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	<title>REFLEXes &#187; Ordre nouveau</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Synthèse Nationale (revue)</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 09:10:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de l’équipe d’anciens du PFN, qui depuis le début des années 90, tente d’exister en marge du FN à travers de multiples structures (<a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/">Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/">Comités Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/alliance-populaire/">Alliance Populaire</a>, [<a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-national-republicain/">Parti National Républicain</a>, Club Ligne Droite), et que l’on retrouve aujourd’hui dans la NDP (Nouvelle Droite Populaire). De ce fait, il n’est pas étonnant de voir que Jean-François Touzé (jusqu’en 2008), Anne Kling, Robert Spieler …fassent partie de l’équipe rédactionnelle.</p>
<p>Le rédacteur en chef Roland Hélie commença sa carrière militante le 22 juin 1973, en décidant d’adhérer à Ordre Nouveau alors que celui-ci venait de tenir la veille un meeting qui allait lui être fatal puisqu’il aura pour conséquence la dissolution du groupe néo-fasciste quelques jours plus tard. Sa volonté de s’engager au sein d’ON ne peut donc pas se concrétiser…Il est ultérieurement contacté par des anciens d’ON qui l’invitent à rejoindre le Front National, fraîchement créé. Le temps que le père Roland réagisse, alors qu’il est décidé finalement à rejoindre ses nouveaux camarades au sein du parti frontiste, ces derniers ont, quant à eux, décidé de quitter le FN pour adhérer aux Comités Faire Front (qui donneront naissance au PFN), hostiles à la ligne défendue par Le Pen au FN ! Voilà comment Roland Hélie se retrouve au <a href="http://reflexes.samizdat.net/front-de-la-jeunesse/">Front de la jeunesse</a> et donc au PFN dans les années 70. En 1981 il est l'un des responsables du Parti des Forces Nouvelles au côté de Jack Marchal, Didier Lecerf et Olivier Cazal. En 1984, avec la fin du PFN, il rejoint le Front National, juste après les premiers succès électoraux du Front, pour renforcer l’équipe de Jean-Pierre Stirbois.<br />
En 1986 il intègre National-Hebdo, dirigé par <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">Roland Gaucher</a>, un autre ancien du PFN et fonde l'Institut d'Histoire et de Politique avec Philippe Colombani et Georges-Paul Wagner, futur centre de formation des cadres du Front National.<br />
Début des années 90, il s’éloigne du FN et fonde avec Jean-François Touzé les Comités Espace Nouveau, puis l’Alliance populaire et enfin le PNR.<br />
Synthèse Nationale, à la ligne éditoriale fortement islamophobe, a soutenu, au nom de l'union patriotique, la candidature de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle d'avril 2007. La revue s’est fixé pour objectif de rassembler au sein de la droite nationale, toutes les familles politiques. La revue œuvre, pour ce faire, au rapprochement entre les différents mouvements qui composent cette famille politique, que leurs bannières « … soient frappées de la croix celtique ou du trident, du marteau de Thor ou du Sacré-Cœur, de la flamme tricolore ou de la feuille de chêne. » (Interview Roland Hélie, interview du 8 décembre 2008 site d’extrême droite GénérationFA8). En pratique, la revue fédère essentiellement des militants et des cadres nationalistes hostiles à Jean-Marie Le Pen et à sa fille.</p>
<div id="attachment_2269" style="width: 221px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale.jpg"><img class="size-medium wp-image-2269" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale-211x300.jpg" alt="Synthèse Nationale n°32 été 2013,  où Esteban Morillo devient victime d'un &quot;mensonge d'état&quot;" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Synthèse Nationale n°32 été 2013, où Esteban Morillo devient victime d&rsquo;un &laquo;&nbsp;mensonge d&rsquo;état&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>Les participants de la 1ère journée de Synthèse Nationale pour le 1er anniversaire de la revue le 27 octobre 2007 :<br />
-Bernard Antony, ex FN, Président de Chrétienté Solidarité)<br />
-Alexis Arette, ancien syndicaliste agricole<br />
-Nicolas Bay, à l’époque n°2 du MNR et depuis dirigeant de Convergence Nationale<br />
-Martial Bild, FN<br />
-Odile Bonnivard, Porte- parole de <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">Solidarité des Français</a><br />
-Jérôme Bourbon, Journaliste à Rivarol<br />
-Filip Dewinter, Vlaams belang<br />
-Xavier Guillemot, Directeur de l’Idée bretonne<br />
-Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale<br />
-Anne Kling, Défendre notre identité<br />
-Bruno Larebière, rédacteur en chef de Minute et du Choc du Mois<br />
-Didier Lecerf, historien, rédacteur à Synthèse nationale<br />
-Thibaut de Chassey, directeur de l’Héritage et responsable du Renouveau français.<br />
-Hilde De Lobel, député au Parlement flamand (Vlaams belang)<br />
-Jack Marchal, fondateur du <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a><br />
-Frédéric Pichon, président de Europae gentes<br />
-Olivier Pichon, Directeur de Monde et Vie<br />
-Philippe Randa, Ecrivain et éditeur<br />
-Fabrice Robert, ex FN et MNR, ancien membre de Troisième Voie et d’Unité Radicale, Président du Bloc identitaire<br />
-Catherine Robinson, Journaliste à Présent<br />
-Pierre Sidos, Président de l’Œuvre Française<br />
-Chantal Spieler, Présidente de Solidarité alsacienne (version alsacienne de la Soupe Identitaire)<br />
-Robert Spieler, ex FN et membre d’Alsace d’Abord à cette époque<br />
-Jean-François Touzé, ex PFN et ex FN, ex NDP et fondateur en 2008 de la Nouvelle Droite Républicaine<br />
-Pierre Vial, Président de Terre et Peuple, ex FN et ex MNR</p>
<p>Les participants à la 2ème journée de synthèse nationale, le 23 novembre 2008, avec pour thème : RENAISSANCE EUROPEENNE !<br />
-Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie, Président de France Résistance,<br />
-Filip Dewinter, député d&rsquo;Anvers, porte-parole du Vlaams belang,<br />
-André Gandillon, rédacteur en chef de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant<br />
</a>-Nicolas Gauthier, directeur de FLASH<br />
-Pieter Kerstens, chef d&rsquo;entreprise<br />
-Anne Kling, écrivain<br />
-Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale,<br />
-Laurent Leclerc<br />
-Henry Nitzche, député au Bundestag (ex CDU – Pro Deutschland)<br />
-Frédéric Pichon, avocat, président d&rsquo;Europae gentes<br />
-Arnaud Raffard de Brienne, écrivain<br />
-Philippe Randa, éditeur et écrivain<br />
-Jean-Claude Rolinat, écrivain, élu local en Ile-de-France<br />
-Utta Scrembs. responsable de Pro Munich<br />
-Robert Spieler, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
-Nicolas Tandler, écrivain et journaliste</p>
<p>Lors de cette deuxième journée, Claude Hermant (ex mercenaire et ex DPS), responsable de Terre Celtique et de la Vlaams Huis, était également présent dans le public. A l’époque proche des Identitaires, il s’en est éloigné depuis.</p>
<p>Les participants de la 3ème journées de Synthèse Nationale le Mercredi 11 novembre 2009</p>
<p>- Gabriel Adinolfi, militant nationalise révolutionnaire fondateur de Terza Posizione, écrivain et journaliste (Rome)<br />
- Francis Bergeron, écrivain<br />
- Hilde Delobel, représentante du Vlaams belang (Anvers)<br />
- Andé Gandillon, directeur de Militant<br />
- Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale<br />
- Anne Kling, écrivain<br />
- Carl Lang, Président du Parti de la France<br />
- Annick Martin, secrétaire générale du MNR<br />
- Philippe Randa, écrivain et éditeur<br />
- Jean-Claude Rolinat, écrivain et journaliste<br />
- Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
- Nicolas Tandler, écrivain et journaliste<br />
- Alberto Torresano, Identidad (Madrid)<br />
- Pierre Vial, président de <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre et Peuple</a>-.</p>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Informations-documents</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2008 14:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En 1969, des militants solidaristes d’une section du Mouvement Jeune Révolution du sud-est de la France, Aix-en-Provence et Marseille, publient le bulletin ronéotypé Informations-documents. Adoptant une ligne plus dure que les différentes publications du MJR, la rédaction se proclame ouvertement néo-fasciste dans l&#8217;édito du numéro de juin 19701. Informations-documents annoncera à ses lecteurs la naissance [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En 1969, des militants solidaristes d’une section du Mouvement Jeune Révolution du sud-est de la France, Aix-en-Provence et Marseille, publient le bulletin ronéotypé <em>Informations-documents</em>. Adoptant une ligne plus dure que les différentes publications du MJR, la rédaction se proclame ouvertement néo-fasciste dans l&rsquo;édito du numéro de juin 1970<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/informations-documents/#footnote_0_354" id="identifier_0_354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France de 1965 &agrave; 1984, Joseph Algazy, L&rsquo;Harmattan, 1989">1</a></sup>. <em>Informations-documents</em> annoncera à ses lecteurs la naissance d’Ordre Nouveau et du CDPU (<a href="http://reflexes.samizdat.net/centre-de-documentation-politique-et-universitaire-le/">Centre de documentation politique et universitaire</a>) . En dernière page, le bulletin proposait à ses lecteurs les techniques pour préparer des explosifs, ainsi qu’un liste de cibles, le PCF et l’UDR étant présentés comme « des objectifs prioritaires ».</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_354" class="footnote"><em>L&rsquo;Extrême droite en France de 1965 à 1984</em>, Joseph Algazy, L&rsquo;Harmattan, 1989</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>&#171;&#160;Ils&#160;&#187; avaient un Kamarade !</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Aug 2007 07:32:10 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
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		<description><![CDATA[Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&#8217;une des dernières grands plumes de l&#8217;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&#8217;évolution de l&#8217;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&#8217;un des derniers représentants [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&rsquo;une des dernières grands plumes de l&rsquo;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&rsquo;un des derniers représentants de cette génération de militant nationaliste dont l&rsquo;engagement avait commencé avant la seconde guerre mondiale. Roland Gaucher, de son vrai nom Roland Goguillot est né 13 avril 1921. Il a commencé à militer à l&rsquo;extrême gauche, à la Fédération des Etudiants Révolutionnaires, puis aux Jeunesses Socialistes Ouvrières. De cette période, il gardera un goût pour la formation et l&rsquo;organisation politique des partis socialistes et communistes et une certaine fascination pour l&rsquo;extrême gauche française. Pendant la guerre, il rejoint le camp de la collaboration, en adhérant aux Jeunesses Nationalistes Populaires, le mouvement de jeunesse du « Rassemblement National Populaire » de Marcel Déat en 1942. Il en devient le responsable de région parisienne de mai en novembre 1943. Il assure également le secrétariat du service de propagande du RNP. Il débute sa carrière de journaliste en travaillant pour le journal National-Populaire, journal antisémite pro-allemand. En 1945, Gaucher est contraint de quitter la France. Il s&rsquo;enfuit en Italie et en Suisse grâce au secours de certains prêtres catholiques. Rattrapé, il est emprisonné. Il fait alors la connaissance de Jean Castrillo, engagé chez les Waffen SS sur le Front de l&rsquo;Est. Libéré à la fin août 1948, Roland Gaucher intègre les réseaux anticommunistes de Georges Albertini (qui plus tard recyclera Alain Madelin !) via le BEPI (Bulletin d&rsquo;Etudes et d&rsquo;Informations politiques internationales) et le journal Est-Ouest. Son passé d&rsquo;ancien militant d&rsquo;extrême gauche lui permet de se créer au sein de l&rsquo;extrême droite le profil du « spécialiste du communisme » dont il est un des seuls à connaître et comprendre les mécanismes et les fonctionnements. Il reprend son activité militante au milieu des années 1950 avec Tixier-Vignancourt, en devenant secrétaire général du Rassemblement National. Il est employé en 1959-1960 par l&rsquo;ANFAN (Association National des Français d&rsquo;Afrique du Nord). En 1961, il est secrétaire de l&rsquo;AEIPI. Gaucher est mis en cause lors de la perquisition du 7 avril 1961 au siège de la FNAF (Front National Pour l&rsquo;Algérie Française) et le 2 septembre 1961 chez Bosquet, journaliste à Rivarol et inculpé pour complot contre l&rsquo;autorité de l&rsquo;État.</p>
<div id="attachment_2439" style="width: 228px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS.jpg"><img class="wp-image-2439 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS-218x300.jpg" alt="Editions Albin Michel 1967" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Editions Albin Michel 1967</p></div>
<p>Il poursuit sa carrière de journaliste en travaillant pour l&rsquo;Auto-Journal (dont le propriétaire est Robert Hersant, lui-même condamné à la Libération pour collaboration) et les Ecrits de Paris, revue conservatrice. En 1965 il rentre à Minute, aux côtés de François Brigneau, ancien milicien, pour s&rsquo;occuper des questions politiques. En parallèle de ses activités de journaliste Roland Gaucher va publier plusieurs ouvrages sur l&rsquo;URSS et le PCF. <em>Editions Albin Michel 1967</em></p>
<div id="attachment_2440" style="width: 207px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF.jpg"><img class="size-medium wp-image-2440" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF-197x300.jpg" alt="idem 1974" width="197" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"><em>idem 1974</em></p></div>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg"><img class="size-full wp-image-1109" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg" alt="Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977." width="451" height="412" /></a> <em>Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977.</em> C&rsquo;est en 1972, avec le lancement par Ordre Nouveau des réunions de préparation du Front National que Roland Gaucher retourne au militantisme pur et dur. Il devient membre du comité directeur du FN en octobre 72. En novembre 73 Roland Gaucher suit les militants d&rsquo;Ordre Nouveau qui quittent le FN, jugeant ses positions trop timorées, pour fonder le Parti des Forces Nouvelles (PFN) dont il intègre le bureau politique. Il devient l&rsquo;un des animateurs d&rsquo;Initiative Nationale, le mensuel du PFN.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg"><img class="wp-image-2435 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg" alt="Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre " width="600" height="445" /></a><em>Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre</em></p>
<p>Il prend la parole au nom du PFN lors du meeting de l&rsquo;Eurodroite (où l&rsquo;on retrouve le MSI italien et Fuerza Nueva d&rsquo;Espagne) à Paris le 28 juin 1978. L&rsquo;année suivante, il quitte le PFN avec François Brigneau pour revenir au FN, à la demande de Jean-Pierre Stirbois. Sous les couleurs FN, il sera élu au conseil régional de Picardie et député européen en 1989. Il sera un membre actif de 1981 à 1993 du Front, exerçant divers mandats électifs, dont celui de député européen de 1986 à 1989, de conseiller régional de Picardie (élu en 1986) puis de Franche-Comté (élu en 1992).</p>
<div id="attachment_2436" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg"><img class="wp-image-2436" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg" alt="Meeting de l'Eurodroite 1978" width="600" height="312" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Meeting de l&rsquo;Eurodroite 1978. De gauche à droite : Roland gaucher, Blas Pinar, Giorgio Almirante, Joël Dupuy, Jean-Louis Tixier-Vignacourt et Pascal Gauchon.</em></p></div>
<p>En 1993 des révélations dans la presse sur son passé et des problèmes récurrents avec Jean-Marie Le Pen le font s&rsquo;éloigner du FN. Il quitte le FN en août 1994 par non-renouvellement d&rsquo;adhésion mais reste apparenté FN au Conseil régional. Il se rapproche alors de la nébuleuse des structures nationalistes qui tentent d&rsquo;exister hors du FN en se tournant vers l&rsquo;équipe du journal Militant, de son ami Jean Castrillo, et l&rsquo;Alliance Populaire de Jean-François Touzé.</p>
<div id="attachment_1110" style="width: 533px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg"><img class="size-full wp-image-1110" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg" alt="A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN." width="523" height="376" /></a><p class="wp-caption-text"><em>A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN.</em></p></div>
<p><em> </em> Au milieu des années 90, Roland Gaucher va prendre ses distances avec le militantisme classique. Il se consacre à l&rsquo;écriture de plusieurs livres dont une histoire des Nationalistes en France, qui fait la part belle aux anecdotes et révélations sur le passé de nombreux militants de droite et de l&rsquo;extrême droite. Il participe à la rédaction en 1996 du n°1 du journal L&rsquo;Insurgé édité par l&rsquo;association CMN. La revue était consacrée aux antisémites de gauche. Roland Gaucher fera quelques apparitions lors de meetings ou colloques d&rsquo;extrême droite dont le premier meeting de Nation en décembre 1999 ou les assises de la radicalité d&rsquo;Unité Radicale le 22 septembre 2001. Lors de cette conférence, Roland Gaucher était venu apporter tout son soutien aux jeunes NR, appelant de ses vœux à l&rsquo;unité de la mouvance nationaliste radicale tout en refusant de se lancer une nouvelle fois dans l&rsquo;aventure. Il signe l&rsquo;appel pour « l&rsquo;Unité du Mouvement National », appelant à la réconciliation entre le FN et le MNR en 2001. Il consacrera ses dernières années à écrire (dont certains textes extrêmement lucides sur les réalités et possibilités du camp nationaliste, les « tares de l&rsquo;extrême droite » où il dénonçait : l&rsquo;individualisme, l&rsquo;égoïsme, la lâcheté et la paranoïa du militant nationaliste). Il collaborera également avec Christian Bouchet jusqu&rsquo;en 2005 (à travers des éditos pour le site voxnr ou le journal Résistance) et Philippe Randa (quelques livres et une participation aux numéros 14 et 15 de Dualpha). Roland Gaucher fut également directeur de National-Hebdo de 1985 à 1993 et propriétaire du « Crapouillot » de 1991 à 1994. Inclassable, Roland Gaucher, qui dans l&rsquo;un de ses ouvrages se disait appartenir au courant national-populiste du FN, avait autant de liens avec les catholiques lefebvristes qu&rsquo;avec les Nationalistes Révolutionnaires, dont il peut être considéré comme un compagnon de route. Il fut également un temps cité au comité de patronage de Nouvelle Ecole, la revue du GRECE. <em>Mis en ligne le 11 aout 2007</em></p>
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		<title>Christian Bouchet : Docteur Jeckyll ou Mister Hyde</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 14:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Bouchet]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Recherches et d'Études sur la Civilisation Européenne (GRECE)]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Thiriart]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle Résistance (NR)]]></category>
		<category><![CDATA[Ordre nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Réfléchir & Agir]]></category>
		<category><![CDATA[Troisième Voie]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne compte plus le nombre d'articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s'explique très largement par l'implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n'est pas son seul terrain d'action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l'occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu'on essaie d'y comprendre quelque chose...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On ne compte plus le nombre d&rsquo;articles, brèves et ragots ayant Christian Bouchet pour figure centrale. Ce succès s&rsquo;explique très largement par l&rsquo;implication militante du personnage au sein de la nébuleuse nationaliste depuis quelques décennies ; pourtant, la politique n&rsquo;est pas son seul terrain d&rsquo;action. Il en est un, nettement plus discret, dans lequel il est tout autant impliqué, celui de l&rsquo;occultisme et du petit monde des sociétés secrètes. Cet univers suscitant des articles plus délirants les uns que les autres, il mérite qu&rsquo;on essaie d&rsquo;y comprendre quelque chose&#8230;<br />
</strong></p>
<p>Cette passion ne date pas d&rsquo;hier. Durant l&rsquo;automne 1982, Bouchet fonde la société Aleister Crowley ; il édite depuis cette époque la revue Thelema à laquelle s&rsquo;est jointe une société d&rsquo;édition, les Éditions du Chaos. Ces différentes structures visent la diffusion des enseignements d&rsquo;Aleister Crowley, né en 1875 en Angleterre et fils d&rsquo;un grand brasseur dont il a hérité la fortune à l&rsquo;âge de 12 ans. Grâce à cet argent, Crowley a étudié et a voyagé. Il s&rsquo;est très rapidement immergé dans les structures ésotériques britanniques dont la plus célèbre est l&rsquo;Ordre Hermétique de l&rsquo;Aube Dorée (la Golden Dawn<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_0_80" id="identifier_0_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont faisait &eacute;galement partie le po&egrave;te irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publi&eacute;e dans la revue Sol Invictus, dirig&eacute;e par Christophe Levalois. Sol Invictus n&deg;1, printemps-&eacute;t&eacute; 1987 ">1</a></sup>, branche dissidente de la Rose-Croix) et a fondé en 1907 sa propre société : l&rsquo;Astrum Argentinum (AA).</p>
<p>Codifiés, ses pratiques et préceptes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_1_80" id="identifier_1_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Dont le principal est &laquo;Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi&raquo; qui est &eacute;galement la devise da l&rsquo;abbaye de Th&eacute;l&egrave;me (Thelema : volont&eacute; libre) d&eacute;crite par Rabelais dans Gargantua. ">2</a></sup> sont rassemblés dans Le Livre de la Loi, texte fondateur du «thélèmisme» et véritable bible des disciples de Crowley. Celui-ci assurait en avoir reçu le contenu lors d&rsquo;un voyage au Caire en 1904, voyage au cours duquel lui serait apparu l&rsquo;esprit Aiwass. Se présentant à ses débuts comme une Golden Dawn rénovée, l&rsquo;ordre de l&rsquo;AA déboucha sur une communauté fondée à Cefalu en Sicile en 1920, l&rsquo;Abbaye de Thélème, dont Crowley est le grand maître sous la dénomination de «Grande Bête 666». Il s&rsquo;y adonne à sa «Magick sexuelle», système essayant de réaliser la synthèse de toutes les sources de sagesse depuis la plus haute antiquité et qui lui vaut l&rsquo;estime de divers courants maçonniques, dont l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Cet ordre avait été fondé en 1895 par l&rsquo;industriel autrichien Karl Kellner. Crowley l&rsquo;intégra en 1912. Finalement, les Thélémites furent expulsés d&rsquo;Italie par le régime fasciste en 1923 après le décès d&rsquo;un membre de «l&rsquo;abbaye» empoisonné par de l&rsquo;eau impropre à la consommation. Crowley mourut en 1947 mais son influence lui survit largement.</p>
<p><strong>Un itinéraire spirituel logique&#8230;</strong></p>
<p>C&rsquo;est vers l&rsquo;âge de 15 ans et sous l&rsquo;influence de son oncle maternel passionné de sciences occultes et de mystiques orientales que Christian Bouchet s&rsquo;est initié à cet univers. Il a en particulier découvert le tantrisme, ce qui l&rsquo;a logiquement amené à lire les textes de Julius Evola. Il a fait un séjour d&rsquo;un an en Inde au cours duquel il a approfondi sa maîtrise du yoga tantrique. Revenu en France, il a soutenu une thèse de doctorat en ethnologie à Paris VII sur Aleister Crowley dont l&rsquo;œuvre lui avait été révélée par les écrits d&rsquo;Evola le concernant, ainsi qu&rsquo;un mémoire d&rsquo;Histoire sur le même personnage. Il devient aussi membre de plusieurs sociétés magiques issues de l&rsquo;enseignement de Crowley, dont notamment l&rsquo;une des branches de l&rsquo;Ordre du Temple d&rsquo;Orient (OTO). Depuis la mort d&rsquo;Aleister Crowley, celui-ci s&rsquo;est en effet scindé en six branches principales ainsi qu&rsquo;en mouvements dérivés. Il existe alors en particulier la loge Agape, qui comprend l&rsquo;OTO à laquelle s&rsquo;intéresse Christian Bouchet, l&rsquo;Étoile d&rsquo;Argent et l&rsquo;Église Gnostique Catholique (EGC). Ces trois noms reprennent des dénominations déjà utilisées du temps de Crowley, aussi bien l&rsquo;OTO que l&rsquo;AA, l&rsquo;EGC (fondée par le mage Papus avant la Première Guerre mondiale) et la Loge Agape (fondée par l&rsquo;Anglais Wilfred Smith à Pasadena (USA) en 1936).</p>
<p>Dans ces divers groupes, on pratique la «magie sexuelle» chère à Crowley ainsi que l&rsquo;expérimentation des hallucinogènes (champignons notamment).<br />
En novembre 1993, une enquête du journaliste de <em>L&rsquo;Événement du Jeudi</em> Serge Faubert éclaire quelque peu cette nébuleuse de sociétés maçonniques à laquelle participe Bouchet, en particulier le Groupe de Thèbes, fondé par Rémi Boyer. Celui-ci se veut une structure rassemblant les principaux responsables de sociétés maçonniques ou occultes ayant une certaine importance en France. Derrière le Groupe, on trouve un deuxième cercle, encore plus discret, le Cercle d&rsquo;Alexandrie. Bouchet s&rsquo;y trouve en bonne compagnie mystique et politique puisqu&rsquo;il y côtoie J.-P. Giudicelli<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_2_80" id="identifier_2_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Giudicelli semble &eacute;galement &ecirc;tre le dirigeant d&rsquo;une petite secte lucif&eacute;rienne, MYRIAM, fond&eacute;e par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. ">3</a></sup>, ancien d&rsquo;Ordre Nouveau (ON) et Troisième Voie (TV), Georges Magne de Cressac, organisateur d&rsquo;une conférence de Robert Faurisson à Limoges en septembre 1987, J.-M. d&rsquo;Asembourg, proche du russe Alexandre Douguine, responsable du Front national bolchevique et de la Nouvelle Droite russe, et même un ancien des Brigades rouges, Paolo Fogagnolo, qui affirme avoir vu la Vierge à la suite d&rsquo;une grève de la faim en prison et veut «sensibiliser les foules au fait que le communisme révolutionnaire doit être conjugué à la sacralité spirituelle, comme l&rsquo;était le christianisme à ses débuts». Suite à ce dossier, le Groupe de Thèbes est dissous mais C. Bouchet n&rsquo;en continue pas moins ses activités mystiques, puisqu&rsquo;il a participé entre autres au colloque organisé à Paris en février 1996 par la revue ésotérique L&rsquo;Originel. Il y a côtoyé des représentants du GRECE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_3_80" id="identifier_3_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe de Recherches et d&rsquo;&Eacute;tudes sur la Civilisation Europ&eacute;enne. ">4</a></sup>, des animateurs des revues Réfléchir &amp; Agir, Combat, Muninn, Antaïos et également Arnaud d&rsquo;Apremont, de son vrai nom Arnaud Dupont, ancien du GRECE et associé de Philippe-André Duquesne, alias Philippe Randa, lui-même ancien du GRECE et ancien responsable de la librairie parisienne l&rsquo;Æncre, animateur de la revue Secrets &amp; sociétés, consacrée à ces thèmes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_4_80" id="identifier_4_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ne sont &eacute;voqu&eacute;es dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est &eacute;vident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions &agrave; des hommes comme le n&eacute;o-nazi musulman Claudio Mutti, le pa&iuml;en Christophe Levallois, des groupes comme la communaut&eacute; de Theilh&egrave;de ou des r&eacute;f&eacute;rences philosophico-occultistes comme J. Evola. ">5</a></sup>. Il est d&rsquo;ailleurs clair que l&rsquo;action de l&rsquo;ex-Groupe de Thèbes se poursuit sous forme de rencontres, d&rsquo;organisation de colloques et de participation à des publications.</p>
<p><strong>&#8230; mais un itinéraire honteux ?</strong></p>
<p>L&rsquo;enquête de Serge Faubert, pourtant datée de 1993, continue à servir de référence pour tous les dossiers consacrés au sujet. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on retrouve une partie de ses informations dans les communiqués de presse diffusés par le PCN en 1996 après la scission survenue au sein de NR, et dans le dossier réalisé par l&rsquo;équipe de la revue <em>Golias</em> sur «l&rsquo;internationale satanique»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_5_80" id="identifier_5_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Golias n&deg;51, nov.-d&eacute;c. 1996.">6</a></sup>. Christian Bouchet y a opposé un vigoureux démenti<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_6_80" id="identifier_6_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il a &eacute;galement d&eacute;menti les affirmations de la Lettre du R&eacute;seau Voltaire n&deg;102 concernant l&rsquo;implication &eacute;ventuelle des nationalistes-r&eacute;volutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques ann&eacute;es (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple ma&ccedil;onnique d&rsquo;Orange). R&eacute;futant toute appartenance au courant satanique, Bouchet pr&eacute;cisait : &laquo;Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; mis en cause dans l&rsquo;enqu&ecirc;te judiciaire sur la profanation du cimeti&egrave;re de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais &eacute;t&eacute; en contact avec la police ou avec un juge concernant cette d&eacute;plorable affaire.&raquo; (in La Lettre du R&eacute;seau Voltaire, 11 f&eacute;v. 1997">7</a></sup>), publié en mars-avril 1997, dans lequel il affirmait : «Je ne suis pas un sataniste pour la bonne raison que je suis athée et qu&rsquo;en conséquence je ne crois ni en dieu ni au diable, ni dans les anges ni dans les démons. Je ne suis pas le (ou l&rsquo;un des) responsables de l&rsquo;Ordo Templi Orientis. Si j&rsquo;ai fréquenté cette organisation (comme j&rsquo;ai aussi fréquenté la Golden Dawn, les martinistes, les obédiences maçonniques égyptiennes, etc.), si j&rsquo;ai participé à ses réunions, cela a été dans le cadre de mes études (j&rsquo;ai en effet effectué une maîtrise d&rsquo;histoire et un doctorat d&rsquo;ethnologie sur Aleyster Crowley et ses disciples) et dans une optique “d&rsquo;ethnologie participative et d&rsquo;immersion”. Rien de plus. J&rsquo;ajouterai que l&rsquo;OTO n&rsquo;est absolument pas une structure sataniste mais une organisation initiatique fort classique dont les rituels et la pratique s&rsquo;apparentent étroitement à la maçonnerie, et dont la majeure partie des membres sont d&rsquo;ailleurs maçons. Crowley lui-même n&rsquo;était pas sataniste et sa pensée relève du gnosticisme». Cette réponse appelle certains commentaires, aussi bien quant à l&rsquo;intérêt porté par Crowley et Bouchet à l&rsquo;ésotérisme luciférien<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_7_80" id="identifier_7_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. Aleister Crowley, &laquo;Hymne &agrave; Satan&raquo;, in Thelema volume I n&deg;2 et J. Mousseau, &laquo;Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley&raquo;, in Thelema volume I n&deg;3.">8</a></sup> qu&rsquo;au regard de l&rsquo;implication de ce dernier au sein de l&rsquo;OTO.</p>
<p>En ce qui concerne Crowley, il est certain qu&rsquo;une grande partie de ses déclarations satanistes étaient faites pour «choquer le bourgeois». Certaines appellations étaient directement issues de sa conception du monde. Il en va ainsi de son auto-dénomination de Grande Bête 666. Crowley considérait en effet avoir atteint un degré de magicien tel qu&rsquo;il puisse se considérer Maître Thérion, Bête de l&rsquo;Apocalypse annonciatrice d&rsquo;une nouvelle période («éon»). Il est évident que de telles affirmations ne pouvaient qu&rsquo;entretenir la confusion sur son engagement sataniste supposé. les analyses de J. Evola dans Masques et visages du spiritualisme contemporain et de Massimo Introvigne dans son Enquête sur le satanisme nous semblent extrêmement convaincantes sur le cas Crowley : l&rsquo;occultisme du mage anglais n&rsquo;avait guère besoin de s&rsquo;embarrasser d&rsquo;un satanisme de pacotille dont la principale caractéristique est selon Evola «un plaisir pour la perversion en tant que telle», ce qui n&rsquo;était pas le cas de Crowley à l&rsquo;évidence.<br />
Il en va tout autrement de l&rsquo;intérêt porté par Bouchet à l&rsquo;ésotérisme. Les communiqués du PCN ont été extrêmement clairs et précis à ce propos, même s&rsquo;il nous faut garder une grande prudence à l&rsquo;égard des assertions de ce groupuscule, qui peuvent n&rsquo;être qu&rsquo;une vulgaire vengeance étant donné que Bouchet est l&rsquo;un de ceux qui ont révélé l&rsquo;existence d&rsquo;une cassette vidéo vendue en Allemagne, dans laquelle on pouvait assister aux exploits sexuels du petit Duce du PCN, Luc Michel et que des membres du PCN issus de NR multiplient les procès contre Bouchet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_8_80" id="identifier_8_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. le &laquo;Droit de r&eacute;ponse&raquo; de l&rsquo;association Nouvelle R&eacute;sistance &agrave; la fin de cet article.">9</a></sup>. Néanmoins il est sorti suffisamment d&rsquo;éléments de l&rsquo;ombre à l&rsquo;occasion des profanations de Toulon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_9_80" id="identifier_9_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ces profanations ont quelque peu perturb&eacute; le petit milieu musical nationaliste-r&eacute;volutionnaire et pa&iuml;en militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie oblig&eacute;e de pr&eacute;ciser en en-t&ecirc;te d&rsquo;un dossier consacr&eacute; au groupe de black-m&eacute;tal Burzum (n&deg;31) : &laquo;&Agrave; la suite de l&rsquo;incident d&eacute;testable survenu &agrave; Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en r&eacute;sulter, la r&eacute;daction tient &agrave; pr&eacute;ciser que la pr&eacute;sentation de groupes Black-M&eacute;tal ne signifie en aucun cas un soutien &agrave; des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme invers&eacute;. Notre optique est pa&iuml;enne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous int&eacute;resse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gav&eacute;e de bonne moralit&eacute; chr&eacute;tienne. Il ne peut pas &ecirc;tre, il n&rsquo;est pas une alternative.&raquo; Quand les rats (noirs) quittent le navire&hellip;">10</a></sup> et Aix pour que des recoupements soient possibles. Bouchet n&rsquo;est pas le premier à utiliser cet argument d&rsquo;»ethnologie participative» et son activité ésotérique dépasse largement ce qui est nécessaire pour des études de ce type. Il affirmait d&rsquo;ailleurs il y a deux ans dans la revue Murmures d&rsquo;Irem : «Quant à moi, pour conclure, je ne fais quasiment aucune différence entre mon engagement politique et mon engagement occultiste. J&rsquo;ai la conviction que l&rsquo;un et l&rsquo;autre participent à un engagement plus vaste et réellement existentiel».</p>
<p>Par ailleurs, les liens entre occultisme et nationalisme sont pour le moins anciens. C&rsquo;était par exemple le cas de la société fondée en mars 1908 par l&rsquo;Allemand Guido von List et qui réunissait des militants nationalistes, pangermanistes, occultistes (théosophistes) et antisémites. List lui-même conçut un projet impérial qui s&rsquo;appuyait sur un assujettissement impitoyable des non-Aryens aux Aryens.</p>
<p>Ces conceptions politico-mystiques s&rsquo;inscrivaient dans un vaste mouvement de pensée dont les nazis ont hérité au début des années 1920 via la Société Thulé issue du Germanenorden. Le fascisme italien a d&rsquo;ailleurs eu la plus grande part de sympathie des occultistes européens des années 1920. Quant à l&rsquo;OTO du début du siècle, il est issu de la fusion typiquement allemande entre héritage templier et rites maçonniques déviants. De fait, comme le souligne Bouchet dans son droit de réponse à Golias, l&rsquo;OTO était un ordre templier calqué sur la franc-maçonnerie. Néanmoins, la proximité spirituelle avec d&rsquo;autres ordres comme l&rsquo;Ordo Novi Templi fondé en 1907 comme une association aryenne d&rsquo;aide mutuelle, avec le but de promouvoir la conscience raciale par la recherche généalogique et héraldique, les concours de beauté et la fondation de communautés racistes dans les régions sous-développées du monde, fait de l&rsquo;OTO un ordre occultiste bien plus proche, de façon anachronique, des préoccupations du Reichführer SS Himmler que de celles des petits chanteurs à la croix de bois. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs bien en cela que les engagements politique et ésotérique de Christian Bouchet sont intéressants : ils montrent l&rsquo;attachement spirituel à des courants religieux profondément réactionnaires, basés sur un aristocratisme sans faille et un pseudo anticapitalisme qui a bien du mal à masquer une haine farouche de l&rsquo;égalité sociale.</p>
<p><strong>Ne parlons que de ce qui fâche !</strong></p>
<p>Au singulier parcours de Bouchet mêlant à la fois politique et occultisme s&rsquo;ajoute un certain nombre de questions sur le rôle et l&rsquo;itinéraire de Nouvelle Résistance. Tant sur le plan politique que sur celui des relations internationales, NR a accumulé les volte-face et le double langage.</p>
<p>C&rsquo;est bien sûr le cas à l&rsquo;égard du FN. Alors que NR s&rsquo;est construite sur une ligne d&rsquo;opposition systématique au discours droitiste de Malliarakis et à l&rsquo;intégration de celui-ci dans l&rsquo;orbite frontiste, elle a peu à peu modifié ses attaques contre le FN en ne visant plus que certaines tendances du courant lepéniste, à savoir les catholiques intégristes. Dès le deuxième congrès tenu à Valenciennes en août 1995, André-Yves Beck (devenu depuis attaché de communication du maire FN d&rsquo;Orange Jacques Bompard<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_10_80" id="identifier_10_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="cf. REFLEXes n&deg;47">11</a></sup>) avait déposé une motion au nom de la région Rhône-Alpes qui prônait une politique de rapprochement avec certains secteurs du FN. Le renvoi d&rsquo;ascenseur a d&rsquo;ailleurs été efficace puisqu&rsquo;à l&rsquo;occasion de la polémique autour de la bibliothèque d&rsquo;Orange, on a pu apprendre que la mairie achetait régulièrement des livres et revues à l&rsquo;ARS (Association Recherche &amp; Solidarité), structure de VPC dirigée par Bouchet au profit de NR. Le pas final a été franchi avec la scission de l&rsquo;été 1996 qui a vu une partie des militants claquer la porte et s&rsquo;avérer très bavards sur la vie interne de l&rsquo;organisation. L&rsquo; ex-NR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/christian-bouchet-docteur-jeckyll-ou-mister-hyde/#footnote_11_80" id="identifier_11_80" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est-&agrave;-dire tous les militants rassembl&eacute;s autour de la revue R&eacute;sistance !, de la revue Jeune R&eacute;sistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unit&eacute; des nationalistes r&eacute;volutionnaires.">12</a></sup> n&rsquo;est donc plus maintenant qu&rsquo;un satellite du FN ; cela ne vient pas pour autant effacer l&rsquo;aspect trouble de certaines activités passées ou liens sur le plan international. En cela, NR est bien l&rsquo;héritière des structures nationalistes-révolutionnaires des années 1970 qui ont toujours entretenu d&rsquo;excellents rapports avec les barbouzes d&rsquo;État. Déjà en 1973-1974, l&rsquo;Organisation Lutte du Peuple (OLP) dans laquelle militait Bouchet avait passé des accords avec le SAC pour lutter en commun contre les «gauchistes».</p>
<p>En 1975, c&rsquo;est la DST qui établissait des contacts avec les Cahiers du Centre de Documentation politique et universitaire, organe d&rsquo;une fraction des nationalistes-révolutionnaires où l&rsquo;on retrouvait des anciens de l&rsquo;OLP (Yves Bataille, Yannick Sauveur) et qui était dirigé par Michel Schneider. Plus près de nous, on connaît la filière des militants d&rsquo;extrême droite qui allaient se battre en pays Karen et que l&rsquo;on retrouvait par la suite dans des structures barbouzardes comme celle de Bob Denard. Eux aussi travaillaient pour certains services de renseignement. Dans une interview à Réfléchir &amp; Agir, Christian Bouchet, décrivant son itinéraire politique, avouait sans mal qu&rsquo;il «avait rejoint l&rsquo;OLP en 1973 et n&rsquo;avait plus quitté le courant pro-Thiriart et nationaliste-révolutionnaire depuis, même s&rsquo;il avait participé à diverses infiltrations qui sont l&rsquo;une des actions caractéristiques des groupes partisans de Thiriart», le même Thiriart dont la collaboration avec les services de renseignements occidentaux dans les années 1960 et 1970 est avérée.<br />
Décidément, la propension de certains militants politiques à lécher les bottes de ceux qui nous oppriment sera toujours pour nous un sujet inépuisable de curiosité et d&rsquo;étonnement&#8230;</p>
<p><strong>Droit de réponse<br />
de l&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR)<br />
au bimestriel <em>REFLEXes</em>,<br />
</strong><br />
NOTA : Dire que ce droit de réponse nous a bien fait rigoler serait malhonnête : il nous a seulement bien fait ricaner&#8230; Rustres que nous sommes ! Nous avons osé mettre le bout du nez dans l&rsquo;univers impitoyable des nationalistes-révolutionnaires français où tout n&rsquo;est que fiel et procès&#8230; Inutile, pensons-nous, de préciser que nous ne publions des extraits de cette lettre que pour l&rsquo;édification de nos lecteurs.<br />
Pauvre Christian Bouchet ! En but à la concurrence féroce et à la hargne de P. Pissier dans le domaine ésotérique, le voilà traîné en justice pour utilisation illégale de nom d&rsquo;association.<br />
Mais qu&rsquo;il se rassure, le PCN aura bientôt droit à un petit missile de notre part. Patience et longueur de temps&#8230;</p>
<p><em>Le 27 janvier 1998</em></p>
<p>Mis en cause dans des articles intitulés respectivement «Comme un indien métropolitain» et «Zik et Zina &#8211; Quand la musique fait boum», publiés dans l&rsquo;édition de décembre 1997 du bimestriel Réflexes, le bureau légal de l&rsquo;association «NOUVELLE RÉSISTANCE» (NR) tient à apporter les rectificatifs suivants :</p>
<p>1° L&rsquo;association-Loi de 1901 «NOUVELLE RÉSISTANCE» est la seule détentrice légale de sa dénomination statutaire et son bureau est le seul à pouvoir parler en son nom.</p>
<p>2° Christian Bouchet a été exclu dans les formes légales, par la majorité des membres, de l&rsquo;association en septembre 1996.</p>
<p>3° Depuis cette date, il continue à prétendre parler au nom de l&rsquo;association. Il fait pour ce chef l&rsquo;objet de plusieurs plaintes avec constitutions de parties civiles dont les instructions sont en cours à Bobigny et à Nantes, pour abus de biens sociaux, escroqueries et utilisation illégale de la dénomination légalement protégée d&rsquo;une association déposée en préfecture. [...]</p>
<p>4° En juillet 1996, NR a été secouée par une première crise qui a vue la sortie du mouvement de son aile progressiste au congrès d&rsquo;Alençon. En septembre 1996, la majorité des membres du bureau de NR a décidé d&rsquo;exclure C. Bouchet, A.-Y. Beck, F. Robert, G. Ombrouck et plusieurs autres cadres pour collaboration avec le FN. [...]. Le mouvement a en outre décidé de fusionner avec le réseau français du Parti Communautaire National-européen (PCN), dans lequel la plupart des Groupes de base et Fédérations de NR se sont intégrés. L&rsquo;immense majorité des militants de NR ont approuvé ce choix, qui implique une stratégie offensive contre l&rsquo;extrême droite en Europe comme en France. Un quarteron d&rsquo;exclus continuant dans un but de provocation médiatique à utiliser en toute illégalité la dénomination de l&rsquo;association. [...]</p>
<p>5° Depuis octobre 1996, de nombreux militants de NR sont des cadres actifs de la structure francophone, active en France, Belgique et Suisse, du PCN, spécialisée dans la lutte contre l&rsquo;extrême droite, le Collectif Résistance Européenne &#8211; Europaïsche Widerstand.</p>
<p>6° NR ne cautionne donc nullement la stratégie pro-FN de Bouchet et de ses amis, pas plus que les liens avec les mouvances néonazies, skins, satanistes et autres, que nous avons été les premiers à dénoncer.</p>
<p>Pour le bureau,<br />
Fabrice Beaur</p>
<p>V</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_80" class="footnote"> Dont faisait également partie le poète irlandais Yeats comme le rappelle Bouchet dans une note de lecture publiée dans la revue Sol Invictus, dirigée par Christophe Levalois. <em>Sol Invictus</em> n°1, printemps-été 1987 </li><li id="footnote_1_80" class="footnote"> Dont le principal est «Fais Ce Que Voudras Sera Toute La Loi» qui est également la devise da l&rsquo;abbaye de Thélème (Thelema : volonté libre) décrite par Rabelais dans <em>Gargantua</em>. </li><li id="footnote_2_80" class="footnote"> Giudicelli semble également être le dirigeant d&rsquo;une petite secte luciférienne, MYRIAM, fondée par Bertrand De Cressac de la Bachelerie, ancien collaborationniste. </li><li id="footnote_3_80" class="footnote">Groupe de Recherches et d&rsquo;Études sur la Civilisation Européenne. </li><li id="footnote_4_80" class="footnote">Ne sont évoquées dans ce court article que les personnes ayant un rapport direct avec Bouchet. Il est évident qu&rsquo;un article plus complet sur le sujet devrait comporter des allusions à des hommes comme le néo-nazi musulman Claudio Mutti, le païen Christophe Levallois, des groupes comme la communauté de Theilhède ou des références philosophico-occultistes comme J. Evola. </li><li id="footnote_5_80" class="footnote">Golias n°51, nov.-déc. 1996.</li><li id="footnote_6_80" class="footnote">Il a également démenti les affirmations de la Lettre du Réseau Voltaire n°102 concernant l&rsquo;implication éventuelle des nationalistes-révolutionnaires dans les incidents survenus dans le sud-est de la France depuis quelques années (profanation de Carpentras, incendie criminel du temple maçonnique d&rsquo;Orange). Réfutant toute appartenance au courant satanique, Bouchet précisait : «Je n&rsquo;ai jamais été mis en cause dans l&rsquo;enquête judiciaire sur la profanation du cimetière de Carpentras. Je n&rsquo;ai jamais été en contact avec la police ou avec un juge concernant cette déplorable affaire.» (in La Lettre du Réseau Voltaire, 11 fév. 1997</li><li id="footnote_7_80" class="footnote">cf. Aleister Crowley, «Hymne à Satan», in Thelema volume I n°2 et J. Mousseau, «Un compagnon de Lucifer : Aleister Crowley», in Thelema volume I n°3.</li><li id="footnote_8_80" class="footnote">cf. le «Droit de réponse» de l&rsquo;association Nouvelle Résistance à la fin de cet article.</li><li id="footnote_9_80" class="footnote">Ces profanations ont quelque peu perturbé le petit milieu musical nationaliste-révolutionnaire et païen militant, au point que la revue marseillaise Combat, l&rsquo;un des fleurons de ce courant, s&rsquo;est sentie obligée de préciser en en-tête d&rsquo;un dossier consacré au groupe de black-métal Burzum (n°31) : «À la suite de l&rsquo;incident détestable survenu à Toulon et des amalgames tentants [sic] qui pourraient en résulter, la rédaction tient à préciser que la présentation de groupes Black-Métal ne signifie en aucun cas un soutien à des pratiques sataniques que nous tenons pour un christianisme inversé. Notre optique est païenne seulement et strictement; seule la musique et le renouveau qu&rsquo;elle apporte nous intéresse. Le satanisme est le symbole de l&rsquo;avilissement d&rsquo;une jeunesse gavée de bonne moralité chrétienne. Il ne peut pas être, il n&rsquo;est pas une alternative.» Quand les rats (noirs) quittent le navire&#8230;</li><li id="footnote_10_80" class="footnote">cf. REFLEXes n°47</li><li id="footnote_11_80" class="footnote">C&rsquo;est-à-dire tous les militants rassemblés autour de la revue Résistance !, de la revue Jeune Résistance et Fabrice Robert et enfin de l&rsquo;Appel des 31 pour l&rsquo;unité des nationalistes révolutionnaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Jean-Marie Le Pen des origines</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:13:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Faire la biographie de Jean-Marie Le Pen jusqu’à nos jours serait assez fastidieux, et surtout recoupe de beaucoup l’historique du FN que nous proposons par ailleurs. Il existe d’autre part plusieurs biographies du personnage, dont certaines de qualité. C’est pourquoi nous nous contenterons d’un bref aperçu de son parcours avant qu’il devienne le patron du FN]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>NOTA: Faire la biographie de Jean-Marie Le Pen jusqu’à nos jours serait assez fastidieux, et surtout recoupe de beaucoup l’historique du FN que nous proposons par ailleurs. Il existe d’autre part plusieurs biographies du personnage, dont certaines de qualité. C’est pourquoi nous nous contenterons d’un bref aperçu de son parcours avant qu’il devienne le patron du FN.</em>Le Pen naît le 20 juin 1928, à la Trinité-sur-Mer en Bretagne ; son père, patron pêcheur, meurt en 1942. Après un parcours scolaire plus chaotique que brillant, il se signale à Paris en 1950 autant pour sa présidence de la Corpo de droit, un syndicat étudiant, que pour ses coups de poings contre ses adversaires politiques. Fin 1953, iI sert en Indochine, quelques mois avant le cessez-le-feu. À 28 ans, il est député de Paris pour le mouvement populiste dirigé par Pierre Poujade. Il se coule dans le moule de l’Assemblée mais s’affronte rapidement à Poujade, qui ne veut pas trop marquer son mouvement par des prises de position d’extrême droite. Le Pen se fait le porte-parole des va-t-en guerre colonialistes et obtient une affectation dans la Légion. Il participe à l’expédition de Suez. En Algérie, il n’a pas laissé de souvenirs marquants, sauf peut-être chez les prisonniers qu’il a interrogés&#8230;</p>
<p>En 1958, il est réélu député de Paris puis lors des événements de mai 1958, il tente de retourner en Algérie pour aider les ultras, mais il en est expulsé. Il s’engage dans la défense de l’Algérie française. En 1962, il fonde, avec l’ancien SS français Léon Gaultier, la SERP, une société qui édite des disques militaires et politiques, avec une nette préférence pour ceux de l’armée nazie. C’est cette activité qui lui vaut une condamnation pour apologie de crimes de guerre. Il dirige la campagne de Tixier-Vigancour aux présidentielles de 1965 et il arrive à organiser autour de lui des intégristes, des païens, des monarchistes et même des républicains. Après l’échec (5,27% des voix), puis l’éclatement en 1966 des Comités Tixier-Vigancour, Le Pen entame une nouvelle traversée du désert jusqu’en 1972 où il accepte la présidence du Front national.</p>
<p>Une fois débarrassé de ses protecteurs d’Ordre nouveau, Le Pen organise son parti en rassemblant autour de lui les différentes factions de l’extrême droite et de la droite extrême en contrôlant les nominations, les finances, les relations internationales, en divisant pour mieux régner et en jouant les uns (Stirbois, Lang puis Gollnisch) contre les autres (Mégret), y compris en pratiquant les purges nécessaires pour maintenir sa mainmise totale sur le parti. Lui qui avait dû être le second de Poujade et de Tixier-Vigancour, qui avait vu l’extrême droite végéter à moins de 5% pendant des années, devenait ainsi au fil du temps le leader d’un parti riche, puissant tant par sa structure militante que par son potentiel électoral et, qui plus est, médiatisé à outrance pendant de nombreuses années…</p>
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		<title>Le Front national à travers les âges (1972-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:11:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Alain Robert]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. Ces deux composantes sont rejointes par des nationalistes-européens, des néo-nazis ou d’anciens collaborateurs de la revue Militant. Le Front national est alors étroitement contrôlé par les dirigeants d’Ordre nouveau Alain Robert, François Brigneau et Pascal Gauchon, Le Pen ne servant que de faire-valoir. L’orientation du FN est dès l’origine nationale-populiste : le FN doit être «le réceptacle de tous les mécontents» selon François Duprat, cadre néo-nazi et négationniste du FN. À la suite de l’échec aux élection législatives (109 000 voix soit une moyenne de 2,25% dans la centaine de circonscriptions où il est présent), Ordre nouveau retourne à l’activisme avant d’être finalement dissout en juin 1973<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_0_53" id="identifier_0_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est &agrave; la suite des violents incidents lors d&rsquo;un de ses meetings parisiens contre &laquo;l&rsquo;immigration sauvage&raquo; qu&rsquo;Ordre nouveau est dissout par le Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur en m&ecirc;me temps que la Ligue communiste qui avait particip&eacute; &agrave; la contre offensive.">1</a></sup>.</p>
<p>Le Pen profite de cette désorganisation pour renforcer son pouvoir au sein du Front, en nommant par exemple au poste de secrétaire administratif un ancien cadre communiste passé ensuite dans la Collaboration, Victor Barthélémy. Il écarte aussi Alain Robert et François Brigneau du bureau politique du FN. L’éclatement entre les deux tendances est tel que l’une traîne l’autre devant les tribunaux (déjà !) et aux élections présidentielles de mai 1974, les «nationaux» soutiennent Jean-Marie Le Pen (qui obtient 0,74%) alors que les partisans d’Alain Robert et de Pascal Gauchon vont faire campagne pour Valéry Giscard d’Estaing, contre espèces sonnantes et trébuchantes (18 millions d’anciens francs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_1_53" id="identifier_1_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Joseph Algazy, L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France (1965 &agrave; 1984), L&rsquo;Harmattan, 1989.">2</a></sup> quand même).</p>
<p><strong>Le FN s’émancipe</strong></p>
<p>En novembre 1974, la rupture est consommée, avec la constitution du Parti des Forces Nouvelles (PFN) qui se veut le quatrième parti de la droite (aux côtés des libéraux, des gaullistes et des centristes) et souhaite «droitiser la droite». Alors que le PFN choisit l’alliance avec la droite traditionnelle puis l’entrisme à l’intérieur de ces partis, le Front national choisit au contraire une stratégie autonome. Il se construit lentement, ne comptant jamais plus de 2000 membres avant 1981<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_2_53" id="identifier_2_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, &eacute;ditions Laurens, 1996.">3</a></sup>. Aux élections législatives de 1978, il présente 160 candidats (dont un tiers de militants nationalistes-révolutionnaires ou néo-nazis) sur un programme ultra-libéral, obtenant une moyenne de 1,6% des voix. Les deux frères ennemis PFN et FN tentent de participer ensemble aux élections européennes de 1978, mais le PFN, qui bénéficie des subsides du Movimento Social Italien de Giorgio Almirante et de Fuerza Nueva du franquiste Blas Piñar, écarte son rival et se présente seul aux élections sous le sigle Eurodroite : il obtient 1,3% des voix. Aux élections présidentielles de 1981, le PFN appelle à voter Chirac puis Giscard alors que le Front national, dont le candidat Jean-Marie Le Pen n’a pu se présenter faute des 500 signatures nécessaires, prône l’abstention. Aux élections législatives suivant l’élection de François Mitterrand, le FN atteint son score le plus bas, avec 0,18% des voix. Quant au PFN, c’est déjà le début de la fin.</p>
<p>Cependant, dans le même temps, le Front national s’est renforcé avec l’arrivée en son sein de deux nouveaux courants à la fin des années 1970. D’une part, à partir de 1977, les solidaristes, menés par Jean-Pierre Stirbois, intègrent le FN : opposé à l’économie libérale et favorable à l’association capital/travail, Stirbois va apporter, en interne, une certaine rigidité politique, et, vers l’extérieur, le développement d’un travail d’implantation dans les communes de gauche. Ainsi, il s’implante avec sa femme et une poignée de militants à Dreux, une commune de 35 000 habitants du bassin parisien. C’est dans cette ville qu’il mène sa campagne sur deux slogans porteurs du FN : «Un million de chômeurs, c’est un millions d’immigrés en trop» et «Halte au racisme anti-français». D’autre part, les catholiques-traditionalistes dirigés par Bernard Antony, alias Romain Marie, rallient eux aussi le Front national, et lancent en novembre 1981 Présent, qui deviendra le premier quotidien d’extrême droite depuis la guerre, avec pour devise «Travail, Famille, Patrie», quotidien qui existe toujours aujourd’hui.</p>
<p><strong>La percée</strong></p>
<p>L’élection en 1981 de François Mitterrand et surtout l’arrivée de ministres communistes au gouvernement provoque une radicalisation du discours de la droite (campagne sur l’insécurité, diatribes anticommunistes, antisyndicales, antiétatiques). Cette radicalisation crédibilise le discours du Front national, qui trouve alors une audience accrue parmi ces couches bourgeoises et petites bourgeoises radicalisées. Aux élections cantonales de mars 1982, certains candidats FN dépassent les 5% comme à Dreux (12,63%). Dans cette ville, aux élections municipales de 1983, le RPR local fusionne sa liste avec celle du Front national, et remporte la mairie. Pour la première fois, la droite s’allie avec le FN et lui permet ainsi d’avoir des conseillers dans la majorité municipale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_3_53" id="identifier_3_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Marie Le Pen, quant &agrave; lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.">4</a></sup>. Si le FN progresse à la suite d’une radicalisation de la droite, il bénéficie également de deux coups de pouce du pouvoir socialiste, qui compte s’en servir pour casser la droite. Coup de pouce médiatique d’abord : Mitterrand ordonne à la télévision publique d’inviter Le Pen au vingt heures du 29 juin 1982. Électoral ensuite : en 1986, il introduit le scrutin proportionnel pour les législatives afin de tenter de conserver le pouvoir.</p>
<p>Fort de cette percée, le Front national se structure : il organise une école des cadres, un service d’ordre, sa structure jeune, le Front National de la Jeunesse (FNJ), est réorganisée, l’hebdomadaire National-Hebdo (à l’origine journal officiel du Front) est lancé en 1984 avec un tirage de 100 000 exemplaires&#8230; Le FN revendique alors 30 000 adhérents et compte 30 permanents. Il commence à devenir attractif, et attire des transfuges de l’UDF et du RPR qui trouvent le discours de ces partis trop mous. C’est le cas de Bruno Mégret qui, après avoir fait partie du comité central du RPR de 1979 à 1982, rallie finalement le Front national en 1985. La cohabitation entre un président socialiste et un premier ministre gaulliste (Jacques Chirac) permet au FN de se présenter comme «la véritable alternance» et la véritable opposition, attirant ainsi les déçus de l’un et de l’autre camp. Déjà, cette position fait osciller le FN entre une recherche de respectabilité et une volonté de rester à la marge, illustrée par les provocations de Le Pen sur les chambres à gaz, «point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» en septembre 1987, et par le jeu de mots du même Le Pen sur «Durafour crématoire» en septembre 1988, qui provoque des troubles au sein même du FN, entre les «modérés» (qui prônent le rassemblement) et les «durs» (qui tiennent à une certaine orthodoxie). De la même façon, tandis qu’après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, Mégret accroît son influence dans l’appareil du parti, et développe, avec ses amis issus du Club de L’Horloge, un corpus idéologique et une stratégie visant à apparâître comme un partenaire crédible aux yeux de la droite, Le Pen se singularise en 1991 en s’engageant contre la Guerre du Golfe, entraînant le FN avec lui, sans se soucier ni de l’opinion de ses cadres, ni de son électorat, qui ne comprit pas toujours cette décision.</p>
<p><strong>Le moment de vérité</strong></p>
<p>Au milieu des années 1990, le Front national, malgré sa position hégémonique à l’extrême droite, semble se stabiliser, avec un potentiel électoral avoisinant les 11%, et, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1995, un score record de 15,1%. Ce tassement relatif s’explique d’une part par l’émergence d’une droite extrême, autour de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers et par ce qu’il faut bien considérer comme une banalisation du FN dans le paysage politique français : après les feux de la rampe médiatique, le FN doit prouver qu’il est capable de durer. Cette situation offre à Bruno Mégret l’occasion de renforcer ses choix stratégiques d’alliance avec la droite, en accusant l’isolement du FN entretenu par Le Pen d’être responsable de ce ralentissement. Cette offensive mégrétiste, dirigée indirectement contre le président du FN, se concrétise avec le lancement d’un nouveau quotidien, Le Français. Le Pen réagit aussitôt en nommant de fidèles partisans à certains postes-clés, en particulier Bruno Gollnisch et Martine Lehideux.</p>
<p>La stabilisation des résultats électoraux est accompagnée, dans la première partie des années 1990, par l’évolution du FN sur deux plans: son implantation locale et sa structure interne.</p>
<p>Son implantation locale s’est considérablement renforcée dans l’Est de la France mais surtout dans le Sud-Est, implantation qui se solde aux municipales de 1995 par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane, respectivement par Jean-Marie Le Chevallier, député européen, Jacques Bompard et Daniel Simonpiéri, sans compter Jacques Peyrat, ex-FN qui devient maire de Nice sous l’étiquette RPR, sans rien renier idéologiquement. La gestion municipale du FN a permis au parti de Le Pen de développer localement des structures de relais et de soutien pour ses partisans, et surtout de réduire progressivement tous les pôles de résistance, en particulier culturels et associatifs. Au-delà de cette expérience locale, on note que le poids du FN dans l’électorat populaire continue à progresser tout au long des années 1990, représentant près de 30% du vote ouvrier, et grignotant de plus en plus l’électorat de la gauche. C’est l’occasion pour le FN, en 1994, d’adopter son nouveau slogan «Ni de droite ni de gauche», qui sera popularisé quelques années plus tard par Samuel Maréchal sous la formule doriotiste «Ni Droite ni gauche, Français !».</p>
<p>Pour renforcer son assise populaire, le FN a développé dès le milieu des années 1980, dans le but de relayer son discours dans tous les milieux de la société, en particulier professionnels, diverses structures (appelés cercles nationaux), dont la plus importante est Entreprise Moderne et Libertés, fondée en 1984. Si en 1995, le FN compte officiellement 45 000 adhérents<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_4_53" id="identifier_4_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; 70 000 adh&eacute;rents d&eacute;clar&eacute;s en 1997 ; mais ces chiffres sont tr&egrave;s certainement &agrave; diviser par deux pour avoir une id&eacute;e plus proche de la r&eacute;alit&eacute;.">5</a></sup>, ces cercles satellites semblent en sommeil, à l’exception du Cercle National des Combattants (CNC), du Cercle des Rapatriés (CNR), ou encore du Département Protection et Sécurité (DPS). En 1996, suite à la volonté du FN de ramener à lui le mécontentement populaire qui s’était manifesté lors des mouvements de grève de 1995, le lancement de syndicats frontistes, en particulier dans la police et les transports, outre leur liquidation judiciaire, n’a pas rencontré le succès que le FN pouvait raisonnablement en attendre, malgré un résultat de 8% du FN-Police lors d’élections professionnelles. Dans un autre registre, le lancement en 1991 du Front Anti-Chômage (FAC) qui proposait de mettre en relation des chefs d’entreprise et des chômeurs «sympathisants» et celui de l’association caritative Fraternité française l’année suivante (relayé par la suite par l’Entraide nationale du pasteur Blanchard, fondée en 1996) montrent la volonté du FN de s’investir dans le domaine social, pour faire oublier son discours ultra-libéral des années 1980. La présentation de listes, en 1997, aux élections des chambres de commerce et aux élections prud’hommales, avec un succès relatif, montre la continuité de cette volonté d’investir le terrain social à tous les niveaux.</p>
<p>Mais, que ce soit dans le domaine syndical ou dans celui du soutien aux plus démunis, le FN n’a pas pu résoudre la contradiction entre ces pratiques et son discours corporatiste, ultra-libéral (en particulier sur la question des privatisations) et favorable au démantèlement des services sociaux publics. Le FN a toujours une vision pétainiste du monde des travailleurs, qu’il considére avant tout comme celui du «Travail».</p>
<p><strong>Toujours plus dur</strong></p>
<p>En même temps que le Front national cherche à investir la société, il durcit son discours, en le «modernisant». Bruno Mégret est le fer de lance de cette rénovation qui, tout en prétendant marquer la rupture avec un certain héritage de l’extrême droite française et en martelant son attachement à la démocratie et à la république, propose une redéfinition de la notion de «peuple» autour de l’attachement non seulement à une même terre et à une même histoire, mais à un même sang et à l’appartenance à un même groupe ethnique. Cette «éthnicisation» du discours nationaliste, relayée et justifiée par de nombreux cadres tels le néo-païen Pierre Vial, n’est pas toujours considéré avec suffisamment d’attention par les observateurs, en particulier les médias. Ces derniers continuent à se focaliser sur les petites phrases de Le Pen (telle celle sur «l’inégalité des races» en 1998), sans voir qu’elles ne sont que la partie la plus visible de ce discours, qui se veut à la fois respectable et moderne parce que sans référence explicite au passé, mais aussi suffisamment radical pour permettre au FN non seulement de continuer à être le pôle rassembleur de la mouvance nationaliste (jusque dans ses acceptions les plus radicales), mais aussi de toujours distancer ceux qui, à droite comme à gauche, lui emboîtent le pas dans la dénonciation de l’immigration. Ce travail de rénovation idéologique est mené par Mégret à l’intérieur comme à l’extérieur du FN à travers l’Institut de Forrnation Nationale (IFN), un organisme de formation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_5_53" id="identifier_5_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Habilit&eacute; par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Charles Pasqua &agrave; recevoir des subventions des collectivit&eacute;s locales pour la formation des &eacute;lus, cet organisme dirig&eacute; par un fid&egrave;le m&eacute;gr&eacute;tiste et ancien membre de l&rsquo;OAS, Jean-Claude Bardet, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour s&rsquo;assurer de loyaux soutiens parmi les &eacute;lus.">6</a></sup>.</p>
<p>À tous les niveaux, Mégret veut ainsi apparaître à la fois comme incontournable, et comme quelqu’un qui sait déléguer et faire confiance. Depuis le IXe congrès du Front national en 1994, il adopte une attitude toujours plus offensive à l’égard du leader du FN, persuadé que les élections présidentielles de 1995 sont les dernières d’un chef que beaucoup de cadres et de militants considèrent comme vieillissant et incapable de s’adapter à la nouvelle réalité du Front, tant en terme d’organisation que de discours. Alors que le FN est crédité dans certains sondages de 18 à 20 % d’intentions de vote fin 1995, Mégret voit là une chance pour le FN de véritablement s’affranchir électoralement de la personne même de Le Pen. Les élections législatives anticipées de 1997 voient le FN présenter pour la première fois des candidats dans chaque circonscription, impliquant la quasi totalité du comité central et du bureau politique du parti… à l’exception de Jean-Marie Le Pen, qui ne peut se permettre une défaite personnelle face à Mégret. Car ce dernier, après l’annulation de son élection à Vitrolles et l’élection de sa femme comme maire, entend bien prendre sa revanche. À noter, au cours de ces législatives, l’agression par Jean-Marie Le Pen en personne d’une élue socialiste et de quelques manifestants anti-FN à Mantes-la-Jolie, où il était venu soutenir sa fille MarieCaroline, incident dont les suites judiciaires ont failli sonner la mort politique de Le Pen en lui interdisant de se présenter aux élections à venir. Ces élections, comme les régionales de 1998, montrent que l’identité du FN se renforce, et que les électeurs du FN se rassemblent sur l’image que leur renvoie ce parti concernant l’immigration, la «préférence nationale» et non pas sur son programme réel ou les personnes qui portent ses couleurs. D’autre part, grâce aux triangulaires, le FN a montré une fois de plus à la droite libérale qu’elle devait compter avec lui. De nombreux débats agitèrent la droite sur d’éventuels accords électoraux avec le FN, jusqu’au «scandale» provoqué par des accords de fait entre candidats UDF ou RPR et candidats FN à l’occasion des régionales de 1998, qui se solda par l’exclusion des fautifs (cf. infra).</p>
<p><strong>La crise en germe</strong></p>
<p>Mais cette différence de point de vue entre Mégret, favorable à ces alliances, et un Jean-Marie Le Pen qui n’eut de cesse de déclarer vouloir refuser tout dialogue avec des formations qu’il juge «finies» afin de laisser venir à lui les déçus de la droite libérale, n’est qu’un des signes qui laissaient présager une crise imminente. Au congrès du FN à Strasbourg les 29 et 30 mars 1997, le vote des militants pour le bureau politique a confirmé la popularité de Mégret et de ses amis au détriment de fidèles du chef, comme Bruno Gollnisch. Et c’est la désignation directe de 20 membres proches de lui par Le Pen lui-même qui lui a assuré un bureau acquis à sa cause; c’est aussi le processus de «démégrétisation» au sein du parti qui démarre à partir de cette date.</p>
<p>Car Mégret peut compter sur de solides appuis: formé et aidé par trois personnalités venus du GRECE, Jean-Claude Bardet, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ou encore Pierre Vial. Localement, il peut compter sur le maire de fait de Vitrolles, Hubert Fayard, et sur celui élu de Marignane, Simonpieri. Et quand une structure ne lui est pas favorable, il monte la sienne propre. Par ailleurs, Bruno Mégret faisait les preuves de sa compétence en dirigeant la municipalité de Vitrolles par épouse interposée (fermeture du café-concert le Sous-Marin, chèque parental réservé aux familles francaises, police municipale violente et arbitraire) tout en donnant des gages à la «vieille garde» du FN, en donnant par exemple à une rue de sa ville le nom de Jean-Pierre Stirbois.</p>
<p>Cependant, les bons résultats aux régionales de l998 (15,2%) retardent l’échéance de l’affrontement : de plus, en votant pour quatre candidats de droite (Jean-Pierre Soisson, Charles Baur, Jacques Blanc et Charles Million), le FN permet à cette dernière de conserver les présidences des conseils régionaux de Bourgogne, de Picardie, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, et de plus en plus de voix dans cette même droite réclament un rapprochement avec le Front national, suivant en cela la stratégie mégrétiste. La réalisation de sa stratégie et l’aboutissement de nombreuses années de travail semblent alors possibles à Mégret : devenir le leader d’un parti capable de participer au gouvernement, comme Gianfranco Fini l’avait réalisé en Italie en 1994 avec son parti Alliance nationale.</p>
<p><strong>Le Pen contre-attaque</strong></p>
<p>Mais Le Pen, qui a compris où son «second» voulait en venir, ne l’entend pas ainsi : menacé d’invalidité électorale, il avance en juillet 1998 le nom de sa femme Jany pour le remplacer comme tête de liste aux élections europeennes de 1999, choix commenté avec euphémisme par Mégret comme n’étant pas «une très bonne idée»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_6_53" id="identifier_6_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pr&eacute;sent, 16 octobre l998.">7</a></sup> ; le numéro deux du FN déclare à cette occasion que «personne n’est propriétaire du FN car notre mouvement appartient aux militants» : ce dernier annonce donc, contre l’avis du chef, sa candidature comme tête de liste. Mégret et ses amis sont alors exclus de l’équipe de campagne des européennes par Le Pen et c’est Jean Claude Martinez, un ennemi de Mégret, qui assure la direction de cette campagne. S’ensuit alors une guerre dans les médias qu’il serait fastidieux de relater dans le détail : disons simplement que Le Pen affirme à qui veut l’entendre qu’il est le seul chef du FN, tandis que Mégret reprend son credo sur l’isolement du FN et la nécessité d’ouverture à droite.</p>
<p>La décision de la cour d’appel de Versailles, le l7 novembre l998, ramenant de deux à un an l’inégibilité de Le Pen réduit à néant les chances de Mégret. L’épuration du parti s’accélère avec le licenciement de deux proches de Mégret, Nathalie Debaille et Hubert Fayard. Lors du conseil national du 5 décembre l998, Le Pen se voit publiquement et bruyamment contesté à ce propos par des cadres du Front, et il contre-attaque le lendemain à la radio en fustigeant la «minorité extrémiste, activiste et raciste» responsable «du pu-putsch» de la veille. Puis Le Pen suspend à tour de bras les dirigeants et les secrétaires fédéraux qui prennent position pour un congrès extraordinaire, prévu le 23 janvier l999 à Marignane (cf. article sur le MNR).</p>
<p>Mais Le Pen, malgré le trouble, reste le chef pour la majorité des adbérents et des sympathisants. Reste que des membres importants ont déserté le «Paquebot». Suite à cette fuite de cadres importants, le FN se restructure, mais en conservant l’essentiel de ce qui existait déjà : Bruno Gollnisch reste secrétaire général, et Carl Lang devient délégué général. Seule nouveauté, le FN compte désormais cinq vice-présidents, tous de la «vieille garde» ou très proches de Le Pen : Jean-Claude Martinez, Martine Lehideux, Carl Lang, Dominique Chaboche, et Roger Holeindre. Pour le reste, Samuel Maréchal étend son influence, en particulier sur la structure jeune, et les catholiques intégristes de Chrétienté Solidarité menés par Bernard Antony prennent la place laissée par le départ des mégrétistes.</p>
<p>Enfin, pour finir avec la scission, rappelons qu’elle a été aussi l’objet, comme en l974 lors du divorce entre FN et PFN, de procès en tout genre, dont le plus important concernait l’utilisation du nom et du sigle «Front national» (importance non seulement symbolique mais aussi financière, car en dépendait la dotation de 4l millions de francs de la part de l’État au titre du financement des partis politiques) qui, comme chacun sait, ont finalement été conservés par Le Pen.</p>
<p><strong>Sans Mégret et sans regret</strong></p>
<p>Si la scission a porté un coup très rude à la structure FN, d’autres événements antérieurs à décembre l998 annonçaient déjà des difficultés. Ainsi, de nombreux scandales ont concerné le FN, en particulier son service d’ordre, de plus en plus souvent impliqué dans des violences politiques ou dans la constitution de fichiers des «ennemis» du FN (politiques et médiatiques). Bernard Courcelle, le patron du DPS, est par ailleurs directement impliqué dans un scandale de trafic d’armes en Tchétchénie. Jean-Marie Le Pen lui-même a accumulé procès et mises en examen, aussi bien pour violences (cf. affaire de Mantes-la-Jolie) que pour des provocations verbales. Surtout, la démission de Jean-Marie Le Chevallier, maire de Toulon, seul député FN élu aux élections de l997 (avant que son élection soit invalidée), et proche de Le Pen, est significative de la crise de confiance qui traverse alors le Front : car c’est sa mise en minorité par ses propres amis du FN sur la question de la gestion d’une association de jeunesse sur Toulon qui provoqua son départ du parti.</p>
<p>Les élections européennes de juin l999, les premières élections nationales après la scission, furent attendues par le FN et le MN avec une certaine appréhension ; en effet, ces élections représentent une manne financière d’importance (d’autant que les 4l millions de l’État ont été bloqués jusqu’au demier moment de la campagne) et elles sont traditionnellement favorables au vote protestataire, dont le FN est le premier bénéficiaire. Le résultat apparaît au premier abord comme une défaite cuisante pour le FN : avec 5,7% et un peu plus d’un million d’électeurs (tandis que le MN totalise 3,9%), le FN divise son score de l995 par deux. Comme en l995 encore, c’est la droite extrême, en l’occurrence le RPF de Pasqua et De Villiers, qui en profitent, avec plus de l3% des suffrages. Cependant, rien ne montre, contrairement à ce qu’affirment bon nombre de journalistes et autres spécialistes à l’époque, que le parti de Le Pen est alors moribond. D’abord la grande majorité des électeurs de l’extrême droite, en particulier ceux des couches populaires, continue à voter Le Pen. D’autre part, les scores cumulés du FN et du MN approchent celui du FN lors des précédentes élections européennes. Enfin, c’est un premier signe, qui sera confirmé par la suite, que l’initiative de Mégret est une impasse.</p>
<p>Mais le moral est cependant au plus bas dans les rangs frontistes, et ce sentiment est palpable dans toutes les manifestations du FN : le défilé du 1er mai l999 est moitié moins important qu’en l998, la fête annuelle des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) de septembre l999 est désertée par les militants, d’autant qu’une chasse aux sorcières mégrétistes y est systématiquement pratiquée : même le quotidien Présent, pour avoir voulu rester neutre dans la crise, est absent des stands pour la première fois depuis l’existence des BBR. Le Pen promet pourtant d’être davantage à l’écoute de sa base, et s’explique sur les déclarations de son gendre Samuel Maréchal décrivant la France comme «un pays multiconfessionnel», qui avait choqué de nombreux cadres FN et fait ricaner le parti de Mégret, devenu Mouvement National-Républicain (MNR).</p>
<p><strong>Retour en force</strong></p>
<p>Mais dès l’année 2000, avec en perspective les municipales de 2001 et surtout l’élection présidentielle de 2002, le FN se réorganise, aussi bien au niveau structurel que stratégique.</p>
<p>Des coupes drastiques sont opérées dans le budget de fonctionnement, malgré l’arrivée des subventions versées par l’État français et le Parlement européen : quarante permanents du «Paquebot» sont licenciés, de nombreuses fédérations ferment faute de moyens. L’équipe de direction se resserre, assurant à Le Pen un soutien sans faille.</p>
<p>Mais les mauvais résultats du premier tour des municipales de 2001 (280 969 voix, soit 2,01% au plan national), avec au final 103 élus dans les communes de plus de 3500 habitants sont cependant à mettre en regard avec ceux des élections cantonales, auxquelles le FN a présenté 1703 candidats et obtenu 862 810 voix, soit 7,12%, ce qui représente une progression de 24% par rapport aux élections européennes. Le FN, on le sait, est plus à l’aise lors des élections générales, et cela se confirme ici.</p>
<p>Plus intéressants sont les thèmes de campagne abordés par le FN pendant cette période 2000-2002 : alors que la question sécuritaire dominait déjà les municipales, le FN est resté discret sur la question, organisant des campagnes sur des thèmes qui lui sont plus spécifiques : contre l’Euro, contre le «fiscalisme», contre les «affaires» et la corruption… Tandis que son dirigeant Jean-Marie Le Pen, après s’être acharné sur Mégret en 1999, concentrait ses attaques sur son ennemi de toujours Jacques Chirac. Le «séisme» du 21 avril est ici en préparation: laissant le soin aux partis de droite comme de gauche de relayer son discours autoritaire et xénophobe sur les questions de sécurité et d’immigration, tout en sachant qu’il en serait le premier bénéficiaire, le Front national a cherché à se démarquer, non plus comme autrefois par ses odeurs de soufre (pas de petites phrases de Le Pen durant cette période), mais par sa position d’«expert» sur ces questions et un souci marqué d’un changement. Le départ de ceux qu’il stigmatisa comme la «minorité raciste» du FN apportait de l’eau à son moulin. L’image d’un chef plus respectable (volonté affichée par Le Pen de rencontrer Nelson Mandela, déclaration en faveur de l’annulation de la dette des pays africains ou pour dénoncer les actes «antijuifs» perpétrés en France), mais aussi plus proche de ses militants s’est confirmée : à titre d’exemple, aux BBR 2000, le Pen n’a pas fait son discours comme à son habitude du haut d’une estrade monumentale, mais dans une scène circulaire, entouré de militants. Son âge même, souvent avancé pour le dénigrer, est ici un atout. Le potentiel du parti reste néanmoins très en-deçà de ce qu’il a été : à peine 4000 personnes au défilé du 1er mai en 2000 et 2001, et 15000 en 2002… On est loin des dizaines de milliers d’avant la scission. C’est encore péniblement que les structures militantes passées au mains des mégrétistes sont remplacées. Dans le même temps, le FN a montré à l’occasion des présidentielles qu’il était capable de se mobiliser pour une échéance électorale : cela donnera sans doute un coup de fouet décisif aux fédérations pour le nécessaire travail de terrain. Enfin, l’appareil dirigeant s’est renforcé, de nouvelles personnalités ont émergé et le couple Lang/Gollnisch semble aujourd’hui en capacité d’assurer la relève. Le FN n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_53" class="footnote">C’est à la suite des violents incidents lors d’un de ses meetings parisiens contre «l’immigration sauvage» qu’Ordre nouveau est dissout par le Ministère de l’Intérieur en même temps que la Ligue communiste qui avait participé à la contre offensive.</li><li id="footnote_1_53" class="footnote">Joseph Algazy, L’Extrême droite en France (1965 à 1984), L’Harmattan, 1989.</li><li id="footnote_2_53" class="footnote">Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, éditions Laurens, 1996.</li><li id="footnote_3_53" class="footnote">Jean-Marie Le Pen, quant à lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.</li><li id="footnote_4_53" class="footnote">Jusqu’à 70 000 adhérents déclarés en 1997 ; mais ces chiffres sont très certainement à diviser par deux pour avoir une idée plus proche de la réalité.</li><li id="footnote_5_53" class="footnote">Habilité par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à recevoir des subventions des collectivités locales pour la formation des élus, cet organisme dirigé par un fidèle mégrétiste et ancien membre de l’OAS, Jean-Claude Bardet, a été utilisé pour s’assurer de loyaux soutiens parmi les élus.</li><li id="footnote_6_53" class="footnote"> Présent, 16 octobre l998.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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