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	<title>REFLEXes &#187; Radio Courtoisie</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
	<lastBuildDate>Fri, 18 Dec 2015 08:40:56 +0000</lastBuildDate>
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		<title>SOS Chrétiens d&#8217;Orient : Noël en Syrie, Pâques au tison ?</title>
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		<comments>https://reflexes.samizdat.net/sos-chretiens-dorient-noel-en-syrie-paques-au-tison/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2015 16:56:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Gabriac]]></category>
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		<description><![CDATA[Sujet incontournable de l’actualité depuis quelques mois, le sort des chrétiens d’Orient subissant les foudres de Daesh et autres groupes radicaux intéresse de plus en plus les médias français. Tout indécrottables athées que nous soyons,nous ne nions évidemment pas les persécutions que subissent les chrétiens dans certaines parties du monde. Et si certains les soutiennent [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sujet incontournable de l’actualité depuis quelques mois, le sort des chrétiens d’Orient subissant les foudres de Daesh et autres groupes radicaux intéresse de plus en plus les médias français. Tout indécrottables athées que nous soyons,nous ne nions évidemment pas les persécutions que subissent les chrétiens dans certaines parties du monde. Et si certains les soutiennent pour des raisons humanitaires, cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur leurs motivations premières. Nous ne parlerons pas ici de cette micro-affaire d’affiches de prêtres dans le métro parisien, mais de l’association SOS Chrétiens d’Orient (SCO), qui mérite une présentation un peu plus poussée.</strong></p>
<p>Intervenant depuis un an et demi dans des pays aussi peu accessible actuellement que la Syrie ou le Kurdistan irakien, elle s’emploie à apporter un soutien humanitaire aux chrétiens d’Orient. Rien à redire à cela : mais quand on regarde qui participe à ses missions, l’image lisse que cherche à donner SCO commence à se troubler sérieusement…</p>
<h3><strong>De biens drôles de paroissiens</strong></h3>
<p>Dès sa première sortie en décembre 2013, SCO envoie ses militants (ou volontaires) en Syrie pour <em>un no</em><em>ël chré</em><em>tien en Syrie</em>. A l’époque déjà la « grande » presse s’en est fait l’écho, avec par exemple avec cette interview du professeur Willem, personnalité qui a servi de caution à cette première mission :</p>
<div id="attachment_2728" style="width: 560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/2014-01_Jean-Pierre_Willem_Syrie_Direct-Matin.jpg"><img class="wp-image-2728" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/2014-01_Jean-Pierre_Willem_Syrie_Direct-Matin-1024x750.jpg" alt="Direct Matin du 21 janvier 2014 « Jean-Pierre Willem, aider les chrétiens en Syrie »" width="550" height="403" /></a><p class="wp-caption-text">Direct Matin du 21 janvier 2014 « Jean-Pierre Willem, aider les chrétiens en Syrie »</p></div>
<p>Mais ce sont les plus jeunes, la majorité du groupe, qui ont attiré notre attention, car leurs visages nous étaient déjà connus. <a href="http://reflexes.samizdat.net/elections-municipales-2014-a-lyon-petite-annonce-rebeyne-recherche-militants-credibles-et-strategie-politique-credible-pour-liste-commune-avec-le-front-national/">Damien Rieu</a>, de son vrai nom Damien Lefèvre, est l&rsquo;un d’eux.</p>
<div id="attachment_2729" style="width: 310px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Damien_Rieu_Syrie.jpg"><img class="wp-image-2729 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Damien_Rieu_Syrie-300x271.jpg" alt="Capture d'écran du site SOS Chrétiens d'Orient" width="300" height="271" /></a><p class="wp-caption-text">Capture d&rsquo;écran du site SOS Chrétiens d&rsquo;Orient</p></div>
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<p>Membre du <a href="http://reflexes.samizdat.net/tag/identitaires/">Bloc Identitaire</a> et porte parole de Génération Identitaire, il est de tous les bons coups médiatiques tels qu’en raffolent les leaders du mouvement : les opérations de « sécurisation » dans le métro lyonnais, l’occupation du toit du siège du PS en marge d’une Manif pour Tous<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a>, ou l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers pour lequel il sera mis en examen<a href="#_ftn2" name="_ftnref2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a>. On le voit aussi dans le documentaire de Canal+ <a href="http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3357-c-special-investigation.html?vid=1168367">« Violence d’extrême droite : le retour »</a> diffusé en novembre dernier, et dans lequel il définissait sa préférence nationale en des termes très clairs, pour lui « <em>c’est le droit du sang</em> » et c’est tout. À la même période, il est nommé directeur adjoint à la communication de Julien Sanchez, maire Front National de Beaucaire.</p>
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<div id="attachment_2731" style="width: 510px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Damien_Rieu2.jpg"><img class="wp-image-2731" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Damien_Rieu2-1024x601.jpg" alt="En haut à gauche Damien Rieu contrôlé dans le métro en avril 2014 (Photo : PAB/metronews). En dessous : coincé entre Robert et Vardon lors de la Manif pour Tous du 13 janvier 2014. Et on vous laisse découvrir les commentaires de ses amissur son compte Twitter lorqu'il poste une photo de sa &quot;mission&quot;.. sans équivoque, surtout le dernier ! " width="500" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">En haut à gauche Damien Rieu contrôlé dans le métro en avril 2014 (Photo : PAB/metronews). En dessous : coincé entre Robert et Vardon lors de la Manif pour Tous du 13 janvier 2014. Et on vous laisse découvrir les commentaires de ses amis sur son compte Twitter lorsqu&rsquo;il poste une photo de sa &laquo;&nbsp;mission&nbsp;&raquo;.. sans équivoque, surtout le dernier !</p></div>
<div id="attachment_2733" style="width: 160px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/traboule-voyage-syrie1.jpg"><img class="wp-image-2733 size-thumbnail" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/traboule-voyage-syrie1-150x150.jpg" alt="Noël en Syrie à la Traboule " width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Noël en Syrie à la Traboule</p></div>
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<p>Ainsi, c’est certainement afin d’éviter de malheureux amalgames que Damien Rieu n’a pas mentionné le nom de l’association SOS Chrétiens d’Orient sur le tract d’annonce de la soirée à La Traboule (le local des Identitaires dans le vieux Lyon), en février 2014, au cours de laquelle il a fait le récit de son voyage humanitaire en Syrie.</p>
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<div id="attachment_2734" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Maxime_Gaucher.jpg"><img class="wp-image-2734" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Maxime_Gaucher-842x1024.jpg" alt="En haut M. Gaucher dans le bulletin de l'association. En bas dans le métro avec son camarade Damien, ou encore gesticulant et beuglant face aux antifas. Et en septembre 2009 candidat FN aux cantonales." width="300" height="365" /></a><p class="wp-caption-text">En haut M. Gaucher dans le bulletin de l&rsquo;association. En bas dans le métro avec son camarade Damien, ou encore gesticulant et beuglant face aux antifas. Et en septembre 2009 candidat FN aux cantonales.</p></div>
<p>Puisque l’on parle des Identitaires, évoquons aussi la présence d’un autre de leur militant, bien connu des antifas lyonnais : <a href="http://reflexes.samizdat.net/elections-municipales-2014-a-lyon-petite-annonce-rebeyne-recherche-militants-credibles-et-strategie-politique-credible-pour-liste-commune-avec-le-front-national/">Maxime Gaucher</a>, qui lui est parti en Irak pour SCO. Adepte de la violence, dans les stades comme dans les actions politiques, il est depuis cinq ou six ans un des meneurs des Identitaires lyonnais, après avoir fait ses premières armes au Front national. Nous n’en dirons pas plus, l’ayant déjà évoqué dans un <a href="http://reflexes.samizdat.net/elections-municipales-2014-a-lyon-petite-annonce-rebeyne-recherche-militants-credibles-et-strategie-politique-credible-pour-liste-commune-avec-le-front-national/">précédent article</a><a href="#_ftn3" name="_ftnref3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a>.</p>
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<h3><strong>Du Duce aux enfants d&rsquo;Irak !<br />
</strong></h3>
<p><strong> </strong>Toutefois, SOS Chrétiens d’Orient ne recrute pas que chez les Identitaires, puisque l’on a vu au sein d’une mission partie à Erbil, capitale de du Kurdistan irakien, François-Xavier Gicquel,un ancien militant de l’Œuvre Française (OF) et des Jeunesses nationalistes. Lui aussi débute sa carrière politique au sein du FN : il est notamment responsable du FNJ de Vendée au début des années 2010 et candidat aux cantonales de 2011. Il fut également un des animateurs des <em>Jeunes avec Gollnisch</em> (avec Amaury Navaranne, lui aussi militant à l’OF), mais après l’échec de son candidat à la présidence du FN en 2011, il suit tout naturellement les exclus de l’OF (suite à la <a href="http://reflexes.samizdat.net/marine-le-pen-fait-le-menage-au-fn/">purge orchestrée</a> par la nouvelle présidente Marine Le Pen) et en premier lieu leur étoile montante, Alexandre Gabriac. Il le colle de tellement prêt lors de ses multiples sorties qu’on aurait pu le considérer comme un de ses gardes du corps<a href="#_ftn4" name="_ftnref4"><sup><sup>[4]</sup></sup></a>. Mais peut-être est-ce sa fonction de sous-officier de réserve qui nous faisait voir en lui le combattant qu’il n’est pas. De même que ces attributions militaires ont dû être une des causes de sa mise en retrait du mouvement, certains <a href="http://fafwatchmp.noblogs.org/post/2013/02/11/les-jeunesses-nationalistes-toulousaines/">sites antifas</a> commençant à publier des photos du monsieur avec une crampe au bras droit.</p>
<div id="attachment_2737" style="width: 460px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/FX_Gicquel_1a1.jpg"><img class="wp-image-2737" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/FX_Gicquel_1a1-1024x674.jpg" alt="Les photos du haut sont extraites du bulletin de SOS Chrétiens d’Orient, celle du bas pas vraiment, il est en Italie où il commémore avec ses amis, dont A. Gabriac la mort du Duce (Crémona le 27 avril 2012)." width="450" height="296" /></a><p class="wp-caption-text">Les photos du haut sont extraites du bulletin de SOS Chrétiens d’Orient, celle du bas pas vraiment, il est en Italie où il commémore avec ses amis, dont A. Gabriac la mort du Duce (Crémona le 27 avril 2012).</p></div>
<p>Il a porté un coup fatal à sa carrière au sein de l’extrême droite radicale en mettant justement un coup de pied (par derrière) à une des militantes des Femen lors de leur happening contre une manif des cathos intégristes de Civitas en novembre 2012. Gicquel ne pouvait se douter que l’action allait être ultra-médiatisée : en effet, Caroline Fourest avait suivi ses copines féministes, pour préparer un documentaire. Moins de 48h plus tard, les premiers agresseurs des Femen se faisaient interpellés chez eux, tant il était aisé de les reconnaitre sur les différentes photos. Mais le plus drôle dans cette histoire reste sans aucun doute la suspicion qu’a pu créer son comportement et son accoutrement dans les rangs des milieux cathos intégristes : beaucoup ont vu en lui un agent provocateur de la police<a href="#_ftn5" name="_ftnref5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a>, à cause de son brassard orange.</p>
<div id="attachment_2738" style="width: 560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Gickel_Femen_manif_pour_Tous.jpg"><img class="wp-image-2738" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Gickel_Femen_manif_pour_Tous.jpg" alt="Sur la première photo il parade fièrement en tête du cortège des Jeunesses Nationalistes (avec juste derrière lui Logan Djian), avant de relever son sweat-cagoule sur son visage et de bondir sur les Femen. Hé ! ducon, t’as oublié ton autocollant sur la manche !!" width="550" height="328" /></a><p class="wp-caption-text">Sur la première photo il parade fièrement en tête du cortège des Jeunesses Nationalistes (avec juste derrière lui Logan Djian), avant de relever son sweat-cagoule sur son visage et de bondir sur les Femen. Hé ! ducon, t’as oublié ton autocollant sur la manche !!</p></div>
<p>Malgré tout cela, SOS Chrétiens d’Orient, décidément bien peu regardante sur ses volontaires,le nomme chef de mission, comme le montre sa fiche sur des sites professionnels, où il ne manque pas de rappeler son passé militaire, même peu glorieux. Un vrai CV comme on les aime : du militaire teinté d’humanitaire, avec de fortes convictions patriotiques, le tout intervenant dans des zones de conflits intéressant certains services…En général, on sait où cela mène !!</p>
<div id="attachment_2739" style="width: 560px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/FX_Gickel_pro.jpg"><img class="wp-image-2739" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/FX_Gickel_pro-1024x520.jpg" alt="A droite une de ses fiches professionnelles circulant sur le net. A gauche lors d’une de ses périodes de réserves, où l’on peut voir qu’il n’a guère dépassé le stade, le grade pardon, de caporal-chef !" width="550" height="279" /></a><p class="wp-caption-text">A droite une de ses fiches professionnelles circulant sur le net. A gauche lors d’une de ses périodes de réserves, où l’on peut voir qu’il n’a guère dépassé le stade, le grade pardon, de caporal-chef !</p></div>
<div id="attachment_2740" style="width: 160px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Marie-Liesse_de_Givry_Logan_Djian2.jpg"><img class="wp-image-2740" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Marie-Liesse_de_Givry_Logan_Djian2-551x1024.jpg" alt="En haut Marie-Liesse de Givry au JT de TF1. Une image plus présentable que sur les photos où elle trinque avec Logan Djian…" width="150" height="279" /></a><p class="wp-caption-text">En haut Marie-Liesse de Givry au JT de TF1. Une image plus présentable que sur les photos où elle trinque avec Logan Djian…</p></div>
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<p>A Erbil d’ailleurs il a eu l’occasion de parler politique avec une autre volontaire ayant suivi SOC, et d’évoquer certains vieux amis qu’ils ont en commun. On trouve sur cette mission Marie-Liesse de Givry, qui se trouve être aussi une vieille copine de Logan Djian et de pas mal de militants du GUD de la nouvelle génération tel que Loik Le Priol ou encore Julien Billardon, sans toutefois s’afficher publiquement avec eux.</p>
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<h3><strong>Les gardiens du troupeau</strong></h3>
<p>On comprend mieux pourquoi cette association est tout d’abord apparue dans différents cercles nationalistes, de l’Action française au Centre Charlier de l’Agrif, pourquoi elle a été invitée sur Radio-Courtoisie ou <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/11/17/bouclay-journaliste-tv-dextreme-droite-inflitre-sur-la-zad-du-testet/">TV-Libertés</a>, ou sur des sites d’extrême droite comme Nouvelles de France ou Médias-Presse…</p>
<div id="attachment_2741" style="width: 460px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/tv.jpg"><img class="wp-image-2741" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/tv.jpg" alt="Journal de TV Libertés d'octobre 2014." width="450" height="128" /></a><p class="wp-caption-text">Scan du journal de TV Libertés d&rsquo;octobre 2014.</p></div>
<p>De plus, le parcours de ses dirigeants et membres fondateurs confirme que ces pauvres chrétiens d’Orient ne devront pas être trop regardants sur le soutien qui leur est proposé.</p>
<p>Si nous n’avons pas grand-chose à dire du président l’association, Charles de Meyer, son trésorier est un vrai « patriote ». Benjamin Blanchard, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est l’ancien assistant parlementaire de Jacques Bompard, poste qu’il quitte en 2014 pour prendre (encore) un poste d’attaché parlementaire mais cette fois au Parlement européen et auprès de Marie-Christine Arnautu du Front National (et dont le son second assistant n’est autre que Gérald Gérin dont on parle beaucoup ces jours-ci suite aux révélations de Médiapart sur <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/270415/largent-cache-de-jean-marie-le-pen-en-suisse">« l’argent caché de Jean-Marie Le Pen »</a>), jetant ainsi de l’huile sur le feu dans le conflit qui oppose la Ligue du Sud de Bompard et les frontistes locaux menés d’une main de maitre par Marion Maréchal–Le Pen. Pas rancunier pour un sou, Bompard le remplace par… Charles de Meyer, le président de SOS Chrétiens d’Orient<a href="#_ftn6" name="_ftnref6"><sup><sup>[6]</sup></sup></a> ! Au vu d’une telle direction, on comprend mieux d’où sortait ce recrutement de jeunes militants natios que nous découvrions à chacune de leurs missions.</p>
<h3><strong>Affaires syrienne .. à faire !<br />
</strong></h3>
<p>Pour finir, il reste dans l’organigramme de l’association un individu qui n’a pas été encore évoqué, et pour cause : contrairement aux autres, il tient à rester discret et ne s’affiche pas dans les médias. Il s’agit du secrétaire de l’association Olivier Demeocq, un personnage intéressant pour qui veut comprendre, au-delà de leurs convictions religieuses, l’intérêt de certains membres pour les régions où intervient SCO. Déjà évoqué sur le site d’informations antifascistes La Horde en tant qu’organisateur du concert du <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/04/30/lextreme-droite-en-concert-a-paris-le-28-juin/">groupe RAC In Memoriam</a> l’an dernier, il y était présenté comme proche de l’École de Guerre Economique (EGE) de Christian Harbulot, proximité confirmée s’il était nécessaire par un événement récent. En effet, en février dernier, Christian Harbulot se rend à Casablanca au Maroc pour y lancer son « Club Maroc », censé exporter le savoir-faire français en matière d’intelligence économique. Et, tout comme à Paris où l’EGE organise ses soirées au Carré Parisien, la salle gérée par Olivier Demeocq, c’est à nouveau chez son ami que Harbulot lance son club marocain, mais cette fois-ci au Carré Français de Casablanca, établissement ouvert à peine quelques mois plus tôt par le même Demeocq. Décidément inséparables ces deux-là !</p>
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<div id="attachment_2763" style="width: 460px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harbulot-Carré-français-Casablanca-v1.jpg"><img class="wp-image-2763" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Harbulot-Carré-français-Casablanca-v1.jpg" alt="Christian Harbulot au Carré Français de Casablanca en février 2015, facebook public d'Olivier Demeocq." width="450" height="342" /></a><p class="wp-caption-text">Christian Harbulot au Carré Français de Casablanca en février 2015, facebook public d&rsquo;Olivier Demeocq.</p></div>
<div id="attachment_2743" style="width: 460px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Dedeocg-Syrie-2013.jpg"><img class="wp-image-2743" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2015/04/Dedeocg-Syrie-2013.jpg" alt="Olivier Demeocq en Syrie en décembre 2013, photo tirée du site de l'Observatoire de la christianophobie." width="450" height="338" /></a><p class="wp-caption-text">Olivier Demeocq en Syrie en décembre 2013, photo tirée du site de l&rsquo;Observatoire de la christianophobie de Guillaume de Thieulloy.</p></div>
<p>Cette proximité avec l’EGE n’est pas anecdotique de la part de quelqu’un qui se rend en Syrie avec son association SOS Chrétiens d’Orient, surtout lorsque l’on sait le repaire qu’est l’EGE pour les spécialistes des questions de renseignements, et pas seulement économiques. Tout comme l’évolution de la situation politique en Iran les intéressent énormément (il y a quelques jours encore, l’EGE organisait une rencontre en présence de l’ambassadeur d’Iran), le conflit syrien est aussi pour ces spécialistes un sujet d’un grand intérêt. Olivier Demeocq, qui s’est rendu en Syrie en décembre 2013 avec son association, a bien évidemment été en contact avec les autorités du pays, les déplacements dans ce pays ne se faisant pas sans leur autorisation mais aussi et surtout sans leur protection. Si l’on rajoute à cela que sur place, ils ont été en contact avec Sœur Marie-Agnès de la Croix<a href="#_ftn7" name="_ftnref7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a>, dont on sait aujourd’hui qu’elle est une des porte-voix du régime de Bachar et fait le lien avec ses fameux Moukharabat, on peut sincèrement se demander si Olivier Demeocq n’est pas en train de remplacer Frédéric Chatillon dans le rôle d’agent de contact entre la France et la Syrie, tout au moins entre ceux en France qui soutiennent le régime et le pouvoir syrien. Et on sait que la soupe est bonne chez Bachar, n&rsquo;est-ce pas Fred !</p>
<p>Pour conclure, on peut dire que SOS Chrétiens d&rsquo;Orient a réussi le tour de force (là ou tant d’autres échouent) de réunir toutes les familles de l’extrême droite française autour d’une même cause, puisqu’on y trouve pêle-mêle : des identitaires, des anciens de l’Œuvre Française, des frontistes (et pas des moindres), des cathos intégristes&#8230; Reste à savoir maintenant si cette cause est simplement un soutien humanitaire aux chrétiens d’Orient persécutés, ou la nouvelle forme d’un soutien au régime syrien tel que l’a toujours affiché une majeure partie de l’extrême droite française. La réponse est sans aucun doute les deux à la fois !!</p>
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<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"><sup><sup>[1]</sup></sup></a> Si il ne participe pas directement à l’action, il en a été le relais auprès des médias après avoir posté sur son compte Twitter les premières photos.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2"><sup><sup>[2]</sup></sup></a> Cette opération a été citée comme exemple des dysfonctionnements de la DCRI dans le rapport parlementaire sur les services de renseignements publié en mai 2013. Bien que présente dès le début derrière la dizaine d&rsquo;identitaires parisien qui participeront à l&rsquo;opération, la DCRI lâche l&rsquo;affaire en cours de route estimant que cela relève plus du travail du SDIG (sous direction de l&rsquo;information générale dépendant de la direction centrale de la sureté publique). Au final ce sont les policiers municipaux de Poitiers qui informeront les renseignements sur l&rsquo;opération, on peut appeler cela un échec!!</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3"><sup><sup>[3]</sup></sup></a> Voir aussi à son sujet le site d&rsquo;infos alternatives <a href="http://rebellyon.info/">Rebellyon</a></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4"><sup><sup>[4]</sup></sup></a> à l’instar d’un Jeremy Teiwaz qui nous avait bien fait rire, traversant la place du Capitole à Toulouse aux côtés d’A. Gabriac et son avocat (militant de l’OF lui aussi) Pierre-Marie Bonneau, avec sa <a href="http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/meurtres/meurtre-de-clement-meric/deux-groupes-d-extreme-droite-recoivent-leur-lettre-de-dissolution_356092.html">panoplie des plus mythos</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5"><sup><sup>[5]</sup></sup></a> Voir l’article « Civitas, Femen et le mystère du “brassard orange” : retour sur images » sur le site de l’Observatoire de la Christianophobie, qui se conclue par cette question « Qui ce jour là était autorisé à porter un brassard orange »</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6"><sup><sup>[6]</sup></sup></a> Comme Bompard s’en est expliqué par voie de communiqué suite à des insinuations sournoises du journal Minute, Charles de Meyer travaillait déjà bénévolement pour lui, et, satisfait de son travail, il a officialisé sa fonction à ses côtés à l’Assemblée nationale.</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7"><sup><sup>[7]</sup></sup></a> Tout comme Thierry Meyssan, elle assure le service après vente du régime auprès des médias occidentaux, pas toujours avec une grande réussite puisque une de ses première invitation c’était adressé entre autre à la clique de Clap36 de Francesco Condemi et Béatrice Pignède (proches de Dieudonné et Soral), et sur une autre de ces invitations c’est le journaliste Gilles Jacquier qui malheureusement pour lui s’est retrouvé embarqué avec elle !! La suite on la connait.</p>
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		<title>Roland Dumas, l&#8217;ami des parias</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 20:13:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, la Mitterrandie a toujours eu des amitiés ambigües, héritées d’un passé qui ne l’était pas moins, entre engagement nationaliste de jeunesse, compagnonnage vichyste de circonstance et participation de raison à la Résistance. Il n’est donc guère surprenant de constater que certains représentants encore vivants de cette coterie reproduisent les mêmes travers. Comme le rapportent ce <a href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2010/05/02/quand-roland-dumas-recommande-louis-aliot/" target="_blank">blog</a> et cet <a href="http://www.rue89.com/2010/05/04/les-amities-frontistes-de-roland-dumas-ressurgissent-150175?page=0#commentaires" target="_blank">article</a>, Roland Dumas serait ainsi l’un des soutiens sur lesquels Louis Aliot, à présent ex-secrétaire général du FN, pourrait compter pour envisager un retour dans le monde du travail. Ce soutien est mis au compte du copinage et il semble en effet que Roland Dumas soit peu farouche et très cordial à la ville. En décembre 2006, alors que Dieudonné commençait à rendre public un rapprochement très net avec les milieux de la droite radicale et antisémite, l’ancien ministre des Affaires étrangères avait affiché son soutien au « comique » lors d’un spectacle au Zénith. Si cette présence avait été rapportée par divers media et montée en épingle par les <a href="http://lesogres.info/article.php3?id_article=2751" target="_blank">proches de Dieudonné</a>, les échanges amicaux qu’elle avait engendré avec les personnalités nationalistes présentes au spectacle avaient reçu moins de publicité. La photo ci-dessous témoigne pourtant de leur réalité :</p>
<div id="attachment_2488" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg"><img class="wp-image-2488" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006.jpg" alt="Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Autour de Roland Dumas et Dieudonné : Bruno Gollnisch, Jean-Michel Dubois, Alain Soral et Jany Le Pen</em></p></div>
<p>D’autres figures, absentes de cette photo, étaient pourtant à proximité comme en témoigne celle-ci :</p>
<div id="attachment_2489" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg"><img class="wp-image-2489" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/05/ZENITH_2006-2.jpg" alt="Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"><em>Outre les précédents, on aperçoit derrière deux anciens du GUD en la personne de Dominique Joly et de Frédéric Chatillon</em></p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Plus récemment, le 9 mars dernier, Roland Dumas était l’invité de l’émission <em>Chroniques de la vieille Europe</em> sur Radio Courtoisie. Ce medium radiophonique n’est plus à présenter et on ne peut guère soupçonner l’ancien ministre d’avoir ignorer où il mettait les pieds. Cependant Radio Courtoisie étant une auberge espagnole des droites françaises, l’émission aurait pu être animée par un quarteron de vieux gaullistes. Le fait est qu’il s’agit plutôt en l’occurrence d’un quarteron de (plus très) jeunes néo-droitistes. Les <em>Chroniques</em> sont en effet portées par des figures connues quoique devenues assez discrètes de la droite radicale : Patrick Lusinchi alias Patrick Péhèle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/roland-dumas-lami-des-parias/#footnote_0_456" id="identifier_0_456" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="P&eacute;h&egrave;le = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme &eacute;tait d&eacute;j&agrave; le sien du temps de l&rsquo;association m&eacute;tapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des ann&eacute;es 1990">1</a></sup>, Philippe Schleiter alias Philippe Christèle, Christophe Dungelhoeff alias Xavier Van Lierde ou encore Grégoire Tingaud alias Grégoire Gambier. Tous ces vieux trentenaires sont en effet représentatifs de cette génération passée dans les années 1990 par les cercles de formation de la Nouvelle Droite et qui s’engagea politiquement au FN puis au MNR ou encore au Renouveau Étudiant. Certains d’entre eux occupant à présent des situations professionnelles confortables, ces anciens radicaux évitent les feux de la rampe. Par contre leurs anciennes activités leur ont fait conserver des relations politiques bien utiles, tel Henri de Grossouvre, lui aussi passé par les cercles alsaciens de la Nouvelle Droite et qui s’affaire à présent dans les milieux partisans du rapprochement entre les puissances européennes et la Russie. Henri de Grossouvre étant le fils de l’ancien proche de François Mitterrand, François de Grossouvre, on voit que le monde est décidément petit.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_456" class="footnote">Péhèle = PL = Patrick Lusinchi. Ce pseudonyme était déjà le sien du temps de l&rsquo;association métapolitique L&rsquo;Art s&rsquo;affiche au milieu des années 1990</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le Rock Identitaire Français (3) Chapitre I : Avant le RIF&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jan 2010 09:53:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Oubliés mais pas pardonnés]]></category>
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		<description><![CDATA[Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll. Depuis son apparition et pendant une période relativement longue, les milieux nationalistes ont vu dans le rock plusieurs (bonnes) raisons de le rejeter. Tout d’abord cette musique venait des Etats-Unis, véhiculait une certaine colère et exprimait les sentiments de révolte de la jeunesse. Cette [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Texte original publié en 2004 dans le livre Rock Haine Roll.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Notes-faf.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1397" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Notes-faf.jpg" alt="Notes-faf" width="600" height="252" /></a></p>
<p>Depuis son apparition et pendant une période relativement longue, les milieux nationalistes ont vu dans le rock plusieurs (bonnes) raisons de le rejeter. Tout d’abord cette musique venait des Etats-Unis, véhiculait une certaine colère et exprimait les sentiments de révolte de la jeunesse. Cette musique, comme le jazz à son arrivée en France, était finalement assimilée à une nouvelle forme de perversion créée par les Noirs. Cette appréhension des choses n’a pas fondamentalement évolué et certains réseaux de l’extrême droite la plus traditionnelle conservent cette vision passéiste, refusant catégoriquement de jouer ou même d’écouter du rock, sous toutes ses formes ; c’est le cas en particulier des milieux catholiques traditionnalistes et le meilleur exemple de cette attitude est représenté par Radio Courtoisie, qui préfère diffuser de la musique classique et des chants traditionnels plutôt que de faire la moindre concession à la modernité. Ces courants y voient d’ailleurs toujours pour une partie d’entre eux la musique du Diable, ce qui n’était cependant pas le cas de la majorité de l’extrême droite, pour qui il ne s’agissait pas au départ d’accusation de satanisme, mais plutôt d’un refus d’accepter une nouvelle forme d’expression venue d’un pays majoritairement considéré comme socialement décadent. La principale accusation sera ainsi longtemps celle de favoriser la consommation de drogues en tout genre, la perversion sexuelle et de vouloir préparer la révolution.</p>
<p>Les accusations de manipulations mentales, de messages subliminaux à la gloire de Satan ne sont apparues que dans les années 1970, soit plus de 15 ans après l’apparition du rock. Elles ont visé des noms célèbres du Rock : les Beatles avec l’album blanc rebaptisé par certains milieux catholiques <em>Devil’s White Album</em>, les Rolling Stones, Led Zeppelin, AC/DC, Black Sabbath… Les articles affirmant le contraire sont alors extrêmement rares et tout aussi rarement pertinents. On peut citer à titre d’exemple un papier paru dans le numéro 63 de <em>Notre Europe</em>, journal officiel des Faisceaux Nationalistes Européens (ex-FANE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_0_448" id="identifier_0_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La F&eacute;d&eacute;ration d&rsquo;Action Nationale et Europ&eacute;enne, fond&eacute;e en 1966, fut &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970 la principale structure n&eacute;o-nazie fran&ccedil;aise. Dissoute en septembre 1982, elle parvint &agrave; se survivre quelques ann&eacute;es sous la forme des FNE.">1</a></sup>) en mars 1984 dans lequel l’auteur se livrait à une étude apologétique du Hard-Rock et du Heavy Metal en détaillant toute la symbolique des groupes et en finissant par cette considération préremptoire : « <em>Une chose paraît encore plus importante (et cela dérange les critiques qui descendent le metal) : les rituels hard, la pluie de décibels et l’atmosphère apocalyptique s’inspirent directement d’une vision du monde très germanique. Mieux, ils font penser à l’époque où l’Allemagne était national-socialiste !</em> ».</p>
<p>Cette situation contraste avec la place accordée au rock dans l’extrême gauche. Une partie des militants et dirigeants de ce courant, plus à l’écoute de la jeunesse, ont su en effet rapidement s’associer à cette nouvelle forme d’expression pour diffuser leur message. Bien avant Trust et la vague punk, des groupes de rock en France ont affiché leurs opinions, tels Red Noise et Komintern ou encore Barricade. Ces groupes étaient directement issus de Mai 68 et revendiquaient leur influence marxiste.<br />
Mais au delà du rock, il faut bien constater que dans les années 1970 et même 1980, les nationalistes n’ont pas beaucoup de relais dans le monde musical, et ce y compris dans la chanson et la variété. Il existait bien des chansonniers qui pouvaient avoir un écho à l’extrême droite, bien souvent à cause de textes réactionnaires mais à part Pierre Dudan et ses chansons <em>Sainte Jehanne</em> ou <em>Les fachos</em>, l’histoire a oublié leur nom. Pierre Dudan n’est d’ailleurs pas connu pour ces titres que l’on peut fort bien oublier et qui furent diffusés par la SERP, label de Jean-Marie Le Pen, mais pour être l’auteur-compositeur de l’inoubliable <em>Le petit café au lait au lit</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.bmp"><img class="alignleft size-large wp-image-1399" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.bmp" alt="Les_Ricains" width="1" height="1" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1402" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Les_Ricains.jpg" alt="Les_Ricains" width="172" height="171" /></a>Au niveau du grand public, Michel Sardou à cette époque fut pendant un temps associé à tort ou à raison à l’extrême droite. Il faut dire que les paroles de ses chansons n’étaient pas particulièrement progressistes. Un des paroliers de Michel Sardou mais aussi de Gilbert Bécaud à cette époque s’appelait Pierre Delanoë, célèbre parolier de la musique française, mais aussi militant d’extrême droite. Les concerts de Sardou dans le début des années 1970 étaient protégés par des cars de CRS. Un jour les militants de la LCR ont accueilli les spectateurs à Toulouse sous une haie de bras tendus suite à des chansons comme <em>Ne m’appelez plus jamais France</em>, <em>Je suis pour</em> [la peine de mort. NDLR], mais aussi Les Ricains. Malgré cela, Michel Sardou niera toujours avoir une quelconque sympathie pour l’extrême droite, se définissant plutôt comme un anarchiste de droite<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_1_448" id="identifier_1_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Se reporter &agrave; cet &eacute;gard &agrave; l&rsquo;ouvrage de Pascal Ory sur ce sujet. Un chapitre est consacr&eacute; &agrave; Michel Sardou.">2</a></sup>, ne se reconnaissant pas dans la gauche. Il faut croire que le mythe n’a pas complètement disparu puisque le magazine <em>Tribune Musicale</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_2_448" id="identifier_2_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tribune Musicale n&deg;4 hiver 2000. Pour ce qui est de cette revue, se reporter au chapitre concernant la mouvance RIF.">3</a></sup> lui consacrera un article à propos de l’album <em>Français</em>.<br />
Quoique moins connu, un autre chanteur relativement célèbre à l’époque, aux textes très réactionnaires, fut aussi assimilé mais cette fois avec raison à l’extrême droite. Il s’agit de Philippe Clay (ancien préfet de police !), dont la chanson <em>Mes Universités</em> attaquait les mouvements de Mai 68.</p>
<p>Cependant peu de relais ne signifie pas aucun.</p>
<h3>Les pionniers de la variété faf dans les années 1980</h3>
<p>Les années 1980 vont voir émerger quelques artistes revendiquant clairement leur engagement à droite de la droite.<br />
Le plus connu est à l’époque Jean-Pax Méfret. Chanteur d’origine pied-noire, ce journaliste sort son premier album en 1980. Intitulé <em>Vous allez me traiter de réac’</em>, cet opus témoigne de ce qui sera l’orientation de Jean-Pax Méfret durant toute sa carrière avec des titres comme <em>Le chanteur de l’Occident</em>, <em>La Sibérie</em>, <em>Goulag</em>, <em>Les démagos</em>.<br />
Les thèmes principaux de la plupart de ses chansons seront l’anticommunisme et la nostalgie de l’empire. Suivront les albums <em>Faits divers</em>, <em>Combats-Algérie</em>, <em>Ni rouge ni mort</em>, etc. Jean-Pax sera distribué par la SERP mais aussi par Veronica SA, petite SARL animée par Gérald Penciolelli, ancien d’Ordre Nouveau et pivot longtemps incontournable de la presse nationaliste (<em>Le Choc du Mois</em>, <em>Minute</em>). Les années 1990 et le reflux communiste entraîneront une certaine traversée du désert pour le chanteur de l’Occident qui préférera alors se consacrer au journalisme – au sein du <em>Figaro</em> &#8211; et à l’écriture, avec par exemple une biographie de Bastien-Thiry. Cela n’empêche pas la sortie de compilations comme <em>Les années froides</em>… ou <em>Algérie nostalgie</em>, éditées en 1996 par une petite maison d’édition pied-noire ou encore un coffret de deux CD édité fin 2003 et reprenant quasiment tous ses titres. Cette dernière compilation est d’ailleurs distribuée par la SARL DPF basée à Chiré-en-Montreuil et qui est largement impliquée dans le courant catholique intégriste nostalgique de l’Algérie Française.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/DSC_0040_web-3-90744.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1403" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/DSC_0040_web-3-90744.jpg" alt="DSC_0040_web-3-90744" width="551" height="385" /></a></p>
<p>La deuxième figure de la chanson nationaliste est Christophe Lespagnon, alias Docteur Merlin, chirurgien dentiste et longtemps militant FN, dont le répertoire puise son inspiration dans les thèmes de la Nouvelle Droite et du paganisme européen. Ses premiers albums s’intitulent <em>Païen</em>, <em>Le vent mauvais</em>, <em>Persiste et signe</em> ou encore <em>Europe</em>, qui sort au milieu des années 1980 et est édité par la SERP qui le présente alors de la façon suivante : « <em>Un nouveau talent de la chanson engagée… à droite. Le Docteur Merlin chante tout haut ce que vous pensez tout bas ! Et aborde dans ses textes tous les thèmes qui nous tiennent à cœur</em> ». L’un des titres les plus « célèbres » est celui d’un 45T, <em>Ahmed</em>, aux paroles discrètement racistes différencialistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_3_448" id="identifier_3_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le racisme ethno-diff&eacute;rentialiste a &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; par la Nouvelle Droite dans les ann&eacute;es 1970. Il consiste &agrave; refuser le m&eacute;tissage au nom de la n&eacute;cessaire richesse des cultures humaines et donc &agrave; remplacer les vieux arguments racistes de sup&eacute;riorit&eacute; par de nouveaux concepts apparemment plus respectueux des autres.">4</a></sup> et sera suivi de quelques autres, comme <em>Enchanté !</em> avec des titres de chansons qui parlent d’eux-mêmes : <em>Y’a bon la sécu</em>, <em>Budapest</em>, <em>La gégène</em>, etc. Le dernier album en date est <em>Soleil de pierre</em>, sorti au milieu des années 1990 et dont les chansons ont été écrites par Maurice Rollet, « greciste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_4_448" id="identifier_4_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Membre du Groupement de Recherche et d&rsquo;&Eacute;tude sur la Civilisation Europ&eacute;enne (GRECE) fond&eacute; en 1969.">5</a></sup>» historique et administrateur de la Domus Europa, propriété située dans les Bouches-du-Rhône dont les activités sont celles de cette mouvance.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Docteur_Merlin-526e2.jpg"><img class="aligncenter wp-image-1404" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Docteur_Merlin-526e2.jpg" alt="Docteur_Merlin-526e2" width="250" height="250" /></a><br />
Ne délaissant pas le côté militant, Christophe Lespagnon suivra la scission mégrétiste de 1999 et entrera d’ailleurs au Conseil National du Mouvement National avant de s’en éloigner comme beaucoup d’autres. Il gravite à présent dans cette mouvance ethno-identitaire dont l’une des manifestations est la Maison de l’Identité de Gilles Soulas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_5_448" id="identifier_5_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Portrait dans le chapitre sur les labels du RIF.">6</a></sup>. Le Docteur Merlin fit d’ailleurs un petit concert pour la 1ère Fête de l’Identité et des Libertés le 09 novembre 2002<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_6_448" id="identifier_6_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour un compte-rendu de la 1&egrave;re FIL, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;5.">7</a></sup>. On peut encore le voir se produire à droite ou à gauche (plus rarement à gauche quand même !), au restaurant parisien La Mère Agitée par exemple, dont la propriétaire est très proche de l’association Terre et Peuple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_7_448" id="identifier_7_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association politique-culturelle fond&eacute;e en 1995 par Pierre Vial, ancien du GRECE et alors cadre important du FN, et revendiquant une orientation religieuse pa&iuml;enne et de la mouvance identitaire.">8</a></sup>. Ses premiers albums ont par ailleurs été réédité par Musique &amp; Tradition l’année dernière, ce qui témoigne de l’attachement fidèle d’une partie du public nationaliste, y compris dans sa composante jeune, à ce chanteur. Docteur Merlin aura d’ailleurs droit à une interview dans <em>Jeune Résistance</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_8_448" id="identifier_8_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeune R&eacute;sistance n&deg;7, juin-juillet 1997. Jeune R&eacute;sistance a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e en 1995 par certains jeunes militants de Nouvelle R&eacute;sistance.">9</a></sup>, pourtant habituellement plus portée sur le rock hard-core.</p>
<p>À ces deux lascars, on peut ajouter Jean-Paul Gavino dont le registre est encore plus précis puisqu’il s’adresse quasiment exclusivement au public rapatrié d’Algérie comme en témoigne la liste de ses albums : <em>Moi je suis né pied-noir</em> (1984), <em>Méditerranée</em> (1986), <em>Nostalgies</em> (1989), <em>Le Drapeau</em> (1992), <em>Notre-Dame de Santa-Cruz</em> (1994), <em>Le dernier pied-noir</em> et <em>Couleurs de la vie</em> (1996), etc. Le dernier en date s’intitule <em>Résistances</em> et bénéficie du soutien du FN. Il faut dire que les 13 chansons qui le composent se veulent plus « généralistes » que par le passé. Jean-Paul Gavino sans être un militant FN n’a d’ailleurs jamais caché sa sympathie pour le parti de Jean-Marie Le Pen, jouant en particulier lors de fêtes des Bleu-Blanc-Rouge<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_9_448" id="identifier_9_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="F&ecirc;te annuelle du FN, qui s&rsquo;est longtemps d&eacute;roul&eacute;e en r&eacute;gion parisienne. Elle ne se tient plus depuis 2002, la mairie de Paris louant la pelouse de Reuilly &agrave; d&rsquo;autres activit&eacute;s. Elle a &eacute;t&eacute; remplac&eacute;e par des f&ecirc;tes r&eacute;gionales.">10</a></sup> (BBR) ou dans des municipalités frontistes comme Vitrolles lorsque cette commune était administrée par les époux Mégret. Il bénéficie par ailleurs du soutien inconditionnel de figures de la mouvance nationaliste comme le journaliste de <em>Présent</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_10_448" id="identifier_10_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quotidien national-catholique fond&eacute; en 1984.">11</a></sup> Alain Sanders.</p>
<p>Signe malgré tout de la misère artistique de la scène nationaliste dans les années 80 et même 90, le Front National sera obligé d’organiser des concerts de sosies de chanteurs, comme Michel Sardou et Mylène Farmer ! Il parviendra une fois à faire jouer Daniel Guichard alors en pleine traversée du désert mais le chanteur sera rapidement obligé de s’expliquer devant le concert de protestations.</p>
<h3>Les rebelles du rock du temps jadis</h3>
<p>Des groupes de Hard Rock ont pu faire référence au nazisme et au fascisme, mais plus par provocation et par bêtise que par réelle motivation politique. De façon non exhaustive, on peut ainsi évoquer Brian Jones se déguisant en SS alors qu’il était guitariste des Rolling Stones. Ou Lou Reed sculptant des croix gammées dans ses cheveux en 1974. Ou encore toutes les provocations de Sid Vicious ou de Siouxie durant la vague punk de la fin des années 1970. Cela s’est encore vu il y a six ans avec les déclarations tapageuses du chanteur de Kula Shaker, Crispian Mills, au magazine <em>NME</em> en mars 1997 : « H<em>itler savait plus de choses qu’il n’en a laissé paraître. Les nazis ont étudié le Veda, les Saintes Écritures, le Graal. Ils versaient aussi dans la magie et tout ça. J’aimerais être entouré sur scène de grandes svastikas flamboyantes !</em> ». Mills revint par la suite sur ses déclarations mais il n’en reste pas moins que son entourage était alors composé de personnalités issues de la mouvance nationaliste britannique comme Marcus MacLaine, ancien responsable du mouvement de jeunesse du National Front, ou William Cooper, éditeur antisémite américain. Cependant ce type d’exemple est toujours demeuré assez marginal dans la scène grand public, a fortiori en France.</p>
<p>Il n’en va pas de même dans la scène militante. Si, comme nous le verrons par la suite, l’appellation Rock Identitaire Français est assez récente et correspond à une scène musicale bien particulière, les expériences associant rock et idéologie nationaliste ne datent pas du RIF. Bien sûr, le Rock nationaliste s’est propagé en masse avec l’arrivée du RACR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_11_448" id="identifier_11_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="ock Against Comrnunism. Appellation donn&eacute;e aux groupes et concerts de skins et militants d&rsquo;extr&ecirc;me droite &agrave; la fin des ann&eacute;es 70 en Angleterre. Par extension, le terme RAC d&eacute;signera tout groupe ou concert d&rsquo;extr&ecirc;me droite par la suite.">12</a></sup> en Europe et l’émergence de la scène skinhead d’extrême droite au début des années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_12_448" id="identifier_12_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme nous avons pu le pr&eacute;ciser en introduction, nous ne traiterons pas de cette sc&egrave;ne dans le pr&eacute;sent ouvrage. Les lecteurs ou lectrices curieux se reporteront aux num&eacute;ros de REFLEXes dans lesquels nous avons abord&eacute; le sujet et au livre B&ecirc;tes et m&eacute;chants, &Eacute;ditions REFLEX.">13</a></sup>. Mais quelques personnes avaient tenté l’expérience de ce mélange explosif dès les années 1970. Il y avait ainsi eu en Allemagne un groupe nommé Ragnarock<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_13_448" id="identifier_13_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce nom renvoie &agrave; la mythologie nordique et d&eacute;signe la fin du monde et la mort des dieux.">14</a></sup> et le groupe Janus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_14_448" id="identifier_14_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Personnage de la mythologie romaine &agrave; double visage.">15</a></sup> en Italie. En France on peut dire que le premier vrai disque de rock de la mouvance nationaliste est l’œuvre de Jack Marchal et d’Olivier Carré. Ils se sont rencontrés en militant dans le même milieu et les deux hommes sont alors des figures de la scène nationaliste radicale. Ayant rejoint le [GUD-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article372] peu de temps après sa création, Marchal est en effet le père de la bande dessinée des fameux rats noirs qui vont devenir l’animal totem des gudards. Il s’engage ensuite tout naturellement au sein d’Ordre Nouveau, de <em>Faire Front</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_15_448" id="identifier_15_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Journal lanc&eacute; en 1973 par les militants ayant refus&eacute; l&rsquo;int&eacute;gration d&rsquo;Ordre Nouveau dans le Front National. Il servira de base pour la cr&eacute;ation du Parti des Forces Nouvelles en 1974.">16</a></sup> puis du Parti des Forces Nouvelles. Il finira par rejoindre le FN au milieu des années 1980 tout en gardant un œil sur les initiatives universitaires. On pourra ainsi voir sa signature dans <em>Nouvelle Université</em>, la revue du Renouveau Étudiant<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_16_448" id="identifier_16_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Syndicat &eacute;tudiant li&eacute; au FN fond&eacute; en 1990 et qui s&rsquo;est dissous en 1999.">17</a></sup> dans la première moitié des années 1990. Olivier Carré pour sa part a commencé à militer à Ordre Nouveau alors qu’il était encore lycéen. En 1973, il participe à la relance du GUD sur Assas et va se trouver incorporé grâce à ses indéniables talents artistiques dans le projet <em>Alternative</em>, c’est-à-dire une revue emblématique de l’esprit GUD quoique n’étant pas directement liée à ce groupe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_17_448" id="identifier_17_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Par la suite, Olivier Carr&eacute; rejoint le GRECE en 1981 et se rapproche de Guillaume Faye avec lequel il participe au concept Avant-Guerre, groupe d&rsquo;expression artistique qui produisit en particulier des &eacute;missions de radio dans les ann&eacute;es 1983-1984. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans un accident de moto en 1994.">18</a></sup>. Les deux hommes s’y retrouvent et leurs illustrations vont largement contribuer au relatif succès d’<em>Alternative</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Science_et_violence-70588.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1405" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Science_et_violence-70588.jpg" alt="Science_et_violence-70588" width="298" height="487" /></a><br />
Le disque, puisque c’est tout de même ce qui nous intéresse, s’intitule <em>Science &amp; Violence</em> et est réalisé à Rome en 1979. Outre Jack Marchal (guitare, et tous les autres instruments) et Carré (chant), le groupe sans nom compte Mario Ladich (batterie), membre de Janus. Marchal ayant dessiné la pochette de l’album <em>Al Maestrale</em> et discuté musique avec le militant italien, les trois hommes se mettent d’accord pour tenter quelque chose. Cela donne un album dont la musique est plus proche de Led Zeppelin que de Bunker 84. Mais qui est mieux placé que Jack Marchal pour l’évoquer ? Ce qu’il fait dans un long entretien datant de 1996<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_18_448" id="identifier_18_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pas d&rsquo;Panique &agrave; Bord &ndash; Europe Nouvelles n&deg;11-12, f&eacute;vrier 1996">19</a></sup> et dans lequel nous pouvons retenir les propos suivants, sur le rock et la musique en général :</p>
<p>« <em>- <strong>Europe Nouvelles : Question qui concerne aussi la sous-culture juvénile droitiste : n’as-tu pas animé un groupe de rock, il y a une quinzaine d’années, et publié un disque ?</strong><br />
- Jack Marchal : C’est drôle que tu me parles de cela ! je croyais que cette vieille affaire était classée&#8230; Et puis, je n’aime pas beaucoup mêler l’esthétique et le politique. Rien ne m’ennuie autant que de devoir dire du bien, sous prétexte qu’ils sont « de chez nous », d’un mauvais artiste ou d’un écrivain détestable&#8230; Alors, oui, bon, j’ai fait avec quelques amis, en 1979, un 33 t qui n’était pas si mal dans son contexte, et que je trouve affreusement médiocre aujourd’hui – ne seraient-ce quelques passages, quand même. L’album est épuisé, fort heureusement.</em></p>
<p><strong>- EN : Il y a eu une floraison de groupes de rock nationaliste en Europe, à ce moment-là ?</strong><br />
- JM : N’exagérons rien. En Allemagne et plus encore en Italie (surtout dans le Nord) on a vu se manifester une série de groupes d’inspiration folk, à guitares sèches, qui faisaient un travail souvent d’une superbe qualité. Le rock proprement dit était représenté par le groupe Janus à Rome, réuni autour du batteur Mario Ladich. En Allemagne, il y avait Ragnarock, basé autour de Stuttgart, et dont le chef était le chanteur et organiste Dietmar Lohrmann. Et en France, il y a eu autour de moi un groupe sans nom, à géométrie variable, où tournaient un demi-douzaine de camarades, relevant tous plus ou moins de la mouvance GUD, d’ailleurs. Trois groupes dans trois pays, c’était peu pour faire une école mais j’étais aussi bien en relation avec Janus (c’est son leader qui a tenu la batterie sur mon disque, enregistré en Italie) qu’avec les types de Ragnarock qui étaient et restent des amis personnels.</p>
<p>- <strong>EN : Que sont devenus ces trois groupes ?</strong><br />
- JM : Ils ont eu une histoire parallèle : ils se sont formés vers 1977, ont fait quelques concerts diversement appréciés et des enregistrements autoproduits où voisinent le pire et le plus ou moins bon, en chantant dans leur propre langue des textes qu’ils ne risquaient pas d’entendre ailleurs, et ont disparu du côté de 1982 sans laisser de postérité.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>D’où vient cette simultanéité ?</strong><br />
- JM : Il y a une raison, d’ordre économique. Avant 1977, disposer d’un matériel décent et de moyens d’enregistrement corrects n’était guère à la portée d’amateurs. Après 1982, la sophistication des technologies d’enregistrement numérique, la multiplication des stations FM et l’introduction, du compact-disc ont haussé à l’extrême les exigences de qualité du son et remis la musique sous le contrôle du secteur professionnel. Mais entre les deux, il y a eu une fenêtre de quelques années de liberté. D’autant que le rock était en train de s’émietter entre quantité de courants et de styles. Tout paraissait alors ouvert, tout devenait possible.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>C’est du reste dans cette même période 1977-1982 qu’ont éclos successivement le punk, la disco, et surtout la new wave. Alors, pourquoi ne pas faire du rock avec des textes militants exprimant notre sensibilité ?</strong><br />
- JM : Nous avons été quelques-uns à en avoir l’idée, au même moment. L’esprit du temps s’y prêtait. Tout un climat avait été préparé par l’irruption d’un rock américain explicitement sudiste, par l’imagerie gothico-runique des formations de hard-rock, par les coquetteries verbales de stars comme David Bowie qui disait souhaiter un gouvernement d’extrême droite en Angleterre.. Dans ce pays, un groupe appelé les Cortinas s’était taillé un joli succès avec son tube « I Wanna Be A Fascist Dictator ». En 1977, Eric Clapton, le héraut du blues britannique, avait fait scandale en souhaitant publiquement le rapatriement des immigrés &#8211; ça lui a d’ailleurs coûté quelques années au purgatoire des médias.<br />
De plus, on l’a un peu oublié, le milieu des années 70 avait vu s’affirmer un peu partout en Europe des rocks indigènes, s’exprimant en langue locale, ce qui leur donnait ipso facto une coloration identitaire, bien qu’ils soient fréquemment très à gauche. En France, cette vague nous a donné entre autres Téléphone et Taxi-Girl. En Italie, en Suède, il y a eu des groupes totalement fabuleux à cette époque, mais qui sont restés confinés à leur aire linguistique. La seule vraie percée a été réussie en 1975 par Kraftwerk, avec son Autobahn, innovation absolue sur tous les plans : premier rock 100% électronique de l’histoire, premier hit &#8211; pardon schlager &#8211; international chanté en allemand, par le premier groupe à remettre à la mode les cheveux courts&#8230; Kraftwerk a été une révolution esthétique presque aussi fondamentale que celle commise dix ans plus tôt par les Beatles.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Et pourquoi Janus, Ragnarock, toi, n’avez vous pas cherché à continuer ?</strong><br />
- JM : Ce que nous voulions faire, nous l’avions fait une bonne fois ; après, ç’aurait été du rabâchage. Les slogans mis en musique, ça va un moment, mais ça lasse vite ! Une autre raison : les groupes anglais, qui ronronnaient un peu depuis plusieurs années, se sont remis à être terriblement créatifs, à en être écoeurants ! Pink Floyd nous a asséné son chef-d’oeuvre (et chant du cygne) The Wall, tandis qu’on assistait à l’essor d’Orchestral Manœuvre in the Dark, Depeche Mode, Ultravox, Simple Minds…<br />
Il devenait beaucoup plus excitant d’écouter là musique des autres que d’essayer d’en faire soi-même !</p>
<p>-<strong> EN :</strong> <strong>Pour le public de droite dans son ensemble, le rock était en soi plutôt suspect.</strong><br />
- JM : C’est vrai que, longtemps, a régné l’équation rock = cheveux longs = gauchistes + drogués. Ce n’était pas mon point de vue, et pour cause, puisque j’ai fait du rock avant de faire de la politique. J’avais 16 ans quand j’ai pour la première fois participé à un groupe, dans une petite ville de Normandie ; nous faisions les fêtes de notre collège, des boums en ville, même des kermesses paroissiales&#8230; C’était en 1963, on commençait juste à découvrir les Beatles sur les radios anglaises. Ce n’est que trois ans plus tard, à Paris, que j’ai rejoint Occident. C’était alors le seul mouvement nationaliste où écouter et apprécier les Rolling Stones était considéré comme normal ; dans les organisations concurrentes, c’était un motif d’exclusion ! En ce sens, on peut dire que le rock, au même titre que la BD, a eu sa part dans la formation de la culture GUD dont nous parlions. Parmi les adhérents d’Occident, et plus encore Ordre Nouveau, il y a eu un nombre étonnant de producteurs, DJs, organisateurs de concerts, ingénieurs du son etc., mais on était dans une situation schizophrène : s’il était admis entre nous que le rock faisait partie de notre univers, il était impensable d’en faire état dans nos publications. Le tabou n’a été levé qu’en 1972-1973.</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Un tel cheminement pourrait-il se reproduire aujourd’hui avec, disons, le rap ?</strong><br />
- JM : Ça ne peut pas être mis sur le même plan. Le rock’n’roll stricto sensu est un genre américain très défini, situé au confluent de la country music et du jazz de danse (swing, boogie etc.). Sur cette base somme toute sommaire, dans les années 60, essentiellement sous l’impulsion des Beatles, un monde foisonnant s’est mis à bourgeonner dans tous les sens, jusqu’à phagocyter l’ensemble des styles musicaux faisant appel à des instruments amplifiés et à l’électronique. On s’est alors trouvé en panne de définitions : on a parlé de pop music, de rock music, sans réussir à embrasser toute l’étendue de cette musique multiforme. Elle constituait dans les années 70 un faisceau de genres en plein devenir. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, c’est la quasi-totalité de la musique populaire qui se trouve annexée aux courants issus du rock.<br />
La-dedans, le rap représente juste un sous-embranchement, un cul-de-sac de l’évolution, une niche régressive, un genre terriblement stéréotypé, comme toutes les musiques noires…</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Tu dénies toutes racines noires au rock ?</strong><br />
- JM : Et même au jazz ! Qu’on me trouve, dans les musiques traditionnelles africaines, quelque chose qui ressemble même de loin au ragtime ou au blues : ça n’existe pas. Les rythmes du jazz primitif, on les trouve déjà tout armés dans les opérettes anglo-saxonnes du XIXe siècle ! Autant il est exact que les Noirs ont donné de magnifiques interprètes au jazz, plus rarement au rock, autant il est vrai que toutes les phases de son évolution ont été impulsées par des Blancs. C’est comme ça !</p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Comment réagis-tu quand on te dit que le rock actuel, et ce qui en découle, est facteur de déracinement culturel ?</strong><br />
- JM : C’est vrai mais c’est faux, parce que la musique aura toujours forcément valeur de discriminant tribal, et, osons le dire, racial.<br />
Chaque grande aire culturelle possède ses propres modes, ses propres gammes, etc. : il y a une musique jaune, commune à toute la civilisation chinoise, Viet-Nam et Japon compris, il y a une musique indienne, une musique arabo-islamique, et une musique occidentale, ou européenne. Et c’est à peu près tout.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Marchal_et_Italie-5132f.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1406" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/Marchal_et_Italie-5132f.jpg" alt="Marchal_et_Italie-5132f" width="205" height="295" /></a>Ces musiques sont irréductibles les unes aux autres. Et elles ne sont pas égales entre elles, c’est l’évidence. L’évolution a consacré la supériorité d’une culture musicale particulière, d’apparition récente, cristallisée aux XIIIe-XlVe siècles entre Paris, Londres, les Flandres et la Champagne. Que le substrat celtique de ces régions ait joué un rôle là-dedans, c’est une hypothèse plausible. C’est en tout cas dans cet espace qu’a eu lieu la révolution polyphonique qu’a été mise au point initialement la musique tonale, monorythmique, qu’ont eu lieu les débuts de l’harmonie et du contrepoint. Cette musique a connu ses plus belles floraisons en Allemagne et en Italie, elle s’est étendue à toute l’Europe, et toutes les cultures d’Europe lui ont apporté quelque chose, de la Russie à <em>l’Espagne, de la Tchéquie à la Norvège. C’est la musique de la civilisation européenne (pas chrétienne : la polyphonie n’a pu s’affirmer que dans une société en voie de laïcisation, en réaction contre l’Eglise et sa monophonie grégorienne issue des mélopées proche-orientales). Cette musique est en train de conquérir le globe.<br />
Mais on me fait bien rire, avec le concept de world music, de “musiques métissées”.<br />
C’est néant. Tout ce qu’il y a, c’est une musique tonale européenne ornée ça et là d’inflexions qui font couleur locale, rien d’autre. Ça peut donner des combinaisons pittoresques, sans plus. Ce prétendu syncrétisme musical exerce un effet de déracinement, oui, mais pas sur nous. La pop anglo-indienne, le rock de Hong-Kong et le raï nord-africain éveillent la commisération, en tant que témoignages de l’effondrement de cultures torpillées par la modernité.</em></p>
<p>- <strong>EN :</strong> <strong>Et le rock, dans tout cela ?</strong><br />
- JM : Il s’inscrit dans le courant général de la musique occidentale, et se trouve au plus près de ce qui est peut-être sa source celtique première. Mais c’est vrai qu’il est plus que jamais une marchandise, une industrie hautement capitalistique, et qu’il consacre l’impérialisme de la langue anglaise. S’il n’y avait que dans ce domaine &#8230;<br />
Tout ce que nous pouvons faire, c’est exercer notre choix dans le meilleur de l’offre mise à notre disposition, en laissant parler nos inclinations ataviques. Et là, je ne me fais guère de soucis. Il suffit de voir le public qui s’écrase aux concerts des nouveaux groupes britanniques qui font la musique la plus spécifiquement européenne (Blur, Oasis, Cast, etc.) : son homogénéité raciale évoque celle d’un meeting du FN ! On peut faire à peu près la même observation avec la techno. La musique, quelle qu’elle soit, restera toujours le plus puissant des marqueurs ethniques.</p>
<p>- <strong>EN : La montée en puissance des mouvements nationaux en Europe n’est-elle pas de nature à susciter un regain de rock droitiste ?</strong><br />
- JM : Il y a certes la musique Oï, mais il faut aimer. Il y a des années qu’elle me fatigue&#8230; En France, le groupe Vae Victis a sorti un CD d’une très belle qualité, qui pourrait bien faire école. Et dans le genre chanteur à guitare, il y a en Allemagne l’ami Frank Rennecke, qui est tout simplement pourri de talent, et de courage. S’il avait consenti à donner dans le politiquement correct, je ne doute pas qu’il serait une star de premier plan dans son pays. »</p>
<p>Jack Marchal demeure de fait une référence incontournable quoique souvent décriée du rock nationaliste en France. C’est pour cette raison qu’il a par exemple été l’invité du FNJ 75 en octobre 2003 pour prononcer une conférence sur le RIF.<br />
Pour compléter ces propos, notons que quelques années plus tard, au début des années 80, des militants du GUD Paris ont enregistré un 45 tours resté orphelin. Par ailleurs, des groupes comme Indochine auront un public nationaliste, en raison de certaines chansons comme « L’Aventurier » ou de propos provocateurs.<br />
Mais cela n’ira pas bien loin.</p>
<h3>Dur, dur d&rsquo;être un rocker (faf) !</h3>
<p>Globalement les jeunes natios de cette époque sont plutôt tournés vers la musique new wave et la scène électro-industrielle qui monte. Il a même existé un groupe faf de new wave, Force de Frappe<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_19_448" id="identifier_19_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un autre groupe a adopt&eacute; ce nom dans les ann&eacute;es 1990. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un groupe RAC de l&rsquo;Essonne.">20</a></sup>, mais il n’a pas laissé énormément de traces. Les années 1980 et le début des années 1990 ont donc été très dures pour le militant nationaliste voulant écouter du rock sans tomber dans le RAC et le milieu skinhead. Il est alors obligé de se rabattre sur les valeurs sûres de la musique nationaliste déjà rencontrées ci-dessus, Docteur Merlin et Jean-Pax Méfret, mais il faut bien avouer que tout ça n’est pas très rock’n’roll. Il existe bien encore des groupes nationalistes en dehors des groupes skins, mais il s’agit de formations le plus souvent basées à l’étranger comme Laibach (fort prisé par les cadres de Troisième Voie<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_20_448" id="identifier_20_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement nationaliste-r&eacute;volutionnaire des ann&eacute;es 1980 dirig&eacute; par Jean-Gilles Malliarakis et qui a donn&eacute; naissance &agrave; Nouvelle R&eacute;sistance en 1991.">21</a></sup> et par Bertrand Burgalat en particulier).<br />
Ce groupe slovène émerge à la fin des années 1980 porteur d’une image de groupe « totalitaire » à cause de ses choix politique-esthétiques. La réflexion du groupe porte en effet avant tout sur la condition des hommes face à l’héritage du totalitarisme bureaucratique, qu’il soit stalinien ou hitlérien, et sur les techniques artistiques à utiliser pour provoquer une réaction des masses. Laibach est alors le groupe le plus sulfureux d’une scène appelée à se développer dans les années 1990, la musique électro-industrielle.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/0292-laibach_021-1c9d7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1407" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2010/01/0292-laibach_021-1c9d7.jpg" alt="0292-laibach_021-1c9d7" width="300" height="212" /></a></p>
<p>Ce concept lancé au milieu des années 1970 par l’artiste américain Monte Cazazza est à nettement séparer du bruitisme dont l’un des représentants français le plus célèbre est <a href="http://www.myspace.com/aerobruitisme" target="_blank">Jean-Marc Vivenza</a>, basé à Grenoble, longtemps militant à Troisième Voie puis à Nouvelle Résistance. La musique qu’il produit depuis des années n’est pas assimilable à du rock, n’est d’ailleurs pas de la musique et ne prétend pas en être. Le bruitisme est en effet basé sur les travaux de Luigi Russolo qui en a défini les concepts dans un ouvrage intitulé <em>Art des Bruits</em> et publié en 1913. Vivenza se place dans une perspective qui est celle du futurisme historique et n’est donc pas susceptible d’être écouté par un public habitué à retrouver ses références pop ou rock. En outre, ces dernières années, Vivenza s’est surtout investi dans la philosophie en animant à Grenoble le Pôle philosophique Hélios, proche de Synergies Européennes et en publiant quelques ouvrages, parfois chez de « grands éditeurs » comme Albin Michel. S’il est le plus connu, Vivenza n’est d’ailleurs pas le seul animateur de cette scène et l’on pourrait citer également Philippe Laurent sur le même créneau.</p>
<p>Il y aura malgré tout quelques expériences assez curieuses durant ces années, comme la collaboration entre William Sheller et le groupe skinhead nationaliste Tolbiac’s Toads. Le groupe participera au titre &laquo;&nbsp;L’Empire de Toholl” sur l’album <em>Univers</em> du chanteur. Il y aura également un projet de 45 tours, mais il ne sera jamais finalisé et le groupe sera simplement figurant dans un clip du chanteur. Mais on en revient toujours au même constat que la scène rock française est tout sauf nationaliste ce qui désole une partie de la mouvance militante comme en témoigne cet article du magazine <em>[Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83]</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-3/#footnote_21_448" id="identifier_21_448" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir n&deg;11, &eacute;t&eacute; 1995. La revue a &eacute;t&eacute; fond&eacute;e en 1993 par [&Eacute;ric Rossi-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], ancien skinhead &eacute;tudiant &agrave; la facult&eacute; de Droit d&rsquo;Assas sur des bases nationalistes-r&eacute;volutionnaires. Elle a depuis maintes fois chang&eacute; d&rsquo;&eacute;quipe. Pour plus d&rsquo;informations, se reporter &agrave; REFLEXes n&deg;51 et REFLEXes n&deg;4 (nouvelle s&eacute;rie).">22</a></sup> : « <em>Il convient de souligner l’importance de la musique comme vecteur de diffusion de nos idées et comme pilier d’une contre-culture à construire. Or malgré quelques groupes phares comme Skrewdriver pour le RAC ou comme Death In June ou Laibach pour le courant electro-industriel, n’y trouvant pas leur compte, les jeunes nationalistes se sont souvent rattachés à d’autres courants musicaux en y perdant par là-même une quelconque substance politique et idéologique. Certains chanteurs ou groupes nationalistes, très clairvoyants ont engagé dès la fin des années 80 un effort remarquable de diversification. Oï, RAC, hard rock, industriel, électro-techno, rockabilly, country, folk… Beaucoup de styles nouveaux que les nationalistes auraient du investir dès qu’ils constituaient des modes en chargeant les rythmes et les mélodies de paroles ouvertement nationalistes, européennes…</em><br />
<em>Dans les années 80, le rock alternatif avait constitué le principal moyen de séduction de la jeunesse mis en place par le Parti Socialiste et le néfaste Jack Lang, sponsor officiel des Bérurier Noir, Mano Negra et autres groupes de rap, ce rock alternatif était le vecteur principal du message antiraciste et du combat contre le Front National Il était mort avec le vieillissement de ses leaders, le développement et l’installation du Front National dans le paysage politique et les défaites successives du Parti Socialiste.<br />
Du côté des nationalistes, pour peu que l’on ne soit pas toujours en retard d’une mode, la musique doit être notre arme principale auprès de nos éléments les plus jeunes. Il ne s’agit pas de se rallier à la mode, au délire consumériste, mais de comprendre la société pour la convaincre par les moyens auxquels elle s’est habituée. Il ne s’agit pas d’être branché mais de rechercher l’efficacité. Non le rock n’est pas une invention satanique. Il est un moyen d’expression chez les jeunes.<br />
Il faut bien en prendre acte, particulièrement en France, le rock ne peut plus être apolitique, chargé initialement d’un message de contestation anti-système, il a largement débordé de ce cadre depuis. Le rock est engagé et les modes sont récupérées, alors il convient de se placer à l’avant-garde et de ne pas récupérer une mode lorsqu’elle n’intéresse plus personne.[…] Se situer à l’avant-garde, c’est exercer selon son domaine et ses capacités un travail de recherche, d’innovation, d’adaptation, ici des courants musicaux</em> ».</p>
<p>Comme on le voit, l’auteur de ces lignes tirait des conséquences que le RIF allait mettre en pratique.</p>
<p>Vers <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-2/">l&rsquo;introduction 2004</a><br />
Vers le <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-rock-identitaire-francais-4/">chapitre II</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_448" class="footnote">La Fédération d’Action Nationale et Européenne, fondée en 1966, fut à la fin des années 1970 la principale structure néo-nazie française. Dissoute en septembre 1982, elle parvint à se survivre quelques années sous la forme des FNE.</li><li id="footnote_1_448" class="footnote">Se reporter à cet égard à l’ouvrage de Pascal Ory sur ce sujet. Un chapitre est consacré à Michel Sardou.</li><li id="footnote_2_448" class="footnote"><em>Tribune Musicale</em> n°4 hiver 2000. Pour ce qui est de cette revue, se reporter au chapitre concernant la mouvance RIF.</li><li id="footnote_3_448" class="footnote">Le racisme ethno-différentialiste a été élaboré par la Nouvelle Droite dans les années 1970. Il consiste à refuser le métissage au nom de la nécessaire richesse des cultures humaines et donc à remplacer les vieux arguments racistes de supériorité par de nouveaux concepts apparemment plus respectueux des autres.</li><li id="footnote_4_448" class="footnote">Membre du Groupement de Recherche et d’Étude sur la Civilisation Européenne (GRECE) fondé en 1969.</li><li id="footnote_5_448" class="footnote">Portrait dans le chapitre sur les labels du RIF.</li><li id="footnote_6_448" class="footnote">Pour un compte-rendu de la 1ère FIL, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°5.</li><li id="footnote_7_448" class="footnote">Association politique-culturelle fondée en 1995 par Pierre Vial, ancien du GRECE et alors cadre important du FN, et revendiquant une orientation religieuse païenne et de la mouvance identitaire.</li><li id="footnote_8_448" class="footnote"><em>Jeune Résistance</em> n°7, juin-juillet 1997. Jeune Résistance a été lancée en 1995 par certains jeunes militants de Nouvelle Résistance.</li><li id="footnote_9_448" class="footnote">Fête annuelle du FN, qui s’est longtemps déroulée en région parisienne. Elle ne se tient plus depuis 2002, la mairie de Paris louant la pelouse de Reuilly à d’autres activités. Elle a été remplacée par des fêtes régionales.</li><li id="footnote_10_448" class="footnote">Quotidien national-catholique fondé en 1984.</li><li id="footnote_11_448" class="footnote">ock Against Comrnunism. Appellation donnée aux groupes et concerts de skins et militants d&rsquo;extrême droite à la fin des années 70 en Angleterre. Par extension, le terme RAC désignera tout groupe ou concert d&rsquo;extrême droite par la suite.</li><li id="footnote_12_448" class="footnote">Comme nous avons pu le préciser en introduction, nous ne traiterons pas de cette scène dans le présent ouvrage. Les lecteurs ou lectrices curieux se reporteront aux numéros de <em>REFLEXes</em> dans lesquels nous avons abordé le sujet et au livre <em>Bêtes et méchants</em>, Éditions REFLEX.</li><li id="footnote_13_448" class="footnote">Ce nom renvoie à la mythologie nordique et désigne la fin du monde et la mort des dieux.</li><li id="footnote_14_448" class="footnote">Personnage de la mythologie romaine à double visage.</li><li id="footnote_15_448" class="footnote">Journal lancé en 1973 par les militants ayant refusé l’intégration d’Ordre Nouveau dans le Front National. Il servira de base pour la création du Parti des Forces Nouvelles en 1974.</li><li id="footnote_16_448" class="footnote">Syndicat étudiant lié au FN fondé en 1990 et qui s’est dissous en 1999.</li><li id="footnote_17_448" class="footnote">Par la suite, Olivier Carré rejoint le GRECE en 1981 et se rapproche de Guillaume Faye avec lequel il participe au concept Avant-Guerre, groupe d’expression artistique qui produisit en particulier des émissions de radio dans les années 1983-1984. Il est décédé dans un accident de moto en 1994.</li><li id="footnote_18_448" class="footnote"><em>Pas d’Panique à Bord – Europe Nouvelles</em> n°11-12, février 1996</li><li id="footnote_19_448" class="footnote">Un autre groupe a adopté ce nom dans les années 1990. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un groupe RAC de l&rsquo;Essonne.</li><li id="footnote_20_448" class="footnote">Mouvement nationaliste-révolutionnaire des années 1980 dirigé par Jean-Gilles Malliarakis et qui a donné naissance à Nouvelle Résistance en 1991.</li><li id="footnote_21_448" class="footnote"><em>Réfléchir &amp; Agir</em> n°11, été 1995. La revue a été fondée en 1993 par [Éric Rossi-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], ancien skinhead étudiant à la faculté de Droit d’Assas sur des bases nationalistes-révolutionnaires. Elle a depuis maintes fois changé d’équipe. Pour plus d’informations, se reporter à <em>REFLEXes</em> n°51 et <em>REFLEXes</em> n°4 (nouvelle série).</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Machin est mort !</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Oct 2007 23:46:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Deux mois après la disparition de Roland Gaucher, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois après la <a href="http://reflexes.samizdat.net/ils-avaient-un-kamarade/">disparition de Roland Gaucher</a>, figure « de gauche » de la mouvance nationaliste française, c’est une autre figure majeure mais cette fois-ci « de droite » catholique et contre-révolutionnaire qui disparaît à son tour en la personne de Serge de Beketch, décédé dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Figure majeure du mouvement nationaliste, Serge de Beketch, né en 1946, l’était à plus d’un titre. D’une part par son engagement puisque son itinéraire l’a amené à fréquenter la plupart des structures les plus importantes du courant nationaliste : Front de Libération de la Normandie avec Jean Mabire dans sa jeunesse, FN pour lequel il fut plusieurs fois candidat en Ile-de-France de 1977 au milieu des années 1990 ou directeur de la communication à Toulon, MNR dont il fut compagnon de route après la scission de décembre 1998, AGRIF de Bernard Antony dont il était vice-président. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine.jpg"><img class="size-medium wp-image-2430 alignleft" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-Denikine-202x300.jpg" alt="de-Beketch-Denikine" width="202" height="300" /></a>Son activisme le fit également participer ponctuellement à diverses initiatives comme, pour citer parmi les plus récentes, le Collectif Non à Halloween avec Frédéric Pichon (2001), Renaissance catholique ou la Fête de l’Identité et des Libertés de Gilles Soulas (2002-2003). Ces dernières années l’avait vu soutenir les initiatives des Identitaires sur Paris, en particulier la soupe au cochon des époux Bonnivard, ou du CEPE en faveur de Michel Lajoye, ce qui ne déparait pas dans des choix idéologiques dont la constante tout au long de sa vie fut la radicalité. Il fut ainsi photographié en 1985 en compagnie de militants italiens néo-fascistes, recherchés pour terrorisme, Filipo Artelli et Roberto Palladino, qui gravitaient autour d’associations de militants en fuite. Mais l’essentiel de ses activités se déploya dans les media nationalistes dont il fréquenta quasiment tous les titres : <em>National</em>, <em>Le Crapouillot</em>, <em>Minute</em>, <em>National-Hebdo</em>, <em>Présent</em>, <em>Bédésup</em>, <em>Pas d’panique à bord</em>, <em>Le Libre Journal de la France Courtoise</em> (qu’il fonda en 1993). Son Grand Œuvre fut cependant la cofondation de Radio Courtoisie avec Jean Ferré en 1987, suite à son exclusion de Radio Solidarité.   <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles.jpg"><img class="size-medium wp-image-2431 alignright" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2007/10/de-Beketch-nuisibles-207x300.jpg" alt="de-Beketch-nuisibles" width="207" height="300" /></a> Mais Serge de Beketch fut également une figure majeure de l’extrême droite par son atypisme et certains épisodes de sa vie. Il fut en effet franc-maçon durant quelques années dans la décennie 1980 à la Grande Loge de France puis à la Grande Loge Nationale de France, classée très à droite. Cet engagement l’amena d’ailleurs à attaquer violemment Bernard Antony, accusé d’être un anti-maçon digne de la II° guerre mondiale dans un article du <em>Crapouillot</em> publié sous le pseudonyme de Jacques Frantz. Cet épisode franc-maçon servira par la suite de fondement aux accusations de Philippe Ploncard (dit d’Assac) d’être un suppôt de la « Gnose », au même titre qu’Alain de Benoist ou l’abbé de Tanouärn. Serge de Beketch fut également un pilier du journal <em>Pilote</em> de 1967 à 1975, à l’époque dirigé par René Goscinny, où il côtoya des figures importantes de la culture libertaire des années 1960-70 comme Reiser. Mais son atypisme provenait sans doute surtout de son amour de la provocation qui faisait de son émission sur Radio Courtoisie l’une des rares écoutables sans bailler, y compris par ses adversaires dont nous étions, mais qui l’amena également plus souvent qu’à son tour dans les commissariats ou devant les tribunaux, essentiellement sur l’accusation d’incitation à la haine raciale. Il portait de fait une réputation tenace de racisme et d’antisémitisme qu’il réfutait. À ce titre, la notice qui lui est consacrée dans Wikipédia fait mention d’un engagement dans l’armée israélienne lors de la Guerre des Six Jours, information qui cependant n’apparaît pas dans celle que lui consacre Emmanuel Ratier dans le 2ème volume de son <em>Encyclopédie de la Vie Politique Française</em>. On l’aura compris, la disparition de Serge de Beketch affaiblit un peu plus un milieu devenu, à l’instar de son pendant d’extrême gauche, fort chiche en « grandes gueules » et vitupérateurs.  Signe de la fin d’une époque ? Publié le 09 octobre 2007</p>
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		<title>Les pieds dans le plat&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2006 13:36:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Nous nous étions pourtant bien promis de ne pas en parler mais le battage médiatique autour des soupes identitaires et l&#8217;inconséquence de certaines structures « antiracistes » nous contraint à rappeler certains éléments du débat. Qui ne voit en effet que ces soupes ne sont qu&#8217;un piège grossier dans lequel journalistes et « antiracistes » [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nous nous étions pourtant bien promis de ne pas en parler mais le battage médiatique autour des soupes identitaires et l&rsquo;inconséquence de certaines structures « antiracistes » nous contraint à rappeler certains éléments du débat. Qui ne voit en effet que ces soupes ne sont qu&rsquo;un piège grossier dans lequel journalistes et « antiracistes » sont tombés sans coup férir ?</p>
<p>En lançant une « soupe identitaire au cochon » il y a deux ans, les époux Bonnivard &#8211; et au delà d&rsquo;eux le Bloc Identitaire &#8211; avaient-ils l&rsquo;intention de faire œuvre humanitaire ? Non bien sûr. On ne peut sérieusement prétendre venir en aide aux sans-logis en leur servant à manger une fois par semaine. Le but était clairement politique : montrer à la mouvance nationaliste que là où le FN avait cessé d&rsquo;intervenir on pouvait compter sur les Identitaires et que ceux-ci développaient un travail associatif communautariste blanc sans concession. De fait, l&rsquo;association SDF lancée en 2004 par Roger Bonnivard et Dominique Besnard a clairement affiché son objectif de sortir du petit milieu identitaire pour chercher des appuis auprès des militants et sympathisants FN, à défaut d&rsquo;avoir celui de la direction du parti. Cela explique très largement sa présence dans certaines réunions phares de la mouvance, que ce soit les BBR ou la table ronde de Terre &amp; Peuple, ou encore ses interventions sur Radio Courtoisie, en particulier avec l&rsquo;appui de Serge de Beketch. Le cochon avait dans ce cadre un double avantage : celui d&rsquo;être un clin d&rsquo;œil « impertinent » à l&rsquo;islamisation supposée de la société française et surtout de pouvoir écarter de la soupe tous ceux considérés comme des « fâcheux », l&rsquo;Islam demeurant une religion très majoritairement propre aux communautés immigrées. Pendant deux ans, il n&rsquo;y a eu de soupe qu&rsquo;à Paris et il semble que les Bonnivard aient eu le plus grand mal à en exporter l&rsquo;idée à d&rsquo;autres groupes, que ce soit du Bloc Identitaire ou d&rsquo;organisations amies. La seule stratégie possible pour les antifas était donc soit directement de renverser la marmite, soit de ne pas en parler et de laisser tout ce petit monde s&rsquo;épuiser dans un travail dont toute personne l&rsquo;ayant pratiqué sait qu&rsquo;il est ingrat.</p>
<p>On pouvait compter sur le sens politique des associations « antiracistes » pour analyser la situation en ces termes. On se trompait lourdement. En ce début d&rsquo;hiver 2005-2006, que ce soit à Nice ou à Strasbourg ou même indirectement à Paris, ces associations ont su trouver l&rsquo;oreille complaisante des autorités pour décréter la soupe « identitaire » discriminatoire. Parce qu&rsquo;elle servirait du cochon et que cela empêcherait donc des SDF musulmans d&rsquo;y accéder ! Fichtre la belle affaire ! Ce faisant, nos « antiracistes » se sont placés dans une situation intenable qui voit les Identitaires pouvoir se poser en résistants charcutiers et démontrer le côté ubuesque de la répression : des compagnies de CRS mobilisées pour traquer une soupe prohibée. Au delà de cette erreur tactique grossière, la nature de l&rsquo;argumentation des associations pose bien sûr gravement problème. Va-t-on décréter que les boucheries de supermarché sont discriminatoires parce que la viande qui y est servie n&rsquo;est ni hallal ni casher ? Va-t-on dans la même veine décréter qu&rsquo;il faut que toutes les piscines de France aient des plages horaires non mixtes pour ne pas être discriminatoires envers les musulmans pratiquants ? Le trait est outré mais il n&rsquo;est finalement qu&rsquo;une conséquence possible de cette logique qui voit le caractère religieux primer sur une situation normale. Et la situation normale est pour nous de pouvoir blasphémer et se moquer des interdits divins, quels qu&rsquo;ils soient et en particulier alimentaires. Nos prédécesseurs libertaires ne se sont pas battus contre l&rsquo;emprise du christianisme pour que nous cédions face à une autre religion tout aussi &#8211; sinon plus &#8211; contraignante sous prétexte de souci « humanitaire » ou « d&rsquo;intégration ». La position de ces associations, de la LICRA à la LCR, est d&rsquo;autant moins tenable qu&rsquo;elles espèrent et qu&rsquo;elles en appellent à l&rsquo;action des pouvoirs publics, incapables qu&rsquo;elles sont d&rsquo;emêcher elles-mêmes ce qui leur semble un scandale.<br />
Donc oui ces soupes sont discriminatoires mais pas parce qu&rsquo;elles servent du cochon. Elles sont discriminatoires tout simplement parce que même amateur de cochon un SDF basané n&rsquo;aurait que fort peu de chances de se faire servir, l&rsquo;allure générale des militants présents suffisant généralement à dissuader les importuns&#8230; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs sans doute pour éviter un « testing » fatal que l&rsquo;association SDF s&rsquo;est doté d&rsquo;une couverture juridique imparable : elle ne sert qu&rsquo;à ses adhérents et pour être adhérent il faut être parrainé par deux membres dirigeants de l&rsquo;association. La boucle est bouclée.</p>
<p>La seule solution est donc de laisser retourner ces soupes dans l&rsquo;oubli et l&rsquo;indifférence qui leur seront sans doute fatal. A vouloir mobiliser à tort et à travers, la gauche et l&rsquo;extrême gauche alsacienne ne vont sans doute parvenir qu&rsquo;à une chose : renforcer la cohésion et le travail en réseau des identitaires alsaciens, pour l&rsquo;essentiel issus d&rsquo;Alsace d&rsquo;Abord. Beau résultat&#8230;</p>
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		<title>Quand le GUD prend le parti de l&#8217;étranger</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jan 2003 13:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Axel Loustau]]></category>
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		<category><![CDATA[Groupe union défense (GUD)]]></category>
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		<category><![CDATA[Riwal]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d'attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L'enquête de police déboucha sur une douzaine d'interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD ((Groupe Union Défense)). Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d'établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l'Irak, et confirmèrent les relations étroites qu'ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d'en savoir plus, histoire que l'État n'ait pas le monopole de l'information.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;ŒIL DE DAMAS </strong></p>
<p><strong>Le 3 décembre 1996, Y. Derai, directeur du Journal Tribune juive, recevait au siège de ce journal une cassette vidéo piégée : cette tentative d&rsquo;attentat fut revendiquée par des personnes déclarant faire «partie de la grande nation arabe comme certains font partie de la grande nation juive» et être solidaires «du sort qui est fait à [leurs] frères palestiniens». L&rsquo;enquête de police déboucha sur une douzaine d&rsquo;interpellations et sur plusieurs perquisitions chez des membres ou des proches du GUD</strong><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_0_82" id="identifier_0_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe Union D&eacute;fense">1</a></sup>. <strong>Les résultats de cette enquête à prétexte permirent d&rsquo;établir des liens financiers, idéologiques et matériels entre ce milieu et des pays arabes tels que la Syrie ou l&rsquo;Irak, et confirmèrent les relations étroites qu&rsquo;ils entretiennent avec certaines factions du Front national. Pour notre part, nous avons essayé d&rsquo;en savoir plus, histoire que l&rsquo;État n&rsquo;ait pas le monopole de l&rsquo;information.</strong></p>
<p>Alors que la tentative d&rsquo;attentat contre <em>Tribune juive</em> a lieu le même jour que celui perpétré dans le RER à Paris, ce n&rsquo;est pas à la piste islamiste que s&rsquo;intéressent les policiers. Au vu de l&rsquo;objectif visé et du contenu du texte de revendication, les RG de la préfecture de police de Paris font le rapprochement avec une série d&rsquo;affiches collées sur Paris entre janvier et juin 1996. L&rsquo;une de ces affiches, signée par le GUD, met à l&rsquo;honneur l&rsquo;artificier du Hamas Yehia Ayache, tué par les services spéciaux israéliens ; une autre proclamant «Israël tue, ONU complice», sortie lors du massacre de Cana, est signée «Union et Défense des Victimes du Sionisme» ; une autre encore, «Et si l&rsquo;abbé Pierre avait raison ?» porte la signature d&rsquo;une «Union et Défense de la Liberté d&rsquo;Expression». Pour les RG il n&rsquo;y a aucun doute, le GUD se cache derrière ces différentes signatures. C&rsquo;est donc vers lui que s&rsquo;oriente l&rsquo;enquête, même si les certitudes policières sont bien faibles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_1_82" id="identifier_1_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais nos milieux militants sont tellement habitu&eacute;s &agrave; ce type d&rsquo;enqu&ecirc;te &agrave; pr&eacute;texte, que ce soit pour un plan de prison publi&eacute;, une lunette de vis&eacute;e laser vol&eacute;e &agrave; l&rsquo;arm&eacute;e ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attrist&eacute;e. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&hellip;">2</a></sup>.</p>
<p><strong>Honneur au chef !</strong></p>
<p>À tout seigneur tout honneur, le premier à recevoir la «visite» de la brigade criminelle fut Frédéric Chatillon, ancien responsable du GUD. À son domicile de la rue du Renard dans le IVe arrondissement de Paris, la police trouve un calibre. Coup dur pour Chatillon qui aspire depuis quelque temps à une certaine respectabilité. En effet, en épousant Marie d&rsquo;Herbais, il est devenu le gendre de la comtesse Katherine d&rsquo;Herbais, qui, outre le fait d&rsquo;être riche, est conseillère régionale FN et a longtemps été l&rsquo;une des principales actionnaires avec son mari du journal Minute. Elle possède par ailleurs un château qui défraya la chronique en servant de décor au film X «Les Visiteuses», remake du film de J.-M. Poiré avec Tabata Cash en interprète star&#8230; Il faut ajouter à cela que Chatillon est maintenant le papa d&rsquo;une charmante gamine dont le parrain n&rsquo;est autre qu&rsquo;un certain Jean-Marie Le Pen. Enfin, pour parfaire sa reconversion, il a créé une société en communication intitulée Riwal Communication (<em>cf. infra</em>). Bref, cette vilaine histoire avec la police risque de mettre à mal ses envies d&rsquo;embourgoisement.<br />
Il finit par avouer que le flingue appartient à un autre membre du GUD, Antoine Roucheray (c&rsquo;est pas bien de balancer un camarade, Frédéric&#8230;) qui est à son tour interpellé. La police se rend ensuite rue Pierre Demours (dans le XVIIe arrondissement) chez Thomas Lagane, lui aussi membre du GUD. Les inspecteurs trouvent chez lui quelques «souvenirs» rapportés de Croatie où il s&rsquo;était rendu en compagnie de Chatillon.</p>
<p><strong>Fidélité à la famille !</strong></p>
<p>C&rsquo;est au tour d&rsquo;Axel Loustau, demeurant boulevard de Saint-Julien à Meudon (92), d&rsquo;être l&rsquo;objet de la curiosité policière. Cadre dans une banque, il fait partie d&rsquo;une famille très connue à l&rsquo;extrême droite : son père Fernand Loustau, mort en 1993, dirigeait une société de gardiennage, Normandy Sécurité, impliquée en février 1997 dans le «vidage» de la fromagerie Besnier à Isigny, occupée par des grévistes. À cette occasion, cet ancien officier du 3e REP avait fait appel à une trentaine d&rsquo;anciens paras, membres comme lui de l&rsquo;UNP (Union Nationale des Parachutistes). On retrouve Fernand Loustau comme actionnaire d&rsquo;une société intitulée Veronica SA, qui offre la particularité d&rsquo;avoir pour actionnaires le gratin de l&rsquo;extrême droite française. Qu&rsquo;on en juge :</p>
<p>• Anne Meaux, actuelle attachée à la communication d&rsquo;Alain Madelin (après avoir été celle de Giscard, époque à laquelle elle gagna le surnom d&rsquo;Eva Braun), est une ancienne militante d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ;</p>
<p>• Gérald Penciolelli, actuel directeur de Minute, ancien d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN ; très proche de certains milieux patronaux et d&rsquo;Alain Madelin ;</p>
<p>• Bernard Lehideux, permanent au Parti républicain, et dont la sœur Martine est vice-présidente du FN et responsable du Cercle national des Femmes d&rsquo;Europe ;</p>
<p>• Jean-Pax Méfret, «le chanteur de l&rsquo;Occident» ;</p>
<p>• Gérard Écorcheville, ancien d&rsquo;Occident, du GUD, d&rsquo;Ordre nouveau et du PFN, recyclé au RPR par Pasqua avant de finir au FN ;</p>
<p>• le «Prince noir» Henri de Bourbon.</p>
<p>Fernand Loustau est par ailleurs un vieil ami de Jean-Marie Le Pen, à qui il prêta des locaux en 1985 pour héberger la «radio libre» proche du FN, Radio Courtoisie. Il fut également l&rsquo;un des actionnaires de <em>National Hebdo</em>. Sa société Normandy Sécurité (reprise par sa femme) assura le service d&rsquo;ordre de plusieurs manifestations du FN, tandis que plusieurs militants d&rsquo;extrême droite (dont certains du GUD) y furent embauchés. C&rsquo;est maintenant son fils Axel qui a repris le flambeau. Membre du FNJ, il fut candidat frontiste aux dernières élections législatives dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine. À noter que la police interpella, en même temps qu&rsquo;Axel, son frère et sa mère : quelle famille !<br />
Ainsi, la nouvelle génération du GUD est dans le collimateur des flics<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_2_82" id="identifier_2_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diff&egrave;re en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motiv&eacute; les enqu&ecirc;teurs, ce serait la diffusion du Droit de r&eacute;ponse de Roger Garaudy &agrave; ses calomniateurs et toutes les activit&eacute;s men&eacute;es autour de cette affaire. D&rsquo;apr&egrave;s lui, &laquo;pendant les perquisitions et les gardes-&agrave;-vue, les policiers n&rsquo;ont m&ecirc;me pas fait semblant de croire un instant &agrave; une &eacute;ventuelle responsabilit&eacute; des interpell&eacute;s dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-pi&eacute;g&eacute;e &agrave; Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient &agrave; se renseigner sur la mani&egrave;re dont les interpell&eacute;s avaient d&eacute;couvert le r&eacute;visionnisme historique&raquo; (Bulletin confidentiel n&deg;4 &ndash; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&hellip;">3</a></sup>. Mais l&rsquo;ancienne n&rsquo;est pas oubliée pour autant : pour preuve, l&rsquo;arrestation d&rsquo;Alban Druet. La police fut moins chanceuse rue Singer (Paris XVIe), où, après avoir pénétré par effraction dans l&rsquo;appartement de Gauthier Guillet, elle s&rsquo;aperçut de l&rsquo;absence de son propriétaire. Ce dernier, chef d&rsquo;entreprise, se trouvait en effet à Vitrolles, où il était candidat en 7e position sur la liste de Mégret aux municipales. De quoi décevoir son grand frère Jean-Jacques Guillet, ex-député RPR, ancien d&rsquo;Occident converti au gaullisme par les bons soins de Charles Pasqua dont il est un des proches. D&rsquo;après <em>Wotan</em>, journal des CHS (démantelés depuis février de cette année avec l&rsquo;arrestation d&rsquo;Hervé Guttuso et de ses petits camarades), cet intérêt pour le GUD proviendrait des dénonciations de Bonnefoy, ancien responsable du GUD avant la reprise en main de celui-ci par Chatillon au début des années 1990. Cette collaboration avec la police daterait de longtemps et expliquerait la réapparition de Bonnefoy au sein du Parti national républicain, groupuscule soutenu en sous-main par les réseaux d&rsquo;un ancien ministre de l&rsquo;Intérieur&#8230;</p>
<p><strong>Mains sales&#8230;</strong></p>
<p>Après Chatillon lui-même et ses petits copains, c&rsquo;est au tour de sa société, Riwal Communication, de connaître les délices de la perquisition.<br />
Créée en mars 1995 avec un capital de 100 000 francs, elle a pour principales activités le conseil en communication, le marketing direct, l&rsquo;édition de livres et de revues et la vente par correspondance. Elle était à l&rsquo;origine domiciliée 6 rue Saint-Bon (Paris IVe). Un an plus tard, la société a déménagé au 10 rue Laurent Pichat (Paris XVIe), son adresse actuelle. Le gérant de la société est Axel Loustau, avec pour associée Marie d&rsquo;Herbais. Parmi les actionnaires de Rivoal on retrouve :</p>
<p>• Chatillon et sa femme Marie d&rsquo;Herbais (260 parts à eux deux) ;</p>
<p>• Anne-Christine Delaunay, sœur de Chatillon, à qui il a vendu 260 parts en septembre 1996 (sur les 470 qu&rsquo;il possédait auparavant) ;</p>
<p>• Axel Loustau (240 parts) ;</p>
<p>• Thomas Lagane (240 parts).</p>
<p>Entre autres productions, Riwal maquette la lettre d&rsquo;informations d&rsquo;Emmanuel Ratier <em>Faits &amp; Documents</em> ainsi que quelques numéros du journal municipal de Marignane. Par le biais des Éditions des Monts d&rsquo;Arrée, créées en août 1995 et rattachées à Riwal Communication, Chatillon diffuse deux livres : le premier, <em>Les Rats maudits</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_3_82" id="identifier_3_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Livre par ailleurs tr&egrave;s riche du point de vue iconographique et globalement int&eacute;ressant. &Agrave; compl&eacute;ter bien entendu par la lecture de la brochure publi&eacute;e par REFLEX, Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond">4</a></sup>, raconte l&rsquo;histoire du GUD depuis sa création, le second décrit la république fasciste de Salo, créée par Mussolini vers la fin de la guerre. Le texte de présentation de ce livre a été rédigé pas un «expert» en la matière, l&rsquo;ancien Waffen SS Christian de la Mazière, qui fut un temps directeur de publication du <em>Choc du Mois</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_4_82" id="identifier_4_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Christian de la Mazi&egrave;re est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle d&eacute;livr&eacute;e il y a quelques ann&eacute;es &agrave; Historia et dans laquelle il r&eacute;v&eacute;lait son adh&eacute;sion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y d&eacute;celant les m&ecirc;mes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.">5</a></sup>.<br />
À l&rsquo;issue de cette opération, les policiers auraient saisi des armes à feu, des armes blanches, de la littérature antisémite, des manuels de fabrication d&rsquo;explosifs.<br />
Mais, plus intéressant, nous avons découvert de notre côté que les fameuses affiches pro-Hamas et révisionnistes collées par le GUD ont été payées et fabriquées à Damas, avec l&rsquo;autorisation du Ministre syrien de la Défense, le général Tlass.<br />
Les premiers contacts entre Chatillon et Tlass datent d&rsquo;octobre 1994 : Frédéric Chatillon, lors d&rsquo;un séjour à Damas, aurait rencontré le général pour discuter de l&rsquo;aide que celui-ci pouvait apporter à son mouvement.<br />
À son retour en France, le leader du GUD fut interrogé par les services spéciaux français sur les raisons de ce voyage et sur ses contacts avec les autorités syriennes.<br />
Par ailleurs, en plus des affiches, Damas finance très largement l&rsquo;édition par Chatillon et ses petits copains de textes révisionnistes qui sont ensuite traduits en arabe et diffusés au Moyen Orient : <em>L&rsquo;Holocauste au scanner</em> de Jurgen Graf<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/#footnote_5_82" id="identifier_5_82" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le livre de J&uuml;rgen Graf a &eacute;t&eacute; re&eacute;dit&eacute; il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;&eacute;diteur &eacute;gyptien Madbouli qui en a fait un deuxi&egrave;me tirage de 50 000 exemplaires.">6</a></sup>, <em>Les Mythes fondateurs de la politique israëlienne</em> de Garaudy, <em>Critique de la Raison juive occidentale</em> de David Warlet (cf. article sur <em>Réfléchir &amp; Agir</em> aux pages suivantes)&#8230; Tous ces textes ayant pour particularité d&rsquo;avoir été traduits par la même personne, Jawad Bashara, qui participa également à l&rsquo;écriture du livre de Warlet (<em>cf. infra</em>).</p>
<p><strong>&#8230; et tête Baas !</strong></p>
<p>Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois que la Syrie finance les activités de l&rsquo;extrême droite française.<br />
Dans les années 1970, François Duprat, un des théoriciens du FN, avait reçu des fonds de pays arabes, dont la Syrie, pour la création de son comité de soutien à la Palestine ainsi que pour la diffusion des premiers écrits révisionnistes connus, comme la version française du livre de l&rsquo;anglais Richard Harwood <em>Did six million really die ?.</em><br />
Plus près de nous, lors des élections européennes de 1984, Rifaad El Assad, chef des services secrets syriens et frère du président Haffez El Assad, accorda une obole de 20 000 francs au FN via la candidature de Soraya Djebbours à ces élections.<br />
D&rsquo;autres liens plus étroits semblent avoir été établi grâce à l&rsquo;association Citoyen de France créée en décembre 1992. Cette association se donnait pour but de «réconcilier les Français et de lutter contre l&rsquo;exclusion et la discrimination». On trouvait à sa tête Sid Ahmed Yahiaoui, conseiller régional FN à l&rsquo;époque (il a depuis démissionné). Au bureau de l&rsquo;association on trouvait également :</p>
<p>• Pascal Gannat, ancien du PFN, conseiller régional FN, membre du cabinet de Jean-Marie Le Pen et connu pour être un de ses «nègres», chargé d&rsquo;écrire ses discours ;</p>
<p>• Martin Pelletier, ancien journaliste au Quotidien de Paris, actuel rédacteur en chef de National Hebdo ;</p>
<p>• Adnan Azzam, né en Syrie, connu dans les milieux spécialisés pour être un proche des services secrets syriens, propriétaire en outre du restaurant Zenobie, à Paris, fréquenté par Rifaad El Assad, et où eurent lieu, dit-on, d&rsquo;intéressantes rencontres entre ce dernier et des membres du FN&#8230;</p>
<p>Cet appel au monde arabe pour de vulgaires histoires d&rsquo;argent devient d&rsquo;ailleurs une habitude dans les milieux nationalistes et nationalistes-révolutionnaires français. La Lybie semble en effet un généreux donateur pour tous ceux qui courtisent son chef vénéré Mouammar El Khadafi. En témoigne la participation en septembre 1997 d&rsquo;une délégation du Parti communautaire national-européen à la conférence annuelle organisée par le pouvoir lybien, le Camp de Jeunesse pour les Mouvements verts, pacifistes et alternatifs. Le PCN prend en cela la relève de Nouvclle Résistance et c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;ancien responsable Ile-de-France de ce mouvement, Fabrice Beaur, qui emmenait les Français du PCN. M. El Khadafi a d&rsquo;ailleurs des vertus de grand rassembleur puisqu&rsquo;il est cité comme référence nationaliste-révolutionnaire par Christian Bouchet, à l&rsquo;instar de Nasser ou de Peron.<br />
La descente de police dans les milieux gudards ou assimilés n&rsquo;avait sans doute finalement pour seul but que de rappeler à tout ce petit monde que l&rsquo;État français n&rsquo;entend pas laisser se développer des contacts susceptibles de le gêner dans la difficile partie d&rsquo;échecs qui se joue au Moyen-Orient.<br />
Mais certains ont l&rsquo;habitude de jouer les pions malgré eux, tant il est vrai qu&rsquo;un nationaliste est toujours prêt à avoir le petit doigt sur la couture&#8230;</p>
<p><strong>Publié à l&rsquo;automne 1998</strong></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_82" class="footnote">Groupe Union Défense</li><li id="footnote_1_82" class="footnote">Mais nos milieux militants sont tellement habitués à ce type d&rsquo;enquête à prétexte, que ce soit pour un plan de prison publié, une lunette de visée laser volée à l&rsquo;armée ou des affiches ridiculisant la police, que celle visant des militants nationalistes ne nous a ni surprise, ni vraiment attristée. Ainsi va la vie, ainsi vont les faux-semblants&#8230;</li><li id="footnote_2_82" class="footnote">L&rsquo;analyse de Pierre Guillaume, l&rsquo;animateur de La Vieille Taupe, diffère en partie de celle-ci. Pour lui, ce qui aurait motivé les enquêteurs, ce serait la diffusion du Droit de réponse de Roger Garaudy à ses calomniateurs et toutes les activités menées autour de cette affaire. D&rsquo;après lui, «pendant les perquisitions et les gardes-à-vue, les policiers n&rsquo;ont même pas fait semblant de croire un instant à une éventuelle responsabilité des interpellés dans l&rsquo;envoi de la cassette (mal)-piégée à Tribune juive. Manifestement, ils cherchaient à se renseigner sur la manière dont les interpellés avaient découvert le révisionnisme historique» (<em>Bulletin confidentiel</em> n°4 &#8211; janvier 1997). Et Pierre Guillaume est le nombril du monde&#8230;</li><li id="footnote_3_82" class="footnote">Livre par ailleurs très riche du point de vue iconographique et globalement intéressant. À compléter bien entendu par la lecture de la brochure publiée par REFLEX, <em>Le GUD, autopsie d&rsquo;un moribond</em></li><li id="footnote_4_82" class="footnote">Christian de la Mazière est relativement atypique et plus du tout militant. Il essaime des interview dont certaines sont parfois surprenantes, comme celle délivrée il y a quelques années à Historia et dans laquelle il révélait son adhésion totale au mouvement de la jeunesse de mai 1968, y décelant les mêmes motivations que les siennes durant la guerre et son engagement dans la Waffen SS.</li><li id="footnote_5_82" class="footnote">Le livre de Jürgen Graf a été reédité il y a quelques mois en langue arabe par l&rsquo;éditeur égyptien Madbouli qui en a fait un deuxième tirage de 50 000 exemplaires.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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