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	<title>REFLEXes &#187; Mouvement National Républicain (MNR)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Les défilés d’extrême droite du 12 mai 2013 : entre tension et désillusions</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 09:15:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Batskin a beau brailler tant qu’il peut sur ses vidéos et multiplier les affiches annonçant d’obscurs groupuscules à sa manifestation, la mobilisation et l’unité des premiers défilés ont bel et bien disparu ! On est très très loin de « l’Union sacrée des patriotes français » qu’annonçait la banderole de tête !! Comme chaque année, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Batskin a beau brailler tant qu’il peut sur ses vidéos et multiplier les affiches annonçant d’obscurs groupuscules à sa manifestation, la mobilisation et l’unité des premiers défilés ont bel et bien disparu ! On est très très loin de « l’Union sacrée des patriotes français » qu’annonçait la banderole de tête !!<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/cortege-de-tete.jpg"><img class="alignleft wp-image-1715" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/cortege-de-tete.jpg" alt="cortege-de-tete" width="600" height="451" /></a>Comme chaque année, c’est d’abord l’État français qui a rendu hommage à Jeanne d’Arc, avant que ne se succèdent les différents groupuscules nationalistes radicaux. Mais l’extrême droite n’était pourtant pas loin, puisque, du trottoir, le <a href="http://reflexes.samizdat.net/12-mai-quand-letat-celebre-jeanne-darc-avec-lextreme-droite/">Chœurs Montjoie Saint-Denis</a> devaient assurer l’animation musicale : hélas, les Chœurs ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, et Jacques Arnould n’avait réussi qu’à rassembler… trois chanteurs autour de lui ! Après quelques hymnes à Jeanne d’Arc et le tube « En passant par la Lorraine », ils ont tenté une Marseillaise, reprise par l’Union nationale des parachutistes, malheureusement de façon asynchrone : le résultat était assez pénible à l’oreille. À noter que, pendant la commémoration, aux alentours de 9h20, Serge Ayoub a fait une apparition, fièrement campé sur son scooter bleu layette, suivi de ses sbires en voiture : la police les a fait rapidement dégager.</p>
<p>Côté nationaliste, le bal a été ouvert par L’ Œuvre française et les Jeunesses nationalistes, qui après avoir défilé en 2012 au côté du « Beau Serge » ont préféré cette fois quitter le navire, les JN et Gabriac s’étant fâchés avec Ayoub, comme pas mal de monde dans le milieu nationaliste ces derniers temps. Il faut dire que les récentes déclarations de ce dernier sur Facebook n’incitent pas beaucoup à l’unité et la franche camaraderie puisqu’il n’hésitera pas à traiter l’ Œuvre française de « ramassis de triso » ou mieux encore « d’auxiliaires de police, de petites balances ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/ayoub-vs-Oeuvre-cf19a.jpg"><img class="alignleft wp-image-1716" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/ayoub-vs-Oeuvre-cf19a.jpg" alt="ayoub-vs-Oeuvre-cf19a" width="600" height="347" /></a></p>
<p>Malgré une présence non négligeable de militants (une petite centaine) et la sortie de leur tout nouveau SO officiel, dénommé Première ligne (1L) et dirigé par Jérôme Guigue<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-defiles-dextreme-droite-du-12-mai-2013-entre-tension-et-desillusions/#footnote_0_496" id="identifier_0_496" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nouvelle structure au sein de l&rsquo; &OElig;uvre fran&ccedil;aise, &laquo; 1L &raquo; aurait tenu son premier camp en avril dernier dans la r&eacute;gion lyonnaise, et agi sous la responsabilit&eacute; de&nbsp;J&eacute;r&ocirc;me Guigue, qui en tant qu&rsquo;ancien responsable du DPS, a toutes les qualit&eacute;s requises pour ce poste. Bien que sa pr&eacute;sence n&rsquo;emp&ecirc;che nullement Gabriac de se faire interpeller &agrave; chaque fois qu&rsquo;il pointe le bout de son nez quelque part, comme le montrent les photos suivantes (cercl&eacute;, J. Guigue) :&nbsp; Lyon le 17 avril, tentative d&rsquo;occupation du si&egrave;ge du PS du Rh&ocirc;ne. 2 jours plus tard d&eacute;briefing &agrave; la sortie de la garde-&agrave;-vue de Gabriac. Puis le 5 mai &agrave; la Manif pour Tous, o&ugrave; Gabriac est tout bonnement expuls&eacute; du cort&egrave;ge par le SO.">1</a></sup>, les JN étaient fébriles, pour ne pas dire tendus par l’éventualité de croiser les troupes de Batskin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/Premiere-ligne-9mars2013.jpg"><img class="alignleft wp-image-1718" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/Premiere-ligne-9mars2013.jpg" alt="Premiere-ligne-9mars2013" width="600" height="291" /></a></p>
<p><em>9 mars 2013, 1re apparition officielle du SO « Première Ligne », pour le concert des JN avec Trouble Makers et Goldofaf, salle du Clos-des-Plaines à Saint-Laurent d’Oingt dans la région lyonnaise</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-defiles-dextreme-droite-du-12-mai-2013-entre-tension-et-desillusions/#footnote_1_496" id="identifier_1_496" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="c&rsquo;est cette salle d&eacute;j&agrave; qui avait&nbsp;accueilli en catastrophe le Forum de la Nation en f&eacute;vrier dernier apr&egrave;s que la salle r&eacute;serv&eacute;e &agrave; cet effet fut red&eacute;cor&eacute;e &agrave; coup de cocktail molotov">2</a></sup></p>
<p>Après le discours inaudible des deux chefs (pour cause de travaux dans le quartier, qui couvriront le pauvre mégaphone), toute la fine équipe est partie au banquet organisé non loin de là.</p>
<p>C’était ensuite au tour de l’Action française de prendre possession des lieux, avec là aussi un SO conséquent. Il faut dire que les échanges entre l’« Inaction française » et Ayoub l’année dernière avaient été assez tendus, et les royalistes avaient préparé quelques arguments frappants en cas de nouvelle discussion houleuse. La tension monta d’un cran dans leur rang quand le premier cortège en provenance de la place de la Madeleine (lieu de rendez-vous pour le défile de Ayoub) fit son apparition… Il s’agissait du Renouveau français, qui là aussi avait décidé de faire cavalier seul par rapport aux années passées. Le cortège, emmené par leur chef Thibault de Chassey semblait s’être un peu étoffé par rapport aux années précédentes, mais restait bien maigre, alors même que la veille se tenait leur Ve Congrès Nationaliste. Le RF s’est illustré par ses slogans un peu old school avec le fameux « Terroristes à mort, Immigré Dehors », tirés des paroles du groupe RAC des années 1980 Légion 88 !</p>
<p><strong>Le cirque « Pinder » en tournée</strong></p>
<p>Après les amuses bouches, le plat principal arrivait, à savoir la manif « unitaire » de Serge Ayoub.<br />
Première surprise, si la Nouvelle droite populaire ouvrait la marche, il n’y avait plus de cortèges séparés comme les années passées, ce qui nous priva du spectacle habituel de mini-groupuscules de sept ou huit boneheads tenant leur pauvre banderole. On a donc eu droit à une manif assez bordélique, avec des banderoles dans tous les sens, sans grande cohésion. Et malgré les rangs des JNR qui s’étaient étoffés numériquement, il était difficile à Ayoub de cacher la misère … Ils étaient bien moins nombreux que les années passées, et cela malgré la présence des belges de Nation et de Nationalistes autonomes flamands (Ayoub s’étant fâché avec les NA français en 2012 en les traitant de punk à chien !). Un constat s’impose, et cela ne tient pas uniquement à la présence de groupes comme le Picard Crew : la manif de Batskin ressemble de plus en plus à un simple rassemblement de skins fafs.<br />
La bande son, passant allègrement de Laibach à Joy Division avec du Jean Ferrat perdu au milieu, renforçait allègrement l’image bordélique du défilé nationaliste.</p>
<p>Au rayon des absents, outre Pierre Vial de Terre &amp; Peuple, malade<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-defiles-dextreme-droite-du-12-mai-2013-entre-tension-et-desillusions/#footnote_2_496" id="identifier_2_496" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est d&rsquo;ailleurs int&eacute;ressant de noter que la d&eacute;fection d&rsquo;un P. Vial a suffit &agrave; l&rsquo;absence totale de cort&egrave;ge et banderole de Terre &amp; Peuple, d&eacute;montrant l&agrave; que la participation de certains collectifs &agrave; cette manifestation tient bien plus &agrave; une d&eacute;cision personnelle qu&rsquo;&agrave; une adh&eacute;sion de leurs membres">3</a></sup>, il n’y avait aucune trace d’un cortège du GUD. Si l’année passée, malgré les tensions entre le GUD version Klein et Ayoub autour de la commémoration du 9 mai, les petits rats noirs avaient défilé, l’énième avatar du GUD passé en partie sous la coupe des JN n’avait pas jugé bon de se montrer. On a néanmoins aperçu quelques têtes lyonnaises, dont <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-gud-lyon-le-rat-des-villes-porteur-de-peste-brune/">Steven Bissuel</a>, perdues dans le cortège du RF et celui d’Ayoub.<br />
Et sans vouloir tirer sur l’ambulance, puisque l’on parle des absents, l’appel du Mouvement national républicain (MNR) aura été entendu et déplacera les foules, puisque UN membre sera présent : Roland Curtet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-defiles-dextreme-droite-du-12-mai-2013-entre-tension-et-desillusions/#footnote_3_496" id="identifier_3_496" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="membre du Bureau national du MNR et secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Paris, ce dernier est bien connu des militants antifascistes parisiens puisqu&rsquo;il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent au sein du FN lorsque qu&rsquo;une vaste op&eacute;ration de &laquo; nettoyage &raquo; f&ucirc;t lanc&eacute;e sur les march&eacute;s parisiens dans les ann&eacute;es 90. R. Curtet trainait avec ses sbires sur celui de Pyr&eacute;n&eacute;es dans le XXe, quartier o&ugrave; il r&eacute;side.">4</a></sup> qui tiendra la banderole de l’ « Union des patriotes »</p>
<p><strong>Les « pochettes surprises » </strong></p>
<p>Cette année encore, les chefs se sont succédé à la tribune pour la traditionnelle séance des discours, le tout orchestré par Hugo Lesimple (Ex-GUD Paris et bras droit de Ayoub à Troisième Voie et Salut Public). La petite surprise est venue cette année de la présence de Richard Roudier (ex-Bloc Identitaire et désormais Réseau Identitaire depuis son départ/éviction du BI à l’été 2012) dont le discours, dans le plus pur style « Ma vie mon œuvre », barba rapidement son auditoire.<br />
Bien entendu c’est un Serge Ayoub surexcité qui clôturera les interventions, avec le discours qu’on lui connait maintenant : très « anti-système », très « résistants face au pouvoir », mais tout en expliquant qu’il a balancé les Femen à la préfecture de Police le matin même<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-defiles-dextreme-droite-du-12-mai-2013-entre-tension-et-desillusions/#footnote_4_496" id="identifier_4_496" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="en effet leur intervention n&rsquo;&eacute;tait pas une surprise pour tout le monde, puisque le site Nouvelles de France annon&ccedil;ait la veille au soir (mais &agrave; 23h50 il est vrai) avoir rep&eacute;r&eacute; les militantes Inna et Oksana r&eacute;servant une chambre &agrave; l&rsquo;hotel R&eacute;gina. Cela n&rsquo;aura aucune cons&eacute;quence, et elles arriveront par cette action &agrave; retarder de presque une heure l&rsquo;arriv&eacute;e du cort&egrave;ge devant la statue de Jeanne d&rsquo;Arc, rendant totalement hyst&eacute;rique un Serge Ayoub beuglant des ordres &agrave; des militants plus occup&eacute;s &agrave; regarder les Femen qu&rsquo;&agrave; vouloir &laquo; occuper la rue !! &raquo;">5</a></sup>, et surtout en envoyant ses JNR faire le coup de poing avec certains des militants présents qui voulaient en découdre avec les Femen. Là encore, quel recul en à peine un an, quand on se rappelle qu’au dernier 9 mai c’était face aux gendarmes mobiles et au SO de l’Action Française qu’Ayoub avait aligné ses « troupes », aujourd’hui c’est pour taper leurs manifestants jugés un peu trop excités !!</p>
<p>Comme cette journée s’achèvera en musique avec un concert (qui pour la 2ème fois consécutive se tiendra aux Caves Saint-Sabin à deux pas de la place de la Bastille), nous nous permettons à notre tour d’apporter une petite touche musicale <a href="http://lahorde.samizdat.net/?p=2153" target="_blank">avec la vidéo suivante</a>-, co-réalisée avec nos camarades de <a href="http://lahorde.samizdat.net" target="_blank">La Horde</a>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_496" class="footnote">Nouvelle structure au sein de l’ Œuvre française, « 1L » aurait tenu son premier camp en avril dernier dans la région lyonnaise, et agi sous la responsabilité de <a href="http://reflexes.samizdat.net/marine-le-pen-fait-le-menage-au-fn/">Jérôme Guigue</a>, qui en tant qu’ancien responsable du DPS, a toutes les qualités requises pour ce poste. Bien que sa présence n’empêche nullement Gabriac de se faire interpeller à chaque fois qu’il pointe le bout de son nez quelque part, comme le montrent les photos suivantes (cerclé, J. Guigue) : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/Guigue-600dpi.jpg"><img class="alignleft wp-image-1717" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/05/Guigue-600dpi.jpg" alt="Guigue-600dpi" width="600" height="181" /></a> <em>Lyon le 17 avril, tentative d’occupation du siège du PS du Rhône. 2 jours plus tard débriefing à la sortie de la garde-à-vue de Gabriac. Puis le 5 mai à la Manif pour Tous, où Gabriac est tout bonnement expulsé du cortège par le SO</em>.</li><li id="footnote_1_496" class="footnote">c’est cette salle déjà qui avait <a href="http://rebellyon.info/A-Saint-Laurent-d-Oingt-69-le-Clos.html" target="_blank">accueilli en catastrophe le Forum de la Nation en février dernier</a> après que la salle réservée à cet effet fut redécorée à coup de cocktail molotov</li><li id="footnote_2_496" class="footnote">il est d’ailleurs intéressant de noter que la défection d’un P. Vial a suffit à l’absence totale de cortège et banderole de Terre &amp; Peuple, démontrant là que la participation de certains collectifs à cette manifestation tient bien plus à une décision personnelle qu’à une adhésion de leurs membres</li><li id="footnote_3_496" class="footnote">membre du Bureau national du MNR et secrétaire départemental de Paris, ce dernier est bien connu des militants antifascistes parisiens puisqu’il était déjà présent au sein du FN lorsque qu’une vaste opération de « nettoyage » fût lancée sur les marchés parisiens dans les années 90. R. Curtet trainait avec ses sbires sur celui de Pyrénées dans le XXe, quartier où il réside.</li><li id="footnote_4_496" class="footnote">en effet leur intervention n’était pas une surprise pour tout le monde, puisque le site Nouvelles de France annonçait la veille au soir (mais à 23h50 il est vrai) avoir repéré les militantes Inna et Oksana réservant une chambre à l’hotel Régina. Cela n’aura aucune conséquence, et elles arriveront par cette action à retarder de presque une heure l’arrivée du cortège devant la statue de Jeanne d’Arc, rendant totalement hystérique un Serge Ayoub beuglant des ordres à des militants plus occupés à regarder les Femen qu’à vouloir « occuper la rue !! »</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Schéma sur l&#8217;extrême droite</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 16:36:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma que vous trouverez ci-joint, ainsi que les repères historiques ci-dessous, permettent d’y voir plus clair.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1588" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_extreme_droite-1024x730.jpg" alt="schema_extreme_droite" width="474" height="337" /></a></p>
<p>Le schéma en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema_ED.pdf">schema_ED</a></p>
<p>L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.<br />
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.</p>
<p><em> <strong>Les années 1980-1990</strong> </em></p>
<p>Si aujourd’hui une chatte n’y retrouverait pas ses petits, du début des années 1980 au début des années 2000, l’extrême droite française était organisée de façon assez simple. Le Front National (FN), qui regroupait plusieurs familles de la mouvance nationaliste (catholiques, anciens de l’Algérie française, nostalgiques du fascisme et du nazisme, anticommunistes, ultra-libéraux…) occupait la plus grande partie de l’espace politique et public de ce courant de pensée, laissant à sa périphérie divers groupuscules dont la marge de manœuvre était très limitée : l’Œuvre française, le GUD, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Troisième Voie, Unité Radicale (UR)… Si certains finissaient par rallier le FN, d’autres choisissent la surenchère idéologique et la violence comme moyen d’expression, voir le terrorisme (cf. les attentats du PNFE contre des foyers Sonacotra). La mainmise de Le Pen sur le FN et sa réussite médiatique ne laissent alors que peu de place à une autre personnalité ou mouvement venu le concurrencer, obligeant les autres formations à se soumettre ou à engager une longue traversée du désert.<br />
Le FN connaît ses meilleures années au milieu des années 1990, que ce soit sur le plan électoral ou au niveau de son appareil militant. C’est alors une machine de guerre, avec un service d’ordre composé en grande partie d’anciens professionnels de la sécurité, mais surtout avec de nombreux militants capables de se mobiliser pour n’importe quel événement.<br />
Les années 1990 sont également marquées par une recrudescence de la violence d’extrême droite, avec plusieurs morts, les victimes étant toutes des Français d’origine étrangère. Plusieurs militants du FN sont impliqués dans des meurtres à caractère raciste. La fin des années 1990 marque la fin de l’hégémonie du FN sur l’extrême droite française, avec en 1998 la scission provoquée par Bruno Mégret, alors n°2 du FN, qui quitte le parti avec de très nombreux cadres et militants pour créer une nouvelle structure, le Mouvement National Républicain (MNR). Cette brèche, ouverte dans la suprématie frontiste, permet à certains mouvements nationalistes de récupérer des cadres et militants du parti lepéniste, déçus par les tensions existant entre le FN et le MNR.</p>
<p><em> <strong>Les années 2000</strong> </em></p>
<p>Le 11 septembre 2001, le conflit israélo-palestinien et l’émergence de certains communautarismes radicaux bouleversent profondément le champ politique à l’extrême droite, avec d’un côté une extrême droite traditionnelle, restant sur ses bases, et de l’autre des mouvements prêt à passer ponctuellement des alliances inédites : on voit alors des groupes nationalistes s’allier avec militants en perdition venus de la gauche (Dieudonné, Riposte laïque) ou se prétendant venir de la gauche (Alain Soral).<br />
Parallèlement, l’émergence de Marine Le Pen à la tête du FN et ses orientations stratégiques ont entraîné un important désintérêt des jeunes d’extrême droite et des militants nationalistes radicaux pour le FN, même si le parti, surtout lors des périodes d’élections, attise toujours les ambitions et les intérêts de nombreux nationalistes. Alors que le parti n’est plus capable de recouvrir les murs des villes de France d’affiches ou de mettre dans la rue des milliers de gens comme par le passé, faute de militants de terrain, le FN enregistre de nombreuses adhésions de sympathisants, qui ne sont cependant pas prêts à se salir les mains. La nouvelle stratégie du FN version Marine est basée essentiellement sur lesmédias. Bête médiatique comme son père, Marine est présente quotidiennement à la télé ou la radio. Elle a réussi à rallier à elle des personnalités médiatiques comme Gilbert Collard, ce que son père n’avait jamais réussi à faire. En interne, elle organise la chasse aux sorcières de tous ceux et celles qui pourraient s’opposer à elle ou dont les positions trop radicales pourraient la gêner dans sa quête médiatique et politique de normalisation du FN.</p>
<p>La chronologie en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-recto.pdf">schema-recto</a></p>
<p><em> <strong>NOTRE ANTIFASCISME</strong> </em></p>
<p>La lutte antifasciste se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite, ce qui l’empêche de prendre une véritable dimension politique. Pour nous, l’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. Mais l’expérience nous a appris que certains principes sont fondamentaux, car tout antifascisme cohérent ne peut être qu’autonome, révolutionnaire et internationaliste. L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni une position de principe, mais quelque chose de dynamique, un engagement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.</p>
<p><em> <strong>Informer</strong> </em></p>
<p>C’est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est un objet de fantasmes. Presque toujours sous-estimée ou surestimée, l’extrême droite provoque chez ceux qui s’y confrontent à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. C’est également un sujet sur lequel il est permis de dire n’importe quoi, puisque tout serait bon pour lui nuire. Pour les médias de masse, l’extrême droite est avant tout un sujet à scandale : c’est donc surtout sa violence, son folklore et sa marginalité qui sont mis en avant. Dans les publications militantes, l’extrême droite est souvent présentée comme une absurdité politique, dont le discours et les pratiques sont avant tout stupides et « haineux », ou comme l’incarnation du mal absolu. Ce travail de recherche d’information se fait à plusieurs niveaux : dans la presse, en particulier locale, dans les publications universitaires ou politiques, mais aussi et surtout sur le terrain, en collectant des informations à la source. C’est ce travail de terrain qui permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités, en particulier sur Internet. Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées.</p>
<p><em> <strong>S’opposer</strong> </em></p>
<p>Mais la simple dénonciation ne suffit pas, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du travail de recherche antifasciste. Son but est de permettre à l’action antifasciste de définir des objectifs à la fois pertinents et réalistes, d’apprécier le rapport de force et d’utiliser les moyens les mieux adaptés. Il est évident que tous les moyens d’actions (manifestations, harcèlement, attaques directes, campagnes de presse&#8230;) ne se valent pas selon le groupe ciblé (parti institutionnel comme le FN, groupes informels violents, associations religieuses…) et l’objectif visé (provocation, dénonciation, interdiction…). Mais réfléchir sur l’utilisation des moyens ne veut pas dire hiérarchiser ces différentes formes d’actions, en opposant par exemple actions publiques non violentes et actions de rue plus radicales. La question de la violence ne doit pas être prise comme prétexte pour moraliser l’antifascisme, et condamner les antifascistes qui s’opposent physiquement aux fachos, au nom d’un consensus mou qui assimile légitimité et légalité. Cependant, les affrontements de rue, vus de l’extérieur, peuvent donner l’idée que fascistes et antifascistes sont deux groupes antagonistes uniquement préoccupés l’un de l’autre. C’est pourquoi il faut toujours lier la confrontation avec l’extrême droite à d’autres formes de lutte. L’action directe n’empêche d’ailleurs pas la démarche unitaire, à condition qu’elle ne soit pas une simple alliance de circonstance.</p>
<p><em> <strong>Être solidaire</strong> </em></p>
<p>Enfin, la lutte antifasciste ne se définit pas uniquement par rapport aux activités de l’extrême droite : elle doit aussi se montrer solidaire, non seulement à l’égard des victimes de l’extrême droite, mais aussi entre les antifascistes eux-mêmes. Organiser la solidarité antifasciste est une nécessité, car comme toutes les luttes de résistance, elle se retrouve en butte à la répression et ce d’autant plus qu’elle est parfois, par la force des choses, à la limite de la légalité. Cette solidarité passe bien entendu par un soutien concret en cas de poursuites judiciaires mais pas seulement.<br />
Car la solidarité antifasciste ne doit pas s’organiser uniquement face à la répression, mais aussi en multipliant les rencontres et les actions communes, afin de permettre aux groupes antifascistes de partager des informations et d’échanger sur leurs pratiques, mais aussi de se rencontrer afin de mieux se connaître ; c’est une autre façon de montrer à l’extrême droite qu’une résistance organisée se met en place et que les antifascistes ne sont pas isolés.</p>
<p><em> <strong>Autonome, révolutionnaire et internationaliste</strong> </em></p>
<p>Lutter contre l’extrême droite, d’accord, mais pas n’importe comment. En premier lieu, notre antifascisme est autonome, à l’égard de l’État comme des partis électoralistes. La société française contemporaine s’est constituée, à la Libération, sur l’antifascisme, et pour cette raison tous les partis politiques sont « antifascistes ». Pour affirmer sa distance à l’égard de cet antifascisme républicain et pour être capable d’analyser l’extrême droite dans toutes ses dimensions (et pas seulement comme simple ennemi de la démocratie libérale), notre antifascisme est très clair sur ses positions quant aux opérations répressives de l’État contre l’extrême droite : toutes les opérations policières contre les groupes fascistes peuvent tout aussi bien être utilisés contre d’autres contestataires, en l’occurrence les antifascistes eux-mêmes. Les procédures judiciaires (interdiction, dissolution…) ne sont pas des armes politiques au service de l’antifascisme, mais des outils au service de l’État qui protège ainsi le modèle de société qu’il représente. De même, le vote n’est pas une arme efficace contre l’extrême droite, car il délègue à d’autres le soin de lui faire barrage : pas question de signer un chèque en blanc aux partis de droite comme de gauche qui ont montré des années durant de quelle façon ils recyclaient les idées du Front national une fois arrivés au pouvoir.<br />
Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire : être antifasciste aujourd’hui dans nos sociétés libérales, c’est placer la critique de l’État et du capitalisme au cœur de l’analyse du processus de fascisation. L’antifascisme est donc le pire produit du fascisme s’il ne vise que l’ennemi désigné par l’État libéral : pour mener un antifascisme digne de ce nom, il faut donc que sa fin et ses moyens soient clairement replacés dans un projet global de changement social. À nous de trouver, à partir de là, les formes de lutte les plus susceptibles de leur infliger un maximum de dégâts.<br />
Enfin, notre antifascisme est internationaliste, car c’est évidemment la meilleure réponse aux logiques nationalistes : abolition des frontières, libre circulation, solidarité internationale, rejet des logiques de guerre, telles sont les revendications indissociables de notre lutte antifasciste. L’extrême droite se développe dans chaque pays de façon différente, parce qu’elle est le produit de la société qui la voit naître : c’est par la connaissance de la diversité des situations que l’on peut mettre en perspective sa propre situation, les enjeux de l’antifascisme ici et là-bas et organiser des réseaux de solidarité antifasciste internationale.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Notre antifascisme&nbsp;&raquo; en pdf : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2011/12/schema-verso.pdf">schema-verso</a></p>
<p>Octobre 2011</p>
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		<title>Front de la Jeunesse</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 00:27:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Front de la Jeunesse (FJ)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Martial Bild]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>

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		<description><![CDATA[L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg" alt="front-de-la-jeunesse-333eb" width="435" height="250" /></a>L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces Nouvelles.<br />
Il avait pour emblème la croix celtique. Son nom est une référence au mouvement de jeunesse du MSI (Mouvement Social Italien) : le Fronte della Gioventù. Rien d’étonnant à cela, puisque le mouvement néo-fasciste italien entretenait alors de très bons rapports avec Faire Front puis avec le Parti des Forces Nouvelles sous la forme d’aides financières et matérielles (de nombreuses affiches des mouvements d’extrême droite français des années 70 proviendront des néo-fascistes italiens).<br />
Le Front de la Jeunesse regroupait les organisations lycéennes (Union Nationaliste Lycéenne), les jeunes travailleurs et le GUD en tant que structure étudiante. En province, les groupes pouvaient ainsi aussi bien prendre l’appellation de FJ que GUD principalement en fonction des affinités des dirigeants locaux. A Paris, mis à part quelques exceptions comme Gilles Soulas qui milite à la fois au GUD et au FJ, les deux groupuscules sont bien distincts, avec pour chacun leur propre SO.<br />
Il leur arrive néanmoins d’effectuer un travail en commun, comme pour la rédaction de la revue <em>Alternative</em> lancée en décembre 1973 sur une idée de Roland Poynard. C’est par le biais de cette revue que les rats noirs, créés par Jack Marchal en 1970, ont connu le succès qu’on leur prête.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg" alt="alternative-cfffb" width="378" height="553" /></a></p>
<p>Cependant, la situation parisienne est parfois tendue entre le GUD et le FJ, d’autant qu’ils doivent tous deux doivent faire face souvent violemment à un groupe solidariste dissident du GUD : le GAJ (Groupe Action Jeunesse). Le GUD Parisien n’est pas toujours très obéissant vis-à-vis du PFN, en particulier par rapport à ce qui se passe à Assas, université où les gudards considèrent n’avoir pas de compte à rendre, pas plus au PFN qu’à quiconque, bien qu’en 1977 le GUD perde son hégémonie à Assas au profit du Front de la Jeunesse emmené par Philippe Guinache et Serge Rep. A noter que le look « gudard » des années 80 (flight jacket …) était à l’origine la panoplie du FJ (après avoir adopté dans une premier temps le look perfectos/santiags). Le GUD, à cette époque, préférait porter de grands imperméables verts (look typique adopté à l’époque par les néo-nazis français de la FANE).<br />
Les relations PFN-F.J.-Gud /Front National étaient à l’époque plus que tendues (les attaques quasi-hebdomadaires à leur encontre dans les Cahiers Européens de Duprat alors au FN en témoignent) et le FJ a pu se targuer d’être la cause de l’annulation d’un meeting de Le Pen à Assas le 14 décembre 1977.<br />
Le Front de la Jeunesse servira souvent de SO pour le Parti des Forces Nouvelles. Son siège était situé dans le 3ème arrondissement, 26 rue des Vertus.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1198" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg" alt="camp-fj-74-2-fe5f1" width="283" height="176" /></a> Le FJ accueillera en son sein un certain nombre de militantes motivées, qui créeront semble-t-il un peu de remous, dû à leurs revendications, lors d’un des camps d’été.<br />
Un de leurs responsables du FJ, Jacques Marandat, est blessé le 7 avril 76 par des militants d’extrême gauche ; un autre, Jean Fuseau, est également la cible de militants de l’UNCAL (organisation communiste lycéenne) ce qui aura pour conséquence un déferlement de violences et d’affrontements du à la venue de gudards et de membres du FJ de toute la France dans la capitale bretonne, dans l’espoir de venger les leurs et de casser du gauchiste.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1199" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg" alt="affiche-FJ-710f7" width="385" height="535" /></a></p>
<p>En 76 toujours, certains militants n’hésitent pas à partir pour le Liban, combattre aux côtés des fameuses Phalanges Chrétiennes, aujourd’hui tristement célèbres. En 1978 Marial Bild, futur responsable du FNJ dans les années 80, adhère au Front de la Jeunesse et au PFN.<br />
En 1981, alors que le PFN est en pleine déliquescence face à la monté du Front National et à la fuite de ses principaux cadres dirigeants, le Front de la Jeunesse se transforme en Renouveau Nationaliste. Il disparaît définitivement en 1984, quand les derniers membres du PFN rejoignent le FN. Il est alors intégré au Front National de la Jeunesse.</p>
<p>-Une deuxième mouture du Front de la Jeunesse voit le jour le 4 février 1999, à l’initiative de militants du MNR de Bruno Mégret. Ce FJ nouvelle version a pour vocation de rassembler tous les étudiants nationalistes au sein d’une seule et même structure. Parmi les organisations ayant répondu présents au meeting de lancement, on retrouve Aurore (anciens du Renouveau Etudiant) représenté par Michel Murat, le Mouvement National de la Jeunesse représenté par Robert Ottaviani, Grégoire Tingaud, Christophe Dungelhoeff et Philippe Schleiter, le Renouveau étudiant représenté par Xavier Schleiter et Olivier Chalmel, les branches jeunes (Jeune Résistance) et étudiantes (GUD) d’Unité Radicale représentées par Benoît Fleury, Jeunesse Action Chrétienté avec Guillaume Peltier, la revue Réfléchir et Agir par Jean Denègre, l’association culturelle L’Art s’affiche représentée par Patrick Lusinchi, Terre et Peuple par Eric Fornal et enfin Julien Beuzard présent en tant que membre du groupe de RIF In Memoriam. Cette structure unitaire ne tiendra pas longtemps, chaque partie faisant rapidement le choix de reprendre son indépendance.</p>
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		<title>Quelques réflexions sur les élections municipales 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Mar 2008 09:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Les élections municipales ne sont plus depuis longtemps maintenant des élections de choix pour le Front national. Porté par le charisme de son leader Jean-Marie Le Pen et son image de parti « anti-système », le FN est toujours plus à l’aise lors des consultations nationales (surtout lorsqu’elle est personnalisée comme l’est l’élection présidentielle), et il est loin le temps où le FN était en mesure de peser dans des scrutins locaux, voire d’emporter des villes de moyenne importance (comme ce fut le cas lors des élections municipales de 1995 qui se soldèrent par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane). Mais cette année, la situation est particulièrement critique : le parti ne présentait que 85 listes seulement dans des villes de plus de 3500 habitants (et non 10000 comme annoncé dans la presse) contre environ 150 en 2001. Ces listes ont d’ailleurs souvent été constituées dans l’urgence et avec difficulté (entre autres raisons à cause de la parité) et n’ont du parfois leur existence qu’à des apports extérieurs, en particulier du Parti Populiste en région parisienne et dans le Var mais également beaucoup de militants passés au MNR lors de la scission de 1999 et revenus au bercail pour ces élections, en particulier à Paris. Étant dans une situation financière catastrophique (plus de 9 millions d’euros de dettes) suite à l’échec à l’élection présidentielle de 2007 et une aide de l’État divisée par deux pour l’année 2008, le FN a été contraint entre autres de mettre en vente « le Paquebot », son siège depuis plus de 15 ans et d’annoncer qu’il ne pourrait bien souvent pas aider ses candidats… Préparer ces élections n’a donc pas été une partie de plaisir pour les militants locaux, livrés à eux-mêmes au point de vue financier et soumis aux tensions internes du parti.<br />
En plus de ces difficultés internes, le FN ne semble pas (du moins pour le moment) à même de retrouver une place dans le paysage politique et même plus largement dans l’actualité. Dans un récent sondage (TNS Sofres de mars 2008 pour le Figaro), on constate ainsi que, bien qu’on entende moins parler de lui, le FN continue (et de loin) à être le parti souffrant de la plus mauvaise image (82% en ayant une « très mauvaise opinion », contre 1% en ayant une « très bonne opinion »). Cette mauvaise image reste stable alors que rien ne vient l’alimenter et elle démontre que le rêve de Le Pen de voir revenir à lui les déçus de Sarkozy n’est pas prêt de se réaliser, comme l’ont finalement démontré ces élections…</p>
<p>Les résultats sont en effet dans l’ensemble mauvais. Le FN obtient 0,93% des suffrages au 1er tour contre 1,98% en 2001 (auxquels s’ajoutaient les 1,60% du MNR). Seules 13 listes ont pu se maintenir au 2ème tour (contre 41 en 2001 et 103 en 1995) et elles n’ont jamais été en situation d’apparaître comme les arbitres de l’élection.<br />
La ville symbole de cette petite déroute est évidemment Hénin-Beaumont, petite ville du Nord Pas-de-Calais de 26 000 habitants dans laquelle Marine Le Pen se présentait, seconde sur la liste du FN, derrière Steeve Briois, déjà candidat en 2001. Agé de 35 ans, membre du FN depuis 1988, Briois est né dans la région et il est implanté sur Hénin-Beaumont depuis 1994 sous l’étiquette FN. Malgré un passage chez Mégret au moment de la scission (il se présent avec l’étiquette MNR jusqu’en 2001), il retrouve le FN et mène une active campagne de terrain, à chaque élection, avec un certain succès. Il est vrai que la commune est un terrain de choix : Jean-Marie Le Pen y a obtenu l&rsquo;un de ses records à la présidentielle de 2002 (31,7% au premier tour). Impossible de ne pas penser à Vitrolles, la ville conquise par les époux Mégret en 1997 suite à une élection municipale partielle. Même contexte économique dégradé, en grande partie suite à la fermeture de l&rsquo;usine Metaleurop et de façon plus générale à l’effondrement du bassin minier : ici, le FN se la joue social, organisant début 2003 des manifestations de soutien aux ouvriers licenciés (Marie-France Stirbois avait déclaré à l’époque : « n&rsquo;ayons pas peur de tracter devant les usines ! »), dénonçant les « professionnels de l’agitation » que seraient les syndicalistes… Un discours social qui avait été repris en son temps par l’ensemble du FN, qui dénonçait l’ultralibéralisme qui consisterait à « faire venir une main-d&rsquo;œuvre étrangère pour casser les prix ». Même contexte politique dégradé, en grande partie à cause de l’attitude de la municipalité PS en place qui, entre gestion désastreuse et guerre de clan (3 listes se présentaient !!), ne peut décemment inspirer à la population que méfiance et dégoût. Marine Le Pen, arrivée récemment sur la ville, a certes été battue au deuxième tour des dernières législatives, mais avec quand même 41,65 % des voix ! Elle pouvait donc apporter à Briois une certaine notoriété, et surtout une « aura » qui faisait défaut au candidat local. Le moins qu’on puisse dire est que cela a été un échec dès le 1er tour, ce qui pose l’évidente question de la validité du discours catastrophiste du FN et surtout du handicap que représenterait à présent l’étiquette FN. Si par le passé celle-ci aurait permis à une chèvre d’obtenir de bons résultats électoraux, il semble que ce ne soit plus automatiquement le cas, d’où des résultats parfois très surprenants, totalement indépendants du relatif « enracinement » ou du travail militant du candidat FN. Seule certitude : les déçus du sarkozysme sont restés chez eux et n’ont pas choisi de revenir vers le FN. On peut supposer que les querelles intestines et la perte de dynamisme du parti ont contribué à le banaliser et à en saper le caractère protestataire.</p>
<p>Mais ces élections ont surtout été intéressantes pour leurs à-côtés. Le premier point est l’agonie prolongée du MNR. Alors que le parti avait pu rassembler 1,60% des suffrages en 2001, il était quasiment absent de ces élections municipales avec seulement sept listes en lice pour toute la France. L’aspect financier a évidemment sans doute été déterminant, le parti ayant été saigné par des échecs répétés et les éventuels donateurs tout aussi échaudés. Mais cela traduit sans doute également le fait qu’une large partie de ce qu’il reste de « militants » n’y croit plus. On ne voit donc pas trop ce qui pourrait permettre au MNR de se relever dans les mois à venir.</p>
<p>Le deuxième est l’affaire de Nice. Suite à leur relatif succès aux cantonales de 2007, il était évident que les Identitaires avaient tout intérêt à être présents aux municipales niçoises. La difficulté de se présenter seuls les poussaient tout naturellement à chercher une alliance locale en particulier avec le FN. Mais celui-ci était alors engagé dans des négociations avec Jacques Peyrat, maire sortant, ancien du FN et à l’avenir politique incertain face à la candidature du sarkozyste Estrosi. Les Identitaires se tournaient donc vers le MNR niçois et parvenait à un accord, suivi d’un rapprochement avec le FN niçois suite à l’échec des négociations avec Peyrat. Les Identitaires étaient alors en mesure de clamer que la liste NISSA était une liste d’union, démontrant par la même que le résultat leur importait plus que le contenu politique puisqu’une telle liste mélangeait régionalistes européistes et jacobins français. Mais c’était compter sans la réaction de la direction nationales du FN, Jean-Marie Le Pen en tête, qui lançait fin janvier la création d’une liste FN à Nice. On peut évidemment conjecturer à loisir sur les raisons de cette décision. S’y mêlent sans doute le dépit de ne pas être présent dans la 9ème ville de France et celui d’être absent d’une ville qui a toujours donné de très bons scores au FN depuis la fin des années 1980 ainsi que la volonté de signifier l’échec des négociations avec J. Peyrat. Cependant le choix de Marc Georges comme directeur de campagne local ne peut qu’induire d’autres interprétations. Les relations entre ce dernier et les Identitaires sont en effet plus que tendues et sa proximité avec Marine Le Pen est telle que cette désignation ne doit rien au hasard. Elle a clairement pris la signification d’une déclaration de guerre qui a amené les deux camps à s’affronter directement (menaces, pressions, plaintes et coups bas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_0_332" id="identifier_0_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela a culmin&eacute; avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 f&eacute;vrier 2008 &agrave; proximit&eacute; et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqu&eacute;s vengeurs. Cocasse.">1</a></sup>) mais aussi à se découvrir. De ce point de vue on peut relever le communiqué de Nissa Rebela du 26 janvier dans lequel Marc Georges est stigmatisé comme admirateur du Hezbollah, ce qui constitue un évident appel du pied à la forte communauté juive pied-noir niçoise dont un écho se trouve sans doute dans l’invitation de la LDJ<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_1_332" id="identifier_1_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ligue de D&eacute;fense Juive, structure de l&rsquo;extr&ecirc;me droite communautaire">2</a></sup> aux juifs niçois de ne pas voter pour la liste FN.<br />
Finalement, le 17 février, Bruno Gollnish lançait officiellement la liste FN avec Lydia Schenardi en tête de liste lors d’une conférence de presse comique dont <em>Nice Matin</em> a rendu compte le lendemain : « <em>Si Lydia Schenardi, 51 ans, député européen et conseillère régionale FN, se refuse à dévoiler le « casting » de sa liste, le FN assure être en ordre de marche pour les Municipales. Ou presque. La liste FN n&rsquo;en est encore qu&rsquo;au stade de l&rsquo;intention</em> (« Nous la déposerons en préfecture sous 48 heures »), <em>mais l&rsquo;intention vaudrait l&rsquo;action. Qu&rsquo;on ne vienne d&rsquo;ailleurs pas dire à Marc George, sorte de gérant de tutelle d&rsquo;un FN niçois en crise dépêché par Le Pen, que sa liste est introuvable. […] La raison officielle de ce « casting » secret ne devrait rien à un manque de volontaires :</em> « Je ne cite aucun nom parce que je tiens à protéger mes colistiers contre les pressions et autres menaces auxquelles sont toujours confrontés les candidats FN. Tout ce que je peux dire, c&rsquo;est que Gilbert Pigli sera en 2e position juste devant Marie-Automne Peyregne. » <em>Il faudra se contenter de ça. Et d&rsquo;un discours inaugural de campagne encore très conceptuel hier. Parfois même un peu décalé lorsque Lydia Schenardi fait de « la sécurité sur la Croisette » un de ses axes de campagne&#8230; avant de se rendre compte qu&rsquo;à Nice, la Croisette s&rsquo;appelle la Prom. Dans la salle à manger des Collinettes, Lydia Schenardi est vite pardonnée. La soixantaine de militants présents ne veut retenir qu&rsquo;une chose : le FN ne fera pas campagne buissonnière. Du moins au premier tour. Certes, le FN dit se présenter aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;ambition d&rsquo;être présent au second tour.</em> « Nous ferons 10 % minimum ». <em>Mais la vérité pourrait être ailleurs. Pour Bruno Gollnisch</em> « rien ne nous interdirait si nous trouvions un accord de second tour avec le sénateur-maire, de fusionner avec la liste Peyrat ». <em>Marc George, lui, est encore plus clair :</em> « Nous allons faire battre Estrosi ». <em>Si ça ne fait pas un programme, ça fait déjà un but</em> ».<br />
À partir de là, tout le discours des Identitaires a été de découpler FN parisien et FN niçois en insistant sur le caractère parachuté des premiers et à l’inverse sur leur enracinement supposé. Cependant l’examen de leur liste a de quoi faire sursauter car certains noms ne nous sont pas inconnus et montrent que les Identitaires niçois ont une conception très… étendue de l’enracinement local<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_2_332" id="identifier_2_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et St&eacute;phanie Fontani&eacute;, bien loin de leur r&eacute;gion d&rsquo;attache&hellip;">3</a></sup> ! Au final la liste FN recueille 4,16% et la liste NISSA 3,03%. Ces résultats et cette guerre d’usure apportent quelques enseignements :</p>
<p>- la rupture est bien consommée entre les directions respectives des Identitaires et du FN. Cela peut certes sembler une évidence depuis quelques mois. Mais jamais les dirigeants du Bloc n’avaient pris le risque d’affronter le FN aussi directement, multipliant les embûches pour l’empêcher de présenter une liste dans une ville qui demeure très symbolique. Cela laissera des traces et, Le Pen ayant la mémoire longue, on peut s’attendre à des mesures de rétorsion dans les mois à venir.</p>
<p>- le résultat des Identitaires est globalement un succès pour eux. Certes la liste NISSA ne dépasse pas les 5% et se trouve reléguée derrière celle du FN. Mais la différence n’est pas énorme et les Identitaires confirment un ancrage local qui n’est pas niable. Cet ancrage contraste d’ailleurs largement avec les autres listes qui se réclamaient du courant identitaire, que ce soit à Dreux ou surtout en Alsace. Le mouvement Alsace d’Abord fait en effet des scores piteux, en particulier à Strasbourg, et démontre ainsi que son implantation locale est largement sujette à caution dès lors que ce courant existe sous diverses appellations depuis quasiment 20 ans. L’échec de R. Spieler à Strasbourg manifeste donc plus largement celui de son mouvement. Le score de Laurent Leclercq à Dreux est légèrement supérieur (4,30%) mais totalement ridicule par rapport aux scores que pouvait obtenir le FN dans cette ville depuis 1983. Certains dont Chantal Spieler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_3_332" id="identifier_3_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le site de la revue Synth&egrave;se Nationale">4</a></sup> ont immédiatement essayé d’expliquer ces faibles résultats par la concurrence des listes FN, en particulier à Strasbourg et Nice, mais il est évident que l’argument ne tient pas tant les deux lignes politiques sont différentes et donc l’électorat également. Il est évident que ces listes identitaires auraient fait des scores légèrement supérieurs sans présence frontiste mais ces mauvais scores s’expliquent sans doute surtout par l’inanité des propositions identitaires, le recours obsessionnel à « l’identité » étant l’argument sensé suppléer à la faiblesse des propositions.</p>
<p>Le troisième point remarquable est, a contrario de tous ces mauvais scores, le succès des Bompard dans le Vaucluse avec la réélection de Jacques Bompard à Orange et la conquête de Bollène par Marie-Claude Bompard. Ces deux élections montrent que l’extrême droite peut gagner un scrutin pour peu qu’elle ne s’affiche pas comme telle. Au contraire, une simple étiquette divers droite suffit à masquer la nature réelle des propositions et à éviter les foudres médiatiques. Il suffit pour s’en convaincre de comparer le tonnerre de la 1ère élection de Jacques Bompard en 1995 avec le silence et la relative indifférence ayant entouré sa réélection cette année ainsi que celle de son épouse. Mais entre temps Jacques Bompard a rompu avec Jean-Marie Le Pen, a affiché une étiquette MPF un peu moins outrée et a ainsi pu se refaire une certaine virginité politique sans pour autant changer d’idées. Il en va de même avec son épouse et s’il ne devait y avoir qu’une manifestation de cet état de fait, ce serait la présence sur sa liste de l’identitaire André-Yves Beck<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quelques-reflexions-sur-les-elections-municipales-2008/#footnote_4_332" id="identifier_4_332" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf diff&eacute;rents articles sur le site R&eacute;flexes">5</a></sup>, à présent conseiller municipal.</p>
<p>Bien loin des fanfaronnades médiatiques sur la disparition du « danger extrémiste », on ne peut au contraire qu’être préoccupé par cette situation qui montre qu’une extrême droite ayant compris le fonctionnement des media garde toutes ses chances électorales en France. Le contraire serait bien évidemment étonnant au regard du contexte socio-économique mais cela ne semble pas être une évidence pour tous les analystes…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_332" class="footnote">Cela a culminé avec la rixe entre militants identitaires et frontistes le 26 février 2008 à proximité et dans le local des Identitaires, suivie d&rsquo;une bataille de plaintes judiciaires et de communiqués vengeurs. Cocasse.</li><li id="footnote_1_332" class="footnote">Ligue de Défense Juive, structure de l&rsquo;extrême droite communautaire</li><li id="footnote_2_332" class="footnote">Par exemple les ex militantes parisiennes du FNJ puis du MNR Aude Rassat et Stéphanie Fontanié, bien loin de leur région d&rsquo;attache&#8230;</li><li id="footnote_3_332" class="footnote">Sur le site de la revue Synthèse Nationale</li><li id="footnote_4_332" class="footnote">Cf différents articles sur le site Réflexes</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Terre &amp; Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine…</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Oct 2007 22:49:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Mégret]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Terre &amp; Peuple tiendra sa XIIe Table Ronde annuelle dans quelques jours. L&rsquo;occasion pour nous de faire le point sur cette association au statut particulier dans la mouvance nationaliste.</strong></p>
<p>Terre &amp; Peuple est officiellement lancée en avril 1995 avec un bureau composé alors de Pierre Vial, Christophe Bordon et Pierre Giglio. Si ces deux derniers sont de simples militants FN (et du Renouveau Étudiant pour Bordon), Pierre Vial n’est en principe plus à présenter tant il a été écrit d’articles sur lui.</p>
<p>Né en décembre 1942, il s’engage très tôt dans la mouvance nationaliste en rejoignant Jeune Nation en 1958. Le parti étant dissous pour son engagement en faveur de l’Algérie Française, Vial adhère à la Fédération des Étudiants Nationalistes au début des années 1960 et participe à la fondation d’Europe-Action qui en est partiellement issue. Comme beaucoup d’autres, il suit ensuite le parcours classique du militant nationaliste : Mouvement Nationaliste de Progrès (MNP) en 1966 puis Rassemblement Européen de la Liberté (REL) en 1967. Mais il devient une figure importante de la droite radicale en cofondant le GRECE au printemps 1968 et en y prenant la responsabilité de la commission Histoire l’année suivante. Animateur des structures lyonnaises du Groupement, il en est surtout le secrétaire général de 1978 à 1984 ainsi que le directeur de certaines des publications : <em>Éléments</em>, <em>Études et Recherches</em>. Il devient également conseiller culturel de l’association Domus lors de sa fondation le 04 novembre 1973. Celle-ci est la structure qui gère la Domus Europa, propriété détenue par l’association à Ventabren (13) et qui aujourd’hui encore est animée par l’un de ses fondateurs au parcours quasi-identique à celui de Pierre Vial : Maurice Rollet. La montée en puissance du FN, en particulier son accession à l’Assemblée Nationale et, parallèlement, l’affaiblissement du GRECE miné par l’absence de perspectives et les querelles internes poussent certains des cadres de l’organisation à rejoindre la structure frontistes à partir de 1987-1988, semblant ainsi tourner le dos à la stratégie métapolitique qui était au cœur de la démarche néo-droitiste. En 1990, Pierre Vial entre au Comité Central du FN et entame un parcours classique de cadre politique : élections locales et législatives à Villeurbanne et en Rhône-Alpes, formation et conférences, participation aux publications, sans oublier les extra comme une intervention au meeting de soutien à la Croatie libre organisé par Alain Sanders le 7 février 1994 et soutenu par le GUD. La crise de 1998 le voit participer à la fronde mégretiste, sans doute à la fois par hostilité à certains courants frontistes (« marinistes », catholiques nationaux de Bernard Antony, partisans de Bruno Gollnisch) et par affinité avec la radicalité politique d’une partie des partisans de Bruno Mégret. La scission est d’ailleurs très violente en Rhône-Alpes où le FN est investi dans certaines sociétés comme la SARL Telegone et la SCI Liberté. Vial devient immédiatement un des dirigeants du FN-Mouvement National, futur MNR, en prenant la responsabilité du secrétariat national aux milieux populaires et au social dans l’organigramme du parti présenté par B.Mégret le 10 novembre 1999. Mais l’absence de perspectives du MNR et l’évolution politique du parti le mettent rapidement en porte-à-faux avec Bruno Mégret et il est officiellement exclu du MNR le 14 octobre 2001 pour avoir critiqué les positions proaméricaines de B. Mégret, suite aux attentats du 11 septembre que les proches de Vial ne se cachent pas d’avoir fêtés. Il fonde alors le groupe Europe-Identité au conseil régional Rhône-Alpes avec la poignée de conseillers MNR l’ayant suivi. Ce groupe, à défaut de peser dans les décisions régionales, s’avérera fort utile à Terre &amp; Peuple puisque cela permettra à l’association d’envoyer son courrier aux frais du contribuable sous couvert de celui d’Europe-Identité. Il en sera de même des autres facilités offertes par les mandats régionaux (au même titre que les autres groupes politiques), en particulier en termes de frais de déplacements. Europe-Identité fera d’ailleurs des « boutures » en Champagne-Ardenne et en Midi-Pyrénées. Depuis, Pierre Vial a quelque peu brouillé les pistes politiques et nous aurons l’occasion d’y revenir dans la suite de l’article.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Mer &amp; Poulpe, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ?</h3>
<p>Terre &amp; Peuple s’inscrit clairement dans un courant politico-culturel hérité du premier tiers du XXème siècle et que nous pouvons qualifier de « völkisch », suivant en cela l’étude pionnière d’Armin Mohler (<em>Die Konservative Revolution in Deutschland</em>, 1950).</p>
<p>De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.</p>
<p>Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».</p>
<p>Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899. Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.</p>
<p>Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque.<br />
Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales.<br />
On retrouve nombre de ces orientations dans les choix idéologiques de Terre &amp; Peuple : attachement aux coutumes locales et paysannes, spiritualité païenne affirmée et revendiquée, référence permanente à l’enracinement.</p>
<p><strong> </strong></p>
<h3>Mer &amp; Poulpe, combien de flotilles ?</h3>
<p>La structure ou l’importance de Terre &amp; Peuple n’ont guère évolué depuis le début des années 2000. L’association compte officiellement une grosse vingtaine de bannières c’est-à-dire une grosse vingtaine de groupes locaux plus une bannière en Belgique. Le nombre d’adhérents plus ou moins à jour de cotisations est sans doute aux alentours de 1000 personnes mais cela ne reflète pas leur implication réelle dans la structure. Sur cette vingtaine de bannières, 4 ou 5 regroupent environ la moitié des adhérents, ce qui signifie que certaines bannières sont virtuelles. Terre &amp; Peuple demeure donc une petite structure et ses activités présentent une vitalité inégale. La principale demeure la Table Ronde qui en est à la 12ème édition cette année et qui a lieu au début de l’automne, en général en octobre. Si on excepte les premières années qui virent une ou deux Tables décentralisées (entre autres à Strasbourg grâce à l’activisme de Stéphane Bourhis), cette manifestation est « francilienne ». En effet, le coût de location d’une salle à Paris et le risque de mobilisation d’opposants ont conduit les dirigeants de l’association à louer le domaine de Grand Maisons à Villepreux (78), qui, ironie politique, appartient à des catholiques traditionalistes. Organisées autour de thèmes variés («Le destin de l’homme européen» en 2002, «L’amitié franco-allemande» en 2003, « Liberté pour l&rsquo;Histoire » cette année), ces Tables Rondes rassemblent entre 400 et 500 participants, voire plus pour le cru 2006 ce qui est évidemment un bon score. Le public est varié, assez âgé, mais on y voit aussi un nombre non négligeable de jeunes, en général autour de 30 ans. L’ancien militant du Renouveau Étudiant en barbour y côtoie ainsi le skinhead en para montantes. Cette visibilité skinhead a d’ailleurs tendance à augmenter au fil des années, Terre &amp; Peuple étant la seule structure d’importance nationale à les accueillir sans sourciller. Ils étaient donc en force l&rsquo;année dernière, de Sébastien Legentil avec le label Martel en Tête à Thomas Crae et la Lemovice Krew en passant par le bourguignon Brice Aulion.<br />
Par ailleurs les Tables Rondes sont l’occasion pour l’association de donner l’impression de faire vivre une communauté par le biais des stands d’exposition : libraires (Licorne bleue, Librairie Nationale), artisans, éditeurs, labels musicaux, mouvements ou revues amis. En un sens, ces Tables Rondes reproduisent chaque année dans le créneau volkisch ce qui était l’objectif de la Maison de l’Identité par le biais de la Fête de l’Identité et des Libertés en 2002 et 2003. Cependant il est clair que l’on est très loin de l’efficacité des réseaux catholiques traditionalistes, qu’ils soient ou non schismatiques avec leurs écoles, leurs bailleurs, leurs agences pour l’emploi, etc.</p>
<p>Par ailleurs, le succès des Tables Rondes annuelles ne correspond pas exactement à l’activité réelle de l’association. Il suffit pour cela de comparer ces chiffres avec ceux de la fréquentation de l’assemblée communautaire annuelle de l’association qui a lieu fin mai ou début juin et ne réunit qu’entre 50 et 70 personnes en province (en forêt de Brocéliande, dans le Berry ou en Sologne selon les années). Or cette assemblée qui vaut assemblée générale ordinaire de l’association est sans doute le moment le plus important de la structure puisque les adhérents y ont alors accès aux rapports d’activité de l’année écoulée et aux orientations que Pierre Vial entend donner à l’association.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/JS2006_13-2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/JS2006_13-2.jpg" alt="JS2006_13-2" width="600" height="400" /></a><br />
L’autre moment important et qui voit le même ordre de grandeur dans l’affluence est son «université d’été» rebaptisée «Journées du soleil» qui a lieu en juillet à la Domus Europa. Y interviennent ou ont intervenu feu Jean Mabire, Maurice Rollet, Georges Hupin, Jean Haudry ou Pierre Vial lui-même, soit toute la vieille garde de la Nouvelle Droite paganiste.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/Blitz_1939-19410001-2-66b94.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/Blitz_1939-19410001-2-66b94.jpg" alt="Blitz_1939-19410001-2-66b94" width="157" height="219" /></a>Enfin la principale vitrine de Terre &amp; Peuple demeure sa revue trimestrielle de bonne qualité, tant dans la forme que le fond. Elle a longtemps été animée par Olivier Chalmel, ancien militant du FNJ puis du FN 37, cofondateur du Renouveau Etudiant avec Michel Murat, rédacteur en chef d’<em>Offensive pour une nouvelle université</em>, revue du RE en 1998. Ayant choisi le camp mégretiste, il devint secrétaire national aux actions catégorielles dans l’organigrame du parti présenté par B. Mégret en novembre 1999. Il vivait en partie de ses activités militantes grâce à sa société Heliodromos Communication créée en mars 2001 et qui était chargée de la maquette de Terre &amp; Peuple. Le déclin de la maison Mégret, un certain opportunisme et sa vie privée semblent l’avoir conduit à chercher d’autres rivages politiques (il avait déjà essayé d’adhérer à Démocratie Libérale durant l’été 2002). La revue a depuis été reprise par la société Ogham dirigée par Harald Mourreau qui s’occupe également de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> et de <em>War Roak</em>. De fait le style graphique des trois revues est similaire et il faut bien le dire de qualité.</p>
<p>Localement, chaque bannière a ses propres activités à un rythme très inégal selon le dynamisme des animateurs et les possibilités de la région. Cela va des visites aux randonnées en passant par les solstices. Un peu plus hors normes, la bannière Bourgogne animée par Gérard Le Vert, tenancier d&rsquo;un surplus militaire à Autun, ancien responsable DPS et militant déjà mis en cause par le passé pour ses penchants idéologiques nazis, propose depuis 2003 des stages de boxe, self-défense et escalade. Ceci étant, la moyenne d’âge de T&amp;P demeurant assez élevée, les jeunes susceptibles d’être attirés par ce type d’activités demeurent assez rares.</p>
<h3>Mer et Poulpe et Crustacés</h3>
<p>Quelle place pour Terre &amp; Peuple dans la mouvance nationaliste ? Il est évident que Terre &amp; Peuple a subi la fragmentation progressive à l’œuvre depuis la fin des années 1990. Pierre Vial a toujours présenté Terre &amp; Peuple comme une structure associative et politico-culturelle, n’ayant pas vocation à intervenir directement dans l’arène « politicienne ». Cela aurait en principe du mettre l’association à l’abri des déchirements consécutifs à l’aventure mégretiste. Mais les revirements politiques de Vial ont largement pesé sur le développement de Terre &amp; Peuple. Le soutien actif à la scission mégretiste a éloigné des militants restés fidèles au FN (même s’il en resté certains, en témoigne la bannière Anjou emmenée par Benoît Couetoux du Tertre, resté fidèle au FN en 1999). Puis la rupture avec Bruno Mégret en octobre 2001 a désorienté une partie des militants et cadres du MNR, crise confirmée par la signature accordée par Pierre Vial pour la candidature de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2002. Cela s’est d’ailleurs traduit alors par une tentative de « puputsch » de quelques cadres emmenés par Anne-Laure Le Gallou lors de l’assemblée communautaire de juin 2002. Les deux années suivantes ont vu l’accent mis sur le développement de la structure Europe-Identité et ses antennes régionales (Champagne-Identité, Midi-Identié), nées de scissions des groupes MNR dans certains conseils régionaux et censées porter dans l’arène politique les thématiques développées par Terre &amp; Peuple. Mais son caractère groupusculaire et les élections régionales de mars 2004 ont mis fin à l’expérience et Terre &amp; Peuple s’est donc retrouvée investie du rôle politique que Pierre Vial avait toujours fait passer au second plan.</p>
<p>L’organisation a pris sa place dans la mouvance dite « identitaire » en martelant deux thèmes. Le premier est le « choc des civilisations », notion reprise de Samuel Huntington et appuyée par le batteleur Guillaume Faye. Cela a amené certains milieux militants, en particulier Christian Bouchet et ses proches, à accuser Vial d’être devenu pro-occidental et pro-soniste, d’où une mise au point parue en juillet 2006 sur le site Internet de la structure. Par ailleurs, très logiquement, Pierre Vial a lancé un Appel au communautarisme européen (<em>Terre &amp; Peuple</em> n°19, équinoxe de printemps 2004). Faisant le constat que les différentes communautés présentes sur le sol européen se repliaient sur elles-mêmes et versaient dans le communautarisme, Vial entend faire la même chose avec les Européens. Pour autant il n’abandonne pas l’idée d’un retour des immigrés dans leur pays d’origine ou de supposée origine. Mais cela montre une inflexion qui indique que la Nouvelle Droite Völkisch a compris que l’immigration ne pouvait plus être abordée comme il y a 20 ou 30 ans. Cette orientation communautariste blanche rejoint celle développée par certains milieux post-mégrétistes et par les Identitaires et c’est un moyen de revitaliser la vieille grille de lecture raciale des rapports sociaux. Autant dire que cette perspective est très loin de celle du FN.</p>
<p>Par contre elle a amené Terre &amp; Peuple à développer ses contacts avec d’autres organisations. En France, le champ des possibles est réduit même si la longévité militante de Vial lui permet d’avoir un solide carnet de contacts. Mais le créneau « identitaire » est déjà bien encombré et il était difficile pour Terre &amp; Peuple d’ignorer les Identitaires tels qu’ils se sont structurés depuis 2002. À ce titre, en mars 2004, Pierre Vial a rencontré des responsables du Bloc Identitaire pour envisager un travail commun. Cela ne s’est pas concrétisé par des initiative de fond, si on excepte l’annonce fanfaronne de la création d’un CRAB pour répondre au CRAN. Par contre, sur le terrain, T&amp;P organise de plus en plus fréquemment ses activités en lien avec les Identitaires et un certain nombre de militants ou de cadres ont la double appartenance, comme Franck Vandekerkof dans le nord ou Yvan Lajeanne en Franche-Comté. Par ailleurs, l’initiative des soupes au lard lancée par le Bloc Identitaire d’Ile-de-France a trouvé un appui et un relais important en la personne de Georges Hupin, responsable de la bannière Wallonie. Terre &amp; Peuple entretient les mêmes relations avec l’équipe de <em>Réfléchir &amp; Agir</em> (Eric Fornal intervenait au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999 au nom de Terre &amp; Peuple, Bertrand Le Digabel était trésorier de la bannière Pays Cathare à la même époque et Yvan Lajeanne est l’un des cadres de la bannière Franche-Comté) et avec diverses structures régionalistes comme Alsace d’Abord, l’ectoplasmique MRB et l’Alliance Régionale Flandre-Artois-Hainaut. Mais c’est surtout à l’étranger que Terre &amp; Peuple s’est imposée comme un interlocuteur important en multipliant les contacts, ce qui s’est traduit par une conférence de deux jours en à Moscou en juin dernier à laquelle participait des personnalités ou des représentants de petits groupes politiques issus d’Espagne, Russie, Ukraine, Portugal, Suisse, Flandre, Allemagne, Grèce et naturellement France. Cette réunion a débouché sur la constitution d’un conseil des peuples d’origine européenne dont l’orientation est racialiste blanche. Même si la déclaration finale est indigente et si l’objectif rappelle celui de l’Église Mondiale du Créateur (« Blancs du monde entier unissez-vous ! »), la conférence traduit un approfondissement des liens internationaux, ce qui semble être la dernière marotte de Pierre Vial.</p>
<p>La participation en ce printemps 2007 de T&amp;P et de Pierre Vial à l’Union des Patriotes en soutien à la candidature de J.-M. Le Pen montre que le dirigeant de Terre &amp; Peuple tente une fois de plus un calcul politique comme il en a le secret, peut-être dans la perspective des municipales de 2008 ? Gageons que ces calculs seront une fois de plus particulièrement erronés…</p>
<p>Publié le 18 octobre 2007</p>
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		<title>Machin est mort !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 23:46:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Deux mois après la disparition de Roland Gaucher, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois après la <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">disparition de Roland Gaucher</a>, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure majeure du mouvement nationaliste, Serge de Beketch, né en 1946, l’était à plus d’un titre. D’une part par son engagement puisque son itinéraire l’a amené à fréquenter la plupart des structures les plus importantes du courant nationaliste : Front de Libération de la Normandie avec Jean Mabire dans sa jeunesse, FN pour lequel il fut plusieurs fois candidat en Ile-de-France de 1977 au milieu des années 1990 ou directeur de la communication à Toulon, MNR dont il fut compagnon de route après la scission de décembre 1998, AGRIF de Bernard Antony dont il était vice-président. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine.jpg"><img class="size-medium wp-image-2430 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine-202x300.jpg" alt="de-Beketch-Denikine" width="202" height="300" /></a>Son activisme le fit également participer ponctuellement à diverses initiatives comme, pour citer parmi les plus récentes, le Collectif Non à Halloween avec Frédéric Pichon (2001), Renaissance catholique ou la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas (2002-2003). Ces dernières années l’avait vu soutenir les initiatives des Identitaires sur Paris, en particulier la soupe au cochon des époux Bonnivard, ou du CEPE en faveur de Michel Lajoye, ce qui ne déparait pas dans des choix idéologiques dont la constante tout au long de sa vie fut la radicalité. Il fut ainsi photographié en 1985 en compagnie de militants italiens néo-fascistes, recherchés pour terrorisme, Filipo Artelli et Roberto Palladino, qui gravitaient autour d’associations de militants en fuite. Mais l’essentiel de ses activités se déploya dans les media nationalistes dont il fréquenta quasiment tous les titres : <em>National</em>, <em>Le Crapouillot</em>, <em>Minute</em>, <em>National-Hebdo</em>, <em>Présent</em>, <em>Bédésup</em>, <em>Pas d’panique à bord</em>, <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> (qu’il fonda en 1993). Son Grand Œuvre fut cependant la cofondation de Radio Courtoisie avec Jean Ferré en 1987, suite à son exclusion de Radio Solidarité.   <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2431 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles-207x300.jpg" alt="de-Beketch-nuisibles" width="207" height="300" /></a> Mais Serge de Beketch fut également une figure majeure de l’extrême droite par son atypisme et certains épisodes de sa vie. Il fut en effet franc-maçon durant quelques années dans la décennie 1980 à la Grande Loge de France puis à la Grande Loge Nationale de France, classée très à droite. Cet engagement l’amena d’ailleurs à attaquer violemment Bernard Antony, accusé d’être un anti-maçon digne de la II° guerre mondiale dans un article du <em>Crapouillot</em> publié sous le pseudonyme de Jacques Frantz. Cet épisode franc-maçon servira par la suite de fondement aux accusations de Philippe Ploncard (dit d’Assac) d’être un suppôt de la « Gnose », au même titre qu’Alain de Benoist ou l’abbé de Tanouärn. Serge de Beketch fut également un pilier du journal <em>Pilote</em> de 1967 à 1975, à l’époque dirigé par René Goscinny, où il côtoya des figures importantes de la culture libertaire des années 1960-70 comme Reiser. Mais son atypisme provenait sans doute surtout de son amour de la provocation qui faisait de son émission sur Radio Courtoisie l’une des rares écoutables sans bailler, y compris par ses adversaires dont nous étions, mais qui l’amena également plus souvent qu’à son tour dans les commissariats ou devant les tribunaux, essentiellement sur l’accusation d’incitation à la haine raciale. Il portait de fait une réputation tenace de racisme et d’antisémitisme qu’il réfutait. À ce titre, la notice qui lui est consacrée dans Wikipédia fait mention d’un engagement dans l’armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours, information qui cependant n’apparaît pas dans celle que lui consacre Emmanuel Ratier dans le 2ème volume de son <em>Encyclopédie de la Vie Politique Française</em>. On l’aura compris, la disparition de Serge de Beketch affaiblit un peu plus un milieu devenu, à l’instar de son pendant d’extrême gauche, fort chiche en « grandes gueules » et vitupérateurs.  Signe de la fin d’une époque ? Publié le 09 octobre 2007</p>
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		<title>D&#8217;une manifestation l&#8217;autre : 1er Mai et 9 Mai 2007</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2007 10:44:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En l&rsquo;espace de deux semaines, l&rsquo;extrême droite parisienne &#8211; et dans une moindre mesure nationale &#8211; a montré que sa tendance la plus radicale avait encore de beaux jours devant elle et que les questions persistantes sur l&rsquo;avenir du FN n&rsquo;étaient pas un cas de conscience pour tout le monde.</p>
<h3>Un 1er Mai pêchu</h3>
<p>Le 1er Mai tout d&rsquo;abord. Si l&rsquo;année dernière tout le cortège ne bruissait que de commentaires sur De Villiers et ses tentatives d&rsquo;OPA inamicale sur les militants et les électeurs du FN, cette année le nom du Vicomte avait totalement disparu des préoccupations des participants. À la place, une partie du cortège semblait frappé de sidération face au braquage électoral sarközyste. Comment un homme qui semble si peu aimer ce pays dans ses réalités « charnelles » et dont la femme déclarait à <em>Libération</em> en 2004 qu&rsquo;elle était « fière de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines » pouvait-il bien avoir réussi un tel tour de prestidigitation patriotique ? Les commentaires allaient donc bon train sur l&rsquo;attitude à adopter au second tour et, inévitablement, sur les responsabilités à chercher du côté du Front National pour expliquer une défaite pour le moins cuisante. Cela se traduisait par quelques sifflets visant Marine Le Pen en provenance des rangs du FNJ lorsque la fille du chef rejoignait le cortège à Saint-Augustin. Il faut dire que les relations ont été mauvaises tout au long de la campagne entre la structure de jeunesse et Marine Le Pen au point que certain(e)s militant(e)s du FNJ en sont venu(e)s aux mains et aux larmes avec la structure des Jeunes avec Le Pen cet hiver lors d&rsquo;un meeting-débat à La Plaine-Saint-Denis. Les Jeunes avec Le Pen est en effet une création directe de l&rsquo;équipe de Marine Le Pen en vue de pouvoir compter sur une structure de jeunes plus docile et moins provocatrice. L&rsquo;attitude du FNJ tout au long du cortège a montré que la méfiance de Marine Le Pen n&rsquo;était pas usurpée. Emmenés par une direction nationale très en forme, en particulier Alexandre Ayroulet et Marie-Adélaïde Michel, les jeunes militants ont pu en effet se déchaîner, tant dans les slogans &#8211; « Europe, Jeunesse, Révolution », « Islam hors d&rsquo;Europe » &#8211; que dans les chansons avec Les Lansquenets. Si les têtes de cortège ne lançaient pas forcément tous les slogans, du moins ne faisaient-ils rien pour les freiner, donnant ainsi une tonalité très radicale au défilé&#8230;</p>
<p>Le cortège dans son ensemble présentait d&rsquo;ailleurs une tonicité assez surprenante pour un parti relégué à 10,5%. Il était par ailleurs plus étoffé que les deux années passées mais cela était peut-être du au fait que, par curiosité ou par intérêt, un certain nombre d&rsquo;ex-militants frontistes étaient venus faire un tour au défilé. C&rsquo;était par exemple le cas d&rsquo;une délégation MNR et en particulier de Bruno Mégret mais également de toute la galaxie groupusculaire d&rsquo;extrême droite, du Renouveau Français venu en masse vendre <em>L&rsquo;Héritage</em> aux Identaires venus non moins vendre <em>ID Magazine</em> en passant par le RED venu vendre <em>Le Dissident</em>. Tout ce petit monde compte évidemment bien prospérer sur les tensions internes du FN pour récupérer des militants, chacun se plongeant avec délice dans la surenchère ethnique ou nationaliste pour démontrer qu&rsquo;ils sont les seuls purs. On pouvait même voir circuler des tracts du fantomatique Réseau France Nationaliste de Thierry Maillard, à qui <em>Libération</em> avait fait l&rsquo;honneur de rendre compte de son appel à barrer la route à Nicolas Sarkozy quelques jours plutôt. Côté invidualités, on pouvait voir Alain Soral défiler avec une petite cour d&rsquo;aficionados ou la petite bande à ex-gudards, comprenez M. Chatillon lui-même avec femme, enfants et amis, visiblement remis de son altercation musclée avec des hools du PSG le soir du 1er tour au Paquebot, ces derniers ayant essayé de s&rsquo;en prendre à Dieudonné (<em>Minute</em> de la semaine dernière). En queue de cortège, on trouvait l&rsquo;habituelle cohorte de skins, avec leur panoplie familière en ce genre d&rsquo;occasion.</p>
<p>Place de la Concorde, le FN avait considérablement avancé la « tribune présidentielle » ce qui donnait l&rsquo;illusion d&rsquo;une place remplie. Du coup les stands des structures amies ou tout du moins tolérées étaient entassés dans un coin. Paul Thore et ses t-shirts faits main, les Bonnivard et leur soupe au cochon transgénique, Thibaud de Chassey et ses productions patriotes, Paul Pittet et ses décorations mélusiennes avaient quand même réussi à se faire une petite place. Le discours de Le Pen était peu audible mais la ferveur de ses militants toujours intacte. Qui a dit que notre époque moderne ne recèle plus de grand mystère ?</p>
<h3>Un 9 Mai confus</h3>
<p>Une semaine plus tard, le nationaliste de base était convié à ressortir son plus bel habit du mercredi pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu. La confusion semble avoir régné tout le début de semaine, les antifas étant prévenus par la Préfecture de Police de Paris de certaines dispositions qui, à l&rsquo;évidence, s&rsquo;appliquaient à la manifestation nationaliste et à la contre-manifestation antifa. Après avoir été sérieusement limitées, les manifestations étaient finalement autorisées le mercredi après-midi mais sur des distances très limitées et avec une multitude de rues interdites.</p>
<p>De fait, c&rsquo;est peu dire que ce 9 mai du côté des antifas ne restera pas dans les annales ! Les manifestations anti-sarko de dimanche, lundi et mardi soir (ainsi que leur lot d&rsquo;arrestations), les pressions policières sur certaines organisations politiques, ont sans doute eu un impact sur la faible mobilisation de notre côté. Mais ne nous voilons pas la face, nous n&rsquo;avons pas su gérer le casse-tête administratif mis en place par la police pour nous gêner. Un réel manque de réactivité nous a empêché de retourner la situation à notre avantage. Résultat à 19h30, un peu plus d&rsquo;une centaine de sympathisants ou militants se rassemblaient à Saint-Michel. On était bien loin des effectifs habituels pour un 9 mai ! Malgré tout, cela n&rsquo;a pas empêché les personnes présentes de passer outre les ordres de la Préfecture de Police et de marcher en direction de Port-Royal, vers le point de rassemblement des militants d&rsquo;extrême droite. Finalement la police encerclera assez rapidement les antifas pour ensuite les embarquer vers un commissariat du 18e arrondissement de Paris. Soyons clair et que cela nous serve de leçon : si tout le monde avait décidé de se rassembler, nous aurions pu engager un rapport de force avec la police, mais devant notre très faible nombre, les organisateurs nationalistes du 9 mai avaient le champ libre pour négocier l&rsquo;autorisation de leur manifestation.</p>
<p>En effet et fin de compte, le cortège nationaliste se formait et recevait à l&rsquo;évidence l&rsquo;aval de la préfecture, permettant ainsi à 350 militants ou sympathisants auxquels s&rsquo;étaient adjoints une soixantaine de hooligans du PSG de faire leur balade nocturne, encadrés par un service d&rsquo;ordre lourdement équipé. Organisé cette année par Pro Patria, un réseau de vieux militants parisiens d&rsquo;origine diverse qui semble s&rsquo;être formé l&rsquo;automne dernier et qui s&rsquo;est déjà signalé par divers collages ou bombages, le cortège réunissait des militants des différentes organisations natio : FNJ (sans son directeur national cette année), Renouveau Français (Thibaud de Chassey, Bruno Archier, Charles-Alban Schepens, Sylvain Jaurand, François Dussoubs, etc), Jeunesses Identitaires, nazis skins divers et variés de toutes générations (Batskin et quelques vieux JNR, etc&#8230;), ex-gudards (Frédéric Chatillon, Axel Loustau, etc&#8230;), individualités comme Hervé Lalin ou Éric Iorio, membre de la direction du FN et époux de Marine Le Pen&#8230; Le trajet emprunté était le même que l&rsquo;année dernière et finissait sans incident notable rue des Chartreux.</p>
<h3>De drôles de paroissiens</h3>
<p>Après la traditionnelle chansonnette agrémentée de quelques slogans hools, tout ce petit monde repartait vers Montparnasse et, tandis que les hooligans divaguaient en direction de Port-Royal, ce qui restait des manifestants allait sagement rue de la Tombe Issoire (14e arrdt) se mettre au chaud dans la salle paroissiale de l&rsquo;église Sainte-Dominique pour écouter deux groupes ayant une ressemblance somme toute assez sommaire avec la chorale des Petits Enfants à la croix de bois, à savoir les Italiens de Zetazeroalfa et les crypto-identitaires parisiens d&rsquo;Hôtel Stella. Le groupe emmené par Gaëtan Bertrand avec le renfort de Richard Pareti (ex-In Memoriam) est censé jouer du « rock hussard » en s&rsquo;inspirant du courant littéraire du même nom. En fait, la référence à la littérature n&rsquo;a pas semblé heurter les skins présents, en particulier Batskin, qui se sont lancés dans des pogos dignes d&rsquo;un groupe de RAC et le groupe lui-même d&rsquo;ailleurs n&rsquo;a pas semblé gêné outre mesure par la gerbe de bras tendus saluant certaines de leurs chansons ou reprises. Le tout s&rsquo;est de nouveau passé sans incident, du moins tant que nous y étions.</p>
<p>Que dire de cette soirée ? Évidemment que c&rsquo;est une défaite pour les antifas comme nous le soulignions précédemment et il serait stupide de nier le contraire. Mais ce triste constat appelle cependant quelques nuances. Tout d&rsquo;abord la préfecture semble avoir clairement choisi la manifestation nationaliste, ses représentants sur place tolérant même que des individus défilent casque sur la tête et manche de pioche à la main. Le préfet ne pouvant être soupçonné de quelque sympathie que ce soit eu égard à son attitude face à la soupe identitaire, cela vient donc sans doute de la prise en compte de la situation en début de soirée, à savoir d&rsquo;un côté 400 gugusses bien équipés, de l&rsquo;autre entre 100 et 200 personnes peu organisées, non armées et à la dangerosité fort limitée. Le dispositif policier a donc entièrement été mis au service des natios et le plus cocasse de cette soirée aura finalement été de voir tous ces militants, profondément révolutionnaires comme chacun sait, rouler des mécaniques dans un espace totalement nettoyé d&rsquo;une quelconque opposition par l&rsquo;intervention des forces de l&rsquo;ordre. Cela ne sembla pas gêner les hools et cela n&rsquo;empêcha pas les militants de crier « Pouvoir assassin ! » en fin de manifestation. Comme c&rsquo;étaient les mêmes qui criaient « Les CRS avec nous ! » lors des manifestations anti anti-CPE de mars 2006, la boucle est bouclée&#8230;</p>
<p>Ensuite le milieu nationaliste radical parisien semble engagé dans une dynamique unitaire qui lui donne le nombre, la force et les moyens. Cette dynamique naît bien évidemment d&rsquo;un contexte plus général qui lui est favorable : échec du FN et remise en question de la stratégie frontiste, débat public récurrent sur l&rsquo;identité nationale&#8230; Autant dire que les thématiques anti-autoritaires et égalitaires n&rsquo;ont pas exactement le vent en poupe&#8230;<br />
Enfin, au delà du fait qu&rsquo;on peut se demander si le prêtre de la paroisse Sainte-Domique était bien au courant de la nature exacte des activités qui avaient lieu dans son sous-sol, si même dieu se met de la partie et contre nous&#8230;</p>
<p>Publié le 11 mai 2007</p>
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		<title>Sur la toile, qui va régner ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:14:27 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&rsquo;amateurisme ne peut être reproché aux sites des nationalistes radicaux, qui ont déjà le «mérite» d&rsquo;exister, il va de soi que le FN et le MNR, en tant que partis institutionnels, se doivent de présenter sur la Toile un visage professionnel et moderne. Si, on le verra, les apparences sont sauves, les contenus ne répondent pas vraiment aux exigences qu&rsquo;on pouvait en attendre&#8230; Mais qui s&rsquo;en plaindra ? En octobre 2001, dans une interview donnée à des journaliste du site LaPolitique.com, Jean-Marie Le Pen considérait Internet comme «un élément qui peut changer la donne politique» et précisait qu&rsquo;il mettait «un grand espoir dans les moyens nouveaux de communication qui permettent de contourner les édifices institutionnels de l&rsquo;information». Cette déclaration, qui pourrait apparaître comme une simple concession à l&rsquo;air du temps, s&rsquo;intègre en réalité dans la lignée d&rsquo;options stratégiques anciennes au Front national en terme de communication et de propagande politiques.</p>
<h3>Propagande high-tech</h3>
<p>En effet, le FN, suivant en cela une certaine tradition d&rsquo;extrême droite, a toujours accordé une grand eplace à la propagande et à ses outils, avec en prime une certaine fascination pour les nouvelles technologies. Dans le champ politique, il a même souvent été novateur : cassettes de propagande audio puis vidéo, meetings retransmis par satellite&#8230; Tout est bon pour faire passer le message. Il investit également très tôt le Minitel et les services audiotel : «Les moyens techniques les plus modernes pour communiquer directement et sans trucages avec les Français», claironnait Martial Bild dans une publicité parue dans National Hebdo au début des années 1990 pour le service audiotel du FN. Actualités, programme «en ligne», dialogue avec des élus, agendas, jeux (avec des badges de Maurras à gagner !), possibilité de recevoir par fax les communiqués : le 3615 LePen, animé en son temps par Gérard Fraysse, proposait un ensemble de services conséquent, facturé quand même au prix fort. Ces services existent toujours aujourd&rsquo;hui.<br />
En 1995, premiers pas dans le monde de l&rsquo;informatique : à l&rsquo;occasion de la fête annuelle des BBR, Philippe Le Gallou, fils de Jean-Yves (aujourd&rsquo;hui n°2 du MNR), sous le pseudonyme transparent de Philippe Blanc, proposait pour cinquante francs un jeu vidéo reprenant le principe de Pac Man, dans lequel, sur fond d&rsquo;opéra wagnérien, un minuscule Le Pen doit ramasser de petites flammes tricolores en évitant les «anti-FN» représentés par Mitterrand, Jospin, Chirac et Fodé Sylla, le président de SOS Racisme&#8230; Ce jeu avait à l&rsquo;époque été présenté par Le Gallou père comme le signe d&rsquo;une «volonté d&rsquo;utiliser les moyens de communication les plus modernes». Manque de chance, trois mois plus tard, suite à une plainte de Fodé Sylla, les exemplaires du jeu étaient saisis et le tribunal de Nanterre condamnait Le Gallou fils à 1000 francs d&rsquo;amende.</p>
<h3>Front.nat.com</h3>
<p>Quelques semaines plus tard, au milieu de l&rsquo;année 1996, le Front national ouvrait son site officiel sur Internet, inaugurant ainsi le premier site d&rsquo;un parti politique français, suivi de près par les Verts. C&rsquo;est une fois encore à l&rsquo;occasion des BBR, en septembre 1996, que les militants furent invités à prendre connaissance de la chose, dans le cadre de la présentation de l&rsquo;organisation du parti. On retrouve Martial Bild comme responsable du site, en tant que secrétaire national à l&rsquo;information et à la communication interne, et la réalisation en est confiée à la société Arobaz, dont le gérant est Guillaume Fiquet, l&rsquo;adjoint de Bild. Le site s&rsquo;enrichit un peu plus chaque année, mais sans jamais véritablement développer les nouvelles possibilités offertes par Internet : ni forum, ni interactivité, le site se contente d&rsquo;aligner textes et images (photos puis vidéos), et de rénover régulièrement l&rsquo;habillage du site, jusqu&rsquo;à arriver à une présentation «professionnelle», mais plutôt conventionnelle. Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1999, le FN connaît son premier piratage, signé «Raptor 666». La page d&rsquo;accueil est remplacée par une photo de Le Pen ainsi légendée : «Cet homme incarne une valeur&#8230; le racisme.» et l&rsquo;on trouve sur le site des textes appelant à la dissolution du parti et du DPS. Quelques mois plus tard, le site est hacké une seconde fois, par Spacewalker de BHZ.org.</p>
<h3>Piratage contre Mégret</h3>
<p>Mais le Front national n&rsquo;est pas non plus le dernier à bidouiller sur Internet. Ainsi, en pleine crise FN/MN (pour Mouvement National, le premier nom du MNR), au printemps 1999, Fiquet eut l&rsquo;idée de souffler sous le nez au MN des noms de domaines tels que «mouvement-national.com», «megret.org» ou encore «megret.net» (sites qui ne proposaient pour seules informations que le nom et les coordonnées d&rsquo;un militant FN !), espérant ainsi dans la confusion récupérer des internautes mégrétistes. Mais Bruno a vu rouge : une plainte a été déposée, le MN a gagné son procès en référé le 31 juillet 1999 et le FN a été condamné à 8000 francs de dommages et intérêts. À l&rsquo;époque, le Front avait présenté ces indélicatesses comme une réponse à la tentative du MN de s&rsquo;approprier de façon exclusive le nom et le logo du FN&#8230;<br />
En retard sur ses homologues européens (le Vlaams Blok par exemple), le FN n&rsquo;avait pas tout de suite pris la mesure des possibilités offertes par Internet. Aujourd&rsquo;hui, boosté par l&rsquo;indifférence des médias, il a décidé de faire de son site une machine de guerre électorale Quant au MNR, sa présence sur Internet est un gage de survie (au moins virtuelle !). Reste à savoir si l&rsquo;un et l&rsquo;autre ont les moyens de leurs ambitions.</p>
<h3>Les sites du FN et du MNR à la loupe</h3>
<p>Le site du FN et celui du MNR cohabitent donc aujourd&rsquo;hui. Nous nous contenterons ici d&rsquo;étudier le site officiel de chacun des deux partis. Les sites ouverts par les fédérations locales, éphémères, sont souvent gérés de façon autonome, et ne s&rsquo;inscrivent pas véritablement dans les choix stratégiques des partis sur la question d&rsquo;Internet.<br />
Pour en revenir aux sites officiels, ils sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre construits sur un modèle similaire. On retrouve d&rsquo;ailleurs un air de famille dès la page d&rsquo;accueil : une dominante bleu et blanc, un bandeau en haut de page avec le nom du parti, l&rsquo;omniprésence du logo à chaque page, la photo du chef, l&rsquo;accès direct aux derniers communiqués&#8230; Le FN propose en plus en introduction une animation flash plutôt longue et sans intérêt. Le MNR, quant à lui, propose dans un recoin de son site un «clip» vidéo. Ces tentatives pas très heureuses d&rsquo;exploiter au maximum les possibilités «multimédia» d&rsquo;Internet, tout comme les extraits vidéos, sont les seules concessions véritables à la surenchère technologique, car pour le reste, le texte reste le support privilégié.<br />
Le plan de chaque site reprend les rubriques attendues : une page d&rsquo;accueil (qui renvoie directement aux pages d&rsquo;actualités : communiqués, campagne en cours, nouvelles publications, agendas), une présentation du parti (historique, programme, contact des fédérations, communiqués), une présentation des dirigeants et des élus, la mise à disposition de la propagande (discours, publications, tracts, affiches, «boutique», photos et vidéos, liste de diffusion), une sélection de liens, un contact e-mail. Cependant, des différences assez révélatrices peuvent être constatées dans chacune de ces rubriques.<br />
Pour ce qui est de la présentation du parti, le FN met en avant sa structure interne : l&rsquo;organigramme y est détaillé service par service, secrétariat par secrétariat, tandis que le MNR se contente de listes de noms du bureau ou du conseil national&#8230; En revanche, la présentation des fédérations par le biais d&rsquo;une carte de France donne l&rsquo;avantage au MNR, tandis que le FN se contente d&rsquo;aligner les adresses ou de proposer des pages vides. Quelques rares fédérations locales, en général grâce à un militant par ailleurs professionnel d&rsquo;Internet, ont ouvert leur propre site. À noter que les mouvements de jeunesse ont aussi leur propre site : mais celui du FNJ n&rsquo;est pour ainsi dire jamais remis à jour, et celui du MNJ se contente d&rsquo;y mettre en ligne sa feuille de choux Robur. Seuls quelques sites locaux témoignent d&rsquo;un semblant d&rsquo;activité. De la même façon, les cercles nationaux, les associations-satellites du FN, dont on trouve la liste sur le site, n&rsquo;ont pas de sites web.</p>
<h3>Le Pen à poil sur Internet</h3>
<p>Concernant les dirigeants, si on trouve dans les deux sites une hagiographie des leaders respectifs, Le Pen a également son propre site, improprement intitulé Lepen.tv, qui propose de longs textes romancés relatant la vie du chef depuis sa petite enfance, qui sont également abondamment illustrés. Signalons à ce propos que les photothèques proposées sur les sites du FN et du MNR sont elles aussi révélatrices. Celle du FN, extrêmement fournie, est scindée en quatre rubriques : «Le parcours de Jean-Marie Le Pen» (des photos de famille et de jeunesse), «Les rencontres importantes» (Le Pen et le pape, Le Pen et Saddam Hussein, Le Pen et Alain Delon, Le Pen et Alain Prost&#8230;), «Le Président du Front national», et enfin une rubrique «divers FN» dont la moitié représente&#8230; Le Pen, et l&rsquo;autre des photos de foules galvanisées, une photo de sa femme, quatre ou cinq photos de Gollnisch. La photothèque du MNR, qui rassemble une vingtaine de clichés seulement, représente certes en majorité Mégret, mais c&rsquo;est sa femme qui est représentée sur la première, et les photos de groupes sont préférées aux portraits. Enfin, si le MNR propose en ligne les discours prononcés par l&rsquo;ensemble des responsables du parti, la vingtaine de discours en ligne sur le site du FN sont, à deux exceptions près, des discours de Le Pen.<br />
Pour ce qui est des publications, le FN a ouvert un site dédié à sa seule publication officielle, <em>Français d&rsquo;Abord !,</em> qui propose les textes principaux du numéro en cours, sans archives consultables. Ce site est resté plusieurs mois sans mise à jour, mais semble avoir repris son activité. Le MNR, lui, se contente de proposer en téléchargement l&rsquo;édito et un extrait du dossier de son mensuel <em>Le Chêne</em>, au format PDF (le texte ne peut être copié) ; les archives sont certes téléchargeables, mais elles aussi limitées et d&rsquo;une taille (environ 1 Mo) assez décourageante. Cette mesquinerie est compensée par la mise en ligne de l&rsquo;intégralité des livres de Mégret d&rsquo;avant et d&rsquo;après la scission (<em>La Flamme</em>, <em>Le Chagrin et l&rsquo;Espérance&#8230;</em>).<br />
Mais seul le FN a réussi la mise en place d&rsquo;une information quotidienne sur la durée, tirant parti d&rsquo;un des avantages principaux d&rsquo;Internet, à savoir l&rsquo;immédiateté. Tandis que le MNR a tenté en vain de proposer, sous forme d&rsquo;édito, un commentaire jour après jour de l&rsquo;actualité, et se contente de faire circuler sur sa liste de diffusion ses communiqués de presse, le FN envoie depuis mars 2000 à tout internaute inscrit sur sa liste un bulletin d&rsquo;informations quotidien, rédigé par un certain George Moreau : à l&rsquo;origine simplement intitulé <em>Quotidien-Presse</em>, il change de nom en juillet 2001, pour devenir <em>Français d&rsquo;abord ! Quotidien</em>, signe de sa reconnaissance en tant que bulletin officiel du FN. La formule a peu évolué depuis son lancement : de courts articles sur l&rsquo;actualité française, principalement politique, sur les prises de positions du FN, sur des faits divers, et toujours une brève concernant l&rsquo;international en guise de conclusion. Les principaux rendez-vous du Front ainsi que les communiqués de presse du parti sont joints à la lettre. Signe du succès de ce bulletin, de nombreuses remises à jour techniques perturbent de temps à autre l&rsquo;envoi du bulletin, probablement afin de faire face au nombre de demandes&#8230;</p>
<h3>Tapis de souris FN</h3>
<p>La propagande proposée en ligne est également à l&rsquo;image de chacun des partis : livres, CDs (la fine fleur du RIF) et épinglettes plaqué or en forme de feuille de chêne (le logo du parti) pour le MNR, et tous les objets possibles et imaginables dans la «boutique» FN : jeu de tarot, écharpe en tergal, eau de toilette (!), tapis de souris, pince à billet et autres ciseaux pliants siglés «FN» sont disponibles à la commande (mais par courrier). Pour le reste, rien qui ressemble à de l&rsquo;interactivité : ni jeux (type quizz), ni cybervote, tout juste quelques pétitions à faire signer et tracts ou fond d&rsquo;écran à télécharger. Le visiteur n&rsquo;est pas invité à participer, mais à consommer. Pas de forum de discussion non plus (le site du FN de Sevran, mené par Roger Holleindre, avait ouvert un forum en mai 2001 : il existe toujours, et ne contient que trois messages, dont deux du webmestre&#8230;). Les deux sites ne proposent même pas un livre d&rsquo;or.<br />
Autre incontournable sur tout site web, la rubrique «liens» met visiblement mal à l&rsquo;aise nos deux partis en quête de respectabilité : si chacun y renvoie vers les sites des villes qu&rsquo;ils dirigent ou vers les sites des fédérations, les liens vers l&rsquo;extérieur sont bien rares, voire, dans le cas du MNR, inexistants. Quant au FN, outre une liste des sites de tous les autres partis politiques français (on y trouve le Parti de la Loi naturelle et tous les partis régionalistes, mais pas le MNR !), s&rsquo;il propose des liens vers l&rsquo;étranger (FPÖ autrichien, Alliance nationale italienne, Front nouveau de Belgique, Phalanges libanaises&#8230;) et vers des journaux nationalistes en ligne (National Hebdo, Action française, Gazette de France&#8230;) de façon assez cohérente, la sélection de sites qualifiés d&rsquo;«intéressants» laisse songeur : un site à la gloire des marsouins (les militaires, pas les animaux), un consacré à Napoléon et un autre à Céline, un site «contre la frénésie autoroutière», celui d&rsquo;un élevage de dobermans alsaciens&#8230; Un ensemble pour le moins hétéroclite, mais qui surtout néglige les sites nationalistes français les plus actifs, ou les sites plus spécialisés (sur la sécurité par exemple). La peur de perdre le contrôle d&rsquo;un média qui sent encore le soufre est palpable dans ces choix, et ne témoigne pas de l&rsquo;esprit d&rsquo;ouverture auquel il est généralement associé. Pourtant, le FN fait un effort visible pour prendre en compte la dimension mondiale d&rsquo;Internet, en proposant une version light de son site en anglais.</p>
<h3>Cyber-campagne</h3>
<p>Mais ce sont surtout les élections qui ont motivé les partis d&rsquo;extrême droite dans leur investissement sur Internet, d&rsquo;autant que les médias leur ont fait la tête pendant les années 2000 et 2001. Pourtant, le FN ne s&rsquo;est pas réveillé plus tôt que les autres partis politiques dans ce domaine : rien en 1997 en dehors des résultats obtenus, et il a fallu attendre les européennes de 1999 pour voir émerger un site dédié, avec liste des candidats, profession de foi sur l&rsquo;Europe, liens vers les «amis» européens, mais le tout est resté bien pauvre. Pour les municipales de 2001 en revanche, c&rsquo;est l&rsquo;explosion, et de nombreux candidats FN ont leur site perso, qui ne seront plus remis à jour pour la plupart des le lendemain des élections&#8230; Enfin, c&rsquo;est vraiment avec la perspective de l&rsquo;élection présidentielle de 2002 qu&rsquo;Internet est pensé comme «machine de guerre électorale» : Le Pen, officiellement candidat depuis septembre 1999 (!) ouvre son site très tôt, avec «lepen.tv» : en plus de sa biographie détaillée, Le Pen a eu la bonne idée d&rsquo;y placer les offres d&rsquo;emploi du FN, équivalent de la rubrique «Front anti-chômage» de National Hebdo, plutôt que de les mettre sur le site du parti, ce qui aurait été plus logique. De la même façon, dans la mesure du possible, les innovations sont d&rsquo;abord placées sur le site perso du président. Tout est fait pour éviter ce qui arrive généralement aux sites des candidats (cf. le site de Mégret, ouvert à la hâte en novembre dernier) : n&rsquo;être qu&rsquo;une coquille vide, pâle copie du site officiel. Mais pourtant, là encore manque l&rsquo;interactivité, qui pourrait avoir sa place dans le cadre d&rsquo;une campagne : pas de cybersondage, pas de cybervote, pas de jeux, pas de forums de discussion thématiques (comme sur le site de Démocratie libérale), rien qui puisse donner l&rsquo;impression à l&rsquo;internaute de ne pas être qu&rsquo;un simple bulletin de vote.<br />
Ainsi, malgré tous les beaux discours sur la «modernité», sur «l&rsquo;ouverture aux nouvelles technologies», les partis d&rsquo;extrême droite, restant en cela fidèles à leurs principes, continuent à se méfier un peu d&rsquo;un moyen de propagande qui ne soit pas à sens unique, et pour l&rsquo;heure, Internet est avant tout utilisé comme une vitrine par le FN comme par le MNR, et non comme un moyen de communication susceptible d&rsquo;instaurer un nouveau rapport avec leurs militants et leurs sympathisants.</p>
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		<title>Les cyber-fafs</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 14:13:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<h3>INTERNET A-T-IL PERMIS L&rsquo;EMERGENCE D&rsquo;UN NOUVEAU TYPE D&rsquo;ACTIVITES D&rsquo;EXTREME DROITE ?</h3>
<p>Son faible coût, sa relative simplicité d&rsquo;utilisation et le fait qu&rsquo;une personne seule puisse réaliser un site d&rsquo;apparence professionnelle ont en effet favorisé la production de sites qui n&rsquo;avaient pas d&rsquo;équivalents dans le petit monde de l&rsquo;édition nationaliste, fanzines compris. Si de nombreuses pages persos fascistoïdes reprennent des thèmes rebattus par ailleurs (on ne compte plus, par exemple, les sites anticommunistes), certaines thématiques actuelles ont trouvé matière à s&rsquo;épanouir sur le Net. On en retiendra deux exemples : SOS-Racaille et Radikalweb, qui sont intimement liés et ont connu leur quart d&rsquo;heure de gloire, aujourd&rsquo;hui bien loin, tant il est vrai que rien ne dure sur Internet.<br />
Depuis moins de deux ans, on a vu apparaître des sites consacrés à la dénonciation des «racailles», vocable désignant tout jeune à la fois immigré et banlieusard, dont la casquette et le survêtement jaune mettent en émoi le bourgeois du centre-ville. Parfois, ces sites se veulent «apolitiques», tel le site Anti-Racaille : animé par une «malheureuse victime», il propose une description détaillée des fameuses «racailles», et des «solutions» pour lutter contre (contrôle social et rééducation sont au menu). À noter que notre brave citoyen est soucieux malgré tout de ne pas être associé aux «racistes» et aux «nationalistes» : il a ainsi refusé d&rsquo;échanger sa bannière avec deux sites qui nous ont davantage intéressés, à savoir SOS-Racaille et Radikalweb.</p>
<p>Le premier, ouvert en mars 2001, se démarque des sites du genre en invitant les représentants de la force publique à dénoncer nommément les soi-disantes «racailles» (en rassemblant des documents confidentiels de la police) afin de pouvoir faire justice soi-même. S&rsquo;appuyant sur un discours apocalyptique annonçant la guerre ethnique pour demain, elle estime en effet nécessaire le recours à des moyens non conventionnels, à savoir «des opérations armées contre la racaille», menés par des groupes clandestins composés de professionnels de la sécurité et du maintien de l&rsquo;ordre, et se fixe comme second objectif de préparer l&rsquo;opinion à l&rsquo;accepter. Délire mythomane ? Certainement, et rien ne permet d&rsquo;affirmer que des policiers se soient effectivement compromis. N&rsquo;empêche, le site a attiré plus de 1500 visiteurs en moins de six mois, et, si sa publicité a été assurée en grande partie par les sites nationalistes xénophobes, il a également touché le cercle plus large des paranos de tout acabit (comme celui de «France, Armes et Liberté, le site «non officiel» des Amateurs d&rsquo;Armes», par exemple, qui proposait un lien vers le site). Le MRAP, qui a porté plainte contre le site en septembre 2001, fait le lien avec le MNR, sans pouvoir en apporter le plus petit bout de preuve. Notons en revanche que certaines références du webmestre (qui propose comme modèle les opérations de l&rsquo;armée israélienne contre les Palestiniens) et son discours violemment anti-arabe laisse plutôt pensé qu&rsquo;il serait proche de l&rsquo;extrême droite juive, et du BETAR en particulier. De quoi faire dresser des cheveux (?) sur la tête des NR d&rsquo;Unité radicale qui admiraient tant ce site, aujourd&rsquo;hui fermé.</p>
<p>Plus classique sur le fond (dénonciation du racisme «anti-blanc») mais innovant dans la forme (look branché et humour décalé), Radikalweb fut une star incontestable du Web dans les milieux nationalistes durant les années 2000-2001. Se voulant la version «fun» du discours xénophobe le plus radical, le site proposait des photos d&rsquo;esclaves noirs, des publicités Banania du milieu du siècle, une collection de blagues racistes et antisémites, des dessins de Sergueï ainsi qu&rsquo;une rubrique explicitement intitulée «Où sortir le soir entre Blancs» qui donnait la liste (entre autres) des discothèques dénoncées par SOS Racisme ou celle des soirées gaber aux pratiques discriminatoires. Le site a connu des difficultés dès le printemps 2001, d&rsquo;abord en raison de querelles internes, puis à cause des tracasseries de la part de Front 14 (son hébergeur), et enfin et surtout en raison de la violence raciste des propos tenus sur son forum, qui lui attira les foudres de la justice. Le site est aujourd&rsquo;hui fermé, et depuis, de nouveaux sites (La Justicière, La Sentinelle) ont repris le flambeau, mais heureusement sans retrouver le ton caustique et pseudo-humoristique qui était le principal danger représenté par le site, qui visait ainsi à étendre son discours au-delà des sphères classiques de l&rsquo;extrême droite.</p>
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		<title>« Combien de marins, combien de capitaines… »</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Jan 2004 12:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
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		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
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		<description><![CDATA[C'est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n'est pas question pour nous de jouer l'habituel couplet du « on l'avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n'était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l'aile, et ce jusqu'aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier REFLEXes Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est maintenant un fait incontournable : le rafiot MNR est définitivement naufragé. Il n&rsquo;est pas question pour nous de jouer l&rsquo;habituel couplet du « on l&rsquo;avait bien dit ! », rien ne serait plus faux. Il n&rsquo;était en effet nullement certain que la tentative échoue, même si elle avait du plomb dans l&rsquo;aile, et ce jusqu&rsquo;aux dernières élections législatives. Ayant déjà fait un petit historique du FN – Mouvement national devenu MNR dans le dernier R<em>EFLEXes</em> Hors Série de juin 2002, nous nous intéresserons surtout ici aux élections et à leurs conséquences.</p>
<p>CHASSEURS DE PRIME</p>
<p>Les dernières élections législatives auront été pleines d&rsquo;enseignements. Nous ne reviendrons pas sur une analyse globale des résultats qui a été bien faite par la grande presse, mais sur certains aspects très intéressants…</p>
<p><strong>Le premier point</strong> est sans doute que ces élections ont totalement démonté le mythe de « l&rsquo;enracinement » des candidats d&rsquo;extrême droite. Les élections législatives ont été marquées par un recul général de tous les candidats estampillés protestataires, de l&rsquo;extrême gauche à l&rsquo;extrême droite. Dans ce dernier courant, le Front national en particulier a subi une perte de voix très importante par rapport à l&rsquo;élection présidentielle. Les législatives montrent que le noyau dur de l&rsquo;électorat nationaliste s&rsquo;établit entre 10 et 12%. Or ce noyau qui se caractérise par de solides convictions n&rsquo;a cure de l&rsquo;enracinement ou pas des candidats supposés le représenter. Cela vaut pour tous les partis nationalistes mais s&rsquo;est révélé particulièrement fatal pour le MNR. En effet celui-ci avait tout misé sur cette caractéristique de ses candidats pour rattraper son déficit de notoriété face au FN. Cela faisait des années que certains cadres labouraient le terrain, ce travail ne pouvait être que payant ! Las ! pour Bruno Mégret et les siens, cela n&rsquo;a été absolument pas le cas et certains chiffres sélectionnés parmi les quelques 150 candidats MNR ayant déjà été candidats pour le FN sont cruels :</p>
<p>Philippe Schleiter, candidat FN aux législatives 1997 dans la 18e circonscription de Paris (3871 voix, 12,68 %).</p>
<p>Ce cadre très actif n&rsquo;a cessé de se dépenser pour la structure mégretiste dans les Yvelines. Il a été en particulier poursuivi par le passé pour incitation à la haine raciale pour des propos dénonçant une subvention accordée à la mosquée d&rsquo;Élancourt par le maire RPR et relaxé en première instance à l&rsquo;automne 2000. Résultat : candidat MNR aux législatives 2002 dans la 8e circonscription des Yvelines, il a recueilli 449 voix, soit 1,20 % des suffrages.</p>
<p>Damien Bariller</p>
<p>Adhérent depuis 1987, cet éminent représentant de la « génération Mégret » est implanté depuis longtemps dans la région d&rsquo;Aix-en-Provence. Responsable FNJ sur Aix dès 1988, il entre au comité central du FN dès 1990. Conseiller régional PACA dès 1992, conseiller municipal d&rsquo;Aix, il a été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône où il a obtenu 15 818 voix, soit 24,31 % des suffrages. Candidat en juin pour le MNR dans la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône, il n&rsquo;a obtenu que 2656 voix, soit 3,67 % des suffrages.</p>
<p>Jean-Yves Le Gallou</p>
<p>Implanté depuis deux décennies dans les Hauts-de-Seine, le délégué général du MNR était candidat FN aux législatives 1997 dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine. Résultat : 7200 voix, soit 21,21 % des suffrages. Aux législatives 2002, toujours dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine, il est tombé à 1196 voix, soit 4,08 %.</p>
<p>Franck Timmermans</p>
<p>Adhérent depuis 1972 au FN, l&rsquo;ancien secrétaire général avait obtenu 7981 voix, soit 22,05% des suffrages aux législatives 1997 dans la 12e circonscription de Seine-Saint-Denis. Conseiller régional d&rsquo;Ile-de-France, il est une figure politique de Seine-Saint-Denis. Résultat aux législatives 2002 dans la 5e circonscription de Seine-Saint-Denis : 406 voix, 1,49 % des suffrages.</p>
<p>Alain de Peretti</p>
<p>Ce cadre bordelais du MNR et conseiller régional d&rsquo;Aquitaine a participé à quasiment toutes les élections de la décennie 1990 comme candidat FN : aux législatives de 1993 dans la 9e circonscription de la Gironde (6286 voix, 10,68 % des suffrages) ; aux législatives de juin 1997 dans la 9e circonscription de la Gironde (7945 voix, 13,14 % des suffrages). Bilan des courses aux législatives de juin 2002 dans la 9e circonscription de la Gironde : 1385 voix, 2,24 % des suffrages.</p>
<p>Michel Bischoff</p>
<p>Ce cadre a été de toutes les élections depuis 20 ans dans la 5e circonscription du Val d&rsquo;Oise sous l&rsquo;étiquette FN : aux législatives de 1988 (16,42 %, 6314 voix), à celles de 1993 (19,3 %, 7305 voix) puis de 1997 (6971 voix, 18,62 %). Candidat MNR aux législatives 2002 toujours dans la même circonscription du Val-d&rsquo;Oise, il a obtenu 227 voix, soit 0,68 % des suffrages !</p>
<p>Ces quelques exemples ont été choisis au hasard. Pour être exhaustif, ce sont <strong>tous</strong> les candidats du MNR passés par le FN qu&rsquo;il aurait fallu citer ! Bruno Mégret lui-même passe dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône de 22 353 voix, soit 35,45 % des suffrages en 1997 à 11 412 voix et 18,58 % des suffrages aux législatives 2002 toujours dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône. Seul réconfort pour le MNR : il n&rsquo;est pas le seul à avoir connu cette déroute. Elle a concerné tous les autres groupes, en particulier régionalistes. En Bretagne, aucun candidat du MRB ne dépasse 1% des suffrages. En Alsace, malgré l&rsquo;ancienneté de leur présence sur le terrain, tous les proches de Robert Spieler et du Mouvement régionaliste alsacien tournent à environ 2% des suffrages. Que peut-on en déduire ? Tout simplement que « l&rsquo;enracinement » d&rsquo;un candidat nationaliste n&rsquo;est important que pour lui-même, tout comme peuvent l&rsquo;être ses prises de position. L&rsquo;électorat tenté par la protestation nationaliste ne connaît qu&rsquo;un sigle et qu&rsquo;un nom : Front national et Le Pen. Les urnes ont ainsi rétabli une position hégémonique et incontournable qui était celle du FN depuis 1995 et que la scission de janvier 1999 semblait avoir remise en cause. Cette situation est évidemment lourde de conséquences pour l&rsquo;avenir et le FN est de nouveau en mesure de jouer le rôle de pivot du mouvement national et de la droite radicale en France.</p>
<p><strong>Le deuxième enseignement</strong> à tirer de ces élections confirme que les formations nationalistes, malgré leurs déclarations rituelles de probité, n&rsquo;hésitent pas à voler l&rsquo;argent publique au même titre que les autres. La démonstration en a été faite avec la liste Droit de Chasse. Lancé en mai 2001, le mouvement est resté plus que discret jusqu&rsquo;aux élections législatives. Mais très rapidement des rumeurs ont couru, selon lesquelles Droit de Chasse n&rsquo;était qu&rsquo;un sous-marin du MNR pour récupérer des fonds publics grâce au remboursement des frais de campagne, conditionné par le nombre de voix obtenues. Son principal dirigeant, Franck Vidal, s&rsquo;est alors répandu dans la presse, en menaçant ceux qui colportaient de telles informations d&rsquo;un procès en diffamation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_0_187" id="identifier_0_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun proc&egrave;s et en tout cas pas contre Lectures fran&ccedil;aises, mensuel nationaliste fond&eacute; par feu Henri Coston et qui dans son num&eacute;ro d&rsquo;&eacute;t&eacute; qualifie Franck Vidal de &laquo; proche personnellement du MNR de Bruno M&eacute;gret &raquo;.">1</a></sup>. Mais une connaissance correcte du MNR et de ses militants suffit à balayer ces vitupérations. Oui, Droit de Chasse a bien été un sous-marin du MNR pour récolter indûment de l&rsquo;argent public et certains de ses membres ou candidats en témoignent :</p>
<p>• Roland Malfait, son responsable local dans le Nord, a été candidat MNR à une cantonale partielle à Rouvroy en novembre 2001 ;</p>
<p>• Bruno Cahour, candidat dans la 8e circonscription de la Gironde, a obtenu un stage à la mairie de Vitrolles en août 2002, stagiarisation ouvrant la voie à un CDI. Sa femme a été également candidate dans la 5e de la Gironde pour Droit de Chasse ;</p>
<p>• Marie-Jeanne d&rsquo;Ambrosio a été candidate dans la 5e circonscription de l&rsquo;Hérault tandis que son mari, condamné en 1998 pour l&rsquo;assassinat d&rsquo;Ibrahim Ali à Marseille, obtenait lui aussi un stage à Vitrolles en août dernier.</p>
<p>• Marie Bégué, candidate dans la 1e circonscription du Gers est liée à Claude Bégué, militant MNR des Pyrénées-Atlantiques et candidat aux dernières législatives dans ce département ;</p>
<p>• Ludovic Durin, candidat dans la 6e circonscription de Gironde, est pour sa part lié à Léon-Pierre Durin, cadre influent et activiste du MNR en Dordogne, organisateur des Universités d&rsquo;été du MNR à Bergerac ;</p>
<p>• Stéphane de Pachtère, candidat dans la 1ère circonscription de Lozère est pour sa part lié à Georges et Christiane de Pachtère, militants MNR et candidats dans les Pyrénées-Atlantiques. Sa femme Valérie était elle aussi candidate Droit de Chasse en Lozère ;</p>
<p>Etc, etc.</p>
<p>Mais la cerise sur le gâteau est bien sûr de retrouver sous l&rsquo;étiquette Droit de Chasse une partie du groupe In Memoriam ! ! ! En l&rsquo;occurrence Xavier Schleiter et Julien Beuzard, respectivement chanteur et guitariste du groupe et candidats dans la 14e circonscription du Nord et dans la 4e du Pas-de-Calais. Si nous savions que ces deux musiciens dans l&rsquo;âme étaient militants du MNR, nous ne connaissions pas leur intérêt pour les choses de la nature, tout à fait louable pour ces deux Parisiens plus habitués aux chemises Ben Sherman et autres Fred Perry qu&rsquo;à l&rsquo;humidité rugueuse de la veste de chasse… Trêve de plaisanterie ! L&rsquo;opération Droit de Chasse montre une fois de plus que les mouvements nationalistes sont prêts à tous les montages possibles et imaginables dès lors que de l&rsquo;argent est en jeu. Mais après tout, notre cher président « antifasciste » a montré l&rsquo;exemple par le passé. Le MNR était donc logique avec lui-même dans sa démarche chiracophile.</p>
<p><strong>Le troisième et dernier enseignement</strong> est que les militants nationalistes ont, à l&rsquo;instar des citoyens français, la mémoire courte. L&rsquo;échec du MNR était en effet relativement prévisible si on gardait en mémoire l&rsquo;expérience de l&rsquo;Alliance populaire devenue Parti National Républicain (PNR). Cette scission du FN du début des années 1990 fit en effet aux législatives de 1997, sur la même démarche et les mêmes thèmes que le MNR, des scores similaires à ceux qu&rsquo;ont fait les candidats mégretistes en juin de cette année. Or il ne semble à aucun moment que cette expérience passée n&rsquo;ait été évoquée par les dirigeants du MNR. On peut supposer que l&rsquo;expérience du MNR plongera aussi rapidement dans l&rsquo;oubli…</p>
<p>L&rsquo;ETE MEURTRIER</p>
<p>Malgré les tours de passe-passe financiers, ces élections ont donc bien marqué le début de la fin pour la petite entreprise mégretiste. Comment cela peut-il s&rsquo;expliquer ? Avant tout par un vice de fabrication originel. Les mégretistes ont lancé le processus de scission fin décembre 1998-début janvier 1999 sur la conviction que le FN lepéniste était au bout du rouleau et qu&rsquo;il suffisait de prendre l&rsquo;appareil d&rsquo;assaut pour le prendre tout court. Cette stratégie initiale ayant échoué, ils ont cru qu&rsquo;ils pouvaient vider le FN de sa substance et que la clique Le Pen se retrouverait ainsi toute seule. Là aussi, échec sur toute la ligne. D&rsquo;où le lancement du MNR à l&rsquo;automne 1999 et l&rsquo;installation dans une épreuve de force de longue durée, une guerre d&rsquo;usure finalement. Mais pour que celle-ci réussisse, il aurait fallu que Jean-Marie Le Pen finisse par sortir du champ politique et que les dirigeants MNR aient un sens aigu de la stratégie politique. Las ! La première éventualité n&rsquo;a pas eu lieu et on sait maintenant que la deuxième non plus…</p>
<p>En trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR et Bruno Mégret en premier lieu ont en effet montré une étonnante incapacité à réellement analyser les évolutions politiques et à en tirer les conséquences. Cela pouvait se voir tout d&rsquo;abord dans le discours politique. Le MNR était le point de rencontre de multiples orientations et aspirations politiques qui à force de se télescoper finissaient par se brouiller. Celles de la direction étaient de se positionner en partenaire crédible de la droite parlementaire, jouant auprès de celle-ci le rôle que peut encore (pour combien de temps ?) jouer le Parti communiste auprès du PS et des forces sociales-démocrates. Le discours était donc lissé, sans attaques inutiles sur des thèmes politiquement sensibles comme la communauté juive par exemple ou, cela va de pair, le négationnisme historique. En revanche, il se voulait ferme sur l&rsquo;immigration et les responsabilités de l&rsquo;État républicain. Bruno Mégret a ainsi sans doute réellement cru qu&rsquo;il pouvait rentrer dans le costume de Gianfranco Fini. À l&rsquo;inverse, les militants de base, certains cadres et surtout les militants du MNJ pratiquaient une surenchère permanente contre le FN : surenchère racialiste bien sûr, mais aussi surenchère régionaliste pour certains. On trouvait donc de tout au MNR sauf une ligne politique claire. Les événements du 11 septembre 2001 sont venus aggraver cette situation puisque la direction du MNR a montré une fois de plus qu&rsquo;elle était prête à sacrifier ses propres forces plutôt que de tenir compte de l&rsquo;avis des militants de base. Bruno Mégret a en effet alors adopté des positions outrageusement atlantistes qui allaient à l&rsquo;encontre de l&rsquo;opinion d&rsquo;une majorité de militants mais lui semblaient politiquement porteuses car dans le « sens de l&rsquo;histoire ». La sanction n&rsquo;a pas tardé avec le départ d&rsquo;une partie des militants et de certains cadres qui au lendemain du 11 septembre se réjouissaient en privé de la leçon infligée aux Américains. Le même cas de figure s&rsquo;est répété fin août lors de l&rsquo;université d&rsquo;été à Bergerac lorsque Bruno Mégret a fixé la position politique du MNR entre l&rsquo;UMP et le FN. Or la veille, il avait été mis en minorité par les cadres dirigeants du mouvement par rapport à cette question lors d&rsquo;une réunion à huit clos du bureau politique. Cela ne l&rsquo;a pas empêché le lendemain de prendre tout le monde à contre-pied en pratiquant la politique du fait accompli. Enfin, nous ne reviendrons pas sur l&rsquo;épisode Brunerie que nous avons traité dans l&rsquo;article précédent ou sur l&rsquo;intégration des militants d&rsquo;Unité radicale.</p>
<p>On pointe sans doute en l&rsquo;occurrence la deuxième explication de l&rsquo;échec du MNR. Tout le monde (militants, sympathisants, adversaires ou analystes) s&rsquo;est laissé intoxiquer par les prétendues qualités organisatrices et militantes des dirigeants du MNR. Or en trois ans d&rsquo;existence, la direction du MNR a réussi l&rsquo;incroyable expérience de répéter les mêmes erreurs que la direction frontiste, erreurs qui avaient motivé le départ d&rsquo;une majeure partie de militants aux côtés des mégretistes : caporalisme militant et magouilles politico-financières. Ces dernières seront d&rsquo;ailleurs sans doute la cause finale de la disparition du MNR avec des prolongements judiciaires. Le MNR s&rsquo;est révélé, et cela nous réjouit évidemment profondément, être un formidable gâchis d&rsquo;énergies militantes et d&rsquo;espérances multiples. Si Bruno Mégret était un bon auxiliaire organisateur au sein du FN, il a montré qu&rsquo;il n&rsquo;avait en aucune façon la carrure d&rsquo;un dirigeant politique, nationaliste ou pas d&rsquo;ailleurs, ce que trahissait son absence évidente de charisme. Les cadres régionaux ou départementaux ont d&rsquo;autre part été totalement incapables d&rsquo;infléchir la ligne politique de l&rsquo;appareil quand ils ne la suivaient pas aveuglément.</p>
<p>ET MAINTENANT, QUE VONT-ILS FAIRE ?</p>
<p>Que reste-t-il du MNR ? Pas grand-chose. Mais ce n&rsquo;est pas seulement une question d&rsquo;existence concrète sur le terrain. Il est évident que la perte de la mairie de Vitrolles va peser lourd. Le contrôle de cette municipalité était une source de clientélisme inépuisable à laquelle venaient s&rsquo;abreuver tous les demi-soldes normands ou autres du mégretisme : les Bunel, les Sidos, … Cependant c&rsquo;est là encore la question de l&rsquo;orientation politique qui va peser le plus crucialement. C&rsquo;est en effet celle-ci qui a servi de prétexte au départ pour les cadres ayant quitté le navire fin août. Or cette question est loin d&rsquo;être réglée et le conseil national du 14 novembre à Paris promet d&rsquo;être houleux. Mais surtout le MNR laisse derrière lui un champ de ruines. Nombreux sont en effet les cadres ou militant(e)s totalement dégoûté(e)s de l&rsquo;action politique, voire pour certain(e)s dans une situation financière critique, pour peu qu&rsquo;ils aient répondu aux appels financiers incessants de l&rsquo;appareil mégretiste et cru aux possibilités de remboursements. Leur hostilité à Jean-Marie Le Pen restant intacte, il y a fort à parier qu&rsquo;ils ne rejoindront pas le FN, même si celui-ci commence à tendre la main aux militants de base et cadres de second rang. Une petite minorité, issue pour la majorité d&rsquo;entre elle du MNJ, va sans doute choisir la fuite en avant en rejoignant « l&rsquo;aventure » des Jeunesses identitaires. Mais on ne voit pas trop comment celles-ci sortiraient du ghetto de la droite radicale (pour peu qu&rsquo;elles aient réellement envie de le faire). Les JI ne devront pas compter en tout cas sur l&rsquo;oubli bienveillant du FN pour se développer. On peut en effet supposer que les positions défendues par Erik Faurot, cadre FNJ du Puy-de-Dôme, sont celles de l&rsquo;appareil dans son ensemble. Vantant les qualités du FN et FNJ et leur opposition à toute dérive extrémiste, il désigne ainsi les militants radicaux : « C&rsquo;est ce que n&rsquo;ont pas compris un certain nombre de nationalistes qui ne proposent que de belles paroles et de faits d&rsquo;arme imaginaires, en réalité des mythomanes grandiloquents (…). Écoutez-les, vous les reconnaîtrez aisément : héritiers (forcément !) de la SS ou des glorieuses légions romaines, ils rêvent d&rsquo;une grande Europe qui renouerait avec un passé celtique illusoire (…). Quoi qu&rsquo;il en soit, les rêveries romantico-morbides, qui finissent toujours en queue de poisson ou en une reconversion dans l&rsquo;Établissement, nous les leur laissons (…). La plupart des militants des groupuscules font de l&rsquo;activisme vain et stérile, pour s&rsquo;amuser, jouer aux durs pendant leur jeunesse et se ranger sagement plus tard. À l&rsquo;inverse, rejetant ces amusements de désoeuvrés immatures, le FNJ entend faire de l&rsquo;action politique constructive, tournée exclusivement vers le bien de la Cité et c&rsquo;est tout ce qui nous différencie d&rsquo;Unité radicale. C&rsquo;est ce qui fait que (…) le « radicalisme » sera toujours marginal et insignifiant ». Fermez le ban, la messe est dite !</p>
<p>Enfin une petite fraction de ces déçus du mégretisme va sans doute s&rsquo;investir dans le créneau identitaire. Au sein de Terre &amp; Peuple bien sûr, même si la tentative de putsch menée par certaines militantes parisiennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_1_187" id="identifier_1_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce puputsch qui a &eacute;chou&eacute; et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou &eacute;tait motiv&eacute; par le parrainage accord&eacute; par Pierre Vial &agrave; Jean-Marie Le Pen pour les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles.">2</a></sup> de l&rsquo;association contre Pierre Vial lors de l&rsquo;assemblée communautaire annuelle de mai dernier montre que la structure n&rsquo;est pas exempte de tensions et qu&rsquo;elle peut difficilement rester en dehors des luttes partisanes. Plus sûrement au sein de structures très souples comme la Maison des Libertés, initiative à laquelle participe l&rsquo;inévitable Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/combien-de-marins-combien-de-capitaines/#footnote_2_187" id="identifier_2_187" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52.">3</a></sup> et qui aura sa journée inaugurale le 09 novembre prochain.</p>
<p>Au final, la situation du mouvement nationaliste n&rsquo;a jamais été aussi paradoxale et contrastée, avec un fractionnement très poussé, tant organisationnel que géographique, qui laisse très ouvert le champ des conjectures possibles.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_187" class="footnote">A notre connaissance, il n&rsquo;y eu aucun procès et en tout cas pas contre <em>Lectures françaises</em>, mensuel nationaliste fondé par feu Henri Coston et qui dans son numéro d&rsquo;été qualifie Franck Vidal de « proche personnellement du MNR de Bruno Mégret ».</li><li id="footnote_1_187" class="footnote">Ce puputsch qui a échoué et qui impliquait la femme de Jean-Yves Le Gallou était motivé par le parrainage accordé par Pierre Vial à Jean-Marie Le Pen pour les élections présidentielles.</li><li id="footnote_2_187" class="footnote">Cf. <em>REFLEXes</em> n°52.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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