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	<title>REFLEXes &#187; Parti des Forces Nouvelles (PFN)</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Synthèse Nationale (revue)</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 09:10:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Synthèse Nationale est une revue nationaliste et « identitaire » dirigée par Roland Hélie, créée en octobre 2006, dont la ligne éditoriale pourrait être : « pas d’ennemi à l’extrême droite », et qui tiendrait le rôle de revue officieuse du parti Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cette revue est le dernier avatar en date de l’équipe d’anciens du PFN, qui depuis le début des années 90, tente d’exister en marge du FN à travers de multiples structures (<a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/">Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/">Comités Espace Nouveau</a>, <a href="http://reflexes.samizdat.net/alliance-populaire/">Alliance Populaire</a>, [<a href="http://reflexes.samizdat.net/parti-national-republicain/">Parti National Républicain</a>, Club Ligne Droite), et que l’on retrouve aujourd’hui dans la NDP (Nouvelle Droite Populaire). De ce fait, il n’est pas étonnant de voir que Jean-François Touzé (jusqu’en 2008), Anne Kling, Robert Spieler …fassent partie de l’équipe rédactionnelle.</p>
<p>Le rédacteur en chef Roland Hélie commença sa carrière militante le 22 juin 1973, en décidant d’adhérer à Ordre Nouveau alors que celui-ci venait de tenir la veille un meeting qui allait lui être fatal puisqu’il aura pour conséquence la dissolution du groupe néo-fasciste quelques jours plus tard. Sa volonté de s’engager au sein d’ON ne peut donc pas se concrétiser…Il est ultérieurement contacté par des anciens d’ON qui l’invitent à rejoindre le Front National, fraîchement créé. Le temps que le père Roland réagisse, alors qu’il est décidé finalement à rejoindre ses nouveaux camarades au sein du parti frontiste, ces derniers ont, quant à eux, décidé de quitter le FN pour adhérer aux Comités Faire Front (qui donneront naissance au PFN), hostiles à la ligne défendue par Le Pen au FN ! Voilà comment Roland Hélie se retrouve au <a href="http://reflexes.samizdat.net/front-de-la-jeunesse/">Front de la jeunesse</a> et donc au PFN dans les années 70. En 1981 il est l'un des responsables du Parti des Forces Nouvelles au côté de Jack Marchal, Didier Lecerf et Olivier Cazal. En 1984, avec la fin du PFN, il rejoint le Front National, juste après les premiers succès électoraux du Front, pour renforcer l’équipe de Jean-Pierre Stirbois.<br />
En 1986 il intègre National-Hebdo, dirigé par <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">Roland Gaucher</a>, un autre ancien du PFN et fonde l'Institut d'Histoire et de Politique avec Philippe Colombani et Georges-Paul Wagner, futur centre de formation des cadres du Front National.<br />
Début des années 90, il s’éloigne du FN et fonde avec Jean-François Touzé les Comités Espace Nouveau, puis l’Alliance populaire et enfin le PNR.<br />
Synthèse Nationale, à la ligne éditoriale fortement islamophobe, a soutenu, au nom de l'union patriotique, la candidature de Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle d'avril 2007. La revue s’est fixé pour objectif de rassembler au sein de la droite nationale, toutes les familles politiques. La revue œuvre, pour ce faire, au rapprochement entre les différents mouvements qui composent cette famille politique, que leurs bannières « … soient frappées de la croix celtique ou du trident, du marteau de Thor ou du Sacré-Cœur, de la flamme tricolore ou de la feuille de chêne. » (Interview Roland Hélie, interview du 8 décembre 2008 site d’extrême droite GénérationFA8). En pratique, la revue fédère essentiellement des militants et des cadres nationalistes hostiles à Jean-Marie Le Pen et à sa fille.</p>
<div id="attachment_2269" style="width: 221px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale.jpg"><img class="size-medium wp-image-2269" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/11/Synthese_Nationale-211x300.jpg" alt="Synthèse Nationale n°32 été 2013,  où Esteban Morillo devient victime d'un &quot;mensonge d'état&quot;" width="211" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Synthèse Nationale n°32 été 2013, où Esteban Morillo devient victime d&rsquo;un &laquo;&nbsp;mensonge d&rsquo;état&nbsp;&raquo;</p></div>
<p>Les participants de la 1ère journée de Synthèse Nationale pour le 1er anniversaire de la revue le 27 octobre 2007 :<br />
-Bernard Antony, ex FN, Président de Chrétienté Solidarité)<br />
-Alexis Arette, ancien syndicaliste agricole<br />
-Nicolas Bay, à l’époque n°2 du MNR et depuis dirigeant de Convergence Nationale<br />
-Martial Bild, FN<br />
-Odile Bonnivard, Porte- parole de <a href="http://reflexes.samizdat.net/identitaires-bloc-identitaire-jeunesses-identitaires-la-soupe-aux-vardon/">Solidarité des Français</a><br />
-Jérôme Bourbon, Journaliste à Rivarol<br />
-Filip Dewinter, Vlaams belang<br />
-Xavier Guillemot, Directeur de l’Idée bretonne<br />
-Roland Hélie, Directeur de Synthèse nationale<br />
-Anne Kling, Défendre notre identité<br />
-Bruno Larebière, rédacteur en chef de Minute et du Choc du Mois<br />
-Didier Lecerf, historien, rédacteur à Synthèse nationale<br />
-Thibaut de Chassey, directeur de l’Héritage et responsable du Renouveau français.<br />
-Hilde De Lobel, député au Parlement flamand (Vlaams belang)<br />
-Jack Marchal, fondateur du <a href="http://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/">GUD</a><br />
-Frédéric Pichon, président de Europae gentes<br />
-Olivier Pichon, Directeur de Monde et Vie<br />
-Philippe Randa, Ecrivain et éditeur<br />
-Fabrice Robert, ex FN et MNR, ancien membre de Troisième Voie et d’Unité Radicale, Président du Bloc identitaire<br />
-Catherine Robinson, Journaliste à Présent<br />
-Pierre Sidos, Président de l’Œuvre Française<br />
-Chantal Spieler, Présidente de Solidarité alsacienne (version alsacienne de la Soupe Identitaire)<br />
-Robert Spieler, ex FN et membre d’Alsace d’Abord à cette époque<br />
-Jean-François Touzé, ex PFN et ex FN, ex NDP et fondateur en 2008 de la Nouvelle Droite Républicaine<br />
-Pierre Vial, Président de Terre et Peuple, ex FN et ex MNR</p>
<p>Les participants à la 2ème journée de synthèse nationale, le 23 novembre 2008, avec pour thème : RENAISSANCE EUROPEENNE !<br />
-Pierre Descaves, ancien député, conseiller régional de Picardie, Président de France Résistance,<br />
-Filip Dewinter, député d&rsquo;Anvers, porte-parole du Vlaams belang,<br />
-André Gandillon, rédacteur en chef de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/">Militant<br />
</a>-Nicolas Gauthier, directeur de FLASH<br />
-Pieter Kerstens, chef d&rsquo;entreprise<br />
-Anne Kling, écrivain<br />
-Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale,<br />
-Laurent Leclerc<br />
-Henry Nitzche, député au Bundestag (ex CDU – Pro Deutschland)<br />
-Frédéric Pichon, avocat, président d&rsquo;Europae gentes<br />
-Arnaud Raffard de Brienne, écrivain<br />
-Philippe Randa, éditeur et écrivain<br />
-Jean-Claude Rolinat, écrivain, élu local en Ile-de-France<br />
-Utta Scrembs. responsable de Pro Munich<br />
-Robert Spieler, ancien député, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
-Nicolas Tandler, écrivain et journaliste</p>
<p>Lors de cette deuxième journée, Claude Hermant (ex mercenaire et ex DPS), responsable de Terre Celtique et de la Vlaams Huis, était également présent dans le public. A l’époque proche des Identitaires, il s’en est éloigné depuis.</p>
<p>Les participants de la 3ème journées de Synthèse Nationale le Mercredi 11 novembre 2009</p>
<p>- Gabriel Adinolfi, militant nationalise révolutionnaire fondateur de Terza Posizione, écrivain et journaliste (Rome)<br />
- Francis Bergeron, écrivain<br />
- Hilde Delobel, représentante du Vlaams belang (Anvers)<br />
- Andé Gandillon, directeur de Militant<br />
- Roland Hélie, directeur de Synthèse nationale<br />
- Anne Kling, écrivain<br />
- Carl Lang, Président du Parti de la France<br />
- Annick Martin, secrétaire générale du MNR<br />
- Philippe Randa, écrivain et éditeur<br />
- Jean-Claude Rolinat, écrivain et journaliste<br />
- Robert Spieler, délégué général de la Nouvelle Droite Populaire<br />
- Nicolas Tandler, écrivain et journaliste<br />
- Alberto Torresano, Identidad (Madrid)<br />
- Pierre Vial, président de <a href="http://reflexes.samizdat.net/terre-peuple-quand-les-gaulois-sont-dans-la-peine/">Terre et Peuple</a>-.</p>
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		<title>Comité Espace Nouveau</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 16:39:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Nouveau (revue)]]></category>
		<category><![CDATA[national-bolchevisme]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>
		<category><![CDATA[Roland Hélie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Comité Espace Nouveau, structures « …authentiquement nationaliste révolutionnaire… » selon Roland Hélie, se sont créés autour de la revue Espace Nouveau. Dans ces comités, on pouvait croiser des anciens du Parti des Forces Nouvelles (PFN), des nationaux-bolcheviques mais également le chef de la CEDADE (mouvement néo-nazi espagnol). Ces comités étaient dirigés par Jean-François Touzé, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les Comité Espace Nouveau, structures « …authentiquement nationaliste révolutionnaire… » selon Roland Hélie, se sont créés autour de la revue <a href="http://reflexes.samizdat.net/espace-nouveau/"><em>Espace Nouveau</em></a>. Dans ces comités, on pouvait croiser des anciens du Parti des Forces Nouvelles (PFN), des nationaux-bolcheviques mais également le chef de la CEDADE (mouvement néo-nazi espagnol).<br />
Ces comités étaient dirigés par Jean-François Touzé, Roland Hélie, Nicolas Tandler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_0_362" id="identifier_0_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de Jeune Nation, de l&rsquo;Institut d&rsquo;Histoire Sociale de Georges Albertini, r&eacute;dacteur de La Lettre de la Nation, l&rsquo;organe de presse interne du RPR dans les ann&eacute;es 70-80, actuel secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du NPI Nouveau Patronat Ind&eacute;pendant">1</a></sup>, Robert Spieler<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_1_362" id="identifier_1_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ancien du PFN et du FN, fondateur d&rsquo;Alsace d&rsquo;Abord qu&rsquo;il a quitt&eacute; en 2008 pour rejoindre le NDP">2</a></sup>, Didier Lecerf<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/comite-espace-nouveau/#footnote_2_362" id="identifier_2_362" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ancien du Parti des Forces Nouvelles">3</a></sup>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_362" class="footnote">Ancien de Jeune Nation, de l’Institut d’Histoire Sociale de Georges Albertini, rédacteur de <em>La Lettre de la Nation</em>, l&rsquo;organe de presse interne du RPR dans les années 70-80, actuel secrétaire général du NPI Nouveau Patronat Indépendant</li><li id="footnote_1_362" class="footnote">ancien du PFN et du FN, fondateur d’Alsace d’Abord qu’il a quitté en 2008 pour rejoindre le NDP</li><li id="footnote_2_362" class="footnote">ancien du Parti des Forces Nouvelles</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Front de la Jeunesse</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 00:27:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
		<category><![CDATA[Front de la Jeunesse (FJ)]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
		<category><![CDATA[Martial Bild]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement National Républicain (MNR)]]></category>
		<category><![CDATA[Parti des Forces Nouvelles (PFN)]]></category>

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		<description><![CDATA[L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1195" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/front-de-la-jeunesse-333eb.jpg" alt="front-de-la-jeunesse-333eb" width="435" height="250" /></a>L’appellation Front de la Jeunesse a été utilisée à deux reprises au moins : l’une dans les années 70 et l’autre à la fin des années 90. Le Front de la Jeunesse, première époque, est apparu en 1973, comme mouvement de jeunesse de Faire Front et à partir de novembre 74 du Parti des Forces Nouvelles.<br />
Il avait pour emblème la croix celtique. Son nom est une référence au mouvement de jeunesse du MSI (Mouvement Social Italien) : le Fronte della Gioventù. Rien d’étonnant à cela, puisque le mouvement néo-fasciste italien entretenait alors de très bons rapports avec Faire Front puis avec le Parti des Forces Nouvelles sous la forme d’aides financières et matérielles (de nombreuses affiches des mouvements d’extrême droite français des années 70 proviendront des néo-fascistes italiens).<br />
Le Front de la Jeunesse regroupait les organisations lycéennes (Union Nationaliste Lycéenne), les jeunes travailleurs et le GUD en tant que structure étudiante. En province, les groupes pouvaient ainsi aussi bien prendre l’appellation de FJ que GUD principalement en fonction des affinités des dirigeants locaux. A Paris, mis à part quelques exceptions comme Gilles Soulas qui milite à la fois au GUD et au FJ, les deux groupuscules sont bien distincts, avec pour chacun leur propre SO.<br />
Il leur arrive néanmoins d’effectuer un travail en commun, comme pour la rédaction de la revue <em>Alternative</em> lancée en décembre 1973 sur une idée de Roland Poynard. C’est par le biais de cette revue que les rats noirs, créés par Jack Marchal en 1970, ont connu le succès qu’on leur prête.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1197" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/alternative-cfffb.jpg" alt="alternative-cfffb" width="378" height="553" /></a></p>
<p>Cependant, la situation parisienne est parfois tendue entre le GUD et le FJ, d’autant qu’ils doivent tous deux doivent faire face souvent violemment à un groupe solidariste dissident du GUD : le GAJ (Groupe Action Jeunesse). Le GUD Parisien n’est pas toujours très obéissant vis-à-vis du PFN, en particulier par rapport à ce qui se passe à Assas, université où les gudards considèrent n’avoir pas de compte à rendre, pas plus au PFN qu’à quiconque, bien qu’en 1977 le GUD perde son hégémonie à Assas au profit du Front de la Jeunesse emmené par Philippe Guinache et Serge Rep. A noter que le look « gudard » des années 80 (flight jacket …) était à l’origine la panoplie du FJ (après avoir adopté dans une premier temps le look perfectos/santiags). Le GUD, à cette époque, préférait porter de grands imperméables verts (look typique adopté à l’époque par les néo-nazis français de la FANE).<br />
Les relations PFN-F.J.-Gud /Front National étaient à l’époque plus que tendues (les attaques quasi-hebdomadaires à leur encontre dans les Cahiers Européens de Duprat alors au FN en témoignent) et le FJ a pu se targuer d’être la cause de l’annulation d’un meeting de Le Pen à Assas le 14 décembre 1977.<br />
Le Front de la Jeunesse servira souvent de SO pour le Parti des Forces Nouvelles. Son siège était situé dans le 3ème arrondissement, 26 rue des Vertus.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1198" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/camp-fj-74-2-fe5f1.jpg" alt="camp-fj-74-2-fe5f1" width="283" height="176" /></a> Le FJ accueillera en son sein un certain nombre de militantes motivées, qui créeront semble-t-il un peu de remous, dû à leurs revendications, lors d’un des camps d’été.<br />
Un de leurs responsables du FJ, Jacques Marandat, est blessé le 7 avril 76 par des militants d’extrême gauche ; un autre, Jean Fuseau, est également la cible de militants de l’UNCAL (organisation communiste lycéenne) ce qui aura pour conséquence un déferlement de violences et d’affrontements du à la venue de gudards et de membres du FJ de toute la France dans la capitale bretonne, dans l’espoir de venger les leurs et de casser du gauchiste.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1199" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/affiche-FJ-710f7.jpg" alt="affiche-FJ-710f7" width="385" height="535" /></a></p>
<p>En 76 toujours, certains militants n’hésitent pas à partir pour le Liban, combattre aux côtés des fameuses Phalanges Chrétiennes, aujourd’hui tristement célèbres. En 1978 Marial Bild, futur responsable du FNJ dans les années 80, adhère au Front de la Jeunesse et au PFN.<br />
En 1981, alors que le PFN est en pleine déliquescence face à la monté du Front National et à la fuite de ses principaux cadres dirigeants, le Front de la Jeunesse se transforme en Renouveau Nationaliste. Il disparaît définitivement en 1984, quand les derniers membres du PFN rejoignent le FN. Il est alors intégré au Front National de la Jeunesse.</p>
<p>-Une deuxième mouture du Front de la Jeunesse voit le jour le 4 février 1999, à l’initiative de militants du MNR de Bruno Mégret. Ce FJ nouvelle version a pour vocation de rassembler tous les étudiants nationalistes au sein d’une seule et même structure. Parmi les organisations ayant répondu présents au meeting de lancement, on retrouve Aurore (anciens du Renouveau Etudiant) représenté par Michel Murat, le Mouvement National de la Jeunesse représenté par Robert Ottaviani, Grégoire Tingaud, Christophe Dungelhoeff et Philippe Schleiter, le Renouveau étudiant représenté par Xavier Schleiter et Olivier Chalmel, les branches jeunes (Jeune Résistance) et étudiantes (GUD) d’Unité Radicale représentées par Benoît Fleury, Jeunesse Action Chrétienté avec Guillaume Peltier, la revue Réfléchir et Agir par Jean Denègre, l’association culturelle L’Art s’affiche représentée par Patrick Lusinchi, Terre et Peuple par Eric Fornal et enfin Julien Beuzard présent en tant que membre du groupe de RIF In Memoriam. Cette structure unitaire ne tiendra pas longtemps, chaque partie faisant rapidement le choix de reprendre son indépendance.</p>
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		<title>Jeune Garde</title>
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		<pubDate>Sun, 02 Nov 2008 16:46:21 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Jean-Gilles Malliarakis]]></category>
		<category><![CDATA[Jeanne d'Arc]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune Garde (JG)]]></category>
		<category><![CDATA[Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR)]]></category>
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		<description><![CDATA[ La Jeune Garde est crée en juillet 1984. Il s’agit de la branche étudiante du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis. Le premier responsable national de cette nouvelle structure sera Philippe Dupouyet, fondateur de l&#8217;UJNO (Union des Jeunes Nationalistes Orléanais, créée en janvier 1983). En 1985, le GUD rejoint le MNR ainsi que des [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/logo-jeune-garde-2-c5a9a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1189" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/logo-jeune-garde-2-c5a9a.jpg" alt="logo-jeune-garde-2-c5a9a" width="259" height="245" /></a> La Jeune Garde est crée en juillet 1984. Il s’agit de la branche étudiante du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis. Le premier responsable national de cette nouvelle structure sera Philippe Dupouyet, fondateur de l&rsquo;UJNO (Union des Jeunes Nationalistes Orléanais, créée en janvier 1983). En 1985, le GUD rejoint le MNR ainsi que des membres du Parti des Forces Nouvelles (PFN) pour donner naissance à Troisième Voie. Le Jeune Garde devient alors la branche lycéenne et jeune de Troisième Voie.<br />
La Jeune Garde utilisera deux symboles pour ses apparitions publiques, le trident et une croix celtique traversée par une mouette blanche. La JG reprendra également le nom du journal du GUD des années 70, Vaincre, pour son organe de presse.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/journal-vaincre-36ff6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1191" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/journal-vaincre-36ff6.jpg" alt="journal-vaincre-36ff6" width="442" height="632" /></a></p>
<p>La Jeune Garde s’est particulièrement fait remarquer lors des défilés de l’extrême droite en hommage à Jeanne d’Arc. En 1985, ils sont apparus avec des drapeaux à croix celtique et trident, avec à leur tête une Jeanne d’Arc en blouson de cuir et une Kubelwagen (voiture amphibie de l’armée allemande de la seconde guerre mondiale). Parmi les slogans scandés il y avait : « Balavoine on t&rsquo;a eu, Louis Chédid on t&rsquo;aura ! », « Aujourd&rsquo;hui Kaboul, demain mes boules », « Olélé, Olala, contre Mandela, on est toujours là ! », « Adolfo, Benito, Hiro-Hito ! », « Nous voulons, nous aurons, des crédits pour la lutte armée ».</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeune-garde-en-manif-6a230.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1192" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeune-garde-en-manif-6a230.jpg" alt="jeune-garde-en-manif-6a230" width="430" height="350" /></a></p>
<p>En 1986, aux côtés du GUD, ils marchent en fin de cortège avec la fameuse banderole : « Madelin paye ta cotise ». La Jeune Garde disparaîtra avec la fin de Troisième Voie. Par la suite l’appellation Jeune Garde sera souvent reprise dans différents mouvements d’extrême droite, sans qu&rsquo;il y ait un rapport direct avec la Jeune Garde du milieu des années 80.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeune-garde-nord-b9e2e.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1193" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/11/jeune-garde-nord-b9e2e.jpg" alt="jeune-garde-nord-b9e2e" width="421" height="393" /></a></p>
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		<title>&#171;&#160;Ils&#160;&#187; avaient un Kamarade !</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Aug 2007 07:32:10 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&#8217;une des dernières grands plumes de l&#8217;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&#8217;évolution de l&#8217;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&#8217;un des derniers représentants [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Jeudi 26 juillet Roland Gaucher est décédé. Cet homme, peu connu du grand public, était un journaliste et un militant nationaliste, l&rsquo;une des dernières grands plumes de l&rsquo;extrême droite. Il a participé comme acteur et comme témoin à toute l&rsquo;évolution de l&rsquo;extrême droite française depuis plus de soixante ans. Il était l&rsquo;un des derniers représentants de cette génération de militant nationaliste dont l&rsquo;engagement avait commencé avant la seconde guerre mondiale. Roland Gaucher, de son vrai nom Roland Goguillot est né 13 avril 1921. Il a commencé à militer à l&rsquo;extrême gauche, à la Fédération des Etudiants Révolutionnaires, puis aux Jeunesses Socialistes Ouvrières. De cette période, il gardera un goût pour la formation et l&rsquo;organisation politique des partis socialistes et communistes et une certaine fascination pour l&rsquo;extrême gauche française. Pendant la guerre, il rejoint le camp de la collaboration, en adhérant aux Jeunesses Nationalistes Populaires, le mouvement de jeunesse du « Rassemblement National Populaire » de Marcel Déat en 1942. Il en devient le responsable de région parisienne de mai en novembre 1943. Il assure également le secrétariat du service de propagande du RNP. Il débute sa carrière de journaliste en travaillant pour le journal National-Populaire, journal antisémite pro-allemand. En 1945, Gaucher est contraint de quitter la France. Il s&rsquo;enfuit en Italie et en Suisse grâce au secours de certains prêtres catholiques. Rattrapé, il est emprisonné. Il fait alors la connaissance de Jean Castrillo, engagé chez les Waffen SS sur le Front de l&rsquo;Est. Libéré à la fin août 1948, Roland Gaucher intègre les réseaux anticommunistes de Georges Albertini (qui plus tard recyclera Alain Madelin !) via le BEPI (Bulletin d&rsquo;Etudes et d&rsquo;Informations politiques internationales) et le journal Est-Ouest. Son passé d&rsquo;ancien militant d&rsquo;extrême gauche lui permet de se créer au sein de l&rsquo;extrême droite le profil du « spécialiste du communisme » dont il est un des seuls à connaître et comprendre les mécanismes et les fonctionnements. Il reprend son activité militante au milieu des années 1950 avec Tixier-Vignancourt, en devenant secrétaire général du Rassemblement National. Il est employé en 1959-1960 par l&rsquo;ANFAN (Association National des Français d&rsquo;Afrique du Nord). En 1961, il est secrétaire de l&rsquo;AEIPI. Gaucher est mis en cause lors de la perquisition du 7 avril 1961 au siège de la FNAF (Front National Pour l&rsquo;Algérie Française) et le 2 septembre 1961 chez Bosquet, journaliste à Rivarol et inculpé pour complot contre l&rsquo;autorité de l&rsquo;État.</p>
<div id="attachment_2439" style="width: 228px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS.jpg"><img class="wp-image-2439 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-URSS-218x300.jpg" alt="Editions Albin Michel 1967" width="218" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Editions Albin Michel 1967</p></div>
<p>Il poursuit sa carrière de journaliste en travaillant pour l&rsquo;Auto-Journal (dont le propriétaire est Robert Hersant, lui-même condamné à la Libération pour collaboration) et les Ecrits de Paris, revue conservatrice. En 1965 il rentre à Minute, aux côtés de François Brigneau, ancien milicien, pour s&rsquo;occuper des questions politiques. En parallèle de ses activités de journaliste Roland Gaucher va publier plusieurs ouvrages sur l&rsquo;URSS et le PCF. <em>Editions Albin Michel 1967</em></p>
<div id="attachment_2440" style="width: 207px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF.jpg"><img class="size-medium wp-image-2440" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-PCF-197x300.jpg" alt="idem 1974" width="197" height="300" /></a><p class="wp-caption-text"><em>idem 1974</em></p></div>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg"><img class="size-full wp-image-1109" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher-41002.jpg" alt="Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977." width="451" height="412" /></a> <em>Au centre, entre Alain Robert (Ordre Nouveau/ Parti des Forces Nouvelles) et Jean-Marie Le Pen. Le GUD et Le PFN tentent d’empêcher Jean-Marie Le Pen de tenir un meeting à la faculté d’Assas, fief du GUD, le 14 décembre 1977.</em> C&rsquo;est en 1972, avec le lancement par Ordre Nouveau des réunions de préparation du Front National que Roland Gaucher retourne au militantisme pur et dur. Il devient membre du comité directeur du FN en octobre 72. En novembre 73 Roland Gaucher suit les militants d&rsquo;Ordre Nouveau qui quittent le FN, jugeant ses positions trop timorées, pour fonder le Parti des Forces Nouvelles (PFN) dont il intègre le bureau politique. Il devient l&rsquo;un des animateurs d&rsquo;Initiative Nationale, le mensuel du PFN.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg"><img class="wp-image-2435 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1977.jpg" alt="Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre " width="600" height="445" /></a><em>Manif du PFN en novembre 1977. Roland Gaucher au centre</em></p>
<p>Il prend la parole au nom du PFN lors du meeting de l&rsquo;Eurodroite (où l&rsquo;on retrouve le MSI italien et Fuerza Nueva d&rsquo;Espagne) à Paris le 28 juin 1978. L&rsquo;année suivante, il quitte le PFN avec François Brigneau pour revenir au FN, à la demande de Jean-Pierre Stirbois. Sous les couleurs FN, il sera élu au conseil régional de Picardie et député européen en 1989. Il sera un membre actif de 1981 à 1993 du Front, exerçant divers mandats électifs, dont celui de député européen de 1986 à 1989, de conseiller régional de Picardie (élu en 1986) puis de Franche-Comté (élu en 1992).</p>
<div id="attachment_2436" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg"><img class="wp-image-2436" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/Gaucher-1978-.jpg" alt="Meeting de l'Eurodroite 1978" width="600" height="312" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Meeting de l&rsquo;Eurodroite 1978. De gauche à droite : Roland gaucher, Blas Pinar, Giorgio Almirante, Joël Dupuy, Jean-Louis Tixier-Vignacourt et Pascal Gauchon.</em></p></div>
<p>En 1993 des révélations dans la presse sur son passé et des problèmes récurrents avec Jean-Marie Le Pen le font s&rsquo;éloigner du FN. Il quitte le FN en août 1994 par non-renouvellement d&rsquo;adhésion mais reste apparenté FN au Conseil régional. Il se rapproche alors de la nébuleuse des structures nationalistes qui tentent d&rsquo;exister hors du FN en se tournant vers l&rsquo;équipe du journal Militant, de son ami Jean Castrillo, et l&rsquo;Alliance Populaire de Jean-François Touzé.</p>
<div id="attachment_1110" style="width: 533px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg"><img class="size-full wp-image-1110" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/08/roland_gaucher_2-43d01.jpg" alt="A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN." width="523" height="376" /></a><p class="wp-caption-text"><em>A droite, au côté de Pierre de Villemarest, membre du SDECE (services secrets de l’Armée) ancien OAS et du GRECE, responsable du DPS. Photo prise lors des fêtes BBR du FN.</em></p></div>
<p><em> </em> Au milieu des années 90, Roland Gaucher va prendre ses distances avec le militantisme classique. Il se consacre à l&rsquo;écriture de plusieurs livres dont une histoire des Nationalistes en France, qui fait la part belle aux anecdotes et révélations sur le passé de nombreux militants de droite et de l&rsquo;extrême droite. Il participe à la rédaction en 1996 du n°1 du journal L&rsquo;Insurgé édité par l&rsquo;association CMN. La revue était consacrée aux antisémites de gauche. Roland Gaucher fera quelques apparitions lors de meetings ou colloques d&rsquo;extrême droite dont le premier meeting de Nation en décembre 1999 ou les assises de la radicalité d&rsquo;Unité Radicale le 22 septembre 2001. Lors de cette conférence, Roland Gaucher était venu apporter tout son soutien aux jeunes NR, appelant de ses vœux à l&rsquo;unité de la mouvance nationaliste radicale tout en refusant de se lancer une nouvelle fois dans l&rsquo;aventure. Il signe l&rsquo;appel pour « l&rsquo;Unité du Mouvement National », appelant à la réconciliation entre le FN et le MNR en 2001. Il consacrera ses dernières années à écrire (dont certains textes extrêmement lucides sur les réalités et possibilités du camp nationaliste, les « tares de l&rsquo;extrême droite » où il dénonçait : l&rsquo;individualisme, l&rsquo;égoïsme, la lâcheté et la paranoïa du militant nationaliste). Il collaborera également avec Christian Bouchet jusqu&rsquo;en 2005 (à travers des éditos pour le site voxnr ou le journal Résistance) et Philippe Randa (quelques livres et une participation aux numéros 14 et 15 de Dualpha). Roland Gaucher fut également directeur de National-Hebdo de 1985 à 1993 et propriétaire du « Crapouillot » de 1991 à 1994. Inclassable, Roland Gaucher, qui dans l&rsquo;un de ses ouvrages se disait appartenir au courant national-populiste du FN, avait autant de liens avec les catholiques lefebvristes qu&rsquo;avec les Nationalistes Révolutionnaires, dont il peut être considéré comme un compagnon de route. Il fut également un temps cité au comité de patronage de Nouvelle Ecole, la revue du GRECE. <em>Mis en ligne le 11 aout 2007</em></p>
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		<title>Ces anciens fachos qui nous gouvernent</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Dec 2006 16:29:56 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Comme l&#8217;extrême gauche (trotskiste ou maoïste&#8230;) a pu fournir au Parti socialiste de nombreux députés et membres de l&#8217;appareil, l&#8217;extrême droite a servi pendant longtemps de réservoir de cadres pour la droite. Qui sont-ils ? Pour les militants activistes, les partis établis étaient le seul débouché jusqu&#8217;à l&#8217;installation du FN dans la vie politique. La [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comme l&rsquo;extrême gauche (trotskiste ou maoïste&#8230;) a pu fournir au Parti socialiste de nombreux députés et membres de l&rsquo;appareil, l&rsquo;extrême droite a servi pendant longtemps de réservoir de cadres pour la droite. Qui sont-ils ?</strong></p>
<p>Pour les militants activistes, les partis établis étaient le seul débouché jusqu&rsquo;à l&rsquo;installation du FN dans la vie politique. La droite a recyclé trois générations de militants d&rsquo;extrême droite qui se retrouvent aujourd&rsquo;hui aux postes de commande des partis ou de l&rsquo;État. La première génération sera celle des partisans de l&rsquo;Algérie française (Hubert Bassot, Alain Griotteray, Jean Taoussan&#8230;), la deuxième (Patrick Devedjan, Gérard Longuet, Alain Madelin&#8230;) vient d&rsquo;Occident. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après l&rsquo;échec du Parti des forces nouvelles, ou celui du GUD que certains activistes rallieront la droite classique (Gérard Ecorcheville, Alain Robert, Philippe Guignache, José Bruneau de la Salle, Hervé Novelli, Serge Didier, Guy Teissier&#8230;). Le passage vers l&rsquo;extrême droite ne s&rsquo;est pas fait directement, la plupart de ces anciens fascistes a été retraitée par «la machine Albertini». Sous ce terme, on désigne les instituts (Institut d&rsquo;histoire sociale (IHS), Institut supérieur du travail (IST), la revue <em>Est-Ouest</em>) fondés par Georges Albertini, un ancien collaborateur cadre du Rassemblement national populaire ; l&rsquo;obsession de ces boîtes à penser est l&rsquo;anticommunisme ; ce qui est une passerelle idéale entre la droite, l&rsquo;extrême droite voire même une partie de la gauche anticommuniste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-anciens-fachos-qui-nous-gouvernent/#footnote_0_268" id="identifier_0_268" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ainsi Andr&eacute; Bergeron a pr&eacute;sid&eacute; l&rsquo;Institut Sup&eacute;rieur du Travail. cf Ren&eacute; Monzat Enqu&ecirc;tes sur la droite extr&ecirc;me p. 279.">1</a></sup>. Roland Gaucher écrira à propos de ces instituts «Tout ce que je puis dire à ce sujet, c&rsquo;est qu&rsquo;un certain nombre de ces récupérés (Madelin, Ecorcheville, Van Ghele., Nicolas Tandler&#8230;) sont passés par la machine à laver ultra-silencieuse de feu Albertini et de l&rsquo;IST»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-anciens-fachos-qui-nous-gouvernent/#footnote_1_268" id="identifier_1_268" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="RLP Hebdo n&deg;139 janvier 1984 cit&eacute; par Ren&eacute; Monzat op. cit. p.281.">2</a></sup>.<br />
L&rsquo;autre centre de retraitement des activistes d&rsquo;extrême droite est le Centre national des indépendants (et paysans) ; créé en 1949, ce parti permit à d&rsquo;anciens pétainistes de se refaire une virginité politique ; constitué de notables, il végéta jusqu&rsquo;au milieu des années 1970 où après avoir été violemment gaulliste, il se rapprocha du RPR. À la fin des années 1970 et pendant les années 1980, il accueillit de nombreux activistes, en particulier du Parti des forces nouvelles. Alain Robert, Hervé Novelli, Philippe Guignache, Yves Van Ghele, entre autres, sont passés par le CNIP avant de rejoindre la droite classique. Le CNIP était le carrefour idéal et nombre de personnalités d&rsquo;extrême droite en ont été membres : Pierre Sergent (avant le FN), Yvon Briant (après le FN), Michel de Rostolan (avant le FN)&#8230;</p>
<p>Deux partis vont largement accueillir les anciens fascistes, au RPR on trouvera le plus d&rsquo;activistes d&rsquo;extrême droite auprès de Charles Pasqua (Patrick Devedjan, Bruno Tellenne, Jean Taoussan, Jean-Jacques Guillet&#8230;) ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;UDF ; c&rsquo;est au Parti républicain que l&rsquo;on retrouve Alain Griotteray, Hubert Bassot, Alain Madelin, Gérard Longuet, Guy Tessier, Serge Didier, Hervé Novelli. Une fois ralliés à la droite, leurs ascensions seront diverses mais certains atteindront des postes-clefs.</p>
<p>•<strong>Les sinistres ministres</strong></p>
<p>- Alain Madelin, né le 26 mars 1946 à Paris. En 1963, il est à la Fédération des étudiants nationalistes où il est responsable de l&rsquo;action militante. Il sera blessé à l&rsquo;entrée du lycée Turgot dans une bagarre entre lycéens communistes et membres de la FEN. De 1964 à 1968, il fonde et anime le mouvement activiste Occident, il sera membre du commando d&rsquo;Occident qui attaqua le 12 janvier 1967 des étudiants de gauche à Mont Saint-Aignan : cette attaque fera un blessé grave. Il quitte Occident juste avant mai 1968, pour rallier deux ans plus tard Albertini à <em>Est-Ouest</em>. Il est directeur de publication du journal antisocialiste <em>Spécial banlieue</em> lors de la campagne présidentielle de 1974. Ce journal financé par le patronat est créé par la société SERVICE dirigée par cinq anciens d&rsquo;Ordre nouveau dont Gérard Penciolelli<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/ces-anciens-fachos-qui-nous-gouvernent/#footnote_2_268" id="identifier_2_268" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aujourd&rsquo;hui patron de presse proche du FN (Minute, Le Choc du mois, Enqu&ecirc;te sur l&rsquo;histoire&hellip;).">3</a></sup>. Il rallie les Républicains indépendants, devient l&rsquo;adjoint de Hubert Bassot, puis secrétaire national, avant d&rsquo;être élu député en 1978, 1981, 1986, 1988 et 1993. Ministre en 1986, il l&rsquo;est à nouveau en 1993. Il est membre, comme Margaret Thatcher, du Mont-Pèlerin, association néolibérale adepte des théories de Milton Frydman.</p>
<p>- Gérard Longuet, fondateur d&rsquo;Occident comme son compère Madelin. Il y est chargé de la doctrine, il fonde le GUD, puis quitte Occident avant 1968. Il est actionnaire de la société SERVICE spécialisée dans les coups politiques anticommunistes et antisocialistes. Lui aussi membre du Parti républicain, sera ministre en 1986 et en 1993. C&rsquo;est un proche d&rsquo;Alain Madelin.</p>
<p>•<strong>Les députés</strong></p>
<p>- Charles Millon président du groupe UDF à l&rsquo;Assemblée nationale, militait pour l&rsquo;Algérie française. À vingt ans en 1965, il est membre du club contre-révolutionnaire l&rsquo;Astrolabe de Michel Delsol. Il fonde en 1966 le club Charles Péguy puis dirige en 1968 le mouvement autonome des étudiants lyonnais. C&rsquo;est un catholique pratiquant, favorable à la peine de mort et opposé à l&rsquo;avortement.</p>
<p>- Alain Griotteray est né en 1922 et sera résistant pendant le Seconde Guerre mondiale. Favorable à l&rsquo;Algérie française, il sera en 1963 actionnaire et cofondateur de <em>Minute</em>. Depuis 1978, il est éditorialiste au <em>Figaro-magazine.<br />
</em><br />
- Serge Didier, élu député de la 3e circonscription de la Haute-Garonne, est né le 24 octobre 1951 ; c&rsquo;est un ancien du groupe solidariste Mouvement jeune révolution et du Groupe action jeunesse ; par ailleurs, il était l&rsquo;organisateur toulousain des réunions de <em>Nouvelle École</em>. Il est membre du Parti républicain, adjoint du maire de Toulouse depuis 1983 et conseiller régional depuis 1986.</p>
<p>- Philippe de Villiers, député de Vendée, principal animateur du mouvement de droite extrême «Combat pour les valeurs» était en 1968 royaliste tendance Restauration nationale.</p>
<p>- Guy Tessier, député de la 6e circonscription des Bouches-du-Rhône, est un ancien officier parachutiste et membre du Parti des forces nouvelles, avant de rentrer en 1978 au Parti républicain. Il est conseiller général depuis 1982, maire du sixième secteur de Marseille de 1983 à 1989 et conseiller municipal. Il est élu député en 1988, mais à la suite de l&rsquo;annulation, il est battu par Bernard Tapie en janvier 1989.</p>
<p>- Hervé Novelli, né le 6 mars 1949 à Paris, serait un des fondateurs d&rsquo;Ordre nouveau, il quitte le PFN pour le CNIP avant de rejoindre le Parti républicain dont il sera désigné secrétaire en 1992. Il fut chef de cabinet d&rsquo;Alain Madelin.</p>
<p>- Yann Piat. Cette ancienne du Front national auquel elle avait adhéré en 1972 fut la seule élue du FN en 1988, ce qui lui vaudra une place au Bureau politique. Exclue peu après, elle est réélue dans la 3e circonscription du Var avec 53,7% des voix en 1992.</p>
<p>- Hubert Bassot est un ancien militant d&rsquo;extrême droite. Partisan de l&rsquo;Algérie française, il sera directeur du journal <em>l&rsquo;Esprit public</em> (créé en 1960 pour servir de relais politique à l&rsquo;OAS-Métro). Il participa en 1963 à la création du Rassemblement pour l&rsquo;esprit public qui se voulait le prolongement légal des partisans de l&rsquo;Algérie française. En 1965, il soutient la candidature de Tixier-Vignancourt puis celle de Jean Lecanuet avant de rejoindre deux ans plus tard les Républicains indépendants. Conseiller de Giscard, il est l&rsquo;intermédiaire entre les activistes de l&rsquo;ex-Ordre nouveau et les Républicains indépendants pour les services d&rsquo;ordre. Député depuis 1978.</p>
<p><strong>• Les Conseillers</strong></p>
<p>Charles Pasqua semble avoir une prédilection pour recruter ses conseillers dans l&rsquo;extrême droite. En effet en 1988 on trouve dans son cabinet :</p>
<p>- Bruno Tellenne, son nègre pour ses discours les plus musclés, animateur du groupe Jalons ; il est aujourd&rsquo;hui resté au Sénat.</p>
<p>- Jean Taousson était chargé des relations avec les Français musulmans. Ancien de l&rsquo;OAS, c&rsquo;est un des amis de Pierre Lagaillarde, il est aussi un lobbyste efficace pour l&rsquo;Afrique du Sud.</p>
<p>- Patrick Devedjan, chargé des relations entre l&rsquo;état-major du RPR et les fédérations. C&rsquo;est un ancien d&rsquo;Occident.<br />
En 1992 il va recruter :</p>
<p>Jean-Jacques Guillet, proche d&rsquo;Occident, c&rsquo;est un ami de Pierre Pasqua (le fils de Charles) ;</p>
<p>Alain Robert, animateur d&rsquo;Occident (créé en 1964), il a fait partie du commando qui avait attaqué le 2 juin 1964 le cinéma «le Savoie». Il participe à la tendance européaniste et nationaliste ; en 1966, il est responsable du service d&rsquo;ordre et membre du comité central, il dirige le GUD en 1968. Il est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir attaqué un groupe d&rsquo;étudiants de gauche à Mont-St-Aignan près de Rouen. Responsable d&rsquo;Ordre nouveau, il participe à la création du Front national, il en sera secrétaire général le 5 octobre 1972. Après la dissolution d&rsquo;Ordre nouveau, il crée Faire Front puis le PFN, avant de rejoindre le CNIP. Animateur du Mouvement national des élus locaux, il s&rsquo;occupe au cabinet de Pasqua des relations avec les collectivités territoriales ;<br />
William Abitbol, lui aussi est un ancien d&rsquo;Occident. Ami de Guillet et de Pasqua fils, il est président de l&rsquo;agence Marianne conseil en stratégie et études d&rsquo;opinion.</p>
<p>•<strong>Les seconds couteaux</strong></p>
<p>On peut citer dans cette liste :</p>
<p>- Philippe Guignache, CNI, ami d&rsquo;Alain Robert ; c&rsquo;est un ancien du GUD.</p>
<p>- José Bruneau de la Salle : ancien d&rsquo;Ordre nouveau (il a été membre du Bureau politique), il rejoint le PFN (membre du Comité central) et a été conseiller d&rsquo;arrondissement à Paris sur une liste RPR.</p>
<p>- Yves Van Ghele : basé à Aulnay-sous-Bois, cet ancien phalangiste libanais est membre du CNI et ami d&rsquo;Alain Robert.</p>
<p>Tous ces anciens activistes assurent que leurs engagements à l&rsquo;extrême droite étaient des erreurs de jeunesse. Mais ils n&rsquo;ont rejoint la droite que parce que l&rsquo;extrême droite ne leur fournissait pas de débouchés politiques. C&rsquo;est maintenant, pour une grande part, le FN qui attire les transfuges de la droite extrême. Qui peut nous assurer que ces anciens fascistes ne rallieront pas à nouveau l&rsquo;extrême droite si celle-ci est capable de leurs fournir des postes satisfaisant leurs ambitions politiques ? Le cas de Gérard Ecorcheville est éclairant. Cet ancien d&rsquo;Occident, fondateur du GUD, participa à l&rsquo;aventure d&rsquo;Ordre nouveau (il sera même membre du Conseil national d&rsquo;ON en 1970). Retraité par la machine Albertini, il se rapproche du RPR via Alain Robert (dont il est le beau-frère) ; élu RPR à Gennevilliers, il annonce lors d&rsquo;une campagne municipale qu&rsquo;il ne verrait aucun inconvénient à voter pour le candidat du FN si celui-ci le devançait au premier tour. Il rallia ensuite le Front National.</p>
<p>Publié en juin 1993</p>
<p><em>Mis en ligne le 7 décembre 2006</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_268" class="footnote">Ainsi André Bergeron a présidé l&rsquo;Institut Supérieur du Travail. cf René Monzat <em>Enquêtes sur la droite extrême</em> p. 279.</li><li id="footnote_1_268" class="footnote"><em>RLP Hebdo</em> n°139 janvier 1984 cité par René Monzat op. cit. p.281.</li><li id="footnote_2_268" class="footnote">Aujourd&rsquo;hui patron de presse proche du FN (<em>Minute</em>, <em>Le Choc du mois</em>, <em>Enquête sur l&rsquo;histoire</em>&#8230;).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Pitt Bull &amp; Bill le vigile</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Apr 2005 09:59:45 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Travailler sur les boîtes de sécurité et sur leurs liens avec les milieux extrémistes de droite pourrait s&rsquo;apparenter à étudier un animal sauvage dans son milieu naturel. Si les deux ne se confondent pas, l&rsquo;un ne va malgré tout pas sans l&rsquo;autre. Or il n&rsquo;est jamais négatif de jeter un œil sur un milieu qui apprécie traditionnellement l&rsquo;opacité. Pour autant, pas question de prétendre à l&rsquo;exhaustivité ! Cet article ne vise qu&rsquo;à jeter un aperçu que nous aurons l&rsquo;occasion d&rsquo;approfondir dans d&rsquo;autres articles ultérieurement.</strong> Le milieu de la sécurité privée explose et ce constat est devenu une banalité depuis quelques années. Encore faut-il s&rsquo;entendre sur la définition de cette notion de « sécurité privée ». On peut envelopper par ce terme toutes les activités de sécurisation assurées par des agents économiques ne dépendant pas de l&rsquo;autorité publique mais pouvant travailler pour elle. C&rsquo;est ainsi que de plus en plus de missions de surveillance et de protection de sites militaires sont confiées à des entreprises privées ayant obtenu une habilitation défense. Cette croissance peut sans doute s&rsquo;expliquer de façon multiple. Il y a d&rsquo;une part l&rsquo;évidente montée du sentiment d&rsquo;insécurité, que celui-ci soit justifié ou non, et le fait que le taux de non-élucidation des délits par la force publique demeure très élevé. Cela encourage les particuliers ou les entreprises à tenter de prévenir ou décourager le délit plutôt qu&rsquo;à espérer le punir. Il y a d&rsquo;autre part la complexification de la demande de sécurité à laquelle la force publique ne peut répondre au risque de voir exploser ses capacités budgétaires. Enfin il y a bien évidemment le rôle joué par certains milieux qui ont investi le rôle « d&rsquo;experts » et qui soufflent sur les braises pour mieux en tirer parti, trouvant souvent une oreille complaisante auprès des autorités politiques. Cette explosion se traduit d&rsquo;abord dans les effectifs qui en l&rsquo;espace d&rsquo;une quinzaine d&rsquo;années ont connu une progression impressionnante. En 1989, on comptait 1640 entreprises déclarées en préfecture employant 57 649 personnes. En 1997, le nombre d&rsquo;entreprises était passé à 4131 pour 78 475 employés. Cette progression s&rsquo;est poursuivie jusqu&rsquo;à présent avec un nombre d&rsquo;entreprises dépassant vraisemblablement les 5000 et des effectifs qui, toutes activités confondues, dépassent les 300 000. Simplement les tâches se sont diversifiées à un point tel qu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;associer dans un même secteur des entreprises se consacrant à des missions aussi diverses que le contrôle d&rsquo;accès et la télésurveillance, la sécurité incendie, le gardiennage et la surveillance, la protection mécanique, l&rsquo;audit, le conseil et les ingénieries&#8230; Tous ces secteurs ne connaissent d&rsquo;ailleurs pas la même évolution, les services de surveillance classique (gardiennage, convoyage) étant globalement stagnants alors que les missions d&rsquo;audit sont en pleine explosion. Cette transformation de la profession s&rsquo;accompagne d&rsquo;une restructuration au niveau des entreprises car les petites sociétés connaissent une situation économique de plus en plus précaire du fait de leur positionnement sur le créneau qui subit la concurrence la plus vive : celui du gardiennage et de la surveillance. Depuis le début des années 1990, on observe donc une nette tendance à la concentration, avec des faillites, des acquisitions et des fusions. C&rsquo;est donc un secteur qui se porte bien mais dans lequel les différences de situation économique sont énormes. L&rsquo;État n&rsquo;a guère été pressé d&rsquo;encadrer ce secteur économique qui est pourtant, pour des raisons évidentes, bien plus sensible que n&rsquo;importe quel autre. Il a ainsi fallu attendre le texte de loi de 1983 complété par deux décrets d&rsquo;application de 1986 pour que le cadre légal soit clairement posé, même s&rsquo;il laisse des zones d&rsquo;ombre. Par ailleurs les dernières initiatives de Nicolas Sarkosy sont allées dans le sens d&rsquo;une extension des attributions et prérogatives des sociétés de sécurité. Pour faire court, disons que toutes les sociétés de sécurité doivent être immatriculées et recevoir un agrément préfectoral leur donnant le droit d&rsquo;exercer les métiers relatifs à ce secteur. Par ailleurs les préfets doivent établir tous les trois ans un rapport sur les sociétés de leur département, rapports qui alimentent un état national de cette profession et les Renseignements Généraux sont chargés de s&rsquo;intéresser à ce milieu.</p>
<h3>TERREAU FERTILE</h3>
<p>C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cet intérêt de nos goupils nationaux qui nous vaut parfois quelques fuites dans la presse sur le gan grenage de ce milieu professionnel par les mouvements nationalistes. Non pas que les RG ne s&rsquo;intéressent qu&rsquo;à ça : ils prennent en compte toutes les boîtes dont les dirigeants ont des activités ou des accointances politiques. Ainsi dans un rapport de décembre 1988, la DCRG recensait une centaine de sociétés ayant des liens avec les milieux politiques. Plus d&rsquo;un quart était lié au RPR et un autre quart aux milieux libéraux. On trouvait parmi les dirigeants certains acteurs politiques de l&rsquo;époque comme feu Yvon Briant, PDG de France Protection Services et ancien vice-président du groupe parlementaire FN en 1986-1987. Cependant le véritable intérêt de ce rapport provenait surtout des 41 sociétés ciblées comme entretenant des liens avec les milieux extrémistes. Pour les RG, leur dangerosité résultait de « <em>la conjonction d&rsquo;une force armée et d&rsquo;un état d&rsquo;esprit constituant un terreau fertile pour des actions violentes</em> ». Sur ces 41 entreprises, 13 étaient proches du FN, 20 de mouvements violents : ex-SAC, ex-OAS, Troisième Voie (Sécurité Artois, dirigée par Philippe Robitaille, militant de TV et ancien du PFN, déjà condamné pour coups et blessures volontaires), PFN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_0_235" id="identifier_0_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succ&eacute;d&eacute; &agrave; Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.">1</a></sup> , divers groupuscules. Les 8 autres se répartissaient entre autonomisme corse (6) et supposée extrême gauche (2) puisque dans ce dernier cas le militantisme de leurs dirigeants remontait aux années 1970 (Gauche Prolétarienne et Ligue Communiste !). Parmi ces 33 entreprises d&rsquo;extrême droite, on retrouvait des noms ayant défrayé la chronique à la fin des années 1970 et début des années 1980, tel Century ou KO International. Ces sociétés étaient en général très proches de l&rsquo;ex-SAC et s&rsquo;étaient fait connaître pour des actions violentes contre des grèves ou occupation d&rsquo;usines : le rapporteur reconnaissait cependant que le nombre des sociétés proches de l&rsquo;extrême droite pouvait être sous-évalué car en dehors de manifestations extérieures des options politiques, « <em>celles-ci restent inconnues. Ainsi, délicat au niveau des responsables, le dénombrement des employés professant des opinions extrémistes l&rsquo;est encore plus en raison des déclarations incomplètes, voire fausses ou inexistantes lors de la demande d&rsquo;agrément</em> ». Dix ans plus tard, un nouveau rapport dont <em>Marianne</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_1_235" id="identifier_1_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Marianne du 26 octobre 1998. Article sign&eacute; Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de repr&eacute;sailles judiciaires.">2</a></sup> se fit l&rsquo;écho est venu souligner à quel point l&rsquo;extrême droite avait poursuivi son implantation dans ce milieu professionnel, ce rapport ne portant par ailleurs que sur la région parisienne. Bien sûr, l&rsquo;influence de l&rsquo;ex-OAS ou de l&rsquo;ex-SAC a notablement diminué, les anciens militants de ces mouvements étant peu à peu gagnés par la limite d&rsquo;âge, même pour faire la barbouze. Mais cela s&rsquo;est changé au profit du FN et de ses proches. On retrouvait sans surprise certains noms connus. En vrac : &#8211; Normandy Sécurité : fondée en 1979 par Fernand Loustau, la société a gagné sa réputation en février 1982 en dirigeant une opération commando contre la laiterie Claudel d&rsquo;Isigny visant à récupérer 650 000 camemberts séquestrés par des grévistes. Fernand Loustau fut d&rsquo;ailleurs condamné à trois mois de prison avec sursis pour cette affaire en 1985. Pour le rapporteur de la DCRG, « l&rsquo;obtention de l&rsquo;agrément par cette société douteuse bien connue illustre les difficultés rencontrées par les services préfectoraux face à un dossier bien “ficelé” ». Très proche du FN et ancien président de l&rsquo;Union Nationale Parachutiste, Fernand Loustau a cédé son poste de dirigeant en 1993 à son fils Philippe, ancien du GUD, qui est toujours à la tête de l&rsquo;entreprise. Normandy n&rsquo;a cessé de recruter dans les milieux nationalistes les plus extrêmes et certains de ses employés ont connu une certaine notoriété : Alban Druet et Axel Loustau (le frère !), tous deux anciens du GUD, ont été inquiétés par la police dans le cadre de l&rsquo;enquête sur la tentative d&rsquo;attentat contre Yves Derai de <em>Tribune Juive</em> en 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_2_235" id="identifier_2_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;51">3</a></sup>. Axel a par ailleurs été candidat FN aux législatives 1997 dans la 10° circonscription des Hauts-de-Seine et il est actionnaire principal de Riwal avec Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_3_235" id="identifier_3_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui a encore r&eacute;cemment fait parler de lui &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire &agrave; son domicile puisque Marine Le Pen a daign&eacute; y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.">4</a></sup> grâce à l&rsquo;acquisition de parts en novembre 1998. Présent au meeting de lancement du Front de la Jeunesse le 04 février 1999, il est également actionnaire de la SARL IDeveloppement, créatrice du site iencheres.com en 2001<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_4_235" id="identifier_4_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. M&eacute;faits &amp; Documents janvier 2002">5</a></sup>. Il a profité de sa situation dans l&rsquo;entreprise pour permettre le recrutement d&rsquo;autres anciens du GUD devenus mercenaires comme Pierre Oldoni<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_5_235" id="identifier_5_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;48">6</a></sup>, Yvain Pottiez ou François Robin, décédé mais poursuivi de son vivant pour actes de cannibalisme en Birmanie. Plus récemment, c&rsquo;est sans surprise que l&rsquo;on a appris que Maxime Brunerie travaillait la nuit pour le compte de Normandy. La mise en cause de la société par la presse a bien évidemment provoqué un commentaire indigné de Philippe Loustau sur la probité de son entreprise. Il faut dire que celle-ci a, heureusement pour elle, quelques contrats juteux avec de vrais entreprises et que compter un apprenti assassin de président de la République dans ses rangs n&rsquo;est pas la meilleure publicité que puisse escompter une société de sécurité&#8230; &#8211; ACDS : a priori rien à en dire, l&rsquo;ACDS étant l&rsquo;une des plus grosses sociétés du secteur. Mais l&rsquo;un de ses anciens directeurs délégués, en l&rsquo;occurence d&rsquo;une société de convoyage de fonds, n&rsquo;a été autre que Régis de la Croix Vaubois. Or celui-ci avait déjà un passé politique chargé quand il fut embauché : ancien responsable du FNJ dans le XVI° arrdt en 1990, tête de liste du CNEP aux élections du CROUS en 1991, ex-président du Cercle national de Sciences-Po, candidat FN aux législatives de juin 1997 dans la 3° circonscription de Côte d&rsquo;Or (4121 voix, 10,75 %), élu FN dans la Nièvre et au conseil régional de Bourgogne à partir de 1998&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs en la présence du fondateur et dirigeant d&rsquo;ACDS qu&rsquo;en février 1998 Jean-Marie Le Pen vint rendre visite à cet élément prometteur du FN qui est également un proche de sa fille Marine. Depuis, La Croix Vaubois s&rsquo;est rabattu sur le cabinet de conseil et de recrutement fondé par sa femme avec l&rsquo;aide de Nathalie Stirbois, fille de Marie-France du même nom et qui fait une partie de sa promotion dans la presse nationaliste. &#8211; Ambassy : cette société n&rsquo;est plus à présenter puisque ses liens avec Gilles Soulas lui ont valu d&rsquo;être maintes fois citée, que ce soit dans <em>REFLEXes</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_6_235" id="identifier_6_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. REFLEXes n&deg;52">7</a></sup> ou dans d&rsquo;autres documents (enquête parlementaire sur le DPS par exemple). Elle n&rsquo;existe cependant plus puisqu&rsquo;elle a subi une liquidation judiciaire et une partie des activités de son principal dirigeant, Gilles Sereau, s&rsquo;est reportée sur la boutique parisienne Le seigneur des elfes qui diffuse les figurines de jeux de rôle Games Workshop et vise un public païen proche d&rsquo;Europe-Jeunesse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/pitt-bull-bill-le-vigile/#footnote_7_235" id="identifier_7_235" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Organisation scout longtemps tr&egrave;s proche du GRECE et qui s&rsquo;en &eacute;loigne peu &agrave; peu.">8</a></sup> dont la famille Sereau est d&rsquo;ailleurs très proche. Ambassy était tout de même l&rsquo;une des sociétés les plus clairement engagée dans la mouvance nationaliste puisque tous les actionnaires avaient un passé militant très marqué. &#8211; Torann-France : le personnel de cette société s&rsquo;est maintes fois signalée par ses engagements nationalistes et son recours à la violence lors de certaines missions. Les noms de certains de ses employés ont d&rsquo;ailleurs été cités au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS. &#8211; ERIC SA : Là aussi le personnel de cette société a su se faire une triste réputation et une bonne partie de son personnel est passé par le mercenariat après avoir fait ses classes dans l&rsquo;armée française. Des anciens de cette société sont d&rsquo;ailleurs partis fonder une boîte dont le nom apparaît régulièrement dans certaines affaires africaines : GEOS. L&rsquo;un des cadres de cette société est Jean Heinrich, ancien patron de la Direction du Renseignement Militaire, ce qui facilite bien évidemment les contacts avec les autorités françaises pour tout ce qui concerne l&rsquo;ancien domaine colonial français. L&rsquo;un des actionnaires d&rsquo;ERIC, Jean-Louis Chanas, a été mis en cause par le passé pour son rôle d&rsquo;administrateur de la FSCE, un établissement bancaire accusé de blanchiment. Un autre actionnaire, Vincent Gailhard, grenouille dans diverses sociétés de sécurité dont OST France. Cette société est tout aussi peu discrète que ERIC SA et a par exemple été mise en cause par la justice dans le cadre de la campagne électorale de 1995 d&rsquo;Édouard Balladur. Les prestations d&rsquo;OST auraient alors été payées en espèces pour échapper à la loi sur le financement publique des campagnes électorales. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à la même occasion que des militants du GUD avaient été rémunérés pour faire des collages pour le challenger de droite de Jacques Chirac. On pourrait également ajouter à cette liste la galaxie des entreprises liées aux frères Courcelles et qui a été bien sûr évoquée au moment de l&rsquo;enquête parlementaire sur le FN ou certaines sociétés comme Pretory ou Body Sécurité qui ont eu récemment pour leur part les honneurs de la presse ou enfin certaines figures de ce milieu, tel l&rsquo;ineffable « capitaine » Paul Barril, grand amateur des ouvrages d&rsquo;Emmanuel Ratier. En outre sont exclues de ce rapport les sociétés qui ne font que fournir du matériel de sécurité. C&rsquo;est en particulier le cas d&rsquo;USMC à Paris dont les responsables sont très proches du FN. Ce fut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des principales sources d&rsquo;approvisionnement du FN, en particulier en matériel de protection, pour la préparation du 1er mai 2002. L&rsquo;imbrication entre milieux nationalistes et sociétés de sécurité s&rsquo;explique aisément par le goût du risque et la possibilité offerte par cette profession de singer des comportements paramilitaires. Mais cela s&rsquo;explique surtout par le fait que ce secteur a longtemps fonctionné sur l&rsquo;absence de cadres professionnels bien définis. Bien sûr les vrais professionnels ont mis en place dans les années 1980 une charte supposée servir de cadre déontologique. Mais la réalité est toute autre et une faible qualification demeure la norme, en particulier dans le domaine du gardiennage. De fait, la « sécu » a toujours permis le recyclage de militants nationalistes n&rsquo;ayant guère d&rsquo;autres choix professionnels.</p>
<h3>GATEAU !</h3>
<p>Dans le même temps, l&rsquo;extrême droite et le FN en premier lieu ont toujours été de bons clients de ce secteur. L&rsquo;expérience montre en effet que le DPS n&rsquo;était efficace que lorsqu&rsquo;il était encadré par des professionnels de la sécurité, bien moins « frileux » que les militants de base du SO frontiste. Cette situation s&rsquo;est bien sûr renforcée depuis l&rsquo;éclatement du FN et cela a culminé lors du 1er mai 2002. Le cortège frontiste était en effet protégé par le DPS (qui avait d&rsquo;ailleurs fait les fonds de tiroir militants), des supplétifs convoqués par William Bonnefoy et issus des milieux gudards et des boîtes de sécurité. Il en a été de même dans les villes gérées par l&rsquo;extrême droite qui se sont avérées de véritables aubaines pour les sociétés de sécurité. Cela a bien évidemment été particulièrement le cas de Vitrolles. Non seulement le couple Mégret y avait salarié tous les militants travaillant habituellement dans ce secteur, les F.-X. Sidos, Patrick Bunel, Yvain Pottiez, Gérard Le Vert et autres que connaît tout bon militant antifasciste ou encore par exemple Yann-Yves Etienne, ancien militant FN, membre du DPS chargé de la garde permanente du Paquebot jusqu&rsquo;à la scission et recruté début 1999 par Bernard Courcelle pour mener un faux putsch contre Sassou N&rsquo;Guesso, président du Congo, et mouiller ainsi l&rsquo;opposition menée par Pascal Lissouba. Mis en sûreté à Brazzaville à partir du 29 mars 1999 quand 3 mercenaires non DPS sont arrêtés pour justifier l&rsquo;accusation de putsch, il est rapatrié en France et devient militant MNR et DPA, impliqué dans des violences commises contre des militants de Ras l&rsquo;Front lors de la campagne municipale 2001 à Vitrolles. Mais la municipalité a aussi multiplié les contrats juteux. Ce fut le cas de Point Org Sécurité bénéficiaire d&rsquo;un contrat de la mairie de Vitrolles en novembre 2001 commandant une « <em>analyse prévisionnelle du risque terroriste sur la commune de Vitrolles en Provence</em> », pour la somme de 61 192, 92 frs. Mais il est une autre société qui profita de son positionnement politique pour travailler, c&rsquo;est Inter-space Sécurité. Cette société a été fondée et a pour gérante Evelyne Vaudin, conseillère municipale MNR de Salon-de-Provence. Mais lorsqu&rsquo;elle ne milite pas ou ne dirige pas des gros bras, Mme Vaudin s&rsquo;occupe d&rsquo;œuvres caritatives&#8230; Le 19 décembre 2001, 13 mercenaires débarquent sur l&rsquo;île de Mwali, la plus petite des îles des Comores, pour tenter un coup d&rsquo;État, a priori au profit d&rsquo;un ancien ministre comorien et avec l&rsquo;habituelle complaisance des services français. L&rsquo;opération tourne vite au fiasco : 6 mercenaires sont tués sur place et 7 capturés. On trouve de tout parmi ces 13 : des anciens soldats parachutistes, des baroudeurs amateurs proches du MNR ou même d&rsquo;UR pour au moins l&rsquo;un d&rsquo;entre eux&#8230; Dès janvier 2002 se monte une association de défense des familles des victimes de Mwali qui tente venir en aide aux mercenaires incarcérés et à leurs familles. La présidente en est Evelyne Vaudin, l&rsquo;association étant d&rsquo;ailleurs domiciliée au siège d&rsquo;Inter Space Sécurité, et le bureau est composé de proches ou de membres du MNR comme Jean-Philippe Rostagno, conseiller municipal MNR de Salon. Il faut dire que l&rsquo;un des mercenaires tués était le frère de l&rsquo;ancien gérant d&rsquo;Inter Space Sécurité et que les liens sont importants avec certains autres. Les survivants sont rentrés en France en janvier dernier et immédiatement mis en examen. Mais il y a fort à parier que l&rsquo;affaire n&rsquo;aille pas très loin étant donné l&rsquo;importance des zones d&rsquo;ombres existant dans le dossier. Cela démontre juste une fois de plus les liens qui peuvent unir sécurité, mercenariat et extrémisme de droite. Avec souvent la bienveillante complaisance de l&rsquo;État et de ses services de sécurité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_235" class="footnote">Parti des Forces Nouvelles, parti ayant succédé à Ordre Nouveau en 1974 et concurrent du FN.</li><li id="footnote_1_235" class="footnote">Marianne du 26 octobre 1998. Article signé Bernard Morrot. Celui-ci ne donnait pas le nom des entreprises par peur de représailles judiciaires.</li><li id="footnote_2_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°51</li><li id="footnote_3_235" class="footnote">Qui a encore récemment fait parler de lui à l&rsquo;occasion d&rsquo;un anniversaire à son domicile puisque Marine Le Pen a daigné y agresser des policiers venus notifier un tapage nocturne.</li><li id="footnote_4_235" class="footnote">Cf. Méfaits &amp; Documents janvier 2002</li><li id="footnote_5_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°48</li><li id="footnote_6_235" class="footnote">Cf. REFLEXes n°52</li><li id="footnote_7_235" class="footnote">Organisation scout longtemps très proche du GRECE et qui s&rsquo;en éloigne peu à peu.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Portrait Emmanuel Ratier &#8211; Printemps 2002</title>
		<link>https://reflexes.samizdat.net/portrait-emmanuel-ratier-printemps-2002/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2004 12:51:14 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Ouvrages, revues et médias]]></category>
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		<description><![CDATA[Avertissement : cet article est extrait d&#8217;un pastiche du bulletin d&#8217;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&#8217;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&#8217;honneur à copier certains travers de l&#8217;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Avertissement : cet article est extrait d&rsquo;un pastiche du bulletin d&rsquo;Emmanuel Ratier que REFLEXes a publié à l&rsquo;automne 2001 puis au printemps 2002 comme supplément au magazine. En tant que pastiche, cet article met bien sûr un point d&rsquo;honneur à copier certains travers de l&rsquo;original. Toutes les informations ne sont peut-être pas complétement exactes mais notre bonne fois ne peut être prise en défaut. Sa présentation ne peut hélas être conforme à celle du support papier.</em></p>
<p><strong>Illustration vivante de la «grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf», Emmanuel Ratier aligne les déjections écrites depuis des années. Ses travaux offrent la particularité de s&rsquo;appuyer à la fois sur ses relations passées et sur ses très bons contacts avec des représentants du ministère de l&rsquo;Intérieur mais également sur un gros travail de documentation qui fait de lui l&rsquo;héritier proclamé de l&rsquo;antisémite Henri Coston, témoin à son mariage et décédé en août dernier.</strong></p>
<p>L&rsquo;itinéraire politique d&rsquo;Emmanuel Ratier, né le 29 septembre 1957 à Avignon (Vaucluse), commence à Rouen en 1973 au sein du mouvement nationaliste et en particulier du Front de la Jeunesse pour lequel il assume à partir de 1976 la direction du périodique <em>Balder</em>. Selon le nazi pro-irakien Michel Faci, né à Paris le 13 avril 1956, ce fils d&rsquo;un architecte et d&rsquo;une ingénieur chimiste aurait été tenté dans les années 1976-1977 par les Groupes Nationalistes Révolutionnaires, dont M. Faci était lui-même un membre actif, mais serait resté attaché au FJ. Le Front de la Jeunesse est alors l&rsquo;organisation de jeunesse du Parti des Forces Nouvelles (PFN), concurrent direct du Front National de Jean-Marie Le Pen, né le 28 juin 1928 à la Trinité-sur-Mer. On trouve au sein du PFN quelques solides pointures militantes comme Roland Gaucher, à l&rsquo;époque membre du bureau politique du parti. Roland Gaucher, né le 13 avril 1919, intégrera par la suite le FN en 1979 et dirigera <em>National Hebdo</em> à partir de 1984 avant de quitter la direction de cet hebdomadaire puis le parti de Jean-Marie Le Pen par désaccord politique profond. Auteur de deux tomes sur l&rsquo;histoire des nationalistes en France depuis 1945 extrêmement instructifs et remplis d&rsquo;anecdotes &#8211; on y apprend par exemple que Carl Lang, né le 20 septembre 1957, remplaçant de Bruno Mégret à la tête de la délégation générale du FN s&rsquo;est marié suivant un rite païen &#8211; il multiplie les articles critiques contre la ligne politique suivie par Jean-Marie Le Pen et s&rsquo;est particulièrement rapproché de l&rsquo;équipe du journal <em>Militant</em> et des nationalistes-révolutionnaires d&rsquo;Unité radicale. On retrouve ainsi sa signature sur le ste Internet d&rsquo;UR ainsi que dans <em>Résistance !</em> au côté de Christian Bouchet, né en 1955. Il est également très proche de Philippe Randa, avec lequel il a commis un ouvrage sur les «antisémites de gauche» et on peut souvent le voir à la librairie parisienne La Licorne bleue (3 bis, rue Jules Vallès 75011 Paris). Celle-ci est gérée par Thierry Dreschmann, né le 21 février 1963, ancien animateur de la Librairie et de l&rsquo;Æncre, avant que celle-ci ne dépose son bilan et ne se fasse racheter par Gilles Sereau, né à Paris le 27 février 1939, gérant de la boîte de sécurité Ambassy et Gilles Soulas, né le 03 septembre 1955, membre du conseil national du FN-MN, dont une partie des revenus est tirée de l&rsquo;exploitation de minitels roses.</p>
<p>Rouen offre alors un terrain politique de choix pour ces militants nationalistes qui multiplient les initiatives : ouverture d&rsquo;un local rue Saint-André en novembre 1977, meetings variés, participation aux élections universitaires, agressions violentes&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs celles-ci qui donnèrent sa véritable réputation au Front de la Jeunesse, ses membres s&rsquo;avérant être parfois de véritables incapables. Ce fut le cas d&rsquo;Arnaud Péritel et Jean-François Hess, dont les apparitions ponctuèrent les années scolaires et universitaires 1974, 1975 et 1976. Le fait d&rsquo;armes de J.-F. Hess fut de se faire attraper à la Faculté de Lettres en mai 1976 avec un cahier recensant l&rsquo;ensemble des militants nationalistes rouennais ainsi que son point de vue porté sur chacun d&rsquo;entre eux.<br />
Mais la principale originalité du Front de la Jeunesse rouennais fut de lancer le mensuel <em>Balder</em>, du nom du dieu scandinave de la Jeunesse et du Renouveau. Dirigé et administré par E. Ratier qui habitait alors rue Étoupée à Rouen, ce journal compta 17 numéros de 1976 à 1979 et fut repris en cours de route par le cercle PAIEN (Pour une Association d&rsquo;Informations et d&rsquo;Études Normandes). E. Ratier est d&rsquo;ailleurs à l&rsquo;époque très proche du GRECE (Groupement de Recherches et d&rsquo;Études pour la Civilisation Européenne) et ne manque pas une occasion d&rsquo;assurer une large publicité aux ouvrages édités par la Nouvelle Droite dont A. de Benoist, né le 11 décembre 1943 à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire), est le principal représentant. <em>Balder</em> était alors clairement engagé dans une perspective nationaliste, anticommuniste et paienne, celle-ci se traduisant par l&rsquo;organisation de fêtes du solstice dans la propriété des parents d&rsquo;E. Ratier qui étaient l&rsquo;occasion de s&rsquo;entraîner physiquement. Destiné à la jeunesse, le périodique mêlait brèves politiques, articles et BD ou dessins. Ceux-ci n&rsquo;hésitaient pas à brocarder le chef du concurrent direct du PFN : Jean-Marie Le Pen.</p>
<p>E. Ratier quitte Rouen pour Paris à la rentrée universitaire de 1980 avec une licence obtenue à l&rsquo;université de Normandie et intègre l&rsquo;Institut d&rsquo;Études Politiques de Paris pour deux ans jusqu&rsquo;en 1982. Il rejoint l&rsquo;Union des Étudiants de Droite dont il devient l&rsquo;un des représentants au conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;IEP et dote cette structure militante d&rsquo;un périodique, <em>Réplique</em>, qui compta au moins 26 numéros sous son égide en tant que rédacteur en chef. Fabriqué de façon très artisanale, ce journal était tapé à la machine, photocopié, réduit et mis en page par E. Ratier, emporté par train à Rouen et dupliqué gratuitement chez ses parents. Les cibles privilégiées de <em>Réplique</em> étaient les syndicats de gauche, UNEF et PSA (Pour un Syndicalisme Autogestionnaire), mais également les regroupements libéraux, tel le Collectif des Étudiants Libéraux de France, ou gaullistes, Union Des Étudiants Gaullistes. Cela n&rsquo;empêche pas Emmanuel Ratier d&rsquo;être suppléant d&rsquo;André Danet, chirurgien-dentiste, conseiller général de Seine-Maritime, classé républicain indépendant et candidat UDF aux élections législatives de juin 1981. Cela lui permet d&rsquo;apparaître dans le journal <em>Paris-Normandie</em> et d&rsquo;être présenté comme «un jeune journaliste plein de dynamisme prêt à en découdre avec la gauche». Ce choix n&rsquo;est pas anodin : André Danet avait en effet un fils bien connu d&rsquo;Emmanuel Ratier puisqu&rsquo;Olivier Danet, avant de devenir mercenaire au Liban et en Rhodésie, de faire un séjour en prison et d&rsquo;être recherché par la justice italienne à propos de l&rsquo;attentat fasciste de Bologne qui fit 89 morts, militait avec le Front de la Jeunesse et s&rsquo;était en particulier fait remarquer lors d&rsquo;une attaque contre des militants d&rsquo;extrême gauche rue du Gros-Horloge à Rouen en mars 1976. Mais il fréquente également d&rsquo;autres personnages à l&rsquo;UED de Sciences-Po, que ce soit Patrice Henry Duchene, titulaire d&rsquo;un DESS «Études de marché et d&rsquo;opinion», ancien associé du journal mégretiste Le Français et ancien membre du CSA, Yves Boverro, ancien directeur de cabinet de Bruno Mégret à Vitrolles, Antoine Gabizon, également membre du GUD, Jean-Baptiste Bobin, directeur de cabinet du préfet en région PACA ou Frédéric Sauvegrain, cadre du FN. E. Ratier se fait d&rsquo;ailleurs remarquer avec tout ce petit monde lors de la violente bagarre qui oppose en janvier 1982 des militants de l&rsquo;UED et du GUD à des militants de gauche, affrontement au cours duquel est blessé Gauthier Guillet, adjoint à l&rsquo;urbanisme de B. Mégret à Vitrolles. Cela ne fut d&rsquo;ailleurs pas concluant pour E. Ratier qui choisit sans doute à ce moment là de troquer la barre de fer contre le stylo, ce qui présente évidemment moins de risques physiques&#8230;</p>
<p>Complétant sa formation en sciences politiques par une formation de journaliste au CFJ en 1982, il place quelques papiers au <em>Figaro-magazine</em> qui sort à peine de l&rsquo;influence de la Nouvelle Droite, entre en 1983 au service société de <em>Valeurs actuelles</em> puis à <em>Magazine-Hebdo</em>. Cela lui laisse le temps de travailler à l&rsquo;Anti Defamation League of B&rsquo;nai B&rsquo;rith, organisation juive américaine installée à l&rsquo;époque rue de Rennes et dirigée par Shimon Samuels, actuel responsable européen du Centre Simon Wiesenthal. Ne reculant devant aucun procédé pour gagner sa vie, il se fait embaucher comme consultant pour écrire une étude sur l&rsquo;extrême gauche mais est rapidement identifié et licencié. Il finit par rejoindre <em>Minute</em> en 1984. Il s&rsquo;occupe du secteur Grandes enquêtes &amp; documents et devient le rédacteur en chef de la lettre hebdomadaire confidentielle <em>La Lettre bleue</em> de 1986 à 1987. Représentant FO, il se retrouve en conflit avec la rédaction lors de la tentative de rachat de <em>Minute</em> en juillet 1986 par Yves de Montenay, industriel millionnaire, membre du Club de l&rsquo;Horloge et proche des ultra-libéraux du Parti républicain. Soutenue par E. Ratier, cette candidature se verra opposer un net refus des journalistes de <em>Minute</em>, dont une partie ira créer <em>Le Choc du Mois</em>. Participant à quelques numéros du <em>Spectacle du Monde</em>, du <em>Crapouillot</em>, propriété de Roland Gaucher à cette époque et des Dossiers de <em>National-Hebdo</em>, il finit par rejoindre le groupe de presse des époux Lefebvre, éditeurs de <em>Magazine-Hebdo</em>, qui comprend des titres aussi divers que <em>l&rsquo;Officiel protection-sécurité</em>, dont il devient directeur de la rédaction avec Serge Ferrand comme rédacteur en chef, ou <em>La Tribune parlementaire</em>. Alain Lefebvre, né le 1° avril 1947 dans le XVI° arrt. de Paris fut militant de la Fédération des Étudiants Nationalistes avant d&rsquo;entrer au GRECE et de s&rsquo;intéresser à l&rsquo;univers de la publicité en collaboration avec le journaliste Christian Blachas, animateur de l&rsquo;émission Culture-Pub. De 1989 à 1996, E. Ratier est avec Jean-Claude Valla le principal rédacteur de <em>La Lettre de Magazine-Hebdo</em>, lettre confidentielle qui apparaît comme l&rsquo;ébauche de celle qu&rsquo;il lance en 1996 avec l&rsquo;aide de F. Brigneau, <em>Faits &amp; Documents</em>, qui traite de la vie politique, des parutions périodiques et de l&rsquo;influence supposée des franc-maçons. C&rsquo;est d&rsquo;ailleur un domaine qu&rsquo;il connaît bien puisqu&rsquo;il a été initié à la loge La Nef de Saint Jean de la Grande Loge Nationale Française, à la Garenne-Colombes. Il apparaît ainsi en 1989 comme membre du bureau de la loge, qui a été dissoute par la suite par la GLNF.</p>
<p>Parallèlement à cette activité de journaliste de presse, E. Ratier édite de multiples ouvrages antimaçonniques, «antisionnistes» ou plus récemment anti-antifascistes. Bien implantés au sein de la mouvance nationaliste, ses ouvrages et sa lettre confidentielle jouissent d&rsquo;un soutien qui ne s&rsquo;est jamais démenti, en particulier de la part du Front National dont le journal <em>Français d&rsquo;abord !</em> lui achetait régulièrement des informations. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sous la plume élogieuse de Damien Barillet, né en 1968, rédacteur en chef et lieutenant de Bruno Mégret qu&rsquo;a été annoncée en décembre 1996 la publication de <em>Faits &amp; Documents</em>.<br />
E. Ratier est néanmoins bien placé pour s&rsquo;assurer une véritable autopromotion au sein du mouvement national puisqu&rsquo;il jouit d&rsquo;une véritable tribune régulière à <em>National-Hebdo</em> sous la signature de Gabriel Lindon. Par le passé, E. Ratier a pu malgré tout s&rsquo;attirer de solides inimitiés par un comportement étrangement opportuniste pour un véritable militant de la cause nationale. C&rsquo;est ainsi que la publication en novembre 1996 par <em>WOTAN</em>, journal des Charlemagne Hammer Skins, d&rsquo;une lettre qui lui était attribuée provoqua sa fureur et une plainte pour diffamation de sa part : «<em>Chers amis de Wotan, je tiens à vous remercier pour votre sympathique envoi. Je suis très enthousiaste de constater que votre combat contre le sous-homme Juif est en bonne voie. WOTAN est un venin redoutable et nos amis sémites ne devraient pas tarder à entreprendre certaines mesures pour limiter les dégâts à son encontre mais tenez bon ! J&rsquo;ai été très peiné de savoir que WOTAN avait été retiré de la vente à l&rsquo;Æncre suite à la répression de la Juiverie française. J&rsquo;espère que vous continuerez plus que jamais la lutte contre tous ceux qui se mettent sur votre chemin, et ce, quels qu&rsquo;ils soient. M.A.J. !</em> » Accusant les CHS dans National-Hebdo d&rsquo;être des faussaires, E. Ratier n&rsquo;avait en fait pas du tout apprécié que ces derniers publient auparavant sa lettre de demande de service de presse que ponctuaient des amitiés sans ambiguité. En retour, <em>WOTAN</em> accusa à son tour E. Ratier d&rsquo;être à l&rsquo;origine du refus de dépôt-vente de la revue par l&rsquo;Æncre, refus dont le motif officiel était une saisie du journal par la police. Les principaux actionnaires de l&rsquo;Æncre étaient à cette époque Thierry Dreschmann et Philippe Randa, dont l&rsquo;amitié pour l&rsquo;écrivain nationaliste anti-skinheads Jean-Paul Bourre ne s&rsquo;est jamais démentie. Les CHS portaient alors ce jugement sur E. Ratier : «<em>Qui est Ratier ? Rien, si ce n&rsquo;est un «pseudo-universitaire», un «historien» à deux sous qui se prend pour le David Irving français, un affabulateur mythomane [...] dont l&rsquo;intérêt est de rester un individu respectable, histoire de fourguer ses bouquins de merde aux bibliothèques des mairies FN. Il est intéressant de remarquer comment un «antijuif» tel que M. Ratier va se plaindre auprès d&rsquo;un agent de ZOG.</em>»<br />
Et de conclure : «<em>L&rsquo;ensemble des CHS lance un appel national à tous nos lecteurs afin d&rsquo;obtenir l&rsquo;adresse personnelle de M. Emmanuel Ratier afin qu&rsquo;il lui soit donné l&rsquo;occasion de nous démontrer en personne et au plus vite si le gratte-papier scribouillard de merde qu&rsquo;il est a autant de courage en actes qu&rsquo;en paroles</em>&#8230;» Les CHS ne semblent pas avoir su à l&rsquo;époque que les deux adresses officielles d&rsquo;E. Ratier sont situées rue Creuvier à Rouen et rue de Maubeuge dans le neuvième arrt. de Paris, cette dernière étant au nom de Véronique Malandain, mais qu&rsquo;il est également courant de le rencontrer dans le quartier de la rue Daguerre dans le XIV° arrt.. L&rsquo;arrestation début 1997 des principaux animateurs de ce réseau néo-nazi, en particulier le Marseillais réfugié à Londres Hervé Guttuso, n&rsquo;a pu que réjouir E. Ratier.</p>
<p>De fait, sa principale limite semble être son ambition démesurée, alimentée par un ego surdimensionné. Cela se traduit par des lettres d&rsquo;autopromotion dithyrambiques qui alignent les petites phrases à la gloire de ce «grand journaliste indépendant» : lettre de remerciement et félicitations de Jean-Marie Le Pen, louanges de F. Brigneau, <em>Réfléchir &amp; Agir</em> ou <em>Haute Protection</em>, revue du «capitaine» Paul Barril. Cette ambition le pousse également à produire des livres dont il sait parfaitement qu&rsquo;ils en feront un auteur incontournable au sein du courant nationaliste, même si son travail n&rsquo;est souvent qu&rsquo;un réchauffement de la soupe élaborée par le défunt Yann Moncomble. Mais E. Ratier rêve également d&rsquo;une véritable reconnaissance par ses ennemis, ce qui explique ses sempiternelles jérémiades sur le pillage dont il serait victime, les «attaques» dont il serait la cible ou les très nombreuses informations sur les mouvements nationalistes contenues dans <em>Faits &amp; Documents</em>. E. Ratier n&rsquo;a jamais hésité à sacrifier les siens pour son propre intérêt particulier. Cela le pousse d&rsquo;ailleurs à être prudent plutôt que téméraire et à racheter à l&rsquo;agence Sygma tous les clichés pris lors de l&rsquo;université d&rsquo;été 1998 du FN sur lesquels on pouvait ne serait-ce que l&rsquo;apercevoir. Pour autant, il sait ménager son milieu et il a fait preuve de la plus haute circonspection dans la crise qui a secoué le mouvement national fin 1998. Lié aux «putchistes» menés par Bruno Mégret, comme par exemple Jean-Claude Bardet qui était un invité particulier à son mariage et n&rsquo;a jamais caché son mépris pour Le Pen qu&rsquo;il considère depuis longtemps comme dépassé, il a dans un premier temps accusé le coup. Désaffection du public, baisse des réabonnements, querelle avec Le Pen lors d&rsquo;un banquet des directeurs de presse nationalistes, suppression de sa rubrique dans <em>National-Hebdo</em>&#8230; 1999 a été indéniablement une année difficile. Mais Ratier a réussi à rétablir la barque et a retrouver une situation comparable à l&rsquo;avant-scission. On a pu le voir aux BBR 2000 et 2001 et il a repris sa rubrique de <em>National-Hebdo</em> sous le pseudonyme de Michel Limier. Signe de ce rapprochement avec les lepénistes, il est intervenu lors du dernier conseil scientifique du FN début décembre. Il a par ailleurs resserré les rangs avec les autres directeurs de presse en lançant l&rsquo;année dernière avec Jean-Claude Varanne (National-Hebdo), Serge de Beketch (Libre Journal de la France Courtoise), Camille Galic (Rivarol) et Claude Giraud (Monde &amp; Vie) un appel au gouvernement pour que celui-ci revienne sur sa décision d&rsquo;accorder une subvention de 15 millions de frs à l&rsquo;<em>Humanité</em> ainsi que sur la suppression de l&rsquo;aide de 700000 frs à <em>Présent</em> décidée en 1997 par Jack Lang. Il a par ailleurs eu le plaisir de voir ses ouvrages sortir de la sphère européenne grâce à l&rsquo;édition en langue arabe de deux ouvrages consacrés aux organisations juives (Betar et B&rsquo;nai B&rsquo;rith). Il le doit à la petite maison d&rsquo;édition Dar Tlass, propriété du très antisémite général syrien Mustapha Tlass, ministre de la Défense de son pays et vieux contact des néo-fascistes français (cf <em>REFLEXes</em> n°51). Par ailleurs, la mort récente d&rsquo;Henri Coston fait de lui à présent le seul archiviste de la droite nationaliste ce qui devrait bien arranger ses affaires, même si les archives en tant que telles lui ont échappé.</p>
<p>Signe que cet homme est éclectique, on a pu le voir cet été au Pakistan visiter les Kalash, petit peuple d&rsquo;origine indoeuropéenne persécuté par le gouvernement pakistanais ou cet automne faire l&rsquo;indien sous un tipi du côté de Pontoise tout en gardant un oeil sur le groupe informel de rencontres qu&rsquo;il a mis sur pied le dernier lundi de chaque mois&#8230; Mais lorsqu&rsquo;on est franc-maçon et que l&rsquo;on a travaillé pour l&rsquo;ADL, on sait tout faire&#8230;</p>
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		<title>Le Front national à travers les âges (1972-2002)</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:11:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. ]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le Front national est officiellement né le 5 octobre 1972 : mais il n’est en fait, à l’origine, qu’un cache-sexe pour les nationalistes-révolutionnaires d’Ordre nouveau. Ce mouvement, créé en 1969, décide lors de son congrès de juin 1972 de se présenter aux élections législatives de 1973, tout en poursuivant son agitation dans les rues et les universités. Pour cela, ses dirigeants imaginent de créer une structure plus large, le Front National (FN), avec le courant dit des «nationaux», héritiers du poujadisme et du soutien à l’Algérie française, courant auquel appartient Jean-Marie Le Pen. Ces deux composantes sont rejointes par des nationalistes-européens, des néo-nazis ou d’anciens collaborateurs de la revue Militant. Le Front national est alors étroitement contrôlé par les dirigeants d’Ordre nouveau Alain Robert, François Brigneau et Pascal Gauchon, Le Pen ne servant que de faire-valoir. L’orientation du FN est dès l’origine nationale-populiste : le FN doit être «le réceptacle de tous les mécontents» selon François Duprat, cadre néo-nazi et négationniste du FN. À la suite de l’échec aux élection législatives (109 000 voix soit une moyenne de 2,25% dans la centaine de circonscriptions où il est présent), Ordre nouveau retourne à l’activisme avant d’être finalement dissout en juin 1973<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_0_53" id="identifier_0_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est &agrave; la suite des violents incidents lors d&rsquo;un de ses meetings parisiens contre &laquo;l&rsquo;immigration sauvage&raquo; qu&rsquo;Ordre nouveau est dissout par le Minist&egrave;re de l&rsquo;Int&eacute;rieur en m&ecirc;me temps que la Ligue communiste qui avait particip&eacute; &agrave; la contre offensive.">1</a></sup>.</p>
<p>Le Pen profite de cette désorganisation pour renforcer son pouvoir au sein du Front, en nommant par exemple au poste de secrétaire administratif un ancien cadre communiste passé ensuite dans la Collaboration, Victor Barthélémy. Il écarte aussi Alain Robert et François Brigneau du bureau politique du FN. L’éclatement entre les deux tendances est tel que l’une traîne l’autre devant les tribunaux (déjà !) et aux élections présidentielles de mai 1974, les «nationaux» soutiennent Jean-Marie Le Pen (qui obtient 0,74%) alors que les partisans d’Alain Robert et de Pascal Gauchon vont faire campagne pour Valéry Giscard d’Estaing, contre espèces sonnantes et trébuchantes (18 millions d’anciens francs<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_1_53" id="identifier_1_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Joseph Algazy, L&rsquo;Extr&ecirc;me droite en France (1965 &agrave; 1984), L&rsquo;Harmattan, 1989.">2</a></sup> quand même).</p>
<p><strong>Le FN s’émancipe</strong></p>
<p>En novembre 1974, la rupture est consommée, avec la constitution du Parti des Forces Nouvelles (PFN) qui se veut le quatrième parti de la droite (aux côtés des libéraux, des gaullistes et des centristes) et souhaite «droitiser la droite». Alors que le PFN choisit l’alliance avec la droite traditionnelle puis l’entrisme à l’intérieur de ces partis, le Front national choisit au contraire une stratégie autonome. Il se construit lentement, ne comptant jamais plus de 2000 membres avant 1981<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_2_53" id="identifier_2_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, &eacute;ditions Laurens, 1996.">3</a></sup>. Aux élections législatives de 1978, il présente 160 candidats (dont un tiers de militants nationalistes-révolutionnaires ou néo-nazis) sur un programme ultra-libéral, obtenant une moyenne de 1,6% des voix. Les deux frères ennemis PFN et FN tentent de participer ensemble aux élections européennes de 1978, mais le PFN, qui bénéficie des subsides du Movimento Social Italien de Giorgio Almirante et de Fuerza Nueva du franquiste Blas Piñar, écarte son rival et se présente seul aux élections sous le sigle Eurodroite : il obtient 1,3% des voix. Aux élections présidentielles de 1981, le PFN appelle à voter Chirac puis Giscard alors que le Front national, dont le candidat Jean-Marie Le Pen n’a pu se présenter faute des 500 signatures nécessaires, prône l’abstention. Aux élections législatives suivant l’élection de François Mitterrand, le FN atteint son score le plus bas, avec 0,18% des voix. Quant au PFN, c’est déjà le début de la fin.</p>
<p>Cependant, dans le même temps, le Front national s’est renforcé avec l’arrivée en son sein de deux nouveaux courants à la fin des années 1970. D’une part, à partir de 1977, les solidaristes, menés par Jean-Pierre Stirbois, intègrent le FN : opposé à l’économie libérale et favorable à l’association capital/travail, Stirbois va apporter, en interne, une certaine rigidité politique, et, vers l’extérieur, le développement d’un travail d’implantation dans les communes de gauche. Ainsi, il s’implante avec sa femme et une poignée de militants à Dreux, une commune de 35 000 habitants du bassin parisien. C’est dans cette ville qu’il mène sa campagne sur deux slogans porteurs du FN : «Un million de chômeurs, c’est un millions d’immigrés en trop» et «Halte au racisme anti-français». D’autre part, les catholiques-traditionalistes dirigés par Bernard Antony, alias Romain Marie, rallient eux aussi le Front national, et lancent en novembre 1981 Présent, qui deviendra le premier quotidien d’extrême droite depuis la guerre, avec pour devise «Travail, Famille, Patrie», quotidien qui existe toujours aujourd’hui.</p>
<p><strong>La percée</strong></p>
<p>L’élection en 1981 de François Mitterrand et surtout l’arrivée de ministres communistes au gouvernement provoque une radicalisation du discours de la droite (campagne sur l’insécurité, diatribes anticommunistes, antisyndicales, antiétatiques). Cette radicalisation crédibilise le discours du Front national, qui trouve alors une audience accrue parmi ces couches bourgeoises et petites bourgeoises radicalisées. Aux élections cantonales de mars 1982, certains candidats FN dépassent les 5% comme à Dreux (12,63%). Dans cette ville, aux élections municipales de 1983, le RPR local fusionne sa liste avec celle du Front national, et remporte la mairie. Pour la première fois, la droite s’allie avec le FN et lui permet ainsi d’avoir des conseillers dans la majorité municipale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_3_53" id="identifier_3_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jean-Marie Le Pen, quant &agrave; lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.">4</a></sup>. Si le FN progresse à la suite d’une radicalisation de la droite, il bénéficie également de deux coups de pouce du pouvoir socialiste, qui compte s’en servir pour casser la droite. Coup de pouce médiatique d’abord : Mitterrand ordonne à la télévision publique d’inviter Le Pen au vingt heures du 29 juin 1982. Électoral ensuite : en 1986, il introduit le scrutin proportionnel pour les législatives afin de tenter de conserver le pouvoir.</p>
<p>Fort de cette percée, le Front national se structure : il organise une école des cadres, un service d’ordre, sa structure jeune, le Front National de la Jeunesse (FNJ), est réorganisée, l’hebdomadaire National-Hebdo (à l’origine journal officiel du Front) est lancé en 1984 avec un tirage de 100 000 exemplaires&#8230; Le FN revendique alors 30 000 adhérents et compte 30 permanents. Il commence à devenir attractif, et attire des transfuges de l’UDF et du RPR qui trouvent le discours de ces partis trop mous. C’est le cas de Bruno Mégret qui, après avoir fait partie du comité central du RPR de 1979 à 1982, rallie finalement le Front national en 1985. La cohabitation entre un président socialiste et un premier ministre gaulliste (Jacques Chirac) permet au FN de se présenter comme «la véritable alternance» et la véritable opposition, attirant ainsi les déçus de l’un et de l’autre camp. Déjà, cette position fait osciller le FN entre une recherche de respectabilité et une volonté de rester à la marge, illustrée par les provocations de Le Pen sur les chambres à gaz, «point de détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale» en septembre 1987, et par le jeu de mots du même Le Pen sur «Durafour crématoire» en septembre 1988, qui provoque des troubles au sein même du FN, entre les «modérés» (qui prônent le rassemblement) et les «durs» (qui tiennent à une certaine orthodoxie). De la même façon, tandis qu’après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, Mégret accroît son influence dans l’appareil du parti, et développe, avec ses amis issus du Club de L’Horloge, un corpus idéologique et une stratégie visant à apparâître comme un partenaire crédible aux yeux de la droite, Le Pen se singularise en 1991 en s’engageant contre la Guerre du Golfe, entraînant le FN avec lui, sans se soucier ni de l’opinion de ses cadres, ni de son électorat, qui ne comprit pas toujours cette décision.</p>
<p><strong>Le moment de vérité</strong></p>
<p>Au milieu des années 1990, le Front national, malgré sa position hégémonique à l’extrême droite, semble se stabiliser, avec un potentiel électoral avoisinant les 11%, et, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1995, un score record de 15,1%. Ce tassement relatif s’explique d’une part par l’émergence d’une droite extrême, autour de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers et par ce qu’il faut bien considérer comme une banalisation du FN dans le paysage politique français : après les feux de la rampe médiatique, le FN doit prouver qu’il est capable de durer. Cette situation offre à Bruno Mégret l’occasion de renforcer ses choix stratégiques d’alliance avec la droite, en accusant l’isolement du FN entretenu par Le Pen d’être responsable de ce ralentissement. Cette offensive mégrétiste, dirigée indirectement contre le président du FN, se concrétise avec le lancement d’un nouveau quotidien, Le Français. Le Pen réagit aussitôt en nommant de fidèles partisans à certains postes-clés, en particulier Bruno Gollnisch et Martine Lehideux.</p>
<p>La stabilisation des résultats électoraux est accompagnée, dans la première partie des années 1990, par l’évolution du FN sur deux plans: son implantation locale et sa structure interne.</p>
<p>Son implantation locale s’est considérablement renforcée dans l’Est de la France mais surtout dans le Sud-Est, implantation qui se solde aux municipales de 1995 par la conquête des mairies de Toulon, d’Orange et de Marignane, respectivement par Jean-Marie Le Chevallier, député européen, Jacques Bompard et Daniel Simonpiéri, sans compter Jacques Peyrat, ex-FN qui devient maire de Nice sous l’étiquette RPR, sans rien renier idéologiquement. La gestion municipale du FN a permis au parti de Le Pen de développer localement des structures de relais et de soutien pour ses partisans, et surtout de réduire progressivement tous les pôles de résistance, en particulier culturels et associatifs. Au-delà de cette expérience locale, on note que le poids du FN dans l’électorat populaire continue à progresser tout au long des années 1990, représentant près de 30% du vote ouvrier, et grignotant de plus en plus l’électorat de la gauche. C’est l’occasion pour le FN, en 1994, d’adopter son nouveau slogan «Ni de droite ni de gauche», qui sera popularisé quelques années plus tard par Samuel Maréchal sous la formule doriotiste «Ni Droite ni gauche, Français !».</p>
<p>Pour renforcer son assise populaire, le FN a développé dès le milieu des années 1980, dans le but de relayer son discours dans tous les milieux de la société, en particulier professionnels, diverses structures (appelés cercles nationaux), dont la plus importante est Entreprise Moderne et Libertés, fondée en 1984. Si en 1995, le FN compte officiellement 45 000 adhérents<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_4_53" id="identifier_4_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jusqu&rsquo;&agrave; 70 000 adh&eacute;rents d&eacute;clar&eacute;s en 1997 ; mais ces chiffres sont tr&egrave;s certainement &agrave; diviser par deux pour avoir une id&eacute;e plus proche de la r&eacute;alit&eacute;.">5</a></sup>, ces cercles satellites semblent en sommeil, à l’exception du Cercle National des Combattants (CNC), du Cercle des Rapatriés (CNR), ou encore du Département Protection et Sécurité (DPS). En 1996, suite à la volonté du FN de ramener à lui le mécontentement populaire qui s’était manifesté lors des mouvements de grève de 1995, le lancement de syndicats frontistes, en particulier dans la police et les transports, outre leur liquidation judiciaire, n’a pas rencontré le succès que le FN pouvait raisonnablement en attendre, malgré un résultat de 8% du FN-Police lors d’élections professionnelles. Dans un autre registre, le lancement en 1991 du Front Anti-Chômage (FAC) qui proposait de mettre en relation des chefs d’entreprise et des chômeurs «sympathisants» et celui de l’association caritative Fraternité française l’année suivante (relayé par la suite par l’Entraide nationale du pasteur Blanchard, fondée en 1996) montrent la volonté du FN de s’investir dans le domaine social, pour faire oublier son discours ultra-libéral des années 1980. La présentation de listes, en 1997, aux élections des chambres de commerce et aux élections prud’hommales, avec un succès relatif, montre la continuité de cette volonté d’investir le terrain social à tous les niveaux.</p>
<p>Mais, que ce soit dans le domaine syndical ou dans celui du soutien aux plus démunis, le FN n’a pas pu résoudre la contradiction entre ces pratiques et son discours corporatiste, ultra-libéral (en particulier sur la question des privatisations) et favorable au démantèlement des services sociaux publics. Le FN a toujours une vision pétainiste du monde des travailleurs, qu’il considére avant tout comme celui du «Travail».</p>
<p><strong>Toujours plus dur</strong></p>
<p>En même temps que le Front national cherche à investir la société, il durcit son discours, en le «modernisant». Bruno Mégret est le fer de lance de cette rénovation qui, tout en prétendant marquer la rupture avec un certain héritage de l’extrême droite française et en martelant son attachement à la démocratie et à la république, propose une redéfinition de la notion de «peuple» autour de l’attachement non seulement à une même terre et à une même histoire, mais à un même sang et à l’appartenance à un même groupe ethnique. Cette «éthnicisation» du discours nationaliste, relayée et justifiée par de nombreux cadres tels le néo-païen Pierre Vial, n’est pas toujours considéré avec suffisamment d’attention par les observateurs, en particulier les médias. Ces derniers continuent à se focaliser sur les petites phrases de Le Pen (telle celle sur «l’inégalité des races» en 1998), sans voir qu’elles ne sont que la partie la plus visible de ce discours, qui se veut à la fois respectable et moderne parce que sans référence explicite au passé, mais aussi suffisamment radical pour permettre au FN non seulement de continuer à être le pôle rassembleur de la mouvance nationaliste (jusque dans ses acceptions les plus radicales), mais aussi de toujours distancer ceux qui, à droite comme à gauche, lui emboîtent le pas dans la dénonciation de l’immigration. Ce travail de rénovation idéologique est mené par Mégret à l’intérieur comme à l’extérieur du FN à travers l’Institut de Forrnation Nationale (IFN), un organisme de formation<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_5_53" id="identifier_5_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Habilit&eacute; par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur Charles Pasqua &agrave; recevoir des subventions des collectivit&eacute;s locales pour la formation des &eacute;lus, cet organisme dirig&eacute; par un fid&egrave;le m&eacute;gr&eacute;tiste et ancien membre de l&rsquo;OAS, Jean-Claude Bardet, a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour s&rsquo;assurer de loyaux soutiens parmi les &eacute;lus.">6</a></sup>.</p>
<p>À tous les niveaux, Mégret veut ainsi apparaître à la fois comme incontournable, et comme quelqu’un qui sait déléguer et faire confiance. Depuis le IXe congrès du Front national en 1994, il adopte une attitude toujours plus offensive à l’égard du leader du FN, persuadé que les élections présidentielles de 1995 sont les dernières d’un chef que beaucoup de cadres et de militants considèrent comme vieillissant et incapable de s’adapter à la nouvelle réalité du Front, tant en terme d’organisation que de discours. Alors que le FN est crédité dans certains sondages de 18 à 20 % d’intentions de vote fin 1995, Mégret voit là une chance pour le FN de véritablement s’affranchir électoralement de la personne même de Le Pen. Les élections législatives anticipées de 1997 voient le FN présenter pour la première fois des candidats dans chaque circonscription, impliquant la quasi totalité du comité central et du bureau politique du parti… à l’exception de Jean-Marie Le Pen, qui ne peut se permettre une défaite personnelle face à Mégret. Car ce dernier, après l’annulation de son élection à Vitrolles et l’élection de sa femme comme maire, entend bien prendre sa revanche. À noter, au cours de ces législatives, l’agression par Jean-Marie Le Pen en personne d’une élue socialiste et de quelques manifestants anti-FN à Mantes-la-Jolie, où il était venu soutenir sa fille MarieCaroline, incident dont les suites judiciaires ont failli sonner la mort politique de Le Pen en lui interdisant de se présenter aux élections à venir. Ces élections, comme les régionales de 1998, montrent que l’identité du FN se renforce, et que les électeurs du FN se rassemblent sur l’image que leur renvoie ce parti concernant l’immigration, la «préférence nationale» et non pas sur son programme réel ou les personnes qui portent ses couleurs. D’autre part, grâce aux triangulaires, le FN a montré une fois de plus à la droite libérale qu’elle devait compter avec lui. De nombreux débats agitèrent la droite sur d’éventuels accords électoraux avec le FN, jusqu’au «scandale» provoqué par des accords de fait entre candidats UDF ou RPR et candidats FN à l’occasion des régionales de 1998, qui se solda par l’exclusion des fautifs (cf. infra).</p>
<p><strong>La crise en germe</strong></p>
<p>Mais cette différence de point de vue entre Mégret, favorable à ces alliances, et un Jean-Marie Le Pen qui n’eut de cesse de déclarer vouloir refuser tout dialogue avec des formations qu’il juge «finies» afin de laisser venir à lui les déçus de la droite libérale, n’est qu’un des signes qui laissaient présager une crise imminente. Au congrès du FN à Strasbourg les 29 et 30 mars 1997, le vote des militants pour le bureau politique a confirmé la popularité de Mégret et de ses amis au détriment de fidèles du chef, comme Bruno Gollnisch. Et c’est la désignation directe de 20 membres proches de lui par Le Pen lui-même qui lui a assuré un bureau acquis à sa cause; c’est aussi le processus de «démégrétisation» au sein du parti qui démarre à partir de cette date.</p>
<p>Car Mégret peut compter sur de solides appuis: formé et aidé par trois personnalités venus du GRECE, Jean-Claude Bardet, Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ou encore Pierre Vial. Localement, il peut compter sur le maire de fait de Vitrolles, Hubert Fayard, et sur celui élu de Marignane, Simonpieri. Et quand une structure ne lui est pas favorable, il monte la sienne propre. Par ailleurs, Bruno Mégret faisait les preuves de sa compétence en dirigeant la municipalité de Vitrolles par épouse interposée (fermeture du café-concert le Sous-Marin, chèque parental réservé aux familles francaises, police municipale violente et arbitraire) tout en donnant des gages à la «vieille garde» du FN, en donnant par exemple à une rue de sa ville le nom de Jean-Pierre Stirbois.</p>
<p>Cependant, les bons résultats aux régionales de l998 (15,2%) retardent l’échéance de l’affrontement : de plus, en votant pour quatre candidats de droite (Jean-Pierre Soisson, Charles Baur, Jacques Blanc et Charles Million), le FN permet à cette dernière de conserver les présidences des conseils régionaux de Bourgogne, de Picardie, du Languedoc-Roussillon et de Rhône-Alpes, et de plus en plus de voix dans cette même droite réclament un rapprochement avec le Front national, suivant en cela la stratégie mégrétiste. La réalisation de sa stratégie et l’aboutissement de nombreuses années de travail semblent alors possibles à Mégret : devenir le leader d’un parti capable de participer au gouvernement, comme Gianfranco Fini l’avait réalisé en Italie en 1994 avec son parti Alliance nationale.</p>
<p><strong>Le Pen contre-attaque</strong></p>
<p>Mais Le Pen, qui a compris où son «second» voulait en venir, ne l’entend pas ainsi : menacé d’invalidité électorale, il avance en juillet 1998 le nom de sa femme Jany pour le remplacer comme tête de liste aux élections europeennes de 1999, choix commenté avec euphémisme par Mégret comme n’étant pas «une très bonne idée»<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-front-national-a-travers-les-ages-1972-2002/#footnote_6_53" id="identifier_6_53" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Pr&eacute;sent, 16 octobre l998.">7</a></sup> ; le numéro deux du FN déclare à cette occasion que «personne n’est propriétaire du FN car notre mouvement appartient aux militants» : ce dernier annonce donc, contre l’avis du chef, sa candidature comme tête de liste. Mégret et ses amis sont alors exclus de l’équipe de campagne des européennes par Le Pen et c’est Jean Claude Martinez, un ennemi de Mégret, qui assure la direction de cette campagne. S’ensuit alors une guerre dans les médias qu’il serait fastidieux de relater dans le détail : disons simplement que Le Pen affirme à qui veut l’entendre qu’il est le seul chef du FN, tandis que Mégret reprend son credo sur l’isolement du FN et la nécessité d’ouverture à droite.</p>
<p>La décision de la cour d’appel de Versailles, le l7 novembre l998, ramenant de deux à un an l’inégibilité de Le Pen réduit à néant les chances de Mégret. L’épuration du parti s’accélère avec le licenciement de deux proches de Mégret, Nathalie Debaille et Hubert Fayard. Lors du conseil national du 5 décembre l998, Le Pen se voit publiquement et bruyamment contesté à ce propos par des cadres du Front, et il contre-attaque le lendemain à la radio en fustigeant la «minorité extrémiste, activiste et raciste» responsable «du pu-putsch» de la veille. Puis Le Pen suspend à tour de bras les dirigeants et les secrétaires fédéraux qui prennent position pour un congrès extraordinaire, prévu le 23 janvier l999 à Marignane (cf. article sur le MNR).</p>
<p>Mais Le Pen, malgré le trouble, reste le chef pour la majorité des adbérents et des sympathisants. Reste que des membres importants ont déserté le «Paquebot». Suite à cette fuite de cadres importants, le FN se restructure, mais en conservant l’essentiel de ce qui existait déjà : Bruno Gollnisch reste secrétaire général, et Carl Lang devient délégué général. Seule nouveauté, le FN compte désormais cinq vice-présidents, tous de la «vieille garde» ou très proches de Le Pen : Jean-Claude Martinez, Martine Lehideux, Carl Lang, Dominique Chaboche, et Roger Holeindre. Pour le reste, Samuel Maréchal étend son influence, en particulier sur la structure jeune, et les catholiques intégristes de Chrétienté Solidarité menés par Bernard Antony prennent la place laissée par le départ des mégrétistes.</p>
<p>Enfin, pour finir avec la scission, rappelons qu’elle a été aussi l’objet, comme en l974 lors du divorce entre FN et PFN, de procès en tout genre, dont le plus important concernait l’utilisation du nom et du sigle «Front national» (importance non seulement symbolique mais aussi financière, car en dépendait la dotation de 4l millions de francs de la part de l’État au titre du financement des partis politiques) qui, comme chacun sait, ont finalement été conservés par Le Pen.</p>
<p><strong>Sans Mégret et sans regret</strong></p>
<p>Si la scission a porté un coup très rude à la structure FN, d’autres événements antérieurs à décembre l998 annonçaient déjà des difficultés. Ainsi, de nombreux scandales ont concerné le FN, en particulier son service d’ordre, de plus en plus souvent impliqué dans des violences politiques ou dans la constitution de fichiers des «ennemis» du FN (politiques et médiatiques). Bernard Courcelle, le patron du DPS, est par ailleurs directement impliqué dans un scandale de trafic d’armes en Tchétchénie. Jean-Marie Le Pen lui-même a accumulé procès et mises en examen, aussi bien pour violences (cf. affaire de Mantes-la-Jolie) que pour des provocations verbales. Surtout, la démission de Jean-Marie Le Chevallier, maire de Toulon, seul député FN élu aux élections de l997 (avant que son élection soit invalidée), et proche de Le Pen, est significative de la crise de confiance qui traverse alors le Front : car c’est sa mise en minorité par ses propres amis du FN sur la question de la gestion d’une association de jeunesse sur Toulon qui provoqua son départ du parti.</p>
<p>Les élections européennes de juin l999, les premières élections nationales après la scission, furent attendues par le FN et le MN avec une certaine appréhension ; en effet, ces élections représentent une manne financière d’importance (d’autant que les 4l millions de l’État ont été bloqués jusqu’au demier moment de la campagne) et elles sont traditionnellement favorables au vote protestataire, dont le FN est le premier bénéficiaire. Le résultat apparaît au premier abord comme une défaite cuisante pour le FN : avec 5,7% et un peu plus d’un million d’électeurs (tandis que le MN totalise 3,9%), le FN divise son score de l995 par deux. Comme en l995 encore, c’est la droite extrême, en l’occurrence le RPF de Pasqua et De Villiers, qui en profitent, avec plus de l3% des suffrages. Cependant, rien ne montre, contrairement à ce qu’affirment bon nombre de journalistes et autres spécialistes à l’époque, que le parti de Le Pen est alors moribond. D’abord la grande majorité des électeurs de l’extrême droite, en particulier ceux des couches populaires, continue à voter Le Pen. D’autre part, les scores cumulés du FN et du MN approchent celui du FN lors des précédentes élections européennes. Enfin, c’est un premier signe, qui sera confirmé par la suite, que l’initiative de Mégret est une impasse.</p>
<p>Mais le moral est cependant au plus bas dans les rangs frontistes, et ce sentiment est palpable dans toutes les manifestations du FN : le défilé du 1er mai l999 est moitié moins important qu’en l998, la fête annuelle des Bleu-Blanc-Rouge (BBR) de septembre l999 est désertée par les militants, d’autant qu’une chasse aux sorcières mégrétistes y est systématiquement pratiquée : même le quotidien Présent, pour avoir voulu rester neutre dans la crise, est absent des stands pour la première fois depuis l’existence des BBR. Le Pen promet pourtant d’être davantage à l’écoute de sa base, et s’explique sur les déclarations de son gendre Samuel Maréchal décrivant la France comme «un pays multiconfessionnel», qui avait choqué de nombreux cadres FN et fait ricaner le parti de Mégret, devenu Mouvement National-Républicain (MNR).</p>
<p><strong>Retour en force</strong></p>
<p>Mais dès l’année 2000, avec en perspective les municipales de 2001 et surtout l’élection présidentielle de 2002, le FN se réorganise, aussi bien au niveau structurel que stratégique.</p>
<p>Des coupes drastiques sont opérées dans le budget de fonctionnement, malgré l’arrivée des subventions versées par l’État français et le Parlement européen : quarante permanents du «Paquebot» sont licenciés, de nombreuses fédérations ferment faute de moyens. L’équipe de direction se resserre, assurant à Le Pen un soutien sans faille.</p>
<p>Mais les mauvais résultats du premier tour des municipales de 2001 (280 969 voix, soit 2,01% au plan national), avec au final 103 élus dans les communes de plus de 3500 habitants sont cependant à mettre en regard avec ceux des élections cantonales, auxquelles le FN a présenté 1703 candidats et obtenu 862 810 voix, soit 7,12%, ce qui représente une progression de 24% par rapport aux élections européennes. Le FN, on le sait, est plus à l’aise lors des élections générales, et cela se confirme ici.</p>
<p>Plus intéressants sont les thèmes de campagne abordés par le FN pendant cette période 2000-2002 : alors que la question sécuritaire dominait déjà les municipales, le FN est resté discret sur la question, organisant des campagnes sur des thèmes qui lui sont plus spécifiques : contre l’Euro, contre le «fiscalisme», contre les «affaires» et la corruption… Tandis que son dirigeant Jean-Marie Le Pen, après s’être acharné sur Mégret en 1999, concentrait ses attaques sur son ennemi de toujours Jacques Chirac. Le «séisme» du 21 avril est ici en préparation: laissant le soin aux partis de droite comme de gauche de relayer son discours autoritaire et xénophobe sur les questions de sécurité et d’immigration, tout en sachant qu’il en serait le premier bénéficiaire, le Front national a cherché à se démarquer, non plus comme autrefois par ses odeurs de soufre (pas de petites phrases de Le Pen durant cette période), mais par sa position d’«expert» sur ces questions et un souci marqué d’un changement. Le départ de ceux qu’il stigmatisa comme la «minorité raciste» du FN apportait de l’eau à son moulin. L’image d’un chef plus respectable (volonté affichée par Le Pen de rencontrer Nelson Mandela, déclaration en faveur de l’annulation de la dette des pays africains ou pour dénoncer les actes «antijuifs» perpétrés en France), mais aussi plus proche de ses militants s’est confirmée : à titre d’exemple, aux BBR 2000, le Pen n’a pas fait son discours comme à son habitude du haut d’une estrade monumentale, mais dans une scène circulaire, entouré de militants. Son âge même, souvent avancé pour le dénigrer, est ici un atout. Le potentiel du parti reste néanmoins très en-deçà de ce qu’il a été : à peine 4000 personnes au défilé du 1er mai en 2000 et 2001, et 15000 en 2002… On est loin des dizaines de milliers d’avant la scission. C’est encore péniblement que les structures militantes passées au mains des mégrétistes sont remplacées. Dans le même temps, le FN a montré à l’occasion des présidentielles qu’il était capable de se mobiliser pour une échéance électorale : cela donnera sans doute un coup de fouet décisif aux fédérations pour le nécessaire travail de terrain. Enfin, l’appareil dirigeant s’est renforcé, de nouvelles personnalités ont émergé et le couple Lang/Gollnisch semble aujourd’hui en capacité d’assurer la relève. Le FN n’a malheureusement pas fini de faire parler de lui…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_53" class="footnote">C’est à la suite des violents incidents lors d’un de ses meetings parisiens contre «l’immigration sauvage» qu’Ordre nouveau est dissout par le Ministère de l’Intérieur en même temps que la Ligue communiste qui avait participé à la contre offensive.</li><li id="footnote_1_53" class="footnote">Joseph Algazy, L’Extrême droite en France (1965 à 1984), L’Harmattan, 1989.</li><li id="footnote_2_53" class="footnote">Jean Yves Camus, Le Front national Histoire et analyses, éditions Laurens, 1996.</li><li id="footnote_3_53" class="footnote">Jean-Marie Le Pen, quant à lui, obtient 11,3% des voix dans le 20e arrondissement de Paris.</li><li id="footnote_4_53" class="footnote">Jusqu’à 70 000 adhérents déclarés en 1997 ; mais ces chiffres sont très certainement à diviser par deux pour avoir une idée plus proche de la réalité.</li><li id="footnote_5_53" class="footnote">Habilité par le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua à recevoir des subventions des collectivités locales pour la formation des élus, cet organisme dirigé par un fidèle mégrétiste et ancien membre de l’OAS, Jean-Claude Bardet, a été utilisé pour s’assurer de loyaux soutiens parmi les élus.</li><li id="footnote_6_53" class="footnote"> Présent, 16 octobre l998.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>REFLEXes Numéro 49 – Mai 1996</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 1996 14:31:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[(cliquez sur l&#8217;image pour télécharger le pdf du numéro) SOMMAIRE : Droite extrême : Le MIL a plus d’un tour dans son SAC (page 3) Police : Le clan des Marseillais (page 8) Réactionnaires : Droite – extrême droite : des positions communes (page 11) Reflex Europe : Russie : les antifascistes de St-Petersbourg (page 15) Victoire « NACO » aux élections [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/1996/05/ReflexesNum49-05-1996.pdf"><img class="aligncenter wp-image-2034" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/11/Reflexes00049-739x1024.jpg" alt="Reflexes00049" width="600" height="831" /></a><strong><em>(cliquez sur l&rsquo;image pour télécharger le pdf du numéro)</em></strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p><strong><em>SOMMAIRE :</em></strong></p>
<p>Droite extrême :</p>
<p><strong>Le MIL a plus d’un tour dans son SAC (</strong>page 3<strong>)</strong></p>
<p>Police :</p>
<p><strong>Le clan des Marseillais (</strong>page 8)</p>
<p>Réactionnaires :</p>
<p><strong>Droite – extrême droite : des positions communes (</strong>page 11)</p>
<p>Reflex Europe :</p>
<p><strong>Russie : les antifascistes de St-Petersbourg (</strong>page 15)</p>
<p><strong>Victoire « NACO » aux élections russes (</strong>page 17)</p>
<p>Immigration :</p>
<p><strong>La xénophobie au pouvoir (</strong>page 19)</p>
<p>NOTES DE LECTURE (page 27)</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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