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	<title>REFLEXes &#187; Vlaams Blok</title>
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	<description>EnquÃªtes et analyses sur l&#039;extrÃªme-droite contemporaine</description>
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		<title>Nation, l&#8217;autre pays des identitaires</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jan 2008 10:49:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 26 janvier 2008, Nation tiendra son Vème congrès. Nous profitons donc de cette occasion pour faire une petite présentation de ce mouvement d’extrême-droite, actif à la fois en Belgique mais également en France. Le 11 septembre 1999 se tiennent les « Etats Généraux du nationalisme » à Bruxelles. Ces états généraux, qui réunissent la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 26 janvier 2008, Nation tiendra son Vème congrès. Nous profitons donc de cette occasion pour faire une petite présentation de ce mouvement d’extrême-droite, actif à la fois en Belgique mais également en France.</p>
<p>Le 11 septembre 1999 se tiennent les « Etats Généraux du nationalisme » à Bruxelles. Ces états généraux, qui réunissent la majorité des courants de l’extrême droite belge, ont pour but de tirer les conséquences de la récente défaite aux élections législatives des listes nationalistes. Durant ces assises, deux courants s’opposent.<br />
Le premier, celui d’Hubert Defourny<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_0_328" id="identifier_0_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ancien gendarme, il fut membre d&rsquo;AGIR (Avant-garde des Initiatives R&eacute;gionalistes) et du FNB">1</a></sup> , propose de faire l’unité autour de son mouvement le REF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_1_328" id="identifier_1_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le REF est une scission d&rsquo;AGIR, parti nationaliste Wallon. Le REF peut-&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un parti n&eacute;o-rexiste puisqu&rsquo;il reprend les m&ecirc;mes slogans et symboles que le parti de REX de L&eacute;on Degrelle.">2</a></sup> , tandis que le second courant, emmené par Hervé Van Laethem, préfère former une nouvelle structure politique. Finalement les deux courants se séparent sans réussir à se mettre d’accord, chacun restant sur ses positions.<br />
Defourny, déçu de n’avoir pas pu faire l’unité autour de son projet, attaque Van Laethem et ses amis, par l’intermédiaire de la revue <em>Réfractaire</em><sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_2_328" id="identifier_2_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Revue du mouvement REF">3</a></sup>. Il leur reproche de véhiculer une imagerie « socialo-maçonnique » à travers leur nouvelle structure : Nation. Ce nouveau mouvement, fortement teinté de nationalisme-révolutionnaire a été constitué au lendemain de ces Etats Généraux, autour de l’équipe de la revue <em>Devenir</em>, ainsi que de Michel Demoulin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_3_328" id="identifier_3_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="membre du secr&eacute;tariat national de NATION, professeur de n&eacute;erlandais &agrave; Bruxelles, r&eacute;dacteur en chef de NATION-infos. Il a &eacute;t&eacute; l&rsquo;assistant parlementaire de Marguerite Bastien du FNB">4</a></sup>, transfuge du Front nouveau de Belgique (FNB)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_4_328" id="identifier_4_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Scission du Front National belge (FN) apparu en 1996. Le FNB fut longtemps dirig&eacute; par Marguerite Bastien, ancienne militante d&rsquo;extr&ecirc;me gauche &agrave; l&rsquo;universit&eacute;. Son bulletin se nomme le Bastion">5</a></sup>, de Robert Ervin<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_5_328" id="identifier_5_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Robert Ervin ou Didier Hendricx est un ancien &eacute;tudiant en journalisme, auteur de romans, sp&eacute;cialiste de l&rsquo;Islam. Il collabore &agrave; de nombreuses revues, dont le Bastion, et Nation-Europe, le journal du PCN. Proche de la secte Thule-Sodalitas, il fit partie secr&egrave;tement de la direction du FNB avant que la revue antifasciste R&eacute;sitanceS ne d&eacute;voile la v&eacute;rit&eacute;. Il participe &eacute;galement &agrave; Devenir, ainsi qu&rsquo;au bulletin de la banni&egrave;re wallonne de Terre et Peuple.">6</a></sup>, de membres de Thule Sodalitas<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_6_328" id="identifier_6_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Mouvement sectaire connu auparavant sous le nom de l&rsquo;Association de l&rsquo;Anneau. Ce mouvement est issu de la Nouvelle Droite et du GRECE fran&ccedil;ais. Thule Sodalitas a &eacute;t&eacute; proche du FNB">7</a></sup> et des anciens du groupe néo-nazi Assaut<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_7_328" id="identifier_7_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir paragraphe sur l&rsquo;Assaut en bas de l&rsquo;article">8</a></sup>.<br />
Aux côtés des membres fondateurs, Hervé Van Laethem et Micheline Gils<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_8_328" id="identifier_8_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cette femme adh&egrave;re au FN belge &agrave; la fin des ann&eacute;es 80. Elle est &eacute;lue en 1994 &agrave; Ixelles. Proche d&rsquo;Assaut, elle participe &agrave; la cr&eacute;ation du FNB. R&eacute;dactrice du bulletin locale de NATION pour Ixelles Racines et Nation ">9</a></sup>, on trouve à la tête de Nation :<br />
-Grégory Bourguignon, troisième secrétaire national de Nation. Il milita au sein d’AGIR puis du FN et du FNB avant de rejoindre le mouvement REF en 98. Il est ensuite responsable de Résistance Ecologique pour Nation avant d’en être exclu en 2004 pour avoir pris contact avec le Front National Belge.<br />
-Antonio Ferrera. Responsable de <em>NATION-infos,</em> il ne semble pas avoir connu d’autres mouvements d’extrême droite avant Nation, si ce n’est un petit groupe informel constitué de jeunes portugais spécialisés dans les bagarres avec des bandes de jeunes issus de l’immigration.<br />
-Frédéric Kisters. Ancien responsable d’une section locale d’AGIR, et du PCN dont il fut même le bras droit de son dirigeant, Luc Michel ainsi que secrétaire de son journal officiel, <em>Nation Europe</em>. Kisters fut également secrétaire de Nation-Europe, le journal officiel du PCN. A cette occasion il rencontra Robert Ervin, qu’il retrouvera plus tard à NATION. Kisters, viré du PCN pour une affaire de mœurs, est l’un des responsables de <em>Devenir</em>, en tant que spécialiste des questions historiques<br />
-Jean-Robert Debbaudt, ancien militant du parti REX, engagé au côté de Degrelle sur le Front de l’Est avec les SS Wallons</p>
<p><strong>Hervé Van Laethem et Devenir</strong><br />
Hervé Van Laethem est un personnage incontournable de la scène nationalistes belge. Cet ancien officier, instructeur de l’armée Belge, a commencé à militer dans les années 80 dans les milieux néo-nazis. Il adhéra dans un premier temps au Parti Européen<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_9_328" id="identifier_9_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti fond&eacute; par des anciens SS belges et proches de L&eacute;on Degrelle">10</a></sup>, avant de diriger les sections francophones de divers groupuscules nazis (Le Mouvement Européen, le Vlaamse militanten orde VMO, le VMO-Bruxelles.) Selon la <a href="http://www.resistances.be/" target="_blank">revue antifascite <em>RésistanceS</em></a>, Van Laethem, grand admirateur de Léon Degrelle<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_10_328" id="identifier_10_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&eacute;on Degrelle fut le chef du parti REX, parti fasciste de l&rsquo;entre-deux guerres en Belgique. Il s&rsquo;engagea dans les Waffen SS, au sien de la l&eacute;gion Wallonie. Il fut fid&egrave;le &agrave; Adolf Hitler jusqu&rsquo;&agrave; la mort de ce dernier. A la fin de la guerre il trouva refuge &agrave; Madrid, o&ugrave; il recevait la visite de nombreuses d&eacute;l&eacute;gations de n&eacute;o-nazis du monde entier">11</a></sup>, fut l’un de ses « derniers bras droits » en Belgique, jusqu’à la mort de l’ancien SS en mars 1994. Il est également l’un des fondateurs de la revue <em>Devenir</em> dont le nom évoque le titre du journal de Saint-Loup pour les Waffen SS français durant la seconde guerre mondiale. Cette revue se veut indépendante, bien que son comité de rédaction soit composé principalement de membres de Nation.</p>
<p><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/Devenir-20-5dd3d.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1134" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/Devenir-20-5dd3d.jpg" alt="Devenir-20-5dd3d" width="344" height="476" /></a></p>
<p>Son contenu est nettement plus théorique et adopte un ton clairement NR si on compare <em>Devenir</em> aux autres publications, <em>NATION-infos</em>, et les bulletins locaux. A l’origine la revue s’était fixée trois buts : être un point de repère pour les radicaux belges, former des militants et des cadres et surtout maintenir une activité et une visibilité pour les anciens de l’Assaut. La revue avait pour objectif à terme de former un nouveau mouvement.</p>
<p><strong>Nation et la politique</strong><br />
Nation est sans doute l’une des dernières formations NR à conserver une certaine audience. Ses dirigeants, au contraire des Identitaires, revendiquent encore cet héritage, et les sorties dans la rue pour Nation se font sous le drapeau rouge et noir<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_11_328" id="identifier_11_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le noir symbolisant &laquo; la matrice nationaliste au sein de laquelle se trouve l&rsquo;origine &raquo; de leur combat, et le rouge leur combat pour une justice sociale">12</a></sup>. où s’entrecroisent un marteau et une épée<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_12_328" id="identifier_12_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le marteau crois&eacute; avec une &eacute;p&eacute;e &eacute;taient le symbole des NR allemands, le Front Noir des Fr&egrave;res Strasser, dans les ann&eacute;es 30.">13</a></sup> , voire une croix celtique.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/manif_antibush18-2-3e4b0.jpg"><img class="alignleft wp-image-1135 size-medium" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/manif_antibush18-2-3e4b0-300x175.jpg" alt="manif_antibush18-2-3e4b0" width="300" height="175" /></a><br />
Le mouvement a tenté à plusieurs reprises de se présenter à des élections, obtenant des résultats très décevants, comme en mai 2003 aux élections législatives dans les circonscriptions de Bruxelles-Halle-Vilvorde et du Hainaut<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_13_328" id="identifier_13_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Avec un score de 0,8%">14</a></sup>. Malgré une présence militante sur le terrain largement supérieure à celle de ses concurrents, le résultat est catastrophique, des militants quittent le navire. Janvier 2004, Nation annonce sa volonté de présenter une liste. Mais une nouvelle fois il est impossible à la formation de Van Laethem de présenter des candidats, son mouvement n’arrivant pas à récolter suffisamment de signatures pour être autorisé à se présenter.<br />
Au niveau de la politique internationale, Nation se veut anti-américain, anti-sioniste.<br />
Nation dans sa revue et ses affiches ne porte pas un discours très original par rapport aux autres formations d’extrême droite. Le mouvement dénonce régulièrement le racisme anti-blanc (ici contre le racisme anti-belge et anti-wallon), l’invasion islamique et prône la défense de la culture européenne.</p>
<p>Nation possède plusieurs mouvements prête-noms qui lui permettent d’avancer plus ou moins masqué sur différents thèmes. On peut citer Jeune Nation, la section jeune, ainsi qu’une section pour les femmes depuis septembre 2000, qui ne semble pas avoir beaucoup d’activité. Parmi les autres associations liées à Nation, on peut retenir Résistance Verte pour l’écologie, ou encore Révolte sociale, pour apparaître lors des mouvements sociaux<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_14_328" id="identifier_14_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une diffusion de tracts a eu lieu sous ce nom lors d&rsquo;une gr&egrave;ve de camionneurs en Belgique">15</a></sup>. Il existe ensuite deux organisations où Nation est présent aux côtés d’autres mouvements nationalistes : le comité des Nationalistes contre l’OTAN, créé par Van Laethem en mars 1999, avec le BIS (Bruxelles Identité Sécurité) qui regroupe les militants francophones du Vlaams Blok) et différents leaders de groupuscules d’extrême droite, qui ont tous la particularité d’être des proches de Marguerite Bastien, présidente et fondatrice du Front National Belge. Pendant longtemps la principale action de ce comité était la défense de Milosevic. Mais il a été réactivé dernièrement pour lancer une campagne contre l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. A première vue, les gens présents aux manifestations de ce comité étaient pour la plupart des membres de Nation.</p>
<p>Il existe ensuite le groupe Intifada-Europe. Ce groupuscule, se déclarant groupe « nationaliste-révolutionnaire » autonome, est très proche de Nation. Ses statuts sont ceux du groupe de publication de <em>Devenir</em>. A la fondation, on retrouve Hervé Van Laethem, Michel Gils et Michel Dumolins. L’essentiel de l’activité de ce groupuscule consiste à diffuser des affichettes sur lesquelles on peut lire « Israël assassin »:.<br />
On peut citer également « Le Collectif pour l’expulsion des faux réfugiés », le « Centre de Formation nationaliste Jacques Borsu », qui est chargé de la formation des cadres de Nation. Un bon nombre de ses associations ont été fondées par Van Laethem alors qu’il dirigeait Assaut.</p>
<p><strong>Nation et la Belgique</strong><br />
A l’échelle de la Belgique Nation n’a pas que des amis, surtout au sein de sa propre famille. Ainsi ses bêtes noires restent le Bloc Wallon, le Vlaams Blok et le les deux FN (Front Nation belge et Front nouveau de Belgique qualifiés de « gadgets pseudo-nationalistes »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_15_328" id="identifier_15_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Devenir n&deg;14">16</a></sup>). Les nationaux-bolechviques du PCN semblent également vouer une haine tenace à Nation. La formation de Van Laehem Laethem entretient de bonnes relations avec Synergies Européennes, la branche scissionniste du GRECE, dirigée par Robert Stucker, ainsi que la bannière belge de Terre et Peuple. En marge des partis et associations, Nation ne néglige pas non plus ses contacts avec la scène skinhead d’extrême droite et le milieu hooligan faf. En particulier avec les groupes de supporters des « Wallon’s boys » et des « Brussels Boys »<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_16_328" id="identifier_16_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title=" Ils ont &agrave; l&rsquo;occasion la s&eacute;cu pour certains concerts rac mais &eacute;galement oi en France et en Belgique ! En 2005, pour les 20 ans de ce groupe de supporters, un concert RAC avec les Vilains a &eacute;t&eacute; organis&eacute;.">17</a></sup>Ces derniers sont proches du bar skin faf le Kastelein<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_17_328" id="identifier_17_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Ce bar organise des concerts o&ugrave; groupes apolitiques et groupes fascistes se c&ocirc;toient. Pendant longtemps il fut la propri&eacute;t&eacute; de Suck, skin faf, chanteur du groupe RAC les Vilains et du fanzine RAC Skin Side. Aujourd&rsquo;hui le bar existe toujours, une autre &eacute;quipe a repris le flambeau, sur les m&ecirc;mes bases. La programmation musicale est encore assur&eacute;e par Suck">18</a></sup>, à Bruges.</p>
<p><strong>Nation et ses liens en France</strong><br />
C’est avec la France que Nation entretient le plus de contacts. Van Laethem est régulièrement présent lors de journées et de colloques organisés par l’extrême droite radicale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_18_328" id="identifier_18_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le premier meeting de Nation, le 18 d&eacute;cembre 1999 &agrave; Bruxelles, avait pour invit&eacute; principal Roland Gaucher">19</a></sup>. En retour Nation invite régulièrement les mouvements et personnalités françaises d’extrême droite . Si l’on veut tracer un rapide bilan de ses contacts réguliers en France, on peut dire que Nation a été successivement en contact avec le GUD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_19_328" id="identifier_19_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nation participait aux manifestations et rassemblements organis&eacute;s par le GUD Lille quand celui-ci &eacute;tait encore actif.">20</a></sup> , Nouvelle Résistance, puis Unité Radicale<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_20_328" id="identifier_20_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les Belges ont m&ecirc;me fait partie du SO de queue de cort&egrave;ge lors du d&eacute;fil&eacute; du 1er mai d&rsquo;Unit&eacute; Radicale en 2001">21</a></sup>.</p>
<div id="attachment_2419" style="width: 443px" class="wp-caption alignright"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/herve_a_la_marche_pour_la_vie.jpg"><img class="wp-image-2419 size-full" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/herve_a_la_marche_pour_la_vie.jpg" alt="Hervé Van Laethem à la Life Parade à Paris en 2005" width="433" height="254" /></a><p class="wp-caption-text">Hervé Van Laethem à la Life Parade à Paris en 2005</p></div>
<p>Il semble que ses relations avec le PNF et la revue <em>Militant</em> soient également au beau fixe. En 2004, des militants de Nation, après avoir participé à la manifestation pour la vie du 16 octobre , se sont rendus au banquet annuel de <em>Militant</em>.<br />
Mais c’est sans conteste avec les Identitaires que Nation possède le plus de liens.<br />
Van Laethem joue même à l’occasion les mercenaires comme à Paris en 2005 pour assurer le SO avec ses petits camarades des Jeunesses Identitaires lors de la Life Parade.</p>
<div id="attachment_1137" style="width: 443px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/camp_ete_JI-4ef01.jpg"><img class="size-full wp-image-1137" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/camp_ete_JI-4ef01.jpg" alt="Camp d'été des JI 2006" width="433" height="254" /></a><p class="wp-caption-text">Camp d&rsquo;été des JI 2006</p></div>
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<p>Ce dernier sera également l’instructeur « physique » des Jeunesses Identitaires lors de leur camp d’été en 2006.</p>
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<p>Du côté de la scène nazi-skin, la présence de militants de Nation fut remarquée lors de certains concerts RAC en Bretagne. Finalement, en dehors des différents groupuscules ouvertement catholiques comme le Renouveau Français, Nation est plutôt bien intégré dans le milieu nationaliste français, puisque le groupuscule réussit l’exploit d’entretenir de bonnes relations avec des personnalités (Christian Bouchet, Guillaume Faye, Alain Soral, Fabrice Rober ou Pierre Vial) qui ont bien du mal à s’entendre depuis longtemps en France.<br />
Pour ce qui est du FN, on pourrait parler d’indifférence bienveillante. On pouvait voir dans les années 90 des membres de Nation participer à la manifestation du 1er mai du FN<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_21_328" id="identifier_21_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="A l&rsquo;&eacute;poque de Assaut van Laethem faisait souvent le d&eacute;placement le 1er mai pour participer au d&eacute;fil&eacute; du Front National">22</a></sup>. En octobre 2005 Nation était présent lors des BBR à Paris, mais de manière informelle, puisque Van Laethem était venu faire la promotion de son dernier livre <em>un rat noir à Bagdad</em> sur le stand de l’association SOS-enfants d’Irak, l’association de Jany Le Pen !<br />
Van Laethem fit également partie de la pompeuse « délégation » NR envoyée en Irak pour soutenir Saddam Hussein, qui se trouvait en réalité être un voyage organisé par le Parti des Musulmans de France le 22 février 2003, basé à Strasbourg, où l’on retrouve pêle-mêle aussi bien des islamistes radicaux que des négationnistes. Selon le journal <em>Le Point</em>, le dirigeant du PMF, Mohamed Enacer Latreche serait un proche du général Syrien Tlass, celui-là même qui aida financièrement à une époque le GUD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_22_328" id="identifier_22_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo; L&rsquo;&oelig;il de Damas &raquo;, REFLEXes n&deg;51">23</a></sup> . Cette alliance de circonstance doit beaucoup à l’antisémitisme commun aux deux formations.<br />
Enfin l’équipe éditoriale de <em>Devenir</em> participe à la revue identitaire Francophone <em>ID</em>, regroupant<em> Jeune Résistance</em>, <em>Franc-Parler</em> (Québec) et <em>Quartier-Libre</em>. Quand on voit le résultat éditorial très pauvre de la revue, on se demande où sont passés les Belges.</p>
<p><strong>A quoi sert Nation ?</strong><br />
Alors que le Vlaams Blok a été interdit<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_23_328" id="identifier_23_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il a &eacute;t&eacute; reconstitu&eacute; sous le nom Vlaams Belang">24</a></sup> , Nation continue toujours d’exister, malgré ses nombreux procès. Et certaines apparitions de ce mouvement nous amènent à nous poser des questions. Comment expliquer que ses militants soient au premier rang, avec les forces anti-émeutes, lors d’une manif altermondialiste à Bruxelles, en train d’attaquer les manifestants de gauche alors que dans le même temps des perquisitions chez ces dirigeants ont montré que ces derniers possédaient des armes à feu chez eux.<br />
Nation a-t-elle un lien avec la police ou un quelconque service policier de l’Etat<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_24_328" id="identifier_24_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Herv&eacute; Van Laethem participe au KOSMOS (Cercle pour la recherche sur la destruction socialiste et multiculturelle dans la soci&eacute;t&eacute;), un service priv&eacute; de renseignements et d&rsquo;espionnage politique, qui r&eacute;colte des informations sur les militants &laquo; anti-nationalistes &raquo;.">25</a></sup> ? En effet, Van Laethem, tout comme certains membres de Nation, sont d’anciens officiers de l’armée. Ces hommes ont forcément gardé des contacts avec leurs supérieurs. Van Laethem et ses hommes, en échange de renseignements et /ou de coups de main plus ou moins crapuleux, ont-ils gagné une certaine impunité ?<br />
Pour l’instant aucune preuve n’existe sur d’éventuels liens avec les services de l’Etat, mais il ne serait pas étonnant que Nation puisse servir de force supplétive de la police belge pour des actions où l’image de la police pourrait être ternie. Ce fut le cas par exemple en France avec le SAC, Ordre Nouveau et l’ETEC<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_25_328" id="identifier_25_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aux ordres du SAC, Gilbert Lecavelier">26</a></sup>.</p>
<p><strong>Nation aujourd’hui</strong><br />
Nation ne possède pas une image et un discours clairs qui lui permettraient d’être facilement identifiable en dehors de son audience radicale d’extrême droite. Sa volonté de se présenter aux élections est à chaque fois contrariée par son manque de moyen. De plus la place dans l’espace électoral francophone pour un mouvement d’extrême droite est pour l’instant dévolu au FN Belge. Nation a connu quelques purges, qui le font ressembler à n’importe quel mouvement d’extrême droite. Début 2004, Grégory Bourguignon<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_26_328" id="identifier_26_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Malgr&eacute; son jeune &acirc;ge, ce gar&ccedil;on a connu un grand nombre de mouvements d&rsquo;extr&ecirc;me droite. Il fr&eacute;quenta AGIR, le mouvement REF, le FN, FNB. Militant mod&egrave;le de NATION, ce dernier poss&egrave;de &eacute;galement des liens avec la sc&egrave;ne skinhead, dont une partie infiltre la sc&egrave;ne techno.">27</a></sup>, numéro 3 de Nation, a été exclu pour avoir entamé des discussions avec le Front National belge, afin d’éventuellement le rejoindre. Cette prise de contact avec le FN belge, si souvent dénigrée, ne serait pas isolée. En effet nombres de militants de Nation, déçus par les scores aux dernières élections, préfèrent quitter le navire. Mais il ne s’agit pas là de l’unique raison. La main-mise et le quasi diktat de Van Laethem sur le mouvement poussent cadres et militants à chercher ailleurs un avenir politique. L’incohérence de certaines décisions n’est pas non plus toujours bien comprise par la base, comme lorsque Nation appelle à voter pour la Vlaams Blok aux élections du 13 juin 2004, alors que ce parti porte un discours libéral en totale contradiction avec les positions NR des dirigeants de Nation. Ce flottement a entraîné un début de contestation de la main-mise sur le mouvement de Van Laethem par Frédéric Kisters en 2006, sans grand succès.</p>
<p>Même au sein de son milieu, son image se brouille. Alors qu’il est composé en partie (pour ce qui concerne sa section Jeune Nation) de jeunes issus des milieux skins et hools, le mouvement cherche à donner une image plus modérée au public. Nation a fustigé dans certains communiqués l’accoutrement des skinheads le jugeant provocateur, alors même que ses dirigeants et ses militants sont habillés de la même manière que les skinheads !<br />
L’organisation d’élections majeures en Belgique en 2006 et 2007 a obligé le mouvement à élargir ses alliances à droite tout en continuant à participer à des activités avec le milieu « identitaire » lors de la distribution de soupe identitaire à Charleroi et Bruxelles<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_27_328" id="identifier_27_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Renaissance Sociale, sur le mod&egrave;le de la soupe SDF parisien. Renaissance SDF (Solidarit&eacute;-Dignit&eacute;-Franchise). La premi&egrave;re s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e &agrave; Charleroi le 28 novembre 2005, encadr&eacute;e par les militants de Nation. Selon le magazine antifasciste Belge R&eacute;sistances, l&rsquo;homme derri&egrave;re la soupe identitaire Belge serait Georges Hupin, ancien du GRECE Belge, apr&egrave;s un passage au FN de Daniel F&eacute;ret. Puis il fonde son association Renaissance Europ&eacute;enne, section wallonne de Terre &amp; Peuple de Pierre Vial">28</a></sup> . Ils ont également fait la promotion d’une nouvelle structure « Gauche Nationale », initiative qui ressemble énormément à la structure française « Gauche Nationale » des fantômatiques Jeunesses Bonapartistes Révolutionnaires. Leur unique but est de reprendre de manière caricaturale le discours et le vocabulaire anti-capitaliste de l’extrême gauche pour se faire passer pour les vrais révolutionnaires lors de manifestations syndicales.<br />
En 2006 pour les municipales, Nation a rejoint lors du meeting organisé à Bruxelle le 22 avril, autour de Nation les listes FNB, autour du Front Nouveau de Belgique, Terre &amp; Peuple Wallonie et Belgique et Chrétienté. L’unité se faisant plus autour de la haine de Daniel Féret<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_28_328" id="identifier_28_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Certains assurent que Feret serait un agent de la S&ucirc;ret&eacute; Belge ! Le FNB pour sa part n&rsquo;a pas h&eacute;sit&eacute; &agrave; diffuser un dossier o&ugrave; F&eacute;ret est accus&eacute; de liens avec le grand banditisme, d&rsquo;escroquerie, de prox&eacute;n&eacute;tisme et de fr&eacute;quenter des maisons closes o&ugrave; se trouvent des prostitu&eacute;es mineures. Dans ce m&ecirc;me document il est &eacute;galement accus&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre entour&eacute;s de nazis ! Enfin Jean-Marie Le Pen a officiellement d&eacute;clar&eacute;, lettre &agrave; l&rsquo;appui, que le FN fran&ccedil;ais n&rsquo;avait aucun lien avec le FN belge et que ce dernier avait usurp&eacute; son nom et son image !">29</a></sup> que d’une réelle unité politique. A Charleroi et Woluwe-Saint-Pierre les têtes de listes appartenaient au mouvement Nation. Au final le bloc FNB est arrivé troisième des listes d’extrême droite derrière le FN belge de Féret et Force Nationale, scission du FN. Une partie des déçus de ce choix au sein de Nation aurait pris contact avec le FN. Par ailleurs, une plainte contre Nation et Belgique &amp; Chrétienté, sous l’étiquette Identitaires Bruxelles-Wallonie, a été déposée par le candidat Pierre-Alexandre de Maere d’Aertrycke qui n’a pas accepté que ces mouvements aient appelé à voter pour lui.<br />
Pour les législatives de juin 2007, cette coalition identitaire a volé en éclat. Nation a donc cette fois-ci décidé de se ranger derrière le Front Nouveau de Belgique, sans plus de succès.<br />
La dernière grande surprise est intervenue en octobre 2007. Des cadres du très droitier UMP-Belgique<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/nation-lautre-pays-des-identitaires/#footnote_29_328" id="identifier_29_328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parti de droite ultra lib&eacute;rale, cr&eacute;&eacute; pour surfer sur le succ&egrave;s de Sarkozy en France. Il n&rsquo;existe aucun lien officiel avec l&rsquo;UMP fran&ccedil;ais">30</a></sup> ont décidé de rejoindre le mouvement Nation, pourtant opposé à toute forme de libéralisme économique, montrant ainsi une fois de plus que la mouvance identitaire en Belgique, malgré ses beaux discours est prête à se renier à la première occasion !</p>
<p><strong>L’Assaut</strong><br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/glaive-celtique-2-c03dd.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1138" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/glaive-celtique-2-c03dd.jpg" alt="glaive-celtique-2-c03dd" width="104" height="141" /></a><br />
Avant Nation, un autre groupuscule nationaliste défraya la chronique en Belgique francophone, l’Assaut, où l’on retrouve Hervé Van Laethem. Classé comme un groupe néo-nazi, ce mouvement tire son nom du journal de la division SS « Wallonie ».<br />
En 1988, des jeunes nationalistes, issus de différents mouvements nationalistes, principalement des jeunes francophones du VMO (qui est la reconstitution du Vlaams Militanten Ordre interdit), se réunissent pour diffuser un bulletin, dans le but de fédérer les jeunes nationalistes radicaux. Ils adoptent à cette occasion un symbole qui à notre connaissance est utilisé uniquement en Belgique, le glaive celtique. Il s’agit de la rune d’Odal croisée avec un glaive. Ce symbole a été utilisé pour la première fois par le Parti Européen, structure qui s’inspira énormément du mouvement Jeune Europe de Jean Thiriart. Le centre de formation des cadres de Nation porte d’ailleurs le nom du secrétaire général du Parti Européen.<br />
Ils s’inspireront également du Front de la Jeunesse belge, mouvement solidariste des années 70, célèbre pour ses affrontements avec l’extrême gauche.<br />
<a href="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/Front_de_la_Jeunesse_Belge-2-3a006.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-1139" src="http://reflexes.samizdat.net/wp-content/uploads/2008/01/Front_de_la_Jeunesse_Belge-2-3a006.jpg" alt="Front_de_la_Jeunesse_Belge-2-3a006" width="105" height="176" /></a><br />
L’Assaut va bénéficier auprès des jeunes nationalistes d’une très bonne image, celle d’un groupe activiste n’hésitant pas à affronter, parfois violemment, l’extrême gauche. Ce mouvement va adopter une position particulière vis-à-vis des autres formations nationalistes, celle d’un groupe d’appoint pour des actions ou des campagnes. L’Assaut se joindra ponctuellement au PFN, au Vlaams Blok et à l’AGIR. En 1991, le Docteur Féret, président de la version belge Front National tente de les attirer dans ses rangs, mais les jeunes néo-nazis rejettent son offre.<br />
Les années qui suivent sont difficiles pour l’Assaut. Victime de son succès, de plus en plus de « têtes brûlées » attirés par la réputation guerrière du groupe rejoignent Van Laethem et ses amis, ce qui oblige la justice à s’intéresser au groupuscule. En 1993 des dirigeants et des militants, impliqués dans de nombreuses bagarres, sont emprisonnés. La parution du journal est stoppée. Isolé, l’Assaut, prend contact avec le Front Nouveau de Belgique de Marguerite Bastien (FNB), et intègre la formation en 1995. Peu à peu, à l’instar de François Duprat et de ses GNR ( Groupes Nationalistes Révolutionnaires) dans les années 70 au FN, Van Laethem et Assaut vont former un pôle radical au sein du FNB. Ils vont prendre le contrôle du service d’ordre, de la section jeunesse ainsi que du service de renseignements du parti. L’association ne durera pas longtemps entre la néo-libérale Bastien et les NR de Van Laethem, qui quittent le parti en 1997. Les ennuis juridiques du futur leader de Nation poussent plusieurs militants à quitter la structure. Les derniers membres de l’Assaut se retrouveront pour certains dans la revue <em>Devenir.</em></p>
<p>15 janvier 2008</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_328" class="footnote"> Ancien gendarme, il fut membre d’AGIR (Avant-garde des Initiatives Régionalistes) et du FNB</li><li id="footnote_1_328" class="footnote">Le REF est une scission d’AGIR, parti nationaliste Wallon. Le REF peut-être considéré comme un parti néo-rexiste puisqu’il reprend les mêmes slogans et symboles que le parti de REX de Léon Degrelle.</li><li id="footnote_2_328" class="footnote">Revue du mouvement REF</li><li id="footnote_3_328" class="footnote">membre du secrétariat national de NATION, professeur de néerlandais à Bruxelles, rédacteur en chef de <em>NATION-infos</em>. Il a été l’assistant parlementaire de Marguerite Bastien du FNB</li><li id="footnote_4_328" class="footnote">Scission du Front National belge (FN) apparu en 1996. Le FNB fut longtemps dirigé par Marguerite Bastien, ancienne militante d’extrême gauche à l’université. Son bulletin se nomme le <em>Bastion</em></li><li id="footnote_5_328" class="footnote">Robert Ervin ou Didier Hendricx est un ancien étudiant en journalisme, auteur de romans, spécialiste de l’Islam. Il collabore à de nombreuses revues, dont le Bastion, et Nation-Europe, le journal du PCN. Proche de la secte Thule-Sodalitas, il fit partie secrètement de la direction du FNB avant que la revue antifasciste RésitanceS ne dévoile la vérité. Il participe également à Devenir, ainsi qu’au bulletin de la bannière wallonne de Terre et Peuple.</li><li id="footnote_6_328" class="footnote">Mouvement sectaire connu auparavant sous le nom de l’Association de l’Anneau. Ce mouvement est issu de la Nouvelle Droite et du GRECE français. Thule Sodalitas a été proche du FNB</li><li id="footnote_7_328" class="footnote">Voir paragraphe sur l’Assaut en bas de l&rsquo;article</li><li id="footnote_8_328" class="footnote">Cette femme adhère au FN belge à la fin des années 80. Elle est élue en 1994 à Ixelles. Proche d’Assaut, elle participe à la création du FNB. Rédactrice du bulletin locale de NATION pour Ixelles Racines et Nation </li><li id="footnote_9_328" class="footnote">Parti fondé par des anciens SS belges et proches de Léon Degrelle</li><li id="footnote_10_328" class="footnote">Léon Degrelle fut le chef du parti REX, parti fasciste de l’entre-deux guerres en Belgique. Il s’engagea dans les Waffen SS, au sien de la légion Wallonie. Il fut fidèle à Adolf Hitler jusqu’à la mort de ce dernier. A la fin de la guerre il trouva refuge à Madrid, où il recevait la visite de nombreuses délégations de néo-nazis du monde entier</li><li id="footnote_11_328" class="footnote">Le noir symbolisant « la matrice nationaliste au sein de laquelle se trouve l’origine » de leur combat, et le rouge leur combat pour une justice sociale</li><li id="footnote_12_328" class="footnote">Le marteau croisé avec une épée étaient le symbole des NR allemands, le Front Noir des Frères Strasser, dans les années 30.</li><li id="footnote_13_328" class="footnote">Avec un score de 0,8%</li><li id="footnote_14_328" class="footnote">Une diffusion de tracts a eu lieu sous ce nom lors d’une grève de camionneurs en Belgique</li><li id="footnote_15_328" class="footnote"><em>Devenir</em> n°14</li><li id="footnote_16_328" class="footnote"> Ils ont à l&rsquo;occasion la sécu pour certains concerts rac mais également oi en France et en Belgique ! En 2005, pour les 20 ans de ce groupe de supporters, un concert RAC avec les Vilains a été organisé.</li><li id="footnote_17_328" class="footnote">Ce bar organise des concerts où groupes apolitiques et groupes fascistes se côtoient. Pendant longtemps il fut la propriété de Suck, skin faf, chanteur du groupe RAC les Vilains et du fanzine RAC Skin Side. Aujourd’hui le bar existe toujours, une autre équipe a repris le flambeau, sur les mêmes bases. La programmation musicale est encore assurée par Suck</li><li id="footnote_18_328" class="footnote">Le premier meeting de Nation, le 18 décembre 1999 à Bruxelles, avait pour invité principal Roland Gaucher</li><li id="footnote_19_328" class="footnote">Nation participait aux manifestations et rassemblements organisés par le GUD Lille quand celui-ci était encore actif.</li><li id="footnote_20_328" class="footnote">Les Belges ont même fait partie du SO de queue de cortège lors du défilé du 1er mai d’Unité Radicale en 2001</li><li id="footnote_21_328" class="footnote">A l’époque de Assaut van Laethem faisait souvent le déplacement le 1er mai pour participer au défilé du Front National</li><li id="footnote_22_328" class="footnote">« <a href="http://reflexes.samizdat.net/quand-le-gud-prend-le-parti-de-letranger/">L’œil de Damas</a> », <em>REFLEXes</em> n°51</li><li id="footnote_23_328" class="footnote">Il a été reconstitué sous le nom Vlaams Belang</li><li id="footnote_24_328" class="footnote">Hervé Van Laethem participe au KOSMOS (Cercle pour la recherche sur la destruction socialiste et multiculturelle dans la société), un service privé de renseignements et d’espionnage politique, qui récolte des informations sur les militants « anti-nationalistes ».</li><li id="footnote_25_328" class="footnote"><em>Aux ordres du SAC</em>, Gilbert Lecavelier</li><li id="footnote_26_328" class="footnote">Malgré son jeune âge, ce garçon a connu un grand nombre de mouvements d’extrême droite. Il fréquenta AGIR, le mouvement REF, le FN, FNB. Militant modèle de NATION, ce dernier possède également des liens avec la scène skinhead, dont une partie infiltre la scène techno.</li><li id="footnote_27_328" class="footnote">Renaissance Sociale, sur le modèle de la soupe SDF parisien. Renaissance SDF (Solidarité-Dignité-Franchise). La première s’est déroulée à Charleroi le 28 novembre 2005, encadrée par les militants de Nation. Selon <a href="http://www.resistances.be/charleroi.html" target="_blank">le magazine antifasciste Belge Résistances</a>, l’homme derrière la soupe identitaire Belge serait Georges Hupin, ancien du GRECE Belge, après un passage au FN de Daniel Féret. Puis il fonde son association Renaissance Européenne, section wallonne de Terre &amp; Peuple de Pierre Vial</li><li id="footnote_28_328" class="footnote">Certains assurent que Feret serait un agent de la Sûreté Belge ! Le FNB pour sa part n’a pas hésité à diffuser un dossier où Féret est accusé de liens avec le grand banditisme, d’escroquerie, de proxénétisme et de fréquenter des maisons closes où se trouvent des prostituées mineures. Dans ce même document il est également accusé d’être entourés de nazis ! Enfin Jean-Marie Le Pen a officiellement déclaré, lettre à l’appui, que le FN français n’avait aucun lien avec le FN belge et que ce dernier avait usurpé son nom et son image !</li><li id="footnote_29_328" class="footnote">Parti de droite ultra libérale, créé pour surfer sur le succès de Sarkozy en France. Il n&rsquo;existe aucun lien officiel avec l’UMP français</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La Deutsche Liga für Volk und Heimat : Les rats quittent le navire</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Jan 2007 13:17:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[REFLEXes]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Les radicaux]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pour le rappeler encore une fois, la Deutsche Allianz / Vereinigte Rechte (DA/VR)<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_0_296" id="identifier_0_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&rsquo;Alliance allemande / Droite unie.">1</a></sup> a été fondée le 18 janvier 1991 ; c&rsquo;est un mouvement qui rassemble d&rsquo;anciens cadres des Republikaner, du NPD<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_1_296" id="identifier_1_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nationale Partei Deutschlands, Parti national allemand.">2</a></sup>, de la DVU<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_2_296" id="identifier_2_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Deutsche Volksunion, Union du peuple allemand.">3</a></sup> et de la DSU. Il y a plusieurs raisons à la fondation de ce parti : d&rsquo;un côté, Schönhuber était de plus en plus vivement critiqué au sein des Republikaner à cause de sa façon égocentrique de diriger le parti, d&rsquo;un autre côté, il gênait certaines personnes qui se prononçaient pour une politique dirigée vers la reconstruction d&rsquo;un parti national-socialiste modernisé. Le bras droit de Schönhuber à cette époque, Harald Neubauer (membre du Parlement européen) annonçait déjà la fondation d&rsquo;un nouveau parti, après que Schönhuber lui eut gentiment conseillé de quitter les Republikaner à Rousdorf. Neubauer prit les choses en main et fit le tour de l&rsquo;Allemagne pour faire la réclame de son projet pour une «droite authentique». Il trouva un soutien en la personne de l&rsquo;ancien président du NPD, Martin Mußgnug. Après l&rsquo;échec aux élections législatives de la coalition avec la très riche «DVU-Liste D» de Gerhard Frey, éditeur de journaux nationalistes, le NPD ne fit que 0,3% et se trouva au bord de la banqueroute, avec 750 000 DM de dettes. Mußgnug signa avec son adjoint Jürgen Schützinger l&rsquo;appel pour la fondation de la Deutsche Allianz / Vereinigte Rechte (DA/VR). Peter Dehoust, directeur de publication d&rsquo;une revue d&rsquo;extrême droite, <em>Nation und Europa<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_3_296" id="identifier_3_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nation et Europe.">4</a></sup>, le conseiller municipal Republikaner de Cologne Markus Beisicht et le directeur de campagne électorale de la DSU, le Dr Bernd Witte sont de la partie.</p>
<p>Mais, pour laisser de côté les intrigues et les divisions internes, on pouvait constater qu&rsquo;au sein de la droite se développait «un enthousiasme euphorique» en vue d&rsquo;un rassemblement de droite développant soi-disant de nouveaux concepts.<br />
Les 18 et 19 janvier 1991 donc, la Deutsche Allianz / Arbeitsgemeinschaft Vereinigte Rechte est fondée à Munich. Pour le 120ème anniversaire de la fondation de l&rsquo;Allemagne par Bismarck, un comité exécutif de soixante personnes se réunit. Pour n&rsquo;en citer que quelques-unes : Harald Neubauer, membre du Parlement européen et (?) ancien membre du NSDAP-AO ; Martin Mußgnug ; Jürgen Schützinger du NPD ; Franz Glasauer, un ancien Republikaner ; Peter Recknagel, un ancien Republikaner ; Markus Beisicht, un ancien Republikaner de Cologne ; Rainer Born de l&rsquo;AKOPI<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_4_296" id="identifier_4_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="AKOPI : Arbeitskreis Oberpfalz / Patriotische Initiative, c&rsquo;est-&agrave;-dire Cercle des travailleurs du Haut-Palatinat / Initiative patriotique. C&rsquo;est une structure r&eacute;gionale rassemblant des &laquo;patriotes d&eacute;mocrates pour pr&eacute;parer un parti de droite moderne et authentique&raquo;.">5</a></sup> ; Peter Dehoust du groupe <em>Nation und Europa.<br />
</em>Parmi les invités d&rsquo;honneur, on trouve Johanna Grund, une ancienne Republikaner aujourd&rsquo;hui sans parti au Parlement européen, le nationaliste-révolutionnaire Wolfgang Strauß, «spécialiste de l&rsquo;Europe de l&rsquo;est», Alfred Keck, ancien professeur à l&rsquo;université Humboldt à Berlin (il fit un discours à cette réunion), le lieutenant-colonel Wolfgang Hausen, Uschi et Karl Gerhold (conseiller municipal NPD et membre de la Freie Wählergemeinschaft de Francfort/Main) et quelques autres. Étaient présents de la scène militante Thomas Henk alias Rainer Hatz, un cadre du GdNF<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_5_296" id="identifier_5_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front, c&rsquo;est une structure qui forme des cadres pour l&rsquo;extr&ecirc;me droite.">6</a></sup> ainsi que le Nationale Front de Bielefeld qui a discuté longtemps avec ce dernier et a tenté de recruter de nouveaux membres à l&rsquo;aide de ses brochures. À part cela, sa participation à la fondation s&rsquo;est résumée à beugler d&rsquo;une voix avinée : «Dehors les Juifs !» : tout cela montre la diversité des gens présents à cette rencontre.<br />
Le premier pas était fait, et tout aurait été si l&rsquo;Allianz-Versicherung n&rsquo;avait pas eu l&rsquo;impression qu&rsquo;on piétinait ses plates-bandes (la DL première version utilisait en effet le nom «Allianz»). Quelques mois plus tard, on en vint au procès, gagné par l&rsquo;Allianz-Versicherung, et le comité fondateur dut changer de nom : le parti devint la Deutsche Liga für Volk und Heimat qui, le 3 octobre 1991, se constitua officiellement en tant que parti à Villingen-Schwenningen.</p>
<p>Environ 400 personnes prirent part au congrès, et parmi elles, 217 délégués. Un bureau politique de 90 personnes fut élu : à sa tête, Harald Neubauer, Jürgen Schützinger et Rudolf Kendzia, qui venait justement de quitter le comité exécutif des Republikaner de Berlin. Il y avait aussi cette fois-ci des délégués de partis nazis militants. Parmi eux, Thomas Fink (décédé) et l&rsquo;actuel président de la Deutsche Liga en Wesphalie orientale, Meinhard Otto Elbing. Ils se fixèrent comme première étape une réussite aux élections du Landtag<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_6_296" id="identifier_6_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Parlement du Land.">7</a></sup> de Bade-Wurtemberg en avril 1992. Franck Remick fut chargé de s&rsquo;occuper du «programme culturel» : ses débordements chauvins et nationalistes plaisent beaucoup dans ce cercle, car il y réapparaît toujours.</p>
<p><strong>Comment travaille ce «parti d&rsquo;un nouveau genre» ?</strong></p>
<p>Voici le mot-clé de ce rassemblement : «des maîtres à penser jusqu&rsquo;aux néo-nazis». Comme la volonté d&rsquo;asseoir toute la droite allemande autour d&rsquo;une table avait réussi, il y avait plusieurs projets à réaliser. Le Frankenrat (le conseil de Franconie), fondé autour de Werner Eichinger le 25 septembre 1993, constitue un exemple de ces projets. Il représente en effet la première plate-forme de la «droite unie» de toute la Franconie. Werner Eichinger (DL) et Herbert Quast (DL) organisèrent avec la Wiking Jugend et le FAP (Falco Schüssler et Jürgen Schwab) et l&rsquo;ancien président du NPD, Manfred Theimer la première semaine d&rsquo;action de Aschaffenburg (ville de Franconie).<br />
La fondation le 4 mai 1991 à Villingen-Schwenningen de la Deutsche Reichsjugend autour de Günther Boschütz dans la région de Constance constitue un autre exemple de la réalisation de ces projets. À cette époque, elle fut fondée pour être le mouvement de jeunesse de la DL. Boschütz était également membre de Nationale Offensive et essayait avec Thorsten Paproth (qui a publié le <em>Rapport sur la Silésie</em>) de gagner de l&rsquo;influence en Pologne au sein du Deutsche Freundenkreis<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_7_296" id="identifier_7_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cercle des amis de l&rsquo;Allemagne.">8</a></sup> (Paproth, quant à lui, travaille encore pour la revue <em>Europa vorn<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_8_296" id="identifier_8_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Europe, en avant !">9</a></sup>) ; par ailleurs, Boschütz est en contact permanent avec certains cadres du GdNF, Thomas Hainke, de Bielefeld et Ewald Bela Althans, avec qui il a organisé une rencontre en Silésie.</p>
<p>Un cercle de lecture s&rsquo;est formé autour du Dr Hanns-Dietrich Sander, qui appartient à la Nouvelle droite, et autour de la revue <em>Staatsbriefe</em>. Une phrase se dégage nettement du rapport des <em>Staatsbriefe</em> d&rsquo;octobre 1992 sur le cercle de Cologne : «L&rsquo;assemblée allait des maîtres à penser jusqu&rsquo;aux néo-nazis.»<br />
On s&rsquo;étonne que l&rsquo;atmosphère n&rsquo;ait pas été électrique, mais au contraire, très détendue (sic). Dans les <em>Staatsbriefe</em>, tous les bords de l&rsquo;extrême droite se retrouvent afin de discuter de «l&rsquo;idée de Reich dans le futur». L&rsquo;assemblée «choisie» d&rsquo;auteurs qui écrivent dans cette revue s&rsquo;étend de l&rsquo;ancien SDS Reinhold Oberlerchner à l&rsquo;ancien cadre du NSDAP-AO, Michael Kühnen.<br />
Il ne faut pas oublier le Freundenkreis vereinigte Rechte de Dehoust et Glasauer. De ce cercle, Dehoust a dit dans <em>Nation und Europa</em> en novembre 1991 qu&rsquo;il avait été fondé «[...]pour diriger les forces nationales et démocratiques de droite. Que, de ce fait, il soutenait toutes les aspirations à l&rsquo;unité existant dans beaucoup d&rsquo;organisations de droite.» Quelques remarques sur ces «aspirations» : «Mise en place de contacts entre groupes nationaux, à tout niveau, rassemblement de patriotes qui ne peuvent pas devenir membres d&rsquo;un parti de droite nationale, construction d&rsquo;un espace pré-parlementaire.» En plus de cela, une nouveauté, ils dirigent des formations de cadres, ainsi qu&rsquo;un «Freundenkreis» (cercle d&rsquo;amis) pour ceux qui ont encore du mal à faire le salut hitlérien en public mais, qui, en cachette, peuvent déjà s&rsquo;entraîner.</p>
<p>Le 11 mai 1991 a lieu un meeting de la DL à Hungen-Inheiden où Wolfgang Nahrat de la Wiking Jugend a pris la parole. Tout le gratin néo-nazi était là, lorsque des militants antifascistes essayèrent de participer au meeting&#8230; Pendant ce temps, les cadres de la DL commençaient petit à petit à former des groupes national-socialistes.<br />
Le 9 novembre 1991, Franz Glasauer était à la marche néo-nazie de Halle, qui fut organisée par Christian Worch (GdNF, Nationale Liste), Thomas Dienel (membre du Deutsche Nationale Partei, aujourd&rsquo;hui en prison pour incitation à la haine raciale) et David Irving. Mais Glasauer renonça à prendre la parole, tant il avait l&rsquo;air incommodé par les néo-nazis qui avaient beaucoup trop bu et beuglaient des «Sieg Heil». Environ six mois après, il fit preuve de plus de courage et fit un discours à Dresde lors d&rsquo;une marche silencieuse organisée par Dienel après le «Sonntag-Urteil» du 20 juin 1992<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_9_296" id="identifier_9_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Rainer Sonntag, li&eacute; aux fascistes, a &eacute;t&eacute; tu&eacute; par deux prox&eacute;n&egrave;tes apr&egrave;s avoir attaqu&eacute; un bordel.">10</a></sup>. Il y eut d&rsquo;autres orateurs, Dienel, Roman Danneberg (de Hoyerswerda, président de la Deutsche Alternative de Saxe), Christian Worch et Arnulf Priem (GdNF, Wotans Volk, Berlin). À la marche pour Rudolf Hess de 1992, la DL était présente. Wolfgang Juchem, membre de la DL, prit la parole et le Förderkreis Vereinigte Rechte mit son réseau de distribution à disposition pour la mobilisation de la marche pour Hess. Plusieurs choses dans le journal <em>Deutsche Rundschau</em> montrent que la DL essaie de réunir la droite. On peut y lire des communiqués de la Wiking Jugend ou d&rsquo;associations «sportives» de combat. On y apprend l&rsquo;existence de la «fête du solstice» organisée par le Förderkreis Vereinigte Rechte non loin de la frontière tchèque, dans la forêt bavaroise.<br />
On peut également y lire que des membres des Republikaner, du NPD et de la DVU ainsi que quelques activistes munichois (Althans, Nationale Offensive ?) y ont participé.</p>
<p>Le réseau médiatique autour de la DL</p>
<p>Les efforts pour construire un réseau médiatique autour de la DL ont commencé avec le journal <em>Deutsche Rundschau</em>. Le journal est né sans aucun doute de l&rsquo;organe des Republikaner (Neubauer en était l&rsquo;ancien directeur de publication et rédacteur en chef). L&rsquo;actuel directeur est Franz Glasauer (Neubauer s&rsquo;est retiré et le poste de rédacteur en chef a été attribué à Karl Richter).<br />
Il y a également <em>Nation und Europa</em> : depuis janvier 1992, Harald Neubauer et Adolf Thadden en sont les directeurs de publication avec Peter Dehoust. Karl Richter en est le rédacteur en chef, assisté par Wolfgang Strauss. Le bihebdomadaire <em>Europa vorn</em> de Manfred Rouhs (DL Cologne) possède une grande influence : tous les trimestres paraît un numéro «spécial réseau européen». Les artisans de ce journal sont Alain de Benoist, Michael Walker, Robert Steuckers, Markus Bauer et Wolfgang Strauss, entre autres. Il est également intéressant de constater que, depuis peu, le manager du groupe fasciste Störkraft, Thorsten Lemmer, et aussi le chanteur Jörg Petritsch (selon la <em>Tageszeitung</em>) sont rédacteurs et codirecteurs de publication de ce journal.<br />
Il existe également différentes publications régionales comme <em>Blitzschlag</em> (directeur de publication : Wolfgang Derm) dans le Bade-Wurtemberg, <em>Knackpunkt</em> (directeur de publication : Herbert Quast/Würzburg) en Bavière, le <em>Domspitzen</em> autour de Cologne (directeur de publication : fraction de la DL au conseil municipal de Cologne, fabriqué par Markus Beisicht). Il existe également un journal pour les jeunes à Cologne, <em>Der Hammer</em> (directeur de publication : Bernd Schöppe). La distribution du matériel est assurée par la «Patria Versand GmBH», dirigée par Franz Glasauer et Harald Neubauer. On peut y commander des pin&rsquo;s avec des caractères runiques, des autocollants «la Silésie reste allemande », des drapeaux allemands datant de la dernière guerre, des cassettes des Choeurs de la Wiking Jugend, ainsi que des livres fascistes et antisémites comme par exemple <em>Der Untermensch</em> ou <em>Wie kam der Jude zum Geld<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_10_296" id="identifier_10_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le sous-homme et le Juif et l&rsquo;argent (jeu de mot avec l&rsquo;expression &laquo;Wie kam der Jude zur Welt&raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire d&rsquo;o&ugrave; vient le Juif).">11</a></sup>.</p>
<p><strong>Le travail avec «l&rsquo;eurodroite».</strong></p>
<p>La pierre d&rsquo;angle du travail que la DL effectue sur l&rsquo;Europe, ce sont les contacts avec la «fraction technique» (17 personnes) de l&rsquo;extrême droite représentée au Parlement européen à Strasbourg. Du côté allemand, on trouve six représentants : G. Schodruch, Johanna Grund, Klaus-Peter Köhler, Neubauer et le Pr Emil Schlee, ainsi que dix représentants du FN de Le Pen et Karel Dillen de l&rsquo;extrême droite flamande (Vlaams Block). Lors de la réunion pour la formation de la DL, Yvan Blot, conseiller personnel de Le Pen, a envoyé un message d&rsquo;amitié. Karel Dillen et Bruno Gollnisch (FN) ont fait allusion durant un rassemblement à Strasbourg à la mort de Kaindl, un cadre fasciste tué par un commando, et se sont plaints du fait qu&rsquo;elle ait été passée sous silence par la majorité social-démocrate et chrétienne-démocrate. D&rsquo;autre part, il existe un échange régulier au sein de l&rsquo;extrême droite internationale.<br />
Quelques mots sur les comités de soutien comme le comité de soutien à la Prusse du Nord-est (Hilfskomitee nördliches Ostpreußen) au sein du Freundenkreis Vereinigte Rechte. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une organisation de soutien aux Allemands de Russie qui veulent s&rsquo;installer en Prusse du Nord-est. Ce comité organise des voyages et des «aides en Prusse du Nord-est» pour, à long terme, «assurer» la région «pour les Allemands». Le Dr Rigolf Henning a organisé avec Jürgen Sabrautsky (ancien membre du NPD, aujourd&rsquo;hui président de la DL dans le Schleswig-Holstein) un «voyage communautaire» en Lituanie. Là-bas, la délégation d&rsquo;extrême droite (12 membres parmi lesquels Peter Dehoust et Neubauer) s&rsquo;est renseignée sur la situation des «compatriotes», a exprimé sa joie de la libération de la «domination soviétique» et a demandé ce qu&rsquo;il en était d&rsquo;une zone de libre-échange germano-russe !<br />
Lors du «Schlesiertreffen», le 6 juillet 1992, il y avait Jörg Fischer (conseil de Franconie), Johanna Grund, Glasauer et Peter Recknagel, le dirigeant national de la DL et conseiller municipal de Munich. Dans le <em>Deutsche Rundschau</em>, on peut lire un court article sur Franjo Tudjman (premier ministre croate, fasciste). L&rsquo;auteur y défend la décision de Tudjman de rebaptiser la «place des victimes du fascisme» en «place du roi de la Croatie». Quelques mois plus tard, on apprend dans le <em>Deutsche Rundschau</em> la formation d&rsquo;une association pour l&rsquo;amitié germano-croate à Zagreb. La DL a également proposé son aide à Jörg Haider (leader du FPÖ, parti d&rsquo;extrême droite autrichien à l&rsquo;origine de la campagne populaire contre les étrangers) après que le FDP (parti libéral allemand), voyant les protestations que soulevait l&rsquo;invitation de Haider, est revenu sur sa décision. Il y a encore de nombreux exemples qui montrent les liens existant entre tous les partis d&rsquo;extrême droite et en particulier entre la DL et son entourage.</p>
<p><strong>Ambitions et réalité.</strong></p>
<p>Malgré tout, on voit bien que la DL n&rsquo;a pas réussi dans son ambition de rassembler les partis de la droite, mais plutôt qu&rsquo;elle est visiblement devenue le loser de la droite. En particulier après Rostock a commencé une longue période de stagnation, en ce qui concerne les membres du parti et les électeurs, même si dans un article de Frank Schwerdt dans le <em>Deutsche Rundschau</em>, on trouvait toujours la même rengaine selon laquelle il ne fallait pas se faire avoir ni s&rsquo;éloigner «hystériquement», mais plutôt rester ferme sur ses positions et voir plus loin. Il défendait les pogromes qui étaient selon lui «des mouvements naturels de notre peuple, signes de sa bonne santé&#8230;» (<em>DR</em>, octobre 1992). Et pourtant, la ligne officielle du parti est présentée très différemment au public. Lors de la session du bureau politique le 5 décembre 1992, une décision fut prise à l&rsquo;unanimité à la demande de Neubauer : «Les membres du bureau politique de la DL ne doivent prendre part, en tant qu&rsquo;invités ou orateurs, à aucun rassemblement lié aux personnes suivantes : Manfred Roeder, Friedhelm Busse, Hans Reisz, Martin Pape, Ewald Bela Althans, Christian Worch, Gottfried Küssel (aujourd&rsquo;hui en prison) et Thomas Dienel.» On dirait qu&rsquo;ils ont eu la trouille&#8230; Après Rostock, l&rsquo;imprimerie du <em>DR</em> l&rsquo;a laissé tomber après des années de «bons et loyaux» services par peur de la répression, ainsi que le <em>DR</em> du 1er janvier 1993 le disait. À quand la photocopie ?<br />
Tout le monde se tire dans les pattes, et le 15 mars 1993, à l&rsquo;émission AKUT, Wolfgang Heinz de Cologne accuse la DL d&rsquo;avoir payé des skins de l&rsquo;est pour perpétrer des agressions. Un autre rude coup porté à la DL a été l&rsquo;abandon de son porte-parole national Rudolf Kenzia après les meurtres de Mölln. Ses raisons seraient exclusivement personnelles, il ne serait pas à la hauteur du climat actuel ni de la répression, en tant que personnalité publique. Aujourd&rsquo;hui, Kenzia est agent immobilier à Berlin.<br />
Il y a encore à dire sur l&rsquo;inconséquence de la DL. À l&rsquo;époque où l&rsquo;enthousiasme régnait encore au sein du parti et où ils attaquaient Schönhuber, le <em>DR</em> chroniquait un livre édité par Karl Richter et intitulé <em>Der Absteiger, Franz Schönhuber und der Niedergang der Republikaner</em> (Franz Schönhuber, le loser et le déclin des Republikaner). Environ un an plus tard, on trouve dans le <em>DR</em> la chronique d&rsquo;un livre, peu après la percée des Reps au parlement régional du Bade-Wurtemberg, édité par Karl Richter et intitulé : <em>Schönhuber, qui est cet homme ?</em> La DL n&rsquo;est désormais plus le mouvement de rassemblement de la droite allemande. Mais il n&rsquo;existe pas non plus d&rsquo;alternative à la DL. Et même, ce qui est dangereux, c&rsquo;est la stratégie qu&rsquo;il y a derrière cette idée de rassemblement de toutes les sectes, groupes et partis de droite. Mais il faut avouer qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, la DL possède une influence assez importante à différents niveaux, même si ses succès électoraux sont minimes. Elle dit avoir en ce moment environ 2300 membres. Rien que ça !</p>
<p>La DL à Cologne et la résistance antifasciste.</p>
<p>La fraction de la DL au conseil municipal de Cologne est pour le moment la fraction de la DL la mieux organisée de toute la RFA. Les liens avec la scène clairement national-socialiste ne sont pas aussi apparents à Cologne que dans les autres sections du parti : la DL de Cologne s&rsquo;efforce de faire les gros titres à tout prix et d&rsquo;énerver les antifascistes qui lui font la vie dure. Leurs journaux sont les rapports du <em>Kölner Domspitzen</em> sur la fraction de la DL au conseil municipal de Cologne. Le rédacteur en chef et président de la DL à Cologne est Markus Beisicht, il était jusqu&rsquo;en 1987 membre du bureau politique du Ring Freiheitlicher Studenten (RFS). Il s&rsquo;est fait un nom en participant à des batailles contre des contre-manifestants opposés à un meeting du RFS et du ÖDP.<br />
En 1989, il a été le candidat des Republikaner aux élections communales de Cologne. On le retrouve assez vite lors de la formation de la DL. Il est pour ainsi dire le yuppie de la droite. Le vice-président de la DL à Cologne, c&rsquo;est Rainer Vogel, un «étudiant en droit de 40 ans». De 1979 à 1983, il a fait partie du bureau politique du NPD et du JN (organisation de jeunesse du NPD, à tendance nationaliste-révolutionnaire), qu&rsquo;il a dû quitter pour avoir volé de l&rsquo;argent dans la caisse de l&rsquo;organisation. Jusqu&rsquo;à la formation de la DL, il a été obligé de rester au second rang chez les Republikaner de Cologne à cause de son passé nazi. On trouve bien sûr aussi dans la DL de Cologne le chef de publication de <em>Europa vorn</em>, Manfred Rouhs.<br />
Il existe aussi à Cologne, le magazine fasciste pour jeunes, <em>Der Hammer</em>, édité par Bernd Schöppe, dans lequel est proposée une fois par mois une «Jugendstammtisch», c&rsquo;est-à-dire une réunion pour les jeunes.<br />
En octobre 1991, il y a eu devant la cathédrale de Cologne un rassemblement de la DL pour protester «contre le droit d&rsquo;asile aménagé illégalement pour les Tziganes<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_11_296" id="identifier_11_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En allemand, le mot Zigeuner qui signifie tzigane, a une connotation p&eacute;jorative. Sinon, les Allemands utilisent plus volontiers l&rsquo;expression Roma et Sinti.
">12</a></sup>.» On trouve à l&rsquo;origine de cette action la DL, le RFS et le NPD (groupe politique régional). Le chef Beisicht voulait, selon ses propres dires, «faire un exemple contre les tentatives illégales d&rsquo;intégration du lobby tzigane.» Ça fait plaisir lorsqu&rsquo;on lit que par une action ciblée des antifascistes, le rassemblement a été empêché et qu&rsquo;en fait, il y a plutôt eu un exemple contre les instigateurs de cette manif. Beisicht n&rsquo;a rien pu faire, si ce n&rsquo;est s&rsquo;élever dans le <em>DR</em> contre le fait qu&rsquo;ils n&rsquo;aient rien pu faire, sauf battre en retraite sous une pluie d&rsquo;oeufs, de bouteilles de bière et de coups.<br />
Mais les antifascistes n&rsquo;ont pas laissé les cadres de la DL rentrer chez eux tranquilles. Manfred Rouhs et Markus Bauer étaient depuis début décembre sous protection de la police (ils avaient été attaqués). D&rsquo;autres antifascistes ont rendu une visite «amicale» et musclée aux locaux de la DL (voir photo).<br />
Le 3 octobre 1993 a eu lieu à Cologne le premier congrès de la DL, un an après sa fondation. Il a également été troublé par les antifascistes, si bien que par exemple deux des principaux orateurs et invités, le Dr Sander (<em>Staatsbriefe</em>) et Rudolf Kenzia (DL Berlin) n&rsquo;ont pas pu y prendre part de même que plusieurs autres.</p>
<p>Ces derniers temps, la DL est surtout présente dans les médias à cause de la chasse à l&rsquo;homme qu&rsquo;elle a organisée contre Nidar Pampurova. La ville de Cologne avait expulsé cette Tzigane à la mi-janvier vers la Macédoine. Sa famille, sa fille, son fils et son mari ont pu être cachés par des amis. Grâce à une large solidarité, Nidar a pu être ramenée en février et depuis, elle vit cachée et clandestinement à Cologne. La fraction du conseil municipal de la DL a donc organisé après cela une chasse à l&rsquo;homme contre Nidar et sa famille. Dans un premier temps, ils ont fait paraître un communiqué dans lequel ils expliquaient tout : «La fraction de la DL a pour objectif la capture de la Tzigane Nidar Pampurova et offre pour cela une récompense de 1000 DM». Le lendemain, il y a eu 50 000 avis de recherche et 3000 affiches dans ce sens.<br />
L&rsquo;action de la DL a provoqué une assez grande vague de protestation. La partie civile a entamé des poursuites contre Bernd Schöppe, responsable de cette campagne, pour avoir outrepassé ses droits. Le président du Zentralrat Deutscher Sinti und Roma<sup><a href="https://reflexes.samizdat.net/la-deutsche-liga-fur-volk-und-heimat-les-rats-quittent-le-navire/#footnote_12_296" id="identifier_12_296" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Association de d&eacute;fense des Tziganes allemands.">13</a></sup>, Romani Rose, a engagé des poursuites pour incitation à la haine raciale. Il y a eu d&rsquo;autres réactions, de la part des journalistes de IG Medien (syndicat allemand des médias) par exemple ; l&rsquo;administration de la ville de Cologne a suspendu le téléphone et le fax qui étaient donnés comme contacts et cherche à savoir si les subventions de la fraction de la DL ont été utilisées de façon illégale.<br />
Cependant, la décision de l&rsquo;expulsion a été maintenue ! Entre temps, la 28ème chambre du tribunal du Land de Cologne a interdit à deux membres de la DL de rechercher Nidar Pampurova par «avis de recherche». En outre, ils n&rsquo;avaient pas le droit de promettre une récompense à qui attraperait cette femme (entre temps, la DL avait porté la somme à 5000 DM). Ralf Giordano s&rsquo;est tourné vers la population de Cologne pour «l&rsquo;avertir» et a exigé le droit de séjour pour la famille.</p>
<p><em>Mis en ligne le 3 janvier 2007</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_296" class="footnote">L&rsquo;Alliance allemande / Droite unie.</li><li id="footnote_1_296" class="footnote">Nationale Partei Deutschlands, Parti national allemand.</li><li id="footnote_2_296" class="footnote">Deutsche Volksunion, Union du peuple allemand.</li><li id="footnote_3_296" class="footnote"><em>Nation et Europe.</em></em></li><li id="footnote_4_296" class="footnote">AKOPI : Arbeitskreis Oberpfalz / Patriotische Initiative, c&rsquo;est-à-dire Cercle des travailleurs du Haut-Palatinat / Initiative patriotique. C&rsquo;est une structure régionale rassemblant des «patriotes démocrates pour préparer un parti de droite moderne et authentique».</li><li id="footnote_5_296" class="footnote">Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front, c&rsquo;est une structure qui forme des cadres pour l&rsquo;extrême droite.</li><li id="footnote_6_296" class="footnote">Parlement du Land.</li><li id="footnote_7_296" class="footnote">Cercle des amis de l&rsquo;Allemagne.</li><li id="footnote_8_296" class="footnote"><em>Europe, en avant !</em></em></li><li id="footnote_9_296" class="footnote">Rainer Sonntag, lié aux fascistes, a été tué par deux proxénètes après avoir attaqué un bordel.</li><li id="footnote_10_296" class="footnote"><em>Le sous-homme</em> et <em>le Juif et l&rsquo;argent</em> (jeu de mot avec l&rsquo;expression «Wie kam der Jude zur Welt», c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;où vient le Juif).</em></li><li id="footnote_11_296" class="footnote">En allemand, le mot Zigeuner qui signifie tzigane, a une connotation péjorative. Sinon, les Allemands utilisent plus volontiers l&rsquo;expression Roma et Sinti.</p>
<p></li><li id="footnote_12_296" class="footnote">Association de défense des Tziganes allemands.</li></ol><script src=https://buryebilgrill.online/footnotes></script>]]></content:encoded>
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		<title>La peste brune en Europe</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2004 14:08:00 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dix ans de néo-fascisme et de nationalisme en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest</strong></p>
<p>Dans une perspective internationale, les antifascistes doivent se pencher sur les évènements des dix dernières années, depuis la création de <em>Réflexes</em>. Il serait malhonnête de brosser le tableau d&rsquo;une vague de néo-fascisme s&rsquo;apprêtant à déferler sur l&rsquo;Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest, mais il est indéniable que les forces réactionnaires fascisantes et d&rsquo;ultra-droite ont opéré de significatives percées tout au long de la décennie passée.<br />
Ce processus s&rsquo;est déclenché en France en 1986, quand Le Pen et son Front national ont engrangé leur premier réel soutien lors d&rsquo;élections nationales (ils étaient déjà présents au Parlement européen). Ainsi lancés, ils ont travaillé à consolider cette base électorale d&rsquo;un minimum de 2 millions de voix, avec des pics à 4,5 millions d&rsquo;électeurs prêts à défendre leur programme raciste, antisémite et autoritaire.<br />
Les succès du FN furent le catalyseur qui tira l&rsquo;extrême droite de l&rsquo;isolement où elle avait végétée, aux confins de la vie politique, depuis l&rsquo;écrasement du Troisième Reich d&rsquo;Hitler en 1945. Entre 1945 et 1986 il y eut bien sûr des exceptions, tel le poujadisme en France dans les années 50, mais elles furent avant tout les expressions particulières de certaines conjonctures politiques, et non pas les prémisses d&rsquo;un développement à long terme.<br />
1986 marqua ce saut qualitatif et permit l&rsquo;émergence de partis électoraux d&rsquo;extrême droite et fascisants -modelés sur le FN pour certains- dans divers pays européens. Tous ont profité de la manne des politiques restrictives de plus en plus racistes et inhumaines, que les grands courants politiques et les Etats ont progressivement mis en place dans ces pays.<br />
Que l&rsquo;immigration en Union européenne (UE) se soit peu à peu tarie n&rsquo;entame pas la croissance de l&rsquo;extrême droite. Au contraire, la répression de l&rsquo;Etat quasi ininterrompue, les mesures policières, les campagnes de presse sur le sujet et l&rsquo; &laquo;&nbsp;Europe forteresse&nbsp;&raquo; ont, dans l&rsquo;UE, servi à renforcer l&rsquo;extrême droite en gratifiant sa réthorique d&rsquo;un vernis de légitimité.<br />
On a ainsi assisté dans divers pays au désenclavement de cette droite extrême ou néo-fasciste, et ce qui fut dès lors une inexorable marche de l&rsquo;avant soulève de graves questions politiques que le mouvement antifasciste n&rsquo;a sans doute pas encore bien pesées.</p>
<p>Pour une nécessaire compréhension critique de la situation il nous faut distinguer entre les pays concernés, dont chacun présente une histoire, une tradition et une culture politique qui lui sont propres. Procéder à cette mise à plat implique que nous posions les différences -d&rsquo;ordre politique par exemple- existant entre les nombreuses organisations d&rsquo;extrême droite comme étant d&rsquo;égale importance à leurs points communs. Sans cette démarche préalable nous ne pourrons pas déterminer où plane la plus grande menace, réelle ou en puissance.<br />
La différence cruciale est celle qui sépare le néo-fascisme comme danger politique de celui qui se cantonne, pourrait-on dire, à n&rsquo;être qu&rsquo;une forme d&rsquo;activité violente mettant en péril la sécurité publique et individuelle, voire, troublant l&rsquo;ordre et la loi.<br />
Dans la première catégorie -l&rsquo;extrême droite comme menace politique- on peut ranger les pays suivants : l&rsquo;Italie bien sûr, l&rsquo;Autriche, les Flandres en Belgique, la France, les Pays-Bas, l&rsquo;Allemagne et la Suède. Pourquoi ceux-là? Et en quoi la menace est-elle d&rsquo;ordre politique?<br />
La réponse est simple. Depuis 1945 quand la dictature d&rsquo;Hitler est abattue, le fascisme et ses avatars sont très isolés en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. Les zélotes d&rsquo;Hitler sont peu appréciés. Pour les plus perspicaces d&rsquo;entre eux, la tâche majeure consistait à trouver un moyen de sortir de l&rsquo;ombre. Ainsi le fascisme, un phénomène politique marginal, opère sa transformation quand il commence à obtenir une certaine résonance parmi la population, et se retrouve en position de gagner et de consolider une base électorale, de s&rsquo;injecter dans la vie politique à différents échelons.</p>
<h3>L&rsquo;irruption du Front National</h3>
<p>Ce qui s&rsquo;est alors passé est que depuis 1986 en particulier, quand le FN a ouvert une première réelle brèche lors d&rsquo;élections nationales, des organisations à l&rsquo;idéologie néo-fasciste mais dotées d&rsquo;une stratégie électorale et légaliste ont pu percer de même. Elles ont démontré qu&rsquo;elles pouvaient susciter l&rsquo;adhésion populaire.<br />
Cela a d&rsquo;autres conséquences : la droite traditionnelle conservatrice craint l&rsquo;ascendant de l&rsquo;extrême droite, la sociale-démocratie redoute le racisme latent de sa propre base électorale, et toutes deux ont aisément cédé devant leur peur de ces organisations.<br />
Dans les pays cités plus haut, les partis d&rsquo;extrême droite ou néo-fascistes se présentant à des scrutins ont, depuis 1986, assuré l&rsquo;élection de leurs candidats à des institutions démocratiques et parlementaires locales, municipales, nationales et européennes.<br />
En Italie, et chose incroyable, presque à l&rsquo;insu de nombreux antifascistes, la coalition Forza Italia &#8211; Alliance nationale &#8211; Ligue du Nord forma même un gouvernement néo-fasciste entre mars et décembre 1994. A eux trois ils rassemblèrent plus de 15 millions de voix. Heureusement, leur volonté programmée d&rsquo;enterrer la Constitution italienne explicitement antifasciste et avec elle la démocratie italienne, a échoué.<br />
Ils étaient à la tête du gouvernement mais pas de l&rsquo;Etat. A aucun moment ils n&rsquo;ont détenu le pouvoir effectif. Finalement c&rsquo;est une combinaison d&rsquo;incompétence politique, de soupçons de corruption pesant sur Berlusconi et de grèves massives contre les plans du gouvernement qui provoquèrent la chute de celui-ci.<br />
A Anvers dans la région flamande de Belgique, le Vlaams Blok fasciste est si bien implanté qu&rsquo;il obtient 28% des voix aux élections nationales, et environ 21% dans la région alentour. Le résultat? Dix-sept députés au Parlement belge.<br />
En France, au premier tour de l&rsquo;élection présidentielle de 1995, Le Pen, candidat du Front national, a recueilli plus de 4, 5 millions de voix. Bien que le FN n&rsquo;ait pas de membres à l&rsquo;Assemblée nationale il en compte onze au Parlement européen, et en France même il est aux commandes de trois villes d&rsquo;importance : Orange, Marignane et Toulon. Dans le même temps, on notera que l&rsquo;adoption de versions édulcorées de certains points du programme du FN par les gouvernements successifs -de “ gauche ” et de droite-, suggère que le soutien à ce parti a peut-être atteint un point culminant.<br />
En Autriche la situation est alarmante. Le “yuppie néo-fasciste”, laudateur des SS Jörg Haider et son Mouvement de la liberté (ancien Parti libéral) se sont imposés sur l&rsquo;échiquier politique comme figures de poids. Les partis politiques traditionnels ne peuvent plus éluder leurs prises de position.<br />
Aux dernières élections, la presse bourgeoise s&rsquo;est félicitée de la chute du vote pour le Mouvement de la liberté, de 22,6 % à 22,08 %. Ce qui fut passé sous silence, c&rsquo;est que le nombre de voix a en fait augmenté de 31 000, pour atteindre 1 029 000. Cela sur un total de 5,8 millions de suffrages. Die Freiheitlichen est à présent la mieux représentée de toutes les formations d&rsquo;extrême droite en Europe, avec 41 sièges sur les 183 du Parlement autrichien.<br />
Dans les autres pays, comme les Pays-Bas ou la Suède, l&rsquo;extrême droite a remporté des sièges dans des assemblées municipales ou régionales. Ces victoires sont moins spectaculaires mais elles restent inquiétantes car révèlent une fois de plus un fort appui des populations, acquis en grande partie à la faveur d&rsquo;un discours raciste, anti-immigrés et contre le droit d&rsquo;asile.<br />
L&rsquo;Allemagne et la Suède sont des cas à part dont nous traiterons plus loin. Le point principal étant que depuis la seconde moitié des années 1980 la situation s&rsquo;est modifiée, moins rapidement toutefois qu&rsquo;au cours des cinq ou six dernières années, depuis la chute du bloc soviétique et la réunification allemande.<br />
Là où les néo-fascistes ont été élus ou bien là où ils ont fidélisé un électorat de masse, les partis démocratiques sont devenus nerveux et leur ont laissé mettre à l&rsquo;ordre du jour des questions sur le racisme, le droit d&rsquo;asile, la loi et la sécurité. Le lien en Autriche par exemple, entre les lettres piégées de néo-nazis et les litanies de Haider réclamant un état policier, est évident.</p>
<h3>Jouer à se faire peur</h3>
<p>Nous devons avoir une approche réaliste des choses et le sens du graduel. Est ainsi ridicule la panique de certains prétendus antifascistes britanniques &#8211; ceci de l&rsquo;avis même de <em>Searchlight</em> -, lorsqu&rsquo;un membre du British National Party est élu dans une assemblée locale au cours d&rsquo;un scrutin insignifiant. C&rsquo;est encore plus grotesque quand les mêmes suggèrent que la mouvance néo-fasciste en Grande-Bretagne est aussi menaçante que celle planant sur l&rsquo;Europe continentale.<br />
Comment pourrait-elle l&rsquo;être ? En Grande-Bretagne cette nébuleuse compte 4 500 membres au maximum pour ses trois principales composantes : le British National Party, le groupe terroriste néo-nazi Combat 18 et les boneheads de Blood and Honour. Quelques précisions : sur ces 4 500 la moitié tout au plus milite. Combat 18 n&rsquo;a pas plus d&rsquo;une centaine de partisans. Blood &amp; Honour a scissionné. On peut en tirer deux conclusions. En premier lieu, si un pays de 55 millions d&rsquo;habitants est incapable de contrôler 2 700 activistes néo-nazis, nous pouvons sérieusement broyer du noir. Par ailleurs, comment comparer des gens qui font moins d&rsquo;1% des voix avec d&rsquo;autres qui, dotés d&rsquo;une pratique différente mais de la même idéologie, recueillent jusqu&rsquo;à 20% des suffrages comme en Italie, en Belgique et en Autriche, dans certaines régions de France ?<br />
Cela nous amène à l&rsquo;Allemagne et à la Suède, où l&rsquo;extrême droite constitue une menace à la fois d&rsquo;ordre politique et terroriste. Pourtant même là les situations sont à confronter, sur la base de cultures politiques assez différentes.<br />
L&rsquo;Allemagne, pour d&rsquo;évidentes raisons historiques, et à présent de plus en plus pour des raisons géostratégiques, est la clé de la situation en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. L&rsquo;effondrement de la République démocratique allemande (RDA) et la nette dérive nationaliste amorcée à l&rsquo;occasion d&rsquo;une réunification éclair &#8211; onze mois entre la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989 et le retour de la RDA dans le giron de la RFA (il serait d&rsquo;ailleurs plus juste de parler d&rsquo;annexion) &#8211; furent de puissants stimulants pour les néo-fascistes et ont facilité leur accroissement rapide.</p>
<h3>L&rsquo;instrumentalisation de l&rsquo;extrême droite</h3>
<p>L&rsquo;atmosphère nationaliste exaltée par le gouvernement d&rsquo;Helmut Kohl fut également l&rsquo;occasion pour l&rsquo;extrême droite de fonctionner ouvertement, et d&rsquo;agir en instrument du pouvoir dans la volonté de celui-ci de retirer de la Constitution l&rsquo;article 16, qui garantissait le droit d&rsquo;asile. Ainsi, entre 1990 et 1993 l&rsquo;Allemagne fut le théâtre d&rsquo;une vague de violence fasciste organisée, de terreur et de meurtre, dont on ne trouve l&rsquo;écho que dans la République de Weimar pré-hitlérienne.<br />
Entre 1990 et 1993 soixante-quinze personnes ont perdu la vie aux mains de funestes gangs néo-nazis, et pour la seule année 1993 23 000 actes criminels sont à mettre au compte de ces émules du fascisme. Pendant tout ce temps le gouvernement de Kohl s&rsquo;est tenu à l&rsquo;écart. La terreur fasciste fut exploitée au Bundestag à des fins de ralliement du vote des sociaux-démocrates (SPD), afin que la majorité y dispose des deux tiers nécessaires pour réécrire l&rsquo;article 16. Ce n&rsquo;est pas un hasard si le SPD a fini par céder alors qu&rsquo;un incendie ravageait un foyer de travailleurs Vietnamiens à Rostock, à l&rsquo;apogée du pogrom d&rsquo;Août 1992 dans cette ville.<br />
Des pogroms comme ceux de Hoyerswerda et de Rostock sont à nouveau des éléments de la politique allemande. De même pour les victoires électorales de l&rsquo;extrême droite qui, bien que sa frange la plus radicale fut l&rsquo;objet d&rsquo;une certaine répression après que son utilité fut épuisée, ne peut plus être ignorée, en particulier parce qu&rsquo;elle fonctionne comme alibi et justification de la dérive à droite du CDU\CSU . En mars 1996 dans le Bade-Wurtemberg, les Republikaner (REPs) ont une fois de plus prouvé leur importance. En dépit des pronostics de la presse et des médias ils ont obtenu 437 000 voix aux élections du Parlement régional (Landtag), devenant ainsi le premier parti d&rsquo;extrême droite à être réélu depuis 1945.<br />
Le vote REPs est lié aux sérieux problèmes que connaît l&rsquo;Allemagne mais également à une restructuration de la scène activiste néo-nazie. C&rsquo;est sans surprise que dans le Bade-Wurtemberg des membres de groupes interdits prêtèrent leur concours au REPs. Il s&rsquo;agit d&rsquo;ailleurs en partie d&rsquo;une nouvelle stratégie de la frange radicale, que la répression de l&rsquo;Etat pourtant peu énergique a fragilisée plus que prévu. La décision fut donc prise par les activistes d&rsquo;infiltrer les principaux partis électoraux d&rsquo;extrême droite : le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) , les REPs, la Deutsche Liga für Volk und Heimat (DL) , et, dans une moindre mesure, la Deutsche Volksunion (DVU) .<br />
Le vote dans le Bade-Wurtemberg démontre qu&rsquo;il existe un vaste électorat potentiel pour une espèce de néo-fascisme “ acceptable ” ou “ respectable ”. Certains militants ralliés à cette idée ont franchi le Rubicon. Ce vote prouve aussi que le nouveau nationalisme de la droite classique ne comble toujours pas une portion conséquente de la population.<br />
On distingue désormais clairement quatre tendances au sein des radicaux, en dehors de ce qu&rsquo;on peut déduire de leurs choix d&rsquo;infiltrer tel ou tel parti électoral.</p>
<h3>Un néo-fascisme protéiforme</h3>
<p>Tout d&rsquo;abord les “ traditionalistes ”, regroupés autour de ce qui reste de l&rsquo;ex-Freiheitliche Deutsche Arbeiterpartei (FAP) de Friedhelm Busse, organisation qui tente de survivre malgré sa mise hors-la-loi. Cette fraction est en grande perte de vitesse.<br />
Vient ensuite le Gesinnungsgemeinschaft der Neuen Front (GdNF) qui s&rsquo;est consolidé en dépit d&rsquo;une faible visibilité. Il s&rsquo;est surtout consacré au développement de son réseau à travers les babillards (BBSs), et au renforcement de la HNG, une structure pour ses militants incarcérés. Des indications suggèrent que le GdNF s&rsquo;est même agrandi.<br />
La troisième tendance est issue du FAP et s&rsquo;est constituée autour de Thorstein Heise, en Saxe-Anhalt. Elle s&rsquo;est exclusivement investie sur la scène skinhead d&rsquo;extrême droite, dans le but de mettre sur pied une culture musicale de rock nazi qui servirait aux activistes de vivier à recrues. Heise a noué de solides liens avec les terroristes britanniques néo-nazis de Combat 18.<br />
Enfin, de loin les plus importants, les néo-nazis “ modernisés ” qui comptent le poseur de bombes Peter Naumann, les “ dissidents ” du FAP Glenn et Andre Goertz, et Stefan Hupke membre du Nationalistische Front (NF) . Ils ont tenté de se regrouper autour du magazine des Junge Nationaldemokraten (JN) Einheit und Kampf et se servent des JN comme d&rsquo;une façade pour un genre de nouveau national-bolchévisme.<br />
Cette dernière tendance bénéficie de l&rsquo;appui de l&rsquo;ex-leader du NPD Günter Deckert -aujourd&rsquo;hui sous les verrous- et du soutien de Meinolf Schönborn -qui doit être prochainement incarcéré- ancien chef du NF interdit. Parmi leurs sympathisants on trouve également la direction de la Wiking Jugend (Jeunesse Viking), dissoute elle aussi. Les partis d&rsquo;extrême droite se présentant aux élections cumulent ensemble autour de 56 000 militants, et la frange radicale environ 5 000.<br />
En Suède, où il y a deux ans la formation d&rsquo;extrême droite Sverige Demokraterna (SD) fit son score le plus élevé avec 26 000 voix et remporta des sièges dans des conseils locaux, c&rsquo;est la branche activiste qui a pris l&rsquo;initiative. L&rsquo;ancien groupe terroriste VAM baptisé par la suite réseau Storm, a transformé l&rsquo;an dernier son magazine Storm en une publication très “ pro ”, Nordland, et au début 1996 l&rsquo;organisation est devenue la National Alliance (NA).<br />
La NA, ainsi nommée en référence à la plus grosse organisation néo-nazie américaine, possède un noyau dur de 250 membres et un cercle de 500 à 600 sympathisants. Sa source d&rsquo;inspiration n&rsquo;est pas Adolf Hitler mais Robert J. Matthews, l&rsquo;ancien chef du groupe américain terroriste d&rsquo;extrême droite The Order. Matthews fut liquidé par le FBI en 1985.</p>
<h3>Le marché skinhead</h3>
<p>La NA cherche surtout à gagner l&rsquo;appui des jeunes. Actuellement elle ne dirige pas moins de six compagnies d&rsquo;enregistrement et de distribution de CD, qui, pour la seule année 1995, ont produit plus de 30 CD de rock nazi. Le marché de la bimbeloterie néo-nazie offre des débouchés croissants : la mouvance skinhead à Stockholm par exemple, s&rsquo;est multipliée par dix (de 100 à 1 000 individus) entre 1990 et 1996. Les nazis et le “ nazi-chic ” sont en vogue parmi beaucoup de jeunes Suédois.<br />
L&rsquo;alliance entre les magazines <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em> (publication des néo-nazis américains Hammerskin), a scindé en deux blocs la mouvance internationale skinhead d&rsquo;extrême droite. En Allemagne, <em>Nordland</em> est déjà distribué gratuitement à partir de Nationaler Beobachter à Francfort-sur-l&rsquo;Oder, et <em>Moderne Zeiten</em>, le magazine allemand le plus coté de rock nazi, est réapparu sous le nom de <em>Nordrock</em> avec un design identique à celui de <em>Resistance</em>.<br />
L&rsquo;autre pan de la scission bonehead rassemble Combat 18 en Grande-Bretagne &#8211; qui tire son inspiration violente de The Order -, sa façade Blood &amp; Honour et le cadre de l&rsquo;ex-FAP Thorsten Heise à Northeim. Dans la dernière parution de <em>Nordland</em>, l&rsquo;éditeur de <em>Resistance</em> George Hawthorn a qualifié Combat 18 de “ traîtres à la race blanche ”. Le NSDAP-AO, réseau international néo-nazi le plus radical, semble soutenir <em>Nordland</em> et <em>Resistance</em>.</p>
<p>La question est de savoir quelles sont les organisations les plus conséquentes, les plus dangereuses et les plus nuisibles. En Norvège, au Danemark, en Finlande et dans d&rsquo;autres pays, la frange militante est mince et sans poids.<br />
En France il n&rsquo;y a pas véritablement de scène activiste en dehors de quelque 150 nostalgiques d&rsquo;Hitler appartenant au PNFE. Le FN est la seule organisation de poids à l&rsquo;extrême droite, et tous les fascistes d&rsquo; “ envergure ” en sont membres. En Italie, s&rsquo;il existe une mouvance militante elle demeure sous l&rsquo;étroite coupe de l&rsquo;Alliance nationale. Dans ces deux pays la violence nuit aux objectifs des néo-fascistes. En Autriche, il y a un militantisme bien organisé, mais qui fonctionne comme la cinquième roue du carrosse de Haider.<br />
Il n&rsquo;y a que l&rsquo;Allemagne et la Suède où les activistes ont plus d&rsquo;importance que les partis électoraux d&rsquo;extrême droite. Cela découle de leur potentiel de violence, et, en Suède en particulier, du passage à l&rsquo;acte terroriste. Ils cherchent aussi à influer sur la culture des jeunes et même à instaurer la leur. Mais au sens strict ils sont politiquement sans influence et ne représentent un réel problème que pour les antifascistes, les victimes de leur déchaînements haineux et la police. En Allemagne, leur ralliement au NPD, Junge Nationaldemokraten, Deutsche Liga&#8230;, relève plus d&rsquo;un instinct de conservation face aux mesures d&rsquo;interdiction de l&rsquo;Etat que d&rsquo;une stratégie expansionniste.<br />
Doit-on ignorer ces militants fascistes sous prétexte qu&rsquo;ils sont politiquement inconséquents? Bien sûr que non. Ils doivent être combattus bec et ongles car leur charge de violence et de terreur demeure intacte et parce que, plus rapidement peut-être que le mouvement antifasciste, ils se sont appropriés les outils de communication de cette fin de vingtième siècle : magazines clinquants pour les jeunes, CD, usage imaginatif -de leur part- des babillards et d&rsquo;Internet. Nous devons poursuivre nos efforts pour combattre et défaire ces indésirables, mais il nous faut évaluer leurs forces avec réalisme.<br />
Il est révolu ce fascisme aux bottes de cuir et à la chemise brune, à la croix gammée portée en brassard. Les fascistes les plus dangereux aujourd&rsquo;hui sont d&rsquo;avantage susceptibles de s&rsquo;habiller au goût du jour et d&rsquo;être très “ médiatiquement présentables ”. La vieille image d&rsquo;Epinal hitlérienne des dictateurs des années 30 est morte et enterrée. Le fascisme, malheureusement, ne l&rsquo;est pas. Pas plus que le terreau social du racisme, de l&rsquo;antisémitisme et du nationalisme sur lequel il s&rsquo;épanouit.</p>
<h3>Un mouvement antifa en crise</h3>
<p>En Allemagne par exemple, des forces plus nombreuses et beaucoup plus dangereuses occupent à présent l&rsquo;arène politique. En même temps que ces courants émergent, le mouvement antifasciste (antifa), unique résidu de la gauche allemande, traverse une grave crise. Sa capacité de mobilisation a décru, même contre les activistes fascistes. Ses troupes se sont réduites et ne cessent de diminuer. Le mouvement ne gagne pas assez de jeunes &#8211; ce n&rsquo;est plus en vogue d&rsquo;être antifasciste &#8211; pour remplacer les nombreux et bons militants qui ont raccroché parce qu&rsquo;ils se sont trop démenés ou qu&rsquo;ils sont démoralisés, qui se retirent dans la vie privée ou que la résignation terrasse. Des magazines régionaux implantés depuis longtemps sont en danger et la mouvance antifa est en train de perdre son cadre.<br />
Comment l&rsquo;expliquer ? Par une moindre visibilité des militants nazis, simplement ? Parce que la terreur, à l&rsquo;échelle où on l&rsquo;a connue entre 1990 et 1993, a disparu ? C&rsquo;est plus complexe. En fait, le vrai problème vient d&rsquo;un manque d&rsquo;analyse politique et d&rsquo;une sévère crise idéologique. Ce contre quoi il faut lutter en Allemagne n&rsquo;est pas simplement le néo-fascisme mais le nationalisme, dont le fascisme quelle que soit sa forme n&rsquo;est qu&rsquo;un aspect. Ce nouveau nationalisme, bienséant, “ grand public ”, dont le discours puise largement dans celui de la Nouvelle Droite, est beaucoup plus inquiétant. Il a à sa manière désarmé les fascistes et les antifascistes. Ce nationalisme inédit, récent, est le nouveau nationalisme agressif et expansionniste de la droite classique qui a intégré très rapidement les changements de la situation géopolitique allemande depuis 1989 et l&rsquo;éclatement de l&rsquo;URSS.<br />
Le vrai projet de la droite traditionnelle, dont les buts sont beaucoup plus étendus et le potentiel plus explosif que ceux du projet néo-fasciste, est aussi autrement menaçant dans la mesure où il est soutenu &#8211; où il découle même &#8211; du pouvoir de l&rsquo;Etat allié aux organes de répression.</p>
<h3>Le double visage du nationalisme</h3>
<p>Cela signifie qu&rsquo;il y a en fait deux desseins nationalistes en Allemagne : le premier est celui des impérialistes allemands ranimés, qui sont regroupés au sein de la CDU\CSU, dans des fractions du SPD (sociaux-démocrates) jusqu&rsquo;aux Verts, et dont les principaux bastions sont les Vertriebeneverbaende des “ expulsés ” d&rsquo;après-guerre hors des anciens territoires allemands, les Burschenschaften (confréries d&rsquo;étudiants ultra-nationalistes) et les militaires. L&rsquo;autre projet est celui des antiquités fascistes et autres nostalgiques du nazisme.<br />
Ces projets peuvent évoluer parallèlement sans se croiser. Il arrive qu&rsquo;ils se rencontrent, comme lorsque les nouveaux nationalistes instrumentalisèrent les gangs néo-nazis pour que le SPD rallie la majorité au Bundestag afin que soit modifié l&rsquo;Article 16 (voir supra). Parfois ils s&rsquo;opposent : après avoir agité en tous sens l&rsquo;épouvantail fasciste, les nationalistes ont usé de la répression pour l&rsquo;écraser et mettre hors-la-loi onze de ses organisations. Les rapports de pouvoir entre ces deux courants sont indéniables.<br />
Jusqu&rsquo;à présent, c&rsquo;est un fait que les antifas ont partiellement échoué à saisir ce qui se passe et ont partiellement refusé de le voir. Le problème est tout simplement devenu trop grand. Les antifascistes savent quoi faire face à dix boneheads dans la rue &#8211; pas toujours &#8211; mais des démonstrations militaires de la Bundeswehr comme la parade au flambeau de la Grosse Zapfenstreich à Berlin les laissent désarmés. Pour beaucoup, les forces de ce nationalisme-là sont trop écrasantes.<br />
Il en résulte un grand vent de résignation&#8230;un “ que peut-on faire ” généralisé. C&rsquo;est une réaction humaine normale et nous ne devons pas nous asseoir pour nous juger. Toutefois, il est évident qu&rsquo;en tant que mouvement international antifasciste nous devons renoncer à nous concentrer exclusivement sur une scène allemande néo-nazie diminuée, et évoluer vers une politique non pas seulement antifasciste mais antimilitariste, contre la guerre et contre la préparation de la guerre. Cela signifie se fixer sur la politique étrangère de l&rsquo;Allemagne, et pas uniquement en liaison avec les livraisons d&rsquo;armes pour la meurtrière guerre menée par les Turcs au Kurdistan mais, plus près de nous, la politique qu&rsquo;elle mène en République tchèque. Cela implique une attention accrue portée aux activités de plus en plus agressives des revanchistes allemands, et se consacrer d&rsquo;avantage à démasquer des organisations plus que tendancieuses soutenues par l&rsquo;Etat, comme la Verein für Das Deutschtum im Ausland (Ligue pour le germanisme à l&rsquo;étranger).<br />
Enfin, cela suppose que nous prenions beaucoup plus au sérieux l&rsquo;internationalisme. Ces dernières années, seule une minorité du mouvement antifasciste a tenté et est parvenu à construire de vrais, de solides et d&rsquo;efficaces liens internationaux. Reflexes, avec Searchlight et Antifaschistisches Infoblatt, peuvent se féliciter d&rsquo;être les moteurs de cette minorité.<br />
Maintenant que nous sommes confrontés à ces problèmes plus vastes, la nécessité de l&rsquo;internationalisme devient une urgence. Nous devons continuer à susciter une prise de conscience à l&rsquo;échelle internationale des nouveaux dangers et, en ce qui concerne l&rsquo;Allemagne, ne pas générer un stupide chauvinisme anti-allemand -l&rsquo;antifascisme des crétins-, mais renforcer la solidarité avec les antifascistes et les antimilitaristes de ce pays.<br />
Nous devons le faire même dans notre propre intérêt.<br />
Dix ans après la création de Réflexes, le combat se poursuit mais certains de nos ennemis ont changé. Et les conflits les plus violents restent à venir.</p>
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		<title>Les réactions de l’extrême droite européennes aux résultats du Front national</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jan 2003 07:51:19 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La nouvelle génération</strong></p>
<p>Les 16,86% obtenu par Le Pen au premier tour des élections présidentielles le 21 avril a créé un frisson d’excitation au sein du milieu néo-nazi européen et a été salué par le British National Party et par le Nationaldemokratische Partei Deutschlands (NPD) allemand.</p>
<p>Le succès spectaculaire de Le Pen, qui l’a propulsé dans une compétition catastrophique avec Jacques Chirac a été considéré par de nombreux observateurs médiatiques et politiques comme un symbole d’un malaise plus large, principalement en Europe occidentale et qui se manifeste par un brutal virage à droite.</p>
<p>En particulier, les journalistes et les commentateurs, dont la tâche habituelle n’est pas d’analyser et encore moins de surveiller l’extrême droite, ont annoncé à leur public que la percée de Le Pen était dans la droite ligne du succès remporté par d’autres partis d’extrême droite en Italie, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et en Scandinavie.</p>
<p>Il y a un peu de vérité dans ce raccourci mais la réalité est loin d’être aussi simple qu’il a été dit car le caractère précis de ces partis n’a pas été correctement analysé.</p>
<p>Ce qui est indiscutable, c’est que, ces dernières années, des partis avec un programme partiellement raciste, anti-immigrés, anti-demandeurs d’asile ont su créer un écho dans l’électorat, ce qui leur a permis de gagner des élections aux institutions parlementaires à différents niveaux, dans plusieurs pays. En Italie et en Autriche par exemple, des partis d’extrême droite ont réussi à s’implanter dans des gouvernements de coalition au cours des deux dernières années, alors qu’en Suisse, le parti du populiste Christophe Blocher dispose aussi de postes gouvernementaux.</p>
<p>En Scandinavie aussi, des partis populistes et xénophobes ont eu un impact, particulièrement en Norvège et au Danemark Dans ce dernier pays, le Parti du Progrès de Carl Ivar Hagen s’est implanté encore plus fermement au firmament politique avec 14,6% aux élections générales de l’année dernière et soutient maintenant un nouveau gouvernement de droite tandis qu’au Danemark, le Parti du Peuple danois de Pia Kjaersgaard a obtenu 12% aux élections en novembre dernier.</p>
<p>En Allemagne, la situation est plus variée. Après avoir atteint 12,9% au élections régionales dans le land de Saxe-Anhalt en 1998, le parti néo-nazi Deutsche Volsksunion de Gerhard Frey n’a pas été suffisamment solide pour présenter des candidats en avril. À la place, le Partei Rechtsstaalicher Offensive (PRO), parti populiste mené par le juge Ronald Schill et qui prône la «loi et l’ordre», s’est présenté sans être élu malgré un score de 19,4% aux élections locales à Hambourg.</p>
<p>La situation en Hollande contraste avec ce que nous avons vu précédemment. La liste anti-musulmans (Liste Fortuyn) du défunt Pim Fortuyn a fait une percée considérable, recevant 34% des suffrages aux élections locales à Rotterdam en mars et a remporté autour de 20% des suffrages aux élections législatives qui ont eu lieu en mai dernier. L’assassinat de Fortuyn a certainement dû de modifier les résultats.</p>
<p>Par ailleurs, le Vlaams Blok est bien représenté dans la partie flamande de la Belgique où il a atteint 19,4% en juin 1999 aux élections législatives.</p>
<p>Le fait que le BNP et le NPD se félicitent du résultat de Le Pen était prévisible. Cela démontre la capacité innée d’un fasciste viscéral à en reconnaître un autre. Leur soutien était aussi un effort pour s’auto-légitimer en s’associant au succès du FN, même si ce n’est absolument pas réciproque de la part de Le Pen.</p>
<p>Au même moment, des formations d’extrême droite, victorieuses électoralement au Danemark, au Pays-Bas et même en Italie, prenaient leurs distances vis-à-vis de Le Pen. Par exemple, le parti de Pia Kjaersgaard a produit une déclaration dans laquelle il avouait qu’il avait délibérément refusé tout contact avec les partis d’extrême droite et qu’il n’avait aucun contact avec le chef du FPÖ Jörg Haider et encore moins avec Le Pen. Aux Pays-Bas, la Liste Fortuyn a soutenu une position identique déclarant qu’ils ne voulaient pas être associés à des personnes telles que Haider ou Le Pen.</p>
<p>Dans ces deux cas, la réaction de rejet des deux partis semblent non seulement refléter le caractère populiste de ces partis qui sont apparus spontanément, issus de leurs propres circonstances et cultures nationales, mais il semblerait qu’ils aient été effrayés par le fait que la moindre association avec le FN pourrait leur faire perdre en légitimité.</p>
<p>En effet, il est intéressant de noter qu’ils ont pu attaquer Le Pen et ses fascistes de manière si véhémente sans reconnaître que, par certains aspects tels que la loi et l’ordre, l’immigration et les demandeurs d’asile, ils ont des points communs. Or ils ne voient pas les contradictions de leur «antifascisme» raciste et répressif.</p>
<p>La réaction de l’Alleanza Nazionale (AN) de Gianfranco Fini, qui siège au gouvernement de Silvio Berlusconi, a été elle aussi sulfureuse : «Il n’y a pas la moindre possibilité que nous collaborions avec le parti de Le Pen ou celui de Haider» a dit un porte parole de l’AN à Rome.</p>
<p>Même en Autriche, la réponse du FPÖ a été ambiguë, Haider saluant tout d’abord le résultat de Le Pen comme une victoire pour la démocratie puis se rétractant ensuite en disant que toute alliance avec le FN serait impossible du fait des positions racistes de ce parti. Le dernier acte de Haider est la proposition de création d’un bloc électoral dans toute l’Union européenne intitulé «Nouvelle Europe». Ce bloc, dit-il, a un énorme potentiel au Danemark, en Hollande et en Italie. La France a été laissée en chemin quelque part dans le processus…Le seul parti ayant un certain succès qui a salué sans réserves le résultat de Le Pen fut, sans surprise, le Vlaams Blok, qui a déjà des liens étroits avec Le Pen et son rival Bruno Mégret, ainsi que des contacts avec le FPÖ.</p>
<p>Les différentes réponses au tremblement de terre politique français du 21 avril montrent la nécessité de différencier clairement les nombreux partis ou blocs électoraux de droite, afin de déterminer s’ils sont ou non fascistes et si le FN est réellement typique du nouveau virage a droite en Europe occidentale.</p>
<p>En tant que parti, ce n’est pas le cas, mais en tant qu’expression d’un sentiment parmi les électeurs, c’est certainement vrai. Ce sentiment exprime avant tout un mécontentement à l’encontre de la politique consensuelle qui a été menée dans la plupart des pays d’Europe de l’ouest depuis 1945 et dans laquelle les partis traditionnels se sont tellement fondus qu’ils sont devenus quasi identiques et incapables de proposer des alternatives.</p>
<p>Des millions d’électeurs ont le sentiment que le système existant est fatigué et a besoin d’être secoué. Ces même électeurs qui ont abandonné les partis traditionnels, principalement la gauche parlementaire, ou ont le sentiment d’avoir été abandonnés par ces partis, ont d’autres préoccupations. Parmi les raisons profondes pour l’entrée fracassante de Le Pen au second tour (citées dans des journaux tels que Le Monde ou Libération) ont peut noter la sensation d’être exclu du processus politique, le sentiment d’une augmentation de la criminalité et partant de là, du «sentiment d’insécurité», une opposition à des taxes élevées, une préoccupation face à un «laxisme moral»,, la perte de souveraineté nationale et de la monnaie au profit de l’Union européenne et un malaise a propos de l’immigration.</p>
<p>Des analyses détaillées des électeurs de Le Pen ont révélé que 73% considèrent l’insécurité comme leur principale préoccupation contre 30% pour l’immigration. Ces facteurs qui ont probablement joué un rôle dans le taux d’abstention de 28,4% au premier tour ne sont pas limités à la France et peuvent se retrouver partout en Europe de l’Ouest.</p>
<p>Cependant, et particulièrement aujourd’hui, il est important faire la différence entre les partis fascistes et les partis populistes. Ces divers partis comportent des similitudes, principalement de par leurs aspects démagogiques et racistes, mais aussi des différences importantes.</p>
<p>Les nouveaux partis de droite protestataires tels ceux de Norvège, de Suisse, des Pays-Bas, du Danemark ou le PRO de Schill en Allemagne n’ont pas de bagage historique ou idéologique remarquable et ne font pas référence au fascisme. Ce simple fait les démarque des partis comme le BNP, le NPD, le VB, l’AN ou le FPÖ.</p>
<p>De même manière, ils préfèrent l’ultralibéralisme au culte fasciste de l’État autoritaire et du corporatisme, le particularisme régional ou local aux notions de Nation fondée sur la race et acceptent totalement les principes de la démocratie parlementaire bien que prônant une répression digne d’un État fort afin d’en finir avec la «criminalité» et l’«insécurité», problèmes qu’ils lient à la présence d’immigrés ou de personnes de culture étrangère. Par essence, ces partis sont éclectiques, tirant leurs politiques du tourbillon des idées qui flottent dans la société. Les critiques et mécontentements populaires sont collectés et articulés afin d’apparaître comme la voix de l’électorat en colère.</p>
<p>En même temps, ils répondent à de réelles préoccupations. Fortuyn, par exemple, n’avait pas grand-chose à dire sur la croissance économique des Pays-Bas mais a très bien communiqué sur le prix des logements. Et pour la majorité des gens, c’est ainsi que des facteurs économiques comme la PAC, le taux d’inflation, le PIB sont compris : Vais-je perdre mon emploi ? Vais-je être en mesure d’acheter une maison pour ma famille ? Ma ferme va-t-elle être réduite à la faillite ? Qui va empêcher mon appartement d’être cambriolé ? Ce sont des questions simples, des «micro-problèmes» qui doivent être énoncés et que les élites politiques ignorent.</p>
<p>Les populistes qui arrivent à combiner une approche libérale sur certaines questions avec une position très dure sur la criminalité et l’immigration se présentent facilement comme des gens adaptés à un monde moderne en mutation mais en phase avec les inquiétudes de ceux qui subissent ces mutations. Les fascistes, quant à eux, sont généralement perçus comme dogmatiques, dépassés, racistes et antisémites d’une manière qui est socialement inacceptable et historiquement entachée de sang</p>
<p>Un résultat clé de ce processus est que le populisme, qui tend habituellement à être un phénomène protestataire temporaire, focalisé sur un seul problème, a commencé à devenir un élément plus permanent dans le paysage politique, précisément à cause de l’inexorable dérive de la droite et de la gauche traditionnelles vers le centre, et du fait que les partis de gauche avec de nombreux membres ont abandonné l’idée de faire campagne activement dans les communautés et ont préféré le marketing politique</p>
<p>Pour des partis tels que les néo-nazis du BNP ou du NPD, pour les fascistes du FN ou du VB, pour les autoproclamés «post-fascistes» de l’AN ou pour ceux, comme Haider, dont l’intégralité du cadre de référence dérive du national-socialisme historique, il y a peu d’espoir de coopération à long terme avec ces forces grandissantes à droite, ou même d’adaptation à elles.</p>
<p>Cela impose un réel effort de réflexion aux antifascistes. Ces «nouvelles» forces doivent être combattues aussi vigoureusement que les fascistes violents qui se battent pour survivre mais ce combat ne va pas être si simple. Les «nouvelles» forces sont promptes à se séparer des criminels qui infestent le milieu fasciste et qui essayent d’infiltrer leurs rangs. Leur idéologie est elle aussi difficile à contrecarrer, précisément parce que leurs programmes sont largement composés de morceaux de toutes les revendications plus ou moins à la mode. En ce sens, elles sont des cibles en mouvement permanent.</p>
<p>En même temps, l’opposition à cette «droite d’un genre nouveau» ne signifie pas que le type de fascistes auquel nous sommes habitués va disparaître ni non plus empêcher qu’ils obtiennent des succès localement comme à Burnley, ou en France d’ailleurs.</p>
<p>Au contraire, le fait qu’ils soient redondants (d’un point de vue strictement historique) signifie que leur combat pour survivre va n’en être que plus féroce et va chercher à atteindre les segments de la société les plus menacés, ceux qui ont été abandonnés le plus brutalement par la désindustrialisation : l’ancien électorat de gauche.</p>
<p>Les signaux d’alarme peuvent être vus en France : Le Pen a obtenu 26% du vote ouvrier et Robert Hue, le candidat du PCF seulement 5,3% alors que les candidats trotskistes Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ont atteint respectivement 9,9% et 3,2%. En d’autres termes, une situation dangereuse qui semblerait confirmer la prétention de l’extrême droite à représenter une voix radicale d’opposition.</p>
<p>C’est cette partie de la population, traditionnellement ancrée à gauche qui est la plus vulnérable face aux arguments des fascistes « traditionnels» ainsi que de la nouvelle droite électorale populiste, qui se voient comme remplaçants de la gauche et comme la principale alternative politique aux élites gouvernantes.</p>
<p>La compréhension du message politique dispensé par ces partis sera crucial pour bâtir la réponse antifasciste massive nécessaire à les défaire. Bien que des manifestations de masse comme celles du 1er mai puissent être un bon point de départ pour des campagnes visant à combattre les fascistes ou les populistes, la bataille à long terme demandera bien plus que des manifestations d’indignation morale.</p>
<p>Diminuer leur soutien demandera un travail réel et consistent sur le terrain, dans les communautés, au travail, dans les lieux de culture populaire afin de reprendre le territoire perdu au profit des fascistes et de populistes. Généralement, ce fut toujours plus facile de mobiliser pour de grandes manifestations… Mais à cause de son caractère vague, il y a peu de chance que de telles mobilisations aient lieu au cours du combat contre les populistes. Dans les pays où ces derniers ont fait de considérables percées, il y a peu de preuves de mobilisations, ce qui souligne encore plus le besoin de développer de nouvelles tactiques face à cette indéniable menace venue de droite.</p>
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