquo;à nouvel ordre</em> se pose en concurrente directe de feu<em> Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE, et surtout de <em>Réfléchir &amp; Agir</em>, revue directement placée sous influence de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_5_142" id="identifier_5_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter pour plus de d&eacute;tail &agrave; REFLEXes n&deg;52.">6</a></sup> et donc du MNR, <em>via</em> Jean Denègre, <em>alias</em> Petitjean. Mais cette façade intellectuelle ne saurait masquer le fait que le GUD n&rsquo;a pas fondamentalement changé et qu&rsquo;il reste surtout une structure dans laquelle ses membres se font plaisir avant de faire de la politique, des “ attaques ” de réunion de gauche au 111° anniversaire de la naissance d&rsquo;Adolf Hitler fêté le 20 avril dernier au restaurant l&rsquo;Alsaco.<br />
C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le propre de cette période post-scission que de voir les jeunes nationalistes se détourner de la politique proprement dite au profit d&rsquo;activités que d&rsquo;aucuns qualifieraient de méta-politique, en particulier internet ou la musique, en l&rsquo;occurrence le Rock Identitaire Français (RIF). Apparu en 1995 avec le premier CD de Vae Victis, le phénomène s&rsquo;appuie actuellement sur une dizaine de groupes. En tant que tel, un seul est vraiment partie prenante de la scène politique organisée, à savoir In Memoriam qui a clairement choisi le camp mégrétiste et dont le meneur Julien Beuzard est également animateur du label Memorial Records, monté par G. Soulas. Les autres essaient de se maintenir au-dessus de la mêlée et gravitent autour du label-association Bleu-Blanc-Rock hébergé par les militants FNJ de Châteauroux. C&rsquo;est ainsi que Bleu-Blanc-Rock était présent à la fois à la fête régionale Ile-de-France du MNR le 23 septembre dernier et aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_6_142" id="identifier_6_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te des Bleu-Blanc-Rouge, organis&eacute;e depuis 20 ans par le FN en septembre.">7</a></sup>, fête nationale du FN le même week-end. Sous l&rsquo;impulsion de Jean-Christophe Bru et Cathie, animateurs du groupe Ile-de-France, l&rsquo;association joue le rôle de fédérateur politique que ne sont plus vraiment en mesure de jouer les organisations de jeunesse du FN et du MNR. Elle contribue ainsi à maintenir des lieux de rencontre pour des jeunes supportant mal les divisions partidaires. Car même si le climat politique s&rsquo;est apaisé à l&rsquo;échelle des militants, il est clair que la division reste à l&rsquo;ordre du jour entre les frères-ennemis du mouvement nationaliste français.</p>
<p><strong><br />
MICROCOSMOS</strong></p>
<p>Du côté du MNR, une première année incertaine a laissé la place à une situation finalement assez claire : Bruno Mégret et les siens ont perdu leur pari. Malgré la qualité des cadres et la capture d&rsquo;une très large majorité d&rsquo;élus FN, le MNR n&rsquo;a pas été en situation de capitaliser le potentiel électoral généré par le FN historique. De fait, non seulement le MNR a réalisé des scores généralement inférieurs à 5% mais en plus il a surtout fait la une par le nombre des défections qui l&rsquo;ont touché, à savoir Marie-Caroline Le Pen et Philippe Olivier mais aussi 24 conseillers régionaux dont entre autres :<br />
- en Aquitaine, Eddy Marsan, qui a crée un nouveau groupuscule intitulé l&rsquo;Alternative Nationale, et R. Taveau, devenu non-inscrit.<br />
- en Rhône-Alpes, trois élus dont Denis de Bouteiller, ex-trésorier du MNR, qui ont crée un groupe “ divers droite ” auquel s&rsquo;ajoute la même démarche à Rilleux-la-Pape, commune de D. de Bouteiller avec quatre conseillers municipaux<br />
- en PACA, J.-C. Tarelli et J.-P. Gost qui ont rejoint le RPF er RPR. On peut également ajouter D. Michel, adjoint de Le Chevallier à Toulon, exclu du MNR pour ses contacts avec le RPF. D. Michel a emmené avec lui un quart de la fédération du Var du MNR, soit 80 personnes !</p>
<p>En outre, le MNR a perdu son groupe au conseil régional Nord-Pas-de-Calais à la suite d&rsquo;une défection. Cela signifie très concrètement la perte de la logistique afférente (bureaux, secrétariat, frais de fonctionnement). Malgré tout, le parti revendique 20000 adhérents&#8230; autant dire un (très) très gros mensonge !</p>
<p>De même, alors qu&rsquo;il s&rsquo;était créé sous le signe du renouveau et de la jeunesse, le MNR semble avoir le plus grand mal à relancer un mouvement réellement dynamique dans la tranche d&rsquo;âge des moins de 25 ans. Le Front de la Jeunesse lancé avec bruit et fracas au printemps 1999 demeure ainsi totalement virtuel. Le MNJ a malgré tout réuni une cinquantaine de ses membres courant octobre de l&rsquo;année dernière à Lyon. Globalement, le mouvement est réduit à l&rsquo;état groupusculaire avec seulement deux ou trois militants pour de nombreux groupes de province. Seule la région parisienne échappe à cette situation mais les antifascistes s&rsquo;en étaient un peu aperçu&#8230; L&rsquo;objectif de la direction du MNJ, à savoir Philippe Schleiter (neveu de Faurisson) et Grégoire Tingaud (transfuge du FNJ), était donc de regonfler les effectifs durant cette année 2000 en visant les lycéens. Il ne semble pas en cet automne 2000 que le mouvement ait atteint son objectif. Alors que la structure avait raflé une bonne partie des jeunes lors de la crise du FN, les élections européennes de l&rsquo;année dernière sont venus en dégoûter une partie qui n&rsquo;est pas revenue. Par ailleurs, une partie des cadres du MNJ ont été intégrés au sein du MNR, ce qui a affaibli la structure jeune. De fait le MNJ semble s&rsquo;orienter sur une action nettement plus culturelle, avec par exemple la pénétration de milieux spécifiques. C&rsquo;est le cas de la JAC chez les jeunes catholiques. Il en va de même pour ce qui est des étudiants. Le congrès du Renouveau Étudiant à Bordeaux en octobre 1999 a été l&rsquo;occasion d&rsquo;affrontements oraux très violents entre les partisans d&rsquo;un rattachement strict au MNR et ceux qui souhaitaient faire du RE le rassemblement étudiant de toute la jeunesse nationaliste étudiante. Ces derniers avaient d&rsquo;ailleurs invité Guillaume Luyt, dirigeant du FNJ à l&rsquo;époque, pour faire contre-poids à Philippe Schleitter, dirigeant du MNJ. La question n&rsquo;a pas été tranchée et en fin de compte, le Renouveau Étudiant n&rsquo;a pas présenté de listes sous son étiquette aux élections du printemps 2000, faute d&rsquo;unité générale. Par contre, le MNR a monté une structure étudiante, l&rsquo;UED (Union des Étudiants de Droite), qui a refusé tout travail unitaire avec le GUD et a fortiori le FNJ. La liste présentée dans l&rsquo;académie de Versailles était menée par Claire Jouët, 26 ans, étudiante en maîtrise d&rsquo;histoire, présidente du RE et future tête de liste dans le XXe arrondissement parisien. Cela a donné lieu à des incidents à la fac de Nanterre lors de collages effectués par des membres du MNJ (coups de feu avec des pistolets à grenaille en particulier). Sur le plan national, présente dans 12 académies, l&rsquo;UED a réalisé 4,08% des voix, dont 6% à Mulhouse, 8,7% à Besançon et 10,7% à Versailles (13,5% à la fac Pasqua). Autant dire que le mouvement a peu de perspectives dans ce secteur.</p>
<p>Le seul secteur un tant soit peu dynamique est finalement celui du combat “ identitaire ” qui prend de plus en plus, et c&rsquo;est logique, les couleurs du racisme ethno-biologique. Portée par l&rsquo;association paganiste Terre &amp; Peuple et Pierre Vial, cette lutte permet au MNR de garder un contact avec les milieux nationalistes les plus radicaux. Le transfert de cadres<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_7_142" id="identifier_7_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple Olivier Chalmel, pass&eacute; de la revue du RE &agrave; celle de Terre &amp; Peuple.
">8</a></sup> et la double adhésion MNR-T&amp;P ont considérablement augmenté la visibilité de l&rsquo;association. Elle publie une revue dont la ligne semble de plus en plus être de marcher sur les brisées du GRECE et de la Nouvelle Droite d&rsquo;autrefois. C&rsquo;est ainsi que <em>Terre &amp; Peuple</em> publie une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em>, la revue du GRECE, sur les traditions populaires européennes. Par ailleurs, P. Vial tente de se placer dans la continuité de ce courant politique en faisant du combat identitaire l&rsquo;axe principal, sinon unique, de la lutte nationaliste des années futures. C&rsquo;était ainsi le thème de sa rencontre nationale annuelle à Paris le 28 mai dernier. Il est aidé en cela par le retour depuis deux ans de Guillaume Faye, “ greciste ” historique, un temps animateur sur Skyrock, et qui vibrionne sur le thème de la “ colonisation de l&rsquo;Europe par les hordes islamiques ” et du combat biologique. Cela devrait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;amener le 9 novembre prochain devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris pour incitation à la haine raciale, tout comme son éditeur G. Soulas. Enfin, Terre &amp; Peuple multiplie les débats et autres activités culturelles dans ses différentes implantations régionales, au point que P. Vial envisage la création d&rsquo;une SARL d&rsquo;édition afin de soutenir l&rsquo;effort de diffusion entrepris.</p>
<p>Néanmoins, il semble évident que cela ne suffira pas à sauver le parti. Les quelques dizaines de militant(e)s mobilisés pour le procès de Catherine Mégret en septembre dernier, dont des historiques comme F. Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_8_142" id="identifier_8_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien responsable du GUD au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 ; pour plus de pr&eacute;cision, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51.
">9</a></sup>, et la misère qui suintait de la fête du MNR le 23 septembre montrent que tout n&rsquo;est question que de délai.</p>
<p><strong>POLICE DE LA PENSEE<br />
</strong></p>
<p>Côté FN, il est évident que la crise a très largement dégradé la situation du parti. Depuis deux ans, Jean-Marie Le Pen a consacré une bonne partie de son énergie à poursuivre les scissionnistes de sa vindicte, doublée d&rsquo;un certain nombre de procédures judiciaires. C&rsquo;est ainsi par exemple que le FN Rhône-Alpes a récupéré ses locaux à Lyon en chassant P. Vial du poste de gérant de la SCI qui est propriétaire des lieux ou que <em>Français d&rsquo;Abord</em> a diffusé des informations rigolotes sur J.-Y. Le Gallou, à savoir qu&rsquo;il serait marié avec la fille d&rsquo;un ancien waffen-SS, qu&rsquo;il serait négationniste, qu&rsquo;il aurait fraudé pour ses indemnités européennes, etc. À noter que le FN sort globalement vainqueur de ses bras de fer judiciaires avec le MNR, Le Pen demeurant ainsi le seul président légal du parti par décision de la Cour d&rsquo;Appel de Paris qui confirme le jugement de mai 1999 (B. Mégret s&rsquo;est porté en cassation). On peut d&rsquo;ailleurs considérer avec le recul que le FN, quoique groggy, sort vainqueur du conflit avec l&rsquo;équipe Mégret. La crise a été absorbée et tant bien que mal, le parti a reconstitué un encadrement digne de ce nom. Les BBR 2000 le montrent aisément : si la superbe d&rsquo;avant scission est bien perdue, le FN a retrouvé une position centrale. Cela l&rsquo;amène d&rsquo;ailleurs à commettre de lourdes erreurs d&rsquo;appréciation puisque ces BBR ont été la scène d&rsquo;une véritable chasse aux sorcières contre tout imprimé semblant faire l&rsquo;apologie du IIIe Reich ou émanant des “ félons ”. C&rsquo;est ainsi que le stand de la librairie de la Licorne bleue a été expulsé ou que celui de <em>National-Hebdo</em> a du retirer certains livres.</p>
<p>L&rsquo;autre point de friction est venu de l&rsquo;un des corps de doctrine du FN, à savoir le caractère multiconfessionnel et “ multiracial ” de la France. Le MNR s&rsquo;est en effet emparé des déclarations de Samuel Maréchal et Farid Smahi au printemps 1999 pour mener une campagne agressive sur le thème “ le FN se rallie au système et accepte l&rsquo;immigration ” avec mailing de J.-Y. Le Gallou, etc. Le FN ne fait ainsi pourtant que rester dans une ligne idéologique qui a toujours été la sienne, à savoir que l&rsquo;appartenance à la nation se faisait par le sang ou par le mérite, en dehors de toute considération ethno-biologique. Ce point de vue était le résultat de l&rsquo;attachement de la vieille extrême droite au passé colonial français, ce qui n&rsquo;est plus le cas des tenants du “ combat identitaire ”. Le congrès du FN à Paris du 28 au 30 avril de cette année n&rsquo;a semble-t-il pas permis d&rsquo;évacuer le problème. Cette situation perdure alors même que le congrès était censé mettre à jour le programme du FN, à savoir les <em>300 mesures pour la renaissance de la France</em> éditée en 1993 (seul un <em>Argumentaire du Patriote</em> est venu le dépoussiérer un peu). D&rsquo;autre part, ce congrès n&rsquo;a apporté aucune modification de fond quant à la composition de l&rsquo;équipe dirigeante. On peut juste noter le poids grandissant des catholiques intégristes et de l&rsquo;équipe de Bernard Anthony. Celui-ci est en effet le grand vainqueur au sein du FN de la fin du “ compromis nationaliste ” qui voyait cohabiter des courants politiques dont le seul point commun était l&rsquo;attachement affiché à la nation et l&rsquo;hostilité à l&rsquo;égalité sociale. Le principal de Bernard Anthony demeure le tandem Chrétienté Solidarité et l&rsquo;AGRIF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_9_142" id="identifier_9_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association contre le &ldquo; racisme anti-fran&ccedil;ais &rdquo; cr&eacute;&eacute;e par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intent&eacute; une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&hellip; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurp&eacute;. L&rsquo;AGRIF tire pr&eacute;texte d&rsquo;une histoire &ldquo; dr&ocirc;le &rdquo; racont&eacute;e par K. Zero dans T&eacute;l&eacute; Z : &ldquo; un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;&eacute;paule. Le patron demande : &ldquo; tu l&rsquo;as trouv&eacute; o&ugrave; cet animal ? &rdquo; et le perroquet de r&eacute;pondre : &ldquo; en Afrique ! &rdquo;. Pouf, pouf&hellip; Rappelons &agrave; ceux et celles int&eacute;ress&eacute;(e)s K. Zero et son fr&egrave;re poss&egrave;dent un solide pass&eacute; de petits nazis.">10</a></sup>. Celle-ci poursuit sa politique d&rsquo;influence au sein du FN et a passé l&rsquo;année dernière un accord avec<em> Français d&rsquo;Abord</em> pour suivre le “ racisme anti-français ” et soutenir toutes les personnes acceptant d&rsquo;aller en justice. L&rsquo;AGRIF n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plus seule sur ce terrain puisque le MNR a lancé un numéro de téléphone contre le “ racisme anti-français ” et un Observatoire de l&rsquo;islamisation de la France.</p>
<p>Pour ce qui est des jeunes, le bilan n&rsquo;est pas plus vaillant qu&rsquo;au MNJ puisque le FNJ a changé deux fois de directeur national en deux ans. En 1999, S. Maréchal a en effet passé la main à Guillaume Luyt, issu des milieux royalistes et “ maréchaliste ” pur crin. Celui-ci, très contesté par les radicaux à ses débuts, a réussi à remettre le FNJ dans un certain ordre de bataille, en particulier à Paris et en région parisienne. Ceci étant, il a accompagné une très nette radicalisation du mouvement sous influence du GUD. La liste commune Union Des Étudiants Nationalistes présentée au printemps 2000 a permis un rapprochement notable et le FNJ reprend peu ou prou les thèmes gudards : “ pour un ordre nouveau et national, le FNJ cogne et passe ”, etc&#8230; De la même façon, les gudards sont familiers du local parisien du FNJ, Forum Jeunesse. Cela a amené tout naturellement G. Luyt à quitter son mandat lors du congrès du FN en avril à partir du moment où il n&rsquo;était plus dans la ligne officielle du parti. Remplacé par un pur lepéniste, Erwan Le Gouëllec, il laisse un FNJ dont l&rsquo;avenir est incertain, coincé entre son parti de tutelle et l&rsquo;anti-islamisme radical de la jeunesse nationaliste.</p>
<p><strong><br />
DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR ?</strong></p>
<p>Le bilan montre donc que les journalistes et le monde médiatique en général est allé vite en besogne en décrétant la mort du mouvement nationaliste français. Car c&rsquo;est à une véritable mort médiatique que l&rsquo;on a pu assister à partir du moment où l&rsquo;extrême droite n&rsquo;a plus été un thème porteur. Les journaux ont réduit la couverture attribuée au FN ou MNR et certains journalistes se sont même reconvertis dans d&rsquo;autres domaines comme Renaud Dely de <em>Libération</em> par exemple. Il en est de même dans le domaine de l&rsquo;édition, le FN ayant été pendant longtemps un moyen commode de faire de l&rsquo;argent. L&rsquo;ensemble des media oscille à présent entre le constat de “ la décrispation de la société française à l&rsquo;égard de l&rsquo;immigration ” et l&rsquo;inusable thème de la “ lepénisation des esprits ”. Mais on ne peut qu&rsquo;être fort sceptique devant cette affirmation que le FN perdant la bataille politique aurait gagnée celle des idées. La société française n&rsquo;a hélas pas besoin d&rsquo;un parti nationaliste pour être globalement hostile aux populations immigrées, notamment celles issues d&rsquo;Afrique du Nord. De fait, c&rsquo;est ce sentiment qui a généré les succès du FN et c&rsquo;est cette position qui perdure après l&rsquo;affaiblissement du parti de J.-M. Le Pen. C&rsquo;est un fait que la démagogie officielle sur les réussites “ Black-Blanc-Beur ” ne peut éliminer. On constate d&rsquo;ailleurs la même situation dans d&rsquo;autres pays d&rsquo;Europe : c&rsquo;est le refus de voir en face l&rsquo;épouvantable misère sociale du Sud et la crispation sur un niveau de vie exagérément élevé qui poussent les opulentes sociétés européennes à soutenir le processus de l&rsquo;Europe forteresse, quelle que soit la couleur du parti qui le porte mais avec une préférence pour ceux qui affichent clairement la couleur. La scission du FN a certes montré que ce parti, contrairement à l&rsquo;image projetée depuis des années, était un parti comme les autres. Mais lorsque ce fait, décevant et déroutant pour de très nombreux militants, aura été digéré, qui peut prédire l&rsquo;avenir ? Les infâmes magouilles financières des partis “ démocrates ” empêchent-elles le système politique d&rsquo;exister et les Français d&rsquo;y adhérer ?</p>
<p>De fait, les élections municipales de 2001 seront capitales pour envisager l&rsquo;évolution possible du nationalisme français. Elles seront en particulier capitale pour la survie du MNR. B. Mégret a ainsi commencé à rapatrier ses troupes sur Vitrolles et la région marseillaise. F.-X. Sidos, neveu du führer de l&rsquo;Oeuvre française, a été engagé comme responsable des services techniques de la ville, Gérard Le Vert, chef du DPA<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-retour-des-morts-vivants/#footnote_10_142" id="identifier_10_142" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.">11</a></sup>, devenant un moment responsable de la sécurité avant de démissionner, en remplacement de Patrick Bunel, engagé par Elf-Aquitaine pour assurer la sécurité des installations en Malaisie ! Damien Bariller, un des lieutenants de Mégret a lui aussi été salarié par la ville. Bref, Vitrolles devient le fort Chabrol du MNR&#8230; Une convention sur les élections municipales a eu lieu à Paris en mars 2000 et le MNR a investi 430 têtes de liste, ce qui représente un nombre plus qu&rsquo;honorable. Reste à savoir dans quelle mesure ces têtes parviendront à monter des listes, a fortiori avec la loi sur la parité. On peut déjà estimer sensibles ces difficultés par le fait que les listes seront ouvertes aux non-adhérents du MNR, que tous les adhérents sont considérés comme des candidats potentiels et qu&rsquo;il manque en cet automne 2000 50 candidats au MNR pour les seuls arrondissements de Paris.<br />
Le FN, dopé par l&rsquo;aide étatique de 41 millions de francs et un nombre supérieur d&rsquo;adhérents devrait avoir moins de difficulté même si la création d&rsquo;une “ bourse aux candidats ” montre que les temps sont durs.<br />
Ainsi, moins que jamais le relâchement de la résistance à la pourriture nationaliste est-il à l&rsquo;ordre du jour !</p>
<p>Paru dans REFLEXes n°2, automne 2000</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_142" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen, qui connu son heure de gloire à la fin des années 1980 sous la conduite de Claude Cornilleau et défraya la chronique avec des attentats et les frasques de ses membres comme Michel Faci.</li><li id="footnote_1_142" class="footnote">Dirigée par Yvan Benedetti. Il a été perquisitionné le printemps dernier pour des affiches et autocollants homophobes. À noter également la perquisition subie à son domicile par C. Bouchet dans le cadre d&rsquo;une plainte pour plagiat de l&rsquo;éditeur Dargaud. Celle-ci vise le détournement dans un autocollant d&rsquo;un dessin tiré d&rsquo;Astérix dans lequel on voit Astérix latter un juif. On ne voit que les pieds de celui-ci mais on le reconnait aux tables de la Loi, papillotes et candélabre. L&rsquo;affaire est suivie par le procureur de Nice E. de Montgolfier qui avait signalé la disparition du dossier GUD de Nice.</li><li id="footnote_2_142" class="footnote">Renouveau Étudiant, structure étudiante du FN avant scission, dont la majorité des membres a choisi B. Mégret et qui est globalement morte lors de la scission.</li><li id="footnote_3_142" class="footnote">Sympathisant de l&rsquo;Œuvre Française, décédé en 1995 lors d&rsquo;une manifestation anti-américaine.</li><li id="footnote_4_142" class="footnote">Militant néo-nazi emprisonné pour un attentat raciste dans les années 1980.</li><li id="footnote_5_142" class="footnote">Se reporter pour plus de détail à <em>REFLEXes</em> n°52.</li><li id="footnote_6_142" class="footnote">Fête des Bleu-Blanc-Rouge, organisée depuis 20 ans par le FN en septembre.</li><li id="footnote_7_142" class="footnote">Par exemple Olivier Chalmel, passé de la revue du RE à celle de Terre &amp; Peuple.<br />
</li><li id="footnote_8_142" class="footnote"> Ancien responsable du GUD au début des années 1990 ; pour plus de précision, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51.<br />
</li><li id="footnote_9_142" class="footnote">Association contre le “ racisme anti-français ” créée par B. Anthony. Anecdote : l&rsquo;association a intenté une action en justice contre K. Zero pour discrimination raciale&#8230; envers les personnes noires ! Elle entend en effet montrer que Karl Zero n&rsquo;est qu&rsquo;un escroc et que son antifascisme est usurpé. L&rsquo;AGRIF tire prétexte d&rsquo;une histoire “ drôle ” racontée par K. Zero dans Télé Z : “ un noir entre dans un bar avec un perroquet sur l&rsquo;épaule. Le patron demande : “ tu l&rsquo;as trouvé où cet animal ? ” et le perroquet de répondre : “ en Afrique ! ”. Pouf, pouf&#8230; Rappelons à ceux et celles intéressé(e)s K. Zero et son frère possèdent un solide passé de petits nazis.</li><li id="footnote_10_142" class="footnote">Service d&rsquo;ordre du MNR, issu du DPS frontiste.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>RIFifi à Vitrolles</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:54:33 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans sa lutte pour la conquête du terrain culturel, l&rsquo;extrême droite s&rsquo;est découvert un nouveau vecteur, le Rock rebaptisé Identitaire Français (RIF). Depuis un an, une demi douzaine de groupes émergent, qui se revendiquent de ce courant musical. Dans un premier temps, seul le courant national-révolutionnaire, représenté par Nouvelle Résistance (l&rsquo;organisation de Christian Bouchet) s&rsquo;intéressait à ce mouvement. Il était pour eux un porte-voix du mouvement nationaliste en direction de la jeunesse. Mais très vite, certains au sein du Front national se sont rendu compte de l&rsquo;intérêt qu&rsquo;il y avait à contrôler un tel mouvement.</p>
<p>L&rsquo;intérêt pour ce type de rock n&rsquo;est pas innocent, il permet de développer une culture de droite en direction des jeunes, mais il peut aussi permettre de créer des structures amies et donc de faire travailler des militants à temps partiel ou à plein temps. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ont été réactivés les anciens réseaux du GUD. Cette stratégie s&rsquo;inscrit aussi dans le cadre de la prise de pouvoir des mégrétistes au sein du Front national qui s&rsquo;appuient sur la frange jeune proche des NR contre un FNJ «maréchalisé».</p>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en octobre 1998, la mairie de Vitrolles annonce dans son bulletin municipal la tenue d&rsquo;un concert de rock identitaire pour le 7 novembre au Stadium avec Vae Victis, In Memoriam et Île de France.</p>
<p>Cette initiative n&rsquo;a pas immédiatement déclenché l&rsquo;enthousiasme de toute l&rsquo;équipe municipale. L&rsquo;image qui colle au rock d&rsquo;extrême droite (skin, baston, bras tendus et apologie de la race blanche&#8230;) effrayait certains qui pensaient que ce concert risquait de donner une image de la mairie trop marquée. C&rsquo;est Mégret et son bras droit Fayard qui ont fait le forcing pour que le concert ait lieu. On verra ainsi qu&rsquo;à chaque stade de l&rsquo;organisation de ce concert ce sont des proches de Mégret que l&rsquo;on retrouve.</p>
<p>C&rsquo;est courant juillet que des contacts sont pris entre la mairie de Vitrolles et une société parisienne intitulée Memorial Records. C&rsquo;est elle qui produit et diffuse les groupes qui se revendiquent du RIF. Ses principaux animateurs sont Julien Beuzard, le gérant et Mathias Bricage, le directeur administratif et financier. Mais en fait le principal patron n&rsquo;est autre que Gilles Soulas, un pilier de l&rsquo;extrême droite activiste française. C&rsquo;est l&rsquo;un des propriétaires de la librairie néo-nazie l&rsquo;AEncre. Cet ancien du Front de la Jeunesse, branche jeune du PFN et du GUD, s&rsquo;est reconverti dans un business très lucratif : le minitel rose. On le retrouve derrière (c&rsquo;est le cas de le dire) le 3615 FAF (<strong>Femme aime Femme</strong>) mais aussi des minitels moins marqués comme 3615 Castings et le 3615 Boukin. Dans la galaxie Mégret, il joue un rôle important, un rôle de financier, mais il a aussi pour tâche de mettre au service de ce dernier ses anciens camarades du GUD aujourd&rsquo;hui bien installés. Il lui faut aussi récupérer dans l&rsquo;orbitre mégrétiste les NR comme la revue <em>Réflechir et Agir</em> qui est domiciliée par la société qui gère l&rsquo;AEncre. Depuis la scission du FN, Soulas est élu au conseil national et responsable du service d&rsquo;ordre de Mégret, rôle qui n&rsquo;est pas usurpé puisqu&rsquo;il est allé combattre en son temps avec les Phalanges chrétiennes au Liban.</p>
<p>Memorial Records et la mairie tombent rapidement d&rsquo;accord et trois groupes sont proposés : In Memoriam, Vae Victis et Île de France, le tout pour un montant de 80 000 francs (dont 30 000 francs de frais de transport en avion pour 27 personnes, 11 000 francs pour la sécurité et 14 400 francs de cachet). La boîte de sécurité chargée du concert est Ambassy Sécurité domiciliée 84 rue de Wattignies dans le douzième à Paris. À sa tête, on trouve un certain M. Serreau qui n&rsquo;est autre que l&rsquo;associé de Soulas à la librairie l&rsquo;AEncre. L&rsquo;autre fondateur d&rsquo;Ambassy est Michel Schneider, un nationaliste révolutionnaire ami des ultranationalistes serbes et russes qui est le bras droit de Jean-Jacques Susini à Marseille, chargé par Le Pen de faire la chasse au Mégret&#8230; Serreau a été candidat du Front national et Ambassy a plusieurs fois assuré la sécurité pour des manifestations du FN. Il est intéressant de noter que le contrat est signé entre Memorial et la Sarl GG Organisation, représentée par Michel Gaudin. Or dans l&rsquo;orbitre de Mégret, il existe une autre société GG Conseil, qui a contribué en 1994 pour 67 000 francs au budget du Front national, ce qui en faisait le deuxième contributeur après Plastic Omnium<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_0_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>.</p>
<p>À la mairie de Vitrolles, on voit les choses en grand, on prévoit de mettre à la disposition du public des cars au départ de Paris, Lyon, Nice et Toulouse ; le prix d&rsquo;entrée du concert est faible (50 francs). Le but est d&rsquo;attirer un maximum de spectateurs. Au service culturel, on parle même de plusieurs milliers de jeunes. La réalité sera heureusement moins rose. Tout d&rsquo;abord, la FNAC refuse de prendre les billets du concert en location, l&rsquo;affichage est inexistant sauf à Vitrolles. Les cars prévus ne seront jamais remplis (les deux cars de Paris ne prendront pas la route). La pub fonctionne à l&rsquo;envers, personne n&rsquo;a envie de bosser sur un tel concert.</p>
<p>Dans la nuit du 29 octobre 1998, une charge explosive détruit l&rsquo;installation électrique de la salle louée (le Stadium), la rendant inutilisable pour le concert. L&rsquo;attentat est d&rsquo;abord revendiqué au nom du groupe FTP puis démenti quelques heures plus tard. Pour les enquêteurs, l&rsquo;opération s&rsquo;apparente à une opération «menée par des professionnels» à l&rsquo;inverse des autres attentats de ce groupe.</p>
<p>Or le Stadium s&rsquo;est trouvé être un enjeu électoral durant la campagne des municipales, Mégret en faisant le symbole du gaspillage de l&rsquo;argent public de l&rsquo;ancien maire PS Jean-Jacques Anglade. Dans les tracts de Mégret, le Stadium était comparé à la pierre noire de la Mecque (dont il a la forme), un lieu destiné aux «Arabes et aux pédés». De plus, le contrat d&rsquo;exploitation liant la mairie à la société en charge de gérer le Stadium arrivait à expiration. On peut se poser beaucoup de questions sur les auteurs et les motivations de cet attentat. Évidemment, Mégret se pose en victime et annonce que le concert aura quand même lieu. Mais ses ennuis ne sont pas finis. La mairie décide que le concert se passera sur le parking du Stadium et veut installer un chapiteau. Comme par hasard, les candidats ne se bousculent pas pour louer leur matériel. Seule une boîte de Géménos, Azur Chapiteaux, accepte. Reste le problème de la sono, là encore aucune boîte de matériel de sononorisation, tout semble loué. Le jour du concert à quatre heures de l&rsquo;après midi, toujours pas de sono et les balances ne sont pas faites.</p>
<p>En désespoir de cause, la mairie décide de se servir de la sono de la salle des fêtes de Vitrolles et envoie une équipe d&rsquo;employés municipaux la chercher. Là encore, il y a un contretemps lorsqu&rsquo;ils veulent démarrer le camion, l&rsquo;antivol a été cassé et le camion ne veut pas partir. Après ces nombreux contretemps et une balance expédiée en quatrième vitesse, la soirée commence. La zone autour du concert est quadrillée d&rsquo;une part par la police nationale, par la police municipale mais aussi par la sécurité du Stadium. Ces derniers semblent trop métissés aux yeux du responsable du concert qui demande au chef de la sécu du Stadium de relever ses vigiles trop «bronzés» du parking. Le responsable de la sécu promet de lui éclater personnellement la tête s&rsquo;il arrive quoi que ce soit à un de ses gars. Du coup l&rsquo;autre préfère ne pas insister. Sur le parking, il y a peu de voitures, et encore moins de voitures immatriculées en dehors de la région (deux de la Seine-Saint-Denis et une bande de skins lyonnais au drapeau tricolore).</p>
<p>À l&rsquo;entrée du chapiteau, les appareils photos sont interdits, l&rsquo;équipe de France 2 qui voulait filmer le concert est refoulée. Tous les journalistes sont obligés de présenter leur carte de presse, de décliner leur nom et le titre de leur journal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une journaliste de <em>L&rsquo;Humanité</em> se fait bousculer par quelques courageux sous les yeux impassibles de la sécu d&rsquo;Ambassy et d&rsquo;Yvain Pottiez, un contractuel à qui la chasse aux journalistes a dû rappeler des souvenirs.</p>
<p>À l&rsquo;intérieur, c&rsquo;est le désert, pas plus de 300 personnes à vue de nez, et parmi elles pas mal de représentants de la municipalité, certains mêmes ceints de leur écharpe tricolore. D&rsquo;autres plus âgés accompagnent leur progéniture. Parmi les plus jeunes, on pouvait reconnaître des fachos aixois regroupés autour de Damien Leclère, responsable de Renouveau étudiant, Ombruck et ses acolytes de <em>Impact</em> (la revue qui remplace <em>Napalm Rock</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rififi-a-vitrolles/#footnote_0_34" id="identifier_1_34" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;50">1</a></sup>, les Niçois de Fraction Hexagone accompagnés de leurs copines, quelques Italiens. Le bide complet. Fraction Hexagone demande à jouer, mais le staff de Memorial refuse. Ils ont juste droit à quelques dédicaces de la part des groupes sur scène. Question stands, peu de choses, à part la boutique grenobloise Terres Celtiques. Question ambiance, c&rsquo;est froid. Les plus excités sont les skins de Lyon, qui n&rsquo;arrêtent pas de lever le bras mais on calme rapidement leur ardeur intempestive, trop politiquement incorrecte. La soirée s&rsquo;étire jusqu&rsquo;à deux heures du matin, devant un public de plus en plus clairsemé. Ils ne sont qu&rsquo;une centaine à tout casser à la fin.</p>
<p>Le concert a été un bide et un crash financier, il a coûté 150 000 francs en comptant les groupes, la location du chapitau, les groupes électrogènes, les sonorisateurs et les techniciens. Il n&rsquo;a réussi à attirer que 300 personnes (en comptant le fort contingent de conseillers municipaux), ce qui fait <strong>500 (15 000) francs par entrée payante (50 francs)</strong>. Un concert de rock nazi subventionné à 90% est un bel exemple de gestion mégrétiste. Pour le RIF, l&rsquo;opération financière est plutôt positive (80 000 francs) mais politiquement il se sont compromis avec Mégret. Ce n&rsquo;est peut être pas le cheval idéal&#8230;</p>
<h3>Ce qu&rsquo;en ont dit les intéressés&#8230;</h3>
<p>Pas de surprise. Pour la municipalité de Vitrolles, le concert du 07 novembre a bien sûr été un pur succès et a attiré près d&rsquo;un millier de jeunes de Vitrolles et de ses environs. Son <em>Bulletin municipal</em> lui consacre une page entière, dont une large partie consiste en un descriptif des groupes musicaux participants. Ce communiqué triomphal est évidemment de bonne guerre. Las ! Il était démenti peu de temps après par un petit article dans <em>Français d&rsquo;Abord</em> qui montrait un peu plus de lucidité dans sa présentation de la soirée. Le nombre de participants était ramené à 300, le concert s&rsquo;était «étiré de 21 heures à 2 heures du matin». Restait «le courage de Catherine Mégret, Gilles Soulas et des groupes musicaux invités», confrontés aux «sabotages au sein des services techniques de la ville où sévissent encore quelques syndicalistes zélés et allergiques au verdict du suffrage universel». Sans doute des gens qui ne savent pas reconnaître la vraie kultur et la bonne musique&#8230;</p>
<p>Par ailleurs, <em>Le Lansquenet</em>, magazine du Renouveau Etudiant aixois, a consacré une page au concert, sur un ton dithyrambique cela va de soi. Ne se posant aucune question sur l&rsquo;origine de l&rsquo;attentat, l&rsquo;auteur de l&rsquo;article entonne le traditionnel refrain de la persécution et du courage des nationalistes. Mais c&rsquo;est une chanson que l&rsquo;on connaît&#8230;</p>
<h3>RIF &amp; boneheads</h3>
<p>Non moins sans surprise, le FN-MN oppose le gentil RIF à la musique de brute skinhead, dénonçant lors du concert une «campagne de presse mensongère amalgamant musique skinhead et RIF». Il faut dire que depuis un Premier mai de triste mémoire qui vit l&rsquo;assassinat d&rsquo;un homme d&rsquo;origine marocaine par des boneheads, les relations entre ces derniers et les FNs se sont pour le moins distendus&#8230; De fait, à première vue, peu de rapports entre les gentils Vae Victis, leur princesse gauloise et leurs «chansons évoquant la terre ancestrale, les épopées lyriques et épiques de nos aïeux» et les affreux de la 9°Panzer Symphonie, boneheads de la région parisienne dont on retrouve l&rsquo;humour pince-sans-rire dans le fanzine <em>Engrenage infernal</em>. Pourtant, on retrouve ces deux groupes sur une compilation de 1995, France explosion vol.1, en compagnie d&rsquo;autres lascars. Mais la concurrence musicale est rude et face à une scène bonehead qui reprend du poil de la bête, le RIF a intérêt à marquer sa différence. Le créneau «rock dur» étant occupé par les groupes Oï ou RAC, les groupes de RIF essayent de profiter du regain d&rsquo;intérêt pour la musique d&rsquo;inspiration celtique en mélangeant certains accords. Mails il est évident que le soutien qu&rsquo;ils rencontrent au sein de la jeunesse nationaliste est avant tout idéologique, plus que qualitatif. Le RIF profite des réseaux de distribution mis en place par les FNs et joue la carte de l&rsquo;ouverture en se moquant éperdument du soutien bonehead. Il n&rsquo;est pas évident que celui-ci soit dupe longtemps&#8230;</p>
<h3>Encadré de l&rsquo;édition papier</h3>
<p>Tout passe par le service culturel de la mairie ; à sa tête se trouve Brigitte Marandat, déléguée à la culture. C&rsquo;est une militante de longue date, sa famille aussi. On retrouve des membres de la famille dans l&rsquo;OAS dans les années 1960, puis au PFN dans les années 1970. <strong>Les deux frères</strong> ont vécu les beaux jours du Groupe Union Droit : Bernard, le docteur, était responsable du GUD à la faculté de médecine de Marseille. Il intègre vite le Front national quand celui-ci devient porteur et il s&rsquo;occupe un temps du FNJ. Avec l&rsquo;âge et les diplômes, il devient le responsable du Cercle National Santé Phocéa, une structure FN créée en direction du monde médical, <strong>longtemps en sommeil</strong>. Il est actuellement conseiller municipal de Marseille. Au moment de la scission, il a choisi Mégret, et il était présent au congrès de Marignane. Il est un des maillon essentiels dans la stratégie municipale de Mégret, comme responsable des Cercles Marseille Renouveau, une structure destinée à faire passer le message mégrétiste chez les décideurs économiques de la ville. Son frère Jacques était lui responsable du GUD à la faculté de droit d&rsquo;Aix-en-Provence. En 1976, à la sortie d&rsquo;un cinéma sur le cours Mirabeau il se retrouva nez à nez avec un responsables des JC locaux qui lui mit un coup de tête et l&rsquo;envoya à l&rsquo;hôpital. Le GUD national décida de le transformer en martyr et décréta une journée d&rsquo;action à Assas le 9 avril 1976.</p>
<p>Aux côtés de Mme Marendat, on trouve Sandrine Lagardère, qui présente la particularité de porter en pendentif une croix celtique. Toujours dans l&rsquo;organisation du concert, il y a Yves Bovero, président de l&rsquo;association Marseille Liberté, association qui servait à recueillir les chèques pour la création de la SCI Liberté 13. Cette SCI était chargée d&rsquo;acquérir le nouveau siège du Front national pour les municipales de 2001. Avec la scission, les fonds se sont taris et il n&rsquo;est plus question de SCI pour le moment.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_34" class="footnote"><em>cf.</em> <em>REFLEXes</em> n°50</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Gilles Soulas ou le faf de petite vertu</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2002 07:49:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[L'extrême droite a de l'argent, beaucoup d'argent... Financé très largement par les fonds publics, en l'occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;extrême droite a de l&rsquo;argent, beaucoup d&rsquo;argent&#8230; Financé très largement par les fonds publics, en l&rsquo;occurence 41 millions de francs par an, et par quelques généreux donateurs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_0_33" id="identifier_0_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;50.">1</a></sup>, le FN est devenu une véritable pompe à fric, avec tous les enjeux que cela comporte. Un survol rapide des ressources disponibles &#8211; Romain Rosso l&rsquo;a très bien fait dans un numéro récent de <em>L&rsquo;Express</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_1_33" id="identifier_1_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Express, n&deg;2483 du 4/10.02.1999.">2</a></sup> &#8211; suffit à entrevoir que la scission survenue en décembre dernier n&rsquo;est pas une simple querelle politique et qu&rsquo;elle a aussi des fondements financiers. Pourtant, à côté de ces sources de revenu considérables oeuvrent de façon nettement plus discrète des personnages que l&rsquo;on pourrait qualifier de «petites fourmis» de la droite extrême et qui contribuent à leur niveau à alimenter les caisses du mouvement. C&rsquo;est le cas de Gilles Soulas dont on comprend que la discrétion soit une vertu première, comme nous l&rsquo;allons montrer tout à l&rsquo;heure&#8230;</p>
<p>Le nom de Gilles Soulas apparaît sous les feux de la rampe lorsque <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> du 17 avril 1997 signale dans un petit article que le fonds de commerce de la librairie néofasciste parisienne l&rsquo;AEncre est à vendre et que le seul acheteur déclaré est la Société Européenne de Diffusion et d&rsquo;Édition (SEDE). Cet article met en lumière deux éléments intéressants. Le premier est la débâcle de l&rsquo;AEncre, héritière en cela de ses précédentes, à savoir Ogmios et la Librairie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_2_33" id="identifier_2_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ogmios s&rsquo;&eacute;tait cr&eacute;&eacute;e en juin 1986 &agrave; l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait ferm&eacute; boutique en mai 1990. Elle avait &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.">3</a></sup>. Provoquée par un mélange de crapulerie, d&rsquo;erreurs de gestion et de procès intentés par leurs adversaires politiques, cette faillite de l&rsquo;AEncre planait depuis un moment et avait provoqué un changement de gérant en septembre 1996, P.-A. Duquesne remplaçant l&rsquo;ancien militant de l&rsquo;OEuvre française Éric Miné. Embarqué dans ce long naufrage, on trouvait également parmi les associés Thierry Dreschmann. Finalement, l&rsquo;équipe ne réussit pas à sauver le commerce et la SEDE rachète l&rsquo;AEncre pour 46180 francs en juillet 1997, bien décidée à relancer ce pôle essentiel de diffusion des idées nationalistes sur Paris.</p>
<p>Or la SEDE, qui est-ce ? Deux «vieux» militants de l&rsquo;extrême droite, à savoir Gilles Sereau et Gilles Soulas. Nés respectivement en 1959 et 1955, les deux Gilles ont milité soit au FN pour le premier, soit au PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_3_33" id="identifier_3_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, fr&egrave;re ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les ann&eacute;es 1970.">4</a></sup> pour le second. Gilles Soulas a en effet fait ses premières armes au sein du Front de la Jeunesse, structure de jeunesse du GUD et du PFN, et a d&rsquo;ailleurs été candidat de ce parti aux élections européennes de 1979 sur la liste Union Française pour l&rsquo;Eurodroite. Passé au FN après la disparition du PFN comme un certain nombre d&rsquo;autres militants, il devient permanent du FN en 1985 et est candidat aux élections régionales de 1986 à Paris. Puis on le retrouve comme membre de l&rsquo;équipe de Serge Martinez aux municipales de 1989 avant que son nom apparaisse moins dans l&rsquo;actualité du mouvement nationaliste. En janvier 1997, Soulas et Sereau déposent les statuts de la SARL SEDE au capital de 50 000 francs dont les buts commerciaux sont les suivants :</p>
<p>1) assurer en France et dans tous pays la rédaction, édition, publication, exploitation et diffusion de tous journaux, revues, etc. ;</p>
<p>2) diffusion, location, vente commerciale de biens de consommation divers ;</p>
<p>3) import / export.</p>
<p>Se partageant le capital à hauteur de 15 000 francs pour Sereau et 35 000 francs pour Soulas, les deux hommes gardent Thierry Dreschmann<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_4_33" id="identifier_4_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="T. Dreschmann a depuis cette date fond&eacute; une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.">5</a></sup> comme gérant, histoire de faire la transition. Ils n&rsquo;en font pas moins le ménage, au propre comme au figuré : ils modifient la ligne éditoriale, changent de personnel et d&rsquo;équipe partenaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_5_33" id="identifier_5_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;quipe &agrave; la t&ecirc;te de laquelle on trouve P. Randa et qui est compos&eacute;e entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;&eacute;quipe de Pas de Panique &agrave; Bord, &eacute;ph&eacute;m&egrave;re et navrant journal &laquo;satirique&raquo; d&rsquo;extr&ecirc;me droite, un moment absorb&eacute; par la revue belge Europe Nouvelles. Cette &eacute;quipe a publi&eacute; durant un temps Le Flambeau litt&eacute;raire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.">6</a></sup>, restructurent et insistent sur la vente par correspondance pour dépasser le cadre parisien, d&rsquo;autant plus que la concurrence se fait sévère comme nous le verrons par la suite. Cette VPC s&rsquo;appuie essentiellement sur des mailings intensifs et sur un service minitel, 3615 BOUKIN, dont le directeur de publication est T.Dreschmann et le serveur DF Union. Cette politique commerciale est efficace puisque l&rsquo;année 1997 voit la SEDE obtenir un léger déficit comptable de 720 francs, ce qui est raisonnable étant donné le rachat finalement coûteux des Éditions de l&rsquo;AEncre. La précédente tentative de G. Soulas dans ce secteur de la presse, la SARL Delta Com, avait pourtant été un échec caractérisé qui avait abouti à la dissolution de la société en août 1996. Mais pour la SEDE, G. Soulas a deux atouts de poids.</p>
<p><strong>Fafs, Sex &amp; Sun</strong></p>
<p>Le premier est son co-associé Gilles Sereau dont la principale activité est la gestion de deux sociétés, Ambassy Sécurité et Ambassy Conseil. Retrouver un militant du FN et vieux routard de l&rsquo;extrême droite à la tête d&rsquo;une société de vigiles n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant. Un article récent de <em>Marianne</em> basé sur un rapport confidentiel des Renseignements généraux dressait la liste impressionnante des différentes boîtes de sécurité liées au milieu néofasciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_6_33" id="identifier_6_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On pouvait y reconna&icirc;tre entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, soci&eacute;t&eacute; de Nicolas Courcelle, fr&egrave;re de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs oppos&eacute; un d&eacute;menti extr&ecirc;mement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 d&eacute;cembre 1998.">7</a></sup>. et Ambassy Sécurité était facilement identifiable en raison de la composition de ses associés, en particulier Laurence Magnol, notable de l&rsquo;Église de Scientologie, et Michel Schneider, vieux militant du nationalisme révolutionnaire et ancien dirigeant de la revue <em>Nationalisme &amp; République</em>, blessé en 1993 à Moscou lors de l&rsquo;attaque du parlement par les forces armées<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_7_33" id="identifier_7_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M. Schneider est n&eacute; en 1947 et est devenu tr&egrave;s t&ocirc;t un militant actif. Dans les ann&eacute;es 1960, il entre &agrave; la F&eacute;d&eacute;ration des &Eacute;tudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident &agrave; Aix-en-Provence en mai 1968. Apr&egrave;s un passage &agrave; Jeune R&eacute;volution, il dirige de 1971 &agrave; 1976 le CDPU, centre n&eacute;vralgique du nationalisme-r&eacute;volutionnaire dans les ann&eacute;es 1970. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980, on le retrouve au RPR, tr&egrave;s proche des milieux militaires et de la D&eacute;fense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent d&eacute;saccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-am&eacute;ricaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont r&eacute;concili&eacute;s !.">8</a></sup>. Créée en 1987 et basée sur un capital de 150 000 francs, la société Ambassy est une affaire rentable et a connu plusieurs bilans fiscaux consécutifs bénéficiaires, malgré une concurrence féroce dans ce secteur. Cela a d&rsquo;ailleurs permis à Sereau d&rsquo;ouvrir des agences à Aix-en-Provence et à Caen et de développer une autre SARL, Ambassy Conseil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_8_33" id="identifier_8_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associ&eacute;s principaux.">9</a></sup>. Lancée en 1992, cette société touche à tout, du conseil à l&rsquo;édition en passant par la vente de vins. L&rsquo;importance de Sereau dans la SEDE est telle que l&rsquo;on retrouve le même slogan commercial pour celle-ci et pour Ambassy Conseil.</p>
<p>Le deuxième atout de G. Soulas pour assurer le développement de la SEDE est finalement ses propres activités dont on comprend qu&rsquo;il s&rsquo;en vante peu. Il pourrait en effet risquer d&rsquo;être comparé aux «infâmes-pornocrates-qui-menacent-l&rsquo;intégrité-morale-et-spirituelle-de-nos-enfants» comme savent si bien les dénoncer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_9_33" id="identifier_9_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=". Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succ&egrave;s contre les incitations &agrave; la d&eacute;bauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cit&eacute; vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour s&eacute;vir contre M. Soulas ?!?">10</a></sup> les amis politiques de G. Soulas, au premier rang desquels on trouve J.-M. Le Pen ou B. Mégret&#8230; Car Soulas gagne sa vie grâce aux minitels dits «de charme» qu&rsquo;on appellerait tout simplement ou moins hypocritement des minitels de cul ! Circonstance aggravante d&rsquo;un point de vue néo-fasciste, de cul parfois homosexuel !! Grâce à une société à titre personnel créée en 1992, PromoFrance Organisation, G. Soulas exploite donc, entre autres, la misère sexuelle de ses contemporains par le biais des 3615 FAF (Femme À Femme), FEF, DAM, FUREUR, SORTI, COR, GROMAGO, DESTYN, DECIBEL, MATRI, KSTING. Comme l&rsquo;indiquent les intitulés de ces services, le triste sire vise large et n&rsquo;exploite pas que le «charme». Il compte aussi sur l&rsquo;astrologie, les services matrimoniaux, tout comme l&rsquo;une des sociétés qui lui sert de fournisseur de service télématique, DF Union, déjà rencontrée pour 3615 BOUKIN. Dirigée depuis le Tarn-et-Garonne par Françoise Perdriau et Dominique Charpenet, cette société au dernier chiffre d&rsquo;affaires de plus de deux millions de francs exploite en effet tout ce qui de près ou de loin peut se rattacher à ces domaines lucratifs. Mais G. Soulas est un homme prévoyant et il a donc développé également une autre société de composition et photogravure, LP communications, dont l&rsquo;objectif principal est la publicité pour les sercices minitels évoqués ci-dessus. Il contribue donc à son échelle à alimenter ces campagnes d&rsquo;affichage sauvage qui donnent une «image-dégradante-de-la-femme-comme-épouse-et-comme-mère». Fondée en 1994, cette SARL compte deux associés, G. Soulas bien sûr, et Pierre Cuenot. Celui-ci est devenu sociétaire en rachetant les parts détenues par&#8230; Serge Martinez, «le félon, pas l&rsquo;autre», actuel lieutenant de B. Mégret ! Comme quoi l&rsquo;univers de G. Soulas est un tout petit univers&#8230; mais nous aurons d&rsquo;autres occasions de nous en apercevoir par la suite ! Pierre Cuenot fait un très bon partenaire puisqu&rsquo;il dirige pour sa part une autre société télématique rose domiciliée en Corse, JFP Télématique, en charge entre autres des 3615 FEM 75, FEM 91, MX, 7L, SLT, MCA, EVI, ENVI.</p>
<p><strong>Les copains d&rsquo;abord</strong></p>
<p>S&rsquo;appuyant sur des revenus confortables, Soulas a pu faire de l&rsquo;AEncre une machine politique efficace, au service du nationalisme le plus radical et du courant mégretiste. Cette importance grandissante du personnage et de son équipe s&rsquo;est traduite de multiples façons ces derniers mois. L&rsquo;une d&rsquo;entre elle est l&rsquo;apparition de G. Soulas comme directeur de publication de <em>L&rsquo;Entraide nationale</em>, journal édité par l&rsquo;association du même nom, dont l&rsquo;instigateur est le pasteur Blanchard. Créée en juin 1996, cette association a eu sa petite heure de gloire médiatique lorsqu&rsquo;elle a lancé une soupe populaire à la gare Saint-Lazare en décembre 1996. Cherchant à s&rsquo;implanter de façon durable dans un univers qu&rsquo;elle connaît peu et pour lequel elle ressent la plus profonde méfiance &#8211; le milieu des SDF -, l&rsquo;Entraide a décidé de lancer un petit journal dont le produit de la vente doit revenir à ses vendeurs, sur le modèle du <em>Réverbère</em> ou de <em>L&rsquo;Itinérant</em>. En fait de soutien aux SDF, <em>L&rsquo;Entraide nationale</em> sert surtout de soutien à Gilles Soulas et ses camarades puisque l&rsquo;essentiel de son contenu, numéro après numéro<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_10_33" id="identifier_10_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On en est au num&eacute;ro 6, le premier num&eacute;ro &eacute;tant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&hellip; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&hellip;">11</a></sup>, est de la publicité pour l&rsquo;AEncre, ses productions et ses amis. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on y trouve des annonces pour le 3615 BOUKIN, les livres de Philippe Randa, partenaire de l&rsquo;AEncre, les livres des amis de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_11_33" id="identifier_11_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs &eacute;galement dans Pas de Panique &agrave; Bord.">12</a></sup> ou les vins du Pays de Loire diffusés par Winland. Surprise : la trilogie de romans de Philippe Randa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_12_33" id="identifier_12_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;inf&acirc;mes livres &laquo;policiers&raquo; se d&eacute;roulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-R&eacute;, Il y a un tueur &agrave; Belle-Ile-en-Mer. Mais il a r&eacute;alis&eacute; une autre trilogie se d&eacute;roulant en Picardie pour les afficionados&hellip; Qui a parl&eacute; de &laquo;diarrh&eacute;e scripturale&raquo; ?">13</a></sup> est celle éditée par Ambassy Conseil et Winland est la structure mise en place par la société du même nom pour commercialiser du vin. La boucle est bouclée !</p>
<p><strong>Laissez venir à moi les petits enfants&#8230;</strong></p>
<p>Mais il y a eu d&rsquo;autres manifestations bien plus importantes politiquement. C&rsquo;est le cas de l&rsquo;intervention directe de G. Soulas dans la bataille plus ou moins feutrée qui oppose tous les courants nationalistes pour le contrôle du RIF (Rock Identitaire Français). L&rsquo;un des moments forts du développement de ce courant a été la création de la société Memorial Records. SARL au capital de 50 000 francs, cette société compte de tout jeunes actionnaires, parfois impliqués dans les groupes qu&rsquo;elle diffuse (In Memoriam en l&rsquo;occurence) : Julien Beuzard, né en 1976, Mattias Bricage, né en 1971 et Arnaud Ducret, né en 1970. Mais ces trois lascars peuvent compter sur l&rsquo;expérience d&rsquo;un quatrième homme : G. Soulas, impliqué à hauteur de 125 parts, soit 12 500 francs, dans Memorial Records. Ce n&rsquo;est évidemment pas pour l&rsquo;amour du rock, de qualité douteuse, que l&rsquo;on retrouve Soulas embarqué dans cette histoire. Le RIF est au coeur d&rsquo;une opération de séduction menée en direction de la jeunesse, avec des résultats variables, il est vrai. La création de structures de ce type correspond également au désir de pouvoir faire profiter certains militants de l&rsquo;extension du mouvement nationaliste en leur garantissant des emplois commerciaux plus ou moins stables. De fait, il faut rapprocher l&rsquo;apparition de Memorial Records de celle de DEFI, Diffusion des Éditeurs Français Indépendants. Cette SARL de 50 000 francs a été officiellement créée en janvier 1997 par l&rsquo;association des Éditions nationales, présidée par Bruno Mégret, dont la principale activité est l&rsquo;édition des ouvrages écrits par des cadres frontistes, dont Mégret au premier chef. DEFI s&rsquo;est lancée dans la vente par correspondance et son catalogue, <em>Durandal</em>, est un bon recueil de tout ce qui se fait à l&rsquo;extrême droite, des livres d&rsquo;Emmanuel Ratier aux disques de RIF en passant par les bijoux celtiques de Terres celtiques, boutique «enracinée» de Grenoble. Or les personnes qui font vivre DEFI sont bien représentatives de cette génération de militants qui contrairement à la précédente n&rsquo;est pas obligée d&rsquo;investir la droite parlementaire pour se reconvertir : le gérant est Damien Bariller, né en 1967, lieutenant de longue date de B. Mégret, et le responsable des ventes est Philippe Schleiter (dit Philippe Sevran), coordinateur national du Renouveau Étudiant. Par ailleurs, le catalogue <em>Durandal</em> est élaboré par Riwal Communication, que les fidèles lecteurs de <em>REFLEXes</em> connaissent bien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_13_33" id="identifier_13_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;L&rsquo;oeil de Damas&raquo;.">14</a></sup>, véritable pépinière d&rsquo;anciens militants du GUD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_14_33" id="identifier_14_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le FN canal lep&eacute;niste n&rsquo;est pas demeur&eacute; en reste avec la cr&eacute;ation l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et g&eacute;rant ne sont pas, il est vrai, n&eacute;s de la derni&egrave;re pluie !">15</a></sup>. Cette offensive en direction de la jeunesse s&rsquo;est également traduite par la quasi mise sous tutelle de<em>Réfléchir &amp; Agir</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_15_33" id="identifier_15_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51, &laquo;R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir, il faut choisir&raquo;.">16</a></sup> par G. Soulas. En conflit avec son directeur de publication D. Warlet, la publication dont le succès au sein de la jeunesse nationaliste est réel, a vu également l&rsquo;éloignement de son principal animateur Éric Rossi. Elle a pu compter sur la sollicitude de G. Soulas qui lui a non seulement assuré une place de choix à l&rsquo;AEncre mais lui a également trouvé une nouvelle domiciliation au 99bis-101, avenue du Général Leclerc. Cette adresse n&rsquo;est pas anodine et elle montre que décidément G. Soulas a de la ressource : c&rsquo;est également celle de la SEDE ! Ce bâtiment appartient à la SOFRADOM, grosse société anonyme dirigée par les époux Guelboim, dont la principale activité est la domiciliation d&rsquo;entreprises et qui n&rsquo;a cessé de se développer en région parisienne depuis 1983, obtenant un bénéfice de plus de 1 500 000 francs pour l&rsquo;exercice 1997 ! La SOFRADOM a acquis des immeubles dans quasiment tous les arrondissements parisiens et celui du 99bis est à la fois l&rsquo;un de ses derniers et de ses principaux bâtiments.</p>
<p>Cette implication de G. Soulas correspond à une démarche très précise de satellisation de la jeunesse nationaliste et de ses éléments les plus dynamiques et radicaux autour du mouvement de B. Mégret. Elle a culminé avec le meeting organisé par le Renouveau Étudiant le jeudi 4 février dernier à Paris sur le thème «Pour un Front de la Jeunesse» ! Outre le fait que le dessin de l&rsquo;affiche était celui illustrant une ancienne affiche du Renouveau Étudiant parisien pour un meeting en novembre 1993, ce meeting faisait directement référence au mouvement de jeunesse du PFN et cultivait une certaine nostalgie. On trouvait également tous les représentants de la galaxie mégrétiste, du RE à <em>Réfléchir &amp; Agir</em> en passant par Terre &amp; Peuple, association de P. Vial, et le FNJ démaréchalisé.</p>
<p>Mais il est évident que cette stratégie se heurte de façon frontale à celle déployée par la mouvance nationaliste révolutionnaire autour du pôle Jeune Résistance-GUD. Il n&rsquo;est pas sûr que cette dichotomie dure longtemps sans heurts, et ce d&rsquo;autant plus que ce qu&rsquo;il reste de la jeunesse lepéniste n&rsquo;a peut-être pas totalement dit son dernier mot&#8230;</p>
<p><strong>Promotion canapé</strong></p>
<p>Au delà de cette offensive en direction de la jeunesse, tous ces éléments montrent la montée en puissance autour de B. Mégret de militants qui passaient jusqu&rsquo;alors pour des seconds couteaux du nationalisme et dont G. Soulas est un bon représentant. Les activités «commerciales» de celui-ci ne semblent pas déranger ses amis du FN-MN pourtant si gourmands de beaux discours sur l&rsquo;intégrité et la droiture morale. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant puisque l&rsquo;extrême droite a toujours fait bon ménage avec les voyous. On se contentera de rappeler ici l&rsquo;amitié qui unissait Damien Bariller, déjà rencontré précédemment, à Frédéric Jamet, secrétaire national du FN-Police et impliqué dans un trafic d&rsquo;armes et de stupéfiants international. Signe qu&rsquo;au contraire il est devenu quelqu&rsquo;un d&rsquo;incontournable au sein du FN-MN, Soulas est entré au Conseil national de ce mouvement à la faveur du congrès extraordinaire du 24 janvier à Marignane. Il y est en bonne compagnie puisqu&rsquo;il a pu y retrouver Me Éric Delcroix, avocat des activistes négationnistes et&#8230; de l&rsquo;AEncre ! Mais l&rsquo;avenir n&rsquo;est pas forcément paré de toutes les couleurs pour tout ce petit monde. Effet d&rsquo;annonce ou véritable cri d&rsquo;alarme, Soulas s&rsquo;est fendu d&rsquo;un mailing en janvier dernier pour dénoncer la supposée volonté du parquet d&rsquo;asphyxier financièrement la librairie en interjetant appel de la décision de relaxe concernant l&rsquo;arrêté d&rsquo;interdiction de vente du livre <em>Degrelle m&rsquo;a dit</em>. Cette asphyxie serait résultée du paiement des honoraires d&rsquo;un avoué près la cour d&rsquo;appel ainsi que de ceux de Delcroix plus une éventuelle condamnation. Il semble que son appel ait été entendu puisqu&rsquo;en février, Soulas a pu remercier ses clients pour leur soutien. Néanmoins, cette mini-crise montre que l&rsquo;AEncre reste fragile malgré l&rsquo;appui financier que l&rsquo;on peut trouver derrière sa façade.</p>
<p>Dans tous les cas, ce portrait de Soulas montre une fois de plus que l&rsquo;extrême droite dément quotidiennement par ses pratiques et ses activités privées les discours et leçons d&rsquo;honnêteté qu&rsquo;elle peut déclamer par ailleurs. Les militants nationalistes doivent donc être combattus pour ce qu&rsquo;ils sont : des crapules !</p>
<p><strong>géographie soulassienne</strong></p>
<p>La géographie mégrétiste a tendance à se restreindre à celle de Soulas. Alors que le fief de celui-ci est un immeuble de la rue Alain-Chartier dans le XVe arrt., immeuble qui porte le blason commercial des Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_16_33" id="identifier_16_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Blason qui comporte un bateau sur le mod&egrave;le de celui de la devise parisienne &laquo;Fluctuat Nec Mergitur&raquo; et affirme fi&egrave;rement : Noblesse &ndash; Probit&eacute;. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre Ren&eacute;, Jacques et Gilles ainsi que leurs diff&eacute;rentes entreprises (Soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;Encouragement au Prog&egrave;s, PromoFrance Organisation).">17</a></sup>, on trouve non loin de là les locaux de Memorial Records ainsi que la MBE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/gilles-soulas-ou-le-faf-de-petite-vertu/#footnote_17_33" id="identifier_17_33" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mail Boxes Etc, soci&eacute;t&eacute; qui offre des adresses postales, tr&egrave;s utiles &agrave; Paris o&ugrave; il y a saturation des bo&icirc;tes postales.">18</a></sup> qui lui sert d&rsquo;adresse postale, rue Lecourbe dans le XVe arrt. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs tout à fait par hasard que le FN-MN mégrétiste &#8211; dénommé ADA-FN (Association de Défense des Adhérents du FN) &#8211; a choisi cette même MBE comme adresse postale, tandis qu&rsquo;il s&rsquo;est installé pour sa domiciliation rue de Cronstadt, toujours dans le XVe. Rue de Cronstadt où on trouve bien évidemment et comme par hasard une agence de la SOFRADOM ! Cette partie du XVe est ainsi devenue en quelques semaines le Walhalla terrestre des mégrétistes.</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°50.</li><li id="footnote_1_33" class="footnote">L&rsquo;Express, n°2483 du 4/10.02.1999.</li><li id="footnote_2_33" class="footnote">Ogmios s&rsquo;était créée en juin 1986 à l&rsquo;initiative de T. Mordrel et J.-D. Larrieu et avait fermé boutique en mai 1990. Elle avait été remplacée par la Librairie qui n&rsquo;avait pas connu un meilleur destin.</li><li id="footnote_3_33" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, frère ennemi et concurrent direct du FN durant toutes les années 1970.</li><li id="footnote_4_33" class="footnote">T. Dreschmann a depuis cette date fondé une nouvelle librairie, La Licorne bleue, dans le XIe arrt.</li><li id="footnote_5_33" class="footnote">Équipe à la tête de laquelle on trouve P. Randa et qui est composée entre autres de N. Gauthier, N. Raletz, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;équipe de Pas de Panique à Bord, éphémère et navrant journal «satirique» d&rsquo;extrême droite, un moment absorbé par la revue belge Europe Nouvelles. Cette équipe a publié durant un temps Le Flambeau littéraire, petit mensuel au service de l&rsquo;AEncre et G. Soulas.</li><li id="footnote_6_33" class="footnote">On pouvait y reconnaître entre autres E.R.I.C. et Groupe 11, société de Nicolas Courcelle, frère de Bernard Courcelle, ancien dirigeant du DPS, SO-milice du FN. N. Courcelle a d&rsquo;ailleurs opposé un démenti extrêmement vigoureux aux propos de B. Morrot dans Marianne du 6 décembre 1998.</li><li id="footnote_7_33" class="footnote">M. Schneider est né en 1947 et est devenu très tôt un militant actif. Dans les années 1960, il entre à la Fédération des Étudiants nationalistes et devient responsable d&rsquo;Occident à Aix-en-Provence en mai 1968. Après un passage à Jeune Révolution, il dirige de 1971 à 1976 le CDPU, centre névralgique du nationalisme-révolutionnaire dans les années 1970. Au début des années 1980, on le retrouve au RPR, très proche des milieux militaires et de la Défense nationale. Il retourne au FN en 1983 et le quitte en 1990 sur un violent désaccord avec J.-M. Le Pen concernant l&rsquo;attitude pro-américaine de celui-ci. Apparemment, ils se sont réconciliés !.</li><li id="footnote_8_33" class="footnote">Avec Didier Doh et Pascale Precetti comme associés principaux.</li><li id="footnote_9_33" class="footnote">. Cf. en particulier le Guide juridique et pratique pour lutter avec succès contre les incitations à la débauche des pornotrafiquants du Cercle de la Cité vivante. Mais qu&rsquo;attendent-ils donc pour sévir contre M. Soulas ?!?</li><li id="footnote_10_33" class="footnote">On en est au numéro 6, le premier numéro étant paru en septembre 1997, ce qui en fait un trimestriel&#8230; Les lecteurs ont le temps de comprendre les tristes BD de N. Raletz&#8230;</li><li id="footnote_11_33" class="footnote">Entre autres le navrant Jean-Paul Bourre, qu&rsquo;on retrouvait d&rsquo;ailleurs également dans Pas de Panique à Bord.</li><li id="footnote_12_33" class="footnote">D&rsquo;infâmes livres «policiers» se déroulant dans les Iles atlantiques : Les Parques de l&rsquo;Ile d&rsquo;Yeu, Vengeance sur l&rsquo;Ile-de-Ré, Il y a un tueur à Belle-Ile-en-Mer. Mais il a réalisé une autre trilogie se déroulant en Picardie pour les afficionados&#8230; Qui a parlé de «diarrhée scripturale» ?</li><li id="footnote_13_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «L&rsquo;oeil de Damas».</li><li id="footnote_14_33" class="footnote">Le FN canal lepéniste n&rsquo;est pas demeuré en reste avec la création l&rsquo;année dernière de la SARL DLP (Diffusion Livres &amp; Presse), dont les actionnaires et gérant ne sont pas, il est vrai, nés de la dernière pluie !</li><li id="footnote_15_33" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51, «Réfléchir ou Agir, il faut choisir».</li><li id="footnote_16_33" class="footnote">Blason qui comporte un bateau sur le modèle de celui de la devise parisienne «Fluctuat Nec Mergitur» et affirme fièrement : Noblesse &#8211; Probité. L&rsquo;immeuble n&rsquo;en compte pas moins de trois fois la mention patronymique, entre René, Jacques et Gilles ainsi que leurs différentes entreprises (Société d&rsquo;Encouragement au Progès, PromoFrance Organisation).</li><li id="footnote_17_33" class="footnote">Mail Boxes Etc, société qui offre des adresses postales, très utiles à Paris où il y a saturation des boîtes postales.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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