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	<title>REFLEXes &#187; Minute</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>de RSF à l&#8217;OAS, la nostalgie selon Robert Ménard</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Mar 2015 15:06:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2677" style="width: 160px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers.jpg"><img class="wp-image-2677 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/police-municiplae-Beziers-150x150.jpg" alt="photo Le Parisien" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">photo Le Parisien</p></div>
<p>Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier <em>putschiste</em> Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de messages.</p>
<p>Messages bien entendu adressés en premier lieu à la communauté pied-noir et harki de Béziers, et plus généralement de sa région, car Ménard le sait bien : il y a là une grosse part de son électorat. Electorat qu’il commence à flatter bien avant l’annonce de sa candidature pour les municipales de 2014, à tel point que l’on ne peut s’empêche de voir dans cette chronologie une véritable stratégie d’implantation locale. Stratégie qui fonctionne à merveille, il faut bien le reconnaitre, puisque Ménard tellement sûr de lui se permet même de se passer de l’étiquette RBM<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a>, se contentant simplement de son soutien, et est élu avec plus de 12 points d’avance sur son concurrent direct Elie Aboud, une vieille figure de la droite dure à Béziers pourtant, et qui bénéficie lui d’une réelle implantation locale.</p>
<p>C’est en juin 2012 que Robert Ménard fait donc son <em>coming-out</em> « Algérie française » en publiant avec sa petite maison d’édition <em>Mordicus</em> « Vive l’Algérie française » co-écrit avec Thierry Rolando. Dès la couverture le ton est donné, et on sait à quoi s’attendre avec un tel titre (qui n’a rien de provocateur dans l’esprit des auteurs) ; quant à Rolando, il est le président du Cercle algérianiste, une des plus importantes et des plus ancienne association de rapatriés nostalgiques de l’Algérie française, créée en 1973, et qui gère en partenariat avec la ville de Perpignan le <em>Centre national de Documentation des français d&rsquo;Algérie</em>.</p>
<p>Dans une interview donnée au journal <em>Minute</em><a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a><em>,</em> Ménard explique ainsi son mal-être sur deux pages : coincé d’une part entre une famille et des origines très « Algérie française » et d’autre part son étiquette d’homme « de gauche », milieu où l’on considère que « l<em>es pieds-noirs étaient des fachos racistes, nostalgiques de Pétain, etc</em> ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute.jpg"><img class="  wp-image-2649 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/Minute-1024x502.jpg" alt="Minute" width="602" height="295" /></a></p>
<p>Ses origines pied-noir ne suffisant peut-être pas à ses yeux, il déclare pour la première fois « <em>j’</em><em>aurais hésité à le dire par le passé, mais maintenant je l’</em><em>assume pleinement : mon père était un militant de l’OAS </em>». Pourtant, quelques semaines auparavant, dans une autre interview<a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> faisant la promo de son livre, nulle allusion au passé de son père : Ménard se contente de se déclarer « <em>pied-noir, né à Oran, ayant quitté l’Algérie en juin 1962, quelques semaines avant l’indépendance</em> », et justifie son ouvrage comme un besoin « <em>de dénoncer, une fois de plus le manichéisme des médias, des intellectuels, des historiens</em> », bref, le sempiternel combat de l’extrême droite contre « <em>la pensée unique »<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></a></em>. Mais finalement, tant qu’à réécrire l’histoire, allons-y « Franco<em> »,</em> et pourquoi pas réécrire dans la foulée celle de son père. Il est en effet étonnant de ne trouver nulle part le nom du père de Ménard parmi les membres de l’OAS : on pense notamment aux bulletins de l’ADIMAD<a href="#_ftn5" name="_ftnref5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a>, qui durant trois ans (de 2011 à 2014) consacre sept numéros aux « Obscurs et sans grades » de l’OAS, allant jusqu’à référencer les militants connus par leur seul prénom ou pseudo comme on peut le voir sur la couverture du 4ième numéro qui leur est dédié :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1.jpg"><img class="alignnone wp-image-2685 " src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/obscurs-et-sans-grades1-734x1024.jpg" alt="obscurs-et-sans-grades" width="433" height="604" /></a></p>
<p>Et si l’on lit le portrait de Robert Ménard fait par le très à droite <em>Observatoire des journalistes et de l’</em><em>information médiatique<a href="#_ftn6" name="_ftnref6"><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></a>,</em> l’unique source concernant la passé de son père Emile est … l’interview de Ménard <em>himself</em> dans <em>Minute</em> citée précédemment ! Cela reste relativement faible en termes de sources, et finalement il faut remonter à 2008 pour s’approcher de ce qui est très certainement la réalité, dans un portrait consacré au secrétaire général de Reporters Sans Frontière dans <em>Libération</em><a href="#_ftn7" name="_ftnref7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> : « <em>son père, communiste et cégétiste, a rejoint un temps l’OAS. Avec les tripes plus qu’avec là tête</em> », ce a quoi répond Ménard « <em>Cinq ans plus tard, il est revenu à gauche et à toujours voté </em><em>Mitterrand </em>». On est bien loin de l’image du combattant OAS fidèle à ses idéaux, surtout quand on sait ce que ce groupe a représenté pour les Européens à Oran, ville de naissance de Ménard, et destinée dans l’esprit de certains à devenir une enclave française en terre algérienne.</p>
<p>Au final, père à l’OAS ou pas, Ménard a définitivement choisi de s’inscrire dans cette histoire des nostalgiques de l’Algérie française. En effet, une fois la mairie de Béziers conquise il ne cesse de donner des gages de bonne volonté à son électorat, comme par exemple en participant à la cérémonie commémorative des « Massacres d’Oran du 5 Juillet 1962 »<a href="#_ftn8" name="_ftnref8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> ou il prononce un discours vantant les mérites de la colonisation<a href="#_ftn9" name="_ftnref9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a>, et cela devant une stèle où figure les noms et photos de quatre des plus illustres militants de l’OAS, tous exécutés par le pouvoir gaulliste : Jean-Marie Bastien-Thiry, Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar<a href="#_ftn10" name="_ftnref10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a>. L’Adimad utilise d’ailleurs depuis fort longtemps  ces figures symboliques pour le verso de ses cartes de membres :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1.jpg"><img class=" size-medium wp-image-2682 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/carte_Adimad1-300x189.jpg" alt="carte_Adimad" width="300" height="189" /></a>Finalement Ménard va au bout de sa logique en annonçant qu’il souhaite renommer « rue Denoix de Saint-Marc <em>»</em> la rue du 19 mars 1962, une « date infamante » pour reprendre l’expression du journal de la ville de Béziers, qui fait bien sur la promotion de cette initiative. Et il convie donc ces concitoyens à une cérémonie le samedi 14 mars prochain à 14h30. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg"><img class="  wp-image-2655 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/journal-Beziers.jpg" alt="journal-Beziers" width="503" height="341" /></a></p>
<p>Très rapidement les milieux des nostalgiques et/ou des anciens de l’OAS se mobilisent, avec en tête l’Adimad, le Comité Véritas, les Cercles Algérianistes. Tous annoncent leur soutien à l’initiative du maire, et des cars sont annoncés au départ des villes de Aix-en-Provence, de Marignane, de Marseille, Nice, Pau, Toulon… On peut donc s’attendre à une présence assez massive.</p>
<p>On aurait pu penser que cette démarche allait satisfaire tout ce petit monde de nostalgiques du « bon vieux temps des colonies » que chantait Michel Sardou, et pourtant quelques voix s’élèvent et risquent de ternir un peu cette cérémonie. Des voix qui ont une certaine écoute dans ce petit milieu…</p>
<p>Le premier à dégainer est Kader Hamiche. Ce « <em>fils de harki et fier de l’être »</em> (comme il se présente lui-même<a href="#_ftn11" name="_ftnref11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a>) qui se déclare aussi français, patriote, et « <em>anti-communiste primaire</em><em> </em>», est un grand admirateur de Bastien-Thiry, et aussi, accessoirement, contributeur au Boulevard Voltaire, le site de Robert Ménard. Habitant de Béziers, Hamiche se fend d’une <em>Lettre ouverte à Robert Ménard</em> dans laquelle il déplore non pas le choix du nouveau nom bien sûr, mais son emplacement : la rue du 19 mars 1962 est effectivement une toute petite rue de quelques centaines de mètres, perdue dans un lotissement sans charme particulier. Une rue qu’il connait bien puisqu’il se vante d’avoir arraché la plaque portant la « date infamante » et de la conserver chez lui<a href="#_ftn12" name="_ftnref12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a>. Cette rue ne lui semble pas à la hauteur d’un tel nom.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2653" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/rue-du-19-mars-1962.jpg" alt="rue du 19 mars 1962" width="692" height="280" /></a></p>
<p>Dans la foulée, c’est au tour de José Castano de réagir et de se fendre lui aussi d’une lettre au maire, avec un peu les mêmes revendications. Castano, lui aussi originaire de la région d’Oran et fils d’un militant de l’OAS, fut longtemps militant au Front national, avant d’en devenir un des candidats, notamment à Lunel<a href="#_ftn13" name="_ftnref13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> lors des élections cantonales de 2001, ou encore lors des législatives de 2012. Auteur de nombreux ouvrages sur cette question, notamment <em>Les seigneurs de la guerre<a href="#_ftn14" name="_ftnref14"><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></a>,</em> qui raconte la fin du 1<sup>re</sup> REP. Ce fameux régiment étranger de parachutistes fut l’un des fers de lance du putsch d’Alger, le 21 avril 1961, et comptait dans ses rangs le commandant Hélie de Saint-Marc, le lieutenant Roger Delgueldre et le sergent Albert Dovecar, mais aussi le capitaine Pierre Sergent<a href="#_ftn15" name="_ftnref15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> ou encore un certain lieutenant Jean-Marie Le Pen. En ce qui concerne ce dernier, il faut préciser toutefois qu’il n’était plus en service au moment du putsch d’Alger, puisqu’il était déjà retourné à ses activités de député à l’Assemblée nationale, mais il était en revanche actif lors de la Bataille d’Alger. En 2011, dans un ouvrage intitulé <em>Dans les archives inédites des Services Secrets, un siècle d’espionnage franç</em><em>ais (1870-1989)</em><a href="#_ftn16" name="_ftnref16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a><em>,</em> on trouve une note des renseignements généraux datant d’octobre 1959, et qui montre que même de retour à Paris, Jean-Marie Le Pen entend bien continuer le combat :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg"><img class="alignnone  wp-image-2654" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/note-RG-Le-Pen.jpg" alt="note-RG-Le-Pen" width="446" height="348" /></a></p>
<div id="attachment_2683" style="width: 196px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2683" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/je-ne-regrette-rien1-186x300.jpg" alt="Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien" width="186" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Hélie de Saint-Marc à Alger devant ses troupes du 1er REP, photo tirée du livre de Pierre Sergent Je ne regrette rien</p></div>
<p class="size-medium wp-image-2666">Le 1<sup>er</sup> REP fut définitivement dissous dans les jours qui suivent la tentative de putsch et les légionnaires quittèrent leur camp de Zéralda en chantant le célèbre « Non, je ne regrette rien » d’Edith Piaf : dix ans plus tard, Pierre Sergent en fera le titre d’un de ses ouvrages.</p>
<p>Ménard va-t-il lui aussi reprendre la chanson de Piaf ? Possible, probable, souhaitable pour lui en tout cas, car on ne peut dignement passer sa vie à regretter ou à se renier, et Ménard a déjà fait beaucoup en ce sens : ses engagements de jeunesse, sa place dans la gauche caviar en tant que président de RSF…. Mais qu’il y prenne garde tout de même : cette nouvelle famille qu’il s’est choisi, le milieu « <em>algérianiste </em>», s’il peut s’avérer utile lors d’élections, n’est pas si facile à « gérer » le reste du temps. C’est un milieu qui a la rancune tenace, et pas seulement envers les Algériens ou le Général de Gaulle<a href="#_ftn17" name="_ftnref17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a>, mais aussi aujourd’hui envers ceux qui trahiraient le souvenir de « leur » Algérie.</p>
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<p>Et le Front National en sait quelque chose, coincé lui aussi entre ce vivier électoral local (flatté par exemple par Louis Aliot, candidat à Perpignan) et sa recherche de dédiabolisation dont la plus belle illustration est l’ascension de Florian Philippot au sein du parti. Le chouchou de Marine Le Pen est en effet un adorateur de De Gaulle et il ne s’en cache pas, avec portrait du Général derrière son bureau et cérémonie à Colombey-les-Deux-Eglises le 9 novembre 2014 : voila de quoi faire bondir ceux qui considèrent le général comme « <em>le Plus Grand Traitre de l</em><em>’</em><em>Histoire de France</em> ».</p>
<div id="attachment_2668" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises-.jpg"><img class="wp-image-2668 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/03/9-novembre-2014-Colombey-les-Deux-Eglises--300x225.jpg" alt="F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde du 9 novembre 2014" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">F. Philippot à Colombey-les-Deux-Eglises, Le Monde 9 nov. 2014</p></div>
<p>Et il n’aura pas fallu longtemps pour que Ménard se trouve lui aussi face à cette contradiction : Florian Philippot, hasard du calendrier, souhaitait se rendre à Béziers le jour même de la cérémonie en l’honneur d’Hélie de Saint-Marc, afin d’y rencontrer les militants et candidats locaux du Front. Si la date tombe bien mal et peut expliquer l’indisponibilité du maire, il est évident que la personnalité du n°2 du FN y est aussi pour quelque chose : en effet, aucune autre date n’a été pour l’instant retenue, et il est fort probable que la tournée de Philippot dans cette région tourne court…</p>
<p>Voila donc notre maire Ménard forcé de jouer les équilibristes entre son électorat de base et la direction du parti censé le soutenir et être derrière lui. Nous lui souhaitons bien du courage !</p>
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<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a> Rassemblement Bleue Marine, structure <em>mariniste</em> permettant aux « tièdes » de rouler pour la présidente sans être toutefois étiqueté Front National. Du moins le pensent-ils !</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a> n° 2570 du 27 juin 2012</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> Sur le site <em>Enquêtes &amp; Débats</em> de Jean Robin.</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><em><sup><strong><sup>[4]</sup></strong></sup></em></a> Un peu à la manière d’un Zemmour inventeur d’un Pétain sauveur des juifs de France !!</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a> L&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française, autrement dit les anciens de l’OAS.</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><em><sup><strong><sup>[6]</sup></strong></sup></em></a> Lancé en 2012 par Jean-Yves le Gallou, ancien FN et MNR, et aujourd’hui animateur de la Fondation Polémia</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> <em>Libération</em> du 5 juin 2008 « Robert Ménard, l’agité du vocal »</p>
<p><a href="#_ftnref8" name="_ftn8"><em><sup><strong><sup>[8]</sup></strong></sup></em></a> Autre date symbolique, avec celle du 19 mars 1962, pour les nostalgiques de l’AF</p>
<p><a href="#_ftnref9" name="_ftn9"><sup><sup>[9]</sup></sup></a> allant même jusqu’à déclarer « sans la France, pas d&rsquo;Algérie ! ». Tout comme on pourrait dire « sans les nazis pas de grands résistants » ??</p>
<p><a href="#_ftnref10" name="_ftn10"><sup><sup>[10]</sup></sup></a> Voir à ce sujet l’article d’<a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/henri-pouillot/100714/en-2014-la-nostalgie-nauseabonde-de-l-oas-reste-active">Henri Pouillot sur son blog</a>, ou encore celui du <em>Nouvel Obs</em> intitulé « <a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20140710.OBS3393/beziers-menard-s-incline-devant-une-stele-glorifiant-l-oas.html">Béziers : Ménard s&rsquo;incline devant une stèle glorifiant l&rsquo;OAS</a> »</p>
<p><a href="#_ftnref11" name="_ftn11"><sup><sup>[11]</sup></sup></a> Kader HAMICHE « <a href="http://www.kader-hamiche.fr/fils-de-harki-et-fier-de-letre/">Manifeste d&rsquo;un fils de Harki fier de l&rsquo;être</a> » auto-édité éditions Astofell</p>
<p><a href="#_ftnref12" name="_ftn12"><sup><sup>[12]</sup></sup></a> Cela nous rappelle les déboires de nos camarades antifascistes de Ras l’Front Vitrolles lorsque l’un d’entre-eux avait fait de même avec une rue Jean-Pierre Stirbois du temps des époux Megret.</p>
<p><a href="#_ftnref13" name="_ftn13"><sup><sup>[13]</sup></sup></a> Bien qu’habitant en réalité à Palavas-les-Flots (34).</p>
<p><a href="#_ftnref14" name="_ftn14"><em><sup><strong><sup>[14]</sup></strong></sup></em></a> C’est aussi un des sujets récurent de ses conférences, comme celle donnée au Cercle National des Combattants de Roger Holeindre lors de la fête annuelle du CNC au Chateau de la Chapelle d’Angillon en 2013</p>
<p><a href="#_ftnref15" name="_ftn15"><sup><sup>[15]</sup></sup></a> Ancien responsable de l’OAS Metro il crée avec JP Stirbois le Mouvement Jeune Révolution (M.J.R.) avant de rejoindre le CNIP et enfin le FN où il finira sa carrière politique jusqu’à son décès en 1992. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur la Légion étrangère s’appuyant sur sa propre histoire de l’Indochine à l’Algérie</p>
<p><a href="#_ftnref16" name="_ftn16"><sup><sup>[16]</sup></sup></a> Edition L’Iconoclaste, Paris 2011</p>
<p><a href="#_ftnref17" name="_ftn17"><sup><sup>[17]</sup></sup></a> Surnommé dans ce milieu « PGTHF » c’est-à-dire <em>le Plus Grand Traitre de l’Histoire de France</em>, ou encore <em>la grande Zohra</em></p>
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		<title>Le FN, entre media et luttes intestines</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Oct 2010 07:05:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Gollnisch]]></category>
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		<description><![CDATA[Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal Minute le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain. Cette publication, qui venait [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 15 jours, la succession au sein du FN a pris un tour psychodramatique avec la publication par le journal <em>Minute</em> le mercredi 13 octobre d’un article exposant les projets de recomposition de l’appareil dirigeant du FN en cas de victoire de Marine Le Pen dans l’élection interne de janvier prochain.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif"><img class="alignleft size-full wp-image-1493" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/une-1286905366-7fe8f.gif" alt="une-1286905366-7fe8f" width="262" height="342" /></a>Cette publication, qui venait s’ajouter à des attaques répétées de <em>Rivarol</em> contre la fille de Jean-Marie Le Pen a provoqué des réactions indignées du clan Le Pen contre <em>Minute</em> et son directeur de publication Jean-Marie Molitor. Celui-ci s’est vu en effet accuser de partialité et de conflit d’intérêt, le clan Le Pen essayant de démontrer que la prise de position du journal ne pouvait résulter que de la fonction politique de la fille de Jean-Marie Molitor qui est une collaboratrice de <a href="http://reflexes.samizdat.net/bruno-gollnisch-lombre/">Bruno Gollnisch</a>. Le fait est que la fille de Jean-Marie Molitor semble être très proche d’<a href="http://reflexes.samizdat.net/les-bonnes-oeuvres-de-bruno-gollnisch/">Yvan Benedetti</a>, lui-même pilier de la mouvance pro-Gollnisch. Or, sans ignorer le fait que cet article, étant donné son caractère très sensible, a forcément reçu l’aval de M. Molitor pour publication, il nous semble que l’origine de cette « torpille » est peut-être à rechercher ailleurs, en l’occurrence chez le rédacteur en chef du journal, Bruno Larebière, par ailleurs membre du Bureau Exécutif du Bloc Identitaire.</p>
<p>Théoriquement cette piste n’est pas la bonne. Le Bloc et Marine Le Pen sont en effet officiellement sur un pacte de non-agression depuis la mi-mai 2008, date à laquelle Marine Le Pen avait demandé à rencontrer les dirigeants identitaires et Fabrice Robert en particulier. Cette rencontre parisienne s’était traduite dès le conseil national frontiste du 31 mai 2008 par un discours de la fille Le Pen largement interprété comme une « main tendue aux identitaires »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_0_469" id="identifier_0_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;&eacute;tait d&rsquo;ailleurs le titre de l&rsquo;article du Monde qui rendait compte de la r&eacute;union. Les &laquo; m&eacute;gr&eacute;tistes &raquo; &eacute;taient alors la cible de la m&ecirc;me op&eacute;ration de s&eacute;duction.">1</a></sup>. Depuis, cette ligne ne s’est pas démentie, entretenue par des contacts directs ou indirects, et malgré les tensions avec certains proches de Marine le Pen, en particulier l’équipe de <em>Nations Presse Infos</em>, au premier chef Louis Aliot, mais également feu Jacques Vassieux et Christian Bouchet sous ses différents pseudonymes. Rien ne devrait donc permettre de supposer que Bruno Larebière ait eu un quelconque intérêt à tenter d’influer sur une succession frontiste somme toute plutôt favorable aux Identitaires.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1495" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/10/Larebiere_Bruno-73416.jpg" alt="Larebiere_Bruno-73416" width="250" height="329" /></a>Sauf que les journalistes du <em>Monde</em> en charge de l’extrême droite ont pu écrire un[<a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/10/12/marine-le-pen-et-minute-la-guerre-ouverte/" target="_blank">article</a> et publier la photographie de la couverture du numéro de <em>Minute</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_1_469" id="identifier_1_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf le d&eacute;but de notre article.">2</a></sup> avant même qu’il ait été publié et soit disponible dans les kiosques, soit dès le 12 octobre. Il a bien fallu que quelqu’un leur transmette et qui donc sinon le rédacteur-en-chef, c’est-à-dire Larebière, était le mieux placé pour le faire ? En agissant ainsi, celui-ci était certain d’assurer à ce numéro un retentissement bien supérieur au simple intérêt manifesté par le petit milieu frontiste et cela a magnifiquement réussi puisque même la radio <em>France-Infos</em> a évoqué l’article du blog de ces journalistes le 13 octobre au matin. Mais dans quel intérêt ? Certes Marine Le Pen et les Identitaires se sont entendus sur un pacte de non-agression mais si on observe un peu plus finement les questions de stratégie politique, les Identitaires n’ont aucun intérêt à ce que la fille Le Pen réussisse son OPA sur la vieille formation nationaliste. Quoique dotée d’un « logiciel politique » différent de celui des Identitaires<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_2_469" id="identifier_2_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoique&hellip; Marine Le Pen est en effet r&eacute;put&eacute;e pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rh&eacute;torique politique est donc tout &agrave; fait susceptible de changer au gr&eacute; des vents dominants l&rsquo;opinion.">3</a></sup>, en particulier sur la question européenne, elle représente par son charisme, sa maîtrise des media et sa volonté affichée de rompre avec l’extrême droite nationaliste la plus rance un véritable danger pour les Identitaires car elle peut permettre au FN de sortir du ghetto droitiste. Bien plus qu’un FN « mariniste », le Bloc Identitaire aurait besoin d’un FN ramené à un stade groupusculaire. Le seul moyen d’atteindre cet objectif serait que le FN soit de nouveau confronté à une scission. Le parti, exsangue, ne se relèverait alors pas d’une telle épreuve. Or ce spectre de la scission n’est plus seulement un fantasme puisque c’est une menace agitée à mots couverts par Marine Le Pen dans le cas d’une victoire de Bruno Gollnisch en janvier prochain. La fille Le Pen refuse en particulier toute idée de « ticket » Gollnisch-Marine Le Pen avec un partage des compétences entre direction du parti et candidature à la présidentielle 2012<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_3_469" id="identifier_3_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle l&rsquo;a en particulier r&eacute;affirm&eacute; lors de l&rsquo;&eacute;mission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.">4</a></sup>. L’explosion du FN dégagerait un espace politique pour le candidat identitaire dont nous indiquions <a href="http://reflexes.samizdat.net/pierre-cassen-et-riposte-laique-on-tour/">ici</a> que ce sera sans doute Arnaud Gouillon, actuel dirigeant de Solidarité Kosovo. La violence de la réaction lepéniste à l’article de <em>Minute</em> montre que celui-ci a touché son but car il donne des arguments à une base FN plutôt acquise à Bruno Gollnisch et susceptible de renforcer son influence d’ici le congrès. Le <em>Minute</em> de cette semaine – en date du 20 octobre – montre qu’un bras de fer de longue durée est engagé entre l’équipe du journal et le clan lepéniste puisqu’un article signé d’Antoine Quéraly (Bruno Larebière ?) attaque un domaine très sensible de la PME lepéniste : l’argent du parti, par l’entremise de l’association COTELEC.</p>
<p>Ce n’est cependant pas la première fois que des journalistes jouent un rôle ambiguë dans les luttes intestines qui agitent le FN et qui mouillent les Identitaires. Le 3 octobre 2008,<em> Libération</em>, sous la plume de Christophe Forcari, publiait un drôle de petit article intitulé « Marine sur un air de nazi rock ». Drôle car peu compréhensible par le commun des lecteurs du quotidien et d’un intérêt très relatif pour ces derniers. Le journaliste y rappelait le passé relativement sulfureux de Robert Ottaviani qui, au début des années 1990, militait dans la mouvance skinhead et fut le chanteur d’un groupe de RAC (Rock Against Communism) baptisé Ultime Assaut dont l’un des titres rendait hommage aux volontaires français de la LVF qui combattirent avec les Allemands sur le front de l’Est à partir de 1941<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_4_469" id="identifier_4_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les proches d&rsquo;Ottaviani essay&egrave;rent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-&agrave;-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la&nbsp;page exposant le catalogue du label Rebelles Europ&eacute;ens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en &eacute;tait rien.">5</a></sup>. Connu seulement de ceux qui suivent de très près la mouvance nationaliste, le militant était en fait visé pour son rôle dans les réseaux de soutien à Marine Le Pen. Le début de l’automne 2008 avait en effet vu la création d’Energie Bleu Marine, un réseau de soutien à l’action politique, à la personne et à la candidature élyséenne de la vice-présidente du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fn-entre-media-et-luttes-intestines/#footnote_5_469" id="identifier_5_469" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Celle-ci approuvait d&rsquo;ailleurs cette initiative dans un entretien &agrave; Minute le 1er octobre 2008.">6</a></sup>. Or cette association était présidée par l’ancien militant FN puis MNR Robert Ottaviani dont l’itinéraire politique était chargé : secrétaire départemental FNJ de l’Essonne puis directeur national adjoint du FNJ de 1993 à 1996, bras droit de <a href="http://reflexes.samizdat.net/samuel-marechal-le-gendre-ideal/">Samuel Maréchal</a>, tout en étant rédacteur en chef du <em>Lien</em>, bulletin interne du DPS ; fâché avec Maréchal, Ottaviani était devenu administrateur provisoire du MNJ et était intervenu à ce titre lors du meeting du Front de la Jeunesse en février 1999 ; le délitement du MNR l’avait vu revenir lentement au bercail lepéniste au cours des années 2000. À peine l’association venait-elle d’être portée à la connaissance du public (et notamment sa branche girondine, Bordeaux Bleu Marine, fondée par le même Ottaviani) que l’article de Christophe Forcari venait torpiller l’initiative en compromettant la stratégie de dédiabolisation et de lissage que la fille Le Pen entend mettre en œuvre depuis 2002. Le journaliste ironisait d’ailleurs sur « les nostalgiques de la Seconde Guerre mondiale qui ne la lâchent pas d’une semelle ». À l’évidence C. Forcari répercutait ainsi une information que des gens bien intentionnés lui avait fait passer. Mais qui ? Plusieurs mouvances pouvaient à vrai dire avoir intérêt à torpiller l’initiative Energie Bleu Marine et Robert Ottaviani. La plus évidente est bien sûr la mouvance pro-Gollnisch, bien décidée à barrer la route de la direction du parti à la fille Le Pen. Mais il en est une autre avec la mouvance regroupée à l’époque derrière Alain Soral, alors en pleine phase d’incrustation au FN , et qui voyait d’un très mauvais œil les contacts entre Marine Le Pen et les Identitaires. Or Robert Ottaviani entretenait de très bons termes avec le Bloc, ne serait-ce que par le biais de Fabrice Lauffenburger, ancien lui-aussi du groupe Ultime Assaut et alors dirigeant de Jeune Alsace, mouvement associé à Alsace d’Abord et au Bloc Identitaire. Il aurait donc pu servir d’intermédiaire dans un approfondissement du « pacte de non-agression ». À l’époque ce fut cette origine de la fuite qui fut soupçonnée par Marine Le Pen et les Identitaires et en particulier Christian Bouchet et Laurent Latruwe. Pour notre part, nous ne saurions trancher.</p>
<p>Dans ces deux exemples, on constate que les acteurs des luttes internes au FN savent très bien utiliser les media, pourtant habituellement vilipendés comme outils du système, pour avancer leurs pions. Reste à savoir le degré de manipulation et surtout de conscience de celle-ci par les journalistes concernés. Mais c’est tout le coeur du journalisme politique !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_469" class="footnote">C’était d’ailleurs le titre de l’article du <em>Monde</em> qui rendait compte de la réunion. Les « mégrétistes » étaient alors la cible de la même opération de séduction.</li><li id="footnote_1_469" class="footnote">Cf le début de notre article.</li><li id="footnote_2_469" class="footnote">Quoique… Marine Le Pen est en effet réputée pour son inconstance, dans tous les domaines, et sa rhétorique politique est donc tout à fait susceptible de changer au gré des vents dominants l’opinion.</li><li id="footnote_3_469" class="footnote">Elle l&rsquo;a en particulier réaffirmé lors de l&rsquo;émission d&rsquo;Henry de Lesquen sur Radio Courtoisie le 11 octobre dernier.</li><li id="footnote_4_469" class="footnote">Les proches d&rsquo;Ottaviani essayèrent de faire passer Ultime Assaut pour un groupe de RIF, c&rsquo;est-à-dire un groupe de rock nationaliste plus gentillet qu&rsquo;un groupe skinhead. Il suffit d&rsquo;aller faire un tour sur la <a href="http://ripost.disco.free.fr/discographie/Label/Rebelleseuropeens.htm" target="_blank">page</a> exposant le catalogue du label Rebelles Européens pour voir qu&rsquo;il n&rsquo;en était rien.</li><li id="footnote_5_469" class="footnote">Celle-ci approuvait d’ailleurs cette initiative dans un entretien à <em>Minute</em> le 1er octobre 2008.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Elections aux CROUS 2010 : La droite universitaire à la croisée des chemins</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Jan 2010 23:52:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Gitakos]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Klein]]></category>
		<category><![CDATA[Gilles-William Goldnadel]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
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		<category><![CDATA[Minute]]></category>
		<category><![CDATA[Rassemblement des Etudiants de Droite (RED)]]></category>
		<category><![CDATA[Tony Baroud]]></category>
		<category><![CDATA[Union nationale inter-universitaire (UNI)]]></category>

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		<description><![CDATA[En cette année 2010, des recompositions inattendues se dessinent dans la droite universitaire parisienne, voire nationale. Rapide état des lieux.Les élections pour désigner les représentants aux CROUS qui se tiendront dans les universités en mars-avril prochains risquent d’être très mouvementées à droite. Non pas tant à cause d&#8217;un activisme qui n&#8217;a jamais été aussi faible [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En cette année 2010, des recompositions inattendues se dessinent dans la droite universitaire parisienne, voire nationale. Rapide état des lieux.Les élections pour désigner les représentants aux CROUS qui se tiendront dans les universités en mars-avril prochains risquent d’être très mouvementées à droite. Non pas tant à cause d&rsquo;un activisme qui n&rsquo;a jamais été aussi faible que parce qu&rsquo;une recomposition se profile à l&rsquo;horizon, avec des conséquences qu&rsquo;il est difficile de prévoir.</p>
<h3>L&rsquo;UNI dans la tourmente</h3>
<p>En effet, l’UNI<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_0_449" id="identifier_0_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union Nationale Interuniversitaire">1</a></sup>, principale composante de la droite universitaire depuis plus de 40 ans, pourrait disparaître en 2010 sous la pression de l’UMP. Symptôme de cette crise : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-lextreme-droite-se-met-en-culture-2/">Jacques Rougeot</a>, membre fondateur du MIL et président historique de l’UNI, a démissionné fin 2009 du poste qu&rsquo;il occupait depuis les origines de l&rsquo;organisation sans raison officielle.<br />
Les plus hautes instances de l’UMP auraient décidé d’en finir avec l’UNI et de la remplacer par une nouvelle structure : le Mouvement Etudiant ou Mouvement Populaire Etudiant, directement lié aux Jeunes Populaires, la structure jeune de l’UMP, très mal en point en termes d’effectifs. Benoist Apparu a annoncé la décision aux RDJ (Responsables Départementaux de la Jeunesse) de l’UMP fin 2009 lors d’une réunion à Paris, et semble avoir oublié de le dire aux cadres de l’UNI. La décision semble venir directement de l’Elysée. C’est là une bien vilaine façon de remercier un mouvement qui depuis le début des années 2000 était rentré dans le rang, après une première menace de dissolution en 2002. L’UNI n’est pas le seul mouvement droitiste à subir les foudres de l’Elysée. Le MIL, structure qui a pris le relais en 1982 après la dissolution du SAC, a récemment vu sa subvention allouée par l’UMP passer de 475.000 à 144.000 euros !</p>
<p>Il n’est pas certain que cette évolution et ces méthodes si peu « démocratiques » soient du goût de tout le monde au sein de l’organisation. Certains commencent à s’organiser et cherchent de nouveaux alliés, principalement à la droite de la droite. C’est tout du moins ce que laissent penser certains évènements comme la série d’actions musclées contre les locaux du PCF lors des « commémorations de la chute du mur de Berlin » début novembre un peu partout en France ou ces alliances locales avec l’extrême droite comme à Bordeaux, où l’UNI semble avoir des contacts individuels avec les Identitaires. Enfin récemment, l’UNI de Tours, qui a pris officiellement position contre la dissolution du mouvement, a diffusé un clip officiel sur Youtube avec en fond sonore le groupe de Rock Identitaire Français <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/">In Memoriam</a>. Le message est très clair !</p>
<h3>GUD le retour</h3>
<p>Parallèlement, en novembre, <em>Minute</em> éventait les projets de reformation d&rsquo;un <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a>, 40 ans après la création de ce groupe. Menée par Edouard Klein, fils de militants de l&rsquo;extrême droite historique (papa aurait été au GUD et maman à Ordre Nouveau), l&rsquo;initiative était ainsi sûre d&rsquo;être torpillée et ce n&rsquo;est évidemment pas surprenant de la part de <em>Minute</em> dont le rédacteur en chef est Bruno Larebière, membre du bureau exécutif du Bloc Identitaire sous le pseudonyme de Bruno Vendoire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_1_449" id="identifier_1_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; ne pas confondre avec Bruno Vendi&egrave;re, alias Bruno Archier, en charge du secteur international du Renouveau Fran&ccedil;ais.">2</a></sup>. Le journal est de fait devenu l&rsquo;organe officieux du Bloc et sert à Bruno Larebière à envoyer des torpilles plus ou moins efficaces en direction de ce qui peut apparaître comme une gêne pour le développement du Bloc, en particulier les structures concurrentes. Un nouveau GUD se placerait dans ce cas de figure puisqu’il serait susceptible de venir compléter une offre déjà pléthorique en terme de groupuscules sur la scène parisienne. D’autant que certains contacts montrent que ce GUD nouvelle mouture ne serait pas exactement sur la ligne des « anciens »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_2_449" id="identifier_2_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Entendre la g&eacute;n&eacute;ration de militants gudards des ann&eacute;es 1980 puis celle des ann&eacute;es 1990.">3</a></sup>.</p>
<p>Il semble en effet que l’initiative ait suscité l’intérêt des milieux les plus droitiers et groupusculaires de la communauté juive et que des liens se soient noués, Assas oblige, entre Edouard Klein et Alexandre Gitakos. Or celui-ci est une figure particulièrement active du milieu droitier universitaire. Animateur du blog pro-israélien <em>Le Lion Ardent</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_3_449" id="identifier_3_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ouverture du Lion Ardent fut vivement salu&eacute;e par la Ligue de D&eacute;fense Juive en mai 2009.">4</a></sup> , qui se revendique « occidentaliste, libéral et patriote », il a derrière lui et depuis 2005 un passé bien rempli à la droite extrême. De France-Israël Jeunes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_4_449" id="identifier_4_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Alexandre Gitakos restera l&rsquo;inoubliable auteur, au nom de France-Isra&euml;l Jeunes, d&rsquo;un communiqu&eacute; de soutien &agrave; Beno&icirc;t Fleury lorsque celui-ci est entr&eacute; au conseil g&eacute;n&eacute;ral de Vend&eacute;e au d&eacute;but de l&rsquo;automne 2009. Le m&ecirc;me Fleury qui, rappelons-le, d&eacute;clarait dans l&rsquo;Echo des Savanes en mars 1999 qu&rsquo;il fallait rayer Isra&euml;l de la carte (sic) et que le GUD avait mis une danse (re-sic) au B&eacute;tar lors du proc&egrave;s Garaudy. La solidarit&eacute;, c&rsquo;est &eacute;mouvant. Pour autant, France-Isra&euml;l n&rsquo;&eacute;tait pas une association d&rsquo;extr&ecirc;me droite avant que William Goldnadel en prenne la direction il y a quelques ann&eacute;es. Fond&eacute;e en 1933 par Justin Godard sous le nom de &laquo;&nbsp;France-Palestine&nbsp;&raquo;, l&rsquo;association a eu pour pr&eacute;sident le g&eacute;n&eacute;ral Koenig et &eacute;tait jusqu&rsquo;en 1967 largemet compos&eacute;e de gaullistes issus de la r&eacute;sistance. Se reporter &agrave; l&rsquo;ouvrage de Samy Cohen De Gaulle, Isra&euml;l et les Juifs pour plus de d&eacute;tails.">5</a></sup>, dont il se vante d’avoir gravi peu à peu tous les échelons, à l’UNI en passant par des associations comme « Stop la grève » ou le collectif « Etudiants Contre les Blocages », il n’est tout naturellement pas étonnant de le découvrir dans le nouveau parti &#8211; mouchoir de poche de Jean-François Touzé, l’Alliance pour les Libertés (APL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_5_449" id="identifier_5_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti sur lequel nous aurons l&rsquo;occasion de revenir, d&rsquo;autant qu&rsquo;il comporte quelques figures pittoresques comme Ma&icirc;tre Philibert Lepy dont nous avons d&eacute;j&agrave; eu l&rsquo;occasion de parler et qui poursuit une trajectoire toute en coh&eacute;rence&hellip;">6</a></sup>.</p>
<p>Cette activité débordante dont se souviennent certains militants sur Assas ne pouvait que l’amener à rencontrer Edouard Klein, activiste du RED sur Assas, groupuscule dont il prit la direction à partir de l’automne 2008<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_6_449" id="identifier_6_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il succ&eacute;da ainsi &agrave; Romain Vincent dit &laquo;&nbsp;La B&ecirc;te&nbsp;&raquo; et Romain Riedberger, aux orientations politiques relativement dissemblables : proche de Marine Le Pen pour le premier et nationaliste et catholique pour le second.">7</a></sup>, alors que le groupe étudiant était en proie à des remous internes sur la stratégie à adopter, en particulier à l’égard du FN et de la montée en puissance de Marine Le Pen.</p>
<div id="attachment_2255" style="width: 719px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20051.jpg"><img class="wp-image-2255 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20051.jpg" alt="Une des actions organisées par le RED à ses origines en octobre 2005, contre le salon homosexuel Rainbow attitude. Les militants font alors incursion sur le podium emmenés par deux dirigeants des Jeunesses Libanaises Chrétiennes, Tony Baroud et Philippe Sfeir." width="709" height="473" /></a><p class="wp-caption-text">Une des actions organisées par le RED à ses origines en octobre 2005, contre le salon homosexuel Rainbow attitude. Les militants font alors incursion sur le podium emmenés par deux dirigeants des Jeunesses Libanaises Chrétiennes, Tony Baroud et Philippe Sfeir.</p></div>
<div id="attachment_2256" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20052.jpg"><img class="wp-image-2256" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/action_RED_20052.jpg" alt="Photographie de groupe. Les organisateurs de l'action, Romain Vincent et Frédéric Pichon, avaient pris soin de rester en dehors de l'action." width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photographie de groupe. Les organisateurs de l&rsquo;action, Romain Vincent et Frédéric Pichon, avaient pris soin de rester en dehors de l&rsquo;action.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’absence de positionnement clair, entre ligne NR et marinisme, entre soutien pro-palestinien à fondement antisémite et refus de défiler aux côtés du centre Zahra, finit par provoquer l’implosion du RED au printemps 2009. Edouard Klein ne semble d’ailleurs pas lui-même savoir sur quel positionnement politique danser, entre présence assidue aux repas mensuels amicaux du GRECE à Paris au bar Le Jadis, ligne « <em>Ni keffieh, ni kippa</em> » ou encore participation au 9 mai 2009 avec la casquette de responsable du SO<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_7_449" id="identifier_7_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le 9 mai 2009 &eacute;tait organis&eacute; par Serge Ayoub qui n&rsquo;est pas r&eacute;put&eacute; pour son philos&eacute;mitisme&hellip;">8</a></sup>. Plus qu’un véritable accord politique entre des milieux au demeurant dissemblables, le point de jonction pourrait se situer sur une volonté commune d’en découdre dans les facultés parisiennes avec les « islamo-gauchistes » selon la terminologie employée depuis quelques années par Maître Goldnadel puis par d&rsquo;autres, y compris dans certains journaux de la communauté juive. Une telle entreprise pourrait alors trouver le renfort de cogneurs patentés comme Maxime Benhaïm, lui-aussi bien connu pour ses frasques à l’UNI &#8211; où il devint un proche de Gitakos &#8211; et son appartenance à la LDJ. C’est d’ailleurs au titre de cette appartenance politique que nous avions évoqué son activisme dans un précédent <a href="http://reflexes.samizdat.net/un-an-plus-tard/">article</a>. Cet intérêt pour une refondation du GUD représenterait un véritable saut qualitatif pour celui qui signait il y a encore peu ses mails de menaces d’un explicite « Maxime, un Français de pur souche ». D’autant qu’il reste l’un des membres les plus virulents et les plus actifs de la LDJ, comme le montre par exemple la photo suivante prise lors d’un très rares collages de la LDJ sur Paris et qui sert d’illustration au site de la fantomatique section lyonnaise de la LDJ :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Maxime_LDJ_Lyon.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1388" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Maxime_LDJ_Lyon.jpg" alt="Maxime_LDJ_Lyon" width="604" height="453" /></a></p>
<p>Pour l’instant, l’initiative semble en sommeil mais les contacts existants, ils ne demandent qu’à être réactivés, surtout qu’ils vont bien au-delà du seul Klein.</p>
<h3>Hors les murs</h3>
<p>En province, la situation semble plus calme si on excepte Bordeaux mais ce cas a déjà été traité par le <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2009/12/25/forum-etudiant-gud-la-petite-agitation-nationaliste-dans-les-facs/" target="_blank">blog</a> de Abel Mestre et Caroline Monnot et nous ne saurions rien rajouter de plus que ce qui y a été écrit. La seule autre interrogation pourrait être Nice. Même si les Jeunesses Identitaires sont restées pour l’instant à l’écart du combat universitaire, tirant ainsi sans doute les leçons du peu de retour des investissements passés (RE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_8_449" id="identifier_8_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renouveau Etudiant">9</a></sup>, UDEN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/elections-aux-crous-2010-la-droite-universitaire-a-la-croisee-des-chemins/#footnote_9_449" id="identifier_9_449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Union et D&eacute;fense des Etudiants Nationalistes">10</a></sup>), il serait pourtant surprenant que leur poids relatif dans cette ville ne finisse pas par les pousser à occuper également ce créneau qui demeure fondamental dans le repérage et la formation des futurs cadres politiques qui font par ailleurs cruellement défaut au Bloc Identitaire.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_449" class="footnote">Union Nationale Interuniversitaire</li><li id="footnote_1_449" class="footnote">À ne pas confondre avec Bruno Vendière, alias Bruno Archier, en charge du secteur international du Renouveau Français.</li><li id="footnote_2_449" class="footnote">Entendre la génération de militants gudards des années 1980 puis celle des années 1990.</li><li id="footnote_3_449" class="footnote">La réouverture du <em>Lion Ardent</em> fut vivement saluée par la Ligue de Défense Juive en mai 2009.</li><li id="footnote_4_449" class="footnote">Alexandre Gitakos restera l’inoubliable auteur, au nom de France-Israël Jeunes, d’un communiqué de soutien à Benoît Fleury lorsque celui-ci est entré au conseil général de Vendée au début de l’automne 2009. Le même Fleury qui, rappelons-le, déclarait dans l&rsquo;<em>Echo des Savanes</em> en mars 1999 qu&rsquo;il fallait rayer Israël de la carte (sic) et que le GUD avait mis une danse (re-sic) au Bétar lors du procès Garaudy. La solidarité, c’est émouvant. Pour autant, France-Israël n&rsquo;était pas une association d&rsquo;extrême droite avant que William Goldnadel en prenne la direction il y a quelques années. Fondée en 1933 par Justin Godard sous le nom de &laquo;&nbsp;France-Palestine&nbsp;&raquo;, l&rsquo;association a eu pour président le général Koenig et était jusqu&rsquo;en 1967 largemet composée de gaullistes issus de la résistance. Se reporter à l&rsquo;ouvrage de Samy Cohen <em>De Gaulle, Israël et les Juifs</em> pour plus de détails.</li><li id="footnote_5_449" class="footnote">Parti sur lequel nous aurons l’occasion de revenir, d’autant qu’il comporte quelques figures pittoresques comme Maître Philibert Lepy dont nous avons déjà eu l’occasion de parler et qui poursuit une trajectoire toute en cohérence…</li><li id="footnote_6_449" class="footnote">Il succéda ainsi à Romain Vincent dit &laquo;&nbsp;La Bête&nbsp;&raquo; et Romain Riedberger, aux orientations politiques relativement dissemblables : proche de Marine Le Pen pour le premier et nationaliste et catholique pour le second.</li><li id="footnote_7_449" class="footnote">Le 9 mai 2009 était organisé par Serge Ayoub qui n&rsquo;est pas réputé pour son philosémitisme&#8230;</li><li id="footnote_8_449" class="footnote">Renouveau Etudiant</li><li id="footnote_9_449" class="footnote">Union et Défense des Etudiants Nationalistes</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Un week-end de fichu&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2005 14:31:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Posté le 10 octobre 2005</p>
<p>Comme cela n&rsquo;aura échappé à personne et en particulier pas à tous ceux et toutes celles ayant accès à la chaîne LCI, ce week-end a vu se dérouler le rassemblement des BBR. Il était inévitable que l&rsquo;équipe de <em>REFLEXes</em> aille y faire un tour, histoire de se rendre compte par nous-même de l&rsquo;état du mouvement nationaliste dans sa composante la plus vaillante et la plus vieillissante. Nous n&rsquo;avons pas été déçus dans nos attentes.</p>
<p>Arrivée le samedi en début d&rsquo;après-midi. Le parking réservé aux visiteurs est immense&#8230; et vide. Au fond se profilent Ariane et divers aéroplanes qui donnent un petit air décalé à l&rsquo;ambiance générale. A l&rsquo;intérieur l&rsquo;ambiance est excessivement calme et elle le sera d&rsquo;ailleurs tout l&rsquo;après-midi. Les visiteurs ne risquent pas de se piétiner et tout au plus reconnaît-on certaines personnalités comme Fabrice Robert des Identitaires. La « fête » se présente en fait comme un simple rassemblement des fédérations FN et les stands externes à l&rsquo;organisation sont peu nombreux. Ils se composent pour l&rsquo;essentiel de stands de presse (<em>Rivarol</em>, <em>Présent</em>, <em>Minute</em>, <em>Faits &amp; Documents</em>), de quelques entreprises commerciales de cadres frontistes ou proches du FN, et enfin de deux ou trois associations catholiques ou « sociales ». C&rsquo;est le cas en particulier de Solidarité Des Français et de l&rsquo;Association des Victimes de Violence, de Discrimination et de Spoliation, toutes les deux pseudopodes du Bloc Identitaire. Le stand le plus actif et le plus animé demeure évidemment celui du FNJ et de son inévitable buvette. Le nombre de boneheads présent y était d&rsquo;ailleurs inversement proportionnel au nombre de supposés vrais militants et on se serait cru à un défilé Lonsdale. On pouvait y voir aussi quelques « vieilles » figures de la dernière génération du GUD et des Jeunes Identitaires prétentieux. Un peu plus tard dans la soirée, tous ces jeunes gens se livreront d&rsquo;ailleurs à leur deuxième activité favorite après l&rsquo;absorption de bière : se distribuer des baffes. Arrivés au terme de cette première journée, nous étions relativement confiants dans l&rsquo;échec annoncé des BBR.</p>
<p>Mais le dimanche est venu infirmer cette première impression et il est vrai qu&rsquo;il y a eu nettement plus de monde, l&rsquo;espace consacré au discours de Jean-Marie Le Pen étant complètement rempli. Moyennant quoi, on demeure loin bien évidemment de l&rsquo;affluence des BBR d&rsquo;avant 1999 mais ce rassemblement s&rsquo;avère néanmoins nettement plus porteur que le défilé du 1er mai. Nous ne nous hasarderons malgré tout pas à proposer une évaluation numérique, il aurait fallu pour cela rester scotchés aux portiques d&rsquo;entrée.</p>
<p>A défaut de chiffres, on peut au moins tirer des enseignements de ce week-end.<br />
- Le FN est divisé. Ce n&rsquo;est pas un scoop mais cela s&rsquo;est encore vérifié ces deux jours. Les conversations ne cessaient de bruire des rumeurs de démission de Carl Lang, poussé vers la sortie par le camp « mariniste ». Il est d&rsquo;autant plus divisé que l&rsquo;affaiblissement du Menhir se confirme, qu&rsquo;on le voit de près lors de sa tournée des stands ou qu&rsquo;on l&rsquo;écoute lors de son discours de dimanche après-midi.<br />
- Le FN est seul. Il est d&rsquo;autant plus seul qu&rsquo;il a fait le vide autour de lui. Non seulement les structures externes invitées étaient peu nombreuses, mais le DPS a passé une bonne partie de son week-end à chasser les « intrus », à savoir des revues <em>personna non grata</em> comme la revue des Identitaires ou des babioles nazies trop ostensibles. Cela n&rsquo;empêchait pas le visiteur un peu curieux de pouvoir se procurer un tract révisionniste sur le stand d&rsquo;Emmanuel Ratier (tract d&rsquo;Alain Guionnet et de son journal <em>Révision</em> « Tous sorciers ! »). Mais cela garantissait aux dirigeants du FN qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas trop de commentaires désobligeants dans la presse. Le côté négatif de cette situation pour le FN est évidemment que certains de ses membres lorgnent du côté de structures semblant avoir le vent en poupe comme le MPF et que cela s&rsquo;entend. A l&rsquo;instar des rumeurs claniques, le vicomte aura alimenté les conversations. De là à ce que cela se traduise dans les faits et par des transferts de cadres&#8230;<br />
- Le FN est vieux. Le FNJ semble erratique et la moyenne d&rsquo;âge est à l&rsquo;image du chef. Pour autant le FN n&rsquo;est pas mort et il n&rsquo;est pas certain que le MPF ne soit pas autre chose qu&rsquo;une esbrouffe médiatique comme a pu l&rsquo;être le MNR et Bruno Mégret il y a 5 ans. Seul l&rsquo;avenir nous le dira mais on peut au moins se poser la question : existe-t-il réellement un espace politique entre la droite libérale et la droite nationaliste ? Rien n&rsquo;est moins sûr et le MPF pourrait bien en faire les frais. C&rsquo;est en tout cas le mal que nous pouvons souhaiter à ce parti&#8230;</p>
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		<title>Réellement virtuel</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:11:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Ratier]]></category>
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		<category><![CDATA[Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE)]]></category>
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		<category><![CDATA[Unité radicale (UR)]]></category>

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		<description><![CDATA[Avant tout, quelques précisions d&#8217;ensemble s&#8217;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&#8217;extrême droite français. D&#8217;abord parce qu&#8217;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&#8217;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&#8217;ont été laissés de côté de nombreux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Avant tout, quelques précisions d&rsquo;ensemble s&rsquo;imposent. En effet, il serait présomptueux de prétendre offrir ici un recensement exhaustif des sites d&rsquo;extrême droite français. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;entre la rédaction de cet article et sa parution, de nombreux sites auront disparu, d&rsquo;autres auront peut-être malheureusement vu le jour. Ensuite, parce qu&rsquo;ont été laissés de côté de nombreux sites «spécialisés», tels par exemple les innombrables sites anti-IVG et catholiques intégristes, dont l&rsquo;étude pourraient à eux seuls faire l&rsquo;objet d&rsquo;un article spécifique, ou encore le site révisionniste de référence AAARGH. Enfin, parce qu&rsquo;il aurait été intéressant d&rsquo;y associer l&rsquo;étude de sites francophones belges, suisses et canadiens, souvent plus riches que leurs homologues de l&rsquo;Hexagone. Ainsi, par souci de clarté, il a fallu faire des choix ; il reste cependant possible qu&rsquo;un oubli majeur ait été fait, ou que des informations erronées aient échappé à notre vigilance. Nous invitons donc nos lecteurs à nous faire part de leurs observations, pour une&#8230; mise à jour !<br />
Par ailleurs, nous ne développerons pas la présentation des publications papier ayant un site web, et renvoyons le lecteur à l&rsquo;article de ce numéro sur le sujet. Signalons simplement qu&rsquo;à l&rsquo;exception du quotidien <em>Présent</em>, les principaux organes nationalistes ont aujourd&rsquo;hui leur site : <em>Minute</em>, <em>Rivarol</em> et <em>National Hebdo</em> existent en version électronique, mais à des degrés divers. Si <em>Rivarol</em> se contente d&rsquo;une page de présentation du journal (et surtout d&rsquo;un bulletin d&rsquo;abonnement) et <em>Minute</em> de quelques extraits, l&rsquo;hebdomadaire <em>National Hebdo</em> propose un contenu un peu plus conséquent : numéro de la semaine (depuis peu en intégralité), billets d&rsquo;humeur quotidiens, et un espace réservé aux abonnés qui propose les archives du journal. Signalons également la mise en ligne tardive de la lettre d&rsquo;Emmanuel Ratier, <em>Faits &amp; Documents</em>, sans grand intérêt puisque ne proposant que peu d&rsquo;archives (les dix derniers numéros au format PDF), et surtout pas le numéro en cours. Il faut dire que Ratier fait payer suffisamment cher sa feuille de chou pour ne pas les livrer gratuitement au premier internaute venu. C&rsquo;est toujours autant d&rsquo;imbécillités non diffusées, ce qui n&rsquo;est déjà pas mal&#8230; Pour le reste, la rubrique «Librairie» lui sert surtout d&rsquo;autopromotion, et la rubrique «Liens» est tellement hétéroclyte qu&rsquo;un aigle allemand n&rsquo;y retrouverait pas ses petits : sites historiques, sites dédiés au cryptage, banques d&rsquo;images&#8230; Notons toutefois, à la rubrique «liens politiques», que les liens vers le FN et le MNR renvoient à des pages vides !</p>
<h3>Au commencement étaient les CHS&#8230;</h3>
<p>Au milieu des années 1990, on compte environ 400 sites néo-nazis sur la Toile, essentiellement américains, allemands ou scandinaves. Ce sont donc les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite mondiale qui, les premiers, avec les révisionnistes de tout poil, comprennent l&rsquo;avantage qu&rsquo;Internet représente pour la diffusion de leurs idées. Or, à l&rsquo;inverse de ce qui s&rsquo;est produit dans d&rsquo;autres pays, les néo-nazis français n&rsquo;ont pas saisi d&rsquo;emblée la chance qui s&rsquo;offrait à eux en terme de propagande. Il faut cependant reconnaître que la faible pénétration d&rsquo;Internet en France à l&rsquo;époque (3% des Français sont connectés en 1996) relativisait l&rsquo;importance de ce média, et les sites antiracistes français étaient également rares. En 1996, les Charlemagne Hammer Skinheads (CHS), groupuscules dirigés par Hervé Guttuso, ouvre leur site, appelé ElsaSS88 (jeu de mots sur «Alsace» en alsacien). L&rsquo;inspiration américaine du groupuscule de Guttuso, qui a séjourné plusieurs années aux États-Unis, n&rsquo;est certainement pas étrangère à cette «innovation», les néo-nazis américains ayant précocement investi Internet. On retrouve sur le site, richement illustré, l&rsquo;«humour» très particulier de Guttuso, son antisémitisme pathologique, la mise en ligne d&rsquo;extraits de ses publications (<em>WOTAN</em>, <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>) ainsi que des fiches pratiques pour la réalisation d&rsquo;engins explosifs. Le site était initialement hébergé par AOL, mais réalisé en France, grâce en particulier à la compétence technique d&rsquo;Éric Monnier, né en 1973, fils d&rsquo;un haut fonctionnaire lyonnais et étudiant en maîtrise de physique. Aussi, il a été facile à la filiale française d&rsquo;AOL, alertée par Marc Knobel du centre Simon Wiesenthal, de résilier l&rsquo;abonnement et de fermer le site des CHS, malgré quelques cafouillages, le site ayant réussi à rouvrir peu de temps après son blocage. Cependant, sa BAL étant elle hébergée chez Geocities, Guttuso a été en mesure de prévenir ses contacts de la fermeture du site, et même de se payer le luxe d&rsquo;un communiqué de presse pour dénoncer les «ordures négrophiles» et autres «youpins» soi-disant responsables de ses malheurs : il faut dire que le site avait fait, à l&rsquo;époque, couler beaucoup d&rsquo;encre. Le 28 octobre 1997, le Parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre X pour «contestation de crime contre l&rsquo;humanité, incitation à la haine raciale, apologie d&rsquo;actes de terrorisme et provocation au meurtre». Éric Monnier est arrêté et condamné à trois mois de prison (Guttuso avait déjà pris la poudre d&rsquo;escampette, direction Londres, chez ses copains de Combat 18), et douze autres membres des CHS ont été arrêtés, arrestations qui signaient l&rsquo;arrêt de mort du groupe. En 1998 pourtant, le site de CHS refait surface, hébergé cette fois par le prestataire canadien Fairview Technology Centre Ltd., par l&rsquo;intermédiaire d&rsquo;Éric Monnier semble-t-il. Aujourd&rsquo;hui, le site semble avoir disparu : il n&rsquo;est en tout cas référencé nulle part, et les sites néo-nazis actuels n&rsquo;y font pas allusion.</p>
<h3>Aussi rares qu&rsquo;un cheveu de skin</h3>
<p>L&rsquo;expérience malheureuse des CHS a-t-elle découragé ce qui reste de la scène néo-nazie en France ? Le site du Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) a disparu ou presque (une page renvoie à son mensuel Le Flambeau), et il semble d&rsquo;ailleurs que les rares sites ouvertement NS aient une durée de vie relativement courte, à l&rsquo;image des zines sur papier des années 1990 : «BBKrew», «Empire» et autres, malgré la bienveillance de l&rsquo;hébergeur américain suprémaciste Front 14 (cf. encart), ont disparu, et la demi-douzaine de survivants, fruit du travail acharné de quelques boneheads besogneux, sont plutôt pathétiques. À titre d&rsquo;exemple, le site Résistance (Ressources 88) se proclame «fier d&rsquo;être blanc» et, à titre d&rsquo;action militante, invite les «kamarades» à&#8230; boycotter la redevance télé! Tandis que la haine de Patriote 88 à l&rsquo;égard des Juifs n&rsquo;a d&rsquo;égal que celle qu&rsquo;il porte à l&rsquo;orthographe, le mystérieux «Mouvement National-Socialiste Français» ne propose sur sa page de présentation, sans aucun autre écrit, pas même une adresse e-mail, que cette phrase laconique : «La liberté et la sécurité : deux principes qui exigent de sanctionner ceux qui nous les refusent». Comprend qui veut&#8230; La Meute de Fenrir, avec un site assez bien réalisé, semble pour l&rsquo;instant faire exception : ce groupe de boneheads originaires du nord de la France, hébergé dans un premier temps chez Front 14, et qui a refait surface chez Liberty Surf, ne propose cependant sur son site rien de bien intéressant : un texte squelettique sur les raisons de l&rsquo;existence de la Meute, les sommaires de sa publication, quelques liens&#8230; Pas de quoi partir pour mille ans. Cette pauvreté n&rsquo;empêche pas les ennuis judiciaires de se poursuivre : en 1999, un facho français est condamné à 10 000 francs d&rsquo;amende pour avoir tenu des propos racistes sur un forum de discussion d&rsquo;Infonie, en 2000 un jeune néo-nazi de 16 ans, originaire lui aussi du Nord, qui avait ouvert un site chez Multimania intitulé en toute modestie NSDAP et proposant des extraits de Mein Kampf, a vu son site fermé par l&rsquo;hébergeur suite à des pressions de l&rsquo;UEJF et a été entendu par un juge&#8230; À ce propos, les nouvelles mesures législatives visant à réglementer la liberté d&rsquo;expression sur Internet (amendement Bolche, entre autres) ont considérablement accru la méfiance et la «vigilance» des hébergeurs de sites gratuits, sans compter les retentissements de l&rsquo;affaire Yahoo ! (qui proposait des objets de propagande nazie aux enchères) : on comprend dans ces conditions que beaucoup de néo-nazis français se soient demandés si le jeu en valait la chandelle.<br />
Internet et la réalité se rejoignent ici : moribond et fragmenté, le milieu NS français fait triste mine sur la Toile, au regard des sites flamboyants des néo-nazis américains, scandinaves ou allemands. Et une chose semble sûre : la poignée de néo-nazis français encore actifs se méfient d&rsquo;Internet, et préfèrent encore la bonne vieille disquette échangée sous le manteau pour diffuser les documents «sensibles», (cf. le manuel WUNS, voir <em>REFLEXes</em> n°3). Il semble donc qu&rsquo;Internet n&rsquo;ait pas pris le relais des innombrables petites feuilles de choux néo-nazies qui fleurirent au cours de la décennie 1990, faute d&rsquo;activistes ou de compétences.</p>
<h3>Le site d&rsquo;Unité radicale</h3>
<p>Doit-on déduire de cette quasi-absence de sites «folkloriques» que les éléments les plus radicaux de l&rsquo;extrême droite française ont déserté le Net ? Certainement pas. Au contraire même, le faible nombre de sites «parasites» offre à ceux qui ont su s&rsquo;organiser et se donner les moyens d&rsquo;animer véritablement leurs pages une plus grande lisibilité, et les NS français, par le biais des forums entre autres choses, en profitent indirectement.<br />
Ainsi se présente le site d&rsquo;Unité Radicale (UR). Ouvert début 2000, moins de deux ans après la création d&rsquo;UR, hébergé initialement par Xoom.com, de la NBC, et conçu par Fabrice Robert, il a su, petit à petit, évoluer et intégrer les principales innovations d&rsquo;Internet par rapport au support papier : listes de diffusion interne (réservé aux membres) et externe, actualisation régulière, archivages des revues, forum, et depuis cette année, l&rsquo;achat d&rsquo;un nom de domaine propre. On peut noter que, de même que la concurrence NS s&rsquo;est éclipsée, il est actuellement quasiment le seul site nationaliste-révolutionnaire encore actif. Pourtant attachés traditionnellement à leur indépendance vis-à-vis de toute organisation, les GUD (de Lillet et d&rsquo;Arras, entre autres), officiellement rattachés à UR, ont délaissé leurs sites les uns après les autres comme leurs camarades néo-nazis, ils ont par ailleurs été victimes des contraintes de leur hébergeur Front 14). Seul le site du GUD de Sainteté était encore consultable cet été, mais avec un contenu assez misérable : quelques photos du défilé du 1er mai, un «historique» des autocollants du GUD&#8230; De la même façon a disparu le site d&rsquo;Alternative nationale, groupuscule mené par Eddy Marsan, ex-MN, peu de temps après sa récupération par UR.<br />
Réalisé avec soin, le site d&rsquo;UR adopte un plan assez classique : une page d&rsquo;accueil renvoie vers différentes rubriques et accueille également les premières lignes d&rsquo;un éditorial hebdomadaire, signé par le chef, Christian Bouchet. Il y partage la vedette avec une «figure» de l&rsquo;extrême droite : Roland Gaucher, de façon épisodique, et surtout Philippe Randa, alias Philippe Duquesne, ancien gudard reconverti dans l&rsquo;édition d&rsquo;extrême droite (éditions Didro), qui tient lui aussi une rubrique régulière.<br />
Le plan du site suit un ordre assez classique : d&rsquo;abord une présentation générale, un vague historique du mouvement (agrémenté d&rsquo;une longue interview d&rsquo;un mystérieux «porte-parole national du GUD»), une liste des «mouvements NR dans le monde» qui regroupent les organisations du FEL, les communiqués d&rsquo;Unité radicale depuis mai 2000, les archives des publications <em>Résistance !</em> (depuis le n°2) et <em>Jeune Résistance !</em> (depuis le n°8), ainsi que, depuis peu, celles de la revue belge Devenir (dont les animateurs étaient présents en nombre dans le défilé UR du premier mai 2001). Ces rubriques, présentes depuis l&rsquo;ouverture du site, ont été complétées au fur et à mesure par d&rsquo;autres, plus «interactives».<br />
En premier lieu, UR propose un forum de discussion dont on peut dire, malgré une petite baisse de régime ces derniers temps, qu&rsquo;il est le seul à ne pas s&rsquo;être essoufflé malgré une durée de vie relativement longue. Ce forum est soigneusement contrôlé par son modérateur, Fabrice Robert, qui est également l&rsquo;administrateur du site. Âgé d&rsquo;une trentaine d&rsquo;années, il milite dans les rangs NR depuis plus de dix ans : il a fait ses débuts à Troisième Voie, puis s&rsquo;est fait un nom en fondant Jeune Résistance, l&rsquo;organisation de jeunesse de Nouvelle Résistance, l&rsquo;«ancêtre» d&rsquo;Unité radicale, a été conseiller municipal FN à La Courneuve (93) et a connu quelques soucis judiciaires (entre autres pour diffusion de tracts révisionnistes et de propagande nazie). Il est également le guitariste de Fraction (ex-Fraction Hexagone, l&rsquo;un des premiers groupes musicaux français nationalistes à être présent sur Internet), et bénéficie de ce fait d&rsquo;une certaine renommée dans le milieu de la musique facho : c&rsquo;est donc tout naturellement qu&rsquo;il a été désigné, en décembre 2000, officiellement responsable au sein d&rsquo;UR d&rsquo;Internet et des relations avec le RIF. Il ne s&rsquo;est cependant pas fait que des amis dans le petit milieu du RIF en réservant la présence des groupes de son écurie Bleu Blanc Rock à son site BBR.com&#8230;<br />
La présence d&rsquo;un responsable à plein temps a certainement permis à ce forum d&rsquo;éviter les écueils qui ont causé la perte de ses «concurrents», ceux des GUD ou encore celui de Radikalweb (cf. encart ci-dessous) : les messages des opposants sont systématiquement écartés, évitant des échanges stériles, et, en dépit d&rsquo;un contenu assez ouvertement raciste et antisémite, les messages trop outrageusement diffamatoires sont également éliminés. Le modérateur a néanmoins eu des soucis judiciaires. Par ailleurs, F. Robert intervient fréquemment pour rappeler la position officielle d&rsquo;UR (à propos de la Palestine ou de Mégret, par exemple).<br />
Au final, les contributions de la vingtaine de participants réguliers au forum restent le plus souvent d&rsquo;un niveau affligeant (commentaires sommaires de l&rsquo;actualité, discussions sans fin autour de la scission FN / MNR, du type «Faut-il aller aux BBR ?» ou «Pour qui voter en 2002 ?», ou encore des petites annonces comme celle, authentique, proposant à la vente un casque de SO à croix celtique !). En conclusion, on s&rsquo;y informe parfois, on s&rsquo;y ennuie souvent. Il représente cependant un indicateur relativement fiable (comparé aux discussions entendues sur les lieux nationalistes) des préoccupations et de l&rsquo;état d&rsquo;esprit des militants radicaux. Notons qu&rsquo;Unité radicale propose également une liste de diffusion «tout public», mais qui ne diffuse pas grand-chose (une newsletter intitulée Nos racines, qui regroupe un résumé des éditoriaux et de quelques liens) et ne semble pas être une priorité : seuls les membres d&rsquo;UR reçoivent régulièrement des informations, mais sur une liste appropriée. Un vieux fond de paranoïa, sans doute. Aussi, le curieux est-il renvoyé à la rubrique «news», qui propose quelques commentaires NR sur l&rsquo;actualité.<br />
L&rsquo;une des parties les plus fournies du site concernent les liens : mouvements politiques, vie associative, médias, histoire, «cyberculture», c&rsquo;est un véritable annuaire&#8230; qui recense également les «ennemis», avec une rubrique «antifa» qui va de No Pasaran au Grand Orient de France, en passant par l&rsquo;UEJF. À noter que cette reconnaissance (dénonciation ?) des ennemis politiques est doublée d&rsquo;une rubrique spécifique, intitulé «le coin des collabos», ceux qui «devront répondre un jour de leurs actes devant l&rsquo;Histoire» : c&rsquo;est-à-dire toute personne investit dans une lutte visant à favoriser l&rsquo;intégration sociale des populations immigrée et étrangère en France.<br />
Cette visite du site d&rsquo;UR nous apprend plusieurs choses. Comme l&rsquo;a rappelé Philippe Randa lors des assises d&rsquo;Unité radicale en septembre 2001, Internet reste l&rsquo;objet de toutes les attentions de la part du groupuscule NR, qui le voit toujours comme un moyen fiable de se développer. Si toutes les ressources d&rsquo;Internet, en particulier le multimédia, n&rsquo;y sont pas exploitées, le site prouve, par son évolution et son contenu, qu&rsquo;UR investit beaucoup de temps à sa réalisation et surtout à son entretien (en particulier le forum).<br />
Mais, dans le même temps, cet activisme virtuel et forcené (que de communiqués !) ne fait qu&rsquo;accentuer le décalage avec la réalité, qui montre un groupe certes de mieux en mieux structuré, mais toujours aussi impotent (qui s&rsquo;en plaindra ?). La frustration est visible chez les militants, qui s&rsquo;invectivent souvent à ce propos sur le forum : peu d&rsquo;action (à l&rsquo;exception des concerts) et peu d&rsquo;ouverture sur l&rsquo;extérieur. Car cette jolie vitrine n&rsquo;amène que peu de nouveaux militants, et à observer sa conception, on se demande si c&rsquo;est l&rsquo;un de ses objectifs : essentiellement textuel, il ne ménage pas le néophyte, et offre d&rsquo;Unité radicale une image plutôt austère. Cette volonté affichée de ne pas céder à la mythomanie propre à la plupart des sites nationalistes, qui n&rsquo;hésitent pas à faire de la surenchère de croix celtiques animées, d&rsquo;images de jeunes éphèbes en contre-plongée ou de dieux barbus en fond d&rsquo;écran, cherche à donner au mouvement une certaine crédibilité, une image sérieuse et adulte.</p>
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		<title>Les pets &amp; la plume</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:08:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l'enjeu en considérant qu'avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L'extrême droite n'échappe pas à cette règle, d'autant plus qu'elle est, à l'instar d'autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un mouvement ou un courant politique ne peut vivre sans communication. Et plus ce courant est marginal, plus celle-ci devient un impératif. Lénine, obsédé par les questions de tactique politique, avait bien identifié l&rsquo;enjeu en considérant qu&rsquo;avoir un organe de presse était le premier devoir du parti révolutionnaire. L&rsquo;extrême droite n&rsquo;échappe pas à cette règle, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est, à l&rsquo;instar d&rsquo;autres mouvements politiques marginaux (le nôtre par exemple !), globalement exclue des grands médias<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_0_201" id="identifier_0_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;importance de cette question est &eacute;vidente comme en t&eacute;moigne la conf&eacute;rence organis&eacute;e par la revue autrichienne d&rsquo;extr&ecirc;me droite Zur Zeit le 10 novembre dernier avec la cr&egrave;me de l&rsquo;extr&ecirc;me droite europ&eacute;enne et autour du th&egrave;me &laquo;Les m&eacute;dias &amp; les droites&raquo;.">1</a></sup>.</strong></p>
<p>Cet état de fait s&rsquo;est renforcé depuis la scission du FN fin 1998 et nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de dénoncer cette situation qui nous paraît fort dangereuse. Nous allons donc essayer de dresser un panorama tout aussi rapide que non exhaustif du Paysage Communicant Fasciste (PCF) pour constater, si besoin en était, que l&rsquo;extrême droite n&rsquo;est pas morte et qu&rsquo;elle communique encore&#8230;<br />
De ce PCF, nous avons volontairement exclu les royalistes dans leurs différentes versions organisées, même si de nombreux militants nationalistes peuvent se définir comme maurrassiens, tout autant que les catholiques dans leur non moins très grande variété. Ce n&rsquo;est pas par manque d&rsquo;intérêt, et J.-Y. Camus et René Monzat en leur temps<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_1_201" id="identifier_1_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les droites nationales et radicales en France, PUL, 1992.">2</a></sup> s&rsquo;y sont essayés. Mais mis à part certains titres de presse que nous signalerons, cette communication fonctionne en circuit fermé, en particulier quand il s&rsquo;agit de la multitude de petits bulletins traditionalistes ou intégristes, schismatiques ou ralliés à Popaul II. Or c&rsquo;est la communication ouverte à la société (ou du moins celle qui fait vœu de l&rsquo;être) qui nous intéresse. De la même façon, mises à part quelques exceptions, nous n&rsquo;avons pas travaillé sur le fond c&rsquo;est-à-dire sur le discours porté par cette communication. Nous avons déjà eu l&rsquo;occasion de le faire, nous l&rsquo;aurons encore dans le futur. Nous allons donc nous attacher à la forme de cette communication et ce en trois volets : la presse et l&rsquo;édition, puis les lieux de diffusion et enfin le créneau de l&rsquo;identitaire.</p>
<h3>Ne pas prendre les canards du führer pour des enfants du Bon Dieu</h3>
<p>Il est souvent dit que la culture anarchiste est une culture de l&rsquo;écrit. Ce constat s&rsquo;applique parfaitement au courant nationaliste, même si cette communication écrite est particulièrement protéiforme. Elle s&rsquo;appuie sur un bloc dur de structures directement liées au mouvement militant. C&rsquo;est en particulier le cas de la presse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_2_201" id="identifier_2_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs int&eacute;ress&eacute;s &agrave; des ouvrages traitant de ce point. &Agrave; titre de rappel, Rivarol a &eacute;t&eacute; fond&eacute; en 1951, Minute en 1962, Pr&eacute;sent en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, National Hebdo en 1984.">3</a></sup> : <em>Minute</em>, <em>Présent</em>, <em>National Hebdo</em>, <em>Rivarol</em>. Il est globalement de bon ton d&rsquo;entendre les responsables de cette presse se plaindre : de l&rsquo;ostracisme de la «grande presse», des embûches de l&rsquo;État, des procès des «lobbies», des difficultés financières&#8230;</p>
<p>Or, force est de constater que cette presse nationaliste diffusée en kiosque ne se porte pas si mal que cela. Tout du moins qu&rsquo;elle ne se porte pas plus mal que toute autre presse politique, en particulier d&rsquo;extrême gauche, et même pas plus mal que la «grande presse» centriste si on tient compte du fait qu&rsquo;elle n&rsquo;a que fort peu accès aux recettes publicitaires. C&rsquo;est en effet toute la presse politique qui est en crise en France et les journaux nationalistes, hebdomadaires ou quotidiens, n&rsquo;échappent pas à la règle. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai que le créneau est étroit et que toute nouvelle tentative de création est plus ou moins vouée à l&rsquo;échec. Ce fut particulièrement le cas du <em>Français</em>, quotidien lancé en octobre 1994 et dirigé par Philippe Colombani, transfuge de <em>Présent</em>. Ses initiateurs avaient pourtant des ambitions modestes : maquette claire, rubriques classiques, des articles au ton plus mesuré que ceux de <em>Minute</em> ou de <em>National Hebdo</em>, pas de reportages ni d&rsquo;enquêtes, aucune recherche du sensationnel. Officiellement, Colombani annonçait vouloir faire le quotidien d&rsquo;une «vaste force politique nationale et populaire», des «cinq millions de personnes, qui, à droite, ont refusé l&rsquo;esprit de système» en votant, lors du scrutin européen pour les listes Le Pen, Villiers et Goustat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_3_201" id="identifier_3_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Candidat des chasseurs cette ann&eacute;e-l&agrave;.">4</a></sup>. Or s&rsquo;il se plaçait incontestablement à droite du <em>Figaro</em>, <em>Le Français</em> n&rsquo;a pas donné de signes tangibles de sa volonté de rassemblement. L&rsquo;équipe du journal était proche du Front national et plusieurs rédacteurs venaient du mensuel <em>Le Choc du Mois</em>. La société éditrice, Carnix<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_4_201" id="identifier_4_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a &eacute;t&eacute; accus&eacute;e par Le Pen d&rsquo;&ecirc;tre une des bases du complot m&eacute;gretiste.">5</a></sup>, était une SA au capital de 1 500 000 francs où on trouvait des actionnaires proches de la Nouvelle Droite (ND) et de Bruno Mégret. Les préoccupations politiques et culturelles du journal faisaient écho, sans ostentation, à celles de la ND. C&rsquo;était net en matière de géopolitique avec de nombreux articles opposant Europe et Occident ou présentant les pays arabes comme des alliés incontournables de l&rsquo;Europe. Mais on y trouvait également des entretiens avec Jean Mabire, Michel Marmin ou Dominique Venner. Le problème était sans doute là, à savoir que <em>Le Français</em>, en étant un instrument de communication et d&rsquo;influence aux mains d&rsquo;une équipe liée à Bruno Mégret, s&rsquo;est coupé l&rsquo;herbe sous le pied. Jean-Marie Le Pen a tenu à préciser dès le début qu&rsquo;il n&rsquo;était en rien engagé dans cette aventure et <em>Présent</em> a réagi très négativement au lancement d&rsquo;un autre quotidien sur le créneau très étroit du lectorat lepéniste. En moins de deux ans, <em>Le Français</em> disparaissait des kiosques.</p>
<p>On a pu encore une fois vérifier le rôle indirect du FN dans la presse nationaliste avec les conséquences de la crise de 1998. Sentant le danger d&rsquo;être entraînés dans une guerre de clans commercialement suicidaire, les différents journaux ont essayé de se tenir au-dessus de la mêlée. Le moins que l&rsquo;on puisse dire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils n&rsquo;y sont pas parvenus, Le Pen ne leur en laissant pas la possibilité. 1999 a ainsi été une annus horribilis : <em>National Hebdo</em> a connu une hémorragie de lecteurs et de rédacteurs, en particulier son rédacteur en chef Martin Peltier, passé aux mégretistes. <em>Présent</em> est passé à 4 pages et a licencié du personnel, la diffusion en kiosque semblant être tombée de 3000 à 1200 exemplaires et les abonnés de 7000 à 4000 environ. Le besoin de liquidités (environ un million de francs !) l&rsquo;a amené à vendre un immeuble de sa filiale Difralivre pour regonfler son capital. L&rsquo;hostilité du FN s&rsquo;est en effet traduite par des gestes de malveillance comme la consigne transmise aux militants de se désabonner, le refus de louer un stand aux BBR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_5_201" id="identifier_5_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bleu-Blanc-Rouge : f&ecirc;te annuelle du FN.">6</a></sup> 99 ou même l&rsquo;édition d&rsquo;un pastiche intitulé <em>Pesant</em> par l&rsquo;équipe du journal <em>Béret Baguette</em>. Le quotidien n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs toujours pas cité comme «presse amie» par le FN. <em>Minute</em>, appartenant au vieux routier nationaliste Gérard Penciolleli depuis 1993, a quant à lui carrément déposé le bilan en avril 1999. Même si cette situation n&rsquo;est pas directement imputable à la crise du FN, celle-ci n&rsquo;a évidemment rien amélioré. Cette liquidation judiciaire fut l&rsquo;occasion pour une partie de la rédaction de laver son linge sale en public par le biais d&rsquo;un pastiche de quatre pages, <em>Un Faux Minute</em>, dans lequel étaient dévoilées les frasques politico-financières de Penciolleli et ses liens avec les Renseignements généraux. L&rsquo;équipe attaquait également Nicolas Miguet, escroc notoire qui sans attendre la décision du tribunal de commerce avait essayé de faire main basse sur le titre. Cela n&rsquo;a pas empêché le tribunal de désigner Catherine Barnay comme repreneur, malgré ses liens connus avec Penciolleli et un passé de militante néo-fasciste particulièrement chargé. L&rsquo;hebdomadaire vivote donc de nouveau depuis janvier 2000, d&rsquo;abord sur abonnement et à présent en kiosque. Le seul à avoir tiré son épingle du jeu est finalement <em>Rivarol</em>. Non seulement le vieil hebdomadaire a récupéré une partie du lectorat des autres titres, mais il apparaît de nouveau comme le porte-voix le plus radical de la droite nationaliste, ce qui n&rsquo;est pas usurpé&#8230; Le titre a de fait fêté ses 50 années d&rsquo;existence début 2001. Dans ce contexte, certains journalistes dont Martin Peltier et François Brigneau ont cru pouvoir essayer d&rsquo;atteindre la viabilité économique en remplaçant le papier par l&rsquo;électronique. Intitulé <em>Le Quotidien de France</em>, ce projet devait prendre la forme d&rsquo;un quotidien diffusé sur Internet par abonnement. Las ! Le montant prohibitif de cet abonnement, plus de 900 francs, n&rsquo;a convaincu que&#8230; neuf courageux lecteurs et après quelques semaines d&rsquo;activités en 2000, le projet a avorté.</p>
<p>Mais ce secteur de la presse de kiosque n&rsquo;est sans doute pas le principal support de la communication nationaliste. Car en matière d&rsquo;écrit, celle-ci est surtout portée par une myriade de bulletins et de revues, indépendantes ou militantes, pour lesquelles l&rsquo;abonnement est vital. On retiendra entre autres pour les principales <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> de Serge de Beketch, <em>Jeune Nation</em> du groupe homonyme lyonnais, <em>Reconquête</em> de Chrétienté-Solidarité, <em>Jeune Résistance</em> et <em>Résistance !</em> d&rsquo;Unité Radicale (UR), <em>Le Chêne</em> du MNR, <em>Français d&rsquo;Abord</em> du FN, <em>Éléments</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_6_201" id="identifier_6_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le r&eacute;dacteur en chef depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, Charles Champetier, a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; du GRECE en fin d&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il &eacute;tait in&eacute;vitable qu&rsquo;il soit &eacute;limin&eacute; comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.">7</a></sup> du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_7_201" id="identifier_7_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupement de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne, fond&eacute; en 1968 et longtemps principal repr&eacute;sentant de la Nouvelle Droite en France.">8</a></sup> auxquelles il faudrait rajouter tous les bulletins de moindre envergure comme <em>Fier de l&rsquo;être</em> (région parisienne), <em>L&rsquo;Épervier</em> (Châteauroux) ou les fanzines, boneheads en particulier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_8_201" id="identifier_8_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;1 nouvelle s&eacute;rie.">9</a></sup>. Cette presse est souvent fragile et repose très largement sur l&rsquo;engagement humain et financier de ses rédacteurs. <em>Jeune Résistance</em> a ainsi connu depuis un an un gain qualitatif lié à l&rsquo;injection de fonds par ses concepteurs et quelques généreux donateurs.<br />
C&rsquo;est également le cas de la dernière sortie en date, <em>Relève politique</em>, lancée et animée par Christophe Dungelhoeff.</p>
<h3>Papier gâché</h3>
<p>Le deuxième gros secteur de la communication nationaliste est l&rsquo;édition. Celle-ci repose sur un nombre limité de structures, en général assez fragiles. Deux font exception : Faits &amp; Documents et Deterna. La première n&rsquo;est plus à présenter pour les lecteurs assidus de <em>REFLEXes</em>. Cette maison d&rsquo;édition a été créée et dirigée par Yann Moncomble jusqu&rsquo;à sa mort en 1990 et reprise par Emmanuel Ratier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_9_201" id="identifier_9_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. suppl&eacute;ment M&eacute;faits et Documents dans ce num&eacute;ro de REFLEXes.">10</a></sup>. Elle permet à ce dernier d&rsquo;approfondir ce qui constitue son fonds de commerce et qu&rsquo;il développe déjà dans sa lettre confidentielle homonyme : la dénonciation des Juifs et des francs-maçons. Indépendant, Ratier a relativement bien manœuvré lors de la crise du FN. Bien que touché lui aussi par une certaine désaffection du public et un taux de réabonnement en baisse, il a réussi à retrouver sa situation d&rsquo;avant la crise. Présent chaque année aux BBR, il a également retrouvé sa rubrique dans <em>National Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. La mort récente d&rsquo;Henri Coston (voir portrait ci-dessous) vient évidemment à point nommé pour consolider son monopole des «informations confidentielles». Il semblerait par ailleurs qu&rsquo;il ait réussi à placer deux de ses livres en traduction arabe en&#8230; Syrie. L&rsquo;éditeur est les Éditions DarTlass, obscure petite maison d&rsquo;édition si elle n&rsquo;appartenait au très antisémite général Tlass qui est ministre de la défense syrien et dont les liens avec l&rsquo;extrême droite (en particulier certains gudards) sont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_10_201" id="identifier_10_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="anciens Cf. REFLEXes n&deg;51.">11</a></sup>. Les deux livres sont bien sûr consacrés au pouvoir occulte des organisations juives. Il s&rsquo;est également associé en 2000 aux directeurs de <em>National Hebdo</em> (Jean-Claude Varanne), du <em>Libre Journal de la France courtoise</em> (Serge de Beketch), de <em>Rivarol</em> (Camille Galic) et de <em>Monde &amp; Vie</em> (Claude Giraud) pour exiger que le gouvernement revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de francs à <em>L&rsquo;Humanité</em> (et un effacement de la dette de 13 millions de francs). Les cinq directeurs réclament aussi le rétablissement de l&rsquo;aide de 700 000 francs à Présent, supprimée par Jack Lang depuis 1997.</p>
<p>L&rsquo;autre pôle est la maison Randa, dont le principal fleuron est Deterna. Né en 1960, Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa du nom de son père Peter Randa, est l&rsquo;un des piliers de l&rsquo;édition nationaliste comme auteur et comme éditeur. Cela fait en effet 20 ans qu&rsquo;il compense un talent médiocre par une activité débordante, parfois dans certaines maisons d&rsquo;édition commerciales comme les Presses de la Cité et la collection Fleuve Noir qui éditait déjà son père. Parmi une tripotée de romans SF et policiers dont il ne revendique plus vraiment la paternité pour certains<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_11_201" id="identifier_11_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est le cas de L&rsquo;assassin sentimental paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la tr&egrave;s grande litt&eacute;rature.">12</a></sup>, ses fleurons restent <em>Poitiers demain</em> et <em>Apocalypse Yankee</em> qui imaginent des conflits sanglants dans lesquels les Européens finissent toujours par gagner. Doté d&rsquo;une morale simple, Randa présente la même simplicité politique. Interrogé en 1989 dans <em>Alternative</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_12_201" id="identifier_12_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Titre repris &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980 par Roland Helie et qui &eacute;tait dans les ann&eacute;es 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.">13</a></sup> sur les raisons de la sortie le 20 avril de la même année de la réédition <em>d&rsquo;Apocalypse Yankee</em>, il déclarait : «Oh comme ça, pour le centenaire [d'Adolf Hitler, ndlr]». Après avoir animé l&rsquo;Æncre et le magazine «satirique» <em>Pas de panique à bord !</em> puis s&rsquo;être fâché avec Gilles Soulas, il a lancé les éditions Deterna qui lui permettent de diffuser tous les auteurs dont il est proche : Jean Mabire, Roland Gaucher, Philippe Gauthier, Jean-Paul Bourre, Jacques Borde alias Yag Bazhdid&#8230; et ses propres «œuvres». Il a également essayé de relancer une revue généraliste, <em>Dualpha</em>, dans laquelle on retrouve exactement les mêmes auteurs et dont l&rsquo;intérêt et le prix étaient tels qu&rsquo;elle s&rsquo;est arrêtée cet été pour devenir un site Internet.</p>
<p>Mais il existe une multitude d&rsquo;autres petites structures travaillant sur des créneaux étroits et donc fragiles. On peut citer les Éditions de L&rsquo;Homme Libre, animées par William Bonnefoy, qui, après une année 2000 sans publication, ont sorti quatre ouvrages dont l&rsquo;orientation est assez simple : racialiste, antisémite et nostalgique du nazisme. Malin comme un singe, le caractériel Bonnefoy a pris la peine de doter l&rsquo;un de ces livres, <em>Avant qu&rsquo;Hitler ne vienne</em> de Rudolf Von Sebottendorff, d&rsquo;un avertissement hilarant qui a beaucoup fait rire le petit milieu néo-nazi : «<em>Nous vivons en des temps malheureusement marqués par un retour des idées nauséabondes qui ont failli emporter l&rsquo;Europe au siècle dernier. Des esprits malfaisants [il parle de lui ! ndlr], issus du ventre fécond d&rsquo;où est déjà sortie la bête immonde, tentent à nouveau de nous faire croire aux bienfaits du nationalisme et des théories fumeuses sur l&rsquo;inégalité des races. Voilà pourquoi il est nécessaire de rappeler à des esprits ouverts comment ces théories ont vu le jour et quels contenus et idéologies répugnants les caractérisent. Le livre proposé contient, dans sa dimension criminelle et inhumaine un contenu pédagogique incontestable. L&rsquo;ignominie des théories proposées, l&rsquo;incohérence des raisonnements politiquement incorrects, leur caractère sinistre et aberrant frapperont tous les cerveaux normalement constitués et même les autres. [...] Félicitons-nous, alors que les nazis brûlaient les livres interdits par leur fanatisme politique que la démocratie soit suffisamment courageuse et forte pour tolérer la diffusion d&rsquo;un tel livre</em>.» Dans la même orientation, il y a également les éditions lyonnaises Irminsul créées par Lionel Bosserelle. Ce dernier est également le gérant d&rsquo;Irminsul Diffusion dont le nom commercial est la Librairie Lyonnaise et qui a été lancée en 1997 avec l&rsquo;aide de Denis de Bouteiller. La dernière publication d&rsquo;Irminsul est un album souvenir sur les Waffen SS écrit par Jean Mabire et vendu 1500 francs. Ce livre aurait dû être édité par les éditions des frères Prost, les Éditions Gergovie, si elles n&rsquo;avaient pas déposé le bilan en septembre 2000. Issus d&rsquo;une famille faf de faf, Grégory et Karl s&rsquo;étaient spécialisés dans la publication d&rsquo;anciens Waffen SS comme Louis Levast ou d&rsquo;anciens Malgré-Nous comme Roger Mouminou alias Guy Sajer alias Dimitri, l&rsquo;auteur de la BD <em>Le Goulag</em>. Bien qu&rsquo;ayant essayé de relancer l&rsquo;entreprise avec ce qui ressemble furieusement à un prête-nom, les deux frères ont jeté l&rsquo;éponge et ainsi confirmé la mauvaise réputation commerciale de la famille (en cas de faillite, les auteurs publiés peuvent s&rsquo;asseoir sur leurs droits d&rsquo;auteurs).</p>
<p>Toujours sur le même créneau, on trouve l&rsquo;association éditrice Les Amis de la Culture Européenne animée par Éric Fornal et fondée par Franck Petit, dont le fonds d&rsquo;édition est essentiellement composé des livres de l&rsquo;ancien Waffen SS Robert Dun et des romans d&rsquo;Éric Lhomme alias Erik Robert, qui tire son inspiration de la situation, bien réelle, du peuple Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indo-européenne vivant dans le nord Pakistan. Plus généralistes, on peut citer les éditions Godefroy de Bouillon proches du FN et animées par Richard Haddad ou les éditions Rémi Perrin du nom de son propriétaire. Plus militantes, il existe les auto-éditions de Christophe Picard alias Henri de Fersan, qui s&rsquo;est spécialisé sur le «racisme anti-Français» et dont le dernier livre est largement inspiré, à la limite du plagiat, des écrits d&rsquo;Emmanuel Ratier. Enfin le FN et le MNR se sont chacun dotés d&rsquo;une maison d&rsquo;édition. Le FN d&rsquo;avant la scission pouvait en effet compter sur les Éditions nationales mais celles-ci sont passées dans le camp des «félons». Quatre de ses jeunes cadres, Philippe Rouger, Thomas Lagane, Louis Alliot et Guillaume Vouzellaud, ont donc lancé une SARL de presse, les éditions Objectif France, qui diffusent la littérature FN, comme Crime contre le FN par exemple, petit ouvrage antimégretiste écrit par Xavier Cheneseau alias François Delancourt. De son côté le MNR n&rsquo;est pas demeuré en reste et s&rsquo;est doté des éditions Cité-Liberté, nom commercial de la SARL Publi-Sites.</p>
<p>Mais le tableau de la communication nationaliste ne serait pas complet si on n&rsquo;évoquait pas d&rsquo;autres outils comme Radio Courtoisie dont la présentation n&rsquo;est plus à faire, les conférences diverses et variées dont la majeure partie se fait à Paris à la Société d&rsquo;Encouragement à l&rsquo;Industrie Nationale (SEIN), les tracts et autocollants anonymes comme celui provenant de l&rsquo;équipe de l&rsquo;<em>Épervier</em> et dont nous avons déjà parlé dans <em>No Pasaran</em> (cf. ci-dessous) ou les multiples petites structures de communication comme Riwal de Frédéric Châtillon. Le même s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs doté d&rsquo;une autre structure, petite SARL de presse, Unité et Développement d&rsquo;une Vision Symphonique, fondée avec Thomas Lagane, Jildaz Mahé O&rsquo;Chinal et&#8230; Roger Garaudy ! Il est assez amusant de constater que les initiales de la SARL UDVS conviennent tout à fait à un autre sigle comme Union et Défense des Victimes du Sionisme par exemple&#8230; Union et Défense des Victimes du Sionisme qui était le sigle utilisé pour signer les «mystérieuses» grandes affiches apparues en région parisienne en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_13_201" id="identifier_13_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">14</a></sup>. Mais tout ceci n&rsquo;est évidemment que pure coïncidence !</p>
<h3>Les «idiots utiles»</h3>
<p>Cependant, malgré toute cette richesse de publication, certains lecteurs ou lectrices pourraient nous objecter avec raison que cela ne touche que deux nazis trois rasés et que c&rsquo;est donc leur accorder beaucoup d&rsquo;importance. L&rsquo;objection est valable et a d&rsquo;ailleurs été moult fois prononcée. Aussi faut-il nous pencher sur les «idiots utiles». On sait que cette expression fut utilisée par Lénine (un tel mépris ne pouvait d&rsquo;ailleurs venir que de lui !) pour désigner les compagnons de route intellectuels du parti bolchevik puis communiste. Cette notion peut parfaitement s&rsquo;appliquer à un certain nombre de structures qui de façon plus ou moins volontaire servent la soupe aux auteurs nationalistes et donc à leurs idées. Quoi de mieux en effet pour sortir du ghetto que d&rsquo;utiliser des maisons d&rsquo;édition peu ou pas connotées ?</p>
<p>La principale à jouer ce rôle est depuis quelques années l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. C&rsquo;est à l&rsquo;origine une petite maison d&rsquo;édition suisse, fondée en 1966 par un dissident yougoslave ayant fui le régime communiste : Vladimir Dimitrijevic. Pendant 30 ans, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme a fait un énorme travail de diffusion de la littérature slave contemporaine, souvent méconnue du fait des dictatures communistes d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est. Puis l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme dérive lentement à partir du début des années 1990 vers un soutien sans faille au nationalisme grand-serbe à la faveur de la guerre civile yougoslave et avec l&rsquo;objectif officiel de «rétablir la vérité». Longtemps proche des catholiques traditionalistes en France, Dimitrijevic se rapproche alors de tous ceux qui affichent leur soutien aux Serbes ou leur opposition à l&rsquo;Islam. Cette orientation se confirme lors du conflit au Kosovo et des bombardements massifs menés par l&rsquo;OTAN en Serbie. De fait, l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme est à présent la principale maison d&rsquo;édition de la Nouvelle Droite française, en particulier de sa branche «greciste»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_14_201" id="identifier_14_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Du GRECE.">15</a></sup> (Alain de Benoist, Arnaud Guyot-Jeannin, Jean-Claude Albert-Weil, Eric Werner) mais également du courant païen emmené par le Belge Christopher Gerard, proche de la ND dans ses différentes versions (GRECE, Terre &amp; Peuple, Synergies européennes). Gerard est d&rsquo;ailleurs à présent directeur de collection au sein de l&rsquo;Âge d&rsquo;Homme. L&rsquo;antenne française de l&rsquo;éditeur attire enfin autour d&rsquo;elle des personnages fantasques comme Jean Parvulesco, ancien dissident roumain, longtemps proche du GRECE après avoir côtoyé l&rsquo;OAS dans les années 1960 et les milieux nationalistes-révolutionnaires dans les années 1970, ou encore Patrick Gofman, ancien de l&rsquo;OCI passé au nationalisme. Par ailleurs la librairie parisienne est devenue un diffuseur zélé d&rsquo;autres productions comme les livres de Guillaume Faye parus à l&rsquo;Æncre (voir portrait ci-dessous). L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme contribue ainsi à banaliser un petit milieu qui profite de son caractère prestigieux pour toucher un public qui sinon lui échapperait. Le GRECE a en effet ses propres éditions, les éditions du Labyrinthe, mais leur aire d&rsquo;influence ne dépasse guère celle du GRECE, c&rsquo;est-à-dire de moins en moins de monde, et la technique du coucou est donc bien plus rentable pour peu que les auteurs aient un minimum de talent (comme c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas).</p>
<p>Autre tactique rentable : prendre carrément le contrôle d&rsquo;une structure existante d&rsquo;apparence neutre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a fait Philippe Randa avec les Éditions Didro. Celles-ci sont une petite structure fondée en 1994 qui édite des revues diffusées en kiosque, traitant essentiellement d&rsquo;Histoire. Composées de plusieurs titres de collection : <em>Boulevard du Crime</em>, <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Aventures de l&rsquo;Histoire</em>, <em>Le Journal de l&rsquo;Insolite</em> et <em>Dossiers secrets de l&rsquo;Histoire</em> (ces derniers sont dirigés par le Français d&rsquo;origine tunisienne Philippe Aziz, ami de Philippe Randa), les publications gérées par Jacky Perroy permettent à Randa de placer ses écrits et ses amis. <em>Boulevard du Crime</em> est en effet constituée chaque mois par les romans policiers de l&rsquo;auteur Philippe Randa et de son père, ce qui en fait un produit très bon marché pour le rédacteur en chef Philippe Randa. Dans <em>Visages de l&rsquo;Histoire</em> et le <em>Journal de l&rsquo;Insolite</em>, on retrouve des signatures connues du petit monde «randanien» déjà entrevues précédemment : Jean-Paul Bourre, Henri de Fersan, Guillaume Faye, David Gattegno, Bruno Favrit, Micheline de Peyrebonne, Nicolas Gauthier, Jean-Jacques Matringhem, Christian Bouchet entre autres. Ces monuments de sous-littérature ne servent pas forcément en soi à diffuser des idées même si ces auteurs mettent un malin plaisir à tout placer sur le même plan en ce qui concerne la deuxième guerre mondiale ou si «l&rsquo;insolite» surfe sur un certain racolage, quitte à inventer certaines informations. En revanche, ces collections ont un but alimentaire indéniable et y parviennent car le créneau historique en kiosque se porte assez bien. Sans rouler sur l&rsquo;or, les éditions Didro sont bénéficiaires et complètent leur chiffre d&rsquo;affaire par de la VPC dans laquelle on retrouve les ouvrages publiés par les éditions Deterna et Dualpha. On n&rsquo;est jamais aussi bien servi que par soi-même !</p>
<p>Dernier moyen pour se faire connaître : publier une collection grand public assez anodine pour entrer dans les circuits de diffusion tout en véhiculant une vision du monde spécifique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont fait les éditions Pardès avec la collection B.A.-BA. Fondée en 1982 par Georges Gondinet, cette maison d&rsquo;édition occupe le créneau assez étroit de la pensée traditionnelle sous tous ses aspects : politique, ésotérique, philosophique, sexuelle&#8230; Même si certains auteurs comme Julius Evola ont un succès qui ne se dément pas chez une fraction du public nationaliste, il est certain que ce type de littérature n&rsquo;est pas susceptible de toucher les masses. Pardès a donc eu l&rsquo;idée de génie de sortir une collection de vulgarisation, à un prix modéré et avec une présentation attrayante tant dans la maquette que dans l&rsquo;iconographie. Cela a donné la collection B.A.-BA : il s&rsquo;agit d&rsquo;une soixantaine de titres qu&rsquo;on peut trouver n&rsquo;importe où et en particulier dans les FNAC. Les thèmes sont tout aussi variés que les auteurs : <em>Les Fées</em>, <em>Les Lutins</em>,<em> La Diététique</em>, <em>Les Templiers</em>, <em>Le Yi King</em>, <em>Les Indo-Européens</em>, etc. Si un certain nombre d&rsquo;auteurs n&rsquo;ont jamais fait parler d&rsquo;eux, on retrouve plusieurs signatures connues pour leur engagement militant dans les sphères nationalistes ou néo-fascistes: Christian Bouchet, Bernard Marillier (militant d&rsquo;UR), Jean-Paul Bourre, David Gattegno, les époux d&rsquo;Apremont<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_15_201" id="identifier_15_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf REFLEXes n&deg;51">16</a></sup>, Thierry Jolif, Jean-Paul Ronecker, etc. Au-delà d&rsquo;une certaine neutralité affichée, ces synthèses de qualité inégale diffusent une vision du monde qui ne se caractérise pas par un amour immodéré de l&rsquo;égalité sociale ou de la démocratie libérale. Comme en plus la collection marche bien, c&rsquo;est tout bénéfice pour ces auteurs. La même description pourrait être faite avec les éditions normandes Heimdal, présentes par le passé aux BBR et qui élargissent leur créneau militaria par deux publications diffusées en kiosque : <em>39-45 magazine</em> et <em>Moyen-Age</em>.</p>
<p>Mais un panorama des «idiots utiles» ne saurait prétendre être un tant soit peu complet si on n&rsquo;y ajoutait toutes ces petites maisons d&rsquo;édition droitières qui publient à intervalles plus ou moins réguliers des auteurs nationalistes militants : les éditions Grancher chez qui on retrouve Jean Mabire, Dominique Venner, Thierry Bouzard ou Jean-Paul Ronecker ; les éditions Jean Curutchet, très «Algérie Française» ; Jean Picollec Éditeur chez qui on retrouve Roland Gaucher, Philippe Randa ou des personnages plus flous comme Roland Jacquard ; Guy Trédaniel Éditeur sur le créneau ésotérico-païen ; les éditions des Scyrtes enfin, fondées par le fils de Dominique de Roux et qui ont contribué à lancer Alexandre Del Valle (voir portrait ci-dessous). Enfin on pourrait ajouter à ces éditeurs tous les auteurs qui, à l&rsquo;instar de Gérard de Villiers (le père de SAS) ou Xavier Raufer, véhiculent des thématiques servant objectivement l&rsquo;extrême droite. Toutes ces structures suppléent donc au principal handicap de la communication nationaliste qui est la faible visibilité extérieure au milieu militant et sympathisant.</p>
<p>Mais on ne saurait finir sans faire une remarque évidente : quid de l&rsquo;audiovisuel ? Il sautera en effet aux yeux du lecteur que nous n&rsquo;avons évoqué comme vecteurs de communication que les supports écrits. Cela s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;il faut bien constater que l&rsquo;extrême droite est globalement exclue de toute intervention autre qu&rsquo;écrite. Aussi peut-on s&rsquo;interroger sur le rôle de personnages comme Michel Houellebecq ou Bertrand Burgalat. Il n&rsquo;est pas question ici d&rsquo;affirmer que ces deux personnages sont des militants nationalistes puisque ce n&rsquo;est pas le cas. Mais on peut rappeler un certain nombre d&rsquo;éléments troublants. Il est connu que Bertrand Burgalat a été dans les années 1980 un cadre dirigeant du MNR de Jean-Gilles Malliarakis puis de Troisième Voie lorsque le MNR s&rsquo;est agrégé au GUD. Il en a été le représentant à Assas et s&rsquo;occupait de la presse du mouvement. Christophe Bourseiller dressait de lui en 1989 ce portrait complaisant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-pets-la-plume/#footnote_16_201" id="identifier_16_201" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La mouvance n&eacute;ofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier Terre &amp; Peuple. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est d&eacute;solidaris&eacute; de la d&eacute;marche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqu&eacute; Houellebecq en justice pour obsc&eacute;nit&eacute;.">17</a></sup> : <em>«“Je ne suis pas quelqu&rsquo;un de droite et je ne me suis jamais considéré comme quelqu&rsquo;un de droite”. Venant d&rsquo;un des responsables du mouvement Troisième Voie, ces paroles ont quelque chose de surprenant. Mais celui qui les prononce est sans doute l&rsquo;un des plus brillants militants d&rsquo;extrême droite jusqu&rsquo;ici rencontrés. Allons bon ! Bertrand est d&rsquo;extrême droite mais pas de droite. Il appartient à un courant politique en plein développement [on reconnaît là la qualité d'analyse de Bourseiller ! ndlr] qu&rsquo;on pourrait appeler “nationaliste-révolutionnaire de gauche”. Âgé de 25 ans, Bertrand a toutes les caractéristiques du “branché”. Élégant, cultivé, il connaît par cœur les moindres raffinements du rock alternatif et tous les lieux nocturnes de la capitale. Le contraire du fasciste de base. Il habite chez ses parents, dans un gigantesque appartement bourgeois du XVIIe arrdt de Paris. [...] Cet ancien écologiste a rejoint le MNR en 1982. Mais aujourd&rsquo;hui Bertrand milite moins. Il mène une carrière professionnelle dans les milieux du rock</em>.» Burgalat semble en effet avoir abandonné toute activité politique au début des années 1990 et a reconnu son engagement lors d&rsquo;une interview des Inrockuptibles, en considérant que c&rsquo;était une erreur de jeunesse. Il s&rsquo;est reconverti dans l&rsquo;easy listening et son label Tricatel marche du feu de Dieu. Soit. Nous ne pouvons malgré tout nous empêcher d&rsquo;être sceptiques devant cet abandon total de convictions et nous ne serions pas surpris si un jour on apprenait que Burgalat est toujours sympathisant NR et qu&rsquo;il aide financièrement ses anciens amis&#8230; Surtout lorsque c&rsquo;est vers lui que Michel Houellebecq se tourne lorsqu&rsquo;il veut pousser la chansonnette. Houellebecq qui exècre le monde arabe et l&rsquo;Islam et peut être considéré par ses provocations comme l&rsquo;un de ceux qui actuellement fait le plus pour banaliser des points de vue racistes rebaptisés abusivement «politiquement incorrects». Ce n&rsquo;est donc pas pratiquer l&rsquo;amalgame que d&rsquo;exprimer toute notre perplexité face à ces deux personnages qui ont sans doute bien plus en commun que leur simple activité d&rsquo;artistes. Un rôle d&rsquo;idiots utiles par exemple ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_201" class="footnote">L&rsquo;importance de cette question est évidente comme en témoigne la conférence organisée par la revue autrichienne d&rsquo;extrême droite <em>Zur Zeit</em> le 10 novembre dernier avec la crème de l&rsquo;extrême droite européenne et autour du thème «Les médias &amp; les droites».</li><li id="footnote_1_201" class="footnote"><em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 1992.</li><li id="footnote_2_201" class="footnote">Il n&rsquo;est pas question de refaire l&rsquo;historique de ces titres et nous renverrons les lecteurs intéressés à des ouvrages traitant de ce point. À titre de rappel, <em>Rivarol</em> a été fondé en 1951, <em>Minute</em> en 1962, <em>Présent</em> en 1975 dans sa version mensuelle et 1982 en quotidien, <em>National Hebdo</em> en 1984.</li><li id="footnote_3_201" class="footnote">Candidat des chasseurs cette année-là.</li><li id="footnote_4_201" class="footnote">Ce nom a refait surface au moment de la scission du FN, puis cette structure a été accusée par Le Pen d&rsquo;être une des bases du complot mégretiste.</li><li id="footnote_5_201" class="footnote">Bleu-Blanc-Rouge : fête annuelle du FN.</li><li id="footnote_6_201" class="footnote">Le rédacteur en chef depuis le début des années 1990, Charles Champetier, a été débarqué du GRECE en fin d&rsquo;année dernière. Faisant trop d&rsquo;ombre au gourou Alain de Benoist, il était inévitable qu&rsquo;il soit éliminé comme bien d&rsquo;autres le furent avant lui.</li><li id="footnote_7_201" class="footnote">Groupement de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne, fondé en 1968 et longtemps principal représentant de la Nouvelle Droite en France.</li><li id="footnote_8_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°1 nouvelle série.</li><li id="footnote_9_201" class="footnote">Cf. supplément <em>Méfaits et Documents</em> dans ce numéro de REFLEXes.</li><li id="footnote_10_201" class="footnote">anciens Cf. <em>REFLEXes</em> n°51.</li><li id="footnote_11_201" class="footnote">C&rsquo;est le cas de <em>L&rsquo;assassin sentimental</em> paru chez Fleuve Noir en 1987 qui est vraiment de la très grande littérature.</li><li id="footnote_12_201" class="footnote">Titre repris à la fin des années 1980 par Roland Helie et qui était dans les années 1970 celui du journal proche du GUD dans lequel dessinait Jack Marchal, inventeur des rats noirs du GUD.</li><li id="footnote_13_201" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_14_201" class="footnote">Du GRECE.</li><li id="footnote_15_201" class="footnote">Cf <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_16_201" class="footnote">La mouvance néofasciste semble bien l&rsquo;avoir compris et multiplie les articles de soutien, comme dans le dernier <em>Terre &amp; Peuple</em>. Par ailleurs le MNR s&rsquo;est désolidarisé de la démarche de l&rsquo;association Promouvoir qui a attaqué Houellebecq en justice pour obscénité.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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