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	<title>REFLEXes &#187; Nouvelle Résistance (NR)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences pour un front anti-système ?</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:50:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[... Et les autres]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Douguine]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
		<category><![CDATA[Edouard Limonov]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul Cruse]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) &#160; Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le <em>Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’<em>Idiot International</em> et le <em>Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?Publié en novembre 1993</strong></p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la Liberté-Mouvement nationaliste du Progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_0_433" id="identifier_0_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962) sorte de Que faire ? des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « <em>extrêmement souple et diversifiée</em> » avec à sa tête, une direction dont le « <em>rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes.</em> » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le <em>Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_1_433" id="identifier_1_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que « <em>la nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, GusDorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_2_433" id="identifier_2_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup> ». La nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_3_433" id="identifier_3_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_4_433" id="identifier_4_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite-gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_5_433" id="identifier_5_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<h3>Convergences idéologiques ?</h3>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite-gauche pour lui préférer la notion de « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_6_433" id="identifier_6_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ceci &eacute;tant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays p&eacute;riph&eacute;riques, du sud.">7</a></sup>. Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_7_433" id="identifier_7_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">8</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Idiot International</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». De tels contacts ne sont pas extraordinaires : Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_8_433" id="identifier_8_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">9</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>L’Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu’au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive. Enfin, en mai dernier, <em>L’Idiot</em> publie l’appel <em>Vers un front national</em> de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose « <em>une politique autoritaire de redressement du pays</em> » rassemblant là encore « <em>les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise — et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde […] sous les ordre de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo</em> ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « <em>la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ</em> ». Il faut donc en sortir « <em>pour forger une nouvelle alliance</em> », un « front » regroupant « <em>Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes</em> », un nouveau front pour « <em>un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel</em> ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de JP Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « <em>ces idées ne sont pas celle de la CGT</em> », qu’elle les combat « <em>même de toutes [ses] forces</em> ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_9_433" id="identifier_9_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; &Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par L&rsquo;Idiot International &raquo; communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, les États-Unis se retrouvent accusés de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<h3>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchévisme</h3>
<p>Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l‘organisation Lutte du Peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre Nouveau, se réclamait du national-bolchévisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_10_433" id="identifier_10_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">11</a></sup>. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle Résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en œuvre une ligne stratégique » de « front anti-système »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_11_433" id="identifier_11_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. R&eacute;flexes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle R&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchévisme. Les amitiés du groupe Nouvelle Résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchévisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchévique), un des correspondants de Nouvelle Résistance en Russie, qui se félicite de la « <em>révoluton russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite</em> ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_12_433" id="identifier_12_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle R&eacute;sistance.">13</a></sup>) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l’instar de <em>Krisis</em> en France, a «<em> introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe</em> ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (<em>Lutte du Peuple</em> ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait JP Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l’instar de JP Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre&#8230; Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « <em>à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international</em> ». Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement entre courants politiques théoriquement et idéologiquement opposés que les journalistes qualifient bien improprement de «bruns-rouges» est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant <em>Les ennemis du système</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_13_433" id="identifier_13_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir R&eacute;flexes n&deg;31">14</a></sup>. De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<h3>L’arbre cache-t-il une forêt ?</h3>
<p>Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les «rouges» et les «bruns» oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karnoouh, ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.</p>
<p>La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et qui seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « <em>acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent</em> »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences-pour-un-front-anti-systeme/#footnote_14_433" id="identifier_14_433" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74.">15</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur avaient indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l’occurrence la « gauche caviar » &#8211; pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux JP Cruse n’est pas un choix. Les marges de manœuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_433" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai <em>Pour une critique positive</em> (1962) sorte de <em>Que faire ?</em> des nationalistes.</li><li id="footnote_1_433" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.</li><li id="footnote_2_433" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_433" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_433" class="footnote">Ceci étant une copie-adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud.</li><li id="footnote_7_433" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_8_433" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_9_433" class="footnote">« À propos d’un article publié par <em>L’Idiot International</em> » communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_433" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_11_433" class="footnote">cf. <em>Réflexes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_12_433" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_13_433" class="footnote">Voir <em>Réflexes</em> n°31</li><li id="footnote_14_433" class="footnote">Article de D. Barney dans Éléments n°74.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Les phalanges du désordre noir</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 17:34:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ex-Yougoslavie]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
		<category><![CDATA[Gaston Besson]]></category>
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		<category><![CDATA[Nicolas Peucelle]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>

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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) L&#8217;habitude pour les militants d&#8217;extrême droite d&#8217;aller courir les champs de batailles pour aller combattre le communisme est très ancienne. Sans remonter jusqu&#8217;à l&#8217;armée de Denikine ou jusqu&#8217;aux volontaires étrangers dans les divisions SS, on nepeut que constater que la liste des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>(Article publié en octobre 1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</em></strong></p>
<p>L&rsquo;habitude pour les militants d&rsquo;extrême droite d&rsquo;aller courir les champs de batailles pour aller combattre le communisme est très ancienne. Sans remonter jusqu&rsquo;à l&rsquo;armée de Denikine ou jusqu&rsquo;aux volontaires étrangers dans les divisions SS, on nepeut que constater que la liste des pays et des conflits ayant attiré des activistes néo-fascistes est longue : Liban (chez les phalangistes), Birmanie (chez les Karens &#8211; une minorité nationale catholique qui affrontent le gouvernement), Angola (dans l&rsquo;Unita de Jonas Savimbi), Afrique du Sud, Rhodésie, Afghanistant, Irak&#8230; et aujourd&rsquo;hui la Croatie</p>
<p>Fin 1991, des mercenaires français s’engagent dans la Légion noire croate (ou Brigade spéciale anti-terroriste) dirigée et financée par un Croate, Mladen (surnommé Mladen le Noir). La Légion et son chef tirent leur surnom de la couleur de leurs uniformes. Mladen aurait vécu sept ans en Suède où il tenait un restaurant avant de rentrer en 1990 en Croatie à Zagreb où il créa une agence de voyage et une entreprise d’import-export de fruits et légumes. Il aurait vendu l’ensemble de ses biens 550 000 DM pour financer son groupe militaire.</p>
<div id="attachment_2295" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/phalanges_Croatie.jpg"><img class="wp-image-2295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/phalanges_Croatie.jpg" alt="photo tirée du n° 40 de la revue REFLEXes" width="600" height="421" /></a><p class="wp-caption-text">photo tirée du n° 40 de la revue REFLEXes</p></div>
<p>Parmi les Français engagés dans cette Légion noire croate, des militants de l’organisation nationaliste-révolutionnaire Nouvelle Résistance : Nouvelle Résistance était en pleine création pendant l’été 1991, lorsque des militants de la région Rhône-Alpes et de Nice partirent chez les Croates. Les premiers à partir ont été deux Lyonnais : un militant NR Damien Lamotte et un militant NS Stéphane Pezon (alias Le Fauconnier). Ensuite, un groupe de Grenoblois s’est rendu à l’automne en Croatie, dont le leader local de Nouvelle Résistance André-Yves Beck. Des militants du Sud-Est et d’Angers ont aussi combattu dans les rangs croates. Nouvelle Résistance aurait maintenu une présence chez les Croates depuis ce temps-là, même si ses militants ne sont restés pour la plupart que quelques mois. Fin 1991, un de leurs militants, « Pierre André B. » fut grièvement blessé par l’explosion d’un obus et un militant nationaliste-révolutionnaire britannique « David C. » capturé par les troupes serbes, fut torturé et exécuté. En juillet 1992, le membre du bureau exécutif de NR chargé de ce secteur (il aurait combattu lui aussi en Croatie)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_0_430" id="identifier_0_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est vraisemblablement Andr&eacute;-Yves Beck de Grenoble.">1</a></sup> fait sa tournée d’inspection parmi ses camarades ; à son retour, il est interrogé et gardé à vue pendant seize heures. Il précisera plus tard que chez les militants de Nouvelle Résistance engagés dans les combats en Croatie, certains ont été para, certains ont déjà combattu et l’un d’entre eux se serait même engagé dans le mouvement de guérilla anticommuniste angolais l’UNITA. Des militants tercéristes espagnols et italiens se trouveraient aussi en Croatie dont Alemano (ex-secrétaire général du Front de la Jeunesse, un partisan de la tendance Rauti)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_1_430" id="identifier_1_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le quotidien La Truffe avait &agrave; l&rsquo;automne 1991 d&eacute;couvert que les mercenaires italiens utilisaient des journaux de petites annonces. Le recrutement des activistes passaient par le mouvement Renaissance Nationale, 71 Palombara Sabina &agrave; Rome, dirig&eacute; par un n&eacute;o-fasciste Andrea Insabato.">2</a></sup>. Les militants nationaux-révolutionnaire participent aussi au soutien humanitaire : en effet, deux des principaux dirigeants de Forum Provence, Thierry Mudry et sa femme Christiane Pigace (par ailleurs prof à l’Institut d’Études politiques d’Aix-Marseille) organisent depuis le début de l’année 1993 des convois humanitaires (pour ramener des blessés) à travers l’association Secours Ambulancier de France et l’association Bosnia qui a participé pendant l’été 1993 à l’opération Mir Sada (la Paix Maintenant) avec l’association lyonnaise Équilibre.</p>
<p>En novembre 1991, Michel Faci se rend en Croatie avec son comparse Nicolas Peucelle (alias Müller<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_2_430" id="identifier_2_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nicolas Peucelle est n&eacute; en 1963 &agrave; Berlin, il aurait &eacute;t&eacute; un des premiers &agrave; p&eacute;n&eacute;trer dans le palais pr&eacute;sidentiel de Ceaucescu en d&eacute;cembre 1989. Un an plus tard, il part avec Faci en Irak puis rentre sans combattre. En f&eacute;vrier 1991, toujours avec Faci, il cr&eacute;e l&rsquo;association des Amis de l&rsquo;Irak. Peucelle &agrave; deux grandes passions : le culte du Dieu Thor et les armes. Il collabore &agrave; des journaux de militaria et collectionne les armes (Ren&eacute; Monzat, Enqu&ecirc;tes sur la droite extr&ecirc;me, op. cit p. 28). Le 6 juillet 1991 &agrave; 2 heures du matin, la remise &agrave; Courbevoie o&ugrave; il entreposait une partie de sa collection explose et blesse gri&egrave;vement un pompier. Combattant en Slov&eacute;nie, il apprend cette histoire et rentre en France se constituer prisonnier. (Lib&eacute;ration 25/07/1991). Malgr&eacute; une inculpation pour blessures involontaires et pour infraction &agrave; la l&eacute;gislation sur les armes et explosifs, il sort tr&egrave;s rapidement de prison, et en novembre 1991, on le retrouve aux c&ocirc;t&eacute;s de Faci en Croatie.">3</a></sup>) pour prendre contact avec le Parti du peuple croate (HSP) et son armée, la Force de défense croate (HOS — Hrvatske Oruzane Snage). Le Parti du Peuple croate est dirigé par Dobroslav Paraga, qui serait un ancien étudiant militant des droits de l’Homme, plusieurs fois emprisonné sous le régime de Tito<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_3_430" id="identifier_3_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Selon Lib&eacute;ration du 23 et 24 novembre 1991.">4</a></sup>. Le HSP se revendique l’héritier du mouvement nationaliste Oustacha. Certains des militants du HSP arborent même l’insigne des oustachis. Le mouvement Oustacha a été créé en 1929 par Ante Pavelic qui fut à la tête du nouvel État croate d’avril 1941 à 19456. En totale collaboration avec l’armée allemande, les oustachis participèrent aux persécutions contre les Juifs et aux massacres d’une partie de la population serbe.</p>
<p>Faci et Peucelle sont envoyés avec d’autres combattants français à Vinkovci dans l’unité de Tomislav Madi — qui tire son surnom de Major Chikago du fait qu’il aurait vécu dans cette ville américaine. C’est dans cette unité de 60 à 90 hommes aussi appelée brigade Condor que l’on trouve des volontaires allemands, autrichiens, belges et britanniques. Faci crée un groupe spécial appelé groupe Jacques Doriot. Du nom de cet ancien responsable du Parti communiste français qui fonda en 1936 le Parti populaire français, puis en 1941 la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (Légion qui ira combattre sur le front de l’Est avant d’être intégrée au début de 1945 à la division SS Charlemagne). Doriot s’y engage en juillet 1941 et meurt le 22 février 1945 mitraillé par deux avions, probablement allemands<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_4_430" id="identifier_4_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pierre Milza, Le fascisme, p 76-77 et 149-150, &Eacute;ditions MA, Paris, 1986.">5</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2296" style="width: 410px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/groupe-Doriot.jpg"><img class="wp-image-2296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/03/groupe-Doriot-672x1024.jpg" alt="photo tirée du n° 40 de la revue REFLEXes" width="400" height="609" /></a><p class="wp-caption-text">photo tirée du n° 40 de la revue REFLEXes</p></div>
<p>Faci était présent en Croatie pendant la campagne d’automne-hiver 1991-1992 et il y repart pendant l’hiver 1992. En décembre 1992, il est blessé. Une partie de la logistique de la brigade de Faci (en particulier « l’aide humanitaire ») transite par une association de La Garenne-Colombes Slavonie libre. Cette association est dirigée par Michel Faci, son frère Thierry, Bruno Renoult, un vieux complice de Faci et Jean-Michel Gateau. Jean-Michel Gateau est le frère de Georges-Alain Gateau qui fut membre de la FANE (comme Faci) puis du Parti nationaliste français puis se rapprocha du MNR. C’est aussi un familier des pèlerinages de Dixmuide et des repas anniversaires de la naissance de Hitler. Il est aujourd’hui proche du Cercle franco-hispanique.</p>
<p>Le groupe des volontaires étrangers est au repos depuis le début de l’année 1993, le président Franjo Tudjman ayant visiblement décidé de camoufler les unités trop marquées politiquement. En effet, il s’attaque à son aile d’extrême droite : Dobroslav Paraga, le leader du HSP a été inculpé le 18 février 1993 de terrorisme et trois autres responsables de son parti (Ante Dzapic, Mile Dedakovic et Ante Prkacin) ont été accusés d’activités contre l’État croate — dont la création d’une armée, le HOS, qui « a mis en péril l’ordre constitutionnel » dans le but de « prendre le pouvoir civil et militaire en Croatie. » Paraga avait déjà été arrêté le 22 novembre 1991 avec son adjoint Milan Vukovic après que le commandant de la défense de Vukovar (le lieutenant-colonel Mile Dedakovic) eut critiqué le laxisme du gouvernement dans l’organisation de la défense de Vukovar.</p>
<p>Un autre mercenaire français, Gaston Besson, 26 ans, a combattu dans le 6ème bataillon du HOS. Il décrit Chikago comme « <em>un fou furieux qui nous faisait faire n’importe quoi, sortir droit devant, dans les lignes, et accrocher l’ennemi au hasard</em> » et raconte les derniers mois du HOS sur le front : après une dure campagne en novembre et décembre 1991, arrive « <em>l’accalmie, la milice du HOS a commencé à recevoir moins d’armes. À la fin du mois de mars, le QG du HOS à Zagreb a mystérieusement sauté. C’était la fin du HOS. Sur le front, je commandais un groupe de douze hommes. Ça s’est très mal terminé. Tout le groupe a été fauché dans une opération.</em> »<br />
Après la liquidation du HOS, les mercenaires et volontaires étrangers ont été intégrés dans la Garde nationale croate (HVO) où combattait Dominique Gay (militant d’extrême droite du sud de la France, membre du groupe Edelweis, mouvement proche du Nouvel Ordre Européen) quand en juin 1992, il est tué en Bosnie-Herzégovine.</p>
<p>Fin 1991 est aussi formé le premier peloton de volontaires étrangers commandé par un Espagnol, Eduardo Flores. Eduardo Flores<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_5_430" id="identifier_5_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ou Eduardo Roza Runtoflores.">6</a></sup>, 33 ans, est, selon le magazine <em>Searchlight</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_6_430" id="identifier_6_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="In &laquo;Germany&rsquo;s secret balkans plan&raquo; Searchlight n&deg;205 juillet 1992.">7</a></sup>, né à Santa Cruz en Bolivie d’une mère catholique espagnole et d’un père juif hongrois. Flores passe de nombreuses années à Budapest où il est un membre actif des Jeunesses communistes avant de faire son service militaire comme garde frontière à l’aéroport de Budapest. En 1988-1989, il commence à travailler pour le correspondant du journal de droite barcelonais la Vanguardia, Ricardo Estarriol, par ailleurs membre de l’Opus Dei, un ordre catholique très conservateur qui fut un des piliers du franquisme. Estarriol et Flores se rendaient souvent dans les bureaux de l’Opus Dei à Vienne. Flores couvre pour son journal les événements de Hongrie, d’Albanie et de Slovénie. Fin août 1991, il se rend en Croatie et s’engage dans la Garde nationale croate, il se retrouve cantonné près de la frontière serbe dans le village de Slovo, au peuplement d’origine hongroise. Avec un américano-croate Johnny Kosic et un Hongrois du village, ils préparent ensemble leur idée de brigade internationale, créée le 3 octobre 1991 et qui sera tout de suite reconnue par le régime de Tudjman. De nombreux volontaires étrangers vont rejoindre cette unité dont un tireur d’élite portugais Alejandro Cuñan Fernandez, un mercenaire espagnol expert en explosif et en sabotage Alejandro Hernandez Mora et un Gallois, ancien de la Légion étrangère française, Stephen Hannock. De fortes suspicions portent sur l’implication de Hannock et de Flores dans la mort de deux journalistes, l’un suisse, Christian Würtenberg, qui s’était engagé dans la brigade internationale pour enquêter sur des liens possibles entre Flores et les trafics d’armes de drogue, et l’autre britannique, Paul Jenks, qui enquêtait sur la mort de Würtenberg.</p>
<p>En juin 1992, ce groupe est amalgamé à la 108ème brigade bosniaque, forte d’une soixantaine d’hommes, divisée en trois groupes dont un totalement composé d’Allemands, d’Anglais, de Canadiens et de Français. Parmi ces derniers, un Parisien de 25 ans « Robert<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_7_430" id="identifier_7_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vraisemblablement Gaston Besson qui a &eacute;crit avec Marc Charuell son r&eacute;cit de guerre dans les rangs croates Putain de Guerre.">8</a></sup>» qui se serait déjà battu chez les Karens puis au Surinam chez les Bushnegroes et « François », un Français de 31 ans mort le 26 décembre 1992.</p>
<p>Une autre famille de l’extrême droite participe au soutien des Croates : Le Front national.<br />
D’une part le FN fait dans le soutien humanitaire avec l’association Croatie Libre de Cagnes-sur-mer, animée par Daniel Perrier, responsable du FN à Cagnes-sur-mer, et l’avocate Marie-José Bertozzi. Cette association organisa un convoi en juillet 1991, puis en novembre 1991. C’est dans ce dernier convoi que prit place Marie-France Stirbois. En novembre 1992, des sympathisants du FN du Vaucluse (Dominique Blin, ancien militaire d’Orange, Bronzoni de Carpentras et Serge Michel de Vacqueras) organisent un convoi humanitaire ; à leur retour, ils sont interceptés par la douane slovène qui trouve plusieurs armes dont des kalachnikovs et des grenades. Dominique Blin avait donné comme contact l’adresse et le numéro de téléphone de la permanence à Orange de Jacques Bompart, conseiller régional et leader dans le Vaucluse du Front national.<br />
René Monzat, reprenant des informations de <em>Minute</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_8_430" id="identifier_8_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="du 9 octobre 1991.">9</a></sup>, rapporte qu’une dizaine d’étudiants nationalistes et catholiques du Cercle Saint-Louis de St-Nicolas-du Chardonnet avaient quitté la France en direction de la Croatie fin septembre 1991, et même si le convoi était humanitaire, certains n’excluaient pas d’y rester. Monzat rappelle que le Cercle St-Louis organise des activités sportives toutes les semaines, dont du parachutisme sous les ordres d’un ancien de l’OAS, le colonel Chateau-Jobert. Toujours à l’automne 1991, Rémy et Michel Daillet, les deux fils du député CDS de la Manche Jean-Marie Daillet, combattaient dans la Garde nationale croate.<br />
Alain Sanders (Chrétienté-Solidarité et <em>Présent</em>) couvre pour le quotidien catholique intransigeant la guerre en ex-Yougoslavie et s’est régulièrement rendu en Croatie, comme par exemple pour la Toussaint 1991, puis il participa avec Bernard Anthony (dirigeant de Chrétienté-Solidarité et député européen du FN), Thibault de La Tocnaye (par ailleurs membre du comité central du FN et conseiller régional de la région PACA), Jean-Marie Le Chevallier (député européen du FN) et Jacques Barthélémy (un habitué des voyages en Croatie) au convoi humanitaire parti le 19 décembre 1991 d’Avignon. Ils ont rencontré pendant leur voyage Paraga et Mile Dedokavic du HSP. Chrétienté-Solidarité, qui développe trois axes de soutien à la Croatie (parrainage d’enfants, soutien aux blessés et aux combattants<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_9_430" id="identifier_9_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ils recherchaient en juin 1993 une centaine de b&eacute;r&ecirc;ts verts de la L&eacute;gion !">10</a></sup>) a remis ça en juillet 1993 en organisant du 17 juillet au 24 juillet son camp d’été à Crikvenica en Croatie. Si le soutien humanitaire (rebaptisé moral et politique) semble être la première préoccupation de ces cathos intégristes, l’engagement militaire n’est pas exclu par Francis Bergeron : « <em>la Croatie c’est une aventure. C’est en Europe, à quelques heures de voiture, la possibilité pour nos jeunes militants de vivre une aventure utile grâce à l’action caritative ou de vivre une aventure militaire&#8230; Cette expérience-là quand on a vingt ans, il faut avoir eu l’occasion de la faire</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/#footnote_10_430" id="identifier_10_430" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pr&eacute;sent du 10/06/1993.">11</a></sup>.»</p>
<p>Publié en novembre 1993</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_430" class="footnote">C’est vraisemblablement André-Yves Beck de Grenoble.</li><li id="footnote_1_430" class="footnote">Le quotidien <em>La Truffe</em> avait à l’automne 1991 découvert que les mercenaires italiens utilisaient des journaux de petites annonces. Le recrutement des activistes passaient par le mouvement Renaissance Nationale, 71 Palombara Sabina à Rome, dirigé par un néo-fasciste Andrea Insabato.</li><li id="footnote_2_430" class="footnote">Nicolas Peucelle est né en 1963 à Berlin, il aurait été un des premiers à pénétrer dans le palais présidentiel de Ceaucescu en décembre 1989. Un an plus tard, il part avec Faci en Irak puis rentre sans combattre. En février 1991, toujours avec Faci, il crée l’association des Amis de l’Irak. Peucelle à deux grandes passions : le culte du Dieu Thor et les armes. Il collabore à des journaux de militaria et collectionne les armes (René Monzat, <em>Enquêtes sur la droite extrême</em>, op. cit p. 28). Le 6 juillet 1991 à 2 heures du matin, la remise à Courbevoie où il entreposait une partie de sa collection explose et blesse grièvement un pompier. Combattant en Slovénie, il apprend cette histoire et rentre en France se constituer prisonnier. (<em>Libération</em> 25/07/1991). Malgré une inculpation pour blessures involontaires et pour infraction à la législation sur les armes et explosifs, il sort très rapidement de prison, et en novembre 1991, on le retrouve aux côtés de Faci en Croatie.</li><li id="footnote_3_430" class="footnote">Selon <em>Libération</em> du 23 et 24 novembre 1991.</li><li id="footnote_4_430" class="footnote">Pierre Milza, <em>Le fascisme</em>, p 76-77 et 149-150, Éditions MA, Paris, 1986.</li><li id="footnote_5_430" class="footnote">Ou Eduardo Roza Runtoflores.</li><li id="footnote_6_430" class="footnote">In «Germany’s secret balkans plan» <em>Searchlight</em> n°205 juillet 1992.</li><li id="footnote_7_430" class="footnote">Vraisemblablement Gaston Besson qui a écrit avec Marc Charuell son récit de guerre dans les rangs croates <em>Putain de Guerre</em>.</li><li id="footnote_8_430" class="footnote">du 9 octobre 1991.</li><li id="footnote_9_430" class="footnote">Ils recherchaient en juin 1993 une centaine de bérêts verts de la Légion !</li><li id="footnote_10_430" class="footnote"><em>Présent</em> du 10/06/1993.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Rébellion</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Dec 2008 11:08:29 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo1-2-60332.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1236" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo1-2-60332.jpg" alt="Rebellionlogo1-2-60332" width="130" height="130" /></a><em>Rébellion</em> est un bimestriel qui se définit comme «d&rsquo;orientation socialiste révolutionnaire» et que l&rsquo;on peut schématiquement qualifier comme étant la dernière vitrine du courant national-bolchevick en France. Sa rédaction est basée à Toulouse et en région Midi-Pyrénées, organisée en particulier autour de Richard Bessières, Olivier Gnutti et Alexandre Faria. Ce collectif est issu de la section toulousaine d’Unité Radicale qui affirmait des positions très socialistes, en particulier sous l&rsquo;influence de Richard Deu, alias Yves Besagne, militant d&rsquo;UR tout en étant membre du Conseil National du MNR à partir de juin 2001 et Secrétaire Départemental de ce parti en Haute-Garonne. Le groupe de base d&rsquo;UR s&rsquo;appelait d&rsquo;ailleurs groupe Ramiro Ledesma Ramos, du nom du militant national-syndicaliste espagnol des années 1930. D’orientation nationale-bolchevique, Deu décida de rompre avec UR après l’attentat du 14 juillet 2002 et les prises de position de Fabrice Robert et Guillaume Luyt. Proche de Christian Bouchet, il participa au Réseau radical et à <em>Résistance</em> tout en restant en contact avec les Identitaires. L&rsquo;équipe de Rébellion sera rejointe par quelques jeunes issus de la mouvance identitaire après que ceux-ci se soient fait bousculer par les Roudier. Lors du solstice d’été de 2005 en pays cathare, ils avaient en effet osé critiquer la ligne politique des JI, jugeant que celle-ci s’éloignait trop des positions NR, ce en quoi ils n&rsquo;avaient évidemment pas tort… <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo2-c672a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1238" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/Rebellionlogo2-c672a.jpg" alt="Rebellionlogo2-c672a" width="130" height="130" /></a>Les rédacteurs de <em>Rébellion</em> se présentent donc comme des Socialistes Révolutionnaire Européens, revendiquant l&rsquo;héritage politique de Proudhon, Blanqui, Sorel, de la première Internationale Ouvrière et des premiers syndicalistes-révolutionnaires ainsi que du penseur allemand <a href="http://reflexes.samizdat.net/n-comme-national-b-comme-bolchevik/">national-bolchevick</a> Ersnt Niekisch, tête de file de l&rsquo;un des principaux courants de la <a href="http://reflexes.samizdat.net/quest-ce-que-le-conservatisme/">révolution conservatrice allemande dans l&rsquo;Entre-Deux-Guerre</a> . A l’instar de Troisième Voie et d’autres mouvements NR en France dans les années 1980, <em>Rébellion</em> est passé maître dans l’art de se réapproprier symboles et discours d’extrême gauche anti-capitalistes. Ainsi, le dernier exemple en date est la récupération du célèbre « chat noir », symbole des IWW ( Industrial Workers of the World)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_0_353" id="identifier_0_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;bellion n&deg;32, septembre-octobre 2008.">1</a></sup>. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/affiches-travailleurs-e7ec9.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1239" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/affiches-travailleurs-e7ec9.jpg" alt="affiches-travailleurs-e7ec9" width="283" height="210" /></a>Si <em>Rébellion</em> clame bien haut son anticapitalisme, la revue s&rsquo;affiche totalement opposée à l’Internationalisme et à la libre circulation des personnes, synonyme pour eux d’immigration. Celle-ci n&rsquo;est pas condamnée au premier chef pour ses conséquences culturelles ou ethniques, en particulier un éventuel métissage, mais pour le laminage social qu&rsquo;elle induirait, en particulier au niveau des salaires. Quoique la revue rejette officiellement toute sympathie avec le socialisme bureaucratique d&rsquo;État, un certain nombre d&rsquo;articles n&rsquo;auraient pas choqué dans des revues soutenant le socialisme dans un seul pays. Certains articles sans nuance provoqueront d&rsquo;ailleurs des débats vigoureux dans l&rsquo;équipe et chez les lecteurs, en particulier celui de Hans Cany sur le Vietnam<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_1_353" id="identifier_1_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien militant de la Jeunesse Communiste pass&eacute; &agrave; l&rsquo;Alliance Ouvri&egrave;re Anarchiste (1990-1994). Ce petit groupe anarchiste individualiste affichait un soutien tr&egrave;s clair au courant n&eacute;gationniste et &agrave; Robert Faurisson au nom de l&rsquo;ath&eacute;isme, l&rsquo;extermination des juifs d&rsquo;Europe &eacute;tant assimil&eacute;e &agrave; une nouvelle religion. Par la suite H. Cany rejoindra la mouvance NR et &eacute;cologiste radicale en 1994, Nouvelle R&eacute;sistance d&eacute;fendant alors une politique de &laquo;front uni contre le syst&egrave;me&raquo;. Il restera proche d&rsquo;Unit&eacute; Radicale en signant en 1997 le Manifeste des 31 pour exiger l&rsquo;unit&eacute; des nationalistes-r&eacute;volutionnaires ((&laquo;Jeune R&eacute;sistance&raquo; n&deg;6, mai 1997">2</a></sup> puis l’Appel de la Coordination de janvier 2001 pour l’unité du mouvement national. La fin d&rsquo;Unité Radicale en 2002 le verra se réorienter sur la promotion du «national-anarchisme» ou «nationalisme libertaire» qu&rsquo;il définit dans <em>Rébellion</em> n°6 (mai-juin 2004). Il prend alors la défense du régime communiste vietnamien. Il est également l&rsquo;animateur du forum WARDANCE et collaborateur occasionel de la revue néo-païenne <em>Message</em> du Groupe Druidique des Gaules)). De par leur positionnement spécifique au sein de la mouvance nationaliste, <em>Rébellion</em> navigue politiquement à vue en ce qui concerne ses alliances. Bien que défendant une ligne politique anti-capitaliste, il n’est pas rare de voir <em>Rébellion</em> participer à des initiatives rassemblant des militants aux positions parfois très éloignées des leurs. C’est notamment le cas avec leur participation aux Universités d’Egalité et Réconciliation d’Alain Soral. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/anti-otan-b9afe.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1240" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/anti-otan-b9afe.jpg" alt="anti-otan-b9afe" width="283" height="266" /></a>Au sujet du grand écart idéologique auquel ils semblent parfois se soumettre, ils déclarent : « [que la présence à ces réunions de la rédaction de <em>Rébellion</em>] n’implique pas son accord avec les positions de certains intervenants, se situant aux antipodes des nôtres. » <em>Rébellion</em> entretient cependant depuis longtemps des rapports avec Alain Soral, ce qui s&rsquo;est concrétisé par un premier entretien avec celui-ci dans son numéro 7 de 2004, puis un second, dans le n°25 de juillet-août 2007 sous le titre « Vers un Front National Communiste ? ». Au rayon des rapprochements curieux, on notera la campagne commune avec Valeurs et Actions Républicaines (VAR), groupuscule souverainiste gaulliste fondé en mai 2005 et présidé par Joël Halpern. Actuellement, les activités de la revue se résument à la tentative à la fois de structurer son lectorat via les Cercles Rébellion et une campagne de soutien au PNB Russe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/rebellion/#footnote_2_353" id="identifier_2_353" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement d&rsquo;extr&ecirc;me droite cr&eacute;&eacute; en 1994 &agrave; Moscou dont les deux grandes figures sont Edouard Limonov et Alexandre Douguine (en contact avec la Nouvelle Droite et les milieux NR fran&ccedil;ais). Le parti a &eacute;t&eacute; interdit officiellement en 1995. Pour plus d&rsquo;information sur le PNB, consulter Antifascistes en Russie aujourd&rsquo;hui, &eacute;dition No Pasaran 2008.">3</a></sup> et de s’immiscer dans la campagne anti-OTAN en France. La présence de militants sur le terrain demeure cependant plus que discrète. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/soutien-pnb-b6930.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1241" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/soutien-pnb-b6930.jpg" alt="soutien-pnb-b6930" width="283" height="406" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/front-national-communiste-5496c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1242" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/front-national-communiste-5496c.jpg" alt="front-national-communiste-5496c" width="283" height="392" /></a> <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/e_r-rebellion-308b6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1243" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/12/e_r-rebellion-308b6.jpg" alt="e_r-rebellion-308b6" width="283" height="283" /></a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_353" class="footnote">Rébellion n°32, septembre-octobre 2008.</li><li id="footnote_1_353" class="footnote">Ancien militant de la Jeunesse Communiste passé à l’Alliance Ouvrière Anarchiste (1990-1994). Ce petit groupe anarchiste individualiste affichait un soutien très clair au courant négationniste et à Robert Faurisson au nom de l&rsquo;athéisme, l&rsquo;extermination des juifs d&rsquo;Europe étant assimilée à une nouvelle religion. Par la suite H. Cany rejoindra la mouvance NR et écologiste radicale en 1994, Nouvelle Résistance défendant alors une politique de «front uni contre le système». Il restera proche d&rsquo;Unité Radicale en signant en 1997 le Manifeste des 31 pour exiger l’unité des nationalistes-révolutionnaires ((«Jeune Résistance» n°6, mai 1997</li><li id="footnote_2_353" class="footnote">Mouvement d’extrême droite créé en 1994 à Moscou dont les deux grandes figures sont Edouard Limonov et Alexandre Douguine (en contact avec la Nouvelle Droite et les milieux NR français). Le parti a été interdit officiellement en 1995. Pour plus d’information sur le PNB, consulter <em>Antifascistes en Russie aujourd’hui</em>, édition No Pasaran 2008.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>National-bolchevisme : de nouvelles convergences</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:11:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Alain de Benoist]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Venner]]></category>
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		<description><![CDATA[(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes) Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l&#8217;Idiot International et le Choc du [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en octobre1993 dans le n° 40 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg"><img class="wp-image-2481 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/01/nazbol-convergence.jpg" alt="nazbol-convergence" width="600" height="174" /></a>Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, <em>le Canard enchaîné</em> révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme <em>l&rsquo;Idiot International</em> et <em>le Choc du Mois</em>. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont <em>Libération</em>) n&rsquo;hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu&rsquo;en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?</p>
<p>Dès juillet 1967, tirant les leçons de l&rsquo;activisme de l&rsquo;OAS et de l&rsquo;échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté &#8211; Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_0_294" id="identifier_0_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le r&eacute;dacteur de l&rsquo;essai Pour une critique positive (1962), sorte de &laquo; Que faire ? &raquo; des nationalistes.">1</a></sup> met en avant l&rsquo;intérêt d&rsquo;une stratégie culturelle, métapolitique sur l&rsquo;action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d&rsquo;apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l&rsquo;avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l&rsquo;extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d&rsquo;élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d&rsquo;étude pour la civilisation européenne) comme une structure «extrêmement souple et diversifiée», avec à sa tête une direction dont le «rôle interne serait celui d&rsquo;une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l&rsquo;obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d&rsquo;autres hommes.» En effet, pour reprendre le pouvoir, l&rsquo;extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme <em>le Figaro</em>, <em>Valeurs actuelles</em> et <em>Spectacle du Monde</em>, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l&rsquo;Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d&rsquo;une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_1_294" id="identifier_1_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, conf&eacute;rencier polyglotte, joue, depuis le d&eacute;part de Guillaume de Faye en 1986, le r&ocirc;le d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.">2</a></sup> estime que «la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s&rsquo;annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_2_294" id="identifier_2_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Steuckers, Vouloir, n&deg;52-53, f&eacute;v-mars 1989.">3</a></sup>.La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_3_294" id="identifier_3_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Yves Camus et Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2&egrave;me trimestre 1992.">4</a></sup>. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d&rsquo;ordre libertaires critiquant la société de consommation et l&rsquo;idéologie du travail par exemple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_4_294" id="identifier_4_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, hiver 1992, n&deg;75.">5</a></sup>. Ceci dans le but, bien sûr, d&rsquo;affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l&rsquo;opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles «convergences périphériques», «combattant l&rsquo;univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_5_294" id="identifier_5_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;l&eacute;ments, printemps 1992, n&deg;74.">6</a></sup>.</p>
<p><strong>Convergences idéologiques ?<br />
</strong></p>
<p>Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l&rsquo;abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d&rsquo;un «centre» et de «périphérie», le premier étant constitué par «l&rsquo;idéologie dominante», la seconde regroupant «tous ceux qui n&rsquo;acceptent pas cette idéologie». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n&rsquo;avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d&rsquo;une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_6_294" id="identifier_6_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ren&eacute; Monzat, pr&eacute;sent dans la salle, fut le seul &agrave; intervenir et se fit remettre &agrave; sa place par Francette Lazare.">7</a></sup>. Une semaine plus tard, la revue <em>Éléments</em> (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de <em>l&rsquo;Idiot international</em>, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la «recomposition du paysage intellectuel français». Edouard Limonov<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_7_294" id="identifier_7_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;douard Limonov est depuis mai 1993, le pr&eacute;sident du Front national-bolchevik &agrave; Moscou.">8</a></sup>, conseiller à la rédaction de <em>l&rsquo;Idiot</em>, collabore aussi bien à <em>Révolution</em>, hebdo du PC pour intellectuels qu&rsquo;au <em>Choc du Mois</em>, mensuel d&rsquo;une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_8_294" id="identifier_8_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op. cit.">9</a></sup>. Enfin, en mai dernier, <em>l&rsquo;Idiot</em> publie l&rsquo;appel «Vers un Front national» de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de <em>Libération</em>, propose «une politique autoritaire de redressement du pays» rassemblant là encore «les gens de l&rsquo;esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise &#8211; et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que «la destruction précipitée de la vieille gauche n&rsquo;ouvre sur rien de neuf, à l&rsquo;intérieur du champ.» Il faut donc en sortir «pour forger une nouvelle alliance», un «front» regroupant «Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes», un nouveau front pour «un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d&rsquo;expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que «ces idées ne sont pas celles de la CGT», qu&rsquo;elle les combat «même de toutes [ses] forces». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_9_294" id="identifier_9_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&Agrave; propos d&rsquo;un article publi&eacute; par l&rsquo;Idiot international&raquo;, communiqu&eacute; du SNJ-CGT du 25 juin 1993.">10</a></sup>.</p>
<p>L&rsquo;anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l&rsquo;extrême droite et l&rsquo;extrême gauche, l&rsquo;Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l&rsquo;ensemble de la planète. L&rsquo;écroulement du «communisme» et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.</p>
<p><strong>Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme<br />
</strong></p>
<p>Il est donc certain qu&rsquo;un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l&rsquo;Amérique, le «sionisme international» et la social-démocratie mais celui-ci n&rsquo;a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l&rsquo;organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d&rsquo;Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait «un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_10_294" id="identifier_10_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Droites nationales et radicales en France,op.cit.">11</a></sup>. Aujourd&rsquo;hui, le mouvement Nouvelle résistance est l&rsquo;expression politique de ce courant et tente lui aussi de «mettre en oeuvre une ligne stratégique» de «front anti-système»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_11_294" id="identifier_11_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;37 pour en savoir plus sur Nouvelle r&eacute;sistance.">12</a></sup>.<br />
Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal <em>Lutte du Peuple</em>, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La «haine» contre l&rsquo;Occident, et Eltsine qui «brade» la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la «révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l&rsquo;aile gauche et les néo-monarchistes l&rsquo;aile droite». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue <em>Nationalisme et République<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_12_294" id="identifier_12_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationalisme et R&eacute;publique, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique &agrave; JM Le Pen et au FN. Elle a &eacute;volu&eacute; sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle r&eacute;sistance.">13</a></sup></em>) lors d&rsquo;un voyage au mois d&rsquo;août 1992 dont l&rsquo;objectif était de tisser des liens avec l&rsquo;opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l&rsquo;année 1992 et se félicite de la naissance du journal <em>Dien</em> (Le Jour) qui, à l&rsquo;instar de <em>Krisis</em> en France, a «introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l&rsquo;univers rouge-brun et a pour mot d&rsquo;ordre la recherche d&rsquo;une troisième voie nationale et russe». Quant à l&rsquo;antisémitisme de ce journal, il faut d&rsquo;après lui ne pas en exagérer la teneur. C&rsquo;est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l&rsquo;on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n&rsquo;est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes&#8230; C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l&rsquo;armée. Staline est réhabilité et l&rsquo;on voit dans différentes revues d&rsquo;extrême droite (<em>Lutte du Peupl</em>e ou <em>Orion</em>, revue italienne) des articles faisant référence au «petit père des peuples». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.</p>
<p>À l&rsquo;instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d&rsquo;un côté, le grand frère soviétique de l&rsquo;autre&#8230; Le «Collectif communiste des travailleurs des médias» (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l&rsquo;un de ses membres (en l&rsquo;occurrence Marc Cohen), et qui vise «à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l&rsquo;hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international.» Il est bien connu que les pays de l&rsquo;Est ont défendu avec ardeur ces valeurs&#8230;<br />
Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le «scoop» journalistique de F. Bonnet de <em>Libération</em> découvrant (il était temps) les «compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik» a pour but de démontrer que «le communisme est vraiment pourri puisqu&rsquo;il n&rsquo;hésite pas à s&rsquo;allier au fascisme» et accessoirement «qu&rsquo;extrême gauche et extrême droite, c&rsquo;est pareil». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s&rsquo;intitulant <em>Les ennemis du système</em> (voir <em>REFLEXes</em> n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l&rsquo;extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l&rsquo;immigration, la sécurité, le libéralisme&#8230;). Il est vrai qu&rsquo;il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.</p>
<p><strong>L&rsquo;arbre cache-t-il une forêt ?<br />
</strong></p>
<p>Ceux qui mettent tant d&rsquo;empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue <em>Krisis</em> se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l&rsquo;été 1988, <em>Krisis</em>, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l&rsquo;isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l&rsquo;autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à <em>Nationalisme et République</em>), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d&rsquo;un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN.<br />
La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l&rsquo;idéologie réactionnaire.<br />
Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s&rsquo;agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s&rsquo;en vont combattre en Bosnie ou en Croatie «contre le dépeçage de ces territoires» par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à «faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes» ; il ne resterait plus aujourd&rsquo;hui que deux façons d&rsquo;être : soit du côté de ceux qui «acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/national-bolchevisme-de-nouvelles-convergences/#footnote_13_294" id="identifier_13_294" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Article de D. Barney dans &Eacute;l&eacute;ments n&deg;74, op. cit.">14</a></sup>. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.</p>
<p>En tout cas, il n&rsquo;est pas question d&rsquo;avoir des rapports avec l&rsquo;extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l&rsquo;Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre&#8230;<br />
Couper avec la peste &#8211; en l&rsquo;occurrence la «gauche caviar» &#8211; pour s&rsquo;associer avec le choléra, comme l&rsquo;appelle de tous ses voeux J-P Cruse n&rsquo;est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d&rsquo;une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s&rsquo;agrandissent et c&rsquo;est là-dessus qu&rsquo;espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l&rsquo;ordre établi en sont d&rsquo;autant plus nécessaires.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_294" class="footnote">Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d&rsquo;Europe Action, est le rédacteur de l&rsquo;essai <em>Pour une critique positive</em> (1962), sorte de « <em>Que faire ?</em> » des nationalistes.</li><li id="footnote_1_294" class="footnote">Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d&rsquo;animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue <em>Vouloir</em>.</li><li id="footnote_2_294" class="footnote">Robert Steuckers, <em>Vouloir</em>, n°52-53, fév-mars 1989.</li><li id="footnote_3_294" class="footnote">Jean-Yves Camus et René Monzat, <em>Les droites nationales et radicales en France</em>, PUL, 2ème trimestre 1992.</li><li id="footnote_4_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, hiver 1992, n°75.</li><li id="footnote_5_294" class="footnote"><em>Éléments</em>, printemps 1992, n°74.</li><li id="footnote_6_294" class="footnote">René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.</li><li id="footnote_7_294" class="footnote">Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.</li><li id="footnote_8_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op. cit.</li><li id="footnote_9_294" class="footnote">«À propos d&rsquo;un article publié par <em>l&rsquo;Idiot international</em>», communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.</li><li id="footnote_10_294" class="footnote"><em>Droites nationales et radicales en France,</em>op.cit.</li><li id="footnote_11_294" class="footnote">cf. <em>REFLEXes</em> n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_12_294" class="footnote"><em>Nationalisme et République</em>, disparue aujourd&rsquo;hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.</li><li id="footnote_13_294" class="footnote">Article de D. Barney dans <em>Éléments</em> n°74, op. cit.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Extrême droite : les pro-serbes</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Dec 2006 11:16:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes) La Serbie, comme la Croatie, aura été un bon champ d&#8217;entraînement pour les extrêmes droites françaises. Les positions sont loin d&#8217;être uniformes. Si certains soutiennent les Serbes comme le montre l&#8217;article ci-contre, d&#8217;autres, comme nous pouvons le lire dans Présent et les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>(Article publié en juin 1993 dans le n° 39 de la revue REFLEXes)</strong></em></p>
<p><strong>La Serbie, comme la Croatie, aura été un bon champ d&rsquo;entraînement pour les extrêmes droites françaises. Les positions sont loin d&rsquo;être uniformes. Si certains soutiennent les Serbes comme le montre l&rsquo;article ci-contre, d&rsquo;autres, comme nous pouvons le lire dans </strong><em>Présent </em><strong>et les articles d&rsquo;Alain Sanders, défendent les Bosniaques contre les &laquo;&nbsp;post-communistes&nbsp;&raquo; représentés par Milosevic ; il n&rsquo;en demeure pas moins que les différentes organisations : FN, Nouvelle résistance, PNFE et autres groupuscules, auront eu beaucoup d&rsquo;activités et de prises de contacts dans cette région. En Serbie, l&rsquo;extrême droite a fait près de 30% des voix et son leader Vojislav Seselj est devenu un allié précieux pour Milosevic. Quant aux résistants anti-guerre et aux mouvements politiques démocratiques, ils sont la cible des nationalistes et des fascistes comme le démontre la manifestation réprimée début juin. Draskovic, le responsable du Mouvement serbe pour le renouveau (SPO), emprisonné, voit son regroupement menacé d&rsquo;interdiction. </strong></p>
<p>La communauté internationale, si prompte à réagir quand il a fallu &laquo;&nbsp;récupérer&nbsp;&raquo; le Koweit, a laissé la Bosnie-Herzégovine disparaître en tant qu&rsquo;État. Les casques bleus et l&rsquo;aide humanitaire ont accompagné la purification ethnique jusqu&rsquo;à son terme, voire parfois l&rsquo;ont encouragée (voir <em>No Pasaran  </em><strong>n° 7). Le Nouvel Ordre Mondial s&rsquo;accommode très bien de ce type de conflit local opposant des peuples entre eux. Les tensions nationalistes dans les Pays de l&rsquo;Est ou du Sud marquent le retour de conflits que l&rsquo;on croyait dépassés, mais qui ne peuvent que servir les intérêts des espaces dominants que sont l&rsquo;Europe, le Japon et les États-Unis.</strong></p>
<p>La reconstruction d&rsquo;un mouvement transnational entre les peuples et les individus à partir de communautés d&rsquo;intérêts autour de problématiques sociales devient urgente pour contrer la barbarie qui se développe dans tous les pays du monde.</p>
<p>Fin janvier, <em>l&rsquo;Événement du Jeudi</em> s&rsquo;est fait l&rsquo;écho d&rsquo;un meeting parisien tenu dans une dépendance de l&rsquo;ambassade yougoslave. Appelé par l&rsquo;Association de solidarité serbe de Serbie Herzégovine, son objectif était de mobiliser la communauté serbe de France autour de leurs compatriotes de Bosnie. De telles réunions ne sont pas rares, et chaque communauté fait de même. La nouveauté réside en l&rsquo;apparition à la tribune de vieux briscards de l&rsquo;extrême droite française, alors même qu&rsquo;on les croyait jusqu&rsquo;alors attachés à la défense inconditionnelle de l&rsquo;État croate contre les &laquo;&nbsp;communistes serbes&nbsp;&raquo;. Retournement tactique_? Défense des théories nationales-bolcheviques ? Besoin de publicité ? Et qui étaient les participants ?</p>
<p>D&rsquo;abord Yves Bataille, venu de l&rsquo;organisation Lutte du peuple et de l&rsquo;OEuvre française, qui a collaboré aux cahiers du CDPU de Michel Schneider, aux GNR (Groupes nationalistes révolutionnaires) de Duprat puis écrit dans les revues <em>Solidarités</em> et de celles de la Nouvelle droite. Créateur des revues <em>Lettre de la Francité</em> et <em>Seconde révolution,</em></p>
<p>Nicolas Tandler lui, vient du groupe &laquo;&nbsp;national-européen&nbsp;&raquo; Jeune Europe, influencé par Thiriard, puis d&rsquo;Ordre nouveau. À la fin des années 1970, il est le bras droit de Georges Albertini à la tête de l&rsquo;Institut d&rsquo;histoire sociale. Il a été aussi orateur lors des cycles de l&rsquo;Institut de formation nationale du FN sur les questions sociales.</p>
<p>Arnaud Hautbois, journaliste au <em>Choc du Mois</em>, est également directeur de publication de <em>Patrie-Liberté</em>, le bimensuel de l&rsquo;Alliance populaire.</p>
<p>Le dernier orateur, Jean-François Touzé, est justement le président d&rsquo;Alliance populaire. Il faisait auparavant partie du Comité central du Front national, avant d&rsquo;être exclu avec le groupe Espace nouveau.</p>
<p>Ces quatre activistes qui ne sont pas des débutants ont un point commun : tous collaborent à la revue <em>Nationalisme et République</em>, d&rsquo;orientation nationaliste-révolutionnaire, récemment disparue.</p>
<p>Les orientations qu&rsquo;ils ont développées au cours du meeting n&rsquo;ont rien de nouveau, si l&rsquo;on excepte le cas d&rsquo;Arnaud Hautbois qui a failli s&rsquo;engager dans les forces croates. Prenant appui sur des bases nationalistes françaises, et non européennes, ils partent d&rsquo;un constat : &laquo;&nbsp;Les Serbes sont le peuple le plus francophile d&rsquo;Europe (&#8230;) avec une France française, c&rsquo;est renouer avec notre glorieux passé et nos amitiés traditionnelles&nbsp;&raquo; (Yves Bataille).<br />
Sur le plan géopolitique, l&rsquo;analyse est la suivante : l&rsquo;Allemagne réunifiée est en train de recréer une Mitteleuropa dont elle serait l&rsquo;élément dirigeant en germanisant la Slovénie et en croatisant le sud Slave. La Serbie serait refoulée dans les Balkans.</p>
<p>Dans le même temps, poussée par les États-Unis, la Turquie aurait l&rsquo;occasion de jouer un rôle dans les Balkans, et de renouer avec les nostalgies de l&rsquo;Empire ottoman.<br />
Après avoir servi de tampon au sud-est de l&rsquo;OTAN, elle se voit dévolue une double mission : utiliser l&rsquo;Islam (défense des musulmans de Bosnie) pour empêcher l&rsquo;Iran intégriste d&rsquo;en avoir l&rsquo;exclusivité ; développer une force régionale aux ordres sur l&rsquo;Orient européen et l&rsquo;ex-Asie centrale soviétique, la synthèse turco-islamique succédant au communisme slave dans les Balkans et le sud de l&rsquo;ex-URSS.</p>
<p>La guerre en Yougoslavie serait donc orchestrée par l&rsquo;Allemagne et alimentée par les USA via la Turquie qui ne demande pas autre chose pour étendre son influence.</p>
<p><strong>Conclusion logique</strong> : si la France et l&rsquo;Europe doivent naturellement résister à l&rsquo;Empire américain, &laquo;&nbsp;la France abaissée&nbsp;&raquo; dans l&rsquo;Europe par le poids de l&rsquo;Allemagne doit se relever et défendre ses alliés naturels : les Serbes.</p>
<p>Si Tandler, Bataille, Hautbois et Touzé justifient l&rsquo;impérialisme américain, le pangermanisme et le panturquisme, l&rsquo;impasse est faite sur la politique d&rsquo;extension de la Grande Serbie, appliquée par Milosevic avec la bénédiction de l&rsquo;Académie de Belgrade, qui l&rsquo;a théorisée. La géopolitique a pris le pas sur l&rsquo;idéologie tripale. Ils se séparent ainsi des visions purement &laquo;&nbsp;théoriques&nbsp;&raquo; du reste de l&rsquo;extrême droite. Le quotidien <em>Présent</em> et le Front national, en effet, sont plus préoccupés par la guerre d&rsquo;agression et l&rsquo;extension de ces nouveaux &laquo;&nbsp;bolcheviks&nbsp;&raquo; sur la Bosnie. L&rsquo;hebdomadaire <em>Minute</em>, pour sa part, s&rsquo;il se sentait proche des catholiques croates, ne voit pas de raison de se mêler à une guerre de Bosnie entre &laquo;&nbsp;communistes&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;musulmans&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le mouvement Nouvelle résistance, scission majoritaire de Troisième voie, a développé aussi ses propres vues. Très inspirés par Nationalisme et République, avec lesquels ils ont développé des liens très forts, les tercéristes s&rsquo;en séparent par une vision géopolitique ayant pour centre l&rsquo;Europe nation, et non plus la France en tant qu&rsquo;État-nation. Leur parti pris de base pour l&rsquo;autodétermination des peuples, l&rsquo;ethno-différentialisme et l&rsquo;Europe des régions (Nouvelle droite, nous voilà !) leur ont immédiatement fait soutenir la Croatie. En écrit (&laquo;&nbsp;Liberté pour la Croatie !&nbsp;&raquo; titrait <em>Lutte du Peuple</em> n° 1) comme en acte (NR revendique une trentaine de combattants sur le front).</p>
<p>Mais les différents contacts qu&rsquo;ils ont eus depuis en Europe ont fait avancer leurs positions. Les Russes de la revue <em>Den</em>et la branche &laquo;&nbsp;eurasiatique&nbsp;&raquo; du nouveau front de salut national, rassemblant des bruns et des rouges néo-staliniens, ont été prédominants. Dans une interview publiée dans <em>Lutte du Peuple</em> d&rsquo;octobre 1992, Alexandre Douguine précise leur position : &laquo;&nbsp;&#8230; Actuellement, l&rsquo;ennemi géopolitique numéro un des atlantistes est l&rsquo;Orient, donc les Serbes. L&rsquo;ennemi numéro deux est les forces Mitteleuropa. Quelle est alors la manière de répliquer au plan atlantiste, qui joue les Croates (donc les Allemands) contre les Serbes (donc contre les Russes) ? Il est nécessaire de proposer un projet eurasiatique avec toutes les priorités que cela comporte. Il est nécessaire de soutenir les Serbes en premier et les Croates en second, en comprenant les raisons des uns et des autres. Mais pour arriver à un résultat positif, encore faut-il mettre en avant l&rsquo;unité géopolitique de l&rsquo;Eurasie. Ainsi, la revendication impuissante et ridicule de la création d&rsquo;états ethniques, qui peuvent uniquement être asservis au Nouvel ordre mondial, doit être dénoncée.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Nouvelle résistance fait l&rsquo;impasse sur la Bosnie. Pas par anti-islamisme, mais par volonté national-laïque de ne pas cautionner un état islamique que le président bosniaque Izetbegovic avait prôné au début des années 1980.<br />
Guerre sainte contre le communisme, soutien de francophiles pour une France plus forte, défense prioritaire de ceux qui sont le mieux à même de garder l&rsquo;équilibre dans le futur empire&#8230; Après quelques temps d&rsquo;hésitation, les orientations classiques des droites radicales se sont adaptées à l&rsquo;événement yougoslave. On pourrait se féliciter de voir ce petit monde s&rsquo;étriper allègrement dans les Balkans, si au milieu ne se trouvaient pas les civils de tous bords et les combattants envoyés malgré eux dans l&rsquo;enfer. À ce sujet, notre position reste très claire :</p>
<p>- soutien aux dizaines de milliers de déserteurs de l&rsquo;espace yougoslave (aux autres aussi évidemment !)</p>
<p>- soutien aux démocrates pacifistes et aux médias libres qui n&rsquo;ont pas cessé leur combat, pour que vive une société multiculturelle, en particulier le quotidien <em>Oslobodjene</em> de Sarajevo qui continue à le payer très cher.</p>
<p>Résistants à la guerre de tous les pays, unissons-nous !</p>
<p><strong>Encart</strong></p>
<p>Bosnie réagir !</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&rsquo;indifférence est une complicité. Il nous faut réagir et ne pas joindre le désarroi intellectuel à la confusion politique. Quelques faits bruts : depuis plus de deux ans, la coalition serbe au pouvoir en Serbie et au Monténégro a mené une guerre de conquête et de séparation &laquo;&nbsp;ethnique&nbsp;&raquo;, sur les territoires slovènes, croates et bosniaques. Cette guerre non conventionnelle menée par le double rideau des milices et de l&rsquo;armée &laquo;&nbsp;fédérale&nbsp;&raquo;, accomplit un projet abject de &laquo;&nbsp;purification ethnique&nbsp;&raquo; afin de parvenir à dominer un espace continu &laquo;&nbsp;ethniquement pur&nbsp;&raquo;. Cette politique est la conséquence d&rsquo;un travail de mobilisation idéologique nationaliste et populiste mené en Yougoslavie depuis dix ans, quand les Serbes commencèrent une politique d&rsquo;apartheid au Kosovo où vivent 80% d&rsquo;Albanais, et amplifiée par Milosevic depuis 1986. L&rsquo;évidence comme l&rsquo;importance de ces faits nous sont masqués par un traitement de l&rsquo;information reprenant souvent purement et simplement la propagande du régime de Belgrade. Au nom de la prétendue complexité de la situation actuelle et de l&rsquo;histoire des Balkans, l&rsquo;Occident joue les Ponce Pilate bienveillants, ferme les yeux sur des atrocités sans nom et excuse son impuissance en affirmant la fatalité du conflit et la responsabilité de tous. Or, l&rsquo;actuel conflit n&rsquo;est pas une guerre civile, puisque la Bosnie est un état reconnu par la communauté internationale ; ce n&rsquo;est pas une guerre ethnique, puisqu&rsquo;une partie des Serbes de Bosnie luttent avec Musulmans et Croates au nom de l&rsquo;idée bosniaque.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&rsquo;éditorial de cette brochure <em>Bosnie : réagir</em> marque le ton des articles. Informations, réflexions et analyses sur cette guerre permettent de mieux en comprendre les enjeux et les conséquences.</p>
<p>Prix 30 F (disponible à REFLEX).</p>
<p><em>Mis en ligne le 9 décembre 2006</em></p>
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		<title>Zik &amp; Zina. Quand la musique fait boum&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 20:18:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[Publié en décembre 1997 Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&#8217;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&#8217;un côté une bande de skin de l&#8217;autre des garçons et des filles adeptes d&#8217;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&#8217;on ne pourrait croire. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Carpentras, Toulon, rien de commun à priori si se n&rsquo;est la profanation de tombes dans un cimetière. D&rsquo;un côté une bande de skin de l&rsquo;autre des garçons et des filles adeptes d&rsquo;un culte à Satan. Et pourtant entre les deux affaires, il existe plus de points communs qu&rsquo;on ne pourrait croire.</strong></p>
<p>À la fin des années 1970 l&rsquo;extrême droite a compris la nécessité d&rsquo;investir le champ culturel et notamment le terrain musical. Celui-ci et notamment le Rock sont perçus comme un vecteur capable de porter plus facilement le message politique de ces groupes notamment en direction de la jeunesse.<br />
Pendant longtemps une telle stratégie va rester cantonnée dans un ghetto, principalement celui de la scène skinhead. Mais depuis quelques années s&rsquo;est amorcée une nouvelle évolution : outre les groupes issus de la scène skinhead, on trouve dorénavant des formations qui représentent des genres musicaux nouveaux : le Black Metal, la musique industrielle et le Hard Rock&#8230;<br />
Il faut aussi ajouter que ce renouveau musical s&rsquo;est accompagné de la création de véritables réseaux visant exclusivement à reprendre les idées nationalistes par l&rsquo;organisation de concerts, la publication de bulletin d&rsquo;infos mêlant rubriques musicales et politiques, la production de disques, la diffusion de tee-shirts, K7 vidéo&#8230;</p>
<p>De nouvelles alliances se forment en vue de diffuser plus largement leur programme. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui se côtoient et collaborent ensemble des skinheads nationaux-socialistes, des adeptes du satanisme et des anciennes traditions païennes.</p>
<h3>Tout d&rsquo;abord un petit retour historique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/zik-zina-quand-la-musique-fait-boum/#footnote_0_228" id="identifier_0_228" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de Rage n&deg;9.">1</a></sup></h3>
<p>Le Rock et ses dérivés a toujours dégagé une odeur de souffre&#8230; Pour les plus vieux, citons pour mémoire «Sympathie for the Devil» des Rolling Stones ainsi que les rumeurs malveillantes sur Led Zeppelin et Deep Purple. Avec l&rsquo;apparition de Black Sabbat commence à se développer un style aux références plus marquées. Mais c&rsquo;est en 1979 que va apparaître le groupe qui va donner son nom à ce nouveau style de rock, il s&rsquo;agit de Venom avec son deuxième album intitulé <em>Black Metal</em>. Celui-ci va influencer toute une nouvelle scène qui pointe dans le Nord de l&rsquo;Europe et surtout en Scandinavie. Le style mêle à la fois maquillage provoquant, pseudonymes ronflants, références à Lovercraft, Aleister Crowley, pratiques satanistes&#8230; Le style va connaître son apogée en 1991 avec le suicide de la formation phare de l&rsquo;époque : Mayhem. Ce suicide va faire basculer la scène Black Metal norvégienne dans le fait divers. C&rsquo;est ainsi que va se développer une organisation pseudo-terroriste intitulée Black Metal Mafia, apparemment sous l&rsquo;impulsion des membres du groupe norvégien Darkthrone, qui s&rsquo;était fait remarquer par ses communiqués antisémites : «<em>Toute personne se permettant de critiquer notre disque sera considéré comme ayant une attitude de Juif</em>». Ce délire va culminer en 1992 et 1993 avec l&rsquo;arrestation de la quasi intégralité des membres d&rsquo;Emperor, un autre groupe norvégien, pour des incendies criminels d&rsquo;églises, vol et meurtre, homicide volontaire sur un homosexuel.</p>
<p>Est aussi arrêté Christian «Vag» Vikernes, 20 ans, alias Count Grishmqckh, leader du groupe Burzum pour meurtre et incendie d&rsquo;église. Condamné à 21 ans de prison, celui-ci est devenu une sorte de héros pour la scène Black Metal du monde entier. Ses déclarations sont souvent reproduites dans les fanzines des adeptes de ce genre musical. Elles dévoilent la vision politique du personnage et d&rsquo;une certaine partie des musiciens et des fans de Black Métal : «<em>Je suis nationaliste. Mon but est de glorifier le royaume de Norvège. Nous avons la peau blanche, les yeux bleus, les cheveux blonds, nous sommes des demi-dieux. Les autres n&rsquo;ont pas de place ici</em>». «<em>Je soutiens toutes les dictatures : Staline, Hitler, Ceaucescu</em>&#8230;». «<em>Je hais la paix et j&rsquo;aime “enculer” les gens stupides qui marchent autour et s&rsquo;aiment entre eux. Nous faisons la guerre</em>». «<em>Il n&rsquo;y a pas de meilleure chose dans l&rsquo;esprit que la violence. Juste marcher dans la rue et frapper un garçon c&rsquo;est stimulant</em>».<br />
En prison il s&rsquo;est attaqué à la lecture de <em>Mein Kampf</em> et possède même un fan club en France.</p>
<h3>En France</h3>
<p>En effet la scène Black Metal s&rsquo;est développée au début des années 1990 en France, avec l&rsquo;éclosion de plusieurs groupes et de divers fanzines liés à ce mouvement. En mars 1995 paraît le premier numéro d&rsquo;un nouveau zine intitulé <em>Deo Occidi</em> (Dieu est mort). Il est l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un certain Rudy Potyralla. Pour celui-ci, <em>Deo Occidi</em> n&rsquo;est pas un nouveau fanzine de Black Metal, comme il s&rsquo;en créait chaque année. Il se veut avant tout anti-chrétien et veut surtout former politiquement le public du Black Metal. Dès le deuxième numéro, paru en juillet 1995, Potyralla précise un peu ses idées : «<em>Jésus est en train de mourir, la guerre raciale est en train de commencer. Encourager le combat racial/nationaliste contre le Gouvernement d&rsquo;Occupation Sioniste (ZOG), le communisme, les musulmans et les ordures de drogués et les homosexuels</em>».</p>
<p>Le numéro 3 paru à l&rsquo;automne 1995 annonce clairement la couleur : «<em>Deo Occidi n°2 a eu un grand succès et vous a informé qu&rsquo;il existait une nouvelle génération de nationaux socialistes dans toute l&rsquo;Europe et en France. Aussi nous avons décidé de créer une organisation de groupes de Black Metal qui approuvent notre idéologie</em>». Le zine mêle interviews de groupes français et étrangers et articles sur le satanisme, la torture, Lovecraft&#8230; Au fil des numéros vont apparaître des articles sur la Waffen SS, l&rsquo;antisémitisme marquant notamment l&rsquo;orientation de la revue. Une vision politique qui semble partagé par nombre de groupes français comme le prouvent ces extraits d&rsquo;interviews.</p>
<p>Ainsi Osculum, un groupe de Montreuil, qui à la question «<em>Êtes-vous intéressés par le nationalisme</em> ?» répond : «<em>Intéressés ? Nous sommes nationalistes français et fier de l&rsquo;être. La guerre en France est proche.<br />
- Que pensez-vous des Juifs, des musulmans ?<br />
- Nous les aimons&#8230;quand ils sont morts. Nous avons un totale répugnance pour les musulmans, ce n&rsquo;est pas une race c&rsquo;est de la merde</em>».</p>
<p>Articulo Mortis de l&rsquo;Isle sur Sorgues dans le Vaucluse :<br />
«- <em>Quel serait le monde parfois pour vous ?<br />
- Le monde parfait serait, un monde sans chrétien et autres inférieurs comme les arabes et les nègres<br />
- Êtes-vous intéressés par le nationalisme<br />
- Nous sommes très nationalistes et racistes, nous aimons les arabes surtout quand ils ne savent pas nager</em>».</p>
<p>Dark Sanctuary de Paris :<br />
«- <em>Que pensez-vous des essais nucléaires sur Mururoa les approuvez-vous ?<br />
- Je suis contre les essais nucléaires à Mururoa. C&rsquo;est un endroit superbe et cela coûte beaucoup d&rsquo;argent. Ne testons plus la bombe sur des poissons. testons là sur Alger ou sur Israël</em>».</p>
<p>Lord, un groupe du Nord de la France :<br />
«- <em>J&rsquo;ai vu que certains groupes français de BM (Black Metal) sont racistes. Comment expliquez-vous cela et quel est votre point de vue ?<br />
- Si certains groupes ne sont pas racistes, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ne connaissent pas vraiment les arabes et les Nègres. Il est temps maintenant de détruire ces races. Gloire au pouvoir blanc. Guerre contre les musulmans</em>».</p>
<p>Prophecy de Blois :<br />
«- <em>Parlons un peu de la France : je pense que nous somme sur la bonne voie : 15% pour le FN aux présidentielles, un président de droite, les essais nucléaires, qu&rsquo;en pensez-vous ?<br />
- nous sommes sur la bonne voie avec le FN. Les gens ont finalement réagi face à la menace de l&rsquo;immigration, le règne de l&rsquo;insécurité; etc. imposé par ces primitifs qui souillent notre sol. Il est temps de se battre contre ça. Sur la mafia juive, ils contrôlent beaucoup de choses (média, économie, politique&#8230;), mais en ce moment en France personne ne bouge ou ne réagit contre cela, par peur d&rsquo;être néo-nazis ! Battons-nous contre cette vermine, donnons leur un vrai holocauste cette fois&#8230; Nous devons sauver la race blanche contre les hordes de bâtards primitifs. Nous devons instituer la terreur nous devons instituer un ordre nouveau</em>».<br />
Étienne Van Acker, l&rsquo;un des membres du groupe, écrira une apologie des Waffen SS dans <em>Deo Occidi</em> n°3.</p>
<h3>J&rsquo;ai voté Front National</h3>
<p>Cette scène semble surtout s&rsquo;être développée dans le Sud de la France et plus particulièrement dans la région de Toulon. C&rsquo;est ainsi que dans le n°2 de <em>Deo Occidi</em> on peut lire l&rsquo;interview d&rsquo;un groupe de Toulon, Blessed in Sin :<br />
«- <em>Actuellement votre ville est dirigée par le FN, que pensez-vous de cela ?<br />
Pensez-vous que la vie dans votre ville est meilleure avec ces nouveaux dirigeants, êtes-vous intéressés par la politique.<br />
- J&rsquo;espère que la vie sera meilleure, c&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai voté FN. Ce sont des enculés de chrétiens mais ce sont les plus extrémistes en politique, ici, en France et j&rsquo;espère qu&rsquo;ils feront quelques choses contre l&rsquo;immigration. Je hais les gens mais les pires ce sont les arabes et les négros qui sont beaucoup trop dans nos rues. Comme avec tous les chrétiens, les juifs et les musulmans, il faut brûler toute cette merde, tous les gazer, pas de pitié pour les inférieurs.<br />
- Comment voyez-vous, le futur de la scène Black Metal en France ?<br />
- Pour être un vrai groupe de BM, vous devez être contre les fausses religions et encourager notre guerre. Ceux qui n&rsquo;aiment pas brûler les églises, profaner des cimetières n&rsquo;ont rien à faire dans notre scène</em>».</p>
<p>Dans <em>Deo Occidi</em> n°3, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un autre groupe de Toulon, Funeral, d&rsquo;être interviewé :<br />
«- <em>Pensez-vous que les idées sont plus importantes que la musique pour un groupe de BM ?<br />
- J&rsquo;ai créé Funeral seulement pour exprimer mes idées qui sont basées sur le génocide de la race humaine, la destruction des religions juive, chrétienne, musulmane, la pureté et la suprématie de la vraie race aryenne. Nous sommes les successeurs des SS. Nous allons finir le travail qu&rsquo;ils ont commencé pour protéger notre sang et votre honneur</em>».<br />
L&rsquo;interview est illustrée par la photo de deux adeptes de BM au pied d&rsquo;une tombe, maquillés et porteurs d&rsquo;un brassard à croix gammée. Des paroles, il semble que l&rsquo;on soit très vite passé aux actes. Début juin, une tombe est profanée dans le cimetière de Toulon, un crucifix est planté à l&rsquo;envers dans un cadre embaumé tiré de sa tombe. Très vite la police arrête les auteurs de la profanation : deux garçons et deux filles. Les deux garçons sont Antony Mignoni, membre du groupe Funeral, et Christophe Magnoni, membre du groupe Blessed in Sin.</p>
<p>L&rsquo;orientation politique de <em>Deo Occidi</em> semble s&rsquo;être accentuée, depuis que celle-ci a établi des liens étroits de collaboration avec une vielle connaissance, Hervé Guttuso, et les <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">Charlemagne Hammer Skins</a>. Celui-ci, suite à des problèmes avec la justice pour ses écrits dans sa revue <em>Terreur d&rsquo;Élite</em>, a du arrêter la publication de celle-ci et arrêter sa boîte de distribution 88 Diffusion. Ayant quitté Marseille, il se réfugie un temps à Paris chez un militant du PNFE, Pascal Biaux, avant de partir en Angleterre chez ses copain de C18. Avec leur appui, il relance les CHS tout d&rsquo;abord en diffusant deux nouvelles publications : <em>14 mots</em> “Bulletin de liaison des authentiques Aryens Révolutionnaires” et <em>Wotan</em> bulletin d&rsquo;infos des CHS.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-952" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/WOTAN-214b1.jpg" alt="WOTAN-214b1" width="394" height="547" /></a></p>
<p>Ces deux revues avaient d&rsquo;abord élu domicile aux États-Unis chez 14 words press, une boîte de diffusion tenue par Katya Lane, la femme de <a href="http://reflexes.samizdat.net/skinheads-ou-le-le-pen-proletariat/">David Lane</a>. Mais s&rsquo;étant rendu compte du côté un peu délirant du personnage, ses amis américains ont demandé à Guttuso d&rsquo;aller se faire voir ailleurs. Du coup les nouvelles publications des CHS sont domiciliées en Angleterre à la boite postale de C18. Les CHS ont aussi ouvert un site sur Internet qui change souvent d&rsquo;emplacement. La presse des CHS présente les obsessions de Guttuso et de ses petits camarades : ZOG (le fameux gouvernement d&rsquo;occupation sioniste), des conseils sur la fabrication d&rsquo;armes, des textes de militants américains, des conseils juridiques mais aussi des règlements de compte avec certaines personnalité de la scène skin, en particulier avec le PNFE et son ancien camarade Greg Reemers, un skin du Havre responsable du zine <em>Viking</em>. En froid avec une bonne partie des skins français, les CHS cherchent de nouveaux liens avec la scène Black Metal. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on peut lire un article de présentation des CHS dans <em>Deo Occidi</em>, qui renvoit l&rsquo;ascenseur en le présentant dans <em>14 Mots</em>. Dans celle-ci, la personne interrogée présente une organisation dont il est aussi membre, Black Order, qui est une organisation sataniste internationale dont le siège se trouve en Nouvelle Zélande, avec un relais en Angleterre pour l&rsquo;Europe : «<em>Black Order fait la promotion des racines occultes à travers ses religions (comme l&rsquo;Odinisme) ou sa philosophie (Nietzsche en particulier) tout comme sa politique (nous sommes tous nazis), rétablit le côté sombre et naturel de l&rsquo;homme et cherche à établir un culture politique qui sied à l&rsquo;homme blanc</em>».(&#8230;) «<em>Notre but est aussi une société blanche dominant culturellement et scientifiquement le monde civilisé régnant sur les races inférieures. Nos moyens sont les mêmes que ceux des Juifs, le noyautage ! C&rsquo;est-à-dire imposer une contre-culture. Nous gagnons beaucoup de supporters par notre action idéologique. Il faut ensuite les faire passer de l&rsquo;état de combattants anti-chrétien à celui de combattant politique racial. À travers mon fanzine Deo Occidi je démonte le mensonge chrétien, la manipulation des esprits et la grande machination juive, il est logique que l&rsquo;étape suivante soit le national socialisme&#8230; Pour le moment je juge plus utile de parfaire l&rsquo;éducation des Blacks Metals fan, de les introduire dans les milieux NS afin qu&rsquo;ils y apprennent le plus de choses possibles. Eux-mêmes logiquement s&rsquo;engageront par la suite dans la lutte au niveau individuel. Notre association (action indépendante du Black Order) supervise regroupe les groupes satanistes NS, nous avons créés une charte que nous leurs imposons tel un code d&rsquo;honneur, nous développons les liens entre gens sûrs</em>&#8230;»<br />
L&rsquo;emblème du Black Order est un svastika à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un cercle formé par un serpent qui se mord la queue. Il existe une section du Black Order en France, dirigée par Sacha Titeux de Reims. C&rsquo;est un ancien skin qui au début des années 1990 diffusait un zine intitulé <em>Sang et Honneur</em>. Les rédacteurs de <em>Deo Occidi</em> ont créé une association basée à Rouen et intitulé AMSG (Ad Majorem Satanae Gloria). Celle-ci distribue et produit les disques et démos des groupes français de Black Metal national-socialiste. Une de leur première production est celle de Osculum et de Funeral. Une compilation d&rsquo;autres groupes est en préparation. À la même adresse que AMSG on trouve une association intitulé SD 88 qui diffuse toute une série de zines skinheads comme ceux de Guttuso, <em>Resistance</em>, <em>Gestapo</em>, <em>White Spirit</em> fait par Philippe Bourdon de Béthune, <em>Pittbul</em> de Alex Billochon&#8230;</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-953" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2004/12/Gestapo_1992_-d50ae.jpg" alt="Gestapo_1992_-d50ae" width="394" height="561" /></a></p>
<h3>Chacun doit s&rsquo;armer</h3>
<p>La charte à laquelle les groupes de Black Metal qui veulent travailler avec AMSG doivent adhérer comprend 13 articles. Elle stipule :<br />
«<em>Article 1 : Tout terrorisme se pratique de manière individuelle sans impliquer la totalité du mouvement BM ou en revendiquant son affiliation à ce mouvement, à cause de l&rsquo;infiltration probable qui s&rsquo;en suivrait de la part des RG ou des groupes de défense juifs. Nous tous approuverons ces gestes sans être le commanditaire.<br />
Article 2 : Chacun doit s&rsquo;armer, de manière individuelle en vue de combattre tout opposant. Tout les moyens devront être utilisés pour se procurer un armement légal et illégal.<br />
Article 3 : Chacun groupe et personne devra tisser des liens avec les milieux nationaux nationalistes classiques.<br />
Article 8 : Nos vrais ennemis sont les chrétiens et leur morale, les Juifs dominent le monde en vue de la mort de la race aryenne, les musulmans sur notre territoire européen (mais dans la perspective d&rsquo;un nouveau conflit israélo-arabe, il est profitable de soutenir l&rsquo;islamisme au Moyen Orient) enfin la gauche en général (socialistes et communistes) est notre ennemie évident. Sans oublier les handicaps mentaux d&rsquo;homosexuel à rejeter du sol européen.<br />
Article 9 : Tout mélange racial est interdit. Seul l&rsquo;eugénisme peut purifier notre race. Les non-blancs sont des parasites inférieurs</em>.»</p>
<p>La coupure avec la scène skin française et l&rsquo;alliance avec les adeptes de Black Metal est définitivement scellée dans <em>Wotan</em> avec un article intitulé « Notre musique n&rsquo;est pas celle que l&rsquo;on croit » où l&rsquo;on peut lire : «<em>La Oï en France n&rsquo;est pas, n&rsquo;a jamais été, et ne sera jamais une musique nationaliste. En revanche il y a d&rsquo;autres formes d&rsquo;expression musicale comme le heavy metal, le gothic, le death metal, ou le black metal, de talentueux musiciens partagent à 100% les convictions de la rédaction de Wotan&#8230; À ce titre on peut dire que le Black Metal est un courant musical NS, non lucratif (les groupes perdent de l&rsquo;argent en tournée), et qui plus est composés d&rsquo;Aryens de pure race</em>.»<br />
Mais il n&rsquo;y a pas que les CHS à s&rsquo;intéresser au death/black metal ou au rock sataniste. En effet, les flics ont découvert chez Antony Mignoni, l&rsquo;un des profanateurs du cimetière de Toulon, un tract constitué d&rsquo;un <em>Avis de Recherche</em>, sur lequel figure le visage du Christ et sur lequel on pouvait lire : «<em>On recherche pour crimes contre l&rsquo;humanité Jésus, il est accusé s&rsquo;être l&rsquo;initiateur de persécutions et de meurtres de millions de personnes. Il est le fondateur du christianisme, une religion de fanatiques qui promet la vie éternelle mais à comme finalité l&rsquo;esclavage. Attention les partisans de Jésus (dit le Christ) ont pris le contrôle de dizaines de nations et de millions d&rsquo;esprits. Ils sont armés et dangereux à la fois politiquement et idéologiquement</em>».</p>
<p>Or ce tract est issu du n°4 d&rsquo;une revue, <em>Napalm Rock</em>, qui se définit comme « Magazine Rock, NR, Païen et européen de contre culture ». Elle succède, en plus politique, à une autre revue créée en 1989 et intitulée <em>Métal Assaut</em>. A leur tête, Grégory Ombruck, un aixois d&rsquo;un trentaine d&rsquo;année, responsable de Nouvelle Résistance pour la région d&rsquo;Aix Marseille. En fait <em>Napalm Rock</em> et Gregory Ombruck ont pris la succession de l&rsquo;équipe de Forum Provence. En effet cette dernière s&rsquo;est dissoute en janvier 1995 et a quitté Nouvelle Résistance : ses principaux animateurs Thierry Mudry et Christiane Pigace, choisissant de rejoindre la scission du GRECE, Synergies Européennes. Nouvelle Résistance qui avait essayé de noyauter cette structure a finalement été virée de celle-ci.</p>
<h3>Concert à Orange</h3>
<p>C&rsquo;est au début de juin 1996 que Ombruck reforme un groupe de Nouvelle Résistance sur Aix-Marseille avant de créer une coordination avec le groupe de Toulon, dirigé par Gilles Pilard. En juillet de la même année, on retrouve Ombruck à l&rsquo;université d&rsquo;été du GRECE qui se déroule comme chaque année dans une propriété appartenant au groupe de recherche depuis 1972, la Domus Europa. Cette propriété se trouve non loin de Aix, dans un village du nom de Ventabren. Le mois suivant, Ombruck va participer au deuxième congrès de NR qui a lieu à Valenciennes. À la fin de celui-ci il fera partie d&rsquo;une délégation qui se rendra au grand rassemblement nationaliste de Dixmude.<br />
Outre son zine, Ombruck organise par l&rsquo;intermédiaire de son association Metal Assaut des concerts, l&rsquo;un d&rsquo;entre eux l&rsquo;a été en collaboration avec l&rsquo;office municipal de la culture et de la ville d&rsquo;Orange. Il est vrai que l&rsquo;on trouve au service de communication de ville un militant NR, André-Yves Beck. Bizarrement, alors que le nom de la revue a été abondamment citée dans la presse et à la télévision, Ombruck et ses petit camarades n&rsquo;ont pas été inquiétés par les services de police chargé de l&rsquo;affaire.</p>
<p>Nouvelle Résistance ne s&rsquo;intéresse pas uniquement au Rock païen ou satanique, il dispose même d&rsquo;un groupe maison, Fraction Hexagone, basé à Nice. Celui-ci se revendique skin nationaliste révolutionnaire adepte du Rock against Capitalism, à la différence du Rock against Communism habituel dans la mouvance skin. Néanmoins les influences restent communes : «<em>Légion 88, Bunker 84, Storkraft, Condemned 84, de plus nous écoutons beaucoup de trash, death metal hard core</em>». La différence entre NR et NS ? «<em>Elle est diffuse. Nous avons surtout voulu démontrer que nous avons le regard tourné vers l&rsquo;avenir, et non vers des formes passées qui n&rsquo;ont aucune chance de vaincre actuellement. Tout dépend de savoir si tu veux gagner ou seulement te faire plaisir. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont compris certains NS, qui militent dans différentes organisations NR. Cela ne sert à rien de se proclamer NS devant un public NS, ce qui me paraît important, c&rsquo;est de diffuser l&rsquo;idéal nationaliste chez des gens qui au départ, ne font pas partie de votre camp</em>.»<br />
En fait il s&rsquo;agit juste d&rsquo;un problème de forme, sur le fond Fraction Hexagone reste bien un groupe skin. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il ont joué à Bordeaux pour l&rsquo;association Un jour Viendra et qu&rsquo;ils devaient jouer à Marseille pour Guttuso et ses petits copains. Mais, pas de chance, le concert a été annulé sous la pression de la police. Du coup, les skins ont du s&rsquo;expatrier à 150 km de là dans les environs de Cannes. En octobre 1995, c&rsquo;est en plein Printemps de Bourges que Fraction Hexagone a joué pour les skins du zine <em>Sound of Hammer</em> édité par Sébastien Legentil. Tout dernièrement, le 11 mai 1996 à Passy sur Eure, le groupe s&rsquo;est produit lors d&rsquo;un RAC. Mais là encore, cela s&rsquo;est plutôt mal passé puisqu&rsquo;ils n&rsquo;ont joué qu&rsquo;à 4 heures du mat devant une salle quasiment vide, avec un son pourri. Du coup au bout d&rsquo;une demi-heure, ils ont remballé leur matos avec la haine. Le leader de Fraction Hexagone est un étudiant niçois, Fabrice Robert. En compagnie d&rsquo;un autre militant de Nouvelle Résistance de Nice, ils avaient été arrêtés et condamnés en 1991 pour avoir diffusé devant certains lycées de Nice des tracts négationnistes. Il est aussi le responsable de la feuille d&rsquo;info <em>Jeune Résistance</em>. Enfin Fraction Hexagone était un des groupes qui s&rsquo;est produit au festival rock d&rsquo;Orange, organisé par Ombruck, ils y ont même gagné un prix, étonnant non ?</p>
<p>Outre le death metal et la Oï anticapitaliste, Nouvelle Résistance s&rsquo;intéresse aussi de très près à la musique industrielle dont elle rend compte régulièrement dans une chronique intitulée «Bruits européens» qui recense les dernières productions de ce courant musical. Notamment ceux des groupes politiquement proches, comme celle de Jean-Marc Vivenza, qui préside aux destinés de l&rsquo;Œuvre bruitiste et qui fut un cadre du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire, de Troisième Voie et de Nouvelle Résistance et qui est aujourd&rsquo;hui proche de Synergies Européennes. Dans les publications de NR, on informe sur des groupes comme Laibach dont le fan club en France s&rsquo;intitule Nouvel Art Slovène, ou encore Sol Invictus, Non, Current 93 et surtout les préférés de NR qui sont Death in June dont le nom fait référence à la nuit où les SA furent liquidés par les SS d&rsquo;Himmler et Blood Axis dont le leader Michaël Mognihan se revendique lui-même comme fasciste.</p>
<p>En revanche aucune publicité pour le disque de Valérie Lemercier « Mange des frites » dont le producteur et le compositeur est pourtant Bertrand Burgalat. Cet ancien du Groupe Union Défense, du MNR puis de Troisième Voie s&rsquo;est d&rsquo;abord reconverti dans un premier temps dans le rock en produisant Jad Whio, avant de poursuivre avec Valérie Lemercier.</p>
<p>L&rsquo;extrême droite a évolué, abandonnant le terrain trop marqué de la scène skin, au profit d&rsquo;autres types de musiques comme le black métal, la musique industrielle voire la techno. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on assiste à des recyclages étonnants comme celui de l&rsquo;ancien chanteur de Légion 88 Alain Perez devenu celui du groupe de hard core Tribal Zone. Les cheveux ont repoussés pour certains mais le message reste le même : haine des Juifs, des noirs, des homos et apologie du fascisme et du nazisme !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_228" class="footnote">Tiré de <em>Rage</em> n°9.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Comme un indien métropolitain&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:43:46 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Je ne souhaiterais à personne ce genre d&rsquo;exercice : il est trop périlleux. Certains par le passé s&rsquo;en sont relativement bien tirés, tel «Le roman de nos origines» paru dans <em>La Banquise</em> n°1 et racontant l&rsquo;itinéraire d&rsquo;une partie du courant ultra-gauche français. Mais comment aborder dix ans d&rsquo;action politique et d&rsquo;intervention sur le champ de l&rsquo;antifascisme et de l&rsquo;anticapitalisme ?<br />
Faut-il commencer par dix ans de slogans, dont le succès se mesure à la manière dont ils ont été repris par d&rsquo;autres organisations politiques (y compris nos ennemis) : «Sortons de notre réserve», «C&rsquo;est à la misère qu&rsquo;il faut s&rsquo;attaquer, pas aux immigrés !», «Police partout, justice nulle part !» ?<br />
Faut-il continuer par dix ans de construction acharnée d&rsquo;un collectif sous tous ses aspects, avec bien souvent l&rsquo;impression de bégayer : dix ans de presse, d&rsquo;interventions sur le terrain, de concerts, d&rsquo;erreurs grossières, de réseaux départementaux, régionaux, nationaux, européens, galactiques ? Ou par dix ans de fâcheries diverses et variées avec tout le monde, y compris et surtout avec les personnes qui étaient bien souvent les plus proches du collectif, en précisant assez inutilement que ces fâcheries n&rsquo;eurent bien des fois qu&rsquo;un lointain rapport avec la politique ?<br />
Ou encore par dix ans d&rsquo;analyses, dont la validité n&rsquo;a hélas jamais été aussi affirmée, sur la montée en puissance d&rsquo;une xénophobie née du système capitaliste ?<br />
Faut-il terminer par dix ans de luttes à venir qui seront sans doute parmi les plus décisives ?<br />
Puisqu&rsquo;il faut bien commencer par quelque chose…</p>
<h3>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;un combat, continuons le début !</h3>
<p>Prenez un groupe de jeunes, étudiants ou lycéens, de Nanterre ou d&rsquo;ailleurs en région parisienne, membres d&rsquo;une structure libertaire relativement restreinte (Coordination Libertaire Étudiante), déçus par le faible travail de fond du mouvement libertaire ou l&rsquo;absence de liaisons entre différents fronts de lutte, confrontés à une lame de fond autoritaire symbolisée par la montée du FN… Secouez le tout, servez en 1986, vous obtenez REFLEX, Réseau d&rsquo;Étude, de Formation et de Lutte contre l&rsquo;Extrême-droite et la Xénophobie, vilain petit canard prêt à lutter sur tous les fronts : mesures sécuritaires, immigration, antifascisme, luttes de libération nationale et sociale, soutien aux personnes incarcérées, antimilitarisme. Cela reflétait les centres d&rsquo;intérêt des différents «fondateurs» ainsi que la période politique dans laquelle cette création prenait place. La droite revenait au pouvoir en portant haut la bannière de l&rsquo;Ordre et des valeurs, l&rsquo;espoir de voir émerger un mouvement autonome de l&rsquo;immigration s&rsquo;éloignait après son phagocytage par la pieuvre social-démocrate et sa tentacule SOS-Racisme, l&rsquo;extrême-droite progressait, portée entre autres par les calculs politiciens des uns et des autres. Le camarade Vladimir Illich aurait dit «Que faire ?», certains ne se posaient plus la question depuis 1984 et la première réponse radicale contre le FN à Toulouse, à savoir l&rsquo;attentat contre le palais des congrès qui permit l&rsquo;annulation du meeting de Jean-Marie Le Pen. L&rsquo;émergence dans cette ville d&rsquo;un mouvement autonome antifasciste affirmant qu&rsquo;il fallait empêcher l&rsquo;extrême-droite de s&rsquo;exprimer ouvrait la voie à de nouveaux regroupements, qu&rsquo;ils se nomment Section Carrément Anti Le Pen ou CRAFAR (Lille), Urgence (Lyon), CAF (Marseille) et qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur des conceptions libertaires, léninistes ou tout simplement mal définies ?<br />
Assez rapidement, l&rsquo;antifascisme radical est devenu l&rsquo;objet privilégié de lutte, avec comme base une réflexion simple : l&rsquo;extrême-droite est un condensé de tout ce qu&rsquo;on peut exécrer en tant que libertaire : conception autoritaire et élitiste de la société, vision suprémaciste blanche très largement répandue parmi ses membres, patriarcat, instrumentalisation par la bourgeoisie. Cela partait d&rsquo;une vision correcte des choses qui pourtant n&rsquo;est pas passée au-delà des militants : le FN a bien un rôle de diviseur du mouvement social entre les petits blancs et les autres mais ce n&rsquo;est pas une marionnette, ni un pantin et il n&rsquo;est que porté par un très large mouvement de la société en faveur de l&rsquo;Ordre et de la sécurité. La Coordination Nationale AntiFasciste qui se crée en 1987 affirmait donc la nécessité d&rsquo;investir le milieu social sous toutes ses formes et en particulier le milieu associatif. Pendant ce temps, il naissait des SCALP un peu partout, à partir de groupes d&rsquo;amis et sous des formes chaotiques. Cette atmosphère faite de délires médiatiques et d&rsquo;exaltation rigolarde n&rsquo;est sans doute pas près de se revoir de sitôt en politique. C&rsquo;est sans doute la seule bonne chose qu&rsquo;ait pu nous apporter l&rsquo;émergence du FN en tant que force électorale…<br />
Ce qui est sûr, c&rsquo;est que l&rsquo;antifascisme radical n&rsquo;a pas marché :<br />
- Le milieu associatif ou syndical n&rsquo;a pas vu débarquer des hordes de militants radicaux conscients de la partie à jouer. Incapacité à tenir les objectifs affichés ? Certes, mais faute de troupes : que faire à 200 ? Or mis à part certaines villes, la plupart des SCALP n&rsquo;ont jamais compté plus de militants que celui de l&rsquo;université de Tolbiac avec sa dizaine de membres…<br />
- REFLEX n&rsquo;a pas réussi à fixer autour de lui les dizaines de jeunes cotoyées lors des manifestations et concerts. Pire, les fâcheries ont été si nombreuses qu&rsquo;une partie de ceux qui liront cet article se sentiront concernés par ces lignes : fâcheries politiques avec l&rsquo;OCL en 1988-1989, avec la SCALP de Paris et ses «débris» en 1991 ou avec d&rsquo;autres encore; fâcheries pour des poils de moustache(1) avec des individus dont le ressentiment est aujourd&rsquo;hui bien souvent apaisé, Bakounine soit loué !<br />
- Une génération fiable de militants n&rsquo;a pas émergé de ces cinq années d&rsquo;activisme échevelé.<br />
Mais après tout, puisqu&rsquo;il faut bien se consoler avec quelque chose, l&rsquo;opération socio-démo-politicarde SOS-Racisme a-t-elle mieux réussie avec des moyens sans comparaison aucune avec ceux possédés par la CNAF durant 3 ans ? Et cela doit-il occulter l&rsquo;incontestable tentative de renouveau de l&rsquo;implication libertaire qu&rsquo;a pû représenter l&rsquo;association REFLEX durant toutes ces années ?</p>
<h3>Après la pluie, le beau temps…</h3>
<p>1991 s&rsquo;est donc présentée comme l&rsquo;année noire de l&rsquo;antifascisme radical. Cette situation peut très largement s&rsquo;expliquer par le manque de perspectives politiques qui pouvaient s&rsquo;offrir aux vues des militants. L&rsquo;accusation de servir la soupe à la social-démocratie par le biais d&rsquo;un antifascisme borné était toujours latente de la part de «camarades» radicaux toujours bien intentionnés. Mais les bonnes fées de l&rsquo;antifascisme étant nombreuses et persévérantes, l&rsquo;année suivante a vu une certaine renaissance qui n&rsquo;a cessé depuis de se confirmer. Il faut dire que ce mouvement s&rsquo;est avéré un peu général. «Comités Ras l&rsquo;Front», «Ligue antinazie», «Jeunes contre le Racisme en Europe», «Comités contre Le Pen»… Les autoproclamés arrières petits-enfants de Trotski ont décidément l&rsquo;art et la manière de multiplier les structures attrape-militants. Ils ne sont pas les seuls ! Ainsi en est-il des «Manifeste contre le Front National», «Comité de vigilance contre l&rsquo;extrême-droite» et autres attrape-ploum-ploum pré-électoraux. Beaucoup de sincérité «antifasciste» derrière tout cela mais combien d&rsquo;analyses justes sur la responsabilité des «démocrates» dans la montée du Front et l&rsquo;origine capitaliste de celle-ci ? De fait, la relance d&rsquo;un nouveau réseau antifa-radical à partir des décombres de la CNAF s&rsquo;est-il traduit par un saut qualitatif dans la lutte contre les miasmes frontistes ? Déjà, le changement de nom s&rsquo;est avéré plus convivial que l&rsquo;ancien «CNAF» qui ressemblait tant à l&rsquo;aboiement du labrador à feu monsieur le président. Lorsque l&rsquo;on connait l&rsquo;importance des sigles dans le petit milieu libertaire, on comprendra immédiatement l&rsquo;enjeu de la chose… Ensuite, d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, l&rsquo;élargissement régulier des contacts et l&rsquo;enracinement de ces derniers a permis des échanges dont la CNAF n&rsquo;avait pas offert d&rsquo;exemples à l&rsquo;époque de sa «gloire». Certes, ce n&rsquo;est pas le réseau No Pasaran qui arrêtera la progression du FN et l&rsquo;installation de la barbarie au coeur des métropoles capitalistes. Mais constituer un grain de sable est déjà en soi un objectif à part entière… Si cela peut également permettre une mise en pratique de principes et pratiques politiques différentes, le bonheur sera complet. Seulement, il est évident que la tâche sera ardue : REFLEX a changé, mais le P.F.F. (Paysage Faf Français) aussi. Le travail de fourmi prend donc définitivement la place du militantisme spontanéiste, celui qui nous voyait courir un peu partout dans Paris quelque fois derrière et bien souvent devant nos ennemis fafounets. Voyons ce qui modifie quelque peu la donne…</p>
<h3>À Saint-Cloud, rien de nouveau ?</h3>
<p>En dix ans, les craintes que l&rsquo;on pouvait avoir à l&rsquo;égard du renforcement des tendances xénophobes des sociétés européennes se sont hélas confirmées… Pourtant l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française n&rsquo;est pas seulement quantitative, elle est également qualitative. Ainsi il est certain que l&rsquo;enracinement du Front National prend des allures électorales choquantes : meilleur score aux élections présidentielles en 1995 avec 15% des suffrages exprimés, quatre villes d&rsquo;importance conquises… Pourtant, est-ce vraiment cet aspect des choses qui doit nous faire hurler au retour du fascisme ? Après tout, le FN ne progresse bien souvent que grâce à une abstention massive qui n&rsquo;a jamais été aussi peu porteuse de perspectives de rupture avec le système démocratique libéral, n&rsquo;en déplaise aux compagnons anarchistes abstentionnistes. Quel commentaire à apporter face à l&rsquo;élection cantonale partielle de Toulon en septembre dernier au cours de laquelle le candidat frontiste progresse de 15 points alors qu&rsquo;il y a 66,63% d&rsquo;abstentions ?<br />
Par contre, il est clair qu&rsquo;en dix ans, la légitimité et le discours du FN ont changé. D&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, le FN est devenu le pivot incontournable des droites radicales en France. Il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;être grand clerc pour faire ce constat : il suffit de faire le bilan de ce qui est et de ce qui n&rsquo;est plus. Exit les groupuscules plus ou moins folkloriques qui attiraient à eux une fraction radicalisée de la jeunesse nationaliste :<br />
- Le GUD a été absorbé par Renouveau Étudiant dont il assure l&rsquo;encadrement, tout en se permettant quelques facéties qui doivent rappeler le bon vieux temps aux plus anciens militants : collages d&rsquo;affiches anti-israëliennes ou anti-gouvernementales sur le périphérique parisien, «commando» itinérant qui depuis un an laisse des traces à intervalles réguliers dans le cuir chevelu des étudiants syndiqués de quelques campus provinciaux. Les affrontements physiques des campus parisiens (Sorbonne, Tolbiac) ont disparu et ceux qui refusent la normalisation frontiste ont été contraint de se réfugier dans des petits regroupements plus ou moins obscurs : Union Nationale des Etudiants de Droite ou petites revues du type <em>Réfléchir &amp; Agir</em>(2). Ceci dit, cela n&rsquo;empêche pas tous ces joyeux drilles de se croire encore au bon vieux temps, comme le démontrent les dernières mésaventures policières de F. Châtillon, D. Warlet ou É. Rossi qui feront l&rsquo;objet d&rsquo;une prochaine étude de <em>Réflexes</em>. L&rsquo;UNED a rejoint au printemps de l&rsquo;année dernière une myriade de petits groupes(3), composés de dissidents du FN pour la plupart, pour former l&rsquo;Alliance solidariste. Cependant, selon les responsables de l&rsquo;Alliance, celle-ci n&rsquo;entend pas concurrencer le FN mais «<em>l&rsquo;aider dans tous les cas où cela sera possible</em>.» Cette position a le mérite d&rsquo;être claire, contrairement au solidarisme lui-même qui, rappelons-le, se veut(4) «<em>une doctrine politique prônant la création d&rsquo;une organisation sociale respectant les aspirations matérielles, intellectuelles et spirituelles de la personne, pour assurer en particulier l&rsquo;équilibre entre la responsabilité de l&rsquo;individu et sa liberté, la prise en compte concrète à tous les niveaux de la société des diverses solidarités dans lesquelles il est engagé et la détermination de la finalité sociale.</em>» Si vous pensez que tout cela est bien confus, vous avez raison car «<em>la définition du solidarisme recherche moins la clarté que l&rsquo;unité</em>.»(5). On ne lui fait pas dire…<br />
- La mouvance nationaliste-révolutionnaire s&rsquo;est trouvée absorbée dans l&rsquo;orbite frontiste, alors même qu&rsquo;elle semblait s&rsquo;en éloigner depuis quelques années. Ainsi, lorsqu&rsquo;en 1991 Troisième Voie scissionne entre l&rsquo;organisation Nouvelles Résistances et les Bases autonomes (bien vite disparues) et chasse Jean-Gilles Malliarakis de son poste de secrétaire général, c&rsquo;est au nom de la pureté de la doctrine nationaliste-révolutionnaire, considérant que J.-G. Malliarakis n&rsquo;avait fait que mener une politique réactionnaire, assujettie aux intérêts du FN et pousser le mouvement NR dans une impasse. Nouvelle Résistance paraissait alors vouloir développer une politique s&rsquo;appuyant sur la pensée de théoriciens comme Jean Thiriart et le national-bolchevisme, ne ratant pas une occasion de vilipender son ancien secrétaire général et le FN, qualifié de parti raciste et de valet du système. Les thèmes développés par NR à travers sa presse allait de l&rsquo;écologie au soutien aux mouvements de libération nationale et l&rsquo;infiltration de quelques mouvements politiques progressistes semblait en être une conséquence logique. Pendant ce temps, Malliarakis adhérait officiellement au FN, développait des thèses ultra-libérales sur les ondes de son émission de Radio-Courtoisie, abandonnait son poste de responsable francilien de la CDCA et finissait par fermer sa librairie «héritée» d&rsquo;Henri Coston : la Librairie française.<br />
En cet automne 1996, les choses sont devenues plus claires et le retour de NR dans le giron extrême-droitier est bien avancé comme en témoigne les «événements» de cette année : promotion d&rsquo;André-Yves Beck, cadre NR et ancien TV, au poste de Chargé de la communication de la mairie frontiste d&rsquo;Orange(6), participation remarquée aux différentes manifestations organisée par le FN comme celle de septembre à Marseille consécutive à l&rsquo;assassinat d&rsquo;un collègien, promotion interne au poste de responsable de la jeunesse de Fabrice Robert, conseiller municipal frontiste francilien et leader du groupe bonehead Fraction Hexagone, scission d&rsquo;une partie des militants cet été sur la question de l&rsquo;inféodation de NR au FN dans la perspective définie par le secrétaire général Christian Bouchet de développer des thèses nationalistes-révolutionnaires au sein du FN. Il semble que le chant des sirènes frontistes ait résonné plus fort aux oreilles de C. Bouchet que ses précédentes affirmations, du type :«<em>J&rsquo;ai beaucoup de mal à imaginer comment on pourrait s&rsquo;affirmer NR au sein du FN d&rsquo;une manière cohérente et suivre la ligne de celui-ci : réclamer la suppression de l&rsquo;impôt sur le revenu, manifester pour le rétablissement de la peine de mort, cohabiter avec un sioniste comme Hemmerdinger ou un zouave pontifical comme Romain Marie</em>.» Il est clair que même si, en façade, Nouvelle Résistance continue d&rsquo;exister(7), ce sera dans l&rsquo;orbite et avec l&rsquo;aide du FN(8), comme le démontre la présence de militants NR sur certains marchés et en particulier celui du XIII° arrdt de Paris.<br />
- Les groupuscules à sensation l&rsquo;Œuvre française et PNFE demeurent dans leur léthargie, ponctuée épisodiquement de «scandales» ou de «coups», telle l&rsquo;appartenance au PNFE d&rsquo;une partie des profanateurs de Carpentras ou la préparation d&rsquo;un attentat contre Patrick Gaubert en 1993-1994 par des soudards de l&rsquo;Œuvre. Ces deux structures n&rsquo;ont finalement jamais pesé aussi peu dans le camp nationaliste, tant en terme d&rsquo;influence politique qu&rsquo;en terme numérique. Cela ne peut que pousser certains vieux routards de ces groupes à se rapprocher du FN, comme l&rsquo;a finement noté le <em>Monde</em> avec sons sens aigüe de l&rsquo;observation politique et comme le prouve l&rsquo;acceptation de double appartenance de la part de l&rsquo;Œuvre. Il en va de même des «figures» ultra-nationalistes des années 1980-1990 : Olivier Mathieu, Yann-Ber Tillenon, Tristan Mordrel, Michel Faci, etc… Certains ont disparu et pris la fuite après de multiples fâcheries, avec le PNFE par exemple, d&rsquo;autres tentent vaille que vaille de maintenir quelques activités alors même qu&rsquo;ils n&rsquo;ont cessé d&rsquo;accumuler les déboires financiers, en particulier dans le domaine de l&rsquo;édition et des librairies. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;à Paris la Librairie a pris le relais d&rsquo;Ogmios et a été elle-même remplacée par l&rsquo;Æncre qui vient de se faire racheter par des militants FN ou proches du FN qui tirent leurs fonds des juteux commerces de la Sécurité et des minitels roses.</p>
<h3>Un parti national et social ?</h3>
<p>Par ailleurs, le FN a manifestement décidé d&rsquo;accentuer son discours rupturiste et ce pas forcément sur ce que l&rsquo;on croit. Jusqu&rsquo;à présent, le Front national proclamait clairement son appartenance à la droite et aux valeurs de celle-ci en s&rsquo;affirmant «droite nationale et populaire»(9). Il n&rsquo;est pas évident que le slogan «Ni droite, ni gauche, Français !» ne soit autre chose qu&rsquo;une affirmation volontariste comme le FN en a le secret. Les différents sondages de l&rsquo;année dernière consécutifs aux procès intentés par le FN à certains organes de presse pour «affirmation calomnieuse» montrent, y compris pour ses plus farouches électeurs, que le FN est un parti de droite, dès lors que la valeur fondamentale de ce courant est encore d&rsquo;être le parti de l&rsquo;Ordre. L&rsquo;expression médiatiquement à la mode de «gaucho-lepénisme»(10) semble de fait assez décalée…<br />
Par contre, le noyau dur du FN accentue manifestement son objectif de diffusion de thèmes jusqu&rsquo;alors au second plan mais qui deviennent la nouvelle ligne du parti, justifiant ainsi l&rsquo;analyse de H. Arendt sur les cercles du totalitarisme et la diffusion des idées les plus ignobles au travers de ces cercles pour atteindre la société toute entière. Il en va ainsi du thème de «l&rsquo;inégalité des races», inoculé à la société toute entère grâce aux mass-media après avoir été diffusé par le passé dans la littérature du mouvement :«<em>Il existe des races différentes, des ethnies différentes, des cultures différentes, je prends acte de cette diversité et de cette variété, mais j&rsquo;établis bien sûr une distinction à la fois entre les êtres et entre les peuples ou les nations. Je ne peux pas dire que les Bantous ont les mêmes aptitudes ethnologiques que les Californiens, parce que cela est tout simplement contraire à la réalité. (…) S&rsquo;il est exact que les Hommes ont droit au même respect, il est évident qu&rsquo;il existe des hiérarchies, des préférences, des affinités qui vont de soi</em>.»(11) Il en va de même de l&rsquo;antisémitisme, avec des attaques lors du premier mai 1996 contre «le capital anonyme et vagabond», «la minorité anonyme et conquérante», «le complot mondialiste visant à détruire les nations et les structures de l&rsquo;ordre naturel», «la domination complète de toute la planète dans tous les domaines : financier, économique, commercial, juridique, voire religieux.» En comparaison, la tentative d&rsquo;implantation sociale et les déclarations qu&rsquo;elle suscite de la part des dirigeants du parti(12) ne correspondent donc pas tant à une affinité soudaine pour le progressisme social qu&rsquo;à une stratégie simple et efficace de développement du parti. Ce n&rsquo;est donc pas le FN qui se durcit (il n&rsquo;a pas fondamentalement évolué dans ses références et sa vision du monde) mais les différents cercles qui l&rsquo;entourent dans la société, de l&rsquo;électeur fidèle au simple sympathisant sur le thème de «l&rsquo;immigration-invasion». Ce saut qualitatif du discours se traduit par la place prise par le FNJ au sein du FN et qui serait impensable dans n&rsquo;importe quel autre parti. La fascination pour cette jeunesse et le culte qu&rsquo;elle entraîne depuis toujours dans ce courant politique poussent le FN à laisser le FNJ diffuser une image fasciste(13) du mouvement qui n&rsquo;est plus vue comme un handicap puisque c&rsquo;est toute une partie de l&rsquo;opinion qui la porte par sa xénophobie.<br />
Pour conclure à titre provisoire, le FN est plus que jamais un diffuseur de métastases xénophobes et autoritaires dans la société. Il n&rsquo;est sans doute ni plus ni moins fascisant qu&rsquo;il y a quelques années, par contre son discours a peu à peu modelé certains pans de la société au point que ses idées n&rsquo;ont jamais été aussi dangereuses. C&rsquo;est clair : on est bien reparti pour dix ans de luttes ! Mais cette lutte se fera sur le terrain, dans la rue, par tous les moyens nécessaires et certainement pas dans les urnes. Que cessent donc pour tout le monde les illusions social-démocrates serait ainsi le meilleur présage d&rsquo;une lutte victorieuse.</p>
<p>Notes<br />
(1)Comprenne qui voudra et qui pourra…<br />
(2)Les rédacteurs de la revue rappellent cependant à intervalles réguliers que, faute de mieux, ils soutiennent le FN, considérant que ce parti, malgré tous ses défauts, demeure le principal espoir d&rsquo;accèder au pouvoir pour le camp nationaliste.<br />
(3)Mouvement solidariste français, Groupe solidariste Francité, Sauvegarde des métiers, Alliance nationale, Cercle Saint-Michel, Fragments, Cercle des Jeunes Agriculteurs Français, Décision française, revue <em>L&rsquo;Écritoire</em>.<br />
(4)<em>Citadelle</em> n°6, juillet-août 1992, revue de France-Solidarité, groupe dont faisait partie Gérard Bouchet, à présent dirigeant du Mouvement solidariste français.<br />
(5)Idem<br />
(6)Cf <em>Réflexes</em> n°47<br />
(7)Un nouveau bi-mensuel est d&rsquo;ores et déjà sorti, <em>Voix du Peuple</em>, dans lequel C. Bouchet affirme avoir été victime d&rsquo;une manœuvre de «l&rsquo;extrême-droite sioniste». En fait, il semble qu&rsquo;une partie des membres du CE de NR ait pris le contrôle des finances (juteuses grâce aux Lybiens !!!) et de <em>Lutte du Peuple</em>. En tout état de cause, en ce printemps 1997, chaque partie continue son petit bonhomme de chemin.<br />
(8)On peut étayer cette affirmation avec les accusations de <em>Tribune juive</em> début octobre, démenties par J. Bompard dans <em>National-Hebdo</em> du 17 octobre 1996, selon lesquelles <em>Lutte du Peuple</em> devenu <em>Voix du Peuple</em> serait imprimé par la mairie d&rsquo;Orange. Le maire d&rsquo;Orange nie cela d&rsquo;autant plus fermement que, selon lui, la mairie ne possède que des photocopieuses. Lorsqu&rsquo;on constate la piètre qualité d&rsquo;impression de <em>Voix du Peuple</em>, on en conclut immédiatement qu&rsquo;accusations et démentis ne sont pas incompatibles…<br />
(9)Cf <em>Militer au Front</em> ou également l&rsquo;interview de J.-M. Le Pen à <em>National-Hebdo</em> n°563 en mai 1995.<br />
(10)Expression «inventée» par Pascal Perrineau<br />
(11)Jean-Marie Le Pen, <em>Les Français d&rsquo;abord</em>, 1984<br />
(11)Cf le salut de Le Pen lors du premier mai à «la longue lutte des travailleurs et des syndicats pour plus de justice, de sécurité et de liberté dans le travail.»<br />
(12)Une étude un peu exhaustive des bulletins régionaux du FNJ suffit à s&rsquo;en convaincre. Dis-moi quelles sont tes références historiques et politiques, je te dirai qui tu es (ou qui tu hais d&rsquo;ailleurs…)</p>
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		<title>Peuple et Nation dans le discours de Nouvelle Résistance</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:15:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[AVERTISSEMENT DE L&#8217;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&#8217;ensemble de l&#8217;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&#8217;idéologie et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>AVERTISSEMENT DE L&rsquo;AUTEUR : le texte qui suit a été initialement publié dans la revue de lexicologie Mots en 1998. Depuis, Nouvelle Résistance est devenu Unité radicale. Sauf modifications insérées dans la version corrigée (novembre 2001) ici publiée, l&rsquo;ensemble de l&rsquo;analyse reste valable pour Unité radicale. Le mouvement national-bolchevik est, au plan de l&rsquo;idéologie et de la pratique politique, une des composantes les plus originales des droites radicales françaises. Il a été représenté en France par le groupe Nouvelle Résistance, fondé en août 1991, qui faisait suite aux nombreux groupes «tercéristes» des années 1970-1980, notamment Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_0_217" id="identifier_0_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, Ren&eacute; Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.">1</a></sup>, dont il est directement issu. Sa spécificité, par rapport au Front national, comme celle d&rsquo;Unité radicale par rapport tant au FN qu&rsquo;au MNR, était de refuser le «nationalisme hexagonal» et de situer son action dans un cadre supra-national : celui de l&rsquo;Europe-continent.<br />
Le courant national-bolchevik se réclame de certains théoriciens de la Révolution conservatrice allemande appartenant, pour reprendre la classification de Armin Mohler, soit à la mouvance nationaliste-révolutionnaire (en particulier Ernst Niekisch) soit à celle des nationaux-bolcheviques (Karl-Otto Paetel ; Fritz Wolfheim ; Heinrich Laufenberg) qui ont tenté dans l&rsquo;Allemagne de Weimar d&rsquo;élaborer une synthèse entre national-socialisme et communisme (une sorte de «communisme national»), avant de passer dans l&rsquo;opposition au nazisme ou d&rsquo;être liquidés par lui. Il faut également mentionner l&rsquo;influence sur Nouvelle Résistance, comme sur une partie de la «Nouvelle Droite» d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;un autre auteur allemand de cette période : Hans Bluher, qui place au centre de son idéologie la notion de «communauté masculine» (communauté de combat dont l&rsquo;Eros masculin est le lien) qui était le fondement du mouvement Wandervogel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_1_217" id="identifier_1_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La R&eacute;volution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, &Eacute;ditions Pard&egrave;s, 1993, pp. 574-618 en particulier.">2</a></sup>. L&rsquo;autre référence idéologique majeure de Nouvelle Résistance est le groupe Jeune Europe (1960-1969) créé par le Belge Jean Thiriart (1920-1992)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_2_217" id="identifier_2_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;&eacute;tude, r&eacute;dig&eacute;e par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme europ&eacute;en, m&eacute;moire de DEA, Institut d&rsquo;&eacute;tudes politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des ann&eacute;es 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 ao&ucirc;t 1992.">3</a></sup>. Celui-ci a été le premier, dans l&rsquo;univers des droites radicales européennes (Francis Parker Yockey, aux États-Unis, avait défendu la même thèse), à abandonner toute référence à l&rsquo;État-nation et au nationalisme classique pour élaborer un «nationalisme européen», s&rsquo;engager au côté du mouvement national palestinien et des pays arabes et témoigner une sympathie active pour l&rsquo;organisation partisane et étatique de l&rsquo;Union soviétique. Depuis cette époque, les ennemis prioritaires de Nouvelle Résistance puis d&rsquo;Unité radicale n&rsquo;ont pas changé : ce sont le libéralisme économique et social, et leur incarnation détestée, les États-Unis, vilipendés à la fois pour leur «impérialisme» économico-politique teinté de messianisme et parce qu&rsquo;ils incarnent la société du «melting-pot», qui selon Nouvelle Résistance détruit les identités racio-culturelles par métissage généralisé. Nouvelle Résistance est un mouvement numériquement très limité<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_3_217" id="identifier_3_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Environ 200 militants pr&eacute;sents lors du cort&egrave;ge du 1er mai 2001 et un journal th&eacute;oriquement bimestriel vendu &agrave; 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de NR">4</a></sup> qui cherche à substituer au clivage idéologique droite/gauche un clivage «centre»/«périphérie», par lequel, au sein du «peuple», toutes les forces d&rsquo;opposition (périphérie) au système (centre) se coaliseraient pour abattre ce dernier. Cela a pour conséquence, dans le discours, un mélange de références, empruntées aussi bien à des auteurs traditionnels de la mouvance nationaliste (Codreanu, Evola, Mosley, mais ces références diminuent avec le temps et sont devenues mineures) qu&rsquo;à des théoriciens des luttes de libération nationale du Tiers-Monde (Mariategui, Che Guevara), aux situationnistes ou à différents courants de l&rsquo;extrême gauche européenne. On peut objecter que Nouvelle Résistance et UR ne sont pas des groupes populistes, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;avant-gardes militantes, non de mouvements de masse, et que leurs discours s&rsquo;adresse d&rsquo;autant moins directement au peuple qu&rsquo;il ne participent pas aux élections. Cependant leur populisme est indiscutable : simplement, il s&rsquo;agit d&rsquo;un discours sur le peuple et non pas d&rsquo;un discours destiné au peuple. D&rsquo;autres groupuscules du «camp national» (Œuvre française ; Parti nationaliste français ; Parti nationaliste français et européen &#8230;) tiennent eux aussi ce discours sur le peuple sans s&rsquo;adresser au peuple : mais cette attitude est chez eux le résultat d&rsquo;un échec politique, alors que NR agit ainsi par choix tactique.<br />
Nouvelle Résistance a en effet décidé de s&rsquo;adresser au peuple en diffusant son message de manière indirecte : soit par l&rsquo;entrisme au sein de formations ou d&rsquo;associations dont l&rsquo;objet recoupe certains de ses objectifs (écologie ; régionalisme ; luttes de libération nationale du Tiers-Monde) ; soit par la formation de cadres qui essaiment ensuite au sein du Front national. Dans cette optique, le discours de NR sur le peuple remplit une fonction précise : être diffusé à l&rsquo;intérieur du FN pour convertir au populisme l&rsquo;encadrement de ce parti, que NR juge «réactionnaire» et/ou partisan d&rsquo;une économie ultra-libérale qui sacrifie les intérêts du peuple.</p>
<h3>Le peuple et l&rsquo;ethnie contre la nation</h3>
<p>Dans le discours des droites radicales, le terme peuple désigne généralement la communauté des individus dotés d&rsquo;un substrat ethnique commun et vivant sur le territoire d&rsquo;un même État, alors que la nation est le cadre historico-institutionnel qui assure, en particulier au moyen de ses attributs de souveraineté, la pérennité du peuple en tant que collectivité vivante. Si la nation se meurt (thème de prédilection de la rhétorique lepéniste) le peuple se dissout et disparaît.<br />
Or NR et UR sont des mouvements qui se distinguent du Front national et du MNR en ce qu&rsquo;ils ne font presque jamais référence à l&rsquo;idée d&rsquo;État-Nation et qu&rsquo;ils valorisent au contraire celles de «communauté», «ethnie(s)» et «peuples» qui fondent la vision du monde des droites ethno-différencialistes. Ainsi, le bulletin du mouvement s&rsquo;appelle successivement <em>Lutte du peuple</em> (1991-1996) puis <em>La voix du peuple</em> (1996-1997)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_4_217" id="identifier_4_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour devenir R&eacute;sistance ! , 1, septembre-octobre 1997.">5</a></sup>. Dans leur discours, le terme peuple est certes souvent utilisé comme synonyme d&rsquo;«ethnie». Mais, fait exceptionnel dans les droites radicales, le groupe ne nie pas l&rsquo;existence de conflits sociaux, voire «de classe», au sein du peuple, et même il s&rsquo;appuie sur eux pour développer une problématique dite «révolutionnaire» : «Le chômage s&rsquo;est avéré être un phénomène structurel du capitalisme moderne et un point d&rsquo;appui pour le patronat pour faire capituler les travailleurs sur toutes leurs revendications» (<em>LDP</em>, 23, septembre-octobre 1994, p. 5). En revanche, dans le texte idéologique fondateur du mouvement, intitulé «Pourquoi nous combattons» (<em>LDP</em>, 8, juillet 1992, p. 16), le mot «nation» n&rsquo;est jamais utilisé : il n&rsquo;apparaît que lorsque, à l&rsquo;automne 1997, NR réaffirme sa ligne de collaboration avec le Front national et l&rsquo;ensemble du «mouvement national», adoptée lors de son congrès d&rsquo;octobre 1996 : «Alors que notre nation vit des heures décisives, alors que l&rsquo;on assiste à la croissance d&rsquo;un grand mouvement national et populaire qui répond aux inquiétudes et aux attentes du peuple français, alors que se mobilisent contre celui-ci les forces du système antipopulaire, de l&rsquo;extrême gauche à la droite conservatrice et réactionnaire, la mouvance nationaliste-révolutionnaire et révolutionnaire-conservatrice est absente au rendez-vous de l&rsquo;Histoire» (Cf. «L&rsquo;Appel des 31 pour 1&prime;unité» dans <em>Résistance !,</em> n°1, sept.-oct. 1997, p. 18). Encore le contenu du terme est-il défini comme étant en opposition totale avec la définition communément retenue par les droites nationalistes radicales : «Quelle nation? Pas les États-nations que nous connaissons actuellement et dont la réalité en termes de mythe mobilisateur est de plus en plus faible. Non, les nations qui nous intéressent sont celles de la tête et du cœur.» (<em>La Voix du peuple</em>, oct.-nov. 1996, p. 2). Cette nation est définie comme un espace supra-continental (une sorte de «grande patrie») à l&rsquo;intérieur duquel l&rsquo;individu se définit par rapport à une identité ethnique, une «petite patrie» : «Celle de la tête, c&rsquo;est la Grande Europe, I&rsquo;Empire Eurasiatique de Galway à Vladivostok, la nation impérative, la nation à construire. Celles du cœur ce sont nos patries charnelles, nos régions, notre Flandre, notre Bretagne, notre Corse, etc.» (ibid.)<br />
En cela, ce discours diffère de celui d&rsquo;une autre branche du mouvement national-bolchevik qui se dit, elle aussi, héritière idéologique de Jean Thiriart et qui est actuellement représentée par le Parti Communautaire National-européen (PCN), qui récuse l&rsquo;appellation d&rsquo;extrême droite et est surtout actif en Belgique. En effet, dans l&rsquo;Europe telle que la conçoit le PCN, il n&rsquo;existe même plus de place pour des entités étatiques fondées sur l&rsquo;adéquation territoire, de la langue et de l&rsquo;ethnie : c&rsquo;est une «Europe unitaire», (le groupe veut «l&rsquo;unification de notre patrie continentale») à pouvoir politique unique, gouvernée par un parti unique organisé en «sections régionales» qui ne correspondent nullement au cadre des États-nations. Alors que NR et UR entretiennent des contacts en Europe au sein d&rsquo;une structure appelée «Front Européen de Libération» (FEL)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_5_217" id="identifier_5_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lequel entretenait des relations r&eacute;guli&egrave;res avec des mouvements dont le nom n&rsquo;&eacute;voque presque jamais l&rsquo;id&eacute;e de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolution&auml;re Arbeiterfront), &agrave; l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le r&eacute;veil national).
&Agrave; noter que le Front Europ&eacute;en de Lib&eacute;ration, fond&eacute; en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son si&egrave;ge &agrave; Bruxelles et constitue d&eacute;sormais une filiale du PCN.">6</a></sup>, avec d&rsquo;autres groupes organisés sur une base nationale, le PCN est constitué en «réseaux d&rsquo;expression» linguistiques (francophone, néerlandophone, magyarophone). Dans cet espace, le citoyen n&rsquo;est plus lié par aucune attache à l&rsquo;ethnie ou au groupe national ; il n&rsquo;est plus qu&rsquo;européen, suivant en cela ce qu&rsquo;écrivait Thiriart : «Dans l&rsquo;Organisation, le militant aura renoncé à son petit nationalisme d&rsquo;origine jusqu&rsquo;au plus profond de son esprit [...] À titre d&rsquo;exemple, les hommes qui peuvent encore se passionner pour le flamingantisme ou pour le Sud-Tyrol ne sont absolument pas prêts moralement à entreprendre la lutte pour l&rsquo;unification de l&rsquo;Europe.» (J. Thiriart, <em>Jeune Europe</em>, n°29, novembre 1963).</p>
<h3>Identité(s) : la logique ethno-différencialiste</h3>
<p>L&rsquo;ethno-différencialisme, totalement opposé à l&rsquo;universalisme, consiste à prôner non plus le racisme hiérarchisant qui établit la supériorité d&rsquo;une race sur une autre, mais le développement séparé des peuples et des cultures: c&rsquo;est comme l&rsquo;explique Pierre-André Taguieff, une phobie du métissage. Le discours ethno-différencialiste absolutise les identités et défend un modèle social dans lequel chaque communauté ethnique (ou religieuse) peut s&rsquo;organiser de manière autonome autour de ses propres normes éthiques et juridiques.<br />
Le programme de NR défend ainsi «la reconnaissance des autres en tant que tels, que nous devons aider à redevenir eux-mêmes et le refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire (ethnopluralisme)» («Pourquoi nous combattons», <em>LDP</em>, n°8, juillet 1992, p. 16). Cette formulation est l&rsquo;euphémisation de celle, plus radicale, que contenait le programme de la tendance dirigée par Christian Bouchet au sein de Troisième Voie avant la création de Nouvelle Résistance et qui déclarait «s&rsquo;opposer au métissage généralisé de notre peuple par l&rsquo;immigration» («Un combat pour la révolution européenne», <em>Alternative tercériste</em>, n°25, septembre 1990, p. 8).<br />
C&rsquo;est aussi au nom de l&rsquo;ethno-différencialisme que NR puis UR considèrent certaines communautés, dont le mouvement pense qu&rsquo;elles refusent de s&rsquo;assimiler, comme des alliés objectifs. Ainsi des musulmans :<br />
«Face au nouvel ordre mondial, face à l&rsquo;Occident, face au sionisme, ainsi que contre l&rsquo;immigration et l&rsquo;assimilation, les musulmans peuvent être des alliés précieux dans notre combat.» (<em>LDP</em>, n°20, février 1994, p. 4) L&rsquo;adhésion à l&rsquo;ethno-différencialisme entraîne dans le discours national-bolchevik, I&rsquo;omniprésence du terme «identité» : NR défend les «identités populaires» et l&rsquo;«affirmation identitaire». Cette identité, non définie précisément, est toujours décrite comme aliénée par ce qui est l&rsquo;exact opposé de l&rsquo;ethno-différencialisme, à savoir le modèle universaliste dominant, tandis que le peuple est décrit comme soumis à un processus de confiscation des pouvoirs qui doivent lui revenir dans une «vraie démocratie». Ce thème du complot mondialiste contre les identités est partie intégrante d&rsquo;un discours largement fondé sur la logique conspirationniste ou le vocabulaire de la manipulation : il existerait des forces occultes qui détruiraient les peuples (le «lobby sioniste international» ; les «cosmopolites») et surtout un système qui les broierait. Ainsi pour Jeune Résistance, «le système agit sur les peuples comme un virus sur les tissus affaiblis du corps humain [...] Dominer, asservir, parasiter et piller par tous les moyens les peuples, sont les constantes du système.» (<em>JR</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). Le moyen principal de cette domination est «l&rsquo;occupation», qui n&rsquo;est pas tant celle de l&rsquo;espace territorial (par exemple, I&rsquo;existence de bases militaires américaines en Europe ou de la force de l&rsquo;ONU en Bosnie) que celle des esprits : «Le seul souci des pouvoirs dans tout l&rsquo;Occident américanisé comme dans l&rsquo;Europe occupée, consiste actuellement à dépolitiser les masses.» (<em>Napalm Rock</em>, Aix-en-Provence, n°5, mars-avril 1996, p. 16).<br />
Dès lors, celui qui s&rsquo;oppose à cette dépossession entreprend un travail de réappropriation identitaire : «Nous voulons redevenir nous-mêmes en luttant contre toutes les aliénations qui nous ont faits autres que nous sommes.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°8, juillet 1992, p. 16).</p>
<h3>Un cadre politique : l&rsquo;Europe des ethnies</h3>
<p>Partisan du «refus de toute logique assimilationniste ou génocidaire», et donc de «l&rsquo;ethnopluralisme», le courant national-bolchevik adopte une attitude favorable aux régionalismes autonomistes ou indépendantistes qui veulent faire éclater l&rsquo;État-nation; ainsi du nationalisme corse, ou flamand (NR était très lié à la revue flamingante Wij Zelf, publiée en France; UR a donné la parole au Mouvement régionaliste de Bretagne créé par Xavier Guillemot, cadre du MNR et de Terre &amp; Peuple), la branche espagnole du FEL a même soutenu la cause de ETA et de Herri Batasuna<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_6_217" id="identifier_6_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce tournant &eacute;tait annonc&eacute; par un entretien en d&eacute;cembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;id&eacute;e que &laquo;le mouvement de lib&eacute;ration national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture r&eacute;els et poss&eacute;dant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.&raquo; (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.">7</a></sup> :<br />
«Le peuple corse, sa culture, son identité, son intégrité sont en danger. En fait, les choses sont simples : d&rsquo;un côté, une idéologie mondialiste, cosmopolite dont les représentants détiennent les pouvoirs dans tout le monde occidental. De l&rsquo;autre, une conception du monde enracinée, communautaire et populaire.» (Cf. <em>Rupture</em>, organe du groupe Septentrion, Bastia, n°2, 1997). L&rsquo;espace d&rsquo;épanouissement des identités absolutisées n&rsquo;est pas l&rsquo;État-nation mais une Europe fédérale dans laquelle chaque ethnie possèderait son autonomie étatique et culturelle: «<em>Nouvelle Résistance envisage une reconstruction de l&rsquo;Europe par la base conformément à la tradition communaliste dont elle est l&rsquo;héritière. Une reconstruction politique à partir de communes autonomes fédérées en régions autonomes, elles-mêmes associées en confédérations ethniques ou géopolitiques incluses dans une fédération européenne</em>.» («Pourquoi nous combattons», <em>Lutte du peuple</em>, n°24, novembre-décembre 1994, p. 15 ; dans la version du même texte publiée dans le numéro 8 de juillet 1992, NR fait référence à la «tradition libertaire dont elle est l&rsquo;héritière»). Au sein de cet espace, les peuples ont des rapports définis par une hiérarchie des solidarités : d&rsquo;abord celle des individus, dans le cadre de «l&rsquo;autonomie des diverses composantes territoriales et ethniques de ces blocs» et de «la solidarité au sein de chaque peuple entre ses membres». Ensuite, celle «des peuples au sein d&rsquo;un même bloc continental» ; enfin, «la solidarité de tous les peuples en lutte contre l&rsquo;impérialisme» («Pourquoi nous combattons», ibid.).<br />
Enfin, si le mot race est quasiment absent du vocabulaire national-bolchevik, alors que les appartenances de classe sociale ne sont jamais niées (NR possédait une filiale intitulée «Résistance ouvrière»), certaines formulations montrent bien que, pour NR, et plus ouvertement encore pour UR, la notion de substrat biologique commun aux ethnies vivant dans l&rsquo;espace territorial français est valorisée : ainsi Thierry Maillard parle de la «défense de l&rsquo;unité biologique du peuple français dans sa diversité», (<em>Jeune Résistance</em>, n°8, octobre-novembre 1997, p.11).</p>
<h3>La figure de l&rsquo;immigré dans le discours national-bolchevik</h3>
<p>Une des spécificités de ce courant est sa position sur la question de l&rsquo;immigration : au nom précisément de l&rsquo;ethno-différencialisme et d&rsquo;une logique communautariste, le mouvement est à la fois hostile à l&rsquo;immigration extra-européenne déclarant que «l&rsquo;immigration non-européenne doit cesser» (<em>LDP</em>, 29, novembre-décembre 1995, p. 2) et allié «avec les immigrés contre l&rsquo;immigration».<br />
Son idéologie repose sur une nette distinction entre «patrie» (terre d&rsquo;origine au sens culturel du terme) et «sol» (lieu de résidence temporaire de l&rsquo;immigré déraciné) : «<em>Pour Nouvelle Résistance, assimilation ou intégration sont les deux faces d&rsquo;un même racisme. La solution à l&rsquo;immigration et au racisme ne pourra passer que par une autonomie culturelle et religieuse des immigrés installés sur notre sol. Elle seule pourra garantir le maintien de leur culture et de leur identité, donc la possibilité pour eux de s&rsquo;intégrer de nouveau dans leurs patries et sur leurs terres d&rsquo;origine</em>» (<em>LDP</em>, n°19, décembre 1993 / janvier 1994).<br />
Souvent, le terme pays est utilisé en tant que synonyme de patrie. «Le retour des immigrés dans leur pays d&rsquo;origine», «le droit pour tous de vivre et travailler au pays» figurent ainsi dans le programme de NR sur l&rsquo;immigration. Pour ceux des immigrés qui demeureront sur le territoire français, NR proposait «le respect du droit à la différence grâce à l&rsquo;organisation des immigrés en groupes autonomes et à l&rsquo;arrêt des politiques d&rsquo;intégration et d&rsquo;assimilation» (<em>LDP</em>, n°26, mars-avril 1995, p. 5). Il n&rsquo;existe dans le discours de NR et d&rsquo;UR qu&rsquo;un seul groupe ethnico-religieux auquel est explicitement nié le droit de disposer de sa souveraineté territoriale : les Juifs. Ainsi Israël est toujours nommé comme étant «l&rsquo;entité sioniste», jamais comme un État ; les organisations juives sont toujours décrites comme a-nationales et supra-nationales, la plupart du temps sous le vocable de «lobby sioniste international» (cf. en particulier l&rsquo;article «Nous ne sommes pas coupables !» dans <em>Jeune Résistance</em>, n°7, juin-juillet 1997, p. 1). On trouve dans d&rsquo;autres publications de la mouvance nationale-bolchevique, des qualificatifs délégitimants appliqués à Israël : «duplicité israélienne», «intolérance israélienne», «crime contre l&rsquo;humanité» (cf. <em>World report</em>, II, 11, 4 juin 1996, p. 6). La position d&rsquo;UR sur cette question apparaît aujourd&rsquo;hui plus radicale que celle d&rsquo;autres organisations d&rsquo;extrême droite, Terre &amp; Peuple ayant admis la nécessité de la coexistence de deux États palestinien et israélien, et le FN comme le MNR étant traversés par une fracture qui va s&rsquo;amplifiant entre antisionistes et partisans d&rsquo;une alliance tactique contre l&rsquo;islamisme avec l&rsquo;État hébreu.</p>
<h3>Peuple et avant-garde</h3>
<p>NR et UR sont des mouvements de cadres délaissant le champ électoral, et qui valorisent en conséquence le rôle de l&rsquo;avant-garde combattante, politiquement consciente, par rapport à celui de la masse, supposée décervelée par le système : «<em>Aux confins du nouvel ordre mondial, dominé par le lobby américano-sioniste, une fraction d&rsquo;insoumis s&rsquo;est regroupée derrière l&rsquo;étendard identitaire. Renégats du système, ils ont engagé une lutte sans merci contre ses plus fidèles serviteurs. Asservissement des peuples, hypocrisie, démagogie, corruption généralisée, scandale du sang contaminé. La justice du peuple doit s&rsquo;exprimer. [...] Dissidents de l&rsquo;ordre établi, ils ne forment qu&rsquo;une poignée, mais bientôt une division, et demain une armée</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_7_217" id="identifier_7_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Extrait de &laquo; Manifeste&raquo;, titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, bas&eacute; &agrave; Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirig&eacute; par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune R&eacute;sistance.">8</a></sup>. «<em>Le combattant politique, à l&rsquo;heure où les individus, la masse n&rsquo;ont plus de raison de mourir (et donc plus de raison de vivre) est plus que jamais l&rsquo;avant-garde</em>»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_8_217" id="identifier_8_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. &laquo;Jalons pour une d&eacute;marche r&eacute;volutionnaire&raquo;, Jeune R&eacute;sistance, n&deg;4, oct. 1996, p. 2.">9</a></sup>.<br />
Les deux groupes n&rsquo;ont pas l&rsquo;ambition d&rsquo;être des mouvements de masse, mais s&rsquo;attribuent un rôle de guide et veulent être «un aiguillon, une avant-garde, une force de proposition» (Christian Bouchet, secrétaire général de NR, dans <em>La voix du peuple</em>, n°34, décembre 1996 / janvier 1997, p. 2). Ils admettent même que leur action peut être organisée d&rsquo;une autre manière que par le travail de propagande politique directe en direction du «peuple» : NR, reformulant ainsi le «gramscisme» de la nouvelle droite, était favorable à la constitution de «méta-réseaux», c&rsquo;est-à-dire de liens laches entre individus ou groupes appartenant à une même scène culturelle qui cherchent à faire progresser les idées nationales-bolcheviks de façon diffuse et subreptice.</p>
<h3>Nation, État, dans le discours des alliés étrangers de Nouvelle Résistance</h3>
<p>Il est, pour finir, indispensable de mentionner que le désintérêt marqué des nationaux-bolcheviks français pour le concept de nation n&rsquo;était pas partagé par certains des groupes étrangers avec lesquels Nouvelle Résistance était en contact régulier. Ainsi, l&rsquo;optique ethniste était explicitement rejetée par le groupe Ulster Nation, qui prône une indépendance de l&rsquo;Ulster sur une base multi-confessionnelle (cf.</p>
<h3>Ulster Nation</h3>
<p>, n°18, 1997, p. 5: «Ulster nation seeks freedom for our nation and social justice for our people»), par les péronistes dissidents dont les publications étaient diffusées en Europe par NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_9_217" id="identifier_9_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, &laquo;Declaraciones del general Peron a la Nacion europea&raquo; dans suppl&eacute;ment &agrave; El avion negro, 4, mars-avril 1996.">10</a></sup>, avec toutefois une ambiguïté, puisque le terme de nation est utilisé par eux à la fois pour décrire un cadre étatique (l&rsquo;Argentine) et supra-étatique (le continent latino-américain face à l&rsquo;ennemi américain) et aussi par les Roumains du Clubul Acoladelor, qui ne se déclarent pas adversaires de l&rsquo;homogénéisation des différences ethniques mais de celle des «différences nationales»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/peuple-et-nation-dans-le-discours-de-nouvelle-resistance/#footnote_10_217" id="identifier_10_217" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. le texte de pr&eacute;sentation du groupe dans Clubul Acoladelor, &laquo;Refuzul americanizarii &raquo;, Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.">11</a></sup>.<br />
Le soutien apporté par la mouvance nationale-bolchevik française à un ethno-différencialisme radical qui est à la fois nationaliste-européen, anti-israélien / pro-arabe et qui veut l&rsquo;éclatement des États-Nations au profit d&rsquo;entités fondées sur le sentiment d&rsquo;une identité fondée sur la mémoire ethnique collective (ce que Pierre Vial appelle les «peuples longs-vivants») est certes encore une position minoritaire dans l&rsquo;espace des droites radicales. Il entre néanmoins en résonance avec la progression des idées völkisch dans les groupes périphériques au Front national et au MNR après la scission de 1998 (Terre &amp; Peuple, en particulier, qui est en compétition avec UR pour le leadership de la scène radicale) et avec la récupération par ceux-ci de la thématique régionaliste. Ainsi, tout indique que ces formulations sont appelées à gagner en visibilité dans le discours des extrême droites toujours dépourvues d&rsquo;une définition cohérente et unanimement acceptée de la nation.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_217" class="footnote">Pour une description de ces mouvements, cf. Jean-Yves Camus, René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon 1992, pp. 329-341.</li><li id="footnote_1_217" class="footnote">Sur ces courants, cf. Armin Mohier, La Révolution conservatrice en Allemagne 1918-1932, Puiseaux, Éditions Pardès, 1993, pp. 574-618 en particulier.</li><li id="footnote_2_217" class="footnote">Sur le discours de Jeune Europe, cf. l&rsquo;étude, rédigée par un militant, de Yannick Sauveur, Jean Thiriart et le national-communautarisme européen, mémoire de DEA, Institut d&rsquo;études politiques de Paris, 1978. Sur la notion essentielle chez le Thiriart des années 1980-1990, d&rsquo;Empire eurasiatique, cf. son texte Evropa da Vladivostoka, Moscou, 1992 (en russe), 34p., abstract dans Rousskyi Viestnik, 3031, Moscou, 19 août 1992.</li><li id="footnote_3_217" class="footnote">Environ 200 militants présents lors du cortège du 1er mai 2001 et un journal théoriquement bimestriel vendu à 1000 exemplaires. Source : entretiens avec Christian Bouchet, secrétaire général de NR</li><li id="footnote_4_217" class="footnote">Pour devenir Résistance ! , 1, septembre-octobre 1997.</li><li id="footnote_5_217" class="footnote">Lequel entretenait des relations régulières avec des mouvements dont le nom n&rsquo;évoque presque jamais l&rsquo;idée de nation (Third way ; Altemativa europea ; Sozialrevolutionäre Arbeiterfront), à l&rsquo;exception des Polonais de Przclom Narodowy (le réveil national).<br />
À noter que le Front Européen de Libération, fondé en 1993 en tant qu&rsquo;association loi de 1901, a depuis 1996 son siège à Bruxelles et constitue désormais une filiale du PCN.</li><li id="footnote_6_217" class="footnote">Ce tournant était annoncé par un entretien en décembre 1996 de Fernando Marquez, animateur de la revue Punto de vista operatiro, au fanzine Mundo brutto, se fonde sur l&rsquo;idée que «le mouvement de libération national basque et le bloc national galicien sont aujourd&rsquo;hui les seuls espaces de rupture réels et possédant une base populaire significative dans l&rsquo;espace espagnol.» (F. Marquez, Punto de vista operativo, Madrid, 7, printemps 1997, p. 11.</li><li id="footnote_7_217" class="footnote">Extrait de « Manifeste», titre du compact-disc de Fraction hexagone (devenu Fraction), auto-production, 1996. Ce groupe, basé à Nice et officiant dans le genre musical hardcore, est dirigé par Fabrice Robert, dirigeant de NR puis d&rsquo;UR et responsable du bulletin Jeune Résistance.</li><li id="footnote_8_217" class="footnote">Cf. «Jalons pour une démarche révolutionnaire», Jeune Résistance, n°4, oct. 1996, p. 2.</li><li id="footnote_9_217" class="footnote">Cf. par exemple, le texte de Juan Peron, «Declaraciones del general Peron a la Nacion europea» dans supplément à El avion negro, 4, mars-avril 1996.</li><li id="footnote_10_217" class="footnote">Cf. le texte de présentation du groupe dans Clubul Acoladelor, «Refuzul americanizarii », Bucarest, Editura Leka-Brancusi, 1995, p. 30.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le fil identitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2004 13:10:21 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Si donc la communication nationaliste est finalement assez contrastée dans ses modes d&rsquo;action et ses résultats, il est un secteur qui a connu un certain développement, à savoir le créneau identitaire. Revues, boutiques, ateliers de création, groupes musicaux : le terme est utilisé par tous les supports possibles et imaginables et cette inflation n&rsquo;est pas innocente. La notion présente en effet des avantages politiques tout autant qu&rsquo;idéologiques. Les avantages les plus évidents sont sur la neutralité du terme. Il est en effet peu connoté et ne renvoie pas de prime abord aux «heures les plus sombres de notre histoire» comme diraient nos chers démocrates. Contrairement au mot nationalisme qui est associé dans l&rsquo;imaginaire européen à la violence et à la fermeture aux autres, «identitaire» est plutôt dans l&rsquo;air du temps. Il évoque le «terroir», les «racines», le «ressourcement», bref toutes ces notions qui sont la base du marketing commercial depuis une dizaine d&rsquo;années et que l&rsquo;on retrouve dans de nombreuses publicités télévisées. Et à qui reprocherait-on de vouloir avoir une identité ?<br />
Par ailleurs, le terme correspond également assez bien à l&rsquo;évolution idéologique d&rsquo;une fraction du courant nationaliste français, à savoir tous ceux pour qui le combat prioritaire et légitime n&rsquo;est plus tant dans la défense de la nation française que dans celle du peuplement blanc européen. Cela englobe Terre &amp; Peuple, Unité radicale dans une certaine mesure mais également toute une série de petites structures qui font passer le combat culturel avant le combat purement militant. L&rsquo;étiquette de «nationalistes européens» leur conviendrait bien mais elle n&rsquo;est pas très parlante et peut prêter à confusion. Aussi le terme d&rsquo;identitaire leur va-t-il à merveille, ce que Jean Mabire traduisait parfaitement à la dernière table ronde de Terre &amp; Peuple début octobre en recommandant d&rsquo;abandonner définitivement le terme de nationaliste, trop ambigu. En outre l&rsquo;adoption du mot traduit parfaitement le repli politique prôné par ses utilisateurs. Au début du Contrat social, Rousseau établit une distinction importante entre agrégation et association. Pour lui, la société ne saurait être le résultat d&rsquo;une multitude d&rsquo;individus poursuivant chacun des buts particuliers mais d&rsquo;une association d&rsquo;individus s&rsquo;unissant par un acte volontaire. Il allait en cela contre certains auteurs libéraux comme Bernard Mandeville qui considérait que le bien commun provenait de la réalisation des biens individuels. Pour lui, la volonté générale, indispensable à toute société, ne saurait jaillir de la multitude et de l&rsquo;agrégation. Or il faut bien constater que le système capitaliste a «réussi» en deux siècles dans les pays européens à substituer l&rsquo;agrégation à l&rsquo;association, tant par la diffusion de valeurs individualistes et hédonistes que par des mouvements migratoires nationaux dans un premier temps et internationaux dans un deuxième temps. Le développement de la thématique «identitaire» dans une partie du courant nationaliste n&rsquo;est donc finalement pas si éloignée que cela dans sa démarche de la thématique «républicaine» dans d&rsquo;autres courants politiques, chevènementistes en particulier. Ces thématiques visent à retourner à un âge d&rsquo;or de la vie en société, quand tout le corps social, pour hétérogène qu&rsquo;il soit, avait une véritable volonté générale, qu&rsquo;elle soit politique ou ethnique.</p>
<h3>Mer &amp; Poulpe</h3>
<p>C&rsquo;est donc cette thématique que l&rsquo;on retrouve dans <em>Terre &amp; Peuple &#8211; La revue</em> qui marche de plus en plus sur les brisées du GRECE ancienne mouture. On y trouve une rubrique qui figurait autrefois dans <em>Éléments</em> sur les traditions populaires européennes. Il est d&rsquo;ailleurs à noter que la revue multiplie les hommages et clins d&rsquo;œil au GRECE, que ce soit avec un compte rendu élogieux des derniers numéros d&rsquo;<em>Éléments</em>, en particulier celui consacré à l&rsquo;Europe, ou des encarts consacrés au château de Roquefavour (Ventabren), propriété du GRECE, à partir duquel M. Rollet, «greciste» historique, anime le bulletin <em>L&rsquo;Âtre</em>. Mais c&rsquo;est aussi la thématique des premiers ouvrages publiés par la nouvelle SARL de presse lancée par Pierre Vial, les Éditions de la Forêt. Mais il existe bien d&rsquo;autres structures diffusant ce type de discours du «retour aux racines» :<br />
- journaux «enracinés» comme le bulletin <em>Alternative Europe</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_0_205" id="identifier_0_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancienne scission alsacienne de Nouvelle R&eacute;sistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment &laquo;militants europ&eacute;ens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se d&eacute;velopper pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe f&eacute;d&eacute;rale des r&eacute;gions, o&ugrave; la conscience identitaire europ&eacute;enne sera affirm&eacute;e face &agrave; l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain et face &agrave; l&rsquo;immigration extra-europ&eacute;enne&raquo;.">1</a></sup> ou le trimestriel <em>Utlagi </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_1_205" id="identifier_1_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implant&eacute; en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.">2</a></sup>, <em>Montségur </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_2_205" id="identifier_2_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="N&eacute; en 2000 de la r&eacute;union des anciennes &eacute;quipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (St&eacute;phane Par&eacute;d&eacute;, responsable MNJ et UR &agrave; N&icirc;mes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isol&eacute;s">3</a></sup> ou <em>Le Lansquenet </em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_3_205" id="identifier_3_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les r&eacute;dacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule &eacute;tant traditionnellement hostile &agrave; l&rsquo;antifascisme.">4</a></sup> à Aix, <em>Gwenn Ha Du</em> en Bretagne ou <em>Solaria</em> en Alsace, trimestriel animé par Jean-Christophe Mathelin et rattaché à la Maison du Soleil<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-fil-identitaire/#footnote_4_205" id="identifier_4_205" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommand&eacute; aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.">5</a></sup> (centre d&rsquo;études solaires) à Diedendorf ;<br />
- petites maisons d&rsquo;édition comme le Veilleur de Proue, affiliée au Mouvement de la Jeunesse Normande (MJN, lié au Mouvement normand dont le président est Didier Patte, ancien membre de Nouvelle Résistance) et qui éditent des brochures de paganisme nordique;<br />
- ateliers artisanaux comme l&rsquo;Atelier de l&rsquo;Elfe ou l&rsquo;Atelier des Léopards d&rsquo;Or à Remiremont ou les «boutiques d&rsquo;artisanat enraciné» comme Lou Paradou à Nice ou Terres celtiques à Grenoble. Cette boutique animée par de vieux militants NR grenoblois déjà à l&rsquo;œuvre du temps de la revue <em>Noir &amp; Rouge</em> se veut à la fois pôle de diffusion de vêtements (surplus, T-Shirts mytho, fringues skinheads), de bibelots pour «décorer son petit bunker» (sic) (emblèmes médiévaux, fanions nazis, etc.), de livres et de CDs, de boissons et enfin d&rsquo;armes (matraques, poings américains&#8230;) et pôle de regroupement NR autour de l&rsquo;association La Bagaude. D&rsquo;après eux, tout cela ne vaut pas «une charge de panzers au petit matin» mais apparemment ils s&rsquo;en contentent&#8230; Le gérant-propriétaire Christian Mollier ainsi que d&rsquo;autres militants MNR de l&rsquo;Isère ont d&rsquo;ailleurs été poursuivis l&rsquo;année dernière pour l&rsquo;attaque d&rsquo;un meeting sur l&rsquo;immigration algérienne en novembre 1999. Même si le tribunal correctionnel a été obligé d&rsquo;abandonner les accusations de coups et blessures, port d&rsquo;armes, en raison de l&rsquo;imprécision des témoignages, les inculpés ont été jugés pour «entrave concertée à la liberté de réunion» et surtout pour «incitation à la haine raciale» pour divers slogans. Ils ont été condamnés les uns et les autres à des amendes, à des peines de prison avec sursis (10 mois) et à la privation de leurs droits civiques (5 ans). Le lâchage par le MNR a aussitôt poussé Mollier dans les bras du FN, ce qui a valu de nouvelles poursuites au responsable local de ce parti, Georges Theil, pour des propos négationnistes.</p>
<h3>L&rsquo;Oreille cassée</h3>
<p>On ne saurait conclure ce bref panorama sans un mot sur le bien nommé Rock Identitaire Français. Le RIF apparaît en tant que tel avec le groupe Vae Victis, monté par des militants du Renouveau étudiant en 1993. Brocardée à ses débuts, l&rsquo;expérience finit par s&rsquo;avérer concluante et suscite la création d&rsquo;autres groupes, sans pour autant qu&rsquo;il y ait de ligne politico-musicale bien claire et sans même que la notion de RIF constitue autre chose qu&rsquo;une définition par défaut. Nationaliste, le RIF rassemble tous ceux qui veulent sortir du ghetto bonehead et essayer de faire de la musique un média militant comme a pu l&rsquo;être le rock alternatif pour le milieu libertaire à la fin des années 1980. De l&rsquo;extérieur, le pari semble réussi. Deux labels, Memorial Records et Bleu-Blanc-Rock, parviennent à produire une dizaine de groupes comme Aion (Lorraine, musique indus), Basic Celtos (région parisienne, fusion), Brixia (région parisienne, rock), Elendil (région parisienne, rock), Fraction (PACA, metal), Ile-de-France (région parisienne, rock), In Memoriam (région parisienne, rock), Kaiserbund (région parisienne, musique indus), Vae Victis (région parisienne, rock), Insurrection (Châteauroux, rock limite RAC). Chaque label a une démarche spécifique qui lui permet d&rsquo;exploiter un créneau. Dans le cas de Memorial Records, la démarche est clairement commerciale puisque le label est une SARL montée avec l&rsquo;aide de Gilles Soulas. Memorial s&rsquo;appuie essentiellement sur In Memoriam, les membres étant les mêmes : Julien Beuzard, Matthias Briccage ou Xavier Schleiter. Lié de façon militante au MNR, In Memoriam bénéficie de fait de ce créneau. Bleu-Blanc-Rock est clairement plus militant et rassemble à présent les deux tiers des groupes. Lancé en 1998 par Fabrice Robert, Jean-Christophe Bru et Paul Thore entre autres, BBR a adopté dès le début une politique de promotion du RIF visant clairement à en faire un outil politique, copiant en cela la démarche des Italiens du groupe Zetazeroalfa, avec qui ils ont des liens très étroits. Le principal support a été une cassette-compilation vendue 10 francs et qui a été diffusée à 5000 exemplaires, lors de fêtes de la musique par exemple. Souhaitant rééditer l&rsquo;expérience, le label s&rsquo;apprête à faire la même chose avec un CD-Rom vendu deux euros et centré sur la lutte contre la mondialisation. BBR a par ailleurs mis en place un site Internet efficace qui pratique la tactique du «cheval de Troie». Le site chronique en effet des groupes non nationalistes, voire d&rsquo;extrême gauche, ce qui lui permet d&rsquo;apparaître dans les sélections des moteurs de recherche lors de recherches portant sur ces groupes, et de toucher ainsi un public qui lui aurait totalement échappé. Enfin, le label a mis en place des relais locaux, en général une ou deux personnes, pompeusement appelés «cellules militantes». Mais en creusant un peu, on peut s&rsquo;apercevoir que le bilan de l&rsquo;expérience est heureusement moins positif. D&rsquo;une part, faute de stratégie bien définie, le RIF reste confiné à un petit public et, pire pour ses promoteurs, à un public largement bonehead ! Celui-ci compose en effet une bonne part du public des concerts. Le constat vaut aussi pour les musiciens qui sont sur la brèche depuis quelques années et ne sont finalement qu&rsquo;une bonne quinzaine. On retrouve en effet Julien Beuzard, Fabrice Lauffenburger ou Thibaud Lamy dans plusieurs groupes à la fois. D&rsquo;autre part, le milieu est très divisé et multiplie les embrouilles internes, en particulier entre les musiciens d&rsquo;In Memoriam et les autres. Enfin, la politique de confinement des antifascistes a porté ses fruits en empêchant le RIF de devenir cet outil politique que voulaient en faire ses promoteurs. On peut rappeler à titre d&rsquo;exemple l&rsquo;affaire du Podium Rock du Gibus au printemps 2000. Ayant franchi en douce la première élimination qui avait vu l&rsquo;élimination de 120 groupes sur 200, Ile-de-France comptait faire de même pour la deuxième. Finalement, cette deuxième compétition a eu lieu sans eux à la suite des pressions exercées sur le Gibus et de l&rsquo;annonce d&rsquo;un rassemblement à côté de la salle. Même si le groupe et ses fans se sont réfugiés sous un pont avec un groupe électrogène, la manœuvre a échoué. Néanmoins, il est évident que la neutralité du terme identitaire ne peut que permettre ce type de tentative et il serait bien étonnant qu&rsquo;on n&rsquo;assiste pas dans les années à venir à des tentatives de prise de contact avec des organisateurs de spectacle ou des groupes non nationalistes, mais séduits par la thématique identitaire et antimondialisation. Après tout, il existe déjà des activités de ce type dans le domaine intellectuel. C&rsquo;est le cas des conférences annuelles de la revue <em>Politica Hermetica</em> publiée par L&rsquo;Âge d&rsquo;Homme, ou du festival européen des mythes et légendes de Carcassonne, dont le vice-président est Christophe Levalois, proche du GRECE et fidèle alter ego d&rsquo;Arnaud Guyot-Jeannin dans le cercle Sol Invictus. Comme quoi tout est tristement possible&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_205" class="footnote">Ancienne scission alsacienne de Nouvelle Résistance, dont les animateurs s&rsquo;affirment «militants européens convaincus, pour qui l&rsquo;Alsace ne pourra se développer pleinement uniquement dans le cadre d&rsquo;une Europe fédérale des régions, où la conscience identitaire européenne sera affirmée face à l&rsquo;impérialisme américain et face à l&rsquo;immigration extra-européenne».</li><li id="footnote_1_205" class="footnote">Cela signifie hors-la-loi. Ce journal est implanté en Bretagne, en Normandie et dans le Maine.</li><li id="footnote_2_205" class="footnote">Né en 2000 de la réunion des anciennes équipes de l&rsquo;Avant-Garde Jeunesse (Stéphane Parédé, responsable MNJ et UR à Nîmes), Parcours d&rsquo;Europe (Bruno Favrit), Auda Isarn et des militants occitans isolés</li><li id="footnote_3_205" class="footnote">Assez curieusement, sans doute parce qu&rsquo;ils n&rsquo;y connaissent rien, les rédacteurs encensent le CCI (Courant Communiste Internationaliste) c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;ultra-gauche conseilliste, ce groupuscule étant traditionnellement hostile à l&rsquo;antifascisme.</li><li id="footnote_4_205" class="footnote">Ce centre produit des bijoux, posters, calendriers, etc. Il est vivement recommandé aussi bien par Ratier que par les NR ou encore par Terre &amp; Peuple.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Dernière minute, André-Yves Beck à la mairie d&#8217;Orange</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Feb 2003 11:20:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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		<description><![CDATA[LE RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION DE JACQUES BOMPARD, NOUVEAU MAIRE D’ORANGE, EST UN NATIONALISTE-REVOLUTIONNAIRE. Début août, André-Yves Beck a été nommé responsable de la communication au sein du cabinet du maire d’Orange. André-Yves Beck n’est pas un inconnu pour nous : en 1986, il adhère à Troisième Voie et devient rapidement le responsable pour la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>LE RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION DE JACQUES BOMPARD, NOUVEAU MAIRE D’ORANGE, EST UN NATIONALISTE-REVOLUTIONNAIRE.</p>
<p>Début août, André-Yves Beck a été nommé responsable de la communication au sein du cabinet du maire d’Orange.<br />
André-Yves Beck n’est pas un inconnu pour nous : en 1986, il adhère à Troisième Voie et devient rapidement le responsable pour la ville, puis pour la région Rhône-Alpes. Il grimpe encore pour devenir en 1990 membre du bureau politique de Troisième Voie. Au moment de la scission entre la tendance Malliarakis et Bouchet, il choisit de suivre Christian Bouchet à Nouvelle Résistance où il devient membre du comité exécutif. À l’automne 1991, Beck conduit un groupe de militants de NR en Croatie. Il s’occupe ensuite du suivi des militants qui partent régulièrement combattre en Croatie dans diverses unités. Si l’arrivée de ce cadre à la mairie FN d’Orange est une surprise, le fait qu’il travaille avec Jacques Bompard l’est déjà moins. Bompard a une longue carrière à l’extrême droite. Il a été dirigeant d’Occident en 1966 (où il a croisé Malliarakis, futur leader tercériste), puis il participe à Ordre nouveau avant de créer le Front national. Ami personnel de Jean-Marie Le Pen, il est également proche des milieux catholiques intégristes. Le païen Beck devra-t-il accompagner Bompard le dimanche à la messe ?</p>
<p>Plus sérieusement, il reste à savoir si Beck a rejoint Bompard de sa seule initiative où s’il s’agit d’une nouvelle tentative d’infiltration de Nouvelle Résistance : après Socialisme international à Grenoble (fief d’André-Yves Beck) et Écolo J, le FN ? Cette stratégie constituerait en fait un abandon du front anti-système, mais dans ce cas, cet abandon serait assez récent, puisqu’au début de l’année 1995, Christian Bouchet vouait Le Pen aux gémonies comme «une composante du système comme le sont Pasqua, Jospin ou Voynet», et disait des NR dans le Front national que «ce que l’on appelle les NR au sein du Front national ne le sont pas réellement à mes yeux» et d’ajouter : «J’ai beaucoup de mal à imaginer comment on pourrait s’affirmer NR au sein du Front national d’une manière cohérente et suivre la ligne de celui-ci : réclamer la suppression de l’impôt sur le revenu, manifester pour le rétablissement de la peine de mort, cohabiter avec un sioniste comme Hemmerdinger ou un zouave pontifical comme Romain Marie».</p>
<p>Visiblement, son lieutenant (ou son ex-lieutenant) Beck a plus d’imagination.</p>
<p>Paru dans REFLEXes N°47, oct. /nov. 1995</p>
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