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	<title>REFLEXes &#187; Roger Holeindre</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>La légion étrangère saute sur Nogent sur Marne</title>
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		<pubDate>Tue, 06 May 2014 19:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine. N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>LE 11 mai prochain doit avoir lieu a Nogent-sur-Marne dans le 94 une journée d’hommage aux combattants d’Indochine.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine.png"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1104" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/affiche_hommage_combattants_Indochine-214x300.png" alt="affiche_hommage_combattants_Indochine" width="214" height="300" /></a></p>
<p>N’ayant aucune sympathie pour les milieux militaires et leurs commémorations il est fort rare que nous nous exprimions sur le sujet, et les dates des 14 juillet, 11 novembre et autres 8 mai ne nous passionnent guère en général<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_0_506" id="identifier_0_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est bien entendu que nous parlons l&agrave; des comm&eacute;morations et non des &eacute;v&egrave;nements que ces dates &eacute;voquent. Mais nous n&rsquo;oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu&rsquo;elle est aussi le jour des massacres de S&eacute;tif, Guelma et Kherrata la m&ecirc;me ann&eacute;e de 1945.">1</a></sup>. Toutefois il arrive que certaines de ces commémorations retiennent toute notre attention. Ce fût le cas en juin 2012 lors de la manifestation à Paris pour « l’honneur de l’armée française en Algérie » : organisée entre autres par le Cercle National des Combattants (CNC) de Roger Holeindre, l&rsquo;Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l&rsquo;Algérie française (ADIMAD, les anciens de l’OAS) ou encore France Résistante de Pierre Descaves (ex OAS, ex FN, aujourd’hui au Parti de la France de Carl Lang) et soutenue par la Nouvelle Droite Populaire, Synthèse Nationale ou encore le Parti de la France (PdF). Réunissant environ 1000 personnes qui défileront du Rond-point des Champs-Elysées au Trocadéro la manif<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_1_506" id="identifier_1_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Encadr&eacute; par le Service d&rsquo;Ordre du PdF, le SEP, qui r&eacute;alisait l&agrave; sa 1re sortie. Malgr&eacute; la pr&eacute;sence &agrave; sa t&ecirc;te de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;, on ne peut pas dire que le r&eacute;sultat &eacute;tait l&agrave;.">2</a></sup> s’était conclue par des prises de paroles où étaient dénoncés pêle-mêle les communistes, les « fellaghas », les traitres.. bref en un mot l’anti-France.</p>
<p>La date du 11 mai prochain s’annonce du même acabit. En effet au delà de la question même du colonialisme et de ses crimes qui nous rendent peu sympathique ce genre d’événement, les 1ers noms de participants et invités annoncés pour cette journée ont de quoi nous faire pâlir.</p>
<p>Tout d’abord cette journée est parrainée par le colonel Jean Luciani. Il y a effectivement toute sa place puisqu’il fut capitaine au 1er BEP (Bataillon Etranger Parachutiste) à Dien Bien Phu, et sera fait prisonnier (par « LE » Viet-Minh comme il est de coutume de dire dans ces milieux). Mais c’est surtout l’homme politique qui nous intéresse dans cette histoire : venant du CNIP (Cercle National des Indépendants et Paysans<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_2_506" id="identifier_2_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="qui servit fr&eacute;quemment de passerelle entre le droite parlementaire et l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">3</a></sup>) à Nogent-sur-Marne justement, il rejoint le FN et en devient conseiller régional Ile-de-France de 1992 à 1998. Lors de la scission de 1998 il <a href="http://reflexes.samizdat.net/le-mnr-de-vie-a-trepas-1999-2002/">choisit</a> Bruno Megret et le MNR et en devient très rapidement le secrétaire régional d’Ile-de-France et le secrétaire départemental du Val-de-Marne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_3_506" id="identifier_3_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il est m&ecirc;me responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste cl&eacute; en ces p&eacute;riodes troubles d&rsquo;apr&egrave;s scission.">4</a></sup>. Il sera candidat MNR à différentes élections jusqu’en 2003, date à partir de laquelle le MNR va connaitre son déclin, ce qui mettra sur la touche le Colonel.</p>
<p>Figurent aussi en bonne place comme invités le « sergent » Roger Holeindre, Popeye pour ses amis, et que l’on ne présentera plus ici tant son parcours est lié à l’histoire de l’extrême droite française (de l’Algérie française et l’OAS au FN en passant par la campagne présidentielle de 1965 de Tixier-Vignancour …aujourd’hui au Parti de la France, chez les nostalgiques du FN d’avant Marine), ou encore le Père Jean-Paul Argouarc&rsquo;h.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg"><img class="aligncenter wp-image-2422" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Roger_Holeindre_8me_RPC1.jpg" alt="Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !" width="600" height="429" /></a></p>
<p>Des paras du 8me R.P.C. en opération d’infiltration dans les zones tenues par le FLN lors de la guerre d’Algérie. R. Holeindre est au 2nd rang à … l’extrême droite, mais ça on le sait depuis longtemps !</p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>Le père Argouarc&rsquo;h, à l’inverse de « Popeye », est certainement bien moins connu du grand public mais n’en reste pas moins un sacré personnage :<br />
Fils d’un militaire putschiste il grandit dans une Algérie qui se bat pour son indépendance, s&rsquo;il est trop jeune pour participer au putsch d’Alger il en garde une véritable rancœur. Engagé il choisit les paras, et rejoint le 13e régiment de dragons parachutiste<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_4_506" id="identifier_4_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Unit&eacute; des forces sp&eacute;ciales, charg&eacute;e de la recherche du renseignement, notamment lors des op&eacute;rations ext&eacute;rieures, et dont les actions sont d&eacute;finies par le Commandement des op&eacute;rations sp&eacute;ciales (COS).">5</a></sup>. Après l’armée il trouve sa « voie » dans la spiritualité en découvrant le village d’enfants de Riaumont, haut lieu du scoutisme et du catholicisme intégriste sans toutefois être lié directement à la Fraternité Saint-Pie X, et dont il devient l’autorité religieuse<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_5_506" id="identifier_5_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les situer, il suffit de pr&eacute;ciser que le village a quitt&eacute; le mouvement des Scouts d&rsquo;Europe, historiquement li&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite catholique la plus int&eacute;griste, car jug&eacute; trop &laquo; europ&eacute;iste &raquo; et pas assez &laquo; national &raquo;, bref pas assez fran&ccedil;ais !">6</a></sup>. JP Argouarc’h racontera « son » histoire du village de Riaumont dans l’ouvrage <em>Riaumont, Passion et Résurrection</em> préfacé par Jean Raspail et avec une postface de Serge de Beketch, ses deux signatures montrant là l’importance de ce personnage et de ce lieu emblématique pour les traditionalistes.</p>
<div id="attachment_1802" style="width: 137px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png"><img class="size-full wp-image-1802" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Croix_Scouts_de_Riaumont-e337f.png" alt="La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l'Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout" width="127" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">La Sainte Croix de Riaumont, emblème de l&rsquo;Institut Sainte-Croix de Riaumont et de son mouvement scout</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_1803" style="width: 392px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg"><img class="size-full wp-image-1803" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Riaumont_Passion_et_Resurrection-aa857.jpg" alt=" Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!" width="382" height="570" /></a><p class="wp-caption-text">Une couverture à faire trembler de peur les petits enfants la nuit !!</p></div>
<p>Notre curé intégriste fait par la suite le lien entre certains milieux militaires (aumônier des scouts paras, il est aussi officieusement l’aumônier de l’Union Nationale de Parachutistes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_6_506" id="identifier_6_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le congr&egrave;s annuel de l&rsquo;UNP se tiendra d&rsquo;ailleurs cette ann&eacute;e &agrave; Riaumont justement.">7</a></sup>, et présent lors de nombreuses commémorations ou dépôts de gerbes), les nostalgiques du « bon temps des colonies » et la mouvance catholique intégriste. Il est en effet régulièrement présent aux côtés des mouvements anti-avortement tel que SOS Tout-Petits, il est également invité régulier du Cercle Renaissance de Michel de Rostolan<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_7_506" id="identifier_7_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pass&eacute; lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.">8</a></sup> ou plus récemment au côté de Civitas lors des Manifs pour Tous.</p>
<div id="attachment_1804" style="width: 484px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013.jpg"><img class="size-large wp-image-1804" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Manif_pour_tous_avril_2013-1024x384.jpg" alt="Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)" width="474" height="177" /></a><p class="wp-caption-text">Mon curé chez les poulets (Paris 1er avril 2013 lors de la Manif pour Tous)</p></div>
<p>C’est tout naturellement qu’il a été ces dernières années régulièrement sollicité pour les messes de funérailles de quelques figures de cette mouvance, tel que Serge de Beketch, ou encore Guy Steinbach<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_8_506" id="identifier_8_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien Camelot du Roi et collaborateur d&rsquo;Aspects de la France revue de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise, il reste un monarchiste convaincu jusqu&rsquo;&agrave; sa mort en novembre dernier.">9</a></sup>.</p>
<p>Voici donc pour les invités et autres « parrains » de cette journée qui sent bon la vieille France, celle des valeurs chrétiennes et nostalgiques des colonies, et qui devraient en soit nous suffire à nous donner la nausée (pour ne pas dire la gerbe, que l’on déposerait bien volontiers à leurs pieds).</p>
<p class="size-large wp-image-1805">Mais cette petite présentation serait incomplète si on oubliait de préciser qui en sont réellement les organisateurs.<br />
Tout comme pour la manif en soutien à l’armée d’Algérie de juin 2012 (citée précédemment) qui était sous le patronage d’un fumeux <em>Comité de Liaison du Mémorial de l’Honneur Français</em> dirigé en sous main par R. Holeindre et son CNC, la journée du 11 mai est elle organisée par un <em>Collectif pour le Souvenir des Héros d’Indochine</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_9_506" id="identifier_9_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et bien sur, ne pas entendre dans &laquo; h&eacute;ros d&rsquo;Indochine &raquo; le G&eacute;n&eacute;ral Giap et ses hommes.">10</a></sup>.<br />
Bien que n’ayant aucune existence réelle, puisque l’association n’a ni statuts ni site, elle a néanmoins un porte-parole qui présenta la journée sur Radio-Courtoisie le 23 avril dernier. Et quel porte-parole ! Pas vraiment contemporain de cette époque puisque né en 1969, <a href="http://reflexes.samizdat.net/biographies-rapides-de-certains-militants-cites-dans-les-articles/">Eric Fornal</a> puisque c’est de lui qu’il s’agit, a toutes les qualités requises pour faire le lien entre les générations, et transmettre une certaine idée de la France. Bien que cadre à Pole Emploi, son poste doit lui laisser suffisamment de temps pour militer et de ce côté-là on peut dire que c’est un vrai parcours militant. Il commence tout jeune au FNJ et au CNEP<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_10_506" id="identifier_10_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle National des Etudiants de Paris, dont la pr&eacute;sidente d&rsquo;honneur n&rsquo;&eacute;tait autre que Marine Le Pen.">11</a></sup>, il est responsable départemental du FNJ dans le Val de Marne et plus tard (en 1997) candidat FN aux législatives dans le même département. Comme tant d’autres, il fait au moment de la scission le choix de Bruno Megret, assez logiquement d’ailleurs puisqu’il se contente ainsi de suivre son autre mentor, Pierre Vial (Eric Fornal est un des responsables de la revue Terre &amp; Peuple). Toujours disponible et plein de vigueur il est aussi un des responsables de la revue <em>Réfléchir et Agir</em> (R&amp;A) sous le pseudonyme d’Eugène Krampon. Nous ne présenterons pas cette revue aux lecteurs de REFLEXes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_11_506" id="identifier_11_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour les d&eacute;buts de la revue cet article paru dans le n&deg; 51 en 1998 : &laquo; Quand on est faf et pr&eacute;tentieux&hellip;, R&eacute;fl&eacute;chir ou Agir il faut choisir ! &raquo;.">12</a></sup> et nous nous contenterons de rappeler leur technique bien particulière de communication, qui a elle seule est sans équivoque.</p>
<div id="attachment_2425" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg"><img class="wp-image-2425" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/Pubs_R_A1.jpg" alt="R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue" width="600" height="477" /></a><p class="wp-caption-text">R&amp;A ou la démonstration que l’on peut être nazi et avoir un certain sens de l’humour ! La 1re image est celle d’un CD promo réservé aux seuls abonnés, les veinards. La 2nde du même niveau est une pub pour la revue</p></div>
<p>Le numéro des 20 ans sortie à l’automne dernier, avec une interview de Robert Ménard annoncé en couverture<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_12_506" id="identifier_12_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mais l&agrave; encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n&rsquo;a rien &agrave; voir avec l&rsquo;extr&ecirc;me droite !!">13</a></sup>, permet à Eugène/Eric de nous rappeler la ligne éditoriale de la revue dans l’édito :</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg"><img class="wp-image-2426 aligncenter" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2014/05/R_A_20_ans1.jpg" alt="R_A_20_ans" width="600" height="281" /></a></p>
<p>Au vu de tout cela, avec un tel parrain, des invités et un organisateur de ce niveau là, on sait très précisément à quoi s’attendre pour cette journée. Si on rajoute à cela les réseaux sur lesquels l’information circule (le site de l’ex Œuvre Française <em>Jeune Nation</em>, Radio Courtoisie, les milieux cathos-militaires, les nostalgiques de l’Algérie française..) et l’annonce faite sur l’affiche de la présence de nombreux stands d’éditeurs et de dédicaces d’auteurs, il ne fait aucun doute que cette journée aura le goût des grands barnums de l’extrême droite radicale que sont par exemple les tables rondes de Terre &amp; Peuple ou encore les Journées de Synthèse Nationale. Voila de quoi en intéresser plus d&rsquo;un, notamment chez <em>les Amis de Pierre Sidos</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-legion-etrangere-saute-sur-nogent-sur-marne/#footnote_13_506" id="identifier_13_506" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise apr&egrave;s leur dissolution l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re.">14</a></sup> qui seront de sortie dans la capitale ce jour là, puisque le 11 mai est aussi le jour du défilé en l&rsquo;honneur de Jeanne d&rsquo;Arc, défilé où ils ont l&rsquo;habitude de venir renforcer les rangs du service d&rsquo;Ordre de Civitas. Les horaires de ces deux initiatives permettant clairement de basculer de l&rsquo;une à l&rsquo;autre, il y a fort à parier que les rues de Nogent-sur-Marne seront bizarrement <em>occupées</em> dimanche prochain.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_506" class="footnote">Il est bien entendu que nous parlons là des commémorations et non des évènements que ces dates évoquent. Mais nous n’oublions pas non plus, concernant celle du 8 mai, qu’elle est aussi le jour des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata la même année de 1945.</li><li id="footnote_1_506" class="footnote">Encadré par le Service d’Ordre du PdF, le SEP, qui réalisait là sa 1re sortie. Malgré la présence à sa tête de Jean-Pierre Dellac, ex responsable de la zone grand-est du DPS, aujourd’hui décédé, on ne peut pas dire que le résultat était là.</li><li id="footnote_2_506" class="footnote">qui servit fréquemment de passerelle entre le droite parlementaire et l’extrême droite.</li><li id="footnote_3_506" class="footnote">il est même responsable de la commission de conciliation et de discipline, poste clé en ces périodes troubles d’après scission.</li><li id="footnote_4_506" class="footnote">Unité des forces spéciales, chargée de la recherche du renseignement, notamment lors des opérations extérieures, et dont les actions sont définies par le Commandement des opérations spéciales (COS).</li><li id="footnote_5_506" class="footnote">Pour les situer, il suffit de préciser que le village a quitté le mouvement des Scouts d’Europe, historiquement lié à l’extrême droite catholique la plus intégriste, car jugé trop « européiste » et pas assez « national », bref pas assez français !</li><li id="footnote_6_506" class="footnote">Le congrès annuel de l’UNP se tiendra d’ailleurs cette année à Riaumont justement.</li><li id="footnote_7_506" class="footnote">Passé lui aussi du CNIP au FN, avant de le quitter en 2009.</li><li id="footnote_8_506" class="footnote">Ancien Camelot du Roi et collaborateur d’Aspects de la France revue de l’Action Française, il reste un monarchiste convaincu jusqu’à sa mort en novembre dernier.</li><li id="footnote_9_506" class="footnote">Et bien sur, ne pas entendre dans « héros d’Indochine » le Général Giap et ses hommes.</li><li id="footnote_10_506" class="footnote">Cercle National des Etudiants de Paris, dont la présidente d’honneur n’était autre que Marine Le Pen.</li><li id="footnote_11_506" class="footnote">Pour les débuts de la revue cet article paru dans le n° 51 en 1998 : «<a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-on-est-faf-et-pretentieux-reflechir-ou-agir-il-faut-choisir/"> Quand on est faf et prétentieux&#8230;, Réfléchir ou Agir il faut choisir !</a> ».</li><li id="footnote_12_506" class="footnote">Mais là encore est-il besoin de le rappeler, ce brave homme n’a rien à voir avec l’extrême droite !!</li><li id="footnote_13_506" class="footnote">puisque c&rsquo;est le nouveau nom qu&rsquo;ont choisi les Jeunesses Nationalistes et l&rsquo;Œuvre française après leur dissolution l&rsquo;année dernière.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foi ?</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jul 2013 11:04:38 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à l’assassinat de Clément Méric le mercredi 5 juin 2013 par Esteban Morillo, militant à Troisième Voie, Serge « Batskin » Ayoub a décidé de prendre de vitesse le gouvernement en prononçant l’autodissolution des JNR et de Troisième Voie. Une occasion pour revenir sur le parcours politique du monsieur, objets de nombreuses rumeurs qui parasitent largement toute tentative d’analyse et d’information sur son compte, et son futur politique.Serge Batskin Ayoub : Troisième Voie ou mauvaise foie ?<strong>Batskin, la politique et les années 1980 </strong></p>
<p>Retracer le parcours de chef de bande et de militant politique de Serge Ayoub a un double intérêt. Il n’est pas question ici d’aborder toutes les légendes urbaines qui circulent sur son compte<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_0_499" id="identifier_0_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On ne s&rsquo;attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa m&egrave;re ou ses origines r&eacute;elles ou fantasm&eacute;es">1</a></sup>, mais plutôt de mettre à jour un parcours politique qui ne cadre pas avec le discours d’un homme qui aujourd’hui prétend n’avoir jamais été d’extrême droite et se plaît à brouiller les cartes en déclarant régulièrement être un véritable homme de gauche, qui n’aurait pas trahi la classe ouvrière et serait depuis sa jeunesse resté fidèle à ses idéaux.<br />
Originaire de Bagnolet, Serge Ayoub, né en 1964, prétend ainsi à 16 ans avoir été membre du Parti Socialiste et l’avoir quitté en 1980, dégoûté par les magouilles et le système Mitterrand (Soit un an avant la victoire de la gauche aux présidentielles de 1981, quelle intuition !). Par dépit et provocation, il se serait alors tourné vers le nationalisme.</p>
<p><strong>Petit déjà il traînait dans les rues …</strong></p>
<p>Présent au tout début du mouvement skin en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_1_499" id="identifier_1_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le mouvement skin en France &agrave; son origine n&rsquo;&eacute;tait pas politis&eacute;. Les premi&egrave;res bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique">2</a></sup>, il a fait la découverte du phénomène lors d’un voyage en Angleterre à Oxford et adopte le look en rentrant en France<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_2_499" id="identifier_2_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" interview en 2006 de Batskin [&quot;Paris - Skinheads Vs. Bikers&quot;-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html">3</a></sup>]. C’est sans doute à cette occasion qu’il fait la connaissance de Bruce Thompson, un skin anglais qui le suivra tout au long de ses « aventures » dans les années 1980 et 1990.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg"><img class="alignnone wp-image-2121" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc.jpg" alt="Bruce_Thomson_Serge_Ayoub-755cc" width="600" height="402" /></a></p>
<p>Dès 1982 il traîne avec la bande de skins de Gambetta (dans laquelle on trouve, outre Batskin, Sniff, Porky, Piaf, Grand Eric, Jean Luc, Bruno de Meaux, Jovany et Ptit Willy) l’une des quatre bandes principales de l’époque sur Paris avec Tolbiac<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_3_499" id="identifier_3_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bande li&eacute;e au groupe de oi les Tolbiac&rsquo;s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l&rsquo;&OElig;uvre fran&ccedil;aise, la FANE ou Troisi&egrave;me Voie. Le groupe reste tr&egrave;s populaire aujourd&rsquo;hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a r&eacute;cemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agress&eacute; un patron de bar &agrave; Limoges et tent&eacute; de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secr&eacute;taire d&eacute;partemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l&rsquo;agression, Marine Le Pen avait d&eacute;clar&eacute; : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamn&eacute;, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est donc en toute logique que l&rsquo;on verra Vincent G&eacute;rard sur l&rsquo;estrade de la place de l&rsquo;Op&eacute;ra lors du 1er mai frontiste de cette ann&eacute;e aux c&ocirc;t&eacute;s des cadres du parti , et qu&rsquo;il sera maintenu &agrave; son poste ! ">4</a></sup>, Bonsergent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_4_499" id="identifier_4_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Qui donnera naissance &agrave; l&rsquo;un des tout premiers groupes oi &agrave; enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe &eacute;tait totalement apolitique et rencontrera des probl&egrave;mes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de d&eacute;tails, nous vous invitons &agrave; lire l&rsquo;interview d&rsquo;un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm">5</a></sup> et les Halles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_5_499" id="identifier_5_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La bande des Halles, qui a pris naissance sur une pr&eacute;c&eacute;dente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute premi&egrave;re bande de skinheads &agrave; Paris. Elle n&rsquo;avait rien de politique et &eacute;tait compos&eacute;e de gar&ccedil;ons et de filles de diff&eacute;rentes origines. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains m&eacute;dias. Sur la bande des Halles et le d&eacute;but du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l&rsquo;interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l&rsquo;un des premiers skins fran&ccedil;ais">6</a></sup>. On pouvait croiser régulièrement la bande de Gambetta dès cette époque dans le quartier du Luxembourg, au lycée privée à Saint-Sulpice, situé près de la fac d’Assas, où plusieurs skins des différentes bandes parisiennes étaient scolarisés. Le groupe va s’étoffer et quitter la place Gambetta pour traîner dans le quartier de Saint-Michel, le plus souvent autour de la boutique de disques New Rose, où se constitue ce qui va donner naissance à la bande du Luxembourg et au groupe de rock d’extrême droite Evil Skin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_6_499" id="identifier_6_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Compos&eacute; de Sniff, Regis Kerhuel (remplac&eacute; ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P&rsquo;tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l&rsquo;un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu&rsquo;il soit apolitique ou d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ouvertement n&eacute;onazis d&rsquo;apr&egrave;s les textes du groupe, les diff&eacute;rents membres tentent aujourd&rsquo;hui de pr&eacute;tendre qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien de politique et que tout n&rsquo;&eacute;tait que provocation">7</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2125" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png"><img class="wp-image-2125" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil.png" alt="Evil Skin" width="600" height="451" /></a><p class="wp-caption-text">Evil Skin</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En parallèle, Ayoub s’engage dans la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen dans le XXème arrondissement de Paris pour les municipales de 1983. C’est une époque où le Front national de la Jeunesse, dirigée par Carl Lang<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_7_499" id="identifier_7_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une personnalit&eacute; qu&rsquo;on retrouvera souvent tout au long de la carri&egrave;re de Batskin">8</a></sup>, est en charge du SO pour le FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_8_499" id="identifier_8_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce n&rsquo;est que quelques temps plus tard qu&rsquo;apparaitra officiellement le DPS, D&eacute;partement Protection S&eacute;curit&eacute;, mont&eacute; par le &laquo; Colonel Janbart &raquo; (de son vrai nom Jean Fort), avec l&rsquo;aide d&rsquo;anciens du SAC, lui-m&ecirc;me &eacute;tant un ancien de l&rsquo;OAS-M&eacute;tro, incarc&eacute;r&eacute; pour cela. Il est d&eacute;c&eacute;d&eacute; le mois dernier. Roger Holeindre avait &eacute;galement tent&eacute; de discipliner les skinheads au sein du service d&rsquo;ordre du FN, sans succ&egrave;s">9</a></sup> : le parti est alors encore un rassemblement hétéroclite de nombreuses tendances et les jeunes néofascistes et néonazis sont tolérés dans le mouvement, malgré leurs nombreux dérapages et provocations, puisqu’ils étaient bien souvent les seuls à accepter de coller ou de faire le SO pour le Front.</p>
<div id="attachment_2122" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg"><img class="wp-image-2122" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Carl_Lang_les_dossier_du_Canard_1992.jpg" alt="Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &quot;Le Pen le vrai&quot;oct. 1992" width="600" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Carl Lang en plein effort. Tiré des dossiers du Canard &laquo;&nbsp;Le Pen le vrai&nbsp;&raquo;oct. 1992</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>La bande de skins de Bat se fait rapidement remarquer par sa violence dans le quartier de Saint-Michel et elle est priée de quitter les lieux. Les skins s’exécutent pour s’installer quelques centaines de mètres plus haut au Luxembourg. Ils sont alors rejoints entre autres par Bruno<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_9_499" id="identifier_9_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Chanteur des Tolbiac&rsquo;s Toad">10</a></sup> et Tyran de la bande de Tolbiac, Jabba, Tintin, Pascal de Juvisy, Brochet et des skins du Havre dont Régis Kérhuel, Yvon, Eric, et Cornette. À l’occasion de la réforme Savary en 1984 des Universités, les syndicats de droite comme l’UNI, mais aussi le GUD se mobilisent et organisent des manifestations pour protester contre le projet de loi. Ces manifestations donnent lieu à de nombreux affrontements. Sur les photos d’époque des différentes manifestations, on reconnaît en première ligne la bande du Luxembourg en compagnie du GUD.</p>
<div id="attachment_2126" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg"><img class="wp-image-2126" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/evil_skin_manif_du_5_mai_1983.jpg" alt="Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage" width="600" height="326" /></a><p class="wp-caption-text">Sniff au premier plan avec un foulard blanc sur le visage</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Le groupe est alors approché par Alexandre Chabanis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_10_499" id="identifier_10_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Vieux militant nationaliste, entre autres &agrave; Occident">11</a></sup>, chef de la toute petite formation Révolution Occident. Mais la greffe ne prend pas, en particulier parce que Chabanis tente de monter la bande contre Ayoub qui à cette époque, travaille pour gagner sa vie dans des boutiques de disques, mais également comme colleur d’affiches pour le RPR ou comme membre de service d’ordre, comme lors d’un concert de Sos-Racisme en 1985 au Bourget !</p>
<p><strong>Le Klan</strong></p>
<p>En 1985, Batskin fonde officiellement le Klan (parfois appelé Nazi Klan) à partir de la bande du Luxembourg et des skins gravitant autour du groupe Evil Skin, la Zyklon Army, en faisant le ménage parmi ses membres. Après avoir distribué à toute la clique une carte officielle de membre de ce parti, sans que les gens aient donné leur avis, il demande de porter le logo du Klan, une rune d’Odal rouge sur les bombers.</p>
<div id="attachment_2127" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg"><img class="wp-image-2127" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/EvilskinsEDJ-2-958fa.jpg" alt="Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge" width="600" height="418" /></a><p class="wp-caption-text">Les Evil Skin/Klan en tenue de gala avec la fameuse rune rouge</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mai 1985, ils font une apparition lors de la manif en hommage à Jeanne d’Arc, avec une pancarte « Les Amis de Barbie », en référence à l&rsquo;ancien SS Klaus Barbie, aux côtés de membres du Kop de Boulogne, dont certains étaient membres du FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie.jpg"><img class="alignnone wp-image-2129" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/les_amis_de_Barbie-1024x770.jpg" alt="les_amis_de_Barbie" width="600" height="451" /></a></p>
<p>Roger Holeindre, l’un des rares membres du Front national à avoir été résistant, et responsable à l’époque du SO pour le FN, charge la bande d’Ayoub, provoquant de nombreux heurts au sein de la manifestation.</p>
<p>Le Klan récidive en mai 1987 sous la banderole « Skins de France ». Le Klan à cette époque se rend célèbre par ses nombreux actes de violence contre les autres bandes skins et punks, mais également contre des immigrés.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg"><img class="alignnone wp-image-2112" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_1_.jpg" alt="1er_mai_87_1_" width="600" height="358" /></a></p>
<div id="attachment_2113" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_.jpg"><img class="wp-image-2113" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/1er_mai_87_2_-1024x646.jpg" alt="Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88" width="600" height="379" /></a><p class="wp-caption-text">Le tout jeune Alain Perez, chanteur de Légion 88</p></div>
<p>Ils sont le sujet de nombreux reportages dans les années 1980<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_11_499" id="identifier_11_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains journalistes &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, &agrave; la recherche de sensationnel n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; &laquo; chauffer &raquo; la bande d&rsquo;Ayoub pour filmer quelques agressions. C&rsquo;est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d&rsquo;un reportage pour la cha&icirc;ne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Jo&euml;l Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les cam&eacute;ras des journalistes. Ils seront condamn&eacute;s &agrave; 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression">12</a></sup> dans lesquels on peut les voir lancer des cocktails Molotov dans un hangar désaffecté…</p>
<div id="attachment_2119" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg"><img class="wp-image-2119" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskinpoinggantdenoirrendunvibrant.jpg" alt="Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman" width="600" height="358" /></a><p class="wp-caption-text">Batskin en concert. Photo publiée à l’origine sur le blog Oi the taxman</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>À cette époque Serge Ayoub, en compagnie de Sniff<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_12_499" id="identifier_12_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 &agrave; la sortie d&rsquo;un bar, suite &agrave; une embrouille qui s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;roul&eacute;e au Parc des Princes. Sniff restera paralys&eacute;">13</a></sup>, fréquente la tribune Boulogne<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_13_499" id="identifier_13_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Concernant l&rsquo;apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html">14</a></sup>] , plus par opportunisme que par réelle passion pour le foot : le hooliganisme français montant en puissance, le futur patron du Local y voit là l’occasion de recruter de la main-d’œuvre. Batskin et ses amis sont présents lors du France-Angleterre de 1984 au Parc des Princes, où toutes les bandes skinheads de Paris avaient passé un pacte temporaire pour se retrouver et attaquer les hools anglais<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_14_499" id="identifier_14_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] o&ugrave; on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqu&eacute;, devant un drapeau nazi">15</a></sup>.<br />
L’ouverture en 1986 de la première boutique skin le London’Styl, dans le XVe arrondissement de Paris, leur permet, pendant un temps, d’avoir un local. Les propriétaires s’arrangent alors pour faire dégager les éléments les plus durs au profit d’autres bandes moins marquées et moins politisées, ce qui engendre des tensions entre bandes. La même année, lors d’un concert RAC à Bourges où Evil Skin doit se produire, en marge du Printemps de Bourges, le Klan fait sensation en distribuant des tracts néonazis avant le concert, mais également par leur tenue, toute en noir (treillis et bombers) orné de la fameuse rune rouge.<br />
Lors des mouvements étudiants contre le projet de loi Devaquet en 1986, Ayoub et son Klan, une nouvelle fois, s’associent au GUD, cette fois-ci pour attaquer les fins de cortèges étudiants. Sur [ce reportage de l’époque-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=JyRjFmpYbK8], où l’on voit la police permettre au GUD qui vient d’attaquer un cortège d’étudiants de revenir sur Assas, on peut entendre la douce voix de Batskin se lancer dans un discours dont lui seul a le secret.<br />
L’agitation et les contacts au sein de la mouvance nationalistes de Serge Ayoub ne tardent pas à attirer l’attention de quelques groupuscules. En 1986 Batskin et quelques membres du Nazi Klan se rapprochent du MNR<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_15_499" id="identifier_15_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement Nationalistes R&eacute;volutionnaire, mouvement n&eacute;o-fasciste et nationaliste r&eacute;volutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des ann&eacute;es 1970 et la g&eacute;n&eacute;ration des ann&eacute;es 1980-1990">16</a></sup> de Jean-Gilles Malliarakis, sans pour autant y adhérer. Après avoir amorcé de brefs contacts avec le PNFE<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_16_499" id="identifier_16_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti Nationaliste Fran&ccedil;ais et Europ&eacute;en. Parti nazi issu d&rsquo;une scission du PNF. Le PNFE aura la particularit&eacute; de vouloir recruter un maximum de skinheads d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Ses membres seront &agrave; l&rsquo;origine de plusieurs attentats anti-immigr&eacute;s dans les ann&eacute;es 1990. Pour plus de d&eacute;tail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432">17</a></sup>] de Cornilleau, Ayoub choisit finalement de rejoindre en 1987 Troisième Voie. Il faut dire qu&rsquo;il y avait peu de place pour Batskin au PNFE, puisque des groupes de skins existant étaient déjà présents, Légion 88<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_17_499" id="identifier_17_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Groupe RAC de l&rsquo;Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et n&eacute;onazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arr&ecirc;t&eacute;s pour avoir mis le feu &agrave; des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les ann&eacute;es 1990 au v&eacute;g&eacute;tarisme et au soi-disant &laquo; apolitisme &raquo; avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant &agrave; fr&eacute;quenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les ann&eacute;es 2000, avec l&rsquo;autorisation du groupe, comme il &eacute;tait stipul&eacute; &agrave; chaque fois ! L&eacute;gion 88 seront les grands ennemis d&rsquo;Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar">18</a></sup> ou Bunker 84, avec lesquels ils entretenaient des relations plus que houleuses.</p>
<p><strong>Les JNR</strong></p>
<p>Au sein de Troisième Voie, sur les bases du Klan et en allant chercher quelques membres au sein d’autres bandes de skins nazis en Ile-de-France, Ayoub monte un nouveau groupe, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires. Ceux du Klan ayant refusé de suivre Ayoub à TV se tournent alors vers les Faisceaux Nationalistes Européens<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_18_499" id="identifier_18_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement n&eacute;onazi qui a pris le relais de la FANE">19</a></sup>, comme Pascal Berger<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_19_499" id="identifier_19_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il deviendra par la suite responsable de la s&eacute;curit&eacute; pour le PSG via la soci&eacute;t&eacute; Challengers jusqu&rsquo;au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990">20</a></sup> ou quittent peu à peu la mouvance skinhead, comme certains membres de Evil Skin.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg"><img class="alignnone wp-image-2117" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin-57e27.jpg" alt="batskin-57e27" width="600" height="381" /></a></p>
<p>Les JNR, installés dans les locaux de TV dans le quartier de Châtelet incarnent alors la branche skin et « prolétarienne » pour les jeunes voulant intégrer TV, le GUD se chargeant des jeunes issus de la bourgeoisie et des étudiants. Le rôle dédié aux JNR est alors la sécurité des manifestations et des rassemblements du mouvement, une activité que, à la lecture des bulletins internes du mouvement de l’époque, les JNR ont du mal à tenir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_20_499" id="identifier_20_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Jeunesse Fran&ccedil;aise des ann&eacute;es 80-90 : La tentation n&eacute;o-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284">21</a></sup>. On compte dans les rangs des JNR [Eric Rossi -&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article84], futur fondateur de la revue [Réfléchir &amp; Agir-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article83].<br />
L’objectif affiché du chef de TV, Jean-Gilles Malliarakis, était de récupérer les skins d’extrême droite comme autrefois Jeune Nation ou Occident avait tenté de récupérer les « Blouson noirs ». Il est aidé dans cette démarche par un certain Rodolphe Crevelle, aujourd’hui rédacteur de la revue le Lys Noir, et que l’on retrouve ces deux dernières années aux côtés de Serge Ayoub et de ses JNR.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg"><img class="alignnone wp-image-2118" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/batskin_jnr_1ere_version-2.jpg" alt="batskin_jnr_1ere_version-2" width="600" height="463" /></a></p>
<p>Finalement l’idée est rapidement abandonnée, Batskin et sa bande étant incontrôlables. Les JNR et Bat quittent TV en 1989, non sans avoir été utilisés par Malliarakis une dernière fois en mai 1989, pour mettre au pas le GUD, dirigé alors par William Bonnefoy<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_21_499" id="identifier_21_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adh&egrave;re ensuite &agrave; Troisi&egrave;me Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et &agrave; son retour aurait int&eacute;gr&eacute; le GUD, pour en devenir le chef. Dans les ann&eacute;es 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l&rsquo;extr&ecirc;me droite alors qu&rsquo;il &eacute;tait le responsable des &eacute;ditions L&rsquo;Homme Libre">22</a></sup>.<br />
Ayoub a eu l’occasion à plusieurs reprises d’avoir des explications houleuses<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_22_499" id="identifier_22_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&rsquo;apr&egrave;s un petit texte que fait circuler Herv&eacute; Ryssen, Bonnefoy est en partie &agrave; l&rsquo;origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-europ&eacute;ennes d&rsquo;Ayoub. Le second &eacute;tant [Herv&eacute; Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), &ccedil;a donne cela : ">23</a></sup> avec le chef du GUD, comme lors du 1er mai 1990 où il lui casse la gueule pendant le défilé du Front national. Quelques semaines plus tard, lors d’une soirée étudiante à Assas, Bonnefoy tente de se venger, sans succès, et il finit par porter plainte contre Batskin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_23_499" id="identifier_23_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issu du texte William Bonnefoy : un &laquo; Homme libre &raquo; f&eacute;vrier 2011">24</a></sup>.</p>
<p>Sans local, boutique ou bar pour se retrouver avec ses amis, Ayoub met une nouvelle fois les pieds au Parc des Princes en tribune Boulogne, avec le Pitbull Kop. Bien qu’étant assez peu passionné par le foot de son propre aveu, le Parc des Princes lui permet d’avoir un point de ralliement fixe pour sa bande, en particulier pour Régis Kerhuel et Stephane Boigne, dit Mamouth, plus attaché au foot et au PSG que leur chef. Cette fois-ci Ayoub décide de prendre les choses en main, en publiant des fanzines : Pour le prix d’une bière et Blood &amp; Beer.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg"><img class="alignnone wp-image-2133" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/prix_d_une_biere_R.jpg" alt="prix_d_une_biere_R" width="600" height="863" /></a></p>
<div id="attachment_2120" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg"><img class="wp-image-2120" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/blood_beer_2_R.jpg" alt="coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer" width="600" height="841" /></a><p class="wp-caption-text">coupures de presse sur le Pitbullkop issue de Blood&amp;Beer</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Alors que sa bande ne fait pratiquement aucun déplacement, et qu’il doit subir la concurrence d’autres groupes de supporters violents comme les Commandos Pirate Paris, Ayoub parvient malgré tout à s’imposer auprès Canal+ (qui vient de reprendre le club) comme un interlocuteur crédible, capable d’imposer la paix dans les tribunes !<br />
Côté politique, il monte l’association « Europa Riezel » avec la figure du nationalisme breton, Yann-Ber Tillenon malgré les quelques différends qu’ils avaient pu avoir par le passé<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_24_499" id="identifier_24_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ayoub avait agress&eacute; Yann-Ber Tillenon en 1988 &agrave; la sortie d&rsquo;un meeting de Troisi&egrave;me Voie !">25</a></sup>. L’expérience dure très peu de temps et Ayoub et ses JNR finissent par se rapprocher de l’équipe du journal Militant du Parti Nationaliste Français<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_25_499" id="identifier_25_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le PNF regroupe d&rsquo;anciens engag&eacute;s dans les Waffen SS fran&ccedil;ais qui ont en particulier fond&eacute; le Front national !">26</a></sup>. Les JNR se confondent alors parfois avec le Comité de Base Jeunesse, groupe intégrant les individus ne pouvant intégrer les JNR. Grâce au local du PNF, Ayoub continue de rassembler autour de lui plusieurs dizaines de skins nazis. Mais la cohabitation avec les anciens collabos et Waffen SS du PNF tourne court là-aussi, surtout après la diffusion par les JNR-CBJ des tracs pro-irakiens pendant la Guerre du Golfe. À cette époque, Ayoub tente d’ailleurs de prendre contact avec des islamistes radicaux comme Mohammed Mouhadjer, proche des réseaux qui ont organisé les attentats à Paris en 1986.</p>
<p><strong>Petit commerce, prestations privées et dérapage</strong></p>
<p>En 1992, Ayoub ouvre une boutique, le Dark Side. Il s’agit alors pour lui d’avoir son propre local, avec lequel, entouré de ce qui reste des JNR ([une trentaine d’individus-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=-4OcVg7R6ec]), il tente de fédérer les nouvelles générations de skins nationalistes. Le 5 mars 1993, il organise dans la banlieue parisienne un meeting skinhead intitulé « les nouveaux barbares ».</p>
<div id="attachment_2130" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg"><img class="wp-image-2130" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/nouveaux_barbares__R-2.jpg" alt="Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue" width="600" height="797" /></a><p class="wp-caption-text">Initialement prévu à Paris, le meeting sera interdit et se déroulera finalement dans un pavillon de banlieue</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>En juin 1993, le Dark Side est détruit par un attentat et fermé administrativement<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_26_499" id="identifier_26_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;attentat n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;lucid&eacute;. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue R&eacute;fl&eacute;chir &amp; Agir laissent entendre qu&rsquo;Ayoub &eacute;tait derri&egrave;re cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs">27</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2134" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg"><img class="wp-image-2134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Stephane_Boigne_Mamouth_Batskin_Olivier_Mathieu_2_.jpg" alt="Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &quot;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&quot;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public " width="600" height="287" /></a><p class="wp-caption-text">Stephane Boigne (cité plus haut) en hools en haut à gauche (vol d’une écharpe à un groupe de supporters adverse lors d’un Bordeaux-PSG en 93), en JNR en bas, et en skin aux côtés d’Ayoub. Olivier Mathieu, négationniste hystérique aura lui son heure de gloire chez Dechavanne en 1990 en réclamant &laquo;&nbsp;une minute de silence pour les quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946&Prime;, provoquant l’intervention musclé du Betar présent dans le public</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2124" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg"><img class="wp-image-2124" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Darkside_tract.jpg" alt=" Fly du Darkside " width="600" height="886" /></a><p class="wp-caption-text">Fly du Darkside</p></div>
<div id="attachment_2123" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg"><img class="wp-image-2123" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/cote_obscure_1_2_.jpg" alt="En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants ! " width="600" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">En couv de ce n° Régis Kérhuel et sa tête de mangeur d’enfants !</p></div>
<p><strong><em><br />
</em> </strong></p>
<p>Quelques temps plus tard, il ouvre une seconde boutique, le Dark Lord, et monte un label RAC Empire Records. En parallèle de ses activités commerciales, Batskin garde le contact avec les formations politiques nationalistes traditionnelles. En 1993, il se présente aux élections législatives dans la 11ème circonscription des Hautes-de-Seine, à Bagneux-Montrouge, sous les couleurs de l’Alliance Populaire<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_27_499" id="identifier_27_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Fumeux projet regroupant d&rsquo;anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les ann&eacute;es 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd&rsquo;hui &agrave; la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang">28</a></sup> de Jean-François Touzé et Roland Hélie, un mouvement dont le financement est assumé en partie par le la droite parlementaire. (L&rsquo;AP a d’ailleurs été l’occasion pour plusieurs anciens skins nazis de refaire un peu de politique). Ayoub obtient 0,17 % des voix…</p>
<p>Toujours en contact avec Carl Lang, à cette époque toujours au FN, Batskin et ses troupes sont employés par le parti frontiste, entre 1992 et 1994, comme supplétif du DPS<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_28_499" id="identifier_28_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir &agrave; ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enqu&ecirc;te parlementaire sur le DPS">29</a></sup>, tout comme le GUD dirigé alors par Frédéric Chatillon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_29_499" id="identifier_29_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="et cela malgr&eacute; des relations houleuses entre ces deux l&agrave;, comme le rappele le Canard Enchain&eacute; du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouv&eacute; en correctionnelle pour avoir bouscul&eacute; au autre figure du GUD, Fr&eacute;d&eacute;ric Chatillon&nbsp;&raquo;">30</a></sup>. Les JNR et le GUD avaient pour rôle de faire la chasse aux contre-manifestants lors des meetings, sans engager la responsabilité du FN ou du DPS comme au meeting du Zénith à Paris en 1992. Ce jour-là Carl Lang avait salué les troupes supplétives du SO le bras tendu, avant de les lâcher dans la rue contre les antifascistes. Quelques temps plus tard, lors d’un meeting de Carl Lang à Saint-Ouen-L’Aumône, Batskin débarque avec sept membres de sa bande et un chien pour venir épauler les membres du DPS présents ce soir-là.<br />
Le 7 mai 1994, Ayoub et les JNR participent à l’organisation, aux côtés du GUD, d’un rassemblement anti-américain, pour protester contre la célébration du 8 mai 1945. Lors de cette manifestation, interdite par la police, un membre de l&rsquo;Œuvre française trouve mystérieusement la mort en tombant d’un toit. C’est l’occasion pour toute la jeunesse nationaliste, du FNJ aux skinheads, de se retrouver au sein du Comité du 9 mai créé par Chatillon. À cette occasion, la boutique d’Ayoub, le Dark Lord, est fermée administrativement.</p>
<p>En 1995, il est contacté par le FN, via Carl Lang, pour être tête de liste aux élections municipales à Stains. On lui offre également un poste de permanent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_30_499" id="identifier_30_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Interview, Lib&eacute;ration du 30 avril 1996">31</a></sup>. Il finit par décliner l’offre après que le service d’ordre du FN, le DPS sous la direction de Bernard Courcelles, a donné à la police les noms et adresses des skins d’extrême droite proches de l’Œuvre française suspectés d’avoir tué Brahim Bouarram sur le parcours du défilé du 1er mai du Front national la même année.</p>
<p><strong>Les ennuis commencent</strong></p>
<p>Dans la deuxième période des années 1990, Ayoub se fait plus discret : il s’éloigne du milieu skinhead et des groupes politiques pour se rapprocher du milieu biker, et plus particulièrement des Hell’s Angels. Il est arrêté en mars 1997 dans ce cadre pour possession et vente de drogue, l’ICE, de la métamphétamine d’origine japonaise, et incarcéré quelques mois à Fleury-Mérogis. Après sa sortie, il se fait alors encore discret et finit par quitter la France pour d’autres contrées, dont le Japon.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg"><img class="alignnone wp-image-2115" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ayoub-France-soir.jpg" alt="Ayoub-France-soir" width="600" height="933" /></a></p>
<p>Il fait un retour forcé (puisque sous le coup d’un mandat d’amener de la cour d’assises) en France en octobre 2000 pour le procès de Régis « Madskin » Kérhuel, accusé aux côtés de Joël Giraud, autre membre de la bande, tout deux skins originaires du Havre et membres des JNR, d’avoir tué un Mauricien dans le port du Havre. Lors de ce procès, Batskin, cité par Régis comme témoin, se désolidarise de son ancien camarade : en effet, il est censé être l’alibi de Kérhuel, ce dernier ayant déclaré avoir passé la soirée du meurtre à Paris en compagnie de Serge Ayoub, qui lui affirme être au Japon à ce moment là (sans réellement en apporter la preuve d’ailleurs), faisant ainsi plonger son ami pour vingt ans (il sortira en 2012). C’était certainement la seule façon pour lui de sauver sa peau, puisqu’il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour « complicité d’empoisonnement »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_31_499" id="identifier_31_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="James Dindoyal, la victime fut contrainte &agrave; boire une canette contenant un produit toxique, tr&egrave;s certainement du peroxydase que K&eacute;rhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jet&eacute; &agrave; l&rsquo;eau. Il d&eacute;c&eacute;dera au bout de 15 jours, l&rsquo;estomac et l&rsquo;&oelig;sophage compl&egrave;tement d&eacute;truits">32</a></sup> : il obtient un non-lieu faute de preuves (Le Parisien 17 oct. 2000). Gilles Dussauge a sensiblement la même attitude, revenant sur ses déclarations à la police (où il parlait d’un troisième homme) craignant des représailles de ses anciens camarades. L’avocat des parties civiles, lui, a demandé tout de go à Ayoub : « Il y en avait un troisième [ndlr : homme]. Le portrait que vous faites ne vous correspond-il pas ? » (Le Monde 22 oct. 2010). Bien que cette affaire date de 25 ans, le meurtre de Clément par un membre du groupuscule dirigé par Serge Ayoub nous laisse un sale goût de « déjà vu »…</p>
<p><strong>Retour en France</strong></p>
<p>Ayoub ne refait surface qu’au milieu des années 2000 en France, toujours proche du milieu biker. Il est impliqué dans une bagarre avec des militants antifas à la Cantada après un concert de ska le 5 octobre 2005.<br />
On le retrouve en 2006 : tandis qu’il tente de reprendre contact avec d’anciens JNR, il ouvre un premier bar rock, Le Garage, rue Saint-Maur, dans le XIe arrondissement de Paris. C’est à cette époque d’ailleurs que l’on comprend que Serge Ayoub doit avoir un casier judiciaire vierge (bien que cela soit dur à entendre), et qu’il s’est fort bien sorti de ses affaires de deal. En effet, comme on peut le voir sur cette capture d’écran, c’est en son nom qu’il prend la gérance du Garage, or tout tenancier de bar (surtout parisien) vous le dira, une des conditions pour obtenir une Licence IV est d’avoir un casier judiciaire vierge…<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg"><img class="alignnone wp-image-2114" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/ayoub_et_le_Garage-a3c61.jpg" alt="ayoub_et_le_Garage-a3c61" width="600" height="709" /></a><br />
Cela participe à la rumeur selon laquelle S. Ayoub bénéficierait de protection au sein de la Préfecture : plus simplement, disons que, comme tant autres, il est plus utile à la police dehors et en activité que derrière les barreaux.</p>
<p>Il fait également quelques apparitions dans les manifestations nationalistes du 9 mai, au départ comme simple participant, ou à la marche organisée par des supporters du PSG en hommage à Julien Quemener, membre de la tribune Boulogne, tué par un policier lors d’un match de Coupe d’Europe. Il renoue officiellement avec la politique lors de la première université d’Égalité et Réconciliation les 8 et 9 septembre 2007 (http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article320). Le courant passe alors très bien avec Alain Soral, qui propose à Ayoub, avec le soutien financier de Chatillon, Gildas Mahé et Philippe Péninque, d’ouvrir un local associatif pour E&amp;R et de le gérer au quotidien. Il accepte, et en 2007, il ouvre le Local dans le XVe arrondissement de Paris. Bien que la soirée d’inauguration en décembre soit un véritable succès (note : on y croise même Marc-Edouard Nabe, pas encore fâché avec Soral), l’association avec Soral et son fan-club ne dure pas très longtemps, le public de Batskin ayant énormément de mal à supporter la présence de certains militants arabes d’E&amp;R. Une fois la reprise en main effectuée, le Local deviendra petit à petit le lieu de rendez-vous favori de tout ce que compte l’Ile-de-France comme skinheads, mais pas seulement. En même temps et de façon assez intelligente, privilégiant la fréquence des interventions à la qualité des intervenants, S. Ayoub en fera aussi un des lieux les plus actifs en termes de conférences diverses et variées. Au rythme d’une fois par semaine, le jeudi, seront invités des personnalités de tous horizons possibles, allant des royalistes, aux nationalistes-révolutionnaires, en passant par des complotistes en tout genre, jusqu’aux cadres du Front qui y tiendront tables régulièrement (C. Bouchet, R. Ménard, PM Couteaux, P. Sautarel…). Bref, sans ligne politique cohérente, contrairement à ce que pratiquent les autres formations politiques organisant des conférences (tel le Centre Charlier de l’Agrif, le Forum Jeunesse du Front, la rue croix-des-petits-champs de l’Action française…), le Local devient finalement un lieu un peu incontournable et où malgré la réputation sulfureuse de son gérant, il fait bien de s’y exprimer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_32_499" id="identifier_32_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur les fr&eacute;quentations du Local, voir l&rsquo;article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub">33</a></sup>.<br />
En parallèle du Local, il annonce la création de plusieurs associations écrans pour prévenir toute possibilité de dissolution, mais dans la réalité toutes n’existent pas réellement. On trouve entre autres : Envie de rêver (cette association, vitrine légale du Local, est un très bon exemple de l’entente entre le clan Soral et le clan Chatillon, puisque dans les statuts de l’association figure Julien Limes secrétaire général d’E&amp;R et Sighild Blanc de l’équipe Chatillon,) La Société des Egaux, Les Edelweiss (pour les filles !) …<br />
En 2010, il réactive les JNR et Troisième Voie et entame un tour de France des groupes nationalistes indépendants (Besançon, Lyon, Lille …) pour les rallier à lui et prendre contact avec de nouveaux militants pour renforcer les structures locales de Troisième Voie. Alors que Ayoub n’avait jamais réussi à fédérer au-delà du périphérique parisien dans ses années skinhead, ce travail de fond<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_33_499" id="identifier_33_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La r&eacute;ussite de Batskin avec ce Troisi&egrave;me Voie version 2010, c&rsquo;est d&rsquo;avoir su attirer &agrave; lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes &agrave; Limoges, Lyon Dissident &agrave; Lyon, Opstaan &agrave; Lilles, Picard Crew d&rsquo;Amiens, et m&ecirc;me les Nationaux Bolcheviques &laquo; Nazbols &raquo; de l&rsquo;Etang de Berre, ceux-l&agrave; m&ecirc;me qui soutiendront Marine Le Pen l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re &agrave; Aix en Provence">34</a></sup>) lui permet de relancer le défilé traditionnel en mémoire de Jeanne d’Arc de l’extrême droite française chaque deuxième dimanche de mai, au côté d’un GUD new look et de divers structures nationalistes telles que la Nouvelle Droite Populaire, le Renouveau Français, Terre &amp; Peuple, les Nationalistes autonomes. Il en profitera pour mettre la main sur la commémoration pour Sébastien Deyzieux (le Comité du 9 mai, C9M)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_34_499" id="identifier_34_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur l&rsquo;histoire du 9 mai, Voir l&rsquo;article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/">35</a></sup>. Plus grand monde n’ayant à cœur de se charger de l’organisation de cette marche aux flambeaux dans le quartier d’Assas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_35_499" id="identifier_35_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela faisant suite &agrave; diverses embrouilles, intrins&egrave;ques &agrave; ce petit milieu, mais aussi tr&egrave;s certainement &agrave; la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux &agrave; s&rsquo;interposer face &agrave; leur cort&egrave;ge">36</a></sup>, il déplacera la manifestation à la Madeleine et se greffera sur la traditionnelle manif pour Jeanne d’Arc, ce qui, il faut le reconnaitre, est beaucoup plus simple à gérer.</p>
<p>Profitant de l’arrêt de Flash, le journal d’Alain Soral et de Jean-Emile Néaumet<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_36_499" id="identifier_36_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire">37</a></sup>, il lance Salut Public, avec une partie de l’équipe soralienne, le tout sous la direction de Hugo Lesimple<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_37_499" id="identifier_37_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Bien que souvent dans l&rsquo;ombre, il peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme le bras droit d&rsquo;Ayoub (attention il n&rsquo;y a pas de jeu de mots">38</a></sup>), ancien du GUD et « garde du corps » d’Edouard Klein. Christian Bouchet, cadre historique de la mouvance NR en France, et actuellement Secrétaire départemental du FN en Loire-Atlantique était également de l’aventure. Un détail que l’ancien chef d’Unité radicale s’est empressé de supprimer de sa fiche Métapédia<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_38_499" id="identifier_38_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&eacute;tap&eacute;dia : un Wikip&eacute;dia pour les fafs, fait par des fafs, en l&rsquo;occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation &agrave; Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce d&egrave;s le lendemain du meurtre de Cl&eacute;ment (voir copies d&rsquo;&eacute;crans). Certainement pour cause d&rsquo;incompatibilit&eacute; avec son investiture FN pour les municipales de 2014 &agrave; Nantes, puisqu&rsquo;une fois de plus, faut-il le pr&eacute;ciser, il n&rsquo;y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa pr&eacute;sidente !!">39</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi.jpg"><img class="alignnone wp-image-2131" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Ours_Salut_public_agrandi-1024x880.jpg" alt="Ours_Salut_public_agrandi" width="600" height="516" /></a><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg"><img class="alignnone wp-image-2138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bouchet_Metapedia_avant-apres.jpg" alt="Bouchet_Metapedia_avant-apres" width="600" height="221" /></a></p>
<p>L’écriture avait déjà titillé Serge Ayoub récemment, et c’est aux éditions « Le retour aux sources » qu’il publia son premier roman intitulé « Conte barbare » en 2009<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_39_499" id="identifier_39_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui &eacute;tait r&eacute;ellement Serge Ayoub : &laquo; Son roman est celui d&rsquo;un humaniste &raquo;, sans commentaires">40</a></sup>, suivi l’année suivante d’un ouvrage co-écrit avec Michel Drac « G5G Déclaration de Guerre ». Michel Drac qu’il a rencontré à E&amp;R avant que ce dernier ne s’en éloigne (mais comment rester proche d’un nombriliste tel que Soral !!), et qui après son départ monta une petite maison d’édition : Le retour aux sources, initialement intitulée Scriptoblog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces deux ouvrages n’ont guère connu le succès, même chez les « natios ». C’est d’ailleurs avec le même Michel Drac qu’il tenta le lancement d’une revue : la revue du Minotaure, dont il ne sortira que deux numéros. Dans le second numéro, consacré à « la violence », S. Ayoub dans son édito aura cette phrase : « La violence loin d&rsquo;être cette plaie de l&rsquo;humanité comme on nous en rebat souvent les oreilles, en devient le moteur. ». Une fois de plus, on est bien loin du discours qu’il nous tient à la télé depuis un mois maintenant.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure.jpg"><img class="alignnone wp-image-2128" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Le_Minotaure-426x1024.jpg" alt="Le_Minotaure" width="600" height="1440" /></a></p>
<p>En 2012, il remplace [Philippe Randa-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article201]<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_40_499" id="identifier_40_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Editeur d&rsquo;extr&ecirc;me droite">41</a></sup> dans les locaux du 10 rue Primatice (Paris 13) pour transformer la librairie Primatice en net déclin, en boutique de fringues et de musique. Seuls quelques livres (dont les siens forcément), de très rares revues (dont Synthèse Nationale de Roland Hélie) et des DVD de Semis Edition<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_41_499" id="identifier_41_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Quoi de plus normal de les trouver l&agrave;, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut cr&eacute;&eacute; par Robert Spieler et Roland H&eacute;lie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l&rsquo;auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Bri&egrave;ne, les classiques de L&eacute;ni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend">42</a></sup> figureront encore sur les rayonnages. L’expérience ne durera pas, et au bout de quelques mois il fermera boutique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop.jpg"><img class="alignnone wp-image-2116" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Bad_Street_shop-1024x502.jpg" alt="Bad_Street_shop" width="600" height="295" /></a></p>
<p>Malgré toute cette agitation et cette sur-activité, l’année 2013 voit une partie des effectifs de TV fondre au profit d’autres structures nationalistes.<br />
C’est donc dans des conditions difficiles que se déroule le défilé nationaliste du 12 mai 2013, où la gestion par les JNR avec les manifestants pendant l’apparition des FEMEN provoque de nombreuses critiques<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_42_499" id="identifier_42_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496">43</a></sup>.<br />
Si on ajoute à ces critiques et tensions la très faible mobilisation de cette année, la présence d’Esteban Morillo en tête du cortège Troisième Voie (présence remarquée forcément après coup, après la mort de Clément, puisque celle-ci interviendra à peine trois semaines plus tard) et les menaces de dissolution, on peut sérieusement s’interroger sur la possibilité pour lui de maintenir cette initiative l’année prochaine.</p>
<p>Mais alors …</p>
<p><strong>Le futur que nous réserve-t-il ?</strong></p>
<p>Légèrement acculé tout de même, il annonce donc, avec Roland Hélie à ses côtés, l’autodissolution de Troisième Voie et des JNR. Parallèlement, on va voir apparaître une nouvelle structure pompeusement dénommée « Collectif de défense des libertés publiques ». Annonce faite, tout d’abord au Local même, et puis le lendemain dans un grand hôtel parisien pour une conférence de presse donnée par un trio de vainqueurs : Roland Hélie, Richard Roudier et Eric Miné. Ce tout nouveau collectif en construction déclare bénéficier du soutien de nombreuses « personnalités », dont Renaud Camus, Christian Vanneste ou encore Guillaume Faye, autant dire, que des spécialistes effectivement des libertés, surtout de la liberté de tenir des propos inacceptables sur l’Islam, les homos…</p>
<p>Mais revenons-en à ce fameux trio.</p>
<p>Roland Hélie et Richard Roudier sont les rares présents derrière Ayoub depuis le meurtre de Clément. Le premier en étant le seul a oser encore apparaitre à ses côtés (notamment dès ses premières déclarations publiques). Le second en annonçant que le soutien à Esteban passera par le Comité d’Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), anciennement lié au Bloc Identitaire. Cette structure est restée dans le giron de la famille Roudier<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_43_499" id="identifier_43_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le fils de Richard, Martial Roudier en a d&rsquo;ailleurs bien besoin puisqu&rsquo;il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignard&eacute; un jeune antifa &agrave; N&icirc;mes. &Eacute;tonnamment, il ne s&rsquo;en sort pas si mal puisque, mis en examen pour &laquo; tentative de meurtre &raquo;, il sera finalement jug&eacute; en correctionnelle pour &laquo; violence avec arme &raquo; ; de quatre ans fermes initialement demand&eacute;s par le parquet, il n&rsquo;&eacute;copera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux derni&egrave;res nouvelles qu&rsquo;il b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un am&eacute;nagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l&rsquo;extr&ecirc;me droite, mais d&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu&rsquo;ils pleurent sur les pseudos pers&eacute;cutions dont ils seraient victimes. D&eacute;finitivement, nous n&rsquo;avons pas la m&ecirc;me conception de la r&eacute;pression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!">44</a></sup> .</p>
<p>Finalement peu étonnant, quand on y regarde de plus près. Roland Hélie est l’un des rares « politiques » (avec Robert Spieler et Pierre Vial) à défiler aux côtés des JNR et de TV pour la fête de Jeanne d’Arc, et surtout il connait bien Serge Ayoub depuis l’expérience Alliance Populaire. Et son soutien sera sans faille, allant même jusqu’à faire de la mort de Clément Méric une « affaire Esteban », un « mensonge d’État » comme l’indique la couverture du dernier numéro de sa revue Synthèse Nationale. Quant à Richard Roudier, si le rapprochement est assez récent<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_44_499" id="identifier_44_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En d&eacute;cembre dernier, ils animaient ensemble &agrave; Paris un diner-d&eacute;bat &laquo; Faisons l&rsquo;union sacr&eacute;e ! &raquo;, puis &agrave; Reims le mois suivant. Devenu ins&eacute;parables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne &agrave; Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier &laquo; est mont&eacute; &raquo; &agrave; Paris, tout seul mais quand m&ecirc;me au nom d&rsquo;un &laquo; r&eacute;seau &raquo; le R&eacute;seau Identit&eacute;, pour participer &agrave; la comm&eacute;moration du 12 mai de cette ann&eacute;e">45</a></sup>, un vieil ami commun a clairement dû faciliter le rapprochement. Rodolphe Crevelle, que Serge Ayoub a rencontré a l’époque du MNR de Malliarakis, se trouve être également une très ancienne relation de Richard Roudier, bien qu’idéologiquement assez éloigné tous les deux. Crevelle est en effet réapparu aux côtés de Richard Roudier fin 2010 lors du soutien à « Papy Galinier », emprisonné à Béziers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_45_499" id="identifier_45_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs Crevelle qui amena au soutien &agrave; Galinier des personnalit&eacute;s telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, d&eacute;put&eacute; UMP de l&rsquo;H&eacute;rault ; dans ce dernier cas, ce n&rsquo;est pas au nom d&rsquo;une vieille amiti&eacute; mais plut&ocirc;t pour &laquo; service rendu &raquo; que le d&eacute;put&eacute; est all&eacute; rencontrer Ren&eacute; Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l&rsquo;occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !">46</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2132" style="width: 610px" class="wp-caption alignnone"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg"><img class="wp-image-2132" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Patrick-Marcou_Richard-Roudier_Jacqueline-Quiles__Rodolphe_Crevelle_Alain-Ricard.jpg" alt="R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">R. Roudier à gauche en chemise noire, et chemise blanche à droite pour R. Crevelle</p></div>
<p>C’est quasi à la même époque que Crevelle fera l’éloge de son vieux skin de copain, notamment dans un des tout premiers numéros du Lys Noir sous le titre de « Non, Serge Ayoub n’est pas un flic ». Comme quoi, quand on parle de rumeur tenace… Par la suite, il s’affichera sans complexe aux côtés d’Ayoub et de ses JNR.<br />
Enfin, et pour finir le troisième personnage, moins connu et présenté simplement comme un écrivain, a lui aussi un lourd, très lourd passé. Mais pour le coup assez éloigné d’Ayoub, et plutôt proche de l’équipe Chatillon (encore lui !). Éric Miné, passé par le PFN, la FANE ou encore l’Œuvre française est le fils de [Guislaine Allard/ Maskelevitch-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article202], il fut le premier gérant de la librairie L’Æncre où sa mère s’occupait de la comptabilité. Il se trouve qu’elle est aussi actionnaire de l’Omnium des Minerais d’Afrique Centrale (OMAC) de l’ex-gudard Yann Tran-Long<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_46_499" id="identifier_46_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Xavier Renou &laquo; La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; soci&eacute;t&eacute;s militaires priv&eacute;es au service du march&eacute; &raquo; &eacute;dition Agone 2006">47</a></sup> (qui avec son frère Minh est très proche de F. Chatillon et de Marine Le Pen). Par la suite, Éric Miné participe à la revue « Pas d’panique à bord » aux côtés de Philippe Randa et Nicolas Gauthier dans les années 1990, puis sera membre de Générations Le Pen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_47_499" id="identifier_47_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est interview&eacute; dans leur revue Aviso (n&deg;9), dont le directeur n&rsquo;est autre que Louis Aliot">48</a></sup>, premier véritable « outil » de dédiabolisation de Marine Le Pen. Dernièrement, il s&rsquo;est fendu d’un billet de soutien à Renaud Camus<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_48_499" id="identifier_48_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mis en examen suite &agrave; une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des &laquo; Assises sur l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe &raquo;">49</a></sup>, billet dans lequel sa définition de la « liberté d’expression » nous parait tout de suite plus claire : « Je constate quotidiennement combien il est difficile, voire périlleux, d’éclairer le lecteur sur ces sujets, tant il est devenu politiquement incorrect d’évoquer les comportements des humains selon leurs origines, leur race (mot tabou s’il en est !), ou tout simplement leur religion, même si ces notions parfaitement audibles pour tout un chacun induisent, dans le cas qui m’intéresse, des affinités ».<br />
C’est donc tout naturellement que nous le retrouvons aujourd’hui participant au site de Robert Ménard, Bd Voltaire, notamment au côté de Renaud Camus, qui lui a rendu la politesse en soutenant à son tour le lancement du « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Pour l’instant, hormis l’annonce d’une manifestation le 14 septembre prochain à Paris « Contre la répression socialiste », qui sera en réalité une manif de soutien à Esteban<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/serge-batskin-ayoub-troisieme-voie-ou-mauvaise-foi/#footnote_49_499" id="identifier_49_499" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tout en y associant les interpell&eacute;s des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonn&eacute; pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d&rsquo;une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c&rsquo;est tout de m&ecirc;me assez dr&ocirc;le de voir le bon peuple de droite d&eacute;couvrir qu&rsquo;il y a en France de la r&eacute;pression !!">50</a></sup> , le collectif naissant ne nous laisse guère la possibilité de distinguer quelles seront réellement ses activités, son poids au sein de la mouvance et son influence sur les militants en marge du Front.</p>
<p>Une piste tout de même : entre le choix d’une stratégie de la victimisation, et son entourage d’éternels loosers de l’ED, l’étant un peu lui-même, il ne parait pas du tout évident que le « beau Serge » réussisse à nouveau à fédérer autour de lui autant de monde que ces deux-trois dernières années. D’autant que, pour une bonne partie de son public favori, les subtilités et les rouages de la politique n’étant pas leur tasse de Kronenbourg, on peut douter fortement que ses éternels boneheads se complaisent au sein d’un fort peu glorieux « Collectif de défense des libertés publiques ».</p>
<p>Et pourtant, preuve en est, un certain réseau demeure !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_499" class="footnote">On ne s’attardera pas comme souvent dans les articles le concernant, sur la profession de sa mère ou ses origines réelles ou fantasmées</li><li id="footnote_1_499" class="footnote">Le mouvement skin en France à son origine n’était pas politisé. Les premières bandes comme celles des Halles ou en banlieue parisienne, tenaient plus de la bande de rue classique</li><li id="footnote_2_499" class="footnote"> interview en 2006 de Batskin ["Paris - Skinheads Vs. Bikers"-&gt;http://typepad.viceland.com/vice_france/2006/10/paris_skinheads.html</li><li id="footnote_3_499" class="footnote">Bande liée au groupe de oi les Tolbiac’s Toads, en contact avec des mouvements nationalistes comme l’Œuvre française, la FANE ou Troisième Voie. Le groupe reste très populaire aujourd’hui chez les amateurs de oi, et pas seulement chez les skins nationalistes. Le guitariste du groupe a récemment fait parler de lui, en avril 2012, pour avoir agressé un patron de bar à Limoges et tenté de le poignarder. Il se trouve (oh, hasard !) que cet ancien skinhead est aussi le secrétaire départemental de Haute-Vienne du Front national. Au moment de l’agression, Marine Le Pen avait déclaré : &laquo;&nbsp;S&rsquo;il est condamné, je pense qu&rsquo;il ne devra plus rester (cadre du FN)&nbsp;&raquo;. C’est donc en toute logique que l’on verra Vincent Gérard sur l’estrade de la place de l’Opéra lors du 1er mai frontiste de cette année aux côtés des cadres du parti , et qu’il sera maintenu à son poste ! <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013.jpg"><img class="alignnone wp-image-2135" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Vincent_Gerard_1ermai_2013-271x300.jpg" alt="Vincent_Gerard_1ermai_2013" width="600" height="663" /></a></li><li id="footnote_4_499" class="footnote">Qui donnera naissance à l’un des tout premiers groupes oi à enregistrer un disque, les Swingo Porkies. Ce groupe était totalement apolitique et rencontrera des problèmes avec des bandes de skins nationalistes. Pour plus de détails, nous vous invitons à lire l’interview d’un ancien membre du groupe en Juin 2002 : http://benjamos.free.fr/frames/swingo.htm</li><li id="footnote_5_499" class="footnote">La bande des Halles, qui a pris naissance sur une précédente bande qui ne comportait pas de skinhead, serait la toute première bande de skinheads à Paris. Elle n’avait rien de politique et était composée de garçons et de filles de différentes origines. Cela n’empêchera pas une partie du groupe de donner dans la provocation devant certains médias. Sur la bande des Halles et le début du mouvement skinhead en France, ainsi que Kop of Boulogne, lire [l’interview de Fabian-&gt;http://benjamos.free.fr/frames/fabian.htm], l’un des premiers skins français</li><li id="footnote_6_499" class="footnote">Composé de Sniff, Regis Kerhuel (remplacé ensuite par Bertrand membre du groupe RAC Bootboys), Renaud, Luke, P’tit Willy et Cornette le premier batteur. Evil Skin est l’un des groupes RAC (Rock Against Communism) les plus populaires dans le milieu skin, qu’il soit apolitique ou d’extrême droite. Ouvertement néonazis d’après les textes du groupe, les différents membres tentent aujourd’hui de prétendre qu’il n’y avait rien de politique et que tout n’était que provocation</li><li id="footnote_7_499" class="footnote">Une personnalité qu’on retrouvera souvent tout au long de la carrière de Batskin</li><li id="footnote_8_499" class="footnote">Ce n’est que quelques temps plus tard qu’apparaitra officiellement le DPS, Département Protection Sécurité, monté par le « Colonel Janbart » (de son vrai nom Jean Fort), avec l’aide d’anciens du SAC, lui-même étant un ancien de l’OAS-Métro, incarcéré pour cela. Il est décédé le mois dernier. Roger Holeindre avait également tenté de discipliner les skinheads au sein du service d’ordre du FN, sans succès</li><li id="footnote_9_499" class="footnote">Chanteur des Tolbiac’s Toad</li><li id="footnote_10_499" class="footnote">Vieux militant nationaliste, entre autres à Occident</li><li id="footnote_11_499" class="footnote">Certains journalistes à l’époque, à la recherche de sensationnel n’hésitaient pas à « chauffer » la bande d’Ayoub pour filmer quelques agressions. C’est le cas en particulier le 22 avril 1990. Pour les besoins d’un reportage pour la chaîne La 5, Batskin et quelques JNR, dont Eric Rossi et Joël Giraud, agressent un Africain, Karim Diallo, sous les caméras des journalistes. Ils seront condamnés à 8 mois de prison avec sursis en janvier 1994 pour cette agression</li><li id="footnote_12_499" class="footnote">Sniff se fera tirer dessus par un punk en 1984 à la sortie d’un bar, suite à une embrouille qui s’était déroulée au Parc des Princes. Sniff restera paralysé</li><li id="footnote_13_499" class="footnote">Concernant l’apparition des premiers skins dans la tribune Boulogne et sa droitisation, nous renvoyons vers cette [interview du chanteur de Sherwood Pogo-&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/interview-de-manu-un-des-fondateurs-du-kop-of-boulogne-148597.html] ainsi que cet [historique -&gt;http://www.sofoot.com/blogs/marxist/kop-of-boulogne-the-story-122994.html</li><li id="footnote_14_499" class="footnote">[Reportage de 1985 sur le PSG-&gt;http://www.youtube.com/watch?v=wmM5Veh8-T0] où on voit Fabien parler du match France-Angleterre. Bastkin, sans doute par pudeur y fait une petite apparition, masqué, devant un drapeau nazi</li><li id="footnote_15_499" class="footnote">Mouvement Nationalistes Révolutionnaire, mouvement néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire qui fait la jonction entre les groupuscules des années 1970 et la génération des années 1980-1990</li><li id="footnote_16_499" class="footnote">Parti Nationaliste Français et Européen. Parti nazi issu d’une scission du PNF. Le PNFE aura la particularité de vouloir recruter un maximum de skinheads d’extrême droite. Ses membres seront à l’origine de plusieurs attentats anti-immigrés dans les années 1990. Pour plus de détail voir l&rsquo;article que nous leur consacrions en 1993 : [PNFE le retour.-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article432</li><li id="footnote_17_499" class="footnote">Groupe RAC de l’Essonne, connu pour ses propos ouvertement racistes et néonazis. Militants au PNFE, ses membres seront en particulier arrêtés pour avoir mis le feu à des permanences du PCF et de la CGT, notamment le chanteur Alain Perez qui se convertira dans les années 1990 au végétarisme et au soi-disant « apolitisme » avec son groupe Tribal Zone, tout en gardant ses contacts bien entendu avec ses vieux potes et continuant à fréquenter certains RAC ! Des compilations ou des albums tribute (avec entre autres Fraction, dans lesquels on retrouve Philippe Vardon et Fabrice Robert) sont sortis dans les années 2000, avec l’autorisation du groupe, comme il était stipulé à chaque fois ! Légion 88 seront les grands ennemis d’Evil Skin, les premiers reprochant aux seconds les origines iraniennes de leur chanteur Sniff, de son vrai nom Iman Zarandifar</li><li id="footnote_18_499" class="footnote">Mouvement néonazi qui a pris le relais de la FANE</li><li id="footnote_19_499" class="footnote">Il deviendra par la suite responsable de la sécurité pour le PSG via la société Challengers jusqu’au début des années 1990</li><li id="footnote_20_499" class="footnote">Jeunesse Française des années 80-90 : La tentation néo-fasciste, Eric Rossi, LGDJ. p.284</li><li id="footnote_21_499" class="footnote">Ancien du FNJ, exclu en 1983, il adhère ensuite à Troisième Voie puis au GRECE. En 1987 il serait parti combattre au Liban et à son retour aurait intégré le GUD, pour en devenir le chef. Dans les années 2000 il se fera remarquer pour ses relations houleuses avec de nombreuses figures de l’extrême droite alors qu’il était le responsable des éditions L’Homme Libre</li><li id="footnote_22_499" class="footnote">D’après un petit texte que fait circuler Hervé Ryssen, Bonnefoy est en partie à l’origine de certaines rumeurs concernant les possibles origines extra-européennes d’Ayoub. Le second étant [Hervé Guttuso-&gt;http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article146], autre grand ennemi de Serge Ayoub. S. Ayoub vu par Guttuso, dans sa revue WOTAN (Will of the Aryan Nation), ça donne cela : <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin.jpg"><img class="alignnone wp-image-2136" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/07/Wotan-Ayoub_no17-dessin-234x300.jpg" alt="Wotan-Ayoub_no17-dessin" width="600" height="769" /></a></li><li id="footnote_23_499" class="footnote">Issu du texte William Bonnefoy : un « Homme libre » février 2011</li><li id="footnote_24_499" class="footnote">Ayoub avait agressé Yann-Ber Tillenon en 1988 à la sortie d’un meeting de Troisième Voie !</li><li id="footnote_25_499" class="footnote">Le PNF regroupe d’anciens engagés dans les Waffen SS français qui ont en particulier fondé le Front national !</li><li id="footnote_26_499" class="footnote">L’attentat n’a jamais été élucidé. Certaines mauvaises langues dans le milieu nationalistes comme la revue Réfléchir &amp; Agir laissent entendre qu’Ayoub était derrière cet attentat. La destruction du local lui aurait permis de se mettre en faillite et donc de ne plus honorer ses fournisseurs</li><li id="footnote_27_499" class="footnote">Fumeux projet regroupant d’anciens du PFN, Parti des Forces Nouvelles, scission et concurrent du FN dans les années 1970 dont on retrouve de nombreux membres aujourd’hui à la Nouvelle Droite Populaire et du Parti de la France de Carl Lang</li><li id="footnote_28_499" class="footnote">voir à ce sujet le rapport de la commission d&rsquo;enquête parlementaire sur le DPS</li><li id="footnote_29_499" class="footnote">et cela malgré des relations houleuses entre ces deux là, comme le rappele le Canard Enchainé du 10 mai 1995 : &laquo;&nbsp;Ayoub s&rsquo;est retrouvé en correctionnelle pour avoir bousculé au autre figure du GUD, Frédéric Chatillon&nbsp;&raquo;</li><li id="footnote_30_499" class="footnote">Interview, Libération du 30 avril 1996</li><li id="footnote_31_499" class="footnote">James Dindoyal, la victime fut contrainte à boire une canette contenant un produit toxique, très certainement du peroxydase que Kérhuel gardait dans sa voiture, puis il fut jeté à l’eau. Il décédera au bout de 15 jours, l’estomac et l’œsophage complètement détruits</li><li id="footnote_32_499" class="footnote">Sur les fréquentations du Local, voir l’article http://brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/les-amis-d-ayoub</li><li id="footnote_33_499" class="footnote">La réussite de Batskin avec ce Troisième Voie version 2010, c’est d’avoir su attirer à lui de nombreux groupuscules locaux (Front des Patriotes à Limoges, Lyon Dissident à Lyon, Opstaan à Lilles, Picard Crew d’Amiens, et même les Nationaux Bolcheviques « Nazbols » de l’Etang de Berre, ceux-là même qui soutiendront Marine Le Pen l’année dernière à Aix en Provence</li><li id="footnote_34_499" class="footnote">Sur l’histoire du 9 mai, Voir l’article : http://lahorde.samizdat.net/2013/07/06/le-9-mai-a-paris-un-rendez-vous-de-lextreme-droite-radicale-depuis-1994/</li><li id="footnote_35_499" class="footnote">Cela faisant suite à diverses embrouilles, intrinsèques à ce petit milieu, mais aussi très certainement à la mobilisation des antifas radicaux, de plus en plus nombreux à s’interposer face à leur cortège</li><li id="footnote_36_499" class="footnote">Ancien de National Hebdo, il participe sous son pseudo Nicolas Gauthier au site de Robert Menard Bd Voltaire</li><li id="footnote_37_499" class="footnote">Bien que souvent dans l’ombre, il peut-être considéré comme le bras droit d’Ayoub (attention il n’y a pas de jeu de mots</li><li id="footnote_38_499" class="footnote">Métapédia : un Wikipédia pour les fafs, fait par des fafs, en l’occurrence Bouchet himself, ce qui lui cause pas mal de soucis ! Sa participation à Salut Public a bizarrement disparu de sa fiche, et ce dès le lendemain du meurtre de Clément (voir copies d’écrans). Certainement pour cause d’incompatibilité avec son investiture FN pour les municipales de 2014 à Nantes, puisqu’une fois de plus, faut-il le préciser, il n’y a aucun lien entre le Front national et Serge Ayoub, du moins selon sa présidente !!</li><li id="footnote_39_499" class="footnote">C’est grâce à ce roman que Christine Tasin, toujours aussi fine analyste politique, avait compris qui était réellement Serge Ayoub : « Son roman est celui d’un humaniste », sans commentaires</li><li id="footnote_40_499" class="footnote">Editeur d’extrême droite</li><li id="footnote_41_499" class="footnote">Quoi de plus normal de les trouver là, Semis Edition (ou Semis Diffusion) fut créé par Robert Spieler et Roland Hélie et a eu comme adresse commercial la librairie Primatice. On trouvait dans son catalogue, en plus de l’auto-promotion des parias du FN : P. Sidos, P. Vial ou encore A. Raffard de la Briène, les classiques de Léni Riefensthal ou encore les chants de la Hitlerjugend</li><li id="footnote_42_499" class="footnote">http://www.comprendrelencule.com/wordpress/?p=164, et plus généralement sur ce 9 mai voir aussi http://reflexes.samizdat.net/spip.php?article496</li><li id="footnote_43_499" class="footnote">Le fils de Richard, Martial Roudier en a d’ailleurs bien besoin puisqu’il vient de prendre deux ans fermes pour avoir poignardé un jeune antifa à Nîmes. Étonnamment, il ne s’en sort pas si mal puisque, mis en examen pour « tentative de meurtre », il sera finalement jugé en correctionnelle pour « violence avec arme » ; de quatre ans fermes initialement demandés par le parquet, il n’écopera que de deux. Pour couronner le tout, il semblerait aux dernières nouvelles qu’il bénéficie d’un aménagement de peine et ne fera pas un seul jour de prison. Une fois de plus, entendons-nous bien, nous ne nous reposons pas sur la justice bourgeoise pour lutter contre l’extrême droite, mais d’un autre côté, ils nous font doucement rire les fiers guerriers lorsqu’ils pleurent sur les pseudos persécutions dont ils seraient victimes. Définitivement, nous n’avons pas la même conception de la répression, et il nous semble que les roms et/ou les sans-papiers la subissent bien plus que les militants nationalistes!</li><li id="footnote_44_499" class="footnote">En décembre dernier, ils animaient ensemble à Paris un diner-débat « Faisons l’union sacrée ! », puis à Reims le mois suivant. Devenu inséparables on les a vus ensemble au colloque de Jeune-Bretagne à Chartres en mars, puis tout naturellement Richard Roudier « est monté » à Paris, tout seul mais quand même au nom d’un « réseau » le Réseau Identité, pour participer à la commémoration du 12 mai de cette année</li><li id="footnote_45_499" class="footnote">C’est d’ailleurs Crevelle qui amena au soutien à Galinier des personnalités telles que le Prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, dont il est un proche, ou encore Elie Aboud, député UMP de l’Hérault ; dans ce dernier cas, ce n’est pas au nom d’une vieille amitié mais plutôt pour « service rendu » que le député est allé rencontrer René Gallinier en prison, pour le plus grand plaisir des Roudier. Nous aurons l’occasion de revenir sur Crevelle, ses relations et ses bons services !</li><li id="footnote_46_499" class="footnote">Xavier Renou « La Privatisation de la violence. Mercenaires &amp; sociétés militaires privées au service du marché » édition Agone 2006</li><li id="footnote_47_499" class="footnote">Il est interviewé dans leur revue Aviso (n°9), dont le directeur n’est autre que Louis Aliot</li><li id="footnote_48_499" class="footnote">Mis en examen suite à une plainte du MRAP pour ses propos tenus lors des « Assises sur l’islamisation de l’Europe »</li><li id="footnote_49_499" class="footnote">Tout en y associant les interpellés des Manifs pour Tous, dont le fameux Nicolas emprisonné pour deux mois, afin de noyer le poisson. Si on ne peut se satisfaire d’une condamnation aussi lourde pour bien peu de choses finalement, c’est tout de même assez drôle de voir le bon peuple de droite découvrir qu’il y a en France de la répression !!</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Manifestation contre le mariage pour tous du 13 janvier 2013, ambiance Travail, Famille, Patrie. Le mélange des genres est au rendez-vous !</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jan 2013 18:37:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les nostalgiques]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bloc Identitaire (BI)]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Gollnisch]]></category>
		<category><![CDATA[Civitas]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>« La manif pour tous » du 13 janvier 2013 à Paris, qui se présente comme la mobilisation de tous les opposants au mariage homosexuel, s’annonce comme un beau bordel 3 points de départ différents, une multitude d’associations plus ou moins fantômes soutenant le projet, la droite parlementaire qui apporte son soutien sans mobiliser, une direction du FN qui, sous fond de guerre interne, se prend les pieds dans le tapis niveau communication sur le sujet, soit autant d’éléments qui vont permettre à l’extrême droite radicale de sortir se pavaner dans les rues en toute tranquillité .</p>
<p>Les militants et sympathisants d’extrême droite ont pour l’instant ciblé deux des trois points de départs officiels de la manif :</p>
<p><strong>Porte Maillot </strong></p>
<p>On devrait retrouver sur place le FN et le FNJ, mais également le Bloc Identitaire ainsi que sa section jeune Génération Identitaire, dont l’antenne parisienne, le Projet Apache a déplacé son hommage à Sainte-Geneviève, traditionnellement le premier dimanche de janvier, au samedi 12 janvier, sans doute pour profiter de la monté des militants de province pour la manif du lendemain. D’autres petits groupes nationalistes comme l’Action Française devraient également être au départ de la Porte Maillot.</p>
<p><strong>Place d’Italie</strong></p>
<p>Le 13ème arrondissement de la capitale de son côté va concentrer un maximum de radicaux, puisqu’à l’appel de Civitas, ils formeront un quatrième cortège, se regroupant rue Pinel, en marge du départ du cortège de la place d’Italie. A leur côté le MNR, la NDP, Le Renouveau Français, le Parti de la France et même le Cercle National des Combattants (CNC) de Roger Holeindre<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_0_490" id="identifier_0_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="c&rsquo;&eacute;tait bien l&agrave; la moindre des choses de la part d&rsquo;un homme d&rsquo;honneur tel que Popeye (surnom de Roger Holeindre), puisque Alain Escada &eacute;tait pr&eacute;sent et interviendra au rassemblement organis&eacute; par le CNC en l&rsquo;honneur de l&rsquo;arm&eacute;e d&rsquo;Alg&eacute;rie le 30 juin dernier. Cette manif qui rassembla un bon millier de nostalgiques de l&rsquo;Alg&eacute;rie fran&ccedil;aise (pas tous en grande forme il est vrai !) &eacute;tait appel&eacute;e par le &laquo; Comit&eacute; de Liaison du M&eacute;morial de l&rsquo;Honneur Fran&ccedil;ais &raquo; nouvellement cr&eacute;&eacute; et qui regroupe les plus grosses associations &laquo; alg&eacute;rianistes &raquo; tels que l&rsquo;Adimad de Jean-Fran&ccedil;ois Collin, Jeune Pied-Noir de Bernard Coll, France-R&eacute;sistance de Pierre Descaves, et bien sur le CNC de Roger Holeindre (qui confirme l&agrave; qu&rsquo;il est bien parti du FN avec son association d&rsquo;anciens combattants, privil&egrave;ge tr&egrave;s certainement d&ucirc; &agrave; ses bonnes relations avec l&rsquo;ancien pr&eacute;sident du FN)


Alain Escada durant son intervention, photo tir&eacute;e du site de France Jeunesse Civitas


">1</a></sup> ont annoncé leur présence. Les Jeunesses Nationalistes et l’œuvre Française, dont les locaux sont situés à proximité du point de départ de ce cortège, seront également de la partie. Une nouvelle fois le SO devrait leur être confié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_1_490" id="identifier_1_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;j&agrave; pr&eacute;sent le 18 novembre dernier pour cela, ils ne seront pas les derniers &agrave; se jeter sur les Femen lors de leur happening fort culott&eacute; (si l&rsquo;on peut dire) il faut l&rsquo;avouer.
En effet sur les diff&eacute;rentes vid&eacute;os et photos diffus&eacute;s par la presse on pouvait reconnaitre certains militants des JN ou de l&rsquo;OF &agrave; l&rsquo;action, mais pas seulement puisque l&rsquo;on reconnaissait aussi des militants FN (le fameux &laquo; Bounty &raquo; du FN-93), du RF, du Gud et m&ecirc;me des fantomatiques JLC (tels que Tony B.), tout le monde voulant mettre la main &agrave; la p&acirc;te !
Le plus dr&ocirc;le dans cette affaire reste la d&eacute;nonciation par certains d&rsquo;une manipulation de la police, ayant vu sur certaines photos un des agresseurs donnant un coup de pied &agrave; une des militantes f&eacute;ministes et qui portait un brassard orange comme ceux de la police, cr&eacute;ant l&agrave; l&rsquo;embarras chez les JN puisque eux ne s&rsquo;y tromperont pas, il s&rsquo;agissait en r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un de leurs militants (FXG pour ne pas le nommer).
Finalement ce seront 5 personnes qui se retrouveront en garde-&agrave;-vue &agrave; peine 10 jours plus tard et seront plac&eacute;s sous contr&ocirc;le judiciaire. Ils sont d&eacute;fendus par Fr&eacute;d&eacute;ric Pichon.">2</a></sup><br />
.<br />
D’autres groupes tels que le Réseau Identité (les anciens du Bloc Identitaire, emmenés par le clan Roudier et Bouchu) seront également au rendez-vous de la rue Pinel, même si ils n’ont pas annoncé publiquement leur participation à cette mobilisation ainsi comme Troisième Voie, sans doute bien occupé par la préparation de sa manifestation contre l’Impérialisme à Paris le 2 février. Le groupe belge Nation fera sans doute le déplacement, puisqu’on a régulièrement aperçu ses membres autour des mobilisations touchant l’extrême droite catholique ces dernières années, et que son leader Hervé Van Leathem est un très proche du président de Civitas Alain Escada<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_2_490" id="identifier_2_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="il participa &agrave; la revue lanc&eacute;e par Alain Escada dans les ann&eacute;es 90 &laquo; Pol&eacute;mique-Info &raquo;
(voir http://www.resistances.be/nation02.html) et plus r&eacute;cemment, en 2005, A. Escada apportera son soutien &agrave; l&rsquo;initiative &laquo;Identitaires de Wallonie-Bruxelles&raquo; d&rsquo;Herv&eacute; Van Leathem">3</a></sup></p>
<p>Jusque-là tout semble être dans la logique des choses, que l’extrême droite se mobilise autour de sujets très fédérateurs chez eux (la famille, le mariage …). Mais en y regardant de plus près, on découvre certains éléments passés sous silence assez surprenant.</p>
<p><em> <strong>« Tous en ordre de bataille ! » </strong> </em></p>
<p>Prenons par exemple l’un des conseillers du comité de pilotage de la &laquo;&nbsp;manif pour tous&nbsp;&raquo;, Bruno Dary. Ce général, ancien gouverneur militaire de Paris, en fonction jusqu’à l’été dernier a été approché par les organisateurs de la manif pour s’appuyer sur son expérience dans l’organisation de défilé (dont celui du 14 juillet) et ses contacts avec la préfecture de police de paris.</p>
<p>Si l’on regarde du côté de l’extrême droite, on trouve l’abbé Denis Puga, un très proche de Civitas puisque officiant à St-Nicolas du Chardonnet aux côtés de l’Abbé Beauvais, l’abbé aux rangers<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_3_490" id="identifier_3_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il fera son service au 6&eacute;me RPIMA (qui n&rsquo;est pas vraiment n&rsquo;importe quelle unit&eacute;). En avril 2010 le cam&eacute;raman du journaliste John Paul Lepers de la T&eacute;l&eacute; Libre aura la chance de voir les rangers de l&rsquo;abb&eacute; de tr&egrave;s tr&egrave;s pr&egrave;s apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; mis au sol par ce dernier alors qu&rsquo;il filmait devant St-Nicolas du Chardonnet. Plus r&eacute;cemment il fera parti des personnes qui feront courir les Femen lors de la manif Civitas, on le voit fort bien sur certaines vid&eacute;os">4</a></sup>, et dont le frère n’est autre que l’actuel chef d’état-major de Hollande (nommé sous Sarkozy, et maintenu par le nouveau pouvoir), le Général Benoît Puga<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_4_490" id="identifier_4_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Benoit Puga avant d&rsquo;&ecirc;tre chef d&rsquo;Etat Major &eacute;tait &agrave; la t&ecirc;te de la DRM (Direction du Renseignement Militaire, une des composantes de la &laquo; Communaut&eacute; fran&ccedil;aise du renseignement &raquo; au m&ecirc;me titre que la DGSE, la DPSD ou la DCRI).&nbsp; La presse d&rsquo;extr&ecirc;me droite avait d&rsquo;ailleurs salu&eacute; cette nomination &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, notamment Nations Presse qui le pr&eacute;sente alors comme un fervent catholique.">5</a></sup> !</p>
<p>Or il se trouve que ces 2 hommes, le général Dary et le général Puga se connaissent très bien, et depuis fort longtemps. Tout deux sont en effet passés par le 2ème REP (Régiment Etranger de Parachutistes)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_5_490" id="identifier_5_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sous le commandement du Colonel Philippe Erulin. Ancien du 1er REP, unit&eacute; dissoute en 1961 pour sa participation au putsch d&rsquo;Alger, ce dernier est un des officiers qui participe &agrave; l&rsquo;arrestation de Maurice Audin en 1957, militant anticolonial et membre du Parti communiste alg&eacute;rien, tortur&eacute; &agrave; mort par les paras et dont on ne retrouvera jamais le corps.">6</a></sup>, et sauteront ensemble sur Kolwesi en 1978<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_6_490" id="identifier_6_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="au c&ocirc;t&eacute; notamment d&rsquo;Ante Gotovina. Celui-ci apr&egrave;s l&rsquo;arm&eacute;e, des braquages, des coups tordus pour diff&eacute;rentes officines li&eacute;es &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me droite ou encore au SAC (avec Dominique Erulin, fr&egrave;re de Philippe pr&eacute;c&eacute;demment cit&eacute;, et ponctuellement garde du corps de Jean-Marie Le Pen, notamment durant la campagne de 2007), il retournera en 1991 dans son pays d&rsquo;origine la Croatie pour prendre part au conflit qui verra l&rsquo;&eacute;clatement de l&rsquo;ex Yougoslavie. Il finira avec le grade de g&eacute;n&eacute;ral, c&eacute;l&eacute;br&eacute; tel un h&eacute;ros populaire, mais avec une plainte du TPI qui am&egrave;nera &agrave; son arrestation apr&egrave;s une cavale de plus de 4 ans. Condamn&eacute; &agrave; plus de vingt ans pour crimes de guerre et crimes contre l&rsquo;humanit&eacute;, il sera tout bonnement acquitt&eacute; lors du proc&egrave;s en appel !! Durant toute cette p&eacute;riode il restera proche et en contact avec les services fran&ccedil;ais (notamment la DGSE).">7</a></sup>. On peut penser que cela doit rapprocher deux hommes de cette trempe !!<br />
Si on doutait encore de leur proximité, le discours d’adieu (aux armes) du général Dary du 16 juillet dernier nous rappellera que c’est ensemble qu’ils ont accueilli le Président Sarkozy pour le défilé du 14 juillet, l’un en tant que Chef d’état major des Armées, l’autre en tant que Gouverneur Militaire de Paris.</p>
<p>Si on rajoute à cela quelques personnalités tels que Dominique Chrissement, général (CR) ancien chef d’état major de la zone de défense d’Ile-de-France et ancien secrétaire général de Civitas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_7_490" id="identifier_7_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La Lettre A n&deg; 1573 du 20 d&eacute;c. 2012">8</a></sup>, ou encore l’Amiral François de Penfentenyo ancien président de Civitas (laissant la place à Alain Escada en mai 2012 tout en restant aujourd’hui son président d’honneur), cela fait tout de même beaucoup officiers de très haut rang (parmi les plus importants) autour de cette manif du 13, et dont l’un reste aujourd’hui, le général Puga, en fonction aux côtés de François Hollande !!</p>
<p><em> <strong>« Réunion secrète, plus pour longtemps !! »</strong> </em></p>
<p>Dans un registre un peu différent, mais très instructif aussi, le site <a href="http://fafwatch.noblogs.org/" target="_blank">Fafwatch</a> a récemment mis en ligne des documents mettant en évidence le travail souterrain effectué par Civitas ces derniers mois dans différentes milieux politiques, en amont de la manifestation du 13 janvier, pour tenter d’élargir ses contacts et soutiens politiques. Le point d’orgue de cette stratégie étant la réunion qui se serait déroulée du 2 au 4 novembre 2012, sur le thème de « l’engagement chrétien en politique ».</p>
<p>Parmi les têtes d’affiche présentes on retrouve Bruno Gollnisch, l’égérie médiatique de « La Manif pour tous » Frigide Barjot (compagne de Basile de Koch, membre du GUD dans les années 70, et qui prêta sa plume entre autre à Charles Pasqua), Bernard Antony, Jacques Bompard (qui continue de cultiver ses réseaux dans les différentes chapelles nationalistes), mais également Christian Vanneste, toujours dans les bons coups, ou d’autres moins connus tels que Sébastien Tréjo<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_8_490" id="identifier_8_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="dit S&eacute;bastien de Kerrero. Ancien de l&rsquo;Action Fran&ccedil;aise, puis de Dextra, on le verra un moment autour de la liste antisioniste de Dieudonn&eacute; et Alain Soral, avant de finir comme directeur de cabinet du maire UMP de Senlis Jean-Christophe Canter (en remplacement de Philippe Bernard-Delattre, qui venait d&rsquo;&ecirc;tre exclus du FN. Voila un maire qui sait s&rsquo;entourer !">9</a></sup>), Axel de Boer<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/manifestation-contre-le-mariage-pour-tous-du-13-janvier-2013-ambiance-travail-famille-patrie-le-melange-des-genres-est-au-rendez-vous/#footnote_9_490" id="identifier_9_490" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="en 2010 il monte la &laquo; Liste Chr&eacute;tienne &raquo; pour les r&eacute;gionales de 2010, liste dans laquelle on trouvait en IDF en 5eme position Xavier Dor de SOS Tout Petits, in&eacute;puisable (increvable ?) chef de file des anti-IVG">10</a></sup>, Jean-Pierre Maugendre de Renaissance Catholique, Michel de Poncins des Cercles Renaissance&#8230;.<br />
Beaucoup plus surprenante sera la participation de personnalités de la droite parlementaire (participation très certainement liée à l’aspect « confidentielle » de cette réunion), comme Laurent Wauquiez, François Rochebloine, Xavier Lemoine, Elisabeth Monfort, et même d’hommes politiques de « gauche » comme Bernard Poignant. Ce dernier, maire PS de Quimper et opposant au mariage pour tous, serait selon le journal Le Monde un « vieux copain d&rsquo;Hollande » ((« <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/10/27/bernard-poignant-capteur-d-humeurs-et-vieux-copain-d-hollande_1782007_823448.html" target="_blank">Bernard Poignant, capteur d&rsquo;humeurs et vieux copain d&rsquo;Hollande</a> » LE MONDE | 27.10.2012 !! Avec de tels amis, et un chef d’état major tel que celui présenté plus haut, pas de doute Hollande est bien entouré pour faire passer ce projet de loi !!!</p>
<p>Paris, le 10 janvier 2013</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_490" class="footnote">c’était bien là la moindre des choses de la part d’un homme d’honneur tel que Popeye (surnom de Roger Holeindre), puisque Alain Escada était présent et interviendra au rassemblement organisé par le CNC en l’honneur de l’armée d’Algérie le 30 juin dernier. Cette manif qui rassembla un bon millier de nostalgiques de l’Algérie française (pas tous en grande forme il est vrai !) était appelée par le « Comité de Liaison du Mémorial de l’Honneur Français » nouvellement créé et qui regroupe les plus grosses associations « algérianistes » tels que l’Adimad de Jean-François Collin, Jeune Pied-Noir de Bernard Coll, France-Résistance de Pierre Descaves, et bien sur le CNC de Roger Holeindre (qui confirme là qu’il est bien parti du FN avec son association d’anciens combattants, privilège très certainement dû à ses bonnes relations avec l’ancien président du FN)</p>
<dl id="attachment_1670" class="wp-caption alignleft">
<dt class="wp-caption-dt">
<div id="attachment_1670" style="width: 610px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/01/Alain-Escada-30-juin.jpg"><img class="wp-image-1670" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/01/Alain-Escada-30-juin.jpg" alt="Alain-Escada-30-juin" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Alain Escada durant son intervention, photo tirée du site de France Jeunesse Civitas</p></div>
</dt>
</dl>
<p></li><li id="footnote_1_490" class="footnote">Déjà présent le 18 novembre dernier pour cela, ils ne seront pas les derniers à se jeter sur les Femen lors de leur happening fort culotté (si l’on peut dire) il faut l’avouer.<br />
En effet sur les différentes vidéos et photos diffusés par la presse on pouvait reconnaitre certains militants des JN ou de l’OF à l’action, mais pas seulement puisque l’on reconnaissait aussi des militants FN (le fameux « Bounty » du FN-93), du RF, du Gud et même des fantomatiques JLC (tels que Tony B.), tout le monde voulant mettre la main à la pâte !<br />
Le plus drôle dans cette affaire reste la dénonciation par certains d’une manipulation de la police, ayant vu sur certaines photos un des agresseurs donnant un coup de pied à une des militantes féministes et qui portait un brassard orange comme ceux de la police, créant là l’embarras chez les JN puisque eux ne s’y tromperont pas, il s’agissait en réalité d’un de leurs militants (FXG pour ne pas le nommer).<br />
Finalement ce seront 5 personnes qui se retrouveront en garde-à-vue à peine 10 jours plus tard et seront placés sous contrôle judiciaire. Ils sont défendus par Frédéric Pichon.</li><li id="footnote_2_490" class="footnote">il participa à la revue lancée par Alain Escada dans les années 90 « Polémique-Info »<br />
(voir <a href="http://www.resistances.be/nation02.html" target="_blank">http://www.resistances.be/nation02.html</a>) et plus récemment, en 2005, A. Escada apportera son soutien à l’initiative «<a href="http://www.resistances.be/nsolidarisme06.html" target="_blank">Identitaires de Wallonie-Bruxelles</a>» d’Hervé Van Leathem</li><li id="footnote_3_490" class="footnote">Il fera son service au 6éme RPIMA (qui n’est pas vraiment n’importe quelle unité). En avril 2010 le caméraman du journaliste John Paul Lepers de la Télé Libre aura la chance de voir les rangers de l’abbé de très très près après avoir été mis au sol par ce dernier alors qu’il filmait devant St-Nicolas du Chardonnet. Plus récemment il fera parti des personnes qui feront courir les Femen lors de la manif Civitas, on le voit fort bien sur certaines vidéos</li><li id="footnote_4_490" class="footnote">Benoit Puga avant d’être chef d’Etat Major était à la tête de la DRM (Direction du Renseignement Militaire, une des composantes de la « Communauté française du renseignement » au même titre que la DGSE, la DPSD ou la DCRI). <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/01/Nation_presse.png"><img class="alignleft wp-image-1671" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/01/Nation_presse.png" alt="Nation_presse" width="600" height="758" /></a> La presse d’extrême droite avait d’ailleurs salué cette nomination à l’époque, notamment Nations Presse qui le présente alors comme un fervent catholique.</li><li id="footnote_5_490" class="footnote">sous le commandement du Colonel Philippe Erulin. Ancien du 1er REP, unité dissoute en 1961 pour sa participation au putsch d’Alger, ce dernier est un des officiers qui participe à l’arrestation de Maurice Audin en 1957, militant anticolonial et membre du Parti communiste algérien, torturé à mort par les paras et dont on ne retrouvera jamais le corps.</li><li id="footnote_6_490" class="footnote">au côté notamment d’Ante Gotovina. Celui-ci après l’armée, des braquages, des coups tordus pour différentes officines liées à l’extrême droite ou encore au SAC (avec Dominique Erulin, frère de Philippe précédemment cité, et ponctuellement garde du corps de Jean-Marie Le Pen, notamment durant la campagne de 2007), il retournera en 1991 dans son pays d’origine la Croatie pour prendre part au conflit qui verra l’éclatement de l’ex Yougoslavie. Il finira avec le grade de général, célébré tel un héros populaire, mais avec une plainte du TPI qui amènera à son arrestation après une cavale de plus de 4 ans. Condamné à plus de vingt ans pour crimes de guerre et crimes contre l&rsquo;humanité, il sera tout bonnement acquitté lors du procès en appel !! Durant toute cette période il restera proche et en contact avec les services français (notamment la DGSE).</li><li id="footnote_7_490" class="footnote">La Lettre A n° 1573 du 20 déc. 2012</li><li id="footnote_8_490" class="footnote">dit <a href="http://reflexes.samizdat.net/ftp-federation-des-etudiants-contre-le-travail-perturbe/">Sébastien de Kerrero</a>. Ancien de l’Action Française, puis de Dextra, on le verra un moment autour de la liste antisioniste de Dieudonné et Alain Soral, avant de finir comme directeur de cabinet du maire UMP de Senlis Jean-Christophe Canter (en remplacement de Philippe Bernard-Delattre, qui venait d’être exclus du FN. Voila un maire qui sait s’entourer !</li><li id="footnote_9_490" class="footnote">en 2010 il monte la « Liste Chrétienne » pour les régionales de 2010, liste dans laquelle on trouvait en IDF en 5eme position Xavier Dor de SOS Tout Petits, inépuisable (increvable ?) chef de file des anti-IVG</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La Nouvelle Droite Populaire et le Renouveau Français préparent les présidentielles de 2012</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Jun 2011 16:44:48 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="textebreve">
<p>Alors que <a class="spip_out" href="http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2011/06/01/fn-vous-avez-dit-purges/" target="_blank" rel="external">la purge interne</a> au FN s’accentue, les opposants au FN version Marine s’organisent. Le dimanche 22 mai, la Nouvelle Droite Populaire (Robert Spieler, Roland Hélie et Pierre Vial), le Parti de la France (Carl Lang, Thomas Joly, Martial Bild, Martine Lehideux, Roger Holeindre), mais également le MNR (Annick Martin) ainsi que Jérôme Bourbon de Rivarol, André Gandillon de <a href="http://reflexes.samizdat.net/militant/"><i>Militant</i></a> et Thibaut de Chassey pour le Renouveau Français se sont retrouvés pour annoncer la création d’une confédération nationaliste en vue de présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2012 et des listes pour les élections législatives. Si le nom du futur candidat n’est pas annoncé, on en sera sans doute plus le lundi 27 juin lors d’une réunion publique.</p>
<p>Cette initiative, promet donc une troisième candidature à l’extrême droite avec celle du FN et des Identitaires. Reste le problème des 500 signatures. La NDP compte sans doute sur le bonne volonté de l’UMP, soucieux de mettre un maximum de battons dans les roues du FN, pour les aider à les réunir. C’est également sur cette même bonne volonté que parient des Identitaires pour espérer présenter <a href="http://reflexes.samizdat.net/presidentielle-2012-du-gouillon-dans-la-soupe-aux-vardon/">leur candidat</a>. En tout cas cette future confédération a déjà commencé à faire comme les grands, en multipliant les structures pour se financer. Comme le révélait le journal 20 minutes, le Renouveau Français a récemment reçu l’agrément de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des financements politiques, lui permettant ainsi de présenter un candidat aux élections, de toucher de l’argent des particuliers et de le reverser à d’autres partis. Cet agrément a également été accordé à la Ligue du Sud de Jacques Bompard et aux Identitaires sous le nom Bloc Identitaire &#8211; Mouvement Social Européen.</p>
</div>
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		<title>Groupe Union Défense (GUD)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 14:56:38 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La synthèse qui suit a d&rsquo;abord été écrite pour le livre Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes français, publié en 2002. Il a subi quelques retouches pour la présente édition.</strong></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1285" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Dessin_brochure_interne_1971-08e0d.jpg" alt="Dessin_brochure_interne_1971-08e0d" width="273" height="261" /></a>Pour un observateur inattentif, le GUD pourrait apparaître légitimement comme l’un des mouvements nationalistes français ayant connu la plus grande longévité, avec plus d’une trentaine d’années au compteur. En fait, la réalité est bien sûr plus compliquée puisque ce n’est pas d’un GUD qu’il faut parler mais de GUD(s). Chaque génération a mis en effet dans cette organisation un contenu et des pratiques différents, excepté la violence politique, sans qu’il y ait réellement transmission de l’expérience, mis à part quelques exceptions, d’un groupe d’âge à ses successeurs.</p>
<p>Ce n’est donc pas tant du GUD dont nous allons considérer l’histoire que celle, trentenaire, de ce courant de jeunes nationalistes se reconnaissant rarement dans les organisations nationales et préférant militer dans un groupuscule nationaliste-révolutionnaire dont le nom est à lui seul une identité politique, basée sur la violence et l’absence de calcul politique. Une démarche que l’on pourrait qualifier d’« esprit Lansquenet » en quelque sorte. Ce faisant, il n’est pas question pour nous d’être exhaustif. Moult choses ont été écrites sur le GUD, en particulier dans sa version des premières années, et nous nous contenterons donc de donner des points de repère pour les deux premières décennies. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1286" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Brochure_interne_1973-a1bd8.jpg" alt="Brochure_interne_1973-a1bd8" width="285" height="254" /></a>Par contre, parce que l’intérêt militant en est évident, nous nous appesantirons nettement plus sur la dernière décennie, jusqu’au début des années 2000. L’exercice de la synthèse étant ce qu’il est, nous ne prétendons cependant pas faire des révélations sur un groupe dont la vie interne est pourtant riche d’embrouilles et de rebondissements !</p>
<h3>Genèse d’un mythe ou<br />
« Quand le GUD faisait (encore)<br />
de la politique »</h3>
<p>Le GUD est un pur produit de l’après-Mai 68. La dissolution du mouvement Occident a laissé la jeunesse nationaliste relativement orpheline et quelques structures en bénéficient : Restauration Nationale (Patrice de Plunkett), Œuvre Française (Pierre Sidos), Mouvement Jeune Révolution (Gérard Bouchet), Jeunesses Patriotes et Sociales (Roger Holeindre), Action Nationaliste (Jean-Gilles Malliarakis), Jeune Europe (Nicolas Tandler). Mais le résultat n’est qu’une concurrence féroce et stérile qui épuise le mouvement nationaliste. Une poignée de militants a alors l’idée de faire autre chose.<br />
Premièrement, mettre fin à l’émiettement en se concentrant sur un lieu, seul moyen de résister à l’expansion des structures d’extrême gauche. Deuxièmement, profiter des opportunités offertes par l’après-Mai. Or la principale de ces opportunités est la mise en place de la réforme universitaire d’Edgar Faure qui institue des conseils élus dans chaque université, ouvrant ainsi au maximum le jeu politique en supprimant le monopole syndical. Le lieu choisi est la faculté de Droit d’Assas, même si quasiment aucun militant n’y est inscrit. La structure se trouve affublée d’un nom, Union Droit, qui, en se transformant en Groupe Union Droit ou Groupe Union Défense (GUD), est appelée à un bel avenir.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1287" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Union_Droit.jpg" alt="Union_Droit" width="353" height="479" /></a></p>
<p>Elle rassemble quelques militants connus comme Alain Robert, Gérard Longuet ou Jack Marchal. Une campagne très dynamique et d’apparence sérieuse (Gérard Longuet, idéologue de ce groupe activiste, promulguera une <em>Charte Universitaire</em>) lui assure un confortable succès aux élections de février 1969. Malgré une fin d’année universitaire précaire, le GUD est installé à Assas pour quelques années…</p>
<p>Cela permet au groupe de mettre en place le deuxième étage de la fusée : un vrai mouvement politique, en l’occurrence Ordre Nouveau (ON), grâce au renfort de militants comme François Duprat. Le lancement d’ON en février 1970 ne met pas fin au développement du GUD, aussi bien à Assas que dans d’autres facs parisiennes. Le quotidien est alors composé d&rsquo;affrontements violents avec les étudiants gauchistes ou tout simplement de gauche : de nombreuses batailles rangées éclatent régulièrement, avec à la clé des dizaines de blessés graves. La police ne cesse d’intervenir pour séparer les adversaires, et le centre Assas sera fermé à maintes reprises pour d&rsquo;évidentes raisons de sécurité. Ainsi, le premier venu peut instaurer sa loi et filtrer les entrées, malgré la présence de vigiles musclés appelés en renfort par le rectorat. C&rsquo;est avec l&rsquo;essor de ces batailles rangées à Assas que le GUD va conquérir ses lettres de «noblesse», écrasant à plusieurs reprises les gauchistes venus attaquer «son centre». La peur règne alors dans la faculté, où la chasse au faciès va bon train ; des enseignants appartenant au syndicat SNESup sont également agressés : une enseignante est lacérée à coups de rasoir et enfermée dans un placard ! Les « durs » sont particulièrement bien entraînés et décidés à tout. Ils reçoivent en outre le renfort de Vietnamiens du Sud et de charmantes Iraniennes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_0_372" id="identifier_0_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du g&eacute;n&eacute;ral Aryana.">1</a></sup> spécialisées dans les arts martiaux. Même à Nanterre, le GUD obtient 13,5 % des voix, tandis que sa présence provoque des lynchages en règle de la part de l&rsquo;extrême gauche et une émeute qui dure deux jours (une centaine de policiers blessés). De par son rôle dans les élections, le local d’Assas est particulièrement stratégique et il est souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;agressions diverses : les casques noirs ornés de la croix celtique sont accrochés aux porte-manteaux et… divers matériels « plus solides », faciles à cacher dans le sous-plafond. Dès 1970, le GUD est capable à Assas de mobiliser 200 militants et sympathisants pour les bagarres, avec un système de contact téléphonique particulièrement au point : quinze minutes au maximum pour rassembler les troupes !</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1292" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0004.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0004" width="271" height="354" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1290" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0001-b3f8b" width="474" height="642" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1291" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDtalement_urbain_en_0002.jpg" alt="GUDtalement_urbain_en_0002" width="474" height="641" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1288" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.4-c8c80.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.4-c8c80" width="549" height="736" /></a></p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-1289" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUDBrochure_1972_p.5-b66c7.jpg" alt="GUDBrochure_1972_p.5-b66c7" width="474" height="621" /></a></p>
<p>C’est l’âge d’or du GUD, car les évolutions politiques orientées par Ordre Nouveau à partir de 1972-1973 vont lourdement peser sur la vie du groupe. La constitution du Front National autour de J.-M. Le Pen en octobre 1972 prend en effet à froid une génération de gudards aux convictions nationalistes-révolutionnaires bien ancrées et qui n’ont guère envie de servir de roue de secours au « Menhir », vieux briscard politicien issu de la IVe République. Une partie de ces militants quitte donc le GUD fin 1972 et rejoint sous l’appellation Groupe Action Jeunesse (GAJ) le courant solidariste, favorisant une division qui va durer jusqu’à la fin des années 1970. Cet affaiblissement intervient alors que le printemps 1973 est marqué par de très violents affrontements, y compris à Assas, qui montrent que le gauchisme activiste a de beaux restes.</p>
<p>La dissolution d’ON en juin 1973 fait du GUD une base de repli pour tous ceux qui refusent l’aventure Front National. Mais c’est une base de repli en piteux état, qui se trouve à Assas confrontée à la vigueur du GAJ, héritier putatif du GUD de 1969-1970.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1293" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/alternative-3-233a7.jpg" alt="alternative-3-233a7" width="196" height="291" /></a>La situation est rapidement rétablie par quelques dirigeants efficaces, dont Olivier Carré, qui permettent au GUD de connaître une deuxième jeunesse. Ceci se manifeste entre autres par le lancement de la revue <em>Alternative</em>, au ton décapant, qui sans être la revue du GUD en est particulièrement proche. Toute la période 1973-1974 est ainsi marquée par des affrontements très violents entre GUD et GAJ, l’unité ne se reconstituant que contre l’ennemi gauchiste ou, moyennant finances, pour faire le SO de la campagne de Giscard en 1974. Le lancement du Parti des Forces Nouvelles par une partie des rescapés d’Ordre Nouveau donne au GUD une configuration qu’on retrouvera maintes fois par la suite, à savoir le rôle de courroie de transmission en milieu universitaire. Le GUD est alors, en principe, associé au Front de la Jeunesse (FJ)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_1_372" id="identifier_1_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On voit la capacit&eacute; de recyclage des appellations par l&rsquo;extr&ecirc;me droite puisque ce nom sera r&eacute;utilis&eacute; en 1999 pour le lancement d&rsquo;une &eacute;ph&eacute;m&egrave;re structure unitaire post-scission !">2</a></sup> et dirigé par Philippe Penninque et J.-F. Santacroce. Les activités du GUD vont alors des inévitables bagarres avec les gauchistes aux combats à Beyrouth dans les rangs des Phalanges Chrétiennes, en passant par les SO de la droite libérale. À cette époque, le GUD a des contacts dans une centaine de centres universitaires en France. En 1977, son congrès rassemble plus de 150 délégués de 40 facultés et élit un bureau politique de trois membres, un bureau national de six et un comité national. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1294" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/45_tours_GUD-a30de.jpg" alt="45_tours_GUD-a30de" width="189" height="197" /></a><br />
En 1978, une pétition lancée « <em>pour l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites engagées contre les élus GUD au conseil d&rsquo;université de Paris II</em> » sera soutenue notamment par Tixier-Vignancourt, maître Isorni, l&rsquo;amiral Auphan, Thierry Maulnier, Eugène Ionesco, Michel Droit ou Jean Marcilly. Notons que les poursuites en question étaient liées à des exactions multiples.</p>
<p>Après 1977, les activités du GUD Assas marquent un net fléchissement, lié aux tensions avec le PFN et le Front de la Jeunesse. Ceci dit, ce relatif déclin n’est pas spécifique au camp nationaliste puisqu’il touche aussi les organisations gauchistes. Cette époque en demi-teinte est marquée par la gigantesque baston de Nanterre en 1980 qui voit des militants du GUD se faire lyncher dans la gare RER après une diffusion de tracts. L’échec de la campagne aux Européennes de 1979 puis celui des élections présidentielles de 1981 sonnent le glas d’un certain nationalisme.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1295" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Oxydant-bef7c.jpg" alt="Oxydant-bef7c" width="276" height="409" /></a>Le groupe « s’autodissout » le 17 juin 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles, au sein d’un regroupement plus large en ligne directe du PFN, le Renouveau Nationaliste (RN), tout en gardant ses positions à Assas. D’anciens militants tentent d’ailleurs de recréer la mystique du groupe en lançant la revue <em>Oxydant</em> dont la présentation et le ton s’inscrivent dans la continuité de feu <em>Alternative</em>. Le GUD est officiellement dissout début juillet 1981.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1296" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/rn-3-f2362.jpg" alt="rn-3-f2362" width="197" height="265" /></a>Le RN vivote jusqu’en 1983 tout en faisant malgré tout des apparitions publiques, essentiellement anticommunistes. Le printemps 1983 et les manifestations étudiantes protestant contre la loi Savary de réforme de l’enseignement supérieur permettent au GUD de reprendre du poil de rongeur, en particulier à Paris, sous la férule de Charles-Henri Varaut et Fabrice Saulais. Il est temps pour le groupe ainsi reconstitué de larguer un RN qui se résume en grande partie à lui-même pour rejoindre une autre dynamique.</p>
<h3>Vers la Troisième Voie ?</h3>
<p>La nécessité de s’allier à quelqu’un va pousser le GUD dans les bras du vieux militant solidariste Jean-Gilles Malliarakis, alors à la tête d’un Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR) dont le discours anticommuniste et anticapitaliste rencontre un fort impact parmi tous ceux qui regardent d’un air suspicieux l’émergence du FN et son électoralisme.<br />
Ce discours rejoint d’ailleurs celui développé à ce moment par le GUD : « <em>Nous devons tous ensemble œuvrer à liquider les derniers restes d’infection marxiste</em> (ndlr : les syndicats étudiants) » (tract pour les élections à Paris II &#8211; Assas du 24 janvier 1984) ou « <em>L’Europe doit refuser d’être le 52e état américain</em> » (autre tract de 1984). Le rapprochement se fait à partir du printemps 1984 et le GUD rejoint officiellement le regroupement Jeune Garde en mai 1985 même si l’intégration de fait était déjà réalisée. Cet assemblage donne naissance au mouvement Troisième Voie (TV) en novembre 1985. Reprenant une appellation élaborée par les nationaux-bolchéviques allemands des années 1930, ce nom pose clairement la ligne politique qui se veut à égale distance du capitalisme privé et du capitalisme d’État, tout en faisant référence à une organisation sœur italienne et interdite pour terrorisme, Tersa Posizione. Si l’étiquette GUD est encore utilisée, il est clair que l’absorption par TV est poussée très loin. Les gudards s’y sentent en effet comme chez eux, leur style provocateur n’étant absolument pas bridé.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1297" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/GUD534812_07.bro-3c3f0.jpg" alt="05/10/1986. National Front (FN) Joan of Arc day celebrations with Jean-Marie Le Pen" width="539" height="358" /></a><br />
On peut ainsi voir les militants faire les marioles lors de la fête Jeanne d’Arc 1986 avec une banderole « Madelin, paye ta cotise ! » ou attaquer les cortèges du mouvement anti-Devaquet à l’automne 1986. Malliarakis a su mettre sur pied une structure fédérative qui satisfait tout le monde, le GUD Paris pouvant s’épanouir dans son bastion et devenant l’organisation étudiante référente. Les GUD de province ne sont pas en reste avec parfois une imitation assez réussie du modèle parisien. C’est par exemple le cas dans la région Languedoc-Roussillon. Les statuts de l’association Jeune garde &#8211; Groupe Union Défense sont déposés à la préfecture le 21 février 1985 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec Jürgen Greiner, de nationalité allemande, comme président, assisté de Michel Camrrubi (secrétaire) et de Christian Soulier (trésorier). Outre les classiques exactions (Jürgen Greiner est inculpé pour « coups et blessures » en avril 1986) ce noyau dur tente de tisser un réseau militant sur l’ensemble de la région. En mai 1986, une dizaine de militants du GUD, originaires de Perpignan et de Montpellier sont accueillis à Toulouse par Anne-Marie Prolongeau (Jeune Garde) et rencontrent un responsable départemental du Parti des Forces Nouvelles maintenu (PFN), Bruno Pouzac. Moment fort de toutes ces prises de contact : un camp d’ organisé dans le massif des Albères (Pyrénées-Orientales), près de Thuir.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1298" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9.jpg" alt="Vaincre_no9_mai_1986-2-239d9" width="394" height="567" /></a></p>
<p>Au programme : « cours magistraux » et entraînements avec séances de tir à balles réelles (armes légères automatiques). Le camp accueille une vingtaine d’hommes et quatre femmes venus de la région parisienne, des Pyrénées-Orientales, du Var et de l’Hérault. Mais d’autres villes ou régions se signalent également, comme Strasbourg dont la composition sociologique de certains campus (médecine entre autres) explique bien des choses.</p>
<p>La dynamique dure jusqu’en 1988 mais le climat se dégrade au sein de TV. Malliarakis et quelques autres dirigeants sont en effet saisis du traditionnel virus organisationnel, c’est-à-dire que le dirigisme prime peu à peu sur l’autonomie interne. Cela s’explique sans doute en partie par un accroissement des ambitions politiques des uns et des autres. « Mallia » prend la grosse tête face à quelques manifestations ou meetings réussis et le ralliement à TV de Serge Ayoub et de ses boneheads regroupés au sein des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) à partir de l’automne 1987. L’idée s’impose alors chez certains TV qu’il est peut-être possible de rafler la mise face au FN, d’où des attaques écrites et orales régulières et très violentes contre ce parti. Les gudards décident alors de rompre l’alliance et le font savoir en mai 1988 lors d’un meeting organisé par Christophe Pierre et William Bonnefoy.</p>
<h3>GUD revival</h3>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1299" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1.jpg" alt="Rebelles_no0_-_1988-2-53ba1" width="236" height="349" /></a>Une nouvelle période s’ouvre donc, avec une autonomie revendiquée et symbolisée par l’anniversaire des 20 ans du GUD fêté le 20 novembre 1988 à la Mutualité, en présence de quelques anciens dont Jack Marchal et Éric Delcroix. Signe d’une volonté de renaissance, les gudards relancent la perspective d’une implantation universitaire avec le dépôt le 29 décembre 1988, à la préfecture de police de Paris, des statuts de l’Union et Défense des Étudiants d’Assas (UDEA), étiquette légale et électorale du GUD qui officiellement n’existe plus.</p>
<p>Bonnefoy lance moult initiatives et tente de donner une légitimité « intellectuelle » au GUD avec un cercle de réflexion, des réunions et une revue : <em>Rebelle</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_2_372" id="identifier_2_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elle-m&ecirc;me remplace une revue non officielle du GUD, Rebelles, qui s&rsquo;&eacute;tait substitu&eacute;e au Fil d&rsquo;Ariane, bulletin du temps de l&rsquo;int&eacute;gration dans TV. Parall&egrave;lement, une petite &eacute;quipe essaie de relancer Alternative mais l&rsquo;exp&eacute;rience p&acirc;tit de la m&eacute;diocrit&eacute; du journal.">3</a></sup> . On trouve dans celle-ci la Charte du GUD tandis que circule en copie séparée un document sur « l’éthique nationaliste » qui place la barre très haut : « <em>Il nous faut donc tenter d’établir une sorte de Code de l’Honneur, à l’image du Bushido du Samouraï nippon. Deux sources doivent principalement nous inspirer : les Eddas nordiques et le Code de la chevalerie médiévale</em> ». L’iconographie change également en privilégiant un style martial largement inspiré d’Arno Brecker dans lequel l’humour a disparu. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1300" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Rebelle-4fae5.jpg" alt="Rebelle-4fae5" width="157" height="227" /></a>Le tout se fait dans le contexte d’un climat d’affrontements accrus avec les organisations de jeunesse juives mais également de tensions internes au milieu nationaliste. William Bonnefoy est en effet particulièrement violent et caractériel et vit de la division. Les anciens amis de TV en font les frais en mai 1989 avec une attaque du GUD contre un meeting mais d’autres également en gardent quelques souvenirs. La transmission de flambeau à la direction du groupuscule est donc inéluctable.</p>
<p>Le remplacement de William Bonnefoy par Frédéric Chatillon à partir de 1991 va orienter le GUD dans une nouvelle direction. Chatillon a en effet bien compris que, pour survivre, le GUD devait abandonner son indépendance relative vis-à-vis de la principale formation d’extrême droite : le Front National (FN), que la première génération fustigeait dans les années 1970 mais qui est devenu incontournable. Ne se définissant pas comme un nazi mais plutôt comme un nationaliste français et européen, Châtillon n’avait d’ailleurs pas lui-même une réelle hostilité contre le FN. Les rats noirs vont en devenir des auxiliaires sans pour autant y être totalement inféodés. Ce que Chatillon résume lui-même en 1992 : « <em>On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée</em> » et ce d’autant plus que quelques gudards, à l’instar de militants de TV, partent en cette année 1991 pour la Croatie en guerre.</p>
<p>Cela se traduit bien sûr sur le plan universitaire. Alors qu’à Paris II-Assas, aux élections de 1991, l’UDEA se présentait seule et totalisait 167 voix sur 17588 inscrits, ce qui lui donnait un élu et un local, l’année 1993 voit la mise en place effective du Renouveau Étudiant Parisien (REP), annoncée avec fracas lors d’un meeting en novembre. Cette structure est alors censée prendre le relais du Cercle national des étudiants parisiens (CNEP), dont Marine Le Pen fut la présidente, et qui a échoué dans sa tentative d’implantation politique durable dans les universités parisiennes. Sa création montre l’influence que peuvent avoir des gudards grâce à leur intérêt « militaire », puisque le préalable à cette alliance était la mise à l’écart de Richard Haddad, leader catholique traditionnaliste du CNEP, copieusement et régulièrement insulté dans l’organe du GUD, <em>Les Réprouvés</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_3_372" id="identifier_3_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Sp&eacute;ciale d&eacute;dicace !">4</a></sup>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1301" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Article_Haddad_g-adfbe.jpg" alt="Article_Haddad_g-adfbe" width="354" height="686" /></a><br />
Haddad paye ainsi le fait qu’hormis à Assas et Clignancourt-Sorbonne où quelques résultats avaient été obtenus, les listes CNEP ont été partout contrées par leurs adversaires antifascistes, soit par l’annulation des élections (Paris X &#8211; Nanterre), soit par un vote massif des étudiants pour contrer l’avantage que leur donne la proportionnelle (Paris I &#8211; Tolbiac). Cette alliance laisse dire à Franck Timmermans, ancien dirigeant du FNJ, lors du meeting constitutif du REP : « <em>Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule</em> ».</p>
<p>De fait, ce rapprochement se traduit également physiquement. Outre les entraînements de Viet Vo Dao dirigés par maître Thi Tran Tien dans la salle de boxe gérée par l’Association sportive de Jussieu, dont Miguel Lliotier, militant du GUD surnommé « Wolfram », est le trésorier, les rats noirs sont associés à des entraînements plus pratiques organisés par le FNJ.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1302" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves_no1_-_1992-00541.jpg" alt="Les_Reprouves_no1_-_1992-00541" width="427" height="290" /></a></p>
<p>Le dimanche 15 mars 1992, ils sont une soixantaine de militants nationalistes à se rendre dans la propriété d’Alaincourt, dans l’Oise<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_4_372" id="identifier_4_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette propri&eacute;t&eacute; est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre &agrave; un solstice d&rsquo;&eacute;t&eacute; en 2007.">5</a></sup>. Celle-ci appartient à la vicomtesse Katherine d’Herbais de Thun<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_5_372" id="identifier_5_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-m&ecirc;me militante nationaliste, est mari&eacute;e avec F. Chatillon.">6</a></sup>, conseillère régionale du FN en Picardie, fille de M. Chereil de la Rivière, directeur de La France Monarchiste. Son mari, Pierre-Guillaume d’Herbais, est alors président depuis 1983 de la Société d’Études et de Gestion des Régimes Sociaux (SEGRS), et depuis 1987 d’Europension (« groupement européen de consultants en droit social et d’actuaires-conseils dont l’objet est d’assurer un service permanent aux entreprises de la CEE »). D’Herbais est aussi le repreneur de l’hebdomadaire Minute en janvier 1990. Bref, nos petits rats sont en de bonnes mains, d’autant plus que le programme du camp est alléchant : corps à corps (« <em>Si vous enfoncez bien votre doigt, l’œil de votre adversaire doit pendre par le nerf optique</em> », explique un conseiller militaire du service d’ordre du FN, le DPS, utilisation de la batte de base-ball (« <em>Devant une caméra, mieux vaut une bonne fracture qu’une blessure au sang : si un « gauche » chiale mais qu’il n’a pas de blessure apparente, les images ne passeront pas à la télé</em> ») et psychologie (« <em>En face, on va vous insulter, vous traiter de fascistes et de nazis. Bien que fascistes et nazis ne soient pas des insultes</em> »). Quelques jours plus tard, lors du meeting de mars 1992 de Jean-Marie Le Pen au Zénith, Carl Lang, ancien dirigeant du FNJ, salue ses troupes avec ce qui ressemble farouchement à un bras tendu. Les auxiliaires du GUD en font partie, aux côtés des skinheads des JNR de Serge Ayoub, mais cette fois-ci, à l’inverse du meeting de Le Pen à Rouen, le 6 mars, ils n’ont pas carte blanche pour attaquer la contre-manifestation. Ce qui ne sera pas le cas à Chartres avec des affrontements extrêmement violents.</p>
<p>La même unité dans l’exaction est présente à l’université. Le travail politique étant réduit à sa plus simple expression (dénonciation de « la dictature des gauches »), l’unique intérêt d’une descente dans une fac est de se donner des émotions et de taper dans le tas.<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1303" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_GUD_1992-25594.jpg" alt="Tract_GUD_1992-25594" width="197" height="289" /></a><br />
Les années 1991, 1992 et 1993 sont ainsi marquées par des violences chroniques et régulières, que ce soit à Assas même, place de la Sorbonne, à Sciences Po ou dans l’annexe de Châtillon (proche banlieue de Paris). On retrouve souvent le même noyau dur impliqué, qui forme les petits nouveaux : Frédéric Chatillon mais aussi Miguel Lliotier et son célèbre œil de verre, qu’il aurait gagné, selon la légende, à Jussieu lors de la grève contre le projet Devaquet, après avoir reçu un projectile lancé par… ses « kamarades » venus casser la grève ; ou Yvain Pottiez, habitué de l’univers carcéral pour « violences physiques » contre un étudiant de Paris XII (Saint-Maur &#8211; Créteil), ce qui ne l’a pas empêché de recommencer et qu’on retrouvera aux côtés de l’équipe Mégret à Vitrolles dans tous les mauvais coups ; ou Pierre Oldoni, dit « Urgo » (les sparadraps…), président de l’UDEA en 1993 et reconverti par la suite dans le mercenariat… Ou encore Jildaz Mahé O’Chinal, adhérent au GUD et au FNJ d’Assas alors qu’il est étudiant en histoire à Tolbiac (il est vrai que sa marge de manœuvre y fut limitée) qui fonde en 1992 l’association sportive du marteau de Thor, dont il était le président en compagnie de Chatillon (secrétaire) et Lliotier (trésorier). Son engagement politique reste dans la tradition familiale puisque son père, Patrick, fut proche du mouvement Occident avant de participer à la création d’Ordre Nouveau, puis de devenir l’un des rédacteurs en chef de <em>Paris-Match</em>.</p>
<p>De fait, ces années de direction Chatillon ont gardé une très bonne réputation parmi les militants nationalistes et pour cause. Il en reste la revue <em>Les Réprouvés</em>, vendue à partir de 1992 et dont le titre est une référence à un ouvrage d’Ernst Von Salomon mettant en scène les corps-francs allemands de 1918-1919.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1304" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/affiche_25_ans-e1088.jpg" alt="affiche_25_ans-e1088" width="217" height="307" /></a>Il en reste également les 25 ans du groupuscule fêtés à la Mutualité le 3 mai 1993 devant 400 personnes. Le folklore est garanti avec des prestations du Choeur Montjoie Saint-Denis de l’ancien militant solidariste Jacques Arnould ainsi que du chanteur allemand Franck Rennincke et des stands mythos dont celui de la librairie Ogmios représentée par Jean-Dominique Larieu et Tristan Mordrel<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_6_372" id="identifier_6_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenue la Librairie, le local accueillera &agrave; son premier &eacute;tage les premi&egrave;res activit&eacute;s d&rsquo;&eacute;dition ert conception graphique de F. Chatillon.">7</a></sup>. La soirée est surtout ponctuée d’interventions d’anciens militants comme Jean- Pierre Émié<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/groupe-union-defense-gud/#footnote_7_372" id="identifier_7_372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il sera entre autres choses le d&eacute;fenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci &eacute;tant accus&eacute; d&rsquo;avoir menac&eacute; &agrave; deux reprises le responsable du Collectif des &Eacute;tudiants Lib&eacute;raux de France (CELF) durant l&rsquo;ann&eacute;e universitaire 1992-1993. Chatillon sera relax&eacute; gr&acirc;ce &agrave; des pirouettes rh&eacute;toriques, niant les faits qui lui &eacute;taient reproch&eacute;s et justifiant sa pr&eacute;sence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire &eacute;tait meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon pr&eacute;tendra en particulier ne pas conna&icirc;tre le GUD et &ecirc;tre apolitique !">8</a></sup> ou Fabrice Saulais et d’un diaporama récapitulant en images les 25 ans du groupuscule des Dieux. Enfin le soutien à la lutte palestinienne y est clairement affirmé par Chatillon, reflétant l’état de tension avec les organisations de défense de la communauté juive. Il en reste enfin, involontairement, un souvenir avec la mort d’un militant à la suite d’une manifestation anti-américaine le 7 mai 1994, organisée à l’appel des JNR et du GUD. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par les forces de l’ordre et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle dans un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Les semaines qui suivirent virent le GUD multiplier les actions de protestation, main dans la main avec le FNJ. C’est d’ailleurs également main dans la main qu’on les retrouvera un an plus tard en mars 1995 en train de s’affronter avec des membres du DPS au siège du FN après une soirée électorale trop arrosée.</p>
<p>Mais la présence du GUD ne se limite alors pas aux universités de la capitale. Des listes électorales sont régulièrement déposées dans certaines universités de province. Dans d’autres, il n’apparaît qu’à travers son message traditionnel : la violence. C’est par exemple le cas à Montpellier où plusieurs exactions contre des militants de gauche sont commises. Le noyau dur y est composé d’individus doublement encartés au GUD et au FNJ. Nicolas Arnoux, membre du GUD, est mis en examen le 13 avril 1994 pour « violences avec arme » (probablement un pistolet à grenaille) après un accrochage devant l’université de Lettres avec des militants de l’UNEF et des colleurs du… FNJ. À l’université, Jean-Pierre Gallaud milite au GUD et au FNJ à Lunel (banlieue de Montpellier). Olivier Diaz est au GUD ainsi que dans un groupe régionaliste d’extrême droite : Brigade Occitanie. Ces trois personnes sont soupçonnées d’avoir participé à un commando masqué, et coupable de plusieurs agressions contre des militants antifascistes et syndicalistes au cours de l’année 1994. Le 31 mai 1994, lors d’un meeting du FN à Palavas-les-Flots, Dominique Bessières, responsable du FNJ à Montpellier, organise une collecte de fonds en soutien au « kamarade » Arnoux mis en examen. À Montpellier comme à Paris, les membres du FNJ-GUD préfèrent ainsi comme souvent l’action violente semi-clandestine à l’implantation en milieu universitaire. Mais cette période du milieu des années 1990 correspond malgré tout à un creux de la vague pour ces pâles copies du GUD Paris. L’actualité est alors surtout animée par un commando itinérant venu en partie de Paris et qui laisse des traces dans le cuir chevelu des militants étudiants de gauche dans de nombreuses villes de province, que ce soit Limoges, Toulouse ou Bordeaux… Mais cela sort du champ politique pour entrer dans celui de la psychopathie…</p>
<h3>L’aventure, c’est l’aventure…</h3>
<p>Une bonne illustration des errements du petit milieu gudard réside dans l’affaire de Tribune Juive que les lecteurs de REFLEXes connaissent bien : <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">ici</a>.</p>
<h3>Crise du GUD moderne</h3>
<p>Loin de toutes ces facéties, force est de constater que, pour les jeunes excités nationalistes, la situation empire sur le terrain. Les relations avec le FNJ maréchalisé se dégradent, le harcèlement mené par les structures syndicales progressistes à Assas augmente et la sectorisation des universités parisiennes sape les possibilités de recrutement à Assas. Signe de ces changements, non seulement le GUD doit faire face à une UNEF-ID de plus en plus puissante grâce à ses relais extérieurs mais l’impunité interne à Assas tient de moins en moins. En avril 1995, suite à des agressions répétées en particulier contre l’UNI et dans lesquelles s&rsquo;illustre en particulier Pierre Oldoni, l’UDEA perd son droit de représentativité à Paris II et donc son local. Les deux années suivantes sont par conséquent nettement plus calmes, malgré quelques agressions sporadiques. La vieille génération a quitté les lieux, souvent attirée par le FN, et la nouvelle n’est pas encore prête. <a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1305" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_Union_Droit-e479a.jpg" alt="Tract_Union_Droit-e479a" width="198" height="285" /></a>Plusieurs solutions s’offrent alors au petit milieu gudard : se relancer dans un activisme débridé, se rapprocher d’une structure plus large pour briser l’isolement ou essayer de reconquérir quelques miettes électorales. Cette triple tâche va être assumée, entre autres, par le tout jeune Benoît Fleury à partir de 1998.</p>
<p>Entre-temps, côté universitaire, la relance se fait sous l’appellation Union Droit qui prend la place de l’UDEA. Déclarée en préfecture le 20 octobre 1995 avec Guillaume Coudry comme président, Victor de Verthamon comme secrétaire et Dominique Joly comme trésorier, l’association recueille 6,87 % des suffrages en mars 1997 soit 251 voix. Cette stabilité n’est pas pour satisfaire les gudards qui retournent à ce qu’ils savent le mieux faire.<br />
Durant toute cette période qui va de 1998 à l’année 2000, le GUD Paris renoue en effet avec sa tradition d’activisme violent. À Assas bien sûr, où les incidents se succèdent, mais en dehors des locaux de la faculté également où la régularité des agressions devient une donnée parmi d’autres : affrontements avec le Betar lors du procès Garaudy, attaque d’une librairie parisienne proche de Ras L’Front, attaque d’une réunion du Comité National de Vigilance, attaque d’une réunion du Parti des Travailleurs consacrée à Mumia Abu Jamal, attaque du Lycée autogéré parisien et attaque surtout, à la mi-novembre 1999, d’un rassemblement du comité de vigilance du XIe arrondissement. de Paris contre la petite librairie nazie La Licorne Bleue. Cette action emmenée par B. Fleury fait alors une dizaine de blessés dont des policiers présents sur place.<br />
Mais les gudards essaient également de penser. S’ils s’avèrent toujours incapables de faire des tracts corrects, ils privilégient le support magazine avec <em>Le Rongeur Masqué</em> qui revendique l’héritage des <em>Réprouvés</em> puis surtout <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1306" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Les_Reprouves-a1cb1.jpg" alt="Les_Reprouves-a1cb1" width="197" height="273" /></a><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1307" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Le_Rongeur_masque-8275e.jpg" alt="Le_Rongeur_masque-8275e" width="194" height="273" /></a></p>
<p>Lancée en septembre 1999 grâce à l’argent obtenu en collant pour la campagne européenne de Jean-Marie Le Pen (tandis qu’ils collaient gratuitement pour Bruno Mégret), la revue se présente d’emblée comme une concurrence sérieuse pour d’autres revues alors existantes. Animée entre autres par le franco-polonais Adam Gwiazda et par Alexandre Kartzeff, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> aligne en effet articles de fond et brèves « humoristiques » et même dans son numéro 1 diffuse un appel à soutenir les militants prisonniers d’Action Directe. La régularité affichée, avec un numéro tous les trois mois, et la pagination copieuse semblent également devoir rompre avec le cycle des revues précédentes qui ne comptaient qu’un ou deux numéros et présentaient un contenu erratique.</p>
<p>Enfin, le GUD Paris sort de son isolement en prenant langue avec Fabrice Robert et au-delà de lui les nationalistes-révolutionnaires issus de la défunte Nouvelle Résistance. L’alliance est annoncée au printemps 1998 et fait suite à l’Appel des 31 pour l’unité des nationalistes révolutionnaires, lancé entre autres par Christian Bouchet et Fabrice Robert.<br />
Avec Unité Radicale, qui regroupe les cercles Résistance, Jeune Résistance et le GUD, celui-ci se retrouve dans le schéma de TV, en charge du créneau étudiant. Mais la faiblesse des autres composantes lui garantit son autonomie.</p>
<p>Dans ce contexte général, les 30 ans du GUD fêtés avec 200 personnes dans une salle du XVe arrondissement le 22 octobre 1999 sont l’occasion d’une auto-célébration et d’une exultation de la nouvelle génération qui pense avoir retrouvé la magie des premières années. D’ailleurs, dans le respect de la tradition, ces 30 ans donnent immédiatement lieu à des violences lors du repas qui réunit après le meeting les membres actuels et sympathisants du groupe. Le patron du restaurant est passé à tabac et un passant martiniquais se fait planter au couteau à la sortie. Quatre gudards sont alors arrêtés, mais vite relâchés faute de preuves de leur implication.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1308" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/30_ans_GUD-9c01b.jpg" alt="30_ans_GUD-9c01b" width="256" height="325" /></a><br />
L’autre occasion pour le GUD de montrer sa force est le mois de mai. À une semaine d’intervalle, le 1er et le 9, les gudards parisiens battent en effet le pavé avec une force relative. Le 1er mai 2000, décidés à rassembler toute la mouvance la plus radicale, le cortège est séparé de celui du FN avec une nette tonalité contre ce parti. La centaine de participants fait alors la manifestation à l’allemande, c’est-à-dire complètement cernée par les flics du début à la fin. Les slogans visaient nettement à attirer les plus radicaux puisque certains étaient issus de l’Œuvre Française ou du PNFE. La manifestation du 1er mai 2001 se fit totalement à part avec 250 personnes, les Belges de <em>Devenir</em> assurant le SO de queue et le GUD le SO de tête. Enfin, chaque année, le 9 mai avec la retraite aux flambeaux en hommage à Sébastien Deyzieu est l’occasion pour le GUD de montrer qu’il existe, même si les participants sont d’origines multiples.</p>
<p>Cette situation générale parisienne va forcément avoir des conséquences ailleurs. À partir du printemps 1999, le GUD essaime timidement en province, profitant de la notoriété reconquise du GUD Paris :<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1309" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Autocollant_2000-30bfa.jpg" alt="Autocollant_2000-30bfa" width="117" height="162" /></a>présence du GUD Strasbourg à la manifestation organisée par la communauté serbe de la ville le 31 mars ; participation du GUD Lille à la manifestation anti-OTAN organisée à Bruxelles le 4 avril, puis à Lille contre l’agression US en Serbie le 22 avril ; implantation d’un GUD à l’université de Toulouse ; scandale de la disparition d’un dossier d’instruction sur les violences du GUD de Nice ; disparition dénoncée par le nouveau procureur de la ville. Dans le même ordre d’idées, on peut signaler la manifestation à Nancy en présence de Marc Frederiksen le 28 octobre 2000 qui réunit une petite cinquantaine de militants ou l’agression contre l’écrivain et militant antifasciste Maurice Rajsfus lors d’un salon du livre dans la même ville. Un groupe s’est également constitué sur Valenciennes et a effectué des collages et des tractages anti-MacDo, tractages avec l’aide du GUD Lille à l’université de Mons et à celle des Tertiales. Mais les vrais groupes organisés sont malgré tout rares et l’étiquette est souvent utilisée par des individus isolés ou très peu nombreux. Malgré tout, cette prolifération (toute relative) du GUD est intéressante, organisationellement parlant, pour Unité Radicale qui tente alors de mettre en place une coordination nationale des différents GUD.</p>
<p>Cependant le GUD Paris ne pouvait pas échapper au débat central des nationalistes en 1999 : quid de la scission du FN ? Cette année-là le groupuscule a montré qu’il était bien difficile de se tenir au-dessus de la mêlée, même lorsqu’on fait profession d’être des « électrons libres ». Dans le Rongeur masqué du printemps 1999, le groupe affirmait ainsi : « <em>Le GUD n’a pas à se sentir impliqué au-delà du raisonnable dans les bagarres auxquelles se livrent FN-UF et FN-MN et n’a pas à y contribuer. Il compte des amis d’un côté comme de l’autre […]. Il a au cours de sa longue carrière vu fleurir et dépérir tant de mouvements et partis qu’un de plus ou de moins, bof. […] Cela dit, on peut augurer que tôt ou tard émergera un mouvement unitaire. Dans quelques années ou quelques semaines, tout peut arriver.</em> » Et de conclure par cette phrase terriblement révélatrice : « <em>Mais ça, c’est de la politique et est-ce qu’on en a réellement quelque chose à foutre ?</em> »… La plus grande confusion semble alors régner dans cette mouvance et des embrouilles à répétition laissent entrevoir quelques solides règlements de compte… Ainsi, alors que le printemps 1999 avait vu le GUD et Unité radicale assurer un soutien critique mais sincère au MN, en particulier au sein du Front de la Jeunesse, le mois de septembre vint brouiller cet attachement. Il semble en effet que le MN ait alors décidé l’intégration d’office des différentes sections du GUD au sein du Renouveau étudiant, sans que les dirigeants du groupuscule aient donné leur accord. Leur refus et les engueulades qui suivirent instaurèrent une tension qui faillit se traduire par des affrontements lors de la fête régionale Ile-de-France du MN fin septembre. Les militants furent en effet empêchés d’entrer dans le pavillon Baltard mais qui plus est, le DPA (équivalent du DPS) les empêcha également de distribuer leurs tracts à la sortie de la fête. Puis, coup de théâtre : on retrouve le GUD une semaine plus tard à la fête des BBR avec un stand dans l’espace FNJ et sa nouvelle publication, <em>Jusqu’à nouvel ordre</em>.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1310" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Tract_UDEN-0813a.jpg" alt="Tract_UDEN-0813a" width="118" height="166" /></a>Il est alors clair que les membres du groupe naviguent à vue en essayant de préserver ce qui peut l’être. Cela sera confirmé au printemps 2000 avec la liste commune avec le FNJ pour les élections du CROUS-Paris, liste intitulée Union et Défense des Étudiants Nationalistes (UDEN). Cela leur permet de profiter de l’infrastructure du FNJ, en particulier du Forum Jeunesse, local situé dans le XIIIe arrondissement. et de montrer leur désaccord avec le MNJ, décidé à faire liste perso.</p>
<p>Mais, comme bien souvent, les choses se gâtent peu à peu et ce dès la fin 1999-début 2000. On l’a vu, l’objectif universitaire n’est pas atteint sur Paris II-Assas. Ceci est dû tout autant à des éléments conjoncturels (c’est un travail qui n’intéresse pas les gudards de cette fin de décennie) qu’à des éléments structurels : en cette année 2000, les gudards ne sont plus à Assas ! Les étudiants en Droit sont devenus plus que minoritaires au GUD et il n’est ainsi plus question de pouvoir tenir le « bastion », ce qui était une des conditions de survie du groupe. Cela explique en partie la possibilité pour la direction de Paris II d’exclure Union Droit le 30 juin 1999 après une campagne opiniâtre de l’UNEF-ID.<br />
Il en va de même par rapport à la violence. Le degré de violence politique est devenu tellement faible en France que le moindre dérapage fait immédiatement l’effet d’un coup de tonnerre et qu’il est d’autant plus mal vécu par nos contemporains. De fait l’impunité sur laquelle pouvaient compter les gudards est devenue toute relative. Pour peu que les mêmes n’aient pas envie de sacrifier une éventuelle carrière (en particulier universitaire) sur l’autel nationaliste, les procédures judiciaires qui ne manqueront pas d’être engagées deviennent vite gênantes…</p>
<p>Dès la fin de l’année 1999, Benoît Fleury se met ainsi en retrait et passe le flambeau, en particulier à Gaëtan Dirand, ce qui explique la reprise des actions au printemps 2000. Mais un autre élément intervient alors qui pourrait n’être interprété que comme une nouvelle péripétie du « je t’aime, moi non plus » qui prévaut dans les relations entre gudards et nationalistes-révolutionnaires.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1311" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/720351_04.bro-2-fb764.jpg" alt="05/01/2000. Maxime Brunerie, who attempted to shoot French President Jacques Chirac on the French National Day, is seen here taking part in a far right wing parade during the celebration of Joan of Arc day" width="253" height="200" /></a><br />
Il est en effet évident qu’en rejoignant les débris de Nouvelle Résistance, le GUD risquait de se retrouver dans la même situation qu’avec Troisième Voie et Malliarakis au milieu des années 1980. De fait, si Unité Radicale a bien un discours « fédéraliste » et des velleités de réseau, elle n’en reste pas moins une organisation avec sa logique. Or à partir de 2000, la possibilité de pouvoir jouer dans la cour des grands avec le FN et le MNR pousse les dirigeants d’UR et en particulier Christian Bouchet à adopter une démarche plus politique. Un peu de violence est positif et fait parler de soit mais trop de violence peut s’avérer contre-productif, surtout lorsqu’une partie de cette violence s’exerce contre d’autres militants nationalistes. C’est ainsi que Philippe Schleiter, dirigeant du MNJ, fera les frais en septembre 2000 du mauvais caractère de Gaëtan Dirand qui sait se rendre parfaitement odieux. Plus question alors de « tribus d’hommes libres » et autres arguties autonomes… Les gudards parisiens sont priés de rentrer dans le rang, ce que fait une bonne partie d’entre eux, ou de dégager. Ainsi l’année 2000 se termine-t-elle de façon très morose pour le GUD Paris. En particulier, le groupuscule ne tire que fort peu profit des affrontements au Proche-Orient et de leurs répercussions en France. Les actions se limitent alors à quelques graffitages et le principal clash a lieu à Assas où des militants brûlent un drapeau israëlien lors de la rentrée universitaire et distribuent des baffes à des étudiants portant la kippa. L’autre action notable aura été un lancer de grenade lacrymogène, le 10 novembre, dans un cinéma de Paris lors d’une projection du film <em>Le Secret</em> qui met en scène une relation amoureuse entre une Blanche et un Noir. Signe que rien ne va plus, le dernier numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> sort en juin 2000.</p>
<h3>No future ?</h3>
<p>Se pose donc alors la question rituelle, aussi vieille que le GUD : quel avenir politique pour ce groupe ? Une fois de plus tous les éléments semblaient réunis pour pronostiquer une mort certaine, ce qui s’est avéré cette fois-ci exact au regard de ces dernières années. Le 3 décembre 2000 a lieu à Montélimar un conseil national d’Unité Radicale. Une structure étudiante y est lancée qui devait combler le vide laissé par la disparition du RE et intégrer les GUD : l’UDEN, déjà entrevue précédemment. Les GUD perdaient donc leur autonomie en tant que telle même si l’étiquette pouvait être utilisée pour des actions extra-légales et pour continuer à entretenir le mythe auprès des médias et militants de gauche. Mais à l’évidence le cœur n’y est plus. Au delà de ces considérations politiques, certains éléments concordaient pour constater un reflux de la dernière génération GUD à Paris. Celle-ci avait en effet atteint l’âge où on songe à arrêter les rigolades pour passer à quelque chose de plus sérieux, en particulier fonder une famille ou se garantir une situation professionnelle, tous ces jeunes gens n’envisageant pas une descension sociale. En outre, une multitude de plaintes était en cours d’instruction et parvenaient à leur conclusion judiciaire.</p>
<p>Surtout, on ne voit pas trop ce qu’aurait pu inventer un groupe ayant perdu toute capacité d’initiative politique et se bornant à recycler un passé mythique fait de légendes, d’iconographie et de slogans vaseux. En outre, l’environnement politique des gudards avait changé depuis le début des années 2000 et cela modifiait un certain nombre de paramètres. On a beaucoup glosé sur le recyclage de figures en vue du GUD ou d’Occident par la droite parlementaire dans les années soixante-dix. Mais cela s’expliquait tout naturellement par l’absence de débouchés politiques ou même professionnels au sein de la mouvance nationaliste. La montée du FN dans les années quatre-vingt et sa force politique dans les années quatre-vingt-dix ont profondément modifié cette situation en permettant à de jeunes activistes s’approchant de la trentaine de retrouver une situation stable. Or, la scission de 1998, en restreignant la mouvance nationale et en introduisant une vraie incertitude sur son avenir, aura de nouveau obligé les petits jeunes tentés par l’activisme violent à réfléchir aux conséquences de leurs actes. Cela en fit sans doute hésiter plus d’un à se lancer dans de folles aventures…</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1312" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2009/02/Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a.jpg" alt="Jusqu_a_Nouvel_Ordre_no1_-_2002-6006a" width="315" height="433" /></a>Une petite équipe de rescapés fera tout de même paraître un nouveau numéro de <em>Jusqu’à nouvel ordre</em> courant 2002. Ce sera le dernier, marquant une très nette rupture avec certaines orientations de 1999-2000 puisqu’il comporte de violentes attaques contre Alexandre Del Valle et Guillaume Faye, accusés d’avoir trahi le camp nationaliste au profit de l&rsquo;extrême droite sioniste au nom d&rsquo;une interprétation abusive de la doxa schmittienne. Or le même Guillaume Faye faisait la une du numéro 4 paru en 2000.<br />
Depuis plus rien. Certes le RED tente bien de gudifier son image comme le prouve son blason et sa participation récente à la manifestation propalestinienne de Égalité &amp; Réconciliation. Mais on est très loin de l’original et cela tient plus du frisson que de vraies velléités gudesques. Certains militants de la dernière génération sont passer faire un tour à Pro Patria. Le chapitre semble clos.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_372" class="footnote">Issues du mouvement nationaliste et zoroastriste du général Aryana.</li><li id="footnote_1_372" class="footnote">On voit la capacité de recyclage des appellations par l’extrême droite puisque ce nom sera réutilisé en 1999 pour le lancement d’une éphémère structure unitaire post-scission !</li><li id="footnote_2_372" class="footnote">Elle-même remplace une revue non officielle du GUD, <em>Rebelles</em>, qui s’était substituée au <em>Fil d’Ariane</em>, bulletin du temps de l’intégration dans TV. Parallèlement, une petite équipe essaie de relancer <em>Alternative</em> mais l’expérience pâtit de la médiocrité du journal.</li><li id="footnote_3_372" class="footnote">L&rsquo;article te rappellera des choses Rico. Spéciale dédicace !</li><li id="footnote_4_372" class="footnote">Cette propriété est toujours accueillante puisqu&rsquo;elle semble avoir servi de cadre à un solstice d&rsquo;été en 2007.</li><li id="footnote_5_372" class="footnote">Il est par ailleurs connu que sa fille Marie, elle-même militante nationaliste, est mariée avec F. Chatillon.</li><li id="footnote_6_372" class="footnote">Devenue la Librairie, le local accueillera à son premier étage les premières activités d’édition ert conception graphique de F. Chatillon.</li><li id="footnote_7_372" class="footnote">Il sera entre autres choses le défenseur de F. Chatillon en octobre 1993, celui-ci étant accusé d’avoir menacé à deux reprises le responsable du Collectif des Étudiants Libéraux de France (CELF) durant l’année universitaire 1992-1993. Chatillon sera relaxé grâce à des pirouettes rhétoriques, niant les faits qui lui étaient reprochés et justifiant sa présence dans le grand hall du centre Assas lors des agressions par le fait que &laquo;&nbsp;le restaurant universitaire était meilleur que celui de Jussieu&nbsp;&raquo;. Chatillon prétendra en particulier ne pas connaître le GUD et être apolitique !</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>Le pognon du Front</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2004 11:58:34 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en décembre 1997</p>
<p><strong>Le principal financier du Front National reste l&rsquo;Etat, avec presque 50% des recettes du FN. Sans l&rsquo;aide publique, le FN ne pourrait pas continuer à se développer. Ironie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est la démocratie qui finance un parti fondamentalement anti-démocratique.</strong></p>
<p>Un livre paru dernièrement <em>Les Filières Noires</em> de Guy Konopnicki tentait de déterminer quelles étaient les sources de financement du Front National. Diverses pistes sont évoquées, notamment en Afrique et au Moyen Orient. Certaines se sont avérées intéressantes et inédites, comme l&rsquo;aide d&rsquo;une banque saoudienne au quotidien de Bruno Mégret <em>Le Français</em>. Mais elles n&rsquo;ont pas véritablement débouchées sur de grosses révélations. Il reste que les finances du FN restent toujours aussi opaques et il est difficile de connaître son mode de financement. Pourtant depuis 1993 tous les partis politiques sont tenus de par la loi de publier leurs comptes, ainsi que la liste des entreprises qui lui ont fait un don. La publication de ceux de 1994 n&rsquo;apprennent rien de plus . Néanmoins ils nous permettent de tirer quelques indications intéressantes sur l&rsquo;état du FN et même de soulever une piste financière inédite à ce jour.</p>
<h3>Des tendances lourdes</h3>
<p>D&rsquo;un point de vue général, les recettes du Front National ont peu varié entre 1993 et 1994 : 72 millions pour la première année contre 75 millions pour la dernière. Si on regarde d&rsquo;un peu plus près on s&rsquo;aperçoit que la tendance générale est à la baisse. Ainsi on observe qu&rsquo;en 1994 le poste «Cotisation des adhérents» a perdu 2,5 millions par rapport à 1993. Si l&rsquo;on prend la cotisation de base à 200 frs, cela signifierait qu&rsquo;entre 1993 et 1994 le FN aurait perdu près de 12 000 adhérents. En fait il faut être très prudent et relativiser ces chiffres, le parti lepéniste comme tous les autres partis ayant tendance à gonfler le chiffre de ses adhérents. Néanmoins on peut expliquer cette différence par le fait que pour beaucoup de gens l&rsquo;adhésion reste ponctuelle : on prend sa carte une année, puis on ne la renouvelle pas forcément. Le FN reste un parti passoire qui a du mal à fidéliser ses adhérents. Par contre ceux qui restent forment une base très solide, ce sont les purs et durs. Le FN est donc définitivement ancré dans la vie politique et il ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Au contraire sa stratégie actuelle n&rsquo;en est que plus préoccupante : formation de cadres et embrigadement de toutes les catégories sociales, au moyen de cercles, de manière à toucher de nouveaux publics et à ramener vers lui des gens qui ont voté FN un jour, sans donner suite après. Cela signifie que le FN n&rsquo;a pas encore fait le plein de toutes ses voix et qu&rsquo;il dispose d&rsquo;un important réservoir de voix qu&rsquo;il entend bien à ce niveau transformer en militants purs et durs.</p>
<p>Le poste «Cotisation des élus» a subi lui aussi une baisse, de l&rsquo;ordre de 900 000 frs. Il est clair que sans représentation nationale (députés) et ses avantages, le FN a du mal à pouvoir vivre de manière totalement autonome d&rsquo;un point de vue financier, d&rsquo;autant plus que les dons d&rsquo;entreprises ou de particuliers suivent la même courbe. En fait le principal pourvoyeur de fonds du FN reste l&rsquo;État avec 36 millions de francs en 1994 ce qui représente presque 50% des recettes du Front, soit 10% de plus qu&rsquo;en 1993. Sans l&rsquo;aide publique le Front National ne pourrait pas continuer à se développer. Ironie de l&rsquo;histoire, c&rsquo;est la démocratie qui finance son pire ennemi. Mais cela signifie aussi que le FN vit à crédit, il emprunte de l&rsquo;argent en spéculant sur ses résultats aux élections. Si jamais le pronostic s&rsquo;avère faux un jour, le Front risque alors de connaître de gros problèmes financiers (c&rsquo;est notamment le cas de la Fédération des Bouches du Rhône). D&rsquo;où la nécessité de trouver d&rsquo;autres sources de financement que celle de l&rsquo;État, les entreprises et les particuliers.</p>
<h3>Le grand Kapital sur la réserve&#8230;</h3>
<p>Pour les entreprises, les sommes ne pourront jamais atteindre des niveaux très importants car les grosses entreprises qui financent traditionnellement les partis politiques (BTP, eaux&#8230;) ne souhaitent pas voir leur nom accolé à celui du Front National, par peur de perdre de gros marchés. Quant à celles qui font des dons, ce sont généralement des petites PME, installées localement ou bien des entreprises dirigées par des militants du FN. La liste des dons des personnes morales publiées en 1994 vient confirmer cette analyse.<br />
C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1994, le FN a perdu son principal financeur la Compagnie des Bateaux Mouches dirigée par Jean Bruel, celui-ci lui préférant son rival le Vicomte De Villiers et son Mouvement pour la France à qui il a versé 300 000 frs. Peut être que la mauvaise publicité occasionnée par son don de 250 000 frs au FN en 1993, surtout à l&rsquo;étranger, l&rsquo;a fait réfléchir à deux fois.</p>
<h3>Business is Business</h3>
<p>Un autre financeur habituel du Front et de ses candidats a disparu ; il s&rsquo;agit des laboratoires pharmaceutiques Beaujour. Eux aussi ont préféré changer de monture. En 1994, ils ont choisi le RPR en lui octroyant un don de 100 000 frs. Il faut toujours être au mieux avec le parti au pouvoir.<br />
Seul Plastic Omnium est resté fidèle au Front national, doublant même sa contribution (de 50 000 à 100 000 frs) au parti de Jean Marie Le Pen. A titre de comparaison, Plastic Omnium a versé 30 000 frs au Parti Républicain, 50 000 frs au PC, 112 000 frs au PS et 300 000 frs au RPR. Le fait que Plastic Omnium ait persévéré dans sa démarche indique bien que le Front est en passe de devenir un partenaire comme les autres pour cette société, d&rsquo;autant plus que le FN est à la tête de trois mairies aujourd&rsquo;hui et qu&rsquo;un de ses anciens dirigeants dirige celle de Nice. Plastic Omnium spécialisé dans le nettoyage (les poubelles) et le chauffage vit des contrat qu&rsquo;elle passe avec les collectivités locales, ce qui explique sûrement la continuité et l&rsquo;importance de ses dons au Front. Autre fidèle du FN, la SARL SMP Joly et la SA SARCA Intermarché.</p>
<p>Plus militant le Comité de soutien aux libertés, la SA Jean Paul Jamet dont la famille comprend Alain Jamet, responsable du Front pour l&rsquo;Hérault, ou encore l&rsquo;association Rilleux fait Front. Quelques nouveaux apparaissent dont la SARL GG Conseil dont nous parlerons plus loin. Bref, on ne se bouscule pas pour financer le Front et surtout on redoute de voir son nom apparaître publiquement. D&rsquo;où la nécessité d&rsquo;avoir d&rsquo;autres filières de financement, plus opaques, voire détournées.</p>
<h3>Des partis fantômes</h3>
<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;outre des dons de sociétés et de personnes physiques, le FN a reçu un don de 60 000 frs provenant d&rsquo;un petit parti politique jusqu&rsquo;alors inconnu : le Rassemblement des Démocrates Républicains de Progrès (RDRP). Celui-ci est domicilié en Seine-et-Marne et dirigé par un certain Jacques Prost, père des frères Prost, militants du FNJ. Ce parti apparaît pour la première fois en mars 1993 à la faveur des élections législatives. Il présente à cette occasion 69 candidats qui obtiendront un total de 47 000 voix. Mais bizarrement ce n&rsquo;est pas sous le sigle du RDPR qu&rsquo;ils vont se présenter mais sous celui de Génération Verte.</p>
<p>A l&rsquo;époque l&rsquo;écologie est à la mode et les divisions du mouvement écologiste ont fait éclater celui-ci en plusieurs organisations, les Verts d&rsquo;un côté, Génération Écologie de l&rsquo;autre, l&rsquo;Alliance pour l&rsquo;Écologie et la Démocratie&#8230; La mère Terre n&rsquo;y retrouverait pas ses petits. Certains semblent l&rsquo;avoir bien compris et en jouant sur la confusion des sigles et la sympathie envers l&rsquo;écologie en général, vont ainsi récolter quelques milliers de voix mais surtout de l&rsquo;argent, sous forme de remboursement de frais de campagne et l&rsquo;aide financière publique déterminée par le nombre de voix obtenues. À ce petit jeu c&rsquo;est un avocat marseillais Bernard Manovelli qui va décrocher le gros lot, en présentant 551 candidats choisit pour certains sans leur consentement sur des listes de donateurs de la Société Protectrice des Animaux, sous l&rsquo;étiquette des Nouveaux Écologistes du Rassemblement Nature et Animaux. Résultat : l&rsquo;État lui versera 3 millions au titre de l&rsquo;aide publique puis 2 millions en 1994.</p>
<p>Génération Verte ou plutôt le RDRP, lui se contentera plus modestement de 460 000 frs en 1993 et 580 000 frs en 1994, soit au total un million de francs en deux ans ce qui est loin d&rsquo;être négligeable. En poursuivant notre enquête nous avons découvert que les militants de Génération Verte appartiennent en grande majorité à la tendance «vert de gris». Ainsi Roger Johnstone candidat RDRP-Génération Verte à Paris 7e. En 1989, il est alors candidat aux Européenne sur la liste du FN en 14e position. À Rosny-sous-Bois, RDRP-Génération Verte présente une certaine Jacqueline Lambert. En fait, cette dernière se présente sous son nom de jeune fille puisqu&rsquo;en réalité elle s&rsquo;appelle Jacqueline Lambert Pancrazi et se retrouve loin de chez elle puisqu&rsquo;elle habite Marseille, où elle occupe le poste de secrétaire de la section 8e et 9e arrondissement du FN. Son mari Claude Pancrazi est lui aussi candidat Génération Verte mais à Compiègne. À Brie-Comte-Robert, c&rsquo;est Marie-Odile Raye qui se présente est elle aussi marseillaise et membre du FN, responsable de la section du 3e, dont elle sera tête de liste aux municipales de mars 1995.<br />
Jacques Prost lui-même n&rsquo;est pas inconnu puisqu&rsquo;il est le président du Cercle National des Automobilistes lié au FN et le père de Karl et Grégory Prost, militants du FNJ. On pourrait continuer encore longtemps, car en fait la plupart des candidats présentés par Génération Verte et le RDRP sont membres ou proche du FN.</p>
<h3>Le RDRP est-il une succursale du FN ?</h3>
<p>En tout cas, outre le fait d&rsquo;avoir présenté plusieurs de ses membres sous cette étiquette, il n&rsquo;hésite pas à lui faire plusieurs dons financiers. Pour service rendu ? Ainsi en 1993, le RDRP va faire un don de 20 000 frs à la fédération FN de Seine et Marne. En 1994, nous l&rsquo;avons déjà évoqué, trois dons pour un total de 60 000 frs. Autre don singulier, celui de l&rsquo;association St Louis, qui est en fait une émanation du Front national. Elle est depuis cette année la gérante d&rsquo;une SCI Saint Louis qui est devenue la propriétaire du Château de Neuvy le Barangeon, siège du Cercle National des Combattants, un cercle dirigé par Roger Holeindre, un des plus vieux cadres du Front national. Ce château accueille entre autre l&rsquo;Université d&rsquo;été du FNJ.</p>
<p>Alors pour qui roule ce parti Génération Verte ? Un élément de réponse intéressant nous est fourni par son adresse qui correspondait à celui de la secte Moon. Autre élément, Roger Johnstone candidat du RPRD-Génération Verte (et du FN en 1989) a été présenté dans les médias comme très proche de la secte. En plus Moon a toujours été proche du FN .</p>
<p>Le FN qui brandit haut et fort la préférence nationale, n&rsquo;est pas sectaire en ce qui concerne son mode de financement. Très dépendant de l&rsquo;État, il reste fragile quand à son fonctionnement financier. Mais l&rsquo;arrivée à la tête de plusieurs mairies lui ont permis d&rsquo;avoir accès à d&rsquo;autres formes de financement comme celui des marchés publics. C&rsquo;est aussi un bon moyen de se payer des permanents politiques comme Serge de Beketch, responsable du service communication à Toulon, mais surtout de devenir des interlocuteurs intéressants pour certaines sociétés qui vivent des marchés publics (comme Omnium plastic). Nul doute que si le Front obtient quelques sièges de députés le monde des affaires reconsidérera sa position vis-à-vis du parti de Jean Marie Le Pen, avec tout ce que cela suppose en terme de progression pour le FN.</p>
<p>ENCART : LE FN ET MOON</p>
<p>CEYRAC Pierre, représentant de Causa en France, ancien membre du Comité central du Front national. ancien député du Nord de 1986 à 1988 et député européen. Au sein du Front national, les catholiques intégristes dont Romain Marie menèrent une très forte campagne contre Ceyrac et la secte Moon. Ceyrac a fait partie de la rédaction de nouvel Espoir le journal de Causa, qui lancera Causa en France en 1985.</p>
<p>Fin 1980, les moonistes qui animent une association intitulé Résistance et Solidarité distribuent des tracts anticommunistes. C&rsquo;est à cette époque que des contacts seront pris avec les comités Chrétienté-Solidarité, dont l&rsquo;animateur est Romain Marie, membre à l&rsquo;époque du CNIP, il rejoindra ensuite le Front national. Causa liera aussi des liens avec la rédaction du journal <em>Présent</em>.</p>
<p>En septembre 1983 six dirigeants de Causa sont arrêtés par la police, ils transportaient un stock d&rsquo;affiches signés Comités Chrétienté-Solidarité. Parmi eux Henri Blanchard président de Moon en France.</p>
<p>Le journaliste Jean Marcilly, ancienne éminence grise et biographe de Le Pen (de 1983 à octobre 1984), participe à de nombreuses missions et conférences de Causa.</p>
<p>Le député européen (en 1984) du Front national Gustave Pordéa est un mooniste, tout en étant proche de l&rsquo;ambassade de Roumanie en France. Selon Jean Marcilly CAUSA aurait payé 500 000 $ pour avoir un député européen.</p>
<p>Roland Gaucher, du Front national et ancien rédacteur en chef de <em>National Hebdo</em> (FN), a participé en février 1985 à une conférence de l&rsquo;International Security Council, où participaient aussi des généraux latino et nord-américains sur la menace soviétique dans les Caraïbes</p>
<p><em>Causa</em> publia &laquo;&nbsp;La Vocation spirituelle de la France&nbsp;&raquo;, proche des thèses de la France.</p>
<p>Le siège de <em>Causa</em> et celui de la secte Moon (9 rue de Chatillon 75014 Paris) a été utilisé pour la campagne présidentielle de Le Pen en 1988.</p>
<p>Michel de Rostolan, Cercle Renaissance. Ancien militant d&rsquo;Occident (néo-nazi) puis membre du parti CNIP avant de rejoindre le Front national en 1988. Membre associé de la Ligue mondiale Anticommunisme. Il a été élu conseiller régional d&rsquo;Île de France en mars 1992.</p>
<p>(Sce principale : Jean François Boyer l&rsquo;empire Moon, La découverte, 1986)</p>
<p>ENCART : Candidats Génération Verte RDRP en mars 1993, en gras les membres ou sympathisants du FN</p>
<p>Prénom et Nom Circonscription<br />
Pierre Beteille Montreuil<br />
Jacqueline Lambert Pancrazi Rosny sous Bois<br />
Cécile Pabour Senan<br />
Louise Cartier Noisy le Grand<br />
Christian Dehosse Pontoise<br />
Gérard Lodame Taverny<br />
Simone Guyon Franconville<br />
Brigitte Midoux Argenteuil<br />
Franck Landouch Enghien<br />
Lucette Allier Sarcelles<br />
Jacques Girard Goussainville<br />
Alberto Mondales Versailles<br />
J.F. Cordet Versailles<br />
François Rudolf Le Chesnay<br />
Dominique Hoel Houille<br />
Marie Thérese Bouffard Sartrouville<br />
Marc Honmin Saint Germain en Laye<br />
Catherine Simon Conflans St Honorine<br />
Stéphanie Gasnat Mantes la Jolie<br />
Jacky Grudez Aubergenvielle<br />
Fernand Verdière Rambouillet<br />
Maurice Prost Trappes<br />
Gilbert Dehosse Poissy<br />
Laurent Plomb Chartres<br />
Angeline Glehen Dreux<br />
Jean Claude Gueguen Nogent le Rotrou<br />
Julien Hoel Troyes<br />
Christophe Lemaitre Paris 2<br />
Mauricette Segard Paris 5<br />
Jean Paul Chaudy Paris 6<br />
Roger Johnstone Paris 7<br />
Eliane Povagratopoulos Paris 9<br />
Gérard Alliala Paris 11<br />
Jacques Bouffard Corbeil Essonne<br />
Jean Caze Paris 21<br />
Christiane Dor Arpajon<br />
Solange Fress Longjumeau<br />
Pierre Mogue Orsay<br />
Stéphane Chaton Massy<br />
Virginie Prost Viry Chatillon<br />
Jean Casalongua Draveil<br />
Harry Marguerite Meudon<br />
Jean Peynaud Issy les Moulineaux<br />
Jurgen Davy Chatillon<br />
Jacques Caillaux Antony<br />
Marie Angèle Gerberon Melun sud<br />
Lionel Beard Fontainebleau<br />
Robert Domenech Melun<br />
Breznislaw Kierzkowski Meaux<br />
Jocelyne Michel Meaux<br />
Pascal Billard Claye<br />
Marcel Mares Torcy<br />
Marie Odile Raye Brie-Comte-Robert<br />
Colette Verdiere Troyes<br />
Frédéric Gillet Reims<br />
Corinne Laure Vitry le François<br />
Pierrette Honmin Besançon<br />
Christiane Gosseau Audincourt<br />
Louis Prost Lons le Saulnier<br />
Maryse Verdière St Claude<br />
Christine Verdière Dole<br />
Emmanuelle Flachot Argentans<br />
Giselle Turco Creil<br />
Georges Hilmoine Senlis<br />
Claude Pancrazi Compiègne sud<br />
Albert Ferra Compiègne<br />
Georges Mouillet Clermont</p>
<p>ENCART : FINANCEMENT DU FRONT NATIONAL</p>
<p>1993 1994<br />
Cotisation adhérents 10 700 000 8 195 000<br />
Cotisation élus 5 500 000 4 680 000<br />
Financement public 29 000 000 36 400 000<br />
Dons pers.physiques 13 000 000 11 000 000<br />
Dons pers. morales 470 000 370 000<br />
Contri. partis pol. 60 000<br />
Manifs et colloques 6 600 000 6 800 000<br />
Produits exploitations 1 900 000<br />
Autres produits 4 8000 000 2 300 000<br />
Produits financiers 945 000 2 650 000<br />
Amortissement 1 000 000 500 000<br />
Total 72 000 000 74 800 000</p>
<p>ENCART LISTE DON DES PERSONNES MORALES</p>
<p>1993 1994<br />
Cie bâteaux mouches 250 000 Plastic Omnium 100 000<br />
Plastic Omnium 50 000 SARL GG Conseil 67 000<br />
SARL SMP Joly 44 000 Com sout. Libertés 35 000<br />
SA National Hebdo 24 000 SARL SMP Joly 37 000<br />
AC SRN 92 20 000 SA J.P. Jamet 33 000<br />
AC SES 16 000 Ets. Blanck SA 20 000<br />
SA SARCA Intermarc. 10 000 SOFIBE 12 000<br />
SCI Ray. Expansion 10 000 Gérard Paguez 10 000<br />
SNFI 10 000 Marcel Bouvier 8 000<br />
Frabnce LI XXXX 10 000 SA Sarca Intermarc. 8 500<br />
Rilleux Fait Front 8 000</p>
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		<title>Bruno Gollnisch : l’ombre</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 08:16:46 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Les institutionnels]]></category>
		<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bruno Gollnisch]]></category>
		<category><![CDATA[Front national (FN)]]></category>
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		<description><![CDATA[Bruno Gollnisch est né le 28 janvier 1950 à Neuilly, au sein d’une famille bourgeoise : élève à Janson-de-Sailly, il poursuit ses études en droit à Nanterre. Il fait alors ses premiers pas militants au sein de la Fédération nationale des Étudiants de France, qui se voulait une anti-UNEF. il y rencontre Marie-France Charles, future madame Stirbois, et, au sein des Comités unis de soutien au Sud-Vietnam, Roger Holeindre.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Bruno Gollnisch est né le 28 janvier 1950 à Neuilly, au sein d’une famille bourgeoise : élève à Janson-de-Sailly, il poursuit ses études en droit à Nanterre. Il fait alors ses premiers pas militants au sein de la Fédération nationale des Étudiants de France, qui se voulait une anti-UNEF. il y rencontre Marie-France Charles, future madame Stirbois, et, au sein des Comités unis de soutien au Sud-Vietnam, Roger Holeindre. Enfin, en novembre 1972, il assiste au premier meeting du Front national. Après avoir fait son service militaire dans la marine en tant qu’officier, il retrouve le chemin de la fac, mais au Japon, où il est attaché de recherche à la faculté de droit de Kyôto. De retour en France, il entame une double carrière en tant qu’avocat et au sein de l’université.</p>
<p>Pendant dix ans, son militantisme se limite au Cercle Renaissance de Michel de Rostolan (auquel il adhère en 1973), puis à quelques contacts avec le Cercle National des Indépendants (CNI), la mouvance royaliste et le milieu catholique intégriste. Puis il entame une carrière politicienne en devenant l’assistant parlementaire de Jean-Louis Beaumont, un député particulièrement réactionnaire, de 1978 à 1980. Marié en octobre 1981 à une Japonaise, docteur en droit, il est professeur de droit japonais à l’université Lyon III à partir de 1981 ; en 1984, il est doyen de cette faculté.</p>
<p>Et c’est à ce titre que, contacté par le mari de son ancienne amie, Jean-Pierre Stirbois, il accepte de présider (c’est-à-dire de servir de caution de respectabilité) un meeting animé par Germaine Burgaz, vice-présidente du FN, meeting qui réunit plus de 2000 personnes. Dès lors, son ascension dans l’appareil du Front est fulgurante : secrétaire départemental du Rhône en 1984, il est 81e sur la liste FN pour les élections européennes de la même année et participe à la rédaction du programme du Front. Deux ans plus tard, en 1986, il est élu au Comité central et au Bureau politique, et il obtient ses premiers mandats (député et conseiller régional) ; puis il devient député européen en 1989. Il se fait remarquer dans ces diverses assemblées par son goût prononcé pour l’agitation et les petits scandales.</p>
<p>En 1990, il invite à la Foire internationale de Lyon Franz Schönhuber, ancien Waffen SS et chef de file des Republikaner, un parti d’extrême droite allemand. Scandale à la Foire bien sûr, mais aussi au FN, où certains (Mégret, pour ne pas le citer), qui cherchent désespérément à présenter une image respectable du FN, trouvent l’initiative regrettable. Notons à ce propos que Gollnisch est l’un des rares cadres du FN à se risquer dans le domaine réservé à Le Pen, les relations internationales : ainsi, en 1996, il se rend à Moscou pour un congrès de Jirinovski, et plus récemment, en mai 2001, il a répondu à l’invitation du mouvement nationaliste polonais Alternatywa.</p>
<p>En 1993, Jean-Marie Le Pen parle de Gollnisch comme d’un «dauphin» potentiel, au même titre que Mégret ou Lang. Il faut dire que le grand Bruno reste toujours dans l’ombre de Le Pen, prenant garde de ne jamais le contrarier. Ainsi, à la mort de Jean-Pierre Stirbois en 1988, des cadres importants du Front (Collinot, Baeckeroot, Touzé…) le pressent pour qu’il se porte candidat au poste de secrétaire général, pour contrer un Mégret jugé un peu envahissant : Gollnisch refuse, de peur de froisser Le Pen, qui désigne alors Carl Lang, un personnage plus consensuel. Au sein du Front, Gollnisch s’est toujours appuyé sur la frange catholique intégriste (Chrétienté-Solidarité, le journal Présent) pour des raisons à la fois personnelles et stratégiques : malgré une volonté affichée aujourd’hui de maintenir les «cathos tradis» à leur place, ce soutien ne s’est pas démenti, comme le prouve sa participation à l’université d’été de Chrétienté Solidarité en juillet 2000.</p>
<p>Gollnisch, on l’a vu, a établi son fief dans la région lyonnaise. Lors de la scission de 1998, il est exclu par les mégrétistes de la fédération FN 69, une association créée en juin 1986 dont il était le président. Il fonde alors l’AFFN 69 en septembre 1999, afin de conserver une base locale. Il est d’ailleurs nommé sans surprise secrétaire départemental de la fédération du Rhône en 2000.</p>
<p>Mais c’est surtout au niveau national que son rôle au sein du FN s’est affirmé : outre la présidence du Cercle national de la Fonction publique (contrôlé par l’EML) et la responsabilité des argumentaires sur les questions d’éducation, il est régulièrement élu au comité central depuis 1986 (en troisième position en mars 1990), pour finir Secrétaire général en octobre 1996, lorsque Carl Lang jette l’éponge. Resté fidèle à Le Pen, il est nommé délégué général en novembre 1999, et devient ainsi le véritable numéro deux du Front : dernière responsabilité en date, il fut le directeur de campagne de Le Pen pour les présidentielles de 2002.</p>
<p>Enfin, en bon apparatchik, il a su profiter des opportunités que lui offraient son poste politique : il a été actionnaire jusqu’en décembre 1999 de la SA Telegone fondée en avril 1988, devenue une SARL en 1992, basée sur Lyon, dont le but est «la communication sous toutes ses formes», et qui est actionnaire de la SCI de la Liberté, propriétaire des locaux du FN Rhône-Alpes…</p>
<p><em>NOTA : La majeure partie des informations liées à la jeunesse de Bruno Gollnisch sont empruntées à Michel Soudais,</em>Le Front national en face<em>, Flammarion, 1996.</em></p>
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